Communication Non-Violente

La composition des familles: l’impact sur le développement ?

Il n’est pas rare que l’ironie fasse partie des discours que nous entendons.
L’ironie involontaire, bien sûr.
Il y a peu de temps, j’ai lu un post instagram qui laissait entendre que LA famille devait s’articuler sous un seul modèle : papa + maman + enfant(s).

Évidemment, ce sont des relans de « la manif pour tous ». Ça date… Et pourtant, cela continue.
Certaines personnes, au mépris total tant des observations empiriques que des connaissances sur la construction psychique, poursuivent la propagation de positions de jugements par rapport aux choix « alternatifs ».

Ces arguments sont TOUJOURS basés sur deux éléments : le développement optimal des enfants et l’inquiétude par rapport au devenir de notre société.

Il est pénible (au moins, pénible!) de lire des « arguments » sans fondement.
Il a été démontrée par plusieurs études que les enfants grandissant dans une famille homoparentale se développent exactement comme un autre enfant. Il n’y a aucune différence.
La SEULE problématique que vive ces enfants est … le jugement et les commentaires négatifs qu’ils peuvent recevoir à cause de jugement sur leur modèle familial.

DOOOOOONC (oui, je suis énervée!), l’argument du bien-être des enfants nécessite plutôt de regarder la poutre dans son propre œil : tout le monde ira beaucoup mieux à partir du moment où les jugements et les propos publiques ne remplaceront plus la parole des principaux intéressés.
Si les enfants issus de compositions de famille dites « alternatives » n’ont besoin que de compréhension et de perception de leur situation comme étant tout aussi normale que les autres !

C’est bien le jugement extérieur et les attitudes discriminantes qui engendrent les problèmes aux personnes issues de minorité.
Car, c’est dramatique, mais aujourd’hui en France, un enfant issu d’une famille homoparental est sujet à des attitudes, des maladresses ou des invectives qui impactent leur bien-être.

Cela paraît fou de devoir encore préciser cela aujourd’hui.
Pourtant, c’est pour cette raison que le @collectiffamilles a été créé : pour sensibiliser aux attitudes et aux protocoles excluant les familles « alternatives ».

Quand les mères « sociales » (càd qui n’ont pas porté l’enfant) n’ont pas le statut de parent reconnu d’office malgré un mariage.
Quand les formulaires ne comprennent que l’option Papa/Maman et demande la signature des deux parents, méprisant les autres structures familiales dont les familles endeuillées ou monoparentales.
Quand les enfants sont soumis aux remarques déplacés concernant leurs familles.
Quand le société considère encore qu’un parent qui n’a pas porté, dans un couple homosexuel, n’est pas réellement parent …

Cela questionne sur ce qu’est réellement l’Être Parent.
Si seule la personne qui porte est réellement parent, quid des pères ?
Ah, non, dans ce cas, c’est rattrapé par les liens génétiques !
Mais … les liens génétiques font-ils la parentalité ?
Quid des adoptions, des parents maltraitants, des abandons, de la démission parentale ?


C’est en observant un peu plus loin des arguments qu’il est possible de se rendre compte qu’ils comprennent tout un paradigme rétrograde selon lequel seule les familles nucléaires hétérosexuelles seraient optimales pour le développement des enfants.
Or, cette croyance, même si elle est répandue, n’en reste pas moins qu’une croyance.
La famille nucléaire telle qu’on l’entend n’est pas la voie d’épanouissement absolu.
Elle peut convenir comme elle peut isoler.
Considérer que la famille n’est que les membres d’une maisonnée (soit les parents +enfant(s)) peut engendrer un sentiment de solitude intense.
 Notamment lorsqu’un des parents, et souvent les jeunes mères, se retrouvent seul.e.s à longueur de journée, sans recevoir de soutien ni physique ni moral.

Cela peut occasionner le sentiment de devoir assumer toutes la charges domestiques, de réussir à manière ses tâches avec un.e bébé et accumuler les ressentiments envers la/la partenaire.
Un déséquilibre peut se créer dans son sentiment de compétence parentale : le temps est un allié. Ainsi, plus nous passons de temps avec un bébé plus nous nous sentons compétent.e.s pour s’en occuper.

Dans le cas d’une famille nucléaire, il est fréquent que l’un.e des parents consacre davantage d’énergie aux enfants et que l’autre a pour tâche de « faire rentrer l’argent ».
Cela crée une perspective diamétralement opposée de la vie présente.
Si dans certains couples, cela fonctionne très bien, dans d’autres, cela génère énormément de conflits.

Dans une société qui prône le partage des tâches, alors que la réalisation est à 75% par les femmes.
Dès qu’une femme a un.e conjoint.e avec qui le partage est égalitaire voire en faveur de l’autre, il peut y avoir une culpabilité, émanant de discours extérieurs : « Oh, mais quelle chance tu as ! ».
Anéantissant toutes les possibilités de confier ses ressentiments par ailleurs, nous-mêmes en tant que femmes, avons tendance à vouloir tout gérer ou à culpabiliser si ce n’est pas le cas.

Tous les problèmes et la gestion quotidienne ne sont que du ressort des deux personnes adultes du foyer.
Dès qu’il y a besoin d’aide supplémentaire, celle-ci est monnayée : ménage, travaux, garde d’enfants… Plus rien ne relève d’une entraide gratuit et d’un échange de service spontané.


Un pas plus loin, la place de nos aînés est organisée pour être cloisonnée dans des structures qui sont capables de prendre en charge la perte d’autonomie de manière industrielle.
Fait absurde, l’absence de possibilité (physique et psychique) de prendre en charge ses proches en perte d’autonomie est à relier avec la manière dont nous avons été élevé.e.s.
A force de séparer, de considérer que les enfants n’avaient pas à fonctionner de manière à déranger les adultes, d’estimer que le temps leur étant alloué était une perte de temps au profit d’argent pour renforcer les possibilités de consommation… Cela a détricoté les liens et engendrent un détachement (globalement, donc cela ne parle pas de toutes les singularités).
Alors il n’y a plus d’espace pour les aîné.e.s, parce que nous refusons de devenir le/la responsable au quotidien des personnes qui ne nous ont pas consacré assez d’énergie.

D’un autre côté, cela permet de profiter dans l’investissement de son propre épanouissement.

Il n’y a pas de situation idéale.
La structure nucléaire n’en est pas une plus qu’une autre.

Il serait ENFIN temps que la composition familiale (et tous les autres motifs de discrimination) ne soit plus vectrice de préjugés.
Il serait temps que les gens qui doutent aillent parler aux enfants et aux parents concernés.
Il serait temps que chacun.e essayent de déconstruire son biais de confirmation afin d’aller chercher les faits dernière ses croyances.
Il est nécessaire de se rappeler que se tromper dans ses croyances ne remet pas en question toute sa personnalité.
Il est bon de se souvenir que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.

Voici par ailleurs quelques ressources scientifiques sur le sujet :

A bientôt, pour de nouvelles perspectives sous l’angle de la parentalité.

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2 commentaires sur “La composition des familles: l’impact sur le développement ?

  1. Quel plaidoyer véhément et juste à la fois, Natacha !
    L’acceptation de soi peut aussi être une clé de meilleure compréhension des autres.
    Les paradigmes sociétaux bousculent toutes les générations.
    Éveillons nous à l’Amour pour faciliter la vie des jeunes générations, elles seules, porteuses d’espoir pour un futur possible et revisité.
    Communication non violente, créativité, intelligence collective, codéveloppement sont aussi des solutions à mettre en œuvre maintenant pour aborder notre/leur avenir avec sérénité et authenticité.

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