Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ?

A la base de cet article, plusieurs constats :

  • Les couples ne se portent que rarement mieux après avoir fait des enfants ;
  • Il y a beaucoup de conflits conjugaux autour de la manière de s’occuper des enfants ;
  • Entre l’avant naissance et l’après, les principes portés par les parents ont souvent changé ;
  • Les jeunes parents modifient leur cercle d’ami.e.s ou voient celui-ci se restreindre ;
  • Certaines des attitudes de nos enfants mettent les parents hors d’eux :
  • Quand les enfants émettent des remarques ou ont des attitudes dans lesquelles les parents se reconnaissent, il y a un vif sentiment d’étrangeté qui émerge.

Pourquoi de telles explosions et ces décalages qui rendent le déroulement de la vie de jeunes parents compliquée ?

C’est la société, le problème !

Bon, dis comme ça, ça ne veut rien dire …mais ça veut tout dire. Est-ce que ça fait de moi une espèce de « social justice warrior » des enfants et de la parentalité ? B-)

smiley lunette soleil

Il s’avère qu’en Occident, nous évoluons dans un univers assez cloisonné.
Les enfants sont souvent éloignés des situations de la vie de tous les jours et des environnements qui ne leurs sont pas spécifiquement dédiés.
Par exemple, il est rare de croiser des enfants accompagnant leur mère à une formation, d’un rendez-vous médical, ou encore lorsqu’on veut se rendre dans un lieu plus « guindé ».

On peut se dire que c’est logique, car les enfants sont remuants et pas forcément épanouis dans le cadre restrictif de lieux clos où les gens ont besoin de concentration.
Mais la société ne semble pas croire que parents et enfants veuillent profiter d’activités et d’expériences de vie plus variées que ce qui est prévu pour les enfants… Et qui ne dérangerait pas trop les adultes !
Les femmes seule ou les couples ensemble  n’ont pas le droit de participer à des évènements sans faire garder leurs enfants. C’est donc totalement discriminant.
Je ne dis pas que les parents ne peuvent pas se séparer de leurs enfants s’ils en ont envie, mais qu’ils devraient avoir le choix.

En outre, avoir une société si cloisonnée engendre une méconnaissance totale de ce qu’est un nouveau-né, une mère en suites de couche et les gestes qui permettent l’allaitement et les soins de base. Cela amène à ce que la plupart des personnes, n’ayant pas de grandes familles, n’a jamais eu à s’occuper d’un jeune bébé ou à accompagner une mère récemment accouchée.
Alors il y a énormément d’angoisses autour de la naissance.
L’accouchement a été rendu totalement médicalisé, sous prétexte de se prémunir de morts en couche. Mais on a alors installé les femmes de manière à  ce qu’elles soient facilement accessibles par les médecins… au détriment de la physiologie !

position gynéco
Ensuite, il a été possible de proposer des sédations puis la péridurale pour épargner la douleur de l’accouchement… mais aussi soulager la prise en charge des patientes par le personnel.
C’est une réalité : une femme qui accouche sans péridurale demande plus de présence lors du travail. Mais ce sont elles qui auront, majoritairement, des suites de couche les plus agréables  (je te renvoie à mes articles sur l’accouchement et la préparation à celui-ci).

Ensuite, viennent les inquiétudes anticipées des premières semaines de vie du nouveau-né. Comment va se comporter ce petit-être ? Comment vais-je être comme parent ?
Et la fatigue ? Les suites de couche (tiens, on m’avait pas parlé assez des tranchées !) ? Et comment je vais m’en sortir si elle/il pleure à pleins poumons ?
Ces inquiétudes sont d’autant plus fortes que nous n’avons pas la possibilité de voir régulièrement d’autres nouveaux-nés au quotidien, avant le(s) sien(s).

 

Les Principes vs. La Réalité

La réalité du vécu est, fréquemment, en décalage totale avec la conception que les futurs parents élaborent. Se mêlent alors des angoisses excessives et un manque de confiance en soi face aux réactions du nouvel arrivant.
Nous apprenons grâce à l’observation d’autrui.
Qui observe encore une mère vivre au quotidien avec son nouveau-né en ensuite ses enfants avant d’avoir les siens ?
Dans la société occidentale, c’est très rare.
Au mieux, on voit les jeunes parents pendant 2h, chez eux, le temps d’un café/thé/chocolat chaud/jus de goyave/jus vert (pour les plus maso ! Ok, je plaisante !) mais on ne s’imprègne pas de leur vie. La plupart d’entre nous ne savent pas comment s’articule une vie avec des enfants avant d’en avoir.

En plus de ce manque d’exposition aux situations concrètes, notre histoire personnelle nous amène un filtre pour la perception de ces situations.
Certains seront choqués d’entendre le ton monter alors que d’autres trouveront ça normal. Il en va de même pour les enfants « remuants ». Beaucoup se dise que leurs enfants ne sont jamais aussi actifs voire dérangeants.
Au mieux, il s’agit de méconnaissance du développement infantile, au pire, c’est parce que ces personnes-là ont été élevé avec des principes adultistes forts. Pour un retour sur la notion d’adultisme : voici un article.
Ils pensent qu’un enfant doit obéir ou se comporter « en rapport avec la situation ».
A titre d’exemple personnel, j’avais 23 ans, et en pleine études de psychologie. J’essayais de convaincre mon ex-belle-sœur qu’il fallait ABSOLUMENT que son fils de 3 ans dorme seul, surtout avant l’arrivée de la seconde.
Pourquoi ?
Rétrospectivement, je n’en sais rien ! Je ne saurais mettre le doigt sur ce que je trouvais impérieux à l’époque.

Peut-être parce qu’en occident, on croit que les enfants vont bien s’ils dorment seuls. Que c’est un bon indicateur de bien-être… « Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? ». Vous souhaitez la réponse consensuelle ou la réalité ? Globalement, elles sont diamétralement opposées, pour avoir la paix !
Ensuite, parce que moi-même, j’ai été mise dans mon lit, dans ma chambre très tôt.
Parce que, peut-être aussi, certaines théories psy des vieux de la vieilles font miroiter que les enfants ont besoin de développer leur « autonomie » pour se sentir tel un individu unique et qu’il faut absolument faire ça avant le complexe d’Œdipe (Lolilol, on en reparlera de ça … ! Spoiler : c’est un peu du bullshit ce qu’on en dit dans le cadre de l’accompagnement des enfants).

Bref, à 23 ans, j’étais pleine de préjugés, de fausses croyances et surtout, de méconnaissance du développement infantile et de ce que c’est qu’être parent, en VRAI ! (PS : Laeti, si tu passes par-là, pardon ! Tu es et as toujours été une maman géniale, c’est vraiment nul qu’on ait pu te faire croire l’inverse !).

 

En devenant parents, on confronte les «principes éducatifs » et les besoins de son/ses enfant(s).
Le second point devrait gagner haut la main sans qu’on se pose de question. Mais cela marche mieux si on est informé.e ! C’est pour ça que j’ai fait un article sur le 4ème trimestre de « grossesse ».

« Avant, j’avais des principes et puis j’ai eu des enfants ! »
On entend beaucoup cette maxime, assez réaliste mais qui démontrent à quel point l’information est nécessaire en amont pour ne pas vivre un sentiment d’échec si les évènements ne se déroulent pas comme prévus.

Dans mon cas, je suis tombée sur le sujet de l’éducation bienveillante et positive avant d’être enceinte. Je me suis passionnée pour le sujet et tous les domaines connexes (HNI, langue des signes pour bébé, allaitement, communication non-violente, etc).
Quelle chance ! Vraiment ! Tous les jours, je suis heureuse d’avoir pu apprendre cela avant de vivre ma vie de mère.

La connaissance des besoins des enfants et du développement infantile modifie radicalement la perspective que nous avons de ces petits êtres. Cela permet de travailler sur ses propres « démons », ses failles et de pousser plus loin les questionnements sur les manières d’agir.
Grâce à cela, je n’ai pas été « étonnée » de la réalité du nouveau-né. J’ai lâché-prise aisément et j’ai pris les choses comme elles venaient.
L’allaitement à la demande et le cododo sont une évidence pour garder la sérénité du bébé et sa santé mentale intacte (ou presque).
J’estime réellement que le plus grand soutien de l’entourage est nécessaire. Il ne doit pas forcément être actif… L’abstention de commentaires désobligeants est déjà une victoire !
Cela dit, je souhaite à toutes les mères de pouvoir être entourées de manière active, pour être délestées des tâches pénibles. Et cela à tous les âges des enfants !
S’informer et discuter !

Il y a peu, je disais à une femme que les discussions de couple sur la manière d’accompagner les enfants (je commence à vraiment avoir du mal avec le terme « éducation », je lui préfère « accompagnement », puisque je ne considère pas que je suis en mesure de modeler mon enfant mais de l’impacter).
Réaction immédiate : « Nous l’avions fait ! Mais depuis, je me suis renseignée davantage et tous les principes que nous avions ont volé en éclats, car cela ne répond pas aux besoins réels des enfants. Et mon/ma conjoint.e n’a pas voulu entendre parler de ces changements de perspectives. Il les subit et m’en veut ».
Aïe !
C’est vrai ! Les femmes qui portent l’enfant sont d’autant plus susceptibles de changer de point de vue … parce que leur corps est investi autant que leur esprit. Beaucoup d’entre elles passent énormément de temps à s’informer (et là, l’important est d’avoir les sources d’informations fiables) et à se projeter en tant que mère. La personne « à côté » est souvent moins monopolisée par ses idées et donc, effectue moins de recherches d’informations.
Un décalage peut se créer comme ça.

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Ensuite, il y a le vécu post-accouchement. La jeune accouchée sent bien certains besoins de son bébé, en contradiction avec les croyances : dormir uniquement porté et téter très régulièrement sont les principaux étonnements des premières semaines/mois.
C’est grâce à cette « surprise » que les inventeurs du milieu de la puériculture essaye de faire acheter n’importe quoi pour endormir le bébé (balancelle, peluche aux bruits blancs, etc)  et qu’il tête autre chose que le sein (la tétine, une arme anti-allaitement). Or, les besoins de contact et de succion sont vitaux pour le nouveau-né : le contact lui assure chaleur et attention, la succion permet de mettre en route la lactation. En adoptant un substitut tel que la tétine, on propose aux enfants de se passer du sein pour se rassurer (ce qui est déjà une méprise car ils ont besoin de bien plus que juste la succion à vide d’un bout de plastique) et cela met un coup à l’allaitement puisque le bébé ne stimule pas suffisamment.

En plus de cela, il faut savoir que les enfants ne sont pas ces petits « pervers narcissiques » qui deviendraient des tyrans à coup de caprices.
Grâce aux connaissances en neurosciences affectives, nous avons la certitude que les enfants agissent sous la gouverne de leurs émotions et sans intention nocive.
Mais les mythes ont la peau dure, dont le fameux « tu vas en faire un bébé-bras ! » (j’y ai consacré un article, sur le portage !) .

S’informer et partager ces éléments à l’entourage, de manière à les faire se questionner, permet d’amorcer un changement de paradigme entre les principes et la réalité.

Alors, oui, Il faut s’informer et discuter en amont même de la grossesse, si c’est possible. Parce que sincèrement, dans certains cas, l’attitude de son/sa conjoint.e face aux enfants peuvent être tellement rébarbative que les couples explosent avant la concrétisation des enfants.
Il faudrait aussi parler, en couple, du « baby-clash ». Ce passage à vide très fréquent qui a lieu dans les couples après la naissance d’un enfant.

Il semble qu’il y ait un taux de séparation de l’ordre de 20 à 25% dans les mois qui suivent la naissance (selon le Dr Geberowicz, co-auteur avec Colette Barroux du livre : «  Le Baby-clash : Le couple à l’épreuve de l’enfant »).
Même s’il n’est pas possible d’anticiper toutes ses réactions, il semble indispensable de discuter de ce fait et de s’attendre à des difficultés.

Afin de pouvoir passer outre, il faut savoir que ces conflits sont susceptibles de survenir : à cause de la fatigue, parce qu’un des deux partenaires se sent délaissé.e.s, que l’autre ne se sent pas aussi épanoui.e.s que prévu, qu’il y a des embauches en termes de santé… Bref, savoir qu’il y a des facteurs qui vont amener ces désaccords.
La seule solution est une authenticité totale : vraiment échanger, sur ses états d’âme, ses peurs, ses sentiments, et sur le fait qu’on est, finalement, en désaccords avec les principes qui furent communément déterminés auparavant.

Anticiper ou lâcher-prise ?

Pour éviter de se perdre dans les méandres du casse-tête moral,  une solution : lâcher-prise !
Une fois que tu t’es bien renseigné.e (et cela ne s’achève jamais !), il est utile d’apprendre à lâcher-prise concernant les éléments sur lesquels tu n’as de toute façon pas prise !

Par exemple ? Le rythme des tétées ou encore, les moments/heures de sommeil, sa propre pudeur, le fait de passer des soirées avec un bébé qui dort sur soi pendant plusieurs mois, etc.

J’ai tendance à rappeler une chose, qui n’est pas une solution, mais un constat : ces moments passent !

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C’est une lapalissade, mais il ne faut pas le perdre de vue, dans les jours où cette dépendance extrême des enfants peut être difficile à vivre.
Pendant quelques mois, cela sera intense. Et puis de moins en moins, en termes de maternage pur. Ensuite, ce sont d’autres demandes qui surgiront, mais c’est toujours pareil… La petite-enfance passe en un éclair.
Sur le moment, il peut y avoir un sentiment de découragement ou d’être débordé.e. Mais  lorsque cela sera remis en perspective, quelques années plus tard, cela semblera très court… Car ça l’est, en regard de la durée d’une vie.

Il faut apprendre à lâcher-prise, à prendre les évènements comme ils surviennent et y réagir en mettant en avant les besoins des enfants.

Bien sûr, c’est plus facile à dire qu’à faire. Et d’autant plus lorsqu’il y a un couple où il y a ainsi deux cerveaux susceptibles de soulever deux fois plus d’interrogations.

Il s’avère que les enfants ont les codes pour déclencher des réactions enfouies !
Avant d’être plongé dans ce rôle de parents, notre vécu en tant qu’enfant n’avait pas une résonance aussi forte.
A partir du moment où vient la parentalité, cela plonge les (futurs) parents dans leur propre vécu.
Pendant la grossesse, il est fréquent que les futurs grands-parents soient questionnés tant et plus sur la manière dont cela s’était passé pour soi-même.
Au fur et à mesure, on se crée une image de ce qu’on souhaiterait et de ce qu’on pourrait vivre.
Et puis les mois défilent et le bébé est, souvent, différent du bébé imaginé.
Les proches peuvent effectuer des remarques qui piquent au vif tant la susceptibilité que l’égo. Subtilement, cela peut remettre en question les attitudes adoptées avec les enfants.
Ensuite, ces derniers grandissent et développent des comportements qui peuvent nous attendrir mais aussi… nous exaspérer !
Par exemple, un enfant qui aurait tendance à chouiner fréquemment, ou à taper des pieds de frustration (tiens, j’en parle là, de la frustration !).
Étrangement, certaines attitudes déclenchent un vrai agacement ! Mais pourquoi spécifiquement celles-là ?

Il est probable qu’en tant qu’enfant, cet adulte irrité ait du des comportements similaires à ceux de son enfant et qu’il ait reçu, au mieux, une « fin de non-recevoir » en réponse.
Dans tous les cas, ces comportements sont restés ancrés en nous, inconsciemment… Et ils sont réactivés par l’exposition à son propre enfant.
Les réactions des parents sont alors vives et peuvent être explosives sans crier gare.

Retour sur son propre vécu

Lorsqu’une réaction volcanique survient ou qu’une irritation est persistante, il est opportun de s’y pencher.
C’est un indicateur fiable qu’il y a matière à s’interroger !

En mettant sous la loupe ses propres réponses aux attitudes des enfants, il est possible de découvrir un part de soi.
Cela peut être la manifestation qu’il y a une émotion cachée là-dessous.

Dans les dernières générations, il n’était pas prioritaire d’amener les enfants à exprimer et vivre leurs émotions. Loin s’en faut !
Le modèle était plutôt à l’éducation d’enfants obéissants et sages, dont les frustrations se vivaient à bas bruit. Si ce n’était pas la réalité de l’enfance, c’est l’image qui était considérée comme « idéale ».
Beaucoup de subterfuges furent/sont utilisés pour y parvenir, des brimades aux punitions (dont je parle ici) mais aussi à l’ordre de ne pas exprimer ses émotions (« taistoi! », « file dans ta chambre! », …), tout simplement !
Hors, toutes ces émotions rentrées finissent souvent par sortir d’une manière ou d’une autre lorsqu’un déclencheur les active.
Et les enfants sont de merveilleux déclencheurs.

Lorsqu’on est soumis (car c’est plus fort que nous) à de telles réponses de notre part, je suggère de prendre le temps de prendre du recul.
Il serait plus simple de mettre ça sur le compte de la fatigue (qui est un accélérateur à particules d’énervement !) mais c’est perdre de l’information. Et puis, quel parent n’est pas un peu fatigué ?

Lorsque tu as été « mis.e à bout » par ton enfant, essaye de pointer précisément ce qui t’a agacé dans l’attitude de ton/tes enfant(s).
Ensuite, projette-toi en tant qu’enfant et tente de te rappeler les réactions de tes parents.
D’une part, ça t’aidera à te remémorer le fait que ce n’est qu’un enfant qui n’a pas les mêmes capacités de gestion émotionnelle que les adultes. D’autre part, cela permettra de fouiller les éléments qui t’incommodent.
Les phrases : « Arrête de soupirer ! » ; « Ne lève pas les yeux au ciel quand je te parle ! » ; « On se tait, à table ! » ; « Mange la bouche fermée ! », etc, te semblent familières ?
Et toi, tu les répètes à ton enfant ?
Quelles sont tes réactions lorsqu’il ne va pas dans le sens que tu souhaiterais ?

Il est fort étonnant aussi de constater que l’énervement fort en réaction  à un comportement ne survient quasiment que face à un enfant.
Imagine que tu déjeunes avec quelqu’un qui mange très salement, et qui fait énormément de bruits en mastiquant (OK, j’admets, c’est une de les failles personnelles. Je ne supporte pas les tenues à table approximatives !).
Te viendrait-il à l’idée de sermonner cet adulte face à toi ?
Or, quand c’est ton enfant, ça te fait bondir. Parce que tu lui as déjà répété de se tenir d’une manière ou d’une autre, et que cette volonté d’avoir un enfant qui sait se tenir est forte… Mais sans doute aussi parce que tu as essuyé énormément de remarques à ce sujet-là (Oui ! Je me suis faite chambrée longtemps par ma mère car « Quand on enlève ton assiette, on voit la trace avec ce qu’il y a autour ! ». Par chance, elle m’a simplement toujours montré comment utiliser mes couverts avec calme, à surveiller ma posture en me rappelant de faire attention afin que je sache « me tenir en société ». Ce fut très bienveillant mais j’en garde une aversion énorme pour les gens qui n’ont pas une tenue irréprochable… Alors que quand je suis seule, je me permets l’opposé de ces codes sociaux !).

Acquérir la capacité à prendre du recul vis-à-vis de ses réactions émotionnelles est déjà un pas inestimable tant pour sa relation à autrui que pour la connaissance de soi.

Tu peux ensuite formuler des observations, sans jugement de toi-même, et chercher des solutions pour reprogrammer tes réactions face aux déclencheurs.
Ce sont souvent des situations où il est nécessaire de finir par lâcher-prise… Et de formuler ses attentes aux enfants en âge de les entendre. Cela n’implique pas qu’ils s’exécuteront, mais tu auras pu extérioriser ton inconfort de manière plus bienveillante tout en respectant tes besoins (si tu veux une perspective sur nos besoins : ici !).

illustrations besoins

Forcément, plus sa propre enfance a été marquée par des comportements agressifs, violents ou réprobateurs, plus nombreux seront les déclencheurs inconscients.
Cela peut être plus dur, mais il n’y a pas de raison de ne pas pouvoir mener sa parentalité comme on le souhaite.
L’humain est doté d’une capacité de résilience merveilleuse qui peut le faire vivre malgré des expériences traumatiques. Boris Cyrulnik va à l’encontre des adages et raccourcis fréquents qui font état qu’un enfant battu fera un adulte violent. Il précise qu’en développant des liens d’attachement, la résilience peut s’ancrer et que grâce à cet entourage bienveillant, la majorité des enfants battus ne reproduisent pas ce schéma.
Bien sûr, si l’exposition à ces déclencheurs et à l’introspection que cela demande engendre trop d’émotions négatives et de mal-être, il est indispensable de se faire accompagner, à l’aide d’un psychologue, par exemple.

En légitimant et en faisant la paix avec l’enfant que nous étions, en nous rappelant qu’il a existé, nous garantissons de plus belles relations avec nos enfants … et une sérénité pour les générations à venir qui n’auront plus à se battre contre leurs expressions émotionnelles !

A très bientôt, les Curieuses.x !

 

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