Éducation bienveillante

Comment gérer les « caprices » ?

Ah ! Ces fameuses crises lorsque les enfants sont frustrés. Mais aussi lorsqu’ils refusent de mettre certaines chaussures. Ou encore lorsqu’on lui refuse l’accès à certains objets.
Les crises, les larmes, les coups, les mots durs…
Les adultes, face à cela, estiment devoir rester stoïques et campés sur leurs positions… voire même sévir en punissant.
Conséquence : un redoublement de la « crise », le plus souvent.

 

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Et si l’on détaillait le phénomène pour se rendre compte de ce qu’il se passe pour les enfants ET les adultes ?

Le « caprice » est une expression utilisée largement pour faire état d’un comportement débordant des enfants qui n’aurait, selon les adultes, une ampleur immodérée et une raison injustifiée.
Dans le Larousse, c’est défini globalement comme : « Volonté soudaine, irréfléchie, changeante de quelqu’un, parfois d’un animal : lubie ».
Quand on regarde le reste des définitions, la notion de caprice est souvent liée à l’imagination, à la fantaisie voire à la virtuosité (en musique).

Pourquoi est-ce intéressant de se pencher sur une définition ?
Parce qu’on peut se rendre compte que les termes passent dans le langage commun… souvent avec une connotation négative. Cela me semble être une perte pour la compréhension que de demeurer obtu.e sur une expression.

Autant annoncer la couleur immédiatement, sur base de sources inhérentes en neurosciences affectives et du développement, je peux te garantir que les caprices n’existent pas… Et que les « crises injustifiées » n’apparaissent pas avant l’âge de 5/6 ans. D’ailleurs, il est préférable de nommer cela des « tempêtes émotionnelles » (d’où l’image d’orage!), qui figurent bien de quoi il s’agit réellement !

Pourquoi ?
Parce qu’avant cet âge, le cortex préfrontal (la partie avant du cerveau qui caractérise l’humain par rapport aux autres espèces et qui se développe en dernier) n’est pas assez mature que pour créer des enchaînements de situations qui demandent de la préméditation, de la manipulation ou de la provocation.
Avant l’âge de 5 ou 6 ans, le cerveau archaïque domine, est mu par les signes vitaux et déclenche les réactions émotionnelles.
Le cortex préfrontal, lorsqu’il arrive à maturation, permet de mettre de la distance par rapport aux situations.
Il est dès lors normal qu’un jeune enfant de 3 ans entre dans une tempête émotionnelle à cause d’une couleur de verre, d’une saveur de glace ou d’un jeu qui semble tentant.
Cet enfant n’est pas en train de tenter de vous provoquer ou de vous manipuler de manière bruyante.  Il n’est pas en mesure de prendre du recul par rapport à la situation qui l’émeut !
Il se sent réellement mal par ce qui lui arrive et, comme pour nous en tant qu’adulte, lui demander de se calmer n’aura pas d’impact positif… Tout en y comprenant qu’il n’est pas en mesure de le faire à cause de son immaturité corticale.

cortex préfrontal
Source: https://www.quora.com/What-side-is-the-prefrontal-cortex-on

 

C’est la raison pour laquelle il est absolument indispensable d’accompagner l’enfant dans sa tempête émotionnelle, d’y mettre les mots, de le questionner sur ses sentiments et d’avoir autant de patience que d’empathie (petit article pour y parvenir). Grâce à cette attitude bienveillance, et à l’exemplarité dont tu peux faire preuve face aux situations qui t’énervent, les enfants peuvent apprendre à tempérer et à verbaliser leurs émotions et leurs besoins sous-jacents.
C’est vers 7 ans que sonne l’approximative maturation de cette capacité, expliquant l’expression bien connue de « l’âge de raison ». Néanmoins, il demeure  nécessaire de mettre les mots sur les situations, d’expliquer les motifs d’un refus et de proposer des alternatives acceptables aux deux parties.

Mais que se passe-t-il pour les enfants lorsque les adultes catégorisent leurs réactions comme injustifiées ?

Le caprice est, par usage, une demande ou une attitude que les adultes considèrent comme inopportune.
Ce moment où un enfant souhaite des bonbons et que son adulte de référence refuse, l’enfant va avoir une expression émotionnelle qui sera qualifiée de caprice.
Je pense qu’il n’est pas difficile de voir ce qui est appelé un caprice, dans la société occidentale actuelle.

Afin de t’aider à te mettre en sympathie avec cette situation : imagine que tu souhaites vraiment manger quelque chose car tu as faim. Ensuite, alors que tu prends la chose qui te fait envie, quelqu’un te l’arrache des mains et te dit : « NON ! Tu ne manges pas maintenant. Dans 30 minutes, le repas sera sur la table ! ».
Maintenant, imagine que tu n’es pas en mesure de réguler tes émotions et que tu ne parviens pas à calmer le feu de la frustration.

Déjà, personnellement, quelqu’un me dirait ça, je répondrais : « Je crois que je mange ce que je veux quand je veux et je n’ai pas d’ordre à recevoir ! », et j’aurais repris mon aliment pour le mordre à pleines dents ! Namého!

Un enfant n’est pas en mesure de mettre les mots, d’argumenter avec calme et surtout, de gérer la frustration en restant impassible.
N’oublions pas que c’est aussi le cas pour énormément d’adultes… Sinon, il n’y aurait pas de violences (physiques ou verbales) dans le monde !

Les enfants vont alors réagir d’autant plus fort que la réponse des adultes seront catégoriques ou rudes, de la même manière que cela ferait réagir d’autres adultes… Mais ayant la capacité de gérer ses émotions, on ne s’exprime plus en trépignant (mais en boudant, en sifflant dans ses dents ou en levant les yeux au ciel… N’est-ce pas ?! On se penche sur l’adultisme ? ).

J’anticipe quelques remarques : Ok, les caprices n’existent pas, mais j’en fais quoi de mon gamin vociférant dans le magasin, moi ? Et donc quoi, si ce n’est pas un caprice, c’est quoi ?
Et puis, si je ne réagis pas, ça va devenir un enfant-roi exigeant tout et n’importe quoi ! Ça va être la débâcle !

D’abord, c’est la manière que les enfants trouvent pour exprimer leur insatisfaction/frustration (au demeurant, voici un petit article qui précise si oui ou non, il est nécessaire que les enfants apprennent la frustration).
As-tu vraiment envie que ton enfant ne réagisse pas lorsque quelque chose l’indispose ?
Parce que s’il ne réagit pas, cela ne dénote pas d’une santé mentale optimale. Un enfant qui ne réagirait pas à la frustration ne réagirait peut-être pas face à la douleur ou à d’autres alertes pour les signes vitaux.
Les besoins physiologiques sont à prendre (faim, soif, système digestif encombré, maladie, fatigue,…) dans l’explication des réactions émotionnelles.
En outre, il est indispensable de prendre en compte les éléments de contexte. Un enfant sera plus réactif dans un supermarché que dans un bois.
L’hyperstimulation intrinsèque aux lieux engendre, forcément, des attitudes qui peuvent apparaître plus fréquemment et/ou plus intensément.

Ensuite, il est primordial de comprendre que les enfants en dessous de 4 ans, et pas du tout avant 2 ans, n’ont pas toujours la capacité à inhiber leurs actions.
Ils vont avoir une idée en tête, et malgré tes protestations, ils vont agir tout de même.
C’est la raison pour laquelle il vaut mieux adapter son environnement aux enfants plutôt que croire qu’ils apprendront à ne pas toucher au vase à leur hauteur.
Bien sûr, cela arrivera. Mais pendant les premières années, autant t’éviter du stress inutile.
Précisément, il ne s’agit pas de provocation quand les enfants (16/36 mois généralement) fixent pendant qu’il fait une « bêtise ». Ils guettent si c’est bien ça qui fait réagir. Ce n’est pas de la provocation, ils tentent d’ancrer dans leur esprit qu’une action engendre telle ou l’autre réaction.

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« Donc, quand je lâche le verre, ça tombe ? Toujours ? »

Que faire, alors ?
Concernant la colère : voici un petit article que j’ai rédigé précédemment sur les stratégies à mettre en place pour déjouer les moments difficiles.

Il est nécessaire d’accueillir l’émotion qui s’exprime (même si, en effet, c’est vraaaaaiment pénible et particulièrement quand c’est en plein milieu d’un magasin bondé !) et de percevoir ce qui meut les enfants.

L’idéal est d’éviter les sources de frustration supplémentaires à celles qui sont inévitables. Non pas en cédant, mais en anticipant ce qui pourrait survenir et en distrayant !

On le dit souvent, quand on devient parent, tout doit être organisé.
C’est un peu exagéré, mais à certains égards, c’est très utile !

  • Votre enfant a faim et réclame à cors et à cris une glace/une gaufre/des bonbons. Aie toujours avec toi un encas qu’il/elle apprécie vraiment !
  • Dans les supermarchés, le rayon biscuits est problématique ? Évite-le !
    Sans rire, ça pourrait offrir d’autres perspectives alimentaires à ta famille de vous passer de ces sucreries… qui peuvent engendrer bon nombre de troubles du comportement (Merci les additifs !).
    Si vraiment, c’est un passage obligé, donne une mission à l’enfant (en fonction de son âge), « Trouve tes biscuits Untel Machin Truc ! » ou distraie-le avec un petit jeu qui aura été caché au préalable dans ton sac.
  • Il/elle refuse de se laver les dents/brosser les cheveux/se laver.
    Cela demande une stratégie de longue haleine (en parlant de dents ! ^^ ). D’abord, il est nécessaire que ton enfant voie que tu prends toi aussi soin de ton corps. L’enfant apprend par mimétisme… ! Et cela vaut pour tout.
    Ensuite, faire de ses moments des jeux : « Tu ne veux pas te brosser les dents tout.e seul.e, alors je te les lave et tu me laves les miennes ! ».
  • Un refus de mettre des vêtements précis ?
    Proposez deux choix de tenues. L’enfant pourra ainsi choisir quelque chose qui sera adéquat, puisque cela aura été mis en évidence dans ce qui convient à la météo. Plus de 2 choix les déborderaient.

Les refus/opposition de la part des enfants émergent souvent parce que les adultes donnent un ordre et attendent que l’enfant s’y conforme (article sur la crise d’opposition ou terrible two).
Mais eux, autant que nous en tant qu’adultes, n’apprécient pas les ordres donnés froidement.
Ils seront bien plus enclins à agir avec entrain s’ils participent au processus de décision.
« Que faut-il mettre comme chaussures quand il pleut ? »
« Que faut-il pour sortir quand il neige ? »
« Que peut-on faire maintenant qu’on a les mains toutes sales ? »

Interroger l’enfant, au lieu de lui ordonner, est une clef pour obtenir une relation harmonieuse.

Est-ce que cela prend plus de temps ?
On peut le croire et globalement, un enfant prend du temps. Son temps de réflexion et d’actions est plus lent que le nôtre puisque son cerveau est en développement.
Les houspiller pour qu’ils accélèrent n’aide pas… Puisque cela les met dans un état de stress (qui désordonne les actions entreprises).
Mais ce temps d’action librement consentie est bien plus serein qu’un temps perdu à batailler en finissant tou.t.e.s deux énervé.e.s.
En outre, suivre le rythme de l’enfant et observer la contemplation qu’il peut faire sur des petites choses qui nous semblent anodines appellent à quel point il a des capacités de pleine conscience (mindfulness) que les adultes oublient. Il peut être utile pour toi de revenir à ce mode de fonctionnement où tu ne t’agaces pas du temps perdu mais où tu profites des instants insignifiants.
Au quotidien, tu es amené à contempler cet enfant qui grandit et évolue chaque seconde. Il acquiert et précise ses nouvelles compétences minute par minute, sans que tu aies besoin d’être investie d’une tâche éducative active.
Un conseil simple : observe ce qui se passe dans des moments anodins ou l’enfant « te fait perdre du temps ». Tu auras moins l’impression « de ne pas l’avoir vu grandir ! ».


Lorsqu’une crise a eu lieu, il n’est pas utile pour l’enfant de revenir dessus en lui disant qu’il a eu un mauvais comportement.
Par contre, lorsqu’il est en âge de discuter, il est possible de revenir sur ce qu’il a ressenti et des solutions que vous pourrez trouver ensemble.
Dans le cas d’un plus petit, c’est à toi de jouer de trésors d’inventivité pour anticiper et divertir les bambins dans les moments tendus.
Ne cherche pas à revenir à froid sur une situation problématique si ton intention est de blâmer. Cela va cristalliser les situations problématiques.
Tu as besoin de déverser ton humeur et ton mécontentement (et c’est tout naturel ! Impossible d’être empathique si personne ne l’est avec nous) ?
Il y aura surement quelques personnes proches de toi et assez bienveillantes pour entendre tes difficultés sans juger tes compétences éducatives.

 

Cela ne te semble pas naturel de réagir avec toutes ces astuces « accueil/diversion/collaboration »?
Logique ! Nous n’avons pas été élevé.e.s comme ça.
Mais plus tu le feras, plus cela te semblera aisé ! C’est comme toutes les pratiques de la vie, cela s’exerce (un grand écart mental et attitudinal par rapport à nos vieux modèles !).

 

Mais ça ne risque pas de devenir un enfant-roi ?

L’idée n’est pas de « céder » aux caprices en lui donnant systématiquement les bonbons qu’ils réclament ou en achetant tout ce qui lui passe dans les mains. Outre le fait que le concept d’enfant-roi est, lui aussi, galvaudé et peu représentatif, j’y reviendrai !

Les enfants apprennent à agir et à réagir grâce à nos propres attitudes.
S’ils sont confrontés à de la sévérité, de l’autoritarisme, des crises, des ordres, des refus sans discussion, les enfants apprendront tantôt à se rebeller plus fort… Tantôt à s’écraser face à celui qui semble détenir le pouvoir. Ils se diront alors qu’il faut obtenir ce pouvoir pour être entendu.
Rapport de force « agréable » à venir… !
De plus, il va être difficile de demander à un enfant de garder son calme lors d’une colère si, toi-même ou ton entourage, lui montre des démonstrations violentes en réaction de la colère (lancer des objets, taper dans les murs, …).

Il a été démontré, et Catherine Gueguen l’explique admirablement dans ses conférences ou ses livres (références en fin d’article), que le maternage/ l’écoute/ le soutien/les câlins apportent à l’enfant des capacités pour développer optimalement son cortex préfrontal. Plus un enfant va être materné (clique pour comprendre ce qu’est le maternage proximal), plus son système émotionnel (en lien avec le système hormonal) va pouvoir croître de manière à apprendre à gérer les émotions fortes et les réactions empathiques.
Un enfant qui est entendu dans ses besoins et avec empathie pourra, à son tour, devenir facilement un adulte ayant ces capacités.
Il est absolument évident que les adultes agressifs et violents ne sont pas ceux qui ont été maternés… !

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Les malfaiteurs n’ont pas dû être beaucoup entendus et maternés, plus petits! :-p

« Tout-petit déjà, il comprend bien comment cela marche pour être dans les bras, c’est un malin ! »

Cette phrase me fait froid dans le dos. Elle est d’une banalité sans nom, et pourtant elle véhicule une violence inouïe !

D’une part, elle part du principe que l’enfant est déjà en mesure de faire des relations de cause à effet complexe, voire d’actes de manipulation. Être manipulé.e par un enfant qui ne sait pas jouer à cache-cache sans dire où il se trouve… Comment dire ?!

Ensuite, elle met en évidence que le bébé devrait être posé et qu’il n’est pas normal qu’il soit porté. Le mythe du « bébé-bras », auquel j’ai consacré un article, a la peau dure ! Et pourtant, cela tombe sous le sens que le bébé ait besoin d’être porté alors qu’il a été bercé toute sa vie intra-utérine et que sa survie dépend des adultes aux alentours.
Physiologiquement et instinctivement, les bébés ont un besoin impérieux d’être au contact constant, ou du moins prolongé, avec leurs référents. C’est leur unique moyen de survie de manière sécurisée.

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Alors n’ai pas peur de garder ton bébé tout contre ton bras ou dans tes bras. Il ne deviendra pas capricieux, il va juste gagner en confiance en lui… puisqu’il a pu compter sur toi ! Il construira une base sécure qui lui permettra de découvrir le monde sans appréhension de perdre ses référents (donc sa sécurité physique et affective).

Si tu es sceptique parce que « les bébés qu’on a laissé pleurer réclament moins », c’est vrai.
Cela s’appelle la « Résignation Acquise ». C’est un concept très étudié en psychologie qui explique comment un être va finir par ne plus exprimer ses besoins (apathie) puisqu’il aura compris qu’il n’y a pas de réaction lorsqu’il le fait (pour aller plus loin dans la compréhension de la résignation acquise tant pour les enfants que pour les adultes: c’est ce lien!)
Cela amène à des enfants qui se coupent de leur ressenti émotionnel et mais aussi de la détection de leurs besoins. Or, j’ai déjà expliqué combien il était indispensable pour être équilibré de pouvoir exprimer ses besoins. Mais à quel point c’est dur car nous avons appris à les brimer.
Répondre aux besoins du bébé offre à celui-ci la possibilité de conserver cette capacité d’expression si précieuse.
Dans les faits, il est fatiguant d’être sur le qui-vive pour un petit enfant mais c’est un vrai cadeau que nous leur faisons à long terme : être à l’écoute de soi et ensuite développer des attitudes d’empathie avec les besoins d’autrui.

 

A chaque âge, il y a des réactions appropriées pour accompagner l’enfant dans ses tempêtes émotionnelles.
Les maître-mots sont la présence, l’accompagnement, l’écoute, la distraction et l’anticipation.

Chacun.e peut réussir à gagner en sérénité avec ses enfants, tout en leur donnant des outils de gestion émotionnelle… et ça, c’est un fameux cadeau pour la vie !

 

Le mode d’éducation influe sur la gestion et l’expression émotionnelle. Voici une petite vidéo fun et éloquente pour expliquer pourquoi les émotions sont en prendre en compte :

Et tout le monde s’en fout: les émotions

et tout le monde s'en fout

 

 

A très vite, Lectrice/lecteur curieuse.x. !

 

Références :

Catherine Guenguen : « Pour une enfance heureuse », « Vivre heureux avec son enfant »

Isabelle Filliozat : « au cœur des émotions de l’enfant », « j’ai tout essayé »

Faber et Mazlich : « Parler pour que l’enfant écoutent et écouter pour que les enfants parlent »

 

 

 

 

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