Éducation bienveillante·Maternage proximal

le sommeil en dessous de 3 ans expliqué au.x (futurs) parent.s

Si tu n’as pas encore d’enfant, cet article va t’aider dans les mois (nombreux !) à venir.
Comme je l’évoque dans l’article concernant le quatrième trimestre de grossesse, autant le savoir, pour ne pas devenir dingue et prendre les évènements comme ils viennent, sans s’affoler !

Si tu as un enfant, tu sais.
Tu sais que « dormir comme un bébé », c’est une expression insensée !
Alors oui, c’est vrai qu’ils s’endorment parfois dans n’importe quelle circonstance, avec des bruits, de la lumière, et tout le tintouin. Mais la nuit, hein… Ce moment où les adultes dorment, les bébés, eux… Ne sont pas forcément dans cette disposition-là !

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Il est indispensable d’avoir quelques connaissances sur le rythme physiologique des bébés.
Parce que s’il est connu qu’un enfant à la naissance ne fait pas ses nuits, il est d’usage d’entendre que vers 3 ou 6 mois, ils sont capables de faire « leur » nuit.
Nombre de bébé ne dorment pas tout le long de NOS nuits à cet âge-là !
Le sommeil s’acquiert durant les 3 premières années de sa vie, au gré des maturations cérébrales.
Je suis d’ores et déjà navrée de décevoir celles et ceux qui pensaient que j’allais leur donner des trucs pour « les faire dormir ».
Je vais plutôt expliquer POURQUOI ils ne dorment pas et comment mieux vivre cela. Il faut être honnête, avoir des nuits interrompues est difficile. Quand elles sont hachées menues, c’est encore pire !

En préambule, quelques connaissances sont indispensables pour comprendre le fonctionnement des enfants.
La typologie du sommeil des enfants évoluent durant les 3 premières années.
Voici une infographie qui expose l’évolution du cycle du sommeil :

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Il y a d’autres informations indispensables à prendre en compte, que je cite directement de ce cours :

« – Sa durée se raccourcit de 20 heures à la naissance,  à 12 heures environ à 2 ans. Rythmé par l’éveil   alimentaire   ou   d’inconfort   dans   les   premières   semaines   de   la   vie,   il   s’organise progressivement de 3 à 6 mois en une longue période nocturne de 12 heures et une plus courte (la « sieste ») de 3 à 4 heures. Celle-ci ira progressivement en se réduisant et disparaîtra en moyenne à 3 ans.      

 –  L’endormissement  est  brutal  pendant  les  premiers  mois,et  se  fait  en  sommeil  « rapide » (équivalent  du  sommeil paradoxal  de  l’adulte).  Puis  progressivement  le  sommeil  « lent »  s’impose comme initiateur du sommeil mais son pourcentage (50  % – 50 % à la naissance) n’augmente que lentement (65 % – 30 % à un an ; 80 % – 20 % à 3 ans). L’endormissement devient plus laborieux entre 3 et 9 mois, et franchement long (20 à 60 minutes) entre 1 et 3 ans, dépendant grandement du niveau de vigilance diurne de l’enfant qui lutte souvent contre le sommeil. Au-delà de cet âge, cette période d’endormissement se stabilise autour de 15 à 30 minutes.       

– Le sommeil lui-même est de niveau variable (stades de sommeil) et les périodes de sommeil lent  léger  (stade  I-II)  deviennent  abondantes  (1/2 du  sommeil  lent)  à  partir  de  6  à  8  mois.  Ces phases proches du réveil sont fragiles et surtout chez les enfants hyperactifs ou inquiets.      

 – Le réveil spontané est seul physiologique chez le nourrisson. Réveiller un nourrisson perturbe grandement  l’organisation  ultérieure  du  sommeil  quand  l’habitude  en  est  installée  et  devient  vite source d’irritabilité et d’agitation elle-même perturbatrice du sommeil.       

–  La  maturation  du  sommeil  comporte  d’importantes  variations  interpersonnelles  qu’il  est hasardeux  de  négliger.  Il  faut  éviter  l’éclosion  de  réflexes  conditionnés  d’éveil  rythmés  par l’habitude  trop  prolongée  de  nourrir  l’enfant  au  milieu  de  la  nuit. Mais  il  est  aussi  anormal  de vouloir  « régler »  l’enfant  trop  tôt  et  trop  autoritairement  en  le  privant  de  prise  alimentaire  ou hydrique  quand  il  se  réveille  inopinément ;  le  rythme  propre  de  l’enfant  doit  être  respecté, éventuellement lentement et affectueusement modifié dans le respect du confort de chacun. Il n’est donc pas étonnant que certains enfants ne parviennent pas à enchaîner les cycles sans se réveiller, que ce soit la nuit ou en journée. »

 

Dans les premiers mois de la vie, les bébés dorment énormément.
Je me souviens que ça m’avait décontenancé quand, vers ses 3 semaines de vie, ma fille a enchaîné 3 jours à ne veiller que le temps des tétées, à peine plus. Certes, elle prenait le sein toutes les heures ou presque, mais cela m’avait inquiété. J’avais cru être responsable de cela car j’étais partie de balader pour la première fois pendant 1h, par 3 degrés !
Bien qu’elle soit en portage et bien couverte, je croyais avoir fatigué son organisme… Mais non ! Il s’avère que ce sont des périodes totalement normales dans le développement des nourrissons.

Ensuite, nouvelle inquiétude : ma fille de 3 mois ne dort plus que 3 fois 40 minutes par jour.
Elle était très bien, mais ne dormait pas plus que ça en journée. J’ai eu peur que ce soit problématique… mais constatant son sommeil réparateur la nuit et son humeur gaie, j’ai décidé de ne pas m’en faire !
Je suis une maman chanceuse : jusqu’à ses 9 mois, ma fille ne se réveillant que toutes les 3 voire 4h la nuit.
A partir de 4 mois, elle n’a plus eu de période d’éveil prolongé après 20h et je l’endormais en tétant avant d’avoir mes soirées « libre »  jusqu’à la tétée suivante.

Et puis elle a eu 10 mois. Elle était passée à 2 siestes par jour, l’une vers 12h, l’autre… vers 17h30/18h !
Cela impliquait qu’elle n’était plus fatiguée avant 22h30/23h !
Ce furent des journées intenses, de 8h30 à 23h, avec 2 périodes de 45 voire 1h de repos pour elle.
Mais en faisant le calcul, elle était toujours à environ 12h de sommeil/jour.
C’est d’ailleurs encore le cas maintenant, elle dort 11 à 12h/24.

C’est en constatant les changements de rythmes récurrents (que j’ai juste résumé ci-dessus) et en écoutant les propos d’autres parents que j’ai compris quelque chose de fondamental : LE rythme des enfants n’existent pas !
Et pourtant, c’est une idée tenace dans l’inconscient collectif : les tout-petits font deux siestes par jour, la première vers 10h et la seconde après le repas de midi.
Ensuite, ils n’en font plus qu’une, d’environ 2h après le repas de midi.
C’est d’ailleurs comme ça que s’organise certaines gardes d’enfants…
Mais … ? Et si cela ne correspond pas aux enfants ?
Et si, d’ailleurs, le fait de dormir dans un lit, ne leur convient pas ?

Je vais peut-être effrayée les futures primipares qui s’aventurent dans cette lecture mais … Ma fille de presque 15 mois fait sa sieste (oui, une seule maintenant, d’une heure) en portage.

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Elle a toujours dormi en portage. Elle s’endormait parfois posé entre 6 et 10 mois (parce qu’elle préférait téter allongée pendant cette période, j’en parlerai dans un prochain article) , mais plus jamais depuis.
Est-ce problématique ? Est-ce que cela traduit d’un trouble du sommeil ?
La réponse est non !
D’ailleurs, je trouve cela bien commode dans la plupart des situations car je peux vadrouiller avec ma fille en portage qui s’assoupit, à son aise, lorsqu’elle en a besoin !
On a tendance à l’oublier mais le portage n’est pas qu’un moyen de se déplacer, c’est un moyen de vivre avec les enfants (et pas que le nourrissons !).
Le portage nous donne de la liberté de mouvement et régule leur rythme biologique. La seule différence, maintenant qu’elle a grandi, c’est que les bruits environnants autres que « blancs » la réveillent.
Je respecte cela : je me promène ou reste chez moi, mais je ne fais plus de courses ou de cuisine une fois qu’elle est endormie, de manière à ce qu’elle dorme vraiment le temps qui lui est nécessaire.
Mais elle s’endort/dort très bien dans une pièce avec quelques personnes qui parlent ou encore dans un avion.
Je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour les enfants à qui les parents ont imposé des siestes au lit, sauf en cas d’épuisement.

Avant d’avoir des enfants, j’aurais aussi voulu savoir que ce ne sont pas forcément les premiers mois, les plus durs, à cause de l’absence de cycle circadien chez les enfants (là aussi, grandement accompagné dans son acquisition par le portage, par la distinction flagrante jour/nuit : la journée, ils dorment bercés par les mouvements et en lumière, alors que la nuit, c’est dans le calme et l’obscurité à côté des parents : oui, oui, cododo, ton meilleur ami !).
Il s’avère que les maladies diverses et variées ainsi que les poussées dentaires parviennent à mettre un fatras phénoménal dans les nuits !
Parce que si des enfants en pleine santé peuvent enchaîner quelques heures de sommeil (la plupart 3 ou 4h), c’est impossible pour eux dès qu’ils ont une otite, une poussée dentaire, un rhume ou n’importe quoi d’autre.
La station allongée engendre un afflux de sang dans la tête, donc toutes les sensations désagréables sont décuplées !
D’ailleurs, c’est un signe connu de tous les parents : réveils multiples = poussées dentaires et/ou maladie qui se déclenche.
#teamotiteàchaquedent
Juste en rappel, voici le calendrier dentaire approximatif :
poussée dentaire2

 

En gros, il peut y avoir des périodes calmes… Mais les 2 premières années, ce n’est pas gagné !

Alors, une bonne fois pour toute… A la question : « Fait-il/elle ses nuits ? », réponds : « Oui ! ».
Dans tous les cas, la plupart des conseils des gens qui posent cette question ne seront pas bienveillants alors autant s’épargner de monter dans les tours.

nuit bébé
Et évite de regarder l’heure à chaque réveil, certaines nuits, c’est déprimant et inutile !
Mais alors, doit-on considérer les nuits coupées comme étant normales ?
Oui, dans une certaines mesures, telles qu’expliquées ci-dessus.
Mais… Peut-être pas complétement, si vraiment, le sommeil est agité de manière chronique, ponctué de pleurs, de cris, de cycle de sommeil incomplet, et d’autres troubles associés.

Dans un article de 2010, les autrices attestent du fait que « les professionnel.le.s de la petite enfance constatent une recrudescence des troubles du sommeil chez des enfants de plus en plus jeunes ».
Et en effet, les problèmes de sommeil engendrent des difficultés pendant les temps de veille. Le manque de sommeil a plusieurs impacts métaboliques dont des difficultés d’apprentissage et une moindre disponibilité pour les acquisitions.
Bref, c’est un sujet de santé publique !

Il apparait que différents éléments interviennent dans l’articulation du rythme sommeil/veille : La physiologie du sommeil, les relations parent-bébé, les évènements au moment de la naissance et les « atteintes » posturales (comme le syndrome de KISS, torticoli, etc.), entre autres.
Il est également indispensable que l’entourage du bébé soit attentif au rythme des enfants afin de pouvoir proposer les moments de sommeil de façon sereine. Mais ce n’est pas du tout compliqué au quotidien : le portage fait l’affaire, comme je l’expliquais précédemment.
Avoir un enfant en portage lui permet de se réguler naturellement selon son propre rythme biologique. Il est d’ailleurs démontré que les enfants portés intensément ont moins de troubles du sommeil que les autres.

Mais, que sont les « troubles du sommeil » ?
A partir de quand y a-t-il vraiment TROUBLE ?

En cherchant sur internet les sites tout venant, on tombe sur des choses telles que : « La principale caractéristique du trouble circadien chez l’enfant est la non-concordance entre son sommeil et le rythme exigé par les parents, la crèche et/ou l’école » par le Dr. Franco. On se dit que c’est bien parti…
Et puis : « Les mauvaises habitudes lors de l’endormissement (biberon systématique, télévision, voiture, lit des parents, bercement…) et la présence parentale lors de l’endormissement, en sont les premières causes chez le jeune enfant ».
Bon…
C’est la raison pour laquelle je rédige un article sur le sujet. Si les conditions environnementales expliquent une grande part (70 à 80%) des troubles du sommeil, le bercement et la présence parentale ne représentent pas des attitudes néfastes pour les enfants en bas âge !
La présence parentale est justement un moyen privilégié d’apaiser les enfants.
Il est évident que si on s’attend à ce que les enfants s’endorment seuls, la prévalence des difficultés d’endormissent (caractérisées par une durée de plus de 30 min) explose ! Voici d’ailleurs d’autres sources qui défendent ce point de vue.

Grâce au site https://fondationsommeil.com, un aperçu exhaustif des différents troubles du sommeil existent, voici d’ailleurs leur classifications internationale : https://fondationsommeil.com/troubles-du-sommeil/troubles-du-sommeil-frequents/quel-trouble-du-sommeil/

Ici, je vais m’arrêter sur les troubles principaux touchant les enfants.
Il y a donc :

Cette dernière catégorie est assez limpide.
Il convient de mettre en exergue les symptômes des insomnies infantiles, afin d’être au clair avec les problèmes de sommeil et de distinguer, éventuellement, les problèmes d’endormissement avec les troubles de maintien du sommeil.

Je cite  : « Ce  sont  les  parents  qui  sont  très  demandeurs  d’aide (l’enfant,  lui,  supporte  habituellement parfaitement  ses  troubles) :  à  l’angoisse  due  à  l’  impuissance  à  les  réduire  et  au  sentiment  de pathologie, s’ajoutent la fatigue résultant des réveils imposés par l’enfant et finalement l’intolérance de la situation. Le médecin lui-même est rapidement dépassé : il a à répondre à la demande expresse de  régulariser  les  choses ;il  doit  exclure  l’organicité  présentée  comme  évidente  avec  son  cortège nécessaire  d’examens  complémentaires ;  et  il  supporte  directement  l’échec  de  ses  tentatives.  La manipulation de somnifères est « inévitable », et pourtant rapidement inefficace.  

 Pourtant, dans la grande majorité des cas, les troubles du sommeil sont tout à fait bénins, et, mêmes durables, finissent par rentrer dans l’ordre avec le développement, pour peu qu’ils ne soient pas entretenus par l’attitude inadéquate de l’entourage familial. »
Bien que ce soit difficile pour les parents, certains enfants ont un métabolisme qui nécessite moins d’heures de sommeil ou qui ne sont pas rythmées de manière attendue.
Un conseil utile est de respecter le rythme biologique des enfants, dès leur plus jeune âge : c’est-à-dire, ne pas les réveiller et les laisser s’endormir quand ils en ressentent le besoin, et aussi ne pas recourir à des produits sédatifs (ni pour eux ni pour leurs enfants).
Les habitudes de vie et la nécessité de partir tôt engendrent une perturbation du sommeil puisqu’il est interrompu artificiellement.
De même, il est contreproductif de maintenir un enfant éveillé alors qu’il montre des signes de fatigue … Même s’il est plus de 17h.
Je ne disconviens pas que cela soit difficile d’avoir un.e enfant qui fait une sieste à 18h et débute sa nuit qu’à 23h, mais ce sont des périodes qui passent avec le développement des enfants !

Il n’est pas possible de contraindre un enfant à dormir, que ce soit pour la sieste ou pour la nuit.
Prétendre vouloir coucher les enfants à 20h n’a pas de sens si cela ne correspond pas à leur rythme biologique. Maintenir une heure de sieste/coucher fixe, c’est s’engager dans une lutte où personne ne ressort gagnant. De plus, il est alors possible de créer des appréhensions récurrentes rendant encore plus compliqués encore ces moments.

En outre, énormément de facteurs sont susceptibles de modifier les besoins de sommeil et le calme de la nuit (Par exemple : L’exposition à de l’agitation ; les maladies ; les poussées dentaires ; un bouleversement familial, etc.).
Même pour un enfant qui dort globalement bien, il est fréquent qu’il s’éveille.

Le constat est amer pour les parents qui sont les premiers à souffrir des nuits hachées : la plupart du temps, les enfants vivent bien ces nuits agitées.
Cependant, il faut être alerte et ne pas hésiter à consulter dans le cas où les enfants ont des signes de fatigue en journée (au-delà des moments de sieste), si l’on constate des irrégularités du rythme respiratoire, ou encore des parasomnies très envahissantes.

Le plus compliqué pour les parents est d’être épuisé par la situation et sur les nerfs.
L’approche de la nuit peut alors se faire avec appréhension… Et cette dernière est perceptible par les enfants.
Un accompagnement parental est souvent nécessaire de manière à briser ce cercle infernal du maintien des troubles lorsqu’il y a une composante d’attitude parentale.

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Si les cours et les articles scientifiques sont détaillés concernant la caractérisation des troubles (sans être toujours sur les mêmes critères, cela dit !), lorsqu’il s’agit de la prise en charge des réveils nocturnes des enfants, elle est sont fortement teintée de la culture occidentale.
Bien qu’il soit mentionné que l’insomnie a une prévalence de près de 30% chez les enfants (en faisant une moyenne grossière), et que ces troubles s’estompent d’eux-mêmes dans la plupart des cas … Il est mis en évidence que les « mauvaises habitudes de présence parentales » maintiennent les perturbations.
Je suis étonnée de l’inconsistance des propos, en sachant qu’il est connu que le fait de laisser-pleurer les enfants n’a aucun bienfait. C’est démontré par les neurosciences affectives.

Malheureusement, les recherches sont ethnocentrées et influencées par les principes éducatifs hérités du passé. Si cet article est intéressant  à bien des égards, et qu’il se veut être une revue de littérature (= une synthèse de la recherche en la matière), il est considéré que ce sont des troubles d’endormissement ou du sommeil d’avant besoin des parents au moment de l’endormissement ou pendant la nuit… Il est dès lors logique, qu’avec de tel critère, jusqu’à 50% des enfants présentent des « troubles du sommeil ». Alors que la LLL, entre autres, a mis en évidence la normalité et les bénéfices de ces pratiques.

Cependant, il est nécessaire de rester attentif à certains signes.
Au-delà de 6 mois (l’OMS préconise de partager la chambre jusqu’au moins 6 mois !), si le problème que tu détectes est une multiplication des réveils en étant en cododo, en l’absence de maladie concomitante, il est nécessaire de vérifier que ce ne sont pas le.s parent.s qui sont responsable.s de la perturbation du sommeil.
Quelqu’un qui ronfle ou bouge énormément peut engendrer des réveils supplémentaires.
Il est alors possible de tester d’endormir ton enfant dans sa chambre/son lit et de voir s’il se réveille moins.
Je rappelle par le fait qu’endormir un enfant au sein n’est absolument pas problématique.
Cette position est la plus pratique, selon moi :

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Il est ainsi possible de se glisser hors du lit pour bénéficier d’un bout de soirée voire de la nuit, s’il n’y a pas de rappel.
Certains enfants dormiront mieux éloignés des perturbations parentales et d’autres continueront à se réveiller voire à ne pas se rendormir s’ils ne partagent pas le lit.
C’est donc au cas par cas.

 

Les mythes autour du sommeil

Je pense qu’il est indispensable de détricoter ce qui se dit sur le sommeil des enfants. Comme c’est un point sensible de la vie, pas mal de personnes s’estiment légitimes pour te donner des conseils à la pelle.
– « C’est normal qu’il/elle ne dorme pas, elle/il est allaité.e ! Donne un biberon le soir et elle/il dormira ! »
Plein de mamans donnant le biberon pourront te dire que leurs enfants ne font pas leurs nuits.
Mais lorsqu’on allaite, il semble évident que c’est LA cause et qu’un sevrage de nuit peut même être profitable.
Il y a deux choses à scinder dans ce préjugé.
D’abord, le sommeil : j’ai expliqué plus haut que les rythmes du sommeil des bébés impliquent des réveils et que la variation du nombre de réveil est influencée par les différences interindividuelles…

Ensuite, l’alimentation : les enfants allaités se réveilleraient parce qu’ils ne sont pas assez nourris pour tenir toute la nuit.
Le fait est que le lait maternel est moins dense que les Préparations Commerciales pour Nourrisson. Il se digère plus vite et cela a des sources métaboliques : les bébés humains ont besoin de soins constants puisqu’ils sont totalement dépendants de leur environnement. Le corps fonctionne de manière à assurer une attention intense de la part de l’entourage, de jour comme de nuit.

Il est néfaste pour le métabolisme infantile de les gaver avec des farines/céréales et autres préparations ayant pour objectif que les parents dorment mieux. Car c’est bien cela qui est recherché, et non pas de répondre aux besoins du bébé. Ces adjonctions rendent lentes et difficile la digestion, ce qui amènent les enfants à rester endormis comme cela leur demandent énormément d’énergie. De plus, ces produits sont de piètre qualité…

 

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Modilac Nuit Calme … Merci pour le gavage aux sucres!

 

 

Voici les ingrédients de celles-ci : Farine de céréales partiellement dextrinisées 72,5% (riz 55,1%, maïs 17,4%), dextrose, saccharose, maltodextrines, fructo-oligosaccharides, phosphate de calcium, extrait de tilleul 0,4%, extrait de mélisse 0,2%, extrait de camomille 0,2%, vitamine C, arôme vanille (vanilline), sulfate de fer, nicotinamide, vitamine A, vitamine E, pantothénate de calcium, vitamine B6, riboflavine, thiamine, acide folique, vitamine K, biotine, vitamine D, vitamine B12.

Sucrées à hauteur de 35g/100 !
C’est un produit ultratransformé nuisible au métabolisme, ni plus ni moins !
De plus, « dès 4 mois », alors que l’OMS recommande la diversification qu’après 6 mois… Bref, il s’agit la lie de l’alimentation industrielle!

Afin de te rassurer sur le sommeil de ton bébé allaité, le site de la Leche League (encore lui !) a une page dédiée au sommeil du bébé allaité.
C’est riche en ressources !

Je rappelle aussi que l’allaitement n’est pas qu’une alimentation… et qu’il y a des effets métaboliques à longs termes tant sur les enfants que sur les mères, voici l’article que j’ai écrit sur le sujet et une retranscription du reportage d’Arte « Le lait maternel – un élixir de santé! » !

Enfin, une nouvelle hypothèse  émerge quant à la raison des réveils nocturnes chez les enfants : un moyen d’espacement des naissances.
Les tétées nocturnes favoriserait l’aménorrhée lactationnelle (absence de règle grâce à un allaitement fréquent), et donc réduirait les chances que la mère démarre une nouvelle grossesse. Cela garantit l’investissement maternel auprès de l’enfant, augmentant ses chances de survie.
La nature est bien faite, et si vous avez de la chance, tu auras un retour de couche tardif !

 

  • « Il faut la/le laisser pleurer ! Elle/il apprendra à dormir seul.e ! »

Je suis toujours effarée qu’en 2019 ce genre de conseils puissent être prodigués alors que les neurosciences ont démontré clairement les méfaits des pleurs sur la maturation cérébrales et leur construction de la confiance en leur entourage.
Le livre de Margot Sunderland est édifiant à ce propos.

Si les bébés qu’on laisse pleurer finissent par faire leur nuit et à ne plus réclamer, c’est souvent après plusieurs périodes de pleurs où les bébés s’égosillent en espérant la venue de leurs parents. C’est d’épuisement et de désespoir que les bébés s’endorment en ancrant qu’ils ne peuvent compter sur leur entourage. C’est un phénomène appelé « résignation acquise ».
C’est à mille lieux de la bienveillance, tout simplement.

 

  • « Le cododo, c’est vraiment une mauvaise habitude !»

J’ai écrit un article dédié au cododo, il est préférable de le consulter.
Cependant, en résumé : NON ! Le cododo est une réalité pour l’espèce humaine qui remplit les besoins des bébés. En outre, l’OMS recommande le partage de la chambre, a minima 6 mois.

Sincèrement, tous les parents qui le pratiquent pourront témoigner du fait qu’ils seraient bien plus épuisés de devoir se lever au lieu de simplement « attraper » le bébé pour le mettre au sein ou le bercer.

 

 

In fine,

Il est nécessaire d’observer son enfant et d’être à l’écoute de ses besoins.
Il est utile de se rappeler que ces périodes passent la plupart du temps d’elles-mêmes.
Bien sûr, il est indispensable d’explorer diverses causes qui pourraient être responsables de douleurs engendrant les réveils nocturnes.
Il peut être profitable d’aller voir un.e ostéopathe, un.e chiro voire un.e kinésiologue. Comme expliquée ci-dessus, les apnées du sommeil existent également chez les enfants, et il convient d’écarter cette hypothèse-là.

Les séparations précoces (césarienne, séjour en néonat, …) engendrent des craintes durables chez la plupart des enfants qui les vivent, ce qui créent souvent des nuits plus compliquées.
Verbaliser la situation auprès des enfants et se faire accompagner en tant que parent dans son ressenti ne peut être que profitable !

Certains enfants ont réellement un métabolisme de « petits dormeurs ». Cela concerne environ 10% de la population. C’est dur pour les parents car les journées (et les nuits) sont intenses.

Il  est indispensable de prendre soin de son corps, surtout en étant en manque de sommeil.
D’abord, les apports alimentaires doivent être de qualité. Le manque de sommeil augmente le sentiment de faim et les prises alimentaires anarchiques débouchent sur une prise/perte de poids.
L’organisation de repas sains et agréables me semble un axe primordial afin d’avoir une possibilité de se chouchouter de l’intérieur malgré la fatigue. Là encore, le portage trouve tout son intérêt pour avoir les moyens de cuisiner.
La nourriture industrielle fait travailler le métabolisme de manière forcée, renforçant la fatigue. Je te mets un article concernant l’alimentation ici !

Ensuite, il va être nécessaire de bouger un minimum. L’absence totale d’activité physique n’est pas profitable à l’organisme.
Il est souhaitable de marcher au moins 30 minutes/jour de façon à s’aérer suffisamment. Cela réveille toujours de sortir ! Ok, j’admets, en cas de tempête de vent et de pluie, c’est à éviter. Ça met de mauvaise humeur et surtout quand on est fatigué (oui, c’est du vécu tout récent !).

Je peux aussi te conseiller d’effectuer avec assiduité les exercices de rééducation abdo/péri (j’en parle dans l’article  » si j’avais su… le corps d’après grossesse ! ») et un peu de renforcement musculaire.
Cependant, il est évident que cela dépendra totalement de ton état de fatigue. Il y a des jours avec et des jours sans !

Un autre conseil est commun mais véridique : dors quand tu le peux !
Si tu as l’occasion d’accompagner les siestes de ton enfant, fais-le ! Tant pis pour le ménage, tu as toute la vie pour ça. Le manque de sommeil peut amener des symptômes dépressifs, des fringales, de l’agacement et d’autres sensibilités métaboliques : cela ne peut pas attendre !
Alors sieste autant que tu peux !

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Enfin, il faut garder en tête que cela finira par passer et que tu auras à nouveau des nuits complètes… Jusqu’à ce que tu aies un enfant tout grandi qui te demandera de venir la/le chercher en sortie de soirée vers 3h du matin ! Et là, tu te rappelleras que le bercement dans le salon était quand même moins contraignant.
Mais avant ça, la réalité est dure : la privation de sommeil a énormément d’effet.
Ose t’en plaindre, trouver des « copines de galère » et si nécessaire… consulte un psy pour toi, afin d’avoir un espace où tu peux déverser ton agacement de la situation sans jugement !

 

A très bientôt, pour de nouvelles curiosités bienveillantes !

 

 

Je te conseille ce documentaire sur les troubles du sommeil:
https://www.youtube.com/watch?v=-kxoewrUaZ8)

Un article que j’ai lu et relu et que j’aime d’amour : https://happynaiss.com/2016/09/26/ces-choses-que-jaurais-aime-savoir-sur-le-sommeil-des-bebes/

 

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5 commentaires sur “le sommeil en dessous de 3 ans expliqué au.x (futurs) parent.s

  1. Cet article est fantastique. Merci. Il tombe à pic. Bébé de 5 mois et demi et déjà plus d’un mois, selon la société (et ses grands parents) qu’il devrait faire ses nuits, apprendre à pleurer et à dormir seul sans le sein ! Bref bien loin de la bulle bienveillante dans laquelle nous essayons de le faire grandir. Alors merci. J’ai partagé cet article et plein de captures d’écran de certains passages (au cas où l’article n’est pas lu par les personnes qui j’aimerais le lise 😉).
    Merci pour ce blog 🙂

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  2. Merci! Je reconnais que cela fait 2 jours que je veux mettre mon petit de 5 mois et demi à dormir à 20h pour pouvoir dormir aussi! Mais il est en pleine forme donc c’est le papa qui le garde pour que je puisse fermer les yeux 1 h. Merci de me rassurer sur le rythme du bébé à respecter! Cela tombe à pic !

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