Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Bébé, que manges-tu ?

L’alimentation du bébé de la naissance au premier anniversaire : une première confiance à offrir.

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Dès la naissance, les nouveau-nés font face à une nouvelle sensation : la faim ! Jusque-là, ils étaient perfusés en continu.
A la naissance, le bébé cherche spontanément à ramper vers le sein. C’est ce qu’on appelle le crawl du nouveau-né. (voici quelques sources et études sur ce crawl et les bienfaits du contact peau-à-peau directement après la naissance : http://www.breastcrawl.org/science.shtml).

Voici une petite vidéo qui montre combien le bébé humain est compétent, dès sa naissance, à trouver sa ressource : https://www.youtube.com/watch?v=b3oPb4WdycE

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois. C’est-à-dire sans l’introduction de quelques autres aliments, même pas de l’eau.
Il est nécessaire de rappeler ces recommandations pour aller au-devant des suggestions de diversifications précoces (vers 4 mois), même si c’est suggéré par des pédiatres qui ne sont pas mis à jour…

Durant l’allaitement, il est nécessaire de laisser le guide de fréquence par les bébés. Ils savent exactement ce dont ils ont besoin.
Ils peuvent téter de 6 à 20 fois par 24h durant les premiers mois, et ensuite, cela se régule en allant vers un rythme de 6 à 12 tétées par 24h.
Il n’y a pas de rythme à respecter, dans aucune circonstance (il n’y a pas de bébé trop gros à cause de l’allaitement !). L’allaitement s’effectue à la demande. Les tétées peuvent durer 5 minutes ou 30, en fonction des enfants… des moments, des périodes de l’année (la chaleur engendre des tétées plus fréquentes et qui ne doivent pas être substituées par de l’eau !)

Tout ce lâcher-prise et cette confiance dans les capacités de l’enfant vont à l’encontre de l’habitude donnée depuis des générations (voire l’article biberon vs allaitement) d’avoir un contrôle sur le rythme des prises alimentaires (toutes les 3 ou 4h, au choix, et plus l’aspect culturel des repas pris à des heures fixe : 7h ; 12h ; 16h ; 19-20h). Il faut bien rappeler que ce sont des considérations culturelles dont le petit enfant se fiche et… n’a pas d’intérêt à les suivre.
Il en va de même pour la gestion des quantités. L’allaitement laisse à l’enfant la gestion de ses quantités alors qu’au biberon, la mesure de ce que l’enfant ingurgite est une question précise.

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Dès le départ, il ne faut pas se focaliser sur les rythme, les quantités ou les prises de poids scindées au jour près (sauf s’il y a une situation inquiétante, cela va de soi).
Cette recherche de contrôle est néfaste pour le moral des parents et complétement inutile dans le cadre de la sérénité quotidienne.
Fais confiance à ton bébé. Il sait ce qu’il se passe dans son corps et sait gérer ses besoins.

Le temps avance et ton bébé va changer de rythme biologique. Il va acquérir le rythme circadien (l’alternance jour/nuit) et ses phases de sommeil/éveil vont être plus régulières.
Personnellement, j’ai été vraiment à l’aise à partir du moment où ma fille tenait sa tête pour allaiter en écharpe aussi (ou en Mei Tai), ce qui permet d’être vraiment plus libre dans ses activités puisqu’on est même plus obligée de se déballer ! ^^

Vers le 4ième mois de vie, il te semblera que ton bébé veut manger en même temps que toi : il suit tes mouvements et essaie d’amener à la bouche tout ce que tu lui tends. Tu ne pourras probablement plus allaiter en mangeant (Oui, ça nous arrive à toutes, non ?!) car il sera diverti par tes gestes.
C’est aussi la période où j’ai pu arrêter de regarder mes séries/films/reportages car elle s’intéressait à l’écran !
Attention : ce n’est pas un signe qu’il/elle est prêt.e à manger mais juste que les acquisitions motrices permettant le mimétisme se perfectionnent !
Dans ces moments-là, tu peux lui donner des faux aliments en peluche/en bois ou encore une cuillère vide. Ton bébé sera ravi.

A partir du 6ième mois, il est possible de faire découvrir au bébé la nourriture.
Il y a la diversification classique : mouliné de légumes/fruits/féculents/protéines.
Il est également possible de préférer la Diversification Menée par l’Enfant (DME). Ce que j’ai fait, d’ailleurs.
La DME est une méthode de diversification où l’on présente des aliments entiers et de grandes tailles à l’enfant de manière à ce qu’il apprenne à croquer et à mâcher. Il peut patouiller dans les aliments et découvrir leur texture tout en développant la motricité fine nécessaire à leur manipulation.
Pour débuter la DME, il est nécessaire de respecter des règles de sécurité tant dans les signes physiques du bébé (qu’il sache se tenir assis droit dans sa chaise) que dans la présentation et le choix des aliments : évitons les rondelles de saucisse et les cerises entières… ! :-p
Voici un site qui recèle de nombreuses informations passionnantes au sujet de la DME : https://bebemangeseul.com/la-pratique/

A nouveau, il faudra lâcher prise lors de la diversification.
Bien qu’il soit fréquent (même à l’OMS) d’indiquer des quantités à respecter en fonction de l’âge des enfants, cela met une pression absurde tant sur l’enfant que sur les parents.
La diversification est une approche de la nourriture : le lait reste l’aliment privilégié et principal jusqu’à 12 mois ! L’OMS précise que le lait maternel confère 50% ou plus des apports énergétiques journaliers de 6 à 12 mois et un 33% environ de 12 à 24 mois.
L’allaitement n’est donc pas une bagatelle qui doit être délaissée dès la diversification.
Il faudra d’ailleurs veiller à proposer le sein avant tout aliment.
Cela vaut également pour les bébés en tire-allaitement ou au biberonde Préparation pour nourrissons (lait artificiel) .

Qui dit « approche » de la nourriture, ne veut pas seulement dire nourrissage. Surtout dans la DME où l’enfant a la possibilité de réellement découvrir les aliments sous tous leurs angles, l’aspect des quantités avalées ne doivent pas poser question avant 12 mois.
Il faut réussir à faire fi des comparaisons entre enfants.
Le seul point d’attention sera lorsqu’un enfant refuse d’avaler et a un réflexe vomitif très marqué, et ce  très tard. Les troubles de l’oralité peuvent alors être investigués. Mais il ne faut pas y penser en première intention et laisser à l’enfant le temps de découvrir les textures des aliments.

Quand l’enfant commence à s’alimenter, ses prises alimentaires ne sont pas de quantités identiques : cela dépend de son appétit.

Je rappelle, comme évoqué dans mon article sur les besoins, que l’enfant jusqu’à 12 mois est mu par ses besoins et qu’il sait les écouter.
Ce n’est qu’après confrontation à des contraintes sociales et à des refus que l’humain ne parvient plus à lire ses signaux internes aussi facilement.
Combien d’adultes n’ont pas du mal à gérer leur appétit et leur satiété ?

Il est fort probable que ces difficultés soient inhérentes à un manque d’écoute des besoins lors de l’enfance. Avec des phrases comme : « finis ton assiette ! » ou « ne mange pas tant ! », la capacité de l’organisme à reconnaître les signaux primordiaux est brimée.

Il est dès lors utile de laisser l’enfant manger à sa faim. Parfois peu, parfois beaucoup, sans prêter attention aux grammages des assiettes.

Il en va de même pour les heures des repas : il est socialement déterminé de proposer un encas lors de longue matinée, ou un goûter à 16h, sans forcément laisser l’enfant exprimer son besoin de manger.
Culturellement, les menus changent. En France, le petit déjeuner est sucré alors que le repas matinal en Asie est similaire à ceux des autres moments de la journée.
Il est possible de proposer à l’enfant de manger à différente heure de la journée : il est possible que ton enfant ait faim à 10h et à 15h de nourriture solide mais qu’il n’en ait pas envie à 12h. Et pourquoi pas ? J

Il a tout le temps de sa vie pour coller aux normes sociales. Les compétences nécessaires pour écouter ses signaux corporels sont chères. Si tu peux les préserver, fais-le ! Tu en feras une personne plus à même d’être à l’aise avec ses propres besoins.

Te concernant, je ne peux que te conseiller de résister à la pression de l’entourage ou  des endroits de garde qui peuvent te suggérer un mode d’alimentation qui ne te convient pas.
Si tu veux faire la DME : fais-le ! Si tu veux allaiter jusqu’au sevrage naturel : fais-le !
Et après, il mangera comme les autres mais en ayant découvert les aliments sous leur forme naturelle.
Si tu veux que ton enfant ne mange pas de produit transformé, ne cède pas aux suggestions des flocons et autres biscuits écrasés pour appâter les papilles des petits. Induire une appétence au sucre raffiné n’est pas un cadeau et viendra, probablement, bien assez tôt !

En somme, fais confiance à ton enfant et fais valoir ton point de vue ! Ton enfant sait ce dont il a besoin et tu n’as pas à céder face à une pression normative.
Le rapport à la nourriture a sa place dans le sujet de l’éducation bienveillante. L’enfant est responsabilisé dans ses apports. Cela demande un lâcher-prise, une confiance et une compréhension des réels besoins des petits d’humain.

A très bientôt, les Curieuses.x !

 

 

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