Éducation bienveillante

La discipline Positive

Je vais te présenter « la discipline positive ». Je range cet article dans la catégorie « Éducation bienveillante » car c’est qu’elle peut être catégorisée (au cas où l’on n’avait pas compris, hein).

Toi qui me lis, n’en déduis pas que l’éducation bienveillante n’est QUE la discipline positive.
Il y a déjà énormément de sites et de blogs qui définissent cette notion. Je ne peux pas en parler sans avoir rédigé un article « de référence », comme je l’ai fait pour le maternage proximal. C’est un début de blog… Alors je pose les fondations. :-p

Déjà, si tu penses que la discipline positive va te donner des solutions toutes faites, que c’est une Méthode, il est possible que tu sois déçu.e ou plutôt rassuré.e. Il n’y a, en effet, pas UNE manière de faire avec les enfants. Quiconque vend ce principe se fourvoie (et fait des déçu.e.s !). Une métaphore explique bien cela : lorsque le lait bout, l’idée de l’éducation bienveillante n’est pas de mettre un couvercle (je ne sais pas si vous avez essayé, mais la cuisinière finit vraiment sale) mais de trouver une solution pour réduire le feu.
Cela va sembler théorique, mais, en réalité, je vais juste présenter la structure d’un état d’esprit à acquérir pour entrer dans la parentalité positive.

La discipline positive puise ses sources dans les 8 principes adlériens (issus d’A. Adler) :

  1. L’enfant est un être social ;
  2. Le comportement des enfants est tendu vers un but (qui n’est pas « de nous énerver ! ») ;
  3. Les besoins essentiels de l’être humain est d’appartenir et d’avoir de l’importance ;
  4. Un enfant qui se comporte « mal » est un enfant découragé ;
  5. Le sens de la communauté (dans le sens de participer à la société) ;
  6. Le principe d’égalité, le fondement de la coopération ;
  7. Les erreurs sont une merveilleuse opportunité d’apprentissage ;
  8. S’assurer de faire passer le message d’Amour

(Oui, je sais ! Ça paraît très conceptuel. Cela dit, je t’invite à m’adresser tes questions ou à lire « La discipline Positive de Jane Nelsen, pour aller plus loin dans ce mode de vie. Je reviendrai à diverses occasions sur les principes évoqués.)

Il est également nécessaire d’être attentif aux 3R de la réconciliation lors des conflits, quand l’adulte se rend compte qu’il tient un rôle dans le maintien ou l’apparition d’une situation problématique (tu sais, ce moment où tu veux que l’enfant agisse et qu’un mot blessant à son égard part, un cri, un geste) :

  1. Reconnaitre son erreur/sa responsabilité
  2. Se réconcilier : aller vers l’autre en s’excusant
  3. Réparer : chercher une solution, une alternative qui convient à tout le monde

image enfant1

(Tu remarqueras que cela ne s’adresse pas qu’aux relations envers un enfant…! 😉 )

En réalité, pour obtenir des résultats dans une voie d’éducation bienveillante, il est nécessaire de faire entrer l’enfant dans une dynamique de collaboration : 4 étapes sont suggérées. Celles-ci doivent être accomplies avec sincérité et bienveillance (Si c’est fait à contrecœur, et sans intention louable, l’enfant le ressent… Tes attitudes non-verbales te trahissent !) :

  1. Montrer à l’enfant que l’on comprend ses émotions en lui posant des questions et en reformulant ses ressentis
  2. Faire preuve d’empathie, sans excuser ni approuver l’action. Juste montrer qu’on a compris la perception de l’enfant.
  3. Partager nos perceptions et ressentis en tant qu’adulte. Il faut que l’enfant soit revenu au calme pour qu’il soit en mesure d’écouter
  4. Inviter l’enfant à se centrer sur une solution, pour éviter le problème à l’avenir. S’il ne trouve pas d’idées, on peut lui proposer des suggestions. L’idée est donc de suggérer, de faire avec l’enfant et non à la place, pour l’ancrer dans un processus
  5. d’autonomie.

image enfant parent

 

La discipline positive, c’est aussi changer de regard sur les comportements que les adultes considèrent comme inappropriés.

En premier lieu, les enfants explorent leur environnement. En deçà d’un certain âge, je suggère plutôt d’adapter le lieu de vie à l’enfant, plutôt que d’avoir l’espoir que vous arriverez à faire comprendre à un tout-petit qu’il ne faut pas toucher les bibelots situés à sa hauteur. On dit bien de mettre les produits dangereux en hauteur, cela vaut aussi pour les choses fragiles ou précieuses.

En tant qu’adulte, certaines attitudes peuvent devenir exaspérantes. Pourtant, il n’est pas rare que dans l’occurrence de comportements dérangeantes, les adultes aient une part de responsabilités.

Les enfants ne sont pas en mesure d’envisager leurs actes sous le même angle que les adultes, pour différentes raisons :

  • Parce qu’il manque de compétence, de conscience ou de connaissance par rapport au comportement attendu ;
  • Le comportement correspond au stade normal du développement. Par exemple : jeter les jouets par terre systématiquement, ouvrir/fermer les portes, allumer/éteindre la lumière ;
  • Il a un sentiment de découragement ou d’incapacité, ex : l’enfant s’énerve, pleure, parce qu’il a mal (aux dents par exemple), s’ennuie, tente de se déplacer sans y parvenir, tente de se faire comprendre mais n’y parvient pas encore ;
  • Le comportement est guidé par le cerveau reptilien (les émotions) : si l’émotion est accueillie par l’adulte, reconnue, l’espace d’expression émotionnelle durera environ 90 secondes. Si l’enfant est très énervé : il faut réfléchir à son besoin de motricité.

Les comportements perçus comme inappropriés sont des opportunités d’apprentissage. Pour se faire, il faut accompagner l’enfant vers la responsabilisation et l’autonomie.

Il est utile de faire usage de temps de pause face aux comportements afin d’éviter les réponses instinctives. Cela invite l’adulte à se maîtriser pour montrer à l’enfant que c’est cette attitude de maîtrise qu’il est utile d’acquérir. En outre, il est nécessaire de vérifier que l’enfant soit connecté à l’adulte (Il n’est plus en train de bouillir émotionnellement) et que son besoin d’appartenance est bien rempli (qu’il ne se sent pas rejeter ou aimer conditionnellement).

Plus le comportement est compris par l’adulte, plus sa perception sera fine et la réaction apportée sera adéquate pour guider l’enfant dans les repères éducatifs.

Il est important de prendre en compte les besoins de l’enfant, avec justesse, afin de comprendre son comportement et d’apporter  la réponse la plus efficace.
(Je sors un peu du contenu strict du livre de Jane Nelsen, mais ça donne du sens à son contenu.)

  • Les besoins physiologiques
  • Les besoins d’appartenance / d’attachement
  • Le besoin d’autonomie, de contrôle et de liberté
  • Les besoins émotionnels
  • Les besoins intellectuels

Jane Nelsen, met en évidence 4 « objectifs-mirages », qui ont des intentions précises, et qui visent à remplir les besoins précités :

  • Accaparer l’attention
  • Prendre le « pouvoir » (être en situation de maîtrise, l’enfant n’est pas un dictateur ! 😉 )
  • Prendre une revanche (mise en chose égale, l’enfant a plus un notion d’égalité que d’équité…)
  • Renforcer sa « croyance d’incapacité » (comme les adultes, ils ont tôt faire de s’autoconvaincre qu’ils sont incapables.)

L’enjeu principal pour l’adulte est de détecter les besoins cachés derrière les comportements. Jane Nelsen propose un tableau d’identification des besoins cachés, qui s’avère être une mine d’or. Voilà, c’est cadeau :

grille besoins cachés Jane Nelsen

 

Pour réagir face à des comportements inappropriés, il est nécessaire que le climat émotionnel de l’adulte soit maîtrisé. Il est, dès lors, pertinent d’apprendre à gérer ses émotions et à les reconnaître (Bon, il faut aussi se dire qu’on est parfois débordé émotionnellement. La réaction ne sera donc pas optimale, mais il est tout à fait possible de corriger le tir après avoir pris un temps calme. C’est l’avantage des relations humaines : elles ne sont jamais figées, si on ne veut pas qu’elles le soient !). Pour revenir à son propre calme, il peut être nécessaire de mettre en perspective le comportement en regard des besoins éventuellement non-assouvis de l’enfant.

Pour la juste détection des besoins, il est tout à fait possible de questionner l’enfant sur son comportement. Il est alors utile d’effectuer un questionnement, en prenant bien le temps d’écouter les réponses successives, en reprenant les 4 objectifs-mirages expliqués ci-dessus. Il ne faut pas oublier que l’enfant n’a pas vocation ne nous « ennuyer » volontairement. Cela ne remplit aucun bénéfice pour lui. Les comportements sont des stratégies pour parvenir à remplir ses besoins ou une expression émotionnelle.

Jane Nelsen propose un outil pour favoriser la coopération : « les temps d’échange en famille ». Ces moments ont pour objectif d’enseigner la responsabilité sociale et l’implication des enfants dans le processus de décision. Durant ce temps hebdomadaire, il est demandé à tous les protagonistes d’une maisonnée de se réunir afin de mettre à jour les éléments inconfortables et de se concentrer ensemble sur la résolution du/des problèmes. Je consacrerai un article entier à ce sujet plus tard.

Qui dit Discipline Positive dit éducation sans punition ni récompense. Cependant, la discipline positive n’est pas laxiste, les principes sont de la fermeté et de la bienveillance : il s’agit de trouver des solutions aux problèmes et non pas de les faire disparaître en les invisibilisant.

Je ne peux pas faire un résumé concis du contenu de ce livre de manière harmonieuse. Je ferai un article clair et limpide sur la manière d’aborder une situation qui, de prime abord, pourrait requérir une punition selon l’éducation transmise.

La Discipline Positive nous propose des outils pour parvenir à une fin d’éducation sans violence et respectueuse de chacun.

Il est primordial de retenir que ce n’est pas une méthode d’intervention auprès de l’enfant, mais bien un changement de paradigme par rapport à celui-ci. L’objectif n’est pas de démunir le parent de ses possibilités d’action, mais, au contraire, d’étendre sa compréhension du problème et d’agir avec plus de justesse.

Cela nécessite de l’introspection (qui peut faire mal… Coucou, je suis là, si tu veux en parler !) et des intentions qui ne sont pas de soumettre l’enfant aux désirs parentaux (déjà qu’il est arrivé par nos désirs, alors bon… !). L’idée première est de faire de cet être qui rassemble tant d’espoirs chez l’adulte, un être susceptible de coopérer à un fonctionnement social. Cela implique qu’on soit prêt à entendre que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres et que les stratégies ne sont pas identiques pour tout un chacun.

La parentalité positive fait grandir les enfants dans la bienveillance et les préserves d’une violence normative, psychologique et physique. Cela nécessite de l’expérience, des « ratés », qui sont très justement, des opportunités d’apprentissage pour les parents.

Un peu comme on s’exerce à toutes activités, la Discipline Positive demande du temps. Tout n’est pas évident dans un premier temps, mais quel fonctionnement est si simple qu’il peut être intégré immédiatement ?

 

illustrations besoins

Le sujet est vaste !

C’est mon deuxième article fleuve. Il y en aura un troisième (histoire de fondement, etc.), sur la Communication Non-Violente.
Tout cela a un but précis, je t’invite donc à revenir rapidement pour aiguiser encore ta curiosité (parce que oui, plus nous en savons, plus on mesure l’étendue des connaissances à acquérir encore. Mais c’est génial : ça veut dire qu’il y a encore tant à apprendre !).

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