Préparer la naissance

C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

C’est ce jour-là que tout a commencé… !
29 mars 2017…

En vrai, ce n’est pas tout à fait ça, le début a eu lieu le jour de la première insémination artificielle.

Oui, c’est de ça que je vais parler. Cela va être un post plus égocentrique… Parce que la date s’y prête.

Pour beaucoup de couples, la date de la conception n’est pas forcément assurée.
A partir du moment où une procédure de PMA a lieu, tout est millimétré. Donc, en effet, je sais exactement le jour et l’heure à laquelle la conception de ma fille a eu lieu.
C’était le 29 mars 2017, un mercredi.
Ce matin-là, à 10h15, j’avais un rendez-vous prévu exactement 36h après l’injection pour déclencher l’ovulation.
Ce matin-là, à 10h10, j’étais dans une salle d’attente presque vide, dans ce merveilleux hôpital où Elle est née (CHR de Namur ❤ ). Je prenais des selfies humoristiques et j’ai fait des photos de LA salle où se passerait la manœuvre… En me disant, en rigolant, que cela ferait une trace dans les souvenirs.
Ce matin-là, j’avais le cœur léger. Alors que les deux mois précédents avant été des montagnes russes émotionnelles.  Cela n’avait pas de sens d’être si enjouée, alors que j’étais seule face à cet acte que je savais d’une importance potentiellement capitale pour mon avenir. Pour notre avenir.
En pourtant, ce matin-là, à 10h10, j’étais juste une femme en train d’ovuler et à 10h20, j’étais une femme « enceinte ».
Je sais que ce n’était pas le cas, mais psychiquement, c’était ça. En moi se trouvaient toutes les possibilités pour qu’être être se forme.
Ce matin-là, Pendant 15 minutes, j’ai attendu allongée que les 5.2 millions de nageurs fassent un peu de chemin avant de retrouver mes vêtements et commencer une journée « classique ».
Quelle illusion !
A partir de ce matin-là, plus aucune journée ne serait classique.
Le compte à rebours avait débuté. « Si vous n’avez pas vos règles, vous viendrez à j+16 faire une prise de sang ! »
J+16, alors que les règles arrivent d’habitude à J+14 (sauf dérèglement hormonal, dont je suis coutumière et qui avait fait tomber la sentence de l’échec  le mois précédent, le soir de ma fête d’anniversaire. Je vous laisse imaginer ma tête déconfite en revenant de la salle de bain, à 22h, en ayant constaté cela… Et devant faire bonne figure devant les invités … !).
je savais que des tests existaient et permettaient de détecter la fécondation deux jours avant la date présumée des règles.
Ce matin-là, je ne l’avais dit à personne mais je savais déjà, qu’à J+12, soit le 10 avril, un test de grossesse serait arrosé à 6h du matin.

Non, je ne sais pas ce que c’est que l’inattendue et de la découverte par hasard avec les symptômes.
La PMA, c’est la manie du contrôle et la peur de l’échec. C’est avoir la crainte que son corps ne joue jamais le jeu. C’est vivre les suivis de cycle comme des évaluations et se sentir défaite quand le corps déraille malgré soi… Projetant nos désirs dans un vide sidéral et l’espoir dans un champ de mine.

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Mais, ce matin-là, ce 29 mars 2017, je présentais que la vie serait douce.
J’avais toujours dit que c’était « marrant ces femmes qui passent un nouvel an sans bébé et qui passe le suivant avec un nourrisson dans leur bras ». Je savais que c’était ma « dernière chance » pour être parmi celles-là.
Je savais aussi que si ça marchait, j’aurais un bébé de Noël. Quel présent… !

Les jours ont passé et l’humeur enjouée n’a jamais cessé.
J’étais à l’affût des moindres symptômes. Je croyais qu’un matin, je serai réveillée par un élan nauséeux m’apportant la réponse.
Mais en réalité, chaque passage aux toilettes débutait par une angoisse d’avoir des pertes de sang. Je finissais par haïr le papier toilette rose qui s’obscurcissait et donnait l’impression qu’il y avait du sang clair.
Chaque sensation passait par le filtre d’une interprétation.
J’ai épluché tous les groupes, tous les forums, tous les sites qui évoquaient l’ensemble des symptômes susceptibles d’apparaître en cas de succès.

Un soir, à J+5, alors que j’étais au restaurant, j’ai ressenti une contraction utérine comme je n’en n’avais jamais ressenti. Cela me coupa la parole (et il faut y aller pour faire cesser mes logorrhée, celles et ceux qui me connaissent le savent).
Me reviennent en mémoire les informations lues les derniers jours … La nidation est susceptible d’engendrer une(des) contraction(s) utérine(s).
Le timing correspond, par rapport à une possible fécondation.
Parce que oui, en PMA, on devient experte de la reproduction humaine…. !

A partir de ce jour-là, les sensations changent.
Premier mercredi post-insémination. Encore 5 jours à attendre et je saurai.
Mais déjà, ce jour-là, je sentais qu’une histoire se tramait sous mon nombril. Mon cheval était blessé et j’habitais si proche de l’écurie que je m’y rendais à pied, en faisant de la marche rapide (oui, j’avais trouvé ça intéressant de m’initier à cette pratique qui met à rude épreuve les hanches et les abdominaux).
Je fus incapable de tenir le rythme. Il y avait comme une boule qui accrochait dans mon ventre.
Il en allait de même pour mes exercices de renforcement musculaires, je ne parvenais plus à contracter mes abdominaux avec les mêmes sensations que d’habitude.
Ces signes m’enthousiasmaient autant qu’ils m’effrayaient. Etais-je en train de sombrer dans les affres des fabulations corporelles et d’une grossesse nerveuse ?

L’impatience est un défaut qui me caractérisait. Ce temps avant le test de grossesse me semblait interminable…
Toutes les heures du jour et de la nuit, je pensais à cela : Suis-je enceinte ? Que faire ? Qu’éviter de faire pour que ça « tienne »  si « c’est » bien là ?
Des centaines de questions se bousculent, croisant tantôt la joie et tantôt le désespoir de ne pas faire confiance à ce corps. Culpabilisant des supplices que j’ai pu lui faire subir en étant plus jeune, j’espérais qu’il m’offre le cadeau d’abriter la vie malgré tout. Je me promettais une réconciliation inaltérable avec lui, s’il devenait le temple de cet enfant tant désiré.

Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. J’étais fébrile.
Epuisée, à 5h50, j’ai descendu les marches qui me séparaient de la salle de bain.
J’ai ouvert la boîte, lu la notice. Relu, en réalité, je l’avais déjà détaillé au moins 3 fois auparavant.
En œuvrant à viser correctement, je me suis mise à rire de la situation. Moi, seule dans une salle de bain, en train d’éviter de m’uriner sur les doigts, je m’apprête à savoir si mon destin va changer à tout jamais. Quel moment d’anthologie !
Ce moment-là me rapprochait de toutes les femmes, je n’étais plus « en PMA », j’étais une femme qui espérait être enceinte.

Une fois le bâtonnet révélateur déposé à plat, j’ai passé mon visage à l’eau.
J’ai ouvert Messenger et j’ai vu qu’une amie proche était connectée. Elle-même enceinte suite à une PMA… Elle savait tout. Elle avait juste 5 mois d’avance sur moi.
J’ai regardé ce test.
Fatiguée, je croyais voir flou. Il n’y avait rien de flagrant. C’était tenu… pâle.
Je vérifie sur la notice… Même pâle, c’est positif.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je prends une photo et l’envoie à cette amie, qui bondit de joie en recevant ce cliché.

20170410_205909OUI, c’est une archive personnelles! 🙂
Je ne rêve pas. Je suis enceinte !
Nous sommes le 10 avril, il est 6h du matin et je suis enceinte. Le test confirme ce que mon corps sait depuis des jours.

Le sourire ne me quittera plus.
Parce que finalement, non, je n’ai jamais eu de symptômes de grossesse. Sauf si l’on considère que l’expansion fulgurante de mes seins en est un… C’est d’ailleurs ce qui a « grillé » mon précieux secret auprès de mes collègues.
J’ai aussi découvert à quel point le corps s’organise bien pour calmer les ardeurs en augmentant brusquement le rythme cardiaque.
La fatigue du premier trimestre n’est pas un mythe pour moi, j’étais échouée dès 20h30 et j’aurais bien dormi le reste de la journée aussi.
Mon corps m’a demandé de prendre le temps… Ce qui renvoie à l’article que j’ai écrit juste avant celui-ci, d’ailleurs.

Bref, le 29 mars 2017 est le premier jour du reste de ma vie.
Depuis ce jour, je ne compte plus pour moi seule mais pour nous.
La PMA m’a permis de devenir cette femme enceinte que je rêvais d’être.
Ma fille m’a offert de devenir la maman que je souhaitais être.

Ce périple de l’esprit et du corps est celui qui m’a révélé à moi-même, rendant évident ce que je m’efforçais de cacher au fond de moi.
Alors forcément, ces dates précises sont symboliques et très personnelles. Malgré tout, j’avais envie de les partager, parce que je sais que ces sensations et ces émotions toucheront certaines femmes.
J’espère que cela donnera de l’espoir à certaines.
Parce que ce matin-là, les gynécologues de la PMA n’avaient pas encore compris ce qui ne fonctionnaient pas dans mon système hormonal. J’ai des ovaires poly kystiques, mais aucune cohérence par rapport au syndrome associé.
Ce fut un coup de chance.
Ce matin-là, j’ai eu de la chance.

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Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Et si on prenait le temps ? La grossesse

 
« J’ai pas l’temps ! », disais-je en courant d’une tâche à une autre.
A vrai dire, je prenais du temps pour certaines tâches d’importance à mes yeux… Mais je me sentais oppressée par les autres que je devais caler dans mon agenda.

« J’ai pas l’temps ! » de faire toutes les tâches qui me permettraient d’avoir plus de visibilité et des articles plus aboutis en design (et je ne parle pas du visuel médiocre de mes sites … Ah ah ah !).

Nous sommes dans une société où l’oisiveté est mal perçue. Il est nécessaire de communiquer qu’on est « busy ». Et le pire, c’est qu’on a tendance à charger nos agendas voire ceux des enfants de moult activités : des séances de sport, des cours de ceci ou cela, des évènements de réseautage et évidemment, le travail qui doit occuper une place principale.

Je vous propose une série de quelques articles sur la question du temps autour de la périnatalité et de la parentalité.

Cet article traite de la période de la grossesse. L’article suivant traitera du post-partum et le troisième de la vie avec un enfant de moins de 3 ans. Ultérieurement, je rédigerai aussi un article sur le rapport au temps en fonction des âges des enfants. Bref, un programme qui prendra… du temps !

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Le temps de la grossesse

Dans la vie, la période de la grossesse est une forme de parenthèse, surtout pour une primipare qui n’a pas d’autre enfant à prendre en compte dans son quotidien.

Ces instants nécessitent un suivi particulier : les rendez-vous gynécologiques ont lieu régulièrement.
Et déjà à ce moment-là, la question du temps qu’on accorde à cette grossesse se représente par les accompagnements à la naissance que les futurs parents décident ou non d’effectuer.
Certain.e.s ne vont pas avoir besoin d’investir la grossesse et ce futur bébé, et donc ne pas y consacrer un temps défini par des rendez-vous supplémentaires. D’autres vont multiplier les séances de préparation en mixant une préparation classique, de l’haptonomie, du chant prénatal et des ateliers isolés sur divers thèmes.
Bien sûr, je grossis le trait des deux extrêmes.
Cela dit, le « profil » des futurs parents aura probablement un impact sur le post-partum.

Durant la grossesse, le temps mental accordé à la grossesse ou au futur bébé peut être un révélateur du vécu parental. Certain.e.s vont être dans la fuite en avant, sans y consacrer une énergie mentale volontaire durant les premières semaines, par crainte d’une fausse couche.
L’absence totale de place psychique laissée au bébé se ressent sur le corps… C’est ce qui se produit également dans les cas de déni partiel ou total de grossesse. Je développerai ce sujet dans un article ultérieur.

L’investissement émotionnel et psychique de la grossesse va être différent en fonction du parcours pour parvenir à ce point : Est-ce un bébé surprise ? Une grossesse venue après un parcours de Procréation Médicalement Assisté ? Un bébé qui s’est installé alors qu’on l’avait cordialement invité ?
Chaque femme va vivre la grossesse de manière singulière. Le vécu durant le premier mois n’est pas celui du dernier mois, d’ailleurs.
Il est plus facile de « l’oublier » (ou même carrément, de ne pas s’en rendre compte) au début alors que le principal intéressé se rappelle à nous par son ampleur et ses mouvements, par la suite.

 

Au commencement…

Parfois, les débuts d’une grossesse amènent des sentiments ambivalents envers celle-ci : la joie, la peur, la surprise,…
Ce bébé tant désiré va devenir le siège d’attentes et la crainte de le perdre ou qu’il ne soit pas en pleine santé peut devenir paralysante.
A contrario, dans le cas de grossesse « surprise », la panique peut être le premier sentiment. D’ailleurs, à la suite de cela, un sentiment de culpabilité pourrait naître « Parce que je ne l’ai pas accueilli dès le départ ».

Il est nécessaire de replacer les choses dans leur contexte. Je vais être claire sur le sujet : ce n’est pas parce qu’on a déjà des enfants que les femmes sont contraintes de garder un embryon qu’elle ne désire pas. Ça vaut aussi pour les femmes installées. La maternité n’est pas obligatoire si on ne la désire pas. Je ne suis pas partisane de la croyance que le destin amène sur notre route ce qui est « bon » pour nous. Je suis adepte du choix. C’est dit !

C’est propre à la perception de chacune et au contexte de sa vie. Il est nécessaire d’y consacrer un temps de réflexion. Tant un enfant qu’un avortement ne se vit pas sans conséquence.
Parfois, la réaction est expéditive : c’est une surprise mais quelle joie ! Mais l’inverse aussi, « Oh ! Non ! La venue d’un (nouvel) enfant serait une catastrophe ! ».
Les deux sont audibles. Les deux sont vrais. Les femmes doivent décider, et pour se faire, elle peut consulter des professionnel.le.s capables de les écouter SANS LES INFLUENCER ou leur faire une leçon de morale.

 

Le vécu d’une grossesse qu’on poursuit…

Une fois que la grossesse a pris sa place consciente dans l’esprit de la future mère, le rapport à cet embryon/fœtus va dépendre des symptômes associés. Certaines ne vont pas ressentir grand-chose : ce qui les inquiètera… Et d’autres vont se voir affliger de nausées, de tachycardie, de maux divers et variés. L’ampleur de ceux-ci impacte le quotidien, et déjà là, la question du temps se pose. D’ailleurs, l’inquiétude sur la pérennité de la grossesse pourra ressurgir aussi quand les symptômes classiques du 1er trimestre s’en iront.

« Oserais-je prendre du temps pour MOI maintenant ? ».
Dans le rythme effréné de la vie active, il est parfois difficile de s’octroyer du repos alors que ce n’est que le début de la grossesse. Or, le premier trimestre est bouleversant pour le corps féminin !
Sans gêne aucune, je vous suggère de vous écouter paisiblement en n’oubliant jamais qu’un travail ne vous garantit pas du bien-être. Par contre, c’est le cas lorsque l’on prend soin de soi et que l’on s’autorise à être attentive à nos sensations.
Beaucoup de femmes vont déjà investir la grossesse et chercheront des solutions pour apaiser leurs maux, ou investiront du temps pour comprendre en détails ce qui se passe en elles.
Il faut avoir en tête cela : dès le départ, les femmes octroient du temps à cet enfant qui n’est pas encore là, parce que c’est en elles que tout se joue.

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Dans le couple, il va fréquemment se produire une distinction claire de la réalité vécue. Une personne est enceinte, pas l’autre.
Souvent, c’est la femme enceinte qui va investir massivement du temps dans l’élaboration mentale de la suite de la grossesse, de l’accouchement et de la vie avec un enfant.
En témoignent les nombreux groupes facebook sur la grossesse et les sujets afférents à l’enfance, majoritairement animés par des femmes enceintes ou devenues mères.
Il y a quelques groupes de futurs pères/coparent.es, comme Papallaitant.
Mais un schéma classique est que le père ou la coparente soit incité.e à agir par la femme enceinte pour s’informer à tel ou l’autre sujet, puisque c’est elle qui les débusque !

Bien sûr, dans certains cas, l’autre parent peut également s’impliquer activement et faire de la grossesse un sujet central de sa vie. Je le souhaite d’ailleurs à toutes les femmes enceintes, en couple.
Mais ce n’est pas encore la majorité, parce que le préjugé social veut que ce soit la femme qui perde des neurones (vous n’avez jamais entendu parler du SNU ? Le syndrome du neurone unique) car elle ne pense qu’à son bébé (je parle au singulier, mais pour les grossesses multiples, ça multiplie les questionnements !).
Comme la femme enceinte vit concrètement l’évolution de la grossesse dans son corps, il y a une certaine tolérance à ce que son attention soit dirigée vers ce petit-être.
D’ailleurs, à partir du moment où la grossesse est annoncée, la question posée à une femme enceinte est : « Et alors, comment ça va le bébé ? ».
Question aussi frustrante qu’incompréhensible.

La plupart du temps, la femme enceinte vit avec ce même questionnement qui n’est rassuré que lors des moments de consultation.
Moi-même, j’ai toujours répondu : « A priori, oui ! J’ai eu une écho il y a X jours et ça allait ! ».
Mais l’absence de certitudes peut amener des angoisses massives. Là, aussi, le vécu de chacune est indispensable à prendre en compte.
Il ne convient pas de balayer les craintes d’un revers de la main : au contraire, il s’agit d’une occasion de les travailler, avec un accompagnement, de manière à faire émerger ce qui se cache derrière.
C’est un des manques des préparations à la naissance, selon moi… Que j’espère pouvoir combler grâce à mes écrits et mes futures consultations.
Les craintes qui surviennent pendant la grossesse sont la plupart du temps normales, mais on en parle peu… Parce que cela soulève des sujets difficiles comme la mort, les malformations, la prématurité, etc.
Les ami.e.s et conjoint.e.s préfèrent rassurer la future mère… Mais les appréhensions ne sont pas entendues en tant que telles et peuvent croitre.
Alors il est possible de trouver des groupe, sur facebook par exemple, où ces sujets sont abordés. Ceux-là, et d’autres… Parfois pires, ce qui amènent des peurs encore plus diversifiées !

A titre d’exemple, j’étais moi-même sur un groupe traitant de la PMA. J’y ai appris certaines choses… Mais cela a généré des doutes que je n’aurais jamais eu autrement. Par exemple, j’ai eu peur de la douleur inhérente à un examen spécifique (l’hystérosalpingographie, finalement, presque indolore, grâce au MEOPA  sûrement mais aussi grâce aux soignants tellement attentifs et drôles… Cet examen à lui seul mériterait un article en mode story telling, tellement j’en ai ri !).
Ensuite, j’ai entendu parler d’œuf clair. Je ne savais pas du tout ce que c’était … Et ça m’a fait anticiper ma première échographie par crainte que ma grossesse ne soit pas évolutive.

Après cela, j’ai compris.
Je ne voulais plus être exposée involontairement à des informations anxiogènes. Mais il me manquait un certain soutien, une écoute, un échange, des informations objectives…
Parce que la préparation à la naissance avec une sage-femme ne commence que vers le 5eme mois, en général.
C’est parfois long, 5 mois, seule dont 3 mois à avoir peur d’une fausse-couche et 4 mois avant de savoir si le bébé est bien viable sans malformation. Du moins, c’est comme ça que MOI, je l’ai vécu.
C’est un vécu parmi tant d’autres.
Mais il n’est pas à négliger ou à taire.
Dès le début, il est possible d’être entendue. Seule ou en couple,  d’ailleurs.
Je suggère d’ailleurs aux femmes de consulter parfois avec leur conjoint.e pour que soit entendu ce qui se joue pour elles.
C’est un premier temps à prendre, ensemble. Il n’est pas question d’une thérapie de couple, mais d’aider le couple à entrer dans la parentalité et donc, le fait que tout est et sera perçu différemment… puisque ce sont 2 êtres distincts.

 

Un coup de tonnerre ?

Il y a des grossesses moins agréables que d’autres… plus stressantes.
C’est le cas des grossesses avec Menace d’Accouchement Précoce (MAP), où les femmes vivent des contractions très tôt, ou que le col se modifie.
Certaines femmes ont droit à un cerclage du col, pour le maintenir  fermé mécaniquement.

Ces grossesses impliquent que les femmes se reposent voire soient totalement alitées.
Ce sont des périodes effroyables pour les femmes enceintes sujettes à ces problèmes.
Il y a les peurs vis-à-vis du bébé mais aussi le vide que cela crée dans la vie : la plupart du temps, les femmes alitées seront souvent seules. Elles consacrent leur temps à préserver leurs bébés.
Ce sont des moments qui vont être consacrés à la recherche d’informations et, à l’heure actuelle, à un grand temps passé sur les réseaux sociaux. Je parle des effets passés derrière les écrans dans cet article.

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Il est profitable pour les futures mères « à risque » de chercher le moyen de s’entourer et prendre soin d’elle.
Si le canapé et le lit deviennent les « meilleurs amis », il est possible de faire venir le monde à soi !
Fais venir tes ami.e.s avec des denrées alimentaires, pareil pour les coiffeu.r.ses, et autres services à la personne dont tu aurais envie.
Ensuite, il peut être profitable d’être accompagnée par une personne qui viendrait consulter à domicile. Diverses pratiques peuvent être profitables : la méditation en Pleine Conscience, mais aussi la sophrologie, par exemple.
Les périodes d’alitement sont des tensions permanentes tant physiques que psychiques. Il n’est pas bénéfique d’enfouir ses craintes et de mettre un masque de façade. Oui ! C’est difficile à vivre car toute la vie est bousculée, du jour au lendemain, sans préambule.

Dans ces situations-là aussi, il est nécessaire de prendre en compte les différences de perception au sein du couple.
Les futures mères et leurs bébés passent leur temps en tête à tête, et toute l’attention est fixée là-dessus. Il est fort probable que les futures mères soient tendues par cette situation et comme je l’ai évoqué précédemment, elles dédient beaucoup de temps à chercher des informations sur leur situation, mais aussi sur l’après-naissance.
Il est ainsi indispensable que les conjoint.e.s prennent conscience de cela et mettent de l’énergie à rejoindre les femmes dans leur vécu.
D’une part, il est nécessaire que les accompagnant.e acceptent d’entendre l’état émotionnel mais aussi de le prendre réellement en compte au quotidien. Par exemple, il serait opportun de se hâter à retrouver sa compagne après le travail… Voire même de demander à pouvoir effectuer du télé-travail pour rester avec elle régulièrement.
Ensuite, il est indispensable qu’ils/elles cherchent à acquérir les connaissances que les femmes ont glanées au fur et à mesure de la journée. C’est aussi un temps quotidien qui peut être utile pour se reconnecter ensemble à l’état de grossesse.
C’est plus simple pour une femme de parler des connaissances qu’elle a récolté si on lui demande ce qu’elle a découvert… plutôt qu’elle ne soit dans une relation unilatérale de pourvoyeuse d’informations « non sollicitées ».

Dans cette situation particulièrement (même si cela peut valoir pour tous les couples hors MAP ou alitement), je peux suggérer que des séances d’haptonomie soient pratiquées.
Ces séances permettent de se communiquer avec les enfants au-delà du stress de l’alitement mais aussi pour aider les conjoint.e.s à s’investir pleinement.
Ces propositions par rapport à la communication  se valent aussi à la période (en France) où les femmes sont arrêtées en fin de grossesse.

Enfin, durant ces périodes d’arrêt de travail, j’inciterai vraiment les femmes à s’investir dans une activité « créative ».
Cela peut sembler fou, mais il n’est pas nécessaire de combler le temps par de l’utile. Au contraire, ce temps peut être mis à profit pour se (re)découvrir des passions manuelles.
En tout cas, il ne peut être que profitable de faire quelque chose qui te rendra fière de toi : écriture, vidéo, puzzle, tricot, couture, calligraphie, coloriage de mandala, gravure sur bois, …
Nombreuses sont les options afin de prendre le temps et de déconnecter l’empressement du quotidien.

 

« Tu bouges beaucoup trop… Quand est-ce que tu sors ? »

La date de ton terme s’approche.
Electrochoc à J-31 : dans moins d’un mois, il y aura quelqu’un de plus. Et l’accouchement. (Je te glisse un article sur la façon d’avoir l’accouchement que l’on souhaite).
Cela fait quelques mois que les mouvements sont perceptibles et qu’ils deviennent de plus en plus visibles.
Pour certaines femmes, ces sensations engendrent de l’inconfort. Pour d’autres, c’est étonnant ou plaisant.
Dans tous les cas, avec les smartphones à proximité, je te peux que proposer d’en faire des vidéos.
A tout le moins, je te propose de prendre le temps de ressentir tout cela, d’essayer de distinguer les mains, les pieds, les mouvements et la position du fœtus.
Tout au long de la grossesse, en palpant doucement l’utérus, il est possible de détecter l’évolution de la grossesse et de la position du fœtus. Je me suis étonnée de sentir très vite une boule en bas à droite, et que celle-ci migre ensuite vers la gauche, avant de s’étendre totalement.

Il est souvent conseillé de parler au fœtus. Je pense sincèrement que cela dépend de la sensibilité de chacun. Certaines personnes trouveront ça étrange de parler à un ventre mouvant (ou pas) et d’autres le feront naturellement.
Dans tous les cas, il peut être utile de s’arrêter sur les moments joyeux ou difficiles et de verbaliser ce qu’il se passe. Il est connu maintenant que les fœtus perçoivent les états émotionnels de la mère. Autant miser, dès le départ, sur la transparence : c’est un bon exercice pour la suite, lorsque le bébé sera dans tes bras.

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Dès que les mouvements deviennent perceptibles, je te suggère de prendre le temps matin et soir (au moins) de te connecter à ce petit-être.
Il s’agit simplement de prendre le temps de lui dire Bonjour et Bonne nuit, en attendant sa réponse.
Parfois, la crainte de ne pas le sentir survient. Dans ces cas-là, il est possible d’avaler un aliment sucré et de se coucher sur le côté gauche (cela favorise les échanges sanguins).
Sans alarmisme, il est nécessaire d’être attentive aux mouvements fœtaux et consulter en cas (d’impression) d’immobilité depuis quelques heures. Les précautions dépendent du stade de la grossesse.

Enfin, il arrive que les maux de grossesse s’accroissent en fin de grossesse. La pression utérine engendre quelques joyeusetés originales (j’en parle dans cet article : « Si j’avais su… sur le corps et la tête d’une femme enceinte ») et parfois, il tarde aux parents que l’enfant  sorte de sa cachette.
9 mois, entre 37 et 42 semaines de grossesse, dans la plupart des cas, c’est court. Et c’est à la fois très long.
Là encore, les dernières semaines de la grossesse sont des moments idéaux pour se prêter aux exercices de respiration et de Pleine Conscience.
Ces moments sont inédits. Ils sont uniques et indicibles.
Ces deux corps qui ne sont encore qu’un ne seront plus jamais aussi proches. Autant ancrer ses sensations durablement…

Et qui sait, pourquoi pas les écrire ?
D’ailleurs, tout au long de la grossesse, l’écriture peut être un média vers ses émotions mais aussi pour partager ses sensations avec le/la partenaire et l’enfant, quand il sera plus grand.
Personnellement, j’ai fait un carnet de bord de ma grossesse… Et je continue à rédiger les péripéties quotidiennes.
Le temps nécessaire pour inscrire les faits, les choix, le décours des évènements permet de se recentrer et d’expliquer clairement ce qui est parfois difficile à dire. En outre, l’écriture permet de garder une trace qui ne sera pas modifiée dans le temps comme le sont les souvenirs.

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En bref, à toi future maman ou future femme enceinte, ne t’oublie pas. Prends le temps d’être, de ressentir, d’inscrire et de vivre intensément.
Rares sont les actions qui pressent réellement.
Penses-toi comme un temple qui construit la beauté de la vie :
Prends soin de toi en te nourrissant sainement.
Prends le temps de te reposer.
Prends le temps de ressentir.
Prends le temps de partager… et, si cela te concerne, incite ton/ta conjoint.e à te rejoindre dans ces temps de connexion.

A très bientôt pour de nouvelles curiosités !

Si tu t’intéresse à cette notion de « prendre le temps », je t’invite à découvrir le « slow parenting » via le nouvel ouvrage de Chloé Blin-Maginot  : Vivez une parentalité Slow.

parentalité slow

 

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Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

l’HNI, une pratique qui dérange. Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ?

Dans cet article, je présente l’Hygiène Naturelle Infantile. J’aborde les raisons sociétales qui rendent cette pratique marginale en Occident. Je te fais aussi par de mon expérience. Je mets au clair les mythes concernant l’acquisition de la continence. Et, enfin, je te donne quelques trucs pour pratiquer l’HNI concrètement!

Je n’ai pas grandi avec un amour des couches.
Ma mère m’a toujours dit que nous avions été « propres » très tôt, avec ma sœur. Tôt, c’était 10 mois le jour et 12, la nuit.
Je croyais, toute adulte que je suis, que ma mère exagérait, et qu’elle avait des souvenirs faussés lorsqu’elle me racontait qu’elle nous mettait sur le pot dès nos 3 ou 4 mois …

Partout autour de moi, j’ai entendu parler de l’acquisition du contrôle sphinctérien, qu’il pouvait apparaître vers 18 mois et que la plupart des enfants portent des couches jusqu’à 3 ans.
Il y a de fameux articles qui expliquent clairement qu’il ne faut pas induire le pot chez les enfants trop tôt… Sinon, cela engendrerait des blocages concernant l’élimination et parce que de toute façon, l’incontinence infantile est créée par une immaturité normale des sphincters.
Je me demandais alors comme ma mère avait réussi à nous « rendre propres ».

Bien avant de tomber enceinte, j’avais découvert l’Hygiène Naturelle Infantile (HNI, également appelée en anglais « Elimination Communication »). Cela me semblait quasiment impossible à concilier avec une vie normale. Je pensais que les mères qui la pratiquaient étaient spéciales, au paroxysme du maternage… au confluent avec une sorte de spiritualité. Elles m’impressionnaient, et clairement, je ne me pensais pas « au niveau ».

sceptique

Et puis, je suis devenue mère. J’ai pu mettre en application le maternage proximal que j’envisageais, et même plus.
J’ai, grâce ce blog aussi, fouillé de plus en plus de notions concernant un accompagnement bienveillant des enfants.
Clairement, je souhaite offrir à ma fille toutes les chances et optimiser ses possibilités d’être elle-même, débarrassée des entraves/injonctions de la société [occidentale].
DISCLAIMER : Je sais qu’on ne peut pas être culture-free, mais je souhaite vivre dans une transculturalité qui permet de prendre et appliquer le meilleur (dans le sens de répondre à ses besoins et pour son développement autonome et indépendant) de ce que fait l’humain ! Je trouve merveilleux de pouvoir m’inspirer des attitudes d’autres ethnies pour accompagner ma fille au quotidien.

Et malgré tout mon maternage, il y a un point qui me posait un vrai problème tant écologique que philosophique : les couches !

Alors, il a fallu que je questionne ce qui me freinait : l’habituel évitement du contact avec les excréments, les informations connues sur l’acquisition de la continence, la peur de « l’échec » et la perception sociale de l’HNI, même dans les communautés bienveillantes et maternantes.
Celles et ceux qui pratiquent l’HNI, ce sont un peu les OVNI, celles/ceux qui vont VRAIMENT loin. Déjà qu’être dans un maternage proximal dans la société occidentale est perçu comme étrange voire pathologique par certain.e.s (bisou-cœur à vous !), mais alors … l’HNI !

A quoi ressemblaient mes questionnements ? Les voici, authentiquement :
« Ai-je vraiment envie de ramasser des flaques, et autres, à longueur de journée, et changer ma fille 18 fois/jour, et d’être constamment en stress par rapport à cela ? Et puis, c’est surement trop tard, l’HNI, c’est depuis le départ pas « en cours de route », ça va peut-être la bloquer/traumatiser concernant son élimination ?!
Je suis toute seule, comment vais-je gérer ses besoins d’élimination et ma gestion du quotidien ? Comment vais-je faire si j’ai un plat sur le feu et que je la retrouve en train de peindre avec ses fluides corporels ?
Et si elle ne porte pas de couche à la maison, comment vais-je faire à l’extérieur ?

C’est vraiment trop compliqué pour moi …  »

MAIS… Les couches, vraiment, je n’arrivais pas à me dire que ma fille était enfermée et serait encore dedans jusqu’à ses 2 ou 3 ans ? Une partie de son corps totalement caché, un réceptacle à excréments constamment au contact avec sa peau et surtout : les remises en question des connaissances, sur les compétences des enfants concernant leur continence, qui ne sont pas cohérentes avec le vécu des pratiquant.e.s de l’HNI.

Alors j’ai lu, beaucoup… !
Je suis tombée sur diverses sources, dont le blog de Natacha Guillaume : Heureux sans couche .
J’ai dévoré un certain nombre de ces articles et c’est là que j’ai appris combien le fait de laisser des couches entretient l’incontinence des enfants et d’autres astuces pratiques au quotidien.
Mais, j’ai du mal à croire sur parole les expériences de l’une ou l’autre, alors j’ai continué à me documenter. J’ai découvert le milieu de l’HNI et l’EC (en anglais) : les groupes de parents sont fournis (en anglais surtout).
J’ai aussi commencé à apercevoir qu’une littérature sur le sujet existe (même si pas suffisamment, à mon goût), tant en vulgarisation qu’en articles scientifiques.

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A ce moment-là, la pièce est tombée : je ne pouvais plus faire comme si je ne savais pas.

Storytelling de ma courte histoire de l’HNI (3 mois au moment où je rédige, en janvier 2019) :

[Si tu te fiches de mon vécu et que tu veux comprendre comment et pourquoi l’HNI fonctionne, il suffit d’aller à la section suivante]

J’ai débuté en enlevant les couches de ma fille quelques heures par jour, pour observer ses rythmes. Je le faisais quand j’étais vraiment focalisée dessus, de manière à percevoir ses signaux préalables aux excrétions.
J’ai attendu, tenté de déceler les signaux… en vain !
Eh oui, après plus de 9 mois de couche, elle s’était bien habituée à effectuer son ouvrage tout en jouant sans même s’interrompre.
J’étais totalement épouvantée : elle a perdu une des sensations les plus naturelles… Elle ne s’en rend même pas compte ! Et moi, je ne peux donc pas du tout agir et anticiper.
Et puis, le rythme… BONJOUR ! Toutes les 20/25 minutes maximum.
Je tombe de haut et me demande comment je vais pouvoir l’aider à se reconnecter avec son corps qui semble si loin d’elle…

Un peu désespérée par ce constat, je rejoins les groupes anglophones. Je cherche des témoignages de parents qui ont, eux-aussi, commencé « sur le tard » (oui, l’idéal est de débuté avant les 4 mois des enfants, ils signalent de manière plus claire, semble-t-il, avant d’arrêter de communiquer … à force d’être confrontés à l’ignorance).
Et j’en trouve. On me dit de continuer, de communiquer au sujet de ses excrétions et que ça va évoluer.
En effet… en 5 jours : ma fille a associé le mot à l’acte. Sur la table à langer, elle urine à chaque change, ce qui lui permet d’avoir des couches deux fois moins remplies ! Je trouve ça époustouflant ! Même si je présume que c’est dû au hasard et qu’elle a juste pris l’habitude de faire en ayant les fesses à l’air.
Parce que, ça aussi, on te le dit : « Attention, les bébés aiment bien faire quand ils sont fesses nues : c’est le changement de température ! ».
Tu veux savoir un truc ? Ce n’est pas tant le changement de température que le simple fait que les enfants, dès le départ, ne veulent pas se faire dessus, mais que nous les y contraignons avec les couches.
Alors, au lieu de s’affoler pour des urines hors de la couche, il faut plutôt leur laisser le temps de le faire et de constater les choses, de manière à ce qu’il associe très tôt acte et mot.

Ensuite, j’ai décidé de lui enlever ses couches dès que je suis chez moi. Je voulais qu’elle puisse associer une attitude claire entre les sorties et la maison.
Après un mois d’observation, j’ai commencé à percevoir une récurrence dans ces rythmes et donc à lui proposer le pot (physiologique ! Merci Ecopitchoun ! http://www.ecopitchoun.fr/boutiquehni/pottopfchen.php ).
Est-ce qu’il y a eu des flaques ?
OUI, plein ! J’ai racheté des langes en plus de manière à éponger cela.
Et j’ai continué à verbaliser, « Tu fais pipi ! », ni plus ni moins.
Est-ce que j’en ai eu marre, parfois, de ramasser ?
Oui, évidemment
. Quand c’est la troisième fois en une heure où elle urine 30 secondes après avoir refusé/s’être levée du pot. C’est pénible à vivre pour moi surtout après une nuit à 4 ou 5 réveils et qu’il n’est que 8h40 à la troisième miction !
MAIS : est-ce que je lui montre ou lui dit quoi que ce soit de négatif ? NON ! Je constate, encore. Simplement, j’absorbe la flaque avec l’énième tétra de la journée et c’est tout.

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Langes de chez Gaspardetzoe.fr

Et puis, d’un coup, ça a évolué. Ses rythmes d’élimination ont commencé à être vraiment répétitif d’un jour à l’autre, en fonction de ses tétées, de ses siestes, je sus plus ou moins quand elle aurait besoin. J’estimais encore que les « pipis attrapés » étaient des coups de chance, mais je me disais que le hasard cédait sa place à l’intuition.
La fameuse intuition que je croyais spirituelle, celle qui forçait mon admiration. Et j’ai commencé à apprendre à la suivre. Quand je me posais la question de savoir si je ne devrais pas lui proposer d’éliminer, 3 fois sur 4… C’est le cas dans la minute qui suit.
Alors, la plupart du temps, quand il y a une flaque, après 6 semaines d’HNI , je me blâmais moi-même, en me disant : « Rha, je le savais !!! ».

L’HNI n’est pas un processus linéaire, après 4 jours sans aucune flaque, j’ai cru que c’était gagné : elle avait retrouvé ses sensations corporelles et attendait le pot, pour autant que ma proposition de pot était proche de son rythme.
Et puis non, les flaques revinrent de plus belles et, parfois, de manière totalement anarchique.
Mais je n’ai jamais perdu espoir pour un simple et bonne raison : je ne pratique par l’HNI pour rendre ma fille continente, je la pratique parce que cela l’aide à être connectée avec son corps et ses besoins, tout en évitant de consommer des ressources polluantes.

Depuis quelques temps, il est limpide qu’elle relâche volontairement ses sphincters lorsqu’elle est sur le pot (ou au-dessus d’un lavabo, en déplacement #airport #rdvmédical). Il y a bien moins de flaques puisqu’elle semble manifester des signes d’inconfort qui me font suggérer qu’elle a besoin d’aller se soulager. Evidemment, cela arrive encore, puisque je ne peux pas avoir les yeux sur elle à chaque minute. Et je sais une chose : quand je n’entends plus aucun bruit, c’est qu’elle va/est en train d’éliminer !
Cela met donc à mal la croyance que les enfants éliminent automatiquement jusqu’à 18 voire 24 mois (selon les sources, j’y reviens plus loin).
Elle porte encore des couches pour les déplacements en attendant d’acquérir l’un ou l’autre système d’HNI permettant de la faire éliminer plus simplement.
Bref, en fait, c’est vraiment possible ! Ce n’est pas une blague de nana perchée (50% de la planète peut me dire : «Bravo, Captain Obvious ! »).

Mais comment cela se fait-il que cela ne se sache pas plus ?
Pourquoi y a-t-il cette (dés)information sur l’immaturité des sphincters ?
Pourquoi les enfants occidentaux sont-ils continents (oui, disons continents, « propres » n’est pas vraiment bienveillant ni même exact) que vers 3 ans alors qu’ailleurs dans le monde, c’est beaucoup plus tôt ?

C’est LA raison de cette article, te faire savoir pourquoi et comment, l’HNI est possible et qu’en plus, cela ne crée pas de troubles concernant le rapport à l’élimination ! 😉

Si tu veux d’autres témoignages concernant les aspects pratiques, tu peux en trouver déjà un : https://heureux-sans-couches.com/hni-sans-couches/

 

L’acquisition de la continence, seulement entre 18 ou 24 mois, au plus tôt. Vraiment ?

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Tout d’abord, THE point : le principe de l’HNI n’est pas d’apprendre « la propreté » précocement, mais rendre aux enfants les compétences qu’ils ont, et que les occidentaux cachent dans des couches ultra-absorbantes.
Il est appris durant les cursus académiques que les enfants ne peuvent acquérir la continence qu’à partir de 18 mois (au mieux), et qu’il est habituel voire logique, que les enfants portent des couches jusqu’à 3 ans. Âge, auquel, les enfants DOIVENT être continents pour entrer dans les structures scolaires.

Y a-t-il un rapport entre cet impératif de scolarisation vers 3 ans et le moment de l’acquisition de la continence ?

Pourquoi, les bébés en HNI sont, globalement, continents entre 18 et 24 mois maximum, alors que pour un enfant portant des couches, c’est plutôt entre 26 et 40 mois ?

Pourquoi est-ce si complexe de trouver des sources scientifiques sur le sujet des enfants SANS couche et le fonctionnement de la mise en place de la continence dans ce contexte-là ?

 

Où sont les preuves de ce seuil de 18 mois ?

Énormément de recherches sont effectuées dans les milieux industrialisés, qui s’inspirent les uns et les autres, en ayant une imprégnation culturelle.
Bébé = couche, dans tous les pays Occidentaux et dans d’autres endroits industrialisés. Mais alors,  pourquoi et comment, environ 50% des bébés du monde s’en passent ? Alors, pourquoi n’y a-t-il pas plus d’informations à ce sujet ?

D’abord, parce qu’il y a  des conclusions tirées d’études préliminaires, assez anciennes, toutes occidentales, et souvent financées par des industriels !
Il s’avère qu’elles sont contestables puisqu’elles ne répondent pas aux critères de rigueur scientifique actuelle. Cependant, énormément d’études se basent dessus. Il est fort complexe de remettre ces bases en question.
La même difficulté se retrouve à divers sujet, comme dans le cas des études sur la nutrition qui expliquent que les graisses animales sont délétères en opposition avec les graisses d’origine végétale. L’étude source de ce principe est la fameuse « Etude des 7 pays » qui aurait déterminé les causes des maladies cardiaques : les graisses saturées provenant des matières animales.
C’est par cette étude que le «régime crétois » est devenu populaire !
Le mythe du « mauvais cholestérol » prend racine et n’est que difficilement délogé à l’heure actuelle… Alors qu’on sait que ce ne sont finalement pas les graisses qui sont à l’origine du surpoids et des maladies métaboliques et cardiovasculaires, mais l’excès de glucide et d’alimentation transformées ! Tu peux en apprendre un peu plus sur les mythes du cholestérol. Et si tu veux un reportage édifiant au sujet de la pseudo rigueur scientifique émanant des recommandations diététiques : Pour maigrir, mangez du chocolat ! (et si tu veux avoir quelques informations sur le rapport à l’alimentation et les pièges qu’on y trouve : « Mon assiette, ma famille et moi ! »)

Ensuite, il manque d’études sur le sujet, puisqu’il n’y a pas d’investisseur pour budgéter celles-ci… Au contraire !
Il est plutôt intéressant pour les industriels que les enfants aient, prétendument, besoin de couches et ce, sur la plus longue période possible. Des études démontrant que les enfants peuvent vivre sans et bénéficier de cette absence d’accoutrement feraient du tort aux ventes…

Cela parait complotiste, j’en conviens. Malheureusement, il n’est plus à démontrer que les industriels (ou les laboratoires pharmaceutiques) aiment à financer des études et à rendre les résultats saillant, quand cela engendre une consommation accrue d’un produit.
P&G (Groupe industriel auquel Pampers appartient) a financé des études concernant le sommeil des enfants, comparant ceux avec et sans couche (dans les pays asiatiques et dont les enfants ne portent, culturellement, pas de couche). https://www.cbsnews.com/news/how-pg-brought-the-diaper-revolution-to-china/ Ils ont démontré que les enfants portant une protection se réveillent moins que les autres… Faisant passer le message qu’un bon sommeil favorise une croissance optimale.
Résultat des courses : Il faut que les enfants portent des couches, au moins la nuit, pour leur bien.
Grâce à ces résultats, P&G espère gagner des parts de marché inestimable en Chine et en Inde (une seule couche/jour pour des centaines de millions de bébés… C’est très rentable !). Ils semblent y parvenir car la classe moyenne asiatique commence à mettre des couches aux enfants, « car cela fait plus propre et civilisé (aka Occidental…) ».

pampers baby dry
Super, elles tiennent 12h..! 😉

Mais est-ce bien réel, que les couches favorisent le bien-être des enfants ?
Il est logique que les enfants se réveillent la nuit. Ils urinent au réveil (et pas en dormant, grâce à la vasopressine, hormone anti-diurétique, qui inhibe en partie la production d’urine et active la réabsorption de l’eau par les reins, durant les phases de sommeil), sont changés et repartent dans le sommeil ou se lève si c’est la fin de leur nuit.
La sensation d’humidité et le constat physique que cela engendre pour les enfants, entretient le rapport cause-conséquence entre la sensation d’uriner et le fait d’être mouillé.
Dans les couches, cette sensation est presque annulée voire totalement perturbée grâce aux effets « au sec », qui permet aux enfants de ne pas être mouillés.

Bref, ce n’est pas les enfants qui sont gagnant là-dedans (sinon, l’humain, espèce née sans couche, serait bien mal en point !), mais bien le marché des protections qui envisage de nouvelles perspectives.
Ces campagnes de marketing rappellent celles promouvant les laits artificiels, au détriment de l’allaitement, tant en Occident (où les taux d’allaitement sont tellement bas, qu’on peut y voir le succès incroyable du marketing) mais aussi dans les pays moins nantis. Nestlé y finance des maternités, tout en fournissant les mères en Lait Artificiel pendant les premiers mois : le temps de tarir leurs seins et les rendant dépendantes d’un produit ultratransformé, à diluer dans une eau qui n’est pas toujours salubre ! Tu as du mal à y croire ? Voici un article  et l’émission « Cash Investigation » a même fait un reportage sur les côtés obscurs des industriels du 6/10/2015.
Selon les industriels, il faut toujours plus consommer… Je le rappelle : c’est dans LEUR intérêt, pas dans celui des enfants/humains !

 

Le contrôle des sphincters et les préalables développements « nécessaires »
La pédagogie Loczy  est reconnue pour favoriser l’autonomie et la bienveillance envers les enfants. Cependant, il est triste de constater que certaines autrices perpétuent des mythes concernant le contrôle des sphincters : L’acquisition du contrôle sphinctérien : sans punition ni récompense ? 
Dans cet article, elles avancent que la présentation du pot peut être trop précoce (sans préciser en quoi ni citer de source) et démontrent, à coup de jugements de valeur, que les enfants obéissent soi-disant aux parents en acceptant d’uriner/de déféquer sur le pot, et que cela devient un enjeux relationnel voire malsain pour le rapport à la physiologie.
Cela engendrerait  « des troubles profonds du développement relationnel et social liés aux sphères les plus intimes de sa vie psychique », mais à nouveau, sans préciser la nature et ni étayer ces propos …
Leur étude est basée sur des enfants d’âge assez avancé, après 18 mois. Après cet âge, les enfants ont fixé durablement l’habitude de faire dans leur couche.
Cet article est représentatif des confusions qui existent entre écoute des besoins d’élimination et dressage à la continence ; ou encore, entre les troubles relationnels inhérents d’attitudes parentales dysfonctionnelles, engendrant des blocages physiologiques et,  a contrario, l’impossibilité présumée de retenir les selles et urines.

Un autre article, relayé par « Paroles de mamans », fait intervenir 2 pédiatres au sujet de l’HNI.
Le premier estime qu’il est « illusoire d’imaginer qu’un bébé puisse signaler à ses parents son envie de se soulager. Il s’agit au tout début d’un réflexe : avant 18 mois, un enfant n’est pas capable de maîtriser ses sphincters. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’apprentissage de la propreté ne peut se faire qu’aux alentours de ses 2 ans. »
Encore une fois, pas de source, mais surtout… Je suis impressionnée de savoir que c’est une illusion que ma fille de 12 mois commence, puis arrête sa miction pour la reprendra 20 à 30 secondes plus tard dans son pot, ou qu’elle urine lorsque je lui propose alors que nous sommes en déplacement (ça serait à chaque fois un pur hasard ?!). Et que tous les parents pratiquant l’HNI fassent le même constat.
Drôle d’illusion commune !

smiley lunette soleil

L’autre pédiatre estime qu’il n’est possible de pratiquer ce qu’elle nomme hygiène sphinctérienne que dans des conditions de vie naturelle, c’est-à-dire, loin de toutes industrialisations et avec des températures clémentes.
Voici ses mots : « Simplement, il faut les changer souvent et profiter de l’été pour favoriser la conscience des fonctionnements sphinctériens. Si l’éducation naturelle consiste à offrir l’opportunité de sentir son corps sans exigence de résultat, ce n’est pas nocif. Il faut cependant que le parent soit très disponible, tolérant et ne délègue pas cette tâche à quelqu’un d’irritable. »

Bref, cette seconde pédiatre, Edwige Antier, reconnaît bien que les enfants sont totalement capables d’émettre des signes permettant à l’entourage d’y répondre. Tout dépend donc de la réceptivité de celui-ci !
Il n’y a plus grand-chose à voir avec une immaturité physiologique… !  Cela va totalement à l’encontre des propos du premier pédiatre et du mythe des 18 mois largement répandu.

Techniquement, l’acquisition de la continence serait de déclencher la miction à bas volume : Mais est-ce forcément après 18 mois ?
Empirement, tous les parents pratiquant l’HNI pourront le dire : les enfants sont susceptibles d’ouvrir leur sphincter de manière à laisser sortir volontairement une quantité bien moindre que la contenance maximale de la vessie, et ce, bien avant 18 mois !

Dans cet article, il est remarquable de constater que l’auteur énonce clairement : « La plupart des enfants des pays occidentaux contrôlent leur vessie et leurs intestins entre 24 mois et 48 mois. Les filles ont tendance à y parvenir un peu plus jeunes que les garçons. La période moyenne entre l’initiation de l’apprentissage de la propreté et la propreté réelle oscille entre trois mois et six mois ».
Les enfants occidentaux auraient-ils une vessie différente des autres enfants du monde ?

Ensuite, il continue en précisant que l’âge n’est pas un indicateur pour qu’un enfant devienne propre,  et « Les parents devraient être disponibles pour se montrer attentifs et patients dans cette tâche tous les jours, pendant plusieurs mois ».
Encore une fois, cela dépend donc de l’implication parentale.

Il poursuit en précisant : « la réceptivité physiologique précède la réceptivité psychologique. À 18 mois, le réflexe du contrôle sphinctérien est mature, et la myélinisation du système extrapyramidal s’est produite ». Cependant, contrairement à tous ces propos, il ne mentionne pas de source.
Il est notable de prendre en compte qu’à 18 mois TOUS les systèmes physiologiques permettent la continence. Ce sont ainsi les facteurs psychologiques et l’implication parentale qui engendrent la perpétuation de l’utilisation des couches.

Cet auteur, comme d’autres, précise qu’il est nécessaire d’attendre que l’enfant ait la capacité langagière de demander le pot ou d’exprimer ses sensations.
Bien que je comprenne ce qui motive cette pensée, encore une fois, il s’agit d’une propagation de mythe : un enfant ressent et peut signifier ses états internes avant même l’accès à la parole.

 

Attention, il est évident qu’un enfant de 18 mois, dont on ignore le besoin d’élimination depuis la naissance, est rarement sensible au sujet le jour où, miraculeusement, le pot arrive dans son univers.
D’ailleurs, combien de parents font apparaître l’objet avant cet âge-là ?
De même, si les parents, tout d’un coup, mettent une pression effarante sur la recherche de la continence, démontrent de l’impatience, se fâchent lors des mictions mal/peu contrôlées (lesdits « accidents ») et adoptent ainsi une attitude négative… il est ÉVIDENT que les enfants peuvent être bloqués, puisqu’ils contrôlent leur sphincters, ils peuvent tout à fait retenir jusqu’à un débordement incontrôlable.
L’attitude parentale est déterminante. Mais cela vaut pour l’ensemble des sphères de l’accompagnement des enfants !

 

En somme, sous couvert de bienveillance, on désinforme les parents les empêchant d’intervenir auprès des enfants. Dans cette brochure, souvent prise en exemple, il est mentionné qu’avant 20/24 mois, les sphincters s’ouvrent automatiquement. Or, les études en urologie démontrent bien que la miction est un processus volontaire à partir d’environ 12 mois … !

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Mais pourquoi ces mythes concernant la prise en compte du besoin d’éliminer des enfants sont-ils si répandus en Occident ?
Ingrid Bauer, autrice de « Sans couche, c’est la liberté ! » l’explique parfaitement :
«  En 1932, le gouvernement américain a publié un guide intitulé Infant Care. Ce manuel disait aux mères de commencer l’apprentissage de la propreté dès la naissance, et de terminer vers 6 ou 8 mois. Les aspects de cet apprentissage étaient rudes et coercitifs, faits pour libérer la mère de ce qui était perçu comme des « tracas » de l’éducation d’un enfant plutôt que de l’aider à fortifier son lien avec son bébé. Dans ce manuel, les mères étaient encouragées à insérer un bâton de savon dans le rectum du bébé ou de stimuler son anus avec le bord froid d’un porte-savon pour provoquer le transit intestinal. Il était recommandé d’avoir des horaires stricts, les intestins devant être vidés « deux fois par jour, après le bain du matin et le bain du soir, en ne variant pas l’horaire de plus de 5 minutes. » Ces méthodes coercitives, et la découverte rétrospective des perturbations émotionnelles et des névroses qui en ont découlées, restent ancrées dans notre aversion culturelle collective d’un apprentissage de la propreté précoce. Malheureusement, et probablement parce qu’ils n’étaient pas conscients de l’existence d’autres modèles, ils ont fait une association hâtive entre « précoce » et dangereux et coercitif, et ne sont jamais allés aussi loin que l’hygiène naturelle du bébé.

En 1962, le pédiatre et écrivain bien connu T. Berry Brazelton a mis au point une nouvelle méthode d’apprentissage de la propreté. L’intention était bonne. Hélas, les conclusions disant que les bébés n’ont ni conscience ni contrôle de leur élimination et qu’ils ne peuvent rien communiquer avant de savoir parler sont totalement fausses.

Des dizaines d’années plus tard, avec de nombreuses preuves empiriques du contraire provenant du monde entier, ces listes de signes de maturité restent encore prédominantes dans presque tous les livres, articles ou sites web traitant de l’apprentissage de la propreté.
Il a considéré que les bébés n’étaient pas prêts physiquement à l’apprentissage de la propreté avant qu’ils puissent s’asseoir, marcher et parler de leur élimination et du pot. Il dit qu’ils doivent d’abord vouloir faire plaisir à leurs parents, imiter les adultes, et développer leur autonomie. Il déclare que bien que les bébés aient « un réflexe conditionné de contrôle local des sphincters » à 9 mois et qu’ils « coopèrent volontairement parfois vers 12 à 15 mois », les enfants ne sont vraiment prêts à commencer leur apprentissage au plus tôt vers 18 mois.
»

ET POURTANT :

« Dans le contexte du monde non-industrialisé, particulièrement en Afrique et en Asie, ces paramètres deviennent absurdes. Ils ne tiennent tout simplement pas la route. Des millions de mères à travers le monde savent que leur bébé est « mûr » dès la naissance. Les preuves empiriques abondent, et existent depuis la nuit des temps. La plupart des mères et des bébés à travers le monde n’ont jamais entendu parler des « signes de maturité » ou du fait que les nourrissons ne peuvent connaître ou communiquer leurs besoins d’élimination. Les concepts occidentaux ne « collent » tout simplement pas.

Chaque culture, bien entendu, a ses particularités traditionnelles dans sa façon de répondre aux besoins d’élimination d’un bébé, et dans chaque culture, les individus ont leur propre approche et leur relation spécifique avec leurs bébés. Le point commun de toutes ces femmes est qu’elles ont grandi dans une culture où la norme était de ne pas porter de couches dès le plus jeune âge, où elles ont vu cela toute leur vie et où le bébé est considéré comme prêt à apprendre dès la naissance.
Ce que ces femmes ont aussi en commun, c’est un héritage culturel concernant l’accompagnement des enfants comprenant habituellement une grossesse active, un accouchement naturel, un allaitement long, le co-dodo et le portage du bébé.
»

 

Le passif concernant les soins aux enfants sont pavés d’interventionnisme abusif. En prévention de nouvelles modes dans le même ton, il est répandu de ne pas investir une sphère sensible comme celle de l’élimination (et pourtant, nombre de pédiatres continuent à conseiller aux parents de décalotter leurs garçons, à tort).
Cependant, dans une logique de bienveillance authentique et de maternage, il n’est pas possible de se tromper en répondant aux besoins des enfants.
Préserver la connexion avec son corps est un atout précieux pour l’avenir de ces enfants qui ne passeront pas par ces phases de réticences face à leurs excréments et une dépendance à la couche pour faire leurs besoins.

 

Les preuves des bienfaits et de la réponse adaptée à l’hygiène infantile 

Malgré l’ethnocentrisme occidental qui altère les informations en notre possession, il est possible de trouver d’autres sources, comme une étude vietnamienne qui aborde les coutumes locales.
Les auteurs démontrent que tous les enfants ont recours au pot à l’âge de 9 mois. Tous les enfants de l’étude étaient continents à 24 mois et géraient l’entièreté du processus d’élimination de manière autonome.

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Pantalon pour petit enfant, en Chine

 

Pour celles et ceux qui craignent des conséquences de la prise en compte « précoce » du besoin d’élimination : cela n’engendre aucune dysfonction de la vessie.

De plus, il a été démontré que les enfants bénéficiant de l’HNI (ou EC) sont soulagés de leurs coliques grâce à la posture physiologique adoptée lors des défécations : celles-ci sont complètes et permettent de soulager totalement le colon. Cela va de soi, puisqu’on précise aux parents de masser et de ramener les genoux du bébé sur le ventre…  Mais comme on enveloppe les bébés dans les couches, on oublie que c’est LE moment privilégié pour ces gestes de soins concernant les coliques ! De plus, il est logique que les couches qui enserrent le ventre puissent être inconfortables en cas de désordre digestif.

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Position pour l’élimination des touts petits: cela permet des mictions/défécations complètes et l’élimination des gaz éventuels.  La position physiologique est celle qui prévaut en portage, pour les mêmes raisons de bienfaits pour les bébés. (Non, on ne porte pas de manière adaptée en Babybeurk, le coût de la chose ne relève en rien de sa qualité!)

Il est également nécessaire de mettre en évidence que le schéma corporel des enfants sans couche est complet, alors que les enfants en couche découvre leur anatomie seulement au moment du bain ou des rares moments de nudité. Ensuite, vers 24/36 mois, ils vont découvrir la vie diurne avec les perceptions que cela engendre.
Les enfants sans couche vivront avec moins d’intensité la découverte des sensations qui émergent de leurs parties génitales (je rappelle que c’est totalement normal !).

Et puis, dois-je vraiment aborder les bénéfices dermatologiques du fait de ne pas porter de couche ? L’absence de couche permet, forcément, de se passer de tout risque d’érythème et autres réactions dermatologiques inhérentes aux produits contenus dans les couches.

Il y a bien d’autres avantages à se passer de couches, comme la réduction de ses déchets et un impact écologique moindre. Un autre atout est l’économie que cela représente !
Par exemple, dans mon cas où je ne pratique pas encore l’HNI la nuit, j’utilise un paquet de couches jetables/mois, alors qu’auparavant, c’était un par semaine !
Pour peu que l’on utilise, comme moi, uniquement des couches « bio » et partiellement biodégradable, considérées comme « clean » au niveau de la composition chimique, le budget préservé est de 0.24€ à 0.5€/couche !

 

Le port de couche peut sembler pratique au quotidien, surtout avec un tout petit. Mais je suis SÛRE que les parents d’enfants à partir d’un an ne trouvent plus cela si évident, au moment des changes ! Combien n’entends-je pas de : « C’est du catch à chaque fois ! » ou « Je dois courir derrière lui/elle ! ».

 

Alors, les couches sont un confort. Mais pour qui ?

Voilà le gros pavé dans la mare : le port de couche entretient l’incontinence.
Certes, elle est pratique pour les parents qui peuvent se débarrasser de cette charge mentale (de manière temporaire). Mais ce n’est que postposer les actions prenant en compte l’élimination des enfants.
Il y a bien un âge à partir duquel ces besoins doivent être entendus et considérés. On ne met plus de couche à un enfant de 5 ans dans le but de pouvoir conduire sans s’arrêter, n’est-ce pas ?

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Même si P&G aimerait que les enfants portent des couches jusqu’à l’adolescence, étant donné qu’ils proposent une gamme toujours plus large!

Le problème des couches actuelles, et de leur efficacité, c’est que cela fausse la perception des enfants qui sont moins dérangés lorsqu’elles sont remplies. Une étude  menée sur des petits garçons néerlandais montre qu’en 1996, ils faisaient en moyenne pipi dans le pot 6 mois et demi plus tard qu’en 1966.
Les facteurs impactant favorablement le contrôle de la vessie sont les suivants : l’âge précoce auquel les parents commencent la sensibilisation à l’hygiène infantile, la présence d’autres enfants dans la famille, la précocité d’une mise en garde et la capacité à s’exprimer verbalement.

Difficile, dès lors, d’ignorer encore que c’est l’attitude parentale par rapport au besoin d’élimination  qui conditionne directement les compétences des enfants concernant le contrôle de leur vessie.

Cette étude enfonce le clou un peu plus loin : elle  tend à démontrer que le port de couche augmente l’incontinence tant chez les enfants que chez les adultes :
Non seulement, c’est polluant, mais en plus, c’est délétère à terme.

Si j’écris cet article, c’est bien pour sensibiliser au fait que la moitié des enfants du globe savent gérer leurs besoins bien plus tôt qu’on ne le laisse penser en Occident !

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Mais comment, ça fonctionne, l’HNI ?  

Grâce aux sources précédentes, j’ai pu démontrer que l’HNI n’était pas une illusion ou un labeur inatteignable.
Je rappelle également que l’objectif n’est pas de rendre les enfants continents mais de répondre à leur besoin d’éliminer. L’acquisition relativement précoce de la continence est une conséquence de l’attitude de l’entourage !

J’aimerais préciser qu’on parle d’HNI quand on initie cette pratique avant que les enfants n’aient 18 mois. Après cela, les enfants ont totalement ancré l’élimination dans les couches.
Le rapport à ce besoin physiologique comporte alors une part psychologique importante. Le fait de retirer les couches doit alors être une action intellectualisée avec les enfants, de manière à ne pas les brusquer.
Si à 9/10 mois, le fait de retirer les couches du jour au lendemain n’engendre pas de crispation par rapport à la perception de ses excréments, il en est tout autre à partir de 18 mois.
En l’absence d’accompagnement impliquant les enfants dans cette démarche (je ne suis pas du tout spécialiste de l’acquisition de la continence en cas de port prolongé de couches), les enfants sont alors susceptibles de se retenir puisqu’ils n’ont pas leur protection.
C’est pour cette raison qu’il est perçu comme étant violent de retirer la couche d’un enfant de 24 mois, sans explication. Celui-ci ne peut pas comprendre pourquoi les parents initient aussi brutalement une nouvelle attitude vis-à-vis de ces besoins d’élimination.
Les réactions de blocage/constipation/etc sont celles qui sont craintes lorsque l’on aborde l’HNI.
Or, cela met en exergue de deux éléments : d’une part, il ne s’agit pas d’enfants du même âge et, d’autre part, s’il est capable de se bloquer/retenir … C’est bien que la compétence physiologique est totalement acquise !

Maintenant que ce disclaimer concernant l’âge des enfants est effectué : je souhaite t’aider à comprendre pourquoi l’attitude par rapport au besoin d’élimination à un tel impact.

D’abord, c’est tout simple, mais les enfants sans couche constatent les résultats de leur élimination (Merci, Captain Obvious !). Ils voient l’urine s’écouler, peuvent la toucher, et perçoivent l’humidité sur eux.
L’impact des feedback visuels et perceptifs induit nécessairement une prise de conscience de la part des enfants, et cela plus tôt que les enfants en couche.

Ensuite, la paroi abdominale des « bébés HNI » a l’occasion de se déployer complètement. Ils ont l’occasion de sentir sans entrave leurs sensations intestinales et urinaires sans qu’elles ne soient perturbées par la présence de la couche.

Grâce à ces deux préalables assez évidents, le corps des enfants peut réagir de manière optimale : les hormones (eh oui, certaines incontinences sont dues à un dérèglement hormonal – coucou la ménopause !) ainsi que la musculature interne nécessaires à l’acquisition de la continence peuvent s’activer sans délais.

Je ne suis pas devenue urologue pendant la rédaction de cet article, cependant, j’ai pu acquérir quelques notions inestimables. Comme je l’ai dit précédemment, il est normal pour les humains de ne pas uriner en dormant grâce à l’action de la vasopressine.
La confusion des signaux perceptifs créés par une miction en couche (couche humide et chaude qui redevient sèche grâce à l’effet « au sec ») peut amener à une perturbation de la régulation hormonale. A cause de cela, la vessie ne peut pas se muscler de manière optimale et les enfants peuvent même uriner pendant leur sommeil ou en micro-réveil.
Donc, il semble limpide que la pratique de l’HNI de nuit est un atout majeur pour les enfants.

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Photo prise par Elise, qui témoigne sur le blog Heureux sans Couche: la tenue de nuit de son bébé!

En effet, ce n’est pas simple… Je suis moi-même en grand questionnement sur la gestion de ces éliminations nocturnes ! Mais je préfère en avoir conscience et tenter de mettre en place quelque chose, plutôt que d’ignorer ces informations.
Malgré les informations que j’ai collectées dans cet article, certain.e.s considèreront que «Certains enfants sont plus fait pour l’HNI que d’autres ! » (Si, si, je l’ai déjà lu. Étonnée, j’étais !).

Or, il faut plutôt se rendre à l’évidence : c’est le manque d’information et la désinformation (ex : la maturité des sphincters à 24 mois ou quand les enfants peuvent parler – je recherche toujours le rapport entre l’air de Broca et la myélinisation neurologique près de la vessie !) qui engendrent que les parents agissent de la sorte. Il y a moins deux générations, on ne laissait pas les enfants en couche jusqu’à 3 ans… !
Grâce aux discours enrobés de marketing des publicitaires et l’éloignement des connaissances « traditionnelles » (dans le bon sens du terme, pas dans le maintien de la corrida ou des femmes comme sous-fifres des hommes…!)

Je précise bien à nouveau qu’il faut faire la distinction entre la gestion précoce des besoins et des réactions coercitives et intrusives. On peut agir en étant totalement bienveillant (je rappelle comment ici), pas comme les préconisations du passé. Il suffit de chercher l’information.
En Occident, c’est une pratique marginale ! Mais heureusement, cela tend à redevenir un sujet d’intérêt grâce, en autres, grâce à l’Association http://diaperfreebaby.org/ qui forme et accompagne des parents.

C’est aussi l’objectif de cet article : que ce soit un sujet !
Il est plus difficile d’ignorer totalement (sauf si on est touché de dissonance cognitive  intense ou que l’on ne sait pas comment agir autrement) quelque chose que l’on sait fondé… et les enfants en seront largement gagnants !

 

Alors, oui, cela semble impressionnant et compliqué aux premiers abords… C’est comme « un défi ». Mais, lorsqu’on se lance, il devient évident que ce n’est pas vraiment plus contraignant que les changes de couches, surtout lorsque les enfants acquièrent la capacité de se mouvoir et de ne plus obtempérer à notre bon vouloir.

Enfin, il est des peurs concernant l’HNI et les éventuels blocages psychologiques et physiques que cela pourrait induire chez les enfants … Comme exposé plus haut, fort est de constater que des études se sont penchées sur le sujet et qu’elles mettent en évidence une acquisition « précoce » de la continence sans dysfonction de la vessie ! https://www.ncbi.nlm.nih.gov/m/pubmed/21394761/?i=2&from=%2F25830189%2Frelated&fbclid=IwAR22g-1DzG-WvKXHznhPJwogDJ9At8IBUmFfibxcKi_uBMyTZD7Ujq_rN5s
Les craintes peuvent ainsi aller aux oubliettes…
Et les manuels devraient sacrément être revus, pour le bien-être des enfants !

 

L’HNI en pratique : Trucs et Astuces !

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  • Pour commencer, il est nécessaire de lire, se regrouper, en parler, pour se sentir compétent.e.
    Il y a des groupes facebook très agréables et plein de ressources : Hygiène Naturelle Infantile (environ 500 membres, administré par Natacha Guillaume)  ou Elimination Communication (plus de 5000 membres, anglophones).
    C’est un atout de s’informer sur le fonctionnement de la vessie et de l’excrétion urinaire afin de pouvoir comprendre le développement des enfants.

 

  • Prendre le temps d’observer son enfant sans chercher à intervenir.
    Au départ, il est nécessaire de simplement prendre conscience de ses rythmes d’élimination (et garder des tétras pour éponger, à proximité). Selon moi, une vingtaine de tétras est pratique pour ne pas faire tourner la machine constamment. Je suggère aussi environ 5/6 paires de jambière, pour la même raison. Les jambières, chez moi, ce sont des longues chaussettes (épaisses pour l’hiver) que j’ai coupées au bout.

 

  • Il est possible de s’équiper un peu et de façon minimaliste. Mais on peut aussi l’être bien moins : c’est en fonction des envies de chacun.
    Le site Ecopitchoun regorge de matériel très utile. Je précise cependant que j’ai fait 3 mois sans rien investir sauf le pot physiologique… Et que j’ai investi (ok, on nous a fait un cadeau ! Thanks Mum !) juste pour pouvoir sortir constamment sans couche en journée.
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Pot physiologique Ecopitchoun transparent (il existe en 4 coloris)

Pourquoi un pot physiologique et non pas traditionnel ?
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Squatting= accroupissement, de manière à libérer les voies d’élimination. Et cela vaut aussi pour les adultes: il est recommandé de placer un marche-pied sous ses pieds pendant les passages aux toilettes. Les images viennent du site Ecopitchoun.

 

 

  • L’HNI en hiver, c’est impossible ?
    Absolument pas ! Natacha, du blog Heureux sans couche, a même rédigé un article là-dessus.  Un bon pull et des jambières font largement l’affaire ! Les fesses à l’air ne déclenchent pas de rhume ! Au contraire, cela agirait comme un principe de bain dérivatif constant.

 

  • Adapter les vêtements : la praticité en ligne de mire ! Évidemment, cela s’adapte en fonction de l’âge des enfants et de ses capacités motrices.
    Mais dans les faits, on peut aussi faire des économies de vêtements : ma fille ne porte pas de pantalon à la maison !  Je l’habille pour sortir. A la maison, c’est t-shirt manches longues/pull/jambière/chaussons en cuir lisse (ça n’absorbe pas). Les bodys sont ainsi superflus et sa garde-robe est limitée!

 

  • Accepter les régressions. Oui, il y aura des jours où tu épongeras souvent. Parfois, il peut survenir des grèves du pot, des pertes de communication et des mictions incontrôlées quand il y a des changements d’environnement (visite, agitation, déménagement, etc).
    Pendant les repas ou chez des amies, je glisse simplement un tétra entre ses jambes que je coince dans un élastique de taille, de manière à ne pas devoir essuyer les éventuelles flaques (effet cascade intéressant du haut d’une chaise haute, c’est du vécu !).

 

  • Ne jamais culpabiliser ou faire des commentaires désobligeants aux enfants tant sur leurs « accidents » que sur leurs excréments. C’est indispensable !
    Il faut garder son sang-froid et prendre acte de ce qu’il se passe, sans plus.
    N’oublie pas que les excréments n’ont rien de grave. Quelques urines et des selles par terre ? Tu peux éponger ou ramasser avec du PQ, et faire un spray eau/vinaigre pour nettoyer rapidement.
    Je suis dorénavant convaincue que je préfère ramasser par terre de temps en temps que nettoyer inlassablement ma fille, qui n’apprécie guère cela !

 

  • Acquisition du lâcher-prise est en chemin! L’accompagnement bienveillant des enfants demande inéluctablement du lâcher-prise sur ce que les adultes ne peuvent pas maîtriser et sur l’acceptation du rythme des enfants. L’HNI permet de comprendre et d’appliquer cela complètement. Cela permet de relativiser totalement sur bien des aspects de la vie quotidienne.

 

  • Agir pour que la société soit adaptée. En effet, il est incontestable que notre société occidentale n’est pas organisée pour cela. Mais avec quelques ajustements, il est possible de rendre cela faisable.
    Il ne faut pas avoir de gêne à faire éliminer les enfants en les tenant au-dessus d’un lavabo ou d’un WC. Il est aussi possible de se déplacer avec son pot chez des ami.e.s, et d’avoir assez de tétras pour éponger les éventuelles flaques chez elles/eux.
    En popularisant cette pratique, en discutant du sujet, il sera possible de faire évoluer la société dans ce sens-là. Il n’est pas si difficile de proposer aux parents un peu de matériel et une structuration de l’espace adaptée dans les endroits où les enfants se rendent régulièrement.

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Je ne peux pas cacher que cela demande de l’attention. Mais en réalité, c’est surtout au tout début (pendant 2 ou 3 semaines) que la transition est prenante.
Il est facile d’être obsédé.e par le fait « d’attraper les besoins ». Or, il faut pouvoir lâcher prise et plutôt laisser la vie se faire sans couche.
Très vite, les rythmes physiologiques des enfants vont évoluer et ton intuition va s’aiguiser. Il faut toujours l’écouter !
Ensuite, les enfants réagissent aux suggestions et relâchent leurs sphincters quand ils en ressentent le besoin.
J’étais en maternage proximal depuis sa naissance, cependant, la pratique de l’HNI renforce la communication fine entre ma fille et moi.
Je perçois des signaux qui m’échappaient et elle communique de plus en plus clairement !
Après la lecture de cet article, tu sais que tu peux le faire !

 

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux.se.s !

Préparer la naissance

Préparer la Naissance : Être curieu.x.se pour ne (trop) être dépassé.e !

En ce jour de Noël, je voulais proposer un index des articles afin de pouvoir s’y retrouver plus facilement.
Parce que parfois, il faut relire plusieurs fois pour mettre en place des actions concrètes.
Parce qu’on cherche un article pour sensibiliser quelqu’un.e au sujet.
Parce qu’un blog, sans index, c’est un sacré sac de bazar (intéressant, mais brouillon !).

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Durant toute la semaine qui vient, tu auras un index par catégorie de mon blog.

Je commence par un index « Préparation de la Naissance » destiné aux futurs parents, que leur(s) enfant(s) soient déjà conçus ou pas encore, et aux jeunes parents.

Si tu as des jeunes ou futurs parents dans ton entourage, cet article pourrait être un de tes cadeaux pour eux !

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Il vaut mieux le savoir : Être bien informé.e avant, aide vraiment après !

  • Le maternage proximal : Pour avoir les bases d’une pratique qui assure de la sérénité à toute la famille… Puisqu’un bébé dont on reconnaît et répond aux besoins est un bébé serein.
  • Biberon Vs. Allaitemant : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des « pointures » au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement: faisons-les sauter! Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre, le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien !
  • Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ? Tu as décidé d’avoir un bébé et mille questions se posent sur sa future éducation. Tu as des principes, des idéaux, des exemples dans ta famille mais aussi des contre-exemples. Toi-même, tu te rends compte que ça te rappelle beaucoup ton enfance, l’arrivée de ce futur enfant…
    Grâce à cet article, tu pourras chercher en toi quelques ressources et peut-être trouver quelques pistes de réflexions/solutions bienvenues.
    Bonus incontestable, lire cela en couple (si c’est ta configuration familiale) : cela permettra d’éviter de nombreuses altercations.
  • Si j’avais su… L’accouchement ! la fin de la grossesse est marquée par un moment incroyablement intense ! Cela puise dans nos ressources profondes de femme et nous transcende. Tu trouves que j’en fais trop ? Je t’assure que non ! Nous en sommes toutes capables !
    Seulement, pour ça aussi, mieux vaut être bien averti.e afin de le vivre le mieux possible. Une lecture qui aide à conscientiser, à se faire confiance et à choisir la structure qui te convient.
  • Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse. C’est un questionnement de la plupart des femmes : mon corps après l’accouchement, ça se passe comment ? Tu as remarqué qu’on en parle peu, même les sages-femmes qui préparent les naissances. Alors dans cet article, je parle de TOUT. Des tranchées à la rééducation abdo/périnée en passant par les kilos qui partent… ou pas. Tu devrais ainsi être un peu rassuré.e (au moins, informé.e !).
  • Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? Tu commences à parler de tes idéaux parentaux, de tes désirs de grossesse/accouchement et suivi de couche, tu aimerais te plonger dans le maternage proximal dès que ton petit d’humain sera dans tes bras … Et tu te retrouves déjà face à des rabat-joies (au mieux !). Je te propose différentes manières de se faire entendre mais aussi de comprendre pourquoi les gens ont autant de résistances !
  • Tu vas en faire un « bébé-bras »! Autant le savoir maintenant et pouvoir l’appliquer dès la naissance, afin d’être cool : le portage, c’est la vie ! Vraiment… Si tu veux être serein.e et pouvoir avoir un bébé qui l’est également, c’est L’Élément n°1 à pratiquer avec ton bébé à naître. Oublie d’acheter un transat/balancelle et autres trucs sensés réconforter ton bébé à ta place, je t’assure que tu vas gaspiller de l’argent … et de l’énergie à attendre que ces outils aient leurs effets. Je te suggère d’investir dans une écharpe de portage et un sling. Je t’assure qu’on prend très vite la main et que ça sauve littéralement tant la vie que le moral. En prime, tu préserves ton bébé d’une plagiocéphalie (tête plate) qui peut avoir de graves effets sur le développement du bébé et nécessiter de lourdes prises en charge médicale. Cette pathologie est typique des bébés qui sont constamment posés sur le dos, dans des transats ou autres couffins qui ne leurs permettent aucun mouvement. Les aménagements « anti-tête plate » sont aussi catastrophiques que le reste… Bref, avec un crâne souple, le bébé humain n’est pas fait pour être posé ! Par contre, il est tout à fait bien lové contre ses parents.

 

  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemées de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.

 

  • L’HNI, une pratique qui dérange.Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ? Tu savais, toi, que les bébés ne doivent pas forcément porter de couche ?
    Et pourtant, c’est vrai! Grâce à l’Hygiène Naturelle Infantile, l’objectif est de prendre en compte le besoins d’éliminer des enfants et ceux, dès le plus jeune âge (avant 4 mois, c’est vraiment plus simple!), de manière à ce que les enfants CONTINUENT à communiquer à ce sujet. Car oui, en réalité, ils s’expriment… Mais la société occidentale nous a fermé à la réceptivité de ces signaux.
    Viens lire, tu vas apprendre des tas de trucs!

 

  • Le fun du mouvement des bébés: la motricité libre. Je place cet article dans « préparation à la naissance », car cela évite pleins d’achats inutiles en prévision de la naissance et des premiers mois. Grâce à la motricité libre, tu vas économiser bon nombre de gadgets onéreux et totalement néfastes au développement moteur de ton enfant. Enjoy !

 

  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio, dormir avec les enfants et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire !

J’espère que toutes (ou quelques-unes) ces lectures t’inspireront, te rassureront et te permettront d’être un.e parent le plus épanoui.e.s possible !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Mais qu’est-ce que c’est que ces mots/maux ?

 

Il y a des mots qui blessent et des mots qui caressent.

Parfois, sans le vouloir, les mots engendrent des réactions contraires à la volonté de celui qui les émet.
Parfois, les mots amènent même celui qui les reçoit à se questionner sur son identité…

Et si, tant pour nous-même que pour les autres, on prêtait attention aux mots que l’on utilise ? Si on démasquait nos conditionnements ? Si on (se) permettait plus de liberté en faisant disparaître le poids de certaines expressions ?

Comment et pourquoi ?

C’est dans cet article que cela se passe !

 

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Les bases de la communication

Afin de pouvoir échanger, il y a divers canaux, dont ceux, si pratiques, de la verbalisation et de l’écriture.

Tous les parents savent bien qu’il y a moult démonstrations lorsqu’un bébé exprime ses besoins/désirs par d’autres biais. La communication non-verbale est totale dans les premiers temps de développement des enfants. Ce n’est pas pour rien que, de plus en plus, il est proposé aux enfants de faire des ateliers de bébés signeurs. Cela leur offre la possibilité d’apprendre les rudiments de la langue des signes afin qu’ils puissent s’exprimer avec plus de précisions, avant que le langage verbal ne lui soit accessible (je ferai un article spécifiquement sur le sujet. Pour répondre à la question principale : non, la langue des signes ne retardent pas l’acquisition de la parole : ce fut déjà démontré par Daniels en 1994 dans son article : « The effect of sign language on hearing children’s language development »).

Dès la naissance d’un enfant, il est préférable de lui parler afin d’ancrer l’interaction avec lui. Ensuite, au fur et à mesure, les enfants vont associer la sonorité des mots aux actes et à leur environnement.
La manière dont les mots sont prononcés a un impact sur la manière dont ils sont compris. Les émotions transparaissent clairement dans le ton de la voix et sur le visage de l’émetteur.

C’est comme ça qu’il réagira positivement aux mots doux et de manière craintive/interrogative aux ordres (donnés à un animal, par exemple) voire aux moments de tension.

A la naissance, les bébés ont la capacité de discriminer des sons très proches, une capacité que la plupart des humains perdent rapidement. Ils savent différencier le même phonème, par exemple « la », prononcé par des personnes ayant des langues maternelles différentes, aussi proches soient-elles les unes des autres.
Cependant, au bout de quelques semaines, ils discriminent au fur et à mesure les sonorités émanant de leur(s) langue(s) maternelle(s). Cependant, dès la naissance, ils auront une préférence pour celle(s)-ci, puisqu’ils y auront été exposée(s) durant la grossesse.

L’exposition aux locutions de l’entourage engendre que les enfants acquièrent un vocabulaire spécifique.
Il a déjà été démontré que faire la lecture à des tout-petits les rend coutumiers de la musicalité de la langue et les accompagne dans l’amplification de leur vocabulaire.

Mais, dans quelle mesure la structuration d’une langue et le vocabulaire auront un impact sur la construction des individus ?

 

La structuration du monde en fonction de la langue parlée

Nous voici dans une section qui va aborder la relativité linguistique !

Cela semble ardue, mais en réalité, c’est une notion anthropologique assez simple : « L’hypothèse de la relativité linguistique, c’est-à-dire la proposition selon laquelle la langue que nous parlons influence notre façon de concevoir la réalité, fait partie de la question plus large de savoir comment le langage influence la pensée » (Lucy A. John, 1997).

Cela peut paraître étrange mais… oui, la réalité n’est pas unique. Elle est déterminée par le filtre de nos perceptions. La réalité est aussi peu absolue que « La Vérité ».

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Dans la langue française, nous avons l’habitude de genrer les propos (tu remarques que j’utilise l’écriture inclusive), ce qui amène systématiquement à attirer l’attention ou à masquer le genre des sujets. Cela dénote que le genre a une importance particulière dans les sociétés dont les langues usent de pronoms genrées. Mais surtout, que les enfants doivent apprendre rapidement à discriminer le genre des individus… Mais aussi des animaux et encore plus fort : des objets !
Les anglo-saxons s’arrachent les cheveux avec le français: pourquoi LA chaise et LE canapé ? Pourquoi LA clé alors qu’en Allemand, cette clé est un objet du genre masculin ?
D’ailleurs, quand on y réfléchit, pourquoi les objets ont-ils un genre ? Pour les curieux, voici un article qui retrace cette question : https://fr.babbel.com/fr/magazine/pourquoi-les-mots-ont-ils-un-genre

Pour résumé, et parce que cela fait sens dans le présent article, il s’agit d’une empreinte sociologique et culturelle. Dans différentes langues, dont le Finnois, les pronoms sont neutres. La distinction s’effectue entre ce qui est animé et ce qui ne l’est pas.
Cette distinction semble préexistante à la question du genre dans l’Histoire des langues humaines. C’est surtout avec l’avènement des religions monothéistes, qui ont supplantés les religions animistes, que la question du genre se serait imposée.
En français, alors que les accords de proximité se faisaient habituellement (ex : les hommes et les femmes sont ponctuelles), c’est au XVII ème siècle que l’Abbé Bouhours considéra que c’était un affront à l’homme et que le masculin l’emporterait dorénavant (#égalitécastratrice ?).

Dans une société où le sexisme tente d’être aboli (on n’y est pas encore, je sais !), il semble logique de revenir aux accords de proximité ou d’accepter que la structure du langage évolue. Mais, en majorité, les académiciens ne sont pas de cet avis  et ne démontrent pas de proactivité ni même de reconnaissance vis-à-vis des hypothétiques évolutions de la langue française.

C’est étonnant, quand on sait que les suédois (encore eux !) ont introduit un pronom neutre (« her ») en 1966, afin de désigner « des concepts ou des objets asexués, mais surtout à émanciper le langage d’une vision du genre trop binaire ».

Voilà comment une société décide que la binarité n’est pas le seul cadre de perspective.
Et voilà pourquoi, en francophonie, il est tellement difficile de vivre avec des personnes qui ne se sentent pas résolument homme ou femme, car il n’existe aucun pronom dans notre langue pour les désigner.

Plus étonnant, une étude menée en 1980 avait démontré que les enfants parlant hébreu (dans cette langue, l’importance du genre des mots et des personnes est d’importance pour la grammaire, comme en français) avait une conscience de leur propre genre un an plus tôt que les finnois, dont la langue comporte des pronoms neutres et une distinction animé/inanimé, comme dit précédemment.
Autre fait étonnant : les enfants s’exprimant dans une langue dont les objets et les animaux n’ont pas de genre n’auront pas de confusion d’espèce, par exemple en croyant que LA grenouille serait la femelle du crapaud.
C’est un premier exemple de l’impact de notre langue dans la structuration de notre esprit.

Il en existe bien d’autres, comme la description des couleurs, par exemple.
Il semble parfois difficile pour un jeune enfant de rassembler les éléments bleus présents dans une pièce. En tant qu’adulte, nous avons appris que la catégorie « bleu » regroupe toutes les nuances. Mais pour les enfants, un bleu roi et un bleu turquoise ne sont pas dans la même catégorie, étant donné leur différence notable.
Les russes ont deux mots pour différencier les teintes de bleu… et cela les rend plus rapides dans la distinction des nuances de cette couleur.
De la même manière, certains peuples sibériens recourent à une trentaine de qualificatifs concernant la neige (forcément, à force dans les pieds, que dis-je, les jambes dedans !) alors qu’en français, nous n’avons que quelques mots tels que « poudreuse », « fraîche », « tassée », …

Ces différences dans les langues peuvent sembler anodines, cependant, elles se disséminent dans l’ensemble notre langage.  Elles ont ainsi un impact dans la perception de notre monde et de la formation de nos opinions.

Je reprends l’exemple fournit par David Louarpe, rédacteur de Sciences Étonnantes , concernant l’influence de la langue sur la perception de la culpabilité d’autrui.
En français, lorsqu’un verre échappe des mains à un individu (un accident donc), nous dirons aisément « Untel a fait tomber le verre », alors qu’en espagnol, il est courant d’utiliser une forme passive : « Le verre s’est brisé ». Puisque n’est un accident, il n’y a pas de mise en exergue d’un coupable de l’action.

 

Ok, tu vas me dire que la grammaire d’une langue à un impact… Mais quoi ? On a bien chacun une langue maternelle et/ou usuelle, on ne peut pas se confondre en néologismes et bouleversements arbitraires de la syntaxe.
Mais admets déjà que c’est un fameux changement de perspective de savoir que notre langue place d’ores et déjà un filtre face à nos perceptions.
Alors, quels autres filtres et conditionnements existent-ils et sur lesquels il est possible d’agir concrètement, dans notre manière de communiquer verbalement ?
J’en arrive au point principal de l’article : le vocabulaire auquel sont exposés les individus, dont les enfants !

 

Et si les mots n’étaient pas juste des mots ?

On l’a vu précédemment, la structure d’une langue et le vocabulaire impacte la perception du monde et la formation des opinions.

Mais si certains mots comportaient, intrinsèquement (considérant toujours l’ancrage culturel dont il est impossible de se défaire totalement), un signifiant ayant un impact sur la personne à qui ils sont adressés.

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Lors que nous nommons les différentes composantes de notre environnement, nous regroupons les singularités sous un terme commun. Nous catégorisons de manière à ordonner notre perception.
« Les nuages » rassemblent autant les cumulus, les stratus que les cirrus (merci wikipédia !). Cela vaut pour le terme mammifère qui conceptualise le fonctionnement reproducteur d’espèces aussi distinctes que les baleines, les ours et les humains !

Les mots sont ainsi plus des concepts que la volonté de prendre en compte la singularité de chaque élément. Et tant mieux, sinon nous prendrions beaucoup de temps  et nous mobiliserions une grande énergie intellectuelle pour nous exprimer si ce n’était pas le cas.
Te vois-tu détailler précisément l’espèce et de la teinte de la plante que ton ou ta conjoint.e doit arroser en ton absence ?

Cependant cela dénote que la langue ordonne le monde selon une taxinomie   conceptuelle.
Selon Bergson, les mots sont des étiquettes apposées sur les choses singulières. Pour citer cet article du Monde : « sans même que nous nous en rendions compte, notre langage classe, trie, distingue, rassemble, bref, ordonne le réel pour en faire un monde, si tant est que le monde (tout comme le cosmos grec), c’est précisément ce qui est beau parce qu’ordonné et non chaotique. Or ces catégories, c’est bien le langage et lui seul qui les institue : loin d’être tirées du monde, ce sont elles qui lui donnent sa forme et sa consistance. Cette convention ne nous semble naturelle que parce qu’elle est première, et exactement aussi vieille que notre monde, puisque c’est par elle que nous y venons ».

Quelques arguments qui font réfléchir intensément sur l’utilisation du langage… et surtout aux mots que l’on utilise avec les enfants.
Cela laisse à penser combien il est nécessaire d’enrichir le vocabulaire des enfants grâce à la lecture, à l’exposition aux évènements culturels mais aussi, et simplement, par la façon dont on s’adresse à eux !
Il n’est pas rare qu’un mot ait des synonymes. Souvent proche, mais pas forcément interchangeables.
Ce sont ces nuances qui vont permettre aux enfants d’élaborer une perception du monde plus fine. Un lapin n’est pas un lièvre.
Un sanglier n’est pas un cochon sauvage.
« Il pleut » n’est pas faux quand il bruine ou quand il « drache » pour les belges, mais cela dénote d’une réalité météorologique totalement différente.

Dès le plus jeune âge, il est possible d’étendre le champ lexical des enfants. Cela demande simplement que l’on surveille un peu sa façon de parler et, qui sait, d’avoir un vocabulaire un peu plus détaillé voire soutenu.

 

Caractériser le comportement des enfants

J’en arrive aux points sensibles de l’article… l’impact des mots sur la construction de soi.

Je suis certaine que tu as en mémoire la façon dont tes proches pouvaient te définir plus jeune : « c’est une enfance sage ! », « Elle est casse-cou ! », « C’est un Monsieur-Je-Sais-Tout ! », « Oh ! Tu fais ta timide ! », etc.
Quelle impression cela a créé en toi ?

mug monsieur madame
PS: Non, ce n’est pas une idée de cadeau!

Partie storytelling, j’étais l’enfant « bavarde, qui démonte tout, bruyante et menteuse.
Je me suis construite avec ces mots. TOUS mes bulletins de la maternelle à ma dernière année d’école secondaire (lycée) contenaient la même remarque : « Élève sans difficulté mais qui est bien trop bavarde ! ».
Encore aujourd’hui, j’aime parler. NON, en fait, j’ai BESOIN de parler, d’échanger, de communiquer. Le silence doit avoir un sens, sinon, cela me met mal à l’aise.
En classes, je m’ennuyais fermement. Ceci explique cela.

Pour l’aspect du mensonge, j’y consacrerai aussi un article explicatif, mais en somme : oui, comme tous les enfants vers 3 ans, j’ai commencé à raconter des histoires.
Je racontais, semble-t-il puisque ma mémoire me fait défaut, que ma mère m’avait donné des biberons froids (comble de la maltraitance dans l’esprit d’une enfant de 3 ans !) et que mon père était buveur (comble de l’horreur, déjà à cette époque-là !).
Il semble que mes histoires furent racontées avec tant d’aplomb et sans ciller, que cela décontenançait énormément mes proches… Qui me qualifièrent alors de « celle qui ment comme elle respire ». J’étais imaginative et manifestement, cela n’était pas toujours perçu comme une qualité.

Il s’avère qu’encore aujourd’hui, je suis susceptible de m’échapper de situations ou de trouver des excuses avec une facilité déconcertante. Cette capacité m’a constamment renforcée dans cette croyance que je suis « une bonne menteuse ». Alors que, soyons honnête, ce n’est pas un qualificatif valorisant…
Mon éthique personnelle m’interdit de mentir, mais toutes les vérités ne sont pas utiles à dire, n’est-ce pas ?

C’est étonnant que des caractéristiques d’une enfant se soient prolongées dans le temps de manière aussi intense. Tu pourrais te dire que mes proches étaient perspicaces et qu’ils ont ciblé très tôt ma personnalité…
Mais il y a une autre hypothèse bien étayée : il est probable que le fait qu’on m’ait attribué ces étiquettes m’ait conduite vers l’adoption de ces dites attitudes.
Cela s’appelle l’effet Pygmalion (théorisé par Rosenthal et Jacobson en 1968) : c’est le phénomène selon lequel les attentes d’autrui (parents, professeurs) affectent les performances et/ou l’attitude d’une autre personne (les enfants, les élèves, les étudiants).

Voici le principe en schéma :

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Dans leur expérience, elles mirent en scène un « test d’épanouissement intellectuel » que devait passer les élèves en début d’année scolaire. Ce test aurait permis de prédire le développement intellectuel des enfants. Les tests furent corrigés et les résultats mis à la disposition des professeurs.
Il s’avère que ces derniers étaient truqués et que cela servit juste la mise en scène expérimentale : elles classèrent les enfants en 2 groupes : les enfants « standards », 80% des effectifs, et ceux « à potentiel » représentant les 20% restant. Les enfants furent répartis dans chaque groupe de manière aléatoire.

Le fait d’avoir un groupe d’enfants « à potentiel » engendre, chez les professeurs, des attentes positives à leurs égards.
Afin de tester l’effet de leurs attentes, les enfants furent soumis à un test de QI à plusieurs reprises après le début de l’expérience (+4 mois, +8 mois, +20 mois… Oui, le biais d’analyse test-retest n’était pas pris en compte à l’époque. D’ailleurs, il a été questionné depuis, mais il s’avère que les résultats obtenus sont tout de même valides dans une large mesure).  Les chercheuses prises également en compte les évaluations quotidiennes effectuées par les professeurs.

Seulement 4 mois après le début de l’expérience, les enfants du groupe « à potentiel » avaient un QI plus élevé que la moyenne des autres enfants.
A partir de 8 mois, il y a entre 10 et 15 points de QI d’écart entre les enfants « à potentiel » et les autres (en sachant qu’on considère qu’un QI Standard =  100).
En outre, les évaluations des enseignant.e.s étaient plus positives pour les enfants « à potentiel ».

Cela démontre donc que les attentes positives  (et cela fut étendu aux attentes négatives par d’autres chercheu.r.se.s) engendrent une évaluation plus clémentes de la part des professeur.e.s mais aussi, que le QI de ces enfants est influencé favorablement !

Comment est-ce possible ?

D’abord, il s’agit de phénomènes qui dépassent la sphère consciente : les enseignant.e.s ont sans doute eu des comportements plus positifs envers les élèves prédits « à potentiel », comme des sourires, des encouragements, etc. Inconsciemment, ils auraient été plus attentifs à leurs apprentissages qu’à ceux des autres. Enfin, comme ils s’attendaient à ce que ces élèves-là aient des compétences particulières, leurs évaluations en furent impactées.

 

L’effet Pygmalion explique combien il peut être délétère de coller des étiquettes aux enfants. Ce sont souvent les attitudes jugées comme négatives par les adultes qui finissent comme étiquettes, et rarement les éléments positifs.
Tu comprends dès lors pourquoi dire à son enfant : « Tu es insolent.e/méchant.e/pénible/… »  n’aura pas d’effet positif à long terme. Bien au contraire, elle ou il pourrait intérioriser ce qualificatif et se conformer aux attitudes qui l’accompagne.

De plus, si tu entretiens dans ta pensée que ton enfant est pénible, violent, ou autre, tu auras de plus en plus de mal à te comporter d’une manière affectueuse… et cela, tout à fait inconsciemment ! C’est un cercle vicieux qui s’installe. Et personne n’en ressort heureux.

Au lieu de dire : « Mais qu’est-ce que tu es pénible ! », tu pourrais évoquer combien son attitude t’indispose par : « Je ne tolère pas que tu aies ce comportement ! ».

Enfin, les mots prononcés par les proches peuvent résonner longtemps au creux de l’oreille et avoir un impact sur l’estime de soi.
Si des qualificatifs négatifs clouent au fur et à mesure la confiance en soi des enfants (eh oui, comme veux-tu construire une belle image de toi à coup de « tu es infernale : bavarde, casse-cou et insolente ! », il s’avère que les caractéristiques perçues comme positives au premier abord ont, elles aussi, des incidences non négligeables.

« Tu n’es quand même pas stupide ! », « Tu es trop intelligente pour agir comme ça », « Mais enfin, fais un effort, je sais que tu peux le faire ! », etc.
Toutes ces phrases, qui semblent mettre en exergue la certitude du parent quant aux capacités intellectuelles de leur enfant, sont des manifestations claires pour l’enfant qui les reçoit qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Les attentes positives peuvent, certes,  s’avérer plus favorables à long terme que des insultes, mais pas plus soutenantes pour sa confiance en soi.
Chaque échec ou expérience ne se déroulant pas comme prévu est alors soumise au jugement du « si j’avais été vraiment intelligent.e, cela ne serait pas arrivé ! ».
Un peu comme rien de profitable n’arrive derrière « Je ne suis pas raciste mais… », peu de qualificatifs sont bénéfiques après « tu es… » !

Afin d’accompagner les enfants dans la bienveillance et le respect de leur individualité, le principe est de revenir sur le comportement et non se fixer sur une perception de pseudo-personnalité.

 

Les jugements de valeurs de nos expressions

« C’est bien ! »

« Tu es grande, maintenant ! »

« Tu fais le bébé ? »

« Aller, mange ! C’est bon ! »

« C’est vraiment moche, ce vêtement ! »

Probablement, tu vas te reconnaître dans certaines de ces expressions (et moi aussi, parfois !). Tu dois te demander pourquoi je questionne le fait qu’on y ait recours…

Lorsqu’on s’exprime comme cela, cela met en évidence un jugement de valeur de la part du locutrice/locuteur.
Alors, évidemment, nous avons bien le droit d’avoir un avis sur les choses qui nous entourent.
Nous avons la possibilité de se lamenter sur la bêtise du voisin de droite, le comportement de la voisine de gauche, les choix de vêtements de nos proches ou encore le comportement indécent de telle ou l’autre personne…

Souvent, les phrases qui nous servent à exprimer cela sont courtes et incisives : « C’est moche ! » ; « Quel idiot ! », « Il est vraiment pénible ! », etc.

Mais qu’en retire-t-on vraiment ?
Qu’apportent dans nos vies ces jugements de valeur ?
Nous rendent-ils plus serein.e ou heureu.x.se ?

fact or opinion
« Fait ou Opinion: aide les enfants à déterminer si les phrases sont des faits ou des opinions! »

Les jugements de valeur formulés de telle façon sont des raccourcis de ce que contient notre esprit.
Et comme tous les résumés, ils perdent en détails.
Le problème est alors de se satisfaire de ce type de réflexion puisque cela empêche d’aller plus loin pour questionner ce qui plaît ou indispose dans une situation, par exemple.

Prenons une situation classique : le repas. Lorsqu’un met t’est servi, tu vas dire ce qu’il provoque chez toi. La plupart du temps, il s’agira de contentement ou d’insatisfaction formulé assez brièvement.
Mais cela ne précise en rien ce qui te plaît ou te déplaît dans le plat en question.
Ne serait-il pas plus appréciable pour celui qui se soumet aux jugements des goûteurs de savoir exactement ce qui est apprécié (ou pas) ?

En lieu et place de « C’est très bon ! » ou « Je n’aime pas ! », pourquoi ne pas spécifier : « j’aime beaucoup le mélange des saveurs et des textures ! » ou « A  mon goût, cela manque d’épices/cuisson/…. ».
La personne se sent dès lors moins jugée dans sa globalité et peut alors saisir le point précis de ce qui déclenche l’opinion.

Ce type de réflexions vaut aussi pour la relation avec les enfants. Il est profitable de leur permettre d’être des individus à part entière, il est préférable de spécifier ce qui nous fait réagir. Encore une fois, comme je l’ai précisé dans mon article « les récompenses, une fausse bonne idée ! », il vaut mieux s’orienter sur la description que sur les jugements de valeur.

« Je suis fièr.e de te voir monter ces escaliers ! »
« Je suis heureuse de te voir t’amuser avec ce jeu ! »
« Je vois que tu as du mal à être calme et j’ai du mal à recevoir tes émotions maintenant ! »

Ces réponses ne paraissent pas spontanées. Et je le conçois complètement !
Nous avons des automatismes bien ancrés. Le principe est de faire évoluer ceux-ci tout au long du cheminement qu’implique l’accompagnement des enfants vers leur épanouissement (et le nôtre simultanément !).
Donc, plus tu vas user de ce type de réflexion et de réactions, plus elles te viendront naturellement. C’est comme tout dans la vie, cela s’exerce !

Enfin, concernant l’expression même des jugements de valeurs, dans certains cas, il faudrait se questionner sur l’intérêt même de les exprimer…
Je pense souvent au principe de la passoire de Socrate :

Même si dans le quotidien, il ne s’agit pas de rumeurs, est-il vraiment utile d’exprimer ses opinions brèves, constamment ?
Parfois, il est bien intéressant de les garder pour soi et d’observer ce qui les déterminent en nous-même.
Cela permet d’apprendre beaucoup sur notre propre fonctionnement, des préjugés et des réactions automatiques qui nous habitent. Cela vaut d’ailleurs pour quasiment tout ce que nous prononçons. Dans une large mesure, nous pourrions faire passer davantage de messages bienveillants et positifs en décidant de revoir le lexique qui les composent.
« C’est une tuerie ! », pour évoquer quelque chose de très bon, peut être adapté en « Quelle explosion de saveurs ! ».

A côté de cela, il y a la possibilité (impératif dans mon cas !) d’avoir des ami.e.s ou des groupes de discussions sur facebook (par exemple) qui permettent de se mettre en mode « défouloir » !
L’objectif de ces moments est de libérer les tensions, de ne plus réfléchir à ce qu’on dit, de se défouler mentalement… Afin de pouvoir agir avec bienveillance le reste du temps !
#médisanceorganisée

 

Les surnoms, on en fait quoi ?

C’est un autre point sensible !
Je crois que la plupart des parents donnent des petits noms doux à leurs enfants, et ce, dès leur naissance : « Ma puce », « mon petit cœur », « ma princesse », « mon roudoudou », « chérinette », « mignonnette », « Blondinette », « amour de ma vie », « ma grande », « pipelette », etc.

Tu sais quoi, je plaide coupable ! Grandi avec une panoplie de surnoms, je reproduis ça allégrement… MAIS…

Je n’utilise que peu les pronoms possessifs, mal à l’aise avec l’idée de possession d’un être humain par rapport à un autre (même si je suis très fière qu’Elle soit ma fille !).
Cela dit, je remarque tout de même que je ressens une grande tendresse de la part de mes parents quand ils précèdent mon diminutif. Je suis heureuse que par ce petit mot, ils me signifient mon appartenance à notre famille.
Cette marque de reconnaissance est importante pour moi, dans l’histoire de vie qui est la mienne, par rapport à mes parents avec qui j’ai des relations agréables. Quelqu’un.e qui aurait des interactions tendues pourrait percevoir cette marque de possession comme une bride à sa liberté et un rappel à un environnement qui ne lui convient pas.
Tout est affaire de contexte et de perception personnelle !

Ensuite, j’évite radicalement les surnoms faisait référence à son âge, son intégrité psychologique, son statut de bébé (ok, j’ai du mal parfois à zapper le « bébé d’amour ! »… Mais ma mère m’appelle toujours comme ça, autant dire que je l’ai dans la tête !), à son genre ou encore à une caractéristique physique ou prétendument caractérielle.

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Pourquoi toutes ces restrictions ?

Parce que j’estime qu’elle a le droit de grandir sans avoir à être confrontée à un jugement de valeur clair puisqu’il s’agit d’une manière de la nommer.
Je ne sais pas comment elle vivra, à l’avenir, son rapport à son corps, et je ne souhaite pas l’impacter via des mots qui ne sont pas anodins comme « petit bidon rond », « joufflue », et d’autres parfois moins « mignons ».

Je ne sais pas non plus si elle vivra son identité de genre de manière à ce qu’elle corresponde au genre qui lui a été assigné à la naissance. C’est une fille, physiologiquement. Mais je ne suis absolument pas si elle se sentira fille ou si elle se sentira comme dans le « mauvais corps », ou bien si elle se définira comme non-binaire.
Dès lors, je ne compte pas lui compliquer la vie en l’affublant de surnom qui lui impose une identité de genre.

Ensuite, je n’utilise pas de qualificatif de son comportement, pour les moult raisons décrites ci-dessus : un comportement est davantage parlant qu’un caractère présumé… Je suis toujours étonnée d’entendre des parents appeler leur enfant « Mon petit râleur ».
Cela formule clairement la perception que les parents ont de leur enfant en général (et non plus juste exceptionnellement quand une attitude survient). Cela déclenche en cascade l’effet Pygmalion expliqué précédemment. Déjà affublé du surnom de « râleur », les parents s’attendent alors que leur enfant grommèle plus que le feraient les autres.  Cela engendre que l’attitude de cet enfant s’y conforme…
C’est un cercle vicieux en bonne et due forme.

Il en va de même avec les surnoms reprenant le nom d’une espèce animale. Si certains véhiculent des caractéristiques plutôt agréables (« chaton », « mon lapin », « ma grenouille »), d’autres sont bien moins valorisants (« mon crapaud », « petit veau », « petite pie »).
Outre le fait que cela part de l’imaginaire collectif par rapport à ces animaux-là, les enfants peuvent intérioriser le fait qu’ils auraient, eux-aussi, les caractéristiques négatives sous-entendues par l’espèce.

Enfin, il est nécessaire de prêter attention au recours que l’on fait des surnoms.
Souvent, les surnoms doux sont évoqués lorsque l’ambiance est bonne et détendue. Dès lors qu’une situation déstabilisante, le prénom est utilisé !
Qu’en est-il alors, dans l’imaginaire des enfants, du rapport entre démonstration d’amour et l’aspect conditionnel de celui-ci ?
Les enfants peuvent croire que dans les situations où le.s parent.s ne recourent pas à leur surnom doux, l’amour qu’ils leur portent est amoindri.
Dès lors, n’hésite pas à avoir des explications sur situations problématique/sérieuses en utilisant son surnom et aussi à l’appeler au quotidien par son prénom. De cette manière, lorsque les enfants entendront leur prénom, ils ne suspecteront pas un moment manquant de gaité !

Je ne sais pas toi, mais pour moi, mon prénom énoncé en entier me met toujours mal à l’aise. Je crois toujours qu’une information d’importance/grave va être évoquée, ou alors que c’est quelqu’un qui ne me connait ni d’Eve ni d’Adam qui m’interpelle. Comme quoi, ça laisse des marques !

Je tiens à préciser que, par le présent article, je ne souhaite pas propager l’idée qu’il ne faut plus utiliser de surnoms pour les enfants.
Il s’agit de conscientiser nos propos et de pouvoir réfléchir sur ces habitudes ancrées. Ces dernières peuvent être modifiées si nous nous rendons compte qu’elles peuvent être délétères. Les automatismes ne sont pas des fatalités. L’humain est doté d’une plasticité neuronale https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-plasticite-cerebrale-15833/  incroyable qui permet de transformer nos compétences tout au long de la vie.

 

L’auto-observation comme outils d’accompagnement des enfants

Oui, on pourrait le mettre à toutes les sauces et pour tous les sujets. Observer la manière dont on réagit, comme si on était spectateur de soi-même, c’est le début de la remise en question et donc, du changement.
Mais c’est bien en s’auto-observant dans nos réactions et nos réflexions que l’on apprend de nous-même. Et cela sera le cas tout au long de notre vie.
Nous n’aurons jamais fini d’apprendre, c’est grâce à cela que la vie peut être passionnante et que nous pouvons évoluer !

Les précautions concernant le champ lexical sont d’autant plus importantes dans les premières années de vie des enfants.
C’est durant celles-ci qu’ils assimilent la syntaxe de sa/ses langue(s) maternelle(s), qu’il peut développer très rapidement une richesse de vocabulaire incroyable et, surtout, qu’il construit son rapport au monde (qui passe par les mots, comme je l’ai démontré largement).
En outre, les expressions ou surnoms faisant référence à du second degré n’a aucune plus-value pour un enfant de moins de 6 ou 7 ans. Jusqu’à cet âge-là, les enfants n’ont pas ou très peu accès à cette forme de (auto)dérision.
Je paraphrase Jane Nelsen (autrice de « la discipline positive », dont j’ai décrit l’ouvrage ici) : Les enfants comprennent tout, mais interprètent avec leur propre degré de développement cognitif et émotionnel.
Ils sont susceptibles de développer des croyances qui ne sont pas du tout dans les intentions initiales du/des parent(s). Mais leur croyances sont difficiles à déloger et peuvent leur causer de lourds questionnements existentiels : « Ma mère ne m’aime pas quand je fais ceci ou cela », « Mon père pense que je suis gros ! », « Je suis quelqu’un de méchant/insolent et mes parents ne m’aiment pas à cause de ça ! », etc.

Il peut suffire de conscientiser certaines actions pour s’engager sur une voie de recherche d’alternatives qui correspondent mieux à ce que nous voulons partager avec nos proches !

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« Va en avant et n’arrête jamais! »

J’espère que cette lecture aura pu soulever quelques éléments qui résonnent en toi.

Passe de belles fêtes de fin d’année, Lectrice/Lecteur Curieux !

A bientôt, en 2019, pour le prochain article !

 

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
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Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

taille téterelle.jpg
Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

pèse bébé

Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir !

Depuis le début de ce blog, je me disais qu’un article sur le cododo était superflu.
Dans mon esprit, maternage/parentage proximal= proximité physique continuelle, jusqu’au détachement des enfants, d’eux-mêmes. Cela implique que la nuit, forcément, c’est également le cas.
MAIS le problème que le cododo ou le “sommeil partagé” est tout de même assez mal perçu … en Occident !

Par exemple, voici le titre d’un article de 2011 : « Bad news for dads: Babies ‘should share mother’s bed until age three’ because it’s good for their hearts « 

Il faudrait déjà savoir pourquoi c’est une “mauvaise nouvelle pour les pères” de dormir avec leurs enfants. Le titre est évocateur et complétement influencé : dans le cododo, il y aurait un perdant : le/la conjoint.e !

Ensuite, il y a des croyances : dormir ensemble rend les enfants dépendants. Une idée préconçue veut que les enfants soient censés « apprendre à dormir seul ». Pour cela, diverses techniques dont le « 5-10-15 », où le principe est simplement de laisser le bébé pleurer de plus en plus longtemps. Jusqu’à ce qu’il se taise et cesse de réclamer.
C’est donc de la résignation acquise. Le bébé n’apprend nullement à dormir seul. Il intègre que son environnement ne lui assure pas la réponse à ses besoins et se met en mode « survie ».
Les « problèmes de sommeil » des enfants (c’est-à-dire des résistances à l’endormissent) sont typiques de l’Occident. Surtout, le rapport au sommeil des enfants est très particulier, puisque éminemment culturel. Si l’on effectue des comparaisons, le modèle d’enfant précocement indépendant, par rapport au sommeil, est rare (Crawford, 1994, p. 46).
Même dans d’autres société industrialisée, comme au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, il est normal de considérer que les enfants ont besoin de leurs pairs pour être équilibrés et sereins. Cela implique qu’ils partagent sans encombre l’espace de repos, de manière à assurer une présence corporelle aux enfants.
En outre, les réveils durant la nuit sont considérés comme normaux. Grâce au cododo, le sommeil des parents n’est que peu dérangé puisque les enfants ont la possibilité d’être rapidement rassurés.
A l’inverse dans les sociétés occidentales, la question du « bon sommeil » des enfants est un des sujets privilégiés.
« Alors, il fait ses nuits ? » doit être dans le top 3 des questions posées aux jeunes parents. Il est attendu que, très vite, un bébé ne se réveille plus et ne boive plus de lait la nuit (certains pédiatres vont évoquer un poids ou un âge (différent en fonction de chaque professionnels) auquel il n’est plus nécessaire que les enfants boivent la nuit).
Le rapport au sommeil partagé et aux « troubles du sommeil » présumés sont ainsi totalement différent.

Mais pourquoi un tel rejet ?

Cela prend racine au Moyen-Âge, avec la progression de la religion qui a rendu tous les rapports au corps impurs. Il n’était alors pas bien perçu d’être dans une proximité physique. En outre, il est suggéré que l’Eglise a découragé le cododo. Les naissances ne bénéficiant pas de régulation comme c’est le cas actuellement, il était suspecté que certains parents commettent des infanticides prétextant un étouffement accidentel pendant le sommeil.

A notre époque, il n’est pas rare que considérer que le lit est un domaine conjugal, et non familial, et qu’il doit rester l’espace spécifique du couple.
Il est étonnant de savoir qu’il n’y a pas si longtemps, le fait de partager son lit avec le partenaire pour dormir était très mal considéré ! Durant l’époque victorienne, partager le lit était perçu comme malsain et dangereux : ses forces de vie seraient happées par celui/celle dont on partage le lit (écrit dans « Dreamland: Adventures in the Strange Science of Sleep », David K. Randall).

Des différences sont également notables en fonction du climat : il est commun dans les pays très chauds de dormir séparément.

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Hamacs en Guyane

A l’heure actuelle, en Occident, il est entendu que les couples partagent le même lit. La plupart des gens s’alarment en apprenant qu’un couple ne dort plus ensemble toutes les nuits.
C’est oublié rapidement les habitudes de certains de nos arrière-grands-parents qui dormaient souvent sur deux matelas séparés voire dans deux chambres différentes.
C’est parfois une solution encore adoptée par des couples dont l’un des deux ronfle, si l’un.e des partenaires se lèvent ou se couchent particulièrement tard, et aussi, dans certains cas de cododo avec les enfants.
Le rapport au sommeil partagé n’est pas problématique s’il est discuté (comme tout, en réalit é!). Certains couples ne parlent pas de ces situations quotidiennes et peuvent développer de l’amertume qui ressort par des petites phrases acerbes : « Oh ! Tu as encore bougé/ronflé/t’es levé.e beaucoup cette nuit! Ça me réveille ! Tu es pénible ! ».
Cela peut être un choix délibéré que de dormir séparément. Cela demande de la discussion et de jouer carte sur table concernant les besoins de chacun.
Il en va de même pour le cododo, et donc le partage du lit ou de la chambre avec le.s enfant.s. Cela peut être subi ou vécu de manière épanouie.

Le Cododo et ses mythes

La société en a une mauvaise image car cela laisse penser que les enfants ne sont pas indépendants de leurs parents (ce qui est attendu très tôt, en Occident). De plus, on sous-entend que les adultes « abdiquent » et laissent les enfants décider leur lieu de sommeil, sans respecter leur intimité. D’ailleurs, il est considéré que le cododo est un frein à la sexualité. Enfin, il serait en cause dans l’augmentation de la fréquence de la MIN (Mort Inattendue du nourrisson, ou SIDS en acronyme anglo-saxon).
Mythes ou pas ?

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Non, c’est un fait. Les enfants ne sont pas indépendants des adultes. D’ailleurs, aucun humain ne peut être considéré comme réellement « indépendant » puisque nous sommes une espèce totalement grégaire et ayant besoin de relations interpersonnelles.
A sa naissance, le bébé humain est dans une dépendance folle par rapport à ses référents. Sans eux, il meurt. Et il le sait.
C’est la raison pour laquelle, après avoir passé 9 mois contenu dans un environnement globalement constant, en l’absence de sensations digestives, avec un thermostat intégré et une présence intégrale, il/elle ne peut pas être serein.e posé.e dans un berceau.
Au contraire, le bébé a besoin du contact constamment les premiers mois. C’est pour ça que le portage est indispensable pour ne pas se ruiner les épaules. Il est profitable lâcher-prise et prolonger sans résistance dans le maternage proximal… C’est vraiment la voie la plus simple pour une sérénité quotidienne (sérénité spécifique de jeunes parents, faut-il le rappeler ?!). Le cododo répond au besoin de présence rassurante pour les enfants. Je rappelle que la plupart des organismes de santé tels que l’OMS ou l’UNICEF recommande le cododo, ou a minima le partage de la chambre, jusqu’à l’âge de 6 mois et tend à une prolongation jusqu’à 9 mois.

Le deuxième mythe est que les enfants décideraient de leur lieu de repos et que cela dénote d’une démission parentale et d’un certain laxisme face au cadre.
Cette perception de l’enfance et de l’accompagnement des petits est traditionnaliste… et inconstestablement adultiste (ici pour un point sur cette notion).
Je pense que les gens qui estiment que les parents abdiquent quand ils répondent aux besoins de leurs enfants sans attendre souffrent d’un manque de connaissances en la matière. Que ce soit pour l’allaitement, les pleurs, le cododo, il est maintenant très clair dans la littérature scientifique que la réponse sans délais aux besoins des bébés leur est profitable.
Il n’y a strictement aucun bénéfice à différer une réponse à un besoin.
Dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », tous ces éléments sont bien précisés et expliqués. Catherine Gueguen également a fait ce travail de rendre accessibles ces informations, de manière à ce que la réactivité aux besoins des enfants prime sur tout le reste. C’est une question de construction même du cerveau et, par la suite, des relations interpersonnelles.
Il fut démontré que la propension spontanée à câliner un enfant qui pleure est déterminée par ce que furent les réponses de nos référents à nos propres pleurs.
Si tes parents avaient tendance à s’énerver, à crier ou à te laisser pleurer, il est fort probable que les pleurs de ton enfant n’engendrent pas seulement de l’empathie. Cela réveillera également de l’énervement et un empressement de le faire taire.
L’absence de réaction empathique dans la petite enfance interfère avec la construction de la régulation émotionnelle.
Bref, point de laxisme ou de débordement du cadre lorsqu’un enfant dort avec ses parents : il s’agit juste d’un cadre plus opportun pour son développement et ses besoins actuels.

fanny-vella cododo
Une illustratrice au top, cette Fanny !

Ensuite, le sujet de l’intimité du couple vient sur la table. LE sujet qui revient en boucle chez l’entourage qui, jusque-là, n’avait jamais questionné ta vie sexuelle. Étrange quand même que le fait de devenir parents et les habitudes de vie qui l’accompagne offrent une tribune publique à ce sujet.
Alors, en effet, il est possible que le fait d’avoir un enfant entame la libido d’un ou des deux partenaires. Certain.e.s n’éprouvent plus énormément de désir pendant une période, parce que l’arrivée et la vie avec un bébé en bas-âge est plutôt… sportive !
Alors, avec souvent des nuits coupées, il est fréquent que l’investissement soit plutôt mis dans le repos/sommeil que dans les galipettes.
Est-ce que le cododo freine d’autant plus la libido ? Je pense que cela dépend de chaque couple.
Si la sexualité du couple se passait exclusivement dans le lit et la nuit, il est possible que cela ait un impact. Mais, concrètement, rien n’empêche les deux partenaires motivés à quitter la chambre habituelle pour investir un autre espace aussi propice (je crois que tous les parents qui pratiquent le cododo voient régulièrement leur canapé sous un autre angle, pendant cette période).
Je me remémore le témoignage d’un papa qui évoquait sa joie : « C’était chouette quand ils étaient petits. On pouvait le faire partout ! Maintenant qu’ils sont ado… On est cloîtré dans la chambre ! ».
Le fait est qu’avoir un enfant modifie la vie et aussi la vie sexuelle. La disponibilité physique et parfois mentale peut être moindre.
Il est indispensable d’être honnête sur le sujet au sein du couple. Il se peut que Madame n’ait pas envie pendant de longues semaines voire mois après son accouchement. Il se peut aussi qu’ils/elles aient du mal à trouver leurs repères dans cette nouvelle vie et qu’ils/elles soient en décalage l’un avec l’autre.
L’arrivée d’un enfant, que ce soit le premier ou le troisième, rebat les cartes et investit massivement l’esprit et le corps. Forcément, la personne qui a porté l’enfant a un vécu corporel que l’autre ne peut expérimenter en tant que tel.
De toute manière, à tous les sujets, les perceptions peuvent être totalement discordantes au sein des couples. L’important est de discuter, sans rancune, sans heurt et avec authenticité.
Il est nécessaire de pouvoir dire : « Non, je n’ai pas envie de ça » et/ou « Tu me manques ! ». Il est ensuite possible de trouver des moyens de combler les besoins de chacun (/ !\ à différencier des envies, ici pour lire un retour sur les besoins de l’humain).
Enfin, je rassure quand même : certains couples ne vivent aucune période de disette ou du moins, n’en souffre pas, parce qu’ils partagent les mêmes ressentis.
Aller, histoire de clore le sujet : n’hésitez pas à vous munir de lubrifiant pour les premières fois (au moins). L’allaitement peut générer quelques épisodes de sécheresses vaginales. Pas d’inquiétude si le corps ne réagit pas tout à fait comme avant, il y a eu un sacré chambardement durant l’accouchement et avec le travail des hormones.

Comme dernier mythe aussi persistant que controversé : la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN, terme qui a remplacé Mort Subite du Nourrison)
C’est la terreur des jeunes parents, indubitablement. Je crois que tous, autant que nous sommes, avons scruté/scrutons les mouvements respiratoires de nos tout-petits.
Je ne sais pas si tu le sais mais l’allaitement diminue le risque de MIN… Il y a plusieurs facteurs (peut-être cela fera-t-il l’objet d’un autre article ?!) et l’un d’eux est la proximité mère-bébé pendant le sommeil. Il a également été démontré de nombreuses fois, dont par l’équipe du Dr. Bergman, que le « Kangaroo Mother Care » dont les contacts peau-à-peau sont déterminants pour le nouveau-né. Lors de ces contacts, le rythme cardiaque des bébés ralentit notablement démontrant une décontraction maximale et la température corporelle se régule.
Bergman dit même: “The mother’s body is the only natural, healthy environment for a new baby” (Le corps de la mère est le seul environnement naturel et sain pour un nouveau-né).
Cela implique donc forcément des relations proximales durant les moments de sommeil.

Certaines études ont mis en évidence que le cododo, sur le même matelas, augmente les risques de MIN. Il s’avère que dans ces études, les règles de sécurité régissant un cododo sécuritaire n’ont pas été observées de manière rigoureuse.
La plupart du temps, dans le cas de décès en cododo, les parents avaient consommés des substances psychoactives (drogues ou alcool), fumaient (et cela engendre des dégagements gazeux risqués pour le fragile système respiratoire du nouveau-né), avaient laissé des édredons et autres coussins à proximité du bébé ou avaient un matelas trop souple.
Pendant des années, les méta-analyses, se servant des données des études précédentes, ont répété invariablement que le bedsharing (le partage de lit) était un facteur de risque. Les dernières recherches en la matière s’efforcent de contrôler les conditions non sécuritaires. Il apparaît alors que le partage de lit sécuritaire est relativement équivalent en termes de sureté au partage de chambre (qui lui est recommandé fermement jusqu’à 6 mois).

Il s’avère que les études ont été effectuées aux États-Unis, ce qui explique la perception anthropocentrée de celle-ci. Par la suite, le milieu scientifique s’est tout de même questionné sur les pratiques inhérentes au sommeil dans d’autres cultures… dont des pays industrialisés comme le Chine, la Corée du Sud ou le Japon.
Dans ces pays-là (comme dans la plupart du Monde hors Occident), le cododo (partage de lit !) est pratiqué de manière traditionnelle, parfois jusqu’à l’adolescence. Et pourtant, il est notable de constater que le taux de MIN à Hong-Kong est parmi les plus bas du Monde.
Il s’agit ainsi de questionnements et de peur totalement occidentales, puisque ces pratiques ne sont pas questionnées ailleurs sur le globe. La plupart des ethnies ne comprennent pas pourquoi il serait question de laisser un bébé dormir seul et assimilent, pour certaines, cela à de la maltraitance.
En outre, j’apprécie énormément la réponse du Dr. Alain Benoît (Pédiatre) et intervenant cette fois-là dans « La Maison des Maternelles » dans cette émission-là (je précise à dessein car ils ont déjà invités d’autres « spécialistes » qui vont à l’encontre de ce que ce pédiatre a dit…) : « C’est vraiment un problème de riches ! La plupart des populations du Globe, il n’y a pas de choix entre faire ou non du cododo. (…) Dire que le bébé peut s’en passer, c’est oublier qu’il sort du ventre de sa mère ! (…) En regardant de plus près dans les études, on a pu démontrer que le cododo prévenait la MIN et non l’inverse ! ».
Je mets en sources quelques articles que j’ai lus (pas tous, sinon, ça prendrait trop de place !) afin de fonder mon propos.

Tout ça pour dire, qu’encore une fois comme pour le portage, le maternage proximal et l’allaitement, il ne faut pas regarder dans l’histoire de l’Occident. Au nom de l’esprit, nos pays ont fait fi des besoins corporels primaires. Les communautés, où les besoins sont des moteurs d’actions concrètes, sont des sources intarissables d’inspiration pour s’épanouir dans le vécu de la parentalité (voir le Concept de Continuum).

cododo

Pourquoi le pratiquer ?

Tu n’es pas sans savoir qu’un nourrisson a besoin d’une protection constante. En oubliant le conditionnement social, nous suivons nos intuitions qui nous poussent vers une tendance « enracinées » en nous depuis des millénaires.
La plupart des parents l’expérimentent d’ailleurs : « Il dort tellement bien en portage et dès qu’on veut le poser, il pleure ! ». Oui, c’est normal et mu par son besoin de proximité qui lui assure de la sécurité.
L’Humain, en tant que mammifère, fait partie des primates portés. Cela se différencie notablement, des espèces nidicoles comme le chien ou le loup. Il y a un rapport clair entre l’intensité des besoins des nouveau-nés et le nombre de petits ainsi que la rapidité de leur croissance. On remarque allègrement que les chiens/chats/lapins/… sont indépendants relativement rapidement (aux alentours de 3 mois). Combien faut-il de temps pour qu’un humain soit considéré comme possiblement indépendant ?
Bref, cela démontre que la dépendance du nourrisson est intégrale et que les moments de sommeil ne font, bien entendu pas exception.
Souviens-toi que l’humain fut nomade avant qu’il se sédentarise et construise ses habitats. Cela implique que le nourrisson ne pouvait pas être posé sereinement, il était forcément au contact constant d’un autre humain. Ces nécessités sont ancrées profondément en nous. Définitivement, l’anthropologie a beaucoup à nous apprendre concernant le soin aux enfants !

De plus, il est nécessaire de rappeler que les enfants se développent en fonction de l’environnement auquel ils sont confrontés. Il a été démontré à plusieurs reprises que le cerveau du bébé se développe différemment en fonction des soins qu’il reçoit. Toujours dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », des clichés d’imagerie médicale témoignent des effets des soins sur le cerveau. Il est maintenant tout à fait clair qu’un accompagnement empathique, la proximité physique et une réponse immédiate aux besoins des enfants leur permettent de développer leur cerveau de manière optimale. La régulation émotionnelle est la compétence qui souffre le plus d’un manque de soin attentif. Or, les émotions habitent l’ensemble des expériences vécues.
Énormément de personnes éprouvent des difficultés à accepter/gérer/détecter leurs émotions. Cela handicape complétement le quotidien … et est une cause classique de consultation psychologique.

Ensuite, d’un point de vue pratique : j’ai du mal à considérer qu’on se pose réellement la question. Qui a envie de se lever de 3 à 10 fois par nuit pour aller cajoler un bébé… et ensuite tenter de le reposer une fois endormi, ce qui le réveille 9 fois sur 10 ?
Si l’objectif est d’épuiser la mère jeune accouchée (ne nous mentons pas, c’est tout de même plus souvent les mères que les pères qui se lèvent dans une large majorité des cas), je suis sûre que cela fonctionne.
Personnellement, c’était inconcevable. Impossible pour moi de me lever autant. Déjà, je suis réveillée 4 fois par nuit pour une tétée (durant laquelle je me rendors !), je ne vois pas pourquoi je devrais me contraindre à déplacer mon enfant dans son lit une fois assoupi. Cela demande bien trop de vigilance à nos pauvres organismes déjà éreintés par la naissance et la vie quotidienne avec un tout petit.

Jusque-là, je n’ai abordé que les nouveau-nés et la recommandation du sommeil partagé jusqu’à 6 voire 9 mois. Après cette période, cela va dépendre complétement des enfants.
Certains seront sereins et continueront à profiter du cododo. Souvent, le.s parent.s est alors très à l’aise pour poursuivre cette pratique jusqu’à ce que les enfants fassent la demande de dormir seul.
Dans d’autres cas, le.s parents ne parviennent pas à dormir correctement avec leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre. Les bruits émis par leur enfant le.s réveillent. Souvent, les mères qui ont des craintes particulières et ne parviennent pas à se rendormir pendant les tétées nocturnes. Il est alors possible de proposer aux enfants de rejoindre leur chambre et d’aller les allaiter la nuit.
Il n’est pas rare que les enfants qui se réveillent encore 2 ou 3 fois par nuit ne le fassent plus lorsqu’ils sont dans leur chambre. Au-delà de 6/9 mois, cela ne constitue plus un risque concernant la MIN ou l’allaitement.
Cependant, cela explique pourquoi il est indispensable de garder les enfants auprès de soi durant les premiers mois ! Les phases de sommeil trop profondes et trop longues ne sont pas adaptées à la physiologie du nouveau-né. Ce dernier peut se mettre en « mode survie » et ne plus se réveiller pour téter car il n’en a pas l’énergie.

Comment faire rimer sommeil partagé avec sécurité ?

La plupart des scientifiques NON ethnocentrés sur l’Occident mettent en évidence la nécessité d’instruire aux futurs parents les bases sécuritaires du sommeil partagé. Il est largement préférable de donner accès aux règles de sécurité plutôt que de les décourager à pratiquer le cododo… et qu’ils le fassent « en secret » sans connaître les mesures sécuritaires.

cododo exemple
Exemple de configuration avec un lit annexe

Voici donc les précautions à appliquer :

  • Ne pas pratiquer le cododo après la consommation de substances psychoactives (alcool, drogues, somnifère)
  • Le matelas doit être ferme et plat (il faut aussi que l’éventuelle alaise soit respirante !)
  • Le bébé ne doit pas pouvoir rouler du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur, ou entre son lit de cododo et le matelas du/des parents.
  • La pièce doit être à une température entre 18 et 20 degrés.
  • Le bébé ne doit pas être trop couvert (body + pyjama + gigoteuse/surpyjama)
    Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir tout le buste du bébé
  • Ne jamais laisser d’oreiller/coussin d’allaitement à proximité de bébé (pas avant l’âge de la marche à peu près).
  • Si le bébé se retrouve seul dans le lit (sieste ou début de nuit), il est nécessaire que le bébé ne puisse pas tomber par l’arrangement de la chambre. Idéalement, un lit au sol est le plus sécuritaire.
  • Le bébé doit se trouvé du côté extérieur de la mère allaitante, et non au milieu du lit s’il y a un.e partenaire.
  • Si un enfant plus âgé partage aussi le lit, un parent doit se positionner entre eux.
  • Exclure les animaux de compagnie du lit familial, surtout avant l’âge où l’enfant est en mesure de parler ou de se mouvoir avec aisance.
  • Il ne faut pas dormir avec son bébé dans un canapé/sofa/fauteuil.

Pour finir, en reprenant les mots du pape scientifique du cododo, le Dr. James McKenna, éminent anthropologiste : « Dormir comme un bébé » est une expression commune, mais que veut-elle dire vraiment ? Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées régulières ».

Repose-toi bien, Lectrice ou Lecteur curieu.se.x !

Quelques articles et références que j’affectionne :

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription)

 

Retranscription du documentaire, réalisé par Marion Schmidt et diffusé  en 2018  sur ARTE

« Le lait maternel, le premier aliment naturel au Monde, est un merveilleux chef d’œuvre de l’évolution. Aucun produit synthétique n’est en mesure pour le remplacer. Un élixir  indétrônable dont les bienfaits vont même jusqu’à séduire de plus en plus d’adultes ! »
Partout dans le monde, des scientifiques cherchent à percer les secrets du lait humain.

Voilà comment débute ce superbe reportage.
Dans cet article, je vous propose une retranscription des faits relevés dans ce reportage, afin de les rendre accessibles, même si vous n’avez pas le temps de le regarder.

L’ex RDA (Allemagne) avait fait de l’allaitement une lutte spécifique. Il y avait des campagnes pour le favoriser et pour permettre aux femmes de faire des dons de leurs excédents. Le peau-à-peau était également conseillé afin de mettre en route l’allaitement. Des endroits étaient spécifiquement prévus pour aider les mères à trouver les positions optimales afin d’allaiter.

Le lait maternel est si complexe que certains de ses composants ne sont pas encore connus. Certes, un petit nombre mais qui sont suspectés d’avoir des effets majeurs.
Les bébés nourrit au sein sont moins sujets aux troubles gastro-intestinaux, le taux d’infection est moins élevé et il favorise le développement intellectuel. Ils sont aussi moins sujets à l’asthme et aux infections respiratoires. (Dans cet article, je vous propose une vue claire de ce qui se sait déjà sur les bienfaits de l’allaitement)

Le profil glucidique du lait joue un rôle clef dans la colonisation bactérienne intestinale. Le LM contribue au bon développement du microbiote intestinal, protège contre les maladies métaboliques et auto-immunes.
Les bactéries sont nécessaires aux bébés afin de développer son système immunitaire pour combattre les bactéries pathogènes. Une première voie de colonisation bactérienne se produit lors de l’accouchement par voie basse, par le passage des voies pelviennes. Ensuite, le LM amène les bactéries dans l’intestin. Il constitue le premier vaccin du nourrisson.

L’intestin du nouveau-né est un organe très fragile.   En néonatalogie, la crainte de l’entérocolite nécrosante planait chez les prématurés principalement. Il n’y en a plus actuellement… probablement parce qu’on donne du LM à ces enfants prématurés, en complément du lait de sa propre mère ou dans le cas où la mère ne peut pas allaiter, parfois justement temporairement (montée de lait tardive). (Voici un article pour informer concernant l’allaitement de bébés prématurés : http://www.co-naitre.net/wp-content/uploads/2016/04/AMprematureAA2011GGF.pdf)
Les lactariums d’Allemagne ont été fermés avec l’avènement du lait artificiel… Mais elle tente de combler le manque actuel de structure.
En France, ils sont assez nombreux et organisés pour rendre les dons faciles aisés. Les dons collectés sont pasteurisés et soumis à des contrôles avant d’être redistribués aux services de néonatologie.

arte préma

Cependant, la recherche actuelle a mis en évidence qu’une part importante des bactéries contenues dans le LM est bénéfique pour les nourrissons. La pasteurisation élimine aussi beaucoup de ces bonnes bactéries. Certains lactariums utilisent le lait non pasteurisé. Mais, par exemple, la Norvège a une politique d’utilisation de LM qui est entièrement non-traité pour préserver la totalité de son potentiel bioactif essentiel aux nourrissons prématurés.

La production du LM se fait en 3 étapes principales.
D’abord, de J1 à J5 environ, le corps produit un liquide jaunâtre et collant, produit en petite quantité (en lien direct avec la taille de l’estomac du nouveau-né) : le colostrum, qui pose les premières pierres du système immunitaire.
De J6 à J15 environ, la mère produit du lait de transition, plus riche en lipides et en glucides.
Plus le bébé tête les seins, mieux il stimule la lactation.
A partir de J16 environ, la production croît de manière significative (toujours de manière tout à fait adaptée à la physiologie du bébé).
Au cours de la 5ème semaine de vie du bébé, la mère produit du lait dit « mature » et le taux d’anticorps diminue de 90%.

Pour les nourrissons prématurés, le lait maternel de la mère ou des donneuses doit être supplémentés afin qu’il soit plus riche en glucides, lipides et protéines ainsi qu’en électrolytes. Cela augmente les apports par ml alors que les prématurés ont un estomac minuscule.

Les coûts inhérents aux lactariums en font des structures difficiles à implanter, car peu compétitives financièrement.

Avant l’ouverture des lactariums, c’étaient des nourrices qui étaient engagées pour alimenter les nourrissons des femmes qui ne pouvaient pas allaiter. En 1904, dans la pouponnière de Dresde, 208 nourrices y travaillaient avec une tenue de travail adéquat (c’est-à-dire une robe laissant l’accès aux deux seins).
Les familles les plus aisées s’allouent une nourrice privée, qui en fait un marqueur social de bourgeoisie.
La plupart de ces femmes sont des mères célibataires en situation précaire, contraintes d’allaiter pour échapper à la misère. Elles se chargent, entre autres, de nourrir les bébés dans les parcs ou les guinguettes.

nourrice
Image provenant du film : disponible sur https://www.amazon.fr/lait-autres-histoire-nourrices-morvan/dp/B000F9SN3W

A Vienne, en Autriche, le premier lactarium vit le jour en 1909. Le concept innovant s’étend par la suite aux 4 coins du Monde. Il a eu une activité croissante majeure entre 1920 et 1950. La période la plus fastueuse fut entre 1940 et 1950 où 19.000l de lait transitaient par ses murs.
Mais depuis les 15 dernières années, il s’agit uniquement de 2.000 à 3.000 l de lait, au maximum.
Les dons de lait ne parviennent pas à couvrir la demande, évidemment.

Ces dernières années, il y a eu des campagnes pour favoriser l’allaitement. Cela paraît fou alors que c’est la pratique la plus naturelle et surtout, la mieux adaptée aux nourrissons.
L’industrie alimentaire a poussé le vice au point de promouvoir un aliment synthétique au détriment du lait maternel.
Les femmes d’aujourd’hui doivent réapprendre à donner le sein.
La plupart sont incapables d’allaiter de manière instinctive, tout est devenu très compliqué. (Petit aparté : j’explique pourquoi dans l’article « allaitement vs biberon : un choix éclairé ?)

A Vienne, ce lactarium vend également du lait aux particuliers.
Une mère a essayé d’allaiter sa fille mais c’était difficile à cause de son diabète de type 1. Elle avait d’énormes hypoglycémies. (Pour avoir plus d’informations concernant la conduite de l’allaitement alors que la mère est atteinte de diabète insulino-dépendant : https://www.lllfrance.org/1956-meres-allaitantes-diabetiques-quelques-etudes)
Cependant, elle et son conjoint souhaitaient absolument que leurs enfants bénéficient du lait maternel.
Dans les cas de pénuries de LM au lactarium, celui-ci ne vend du lait aux particuliers qu’en cas d’urgences, sur ordonnance.
Cette mère a été chanceuse, jusque-là !

arte acheteuse

 

Les mères qui donnent le sein retirent également des bienfaits de cette pratique : l’allaitement réduire le risque de cancer du sein et de l’ovaire et l’immunise contre l’obésité et le diabète.

Le LM évolue au cours de la journée. Il contient des substances stimulantes le matin, mais apaisantes et somnifères le soir, afin d’aider les nourrissons à s’adapter au cycle jour/nuit.
Le lait maternel s’adapte également au sexe de l’enfant. Pour un petit garçon, il est plus nourrissant et plus riche en graisse et en protéines. Pour une petite fille, il est plus abondant.

La plupart des prématurés n’ont pas la force de téter. Les jeunes mères doivent donc tirer leur lait environ 8 fois par jour (cela s’appelle du tire-allaitement). C’est en présence du bébé et avec l’aide d’une consultante en lactation que cela se met le mieux en place.
D’ailleurs la production de lait est fluctuante en fonction des dispositions mentales de la mère. Les mères de bébés prématurés ont besoin absolument d’être soutenues afin de mener ces tirages au mieux et de pouvoir également effectuer des dons à d’autres bébés.

Au CHU de Vienne où est tourné cette partie de reportage, le lait maternel des femmes ayant eu des bébés avec de gros retard de croissance est analysé grâce à une machine spécifique dans le but de déceler des hypothétiques carences. Selon le profil du lait, celui-ci est amélioré en protéines, lipides ou glucides. Les professionnels améliorent ainsi spécifiquement le lait de chaque ration.

Malheureusement, dans ce lactarium interne à l’hôpital viennois, les dons suffisent à peine à couvrir les besoins des grands prématurés.
Or, d’autres bébés, comme ceux nés juste avant terme ou des nourrissons atteints de maladies gastro-intestinales bénéficieraient grandement de LM.
En outre, on sait maintenant que les adultes ayant des pathologies gastro-intestinales telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn peuvent être soulagées grâce au LM.

La production de LM est variable d’une femme à l’autre. En moyenne, chaque jeune mère peut produire 450g de lait/sein.
Les mères de prématurés produisent souvent bien plus que les besoins de son propre bébé.
Une mère interviewée produit de quoi nourrir 2 nourrissons prématurés en plus du sien. Cette jeune mère est de confession musulmane. Dans l’Islam, il est proscrit le mariage en frères et sœurs de lait, donc le don n’est pas bien perçu.
Malgré tout, elle a décidé d’outrepasser cette barrière pour faire bénéficier les autres prématurés de son lait.

arte donneuse

Chaque tétée équivaut à un menu complet en 3 parties :

  • En début de tétée, le LM est très aqueux afin de désaltérer le bébé :
  • Ensuite, le LM s’enrichit progressivement en graisse
  • En fin de tétée, le lait est extrêmement riche en lipides et entraine la satiété du bébé (d’où l’importance de ne pas écourter les tétés par un horaire précis !).

La zone géographique d’habitation de la mère fait également fluctuer la composition du lait. Dans les pays très chauds, la mère produit plus de lait désaltérant.

Le CHU de Munich a organisé un colloque sur l’alimentation des nouveau-nés.
Un chercheur, Lars Bode venu de l’Université de Californie San Diego, a mis en évidence, lors de cette rencontre, un des composants du LM : des oligosaccharides, qui sont l’objet de nombreuses recherches depuis quelques années.
Les oligosaccharides semblent être le troisième plus important composant du lait après les lipides et le lactose. Leur concentration est plus importante que toutes les protéines du lait maternel. C’est pour cette raison que la recherche essaie de trouver leurs rôles précis pour l’enfant et peut-être aussi pour la mère.

Ces oligosaccharides sont des glucides complexes. Il y a plusieurs types de glucides qui co-existent dans une même molécule. Ils cherchent à savoir comment une mère peut produire ces oligosaccharides, et son bienfait.
Chaque mère produit un profil glucide différent. La recherche tente de mettre à jour les facteurs de ces variations interindividuelles.
Il s’avère que les oligosaccharides sont également présents dans le sang des femmes enceintes et dans le cordon ombilical.
Dans l’étude présente, l’objectif est de mettre en place des normes afin d’estimer dans quelle mesure le taux et les types d’oligosaccharide normaux. Cela permettrait de détecter certains risques pour la grossesse ou un problème de croissance chez le nourrisson.
A terme, la scientifique qui gère cette étude espère mettre à jour un biomarqueur.  Mais c’est une recherche en balbutiement. Ils tentent de mettre à jour quels sont les facteurs maternels (alimentation, activité physique, alimentation,…) qui influencent la formation de ces oligosaccharides chez la femme enceinte puis chez la femme allaitante.
Ils pourraient aussi permettre de mettre à jour des risques de maladie métabolique.

Cependant, les bébés n’entrent en contact qu’avec ces glucides que lors de la première gorgée de LM.
Le fœtus est familiarisé aux saveurs via le liquide amniotique qui s’empreint des arômes de la nourriture maternelle.
Il en va de même lors de l’allaitement où le lait aura une couleur et une saveur différentes en fonction de l’alimentation de la mère. Cela développe ses papilles et ses futures préférences gustatives. Ce que ne permet pas le lait artificiel, puisqu’il a toujours le même goût.

A l’Université Technique de Graz, le LM est aussi au cœur de la recherche. Ils tentent de synthétiser artificiellement les oligosaccharides humains. Cela pourrait servir en guise d’alicaments, de traitements thérapeutiques et bien sûr, d’additif pour le lait synthétique pour bébés.
Barbara Petschacher, qui travaille dans cette université, défend le fait que tous les enfants ne peuvent être allaités (autre aparté en mentionnant qu’en réalité un très faible pourcentage- 1 à 5% – de femmes ne sont pas capable physiquement de produire du lait en suffisance : une hypotrophie des glandes mammaires, suite à une chirurgie mammaire -il est possible d’allaiter que d’un sein en cas d’ablation de l’autre-, ou encore à cause d’un traitement incompatible qui ne peut être postposé… Tout le reste, ce sont des facteurs psychologiques et de la désinformation volontaire inhérente au fort lobbying de l’agroalimentaire. Le business du lait artificiel est juteux ! En cas de douleurs ou de faible prise du poids du bébé allaité, il convient de vérifier les freins labiaux et lingual, la position de mise au sein et les possibles troubles ostéopathiques/posturaux du bébé. Je conseille d’ailleurs fortement une visite « de routine » à tous les nouveau-nés afin de s’assurer qu’aucune tension ne leur engendre des douleurs, après une descente dans le bassin parfois chaotique et une grossesse où ils auraient pu développer torticolis ou autre syndrome type KISS) et que grâce à ces oligosaccharides, les laits synthétiques seraient plus qualitatifs.

composition LA
Lait Gallia Calisma Relais 2ème âge

(Il est possible de constater dans la composition des laits artificiels, la présence de Fructo-oligosaccharide et galacto-oligosaccharide. Il ne faut pas s’y tromper : ils n’égalent en rien les oligosaccharides humains : https://www.researchgate.net/figure/Human-milk-oligosaccharides-HMO-and-galacto-oligosaccharides-GOS-are-structurally_fig1_51850724
En outre, Nestlé a lancé la commercialisation d’un LA contenant deux oligosaccharides qu’ils vantent être proches de ceux humains. Toutes les études ont été financées par Nestlé, actuellement… Si des conclusions démontrent que le microbiote intestinal est moins pauvre que pour un lait artificiel standard, cela ne permet pas de combler les apports reconnus de l’allaitement. Voici un lien vers une des études Nestlé :
https://www.mdpi.com/2072-6643/10/9/1161)

 

Bernd Nidetzky, enzymologue à l’Université de Graz, mène cette étude sur la synthétisation des oligosaccharides, à base d’enzymes. Ces derniers sont de plus en plus demandés sur le marché.
Le processus de synthétisation est coûteux. Quant à l’extraction des oligosaccharides à base de LM est impossible.

L’engouement pour le lait maternel se manifeste sous diverses formes. Par exemple, des médaillons contenant quelques millilitres de LM, ou des perles de lait. Il y a aussi des tentatives de le transformer en fromage.
Dans le milieu du bodybuilding, le LM est connu pour être un booster musculaire. C’est la raison pour laquelle les lactariums qui vendent aux privés et les femmes qui proposent leurs excédents sur internet sont largement sollicités.

Ceux qui n’ont pas la possibilité d’avoir accès à du LM vérifié, peuvent toujours se rabattre sur une variante non contrôlée : les mères qui écoulent leurs stocks de lait. La plupart ne cherchent pas à faire du profit et souhaite simplement aider d’autres mères.
Daniel Klotz, médecin-chef et fondateur du lactarium du service pédiatrique du CHU de Freiburg en Allemagne, s’est penché sur ce commerce d’un nouveau genre.
Pour mener son étude, il a contacté 45 femmes qui vendaient leur lait en ligne.  Il a pu analyser plusieurs échantillons de 12 d’entre-elles.
Des contrôles de la température au moment de la livraison furent effectués, ainsi que la qualité de l’emballage et les prix demandés.
Son équipe a ensuite analysé la teneur en bactéries et en nutriment compris dans chaque échantillon de lait.
Ils ont pu déceler un grand nombre de bonnes bactéries, qui jouent un rôle essentiel dans la colonisation de l’intestin du nouveau-né.
Mais ils ont également détecté des bactéries intestinales qui, a priori, n’avaient rien à y faire, rendant le lait probablement impropre à la consommation.

Aux USA, le commerce du lait maternel sur internet a des proportions bien supérieures à l’Europe.
le Dr. Klotz s’est aussi intéressé à ce commerce. Un site internet « Only the breast » propose des catégories de lait, de provenances variées, dont l’Europe. C’est cette plateforme qui se fournissait en LM au Cambodge, ce qui est maintenant proscrit. En fait, le Cambodge a interdit l’exportation du LM vers les USA.
Il y a d’autres plateformes, comme des industriels : Ambrosia LABS, qui permet aux acheteurs de recevoir leur LM à domicile mais aussi, Medolac qui rachète le LM des femmes noires de Détroit, aux USA. Cette ville est en pleine faillite et le taux de mortalité infantile est très élevé. Ces mères sont issues d’une classe socioéconomique défavorisée. Cette société, potentiellement, les exploiterait.
Une association, Black Mother Breastfeeding, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux. Elle a pour but de rappeler que, par le passé, des esclaves noires ont été exploitées pour nourrir les bébés des propriétaires de plantation.
Cette condamnation publique a amené cette entreprise à cesser cette pratique.

nourrice noire
Illustration issue de http://www.raphaeladjobi.com/archives/2014/06/29/30161199.html

C’est dans les pays les plus pauvres que le lait artificiel (je corrige le narrateur qui utilise le terme « lait maternisé », qui ne peut être utilisé pour son aspect trompeur) a la meilleure réputation… A cause de campagne de publicité massive. Le lait artificiel passe pour être un produit dont la composition est optimale.
Certains pays prônent l’allaitement, comme le Ghana, où des dispensaires aident et conseillent les jeunes mères pour l’allaitement au sein. Il y a toute une ambiance (chants, danses, accompagnement) et une information des mères afin qu’elles sachent qu’elles garantissent une meilleure santé à leur bébé en les allaitant, surtout les 6 premiers mois de vie où ils sont en allaitement exclusif.
Dans de nombreux pays du Monde, on cherche à convaincre les femmes de l’importance du LM, en particulier au Pakistan où le taux de mortalité infantile est le plus élevé au Monde.
Au Bangladesh et en Indonésie, les infirmières expliquent aux jeunes mères que le LM permet de prévenir les maladies et les infections gastro-intestinales.
Des actions similaires ont autrefois été menées en Europe (comme précisé au début du reportage, en RDA).
En Inde, l’allaitement se raconte façon Bollywood. Cependant, les croyances ont la vie dure.
En Chine, le LM est devenu un nectar pour privilégiés. Des agences spécialisées vont même jusqu’à proposer des nourrices… pour les adultes. Ici, l’allaitement reste rare, malgré les scandales du lait frelaté qui ont eu lieu par le passé. L’UNICEF a choisi de traiter la thématique par un dessin animé très coloré mettant en scène l’allaitement chez les autres mammifères. Une astuce pour montrer que pour l’humain aussi, l’allaitement est le moyen le plus naturel pour nourrir son enfant.
Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=f96dM5Uo6cY

unicef breastfeeding

La ville de Lund, dans le Sud de la Suède, compte un tiers d’étudiants dans sa population. Cette ancienne cité médiévale a la plus forte croissance du pays. C’est là-bas, il y a 20 ans, qu’une découverte sur le LM, dans le cadre de traitement des maladies cancéreuses, pourrait être majeure !
Une protéine du LM serait manifestement capable de détruire des cellules cancéreuses sans atteindre les tissus sains.
Des études cliniques vont être menées afin de savoir si la substance, nommée Hamlet, aura des effets aussi concluants que ceux conduits en laboratoire.
Catharina Svanborg, Directrice de l’étude et Immulogue à l’université de Lund, s’était déjà penchée sur les oligosaccharides avant de tomber sur la protéine Hamlet, par pure hasard. C’était totalement inattendu !
Elle et un étudiant de Master, alors qu’ils faisaint des tests dans le but d’éradiquer des cellules cancéreuses, ont découvert une réelle modification dans la structure de ces cellules malignes. Les cellules étaient en train de mourir.
A la suite des tests laboratoire, sur les animaux et sur les humains, il fut déjà constaté que la protéine Hamlet a un impact efficace sur une quarantaine de types de tumeur, comme le cancer du sein, du foie, la leucémie, les tumeurs au cerveau, mais aussi de la vessie et de la peau.
Lors de ces tests, les patients ayant reçu Hamlet ont excrété les cellules tumorales via leurs urines en quelques jours.

Afin de travailler sur cette substance et de l’utiliser en grande quantité, les chercheurs ont d’abord dû créer un complexe protéo-lipidiques.
Pour créer Hamlet en laboratoire, ils doivent purifier l’Alpha-lactalbumine. Il s’agit de la protéine la plus enrichie dans le lait humain. Ensuite, elle est mélangée à un acide gras, l’acide oléique, qui est l’acide le plus enrichi dans le LM.
C’est avec ce puissant complexe moléculaire qu’ils parviennent à traiter les cellules tumorales en 3 heures !

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L’équipe au sein de l’Université de Lund qui se charge des recherches sur Hamlet se réunit régulièrement pour faire part des découvertes.
Dernière en date, ils ont réussi à guérir mais aussi à prévenir l’apparition d’un cancer du côlon chez la souris grâce à Hamlet. Ils espèrent pouvoir transposer cela à l’humain.
Ils souhaitent trouver des solutions sûres pour les patients atteints, sans donner trop de fausse joie aux patients dits incurables.
Cependant, dans le cas d’un patient atteint d’un cancer de la vessie. Catharina Svanborg précise à quel point c’était impressionnant de constater que ce dernier excrétait des cellules tumorales par ses urines quelques heures après avoir reçu l’injection. Ce furent des résultats bien plus sensationnels que prévus. L’apparence de la tumeur se modifiait également.
Mais comme il ne s’agissait pas d’une étude contrôlée contre placebo, comme c’est légion en sciences, il n’est pas possible de parler d’efficacité thérapeutique.
Le traitement Hamlet promet cependant des effets extraordinaires. Il agit localement et n’endommage pas les tissus sains autour.
Après plus de 20 ans de travail, ils vont commencer à mener des essais cliniques sur des patients atteints de cancer de la vessie. Cela permettra de savoir si Hamlet a une efficacité thérapeutique avérée.

Les dernières recherches sur le lait maternel ont éveillé l’intérêt de nombreux chercheurs à travers le Monde. Ce nectar, qui est un passeport pour la santé et ses effets sur les adultes, est encore à explorer.
Lars Bode insiste sur le fait que les bienfaits de l’allaitement vont bien au-delà des 6 ou 12 mois du nourrisson. Le LM le protège à long terme, jusqu’à plusieurs décennies, principalement sur les risques de développer de l’asthme, des allergies, une obésité et un diabète se jouent dès les premiers mois de l’existence.
le LM contient de nombreux éléments protecteurs. S’il était possible de les synthétiser, ils ne seraient pas simplement utilisés comme aliment mais aussi comme médicament, précise Thierry Hennet, Professeur de Biologie Humaine à l’Université de Zurich.

Seul problème, le lait maternel est une ressource limitée et c’est aux nouveau-nés qu’il doit être réservé en priorité.
Il est donc nécessaire d’inciter les femmes allaitantes à effectuer des dons qui, selon l’avis des intervenantes, devraient croître durant les 20 prochaines années.

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Voici le site de l’ADLF qui reprend tous les lactariums français: http://association-des-lactariums-de-france.fr/liste-des-lactariums/

Étant belge, je suis consternée de constater qu’il y a un seul lactarium, au CHR de la Citadelle, à Liège.

Au Québec, c’est Héma-Québec qui gère le lait maternel sur le territoire: https://www.hema-quebec.qc.ca/lait-maternel/donneuses-lait/banque-publique-lait-maternel.fr.html
Je suis certaine que le visionnage (possible sur le replay d’ARTE jusqu’au 28 octobre 2018) ou à défaut, la lecture de cet article, t’a offert des connaissances incroyables.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x!

 

P.S.: pour un index de mes articles concernant l’allaitement:

 

 

 

 

Allaitement·Préparer la naissance

Tout ce que ce qui est méconnu dans l’allaitement!

 

Il est de notoriété publique que « allaiter, c’est ce qu’il a de mieux pour le bébé ».
Ok, mais pourquoi ?
Et qu’est-ce qu’il y a d’étonnant avec  l’allaitement et le lait maternel ?

 

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Source: http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2016/09/05/allaiter-en-public/

 

Voici un petit florilège de faits pratiques et étonnants  :

 

  • Le lait maternel évolue en fonction des besoins de l’enfant, au cours de la journée, au fil des jours et avec son besoin immunologique (c’est le seul vrai « alicament » !). Si tu es malade, ton corps fabrique des anticorps qui passent dans le lait. Le bébé allaité pourra éviter la maladie ou, au moins, être moins atteint et guérit plus vite qu’un bébé non allaité.
  • Le lait maternel est un produit miracle pour tout : sur les irritations cutanées, en cas de début de conjonctivite, en remplacement du sérum physiologique pour nettoyer le nez, sur les plaies pour activer la cicatrisation et éviter les infections de tout ordre, etc. Ça vaut pour le bébé, mais aussi pour les autres membres de la famille !
  • Le lait évolue au cours de la tétée: d’abord un lait plus riche en eau, pour hydrater les enfants (qui, s’ils n’ont que soif, ne téteront que rapidement) et ensuite, un lait plus riche en en protéines et en lipides. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas interrompre une tétée (pas de durée fixe d’une tétée : c’est le bébé qui lâche le sein quand il est repu ou qu’il veut l’autre sein).
  • L’allaitement peut aider à la perte de poids, car cela consomme de l’énergie (entre 600 et 700kcal/jour) de produire le lait… MAIS cela peut aussi donner des fringales! Alors… les pertes de poids ne sont pas systématiques.

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  • Il est possible d’allaiter que d’un sein: selon le principe de l’offre et de la demande. Le sein « débiteur » va juste produire tout le lait nécessaire. Bon à savoir pour celles qui ont eu une chirurgie ou un souci pour allaiter à un des deux seins.
  • Les bienfaits sont d’autant plus importants que l’allaitement est prolongé (histoire de couper la chique aux conseils « avisés » qui disent qu’après X mois, cela ne sert plus à rien !). D’ailleurs, voici un article pour t’informer sur l’allaitement non-écourté.
  • L’allaitement a de réels bienfaits pour le bébé:

Il réduit les risques de :

  • D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
  • De troubles digestifs ;
  • D’allergies (eczéma, asthme, …) ;
  • D’anémie ;
  • D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
  • De problèmes orthodontiques ;
  • De mort subite du nourrisson.

Tous ces faits ont été établis à la suite d’études longitudinales (sur de grands échantillons, à long terme). Cela ne veut en aucun cas dire qu’aucun bébé allaité n’aura les problèmes mentionnés ci-dessus, mais qu’il y a moins de bébé allaités que de bébés nourris au biberon qui déclarent ces problèmes. Un cas ne vaut pas pour discréditer des faits avérés scientifiquement.

  • L’allaitement est aussi avantage pour la femme allaitante:
    • la diminution du risque d’anémie ;
    • la remise en place des organes génitaux ;
    • le lien mère-enfant ;
    • la perte de poids (en association avec une alimentation équilibrée) ;
    • la diminution du risque de cancer du sein , de l’ovaire ;
    • la diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause.
    • L’absence de vaisselle excédentaire à effectuer (ok, celle-là, elle était pour rire MAIS ce n’est pas faux !

  • Allaiter améliore le sommeil et accélère l’endormissement (hyper pratique pour se réveiller et se rendormir plusieurs fois la nuit, sans que cela n’entame trop le capital sommeil !). Tu penses être fatiguée quand tu allaites ? Mais donner le biberon serait encore plus épuisant puisque tu n’aurais pas les hormones qui t’aident à te réveiller et à t’endormir plus facilement !
  • Allaiter éveille les sens organoleptiques du bébé: la diversification est ainsi facilitée puisque le bébé a été exposé à plein de goûts différents.
  • Il est possible de boire un verre de vin, de bière ou une coupe de champagne alors qu’on allaite. Il ne faut pas se mettre la tête à l’envers, mais l’alcool passe dans le lait en quantité infime qui permet d’assouvir une envie ponctuelle.
    Prudence tout de même avec un nourrisson nouveau-né : il pourra avoir d’avantages de séquelles qu’un bambin inhérent à l’immaturité de son propre foie.
    Mais l’alcool aura des effets sur l’ocytocine et la prolactine : le réflexe d’éjection sera plus lent à activer et la quantité de lait pourrait être moindre.
    Évidemment, il faut éviter de boire à jeun et boire pas mal d’eau par la suite, pour aider à diluer.
    Dans les faits, même s’il s’agit d’un parti pris : si tu n’as pas une envie impérieuse, passe t’en ! Après tout, l’alcool n’est pas indispensable.

    Voici de quoi informer sur l’alliance alcool et allaitement : https://www.lllfrance.org/1175-64-alcool-et-allaitement

 

  • L’humain a un sevrage naturel, comme tous les mammifères. Cela se situe entre les 2 et les 7 ans de l’enfant. Ça parait long, mais ça correspond aux besoins métaboliques (dont immunitaire) et psycho-affectifs de l’enfant. De plus, tant qu’on allaite, l’ocytocine (hormone de l’attachement, entre autres) permet d’être plus zen par rapport à son enfant. C’est bien utile avec des enfants avant l’âge de raison !
    l’OMS recommande d’ailleurs un allaitement jusqu’à deux ans et plus, en complément de l’alimentation équilibrée.

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  • Il existe des « grèves » de tétée: le bébé refuse le sein, malgré qu’il ait faim.
    il est possible que cela soit dû à une confusion sein/tétine (si le bébé reçoit aussi des biberons ou une tétine pour son sommeil, ce qui est fortement déconseillé pour une conduite sereine de l’allaitement).
    Les grèves peuvent durer plusieurs jours, il ne faut pas croire qu’un enfant de moins de 24 mois décident de se sevrer spontanément : ils ont physiologiquement besoin de lait, ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.
  • Certains enfants préfèrent une position pour être allaité plutôt que d’autres. Outre une vérification ostéopathique, autant se faire au fait que le tout-petit a déjà des préférences personnelles !

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    Source: naitreetgrandir.com
  • Les bébés savent chercher le sein dès la naissance (pour les bébés nés à terme et en santé) : c’est le crawl du nouveau-né. Comme quoi, Eux choisissent le meilleur, instinctivement ! 😉
    Vidéos et explications juste là : http://breastcrawl.org/french/video.shtml

Avec tous ces éléments, tu as l’embarras du choix dans les arguments  favorisant l’allaitement (outre le fait que ton choix ne concerne que toi !).
Demande donc à ton interlocuteur curieux les raisons avérées de ne pas allaiter : je suis sûre qu’il n’y en a pas autant … 😉

 

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x !

 

Quelques (res)sources :

 

 

Allaitement·Éducation bienveillante·Préparer la naissance

Mon assiette, ma famille et Moi !

 

Le fait de nourrir ses proches et encore plus ses enfants est une vraie inquiétude pour la plupart des adultes.

Dès la naissance de l’enfant, le sujet de son alimentation devient un point d’attention majeur. Cela semble logique, puisque sa survie en dépend.
Le poids du bébé est surveillé quotidiennement au début, au point d’estimer une moyenne de prise de poids, soit 20/25g par jour.
Pour les mères allaitantes, la mise en place de l’allaitement est sujette à divers conseils et attitudes et  … pas toujours judicieux ! Par exemple : la durée des tétées, le temps d’intervalle entre deux tétées, le manque d’écoute lorsque la femme nouvellement accouchée dit avoir mal (absence de prise en charge des potentiels freins de lèvres et de langue, ou de la position du bébé pendant les tétées). Voici un article qui reprend les clefs pour démarrer sereinement l’allaitement.

Concernant les mères biberonnantes, les bébés doivent prendre des biberons d’une quantité définie, à intervalle régulière… Et vient se poser le choix de la préparation commerciale pour nourrisson (PCN). La plupart sont à base de lait de vache, mais il est possible d’en trouve au lait de chèvre, à base de protéines végétales (riz, soja, amande, …) en bio ou en non-bio.
Pour être honnête, à défaut d’un allaitement, je peux te recommander de partir forcément sur une PCN biologique… et d’éviter autant que faire se peut celles à base de lait de vache. C’est la meilleure manière d’éviter d’exposer son enfant aux éventuelles intoxications mises en évidence dans les scandales alimentaires. Sans compter qu’énormément d’enfant ne supportent pas les protéines des laits de vache, engendrant des troubles digestifs divers dont les reflux, les coliques (qui peuvent être amoindries par le portage), la constipation ou la diarrhée.
Je rappelle que l’allaitement reste le seul moyen totalement adapté aux petits humains, qui lui évite bien des désagréments inhérents aux PCN.

Dès le départ, les parents débutent un contrôle de la quantité du lait ingurgité.
Avec les biberons, les quantités sont aisément quantifiables, mais pendant l’allaitement, il est nécessaire de se fier aux excrétions (le nombre et le remplissage des couches).
Cela peut paraître bien plus simple d’effectuer une surveillance avec les biberons. Mais en réalité, ce contrôle ouvre la première porte aux inquiétudes créées par la nourriture.
Dès le départ, il n’est plus question de faire simplement confiance à l’appétit du bébé… Or, comme je l’expliquerai plus tard, la confiance en son appétit et de sa gestion autonome de ses apports lui fournira la possibilité de développer un rapport avec l’alimentation dénué de crispations et une écoute de ses signaux physiologiques.

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  • La diversification de l’enfant

Après avoir trouvé une « routine » d’alimentation avec son petit bout, voilà venu le temps de la diversification (article qui explique les besoins du bébé de 0 à 12 mois : juste  !).
Je rappelle, dans un premier temps que l’OMS recommande bien que la diversification n’ait lieu qu’à 6 mois. L’immaturité du système digestif rend l’introduction des aliments solides néfaste pour le bébé.

A partir du moment où l’on souhaite diversifier, et que l’enfant y montre de l’intérêt, l’objectif sera de proposer des aliments et des plats adaptés à l’enfant.
Cela dit, cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de proposer des purées (encore moins de proposer des préparations industrielles).
L’enfant, dès qu’il a acquis la capacité à se tenir assis, peut très bien gérer les morceaux. C’est le principe de la « diversification menée par l’enfant » (pour un peu plus d’explication : https://www.diversificationalimentaire.com /).

Il faut aussi se souvenir que chaque enfant est différent, il est donc illusoire de s’attendre à ce que l’ensemble des bébés mangent la même quantité et soient intéressés par les solides au même moment.
La patience et l’écoute des besoins du bébé sont de mise !

Les canadiens (on sait qu’ils sont toujours en avance dans les pratiques… et avec  bases scientifiques avérées) recommandent des principes qui sont pratiques et clairs : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/soins-nourrissons/nutrition-nourrissons.html?_ga=2.191902442.1194459809.1536576068-1290066032.1533314018

Il est nécessaire de retenir qu’avant l’âge d’un an, le lait demeure la source d’alimentation principale et doit être proposé avant les repas solide.

Carlos Gonzales, dans son livre « Mon enfant ne mange pas », met en évidence de nombreuses habitudes incohérentes et des précautions édictées par les pédiatres… sans fondement scientifique. Je le cite : « n’y a aucun fondement scientifique pour dire qu’un enfant de tel âge doit manger telle quantité de tel ou tel aliment. Il serait bon de commencer à reconnaître que l’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin, et qu’après 6 mois comme avant cet âge, il peut continuer à se nourrir à la demande. »

Il n’est dès lors pas nécessaire de commencer par les légumes, puis d’attendre 15 jours pour les fruits et attendre que les bébés aient plus de 7 mois pour les protéines animales… et plus d’un an pour les oléagineux (dont arachides).
Toutes ces précautions sont donc infondées !
Cependant, surtout en cas de terrain allergique dans la famille, il est nécessaire d’être précautionneux avec les allergènes.
Le Dr. Gonzales préconise également qu’il est préférable de ne pas introduire le lait de vache avant 9 ou 12 mois, puisqu’il est trop riche en protéines et trop pauvre en fer (et oui, autant le veau en a besoin puisqu’il grossit d’environ 800g/jour jusqu’à ses 14/15 mois… Alors que l’humain oscille aux alentours de 20 à 25g).
Il faut aussi éviter de sucrer, d’édulcorer ou de saler les plats des enfants en bas-âge. Le miel est aussi à éviter avant l’âge d’un an afin d’éloigner les risques de botulisme infantile qui peut se développer à cause d’un microbiote intestinal immature.

Si, en tant que parent, tu ne souhaites pas effectuer la DME, je t’invite à te questionner sur les raisons de tes appréhensions. Elles en disent surement beaucoup sur ton rapport au contrôle, à la confiance faite dans ton enfant et ton rapport à la nourriture.

Avec ces petites suggestions, tu peux respecter les besoins de son enfant, même sans DME :

  1. Ne jamais inciter fermement son enfant à accepter une cuillérée, même en l’incitant par la voix, en le distrayant (« On fait l’avion ! »), ou encore en frottant la cuillère sur sa bouche. Si l’enfant garde la bouche close, c’est qu’il n’a pas envie/besoin de manger.
  2. Proposer des aliments qui ne soient pas toujours mélangés ensemble : de simples moulinés de légumes ou de fruits, puis les protéines hachées finement et les féculents écrasés. Cela lui permet de découvrir les saveurs et de pouvoir varier afin d’attiser son intérêt (et son appétit !). Les parents peuvent aussi constater où vont les préférences de l’enfant.
  3. La texture totalement lisse n’a aucun intérêt pour l’enfant

Dès le début de la diversification, et même en l’absence de dent, l’enfant va acquérir la mastication (les gencives ont une grande force!) .  Cette dernière favorise le développement des mâchoires et a donc aussi des bienfaits sur les aspects orthodontiques. Nombre de médecins, stomatologues et orthodontistes bien informés constatent « la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère ».

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  • Le mimétisme des enfants envers les adultes

Cela paraît logique… puisque cela vaut pour tous les aspects de la vie. Et pourtant, combien de parent n’essayent pas de faire manger leurs enfants avant eux ou en leurs proposant un menu différent ?
Forcément, beaucoup d’enfants n’auront pas d’appétit. Pour apprécier la nourriture, il faut que les enfants constatent le plaisir qu’ont leurs proches face à la nourriture.

Si le menu est différent de celui de son enfant, il convient de se questionner sur les raisons de cela ?
As-tu eu envie de bien faire en lui faisant une timbale de légumes… Mais que tu ne consommes pas, car tu n’aimes pas cela ?
Difficile de s’attendre à ce que l’enfant aime… Alors qu’il ne peut voir ses référents déguster ce qu’il doit lui-même ingurgiter.
Cela peut-être une bonne manière de rééquilibrer son alimentation, afin de profiter aussi du fait de manger de manière équilibrée la plupart du temps.

 

  • Les différents des besoins entre enfants et adulte

Les enfants n’ont pas un rythme alimentaire similaire à celui des adultes. Ces derniers ont intériorisés les codes sociaux des heures de repas… et qui font des repas des moments d’échanges sociaux.
Cela tombe sous le sens qu’un enfant n’a pas envie de rester à table une heure durant…
Il peut aussi avoir un petit appétit qui engendre qu’il se nourrisse plus fréquemment de petites quantités.

Il convient simplement de répondre aux besoins de son enfant sans y apposer de jugement ou de commentaire. Critiquer ses choix alimentaires ou son rythme alimentaire ferait perdre à l’enfant cette capacité inestimable qu’est l’écoute de sa satiété mais aussi sa confiance en soi.

Combien d’entre nous ont moult difficultés à percevoir clairement ses signaux de faim et de satiété ?
Combien sommes-nous à souffrir d’une forme de trouble alimentaire ?

Si la société et les vieux adages n’avaient pas autant d’impact sur notre alimentation, nous aurions pu préserver cette capacité à manger uniquement lorsque nous avons faim ou lorsque quelque chose nous fait vraiment envie.
Les enfants qui font un goûter tardif ou copieux ne mangent parfois que peu au repas du soir… Et c’est logique car ils ont pris leur « quota énergétique ».
Parfois, les enfants vont dévorer bien plus et cela n’a pas de sens de les réfréner : ils sont en pleine croissance et se dépense, comparativement, bien plus que la plupart des adultes.

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Préparation improbable, mais pourquoi pas les laisser tester ?

Il est primordial de conscientiser que les interdits alimentaires mènent à la frustration de l’enfant. Ce dernier va alors se rattraper autant qu’il peut lorsque ceux qui interdisent ne sont pas dans les parages. Ils mangeront alors plus que de raison en comblant la frustration de l’interdit ou alors, ils dissimuleront le fait qu’ils ont consommé certains aliments.
Ils se forceront ensuite à manger sans faim, pour ne pas laisser paraître qu’ils ont pris un gros goûter… bafouant leurs signaux de satiété et ancrant la nécessité de dissimuler cette source de plaisir.

En outre, il est nécessaire de revoir la notion de « grignotage » : un enfant peut étaler ses rations sur la journée. Au lieu d’avoir des biscuits comme seules collations, il est tout à fait possible de proposer des fruits (frais ou séchés), des légumes crus, des graines et oléagineux variés voire une portion de repas conservé qui lui plait. Il n’y a pas de raison de proposer systématiquement un petit-déjeuner ou un goûter sucré : c’est une norme occidentale qui peut très bien être modifié. Sortir du cadre permet souvent de diversifier l’alimentation.

Les adultes ont pour mission de proposer une alimentation diversifiée et saine aux enfants. Il faut savoir que la plupart des enfants entre 2 et 10 ans sont touchés par ce qu’on appelle « la néophobie alimentaire ».
L’étymologie du mot te donne un indice : c’est l’appréhension de consommer un aliment inconnu ou avec une saveur particulière. C’est totalement habituel. Cela passe après une période plus ou moins longue. Il faut entre 7 et 9 présentations d’un aliment pour que l’enfant accepte d’y toucher. Surtout, il est contreproductif de se crisper sur leurs refus : cela engendrerait un cercle vicieux qui entretiendrait l’aversion envers certains aliments.
Il arrive également que les enfants trient leurs aliments et en refusent certains. A certaines périodes, ils vont se focaliser sur les sources à haute dose protéique ou glucidique. Afin d’introduire des légumes plus aisément, il est possible de proposer deux types de légume quand on sait que l’un n’est pas apprécié.
Il est aussi bénéfique de changer les préparations des légumes. Tu as l’habitude de manger tes carottes avec du thym, tu peux changer d’épices et de forme des carottes, mais aussi du mode de cuisson.
Il est fréquent que la routine fasse revenir des plats de manière très régulière ce qui amène de la monotonie. Tu pourrais, par exemple, acquérir un nouvel aliment chaque mois à introduire dans ton bol alimentaire (changer de céréales et découvrir le millet, le quinoa, l’amarante, …) et t’inspirer des cuisines du monde. Il est aussi important de savoir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter si un enfant refuse les légumes mais consomme des fruits. Il reçoit les bienfaits des fruits frais et cela suffit probablement à ses besoins nutritionnels (hors pathologie).

Enfin, il faut accepter que parfois, les enfants (et tous les individus) n’ont pas faim. Et qu’il ne sert à rien de les forcer à se nourrir. Le sens social de la nourriture est moins développé chez eux, et ils n’ont pas été « pollués » par des croyances qui entachent leur satiété.
Personne n’a jamais été en mauvaise santé en sautant un repas de temps en temps, en cas de maladie ou de repas précédent copieux.

 

  • L’autonomisation de l’enfant par rapport à sa nourriture et la qualité de celle-ci !  

Tu l’auras compris, les enfants ont la capacité d’être complétement autonome pour gérer les quantités de nourriture.
Si un enfant ne veut pas finir son assiette, il est inutile de le priver de dessert ou de le punir (ici pour comprendre en quoi les punitions n’ont pas d’utilité). S’il n’a plus faim pour son plat, peut-être gère-t-il aussi son appétit pour s’octroyer un dessert.
Il suffit de prêter attention au type de dessert proposé. Il convient de ne pas avoir à disposition quotidienne des crèmes desserts, glaces et autres préparations laitière pleines de sucres et autre additifs comme les colorants et des arômes (peu importe qu’ils soient caractérisés de « naturels »). Le fait de forcer à finir une assiette pour avoir un dessert incite l’enfant à outrepasser ses signaux de satiété.

Ensuite, il nuit au petit-humain de percevoir un aliment comme une récompense (je reviendrai prochainement sur la question des récompenses… !).
Donc, dire qu’un enfant pourra avoir un dessert s’il finit son assiette, c’est opposer certains aliments entre eux. Comme si certains étaient nécessaires et d’autres superflus.
Il faut rappeler que l’alimentation à trois fonctions : nutritive, de plaisir et sociale. Diaboliser le bonheur à manger, et le plaisir à manger sucré spécifiquement, est une erreur.
Il n’y a pas, intrinsèquement, de « bons » et de « mauvais » aliments : tout est une question de dose.
Je pondère, cependant, avec la qualité des aliments mis à disposition. Il est évident que si l’enfant n’a à sa disposition que des aliments industriels, il y aura des conséquences.
Il fut démontré que les additifs alimentaires ont des conséquences directes sur le comportement des enfants… et c’est même mentionné sur certains emballages !
C’est à nous, en tant que parent, de s’assurer que les aliments donnés aux enfants ne sont pas nocifs pour leur santé.
L’idée n’est pas les priver d’un groupe d’aliment, mais de proposer des produits exempts, le plus possible, d’additifs issus de l’industrie agro-alimentaire.
Il est possible de trouver des bonbons sans gélatine et sans colorant nocif. Il est aussi possible de proposer des gâteaux aux enfants : et ils prendront encore plus de plaisir en prenant part à leur préparation. L’effet de satiété d’un produit fait maison sera toujours bien supérieur à son équivalent industriel.
En outre, cela coûte souvent moins cher… et amène à moins de déchet (bonjour les emballages plastiques individuels).
Si l’industriel coûte moins cher, il y a une question à se poser : comment est-ce possible ?
Je t’invite à regarder les étiquettes et à constater combien les produits bas de gamme sont pleins d’additifs et non pas de produit noble.
Un exemple flagrant : la frangipane (je suis belge, chacun.e ses références !). Il est connu que c’est à base de poudre d’amande.

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Voici la composition d’une célèbre marque : Farine de blé, sucre, huiles végétales (palme, colza), oeufs de poules élevées au sol, stabilisant (glycérol, sorbitol), pulpe d’abricot 3%, sirop de glucose-fructose, amidon transformé, poudre de lait écrémé, sel, poudre à lever (diphosphate disodique, carbonate acide de sodium), amidon de blé, gélifiant (pectine, carraghénane), épaississant (gomme xanthane, farine de graines de caroube), arôme, acidifiant (acide citrique), émulsifiant (lécithine de soja). Source : https://www.lotusbakeries.be/fr/produits/frangipane

Si tu trouves les amandes… Tu es la personne la plus lucide du monde !
Comparativement, une recette de fourrage de frangipane prend 10 minutes à faire, montre en main, et contient : 140g de poudre d’amande, 100g de sucre, 2 œufs et 75g de beurre.

Énergétiquement, c’est relativement équivalent à l’industriel. Mais l’effet sur la satiété et le corps est incomparable ! C’est pourquoi la notion de calorie pure et dure est vide de sens.
100Kcal apportées par du sucre raffiné (saccharose) ne seront pas métabolisées ni utilisées par le corps de la même manière que 100Kcal issues de fruits ou de légumes. La richesse de l’association des nutriments existant dans la complexité des aliments (fibres, minéraux et vitamines naturellement présents) surpasse de loin tous les aliments hypertransformés qui vantent leurs apports (par exemple, les céréales enrichies).

Un autre exemple classique : la mousse au chocolat. Elle est souvent achetée en guise de dessert.
Je prends trois articles (j’ai choisi la chaîne de supermarché au hasard, cela ne change en rien la logique alimentaire):

  • Mousse au chocolat Produit blanc de chez Carrefour 

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/Choco-Mousse-70-g/p/05262010

Ingrédients : Lait entier 46,2%, lactose et minéraux de lait, sucre, crème 7,2%, chocolat en poudre 6,7% (cacao en poudre 5,9%, sucre), matière grasse végétale non hydrogénée (huile végétale de coprah, sirop de glucose, protéines de lait), gélatine de boeuf, émulsifiant : esters lactiques des mono-et diglycérides d’acides gras de colza, épaississants : carraghénanes, protéines de lait

  • Mousse au chocolat La Laitière:

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/La-Laiti%C3%A8re-Mousse-au-Chocolat-Belge-4-x-61-g/p/01495721?store_ref=D0615

Ingrédients : Lait entier (57,5%), chocolat belge (20,0%) (pâte de cacao, sucre, émulsifiant : lécithine de tournesol, arôme naturel de vanille), sucre, crème (lait), beurre (lait) (4,0%), amidon modifié de maïs, poudre de cacao maigre, cacao en poudre, gélatine bovine, émulsifiant : E471, épaississant : carraghénane

Ingrédients : Crème, blanc d’oeuf de poule, 25% chocolat (65,9% pâte de cacao, sucre, émulsifiant: lécithine de soya, arôme naturel de vanille), sucre impalpable

Au cas où : une mousse au chocolat classique faite maison  (nous ne sommes pas tous Pierre Hermé et en plus, ce n’est pas forcément meilleur ! ^^) contient environ 200g de chocolat noir (au moins 60% de cacao), 4 œufs, 100g de beurre (c’est une recette de base, personnellement, j’en mets bien moins)… Et basta !
Seule celle d’Inex contient de l’œuf alors que c’est la base d’une mousse… ! Ok, il existe des versions vegan (délicieuses http://maliebabasaveurs.over-blog.com/2017/11/mousse-au-jus-de-pois-chiche.html), à base d’aquafaba…
Mais je doute que ce soit l’aspect vegan qui motive la plupart des industriels à se passer d’œuf… puisqu’ils ont recourt massivement aux produits laitiers.

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Il est aussi simple que dramatique d’effectuer le constat que ce qui est le moins cher est aussi le produit le plus nocif pour la santé.
Cet état de faits est généralisé : les industriels remplacent les produits nobles (et donc plus coûteux) par des additifs qui miment les qualités physiques des produits.
Mais ces additifs ne préservent aucunement les propriétés organoleptiques ni les nutriments nécessaires aux fonctionnements optimal de l’organisme.
C’est cette catastrophe industrielle qui explique, entre autres, que les personnes ayant le moins de ressources financières ont aussi une moins bonne santé. Environ 70% des cellules nécessaires (principalement des bactéries)  au fonctionnement immunitaire se trouvent dans l’intestin. Il faut donc réellement prendre soin de son alimentation pour demeurer en bonne santé à court comme à long terme.

Voici un petit lien riche en informations pour faire modifier un peu son alimentation: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lien-entre-alimentation-trouble-comportement-chez-lenfant/

Alors oui, il faut avoir le nez collé aux étiquettes… et ne pas se fier aux promesses marketing vantées sur les emballages ! Dans un tout premier temps, cela te prendra du temps de décoder les inscriptions minuscules afin de savoir si le produit est consommable ou pas. Mais au fil du temps, tu vérifieras uniquement les produits inconnus.
Un premier indicateur favorable est la longueur de la liste des ingrédients. En outre, il faut savoir que les ingrédients sont classés par ordre de quantité présente dans le produit : c’est le premier ingrédient qui est en plus grande proportion.
Moins il y a d’ingrédients (et donc d’additifs) mieux c’est, comme j’ai pu le prouver ci-dessus.

C’est en investiguant que tu découvriras que les produits spécial bébé sont bourrés de sucre raffiné (les biscuits pour bébé n’ont aucun intérêt pour la diversification !), autant que les céréales « petit-déjeuner »… même celles prétendument saine mais « crunchy » comme celui-là : https://www.bioalaune.com/fr/produit/59139/muesli-crunchy-3kg  . Navrée d’en décevoir mais non, les mueslis « crunchy » ne sont pas du tout de bons partenaires de début de journée quotidien à cause de leur dose de sucré ajouté (qui leur confère cette texture croustillante !).
Voici donc la liste des ingrédients de ce muesli bio (les astérisques caractérisent cela) : Flocon avoine*, sucre de canne*, flocon de blé*, raisin*, huile végétale*, sirop de glucose*, noix de coco*, graine de tournesol*, farine d’amande*, miel*, arôme*, sel marin

Oui, c’est dingue mais le sucre est le second ingrédient… même s’il est de canne, ça ne change rien à ses méfaits à haute dose. Il contient aussi du glucose et ils parviennent encore à y mettre du miel et une huile végétale (sans préciser laquelle, espérons pas l’huile palmiste).
Oui, c’est bio. Non, ce n’est pas un produit qui devrait avoir sa place dans un quotidien (pourquoi pas ponctuellement si le goût te botte, mais pas forcément en petit-déjeuner pour éviter les pics d’hyperglycémie).

En occident, nous avons des habitudes bien ancrées.
Le petit-déjeuner et le goûter sont sucrés. Les céréales sont très fréquentes… et les céréales petit-déjeuner, dans la plupart des maisons.
Le pain accompagne énormément de repas… et le gluten est souvent présent dans tous les repas sous une forme ou l’autre.
Je t’invite à te renseigner sur les habitudes de vie des pays africains et asiatiques. C’est comme ça que j’ai commencé à manger, régulièrement, des céréales cuites le matin (et non soufflées ou écrasées), à prendre des goûters à base de houmous, etc.
Nos habitudes occidentales ont tendance à brider notre alimentation.

La plupart des personnes pensent varier les menus mais en réalité, ils vont manger du pain le matin (ou des céréales à base de blé), du pain ou des pâtes à midi, des biscuits à base de farine de blé au goûter et le soir, une déclinaison de blé : semoule, pâte, blé en grain, …
Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi le blé fut l’objet de sélection engendrant qu’il contienne  4 fois plus de gluten que les variétés anciennes, comme l’épeautre ou le petit-épeautre (cela le rend plus aisément panifiable). C’est cette transformation du blé et sa surconsommation quotidienne qui engendre l’explosion des intolérances.

Il suffit des varier les sources de glucides comme les autres céréales et pseudo-céréales (sarrasin, quinoa, millet, etc.) mais aussi  les légumineuses.

La diversification (au sens premier du terme) de l’alimentation est totalement bénéfique pour le métabolisme. L’alimentation a une incidence directe sur le biote interne et aussi sur l’humeur des individus.
Il est maintenant connu que le système digestif abrite un nombre de neurones impressionnant. Ceux-ci ont un rôle majeur dans la production de la sérotonine et de la dopamine, des neurotransmetteurs indispensables à la régulation de l’humeur (entre autres).
Source : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2013/02/15/cerveau-vos-entrailles et https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/limage-de-la-semaine-le-ventre-notre-deuxieme-cerveau

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En citant Prévention Santé :

« Notre microbiote gouverne notre existence de 3 façons :

  1. La voie du système nerveux. Le ventre avec son microbiote intestinal, peut agir sur le cerveau par voie nerveuse, en stimulant les terminaisons du système nerveux entérique composé d’au mois 200 millions de neurones qui communiquent avec le cerveau par l’intermédiaire du nerf vague.
  2. La voie du système sanguin. Le ventre peut aussi agir grâce aux vaisseaux sanguins qui irriguent la totalité des organes et des tissus.
  3. La voie du système immunitaire. Les bactéries peuvent influencer nos défenses naturelles en agissant sur les cellules immunitaires au niveau des intestins. »

 

Pour de plus amples explications sur les rôles et l’importance du microbiote: https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/le-microbiote-allie-de-notre-cerveau_105135

De plus en plus de recherches précisent les rôles et actions du système nerveux entérique.
Dès lors, cela permet de comprendre dans quelle mesure la qualité des aliments et leur digestion sont indispensables pour se sentir bien dans son ensemble. Ce n’est pas une mode de fuir l’industriel, mais bien un retour vers ce que le métabolisme peut assimiler sans mal ni méfaits.

 

  • Le rapport des parents à la nourriture :

La plupart des adultes ont développé un rapport particulier à la nourriture, qui est pris pour acquis.
Certains ont exclu l’un ou l’autre aliment, d’autres ne mangent pas régulièrement, ceux qui vivent seul.e.s se laissent souvent tenter par des plats préparés ou par des préparations « à la va vite ».
La gestion de la quantité peut également être vectrice de problème.
Combien de personnes se sentent obligées de peser leur aliment afin de savoir quelle portion manger… car le corps ne permet plus une régulation spontanée ?

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La question de l’alimentation de l’enfant et de son comportement par rapport à la nourriture va être des miroirs grossissant du lien des parents à leur alimentation.
Une mère qui n’aime pas manger… et un enfant qui trouve que c’est une perte de temps.
Des parents qui préparent à manger des repas équilibrés et bio, mais qui ne partagent pas ce repas.
Le recours systématique aux plats industriels pour bébé met en évidence la crainte de ne pas proposer quelque chose qui n’est pas suffisamment sain voire un sentiment d’incapacité de la part des parents.
Le refus de manger de l’enfant, ou son désintérêt de la nourriture, alors qu’un de ses parents a passé du temps à préparer le repas avec la volonté de faire plaisir va être mal perçu. Avoir le rôle de celui qui nourrit la tribu engendre un pouvoir envers ceux qui en bénéficient. Il y a une grande notion d’égo dans la nourriture. La personne va souvent se sentir offenser si le repas préparé avec amour n’est pas reçu avec appétit.
Or, comme je l’ai précisé auparavant, l’appétit ne dépend pas uniquement du repas. Quel que soit la réaction face au plat présenté, celle/celui qui cuisine aura fait de son mieux et pourra se faire plaisir en mangeant… Il est nécessaire de se détacher des réactions d’autrui pour s’assurer que ce qu’on a fait est « bien ».
L’idée est de proposer… les autres disposent, s’ils y consentent. Sinon, tant pis !
Il y aura au moins une personne susceptible d’apprécier la préparation : la personne qui a cuisiné. Dans les cas où le plat n’est pas consommé au moment du repas, il est nécessaire d’inviter les autres soit de s’abstenir de commentaires (s’ils sont négatifs) soit d’exprimer les raisons de son manque d’appétit.
Cela te permettra de comprendre et de ne pas développer de colère, de tristesse voire de culpabilité (d’être pas assez « bon » en cuisine, par exemple). De plus, l’appréciation d’un plat est tout à fait personnelle. Il n’y a pas lieu de percevoir l’attitude de quelqu’un, vis-à-vis de sa cuisine, comme une quelconque critique personnelle.

Dans tous les cas, il peut être intéressant de se pencher sur soi-même et de décrypter ses propres fonctionnements afin de ne pas contreplaquer ses propres difficultés sur les enfants.
C’est l’occasion de régler ses conflits internes et d’adapter les aspects alimentaire de manière à ce qu’ils soient profitables à chacun.

 

  • Lâcher-prise, claquer la porte aux normes et accepter la diversité

Pour se sentir bien avec l’alimentation de l’enfant, il faut lâcher-prise. Ce n’est pas du laisser-aller : il n’est pas question de proposer des coquillettes au beurre avec du jambon bien rose de nitrite 5 fois par semaine, mais de ne pas tenter d’influer ce sur quoi il n’est pas possible d’agir concrètement.

L’objectif est de préserver la capacité de l’enfant à gérer son appétit et ses apports alimentaires. En l’absence d’aliments surmédiatisés industriels, les enfants choisiront ce dont ils ont besoin. Le rôle des parents est de mettre à disposition les ingrédients de bonne qualité et diversifiés.

Le lâcher-prise, c’est aussi oublier les normes que les enfants devraient manger en fonction de leur âge. Cela permet un détachement par rapport à ces données numériques qui n’ont, de toute façon, aucun écho pour le corps de l’enfant.
Certains enfants mangeront avec appétit dès 6 mois alors que d’autres débuteront la diversification à presque 1 an, passant du bébé inintéressé à un bambin qui croque la vie à pleine dents.

Enfin, il est également nécessaire d’accepter que notre enfant a une morphologie qui lui est propre (en l’absence de maladie, bien entendu). Il pourra être « petit poids » et être dans la courbe base, ou bien, être le « costaud » qui explose les courbes. Peu importe, dans le fond, puisque l’important est qu’il suive sa propre courbe. Tant qu’il n’y a pas de cassure, il n’y a pas de crainte à avoir.
Cela veut aussi dire qu’on apprendra à nos enfants à s’aimer tels qu’ils sont, qu’un fils soit « maigrichon » ou une fille « boulotte ».
La société nous vend, d’une part, des hommes grands avec un beau capital musculaire et, d’autre part, la jeune femme filiforme puis ensuite avec des formes placées uniquement aux endroits attendus.
La réalité est bien plus diverse que cela. C’est inéquitable, mais chacun.e à un métabolisme spécifique. Certain.e.s peuvent manger sans grossir et d’autres s’arrondissent dès que leur alimentation se déséquilibre durant quelques jours.
Au lieu de courir derrière le mirage d’un corps « parfait », il est possible d’investir cette énergie en acceptation de soi.  Voici  un ouvrage pour aller plus loin si la diversité de l’humain attise ta curiosité : https://books.openedition.org/editionscnrs/2979?lang=fr

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  • En résumé, que faire pour favoriser un rapport serein à l’alimentation ?
    • Se renseigner en tant que parent sur l’alimentation (je souhaite t’avoir ouvert une porte) et éviter les produits ultratransformés ;
    • Respecter l’appétit de l’enfant : le laisser dire quelle quantité il souhaite, le laisser se servir seul (quand il atteint l’âge), le laisser gérer son appétit en acceptant qu’il fluctue d’un moment/jour à l’autre ;
    • Se refuser aux interdits : ne pas bannir un aliment, sinon il deviendra un objet de convoitise. Ne pas utiliser les aliments comme récompense (« finis tes légumes et tu auras un dessert ! »). Et si des produits industriels engendrent un problème, la seule solution est simplement de ne plus l’acheter !
    • Penser du bien des aliments : pas de jugement, juste écouter sa faim ;
    • Partager les responsabilités de la nourriture dans le foyer : le père et la mère doivent nourrir la famille et faire front par rapport aux aliments à éviter. Il sera aussi opportun d’inviter l’enfant à prendre part à la préparation du repas. Cela aura des avantages tant en termes de motricité que de l’apprentissage des connaissances sur l’alimentation ;
    • Privilégier les repas à table, en l’absence de télévision ou d’écrans, afin d’avoir toute son attention disponible et d’être à l’écoute de sa satiété.

 

Il y a quelques lectures qui pourront t’accompagner dans ton rapport à la nourriture :

  • « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat (oui, encore elle, que veux-tu, c’est une autrice qui me passionne par la qualité de son information et la clarté de ses explications) : il aborde autant les aspects individuels que les qualités nutrionnelles, le tout parsemé de recettes ! Un délice à lire !
  • « Toxic » de William Reymond, qui met en évidence les incohérences et les méfaits du système agro-alimentaire. On se prend une claque en lisant, mais c’est en ouvrant les yeux qu’on pourra vivre dans un mode plus cohérent et bienveillant envers nous mais aussi envers la planète dans son ensemble.

Un film intéressant : « Nos enfants nous accuseront » : http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/ dont j’ai trouvé un lien sur Youtube  https://www.youtube.com/watch?v=yrJN-itVZLQ
Je l’avais vu quand il est sorti dans quelques salles en 2008 (ou 2009) et là aussi, cela aide à ouvrir les yeux.
Un autre film documentaire qui a fait grand bruit en 2016, par sa richesse et ses perspectives optimistes après avoir fait ces constats socialement et écologiquement alarmants : « Demain » https://www.demain-lefilm.com/
Parce que oui, c’est inquiétant de s’informer. On peut avoir l’impression d’être pris.e au piège d’un système qui nous dépasse et dont il est impossible de sortir. Un peu comme il semble parfois insurmontable de mettre en exergue tous les mécanismes internes qui nous habitent et que nous n’avons pas envie de transmettre. Mais ce n’est pas impossible, pas à pas, élément par élément, nous pouvons évoluer et mobiliser de nouvelles connaissances  afin de mettre en œuvre de nouveaux fonctionnements. Il s’agit d’un cheminement qui permet de croître de manière à apprendre, encore et toujours, grâce à la curiosité !

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Je te souhaite un beau cheminement, en sachant tout cela.

A bientôt, Lectrice et Lecteur Curieuse.x.

 

Sources complémentaires consultées (oui, enfin, certaines):

http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/

http://www.doctissimo.fr/bebe/maladies-infantiles/problemes-digestifs-et-urinaires-de-bebe/troubles-du-comportement-alimentaire-du-bebe