Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Maternage, fais-moi peur!

Quand j’ai eu l’idée d’écrire sur les raisons de la crainte du maternage/parentage proximal en Occident, je ne pensais pas que j’allais « devoir » faire des recherches historiques et anthropologiques… jusqu’à la préhistoire !
Autant dire, que c’est un vaste programme, tout au long de cet « article », qui devrait plutôt s’intituler « dossier de curiosités ».
J’ai pris énormément de temps pour l’écrire. J’ai été emportée dans des lectures qui m’ont passionnées et je me suis laissée porter par ces vagues de stimulations intellectuelles qui me font vibrer. Ensuite, j’ai eu la proposition de participer à un congrès, donc… j’ai dû (et me suis exécutée avec excitation) rendre l’épreuve dans un laps de temps très court. Comme j’y aborderai aussi le parentage proximal, je ne suis pas « sortie » de mon sujet, je l’ai abordé sous un autre angle… qui a encore complété le thème que je vais traiter ci-après.
C’est pour ça que maintenant, je me sens capable de synthétiser ce que j’ai consulté et de te transmettre la substantifique moelle (tout en te fournissant les références, si tu souhaites aller plus loin sur un sujet où l’autre).

Bref, trêve de tergiversations (de mondanités, pour celles et ceux qui ont la réf #lerirejaune), je t’emmène dans le vif du sujet !

Grâce à facebook et Instagram, en rejoignant des communautés de mères allaitantes, maternantes et bienveillantes (certains papas paternants aussi, comme le réputé papapositive, mais aussi @porterriendebarbant -porter, rien de barbant. Qui a créé « le sling du barbu », que j’ai partagé sur ma page FB il y a quelques mois), on peut croire vivre dans un monde de douceurs où nous nous entourons de personnes qui partagent nos valeurs.

Seulement, là dehors, dans ton magasin de quartier, au marché ou chez tes Grands-Parents (voire parents, malheureusement), ou encore pire… Chez les professionnel.le.s de santé, de la petite enfance, à l’école, bref… Partout, il y a parfois des « trucs » qui font tiquer.
L’objectif de ce « dossier de curiosités », c’est de comprendre pourquoi (et à la fin, je vais aborder quelques moyens pour améliorer la situation. Spoiler : A quand une présidente allaitante et maternante, et à quand des député.e.s européen.ne.s hermétiques aux lobbies ? Non, je ne vais pas me faire de potes dans les hautes sphères…).

Je veux faire un petit disclaimer : dans ce texte, j’ai associé parentage et allaitement.
Non pas que je ne pense pas qu’on puisse en maternante ou paternant avec un biberon, mais cette possibilité n’est que très récente.
Je vais te l’expliquer, dans l’histoire de l’humanité, c’est bien le mode de nourrissage qui a conditionné ou non la mise en place d’un parentage distal.
Ce n’est plus le cas maintenant, mais cela implique que je parle d’allaitement dans les pages qui viennent.
Grâce aux recherches effectuées, j’ai pu constater que la plupart des mythes concernant l’allaitement ont littéralement traversé les siècles !
Tu vas voir, c’est ÉDIFIANT !

 

Comme c’est texte long, voici une table des matières :

– Mais de quoi avoir peur ?

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

l’antiquité et les premières nourrices

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! 

  • Conséquences des collectivités
  • Les bonnes manières, dès la naissance
  • « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? 
  • Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

  • Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : survalorisation de l’autonomie du tout-petit
  • la science au service de la consommation
  • les représentations culturelles de la proximité mère-enfant
  • Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?
  • Créer des enfants a-culturels ?
  • Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)
  • le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?
  • l’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères
  • Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?
  • Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

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Mais de quoi avoir donc peur  ?

En tant que psychologue, je suis assez bien placée pour avoir lu/entendu (et même proféré pendant mes études) de nombreuses désinformations au sujet du parentage proximal.

Mais pourquoi ?
Pourquoi les humains occidentaux ont considéré que s’occuper des enfants devait être codifié ?
Pourquoi les femmes occidentales ont cessé d’allaiter ?
Qu’est-ce qui, dans nos contrées, a déconstruit ce rapport corporels aux enfants que l’on constate dans les autres cultures du monde ?

Évidemment, c’est culturel. Mais ça ne dit rien, même si ça explique tout.

Voyons ce qu’il se passe dans la loi (je fais référence aux cas français et belges). Ce sont ceux que je connais le mieux. Je sais que je suis lue dans énormément de pays et je serai RAVIE d’avoir un retour sur ce qui se fait ailleurs. Entre la législation et ce qui se passe en vrai, il y a parfois un monde!

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Faisons des constats :

  • Le congé de maternité dure maximum 15 semaines, quand la chance est du côté de la mère (temps de congé variable en fonction d’un arrêt de travail avant la date du terme prévu, en Belgique…)
  • En Belgique, sauf cadre de travail à risques (chimiques, infectieux, …), il n’y a plus de congé d’allaitement. Et si celui-ci est possible, il ne dure pas plus de 2 mois.
  • Dans la plupart des milieux de travail, il est possible d’avoir 1h/j pour 8h de travail afin de tirer le lait ou aller allaiter les enfants. Ces dispositions impliquent une perte de salaire qui est compensée, ou non. Il y a des professions ou des statuts qui n’ont pas accès à ces facilités.
    Il faut savoir que cette disposition, en Belgique, n’est envisageable que jusqu’au 9 mois des enfants.
  • Il n’y a pas de flexibilité particulière quant aux horaires de travail lorsqu’on a des enfants en bas âge.
  • Pour les travailleu.r.se.s, il y a des possibilités de s’absenter pour « raisons impérieuses » (enfants malades, hospitalisation d’un proche, …)pour 10 journées par année civile, a priori, non rémunérées.
  • Le congé paternité dure 10 jours !
  • Si le congé parental est envisagé, en temps plein, il dure 4 mois maximum. Il est indemnisée à hauteur de 750€ ou 1180€ s’il s’agit d’un parent isolé (donc sous le minimum vital, l’allocation de base pour une personne isolée avec un enfant étant de 1254€, en Belgique)
  • Concernant l’organisation du logement (texte de loi) :

* Le séjour ne peut pas servir de chambre lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants âgés de plus de 6 ans;
* Le logement doit avoir au moins 2 chambres lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants de plus d’1 an;
* Le logement doit avoir suffisamment de chambres pour qu’un enfant de 10 ans ne doive pas partager sa chambre avec un enfant de sexe différent.

  • les jugements de droits de garde, en cas de séparation des parents, ne prennent pas en compte l’allaitement
  • Lors de conflits conjugaux, de divorces remplis de litiges, le fait que la mère soit reconnue comme maternante peut lui porter préjudice.

Je pourrais continuer à citer des exemples… Mais je pense qu’il est déjà clair que la plupart des sociétés occidentales ne favorisent pas le parentage proximal (il y a mieux en Allemagne et dans les pays du Nord).
Tous les constats effectués ci-dessus sont éminemment influencés par la culture, en faisait fi de la dimension corporelle de la parentalité et des besoins des jeunes enfants.

 

Mais comment as-tu pu en arriver là ?

Il y a encore 40 ans, énormément de femmes restaient au foyer pour s’occuper des enfants, même si elles avaient été diplômées (dans une filière où les femmes avaient le droit de s’inscrire, quand même, il ne faut pas abuser …!).

La volonté d’être indépendantes financièrement, la révolution sexuelle, et la croissance toujours effrénée d’une société de surconsommation associée à la perte du pouvoir d’achat, a éloigné les femmes des enfants.
C’est tout à fait louable, à certains égards (je reviens dessus dans un point ultérieur), afin que les femmes puissent exercer réellement un choix de vie !
Jusque-là, c’était dans l’ordre des choses. Et encore aujourd’hui, des luttes anti-sexistes sont menées afin que les parents aient de réelles possibilités. Culturellement, cela commence à s’immiscer que les hommes aussi peuvent être au foyer, par exemple.
Le problème est que la plupart du temps, les femmes ont des postes moins bien rémunérés. Le choix se faisant sur la perte moindre pour le quotidien, c’est souvent les femmes qui s’occupent des enfants (si elles le souhaitent).

Dans le cas où aucun des parents n’interrompt sa carrière, il paraît logique pour toute la société occidentale que les enfants soient déposés à la crèche vers 7h30/8h et récupérée vers 17h/18h (dans la majorité des cas, je sais que certains métiers imposent une flexibilité et des horaires différents). Dès 3 ou 4 mois, les enfants passent donc 10h/jour, 5j/semaine, confié à quelqu’un qui a souvent plusieurs autres enfants à charge (souvent une personne pour 5 enfants).

Énormément de femmes ou de parents, ont du mal à se séparer de leur tout-petit. La plupart reprennent le travail avec des pieds de plomb, pleurent tous les matins, en se disant qu’elles n’ont pas d’autre alternative.

D’ailleurs, c’est ce qui leur est renvoyé : « Tout le monde passe par là, tu vas t’y faire. » ; « Si ta tristesse est si grande, c’est que tu étais trop fusionnelle. » ; « Ça vous fera du bien à tous les 2 d’être séparés. Les retrouvailles en fin de journée sont super ! ».

Il y a tellement d’absurdités dans ces propos…
– Pathologiser une réaction normale, en invoquant une hypothétique fusion malsaine ;

– La croyance que les séparations précoces (avant un an, les séparations sont considérées comme précoces) sont bénéfiques ;

– Se focaliser sur l’après (les retrouvailles) pour supporter l’instant présent… cela fait référence à un mode de pensée religieux qui veut que la piétée et l’ascétisme soient de mise dans la vie afin d’accéder à une vie merveilleuse après la mort (le paradis et autres conceptions du même ordre).
A tous les parents qui souffrent de se séparer de leur enfants : c’est légitime ! Vous n’êtes en rien dans un rapport pathologique à vos enfants.

Seulement voilà, il est fréquent de tomber sur ce genre de torchon : https://www.femina.fr/article/mamans-attention-a-la-fusion

La société occidentale a de faramineux diktats, et cela touche aussi les jeunes parents et surtout les mères.
Laquelle ne s’est pas demandé comme gérer tous ces statuts simultanés : femme – compagne – maîtresse – mère – employée – fée du logis – … ?

Nous, jeunes parents d’aujourd’hui, avons souvent grandi au côté de mères qui géraient tout de front, sans mot dire, jusqu’à certaines explosions.
Cela dépend des schémas familiaux, bien sûr, mais nées dans les années 55 à 70, les femmes ont intériorisé rapidement qu’elles devraient tout gérer. Rien n’était négociable.
Il fallait ouvrir la voie du travail, confrontées à un sexisme grossier (« vous êtes le cadeau avec le contrat ? #mymumsrealstory), rester une mère de famille (presque) exemplaire et surtout, être une épouse dévouée et disponible (et boum, les divorces ont commencé ! Indépendantes financièrement, il était envisageable de ne pas ramer une vie entière avec le même individu dont les valeurs ne sont plus communes).

Bref, nous avons vu nos mères galérer. Elles nous ont dit qu’elles ne nous avaient pas vu grandir et, parfois, si elles sont ouvertes d’esprit, qu’elles avaient été mal conseillées (pour l’allaitement, par exemple).
La génération Y ne veut pas forcément se tuer à la tâche, car nous en avons perçu l’inefficacité à long terme.
Nous bénéficions d’avancées scientifiques notables mettant en évidence les effets des Violences Educatives Ordinaires sur les enfants.
Nous avons pléthore de supports diffusant de l’information… et il suffit de chercher un peu pour trouver toutes les connaissances concernant le développement optimal des enfants par le parentage proximal.

Alors, nous en sommes là.
Il faut encore chercher et trouver les bonnes informations pour être le parent que nous souhaitons être. Avec du soutien, s’engager dans ce type de parentalité apporte son lot de questionnements mais épanouis infiniment les qualités humaines et relationnelles.
Dans le cas où la culture familiale est prédominante par rapport aux informations factuelles et fondées, certaines femmes répètent les schémas parentaux. Seuls sont vus et connus le parentage distal, les biberons, les crèches et autres méthodes interventionnistes, sans remise en question particulière.
Ou, à l’inverse, il y a une mise à distance des schémas parentaux et une volonté de suivre la voie du parentage proximal. Les informations sont glanées au fur et à mesure, et sans soutien… Il est difficile pour une mère ou un couple de supporter les remarques de l’entourage.
Cela peut conduire à certains isolements. Même si je reste persuadée qu’éloigner les personnes toxiques est un choix qui peut être salvateur, il est alors nécessaire pour ces femmes de se créer un réseau social soutenant.

gateau allaitement
Les nouvelles mères sont très influencées par les pratiques autour d’elles. La fragilité émotionnelle des premiers jours peut mettre à mal des principes pourtant établis, comme le désir d’allaitement.
C’est utile quand les futurs parents ont des principes sont « has been », et qu’habitués à une éducation rigoriste, cela permet de revoir ses avis et de remettre les curseurs sur une réalité qui se dessine : « Tiens, ce bébé a faim bien plus régulièrement que toutes les 3h et il ne dort pas sans moi… ! ».
C’est pour cette raison, qu’à l’heure actuelle, afin de vivre une parentalité éclairée, les informations sont importantes ainsi que l’anticipation du réseau social qui pourra être présents et soutenir les souhaits.

Il y a un guide assez fiable, pour savoir si on s’engage dans quelques choses qui ne nous convient pas : quand il s’agit de (se) forcer, de contraindre (moralement ou physiquement) et d’aller à l’encontre de ses intuitions…

Mais comment a-t-on pu en arriver à ce que laisser pleurer un enfant soit popularisé voire recommandé ?
Quels facteurs nous a éloigné de la corporalité de la naissance et de l’enfance ?

Comment l’allaitement est-il devenu un choix, alors que c’est ce qui nous caractérise comme mammifère ?

S’il est connu et su, à l’heure actuelle, que le sevrage de l’espèce humaine se situe entre 2 et 7 ans, il est incroyable de constater que les pratiques d’allaitement ont été influencées de touts temps par les normes socioculturelles ainsi que la disponibilité des ressources alimentaires. Voici un article qui reprend des informations relatant les périodes de sevrage à différentes époques, jusqu’à 18 siècles avant J.-C. !
Bien que chez les Mayas, le sevrage se situait entre 1 et 4 ans, l’auteur appelle les sevrages à 2,5 ans « tardifs ».
Une qualification qui représente bien la manière dont est perçu l’allaitement non-écourté à l’heure actuelle.
Dans la suite du texte, il y aura une revue historique des modèles de maternage (parentage) selon les époques. Pour « finir », il y aura quelques points abordant des réflexions vastes concernant l’implication du parentage proximal dans la société contemporaine.

 

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

Je ne t’apprend rien en te disant que durant la préhistoire, au Paléolithique moyen, l’homo sapiens était encore nomade et chasseur-ceuilleur.
Je n’ai remonté le temps que jusqu’au racine de notre espèce. C’est déjà suffisant, crois-je, pour ne pas remonter plus loin dans les recherches d’anthropologie préhistorique !
Pour un rappel de la chronologie de la préhistoire et d’autres informations passionnantes sur l’origine de l’humain : https://www.hominides.com/html/chronologie/paleolithique.php

A ce moment-là, les humains suivaient leurs besoins en ressources alimentaires. Ils pouvaient rester sur place de quelques heures à quelques jours, en fonction de ce qu’ils avaient à disposition.

A partir du Néolithique, il y a 10.000 ans, l’humain a commencé à organiser son environnement pour qu’il réponde à ses besoins. C’est l’émergence de l’agriculture, dans le « croissant fertile » (La zone formée principalement par les actuels Israël, Cisjordanie et Liban) grâce aux conditions climatiques clémentes.

Cela dit, dans cette zone accueillante, la sédentarisation a précédé la mise en place de l’agriculture, puisqu’on y retourne des villages d’une vingtaine de maisons datant de 12.000 avant notre époque.
En Europe, il semble que sédentarisation et agriculture aient évolué de paire.

A cette époque, les enfants étaient allaités jusqu’au sevrage naturel et dans les rares cas où la mère ne pouvaient pas allaiter, d’autres femmes de sa communauté prenait le relais pour assurer la survie du bébé.

La sédentarisation a eu une conséquence directe : l’augmentation massive de la population !

Durant les périodes de vie nomade, les enfants étaient forcément portés. Cette proximité physique influençait l’allaitement qui était mené jusqu’au sevrage naturel.
En se sédentarisant, les mères et enfants ont vécu des séparations précoces (dues à l’augmentation du nombre de tâches pour entretenir l’élevage, les cultures ainsi que les villages). Cela a engendré des sevrages plus précoce et un retour de fécondité plus rapide.
Le taux de fécondités passa de 4-5 à 7 enfants (Jean-Pierre Bocquet-Appel, The Neolithic Demographic Transition and its Consequences, Springer, 2008, 544 p ). Il est probable que la hausse de la natalité ait causé une surmortalité infantile, faute de ressources alimentaires.
Selon les chercheurs  : « C’est la crise démographique due au trop grand nombre d’enfants qui a certainement conduit à l’adoption de ce nouveau moyen de production. Ce dernier a ensuite intensifié la sédentarisation, laquelle a augmenté encore la fécondité. Une sorte de processus qui s’est auto-alimenté.»

Ainsi, dès que les humains ont organisé leur vie de manière plus cadrée, les enfants étaient distancés des mères et pris en charge par les pairs ponctuellement. En outre, l’usage des laits animaux débutèrent 7500 ans avant notre époque grâce à l’élevage. Il est probable que rapidement, les laits animaux ait complété les rations alimentaires des bébés humains.

 

L’antiquité et les premières nourrices !

La société est bien ancrée et plusieurs millénaires ont forgé une organisation sociale codifiée.

On a retrouvé moult écrits de cette époque, dont le Code d’Hammourabi (Hammourabi fut roi de Babylone au XVIIIe siècle av. J.C.). Ce dernier régie les attitudes des nourrices et punit celles qui, pendant le temps de l’allaitement prévu au contrat et sans prévenir les parents, prennent un autre enfant pour remplacer l’enfant mort. Le châtiment est proche de la loi du Talion : un sein leur est enlevé.

L’antiquité a amené des conduites infanticides perçues comme normales. Le nouveaux -nés devaient « mériter » d’avoir des soins.
L’infanticide était une pratique répandue pour les enfants « illégitimes », non souhaités, ayant des infirmités ou étant faibles.
A la naissance, certains enfants sont « exposés » et doivent être autorisés à vivre (pour en savoir plus ) .
Les pères (le fameux Pater Familias) avaient droit de vie et de mort sur ses enfants, et ce, tout au long de la vie.

« La plupart des sociétés patriarcales antiques accordent presque toutes au père le droit de vie et de mort sur ses enfants ou celui de les vendre comme esclaves. Parmi les pratiques admises, les parents répugnant à tuer le nouveau-né l’exposent, coutume habituelle aussi bien en Grèce qu’à Rome. S’il survit, cet enfant peut être recueilli par un étranger, mais se retrouve alors voué à l’esclavage, à la prostitution ou à l’école des gladiateurs. » Source

C’est aussi grâce à cette liberté de choix de vie ou de mort que l’on retrouve des textes médicaux de Soranos, entre autres, proposant des recettes pour permettre aux femmes d’avorter si elles le souhaitaient. Source

Soranos, bien que prônant l’allaitement maternel, fut le premier à édicter des principes disant que les mères ne devaient pas allaiter les 20 premiers jours (pendant les lochies) car cela rendait le lait indigeste. Les bébés devaient également jeûner durant les 3 premiers jours, le temps que le lait devienne, à leur sens, plus consistant et que le méconium ait été éliminé. Les familles aisées se munissaient alors d’esclavages allaitant les enfants. Les nouveaux-nés furent ainsi nourris de miel, parfois un mélange de lait de chèvre et de miel, jusqu’à la purge du méconium et la montée laiteuse (qui devait être bien difficile en l’absence de stimulation).
Pendant des millénaires, le lait maternel fut considéré comme un produit de la matrice qui migrait vers les seins, devenant du sang blanchi. Cette aliment était considérée comme indispensable afin de « peaufiner » le développement du bébé. Une certaine logique de continuum entre la vie intra et extra-utérine resta présente à cette époque.

Concernant la durée de l’allaitement, Soranos préconise un sevrage à 6 mois et une diversification grâce à des bouillies et des panades.
La plupart de la population prémachait les aliments avant de les mettre en bouche des enfants. Soranas s’élevait comme cette pratique qu’il estime dangereuse pour les enfants.
Cependant, les écrits de Soranos sont en contradiction avec d’autres récits de la même époques. Par exemple, Rufus préconise un sevrage à 2 ans et Quintilien, 3 ans.

Un de plus grand enjeux de puériculture de l’époque est l’allaitement, qui est soit maternel soit mercenaire (c’est-à-dire, effectué par une nourrice rémunérée).
Philosophes et moralistes sont opposés à l’allaitement mercenaire. Plutarque et Aulu-Gelle laissèrent des témoignages clairs sur leur position. Ils mettent en évidence plusieurs bienfaits de l’allaitement maternel, parce que le lait transmettrait des traits de caractère, qu’il ne faudrait pas les emprunter à une nourrice.

Soranos, quant à lui, estima que l’allaitement mercenaire était nécessaire afin que les femmes « ne vieillissent pas avant l’âge » et que leurs seins demeurent beaux.

Il était nécessaire de bien choisir la nourrice et de lui imposer des règles strictes :

– Absence de rapport sexuel, qui gâterait le lait et pourrait engendrer une grossesse qui tarirait le lait ;

– Elle doit avoir entre 20 et 40 ans;

– Elle ne doit pas boire en excès ;

– Elle doit éviter la nourriture trop épicée ou salée ;

– Elle devrait être de la nationalité de l’enfant allaité.

Ces recommandations demeurèrent d’ailleurs identiques jusqu’à l’abolition des recours aux nourrices au début du siècle dernier. Cela démontre comme certaines coutumes sont persistantes.

Toutefois, ces critères avaient pour objectif de s’assurer la bonne santé des enfants.
Les philosophes de l’époque déplorent l’abandon des nouveaux-nés à des nourrices, surtout si elles sont négligemment désignées.

Il n’y a peu de trace d’allaitement artificiel à cette époque. Il est probable que ce soit du à la croyance de la transmission des valeurs physiques et morales via cet aliment. Il ne faudrait pas transmettre les attributs des animaux aux petits-humains…
Et c’est également pour cette raison que Soranos conseille le recours à plusieurs nourrices, de manière à équilibrer leurs apports respectifs.

Ensuite, il est interpellant de lire que parmi les écrits de Soranos, nous trouvons d’ores et déjà des conseils de puériculture précis, notamment concernant le soin, le couchage et le portage.
Il semble que dans l’antiquité en occident, il n’y avait pas de moyen de portage en tant que tel. L’usage du berceau était recommandé, par certains. Il fut seulement conseillé et constaté que les enfants se taisaient lorsqu’ils étaient bercés… et que cela faisait un bon exercice à la nourrice que de porter un petit de 3 ou 4 mois. Soranos rédigea également que les nourrices ne devaient pas partager leur couche avec les bébés. En plus de cela, il partagea que les pleurs des bébés leur permettait de renforcer leur souffle et les organes respiratoires.

Il est donc notable de remarquer que l’absence de maternage proximal était d’ores et déjà de mise dans certaines franges de la population de cette époque. Nous pouvons donc dire qu’il s’agit de mythes antiques !
Cela dit, il est indispensable de nuancer une chose : il s’agit là de mesures destinés aux citoyens les plus aisés. Cela concerne sûrement que 4 ou 5 % de la population.
La plupart des femmes allaitaient elles-mêmes leur enfant, tout en respectant probablement, certains préceptes qui leur étaient contemporains, comme le jeûne de 3 jours à la naissance et les restrictions alimentaires durant l’allaitement.
Au-delà de ça, il semble que les bébés passaient du temps dans les bras de leurs mères, étaient diversifiés bien après 6 mois grâce à des aliments prémâchés et étaient sevrés lors de l’apparition des dents.

Il est utile de rappeler qu’il y a une grande mortalité infantile, soit environ 1/4 des enfants durant leur première année. Les poussées dentaires constituaientt un facteur dans la mortalité.
En effet, même à l’époque actuelle, les enfants ont souvent des maux durant celles-ci (# teamOtite, chez moi) : problèmes ORL, diarrhées, érosions cutanées, fièvres et caractère maussade. Le problème est qu’à l’époque, c’est à ce moment-là que les enfants étaient sevrés… et qu’ils étaient alors plus susceptibles de contracter une toxicose (source).
C’est ainsi qu’Aulu-Gelle, un autre médecin du Iième siècle, évoque dans « Les Nuits attiques » conseille à chaque mère de nourrir elle-même son enfant. Il aborde le plaisir immédiat et des bienfaits à très long terme qu’elle en retirera, ainsi que des avantages indiscutables pour la santé de bébé (source)

L’antiquité occidentale se caractérise déjà par une volonté de mise à distance des enfants, et une modification du rapport à la corporalité.
A cette époque, il y eut de nombreux penseurs et philosophes qui ont marqué l’histoire. Le corps se devait être sain : « Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain.
Il y avait un grand sens de l’esthétique. Je ne l’ai pas abordé mais les soins prodigués aux nourrissons étaient mus par une volonté d’accroître et de potentialiser leur beauté.
De plus, le rapport à une corporalité plus « animale » fut rejetée. C’est sûrement ce qui explique pourquoi l’humain occidental s’est éloigné de pratiques ancestrales, pour entrer dans une fonctionnement qu’il estime civilisé et plus sécuritaire (en se fiant aux dires des médecins, mais aussi sous l’impulsion des philosophes et moralisateurs).

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Les manuels d’Histoire relate que 476 A. J-C sonne la fin de l’Antiquité avec la chute de l’Empire Romain d’Occident. Il semble, en toute logique, que les changements sociétaux ne peuvent pas être ancrés dans une même année… Il est dès lors préférable d’observer l’histoire ancienne comme un continuum de coutumes et de mœurs qui évoluent lentement.

Plusieurs facteurs seraient à l’origine de son déclin dont les invasions, les changements climatiques et autres troubles politiques majeurs.

Je ne vais pas retracer l’histoire du christianisme (voici un lien d’intérêt), mais simplement évoquer le fait qu’au IVème siècle, le christianisme devient une religion officielle et autorisée. Entre le Ier et le IVème siècle, la plupart des jalons sont posés pour les développements ultérieurs.
C’est également au IVème que les pères de famille n’ont plus droit de vie ou de mort sur leur progéniture. La vie devient sacrée, quelle qu’elle soit.

Les enfants sont accueillis et rapidement baptisés. La croyance voulait que les enfants n’avaient pas d’âme avant d’être baptisés. Or, comme la mortalité infantile était forte, il était indispensable que les enfants puissent mourir dotés d’une âme les menant au paradis.

Les religions sont connues pour réglementer la vie quotidienne. L’allaitement n’y échappe pas, et pour une fois : ce n’est pas mal pour les enfants !
En effet, il était préconisé de poursuivre l’allaitement maternel jusqu’au troisième Carême après la naissance. Le sevrage se situait aux alentours de 2,5 ans.
A la naissance, il est d’usage de pratiquer divers soins (plutôt invasifs ! Tu peux aller les consulter ici ) dont… celui de couper le frein de langue à l’aide d’un ongle (ne nous offusquons pas du manque d’hygiène…!).
Il est étonnant de constater qu’une loi fut édictée au sujet de l’allaitement: la loi de Borgathing. Elle codifia les attitudes par rapport à l’allaitement et les relations sexuelles entre époux. Des amendes sont mises en place, entre autres: si le mari souhaite que sa femme arrête l’allaitement et qu’elle refuse, elle doit payer 3 marks ; si les 2 époux ne prennent pas garde à ce délais, chacun devra payer 3 marks.
Plusieurs hypothèses ont été posées quant à ces règles dont celles retenues (mais encore discutées) sont : 1. que les femmes allaitantes sont exemptées de jeûn pendant le premier Carême de l’enfant ; 2. que l’Église souhaite imposer l’abstinence sexuelle aux femmes allaitantes.
Depuis dans l’antiquité, les croyances autour de l’allaitement persistent : le colostrum serait une substance stagnante de la génitrice et les nourrissons étaient purgés grâce à du vin sucré, de l’eau, du miel, du sirop de chicorée ou de l’huile d’amande douce, puis allaités par une autre femme en attendant que le lait de la mère soit prêt. Source
Une autre croyance tenace est que les relations sexuelles sont mauvaises pour le lait. N’oublions pas que jusqu’à la fin de XIXème siècle, comme évoquer précédemment, selon les connaissances de l’époque, le lait était le produit d’une « déalbation » : c’est le sang menstruel qui remonte dans les seins et qui est blanchi. Ensuite, les coïts peuvent « couper le lait », dans le cas où une nouvelle grossesse se mettrait en route (et ce n’est pas un mythe, c’est une des causes des sevrages induits. L’explication biologique d’Antan était drôlement mignonne, un médecin, le Dr. Dionis expliquait : « l’embryon installé au fond de la matrice pouvait sucer le sang et n’en laisser arriver plus une goutte aux mamelles».
En méconnaissance du fonctionnement des cycles féminins, il était cru que les rapports sexuels déclenchaient le retour des règles, ouvrant les possibilités d’une nouvelle grossesse.

Bonne nouvelle, nous ne sommes pas des chattes (l’ovulation est induite par l’accouplement : coup gagnant assuré! PS : Faites stériliser vos chat.te.s, vraiment…) !
Le Moyen-Âge est une période s’étalant sur un millénaire, si l’allaitement maternel est prescrit jusqu’au troisième Carême, certaines familles aisées ont recours à des nourrices qui doivent être choisies précautionneusement. D’autres certitudes antiques perdurent comme le fait que le lait transmettre le caractère, les vices et la beauté.

Au XIIème siècle, les recommandations de l’Église sont détournées dans certaines familles seigneuriales. L’allaitement est connu pour espacer les naissances. Or, dans ces familles, si de nombreux enfants étaient à naître, cela offrait la possibilité d’avoir de nombreux garçons… qui pourraient devenir Chevaliers !
Le placement en nourrice des nouveaux-nés était alors commun, afin de pouvoir concevoir rapidement un nouvel enfant.
C’est ainsi qu’à cette période se met en place l’industrie autour de l’allaitement mercenaire à Paris.

Un autre élément important est qu’au Moyen-Âge, les lits furent d’une largeur notable. Toute la famille, ainsi que des amis, des domestiques et autres personnes de passage étaient invités à partager la même couche. Un autre usage d’époque était qu’il fallait dormir la tête couverte… mais nu ! C’est le partage massif des lits qui rendit les étouffements des nourrissons plus fréquents… ou du moins, plus invoqués comme excuse aux morts des nouveaux-nés.
Il faut savoir que le lit était le meuble le plus important de l’habitation, à cette époque. Chez les plus pauvres, c’est l’endroit le plus confortable. Chez les plus nantis, il permet d’afficher son prestige : baldaquins, tentures variées, le matelas était composé un sac fait de lin rempli de plume et de duvet  ou de coton/laine pour l’été.

Il est aussi possible de constater que les lits furent courts. Les convictions moyenâgeuses veulent que le sommeil soit tenu dans une position semi-assise. La position allongée était réservée au mort. La position étendue aurait amené trop de sang à la tête, engendrant une mort dans le sommeil.

Toutes les contraintes présentées ci-avant laissent à penser que les mères partageaient volontiers le lit avec leurs nourrissons. Les conditions de couchage n’étant pas des plus sécuritaire, il est fort probable que de nombreux accidents survirent. Cela dit, cette proximité rendit l’allaitement plus aisé et expliquant pourquoi il était fréquent qu’il perdure sans mal jusqu’à 2,5 ans.

Après la naissance, les femmes jeunes accouchées étaientt considérées comme impures et vivent au lit pendant 40 jours. C’est le temps des « relevailles ». Cette période de repos intense permit la bonne mise en place de l’allaitement et des soins aux bébés. Être impure après la naissance, au Moyen-Âge, n’a pas eu que des inconvénients !
La mortalité infantile fut moins importante au Moyen-Âge que pendant d’autres périodes de l’histoire, notamment grâce à l’allaitement et à des pratiques de portage. Il y a d’ailleurs moult représentations de femmes allaitantes.

Cependant, l’Église se positionna en défaveur du partage du lit à d’autres personnes qu’aux époux. D’abord, pour prévenir les morts par étouffement des nourrissons, mais aussi parce qu’il fut estimé que la proximité physique, en étant nu, était immorale.
C’est ainsi que le berceau pris sa place à côté du nouveau sacro-saint lit conjugal. Et ce n’est même pas pour rire, car l’usage voulait qu’il fut béni au moment du mariage, protégeant des adultères (…) et promettant à ce couple une bonne fertilité.

C’est aussi sous l’impulsion de l’Église, qui considérait les enfants comme des être purs et naïfs, que naquirent les structures accueillant les enfants abandonnés ou orphelins.

Vers la fin du Moyen-Âge, les tours d’abandon sont crées, la plupart du temps au sein d’hôpitaux (hospices). Ces boîtes à bébés eurent pour ambition de permettre aux familles précaires de se défaire de leur nouveau-né, en lui souhaitant une vie meilleure.

Des structures s’établirent de manière à subvenir aux besoins des enfants. La plupart du temps, les orphelins accompagnaient les religieux, afin de récolter de quoi vivre. A l’époque, aucune institution ni aucune loi n’existe pour protéger les enfants.

Alors que l’allaitement maternel était une pratique recommandée par l’Église, il est possible de trouver des textes datant du XIVème siècle mettant en évidence qu’à Florence, le recours aux nourrices devint de plus en plus répandu dans la société.

Principalement dans les milieux bourgeois, cette mise en nourrice est accompagnée de l’écriture d’ouvrage de puériculture.

Ensuite, la pratique se propage également au milieu modeste.
Selon ce texte, pour une nourrice au domicile des parents, quatre emportent le nourrisson chez elle. La moitié des enfants sont envoyés chez des nourrices rurales, vivant à plus de 15 km des parents. Les nourrices recherchées étaient prioritairement celles dont le bébé était mort, et ayant accouchée depuis moins de 2 mois.
A cette époque, des traces sont claires dans le fait que les nourrices, à Florence, n’allaitent pas deux enfants à la fois. Soit la nourrice a sevré tôt son enfant soit il est mort… une dernière solution veut que la femme souhaitant devenir nourrice mette son propre enfant chez une autre nourrice, de moindre coût.
Il est aussi interpellant de constater que les nouveaux-nés filles sont plus souvent gardées par des nourrices extérieures, alors que les garçons sont plutôt confiés à des nourrices à domicile. La préférence des soins aux futurs héritiers est manifeste !

Il est incontestable que l’allaitement fut une affaire d’hommes, durant cette période encore.
Ces sont les époux qui gèrent et concluent les ajustements de salaires des nourrices. Il y a peu de textes faisans état de l’avis des femmes jeunes accouchées dans cette organisation sociale.

Un élément important eut lieu : l’Edit du roi Jean, en 1350. Il encadre la rétributions des nourrices et les conditions de travail.

Lorsqu’un nourrice emportait un nouveau-en chez elle, en campagne, il n’était pas d’usage que les parents viennent régulièrement visiter l’enfant.
C’est la nourrice qui faisait parfois le déplacement pour montrer l’enfant.
Un maternage encore plus distal que celui-ci est impossible !
Le taux de mortalité en nourrice augmente dramatiquement et cela pousse l’Église à mettre en place des campagnes de sensibilisation prônant l’allaitement.

« le placement en nourrice résulte d’une volonté de conserver son rôle social sans être « empêtrée » dans la disponibilité imposée par un allaitement non-écourté. »source


Les informations de l’Église n’eurent pas grand effet, comme le démontre le décours des siècles suivants.

 

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

A partir du XVème, le placement est plus organisé, grâce à la corporation des nourrices. Il semble que la désaffection des femmes pour l’allaitement soit si important que seules les pauvres nourrissent elles-mêmes leurs enfants (coup de chance, dans la précarité!).
Les philosophes du XVIIème s’insurgent contre cette pratique de mise en nourrices… pourtant soutenue par les médecins qui protestent : «le lait doit corriger l’influence exercée par la mère sur son enfant pendant la grossesse. Il est donc préférable de renoncer au lait maternel dès la naissance et de prendre une nourrice».

nourrice noire

Les critères esthétiques furent majeurs à nouveau, durant la Renaissance. L’allaitement était (et est toujours, à tort) réputé pour enlaidir la poitrine. En outre, le tabou sexuel et la nécessaire abstinence imposée durant l’allaitement eurent tôt faits de convaincre les maris d’organiser la mise en nourrice de leur progéniture. (Kinbiehler et Fouquet, 1980).

Une habitude mortifère eut cours du Moyen-âge au XVIIIème siècle : des compléments, sous forme de bouillies,furent recommandés afin de fortifier l’enfant, le lait maternel ou nourricier étant considéré comme insuffisant (Lett, Morel et Lefebvre, 2006). Or, les intestins du bébé ne sont pas prêts à recevoir de la nourriture avant 6 mois… La salubrité de l’eau étant parfois douteuse, de nombreux bébés moururent après des diarrhées causant de graves déshydratations.

Il y a bien moins de considération pour le devenir de l’enfant, tant que celui-ci n’est pas désiré et qu’il n’a pas dépassé le cap de son premier anniversaire (le risque de mortalité après un an est largement diminué).

Malgré tout, les textes de cette période divergent. Par exemple, le médecin du Roi, Laurent Joubert, exprima avec conviction que les mères devaient profiter du plaisir de nourrir leurs enfants et que lui-même transgressait l’interdit sexuel pendant l’allaitement.

Erasme, Cornelius et Ambroise Paré se positionnèrent également comme étant favorables à l’allaitement maternel.

S’il est sûrement encore répandu dans la plupart des couches de la population, sauf les aristocrates… Au fur et à mesure, les femmes de toute la société se séparent de leurs enfants si tôt nés, imitant les classes sociales supérieures.

 

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Au sein des milieux nobles, le statut de la femme était clairement régi : Elle ne s’occupe pas de l’éducation de ses enfants et les confie quelques jours après leur naissance.
Les moralistes et les médecins de cette époque ne tarirent pas de reproches pour ces femmes : elles privilégieraient les amusements, l’apparence, la parure au détriment du bien être de l’enfant. Il s’avère que les femmes de ce rang n’avaient pas un réel choix d’agir autrement …

Cela représentait les contraintes de la vie aristocratiques où la manière de marquer son rang est de se montrer en société. Ce détachement vis-à-vis des enfants, et donc de sa fonction maternelle, l’éloigne d’autant plus des aspects animaux de la physiologie : elle n’a pas à subir les nécessaires attouchements pour nourrir les enfants et être en contact avec leurs déchets. Une mère aristocrate donne la vie, c’est l’unique tâche noble ! L’élevage des enfants revient à une femme de classe inférieure, payée à cet effet. Notons d’ailleurs que le terme « élever » les enfants est substituer à celui d’ « éduquer » pour cette raison.

Bien que mis à distance des regards parentaux, il semble que les enfants ainsi placés ne souffrent pas de désamour… ou en tout cas, d’attentions louables. Des lettres tendres furent retrouvées, témoignant de l’affection parentale mais aussi de la confiance que l’enfant perpétue la lignée.
C’est une autre perspective de la parentalité, à n’en point douter.

Pour aller plus loin: Https://journals.openedition.org/ccrh/2909

Et si les femmes souhaitaient allaiter… ?

Très simplement, la transmission générationnelle que c’est impossible prend le pas sur le désir individuel maternel. Il est d’ailleurs possible de retrouver des propos similaires à l’heure actuelle : « Dans la famille, nous n’avons pas de lait / notre lait n’est pas bon ! »

Les femmes se séparèrent de leur enfant, car le lait de la nourrice fut perçu comme plus riche et plus abondant, contrairement au leur.
Cette coutume se perpétuant depuis quelques générations, les jeunes accouchées étaient fortement influencées dans leurs actes.

l’impact du non-allaitement dans la mise en place d’un maternage distal.
Le rôle social des femmes aisées qui sont, depuis toujours, imitées par les classes inférieures, sauf par les « paysannes » n’ayant vraiment pas d’autre possibilité que d’allaiter elles-mêmes.

Les croyances de siècles, voire millénaires, précédents se perpétuent… et entravent la tenue de l’allaitement. D’autres règles s’ajoutent pour celles qui allaitent : des restrictions alimentaires spécifiques, activité physique moindre, la prétendue fatigue excessive et les risques pour la santé de la femme allaitantes (décalcification, perte des dents, …).

L’organisation du travail des femmes est un facteur prépondérant également : alors que les africaines et les esquimaudes gardent sur elles lafin de s’affairer sans s’éloigner des enfants, les européennes les laissent ou ne les porte que dans leur bras.
La tradition du portage est tenue loin des coutumes européennes, puisque assimilée aux peuples primitifs dont l’occident veut s’éloigner à tout prix à cause de leur prétendue animalité.
L’éloignement des bébés, l’absence de soin continu, les horaires imposés engendrent un taux de mortalité important.

Un autre problème est majeur, jusqu’à nos jours : la notion de propreté.
Nous l’oublions rapidement, mais pendant plusieurs mois, lorsqu’on allaite d’un sein, l’autre coule également.
C’est une réalité qui n’est que rarement mentionnée et jamais représentée.
Or, jusqu’à l’arrivée du lave-linge : la corvée de linge était un fait. Les nourrices était appelées « Nourrice mouillée » en opposition aux « nourrices sèches » qui prennent en charge les enfants sans les allaiter.
Ne pas allaiter, c’est donc rester propre et nette.
Nourrir, c’est se salir, alors qu’un enfant est déjà perçu comme une souillure constante (forcément, puisque la tradition prévoyait des emmaillotages serrés… où les enfants n’étaient pas changés fréquemment. L’urine était même considérée comme un antiseptique, potentiel remède pour les plaies. Les langes étaient parfois juste séchés avant d’être remis aux bébés. Heureusement, cette perception a changé à partir du XVIIIème).
L’allaitement peut être perçu comme une pratique impossible pour des femmes qui peuvent se changer beaucoup (ce qui est le cas, à notre époque, pour la plupart).
De plus, pendant longtemps, les corsets ont été à la mode.
Allaiter est impossible avec un corset.
Allaiter, c’est donc aussi transiger aussi sur l’élégance ! Or, la mode française (et surtout parisienne) est reconnue et la plupart des femmes y tiennent énormément !
N’oublions pas que le statuts des femmes n’est pas identique à celui d’aujourd’hui… Elles avaient bien peu de droits et de libertés individuelles.

Ensuite, il y avait aussi la crainte des complications (crevasses, abcès, mastite, engorgement, …) qui sont fort douloureuses et, auparavant, mal connues et donc mal prises en charge.
Des nombreuses histoires sordides forgent l’opinion populaire : le lait pourrait engendrer des ravages dans divers endroits du corps, en cas de rétention, en causant des tumeurs malignes.

L’allaitement est ainsi compliqué et les désagréments ne sont pas contre-balancés par le plaisir amené par le lien affectif mère-enfant. D’ailleurs en vertu de l’éthique religieuse, tout plaisir est proscrit voire condamnable.

Comme depuis plusieurs siècles, l’interdit des rapports sexuels pendant l’allaitement se poursuivit à cette époque. Nul besoin de préciser que le consentement et le désir féminin n’étaient gère questionnés. L’époux pouvait à nouveau « approcher » sa femme après 40 jours.
Les nourrices sont surveillées afin de s’assurer de leur abstinence. La mère pourrait nourrir et ne pas reprendre ses activités sexuelles, mais elle est alors responsable du risque d’adultère… !
Elle préfère alors mettre son enfant en nourrice et se prêter aux désirs de son époux. Et si elle souhaite nourrir elle-même son enfant, elle devait, bien sûr,demander l’autorisation à son mari.

Le style de maternage continue d’être distal au XIXème siècle. Les émotions des mères bourgeoises et la pollution de la ville furent estimées néfastes pour la santé des nourrissons. Il était alors préférable d’envoyer le bébé chez une nourrice dans un milieu campagnard. source

Malheureusement, la mortalité infantile atteignit des sommets !
Alors qu’il est de 17,9 % pour l’ensemble de la France (ce qui n’est quand même pas rien… près d’1/5 des enfants n’arrivent pas à un an !), il culmine à 71 % pour Paris où les enfants sont envoyés en nourrices.

 

La France est considérée comme un pays malthusien et où il y a un vrai « rejet de l’enfant » https://journals.openedition.org/transtexts/613
Certains médecins virent l’industrie des nourrices mercenaires comme une organisation d’infanticides et évoquent suggérèrent même le fait que certaines nourrices soient choisies pour leurs réputations mortifères.
C’est ainsi qu’un texte de loi vint régenter cela : la Loi Roussel.
« Cette loi illustre l’intérêt porté par le pouvoir à la petite enfance et à travers elle à l’allaitement maternel. Cependant, il faut évoquer, un précédant, la loi du 5 mai 1869 qui a pour but d’indemniser l’allaitement maternel afin d’éviter que des filles­mères ou des femmes mariées pauvres abandonnent leurs enfants. Il s’agit d’une allocation mensuelle versée jusqu’aux trois ans de l’enfant. »

Il est tout de même important de relativiser les chiffres : la plupart de ceux que nous possédons sont issus des familles aristocrates ou bourgeoises.
Au XVIII et XIXème siècle, le placement en nourrice concernait 10 % de la population.
Le problème est que le soin aux enfants est souvent influencé par les élites. Les familles moins aisées tentent d’adopter des codes similaires, ou décident simplement de s’occuper de leurs affaires tout en laissant les nourrissons livrés à eux-mêmes durant de plusieurs heures. C’est ainsi que des millier de bébés, placés à proximité du feu, périrent brûlés, étouffés par la fumée ou encore dévorés par des animaux (un cochon ou un chien affamé ne fera pas grand cas d’un nouveau-né vagissant…).

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! »

Conséquences des collectivités

Si les écrits sur l’enfance et des précis de puériculture ont toujours été commis, la capacité de les obtenir et leur nombre explosa au XXème siècle. Ces livres et ces croyances, promues aux rangs de connaissances, se disséminèrent avec une redoutable efficacité en Occident.
Et d’où provenait les nombreuses règles de vie ?
D’observations et de la gestion de collectivité, principalement !

Bien sûr, il fut heureux que le système de prise en charge des enfants abandonnés ou orphelins s’améliora avec le temps.
Mais la condition du collectivité et le manque d’investissement émotionnel auprès des enfants rendent la gestion de ceux-ci complexe.
Les structures de garde journalière émergèrent au XIXème siècle pour que les parents pauvres puissent travailler, répondant docilement à l’élaboration d’un capitalisme industriel. C’est principalement l’hygiénisme et la médicalisation des soins qui prend le pas sur l’organisation des journées dans ces lieux de d’accueil. Ce n’est que bien des décennies plus tard que les aspects psychologiques et pédagogiques modifièrent progressivement le rapport aux enfants au sein des structures collectives (d’ailleurs, il y a encore du travail pour améliorer cela dans toutes les structures!).
C’est ainsi que le XXème fut le théâtre d’expériences plus ou moins invasives sur les méthodes pour, au mieux conditionner, au pire dresser les petits d’humains.

 

Toujours est-il que de ces connaissances d’une vie « bien organisée », furent tirés des ouvrages dictant les principes à appliquer au quotidien, chez soi, avec ses propres enfants.
Un exemple tiré de cet article : « En même temps, le biberon, si longtemps mortifère, est réhabilité par les rites de l’

 

antisepsie. Les hommes de l’art trouvent là de nouveaux moyens d’investigation : ils peuvent étudier la quantité et la qualité de lait dont un enfant a besoin aux différents âges, ainsi que la meilleure répartition de ses repas ; ils mettent au point les règles de l’allaitement artificiel et s’évertuent à les inculquer à toutes les éleveuses. La nourrice change de rôle. Auparavant sa qualification dépendait surtout de sa fécondité : il fallait qu’elle enfante pour avoir du lait. Le biberon supprime l’investissement corporel. La nourrice, même si on lui conserve ce nom, se transforme en gardienne. »

Spoiler : ça n’a aidé personne, ni enfants ni parents d’être mis à distance et de quantifier frénétiquement le volume ingurgité par les bébés ou les enfants, une fois diversifiés.

Souvent couvert (pseudo) scientifique, des mesures spécifiques ont été énoncées et considérées comme un usage des bonnes pratiques : diète pour le nouveau-né de 24/48h, tétée à heures fixes, espacement volontaire, diversification précoce, mise en garde excessive vis-à-vis du cododo, …
Toutes ces règles furent (et restent) des ennemies de l’allaitement (je le précise dans cet article : « Les freins à l’allaitement, faisons les sauter ! »).

Ensuite, il y a eu le recours aux pouponnières : les bébés étaient volontairement tenus à l’écart des mères jeunes accouchées. Ces dernières devaient se reposer et les enfants étaient alors nourris à l’eau sucré, au biberon ou grâce à des tétées à heure fixe …
Ces attitudes eurent des conséquences désastreuses sur l’allaitement mais également sur le lien d’attachement mère-bébé.
Il est facile d’estimer combien les bébés ainsi traités devaient être en détresse, tiraillés par la faim et laisser à la surveillance d’inconnues, brisant toute mise en pratique d’un continuum entre sa vie fœtale et aérienne.

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– Les bonnes manières, dès la naissance

La distance imposée dès la maternité devait, toujours selon les manuels de puériculture, se maintenir par la suite.
Il ne fallait en aucun cas que les bébés soient bercés trop longtemps ni trop fréquemment, au risque d’en gâcher le caractère, de les habituer au contact et de les rendre dépendants (…).
C’est ainsi que l’on retrouve des ouvrages, d’il y a à peine 50 ans, énonçant des règles de tétées toutes les 4h, minutées et le conseil de laisser pleurer les enfants (sans que cela ne cause de douleur, aux dires des médecins ! Fallait-il le préciser, afin de rendre la chose supportable aux jeunes parents!). Ces enfants, comme d’ailleurs la plupart des tout-petits, pleuraient simplement de faim (c’est d’ailleurs encore le cas, selon Claude Didier-Jeanjouveau dans son livre « Bébé ne pleure plus »).
Cela vaut aussi pour la nuit : il fallait habituer les enfants à ne plus être nourri la nuit. Sinon, ce ne sont que des caprices, toujours aux dires des spécialistes.
Tu sais quoi ?
Moi-même, j’ai eu ces remarques en 2018 : à partir d’un certain poids, ils peuvent « passer la nuit » !
J’attends encore les fondements de cette allégation. A 31 ans, je bois toutes les nuits et je me réveille pour uriner. Je fais donc, sur critères « « médicaux » » des caprices  et je ne fais pas mes nuits.

 

– « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? »

L’avènement des préparations commerciales pour nourrissons (PCN ou Lait Artificiel pour être consensuelle)acheva de piétiner l’allaitement (et donc de la proximité physique intense avec les bébés) : dès 1872, Henri Nestlé a proposé une préparation à base de lait de vache, de sucre et de farine de blé.
Dès 1900, on dénombre des campagnes de publicité et d’informations, relayées par les médecins, concernant les conduites de l’accouchement, de la maternité et de l’allaitement…
Le biberon serait ainsi le meilleur et le plus hygiénique (puisque le lait utilisé était pasteurisé) !
Les publicités montraient des bébés ronds, l’air heureux et les mères soulagées de « ce fardeau » perçu que serait l’allaitement.

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Ingrédients d’une PCN

Les guerres mondiales se passent et viennent ensuite les surproductions de lait, qui doivent bien être écoulées : c’est ainsi que naquirent les conseils nutritionnels prônant la consommation d’au moins 3 produits laitiers/jour ainsi que le marketing autour des PCN.
Il faut admettre que c’est un juteux commerce : convaincre les femmes que les PCN sont meilleurs pour les bébés et ainsi contraindre les parents d’acheter un produit pendant 3 ans. La fidélité d’achat est ainsi au rendez-vous !

 

– Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

Par après, les mouvements féminismes ont pris en grippe l’allaitement. Le biberon fut considéré comme libérateur !
Et c’est encore un argument dont se prévalent certaines personnes : les mères ne sont plus obligées d’être dédiées aux soins du bébé, qui peuvent être délégués à un tiers. Surtout, cela permettait de mettre en exergue que les femmes peuvent être l’égale des hommes et arguer que les contraintes issues de la physiologie femelle ne sont pas déterminantes.
La mère n’est plus indispensable et elle peut penser à elle, œuvrer à son autonomie… et à sa carrière !

Elisabeth Badinter et Simone de Beauvoir ont théorisé cela, éloignant la mère de ses enfant, sous prétexte que la société restera sexiste si elle n’adopte pas cette attitude.
Par exemple, un ouvrage des ouvrages qui y est entièrement : « Le conflit : la femme et la mère » d’E. Badinter.

Pour ces féministes de la seconde partie du XXème siècle, la maternité et l’allaitement sont des formes d’esclavage. Le biberon serait la suite logique après les luttes pour la contraception et l’avortement.
Dans les années 70, il y avait une sorte d’injonctions sociales d’interdiction au maternage. Les enfants étaient volontairement distancés de leurs mères prématurément, le développement de l’autonomie des touts-petits semblait une priorité et les attitudes empathiques étaient jugées négativement. L’allaitement était impossible pour une femme moderne !
Puis, il y eut d’autres courants, dont l’un usa du terme « fémellité » prônant l’allaitement, les conceptions physiologiques de la naissance et du rapport aux enfants, incluant toute la puissance du féminin, que l’on doit à Colette Chiland.

Bien que ces mots peuvent sembler acerbes envers les courants féministes de cette époque, il faut comprendre que le contexte est indissociable des faits (comme dans chaque situation!).
Avant ces revendications, les femmes n’avaient pas de réel choix. Elles étaient femmes au foyer, sans liberté d’action, obligées d’assumer ce rôle de mère dévouée à sa famille.
Les luttes féministes et la distanciation par rapport au statut familial furent indispensables pour parvenir à un ajustement équitable… Que nous cherchons toujours, mais qui s’est déjà largement modifié.

 

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

La proximité engendrée par l’allaitement rencontre les besoins du bébé. Cela lui permet de se nourrir mais aussi d’être réconforté.

En l’absence des seins maternels, les enfants doivent trouver un objet de substitution… parfois difficilement ! C’est ainsi que dans la panoplie classique du bébé occidental, il y a une tétine, un biberon, un goupillon et un objet transitionnel, plus fréquemment appelé « doudou ».
Il est alors conseillé aux femmes de ne pas allaiter, ou de sevrer leur enfants, afin de faciliter leur garde. Cela vaut aussi pour le portage, comme je l’évoque dans mon article « tu vas en faire un bébé-bras ».

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Malgré toutes les recherches en neurosciences affectives, mais aussi en psychologie clinique et développementale, ces croyances sont enracinées fermement et peuplent toujours l’imaginaire collectif occidental.

L’influence du système social est déterminant dans le rapport aux enfants.
En France et en Belgique, le congé de maternité dure de 9 (!) à 15 semaines. Les enfants sont ainsi censés être séparés de leur mère très jeunes.
La poursuite de l’allaitement, bien qu’encadrée par des textes de loi, est empêchée dans certains cas (éducation nationale, HoReCa, milieu hospitalier, …).
Ces séparations précoces ont des impacts non négligeables sur les liens mères-enfants et dans la santé mentale tant des enfants que des parents. Margot Sunderland considère d’ailleurs que toute séparation avant 12 mois est prématurée, et donc nocives pour les bébés. Cela génère un stress majeur chez les enfants qui doivent composés avec une personnes qui n’est plus en mesure de leur accorder toute l’attention qui leur est nécessaire : une personne pour 5 enfants n’est, malheureusement, pas en mesure de pratiquer un maternage proximal avec tous (puisqu’ils sont tous très jeunes et avec des besoins intenses).
Ce mode de vie implique du stress pour les tout-petits, qu’ils déchargeront ensuite auprès de leurs parents : pleurs intenses, nuits sans sommeil, …
Cela complique largement le quotidien parental et les affects développés envers les enfants.

Il est édifiant de voir à quel point les systèmes sociaux des pays nordiques, permettant de rester 9 ou 12 mois avec son bébé, offrent ainsi la possibilité d’un équilibre famille-travail. La conduite d’un allaitement non-écourté est d’ailleurs plus fréquente, tout comme les pratiques de parentage proximal.

« Selon le professeur Ted Greiner, éminent spécialiste de politiques publiques relatives à l’allaitement, les sociétés qui sont parvenues à renouer le plus efficacement avec l’allaitement, comme la Suède par exemple, sont celles qui ont mis l’accent sur les stratégies de protection et de soutien plutôt que sur les stratégies de promotion. On protège et on soutient l’allaitement au moyen de longs congés de maternité, de retours progressifs au travail, de mesures de conciliation travail et famille et en formant les professionnels de la santé et les bénévoles qui offrent leur aide aux mères qui allaitent. » source

 

– La Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : la survalorisation de l’autonomie du tout-petit.

On l’entend souvent : le maternage proximal ralentirait l’autonomie des enfants, qu’il s’agit de surprotection, qu’on ne veut pas « couper le cordon ».
A croire que le maternage proximal déboucherait ensuite sur des parents envahissant (le mal nommé « parent hélicoptère »), ne laissant aucune décision à leur enfant, les étouffant littéralement… et ce, tout au long de leur existence !
C’est vrai que des parentalités toxiques existent. Mais elle n’a aucun lien direct avec le parentage proximal qui écoute des besoins des enfants et suit leur développement de manière attentive.

Un amalgame grossier est commis entre la pratique d’un parentage proximal et un exercice de toute-puissance parentale.
Certains (* Wink * * Wink * Rufo, par exemple, et d’autres professionnel.le.s malheureusement souvent influencé.e.s par les théories psychanalytiques mal interprétées. Point Godwin : Comme l’interprétation de Nietzsche par Hitler ) vont alors estimer que la simple pratique du parentage proximal est symptomatique d’une parentalité toxique.
Haro est jeté sur l’allaitement non-écourté (dit long…), la proximité physique, l’empathie, le cododo, le choix de rester au foyer sans confier ses enfants ou encore de choisir de les instruire soi-même, en IEF.

J’attends encore les fondements de ces reproches… Mais je pense qu’on va pouvoir arrêter de prêter attention à leu dogmatisme, et se fier aux récentes études qui démontrent que le parentage proximal, l’allaitement non-écourté et à la demande, le cododo et l’accompagnement bienveillant sont les pratiques les plus favorables au développement optimal du petit d’humain.
Et scoop : la nature avait bien fait les choses, en matière de physiologie de la reproduction et de la persistance de l’espèce, au cas où l’on en doutait (mais oui, l’humain en doute depuis toujours, cherchant toujours à se distancer de sa condition animale!).

Mais voilà, il y a des articles qui font frémir les mères (eh oui ! C’est souvent « la faute de la mère, hein ! »…) sur les ravages que peut créer cette proximité !
En France/Belgique, la proximité intense est tolérée pendant la durée du congé maternité (soit environ 3 ou 4 mois), mais ensuite, il ne faudrait pas exagérer…
Il semble indispensable de « retrouver son rôle de femme et non seulement être mère ! ».
Tiens… ça ne vous rappelle pas les injonctions qui datent de l’antiquité, que j’ai évoquées plus haut ?
Bref, il FAUDRAIT se détacher : « Ça sera bien pour lui/elle comme pour toi ! », « Il n’y a pas le choix, de toute façon ! », « Votre enfant voit régulièrement des enfants ? » (question favorite du pédiatre à une maman solo isolée, aka Moi).
Dans l’inconscient collectif, la séparation n’est pas précoce, elle est normale et bénéfique.

Eh bien… non ! Remercions Margot Sunderland d’avoir rédigé un chapitre entier dédié aux séparations qu’elle décrit comme précoce avant 12 mois dans son livre « La science de l’enfant heureux ».

 

– La science au service de la consommation ?

Le fait est que le XXème et le XXIème siècle sont régis par les sciences, de tous ordres. Les méthodes sont empruntes de plus de déontologie (souvent, et de plus en plus fréquemment… Même si les industriels s’affairent à cacher ce qui ternit leur image de marque) et les outils d’analyse de données s’affinent encore et toujours.
N’oublions tout de même pas qu’à chaque époque, certaines vérités ont été contredites car le prisme de la connaissance est orienté, tout comme ce qu’il est possible de voir et d’interpréter.

Une métaphore est fort utile pour percevoir ce qu’est la recherche : il suffit d’imaginer une recherche dans le noir grâce à une lampe torche. L’éclairage n’est fait que zone par zone.

Le problème est que la recherche scientifique demande de gros moyens. Aussi passionnants soit les processus de recherche, tout travail mérite salaire.
Or, depuis quelques générations, il est bien d’usage que les industriels de tous les secteurs finances la recherche sur leurs produits.
Si cela semble logique dans l’industrie pharmaceutique, il est nécessaire de rappeler les initiatives scientifiques des producteurs de tabacs ou des alcooliers. Il y a eu (et se produit toujours) des dissimulations d’informations … comme les risques de cancer liés au tabagisme.

A une époque antérieure, les publicités vantaient les mérites du tabac, comme tu peux aller le voir sur cette page.

Quel rapport avec le maternage ?
Il s’avère que les pratiques de parentage proximal ne rapportent rien à personnes, ou presque.
L’allaitement maternel fait vendre un peu de matériel (tire-lait, coussinets d’allaitement, tisanes, …). Presque tout le reste gagne à être éviter afin de ne pas écourter l’allaitement (avec les recommandations que j’évoque dans cet articles), il n’y a RIEN à acheter. Au mieux, de la lanoline et du Mepitel pour les débuts et un tire-lait manuel, qui dépanne en cas d’engorgement (ou pour faire des crêpes. #truestory).

Malgré tout, tu pourras voir milles et un gadgets « pro-allaitement » : les biberons imitant le sein, les tétines spéciales, les préparations commerciales pour nourrissons (PCN) « relais allaitement », les PCN « au plus près du lait maternel », …

C’est vrai qu’on peut trouver moult possibilités de portage physiologique et d’écharpe de portage (et là, clairement le marché tourne bien). Mais il n’y a aucune conséquence néfaste pour les bébés. Mais cela demeurera toujours moins onéreux que les poussettes trio, de grandes marques automobiles ou de sport.
De même, il est possible de trouver des lits de cododo, qui se fixe au lit parental. Mais d’autres systèmes D sont possibles et tout aussi efficaces.

Dans les faits, les familles pratiquant le parentage proximal (et ce qui va avec telles que la motricité libre, la Diversification Menée par l’Enfant, l’hygiène naturelle infantile, la bienveillance, etc.) ne sont pas les plus grandes consommatrices. Dans ces conditions-là, nul besoin d’acheter une chaise maintenant l’enfant assis, des mobiles colorés musicaux, un cales-bébés, un cales-tête (à fuir !), couffin, des biberons aux multiples tétines, des boîtes de PCN, des couches jetables ou encore des petits pots préparés.
Cela ne fait pas les affaires des industriels…

Alors, ils doivent bien trouver des arguments pour vendre leurs produits : faire des recherches scientifiques mettant en évidence dans leurs résultats que leurs produits permettraient un meilleur développement des enfants !

Quelle aubaine de jouer sur les doutes, la culpabilité et le confort des parents, au mépris même des besoins des enfants.

 

C’est comme ça que surgissent des informations telles que :
– les recommandations de diversification dès 4 mois, par des petits pots ;

– l’utilisation des PCN ;

– Les couches jetables, et la diffusion de leur usage dans des cultures qui ne les utilisaient pas ;

– La croyance que les PCN peuvent égaler voire surpasser le lait maternel;

– Les coussins anti-tête plate (vraiment, à fuir!) ;
– …

 

Ce que je souhaite communiquer par ces exemples est qu’il est indispensable de prêter attention aux personnes qui diligentes les études scientifiques.
Dès qu’il s’agit de mettre en avant l’usage de tel ou l’autre produit, au détriment des simples actes de maternage proximal… ça sent l’industriel qui veut capitaliser sur tes doutes parentaux !
Fort heureusement, aujourd’hui, de plus en plus de ponts sont faits entre les différentes disciplines scientifiques.

Il est fascinant, et enthousiasmant (en tout cas, moi, je saute sur ma chaise de contentement dès que je lis des news qui se rassemblent) de constater que toutes les études convergent dans un sens similaires : la prise en compte holistique de l’individu permet une meilleure prise en charge.
Cela implique que les dynamiques pluridisciplinaires représentent les nouvelles normes, ou qu’elles sont en passe de le devenir.

Dès la naissance, les enfants ont besoin de contact physique intense. Ils en ont besoin pour se sentir bien physiquement et émotionnellement, comme c’est largement prouvé dans le cadre du Kangaroo-Mother Care. En outre, cela permet aux bébés de poursuivre leur colonisation bactérienne, indispensable à la mise en place de leur microbiote.
Ce dernier est reconnu pour ses implications au niveau de la santé… et les découvertes à son sujet sont toujours plus surprenantes : impact sur les maladies digestives chroniques, les allergies, les troubles de l’humeur et même les troubles du spectre de l’autisme.
La naissance par voie basse, le peau-à-peau et l’allaitement sont des facteurs indispensables à la croissance d’une microbiote sain et capable de favoriser la bonne santé.

Il en va de même dans les recherches par rapport aux attitudes sociales et comportementales : la préservation des liens mère-enfant, l’accompagnement bienveillant, les pédagogies alternatives, les pratiques méditatives (dans lesquelles j’inclue le yoga et la Pleine Conscience) , etc., sont tant de facteurs qui offrent la possibilité aux enfants de se développer de manière harmonieuse avec de moindre manifestation violente.

 

– Les représentations culturelles de la proximité mère-enfant

La médiatisation des cas de parentalité pathologique mettent en évidence les situations problématique… en pointant toujours ce qui est relatif au parentage proximal : un bébé meurt dans le lit de ses parents, c’est la faute du cododo ; un enfant meurt de déshydratation, c’est parce qu’ils étaient allaités et que les parents ne donnaient pas de complément, …

Ensuite, les films n’aident pas à la diffusion d’une image neutre vis-à-vis du parentage proximal.
J’ai cliqué sur un téléfilm : « La fille d’une autre ».
Synopsis grossier et spoiler alert : un femme met au monde un enfant mort-né. Elle a déjà fait de nombreuses fausses couches et est désespérée face à la perte de cet enfant. Elle voit s’envoler la possibilité d’être mère.
Dans le même espace temps, une jeune femme, en situation précaire, accouche et souhaite faire adopter son enfant. Après un refus d’avoir l’enfant contre elle à la naissance, elle décide de la voir un peu avant de la confier à l’adoption. Elle regarde sa fille et s’endort sur son lit, porte ouverte.
A cet instant, la mamange endeuillée voit cette scène et décide d’emporter l’enfant promise à l’adoption.
Durant les jours suivants, elle s’en occupe, la cajole, l’allaite, bref, à fond dans le maternage proximal. Mais elle reste recluse, présentant l’enfant comme la sienne à sa mère. Elle se démontre possessive « maladive ».
La police se rend finalement compte que c’est elle qui détient l’enfant.
Cette petite est rendue à sa mère (qui a finalement changé d’avis sur l’adoption), et qui, clairement n’a pas un style de maternage similaire. Totalement instable et précaire, mais elle est présentée comme la maman sympa et plutôt normale vs « l’hyper-mère » possessive et trop maternante, qui cherche année après année à voir grandir cette enfant.

Cela implante de l’inconscient collectif que le maternage proximal n’est pratiqué que par deux styles de mère :
– Les mères en situation pathologiques qui cherchent à réparer quelque chose quitte à envahir leurs enfants ;

– Les mères « parfaites » influencées et se conformant à la nouvelle mode du parentage proximal, (j’explique là, en quoi ce n’est pas une mode) véhiculé à grand bruit sur les réseaux sociaux.
Alors oui, incontestablement, la culture ambiante influence le style de parentage.
Je me suis d’ailleurs questionnée sur les raisons de l’Occident à vouloir se distancer des enfants dès l’antiquité, comme je l’ai évoqué précédemment.
Quelles sont les facteurs qui ont modifié le rapport aux enfants ?
En premier lieu, et comme expliqué au début de ce dossier, la sédentarisation de l’être humain a engendré une hausse de natalité. En n’étant plus nomade, les bébés n’étaient plus forcément portés et « au corps à corps » de nombreuses heures par jour.
Les ressources alimentaires étaient plus vastes et le sevrage survenait plus tôt. C’est aussi au néolithique que l’on retrouve la première trace de consommation de produit laitier, par l’humain, en dehors de la petite enfance.
L’arrêt de l’allaitement exclusif prématuré engendre que les cycles féminins reprennent plus rapidement… pouvant déboucher sur des grossesses (davantage) rapprochées.

Mais qu’est-ce qui explique que les peuples « primitifs » ou Premiers, ainsi que bon nombre de coutumes culturelles, ailleurs qu’en Occident, favorisent le maternage ?
Je ne suis pas historienne, je n’ai pas de connaissances anthropologiques si vastes… Mais il semble qu’un point commun des cultures abondant dans un optique de maternage proximal soit une société communautariste (vs. Individualiste, en Occident).
Les mères sont rarement isolées avec leurs enfants, la famille est élargie.
En outre, la plupart de ces sociétés conservent de forts liens avec leur patrimoine traditionnel tant au niveau de la culture qu’au niveau spirituel.

En Occident, très tôt, la médecine et les religions se sont imposées afin de codifier la vie quotidienne.
Les connaissances ancestrales se sont perdues, notamment par le biais des évènements comme les chasses aux sorcières. Il faut se rappeler que la sorcellerie fut invoquée lorsque les femmes étaient capables de soigner/guérir par des remèdes traditionnellement appris de mère en fille, des croyances peu répandues et surtout, différentes de la majorité. De plus, le contexte social explique bon nombre d’attitudes : dans chaque crise sociale, les décideurs politiques parviennent à focaliser le problème sur une frange de la population (ici, les sorcières, mais pensons – deuxième point Godwin – aux juifs à partir de 1933, et maintenant, aux « immigrés »). L’Histoire a toujours démontré combien c’est inutile et nocif pour la société… Mais il semble que cela fasse encore mouche comme « arguments » de troubles socials.

Ensuite, historiquement, l’Occident, sur base de recherches « scientifiques » (pensons à la phrénologie, aux saignées et à la théorie des humeurs, et bien d’autres encore) a délaissé les connaissances des plantes et des savoirs transmis oralement.
De plus, l’organisation sociale a éclaté les familles, ne permettant plus aux femmes d’avoir accès à un soutien important. C’est ainsi que naquis le schéma de la famille nucléaire : une cellule étroite composée uniquement des parents et des enfants.
Il n’est pas nécessaire de blâmer l’individualisme comme grand fautif de nos actuelles difficultés, dont celles parentales. Il existe d’ailleurs de nombreux courants de recherche sur le sujet. Je serai bien mal aisée de croire que j’en saisis toutes les nuances (en vrai, cet article pourrait être l’objet d’une thèse doctorale, tellement le sujet comprend de moult facettes à investiguer). Voici un article qui aborde l’individualisme, en ne cherchant pas à l’opposer totalement à l’holisme. Voici un autre article qui aborde l’histoire de la notion d’individualisme.

Ces constats sur notre fonctionnement sociétal, qui perdure depuis des millénaires, impactent forcément notre rapport aux enfants. Les connaissances acquises de notre vivant nous aide à agir différemment, mais les traces culturelles persistent.
La position de la médecine, les pressions socioculturelles véhiculées par les générations précédentes, le manque de soutien émanant de l’architecture de la société, et j’en passe, ont encore des implications claires sur la manière de manœuvrer dans la parentalité.

MAIS, la société de communication est telle que nous avons les informations. Il ne manque « plus que » les ressources pour mettre en place ce qui est connu.
Et c’est à ce niveau que cela pêche encore largement !

Les campagnes de prévention et d’informations sont incontestablement utiles… Mais elles n’ont que peu de poids face aux obligations imposées par la société : retour au travail précoce, niveau de vie difficile à maintenir avec un seul revenu, législation médiocrement appliquée face à l’allaitement et à la flexibilité des jeunes parents, manque d’accès aux formations avec des enfants, …
Nous sommes dans une société où les enfants sont calfeutrés afin que les adultes puissent vivre sans eux. La question n’est presque jamais de trouver des solutions pour les inclure à la vie, mais plutôt de se questionner sur une manière de vivre sans qu’ils soient une contrainte à l’ « Expérience ».
Les initiatives childfriendly sont applaudies, mais ne rencontrent pas forcément énormément de succès. Cela reste donc exceptionnel et difficilement accessible.
Alors, la solution est de miser sur le numérique et de vivre, s’informer, communiquer, se distraire, par écrans interposés. Si c’est éminemment utile (Coucou ! D’ailleurs ce blog est là pour ça!), il y a une perte d’expérience vivante et unique. Nous, humains, tentons de combler le manque de rapports sociaux grâce à une vie numérique. C’est louable pour nos santés mentales… Mais cela ne devrait pas être considéré comme suffisant !
Il faudrait IMPOSER les enfants dans les activités que l’on veut faire.
Emmener son enfant en formation/au cinéma/au musée/dans des réunions professionnelles pourraient prochainement devenir un acte militant pour une société intégrative !

En voyant plus d’enfants dans des contextes variés, qui devraient alors être aménagés de manière à rendre cela agréable (et souvent, il ne s’agit pas de tant de modifications que cela), l’on pourrait constater combien les difficultés rencontrées sont les mêmes partout.
Au lieu de demeurer dans des attitudes de jugement, on pourrait basculer vers une perception empathique des situations… Et appréhender les autres comme des ressources, et non pas comme des juges.
Les réactions face aux attitudes des enfants pourraient nous venir avec bienveillance plus facilement. En effet, être observatrice.eur d’un échange parent/enfant laisse une trace, une autre voie possible que celles expérimentées en tant qu’enfant face à nos parents.
Plus les échanges parent-enfant bienveillants se verront dans la sphère publique, plus ces réactions seront imitées. J’explique dans cette article les intérêts de l’éducation bienveillante.

Oh, oui ! Je perçois bien que ces propos te semble utopistes. Et ils le sont.
Mais crois-moi, mon objectif de vie est dédié à la réalisation de cette utopie.
C’est pour cette raison que dès que je serai installée à mon compte (soon!), toutes les activités, consultations, formations, séminaires, seront childfriendly (exceptées certains ateliers sur des sujets sensibles comme le deuil périnatal, le burn-out maternel, etc, où les paroles ont besoin d’être libérées sans craindre que les enfants entendent et se sentent potentiellement coupables par la suite).

– Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?

Al’heure actuelle, non.
Même si la plupart des femmes qui adoptent des attitudes maternantes tendent vers l’allaitement.

Il est aussi possible de trouver des mamans maternantes qui n’allaitent pas, et des allaitantes qui ne maternent pas plus que ça.
Bref, comme toujours dans le monde, il y a une diversité qu’il faut entendre, comprendre et accepter (dans la mesure où les pratiques ne sont délétères pour personne).

Cela dit, il est possible de se questionner sur la facilité de maternage créé par l’allaitement. Indubitablement, un allaitement (soutenu par les propres qui ne font pas douter la jeune mère) facilite grandement un quotidien. L’intendance autour de la nourriture est nulle, simplement assurée par la mise au sein à la demande (voire à l’offre!).
Mais parfois, faute d’informations correctes, d’impératifs de santé ou d’autres raisons physiologiques (hypoplasie mammaire, réduction mammaire, etc.), l’allaitement est compromis.

J’invite toutes ces mamans , encore plus que les allaitantes qui ont un contact régulier de peau-à-peau avec leur bébé, à pratiquer le maternage proximal.
Portage intensif, bain en duo (ou trio), massage, co-sleeping avec un lit de cododo (en cas de non-allaitement, le cododo en partageant le même lit peut-être plus risqué car la vigilance nocturne n’est pas synchronisée hormonalement avec le bébé), et autres activités privilégiées peuvent aider ces couples non-allaitants à tisser des liens indéfectibles avec leur progéniture.
Je me permets une petite note, si l’allaitement est impossible, il est préférable de s’orienter vers des PCN biologiques et, idéalement, éviter les protéines de lait de vache qui sont particulièrement difficiles à digérer. Outre l’aspect éthique, les scandales sanitaires sont toujours issus d’industriel utilisant du lait de vache, et non biologique…
Il existe des tas de références de PCN végétale ou de chèvre, pour éviter ou réduire des crises de coliques affreuses aux bébés, en plus d’une pratique intensive du portage.

Je glisse quelques liens pour permettre de

Questionner ce choix d’allaiter ou non ;

Débuter l’allaitement sereinement ;

Éviter les pièges qui peuvent compromettre l’allaitement ;

S’informer sur l’alimentation au sens large.

P.S. : Non, l’allaitement ne déforme pas les seins. C’est l’augmentation du volume pendant la grossesse et à la montée de lait, l’imprégnation hormonale de la grossesse et les changements volumiques qui distendent la peau.

P.S. 2 : Le corps change dans le temps. Tous les seins sont légitimes, beaux, sensibles, méritent d’être aimés.

P.S. 3 : Ton enfant ne sera pas plus ou moins dépendant de toi si tu allaites ou non.
Les enfants naissent totalement immature, donc intégralement dépendants des adultes autour d’eux. La manifestation des besoins, plus ou moins intenses, est inhérente à des différences inter-individuelles et non pas à une pratique plus ou moins maternantes.

P.S.4 : les mythes autour de l’allaitement font du mal : « Dans l’étude de Walburg, et al., (2007b), les représentations maternelles apparaissent comme prédictives de la décision d’allaiter ou non, notamment celles concernant les interdits pendant l’AM et la dépendance mère-enfant. »

 

– Créer des enfants a-culturels ?

C’est une problématique que je me suis posée à moi-même.
Est-ce qu’en fustigeant les coutumes occidentales et en m’inspirant de celles d’autres ethnies à travers le monde, je pourrais engendrer un mal-être chez mon enfant pourtant né en Occident ?
La question fut balayée plus rapidement que je ne le pensais, pour la simple raison que je m’INSPIRE d’us et coutumes d’ailleurs, afin de les adapter à la sauce de « ma vie d’occidentale ».
Je précise « ma », car chaque famille est différente, chaque personne a une tolérance physique et morale spécifique. Tous les individus n’ont pas du tout la même vie, même si le cadre social est sensiblement similaire.
Les vies d’une maman solo, maternante h24, aucune séparation depuis la naissance,
ne subissant pas de conflit intrafamilial ; et celle d’un couple, où la/la conjoint.e n’est pas totalement convaincu.e par le parentage, qui retourne travailler rapidement après la naissance et qui doit gérer le métro-boulot-dodo ; ces vies n’ont rien de comparables… et ce qu’ils mettent en place dépendra des besoins et des manques créés par ces formes d’existence.

Je reste baignée dans une culture occidentale dont je connais les codes et les ai intériorisé.
J’apprends à ma fille les formes de politesse usuelle, nous mangeons 3 à 4 fois par jour (ok, elle grignote plutôt quand elle a faim.. Petite moinelle!), je porte en ventral principalement (ce qui est rare ailleurs dans le monde, car le portage sert aussi aux femmes qui travaillent et le portage ventrale est réservé au moment où des lourdes charges sont portées au dos), j’utilise d’ailleurs beaucoup plus un préformé ou un Mei Tai.
Il faut rappeler que l’écharpe de portage telle que nous la connaissons est une invention européenne – source (voilà un lien génial sur l’histoire du portage et de la poussette : http://www.josette-la-chouette.fr/blog/l-histoire-du-portage-et-poussette/ ) En fonction des régions, c’est le pagnes, le Mei Tai, … qui sont utilisés traditionnellement.

MAIS.
Nous vivons dans un société mondialisée. Les technologies de l’information nous ouvrent des fenêtres sur le Monde !
Les anthropologues offrent des analyses fines d’autres sociétés du monde, des ethnoreporters partent vivre avec des peuples premiers pour découvrir leur rapport au monde et des recherches de tous ordres sont menées afin de comparer les cultures.
Bref, nous sommes en mesure d’avoir un aperçu des modes de vie ailleurs.
Les occidentaux se sont servis (et se servent encore) dans les richesses de nombreux peuples, les a colonisé et maintenant, sur un nouveau modèle… lui envoie ses déchets (en Chine, dans différents pays africains et maintenant, dans d’autres pays d’Asie. Oui, moi aussi, je croyais que le recyclage se faisait en interne. Mais non, parfois, il ne se fait juste pas du tout…).
Cela veut dire qu’en sachant combien certaines attitudes sont bénéfiques, nous pouvons les adapter à nos propres vies occidentales !

Les us et coutumes sociales comportent parfois des contraintes arbitraires qui ne semblent pas légitimes aux yeux de petits enfants.
Par exemple, pourquoi attendre tel moment pour manger ? Pourquoi ne pas manger avec les doigts ? Pourquoi ne pas roter bruyamment ? Pourquoi dire systématique « Bonjour, s’il te plaît, merci » ?
D’ailleurs, pour plus de sérénité au quotidien, mieux vaut ne pas s’embarrasser de telles contraintes trop tôt dans la vie des enfants.
Peu à peu, entre 4 et 7 ans, pour certain.e.s même avant, ils apprendront à vivre dans l’ancrage culturel qui les entoure. L’exemplarité est suffisante, sans avoir besoin de cours de bonne conduite
(OK, exception faite pour des usages spécifiques !)

Un instant, je me suis demandée si je n’allais pas apprendre à ma fille à compter avec les septante, octante et nonante. Je vis en Belgique depuis 22 ans, elle est née ici. Septante et Nonante sont des usages courants.
Octante… Parce que c’est plus logique, quand même !
Mais, en riant, je me suis ravisée. Après tout, en France, nous utilisons d’autres manières de compter. C’est ainsi.
Je lui apprendrai qu’ailleurs, le dénombrement se fait autrement. Elle saura ainsi, d’ores et déjà, que les mots sont emprunts de culture (j’aborde d’ailleurs l’impact des mots dans cet article).

Alors non, même s’ils dorment avec nous, s’ils tètent jusqu’à 4 ou 7 ans, s’ils ont été porté des milliers d’heure, nos enfants resteront toujours des occidentaux.
Par contre, dès la naissance, ils auront appris plusieurs valeurs inestimables grâce au parentage proximal : les pratiques majoritaires ne sont pas forcément « bonnes » ; les autres cultures sont riches d’enseignement ; le monde est une source d’inspiration inépuisable ; mes parents m’aiment inconditionnellement !

 

– Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)

Voici un extrait d’article, nommé : « Pourquoi les hommes partent. Le mal-être paternel » et traduction :

« La plupart des hommes ont été nourris au biberon et ont été soumis à d’autres schémas culturels abusifs en tant que bébés, comme dormir seuls ou être laissés à pleurer alors qu’ils ont besoin d’être réconfortés. Biologiquement, le mâle est le genre le plus fragile de notre espèce et il est en retard de plusieurs années en termes de développement par rapport aux femmes, et ce jusqu’à l’âge adulte. Et au lieu d’obtenir le complément de soin dont il a besoin pour compenser sa faiblesse, vers l’âge de 5 ans, les mâles dans presque toutes les cultures en reçoivent bien moins que les femmes. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la plupart des garçons n’ayant pas connus l’attachement deviennent des hommes qui passent le plus clair de leur temps à chercher une figure maternelle qui leur fournira le soin dont ils ont été privés en tant que bébés et enfants (recherche alimentée par la publicité qui met en avant les seins qui leur ont été refusés). Une partie du mécanisme de survie consiste à apprendre à refouler leurs sentiments et à projeter les besoins non satisfaits sur des substituts, les femmes, d’autres éléments externes comme le consumérisme, la boulimie de travail et d’autres addictions. »

C’est un pavé dans la mare. En effet, une autre croyance est tenace dans le maternage proximal, la croyance que l’entité du familiale et la triangulation avec un tiers séparateur est nécessaire au bon développement des enfants !
Cela part du postulat qu’il est indispensable que le père (ou un parent social) fasse en sorte que la fusion mère-enfant ne soit pas trop intense. Cela prive, de fait, les mères d’une compétence de rationalisation.
Cela sous-entend qu’en l’absence de tiers séparateur, une mère ne laisserait pas grandir son enfant en tant qu’individu, que celui-ci ne s’ouvrirait pas au monde, qu’elle maintiendrait ce rôle tout-puissant dans une relation exclusive.

Encore une fois, on sent bien l’imprégnation patriarcale dans ces allégations !
Toutes les mères solo n’ont, pour la plupart, pas de comportement pathologique avec leurs enfants.
Alors, non, un « tiers séparateur » n’est pas indispensable, parce qu’on vit un tant soit peu au sein d’une communauté et que la dyade mère-enfant ne reste pas dans un huit-clos.

Attention, je ne veux pas dire que les pères et autres parents sociaux ne sont pas utiles. Je précise juste que les modèles familiaux sont variés et qu’il est possible d’être équilibrés quels qu’ils soient, pour autant qu’il y ait de la bienveillance envers les enfants.
Dans le cas d’une famille classique, avec Parents + enfant(s), il convient que chacun trouve sa place.
Au départ, le rôle du « tiers » n’est pas de se substituer auprès du nourrisson… Mais bien d’aider à l’établissement du lien mère-bébé qui conditionne le bien-être de tous.
Ensuite, la troisième personne peut porter les enfants, sans s’offusquer que la mère réussisse à le calmer plus rapidement (ils ont été en symbiose pendant 9 mois!).
Le relationnel étroit avec les enfants arrivent à partir de 4 ou 5 mois. Il faudrait rappeler à la troisième personne de la famille que tout est une question de temps.
Dans un premier temps, l’important est de renforcer la dyade mère-bébé et de soutenir la jeune accouchée.
Il est possible pour le tiers de prendre en charge certains soins et de profiter des moments d’éveil. Plus le temps passera, plus ils seront longs.
Vers 6 mois, le tiers sera une personne privilégiée.
Vers 12 mois, cela sera une fête dès qu’elle/il surgira.
Dans les années suivantes, il y aura des va et vient entre les parents. Je ne compte plus le nombre de témoignages attestant que les enfants ont des périodes très « papa » et des périodes très « maman », en schématisant.
Alors, dès le départ, il faudrait que les couples soient informés… et que le tiers prennent conscience que même si « l’être tout neuf » est attrayant, chaque chose en son temps. Et il n’y a pas d’inquiétude à avoir : le temps passe vite, avec un enfant !
Cela vaut aussi pour les effets de l’enfant sur le couple : les premiers mois changent totalement la vie de couple et sa sexualité. Mais il est indispensable de garder en tête que le temps amènent de la perspective.
L’enfant a pris 9 mois pour grandir, il lui faut plusieurs mois pour laisser un peu de temps aux parents. C’est normal.
Il est nécessaire que chacun prenne du recul, s’appuie sur leur confiance réciproque, communique énormément et entretienne l’affection et la tendresse, en excluant les attentes sexuelles du style « penis in vagina ».

– le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?

Le parentage proximal et l’allaitement ont été fustigé par certains courants féministes. Cela peut sembler étrange, avec notre regard en 2019, mais il faut se rendre compte de là on l’on vient en tant que femmes.
Durant des millénaires, les femmes n’ont eu quasiment aucune liberté en tant que telle.
Elles étaient filles, élevées comme telles, pour un jour devenir des femmes au chevet d’hommes.
Une fois liée à un homme, l’enfantement était attendu et naturel (petite anecdote royale, entre Marie-Antoinette et Louis XVI qui mirent plus de 8 ans à concevoir leur première fille, au grand désespoir de la Reine et sous les jugements amers de la Cour). Les femmes devenaient alors mères, maîtresse de maison et avaient un rôle tout tracé avec un accès à la vie professionnelle tout à fait restreint.
Il a fallu brutaliser les mœurs afin de pouvoir s’extirper de tels carcans… et ce fut au détriment de la relation avec les enfants.
Grâce à ces féministes qui ont démontré qu’une femme pouvait être autre chose qu’une fille-épouse-mère, la société a énormément évolué dans le sens de l’égalité. Je rappelle que le droit de vote en France ne date même pas encore d’un siècle !

Maintenant que certaines choses sont acquises, il est possible de sortir des attitudes dichotomiques pour choisir les attitudes qui répondent à nos attentes.
Il est possible d’être carriériste et de décider de mener le parentage proximal avec l’aide de son/sa conjointe.
Il est possible d’aimer son travail et, pourtant, d’interrompre sa carrière pendant quelques temps.
Il est possible de ne pas désirer travailler et se consacrer au développement serein et harmonieux de ses enfants.
Ce sont maintenant des choix et non plus des injonctions sourdes ! Cela fait toute la différence.

Le choix restera éclairé tant que ceux-ci ne sont pas utilisés comme des arguments d’ordre social. J’aime d’ailleurs beaucoup l’exemple de l’influenceuse Léa aka « Jenesuispasjoli ». Elle est autonome financièrement depuis ses 17 ans, et depuis peu, c’est son conjoint qui s’occupe de leur fils en tant que « papa au foyer ». Ce sont de jeunes gens, de 22 ans, très bienveillants et qui cassent les codes.

Tout doit rester un choix.
Si quelqu’un.e se sent forcée, piégée : le sujet doit être réouvert !
En outre, il faut refuser les obligations par rapport aux attitudes des parents : elles sont toujours issues de systèmes réprimant les libertés.

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– L’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères

Comme j’en parlais dans le point précédent, avec le rôle du tiers dans la dyade mère-bébé (je n’exclus, bien sûr, pas les autres schémas familiaux, je généralise simplement à la majorité), la notion de rapport au temps est indispensable pour bien comprendre le parentage proximal. J’en parle déjà dans cet article concernant le rapport au temps pendant la grossesse.
Bien sûr, un nouveau-né chamboule toute la vie, toutes les habitudes, toute l’organisation.
Il faudra souvent quelques semaines pour mettre en place un nouveau fonctionnement serein.

Au départ, c’est très intense. Toute l’attention est focalisée sur le bébé (et à juste titre, il en a besoin!). J’en parle d’ailleurs dans mon article consacré aux quatrième trimestre de grossesse.
Ce que je vais te dire, tu l’as déjà entendu… Et pour le coup, c’est vrai !
Tout passe très vite.
Ça défile !
Alors c’est vrai que certaines journées peuvent sembler longues, mais a contrario, les jours et les semaines se succèdent et l’on voit son bébé évoluer à une vitesse incroyable.
Dans le podcast « Histoires de Darons » (que j’aime d’amour, ça vaut vraiment le coup d’aller écouter les pères parler de leur paternité), lundi 3 juin est sorti un épisode où Guy Delisle intervient. (C’est un illustrateur qui a fait les tomes du « Guide du mauvais père », plein d’humour cynique).
Il a beaucoup voyagé avec son épouse et, durant les missions qu’elle accomplissait, il s’est retrouvé « père au foyer » pendant un an. Au départ, ça le chiffonnait un peu… Et il affirme aujourd’hui qu’il n’a jamais regretté ce temps passé avec ses enfants.

Je ne connais personne qui regrette d’avoir passé du temps avec ses enfants. Par contre, j’ai entendu des centaines de personne se lamenter d’avoir raté des étapes importantes ou de dire qu’elles n’avaient pas le choix que d’être absentes.
Retiens cela. Tout le temps avec tes enfants, les journées moins chouettes voire carrément pénibles… Tu ne les regretteras pas !
En regard d’une vie entière, la petite enfance passe à toute vitesse.

Le parentage proximal, c’est la conscience de cela. C’est une sorte de Mindfulness en philosophie de vie appliquée au quotidien.
C’est un temps d’être à soi et à eux. C’est un cadeau inestimable !

Néanmoins, une croyance veut que les enfants maternés seront capricieux/colèriques/pas autonomes/etc.
Il serait nécessaire de « les habituer à dormir seul.e sinon ça sera problématique quand il/elle sera gardé.e », « les sevrer car c’est vraiment compliqué, les bébés allaités », …
Ils sont à peine nés, ou a quelques mois… Et déjà, leur caractère semblerait prédit à cause de l’attitude que nous avons avec eux.
En effet, nous savons comment augmenter les risques de dépression, d’agressivité, de violence, diminuerait même le QI ainsi que les habiletés motrices. lorsqu’on décide délibérément de ne pas prendre soin de ses enfants à les négligeant et en les laissant pleurer par exemple.

A contrario, l’empathie, la bienveillance et l’écoute ne démontrent que des effets positifs sur leur développement personnel.
Certaines personnes ont peur de cette empathie inconditionnelle, car elles ne connaissent pas cette option… Sûrement faute de ne pas en avoir reçue en suffisance !

Alors peut-être que les enfants seront peureux, timides, auront un sommeil léger… Mais peut-être aussi qu’ils seront débrouillards, aventuriers, bons dormeurs et simplement : épanouis.
Les enfant ne SONT rien en tant que tel. Ils agissent, se comportent et vivent. Laisse les étiquettes au placard, et les inférences négatives loin de toi !
Tes enfants te remercieront.

 

– Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?

Dans la revue historique que j’ai faite précédemment, il est possible de constater les craintes et les mythes autour du maternage proximal et de l’allaitement sont fermement ancrées culturellement.
C’est la raison pour laquelle j’invite à beaucoup de tolérance face aux personnes qui craindraient cela (même si parfois, le coup de pelle démange quand quelqu’un nous promet les pires horreurs!). J’ai consacré un article entier aux manières de manœuvrer avec les personnes qui ne comprennent voire ne respectent pas nos choix éducatifs.
Il faut aussi se rappeler que nous sommes à une époque où l’accès à l’information est grandement facilité. Malencontreusement, la profusion d’informations à disposition laisse aussi libre court à celles qui sont fausses.
Et s’il y a bien un compétence qui n’est pas assez aiguisée, à l’heure actuelle, c’est l’esprit critique et le désir de croiser les sources (= vérifier les informations!).

La tolérance est de mise face aux personnes des génération antérieures qui furent mal aiguillées. En l’absence de ressources fiables, le personnel soignant était la source d’informations prioritaire.
Tant que ces personnes restent dans une certaine bienveillance, il est possible de les amener à percevoir une autre perspective sur la parentalité et l’enfance.

Les personnes les plus réactives sont les personnes qui, souvent, ne supportent aucune variabilité dans le fait d’être parent et se sentent jugée dès qu’autrui agit différemment d’elles.
La parentalité et le rapport aux enfants est souvent viscéral. Ce n’est pas le raisonnement logique qui prime, mais bien les réactions émotionnelles.
Il est alors nécessaire de placer des « disclaimers » dans le discours tenu. Pour aborder les sujets de la parentalité et de l’éducation, mieux vaut prendre des gants (bien molletonnés, les gants!).

Si aucune voie de discussion n’est possible, autant éviter les personnes dont nous ne partageons pas les valeurs et qui nous mettent les nerfs en pelote.

La sérénité, en Occident, c’est aussi pouvoir choisir ses cercles de fréquentations.

Je reste persuadée qu’il est possible d’ouvrir les consciences au sein de la société occidentale.
De plus en plus d’initiatives, de formations, de rencontres entre parents ont pour thème le parentage proximal.
A toutes les personnes qui sont dubitatives face à ce style de parentalité, tu peux aussi leur envoyer ce dossier, qui leur permettra de comprendre la genèse de leurs résistances.

 

– Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

Cependant, il n’est pas possible d’ignorer que les pratiques de parentage proximal ne pourront pas se disperser avec efficacité en Belgique et en France si les politiques ne changent pas.
Il est manifeste de constater les différences entre les styles de parentalité en fonction des pays, au sein même de l’Union Européenne.
Les pays nordiques (encore eux!) sont exemplaires à ce sujet : au Danemark, par exemple : « Comme ses pays voisins, le Danemark offre également un congé parental aussi flexible que généreux. Les mères bénéficient au départ de 18 semaines de congé, et les pères de 2 semaines. Après quoi, chaque parent est éligible pour un congé parental de 32 semaines. Les parents perçoivent 100 % de leur salaire durant 52 semaines. »
Il est évident que dans un tel contexte, il est bien plus évident de poursuivre des pratiques de parentage proximal et d’allaitement sans se tracasser du mode de garde, du stock de lait maternel à créer et des tirages quotidiens pour maintenir la lactation.

Jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal (pas l’unique, mais principal, j’aborde la diversification dans cet article). Il semble que les pays nordiques en aient conscience… puisque les taux d’allaitement sont records dans ces contrées-là.

Enfin, il est nécessaire de considérer la société en général.
En dehors des week-ends et des vacances scolaires, vois-tu souvent des enfants déambuler au côté de leurs parents ?
Chez le médecin, à la banque, dans les marchés, … ?

Bien sûr, nous pouvons considérer que ces lieux ne sont pas « la place des enfants » et que pour s’y rendre, nous n’avons qu’à les confier.
C’est la logique occidentale : la séparation des enfants de leurs parents et l’isolement dans des structures « faites pour eux ».
Et si, à la place de les entasser dans des structures collectives bondées, tous les lieux devenaient childfriendly ?
En réalité, il y a de petites initiatives ici ou là : un coin jeux posé dans les salles d’attente des administrations, ou dans certaines banques, des mini chariots dans les supermarchés, etc. Mais dans les faits, cela reste rare et le regard posé sur les enfants dans ces endroits n’est pas bienveillant.
Ils sont considérés comme potentiellement perturbateurs et bruyants.
Bref, ils ne favorisent pas la productivité et accaparent une partie de l’attention.

Et c’est vrai. Mais est-ce réellement problématique que les enfants de notre société en fassent réellement parti et aient des interactions avec de nombreuses personnes depuis leur plus jeune âge ?
Ne serait-il pas opportun d’adapter la structure de la plupart des lieux afin que les parents puissent venir en toute quiétude ?
Cela permettrait à celles et ceux qui osent ne pas être les seuls avec des enfants.
Cela offrirait un regard bienveillant sur les enfants, car chacun.e percevrait que les vécus parentaux ont des points communs.
Cela permettrait peut-être même aux parents de voir d’autres familles fonctionner, et d’ouvrir la discussion. La parentalité ne serait plus un sujet de discussion à couteau tiré, mais une réalité qui peut être enrichie par l’intervention de tiers.
En somme, le partage de l’espace social avec les enfants pourrait certainement ouvrir une nouvelle dimension collective de notre société.

Références (en plus de celles citées dans le texte) :

Résumé de l’histoire de l’allaitement en France, par Claude Didierjean-Jouveau.

Histoire de l’allaitement en France. Christine Rollet.

– L’allaitement maternel, encore et toujours sous influences ?

– Historique de la profession de « nounou » : https://ufnafaam.org/notre-federation/historique-profession/

Cahier généalogique de l’Yonne:.

– Histoire des mères et de la maternité en Occident: « Que sais-je ? Yvonne Knibiehler

Allaitement maternel : liberté individuelle sous influences. Irène Capponi et Françoise Roland. Dans Devenir 2013/2 (Vol. 25), pages 117 à 136. https://www.cairn.info/revue-devenir-2013-2-page-117.htm

–  N. ELIAS, La société de cour (traduit de l’allemand), Paris. 1974

– Dormir ici et ailleurs. Approche transculturelle du sommeil du nourrisson et de ses troubles. Laëtitia Bouche-Florin, Judith Ayosso, Raphaël Riand et Marie Rose Moro. Dans Spirale 2005/2 (no 34), pages 151 à 164. https://www.cairn.info/revue-spirale-2005-2-page-151.htm

En Occident, quelles ont été les causes du déclin de l’allaitement maternel? https://absense.wordpress.com/2011/10/11/en-occident-quelles-ont-ete-les-causes-du-declin-de-lallaitement-maternel-au-20e-siecle/

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Allaitement

L’allaitement: l’information est la source

Index des articles concernant l’allaitement!

 

Encore une fois, l’information est le meilleur moyen d’y parvenir !
Sans renseignement concret et valide, nous sommes à la merci des conseils peu renseignés et des doutes tiraillant.
Alors, il y a des éléments à savoir  sur l’allaitement, avant de commencer, au début, pendant et à son terme (que ce soit en sevrage induit ou naturel).
Malheureusement, la lactation humaine n’est pas un sujet très abordé dans le domaine médical… et les recommandations des professionnel.le.s de santé sont parfois catastrophiques pour la conduite de l’allaitement. Ce n’est pas de leur faute… Les cursus sont pauvres à ce sujet. Et parfois, il y a même des « règles » dignes des manuels de puériculture des années 30.

tire lait ancien
Vintage Tire-Lait

 

Bref, il faut lire, retenir, s’entourer de personnes compétentes et croire en soi!

« – Je vais allaiter !
– Oui, si tu y arrives !
– NON ! J’y arriverai, il n’y a aucune raison que le mammifère que je suis n’y parvienne pas ! »

Voilà ce qui fut ma maxime. J’en suis à un an d’allaitement et je désire un sevrage naturel pour ma fille.
Quand on veut, on peut !

Pourquoi le vouloir ? En très bref (les articles sont là pour détailler), parce que l’allaitement est la norme de l’espèce humaine (nous sommes des mammifères) et que c’est le seul aliment RÉELLEMENT adapté à la physiologie du bébé. De plus, allaiter offre de sacrés avantages pour les parents et pour la jeune accouchée : les hormones libérées grâce à l’allaitement favorisent l’attachement avec le bébé, permettent de se rendormir plus rapidement la nuit (et avec un bébé/bambin, c’est commode !) et entretient ta quiétude, de manière à supporter sereinement les aléas de la petite enfance.
Voici donc l’index des articles concernant l’allaitement :

  • Biberon Vs. Allaitement : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des pointures au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement : faisons – les sauter!  Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien ! PS : La mise en place d’un allaitement dure 6 semaines, alors autant le savoir. Ces instants sont précieux pour vous, même si ça joue au chamboule-tout émotionnel !
  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemés de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement et mettre en place ton allaitement avec succès, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre,  le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription) : Il s’agit, tout simplement, du reportage d’Arte diffusé pour la première fois ce 28 septembre 2018. Souvent, les reportages finissent en « ça rentre par une oreille et cela ressort par l’autre ! ». Cette fois, il y avait trop d’informations importantes… Trop de sources scientifiques que l’espèce humaine doit prendre en compte pour la santé de ses petits !
  • « Ah, tu allaites encore … ?! » Tu allaites depuis 6 mois, peut-être 1 an, voire même 18 mois… Et tu l’as déjà entendu, cette phrase ! Tu en as marre et tu veux des arguments en béton, c’est l’article qu’il te faut.
  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire ! Et juste comme « amuse-bouche », drôle de mode qui a conditionné la survie de l’espèce humaine depuis sa création. A ce point-là, on appelle ça… la norme de l’espèce, non ? 😉
  • « Bébé, que manges-tu ? » L’allaitement, c’est la voie d’alimentation principale du bébé pendant 12 mois. La diversification commence à prendre sa place à partir des 6 mois… Pas avant, dixit l’OMS, quand même ! Alors, que mange un bébé durant sa première année de vie ? Comment allaiter et diversifier en étant le plus serein.e possible ? C’est dans cet article que cela se passe.
  • « Mon assiette, ma famille et moi ! » Dans la continuité de l’allaitement et de la diversification, je pense qu’il est primordial de prendre conscience de ce que l’on met dans le corps de nos bambins et de décrypter les entourloupes des industrielles (et aussi dans les laits artificiels et de croissance… !). Alors pour clore cet index sur l’alimentation du bébé et du bambin, cet article va t’aider à te débarrasser des pièges de la nourriture contemporaine.

 

Avec ces articles et toutes les informations qu’ils contiennent, tu devrais être plus outillé.e pour avoir confiance en toi/ta compagne et en tes/ses capacités d’allaitante / soutien à l’allaitement (rôle indispensable, quand on vit avec quelqu’un !).
Ensuite, fais confiance à ton bébé : il/elle connait ses besoins mieux que personne. Ne recherche  pas de rythme, pas de contrôle des quantités, n’ai pas de montre et tu n’auras pas de stress.
Entoure-toi des bonnes personnes, et continue à t’informer auprès d’elles ou sur des groupes de discussion spécialisée sur le sujet.

Tu peux y arriver, si tu le souhaites !

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Pour presque tous les sujets, tu trouveras les dernières informations fiables en la matière sur lllfrance.org
Bonjour à tes deux seins (ou à ceux de ta compagne), ce sont de sacrés merveilles de la nature ! 😉

 

A bientôt pour le 3ème index !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
alternative au biberon.jpg

Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

taille téterelle.jpg
Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

pèse bébé

Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir !

Depuis le début de ce blog, je me disais qu’un article sur le cododo était superflu.
Dans mon esprit, maternage/parentage proximal= proximité physique continuelle, jusqu’au détachement des enfants, d’eux-mêmes. Cela implique que la nuit, forcément, c’est également le cas.
MAIS le problème que le cododo ou le “sommeil partagé” est tout de même assez mal perçu … en Occident !

Par exemple, voici le titre d’un article de 2011 : « Bad news for dads: Babies ‘should share mother’s bed until age three’ because it’s good for their hearts « 

Il faudrait déjà savoir pourquoi c’est une “mauvaise nouvelle pour les pères” de dormir avec leurs enfants. Le titre est évocateur et complétement influencé : dans le cododo, il y aurait un perdant : le/la conjoint.e !

Ensuite, il y a des croyances : dormir ensemble rend les enfants dépendants. Une idée préconçue veut que les enfants soient censés « apprendre à dormir seul ». Pour cela, diverses techniques dont le « 5-10-15 », où le principe est simplement de laisser le bébé pleurer de plus en plus longtemps. Jusqu’à ce qu’il se taise et cesse de réclamer.
C’est donc de la résignation acquise. Le bébé n’apprend nullement à dormir seul. Il intègre que son environnement ne lui assure pas la réponse à ses besoins et se met en mode « survie ».
Les « problèmes de sommeil » des enfants (c’est-à-dire des résistances à l’endormissent) sont typiques de l’Occident. Surtout, le rapport au sommeil des enfants est très particulier, puisque éminemment culturel. Si l’on effectue des comparaisons, le modèle d’enfant précocement indépendant, par rapport au sommeil, est rare (Crawford, 1994, p. 46).
Même dans d’autres société industrialisée, comme au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, il est normal de considérer que les enfants ont besoin de leurs pairs pour être équilibrés et sereins. Cela implique qu’ils partagent sans encombre l’espace de repos, de manière à assurer une présence corporelle aux enfants.
En outre, les réveils durant la nuit sont considérés comme normaux. Grâce au cododo, le sommeil des parents n’est que peu dérangé puisque les enfants ont la possibilité d’être rapidement rassurés.
A l’inverse dans les sociétés occidentales, la question du « bon sommeil » des enfants est un des sujets privilégiés.
« Alors, il fait ses nuits ? » doit être dans le top 3 des questions posées aux jeunes parents. Il est attendu que, très vite, un bébé ne se réveille plus et ne boive plus de lait la nuit (certains pédiatres vont évoquer un poids ou un âge (différent en fonction de chaque professionnels) auquel il n’est plus nécessaire que les enfants boivent la nuit).
Le rapport au sommeil partagé et aux « troubles du sommeil » présumés sont ainsi totalement différent.

Mais pourquoi un tel rejet ?

Cela prend racine au Moyen-Âge, avec la progression de la religion qui a rendu tous les rapports au corps impurs. Il n’était alors pas bien perçu d’être dans une proximité physique. En outre, il est suggéré que l’Eglise a découragé le cododo. Les naissances ne bénéficiant pas de régulation comme c’est le cas actuellement, il était suspecté que certains parents commettent des infanticides prétextant un étouffement accidentel pendant le sommeil.

A notre époque, il n’est pas rare que considérer que le lit est un domaine conjugal, et non familial, et qu’il doit rester l’espace spécifique du couple.
Il est étonnant de savoir qu’il n’y a pas si longtemps, le fait de partager son lit avec le partenaire pour dormir était très mal considéré ! Durant l’époque victorienne, partager le lit était perçu comme malsain et dangereux : ses forces de vie seraient happées par celui/celle dont on partage le lit (écrit dans « Dreamland: Adventures in the Strange Science of Sleep », David K. Randall).

Des différences sont également notables en fonction du climat : il est commun dans les pays très chauds de dormir séparément.

hamac
Hamacs en Guyane

A l’heure actuelle, en Occident, il est entendu que les couples partagent le même lit. La plupart des gens s’alarment en apprenant qu’un couple ne dort plus ensemble toutes les nuits.
C’est oublié rapidement les habitudes de certains de nos arrière-grands-parents qui dormaient souvent sur deux matelas séparés voire dans deux chambres différentes.
C’est parfois une solution encore adoptée par des couples dont l’un des deux ronfle, si l’un.e des partenaires se lèvent ou se couchent particulièrement tard, et aussi, dans certains cas de cododo avec les enfants.
Le rapport au sommeil partagé n’est pas problématique s’il est discuté (comme tout, en réalit é!). Certains couples ne parlent pas de ces situations quotidiennes et peuvent développer de l’amertume qui ressort par des petites phrases acerbes : « Oh ! Tu as encore bougé/ronflé/t’es levé.e beaucoup cette nuit! Ça me réveille ! Tu es pénible ! ».
Cela peut être un choix délibéré que de dormir séparément. Cela demande de la discussion et de jouer carte sur table concernant les besoins de chacun.
Il en va de même pour le cododo, et donc le partage du lit ou de la chambre avec le.s enfant.s. Cela peut être subi ou vécu de manière épanouie.

Le Cododo et ses mythes

La société en a une mauvaise image car cela laisse penser que les enfants ne sont pas indépendants de leurs parents (ce qui est attendu très tôt, en Occident). De plus, on sous-entend que les adultes « abdiquent » et laissent les enfants décider leur lieu de sommeil, sans respecter leur intimité. D’ailleurs, il est considéré que le cododo est un frein à la sexualité. Enfin, il serait en cause dans l’augmentation de la fréquence de la MIN (Mort Inattendue du nourrisson, ou SIDS en acronyme anglo-saxon).
Mythes ou pas ?

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Non, c’est un fait. Les enfants ne sont pas indépendants des adultes. D’ailleurs, aucun humain ne peut être considéré comme réellement « indépendant » puisque nous sommes une espèce totalement grégaire et ayant besoin de relations interpersonnelles.
A sa naissance, le bébé humain est dans une dépendance folle par rapport à ses référents. Sans eux, il meurt. Et il le sait.
C’est la raison pour laquelle, après avoir passé 9 mois contenu dans un environnement globalement constant, en l’absence de sensations digestives, avec un thermostat intégré et une présence intégrale, il/elle ne peut pas être serein.e posé.e dans un berceau.
Au contraire, le bébé a besoin du contact constamment les premiers mois. C’est pour ça que le portage est indispensable pour ne pas se ruiner les épaules. Il est profitable lâcher-prise et prolonger sans résistance dans le maternage proximal… C’est vraiment la voie la plus simple pour une sérénité quotidienne (sérénité spécifique de jeunes parents, faut-il le rappeler ?!). Le cododo répond au besoin de présence rassurante pour les enfants. Je rappelle que la plupart des organismes de santé tels que l’OMS ou l’UNICEF recommande le cododo, ou a minima le partage de la chambre, jusqu’à l’âge de 6 mois et tend à une prolongation jusqu’à 9 mois.

Le deuxième mythe est que les enfants décideraient de leur lieu de repos et que cela dénote d’une démission parentale et d’un certain laxisme face au cadre.
Cette perception de l’enfance et de l’accompagnement des petits est traditionnaliste… et inconstestablement adultiste (ici pour un point sur cette notion).
Je pense que les gens qui estiment que les parents abdiquent quand ils répondent aux besoins de leurs enfants sans attendre souffrent d’un manque de connaissances en la matière. Que ce soit pour l’allaitement, les pleurs, le cododo, il est maintenant très clair dans la littérature scientifique que la réponse sans délais aux besoins des bébés leur est profitable.
Il n’y a strictement aucun bénéfice à différer une réponse à un besoin.
Dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », tous ces éléments sont bien précisés et expliqués. Catherine Gueguen également a fait ce travail de rendre accessibles ces informations, de manière à ce que la réactivité aux besoins des enfants prime sur tout le reste. C’est une question de construction même du cerveau et, par la suite, des relations interpersonnelles.
Il fut démontré que la propension spontanée à câliner un enfant qui pleure est déterminée par ce que furent les réponses de nos référents à nos propres pleurs.
Si tes parents avaient tendance à s’énerver, à crier ou à te laisser pleurer, il est fort probable que les pleurs de ton enfant n’engendrent pas seulement de l’empathie. Cela réveillera également de l’énervement et un empressement de le faire taire.
L’absence de réaction empathique dans la petite enfance interfère avec la construction de la régulation émotionnelle.
Bref, point de laxisme ou de débordement du cadre lorsqu’un enfant dort avec ses parents : il s’agit juste d’un cadre plus opportun pour son développement et ses besoins actuels.

fanny-vella cododo
Une illustratrice au top, cette Fanny !

Ensuite, le sujet de l’intimité du couple vient sur la table. LE sujet qui revient en boucle chez l’entourage qui, jusque-là, n’avait jamais questionné ta vie sexuelle. Étrange quand même que le fait de devenir parents et les habitudes de vie qui l’accompagne offrent une tribune publique à ce sujet.
Alors, en effet, il est possible que le fait d’avoir un enfant entame la libido d’un ou des deux partenaires. Certain.e.s n’éprouvent plus énormément de désir pendant une période, parce que l’arrivée et la vie avec un bébé en bas-âge est plutôt… sportive !
Alors, avec souvent des nuits coupées, il est fréquent que l’investissement soit plutôt mis dans le repos/sommeil que dans les galipettes.
Est-ce que le cododo freine d’autant plus la libido ? Je pense que cela dépend de chaque couple.
Si la sexualité du couple se passait exclusivement dans le lit et la nuit, il est possible que cela ait un impact. Mais, concrètement, rien n’empêche les deux partenaires motivés à quitter la chambre habituelle pour investir un autre espace aussi propice (je crois que tous les parents qui pratiquent le cododo voient régulièrement leur canapé sous un autre angle, pendant cette période).
Je me remémore le témoignage d’un papa qui évoquait sa joie : « C’était chouette quand ils étaient petits. On pouvait le faire partout ! Maintenant qu’ils sont ado… On est cloîtré dans la chambre ! ».
Le fait est qu’avoir un enfant modifie la vie et aussi la vie sexuelle. La disponibilité physique et parfois mentale peut être moindre.
Il est indispensable d’être honnête sur le sujet au sein du couple. Il se peut que Madame n’ait pas envie pendant de longues semaines voire mois après son accouchement. Il se peut aussi qu’ils/elles aient du mal à trouver leurs repères dans cette nouvelle vie et qu’ils/elles soient en décalage l’un avec l’autre.
L’arrivée d’un enfant, que ce soit le premier ou le troisième, rebat les cartes et investit massivement l’esprit et le corps. Forcément, la personne qui a porté l’enfant a un vécu corporel que l’autre ne peut expérimenter en tant que tel.
De toute manière, à tous les sujets, les perceptions peuvent être totalement discordantes au sein des couples. L’important est de discuter, sans rancune, sans heurt et avec authenticité.
Il est nécessaire de pouvoir dire : « Non, je n’ai pas envie de ça » et/ou « Tu me manques ! ». Il est ensuite possible de trouver des moyens de combler les besoins de chacun (/ !\ à différencier des envies, ici pour lire un retour sur les besoins de l’humain).
Enfin, je rassure quand même : certains couples ne vivent aucune période de disette ou du moins, n’en souffre pas, parce qu’ils partagent les mêmes ressentis.
Aller, histoire de clore le sujet : n’hésitez pas à vous munir de lubrifiant pour les premières fois (au moins). L’allaitement peut générer quelques épisodes de sécheresses vaginales. Pas d’inquiétude si le corps ne réagit pas tout à fait comme avant, il y a eu un sacré chambardement durant l’accouchement et avec le travail des hormones.

Comme dernier mythe aussi persistant que controversé : la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN, terme qui a remplacé Mort Subite du Nourrison)
C’est la terreur des jeunes parents, indubitablement. Je crois que tous, autant que nous sommes, avons scruté/scrutons les mouvements respiratoires de nos tout-petits.
Je ne sais pas si tu le sais mais l’allaitement diminue le risque de MIN… Il y a plusieurs facteurs (peut-être cela fera-t-il l’objet d’un autre article ?!) et l’un d’eux est la proximité mère-bébé pendant le sommeil. Il a également été démontré de nombreuses fois, dont par l’équipe du Dr. Bergman, que le « Kangaroo Mother Care » dont les contacts peau-à-peau sont déterminants pour le nouveau-né. Lors de ces contacts, le rythme cardiaque des bébés ralentit notablement démontrant une décontraction maximale et la température corporelle se régule.
Bergman dit même: “The mother’s body is the only natural, healthy environment for a new baby” (Le corps de la mère est le seul environnement naturel et sain pour un nouveau-né).
Cela implique donc forcément des relations proximales durant les moments de sommeil.

Certaines études ont mis en évidence que le cododo, sur le même matelas, augmente les risques de MIN. Il s’avère que dans ces études, les règles de sécurité régissant un cododo sécuritaire n’ont pas été observées de manière rigoureuse.
La plupart du temps, dans le cas de décès en cododo, les parents avaient consommés des substances psychoactives (drogues ou alcool), fumaient (et cela engendre des dégagements gazeux risqués pour le fragile système respiratoire du nouveau-né), avaient laissé des édredons et autres coussins à proximité du bébé ou avaient un matelas trop souple.
Pendant des années, les méta-analyses, se servant des données des études précédentes, ont répété invariablement que le bedsharing (le partage de lit) était un facteur de risque. Les dernières recherches en la matière s’efforcent de contrôler les conditions non sécuritaires. Il apparaît alors que le partage de lit sécuritaire est relativement équivalent en termes de sureté au partage de chambre (qui lui est recommandé fermement jusqu’à 6 mois).

Il s’avère que les études ont été effectuées aux États-Unis, ce qui explique la perception anthropocentrée de celle-ci. Par la suite, le milieu scientifique s’est tout de même questionné sur les pratiques inhérentes au sommeil dans d’autres cultures… dont des pays industrialisés comme le Chine, la Corée du Sud ou le Japon.
Dans ces pays-là (comme dans la plupart du Monde hors Occident), le cododo (partage de lit !) est pratiqué de manière traditionnelle, parfois jusqu’à l’adolescence. Et pourtant, il est notable de constater que le taux de MIN à Hong-Kong est parmi les plus bas du Monde.
Il s’agit ainsi de questionnements et de peur totalement occidentales, puisque ces pratiques ne sont pas questionnées ailleurs sur le globe. La plupart des ethnies ne comprennent pas pourquoi il serait question de laisser un bébé dormir seul et assimilent, pour certaines, cela à de la maltraitance.
En outre, j’apprécie énormément la réponse du Dr. Alain Benoît (Pédiatre) et intervenant cette fois-là dans « La Maison des Maternelles » dans cette émission-là (je précise à dessein car ils ont déjà invités d’autres « spécialistes » qui vont à l’encontre de ce que ce pédiatre a dit…) : « C’est vraiment un problème de riches ! La plupart des populations du Globe, il n’y a pas de choix entre faire ou non du cododo. (…) Dire que le bébé peut s’en passer, c’est oublier qu’il sort du ventre de sa mère ! (…) En regardant de plus près dans les études, on a pu démontrer que le cododo prévenait la MIN et non l’inverse ! ».
Je mets en sources quelques articles que j’ai lus (pas tous, sinon, ça prendrait trop de place !) afin de fonder mon propos.

Tout ça pour dire, qu’encore une fois comme pour le portage, le maternage proximal et l’allaitement, il ne faut pas regarder dans l’histoire de l’Occident. Au nom de l’esprit, nos pays ont fait fi des besoins corporels primaires. Les communautés, où les besoins sont des moteurs d’actions concrètes, sont des sources intarissables d’inspiration pour s’épanouir dans le vécu de la parentalité (voir le Concept de Continuum).

cododo

Pourquoi le pratiquer ?

Tu n’es pas sans savoir qu’un nourrisson a besoin d’une protection constante. En oubliant le conditionnement social, nous suivons nos intuitions qui nous poussent vers une tendance « enracinées » en nous depuis des millénaires.
La plupart des parents l’expérimentent d’ailleurs : « Il dort tellement bien en portage et dès qu’on veut le poser, il pleure ! ». Oui, c’est normal et mu par son besoin de proximité qui lui assure de la sécurité.
L’Humain, en tant que mammifère, fait partie des primates portés. Cela se différencie notablement, des espèces nidicoles comme le chien ou le loup. Il y a un rapport clair entre l’intensité des besoins des nouveau-nés et le nombre de petits ainsi que la rapidité de leur croissance. On remarque allègrement que les chiens/chats/lapins/… sont indépendants relativement rapidement (aux alentours de 3 mois). Combien faut-il de temps pour qu’un humain soit considéré comme possiblement indépendant ?
Bref, cela démontre que la dépendance du nourrisson est intégrale et que les moments de sommeil ne font, bien entendu pas exception.
Souviens-toi que l’humain fut nomade avant qu’il se sédentarise et construise ses habitats. Cela implique que le nourrisson ne pouvait pas être posé sereinement, il était forcément au contact constant d’un autre humain. Ces nécessités sont ancrées profondément en nous. Définitivement, l’anthropologie a beaucoup à nous apprendre concernant le soin aux enfants !

De plus, il est nécessaire de rappeler que les enfants se développent en fonction de l’environnement auquel ils sont confrontés. Il a été démontré à plusieurs reprises que le cerveau du bébé se développe différemment en fonction des soins qu’il reçoit. Toujours dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », des clichés d’imagerie médicale témoignent des effets des soins sur le cerveau. Il est maintenant tout à fait clair qu’un accompagnement empathique, la proximité physique et une réponse immédiate aux besoins des enfants leur permettent de développer leur cerveau de manière optimale. La régulation émotionnelle est la compétence qui souffre le plus d’un manque de soin attentif. Or, les émotions habitent l’ensemble des expériences vécues.
Énormément de personnes éprouvent des difficultés à accepter/gérer/détecter leurs émotions. Cela handicape complétement le quotidien … et est une cause classique de consultation psychologique.

Ensuite, d’un point de vue pratique : j’ai du mal à considérer qu’on se pose réellement la question. Qui a envie de se lever de 3 à 10 fois par nuit pour aller cajoler un bébé… et ensuite tenter de le reposer une fois endormi, ce qui le réveille 9 fois sur 10 ?
Si l’objectif est d’épuiser la mère jeune accouchée (ne nous mentons pas, c’est tout de même plus souvent les mères que les pères qui se lèvent dans une large majorité des cas), je suis sûre que cela fonctionne.
Personnellement, c’était inconcevable. Impossible pour moi de me lever autant. Déjà, je suis réveillée 4 fois par nuit pour une tétée (durant laquelle je me rendors !), je ne vois pas pourquoi je devrais me contraindre à déplacer mon enfant dans son lit une fois assoupi. Cela demande bien trop de vigilance à nos pauvres organismes déjà éreintés par la naissance et la vie quotidienne avec un tout petit.

Jusque-là, je n’ai abordé que les nouveau-nés et la recommandation du sommeil partagé jusqu’à 6 voire 9 mois. Après cette période, cela va dépendre complétement des enfants.
Certains seront sereins et continueront à profiter du cododo. Souvent, le.s parent.s est alors très à l’aise pour poursuivre cette pratique jusqu’à ce que les enfants fassent la demande de dormir seul.
Dans d’autres cas, le.s parents ne parviennent pas à dormir correctement avec leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre. Les bruits émis par leur enfant le.s réveillent. Souvent, les mères qui ont des craintes particulières et ne parviennent pas à se rendormir pendant les tétées nocturnes. Il est alors possible de proposer aux enfants de rejoindre leur chambre et d’aller les allaiter la nuit.
Il n’est pas rare que les enfants qui se réveillent encore 2 ou 3 fois par nuit ne le fassent plus lorsqu’ils sont dans leur chambre. Au-delà de 6/9 mois, cela ne constitue plus un risque concernant la MIN ou l’allaitement.
Cependant, cela explique pourquoi il est indispensable de garder les enfants auprès de soi durant les premiers mois ! Les phases de sommeil trop profondes et trop longues ne sont pas adaptées à la physiologie du nouveau-né. Ce dernier peut se mettre en « mode survie » et ne plus se réveiller pour téter car il n’en a pas l’énergie.

Comment faire rimer sommeil partagé avec sécurité ?

La plupart des scientifiques NON ethnocentrés sur l’Occident mettent en évidence la nécessité d’instruire aux futurs parents les bases sécuritaires du sommeil partagé. Il est largement préférable de donner accès aux règles de sécurité plutôt que de les décourager à pratiquer le cododo… et qu’ils le fassent « en secret » sans connaître les mesures sécuritaires.

cododo exemple
Exemple de configuration avec un lit annexe

Voici donc les précautions à appliquer :

  • Ne pas pratiquer le cododo après la consommation de substances psychoactives (alcool, drogues, somnifère)
  • Le matelas doit être ferme et plat (il faut aussi que l’éventuelle alaise soit respirante !)
  • Le bébé ne doit pas pouvoir rouler du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur, ou entre son lit de cododo et le matelas du/des parents.
  • La pièce doit être à une température entre 18 et 20 degrés.
  • Le bébé ne doit pas être trop couvert (body + pyjama + gigoteuse/surpyjama)
    Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir tout le buste du bébé
  • Ne jamais laisser d’oreiller/coussin d’allaitement à proximité de bébé (pas avant l’âge de la marche à peu près).
  • Si le bébé se retrouve seul dans le lit (sieste ou début de nuit), il est nécessaire que le bébé ne puisse pas tomber par l’arrangement de la chambre. Idéalement, un lit au sol est le plus sécuritaire.
  • Le bébé doit se trouvé du côté extérieur de la mère allaitante, et non au milieu du lit s’il y a un.e partenaire.
  • Si un enfant plus âgé partage aussi le lit, un parent doit se positionner entre eux.
  • Exclure les animaux de compagnie du lit familial, surtout avant l’âge où l’enfant est en mesure de parler ou de se mouvoir avec aisance.
  • Il ne faut pas dormir avec son bébé dans un canapé/sofa/fauteuil.

Pour finir, en reprenant les mots du pape scientifique du cododo, le Dr. James McKenna, éminent anthropologiste : « Dormir comme un bébé » est une expression commune, mais que veut-elle dire vraiment ? Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées régulières ».

Repose-toi bien, Lectrice ou Lecteur curieu.se.x !

Quelques articles et références que j’affectionne :

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription)

 

Retranscription du documentaire, réalisé par Marion Schmidt et diffusé  en 2018  sur ARTE

« Le lait maternel, le premier aliment naturel au Monde, est un merveilleux chef d’œuvre de l’évolution. Aucun produit synthétique n’est en mesure pour le remplacer. Un élixir  indétrônable dont les bienfaits vont même jusqu’à séduire de plus en plus d’adultes ! »
Partout dans le monde, des scientifiques cherchent à percer les secrets du lait humain.

Voilà comment débute ce superbe reportage.
Dans cet article, je vous propose une retranscription des faits relevés dans ce reportage, afin de les rendre accessibles, même si vous n’avez pas le temps de le regarder.

L’ex RDA (Allemagne) avait fait de l’allaitement une lutte spécifique. Il y avait des campagnes pour le favoriser et pour permettre aux femmes de faire des dons de leurs excédents. Le peau-à-peau était également conseillé afin de mettre en route l’allaitement. Des endroits étaient spécifiquement prévus pour aider les mères à trouver les positions optimales afin d’allaiter.

Le lait maternel est si complexe que certains de ses composants ne sont pas encore connus. Certes, un petit nombre mais qui sont suspectés d’avoir des effets majeurs.
Les bébés nourrit au sein sont moins sujets aux troubles gastro-intestinaux, le taux d’infection est moins élevé et il favorise le développement intellectuel. Ils sont aussi moins sujets à l’asthme et aux infections respiratoires. (Dans cet article, je vous propose une vue claire de ce qui se sait déjà sur les bienfaits de l’allaitement)

Le profil glucidique du lait joue un rôle clef dans la colonisation bactérienne intestinale. Le LM contribue au bon développement du microbiote intestinal, protège contre les maladies métaboliques et auto-immunes.
Les bactéries sont nécessaires aux bébés afin de développer son système immunitaire pour combattre les bactéries pathogènes. Une première voie de colonisation bactérienne se produit lors de l’accouchement par voie basse, par le passage des voies pelviennes. Ensuite, le LM amène les bactéries dans l’intestin. Il constitue le premier vaccin du nourrisson.

L’intestin du nouveau-né est un organe très fragile.   En néonatalogie, la crainte de l’entérocolite nécrosante planait chez les prématurés principalement. Il n’y en a plus actuellement… probablement parce qu’on donne du LM à ces enfants prématurés, en complément du lait de sa propre mère ou dans le cas où la mère ne peut pas allaiter, parfois justement temporairement (montée de lait tardive). (Voici un article pour informer concernant l’allaitement de bébés prématurés : http://www.co-naitre.net/wp-content/uploads/2016/04/AMprematureAA2011GGF.pdf)
Les lactariums d’Allemagne ont été fermés avec l’avènement du lait artificiel… Mais elle tente de combler le manque actuel de structure.
En France, ils sont assez nombreux et organisés pour rendre les dons faciles aisés. Les dons collectés sont pasteurisés et soumis à des contrôles avant d’être redistribués aux services de néonatologie.

arte préma

Cependant, la recherche actuelle a mis en évidence qu’une part importante des bactéries contenues dans le LM est bénéfique pour les nourrissons. La pasteurisation élimine aussi beaucoup de ces bonnes bactéries. Certains lactariums utilisent le lait non pasteurisé. Mais, par exemple, la Norvège a une politique d’utilisation de LM qui est entièrement non-traité pour préserver la totalité de son potentiel bioactif essentiel aux nourrissons prématurés.

La production du LM se fait en 3 étapes principales.
D’abord, de J1 à J5 environ, le corps produit un liquide jaunâtre et collant, produit en petite quantité (en lien direct avec la taille de l’estomac du nouveau-né) : le colostrum, qui pose les premières pierres du système immunitaire.
De J6 à J15 environ, la mère produit du lait de transition, plus riche en lipides et en glucides.
Plus le bébé tête les seins, mieux il stimule la lactation.
A partir de J16 environ, la production croît de manière significative (toujours de manière tout à fait adaptée à la physiologie du bébé).
Au cours de la 5ème semaine de vie du bébé, la mère produit du lait dit « mature » et le taux d’anticorps diminue de 90%.

Pour les nourrissons prématurés, le lait maternel de la mère ou des donneuses doit être supplémentés afin qu’il soit plus riche en glucides, lipides et protéines ainsi qu’en électrolytes. Cela augmente les apports par ml alors que les prématurés ont un estomac minuscule.

Les coûts inhérents aux lactariums en font des structures difficiles à implanter, car peu compétitives financièrement.

Avant l’ouverture des lactariums, c’étaient des nourrices qui étaient engagées pour alimenter les nourrissons des femmes qui ne pouvaient pas allaiter. En 1904, dans la pouponnière de Dresde, 208 nourrices y travaillaient avec une tenue de travail adéquat (c’est-à-dire une robe laissant l’accès aux deux seins).
Les familles les plus aisées s’allouent une nourrice privée, qui en fait un marqueur social de bourgeoisie.
La plupart de ces femmes sont des mères célibataires en situation précaire, contraintes d’allaiter pour échapper à la misère. Elles se chargent, entre autres, de nourrir les bébés dans les parcs ou les guinguettes.

nourrice
Image provenant du film : disponible sur https://www.amazon.fr/lait-autres-histoire-nourrices-morvan/dp/B000F9SN3W

A Vienne, en Autriche, le premier lactarium vit le jour en 1909. Le concept innovant s’étend par la suite aux 4 coins du Monde. Il a eu une activité croissante majeure entre 1920 et 1950. La période la plus fastueuse fut entre 1940 et 1950 où 19.000l de lait transitaient par ses murs.
Mais depuis les 15 dernières années, il s’agit uniquement de 2.000 à 3.000 l de lait, au maximum.
Les dons de lait ne parviennent pas à couvrir la demande, évidemment.

Ces dernières années, il y a eu des campagnes pour favoriser l’allaitement. Cela paraît fou alors que c’est la pratique la plus naturelle et surtout, la mieux adaptée aux nourrissons.
L’industrie alimentaire a poussé le vice au point de promouvoir un aliment synthétique au détriment du lait maternel.
Les femmes d’aujourd’hui doivent réapprendre à donner le sein.
La plupart sont incapables d’allaiter de manière instinctive, tout est devenu très compliqué. (Petit aparté : j’explique pourquoi dans l’article « allaitement vs biberon : un choix éclairé ?)

A Vienne, ce lactarium vend également du lait aux particuliers.
Une mère a essayé d’allaiter sa fille mais c’était difficile à cause de son diabète de type 1. Elle avait d’énormes hypoglycémies. (Pour avoir plus d’informations concernant la conduite de l’allaitement alors que la mère est atteinte de diabète insulino-dépendant : https://www.lllfrance.org/1956-meres-allaitantes-diabetiques-quelques-etudes)
Cependant, elle et son conjoint souhaitaient absolument que leurs enfants bénéficient du lait maternel.
Dans les cas de pénuries de LM au lactarium, celui-ci ne vend du lait aux particuliers qu’en cas d’urgences, sur ordonnance.
Cette mère a été chanceuse, jusque-là !

arte acheteuse

 

Les mères qui donnent le sein retirent également des bienfaits de cette pratique : l’allaitement réduire le risque de cancer du sein et de l’ovaire et l’immunise contre l’obésité et le diabète.

Le LM évolue au cours de la journée. Il contient des substances stimulantes le matin, mais apaisantes et somnifères le soir, afin d’aider les nourrissons à s’adapter au cycle jour/nuit.
Le lait maternel s’adapte également au sexe de l’enfant. Pour un petit garçon, il est plus nourrissant et plus riche en graisse et en protéines. Pour une petite fille, il est plus abondant.

La plupart des prématurés n’ont pas la force de téter. Les jeunes mères doivent donc tirer leur lait environ 8 fois par jour (cela s’appelle du tire-allaitement). C’est en présence du bébé et avec l’aide d’une consultante en lactation que cela se met le mieux en place.
D’ailleurs la production de lait est fluctuante en fonction des dispositions mentales de la mère. Les mères de bébés prématurés ont besoin absolument d’être soutenues afin de mener ces tirages au mieux et de pouvoir également effectuer des dons à d’autres bébés.

Au CHU de Vienne où est tourné cette partie de reportage, le lait maternel des femmes ayant eu des bébés avec de gros retard de croissance est analysé grâce à une machine spécifique dans le but de déceler des hypothétiques carences. Selon le profil du lait, celui-ci est amélioré en protéines, lipides ou glucides. Les professionnels améliorent ainsi spécifiquement le lait de chaque ration.

Malheureusement, dans ce lactarium interne à l’hôpital viennois, les dons suffisent à peine à couvrir les besoins des grands prématurés.
Or, d’autres bébés, comme ceux nés juste avant terme ou des nourrissons atteints de maladies gastro-intestinales bénéficieraient grandement de LM.
En outre, on sait maintenant que les adultes ayant des pathologies gastro-intestinales telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn peuvent être soulagées grâce au LM.

La production de LM est variable d’une femme à l’autre. En moyenne, chaque jeune mère peut produire 450g de lait/sein.
Les mères de prématurés produisent souvent bien plus que les besoins de son propre bébé.
Une mère interviewée produit de quoi nourrir 2 nourrissons prématurés en plus du sien. Cette jeune mère est de confession musulmane. Dans l’Islam, il est proscrit le mariage en frères et sœurs de lait, donc le don n’est pas bien perçu.
Malgré tout, elle a décidé d’outrepasser cette barrière pour faire bénéficier les autres prématurés de son lait.

arte donneuse

Chaque tétée équivaut à un menu complet en 3 parties :

  • En début de tétée, le LM est très aqueux afin de désaltérer le bébé :
  • Ensuite, le LM s’enrichit progressivement en graisse
  • En fin de tétée, le lait est extrêmement riche en lipides et entraine la satiété du bébé (d’où l’importance de ne pas écourter les tétés par un horaire précis !).

La zone géographique d’habitation de la mère fait également fluctuer la composition du lait. Dans les pays très chauds, la mère produit plus de lait désaltérant.

Le CHU de Munich a organisé un colloque sur l’alimentation des nouveau-nés.
Un chercheur, Lars Bode venu de l’Université de Californie San Diego, a mis en évidence, lors de cette rencontre, un des composants du LM : des oligosaccharides, qui sont l’objet de nombreuses recherches depuis quelques années.
Les oligosaccharides semblent être le troisième plus important composant du lait après les lipides et le lactose. Leur concentration est plus importante que toutes les protéines du lait maternel. C’est pour cette raison que la recherche essaie de trouver leurs rôles précis pour l’enfant et peut-être aussi pour la mère.

Ces oligosaccharides sont des glucides complexes. Il y a plusieurs types de glucides qui co-existent dans une même molécule. Ils cherchent à savoir comment une mère peut produire ces oligosaccharides, et son bienfait.
Chaque mère produit un profil glucide différent. La recherche tente de mettre à jour les facteurs de ces variations interindividuelles.
Il s’avère que les oligosaccharides sont également présents dans le sang des femmes enceintes et dans le cordon ombilical.
Dans l’étude présente, l’objectif est de mettre en place des normes afin d’estimer dans quelle mesure le taux et les types d’oligosaccharide normaux. Cela permettrait de détecter certains risques pour la grossesse ou un problème de croissance chez le nourrisson.
A terme, la scientifique qui gère cette étude espère mettre à jour un biomarqueur.  Mais c’est une recherche en balbutiement. Ils tentent de mettre à jour quels sont les facteurs maternels (alimentation, activité physique, alimentation,…) qui influencent la formation de ces oligosaccharides chez la femme enceinte puis chez la femme allaitante.
Ils pourraient aussi permettre de mettre à jour des risques de maladie métabolique.

Cependant, les bébés n’entrent en contact qu’avec ces glucides que lors de la première gorgée de LM.
Le fœtus est familiarisé aux saveurs via le liquide amniotique qui s’empreint des arômes de la nourriture maternelle.
Il en va de même lors de l’allaitement où le lait aura une couleur et une saveur différentes en fonction de l’alimentation de la mère. Cela développe ses papilles et ses futures préférences gustatives. Ce que ne permet pas le lait artificiel, puisqu’il a toujours le même goût.

A l’Université Technique de Graz, le LM est aussi au cœur de la recherche. Ils tentent de synthétiser artificiellement les oligosaccharides humains. Cela pourrait servir en guise d’alicaments, de traitements thérapeutiques et bien sûr, d’additif pour le lait synthétique pour bébés.
Barbara Petschacher, qui travaille dans cette université, défend le fait que tous les enfants ne peuvent être allaités (autre aparté en mentionnant qu’en réalité un très faible pourcentage- 1 à 5% – de femmes ne sont pas capable physiquement de produire du lait en suffisance : une hypotrophie des glandes mammaires, suite à une chirurgie mammaire -il est possible d’allaiter que d’un sein en cas d’ablation de l’autre-, ou encore à cause d’un traitement incompatible qui ne peut être postposé… Tout le reste, ce sont des facteurs psychologiques et de la désinformation volontaire inhérente au fort lobbying de l’agroalimentaire. Le business du lait artificiel est juteux ! En cas de douleurs ou de faible prise du poids du bébé allaité, il convient de vérifier les freins labiaux et lingual, la position de mise au sein et les possibles troubles ostéopathiques/posturaux du bébé. Je conseille d’ailleurs fortement une visite « de routine » à tous les nouveau-nés afin de s’assurer qu’aucune tension ne leur engendre des douleurs, après une descente dans le bassin parfois chaotique et une grossesse où ils auraient pu développer torticolis ou autre syndrome type KISS) et que grâce à ces oligosaccharides, les laits synthétiques seraient plus qualitatifs.

composition LA
Lait Gallia Calisma Relais 2ème âge

(Il est possible de constater dans la composition des laits artificiels, la présence de Fructo-oligosaccharide et galacto-oligosaccharide. Il ne faut pas s’y tromper : ils n’égalent en rien les oligosaccharides humains : https://www.researchgate.net/figure/Human-milk-oligosaccharides-HMO-and-galacto-oligosaccharides-GOS-are-structurally_fig1_51850724
En outre, Nestlé a lancé la commercialisation d’un LA contenant deux oligosaccharides qu’ils vantent être proches de ceux humains. Toutes les études ont été financées par Nestlé, actuellement… Si des conclusions démontrent que le microbiote intestinal est moins pauvre que pour un lait artificiel standard, cela ne permet pas de combler les apports reconnus de l’allaitement. Voici un lien vers une des études Nestlé :
https://www.mdpi.com/2072-6643/10/9/1161)

 

Bernd Nidetzky, enzymologue à l’Université de Graz, mène cette étude sur la synthétisation des oligosaccharides, à base d’enzymes. Ces derniers sont de plus en plus demandés sur le marché.
Le processus de synthétisation est coûteux. Quant à l’extraction des oligosaccharides à base de LM est impossible.

L’engouement pour le lait maternel se manifeste sous diverses formes. Par exemple, des médaillons contenant quelques millilitres de LM, ou des perles de lait. Il y a aussi des tentatives de le transformer en fromage.
Dans le milieu du bodybuilding, le LM est connu pour être un booster musculaire. C’est la raison pour laquelle les lactariums qui vendent aux privés et les femmes qui proposent leurs excédents sur internet sont largement sollicités.

Ceux qui n’ont pas la possibilité d’avoir accès à du LM vérifié, peuvent toujours se rabattre sur une variante non contrôlée : les mères qui écoulent leurs stocks de lait. La plupart ne cherchent pas à faire du profit et souhaite simplement aider d’autres mères.
Daniel Klotz, médecin-chef et fondateur du lactarium du service pédiatrique du CHU de Freiburg en Allemagne, s’est penché sur ce commerce d’un nouveau genre.
Pour mener son étude, il a contacté 45 femmes qui vendaient leur lait en ligne.  Il a pu analyser plusieurs échantillons de 12 d’entre-elles.
Des contrôles de la température au moment de la livraison furent effectués, ainsi que la qualité de l’emballage et les prix demandés.
Son équipe a ensuite analysé la teneur en bactéries et en nutriment compris dans chaque échantillon de lait.
Ils ont pu déceler un grand nombre de bonnes bactéries, qui jouent un rôle essentiel dans la colonisation de l’intestin du nouveau-né.
Mais ils ont également détecté des bactéries intestinales qui, a priori, n’avaient rien à y faire, rendant le lait probablement impropre à la consommation.

Aux USA, le commerce du lait maternel sur internet a des proportions bien supérieures à l’Europe.
le Dr. Klotz s’est aussi intéressé à ce commerce. Un site internet « Only the breast » propose des catégories de lait, de provenances variées, dont l’Europe. C’est cette plateforme qui se fournissait en LM au Cambodge, ce qui est maintenant proscrit. En fait, le Cambodge a interdit l’exportation du LM vers les USA.
Il y a d’autres plateformes, comme des industriels : Ambrosia LABS, qui permet aux acheteurs de recevoir leur LM à domicile mais aussi, Medolac qui rachète le LM des femmes noires de Détroit, aux USA. Cette ville est en pleine faillite et le taux de mortalité infantile est très élevé. Ces mères sont issues d’une classe socioéconomique défavorisée. Cette société, potentiellement, les exploiterait.
Une association, Black Mother Breastfeeding, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux. Elle a pour but de rappeler que, par le passé, des esclaves noires ont été exploitées pour nourrir les bébés des propriétaires de plantation.
Cette condamnation publique a amené cette entreprise à cesser cette pratique.

nourrice noire
Illustration issue de http://www.raphaeladjobi.com/archives/2014/06/29/30161199.html

C’est dans les pays les plus pauvres que le lait artificiel (je corrige le narrateur qui utilise le terme « lait maternisé », qui ne peut être utilisé pour son aspect trompeur) a la meilleure réputation… A cause de campagne de publicité massive. Le lait artificiel passe pour être un produit dont la composition est optimale.
Certains pays prônent l’allaitement, comme le Ghana, où des dispensaires aident et conseillent les jeunes mères pour l’allaitement au sein. Il y a toute une ambiance (chants, danses, accompagnement) et une information des mères afin qu’elles sachent qu’elles garantissent une meilleure santé à leur bébé en les allaitant, surtout les 6 premiers mois de vie où ils sont en allaitement exclusif.
Dans de nombreux pays du Monde, on cherche à convaincre les femmes de l’importance du LM, en particulier au Pakistan où le taux de mortalité infantile est le plus élevé au Monde.
Au Bangladesh et en Indonésie, les infirmières expliquent aux jeunes mères que le LM permet de prévenir les maladies et les infections gastro-intestinales.
Des actions similaires ont autrefois été menées en Europe (comme précisé au début du reportage, en RDA).
En Inde, l’allaitement se raconte façon Bollywood. Cependant, les croyances ont la vie dure.
En Chine, le LM est devenu un nectar pour privilégiés. Des agences spécialisées vont même jusqu’à proposer des nourrices… pour les adultes. Ici, l’allaitement reste rare, malgré les scandales du lait frelaté qui ont eu lieu par le passé. L’UNICEF a choisi de traiter la thématique par un dessin animé très coloré mettant en scène l’allaitement chez les autres mammifères. Une astuce pour montrer que pour l’humain aussi, l’allaitement est le moyen le plus naturel pour nourrir son enfant.
Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=f96dM5Uo6cY

unicef breastfeeding

La ville de Lund, dans le Sud de la Suède, compte un tiers d’étudiants dans sa population. Cette ancienne cité médiévale a la plus forte croissance du pays. C’est là-bas, il y a 20 ans, qu’une découverte sur le LM, dans le cadre de traitement des maladies cancéreuses, pourrait être majeure !
Une protéine du LM serait manifestement capable de détruire des cellules cancéreuses sans atteindre les tissus sains.
Des études cliniques vont être menées afin de savoir si la substance, nommée Hamlet, aura des effets aussi concluants que ceux conduits en laboratoire.
Catharina Svanborg, Directrice de l’étude et Immulogue à l’université de Lund, s’était déjà penchée sur les oligosaccharides avant de tomber sur la protéine Hamlet, par pure hasard. C’était totalement inattendu !
Elle et un étudiant de Master, alors qu’ils faisaint des tests dans le but d’éradiquer des cellules cancéreuses, ont découvert une réelle modification dans la structure de ces cellules malignes. Les cellules étaient en train de mourir.
A la suite des tests laboratoire, sur les animaux et sur les humains, il fut déjà constaté que la protéine Hamlet a un impact efficace sur une quarantaine de types de tumeur, comme le cancer du sein, du foie, la leucémie, les tumeurs au cerveau, mais aussi de la vessie et de la peau.
Lors de ces tests, les patients ayant reçu Hamlet ont excrété les cellules tumorales via leurs urines en quelques jours.

Afin de travailler sur cette substance et de l’utiliser en grande quantité, les chercheurs ont d’abord dû créer un complexe protéo-lipidiques.
Pour créer Hamlet en laboratoire, ils doivent purifier l’Alpha-lactalbumine. Il s’agit de la protéine la plus enrichie dans le lait humain. Ensuite, elle est mélangée à un acide gras, l’acide oléique, qui est l’acide le plus enrichi dans le LM.
C’est avec ce puissant complexe moléculaire qu’ils parviennent à traiter les cellules tumorales en 3 heures !

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L’équipe au sein de l’Université de Lund qui se charge des recherches sur Hamlet se réunit régulièrement pour faire part des découvertes.
Dernière en date, ils ont réussi à guérir mais aussi à prévenir l’apparition d’un cancer du côlon chez la souris grâce à Hamlet. Ils espèrent pouvoir transposer cela à l’humain.
Ils souhaitent trouver des solutions sûres pour les patients atteints, sans donner trop de fausse joie aux patients dits incurables.
Cependant, dans le cas d’un patient atteint d’un cancer de la vessie. Catharina Svanborg précise à quel point c’était impressionnant de constater que ce dernier excrétait des cellules tumorales par ses urines quelques heures après avoir reçu l’injection. Ce furent des résultats bien plus sensationnels que prévus. L’apparence de la tumeur se modifiait également.
Mais comme il ne s’agissait pas d’une étude contrôlée contre placebo, comme c’est légion en sciences, il n’est pas possible de parler d’efficacité thérapeutique.
Le traitement Hamlet promet cependant des effets extraordinaires. Il agit localement et n’endommage pas les tissus sains autour.
Après plus de 20 ans de travail, ils vont commencer à mener des essais cliniques sur des patients atteints de cancer de la vessie. Cela permettra de savoir si Hamlet a une efficacité thérapeutique avérée.

Les dernières recherches sur le lait maternel ont éveillé l’intérêt de nombreux chercheurs à travers le Monde. Ce nectar, qui est un passeport pour la santé et ses effets sur les adultes, est encore à explorer.
Lars Bode insiste sur le fait que les bienfaits de l’allaitement vont bien au-delà des 6 ou 12 mois du nourrisson. Le LM le protège à long terme, jusqu’à plusieurs décennies, principalement sur les risques de développer de l’asthme, des allergies, une obésité et un diabète se jouent dès les premiers mois de l’existence.
le LM contient de nombreux éléments protecteurs. S’il était possible de les synthétiser, ils ne seraient pas simplement utilisés comme aliment mais aussi comme médicament, précise Thierry Hennet, Professeur de Biologie Humaine à l’Université de Zurich.

Seul problème, le lait maternel est une ressource limitée et c’est aux nouveau-nés qu’il doit être réservé en priorité.
Il est donc nécessaire d’inciter les femmes allaitantes à effectuer des dons qui, selon l’avis des intervenantes, devraient croître durant les 20 prochaines années.

tire lait

Voici le site de l’ADLF qui reprend tous les lactariums français: http://association-des-lactariums-de-france.fr/liste-des-lactariums/

Étant belge, je suis consternée de constater qu’il y a un seul lactarium, au CHR de la Citadelle, à Liège.

Au Québec, c’est Héma-Québec qui gère le lait maternel sur le territoire: https://www.hema-quebec.qc.ca/lait-maternel/donneuses-lait/banque-publique-lait-maternel.fr.html
Je suis certaine que le visionnage (possible sur le replay d’ARTE jusqu’au 28 octobre 2018) ou à défaut, la lecture de cet article, t’a offert des connaissances incroyables.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x!

 

P.S.: pour un index de mes articles concernant l’allaitement:

 

 

 

 

Allaitement·Préparer la naissance

Tout ce que ce qui est méconnu dans l’allaitement!

 

Il est de notoriété publique que « allaiter, c’est ce qu’il a de mieux pour le bébé ».
Ok, mais pourquoi ?
Et qu’est-ce qu’il y a d’étonnant avec  l’allaitement et le lait maternel ?

 

gateau allaitement
Source: http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2016/09/05/allaiter-en-public/

 

Voici un petit florilège de faits pratiques et étonnants  :

 

  • Le lait maternel évolue en fonction des besoins de l’enfant, au cours de la journée, au fil des jours et avec son besoin immunologique (c’est le seul vrai « alicament » !). Si tu es malade, ton corps fabrique des anticorps qui passent dans le lait. Le bébé allaité pourra éviter la maladie ou, au moins, être moins atteint et guérit plus vite qu’un bébé non allaité.
  • Le lait maternel est un produit miracle pour tout : sur les irritations cutanées, en cas de début de conjonctivite, en remplacement du sérum physiologique pour nettoyer le nez, sur les plaies pour activer la cicatrisation et éviter les infections de tout ordre, etc. Ça vaut pour le bébé, mais aussi pour les autres membres de la famille !
  • Le lait évolue au cours de la tétée: d’abord un lait plus riche en eau, pour hydrater les enfants (qui, s’ils n’ont que soif, ne téteront que rapidement) et ensuite, un lait plus riche en en protéines et en lipides. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas interrompre une tétée (pas de durée fixe d’une tétée : c’est le bébé qui lâche le sein quand il est repu ou qu’il veut l’autre sein).
  • L’allaitement peut aider à la perte de poids, car cela consomme de l’énergie (entre 600 et 700kcal/jour) de produire le lait… MAIS cela peut aussi donner des fringales! Alors… les pertes de poids ne sont pas systématiques.

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  • Il est possible d’allaiter que d’un sein: selon le principe de l’offre et de la demande. Le sein « débiteur » va juste produire tout le lait nécessaire. Bon à savoir pour celles qui ont eu une chirurgie ou un souci pour allaiter à un des deux seins.
  • Les bienfaits sont d’autant plus importants que l’allaitement est prolongé (histoire de couper la chique aux conseils « avisés » qui disent qu’après X mois, cela ne sert plus à rien !). D’ailleurs, voici un article pour t’informer sur l’allaitement non-écourté.
  • L’allaitement a de réels bienfaits pour le bébé:

Il réduit les risques de :

  • D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
  • De troubles digestifs ;
  • D’allergies (eczéma, asthme, …) ;
  • D’anémie ;
  • D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
  • De problèmes orthodontiques ;
  • De mort subite du nourrisson.

Tous ces faits ont été établis à la suite d’études longitudinales (sur de grands échantillons, à long terme). Cela ne veut en aucun cas dire qu’aucun bébé allaité n’aura les problèmes mentionnés ci-dessus, mais qu’il y a moins de bébé allaités que de bébés nourris au biberon qui déclarent ces problèmes. Un cas ne vaut pas pour discréditer des faits avérés scientifiquement.

  • L’allaitement est aussi avantage pour la femme allaitante:
    • la diminution du risque d’anémie ;
    • la remise en place des organes génitaux ;
    • le lien mère-enfant ;
    • la perte de poids (en association avec une alimentation équilibrée) ;
    • la diminution du risque de cancer du sein , de l’ovaire ;
    • la diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause.
    • L’absence de vaisselle excédentaire à effectuer (ok, celle-là, elle était pour rire MAIS ce n’est pas faux !

  • Allaiter améliore le sommeil et accélère l’endormissement (hyper pratique pour se réveiller et se rendormir plusieurs fois la nuit, sans que cela n’entame trop le capital sommeil !). Tu penses être fatiguée quand tu allaites ? Mais donner le biberon serait encore plus épuisant puisque tu n’aurais pas les hormones qui t’aident à te réveiller et à t’endormir plus facilement !
  • Allaiter éveille les sens organoleptiques du bébé: la diversification est ainsi facilitée puisque le bébé a été exposé à plein de goûts différents.
  • Il est possible de boire un verre de vin, de bière ou une coupe de champagne alors qu’on allaite. Il ne faut pas se mettre la tête à l’envers, mais l’alcool passe dans le lait en quantité infime qui permet d’assouvir une envie ponctuelle.
    Prudence tout de même avec un nourrisson nouveau-né : il pourra avoir d’avantages de séquelles qu’un bambin inhérent à l’immaturité de son propre foie.
    Mais l’alcool aura des effets sur l’ocytocine et la prolactine : le réflexe d’éjection sera plus lent à activer et la quantité de lait pourrait être moindre.
    Évidemment, il faut éviter de boire à jeun et boire pas mal d’eau par la suite, pour aider à diluer.
    Dans les faits, même s’il s’agit d’un parti pris : si tu n’as pas une envie impérieuse, passe t’en ! Après tout, l’alcool n’est pas indispensable.

    Voici de quoi informer sur l’alliance alcool et allaitement : https://www.lllfrance.org/1175-64-alcool-et-allaitement

 

  • L’humain a un sevrage naturel, comme tous les mammifères. Cela se situe entre les 2 et les 7 ans de l’enfant. Ça parait long, mais ça correspond aux besoins métaboliques (dont immunitaire) et psycho-affectifs de l’enfant. De plus, tant qu’on allaite, l’ocytocine (hormone de l’attachement, entre autres) permet d’être plus zen par rapport à son enfant. C’est bien utile avec des enfants avant l’âge de raison !
    l’OMS recommande d’ailleurs un allaitement jusqu’à deux ans et plus, en complément de l’alimentation équilibrée.

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  • Il existe des « grèves » de tétée: le bébé refuse le sein, malgré qu’il ait faim.
    il est possible que cela soit dû à une confusion sein/tétine (si le bébé reçoit aussi des biberons ou une tétine pour son sommeil, ce qui est fortement déconseillé pour une conduite sereine de l’allaitement).
    Les grèves peuvent durer plusieurs jours, il ne faut pas croire qu’un enfant de moins de 24 mois décident de se sevrer spontanément : ils ont physiologiquement besoin de lait, ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.
  • Certains enfants préfèrent une position pour être allaité plutôt que d’autres. Outre une vérification ostéopathique, autant se faire au fait que le tout-petit a déjà des préférences personnelles !

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    Source: naitreetgrandir.com
  • Les bébés savent chercher le sein dès la naissance (pour les bébés nés à terme et en santé) : c’est le crawl du nouveau-né. Comme quoi, Eux choisissent le meilleur, instinctivement ! 😉
    Vidéos et explications juste là : http://breastcrawl.org/french/video.shtml

Avec tous ces éléments, tu as l’embarras du choix dans les arguments  favorisant l’allaitement (outre le fait que ton choix ne concerne que toi !).
Demande donc à ton interlocuteur curieux les raisons avérées de ne pas allaiter : je suis sûre qu’il n’y en a pas autant … 😉

 

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x !

 

Quelques (res)sources :

 

 

Allaitement·Éducation bienveillante·Préparer la naissance

Mon assiette, ma famille et Moi !

 

Le fait de nourrir ses proches et encore plus ses enfants est une vraie inquiétude pour la plupart des adultes.

Dès la naissance de l’enfant, le sujet de son alimentation devient un point d’attention majeur. Cela semble logique, puisque sa survie en dépend.
Le poids du bébé est surveillé quotidiennement au début, au point d’estimer une moyenne de prise de poids, soit 20/25g par jour.
Pour les mères allaitantes, la mise en place de l’allaitement est sujette à divers conseils et attitudes et  … pas toujours judicieux ! Par exemple : la durée des tétées, le temps d’intervalle entre deux tétées, le manque d’écoute lorsque la femme nouvellement accouchée dit avoir mal (absence de prise en charge des potentiels freins de lèvres et de langue, ou de la position du bébé pendant les tétées). Voici un article qui reprend les clefs pour démarrer sereinement l’allaitement.

Concernant les mères biberonnantes, les bébés doivent prendre des biberons d’une quantité définie, à intervalle régulière… Et vient se poser le choix de la préparation commerciale pour nourrisson (PCN). La plupart sont à base de lait de vache, mais il est possible d’en trouve au lait de chèvre, à base de protéines végétales (riz, soja, amande, …) en bio ou en non-bio.
Pour être honnête, à défaut d’un allaitement, je peux te recommander de partir forcément sur une PCN biologique… et d’éviter autant que faire se peut celles à base de lait de vache. C’est la meilleure manière d’éviter d’exposer son enfant aux éventuelles intoxications mises en évidence dans les scandales alimentaires. Sans compter qu’énormément d’enfant ne supportent pas les protéines des laits de vache, engendrant des troubles digestifs divers dont les reflux, les coliques (qui peuvent être amoindries par le portage), la constipation ou la diarrhée.
Je rappelle que l’allaitement reste le seul moyen totalement adapté aux petits humains, qui lui évite bien des désagréments inhérents aux PCN.

Dès le départ, les parents débutent un contrôle de la quantité du lait ingurgité.
Avec les biberons, les quantités sont aisément quantifiables, mais pendant l’allaitement, il est nécessaire de se fier aux excrétions (le nombre et le remplissage des couches).
Cela peut paraître bien plus simple d’effectuer une surveillance avec les biberons. Mais en réalité, ce contrôle ouvre la première porte aux inquiétudes créées par la nourriture.
Dès le départ, il n’est plus question de faire simplement confiance à l’appétit du bébé… Or, comme je l’expliquerai plus tard, la confiance en son appétit et de sa gestion autonome de ses apports lui fournira la possibilité de développer un rapport avec l’alimentation dénué de crispations et une écoute de ses signaux physiologiques.

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  • La diversification de l’enfant

Après avoir trouvé une « routine » d’alimentation avec son petit bout, voilà venu le temps de la diversification (article qui explique les besoins du bébé de 0 à 12 mois : juste  !).
Je rappelle, dans un premier temps que l’OMS recommande bien que la diversification n’ait lieu qu’à 6 mois. L’immaturité du système digestif rend l’introduction des aliments solides néfaste pour le bébé.

A partir du moment où l’on souhaite diversifier, et que l’enfant y montre de l’intérêt, l’objectif sera de proposer des aliments et des plats adaptés à l’enfant.
Cela dit, cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de proposer des purées (encore moins de proposer des préparations industrielles).
L’enfant, dès qu’il a acquis la capacité à se tenir assis, peut très bien gérer les morceaux. C’est le principe de la « diversification menée par l’enfant » (pour un peu plus d’explication : https://www.diversificationalimentaire.com /).

Il faut aussi se souvenir que chaque enfant est différent, il est donc illusoire de s’attendre à ce que l’ensemble des bébés mangent la même quantité et soient intéressés par les solides au même moment.
La patience et l’écoute des besoins du bébé sont de mise !

Les canadiens (on sait qu’ils sont toujours en avance dans les pratiques… et avec  bases scientifiques avérées) recommandent des principes qui sont pratiques et clairs : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/soins-nourrissons/nutrition-nourrissons.html?_ga=2.191902442.1194459809.1536576068-1290066032.1533314018

Il est nécessaire de retenir qu’avant l’âge d’un an, le lait demeure la source d’alimentation principale et doit être proposé avant les repas solide.

Carlos Gonzales, dans son livre « Mon enfant ne mange pas », met en évidence de nombreuses habitudes incohérentes et des précautions édictées par les pédiatres… sans fondement scientifique. Je le cite : « n’y a aucun fondement scientifique pour dire qu’un enfant de tel âge doit manger telle quantité de tel ou tel aliment. Il serait bon de commencer à reconnaître que l’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin, et qu’après 6 mois comme avant cet âge, il peut continuer à se nourrir à la demande. »

Il n’est dès lors pas nécessaire de commencer par les légumes, puis d’attendre 15 jours pour les fruits et attendre que les bébés aient plus de 7 mois pour les protéines animales… et plus d’un an pour les oléagineux (dont arachides).
Toutes ces précautions sont donc infondées !
Cependant, surtout en cas de terrain allergique dans la famille, il est nécessaire d’être précautionneux avec les allergènes.
Le Dr. Gonzales préconise également qu’il est préférable de ne pas introduire le lait de vache avant 9 ou 12 mois, puisqu’il est trop riche en protéines et trop pauvre en fer (et oui, autant le veau en a besoin puisqu’il grossit d’environ 800g/jour jusqu’à ses 14/15 mois… Alors que l’humain oscille aux alentours de 20 à 25g).
Il faut aussi éviter de sucrer, d’édulcorer ou de saler les plats des enfants en bas-âge. Le miel est aussi à éviter avant l’âge d’un an afin d’éloigner les risques de botulisme infantile qui peut se développer à cause d’un microbiote intestinal immature.

Si, en tant que parent, tu ne souhaites pas effectuer la DME, je t’invite à te questionner sur les raisons de tes appréhensions. Elles en disent surement beaucoup sur ton rapport au contrôle, à la confiance faite dans ton enfant et ton rapport à la nourriture.

Avec ces petites suggestions, tu peux respecter les besoins de son enfant, même sans DME :

  1. Ne jamais inciter fermement son enfant à accepter une cuillérée, même en l’incitant par la voix, en le distrayant (« On fait l’avion ! »), ou encore en frottant la cuillère sur sa bouche. Si l’enfant garde la bouche close, c’est qu’il n’a pas envie/besoin de manger.
  2. Proposer des aliments qui ne soient pas toujours mélangés ensemble : de simples moulinés de légumes ou de fruits, puis les protéines hachées finement et les féculents écrasés. Cela lui permet de découvrir les saveurs et de pouvoir varier afin d’attiser son intérêt (et son appétit !). Les parents peuvent aussi constater où vont les préférences de l’enfant.
  3. La texture totalement lisse n’a aucun intérêt pour l’enfant

Dès le début de la diversification, et même en l’absence de dent, l’enfant va acquérir la mastication (les gencives ont une grande force!) .  Cette dernière favorise le développement des mâchoires et a donc aussi des bienfaits sur les aspects orthodontiques. Nombre de médecins, stomatologues et orthodontistes bien informés constatent « la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère ».

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  • Le mimétisme des enfants envers les adultes

Cela paraît logique… puisque cela vaut pour tous les aspects de la vie. Et pourtant, combien de parent n’essayent pas de faire manger leurs enfants avant eux ou en leurs proposant un menu différent ?
Forcément, beaucoup d’enfants n’auront pas d’appétit. Pour apprécier la nourriture, il faut que les enfants constatent le plaisir qu’ont leurs proches face à la nourriture.

Si le menu est différent de celui de son enfant, il convient de se questionner sur les raisons de cela ?
As-tu eu envie de bien faire en lui faisant une timbale de légumes… Mais que tu ne consommes pas, car tu n’aimes pas cela ?
Difficile de s’attendre à ce que l’enfant aime… Alors qu’il ne peut voir ses référents déguster ce qu’il doit lui-même ingurgiter.
Cela peut-être une bonne manière de rééquilibrer son alimentation, afin de profiter aussi du fait de manger de manière équilibrée la plupart du temps.

 

  • Les différents des besoins entre enfants et adulte

Les enfants n’ont pas un rythme alimentaire similaire à celui des adultes. Ces derniers ont intériorisés les codes sociaux des heures de repas… et qui font des repas des moments d’échanges sociaux.
Cela tombe sous le sens qu’un enfant n’a pas envie de rester à table une heure durant…
Il peut aussi avoir un petit appétit qui engendre qu’il se nourrisse plus fréquemment de petites quantités.

Il convient simplement de répondre aux besoins de son enfant sans y apposer de jugement ou de commentaire. Critiquer ses choix alimentaires ou son rythme alimentaire ferait perdre à l’enfant cette capacité inestimable qu’est l’écoute de sa satiété mais aussi sa confiance en soi.

Combien d’entre nous ont moult difficultés à percevoir clairement ses signaux de faim et de satiété ?
Combien sommes-nous à souffrir d’une forme de trouble alimentaire ?

Si la société et les vieux adages n’avaient pas autant d’impact sur notre alimentation, nous aurions pu préserver cette capacité à manger uniquement lorsque nous avons faim ou lorsque quelque chose nous fait vraiment envie.
Les enfants qui font un goûter tardif ou copieux ne mangent parfois que peu au repas du soir… Et c’est logique car ils ont pris leur « quota énergétique ».
Parfois, les enfants vont dévorer bien plus et cela n’a pas de sens de les réfréner : ils sont en pleine croissance et se dépense, comparativement, bien plus que la plupart des adultes.

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Préparation improbable, mais pourquoi pas les laisser tester ?

Il est primordial de conscientiser que les interdits alimentaires mènent à la frustration de l’enfant. Ce dernier va alors se rattraper autant qu’il peut lorsque ceux qui interdisent ne sont pas dans les parages. Ils mangeront alors plus que de raison en comblant la frustration de l’interdit ou alors, ils dissimuleront le fait qu’ils ont consommé certains aliments.
Ils se forceront ensuite à manger sans faim, pour ne pas laisser paraître qu’ils ont pris un gros goûter… bafouant leurs signaux de satiété et ancrant la nécessité de dissimuler cette source de plaisir.

En outre, il est nécessaire de revoir la notion de « grignotage » : un enfant peut étaler ses rations sur la journée. Au lieu d’avoir des biscuits comme seules collations, il est tout à fait possible de proposer des fruits (frais ou séchés), des légumes crus, des graines et oléagineux variés voire une portion de repas conservé qui lui plait. Il n’y a pas de raison de proposer systématiquement un petit-déjeuner ou un goûter sucré : c’est une norme occidentale qui peut très bien être modifié. Sortir du cadre permet souvent de diversifier l’alimentation.

Les adultes ont pour mission de proposer une alimentation diversifiée et saine aux enfants. Il faut savoir que la plupart des enfants entre 2 et 10 ans sont touchés par ce qu’on appelle « la néophobie alimentaire ».
L’étymologie du mot te donne un indice : c’est l’appréhension de consommer un aliment inconnu ou avec une saveur particulière. C’est totalement habituel. Cela passe après une période plus ou moins longue. Il faut entre 7 et 9 présentations d’un aliment pour que l’enfant accepte d’y toucher. Surtout, il est contreproductif de se crisper sur leurs refus : cela engendrerait un cercle vicieux qui entretiendrait l’aversion envers certains aliments.
Il arrive également que les enfants trient leurs aliments et en refusent certains. A certaines périodes, ils vont se focaliser sur les sources à haute dose protéique ou glucidique. Afin d’introduire des légumes plus aisément, il est possible de proposer deux types de légume quand on sait que l’un n’est pas apprécié.
Il est aussi bénéfique de changer les préparations des légumes. Tu as l’habitude de manger tes carottes avec du thym, tu peux changer d’épices et de forme des carottes, mais aussi du mode de cuisson.
Il est fréquent que la routine fasse revenir des plats de manière très régulière ce qui amène de la monotonie. Tu pourrais, par exemple, acquérir un nouvel aliment chaque mois à introduire dans ton bol alimentaire (changer de céréales et découvrir le millet, le quinoa, l’amarante, …) et t’inspirer des cuisines du monde. Il est aussi important de savoir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter si un enfant refuse les légumes mais consomme des fruits. Il reçoit les bienfaits des fruits frais et cela suffit probablement à ses besoins nutritionnels (hors pathologie).

Enfin, il faut accepter que parfois, les enfants (et tous les individus) n’ont pas faim. Et qu’il ne sert à rien de les forcer à se nourrir. Le sens social de la nourriture est moins développé chez eux, et ils n’ont pas été « pollués » par des croyances qui entachent leur satiété.
Personne n’a jamais été en mauvaise santé en sautant un repas de temps en temps, en cas de maladie ou de repas précédent copieux.

 

  • L’autonomisation de l’enfant par rapport à sa nourriture et la qualité de celle-ci !  

Tu l’auras compris, les enfants ont la capacité d’être complétement autonome pour gérer les quantités de nourriture.
Si un enfant ne veut pas finir son assiette, il est inutile de le priver de dessert ou de le punir (ici pour comprendre en quoi les punitions n’ont pas d’utilité). S’il n’a plus faim pour son plat, peut-être gère-t-il aussi son appétit pour s’octroyer un dessert.
Il suffit de prêter attention au type de dessert proposé. Il convient de ne pas avoir à disposition quotidienne des crèmes desserts, glaces et autres préparations laitière pleines de sucres et autre additifs comme les colorants et des arômes (peu importe qu’ils soient caractérisés de « naturels »). Le fait de forcer à finir une assiette pour avoir un dessert incite l’enfant à outrepasser ses signaux de satiété.

Ensuite, il nuit au petit-humain de percevoir un aliment comme une récompense (je reviendrai prochainement sur la question des récompenses… !).
Donc, dire qu’un enfant pourra avoir un dessert s’il finit son assiette, c’est opposer certains aliments entre eux. Comme si certains étaient nécessaires et d’autres superflus.
Il faut rappeler que l’alimentation à trois fonctions : nutritive, de plaisir et sociale. Diaboliser le bonheur à manger, et le plaisir à manger sucré spécifiquement, est une erreur.
Il n’y a pas, intrinsèquement, de « bons » et de « mauvais » aliments : tout est une question de dose.
Je pondère, cependant, avec la qualité des aliments mis à disposition. Il est évident que si l’enfant n’a à sa disposition que des aliments industriels, il y aura des conséquences.
Il fut démontré que les additifs alimentaires ont des conséquences directes sur le comportement des enfants… et c’est même mentionné sur certains emballages !
C’est à nous, en tant que parent, de s’assurer que les aliments donnés aux enfants ne sont pas nocifs pour leur santé.
L’idée n’est pas les priver d’un groupe d’aliment, mais de proposer des produits exempts, le plus possible, d’additifs issus de l’industrie agro-alimentaire.
Il est possible de trouver des bonbons sans gélatine et sans colorant nocif. Il est aussi possible de proposer des gâteaux aux enfants : et ils prendront encore plus de plaisir en prenant part à leur préparation. L’effet de satiété d’un produit fait maison sera toujours bien supérieur à son équivalent industriel.
En outre, cela coûte souvent moins cher… et amène à moins de déchet (bonjour les emballages plastiques individuels).
Si l’industriel coûte moins cher, il y a une question à se poser : comment est-ce possible ?
Je t’invite à regarder les étiquettes et à constater combien les produits bas de gamme sont pleins d’additifs et non pas de produit noble.
Un exemple flagrant : la frangipane (je suis belge, chacun.e ses références !). Il est connu que c’est à base de poudre d’amande.

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Voici la composition d’une célèbre marque : Farine de blé, sucre, huiles végétales (palme, colza), oeufs de poules élevées au sol, stabilisant (glycérol, sorbitol), pulpe d’abricot 3%, sirop de glucose-fructose, amidon transformé, poudre de lait écrémé, sel, poudre à lever (diphosphate disodique, carbonate acide de sodium), amidon de blé, gélifiant (pectine, carraghénane), épaississant (gomme xanthane, farine de graines de caroube), arôme, acidifiant (acide citrique), émulsifiant (lécithine de soja). Source : https://www.lotusbakeries.be/fr/produits/frangipane

Si tu trouves les amandes… Tu es la personne la plus lucide du monde !
Comparativement, une recette de fourrage de frangipane prend 10 minutes à faire, montre en main, et contient : 140g de poudre d’amande, 100g de sucre, 2 œufs et 75g de beurre.

Énergétiquement, c’est relativement équivalent à l’industriel. Mais l’effet sur la satiété et le corps est incomparable ! C’est pourquoi la notion de calorie pure et dure est vide de sens.
100Kcal apportées par du sucre raffiné (saccharose) ne seront pas métabolisées ni utilisées par le corps de la même manière que 100Kcal issues de fruits ou de légumes. La richesse de l’association des nutriments existant dans la complexité des aliments (fibres, minéraux et vitamines naturellement présents) surpasse de loin tous les aliments hypertransformés qui vantent leurs apports (par exemple, les céréales enrichies).

Un autre exemple classique : la mousse au chocolat. Elle est souvent achetée en guise de dessert.
Je prends trois articles (j’ai choisi la chaîne de supermarché au hasard, cela ne change en rien la logique alimentaire):

  • Mousse au chocolat Produit blanc de chez Carrefour 

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/Choco-Mousse-70-g/p/05262010

Ingrédients : Lait entier 46,2%, lactose et minéraux de lait, sucre, crème 7,2%, chocolat en poudre 6,7% (cacao en poudre 5,9%, sucre), matière grasse végétale non hydrogénée (huile végétale de coprah, sirop de glucose, protéines de lait), gélatine de boeuf, émulsifiant : esters lactiques des mono-et diglycérides d’acides gras de colza, épaississants : carraghénanes, protéines de lait

  • Mousse au chocolat La Laitière:

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/La-Laiti%C3%A8re-Mousse-au-Chocolat-Belge-4-x-61-g/p/01495721?store_ref=D0615

Ingrédients : Lait entier (57,5%), chocolat belge (20,0%) (pâte de cacao, sucre, émulsifiant : lécithine de tournesol, arôme naturel de vanille), sucre, crème (lait), beurre (lait) (4,0%), amidon modifié de maïs, poudre de cacao maigre, cacao en poudre, gélatine bovine, émulsifiant : E471, épaississant : carraghénane

Ingrédients : Crème, blanc d’oeuf de poule, 25% chocolat (65,9% pâte de cacao, sucre, émulsifiant: lécithine de soya, arôme naturel de vanille), sucre impalpable

Au cas où : une mousse au chocolat classique faite maison  (nous ne sommes pas tous Pierre Hermé et en plus, ce n’est pas forcément meilleur ! ^^) contient environ 200g de chocolat noir (au moins 60% de cacao), 4 œufs, 100g de beurre (c’est une recette de base, personnellement, j’en mets bien moins)… Et basta !
Seule celle d’Inex contient de l’œuf alors que c’est la base d’une mousse… ! Ok, il existe des versions vegan (délicieuses http://maliebabasaveurs.over-blog.com/2017/11/mousse-au-jus-de-pois-chiche.html), à base d’aquafaba…
Mais je doute que ce soit l’aspect vegan qui motive la plupart des industriels à se passer d’œuf… puisqu’ils ont recourt massivement aux produits laitiers.

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Il est aussi simple que dramatique d’effectuer le constat que ce qui est le moins cher est aussi le produit le plus nocif pour la santé.
Cet état de faits est généralisé : les industriels remplacent les produits nobles (et donc plus coûteux) par des additifs qui miment les qualités physiques des produits.
Mais ces additifs ne préservent aucunement les propriétés organoleptiques ni les nutriments nécessaires aux fonctionnements optimal de l’organisme.
C’est cette catastrophe industrielle qui explique, entre autres, que les personnes ayant le moins de ressources financières ont aussi une moins bonne santé. Environ 70% des cellules nécessaires (principalement des bactéries)  au fonctionnement immunitaire se trouvent dans l’intestin. Il faut donc réellement prendre soin de son alimentation pour demeurer en bonne santé à court comme à long terme.

Voici un petit lien riche en informations pour faire modifier un peu son alimentation: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lien-entre-alimentation-trouble-comportement-chez-lenfant/

Alors oui, il faut avoir le nez collé aux étiquettes… et ne pas se fier aux promesses marketing vantées sur les emballages ! Dans un tout premier temps, cela te prendra du temps de décoder les inscriptions minuscules afin de savoir si le produit est consommable ou pas. Mais au fil du temps, tu vérifieras uniquement les produits inconnus.
Un premier indicateur favorable est la longueur de la liste des ingrédients. En outre, il faut savoir que les ingrédients sont classés par ordre de quantité présente dans le produit : c’est le premier ingrédient qui est en plus grande proportion.
Moins il y a d’ingrédients (et donc d’additifs) mieux c’est, comme j’ai pu le prouver ci-dessus.

C’est en investiguant que tu découvriras que les produits spécial bébé sont bourrés de sucre raffiné (les biscuits pour bébé n’ont aucun intérêt pour la diversification !), autant que les céréales « petit-déjeuner »… même celles prétendument saine mais « crunchy » comme celui-là : https://www.bioalaune.com/fr/produit/59139/muesli-crunchy-3kg  . Navrée d’en décevoir mais non, les mueslis « crunchy » ne sont pas du tout de bons partenaires de début de journée quotidien à cause de leur dose de sucré ajouté (qui leur confère cette texture croustillante !).
Voici donc la liste des ingrédients de ce muesli bio (les astérisques caractérisent cela) : Flocon avoine*, sucre de canne*, flocon de blé*, raisin*, huile végétale*, sirop de glucose*, noix de coco*, graine de tournesol*, farine d’amande*, miel*, arôme*, sel marin

Oui, c’est dingue mais le sucre est le second ingrédient… même s’il est de canne, ça ne change rien à ses méfaits à haute dose. Il contient aussi du glucose et ils parviennent encore à y mettre du miel et une huile végétale (sans préciser laquelle, espérons pas l’huile palmiste).
Oui, c’est bio. Non, ce n’est pas un produit qui devrait avoir sa place dans un quotidien (pourquoi pas ponctuellement si le goût te botte, mais pas forcément en petit-déjeuner pour éviter les pics d’hyperglycémie).

En occident, nous avons des habitudes bien ancrées.
Le petit-déjeuner et le goûter sont sucrés. Les céréales sont très fréquentes… et les céréales petit-déjeuner, dans la plupart des maisons.
Le pain accompagne énormément de repas… et le gluten est souvent présent dans tous les repas sous une forme ou l’autre.
Je t’invite à te renseigner sur les habitudes de vie des pays africains et asiatiques. C’est comme ça que j’ai commencé à manger, régulièrement, des céréales cuites le matin (et non soufflées ou écrasées), à prendre des goûters à base de houmous, etc.
Nos habitudes occidentales ont tendance à brider notre alimentation.

La plupart des personnes pensent varier les menus mais en réalité, ils vont manger du pain le matin (ou des céréales à base de blé), du pain ou des pâtes à midi, des biscuits à base de farine de blé au goûter et le soir, une déclinaison de blé : semoule, pâte, blé en grain, …
Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi le blé fut l’objet de sélection engendrant qu’il contienne  4 fois plus de gluten que les variétés anciennes, comme l’épeautre ou le petit-épeautre (cela le rend plus aisément panifiable). C’est cette transformation du blé et sa surconsommation quotidienne qui engendre l’explosion des intolérances.

Il suffit des varier les sources de glucides comme les autres céréales et pseudo-céréales (sarrasin, quinoa, millet, etc.) mais aussi  les légumineuses.

La diversification (au sens premier du terme) de l’alimentation est totalement bénéfique pour le métabolisme. L’alimentation a une incidence directe sur le biote interne et aussi sur l’humeur des individus.
Il est maintenant connu que le système digestif abrite un nombre de neurones impressionnant. Ceux-ci ont un rôle majeur dans la production de la sérotonine et de la dopamine, des neurotransmetteurs indispensables à la régulation de l’humeur (entre autres).
Source : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2013/02/15/cerveau-vos-entrailles et https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/limage-de-la-semaine-le-ventre-notre-deuxieme-cerveau

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En citant Prévention Santé :

« Notre microbiote gouverne notre existence de 3 façons :

  1. La voie du système nerveux. Le ventre avec son microbiote intestinal, peut agir sur le cerveau par voie nerveuse, en stimulant les terminaisons du système nerveux entérique composé d’au mois 200 millions de neurones qui communiquent avec le cerveau par l’intermédiaire du nerf vague.
  2. La voie du système sanguin. Le ventre peut aussi agir grâce aux vaisseaux sanguins qui irriguent la totalité des organes et des tissus.
  3. La voie du système immunitaire. Les bactéries peuvent influencer nos défenses naturelles en agissant sur les cellules immunitaires au niveau des intestins. »

 

Pour de plus amples explications sur les rôles et l’importance du microbiote: https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/le-microbiote-allie-de-notre-cerveau_105135

De plus en plus de recherches précisent les rôles et actions du système nerveux entérique.
Dès lors, cela permet de comprendre dans quelle mesure la qualité des aliments et leur digestion sont indispensables pour se sentir bien dans son ensemble. Ce n’est pas une mode de fuir l’industriel, mais bien un retour vers ce que le métabolisme peut assimiler sans mal ni méfaits.

 

  • Le rapport des parents à la nourriture :

La plupart des adultes ont développé un rapport particulier à la nourriture, qui est pris pour acquis.
Certains ont exclu l’un ou l’autre aliment, d’autres ne mangent pas régulièrement, ceux qui vivent seul.e.s se laissent souvent tenter par des plats préparés ou par des préparations « à la va vite ».
La gestion de la quantité peut également être vectrice de problème.
Combien de personnes se sentent obligées de peser leur aliment afin de savoir quelle portion manger… car le corps ne permet plus une régulation spontanée ?

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La question de l’alimentation de l’enfant et de son comportement par rapport à la nourriture va être des miroirs grossissant du lien des parents à leur alimentation.
Une mère qui n’aime pas manger… et un enfant qui trouve que c’est une perte de temps.
Des parents qui préparent à manger des repas équilibrés et bio, mais qui ne partagent pas ce repas.
Le recours systématique aux plats industriels pour bébé met en évidence la crainte de ne pas proposer quelque chose qui n’est pas suffisamment sain voire un sentiment d’incapacité de la part des parents.
Le refus de manger de l’enfant, ou son désintérêt de la nourriture, alors qu’un de ses parents a passé du temps à préparer le repas avec la volonté de faire plaisir va être mal perçu. Avoir le rôle de celui qui nourrit la tribu engendre un pouvoir envers ceux qui en bénéficient. Il y a une grande notion d’égo dans la nourriture. La personne va souvent se sentir offenser si le repas préparé avec amour n’est pas reçu avec appétit.
Or, comme je l’ai précisé auparavant, l’appétit ne dépend pas uniquement du repas. Quel que soit la réaction face au plat présenté, celle/celui qui cuisine aura fait de son mieux et pourra se faire plaisir en mangeant… Il est nécessaire de se détacher des réactions d’autrui pour s’assurer que ce qu’on a fait est « bien ».
L’idée est de proposer… les autres disposent, s’ils y consentent. Sinon, tant pis !
Il y aura au moins une personne susceptible d’apprécier la préparation : la personne qui a cuisiné. Dans les cas où le plat n’est pas consommé au moment du repas, il est nécessaire d’inviter les autres soit de s’abstenir de commentaires (s’ils sont négatifs) soit d’exprimer les raisons de son manque d’appétit.
Cela te permettra de comprendre et de ne pas développer de colère, de tristesse voire de culpabilité (d’être pas assez « bon » en cuisine, par exemple). De plus, l’appréciation d’un plat est tout à fait personnelle. Il n’y a pas lieu de percevoir l’attitude de quelqu’un, vis-à-vis de sa cuisine, comme une quelconque critique personnelle.

Dans tous les cas, il peut être intéressant de se pencher sur soi-même et de décrypter ses propres fonctionnements afin de ne pas contreplaquer ses propres difficultés sur les enfants.
C’est l’occasion de régler ses conflits internes et d’adapter les aspects alimentaire de manière à ce qu’ils soient profitables à chacun.

 

  • Lâcher-prise, claquer la porte aux normes et accepter la diversité

Pour se sentir bien avec l’alimentation de l’enfant, il faut lâcher-prise. Ce n’est pas du laisser-aller : il n’est pas question de proposer des coquillettes au beurre avec du jambon bien rose de nitrite 5 fois par semaine, mais de ne pas tenter d’influer ce sur quoi il n’est pas possible d’agir concrètement.

L’objectif est de préserver la capacité de l’enfant à gérer son appétit et ses apports alimentaires. En l’absence d’aliments surmédiatisés industriels, les enfants choisiront ce dont ils ont besoin. Le rôle des parents est de mettre à disposition les ingrédients de bonne qualité et diversifiés.

Le lâcher-prise, c’est aussi oublier les normes que les enfants devraient manger en fonction de leur âge. Cela permet un détachement par rapport à ces données numériques qui n’ont, de toute façon, aucun écho pour le corps de l’enfant.
Certains enfants mangeront avec appétit dès 6 mois alors que d’autres débuteront la diversification à presque 1 an, passant du bébé inintéressé à un bambin qui croque la vie à pleine dents.

Enfin, il est également nécessaire d’accepter que notre enfant a une morphologie qui lui est propre (en l’absence de maladie, bien entendu). Il pourra être « petit poids » et être dans la courbe base, ou bien, être le « costaud » qui explose les courbes. Peu importe, dans le fond, puisque l’important est qu’il suive sa propre courbe. Tant qu’il n’y a pas de cassure, il n’y a pas de crainte à avoir.
Cela veut aussi dire qu’on apprendra à nos enfants à s’aimer tels qu’ils sont, qu’un fils soit « maigrichon » ou une fille « boulotte ».
La société nous vend, d’une part, des hommes grands avec un beau capital musculaire et, d’autre part, la jeune femme filiforme puis ensuite avec des formes placées uniquement aux endroits attendus.
La réalité est bien plus diverse que cela. C’est inéquitable, mais chacun.e à un métabolisme spécifique. Certain.e.s peuvent manger sans grossir et d’autres s’arrondissent dès que leur alimentation se déséquilibre durant quelques jours.
Au lieu de courir derrière le mirage d’un corps « parfait », il est possible d’investir cette énergie en acceptation de soi.  Voici  un ouvrage pour aller plus loin si la diversité de l’humain attise ta curiosité : https://books.openedition.org/editionscnrs/2979?lang=fr

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  • En résumé, que faire pour favoriser un rapport serein à l’alimentation ?
    • Se renseigner en tant que parent sur l’alimentation (je souhaite t’avoir ouvert une porte) et éviter les produits ultratransformés ;
    • Respecter l’appétit de l’enfant : le laisser dire quelle quantité il souhaite, le laisser se servir seul (quand il atteint l’âge), le laisser gérer son appétit en acceptant qu’il fluctue d’un moment/jour à l’autre ;
    • Se refuser aux interdits : ne pas bannir un aliment, sinon il deviendra un objet de convoitise. Ne pas utiliser les aliments comme récompense (« finis tes légumes et tu auras un dessert ! »). Et si des produits industriels engendrent un problème, la seule solution est simplement de ne plus l’acheter !
    • Penser du bien des aliments : pas de jugement, juste écouter sa faim ;
    • Partager les responsabilités de la nourriture dans le foyer : le père et la mère doivent nourrir la famille et faire front par rapport aux aliments à éviter. Il sera aussi opportun d’inviter l’enfant à prendre part à la préparation du repas. Cela aura des avantages tant en termes de motricité que de l’apprentissage des connaissances sur l’alimentation ;
    • Privilégier les repas à table, en l’absence de télévision ou d’écrans, afin d’avoir toute son attention disponible et d’être à l’écoute de sa satiété.

 

Il y a quelques lectures qui pourront t’accompagner dans ton rapport à la nourriture :

  • « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat (oui, encore elle, que veux-tu, c’est une autrice qui me passionne par la qualité de son information et la clarté de ses explications) : il aborde autant les aspects individuels que les qualités nutrionnelles, le tout parsemé de recettes ! Un délice à lire !
  • « Toxic » de William Reymond, qui met en évidence les incohérences et les méfaits du système agro-alimentaire. On se prend une claque en lisant, mais c’est en ouvrant les yeux qu’on pourra vivre dans un mode plus cohérent et bienveillant envers nous mais aussi envers la planète dans son ensemble.

Un film intéressant : « Nos enfants nous accuseront » : http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/ dont j’ai trouvé un lien sur Youtube  https://www.youtube.com/watch?v=yrJN-itVZLQ
Je l’avais vu quand il est sorti dans quelques salles en 2008 (ou 2009) et là aussi, cela aide à ouvrir les yeux.
Un autre film documentaire qui a fait grand bruit en 2016, par sa richesse et ses perspectives optimistes après avoir fait ces constats socialement et écologiquement alarmants : « Demain » https://www.demain-lefilm.com/
Parce que oui, c’est inquiétant de s’informer. On peut avoir l’impression d’être pris.e au piège d’un système qui nous dépasse et dont il est impossible de sortir. Un peu comme il semble parfois insurmontable de mettre en exergue tous les mécanismes internes qui nous habitent et que nous n’avons pas envie de transmettre. Mais ce n’est pas impossible, pas à pas, élément par élément, nous pouvons évoluer et mobiliser de nouvelles connaissances  afin de mettre en œuvre de nouveaux fonctionnements. Il s’agit d’un cheminement qui permet de croître de manière à apprendre, encore et toujours, grâce à la curiosité !

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Je te souhaite un beau cheminement, en sachant tout cela.

A bientôt, Lectrice et Lecteur Curieuse.x.

 

Sources complémentaires consultées (oui, enfin, certaines):

http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/

http://www.doctissimo.fr/bebe/maladies-infantiles/problemes-digestifs-et-urinaires-de-bebe/troubles-du-comportement-alimentaire-du-bebe

 

 

Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le quatrième trimestre de grossesse ou « la découverte du Nouveau Monde » !

Dans cet article, je vais te proposer de traverser (moralement et pratiquement) les premières semaines de ce nourrisson qui découvre la vie extra-utérine de la manière la plus cool possible.
Prépare-toi, ça va remuer … et ton cœur va exploser d’amour !

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Ce matin-là, le soleil se lève mais rien n’est plus pareil.
Tu l’as dans les bras, ce bébé.
Et ça chamboule pas mal de choses !
Après l’effort, le réconfort de voir cette bouille ronde et rebondie (si bébé est né à terme, ce que je te souhaite. Si ça n’est pas le cas : courage, vous allez y arriver à cette vie ensemble et sereine !).
Il n’en est pas moins que tu as les stigmates de ce qu’il vient de se passer : une sensation entre le camion et l’éléphant qui vient de te passer dessus (et entre les jambes ou le bas du ventre, en cas de césarienne !).
Bref, tu n’es pas au top de ta forme. D’ailleurs, ce ventre n’est plus vraiment rond (mais pas vraiment absent non plus : un petit tour pour en savoir plus sur  « si j’avais su : le corps d’une femme après l’accouchement »).
Niveau moral, tout dépend de comment va le bébé et de la manière dont ton corps réagit.
Et puis la stupeur de découvrir ce petit-être complétement en attente de toi, de ton odeur, de ta voix… Tous ces éléments qui lui sont familiers et qui le/la rassure idéalement.

Tu te rends compte que tu peux difficilement boire un café chaud ou aller aux toilettes sereinement sans craindre d’avoir un bébé qui te demande (bientôt, tu iras aux toilettes avec le bébé en écharpe !).
Parce que c’est vrai : maintenant et pour de nombreuses années, quelqu’un aura un intense besoin de toi.
Je ne dis pas ça pour effrayer, mais pour avertir.
Un nourrisson ne se contente pas de téter et de dormir. Enfin, si… Si on prend bien en compte qu’il peut passer des heures au sein à mélanger les deux activités. C’est tout à fait normal voire souhaitable dans ses premiers jours. Il/elle active de ce fait ta montée de lait.
Tes nuits vont être chamboulées (sans blague !) et c’est pour cette raison que je te conseille vivement le cododo dès la maternité !
Cela sauvera ton dos, ton sommeil, et réduira allégrement ton épuisement.

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Question allaitement, tu vas avoir ton bébé collé au sein beaucoup, vraiment beaucoup pendant les premières semaines car c’est là que tout se met en place question lactation.
Alors n’écoute pas les conseils pavés d’ignorance tels que : « il faut laisser du temps pour digérer ! », « Il régurgite parce qu’il mange trop », « il demande le sein parce qu’il a trop faim : donne un biberon », « mets lui une tétine, ça le calmera ! », …
En gros, dès que ton bébé s’éveille, mets-le au sein. N’attends pas qu’il pleure, c’est inutile pour lui et pour toi. Voici quelques conseils pour débuter son allaitement.

Ça peut être déstabilisant, les premières semaines, d’avoir un enfant tout le temps dans les bras (et si souvent en train de téter).
Tu passes d’une entité simple à une entité composée de deux individus. Or, l’un d’eux ne tolère que ta présence.
Encore une fois, c’est normal.  Comme expliqué dans mon article sur le maternage proximal, l’être humain est un primate (eh oui, il faut l’admettre) ce qui implique que le petit naissant très immature a le besoin d’être sécurisé, nourri et recevoir des soins constamment.
A toi l’écharpe de portage, les vêtements extensibles (pour passer vite fait le sein au-dessus) et la patience.
Fais confiance à ton bébé sur son rythme, il sait de quoi il a besoin. Dès le départ, il va falloir apprendre à lâcher-prise sur ces vieilles croyances et laisser le bébé gérer ses demandes. Je peux te suggérer la lecture de mon article  « clefs pour démarrer un allaitement » afin de t’aiguiller ou de rassurer tes impressions !

Pratiquement, dès le départ, assure-toi d’avoir de l’aide à domicile (environ les 15 premiers jours, vraiment).
Tu peux demander à tes ami.e.s ou à la famille de se relayer pour venir te passer un coup d’aspirateur ou te faire tes courses (si tu n’es pas maman solo, tu auras ton/ta conjoint.e le fera).
Idéalement, si les gens veulent venir te voir, prépare-les. Oui, ils verront un bout de sein. Oui, peut-être plusieurs fois sur une même heure. Oui, c’est normal.
« Et si tu peux amener de quoi manger, ça serait top ! » pourra être ta phrase de fin.
Il est préférable de manger des choses nutritives qui vont te tenir en forme et fournir à ton corps l’énergie pour se reconstruire du marathon de l’accouchement et des premières semaines mouvementées.

 

Comment faire pour bien manger en étant jeune maman ?

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Deux cas de figure possibles : soit tu as de la famille soit tu es seule.
Si tu as de la famille, tu peux leur déléguer la préparation de quelques repas.
Si tu es seule, et même si ce n’est pas le cas, anticipe !
Durant les 4 dernières semaines de ta grossesse, prépare des plats en plus grande quantité et mets au congélateur des portions individuelles.
Cela te sauvera ! Tu pourras manger bien et rapidement. Il est impératif pour ta santé tant physique que mentale que tu maintiennes une alimentation qualitative et régulière dans la journée (c’est-à-dire plusieurs fois par jour, peu importe l’heure).
En outre, n’essaye pas de faire coïncider tes repas avec celui des autres, du moins, pas les toutes premières semaines.
Focalise-toi sur ton rythme avec le bébé… et Prépare des linges (tétras) !
Tu vas pouvoir manger pendant que ton bébé dort. Une manière de le faire ? Pendant qu’il dort dans l’écharpe (rappel : pas de mauvaise habitude en restant en écharpe 16h/24 si nécessaire – et c’est souvent nécessaire puisque le bébé humain a besoin de proximité pour être serein).
Tu places alors un linge au-dessus de sa tête et tu manges… salement (oui, quand on est à 30 cm de la table, c’est vraiment la galère ! J’ai mangé à la cuillère à soupe pendant des mois !). Mais tu manges.
Si par chance, cela colle à l’heure du repas familial, tant mieux.
Mais vraiment : ne te colle pas de stress avec des impératifs de norme sociétale. Ton bébé se fiche des horaires, la seule horloge qu’il écoute et comprend, c’est celle de ses besoins physiologiques.

Si tu es maman solo ou lorsque tu es seule avec ton bébé, c’est encore plus simple (question horaires « sociaux », soyons honnête !), car il n’y a pas un tiers qui s’attend à manger à une heure précise ou qui est tiraillé par la faim.
Par contre, cela demande une organisation pour préparer ses repas si tu n’as plus d’avance.
Une première idée est de cuisiner à chaque fois pour deux ou trois repas.
Question préparation, il est évident que c’est compliqué d’enchaîner la préparation et le repas dans la foulée sans que les bébés ne demandent à téter, dormir, être câliné.
Mais comme je l’ai déjà dit, il n’y a aucun problème à cuisiner et à manger lorsque le bébé dort sur toi (il faut juste faire attention aux projections ! Evidemment, on ne fait pas de friture avec un bébé en position ventrale).
Je te suggère de préparer tes repas en milieux de matinée pour midi et en après-midi pour le soir. Une fois que les plats sont prêts, tu peux les déguster quand tu le souhaites.

rawpixel-656748-unsplash.jpgIl est également nécessaire d’avoir des encas sains à grignoter en cas de fringale (qui vont surgir !). Cela te permettra de ne pas plonger sur des biscuits ou autres « crasses » qui ne te nourriront pas réellement.
Tu peux avoir des carottes ou autres légumes crus à croquer. Ensuite, tu peux miser sur les fruits secs et les oléagineux. Comme je l’ai conseillé dans d’autres articles, dès l’accouchement, cela n’a que des bénéfices.

 

Autre aspect pratique : ton hygiène corporelle !
C’est très cliché de voir dans les films ou d’entendre : « Tu verras, tu te retrouveras à 15h en pyjama ! ».
Alors, en effet, c’est possible… Mais il y a pleins de possibilités pour qu’il en soit autrement.
D’expérience personnelle, j’ai modifié mes heures de douche en fonction de l’âge de ma fille.
Au départ, je me douchais en 3 minutes chrono pendant qu’elle dormait (on ne sait jamais combien de temps ça dort, un nouveau-né !).
A partir du moment où les bébés regardent les arches disposées au-dessus ou à côté d’eux (je rappelle que les mobiles lumineux et musicaux sont à éviter pour diverses raisons expliquées dans cet article sur la motricité libre), on peut profiter d’un temps d’éveil pour foncer sur la douche.
Par exemple, le temps d’éveil juste après le réveil de la nuit.
On installe le tapis d’éveil dans la salle de bain et on fonce sous la douche. Cette organisation fonctionne à merveille pendant des mois !
Alors je vais être honnête, on ne prend pas son temps sous la douche quand personne ne peut surveiller ou prendre les bébés lorsqu’ils s’impatientent. Mais on est propre ! Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Pour le bébé, ces premiers mois lui amènent une foule de nouvelles sensations. Il découvre le froid, le chaud, la faim, la peur, la lumière vive, le mouvement, et tout ce qui compose l’environnement qui était filtré jusque-là.
Le bébé était jusque-là bercé h24 et accompagné par les bruits internes de la mère. La plupart des bébés sont à l’aise pour dormir alors qu’on passe l’aspirateur (ça peut même les endormir. C’est un truc à tester ! Ayant deux chats à poils longs, je dois allumer la machine tous les jours et j’ai ainsi endormi ma fille aisément, tout en gardant un intérieur dénué de touffes de poils).
Mais cela veut aussi dire que le bébé a besoin de sa mère ou d’un.e référent.e constamment. Ce n’est pas peu dire… Car le bébé va se réveiller s’il est posé (et qu’il ne sent plus son bercement habituel et les odeurs familières). La plainte arrivera également s’il/elle est laissé.e posée longtemps. A partir de quelques semaines, l’attention et la vue du bébé lui donnent envie d’observer et pourra être posé un peu plus, jusqu’à ce qu’il s’ennuie.
Il n’est ni utile ni souhaitable de se dire que le bébé doit apprendre à patienter. Ça n’a aucun sens dans son existence. La tolérance à l’attente envers ses besoins viendra avec l’âge mais certainement pas dans la première année de vie.
Il en va de même avec le fait d’être porté : cela ne donne pas de mauvaise habitude. Cela octroie de la confiance en ses référent.e.s et la construction de sa base de sécurité. Je renvoie à mes articles sur le maternage proximal et le portage.
Cela peut paraître déconcertant car les siècles derniers ont laissé croire que la dyade mère-bébé était à séparer… Et donc, à promouvoir les couffins, les balancelles, l’alimentation au biberon, etc.
Les neurosciences affectives ont bel et bien démontré combien le maternage et l’éducation bienveillante (qui commence dès la naissance) sont bénéfiques pour le développement social, émotionnel et physique de l’enfant. Ce n’est donc pas une mode (comme je l’ai expliqué ), mais bien un retour aux sources validé par la science.
Ça donne de l’aplomb pour agir en tout état de conscience.

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On parle souvent du 4ième trimestre car c’est le moment où le bébé est encore dans un mode de vie qui demande une présence constante qui mime ce qu’il vivait dans le ventre de sa mère. C’est aussi la période du devenir parent, qui implique une découverte de soi.
Il faut cependant savoir que l’attente du bébé est explicitée par un adage : « 9 mois dans maman, 9 mois sur maman ».
En gros, le bébé va demander et avoir besoin d’être porté très fréquemment (avec tous les bénéfices que cela comporte) jusqu’à ce qu’il se déplace avec aisance (même après, le portage a tout son sens !).
Cela peut sembler énorme… Mais le temps passe extrêmement vite. Cette toute petite enfance s’envole avant même de s’en rendre compte.
Loin de moi l’idée de banaliser l’envahissement et la ferveur que cela engendre à chaque instant.

Cependant, il te faudra conscientiser la différence de rythme de ce petit-être avec le tien. Le lâcher-prise sera inestimable concernant ce que tu pensais pouvoir/devoir faire avant de détenir ces connaissances.
Le bébé humain ne fait pas la distinction jour/nuit (c’est-à-dire qu’il ne fonctionne pas sur le même cycle circadien que la plupart des autres humains). C’est aux alentours de 3 mois que son cycle sommeil/veille, et donc la distinction avec la nuit, se produit.
Avant cette date, il est fréquent que les bébés aient encore des périodes d’éveil long en pleine nuit. Dans notre cas, ma puce avait fréquemment des phases d’éveil de 22h à 23h30 jusqu’à presque 4 mois. Jusque-là, je l’ai gardé avec moi dans le salon en portage. Elle pouvait y dormir tranquillement, et moi, je mangeais, faisais ma vaisselle, recevais mes ami.e.s…
On allait se coucher en cododo à ses signes de fatigue et on enchaînait la nuit.
A partir de 4 mois, j’ai observé qu’elle s’endormait systématiquement après son bain, lors de la tétée. Quand j’ai observé qu’elle ne se réveillait plus que pour téter, j’ai tenté de la mettre au lit avant moi, en sortant de son bain. Tétée allongée et c’est parti pour la nuit (entrecoupée de tétées, il faut admettre !).
Je fais ce petit retour #storytelling car c’est assez exemplatif de ce que je te souhaite : ne pas perdre du temps et de l’énergie à tenter de poser un bébé afin qu’il dorme … alors qu’il/elle se réveillera à coup sûr. Il faut tenter de temps en temps et à partir d’un moment, ça finira par rouler.
Ici, les premières siestes en journée dans le lit ont eu lieu à 6 mois (quand je suis chez moi et encore, ça arrive qu’elle veuille rester avec moi pour dormir).
Bref : Keep cool and babywearing power !

Afin d’aider ton bébé à faire la différence jour/nuit, même si cela s’acquiert la plupart du temps (il y a toujours des exceptions, on ne peut les occulter), je te conseille de ne pas allumer la lumière et de faire le moins de mouvements et le moins de paroles à voix haute possible.
C’est un parti pris, mais personnellement, sauf selles, je n’ai pas changé ma fille la nuit. Je ne le fais que très rarement quand elle ne retrouve pas le sommeil ou qu’elle a débordé (ça arrive !).
Je ne sais pas si cela a un lien, mais avec ces habitudes nocturnes, elle n’a jamais eu de périodes d’éveil durant plus que le temps d’une tétée (où sont étions à moitié endormies) entre minuit et 6h du matin.

Bref, c’est un tourbillon journalier! Ça déménage et clairement, sauf si on a des amies ou une proche parente qui est passée par là récemment, on ne s’y attend pas.
Emotionnellement, entre le bonheur (et l’injonction de bonheur de la jeune mère exigée par la société) et la dévotion qu’un nouveau-né implique, c’est bouleversant.
Ce n’est pas forcément évident. Certaines peuvent se sentir envahies, d’autres très anxieuses d’être en charge de ce petit-être vulnérable, et d’autres encore complétement dépassées par la situation.
Je pense que ce sentiment de dépassement arrive à la plupart des primipares. Souvent au moment de quitter l’endroit où l’on a accouché et qu’on se dit : « Ok, je n’aurai plus de conseils à volonté, maintenant » (si tu as la chance d’avoir eu une structure soutenante et avertie).
En plus, le corps n’est pas vraiment au top de sa forme et cela joue sur le moral. Les douleurs ont un impact sur le moral. Il ne faut pas l’oublier et le prendre en compte.
Il faut aussi accepter de ne pas se sentir « si bien ».
Oui, ce bébé est là, mais ce n’est pas forcément l’explosion de joie voire d’amour attendu. Et même si notre cœur explose d’amour, ce n’est pas pour autant que tout semble évident.
L’état de « baby blues » peut durer quelques jours et s’estomper. Si ça n’est pas le cas après 15 jours, il ne faut pas tarder à prendre contact avec un.e professionnel.le de santé.

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Le couple, s’il y a, est aussi réaménagé. De nouvelles places sont à créer et des attitudes peuvent émerger alors que c’est complétement inattendu.
Tu pensais être une maman « super cool » qui serait ravie de voir certaines tâches déléguées… Et tu te retrouves totalement « louve ». Tu ne parviens à faire confiance à personne.
Tu acceptes de déléguer les tâches annexes mais tu refuses que quiconque approche de ton bébé.
A l’inverse, tu pensais tomber amoureuse de ce bébé et être totalement investie de cette nouvelle mission… Et finalement, tu as du mal à trouver tes marques à ce nouvel être qui s’est éloigné de votre symbiose  qui a un langage et des signes qui te semblent abscons.

Dans les deux cas, ce n’est pas grave ! Les sentiments et émotions évoluent jour après jour.
Il ne faut pas hésiter à parler de tes émotions par rapport à cet enfant à des personnes de confiance voire à des professionnel.le.s si cela te crée un vrai mal-être.
En outre, ne te laisse pas culpabiliser par l’entourage qui, sous couvert de bonnes intentions, peut remettre en question tout ce que tu fais !
Il est bon d’être soutenue et accompagnée : si quelqu’un te suggère une attitude, essaye de les briffer sur les manières de faire. Des conseils et de l’aide, oui, mais avec de la bienveillance.
Et le must : des conseils que lorsqu’on les sollicite ou lorsqu’une personne est témoin d’un sentiment de dépassement.
Si tu es questionnée sur tes choix, et que tu considères que les remarques ne sont pas pertinentes ou aidantes, tu peux consulter « Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? ». Cela peut te donner des pistes pour discuter et comprendre pourquoi l’éducation est tellement sujette à débat !

 

Cette période de ta vie est mémorable, mais pas forcément la plus épanouissante sur tous les plans.
Elle donne un aperçu de ce qu’est la vulnérabilité à l’état brut (la tienne et celle du bébé), mais ouvre aussi à l’écoute des besoins. Le fait d’être en empathie constante avec ce bébé fait ressortir ses propres besoins personnels primaires.
C’est l’occasion de s’ouvrir et à affirmer ses propres besoins. C’est le moment de demander de l’aide, et de laisser de côté son égo. Tu peux dormir lorsque le bébé se repose si tu en as besoin, manger quand tu as faim et être à l’écoute de ton corps qui a vécu un sacré traumatisme après 9 mois à se remplir mais qui s’est vidé si rapidement (oui, même 24h de travail, c’est rapide en regard de 9 mois de construction !).
Tu peux demander du soutien et de l’écoute de la part de ton entourage, à la condition d’être en totale bienveillance envers toi et ton bébé (cela permet d’ouvrir sa famille à la bienveillance, avant de l’amener à se questionner sur l’éducation positive et bienveillante).

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J’espère que cet article pourra te préparer à ce qu’il va se passer/se passe dans ta vie.
Fais-toi confiance et je te souhaite de trouver toutes les ressources nécessaires autour de toi. Dans le cas inverse, entoure-toi de professionnels qui sauront t’aiguiller.

A bientôt, Visiteuse.eur Curieuse.x !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

« Ah, tu allaites encore … ?! »

L’allaitement non-écourté (ou pas trop)

L’allaitement exclusif est à privilégier jusqu’à 6 mois. C’est un fait scientifiquement avéré. Les instances de santé estiment que le sevrage commence graduellement à partir de la diversification. Plus les aliments solides prendront de la place dans le bol alimentaire, moins le lait maternel trouvera sa place.
Les études mettent en évidence le profit pour l’enfant de la poursuite de l’allaitement jusqu’à 24 mois, en complément de l’alimentation solide. Comme je l’ai dit dans mon article « Bébé, que manges-tu ? », de 6 à 12 mois, le lait maternel représente au moins 50% des apports énergétiques et au moins 33% de 12 à 24 mois.

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Faut-il dès lors considérer que le sevrage doit être total à 24 mois ?
J’en appelle au bon sens humain : comment peut-on prédire ce qui est adapté à chaque couple mère-bébé étant donné que toutes les situations diffèrent.
Donner des échéances précises est absurde pour l’ensemble des étapes de développement.
La diversification est conseillée à partir de 6 mois car le système digestif est alors prêt à recevoir de l’alimentation solide. Mais l’intérêt de chaque enfant n’est pas le même.
Certains prendront plaisir à manger en « grande » quantité dès le départ et d’autres ne seront pas intéressés. Certains enfants ne mangent réellement volontiers que vers 12/14 mois.
Le tout, c’est de proposer sans se mettre de pression… et de continuer à allaiter à volonté !

D’autres critères sont suggérés pour le moment du sevrage:

  • âge de quadruplement du poids de naissance augmenté de quelques mois (entre 3 et 4 ans pour les humains) ;
  • âge où l’on atteint le tiers de son poids adulte (entre 6 et 7 ans pour les humains) ;
  • durée de la gestation (chez les primates les plus proches de l’Homme, à savoir les chimpanzés et les gorilles, la durée de l’allaitement est égale à plus de six fois la durée de la gestation) ;
  • âge d’apparition des premières molaires définitives (5,5 à 6 ans pour les humains, qui est aussi l’âge où le système immunitaire arrive à maturation).

De toutes ces données, on peut conclure que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situerait entre 2,5 et 6 ans. (source : https://www.lllfrance.org/1119-37-lallaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage)

Il faut aussi mettre en évidence que dans l’histoire, plus les sevrages étaient précoces, moindre était l’état de santé des enfants.

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Dans nos sociétés occidentales, l’allaitement de bambins est regardé de manière étrange, et certains psychiatres véhiculent des informations faussées concernant l’altération de la construction identitaire (trouble de la personnalité et attitude de dépendance) en cas d’allaitement « long ».
Il faut mettre un point final à ces informations fallacieuses ! La discussion est empreinte de patriarchie. Ces « éminents » spécialistes estiment alors que le corps de la femme appartient à l’homme et non à elle-même et qu’elle en dispose comme elle souhaite. Au demeurant, dans le cas qui nous intéresse, pour nourrir son enfant ou ses enfants grâce à ses seins qui, comble de l’étonnement, sont conçus pour ça.

Le sevrage peut-être naturel (dirigé par l’enfant) ou induit voire planifié par la mère.
Le sevrage induit est de loin le plus fréquent. Cela peut-être dû à l’introduction d’autres produits laitiers, par l’introduction et la confusion sein/tétine-biberon, par une nouvelle grossesse (car ça peut changer le goût du lait ce qui dérange éventuellement l’enfant allaité), par une grève de tétée qui serait compensé par une préparation commerciale pour nourrissons ou simplement par la volonté de cesser l’allaitement.
Dans ce dernier cas, il vaut mieux le faire progressivement. L’enfant sera dans l’incompréhension si la mère l’empêche de prendre le sein du jour au lendemain. Il ne faut pas oublier que le sein n’est pas que nutritif mais permet un contact proximal et une zone de sécurité. De plus, pour la mère, un arrêt brutal peut engendrer des douleurs inhérentes à un engorgement. J’invite donc les femmes qui souhaitent sevrer leur enfant à le faire progressivement, en supprimant une tétée après l’autre.

Le sevrage naturel est mis en place par l’enfant, graduellement. Il ne survient pas avant l’âge de 2 ans, puisque physiologiquement, l’enfant a encore besoin de lait.
L’enfant qui se sèvre de lui-même a acquis la capacité de déguster une grande variété de mets solides grâce au développement de sa mâchoire et de sa dentition, et particulièrement les prémolaires qui broient et mâchent adéquatement afin d’extraire les nutriments de leurs enveloppes (finis les grains de maïs ou de lin entier dans les selles !).
En outre, l’enfant peut exprimer ses besoins clairement afin de gérer les quantités. Il sait alors aussi gérer l’usage des couverts qui lui offrent la possibilité de manipuler la nourriture d’une manière socialement adaptée à son environnement (le riz qui ne « colle pas » est bien plus compliqué à manipulet que du riz gluant (yummy !)).
Ces développements permettent à l’enfant de se pencher avec plaisir sur une assiette qui lui fournira l’ensemble de ses apports énergétiques.

A l’heure actuelle, il est difficile d’estimer le taux d’enfant allaité jusqu’au sevrage naturel en occident. Par crainte du jugement, et des remarques tant issues de l’entourage que des milieux de santé, les femmes mentent. Beaucoup d’entre elles continuent à allaiter à l’abri des regards, dans leur sphère privée. Cela rend leur dénombrement ardu.

Les femmes qui souhaitent poursuivre leur allaitement jusqu’au sevrage naturel ne devraient pas minimiser l’existence des grèves de tétées. J’en parlerai à l’occasion d’un autre article plus précisément. Mais il est nécessaire de ne pas les confondre avec un sevrage naturel, qui ne survient pas avant l’âge de 2 ans.

Cet article a pour objectif de pouvoir remettre l’allaitement, dans tous ses états et dans toutes ses durées, comme le processus physiologiquement adapté du développement physique mais aussi pour l’évolution sociale et cognitive de l’enfant (source : Anderson, J. W. et al., « Breast-feeding and cognitive development: a meta-analysis », American Journal of Clinical Nutrition, 1999;70(4), pp 525-535). L’allaitement qui suit son cours « tardivement » favorise les compétences et l’augmentation des interactions sociales (source : Curley J. P. et al, « The Meaning of Weaning: Influence of the Weaning Period on Behavioral Development in Mice », Development Neuroscience 2009;31, pp 318–331).

Ces données ont un but informatif, dans un but de normalisation de l’allaitement dans la sphère publique au lieu d’être, comme c’est le cas en occident, une exception. En France, seuls 7.6% des bébés sont encore allaités entre 12 et 24 mois et seules 2.6% des femmes déclarent allaiter au-delà de 24 mois.

Il faut savoir que moi-même, si l’allaitement me semblait une évidence, j’envisageais de le faire un an. Puis, au fur et à mesure des renseignements glanés et des évidences scientifiques des bienfaits de l’allaitement tant pour l’enfant que pour la mère (diminution du risque de cancer ! 😀 ), j’ai décidé que cela serait jusqu’à « plus soif » de ma fille.
Oui, il y a peu, voir un grand bambin être allaité me paraissait bizarre. Parce que la société occidentale nous a vendu que c’était étrange et que les enfants devaient consommer du lait d’un autre animal… Mais dans les faits, c’est une aberration physiologiquement bien orchestrée (voir mon article sur le choix sein/biberon).
A très bientôt, lectrice.eur Curieuses.x !

Merci à ce blog pour son article concernant le sevrage et les sources : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/2012/03/sevrage-naturel-de-quoi-parle-t-on/

Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Bébé, que manges-tu ?

L’alimentation du bébé de la naissance au premier anniversaire : une première confiance à offrir.

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Dès la naissance, les nouveau-nés font face à une nouvelle sensation : la faim ! Jusque-là, ils étaient perfusés en continu.
A la naissance, le bébé cherche spontanément à ramper vers le sein. C’est ce qu’on appelle le crawl du nouveau-né. (voici quelques sources et études sur ce crawl et les bienfaits du contact peau-à-peau directement après la naissance : http://www.breastcrawl.org/science.shtml).

Voici une petite vidéo qui montre combien le bébé humain est compétent, dès sa naissance, à trouver sa ressource : https://www.youtube.com/watch?v=b3oPb4WdycE

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois. C’est-à-dire sans l’introduction de quelques autres aliments, même pas de l’eau.
Il est nécessaire de rappeler ces recommandations pour aller au-devant des suggestions de diversifications précoces (vers 4 mois), même si c’est suggéré par des pédiatres qui ne sont pas mis à jour…

Durant l’allaitement, il est nécessaire de laisser le guide de fréquence par les bébés. Ils savent exactement ce dont ils ont besoin.
Ils peuvent téter de 6 à 20 fois par 24h durant les premiers mois, et ensuite, cela se régule en allant vers un rythme de 6 à 12 tétées par 24h.
Il n’y a pas de rythme à respecter, dans aucune circonstance (il n’y a pas de bébé trop gros à cause de l’allaitement !). L’allaitement s’effectue à la demande. Les tétées peuvent durer 5 minutes ou 30, en fonction des enfants… des moments, des périodes de l’année (la chaleur engendre des tétées plus fréquentes et qui ne doivent pas être substituées par de l’eau !)

Tout ce lâcher-prise et cette confiance dans les capacités de l’enfant vont à l’encontre de l’habitude donnée depuis des générations (voire l’article biberon vs allaitement) d’avoir un contrôle sur le rythme des prises alimentaires (toutes les 3 ou 4h, au choix, et plus l’aspect culturel des repas pris à des heures fixe : 7h ; 12h ; 16h ; 19-20h). Il faut bien rappeler que ce sont des considérations culturelles dont le petit enfant se fiche et… n’a pas d’intérêt à les suivre.
Il en va de même pour la gestion des quantités. L’allaitement laisse à l’enfant la gestion de ses quantités alors qu’au biberon, la mesure de ce que l’enfant ingurgite est une question précise.

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Dès le départ, il ne faut pas se focaliser sur les rythme, les quantités ou les prises de poids scindées au jour près (sauf s’il y a une situation inquiétante, cela va de soi).
Cette recherche de contrôle est néfaste pour le moral des parents et complétement inutile dans le cadre de la sérénité quotidienne.
Fais confiance à ton bébé. Il sait ce qu’il se passe dans son corps et sait gérer ses besoins.

Le temps avance et ton bébé va changer de rythme biologique. Il va acquérir le rythme circadien (l’alternance jour/nuit) et ses phases de sommeil/éveil vont être plus régulières.
Personnellement, j’ai été vraiment à l’aise à partir du moment où ma fille tenait sa tête pour allaiter en écharpe aussi (ou en Mei Tai), ce qui permet d’être vraiment plus libre dans ses activités puisqu’on est même plus obligée de se déballer ! ^^

Vers le 4ième mois de vie, il te semblera que ton bébé veut manger en même temps que toi : il suit tes mouvements et essaie d’amener à la bouche tout ce que tu lui tends. Tu ne pourras probablement plus allaiter en mangeant (Oui, ça nous arrive à toutes, non ?!) car il sera diverti par tes gestes.
C’est aussi la période où j’ai pu arrêter de regarder mes séries/films/reportages car elle s’intéressait à l’écran !
Attention : ce n’est pas un signe qu’il/elle est prêt.e à manger mais juste que les acquisitions motrices permettant le mimétisme se perfectionnent !
Dans ces moments-là, tu peux lui donner des faux aliments en peluche/en bois ou encore une cuillère vide. Ton bébé sera ravi.

A partir du 6ième mois, il est possible de faire découvrir au bébé la nourriture.
Il y a la diversification classique : mouliné de légumes/fruits/féculents/protéines.
Il est également possible de préférer la Diversification Menée par l’Enfant (DME). Ce que j’ai fait, d’ailleurs.
La DME est une méthode de diversification où l’on présente des aliments entiers et de grandes tailles à l’enfant de manière à ce qu’il apprenne à croquer et à mâcher. Il peut patouiller dans les aliments et découvrir leur texture tout en développant la motricité fine nécessaire à leur manipulation.
Pour débuter la DME, il est nécessaire de respecter des règles de sécurité tant dans les signes physiques du bébé (qu’il sache se tenir assis droit dans sa chaise) que dans la présentation et le choix des aliments : évitons les rondelles de saucisse et les cerises entières… ! :-p
Voici un site qui recèle de nombreuses informations passionnantes au sujet de la DME : https://bebemangeseul.com/la-pratique/

A nouveau, il faudra lâcher prise lors de la diversification.
Bien qu’il soit fréquent (même à l’OMS) d’indiquer des quantités à respecter en fonction de l’âge des enfants, cela met une pression absurde tant sur l’enfant que sur les parents.
La diversification est une approche de la nourriture : le lait reste l’aliment privilégié et principal jusqu’à 12 mois ! L’OMS précise que le lait maternel confère 50% ou plus des apports énergétiques journaliers de 6 à 12 mois et un 33% environ de 12 à 24 mois.
L’allaitement n’est donc pas une bagatelle qui doit être délaissée dès la diversification.
Il faudra d’ailleurs veiller à proposer le sein avant tout aliment.
Cela vaut également pour les bébés en tire-allaitement ou au biberonde Préparation pour nourrissons (lait artificiel) .

Qui dit « approche » de la nourriture, ne veut pas seulement dire nourrissage. Surtout dans la DME où l’enfant a la possibilité de réellement découvrir les aliments sous tous leurs angles, l’aspect des quantités avalées ne doivent pas poser question avant 12 mois.
Il faut réussir à faire fi des comparaisons entre enfants.
Le seul point d’attention sera lorsqu’un enfant refuse d’avaler et a un réflexe vomitif très marqué, et ce  très tard. Les troubles de l’oralité peuvent alors être investigués. Mais il ne faut pas y penser en première intention et laisser à l’enfant le temps de découvrir les textures des aliments.

Quand l’enfant commence à s’alimenter, ses prises alimentaires ne sont pas de quantités identiques : cela dépend de son appétit.

Je rappelle, comme évoqué dans mon article sur les besoins, que l’enfant jusqu’à 12 mois est mu par ses besoins et qu’il sait les écouter.
Ce n’est qu’après confrontation à des contraintes sociales et à des refus que l’humain ne parvient plus à lire ses signaux internes aussi facilement.
Combien d’adultes n’ont pas du mal à gérer leur appétit et leur satiété ?

Il est fort probable que ces difficultés soient inhérentes à un manque d’écoute des besoins lors de l’enfance. Avec des phrases comme : « finis ton assiette ! » ou « ne mange pas tant ! », la capacité de l’organisme à reconnaître les signaux primordiaux est brimée.

Il est dès lors utile de laisser l’enfant manger à sa faim. Parfois peu, parfois beaucoup, sans prêter attention aux grammages des assiettes.

Il en va de même pour les heures des repas : il est socialement déterminé de proposer un encas lors de longue matinée, ou un goûter à 16h, sans forcément laisser l’enfant exprimer son besoin de manger.
Culturellement, les menus changent. En France, le petit déjeuner est sucré alors que le repas matinal en Asie est similaire à ceux des autres moments de la journée.
Il est possible de proposer à l’enfant de manger à différente heure de la journée : il est possible que ton enfant ait faim à 10h et à 15h de nourriture solide mais qu’il n’en ait pas envie à 12h. Et pourquoi pas ? J

Il a tout le temps de sa vie pour coller aux normes sociales. Les compétences nécessaires pour écouter ses signaux corporels sont chères. Si tu peux les préserver, fais-le ! Tu en feras une personne plus à même d’être à l’aise avec ses propres besoins.

Te concernant, je ne peux que te conseiller de résister à la pression de l’entourage ou  des endroits de garde qui peuvent te suggérer un mode d’alimentation qui ne te convient pas.
Si tu veux faire la DME : fais-le ! Si tu veux allaiter jusqu’au sevrage naturel : fais-le !
Et après, il mangera comme les autres mais en ayant découvert les aliments sous leur forme naturelle.
Si tu veux que ton enfant ne mange pas de produit transformé, ne cède pas aux suggestions des flocons et autres biscuits écrasés pour appâter les papilles des petits. Induire une appétence au sucre raffiné n’est pas un cadeau et viendra, probablement, bien assez tôt !

En somme, fais confiance à ton enfant et fais valoir ton point de vue ! Ton enfant sait ce dont il a besoin et tu n’as pas à céder face à une pression normative.
Le rapport à la nourriture a sa place dans le sujet de l’éducation bienveillante. L’enfant est responsabilisé dans ses apports. Cela demande un lâcher-prise, une confiance et une compréhension des réels besoins des petits d’humain.

A très bientôt, les Curieuses.x !