Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir !

Depuis le début de ce blog, je me disais qu’un article sur le cododo était superflu.
Dans mon esprit, maternage/parentage proximal= proximité physique continuelle, jusqu’au détachement des enfants, d’eux-mêmes. Cela implique que la nuit, forcément, c’est également le cas.
MAIS le problème que le cododo ou le “sommeil partagé” est tout de même assez mal perçu … en Occident !

Par exemple, voici le titre d’un article de 2011 : « Bad news for dads: Babies ‘should share mother’s bed until age three’ because it’s good for their hearts « 

Il faudrait déjà savoir pourquoi c’est une “mauvaise nouvelle pour les pères” de dormir avec leurs enfants. Le titre est évocateur et complétement influencé : dans le cododo, il y aurait un perdant : le/la conjoint.e !

Ensuite, il y a des croyances : dormir ensemble rend les enfants dépendants. Une idée préconçue veut que les enfants soient censés « apprendre à dormir seul ». Pour cela, diverses techniques dont le « 5-10-15 », où le principe est simplement de laisser le bébé pleurer de plus en plus longtemps. Jusqu’à ce qu’il se taise et cesse de réclamer.
C’est donc de la résignation acquise. Le bébé n’apprend nullement à dormir seul. Il intègre que son environnement ne lui assure pas la réponse à ses besoins et se met en mode « survie ».
Les « problèmes de sommeil » des enfants (c’est-à-dire des résistances à l’endormissent) sont typiques de l’Occident. Surtout, le rapport au sommeil des enfants est très particulier, puisque éminemment culturel. Si l’on effectue des comparaisons, le modèle d’enfant précocement indépendant, par rapport au sommeil, est rare (Crawford, 1994, p. 46).
Même dans d’autres société industrialisée, comme au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, il est normal de considérer que les enfants ont besoin de leurs pairs pour être équilibrés et sereins. Cela implique qu’ils partagent sans encombre l’espace de repos, de manière à assurer une présence corporelle aux enfants.
En outre, les réveils durant la nuit sont considérés comme normaux. Grâce au cododo, le sommeil des parents n’est que peu dérangé puisque les enfants ont la possibilité d’être rapidement rassurés.
A l’inverse dans les sociétés occidentales, la question du « bon sommeil » des enfants est un des sujets privilégiés.
« Alors, il fait ses nuits ? » doit être dans le top 3 des questions posées aux jeunes parents. Il est attendu que, très vite, un bébé ne se réveille plus et ne boive plus de lait la nuit (certains pédiatres vont évoquer un poids ou un âge (différent en fonction de chaque professionnels) auquel il n’est plus nécessaire que les enfants boivent la nuit).
Le rapport au sommeil partagé et aux « troubles du sommeil » présumés sont ainsi totalement différent.

Mais pourquoi un tel rejet ?

Cela prend racine au Moyen-Âge, avec la progression de la religion qui a rendu tous les rapports au corps impurs. Il n’était alors pas bien perçu d’être dans une proximité physique. En outre, il est suggéré que l’Eglise a découragé le cododo. Les naissances ne bénéficiant pas de régulation comme c’est le cas actuellement, il était suspecté que certains parents commettent des infanticides prétextant un étouffement accidentel pendant le sommeil.

A notre époque, il n’est pas rare que considérer que le lit est un domaine conjugal, et non familial, et qu’il doit rester l’espace spécifique du couple.
Il est étonnant de savoir qu’il n’y a pas si longtemps, le fait de partager son lit avec le partenaire pour dormir était très mal considéré ! Durant l’époque victorienne, partager le lit était perçu comme malsain et dangereux : ses forces de vie seraient happées par celui/celle dont on partage le lit (écrit dans « Dreamland: Adventures in the Strange Science of Sleep », David K. Randall).

Des différences sont également notables en fonction du climat : il est commun dans les pays très chauds de dormir séparément.

hamac
Hamacs en Guyane

A l’heure actuelle, en Occident, il est entendu que les couples partagent le même lit. La plupart des gens s’alarment en apprenant qu’un couple ne dort plus ensemble toutes les nuits.
C’est oublié rapidement les habitudes de certains de nos arrière-grands-parents qui dormaient souvent sur deux matelas séparés voire dans deux chambres différentes.
C’est parfois une solution encore adoptée par des couples dont l’un des deux ronfle, si l’un.e des partenaires se lèvent ou se couchent particulièrement tard, et aussi, dans certains cas de cododo avec les enfants.
Le rapport au sommeil partagé n’est pas problématique s’il est discuté (comme tout, en réalit é!). Certains couples ne parlent pas de ces situations quotidiennes et peuvent développer de l’amertume qui ressort par des petites phrases acerbes : « Oh ! Tu as encore bougé/ronflé/t’es levé.e beaucoup cette nuit! Ça me réveille ! Tu es pénible ! ».
Cela peut être un choix délibéré que de dormir séparément. Cela demande de la discussion et de jouer carte sur table concernant les besoins de chacun.
Il en va de même pour le cododo, et donc le partage du lit ou de la chambre avec le.s enfant.s. Cela peut être subi ou vécu de manière épanouie.

Le Cododo et ses mythes

La société en a une mauvaise image car cela laisse penser que les enfants ne sont pas indépendants de leurs parents (ce qui est attendu très tôt, en Occident). De plus, on sous-entend que les adultes « abdiquent » et laissent les enfants décider leur lieu de sommeil, sans respecter leur intimité. D’ailleurs, il est considéré que le cododo est un frein à la sexualité. Enfin, il serait en cause dans l’augmentation de la fréquence de la MIN (Mort Inattendue du nourrisson, ou SIDS en acronyme anglo-saxon).
Mythes ou pas ?

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Non, c’est un fait. Les enfants ne sont pas indépendants des adultes. D’ailleurs, aucun humain ne peut être considéré comme réellement « indépendant » puisque nous sommes une espèce totalement grégaire et ayant besoin de relations interpersonnelles.
A sa naissance, le bébé humain est dans une dépendance folle par rapport à ses référents. Sans eux, il meurt. Et il le sait.
C’est la raison pour laquelle, après avoir passé 9 mois contenu dans un environnement globalement constant, en l’absence de sensations digestives, avec un thermostat intégré et une présence intégrale, il/elle ne peut pas être serein.e posé.e dans un berceau.
Au contraire, le bébé a besoin du contact constamment les premiers mois. C’est pour ça que le portage est indispensable pour ne pas se ruiner les épaules. Il est profitable lâcher-prise et prolonger sans résistance dans le maternage proximal… C’est vraiment la voie la plus simple pour une sérénité quotidienne (sérénité spécifique de jeunes parents, faut-il le rappeler ?!). Le cododo répond au besoin de présence rassurante pour les enfants. Je rappelle que la plupart des organismes de santé tels que l’OMS ou l’UNICEF recommande le cododo, ou a minima le partage de la chambre, jusqu’à l’âge de 6 mois et tend à une prolongation jusqu’à 9 mois.

Le deuxième mythe est que les enfants décideraient de leur lieu de repos et que cela dénote d’une démission parentale et d’un certain laxisme face au cadre.
Cette perception de l’enfance et de l’accompagnement des petits est traditionnaliste… et inconstestablement adultiste (ici pour un point sur cette notion).
Je pense que les gens qui estiment que les parents abdiquent quand ils répondent aux besoins de leurs enfants sans attendre souffrent d’un manque de connaissances en la matière. Que ce soit pour l’allaitement, les pleurs, le cododo, il est maintenant très clair dans la littérature scientifique que la réponse sans délais aux besoins des bébés leur est profitable.
Il n’y a strictement aucun bénéfice à différer une réponse à un besoin.
Dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », tous ces éléments sont bien précisés et expliqués. Catherine Gueguen également a fait ce travail de rendre accessibles ces informations, de manière à ce que la réactivité aux besoins des enfants prime sur tout le reste. C’est une question de construction même du cerveau et, par la suite, des relations interpersonnelles.
Il fut démontré que la propension spontanée à câliner un enfant qui pleure est déterminée par ce que furent les réponses de nos référents à nos propres pleurs.
Si tes parents avaient tendance à s’énerver, à crier ou à te laisser pleurer, il est fort probable que les pleurs de ton enfant n’engendrent pas seulement de l’empathie. Cela réveillera également de l’énervement et un empressement de le faire taire.
L’absence de réaction empathique dans la petite enfance interfère avec la construction de la régulation émotionnelle.
Bref, point de laxisme ou de débordement du cadre lorsqu’un enfant dort avec ses parents : il s’agit juste d’un cadre plus opportun pour son développement et ses besoins actuels.

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Une illustratrice au top, cette Fanny !

Ensuite, le sujet de l’intimité du couple vient sur la table. LE sujet qui revient en boucle chez l’entourage qui, jusque-là, n’avait jamais questionné ta vie sexuelle. Étrange quand même que le fait de devenir parents et les habitudes de vie qui l’accompagne offrent une tribune publique à ce sujet.
Alors, en effet, il est possible que le fait d’avoir un enfant entame la libido d’un ou des deux partenaires. Certain.e.s n’éprouvent plus énormément de désir pendant une période, parce que l’arrivée et la vie avec un bébé en bas-âge est plutôt… sportive !
Alors, avec souvent des nuits coupées, il est fréquent que l’investissement soit plutôt mis dans le repos/sommeil que dans les galipettes.
Est-ce que le cododo freine d’autant plus la libido ? Je pense que cela dépend de chaque couple.
Si la sexualité du couple se passait exclusivement dans le lit et la nuit, il est possible que cela ait un impact. Mais, concrètement, rien n’empêche les deux partenaires motivés à quitter la chambre habituelle pour investir un autre espace aussi propice (je crois que tous les parents qui pratiquent le cododo voient régulièrement leur canapé sous un autre angle, pendant cette période).
Je me remémore le témoignage d’un papa qui évoquait sa joie : « C’était chouette quand ils étaient petits. On pouvait le faire partout ! Maintenant qu’ils sont ado… On est cloîtré dans la chambre ! ».
Le fait est qu’avoir un enfant modifie la vie et aussi la vie sexuelle. La disponibilité physique et parfois mentale peut être moindre.
Il est indispensable d’être honnête sur le sujet au sein du couple. Il se peut que Madame n’ait pas envie pendant de longues semaines voire mois après son accouchement. Il se peut aussi qu’ils/elles aient du mal à trouver leurs repères dans cette nouvelle vie et qu’ils/elles soient en décalage l’un avec l’autre.
L’arrivée d’un enfant, que ce soit le premier ou le troisième, rebat les cartes et investit massivement l’esprit et le corps. Forcément, la personne qui a porté l’enfant a un vécu corporel que l’autre ne peut expérimenter en tant que tel.
De toute manière, à tous les sujets, les perceptions peuvent être totalement discordantes au sein des couples. L’important est de discuter, sans rancune, sans heurt et avec authenticité.
Il est nécessaire de pouvoir dire : « Non, je n’ai pas envie de ça » et/ou « Tu me manques ! ». Il est ensuite possible de trouver des moyens de combler les besoins de chacun (/ !\ à différencier des envies, ici pour lire un retour sur les besoins de l’humain).
Enfin, je rassure quand même : certains couples ne vivent aucune période de disette ou du moins, n’en souffre pas, parce qu’ils partagent les mêmes ressentis.
Aller, histoire de clore le sujet : n’hésitez pas à vous munir de lubrifiant pour les premières fois (au moins). L’allaitement peut générer quelques épisodes de sécheresses vaginales. Pas d’inquiétude si le corps ne réagit pas tout à fait comme avant, il y a eu un sacré chambardement durant l’accouchement et avec le travail des hormones.

Comme dernier mythe aussi persistant que controversé : la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN, terme qui a remplacé Mort Subite du Nourrison)
C’est la terreur des jeunes parents, indubitablement. Je crois que tous, autant que nous sommes, avons scruté/scrutons les mouvements respiratoires de nos tout-petits.
Je ne sais pas si tu le sais mais l’allaitement diminue le risque de MIN… Il y a plusieurs facteurs (peut-être cela fera-t-il l’objet d’un autre article ?!) et l’un d’eux est la proximité mère-bébé pendant le sommeil. Il a également été démontré de nombreuses fois, dont par l’équipe du Dr. Bergman, que le « Kangaroo Mother Care » dont les contacts peau-à-peau sont déterminants pour le nouveau-né. Lors de ces contacts, le rythme cardiaque des bébés ralentit notablement démontrant une décontraction maximale et la température corporelle se régule.
Bergman dit même: “The mother’s body is the only natural, healthy environment for a new baby” (Le corps de la mère est le seul environnement naturel et sain pour un nouveau-né).
Cela implique donc forcément des relations proximales durant les moments de sommeil.

Certaines études ont mis en évidence que le cododo, sur le même matelas, augmente les risques de MIN. Il s’avère que dans ces études, les règles de sécurité régissant un cododo sécuritaire n’ont pas été observées de manière rigoureuse.
La plupart du temps, dans le cas de décès en cododo, les parents avaient consommés des substances psychoactives (drogues ou alcool), fumaient (et cela engendre des dégagements gazeux risqués pour le fragile système respiratoire du nouveau-né), avaient laissé des édredons et autres coussins à proximité du bébé ou avaient un matelas trop souple.
Pendant des années, les méta-analyses, se servant des données des études précédentes, ont répété invariablement que le bedsharing (le partage de lit) était un facteur de risque. Les dernières recherches en la matière s’efforcent de contrôler les conditions non sécuritaires. Il apparaît alors que le partage de lit sécuritaire est relativement équivalent en termes de sureté au partage de chambre (qui lui est recommandé fermement jusqu’à 6 mois).

Il s’avère que les études ont été effectuées aux États-Unis, ce qui explique la perception anthropocentrée de celle-ci. Par la suite, le milieu scientifique s’est tout de même questionné sur les pratiques inhérentes au sommeil dans d’autres cultures… dont des pays industrialisés comme le Chine, la Corée du Sud ou le Japon.
Dans ces pays-là (comme dans la plupart du Monde hors Occident), le cododo (partage de lit !) est pratiqué de manière traditionnelle, parfois jusqu’à l’adolescence. Et pourtant, il est notable de constater que le taux de MIN à Hong-Kong est parmi les plus bas du Monde.
Il s’agit ainsi de questionnements et de peur totalement occidentales, puisque ces pratiques ne sont pas questionnées ailleurs sur le globe. La plupart des ethnies ne comprennent pas pourquoi il serait question de laisser un bébé dormir seul et assimilent, pour certaines, cela à de la maltraitance.
En outre, j’apprécie énormément la réponse du Dr. Alain Benoît (Pédiatre) et intervenant cette fois-là dans « La Maison des Maternelles » dans cette émission-là (je précise à dessein car ils ont déjà invités d’autres « spécialistes » qui vont à l’encontre de ce que ce pédiatre a dit…) : « C’est vraiment un problème de riches ! La plupart des populations du Globe, il n’y a pas de choix entre faire ou non du cododo. (…) Dire que le bébé peut s’en passer, c’est oublier qu’il sort du ventre de sa mère ! (…) En regardant de plus près dans les études, on a pu démontrer que le cododo prévenait la MIN et non l’inverse ! ».
Je mets en sources quelques articles que j’ai lus (pas tous, sinon, ça prendrait trop de place !) afin de fonder mon propos.

Tout ça pour dire, qu’encore une fois comme pour le portage, le maternage proximal et l’allaitement, il ne faut pas regarder dans l’histoire de l’Occident. Au nom de l’esprit, nos pays ont fait fi des besoins corporels primaires. Les communautés, où les besoins sont des moteurs d’actions concrètes, sont des sources intarissables d’inspiration pour s’épanouir dans le vécu de la parentalité (voir le Concept de Continuum).

cododo

Pourquoi le pratiquer ?

Tu n’es pas sans savoir qu’un nourrisson a besoin d’une protection constante. En oubliant le conditionnement social, nous suivons nos intuitions qui nous poussent vers une tendance « enracinées » en nous depuis des millénaires.
La plupart des parents l’expérimentent d’ailleurs : « Il dort tellement bien en portage et dès qu’on veut le poser, il pleure ! ». Oui, c’est normal et mu par son besoin de proximité qui lui assure de la sécurité.
L’Humain, en tant que mammifère, fait partie des primates portés. Cela se différencie notablement, des espèces nidicoles comme le chien ou le loup. Il y a un rapport clair entre l’intensité des besoins des nouveau-nés et le nombre de petits ainsi que la rapidité de leur croissance. On remarque allègrement que les chiens/chats/lapins/… sont indépendants relativement rapidement (aux alentours de 3 mois). Combien faut-il de temps pour qu’un humain soit considéré comme possiblement indépendant ?
Bref, cela démontre que la dépendance du nourrisson est intégrale et que les moments de sommeil ne font, bien entendu pas exception.
Souviens-toi que l’humain fut nomade avant qu’il se sédentarise et construise ses habitats. Cela implique que le nourrisson ne pouvait pas être posé sereinement, il était forcément au contact constant d’un autre humain. Ces nécessités sont ancrées profondément en nous. Définitivement, l’anthropologie a beaucoup à nous apprendre concernant le soin aux enfants !

De plus, il est nécessaire de rappeler que les enfants se développent en fonction de l’environnement auquel ils sont confrontés. Il a été démontré à plusieurs reprises que le cerveau du bébé se développe différemment en fonction des soins qu’il reçoit. Toujours dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », des clichés d’imagerie médicale témoignent des effets des soins sur le cerveau. Il est maintenant tout à fait clair qu’un accompagnement empathique, la proximité physique et une réponse immédiate aux besoins des enfants leur permettent de développer leur cerveau de manière optimale. La régulation émotionnelle est la compétence qui souffre le plus d’un manque de soin attentif. Or, les émotions habitent l’ensemble des expériences vécues.
Énormément de personnes éprouvent des difficultés à accepter/gérer/détecter leurs émotions. Cela handicape complétement le quotidien … et est une cause classique de consultation psychologique.

Ensuite, d’un point de vue pratique : j’ai du mal à considérer qu’on se pose réellement la question. Qui a envie de se lever de 3 à 10 fois par nuit pour aller cajoler un bébé… et ensuite tenter de le reposer une fois endormi, ce qui le réveille 9 fois sur 10 ?
Si l’objectif est d’épuiser la mère jeune accouchée (ne nous mentons pas, c’est tout de même plus souvent les mères que les pères qui se lèvent dans une large majorité des cas), je suis sûre que cela fonctionne.
Personnellement, c’était inconcevable. Impossible pour moi de me lever autant. Déjà, je suis réveillée 4 fois par nuit pour une tétée (durant laquelle je me rendors !), je ne vois pas pourquoi je devrais me contraindre à déplacer mon enfant dans son lit une fois assoupi. Cela demande bien trop de vigilance à nos pauvres organismes déjà éreintés par la naissance et la vie quotidienne avec un tout petit.

Jusque-là, je n’ai abordé que les nouveau-nés et la recommandation du sommeil partagé jusqu’à 6 voire 9 mois. Après cette période, cela va dépendre complétement des enfants.
Certains seront sereins et continueront à profiter du cododo. Souvent, le.s parent.s est alors très à l’aise pour poursuivre cette pratique jusqu’à ce que les enfants fassent la demande de dormir seul.
Dans d’autres cas, le.s parents ne parviennent pas à dormir correctement avec leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre. Les bruits émis par leur enfant le.s réveillent. Souvent, les mères qui ont des craintes particulières et ne parviennent pas à se rendormir pendant les tétées nocturnes. Il est alors possible de proposer aux enfants de rejoindre leur chambre et d’aller les allaiter la nuit.
Il n’est pas rare que les enfants qui se réveillent encore 2 ou 3 fois par nuit ne le fassent plus lorsqu’ils sont dans leur chambre. Au-delà de 6/9 mois, cela ne constitue plus un risque concernant la MIN ou l’allaitement.
Cependant, cela explique pourquoi il est indispensable de garder les enfants auprès de soi durant les premiers mois ! Les phases de sommeil trop profondes et trop longues ne sont pas adaptées à la physiologie du nouveau-né. Ce dernier peut se mettre en « mode survie » et ne plus se réveiller pour téter car il n’en a pas l’énergie.

Comment faire rimer sommeil partagé avec sécurité ?

La plupart des scientifiques NON ethnocentrés sur l’Occident mettent en évidence la nécessité d’instruire aux futurs parents les bases sécuritaires du sommeil partagé. Il est largement préférable de donner accès aux règles de sécurité plutôt que de les décourager à pratiquer le cododo… et qu’ils le fassent « en secret » sans connaître les mesures sécuritaires.

cododo exemple
Exemple de configuration avec un lit annexe

Voici donc les précautions à appliquer :

  • Ne pas pratiquer le cododo après la consommation de substances psychoactives (alcool, drogues, somnifère)
  • Le matelas doit être ferme et plat (il faut aussi que l’éventuelle alaise soit respirante !)
  • Le bébé ne doit pas pouvoir rouler du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur, ou entre son lit de cododo et le matelas du/des parents.
  • La pièce doit être à une température entre 18 et 20 degrés.
  • Le bébé ne doit pas être trop couvert (body + pyjama + gigoteuse/surpyjama)
    Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir tout le buste du bébé
  • Ne jamais laisser d’oreiller/coussin d’allaitement à proximité de bébé (pas avant l’âge de la marche à peu près).
  • Si le bébé se retrouve seul dans le lit (sieste ou début de nuit), il est nécessaire que le bébé ne puisse pas tomber par l’arrangement de la chambre. Idéalement, un lit au sol est le plus sécuritaire.
  • Le bébé doit se trouvé du côté extérieur de la mère allaitante, et non au milieu du lit s’il y a un.e partenaire.
  • Si un enfant plus âgé partage aussi le lit, un parent doit se positionner entre eux.
  • Exclure les animaux de compagnie du lit familial, surtout avant l’âge où l’enfant est en mesure de parler ou de se mouvoir avec aisance.
  • Il ne faut pas dormir avec son bébé dans un canapé/sofa/fauteuil.

Pour finir, en reprenant les mots du pape scientifique du cododo, le Dr. James McKenna, éminent anthropologiste : « Dormir comme un bébé » est une expression commune, mais que veut-elle dire vraiment ? Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées régulières ».

Repose-toi bien, Lectrice ou Lecteur curieu.se.x !

Quelques articles et références que j’affectionne :

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