Maternage proximal·Préparer la naissance

 Si j’avais su… le corps et l’esprit des mères de bambin.e et + !

Cet article fait suite aux articles:

Si j’avais su.. (l’accouchement)

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

 

Je croyais qu’une fois que l’enfantement avait eu lieu, le corps passait par une phase de dégestation de 9 à 12m, avant de retrouver un corps qui serait proche de celui « d’avant ».

Quel mirage ! Une croyance gracieusement orchestrée par les médias majoritaires et notre biais de confirmation: il s’agit du fait de prêter attention à ce qui confirme nos croyances plutôt que ce qui les infirment.

Ainsi, le corps d’avant serait possible: regarde les mannequins, les fitwomen, les actrices.
Mieux, certaines femmes disent même que l’allaitement fait maigrir et d’autres ont même perdu trop de poids.
Et oui, il est vrai que le métabolisme change.

Le métabolisme a changé pendant la grossesse et il évolue encore en post-partum.
Jamais je n’aurais cru que mon corps serait spécifique parce que j’allaite.
Et pourtant, c’est le cas: la plupart des femmes n’ont pas les mêmes sensations physiques.
Le périnée a été rééduqué, souvent.
Mais les muscles ne sont pas ce qu’ils furent. La grossesse et les premiers mois collés/serrés engendrent souvent une réduction de l’activité physique et donc de la masse musculaire.

Le métabolisme est influencé par le climat hormonal de la lactation: la mobilisation de la masse graisseuse semble impactée (ce qui est logique, puisqu’enceinte, les réserves ont été constituées à cet effet). En outre, certaines études montrent que la prolactine augmenterait l’appétit.
La dynamique serait alors de manger plus pour éviter de perdre de « l’état » = trop maigrir.

Or, au contraire, certaines femmes grossissent avec la lactation: toutes les femmes ont un métabolisme singulier. La prise ou la perte de poids n’est pas qu’une question d’apports caloriques !
Il s’agit aussi d’un équilibre hormonal, comme le prouvent les personnes atteintes de diabète de type 1 et celles souffrant d’hyper ou d’hypo-thyroïdie.

 

Pourtant, la norme des régimes (ou des rééquilibrages alimentaires, qui engendrent autant de risques de compulsions alimentaires réactionnelles à la logique de restriction) est tellement intense que la croyance principale est que c’est la volonté individuelle qui est responsable de son poids.

Chaque femme serait alors responsable de son corps. Et il y aurait des objectifs: être mince, un peu sculptée, avoir la peau lisse, une absence de cernes, des cheveux bien coiffés, ….

Je ne sais pas toi, mais moi, à J + 29 mois: je n’ai pas la tête des stéréotypes des jeunes mères ! J’ai la cerne ancrée, gagné quelques cheveux/poils blancs, j’ai un appétit digne de gargantua et mon poids varie entre + 1et +5 par rapport à mon corps d’avant.

 

Dans la suite de ce post-partum, certaines (dont je faisais partie) avaient promis de chérir leur corps du cadeau effectué en donnant la vie de manière la plus adaptée qui soit.
Ce corps, le tien, le mien, avait si bien fait le job qu’on ne pouvait QUE lui être reconnaissant !

Mais…
Mais ces fichues injonctions?! Et si ce physique de « maman » devenait le mien.
Est-ce donc inévitable?
Comment font celles qui perdent tout ?

Parce que pour certaines, il reste les vergetures. D’autres arborent des seins essoufflés ou asymétriques (pendant l’allaitement, il y a des préférences qui se voient…! Je rappelle que l’état des seins n’est pas en lien avec l’allaitement ou non mais bien à la prise de volume pendant la grossesse !).
Alors que le corps rond et rempli de bébé était congratulé, que le corps post-partum était, souvent, perçu avec un mélange d’étonnement et de tendresse gracieuse, que reste-t-il après 2 ans ?

La maternité apporte encore plus de changements dans un corps que la puberté… Et à une vitesse décuplée.
Dans une société où le jeunisme est prôné, où toutes les traces de la vie sont effacées à coup de laser, bistouri et autres traitements, il y a de nombreuses embûches à l’acceptation de son nouveau corps.
Ces pantalons d’avant, quand mes hanches étaient celles d’une nullipare, faut-il s’en débarrasser ou les conserver dans l’espoir de pouvoir les arborer, plus tard… Un jour, quand le rythme alimentaire des enfants ne donnera pas envie d’un goûter? Quand le corps redeviendra un point d’intérêt majeur?

Et puis il y en a plein, qui retournent dans leurs pantalons…!
La douloureuse comparaison…

 

Chaque femme est tellement différente d’une autre: l’espace mentale laissé à son rapport à la silhouette dépend de la vie de chacune.
Il n’y a pas une bonne situation.
J’ai en tête @Madame_capitaine qui se réjouit de ses formes de mère alors que précédemment elle souffrait de sa maigreur !
Il est, me semble-t-il, indispensable de chercher des « modèles » qui vous inspirent et font du bien… Pas celles auprès desquelles tu pourrais te sentir en défaut !
A l’heure de la comparaison par les réseaux sociaux où il y a des milliers de femmes au même point que toi, se préserver des injonctions (et donc les connaître) est une prévention de la santé mentale.

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– Toutes les inquiétudes d’être mère

En devenant mère, tu as pu découvrir certaines angoisses dont on parle peu.

Enormément de femmes expérimentent la peur de mourir et des traits hypochondriaques dans les premières années de vie des enfants.
Cela survient souvent dans les premiers mois, mais cela peut perdurer (surtout en famille monoparentale ou homoparentale si les enfants ne sont pas encore adoptés par le parent social) et engendrer un mal-être plus général.

Il est nécessaire de savoir que ce n’est pas de la folie.
Il s’agit d’une réaction fréquente au fait que ce petit d’humain dépend entièrement de nous. Une mère peut même être tentée d’habituer son bébé au biberon, voire ne pas allaiter, par crainte d’un accident qui perturberait trop son bébé si l’allaitement est interrompu subitement!

Comme toujours, il n’y a pas de limite franche entre ce qui est normal et pathologique.
Si ces pensées prennent trop de place, il est peut-être nécessaire de consulter afin que tu puisses retrouver ta sérénité quotidienne!

 

Il y a d’autres phénomènes psychologiques qui peuvent survenir dont les phobies d’impulsion.

Il s’agit d’une peur irrépressible de commettre des actes répréhensibles. Par exemple: secouer son bébé, se défénestrer, jeter le bébé/l’enfant par terre, frapper l’enfant, effectuer des attouchements, …

Ces pensées parasites le quotidien de manière majeure !
Il est indispensable de savoir que ce n’est pas parce que tu penses à quelque chose que cela va se produire.
Ces alertes sont à prendre au sérieux et il est bien plus confortable pour les femmes qui les vivent de consulter afin de passer au-delà de ces pensées envahissantes !

 

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– la charge mentale et la volonté d’être soi…

Pouvoir se redéfinir, en tant que mère, femme, travailleuse, amante, maman à 100%, salariée, entrepreneure, amante, épouse, conjointe, …
Toutes ces étiquettes qui dépendent autant de ta situation actuelle, qui changera peut-être dans un an et qui a évolué par rapport à ce que tu avais anticipé.

 

Alors que d’autres ont repris le chemin du travail au bout du congé maternité, d’autres ont décidé de rester un peu plus. Congé parental… Démission… Entrepreunariat?

Chacune a fait des choix, qui se sont imposés à elle, tant bien que mal.
Chaque choix semble être assumé et chacun comporte son lot de jugements sociétaux:

– la mère au foyer n’aurait pas de plus-value économique et social (à d’autres, merci !);

– la mère qui travaille serait une mère indigne;

– la mère en garde partagée doit souffrir en silence

– L’envie d’une activité plus authentique et audacieuse engendrent des prises de risques perçus comme inconsidérés ou inconscients par des proches « bien intentionnés »;

– …

 

Chaque décision est mesurée, jugée, autant par les autres que par soi-même.
Avant même de recevoir de l’empathie pour SOI, on reçoit la projection des tiers sur nos vies.
Quel étrange constat dans la parentalité de percevoir via les remarques et les critiques tout ce que les autres ont mal vécu/pas assumé/aurait aimé faire différemment/ont vécu comme nous, …
Quel étrange constat de se rendre comme que l’éducation et la parentalité sont des sujets épidermiques qui mobilisent toute l’organisation sociale et la façon dont les individus ne sont organisés autour.
L’absence de jugement ou de projection est quasiment impossible. Mais l’empathie, la tolérance et l’écoute active suffise à soutenir de manière authentique…
Il serait peut-être bon de le rappeler à tou.te.s!

 

– Il reste la fatigue…

Pourquoi ce secret ?
Pourquoi dit-on uniquement que ce sont les nourrissons qui ne dorment pas?
Pourquoi personne ne communique librement sur le fait que le sommeil des bambin.e.s peut être encore plus chamboulé que celui des nourrissons ?
Pourquoi ne sait-on pas que le sommeil des enfants n’est pas acquis avant 3 ans (voici d’ailleurs un article concernant le sommeil) et que la plupart des enfants (allaités ou non!) se réveillent encore de 1 à 3 fois à 2 ans ?

Pourquoi ne dit-on pas que chaque poussée dentaire peut engendrer des réveils multiples à cause des tensions que cela engendre ?
Dois-je vraiment parler des autres maladies infantiles qui perturbent le sommeil, encore et toujours ?

 

Vraiment, ça me dépasse qu’il y ait un mutisme sur le sujet alors que l’ignorance crée des attentes irréalistes pour les parents!
Qui plus est, les pédiatres mal informé.e.s peuvent aussi avancer qu’à partir d’un certain poids, les bébés n’ont pas besoin de manger la nuit !
Bien… Mais, globalement à 32 ans, j’ai besoin de boire toutes les nuits!
Je dois l’empêcher à mon enfant ?
Ah oui, évidemment, si la méthode est de « laisser-pleurer » et compter sur la résignation acquise, nous n’avons pas les mêmes objectifs ! *wink*

 

Alors oui, forcément, le temps faisant, il est possible d’être plus fatiguée avec un.e enfant d’un an ou deux qu’avec un nourrisson.
Les journées, elles aussi, demandent plus d’énergie avec un.e bambin.e puisque le niveau d’interaction augmente, les demandes ainsi les stratégies pour réussir à concilier les besoins de tou.te.s mobilisent activement !

 

– Il reste: les interruptions et une vie à 100km/h !

Il est probable que tu aies trouvé un certain rythme avec ton tout-petit mais à partir de 15/18 mois, l’ensemble de ses progrès moteurs ne te permettent plus de d ‘effectuer avec décontraction certaines tâches.

En outre, cela fait 2, 3 ou 4 ans que tu es interrompue dans la plupart des tâches pour lesquelles tu t’engages: un appel à l’aide, un câlin, amener un enfant au toilette, le faire descendre de la table, …
Cela fait autant d’années que l’estimation du temps alloué à chaque tâche n’a plus vraiment de raison d’être.
D’ailleurs, cela peut rendre tendue, à force de répétition.

Si c’est globalement compris de la part d’un bébé, à partir d’un an, les interruptions répétées sont moins bien vécues.
Certaines femmes ont l’impression d’être persécutées par ces « freins » perpétuels.

Si la plupart des mères savent que les enfants ne sont pas exprès d’être oppressant, le vécu est parfois compliqué.et dépend des ressources de chacune.
L’isolement, le manque de soutien, les remises en question, le niveau de fatigue sont autant de circonstances qui favorisent l’exaspération et la baisse d’empathie envers les enfants.

 

– La dépression post-partum, si tard ?

Il se peut que tu saches très voire trop bien ce que c’est.
Pour d’autres, c’est un état qu’on est contente d’avoir évité.
Mais comme toujours au niveau des pathologies, il y a celles qui ont frisées les bords sans rentrer dedans selon toutes les caractéristiques diagnostiques… Et ça n’enlève rien à leur mal-être vécu.

Lorsqu’elle survient, la Dépression Post-Partum (DPP) se déclenche dans la première année de vie du bébé. Cependant, une DPP sévère peut démontrer des symptômes pendant de nombreuses années. La dépression post-partum survient chez 10 à 15% des femmes, elle dure plus de 2 semaines et est invalidante (contrairement au baby blues).

Si aucun trait de dépression n’était présent durant les premiers mois de l’enfant, il est probable que ce soit une dépression (qui n’a pas besoin d’être justifiée par le post-partum pour accepter son vécu) ou un Burn-Out Parental (que j’aborde dans le point suivant).
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Symptômes à surveiller

Sois vigilante s’il se présente les symptômes suivants :

  • une profonde tristesse sans raison apparente;
  • un épuisement permanent ou des problèmes de sommeil (dormir trop ou pas assez);
  • un sentiment de dévalorisation ou une culpabilité excessive (impression d’être une mauvaise mère, difficulté à établir un lien avec votre bébé);
  • un sentiment d’irritabilité et de refus de votre bébé;
  • une extrême anxiété (surtout en ce qui a trait au bien-être de votre enfant);
  • une incapacité à vous occuper correctement de votre enfant;
  • un désintérêt pour les activités ou un manque de plaisir durant celles-ci;
  • un changement d’appétit;
  • le sentiment que les choses ne s’amélioreront jamais.

Il est possible de passer un questionnaire pour estimer si une dépression post-partum est présente:

Questionnaire pour dépister la dépression post-partum: https://www.hug-ge.ch/depression-perinatale/comment-depister-depression-perinatale-quizz-epds

 

Que ce soit une dépression post-partum qui a encore des retentissements, une dépression (rechute ou inédite) ou un Burn-Out Parental, il est nécessaire d’investir sur soi-même et se lancer dans un suivi avec un.e psychologue.

La dépression est invalidante au quotidien, il n’y a pas de honte à ça.
Et si tu n’es pas touchée mais que tu as une connaissance qui a des signes qui t’interpelle, ose lui parler et lui proposer du soutien !

 

Source concernant la DPP:

https://www.soinsdenosenfants.cps.ca/handouts/depression_in_pregnant_women_and_mothers

https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2011-2-page-611.htm#

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gyn%C3%A9cologie-et-obst%C3%A9trique/soins-du-post-partum-et-troubles-associ%C3%A9s/d%C3%A9pression-du-post-partum

 

– les risques de Burn Out Parental

Après plus de 2 ans d’investissement constant, et en fonction des circonstances… L’ombre du Burn Out parental peut poindre.
Voici les signes qui laissent penser que tu pourrais être concernée:

– La saturation et la perte de plaisir dans le rôle de parent

Le parent n’en peut plus d’être parent, il a un sentiment de trop, « trop plein », il ne parvient plus à trouver du plaisir dans son rôle de parent.

– La distanciation affective d’avec les enfants

Trop fatigué, le parent n’a plus l’énergie de s’investir dans la relation, ou en tout cas plus autant que d’ordinaire. Il prête moins attention à ce que ses enfants lui racontent ou les écoute d’une oreille distraite, il n’accorde plus (autant) d’importance à ce qu’ils vivent et ressentent, il ne s’implique plus (autant) dans leur éducation, il n’arrive plus (autant) à montrer à ses enfants combien il les aime. Il fait ce qu’il doit faire (les conduire à l’école, leur préparer à manger, la toilette, le coucher), mais pas plus.

Le contraste

Le parent prend conscience qu’il n’est plus le parent qu’il était et encore moins celui qu’il voulait être. Il ne se reconnaît plus, il a honte du parent qu’il est devenu. Il y a un contraste entre le parent qu’il était et celui qu’il est aujourd’hui

Source: https://www.burnoutparental.com

Page facebook de référence sur le sujet: https://www.facebook.com/burnoutparental/

Il est important d’être consciente de son propre état. La plupart d’entre nous ne laisseraient pas un.e de ses proches sombrer dans un état d’épuisement patent.
Pourtant, nous avons tendance à ignorer voire minimiser les signaux envoyés par notre corps.
Connaître les signes permet d’être en vigilance et à pouvoir chercher de l’aide avant de sombrer.

S’il n’est pas anormal d’agir de manière un peu « automatique », ce n’est pas normal que ces soit une attitude récurrente au quotidien.
Il n’est pas normal de ne réussir à ressentir aucune empathie pour ses enfants…
Contacte-moi ou un.e autre pro afin de recevoir de l’aide.

Autre ressource pour mieux comprendre le Burn Out Parental: http://www.femmesprevoyantes.be/wp-content/uploads/2018/10/Analyse2018-Burn-Out-Parental.pdf

 

– Le « Terrible two »: Mythe ou réalité?

Aux alentours de 18/24 mois, les enfants peuvent commencer à revendiquer leurs choix de manière plus ou moins de conviction.
Il survient aussi la « période du non » qui peut durer de 3 semaines à plusieurs mois, en fonction de la réponse parentale aux attitudes des enfants.

Certains parents vivent mal les nouvelles exigences que soulèvent leurs enfants. Il se mélange alors différents ressentiments dont l’exaspération de ne plus avoir un enfant aussi coopératif ou de devoir faire attention à de plus en plus de détails du quotidien.
Comme à toutes les évolutions des enfants, les parents doivent calibrer leurs attitudes afin de correspondre aux nouvelles compétences des enfants.
Il est fréquent que cela réveille nos croyances et les difficultés à passer au-delà en fonction de l’éducation que nous avons reçue.
Je t’invite à consulter l’article sur « la période d’opposition » si tu as justement besoin d’aide à ce sujet.

 

 

Il reste l’injonction à la sexualité

Entre la fatigue, un corps à-soi-mais-pas-vraiment-même-si-oui-quand-même, la charge mentale qui explose et la volonté de bien faire: il y a le couple (quand il y en a un).

Dans ce domaine-là aussi, rien n’est identique d’une femme à l’autre !
Beaucoup de femmes ont un désir réduit pour diverses raisons. Les raisons évoquées 3 lignes plus haut, mais aussi l’allaitement et surtout, les conflits dans le couple, qui peuvent impacter la lidibo.

 

Après 2 ans, le couple peut avoir trouvé un nouvel équilibre ou, à l’inverse, avoir cristallisé un fonctionnement qui ne convient à personne… Mais dont il semble difficile de sortir.

Que faire quand on n’a pas du tout envie ? Certains hommes sont également touchés par ce phénomène !
Que faire quand le couple bat de l’aile car les attentes/besoins sont différents ?
Que faire quand, en l’absence d’une sexualité complète, même les gestes tendres et sensuels ont disparu ?

Je déplore souvent une situation: l’absence de relation sexuelle s’est transformée en absence de tendresse et de contact.
Or, souvent, cela ne convient à aucun des partenaires…
Comment même espérer une relation sexuelle si les contacts physiques amoureux et sans attente sexuelle n’existent plus ?

La réponse souvent donnée: au moindre contact, cela déclenche une envie. Alors je/il préfère s’abstenir.
N’est-il pas alors temps de sortir de la traditionnelle perception de la sexualité hétéronormée sur le modèle penis-in-vagina ?
Il y a tellement d’autres choses à pratiquer afin d’attiser le désir …
Notamment…. PARTICIPER et FAIRE SA PART (sans compter rien d’égalitaire mais bien en fonction des capacités physiques/morales de chacun.e) dans la gestion quotidienne !
(source: https://contemporaryfamilies.org/sex-equalmarriages-advisory/)

 

Il me semble important de préciser que le contact est nécessaire dans un couple. Encore une fois, j’enfonce les portes ouvertes, mais cela renforce l’attachement entre les partenaires.

Ce qui vaut aux 6 mois du bébé, vaut également à 2 ou 3 ans!
Tout dépend du contexte et du métabolisme de chacun.

Comme je le disais précédemment, il se peut que la fatigue soit très importante. Les nuits entrecoupées, les moments de sérénité pour soi-même encore rares, mais aussi de l’allaitement en cours, ou non.

Dans aucun cas, je ne prétends que les femmes doivent se forcer. Au contraire.
J’invite les partenaires à conscientiser que le couple n’est pas réduit à la présence ou non des coïts !
La plupart des couples qui ont une certaines « anciennetés » peuvent témoigner de périodes de basse et de haute activité sexuelle… mais pas seulement !
Dans ces longs couples qui durent 20/30 ou 40 ans ont l’expérience de moments où l’harmonie était bien moindre.

Tout comme le lien avec les enfants se construit progressivement, et d’autant plus avec le parent qui n’est pas la mère, le temps, l’empathie et la bienveillance renoue des liens nouveaux dans cette nouvelle entité qu’est le couple avec enfant(s).

Je suis intraitable sur un sujet: Quelqu’un qui te dit qu’il/elle te trompera faute de relation sexuelle fait simplement usage de manipulation.
Il n’est pas normal de se soustraire à ses propres sentiments pour contenter l’autre !

 

Et puis, tout le bonheur …!

Bien sûr, dans ce texte, j’ai mis en évidence ce qui pose question voire ce qui crée des difficultés.
Il va de soi que tout n’est pas simultanément présent. L’objectif était de mettre en évidence que la psypérinatalité concerne tous les parents !
Au quotidien, nous sommes toutes mues par des questionnements: certaines sont focalisées sur leur mal-être corporel /psy, d’autres vont se questionner sur leur mode de parentalité, ou encore être touchées par des circonstances qui amoindrissent la santé mentale.
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Heureusement, à côté de tout cela, il est incroyable de constater tout ce que le corps a pu créer (et faire grandir, quand on opte pour l’allaitement).
Grâce à vos interactions, ton enfant forge sa personnalité, développe des traits d’humour, produit des perles verbales et les fous-rires peuvent raisonner.

Nous avons tendance à oublier que la vie peut-être une fête malgré l’empressement.
Les tâches à remplir avec un horaire précis peuvent nous embuer et nous faire perdre le goût de vivre avec légèreté.
Il y a parfois (souvent ?!) une ambivalence entre des sentiments négatifs et la joie d’être mère.
Il est possible de s’épanouir dans un rôle de mère au foyer.

Ou pas.
Il est possible de travailler à temps plein et d’adorer cela.

Ou pas.

Il est possible d’être pleine de gratitude envers la vie pour cet enfant,

Et détester le corps/l’hypervigilance que la parentalité implique, …
Il est évident que chaque situation nécessite un éclaircissement singulier.
Toutes tes pensées peuvent être acceptées.
Tu n’es pas obligée de te juger.
Une injonction n’a pas à en remplacer d’autres (poils vs imberbe; allaitement vs biberon), …

Tout l’intérêt de cela est de te reconnecter réellement à tes enfants, en prenant soin de toi, envers et contre tout!

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Maternage proximal·Préparer la naissance

Le non-séparatisme : pilier du maternage ou extrémisme ?

Si je te disais que ma fille de 27 mois n’a pas été séparée de moi plus de 2h consécutives ?
Si je te dis que tous les jours depuis sa naissance, la seule manière qu’elle fasse une sieste en respectant son rythme est qu’elle dorme en portage?
Si je te dis que je n’ai jamais eu besoin ou envie de me séparer d’elle ?

Quel ressenti as-tu?
Trouves-tu que j’ai de la chance de rester avec ma toute petite ou estimes-tu cela contraignant?

A n’en point douter, je n’aurais jamais imaginer vivre cela quand j’étais enceinte et même durant ses premiers mois.

Dès le départ, portage, allaitement à la demande et cododo furent une évidence et remplirent ses besoins (et les miens).

👉De son côté, elle avait besoin d’une proximité intense, se réveillait si je la déposais,…
👇Du mien, j’avais besoin de cette proximité pour assurer ce continuum de l’être qui avait grandi en moi.
Mais pas seulement, maman solo, j’avais mon quotidien à assurer, mes douches à prendre, des lessives (beaucoup !)… et sortir pour prendre l’air.
Le portage m’a permis de tout faire, ma fille s’éveillant et s’endormant à sa guise.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à écrire sur mon site et que j’ai crée cette page.
J’avais besoin de me sentir utile socialement.

Si j’avais prévu 5 mois de présence auprès de ma fille (congé mat + congés légaux cumulés + sans solde de quelques semaines), je n’avais pas prévu les angoisses qui me saisirent lorsque que j’envisageais de laisser à quelqu’un ma toute petite.
J’avais fait une sélection énorme, payer des acomptes de réservations, ….
Pour finalement demander d’allonger mon congé sans solde.
Comment? En ayant économiser le maximum depuis ma grossesse et décidant de vider mes comptes pour profiter d’elle 3 mois de plus… et me faire à l’idée de retourner travailler.

Problème n°1: ce boulot m’avait mise sur les rotules et je ne partageais aucune valeur avec mon entreprise.
Problème n°2: je trouvais insensé de retourner gagner de l’argent pour payer une tierce personne afin de garder ma fille.
Problème n°3: comment accompagner ma fille dans son développement authentique et sans barrière d’obligation de façade si moi, je lui imposais un rythme qui n’était pas le sien et une mère fatiguée et triste.

Le dessin s’est effectué dans ma tête. Il me fallait encore du temps.
Nombreux pro auraient pu me dire que ma volonté de non-séparation était pathologique.
Des amies m’ont soufflé que le temps ne changerait rien et que je devrais m’y faire. Les premières semaines seraient dures et cela deviendrait de plus en plus simple.
D’autres connaissances m’ont confronté dans l’inverse… Elles aussi étaient restées sans travailler pendant 1, 2, 3 ans.
Je me suis demandée comment mon féminisme pouvait comprendre ce retour à l’inactivité professionnelle.
La réponse fut simple : c’est un choix. Un vrai choix de ma part et non guidé par une morale culturelle.
Et avant que je ne doive reprendre le travail… le destin s’est chargé de la décision pour moi: une fracture au pied.

Me voilà donc, en arrêt de travail, à m’occuper d’un bébé de 8 mois sur un pied (et une orthèse).
D’une solitude consentie, j’expérimente un isolement subi.
Impossibilité de conduire, de voir du monde, de sortir de chez moi, ou presque. Lorsque l’on habite loin de ses proches, la moindre tuile devient un cataclysme.
J’ai eu la chance d’avoir une fille merveilleuse, qui se contentait de jeux en intérieur des heures durant.
Les journées se ressemblent toutes et la question de la séparation avec ma fille ne se pose plus: la guérison peut prendre plus de 6 mois (spoiler: cela fait plus de 18 mois et ma motricité est encore impactée…).
Mon isolement m’a néanmoins aidé à choisir une autre voie: partir et changer de vie.
Me rapprocher de ma famille me semble évident afin de ne plus subir (et faire subir à ma fille) une telle situation.
En outre, je voulais que ma fille puisse développer des liens étroits avec sa famille dans son ensemble. Je souhaitais aussi pouvoir solliciter de l’aide et du soutien dans mes ambitions entrepreneuriales qui se sont développées…

18 mois sont passées et j’ai appris à lâcher-prise.
J’ai décidé de ne plus m’intéresser dans le fait de savoir si ma fille s’endormirait un jour sans être portée en journée.
J’ai décidé que mes choix d’accompagnement n’avaient pas à être questionnés pour des us sociaux.
Bien sûr, j’ai de la chance de partager mon quotidien avec des personnes qui sont dans une acceptation sans faille de mes choix. C’est incroyablement rare que ce soit le cas en intergénérationnel. D’ailleurs, si tu as des difficultés avec tes proches, je t’invite à lire l’article : « comment faire pour que mes proches acceptent mes choix? »

Aujourd’hui, j’ai décidé que tant que ce n’était pas indispensable ou voulu par ma fille: elle n’avait pas à être séparée de moi (c’est comme ça qu’elle m’a accompagnée lors de mon TEDx concernant le portage).
Cela veut dire que j’ai la chance (encore) qu’elle soit gardée par sa grand-mère quand c’est nécessaire et j’ai une absolue confiance dans ces moments-là.
Au quotidien, ma fille est très en demande de partager des moments avec sa grand-mère, elle est très sociable avec les adultes (plus réticente des comportements plus imprévisibles des enfants), se développe sans aucune contrainte.

Est-ce pathologique que j’ai refusé les séparations avec elle jusque-là ?
Non. C’était ce que mes tripes me dictaient. Il y a une transmission transgénérationnelle du fait de ne pas avoir confiance dans les structures collectives, j’en suis conscience.
Je me suis énormément interrogée sur l’impact de mes choix… et j’ai agi de manière éclairée.

Est-ce infantiliser ou de bloquer l’autonomie de ma fille que d’agir de la sorte ?
Au quotidien, il est aisé de constater que ce n’est pas le cas.
Ma fille a son tempérament et je ne peux pas savoir ce qu’il aurait été en ayant été séparée de moi très tôt, comme c’était prévu.
Ce que je sais, c’est que je n’aurais pas vécu ce que je voulais vivre en tant que mère.
Les séparations en-deça d’un an sont considérées comme précoces (voir le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux »).

Pour la suite, je n’ai peur de rien.
L’allaitement à la demande évolue et ne peut être comparé entre un bambin et un nouveau-né.
Le cododo est toujours salvateur, surtout quand on a un.e bambine qui ne fait pas nos nuits (je te propose d’ailleurs de lire l’article sur le cododo pour avoir toutes les informations nécessaires).
Il y a plusieurs mois, je rédigeais d’ailleurs cet article « Maternage, oui ! Mais jusqu’à quand?« .
J’ai de moult projets, dont professionnels, qui pourront se réaliser lorsque je pourrais m’absenter une nuit et partir des journées entières.
En cela, oui, l’allaitement exclusivement à la source a un impact sur la manière d’accompagner mon type de maternage.

Par cette longue storytelling, je t’explique comment j’en suis arrivée à pratiquer le non-séparatisme dans mon type de maternage proximal.
Aujourd’hui, je revendique un non-séparatisme socialement accepté afin qu’on ait le droit (et non l’obligation) de pouvoir garder ses enfants autant qu’on le souhaite et que l’environnement soit childfriendly. Tu veux en savoir plus ? Inscris-toi au magazine Grandir Autrement ou attend le n°82 qui sortira en mai. ;-p
L’idée n’est pas de promouvoir MON fonctionnement, mais de te transmettre que c’est possible et TU es la seule personne à savoir ce dont VOUS avez besoin ton bébé et toi.
Il y a autant de manière de materner que de famille.
Nous avons tou.te.s une résilience qui nous est propre.
Nous avons tou.te.s une histoire et des bagages émotionnels.
Cela impacte notre fonctionnement, notre tempérament, notre seuil de tolérance.
S’il y a des choses qui te font souffrir, une prise en charge psychologique est possible !

J’espère que cet article aura été attrayant !

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Les programmes en ligne dédiés aux parents, idée judicieuse ou simplement onéreuse ?

 

Aujourd’hui, je m’attaque à un sacré morceau.
C’est en partie du ras le bol et des conséquences que me vient l’idée de cet article.
Autant être franche, je ne peux pas être objective sur le sujet. Cela ne m’empêche pas de pouvoir donner, en fin d’articles, les aspects positifs de ce type de formation/coaching/accompagnement (?)… Appelle ça comme tu veux.

J’ai vu fleurir, comme toi, des tonnes de supports de formation/information/accompagnement pour les parents.
Ils promettent monts et merveilles dans la parentalité bienveillante.
Surfant sur tes difficultés de parents, ils promettent que tu seras vraiment mieux après.
Tu as droit à des témoignages de mères qui te disent combien ce fut efficace. (Quid de la réalité de ces témoignages?)
Tu as le droit à des punchlines et des vidéo rigolotes qui te montrent les fois où tu débordes et… tu te vois proposer des solutions miracles ou des coaching minimaliste pour changer de vie (rien de moins).
Tu as accès à des informations bien genrée où seule toi dans ta famille (si tu es une mère) deviendra épanouie et le gage de l’harmonie nucléaire.
Bref, il y a du choix.
Mais du choix de quoi ?

Premier étonnement, moi qui sait lire (et toi aussi a priori si tu parcours sur cet article), je remarque que les conseils fournis sont tout droit tirés de certains livres sans même être modifiés.
Je trouve cela réellement interpellant, tout comme le fait que ces personnes n’ont pour la plupart AUCUNE qualification dans le domaine de la petite enfance, de la psychologie, de la pédagogie ou autres domaines utiles dans un accompagnement parental.
Ce sont des parents devenus adeptes de « l’éducation positive » (terme que je n’apprécie guère, mais largement utilisé) et ont décidé de communiquer la bonne parole, en se prenant en exemple.
Ils/Elles utilisent largement l’image de leur famille et donc de leurs enfants à foison. A mon sens, cela questionne déjà le sens de l’éthique.
Pour être honnête, dans ma posture de psy, je trouve déjà que je parle bien trop de moi sur la page facebook La Curiosité Bienveillante ou sur insta @lacuriositebienveillante. Il est possible d’apercevoir un bout de la tête de ma fille ici ou là… Et cela me questionne déjà car même sans son visage, j’utilise l’existence de cette enfant qui n’a rien demandé.
Les personnes qui mettent en place de tels programmes n’ont pas ces considérations. Tout simplement parce qu’elles savent ce qui est le plus efficaces en terme de communication : l’être humain est friand d’un peu (voire beaucoup) de voyeurisme.
Nous aimons être le témoin de la vie des autres, observer leur fonctionnement, leur progéniture, les voir grandir et entrer dans un simulacre de rapport amical.
En plus de cela, ces gens voyagent, semblent épanouis, dans une familles soudés : bref, l’idéal de vie telle que présentée en Occident.
Je passe au-dessus du fait que les plus influentes de ces personnes ne représentent pas une once de diversité : le sacro-saint blanc cis-genre hétérosexuel campe la place. Exit les familles monoparentales, exit le métissage, exit le couple qui bat de l’aile, …
L’image est policée, pour être le plus adéquat aux Réseaux Sociaux occidentaux.
D’ailleurs, c’est à se demander comment les relations intrafamiliales de ces familles-modèles peuvent être authentiques malgré une telle mise en scène et médiatisation…
Cependant, l’impact des écrans dans la relation est un autre sujet, même si je le traite sommairement dans cet article concernant l’usage des écrans.
Autre fait intéressant, la plupart des personnes qui te vendent ces packs de formation te proposent toujours des tarifs géniaux avec des réductions incroyables.
Toutes les astuces du marketing de base sont utilisées, sans discrimination : l’urgence, le nombre de place (sur internet, sérieux?!), la nécessité de changer ta vie MAINTENANT, …
Cela surfe uniquement sur ton malaise par des coups de publications sponsorisées. Bref, c’est du marketing pour vendre toujours plus, pas pour t’aider réellement.

Désolée de briser tes illusions !

Mais il est impossible de trouver de l’aide intégrale (comme c’est suggéré en te vendant un, puis deux, trois, … modules sur divers sujets) via une formule unique.
Si l’accompagnement des enfants et des familles étaient si simple, cela ne ferait pas l’objet de questionnement depuis si longtemps.

Tu te retrouveras donc avec des généralités (comme dans mes articles, d’ailleurs, bien que j’essaye d’être la plus inclusive possible) qui ne seront pas appropriées à TON cas personnel.
Parce que tu ne peux pas passer le relais,
Parce que tu travailles à temps plein,
Parce que tu es « maman au foyer »,Parce que tu es maman solo,
Parce que tu es un papa,
Parce que tu es homosexuel.le,
Parce que tu as vécu des violences familiales,
Parce que tu vis avec ta famille,
Parce que tu es isolé.e en tant qu’expat, …

Bref, TU n’es pas la norme et les conseils généraux ne te conviennent pas.
Mais parfois, voire souvent, tu ne le sais pas. Alors tu tentes de les appliquer, ces bons conseils (et ils le sont, parfois). Tu améliores certains points de ta vie familiale, tu as l’impression que ça se passe mieux… Mais probablement, quelques semaines plus tard une nouvelle situation mettra au défi tes nouvelles connaissances et elles y trouveront leurs limites.

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Le « maître-nageur » est aux abonnés absents, il a vendu son cours en ligne, ça suffit! 😉

 

Le GROS problème avec tous ces vendeurs de rêve, c’est qu’ils ne t’expliquent rien.
Ils te donnent des clés d’action mais n’expliquent en rien ce qui se joue lors de ces changements. Or, les prémisses sont indispensables à comprendre !
La posture nécessaire, le contexte de vie, le besoin impérieux de répondre à ses propres besoins, la prise en compte de ses propres vécus et sentiments, les principes fondamentaux de la communication nonviolente et le changement de paradigme que cela demande par rapport au climat actuel sont parmi les éléments à prendre en compte et à mettre au clair dès le départ !

La plupart de ces intervenant.e.s usent d’arguments et des informations (comme des études) dont ils ne comprennent pas les implications ni (et surtout) les limites.
Alors bien sûr, je me fie aux études sur le domaine, mais j’ai conscience que ce sont des statistiques et que les études ont des limites pour leur interprétation (d’ailleurs chaque article décrivant une étude a une partie « conclusion et limites »).
Les limites sont, par exemple, le fait que la généralisation ne puisse par être effectuée dans tous les cas, que l’échantillon (le nombre de personnes ayant menées l’étude) était trop restreint, que n’ont pas été contrôlés tel ou l’autre facteur comme le niveau d’éducation des parents, le schéma parental, …
Toutes ces limites sont présentées dans les articles de base. Mais elles sont volontairement éludées dans les articles clickbait ainsi que les programmes de parentalité vulgarisés au plus grand nombre.

Ce que je trouve malheureux, c’est que l’impact financier est non-négligeable.
Ces personnes ont une aura médiatique, elles vendent admirablement leurs produits (preuve en est de l’étendue de leurs entreprises – ps : c’est vraiment cool pour elles, tant mieux pour leur business -) et cela implique que tu es un client à … fidéliser.
Et c’est là que le bas blesse sérieusement.

En tant que psychologue, nous avons des fondements déontologiques clairs : nous devons faire en sorte que le patient/client soit/reprenne de l’autonomie dans sa propre vie.
Nous ne pouvons pas créer de dépendance vis-à-vis de nous. Cela paraît normal… et pourtant, sois en sûr.e, avec des modules progressifs, des formules d’abonnement mensuel, des coachings prévus sur des durées aléatoires : ce n’est pas ton autonomie qui est en ligne de mire. Au contraire, plus tu croiras devoir encore t’améliorer, plus tu seras susceptible d’acheter.
Mais pour ça, il faut bien cloisonner les informations et t’en donner juste assez peu pour en demander toujours plus. Et bien sûr, il faut laisser planer le doute sur tes compétences, tes connaissances et ta façon de réagir.

Encore pire, éthiquement, ces entreprises visent une cible claire : les parents en détresse.
Bien sûr que cela existe : le parent est l’être le plus sujet à l’angoisse, la culpabilité, l’envie de bien faire et l’envie d’être déculpabilisé.e.
Surfer sur ces tendances humaines fonctionnent à merveilles pour déclencher l’acte d’achat.

Être déculpabilisé.e peut s’avérer utile lorsque tu rentres dans un cercle vicieux avec ta propre exigence et que tu ne parviens plus à distinguer ce sur quoi tu peux lâcher-prise.
C’est d’ailleurs d’un intérêt majeur dans le burn-our parental.
Mais comment un enregistrement peut prendre en compte ton propre cas ?
Alors ils assènent des phrases qui banalisent certaines violences éducatives ordinaires. Ils caressent dans le sens du poil de manière à ce que tu te sentes mieux … en superficie. Mais ce qui génère ce mal-être demeure et tu n’auras pas réussi à trouver des solutions pérennes.
Une certaine culpabilité peut servir. Tous les sentiments ont leur utilité. La culpabilité après un acte spécifique ou un posture peut être le déclencheur de changements bénéfiques.
L’idée d’une guidance parentale n’est pas de banaliser des VEO ou encore de t’enliser dans une culpabilité maladive… C’est de t’aider à répondre au mieux à vos besoins à toi et tes enfants.

De leur côté, les accompagnement enregistrés se fichent du résultat. Au fond, peu importe si tu suis leur coaching ou non. Tant que tu l’as payé, ça leur convient.
Tu n’auras pas de rappel, ou juste automatique, pas d’incitation à te connecter ou pas d’entretien avec une personne qui prend acte de ta situation personnelle.
Au mieux, tu auras un nouveau mail te proposant de participer à leur nouveau programme sur un autre sujet… Certainement abordé sommairement dans celui que tu as déjà payé.
Un bon moyen de fidéliser la clientèle est de disperser l’information !

Bien sûr, les parents en détresse/en questionnement par rapport à leur parentalité vont trouver dans ces coachings certaines informations pertinentes.
Ils trouveront même une résonance à leur problèmes familiaux et pourront y trouver des aides ponctuelles. Il se peut même que ce soit efficace à court terme et que ça les aide à modifier certaines postures par rapport à leurs enfants.

Mais alors pourquoi suis-je dithyrambique sur ces méthodes de « coaching » ?

Parce qu’elles ne peuvent pas prendre en compte qui TU es.
Les personnes qui dispensent ces accompagnements enregistrés ne peuvent pas prendre en compte dans leurs mots et leurs conseils ton vécu personnel.
Ils peuvent prendre des exemples qui te renvoient à des situations très difficiles personnellement.
Ils manquent de nuances dans l’appréciation des cas singuliers.
Souvent, il s’agit de grandes vérités envoyées comme une recette de cuisine. Les parents (et toi, là, aussi!) se retrouvent alors, la plupart du temps, démunis face à ces conseils génériques qui ne leur correspondent pas.
Seul un échange interactif peut permettre de savoir où tu te situes dans ta parentalité.
Le fait d’allaiter ou non, d’être informé.e sur les VEO et le parentage proximal et surtout à quel niveau, ces éléments déterminent ce dont tu as besoin comme informations pour te sentir mieux.
Comme tu ne peux pas avoir ce niveau de finesse avec les programmes en ligne, tu peux déchanter.
Ces derniers peuvent alors craindre que l’accompagnement bienveillant des enfants soit un idéal inatteignable.

Alors qu’en est-il vraiment ? (voici un article pour les sceptiques de l’accompagnement bienveillant des enfants)
Il n’y a pas de recette, de livre ou d’intervention enregistrée à suivre à la lettre. Il s’avère nécessaire de se questionner dans ses perception de l’enfance, dans sa posture, dans son vécu de parents et d’ancien enfant.
Quand un mal-être survient, une prise en charge professionnelle est utile. Cela évite l’errance et une aggravation morale voire physique.

Une bonne prise en charge n’est pas beaucoup plus onéreuse que ces programmes génériques et les bénéfices sont bien plus vastes !

Rendons à César ce qui est à César : oui, ces programmes accessibles 24h/24 permettent aux parents d’acquérir des connaissances (principalement les personnes qui n’ont pas l’occasion ou la possibilité de lire sur le sujet). C’est tout à fait bénéfique dans ce but-là.
Dans ce cas, il est simplement indispensable de choisir les oratrices ou orateurs expérimenté.e.s et non uniquement mus par l’appât du gain.
Avoir un, deux ou trois enfants ne fait pas de quelqu’un un.e expert.e.
Publier un livre à succès car bien géré au niveau marketing, non plus.
Cela veut juste dire que le marketing a été efficace et qu’il a séduit/rendu curieux de potentiels client.e.s.

Tu as pléthore de psychologues, psychopédagogues, sage-femmes et accompagnant.es parental.es qui produisent des contenus utiles et pertinents pour délivrer de l’information en vidéo/podcast.
Je te suggère de te fier plutôt à ce type de professionnel.le.s… qui seront également accessibles individuellement en cas de questions.

J’espère que cet article t’aura apporté un éclairage nouveau à ce sujet.

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

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Maternage proximal·Préparer la naissance

Le temps de l’accouchement

 

Dans un précédent article, j’abordais la notion du temps pendant la grossesse.
Initialement, je pensais rédiger un article sur le rapport au temps avec un nouveau-né… Mais cela sera le suivant de cette série !
J’estime indispensable de se pencher sur l’expérience du temps pendant l’accouchement.

Je dois commencer par faire un disclaimer : bien que j’ai essayé d’être très complète, je ne peux être exhaustive dans l’ensemble des sujets abordés. Je serai ravie que les sages-femmes, gynécologues et toutes les autres personnes le souhaitant ajoutent leur pierre à l’édifice de la connaissance partagée par un commentaire.

Je vais parler ci-après de grossesses et d’accouchements dits « normaux », donc non-pathologiques.
Cela implique que dans ces situations, la mère et le bébé aillent bien et que rien n’indique un problème susceptible de survenir.

Il est évident que tous les signes indiquant une pré-éclampsie, une souffrance fœtale, un retard de croissance intra-utérin et d’autres pathologies tant fœtales que maternelles impactent les prises en charge. C’est tout le même le bonheur de la médecine que de se voir sécuriser dans les cas critiques.

 

Table des matières:

  • Introduction (et story telling)
  • L’accouchement, entre peur et bonheur !
  • Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !
  • Les différents cas de figures de « mise en travail »
  • Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?
  • l’évolution du travail
  1. – la peur de l’accouchement
  2. – les effets du « travail guidés »
  3. – l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )
  • La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement
  • Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?
  • Les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :
  • Faciliter l’accouchement par certaines mesures :
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • La nécessité de l’environnement serein
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • Elles voudraient… mais ne peuvent pas:quand le contexte dirige les actes
  • Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne 
  • Conclusion

 

Introduction

Cependant, plus de 80 % des accouchements se passent bien. Si la médecine permet maintenant de réduire la mortalité maternelle et infantile (voici les chiffres de l’OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality ).
La peur et les risques au cours de l’accouchement sont enseignés dès le départ des études des sages-femmes. L’accouchement est
perçu comme un moment particulièrement à risque, entre la vie et la mort. Les équipes soignantes sont drillées à éviter le moindre risque et à sauver mères et bébés.
Et c’est un bien noble mission d’accompagner les mères à mettre leur enfant au monde…

Les connaissances médicales ont amélioré la prise en charge des pathologies.

C’est ainsi que les mortalités et la morbidités maternelles et foetales ont drastiquement chuté, surtout avec la popularisation des protocoles hygiéniques.
Juste « comme ça », les nombreux cas de « fièvre puerpérale » violentes étaient propagées par les interventions médicales. En effet, passer d’une autopsie à une femme parturiente, sans se désinfecter les mains, n’est pas une idée merveilleuse !

Cependant, les protocoles rigoureux en sont venus à pathologiser la variabilité du « normal »… voire parfois d’induire des complications : l’hémorragie de la délivrance plus fréquente à cause d’un utérus sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse, par exemple.
D’ailleurs, « 
dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort » exprime Marie-Hélène Lahaye dans cet article https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

Alors, d’ores et déjà, il y a un conflit autour de la naissance : la préservation de la vie et la limitation des complications, d’un côté, et le respect des compétences et du ressenti des femmes, de l’autre.
Mais est-ce antinomique ? http://www.slate.fr/story/77870/longue-vie-honteuse-histoire-mortalite-maternelle
Divers rapports mettent en évidence que les accouchements à domicile ou en maison de naissance ne sont pas plus dangereux que les accouchements hospitaliers.
Afin d’entrer dans ce processus de naissance physiologique dans un lieu autre que l’hôpital, les sages-femmes informent rigoureusement les femmes enceintes.
Les naissances dans ces contextes « alternatifs » concernent des grossesses dites normales : aucun signe de pathologie de grossesse, bébé tête en bas, santé maternelle assurée, constantes fœtales normales, pas de grossesse multiple, …
En somme, les principales sources de complications sont soigneusement évitées.

L’accouchement a un statut particulier.
D’une part, il s’agit de l’aboutissement de la grossesse et beaucoup d’inquiétudes parentales se cristallisent dessus. La plupart des préparations à la naissance/à l’accouchement n’ont d’ailleurs comme objectif que de préparer à cet évènement inédit et faramineux. L’allaitement est parfois sommairement abordé, mais la « préparation » se cantonne principalement à l’instant T (qui peut durer 1h ou 72h!). D’autre part, l’accouchement est le début d’un nouveau chemin de vie aérien. Plus rien ne sera jamais comme avant, et il est maintenant nécessaire de prendre en charge ce tout-petit qui jusque là était comblé par son expérience amniotique.

Alors il pose question, focalise les attentions et les couples autant que les soignants tentent de se préparer au mieux.


Petite tranche storytelling :

J’ai fissuré la poche des eaux un samedi vers 15h30. Une fissure tellement fine que j’ai simplement eu des pertes rosées très légères. Mais qui dit pertes rosées, dit probablement présence de sang… Ce qui implique un passage à la maternité pour un contrôle.
A dire vrai, je ne croyais absolument pas que je débutais mon accouchement. J’avais perdu le bouchon muqueux la veille au matin, jour du dernier contrôle prévu avec ma gynécologue. Je n’avais qu’un petit centimètre externe de dilation. Ma gynécologue pariait sur une enfant post-terme car elle était estimée « petite » à ce terme-là : aux alentours de 3,2kg et 48cm alors que je suis une grande perche et Monsieur Donneur aussi.

Mais voilà, contrôle effectué à 22h (oui, j’ai pris mon temps, il ne faut pas rire : je n’allais pas me faire enfermée trop vite pour « rien »), c’est bien du liquide amniotique (en quantité infime). Je suis donc assignée au « quartier de naissance » jusqu’à la naissance de ma fille !

J’étais plutôt sereine, j’attendais dans l’enceinte hospitalière que mon travail veuille bien se mettre en route. J’étais persuadée que la nuit apporterait son lot de contractions. Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller après quelques heures de sommeil, sans le moindre signe de travail.

Mon corps ne semblait pas pressé à se séparer du fœtus qu’il abritait et moi, j’étais tranquille (bien que je rêvais de pouvoir me promener dehors… ce qui est interdit pour des raisons d’assurance!).

Mais il s’avère que le temps presse, une fois que la poche est percée… Les gynécologues mettent une deadline pour éviter les potentielles infections. Outre le début de l’antibiothérapie (d’autant plus que j’étais positive au dépistage des streptocoques du groupe B), la deadline est le déclenchement du travail. Ce qui n’est plus dans l’optique d’un accouchement physiologique…
J’ai vécu cette deadline comme une réelle pression. Chaque heure en l’absence de contraction m’angoissait. Je craignais de finir avec une césarienne d’urgence sous anesthésie générale, bref… Ce fut la ronde des scenarii catastrophes dans ma tête.
Heureusement, l’équipe de sages-femmes présente fut fantastique. Grâce à une séance d’hypnose, j’ai pu redescendre émotionnellement. Ensuite, elles ont tenté d’induire le travail grâce à de l’homéopathie ainsi que des massages avec une synergie d’Huiles Essentielles spécialement dédiée aux accouchements (sauge, et autres).
Ce fut louable de leur part, même si a posteriori, ces interventions étaient dans une optique d’accélérer le déroulement de mon accouchement… Alors que tout se passait très bien, analyse sanguine à l’appui !
Ce sont les processus et les protocoles standardisés des enceintes hospitalières qui poussent le personnel soignant à être totalement embrigadé dans la recherche des déroulements les plus rapides possible.
J’ai pu éviter un déclenchement qui était prévu 20h (soit 28h après la fissure), repoussé au lendemain matin. Et je me suis mise en travail à 22h !
14H de travail, de manière totalement physiologique…
Mais un placenta qui a mis 20 minutes à sortir.
Après 15min, la gynécologue (qui est vraiment adorable, hors ce cas précis) me dit : « Vous ne seriez pas la première à avoir une extraction du placenta sur AG après un accouchement superbe comme ça ! ».
Mon stress remonte en flèche (et tu sais quoi… Le stress et la peur induisent la production d’adrénaline, inhibitrice de l’ocytocine… Qui est indispensable pour le travail mais aussi pour que le placenta dise son dernier adieu!).

Une sage-femme me semble-t-il un peu paniquée à l’idée de masse le ventre d’une manière précise et non-douloureuse (je précise!) et voici mon très cher organe qui glisse délicatement.
Bref, on m’a fichu la trouille… Pour rien.

Cette pression au timing aurait-elle un lien avec le fait que les équipes soignantes aient des protocoles et des indications pré-définies de ce qu’est une durée « normale » de la grossesse, du travail, du temps de poussée et de la sortie du placenta ?
A côté de cela, les équipes sont souvent en sous-effectifs et, dans un accouchement physiologique, le travail actif demande parfois un peu de présence émotionnelle… Sans parler des moments de l’expulsion et de la délivrance qui sont sous haute surveillance et monopolisent le/la gynécologue, alors qu’il y a peut-être d’autres patientes et des consultations à assurer simultanément.

C’est limpide : l’empressement n’est pas principalement mu par la volonté de s’assurer de l’état de santé des la mère ou des enfants…

L’accouchement, entre peur et bonheur !

L’accouchement est donc un sas entre deux réalités distinctes pour la plupart.
Chez certaines, la grossesse et l’accouchement tendent à se chevaucher : dans les cas de menace d’accouchement précoce (MAP), par exemple. Dans ces cas-là, la grossesse est une parenthèse pendant laquelle l’objectif est de conserver cet état enceint en évitant toute activation du travail effectif.
Il y a aussi les cas de Retard de Croissance Intra-Utérin où il apparaît parfois que la grossesse ne permet pas une croissance optimale du fœtus et qu’un déclenchement peut être envisagé voire indispensable !

Sauf césarienne programmée (ce que je souhaite uniquement aux femmes ayant des antécédents ou des pathologies ne permettant pas de l’éviter … Pas comme au Brésil ou en Chine où les césariennes programmées représentent 50 à 80 % des accouchements : voici d’ailleurs un reportage sur la question), il est impossible de prévoir l’accouchement dans son calendrier.

La plupart des femmes se construisent une image de ce qui pourrait être « le début » de l’accouchement :

– Une contraction plus douloureuse que celle déjà ressenties (si elles ont déjà été perceptibles… Personnellement, je fais partie de ces femmes qui ont découvert les contractions au moment du travail uniquement) ;

– la poche des eaux qui perce/fissure ;

– … ?

Alors, souvent, les femmes et les couples cherchent à savoir ce qui les attendent et trouvent des articles comme celui-ci ou celui-là.

Ces articles propagent une vision de l’accouchement contenant des violences obstétricales que les femmes devraient accepter sans sourciller… ! J’y reviens plus tard dans l’article.

Mais, malgré les informations glanées ici ou là (comme sur mon site, d’ailleurs) la réalité rattrape l’imaginaire par une entrée en matière originale …

Certaines femmes ont des contractions (dites de Braxton Hicks) fréquemment en fin de grossesse. Leur corps se prépare et progressivement, se prépare au travail actif (qui travaille efficacement sur le col et qui accompagne le bébé qui descend dans le bassin), par une alchimie entre fœtus et mère.
Quand peut-on alors dire que le travail a commencé ?

Pour d’autres, la poche des eaux se fissure ou se rompt laissant une sensation étrange d’incontinence, de flaque tonitruante… ou de pertes discrètes qui s’accentueront graduellement. Cela n’a pas la soudaineté des films hollywoodiens qui présentent les femmes perdant les eaux, surprises par des contractions violentes faisant croire qu’elles vont expulser leur bébé sous 15 minutes !

D’ores et déjà, ces deux cas de figure engendrent un rapport au temps complètement différent.

Il est dit aux femmes primipares de se rendre à la maternité quand les contractions surviennent régulièrement toutes les 5 minutes, qu’elles durent 1 minute et ça, depuis une heure. Je suppose que ces conseils permettent de limiter le nombre d’accouchement sur les routes… mais aussi à réduire le stress inhérent au changement de lieu.
Cependant, l’inconvénient majeur est qu’il focalise l’attention des futurs parents sur un timing précis entre les contractions. Au lieu de se laisser vivre dans l’expérience du début du travail, il peut se produire un contrôle assidu des contractions. Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut être régi par un contrôle volontaire : c’est l’accouchement (et l’attitude du futur enfant, mais j’y reviendrai!).

Dans ces cas-là, les projets d’accouchements à domicile (AAD) sont enviables. Les couples ou la femme parturiente peuvent se laisser emporter par les vagues contractiles sans se questionner de sa dilatation ou des intervalles entre chaque contraction. Je t’invite à aller consulter le blog d’une psychologue et sophrologue « Une Petite Graine » https://unepetitegraine.blog/. Lorène y partage, entre autres, des témoignages d’AAD qui donneraient à tout le monde l’envie d’opter pour ce choix (en respectant les exclusions pour cause d’antécédents ou de risques accrus pour le bébé, évidemment).

Et malgré toutes les connaissances élaborées au fur et à mesure des années concernant l’obstétrique, les recherches continuent.
Cependant, il demeure une peur terrassante du moment de l’accouchement.

Malgré des taux extrêmement bas de mortalité maternelle, il est clair que ce qui est enseigné au sages-femmes et autres praticien.ne.s en maïeutique, est que le suivi doit permettre de garder tant la mère que le bébé sains et saufs. Or, seuls 10 à 20 % des naissances nécessitent une intervention pour qu’elles ne déroulent bien.

La plupart des femmes sont soumises aux mêmes traitements, quel que soit leur profil de risques…

Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !


Tu peux demander à l’équipe médicale de ne pas effectuer des touchers vaginaux de manière trop régulière voire même uniquement quand TU le souhaites (sauf dans les cas où le monitoring montrerait des constantes défavorables).
L’absence de contrôle régulier permet de se détacher de la performance de l’accouchement : dilater le plus et le plus vite, si c’est possible.

Je rêverai que les femmes hospitalisées n’aient pas à subir cette pression temporelle, accentuée par la présence inaltérable d’horloge dans chaque pièce, bien en vue !
De plus, il y a comme une comparaison étrange entre celles ayant eu un travail rapide et celles qui ont vécu les choses plus lentement.
Certaines femmes accouchent vite et cela s’accentue souvent
avec le nombre de grossesse.
Mais ce n’est pas une règle… Simplement parce qu’une grossesse n’est pas l’autre et que deux accouchements ne sont jamais similaires.
Et si l’on ne cesse répéter la singularité des grossesses, des accouchements et des enfants, il semble qu’en pratique tout soit régi par des moyennes, des calculs et des résultats métriques !

Un exemple simple est la durée de la gestation humaine qui s’étend de 37 SA à 43SA.
Mais, en France, la courbe de Gauss démontre que la plupart des accouchements se produisent aux alentours de 41 SA. C’est ainsi que le terme est arrêté…
Si cela ne paraît être qu’une formalité, il s’avère que cela prend toute son ampleur à la fin de la grossesse puisque les interventions ne multiplient dans le cas où « le terme » est dépassé.
Il est aberrant qu’une femme ait plus de sérénité à accoucher entre 39 et 41 SA qu’après. Cela induit chez les femmes qui dépassent leur terme des émotions négatives par rapport à leur propre corps, à leur futur accouchement mais aussi à leur bébé « qui prend vraiment du temps ».
C’est ignor
er la variabilité entre 37 et 43SA (source: https://syngof.fr/dossiers/revue-n93-juin-2013-grossesse-prolongee-et-terme-depasse/) … Chaque binôme maman-foetus prend SON temps pour atteindre le chemin de la naissance, il est bien dommage que les contrôles médicaux tendent à oublier cette singularité si précieuse.
Il existe pourtant des études qui permettent de mettre en évidence que si la surveillance de santé maternelle et fœtale gagne à se pratique dès 41SA, certaines problématiques n’apparaissent qu’au-delà de 42SA.
L’induction de travail peut être proposée entre 41SA et 42SA+6, et ce, en l’absence de pathologie… ce qui est une variabilité énorme !

Alors, autant le savoir… Non, la grossesse ne dure pas forcément 40 ou 41 SA, cela dépendra du développement du bébé, de la mère et du contexte de la naissance : le stress, l’angoisse, la peur et un environnement insécure bloque ou freine la mise en travail.
Voici un autre article qui aborde les différentes variables susceptibles d’impacter la durée de la grossesse.

L’accélération du travail prend aussi la forme de la mise sous ocytocine (de synthèse) afin de « corriger » le déroulement du travail s’il ne suit pas les courbes prescrites. La rupture des membranes peut également être suggérée pour améliorer l’effet de la tête du bébé sur le col et ainsi en accélérer la dilation.

Dans le deuxième stade de l’accouchement, c’est à dire de la dilatation complète à la naissance du bébé, il y a diverses procédures effectuées pour accélérer la durée de ce moment.
En structure hospitalière, c’est à ce moment-là que le gynécologues obstétriciens survient dans la salle de naissance. L’épisiotomie préventive a été pratiquée à large échelle à une époque (il y a 15-20 ans), au point que les instances de santé ont du prendre position sur le sujet. Pour les femmes nullipares, le taux d’épisiotomie était monté à plus de 50 %. Ce taux était dépendant des praticien.ne.s en salle de naissance.
Aujourd’hui, la maternité de Besançon fait école avec un taux d’épisiotomie avoisinant les 3 %.
La preuve est claire ! La plupart du temps, l’épisiotomie est ne pratique abusive qui rend les suites de couche difficiles, détériore la confiance en son propre corps et modifie temporairement ou définitivement les sensations lors des rapports sexuels.

Or, en massant le périnée durant le travail, en y appliquant des compresses chaudes, en adoptant des poussées retardées, la structure périnéale est atteinte de manière moins importante voire nulle dans de l’expulsion du bébé. Je reviens sur les pratiques favorisant le bon déroulement du travail plus loin. En attendant, voici les recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement

– Les différents cas de figures de « mise en travail »

les contractions de plus en plus fréquentes et avec une intensité sensorielle croissante.

Il semble important de dire que ce n’est pas un phénomène linéaire.
En fin de grossesse, le corps se préparent : les contractions de Braxton-Hicks plus intenses/fréquentes, assouplissement des articulations sacro-illiaques, augmentation des sécrétions vaginales, regain d’énergie et labilité émotionnelle plus importante. Bien entendu, tous ces signes ne présentent pas chez l’ensemble des femmes enceintes.
Certaines femmes vont avoir un travail caractéristique : des contractions qui augmentent graduellement en fréquence et en intensité… Mais d’autres vont vivre des contractions intenses à intervalles irréguliers pendant plusieurs jours, avant que celles-ci aient un impact franc sur le col utérin.

Ce dernier cas s’avère épuisant… Et il se produit une attente que la synchronisation entre leur corps et celui de leur bébé s’effectue de manière à cheminer ensemble vers la naissance.
Pour la plupart, c’est un jeu de patience : il y a toujours ce rapport au nombre d’heures que dure le travail. Et là, il n’y a pas de début clair et net.

Bien sûr, dans beaucoup d’autres cas, des contractions plus « intenses » offrent un ressenti différent aux parturientes. La douleur n’est pas commune à toutes les femmes. Certaines ne souffrent pas, alors que d’autres vivent très mal ces sensations.

– la fissure/rupture de poche des eaux,

Dans le cas où la poche des eaux s’est ouverte, et sans Accouchement à Domicile prévu, il convient de se rendre à la maternité… contractions ou non.
D’autant plus lorsque les analyses de fin de grossesse (aux alentours de 36 SA) ont révélé que la future mère est porteuse du streptocoques B. Le protocole demande que les femmes reçoivent des antibiotiques par intraveineuse, à intervalle régulier, de manière à éviter la transmission au futur bébé. (J’aborde cela en détails dans undes pointssuivants).

Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?

Souvent, les femmes sentent à ce moment-là que c’est parti pour la dernière étape avant la rencontre.

Mais la dernière étape est-elle linéaire ?

Les calculs et méthodes de surveillance existent depuis belle lurette !

Techniquement, les sages-femmes peuvent s’aider d’outils tels que le partogramme qui estime si le travail évolue « normalement ».
Selon l’OMS, il regroupe trois éléments : la progression du travail, l’état du fœtus et l’état de la parturiente.

Il s’agit d’un outils d’aide à la décision. Selon cet article, le partogramme et les protocoles de soins permettent une standardisation des pratiques et une amélioration du pronostic des femmes en améliorant la qualité des soins fournis.

Cependant, une méta-analyse sur le sujet laisse à penser que l’efficacité de cet outils est contestable et ne démontre par de réel bénéfice. Selon ces mêmes auteurs, « il est possible que les partogrammes s’avèrent utiles dans des contextes où l’accès aux ressources de santé est très réduit, comme des études menées au Mexique et en Afrique ont également montré une certaine réduction des taux de césarienne avec l’utilisation du partogramme et une intervention précoce pour une progression du travail ralentie ». 
Mais alors, comment savoir si le travail se passe bien ? Quand faut-il s’alerter ? Doit-on garder les yeux rivés sur la montre ? Et que faire des évaluations de dilatations données régulièrement ?

l’évolution du travail

Un accouchement se déroule en 3 phases : la période de dilatation, le temps entre la dilation complète et la naissance, la phase de délivrance du placenta.
La première phase se scinde en deux : La phase de latence et la phase active.

  • la phase de latence : du début du travail jusqu’au moment où la dilatation atteint 3 cmles prescriptions conseillent  : « Si cette phase dure plus de 8 heures et s’il y a au moins 2 contractions/ 10 minutes, la probabilité s’accroît de voir apparaître des complications Par conséquent si la patiente se trouve dans un centre de santé, elle doit être transportée à l’hôpital pour une évaluation précise de la situation »
  • la phase active : à partir de 3 cm, à ce moment-là, il est entendu globalement que le rythme de dilatation ne doit pas être inférieur à 1cm/heure.
  • Sur le partogramme, la ligne d’alerte représente ce rythme de dilatation. Si la courbe de dilatation de la patiente passe à droite de cette ligne, cela signifie que la dilatation
    est lente et que le travail est retardé. Si la femme se trouve dans un
    centre de santé, il faut envisager de la transporter à l’hôpital.
  • La ligne d’action est située à 4 heures à droite de la ligne d’alerte. Si la courbe de la dilatation franchit cette ligne, une extraction fœtale par césarienne ou extraction instrumentale (si le col est à dilatation complète et le fœtus engagé dans le bassin) est indiquée.
  • L’auscultation de l’état du fœtus grâce au rythme cardiaque doit se pratiquer toutes les 15 minutes.
  • L’état de la parturiente est également contrôlé par l’enregistrement de la température, du pouls, de la tension artérielle et de la diurèse.

 

Il est intéressant de constater que la plupart des indicateurs concernent qu’une prise de mesure et la surveillance d’un timing précis.

Or, si la précision des mesures est perçue comme importante, « Si sur le plan clinique l’appréciation digitale de la dilatation est largement suffisante, quand on compare une mesure, à l’autre des écarts extrêmement important d’un observateur à l’autre (variation inter-observateurs) ont été observés (TUFFNELL) : la variation intra-observateur peut aussi atteindre pratiquement un à deux centimètres. ». ( source: http://campus.cerimes.fr/media/disquemiroir/2015-06-09/UNF3Smiroir/campus-numeriques/gynecologie-et-obstetrique/mto/poly/15000fra.html )

Les courbes les plus répandues pour l’observation du travail est celle de Freidmann. 
Cependant, celle-ci est remise en question à plusieurs égard… Mais globalement, au-delà de 4cm de dilatation, la vitesse de dilatation est globalement identique que ça soit chez une nullipare (femme n’ayant jamais eu d’enfant) ou une multipare.

D’autres études, plus récentes, ont tenté d’évaluer la durée du travail à partir de laquelle le risque maternel ou fœtal augmentait. La conclusion de ce travail était que le travail prolongé augmente essentiellement le risque infectieux maternel ou néonatal mais pas la morbidité néonatale sévère.

 

– la peur de l’accouchement

Si les femmes enceintes (ou non) peuvent avoir peur de l’accouchement, les soignant.e.s ne sont pas forcément en reste.
Les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens perçoivent autant la beauté de participer à la mise au monde d’un bébé que les risques maternels et foetaux de ce moment inédits.

La peur de l’accouchement est sûrement dictée par les douleurs qu’engendre souvent l’accouchement.
Dans le règne animal, « la mise bas humaine » serait la plus douloureuse.
Surtout, elle est impressionnante. Les femmes fournissent de grands efforts et adoptent des attitudes plus « instinctives », qui sortent du cadre habituel.
Dans certains coutumes, il est conseillé de crier pour aider la douleur à faire son œuvre. Dans d’autres, il est préférable de se contenir.
Le fait est que l’humaine a, la plupart du temps, besoin d’un accompagnement dans ce parcours entre grossesse et naissance. Parfois, les forces la quittent, la douleur prend le pas, l’incertitude pointe et la crainte vitale peut surgir. Alors, avoir un entourage de confiance, rassurant et formés permet de ne pas sombrer dans la panique
et/ou simplement, de se sentir en totale sécurité. Comme tous les autres animaux, l’humaine recherche un cadre serein et exempt de danger pour mettre au monde sa progéniture.

 

Il est nécessaire d’ajouter que l’humain a conscience de sa finitude. Les femmes savent, de génération en génération, que la mort en couche existe… Et c’est une situation aussi terrifiante que dramatique.
Des plans d’interventions gouvernementaux ont débuté, il y a plusieurs siècles, afin de réduire le taux de mortalité maternelle… Une louable action ! Mais, à l’instar d’énormément d’initiatives, la fin de ces interventions a évolué : au lieu d’être des aides ponctuelles, elles sont devenues des procédures qui causent un interventionnisme abusif et, parfois, des violences obstétricales.

 

Les violences obstétricales et gynécologues : des aveux sur le bout des lèvres !

Le gros mot est lancé : les violences obstétricales (et gynécologiques)  sont « des actes, des paroles et des attitudes portant atteinte à l’intégrité mentale et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère » dans le cadre d’une grossesse, PMA, accouchement et du post-partum. Le site de l’irasf détaille largement cette définition et explique comment il est possible de qualifier un acte de « violence ». Voici également le mémoire de Marie-France Franeczek, sage-femme, sur le sujet : https://afar.info/biblio/public/3059.pdf
En voici quelques exemples : rupture des membres sans consentement ; touchers vaginaux répétitifs ; mise sous ocytocine sans consentement ; épisiotomie sans consentement ; sutures sans anesthésie efficace ; maintien par la force de la parturiente dans une position ; menaces, intimidations, mépris des ressentis, chantage (sous forme de « motivations ») ; interdiction de boire ou de manger dans des situations sans risque particulière ; expression abdominale afin que le bébé descende, suture sans anesthésie, … (pour la plupart des autres, tu peux aller page 23 du mémoire https://afar.info/biblio/public/3059.pdf )

Souvent, il s’agit d’actes que les praticien.ne.s pratiquent sans le consentement éclairé des patientes. Les raisons invoquées peuvent être multiples, et parmi celles-là, le besoin d’agir pour que l’accouchement se passe mieux ou plus rapidement !
Concrètement, en tant que femmes
accouchées, il est alors possible de se sentir meurtrie… Mais redevable car, manifestement, l’enfant né est en bonne santé. C’est que certains actes, même perçus comme violents, avaient probablement une utilité…
Mais il y a moult autres circonstances : je te propose quelques articles ici  ou , ainsi que le reportage « tu enfanteras dans la douleur » d’Ovidie, disponible sur Arte TV
jusqu’à fin août 2019.

 

Autant le savoir : non, ce n’est pas parce que tu es une patiente et que tu as le besoin d’être accompagnée et soutenue que tu dois subir ! Au contraire… Mais pour ça, il faut le savoir et avoir assez d’aplomb pour refuser (là, c’est aussi le rôle de la personne qui accompagne de soutenir fermement les décisions de la femme qui accouche).

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’être bien informé.e (et j’essaye d’y contribuer, par exemple avec la section « préparer la naissance » et l’index d’articles qui s’y réfère).

Heureusement, à l’époque actuelle, il est possible de faire des préparations à l’accouchement qui sont prises en charge pas les systèmes de soins (mutuelles). Malgré qu’elles ne soient pas toutes équivalentes ni suffisantes (à mon goût), elles ont le mérite d’être accessibles.
Pourtant, beaucoup de futures mamans ne prennent pas le temps pour cette préparation durant la grossesse.
Certaines trouvent cela inutiles pour plusieurs raisons (dont le fait d’avoir déjà eu d’autres enfants), alors que pour d’autres, il s’agit de fuir la peur de l’accouchement,
par exemple.
Ignorer ces séances permet de mettre à distance la finalité inéluctable de la grossesse… Jusqu’à y être confrontée.
Pourtant, il est bien contre-productif de ne pas travailler sa peur d’accoucher. Une étude a démontré que les femmes ayant peur d’accouché ont un temps de travail plus long que celles qui ne déclarent pas avoir de crainte spécifique. La différence serait d’environ 47 minutes en plus pour celles qui craignent d’accoucher.

 

les effets du « travail guidés »

Peut-être que, comme moi, tu vas découvrir la notion de  travail guidé : «La direction active du travail, proposée à la fin des années 60 aux patientes nullipares par les obstétriciens de l’école de Dublin, reposait sur trois mesures essentielles : un diagnostic de certitude du travail, une correction précoce d’une anomalie de la dilatation (définie comme une dilatation inférieure à 1 cm/h) par rupture artificielle des membranes et perfusion d’ocytocine si nécessaire, et un soutien de la parturiente par la sage-femme/infirmière ou proche pendant la durée du travail. »
En bref, le travail guidé, c’est de l’accélération du travail si ce dernier a tendance à ralentir sa progression.
S’il est profitable qu’une femme de reste pas avec un bébé en souffrance ou dans une situation inéluctable ou dangereuse, le travail dirigé est tout-à-fait discutable en l’état actuel des connaissances sur la physiologie de l’accouchement.
Il apparaît que le travail dirigé réduit la durée du travail et soit utile en cas de dystocie dynamique  pour réduire le taux de césarienne ou d’extraction instrumentale.

 

l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )

Il n’est pas possible de parler d’accouchement en excluant cette intervention TRÈS courante. Plus de 75 % des accouchements en structures hospitalières se passent sous anesthésie péridurale. Ils ne sont donc pas dans une optique physiologique.

Des études ont été effectuées sur l’effet de la péridurale. Il en ressort que l’anesthésie locorégionale n’a pas d’impact sur le nombre de césarienne pratiquée mais augmente le taux d’extraction instrumentale (cuillères, forceps, ventouse, …) ce qui prouve que la péridurale a un effet sur la motricité utérine. Elle a aussi un effet sur l’allongement de la deuxième phase du travail (entre la dilatation complète et la naissance). Il semble éminemment profitable que la péridurale soit faiblement dosée.

Selon Cheng et son équipe, les femmes ayant une péridurale vivent un accouchement près de 90min plus long que celles qui n’y ont pas recours.
Cependant, il est nécessaire de rester modéré.e vis-à-vis de ces conclusions : il est difficile de savoir si c’est la péridurale qui cause un allongement du travail et/ou si les femmes ayant un travail plus long ont davantage tendance à recourir à la péridurale.

La péridurale a des avantages, mais aussi des inconvénients qui sont peu mis en avant, pour diverses raisons.
Il faut bien se rendre compte que les femmes qui accouchent de manière physiologique dans les enceintes hospitalières sont actuellement une minorité. Ces parturientes-là demandent une implication particulière des équipes soignantes, et les poussent à sortir de ce qu’elles côtoient habituellement.
Si, pour certaines sages-femmes c’est une situation plaisante, cela peut être vecteur de tension au sein de l’équipe et pour des gynécologues… bien habitué.e.s aux parturientes anesthésiées, qui ne bougent pas et protestent peu, faute de sensibilité ! Mais encore faut-il que la péridurale fonctionne tel que prévu… Or, ce n’est pas toujours le cas. Cette situation a modifié les égards des soignant.e.s envers les femmes… et cela challenge leurs modes de fonctionnement.

D’ailleurs, il est maintenant conseillé de pratiquer les « poussées retardées » chez les femmes ayant une péridurale. Ces dernières ont moins de sensibilité et cela leur permettrait de faire descendre le bébé de manière spontanée, jusqu’à la vulve, jusqu’à l’envie irrépressible de pousser, malgré l’anesthésie.
Afin d’être transparente, il est nécessaire de préciser que bien que la péridurale (ou épidurale) est une intervention sécuritaire, elle peut être associée à des effets secondaires et des complications :

  • « Chute passagère de la tension artérielle maternelle;
  • Nausées, vomissements;
  • Démangeaisons;
  • Difficulté à uriner, entraînant la nécessité de vider la vessie par l’insertion, au besoin, d’un cathéter urinaire;
  • Étourdissements;
  • Douleurs au point de ponction dans le dos qui peuvent durer quelques jours;
  • Engourdissements des jambes et difficulté à les bouger;
  • Frissons;
  • Hyperthermie maternelle pouvant entraîner l’utilisation d’antibiotiques: le lien entre la péridurale et l’hyperthermie maternelle demeure inexpliqué, mais dans cette situation, il faut veiller à faire diminuer la température de la mère, à rechercher une source d’infection et,le cas échéant, la traiter. »

 

La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement

En effet, cela ne fait pas partie de la question du temps de travail en tant que tel… Mais il s’avère que le questionnement de l’antibiothérapie et du délais dans lequel il est mis en place est sujet à débat.

Tu fais peut-être partie de ces 50 % de femmes testées positives aux streptocoques du groupe B.
Il est probable que l’on t’ait expliqué le traitement d’antibiothérapie pendant le travail ainsi que les conséquences que pourraient engendrer l’absence de traitement.

Autant être claire, je ne sais pas toi, mais je n’ai en aucun cas eu l’impression que j’ai le choix de cette antibiothérapie. Je craignais des conséquences sur le fœtus, qu’on m’a assuré nulles et ça s’est arrêté là : c’était acquis, le jour J, je serai perfusée régulièrement d’antibiotiques pour éviter à la chair de ma chair de contracter cette bactérie qui peut avoir des effets néfastes sur ses voies respiratoires, notamment.

Grâce à l’écriture de mes articles et aux contacts avec différentes sages-femmes, j’ai appris que le dépistage aux alentours de 36 SA n’était pas forcément fiable pour le moment de l’accouchement.
Il apparaît que cette bactérie est mouvante et que les seuils de colonisation fluctue rapidement.
Une pratique de prévention pourrait être mise en place par la prise de probiotiques… Mais surtout, il s’agit de réfléchir au ratio bénéfices/risques de l’antibiothérapie. Le risque principal étant la genèse d’une antibiorésistance.

Par rapport à l’infection à streptocoques : «  Une étude canadienne récente, reprise dans ce document, détermine la prévalence de la colonisation par les bactéries du groupe B chez les femmes enceintes, à 36 SA: elle serait de 19,5%. Lorsqu’elle n’est pas traitée,50% des enfants nés semblent colonisés. Parmi ceux-ci, 1 ou 2% développeraient la maladie précoce générée par les streptocoques du groupe B.

Voici une information complète, en anglais, donnée lors des études de sage-femme: https://www.ontariomidwives.ca/sites/default/files/2017-09/CPG-GBS-Prevention-and-management-in-labour-PUB_0.pdf

 

Selon cet article, une hypothèse voudrait que les infections néonatales par les streptocoques B seraient inhérentes à l’usage abusif de la tétracycline (un antibiotique largement prescrit à type préventif jusque dans les années 80). Cela démontre bien que l’usage abusif d’antibiotiques a des effets des décennies plus tard… Puisque les souches de streptocoques B sont plus virulents qu’elles ne l’étaient dans les années 50. Et personne ne peut prédire que l’usage de la pénicilline afin d’éviter la contagion au bébé n’engendrera pas une antibiorésistance encore plus violente dans les générations à venir.

 

– Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?

Le déclenchement, c’est une des problématiques du rapport au temps au niveau de l’accouchement dit « normal » (c’est-à-dire non-pathologique) .
– terme dépassé (quid après 41+5 ?)

– poche des eaux fissurée depuis trop longtemps

Mais en réalité, c’est toute la grossesse (j’en parle dans cet article), l’accouchement et le post-partum qui sont régie par l’horloge, des moyennes, des méthodes de contrôle… de l’incontrôlable par excellence !

Dès le départ, les professionnel.le.s de santé calculent le terme (souvent approximatif). Ensuite, cette date focalise toutes les attentions et quand les grossesses se poursuivent sans pathologie jusque-là, les contrôles se font de plus en plus proches.
En Belgique, à partir de 40SA, les contrôles échographiques et monitoring ont lieu tous les 2 jours. Le déclenchement est programmé vers 41 SA+3 si le bébé n’est pas né. Il semble que la plupart des soignants et des patient.e.s ne remettent pas cela en question.
Pourquoi ?
La peur du risque que cela occasionnerait de poursuivre la grossesse au-delà de ce terme.

Il y a aussi des déclenchements sur l’absence de travail mais aussi des accélérations induites du travail par diverses méthodes : injections d’ocytocine, rompre la poche des eaux,

Énormément d’interventions durant l’accouchement ont pour objectif l’accélération du travail en première phase :

– la rupture des membranes ;

– les injections d’ocytocine ;

– pose de tampon pour faire mûrir le col ;

– …

Mais également pendant le deuxième stade du travail, lorsqu’une souffrance fœtale est détectée (normalement) : :

– Episiotomie ;

– Extraction instrumentale ;

– Césarienne en urgence ;

-…

Cela vaut également dans l’ultime stade : celui de la délivrance. Souvent, les parturientes pensent qu’il s’agit d’une bagatelle… Or, pour le personnel soignant, c’est un moment de grande vigilance : il faut veiller à ce que le placenta sorte (la délivrance) et que l’utérus se rétracte correctement, de manière à stopper les saignements inhérents au détachement du placenta. En l’absence de réaction suffisamment vive de l’utérus, il peut se produire une hémorragie de la délivrance. C’est une des complications les plus fréquentes de l’accouchement. Diverses méthodes existent pour faire cesser cette hémorragie impressionnante.
Il s’avère malheureusement qu’un protocole habituel est l’injection d’ocytocine de synthèse pour accélérer la sortie du placenta. Souvent, le personnel médical n’est pas assez formé que pour favoriser une mise au sein immédiate… Alors que la succion du bébé génère de l’ocytocine naturelle qui amène à un détachement du placenta.
Ensuite, il semblerait que l’utérus surstimulé par l’ocytocine de synthèse soit plus fréquemment sujet à une hémorragie de la délivrance sévère (avec un effet dose-dépendant entre le taux d’ocytocine reçu et la sévérité de l’hémorragie du post-partum ) .

En plus des risques accrus d’hémorragie, l’ocytocine de synthèse a d’autres effets secondaires méconnus dont le risque accru de dépression post-partum .
En somme, tant pendant le travail qu’au moment de la naissance ou de la délivrance, il faudrait utiliser l’ocytocine de synthèse qu’avec grande parcimonie et uniquement sur base justifiée. Il serait nécessaire d’éviter de corriger une « anomalie » mineure du rythme de dilatation (quand le travail ralentit pendant une heure ou deux, sans que le fœtus n’en souffre) ou, systématiquement afin de favoriser une délivrance rapide.
A toutes fins utiles, voici une étude du relate l’intérêt du massage de l’utérus afin de prévenir les hémorragies post-partum : https://www.cochrane.org/fr/CD006431/massage-uterin-dans-la-prevention-de-lhemorragie-du-post-partum

 

les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :

Peut-être fais-tu partie de ces femmes ou de la personne qui a accompagné une femme qui a vécu un accouchement par césarienne.
Peut-être avait-elle été programmée ? Ou alors, ce fut une urgence ?
Peut-être l’as-tu bien vécue ? Ou as-tu l’impression que l’on t’a pris ton accouchement… et que tu vis un sentiment d’échec cuisant dans ta capacité à donner la vie.
Peut-être as-tu peur de ne pas pouvoir accoucher par voie basse, un jour. Peut-être que tu sais, que cela te sera impossible, mais que tu vois des avantages à cette intervention.
Bref, les césariennes soulèvent nombre de questions et le taux d’interventions aussi est parfois étonnant. 

Si, selon l’OMS, les césariennes ne devraient pas représenter plus de 10 % des naissances, il s’avère que la plupart des pays ont un taux supérieur. Le cas brésilien est édifiant: près de 80 % des femmes accouchent par césarienne programmée.

Il en va de même en chine, où jusqu’il y a quelques années, 50 % des chinoises accouchaient par voie chirurgicale.

Il est possible de se demander pourquoi certains pays ont des taux records de césariennes… Il s’agit d’une logique de rentabilité et de tentative de contrôle du timing des naissances.

Il est particulièrement rentable pour les institutions hospitalières de pratiquer des césariennes.
En outre, la planification des naissances offrent un confort aux personnels soignants : les nuits et weekends sont moins perturbés par des naissances impromptues.
De plus, alors qu’un accouchement par voie basse peut durer de nombreuses heures, une césarienne se déroule en 30 min et n’implique que très peu la prise en charge émotionnelle des femmes ou des couples.

C’est tout bénéfice pour les institutions hospitalières… Beaucoup moins pour les patientes et les bébés…

Heureusement, certains gouvernements sont intervenus afin d’offrir des primes aux hôpitaux réduisant leur taux de césariennes. La logique mercantile se répond à elle-même.
Mais l’ établissement de primes, d’amendes ou de taux à respecter ne permet pas d’estimer si l’acte chirurgical est effectué quand il est réellement nécessaire… Soit dans moins de 10 % des cas, selon l’OMS.

Mais, quelles sont les effets des césariennes sur les bébés ?
Loin de moi l’idée de créer un malaise chez les femmes qui ont du recourir à cette forme d’accouchement pour que les enfants et elles-mêmes soient en bonne santé, mais j’estime intéressant de mettre en exergue quelques éléments pour décourager les « césariennes mercantiles » .
Le site Cesarine est une mise d’or d’informations autour des césariennes.

Voici, en résumé, les effets sur les bébés :

– Dans les césariennes programmées, les fœtus n’ont pas choisi leur date pour devenir des bébés. Ainsi, il peut leur manquer quelques centaines de gramme et être un peu plus faibles qu’ils ne l’auraient été. Ils peuvent alors moins demander à téter. Il ne faut pas hésiter de leur proposer même sans qui le demande.

– l’absence de mise en travail engendre que le bébé ne secrète pas certaines hormones avec des fonctions telles que :

  • de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau);
  • de faciliter la première inspiration;
  • de permettre au bébé de « piocher » dans ses réserves, maintenant qu’il n’est plus nourri par le cordon ombilical ;
  • d’éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu’il a dès la naissance
  • le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d’une autre mère

Risque de détresse respiratoire : une difficulté pour le bébé à évacuer après sa naissance le liquide qui se trouvait dans ses poumons lors de sa vie aquatique in-utero. Les césariennes programmées amènent de complications de ce type pour deux motifs : d’abord, les bébés ne bénéficient pas de la compression thoracique lorsqu’ils passent par le bassin puis les voies génitales ; ensuite les bébés ne baignent pas dans un bain hormonal propice à sa naissance puisqu’il n’a pas pu décider de « son moment »… les mécanismes hormonaux finissant la maturation pulmonaire ne se déroulent donc pas. Forcément, plus la césarienne est pratiquée tôt, plus le risque est grand. Les précautions sanitaires en la matière précisent d’ailleurs qu’il est préférable qu’elles ne soient pratiquées qu’après 39SA.

les produits anesthésiques : A cause de ceux-ci, les bébés peuvent être moins toniques et avec une légèrement moindre capacité de succion. Cela semble particulièrement se produire après un long travail sous péridurale.

Soins plus invasifs après la naissance : Comme je l’évoque plus tard dans ce dossier, le passage de la vie utérine à la vie aérienne est brutale… et d’autant plus en cas de césarienne. Alors qu’il est suggéré d’effectuer un clampage tardif du cordon (quand il ne bat plus), c’est un procédé difficile à tenir lors d’un accouchement par césarienne.

J’évoquais plus haut les potentielles difficultés respiratoires, il s’avère que l’aspiration est plus fréquemment pratiquée pour aider le bébé s’il respire mal.

De même, il est fréquent que les enfants nés par césarienne subissent moult soins qui pourraient être postposés au profit d’un peau-à-peau avec la mère sous une couverture de survie pendant que les chirurgiens referment la plaie, ou, à défaut, avec le potentiel second parent.

Il faut bien prendre conscience de la difficulté que représente les césariennes pour les femmes : d’un instant à l’autre, elle passe de femmes enceintes à mère, avec un ventre vide et incisé, à qui le bébé est enlevé sans plus de considérations que cela…

 

l’augmentation du risque d’asthme :

Le site Césarine poursuit son relevé de conséquences pour les enfants par le sur-risque d’asthme, même s’il est difficile à quantifier. Cela semble en lien avec l’augmentation des difficultés respiratoires à la naissance, en cas de césarienne.

 

Augmentation du risque de certaines allergies :

Je ne réinvente pas la roue, voici le texte provenant de Césarine :

« Le lien entre la césarienne et les allergies semble dépendre du type d’allergie :

  • Rhinite allergique :
    • [15] trouve un risque x 1,23 (méta-analyse sur 7 études).
  • Allergies alimentaires
    • [15] trouve un risque x 1,32 (méta-analyse sur 6 études), mais l’association semble incertaine.
    • [16] trouve un risque x 4 pour les allergies alimentaires à l’oeuf à 2 ans et demi.
    • [17] trouve un risque x 2 de sensibilisation aux allergies alimentaires.
    • [18] trouve un risque x 1,18 d’allergie au lait de vache. 

Une explication proposée est que lors d’une naissance par voie basse, les bactéries présentes dans votre flore vaginale (les lactobacilles notamment) colonisent les intestins de votre enfant, ce qui lui assure rapidement une meilleure protection. La flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est en effet pas identique à celle des enfants nés par voie basse. Ceci pourrait expliquer l’effet sur les allergies alimentaires et l’absence d’effet sur les allergies respiratoires. »

Comme j’ai pu l’évoquer dans mon article « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement », allaiter un enfant à un effet protecteur sur le développement des allergies chez les enfants de moins de 2 ans. Un effet protecteur ne veut pas dire que cela les immunise, cependant… !

 

Augmentation de l’obésité infantile

Diverses études disponible sur le site de Césarine relatent que les bébés nés par césarienne ont plus de risque de développer une obésité. Cela s’expliquerait par la faiblesse de la composition du microbiote des bébés qui n’ont pas bénéficier de la colonisation maternelle en passant par voie basse mais aussi lors du peau-à-peau les premières heures. Or, cette flore bactérienne est indispensable à l’élaboration d’un microbiote qui protège les enfants de moult maux… dont le développement d’une obésité.

Il existe une solution pour améliorer la flore intestinale des bébés nés par césarienne : la colonisation buccale post-partum par des tissus légers ayant été placés dans le vagin quelques heures avant l’accouchement. 

les difficultés maternelles

Enfin, il ne faut pas oublier que même si l’enfant est sauf (ce qu’on espère de tout coeur), les séquelles psychologiques peuvent affecter les femmes ayant été césarisées. Il n’est aucunement question qu’elles se contentent de se dire que c’était « pour le bien de tout le monde », elles doivent pouvoir s’exprimer et trouver le soutien nécessaire.
Césarine a dédié une page à l’état psychologique d’après césarienne, qui pourra être une ressource : https://www.cesarine.org/apres/psy/

 

faciliter l’accouchement par certaines mesures :

Voici un résumé et des citations du texte : Travail et Accouchement. Accompagnement et méthodes pour composer avec la douleur, qui vous permettra d’améliorer le déroulement d’un accouchement.
Ce texte date de 2013, et pourtant, 6 ans plus tard, la plupart de ces propositions n’ont pas été adoptées dans les enceintes hospitalières.

« Diverses mesures peuvent être employées pour faciliter le processus de la naissance, soit en augmentant le sentiment de contrôle des femmes, soit en ayant un effet sur la douleur elle-même. Ces mesures offrent lavantage de présenter peu ou pas d’effets secondaires et peuvent être combinées entre elles. Certains éléments de base sont à mettre en place pour chacun des accouchements. Ainsi, la femme doit se trouver dans un environnement qui lui permet de se sentir en sécurité, entourée des personnes de son choix. Il faut qu’elle ait la possibilité de boire et de manger afin d’avoir l’énergie nécessaire pour composer avec l’accouchement. Elle doit aussi se sentir libre de s’exprimer pendant le travail. »


Pour aller plus loin dans les informations fournies ci-
dessous, je t’invite à lire l’entièreté ce document passionnant. Je vais juste relater brièvement les mesures proposées, afin d’attiser ta curiosité ! Toutes les mesures proposées ci-dessous ont été étayées par des preuves scientifiques et cliniques.

 

La mobilité maternelle et les positions verticales

les changements de position figurent parmi les techniques les plus courantes pour calmer l’inconfort pendant le travail.
UNE études mentionne même que les femmes estiment que la positions la plus douloureuse pour accoucher est la position dorsale (aka la position gynécologique) ! (source :
Gupta, J. K., Hofmeyr, G. J. et Smyth, R. M. D. (2004). Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 5(CD002006). Wiley Online Library ) Autant être clair, les pratiques standardisées en gynécologie obstétrique ne sont pas féministes… Ni diriger par des femmes !

 

le contact avec l’eau

Ce n’est pas pour rien que l’accouchement dans l’eau fait des émules et que les « salles physiologiques » se meublent de grande baignoire.

Être plongée dans l’eau permet de se relaxer, de réduire l’intensité douloureuse et favorise le travail.
Cela réduirait le recours à l’anesthésie péridurale et aiderait les parturientes à lâcher-prise grâce aux sentiments de chaleur et de sécurité créés par l’eau.

 

l’application de compresse chaude ou froide

En quelques détails,

* La chaleur : la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires: elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

* Fraîcheur : « Appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus application de sacs chauds au niveau lombaire pendant la phase active du travail et de compresses chaudes au niveau du périnée pendant le deuxième stade est associée à une diminution de l’intensité de la douleur. L’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour1 et au Jour2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. » Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail

 

la relaxation

« Certaines techniques de respiration, de visualisation, la technique du point focal ou encore de sophrologie peuvent être utilisées. Elles peuvent permettre aux femmes de se détendre et augmenter leur sentiment de contrôle. »

S’il n’est pas forcément question de réduire la douleur ressentie, il s’agit plutôt de composer avec elle. Le recours à ces techniques offre aux femmes une plus grande satisfaction de leur accouchement.

Il est nécessaire de préciser que chaque femme est différente dans son ressenti douloureux et qu’une technique n’est pas applicable à toutes !

 

le massage

« Le toucher calme; l’effleurage, les points de pression, le pétrissage sont tous des composantes du massage. »
L’utilisation du massage ou du toucher peut revêtir plusieurs formes dont une très connue est la méthode Bonapace : https://www.bonapace.com/fr/
Les femmes et les couples y ayant recours sont souvent très satisfaits du décours du travail et du renforcement de leur lien pendant l’accouchement ! Chacun se sent actif pour vivre l’accouchement pleinement.
Cela permet au/à la partenaire de se sentir utile et efficace pour aider la femmes qui accouche.

Il en va de même pour l’haptonomie qui peut être pratiquée en prénatal, mais qui peut aussi être utile intrapartum et en postpartum.

Attention toutefois à respecter le désir d’une parturiente qui ne supporterait pas le contact… Même si la préparation qu’elle a suivi prévoyait le contraire !

 

la musique

« La musique a de multiples fonctions dans la gestion de la douleur. Elle permettrait de se centrer sur ce qui se passe en soi, de se distraire et de stimuler le centre du plaisir.»

La musique agit comme moyen de distraction par rapport au contexte parfois anxiogène et aux stimuli douloureux ou angoissant.
Pour que cela soit efficace, il est nécessaire que ce soit la femme qui ait choisi la playlist qui se déroule pendant l’accouchement.

Comme pour le massage, les envies de musique varie avec les émotions ressenties. Certaines femmes ne voudront pas ajouter un stimulus sonore supplémentaire, afin de pouvoir rester centrées sur leurs ressentis.

 

l’alimentation et l’hydratation :

Je me permets de développer ce point :

Il n’y a aucune raison d’imposer un jeûne à une femme en train d’accoucher et qui ne présente que peu de risques de complications. Il semble d’ailleurs totalement aberrant qu’un être humain en plein effort soit privé de carburant ! « L’accouchement est un évènement exigeant sur le plan physique, et manger peut être une manière de conserver son énergie » (source : Singata, M., Tranmer, J. et Gyte, G. M. (2010). Restricting oral fluid and food intake during labour. Cochrane Database Syst Rev, 1(CD003930). Wiley Online Library )

Il faut savoir que des techniques existent pour vider un estomac plein dans le cas où une anesthésie serait nécessaire… C’est d’ailleurs louable puisque les grands accidentés n’avaient souvent pas prévu de se faire opérer en urgence !
Il est cependant nécessaire de préciser que ces techniques de « vidange de l’estomac » sont invasives et imparfaites et qu’il est préférable de consommer des aliments rapidement digéré et apportant une énergie rapide (ma gynécologue conseillait de la pâte d’amande et déconseillait les fruits secs, par exemple). Personnellement, je me suis hydratée normalement, ensuite abreuvée avec du jus de pomme et j’ai grignoté quelques biscuits dans le décours de mon long travail.

Je me permets d’ajouter deux éléments qui me semblent primordiaux, d’après les connaissances que j’ai acquises, mais que ne se trouve pas dans le texte source de cette partie.

– « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées

Accoucher sans pousser… et si c’était vraiment possible ?!
Voici LE point sur lequel je regrette mon accouchement (j’ose me livrer à toi!) : j’ai découvert le principe des poussées retardées.
Qu’est-ce donc que cela ?
C’est simple, il s’agit d’attendre que les femmes aient une envie irrépressible de pousser, souvent quand le bébé affleure déjà à la vulve.
Adieu poussée guidée « interminable » et injonction sur la manière de pousser : seul le corps est maître du jeu.
Pour moi qui me suis sentie épuisée et inefficace pendant certaines poussées, cet accompagnement aurait changé tous les sentiments pendant cette phase de l’accouchement.

Voici quelques témoignages : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180326.OBS4186/et-si-comme-elles-on-accouchait-sans-pousser.html

Ces poussées retardées font d’ailleurs partie des dernières recommandations en obstétrique. Elles ont l’avantage de ne pas épuiser les mères (tant physiquement que moralement) et de prévenir les déchirures périnéales, ou au moins, d’en amoindrir la gravité.

 

– la gestion des périodes de repos entre les contractions

C’est grâce à la conférence de Jacqueline de Lavilonnière que j’ai pris conscience de l’importance des périodes de repos. Si je ne partage pas son point de vue selon lequel « peu importe comment on traverse la contraction », l’entre-contraction est décisif… surtout lors des accouchements longs (et je sais de quoi je parle !).

Se laisser emporter par la fatigue entre les contractions permet au corps de recharger une partie de ses batteries. Je n’ai pas réussi à trouver de support précis sur le sujet (je suis ravie d’avoir encore des tonnes de lectures à effectuer, dont des autrices de référence comme Ina May Gaskin). Plusieurs témoignages (dont le mien) vont dans le sens d’une capacité à s’endormir, à certaines périodes du travail, entre les contractions. Pour ma part, assise sur le ballon, j’avais créé un monticule de coussins sur le lit de la salle physiologique. j’y reposais ma tête et mes bras, m’endormant ainsi assise. J’étais réveillée par les contractions pendant lesquelles je me contentais d’onduler du bassin.
Je ne saurais dire combien de temps ce repos à durer. Guère plus d’une heure, me semble-t-il. Mais je n’en suis pas sûre.
J’ai aussi trouvé un soulagement et repos un peu étrange mais logique : en étant assise sur les toilettes !
Je me souviens avoir du communiquer avec les sages-femmes depuis les cabinets (situés dans la salle), elles devaient me croire atteinte d’une diarrhée phénoménale… Alors que je libérais juste mon périnée et adoptais une position qui soulageait mes sensations douloureuses !
Je regrette réellement de ne pas avoir pu bénéficier d’un tabouret d’accouchement. Je suis certaine que j’aurais pu accoucher dessus… Mais on se refait pas l’histoire !;)

 

– la nécessité de l’environnement serein

Avec toutes les informations fournies ci-dessous, il semble clair qu’un environnement serein est indispensable pour qu’un accouchement se déroule au mieux.
Plus les femmes et les couples connaissent la physiologie et le déroulement d’un accouchement, plus elles/ils seront en confiance par rapport à ce qu’il se passe.

Ensuite, il est évident qu’être accompagné.e.s et dans un cadre tolérant la singularité des accouchements garanti une sérénité accrue.
Les femmes, afin de sécréter toutes les hormones utiles à un accouchement efficace, ont besoin de calme et d’être en confiance.
Les monitorings constants (utiles mais parfois limitant quand les appareils ne sont pas portatifs), les mises en garde, l’interdiction de manger et de boire (!), les contrôles récurrents d’évolution du travail grâce à des touchers vaginaux, etc., créent du stress pour les femmes pendant leur accouchement. Cela qui engendre des sécrétions d’hormones (dont l’adrénaline) antagonistes à l’ocytocine, par exemple.
Or, si l’on peut favoriser le déroulement de l’accouchement, il n’est pas possible d’avoir prise sur les évènements en tant que tels.

Les problèmes, comme je l’ai largement détaillé, sont souvent inhérents au contexte des accouchements.

Des protocoles existent de manière à lisser le suivi des patientes et à réduire les risques. Le principe de travail guidé a été mis en place pour cela. Ces procédures sont l’inconvénient de réduire à néant la singularité de chaque accouchement et d’intervenir dans des situations qui ne le nécessiteraient pas forcément.

C’est bien là toutes les dérives de l’obstétrique « moderne » : un interventionnisme à tout crin, quelques que soit le profil de risques des patientes.
Il semble que bon nombre des soignant.e.s aient oublié que l’humain sait enfanter. Le respect de la physiologie de l’accouchement, sans intervention, permet d’articuler les séquences hormonales et physiques indispensables à la naissance.
Il est primordial que les femmes, et les couples, soient au courant des compétences de leur corps. Elles ont besoins d’être accompagné.e.s pendant la grossesse et aussi, pendant l’accouchement, afin de favoriser leur sentiment de compétence et la sérénité du lieu de naissance.

Le pouvoir et la force d’une femme qui accouche sont phénoménaux : il ne faut jamais l’oublier et permettre aux femmes de vivre cet empowerment !

Très récemment, une étude  a démontré que les accouchements à domicile sont aussi surs que les accouchements en cadre hospitalier. Or, dans les accouchements à domicile, le respect total de la physiologie est la règle… Les interventions sont plus rares !
Partir en
quête d’un accouchement physiologique, en étant éclairé.e.s et en pleine conscience, offre la possibilité de se découvrir, de vivre les évènements de manière spontanée et de récupérer plus favorablement après la naissance.

 

Elles voudraient… mais ne peuvent pas: quand le contexte dirige les actes

Il est très complexe, en France, de sortir des carcans des habitudes hospitalières.

Les accouchements à domicile ne représentent qu’à peine 1 % des accouchements et les maisons de naissance sont en projet-pilote en ce moment même (2019).
Ailleurs en Europe, les maisons de naissance existent et ne vivent pas autant de contraintes pour les sages-femmes y pratiquant.

En France, les assurances usuelles des sages-femmes ne couvrent pas l’acte d’accompagnement à la naissance. Elles couvrent le travail, les soins post-partum mais absolument pas la naissance.
De ce fait, les sages-femmes engagent leur responsabilité propre lorsqu’elles accompagnent un accouchement à domicile.D’ailleurs, voici un exemple de situation critique pour une SF : https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/accoucher-autrement/accouchement-a-domicile-une-sage-femme-risque-la-radiation-618634

Ces restrictions semblent abusives à la Grande-Bretagne, précurseure en terme d’accouchement à domicile.

Toutes les informations que je donne dans ce dossier nécessitent une remise en question des pratiques. Certaines tâches habituelles sont en retard sur les recommandations des instances de santé internationales comme l’OMS.
C’est pour cela qu’il est nécessaire que les femmes et les couples soient bien informés de manière à questionner certains actes AVANT l’accouchement.

Il est indispensable de demander à ses praticien.ne.s s’ils/elles sont ouvert.e.s sur des prises en charge davantage physiologiques comme celles énoncées auparavant : absence d’accélération du travail, refus de péridurale, monitoring portatif pour adopter toutes les positions, possibilité d’accoucher autrement qu’en position gynécologique, clampage tardif, massage du périnée pendant l’expulsion, poussées retardées, …
Voici par exemple un texte concernant les recommandations cliniques pour réduire les risques des lésions périnéales durant l’accouchement: « prévention et protection périnéale en obstétrique »

Il est limpide que le contexte hospitalier amène à une hyper-médicalisation des naissances… A nous, patientes, de demander au personnel soignant de changer ses habitudes pour revenir à des pratiques plus raisonnées, telles que prescrites par les instances de santé.
Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui doivent polariser l’attention et non pas la rapidité du processus ou le bon déroulement du planning des équipes soignantes.
Malheureusement, la plupart des professionnel.le.s aimerait bénéficier d’un contexte de pratique plus flexible. En outre, il y a de fortes pressions tant au niveau de la charge de travail, que du manque de personnel mais aussi de certains protocoles institutionnellement ancrés.

Le stress et le contexte de travail des équipes soignantes autour des parturientes devraient être des priorités absolues pour permettre aux femmes d’accoucher dans un cadre serein !
Il semble cependant, par la fermeture des petites maternités et la création de déserts obstétricaux, que cela ne soit pas l’inclinaison des autorités françaises. La Belgique, ayant un territoire plus restreint et une ouverture sur les pratiques alternatives plus importante, est moins sujette à ce type de questionnements, même si cela reste totalement dépendant des institutions hospitalières (je ne cesserai de congratuler le CHR de Namur). La surcharge de travail et les démarches administratives de suivi, notamment, entament lourdement la disponibilité des sages-femmes.

 

Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne :

Pour finir en beauté…

Le bébé est né. Parfois encore enduit de vernix, il prend ses premières inspirations.
Mère et enfant, encore sonnés du voyage qu’ils viennent de partager… Pourtant, c’est à ce moment-là que divers intérêts s’agitent, sur l’état de l’enfant (score d’Apgar) mais aussi de la mère (délivrance, hémorragie, rétraction utérine, …).
Dans les cas où tout se passe bien, il est largement nécessaire que le bébé soit mis peau-à-peau avec sa mère. Il retrouve ainsi certaines odeurs familières, un rythme cardiaque connu, et peu découvrir la succion du mamelon (après avoir sucé son cordon ombilical et peut-être son pouce in utero).
Sais-tu qu’il est possible de demander un clampage tardif du cordon (quand le cordon cesse de battre) ? Cela a de moult effets positifs sur le bébé : il vit moins violemment sa mise au monde, il perd moins de poids, et améliorer ses réserves de fer pour les mois à venir. Il est même possible de laisser le bébé relier à son placenta jusqu’à la délivrance, voire au-delà (même si cette pratique est relativement rare).
En outre, il n’est pas nécessaire que le nouveau-né soit manipuler pour être mis en couche ou mesuré et pesé dès sa naissance… Cela peut très bien attendre plusieurs heures après la naissance.

Pour la sérénité du nouveau-né, l’attachement de la mère au bébé et la mise en route de la lactation, il est primordial que le lien intense mère-bébé soit préservé au maximum. Ensuite, le contact peau-à-peau participe à la poursuite de la colonisation bactérienne du bébé, qui lui sera d’une grande aide pour le développement d’un microbiote intestinal optimal.

De manière évidente, les contacts proximaux avec le bébé agit dans la prévention de la dépression post-partum (j’en parle dans mon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébémon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé)… Il serait dommage d’accentuer les risques pour des questions de protocole.

Encore une fois, j’invite les femmes et les couples à se renseigner afin de rédiger une projet de naissance (j’en parle dans mon article : « comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ») et de prévoir non seulement ses souhaits pour le travail, la naissance mais aussi pour ce qui se déroule après la naissance.
Bref, dans tous les moments de l’accouchement, de la naissance et de la rencontre : il est nécessaire de rappeler à toutes et tous que le temps fait son œuvre, dans la plupart des situations !

 

Conclusion :

Encore une fois, ce document n’est pas un article. Il n’est pas exhaustif mais j’espère que l’objectif sera atteint d’informer les femmes et de faire réfléchir certains soignant.e.s sur leur pratiques.

Je tiens à préciser encore qu’il n’est nullement question de jeter l’opprobre sur des pratiques sécuritaires qui ont amené à diminuer drastiquement le taux de mortalité infantile et maternelle. Les connaissances en gynécologie obstrétrique évoluent perpétuellement. Il est logique que les pratiques cliniques se mettent à jour régulièrement.

Que difficultés lorsqu’on surfe sur une peur intense engageant le pronostic vital de deux êtres…

Merci aux césariennes d’avoir sauvés mères et enfants, avec des techniques de plus en plus douces, avec des femmes qui peuvent pousser pour qu’elles se sentent actrices de leur accouchement (les césariennes extrapéritonéales) ; mais aussi une déchirure des tissus manuelles de manière à améliorer la cicatrisation.

Merci aux péridurales d’avoir pu soulager les douleurs vécues comme des souffrances.
Merci aux rachianesthésies d’éviter (le plus souvent possible) les césariennes d’urgence sous anesthésie générale.
Merci aux monitorings fréquents d’indiquer comment le fœtus supporte le travail.
Merci à l’antibiothérapie de réduire le risque d’infection néonatale.

Je pourrais continuer longtemps !

Le fait est qu’il y a de justes mesures et un entre-deux qu’il est possible de mettre en place.
D’une part, il est utile de rationaliser les interventions auprès des parturientes. D’autre part, cela permet aux femmes de d’accéder à la puissance de leur corps, sans se confier corps et âme à la médecine… afin qu’elles puisent dans leurs propres ressentis.
Cela leur permettra d’optimaliser le rapport avec leur nouveau-né.

 

A bientôt, j’espère, pour d’autres curiosités en toute bienveillance.

 

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Sources :
– Collectif de défense de l’accouchement à domicile:
https://cdaad.org/

reportage d’Ovidie : « Tu enfanteras dans la douleur » https://www.arte.tv/fr/videos/081587-000-A/tu-enfanteras-dans-la-douleur/

https://www.inspq.qc.ca/Data/Sites/8/SharedFiles/PDF/travail-et-accouchement-preparation-accompagnement-et-methodes-pour-composer-avec-la-douleur.pdf

Vidéo de Jacqueline de Lavilonnière : Rythme et tempo dans l’accouchement https://www.youtube.com/watch?v=PFyxnqSSJtU&t=1120s

dépistage et prévention des infections à streptocoques B : https://www.bd.com/resource.aspx?IDX=18870 et https://www.reseau-naissance.fr/medias/2018/03/Referentiel_-streptoB_RSN_2018VF-1.pdf

https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

– Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018

– Les représentations à base de peurs de la grossesse et de l’accouchement génèrent une hypermédicalisation au détriment de l’accouchement physiologique https://apprendreaeduquer.fr/peur-accouchement-physiologique/

 

Ressources :
Collectif InterAssociatif autour de la naissance : CIANE : https://ciane.net/wiki/pmwiki.php?n=Ciane.CRU

Envie d’en savoir plus sur l’adaptation du nouveau-né à l’environnement aérien ? http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/vie_extrauterine/site/html/cours.pdf

– Le guide de la naissance naturelle. Ina May Gaskin

– Recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272434/WHO-RHR-18.12-fre.pdf

Préparer la naissance

C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

C’est ce jour-là que tout a commencé… !
29 mars 2017…

En vrai, ce n’est pas tout à fait ça, le début a eu lieu le jour de la première insémination artificielle.

Oui, c’est de ça que je vais parler. Cela va être un post plus égocentrique… Parce que la date s’y prête.

Pour beaucoup de couples, la date de la conception n’est pas forcément assurée.
A partir du moment où une procédure de PMA a lieu, tout est millimétré. Donc, en effet, je sais exactement le jour et l’heure à laquelle la conception de ma fille a eu lieu.
C’était le 29 mars 2017, un mercredi.
Ce matin-là, à 10h15, j’avais un rendez-vous prévu exactement 36h après l’injection pour déclencher l’ovulation.
Ce matin-là, à 10h10, j’étais dans une salle d’attente presque vide, dans ce merveilleux hôpital où Elle est née (CHR de Namur ❤ ). Je prenais des selfies humoristiques et j’ai fait des photos de LA salle où se passerait la manœuvre… En me disant, en rigolant, que cela ferait une trace dans les souvenirs.
Ce matin-là, j’avais le cœur léger. Alors que les deux mois précédents avant été des montagnes russes émotionnelles.  Cela n’avait pas de sens d’être si enjouée, alors que j’étais seule face à cet acte que je savais d’une importance potentiellement capitale pour mon avenir. Pour notre avenir.
En pourtant, ce matin-là, à 10h10, j’étais juste une femme en train d’ovuler et à 10h20, j’étais une femme « enceinte ».
Je sais que ce n’était pas le cas, mais psychiquement, c’était ça. En moi se trouvaient toutes les possibilités pour qu’être être se forme.
Ce matin-là, Pendant 15 minutes, j’ai attendu allongée que les 5.2 millions de nageurs fassent un peu de chemin avant de retrouver mes vêtements et commencer une journée « classique ».
Quelle illusion !
A partir de ce matin-là, plus aucune journée ne serait classique.
Le compte à rebours avait débuté. « Si vous n’avez pas vos règles, vous viendrez à j+16 faire une prise de sang ! »
J+16, alors que les règles arrivent d’habitude à J+14 (sauf dérèglement hormonal, dont je suis coutumière et qui avait fait tomber la sentence de l’échec  le mois précédent, le soir de ma fête d’anniversaire. Je vous laisse imaginer ma tête déconfite en revenant de la salle de bain, à 22h, en ayant constaté cela… Et devant faire bonne figure devant les invités … !).
je savais que des tests existaient et permettaient de détecter la fécondation deux jours avant la date présumée des règles.
Ce matin-là, je ne l’avais dit à personne mais je savais déjà, qu’à J+12, soit le 10 avril, un test de grossesse serait arrosé à 6h du matin.

Non, je ne sais pas ce que c’est que l’inattendue et de la découverte par hasard avec les symptômes.
La PMA, c’est la manie du contrôle et la peur de l’échec. C’est avoir la crainte que son corps ne joue jamais le jeu. C’est vivre les suivis de cycle comme des évaluations et se sentir défaite quand le corps déraille malgré soi… Projetant nos désirs dans un vide sidéral et l’espoir dans un champ de mine.

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Mais, ce matin-là, ce 29 mars 2017, je présentais que la vie serait douce.
J’avais toujours dit que c’était « marrant ces femmes qui passent un nouvel an sans bébé et qui passe le suivant avec un nourrisson dans leur bras ». Je savais que c’était ma « dernière chance » pour être parmi celles-là.
Je savais aussi que si ça marchait, j’aurais un bébé de Noël. Quel présent… !

Les jours ont passé et l’humeur enjouée n’a jamais cessé.
J’étais à l’affût des moindres symptômes. Je croyais qu’un matin, je serai réveillée par un élan nauséeux m’apportant la réponse.
Mais en réalité, chaque passage aux toilettes débutait par une angoisse d’avoir des pertes de sang. Je finissais par haïr le papier toilette rose qui s’obscurcissait et donnait l’impression qu’il y avait du sang clair.
Chaque sensation passait par le filtre d’une interprétation.
J’ai épluché tous les groupes, tous les forums, tous les sites qui évoquaient l’ensemble des symptômes susceptibles d’apparaître en cas de succès.

Un soir, à J+5, alors que j’étais au restaurant, j’ai ressenti une contraction utérine comme je n’en n’avais jamais ressenti. Cela me coupa la parole (et il faut y aller pour faire cesser mes logorrhée, celles et ceux qui me connaissent le savent).
Me reviennent en mémoire les informations lues les derniers jours … La nidation est susceptible d’engendrer une(des) contraction(s) utérine(s).
Le timing correspond, par rapport à une possible fécondation.
Parce que oui, en PMA, on devient experte de la reproduction humaine…. !

A partir de ce jour-là, les sensations changent.
Premier mercredi post-insémination. Encore 5 jours à attendre et je saurai.
Mais déjà, ce jour-là, je sentais qu’une histoire se tramait sous mon nombril. Mon cheval était blessé et j’habitais si proche de l’écurie que je m’y rendais à pied, en faisant de la marche rapide (oui, j’avais trouvé ça intéressant de m’initier à cette pratique qui met à rude épreuve les hanches et les abdominaux).
Je fus incapable de tenir le rythme. Il y avait comme une boule qui accrochait dans mon ventre.
Il en allait de même pour mes exercices de renforcement musculaires, je ne parvenais plus à contracter mes abdominaux avec les mêmes sensations que d’habitude.
Ces signes m’enthousiasmaient autant qu’ils m’effrayaient. Etais-je en train de sombrer dans les affres des fabulations corporelles et d’une grossesse nerveuse ?

L’impatience est un défaut qui me caractérisait. Ce temps avant le test de grossesse me semblait interminable…
Toutes les heures du jour et de la nuit, je pensais à cela : Suis-je enceinte ? Que faire ? Qu’éviter de faire pour que ça « tienne »  si « c’est » bien là ?
Des centaines de questions se bousculent, croisant tantôt la joie et tantôt le désespoir de ne pas faire confiance à ce corps. Culpabilisant des supplices que j’ai pu lui faire subir en étant plus jeune, j’espérais qu’il m’offre le cadeau d’abriter la vie malgré tout. Je me promettais une réconciliation inaltérable avec lui, s’il devenait le temple de cet enfant tant désiré.

Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. J’étais fébrile.
Epuisée, à 5h50, j’ai descendu les marches qui me séparaient de la salle de bain.
J’ai ouvert la boîte, lu la notice. Relu, en réalité, je l’avais déjà détaillé au moins 3 fois auparavant.
En œuvrant à viser correctement, je me suis mise à rire de la situation. Moi, seule dans une salle de bain, en train d’éviter de m’uriner sur les doigts, je m’apprête à savoir si mon destin va changer à tout jamais. Quel moment d’anthologie !
Ce moment-là me rapprochait de toutes les femmes, je n’étais plus « en PMA », j’étais une femme qui espérait être enceinte.

Une fois le bâtonnet révélateur déposé à plat, j’ai passé mon visage à l’eau.
J’ai ouvert Messenger et j’ai vu qu’une amie proche était connectée. Elle-même enceinte suite à une PMA… Elle savait tout. Elle avait juste 5 mois d’avance sur moi.
J’ai regardé ce test.
Fatiguée, je croyais voir flou. Il n’y avait rien de flagrant. C’était tenu… pâle.
Je vérifie sur la notice… Même pâle, c’est positif.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je prends une photo et l’envoie à cette amie, qui bondit de joie en recevant ce cliché.

20170410_205909OUI, c’est une archive personnelles! 🙂
Je ne rêve pas. Je suis enceinte !
Nous sommes le 10 avril, il est 6h du matin et je suis enceinte. Le test confirme ce que mon corps sait depuis des jours.

Le sourire ne me quittera plus.
Parce que finalement, non, je n’ai jamais eu de symptômes de grossesse. Sauf si l’on considère que l’expansion fulgurante de mes seins en est un… C’est d’ailleurs ce qui a « grillé » mon précieux secret auprès de mes collègues.
J’ai aussi découvert à quel point le corps s’organise bien pour calmer les ardeurs en augmentant brusquement le rythme cardiaque.
La fatigue du premier trimestre n’est pas un mythe pour moi, j’étais échouée dès 20h30 et j’aurais bien dormi le reste de la journée aussi.
Mon corps m’a demandé de prendre le temps… Ce qui renvoie à l’article que j’ai écrit juste avant celui-ci, d’ailleurs.

Bref, le 29 mars 2017 est le premier jour du reste de ma vie.
Depuis ce jour, je ne compte plus pour moi seule mais pour nous.
La PMA m’a permis de devenir cette femme enceinte que je rêvais d’être.
Ma fille m’a offert de devenir la maman que je souhaitais être.

Ce périple de l’esprit et du corps est celui qui m’a révélé à moi-même, rendant évident ce que je m’efforçais de cacher au fond de moi.
Alors forcément, ces dates précises sont symboliques et très personnelles. Malgré tout, j’avais envie de les partager, parce que je sais que ces sensations et ces émotions toucheront certaines femmes.
J’espère que cela donnera de l’espoir à certaines.
Parce que ce matin-là, les gynécologues de la PMA n’avaient pas encore compris ce qui ne fonctionnaient pas dans mon système hormonal. J’ai des ovaires poly kystiques, mais aucune cohérence par rapport au syndrome associé.
Ce fut un coup de chance.
Ce matin-là, j’ai eu de la chance.

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Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Et si on prenait le temps ? La grossesse

 
« J’ai pas l’temps ! », disais-je en courant d’une tâche à une autre.
A vrai dire, je prenais du temps pour certaines tâches d’importance à mes yeux… Mais je me sentais oppressée par les autres que je devais caler dans mon agenda.

« J’ai pas l’temps ! » de faire toutes les tâches qui me permettraient d’avoir plus de visibilité et des articles plus aboutis en design (et je ne parle pas du visuel médiocre de mes sites … Ah ah ah !).

Nous sommes dans une société où l’oisiveté est mal perçue. Il est nécessaire de communiquer qu’on est « busy ». Et le pire, c’est qu’on a tendance à charger nos agendas voire ceux des enfants de moult activités : des séances de sport, des cours de ceci ou cela, des évènements de réseautage et évidemment, le travail qui doit occuper une place principale.

Je vous propose une série de quelques articles sur la question du temps autour de la périnatalité et de la parentalité.

Cet article traite de la période de la grossesse. L’article suivant traitera du post-partum et le troisième de la vie avec un enfant de moins de 3 ans. Ultérieurement, je rédigerai aussi un article sur le rapport au temps en fonction des âges des enfants. Bref, un programme qui prendra… du temps !

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Le temps de la grossesse

Dans la vie, la période de la grossesse est une forme de parenthèse, surtout pour une primipare qui n’a pas d’autre enfant à prendre en compte dans son quotidien.

Ces instants nécessitent un suivi particulier : les rendez-vous gynécologiques ont lieu régulièrement.
Et déjà à ce moment-là, la question du temps qu’on accorde à cette grossesse se représente par les accompagnements à la naissance que les futurs parents décident ou non d’effectuer.
Certain.e.s ne vont pas avoir besoin d’investir la grossesse et ce futur bébé, et donc ne pas y consacrer un temps défini par des rendez-vous supplémentaires. D’autres vont multiplier les séances de préparation en mixant une préparation classique, de l’haptonomie, du chant prénatal et des ateliers isolés sur divers thèmes.
Bien sûr, je grossis le trait des deux extrêmes.
Cela dit, le « profil » des futurs parents aura probablement un impact sur le post-partum.

Durant la grossesse, le temps mental accordé à la grossesse ou au futur bébé peut être un révélateur du vécu parental. Certain.e.s vont être dans la fuite en avant, sans y consacrer une énergie mentale volontaire durant les premières semaines, par crainte d’une fausse couche.
L’absence totale de place psychique laissée au bébé se ressent sur le corps… C’est ce qui se produit également dans les cas de déni partiel ou total de grossesse. Je développerai ce sujet dans un article ultérieur.

L’investissement émotionnel et psychique de la grossesse va être différent en fonction du parcours pour parvenir à ce point : Est-ce un bébé surprise ? Une grossesse venue après un parcours de Procréation Médicalement Assisté ? Un bébé qui s’est installé alors qu’on l’avait cordialement invité ?
Chaque femme va vivre la grossesse de manière singulière. Le vécu durant le premier mois n’est pas celui du dernier mois, d’ailleurs.
Il est plus facile de « l’oublier » (ou même carrément, de ne pas s’en rendre compte) au début alors que le principal intéressé se rappelle à nous par son ampleur et ses mouvements, par la suite.

 

Au commencement…

Parfois, les débuts d’une grossesse amènent des sentiments ambivalents envers celle-ci : la joie, la peur, la surprise,…
Ce bébé tant désiré va devenir le siège d’attentes et la crainte de le perdre ou qu’il ne soit pas en pleine santé peut devenir paralysante.
A contrario, dans le cas de grossesse « surprise », la panique peut être le premier sentiment. D’ailleurs, à la suite de cela, un sentiment de culpabilité pourrait naître « Parce que je ne l’ai pas accueilli dès le départ ».

Il est nécessaire de replacer les choses dans leur contexte. Je vais être claire sur le sujet : ce n’est pas parce qu’on a déjà des enfants que les femmes sont contraintes de garder un embryon qu’elle ne désire pas. Ça vaut aussi pour les femmes installées. La maternité n’est pas obligatoire si on ne la désire pas. Je ne suis pas partisane de la croyance que le destin amène sur notre route ce qui est « bon » pour nous. Je suis adepte du choix. C’est dit !

C’est propre à la perception de chacune et au contexte de sa vie. Il est nécessaire d’y consacrer un temps de réflexion. Tant un enfant qu’un avortement ne se vit pas sans conséquence.
Parfois, la réaction est expéditive : c’est une surprise mais quelle joie ! Mais l’inverse aussi, « Oh ! Non ! La venue d’un (nouvel) enfant serait une catastrophe ! ».
Les deux sont audibles. Les deux sont vrais. Les femmes doivent décider, et pour se faire, elle peut consulter des professionnel.le.s capables de les écouter SANS LES INFLUENCER ou leur faire une leçon de morale.

 

Le vécu d’une grossesse qu’on poursuit…

Une fois que la grossesse a pris sa place consciente dans l’esprit de la future mère, le rapport à cet embryon/fœtus va dépendre des symptômes associés. Certaines ne vont pas ressentir grand-chose : ce qui les inquiètera… Et d’autres vont se voir affliger de nausées, de tachycardie, de maux divers et variés. L’ampleur de ceux-ci impacte le quotidien, et déjà là, la question du temps se pose. D’ailleurs, l’inquiétude sur la pérennité de la grossesse pourra ressurgir aussi quand les symptômes classiques du 1er trimestre s’en iront.

« Oserais-je prendre du temps pour MOI maintenant ? ».
Dans le rythme effréné de la vie active, il est parfois difficile de s’octroyer du repos alors que ce n’est que le début de la grossesse. Or, le premier trimestre est bouleversant pour le corps féminin !
Sans gêne aucune, je vous suggère de vous écouter paisiblement en n’oubliant jamais qu’un travail ne vous garantit pas du bien-être. Par contre, c’est le cas lorsque l’on prend soin de soi et que l’on s’autorise à être attentive à nos sensations.
Beaucoup de femmes vont déjà investir la grossesse et chercheront des solutions pour apaiser leurs maux, ou investiront du temps pour comprendre en détails ce qui se passe en elles.
Il faut avoir en tête cela : dès le départ, les femmes octroient du temps à cet enfant qui n’est pas encore là, parce que c’est en elles que tout se joue.

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Dans le couple, il va fréquemment se produire une distinction claire de la réalité vécue. Une personne est enceinte, pas l’autre.
Souvent, c’est la femme enceinte qui va investir massivement du temps dans l’élaboration mentale de la suite de la grossesse, de l’accouchement et de la vie avec un enfant.
En témoignent les nombreux groupes facebook sur la grossesse et les sujets afférents à l’enfance, majoritairement animés par des femmes enceintes ou devenues mères.
Il y a quelques groupes de futurs pères/coparent.es, comme Papallaitant.
Mais un schéma classique est que le père ou la coparente soit incité.e à agir par la femme enceinte pour s’informer à tel ou l’autre sujet, puisque c’est elle qui les débusque !

Bien sûr, dans certains cas, l’autre parent peut également s’impliquer activement et faire de la grossesse un sujet central de sa vie. Je le souhaite d’ailleurs à toutes les femmes enceintes, en couple.
Mais ce n’est pas encore la majorité, parce que le préjugé social veut que ce soit la femme qui perde des neurones (vous n’avez jamais entendu parler du SNU ? Le syndrome du neurone unique) car elle ne pense qu’à son bébé (je parle au singulier, mais pour les grossesses multiples, ça multiplie les questionnements !).
Comme la femme enceinte vit concrètement l’évolution de la grossesse dans son corps, il y a une certaine tolérance à ce que son attention soit dirigée vers ce petit-être.
D’ailleurs, à partir du moment où la grossesse est annoncée, la question posée à une femme enceinte est : « Et alors, comment ça va le bébé ? ».
Question aussi frustrante qu’incompréhensible.

La plupart du temps, la femme enceinte vit avec ce même questionnement qui n’est rassuré que lors des moments de consultation.
Moi-même, j’ai toujours répondu : « A priori, oui ! J’ai eu une écho il y a X jours et ça allait ! ».
Mais l’absence de certitudes peut amener des angoisses massives. Là, aussi, le vécu de chacune est indispensable à prendre en compte.
Il ne convient pas de balayer les craintes d’un revers de la main : au contraire, il s’agit d’une occasion de les travailler, avec un accompagnement, de manière à faire émerger ce qui se cache derrière.
C’est un des manques des préparations à la naissance, selon moi… Que j’espère pouvoir combler grâce à mes écrits et mes futures consultations.
Les craintes qui surviennent pendant la grossesse sont la plupart du temps normales, mais on en parle peu… Parce que cela soulève des sujets difficiles comme la mort, les malformations, la prématurité, etc.
Les ami.e.s et conjoint.e.s préfèrent rassurer la future mère… Mais les appréhensions ne sont pas entendues en tant que telles et peuvent croitre.
Alors il est possible de trouver des groupe, sur facebook par exemple, où ces sujets sont abordés. Ceux-là, et d’autres… Parfois pires, ce qui amènent des peurs encore plus diversifiées !

A titre d’exemple, j’étais moi-même sur un groupe traitant de la PMA. J’y ai appris certaines choses… Mais cela a généré des doutes que je n’aurais jamais eu autrement. Par exemple, j’ai eu peur de la douleur inhérente à un examen spécifique (l’hystérosalpingographie, finalement, presque indolore, grâce au MEOPA  sûrement mais aussi grâce aux soignants tellement attentifs et drôles… Cet examen à lui seul mériterait un article en mode story telling, tellement j’en ai ri !).
Ensuite, j’ai entendu parler d’œuf clair. Je ne savais pas du tout ce que c’était … Et ça m’a fait anticiper ma première échographie par crainte que ma grossesse ne soit pas évolutive.

Après cela, j’ai compris.
Je ne voulais plus être exposée involontairement à des informations anxiogènes. Mais il me manquait un certain soutien, une écoute, un échange, des informations objectives…
Parce que la préparation à la naissance avec une sage-femme ne commence que vers le 5eme mois, en général.
C’est parfois long, 5 mois, seule dont 3 mois à avoir peur d’une fausse-couche et 4 mois avant de savoir si le bébé est bien viable sans malformation. Du moins, c’est comme ça que MOI, je l’ai vécu.
C’est un vécu parmi tant d’autres.
Mais il n’est pas à négliger ou à taire.
Dès le début, il est possible d’être entendue. Seule ou en couple,  d’ailleurs.
Je suggère d’ailleurs aux femmes de consulter parfois avec leur conjoint.e pour que soit entendu ce qui se joue pour elles.
C’est un premier temps à prendre, ensemble. Il n’est pas question d’une thérapie de couple, mais d’aider le couple à entrer dans la parentalité et donc, le fait que tout est et sera perçu différemment… puisque ce sont 2 êtres distincts.

 

Un coup de tonnerre ?

Il y a des grossesses moins agréables que d’autres… plus stressantes.
C’est le cas des grossesses avec Menace d’Accouchement Précoce (MAP), où les femmes vivent des contractions très tôt, ou que le col se modifie.
Certaines femmes ont droit à un cerclage du col, pour le maintenir  fermé mécaniquement.

Ces grossesses impliquent que les femmes se reposent voire soient totalement alitées.
Ce sont des périodes effroyables pour les femmes enceintes sujettes à ces problèmes.
Il y a les peurs vis-à-vis du bébé mais aussi le vide que cela crée dans la vie : la plupart du temps, les femmes alitées seront souvent seules. Elles consacrent leur temps à préserver leurs bébés.
Ce sont des moments qui vont être consacrés à la recherche d’informations et, à l’heure actuelle, à un grand temps passé sur les réseaux sociaux. Je parle des effets passés derrière les écrans dans cet article.

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Il est profitable pour les futures mères « à risque » de chercher le moyen de s’entourer et prendre soin d’elle.
Si le canapé et le lit deviennent les « meilleurs amis », il est possible de faire venir le monde à soi !
Fais venir tes ami.e.s avec des denrées alimentaires, pareil pour les coiffeu.r.ses, et autres services à la personne dont tu aurais envie.
Ensuite, il peut être profitable d’être accompagnée par une personne qui viendrait consulter à domicile. Diverses pratiques peuvent être profitables : la méditation en Pleine Conscience, mais aussi la sophrologie, par exemple.
Les périodes d’alitement sont des tensions permanentes tant physiques que psychiques. Il n’est pas bénéfique d’enfouir ses craintes et de mettre un masque de façade. Oui ! C’est difficile à vivre car toute la vie est bousculée, du jour au lendemain, sans préambule.

Dans ces situations-là aussi, il est nécessaire de prendre en compte les différences de perception au sein du couple.
Les futures mères et leurs bébés passent leur temps en tête à tête, et toute l’attention est fixée là-dessus. Il est fort probable que les futures mères soient tendues par cette situation et comme je l’ai évoqué précédemment, elles dédient beaucoup de temps à chercher des informations sur leur situation, mais aussi sur l’après-naissance.
Il est ainsi indispensable que les conjoint.e.s prennent conscience de cela et mettent de l’énergie à rejoindre les femmes dans leur vécu.
D’une part, il est nécessaire que les accompagnant.e acceptent d’entendre l’état émotionnel mais aussi de le prendre réellement en compte au quotidien. Par exemple, il serait opportun de se hâter à retrouver sa compagne après le travail… Voire même de demander à pouvoir effectuer du télé-travail pour rester avec elle régulièrement.
Ensuite, il est indispensable qu’ils/elles cherchent à acquérir les connaissances que les femmes ont glanées au fur et à mesure de la journée. C’est aussi un temps quotidien qui peut être utile pour se reconnecter ensemble à l’état de grossesse.
C’est plus simple pour une femme de parler des connaissances qu’elle a récolté si on lui demande ce qu’elle a découvert… plutôt qu’elle ne soit dans une relation unilatérale de pourvoyeuse d’informations « non sollicitées ».

Dans cette situation particulièrement (même si cela peut valoir pour tous les couples hors MAP ou alitement), je peux suggérer que des séances d’haptonomie soient pratiquées.
Ces séances permettent de se communiquer avec les enfants au-delà du stress de l’alitement mais aussi pour aider les conjoint.e.s à s’investir pleinement.
Ces propositions par rapport à la communication  se valent aussi à la période (en France) où les femmes sont arrêtées en fin de grossesse.

Enfin, durant ces périodes d’arrêt de travail, j’inciterai vraiment les femmes à s’investir dans une activité « créative ».
Cela peut sembler fou, mais il n’est pas nécessaire de combler le temps par de l’utile. Au contraire, ce temps peut être mis à profit pour se (re)découvrir des passions manuelles.
En tout cas, il ne peut être que profitable de faire quelque chose qui te rendra fière de toi : écriture, vidéo, puzzle, tricot, couture, calligraphie, coloriage de mandala, gravure sur bois, …
Nombreuses sont les options afin de prendre le temps et de déconnecter l’empressement du quotidien.

 

« Tu bouges beaucoup trop… Quand est-ce que tu sors ? »

La date de ton terme s’approche.
Electrochoc à J-31 : dans moins d’un mois, il y aura quelqu’un de plus. Et l’accouchement. (Je te glisse un article sur la façon d’avoir l’accouchement que l’on souhaite).
Cela fait quelques mois que les mouvements sont perceptibles et qu’ils deviennent de plus en plus visibles.
Pour certaines femmes, ces sensations engendrent de l’inconfort. Pour d’autres, c’est étonnant ou plaisant.
Dans tous les cas, avec les smartphones à proximité, je te peux que proposer d’en faire des vidéos.
A tout le moins, je te propose de prendre le temps de ressentir tout cela, d’essayer de distinguer les mains, les pieds, les mouvements et la position du fœtus.
Tout au long de la grossesse, en palpant doucement l’utérus, il est possible de détecter l’évolution de la grossesse et de la position du fœtus. Je me suis étonnée de sentir très vite une boule en bas à droite, et que celle-ci migre ensuite vers la gauche, avant de s’étendre totalement.

Il est souvent conseillé de parler au fœtus. Je pense sincèrement que cela dépend de la sensibilité de chacun. Certaines personnes trouveront ça étrange de parler à un ventre mouvant (ou pas) et d’autres le feront naturellement.
Dans tous les cas, il peut être utile de s’arrêter sur les moments joyeux ou difficiles et de verbaliser ce qu’il se passe. Il est connu maintenant que les fœtus perçoivent les états émotionnels de la mère. Autant miser, dès le départ, sur la transparence : c’est un bon exercice pour la suite, lorsque le bébé sera dans tes bras.

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Dès que les mouvements deviennent perceptibles, je te suggère de prendre le temps matin et soir (au moins) de te connecter à ce petit-être.
Il s’agit simplement de prendre le temps de lui dire Bonjour et Bonne nuit, en attendant sa réponse.
Parfois, la crainte de ne pas le sentir survient. Dans ces cas-là, il est possible d’avaler un aliment sucré et de se coucher sur le côté gauche (cela favorise les échanges sanguins).
Sans alarmisme, il est nécessaire d’être attentive aux mouvements fœtaux et consulter en cas (d’impression) d’immobilité depuis quelques heures. Les précautions dépendent du stade de la grossesse.

Enfin, il arrive que les maux de grossesse s’accroissent en fin de grossesse. La pression utérine engendre quelques joyeusetés originales (j’en parle dans cet article : « Si j’avais su… sur le corps et la tête d’une femme enceinte ») et parfois, il tarde aux parents que l’enfant  sorte de sa cachette.
9 mois, entre 37 et 42 semaines de grossesse, dans la plupart des cas, c’est court. Et c’est à la fois très long.
Là encore, les dernières semaines de la grossesse sont des moments idéaux pour se prêter aux exercices de respiration et de Pleine Conscience.
Ces moments sont inédits. Ils sont uniques et indicibles.
Ces deux corps qui ne sont encore qu’un ne seront plus jamais aussi proches. Autant ancrer ses sensations durablement…

Et qui sait, pourquoi pas les écrire ?
D’ailleurs, tout au long de la grossesse, l’écriture peut être un média vers ses émotions mais aussi pour partager ses sensations avec le/la partenaire et l’enfant, quand il sera plus grand.
Personnellement, j’ai fait un carnet de bord de ma grossesse… Et je continue à rédiger les péripéties quotidiennes.
Le temps nécessaire pour inscrire les faits, les choix, le décours des évènements permet de se recentrer et d’expliquer clairement ce qui est parfois difficile à dire. En outre, l’écriture permet de garder une trace qui ne sera pas modifiée dans le temps comme le sont les souvenirs.

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En bref, à toi future maman ou future femme enceinte, ne t’oublie pas. Prends le temps d’être, de ressentir, d’inscrire et de vivre intensément.
Rares sont les actions qui pressent réellement.
Penses-toi comme un temple qui construit la beauté de la vie :
Prends soin de toi en te nourrissant sainement.
Prends le temps de te reposer.
Prends le temps de ressentir.
Prends le temps de partager… et, si cela te concerne, incite ton/ta conjoint.e à te rejoindre dans ces temps de connexion.

A très bientôt pour de nouvelles curiosités !

Si tu t’intéresse à cette notion de « prendre le temps », je t’invite à découvrir le « slow parenting » via le nouvel ouvrage de Chloé Blin-Maginot  : Vivez une parentalité Slow.

parentalité slow

 

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Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

l’HNI, une pratique qui dérange. Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ?

Dans cet article, je présente l’Hygiène Naturelle Infantile. J’aborde les raisons sociétales qui rendent cette pratique marginale en Occident. Je te fais aussi par de mon expérience. Je mets au clair les mythes concernant l’acquisition de la continence. Et, enfin, je te donne quelques trucs pour pratiquer l’HNI concrètement!

Je n’ai pas grandi avec un amour des couches.
Ma mère m’a toujours dit que nous avions été « propres » très tôt, avec ma sœur. Tôt, c’était 10 mois le jour et 12, la nuit.
Je croyais, toute adulte que je suis, que ma mère exagérait, et qu’elle avait des souvenirs faussés lorsqu’elle me racontait qu’elle nous mettait sur le pot dès nos 3 ou 4 mois …

Partout autour de moi, j’ai entendu parler de l’acquisition du contrôle sphinctérien, qu’il pouvait apparaître vers 18 mois et que la plupart des enfants portent des couches jusqu’à 3 ans.
Il y a de fameux articles qui expliquent clairement qu’il ne faut pas induire le pot chez les enfants trop tôt… Sinon, cela engendrerait des blocages concernant l’élimination et parce que de toute façon, l’incontinence infantile est créée par une immaturité normale des sphincters.
Je me demandais alors comme ma mère avait réussi à nous « rendre propres ».

Bien avant de tomber enceinte, j’avais découvert l’Hygiène Naturelle Infantile (HNI, également appelée en anglais « Elimination Communication »). Cela me semblait quasiment impossible à concilier avec une vie normale. Je pensais que les mères qui la pratiquaient étaient spéciales, au paroxysme du maternage… au confluent avec une sorte de spiritualité. Elles m’impressionnaient, et clairement, je ne me pensais pas « au niveau ».

sceptique

Et puis, je suis devenue mère. J’ai pu mettre en application le maternage proximal que j’envisageais, et même plus.
J’ai, grâce ce blog aussi, fouillé de plus en plus de notions concernant un accompagnement bienveillant des enfants.
Clairement, je souhaite offrir à ma fille toutes les chances et optimiser ses possibilités d’être elle-même, débarrassée des entraves/injonctions de la société [occidentale].
DISCLAIMER : Je sais qu’on ne peut pas être culture-free, mais je souhaite vivre dans une transculturalité qui permet de prendre et appliquer le meilleur (dans le sens de répondre à ses besoins et pour son développement autonome et indépendant) de ce que fait l’humain ! Je trouve merveilleux de pouvoir m’inspirer des attitudes d’autres ethnies pour accompagner ma fille au quotidien.

Et malgré tout mon maternage, il y a un point qui me posait un vrai problème tant écologique que philosophique : les couches !

Alors, il a fallu que je questionne ce qui me freinait : l’habituel évitement du contact avec les excréments, les informations connues sur l’acquisition de la continence, la peur de « l’échec » et la perception sociale de l’HNI, même dans les communautés bienveillantes et maternantes.
Celles et ceux qui pratiquent l’HNI, ce sont un peu les OVNI, celles/ceux qui vont VRAIMENT loin. Déjà qu’être dans un maternage proximal dans la société occidentale est perçu comme étrange voire pathologique par certain.e.s (bisou-cœur à vous !), mais alors … l’HNI !

A quoi ressemblaient mes questionnements ? Les voici, authentiquement :
« Ai-je vraiment envie de ramasser des flaques, et autres, à longueur de journée, et changer ma fille 18 fois/jour, et d’être constamment en stress par rapport à cela ? Et puis, c’est surement trop tard, l’HNI, c’est depuis le départ pas « en cours de route », ça va peut-être la bloquer/traumatiser concernant son élimination ?!
Je suis toute seule, comment vais-je gérer ses besoins d’élimination et ma gestion du quotidien ? Comment vais-je faire si j’ai un plat sur le feu et que je la retrouve en train de peindre avec ses fluides corporels ?
Et si elle ne porte pas de couche à la maison, comment vais-je faire à l’extérieur ?

C’est vraiment trop compliqué pour moi …  »

MAIS… Les couches, vraiment, je n’arrivais pas à me dire que ma fille était enfermée et serait encore dedans jusqu’à ses 2 ou 3 ans ? Une partie de son corps totalement caché, un réceptacle à excréments constamment au contact avec sa peau et surtout : les remises en question des connaissances, sur les compétences des enfants concernant leur continence, qui ne sont pas cohérentes avec le vécu des pratiquant.e.s de l’HNI.

Alors j’ai lu, beaucoup… !
Je suis tombée sur diverses sources, dont le blog de Natacha Guillaume : Heureux sans couche .
J’ai dévoré un certain nombre de ces articles et c’est là que j’ai appris combien le fait de laisser des couches entretient l’incontinence des enfants et d’autres astuces pratiques au quotidien.
Mais, j’ai du mal à croire sur parole les expériences de l’une ou l’autre, alors j’ai continué à me documenter. J’ai découvert le milieu de l’HNI et l’EC (en anglais) : les groupes de parents sont fournis (en anglais surtout).
J’ai aussi commencé à apercevoir qu’une littérature sur le sujet existe (même si pas suffisamment, à mon goût), tant en vulgarisation qu’en articles scientifiques.

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A ce moment-là, la pièce est tombée : je ne pouvais plus faire comme si je ne savais pas.

Storytelling de ma courte histoire de l’HNI (3 mois au moment où je rédige, en janvier 2019) :

[Si tu te fiches de mon vécu et que tu veux comprendre comment et pourquoi l’HNI fonctionne, il suffit d’aller à la section suivante]

J’ai débuté en enlevant les couches de ma fille quelques heures par jour, pour observer ses rythmes. Je le faisais quand j’étais vraiment focalisée dessus, de manière à percevoir ses signaux préalables aux excrétions.
J’ai attendu, tenté de déceler les signaux… en vain !
Eh oui, après plus de 9 mois de couche, elle s’était bien habituée à effectuer son ouvrage tout en jouant sans même s’interrompre.
J’étais totalement épouvantée : elle a perdu une des sensations les plus naturelles… Elle ne s’en rend même pas compte ! Et moi, je ne peux donc pas du tout agir et anticiper.
Et puis, le rythme… BONJOUR ! Toutes les 20/25 minutes maximum.
Je tombe de haut et me demande comment je vais pouvoir l’aider à se reconnecter avec son corps qui semble si loin d’elle…

Un peu désespérée par ce constat, je rejoins les groupes anglophones. Je cherche des témoignages de parents qui ont, eux-aussi, commencé « sur le tard » (oui, l’idéal est de débuté avant les 4 mois des enfants, ils signalent de manière plus claire, semble-t-il, avant d’arrêter de communiquer … à force d’être confrontés à l’ignorance).
Et j’en trouve. On me dit de continuer, de communiquer au sujet de ses excrétions et que ça va évoluer.
En effet… en 5 jours : ma fille a associé le mot à l’acte. Sur la table à langer, elle urine à chaque change, ce qui lui permet d’avoir des couches deux fois moins remplies ! Je trouve ça époustouflant ! Même si je présume que c’est dû au hasard et qu’elle a juste pris l’habitude de faire en ayant les fesses à l’air.
Parce que, ça aussi, on te le dit : « Attention, les bébés aiment bien faire quand ils sont fesses nues : c’est le changement de température ! ».
Tu veux savoir un truc ? Ce n’est pas tant le changement de température que le simple fait que les enfants, dès le départ, ne veulent pas se faire dessus, mais que nous les y contraignons avec les couches.
Alors, au lieu de s’affoler pour des urines hors de la couche, il faut plutôt leur laisser le temps de le faire et de constater les choses, de manière à ce qu’il associe très tôt acte et mot.

Ensuite, j’ai décidé de lui enlever ses couches dès que je suis chez moi. Je voulais qu’elle puisse associer une attitude claire entre les sorties et la maison.
Après un mois d’observation, j’ai commencé à percevoir une récurrence dans ces rythmes et donc à lui proposer le pot (physiologique ! Merci Ecopitchoun ! http://www.ecopitchoun.fr/boutiquehni/pottopfchen.php ).
Est-ce qu’il y a eu des flaques ?
OUI, plein ! J’ai racheté des langes en plus de manière à éponger cela.
Et j’ai continué à verbaliser, « Tu fais pipi ! », ni plus ni moins.
Est-ce que j’en ai eu marre, parfois, de ramasser ?
Oui, évidemment
. Quand c’est la troisième fois en une heure où elle urine 30 secondes après avoir refusé/s’être levée du pot. C’est pénible à vivre pour moi surtout après une nuit à 4 ou 5 réveils et qu’il n’est que 8h40 à la troisième miction !
MAIS : est-ce que je lui montre ou lui dit quoi que ce soit de négatif ? NON ! Je constate, encore. Simplement, j’absorbe la flaque avec l’énième tétra de la journée et c’est tout.

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Langes de chez Gaspardetzoe.fr

Et puis, d’un coup, ça a évolué. Ses rythmes d’élimination ont commencé à être vraiment répétitif d’un jour à l’autre, en fonction de ses tétées, de ses siestes, je sus plus ou moins quand elle aurait besoin. J’estimais encore que les « pipis attrapés » étaient des coups de chance, mais je me disais que le hasard cédait sa place à l’intuition.
La fameuse intuition que je croyais spirituelle, celle qui forçait mon admiration. Et j’ai commencé à apprendre à la suivre. Quand je me posais la question de savoir si je ne devrais pas lui proposer d’éliminer, 3 fois sur 4… C’est le cas dans la minute qui suit.
Alors, la plupart du temps, quand il y a une flaque, après 6 semaines d’HNI , je me blâmais moi-même, en me disant : « Rha, je le savais !!! ».

L’HNI n’est pas un processus linéaire, après 4 jours sans aucune flaque, j’ai cru que c’était gagné : elle avait retrouvé ses sensations corporelles et attendait le pot, pour autant que ma proposition de pot était proche de son rythme.
Et puis non, les flaques revinrent de plus belles et, parfois, de manière totalement anarchique.
Mais je n’ai jamais perdu espoir pour un simple et bonne raison : je ne pratique par l’HNI pour rendre ma fille continente, je la pratique parce que cela l’aide à être connectée avec son corps et ses besoins, tout en évitant de consommer des ressources polluantes.

Depuis quelques temps, il est limpide qu’elle relâche volontairement ses sphincters lorsqu’elle est sur le pot (ou au-dessus d’un lavabo, en déplacement #airport #rdvmédical). Il y a bien moins de flaques puisqu’elle semble manifester des signes d’inconfort qui me font suggérer qu’elle a besoin d’aller se soulager. Evidemment, cela arrive encore, puisque je ne peux pas avoir les yeux sur elle à chaque minute. Et je sais une chose : quand je n’entends plus aucun bruit, c’est qu’elle va/est en train d’éliminer !
Cela met donc à mal la croyance que les enfants éliminent automatiquement jusqu’à 18 voire 24 mois (selon les sources, j’y reviens plus loin).
Elle porte encore des couches pour les déplacements en attendant d’acquérir l’un ou l’autre système d’HNI permettant de la faire éliminer plus simplement.
Bref, en fait, c’est vraiment possible ! Ce n’est pas une blague de nana perchée (50% de la planète peut me dire : «Bravo, Captain Obvious ! »).

Mais comment cela se fait-il que cela ne se sache pas plus ?
Pourquoi y a-t-il cette (dés)information sur l’immaturité des sphincters ?
Pourquoi les enfants occidentaux sont-ils continents (oui, disons continents, « propres » n’est pas vraiment bienveillant ni même exact) que vers 3 ans alors qu’ailleurs dans le monde, c’est beaucoup plus tôt ?

C’est LA raison de cette article, te faire savoir pourquoi et comment, l’HNI est possible et qu’en plus, cela ne crée pas de troubles concernant le rapport à l’élimination ! 😉

Si tu veux d’autres témoignages concernant les aspects pratiques, tu peux en trouver déjà un : https://heureux-sans-couches.com/hni-sans-couches/

 

L’acquisition de la continence, seulement entre 18 ou 24 mois, au plus tôt. Vraiment ?

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Tout d’abord, THE point : le principe de l’HNI n’est pas d’apprendre « la propreté » précocement, mais rendre aux enfants les compétences qu’ils ont, et que les occidentaux cachent dans des couches ultra-absorbantes.
Il est appris durant les cursus académiques que les enfants ne peuvent acquérir la continence qu’à partir de 18 mois (au mieux), et qu’il est habituel voire logique, que les enfants portent des couches jusqu’à 3 ans. Âge, auquel, les enfants DOIVENT être continents pour entrer dans les structures scolaires.

Y a-t-il un rapport entre cet impératif de scolarisation vers 3 ans et le moment de l’acquisition de la continence ?

Pourquoi, les bébés en HNI sont, globalement, continents entre 18 et 24 mois maximum, alors que pour un enfant portant des couches, c’est plutôt entre 26 et 40 mois ?

Pourquoi est-ce si complexe de trouver des sources scientifiques sur le sujet des enfants SANS couche et le fonctionnement de la mise en place de la continence dans ce contexte-là ?

 

Où sont les preuves de ce seuil de 18 mois ?

Énormément de recherches sont effectuées dans les milieux industrialisés, qui s’inspirent les uns et les autres, en ayant une imprégnation culturelle.
Bébé = couche, dans tous les pays Occidentaux et dans d’autres endroits industrialisés. Mais alors,  pourquoi et comment, environ 50% des bébés du monde s’en passent ? Alors, pourquoi n’y a-t-il pas plus d’informations à ce sujet ?

D’abord, parce qu’il y a  des conclusions tirées d’études préliminaires, assez anciennes, toutes occidentales, et souvent financées par des industriels !
Il s’avère qu’elles sont contestables puisqu’elles ne répondent pas aux critères de rigueur scientifique actuelle. Cependant, énormément d’études se basent dessus. Il est fort complexe de remettre ces bases en question.
La même difficulté se retrouve à divers sujet, comme dans le cas des études sur la nutrition qui expliquent que les graisses animales sont délétères en opposition avec les graisses d’origine végétale. L’étude source de ce principe est la fameuse « Etude des 7 pays » qui aurait déterminé les causes des maladies cardiaques : les graisses saturées provenant des matières animales.
C’est par cette étude que le «régime crétois » est devenu populaire !
Le mythe du « mauvais cholestérol » prend racine et n’est que difficilement délogé à l’heure actuelle… Alors qu’on sait que ce ne sont finalement pas les graisses qui sont à l’origine du surpoids et des maladies métaboliques et cardiovasculaires, mais l’excès de glucide et d’alimentation transformées ! Tu peux en apprendre un peu plus sur les mythes du cholestérol. Et si tu veux un reportage édifiant au sujet de la pseudo rigueur scientifique émanant des recommandations diététiques : Pour maigrir, mangez du chocolat ! (et si tu veux avoir quelques informations sur le rapport à l’alimentation et les pièges qu’on y trouve : « Mon assiette, ma famille et moi ! »)

Ensuite, il manque d’études sur le sujet, puisqu’il n’y a pas d’investisseur pour budgéter celles-ci… Au contraire !
Il est plutôt intéressant pour les industriels que les enfants aient, prétendument, besoin de couches et ce, sur la plus longue période possible. Des études démontrant que les enfants peuvent vivre sans et bénéficier de cette absence d’accoutrement feraient du tort aux ventes…

Cela parait complotiste, j’en conviens. Malheureusement, il n’est plus à démontrer que les industriels (ou les laboratoires pharmaceutiques) aiment à financer des études et à rendre les résultats saillant, quand cela engendre une consommation accrue d’un produit.
P&G (Groupe industriel auquel Pampers appartient) a financé des études concernant le sommeil des enfants, comparant ceux avec et sans couche (dans les pays asiatiques et dont les enfants ne portent, culturellement, pas de couche). https://www.cbsnews.com/news/how-pg-brought-the-diaper-revolution-to-china/ Ils ont démontré que les enfants portant une protection se réveillent moins que les autres… Faisant passer le message qu’un bon sommeil favorise une croissance optimale.
Résultat des courses : Il faut que les enfants portent des couches, au moins la nuit, pour leur bien.
Grâce à ces résultats, P&G espère gagner des parts de marché inestimable en Chine et en Inde (une seule couche/jour pour des centaines de millions de bébés… C’est très rentable !). Ils semblent y parvenir car la classe moyenne asiatique commence à mettre des couches aux enfants, « car cela fait plus propre et civilisé (aka Occidental…) ».

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Super, elles tiennent 12h..! 😉

Mais est-ce bien réel, que les couches favorisent le bien-être des enfants ?
Il est logique que les enfants se réveillent la nuit. Ils urinent au réveil (et pas en dormant, grâce à la vasopressine, hormone anti-diurétique, qui inhibe en partie la production d’urine et active la réabsorption de l’eau par les reins, durant les phases de sommeil), sont changés et repartent dans le sommeil ou se lève si c’est la fin de leur nuit.
La sensation d’humidité et le constat physique que cela engendre pour les enfants, entretient le rapport cause-conséquence entre la sensation d’uriner et le fait d’être mouillé.
Dans les couches, cette sensation est presque annulée voire totalement perturbée grâce aux effets « au sec », qui permet aux enfants de ne pas être mouillés.

Bref, ce n’est pas les enfants qui sont gagnant là-dedans (sinon, l’humain, espèce née sans couche, serait bien mal en point !), mais bien le marché des protections qui envisage de nouvelles perspectives.
Ces campagnes de marketing rappellent celles promouvant les laits artificiels, au détriment de l’allaitement, tant en Occident (où les taux d’allaitement sont tellement bas, qu’on peut y voir le succès incroyable du marketing) mais aussi dans les pays moins nantis. Nestlé y finance des maternités, tout en fournissant les mères en Lait Artificiel pendant les premiers mois : le temps de tarir leurs seins et les rendant dépendantes d’un produit ultratransformé, à diluer dans une eau qui n’est pas toujours salubre ! Tu as du mal à y croire ? Voici un article  et l’émission « Cash Investigation » a même fait un reportage sur les côtés obscurs des industriels du 6/10/2015.
Selon les industriels, il faut toujours plus consommer… Je le rappelle : c’est dans LEUR intérêt, pas dans celui des enfants/humains !

 

Le contrôle des sphincters et les préalables développements « nécessaires »
La pédagogie Loczy  est reconnue pour favoriser l’autonomie et la bienveillance envers les enfants. Cependant, il est triste de constater que certaines autrices perpétuent des mythes concernant le contrôle des sphincters : L’acquisition du contrôle sphinctérien : sans punition ni récompense ? 
Dans cet article, elles avancent que la présentation du pot peut être trop précoce (sans préciser en quoi ni citer de source) et démontrent, à coup de jugements de valeur, que les enfants obéissent soi-disant aux parents en acceptant d’uriner/de déféquer sur le pot, et que cela devient un enjeux relationnel voire malsain pour le rapport à la physiologie.
Cela engendrerait  « des troubles profonds du développement relationnel et social liés aux sphères les plus intimes de sa vie psychique », mais à nouveau, sans préciser la nature et ni étayer ces propos …
Leur étude est basée sur des enfants d’âge assez avancé, après 18 mois. Après cet âge, les enfants ont fixé durablement l’habitude de faire dans leur couche.
Cet article est représentatif des confusions qui existent entre écoute des besoins d’élimination et dressage à la continence ; ou encore, entre les troubles relationnels inhérents d’attitudes parentales dysfonctionnelles, engendrant des blocages physiologiques et,  a contrario, l’impossibilité présumée de retenir les selles et urines.

Un autre article, relayé par « Paroles de mamans », fait intervenir 2 pédiatres au sujet de l’HNI.
Le premier estime qu’il est « illusoire d’imaginer qu’un bébé puisse signaler à ses parents son envie de se soulager. Il s’agit au tout début d’un réflexe : avant 18 mois, un enfant n’est pas capable de maîtriser ses sphincters. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’apprentissage de la propreté ne peut se faire qu’aux alentours de ses 2 ans. »
Encore une fois, pas de source, mais surtout… Je suis impressionnée de savoir que c’est une illusion que ma fille de 12 mois commence, puis arrête sa miction pour la reprendra 20 à 30 secondes plus tard dans son pot, ou qu’elle urine lorsque je lui propose alors que nous sommes en déplacement (ça serait à chaque fois un pur hasard ?!). Et que tous les parents pratiquant l’HNI fassent le même constat.
Drôle d’illusion commune !

smiley lunette soleil

L’autre pédiatre estime qu’il n’est possible de pratiquer ce qu’elle nomme hygiène sphinctérienne que dans des conditions de vie naturelle, c’est-à-dire, loin de toutes industrialisations et avec des températures clémentes.
Voici ses mots : « Simplement, il faut les changer souvent et profiter de l’été pour favoriser la conscience des fonctionnements sphinctériens. Si l’éducation naturelle consiste à offrir l’opportunité de sentir son corps sans exigence de résultat, ce n’est pas nocif. Il faut cependant que le parent soit très disponible, tolérant et ne délègue pas cette tâche à quelqu’un d’irritable. »

Bref, cette seconde pédiatre, Edwige Antier, reconnaît bien que les enfants sont totalement capables d’émettre des signes permettant à l’entourage d’y répondre. Tout dépend donc de la réceptivité de celui-ci !
Il n’y a plus grand-chose à voir avec une immaturité physiologique… !  Cela va totalement à l’encontre des propos du premier pédiatre et du mythe des 18 mois largement répandu.

Techniquement, l’acquisition de la continence serait de déclencher la miction à bas volume : Mais est-ce forcément après 18 mois ?
Empirement, tous les parents pratiquant l’HNI pourront le dire : les enfants sont susceptibles d’ouvrir leur sphincter de manière à laisser sortir volontairement une quantité bien moindre que la contenance maximale de la vessie, et ce, bien avant 18 mois !

Dans cet article, il est remarquable de constater que l’auteur énonce clairement : « La plupart des enfants des pays occidentaux contrôlent leur vessie et leurs intestins entre 24 mois et 48 mois. Les filles ont tendance à y parvenir un peu plus jeunes que les garçons. La période moyenne entre l’initiation de l’apprentissage de la propreté et la propreté réelle oscille entre trois mois et six mois ».
Les enfants occidentaux auraient-ils une vessie différente des autres enfants du monde ?

Ensuite, il continue en précisant que l’âge n’est pas un indicateur pour qu’un enfant devienne propre,  et « Les parents devraient être disponibles pour se montrer attentifs et patients dans cette tâche tous les jours, pendant plusieurs mois ».
Encore une fois, cela dépend donc de l’implication parentale.

Il poursuit en précisant : « la réceptivité physiologique précède la réceptivité psychologique. À 18 mois, le réflexe du contrôle sphinctérien est mature, et la myélinisation du système extrapyramidal s’est produite ». Cependant, contrairement à tous ces propos, il ne mentionne pas de source.
Il est notable de prendre en compte qu’à 18 mois TOUS les systèmes physiologiques permettent la continence. Ce sont ainsi les facteurs psychologiques et l’implication parentale qui engendrent la perpétuation de l’utilisation des couches.

Cet auteur, comme d’autres, précise qu’il est nécessaire d’attendre que l’enfant ait la capacité langagière de demander le pot ou d’exprimer ses sensations.
Bien que je comprenne ce qui motive cette pensée, encore une fois, il s’agit d’une propagation de mythe : un enfant ressent et peut signifier ses états internes avant même l’accès à la parole.

 

Attention, il est évident qu’un enfant de 18 mois, dont on ignore le besoin d’élimination depuis la naissance, est rarement sensible au sujet le jour où, miraculeusement, le pot arrive dans son univers.
D’ailleurs, combien de parents font apparaître l’objet avant cet âge-là ?
De même, si les parents, tout d’un coup, mettent une pression effarante sur la recherche de la continence, démontrent de l’impatience, se fâchent lors des mictions mal/peu contrôlées (lesdits « accidents ») et adoptent ainsi une attitude négative… il est ÉVIDENT que les enfants peuvent être bloqués, puisqu’ils contrôlent leur sphincters, ils peuvent tout à fait retenir jusqu’à un débordement incontrôlable.
L’attitude parentale est déterminante. Mais cela vaut pour l’ensemble des sphères de l’accompagnement des enfants !

 

En somme, sous couvert de bienveillance, on désinforme les parents les empêchant d’intervenir auprès des enfants. Dans cette brochure, souvent prise en exemple, il est mentionné qu’avant 20/24 mois, les sphincters s’ouvrent automatiquement. Or, les études en urologie démontrent bien que la miction est un processus volontaire à partir d’environ 12 mois … !

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Mais pourquoi ces mythes concernant la prise en compte du besoin d’éliminer des enfants sont-ils si répandus en Occident ?
Ingrid Bauer, autrice de « Sans couche, c’est la liberté ! » l’explique parfaitement :
«  En 1932, le gouvernement américain a publié un guide intitulé Infant Care. Ce manuel disait aux mères de commencer l’apprentissage de la propreté dès la naissance, et de terminer vers 6 ou 8 mois. Les aspects de cet apprentissage étaient rudes et coercitifs, faits pour libérer la mère de ce qui était perçu comme des « tracas » de l’éducation d’un enfant plutôt que de l’aider à fortifier son lien avec son bébé. Dans ce manuel, les mères étaient encouragées à insérer un bâton de savon dans le rectum du bébé ou de stimuler son anus avec le bord froid d’un porte-savon pour provoquer le transit intestinal. Il était recommandé d’avoir des horaires stricts, les intestins devant être vidés « deux fois par jour, après le bain du matin et le bain du soir, en ne variant pas l’horaire de plus de 5 minutes. » Ces méthodes coercitives, et la découverte rétrospective des perturbations émotionnelles et des névroses qui en ont découlées, restent ancrées dans notre aversion culturelle collective d’un apprentissage de la propreté précoce. Malheureusement, et probablement parce qu’ils n’étaient pas conscients de l’existence d’autres modèles, ils ont fait une association hâtive entre « précoce » et dangereux et coercitif, et ne sont jamais allés aussi loin que l’hygiène naturelle du bébé.

En 1962, le pédiatre et écrivain bien connu T. Berry Brazelton a mis au point une nouvelle méthode d’apprentissage de la propreté. L’intention était bonne. Hélas, les conclusions disant que les bébés n’ont ni conscience ni contrôle de leur élimination et qu’ils ne peuvent rien communiquer avant de savoir parler sont totalement fausses.

Des dizaines d’années plus tard, avec de nombreuses preuves empiriques du contraire provenant du monde entier, ces listes de signes de maturité restent encore prédominantes dans presque tous les livres, articles ou sites web traitant de l’apprentissage de la propreté.
Il a considéré que les bébés n’étaient pas prêts physiquement à l’apprentissage de la propreté avant qu’ils puissent s’asseoir, marcher et parler de leur élimination et du pot. Il dit qu’ils doivent d’abord vouloir faire plaisir à leurs parents, imiter les adultes, et développer leur autonomie. Il déclare que bien que les bébés aient « un réflexe conditionné de contrôle local des sphincters » à 9 mois et qu’ils « coopèrent volontairement parfois vers 12 à 15 mois », les enfants ne sont vraiment prêts à commencer leur apprentissage au plus tôt vers 18 mois.
»

ET POURTANT :

« Dans le contexte du monde non-industrialisé, particulièrement en Afrique et en Asie, ces paramètres deviennent absurdes. Ils ne tiennent tout simplement pas la route. Des millions de mères à travers le monde savent que leur bébé est « mûr » dès la naissance. Les preuves empiriques abondent, et existent depuis la nuit des temps. La plupart des mères et des bébés à travers le monde n’ont jamais entendu parler des « signes de maturité » ou du fait que les nourrissons ne peuvent connaître ou communiquer leurs besoins d’élimination. Les concepts occidentaux ne « collent » tout simplement pas.

Chaque culture, bien entendu, a ses particularités traditionnelles dans sa façon de répondre aux besoins d’élimination d’un bébé, et dans chaque culture, les individus ont leur propre approche et leur relation spécifique avec leurs bébés. Le point commun de toutes ces femmes est qu’elles ont grandi dans une culture où la norme était de ne pas porter de couches dès le plus jeune âge, où elles ont vu cela toute leur vie et où le bébé est considéré comme prêt à apprendre dès la naissance.
Ce que ces femmes ont aussi en commun, c’est un héritage culturel concernant l’accompagnement des enfants comprenant habituellement une grossesse active, un accouchement naturel, un allaitement long, le co-dodo et le portage du bébé.
»

 

Le passif concernant les soins aux enfants sont pavés d’interventionnisme abusif. En prévention de nouvelles modes dans le même ton, il est répandu de ne pas investir une sphère sensible comme celle de l’élimination (et pourtant, nombre de pédiatres continuent à conseiller aux parents de décalotter leurs garçons, à tort).
Cependant, dans une logique de bienveillance authentique et de maternage, il n’est pas possible de se tromper en répondant aux besoins des enfants.
Préserver la connexion avec son corps est un atout précieux pour l’avenir de ces enfants qui ne passeront pas par ces phases de réticences face à leurs excréments et une dépendance à la couche pour faire leurs besoins.

 

Les preuves des bienfaits et de la réponse adaptée à l’hygiène infantile 

Malgré l’ethnocentrisme occidental qui altère les informations en notre possession, il est possible de trouver d’autres sources, comme une étude vietnamienne qui aborde les coutumes locales.
Les auteurs démontrent que tous les enfants ont recours au pot à l’âge de 9 mois. Tous les enfants de l’étude étaient continents à 24 mois et géraient l’entièreté du processus d’élimination de manière autonome.

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Pantalon pour petit enfant, en Chine

 

Pour celles et ceux qui craignent des conséquences de la prise en compte « précoce » du besoin d’élimination : cela n’engendre aucune dysfonction de la vessie.

De plus, il a été démontré que les enfants bénéficiant de l’HNI (ou EC) sont soulagés de leurs coliques grâce à la posture physiologique adoptée lors des défécations : celles-ci sont complètes et permettent de soulager totalement le colon. Cela va de soi, puisqu’on précise aux parents de masser et de ramener les genoux du bébé sur le ventre…  Mais comme on enveloppe les bébés dans les couches, on oublie que c’est LE moment privilégié pour ces gestes de soins concernant les coliques ! De plus, il est logique que les couches qui enserrent le ventre puissent être inconfortables en cas de désordre digestif.

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Position pour l’élimination des touts petits: cela permet des mictions/défécations complètes et l’élimination des gaz éventuels.  La position physiologique est celle qui prévaut en portage, pour les mêmes raisons de bienfaits pour les bébés. (Non, on ne porte pas de manière adaptée en Babybeurk, le coût de la chose ne relève en rien de sa qualité!)

Il est également nécessaire de mettre en évidence que le schéma corporel des enfants sans couche est complet, alors que les enfants en couche découvre leur anatomie seulement au moment du bain ou des rares moments de nudité. Ensuite, vers 24/36 mois, ils vont découvrir la vie diurne avec les perceptions que cela engendre.
Les enfants sans couche vivront avec moins d’intensité la découverte des sensations qui émergent de leurs parties génitales (je rappelle que c’est totalement normal !).

Et puis, dois-je vraiment aborder les bénéfices dermatologiques du fait de ne pas porter de couche ? L’absence de couche permet, forcément, de se passer de tout risque d’érythème et autres réactions dermatologiques inhérentes aux produits contenus dans les couches.

Il y a bien d’autres avantages à se passer de couches, comme la réduction de ses déchets et un impact écologique moindre. Un autre atout est l’économie que cela représente !
Par exemple, dans mon cas où je ne pratique pas encore l’HNI la nuit, j’utilise un paquet de couches jetables/mois, alors qu’auparavant, c’était un par semaine !
Pour peu que l’on utilise, comme moi, uniquement des couches « bio » et partiellement biodégradable, considérées comme « clean » au niveau de la composition chimique, le budget préservé est de 0.24€ à 0.5€/couche !

 

Le port de couche peut sembler pratique au quotidien, surtout avec un tout petit. Mais je suis SÛRE que les parents d’enfants à partir d’un an ne trouvent plus cela si évident, au moment des changes ! Combien n’entends-je pas de : « C’est du catch à chaque fois ! » ou « Je dois courir derrière lui/elle ! ».

 

Alors, les couches sont un confort. Mais pour qui ?

Voilà le gros pavé dans la mare : le port de couche entretient l’incontinence.
Certes, elle est pratique pour les parents qui peuvent se débarrasser de cette charge mentale (de manière temporaire). Mais ce n’est que postposer les actions prenant en compte l’élimination des enfants.
Il y a bien un âge à partir duquel ces besoins doivent être entendus et considérés. On ne met plus de couche à un enfant de 5 ans dans le but de pouvoir conduire sans s’arrêter, n’est-ce pas ?

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Même si P&G aimerait que les enfants portent des couches jusqu’à l’adolescence, étant donné qu’ils proposent une gamme toujours plus large!

Le problème des couches actuelles, et de leur efficacité, c’est que cela fausse la perception des enfants qui sont moins dérangés lorsqu’elles sont remplies. Une étude  menée sur des petits garçons néerlandais montre qu’en 1996, ils faisaient en moyenne pipi dans le pot 6 mois et demi plus tard qu’en 1966.
Les facteurs impactant favorablement le contrôle de la vessie sont les suivants : l’âge précoce auquel les parents commencent la sensibilisation à l’hygiène infantile, la présence d’autres enfants dans la famille, la précocité d’une mise en garde et la capacité à s’exprimer verbalement.

Difficile, dès lors, d’ignorer encore que c’est l’attitude parentale par rapport au besoin d’élimination  qui conditionne directement les compétences des enfants concernant le contrôle de leur vessie.

Cette étude enfonce le clou un peu plus loin : elle  tend à démontrer que le port de couche augmente l’incontinence tant chez les enfants que chez les adultes :
Non seulement, c’est polluant, mais en plus, c’est délétère à terme.

Si j’écris cet article, c’est bien pour sensibiliser au fait que la moitié des enfants du globe savent gérer leurs besoins bien plus tôt qu’on ne le laisse penser en Occident !

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Mais comment, ça fonctionne, l’HNI ?  

Grâce aux sources précédentes, j’ai pu démontrer que l’HNI n’était pas une illusion ou un labeur inatteignable.
Je rappelle également que l’objectif n’est pas de rendre les enfants continents mais de répondre à leur besoin d’éliminer. L’acquisition relativement précoce de la continence est une conséquence de l’attitude de l’entourage !

J’aimerais préciser qu’on parle d’HNI quand on initie cette pratique avant que les enfants n’aient 18 mois. Après cela, les enfants ont totalement ancré l’élimination dans les couches.
Le rapport à ce besoin physiologique comporte alors une part psychologique importante. Le fait de retirer les couches doit alors être une action intellectualisée avec les enfants, de manière à ne pas les brusquer.
Si à 9/10 mois, le fait de retirer les couches du jour au lendemain n’engendre pas de crispation par rapport à la perception de ses excréments, il en est tout autre à partir de 18 mois.
En l’absence d’accompagnement impliquant les enfants dans cette démarche (je ne suis pas du tout spécialiste de l’acquisition de la continence en cas de port prolongé de couches), les enfants sont alors susceptibles de se retenir puisqu’ils n’ont pas leur protection.
C’est pour cette raison qu’il est perçu comme étant violent de retirer la couche d’un enfant de 24 mois, sans explication. Celui-ci ne peut pas comprendre pourquoi les parents initient aussi brutalement une nouvelle attitude vis-à-vis de ces besoins d’élimination.
Les réactions de blocage/constipation/etc sont celles qui sont craintes lorsque l’on aborde l’HNI.
Or, cela met en exergue de deux éléments : d’une part, il ne s’agit pas d’enfants du même âge et, d’autre part, s’il est capable de se bloquer/retenir … C’est bien que la compétence physiologique est totalement acquise !

Maintenant que ce disclaimer concernant l’âge des enfants est effectué : je souhaite t’aider à comprendre pourquoi l’attitude par rapport au besoin d’élimination à un tel impact.

D’abord, c’est tout simple, mais les enfants sans couche constatent les résultats de leur élimination (Merci, Captain Obvious !). Ils voient l’urine s’écouler, peuvent la toucher, et perçoivent l’humidité sur eux.
L’impact des feedback visuels et perceptifs induit nécessairement une prise de conscience de la part des enfants, et cela plus tôt que les enfants en couche.

Ensuite, la paroi abdominale des « bébés HNI » a l’occasion de se déployer complètement. Ils ont l’occasion de sentir sans entrave leurs sensations intestinales et urinaires sans qu’elles ne soient perturbées par la présence de la couche.

Grâce à ces deux préalables assez évidents, le corps des enfants peut réagir de manière optimale : les hormones (eh oui, certaines incontinences sont dues à un dérèglement hormonal – coucou la ménopause !) ainsi que la musculature interne nécessaires à l’acquisition de la continence peuvent s’activer sans délais.

Je ne suis pas devenue urologue pendant la rédaction de cet article, cependant, j’ai pu acquérir quelques notions inestimables. Comme je l’ai dit précédemment, il est normal pour les humains de ne pas uriner en dormant grâce à l’action de la vasopressine.
La confusion des signaux perceptifs créés par une miction en couche (couche humide et chaude qui redevient sèche grâce à l’effet « au sec ») peut amener à une perturbation de la régulation hormonale. A cause de cela, la vessie ne peut pas se muscler de manière optimale et les enfants peuvent même uriner pendant leur sommeil ou en micro-réveil.
Donc, il semble limpide que la pratique de l’HNI de nuit est un atout majeur pour les enfants.

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Photo prise par Elise, qui témoigne sur le blog Heureux sans Couche: la tenue de nuit de son bébé!

En effet, ce n’est pas simple… Je suis moi-même en grand questionnement sur la gestion de ces éliminations nocturnes ! Mais je préfère en avoir conscience et tenter de mettre en place quelque chose, plutôt que d’ignorer ces informations.
Malgré les informations que j’ai collectées dans cet article, certain.e.s considèreront que «Certains enfants sont plus fait pour l’HNI que d’autres ! » (Si, si, je l’ai déjà lu. Étonnée, j’étais !).

Or, il faut plutôt se rendre à l’évidence : c’est le manque d’information et la désinformation (ex : la maturité des sphincters à 24 mois ou quand les enfants peuvent parler – je recherche toujours le rapport entre l’air de Broca et la myélinisation neurologique près de la vessie !) qui engendrent que les parents agissent de la sorte. Il y a moins deux générations, on ne laissait pas les enfants en couche jusqu’à 3 ans… !
Grâce aux discours enrobés de marketing des publicitaires et l’éloignement des connaissances « traditionnelles » (dans le bon sens du terme, pas dans le maintien de la corrida ou des femmes comme sous-fifres des hommes…!)

Je précise bien à nouveau qu’il faut faire la distinction entre la gestion précoce des besoins et des réactions coercitives et intrusives. On peut agir en étant totalement bienveillant (je rappelle comment ici), pas comme les préconisations du passé. Il suffit de chercher l’information.
En Occident, c’est une pratique marginale ! Mais heureusement, cela tend à redevenir un sujet d’intérêt grâce, en autres, grâce à l’Association http://diaperfreebaby.org/ qui forme et accompagne des parents.

C’est aussi l’objectif de cet article : que ce soit un sujet !
Il est plus difficile d’ignorer totalement (sauf si on est touché de dissonance cognitive  intense ou que l’on ne sait pas comment agir autrement) quelque chose que l’on sait fondé… et les enfants en seront largement gagnants !

 

Alors, oui, cela semble impressionnant et compliqué aux premiers abords… C’est comme « un défi ». Mais, lorsqu’on se lance, il devient évident que ce n’est pas vraiment plus contraignant que les changes de couches, surtout lorsque les enfants acquièrent la capacité de se mouvoir et de ne plus obtempérer à notre bon vouloir.

Enfin, il est des peurs concernant l’HNI et les éventuels blocages psychologiques et physiques que cela pourrait induire chez les enfants … Comme exposé plus haut, fort est de constater que des études se sont penchées sur le sujet et qu’elles mettent en évidence une acquisition « précoce » de la continence sans dysfonction de la vessie ! https://www.ncbi.nlm.nih.gov/m/pubmed/21394761/?i=2&from=%2F25830189%2Frelated&fbclid=IwAR22g-1DzG-WvKXHznhPJwogDJ9At8IBUmFfibxcKi_uBMyTZD7Ujq_rN5s
Les craintes peuvent ainsi aller aux oubliettes…
Et les manuels devraient sacrément être revus, pour le bien-être des enfants !

 

L’HNI en pratique : Trucs et Astuces !

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  • Pour commencer, il est nécessaire de lire, se regrouper, en parler, pour se sentir compétent.e.
    Il y a des groupes facebook très agréables et plein de ressources : Hygiène Naturelle Infantile (environ 500 membres, administré par Natacha Guillaume)  ou Elimination Communication (plus de 5000 membres, anglophones).
    C’est un atout de s’informer sur le fonctionnement de la vessie et de l’excrétion urinaire afin de pouvoir comprendre le développement des enfants.

 

  • Prendre le temps d’observer son enfant sans chercher à intervenir.
    Au départ, il est nécessaire de simplement prendre conscience de ses rythmes d’élimination (et garder des tétras pour éponger, à proximité). Selon moi, une vingtaine de tétras est pratique pour ne pas faire tourner la machine constamment. Je suggère aussi environ 5/6 paires de jambière, pour la même raison. Les jambières, chez moi, ce sont des longues chaussettes (épaisses pour l’hiver) que j’ai coupées au bout.

 

  • Il est possible de s’équiper un peu et de façon minimaliste. Mais on peut aussi l’être bien moins : c’est en fonction des envies de chacun.
    Le site Ecopitchoun regorge de matériel très utile. Je précise cependant que j’ai fait 3 mois sans rien investir sauf le pot physiologique… Et que j’ai investi (ok, on nous a fait un cadeau ! Thanks Mum !) juste pour pouvoir sortir constamment sans couche en journée.
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Pot physiologique Ecopitchoun transparent (il existe en 4 coloris)

Pourquoi un pot physiologique et non pas traditionnel ?
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Squatting= accroupissement, de manière à libérer les voies d’élimination. Et cela vaut aussi pour les adultes: il est recommandé de placer un marche-pied sous ses pieds pendant les passages aux toilettes. Les images viennent du site Ecopitchoun.

 

 

  • L’HNI en hiver, c’est impossible ?
    Absolument pas ! Natacha, du blog Heureux sans couche, a même rédigé un article là-dessus.  Un bon pull et des jambières font largement l’affaire ! Les fesses à l’air ne déclenchent pas de rhume ! Au contraire, cela agirait comme un principe de bain dérivatif constant.

 

  • Adapter les vêtements : la praticité en ligne de mire ! Évidemment, cela s’adapte en fonction de l’âge des enfants et de ses capacités motrices.
    Mais dans les faits, on peut aussi faire des économies de vêtements : ma fille ne porte pas de pantalon à la maison !  Je l’habille pour sortir. A la maison, c’est t-shirt manches longues/pull/jambière/chaussons en cuir lisse (ça n’absorbe pas). Les bodys sont ainsi superflus et sa garde-robe est limitée!

 

  • Accepter les régressions. Oui, il y aura des jours où tu épongeras souvent. Parfois, il peut survenir des grèves du pot, des pertes de communication et des mictions incontrôlées quand il y a des changements d’environnement (visite, agitation, déménagement, etc).
    Pendant les repas ou chez des amies, je glisse simplement un tétra entre ses jambes que je coince dans un élastique de taille, de manière à ne pas devoir essuyer les éventuelles flaques (effet cascade intéressant du haut d’une chaise haute, c’est du vécu !).

 

  • Ne jamais culpabiliser ou faire des commentaires désobligeants aux enfants tant sur leurs « accidents » que sur leurs excréments. C’est indispensable !
    Il faut garder son sang-froid et prendre acte de ce qu’il se passe, sans plus.
    N’oublie pas que les excréments n’ont rien de grave. Quelques urines et des selles par terre ? Tu peux éponger ou ramasser avec du PQ, et faire un spray eau/vinaigre pour nettoyer rapidement.
    Je suis dorénavant convaincue que je préfère ramasser par terre de temps en temps que nettoyer inlassablement ma fille, qui n’apprécie guère cela !

 

  • Acquisition du lâcher-prise est en chemin! L’accompagnement bienveillant des enfants demande inéluctablement du lâcher-prise sur ce que les adultes ne peuvent pas maîtriser et sur l’acceptation du rythme des enfants. L’HNI permet de comprendre et d’appliquer cela complètement. Cela permet de relativiser totalement sur bien des aspects de la vie quotidienne.

 

  • Agir pour que la société soit adaptée. En effet, il est incontestable que notre société occidentale n’est pas organisée pour cela. Mais avec quelques ajustements, il est possible de rendre cela faisable.
    Il ne faut pas avoir de gêne à faire éliminer les enfants en les tenant au-dessus d’un lavabo ou d’un WC. Il est aussi possible de se déplacer avec son pot chez des ami.e.s, et d’avoir assez de tétras pour éponger les éventuelles flaques chez elles/eux.
    En popularisant cette pratique, en discutant du sujet, il sera possible de faire évoluer la société dans ce sens-là. Il n’est pas si difficile de proposer aux parents un peu de matériel et une structuration de l’espace adaptée dans les endroits où les enfants se rendent régulièrement.

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Je ne peux pas cacher que cela demande de l’attention. Mais en réalité, c’est surtout au tout début (pendant 2 ou 3 semaines) que la transition est prenante.
Il est facile d’être obsédé.e par le fait « d’attraper les besoins ». Or, il faut pouvoir lâcher prise et plutôt laisser la vie se faire sans couche.
Très vite, les rythmes physiologiques des enfants vont évoluer et ton intuition va s’aiguiser. Il faut toujours l’écouter !
Ensuite, les enfants réagissent aux suggestions et relâchent leurs sphincters quand ils en ressentent le besoin.
J’étais en maternage proximal depuis sa naissance, cependant, la pratique de l’HNI renforce la communication fine entre ma fille et moi.
Je perçois des signaux qui m’échappaient et elle communique de plus en plus clairement !
Après la lecture de cet article, tu sais que tu peux le faire !

 

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux.se.s !

Préparer la naissance

Préparer la Naissance : Être curieu.x.se pour ne (trop) être dépassé.e !

En ce jour de Noël, je voulais proposer un index des articles afin de pouvoir s’y retrouver plus facilement.
Parce que parfois, il faut relire plusieurs fois pour mettre en place des actions concrètes.
Parce qu’on cherche un article pour sensibiliser quelqu’un.e au sujet.
Parce qu’un blog, sans index, c’est un sacré sac de bazar (intéressant, mais brouillon !).

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Durant toute la semaine qui vient, tu auras un index par catégorie de mon blog.

Je commence par un index « Préparation de la Naissance » destiné aux futurs parents, que leur(s) enfant(s) soient déjà conçus ou pas encore, et aux jeunes parents.

Si tu as des jeunes ou futurs parents dans ton entourage, cet article pourrait être un de tes cadeaux pour eux !

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Il vaut mieux le savoir : Être bien informé.e avant, aide vraiment après !

  • Le maternage proximal : Pour avoir les bases d’une pratique qui assure de la sérénité à toute la famille… Puisqu’un bébé dont on reconnaît et répond aux besoins est un bébé serein.
  • Biberon Vs. Allaitemant : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des « pointures » au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement: faisons-les sauter! Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre, le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien !
  • Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ? Tu as décidé d’avoir un bébé et mille questions se posent sur sa future éducation. Tu as des principes, des idéaux, des exemples dans ta famille mais aussi des contre-exemples. Toi-même, tu te rends compte que ça te rappelle beaucoup ton enfance, l’arrivée de ce futur enfant…
    Grâce à cet article, tu pourras chercher en toi quelques ressources et peut-être trouver quelques pistes de réflexions/solutions bienvenues.
    Bonus incontestable, lire cela en couple (si c’est ta configuration familiale) : cela permettra d’éviter de nombreuses altercations.
  • Si j’avais su… L’accouchement ! la fin de la grossesse est marquée par un moment incroyablement intense ! Cela puise dans nos ressources profondes de femme et nous transcende. Tu trouves que j’en fais trop ? Je t’assure que non ! Nous en sommes toutes capables !
    Seulement, pour ça aussi, mieux vaut être bien averti.e afin de le vivre le mieux possible. Une lecture qui aide à conscientiser, à se faire confiance et à choisir la structure qui te convient.
  • Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse. C’est un questionnement de la plupart des femmes : mon corps après l’accouchement, ça se passe comment ? Tu as remarqué qu’on en parle peu, même les sages-femmes qui préparent les naissances. Alors dans cet article, je parle de TOUT. Des tranchées à la rééducation abdo/périnée en passant par les kilos qui partent… ou pas. Tu devrais ainsi être un peu rassuré.e (au moins, informé.e !).
  • Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? Tu commences à parler de tes idéaux parentaux, de tes désirs de grossesse/accouchement et suivi de couche, tu aimerais te plonger dans le maternage proximal dès que ton petit d’humain sera dans tes bras … Et tu te retrouves déjà face à des rabat-joies (au mieux !). Je te propose différentes manières de se faire entendre mais aussi de comprendre pourquoi les gens ont autant de résistances !
  • Tu vas en faire un « bébé-bras »! Autant le savoir maintenant et pouvoir l’appliquer dès la naissance, afin d’être cool : le portage, c’est la vie ! Vraiment… Si tu veux être serein.e et pouvoir avoir un bébé qui l’est également, c’est L’Élément n°1 à pratiquer avec ton bébé à naître. Oublie d’acheter un transat/balancelle et autres trucs sensés réconforter ton bébé à ta place, je t’assure que tu vas gaspiller de l’argent … et de l’énergie à attendre que ces outils aient leurs effets. Je te suggère d’investir dans une écharpe de portage et un sling. Je t’assure qu’on prend très vite la main et que ça sauve littéralement tant la vie que le moral. En prime, tu préserves ton bébé d’une plagiocéphalie (tête plate) qui peut avoir de graves effets sur le développement du bébé et nécessiter de lourdes prises en charge médicale. Cette pathologie est typique des bébés qui sont constamment posés sur le dos, dans des transats ou autres couffins qui ne leurs permettent aucun mouvement. Les aménagements « anti-tête plate » sont aussi catastrophiques que le reste… Bref, avec un crâne souple, le bébé humain n’est pas fait pour être posé ! Par contre, il est tout à fait bien lové contre ses parents.

 

  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemées de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.

 

  • L’HNI, une pratique qui dérange.Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ? Tu savais, toi, que les bébés ne doivent pas forcément porter de couche ?
    Et pourtant, c’est vrai! Grâce à l’Hygiène Naturelle Infantile, l’objectif est de prendre en compte le besoins d’éliminer des enfants et ceux, dès le plus jeune âge (avant 4 mois, c’est vraiment plus simple!), de manière à ce que les enfants CONTINUENT à communiquer à ce sujet. Car oui, en réalité, ils s’expriment… Mais la société occidentale nous a fermé à la réceptivité de ces signaux.
    Viens lire, tu vas apprendre des tas de trucs!

 

  • Le fun du mouvement des bébés: la motricité libre. Je place cet article dans « préparation à la naissance », car cela évite pleins d’achats inutiles en prévision de la naissance et des premiers mois. Grâce à la motricité libre, tu vas économiser bon nombre de gadgets onéreux et totalement néfastes au développement moteur de ton enfant. Enjoy !

 

  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio, dormir avec les enfants et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire !

J’espère que toutes (ou quelques-unes) ces lectures t’inspireront, te rassureront et te permettront d’être un.e parent le plus épanoui.e.s possible !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Mais qu’est-ce que c’est que ces mots/maux ?

 

Il y a des mots qui blessent et des mots qui caressent.

Parfois, sans le vouloir, les mots engendrent des réactions contraires à la volonté de celui qui les émet.
Parfois, les mots amènent même celui qui les reçoit à se questionner sur son identité…

Et si, tant pour nous-même que pour les autres, on prêtait attention aux mots que l’on utilise ? Si on démasquait nos conditionnements ? Si on (se) permettait plus de liberté en faisant disparaître le poids de certaines expressions ?

Comment et pourquoi ?

C’est dans cet article que cela se passe !

 

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Les bases de la communication

Afin de pouvoir échanger, il y a divers canaux, dont ceux, si pratiques, de la verbalisation et de l’écriture.

Tous les parents savent bien qu’il y a moult démonstrations lorsqu’un bébé exprime ses besoins/désirs par d’autres biais. La communication non-verbale est totale dans les premiers temps de développement des enfants. Ce n’est pas pour rien que, de plus en plus, il est proposé aux enfants de faire des ateliers de bébés signeurs. Cela leur offre la possibilité d’apprendre les rudiments de la langue des signes afin qu’ils puissent s’exprimer avec plus de précisions, avant que le langage verbal ne lui soit accessible (je ferai un article spécifiquement sur le sujet. Pour répondre à la question principale : non, la langue des signes ne retardent pas l’acquisition de la parole : ce fut déjà démontré par Daniels en 1994 dans son article : « The effect of sign language on hearing children’s language development »).

Dès la naissance d’un enfant, il est préférable de lui parler afin d’ancrer l’interaction avec lui. Ensuite, au fur et à mesure, les enfants vont associer la sonorité des mots aux actes et à leur environnement.
La manière dont les mots sont prononcés a un impact sur la manière dont ils sont compris. Les émotions transparaissent clairement dans le ton de la voix et sur le visage de l’émetteur.

C’est comme ça qu’il réagira positivement aux mots doux et de manière craintive/interrogative aux ordres (donnés à un animal, par exemple) voire aux moments de tension.

A la naissance, les bébés ont la capacité de discriminer des sons très proches, une capacité que la plupart des humains perdent rapidement. Ils savent différencier le même phonème, par exemple « la », prononcé par des personnes ayant des langues maternelles différentes, aussi proches soient-elles les unes des autres.
Cependant, au bout de quelques semaines, ils discriminent au fur et à mesure les sonorités émanant de leur(s) langue(s) maternelle(s). Cependant, dès la naissance, ils auront une préférence pour celle(s)-ci, puisqu’ils y auront été exposée(s) durant la grossesse.

L’exposition aux locutions de l’entourage engendre que les enfants acquièrent un vocabulaire spécifique.
Il a déjà été démontré que faire la lecture à des tout-petits les rend coutumiers de la musicalité de la langue et les accompagne dans l’amplification de leur vocabulaire.

Mais, dans quelle mesure la structuration d’une langue et le vocabulaire auront un impact sur la construction des individus ?

 

La structuration du monde en fonction de la langue parlée

Nous voici dans une section qui va aborder la relativité linguistique !

Cela semble ardue, mais en réalité, c’est une notion anthropologique assez simple : « L’hypothèse de la relativité linguistique, c’est-à-dire la proposition selon laquelle la langue que nous parlons influence notre façon de concevoir la réalité, fait partie de la question plus large de savoir comment le langage influence la pensée » (Lucy A. John, 1997).

Cela peut paraître étrange mais… oui, la réalité n’est pas unique. Elle est déterminée par le filtre de nos perceptions. La réalité est aussi peu absolue que « La Vérité ».

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Dans la langue française, nous avons l’habitude de genrer les propos (tu remarques que j’utilise l’écriture inclusive), ce qui amène systématiquement à attirer l’attention ou à masquer le genre des sujets. Cela dénote que le genre a une importance particulière dans les sociétés dont les langues usent de pronoms genrées. Mais surtout, que les enfants doivent apprendre rapidement à discriminer le genre des individus… Mais aussi des animaux et encore plus fort : des objets !
Les anglo-saxons s’arrachent les cheveux avec le français: pourquoi LA chaise et LE canapé ? Pourquoi LA clé alors qu’en Allemand, cette clé est un objet du genre masculin ?
D’ailleurs, quand on y réfléchit, pourquoi les objets ont-ils un genre ? Pour les curieux, voici un article qui retrace cette question : https://fr.babbel.com/fr/magazine/pourquoi-les-mots-ont-ils-un-genre

Pour résumé, et parce que cela fait sens dans le présent article, il s’agit d’une empreinte sociologique et culturelle. Dans différentes langues, dont le Finnois, les pronoms sont neutres. La distinction s’effectue entre ce qui est animé et ce qui ne l’est pas.
Cette distinction semble préexistante à la question du genre dans l’Histoire des langues humaines. C’est surtout avec l’avènement des religions monothéistes, qui ont supplantés les religions animistes, que la question du genre se serait imposée.
En français, alors que les accords de proximité se faisaient habituellement (ex : les hommes et les femmes sont ponctuelles), c’est au XVII ème siècle que l’Abbé Bouhours considéra que c’était un affront à l’homme et que le masculin l’emporterait dorénavant (#égalitécastratrice ?).

Dans une société où le sexisme tente d’être aboli (on n’y est pas encore, je sais !), il semble logique de revenir aux accords de proximité ou d’accepter que la structure du langage évolue. Mais, en majorité, les académiciens ne sont pas de cet avis  et ne démontrent pas de proactivité ni même de reconnaissance vis-à-vis des hypothétiques évolutions de la langue française.

C’est étonnant, quand on sait que les suédois (encore eux !) ont introduit un pronom neutre (« her ») en 1966, afin de désigner « des concepts ou des objets asexués, mais surtout à émanciper le langage d’une vision du genre trop binaire ».

Voilà comment une société décide que la binarité n’est pas le seul cadre de perspective.
Et voilà pourquoi, en francophonie, il est tellement difficile de vivre avec des personnes qui ne se sentent pas résolument homme ou femme, car il n’existe aucun pronom dans notre langue pour les désigner.

Plus étonnant, une étude menée en 1980 avait démontré que les enfants parlant hébreu (dans cette langue, l’importance du genre des mots et des personnes est d’importance pour la grammaire, comme en français) avait une conscience de leur propre genre un an plus tôt que les finnois, dont la langue comporte des pronoms neutres et une distinction animé/inanimé, comme dit précédemment.
Autre fait étonnant : les enfants s’exprimant dans une langue dont les objets et les animaux n’ont pas de genre n’auront pas de confusion d’espèce, par exemple en croyant que LA grenouille serait la femelle du crapaud.
C’est un premier exemple de l’impact de notre langue dans la structuration de notre esprit.

Il en existe bien d’autres, comme la description des couleurs, par exemple.
Il semble parfois difficile pour un jeune enfant de rassembler les éléments bleus présents dans une pièce. En tant qu’adulte, nous avons appris que la catégorie « bleu » regroupe toutes les nuances. Mais pour les enfants, un bleu roi et un bleu turquoise ne sont pas dans la même catégorie, étant donné leur différence notable.
Les russes ont deux mots pour différencier les teintes de bleu… et cela les rend plus rapides dans la distinction des nuances de cette couleur.
De la même manière, certains peuples sibériens recourent à une trentaine de qualificatifs concernant la neige (forcément, à force dans les pieds, que dis-je, les jambes dedans !) alors qu’en français, nous n’avons que quelques mots tels que « poudreuse », « fraîche », « tassée », …

Ces différences dans les langues peuvent sembler anodines, cependant, elles se disséminent dans l’ensemble notre langage.  Elles ont ainsi un impact dans la perception de notre monde et de la formation de nos opinions.

Je reprends l’exemple fournit par David Louarpe, rédacteur de Sciences Étonnantes , concernant l’influence de la langue sur la perception de la culpabilité d’autrui.
En français, lorsqu’un verre échappe des mains à un individu (un accident donc), nous dirons aisément « Untel a fait tomber le verre », alors qu’en espagnol, il est courant d’utiliser une forme passive : « Le verre s’est brisé ». Puisque n’est un accident, il n’y a pas de mise en exergue d’un coupable de l’action.

 

Ok, tu vas me dire que la grammaire d’une langue à un impact… Mais quoi ? On a bien chacun une langue maternelle et/ou usuelle, on ne peut pas se confondre en néologismes et bouleversements arbitraires de la syntaxe.
Mais admets déjà que c’est un fameux changement de perspective de savoir que notre langue place d’ores et déjà un filtre face à nos perceptions.
Alors, quels autres filtres et conditionnements existent-ils et sur lesquels il est possible d’agir concrètement, dans notre manière de communiquer verbalement ?
J’en arrive au point principal de l’article : le vocabulaire auquel sont exposés les individus, dont les enfants !

 

Et si les mots n’étaient pas juste des mots ?

On l’a vu précédemment, la structure d’une langue et le vocabulaire impacte la perception du monde et la formation des opinions.

Mais si certains mots comportaient, intrinsèquement (considérant toujours l’ancrage culturel dont il est impossible de se défaire totalement), un signifiant ayant un impact sur la personne à qui ils sont adressés.

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Lors que nous nommons les différentes composantes de notre environnement, nous regroupons les singularités sous un terme commun. Nous catégorisons de manière à ordonner notre perception.
« Les nuages » rassemblent autant les cumulus, les stratus que les cirrus (merci wikipédia !). Cela vaut pour le terme mammifère qui conceptualise le fonctionnement reproducteur d’espèces aussi distinctes que les baleines, les ours et les humains !

Les mots sont ainsi plus des concepts que la volonté de prendre en compte la singularité de chaque élément. Et tant mieux, sinon nous prendrions beaucoup de temps  et nous mobiliserions une grande énergie intellectuelle pour nous exprimer si ce n’était pas le cas.
Te vois-tu détailler précisément l’espèce et de la teinte de la plante que ton ou ta conjoint.e doit arroser en ton absence ?

Cependant cela dénote que la langue ordonne le monde selon une taxinomie   conceptuelle.
Selon Bergson, les mots sont des étiquettes apposées sur les choses singulières. Pour citer cet article du Monde : « sans même que nous nous en rendions compte, notre langage classe, trie, distingue, rassemble, bref, ordonne le réel pour en faire un monde, si tant est que le monde (tout comme le cosmos grec), c’est précisément ce qui est beau parce qu’ordonné et non chaotique. Or ces catégories, c’est bien le langage et lui seul qui les institue : loin d’être tirées du monde, ce sont elles qui lui donnent sa forme et sa consistance. Cette convention ne nous semble naturelle que parce qu’elle est première, et exactement aussi vieille que notre monde, puisque c’est par elle que nous y venons ».

Quelques arguments qui font réfléchir intensément sur l’utilisation du langage… et surtout aux mots que l’on utilise avec les enfants.
Cela laisse à penser combien il est nécessaire d’enrichir le vocabulaire des enfants grâce à la lecture, à l’exposition aux évènements culturels mais aussi, et simplement, par la façon dont on s’adresse à eux !
Il n’est pas rare qu’un mot ait des synonymes. Souvent proche, mais pas forcément interchangeables.
Ce sont ces nuances qui vont permettre aux enfants d’élaborer une perception du monde plus fine. Un lapin n’est pas un lièvre.
Un sanglier n’est pas un cochon sauvage.
« Il pleut » n’est pas faux quand il bruine ou quand il « drache » pour les belges, mais cela dénote d’une réalité météorologique totalement différente.

Dès le plus jeune âge, il est possible d’étendre le champ lexical des enfants. Cela demande simplement que l’on surveille un peu sa façon de parler et, qui sait, d’avoir un vocabulaire un peu plus détaillé voire soutenu.

 

Caractériser le comportement des enfants

J’en arrive aux points sensibles de l’article… l’impact des mots sur la construction de soi.

Je suis certaine que tu as en mémoire la façon dont tes proches pouvaient te définir plus jeune : « c’est une enfance sage ! », « Elle est casse-cou ! », « C’est un Monsieur-Je-Sais-Tout ! », « Oh ! Tu fais ta timide ! », etc.
Quelle impression cela a créé en toi ?

mug monsieur madame
PS: Non, ce n’est pas une idée de cadeau!

Partie storytelling, j’étais l’enfant « bavarde, qui démonte tout, bruyante et menteuse.
Je me suis construite avec ces mots. TOUS mes bulletins de la maternelle à ma dernière année d’école secondaire (lycée) contenaient la même remarque : « Élève sans difficulté mais qui est bien trop bavarde ! ».
Encore aujourd’hui, j’aime parler. NON, en fait, j’ai BESOIN de parler, d’échanger, de communiquer. Le silence doit avoir un sens, sinon, cela me met mal à l’aise.
En classes, je m’ennuyais fermement. Ceci explique cela.

Pour l’aspect du mensonge, j’y consacrerai aussi un article explicatif, mais en somme : oui, comme tous les enfants vers 3 ans, j’ai commencé à raconter des histoires.
Je racontais, semble-t-il puisque ma mémoire me fait défaut, que ma mère m’avait donné des biberons froids (comble de la maltraitance dans l’esprit d’une enfant de 3 ans !) et que mon père était buveur (comble de l’horreur, déjà à cette époque-là !).
Il semble que mes histoires furent racontées avec tant d’aplomb et sans ciller, que cela décontenançait énormément mes proches… Qui me qualifièrent alors de « celle qui ment comme elle respire ». J’étais imaginative et manifestement, cela n’était pas toujours perçu comme une qualité.

Il s’avère qu’encore aujourd’hui, je suis susceptible de m’échapper de situations ou de trouver des excuses avec une facilité déconcertante. Cette capacité m’a constamment renforcée dans cette croyance que je suis « une bonne menteuse ». Alors que, soyons honnête, ce n’est pas un qualificatif valorisant…
Mon éthique personnelle m’interdit de mentir, mais toutes les vérités ne sont pas utiles à dire, n’est-ce pas ?

C’est étonnant que des caractéristiques d’une enfant se soient prolongées dans le temps de manière aussi intense. Tu pourrais te dire que mes proches étaient perspicaces et qu’ils ont ciblé très tôt ma personnalité…
Mais il y a une autre hypothèse bien étayée : il est probable que le fait qu’on m’ait attribué ces étiquettes m’ait conduite vers l’adoption de ces dites attitudes.
Cela s’appelle l’effet Pygmalion (théorisé par Rosenthal et Jacobson en 1968) : c’est le phénomène selon lequel les attentes d’autrui (parents, professeurs) affectent les performances et/ou l’attitude d’une autre personne (les enfants, les élèves, les étudiants).

Voici le principe en schéma :

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Dans leur expérience, elles mirent en scène un « test d’épanouissement intellectuel » que devait passer les élèves en début d’année scolaire. Ce test aurait permis de prédire le développement intellectuel des enfants. Les tests furent corrigés et les résultats mis à la disposition des professeurs.
Il s’avère que ces derniers étaient truqués et que cela servit juste la mise en scène expérimentale : elles classèrent les enfants en 2 groupes : les enfants « standards », 80% des effectifs, et ceux « à potentiel » représentant les 20% restant. Les enfants furent répartis dans chaque groupe de manière aléatoire.

Le fait d’avoir un groupe d’enfants « à potentiel » engendre, chez les professeurs, des attentes positives à leurs égards.
Afin de tester l’effet de leurs attentes, les enfants furent soumis à un test de QI à plusieurs reprises après le début de l’expérience (+4 mois, +8 mois, +20 mois… Oui, le biais d’analyse test-retest n’était pas pris en compte à l’époque. D’ailleurs, il a été questionné depuis, mais il s’avère que les résultats obtenus sont tout de même valides dans une large mesure).  Les chercheuses prises également en compte les évaluations quotidiennes effectuées par les professeurs.

Seulement 4 mois après le début de l’expérience, les enfants du groupe « à potentiel » avaient un QI plus élevé que la moyenne des autres enfants.
A partir de 8 mois, il y a entre 10 et 15 points de QI d’écart entre les enfants « à potentiel » et les autres (en sachant qu’on considère qu’un QI Standard =  100).
En outre, les évaluations des enseignant.e.s étaient plus positives pour les enfants « à potentiel ».

Cela démontre donc que les attentes positives  (et cela fut étendu aux attentes négatives par d’autres chercheu.r.se.s) engendrent une évaluation plus clémentes de la part des professeur.e.s mais aussi, que le QI de ces enfants est influencé favorablement !

Comment est-ce possible ?

D’abord, il s’agit de phénomènes qui dépassent la sphère consciente : les enseignant.e.s ont sans doute eu des comportements plus positifs envers les élèves prédits « à potentiel », comme des sourires, des encouragements, etc. Inconsciemment, ils auraient été plus attentifs à leurs apprentissages qu’à ceux des autres. Enfin, comme ils s’attendaient à ce que ces élèves-là aient des compétences particulières, leurs évaluations en furent impactées.

 

L’effet Pygmalion explique combien il peut être délétère de coller des étiquettes aux enfants. Ce sont souvent les attitudes jugées comme négatives par les adultes qui finissent comme étiquettes, et rarement les éléments positifs.
Tu comprends dès lors pourquoi dire à son enfant : « Tu es insolent.e/méchant.e/pénible/… »  n’aura pas d’effet positif à long terme. Bien au contraire, elle ou il pourrait intérioriser ce qualificatif et se conformer aux attitudes qui l’accompagne.

De plus, si tu entretiens dans ta pensée que ton enfant est pénible, violent, ou autre, tu auras de plus en plus de mal à te comporter d’une manière affectueuse… et cela, tout à fait inconsciemment ! C’est un cercle vicieux qui s’installe. Et personne n’en ressort heureux.

Au lieu de dire : « Mais qu’est-ce que tu es pénible ! », tu pourrais évoquer combien son attitude t’indispose par : « Je ne tolère pas que tu aies ce comportement ! ».

Enfin, les mots prononcés par les proches peuvent résonner longtemps au creux de l’oreille et avoir un impact sur l’estime de soi.
Si des qualificatifs négatifs clouent au fur et à mesure la confiance en soi des enfants (eh oui, comme veux-tu construire une belle image de toi à coup de « tu es infernale : bavarde, casse-cou et insolente ! », il s’avère que les caractéristiques perçues comme positives au premier abord ont, elles aussi, des incidences non négligeables.

« Tu n’es quand même pas stupide ! », « Tu es trop intelligente pour agir comme ça », « Mais enfin, fais un effort, je sais que tu peux le faire ! », etc.
Toutes ces phrases, qui semblent mettre en exergue la certitude du parent quant aux capacités intellectuelles de leur enfant, sont des manifestations claires pour l’enfant qui les reçoit qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Les attentes positives peuvent, certes,  s’avérer plus favorables à long terme que des insultes, mais pas plus soutenantes pour sa confiance en soi.
Chaque échec ou expérience ne se déroulant pas comme prévu est alors soumise au jugement du « si j’avais été vraiment intelligent.e, cela ne serait pas arrivé ! ».
Un peu comme rien de profitable n’arrive derrière « Je ne suis pas raciste mais… », peu de qualificatifs sont bénéfiques après « tu es… » !

Afin d’accompagner les enfants dans la bienveillance et le respect de leur individualité, le principe est de revenir sur le comportement et non se fixer sur une perception de pseudo-personnalité.

 

Les jugements de valeurs de nos expressions

« C’est bien ! »

« Tu es grande, maintenant ! »

« Tu fais le bébé ? »

« Aller, mange ! C’est bon ! »

« C’est vraiment moche, ce vêtement ! »

Probablement, tu vas te reconnaître dans certaines de ces expressions (et moi aussi, parfois !). Tu dois te demander pourquoi je questionne le fait qu’on y ait recours…

Lorsqu’on s’exprime comme cela, cela met en évidence un jugement de valeur de la part du locutrice/locuteur.
Alors, évidemment, nous avons bien le droit d’avoir un avis sur les choses qui nous entourent.
Nous avons la possibilité de se lamenter sur la bêtise du voisin de droite, le comportement de la voisine de gauche, les choix de vêtements de nos proches ou encore le comportement indécent de telle ou l’autre personne…

Souvent, les phrases qui nous servent à exprimer cela sont courtes et incisives : « C’est moche ! » ; « Quel idiot ! », « Il est vraiment pénible ! », etc.

Mais qu’en retire-t-on vraiment ?
Qu’apportent dans nos vies ces jugements de valeur ?
Nous rendent-ils plus serein.e ou heureu.x.se ?

fact or opinion
« Fait ou Opinion: aide les enfants à déterminer si les phrases sont des faits ou des opinions! »

Les jugements de valeur formulés de telle façon sont des raccourcis de ce que contient notre esprit.
Et comme tous les résumés, ils perdent en détails.
Le problème est alors de se satisfaire de ce type de réflexion puisque cela empêche d’aller plus loin pour questionner ce qui plaît ou indispose dans une situation, par exemple.

Prenons une situation classique : le repas. Lorsqu’un met t’est servi, tu vas dire ce qu’il provoque chez toi. La plupart du temps, il s’agira de contentement ou d’insatisfaction formulé assez brièvement.
Mais cela ne précise en rien ce qui te plaît ou te déplaît dans le plat en question.
Ne serait-il pas plus appréciable pour celui qui se soumet aux jugements des goûteurs de savoir exactement ce qui est apprécié (ou pas) ?

En lieu et place de « C’est très bon ! » ou « Je n’aime pas ! », pourquoi ne pas spécifier : « j’aime beaucoup le mélange des saveurs et des textures ! » ou « A  mon goût, cela manque d’épices/cuisson/…. ».
La personne se sent dès lors moins jugée dans sa globalité et peut alors saisir le point précis de ce qui déclenche l’opinion.

Ce type de réflexions vaut aussi pour la relation avec les enfants. Il est profitable de leur permettre d’être des individus à part entière, il est préférable de spécifier ce qui nous fait réagir. Encore une fois, comme je l’ai précisé dans mon article « les récompenses, une fausse bonne idée ! », il vaut mieux s’orienter sur la description que sur les jugements de valeur.

« Je suis fièr.e de te voir monter ces escaliers ! »
« Je suis heureuse de te voir t’amuser avec ce jeu ! »
« Je vois que tu as du mal à être calme et j’ai du mal à recevoir tes émotions maintenant ! »

Ces réponses ne paraissent pas spontanées. Et je le conçois complètement !
Nous avons des automatismes bien ancrés. Le principe est de faire évoluer ceux-ci tout au long du cheminement qu’implique l’accompagnement des enfants vers leur épanouissement (et le nôtre simultanément !).
Donc, plus tu vas user de ce type de réflexion et de réactions, plus elles te viendront naturellement. C’est comme tout dans la vie, cela s’exerce !

Enfin, concernant l’expression même des jugements de valeurs, dans certains cas, il faudrait se questionner sur l’intérêt même de les exprimer…
Je pense souvent au principe de la passoire de Socrate :

Même si dans le quotidien, il ne s’agit pas de rumeurs, est-il vraiment utile d’exprimer ses opinions brèves, constamment ?
Parfois, il est bien intéressant de les garder pour soi et d’observer ce qui les déterminent en nous-même.
Cela permet d’apprendre beaucoup sur notre propre fonctionnement, des préjugés et des réactions automatiques qui nous habitent. Cela vaut d’ailleurs pour quasiment tout ce que nous prononçons. Dans une large mesure, nous pourrions faire passer davantage de messages bienveillants et positifs en décidant de revoir le lexique qui les composent.
« C’est une tuerie ! », pour évoquer quelque chose de très bon, peut être adapté en « Quelle explosion de saveurs ! ».

A côté de cela, il y a la possibilité (impératif dans mon cas !) d’avoir des ami.e.s ou des groupes de discussions sur facebook (par exemple) qui permettent de se mettre en mode « défouloir » !
L’objectif de ces moments est de libérer les tensions, de ne plus réfléchir à ce qu’on dit, de se défouler mentalement… Afin de pouvoir agir avec bienveillance le reste du temps !
#médisanceorganisée

 

Les surnoms, on en fait quoi ?

C’est un autre point sensible !
Je crois que la plupart des parents donnent des petits noms doux à leurs enfants, et ce, dès leur naissance : « Ma puce », « mon petit cœur », « ma princesse », « mon roudoudou », « chérinette », « mignonnette », « Blondinette », « amour de ma vie », « ma grande », « pipelette », etc.

Tu sais quoi, je plaide coupable ! Grandi avec une panoplie de surnoms, je reproduis ça allégrement… MAIS…

Je n’utilise que peu les pronoms possessifs, mal à l’aise avec l’idée de possession d’un être humain par rapport à un autre (même si je suis très fière qu’Elle soit ma fille !).
Cela dit, je remarque tout de même que je ressens une grande tendresse de la part de mes parents quand ils précèdent mon diminutif. Je suis heureuse que par ce petit mot, ils me signifient mon appartenance à notre famille.
Cette marque de reconnaissance est importante pour moi, dans l’histoire de vie qui est la mienne, par rapport à mes parents avec qui j’ai des relations agréables. Quelqu’un.e qui aurait des interactions tendues pourrait percevoir cette marque de possession comme une bride à sa liberté et un rappel à un environnement qui ne lui convient pas.
Tout est affaire de contexte et de perception personnelle !

Ensuite, j’évite radicalement les surnoms faisait référence à son âge, son intégrité psychologique, son statut de bébé (ok, j’ai du mal parfois à zapper le « bébé d’amour ! »… Mais ma mère m’appelle toujours comme ça, autant dire que je l’ai dans la tête !), à son genre ou encore à une caractéristique physique ou prétendument caractérielle.

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Pourquoi toutes ces restrictions ?

Parce que j’estime qu’elle a le droit de grandir sans avoir à être confrontée à un jugement de valeur clair puisqu’il s’agit d’une manière de la nommer.
Je ne sais pas comment elle vivra, à l’avenir, son rapport à son corps, et je ne souhaite pas l’impacter via des mots qui ne sont pas anodins comme « petit bidon rond », « joufflue », et d’autres parfois moins « mignons ».

Je ne sais pas non plus si elle vivra son identité de genre de manière à ce qu’elle corresponde au genre qui lui a été assigné à la naissance. C’est une fille, physiologiquement. Mais je ne suis absolument pas si elle se sentira fille ou si elle se sentira comme dans le « mauvais corps », ou bien si elle se définira comme non-binaire.
Dès lors, je ne compte pas lui compliquer la vie en l’affublant de surnom qui lui impose une identité de genre.

Ensuite, je n’utilise pas de qualificatif de son comportement, pour les moult raisons décrites ci-dessus : un comportement est davantage parlant qu’un caractère présumé… Je suis toujours étonnée d’entendre des parents appeler leur enfant « Mon petit râleur ».
Cela formule clairement la perception que les parents ont de leur enfant en général (et non plus juste exceptionnellement quand une attitude survient). Cela déclenche en cascade l’effet Pygmalion expliqué précédemment. Déjà affublé du surnom de « râleur », les parents s’attendent alors que leur enfant grommèle plus que le feraient les autres.  Cela engendre que l’attitude de cet enfant s’y conforme…
C’est un cercle vicieux en bonne et due forme.

Il en va de même avec les surnoms reprenant le nom d’une espèce animale. Si certains véhiculent des caractéristiques plutôt agréables (« chaton », « mon lapin », « ma grenouille »), d’autres sont bien moins valorisants (« mon crapaud », « petit veau », « petite pie »).
Outre le fait que cela part de l’imaginaire collectif par rapport à ces animaux-là, les enfants peuvent intérioriser le fait qu’ils auraient, eux-aussi, les caractéristiques négatives sous-entendues par l’espèce.

Enfin, il est nécessaire de prêter attention au recours que l’on fait des surnoms.
Souvent, les surnoms doux sont évoqués lorsque l’ambiance est bonne et détendue. Dès lors qu’une situation déstabilisante, le prénom est utilisé !
Qu’en est-il alors, dans l’imaginaire des enfants, du rapport entre démonstration d’amour et l’aspect conditionnel de celui-ci ?
Les enfants peuvent croire que dans les situations où le.s parent.s ne recourent pas à leur surnom doux, l’amour qu’ils leur portent est amoindri.
Dès lors, n’hésite pas à avoir des explications sur situations problématique/sérieuses en utilisant son surnom et aussi à l’appeler au quotidien par son prénom. De cette manière, lorsque les enfants entendront leur prénom, ils ne suspecteront pas un moment manquant de gaité !

Je ne sais pas toi, mais pour moi, mon prénom énoncé en entier me met toujours mal à l’aise. Je crois toujours qu’une information d’importance/grave va être évoquée, ou alors que c’est quelqu’un qui ne me connait ni d’Eve ni d’Adam qui m’interpelle. Comme quoi, ça laisse des marques !

Je tiens à préciser que, par le présent article, je ne souhaite pas propager l’idée qu’il ne faut plus utiliser de surnoms pour les enfants.
Il s’agit de conscientiser nos propos et de pouvoir réfléchir sur ces habitudes ancrées. Ces dernières peuvent être modifiées si nous nous rendons compte qu’elles peuvent être délétères. Les automatismes ne sont pas des fatalités. L’humain est doté d’une plasticité neuronale https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-plasticite-cerebrale-15833/  incroyable qui permet de transformer nos compétences tout au long de la vie.

 

L’auto-observation comme outils d’accompagnement des enfants

Oui, on pourrait le mettre à toutes les sauces et pour tous les sujets. Observer la manière dont on réagit, comme si on était spectateur de soi-même, c’est le début de la remise en question et donc, du changement.
Mais c’est bien en s’auto-observant dans nos réactions et nos réflexions que l’on apprend de nous-même. Et cela sera le cas tout au long de notre vie.
Nous n’aurons jamais fini d’apprendre, c’est grâce à cela que la vie peut être passionnante et que nous pouvons évoluer !

Les précautions concernant le champ lexical sont d’autant plus importantes dans les premières années de vie des enfants.
C’est durant celles-ci qu’ils assimilent la syntaxe de sa/ses langue(s) maternelle(s), qu’il peut développer très rapidement une richesse de vocabulaire incroyable et, surtout, qu’il construit son rapport au monde (qui passe par les mots, comme je l’ai démontré largement).
En outre, les expressions ou surnoms faisant référence à du second degré n’a aucune plus-value pour un enfant de moins de 6 ou 7 ans. Jusqu’à cet âge-là, les enfants n’ont pas ou très peu accès à cette forme de (auto)dérision.
Je paraphrase Jane Nelsen (autrice de « la discipline positive », dont j’ai décrit l’ouvrage ici) : Les enfants comprennent tout, mais interprètent avec leur propre degré de développement cognitif et émotionnel.
Ils sont susceptibles de développer des croyances qui ne sont pas du tout dans les intentions initiales du/des parent(s). Mais leur croyances sont difficiles à déloger et peuvent leur causer de lourds questionnements existentiels : « Ma mère ne m’aime pas quand je fais ceci ou cela », « Mon père pense que je suis gros ! », « Je suis quelqu’un de méchant/insolent et mes parents ne m’aiment pas à cause de ça ! », etc.

Il peut suffire de conscientiser certaines actions pour s’engager sur une voie de recherche d’alternatives qui correspondent mieux à ce que nous voulons partager avec nos proches !

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« Va en avant et n’arrête jamais! »

J’espère que cette lecture aura pu soulever quelques éléments qui résonnent en toi.

Passe de belles fêtes de fin d’année, Lectrice/Lecteur Curieux !

A bientôt, en 2019, pour le prochain article !

 

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
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Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

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Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

pèse bébé

Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !