Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Croire au Père Noël ?


Faut-il faire croire au Père Noël ?
C’est une question récurrente, de nos jours… Mais elle est perçue comme totalement dérangeante puisqu’un enfant qui ne croirait pas pourrait déranger l’ordre sociale vis-à-vis de cette croyance.

On peut se demander pourquoi ne pas faire croire à ce mythe.
J’aime toujours retourner la question : pourquoi faire croire ?

Souvent, les réponses varient entre les pensées que la magie de Noël pour les enfants est dépendante du Père Noël, que c’est une tradition, qu’après tout, ça ne fait pas de mal, etc.
D’ailleurs, dans la plupart des cas, c’est surement le cas. Il n’y a d’ailleurs pas une binarité entre le « faire croire » et « ne pas faire croire ».
Il y a les gens qui font un peu semblant de faire croire alors que les enfants savent bien que les cadeaux ont emballé par les parents, il y a les parents qui s’infirment pas les contes amenés dans les collectivité, il y a les parents qui expliquent que ça n’existe pas mais qu’il ne faut pas le dire aux autres enfants, il y a les parents qui font TOUT pour que leur enfant croit à ce vieux bonhomme bien généreux.

Le problème, c’est que le Père Noël, il n’existe pas.
Le gros problème, c’est que les enfants des milieux favorisés vont être gâtés alors que les enfants pauvres (disons le mot tabou) n’auront parfois même pas de cadeau ou grâce à des associations.
Comment expliquer à des enfants que le Père Noël les a oublié, et que c’est dépendant de leur milieu social ?
Il est difficile de ne pas voir l’aspect mercantile des fêtes, et Noël y compris… avec l’obligation des cadeaux à tou.te.s !
N’y voit pas là un jugement, JE marche à fond là-dedans car j’adore faire des cadeaux.
Mais en réalité, j’aimerais un peu plus de moments de belle qualité dans l’année plutôt qu’une soirée courronnée de cadeaux.
Je fantasme des fêtes des saisons… Et donc la célébration du solstice d’hiver !
Dans les mythes de Noël et du Père Noël, l’ambiance bien plus majoritaire que le personnage. L’odeur de Sapin (ok, si on n’est pas à Haïti!), les guirlandes et lumières, la neige (sauf si tu es à la Mer…), les bougies et les contes qui mettent en évidence la douceur du partage, la chaleur des marrons et les marchés de Noël qui vendent les babioles d’Asie du Sud (oh, ça va, je plaisante! Heureusement, il existe des marchés de créations artisanales) en sirotant un Jus de pomme ou de raisin épicé.
Noël rime souvent avec rassemblement, partage, bonne nourriture.
Même si, encore là, il n’est pas possible d’ignorer à quelle point la précarité ou l’histoire familiale impacte l’expérience de Noël.
Il n’y a pas deux familles identiques.
Il n’y a pas de tradition similaire… A celleux qui font des gâteaux, des truffes, des bouquets de sapins et autres cartes de vœux faites à la main.

Bref, l’important est-il la croyance du personnage imaginaire ou l’animation de l’ambiance qui va avec ?

L’autre problème, encore plus embêtant à mon sens auprès des enfants, c’est le chantage qui peut se produire autour du Père Noël.
Selon cet aspect-là, et uniquement celui-là, j’ai envie de crier pour l’hypocrisie de la logique.
Dans les autres mythes de Décembre, se trouve Saint-Nicolas (les gens du Nord le connaissent bien!) qui est accompagné de Père Fouettard…
Personne n’en parle plus trop, et pourtant, ce dernier personnage avait un rôle coercitif : les enfants qui n’étaient pas sages craignaient de se faire enlever.

Voilà un des éléments fondateurs de la fameuse phrase du Père Noël : « Alors, tu as été bien sage cette année, tu mérites tes cadeaux ? »
Faut-il épiloguer avec la prétendue sagesse des enfants ? J’invite tou.te.s celleux qui pensent cela juste à lire attentivement la définition de la sagesse et d’effectuer sa propre estimation de l’adéquation avec des petits enfants.

Qui plus est, la logique méritocratique met encore bien en évidence le fait que cela dépend uniquement du niveau social des enfants …
Mais surtout… Comment oppresser les enfants pendant des semaines avec la fameuse sentence « si tu n’es pas sage, le Père Noël ne t’apportera pas de cadeau ! ».
Donc, cela veut dire que les enfants doivent se comporter d’une certaine manière pour obtenir quelque chose et, par extension, ne pas décevoir.
Aucunement, une action ou une inhibition de l’action (capacité au combien nécessaire, pense aux fois où tu aurais envie d’insulter quelqu’un et que tu as souri à la place en ignorant…) n’est entendu comme permettant quelque chose pour l’enfant concerné.
Lorsqu’un enfant se lave, mange, rit : ce n’est pas POUR faire plaisir. C’est pour lui. C’est pour ressentir un bien-être. Lorsqu’on offre un cadeau, c’est pour être aligné.e avec ses valeurs, faire plaisir et être en joie d’avoir fait plaisir.
Lorsqu’il est nécessaire de faire quelque chose pour obtenir une récompense, les personnes perdent la valeur intrinsèque de l’action.
C’est ainsi que l’aide bénévole perd toute sa sincérité lorsqu’elle commence à être récompensée par des cadeaux ou de l’argent.
Voulons-nous nous que les enfants croient au Père Noël afin d’avoir un moyen de pression sur leurs comportements ?
J’espère que celleux qui utilisent ces arguments se rendent compte qu’il s’agit d’une gestion par la peur des enfants. Autant le savoir.

Pour finir, je ne pourrais jamais dire à qui que ce soit quoi faire de ses croyances.
Nous partageons tou.te.s les nôtres avec nos enfants : que ce soient des croyances spirituelles, sur la vie (cf. La méritocratie, la compétition, etc.) mais aussi sur le cadre des fêtes de Noël pendant l’enfance.
Rien n’est tout noir ou tout blanc.
Les enfants sont bien moins naïfs que les parents peuvent bien le croire : beaucoup ne croient plus mais font semblant pour jouer dans la pièce de théâtre de la tradition familiale.
Aucune croyance ne fait du mal en tant que telle. Cela dépend toujours de comment on l’a transmet et ce qu’elle implique concrètement au quotidien.
Il ne faut pas oublier que le Père Noël s’enracine, comme tout le reste, dans une culture.
Lorsqu’il y a des conflits entre les parents sur le sujet, j’invite toujours à creuser ce que cela dit au plus profond de soi.
Il y a toujours moyen de trouver des voies qui intègrent tout le monde.


Et toi, qu’as-tu décidé pour tes enfants ? Quelles sont tes traditions des fêtes de fin d’année ?

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2 commentaires sur “Croire au Père Noël ?

  1. Merci beaucoup pour ces mots que je trouve tjr justes. Ça fait vraiment plaisir de trouver ce genre de contenu sur les réseaux sociaux car je me sens parfois déroutée face à des articles ou propos qui confortent les gens dans leur étroitesse d’esprit.
    Continuez je prendrai toujours plaisir à vous lire 😉

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  2. Bonjour,

    Pour ma part, Père Noël = allégorie de Noël des pays développés.

    Mes enfants n’ont pas grandit avec la croyance du père Noël, mais avec cette ambiance que tu décris. Etant une famille complètement athéiste, nous avons décider de tout de même ne pas se priver des moments de joie lors de festivités. C’est pour quoi nous fêtons toutes fêtes de toutes traditions, religions, cultures et croyances populaires (Noël, jour de l’an, fête de la musique, hanami, mahashivatri, nouvel an chinois, O-bon, Kippour, Halloween, aïd, chandeleur etc.) De plus, il est toujours intéressant pour la culture de nos enfants de leur expliquer la culture et l’histoire qui en découle (religieuse ou non) d’autres pays que le notre où nous vivons à l’année.
    Tout comme toi, je n’aime pas cet effet de chantage que l’on donne au Père Noël, je trouve cela bien hypocrite, je te rejoins donc totalement. Idem lorsque tu expliques que des enfants dans le monde n’ont parfois jamais de cadeaux par rapport à leurs conditions de vie. Je préfère que mes enfants soient au courant de ce qui se passe autour d’eux ; je ne veux pas trop les éduquer dans une bulle surprotectrice. Excepté sur ces deux points où je suis méfiante à la croyance à tout prix du père Noël, j’ai pour objectif la tolérance : si un autre enfant explique aux miens que le Père Noël existe, ils ont comme éducation d’essayer de comprendre l’autre et si ils ne le comprennent pas, d’être tolérant envers lui. Donc, ne surtout pas le rejeter parce que cet enfant pense différemment d’eux. Je veux qu’ils grandissent avec l’idée que nous n’avons pas tous les mêmes fondamentaux. Et bien sûr, mes enfants ont le droit d’y croire ! C’est d’ailleurs ce qu’ils font lorsqu’ils disent en me regardant : « Merci père Noël !!! » 🙂

    Bien cordialement,

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