Préparer la naissance

C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

C’est ce jour-là que tout a commencé… !
29 mars 2017…

En vrai, ce n’est pas tout à fait ça, le début a eu lieu le jour de la première insémination artificielle.

Oui, c’est de ça que je vais parler. Cela va être un post plus égocentrique… Parce que la date s’y prête.

Pour beaucoup de couples, la date de la conception n’est pas forcément assurée.
A partir du moment où une procédure de PMA a lieu, tout est millimétré. Donc, en effet, je sais exactement le jour et l’heure à laquelle la conception de ma fille a eu lieu.
C’était le 29 mars 2017, un mercredi.
Ce matin-là, à 10h15, j’avais un rendez-vous prévu exactement 36h après l’injection pour déclencher l’ovulation.
Ce matin-là, à 10h10, j’étais dans une salle d’attente presque vide, dans ce merveilleux hôpital où Elle est née (CHR de Namur ❤ ). Je prenais des selfies humoristiques et j’ai fait des photos de LA salle où se passerait la manœuvre… En me disant, en rigolant, que cela ferait une trace dans les souvenirs.
Ce matin-là, j’avais le cœur léger. Alors que les deux mois précédents avant été des montagnes russes émotionnelles.  Cela n’avait pas de sens d’être si enjouée, alors que j’étais seule face à cet acte que je savais d’une importance potentiellement capitale pour mon avenir. Pour notre avenir.
En pourtant, ce matin-là, à 10h10, j’étais juste une femme en train d’ovuler et à 10h20, j’étais une femme « enceinte ».
Je sais que ce n’était pas le cas, mais psychiquement, c’était ça. En moi se trouvaient toutes les possibilités pour qu’être être se forme.
Ce matin-là, Pendant 15 minutes, j’ai attendu allongée que les 5.2 millions de nageurs fassent un peu de chemin avant de retrouver mes vêtements et commencer une journée « classique ».
Quelle illusion !
A partir de ce matin-là, plus aucune journée ne serait classique.
Le compte à rebours avait débuté. « Si vous n’avez pas vos règles, vous viendrez à j+16 faire une prise de sang ! »
J+16, alors que les règles arrivent d’habitude à J+14 (sauf dérèglement hormonal, dont je suis coutumière et qui avait fait tomber la sentence de l’échec  le mois précédent, le soir de ma fête d’anniversaire. Je vous laisse imaginer ma tête déconfite en revenant de la salle de bain, à 22h, en ayant constaté cela… Et devant faire bonne figure devant les invités … !).
je savais que des tests existaient et permettaient de détecter la fécondation deux jours avant la date présumée des règles.
Ce matin-là, je ne l’avais dit à personne mais je savais déjà, qu’à J+12, soit le 10 avril, un test de grossesse serait arrosé à 6h du matin.

Non, je ne sais pas ce que c’est que l’inattendue et de la découverte par hasard avec les symptômes.
La PMA, c’est la manie du contrôle et la peur de l’échec. C’est avoir la crainte que son corps ne joue jamais le jeu. C’est vivre les suivis de cycle comme des évaluations et se sentir défaite quand le corps déraille malgré soi… Projetant nos désirs dans un vide sidéral et l’espoir dans un champ de mine.

etapes-du-traitement-dinsemination-artificielle-ia

Mais, ce matin-là, ce 29 mars 2017, je présentais que la vie serait douce.
J’avais toujours dit que c’était « marrant ces femmes qui passent un nouvel an sans bébé et qui passe le suivant avec un nourrisson dans leur bras ». Je savais que c’était ma « dernière chance » pour être parmi celles-là.
Je savais aussi que si ça marchait, j’aurais un bébé de Noël. Quel présent… !

Les jours ont passé et l’humeur enjouée n’a jamais cessé.
J’étais à l’affût des moindres symptômes. Je croyais qu’un matin, je serai réveillée par un élan nauséeux m’apportant la réponse.
Mais en réalité, chaque passage aux toilettes débutait par une angoisse d’avoir des pertes de sang. Je finissais par haïr le papier toilette rose qui s’obscurcissait et donnait l’impression qu’il y avait du sang clair.
Chaque sensation passait par le filtre d’une interprétation.
J’ai épluché tous les groupes, tous les forums, tous les sites qui évoquaient l’ensemble des symptômes susceptibles d’apparaître en cas de succès.

Un soir, à J+5, alors que j’étais au restaurant, j’ai ressenti une contraction utérine comme je n’en n’avais jamais ressenti. Cela me coupa la parole (et il faut y aller pour faire cesser mes logorrhée, celles et ceux qui me connaissent le savent).
Me reviennent en mémoire les informations lues les derniers jours … La nidation est susceptible d’engendrer une(des) contraction(s) utérine(s).
Le timing correspond, par rapport à une possible fécondation.
Parce que oui, en PMA, on devient experte de la reproduction humaine…. !

A partir de ce jour-là, les sensations changent.
Premier mercredi post-insémination. Encore 5 jours à attendre et je saurai.
Mais déjà, ce jour-là, je sentais qu’une histoire se tramait sous mon nombril. Mon cheval était blessé et j’habitais si proche de l’écurie que je m’y rendais à pied, en faisant de la marche rapide (oui, j’avais trouvé ça intéressant de m’initier à cette pratique qui met à rude épreuve les hanches et les abdominaux).
Je fus incapable de tenir le rythme. Il y avait comme une boule qui accrochait dans mon ventre.
Il en allait de même pour mes exercices de renforcement musculaires, je ne parvenais plus à contracter mes abdominaux avec les mêmes sensations que d’habitude.
Ces signes m’enthousiasmaient autant qu’ils m’effrayaient. Etais-je en train de sombrer dans les affres des fabulations corporelles et d’une grossesse nerveuse ?

L’impatience est un défaut qui me caractérisait. Ce temps avant le test de grossesse me semblait interminable…
Toutes les heures du jour et de la nuit, je pensais à cela : Suis-je enceinte ? Que faire ? Qu’éviter de faire pour que ça « tienne »  si « c’est » bien là ?
Des centaines de questions se bousculent, croisant tantôt la joie et tantôt le désespoir de ne pas faire confiance à ce corps. Culpabilisant des supplices que j’ai pu lui faire subir en étant plus jeune, j’espérais qu’il m’offre le cadeau d’abriter la vie malgré tout. Je me promettais une réconciliation inaltérable avec lui, s’il devenait le temple de cet enfant tant désiré.

Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. J’étais fébrile.
Epuisée, à 5h50, j’ai descendu les marches qui me séparaient de la salle de bain.
J’ai ouvert la boîte, lu la notice. Relu, en réalité, je l’avais déjà détaillé au moins 3 fois auparavant.
En œuvrant à viser correctement, je me suis mise à rire de la situation. Moi, seule dans une salle de bain, en train d’éviter de m’uriner sur les doigts, je m’apprête à savoir si mon destin va changer à tout jamais. Quel moment d’anthologie !
Ce moment-là me rapprochait de toutes les femmes, je n’étais plus « en PMA », j’étais une femme qui espérait être enceinte.

Une fois le bâtonnet révélateur déposé à plat, j’ai passé mon visage à l’eau.
J’ai ouvert Messenger et j’ai vu qu’une amie proche était connectée. Elle-même enceinte suite à une PMA… Elle savait tout. Elle avait juste 5 mois d’avance sur moi.
J’ai regardé ce test.
Fatiguée, je croyais voir flou. Il n’y avait rien de flagrant. C’était tenu… pâle.
Je vérifie sur la notice… Même pâle, c’est positif.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je prends une photo et l’envoie à cette amie, qui bondit de joie en recevant ce cliché.

20170410_205909OUI, c’est une archive personnelles! 🙂
Je ne rêve pas. Je suis enceinte !
Nous sommes le 10 avril, il est 6h du matin et je suis enceinte. Le test confirme ce que mon corps sait depuis des jours.

Le sourire ne me quittera plus.
Parce que finalement, non, je n’ai jamais eu de symptômes de grossesse. Sauf si l’on considère que l’expansion fulgurante de mes seins en est un… C’est d’ailleurs ce qui a « grillé » mon précieux secret auprès de mes collègues.
J’ai aussi découvert à quel point le corps s’organise bien pour calmer les ardeurs en augmentant brusquement le rythme cardiaque.
La fatigue du premier trimestre n’est pas un mythe pour moi, j’étais échouée dès 20h30 et j’aurais bien dormi le reste de la journée aussi.
Mon corps m’a demandé de prendre le temps… Ce qui renvoie à l’article que j’ai écrit juste avant celui-ci, d’ailleurs.

Bref, le 29 mars 2017 est le premier jour du reste de ma vie.
Depuis ce jour, je ne compte plus pour moi seule mais pour nous.
La PMA m’a permis de devenir cette femme enceinte que je rêvais d’être.
Ma fille m’a offert de devenir la maman que je souhaitais être.

Ce périple de l’esprit et du corps est celui qui m’a révélé à moi-même, rendant évident ce que je m’efforçais de cacher au fond de moi.
Alors forcément, ces dates précises sont symboliques et très personnelles. Malgré tout, j’avais envie de les partager, parce que je sais que ces sensations et ces émotions toucheront certaines femmes.
J’espère que cela donnera de l’espoir à certaines.
Parce que ce matin-là, les gynécologues de la PMA n’avaient pas encore compris ce qui ne fonctionnaient pas dans mon système hormonal. J’ai des ovaires poly kystiques, mais aucune cohérence par rapport au syndrome associé.
Ce fut un coup de chance.
Ce matin-là, j’ai eu de la chance.

greg-rakozy-38802-unsplash

 

Publicités

4 commentaires sur “C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

  1. Merci Natacha de ce partage plein d’émotions.
    L’histoire de la conception de ta Petite Merveille est touchante.
    Elle nous confronte aussi à la réalité de la situation des femmes en désir d’enfants.
    Belle et Lumineuse journée à Toutes !

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s