Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Blâmer la bienveillance, ovation de l’isolement : Le coup de gueule !

Cet article sonne comme un ras le bol, et un coup de gueule.
Je ne peux m’empêcher de taper un grand coup dans la fourmilière et oser contester des « consoeurs/confrères » psy.

J’en ai assez d’entendre des professionnel.le.s qui campent un ton péremptoire face aux patient.e.s en leur affirmant des éléments en l’absence TOTALE de sources étayées en la matière.
Combien n’ai-je pas en consultations de mères (oui, en majorité) qui ont déjà consulté un, deux, jusqu’à 4 psy parce qu’elles avaient reçu le MÊME discours systématiquement : « Ouhlala ! Vous allaitez un enfant de plus de 18 mois et vous dormez avec lui ! Mais ça ne va pas du touuuuuuut ! »

Ce n’est pas neuf que cela arrive. C’est LA raison pour laquelle j’ai créé le Réseau Parentage Proximal et que les parents puissent trouver des pro partageant leurs valeurs. Mais aussi, et simplement, des professionnel.le.s formés et à jour.
Parce qu’on va se le dire clairement : celleux qui blâment le cododo, le portage, l’allaitement et souvent, dans le même panier, « l’éducation bienveillante » ne sont ni formé.e.s ni informé.e.s de loin.
Au mieux, iels parviennent à rencontrer les patientes sans les juger et en s’abstenant de commentaires (eh oui, en fait ! Quand on est psychologue, nous n’avons pas à donner NOTRE avis sur certaines pratiques parentales qui ne sont PAS pointées comme difficiles à vivre pour les parents. Mais ça… C’est manifestement beaucoup oublié comme pan de la déontologie!).

Au pire, les commentaires absurdes, désinformant et dramatisant sont commis : les mères (les plus fréquentes à consulter) sont remises en question, sont questionnées sur la pertinence de leurs actions (alors que dans certains cas, cela ne pose pas problème et a été abordé juste comme élément de contexte).
Il est indispensable de faire la différence entre les points qui posent problème dans l’harmonie familiale et personnelle (et ça peut être le cas du cododo, de l’allaitement, de l’ajustement dans un accompagnement bienveillant des enfants, …) et ce qui n’est PAS questionné et bien vécu (les mêmes points, si tu suis bien₎.

La place des psychologues dans la relation

NOUS, les psy, ne sommes PERSONNES pour déterminer si une chose est bonne ou non pour un individu ou une famille.
Nous avons nos avis personnels mais ceux-ci n’ont rien à faire dans la prise en charge individuel de nos patients.
Notre objectif est d’accompagner les individus (dans les cas de suivi psy ou guidance parentale) afin de trouver un nouvel équilibre dans leur vie à l’instant T. LEUR vie. LEURS choix.
Ça ne me semble pas si compliqué à comprendre…

Le problème, c’est quand les psy balancent leurs grandes théories (basées sur leurs penseurs phare et sans mise en perspective de la société en 2020) afin de contrecarrer les attitudes parentales qui ne rentre pas dans les cases de leurs perceptions (oserais-je dire étriquées?).
Le gros problème aussi, c’est quand ces psy usent de leur biais de confirmation (=biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions).
Iels ne vont alors que percevoir les méfaits des attitudes qu’iels dénoncent par ailleurs. Comme par hasard…
C’est ainsi qu’iels ne voient QUE des parents ayant besoin de guidance parentale parce qu’iels n’arriveraient pas suffisamment à asseoir des limites à leurs enfants.
Les enfants deviendraient alors débordant et tyranniques (je leurs emprunte le terme…), des enfants-roi (un peu mythe!), irrespectueux et dangereux pour la société et elleux-mêmes à long terme car incapable de s’intégrer.
Tout ça, perçu chez un enfant de 2 ou 3 ans.
Je dis chapeau : percevoir tout cela, si jeune, cela recèle presque du don de voyance (ou d’une prophétie dramatique sans fondement. Laisse-moi voir ce qui est le plus pertinent …!).

C’est tout de même étonnant qu’en tant que psy qui travaille en périnatalité et accompagnement parental, je ne reçois presque que des parents d’enfants en bas-âge (de la naissance à 4 ans, le plus souvent) dont les problématiques sont principalement l’accordage avec ses propres valeurs, le besoin d’être rassurés par rapport au développement de leurs enfants, le besoin de se faire confiance le besoin d’outils pour communiquer avec leurs enfants de manière efficace, l’envie de sortir des schémas de répétition des violences dites éducatives et TRES rarement, le fait d’être perdu avec ses enfants car leurs attitudes sont incompréhensibles/difficiles à appréhender.
Bien sûr, certains parents nécessitent d’être confronté.e.s dans le fait qu’ils ont elleux-mêmes des besoins et que la parentalité ne rime pas avec abnégation.
Chez ces parents, il y a souvent besoin de travail une confiance en soi qui a été détruite par des attitudes parentales destructrices (Ah!) parce qu’iels sont perdu.e.s dans la manière de faire pour ne pas reproduire la toxicité qu’iels ont vécu (ah ! X 2).
Se débarrasser de la violence intériorisée et qui engendre des réactions automatiques indésirables est bien plus complexe que d’aider des parents à instaurer des règles de vie communes qui aident à l’harmonie familiale. Les durées de prise en charge sont sans aucune mesure …


C’est ainsi qu’il est nécessaire de travailler aussi l’assertivité, de déraciner la peur de mal faire qui paralyse (ça arrive à tou.te.s) et de remettre tout ça en perspective avec les situations concrètes du quotidien avec CETTE famille-là et CET.TE enfant-là.
Parce qu’une technique ne peut pas fonctionner dans tous les cas.
Cela paraît totalement logique dit comme cela… Mais, dans les préceptes inhérents à la parentalité, il est fréquent que le bon sens partent en vacances, remplacé par les adages d’une puériculture et d’une éducation obsolète.

Nouvelles perspectives sur l’enfance

Si je dis qu’elle est désuète, c’est parce que la manière d’élever les enfants a pu évoluer en fonction des connaissances acquises sur le développement infantile.
Dans le développement infantile, il y a tout le pan psycho-affectif et donc le champ de la théorie de l’attachement.

Cette dernière est déterminante dans la compréhension de la manière dont les bébés ancrent leur rapport au monde est aux autres.
La théorie de l’attachement s’enracinent dans de l’observation de beaucoup d’ espèces animales, mais aussi au niveau spécifique du bébé humain, de son développement neurologique, cognitif et affectif.
Nous sommes des êtres qui évoluons très différemment en fonction du contexte dans lequel nous grandissons. Nos gênes nous constituent mais l’environnement et donc l’épigénétique va impacter de façon majeure l’expression de ces gênes.
Ce n’est en rien innovant de dire que le mode d’éducation reçu affecte la manière dont les enfants vont se construire et interagir avec les autres.
Or, comme le biais de confirmation, d’autres biais et attitudes impactent la façon dont les parents interagissent avec leurs enfants.
A croire que les enfants poussent de travers sans discipline, les parents se sentent irrémédiablement obligés d’être autoritaire.
Lorsque l’on est persuadé qu’il suffit de suivre le mouvement et de proposer un cadre contenant, il faut trouver une autre voie d’action.
C’est à ce carrefour complexe-là que nous sommes en 2020, puisque cela fait déjà une bonne décennie que l’éducation bienveillante prend de l’ampleur. Alice Miller, Faber, Mazlisch, Olivier Maurel, Catherine Dumonteuil-Kremer, Isabelle Filiozat, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, plus récemment Catherine Gueguen, et beaucoup d’autres autrices s’évertuent à partager un nouveau paradigme autour des enfants et de changer les attentes que nous avons à leur égards.
Alors, oui, cela déconstruit toutes les croyances que nous avons eu pendant des décennies.
Cela remet en question nos habitudes, nos réactions automatiques et nos habiletés parentales.
Nous devons créer ce paradigme nouveau sans exemple, et avec les failles que nous avons nous-mêmes subi en tant qu’enfant. C’est parfois ardu…
Et c’est pour cela que l’accompagnement parental est en plein essor depuis quelques années.
De ma perspective, je ne vois que l’avantage d’être psychologue lorsque je pratique de l’accompagnement parental. Mais force est de constater que cette mouvance d’accompagnement parental ne provient pas des psychologues.
Parce qu’à une certaines époques, les grands principes suffisaient aux maîtres et que donner des lignes directrices autoritaires étaient perçues comme le seul besoin : un mère qui doit se détacher, un père qui joue son rôle de tiers séparateur autoritaire, et voilà une affaire rondement menée pour éviter que le prétendu complexe d’Oedipe ne se résolve mal.
J’ai déjà écrit un article argumenté pour démontrer que ce complexe bien connu n’existe pas.

Avec ce genre de discours, les psychologues ont perdu la partie : les parents s’en sont détournés puisqu’au lieu de rejoindre les parents dans LEURS perceptions des évènements, ils campaient sur leurs opinions.
C’est ainsi que les parents se sont tournés vers d’autres accompagnant.e.s susceptibles de les comprendre et de les aider concrètement, sans jugement.
C’est ainsi que les gens ont toujours peur d’aller chez le psychologue car « c’est pour les fous ! » et qu’il n’est toujours pas considéré comme habituel, en Europe, d’aller voir un.e psy pour alléger sa vie quotidienne/familiale.

Les punitions déguisées…
Malgré tout cela, en 2020, nous avons des « éminentes » psychologues qui ont pignon sur rue et beaucoup d’adhésion philosophique sur des pratiques disciplinaires.
La base de la pratique est simple : l’isolement, aussi appelé Time’s Out (= un temps où l’enfant est seul, sans distraction, sans contact avec personne).
L’objectif de l’isolement serait de faire comprendre à l’enfance que son attitude est inadéquate et qu’il est inacceptable en l’état dans la société. S’il ne ne conforme pas à une attitude attendue : l’exclusion sociale fait pression pour que le comportement cesse et que l’enfant puisse agir de manière adaptée.

Il s’agit tout simplement de discipline comportementaliste basée sur les conditionnements à l’aide de « punitions négatives » (= faire cesser un comportement en enlever quelque chose) vs. « Punitions positives » (= en agissant pour faire cesser, une intervention physique par exemple). C’est un vocable issu de la psychologie comportementale. Les autres éléments permettant le conditionnement sont les renforcements eux aussi soit positifs (= donner quelque chose qui fait plaisir) ou négatifs (= arrêter quelque chose qui était désagréable).

Oui, ce sont les mêmes principes de conditionnement chez tous les êtres vivants. Là, c’est dans une optique de dressage canin. Il s’avère que nous sommes tou.te.s conditionné.e.s par ces mêmes systèmes-là.

L’isolement fonctionne sur base de la punition négative, en prétendant que les enfants apprendraient à se comporter de manière adéquate grâce au fait d’avoir été exclu.

En effet, cette méthode est encore suggérée notamment pour les enfants ayant des troubles du développement.
Comme TOUTES les méthodes, elle n’est pas mauvaise en tant que telle. Ce sont les conditions et la manière dont elle va être appliquée qui va influencer l’efficacité.
Par exemple, pour un enfant avec un Trouble du Spectre de l’Autisme ou un TDAH, il est parfois utile de pouvoir se retirer AVEC l’enfant pour mettre à distance une situation engendrant trop de stimulations et de désorganisation.
Certains enfants vont avoir tendance à vouloir rester seuls pour se calmer (de leur propre chef, une fois écartés avec douceur d’une circonstance trop excitante) alors que d’autres seraient en grande détresse et ont un besoin impératif de rester au contact de leur figure d’attachement (souvent, un des parents).
Je ne peux pas savoir ce quel bois est fait votre enfant. Je ne peux donc pas savoir de quoi il a besoin pour réussir à retrouver son calme lors d’une tempête émotionnelle.

Les problèmes des méthodes de sanction par l’isolement systématique

Un premier problème majeur de cette méthode d’isolement est qu’elle est recommandée sans distinction de situations, d’histoires de l’enfant ou des parents.
Il a été clairement démontré que cette méthode est délétère pour les enfants souffrant de trouble de l’attachement, ayant été adopté ou ressentant de l’anxiété. Ça tombe d’ailleurs sous le sens car cette pratique disciplinaire joue justement sur l’exclusion sociale… Autant dire que lorsqu’on a déjà été blessée à ce sujet, ça peut être dramatique comme scène à revivre.

Dois-je préciser l’absurdité d’une méthode qui s’adresse à tous les enfants, à partir de 1 an si ce tout-petit est déjà trop dérangeant pour ses parents ?
Comment une méthode peut-elle être adaptée à des stades de développement aussi différents, si ce n’est pas l’attente que les enfants développent une résignation acquise (= Expérience de situation douloureuse dont il est impossible de se sortir, qui se répète et provoque l’intériorisation de ce sentiment d’impuissance au point de se résigner, de ne plus tenter de s’en sortir ou de ne plus s’exprimer) ?
Je rappelle que certains psychologues suggèrent d’enfermer les enfants à clef jusqu’à ce qu’il se calme et si ce n’est pas le cas, d’augmenter le temps de la punition (appelée sanction pour faire joli, mais c’est un synonyme de punition!). Voilà comme la résignation acquise se développe, comme lorsqu’on laisse pleurer un bébé en attendant qu’il apprenne à dormir seul. Il n’en est rien, il se résigne juste. Au niveau émotionnel, les taux de cortisol (=hormone du stress) sont toujours aussi élevés que durant les pleurs.


L’autre problématique relative à l’isolement systématique (je n’invente pas le terme), c’est que cela ferme les parents à la compréhension empathique de leurs enfants.
Or, comme chaque humain, UN comportement pris isolément ne veut rien dire des raisons qui l’ont généré.
Ces isolements sont recommandés en cas de colère : pour que les enfants apprennent à se calmer seuls et à gérer leur frustration sans incommoder le reste de la famille.
Peut-on s’arrêter sur les raisons qui engendrent l’expression de la colère chez les enfants ?
Il n’y a pas un motif mais des dizaines possibles.
Parfois perçus comme exagérés (on va bien s’avouer que c’est pénible d’entendre des hurlements parce qu’iel n’arrive pas à reboucher son feutre) mais aussi souvent à percevoir qu’iels sont traversés par des émotions intenses légitimes que nous vivons tous.
Faut-il pour autant ne rien faire ?
Absolument pas, il y a pas mal de manière d’accompagner la colère (j’en parle notamment dans cet article) mais bien sûr, de placer des règles de vie communes qui font face à des attitudes inacceptables comme faire mal à autrui, se faire mal et tout détruire dans la maison.
Mais il est totalement possible de placer cela sans violence ni élever la voix : ici encore, il est nécessaire de travailler son assertivité et sa capacité à être un contenant psychique pour les enfants.

Certain.e.s vont appeler cela « l’appel à la limite » des enfants… Tout en prétendant savoir ce dont les enfants ont besoin à cet instant-là.

Encore une fois,je trouve cela osé de parler de ce dont les enfants ont prétendument besoin sans avoir d’éléments de contexte détaillés ni même expliquer la différence entre l’expression des besoins par diverses stratégies, le décryptage des besoins et la recherche de stratégie qui vont être acceptables pour tou.te.s.

C’est pourtant la base de la communication d’aller s’assurer de ce qui se témoigne plutôt que d’agir à l’aveugle.

Cela peut demander par mal de travail sur soi, parce que les capacités d’inhibition des adultes d’aujourd’hui n’est pas exceptionnel. En ayant été élevé dans un climat globalement violent émotionnellement, beaucoup d’adultes ne sont pas en mesure de garder leur calme face à un enfant en colère: les effets des neurones miroirs ne parviennent pas à être transformer en une énergie utile et cela peut générer des explosions.
Ironie de l’histoire: nous demandons aux enfants de se calmer seuls et de ne pas s’énerver alors que la plupart des adultes hurlent, crient, tapent lors de leurs propres frustrations, émanant souvent d’un sentiment d’impuissance lorsque nous sommes face à un.e enfant qui ne s’apaise pas …

Et les incohérences dans ce paradigme
Il est aberrant de croire que les enfants peuvent réguler leurs émotions seuls lorsqu’iels sont petits. Les enfants apprennent à réguler leurs émotions grâce à l’aide des parents/adultes qui les aident à mettre du sens et réguler leurs émotions. C’est indispensable. Il suffit de lire cet article https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448718302166 qui démontre bien l’impact de la maltraitance sur la capacité de régulation émotionnelle. Pourtant, les enfants maltraités ne manquent pas de cadre…! Ils se mangent même les limites, physiquement et émotionnellement.
Pour nous-mêmes, adultes, le partage émotionnel joue un rôle décisif dans la perception des évènements engendrant des réactions émotionnelles.
Il est souvent oublié que le besoin d’interaction pour réguler les émotions n’est pas du tout opposé à l’auto-régulation des émotions, c’est une dialectique réciproque :https://www.cairn.info/revue-enfance-2015-2-page-165.htm

Chaque situation est singulière et il est impossible de donner UNE solution toute faite à tous les parents pour tous les enfants.
Les théories et les pratiques qui permettent de prendre en charge tout et son contraire devraient attirer la vigilance, ça doit être le cas envers cette pratique d’isolement systématique.

Il n’y a aucun consensus scientifique qui valide le recours à cette pratique. Certaines études pointent les méfaits, d’autres estiment qu’il y a une efficacité lorsque que c’est BIEN utilisé.
Encore une fois, comme cela pourrait-il être bien utilisé s’il est servi à toutes les sauces ?

Si tu veux savoir ce qui me met en rage, c’est que ce genre conseil engendre de la maltraitance. Ni plus ni moins.
Parce que les petits d’environ deux ans se mettent beaucoup en colère, parce qu’iels ont besoin d’affirmer qu’iels peuvent agir seuls/différemment des attentes/qu’ils n’ont pas envie de quelque chose.
C’est ainsi que des enfants sont enfermés lorsqu’ils refusent de mettre leurs chaussures, lorsqu’il refuse de manger un aliment, lorsqu’ils s’opposent à un acte qu’ils ne tolèrent pas.
Au lieu d’apprendre à respecter le rythme, l’appétit, l’attrait des enfants pour une chose ou une autre, le conseil d’isolement vient soutenir le passage en force des choses.
Cela n’offre aucune possibilité de compréhension, annihile l’empathie et détruit la possibilité d’une parentalité en dehors de l’opposition mutuelle.

A long terme, comme je l’explique dans cet article sur la punition, cela ne permet pas le développement d’une croyance en un amour inconditionnel de la part des parents ni d’une confiance mutuelle.

Black-list l’isolement ?

Alors, suis-je contre l’isolement dans l’absolu ?
Non, je suis contre l’isolement chronique !
L’isolement peut être utile s’il est accompagné et que les enfants demeurent respectés. Certains enfants sont très réactifs par rapport à l’ambiance (pensons au fin de journée où tout le monde est un peu énervé et qu’un rien allume l’incendie), s’éloigner avec l’enfant qui déborde permet de changer de cadre et de s’apaiser.
Certains enfants prendront ensuite cette réaction comme adéquate pour eux et agiront de la sorte de manière spontanée. Nous avons tou.te.s en tête un moment où l’ambiance était telle que nous avons fini par nous retirer. C’est un isolement VOLONTAIRE dans lequel, un fois les émotions apaisées, nous sommes volontiers accompagné.e.s avec empathie.
De même, lorsque les circonstances sont très intenses, je ne peux qu’inviter les parents à poser leur bébé, s’éloigner de leur enfant pour eux-même s’isoler et faire redescendre la pression. De l’aide est souvent nécessaire afin de ne pas entrer dans l’escalade de la tension susceptible de finir en violence. C’est ainsi qu’on évite les syndromes du bébé sécoué ou des actes de violence sur les petits.
Car, oui, c’est autour de 2 ans que les enfants subissent le plus de violence. Leur développement un peu « dysharmonique » engendre des capacités cognitives qui ne semblent pas en phase avec leurs réactions émotionnelles. Ainsi, les adultes ont vite fait de leurs prêter des intentions nuisibles alors qu’il s’agit d’un quiproquo lié à une perspective différente du monde.

Il est temps d’arrêter de croire que les enfants sont de potentiels futurs tyrans. Les attitudes des futurs adultes qu’ils seront ne peuvent être inférer durant les premières années de vie. En outre, ce ne sont pas les personnes qui ont été accompagné avec bienveillance qui finissent par devenir les psychopathes asociaux de notre société…
Est-ce que, pour autant, il est aisé de sortir des schémas d’une parentalité autoritaire, sans s’enfoncer dans l’opposé dans lequel on peut s’embourber ?
Absolument pas ! La plupart des parents tâtonnent dans leur parentalité, quel que soit le chemin emprunté. La volonté de mettre en place une parentalité proximale et bienveillante nécessite de rebattre les cartes de nos automatismes. Cela demande des ajustements qui peuvent être difficiles à certains moments, sortir des croyances limitantes et pouvoir trouver un équilibre qui correspond aux besoins de tou.te.s.
Mais il est clair que ces difficultés sont communes à tous les parents. Les parents qui en viennent à une pratique violente le font souvent dans une croyance que c’est LA seule solution qui reste.

J’invite évidemment les personnes qui en ont besoin à se faire accompagner par un.e professionnel.le capable de prendre en compte SA singularité.
J’attire une dernière fois l’attention sur les personnes qui vantent le fait que l’éducation bienveillante peut être dogmatique, tout en prétendant détenir LA vérité qui permettrait de libérer les parents de leur emprise.
Un dogme refuse de se remettre en question … A toi de voir où est le dogme dans cette histoire ? Mais surtout, s’il y a du dogme et des injonctions que tu penses subir. Ta perception et ton sentiment de bien-être sont les seuls juges pour ta santé mentale.

Pour finir, je tiens à mettre en évidence qu’en tant que psy, nous ne voyons qu’une tranche de la population : celle qui ne se sent pas bien et qui ose consulter (avec tous les autres déterminants dont financiers).

Cela veut dire que les personnes que nous voyons ne sont pas un échantillon représentatif de la population générale. Nous avons un biais où nous recevons des gens qui estiment avoir besoin d’aide.
Vis-à-vis des détracteurs de l’éducation bienveillante, j’ai du mal à comprendre, en dehors du biais de confirmation, comment il est possible que ceux-ci n’aillent pas à la rencontre de celleux pour qui cela se passe très bien ?
Bien sûr qu’il est utile d’observer là où se trouvent les failles d’un système, mais pour comprendre l’ensemble et obtenir des pistes de solution en adéquation avec les parents, il est nécessaire de s’intéresser à celleux qui vivent alignés avec leurs valeurs.
Comme je le disais précédemment, en tant que psy spécialisée en périnatalité, je ne vois que des mamans qui ne vont pas bien. Pour autant, je ne vais pas crier haut et fort que c’est le fait d’avoir un enfant LE problème et qu’il suffit de ne plus en avoir.
C’est pourtant la démarche radicale et sans nuance de ces détracteurs banalisant la violence.
Et ça, en 2020, ce n’est plus possible.

Bref, j’étais en colère. Maintenant, tu sais pourquoi.
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