Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Blâmer la bienveillance, ovation de l’isolement : Le coup de gueule !

Cet article sonne comme un ras le bol, et un coup de gueule.
Je ne peux m’empêcher de taper un grand coup dans la fourmilière et oser contester des « consoeurs/confrères » psy.

J’en ai assez d’entendre des professionnel.le.s qui campent un ton péremptoire face aux patient.e.s en leur affirmant des éléments en l’absence TOTALE de sources étayées en la matière.
Combien n’ai-je pas en consultations de mères (oui, en majorité) qui ont déjà consulté un, deux, jusqu’à 4 psy parce qu’elles avaient reçu le MÊME discours systématiquement : « Ouhlala ! Vous allaitez un enfant de plus de 18 mois et vous dormez avec lui ! Mais ça ne va pas du touuuuuuut ! »

Ce n’est pas neuf que cela arrive. C’est LA raison pour laquelle j’ai créé le Réseau Parentage Proximal et que les parents puissent trouver des pro partageant leurs valeurs. Mais aussi, et simplement, des professionnel.le.s formés et à jour.
Parce qu’on va se le dire clairement : celleux qui blâment le cododo, le portage, l’allaitement et souvent, dans le même panier, « l’éducation bienveillante » ne sont ni formé.e.s ni informé.e.s de loin.
Au mieux, iels parviennent à rencontrer les patientes sans les juger et en s’abstenant de commentaires (eh oui, en fait ! Quand on est psychologue, nous n’avons pas à donner NOTRE avis sur certaines pratiques parentales qui ne sont PAS pointées comme difficiles à vivre pour les parents. Mais ça… C’est manifestement beaucoup oublié comme pan de la déontologie!).

Au pire, les commentaires absurdes, désinformant et dramatisant sont commis : les mères (les plus fréquentes à consulter) sont remises en question, sont questionnées sur la pertinence de leurs actions (alors que dans certains cas, cela ne pose pas problème et a été abordé juste comme élément de contexte).
Il est indispensable de faire la différence entre les points qui posent problème dans l’harmonie familiale et personnelle (et ça peut être le cas du cododo, de l’allaitement, de l’ajustement dans un accompagnement bienveillant des enfants, …) et ce qui n’est PAS questionné et bien vécu (les mêmes points, si tu suis bien₎.

La place des psychologues dans la relation

NOUS, les psy, ne sommes PERSONNES pour déterminer si une chose est bonne ou non pour un individu ou une famille.
Nous avons nos avis personnels mais ceux-ci n’ont rien à faire dans la prise en charge individuel de nos patients.
Notre objectif est d’accompagner les individus (dans les cas de suivi psy ou guidance parentale) afin de trouver un nouvel équilibre dans leur vie à l’instant T. LEUR vie. LEURS choix.
Ça ne me semble pas si compliqué à comprendre…

Le problème, c’est quand les psy balancent leurs grandes théories (basées sur leurs penseurs phare et sans mise en perspective de la société en 2020) afin de contrecarrer les attitudes parentales qui ne rentre pas dans les cases de leurs perceptions (oserais-je dire étriquées?).
Le gros problème aussi, c’est quand ces psy usent de leur biais de confirmation (=biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions).
Iels ne vont alors que percevoir les méfaits des attitudes qu’iels dénoncent par ailleurs. Comme par hasard…
C’est ainsi qu’iels ne voient QUE des parents ayant besoin de guidance parentale parce qu’iels n’arriveraient pas suffisamment à asseoir des limites à leurs enfants.
Les enfants deviendraient alors débordant et tyranniques (je leurs emprunte le terme…), des enfants-roi (un peu mythe!), irrespectueux et dangereux pour la société et elleux-mêmes à long terme car incapable de s’intégrer.
Tout ça, perçu chez un enfant de 2 ou 3 ans.
Je dis chapeau : percevoir tout cela, si jeune, cela recèle presque du don de voyance (ou d’une prophétie dramatique sans fondement. Laisse-moi voir ce qui est le plus pertinent …!).

C’est tout de même étonnant qu’en tant que psy qui travaille en périnatalité et accompagnement parental, je ne reçois presque que des parents d’enfants en bas-âge (de la naissance à 4 ans, le plus souvent) dont les problématiques sont principalement l’accordage avec ses propres valeurs, le besoin d’être rassurés par rapport au développement de leurs enfants, le besoin de se faire confiance le besoin d’outils pour communiquer avec leurs enfants de manière efficace, l’envie de sortir des schémas de répétition des violences dites éducatives et TRES rarement, le fait d’être perdu avec ses enfants car leurs attitudes sont incompréhensibles/difficiles à appréhender.
Bien sûr, certains parents nécessitent d’être confronté.e.s dans le fait qu’ils ont elleux-mêmes des besoins et que la parentalité ne rime pas avec abnégation.
Chez ces parents, il y a souvent besoin de travail une confiance en soi qui a été détruite par des attitudes parentales destructrices (Ah!) parce qu’iels sont perdu.e.s dans la manière de faire pour ne pas reproduire la toxicité qu’iels ont vécu (ah ! X 2).
Se débarrasser de la violence intériorisée et qui engendre des réactions automatiques indésirables est bien plus complexe que d’aider des parents à instaurer des règles de vie communes qui aident à l’harmonie familiale. Les durées de prise en charge sont sans aucune mesure …


C’est ainsi qu’il est nécessaire de travailler aussi l’assertivité, de déraciner la peur de mal faire qui paralyse (ça arrive à tou.te.s) et de remettre tout ça en perspective avec les situations concrètes du quotidien avec CETTE famille-là et CET.TE enfant-là.
Parce qu’une technique ne peut pas fonctionner dans tous les cas.
Cela paraît totalement logique dit comme cela… Mais, dans les préceptes inhérents à la parentalité, il est fréquent que le bon sens partent en vacances, remplacé par les adages d’une puériculture et d’une éducation obsolète.

Nouvelles perspectives sur l’enfance

Si je dis qu’elle est désuète, c’est parce que la manière d’élever les enfants a pu évoluer en fonction des connaissances acquises sur le développement infantile.
Dans le développement infantile, il y a tout le pan psycho-affectif et donc le champ de la théorie de l’attachement.

Cette dernière est déterminante dans la compréhension de la manière dont les bébés ancrent leur rapport au monde est aux autres.
La théorie de l’attachement s’enracinent dans de l’observation de beaucoup d’ espèces animales, mais aussi au niveau spécifique du bébé humain, de son développement neurologique, cognitif et affectif.
Nous sommes des êtres qui évoluons très différemment en fonction du contexte dans lequel nous grandissons. Nos gênes nous constituent mais l’environnement et donc l’épigénétique va impacter de façon majeure l’expression de ces gênes.
Ce n’est en rien innovant de dire que le mode d’éducation reçu affecte la manière dont les enfants vont se construire et interagir avec les autres.
Or, comme le biais de confirmation, d’autres biais et attitudes impactent la façon dont les parents interagissent avec leurs enfants.
A croire que les enfants poussent de travers sans discipline, les parents se sentent irrémédiablement obligés d’être autoritaire.
Lorsque l’on est persuadé qu’il suffit de suivre le mouvement et de proposer un cadre contenant, il faut trouver une autre voie d’action.
C’est à ce carrefour complexe-là que nous sommes en 2020, puisque cela fait déjà une bonne décennie que l’éducation bienveillante prend de l’ampleur. Alice Miller, Faber, Mazlisch, Olivier Maurel, Catherine Dumonteuil-Kremer, Isabelle Filiozat, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, plus récemment Catherine Gueguen, et beaucoup d’autres autrices s’évertuent à partager un nouveau paradigme autour des enfants et de changer les attentes que nous avons à leur égards.
Alors, oui, cela déconstruit toutes les croyances que nous avons eu pendant des décennies.
Cela remet en question nos habitudes, nos réactions automatiques et nos habiletés parentales.
Nous devons créer ce paradigme nouveau sans exemple, et avec les failles que nous avons nous-mêmes subi en tant qu’enfant. C’est parfois ardu…
Et c’est pour cela que l’accompagnement parental est en plein essor depuis quelques années.
De ma perspective, je ne vois que l’avantage d’être psychologue lorsque je pratique de l’accompagnement parental. Mais force est de constater que cette mouvance d’accompagnement parental ne provient pas des psychologues.
Parce qu’à une certaines époques, les grands principes suffisaient aux maîtres et que donner des lignes directrices autoritaires étaient perçues comme le seul besoin : un mère qui doit se détacher, un père qui joue son rôle de tiers séparateur autoritaire, et voilà une affaire rondement menée pour éviter que le prétendu complexe d’Oedipe ne se résolve mal.
J’ai déjà écrit un article argumenté pour démontrer que ce complexe bien connu n’existe pas.

Avec ce genre de discours, les psychologues ont perdu la partie : les parents s’en sont détournés puisqu’au lieu de rejoindre les parents dans LEURS perceptions des évènements, ils campaient sur leurs opinions.
C’est ainsi que les parents se sont tournés vers d’autres accompagnant.e.s susceptibles de les comprendre et de les aider concrètement, sans jugement.
C’est ainsi que les gens ont toujours peur d’aller chez le psychologue car « c’est pour les fous ! » et qu’il n’est toujours pas considéré comme habituel, en Europe, d’aller voir un.e psy pour alléger sa vie quotidienne/familiale.

Les punitions déguisées…
Malgré tout cela, en 2020, nous avons des « éminentes » psychologues qui ont pignon sur rue et beaucoup d’adhésion philosophique sur des pratiques disciplinaires.
La base de la pratique est simple : l’isolement, aussi appelé Time’s Out (= un temps où l’enfant est seul, sans distraction, sans contact avec personne).
L’objectif de l’isolement serait de faire comprendre à l’enfance que son attitude est inadéquate et qu’il est inacceptable en l’état dans la société. S’il ne ne conforme pas à une attitude attendue : l’exclusion sociale fait pression pour que le comportement cesse et que l’enfant puisse agir de manière adaptée.

Il s’agit tout simplement de discipline comportementaliste basée sur les conditionnements à l’aide de « punitions négatives » (= faire cesser un comportement en enlever quelque chose) vs. « Punitions positives » (= en agissant pour faire cesser, une intervention physique par exemple). C’est un vocable issu de la psychologie comportementale. Les autres éléments permettant le conditionnement sont les renforcements eux aussi soit positifs (= donner quelque chose qui fait plaisir) ou négatifs (= arrêter quelque chose qui était désagréable).

Oui, ce sont les mêmes principes de conditionnement chez tous les êtres vivants. Là, c’est dans une optique de dressage canin. Il s’avère que nous sommes tou.te.s conditionné.e.s par ces mêmes systèmes-là.

L’isolement fonctionne sur base de la punition négative, en prétendant que les enfants apprendraient à se comporter de manière adéquate grâce au fait d’avoir été exclu.

En effet, cette méthode est encore suggérée notamment pour les enfants ayant des troubles du développement.
Comme TOUTES les méthodes, elle n’est pas mauvaise en tant que telle. Ce sont les conditions et la manière dont elle va être appliquée qui va influencer l’efficacité.
Par exemple, pour un enfant avec un Trouble du Spectre de l’Autisme ou un TDAH, il est parfois utile de pouvoir se retirer AVEC l’enfant pour mettre à distance une situation engendrant trop de stimulations et de désorganisation.
Certains enfants vont avoir tendance à vouloir rester seuls pour se calmer (de leur propre chef, une fois écartés avec douceur d’une circonstance trop excitante) alors que d’autres seraient en grande détresse et ont un besoin impératif de rester au contact de leur figure d’attachement (souvent, un des parents).
Je ne peux pas savoir ce quel bois est fait votre enfant. Je ne peux donc pas savoir de quoi il a besoin pour réussir à retrouver son calme lors d’une tempête émotionnelle.

Les problèmes des méthodes de sanction par l’isolement systématique

Un premier problème majeur de cette méthode d’isolement est qu’elle est recommandée sans distinction de situations, d’histoires de l’enfant ou des parents.
Il a été clairement démontré que cette méthode est délétère pour les enfants souffrant de trouble de l’attachement, ayant été adopté ou ressentant de l’anxiété. Ça tombe d’ailleurs sous le sens car cette pratique disciplinaire joue justement sur l’exclusion sociale… Autant dire que lorsqu’on a déjà été blessée à ce sujet, ça peut être dramatique comme scène à revivre.

Dois-je préciser l’absurdité d’une méthode qui s’adresse à tous les enfants, à partir de 1 an si ce tout-petit est déjà trop dérangeant pour ses parents ?
Comment une méthode peut-elle être adaptée à des stades de développement aussi différents, si ce n’est pas l’attente que les enfants développent une résignation acquise (= Expérience de situation douloureuse dont il est impossible de se sortir, qui se répète et provoque l’intériorisation de ce sentiment d’impuissance au point de se résigner, de ne plus tenter de s’en sortir ou de ne plus s’exprimer) ?
Je rappelle que certains psychologues suggèrent d’enfermer les enfants à clef jusqu’à ce qu’il se calme et si ce n’est pas le cas, d’augmenter le temps de la punition (appelée sanction pour faire joli, mais c’est un synonyme de punition!). Voilà comme la résignation acquise se développe, comme lorsqu’on laisse pleurer un bébé en attendant qu’il apprenne à dormir seul. Il n’en est rien, il se résigne juste. Au niveau émotionnel, les taux de cortisol (=hormone du stress) sont toujours aussi élevés que durant les pleurs.


L’autre problématique relative à l’isolement systématique (je n’invente pas le terme), c’est que cela ferme les parents à la compréhension empathique de leurs enfants.
Or, comme chaque humain, UN comportement pris isolément ne veut rien dire des raisons qui l’ont généré.
Ces isolements sont recommandés en cas de colère : pour que les enfants apprennent à se calmer seuls et à gérer leur frustration sans incommoder le reste de la famille.
Peut-on s’arrêter sur les raisons qui engendrent l’expression de la colère chez les enfants ?
Il n’y a pas un motif mais des dizaines possibles.
Parfois perçus comme exagérés (on va bien s’avouer que c’est pénible d’entendre des hurlements parce qu’iel n’arrive pas à reboucher son feutre) mais aussi souvent à percevoir qu’iels sont traversés par des émotions intenses légitimes que nous vivons tous.
Faut-il pour autant ne rien faire ?
Absolument pas, il y a pas mal de manière d’accompagner la colère (j’en parle notamment dans cet article) mais bien sûr, de placer des règles de vie communes qui font face à des attitudes inacceptables comme faire mal à autrui, se faire mal et tout détruire dans la maison.
Mais il est totalement possible de placer cela sans violence ni élever la voix : ici encore, il est nécessaire de travailler son assertivité et sa capacité à être un contenant psychique pour les enfants.

Certain.e.s vont appeler cela « l’appel à la limite » des enfants… Tout en prétendant savoir ce dont les enfants ont besoin à cet instant-là.

Encore une fois,je trouve cela osé de parler de ce dont les enfants ont prétendument besoin sans avoir d’éléments de contexte détaillés ni même expliquer la différence entre l’expression des besoins par diverses stratégies, le décryptage des besoins et la recherche de stratégie qui vont être acceptables pour tou.te.s.

C’est pourtant la base de la communication d’aller s’assurer de ce qui se témoigne plutôt que d’agir à l’aveugle.

Cela peut demander par mal de travail sur soi, parce que les capacités d’inhibition des adultes d’aujourd’hui n’est pas exceptionnel. En ayant été élevé dans un climat globalement violent émotionnellement, beaucoup d’adultes ne sont pas en mesure de garder leur calme face à un enfant en colère: les effets des neurones miroirs ne parviennent pas à être transformer en une énergie utile et cela peut générer des explosions.
Ironie de l’histoire: nous demandons aux enfants de se calmer seuls et de ne pas s’énerver alors que la plupart des adultes hurlent, crient, tapent lors de leurs propres frustrations, émanant souvent d’un sentiment d’impuissance lorsque nous sommes face à un.e enfant qui ne s’apaise pas …

Et les incohérences dans ce paradigme
Il est aberrant de croire que les enfants peuvent réguler leurs émotions seuls lorsqu’iels sont petits. Les enfants apprennent à réguler leurs émotions grâce à l’aide des parents/adultes qui les aident à mettre du sens et réguler leurs émotions. C’est indispensable. Il suffit de lire cet article https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448718302166 qui démontre bien l’impact de la maltraitance sur la capacité de régulation émotionnelle. Pourtant, les enfants maltraités ne manquent pas de cadre…! Ils se mangent même les limites, physiquement et émotionnellement.
Pour nous-mêmes, adultes, le partage émotionnel joue un rôle décisif dans la perception des évènements engendrant des réactions émotionnelles.
Il est souvent oublié que le besoin d’interaction pour réguler les émotions n’est pas du tout opposé à l’auto-régulation des émotions, c’est une dialectique réciproque :https://www.cairn.info/revue-enfance-2015-2-page-165.htm

Chaque situation est singulière et il est impossible de donner UNE solution toute faite à tous les parents pour tous les enfants.
Les théories et les pratiques qui permettent de prendre en charge tout et son contraire devraient attirer la vigilance, ça doit être le cas envers cette pratique d’isolement systématique.

Il n’y a aucun consensus scientifique qui valide le recours à cette pratique. Certaines études pointent les méfaits, d’autres estiment qu’il y a une efficacité lorsque que c’est BIEN utilisé.
Encore une fois, comme cela pourrait-il être bien utilisé s’il est servi à toutes les sauces ?

Si tu veux savoir ce qui me met en rage, c’est que ce genre conseil engendre de la maltraitance. Ni plus ni moins.
Parce que les petits d’environ deux ans se mettent beaucoup en colère, parce qu’iels ont besoin d’affirmer qu’iels peuvent agir seuls/différemment des attentes/qu’ils n’ont pas envie de quelque chose.
C’est ainsi que des enfants sont enfermés lorsqu’ils refusent de mettre leurs chaussures, lorsqu’il refuse de manger un aliment, lorsqu’ils s’opposent à un acte qu’ils ne tolèrent pas.
Au lieu d’apprendre à respecter le rythme, l’appétit, l’attrait des enfants pour une chose ou une autre, le conseil d’isolement vient soutenir le passage en force des choses.
Cela n’offre aucune possibilité de compréhension, annihile l’empathie et détruit la possibilité d’une parentalité en dehors de l’opposition mutuelle.

A long terme, comme je l’explique dans cet article sur la punition, cela ne permet pas le développement d’une croyance en un amour inconditionnel de la part des parents ni d’une confiance mutuelle.

Black-list l’isolement ?

Alors, suis-je contre l’isolement dans l’absolu ?
Non, je suis contre l’isolement chronique !
L’isolement peut être utile s’il est accompagné et que les enfants demeurent respectés. Certains enfants sont très réactifs par rapport à l’ambiance (pensons au fin de journée où tout le monde est un peu énervé et qu’un rien allume l’incendie), s’éloigner avec l’enfant qui déborde permet de changer de cadre et de s’apaiser.
Certains enfants prendront ensuite cette réaction comme adéquate pour eux et agiront de la sorte de manière spontanée. Nous avons tou.te.s en tête un moment où l’ambiance était telle que nous avons fini par nous retirer. C’est un isolement VOLONTAIRE dans lequel, un fois les émotions apaisées, nous sommes volontiers accompagné.e.s avec empathie.
De même, lorsque les circonstances sont très intenses, je ne peux qu’inviter les parents à poser leur bébé, s’éloigner de leur enfant pour eux-même s’isoler et faire redescendre la pression. De l’aide est souvent nécessaire afin de ne pas entrer dans l’escalade de la tension susceptible de finir en violence. C’est ainsi qu’on évite les syndromes du bébé sécoué ou des actes de violence sur les petits.
Car, oui, c’est autour de 2 ans que les enfants subissent le plus de violence. Leur développement un peu « dysharmonique » engendre des capacités cognitives qui ne semblent pas en phase avec leurs réactions émotionnelles. Ainsi, les adultes ont vite fait de leurs prêter des intentions nuisibles alors qu’il s’agit d’un quiproquo lié à une perspective différente du monde.

Il est temps d’arrêter de croire que les enfants sont de potentiels futurs tyrans. Les attitudes des futurs adultes qu’ils seront ne peuvent être inférer durant les premières années de vie. En outre, ce ne sont pas les personnes qui ont été accompagné avec bienveillance qui finissent par devenir les psychopathes asociaux de notre société…
Est-ce que, pour autant, il est aisé de sortir des schémas d’une parentalité autoritaire, sans s’enfoncer dans l’opposé dans lequel on peut s’embourber ?
Absolument pas ! La plupart des parents tâtonnent dans leur parentalité, quel que soit le chemin emprunté. La volonté de mettre en place une parentalité proximale et bienveillante nécessite de rebattre les cartes de nos automatismes. Cela demande des ajustements qui peuvent être difficiles à certains moments, sortir des croyances limitantes et pouvoir trouver un équilibre qui correspond aux besoins de tou.te.s.
Mais il est clair que ces difficultés sont communes à tous les parents. Les parents qui en viennent à une pratique violente le font souvent dans une croyance que c’est LA seule solution qui reste.

J’invite évidemment les personnes qui en ont besoin à se faire accompagner par un.e professionnel.le capable de prendre en compte SA singularité.
J’attire une dernière fois l’attention sur les personnes qui vantent le fait que l’éducation bienveillante peut être dogmatique, tout en prétendant détenir LA vérité qui permettrait de libérer les parents de leur emprise.
Un dogme refuse de se remettre en question … A toi de voir où est le dogme dans cette histoire ? Mais surtout, s’il y a du dogme et des injonctions que tu penses subir. Ta perception et ton sentiment de bien-être sont les seuls juges pour ta santé mentale.

Pour finir, je tiens à mettre en évidence qu’en tant que psy, nous ne voyons qu’une tranche de la population : celle qui ne se sent pas bien et qui ose consulter (avec tous les autres déterminants dont financiers).

Cela veut dire que les personnes que nous voyons ne sont pas un échantillon représentatif de la population générale. Nous avons un biais où nous recevons des gens qui estiment avoir besoin d’aide.
Vis-à-vis des détracteurs de l’éducation bienveillante, j’ai du mal à comprendre, en dehors du biais de confirmation, comment il est possible que ceux-ci n’aillent pas à la rencontre de celleux pour qui cela se passe très bien ?
Bien sûr qu’il est utile d’observer là où se trouvent les failles d’un système, mais pour comprendre l’ensemble et obtenir des pistes de solution en adéquation avec les parents, il est nécessaire de s’intéresser à celleux qui vivent alignés avec leurs valeurs.
Comme je le disais précédemment, en tant que psy spécialisée en périnatalité, je ne vois que des mamans qui ne vont pas bien. Pour autant, je ne vais pas crier haut et fort que c’est le fait d’avoir un enfant LE problème et qu’il suffit de ne plus en avoir.
C’est pourtant la démarche radicale et sans nuance de ces détracteurs banalisant la violence.
Et ça, en 2020, ce n’est plus possible.

Bref, j’étais en colère. Maintenant, tu sais pourquoi.
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Allaitement·Maternage proximal

Les grèves de tétée

« Mon bébé ne veut plus téter ! Elle s’est réveillée un matin, et elle a refusé le sein . Ça fait 12h que cela dure. Elle rejette le sein. »

Voici à quoi ressemble une grève de tétée : un bébé qui râle, rejette soudainement le sein et s’agite.
D’aucun dirait que ce bébé a choisi de se sevrer, qu’il ait 5 mois ou 18 mois, un allaitement ne s’arrête que rarement du jour au lendemain d’une décision des enfants.

Surtout si le rythme de tétée était relativement élevé et que cela survient soudainement.

Une grève peut durer de 24h à quelques semaines. Sans information, elle peut se confondre avec un sevrage spontané.


Les grèves de tétée peuvent être multifactorielles : des douleurs (éléments qui rendent la position d’allaitement habituelle inconfortable pour le bébé, qui rendent la succion ou la déglutition désagréable), des changements brusques dans la vie quotidienne, un trouble de la succion qui peut faire suite à l’introduction de biberon (le bébé a compris que téter au bib était clairement plus facile qu’au sein), réactions vives à la suite d’une morsure inopinée, …

Il est souvent plus facile de solutionner la grève lorsqu’on a mis le doigt sur le problématique. Mais ce n’est pas toujours évident de s’en assurer.
La plupart des mères allaitantes ont vécu des grèves ou un rythme de tétées à diminuer brutalement sans raison apparente.

A la suite d’une grève, certaines mères vont s’accrocher à leur allaitement alors que d’autres s’orienteront vers un sevrage, avec sérénité ou résignation.

Lors d’une recherche de maintien de l’allaitement, il convient de ne pas forcer la reprise du sein.
Les propositions douces, surtout la nuit dans un semi-sommeil peuvent aider à faire redémarrer cela.

Il me semble indispensable de préciser que la plupart des bébés ont une période où iels seront très sensibles à ce qu’il se passe autour d’elleux.
Dès lors, allaiter deviendra impossible dans un environnement stimulant, même sans aucun inconfort physique !
Bonjour tétée dans la pénombre et allongées, sans aucun perturbateur.

Cependant, il est nécessaire de s’assurer que les enfants qui refusent le sein ne souffrent pas de maux physiques qui rendraient l’allaitement douloureux.
Même si c’est le Sein-Graal, ça ne vaut pas la confrontation à de la douleur pour les enfants… !Il convient d’aller chez un médecin / pédiatre de sorte à rechercher les pistes somatiques (otites, muguet, gingivostomatite,…) qui peuvent impacter la succion ou la déglutition.

Comme dans toutes les situations, que les enfants aient 1h ou 18 ans (non, plus au sein à cet âge-là!), il est indispensable de verbaliser.
Verbaliser ce que tu perçois de la situation.
Verbaliser tes ressentiments.
Verbaliser ce que tu interprètes de sa communication.
« Je vois que tu ne veux pas téter pour l’instant. Tu as l’air inconfortable. Etc »

Pour faire (re)démarrer l’allaitement, miser sur le corps à corps est le meilleur outils : portage physio, massage, peau à peau, bain à deux, …
A partir de 10 ou 12 mois, lui montrer des photos d’elle/lui en train de téter peut être efficace (oui, nous en avons toutes!).


(Si je peux te donner mon conseil personnel : la berceuse de Laurel Bang @laurelbang, accompagnée par les gestes de Marie Cao (@littlebunbao ) « j’ai têté » a accompagné nos tétées quelques temps. Et… TRÈS clairement, dans les cas de tétées compliquées, mettre la chanson agissait comme un rituel de reconnexion avec l’allaitement. Ma fille a demandé cette chanson pendant les tétées pendant plusieurs mois!)

Une des choses les plus difficiles dans la grève de tétée est le fort sentiment de rejet que peuvent ressentir les mères. A cela se couple la crainte que les enfants ne mangent pas assez et souffrent de carences/manques. Ce rejet peut réactiver des expériences antérieures ou des schémas de fonctionnement personnel qui vont rendre cela d’autant plus insupportable.

Bien entendu, si la grève dure : il est indispensable de tirer son lait pour maintenir sa lactation et éviter un engorgement ou une mastite) et de le donner par un autre biais (verre, baby cup, DAL, SoftCup, seringue, …). Attention à la déshydratation surtout si c’est un.e tout.e petit.e non diversifié.é.

Puisqu’il n’y a plus les tétées pour booster les décharges d’ocytocine, il est nécessaire de se pencher sur des stratégies alternatives.
Par exemple, miser sur les partages agréables avec l’enfant. Même s’il n’y a plus l’allaitement (temporairement ou non), les moment peuvent être tout aussi joyeux.

Ainsi, il est nécessaire de garder son calme et une certaine sérénité. Lorsque les inquiétudes au sujet de la grève sont trop massives, il est utile de se recentrer. Pourquoi pas tenter une séance de cohérence cardiaque pour s’apaiser ?


Encore une fois, il sera utile d’observer la place que prend la culpabilité.

Si les émotions ne sont pas en cause du départ de la grève, cela peut la maintenir. La culpabilité impacte la manière d’interagir avec les bébés. Il est possible de tomber dans une prophétie auto-réalisatrice dans laquelle les bébés continuent à refuser le sein car ils perçoivent trop de pression.

Il va de soi que s’énerve lors des refus ou insister pour qu’iels prennent le sein ne sera pas efficace.

Pour les mères, il est important de pouvoir trouver une oreille attentive et empathique pour écouter leurs ressentis.
Une grève n’est pas un simple refus d’une tétée (qui peut déjà inquiéter). Minimiser les risques de l’arrêt de l’allaitement ou encore suggérer 1000 conseils avant d’avoir entendu en détails ce que génère la peur de l’arrêt de l’allaitement est vraiment inopportun.

Porter une intention et un intérêt majeur à son allaitement ne fait pas des femmes des personnes déséquilibrées. Au contraire, elles s’accrochent à leur équilibre trouvé par ce biais.

Chaque femme est différente dans son rapport à l’allaitement.
Certaines considéreront qu’il est acceptable pour elle que l’allaitement cesse de cette manière, venant du bébé.

D’autres seront effondrées à l’idée que leurs bébés refusent le sein alors qu’elles rêvaient d’un allaitement non-écourté.
Les réactions dépendent du projet d’allaitement, de sa propre représentation de la maternité et de ses convictions autour de l’accompagnement des enfants.

Les réactions des proches vont avoir un impact décisif à ce moment-là. Les compétences parentales et les croyances entourant l’allaitement se rejouent de manière massive.
Il convient alors que les femmes puissent réellement faire le point sur ce qu’elles souhaitent elles-mêmes : dans le cas où le souhait de l’allaitement est maintenu, tout doit être fait pour relancer cela.
Le deuil de l’allaitement est à prendre en compte sérieusement comme étape dans la maternité.

Mais avant de parler de deuil, l’accompagnement par un consultante en lactation peut aider à trouver des pistes spécifiques à la situation rencontrée.
Plein de bébés ont fait des grèves de tétées de quelques heures ou jours pour se poursuivre vers un allaitement non-écourté.

Il n’y a pas de règle, il n’y a que de la singularité dans ce qu’il se met en place entre les bébés et les mères, ainsi que dans leurs entourages.

Il peut également être utile de consulter un.e psychologue spécialisé.e en périnatalité (comme moi ou d’autres collègues qui se trouvent sur le Réseau Parentage Proximal) qui pourra accompagner ces étapes, potentiellement difficiles, dans la parentalité : Enfantements, mise en place de l’allaitement et enjeux psychiques autour de celui-ci, appréhension ou deuil vis-à-vis du sevrage, passage d’un parentage proximal intense à sa suite via un parentage inconditionnel.
Chaque étape peut être émaillée de questionnements et de doutes qui peuvent être accompagnées de sorte à vivre au mieux sa vie de mère/parent.

Voici une autre ressource sur le sujet :

– le dossier de la Leche League France, évidemment : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/1157-68-refus-du-sein-greves-de-la-tetee

Je te dis à bientôt pour de nouvelles curiosités parentales !

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Maternage proximal·Préparer la naissance

 Si j’avais su… le corps et l’esprit des mères de bambin.e et + !

Cet article fait suite aux articles:

Si j’avais su.. (l’accouchement)

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

 

Je croyais qu’une fois que l’enfantement avait eu lieu, le corps passait par une phase de dégestation de 9 à 12m, avant de retrouver un corps qui serait proche de celui « d’avant ».

Quel mirage ! Une croyance gracieusement orchestrée par les médias majoritaires et notre biais de confirmation: il s’agit du fait de prêter attention à ce qui confirme nos croyances plutôt que ce qui les infirment.

Ainsi, le corps d’avant serait possible: regarde les mannequins, les fitwomen, les actrices.
Mieux, certaines femmes disent même que l’allaitement fait maigrir et d’autres ont même perdu trop de poids.
Et oui, il est vrai que le métabolisme change.

Le métabolisme a changé pendant la grossesse et il évolue encore en post-partum.
Jamais je n’aurais cru que mon corps serait spécifique parce que j’allaite.
Et pourtant, c’est le cas: la plupart des femmes n’ont pas les mêmes sensations physiques.
Le périnée a été rééduqué, souvent.
Mais les muscles ne sont pas ce qu’ils furent. La grossesse et les premiers mois collés/serrés engendrent souvent une réduction de l’activité physique et donc de la masse musculaire.

Le métabolisme est influencé par le climat hormonal de la lactation: la mobilisation de la masse graisseuse semble impactée (ce qui est logique, puisqu’enceinte, les réserves ont été constituées à cet effet). En outre, certaines études montrent que la prolactine augmenterait l’appétit.
La dynamique serait alors de manger plus pour éviter de perdre de « l’état » = trop maigrir.

Or, au contraire, certaines femmes grossissent avec la lactation: toutes les femmes ont un métabolisme singulier. La prise ou la perte de poids n’est pas qu’une question d’apports caloriques !
Il s’agit aussi d’un équilibre hormonal, comme le prouvent les personnes atteintes de diabète de type 1 et celles souffrant d’hyper ou d’hypo-thyroïdie.

 

Pourtant, la norme des régimes (ou des rééquilibrages alimentaires, qui engendrent autant de risques de compulsions alimentaires réactionnelles à la logique de restriction) est tellement intense que la croyance principale est que c’est la volonté individuelle qui est responsable de son poids.

Chaque femme serait alors responsable de son corps. Et il y aurait des objectifs: être mince, un peu sculptée, avoir la peau lisse, une absence de cernes, des cheveux bien coiffés, ….

Je ne sais pas toi, mais moi, à J + 29 mois: je n’ai pas la tête des stéréotypes des jeunes mères ! J’ai la cerne ancrée, gagné quelques cheveux/poils blancs, j’ai un appétit digne de gargantua et mon poids varie entre + 1et +5 par rapport à mon corps d’avant.

 

Dans la suite de ce post-partum, certaines (dont je faisais partie) avaient promis de chérir leur corps du cadeau effectué en donnant la vie de manière la plus adaptée qui soit.
Ce corps, le tien, le mien, avait si bien fait le job qu’on ne pouvait QUE lui être reconnaissant !

Mais…
Mais ces fichues injonctions?! Et si ce physique de « maman » devenait le mien.
Est-ce donc inévitable?
Comment font celles qui perdent tout ?

Parce que pour certaines, il reste les vergetures. D’autres arborent des seins essoufflés ou asymétriques (pendant l’allaitement, il y a des préférences qui se voient…! Je rappelle que l’état des seins n’est pas en lien avec l’allaitement ou non mais bien à la prise de volume pendant la grossesse !).
Alors que le corps rond et rempli de bébé était congratulé, que le corps post-partum était, souvent, perçu avec un mélange d’étonnement et de tendresse gracieuse, que reste-t-il après 2 ans ?

La maternité apporte encore plus de changements dans un corps que la puberté… Et à une vitesse décuplée.
Dans une société où le jeunisme est prôné, où toutes les traces de la vie sont effacées à coup de laser, bistouri et autres traitements, il y a de nombreuses embûches à l’acceptation de son nouveau corps.
Ces pantalons d’avant, quand mes hanches étaient celles d’une nullipare, faut-il s’en débarrasser ou les conserver dans l’espoir de pouvoir les arborer, plus tard… Un jour, quand le rythme alimentaire des enfants ne donnera pas envie d’un goûter? Quand le corps redeviendra un point d’intérêt majeur?

Et puis il y en a plein, qui retournent dans leurs pantalons…!
La douloureuse comparaison…

 

Chaque femme est tellement différente d’une autre: l’espace mentale laissé à son rapport à la silhouette dépend de la vie de chacune.
Il n’y a pas une bonne situation.
J’ai en tête @Madame_capitaine qui se réjouit de ses formes de mère alors que précédemment elle souffrait de sa maigreur !
Il est, me semble-t-il, indispensable de chercher des « modèles » qui vous inspirent et font du bien… Pas celles auprès desquelles tu pourrais te sentir en défaut !
A l’heure de la comparaison par les réseaux sociaux où il y a des milliers de femmes au même point que toi, se préserver des injonctions (et donc les connaître) est une prévention de la santé mentale.

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– Toutes les inquiétudes d’être mère

En devenant mère, tu as pu découvrir certaines angoisses dont on parle peu.

Enormément de femmes expérimentent la peur de mourir et des traits hypochondriaques dans les premières années de vie des enfants.
Cela survient souvent dans les premiers mois, mais cela peut perdurer (surtout en famille monoparentale ou homoparentale si les enfants ne sont pas encore adoptés par le parent social) et engendrer un mal-être plus général.

Il est nécessaire de savoir que ce n’est pas de la folie.
Il s’agit d’une réaction fréquente au fait que ce petit d’humain dépend entièrement de nous. Une mère peut même être tentée d’habituer son bébé au biberon, voire ne pas allaiter, par crainte d’un accident qui perturberait trop son bébé si l’allaitement est interrompu subitement!

Comme toujours, il n’y a pas de limite franche entre ce qui est normal et pathologique.
Si ces pensées prennent trop de place, il est peut-être nécessaire de consulter afin que tu puisses retrouver ta sérénité quotidienne!

 

Il y a d’autres phénomènes psychologiques qui peuvent survenir dont les phobies d’impulsion.

Il s’agit d’une peur irrépressible de commettre des actes répréhensibles. Par exemple: secouer son bébé, se défénestrer, jeter le bébé/l’enfant par terre, frapper l’enfant, effectuer des attouchements, …

Ces pensées parasites le quotidien de manière majeure !
Il est indispensable de savoir que ce n’est pas parce que tu penses à quelque chose que cela va se produire.
Ces alertes sont à prendre au sérieux et il est bien plus confortable pour les femmes qui les vivent de consulter afin de passer au-delà de ces pensées envahissantes !

 

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– la charge mentale et la volonté d’être soi…

Pouvoir se redéfinir, en tant que mère, femme, travailleuse, amante, maman à 100%, salariée, entrepreneure, amante, épouse, conjointe, …
Toutes ces étiquettes qui dépendent autant de ta situation actuelle, qui changera peut-être dans un an et qui a évolué par rapport à ce que tu avais anticipé.

 

Alors que d’autres ont repris le chemin du travail au bout du congé maternité, d’autres ont décidé de rester un peu plus. Congé parental… Démission… Entrepreunariat?

Chacune a fait des choix, qui se sont imposés à elle, tant bien que mal.
Chaque choix semble être assumé et chacun comporte son lot de jugements sociétaux:

– la mère au foyer n’aurait pas de plus-value économique et social (à d’autres, merci !);

– la mère qui travaille serait une mère indigne;

– la mère en garde partagée doit souffrir en silence

– L’envie d’une activité plus authentique et audacieuse engendrent des prises de risques perçus comme inconsidérés ou inconscients par des proches « bien intentionnés »;

– …

 

Chaque décision est mesurée, jugée, autant par les autres que par soi-même.
Avant même de recevoir de l’empathie pour SOI, on reçoit la projection des tiers sur nos vies.
Quel étrange constat dans la parentalité de percevoir via les remarques et les critiques tout ce que les autres ont mal vécu/pas assumé/aurait aimé faire différemment/ont vécu comme nous, …
Quel étrange constat de se rendre comme que l’éducation et la parentalité sont des sujets épidermiques qui mobilisent toute l’organisation sociale et la façon dont les individus ne sont organisés autour.
L’absence de jugement ou de projection est quasiment impossible. Mais l’empathie, la tolérance et l’écoute active suffise à soutenir de manière authentique…
Il serait peut-être bon de le rappeler à tou.te.s!

 

– Il reste la fatigue…

Pourquoi ce secret ?
Pourquoi dit-on uniquement que ce sont les nourrissons qui ne dorment pas?
Pourquoi personne ne communique librement sur le fait que le sommeil des bambin.e.s peut être encore plus chamboulé que celui des nourrissons ?
Pourquoi ne sait-on pas que le sommeil des enfants n’est pas acquis avant 3 ans (voici d’ailleurs un article concernant le sommeil) et que la plupart des enfants (allaités ou non!) se réveillent encore de 1 à 3 fois à 2 ans ?

Pourquoi ne dit-on pas que chaque poussée dentaire peut engendrer des réveils multiples à cause des tensions que cela engendre ?
Dois-je vraiment parler des autres maladies infantiles qui perturbent le sommeil, encore et toujours ?

 

Vraiment, ça me dépasse qu’il y ait un mutisme sur le sujet alors que l’ignorance crée des attentes irréalistes pour les parents!
Qui plus est, les pédiatres mal informé.e.s peuvent aussi avancer qu’à partir d’un certain poids, les bébés n’ont pas besoin de manger la nuit !
Bien… Mais, globalement à 32 ans, j’ai besoin de boire toutes les nuits!
Je dois l’empêcher à mon enfant ?
Ah oui, évidemment, si la méthode est de « laisser-pleurer » et compter sur la résignation acquise, nous n’avons pas les mêmes objectifs ! *wink*

 

Alors oui, forcément, le temps faisant, il est possible d’être plus fatiguée avec un.e enfant d’un an ou deux qu’avec un nourrisson.
Les journées, elles aussi, demandent plus d’énergie avec un.e bambin.e puisque le niveau d’interaction augmente, les demandes ainsi les stratégies pour réussir à concilier les besoins de tou.te.s mobilisent activement !

 

– Il reste: les interruptions et une vie à 100km/h !

Il est probable que tu aies trouvé un certain rythme avec ton tout-petit mais à partir de 15/18 mois, l’ensemble de ses progrès moteurs ne te permettent plus de d ‘effectuer avec décontraction certaines tâches.

En outre, cela fait 2, 3 ou 4 ans que tu es interrompue dans la plupart des tâches pour lesquelles tu t’engages: un appel à l’aide, un câlin, amener un enfant au toilette, le faire descendre de la table, …
Cela fait autant d’années que l’estimation du temps alloué à chaque tâche n’a plus vraiment de raison d’être.
D’ailleurs, cela peut rendre tendue, à force de répétition.

Si c’est globalement compris de la part d’un bébé, à partir d’un an, les interruptions répétées sont moins bien vécues.
Certaines femmes ont l’impression d’être persécutées par ces « freins » perpétuels.

Si la plupart des mères savent que les enfants ne sont pas exprès d’être oppressant, le vécu est parfois compliqué.et dépend des ressources de chacune.
L’isolement, le manque de soutien, les remises en question, le niveau de fatigue sont autant de circonstances qui favorisent l’exaspération et la baisse d’empathie envers les enfants.

 

– La dépression post-partum, si tard ?

Il se peut que tu saches très voire trop bien ce que c’est.
Pour d’autres, c’est un état qu’on est contente d’avoir évité.
Mais comme toujours au niveau des pathologies, il y a celles qui ont frisées les bords sans rentrer dedans selon toutes les caractéristiques diagnostiques… Et ça n’enlève rien à leur mal-être vécu.

Lorsqu’elle survient, la Dépression Post-Partum (DPP) se déclenche dans la première année de vie du bébé. Cependant, une DPP sévère peut démontrer des symptômes pendant de nombreuses années. La dépression post-partum survient chez 10 à 15% des femmes, elle dure plus de 2 semaines et est invalidante (contrairement au baby blues).

Si aucun trait de dépression n’était présent durant les premiers mois de l’enfant, il est probable que ce soit une dépression (qui n’a pas besoin d’être justifiée par le post-partum pour accepter son vécu) ou un Burn-Out Parental (que j’aborde dans le point suivant).
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Symptômes à surveiller

Sois vigilante s’il se présente les symptômes suivants :

  • une profonde tristesse sans raison apparente;
  • un épuisement permanent ou des problèmes de sommeil (dormir trop ou pas assez);
  • un sentiment de dévalorisation ou une culpabilité excessive (impression d’être une mauvaise mère, difficulté à établir un lien avec votre bébé);
  • un sentiment d’irritabilité et de refus de votre bébé;
  • une extrême anxiété (surtout en ce qui a trait au bien-être de votre enfant);
  • une incapacité à vous occuper correctement de votre enfant;
  • un désintérêt pour les activités ou un manque de plaisir durant celles-ci;
  • un changement d’appétit;
  • le sentiment que les choses ne s’amélioreront jamais.

Il est possible de passer un questionnaire pour estimer si une dépression post-partum est présente:

Questionnaire pour dépister la dépression post-partum: https://www.hug-ge.ch/depression-perinatale/comment-depister-depression-perinatale-quizz-epds

 

Que ce soit une dépression post-partum qui a encore des retentissements, une dépression (rechute ou inédite) ou un Burn-Out Parental, il est nécessaire d’investir sur soi-même et se lancer dans un suivi avec un.e psychologue.

La dépression est invalidante au quotidien, il n’y a pas de honte à ça.
Et si tu n’es pas touchée mais que tu as une connaissance qui a des signes qui t’interpelle, ose lui parler et lui proposer du soutien !

 

Source concernant la DPP:

https://www.soinsdenosenfants.cps.ca/handouts/depression_in_pregnant_women_and_mothers

https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2011-2-page-611.htm#

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gyn%C3%A9cologie-et-obst%C3%A9trique/soins-du-post-partum-et-troubles-associ%C3%A9s/d%C3%A9pression-du-post-partum

 

– les risques de Burn Out Parental

Après plus de 2 ans d’investissement constant, et en fonction des circonstances… L’ombre du Burn Out parental peut poindre.
Voici les signes qui laissent penser que tu pourrais être concernée:

– La saturation et la perte de plaisir dans le rôle de parent

Le parent n’en peut plus d’être parent, il a un sentiment de trop, « trop plein », il ne parvient plus à trouver du plaisir dans son rôle de parent.

– La distanciation affective d’avec les enfants

Trop fatigué, le parent n’a plus l’énergie de s’investir dans la relation, ou en tout cas plus autant que d’ordinaire. Il prête moins attention à ce que ses enfants lui racontent ou les écoute d’une oreille distraite, il n’accorde plus (autant) d’importance à ce qu’ils vivent et ressentent, il ne s’implique plus (autant) dans leur éducation, il n’arrive plus (autant) à montrer à ses enfants combien il les aime. Il fait ce qu’il doit faire (les conduire à l’école, leur préparer à manger, la toilette, le coucher), mais pas plus.

Le contraste

Le parent prend conscience qu’il n’est plus le parent qu’il était et encore moins celui qu’il voulait être. Il ne se reconnaît plus, il a honte du parent qu’il est devenu. Il y a un contraste entre le parent qu’il était et celui qu’il est aujourd’hui

Source: https://www.burnoutparental.com

Page facebook de référence sur le sujet: https://www.facebook.com/burnoutparental/

Il est important d’être consciente de son propre état. La plupart d’entre nous ne laisseraient pas un.e de ses proches sombrer dans un état d’épuisement patent.
Pourtant, nous avons tendance à ignorer voire minimiser les signaux envoyés par notre corps.
Connaître les signes permet d’être en vigilance et à pouvoir chercher de l’aide avant de sombrer.

S’il n’est pas anormal d’agir de manière un peu « automatique », ce n’est pas normal que ces soit une attitude récurrente au quotidien.
Il n’est pas normal de ne réussir à ressentir aucune empathie pour ses enfants…
Contacte-moi ou un.e autre pro afin de recevoir de l’aide.

Autre ressource pour mieux comprendre le Burn Out Parental: http://www.femmesprevoyantes.be/wp-content/uploads/2018/10/Analyse2018-Burn-Out-Parental.pdf

 

– Le « Terrible two »: Mythe ou réalité?

Aux alentours de 18/24 mois, les enfants peuvent commencer à revendiquer leurs choix de manière plus ou moins de conviction.
Il survient aussi la « période du non » qui peut durer de 3 semaines à plusieurs mois, en fonction de la réponse parentale aux attitudes des enfants.

Certains parents vivent mal les nouvelles exigences que soulèvent leurs enfants. Il se mélange alors différents ressentiments dont l’exaspération de ne plus avoir un enfant aussi coopératif ou de devoir faire attention à de plus en plus de détails du quotidien.
Comme à toutes les évolutions des enfants, les parents doivent calibrer leurs attitudes afin de correspondre aux nouvelles compétences des enfants.
Il est fréquent que cela réveille nos croyances et les difficultés à passer au-delà en fonction de l’éducation que nous avons reçue.
Je t’invite à consulter l’article sur « la période d’opposition » si tu as justement besoin d’aide à ce sujet.

 

 

Il reste l’injonction à la sexualité

Entre la fatigue, un corps à-soi-mais-pas-vraiment-même-si-oui-quand-même, la charge mentale qui explose et la volonté de bien faire: il y a le couple (quand il y en a un).

Dans ce domaine-là aussi, rien n’est identique d’une femme à l’autre !
Beaucoup de femmes ont un désir réduit pour diverses raisons. Les raisons évoquées 3 lignes plus haut, mais aussi l’allaitement et surtout, les conflits dans le couple, qui peuvent impacter la lidibo.

 

Après 2 ans, le couple peut avoir trouvé un nouvel équilibre ou, à l’inverse, avoir cristallisé un fonctionnement qui ne convient à personne… Mais dont il semble difficile de sortir.

Que faire quand on n’a pas du tout envie ? Certains hommes sont également touchés par ce phénomène !
Que faire quand le couple bat de l’aile car les attentes/besoins sont différents ?
Que faire quand, en l’absence d’une sexualité complète, même les gestes tendres et sensuels ont disparu ?

Je déplore souvent une situation: l’absence de relation sexuelle s’est transformée en absence de tendresse et de contact.
Or, souvent, cela ne convient à aucun des partenaires…
Comment même espérer une relation sexuelle si les contacts physiques amoureux et sans attente sexuelle n’existent plus ?

La réponse souvent donnée: au moindre contact, cela déclenche une envie. Alors je/il préfère s’abstenir.
N’est-il pas alors temps de sortir de la traditionnelle perception de la sexualité hétéronormée sur le modèle penis-in-vagina ?
Il y a tellement d’autres choses à pratiquer afin d’attiser le désir …
Notamment…. PARTICIPER et FAIRE SA PART (sans compter rien d’égalitaire mais bien en fonction des capacités physiques/morales de chacun.e) dans la gestion quotidienne !
(source: https://contemporaryfamilies.org/sex-equalmarriages-advisory/)

 

Il me semble important de préciser que le contact est nécessaire dans un couple. Encore une fois, j’enfonce les portes ouvertes, mais cela renforce l’attachement entre les partenaires.

Ce qui vaut aux 6 mois du bébé, vaut également à 2 ou 3 ans!
Tout dépend du contexte et du métabolisme de chacun.

Comme je le disais précédemment, il se peut que la fatigue soit très importante. Les nuits entrecoupées, les moments de sérénité pour soi-même encore rares, mais aussi de l’allaitement en cours, ou non.

Dans aucun cas, je ne prétends que les femmes doivent se forcer. Au contraire.
J’invite les partenaires à conscientiser que le couple n’est pas réduit à la présence ou non des coïts !
La plupart des couples qui ont une certaines « anciennetés » peuvent témoigner de périodes de basse et de haute activité sexuelle… mais pas seulement !
Dans ces longs couples qui durent 20/30 ou 40 ans ont l’expérience de moments où l’harmonie était bien moindre.

Tout comme le lien avec les enfants se construit progressivement, et d’autant plus avec le parent qui n’est pas la mère, le temps, l’empathie et la bienveillance renoue des liens nouveaux dans cette nouvelle entité qu’est le couple avec enfant(s).

Je suis intraitable sur un sujet: Quelqu’un qui te dit qu’il/elle te trompera faute de relation sexuelle fait simplement usage de manipulation.
Il n’est pas normal de se soustraire à ses propres sentiments pour contenter l’autre !

 

Et puis, tout le bonheur …!

Bien sûr, dans ce texte, j’ai mis en évidence ce qui pose question voire ce qui crée des difficultés.
Il va de soi que tout n’est pas simultanément présent. L’objectif était de mettre en évidence que la psypérinatalité concerne tous les parents !
Au quotidien, nous sommes toutes mues par des questionnements: certaines sont focalisées sur leur mal-être corporel /psy, d’autres vont se questionner sur leur mode de parentalité, ou encore être touchées par des circonstances qui amoindrissent la santé mentale.
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Heureusement, à côté de tout cela, il est incroyable de constater tout ce que le corps a pu créer (et faire grandir, quand on opte pour l’allaitement).
Grâce à vos interactions, ton enfant forge sa personnalité, développe des traits d’humour, produit des perles verbales et les fous-rires peuvent raisonner.

Nous avons tendance à oublier que la vie peut-être une fête malgré l’empressement.
Les tâches à remplir avec un horaire précis peuvent nous embuer et nous faire perdre le goût de vivre avec légèreté.
Il y a parfois (souvent ?!) une ambivalence entre des sentiments négatifs et la joie d’être mère.
Il est possible de s’épanouir dans un rôle de mère au foyer.

Ou pas.
Il est possible de travailler à temps plein et d’adorer cela.

Ou pas.

Il est possible d’être pleine de gratitude envers la vie pour cet enfant,

Et détester le corps/l’hypervigilance que la parentalité implique, …
Il est évident que chaque situation nécessite un éclaircissement singulier.
Toutes tes pensées peuvent être acceptées.
Tu n’es pas obligée de te juger.
Une injonction n’a pas à en remplacer d’autres (poils vs imberbe; allaitement vs biberon), …

Tout l’intérêt de cela est de te reconnecter réellement à tes enfants, en prenant soin de toi, envers et contre tout!

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub).
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Allaitement·Maternage proximal

Allaiter pour se faire plaisir… Détruire un mythe !

Un point énorme concernant la philosophie de l’allaitement.
Tantôt il doit être agréable, tantôt il est reproché qu’il le soit.
Le sein ne doit surtout pas être donné à contre-coeur, mais il ne doit pas non plus provoquer de plaisir !

Gros héritage de la culture judéo-chrétienne où plaisir et maternité ne pouvaient pas aller de pair (cachez ses accouchements organismes que je ne saurais voir!).
L’allaitement est reconnu comme l’alimentation la plus adaptée des bébés humains, et pourtant…

Pourtant, personne ne questionne le malaise des femmes vis-à-vis de leur poitrine. Personne ne questionne la peur de la dépendance que cela soulève. Personne n’évoque réellement l’impact (ou non) d’un allaitement sur le couple, le rôle du père et le métabolisme de la femme allaitante.

Toutes ces questions sont laissées à couvert. Sous prétexte de « choix » (j’en parle dans cet article concernant le choix éclairé d’allaiter ou non), aucune information n’est donnée. Un peu comme le rappelle la banalisation du recours à l’anesthésie péridurale…
Mais, à l’heure actuelle : toutes les questions peuvent être posées !
Osons mettre à mal les croyances autour de l’allaitement et ses propres croyances limitantes.

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Avant tout, je précise : oui, bien sûr que tu as le droit d’aimer allaiter.
Parce qu’allaiter te donne cette proximité intense, ce shoot d’ocytocine qui relaxe et crée l’attachement (et te rend plus cool avec les attitudes infantiles, autant le savoir!).
Parce que c’est pratique, idéal pour le bébé et plein de bienfaits.

MAIS …

Parfois, ça ne se passe pas comme prévu.
Parfois, la mise au sein n’est pas accompagnée et cela créée des douleurs (une gêne en début de tétée en fréquente les premiers jours). Cette mauvaise position peut créer des crevasses…
La douleur de celles-ci peuvent être insoutenables d’où l’intérêt de se renseigner et de s’entourer par des pro formés : blocages ostéo ? Mauvaise mise au sein ? Freins restrictifs ? Etc.

Alors ces femmes, qui ont poursuivi leur allaitement malgré une période de douleurs, l’ont-elles fait « pour elles » ?
Oui. Elles l’ont fait pour être alignées avec leur valeur et donner ce dont a besoin leurs bébés. Pour autant, ce n’était pas un plaisir voire même une vraie torture jusqu’à ce que la solution soit trouvée.

Mais ce n’est pas tout.
En dehors des causes physiques, il y a d’autres mécanismes qui engendrent que l’allaitement n’est pas une partie de plaisir chez certaines femmes !

C’est peu connu et cela plonge celles qui le vivent dans un grand désarroi.
Le fait d’allaiter peut créer des malaises, des sensations d’oppression, des nausées, une profonde tristesse et/ou une réelle aversion !

Plusieurs phénomènes sont responsables de cela.

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Le Réflexe d’Ejection Dysphorique :

Pour commencer, je vais aborder le Réflexe d’Ejection Dysphorique.

Il s’agit d’un phénomène qui se produit juste avant le réflexe d’éjection du lait (donc lors des premières succions du bébé lors d’une tétée).
Il ne s’agit donc pas d’une aversion à l’allaitement mais bien d’une réaction physiologique à l’éjection du lait.

Cette différence est notable afin de ne pas faire croire aux femmes que cette réaction veut dire que l’allaitement n’est pas pour elles.

Comment se caractérise le RED ?

Les sensations souvent rapportées sont un sentiment d’angoisse et de dépression, de partir et des nausées. Il peut également y avoir des pensées suicidaires, de la panique, une agitation, un sentiment d’être attaquée, ressentir de l’agressivité et des sensations d’emprise.
Selon les informations données par La Leche League https://www.lllfrance.org/1702-le-reflexe-dejection-dysphorique : « Certaines femmes ressentent la même dysphorie dans un contexte sexuel : lors d’une enquête auprès de femmes ayant fait état d’un RED, 11 % disaient avoir le même type de vécu émotionnel en cas de stimulation des mamelons dans un cadre sexuel. »

Habituellement, les sensations s’estompent après 30s à 2 minutes… Mais elles peuvent revenir si plusieurs réflexes d’éjection surviennent lors d’une même tétée.

Mais POURQUOI ?

Il semble que ce soit une réaction aux phénomènes hormonaux qui se produisent pendant une tétée.

Pour citer à nouveau la LLL : « Les données actuelles permettent de penser qu’il s’agit d’une réaction hormonale.
Pour certains, ce serait en rapport avec la sécrétion de dopamine. Au moment du réflexe d’éjection, il y a une augmentation rapide du taux d’ocytocine, et le taux de dopamine chute. La dopamine inhibe la prolactine, et la baisse de son taux favorise l’augmentation du taux de prolactine. La plupart du temps, cela ne pose aucun problème, mais chez certaines mères, il semble que la chute du taux de dopamine soit anormale, et que cela induise de façon réflexe les réactions émotionnelles négatives.
Pour d’autres, chez les femmes qui présentent un RED, les voies de l’ocytocine seraient mal « câblées », et la sécrétion d’ocytocine concomitante au réflexe d’éjection déclencherait, comme dans le syndrome de stress post-traumatique, une réponse combat-fuite, au lieu de la réponse positive qui se produit normalement. Il faudrait donc aider le système hormonal de la mère à réassocier le réflexe d’éjection à des sensations positives et le dissocier de la réponse au stress. Voir Kerstin Uvnas-Moberg et Kathleen Kendall-Tackett, The Mystery of D-MER. What Can Hormonal Research Tell Us About Dysphoric Milk-Ejection Reflex ? »

Il semble important que les femmes qui vivent ce type de phénomène puissent savoir de quoi il s’agit et qu’elles ne sont pas « folles » de ressentir cela.
Il apparaît indispensable de les déculpabiliser sur les effets qu’aurait alors un « allaitement à contre-coeur » sur leur bébé.
Certaines femmes qui tiennent réellement à leur allaitement sont prêtes à aller au-delà des inconforts sévères et cela se cause aucun tort aux bébés !

Les femmes qui vivent un RED ne peuvent pas contrôler leurs pensées pendant les épisodes ni modérer les sensations.
Il est intéressant pour elles de se pencher sur leur hygiène de vie en tentant d’intervenir sur la suffisance du sommeil (difficile lors des premiers mois), sur l’équilibre alimentaire et le soutien reçu de l’entourage.

Des prises en charge médicales peuvent être envisagées (disponibles dans l’article de la LLL) mais il est nécessaire de se rappeler que les médicaments utilisées en santé mentale (anti-dépresseurs, notamment) ne sont pas efficaces ni souhaitables à prendre sans suivi psychothérapeutique !

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L’allaitement Aversion Agitation

Ce second phénomène est encore moins connu que le RED.

Ce que ça n’est pas :

– une aversion pour l’allaitement dans l’absolu :

– une aversion à cause d’abus antérieurs ;

– un rejet social de la pratique d’allaitement ;

– une volonté délibérée de donner des PCN.

Ce que c’est …

Les symptômes (source : https://www.breastfeedingaversion.com/what-is-it-french )
– Se sentir envahie (trop de contact physique) ;
· Ressentir de l’inconfort, de la douleur, des démangeaisons envahissantes pendant la
tétée ;
· Ressentir de la colère, de la rage quand bébé est au sein ;
· Se sentir désespérée et vouloir partir ;
· Vouloir sevrer, mais ne pas vouloir sevrer ;
· Ressentir de la honte, de la culpabilité à propos des sentiments décrits plus haut.

L’aversion peut avoir lieu une fois, ou à chaque tétée.
Elle peut apparaître dès les premiers jours ou survenir du jour au lendemain, quel que soit l’âge du bébé, bambin ou enfant.
Cette réaction étonne souvent celles qui vivaient jusqu’alors un allaitement globalement épanoui.
Il peut y avoir des situations où elles apparaît particulièrement : en cas de fatigue intense, la grossesse, le co-allaitement, la déshydratation, en comorbidité de la dépression post-partum, le manque de vitamines et minéraux, si la fréquence des tétées augmentent soudainement (douleurs dentaires/maladie), pendant l’ovulation, au retour des règles, …
Bref, des situations qui bousculent le corps et l’esprit.

Les femmes qui vivent de l’aversion et de l’agitation pendant l’allaitement se sentent souvent coupables de ressentir de telles émotions négatives vis-à-vis de leur enfant en train de téter mais aussi de vouloir interrompre la tétée absolument.

Comme les professionnel.le.s de santé ne sont pas formés, ce phénomène n’est pas mis en mots et la seule option proposée aux femmes est d’introduire des PCN (les laits infantiles).
Pourtant, comme pour le RED, les femmes qui vivent un AAA souhaitent souvent pouvoir être soutenues afin de poursuivre leur allaitement.

Peut-on réduire les émotions négatives lors de l’AAA ?

D’abord, il est indispensable de laisser aux femmes l’espace pour exprimer ce qu’elles ressentent et de valider le fait qu’elles ne sont pas seules à vivre ce phénomène.

Ensuite, il est intéressant de se pencher sur les différentes situations soulevées plus haut.
Par exemple, savoir que l’aversion a lieu à certains moments du cycle menstruel, ou en cas de grande fatigue, peut permettre de mieux supporter ces épisodes-là.

Il est donc aussi nécessaire de se reposer autant que possible afin de ne pas créer de dette de sommeil qui peut renforcer les aversions.

Un autre élément est la qualité de l’alimentation et l’apport suffisant en vitamine D et B12. Il semble que cela aide à réduire l’intensité de l’aversion.

La prise du sein (et donc les gênes occasionnées) peuvent être la source d’une aversion progressive. Il est nécessaire de préciser que la prise du sein concerne tous les âges et que même si elle est correcte par le nourrisson, elle peut se détériorer quand en devenant bambin.

Il faut bien vérifier l’ouverture de la bouche, le retroussement des lèvres et la position de l’enfant lors des tétées (celles plus acrobatiques sont moins plaisantes!).

Selon https://www.breastfeedingaversion.com une autre astuce pour diminuer le sentiment d’aversion est une distraction cognitive. Allaiter en étant entourée et en discussion, tenir un glaçon dans sa main, mettre de la musique, … Tout ce qui permet à votre cerveau de ne pas être totalement disponible pour l’aspect émotionnel durant la tétée.

En citant cet article https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/2076-reflexe-d-ejection-dysphorique-3-cas de la LLL« Il existe peu de données sur les sentiments d’aversion à l’allaitement dans la littérature médicale. Ce phénomène diffère du réflexe d’éjection dysphorique (RED – qui est ressenti exclusivement pendant le réflexe d’éjection) par l’absence de mécanisme physiologique clair, mais comme le RED il se signale par des sentiments négatifs intenses pendant les tétées. Ce phénomène semble plutôt en rapport avec des mécanismes psychologiques et/ou émotionnels ».
Conclusion :

Le principale problème des dyphories liées à l’allaitement est qu’elles ont cours tout au long de la journée, au rythme des tétées.
Il peut alors survenir une appréhension vis-à-vis des tétées et une sentiment de mal-être diffus puisque des pensées noires, notamment sur le sentiment d’auto-efficacité en tant que mère.
Pour autant, il ne faut les confondre avec des dépressions post-partum !
Dans certains cas, les femmes ne parviennent pas à poursuivre l’allaitement tellement les émotions négatives et les sensations prennent le pas sur la volonté de donner du lait maternel. Or, dans le RED, le tire-allaitement ne permet pas de réduire les sensations négatives…
Il est alors nécessaire d’accompagner sans jugement les femmes qui vivent ces phénomènes !

Les femmes qui vivent des dysphories inhérentes aux faits de l’allaitement se sentent souvent en décalage avec les autres femmes allaitantes car elles ne partagent pas leurs ressentis d’épanouissement.
Il est réellement indispensable de soutenir l’envie d’allaiter et de les déculpabiliser sur les hypothétiques effets d’un allaitement « à contre-coeur »Il est nécessaire d’encourager les femmes à faire leur propre choix sur la poursuite ou non de l’allaitement tant en cas de RED que pour l’AAA.
Les sentiments de mal-être peuvent être si intenses qu’ils questionnent le désir d’allaiter…

Alors, pour être claire : NON, on n’allaite pas pour son bon plaisir dans toutes les circonstances.
La principale raison d’allaiter est de fournir le meilleur aliment pour son enfant.
Oui, heureusement que les femmes allaitantes apprécient allaiter, c’est d’ailleurs nécessaire à la survie d’une espèce. Il n’y a d’ailleurs rien à voir entre le plaisir d’allaiter et un quelconque autre plaisir charnel.
Seul.e.s les ignorant.e.s prétendent l’inverse : aucun lien incestuel, aucun rapprochement avec un désir malsain, il y a juste la volonté de vivre en fonction de ses valeurs (et de ses moyens) !

Pour l’allaitement, comme les autres sujets de la parentalité, tout n’est pas que plaisir et volupté. Tu as le droit de parler de ce qui est difficile, même si tu aimes être maman/papa !

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Sources :

– site de référence concernant le RED (appelé D-MER en anglais) : https://d-mer.org/

– site de référence concernant le AAA (BAA en anglais) : https://www.breastfeedingaversion.com/

Maternage proximal·Préparer la naissance

Le non-séparatisme : pilier du maternage ou extrémisme ?

Si je te disais que ma fille de 27 mois n’a pas été séparée de moi plus de 2h consécutives ?
Si je te dis que tous les jours depuis sa naissance, la seule manière qu’elle fasse une sieste en respectant son rythme est qu’elle dorme en portage?
Si je te dis que je n’ai jamais eu besoin ou envie de me séparer d’elle ?

Quel ressenti as-tu?
Trouves-tu que j’ai de la chance de rester avec ma toute petite ou estimes-tu cela contraignant?

A n’en point douter, je n’aurais jamais imaginer vivre cela quand j’étais enceinte et même durant ses premiers mois.

Dès le départ, portage, allaitement à la demande et cododo furent une évidence et remplirent ses besoins (et les miens).

👉De son côté, elle avait besoin d’une proximité intense, se réveillait si je la déposais,…
👇Du mien, j’avais besoin de cette proximité pour assurer ce continuum de l’être qui avait grandi en moi.
Mais pas seulement, maman solo, j’avais mon quotidien à assurer, mes douches à prendre, des lessives (beaucoup !)… et sortir pour prendre l’air.
Le portage m’a permis de tout faire, ma fille s’éveillant et s’endormant à sa guise.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à écrire sur mon site et que j’ai crée cette page.
J’avais besoin de me sentir utile socialement.

Si j’avais prévu 5 mois de présence auprès de ma fille (congé mat + congés légaux cumulés + sans solde de quelques semaines), je n’avais pas prévu les angoisses qui me saisirent lorsque que j’envisageais de laisser à quelqu’un ma toute petite.
J’avais fait une sélection énorme, payer des acomptes de réservations, ….
Pour finalement demander d’allonger mon congé sans solde.
Comment? En ayant économiser le maximum depuis ma grossesse et décidant de vider mes comptes pour profiter d’elle 3 mois de plus… et me faire à l’idée de retourner travailler.

Problème n°1: ce boulot m’avait mise sur les rotules et je ne partageais aucune valeur avec mon entreprise.
Problème n°2: je trouvais insensé de retourner gagner de l’argent pour payer une tierce personne afin de garder ma fille.
Problème n°3: comment accompagner ma fille dans son développement authentique et sans barrière d’obligation de façade si moi, je lui imposais un rythme qui n’était pas le sien et une mère fatiguée et triste.

Le dessin s’est effectué dans ma tête. Il me fallait encore du temps.
Nombreux pro auraient pu me dire que ma volonté de non-séparation était pathologique.
Des amies m’ont soufflé que le temps ne changerait rien et que je devrais m’y faire. Les premières semaines seraient dures et cela deviendrait de plus en plus simple.
D’autres connaissances m’ont confronté dans l’inverse… Elles aussi étaient restées sans travailler pendant 1, 2, 3 ans.
Je me suis demandée comment mon féminisme pouvait comprendre ce retour à l’inactivité professionnelle.
La réponse fut simple : c’est un choix. Un vrai choix de ma part et non guidé par une morale culturelle.
Et avant que je ne doive reprendre le travail… le destin s’est chargé de la décision pour moi: une fracture au pied.

Me voilà donc, en arrêt de travail, à m’occuper d’un bébé de 8 mois sur un pied (et une orthèse).
D’une solitude consentie, j’expérimente un isolement subi.
Impossibilité de conduire, de voir du monde, de sortir de chez moi, ou presque. Lorsque l’on habite loin de ses proches, la moindre tuile devient un cataclysme.
J’ai eu la chance d’avoir une fille merveilleuse, qui se contentait de jeux en intérieur des heures durant.
Les journées se ressemblent toutes et la question de la séparation avec ma fille ne se pose plus: la guérison peut prendre plus de 6 mois (spoiler: cela fait plus de 18 mois et ma motricité est encore impactée…).
Mon isolement m’a néanmoins aidé à choisir une autre voie: partir et changer de vie.
Me rapprocher de ma famille me semble évident afin de ne plus subir (et faire subir à ma fille) une telle situation.
En outre, je voulais que ma fille puisse développer des liens étroits avec sa famille dans son ensemble. Je souhaitais aussi pouvoir solliciter de l’aide et du soutien dans mes ambitions entrepreneuriales qui se sont développées…

18 mois sont passées et j’ai appris à lâcher-prise.
J’ai décidé de ne plus m’intéresser dans le fait de savoir si ma fille s’endormirait un jour sans être portée en journée.
J’ai décidé que mes choix d’accompagnement n’avaient pas à être questionnés pour des us sociaux.
Bien sûr, j’ai de la chance de partager mon quotidien avec des personnes qui sont dans une acceptation sans faille de mes choix. C’est incroyablement rare que ce soit le cas en intergénérationnel. D’ailleurs, si tu as des difficultés avec tes proches, je t’invite à lire l’article : « comment faire pour que mes proches acceptent mes choix? »

Aujourd’hui, j’ai décidé que tant que ce n’était pas indispensable ou voulu par ma fille: elle n’avait pas à être séparée de moi (c’est comme ça qu’elle m’a accompagnée lors de mon TEDx concernant le portage).
Cela veut dire que j’ai la chance (encore) qu’elle soit gardée par sa grand-mère quand c’est nécessaire et j’ai une absolue confiance dans ces moments-là.
Au quotidien, ma fille est très en demande de partager des moments avec sa grand-mère, elle est très sociable avec les adultes (plus réticente des comportements plus imprévisibles des enfants), se développe sans aucune contrainte.

Est-ce pathologique que j’ai refusé les séparations avec elle jusque-là ?
Non. C’était ce que mes tripes me dictaient. Il y a une transmission transgénérationnelle du fait de ne pas avoir confiance dans les structures collectives, j’en suis conscience.
Je me suis énormément interrogée sur l’impact de mes choix… et j’ai agi de manière éclairée.

Est-ce infantiliser ou de bloquer l’autonomie de ma fille que d’agir de la sorte ?
Au quotidien, il est aisé de constater que ce n’est pas le cas.
Ma fille a son tempérament et je ne peux pas savoir ce qu’il aurait été en ayant été séparée de moi très tôt, comme c’était prévu.
Ce que je sais, c’est que je n’aurais pas vécu ce que je voulais vivre en tant que mère.
Les séparations en-deça d’un an sont considérées comme précoces (voir le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux »).

Pour la suite, je n’ai peur de rien.
L’allaitement à la demande évolue et ne peut être comparé entre un bambin et un nouveau-né.
Le cododo est toujours salvateur, surtout quand on a un.e bambine qui ne fait pas nos nuits (je te propose d’ailleurs de lire l’article sur le cododo pour avoir toutes les informations nécessaires).
Il y a plusieurs mois, je rédigeais d’ailleurs cet article « Maternage, oui ! Mais jusqu’à quand?« .
J’ai de moult projets, dont professionnels, qui pourront se réaliser lorsque je pourrais m’absenter une nuit et partir des journées entières.
En cela, oui, l’allaitement exclusivement à la source a un impact sur la manière d’accompagner mon type de maternage.

Par cette longue storytelling, je t’explique comment j’en suis arrivée à pratiquer le non-séparatisme dans mon type de maternage proximal.
Aujourd’hui, je revendique un non-séparatisme socialement accepté afin qu’on ait le droit (et non l’obligation) de pouvoir garder ses enfants autant qu’on le souhaite et que l’environnement soit childfriendly. Tu veux en savoir plus ? Inscris-toi au magazine Grandir Autrement ou attend le n°82 qui sortira en mai. ;-p
L’idée n’est pas de promouvoir MON fonctionnement, mais de te transmettre que c’est possible et TU es la seule personne à savoir ce dont VOUS avez besoin ton bébé et toi.
Il y a autant de manière de materner que de famille.
Nous avons tou.te.s une résilience qui nous est propre.
Nous avons tou.te.s une histoire et des bagages émotionnels.
Cela impacte notre fonctionnement, notre tempérament, notre seuil de tolérance.
S’il y a des choses qui te font souffrir, une prise en charge psychologique est possible !

J’espère que cet article aura été attrayant !

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

La liste de livres bienveillants pour préparer ta wishlist!

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En cette approche des fêtes de fin d’année, je me suis dit qu’il serait opportun d’anticiper et te donner des titres qui pourront compléter ta wishlist de fin d’année (Yes, on est pas obligé.e d’avoir toujours des surprises. On peut aussi demander ce qu’on veut!).

Alors je te propose une sélection de livre sur la parentalité et surtout le paradigme de l’accompagnement bienveillant des enfants (et de soi-même) !
Ensuite, dans un prochain, je continuerai par des livres pour enfants, dans une dynamique bienveillante voire utilisant la communication nonviolente.

Petit conseil si tu veux un livre réellement bienveillant : tu peux éviter les titres contenant les termes « obéir », « commander », « enfant-roi », « enfant-tyran », …
Tu peux aussi exclure les livres d’Anne Bacus et de Marcel Rufo, notamment. La notoriété ne fait pas tout ! 😉

Voici donc un florilège plutôt large de livres, dont je détaille le titre et reprend le résumé des éditeurs. Je suis sûre que tu y trouveras ton bonheur !

Quels auteurs sont répertoriés dans ce petit article ?

Catherine Gueguen, Claude Didierjean-Jouveau, Ingrid Bayot, Caroline Guillot, Michel Odent, Jean Liedloff, Isabelle Filiozat, Laurence Dudek, Carlos Gonzalez, Jesper Juul, Olivier Maurel, Thomas D’Ansembourg, Alfie Kohn, Alice Miller, Marshall Rosenberg, Rosa Jové, Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl et Lawrence J. Cohen.

Eh oui, rien que ça!
J’espère que la lecture des résumés de leurs ouvrages te permettra de savoir lequel parcourir en premier. 😉

  • les livres de Catherine Gueguen :
    • « Pour une enfance heureuse » : « Le Dr Catherine GUEGUEN est pédiatre à l’Institut hospitalier franc-britannique depuis vingt-sept ans. Spécialisée dans le soutien à la parentalité, elle anime aussi des groupes de travail pour les médecins, psychologues, éducateurs et sages-femmes. Les dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins de l’enfant. Elles démontrent qu’une relation empathique est décisive pour permettre au cerveau des enfants et des adolescents d’évoluer au mieux, en déployant pleinement ses capacités intellectuelles et affectives. Catherine Gueguen nous fait partager ces découvertes et propose des conseils éducatifs pour les parents et les professionnels. Un véritable plaidoyer en faveur d’une éducation bienveillante qui remet en cause nombre d’idées reçues. « Complet, accessible et agréable à lire. Une excellente lecture pour aider [son] enfant à grandir. »

      S’il est accessible, ce livre va précisément dans les notions de développement des structures cérébrales. En première intention, je suggère son deuxième livre sur le sujet :

    • « Vivre heureux avec son enfant » : Comment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S’il ne veut pas se coucher ? S’il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s’opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s’appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l’enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu’une relation empathique et bienveillante permet à l’enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles.
      Un plaidoyer pour une autre vision de l’éducation.

 

  • Les livres de Claude Didierjean-Jouveau :

Elle a une capacité d’écriture énorme et donc, une bibliograhie impressionnante : tous ses livres sont accessibles et tellement informatifs. Voici certains incontournables mais n’hésite pas à aller voir les autres sur son site : https://www.claude-didierjean-jouveau.fr/livres-allaitement-maternage-naissance-parentalite-avancee-en-age/

    • « Le cododo : pourquoi, comment » : Votre bébé rencontre des problèmes de sommeil et vous êtes vous-même épuisé(e) par ses réveils nocturnes ? Vous vous demandez quand il sera en mesure de faire ses nuits ? Et si vous adoptiez la pratique du sommeil partagé ?
      Celle-ci vous permettra de répondre aux besoins de votre enfant, tout en réduisant votre carence en sommeil.
      Notre culture, engendrant chez nombre de jeunes parents des attentes irréalistes, nous empêche parfois de voir le cœur du problème : le bébé a un besoin constant de présence et de chaleur humaine. Partager son sommeil permettra d’y répondre sans délai et sans fatigue pour toute la famille.
      Nourri de témoignages de parents, cet ouvrage aborde ainsi la réalité du sommeil des bébés, les bienfaits du cododo, son universalité, sans oublier les précautions à prendre.
    • « développer l’empathie chez les enfants » : En 2015, j’ai eu l’occasion de voir sur France 5 le documentaire de Valeria Lumbroso Entre toi et moi, l’empathie. Je l’ai trouvé tellement passionnant que j’ai eu envie d’approfondir le sujet.
      J’ai alors écrit plusieurs chroniques sur le sujet dans le magazine Grandir autrement, et me voilà à écrire un petit pratique dessus.
      Si, comme le pense le primatologue et éthologue Frans de Waal (il sera beaucoup question de lui dans cet ouvrage), l’empathie dérive de l’attention maternelle, il est logique que le sujet m’intéresse, car il est cohérent avec mes préoccupations habituelles autour du maternage, du parentage, des soins aux bébés, des relations parents/enfants. Sans empathie, rien de tout cela n’est possible !
      Qu’est-ce que l’empathie, sinon la capacité à ressentir ce que l’autre ressent tout en restant soi-même ? Cette capacité est-elle innée ou acquise ? Est-elle propre à l’être humain ou commune à tous les mammifères, voire à tout le vivant ? Comment peut-on la développer, notamment chez les enfants ? Peut-elle être détruite ? Comment faire en sorte qu’elle englobe plus que nos “proches” ?
      C’est à toutes ces questions que cherchait à répondre le documentaire, en interrogeant un certain nombre de chercheurs et en détaillant un certain nombre d’expériences.
      Et c’est à ces questions que je vais essayer de répondre ici, notamment en vous parlant de ces études et de ces expériences.
    • « l’allaitement de A à Z » : “Cet ouvrage est un véritable dictionnaire amoureux de l’allaitement. Sous forme d’abécédaire, il voyage de A comme… allaitement à Z comme zizanie, en passant par F comme féminisme, J comme jumeaux, S comme sexe, T comme tirer (son lait), etc.
      Mais ne vous attendez pas à compulser un manuel de plus sur les pourquoi et les comment, genre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’allaitement maternel en 26 questions !
      Point de guide pratique ou de lexique savant ici, plutôt une balade dans un domaine que Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau ne se lasse pas d’explorer, depuis le début des années 1980, y découvrant chaque jour de nouveaux sentiers et de nouvelles perspectives, souvent insolites.”
    • « Ne pleure plus bébé » :
      Les anthropologues et les voyageurs se sont toujours étonnés de ne pratiquement jamais entendre de pleurs de bébés chez les autochtones du Grand Nord, les Amérindiens, en Inde, à Bali… Ces peuples ont-ils un secret? Oui, et il tient en deux mots: maternage proximal. C’est-à-dire un ensemble de pratiques qui, en répondant aux besoins fondamentaux du bébé, lui évitent d’avoir à manifester par des pleurs le malaise que lui cause la non-satisfaction de ses besoins. Le livre que vous avez entre les mains se situe clairement dans la ligne de défense de ce maternage proximal. Non, les pleurs des bébés ne sont pas  » bons  » pour eux. Non, les bébés n’ont pas  » besoin  » de pleurer. Oui, la plupart des pleurs sont évitables si l’on répond aux besoins du bébé. Évitables ou consolables: s’il pleure quand même, on dispose de beaucoup de moyens simples pour l’apaiser et le consoler.
    • « Petit guide de l’allaitement pour la mère qui travaille » : L’allaitement maternel est bien le choix santé en matière d’alimentation infantile ! Et plus il dure, plus ses bienfaits sont grands. Malheureusement, on croit encore trop souvent que la reprise du travail empêche d’allaiter plus de quelques semaines et oblige à sevrer. En fait, il est tout à fait possible de poursuivre l’allaitement en travaillant. Ce livre, enrichi de nombreux témoignages de mères, détaille les différentes options possibles (et cumulables) ; continuer d’allaiter à la demande dès qu’on a l’enfant avec soi (matin, soir, nuit, jours de congé, vacances…), aller l’allaiter dans la journée, s’il est gardé non loin du lieu de travail, voire sur le lieu de travail (crèche d’entreprise), tirer son lait, pour qu’il lui soit donné par les personnes qui le gardent, si l’on souhaite qu’il continue de bénéficier d’un allaitement exclusif. Un large chapitre est consacré à cette dernière option : comment tirer son lait, où, quand, avec quoi, comment le conserver, etc.
  • Le livre d’Ingrid Bayot « Le quatrième trimestre de grossesse » : Les premières semaines de la nouvelle accouchée ne sont pas aussi enchantées qu’on le dit. Durant ce quatrième trimestre de la grossesse, la symbiose mère-enfant continue via les jeux hormonaux, l’adaptation du sommeil maternel, la sensibilité émotionnelle, la lactation (faire du lait) et l’allaitement (nourrir un bébé). D’autres chantiers biologiques et psychiques sont en cours. Ils constituent un cheminement vers un nouvel équilibre et non à un retour à l’état antérieur. La méconnaissance des différents aspects de cette « dégestation » empêche les femmes de prendre conscience de leurs besoins de les exprimer. La pression sociale pousse vers un retour rapide à ce qui est désigné comme « la normalité », à savoir la séduction et la productivité. Or, ces deux dynamiques sont aux antipodes des réalités de l’après-naissance. Cet ouvrage décrit tout ce que traversent les femmes (mais aussi les hommes et les couples) dans ce quatrième trimestre de la grossesse, leurs nouveaux besoins, et notre nécessité de réinventer l’accompagnement de ce temps si singulier, qui, parfois vécu dans une relative solitude, peut révéler des fragilités personnelles préexistantes.

    A lire à tout moment de la vie… Mais si tu peux l’offrir à une future mère, ça l’aidera !

 

  • Un des livres de Margot Sunderland intitulé: « La science de l’enfant heureux. Épanouir son enfant grâce aux découvertes sur le cerveau« :Comment réagir devant un enfant triste ou paniqué ? Comment gérer les premières séparations ou l arrivée d une petite s ur ? Quelle méthode choisir pour le coucher ? Quels jeux favoriser ? Comment fixer des limites ? Mais aussi : comment assurer son propre bien-être, condition indispensable à celui de l enfant ?

    Avec cet ouvrage, Margot Sunderland a une ambition : mettre les neurosciences au service de l éducation ! Nous savons aujourd hui que nos choix parentaux modèlent le cerveau de notre enfant. En plaçant à la portée de tous les dernières avancées scientifiques, elle nous off re les clés pour mieux comprendre son enfant, la manière dont il se développe, et lui donner toutes les chances de grandir en s ouvrant au monde.

    Afin de permettre à chaque parent de faire des choix avertis, ce livre examine les différents comportements qui posent des difficultés et évalue les méthodes éducatives les mieux éprouvées, choisies pour leur action bénéfique reconnue sur le développement de l intelligence sociale et affective. Il constitue ainsi un guide précieux, une véritable boîte à outils pour aider les parents à accompagner leur enfant sur la voie de l épanouissement.

  • Un format plus léger mais pourtant fondamental : pour les femmes allaitantes et celles qui sont enceintes, un cadeau de Noël idéal : « Le manuel très illustré de l’allaitement » de Caroline Guillot : Si 2/3 des femmes allaitent pendant le premier mois, elles ne sont plus qu’1/3 passé ce délai. Trop dur, trop mal, trop de doutes… la pression et l’angoisse les font souvent abandonner. Pourtant, beaucoup avouent « qu’elles auraient continué si on leur avait expliqué les choses différemment ». C’est ce que fait ce manuel, qui regroupe et détaille avec autant de sérieux que d’humour un maximum d’informations et propose, via ses illustrations et son ton, une approche différente de l’allaitement. Culture, histoire, fiches pratiques, conseils appliqués, extraits de vie… la tétée n’aura bientôt plus de secret pour vous ! Pour assurer l’exactitude de ses conseils, le manuel a été relu et validé par des professionnels de l’allaitement maternel. Car on ne rigole pas avec la tétée !

 

  • Les livres de Michel Odent, dont « Le bébé est un mammifère » : Le Bébe est un mammifère est le livre fondateur de Michel Odent. Paru trop tôt, incompris, cet ouvrage vit depuis quelques années une renaissance dans les pays anglophones et hispanophones. Michel Odent nous conduit vers ce qu il appelle poétiquement « la révolution colostrale » : cette révolution où le libre accès du nouveau-né au colostrum de sa mère signe l aboutissement d une naissance libre et pleinement vécue. Michel Odent nous propose un monde nouveau, un monde où les relations humaines sont transfigurées par la façon dont nous accueillons l enfant qui nait, un monde où la science intelligente l emporte enfin sur une technicité aussi absurde que criminelle.

 

  • L’indétrônable ouvrage de Jean Liedloff : « Le concept du continuum – la recherche du bonheur perdu » : Un livre dont on parle depuis plus de 15 ans, enfin disponible en français ! Une manière révolutionnaire d’élever nos enfants… naturellement. Au plus profond de la jungle du Venezuela, Jean Liedloff fait la rencontre d’une tribu d’indiens vivants encore à l’âge de la pierre. Fascinée par le bonheur reflété par ces indiens « primitifs », elle passera deux ans et demi avec eux pour comprendre la cause de leur vie si heureuse et harmonieuse. Cette expérience ébranlera totalement ses convictions occidentales et l’amènera à un point de vue radicalement différent sur la nature humaine et l’éducation dictée par nos sociétés « civilisées ». Le concept du continuum nous montre comment nous avons perdu notre bien-être naturel en laissant l’intellect prendre le pas sur notre instinct. Il nous montre également comment retrouver cette harmonie pour nous-mêmes et nos enfants. Une véritable prise de conscience pour tous les acteurs de notre société ! Un livre absolument indispensable à tous les parents ou futurs parents !
  • Les livres d’Isabelle Filiozat, elle aussi très productive, tant en littérature qu’en cahier destiné aux enfants (que je renseignerai dans la partie de l’article dédiée aux enfants). L’avantage d’Isabelle Filiozat est qu’elle construit des livres qui se lisent comme des romans (avec la même fluidité). Ils sont orientés vers les parents ayant des enfants d’un âge déterminé. Cela lui permet d’expliquer précisément ce qui se passe dans l’esprit de l’enfant en fonction de son âge. Je propose ici les plus connus mais voici sa bibliographie complète : http://www.filliozat.net/bibliographie/
    • « Il n’y a pas de parents parfaits » : Pourquoi tant de passions se déchaînent lorsqu’il est question d’éducation ? Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu’amour et tendresse. Ce n’est pas si simple. L’objet de cette passionnante enquête d’Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie. Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver… Afin de retrouver la liberté d’être le parent que nous désirons être.
    • « J’ai tout essayé » : Opposition, pleurs et crise de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans. Les parents ont tendance à interpréter les comportements excessifs ou énervants des enfants comme des manifestations d’opposition, de mauvaise volonté, d’insolence. D’autres se culpabilisent et cherchent le traumatisme. Et s’il y avait d’autres causes ? Les récentes découvertes de la neurophysiologie et de la psychologie expérimentale éclairent d’un jour nouveau ces comportements exaspérants.Dans cet ouvrage :  Des dessins qui parlent à tous, Des éclairages scientifiques pour mieux comprendre et des directions nouvelles pour agir concrètement selon son âge.
    • « Il me cherche » : Manque de concentration, agitation, manque de confiance, crise, difficultés pendant les repas ou comportement violent à l’école : et s’il y avait des raisons autres que le manque de limites ?Méconnaître le rythme de développement de l’enfant est source de nombreux conflits, cris et punitions, et il n’est pas simple de fixer la frontière entre le trop et le trop peu de contrôle parental. Mais, non ! tout n’est pas encore joué ! Et le parent peut faire beaucoup pour nourrir la confiance de son enfant.Isabelle Filliozat propose la même approche efficace que dans « J’ai tout essayé », fondée sur les neurosciences, pour vivre avec un enfant de 6 à 11 ans.
    • « Au cœur des émotions de l’enfant » : Un livre-ressource pour aller vers davantage d’harmonie familiale. Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante.Ce livre très concret tire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer ses sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale.
    • « un zeste de conscience en cuisine » : Quand la préparation d’un repas devient une aventure intérieure. Les Français ont fait de la cuisine un de leur loisir préféré, mais aussi un mode d’expression.
      C’est à la fois avec son regard de femme, de mère et de psy qu’elle nous explique comment cet espace de transformation des aliments qu’est la cuisine peut également devenir un espace de transformation de soi :
      – La cuisine, lieu d’échange et de partage (émotions, repas de fête, intimité, traditions, religions…)
      – La cuisine, lieu de transmission (recettes, savoir-faire, secrets…)
      – La cuisine, espace de développement personnel (exercices de respiration, méditation, confiance en soi…).
      Au gré des pages, le lecteur trouvera des réponses à ses questions (pourquoi je n’aime pas cuisiner ? qu’est-ce que je mange ?…), une foule d’informations (pourquoi les allergies explosent-elles ? y a-t-il un régime idéal ?…), ainsi que différents conseils et exercices pratiques. Sans oublier, bien sûr, de nombreuses recettes aussi savoureuses qu’inattendues !
    • « On ne se comprend plus ! » : Traverser sans dommage la période des portes qui claquent entre douze et dix-sept ans. Tous les ados ne se ressemblent pas. Certains vivent cette période repliés dans leur chambre, d’autres ne cessent de sortir. Certains passent leur temps affalés sur le canapé, d’autres s’investissent dans le sport jusqu’à se mettre en danger. Certains perdent tout intérêt pour les études, d’autres sont toujours premiers, certains ont le joint aux lèvres dès le lever, d’autres n’y toucheraient pour rien au monde et d’autres encore oscillent entre les deux extrêmes.
      Il reste que certains traits se dégagent et que tous traversent une période complexe. Crise  ? Oui, en quelque sorte. L’adolescent traverse une crise, une transformation. L’adolescence inquiète, parce que les risques sont effectivement là. Alcool, sexe, drogue, vitesse sur la route, décrochage scolaire, troubles du comportement alimentaire… Et pour traverser cette période, les ados ont besoin de leurs parents. À leurs côtés et non en face d’eux.
      Conçu comme les précédents (par tranche d’âge  : 11-12 ans, 13 ans puis 14, 15 et 16 ans),
      On ne se comprend plus explore la psychologie des adolescents, ainsi que certaines composantes biologiques et physiologiques, et aide ainsi à poser un regard nouveau sur les motivations de leurs comportements – souvent inconnues des parents autant que des ados.
  • Les livres de Laurence Dudek, dont:
    • « Parents bienveillants, enfants éveillés » : Aujourd’hui, de nombreux parents se sentent démunis face aux comportements de leur enfant et se demandent comment l’éduquer de manière bienveillante et sécurisante. Car vouloir conditionner les enfants, en leur donnant des ordres, en leur faisant des reproches, en les culpabilisant ou en leur demandant « pourquoi » ils ne font pas ce qu’on voudrait qu’ils fassent génère souvent des conflits, parfois de la violence… Pour autant, on ne peut pas « tout laisser faire » sans intervenir : un vrai casse-tête !

      L’Éducation Efficace est une méthode éducative d’excellence qui permet aux adultes de concilier leur désir de « bien éduquer » et la bienveillance nécessaire au bien-être et à la singularité de l’enfant, sans renoncer ni à l’un ni à l’autre, tout en tenant compte du contexte personnel et familial qui est le leur.

      Dix concepts clés d’une méthode facile d’accès et illustrée par l’exemple, à mettre en pratique immédiatement pour une éducation sans violence. Parent, enseignant, éducateur, soignant, chacun d’entre nous peut accompagner l’enfant dans l’amélioration de son adaptation tout en respectant ses besoins.

    • « Petites histoires magiques pour guérir les soucis du quotidien » ; Les 16 contes métaphoriques (ou contes thérapeutiques) de cet ouvrage, sont des histoires bienveillantes, douces et poétiques à lire à votre enfant pour l’aider à dépasser ses petits soucis du quotidien. Il s’agit d’une véritable trousse à pharmacie, reposant sur les principes de la thérapie ericksonienne pour procurer un apaisement, un bien-être et renforcer le lien parent-enfant.

      Chaque conte est écrit et se lit selon un protocole efficace et pratique  :
      – Un éclairage pour le parent (les sens cachés de l’histoire)
      – Une mise en condition pour l’enfant
      – L’histoire à lire
      – Un texte de retour à un état de conscience ordinaire
      – Des pistes d’échanges pour prolonger ce moment de douceur

      Goûtez aux délices de la magie des mots qui soignent et cultivez l’imaginaire de votre enfant  !

  • Les Livres de Carlos Gonzalez (pédiatre espagnol, fondateur et président de SAPTA (association catalane pour l’allaitement maternel) :
    • « Serre-moi fort ! » : Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Selon les époques, les arguments, religieux, moraux, sociaux, psychologiques ou même politiques, varient, mais une constante demeure : l’éducation doit viser à contraindre l’enfant à renoncer à ses inclinations naturelles, nécessairement mauvaises, et à se soumettre à la volonté de l’adulte. Car nos enfants sont, semble-t-il, nos ennemis. Ils s’opposent à nous sans raison, multiplient les caprices, cherchent à n’en faire qu’à leur tête, à nous dominer, à nous écraser. Il convient donc d’extirper le mal à la racine, en usant au besoin de méthodes d’une violence que l’on n’admettrait jamais vis-à-vis d’adultes, faute de quoi ces tyrans en herbe deviendront incontrôlables. « Pour leur bien », on doit leur imposer des limites et des règles strictes, leur apprendre à dormir seuls, à manger à heures fi xes ce qu’on leur présente, à être propres, à accepter la frustration et la séparation d’avec leur mère, à partager, à ne pas couper la parole aux adultes, à obéir sans rechigner… Et tout cela sans pleurer, s’il vous plaît. Carlos Gonzalez part d’un présupposé radicalement différent. SERRE-MOI FORT est un livre écrit résolument en défense des enfants, mais aussi des parents, car l’affrontement permanent est source de souffrances inutiles pour tous. Cet ouvrage très documenté nous explique pourquoi les enfants sont comme ils sont et font ce qu’ils font, et comment dormir avec eux, leur donner le sein, leur offrir sans réserve câlins, contact et attention font plus que toutes les règles et toutes les punitions réunies. SERRE-MOI FORT nous propose de renoncer enfi n à la violence et au mépris pour élever nos enfants dans la bienveillance, la confi ance, le respect et la tendresse, et leur prodiguer un amour aussi inconditionnel que celui qu’ils nous vouent d’instinct.
    • « Mon enfant ne mange pas ! » : Les parents de partout à travers le monde se demandent si leur bébé ou leur bambin mange assez. Carlos González, un pédiatre et un père, explore les raisons qui poussent un enfant à ne pas manger, les pièges des courbes de croissance et les impacts de la croissance sur les besoins caloriques. Il explique comment les troubles alimentaires commencent et comment les éviter. Mon enfant ne mange pas comprend aussi des témoignages de mères qui ont eu des moment d’angoisse et de tourmentes à essayer de faire manger leur enfant.

 

  • Les livre de Jesper Juul, dont je donne certains titres mais que tu peux trouver ici : http://www.familylab.fr/mediatheque/livres/
    • « La vie en famille – Renouveler les valeurs fondamentales du vivre-ensemble » : Confrontés en tant que parent au vide laissé par le rejet de l’autoritarisme comme des violences physiques et psychologiques envers les enfants, nous nous sentons aujourd’hui souvent perdus. Nous jouons pourtant toujours un rôle essentiel pour les enfants puisque qu’eux, venus au monde sans expérience, ont besoin de notre leadership adulte. Comment développer alors cette autorité personnelle, nécessaire et constructive pour les enfants ? Comment transformer l’amour que nous éprouvons en gestes affectueux que nos proches ressentent aussi comme des marques d’affection, et cela sans perdre notre propre intégrité ?

Pour répondre à ces défis, Jesper Juul nous invite à nous appuyer sur quatre valeurs – équidignité, intégrité, authenticité et responsabilité. Transculturelles, ces valeurs forment ensemble un socle fondamental auquel nous référer pour établir des relations familiales durablement saines et constructives, une base permettant l’épanouissement social et mental aussi bien durant l’enfance qu’à l’âge adulte. Au travers de ce livre, aujourd’hui référence en Scandinavie et en Europe centrale, il pose ainsi les fondements d’un renouveau du vivre-ensemble et de l’éducation.

    • « Me voilà ! Qui es-tu ? – Sur la proximité, le respect et les limites entre adultes et enfants » :

Dans ce petit livre, Jesper Juul présente avec beaucoup de chaleur et d’humilité sa réflexion sur les relations entre adultes et enfants, et en particulier sur un aspect traditionnellement incontournable de l’éducation : poser des limites aux enfants.

Clairement, il invite les adultes à assumer la responsabilité de la qualité des relations qu’ils entretiennent avec les enfants, en étant à la fois attentifs aux limites personnelles de l’enfant comme à leurs propres limites et à exprimer celles-ci de la manière la plus claire et personnelle qui soit. C’est la condition nécessaire à l’établissement de relations fondées sur le respect et la réciprocité, où chacun participe et personne n’est blessé.

Il insiste sur l’importance d’écouter et de prendre au sérieux les enfants : un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents, il cesse de s’aimer lui-même…

  • Les livres d’Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire des Violences Éducatives Ordinaires, notamment :
    • « Oui, la nature humaine est bonne ! Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires » : Fessées, gifles, calottes, tapes ou bastonnades… Dans beaucoup de pays, les enquêtes les plus sérieuses montrent que plus de 80 % des enfants subissent encore des méthodes éducatives violentes.
      Or, si étonnant que cela puisse paraître, aucun grand philosophe n’a tenu compte dans sa réflexion sur la nature humaine des conséquences de ce dressage violent infligé depuis des millénaires à la majorité des êtres humains au moment où leur cerveau est en formation.
      Pire : dans les religions, dans les conceptions philosophiques, et aujourd’hui encore dans la psychanalyse, tout se passe comme si l’origine de la violence et de la cruauté humaines était dans la nature même des enfants. Pourtant, les recherches les plus récentes ont révélé chez lui des compétences – attachement, empathie, imitation – qui en font un être remarquablement doué pour la vie sociale.
      La source de la violence et de la cruauté humaines réside-t-elle dans la nature des enfants, c’est-à-dire dans notre nature, ou dans la méthode qu’on a utilisée de tous temps pour les élever ?
      C’est à cette question que répond Olivier Maurel, en s’appuyant sur les recherches d’Alice Miller et les plus récentes découvertes de la neurologie. Après la lecture de ce plaidoyer inédit, il sera difficile de continuer à appeler « éducation » le fait de frapper un enfant.
  • Les livres de Thomas D’Ansembourg, dont ceux-ci :
    • « La paix, ça s’apprend ! » : À la suite des attentats de Paris et Bruxelles, David Van Reybrouck, écrivain, anthropologue et archéologue, rencontre son ami Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, auteur d’ouvrages sur le développement personnel et formateur en communication non violente. Pour eux, le constat est clair : face au déferlement d’actes guerriers et barbares, appeler la paix de ses vœux ne suffit pas, il faut la préparer, la construire à l’intérieur de nous-mêmes et dans nos structures sociales
    • « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! » : Nous avons pris l’habitude de dissimuler ce qui se passe en nous afin d’acheter la reconnaissance, l’intégration ou un confort apparent plutôt que de nous exprimer tels que nous sommes. Nous avons appris à nous couper de nous-même pour être avec les autres. La violence au quotidien s’enclenche par cette coupure : la non-écoute de soi mène tôt ou tard au non-respect de l’autre. Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est un seau d’eau lancé pour nous réveiller de notre inconscience. Il y a urgence à être d’avantage conscients de notre manière de penser et d’agir.

      Le message de Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est plus actuel que jamais. Pour rendre son propos encore plus accessible, l’auteur a choisi de revoir son texte et de l’agrémenter d’illustrations humoristiques. Condensée, simplifiée et plus légère, cette nouvelle édition constitue le premier pas capital pour quiconque cherche à se libérer de ses habitudes néfastes et à s’ouvrir aux concepts de la communication non-violente.

Thomas d’Ansembourg est psychothérapeute et formateur en relations humaines. Depuis 1994, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) selon le processus de Marshall Rosenberg.

  • Les livres d’Alfie Kohn, dont particulièrement :
    • « Aimer nos enfants inconditionnellement » : Beaucoup de guides pratiques à l’usage des parents posent comme objectif implicite : « Comment obtenir l’obéissance des enfants ? » Et proposent différentes techniques pour contrôler les enfants.
      Ce livre n’est pas une énième méthode ! Alfie Kohn préfère poser la question suivante : « Quels sont les besoins des enfants et comment résoudre les conflits ? »
      Il s’agit de faire avec les enfants plutôt que de faire faire aux enfants.
      Un besoin fondamental des enfants est l’amour inconditionnel. C’est ainsi qu’ils sont assurés d’être aimés et acceptés quoi qu’ils fassent. Hélas, les approches conventionnelles des punitions, récompenses et toute forme de contrôle, transmettent aux enfants qu’ils sont aimés uniquement lorsqu’ils nous obéissent ou lorsqu’ils nous impressionnent. Sois aimable ! Autrement dit, fais en sorte de mériter notre amour !
      L’auteur cite de nombreuses recherches qui montrent la nocivité de toutes ces méthodes. Ce livre nous emmène dans une profonde réflexion sur nos pensées, nos sentiments et nos actes envers nos enfants. Enfin, il invite tous les parents à réfléchir, à se reconnecter avec leur instinct premier, naturellement bon, pour devenir de meilleurs parents.
    • « Le mythe de l’enfant gâté » : Nombres d’idées reçues sont véhiculée sur les enfants, sur ce qu’ils sont et comment on devrait les élever. D’une façon ou d’une autre, ces croyances sont devenues une opinion communément admise de notre société. On accuse les parents d’être tout à la fois laxistes et trop protecteurs, incapables de poser des limites et effrayés par l’idée que leurs enfants puissent échouer. On dit des jeunes qu’ils sont narcissiques, qu’ils se croient tout permis entre autres descriptions peu flatteuses. Dans Le mythe de l’enfant gâté, Alfie Kohn démonte méthodiquement ces croyances ; il ne se contente pas de remettre en cause les affirmations factuellement erronées, il dévoile aussi l’idéologie dérangeante sous-jacente. De récentes recherches révèlent que la parentalité hélicoptère est plutôt rare, et que lorsqu elle existe, elle fait étonnamment plus de bien que de mal. Kohn fait valoir que la plus grande menace qui pèse sur le développement d’un enfant, c est un style parental trop contrôlant, et non trop indulgent. Sur le même ton vivant et anticonformiste que dans son précédent livre traduit en français Aimer nos enfants inconditionnellement, Kohn s’appuie sur un grand nombre de données scientifiques et sociologiques – tout autant que sur l’humour et la logique – pour questionner les affirmations qui surgissent dans la presse grand public américaine avec une régularité de métronome : les jeunes ont la grosse tête ; ils reçoivent des récompenses, des compliments et des bonnes notes beaucoup trop facilement ; davantage d’autodiscipline ne leur ferait pas de mal, et il faudrait qu ils en bavent un peu plus. Ces croyances conservatrices sont souvent acceptées sans broncher, y compris par des gens dont les opinions politiques sont plutôt progressistes. Dans la culture française, quoiqu’un peu différente de la culture américaine, on entend de similaires antiennes : « on n’a rien sans rien », « on n’a que ce qu’on mérite », « si tu crois que ça va te tomber tout cuit dans le bec », « dans la vie, il faut toujours un perdant », bref, cette idée qu’il ne faudrait pas que la vie des enfants soit trop facile est tout aussi prégnante et délétère. Repli sur soi et peur de l’autre, accroissement vertigineux des inégalités, changement climatique et autres bouleversements sociétaux : ce livre tombe à pic, car il est grand temps de changer notre regard sur les jeunes si on veut qu’ils deviennent des adultes capables de relever les énormes défis qui les attendent.
  • Ce livre phare d’Alice Miller:
    • « C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant » : La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ? Alice Miller dénonce les méfaits de l’éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l’origine de la pire violence, celle que l’on s’inflige à soi-même ou celle que l’on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l’âme enfantine. Cette «pédagogie noire», selon l’expression de l’auteur, est illustrée par des textes des XVIIIe et XIXe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d’enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d’un jeune infanticide allemand et enfin celle d’Adolf Hitler, que l’on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.
  • Les livres de Marshall Rosenberg
    • « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » :

      Sous une nouvelle couverture, enrichie d’un important chapitre sur la médiation et la résolution des conflits, voici la troisième édition de l’ouvrage phare de la Communication NonViolente, traduit dans plus de 30 langues et vendu à 170 000 exemplaires en France.
      Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre permet d’améliorer radicalement et de rendre vraiment authentique notre relation aux autres.

      La plupart d’entre nous ont été élevés dans un esprit de compétition, imprégnés de préjugés et d’intolérance. Cette éducation nous conduit le plus souvent à une mauvaise compréhension des autres. Elle engendre au quotidien de la colère, des frustrations et des comportements agressifs.
      Une communication de qualité avec les autres est une des compétences les plus précieuses qui soit, dans sa vie personnelle comme au travail.
      Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant dans ses effets : la Communication NonViolente. Découvrez cette méthode accessible pour améliorer votre relation aux autres.

 

    • « Elever nos enfants avec bienveillance » : La Communication NonViolente (CNV) est un processus efficace qui permet de se relier aux autres et d’agir avec compassion. Également appelée communication empathique ou langage girafe, la CNV peut prévenir ou résoudre les conflits et invite à communiquer dans le but de satisfaire les besoins de chacun. Elle offre des outils concrets que l’on peut utiliser aisément dans les écoles ou, au sein de la famille, dans les relations personnelles.

      La CNV montre comment nous exprimer avec honnêteté et empathie, dans un langage du coeur qui encourage la bienveillance, afin d’éviter toute rancoeur et pour préserver l’estime de soi. Il s’agit d’assumer nos choix et d’utiliser des mots qui traduisent de la compassion plutôt que de la crainte, de la culpabilité ou de la honte.

  • « Dormir sans larme » de Rosa Jové : La pédopsychiatre décrit les étapes physiologiques de la maturation du sommeil chez l’enfant. Elle propose des conseils pour accompagner l’enfant dans son apprentissage et des solutions naturelles pour l’y aider.
  • « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ?  » Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl : Pourquoi les Danois sont-ils les plus heureux au monde, et comment font-ils, année après année, pour que leurs enfants soient également heureux, confiants, dynamiques ? Ce guide pratique et optimiste révèle les habitudes des familles les plus heureuses sur terre. À l’aide d’exemples limpides, il présente les six principes fondateurs de la parentalité danoise :
    – Le jeu est essentiel au développement et au bien-être des enfants.
    – L’authenticité favorise la confiance et permet aux enfants de se créer une boussole intérieure.
    – Le recadrage aide les enfants à surmonter les obstacles et à voir le côté positif de la vie.
    – L’empathie nous permet d’agir avec bienveillance envers les autres.
    – L’absence d’ultimatumévite les rapports de force ou le ressentiment.
    – Le cocooning est une façon de célébrer la famille, les occasions spéciales et le quotidien.
    Les Danois appellent ce dernier principe hygge. C’est une façon simple et efficace de tisser un lien étroit.
    Par son point de vue éclairant et nouveau sur l’éducation interculturelle, Les Recettes du bonheur danois aident les parents de tous horizons à élever des enfants plus heureux et plus adaptés au monde.

 

  • « Qui veut jouer avec moi ? Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants » de Lawrence J. Cohen :Vous ne savez pas comment faire pour obtenir de votre enfant ce que vous lui demandez ? Le Dr Lawrence Cohen vous propose une approche originale : le jeu !
    Il/elle est timide, réservé(e), a peu d’amis ? Là encore, jouer avec votre enfant peut l’aider à reconstruire sa confiance et assez d’aisance relationnelle pour aller ensuite vers les autres.
    Il/elle est agressif/ve, violent(e), s’enferme dans sa chambre ? L’auteur nous explique qu’il/elle exprime ainsi (paradoxalement) son besoin d’attachement. Et il nous raconte à l’aide d’une multitude d’exemples plus tendres et drôles les uns que les autres comment renouer avec votre progéniture.
    Lawrence Cohen fait preuve d’une merveilleuse compréhension de l’enfant et de ses besoins. Un livre qu’on déguste le sourire aux lèvres, tant les propositions sont justes et touchent le cœur. Après l’avoir lu, vous ne verrez plus vos enfants de la même façon.

Comment est-il possible d’avoir autant de livre sur ce sujet qu’est l’accompagnement des enfants ? Et pourquoi continuer à écrire dessus ?
Parce que TOI derrière ton écran, tu n’es pas la/le même que ton voisin. Tes propres filtres, ton fonctionnement, tes affinités sont spécifiques, et certains supports conviennent mieux à certains que d’autres !
La multiplicité des sources n’est jamais un problème : tous offrent des perspectives différentes et apportent un petit plus pour élaborer sa manière d’Être un humain qui est parent.
Le fait est que tous ces auteurs et autrices partagent le même paradigme bienveillant et nonviolent.
Un autre élément important est qu’aucun de ces livres ne t’apportera de recette magique. Ils ouvrent une fenêtre sur l’enfance et la parentalité.
Il est utile de se tenir éloigner de ces recettes miracles qui ne fonctionnent pour personne.:)

Et toi ? Quel(s) est ton livre de chevet en ce moment ? Et ton indispensable ? Lequel te fait envi ?
Dis-moi tout en commentaire.

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Le VRAI problème des parents d’enfants en bas âge

Il est fréquent qu’on entende parler du quatrième trimestre de grossesse, du « terrible two », du « fucking four », des cris et des coups que peuvent donner les petits, de leur sommeil perturbé, de leurs refus et leurs peurs qui semblent irrationnelles… D’ailleurs, tous ces permaliens sont des articles que j’ai écrit à ces divers sujets.

Mais si on oubliait de parler de ce qui met à mal le vécu des parents, au lieu de parler ce « ce qui ne va pas » chez les enfants ?!
Parlons alors des besoins ressentis par les parents et des stratégies pour les combler !

Il n’est pas difficile de constater les enfants nous mettent au défi de trouver des stratégies pour répondre à leurs besoins mais aussi aux nôtres. L’objectif sont de nous garder en vie (d’abord), tout en étant en bonne santé mentale (là, ça se corse ! Salut Dépression Post-Partum, Burn-out parental, anxiété, …).
– La concurrence des besoins

Les enfants ont des besoins impérieux. Plus ils sont petits et moins ils sont en mesure de comprendre et de supporter l’attente.
Ce n’est pas dirigé contre toi. C’est un fait.
Malheureusement, c’est comme ça que nous nous retrouvons avec un enfant qui veut téter quand le repas est à peine sur la table, lorsque nous allons aux toilettes ou encore lorsque nous posons le pied sous la douche.
Ce n’est pas du tout agréable…
Au quotidien, être parent veut dire que nous nous faisons interrompre plusieurs fois au cours d’une même activité… Cela demande énormément de ressources de composer avec cette réalité, surtout lorsque nous ne nous étions jamais figuré que cela pouvait se réaliser comme cela.

Lorsque la moutarde monte au nez (comprends : lorsque quelque chose t’exaspère vraiment beaucoup!), il convient de prendre du recul et d’essayer de décrypter ce qui te fait réagir de la sorte.
Pourquoi l’énervement/la tristesse/l’énervement pointe à ce moment-là ?
Est-ce la faim/la fatigue/un sentiment d’oppression (quand ton bébé a besoin d’être porté constamment)/le manque de sociabilisation/… ?

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Il est rare qu’on ne puisse pas répondre à ses propres besoins en adaptant son quotidien, tout en gérant les besoins impérieux des enfants-chéris !
Par exemple : oui, tu peux allaiter en mangeant/étant aux toilettes/faisant une sortie. Non, ce n’est peut-être pas l’idéal et pas ce que tu imaginais… Mais ça te permet de vivre et de prendre en compte tes besoins personnels, tout en remplissant ceux de ton enfant.
Dans le même ordre d’idées, le cododo (j’en parle dans cet article) répond au besoin de proximité de ton enfant et te permet de te reposer !
La fatigue et la mauvaise alimentation sont les pires ennemies d’un vécu positif !
Tu veux d’autres suggestions pour répondre à tes besoins tout en prenant en compte ceux de ton tout-petit : voici un article qui aborde le quatrième trimestre de grossesse.

Il s’avère, cependant, facile de justifier la réponse immédiate aux besoins d’un nourrisson… Mais c’est beaucoup plus compliqué à partir d’un an ou deux.
Les enfants acquièrent de superbes compétences… et les adultes autour d’eux présagent alors qu’ils sont en mesure de postposer un besoin voire de les sublimer.
Il n’est pas rare que demande soit faite d’attendre pour : manger (alors qu’il est fréquent que les adultes grignotent en attendant le repas), téter, être pris.e dans les bras, …

Or, il est nécessaire de comprendre que si leurs compétences motrices et cognitives évoluent à toute vitesse, en regard de leur évolution cérébrale… Mais leurs capacités de gestion émotionnelle ne sont pas maturées !
Alors, les crises de larme s’accentuent à partir de 18 / 24 mois pour des raison qui semblent obscures : les chaussettes glissent, ils/elles ne parviennent à effectuer certains gestes de motricité fine, ils/elles veulent fermer une porte mais ne souhaitent pas être enfermé.e.s, … Bref, c’est une période très particulière au niveau émotionnel pour les enfants et les parents !
Cela aide réellement de comprendre ce qu’il y a derrière l’expression de ses besoins, tout en ne présageant pas trop de leur capacité les postposer.

Mais voilà, au bout d’un ou deux ans à mettre en avant les besoins de ce petit autre, ça peut être difficile de devoir soi-même postposer ou agencer les stratégies afin de répondre à ses besoins.
C’est précisément pour cette raison que la parentalité est difficile : il s’agit d’un équilibre entre les besoins de chacun… avec un être en construction ayant des expressions émotionnelles possiblement explosives !

– Trouver du soutien

Cela semble évident et pourtant, ça ne l’est pas !
C’est salvateur d’être épaulé.e au quotidien et d’avoir quelques tâches quotidiennes conduites d’un seul tenant sans être interrompu.e.

Parfois, il suffit juste d’avoir un repas pris sans un enfant sur les genoux, un bain/une douche prise sans limite temporelle, un moment dans la journée pour bouger ou dans la soirée, pour créer.

Nous avons toutes et tous des besoins qui s’expriment différemment et dont l’importance varie.
Tout l’intérêt est de les prendre en considération et non pas de les enfouir sans ménagement.
C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de déployer des ressources pour ne pas être seul.e constamment…

Du soutien, ça peut être une amie qui vient divertir ton enfant ou faire un peu de tâches pénibles, ça peut être un parent qui ramène un repas, ça peut être une sortie dans un lieu childfriendly (ou pas, si tu veux laisser ton enfant à garder), …
Afin de recevoir le soutien qui t’est nécessaire, il faut que tu puisses reconnaître tes besoins (je t’en parle dans cet article précisément).

La fatigue, l’énervement et l’exaspération ne témoignent rien en tant que tel : ces émotions sont à décomposer.
Il est également utile de verbaliser clairement ce que tu ressens… Mais aussi de déconnecter autrui de tes inconforts.
Marshall Rosenberg disait qu’il est possible de « crier en communication nonviolente ».
Par exemple : « Je ne supporte plus le désordre et le bruit incessant de cette maison ! Cela me désespère ! ».
Ces phrases font état d’une situation. Personne n’est ciblé, puisqu’il n’y a pas d’accusation portée. C’est utile autant entre adultes qu’envers des enfants qui ne seront pas affublés de critiques péjoratives. Seules les actes et les conséquences de ceux-ci sont relevés, afin de témoigner tant du positif que du négatif. Cela offre aux différents membres de la famille de pouvoir se placer dans un logique de résolution de problème et non pas de se débattre avec les offenses narcissiques.

Avoir du soutien, c’est aussi être entouré.e de manière à se sentir compétent.e. C’est être accompagné.e de proches qui vont agir pour ton empowerment et ton sentiment d’efficacité personnel.
Parfois, il est nécessaire de s’éloigner (temporairement ou non) des individus avec qui la relation s’avère toxique. Ce sont ces ami.e.s, connaissance ou proches qui vont avoir toujours ce petit mot pour te faire douter de toi, de ta manière de faire, de tes choix, etc.
Ce sont ces individus qui te pompe ton énergie au lieu de t’en apporter.
Alors, sans hésitation, dans les périodes difficiles, il n’est pas nécessaire de s’embarrasser avec ce type de relation.

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– Les habitudes de vie et le lâcher-prise

Lorsque les situations sont difficiles à vivre, il n’est pas rare de trouver au quotidien des éléments récurrents, par exemple une organisation chaotique pour les repas, un désordre ambiant, la répétition d’acte énergivore, …
Là-dedans, il n’est alors plus possible de trouver des bulles d’oxygène et de se trouver simplement « bien chez soi ».
Parfois, il est nécessaire de repenser l’organisation des pièces de manière à rendre inaccessible les objets dangereux pour les tout-petits (tout en leur permettant ainsi d’explorer). Cela vaut aussi pour les plus grands où les jeux sont rangés de telle manière qu’ils pourront être à disposition facilement sans transformer toutes les pièces communes en salle de jeu (si tu ne le souhaites pas). L’inverse est possible : installer dans chaque pièce un pôle « jeu » qui te permet d’occuper un/des enfants durant une autre tâche.
Là encore, chacun.e a ses filtres qui conditionnent la manière de vouloir organiser/vivre chez soi.

Il est néanmoins important d’aiguiser son sens du lâcher-prise. Les enfants vivent et peuplent largement nos vies. Il est fréquent que cela dépasse nos attentes, dans tous les sens du terme.
Jamais nous n’aurions imaginé aller aux toilettes accompagné.e pendant plusieurs années.
Jamais nous n’aurions pensé à préparer le repas en plusieurs étapes.
Jamais nous n’aurions envisagé qu’un enfant pouvait nous réveiller pendant des mois voire des années parce que l’adage dit : « dormir comme un bébé » (Mensonges ! Calomnies ! J’en parle d’ailleurs dans cet article).

Donc, nous nous retrouvons dans une situation physique/morale/attentionnelle inédite.
Cela demande des adaptations afin de ne pas se camper sur des attentes qui seraient destructrices pour la santé mentale (cf. l’article où Marie Kondo avoue que ces méthodes sont incompatibles avec la vie de famille).

Je te donne une manière de filtrer si ce que ton enfant fait est ok ou non : « est-ce dangereux pour sa sécurité ? ».
La plupart du temps, c’est non !
Alors, j’admets : redécorer la cuisine à la farine, peindre sur les murs, démonter de l’électro-ménager, cela n’est pas dangereux mais les conséquences peuvent être ennuyeuses.
Autant observer ce vers quoi les enfants sont attirés et leurs proposer des activités dans une zone circonscrite de manière à ce qu’ils puissent répondre à leurs besoins et prendre en compte ton besoin d’ordre.

Ce filtre de dangerosité permet de lâcher-prise sur énormément d’éléments quotidiens :
Non, ce n’est pas grave si la maison n’est pas reluisante.
Non, ce n’est pas grave si les vêtements ne sont pas tous repassés.
Non, ce n’est pas grave si ton activité pro patine un peu ou inversement, si tu décides de passer un peu plus de temps que prévu à travailler.
Non, avoir de la farine/de l’eau renversée n’est pas grave. C’est ennuyeux… Mais quitte à faire, une fois l’expérience entamée : tu peux profiter pour laisser ton enfant jouer. La réparation des « dégâts » fera partie du jeu.

– Comprendre pour ne pas subir

Il me semble primordial de comprendre ce qu’il se passe au niveau du développement des enfants au lieu d’interpréter leurs attitudes.
Nous évoluons dans un monde qui estiment à tort que les enfants sont à dresser, à mettre dans un cadre afin qu’ils ne « poussent pas de travers ».
Or, dans un cadre sain et nourrissant leur curiosité ainsi que leur empathie, les enfants vont accroître ces compétences et leur personnalité.

Il ne s’agit pas de fuir les interdits (il me semble logique qu’un enfant soit redirigé s’il a des gens brusques) ou d’éviter les frustrations inévitables, mais de ne pas interpréter leurs intentions.

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Un enfant de 6 mois ne se réveillent pas pour nous empêcher de dormir.
Un enfant de 2 ans ne s’oppose pas pour « prendre le pouvoir ».
Un enfant de 4 ans ne répond pas « juste pour être insolent ».

Toutes ces attitudes sont mues par des étapes développementales qu’il est utile de connaître afin de percevoir les enfants dans toutes leurs potentialités… et leurs limites !
Cette prise de recul est parmi la plus difficile à prendre surtout par rapport à des actes perçus comme agressifs : quand un enfant tire les cheveux/mord ou encore tape des animaux.
Dans aucun cas, il ne s’agit pas de sadisme. Il s’agit d’attitudes qui engendrent une expérimentation de la chaîne « cause-conséquence ».
Dans d’autres situations, ils souhaitent interagir/jouer avec les animaux mais ne savent pas encore solliciter un contact de manière « douce ».

C’est ainsi que vient l’importance du point suivant…

Les lectures/les vidéos-conférences qui soutiennent
Rien ne vaut le contenu étayé afin de nourrir les possibles !
Grâce aux lectures d’Isabelle Filiozat, de Catherine Gueguen, de Claude Didier-Jeanjouveau, de Michel Odent, d’Olivier Maurel, de Laurence Dudek ou encore Carlos Gonzalez, il est possible de percevoir que les enfants ne sont pas les êtres égoïstes et sadiques qu’il faudrait dresser.

Je t’invite réellement à te pencher sur la bibliographie des précédents auteurs cités de manière à avoir une jolie PAL (Pile à Lire) bienveillante. Beaucoup d’autres auteurs sont merveilleux à lire, je citais simplement les francophones qui te fournissent une base solide!

Lire/s’informer pour comprendre ses enfants et pouvoir percevoir quelles seraient les stratégies qui leur sont adaptées est la clé de la capacité de lâcher-prise et d’une attitude bienveillante.

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Bientôt, je te ferai un article avec tous les livres / liens indispensables à mon sens.
PS : Moi non plus, je n’arrête pas de lire et de m’informer. C’est ma sempiternelle passion de l’information !

– Reconnaître quand la situation devient oppressante

Malgré tout cela, parfois, c’est trop.
Quand le matin est déjà trop dur car l’anticipation de la journée est pénible.
Quand tu passes ta journée à scruter l’horloge.
Quand tu rêves du moment où ton enfant sera couché.
Quand tu as l’impression de ne plus exister en tant que personne…

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Dans ces moments-là, et toutes les autres situations difficiles à vivre, il est nécessaire de le reconnaître sans faire l’autruche ni minimiser.
Par exemple, ce n’est pas parce que tu avais décidé de pratiquer l’hygiène naturelle infantile dès la naissance que tu ne peux pas prendre quelques jours « off » en terme de charge mentale à ce sujet-là.
Il en va de même avec les superbes repas-maison et très sains, avec le ménage ou avec ton boulot.
N’oublie jamais que tu as le choix et qu’il est possible, d’une manière ou d’une autre, d’avoir un relais ou juste de lâcher du lest.

Je t’invite à te reconnecter avec tes ressentiments et tes émotions négatives. Si cela devient éprouvant, il est nécessaire de se faire accompagner de manière individuelle pour sortir la tête de l’eau et s’épanouir à nouveau !

L’accompagnement ou la guidance parentale est alors un recours inestimable. Parfois, il suffit de quelques rencontres et du temps dégagé pour soi. Dans d’autres circonstances, le suivi peut se révéler plus long et aider la personne qui demande sur différents aspects qui impactent son quotidien.
Dans tous les cas, ce n’est pas une perte ni un aveu de faiblesse que de faire appel à un soutien extérieur. Dans notre société occidentale et individualisée, il n’existe plus ce village nécessaire pour élever les enfants. Les parents sont isolés, manquent de présence et de soutien inconditionnel.
C’est pour pallier à cela que, notamment, l’accompagnement parental existe (mais aussi les doulas, et tous les autres métiers humains !).

Si tu en ressens le besoin, contacte moi ! Je serai ravie d’échanger avec toi.

Je te dis à bientôt, pour d’autres curiosités !
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Maternage proximal·Préparer la naissance

Le temps de l’accouchement

 

Dans un précédent article, j’abordais la notion du temps pendant la grossesse.
Initialement, je pensais rédiger un article sur le rapport au temps avec un nouveau-né… Mais cela sera le suivant de cette série !
J’estime indispensable de se pencher sur l’expérience du temps pendant l’accouchement.

Je dois commencer par faire un disclaimer : bien que j’ai essayé d’être très complète, je ne peux être exhaustive dans l’ensemble des sujets abordés. Je serai ravie que les sages-femmes, gynécologues et toutes les autres personnes le souhaitant ajoutent leur pierre à l’édifice de la connaissance partagée par un commentaire.

Je vais parler ci-après de grossesses et d’accouchements dits « normaux », donc non-pathologiques.
Cela implique que dans ces situations, la mère et le bébé aillent bien et que rien n’indique un problème susceptible de survenir.

Il est évident que tous les signes indiquant une pré-éclampsie, une souffrance fœtale, un retard de croissance intra-utérin et d’autres pathologies tant fœtales que maternelles impactent les prises en charge. C’est tout le même le bonheur de la médecine que de se voir sécuriser dans les cas critiques.

 

Table des matières:

  • Introduction (et story telling)
  • L’accouchement, entre peur et bonheur !
  • Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !
  • Les différents cas de figures de « mise en travail »
  • Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?
  • l’évolution du travail
  1. – la peur de l’accouchement
  2. – les effets du « travail guidés »
  3. – l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )
  • La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement
  • Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?
  • Les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :
  • Faciliter l’accouchement par certaines mesures :
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • La nécessité de l’environnement serein
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • Elles voudraient… mais ne peuvent pas:quand le contexte dirige les actes
  • Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne 
  • Conclusion

 

Introduction

Cependant, plus de 80 % des accouchements se passent bien. Si la médecine permet maintenant de réduire la mortalité maternelle et infantile (voici les chiffres de l’OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality ).
La peur et les risques au cours de l’accouchement sont enseignés dès le départ des études des sages-femmes. L’accouchement est
perçu comme un moment particulièrement à risque, entre la vie et la mort. Les équipes soignantes sont drillées à éviter le moindre risque et à sauver mères et bébés.
Et c’est un bien noble mission d’accompagner les mères à mettre leur enfant au monde…

Les connaissances médicales ont amélioré la prise en charge des pathologies.

C’est ainsi que les mortalités et la morbidités maternelles et foetales ont drastiquement chuté, surtout avec la popularisation des protocoles hygiéniques.
Juste « comme ça », les nombreux cas de « fièvre puerpérale » violentes étaient propagées par les interventions médicales. En effet, passer d’une autopsie à une femme parturiente, sans se désinfecter les mains, n’est pas une idée merveilleuse !

Cependant, les protocoles rigoureux en sont venus à pathologiser la variabilité du « normal »… voire parfois d’induire des complications : l’hémorragie de la délivrance plus fréquente à cause d’un utérus sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse, par exemple.
D’ailleurs, « 
dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort » exprime Marie-Hélène Lahaye dans cet article https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

Alors, d’ores et déjà, il y a un conflit autour de la naissance : la préservation de la vie et la limitation des complications, d’un côté, et le respect des compétences et du ressenti des femmes, de l’autre.
Mais est-ce antinomique ? http://www.slate.fr/story/77870/longue-vie-honteuse-histoire-mortalite-maternelle
Divers rapports mettent en évidence que les accouchements à domicile ou en maison de naissance ne sont pas plus dangereux que les accouchements hospitaliers.
Afin d’entrer dans ce processus de naissance physiologique dans un lieu autre que l’hôpital, les sages-femmes informent rigoureusement les femmes enceintes.
Les naissances dans ces contextes « alternatifs » concernent des grossesses dites normales : aucun signe de pathologie de grossesse, bébé tête en bas, santé maternelle assurée, constantes fœtales normales, pas de grossesse multiple, …
En somme, les principales sources de complications sont soigneusement évitées.

L’accouchement a un statut particulier.
D’une part, il s’agit de l’aboutissement de la grossesse et beaucoup d’inquiétudes parentales se cristallisent dessus. La plupart des préparations à la naissance/à l’accouchement n’ont d’ailleurs comme objectif que de préparer à cet évènement inédit et faramineux. L’allaitement est parfois sommairement abordé, mais la « préparation » se cantonne principalement à l’instant T (qui peut durer 1h ou 72h!). D’autre part, l’accouchement est le début d’un nouveau chemin de vie aérien. Plus rien ne sera jamais comme avant, et il est maintenant nécessaire de prendre en charge ce tout-petit qui jusque là était comblé par son expérience amniotique.

Alors il pose question, focalise les attentions et les couples autant que les soignants tentent de se préparer au mieux.


Petite tranche storytelling :

J’ai fissuré la poche des eaux un samedi vers 15h30. Une fissure tellement fine que j’ai simplement eu des pertes rosées très légères. Mais qui dit pertes rosées, dit probablement présence de sang… Ce qui implique un passage à la maternité pour un contrôle.
A dire vrai, je ne croyais absolument pas que je débutais mon accouchement. J’avais perdu le bouchon muqueux la veille au matin, jour du dernier contrôle prévu avec ma gynécologue. Je n’avais qu’un petit centimètre externe de dilation. Ma gynécologue pariait sur une enfant post-terme car elle était estimée « petite » à ce terme-là : aux alentours de 3,2kg et 48cm alors que je suis une grande perche et Monsieur Donneur aussi.

Mais voilà, contrôle effectué à 22h (oui, j’ai pris mon temps, il ne faut pas rire : je n’allais pas me faire enfermée trop vite pour « rien »), c’est bien du liquide amniotique (en quantité infime). Je suis donc assignée au « quartier de naissance » jusqu’à la naissance de ma fille !

J’étais plutôt sereine, j’attendais dans l’enceinte hospitalière que mon travail veuille bien se mettre en route. J’étais persuadée que la nuit apporterait son lot de contractions. Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller après quelques heures de sommeil, sans le moindre signe de travail.

Mon corps ne semblait pas pressé à se séparer du fœtus qu’il abritait et moi, j’étais tranquille (bien que je rêvais de pouvoir me promener dehors… ce qui est interdit pour des raisons d’assurance!).

Mais il s’avère que le temps presse, une fois que la poche est percée… Les gynécologues mettent une deadline pour éviter les potentielles infections. Outre le début de l’antibiothérapie (d’autant plus que j’étais positive au dépistage des streptocoques du groupe B), la deadline est le déclenchement du travail. Ce qui n’est plus dans l’optique d’un accouchement physiologique…
J’ai vécu cette deadline comme une réelle pression. Chaque heure en l’absence de contraction m’angoissait. Je craignais de finir avec une césarienne d’urgence sous anesthésie générale, bref… Ce fut la ronde des scenarii catastrophes dans ma tête.
Heureusement, l’équipe de sages-femmes présente fut fantastique. Grâce à une séance d’hypnose, j’ai pu redescendre émotionnellement. Ensuite, elles ont tenté d’induire le travail grâce à de l’homéopathie ainsi que des massages avec une synergie d’Huiles Essentielles spécialement dédiée aux accouchements (sauge, et autres).
Ce fut louable de leur part, même si a posteriori, ces interventions étaient dans une optique d’accélérer le déroulement de mon accouchement… Alors que tout se passait très bien, analyse sanguine à l’appui !
Ce sont les processus et les protocoles standardisés des enceintes hospitalières qui poussent le personnel soignant à être totalement embrigadé dans la recherche des déroulements les plus rapides possible.
J’ai pu éviter un déclenchement qui était prévu 20h (soit 28h après la fissure), repoussé au lendemain matin. Et je me suis mise en travail à 22h !
14H de travail, de manière totalement physiologique…
Mais un placenta qui a mis 20 minutes à sortir.
Après 15min, la gynécologue (qui est vraiment adorable, hors ce cas précis) me dit : « Vous ne seriez pas la première à avoir une extraction du placenta sur AG après un accouchement superbe comme ça ! ».
Mon stress remonte en flèche (et tu sais quoi… Le stress et la peur induisent la production d’adrénaline, inhibitrice de l’ocytocine… Qui est indispensable pour le travail mais aussi pour que le placenta dise son dernier adieu!).

Une sage-femme me semble-t-il un peu paniquée à l’idée de masse le ventre d’une manière précise et non-douloureuse (je précise!) et voici mon très cher organe qui glisse délicatement.
Bref, on m’a fichu la trouille… Pour rien.

Cette pression au timing aurait-elle un lien avec le fait que les équipes soignantes aient des protocoles et des indications pré-définies de ce qu’est une durée « normale » de la grossesse, du travail, du temps de poussée et de la sortie du placenta ?
A côté de cela, les équipes sont souvent en sous-effectifs et, dans un accouchement physiologique, le travail actif demande parfois un peu de présence émotionnelle… Sans parler des moments de l’expulsion et de la délivrance qui sont sous haute surveillance et monopolisent le/la gynécologue, alors qu’il y a peut-être d’autres patientes et des consultations à assurer simultanément.

C’est limpide : l’empressement n’est pas principalement mu par la volonté de s’assurer de l’état de santé des la mère ou des enfants…

L’accouchement, entre peur et bonheur !

L’accouchement est donc un sas entre deux réalités distinctes pour la plupart.
Chez certaines, la grossesse et l’accouchement tendent à se chevaucher : dans les cas de menace d’accouchement précoce (MAP), par exemple. Dans ces cas-là, la grossesse est une parenthèse pendant laquelle l’objectif est de conserver cet état enceint en évitant toute activation du travail effectif.
Il y a aussi les cas de Retard de Croissance Intra-Utérin où il apparaît parfois que la grossesse ne permet pas une croissance optimale du fœtus et qu’un déclenchement peut être envisagé voire indispensable !

Sauf césarienne programmée (ce que je souhaite uniquement aux femmes ayant des antécédents ou des pathologies ne permettant pas de l’éviter … Pas comme au Brésil ou en Chine où les césariennes programmées représentent 50 à 80 % des accouchements : voici d’ailleurs un reportage sur la question), il est impossible de prévoir l’accouchement dans son calendrier.

La plupart des femmes se construisent une image de ce qui pourrait être « le début » de l’accouchement :

– Une contraction plus douloureuse que celle déjà ressenties (si elles ont déjà été perceptibles… Personnellement, je fais partie de ces femmes qui ont découvert les contractions au moment du travail uniquement) ;

– la poche des eaux qui perce/fissure ;

– … ?

Alors, souvent, les femmes et les couples cherchent à savoir ce qui les attendent et trouvent des articles comme celui-ci ou celui-là.

Ces articles propagent une vision de l’accouchement contenant des violences obstétricales que les femmes devraient accepter sans sourciller… ! J’y reviens plus tard dans l’article.

Mais, malgré les informations glanées ici ou là (comme sur mon site, d’ailleurs) la réalité rattrape l’imaginaire par une entrée en matière originale …

Certaines femmes ont des contractions (dites de Braxton Hicks) fréquemment en fin de grossesse. Leur corps se prépare et progressivement, se prépare au travail actif (qui travaille efficacement sur le col et qui accompagne le bébé qui descend dans le bassin), par une alchimie entre fœtus et mère.
Quand peut-on alors dire que le travail a commencé ?

Pour d’autres, la poche des eaux se fissure ou se rompt laissant une sensation étrange d’incontinence, de flaque tonitruante… ou de pertes discrètes qui s’accentueront graduellement. Cela n’a pas la soudaineté des films hollywoodiens qui présentent les femmes perdant les eaux, surprises par des contractions violentes faisant croire qu’elles vont expulser leur bébé sous 15 minutes !

D’ores et déjà, ces deux cas de figure engendrent un rapport au temps complètement différent.

Il est dit aux femmes primipares de se rendre à la maternité quand les contractions surviennent régulièrement toutes les 5 minutes, qu’elles durent 1 minute et ça, depuis une heure. Je suppose que ces conseils permettent de limiter le nombre d’accouchement sur les routes… mais aussi à réduire le stress inhérent au changement de lieu.
Cependant, l’inconvénient majeur est qu’il focalise l’attention des futurs parents sur un timing précis entre les contractions. Au lieu de se laisser vivre dans l’expérience du début du travail, il peut se produire un contrôle assidu des contractions. Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut être régi par un contrôle volontaire : c’est l’accouchement (et l’attitude du futur enfant, mais j’y reviendrai!).

Dans ces cas-là, les projets d’accouchements à domicile (AAD) sont enviables. Les couples ou la femme parturiente peuvent se laisser emporter par les vagues contractiles sans se questionner de sa dilatation ou des intervalles entre chaque contraction. Je t’invite à aller consulter le blog d’une psychologue et sophrologue « Une Petite Graine » https://unepetitegraine.blog/. Lorène y partage, entre autres, des témoignages d’AAD qui donneraient à tout le monde l’envie d’opter pour ce choix (en respectant les exclusions pour cause d’antécédents ou de risques accrus pour le bébé, évidemment).

Et malgré toutes les connaissances élaborées au fur et à mesure des années concernant l’obstétrique, les recherches continuent.
Cependant, il demeure une peur terrassante du moment de l’accouchement.

Malgré des taux extrêmement bas de mortalité maternelle, il est clair que ce qui est enseigné au sages-femmes et autres praticien.ne.s en maïeutique, est que le suivi doit permettre de garder tant la mère que le bébé sains et saufs. Or, seuls 10 à 20 % des naissances nécessitent une intervention pour qu’elles ne déroulent bien.

La plupart des femmes sont soumises aux mêmes traitements, quel que soit leur profil de risques…

Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !


Tu peux demander à l’équipe médicale de ne pas effectuer des touchers vaginaux de manière trop régulière voire même uniquement quand TU le souhaites (sauf dans les cas où le monitoring montrerait des constantes défavorables).
L’absence de contrôle régulier permet de se détacher de la performance de l’accouchement : dilater le plus et le plus vite, si c’est possible.

Je rêverai que les femmes hospitalisées n’aient pas à subir cette pression temporelle, accentuée par la présence inaltérable d’horloge dans chaque pièce, bien en vue !
De plus, il y a comme une comparaison étrange entre celles ayant eu un travail rapide et celles qui ont vécu les choses plus lentement.
Certaines femmes accouchent vite et cela s’accentue souvent
avec le nombre de grossesse.
Mais ce n’est pas une règle… Simplement parce qu’une grossesse n’est pas l’autre et que deux accouchements ne sont jamais similaires.
Et si l’on ne cesse répéter la singularité des grossesses, des accouchements et des enfants, il semble qu’en pratique tout soit régi par des moyennes, des calculs et des résultats métriques !

Un exemple simple est la durée de la gestation humaine qui s’étend de 37 SA à 43SA.
Mais, en France, la courbe de Gauss démontre que la plupart des accouchements se produisent aux alentours de 41 SA. C’est ainsi que le terme est arrêté…
Si cela ne paraît être qu’une formalité, il s’avère que cela prend toute son ampleur à la fin de la grossesse puisque les interventions ne multiplient dans le cas où « le terme » est dépassé.
Il est aberrant qu’une femme ait plus de sérénité à accoucher entre 39 et 41 SA qu’après. Cela induit chez les femmes qui dépassent leur terme des émotions négatives par rapport à leur propre corps, à leur futur accouchement mais aussi à leur bébé « qui prend vraiment du temps ».
C’est ignor
er la variabilité entre 37 et 43SA (source: https://syngof.fr/dossiers/revue-n93-juin-2013-grossesse-prolongee-et-terme-depasse/) … Chaque binôme maman-foetus prend SON temps pour atteindre le chemin de la naissance, il est bien dommage que les contrôles médicaux tendent à oublier cette singularité si précieuse.
Il existe pourtant des études qui permettent de mettre en évidence que si la surveillance de santé maternelle et fœtale gagne à se pratique dès 41SA, certaines problématiques n’apparaissent qu’au-delà de 42SA.
L’induction de travail peut être proposée entre 41SA et 42SA+6, et ce, en l’absence de pathologie… ce qui est une variabilité énorme !

Alors, autant le savoir… Non, la grossesse ne dure pas forcément 40 ou 41 SA, cela dépendra du développement du bébé, de la mère et du contexte de la naissance : le stress, l’angoisse, la peur et un environnement insécure bloque ou freine la mise en travail.
Voici un autre article qui aborde les différentes variables susceptibles d’impacter la durée de la grossesse.

L’accélération du travail prend aussi la forme de la mise sous ocytocine (de synthèse) afin de « corriger » le déroulement du travail s’il ne suit pas les courbes prescrites. La rupture des membranes peut également être suggérée pour améliorer l’effet de la tête du bébé sur le col et ainsi en accélérer la dilation.

Dans le deuxième stade de l’accouchement, c’est à dire de la dilatation complète à la naissance du bébé, il y a diverses procédures effectuées pour accélérer la durée de ce moment.
En structure hospitalière, c’est à ce moment-là que le gynécologues obstétriciens survient dans la salle de naissance. L’épisiotomie préventive a été pratiquée à large échelle à une époque (il y a 15-20 ans), au point que les instances de santé ont du prendre position sur le sujet. Pour les femmes nullipares, le taux d’épisiotomie était monté à plus de 50 %. Ce taux était dépendant des praticien.ne.s en salle de naissance.
Aujourd’hui, la maternité de Besançon fait école avec un taux d’épisiotomie avoisinant les 3 %.
La preuve est claire ! La plupart du temps, l’épisiotomie est ne pratique abusive qui rend les suites de couche difficiles, détériore la confiance en son propre corps et modifie temporairement ou définitivement les sensations lors des rapports sexuels.

Or, en massant le périnée durant le travail, en y appliquant des compresses chaudes, en adoptant des poussées retardées, la structure périnéale est atteinte de manière moins importante voire nulle dans de l’expulsion du bébé. Je reviens sur les pratiques favorisant le bon déroulement du travail plus loin. En attendant, voici les recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement

– Les différents cas de figures de « mise en travail »

les contractions de plus en plus fréquentes et avec une intensité sensorielle croissante.

Il semble important de dire que ce n’est pas un phénomène linéaire.
En fin de grossesse, le corps se préparent : les contractions de Braxton-Hicks plus intenses/fréquentes, assouplissement des articulations sacro-illiaques, augmentation des sécrétions vaginales, regain d’énergie et labilité émotionnelle plus importante. Bien entendu, tous ces signes ne présentent pas chez l’ensemble des femmes enceintes.
Certaines femmes vont avoir un travail caractéristique : des contractions qui augmentent graduellement en fréquence et en intensité… Mais d’autres vont vivre des contractions intenses à intervalles irréguliers pendant plusieurs jours, avant que celles-ci aient un impact franc sur le col utérin.

Ce dernier cas s’avère épuisant… Et il se produit une attente que la synchronisation entre leur corps et celui de leur bébé s’effectue de manière à cheminer ensemble vers la naissance.
Pour la plupart, c’est un jeu de patience : il y a toujours ce rapport au nombre d’heures que dure le travail. Et là, il n’y a pas de début clair et net.

Bien sûr, dans beaucoup d’autres cas, des contractions plus « intenses » offrent un ressenti différent aux parturientes. La douleur n’est pas commune à toutes les femmes. Certaines ne souffrent pas, alors que d’autres vivent très mal ces sensations.

– la fissure/rupture de poche des eaux,

Dans le cas où la poche des eaux s’est ouverte, et sans Accouchement à Domicile prévu, il convient de se rendre à la maternité… contractions ou non.
D’autant plus lorsque les analyses de fin de grossesse (aux alentours de 36 SA) ont révélé que la future mère est porteuse du streptocoques B. Le protocole demande que les femmes reçoivent des antibiotiques par intraveineuse, à intervalle régulier, de manière à éviter la transmission au futur bébé. (J’aborde cela en détails dans undes pointssuivants).

Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?

Souvent, les femmes sentent à ce moment-là que c’est parti pour la dernière étape avant la rencontre.

Mais la dernière étape est-elle linéaire ?

Les calculs et méthodes de surveillance existent depuis belle lurette !

Techniquement, les sages-femmes peuvent s’aider d’outils tels que le partogramme qui estime si le travail évolue « normalement ».
Selon l’OMS, il regroupe trois éléments : la progression du travail, l’état du fœtus et l’état de la parturiente.

Il s’agit d’un outils d’aide à la décision. Selon cet article, le partogramme et les protocoles de soins permettent une standardisation des pratiques et une amélioration du pronostic des femmes en améliorant la qualité des soins fournis.

Cependant, une méta-analyse sur le sujet laisse à penser que l’efficacité de cet outils est contestable et ne démontre par de réel bénéfice. Selon ces mêmes auteurs, « il est possible que les partogrammes s’avèrent utiles dans des contextes où l’accès aux ressources de santé est très réduit, comme des études menées au Mexique et en Afrique ont également montré une certaine réduction des taux de césarienne avec l’utilisation du partogramme et une intervention précoce pour une progression du travail ralentie ». 
Mais alors, comment savoir si le travail se passe bien ? Quand faut-il s’alerter ? Doit-on garder les yeux rivés sur la montre ? Et que faire des évaluations de dilatations données régulièrement ?

l’évolution du travail

Un accouchement se déroule en 3 phases : la période de dilatation, le temps entre la dilation complète et la naissance, la phase de délivrance du placenta.
La première phase se scinde en deux : La phase de latence et la phase active.

  • la phase de latence : du début du travail jusqu’au moment où la dilatation atteint 3 cmles prescriptions conseillent  : « Si cette phase dure plus de 8 heures et s’il y a au moins 2 contractions/ 10 minutes, la probabilité s’accroît de voir apparaître des complications Par conséquent si la patiente se trouve dans un centre de santé, elle doit être transportée à l’hôpital pour une évaluation précise de la situation »
  • la phase active : à partir de 3 cm, à ce moment-là, il est entendu globalement que le rythme de dilatation ne doit pas être inférieur à 1cm/heure.
  • Sur le partogramme, la ligne d’alerte représente ce rythme de dilatation. Si la courbe de dilatation de la patiente passe à droite de cette ligne, cela signifie que la dilatation
    est lente et que le travail est retardé. Si la femme se trouve dans un
    centre de santé, il faut envisager de la transporter à l’hôpital.
  • La ligne d’action est située à 4 heures à droite de la ligne d’alerte. Si la courbe de la dilatation franchit cette ligne, une extraction fœtale par césarienne ou extraction instrumentale (si le col est à dilatation complète et le fœtus engagé dans le bassin) est indiquée.
  • L’auscultation de l’état du fœtus grâce au rythme cardiaque doit se pratiquer toutes les 15 minutes.
  • L’état de la parturiente est également contrôlé par l’enregistrement de la température, du pouls, de la tension artérielle et de la diurèse.

 

Il est intéressant de constater que la plupart des indicateurs concernent qu’une prise de mesure et la surveillance d’un timing précis.

Or, si la précision des mesures est perçue comme importante, « Si sur le plan clinique l’appréciation digitale de la dilatation est largement suffisante, quand on compare une mesure, à l’autre des écarts extrêmement important d’un observateur à l’autre (variation inter-observateurs) ont été observés (TUFFNELL) : la variation intra-observateur peut aussi atteindre pratiquement un à deux centimètres. ». ( source: http://campus.cerimes.fr/media/disquemiroir/2015-06-09/UNF3Smiroir/campus-numeriques/gynecologie-et-obstetrique/mto/poly/15000fra.html )

Les courbes les plus répandues pour l’observation du travail est celle de Freidmann. 
Cependant, celle-ci est remise en question à plusieurs égard… Mais globalement, au-delà de 4cm de dilatation, la vitesse de dilatation est globalement identique que ça soit chez une nullipare (femme n’ayant jamais eu d’enfant) ou une multipare.

D’autres études, plus récentes, ont tenté d’évaluer la durée du travail à partir de laquelle le risque maternel ou fœtal augmentait. La conclusion de ce travail était que le travail prolongé augmente essentiellement le risque infectieux maternel ou néonatal mais pas la morbidité néonatale sévère.

 

– la peur de l’accouchement

Si les femmes enceintes (ou non) peuvent avoir peur de l’accouchement, les soignant.e.s ne sont pas forcément en reste.
Les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens perçoivent autant la beauté de participer à la mise au monde d’un bébé que les risques maternels et foetaux de ce moment inédits.

La peur de l’accouchement est sûrement dictée par les douleurs qu’engendre souvent l’accouchement.
Dans le règne animal, « la mise bas humaine » serait la plus douloureuse.
Surtout, elle est impressionnante. Les femmes fournissent de grands efforts et adoptent des attitudes plus « instinctives », qui sortent du cadre habituel.
Dans certains coutumes, il est conseillé de crier pour aider la douleur à faire son œuvre. Dans d’autres, il est préférable de se contenir.
Le fait est que l’humaine a, la plupart du temps, besoin d’un accompagnement dans ce parcours entre grossesse et naissance. Parfois, les forces la quittent, la douleur prend le pas, l’incertitude pointe et la crainte vitale peut surgir. Alors, avoir un entourage de confiance, rassurant et formés permet de ne pas sombrer dans la panique
et/ou simplement, de se sentir en totale sécurité. Comme tous les autres animaux, l’humaine recherche un cadre serein et exempt de danger pour mettre au monde sa progéniture.

 

Il est nécessaire d’ajouter que l’humain a conscience de sa finitude. Les femmes savent, de génération en génération, que la mort en couche existe… Et c’est une situation aussi terrifiante que dramatique.
Des plans d’interventions gouvernementaux ont débuté, il y a plusieurs siècles, afin de réduire le taux de mortalité maternelle… Une louable action ! Mais, à l’instar d’énormément d’initiatives, la fin de ces interventions a évolué : au lieu d’être des aides ponctuelles, elles sont devenues des procédures qui causent un interventionnisme abusif et, parfois, des violences obstétricales.

 

Les violences obstétricales et gynécologues : des aveux sur le bout des lèvres !

Le gros mot est lancé : les violences obstétricales (et gynécologiques)  sont « des actes, des paroles et des attitudes portant atteinte à l’intégrité mentale et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère » dans le cadre d’une grossesse, PMA, accouchement et du post-partum. Le site de l’irasf détaille largement cette définition et explique comment il est possible de qualifier un acte de « violence ». Voici également le mémoire de Marie-France Franeczek, sage-femme, sur le sujet : https://afar.info/biblio/public/3059.pdf
En voici quelques exemples : rupture des membres sans consentement ; touchers vaginaux répétitifs ; mise sous ocytocine sans consentement ; épisiotomie sans consentement ; sutures sans anesthésie efficace ; maintien par la force de la parturiente dans une position ; menaces, intimidations, mépris des ressentis, chantage (sous forme de « motivations ») ; interdiction de boire ou de manger dans des situations sans risque particulière ; expression abdominale afin que le bébé descende, suture sans anesthésie, … (pour la plupart des autres, tu peux aller page 23 du mémoire https://afar.info/biblio/public/3059.pdf )

Souvent, il s’agit d’actes que les praticien.ne.s pratiquent sans le consentement éclairé des patientes. Les raisons invoquées peuvent être multiples, et parmi celles-là, le besoin d’agir pour que l’accouchement se passe mieux ou plus rapidement !
Concrètement, en tant que femmes
accouchées, il est alors possible de se sentir meurtrie… Mais redevable car, manifestement, l’enfant né est en bonne santé. C’est que certains actes, même perçus comme violents, avaient probablement une utilité…
Mais il y a moult autres circonstances : je te propose quelques articles ici  ou , ainsi que le reportage « tu enfanteras dans la douleur » d’Ovidie, disponible sur Arte TV
jusqu’à fin août 2019.

 

Autant le savoir : non, ce n’est pas parce que tu es une patiente et que tu as le besoin d’être accompagnée et soutenue que tu dois subir ! Au contraire… Mais pour ça, il faut le savoir et avoir assez d’aplomb pour refuser (là, c’est aussi le rôle de la personne qui accompagne de soutenir fermement les décisions de la femme qui accouche).

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’être bien informé.e (et j’essaye d’y contribuer, par exemple avec la section « préparer la naissance » et l’index d’articles qui s’y réfère).

Heureusement, à l’époque actuelle, il est possible de faire des préparations à l’accouchement qui sont prises en charge pas les systèmes de soins (mutuelles). Malgré qu’elles ne soient pas toutes équivalentes ni suffisantes (à mon goût), elles ont le mérite d’être accessibles.
Pourtant, beaucoup de futures mamans ne prennent pas le temps pour cette préparation durant la grossesse.
Certaines trouvent cela inutiles pour plusieurs raisons (dont le fait d’avoir déjà eu d’autres enfants), alors que pour d’autres, il s’agit de fuir la peur de l’accouchement,
par exemple.
Ignorer ces séances permet de mettre à distance la finalité inéluctable de la grossesse… Jusqu’à y être confrontée.
Pourtant, il est bien contre-productif de ne pas travailler sa peur d’accoucher. Une étude a démontré que les femmes ayant peur d’accouché ont un temps de travail plus long que celles qui ne déclarent pas avoir de crainte spécifique. La différence serait d’environ 47 minutes en plus pour celles qui craignent d’accoucher.

 

les effets du « travail guidés »

Peut-être que, comme moi, tu vas découvrir la notion de  travail guidé : «La direction active du travail, proposée à la fin des années 60 aux patientes nullipares par les obstétriciens de l’école de Dublin, reposait sur trois mesures essentielles : un diagnostic de certitude du travail, une correction précoce d’une anomalie de la dilatation (définie comme une dilatation inférieure à 1 cm/h) par rupture artificielle des membranes et perfusion d’ocytocine si nécessaire, et un soutien de la parturiente par la sage-femme/infirmière ou proche pendant la durée du travail. »
En bref, le travail guidé, c’est de l’accélération du travail si ce dernier a tendance à ralentir sa progression.
S’il est profitable qu’une femme de reste pas avec un bébé en souffrance ou dans une situation inéluctable ou dangereuse, le travail dirigé est tout-à-fait discutable en l’état actuel des connaissances sur la physiologie de l’accouchement.
Il apparaît que le travail dirigé réduit la durée du travail et soit utile en cas de dystocie dynamique  pour réduire le taux de césarienne ou d’extraction instrumentale.

 

l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )

Il n’est pas possible de parler d’accouchement en excluant cette intervention TRÈS courante. Plus de 75 % des accouchements en structures hospitalières se passent sous anesthésie péridurale. Ils ne sont donc pas dans une optique physiologique.

Des études ont été effectuées sur l’effet de la péridurale. Il en ressort que l’anesthésie locorégionale n’a pas d’impact sur le nombre de césarienne pratiquée mais augmente le taux d’extraction instrumentale (cuillères, forceps, ventouse, …) ce qui prouve que la péridurale a un effet sur la motricité utérine. Elle a aussi un effet sur l’allongement de la deuxième phase du travail (entre la dilatation complète et la naissance). Il semble éminemment profitable que la péridurale soit faiblement dosée.

Selon Cheng et son équipe, les femmes ayant une péridurale vivent un accouchement près de 90min plus long que celles qui n’y ont pas recours.
Cependant, il est nécessaire de rester modéré.e vis-à-vis de ces conclusions : il est difficile de savoir si c’est la péridurale qui cause un allongement du travail et/ou si les femmes ayant un travail plus long ont davantage tendance à recourir à la péridurale.

La péridurale a des avantages, mais aussi des inconvénients qui sont peu mis en avant, pour diverses raisons.
Il faut bien se rendre compte que les femmes qui accouchent de manière physiologique dans les enceintes hospitalières sont actuellement une minorité. Ces parturientes-là demandent une implication particulière des équipes soignantes, et les poussent à sortir de ce qu’elles côtoient habituellement.
Si, pour certaines sages-femmes c’est une situation plaisante, cela peut être vecteur de tension au sein de l’équipe et pour des gynécologues… bien habitué.e.s aux parturientes anesthésiées, qui ne bougent pas et protestent peu, faute de sensibilité ! Mais encore faut-il que la péridurale fonctionne tel que prévu… Or, ce n’est pas toujours le cas. Cette situation a modifié les égards des soignant.e.s envers les femmes… et cela challenge leurs modes de fonctionnement.

D’ailleurs, il est maintenant conseillé de pratiquer les « poussées retardées » chez les femmes ayant une péridurale. Ces dernières ont moins de sensibilité et cela leur permettrait de faire descendre le bébé de manière spontanée, jusqu’à la vulve, jusqu’à l’envie irrépressible de pousser, malgré l’anesthésie.
Afin d’être transparente, il est nécessaire de préciser que bien que la péridurale (ou épidurale) est une intervention sécuritaire, elle peut être associée à des effets secondaires et des complications :

  • « Chute passagère de la tension artérielle maternelle;
  • Nausées, vomissements;
  • Démangeaisons;
  • Difficulté à uriner, entraînant la nécessité de vider la vessie par l’insertion, au besoin, d’un cathéter urinaire;
  • Étourdissements;
  • Douleurs au point de ponction dans le dos qui peuvent durer quelques jours;
  • Engourdissements des jambes et difficulté à les bouger;
  • Frissons;
  • Hyperthermie maternelle pouvant entraîner l’utilisation d’antibiotiques: le lien entre la péridurale et l’hyperthermie maternelle demeure inexpliqué, mais dans cette situation, il faut veiller à faire diminuer la température de la mère, à rechercher une source d’infection et,le cas échéant, la traiter. »

 

La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement

En effet, cela ne fait pas partie de la question du temps de travail en tant que tel… Mais il s’avère que le questionnement de l’antibiothérapie et du délais dans lequel il est mis en place est sujet à débat.

Tu fais peut-être partie de ces 50 % de femmes testées positives aux streptocoques du groupe B.
Il est probable que l’on t’ait expliqué le traitement d’antibiothérapie pendant le travail ainsi que les conséquences que pourraient engendrer l’absence de traitement.

Autant être claire, je ne sais pas toi, mais je n’ai en aucun cas eu l’impression que j’ai le choix de cette antibiothérapie. Je craignais des conséquences sur le fœtus, qu’on m’a assuré nulles et ça s’est arrêté là : c’était acquis, le jour J, je serai perfusée régulièrement d’antibiotiques pour éviter à la chair de ma chair de contracter cette bactérie qui peut avoir des effets néfastes sur ses voies respiratoires, notamment.

Grâce à l’écriture de mes articles et aux contacts avec différentes sages-femmes, j’ai appris que le dépistage aux alentours de 36 SA n’était pas forcément fiable pour le moment de l’accouchement.
Il apparaît que cette bactérie est mouvante et que les seuils de colonisation fluctue rapidement.
Une pratique de prévention pourrait être mise en place par la prise de probiotiques… Mais surtout, il s’agit de réfléchir au ratio bénéfices/risques de l’antibiothérapie. Le risque principal étant la genèse d’une antibiorésistance.

Par rapport à l’infection à streptocoques : «  Une étude canadienne récente, reprise dans ce document, détermine la prévalence de la colonisation par les bactéries du groupe B chez les femmes enceintes, à 36 SA: elle serait de 19,5%. Lorsqu’elle n’est pas traitée,50% des enfants nés semblent colonisés. Parmi ceux-ci, 1 ou 2% développeraient la maladie précoce générée par les streptocoques du groupe B.

Voici une information complète, en anglais, donnée lors des études de sage-femme: https://www.ontariomidwives.ca/sites/default/files/2017-09/CPG-GBS-Prevention-and-management-in-labour-PUB_0.pdf

 

Selon cet article, une hypothèse voudrait que les infections néonatales par les streptocoques B seraient inhérentes à l’usage abusif de la tétracycline (un antibiotique largement prescrit à type préventif jusque dans les années 80). Cela démontre bien que l’usage abusif d’antibiotiques a des effets des décennies plus tard… Puisque les souches de streptocoques B sont plus virulents qu’elles ne l’étaient dans les années 50. Et personne ne peut prédire que l’usage de la pénicilline afin d’éviter la contagion au bébé n’engendrera pas une antibiorésistance encore plus violente dans les générations à venir.

 

– Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?

Le déclenchement, c’est une des problématiques du rapport au temps au niveau de l’accouchement dit « normal » (c’est-à-dire non-pathologique) .
– terme dépassé (quid après 41+5 ?)

– poche des eaux fissurée depuis trop longtemps

Mais en réalité, c’est toute la grossesse (j’en parle dans cet article), l’accouchement et le post-partum qui sont régie par l’horloge, des moyennes, des méthodes de contrôle… de l’incontrôlable par excellence !

Dès le départ, les professionnel.le.s de santé calculent le terme (souvent approximatif). Ensuite, cette date focalise toutes les attentions et quand les grossesses se poursuivent sans pathologie jusque-là, les contrôles se font de plus en plus proches.
En Belgique, à partir de 40SA, les contrôles échographiques et monitoring ont lieu tous les 2 jours. Le déclenchement est programmé vers 41 SA+3 si le bébé n’est pas né. Il semble que la plupart des soignants et des patient.e.s ne remettent pas cela en question.
Pourquoi ?
La peur du risque que cela occasionnerait de poursuivre la grossesse au-delà de ce terme.

Il y a aussi des déclenchements sur l’absence de travail mais aussi des accélérations induites du travail par diverses méthodes : injections d’ocytocine, rompre la poche des eaux,

Énormément d’interventions durant l’accouchement ont pour objectif l’accélération du travail en première phase :

– la rupture des membranes ;

– les injections d’ocytocine ;

– pose de tampon pour faire mûrir le col ;

– …

Mais également pendant le deuxième stade du travail, lorsqu’une souffrance fœtale est détectée (normalement) : :

– Episiotomie ;

– Extraction instrumentale ;

– Césarienne en urgence ;

-…

Cela vaut également dans l’ultime stade : celui de la délivrance. Souvent, les parturientes pensent qu’il s’agit d’une bagatelle… Or, pour le personnel soignant, c’est un moment de grande vigilance : il faut veiller à ce que le placenta sorte (la délivrance) et que l’utérus se rétracte correctement, de manière à stopper les saignements inhérents au détachement du placenta. En l’absence de réaction suffisamment vive de l’utérus, il peut se produire une hémorragie de la délivrance. C’est une des complications les plus fréquentes de l’accouchement. Diverses méthodes existent pour faire cesser cette hémorragie impressionnante.
Il s’avère malheureusement qu’un protocole habituel est l’injection d’ocytocine de synthèse pour accélérer la sortie du placenta. Souvent, le personnel médical n’est pas assez formé que pour favoriser une mise au sein immédiate… Alors que la succion du bébé génère de l’ocytocine naturelle qui amène à un détachement du placenta.
Ensuite, il semblerait que l’utérus surstimulé par l’ocytocine de synthèse soit plus fréquemment sujet à une hémorragie de la délivrance sévère (avec un effet dose-dépendant entre le taux d’ocytocine reçu et la sévérité de l’hémorragie du post-partum ) .

En plus des risques accrus d’hémorragie, l’ocytocine de synthèse a d’autres effets secondaires méconnus dont le risque accru de dépression post-partum .
En somme, tant pendant le travail qu’au moment de la naissance ou de la délivrance, il faudrait utiliser l’ocytocine de synthèse qu’avec grande parcimonie et uniquement sur base justifiée. Il serait nécessaire d’éviter de corriger une « anomalie » mineure du rythme de dilatation (quand le travail ralentit pendant une heure ou deux, sans que le fœtus n’en souffre) ou, systématiquement afin de favoriser une délivrance rapide.
A toutes fins utiles, voici une étude du relate l’intérêt du massage de l’utérus afin de prévenir les hémorragies post-partum : https://www.cochrane.org/fr/CD006431/massage-uterin-dans-la-prevention-de-lhemorragie-du-post-partum

 

les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :

Peut-être fais-tu partie de ces femmes ou de la personne qui a accompagné une femme qui a vécu un accouchement par césarienne.
Peut-être avait-elle été programmée ? Ou alors, ce fut une urgence ?
Peut-être l’as-tu bien vécue ? Ou as-tu l’impression que l’on t’a pris ton accouchement… et que tu vis un sentiment d’échec cuisant dans ta capacité à donner la vie.
Peut-être as-tu peur de ne pas pouvoir accoucher par voie basse, un jour. Peut-être que tu sais, que cela te sera impossible, mais que tu vois des avantages à cette intervention.
Bref, les césariennes soulèvent nombre de questions et le taux d’interventions aussi est parfois étonnant. 

Si, selon l’OMS, les césariennes ne devraient pas représenter plus de 10 % des naissances, il s’avère que la plupart des pays ont un taux supérieur. Le cas brésilien est édifiant: près de 80 % des femmes accouchent par césarienne programmée.

Il en va de même en chine, où jusqu’il y a quelques années, 50 % des chinoises accouchaient par voie chirurgicale.

Il est possible de se demander pourquoi certains pays ont des taux records de césariennes… Il s’agit d’une logique de rentabilité et de tentative de contrôle du timing des naissances.

Il est particulièrement rentable pour les institutions hospitalières de pratiquer des césariennes.
En outre, la planification des naissances offrent un confort aux personnels soignants : les nuits et weekends sont moins perturbés par des naissances impromptues.
De plus, alors qu’un accouchement par voie basse peut durer de nombreuses heures, une césarienne se déroule en 30 min et n’implique que très peu la prise en charge émotionnelle des femmes ou des couples.

C’est tout bénéfice pour les institutions hospitalières… Beaucoup moins pour les patientes et les bébés…

Heureusement, certains gouvernements sont intervenus afin d’offrir des primes aux hôpitaux réduisant leur taux de césariennes. La logique mercantile se répond à elle-même.
Mais l’ établissement de primes, d’amendes ou de taux à respecter ne permet pas d’estimer si l’acte chirurgical est effectué quand il est réellement nécessaire… Soit dans moins de 10 % des cas, selon l’OMS.

Mais, quelles sont les effets des césariennes sur les bébés ?
Loin de moi l’idée de créer un malaise chez les femmes qui ont du recourir à cette forme d’accouchement pour que les enfants et elles-mêmes soient en bonne santé, mais j’estime intéressant de mettre en exergue quelques éléments pour décourager les « césariennes mercantiles » .
Le site Cesarine est une mise d’or d’informations autour des césariennes.

Voici, en résumé, les effets sur les bébés :

– Dans les césariennes programmées, les fœtus n’ont pas choisi leur date pour devenir des bébés. Ainsi, il peut leur manquer quelques centaines de gramme et être un peu plus faibles qu’ils ne l’auraient été. Ils peuvent alors moins demander à téter. Il ne faut pas hésiter de leur proposer même sans qui le demande.

– l’absence de mise en travail engendre que le bébé ne secrète pas certaines hormones avec des fonctions telles que :

  • de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau);
  • de faciliter la première inspiration;
  • de permettre au bébé de « piocher » dans ses réserves, maintenant qu’il n’est plus nourri par le cordon ombilical ;
  • d’éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu’il a dès la naissance
  • le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d’une autre mère

Risque de détresse respiratoire : une difficulté pour le bébé à évacuer après sa naissance le liquide qui se trouvait dans ses poumons lors de sa vie aquatique in-utero. Les césariennes programmées amènent de complications de ce type pour deux motifs : d’abord, les bébés ne bénéficient pas de la compression thoracique lorsqu’ils passent par le bassin puis les voies génitales ; ensuite les bébés ne baignent pas dans un bain hormonal propice à sa naissance puisqu’il n’a pas pu décider de « son moment »… les mécanismes hormonaux finissant la maturation pulmonaire ne se déroulent donc pas. Forcément, plus la césarienne est pratiquée tôt, plus le risque est grand. Les précautions sanitaires en la matière précisent d’ailleurs qu’il est préférable qu’elles ne soient pratiquées qu’après 39SA.

les produits anesthésiques : A cause de ceux-ci, les bébés peuvent être moins toniques et avec une légèrement moindre capacité de succion. Cela semble particulièrement se produire après un long travail sous péridurale.

Soins plus invasifs après la naissance : Comme je l’évoque plus tard dans ce dossier, le passage de la vie utérine à la vie aérienne est brutale… et d’autant plus en cas de césarienne. Alors qu’il est suggéré d’effectuer un clampage tardif du cordon (quand il ne bat plus), c’est un procédé difficile à tenir lors d’un accouchement par césarienne.

J’évoquais plus haut les potentielles difficultés respiratoires, il s’avère que l’aspiration est plus fréquemment pratiquée pour aider le bébé s’il respire mal.

De même, il est fréquent que les enfants nés par césarienne subissent moult soins qui pourraient être postposés au profit d’un peau-à-peau avec la mère sous une couverture de survie pendant que les chirurgiens referment la plaie, ou, à défaut, avec le potentiel second parent.

Il faut bien prendre conscience de la difficulté que représente les césariennes pour les femmes : d’un instant à l’autre, elle passe de femmes enceintes à mère, avec un ventre vide et incisé, à qui le bébé est enlevé sans plus de considérations que cela…

 

l’augmentation du risque d’asthme :

Le site Césarine poursuit son relevé de conséquences pour les enfants par le sur-risque d’asthme, même s’il est difficile à quantifier. Cela semble en lien avec l’augmentation des difficultés respiratoires à la naissance, en cas de césarienne.

 

Augmentation du risque de certaines allergies :

Je ne réinvente pas la roue, voici le texte provenant de Césarine :

« Le lien entre la césarienne et les allergies semble dépendre du type d’allergie :

  • Rhinite allergique :
    • [15] trouve un risque x 1,23 (méta-analyse sur 7 études).
  • Allergies alimentaires
    • [15] trouve un risque x 1,32 (méta-analyse sur 6 études), mais l’association semble incertaine.
    • [16] trouve un risque x 4 pour les allergies alimentaires à l’oeuf à 2 ans et demi.
    • [17] trouve un risque x 2 de sensibilisation aux allergies alimentaires.
    • [18] trouve un risque x 1,18 d’allergie au lait de vache. 

Une explication proposée est que lors d’une naissance par voie basse, les bactéries présentes dans votre flore vaginale (les lactobacilles notamment) colonisent les intestins de votre enfant, ce qui lui assure rapidement une meilleure protection. La flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est en effet pas identique à celle des enfants nés par voie basse. Ceci pourrait expliquer l’effet sur les allergies alimentaires et l’absence d’effet sur les allergies respiratoires. »

Comme j’ai pu l’évoquer dans mon article « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement », allaiter un enfant à un effet protecteur sur le développement des allergies chez les enfants de moins de 2 ans. Un effet protecteur ne veut pas dire que cela les immunise, cependant… !

 

Augmentation de l’obésité infantile

Diverses études disponible sur le site de Césarine relatent que les bébés nés par césarienne ont plus de risque de développer une obésité. Cela s’expliquerait par la faiblesse de la composition du microbiote des bébés qui n’ont pas bénéficier de la colonisation maternelle en passant par voie basse mais aussi lors du peau-à-peau les premières heures. Or, cette flore bactérienne est indispensable à l’élaboration d’un microbiote qui protège les enfants de moult maux… dont le développement d’une obésité.

Il existe une solution pour améliorer la flore intestinale des bébés nés par césarienne : la colonisation buccale post-partum par des tissus légers ayant été placés dans le vagin quelques heures avant l’accouchement. 

les difficultés maternelles

Enfin, il ne faut pas oublier que même si l’enfant est sauf (ce qu’on espère de tout coeur), les séquelles psychologiques peuvent affecter les femmes ayant été césarisées. Il n’est aucunement question qu’elles se contentent de se dire que c’était « pour le bien de tout le monde », elles doivent pouvoir s’exprimer et trouver le soutien nécessaire.
Césarine a dédié une page à l’état psychologique d’après césarienne, qui pourra être une ressource : https://www.cesarine.org/apres/psy/

 

faciliter l’accouchement par certaines mesures :

Voici un résumé et des citations du texte : Travail et Accouchement. Accompagnement et méthodes pour composer avec la douleur, qui vous permettra d’améliorer le déroulement d’un accouchement.
Ce texte date de 2013, et pourtant, 6 ans plus tard, la plupart de ces propositions n’ont pas été adoptées dans les enceintes hospitalières.

« Diverses mesures peuvent être employées pour faciliter le processus de la naissance, soit en augmentant le sentiment de contrôle des femmes, soit en ayant un effet sur la douleur elle-même. Ces mesures offrent lavantage de présenter peu ou pas d’effets secondaires et peuvent être combinées entre elles. Certains éléments de base sont à mettre en place pour chacun des accouchements. Ainsi, la femme doit se trouver dans un environnement qui lui permet de se sentir en sécurité, entourée des personnes de son choix. Il faut qu’elle ait la possibilité de boire et de manger afin d’avoir l’énergie nécessaire pour composer avec l’accouchement. Elle doit aussi se sentir libre de s’exprimer pendant le travail. »


Pour aller plus loin dans les informations fournies ci-
dessous, je t’invite à lire l’entièreté ce document passionnant. Je vais juste relater brièvement les mesures proposées, afin d’attiser ta curiosité ! Toutes les mesures proposées ci-dessous ont été étayées par des preuves scientifiques et cliniques.

 

La mobilité maternelle et les positions verticales

les changements de position figurent parmi les techniques les plus courantes pour calmer l’inconfort pendant le travail.
UNE études mentionne même que les femmes estiment que la positions la plus douloureuse pour accoucher est la position dorsale (aka la position gynécologique) ! (source :
Gupta, J. K., Hofmeyr, G. J. et Smyth, R. M. D. (2004). Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 5(CD002006). Wiley Online Library ) Autant être clair, les pratiques standardisées en gynécologie obstétrique ne sont pas féministes… Ni diriger par des femmes !

 

le contact avec l’eau

Ce n’est pas pour rien que l’accouchement dans l’eau fait des émules et que les « salles physiologiques » se meublent de grande baignoire.

Être plongée dans l’eau permet de se relaxer, de réduire l’intensité douloureuse et favorise le travail.
Cela réduirait le recours à l’anesthésie péridurale et aiderait les parturientes à lâcher-prise grâce aux sentiments de chaleur et de sécurité créés par l’eau.

 

l’application de compresse chaude ou froide

En quelques détails,

* La chaleur : la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires: elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

* Fraîcheur : « Appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus application de sacs chauds au niveau lombaire pendant la phase active du travail et de compresses chaudes au niveau du périnée pendant le deuxième stade est associée à une diminution de l’intensité de la douleur. L’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour1 et au Jour2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. » Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail

 

la relaxation

« Certaines techniques de respiration, de visualisation, la technique du point focal ou encore de sophrologie peuvent être utilisées. Elles peuvent permettre aux femmes de se détendre et augmenter leur sentiment de contrôle. »

S’il n’est pas forcément question de réduire la douleur ressentie, il s’agit plutôt de composer avec elle. Le recours à ces techniques offre aux femmes une plus grande satisfaction de leur accouchement.

Il est nécessaire de préciser que chaque femme est différente dans son ressenti douloureux et qu’une technique n’est pas applicable à toutes !

 

le massage

« Le toucher calme; l’effleurage, les points de pression, le pétrissage sont tous des composantes du massage. »
L’utilisation du massage ou du toucher peut revêtir plusieurs formes dont une très connue est la méthode Bonapace : https://www.bonapace.com/fr/
Les femmes et les couples y ayant recours sont souvent très satisfaits du décours du travail et du renforcement de leur lien pendant l’accouchement ! Chacun se sent actif pour vivre l’accouchement pleinement.
Cela permet au/à la partenaire de se sentir utile et efficace pour aider la femmes qui accouche.

Il en va de même pour l’haptonomie qui peut être pratiquée en prénatal, mais qui peut aussi être utile intrapartum et en postpartum.

Attention toutefois à respecter le désir d’une parturiente qui ne supporterait pas le contact… Même si la préparation qu’elle a suivi prévoyait le contraire !

 

la musique

« La musique a de multiples fonctions dans la gestion de la douleur. Elle permettrait de se centrer sur ce qui se passe en soi, de se distraire et de stimuler le centre du plaisir.»

La musique agit comme moyen de distraction par rapport au contexte parfois anxiogène et aux stimuli douloureux ou angoissant.
Pour que cela soit efficace, il est nécessaire que ce soit la femme qui ait choisi la playlist qui se déroule pendant l’accouchement.

Comme pour le massage, les envies de musique varie avec les émotions ressenties. Certaines femmes ne voudront pas ajouter un stimulus sonore supplémentaire, afin de pouvoir rester centrées sur leurs ressentis.

 

l’alimentation et l’hydratation :

Je me permets de développer ce point :

Il n’y a aucune raison d’imposer un jeûne à une femme en train d’accoucher et qui ne présente que peu de risques de complications. Il semble d’ailleurs totalement aberrant qu’un être humain en plein effort soit privé de carburant ! « L’accouchement est un évènement exigeant sur le plan physique, et manger peut être une manière de conserver son énergie » (source : Singata, M., Tranmer, J. et Gyte, G. M. (2010). Restricting oral fluid and food intake during labour. Cochrane Database Syst Rev, 1(CD003930). Wiley Online Library )

Il faut savoir que des techniques existent pour vider un estomac plein dans le cas où une anesthésie serait nécessaire… C’est d’ailleurs louable puisque les grands accidentés n’avaient souvent pas prévu de se faire opérer en urgence !
Il est cependant nécessaire de préciser que ces techniques de « vidange de l’estomac » sont invasives et imparfaites et qu’il est préférable de consommer des aliments rapidement digéré et apportant une énergie rapide (ma gynécologue conseillait de la pâte d’amande et déconseillait les fruits secs, par exemple). Personnellement, je me suis hydratée normalement, ensuite abreuvée avec du jus de pomme et j’ai grignoté quelques biscuits dans le décours de mon long travail.

Je me permets d’ajouter deux éléments qui me semblent primordiaux, d’après les connaissances que j’ai acquises, mais que ne se trouve pas dans le texte source de cette partie.

– « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées

Accoucher sans pousser… et si c’était vraiment possible ?!
Voici LE point sur lequel je regrette mon accouchement (j’ose me livrer à toi!) : j’ai découvert le principe des poussées retardées.
Qu’est-ce donc que cela ?
C’est simple, il s’agit d’attendre que les femmes aient une envie irrépressible de pousser, souvent quand le bébé affleure déjà à la vulve.
Adieu poussée guidée « interminable » et injonction sur la manière de pousser : seul le corps est maître du jeu.
Pour moi qui me suis sentie épuisée et inefficace pendant certaines poussées, cet accompagnement aurait changé tous les sentiments pendant cette phase de l’accouchement.

Voici quelques témoignages : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180326.OBS4186/et-si-comme-elles-on-accouchait-sans-pousser.html

Ces poussées retardées font d’ailleurs partie des dernières recommandations en obstétrique. Elles ont l’avantage de ne pas épuiser les mères (tant physiquement que moralement) et de prévenir les déchirures périnéales, ou au moins, d’en amoindrir la gravité.

 

– la gestion des périodes de repos entre les contractions

C’est grâce à la conférence de Jacqueline de Lavilonnière que j’ai pris conscience de l’importance des périodes de repos. Si je ne partage pas son point de vue selon lequel « peu importe comment on traverse la contraction », l’entre-contraction est décisif… surtout lors des accouchements longs (et je sais de quoi je parle !).

Se laisser emporter par la fatigue entre les contractions permet au corps de recharger une partie de ses batteries. Je n’ai pas réussi à trouver de support précis sur le sujet (je suis ravie d’avoir encore des tonnes de lectures à effectuer, dont des autrices de référence comme Ina May Gaskin). Plusieurs témoignages (dont le mien) vont dans le sens d’une capacité à s’endormir, à certaines périodes du travail, entre les contractions. Pour ma part, assise sur le ballon, j’avais créé un monticule de coussins sur le lit de la salle physiologique. j’y reposais ma tête et mes bras, m’endormant ainsi assise. J’étais réveillée par les contractions pendant lesquelles je me contentais d’onduler du bassin.
Je ne saurais dire combien de temps ce repos à durer. Guère plus d’une heure, me semble-t-il. Mais je n’en suis pas sûre.
J’ai aussi trouvé un soulagement et repos un peu étrange mais logique : en étant assise sur les toilettes !
Je me souviens avoir du communiquer avec les sages-femmes depuis les cabinets (situés dans la salle), elles devaient me croire atteinte d’une diarrhée phénoménale… Alors que je libérais juste mon périnée et adoptais une position qui soulageait mes sensations douloureuses !
Je regrette réellement de ne pas avoir pu bénéficier d’un tabouret d’accouchement. Je suis certaine que j’aurais pu accoucher dessus… Mais on se refait pas l’histoire !;)

 

– la nécessité de l’environnement serein

Avec toutes les informations fournies ci-dessous, il semble clair qu’un environnement serein est indispensable pour qu’un accouchement se déroule au mieux.
Plus les femmes et les couples connaissent la physiologie et le déroulement d’un accouchement, plus elles/ils seront en confiance par rapport à ce qu’il se passe.

Ensuite, il est évident qu’être accompagné.e.s et dans un cadre tolérant la singularité des accouchements garanti une sérénité accrue.
Les femmes, afin de sécréter toutes les hormones utiles à un accouchement efficace, ont besoin de calme et d’être en confiance.
Les monitorings constants (utiles mais parfois limitant quand les appareils ne sont pas portatifs), les mises en garde, l’interdiction de manger et de boire (!), les contrôles récurrents d’évolution du travail grâce à des touchers vaginaux, etc., créent du stress pour les femmes pendant leur accouchement. Cela qui engendre des sécrétions d’hormones (dont l’adrénaline) antagonistes à l’ocytocine, par exemple.
Or, si l’on peut favoriser le déroulement de l’accouchement, il n’est pas possible d’avoir prise sur les évènements en tant que tels.

Les problèmes, comme je l’ai largement détaillé, sont souvent inhérents au contexte des accouchements.

Des protocoles existent de manière à lisser le suivi des patientes et à réduire les risques. Le principe de travail guidé a été mis en place pour cela. Ces procédures sont l’inconvénient de réduire à néant la singularité de chaque accouchement et d’intervenir dans des situations qui ne le nécessiteraient pas forcément.

C’est bien là toutes les dérives de l’obstétrique « moderne » : un interventionnisme à tout crin, quelques que soit le profil de risques des patientes.
Il semble que bon nombre des soignant.e.s aient oublié que l’humain sait enfanter. Le respect de la physiologie de l’accouchement, sans intervention, permet d’articuler les séquences hormonales et physiques indispensables à la naissance.
Il est primordial que les femmes, et les couples, soient au courant des compétences de leur corps. Elles ont besoins d’être accompagné.e.s pendant la grossesse et aussi, pendant l’accouchement, afin de favoriser leur sentiment de compétence et la sérénité du lieu de naissance.

Le pouvoir et la force d’une femme qui accouche sont phénoménaux : il ne faut jamais l’oublier et permettre aux femmes de vivre cet empowerment !

Très récemment, une étude  a démontré que les accouchements à domicile sont aussi surs que les accouchements en cadre hospitalier. Or, dans les accouchements à domicile, le respect total de la physiologie est la règle… Les interventions sont plus rares !
Partir en
quête d’un accouchement physiologique, en étant éclairé.e.s et en pleine conscience, offre la possibilité de se découvrir, de vivre les évènements de manière spontanée et de récupérer plus favorablement après la naissance.

 

Elles voudraient… mais ne peuvent pas: quand le contexte dirige les actes

Il est très complexe, en France, de sortir des carcans des habitudes hospitalières.

Les accouchements à domicile ne représentent qu’à peine 1 % des accouchements et les maisons de naissance sont en projet-pilote en ce moment même (2019).
Ailleurs en Europe, les maisons de naissance existent et ne vivent pas autant de contraintes pour les sages-femmes y pratiquant.

En France, les assurances usuelles des sages-femmes ne couvrent pas l’acte d’accompagnement à la naissance. Elles couvrent le travail, les soins post-partum mais absolument pas la naissance.
De ce fait, les sages-femmes engagent leur responsabilité propre lorsqu’elles accompagnent un accouchement à domicile.D’ailleurs, voici un exemple de situation critique pour une SF : https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/accoucher-autrement/accouchement-a-domicile-une-sage-femme-risque-la-radiation-618634

Ces restrictions semblent abusives à la Grande-Bretagne, précurseure en terme d’accouchement à domicile.

Toutes les informations que je donne dans ce dossier nécessitent une remise en question des pratiques. Certaines tâches habituelles sont en retard sur les recommandations des instances de santé internationales comme l’OMS.
C’est pour cela qu’il est nécessaire que les femmes et les couples soient bien informés de manière à questionner certains actes AVANT l’accouchement.

Il est indispensable de demander à ses praticien.ne.s s’ils/elles sont ouvert.e.s sur des prises en charge davantage physiologiques comme celles énoncées auparavant : absence d’accélération du travail, refus de péridurale, monitoring portatif pour adopter toutes les positions, possibilité d’accoucher autrement qu’en position gynécologique, clampage tardif, massage du périnée pendant l’expulsion, poussées retardées, …
Voici par exemple un texte concernant les recommandations cliniques pour réduire les risques des lésions périnéales durant l’accouchement: « prévention et protection périnéale en obstétrique »

Il est limpide que le contexte hospitalier amène à une hyper-médicalisation des naissances… A nous, patientes, de demander au personnel soignant de changer ses habitudes pour revenir à des pratiques plus raisonnées, telles que prescrites par les instances de santé.
Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui doivent polariser l’attention et non pas la rapidité du processus ou le bon déroulement du planning des équipes soignantes.
Malheureusement, la plupart des professionnel.le.s aimerait bénéficier d’un contexte de pratique plus flexible. En outre, il y a de fortes pressions tant au niveau de la charge de travail, que du manque de personnel mais aussi de certains protocoles institutionnellement ancrés.

Le stress et le contexte de travail des équipes soignantes autour des parturientes devraient être des priorités absolues pour permettre aux femmes d’accoucher dans un cadre serein !
Il semble cependant, par la fermeture des petites maternités et la création de déserts obstétricaux, que cela ne soit pas l’inclinaison des autorités françaises. La Belgique, ayant un territoire plus restreint et une ouverture sur les pratiques alternatives plus importante, est moins sujette à ce type de questionnements, même si cela reste totalement dépendant des institutions hospitalières (je ne cesserai de congratuler le CHR de Namur). La surcharge de travail et les démarches administratives de suivi, notamment, entament lourdement la disponibilité des sages-femmes.

 

Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne :

Pour finir en beauté…

Le bébé est né. Parfois encore enduit de vernix, il prend ses premières inspirations.
Mère et enfant, encore sonnés du voyage qu’ils viennent de partager… Pourtant, c’est à ce moment-là que divers intérêts s’agitent, sur l’état de l’enfant (score d’Apgar) mais aussi de la mère (délivrance, hémorragie, rétraction utérine, …).
Dans les cas où tout se passe bien, il est largement nécessaire que le bébé soit mis peau-à-peau avec sa mère. Il retrouve ainsi certaines odeurs familières, un rythme cardiaque connu, et peu découvrir la succion du mamelon (après avoir sucé son cordon ombilical et peut-être son pouce in utero).
Sais-tu qu’il est possible de demander un clampage tardif du cordon (quand le cordon cesse de battre) ? Cela a de moult effets positifs sur le bébé : il vit moins violemment sa mise au monde, il perd moins de poids, et améliorer ses réserves de fer pour les mois à venir. Il est même possible de laisser le bébé relier à son placenta jusqu’à la délivrance, voire au-delà (même si cette pratique est relativement rare).
En outre, il n’est pas nécessaire que le nouveau-né soit manipuler pour être mis en couche ou mesuré et pesé dès sa naissance… Cela peut très bien attendre plusieurs heures après la naissance.

Pour la sérénité du nouveau-né, l’attachement de la mère au bébé et la mise en route de la lactation, il est primordial que le lien intense mère-bébé soit préservé au maximum. Ensuite, le contact peau-à-peau participe à la poursuite de la colonisation bactérienne du bébé, qui lui sera d’une grande aide pour le développement d’un microbiote intestinal optimal.

De manière évidente, les contacts proximaux avec le bébé agit dans la prévention de la dépression post-partum (j’en parle dans mon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébémon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé)… Il serait dommage d’accentuer les risques pour des questions de protocole.

Encore une fois, j’invite les femmes et les couples à se renseigner afin de rédiger une projet de naissance (j’en parle dans mon article : « comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ») et de prévoir non seulement ses souhaits pour le travail, la naissance mais aussi pour ce qui se déroule après la naissance.
Bref, dans tous les moments de l’accouchement, de la naissance et de la rencontre : il est nécessaire de rappeler à toutes et tous que le temps fait son œuvre, dans la plupart des situations !

 

Conclusion :

Encore une fois, ce document n’est pas un article. Il n’est pas exhaustif mais j’espère que l’objectif sera atteint d’informer les femmes et de faire réfléchir certains soignant.e.s sur leur pratiques.

Je tiens à préciser encore qu’il n’est nullement question de jeter l’opprobre sur des pratiques sécuritaires qui ont amené à diminuer drastiquement le taux de mortalité infantile et maternelle. Les connaissances en gynécologie obstrétrique évoluent perpétuellement. Il est logique que les pratiques cliniques se mettent à jour régulièrement.

Que difficultés lorsqu’on surfe sur une peur intense engageant le pronostic vital de deux êtres…

Merci aux césariennes d’avoir sauvés mères et enfants, avec des techniques de plus en plus douces, avec des femmes qui peuvent pousser pour qu’elles se sentent actrices de leur accouchement (les césariennes extrapéritonéales) ; mais aussi une déchirure des tissus manuelles de manière à améliorer la cicatrisation.

Merci aux péridurales d’avoir pu soulager les douleurs vécues comme des souffrances.
Merci aux rachianesthésies d’éviter (le plus souvent possible) les césariennes d’urgence sous anesthésie générale.
Merci aux monitorings fréquents d’indiquer comment le fœtus supporte le travail.
Merci à l’antibiothérapie de réduire le risque d’infection néonatale.

Je pourrais continuer longtemps !

Le fait est qu’il y a de justes mesures et un entre-deux qu’il est possible de mettre en place.
D’une part, il est utile de rationaliser les interventions auprès des parturientes. D’autre part, cela permet aux femmes de d’accéder à la puissance de leur corps, sans se confier corps et âme à la médecine… afin qu’elles puisent dans leurs propres ressentis.
Cela leur permettra d’optimaliser le rapport avec leur nouveau-né.

 

A bientôt, j’espère, pour d’autres curiosités en toute bienveillance.

 

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Sources :
– Collectif de défense de l’accouchement à domicile:
https://cdaad.org/

reportage d’Ovidie : « Tu enfanteras dans la douleur » https://www.arte.tv/fr/videos/081587-000-A/tu-enfanteras-dans-la-douleur/

https://www.inspq.qc.ca/Data/Sites/8/SharedFiles/PDF/travail-et-accouchement-preparation-accompagnement-et-methodes-pour-composer-avec-la-douleur.pdf

Vidéo de Jacqueline de Lavilonnière : Rythme et tempo dans l’accouchement https://www.youtube.com/watch?v=PFyxnqSSJtU&t=1120s

dépistage et prévention des infections à streptocoques B : https://www.bd.com/resource.aspx?IDX=18870 et https://www.reseau-naissance.fr/medias/2018/03/Referentiel_-streptoB_RSN_2018VF-1.pdf

https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

– Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018

– Les représentations à base de peurs de la grossesse et de l’accouchement génèrent une hypermédicalisation au détriment de l’accouchement physiologique https://apprendreaeduquer.fr/peur-accouchement-physiologique/

 

Ressources :
Collectif InterAssociatif autour de la naissance : CIANE : https://ciane.net/wiki/pmwiki.php?n=Ciane.CRU

Envie d’en savoir plus sur l’adaptation du nouveau-né à l’environnement aérien ? http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/vie_extrauterine/site/html/cours.pdf

– Le guide de la naissance naturelle. Ina May Gaskin

– Recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272434/WHO-RHR-18.12-fre.pdf

Éducation bienveillante·Maternage proximal

L’humain, une espèce portée!

Hier, nous étions le 25 avril 2019… Et je suis intervenue dans une conférence TEDx.
C’était le premier TEDx de La Baule… Et j’ai abordé le portage (sous-tendu de bienveillance, of course!).

Je te propose un article, qui reprend ce que j’ai dit au TEDx, en plus complet. 😉
Parce qu’une conférence n’est pas un article…!
Voici ce TEDx: https://www.youtube.com/watch?v=8Ft_-xWmK9w&t=248s

 

Tu as remarqué ?
L’humain a tendance à lutter contre sa pilosité… pourtant, la fourrure est bien pratique à de nombreux mammifères.
En plus, nous sommes bipèdes… Et donc nous avons une stature étroite… Or, l’ampleur de la tête du petit d’humain est majeure. Est-ce que ce « dilemme obstétrical » est juste ?
Le fait est que l’accouchement de l’humain parmi les plus douloureux.
Et les bébés naissent… assez peu débrouillards (même s’ils ont déjà moult compétences incroyables!).

Bref, c’est ça, l’humain! Et les bébés sont, comme tous les représentants de son espèce, un « porté passif ». ça veut dire qu’ils n’ont pas le tonus musculaire pour s’agripper. Notre absence de fourrure est donc justifiée (mais cela n’impose en rien d’être imberbe! 😉 )!
Mais ça veut dire que je dois être outillée et avoir assez de connaissances pour agir avec de petit humain. Ça fait tout de même 1.8 millions années que l’Homo Sapiens doit trouver un moyen de se déplacer avec son petit.
Autant dire que les moyens de portage sont diversifiés ! Mais ce n’est pas comme si les hominidés que nous étions, avaient eu le choix : à l’époque, nous étions nomades !
Il n’était pas possible de poser les bébés à terre : ils auraient été à la merci des divers prédateurs, des insectes. Ils pouvaient potentiellement être soumis à des températures qui auraient influencé leur propre homéostasie.

Tu vas me dire que c’est bien joli, que nous sommes sédentaires, dans des logements salubres (pour la plupart), à l’abri des prédateurs… et qu’il est d’usage de déposer les bébés dans des couffins et dans leur lit pour qu’ils dorment.

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Il est d’usage, oui…
Mais les usages occidentaux n’ont-ils pas perdu de vue certaines attitudes totalement nécessaires aux bébés humains, comme le portage et l’allaitement (d’ailleurs, je parle ici du choix entre biberons et allaitement )?
L’Occident a perdu cette tradition ces deux derniers siècles.
Cela peut paraître étonnant mais… C’est l’attrait des signes extérieurs de richesse qui a fait tomber le portage en désuétude.
Entre les dogmes des religions chrétiennes et les évolutions culturelles, les enfants sont intentionnellement distancés de leurs mères (j’en parle dans mon article sur le cododo).
Dès le 18ème siècle, l’allaitement a commencé à être remis en question : cela faisait trop miséreux d’allaiter soi-même ses propres enfants.
Alors, forcément, avec les placements en nourrice (chez elle mais d’abord au domicile parental), tant l’allaitement que le portage n’ont plus eu la côte socialement.
Mais voilà… La culture, la société, les bébés, eux, s’en fichent totalement !

La physiologie du bébé humain n’évolue pas en suivant les coutumes sociales. Il reste toujours dans ce même état de dépendance extrême, craignant l’environnement qu’il découvre à peine et cherchant à se rassurer par ce qu’il connaît : les mouvements de sa mère, son odeur, les battements de son cœur, une position fœtale, un peau-à-peau et un contact contenant.
D’ailleurs, tout le monde s’accorde là-dessus : « Ils se calment dès qu’ils/elles sont dans les bras ! »
Étonnamment, au lieu d’être perçu comme un constat logique, c’est perçu comme une contrainte voire un problème !
C’est à ce moment-là que l’on prend conscience du précipice entre les normes sociales occidentales et la connaissance des besoins physiologiques des bébés… Et surtout, des manière simples et efficaces pour y répondre.

Aujourd’hui, je vais aborder l’impact du portage sur la vie de vos enfants et la vôtre tant en termes de bienfaits que de sérénité.

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Fanny Vella… Un bonheur d’illustratrice!

Certains préalables s’imposent…
Depuis l’origine de notre espèce Homo Sapiens, la constitution du nouveau-né est identique : ils sont mis au monde après environ 9 mois de gestation (quand tout se passe bien).
Notre cerveau humain nous distingue des autres mammifères, puisqu’à la naissance, il est neurologiquement immature. La taille du cerveau d’un nouveau-né correspond à 23% de celui d’un adulte. Quand le bébé a un an, son cerveau a déjà doublé de taille, et à 3ans, il a 90% de la taille d’un cerveau adulte. Comparativement, les autres mammifères naissent avec un cerveau développé à 80% en moyenne.
(je laisse le lein passionnant d’une page fb Société d’Histoire de la Naissance, qui nous laisse découvrir le 22 mars 2019, un article de July Bouhallier : « Paléoanthropologie : le dilemme obstétrical n’a pas eu lieu » )

Pour être précise : Les mammifères ont été classés selon leurs modes d’adaptation à leur environnement au moment de la naissance. Il y a trois catégories :

o Les nidifuges : les petits arrivent à se déplacer comme les adultes dans les heures qui suivent la naissance (poulains, veau, antilopes…). Ils restent toujours près de leur mère.
o Les nidicoles : Les petits naissent sans poils, avec les yeux et les conduits auditifs fermés. Le lait doit apporter un sentiment de satiété suffisant pour qu’ils puissent se passer ponctuellement de leur mère. Ils sont toujours plusieurs ce qui permet d’avoir de la chaleur (chat, souris…).
o Les Portés : ce qui est le cas des primates, des marsupiaux et de l’Humain. C’est un corps de qui devient « le nid », capable de pourvoir à tous les besoins. Bernhard Hassenstein a introduit le terme du « primate porté » dans la biologie comportementale.

Autant dire que le bébé humain est totalement prématuré. Sa première année est comme une grossesse extra-utérine. Cela lui permettra d’accéder à des compétences motrices comparables à nos congénères hominidés que sont les gorilles, les chimpanzés et l’orang-outang à la naissance.
Il est primordial de prendre en compte que la maturation cérébrale concerne en grande partie le cortex préfrontal : c’est cette partie du cerveau qui nous distingue des autres espèces par son ampleur. Il est le siège de nombreuses facultés dont celle de la régulation émotionnelle, des comportements sociaux et du raisonnement, entre autres.

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A la naissance, les bébés n’ont aucune compétence pour gérer les aléas du quotidien et se dire : « Ok ! Là, mes parents sont occupés, je vais rester zen jusqu’à leur retour ! »
Au contraire, dans le cerveau du bébé humain actuel s’active la même alarme que lors des prémices de notre espèce nomade : « AU SECOURS ! Je suis seul et potentiellement entouré de dangers contre lesquels je ne peux rien ! ».
Cette connaissance de l’immaturité cérébrale des enfants a un impact sur les attentes que les parents peuvent avoir : Il n’y a ni comédie ni caprices ou de manipulation (j’aborde l’occurence des mensonges dans cet article).
Les bébés ont besoin d’être contre nous pour être apaisés… et pour apprendre à s’apaiser !
Leurs besoins nécessitent d’être entendus et pris en compte le plus rapidement possible pour qu’ils puissent renforcer leurs réseaux neuronaux favorables à la gestion émotionnelle et au sentiment de sécurité.
Grâce à un accompagnement prévenant et sécurisant, les petit.e.s d’humains vont évoluer et grandir de manière optimale : ils parviendront à maîtriser leurs émotions vers 5 ou 6 ans, au mieux, sauront le verbaliser (si on leur a enseigné), commenceront à s’adapter à leur environnement culturel en intériorisant les codes sociaux… Tout cela n’est possible que si les enfants sont accompagnés dans la bienveillance !

Quel rapport avec le portage, me direz-vous ?
Eh bien… TOUT !
Le portage et le peau-à-peau sont les attitudes les plus adaptées aux petits d’humains.
Cela fait intrinsèquement partie du nouveau-né, puisqu’il a été porté au sein de sa mère depuis sa conception.
Il ne connaît que le mouvement, les changements d’ambiances filtrées par la paroi abdominale et le contact contenant des parois utérines et du cordon ombilical (qu’il tète souvent).

Le portage est le moyen privilégié pour recréer les conditions les plus proches de la vie in utero, de manière à ce que les bébés puissent être rassurés alors qu’ils découvrent la vie aérienne.
Grâce à cette pratique, les bébés bénéficient de moult avantages pour leur développement.
Par exemple :
– Les bébés portés en position physiologique (comme cela devrait toujours être le cas, je laisse d’ailleurs un lien vers un article reprenant les bienfaits du portage physiologiques) ont moins de coliques que ceux qui ne le sont pas. Le repli des jambes sur le bas ventre et le massage créé par les mouvements de la porteuse ou du porteur soulage le bébé. Ce portage agit également en prévention de problèmes de hanches.
– Concernant la tonicité musculaire : avec les mouvements de la mère, les réflexes nerveux et musculaires du bébé réagissent à chaque changement de l’équilibre. Il va développer son oreille interne, et ainsi son sens de l’équilibre personnel.
Donc non, le portage ne minimisera pas ses compétences à se déplacer de façon autonome, au contraire ! Il y a aussi juste des composantes interpersonnelles propres à la personnalité et à la génétique de chaque individu.

Avant ses 2 mois, le bébé ne parvient pas à réguler sa température corporelle. Autant dans le désert avec les Touaregs que chez les inuits sous la neige, le portage est tout indiqué pour les aider à réguler leur température !
Les rythmes de sommeil d’un nouveau-né n’ont rien à voir avec celui des adultes : ils n’ont pas encore acquis le rythme circadien (alternance jour/nuit).
Un bébé porté durant la journée, qui dort également en portage (chose que préfère la plupart des bébés!), va acquérir plus aisément cette alternance. Il vit, dans son corps, une réelle distinction : la journée, il dort bercé par le mouvement et en lumière ; la nuit, il est aux côtés de ses parents dans le calme et l’obscurité.
La différence est flagrante pour le bébé !

Est-ce que le mouvement les gêne pour dormir ? … Ou les bruits du quotidien ?
Après 16 mois d’expérience personnelle, je vous assure que les enfants dorment le temps dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Ma fille a eu des périodes de sieste de 30/40min, puis d’une heure trente… Cela change encore : « le » rythme du bébé n’existe pas… Il évolue constamment !
Je propose d’ailleurs la lecture de cet article concernant le sommeil en dessous de 3 ans.

Le portage permet le sommeil au moment où les bébés le décident, en suivant uniquement leur rythme biologique. Ils réduisent ainsi l’occurrence des troubles du sommeil.

– En plus de cela, les bébés portés pleurent singulièrement moins que ceux qui ne le sont pas.
Les bébés se sentent protégés, ils n’ont pas besoin de pleurer pour se faire comprendre de leurs parents.
J’en profite pour affirmer que le fait de laisser pleurer un bébé n’a aucune vertu ni aucun avantage. Les recherches concernant les neurosciences affectives sont claires : ne pas réagir aux pleurs d’un bébé engendre une augmentation drastique des taux d’hormone de stress comme le cortisol et impacte défavorablement leur développement émotionnel et neuronal. Un enfant n’apprend rien en pleurant !

– Le portage est aussi une aide à la prévention des aplatissements du crâne (souple à la naissance, et heureusement si vous voyez ce que je veux dire !), les bradycéphalies et plagiocéphalies sont devenues courantes avec les prescriptions de coucher les bébés sur le dos.
Si cette mesure est une vraie plus-value concernant la Mort Inattendue du Nourrisson, les habitudes occidentales laissent penser que les bébés doivent être posés pendant toutes leurs phases de sommeil. OR, c’est la récurrence de cette position couchée qui amène à certaines déformations crâniennes. Celles-ci peuvent avoir des conséquences sur le développement cognitif et moteur des enfants et nécessiter des prises en charge parfois lourdes !
Alors, en prévention : le portage est salvateur!

Maintenant que vous savez que le fait d’être porté n’est que bienfait pour les bébés.

 

 

Il y a quand même une autre personne d’intérêt. Celle qui porte !
Parce que le portage offre de nombreux bénéfices pour les jeunes parents.

Tout d’abord, le contact peau-à-peau est primordial dans la création des liens avec les bébés. Il favorise la sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes, des hormones et neurostransmetteurs qui jouent un rôle prépondérant dans l’établissement des liens affectifs.

Le portage peut paraître difficile, au premier abord. (En réalité, c’est comme faire ses lacets : au début, ça semble complexe mais… C’est un coup de main à prendre !).
Très vite, tu pourras être rassuré.e sur votre ta compétence à pouvoir réconforter ton enfant…
Cette proximité avec le bébé permet d’être en lien avec ses besoins : les pleurs sont évités, puisqu’il est possible de les comprendre plus vite… Avant qu’ils ne s’énervent et pleurent!
Saviez-vous que le portage réduit l’occurrence ou la gravité des dépressions post-partum. Henrik Norholt a mené une étude qui démontre que les symptômes de dépression post-partum sont réduits chez les mamans pratiquant le portage. Un bel avantage, ne trouvez-vous pas ?

Le portage est LA manière utilisée de tout temps pour permettre aux bébés d’être réconfortés pendant que leurs mères (traditionnellement, mais toutes les configuration familiale sont possibles) reprennent leurs activités et puisse articuler les besoins d’un nouveau-né avec la vie d’un aîné, par exemple!
Merci quand même à l’entourage de suppléer la jeune accouchée, c’est indispensable qu’elle puisse bénéficier de soutien… pour câliner son tout-petit!
Pas d’inquiétude, le lien avec les autres personnes se construira aussi, au début, le lien mère-enfant est primordial pour que chacun d’eux atterrissent dans leurs nouvelles attributions, c’est-à-dire, respectivement, responsable d’un humain et être aérien à part entière.

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Premier portage en écharpe d’une touuuuute petite de quelques jours! 16 mois plus tard, je ne compte plus le nombre d’heures et la sérénité grâce à cela! ❤

 

La vie avec un bébé est un appel à l’instant présent. Cela peut-être considérer une pratique de Pleine Conscience au quotidien.
Le portage et le parentage proximal correspondent à une courte partie de la vie d’un enfant. Et c’est une phase précieuse !
C’est l’occasion de prendre le temps, d’Être au lieu de toujours « faire avec efficacité ».

A bientôt, pour de nouvelles découvertes curieuses!

Références :
– Le concept du Continuum de Jean Liedloff, Ambre Editions (21 mars 2006)
– Serre-moi Fort: Comment élever vos enfants avec Amour. Broché (2017)
– Materner: du premier cri aux premiers pas. Blandine Bril et Silvia Parrat-Dayan. Edition O. Jacob mars 2008
– Peau à peau: Techniques et pratiques du portage. Ingrid Van Den Peereboom. Editions Jouvence
– Porter bébé: Avantages et bienfaits. Claude Didierjean-Jouveau. Editions Jouvence poche

Je t’invite aussi à lire deux articles: « Tu vas en faire un bébé-bras » et « le quatrième trimestre de grossesse ou la découverte d’un nouveau monde« , qui aborde le portage et la vie quotidienne avec un.e bébé.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Réponse à Rufo – Courrier Lectrices Femina

Aujourd’hui, je suis tombée là-dessus :

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C’est le pouvoir des réseaux sociaux d’être confronté.e.s à des informations que l’on n’ aurait jamais sans eux.
Et le Magazine Femina ne fait pas partie de mes lectures habituelles.

Je découvre que ce très médiatique Rufo répond (encore), en son titre de pédopsychiatre, à des questions de parents.
Cette fois, il répond à Delphine, Maman, confrontée aux remarques de son fils de 7 ans : « Je t’aime moins », « je te trouve un peu vieille », …

Comme lu ci-dessus, la réponse du Dr. Rufo est sur fond de chantage affectif et… d’ignorance.

Dans sa réponse, il met en évidence que les enfants devraient garder pour eux ce qu’ils vivent au quotidien. Cela implique que les enfants ne devraient donc pas témoigner la confiance nécessaire en leurs parents pour s’exprimer… Même sur des sujets potentiellement graves.
Comment un enfant peut-il faire la distinction entre ses histoires de mésententes, bagarres et conflits entre enfants et des attitudes de harcèlement ou encore des actes malveillants de la part d’adultes ?

Alors NON, il n’est absolument pas discutable qu’un enfant se confie énormément à ses parents. Au contraire !
Un enfant accompagné dans la bienveillance pourra se confier, prendre du recul et apprendre à analyser les situations avec plus de complexité grâce au soutien parental.
En outre, cela lui offrira la possibilité de parler de tous les problèmes éventuels qu’ils rencontrerait, sans crainte ni gêne.
Alors que s’il se ressent être le casse-pied de ses parents, il se tiendra à distance d’eux… Même quand il en ressentira le besoin.

Ensuite, la réponse effectuée par le Dr Rufo suggère que l’on doit exprimer clairement aux enfants que s’ils agissent de telle ou telle autre manière, on va moins les aimer … et que c’est plus grave que leur ressenti d’enfants.
Les enfants, depuis leur naissance, ont l’instinct et ensuite la conscience que seul l’attachement à leurs proches leur permet de vivre sereinement.
L’attachement est une donnée de base pour les enfants… Et c’est connu depuis plus de 60 ans! (voici un article qui aborde les théories de l’attachement)
Il est fréquent que les enfants craignent de perdre l’affection parentale à cause de leur attitude. Un enjeu majeur, dans l’accompagnement parental et des enfants, est de sécuriser le lien.

En disant clairement que l’amour est conditionnel envers les enfants, cela insécurise les enfants.
Ils vont alors se construire la croyance qu’ils doivent se comporter d’une certaine manière pour être aimables.
Nous sommes alors à l’opposé de la bienveillance et de l’accompagnement de l’enfant pour ce qu’il est, et non, pour ce que les parents veulent qu’ils soient.

Bref, tout dans cette réponse est nocive.
Parce qu’elle ne répond pas en termes d’aide demandée par la mère.
Parce qu’elle place l’enfant comme un être destructeur de la relation.
Parce qu’elle instile la croyance que l’amour des parents est conditionnel, pour de futiles raisons.
Ce que je propose, c’est d’apporter une réponse à Delphine, qui pourra l’aider réellement !

« Bonjour Delphine !
Vous avez un petit garçon qui a confiance en vous. Grâce à ce qu’il vous confie, il peut construire son rapport aux autres et prendre de la distance face aux évènements de la journée. Grâce à cela, il apprend à gérer ses émotions et ses comportements sociaux.
C’est un magnifique cadeau que vous lui faites en l’écoutant chaque jour !

Qu’il est dur de s’entendre dire des perceptions froidement sorties de la bouche de l’être qu’on aime plus que tout.
Votre enfant exprime son ressenti par rapport à vous et à votre apparence.
Il est probable que ce soit exact. Par rapport à ses ami.e.s, vous êtes plus âgée, vous semblez ainsi plus « vieille », vous avez la peau moins lisse, et vous n’êtes pas comparable en terme de beauté à une fillette de 7 ans.
Votre fils questionne probablement les rapports aux âges et à l’évolution du corps avec le temps qui passe. Cela peut être angoissant pour un enfant de voir que sa maman vieillit…
Y aurait-il des questionnements existentiels autour de la mort là-dessous ?

Il exprime également qu’il vous aime moins. Je trouve votre réponse totalement adaptée… Mais lui avez-vous demandé pourquoi il pense à cela et ce qu’il ressent derrière cette phrase ?
Par ces mots, il exprime la possibilité d’un attachement conditionnel ou réduit. Il est probable qu’il craigne que vous puissiez un jour, vous-même, ressentir cela à son sujet.

Je vous suggère d’ouvrir la discussion avec votre fils qui fait état de constat, sans sembler volontairement blessant (difficile de savoir sans avoir le ton ni connaître les détails de votre relation). Par ses « phrases-façades », il témoigne d’un besoin qui mérite de trouver réponse, une fois que vous aurez mis le doigt dessus !

Bon cheminement avec votre enfant et rassurez-vous, toutes ces attitudes démontrent combien il tient à vous ! »

Je croise les doigts pour que Femina puisse envoyer cette réponse à Delphine, afin qu’elle ne reste pas avec celle qui lui a été apportée par le Dr. Rufo.

Cordialement,

La Curiosité Bienveillante