Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Masturbation et sexualité infantile, s’extirper des croyances et des tabous!

«- la masturbation rend sourd !

-Quoi ? Distribution de topinambours ?!» Reiser

reiser

Tu excuseras mon humour, mais il a été constitutif de mes lectures adolescentes… Grâce aux ouvrages « planqués » par mon père, que j’ai tous lus entre 11 et 12 ans !
Malgré ces lectures particulières, je suis une femme à la sexualité tout ce qu’il y a de plus banale.
Dans cet article, j’ai décidé de parler d’un sujet qui est rarement abordé dans les sphères de la parentalité….
La question se pose à mi-mot, de peur d’être jugé.e…
« Mon enfant se frotte les parties génitales. Que dois-je faire ? »

Force est de constater que cela inquiète.
Quand un.e enfant commence à mettre sa main au niveau de ses parties génitales et qu’iel semble y trouver un peu de plaisir, cela jette un froid dans l’esprit de beaucoup de parents.

Souvent mal à l’aise, les propos sont souvent confus et les réactions estimées inadéquates a posteriori.

Ce n’est pas simple d’être confronté, vers 2, 3 ou 4 ans, à des comportements que, nous adultes, assimilons à une sexualité « aboutie ».

Pourtant, la sexualité infantile n’est pas neuve. Des textes relates ces gestes depuis plus d’un siècle et demi… Mais la manière de l’aborder à quel que peu évoluée, et heureusement !

kiana-bosman-wSSTkMDMvZo-unsplash

Tout d’abord, deux cas de figure où je vais te demander de visualiser la chose :

  • Ton petit garçon est dans son bain, en train de tripatouiller son pénis.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

SUITE : Il tire dessus, le frotte et une petite érection semble se déclencher.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

Il y a fort qu’à parier que la première étape te semble anodine. Après tout, tripoter quelque chose qui dépasse, ce n’est pas inhabituel.
Il est de notoriété publique que beaucoup de petits garçons touchent leurs pénis et joue avec. Les gestes sont souvent tels qu’ils n’appellent à aucune ambiguïté : ce n’est pas une sexualité génitale.
Seulement, quand il s’agit de plaisir corporel (et visible), cela commence à coincer.

  • Ta petite fille est assise dans la baignoire. Assise avec les jambes écartées, elle ausculte son corps et touche à tout ce qui attire son attention.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

SUITE : Elle passe parfois du temps avec sa main dans ses vêtements, touche manifestement des parties de sa vulve qui lui font plaisir, c’est-à-dire son clitoris, le plus souvent. Elle se frotte sur des coussins, une peluche ou le coin du canapé, même en ta présence.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

Très souvent, dès qu’une petite fille explore sa vulve, la réaction de l’entourage est décontenancée.
Puisque ça ne dépasse pas, c’est comme si ça ne devait pas être l’objet d’attention.
En plus, le geste répétitif ne laisse pas d’ambiguïté : la recherche de plaisir est manifeste.

Seulement voilà, aussi étonnant cela soit-il, il est logique que le fait de toucher des zones très innervées et CONSTRUITES pour donner sur plaisir… donne du plaisir.

Cependant, la manière de recevoir ces actes, en fonction du genre assignée, est très différente.
Les gestes des petites filles mettent davantage mal à l’aise que ceux des garçons.
Pourtant, les mêmes mécanismes sont en jeu.

 

La découverte du corps

Commençons par le début.
Les enfants naissent nus.
Au fur et à mesure de sa croissance, iels explorent leur corps, leurs mouvements, leur motricité et les sensations qui vont avec.
Toutes les acquisitions commencent par un geste non-contrôlé.
Ensuite, la précision s’acquiert progressivement grâce aux feedbacks donnés par les sensations que cela donne : le fait de toucher une certaine texture, de tenir debout, la gestion du déséquilibre, etc.

La masturbation (appelons un chat, un chat!) part du même principe.
Les mains explorent et tombent sur une zone qui procure des effets agréables. Dans une volonté de retrouver ce que cela provoque, les enfants répètent les mouvements.

La sexualité infantile est entièrement autocentré. Elle n’appelle à l’intervention de personne et ne s’oriente vers aucun individu.
Cela n’exclut par que des enfants d’âge similaire peuvent être curieux les uns des autres : soit pour découvrir un autre sexe (pas forcément défini, rappelons que les intersexes existent) soit pour constater que « Oh, c’est pareil chez toi ! ».

Les explorations du corps s’effectue en général vers 3 ans … Âge auquel les enfants se retrouvent sans couche en Occident.
Les parents d’enfants pratiquant l’Hygiène Naturelle Infantile peuvent témoigner du fait que l’exploration des parties génitales et le contact avec les effets de cette zone s’effectue beaucoup plus tôt.
Très souvent, d’ailleurs, le rapport au corps des parents d’enfants en HNI est plus libéré.
Le fait d’avoir été beaucoup confrontés à l’élimination et aux enfants laissés le siège à l’air accélère une déconstruction (cruciale à mon sens) : la nudité n’a aucun rapport avec la sexualité, telle que les adultes se la représentent.

Sans prôner la pratique du naturisme, je pense que nous avons tou.te.s à gagner à déconstruire les ressentiments d’une nudité gênante.

La plupart des enfants adorent se balade peu vêtus/nus.

La pudeur est une construction sociale…

C’est avec l’âge et l’exemple des parents que les pratiques quotidiennes vont évoluer.
Les parents pudiques auront des enfants qui chercheront à s’habiller ou à se cacher, alors que dans d’autres familles, porter des vêtements ne sera un enjeu que pour la sociabilisation (en sortie ou quand il y a des invité.e.s).

Il n’y a aucun jugement de valeur dans mes mots, juste des constats.
Aucune situation n’est meilleure qu’une autre, il faut juste conscientiser que les jeunes enfants n’ont pas le même rapport au corps que nous, adultes ayant déjà incorporés notre culture ambiante (familiale et sociale).

La sexualité est un continuum.
Si nous parlions aux enfants, sans tabou, il n’y aurait pas cette chape de plomb qui entame la confiance des jeunes à parler de sexualité avec leurs parents.
Certes, ce n’est pas un problème dans toutes les familles, mais c’est fréquent…
Et cela commence simplement par le fait de nommer les parties du corps avec leurs noms réels.
Vulve, Pénis, clitoris, Scrotum, petites lèvres, testicule, urètre, méa urinaire, anus, prépuce, …
Souvent, c’est plus mignon d’entendre des enfants dire « mon zizi » et « ma nénétte ».
Mais souhaitons-nous que les enfants soient mignons envers leur corps ou puissent avoir le pouvoir de leurs corps ?
Parler avec les bons termes permet aux enfants de diminuer leur niveau de mignonnerie pour les éventuels prédateurs sexuels.

Il est aussi important de mettre en exergue que leur corps leur appartient et qu’iels ne doivent rien tolérer de la part de tiers, jusqu’à ce qu’iels soient assez grands pour le vouloir.
Leur apprendre à refuser les contacts et le consentement passe par la prise en compte de l’ensemble de leur corps : ne pas forcer à recevoir des bisous ou en faire, ne pas chatouiller quand iels n’en ont plus envie, ne pas se faire pincer/caresser « affectueusement » alors que leurs comportements non-verbaux démontrent un inconfort.

gaelle-marcel-8992-unsplash

Pour revenir au vif du sujet, La sexualité infantile a cet effet « effraction » qui rappellent que ces petits enfants, encore lovés contre nous, parfois allaités et partageant nos lits, sont bien mus par des élans vitaux qui ne dépendent pas de notre volonté.

Pourtant, la masturbation n’est aucunement problématique. Il est simplement nécessaire de guider les enfants vers des règles sociales : le plaisir corporel, comme d’autres activités pendant lesquels le dérangement n’est pas souhaitable, s’effectue prioritairement en solo.
L’idée n’est pas de rendre cela honteux mais bien de circonscrire les espaces communs à des tâches susceptibles d’être effectuées ensemble.

 

Suggestions d’interventions quotidiennes :

Si un.e enfant commence à toucher ses parties génitales, il est possible de lui rappeler que cet agréable geste est à effectuer dans sa chambre/un espace seul.e.
Si cela se produit dans un moment inopportun, rappeler ou enlever doucement la main de cet endroit et attirer l’attention sur autre chose.

L’objectif est multiple :

  • Faire passer le message que c’est un comportement normal et personnel
  • Au fur et à mesure, les conventions sociales vont s’apprendre et iels vont garder ces moments pour elleux
  • La parole est disponible sur ce sujet (et là, chacun.e a peut-être à travailler sur soi 😉 )

Bien sûr, il est nécessaire d’éviter les moqueries, les gronderies, les jugements négatifs, les phrases chocs comme « Arrête, c’est sale ! ».
Cependant, le versant opposé peut aussi être problématique.
Ne pas en parler forme un tabou et, parfois, l’impression pour les enfants de mal agir… Mais TROP en parler peut induire des éléments psychiques inadéquats.
Répondre aux questions simplement, sans fioriture, est une guideline assez simple.
Quand iels voudront plus d’information, iels reviendront. Chaque chose en son temps.

 

 

Les situations à surveiller

Dans certains cas, les actes masturbatoires recèlent de quelque chose de plus intense.
Certains enfants se blessent aux parties génitales, cessent des activités pour se dédier à la masturbation, refuse de cesser de se toucher même après plusieurs demandes respectueuses et pondérées (rappel : l’agressivité amène de l’opposition ou de la peur, pas de la compréhension. Cf mon article sur les effets des punitions).

Ces attitudes doivent attirer l’attention, car elles peuvent être signe d’actes auxquels iels n’auraient pas dû être exposés : attouchements sexuels (de la part d’enfants ou d’adultes!) , scènes de film pornographique, assister à des relations sexuelles entre adultes, …

Je copie/colle un passage de naitreetgrandir :

« Comportements plus à risque d’être le signe d’une agression sexuelle

  • Il oblige les autres enfants à se déshabiller.
  • Il caresse les parties génitales d’autres enfants.
  • Il en sait trop sur le sexe pour son âge. Par exemple, il est au courant des relations sexuelles orales et des positions sexuelles.
  • Il simule des rapports sexuels ou d’autres comportements sexuels adultes.
  • Il utilise la menace, le chantage ou la contrainte dans ses « jeux sexuels » avec d’autres enfants.
  • Il a des comportements sexualisés envers des adolescents ou des adultes.
  • Il introduit des objets dans son vagin ou son rectum ou dans ceux d’autres enfants.
  • Il demande à regarder des images sexuellement explicites. »

Bien sûr, ces informations servent en cas d’attitudes préoccupantes.
La masturbation, même quotidienne, n’est pas préoccupante en tant que telle.

 

 

Construction sociale de la masturbation et de la sexualité

pour finir, et afin d’ajouter une pierre en plus à l’édifice d’une éducation non-genrée, il convient bien de parler du rapport à la sexualité en fonction du genre…

Si tous les garçons parlent avec générosité de masturbation dès la pré-adolescence, c’est beaucoup moins le cas des jeunes filles.
Même chez les femmes adultes, le sujet de la masturbation des femmes reste globalement tabou.

Certains mythes se poursuivent et restent ancrés dans les pratiques sexuelles.
Par exemple, beaucoup de femmes sont culpabilisées par leurs partenaires si elles admettent se masturber.
Cela concerne aussi le plaisir des femmes qui est toujours majoritairement mis de côté au profit du plaisir des hommes.
La relation sexuelle est considérée comme « complète » à partir du moment où il y a un acte de pénétration avec un pénis. Cette perspective d’une sexualité dépendante d’une pénétration caractérise bien l’influence du patriarcat, jusqu’au fond des lits.
D’ailleurs, si des pratiques comme l’excision et l’infibulation existent, c’est en rapport direct avec le contrôle du plaisir des femmes : Une femme qui peut jouir est une femme puissante, qui pourrait tromper et devenir insatiable… ! Ces mutilations génitales servent à empêcher les femmes de vivre quelconque plaisir sexuel.

Sans être soumises à des mutilations génitales, il suffit de tabous, de jugements et de valeurs fortement ancrés pour que les femmes intériorisent des croyances sur leur propre sexualité.
De nombreuses cultures partagent les mythes d’une féminité pure et virginale, sans compromis.
Une femme avec une forte libido serait anormale, alors qu’un homme se devrait d’être infaillible.
Toutes ces croyances font le lit d’une masculinité toxique et d’une féminité corsetée.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Par extension, la masculinité toxique laisse à penser que les femmes ont moins de besoin sexuel que les hommes.
Les hommes sont souvent perçus comme des êtres quasiment incapables de se contrôler s’ils sont abstinents depuis longtemps. C’est ainsi que cela justifie des tromperies (dans le cadre d’un couple en union exclusive) et entretient une culture du viol.
Je rappelle que le viol conjugal n’a été reconnu que depuis 1990… Avant cela, il était légal d’un époux puisse avoir des relations sexuelles de force avec son épouse !

oedipe-se-creuvant-les-yeux
Oui, même Oedipe s’en crève les yeux, de la culture du viol !

Afin d’avoir une perspective différente sur le rapport à la masturbation chez les femmes et dans la singularité de chacune, je t’invite à regarder cette vidéo de Queen Camille qui aborde le sujet du premier souvenir de masturbation chez les femmes qu’elle interviewe : https://www.youtube.com/watch?v=3idAUcBYHWQ&t=979s

Cela met en évidence de nombreux profils de femmes dont certaines se rappellent leurs pratiques infantiles qui ne s’est jamais arrêtées et celles qui ont débuté cela (croient-elles, du moins) après leurs premières relations sexuelles à 2.
Cela permet, comme d’autres articles ou ressources, de travailler sur ses propres conceptions… et de réfléchir à celles que nous voulons transmettre à nos enfants.

 

 

Ancrage culturel et familial dans la construction de la sexualité

Bien entendu, toutes les histoires familiales, tous les ancrages culturels et toutes les croyances impactent nos réactions.
L’objectif n’est, bien sûr, absolument pas d’en faire fi, mais simplement d’en prendre conscience.
Notre rapport à la sexualité conditionne la façon dont nous voyons celle de nos enfants.

Dans certaines familles, le sujet est tabou. La sexualité n’est alors pas un sujet. Les femmes « aux jambes légères » peuvent être jugées et perçues comme anormales.
A l’inverse, dans d’autres familles, les idées transmises évoquent que la sexualité est un élément INDISPENSABLE pour la survie du couple. Ainsi, une personne qui n’aurait pas de désir fréquent ou ardent peut rester sur ces propos et se forcer à avoir des rapports ou culpabiliser de ses « manques » de désir.
Ironie : persons-hand-doing-thumbs-up-4629633

La sexualité comprend, bien souvent, les questions sur l’orientation sexuelle. Il est fréquent que des parents s’inquiètent, dès le plus jeune âge, de l’orientation sexuelle de leurs enfants.
Certain.e.s iront jusqu’à empêcher les enfants de jouer et de porter des vêtements qui sont habituellement dédiés à celleux du sexe opposé (niant ainsi l’existence des transgenres, des intersexes ou encore des personnes non-binaires).

Il est absolument nécessaire de rappeler que l’orientation sexuelle n’est pas conditionnée par les habitudes de vie, des jeux ou des vêtements.
En outre, une orientation sexuelle n’est qu’une inclinaison à aimer. Rien de plus. Cela ne conditionne aucunement la personnalité, la loyauté aux valeurs de la famille ou encore le bonheur futur des enfants !
Si ces questions émergent en toi, ou parmi tes proches, n’oublie pas de rappeler que ce sont leurs yeux de l’adulte qui interprètent les actions des enfants et que ce sont LEURS craintes et croyances qui ressortent.

Les enfants nous permettent de questionner énormément de sujets. C’est une vraie possibilité de s’ouvrir à l’altérité, puisque les enfants ne sont pas des copies conformes des parents et ont la spontanéité de questionner les valeurs, les attitudes et les choix parentaux.

La masturbation infantile mobilise ainsi les questions relatives à la sexualité actuelle, future et passées tant des parents que de l’adulte en devenir.
Cela cristallise beaucoup de croyances et de peurs. Heureusement, sauf dans les cas de figure relatés plus haut, il s’agit de comportements normaux et tout à fait sains dans la découverte des potentiels du corps.
Peu d’entre-nous se souviennent de ces explorations car nous sommes issus d’une époque où cacher et ignorer étaient plus acceptable que de parler de la sexualité à ses enfants.

Vers 3 ans, il revient aux parents de poser les bases des concepts d’intimité, d’auto-plaisir et de circonscription en des lieux personnels.
Vers 6-8 ans, il s’agira de parler de la conception des enfants.
Vers13 ans, les questions autour de la puberté et la sexualité émergeront crues et franches mais indispensables afin que les jeunes gens ne découvre plus ce que serait la sexualité.. via des images pornographiques.

sad-black-boy-using-laptop-with-smiley-brother-4545941

Les sujets autour des relations affectives et de la sexualité ponctuent la vie… Puisqu’elle la transcende, de la mise au monde des ses enfants (acte sexuel, cela va sans dire) jusqu’à la conception de la génération suivante (pour autant qu’iels le veulent).
J’espère que les informations rapportées dans ce texte t’aideront pour la communication et les réactions envers tes enfants.

Sans partir dans le partage d’expériences personnelles, la possibilité de parler de sexualité en famille permet aux enfants de ne pas être livrés sans prémisses à la violence des images pornographiques abondamment partagées (l’impact sur porno dans la construction de la sexualité pourrait faire l’objet d’un article entier!).
Parler du consentement, de la pression sociale autour de la sexualité, des croyances répandues, etc, sont des sujets incontournables au abord de l’adolescence.
Or, parfois, il ne faut pas moins de 10 ans pour cheminer dans sa capacité à parler de ces domaines-là.

A bientôt, pour de nouvelles perspectives sous l’angle de la parentalité.

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes ! Je suis également sur instagram : @lacuriositebienveillante

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Quelles valeurs transmettre ?

3è article qui aborde les valeurs que nous sommes susceptibles de transmettre par notre attitude auprès des enfants.
Après avoir parlé de grossophobie (sur mon feed instagram @lacuriositebienveillante) et des poils des femmes, voici un article sur le racisme.
Avoir une peau blanche est un privilège dans notre société actuelle.
Par cette caractéristique, les personnes blanches ne subissent pas de discrimination systématique et de stéréotypes grassement partagés.
Le fait d’être privilégié concerne également les personnes cis-genre vs transgenre, valide vs invalide, homme vs femme, …
Avoir conscience de ce privilège n’est pas une attaque directe à l’égo de chacun.e mais simplement la mise en évidence que d’autres personnes ont un vécu du monde qui diffère du nôtre par les réactions systémiques de la société.

Par cet article, je ne prétends pas pouvoir maîtriser tous les aspects et encore moins pouvoir les résumer de manière exhaustive.
Mon objectif est de mettre en lumière certains aspects pour attirer l’attention sur l’impact de nos choix, nos mots et notre manière d’agir au quotidien.

Dans certaines régions d’Occident, il est encore assez rare de croiser des personnes dont le degré de mélanine dépasse celle d’un cachet d’aspirine.
Ayant grandie dans des sphères (plutôt favorisées) multiethniques, ça me choque toujours.
D’ailleurs, c’est le cas de mon lieu actuel de résidence et je suis effondrée de cela. Pourquoi ?
Parce que ma fille n’a pas la possibilité de voir toute la diversité du monde à côté de chez elle.
Elle ne peut pas réellement goûter toutes la richesse culturelle des 4 coins du Globe (je ne parle pas de cuisine, qu’on soit clair!).
Elle ne peut pas découvrir, à l’instant T, d’autres manières de penser, de croire, de choisir.
Que faire, alors, pour ne pas la maintenir dans l’ignorance ?
Car le problème est bien à ce niveau-là : le combat contre l’ignorance qui se fait le lit de la peur et de l’incompréhension.

Sans être dans l’interaction profonde avec de l’altérité, il est impossible de la comprendre précisément. Or, c’est ce qu’il se produit constamment.
Les réactions des individus émanant d’autres cultures sont observées et analysées avec le filtre occidental.
Il s’agit d’un biais bien connu : l’ethnocentrisme. Il s’agit de la propension à se sentir supérieur, puisque notre attitude serait plus « évoluée » que dans d’autres cultures : vis-à-vis des droits des femmes, des enfants, des homosexuel.le.s, …
La question n’est pas de savoir si c’est le cas ou non. Il s’agit de se rendre compte que cette analyse basée sur NOTRE filtre occidental EST un biais et qu’à cause de cela, nous ne pouvons pas percevoir le contexte.
Le jugement et le sentiment de supériorité des caucasiens sur les autres ethnies infiltrent l’ensemble des sphères de la société actuelle.
Par exemple, les études scientifiques proviennent principalement de 7 pays. Raison pour laquelle il est difficile de trouver de la littérature qui rend compte de l’impact culturel sur tel ou l’autre processus psy (poke @SigmundFreud pour son pseudo complexe d’Oedipe universel). Le problème n’est pas l’existence même de ses biais, mais le fait qu’ils soient ignorés même s’ils sont connus (et que certains continuent à croire à l’universalité du Complexe d’Oedipe, par exemple).
L’homme blanc (j’utilise homme à bon escient car c’est souvent des individus masculins dans l’Histoire) juge toujours les pratiques d’autrui comme étant inférieures aux siennes.
L’homme blanc a colonisé pour « apporter le savoir » (LOL ironique)

l’homme blanc est parti en croisade pour donner de l’humanité par les croyances chrétiennes (LOL ironique bis).
L’homme blanc a longtemps évolué (et cela continue en majorité) en se croyant le degré le plus élevé de la conscience humaine et de ses évolutions sociétales.
L’homme blanc pense s’être extirpé des carcans étroits de la pression sociale et d’avoir plus de place à l’individualité.

kiana-bosman-wSSTkMDMvZo-unsplash

 

Peut-être ne te reconnais-tu pas dans cette définition.

Pourtant, dans la plupart des familles blanches, il y a toujours un grand-père ou un tonton qui a des propos racistes.

Pourtant, il est fréquent d’entendre qu’il ne faut pas argumenter avec « les cons », ceux qui font des commentaires (sur internet) aux relents nauséabonds, que cela serait inutile et une perte d’énergie. Mais n’est-ce pas se réfugier derrière un argumentaire qui nous permet de rester dans notre zone de confort? Il y a « les cons » avec qui l’on ne parle pas pour ne pas gaspiller son énergie. Gaspiller son énergie n’est-ce pas là une saillante évidence selon laquelle la cause ne nous concerne pas assez pour agir ? Le silence n’amène aucune réflexion, ne plante aucune graine, ne rend hommage à personne. Le silence cloisonne, enferme, préserve les relations.
Dans mon cas, j’ai choisi: je préfère intervenir que préserver le confort de ceux qui sont « cons ».
Peut-être que j’ai aussi été la « conne » de quelqu’un, un jour. Peut-être que toi aussi. D’ailleurs, combien d’entre nous n’avait pas des « principes » sur les enfants revus à la une fois devenu.e.s parents ? Comment les alternatives peuvent émerger à la conscience si elles ne sont pas dites, expliquées et répétées jusqu’à trouver une voie d’accès à toi, lui, à eux ?
Chacun.e peut avoir une façon d’exprimer les choses qui ouvre la conscience d’une certaine audience et ce, sur tous les sujets.

Pourtant, nous avons appris et été éduqué dans un contexte d’épistémicide. Kézako ? « Un épistémicide est la mort silencieuse des autres formes de science, de cultures, de savoirs, d’apports, qui ont pu exister pour une seule domination, un seul type de science, de savoir qui sont considérés comme légitimes. » Fatima Khemilat (voir sa passionnante intervention : https://www.youtube.com/watch?v=zK6hegi_wHE ).
Nous ne pouvons pas ignorer combien d’autres cultures ont des savoirs qui n’arrivent à la connaissance de l’occident que maintenant… Tout en méprisant les autres aspects de ces cultures.

Pourtant, dans les livres des enfants, il y a peu de personnages avec la peau noire/métisse.

Pourtant, le cinéma et la télévision occidentales donnent encore des rôles stéréotypées aux acteurs de couleur.

Pourtant, l’Histoire apprise à l’école n’est que celle de l’Occident. La colonisation est à peine abordée (si elle l’est encore?!) et quasiment rien concernant les aspects culturels du reste du Monde.
La traite des noirs est abordée dans une notion purement pratique sans entrer dans toute la dynamique culturelle que cela témoigne et les traces que cela laisse aujourd’hui.
Faut-il rappeler que l’abolition de l’esclavage en France ne date que 1848 ?

 

nourrice noire
Nourrice qui devait laisser son enfant pour s’occuper de ceux des blancs

Pour en revenir sur la pratique et sur l’actualité de ce qu’est être une personne avec un teint qui n’est pas blanc :

  • C’est avoir moins de chance de trouver un emploi, surtout si le nom n’a pas une consonance européenne.
  • C’est avoir peu de représentations sociales ou d’icones. Les seules icones noires, par exemple Naomi Campbell, Beyoncé, … sont des femmes avec des traits occidentaux forts (nez fins, yeux grands ouverts, cheveux lissés et peau relativement claire!).
  • C’est être une militante écologiste(Vanessa Nakate) reconnue et avoir été rognée d’une photo pour que seules les militantes blanches apparaissent
  • C’est être rejeté.e de certains milieux sportifs comme la danse classique qui compte extrêmement peu de mixité dans ses rangs (et jusqu’il y a peu, il n’y avait pas de vêtements adapté à la couleur de peau des noir.e.s/métisses).
  • C’est vivre dans un monde où « la couleur chaire », c’est du beige… Alors que c’est sûrement la teinte la moins réaliste dans l’humanité !
  • C’est expérimenter les stéréotypes divers et variés sur son mode de vie, ses choix et sur ce qui aurait plus tendance à « plaire » . Par exemple, que les danseu.r.se.s noir.e.s/métisses s’investissent dans les hip hop plutôt que la danse classique.
  • C’est vivre avec la question du « mais alors, tu viens d’où ? Non, mais tes origines ! » en stéréo même si la famille évolue en sol européen depuis 3 ou 4 générations !
  • Plus grave, c’est être davantage à risque d’être jugé.e coupable lors d’un procès (à cause de différents biais dont un biais de reconnaissance faciale : chacun nous reconnaissons mieux les individus issus de l’ethnie dans laquelle nous avons grandi. Nous percevons plus aisément les différences physiques des personnes de notre propre type).
  • C’est être soumis.e au « délit de faciès » et de se faire contrôler par les forces de l’ordre.
  • C’est avoir plus de chance de mourir à cause de bavure de la police (forcément, il fallait un lien avec les événements actuels).
  • C’est…. encore MILLE autres choses aussi abjectes les unes que les autres et qui polluent le quotidien !

iiona-virgin-lssGvg6tpnU-unsplash
J’aimerais vraiment dire et croire que seule la manière dont les parents accompagnent les enfants. Mais non, cela ne suffit pas.
Des études en psychologie sociale ont également montré qu’il ne suffit pas d’être au contact de quelques personnes de couleur pour ne pas être raciste… Simplement, les êtres humains sont capables de « sous-typer » : « je n’aime pas trop les arabes, mais cette famille-là est sympa ! ». Cela paraît sûrement absurde lu de la sorte, et pourtant, c’est une réalité pour bon nombre d’individus.

Nous évoluons dans une société qui promeut encore une certaine ségrégation mais qui s’en défend. Les Zones d’Education Prioritaires (France) sont souvent proches des anciens ghettos.
En ayant créer artificiellement ces regroupements par « peuples », l’Occident a raté l’occasion de s’ouvrir à la diversité.
Aujourd’hui, de nombreux jeunes gens (et moins jeunes) se retrouvent perdus entre deux cultures car ils sont et se sentent européens mais sont jugés/traités comme des étrangers.
Le sentiment d’injustice est énorme… A juste titre, puisque les stéréotypes et les discriminations sont encore intenses !

Il est atroce de lire par certain.e.s que la colère et la manière de mener ce combat dessert à la cause. Ne pas comprendre les sentiments de colère des personnes qui luttent contre les oppressions systémiques, c’est ignorer la violence de l’Histoire.
Pire, c’est ignorer et mépriser la façon dont l’Histoire relate avec distorsion les événements.

Les individus « cachet d’aspirine » doivent-ils se sentir coupables de tout cela ?
Je ne vois pas un intérêt flagrant à cela… Mais reconnaître sa méconnaissance ou son ignorance, reconnaître l’horreur de l’Histoire et de l’actualité sont des éléments indispensables.
A mon sens, prendre conscience de toutes ces luttes et être un.e allié.e.s revendiqué.e.s permettra d’accroître la beauté et l’ouverture de l’humanité.
Prendre conscience de ses propres mécanismes de penser, de ses propres stéréotypes et agir pour ne pas laisser autrui s’enfoncer dans la haine me semblent être des voies pertinentes d’amélioration du monde.

Il est indispensable de prendre conscience combien les médias (surtout les chaînes d’info en continues) continuent à véhiculer des propos et des stéréotypes délétères à l’inclusion.
Rompre avec ce type de média et s’orienter vers des sourcent qui prennent le temps de peser et penser leurs mots a un intérêt à tous les sujets !

Si l’accompagnement que nous proposons aux enfants ne suffit pas, elle nous permet de les rendre sensibles aux injustices et à tous ces biais qui gâchent la vie d’autrui.

m-t-elgassier-G_acucnTJNw-unsplash

Il est possible de refuser ce qui fut admis.
Il est possible de ne pas transmettre le racisme systémique en le rendant voyant !

Il est possible de commencer à lutter même si ce n’était pas le cas auparavant.
Il est possible de rendre le monde de demain plus conscient de toutes ses ressources d’humanité !
Il est possible de ne pas choisir ses batailles et de toutes les mener de front, sans les hiérarchiser par ordre d’importance.

Ici, par mon cœur, les luttes sont fortes contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, et tout ce qui contraint les personnes à ne pas pouvoir être authentiques tout en étant libre et en sécurité !

Je ne demanderai pas ce que tu en penses.
Comme pour toutes les sujets de discrimination, il n’y a pas d’avis à donner.
J’espère juste avoir pu aider à lever un pan de voile sur une lutte encore d’actualité.
J’espère aussi avoir été une alliée avec des mots pas trop maladroit, au même titre que Dan Gagnon dans son podcast sur le thème des inégalités raciales.

 

A bientôt, pour un autre sujet passionnant !

 

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes ! Je suis également sur instagram : @lacuriositebienveillante ?

😉

Communication Non-Violente

Quelles valeurs transmettre ? Zoom sur l’épilation et la pilosité des femmes

D’abord, je remercie @schelliehogan de rendre visible des jambes de femme poilues !
C’est impossible à trouver sur des banques d’images et encore moins les gratuites.

Mais pourquoi parler de poils ?
Parce que je suis une femme qui lutte contre le sexisme et qui est, forcément, hirsute ?
Pas totalement !

Je voulais te faire part de réflexions qui ont pris beaucoup de place dans mon être depuis que je suis jeune. Des croyances, du dégoût, des injonctions sociales… qui se heurtent à mes valeurs !

Je te plante le décor : comme énormément de jeune femme, j’ai grandi avec l’uniforme image de corps épilés/rasés.
Dès que j’ai eu 12 ans, il fallait que mes jambes n’arborent aucun signe de poils pubères (notion importante, cette puberté!).
S’en est suivie les premières épilations et les premiers rasages… qui sont vite devenus obligatoires. En fait, non, mais je les vivais comme tels.
J’étais impressionnée par ma propre mère, toujours impeccable, à « s’entretenir » tous les jours de chaque année. J’ai entendu des « ça fait négligé de ne pas être épilée » et autre phrase qui ancre profondément que poils = mort sociale et crasse !

Je le percevais comme un fardeau  indispensable. Il fallait s’entretenir pour être socialement adapté.
Pas de bol: j’ai un peau livide mais des poils bruns, épais et clairement motivés à   être aussi peu réguliers que mes cheveux (mais ça, je ne le savais pas… puisqu’ils ne dépassaient jamais l’état brosse de hérisson = 3mm!).
En plus, j’ai aussi des bras fournis. J’avoue que j’envie les blondes au poils fins, courts et discrets.
À 16/17 ans, je me revois me raser TOUT le corps, passer 30min sous l’eau pour ça et finir énervée et en sueur. Pour peu que ce soit aussi le jour du shampooing (1m20 de cheveux à l’époque !), je frisais la crise de nerf.

Bref, je me contraignais à le faire. Mais je détestais « prendre soin de moi ».
Pendant longtemps, je me suis crue folle: moi, jeune femme plutôt « coquette » (faut le dire vite hein !), je détestais prendre du temps pour ça.
Mais c’était inéluctable. Il fallait bien…
Je changeais de lame hyper souvent pour que la peau soit réellement douce… je me passais même les jambes à l’eau froide pour que la chaire de poule ne soit pas désagréable au toucher pendant 24h ! 🙄

Le temps passe et ma vie aussi.
Je me suis fait une raison. Je me suis habituée à cette injonction. De toute façon, il n’y a que ça. Aucun autre modèle.
Ah si, certains émergent maintenant comme Carolina de @lacarologie (qui en parlait avant). Tiens, c’est curieux.

Curieux car j’ai déconstruit énormément d’injonctions sociales faites aux femmes mais pas celle-là.
Je me revois me raser le pubis juste avant d’accoucher pour que tout soit clean (spoiler, non clean n’est pas adapté… je relate ce que j’utilisais comme expression pour te démontrer combien les mots ont leur importance !).


Mais voilà, jeune maman… il y a du « laisser-aller ». Je ne  devrais même pas y penser puisque je suis célibataire et en pleine hiver..  et pourtant, au lieu de profiter de 3min de douche sereine, je me rase!
Jusqu’aux 10 mois de ma fille où on a commencé à se laver ensemble (j’ai préféré faire bain commun que de subir ses protestations de bon matin !).
C’est alors que je me suis rendue comme que de voir mon corps allait ancrer ses propres stéréotypes.
Non seulement, se raser était rendu difficile, mais en plus, comment ne pas l’influencer dans ses choix de femme libre si elle n’a aucun modèle proche qui a une pilosité ?

Comment induire une liberté d’action en étant entouré.e de personnes qui répondent toujours aux injonctions sociales ?

Ce qui pose problème dans tout cela, c’est l’incohérence : vouloir enseigner la liberté alors que soi-même, on se sent piégé.e dans un système. Or, ces injonctions sociales ont une histoire… et celles des poils remontent à l’Antiquité. D’ailleurs, si tu veux en savoir plus là-dessus, cette petite vidéo est super : https://youtu.be/5bHBIpvJln0

Ça me fait une belle (et poilue) jambe de savoir que c’est culturellement ancré si profond… Mais comment puis-je arracher le bulbe (tu remarques le jeu de mots ?!) de cette puissante pensée que poils sur mes jambes = beurk ? Pourtant, je me suis volontairement exposée à des nouvelles modèles. Certaines pubs l’ont fait aussi… et ce qui est navrant, c’est que les mannequins qui ont posé tous poils dehors ont reçu des commentaires viscéraux et des menaces de mort ! Pour des poils…

Est-ce vraiment si important qu’une femme ne paraisse pas pubère ?

L’enjeu est aussi à ce niveau-là… Se raser revient à gommer les signes de notre puberté. Pour avoir l’air désirable, il faut être douce et imberbe (ou avec des zones maîtrisées!)… donc une petite fille. Est-ce vraiment ce dont j’ai envie pour la suite ?

Est-ce vraiment la société que j’ai envie de laisser à ma fille ? Grandir dans la perpétuelle continuité des injonctions faites aux femmes sur leur corps ?

Loin de moi l’idée d’une autre injonction qui serait de pousser les femmes à rester avec leurs poils.

L’idée, enfin la mienne, est que toutes les femmes aient le choix et que si le lundi ça les gonfle de se raser, elles peuvent sortir en jupe avec leurs jambes poilues mais que si elles ont envie de les raser une fois par an… Elles se sentent aussi libres de le faire.

Mon idéal social serait que les personnes face ce qu’elles souhaitent sans percevoir de contrainte ni d’attente.

Est-ce normal qu’à passer 30 ans, après des semaines de total lâcher-prise, je me sente incapable de marcher en jupe avec des jambes non épilées ou raser? Est-ce que ce sentiment d’inconfort est bon à transmettre ?

C’est limpide : si j’étais seule au monde, je ne ferai rien à mes jambes… Et c’est d’ailleurs ce que beaucoup font de manière saisonnière.

Alors, la question va être : mais tu trouves ça beau, toi ?

Heu… J’ai été élevée dans le dégoût de mes propres poils, mais j’ai aussi décidé de m’exposer à des modèles alternatifs (NDLR: alternatifs pour des poils qui poussent sur TOUTES les femmes). Je trouve presque seyant à certaines leurs poils aux aisselles… le reste, je m’en fiche. Littéralement. C’est poilu, sans jugement de valeur.

Pour moi, j’ai du mal. Je vis avec, car je souhaite que ma fille puisse choisir et vivre sans cette pression (et ça me l’enlève) mais le regard que je porte sur moi-même n’est pas positif.

Je me sens négligée, en laisser-aller, qui ne prend pas « soin de soi », … Alors que je me lave tous les jours et que je suis bien telle que je suis. Là encore, il y a de grosses incohérences entre mon conditionnement et mes valeurs/volonté de déconstruction féministe.

Tu pourras te dire : « Allô, tu es une fille et t’as des poils ?! » (Toute ressemblance avec une phrase connue… n’est pas fortuite!) et je te répondrais : « Oui, comme toutes les femmes. Même si très peu s’y confrontent de façon prolongée ! ».

Cet article semble léger… et oui, ce n’est pas issu d’une recherche intense mais il me trotte dans la tête depuis des mois. Les stéréotypes et les valeurs transmises par l’exemplarité ont un impact direct sur les indivus.

Il me semble que cela a autant d’importance face à une petite fille ou un petit garçon (d’autant plus qu’on ne peut prévoir son identité de genre future) puisque les futures femmes doivent pouvoir percevoir la liberté de leurs actions et les futurs hommes… être habitués à voir différentes modèles féminins ! Comme pour le sexisme (dont je ferai un prochain article), les femmes doivent reprendre le pouvoir sur elles-mêmes mais il est indispensable que les hommes soient élevés dans une logique de respect, de tolérance et et d’empathie envers le

J’aspire à une société plus tolérante et diversifiée où tous les modèles d’humain seront représentés !

Je rêve d’un monde sans minorité et stigmatisation.

Je rêve d’individus libérés de choisir réellement sans être poussés majoritairement par leur « habitus » (explication de ce terme de sociologie).

Bref, je rêve d’autre chose pour nos enfants… et le changement, c’est maintenant et ça commence par mes choix. Or, les choix passent par de nombreux processus étudiés en psychologie (dont la psychologie sociale?) et prendre un thème précis permet de démontrer l’utilité de la mise en perspective possible (ou difficile !).

Moi, qui me regarde avec mes incohérences !

Et toi, avais-tu déjà pensé à cela ?

J’ai déjà écrit un post « Quelles valeurs transmettre » sur les réseaux concernant la grossophobie que je publierai peut-être aussi sur ce site.

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager.

Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes ! Je suis également sur instagram : @lacuriositebienveillante 😉

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Le mythe du Complexe d’Oedipe : sortir d’une théorie inutile !

Dans ce dossier, tu vas avoir quelques informations pour comprendre pourquoi le Complexe d’Oedipe est une conception obsolète du développement infantile.

oedipe le chat

Geluk et son chat !

Voici la table des matières :

  • le mythe d’Oedipe
  • Pourquoi ce mythe est considéré comme fondateur dans la psychanalyse freudienne ?
  • Le problème de l’interprétation du complexe d’Oedipe dans la population générale
  • Prohibition de l’inceste : typiquement constitutif de la société humaine ?
  • Enfants amoureux et jaloux de leurs parents : sans Oedipe, comment comprendre ces phénomènes ?
  • Pourquoi les psychanalystes et psychologues/psychiatres d’orientation analytique s’opposent souvent aux pratiques de parentage proximal ?
  • Sortir de la catégorisation pour mieux accompagner enfants… et patient.e.s !
  • Mots de la fin

– Le mythe d’Oedipe

Le complexe d’Oedipe se fonde sur le mythe d’Oedipe.
Voici un texte détaillé qui explique l’histoire du héros aux pieds enflés.
Si tu souhaites passer cela et accéder directement à l’argumentation s’opposant au ciomplexe d’Oedipe, je t’invite sincérement à scroller vers le bas quelques instants !

« Dans le royaume de Thèbes, vit un roi du nom de Laïos. Celui-ci est marié à la ravissante Jocaste. Tout deux n’ont pas d’enfants et commencent à s’inquiéter sur l’héritier du trône. Alors Laïos va consulter l’oracle de Delphes afin d’être éclairé. Mais la Pythie lui fait une terrible révélation. Laïos aura un fils qui le tuera et se mariera avec sa mère. Cette révélation est tellement incroyable qu’elle relève de l’absurde. Mais la Pythie ne se trompe jamais alors c’est remplis de tristesse que les deux époux décident d’abandonner leur enfant à sa naissance. Ils le confient à un serviteur, un berger qui va traiter l’enfant comme du bétail. Il lui transperce les chevilles afin de faire passer une corde pour mieux le tenir par les pieds. C’est d’ailleurs par cette anecdote que l’enfant sera appelé Œdipe qui veut dire « pieds enflés ». Quoiqu’il en soit, le berger monte l’enfant sur une montagne afin de l’exposer aux bêtes qui finiront par le dévorer. Mais en chemin il croise par hasard la route des hommes de Polybe, roi de Corinthe. Ces derniers proposent au berger de recueillir l’enfant et de le ramener à Polybe qui lui rêve d’en avoir un mais n’y parvient pas. Alors le berger accepte et voilà le jeune Œdipe conduit jusqu’au royaume de Polybe. Durant toute sa jeunesse il est élevé avec amour et abondance par le roi et la reine qu’il croit être ses vrais parents.

Mais un jour alors qu’il jouait avec un de ses camarades, Œdipe se fâche avec celui-ci et la dispute vire aux insultes. Là son ami le traita de « bâtard » ce qui laisse donc sous-entendre que les parents d’Œdipe ne sont pas ses parents biologiques. Sous l’emprise du doute le prince interroge ses parents qui nient évidement. Mais Œdipe n’est pas rassuré pour autant, il est même perplexe. Alors il décide d’aller consulter lui aussi l’oracle de Delphes pour en avoir le cœur net. Seulement comme l’avait annoncé la Pythie à Laïos, Œdipe apprend qu’il va tuer son père et se marier avec sa mère. Au passage je tiens à préciser que ce terme sera développé par Freud par le « complexe d’Œdipe », cette attitude infantile où les garçons désirent inconsciemment leur mère et rejettent leur père. Quoiqu’il en soit, Œdipe est anéanti par la nouvelle de la Pythie. Il décide alors de quitter Corinthe à tout jamais afin d’être sûr de ne pas tuer son père Polybe et sa mère Périboea. Sauf qu’en fuyant il va inconsciemment faire tout l’inverse, Polybe et Périboea n’étant pas ses parents mais Laïos et Jocaste. Ainsi le jeune garçon se dirige vers la ville la plus proche qui n’est autre que Thèbes. Sauf qu’en route il croise le char de Laïos le conduisant à Delphes (pour consulter à nouveau l’oracle). Imaginez-vous la scène, deux chars qui se croisent en plein milieu du désert avec en son bord, d’un côté Œdipe qui croit que son père est à Corinthe et de l’autre Laïos qui pense que son fils est mort. Les chars, donc, se croisent mais la route est si étroite que l’un des deux doit céder le passage. Mais Laïos estime que ce n’est pas à lui de s’arrêter car il est le roi de Thèbes et de son côté Œdipe refuse de laisser passer l’autre char car il est le prince de Corinthe. A partir de cette stupide anecdote, les deux hommes se disputent et le conflit tourne au drame. Laïos donne un coup de canne à Œdipe et les deux hommes se battent. Emporté par la rage, Œdipe tue le roi Laïos, son vrai père ainsi que les cochers et les serviteurs du roi. Sauf un qui parvient à prendre la fuite. C’est donc sans le savoir qu’une partie de l’oracle a été réalisé et qu’Œdipe à finalement tué son père. Mais ne sachant rien de tout cela et s’estimant en position de légitime défense, le jeune prince continue sa route et arrive quelques jours plus tard à Thèbes.

Apprenant la mort de Laïos, et n’ayant pas de fils, c’est Créon, son frère, donc l’oncle d’Œdipe qui monte sur le trône. Mais un terrible fléau s’abat sur cette ville. Il s’agit de la Sphinx, une créature possédant une tête de femme, un corps de lion et des ailes de vautour qui terrorise la ville. Elle arrête chaque visiteur et lui pose une énigme. Si celui-ci ne trouve pas la solution elle le dévore vivant, de sorte que bientôt la ville est pratiquement désertée.

Mais alors qu’Œdipe arrive aux portes de Thèbes, il croise le chemin de la Sphinx qui lui pose sa terrible énigme : « quelle créature possède quatre jambes le matin, deux le midi et trois le soir, sachant que plus elle a de pattes, plus elle faible ? ». Très malin Œdipe parvient à répondre sans difficulté : il s’agit de l’homme, qui est à quatre pattes le matin de sa vie, debout sur ses deux jambes à l’âge adulte et appuyé sur une canne lorsqu’il est vieux. Or selon la prophétie, la Sphinx devait mourir le jour où quelqu’un parviendrait à résoudre son énigme. C’est ainsi que la Sphinx se jeta d’un rocher et s’écrasa au sol. La ville débarrassée du monstre acclame Œdipe tel un héros, il est même félicité en personne par le roi Créon. Ce dernier voulant le remercier, offre la veuve Jocaste (la mère d’Œdipe) à celui-ci. Et c’est de cette façon que la prophétie se réalisa totalement. Œdipe tua son père et fini par se marier avec sa mère. Toujours dans le déni, le nouvel époux donnera à sa nouvelle femme quatre enfants : Etéocle, Polynice, Ismène et Antigone. Les vingt prochaines années vont être paisibles : Œdipe va monter sur le trône de Thèbes au côté de sa mère/femme Jocaste, élevant ses quatre enfants. Seulement voilà un jour un deuxième fléau s’abat sur la ville. Cette épidémie est d’une monstruosité sans nom, chaque femme accouche d’enfants mort-nés ou d’êtres monstrueux. Plus aucune naissance ne se déroule normalement. Inquiet, Œdipe envoi un de ses serviteurs consulter l’oracle de Delphes afin de trouver une solution. A son retour celui-ci explique que pour que l’épidémie cesse, l’assassin de Laïos doit être à son tour assassiné. Ignorant totalement que l’homme qu’il eut tué des années auparavant était son père, Œdipe envoi tous ses hommes partir à la recherche du meurtrier. Or ceux-ci on l’idée d’interroger le plus grand devin de tout les temps : Tirésias. Evidemment celui-ci connait toute la vérité et préfère ne pas la révéler. Alors Œdipe décide de s’en charger personnellement et va réussir à le faire parler par ses propres moyens. Tirésias avoue tout, c’est bien Œdipe qui a tué Laïos, qui au passage est son vrai père et qu’il a épousé sa mère. Il cite même des détails, que Laïos a été tué sur une route déserte alors qu’il se rendait à Delphes pendant que son assassin partait sur Thèbes. Devant une telle histoire, personne ne croit le devin, Jocaste prend la défense de son mari et la cour ne croit pas une seconde qu’Œdipe aurait tué Laïos. Cependant cette histoire de carrefour rappelle de vagues souvenirs au roi qui commence à douter. Et comme les choses ne se font pas au hasard, à ce moment même un voyageur véhicule sur le royaume de Thèbes, que le roi de Corinthe, Polybe est mort. Rassuré que ce ne soit pas lui qui ai tué son père, Œdipe ressent néanmoins un profond sentiment de chagrin. Le voyageur tente de l’apaiser en lui apprenant que Polybe n’était pas son vrai père, qu’il avait recueilli un enfant abandonné par ses parents, exposé sur une montagne par un berger. Et là tout commence à s’assembler, Œdipe convoque ce même berger, qui force du destin se révèle être le seul survivant du massacre des chars. Là il confie qu’en effet l’enfant qu’il devait abandonner était bien l’enfant de Laïos et de Jocaste qui a ensuite été recueilli par le roi de Corinthe Polybe. Donc l’oracle avait bien raison, Œdipe a bien fini par tuer son père et épouser sa mère. Horrifiée par cette terrible révélation, Jocaste se suicide par pendaison. En découvrant sa mère qui en même temps est sa femme, Œdipe saisit une broche maintenant sa robe et se laboure les yeux avec. Ce châtiment est en adéquation avec son crime, celui de n’avoir rien vu, d’avoir été aveugle du début jusqu’à la fin. La fin de sa vie est tout autant tragique, Œdipe décide de quitter le trône de Thèbes et de s’exiler où il vivra une vie de vagabond, accompagné de sa fille Antigone qui lui servira de guide. Pendant ce temps Créon reprendra le trône de son neveu. La fin d’Œdipe se déroulera lorsque celui-ci croisera les Erynes, ces terribles divinités issues du sang de Cronos lors de sa castration, dont leur rôle est de punir les crimes familiaux. Ici on peut dire qu’Oedipe est le champion toutes catégories, c’est ainsi qu’il y perdra la vie. Sa dépouille sera enterrée avec tous les honneurs par son ami Thésée. Et depuis ce lieu sera considéré comme un lieu sacré d’Athènes. »

Oedipe se crevant les yeux

oedipe-se-creuvant-les-yeux

– Pourquoi ce mythe est considéré comme fondateur dans la psychanalyse freudienne ?

Est-il exact que TOUS les enfants « font leur complexe d’Oedipe » ?
Est-ce vrai … ou surfait ?

Quelques précisions historiques sont nécessaire pour apporter des pistes de réflexions… pour donner des pistes de réponses.
Freud créa le mot « psychanalyse » en 1896 . L’année suivante, pour la première fois, il fait le lien entre le mythe d’Oedipe et ses découvertes, en grande partie basées sur son auto-analyse.
Les éléments qui l’interpellèrent :

– Jocaste (Mère – sans le savoir – et femme d’Oedipe) tient des propos qui met en évidence d’archétype du refoulement « : « N’ai aucun souvenir, à quoi bon ?! »

– Oedipe qui, selon une traduction pouvant être interprétée à double sens, se rejouit de la mort de son père (qu’il ne sait pas être son père!).

Freud évoqua que la jalousie envers le père et être amoureux de sa mère sont des états qu’il tient général à la petite enfance. C’est ce qu’il nomme « le complexe d’Oedipe ».

« Pour les psychanalystes, le complexe d’Œdipe se découvrira d’abord chez le garçon, sous sa forme positive puis négative, réalisant une forme complète, élaborée en 1923. L’œdipe de la fille sera abordé tardivement avec la sexualité féminine. Mais l’œdipe sera aussi appréhendé, par S. Freud, comme un fantasme originaire contenant les trois autres (séduction, castration, scène primitive). Il apparaîtra comme une structure puis comme un modèle. » source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm

Ensuite, il évoque que l’aveuglement symbolise l’horreur d’être confronté à la révélation de ses désirs refoulés. Il est inconcevable de ressentir du désir pour sa mère, ainsi, l’auto-aveuglement prend place dans le récit comme castration.
Cette dernière notion est abondamment utilisée en psychanalyse.
L’auto-aveuglement d’Oedipe représenterait ainsi un châtiment pour ses fautes sexuelles (= l’inceste avec sa mère).

C’est ainsi que Freud met en place de nombreux éléments fondateurs de la psychanalyse : l’interdit de l’inceste, le refoulement (des désirs incestueux, notamment), la castration (du fils ou du père) et par là, la notion de tiers séparateur, sans lequel il risquerait de survenir un climat incestuel.

Freud ne s’orientait dans l’inconscient principalement via le « complexe d’Oedipe ». Lacan fut parmi les premiers à faire de moultes critiques dont des pratiques cliniques freudiennes.

Les anthropologues ont également souvent rejeté cette théorie du complexe œdipien . Freud l’estime comme « organisateur du psychisme humain, il s’interroge sur son universalité, quelles que soient les variations historiques et socioculturelles. Avec cette question de l’universalité du complexe d’Œdipe, il rencontre le postulat évolutionniste de l’unité du psychisme humain et de l’unique trajectoire historique de l’humanité. Ce qui entravera, dès l’origine, les conditions du dialogue entre les deux disciplines. » (source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm )
Malinowski, sous l’impulsion de son mentor, Seligman , testa la possibilité d’appliquer les thèses freudiennes aux Trobriandais.
Il y décriva combien la liberté sexuelle et le développement psychosexuel des enfants ne suivaient pas les étapes déclarées universelles par Freud. Cette société était matrilinéaire et ignorait tout du mécanisme physiologique de la paternité.
Les manifestations que regroupa Freud sous le complexe d’Oedipe sont donc les conséquences d’une organisation sociale patriarcale. source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm

Le problème de l’interprétation du complexe d’Oedipe dans la population générale :

Comme beaucoup de théories, le problème est moins la théorie en tant que telle… que les interprétations qui en sont issues.
Le site Naître et Grandir est souvent une référence, mais voici leur article sur le sujet :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/3-5-ans/comportement/fiche.aspx?doc=enfant-amoureux-parent-complexe-oedipe

Cet article est l’archétype des surinterprétations dans la compréhension et l’application concrète de cette théorie freudienne.

Voici des extraits s:

« Il se montre alors particulièrement curieux à l’égard de la nudité. Il remarque les parties génitales des autres enfants, de ses parents, et il n’hésite pas à montrer les siennes. L’un de ses grands plaisirs est alors, à l’heure du bain, de parader nu. Il se demande aussi d’où viennent les bébés et, plus tard, comment on les fait.
⇒ Curieux à l’égard de la nudité… Si les parents ne se montrent jamais dans leur plus simple appareil, il n’est pas anormal que les enfants grandissent et finissent pas se questionner.
⇒ Montrer ses parties génitales ? Mettre en évidence qui est notable voire marrant aux yeux des enfants n’a aucune vertue de séduction… Parader nu.e et simplement mu par le phénomène agréable d’être sans vêtement, notamment à l’heure du bain !

C’est également entre 3 et 6 ans que l’enfant cherche à exercer son pouvoir sur les autres, en commençant par ses parents. Il manifeste son désir de plaire, de posséder, de s’opposer et de rejeter (ex. : « Tu n’es plus mon ami. »). Durant cette phase, la préférence pour le parent de l’autre sexe l’amène d’ailleurs à exclure le parent du même sexe. L’enfant exerce alors son pouvoir de séduction sur le parent qui est l’objet de son amour, et son pouvoir de rejet sur le parent qui est son rival.
⇒ Exercer son pouvoir ou exercer le fait qu’il a la possibilité de faire des choix qui impactent le quotidien ?
⇒ Son pouvoir de séduction ? L’expression laisse subtilement à penser que les enfants de cet âge sont potentiellement responsables si un adulte malveillant « cède » à cette séduction ! Il est indispensable de distinguer affection démonstrative et séduction.

C’est autour de l’âge de 4 ans, lorsque le langage a bien évolué, qu’on peut entendre la petite fille déclarer d’un ton ferme et sans appel : « Non, pas toi, maman! Je veux papa! » Et le petit garçon : « Tu es belle maman… je suis ton amoureux! » Certains tout-petits iront même jusqu’à affirmer vouloir se marier avec leur parent et même avoir des bébés avec lui. »
⇒ Je propose une alternative à ces interprétations dans un point plus bas.

« Pour de nombreux psychologues, l’étape du complexe d’Oedipe aide le tout-petit à construire son identité féminine ou masculine. »

l’identité féminine ou masculine ? Cette idée me fait frémir. En 2020, les stréréotypes de genre fondent encore le lit des inégalités sexuelles. Les enfants n’ont absolument pas besoin de se construire en s’identifiant fermement comme « fille » ou « garçon ».
Au demeurant, cette conception invisibilise et rend pathologique les personnes intersexes et les transgenres.
Je ne développerai pas non plus ici comment Freud a

effectué des amalgames entre identité de genre et orientation sexuelle… Mettant ainsi sur la scène de l’anormalité tout ce qui n’était pas une relation hétérosexuelle tenue par des personnes bien genrées. Là, encore, je peux te renvoyer à un article sur les effets des stéréotypes de genre dans la société.

– Prohibition de l’inceste : typiquement constitutif de la société humaine ?

Comme évoqué précédemment, la théorie du complexe d’Oedipe se fonde sur plusieurs principes et présupposent d’autres… Dont l’interdit de l’inceste et du meurtre (notamment du patricide).

Or, qu’en est-il réellement ?

Comme chez beaucoup d’animaux, « l’outbreeding », c’est-à-dire l’accouplement en dehors du groupe, se trouvent dans beaucoup d’espèces et principalement chez les primates (source : https://laviedesidees.fr/Des-singes-des-hommes-et-des-anthropologues.html).
Le humains n’auraient pas la primauté incroyable de privilégier la reproduction avec des individus autres qu’apparentés.
Une des explications se nomme l’effet Westermarck. Selon ce chercheur, « jusqu’à l’âge de 30 mois, l’enfant développe un système instinctif de rejet des sentiments amoureux et des pulsions sexuelles vis-à-vis des personnes vivant avec lui. »

Westermarck s’oppose à la conception freudienne du tabou de l’inceste.
L’humain n’éviterait pas l’inceste du fait d’une condamnation morale ou sociale, mais par un mouvement biologique inné. L’enfant ne serait pas attiré par des membres apparentés mais parce que la nature l’inciterait à diversifier son patrimoine génétique pour éviter les méfaits de la consanguinité.

En effet, il a été découvert que les humains ainsi que la plupart des vertébrés, choisissent leurs partenaires notamment en fonction du profil génétique.
Il pu être démontré que la composition du gène MHC influe sur le choix du partenaire en privilégiant la complémentarité. Cela implique que les deux protagonistes chercheraient à obtenir le profil immunitaire le plus diversifié possible pour sa progéniture (source: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1205732-qui-se-ressemble-s-assemble-selon-une-etude-non-l-amour-ne-depend-pas-de-la-genetique.html )
Des recherches sont en cours sur la compatibilité des partenaires au niveau de la reproduction : il se pourrait qu’avoir un profil génétique trop similaire soit à l’origine d’infertilité ou de fausses couches.
Mais a contrario, d’autres études décrivent qu’en se basant sur des critères génétiques différents, les chercheurs auraient trouvé plus de similarités entre partenaires qu’entre deux personnes prises au hasard. (source : https://www.pnas.org/content/early/2014/05/14/1321426111).

D’autres mécanismes de sélection génétique (qui ne sont pas les seules, loin s’en faut!) sont également à l’oeuvre, dont la sélection sexuelle postcopulatoire. (source : https://www.pourlascience.fr/sd/evolution/spermatozoides-et-ovules-une-etonnante-diversite-7862.php ). Il apparaît que les interactions entre l’ovocyte et le spermatozoïde agissent de manière à ce que la fusion de fécondation ait lieu. Ce n’est pas le premier arrivé qui est le vainqueur…. Mais bien celui dont les interactions (et dont la complémentarité et la similitude génétique) forment une harmonie suffisante.
J’en profite pour faire un petit apparté : «la simple formule “l’œuf est fécondé”, le simple syntagme “fécondation” implique une représentation de la conjonction des deux gamètes donnant un rôle prépondérant au spermatozoïde», indique le spécialiste de la philosophie des sciences Thierry Hoquet. Preuve que les clichés sexistes modifient également les interprétations scientifiques.

Dispersion des gênes et effet Westermarck seraient les éléments d’un même mécanisme visant à amoindrir l’occurrence des incestes. Cependant, il semblerait que c’est surtout l’effet Westermarck qui serait le « mécanisme fondamental » de la prohibition de l’inceste (Chapais, 2017 : 91, 115).

Néanmoins, il fut étonnant que Leavitt (1990 : 979) observa, chez certaines primates, que 32 % de cas d’accouplement entre mère et fils… Il est difficile de considérer cela rare. Il a également conclu que « la diminution des relations sexuelles entre macaques apparentés ne semblent pas liés à la disparition de toute stimulation sexuelle entre eux, comme le voudrait pourtant l’hypothèse westermarckienne »

Mais revenons à l’humain dans la mesure où il est le véritable enjeu de cette discussion, y compris du point de vue des primatologues.
Pour ces derniers, l’« effet Westermarck » est ce qui régit les prohibitions incestueuses humaines et ils apprortent le fait que « de nombreuses études ont apporté la preuve de l’effet inhibiteur de la familiarité durant l’enfance sur les pulsions sexuelles chez les humains » (Chapais, 2017 : 104)

Le grand problème de la prohibition de l’inceste, au-delà encore du fait qu’elle soit ou non constitutive de la société humaine… est la fréquence de sa transgression qui passe souvent en-dessous des radars.
Pourtant, des milliers d’enfants/ado subissent cette atrocité partout sur terre.

Pour aller plus loin sur ce sujet, je te renvoie sur le site de la fédération française des sexologie et de santé sexuelle http://www.ff3s.fr/v2/data/et_plus_encore/inceste.asp

Enfin, il est bon de rappeler que l’inceste et le meurtre du père dans le mythe d’Oedipe sont pratiqués sans conscience ni volonté.
Oedipe ne savait pas qui étaient ses parents, n’ayant pas été élevé par eux !
L’interprétation de ce mythe via la symbolique freudienne laisse simplement à penser qu’il a cherché à valider des théories par ses attraits envers la littérature.
Dans de nombreux ouvrages, Freud affirme son admiration pour les auteurs/autrices dont le talent faire émerger avec naturel les conflits relationnels et psychiques qu’il tente laborieusement de théoriser.

Quand bien même l’inceste est RÉELLEMENT proscrit, il n’est pas possible de le prendre en compte comme étant constitutif de notre société. Il n’y a encore pas si longtemps, il n’était pas rare que se marier entre soi. Le mélange de niveau social était mal perçu… et il n’était pas rare que l’on prenne pour épou.x.se un.e ami.e d’enfance ou un.e cousin.e !
Encore un point en moins pour les théories freudiennes…

– Enfants amoureux et jaloux de leurs parents : sans Oedipe, comment comprendre ces phénomènes ?

Il faut bien assimiler les phénomènes selon un autre cadre d’analyse, puisque tout doucement la grille de compréhension de la psychanalyse s’effondre.

Les enfants sont élevés par 2 parents, dans le modèle de famille nucléaire.
La mère est la figure d’attachement principale, la plupart du temps.
Spoiler… Si c’est le père qui s’occupera des enfants en majorité, cela sera lui !
C’est ainsi que les liens se créent au fur et à mesure de l’histoire commune.

Dans ce modèle sociétal, il n’est pas rare que les adultes collent des étiquettes sur les attitudes des enfants : « Oh, tu as une petite amoureuse ! », quand deux enfants se tiennent la main.
Cela sera souvent le cas pour les petits garçons, mais il sera rarement interprété que les petits garçons ont un « amoureux » s’il tient la main d’un autre garçon…
La théorie du complexe d’Oedipe se fondent sur une identité sexuelle et une expression de genre fixe.
D’ailleurs, Freud a mis énormément de temps à réfléchir à la version féminine du Complexe d’Oedipe… Appelé « complexe d’Electre ».
Je place ici l’article que j’ai écrit sur le genre, afin d’avoir une perspective claire des enjeux sociétaux et culturels dans la conceptualisation binaire selon les genre « fille »/ « garçon » dans l’esprit des enfants.
Tu ne seras pas étonné.e si je te dis qu’un.e petit.e humain.e n’a pas besoin de ses parties génitales pour apprécier une couleur ou une activité plutôt qu’une autre.

Concernant les liens intrafamiliaux, un enfant peut avoir une affection particulière pour sa mère ou son père, en fonction de leur degré d’affinité mais aussi en regard du fonctionnement systémique de la famille..

De même, il peut ressentir des sentiments qui sont interprétées comme étant de la jalousie par les adultes.
Est-ce que s’interposer entre les parents ayant des gestes d’affection est une preuve de jalousie ?
Et s’il s’agissait simplement… de recherche d’affection ?
Il/Elle repousse son mère/père avec violence ?
Les enfants fondent des liens d’attachement. Souvent, lors des situations à risque, iels se réfugient chez la figure d’attachement prioritaire…
MAIS toutes les personnes ayant eu des enfants peuvent constater qu’ils traversent des phases où l’attention d’un des parents est spécifiquement accaparée.
C’est aussi un des moyens qu’ils ont d’affirmer leurs maigres choix : « déjà qu’on m’accompagne pour tout, je peux quand même choisir QUI se joint à moi ! ».
Et cela peut être… la personne qui est le plus/le moins présente en fonction des besoins émotionnels des enfants à ce moment-là.
Un.e enfant peut avoir besoin de s’assurer de la disponibilité du parent le plus absent quand iel est présent. A contrario, il se peut qu’iel ne demande l’attention que de la figure d’attachement principal parce que ses besoins émotionnels sont plus intenses à ce moment-là. En période de fragilité, iel se tourne vers la personne principale de son univers.
Ces phases permettent aux enfants de s’assurer que même s’ils se détachent et rejettent l’un des parents, celui-ci reste aimant.

Il me vient un exemple que j’ai lu dans un magazine ayant une rubrique « courriers des lecteurs » : « Ma fille, 4 ans, fait les yeux doux à son père qui adore recevoir toute cette affection. Elle me rejette et me dénigre en me disant : « Tu es moche et vieille ! ». Je ne sais plus comment agir.. Je crois que je suis jalouse de ma fille »

Le psy dudit magazine lui a servi la souple habituelle que je résume comme tel : « Ah l’Oedipe ! Réaffirmer votre place en tant que femme et amante de votre époux, cela passera ! ».

Cette réponse tombe, à mon sens, totalement à côté de la plaque tant du côté des besoins exprimés par l’enfant que pour ceux de la mère.
Cette maman bien embêtée ne sait plus comment agir. Il est indispensable de mettre en exergue qu’elle interprète la situation avec des yeux d’adulte.
Oui, sa fille a de grandes démonstrations affectives avec son père et ce dernier en profite bien ! Rares sont les parents à ne pas apprécier largement ce type d’attitudes affectueuses.

La mère vit mal les remarque de sa fille. Il conviendrait de savoir ce qui la touche précisément dans les propos de celle-ci. Pourquoi ne parvient-elle pas simplement à répondre :
« Oui, j’ai 20/30 ans de plus que toi. C’est ce qui me permet d’être ta maman ! Quelle chance d’être plus vieille pour avoir une fille comme toi ! » et d’ajouter « Ma tenue ne te plaît pas ? Tu sais, je n’aime pas tous tes vêtements favoris mais le plus important est que tu sois bien dedans. C’est pareil pour moi. Même que parfois, je porte des choses qui ne sont pas seyantes mais… TRÈS confortables ! ».

Dans les questionnements de cette maman, l’étiquette du Complexe d’Oedipe coupe toute la possibilité de travailler ce qui la fait réagir mais aussi pourquoi sa fille utilise ce genre de phrase acerbe. L’enfant y est-elle soumise elle-même par les parents/camarades de classe ? Entend-t-elle sa mère se dénigrer ?
Enfin, pour le cas présenté, la question de la différence d’âge peut être pertinente à discuter avec cette enfant.
Il aurait été plus cohérent de proposer à la mère d’ouvrir le dialogue et de répéter à sa fille combien elle est heureuse de partager sa vie avec elle… au lieu de partir dans une théorie sourde interprétant uniquement la reconnaissance et l’assise de pouvoir vis-à-vis de son époux.
Freud a construit sa théorie pour les familles nucléaires. Quid des familles monoparentales, homoparentales, intergénérationnelles ?
Sans faire plus de suspens : ces modèles de famille ne correspondant pas à la théorie du Complexe d’Oedipe, elles furent/sont accusées d’être nuisibles au développement psychique des enfants.
Pourtant, aucune observation clinique ne fonde ces inférences grossières et notamment homophobes.
La santé psychologique des enfants issus de famille « hors norme » n’est impactée que par les stéréotypes culturels véhiculés et les comportements d’intolérance auxquels ils font face.
Ce n’est donc pas la construction familiale mais bien les réactions du monde environnant (donc des stréréotypes) qui posent problèmes.

Pourquoi les psychanalystes et psychologues/psychiatres d’orientation analytique s’opposent souvent aux pratiques de parentage proximal ?

Tout simplement parce que cela met un coup de pied toutes les conceptions qu’ils ont élaboré et ce qu’ils ont appris.
Le problème des théories psychanalytiques est qu’elles sont capables d’expliquer une situation et son contraire… Tout l’inverse d’une démarche scientifique.
Dans les théories psychanalytiques, la place de la différenciation des sexes, de la séparation de la mère (via un tiers, aussi appelé le Père) ainsi que la perception d’une toute-puissance infantile engendrent l’interprétation adultiste des comportements infantiles.
Les théorisations innovantes formulés par les psychanalystes du début du siècle dernier furent des avancées notables dans la compréhension de certains processus psychiques.
Cependant, cela fonda une séparation nette entre l’humain et les autres espèces animales… sous prétexte que l’humain constitue des cultures.
Là, encore, la psychanalyse souffre d’ethno- et d’anthropocentrisme.

Très vite, d’ailleurs, comme j’ai pu l’évoquer précédemment, des frictions ont eu lieu avec les autres disciplines comme éthologie, l’ethnologie et surtout l’anthropologie.

Dans l’orientation analytique, et grâce aux actions de personnalité notable, les bébés ont retrouvé une place qu’ils avaient perdus pendant des centaines d’années en Occident. Le bébé est une personne à part entière.
Mais avec sa singularité, les craintes ont émergé.
C’est/ ce fut principalement le cas concernant la proximité physique, l’allaitement et toutes les autres pratiques qui se séparent par l’enfant du terrain connu.

Nombre de théories affirment, malgré toutes les preuves contraires, que les bébés doivent être séparés psychiquement voire physiquement de leur mère.
Hormis les cas de pathologies psychiatriques, je ne connais aucune femme qui ne reconnaît pas son enfant comme étant un sujet en tant que tel.

freud

Le problème se pose probablement à ce niveau-là : les théories psychanalytiques observent le psychisme humain au travers des pathologies.
Selon ces théories, nous sommes tous dotés d’une construction psychique spécifique de laquelle découlent les attitudes pathologiques qui sont susceptibles d’émerger.

Les psy (de tous ordres) ne sont confrontés, au quotidien, qu’à celles et ceux qui vont mal.
Je rêve du temps où, selon un modèle provenant d’outre-atlantique, les gens consulteraient des psychologues lorsque leur vie se déroule bien afin de s’assurer que cela reste le cas… Ou, au moins, quand les problèmes débutent sans attendre une détérioration importante de la situation.

– Sortir de la catégorisation pour mieux accompagner enfants… et patient.e.s !

Une autre incohérence du complexe d’Oedipe, selon ma perception de psy humaniste, formée en TCC, est la catégorisation que les théories psychanalytiques imposent.
« Enfant tout-puissant », « mère castratrice », les enfants tyranniques (!) et les auteurs qui usent de phrases ne laissant aucun doute sur leur conception des enfants « comment survivre à vos enfants », « c’est moi qui décide », « lui apprendre à obéir sans punition ».

Tous ces titres existent.
Tous ces titres dénotent d’une conception négative des enfants comme des êtes qu’il faut dresser afin qu’ils ne deviennent pas des « tyrans ».
Tous ces titres ne t’apporteront rien au niveau de la bienveillance ni d’aide concrète !

A grand renfort d’expérience clinique, ils s’évertuent à exposer combien « les parents » (et non certains parents, ceux qu’ils reçoivent en consultations, donc les plus démunis dans leur rôle de parent : il s’agit d’un biais dans les possibilités d’observations) sont en difficulté … et principalement à cause des courants d’éducation positive.

Le fait est que ces praticiens ne se sont pas du tout penchés sur le paradigme avancé par les accompagnements bienveillants des enfants.
Ils ne perçoivent que les punchlines et les informations surmédiatisées sur le sujet.
Ils n’analysent JAMAIS ce qui fait pourtant le cœur même de l’orientation analytique : ce que le sujet évoque pour soi-même.

Aucun ne met en perspective son propre ressentiment vis-à-vis l’accompagnement bienveillant en comparaison à celui qu’ils ont probablement vécu.
Il est très probable qu’ils aient intériosé les logiques éducatives vécues, banalisant au passage les Violences Educatives Ordinaires…
J’ai, malheureusement, régulièrement l’occasion de constater que certain.e.s de mes collègues tournent au ridicule cette lutte pour les violences éducatives ordinaires.
Cela témoigne d’une volonté claire de ne pas remettre en question ce qui a été transmis.
C’est un des autres problèmes des théories psychanalytiques : la déconstruction des croyances entourant des mythes fondateurs, comme celui du complexe d’Oedipe, remet en question les autres théories qui lui sont liées.
Mon hypothèse sur les raisons qui provoquent l’intensité des résistances chez les psy d’orientation analytique est la suivante : tel château de carte, un théorie déconstruite fait s’effondrer l’ensemble de la srtucture. L’apprentissage et l’intériosation de toutes ces théories entrent tout doucement de concert avec sa propre identité. Remettre en question ces concepts psychanalytiques reviendrait à perdre une partie de ses croyances personnelles, et donc, son identité.

Certaines ont déjà été remises au goût du jour, et les théories assouplies à la société contemporaine. Néanmoins, il est flagrant de constater que les approches éducatives et les croyances sur l’enfance sont lourdement influencées par des théories obsolètes (j’en parle dans plusieurs articles concernant : les punitions, la crise d’opposition / le terrible two, les « caprices« , la continence,…)
Le vocabulaire négatif adressé aux enfants véhicule en lui-même des éléments qui vont engoncer les parents dans les difficultés… et dans les prophéties auto-réalisatrices. Je t’invite à lire mon article : « qu’est-ce que c’est que ces maux/mots » pour comprendre le rôle du vocable dans la vie quotidienne mais aussi dans la construction même de l’identité des enfants et de nos attentes parentales.

Mots de la fin :

Voici comment, en quelques milliers de caractères, j’ai voulu te démontrer en quoi quelques concepts bien ancrés et peu remis en question peuvent l’être.
La pluralité des informations et des ressources est presque infinie. Je trouve cependant que l’accès des informations non monayées est très difficile. Souvent, il s’agit de vulgarisation assez succincte qui t’invite ensuite à t’inscrire à telle ou l’autre programme en ligne.

Si les explications les plus simples sont souvent les plus probables (selon le principe du rasoir d’Ockam), avec les enfants, il est nécessaire de se méfier de nos automatismes. Il est souvent indispensable de décortiquer les situations afin de faire le point entre ce qui fait écho en nous et pourquoi, mais aussi ce qui se joue réellement dans la relation.
Les enfants ne souhaitent pas rompre les liens avec un parent, ayant été un minimum attentif à eux/elles. Il survient de nombreuses périodes où ils vivent des craintes, questionnant ce lien afin de s’assurer qu’il est solide !

Sortir de ses perceptions et interprétations adultistes et une des clefs d’une harmonie familiale et sans lutte de pouvoir énergivore.

image enfant1

bientôt pour de nouvelles curiosités !

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes ! Je suis également sur instagram : @lacuriositebienveillante 😉

Pour aller plus loin :

– Anthropologie de la famille et de la parenté- Robert Deliège

– Aux origines de la société humaine. Parenté et évolution – Bernard Chapais (2017)

– Œdipe ou la prolifération explicative Alain Moreau, L’Antiquité Classique, 2002

https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_2002_num_71_1_2476

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Les programmes en ligne dédiés aux parents, idée judicieuse ou simplement onéreuse ?

 

Aujourd’hui, je m’attaque à un sacré morceau.
C’est en partie du ras le bol et des conséquences que me vient l’idée de cet article.
Autant être franche, je ne peux pas être objective sur le sujet. Cela ne m’empêche pas de pouvoir donner, en fin d’articles, les aspects positifs de ce type de formation/coaching/accompagnement (?)… Appelle ça comme tu veux.

J’ai vu fleurir, comme toi, des tonnes de supports de formation/information/accompagnement pour les parents.
Ils promettent monts et merveilles dans la parentalité bienveillante.
Surfant sur tes difficultés de parents, ils promettent que tu seras vraiment mieux après.
Tu as droit à des témoignages de mères qui te disent combien ce fut efficace. (Quid de la réalité de ces témoignages?)
Tu as le droit à des punchlines et des vidéo rigolotes qui te montrent les fois où tu débordes et… tu te vois proposer des solutions miracles ou des coaching minimaliste pour changer de vie (rien de moins).
Tu as accès à des informations bien genrée où seule toi dans ta famille (si tu es une mère) deviendra épanouie et le gage de l’harmonie nucléaire.
Bref, il y a du choix.
Mais du choix de quoi ?

Premier étonnement, moi qui sait lire (et toi aussi a priori si tu parcours sur cet article), je remarque que les conseils fournis sont tout droit tirés de certains livres sans même être modifiés.
Je trouve cela réellement interpellant, tout comme le fait que ces personnes n’ont pour la plupart AUCUNE qualification dans le domaine de la petite enfance, de la psychologie, de la pédagogie ou autres domaines utiles dans un accompagnement parental.
Ce sont des parents devenus adeptes de « l’éducation positive » (terme que je n’apprécie guère, mais largement utilisé) et ont décidé de communiquer la bonne parole, en se prenant en exemple.
Ils/Elles utilisent largement l’image de leur famille et donc de leurs enfants à foison. A mon sens, cela questionne déjà le sens de l’éthique.
Pour être honnête, dans ma posture de psy, je trouve déjà que je parle bien trop de moi sur la page facebook La Curiosité Bienveillante ou sur insta @lacuriositebienveillante. Il est possible d’apercevoir un bout de la tête de ma fille ici ou là… Et cela me questionne déjà car même sans son visage, j’utilise l’existence de cette enfant qui n’a rien demandé.
Les personnes qui mettent en place de tels programmes n’ont pas ces considérations. Tout simplement parce qu’elles savent ce qui est le plus efficaces en terme de communication : l’être humain est friand d’un peu (voire beaucoup) de voyeurisme.
Nous aimons être le témoin de la vie des autres, observer leur fonctionnement, leur progéniture, les voir grandir et entrer dans un simulacre de rapport amical.
En plus de cela, ces gens voyagent, semblent épanouis, dans une familles soudés : bref, l’idéal de vie telle que présentée en Occident.
Je passe au-dessus du fait que les plus influentes de ces personnes ne représentent pas une once de diversité : le sacro-saint blanc cis-genre hétérosexuel campe la place. Exit les familles monoparentales, exit le métissage, exit le couple qui bat de l’aile, …
L’image est policée, pour être le plus adéquat aux Réseaux Sociaux occidentaux.
D’ailleurs, c’est à se demander comment les relations intrafamiliales de ces familles-modèles peuvent être authentiques malgré une telle mise en scène et médiatisation…
Cependant, l’impact des écrans dans la relation est un autre sujet, même si je le traite sommairement dans cet article concernant l’usage des écrans.
Autre fait intéressant, la plupart des personnes qui te vendent ces packs de formation te proposent toujours des tarifs géniaux avec des réductions incroyables.
Toutes les astuces du marketing de base sont utilisées, sans discrimination : l’urgence, le nombre de place (sur internet, sérieux?!), la nécessité de changer ta vie MAINTENANT, …
Cela surfe uniquement sur ton malaise par des coups de publications sponsorisées. Bref, c’est du marketing pour vendre toujours plus, pas pour t’aider réellement.

Désolée de briser tes illusions !

Mais il est impossible de trouver de l’aide intégrale (comme c’est suggéré en te vendant un, puis deux, trois, … modules sur divers sujets) via une formule unique.
Si l’accompagnement des enfants et des familles étaient si simple, cela ne ferait pas l’objet de questionnement depuis si longtemps.

Tu te retrouveras donc avec des généralités (comme dans mes articles, d’ailleurs, bien que j’essaye d’être la plus inclusive possible) qui ne seront pas appropriées à TON cas personnel.
Parce que tu ne peux pas passer le relais,
Parce que tu travailles à temps plein,
Parce que tu es « maman au foyer »,Parce que tu es maman solo,
Parce que tu es un papa,
Parce que tu es homosexuel.le,
Parce que tu as vécu des violences familiales,
Parce que tu vis avec ta famille,
Parce que tu es isolé.e en tant qu’expat, …

Bref, TU n’es pas la norme et les conseils généraux ne te conviennent pas.
Mais parfois, voire souvent, tu ne le sais pas. Alors tu tentes de les appliquer, ces bons conseils (et ils le sont, parfois). Tu améliores certains points de ta vie familiale, tu as l’impression que ça se passe mieux… Mais probablement, quelques semaines plus tard une nouvelle situation mettra au défi tes nouvelles connaissances et elles y trouveront leurs limites.

zibik-yIGPiQhEdog-unsplash
Le « maître-nageur » est aux abonnés absents, il a vendu son cours en ligne, ça suffit! 😉

 

Le GROS problème avec tous ces vendeurs de rêve, c’est qu’ils ne t’expliquent rien.
Ils te donnent des clés d’action mais n’expliquent en rien ce qui se joue lors de ces changements. Or, les prémisses sont indispensables à comprendre !
La posture nécessaire, le contexte de vie, le besoin impérieux de répondre à ses propres besoins, la prise en compte de ses propres vécus et sentiments, les principes fondamentaux de la communication nonviolente et le changement de paradigme que cela demande par rapport au climat actuel sont parmi les éléments à prendre en compte et à mettre au clair dès le départ !

La plupart de ces intervenant.e.s usent d’arguments et des informations (comme des études) dont ils ne comprennent pas les implications ni (et surtout) les limites.
Alors bien sûr, je me fie aux études sur le domaine, mais j’ai conscience que ce sont des statistiques et que les études ont des limites pour leur interprétation (d’ailleurs chaque article décrivant une étude a une partie « conclusion et limites »).
Les limites sont, par exemple, le fait que la généralisation ne puisse par être effectuée dans tous les cas, que l’échantillon (le nombre de personnes ayant menées l’étude) était trop restreint, que n’ont pas été contrôlés tel ou l’autre facteur comme le niveau d’éducation des parents, le schéma parental, …
Toutes ces limites sont présentées dans les articles de base. Mais elles sont volontairement éludées dans les articles clickbait ainsi que les programmes de parentalité vulgarisés au plus grand nombre.

Ce que je trouve malheureux, c’est que l’impact financier est non-négligeable.
Ces personnes ont une aura médiatique, elles vendent admirablement leurs produits (preuve en est de l’étendue de leurs entreprises – ps : c’est vraiment cool pour elles, tant mieux pour leur business -) et cela implique que tu es un client à … fidéliser.
Et c’est là que le bas blesse sérieusement.

En tant que psychologue, nous avons des fondements déontologiques clairs : nous devons faire en sorte que le patient/client soit/reprenne de l’autonomie dans sa propre vie.
Nous ne pouvons pas créer de dépendance vis-à-vis de nous. Cela paraît normal… et pourtant, sois en sûr.e, avec des modules progressifs, des formules d’abonnement mensuel, des coachings prévus sur des durées aléatoires : ce n’est pas ton autonomie qui est en ligne de mire. Au contraire, plus tu croiras devoir encore t’améliorer, plus tu seras susceptible d’acheter.
Mais pour ça, il faut bien cloisonner les informations et t’en donner juste assez peu pour en demander toujours plus. Et bien sûr, il faut laisser planer le doute sur tes compétences, tes connaissances et ta façon de réagir.

Encore pire, éthiquement, ces entreprises visent une cible claire : les parents en détresse.
Bien sûr que cela existe : le parent est l’être le plus sujet à l’angoisse, la culpabilité, l’envie de bien faire et l’envie d’être déculpabilisé.e.
Surfer sur ces tendances humaines fonctionnent à merveilles pour déclencher l’acte d’achat.

Être déculpabilisé.e peut s’avérer utile lorsque tu rentres dans un cercle vicieux avec ta propre exigence et que tu ne parviens plus à distinguer ce sur quoi tu peux lâcher-prise.
C’est d’ailleurs d’un intérêt majeur dans le burn-our parental.
Mais comment un enregistrement peut prendre en compte ton propre cas ?
Alors ils assènent des phrases qui banalisent certaines violences éducatives ordinaires. Ils caressent dans le sens du poil de manière à ce que tu te sentes mieux … en superficie. Mais ce qui génère ce mal-être demeure et tu n’auras pas réussi à trouver des solutions pérennes.
Une certaine culpabilité peut servir. Tous les sentiments ont leur utilité. La culpabilité après un acte spécifique ou un posture peut être le déclencheur de changements bénéfiques.
L’idée d’une guidance parentale n’est pas de banaliser des VEO ou encore de t’enliser dans une culpabilité maladive… C’est de t’aider à répondre au mieux à vos besoins à toi et tes enfants.

De leur côté, les accompagnement enregistrés se fichent du résultat. Au fond, peu importe si tu suis leur coaching ou non. Tant que tu l’as payé, ça leur convient.
Tu n’auras pas de rappel, ou juste automatique, pas d’incitation à te connecter ou pas d’entretien avec une personne qui prend acte de ta situation personnelle.
Au mieux, tu auras un nouveau mail te proposant de participer à leur nouveau programme sur un autre sujet… Certainement abordé sommairement dans celui que tu as déjà payé.
Un bon moyen de fidéliser la clientèle est de disperser l’information !

Bien sûr, les parents en détresse/en questionnement par rapport à leur parentalité vont trouver dans ces coachings certaines informations pertinentes.
Ils trouveront même une résonance à leur problèmes familiaux et pourront y trouver des aides ponctuelles. Il se peut même que ce soit efficace à court terme et que ça les aide à modifier certaines postures par rapport à leurs enfants.

Mais alors pourquoi suis-je dithyrambique sur ces méthodes de « coaching » ?

Parce qu’elles ne peuvent pas prendre en compte qui TU es.
Les personnes qui dispensent ces accompagnements enregistrés ne peuvent pas prendre en compte dans leurs mots et leurs conseils ton vécu personnel.
Ils peuvent prendre des exemples qui te renvoient à des situations très difficiles personnellement.
Ils manquent de nuances dans l’appréciation des cas singuliers.
Souvent, il s’agit de grandes vérités envoyées comme une recette de cuisine. Les parents (et toi, là, aussi!) se retrouvent alors, la plupart du temps, démunis face à ces conseils génériques qui ne leur correspondent pas.
Seul un échange interactif peut permettre de savoir où tu te situes dans ta parentalité.
Le fait d’allaiter ou non, d’être informé.e sur les VEO et le parentage proximal et surtout à quel niveau, ces éléments déterminent ce dont tu as besoin comme informations pour te sentir mieux.
Comme tu ne peux pas avoir ce niveau de finesse avec les programmes en ligne, tu peux déchanter.
Ces derniers peuvent alors craindre que l’accompagnement bienveillant des enfants soit un idéal inatteignable.

Alors qu’en est-il vraiment ? (voici un article pour les sceptiques de l’accompagnement bienveillant des enfants)
Il n’y a pas de recette, de livre ou d’intervention enregistrée à suivre à la lettre. Il s’avère nécessaire de se questionner dans ses perception de l’enfance, dans sa posture, dans son vécu de parents et d’ancien enfant.
Quand un mal-être survient, une prise en charge professionnelle est utile. Cela évite l’errance et une aggravation morale voire physique.

Une bonne prise en charge n’est pas beaucoup plus onéreuse que ces programmes génériques et les bénéfices sont bien plus vastes !

Rendons à César ce qui est à César : oui, ces programmes accessibles 24h/24 permettent aux parents d’acquérir des connaissances (principalement les personnes qui n’ont pas l’occasion ou la possibilité de lire sur le sujet). C’est tout à fait bénéfique dans ce but-là.
Dans ce cas, il est simplement indispensable de choisir les oratrices ou orateurs expérimenté.e.s et non uniquement mus par l’appât du gain.
Avoir un, deux ou trois enfants ne fait pas de quelqu’un un.e expert.e.
Publier un livre à succès car bien géré au niveau marketing, non plus.
Cela veut juste dire que le marketing a été efficace et qu’il a séduit/rendu curieux de potentiels client.e.s.

Tu as pléthore de psychologues, psychopédagogues, sage-femmes et accompagnant.es parental.es qui produisent des contenus utiles et pertinents pour délivrer de l’information en vidéo/podcast.
Je te suggère de te fier plutôt à ce type de professionnel.le.s… qui seront également accessibles individuellement en cas de questions.

J’espère que cet article t’aura apporté un éclairage nouveau à ce sujet.

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes ! Je suis également sur instagram : @lacuriositebienveillante 😉

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

La liste de livres bienveillants pour préparer ta wishlist!

jaredd-craig-HH4WBGNyltc-unsplash.jpg

En cette approche des fêtes de fin d’année, je me suis dit qu’il serait opportun d’anticiper et te donner des titres qui pourront compléter ta wishlist de fin d’année (Yes, on est pas obligé.e d’avoir toujours des surprises. On peut aussi demander ce qu’on veut!).

Alors je te propose une sélection de livre sur la parentalité et surtout le paradigme de l’accompagnement bienveillant des enfants (et de soi-même) !
Ensuite, dans un prochain, je continuerai par des livres pour enfants, dans une dynamique bienveillante voire utilisant la communication nonviolente.

Petit conseil si tu veux un livre réellement bienveillant : tu peux éviter les titres contenant les termes « obéir », « commander », « enfant-roi », « enfant-tyran », …
Tu peux aussi exclure les livres d’Anne Bacus et de Marcel Rufo, notamment. La notoriété ne fait pas tout ! 😉

Voici donc un florilège plutôt large de livres, dont je détaille le titre et reprend le résumé des éditeurs. Je suis sûre que tu y trouveras ton bonheur !

Quels auteurs sont répertoriés dans ce petit article ?

Catherine Gueguen, Claude Didierjean-Jouveau, Ingrid Bayot, Caroline Guillot, Michel Odent, Jean Liedloff, Isabelle Filiozat, Laurence Dudek, Carlos Gonzalez, Jesper Juul, Olivier Maurel, Thomas D’Ansembourg, Alfie Kohn, Alice Miller, Marshall Rosenberg, Rosa Jové, Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl et Lawrence J. Cohen.

Eh oui, rien que ça!
J’espère que la lecture des résumés de leurs ouvrages te permettra de savoir lequel parcourir en premier. 😉

  • les livres de Catherine Gueguen :
    • « Pour une enfance heureuse » : « Le Dr Catherine GUEGUEN est pédiatre à l’Institut hospitalier franc-britannique depuis vingt-sept ans. Spécialisée dans le soutien à la parentalité, elle anime aussi des groupes de travail pour les médecins, psychologues, éducateurs et sages-femmes. Les dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins de l’enfant. Elles démontrent qu’une relation empathique est décisive pour permettre au cerveau des enfants et des adolescents d’évoluer au mieux, en déployant pleinement ses capacités intellectuelles et affectives. Catherine Gueguen nous fait partager ces découvertes et propose des conseils éducatifs pour les parents et les professionnels. Un véritable plaidoyer en faveur d’une éducation bienveillante qui remet en cause nombre d’idées reçues. « Complet, accessible et agréable à lire. Une excellente lecture pour aider [son] enfant à grandir. »

      S’il est accessible, ce livre va précisément dans les notions de développement des structures cérébrales. En première intention, je suggère son deuxième livre sur le sujet :

    • « Vivre heureux avec son enfant » : Comment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S’il ne veut pas se coucher ? S’il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s’opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s’appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l’enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu’une relation empathique et bienveillante permet à l’enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles.
      Un plaidoyer pour une autre vision de l’éducation.

 

  • Les livres de Claude Didierjean-Jouveau :

Elle a une capacité d’écriture énorme et donc, une bibliograhie impressionnante : tous ses livres sont accessibles et tellement informatifs. Voici certains incontournables mais n’hésite pas à aller voir les autres sur son site : https://www.claude-didierjean-jouveau.fr/livres-allaitement-maternage-naissance-parentalite-avancee-en-age/

    • « Le cododo : pourquoi, comment » : Votre bébé rencontre des problèmes de sommeil et vous êtes vous-même épuisé(e) par ses réveils nocturnes ? Vous vous demandez quand il sera en mesure de faire ses nuits ? Et si vous adoptiez la pratique du sommeil partagé ?
      Celle-ci vous permettra de répondre aux besoins de votre enfant, tout en réduisant votre carence en sommeil.
      Notre culture, engendrant chez nombre de jeunes parents des attentes irréalistes, nous empêche parfois de voir le cœur du problème : le bébé a un besoin constant de présence et de chaleur humaine. Partager son sommeil permettra d’y répondre sans délai et sans fatigue pour toute la famille.
      Nourri de témoignages de parents, cet ouvrage aborde ainsi la réalité du sommeil des bébés, les bienfaits du cododo, son universalité, sans oublier les précautions à prendre.
    • « développer l’empathie chez les enfants » : En 2015, j’ai eu l’occasion de voir sur France 5 le documentaire de Valeria Lumbroso Entre toi et moi, l’empathie. Je l’ai trouvé tellement passionnant que j’ai eu envie d’approfondir le sujet.
      J’ai alors écrit plusieurs chroniques sur le sujet dans le magazine Grandir autrement, et me voilà à écrire un petit pratique dessus.
      Si, comme le pense le primatologue et éthologue Frans de Waal (il sera beaucoup question de lui dans cet ouvrage), l’empathie dérive de l’attention maternelle, il est logique que le sujet m’intéresse, car il est cohérent avec mes préoccupations habituelles autour du maternage, du parentage, des soins aux bébés, des relations parents/enfants. Sans empathie, rien de tout cela n’est possible !
      Qu’est-ce que l’empathie, sinon la capacité à ressentir ce que l’autre ressent tout en restant soi-même ? Cette capacité est-elle innée ou acquise ? Est-elle propre à l’être humain ou commune à tous les mammifères, voire à tout le vivant ? Comment peut-on la développer, notamment chez les enfants ? Peut-elle être détruite ? Comment faire en sorte qu’elle englobe plus que nos “proches” ?
      C’est à toutes ces questions que cherchait à répondre le documentaire, en interrogeant un certain nombre de chercheurs et en détaillant un certain nombre d’expériences.
      Et c’est à ces questions que je vais essayer de répondre ici, notamment en vous parlant de ces études et de ces expériences.
    • « l’allaitement de A à Z » : “Cet ouvrage est un véritable dictionnaire amoureux de l’allaitement. Sous forme d’abécédaire, il voyage de A comme… allaitement à Z comme zizanie, en passant par F comme féminisme, J comme jumeaux, S comme sexe, T comme tirer (son lait), etc.
      Mais ne vous attendez pas à compulser un manuel de plus sur les pourquoi et les comment, genre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’allaitement maternel en 26 questions !
      Point de guide pratique ou de lexique savant ici, plutôt une balade dans un domaine que Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau ne se lasse pas d’explorer, depuis le début des années 1980, y découvrant chaque jour de nouveaux sentiers et de nouvelles perspectives, souvent insolites.”
    • « Ne pleure plus bébé » :
      Les anthropologues et les voyageurs se sont toujours étonnés de ne pratiquement jamais entendre de pleurs de bébés chez les autochtones du Grand Nord, les Amérindiens, en Inde, à Bali… Ces peuples ont-ils un secret? Oui, et il tient en deux mots: maternage proximal. C’est-à-dire un ensemble de pratiques qui, en répondant aux besoins fondamentaux du bébé, lui évitent d’avoir à manifester par des pleurs le malaise que lui cause la non-satisfaction de ses besoins. Le livre que vous avez entre les mains se situe clairement dans la ligne de défense de ce maternage proximal. Non, les pleurs des bébés ne sont pas  » bons  » pour eux. Non, les bébés n’ont pas  » besoin  » de pleurer. Oui, la plupart des pleurs sont évitables si l’on répond aux besoins du bébé. Évitables ou consolables: s’il pleure quand même, on dispose de beaucoup de moyens simples pour l’apaiser et le consoler.
    • « Petit guide de l’allaitement pour la mère qui travaille » : L’allaitement maternel est bien le choix santé en matière d’alimentation infantile ! Et plus il dure, plus ses bienfaits sont grands. Malheureusement, on croit encore trop souvent que la reprise du travail empêche d’allaiter plus de quelques semaines et oblige à sevrer. En fait, il est tout à fait possible de poursuivre l’allaitement en travaillant. Ce livre, enrichi de nombreux témoignages de mères, détaille les différentes options possibles (et cumulables) ; continuer d’allaiter à la demande dès qu’on a l’enfant avec soi (matin, soir, nuit, jours de congé, vacances…), aller l’allaiter dans la journée, s’il est gardé non loin du lieu de travail, voire sur le lieu de travail (crèche d’entreprise), tirer son lait, pour qu’il lui soit donné par les personnes qui le gardent, si l’on souhaite qu’il continue de bénéficier d’un allaitement exclusif. Un large chapitre est consacré à cette dernière option : comment tirer son lait, où, quand, avec quoi, comment le conserver, etc.
  • Le livre d’Ingrid Bayot « Le quatrième trimestre de grossesse » : Les premières semaines de la nouvelle accouchée ne sont pas aussi enchantées qu’on le dit. Durant ce quatrième trimestre de la grossesse, la symbiose mère-enfant continue via les jeux hormonaux, l’adaptation du sommeil maternel, la sensibilité émotionnelle, la lactation (faire du lait) et l’allaitement (nourrir un bébé). D’autres chantiers biologiques et psychiques sont en cours. Ils constituent un cheminement vers un nouvel équilibre et non à un retour à l’état antérieur. La méconnaissance des différents aspects de cette « dégestation » empêche les femmes de prendre conscience de leurs besoins de les exprimer. La pression sociale pousse vers un retour rapide à ce qui est désigné comme « la normalité », à savoir la séduction et la productivité. Or, ces deux dynamiques sont aux antipodes des réalités de l’après-naissance. Cet ouvrage décrit tout ce que traversent les femmes (mais aussi les hommes et les couples) dans ce quatrième trimestre de la grossesse, leurs nouveaux besoins, et notre nécessité de réinventer l’accompagnement de ce temps si singulier, qui, parfois vécu dans une relative solitude, peut révéler des fragilités personnelles préexistantes.

    A lire à tout moment de la vie… Mais si tu peux l’offrir à une future mère, ça l’aidera !

 

  • Un des livres de Margot Sunderland intitulé: « La science de l’enfant heureux. Épanouir son enfant grâce aux découvertes sur le cerveau« :Comment réagir devant un enfant triste ou paniqué ? Comment gérer les premières séparations ou l arrivée d une petite s ur ? Quelle méthode choisir pour le coucher ? Quels jeux favoriser ? Comment fixer des limites ? Mais aussi : comment assurer son propre bien-être, condition indispensable à celui de l enfant ?

    Avec cet ouvrage, Margot Sunderland a une ambition : mettre les neurosciences au service de l éducation ! Nous savons aujourd hui que nos choix parentaux modèlent le cerveau de notre enfant. En plaçant à la portée de tous les dernières avancées scientifiques, elle nous off re les clés pour mieux comprendre son enfant, la manière dont il se développe, et lui donner toutes les chances de grandir en s ouvrant au monde.

    Afin de permettre à chaque parent de faire des choix avertis, ce livre examine les différents comportements qui posent des difficultés et évalue les méthodes éducatives les mieux éprouvées, choisies pour leur action bénéfique reconnue sur le développement de l intelligence sociale et affective. Il constitue ainsi un guide précieux, une véritable boîte à outils pour aider les parents à accompagner leur enfant sur la voie de l épanouissement.

  • Un format plus léger mais pourtant fondamental : pour les femmes allaitantes et celles qui sont enceintes, un cadeau de Noël idéal : « Le manuel très illustré de l’allaitement » de Caroline Guillot : Si 2/3 des femmes allaitent pendant le premier mois, elles ne sont plus qu’1/3 passé ce délai. Trop dur, trop mal, trop de doutes… la pression et l’angoisse les font souvent abandonner. Pourtant, beaucoup avouent « qu’elles auraient continué si on leur avait expliqué les choses différemment ». C’est ce que fait ce manuel, qui regroupe et détaille avec autant de sérieux que d’humour un maximum d’informations et propose, via ses illustrations et son ton, une approche différente de l’allaitement. Culture, histoire, fiches pratiques, conseils appliqués, extraits de vie… la tétée n’aura bientôt plus de secret pour vous ! Pour assurer l’exactitude de ses conseils, le manuel a été relu et validé par des professionnels de l’allaitement maternel. Car on ne rigole pas avec la tétée !

 

  • Les livres de Michel Odent, dont « Le bébé est un mammifère » : Le Bébe est un mammifère est le livre fondateur de Michel Odent. Paru trop tôt, incompris, cet ouvrage vit depuis quelques années une renaissance dans les pays anglophones et hispanophones. Michel Odent nous conduit vers ce qu il appelle poétiquement « la révolution colostrale » : cette révolution où le libre accès du nouveau-né au colostrum de sa mère signe l aboutissement d une naissance libre et pleinement vécue. Michel Odent nous propose un monde nouveau, un monde où les relations humaines sont transfigurées par la façon dont nous accueillons l enfant qui nait, un monde où la science intelligente l emporte enfin sur une technicité aussi absurde que criminelle.

 

  • L’indétrônable ouvrage de Jean Liedloff : « Le concept du continuum – la recherche du bonheur perdu » : Un livre dont on parle depuis plus de 15 ans, enfin disponible en français ! Une manière révolutionnaire d’élever nos enfants… naturellement. Au plus profond de la jungle du Venezuela, Jean Liedloff fait la rencontre d’une tribu d’indiens vivants encore à l’âge de la pierre. Fascinée par le bonheur reflété par ces indiens « primitifs », elle passera deux ans et demi avec eux pour comprendre la cause de leur vie si heureuse et harmonieuse. Cette expérience ébranlera totalement ses convictions occidentales et l’amènera à un point de vue radicalement différent sur la nature humaine et l’éducation dictée par nos sociétés « civilisées ». Le concept du continuum nous montre comment nous avons perdu notre bien-être naturel en laissant l’intellect prendre le pas sur notre instinct. Il nous montre également comment retrouver cette harmonie pour nous-mêmes et nos enfants. Une véritable prise de conscience pour tous les acteurs de notre société ! Un livre absolument indispensable à tous les parents ou futurs parents !
  • Les livres d’Isabelle Filiozat, elle aussi très productive, tant en littérature qu’en cahier destiné aux enfants (que je renseignerai dans la partie de l’article dédiée aux enfants). L’avantage d’Isabelle Filiozat est qu’elle construit des livres qui se lisent comme des romans (avec la même fluidité). Ils sont orientés vers les parents ayant des enfants d’un âge déterminé. Cela lui permet d’expliquer précisément ce qui se passe dans l’esprit de l’enfant en fonction de son âge. Je propose ici les plus connus mais voici sa bibliographie complète : http://www.filliozat.net/bibliographie/
    • « Il n’y a pas de parents parfaits » : Pourquoi tant de passions se déchaînent lorsqu’il est question d’éducation ? Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu’amour et tendresse. Ce n’est pas si simple. L’objet de cette passionnante enquête d’Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie. Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver… Afin de retrouver la liberté d’être le parent que nous désirons être.
    • « J’ai tout essayé » : Opposition, pleurs et crise de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans. Les parents ont tendance à interpréter les comportements excessifs ou énervants des enfants comme des manifestations d’opposition, de mauvaise volonté, d’insolence. D’autres se culpabilisent et cherchent le traumatisme. Et s’il y avait d’autres causes ? Les récentes découvertes de la neurophysiologie et de la psychologie expérimentale éclairent d’un jour nouveau ces comportements exaspérants.Dans cet ouvrage :  Des dessins qui parlent à tous, Des éclairages scientifiques pour mieux comprendre et des directions nouvelles pour agir concrètement selon son âge.
    • « Il me cherche » : Manque de concentration, agitation, manque de confiance, crise, difficultés pendant les repas ou comportement violent à l’école : et s’il y avait des raisons autres que le manque de limites ?Méconnaître le rythme de développement de l’enfant est source de nombreux conflits, cris et punitions, et il n’est pas simple de fixer la frontière entre le trop et le trop peu de contrôle parental. Mais, non ! tout n’est pas encore joué ! Et le parent peut faire beaucoup pour nourrir la confiance de son enfant.Isabelle Filliozat propose la même approche efficace que dans « J’ai tout essayé », fondée sur les neurosciences, pour vivre avec un enfant de 6 à 11 ans.
    • « Au cœur des émotions de l’enfant » : Un livre-ressource pour aller vers davantage d’harmonie familiale. Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante.Ce livre très concret tire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer ses sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale.
    • « un zeste de conscience en cuisine » : Quand la préparation d’un repas devient une aventure intérieure. Les Français ont fait de la cuisine un de leur loisir préféré, mais aussi un mode d’expression.
      C’est à la fois avec son regard de femme, de mère et de psy qu’elle nous explique comment cet espace de transformation des aliments qu’est la cuisine peut également devenir un espace de transformation de soi :
      – La cuisine, lieu d’échange et de partage (émotions, repas de fête, intimité, traditions, religions…)
      – La cuisine, lieu de transmission (recettes, savoir-faire, secrets…)
      – La cuisine, espace de développement personnel (exercices de respiration, méditation, confiance en soi…).
      Au gré des pages, le lecteur trouvera des réponses à ses questions (pourquoi je n’aime pas cuisiner ? qu’est-ce que je mange ?…), une foule d’informations (pourquoi les allergies explosent-elles ? y a-t-il un régime idéal ?…), ainsi que différents conseils et exercices pratiques. Sans oublier, bien sûr, de nombreuses recettes aussi savoureuses qu’inattendues !
    • « On ne se comprend plus ! » : Traverser sans dommage la période des portes qui claquent entre douze et dix-sept ans. Tous les ados ne se ressemblent pas. Certains vivent cette période repliés dans leur chambre, d’autres ne cessent de sortir. Certains passent leur temps affalés sur le canapé, d’autres s’investissent dans le sport jusqu’à se mettre en danger. Certains perdent tout intérêt pour les études, d’autres sont toujours premiers, certains ont le joint aux lèvres dès le lever, d’autres n’y toucheraient pour rien au monde et d’autres encore oscillent entre les deux extrêmes.
      Il reste que certains traits se dégagent et que tous traversent une période complexe. Crise  ? Oui, en quelque sorte. L’adolescent traverse une crise, une transformation. L’adolescence inquiète, parce que les risques sont effectivement là. Alcool, sexe, drogue, vitesse sur la route, décrochage scolaire, troubles du comportement alimentaire… Et pour traverser cette période, les ados ont besoin de leurs parents. À leurs côtés et non en face d’eux.
      Conçu comme les précédents (par tranche d’âge  : 11-12 ans, 13 ans puis 14, 15 et 16 ans),
      On ne se comprend plus explore la psychologie des adolescents, ainsi que certaines composantes biologiques et physiologiques, et aide ainsi à poser un regard nouveau sur les motivations de leurs comportements – souvent inconnues des parents autant que des ados.
  • Les livres de Laurence Dudek, dont:
    • « Parents bienveillants, enfants éveillés » : Aujourd’hui, de nombreux parents se sentent démunis face aux comportements de leur enfant et se demandent comment l’éduquer de manière bienveillante et sécurisante. Car vouloir conditionner les enfants, en leur donnant des ordres, en leur faisant des reproches, en les culpabilisant ou en leur demandant « pourquoi » ils ne font pas ce qu’on voudrait qu’ils fassent génère souvent des conflits, parfois de la violence… Pour autant, on ne peut pas « tout laisser faire » sans intervenir : un vrai casse-tête !

      L’Éducation Efficace est une méthode éducative d’excellence qui permet aux adultes de concilier leur désir de « bien éduquer » et la bienveillance nécessaire au bien-être et à la singularité de l’enfant, sans renoncer ni à l’un ni à l’autre, tout en tenant compte du contexte personnel et familial qui est le leur.

      Dix concepts clés d’une méthode facile d’accès et illustrée par l’exemple, à mettre en pratique immédiatement pour une éducation sans violence. Parent, enseignant, éducateur, soignant, chacun d’entre nous peut accompagner l’enfant dans l’amélioration de son adaptation tout en respectant ses besoins.

    • « Petites histoires magiques pour guérir les soucis du quotidien » ; Les 16 contes métaphoriques (ou contes thérapeutiques) de cet ouvrage, sont des histoires bienveillantes, douces et poétiques à lire à votre enfant pour l’aider à dépasser ses petits soucis du quotidien. Il s’agit d’une véritable trousse à pharmacie, reposant sur les principes de la thérapie ericksonienne pour procurer un apaisement, un bien-être et renforcer le lien parent-enfant.

      Chaque conte est écrit et se lit selon un protocole efficace et pratique  :
      – Un éclairage pour le parent (les sens cachés de l’histoire)
      – Une mise en condition pour l’enfant
      – L’histoire à lire
      – Un texte de retour à un état de conscience ordinaire
      – Des pistes d’échanges pour prolonger ce moment de douceur

      Goûtez aux délices de la magie des mots qui soignent et cultivez l’imaginaire de votre enfant  !

  • Les Livres de Carlos Gonzalez (pédiatre espagnol, fondateur et président de SAPTA (association catalane pour l’allaitement maternel) :
    • « Serre-moi fort ! » : Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Selon les époques, les arguments, religieux, moraux, sociaux, psychologiques ou même politiques, varient, mais une constante demeure : l’éducation doit viser à contraindre l’enfant à renoncer à ses inclinations naturelles, nécessairement mauvaises, et à se soumettre à la volonté de l’adulte. Car nos enfants sont, semble-t-il, nos ennemis. Ils s’opposent à nous sans raison, multiplient les caprices, cherchent à n’en faire qu’à leur tête, à nous dominer, à nous écraser. Il convient donc d’extirper le mal à la racine, en usant au besoin de méthodes d’une violence que l’on n’admettrait jamais vis-à-vis d’adultes, faute de quoi ces tyrans en herbe deviendront incontrôlables. « Pour leur bien », on doit leur imposer des limites et des règles strictes, leur apprendre à dormir seuls, à manger à heures fi xes ce qu’on leur présente, à être propres, à accepter la frustration et la séparation d’avec leur mère, à partager, à ne pas couper la parole aux adultes, à obéir sans rechigner… Et tout cela sans pleurer, s’il vous plaît. Carlos Gonzalez part d’un présupposé radicalement différent. SERRE-MOI FORT est un livre écrit résolument en défense des enfants, mais aussi des parents, car l’affrontement permanent est source de souffrances inutiles pour tous. Cet ouvrage très documenté nous explique pourquoi les enfants sont comme ils sont et font ce qu’ils font, et comment dormir avec eux, leur donner le sein, leur offrir sans réserve câlins, contact et attention font plus que toutes les règles et toutes les punitions réunies. SERRE-MOI FORT nous propose de renoncer enfi n à la violence et au mépris pour élever nos enfants dans la bienveillance, la confi ance, le respect et la tendresse, et leur prodiguer un amour aussi inconditionnel que celui qu’ils nous vouent d’instinct.
    • « Mon enfant ne mange pas ! » : Les parents de partout à travers le monde se demandent si leur bébé ou leur bambin mange assez. Carlos González, un pédiatre et un père, explore les raisons qui poussent un enfant à ne pas manger, les pièges des courbes de croissance et les impacts de la croissance sur les besoins caloriques. Il explique comment les troubles alimentaires commencent et comment les éviter. Mon enfant ne mange pas comprend aussi des témoignages de mères qui ont eu des moment d’angoisse et de tourmentes à essayer de faire manger leur enfant.

 

  • Les livre de Jesper Juul, dont je donne certains titres mais que tu peux trouver ici : http://www.familylab.fr/mediatheque/livres/
    • « La vie en famille – Renouveler les valeurs fondamentales du vivre-ensemble » : Confrontés en tant que parent au vide laissé par le rejet de l’autoritarisme comme des violences physiques et psychologiques envers les enfants, nous nous sentons aujourd’hui souvent perdus. Nous jouons pourtant toujours un rôle essentiel pour les enfants puisque qu’eux, venus au monde sans expérience, ont besoin de notre leadership adulte. Comment développer alors cette autorité personnelle, nécessaire et constructive pour les enfants ? Comment transformer l’amour que nous éprouvons en gestes affectueux que nos proches ressentent aussi comme des marques d’affection, et cela sans perdre notre propre intégrité ?

Pour répondre à ces défis, Jesper Juul nous invite à nous appuyer sur quatre valeurs – équidignité, intégrité, authenticité et responsabilité. Transculturelles, ces valeurs forment ensemble un socle fondamental auquel nous référer pour établir des relations familiales durablement saines et constructives, une base permettant l’épanouissement social et mental aussi bien durant l’enfance qu’à l’âge adulte. Au travers de ce livre, aujourd’hui référence en Scandinavie et en Europe centrale, il pose ainsi les fondements d’un renouveau du vivre-ensemble et de l’éducation.

    • « Me voilà ! Qui es-tu ? – Sur la proximité, le respect et les limites entre adultes et enfants » :

Dans ce petit livre, Jesper Juul présente avec beaucoup de chaleur et d’humilité sa réflexion sur les relations entre adultes et enfants, et en particulier sur un aspect traditionnellement incontournable de l’éducation : poser des limites aux enfants.

Clairement, il invite les adultes à assumer la responsabilité de la qualité des relations qu’ils entretiennent avec les enfants, en étant à la fois attentifs aux limites personnelles de l’enfant comme à leurs propres limites et à exprimer celles-ci de la manière la plus claire et personnelle qui soit. C’est la condition nécessaire à l’établissement de relations fondées sur le respect et la réciprocité, où chacun participe et personne n’est blessé.

Il insiste sur l’importance d’écouter et de prendre au sérieux les enfants : un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents, il cesse de s’aimer lui-même…

  • Les livres d’Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire des Violences Éducatives Ordinaires, notamment :
    • « Oui, la nature humaine est bonne ! Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires » : Fessées, gifles, calottes, tapes ou bastonnades… Dans beaucoup de pays, les enquêtes les plus sérieuses montrent que plus de 80 % des enfants subissent encore des méthodes éducatives violentes.
      Or, si étonnant que cela puisse paraître, aucun grand philosophe n’a tenu compte dans sa réflexion sur la nature humaine des conséquences de ce dressage violent infligé depuis des millénaires à la majorité des êtres humains au moment où leur cerveau est en formation.
      Pire : dans les religions, dans les conceptions philosophiques, et aujourd’hui encore dans la psychanalyse, tout se passe comme si l’origine de la violence et de la cruauté humaines était dans la nature même des enfants. Pourtant, les recherches les plus récentes ont révélé chez lui des compétences – attachement, empathie, imitation – qui en font un être remarquablement doué pour la vie sociale.
      La source de la violence et de la cruauté humaines réside-t-elle dans la nature des enfants, c’est-à-dire dans notre nature, ou dans la méthode qu’on a utilisée de tous temps pour les élever ?
      C’est à cette question que répond Olivier Maurel, en s’appuyant sur les recherches d’Alice Miller et les plus récentes découvertes de la neurologie. Après la lecture de ce plaidoyer inédit, il sera difficile de continuer à appeler « éducation » le fait de frapper un enfant.
  • Les livres de Thomas D’Ansembourg, dont ceux-ci :
    • « La paix, ça s’apprend ! » : À la suite des attentats de Paris et Bruxelles, David Van Reybrouck, écrivain, anthropologue et archéologue, rencontre son ami Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, auteur d’ouvrages sur le développement personnel et formateur en communication non violente. Pour eux, le constat est clair : face au déferlement d’actes guerriers et barbares, appeler la paix de ses vœux ne suffit pas, il faut la préparer, la construire à l’intérieur de nous-mêmes et dans nos structures sociales
    • « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! » : Nous avons pris l’habitude de dissimuler ce qui se passe en nous afin d’acheter la reconnaissance, l’intégration ou un confort apparent plutôt que de nous exprimer tels que nous sommes. Nous avons appris à nous couper de nous-même pour être avec les autres. La violence au quotidien s’enclenche par cette coupure : la non-écoute de soi mène tôt ou tard au non-respect de l’autre. Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est un seau d’eau lancé pour nous réveiller de notre inconscience. Il y a urgence à être d’avantage conscients de notre manière de penser et d’agir.

      Le message de Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est plus actuel que jamais. Pour rendre son propos encore plus accessible, l’auteur a choisi de revoir son texte et de l’agrémenter d’illustrations humoristiques. Condensée, simplifiée et plus légère, cette nouvelle édition constitue le premier pas capital pour quiconque cherche à se libérer de ses habitudes néfastes et à s’ouvrir aux concepts de la communication non-violente.

Thomas d’Ansembourg est psychothérapeute et formateur en relations humaines. Depuis 1994, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) selon le processus de Marshall Rosenberg.

  • Les livres d’Alfie Kohn, dont particulièrement :
    • « Aimer nos enfants inconditionnellement » : Beaucoup de guides pratiques à l’usage des parents posent comme objectif implicite : « Comment obtenir l’obéissance des enfants ? » Et proposent différentes techniques pour contrôler les enfants.
      Ce livre n’est pas une énième méthode ! Alfie Kohn préfère poser la question suivante : « Quels sont les besoins des enfants et comment résoudre les conflits ? »
      Il s’agit de faire avec les enfants plutôt que de faire faire aux enfants.
      Un besoin fondamental des enfants est l’amour inconditionnel. C’est ainsi qu’ils sont assurés d’être aimés et acceptés quoi qu’ils fassent. Hélas, les approches conventionnelles des punitions, récompenses et toute forme de contrôle, transmettent aux enfants qu’ils sont aimés uniquement lorsqu’ils nous obéissent ou lorsqu’ils nous impressionnent. Sois aimable ! Autrement dit, fais en sorte de mériter notre amour !
      L’auteur cite de nombreuses recherches qui montrent la nocivité de toutes ces méthodes. Ce livre nous emmène dans une profonde réflexion sur nos pensées, nos sentiments et nos actes envers nos enfants. Enfin, il invite tous les parents à réfléchir, à se reconnecter avec leur instinct premier, naturellement bon, pour devenir de meilleurs parents.
    • « Le mythe de l’enfant gâté » : Nombres d’idées reçues sont véhiculée sur les enfants, sur ce qu’ils sont et comment on devrait les élever. D’une façon ou d’une autre, ces croyances sont devenues une opinion communément admise de notre société. On accuse les parents d’être tout à la fois laxistes et trop protecteurs, incapables de poser des limites et effrayés par l’idée que leurs enfants puissent échouer. On dit des jeunes qu’ils sont narcissiques, qu’ils se croient tout permis entre autres descriptions peu flatteuses. Dans Le mythe de l’enfant gâté, Alfie Kohn démonte méthodiquement ces croyances ; il ne se contente pas de remettre en cause les affirmations factuellement erronées, il dévoile aussi l’idéologie dérangeante sous-jacente. De récentes recherches révèlent que la parentalité hélicoptère est plutôt rare, et que lorsqu elle existe, elle fait étonnamment plus de bien que de mal. Kohn fait valoir que la plus grande menace qui pèse sur le développement d’un enfant, c est un style parental trop contrôlant, et non trop indulgent. Sur le même ton vivant et anticonformiste que dans son précédent livre traduit en français Aimer nos enfants inconditionnellement, Kohn s’appuie sur un grand nombre de données scientifiques et sociologiques – tout autant que sur l’humour et la logique – pour questionner les affirmations qui surgissent dans la presse grand public américaine avec une régularité de métronome : les jeunes ont la grosse tête ; ils reçoivent des récompenses, des compliments et des bonnes notes beaucoup trop facilement ; davantage d’autodiscipline ne leur ferait pas de mal, et il faudrait qu ils en bavent un peu plus. Ces croyances conservatrices sont souvent acceptées sans broncher, y compris par des gens dont les opinions politiques sont plutôt progressistes. Dans la culture française, quoiqu’un peu différente de la culture américaine, on entend de similaires antiennes : « on n’a rien sans rien », « on n’a que ce qu’on mérite », « si tu crois que ça va te tomber tout cuit dans le bec », « dans la vie, il faut toujours un perdant », bref, cette idée qu’il ne faudrait pas que la vie des enfants soit trop facile est tout aussi prégnante et délétère. Repli sur soi et peur de l’autre, accroissement vertigineux des inégalités, changement climatique et autres bouleversements sociétaux : ce livre tombe à pic, car il est grand temps de changer notre regard sur les jeunes si on veut qu’ils deviennent des adultes capables de relever les énormes défis qui les attendent.
  • Ce livre phare d’Alice Miller:
    • « C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant » : La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ? Alice Miller dénonce les méfaits de l’éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l’origine de la pire violence, celle que l’on s’inflige à soi-même ou celle que l’on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l’âme enfantine. Cette «pédagogie noire», selon l’expression de l’auteur, est illustrée par des textes des XVIIIe et XIXe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d’enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d’un jeune infanticide allemand et enfin celle d’Adolf Hitler, que l’on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.
  • Les livres de Marshall Rosenberg
    • « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » :

      Sous une nouvelle couverture, enrichie d’un important chapitre sur la médiation et la résolution des conflits, voici la troisième édition de l’ouvrage phare de la Communication NonViolente, traduit dans plus de 30 langues et vendu à 170 000 exemplaires en France.
      Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre permet d’améliorer radicalement et de rendre vraiment authentique notre relation aux autres.

      La plupart d’entre nous ont été élevés dans un esprit de compétition, imprégnés de préjugés et d’intolérance. Cette éducation nous conduit le plus souvent à une mauvaise compréhension des autres. Elle engendre au quotidien de la colère, des frustrations et des comportements agressifs.
      Une communication de qualité avec les autres est une des compétences les plus précieuses qui soit, dans sa vie personnelle comme au travail.
      Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant dans ses effets : la Communication NonViolente. Découvrez cette méthode accessible pour améliorer votre relation aux autres.

 

    • « Elever nos enfants avec bienveillance » : La Communication NonViolente (CNV) est un processus efficace qui permet de se relier aux autres et d’agir avec compassion. Également appelée communication empathique ou langage girafe, la CNV peut prévenir ou résoudre les conflits et invite à communiquer dans le but de satisfaire les besoins de chacun. Elle offre des outils concrets que l’on peut utiliser aisément dans les écoles ou, au sein de la famille, dans les relations personnelles.

      La CNV montre comment nous exprimer avec honnêteté et empathie, dans un langage du coeur qui encourage la bienveillance, afin d’éviter toute rancoeur et pour préserver l’estime de soi. Il s’agit d’assumer nos choix et d’utiliser des mots qui traduisent de la compassion plutôt que de la crainte, de la culpabilité ou de la honte.

  • « Dormir sans larme » de Rosa Jové : La pédopsychiatre décrit les étapes physiologiques de la maturation du sommeil chez l’enfant. Elle propose des conseils pour accompagner l’enfant dans son apprentissage et des solutions naturelles pour l’y aider.
  • « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ?  » Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl : Pourquoi les Danois sont-ils les plus heureux au monde, et comment font-ils, année après année, pour que leurs enfants soient également heureux, confiants, dynamiques ? Ce guide pratique et optimiste révèle les habitudes des familles les plus heureuses sur terre. À l’aide d’exemples limpides, il présente les six principes fondateurs de la parentalité danoise :
    – Le jeu est essentiel au développement et au bien-être des enfants.
    – L’authenticité favorise la confiance et permet aux enfants de se créer une boussole intérieure.
    – Le recadrage aide les enfants à surmonter les obstacles et à voir le côté positif de la vie.
    – L’empathie nous permet d’agir avec bienveillance envers les autres.
    – L’absence d’ultimatumévite les rapports de force ou le ressentiment.
    – Le cocooning est une façon de célébrer la famille, les occasions spéciales et le quotidien.
    Les Danois appellent ce dernier principe hygge. C’est une façon simple et efficace de tisser un lien étroit.
    Par son point de vue éclairant et nouveau sur l’éducation interculturelle, Les Recettes du bonheur danois aident les parents de tous horizons à élever des enfants plus heureux et plus adaptés au monde.

 

  • « Qui veut jouer avec moi ? Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants » de Lawrence J. Cohen :Vous ne savez pas comment faire pour obtenir de votre enfant ce que vous lui demandez ? Le Dr Lawrence Cohen vous propose une approche originale : le jeu !
    Il/elle est timide, réservé(e), a peu d’amis ? Là encore, jouer avec votre enfant peut l’aider à reconstruire sa confiance et assez d’aisance relationnelle pour aller ensuite vers les autres.
    Il/elle est agressif/ve, violent(e), s’enferme dans sa chambre ? L’auteur nous explique qu’il/elle exprime ainsi (paradoxalement) son besoin d’attachement. Et il nous raconte à l’aide d’une multitude d’exemples plus tendres et drôles les uns que les autres comment renouer avec votre progéniture.
    Lawrence Cohen fait preuve d’une merveilleuse compréhension de l’enfant et de ses besoins. Un livre qu’on déguste le sourire aux lèvres, tant les propositions sont justes et touchent le cœur. Après l’avoir lu, vous ne verrez plus vos enfants de la même façon.

Comment est-il possible d’avoir autant de livre sur ce sujet qu’est l’accompagnement des enfants ? Et pourquoi continuer à écrire dessus ?
Parce que TOI derrière ton écran, tu n’es pas la/le même que ton voisin. Tes propres filtres, ton fonctionnement, tes affinités sont spécifiques, et certains supports conviennent mieux à certains que d’autres !
La multiplicité des sources n’est jamais un problème : tous offrent des perspectives différentes et apportent un petit plus pour élaborer sa manière d’Être un humain qui est parent.
Le fait est que tous ces auteurs et autrices partagent le même paradigme bienveillant et nonviolent.
Un autre élément important est qu’aucun de ces livres ne t’apportera de recette magique. Ils ouvrent une fenêtre sur l’enfance et la parentalité.
Il est utile de se tenir éloigner de ces recettes miracles qui ne fonctionnent pour personne.:)

Et toi ? Quel(s) est ton livre de chevet en ce moment ? Et ton indispensable ? Lequel te fait envi ?
Dis-moi tout en commentaire.

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Le VRAI problème des parents d’enfants en bas âge

Il est fréquent qu’on entende parler du quatrième trimestre de grossesse, du « terrible two », du « fucking four », des cris et des coups que peuvent donner les petits, de leur sommeil perturbé, de leurs refus et leurs peurs qui semblent irrationnelles… D’ailleurs, tous ces permaliens sont des articles que j’ai écrit à ces divers sujets.

Mais si on oubliait de parler de ce qui met à mal le vécu des parents, au lieu de parler ce « ce qui ne va pas » chez les enfants ?!
Parlons alors des besoins ressentis par les parents et des stratégies pour les combler !

Il n’est pas difficile de constater les enfants nous mettent au défi de trouver des stratégies pour répondre à leurs besoins mais aussi aux nôtres. L’objectif sont de nous garder en vie (d’abord), tout en étant en bonne santé mentale (là, ça se corse ! Salut Dépression Post-Partum, Burn-out parental, anxiété, …).

 

– La concurrence des besoins

Les enfants ont des besoins impérieux. Plus ils sont petits et moins ils sont en mesure de comprendre et de supporter l’attente.
Ce n’est pas dirigé contre toi. C’est un fait.
Malheureusement, c’est comme ça que nous nous retrouvons avec un enfant qui veut téter quand le repas est à peine sur la table, lorsque nous allons aux toilettes ou encore lorsque nous posons le pied sous la douche.
Ce n’est pas du tout agréable…
Au quotidien, être parent veut dire que nous nous faisons interrompre plusieurs fois au cours d’une même activité… Cela demande énormément de ressources de composer avec cette réalité, surtout lorsque nous ne nous étions jamais figuré que cela pouvait se réaliser comme cela.

Lorsque la moutarde monte au nez (comprends : lorsque quelque chose t’exaspère vraiment beaucoup!), il convient de prendre du recul et d’essayer de décrypter ce qui te fait réagir de la sorte.
Pourquoi l’énervement/la tristesse/l’énervement pointe à ce moment-là ?
Est-ce la faim/la fatigue/un sentiment d’oppression (quand ton bébé a besoin d’être porté constamment)/le manque de sociabilisation/… ?

max-larochelle-421822-unsplash

Il est rare qu’on ne puisse pas répondre à ses propres besoins en adaptant son quotidien, tout en gérant les besoins impérieux des enfants-chéris !
Par exemple : oui, tu peux allaiter en mangeant/étant aux toilettes/faisant une sortie. Non, ce n’est peut-être pas l’idéal et pas ce que tu imaginais… Mais ça te permet de vivre et de prendre en compte tes besoins personnels, tout en remplissant ceux de ton enfant.
Dans le même ordre d’idées, le cododo (j’en parle dans cet article) répond au besoin de proximité de ton enfant et te permet de te reposer !
La fatigue et la mauvaise alimentation sont les pires ennemies d’un vécu positif !
Tu veux d’autres suggestions pour répondre à tes besoins tout en prenant en compte ceux de ton tout-petit : voici un article qui aborde le quatrième trimestre de grossesse.

Il s’avère, cependant, facile de justifier la réponse immédiate aux besoins d’un nourrisson… Mais c’est beaucoup plus compliqué à partir d’un an ou deux.
Les enfants acquièrent de superbes compétences… et les adultes autour d’eux présagent alors qu’ils sont en mesure de postposer un besoin voire de les sublimer.
Il n’est pas rare que demande soit faite d’attendre pour : manger (alors qu’il est fréquent que les adultes grignotent en attendant le repas), téter, être pris.e dans les bras, …

Or, il est nécessaire de comprendre que si leurs compétences motrices et cognitives évoluent à toute vitesse, en regard de leur évolution cérébrale… Mais leurs capacités de gestion émotionnelle ne sont pas maturées !
Alors, les crises de larme s’accentuent à partir de 18 / 24 mois pour des raison qui semblent obscures : les chaussettes glissent, ils/elles ne parviennent à effectuer certains gestes de motricité fine, ils/elles veulent fermer une porte mais ne souhaitent pas être enfermé.e.s, … Bref, c’est une période très particulière au niveau émotionnel pour les enfants et les parents !
Cela aide réellement de comprendre ce qu’il y a derrière l’expression de ses besoins, tout en ne présageant pas trop de leur capacité les postposer.

Mais voilà, au bout d’un ou deux ans à mettre en avant les besoins de ce petit autre, ça peut être difficile de devoir soi-même postposer ou agencer les stratégies afin de répondre à ses besoins.
C’est précisément pour cette raison que la parentalité est difficile : il s’agit d’un équilibre entre les besoins de chacun… avec un être en construction ayant des expressions émotionnelles possiblement explosives !

 

– Trouver du soutien

Cela semble évident et pourtant, ça ne l’est pas !
C’est salvateur d’être épaulé.e au quotidien et d’avoir quelques tâches quotidiennes conduites d’un seul tenant sans être interrompu.e.

Parfois, il suffit juste d’avoir un repas pris sans un enfant sur les genoux, un bain/une douche prise sans limite temporelle, un moment dans la journée pour bouger ou dans la soirée, pour créer.

Nous avons toutes et tous des besoins qui s’expriment différemment et dont l’importance varie.
Tout l’intérêt est de les prendre en considération et non pas de les enfouir sans ménagement.
C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de déployer des ressources pour ne pas être seul.e constamment…

Du soutien, ça peut être une amie qui vient divertir ton enfant ou faire un peu de tâches pénibles, ça peut être un parent qui ramène un repas, ça peut être une sortie dans un lieu childfriendly (ou pas, si tu veux laisser ton enfant à garder), …
Afin de recevoir le soutien qui t’est nécessaire, il faut que tu puisses reconnaître tes besoins (je t’en parle dans cet article précisément).

La fatigue, l’énervement et l’exaspération ne témoignent rien en tant que tel : ces émotions sont à décomposer.
Il est également utile de verbaliser clairement ce que tu ressens… Mais aussi de déconnecter autrui de tes inconforts.
Marshall Rosenberg disait qu’il est possible de « crier en communication nonviolente ».
Par exemple : « Je ne supporte plus le désordre et le bruit incessant de cette maison ! Cela me désespère ! ».
Ces phrases font état d’une situation. Personne n’est ciblé, puisqu’il n’y a pas d’accusation portée. C’est utile autant entre adultes qu’envers des enfants qui ne seront pas affublés de critiques péjoratives. Seules les actes et les conséquences de ceux-ci sont relevés, afin de témoigner tant du positif que du négatif. Cela offre aux différents membres de la famille de pouvoir se placer dans un logique de résolution de problème et non pas de se débattre avec les offenses narcissiques.

Avoir du soutien, c’est aussi être entouré.e de manière à se sentir compétent.e. C’est être accompagné.e de proches qui vont agir pour ton empowerment et ton sentiment d’efficacité personnel.
Parfois, il est nécessaire de s’éloigner (temporairement ou non) des individus avec qui la relation s’avère toxique. Ce sont ces ami.e.s, connaissance ou proches qui vont avoir toujours ce petit mot pour te faire douter de toi, de ta manière de faire, de tes choix, etc.
Ce sont ces individus qui te pompe ton énergie au lieu de t’en apporter.
Alors, sans hésitation, dans les périodes difficiles, il n’est pas nécessaire de s’embarrasser avec ce type de relation.

ashley-whitlatch-615530-unsplash

 

– Les habitudes de vie et le lâcher-prise

Lorsque les situations sont difficiles à vivre, il n’est pas rare de trouver au quotidien des éléments récurrents, par exemple une organisation chaotique pour les repas, un désordre ambiant, la répétition d’acte énergivore, …
Là-dedans, il n’est alors plus possible de trouver des bulles d’oxygène et de se trouver simplement « bien chez soi ».
Parfois, il est nécessaire de repenser l’organisation des pièces de manière à rendre inaccessible les objets dangereux pour les tout-petits (tout en leur permettant ainsi d’explorer). Cela vaut aussi pour les plus grands où les jeux sont rangés de telle manière qu’ils pourront être à disposition facilement sans transformer toutes les pièces communes en salle de jeu (si tu ne le souhaites pas). L’inverse est possible : installer dans chaque pièce un pôle « jeu » qui te permet d’occuper un/des enfants durant une autre tâche.
Là encore, chacun.e a ses filtres qui conditionnent la manière de vouloir organiser/vivre chez soi.

Il est néanmoins important d’aiguiser son sens du lâcher-prise. Les enfants vivent et peuplent largement nos vies. Il est fréquent que cela dépasse nos attentes, dans tous les sens du terme.
Jamais nous n’aurions imaginé aller aux toilettes accompagné.e pendant plusieurs années.
Jamais nous n’aurions pensé à préparer le repas en plusieurs étapes.
Jamais nous n’aurions envisagé qu’un enfant pouvait nous réveiller pendant des mois voire des années parce que l’adage dit : « dormir comme un bébé » (Mensonges ! Calomnies ! J’en parle d’ailleurs dans cet article).

Donc, nous nous retrouvons dans une situation physique/morale/attentionnelle inédite.
Cela demande des adaptations afin de ne pas se camper sur des attentes qui seraient destructrices pour la santé mentale (cf. l’article où Marie Kondo avoue que ces méthodes sont incompatibles avec la vie de famille).

Je te donne une manière de filtrer si ce que ton enfant fait est ok ou non : « est-ce dangereux pour sa sécurité ? ».
La plupart du temps, c’est non !
Alors, j’admets : redécorer la cuisine à la farine, peindre sur les murs, démonter de l’électro-ménager, cela n’est pas dangereux mais les conséquences peuvent être ennuyeuses.
Autant observer ce vers quoi les enfants sont attirés et leurs proposer des activités dans une zone circonscrite de manière à ce qu’ils puissent répondre à leurs besoins et prendre en compte ton besoin d’ordre.

Ce filtre de dangerosité permet de lâcher-prise sur énormément d’éléments quotidiens :
Non, ce n’est pas grave si la maison n’est pas reluisante.
Non, ce n’est pas grave si les vêtements ne sont pas tous repassés.
Non, ce n’est pas grave si ton activité pro patine un peu ou inversement, si tu décides de passer un peu plus de temps que prévu à travailler.
Non, avoir de la farine/de l’eau renversée n’est pas grave. C’est ennuyeux… Mais quitte à faire, une fois l’expérience entamée : tu peux profiter pour laisser ton enfant jouer. La réparation des « dégâts » fera partie du jeu.

 

– Comprendre pour ne pas subir

Il me semble primordial de comprendre ce qu’il se passe au niveau du développement des enfants au lieu d’interpréter leurs attitudes.
Nous évoluons dans un monde qui estiment à tort que les enfants sont à dresser, à mettre dans un cadre afin qu’ils ne « poussent pas de travers ».
Or, dans un cadre sain et nourrissant leur curiosité ainsi que leur empathie, les enfants vont accroître ces compétences et leur personnalité.

Il ne s’agit pas de fuir les interdits (il me semble logique qu’un enfant soit redirigé s’il a des gens brusques) ou d’éviter les frustrations inévitables, mais de ne pas interpréter leurs intentions.

lubomirkin-143245-unsplash

Un enfant de 6 mois ne se réveillent pas pour nous empêcher de dormir.
Un enfant de 2 ans ne s’oppose pas pour « prendre le pouvoir ».
Un enfant de 4 ans ne répond pas « juste pour être insolent ».

Toutes ces attitudes sont mues par des étapes développementales qu’il est utile de connaître afin de percevoir les enfants dans toutes leurs potentialités… et leurs limites !
Cette prise de recul est parmi la plus difficile à prendre surtout par rapport à des actes perçus comme agressifs : quand un enfant tire les cheveux/mord ou encore tape des animaux.
Dans aucun cas, il ne s’agit pas de sadisme. Il s’agit d’attitudes qui engendrent une expérimentation de la chaîne « cause-conséquence ».
Dans d’autres situations, ils souhaitent interagir/jouer avec les animaux mais ne savent pas encore solliciter un contact de manière « douce ».

C’est ainsi que vient l’importance du point suivant…

 

Les lectures/les vidéos-conférences qui soutiennent
Rien ne vaut le contenu étayé afin de nourrir les possibles !
Grâce aux lectures d’Isabelle Filiozat, de Catherine Gueguen, de Claude Didier-Jeanjouveau, de Michel Odent, d’Olivier Maurel, de Laurence Dudek ou encore Carlos Gonzalez, il est possible de percevoir que les enfants ne sont pas les êtres égoïstes et sadiques qu’il faudrait dresser.

Je t’invite réellement à te pencher sur la bibliographie des précédents auteurs cités de manière à avoir une jolie PAL (Pile à Lire) bienveillante. Beaucoup d’autres auteurs sont merveilleux à lire,  je citais simplement les francophones qui te fournissent une base solide!

Lire/s’informer pour comprendre ses enfants et pouvoir percevoir quelles seraient les stratégies qui leur sont adaptées est la clé de la capacité de lâcher-prise et d’une attitude bienveillante.

gaelle-marcel-8992-unsplash
Bientôt, je te ferai un article avec tous les livres / liens indispensables à mon sens.
PS : Moi non plus, je n’arrête pas de lire et de m’informer. C’est ma sempiternelle passion de l’information !

 

– Reconnaître quand la situation devient oppressante

Malgré tout cela, parfois, c’est trop.
Quand le matin est déjà trop dur car l’anticipation de la journée est pénible.
Quand tu passes ta journée à scruter l’horloge.
Quand tu rêves du moment où ton enfant sera couché.
Quand tu as l’impression de ne plus exister en tant que personne…

logan-fisher-570072-unsplash

Dans ces moments-là, et toutes les autres situations difficiles à vivre, il est nécessaire de le reconnaître sans faire l’autruche ni minimiser.
Par exemple, ce n’est pas parce que tu avais décidé de pratiquer l’hygiène naturelle infantile dès la naissance que tu ne peux pas prendre quelques jours « off » en terme de charge mentale à ce sujet-là.
Il en va de même avec les superbes repas-maison et très sains, avec le ménage ou avec ton boulot.
N’oublie jamais que tu as le choix et qu’il est possible, d’une manière ou d’une autre, d’avoir un relais ou juste de lâcher du lest.

Je t’invite à te reconnecter avec tes ressentiments et tes émotions négatives. Si cela devient éprouvant, il est nécessaire de se faire accompagner de manière individuelle pour sortir la tête de l’eau et s’épanouir à nouveau !

L’accompagnement ou la guidance parentale est alors un recours inestimable. Parfois, il suffit de quelques rencontres et du temps dégagé pour soi. Dans d’autres circonstances, le suivi peut se révéler plus long et aider la personne qui demande sur différents aspects qui impactent son quotidien.
Dans tous les cas, ce n’est pas une perte ni un aveu de faiblesse que de faire appel à un soutien extérieur. Dans notre société occidentale et individualisée, il n’existe plus ce village nécessaire pour élever les enfants. Les parents sont isolés, manquent de présence et de soutien inconditionnel.
C’est pour pallier à cela que, notamment, l’accompagnement parental existe (mais aussi les doulas, et tous les autres métiers humains !).

Si tu en ressens le besoin, contacte moi ! Je serai ravie d’échanger avec toi.

 

Je te dis à bientôt, pour d’autres curiosités !
P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !
Tu peux aussi me suivre sur instagram sur  @lacuriositebienveillante!

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

« C’est à moi! » : bousculades, cris et émois. La possessivité, comment l’aider ?

 

Vis-tu aussi avec cet.te enfant qui arrache des mains un jouet ? Ou ce bambin qui pleure à chaude larme car un autre est en train d’utiliser ce sur quoi il lorgnait ?
Tu entends les cris, la frustrations et … l’expression de la possessivité, du moins, le crois-tu.

Mais est-ce réellement de la possessivité au sens où les adultes l’entendent généralement ?

La possessivité matérielle dans l’enfance est-elle de l’égoïsme ou de l’égocentrisme ?
Assurément, non !
Tout simplement parce que les enfants en bas âge ne sont pas en mesure de faire la distinction entre la possession d’un objet et l’envie de jouer avec !
Non seulement ils n’ont pas encore les capacités langagières mais, en plus de cela, ils ressentent de manière similaire l’otage d’un jouet qui leur appartient et d’un jeu sur lequel ils étaient affairés. Les réactions sont d’autant plus fortes lorsqu’il s’agit d’un objet spécifique comme le doudou ou des affaires des parents.
Première étape : arrêter de croire que ton/tes enfants sont des égoïstes/possessifs maladifs.
Ce sont des enfants qui découvrent le monde et… aussi les règles de vie en collectivité.
Ne dit-on pas, « l’enfer, c’est les autres ? ». Ok, j’abuse un peu… Parce que sans interaction sociale, les enfants n’iraient pas loin….
Cependant, il suffit de voir deux enfants en bas âge dans un même espace de jeu.
Souvent, livrés à eux-mêmes et sans médiateur/trice, les cris et les pleurs de frustration retentissent rapidement. Machin a osé toucher la peluche d’Untel, pendant que ce dernier essayait de grimper sur le camion en bousculant Truc.
Bref, c’est la foire… Car ils ont du mal à gérer leurs émotions, ils ont envie d’explorer et de prendre du plaisir ! Ils ont la croyance que l’autre peut leur retirer ce qui leur procure du bonheur…
Et soyons honnêtes : qui aurait envie qu’un individu vienne s’emparer de son smartphone/ses crayons/son jeu de carte sans crier gare ni préambule ?
Et même avec une demande en bonne et due forme, aurais-tu envie de cesser immédiatement ton jeu pour le donner à autrui ?

rawpixel-369775-unsplash

Alors, d’entrée de jeu (ah ah !), il faut baisser ses attentes.
Avant 4, voire 5 ou 6 ans, il est illusoire de s’attendre à ce que les enfants comprennent spontanément le mot « partage ».
Et forcer la chose en les grondant, minimisant leurs émotions de tristesse/frustration ou encore en leur arrachant un jouet des mains ne les aidera pas à partager. Au contraire, ils se sentiront culpabilisés et blessés dans une situation d’échange social. Ils pourraient commencer à fuir les autres enfants à cause des mauvaises expériences ou à devenir agressifs afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Il y a mieux comme rapport aux autres…

Avant deux ans, ils jouent en parallèle les uns aux autres. Ils ne jouent pas ensemble, ils s’imitent sans interagir réellement (la plupart du temps).
Dès cet âge-là, il est possible d’introduire les notions de partage avec la nourriture. L’exemplarité est alors un maître-mot : à toi de partager ton bout d’aliment avec ton enfant (ok, je sais que tu le fais déjà, puisque c’est le principe même de la DME dont je parle dans cet article) mais aussi avec d’autres personnes. Mais cette fois, il sera profitable de le faire en verbalisant la notion de partage.

Aux alentours de deux ans, la notion de « prêt » est encore difficile. L’échange d’un jouet contre un autre est plus simple car ils obtiennent quelque chose en échange.

Au fur et à mesure, il sera possible de mettre en place des stratégies pour aider les enfants à patienter et comprendre qu’un objet peut-être utilisé par diverses personnes.
Par exemple, il est possible de leur démontrer qu’un accessoire prêté leur sera rendu après une durée particulière via l’utilisation d’un chronomètre. En commençant par des durées très courtes, entre ton enfant et toi, il comprendra que la sonnerie « dicte » le temps d’usage de l’un et de l’autre. C’est un modèle ludique avec plusieurs enfants en bas âge.

Vers 3 ans, la verbalisation s’améliore notablement ce qui facilite les opportunités d’exprimer ses désirs, l’envie de jouer avec d’autres enfants et de répartir les objets aux uns et aux autres. C’est ainsi que s’affine les compétences sociales ainsi que les notions d’égalité et d’équité.

4 ans sonne l’arrivée des réelles compétences de partage, de don et de plaisir d’offrir. Si l’entourage a sensibilisé les enfants à l’expression et la reconnaissance des émotions, ils seront en mesure de s’exprimer avec leurs pairs. Cela leur permettra de développer des liens sociaux plus apaisés.

Après 5 ans, les enfants acquièrent la capacité de se mettre à la place d’autrui. Ils peuvent alors transposer leurs propres ressentis à ceux des autres. Ils pourront alors comprendre pourquoi un objet est particulièrement précieux, entendre des explications… Bien qu’il soit encore fréquent qu’un référent doive intervenir afin de les aider à mettre au clair certains conflits.

Il est nécessaire de retenir cette phrase : « Obliger les enfants à partager ne fait que les pousser à s’accrocher encore plus à leurs affaires. Le partage forcé sape toute tendance à donner de bon coeur. » Faber et Mazlish

Cela coule de source, enfants comme adultes, la contrainte n’engendre jamais de satisfaction.

Donc forcer à prêter ou mépriser le refus du prêt n’amènera à aucune conséquence positive.

illustrations besoins

 

– le partage s’apprend par l’exemplarité et l’expérience

Comme expliqué plus haut, il est nécessaire que les enfants aient les capacités cognitives nécessaires pour appréhender la notion de partage et de ses avantages.

Parce qu’il faut bien admettre : prêter ses affaires n’est pas couronner de joie à chaque expérience. Mais c’est une attitude utile au niveau des compétences sociales. Nous la pratiquons afin de créer et conserver des relations agréables.
Cependant, qui n’a pas été déconfit devant l’état d’un objet ou d’un livre prêté ? Qui a décidé de ne jamais prêter certains biens ?

Le partage est une notion utile… Mais elle comporte des risques en termes d’usage et de possession. Il semble que les enfants en bas âge comprennent éminemment bien ces risques !
Qui n’a jamais craint de l’état dans lequel sera rendu un objet prêté ?
Et qui n’a jamais expérimenté un prêt devenu définitif ?

Ce sont ces risques-là qui peuvent empêcher tant les adultes que les enfants d’avoir envie de prêter ou partager leurs affaires.

 

– Possession ou utilisation ?

Un autre élément indispensable à mettre en œuvre au quotidien : l’usage des mots.
Il est fréquent que nous disions « Oui, c’est ta tasse ! » ou « peux-tu me donner mon verre? » etc. Il serait plus exact de dire « le verre/l’assiette/… que j’ai utilisé ».

La plupart des objets du quotidien sont communs. Il peut être intéressant, dans les périodes « sensibles » de préciser cette distinction.

Il est aussi envisageable de mettre en place des activités rendant indispensables la collaboration au niveau moteur : « Tiens, portons cela ensemble ! », par exemple.

Dans tous les cas, il est indispensable de verbaliser et de mettre en évidence les compétences des enfants ainsi que la joie prodiguée à autrui lorsqu’il utilise un nouvel accessoire.
Il est aussi utile de verbaliser les émotions ressenties et d’expliquer qu’il sera possible de manipuler prochainement l’objet de son désir, après que l’usage par un autre enfant s’achèvera.

 

– Apprendre le partage ?

Comme évoqué ci-dessus, il est surtout nécessaire d’attendre que les enfants soient prêts en terme de développement à comprendre réellement le sens du partage.

Il est néanmoins possible de parler de ce concept et de marquer les avantages de cela.

Alors oui, le partage, tout comme les autres compétences pro-sociales, s’apprennent… par l’exemplarité et les fabuleux neurones miroirs. Des jeux collaboratifs sont de belles options afin de changer une dynamique de compétition/possession vers une ambiance participative.

Il est pourtant indispensable de ne pas forcer le partage ou d’initier une gronderie face à un enfant qui adopte des comportements possessifs.
La meilleure solution est d’alors d’orienter l’enfant tiers vers un autre intérêt et de verbaliser auprès de l’enfant « possessif » ce qu’il ressent et les options/bénéfices en vue du prêt.
Mais il faut être capable d’accepter son refus, sans le critiquer. L’idéal est d’alors d’aller trouver l’enfant tiers afin de s’excuser et de solliciter sa compréhension face à l’attitude de l’enfant qui ne souhaite pas prêter.

Expliciter tout haut les notions de désir, de plaisir, de joie et d’emprunt finiront par ancrer les compétences pro-sociales aidant au partage.

 

– les enfants uniques : une problématique ?

Il est fréquent qu’un adage sur les enfants uniques émergent : ils seraient égoïstes ou narcissiques !

Ils n’ont pas dû prêter leurs jeux ni leurs parents, il est alors cru que cela conditionne leurs dispositions pro-sociales.

C’est oublié que les enfants qu’ils soient en fratrie ou uniques sont des êtres au cœur d’un système social. Ils n’en sont pas exclus… Et pour peu que ces enfants soient particulièrement friands d’interactions sociales, ils vont apprendre les codes associés.
La sociabilisation passe d’abord par la famille.

L’absence d’autres enfants ne conditionnent pas la personnalité des enfants. Une récente étude le démontre même :

Cependant, il est possible qu’en étant seul enfant et gardé par un des parents ou la famille, il y ait une moindre expérimentation des contraintes inhérentes à la vie avec d’autres enfants du même âge.
Indubitablement, dans cette configuration familiales, les parents ne passeront pas du temps à modérer les relations fraternelles. Or, les disputes s’orientent régulièrement sur les centres d’intérêt, l’usage d’un objet ou une place précise …

Les enfants uniques, comme les autres, découvriront pourtant que certains objets sont utilisés et appartiennent à des personnes déterminée.
Ils seront susceptibles d’exprimer leur mécontentement ainsi que leurs envies lorsqu’ils observent un autre individu manipuler certains objets.
Ils apprennent juste les règles du jeu social.
A nous, parents, de savoir accepter où se trouvent les limites de nos enfants et de leur reconnaître le droit de pas prêter les affaires trop chères à leur cœur. Chaque chose en son temps… et faisons fi des regards réprobateurs extérieurs !

 

– La fratrie à l’épreuve du quotidien

Au sein des fratries, le partage est une notion intrinsèque à la parentalité.
Les enfants partagent leur parent. Forcément, les enfants uniques auront toute l’attention. Lorsqu’un nouvel enfant paraît, l’attention se focalise (du moins, se scinde) vers ce petit être.
D’une part, les nouveaux-nés demandent des soins et une présence intense qui peuvent frustrer l’aîné. D’autre part, ce(s) dernier(s) doive(nt) parfois changer d’environnement : nouvelle voiture, nouvelle chambre, voir leurs affaires de bébé transmises à un autre, …
C’est un réel bouleversement pour les « grands », qui ne le sont pas toujours. Par exemple, lorsque les enfants ont un écart de 15, 18 ou 24 mois à peine.
A ces âges-là, il n’y a pas trop d’un voire deux parents pour s’occuper d’un seul enfant. Alors si un second survient, les difficultés quotidiennes sont exponentielles.

Il y a un équilibre à trouver dans la répartition du temps à accorder à chaque enfant et au rituel de transmission des objets d’un enfant à un autre.
Il peut être intéressant d’intégrer l’aîné au choix des affaires qu’il veut donner au plus petit. Il faudrait aussi que les parents acceptent les refus.
Oui, il peut vivre des régressions à plusieurs niveaux : continence, alimentaire, type de jeux, besoin de contact, etc.
Je t’invite à percevoir ça comme une stratégie pour s’assurer que toi, parent, sera toujours là pour elle/lui. Ne lui refuse pas de faire quelques pas en arrière et gratifie le/la de toute ta tendresse. Tu peux également verbaliser ses ressentis en reconnaissant combien cela peut être difficile à vivre.

Ensuite, dans la vie quotidienne, il peut être nécessaire de trouver des astuces et d’apprendre à aux aîné.e.s de protéger les affaires qu’ils/elles affectionnent particulièrement.
Lorsque les enfants sont en âge de jouer ensemble dans un objectif commun (ce qui n’est pas aussi tôt que la plupart des enfants le rêverait quand leur est vendue l’idée « d’un petit frère/petite soeur pour jouer »), il est commode de s’orienter vers des tâches collaboratives et des jeux excluant le principe de compétition.

 

– Le cas des jumeaux

Il est possible de s’en douter, avoir deux enfants du même âge, c’est sportif à plusieurs niveaux : gestion émotionnelle, intérêts (aussi similaires que différents), stade de développement, …
L’organisation quotidienne demande de vraies ressources… Et sur le sujet, voici un article qui en regorge : https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

En voici un extrait : « Vous avez sans doute des objets qui vous tiennent à cœur et que vous ne voudriez pas prêter à quelqu’un, alors ne vous attendez pas à ce que vos jumeaux partagent leurs objets préférés respectifs. Cela est tout à fait normal, s’il y a un jouet ou un livre, entre autres, que l’un ou l’autre de vos deux enfants aime particulièrement, ne l’obligez pas à le partager. Cependant, faites-lui comprendre qu’il doit ranger son jouet ou son livre, et ne pas le sortir en présence de l’autre s’il ne veut pas le partager.

En général, ces méthodes encouragent les jumeaux à partager. Mais n’oublions pas que les enfants restent des enfants, donc ils se disputent, et parfois ils ne veulent tout simplement pas partager. A vous de travailler constamment à créer un environnement familial toujours propice au partage. »

 

– Aider ton enfant à entrer dans une dynamique de partage ?

Voici des conseils fort bien fourni par cet article dont j’effectue un copié/collé :

« Voici plusieurs conseils qui vous permettront d’apprendre à votre enfant à partager :

  • Prévoyez assez d’espace pour qu’il puisse jouer à côté d’un autre enfant tout en ayant de la place pour ses propres jouets et pour ses activités.
  • Dès que votre enfant sait parler, donnez-lui des exemples de phrases pour l’aider à entrer en contact avec les autres : « Veux-tu jouer avec moi? », « Peux-tu me prêter ton ballon? », « C’est à moi », « C’est à toi », etc.
  • Encouragez votre enfant à se mettre à la place des autres en lui parlant de ses propres sentiments et de ceux que les autres ressentent. Par exemple, dites-lui « tu aimes jouer avec ta poupée, tu es heureux » ou « ton ami n’a pas de jouet, il pleure, il a de la peine ».
  • Félicitez votre enfant quand il est capable de partager et de jouer à tour de rôle avec un autre enfant. Décrivez-lui les sentiments de son ami : « Regarde ton ami, il sourit ! Il est vraiment content que tu le laisses jouer à son tour avec la balle. »
  • S’il veut le jouet d’un autre enfant, aidez-le à trouver un autre objet intéressant ou une autre activité qui lui plaira pour lui apprendre à patienter.
  • Apprenez-lui à faire des échanges : « J’ai une belle poupée. Je peux te la prêter si tu veux. Que me donnes-tu en échange? »
  • Nommez ce qui appartient à votre enfant (vêtements, jouets, lit, etc.), ce qui appartient à ses frères et soeurs et ce qui appartient à toute la famille (télévision, savon, etc.). Cela l’aidera à comprendre la notion de propriété.
  • En cas de dispute à propos d’un jouet, aidez votre enfant à trouver une solution au lieu de régler la situation à sa place. Cela lui donnera les habiletés nécessaires pour régler ses disputes par lui-même. Si vous sentez qu’il a besoin d’aide pour y arriver, proposez-lui un choix : « Est-ce que tu veux lui demander un autre jouet en échange ou bien tu préfères lui prêter le tien dans 5 minutes? » Il pourra ainsi choisir l’option qu’il préfère.
  • Proposez-lui une autre activité ou un jeu qu’il peut faire seul s’il y a beaucoup d’enfants et que partager est difficile pour votre tout-petit. »

image enfant parent

 

Et s’il/elle était réellement possessi.f.ve ?

Tu as aussi ce parent ou ces connaissances qui ne prêtent jamais rien ?
Cela peut aiguiser l’énervement mais force est de constater que la plupart du temps, ces personnes ont des attitudes méticuleuses et conservatrices.
Elles sont capables de tenir des collections, mais aussi de garder en parfait état des choses incroyables comme des figures en chocolat, des jouets anciens, des vêtements, …

Alors, si un enfant démontre des attitudes possessives, cela peut cacher de nombreuses compétences qui sous-tendent ce besoin de préservation.

Tous les conseils précédents sont valides : il est possible de sensibiliser au bonheur de partager et de rendre les autres heureux.
Cependant, il est indispensable de respecter autrui comme il est. Tu n’irais pas railler des ami.e.s… alors ne fustige pas ton enfant. Le fait de reconnaître ses qualités et ses efforts seront bien plus profitables pour sa confiance en lui/elle et ses compétences pro-sociales à long terme.

En outre, le monde a besoin d’une diversité de personnalités, aussi interpellantes soient-elles !

Si c’est difficile pour toi de supporter que ton enfant ait ses attitudes, je peux te proposer d’aller rencontrer un.e professionnel.le de manière à t’aider à vivre au mieux la singularité de ton enfant.

 

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !

 

Voici quelques précieuses ressources :

https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-savoir-partager

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=enfant-jaloux

https://www.reseauparentageproximal.com/

Communication Non-Violente

L’influence des pratiques de maternage proximal sur la relation parent-enfant

Vendredi 5 juillet 2019, j’ai participé au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé.

Je te mets à disposition le texte de mon intervention qui avait pour objectif de sensibiliser des professionnels et principalement des psychologues.

« Je suis humaine. Vous aussi. A votre âge, votre cerveau a atteint sa taille adulte. Heureusement, il est malléable grâce à la plasticité neuronale. Cette dernière nous permet d’apprendre, de modifier nos fonctionnements personnels, nos préjugés et stéréotypes.
Aujourd’hui, c’est cette capacité que je souhaite mobiliser en vous.

J’aimerais vous poser une question :
Comment réagissez-vous face aux pleurs des bébés ?
Prenez un instant pour vous remémorer la dernière fois où vous y avez été confrontés !… Ou à des situations marquantes avec vos propres enfants (si vous en avez).

Quelles émotions jaillissent en vous ?
Je vous laisse les décoder… Il y a de fortes chances pour que celles qui émergent en vous spontanément soient les résultantes de votre vécu d’enfant.
Inexorablement, sans travail personnel, nos réactions face aux tout-petits sont conditionnées par les expériences que nous avons eues en tant qu’enfants.

Et si nous pouvions, dès à présent, mettre en place les moyens qui nous permettent de diminuer la violence envers les enfants ainsi que la détresse parentale ?
Cela vous semble utopique ?
Et pourtant, en l’espace de deux générations, c’est devenu possible ! La Suède, en encadrant légalement les pratiques de violences éducatives en 1979 a réduit drastiquement les violences intrafamiliales et la violence au sein même de la société.

Quelle est donc la voie de cette paix familiale à long terme ?
Tout simplement, le maternage proximal, que je préfère nommer « parentage proximal » afin d’être plus inclusive.

Le parentage proximal (ou attachment parenting) est un style de parentalité qui place les besoins émotionnels et physiques des enfants en priorité. Il se base sur les théories de l’attachement théorisées par Bowlby : le petit d’humain va s’attacher à son/ses figure.s parentale.s. grâce au fait que ces dernières répondent à ses besoins primaires (manger, être changé… et être rassuré !). Cependant, Harlow (un autre psychologue et chercheur, dont Bowlby s’est inspiré) a pu démontrer, dans les années 50-60 que l’attachement et la sécurité ne se basaient pas sur le nourrissage, mais bien sur le besoin inné du nourrisson de toucher et de s’accrocher à quelque chose pour le confort émotionnel… le facteur principal de l’attachement n’est pas la nourriture mais le soin et la réceptivité.
Une fois que ce lien d’attachement est fondé, l’enfant peut développer harmonieusement des comportements exploratoires de l’environnement (jouer avec ses jeux, tenter de les attraper, se retourner, aller vers des nouveaux objets, etc.).
Les enfants, qui ne lisent pas de confiance et d’encouragement dans les attitudes de leurs figures d’attachement, vont avoir plus de difficultés à se sentir en sécurité pour explorer le monde. Pourtant, l’activité de l’enfant, c’est bien ça : Explorer.
C’est donc là que l’attachement prend sa dimension motivationnelle.

Les parents pratiquant le parentage proximal, offrent à leurs enfants toutes les conditions d’un attachement sécure. Cela regroupe les pratiques de portage, d’allaitement, de cododo et un cadre bienveillant.

C’est maintenant que votre plasticité neuronale va être sollicitée !

Tout ce que j’évoque ne fait pas partie de la culture occidentale,c’est la raison pour laquelle le parentage proximal semble étrange à bon nombre d’entre-nous.
Il peut même engendrer des craintes, légitimes ou non, et beaucoup d’a priori.

Il est vrai qu’il est difficile d’accepter que d’autres possibilités existent dans la façon d’être parents… D’autant plus, lorsque nous-mêmes, nous n’avons pas agi de la sorte ou eu cet exemple.
Cela peut être douloureux de prendre conscience qu’il y avait une autre voie que celle empruntée, qui n’a pas été de tout repos tant physiquement et qu’émotionnellement.

Il faut garder en tête que les connaissances évoluent dans toutes les sphères de la recherche : les études psychologiques, médicales et les découvertes anthropologiques donnent un éclairage nouveau sur les styles de parentage.
La question n’est pas de se lamenter sur l’ignorance d’alors ou de rejeter ce qui nous est inconnu. Elle est surtout de savoir comment accompagner et expliquer les bénéfices des pratiques de parentage proximal.

Au début de mon intervention, je faisais référence à la taille de notre cerveau d’adulte.
Savez-vous que les nouveaux-nés naissent avec un cerveau qui n’est développé qu’à 23 % de son volume final ?
Comparativement, les autres mammifères viennent au monde avec un cerveau développé à 80 % ou 40 % pour les chimpanzés (plus proche de nous sur le plan biologique).
Cela implique que le nouveau-né est prématuré dans son développement… Il suffit de voir un bébé pour s’en rendre compte ! Et son évolution n’est pas la plus rapide du règne animal.
A un an, le cerveau a doublé de volume et il atteint 90 % de son volume total vers 3 ans.
Pendant toute sa croissance, c’est-à-dire 25 ans, le système nerveux va être influencé par les expériences de vie qui favoriseront l’ancrage de telle ou l’autre voie neuronale grâce à leur myélinisation progressive.

La première année est comme une grossesse extra-utérine qui permet aux enfants de développer des compétences comparables à celles des autres hominidés à la naissance. Face à un bébé, nous ne pouvons pas oublier que ce sont ses besoins émotionnels et physiologiques qui priment. Il exprime ses besoins, sans détour ni stratégie obscure, faisant fi de tous les codes socioculturels.
Par exemple, le nouveau-né n’a que faire du joli berceau préparé pour lui. Il souhaite être continuellement porté, ce qui peut démunir les parents non-avertis.
Pourtant, l’être humain a été classée comme « espèce portée », par Bernard Hassenstein (biologiste et comportementaliste allemand). Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas aux futurs parents ?

Un des aspects du parentage proximal est le portage.
Le portage permet de répondre aux besoins de sécurité et de proximité du bébé qui a été bercé pendant 9 mois au creux de sa mère.
Le portage aide à la régulation du rythme cardiaque, de la température et permet également de prévenir les aplatissements du crâne dont les plagio et bradycéphalies.
Les bébés portés intensément ont plus de facilité à distinguer le jour et la nuit. Ils démontrent moins de troubles du sommeil.
Grâce au contact physique, les bébés portés pleurent beaucoup moins que ceux qui ne le sont pas. La réduction voire l’absence de ceux-ci, grâce au parentage proximal, permet aux parents de se sentir compétents auprès de leur nourrisson.
Le portage, et le contact proximal en peau-à-peau plus généralement, permet une libération d’ocytocine qui contribue directement à l’établissement des liens affectifs.

Les bienfaits ne sont donc pas exclusivement pour les enfants mais aussi pour le lien d’attachement et les parents !
Henrick Norholt a mis en évidence que le portage permet de réduire la gravité et l’occurrence des post-partum. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Et si nous parlions de la nutrition du nourrisson maintenant !

Un autre aspect, souvent lié au parentage, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’époque actuelle, est l’allaitement.
L’allaitement est incontestablement LE moyen adéquat pour nourrir les bébés. De nombreuses études le démontrent, l’allaitement réduit le risque :

• De troubles digestifs ;
• D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
• D’allergies (eczéma, asthme…) ;
• D’anémie ;
• D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
• De problèmes orthodontiques ;
• De mort inattendue du nourrisson.
Malgré toutes les recherches effectuées par les industriels, les préparations commerciales pour nourrissons ne seront jamais équivalentes.
Rappelons quand même que les prématurés ayant un poids inférieur à 2kg reçoivent du lait maternel issu de don. Les préparations commerciales pour nourrissons provoquent trop de complications digestives.

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’allégations destinées à culpabiliser les mères non allaitantes. Ce sont des informations objectives. Il est nécessaire que l’humanité en ait conscience.

Savez-vous que l’allaitement offre de nombreux bénéfices pour les femmes allaitantes ?

• La diminution du risque d’anémie ;
• La remise en place des organes génitaux ;
• Le lien mère-enfant ;
• La diminution du risque de cancer du sein, de l’ovaire ;
• La diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause ;
• Améliore le sommeil et accélère l’endormissement

Malgré ces bénéfices avérés, la perception de l’allaitement est très particulière, en Occident, et plu particulièrement en France.
Il est possible de trouver de multiples théories en psychologie expliquant combien l’allaitement, surtout non-écourté, causerait des troubles chez les enfants.
Il est utile de rappeler que ce sont des théories qui n’ont trouvé aucune démonstration effective ni aucune base scientifique. La culture occidentale a impacté profondément le rapport au corps, la sexualisation des seins ainsi que la nécessité de pouvoir se libérer de cette « contrainte » que représenterait l’allaitement.
Au lieu de le considérer comme une option, l’allaitement devrait être favorisé et accompagné par tous les professionnels de santé.

Grâce à un accompagnement adéquat, de bonnes informations et une prise en charge éclairée des difficultés qui peuvent apparaître, les allaitements peuvent être conduits sur le long terme.
L’allaitement permet de donner confiance aux femmes dans leur capacité à s’occuper de leurs enfants : elles ne doivent pas compter sur un industriel pour nourrir leurs enfants, elles sont capables de le faire.

A l’heure actuelle, nous savons que moins de 5 % des femmes ne produisent réellement pas assez de lait pour couvrir la totalité des besoins de leur bébé.
Tous les autres échecs sont inhérents à des (mauvais) conseils socioculturels autour de la puériculture.

Ensuite, il est pratique de savoir que le portage et l’allaitement réduisent les coliques, principalement connues chez les nouveau-nés issus de pays adoptant un mode de parentalité distal. Or, les pleurs inconsolables d’un nouveau-né sont parmi les éléments les plus difficiles à supporter moralement… Ils peuvent impacter gravement le bien-être psychologique des parents ainsi que l’attachement à l’enfant (et donc favoriser les troubles comme la dépression post-partum).

Une question récurrente qui revient après la naissance est la gestion des nuits et du sommeil, en général. Il est de notoriété publique que les jeunes parents sont littéralement épuisés pendant les 3 premiers mois.
Et si je vous disais que ce n’est pas une fatalité ?

C’est vrai que se lever la nuit, de 2 à 5 fois par nuit, prendre ce tout-petit, le nourrir, le bercer et chercher à le remettre dans son lit, doit être éreintant.

Alors, pourquoi les occidentaux continuent malgré tout à s’infliger cela ?
Pour pallier à la perturbation (et au manque) de sommeil, il y a les pratiques de sommeil partagé, plus communément appelé cododo ou co-sleeping. Elles sont également caractéristiques du parentage proximal.

L’Occident, par son organisation sociale et sa richesse, a construit un modèle de maison permettant à chacun d’avoir son espace. Le temps faisant, il s’est ancré comme un pseudo-besoin.
Soyons honnêtes ! Le fait d’avoir chacun sa chambre est une considération de « riches ».
La plupart des peuples du monde partage la même pièce pour dormir, voire la même couche.

La crainte de la mortalité infantile était telle que cette pratique a été déconseillée dès le Moyen-Âge ! A l’époque, l’Église soupçonnait les parents d’infanticide et d’accuser un accident survenu pendant le sommeil.
Cette croyance a traversé les siècles… et pourtant, l’OMS recommande de partager la chambre de son enfant pendant au moins les 6 premiers mois de sa vie.
Là encore, les professionnels de santé et les autres intervenants proches des jeunes parents bénéficieraient d’être informés sur le sujet.
Au lieu de jeter l’opprobre sur une pratique (qui sera de toute façon pratiquée dans de nombreuses situations), il convient d’aider les parents sur les manières d’agir avec sécurité. Par exemple, il faut un matelas dur, ne pas trop habiller les bébés…et éviter de faire du cododo dans un canapé.
En reprenant les mots du Dr. James McKenna, éminent anthropologiste :  » Dormir comme un bébé  » est une expression commune. Que signifie-t-elle vraiment ?
Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées « régulières ».

Le sacro-saint « lit conjugal » se partagera jusqu’à ce que les enfants n’en ressentent plus le besoin, sans que cela n’ait de quelconque impact sur leur santé psychologique à long terme.
La vie sexuelle du couple sera simplement déplacée en un autre lieu, sollicitant leur créativité.

Dans les trois pratiques pré-citées, le portage, l’allaitement et le cododo, il y a un dénominateur commun : l’intense proximité physique.
Cette dernière est un facteur fondamental de bien-être pour le bébé… mais aussi pour l’établissement du lien mère-enfant (ou parents-enfant).

Dans les années 70, des pédiatres colombiens ont commencé à proposer aux enfants prématurés et à leurs parents le Kangaroo-Mother Care. Il s’agit de contact peau-à-peau dès la naissance et le plus de temps possible par 24h, d’un allaitement à la demande, du soutien pour les parents ainsi que des sorties rapides des enceintes hospitalières après la naissance.
Ce mode de soins auprès des enfants prématurés, de faible poids ou à terme, a démontré moult avantages dont une réduction de la mortalité infantile. Ils guérissent plus rapidement, régulent mieux leur rythme cardiaque ainsi que leur température corporelle comparativement aux prématurés soignés en couveuse.

En 2016, des études démontrent combien le Kangaroo-Mother Care permet aux enfants prématurés d’avoir moins de signes de stress et plus d’interactions attentives avec les parents. Il permet aussi la tenue d’un allaitement exclusif sur une plus longue durée.
Et en février 2019, un article relate l’efficacité du « Kangaroo-Mother Care » dans le traitement des dépressions post-partum.
D’autres études ont mis en évidence que plus les mères étaient anxieuses voire déprimées pendant la grossesse, moins le lien d’attachement se produisait avec aisance. Tout le contexte de la gestation, de la conception à l’accouchement, est susceptible d’influencer le lien mère-enfant post-partum.
En somme, la recherche continue avidement sur les bienfaits psychologiques et médicales de ces pratiques proximales dans les soins aux enfants.

C’est une des raisons qui doit motiver l’amélioration de la prise charge du suivi de la grossesse et du post-partum pour s’éloigner de la seule préoccupation physique.
Un regard affûté devrait être posé sur les futurs et jeunes parents afin de percevoir les prémisses de difficultés dans la relation parents-bébé. La prévention demeure toujours l’action la plus efficace.

Afin de soutenir au mieux les parents, il est essentiel de les informer de la réalité des besoins d’un tout-petit.
Il faudrait aborder le besoin de contacts intenses, les rythmes du sommeil, les besoins alimentaires ainsi que l’immaturité neurologique des enfants et ses implications factuelles au quotidien.
En travaillant avec les parents sur leurs propres émotions, il est possible de les aider à adopter des attitudes proximales permettant aux enfants d’être compris et de s’épanouir. Ils pourront aussi développer leur sentiment d’efficacité parentale.

Grâce aux pratiques de parentage proximal, les enfants autant que les parents peuvent construire une base de confiance en eux. Il est nécessaire de préciser que le parentage proximal ne s’arrête pas aux premiers mois. La distance avec les enfants s’effectue progressivement avec l’évolution des compétences tant physiques, que psychiques et langagières.

Une philosophie empathique entoure les pratiques de parentage proximal. Elle conduit à un accompagnement bienveillant des enfants dans le respect de leurs émotions, leurs rythmes et leurs compétences évolutives.

Oui, le fait de devenir parent soulève de nombreuses questions et peut mettre à jour des difficultés enfouies voire méconnues. En tant que professionnels, vous êtes des interlocuteurs primordiaux pour permettre aux parents d’être informés avec justesse.
Vous pouvez décider de vous former, avec des organismes dont la spécialité est de transmettre ces connaissances autour de l’allaitement et des pratiques de maternage proximal (le terme est plus répandu). La plate-forme Co-naître est très réputé mais il y a aussi des initiatives locales de formations des professionnels. Personne ne peut perdre à accroître ses connaissances sur les besoins et les compétences infantiles.
En cas de doute, vous pouvez aussi rediriger les parents en détresse auprès de professionnels formés comme les consultantes en lactation IBCLC ou l’association de la Leche League, des monitrices de portage, une doula, …
Prenez à bras le corps ce qui vous est confié, sans proposer des alternatives basées sur des habitudes.
Vous savez maintenant que des pratiques peuvent soutenir les parents afin qu’ils trouvent leur propre équilibre psychologique et familial, avec ce nouvel être qu’est leur enfant. A vous de les y aider ! »

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Réponse à Rufo – Courrier Lectrices Femina

Aujourd’hui, je suis tombée là-dessus :

rufo fémina.jpg

C’est le pouvoir des réseaux sociaux d’être confronté.e.s à des informations que l’on n’ aurait jamais sans eux.
Et le Magazine Femina ne fait pas partie de mes lectures habituelles.

Je découvre que ce très médiatique Rufo répond (encore), en son titre de pédopsychiatre, à des questions de parents.
Cette fois, il répond à Delphine, Maman, confrontée aux remarques de son fils de 7 ans : « Je t’aime moins », « je te trouve un peu vieille », …

Comme lu ci-dessus, la réponse du Dr. Rufo est sur fond de chantage affectif et… d’ignorance.

Dans sa réponse, il met en évidence que les enfants devraient garder pour eux ce qu’ils vivent au quotidien. Cela implique que les enfants ne devraient donc pas témoigner la confiance nécessaire en leurs parents pour s’exprimer… Même sur des sujets potentiellement graves.
Comment un enfant peut-il faire la distinction entre ses histoires de mésententes, bagarres et conflits entre enfants et des attitudes de harcèlement ou encore des actes malveillants de la part d’adultes ?

Alors NON, il n’est absolument pas discutable qu’un enfant se confie énormément à ses parents. Au contraire !
Un enfant accompagné dans la bienveillance pourra se confier, prendre du recul et apprendre à analyser les situations avec plus de complexité grâce au soutien parental.
En outre, cela lui offrira la possibilité de parler de tous les problèmes éventuels qu’ils rencontrerait, sans crainte ni gêne.
Alors que s’il se ressent être le casse-pied de ses parents, il se tiendra à distance d’eux… Même quand il en ressentira le besoin.

Ensuite, la réponse effectuée par le Dr Rufo suggère que l’on doit exprimer clairement aux enfants que s’ils agissent de telle ou telle autre manière, on va moins les aimer … et que c’est plus grave que leur ressenti d’enfants.
Les enfants, depuis leur naissance, ont l’instinct et ensuite la conscience que seul l’attachement à leurs proches leur permet de vivre sereinement.
L’attachement est une donnée de base pour les enfants… Et c’est connu depuis plus de 60 ans! (voici un article qui aborde les théories de l’attachement)
Il est fréquent que les enfants craignent de perdre l’affection parentale à cause de leur attitude. Un enjeu majeur, dans l’accompagnement parental et des enfants, est de sécuriser le lien.

En disant clairement que l’amour est conditionnel envers les enfants, cela insécurise les enfants.
Ils vont alors se construire la croyance qu’ils doivent se comporter d’une certaine manière pour être aimables.
Nous sommes alors à l’opposé de la bienveillance et de l’accompagnement de l’enfant pour ce qu’il est, et non, pour ce que les parents veulent qu’ils soient.

Bref, tout dans cette réponse est nocive.
Parce qu’elle ne répond pas en termes d’aide demandée par la mère.
Parce qu’elle place l’enfant comme un être destructeur de la relation.
Parce qu’elle instile la croyance que l’amour des parents est conditionnel, pour de futiles raisons.
Ce que je propose, c’est d’apporter une réponse à Delphine, qui pourra l’aider réellement !

« Bonjour Delphine !
Vous avez un petit garçon qui a confiance en vous. Grâce à ce qu’il vous confie, il peut construire son rapport aux autres et prendre de la distance face aux évènements de la journée. Grâce à cela, il apprend à gérer ses émotions et ses comportements sociaux.
C’est un magnifique cadeau que vous lui faites en l’écoutant chaque jour !

Qu’il est dur de s’entendre dire des perceptions froidement sorties de la bouche de l’être qu’on aime plus que tout.
Votre enfant exprime son ressenti par rapport à vous et à votre apparence.
Il est probable que ce soit exact. Par rapport à ses ami.e.s, vous êtes plus âgée, vous semblez ainsi plus « vieille », vous avez la peau moins lisse, et vous n’êtes pas comparable en terme de beauté à une fillette de 7 ans.
Votre fils questionne probablement les rapports aux âges et à l’évolution du corps avec le temps qui passe. Cela peut être angoissant pour un enfant de voir que sa maman vieillit…
Y aurait-il des questionnements existentiels autour de la mort là-dessous ?

Il exprime également qu’il vous aime moins. Je trouve votre réponse totalement adaptée… Mais lui avez-vous demandé pourquoi il pense à cela et ce qu’il ressent derrière cette phrase ?
Par ces mots, il exprime la possibilité d’un attachement conditionnel ou réduit. Il est probable qu’il craigne que vous puissiez un jour, vous-même, ressentir cela à son sujet.

Je vous suggère d’ouvrir la discussion avec votre fils qui fait état de constat, sans sembler volontairement blessant (difficile de savoir sans avoir le ton ni connaître les détails de votre relation). Par ses « phrases-façades », il témoigne d’un besoin qui mérite de trouver réponse, une fois que vous aurez mis le doigt dessus !

Bon cheminement avec votre enfant et rassurez-vous, toutes ces attitudes démontrent combien il tient à vous ! »

Je croise les doigts pour que Femina puisse envoyer cette réponse à Delphine, afin qu’elle ne reste pas avec celle qui lui a été apportée par le Dr. Rufo.

Cordialement,

La Curiosité Bienveillante