Allaitement

Clefs pour démarrer un allaitement

Après avoir passé des heures à lire au sujet de l’allaitement, à lire des témoignages de femmes allaitantes, à éplucher le site de la Leche League et à démarrer mon propre allaitement (enfin, notre allaitement, j’aurais du mal à l’entretenir seule, au demeurant !), je me dis qu’il est nécessaire de pouvoir fournir quelques informations pertinentes.

Première clef pour un allaitement serein : s’informer avant la naissance. Un individu informé en vaut deux. Vraiment !
Parce qu’il ne devrait y avoir « rien de plus naturel », mais il s’avère que la société ne nous permet plus réellement d’être informé de manière limpide.

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Dans la plupart des cultures moins dominées par l’individualisme, les connaissances inhérentes à la maternité (la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le post-partum) sont transmises entre mères, filles, tantes et grand-mères. La femme enceinte en a vu d’autres avant elle, cela donne l’impression aux femmes d’être moins perdues.
Mais voilà, bonjour l’occident, bonjour les siècles de bienséééééaaaaances (!) et de morales religieuses qui ont caché tout ce qui a trait à la maternité et à la femme en général.  Aujourd’hui,  nous n’avons que les récits pudiques de nos proches, mais sans qu’on le vive auprès d’elles. Les grand-parents donnent des conseils, mais ceux-ci sont déjà emprunts des croyances du XX ième siècle, qui n’a pas été délicat envers  les femmes. On va vous parler de la joie de la péridurale, grande découverte de ce siècle, mais on ne vous parlera pas des injections pour bloquer les montées de lait, des maltraitances génitales et autres attitudes visant à infantiliser les femmes face à leur propre corps. Bref, les conseils de nos grands-parents, s’ils sont pavés de bonnes intentions, sont rarement opportuns et judicieux. Je généralise… Il y a bien sûr des exceptions !
Donc cette article a comme objectif de vous affirmer quelques vérités qui vous aideront à balayer les « bons » conseils.

 

Deuxième clef : la tétée de bienvenue.

A peine né.e, déjà au sein ! C’est vraiment ça. Les nouveau-nés sont même capables de ramper du ventre de leur mère jusqu’au sein, instinctivement. Plus vite le bébé est mis au sein, plus vite cela activera le processus de lactation et il/elle sera rassuré.e de retrouver une odeur familière sur le mamelon, lui rappelant le liquide amniotique. En outre, cela favorisera les contractions utérines afin de favoriser la délivrance placentaire.  En plus, il est bien éveillé pendant environ 2h avant de dormir quelques longues heures (5 à 7h en moyenne, juste au moment où la femme va redescendre de l’énergie de l’accouchement et aura envie de se reposer, ah ah !), autant en profiter !

Troisième clef pour démarrer son allaitement : les tétées ne doivent pas être douloureuses.
Si lorsque le bébé tête, la femme ressent des douleurs, il y a plusieurs choses à vérifier :

  • La position du bébé : il est optimal de s’assurer qu’il soit dans un axe alignant oreilles-épaules-hanche ;
  • la position de la bouche du bébé (la bouche doit être grande ouverte, les lèvres ourlées, le nez dégagé et le menton enfoui dans le sein) ;
  • La présence de freins de lèvres supérieures ou de langue trop importants, qui empêchent la prise optimale du mamelon ;
  • Une sensation inconfortable en début de tétée et une irritation des mamelons peuvent subsister les 7/10 premiers jours, mais il faut veiller à ce que cela ne dégénère pas en crevasses ;
  • Pour soigner des tétons un peu fragiles, je te suggère de la lanoline pure et un truc géniale dès que les tétons sont érodés, pour éviter la crevasses : le mepitel (http://www.molnlycke.fr/produits-sophistiques/interface/mepitel/#confirm ). Les deux ensembles, c’est fabuleux !
  • Pour aller plus loin : ttps://www.lllfrance.org/1103-les-douleurs-de-lallaitement-comment-y-remedier
  • S’entourer d’une consultante en lactation certifiée! 🙂

 

Quatrième clef : oublie ta montre.

Un nouveau-né a un estomac contenant environ 5ml, il va s’agrandir de jour en jour. Au départ, les quelques gouttes de colostrum (premier lait, jaune, très riche nutrionnellement  et bourré d’anticorps) suffisent amplement.

Ce bébé va avoir envie de téter très souvent, d’être porté aussi… Il découvre la vie aérienne et a besoin de soutien. D’où l’intérêt aussi d’être renseigné sur le maternage proximal, juste ici pour l’intro. Il n’a pas de timing et il n’y a aucune raison de ne pas respecter ses propres signaux métaboliques.  Le bébé s’endort facilement au sein, mais il peut téter en dormant. Ces phases de « tétouilles » sont vraiment utiles pour lancer la lactation. Il n’y a pas non plus de durée de tétée.. Cela va dépendre de ton « style » de bébé (qui s’affirmera avec la « montée de lait » et donc l’augmentation du volume produit).

Ce conseil vaut pour tout l’allaitement qui se conduit merveilleusement dès qu’il est à la demande (dès les signes de l’enfant).

 

Cinquième clef : allaiter aux signes d’éveil.

Pas besoin d’attendre les pleurs, lors de ses premières semaines de vie, dès qu’il commencera à remuer, propose le sein. Il est déconseillé d’attendre que l’enfant pleure, il aura alors besoin de se calmer avant de parvenir à prendre le sein… Quelle perte de temps et d’énergie négative !

Voici les signes auxquels répondre sans attendre :

signe d'éveil faim

 

Sixième clef : l’alternance des seins.

Il est nécessaire de stimuler les deux seins. Pour se faire, il faut proposer un sein (appelons le « A »)  à une tétée puis proposer le second (« B »).  Lors de la tétée suivante,  il faut d’abord présenter « B » et proposer « A ». Les deux seins sont ainsi stimulés et c’est le bébé qui gère la quantité dont il a besoin.

 

Ultime clef : faites-vous confiance.

Le corps de la femme est plein de ressources et a la capacité de produire TOUT ce qu’il faut au bébé. Quant à lui, il sait ce dont il a besoin. Il n’y a aucune raison de le pesé avant et après les tétées. La nature est, la plupart du temps, bien faite ! Lâche prise sur les quantités… C’est une première chance que tu lui donnes de lui faire confiance dans sa capacité à gérer ses apports tant en termes de quantité que de rythme.

 

Disclaimer :

J’ai abordé les cas où la mère et l’enfant sont en bonne santé. Ce n’est pas toujours le cas. Un accouchement long, la souffrance fœtale, un accouchement express avec complications, la prématurité, une détresse respiration, une césarienne, une hémorragie utérine et bien sur les chirurgies mammaires impactent le déroulement idéal de l’accueil du bébé et de la mise en route de l’allaitement .

Dans de rares cas, l’allaitement est impossible. Mais une césarienne ou le fait qu’un bébé n’ait pas pu faire la tétée d’accueil  n’empêche pas d’allaiter. Pour le bébé prématuré, cela dépend du stade de prématurité, il faudra peut-être envisager un tire-allaitement au début.

Dans tous les cas, il faut y croire et faire confiance à son corps, même s’il a eu une faille, ça n’implique pas des problèmes en cascade.

 

Si tu as des questions, des remarques, ou autre, mets vite un commentaire! J’y répondrai avec plaisir et ça aidera les autres visiteur.se.s.

A bientôt, les curieux!

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