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Le mythe du Complexe d’Oedipe : sortir d’une théorie inutile !

Dans ce dossier, tu vas avoir quelques informations pour comprendre pourquoi le Complexe d’Oedipe est une conception obsolète du développement infantile.

oedipe le chat

Geluk et son chat !

Voici la table des matières :

  • le mythe d’Oedipe
  • Pourquoi ce mythe est considéré comme fondateur dans la psychanalyse freudienne ?
  • Le problème de l’interprétation du complexe d’Oedipe dans la population générale
  • Prohibition de l’inceste : typiquement constitutif de la société humaine ?
  • Enfants amoureux et jaloux de leurs parents : sans Oedipe, comment comprendre ces phénomènes ?
  • Pourquoi les psychanalystes et psychologues/psychiatres d’orientation analytique s’opposent souvent aux pratiques de parentage proximal ?
  • Sortir de la catégorisation pour mieux accompagner enfants… et patient.e.s !
  • Mots de la fin

– Le mythe d’Oedipe

Le complexe d’Oedipe se fonde sur le mythe d’Oedipe.
Voici un texte détaillé qui explique l’histoire du héros aux pieds enflés.
Si tu souhaites passer cela et accéder directement à l’argumentation s’opposant au ciomplexe d’Oedipe, je t’invite sincérement à scroller vers le bas quelques instants !

« Dans le royaume de Thèbes, vit un roi du nom de Laïos. Celui-ci est marié à la ravissante Jocaste. Tout deux n’ont pas d’enfants et commencent à s’inquiéter sur l’héritier du trône. Alors Laïos va consulter l’oracle de Delphes afin d’être éclairé. Mais la Pythie lui fait une terrible révélation. Laïos aura un fils qui le tuera et se mariera avec sa mère. Cette révélation est tellement incroyable qu’elle relève de l’absurde. Mais la Pythie ne se trompe jamais alors c’est remplis de tristesse que les deux époux décident d’abandonner leur enfant à sa naissance. Ils le confient à un serviteur, un berger qui va traiter l’enfant comme du bétail. Il lui transperce les chevilles afin de faire passer une corde pour mieux le tenir par les pieds. C’est d’ailleurs par cette anecdote que l’enfant sera appelé Œdipe qui veut dire « pieds enflés ». Quoiqu’il en soit, le berger monte l’enfant sur une montagne afin de l’exposer aux bêtes qui finiront par le dévorer. Mais en chemin il croise par hasard la route des hommes de Polybe, roi de Corinthe. Ces derniers proposent au berger de recueillir l’enfant et de le ramener à Polybe qui lui rêve d’en avoir un mais n’y parvient pas. Alors le berger accepte et voilà le jeune Œdipe conduit jusqu’au royaume de Polybe. Durant toute sa jeunesse il est élevé avec amour et abondance par le roi et la reine qu’il croit être ses vrais parents.

Mais un jour alors qu’il jouait avec un de ses camarades, Œdipe se fâche avec celui-ci et la dispute vire aux insultes. Là son ami le traita de « bâtard » ce qui laisse donc sous-entendre que les parents d’Œdipe ne sont pas ses parents biologiques. Sous l’emprise du doute le prince interroge ses parents qui nient évidement. Mais Œdipe n’est pas rassuré pour autant, il est même perplexe. Alors il décide d’aller consulter lui aussi l’oracle de Delphes pour en avoir le cœur net. Seulement comme l’avait annoncé la Pythie à Laïos, Œdipe apprend qu’il va tuer son père et se marier avec sa mère. Au passage je tiens à préciser que ce terme sera développé par Freud par le « complexe d’Œdipe », cette attitude infantile où les garçons désirent inconsciemment leur mère et rejettent leur père. Quoiqu’il en soit, Œdipe est anéanti par la nouvelle de la Pythie. Il décide alors de quitter Corinthe à tout jamais afin d’être sûr de ne pas tuer son père Polybe et sa mère Périboea. Sauf qu’en fuyant il va inconsciemment faire tout l’inverse, Polybe et Périboea n’étant pas ses parents mais Laïos et Jocaste. Ainsi le jeune garçon se dirige vers la ville la plus proche qui n’est autre que Thèbes. Sauf qu’en route il croise le char de Laïos le conduisant à Delphes (pour consulter à nouveau l’oracle). Imaginez-vous la scène, deux chars qui se croisent en plein milieu du désert avec en son bord, d’un côté Œdipe qui croit que son père est à Corinthe et de l’autre Laïos qui pense que son fils est mort. Les chars, donc, se croisent mais la route est si étroite que l’un des deux doit céder le passage. Mais Laïos estime que ce n’est pas à lui de s’arrêter car il est le roi de Thèbes et de son côté Œdipe refuse de laisser passer l’autre char car il est le prince de Corinthe. A partir de cette stupide anecdote, les deux hommes se disputent et le conflit tourne au drame. Laïos donne un coup de canne à Œdipe et les deux hommes se battent. Emporté par la rage, Œdipe tue le roi Laïos, son vrai père ainsi que les cochers et les serviteurs du roi. Sauf un qui parvient à prendre la fuite. C’est donc sans le savoir qu’une partie de l’oracle a été réalisé et qu’Œdipe à finalement tué son père. Mais ne sachant rien de tout cela et s’estimant en position de légitime défense, le jeune prince continue sa route et arrive quelques jours plus tard à Thèbes.

Apprenant la mort de Laïos, et n’ayant pas de fils, c’est Créon, son frère, donc l’oncle d’Œdipe qui monte sur le trône. Mais un terrible fléau s’abat sur cette ville. Il s’agit de la Sphinx, une créature possédant une tête de femme, un corps de lion et des ailes de vautour qui terrorise la ville. Elle arrête chaque visiteur et lui pose une énigme. Si celui-ci ne trouve pas la solution elle le dévore vivant, de sorte que bientôt la ville est pratiquement désertée.

Mais alors qu’Œdipe arrive aux portes de Thèbes, il croise le chemin de la Sphinx qui lui pose sa terrible énigme : « quelle créature possède quatre jambes le matin, deux le midi et trois le soir, sachant que plus elle a de pattes, plus elle faible ? ». Très malin Œdipe parvient à répondre sans difficulté : il s’agit de l’homme, qui est à quatre pattes le matin de sa vie, debout sur ses deux jambes à l’âge adulte et appuyé sur une canne lorsqu’il est vieux. Or selon la prophétie, la Sphinx devait mourir le jour où quelqu’un parviendrait à résoudre son énigme. C’est ainsi que la Sphinx se jeta d’un rocher et s’écrasa au sol. La ville débarrassée du monstre acclame Œdipe tel un héros, il est même félicité en personne par le roi Créon. Ce dernier voulant le remercier, offre la veuve Jocaste (la mère d’Œdipe) à celui-ci. Et c’est de cette façon que la prophétie se réalisa totalement. Œdipe tua son père et fini par se marier avec sa mère. Toujours dans le déni, le nouvel époux donnera à sa nouvelle femme quatre enfants : Etéocle, Polynice, Ismène et Antigone. Les vingt prochaines années vont être paisibles : Œdipe va monter sur le trône de Thèbes au côté de sa mère/femme Jocaste, élevant ses quatre enfants. Seulement voilà un jour un deuxième fléau s’abat sur la ville. Cette épidémie est d’une monstruosité sans nom, chaque femme accouche d’enfants mort-nés ou d’êtres monstrueux. Plus aucune naissance ne se déroule normalement. Inquiet, Œdipe envoi un de ses serviteurs consulter l’oracle de Delphes afin de trouver une solution. A son retour celui-ci explique que pour que l’épidémie cesse, l’assassin de Laïos doit être à son tour assassiné. Ignorant totalement que l’homme qu’il eut tué des années auparavant était son père, Œdipe envoi tous ses hommes partir à la recherche du meurtrier. Or ceux-ci on l’idée d’interroger le plus grand devin de tout les temps : Tirésias. Evidemment celui-ci connait toute la vérité et préfère ne pas la révéler. Alors Œdipe décide de s’en charger personnellement et va réussir à le faire parler par ses propres moyens. Tirésias avoue tout, c’est bien Œdipe qui a tué Laïos, qui au passage est son vrai père et qu’il a épousé sa mère. Il cite même des détails, que Laïos a été tué sur une route déserte alors qu’il se rendait à Delphes pendant que son assassin partait sur Thèbes. Devant une telle histoire, personne ne croit le devin, Jocaste prend la défense de son mari et la cour ne croit pas une seconde qu’Œdipe aurait tué Laïos. Cependant cette histoire de carrefour rappelle de vagues souvenirs au roi qui commence à douter. Et comme les choses ne se font pas au hasard, à ce moment même un voyageur véhicule sur le royaume de Thèbes, que le roi de Corinthe, Polybe est mort. Rassuré que ce ne soit pas lui qui ai tué son père, Œdipe ressent néanmoins un profond sentiment de chagrin. Le voyageur tente de l’apaiser en lui apprenant que Polybe n’était pas son vrai père, qu’il avait recueilli un enfant abandonné par ses parents, exposé sur une montagne par un berger. Et là tout commence à s’assembler, Œdipe convoque ce même berger, qui force du destin se révèle être le seul survivant du massacre des chars. Là il confie qu’en effet l’enfant qu’il devait abandonner était bien l’enfant de Laïos et de Jocaste qui a ensuite été recueilli par le roi de Corinthe Polybe. Donc l’oracle avait bien raison, Œdipe a bien fini par tuer son père et épouser sa mère. Horrifiée par cette terrible révélation, Jocaste se suicide par pendaison. En découvrant sa mère qui en même temps est sa femme, Œdipe saisit une broche maintenant sa robe et se laboure les yeux avec. Ce châtiment est en adéquation avec son crime, celui de n’avoir rien vu, d’avoir été aveugle du début jusqu’à la fin. La fin de sa vie est tout autant tragique, Œdipe décide de quitter le trône de Thèbes et de s’exiler où il vivra une vie de vagabond, accompagné de sa fille Antigone qui lui servira de guide. Pendant ce temps Créon reprendra le trône de son neveu. La fin d’Œdipe se déroulera lorsque celui-ci croisera les Erynes, ces terribles divinités issues du sang de Cronos lors de sa castration, dont leur rôle est de punir les crimes familiaux. Ici on peut dire qu’Oedipe est le champion toutes catégories, c’est ainsi qu’il y perdra la vie. Sa dépouille sera enterrée avec tous les honneurs par son ami Thésée. Et depuis ce lieu sera considéré comme un lieu sacré d’Athènes. »

Oedipe se crevant les yeux

oedipe-se-creuvant-les-yeux

– Pourquoi ce mythe est considéré comme fondateur dans la psychanalyse freudienne ?

Est-il exact que TOUS les enfants « font leur complexe d’Oedipe » ?
Est-ce vrai … ou surfait ?

Quelques précisions historiques sont nécessaire pour apporter des pistes de réflexions… pour donner des pistes de réponses.
Freud créa le mot « psychanalyse » en 1896 . L’année suivante, pour la première fois, il fait le lien entre le mythe d’Oedipe et ses découvertes, en grande partie basées sur son auto-analyse.
Les éléments qui l’interpellèrent :

– Jocaste (Mère – sans le savoir – et femme d’Oedipe) tient des propos qui met en évidence d’archétype du refoulement « : « N’ai aucun souvenir, à quoi bon ?! »

– Oedipe qui, selon une traduction pouvant être interprétée à double sens, se rejouit de la mort de son père (qu’il ne sait pas être son père!).

Freud évoqua que la jalousie envers le père et être amoureux de sa mère sont des états qu’il tient général à la petite enfance. C’est ce qu’il nomme « le complexe d’Oedipe ».

« Pour les psychanalystes, le complexe d’Œdipe se découvrira d’abord chez le garçon, sous sa forme positive puis négative, réalisant une forme complète, élaborée en 1923. L’œdipe de la fille sera abordé tardivement avec la sexualité féminine. Mais l’œdipe sera aussi appréhendé, par S. Freud, comme un fantasme originaire contenant les trois autres (séduction, castration, scène primitive). Il apparaîtra comme une structure puis comme un modèle. » source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm

Ensuite, il évoque que l’aveuglement symbolise l’horreur d’être confronté à la révélation de ses désirs refoulés. Il est inconcevable de ressentir du désir pour sa mère, ainsi, l’auto-aveuglement prend place dans le récit comme castration.
Cette dernière notion est abondamment utilisée en psychanalyse.
L’auto-aveuglement d’Oedipe représenterait ainsi un châtiment pour ses fautes sexuelles (= l’inceste avec sa mère).

C’est ainsi que Freud met en place de nombreux éléments fondateurs de la psychanalyse : l’interdit de l’inceste, le refoulement (des désirs incestueux, notamment), la castration (du fils ou du père) et par là, la notion de tiers séparateur, sans lequel il risquerait de survenir un climat incestuel.

Freud ne s’orientait dans l’inconscient principalement via le « complexe d’Oedipe ». Lacan fut parmi les premiers à faire de moultes critiques dont des pratiques cliniques freudiennes.

Les anthropologues ont également souvent rejeté cette théorie du complexe œdipien . Freud l’estime comme « organisateur du psychisme humain, il s’interroge sur son universalité, quelles que soient les variations historiques et socioculturelles. Avec cette question de l’universalité du complexe d’Œdipe, il rencontre le postulat évolutionniste de l’unité du psychisme humain et de l’unique trajectoire historique de l’humanité. Ce qui entravera, dès l’origine, les conditions du dialogue entre les deux disciplines. » (source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm )
Malinowski, sous l’impulsion de son mentor, Seligman , testa la possibilité d’appliquer les thèses freudiennes aux Trobriandais.
Il y décriva combien la liberté sexuelle et le développement psychosexuel des enfants ne suivaient pas les étapes déclarées universelles par Freud. Cette société était matrilinéaire et ignorait tout du mécanisme physiologique de la paternité.
Les manifestations que regroupa Freud sous le complexe d’Oedipe sont donc les conséquences d’une organisation sociale patriarcale. source : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2008-5-page-22.htm

Le problème de l’interprétation du complexe d’Oedipe dans la population générale :

Comme beaucoup de théories, le problème est moins la théorie en tant que telle… que les interprétations qui en sont issues.
Le site Naître et Grandir est souvent une référence, mais voici leur article sur le sujet :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/3-5-ans/comportement/fiche.aspx?doc=enfant-amoureux-parent-complexe-oedipe

Cet article est l’archétype des surinterprétations dans la compréhension et l’application concrète de cette théorie freudienne.

Voici des extraits s:

« Il se montre alors particulièrement curieux à l’égard de la nudité. Il remarque les parties génitales des autres enfants, de ses parents, et il n’hésite pas à montrer les siennes. L’un de ses grands plaisirs est alors, à l’heure du bain, de parader nu. Il se demande aussi d’où viennent les bébés et, plus tard, comment on les fait.
⇒ Curieux à l’égard de la nudité… Si les parents ne se montrent jamais dans leur plus simple appareil, il n’est pas anormal que les enfants grandissent et finissent pas se questionner.
⇒ Montrer ses parties génitales ? Mettre en évidence qui est notable voire marrant aux yeux des enfants n’a aucune vertue de séduction… Parader nu.e et simplement mu par le phénomène agréable d’être sans vêtement, notamment à l’heure du bain !

C’est également entre 3 et 6 ans que l’enfant cherche à exercer son pouvoir sur les autres, en commençant par ses parents. Il manifeste son désir de plaire, de posséder, de s’opposer et de rejeter (ex. : « Tu n’es plus mon ami. »). Durant cette phase, la préférence pour le parent de l’autre sexe l’amène d’ailleurs à exclure le parent du même sexe. L’enfant exerce alors son pouvoir de séduction sur le parent qui est l’objet de son amour, et son pouvoir de rejet sur le parent qui est son rival.
⇒ Exercer son pouvoir ou exercer le fait qu’il a la possibilité de faire des choix qui impactent le quotidien ?
⇒ Son pouvoir de séduction ? L’expression laisse subtilement à penser que les enfants de cet âge sont potentiellement responsables si un adulte malveillant « cède » à cette séduction ! Il est indispensable de distinguer affection démonstrative et séduction.

C’est autour de l’âge de 4 ans, lorsque le langage a bien évolué, qu’on peut entendre la petite fille déclarer d’un ton ferme et sans appel : « Non, pas toi, maman! Je veux papa! » Et le petit garçon : « Tu es belle maman… je suis ton amoureux! » Certains tout-petits iront même jusqu’à affirmer vouloir se marier avec leur parent et même avoir des bébés avec lui. »
⇒ Je propose une alternative à ces interprétations dans un point plus bas.

« Pour de nombreux psychologues, l’étape du complexe d’Oedipe aide le tout-petit à construire son identité féminine ou masculine. »

l’identité féminine ou masculine ? Cette idée me fait frémir. En 2020, les stréréotypes de genre fondent encore le lit des inégalités sexuelles. Les enfants n’ont absolument pas besoin de se construire en s’identifiant fermement comme « fille » ou « garçon ».
Au demeurant, cette conception invisibilise et rend pathologique les personnes intersexes et les transgenres.
Je ne développerai pas non plus ici comment Freud a

effectué des amalgames entre identité de genre et orientation sexuelle… Mettant ainsi sur la scène de l’anormalité tout ce qui n’était pas une relation hétérosexuelle tenue par des personnes bien genrées. Là, encore, je peux te renvoyer à un article sur les effets des stéréotypes de genre dans la société.

– Prohibition de l’inceste : typiquement constitutif de la société humaine ?

Comme évoqué précédemment, la théorie du complexe d’Oedipe se fonde sur plusieurs principes et présupposent d’autres… Dont l’interdit de l’inceste et du meurtre (notamment du patricide).

Or, qu’en est-il réellement ?

Comme chez beaucoup d’animaux, « l’outbreeding », c’est-à-dire l’accouplement en dehors du groupe, se trouvent dans beaucoup d’espèces et principalement chez les primates (source : https://laviedesidees.fr/Des-singes-des-hommes-et-des-anthropologues.html).
Le humains n’auraient pas la primauté incroyable de privilégier la reproduction avec des individus autres qu’apparentés.
Une des explications se nomme l’effet Westermarck. Selon ce chercheur, « jusqu’à l’âge de 30 mois, l’enfant développe un système instinctif de rejet des sentiments amoureux et des pulsions sexuelles vis-à-vis des personnes vivant avec lui. »

Westermarck s’oppose à la conception freudienne du tabou de l’inceste.
L’humain n’éviterait pas l’inceste du fait d’une condamnation morale ou sociale, mais par un mouvement biologique inné. L’enfant ne serait pas attiré par des membres apparentés mais parce que la nature l’inciterait à diversifier son patrimoine génétique pour éviter les méfaits de la consanguinité.

En effet, il a été découvert que les humains ainsi que la plupart des vertébrés, choisissent leurs partenaires notamment en fonction du profil génétique.
Il pu être démontré que la composition du gène MHC influe sur le choix du partenaire en privilégiant la complémentarité. Cela implique que les deux protagonistes chercheraient à obtenir le profil immunitaire le plus diversifié possible pour sa progéniture (source: http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1205732-qui-se-ressemble-s-assemble-selon-une-etude-non-l-amour-ne-depend-pas-de-la-genetique.html )
Des recherches sont en cours sur la compatibilité des partenaires au niveau de la reproduction : il se pourrait qu’avoir un profil génétique trop similaire soit à l’origine d’infertilité ou de fausses couches.
Mais a contrario, d’autres études décrivent qu’en se basant sur des critères génétiques différents, les chercheurs auraient trouvé plus de similarités entre partenaires qu’entre deux personnes prises au hasard. (source : https://www.pnas.org/content/early/2014/05/14/1321426111).

D’autres mécanismes de sélection génétique (qui ne sont pas les seules, loin s’en faut!) sont également à l’oeuvre, dont la sélection sexuelle postcopulatoire. (source : https://www.pourlascience.fr/sd/evolution/spermatozoides-et-ovules-une-etonnante-diversite-7862.php ). Il apparaît que les interactions entre l’ovocyte et le spermatozoïde agissent de manière à ce que la fusion de fécondation ait lieu. Ce n’est pas le premier arrivé qui est le vainqueur…. Mais bien celui dont les interactions (et dont la complémentarité et la similitude génétique) forment une harmonie suffisante.
J’en profite pour faire un petit apparté : «la simple formule “l’œuf est fécondé”, le simple syntagme “fécondation” implique une représentation de la conjonction des deux gamètes donnant un rôle prépondérant au spermatozoïde», indique le spécialiste de la philosophie des sciences Thierry Hoquet. Preuve que les clichés sexistes modifient également les interprétations scientifiques.

Dispersion des gênes et effet Westermarck seraient les éléments d’un même mécanisme visant à amoindrir l’occurrence des incestes. Cependant, il semblerait que c’est surtout l’effet Westermarck qui serait le « mécanisme fondamental » de la prohibition de l’inceste (Chapais, 2017 : 91, 115).

Néanmoins, il fut étonnant que Leavitt (1990 : 979) observa, chez certaines primates, que 32 % de cas d’accouplement entre mère et fils… Il est difficile de considérer cela rare. Il a également conclu que « la diminution des relations sexuelles entre macaques apparentés ne semblent pas liés à la disparition de toute stimulation sexuelle entre eux, comme le voudrait pourtant l’hypothèse westermarckienne »

Mais revenons à l’humain dans la mesure où il est le véritable enjeu de cette discussion, y compris du point de vue des primatologues.
Pour ces derniers, l’« effet Westermarck » est ce qui régit les prohibitions incestueuses humaines et ils apprortent le fait que « de nombreuses études ont apporté la preuve de l’effet inhibiteur de la familiarité durant l’enfance sur les pulsions sexuelles chez les humains » (Chapais, 2017 : 104)

Le grand problème de la prohibition de l’inceste, au-delà encore du fait qu’elle soit ou non constitutive de la société humaine… est la fréquence de sa transgression qui passe souvent en-dessous des radars.
Pourtant, des milliers d’enfants/ado subissent cette atrocité partout sur terre.

Pour aller plus loin sur ce sujet, je te renvoie sur le site de la fédération française des sexologie et de santé sexuelle http://www.ff3s.fr/v2/data/et_plus_encore/inceste.asp

Enfin, il est bon de rappeler que l’inceste et le meurtre du père dans le mythe d’Oedipe sont pratiqués sans conscience ni volonté.
Oedipe ne savait pas qui étaient ses parents, n’ayant pas été élevé par eux !
L’interprétation de ce mythe via la symbolique freudienne laisse simplement à penser qu’il a cherché à valider des théories par ses attraits envers la littérature.
Dans de nombreux ouvrages, Freud affirme son admiration pour les auteurs/autrices dont le talent faire émerger avec naturel les conflits relationnels et psychiques qu’il tente laborieusement de théoriser.

Quand bien même l’inceste est RÉELLEMENT proscrit, il n’est pas possible de le prendre en compte comme étant constitutif de notre société. Il n’y a encore pas si longtemps, il n’était pas rare que se marier entre soi. Le mélange de niveau social était mal perçu… et il n’était pas rare que l’on prenne pour épou.x.se un.e ami.e d’enfance ou un.e cousin.e !
Encore un point en moins pour les théories freudiennes…

– Enfants amoureux et jaloux de leurs parents : sans Oedipe, comment comprendre ces phénomènes ?

Il faut bien assimiler les phénomènes selon un autre cadre d’analyse, puisque tout doucement la grille de compréhension de la psychanalyse s’effondre.

Les enfants sont élevés par 2 parents, dans le modèle de famille nucléaire.
La mère est la figure d’attachement principale, la plupart du temps.
Spoiler… Si c’est le père qui s’occupera des enfants en majorité, cela sera lui !
C’est ainsi que les liens se créent au fur et à mesure de l’histoire commune.

Dans ce modèle sociétal, il n’est pas rare que les adultes collent des étiquettes sur les attitudes des enfants : « Oh, tu as une petite amoureuse ! », quand deux enfants se tiennent la main.
Cela sera souvent le cas pour les petits garçons, mais il sera rarement interprété que les petits garçons ont un « amoureux » s’il tient la main d’un autre garçon…
La théorie du complexe d’Oedipe se fondent sur une identité sexuelle et une expression de genre fixe.
D’ailleurs, Freud a mis énormément de temps à réfléchir à la version féminine du Complexe d’Oedipe… Appelé « complexe d’Electre ».
Je place ici l’article que j’ai écrit sur le genre, afin d’avoir une perspective claire des enjeux sociétaux et culturels dans la conceptualisation binaire selon les genre « fille »/ « garçon » dans l’esprit des enfants.
Tu ne seras pas étonné.e si je te dis qu’un.e petit.e humain.e n’a pas besoin de ses parties génitales pour apprécier une couleur ou une activité plutôt qu’une autre.

Concernant les liens intrafamiliaux, un enfant peut avoir une affection particulière pour sa mère ou son père, en fonction de leur degré d’affinité mais aussi en regard du fonctionnement systémique de la famille..

De même, il peut ressentir des sentiments qui sont interprétées comme étant de la jalousie par les adultes.
Est-ce que s’interposer entre les parents ayant des gestes d’affection est une preuve de jalousie ?
Et s’il s’agissait simplement… de recherche d’affection ?
Il/Elle repousse son mère/père avec violence ?
Les enfants fondent des liens d’attachement. Souvent, lors des situations à risque, iels se réfugient chez la figure d’attachement prioritaire…
MAIS toutes les personnes ayant eu des enfants peuvent constater qu’ils traversent des phases où l’attention d’un des parents est spécifiquement accaparée.
C’est aussi un des moyens qu’ils ont d’affirmer leurs maigres choix : « déjà qu’on m’accompagne pour tout, je peux quand même choisir QUI se joint à moi ! ».
Et cela peut être… la personne qui est le plus/le moins présente en fonction des besoins émotionnels des enfants à ce moment-là.
Un.e enfant peut avoir besoin de s’assurer de la disponibilité du parent le plus absent quand iel est présent. A contrario, il se peut qu’iel ne demande l’attention que de la figure d’attachement principal parce que ses besoins émotionnels sont plus intenses à ce moment-là. En période de fragilité, iel se tourne vers la personne principale de son univers.
Ces phases permettent aux enfants de s’assurer que même s’ils se détachent et rejettent l’un des parents, celui-ci reste aimant.

Il me vient un exemple que j’ai lu dans un magazine ayant une rubrique « courriers des lecteurs » : « Ma fille, 4 ans, fait les yeux doux à son père qui adore recevoir toute cette affection. Elle me rejette et me dénigre en me disant : « Tu es moche et vieille ! ». Je ne sais plus comment agir.. Je crois que je suis jalouse de ma fille »

Le psy dudit magazine lui a servi la souple habituelle que je résume comme tel : « Ah l’Oedipe ! Réaffirmer votre place en tant que femme et amante de votre époux, cela passera ! ».

Cette réponse tombe, à mon sens, totalement à côté de la plaque tant du côté des besoins exprimés par l’enfant que pour ceux de la mère.
Cette maman bien embêtée ne sait plus comment agir. Il est indispensable de mettre en exergue qu’elle interprète la situation avec des yeux d’adulte.
Oui, sa fille a de grandes démonstrations affectives avec son père et ce dernier en profite bien ! Rares sont les parents à ne pas apprécier largement ce type d’attitudes affectueuses.

La mère vit mal les remarque de sa fille. Il conviendrait de savoir ce qui la touche précisément dans les propos de celle-ci. Pourquoi ne parvient-elle pas simplement à répondre :
« Oui, j’ai 20/30 ans de plus que toi. C’est ce qui me permet d’être ta maman ! Quelle chance d’être plus vieille pour avoir une fille comme toi ! » et d’ajouter « Ma tenue ne te plaît pas ? Tu sais, je n’aime pas tous tes vêtements favoris mais le plus important est que tu sois bien dedans. C’est pareil pour moi. Même que parfois, je porte des choses qui ne sont pas seyantes mais… TRÈS confortables ! ».

Dans les questionnements de cette maman, l’étiquette du Complexe d’Oedipe coupe toute la possibilité de travailler ce qui la fait réagir mais aussi pourquoi sa fille utilise ce genre de phrase acerbe. L’enfant y est-elle soumise elle-même par les parents/camarades de classe ? Entend-t-elle sa mère se dénigrer ?
Enfin, pour le cas présenté, la question de la différence d’âge peut être pertinente à discuter avec cette enfant.
Il aurait été plus cohérent de proposer à la mère d’ouvrir le dialogue et de répéter à sa fille combien elle est heureuse de partager sa vie avec elle… au lieu de partir dans une théorie sourde interprétant uniquement la reconnaissance et l’assise de pouvoir vis-à-vis de son époux.
Freud a construit sa théorie pour les familles nucléaires. Quid des familles monoparentales, homoparentales, intergénérationnelles ?
Sans faire plus de suspens : ces modèles de famille ne correspondant pas à la théorie du Complexe d’Oedipe, elles furent/sont accusées d’être nuisibles au développement psychique des enfants.
Pourtant, aucune observation clinique ne fonde ces inférences grossières et notamment homophobes.
La santé psychologique des enfants issus de famille « hors norme » n’est impactée que par les stéréotypes culturels véhiculés et les comportements d’intolérance auxquels ils font face.
Ce n’est donc pas la construction familiale mais bien les réactions du monde environnant (donc des stréréotypes) qui posent problèmes.

Pourquoi les psychanalystes et psychologues/psychiatres d’orientation analytique s’opposent souvent aux pratiques de parentage proximal ?

Tout simplement parce que cela met un coup de pied toutes les conceptions qu’ils ont élaboré et ce qu’ils ont appris.
Le problème des théories psychanalytiques est qu’elles sont capables d’expliquer une situation et son contraire… Tout l’inverse d’une démarche scientifique.
Dans les théories psychanalytiques, la place de la différenciation des sexes, de la séparation de la mère (via un tiers, aussi appelé le Père) ainsi que la perception d’une toute-puissance infantile engendrent l’interprétation adultiste des comportements infantiles.
Les théorisations innovantes formulés par les psychanalystes du début du siècle dernier furent des avancées notables dans la compréhension de certains processus psychiques.
Cependant, cela fonda une séparation nette entre l’humain et les autres espèces animales… sous prétexte que l’humain constitue des cultures.
Là, encore, la psychanalyse souffre d’ethno- et d’anthropocentrisme.

Très vite, d’ailleurs, comme j’ai pu l’évoquer précédemment, des frictions ont eu lieu avec les autres disciplines comme éthologie, l’ethnologie et surtout l’anthropologie.

Dans l’orientation analytique, et grâce aux actions de personnalité notable, les bébés ont retrouvé une place qu’ils avaient perdus pendant des centaines d’années en Occident. Le bébé est une personne à part entière.
Mais avec sa singularité, les craintes ont émergé.
C’est/ ce fut principalement le cas concernant la proximité physique, l’allaitement et toutes les autres pratiques qui se séparent par l’enfant du terrain connu.

Nombre de théories affirment, malgré toutes les preuves contraires, que les bébés doivent être séparés psychiquement voire physiquement de leur mère.
Hormis les cas de pathologies psychiatriques, je ne connais aucune femme qui ne reconnaît pas son enfant comme étant un sujet en tant que tel.

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Le problème se pose probablement à ce niveau-là : les théories psychanalytiques observent le psychisme humain au travers des pathologies.
Selon ces théories, nous sommes tous dotés d’une construction psychique spécifique de laquelle découlent les attitudes pathologiques qui sont susceptibles d’émerger.

Les psy (de tous ordres) ne sont confrontés, au quotidien, qu’à celles et ceux qui vont mal.
Je rêve du temps où, selon un modèle provenant d’outre-atlantique, les gens consulteraient des psychologues lorsque leur vie se déroule bien afin de s’assurer que cela reste le cas… Ou, au moins, quand les problèmes débutent sans attendre une détérioration importante de la situation.

– Sortir de la catégorisation pour mieux accompagner enfants… et patient.e.s !

Une autre incohérence du complexe d’Oedipe, selon ma perception de psy humaniste, formée en TCC, est la catégorisation que les théories psychanalytiques imposent.
« Enfant tout-puissant », « mère castratrice », les enfants tyranniques (!) et les auteurs qui usent de phrases ne laissant aucun doute sur leur conception des enfants « comment survivre à vos enfants », « c’est moi qui décide », « lui apprendre à obéir sans punition ».

Tous ces titres existent.
Tous ces titres dénotent d’une conception négative des enfants comme des êtes qu’il faut dresser afin qu’ils ne deviennent pas des « tyrans ».
Tous ces titres ne t’apporteront rien au niveau de la bienveillance ni d’aide concrète !

A grand renfort d’expérience clinique, ils s’évertuent à exposer combien « les parents » (et non certains parents, ceux qu’ils reçoivent en consultations, donc les plus démunis dans leur rôle de parent : il s’agit d’un biais dans les possibilités d’observations) sont en difficulté … et principalement à cause des courants d’éducation positive.

Le fait est que ces praticiens ne se sont pas du tout penchés sur le paradigme avancé par les accompagnements bienveillants des enfants.
Ils ne perçoivent que les punchlines et les informations surmédiatisées sur le sujet.
Ils n’analysent JAMAIS ce qui fait pourtant le cœur même de l’orientation analytique : ce que le sujet évoque pour soi-même.

Aucun ne met en perspective son propre ressentiment vis-à-vis l’accompagnement bienveillant en comparaison à celui qu’ils ont probablement vécu.
Il est très probable qu’ils aient intériosé les logiques éducatives vécues, banalisant au passage les Violences Educatives Ordinaires…
J’ai, malheureusement, régulièrement l’occasion de constater que certain.e.s de mes collègues tournent au ridicule cette lutte pour les violences éducatives ordinaires.
Cela témoigne d’une volonté claire de ne pas remettre en question ce qui a été transmis.
C’est un des autres problèmes des théories psychanalytiques : la déconstruction des croyances entourant des mythes fondateurs, comme celui du complexe d’Oedipe, remet en question les autres théories qui lui sont liées.
Mon hypothèse sur les raisons qui provoquent l’intensité des résistances chez les psy d’orientation analytique est la suivante : tel château de carte, un théorie déconstruite fait s’effondrer l’ensemble de la srtucture. L’apprentissage et l’intériosation de toutes ces théories entrent tout doucement de concert avec sa propre identité. Remettre en question ces concepts psychanalytiques reviendrait à perdre une partie de ses croyances personnelles, et donc, son identité.

Certaines ont déjà été remises au goût du jour, et les théories assouplies à la société contemporaine. Néanmoins, il est flagrant de constater que les approches éducatives et les croyances sur l’enfance sont lourdement influencées par des théories obsolètes (j’en parle dans plusieurs articles concernant : les punitions, la crise d’opposition / le terrible two, les « caprices« , la continence,…)
Le vocabulaire négatif adressé aux enfants véhicule en lui-même des éléments qui vont engoncer les parents dans les difficultés… et dans les prophéties auto-réalisatrices. Je t’invite à lire mon article : « qu’est-ce que c’est que ces maux/mots » pour comprendre le rôle du vocable dans la vie quotidienne mais aussi dans la construction même de l’identité des enfants et de nos attentes parentales.

Mots de la fin :

Voici comment, en quelques milliers de caractères, j’ai voulu te démontrer en quoi quelques concepts bien ancrés et peu remis en question peuvent l’être.
La pluralité des informations et des ressources est presque infinie. Je trouve cependant que l’accès des informations non monayées est très difficile. Souvent, il s’agit de vulgarisation assez succincte qui t’invite ensuite à t’inscrire à telle ou l’autre programme en ligne.

Si les explications les plus simples sont souvent les plus probables (selon le principe du rasoir d’Ockam), avec les enfants, il est nécessaire de se méfier de nos automatismes. Il est souvent indispensable de décortiquer les situations afin de faire le point entre ce qui fait écho en nous et pourquoi, mais aussi ce qui se joue réellement dans la relation.
Les enfants ne souhaitent pas rompre les liens avec un parent, ayant été un minimum attentif à eux/elles. Il survient de nombreuses périodes où ils vivent des craintes, questionnant ce lien afin de s’assurer qu’il est solide !

Sortir de ses perceptions et interprétations adultistes et une des clefs d’une harmonie familiale et sans lutte de pouvoir énergivore.

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bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Pour aller plus loin :

– Anthropologie de la famille et de la parenté- Robert Deliège

– Aux origines de la société humaine. Parenté et évolution – Bernard Chapais (2017)

– Œdipe ou la prolifération explicative Alain Moreau, L’Antiquité Classique, 2002

https://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_2002_num_71_1_2476

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Les programmes en ligne dédiés aux parents, idée judicieuse ou simplement onéreuse ?

 

Aujourd’hui, je m’attaque à un sacré morceau.
C’est en partie du ras le bol et des conséquences que me vient l’idée de cet article.
Autant être franche, je ne peux pas être objective sur le sujet. Cela ne m’empêche pas de pouvoir donner, en fin d’articles, les aspects positifs de ce type de formation/coaching/accompagnement (?)… Appelle ça comme tu veux.

J’ai vu fleurir, comme toi, des tonnes de supports de formation/information/accompagnement pour les parents.
Ils promettent monts et merveilles dans la parentalité bienveillante.
Surfant sur tes difficultés de parents, ils promettent que tu seras vraiment mieux après.
Tu as droit à des témoignages de mères qui te disent combien ce fut efficace. (Quid de la réalité de ces témoignages?)
Tu as le droit à des punchlines et des vidéo rigolotes qui te montrent les fois où tu débordes et… tu te vois proposer des solutions miracles ou des coaching minimaliste pour changer de vie (rien de moins).
Tu as accès à des informations bien genrée où seule toi dans ta famille (si tu es une mère) deviendra épanouie et le gage de l’harmonie nucléaire.
Bref, il y a du choix.
Mais du choix de quoi ?

Premier étonnement, moi qui sait lire (et toi aussi a priori si tu parcours sur cet article), je remarque que les conseils fournis sont tout droit tirés de certains livres sans même être modifiés.
Je trouve cela réellement interpellant, tout comme le fait que ces personnes n’ont pour la plupart AUCUNE qualification dans le domaine de la petite enfance, de la psychologie, de la pédagogie ou autres domaines utiles dans un accompagnement parental.
Ce sont des parents devenus adeptes de « l’éducation positive » (terme que je n’apprécie guère, mais largement utilisé) et ont décidé de communiquer la bonne parole, en se prenant en exemple.
Ils/Elles utilisent largement l’image de leur famille et donc de leurs enfants à foison. A mon sens, cela questionne déjà le sens de l’éthique.
Pour être honnête, dans ma posture de psy, je trouve déjà que je parle bien trop de moi sur la page facebook La Curiosité Bienveillante ou sur insta @lacuriositebienveillante. Il est possible d’apercevoir un bout de la tête de ma fille ici ou là… Et cela me questionne déjà car même sans son visage, j’utilise l’existence de cette enfant qui n’a rien demandé.
Les personnes qui mettent en place de tels programmes n’ont pas ces considérations. Tout simplement parce qu’elles savent ce qui est le plus efficaces en terme de communication : l’être humain est friand d’un peu (voire beaucoup) de voyeurisme.
Nous aimons être le témoin de la vie des autres, observer leur fonctionnement, leur progéniture, les voir grandir et entrer dans un simulacre de rapport amical.
En plus de cela, ces gens voyagent, semblent épanouis, dans une familles soudés : bref, l’idéal de vie telle que présentée en Occident.
Je passe au-dessus du fait que les plus influentes de ces personnes ne représentent pas une once de diversité : le sacro-saint blanc cis-genre hétérosexuel campe la place. Exit les familles monoparentales, exit le métissage, exit le couple qui bat de l’aile, …
L’image est policée, pour être le plus adéquat aux Réseaux Sociaux occidentaux.
D’ailleurs, c’est à se demander comment les relations intrafamiliales de ces familles-modèles peuvent être authentiques malgré une telle mise en scène et médiatisation…
Cependant, l’impact des écrans dans la relation est un autre sujet, même si je le traite sommairement dans cet article concernant l’usage des écrans.
Autre fait intéressant, la plupart des personnes qui te vendent ces packs de formation te proposent toujours des tarifs géniaux avec des réductions incroyables.
Toutes les astuces du marketing de base sont utilisées, sans discrimination : l’urgence, le nombre de place (sur internet, sérieux?!), la nécessité de changer ta vie MAINTENANT, …
Cela surfe uniquement sur ton malaise par des coups de publications sponsorisées. Bref, c’est du marketing pour vendre toujours plus, pas pour t’aider réellement.

Désolée de briser tes illusions !

Mais il est impossible de trouver de l’aide intégrale (comme c’est suggéré en te vendant un, puis deux, trois, … modules sur divers sujets) via une formule unique.
Si l’accompagnement des enfants et des familles étaient si simple, cela ne ferait pas l’objet de questionnement depuis si longtemps.

Tu te retrouveras donc avec des généralités (comme dans mes articles, d’ailleurs, bien que j’essaye d’être la plus inclusive possible) qui ne seront pas appropriées à TON cas personnel.
Parce que tu ne peux pas passer le relais,
Parce que tu travailles à temps plein,
Parce que tu es « maman au foyer »,Parce que tu es maman solo,
Parce que tu es un papa,
Parce que tu es homosexuel.le,
Parce que tu as vécu des violences familiales,
Parce que tu vis avec ta famille,
Parce que tu es isolé.e en tant qu’expat, …

Bref, TU n’es pas la norme et les conseils généraux ne te conviennent pas.
Mais parfois, voire souvent, tu ne le sais pas. Alors tu tentes de les appliquer, ces bons conseils (et ils le sont, parfois). Tu améliores certains points de ta vie familiale, tu as l’impression que ça se passe mieux… Mais probablement, quelques semaines plus tard une nouvelle situation mettra au défi tes nouvelles connaissances et elles y trouveront leurs limites.

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Le « maître-nageur » est aux abonnés absents, il a vendu son cours en ligne, ça suffit! 😉

 

Le GROS problème avec tous ces vendeurs de rêve, c’est qu’ils ne t’expliquent rien.
Ils te donnent des clés d’action mais n’expliquent en rien ce qui se joue lors de ces changements. Or, les prémisses sont indispensables à comprendre !
La posture nécessaire, le contexte de vie, le besoin impérieux de répondre à ses propres besoins, la prise en compte de ses propres vécus et sentiments, les principes fondamentaux de la communication nonviolente et le changement de paradigme que cela demande par rapport au climat actuel sont parmi les éléments à prendre en compte et à mettre au clair dès le départ !

La plupart de ces intervenant.e.s usent d’arguments et des informations (comme des études) dont ils ne comprennent pas les implications ni (et surtout) les limites.
Alors bien sûr, je me fie aux études sur le domaine, mais j’ai conscience que ce sont des statistiques et que les études ont des limites pour leur interprétation (d’ailleurs chaque article décrivant une étude a une partie « conclusion et limites »).
Les limites sont, par exemple, le fait que la généralisation ne puisse par être effectuée dans tous les cas, que l’échantillon (le nombre de personnes ayant menées l’étude) était trop restreint, que n’ont pas été contrôlés tel ou l’autre facteur comme le niveau d’éducation des parents, le schéma parental, …
Toutes ces limites sont présentées dans les articles de base. Mais elles sont volontairement éludées dans les articles clickbait ainsi que les programmes de parentalité vulgarisés au plus grand nombre.

Ce que je trouve malheureux, c’est que l’impact financier est non-négligeable.
Ces personnes ont une aura médiatique, elles vendent admirablement leurs produits (preuve en est de l’étendue de leurs entreprises – ps : c’est vraiment cool pour elles, tant mieux pour leur business -) et cela implique que tu es un client à … fidéliser.
Et c’est là que le bas blesse sérieusement.

En tant que psychologue, nous avons des fondements déontologiques clairs : nous devons faire en sorte que le patient/client soit/reprenne de l’autonomie dans sa propre vie.
Nous ne pouvons pas créer de dépendance vis-à-vis de nous. Cela paraît normal… et pourtant, sois en sûr.e, avec des modules progressifs, des formules d’abonnement mensuel, des coachings prévus sur des durées aléatoires : ce n’est pas ton autonomie qui est en ligne de mire. Au contraire, plus tu croiras devoir encore t’améliorer, plus tu seras susceptible d’acheter.
Mais pour ça, il faut bien cloisonner les informations et t’en donner juste assez peu pour en demander toujours plus. Et bien sûr, il faut laisser planer le doute sur tes compétences, tes connaissances et ta façon de réagir.

Encore pire, éthiquement, ces entreprises visent une cible claire : les parents en détresse.
Bien sûr que cela existe : le parent est l’être le plus sujet à l’angoisse, la culpabilité, l’envie de bien faire et l’envie d’être déculpabilisé.e.
Surfer sur ces tendances humaines fonctionnent à merveilles pour déclencher l’acte d’achat.

Être déculpabilisé.e peut s’avérer utile lorsque tu rentres dans un cercle vicieux avec ta propre exigence et que tu ne parviens plus à distinguer ce sur quoi tu peux lâcher-prise.
C’est d’ailleurs d’un intérêt majeur dans le burn-our parental.
Mais comment un enregistrement peut prendre en compte ton propre cas ?
Alors ils assènent des phrases qui banalisent certaines violences éducatives ordinaires. Ils caressent dans le sens du poil de manière à ce que tu te sentes mieux … en superficie. Mais ce qui génère ce mal-être demeure et tu n’auras pas réussi à trouver des solutions pérennes.
Une certaine culpabilité peut servir. Tous les sentiments ont leur utilité. La culpabilité après un acte spécifique ou un posture peut être le déclencheur de changements bénéfiques.
L’idée d’une guidance parentale n’est pas de banaliser des VEO ou encore de t’enliser dans une culpabilité maladive… C’est de t’aider à répondre au mieux à vos besoins à toi et tes enfants.

De leur côté, les accompagnement enregistrés se fichent du résultat. Au fond, peu importe si tu suis leur coaching ou non. Tant que tu l’as payé, ça leur convient.
Tu n’auras pas de rappel, ou juste automatique, pas d’incitation à te connecter ou pas d’entretien avec une personne qui prend acte de ta situation personnelle.
Au mieux, tu auras un nouveau mail te proposant de participer à leur nouveau programme sur un autre sujet… Certainement abordé sommairement dans celui que tu as déjà payé.
Un bon moyen de fidéliser la clientèle est de disperser l’information !

Bien sûr, les parents en détresse/en questionnement par rapport à leur parentalité vont trouver dans ces coachings certaines informations pertinentes.
Ils trouveront même une résonance à leur problèmes familiaux et pourront y trouver des aides ponctuelles. Il se peut même que ce soit efficace à court terme et que ça les aide à modifier certaines postures par rapport à leurs enfants.

Mais alors pourquoi suis-je dithyrambique sur ces méthodes de « coaching » ?

Parce qu’elles ne peuvent pas prendre en compte qui TU es.
Les personnes qui dispensent ces accompagnements enregistrés ne peuvent pas prendre en compte dans leurs mots et leurs conseils ton vécu personnel.
Ils peuvent prendre des exemples qui te renvoient à des situations très difficiles personnellement.
Ils manquent de nuances dans l’appréciation des cas singuliers.
Souvent, il s’agit de grandes vérités envoyées comme une recette de cuisine. Les parents (et toi, là, aussi!) se retrouvent alors, la plupart du temps, démunis face à ces conseils génériques qui ne leur correspondent pas.
Seul un échange interactif peut permettre de savoir où tu te situes dans ta parentalité.
Le fait d’allaiter ou non, d’être informé.e sur les VEO et le parentage proximal et surtout à quel niveau, ces éléments déterminent ce dont tu as besoin comme informations pour te sentir mieux.
Comme tu ne peux pas avoir ce niveau de finesse avec les programmes en ligne, tu peux déchanter.
Ces derniers peuvent alors craindre que l’accompagnement bienveillant des enfants soit un idéal inatteignable.

Alors qu’en est-il vraiment ? (voici un article pour les sceptiques de l’accompagnement bienveillant des enfants)
Il n’y a pas de recette, de livre ou d’intervention enregistrée à suivre à la lettre. Il s’avère nécessaire de se questionner dans ses perception de l’enfance, dans sa posture, dans son vécu de parents et d’ancien enfant.
Quand un mal-être survient, une prise en charge professionnelle est utile. Cela évite l’errance et une aggravation morale voire physique.

Une bonne prise en charge n’est pas beaucoup plus onéreuse que ces programmes génériques et les bénéfices sont bien plus vastes !

Rendons à César ce qui est à César : oui, ces programmes accessibles 24h/24 permettent aux parents d’acquérir des connaissances (principalement les personnes qui n’ont pas l’occasion ou la possibilité de lire sur le sujet). C’est tout à fait bénéfique dans ce but-là.
Dans ce cas, il est simplement indispensable de choisir les oratrices ou orateurs expérimenté.e.s et non uniquement mus par l’appât du gain.
Avoir un, deux ou trois enfants ne fait pas de quelqu’un un.e expert.e.
Publier un livre à succès car bien géré au niveau marketing, non plus.
Cela veut juste dire que le marketing a été efficace et qu’il a séduit/rendu curieux de potentiels client.e.s.

Tu as pléthore de psychologues, psychopédagogues, sage-femmes et accompagnant.es parental.es qui produisent des contenus utiles et pertinents pour délivrer de l’information en vidéo/podcast.
Je te suggère de te fier plutôt à ce type de professionnel.le.s… qui seront également accessibles individuellement en cas de questions.

J’espère que cet article t’aura apporté un éclairage nouveau à ce sujet.

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

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Éducation bienveillante

L’hyperactivité n’existe pas ! Vraiment …?

Polémiques, convictions, épidémie, surmédicalisation, rumeurs. Le TDA/H est un sujet chargé. J’essaye de faire le point à certains égards.

Cet article fait suite aux discussions suite à un page sur ma page facebook « La Curiosité Bienveillante » https://www.facebook.com/curiositebienveillante d’un partage au sujet du diagnostic de l’hyperactivité.

Le fait est que je trouve certains points de cet article intéressant… Mais il manque totalement de contexte, de sources et surtout, de considérations !
Voici pourquoi je vais détailler quelques points importants… Et te fournir des liens qu’il convient de consulter pour mieux comprendre ce qu’est l’hyperactivité et le déficit de l’attention.
Je n’aurais pas idée de créer un article qui reprend les éléments les plus importants. C’est un sujet très vaste et qui demande une expertise spécifique !

Ici, je vous propose quelques clés et surtout pas mal de liens afin d’approfondir le sujet.
La question n’est pas de croire ou non au TDA/H, tout comme il ne viendrait pas à l’esprit de savoir si tu crois ou non à l’homosexualité, aux troubles du comportement, etc.

D’abord, contexte par rapport à l’article partagé, basé sur des écrits du psychiatre français Landman.
Ce Docteur est d’obédience psychanalytique… et c’est malheureux de devoir le dire mais il s’inscrit dans une inclinaison de cette chapelle qui n’ouvre guère d’intérêt aux apports des neurosciences et de la neuro-imagerie, notamment.
Cela dit, il est important de pouvoir questionner les hypothèses thérapeutiques formulées depuis plusieurs années sur base des neurotransmetteurs.
De nombreuses maladies, dont l’hyperactivité et la dépression, ont des traitements basés sur les imageries concomitantes à ces troubles.
Ceux ayant un trouble ont un cerveau qui ne fonctionne pas comme ceux qui n’en ont pas. Soit, mais est-ce pour autant la cause du trouble ?
Les traitements mis en place instillent ce postulat puisqu’ils sont censés venir compenser le dysfonctionnement.
Pour reprendre le cas des dépressions, qui sont encore mal connues et mal perçues par bon nombre de personne, les antidépresseurs ne sont pas une solution miracle !
Près de 30 % de personnes qui prennent des antidépresseurs ne ressentent pas les effets escomptés et il est connu que la seule thérapie médicamenteuse n’a pas d’impact positif à long terme dans les maladies mentales.

En bref, la médication de l’hyperactivité n’est pas une solution en tant que telle. Elle peut diminuer l’occurrence de certains symptômes et permettre une prise en charge cognitive à d’autres niveaux. Ces dernières pourront ainsi permettre aux patients et aux parents de redéfinir un accompagnement avant de se passer de médication. Il n’est pas éthiquement possible de minimiser l’impact d’une médication ayant un impact sur le fonctionnement cérébral alors qu’elle est adressée à des enfants en croissance. Dans tous les cas, les médications doivent faire l’objet d’une analyse bénéfices/risques, sans être automatiques ou prescrites par des professionnel.le.s non spécialisé.e.s.

Ce n’est pas pour autant que le grand public peut juger les raisons pour lesquelles certaines familles débutent une médication avec un enfant.
Il faut avoir conscience que le vécu que chacun est singulier. Sans être dans le contexte de cette famille, de vivre auprès d’un ou plusieurs enfants vivant de l’hyperactivité, il est impossible de comprendre la détresse que cela occasionne.
Je déplore que l’article partagé ait suscité ce genre de jugements hâtifs. Même en étant professionnel.le, il n’est pas possible d’être spécialiste de tous les sujets… et surtout, il est possible de se fourvoyer, d’ effectuer des raccourcis grossiers et qu’il est indispensable de prendre conscience de ses propres limites ! Avoir conscience que nous ne sommes pas spécialistes de tout est la seule voie pour nous offrir la possibilité de nous (in)former encore et toujours plus.
En outre, j’aime à préciser selon laquelle personne ne connaît mieux une maladie/un trouble/une situation que les personnes qui la vivent de près : les parents, surtout ceux faisant partie d’association de soutien, connaissent souvent bien plus les troubles de l’hyperactivité que, par exemple, un.e psychologue tout-venant. Voici d’ailleurs le site d’un collectif de parents qui fournit pas mal d’informations au sujet de l’hyperactivité : http://www.collectif-parents-tdah-ouest.fr/
Afin de comprendre le point de vue de Monsieur Landman, voici des extraits d’un article :

« Je prédis que l’on va avoir une épidémie de TDAH. Les recommandations de la HAS ont beaucoup de qualités mais sont trop compliquées: les généralistes n’auront pas le temps de recevoir longuement les gens et risquent de surdépister le TDAH. D’autres acteurs sociaux sont aussi en cause. Aux États-Unis, un enfant noir vivant dans un logement exigu avec des problèmes sociaux a 6,5 fois plus de chances d’être diagnostiqué TDAH qu’un Blanc des beaux quartiers. Le méthylphénidate ne doit pas être un opium utilisé pour cacher les problèmes sociaux! Il existe aussi des enfants originaux qui sont nuls en classe car le système ne leur est pas adapté, des enfants à haut potentiel qui s’ennuient… Les seuils de tolérance baissent. Mais moi, je suis là pour soigner. Pas pour normaliser. »


« Lorsque vous prenez une aspirine pour faire baisser votre fièvre, cela fonctionne mais vous n’en déduisez pas que vous aviez un déficit en aspirine! C’est la même chose avec le méthylphénidate: il ne guérit pas, il marche, ce qui n’est pas la même chose. En psychiatrie, les médicaments ont leur place, mais pas toute la place. Le méthylphénidate peut être utile car il permet d’offrir un répit à l’enfant et à son entourage. Mais à condition de faire un vrai diagnostic qui tienne compte du contexte. Ne voir l’enfant qu’une fois par an pour renouveler la prescription ne sert à rien: il faut profiter du répit qu’apporte le médicament pour soutenir l’enfant, éventuellement prendre des mesures sociales ou éducatives, etc. 
»

 

Le diagnostic du TDA/H contient un « problème » de fond : les symptômes afin de déterminer le diagnostic sont repris dans le DSM-5.
Le DSM est le manuel de diagnostic et de statistique des troubles mentaux. Il sert à la catégorisation des troubles… mais permet aussi de pathologiser certains écarts de la normal. Par exemple, le syndrome prémenstruel est dans le DSM 5 et précise que 2 à 5 % des femmes en sont atteintes et que le diagnostic repose sur une perturbation majeure du quotidien.
Le DSM est donc une proposition de classification… avec ses avantages comme ses défauts.
Comme toutes classifications, il n’est pas possible de la considérer comme LA réalité. Preuve en est que 4 version lui ont précédé.
Cependant, elle permet parfois de mettre au clair certains troubles, et d’avoir en un coup d’oeil les comorbidité (autres pathologies ou troubles associés).
Certains luttent avidement comme ce principe de classification… Comme le Docteur Landman qui est président de « Stop DSM », comme l’indique ces affiches. Un positionnement plutôt réactionnaire dans la prise en charge des troubles mentaux.

Bref, les propos « Clickbait » sont souvent mus par des considérations bien plus vastes et pour faire passer des idées plus larges que celles avancées. Il s’agit d’une réelle « guerre de croyances ». Alors que la psychologie intégrative existe déjà : le patient est placé au centre de son parcours de soin, afin de le rendre plus autonome, sans prêcher à une obédiences comme la psychanalyse, les thérapies cognitivo-comportementales, ou autres. Et oui, cela demande plus d’ouverture d’esprit et un regard critique sur chaque pratique.

 

Se former et s’informer, un besoin inaltérable !

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Alors, pour commencer, il semble qu’un petit reportage sur le sujet pourrait être intéressant :
TDAH – déficit de l’attention, des enfants mal compris

La perspective prise des enfants et non seulement des parents/professeur.e.s dérangés me semble pertinentes.

Si tu es abonné.e au Monde, cet article semble également fournir des informations précieuses à diffuser dans le Grand Public : Troubles de l’attention : en finir avec les idées reçues

Pour les pro ou les personnes intéressées à aller plus loin, voici un dossier très complet et récent, puisqu’il date de 2018 : « Le TDAH chez les enfants et les adolescents, partie 1 : l’étiologie, le diagnostic et la comorbidité »

Ce dernier article précise combien il n’y a pas « d’épidémie de TDAH » comme le laisse entendre le Docteur Landman dans plusieurs publications dont https://www.cairn.info/revue-etudes-2018-11-page-53.htm

Si des parents et des pro veulent se former de manière gratuite grâce à un MOOC, Laval (Canada) propose celui-ci : Le point sur le TDAH: comprendre, soutenir et accompagner les jeunes

 

Heureusement, certains sites vulgarisent les informations pour les rendre accessibles au grand public (un peu ce que j’essaye de faire aussi).
Un site incontournable est https://apprendreaeduquer.fr

Ils ont proposé un article qui aide parents et enfants au quotidien : https://apprendreaeduquer.fr/aider-enfant-tdah/

Afin de mieux comprendre quelles sont les possibilités de prises en charge des familles dont un enfant a un TDA/H, le collectif de parents susmentionné propose ces informations précieuses : http://www.collectif-parents-tdah-ouest.fr/prise-en-charge/

Enfin, si tu souhaites investir dans quelques livres sur le sujet, en voici certains de Gabriel Wahl.

Que sais-je ? » Les enfants hyperactif
Mon frère a une tornade dans la tête » L’hyperactivité

Que sais-je ? » n° 3698 – Les enfants intellectuellement précoces

 

Une chose est sûre, si tu souhaites t’informer sur le TDA/H, ne lis pas Landman. Ses partis pris et son écriture incisive ne sont là que pour faire du buzz et faire briller d’autres causes, sur base de convictions (ce qui semblent assez fréquent chez certain.e.s confrères/consœurs d’obédience psychanalytique…!).

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

La liste de livres bienveillants pour préparer ta wishlist!

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En cette approche des fêtes de fin d’année, je me suis dit qu’il serait opportun d’anticiper et te donner des titres qui pourront compléter ta wishlist de fin d’année (Yes, on est pas obligé.e d’avoir toujours des surprises. On peut aussi demander ce qu’on veut!).

Alors je te propose une sélection de livre sur la parentalité et surtout le paradigme de l’accompagnement bienveillant des enfants (et de soi-même) !
Ensuite, dans un prochain, je continuerai par des livres pour enfants, dans une dynamique bienveillante voire utilisant la communication nonviolente.

Petit conseil si tu veux un livre réellement bienveillant : tu peux éviter les titres contenant les termes « obéir », « commander », « enfant-roi », « enfant-tyran », …
Tu peux aussi exclure les livres d’Anne Bacus et de Marcel Rufo, notamment. La notoriété ne fait pas tout ! 😉

Voici donc un florilège plutôt large de livres, dont je détaille le titre et reprend le résumé des éditeurs. Je suis sûre que tu y trouveras ton bonheur !

Quels auteurs sont répertoriés dans ce petit article ?

Catherine Gueguen, Claude Didierjean-Jouveau, Ingrid Bayot, Caroline Guillot, Michel Odent, Jean Liedloff, Isabelle Filiozat, Laurence Dudek, Carlos Gonzalez, Jesper Juul, Olivier Maurel, Thomas D’Ansembourg, Alfie Kohn, Alice Miller, Marshall Rosenberg, Rosa Jové, Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl et Lawrence J. Cohen.

Eh oui, rien que ça!
J’espère que la lecture des résumés de leurs ouvrages te permettra de savoir lequel parcourir en premier. 😉

  • les livres de Catherine Gueguen :
    • « Pour une enfance heureuse » : « Le Dr Catherine GUEGUEN est pédiatre à l’Institut hospitalier franc-britannique depuis vingt-sept ans. Spécialisée dans le soutien à la parentalité, elle anime aussi des groupes de travail pour les médecins, psychologues, éducateurs et sages-femmes. Les dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins de l’enfant. Elles démontrent qu’une relation empathique est décisive pour permettre au cerveau des enfants et des adolescents d’évoluer au mieux, en déployant pleinement ses capacités intellectuelles et affectives. Catherine Gueguen nous fait partager ces découvertes et propose des conseils éducatifs pour les parents et les professionnels. Un véritable plaidoyer en faveur d’une éducation bienveillante qui remet en cause nombre d’idées reçues. « Complet, accessible et agréable à lire. Une excellente lecture pour aider [son] enfant à grandir. »

      S’il est accessible, ce livre va précisément dans les notions de développement des structures cérébrales. En première intention, je suggère son deuxième livre sur le sujet :

    • « Vivre heureux avec son enfant » : Comment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S’il ne veut pas se coucher ? S’il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s’opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s’appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l’enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu’une relation empathique et bienveillante permet à l’enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles.
      Un plaidoyer pour une autre vision de l’éducation.

 

  • Les livres de Claude Didierjean-Jouveau :

Elle a une capacité d’écriture énorme et donc, une bibliograhie impressionnante : tous ses livres sont accessibles et tellement informatifs. Voici certains incontournables mais n’hésite pas à aller voir les autres sur son site : https://www.claude-didierjean-jouveau.fr/livres-allaitement-maternage-naissance-parentalite-avancee-en-age/

    • « Le cododo : pourquoi, comment » : Votre bébé rencontre des problèmes de sommeil et vous êtes vous-même épuisé(e) par ses réveils nocturnes ? Vous vous demandez quand il sera en mesure de faire ses nuits ? Et si vous adoptiez la pratique du sommeil partagé ?
      Celle-ci vous permettra de répondre aux besoins de votre enfant, tout en réduisant votre carence en sommeil.
      Notre culture, engendrant chez nombre de jeunes parents des attentes irréalistes, nous empêche parfois de voir le cœur du problème : le bébé a un besoin constant de présence et de chaleur humaine. Partager son sommeil permettra d’y répondre sans délai et sans fatigue pour toute la famille.
      Nourri de témoignages de parents, cet ouvrage aborde ainsi la réalité du sommeil des bébés, les bienfaits du cododo, son universalité, sans oublier les précautions à prendre.
    • « développer l’empathie chez les enfants » : En 2015, j’ai eu l’occasion de voir sur France 5 le documentaire de Valeria Lumbroso Entre toi et moi, l’empathie. Je l’ai trouvé tellement passionnant que j’ai eu envie d’approfondir le sujet.
      J’ai alors écrit plusieurs chroniques sur le sujet dans le magazine Grandir autrement, et me voilà à écrire un petit pratique dessus.
      Si, comme le pense le primatologue et éthologue Frans de Waal (il sera beaucoup question de lui dans cet ouvrage), l’empathie dérive de l’attention maternelle, il est logique que le sujet m’intéresse, car il est cohérent avec mes préoccupations habituelles autour du maternage, du parentage, des soins aux bébés, des relations parents/enfants. Sans empathie, rien de tout cela n’est possible !
      Qu’est-ce que l’empathie, sinon la capacité à ressentir ce que l’autre ressent tout en restant soi-même ? Cette capacité est-elle innée ou acquise ? Est-elle propre à l’être humain ou commune à tous les mammifères, voire à tout le vivant ? Comment peut-on la développer, notamment chez les enfants ? Peut-elle être détruite ? Comment faire en sorte qu’elle englobe plus que nos “proches” ?
      C’est à toutes ces questions que cherchait à répondre le documentaire, en interrogeant un certain nombre de chercheurs et en détaillant un certain nombre d’expériences.
      Et c’est à ces questions que je vais essayer de répondre ici, notamment en vous parlant de ces études et de ces expériences.
    • « l’allaitement de A à Z » : “Cet ouvrage est un véritable dictionnaire amoureux de l’allaitement. Sous forme d’abécédaire, il voyage de A comme… allaitement à Z comme zizanie, en passant par F comme féminisme, J comme jumeaux, S comme sexe, T comme tirer (son lait), etc.
      Mais ne vous attendez pas à compulser un manuel de plus sur les pourquoi et les comment, genre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’allaitement maternel en 26 questions !
      Point de guide pratique ou de lexique savant ici, plutôt une balade dans un domaine que Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau ne se lasse pas d’explorer, depuis le début des années 1980, y découvrant chaque jour de nouveaux sentiers et de nouvelles perspectives, souvent insolites.”
    • « Ne pleure plus bébé » :
      Les anthropologues et les voyageurs se sont toujours étonnés de ne pratiquement jamais entendre de pleurs de bébés chez les autochtones du Grand Nord, les Amérindiens, en Inde, à Bali… Ces peuples ont-ils un secret? Oui, et il tient en deux mots: maternage proximal. C’est-à-dire un ensemble de pratiques qui, en répondant aux besoins fondamentaux du bébé, lui évitent d’avoir à manifester par des pleurs le malaise que lui cause la non-satisfaction de ses besoins. Le livre que vous avez entre les mains se situe clairement dans la ligne de défense de ce maternage proximal. Non, les pleurs des bébés ne sont pas  » bons  » pour eux. Non, les bébés n’ont pas  » besoin  » de pleurer. Oui, la plupart des pleurs sont évitables si l’on répond aux besoins du bébé. Évitables ou consolables: s’il pleure quand même, on dispose de beaucoup de moyens simples pour l’apaiser et le consoler.
    • « Petit guide de l’allaitement pour la mère qui travaille » : L’allaitement maternel est bien le choix santé en matière d’alimentation infantile ! Et plus il dure, plus ses bienfaits sont grands. Malheureusement, on croit encore trop souvent que la reprise du travail empêche d’allaiter plus de quelques semaines et oblige à sevrer. En fait, il est tout à fait possible de poursuivre l’allaitement en travaillant. Ce livre, enrichi de nombreux témoignages de mères, détaille les différentes options possibles (et cumulables) ; continuer d’allaiter à la demande dès qu’on a l’enfant avec soi (matin, soir, nuit, jours de congé, vacances…), aller l’allaiter dans la journée, s’il est gardé non loin du lieu de travail, voire sur le lieu de travail (crèche d’entreprise), tirer son lait, pour qu’il lui soit donné par les personnes qui le gardent, si l’on souhaite qu’il continue de bénéficier d’un allaitement exclusif. Un large chapitre est consacré à cette dernière option : comment tirer son lait, où, quand, avec quoi, comment le conserver, etc.
  • Le livre d’Ingrid Bayot « Le quatrième trimestre de grossesse » : Les premières semaines de la nouvelle accouchée ne sont pas aussi enchantées qu’on le dit. Durant ce quatrième trimestre de la grossesse, la symbiose mère-enfant continue via les jeux hormonaux, l’adaptation du sommeil maternel, la sensibilité émotionnelle, la lactation (faire du lait) et l’allaitement (nourrir un bébé). D’autres chantiers biologiques et psychiques sont en cours. Ils constituent un cheminement vers un nouvel équilibre et non à un retour à l’état antérieur. La méconnaissance des différents aspects de cette « dégestation » empêche les femmes de prendre conscience de leurs besoins de les exprimer. La pression sociale pousse vers un retour rapide à ce qui est désigné comme « la normalité », à savoir la séduction et la productivité. Or, ces deux dynamiques sont aux antipodes des réalités de l’après-naissance. Cet ouvrage décrit tout ce que traversent les femmes (mais aussi les hommes et les couples) dans ce quatrième trimestre de la grossesse, leurs nouveaux besoins, et notre nécessité de réinventer l’accompagnement de ce temps si singulier, qui, parfois vécu dans une relative solitude, peut révéler des fragilités personnelles préexistantes.

    A lire à tout moment de la vie… Mais si tu peux l’offrir à une future mère, ça l’aidera !

 

  • Un des livres de Margot Sunderland intitulé: « La science de l’enfant heureux. Épanouir son enfant grâce aux découvertes sur le cerveau« :Comment réagir devant un enfant triste ou paniqué ? Comment gérer les premières séparations ou l arrivée d une petite s ur ? Quelle méthode choisir pour le coucher ? Quels jeux favoriser ? Comment fixer des limites ? Mais aussi : comment assurer son propre bien-être, condition indispensable à celui de l enfant ?

    Avec cet ouvrage, Margot Sunderland a une ambition : mettre les neurosciences au service de l éducation ! Nous savons aujourd hui que nos choix parentaux modèlent le cerveau de notre enfant. En plaçant à la portée de tous les dernières avancées scientifiques, elle nous off re les clés pour mieux comprendre son enfant, la manière dont il se développe, et lui donner toutes les chances de grandir en s ouvrant au monde.

    Afin de permettre à chaque parent de faire des choix avertis, ce livre examine les différents comportements qui posent des difficultés et évalue les méthodes éducatives les mieux éprouvées, choisies pour leur action bénéfique reconnue sur le développement de l intelligence sociale et affective. Il constitue ainsi un guide précieux, une véritable boîte à outils pour aider les parents à accompagner leur enfant sur la voie de l épanouissement.

  • Un format plus léger mais pourtant fondamental : pour les femmes allaitantes et celles qui sont enceintes, un cadeau de Noël idéal : « Le manuel très illustré de l’allaitement » de Caroline Guillot : Si 2/3 des femmes allaitent pendant le premier mois, elles ne sont plus qu’1/3 passé ce délai. Trop dur, trop mal, trop de doutes… la pression et l’angoisse les font souvent abandonner. Pourtant, beaucoup avouent « qu’elles auraient continué si on leur avait expliqué les choses différemment ». C’est ce que fait ce manuel, qui regroupe et détaille avec autant de sérieux que d’humour un maximum d’informations et propose, via ses illustrations et son ton, une approche différente de l’allaitement. Culture, histoire, fiches pratiques, conseils appliqués, extraits de vie… la tétée n’aura bientôt plus de secret pour vous ! Pour assurer l’exactitude de ses conseils, le manuel a été relu et validé par des professionnels de l’allaitement maternel. Car on ne rigole pas avec la tétée !

 

  • Les livres de Michel Odent, dont « Le bébé est un mammifère » : Le Bébe est un mammifère est le livre fondateur de Michel Odent. Paru trop tôt, incompris, cet ouvrage vit depuis quelques années une renaissance dans les pays anglophones et hispanophones. Michel Odent nous conduit vers ce qu il appelle poétiquement « la révolution colostrale » : cette révolution où le libre accès du nouveau-né au colostrum de sa mère signe l aboutissement d une naissance libre et pleinement vécue. Michel Odent nous propose un monde nouveau, un monde où les relations humaines sont transfigurées par la façon dont nous accueillons l enfant qui nait, un monde où la science intelligente l emporte enfin sur une technicité aussi absurde que criminelle.

 

  • L’indétrônable ouvrage de Jean Liedloff : « Le concept du continuum – la recherche du bonheur perdu » : Un livre dont on parle depuis plus de 15 ans, enfin disponible en français ! Une manière révolutionnaire d’élever nos enfants… naturellement. Au plus profond de la jungle du Venezuela, Jean Liedloff fait la rencontre d’une tribu d’indiens vivants encore à l’âge de la pierre. Fascinée par le bonheur reflété par ces indiens « primitifs », elle passera deux ans et demi avec eux pour comprendre la cause de leur vie si heureuse et harmonieuse. Cette expérience ébranlera totalement ses convictions occidentales et l’amènera à un point de vue radicalement différent sur la nature humaine et l’éducation dictée par nos sociétés « civilisées ». Le concept du continuum nous montre comment nous avons perdu notre bien-être naturel en laissant l’intellect prendre le pas sur notre instinct. Il nous montre également comment retrouver cette harmonie pour nous-mêmes et nos enfants. Une véritable prise de conscience pour tous les acteurs de notre société ! Un livre absolument indispensable à tous les parents ou futurs parents !
  • Les livres d’Isabelle Filiozat, elle aussi très productive, tant en littérature qu’en cahier destiné aux enfants (que je renseignerai dans la partie de l’article dédiée aux enfants). L’avantage d’Isabelle Filiozat est qu’elle construit des livres qui se lisent comme des romans (avec la même fluidité). Ils sont orientés vers les parents ayant des enfants d’un âge déterminé. Cela lui permet d’expliquer précisément ce qui se passe dans l’esprit de l’enfant en fonction de son âge. Je propose ici les plus connus mais voici sa bibliographie complète : http://www.filliozat.net/bibliographie/
    • « Il n’y a pas de parents parfaits » : Pourquoi tant de passions se déchaînent lorsqu’il est question d’éducation ? Parce qu’au-delà des théories il y a notre inconscient. Nos blessures, notre histoire. Nous aimerions ne trouver en nous, pour nos enfants, qu’amour et tendresse. Ce n’est pas si simple. L’objet de cette passionnante enquête d’Isabelle Filliozat est de mieux comprendre ce qui se joue en nous lorsque nous hurlons contre Paul ou nous trouvons incapable de dire non à Julie. Elle propose des pistes et des exercices pratiques pour ne plus se sentir coupable de ne pas y arriver… Afin de retrouver la liberté d’être le parent que nous désirons être.
    • « J’ai tout essayé » : Opposition, pleurs et crise de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans. Les parents ont tendance à interpréter les comportements excessifs ou énervants des enfants comme des manifestations d’opposition, de mauvaise volonté, d’insolence. D’autres se culpabilisent et cherchent le traumatisme. Et s’il y avait d’autres causes ? Les récentes découvertes de la neurophysiologie et de la psychologie expérimentale éclairent d’un jour nouveau ces comportements exaspérants.Dans cet ouvrage :  Des dessins qui parlent à tous, Des éclairages scientifiques pour mieux comprendre et des directions nouvelles pour agir concrètement selon son âge.
    • « Il me cherche » : Manque de concentration, agitation, manque de confiance, crise, difficultés pendant les repas ou comportement violent à l’école : et s’il y avait des raisons autres que le manque de limites ?Méconnaître le rythme de développement de l’enfant est source de nombreux conflits, cris et punitions, et il n’est pas simple de fixer la frontière entre le trop et le trop peu de contrôle parental. Mais, non ! tout n’est pas encore joué ! Et le parent peut faire beaucoup pour nourrir la confiance de son enfant.Isabelle Filliozat propose la même approche efficace que dans « J’ai tout essayé », fondée sur les neurosciences, pour vivre avec un enfant de 6 à 11 ans.
    • « Au cœur des émotions de l’enfant » : Un livre-ressource pour aller vers davantage d’harmonie familiale. Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante.Ce livre très concret tire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer ses sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale.
    • « un zeste de conscience en cuisine » : Quand la préparation d’un repas devient une aventure intérieure. Les Français ont fait de la cuisine un de leur loisir préféré, mais aussi un mode d’expression.
      C’est à la fois avec son regard de femme, de mère et de psy qu’elle nous explique comment cet espace de transformation des aliments qu’est la cuisine peut également devenir un espace de transformation de soi :
      – La cuisine, lieu d’échange et de partage (émotions, repas de fête, intimité, traditions, religions…)
      – La cuisine, lieu de transmission (recettes, savoir-faire, secrets…)
      – La cuisine, espace de développement personnel (exercices de respiration, méditation, confiance en soi…).
      Au gré des pages, le lecteur trouvera des réponses à ses questions (pourquoi je n’aime pas cuisiner ? qu’est-ce que je mange ?…), une foule d’informations (pourquoi les allergies explosent-elles ? y a-t-il un régime idéal ?…), ainsi que différents conseils et exercices pratiques. Sans oublier, bien sûr, de nombreuses recettes aussi savoureuses qu’inattendues !
    • « On ne se comprend plus ! » : Traverser sans dommage la période des portes qui claquent entre douze et dix-sept ans. Tous les ados ne se ressemblent pas. Certains vivent cette période repliés dans leur chambre, d’autres ne cessent de sortir. Certains passent leur temps affalés sur le canapé, d’autres s’investissent dans le sport jusqu’à se mettre en danger. Certains perdent tout intérêt pour les études, d’autres sont toujours premiers, certains ont le joint aux lèvres dès le lever, d’autres n’y toucheraient pour rien au monde et d’autres encore oscillent entre les deux extrêmes.
      Il reste que certains traits se dégagent et que tous traversent une période complexe. Crise  ? Oui, en quelque sorte. L’adolescent traverse une crise, une transformation. L’adolescence inquiète, parce que les risques sont effectivement là. Alcool, sexe, drogue, vitesse sur la route, décrochage scolaire, troubles du comportement alimentaire… Et pour traverser cette période, les ados ont besoin de leurs parents. À leurs côtés et non en face d’eux.
      Conçu comme les précédents (par tranche d’âge  : 11-12 ans, 13 ans puis 14, 15 et 16 ans),
      On ne se comprend plus explore la psychologie des adolescents, ainsi que certaines composantes biologiques et physiologiques, et aide ainsi à poser un regard nouveau sur les motivations de leurs comportements – souvent inconnues des parents autant que des ados.
  • Les livres de Laurence Dudek, dont:
    • « Parents bienveillants, enfants éveillés » : Aujourd’hui, de nombreux parents se sentent démunis face aux comportements de leur enfant et se demandent comment l’éduquer de manière bienveillante et sécurisante. Car vouloir conditionner les enfants, en leur donnant des ordres, en leur faisant des reproches, en les culpabilisant ou en leur demandant « pourquoi » ils ne font pas ce qu’on voudrait qu’ils fassent génère souvent des conflits, parfois de la violence… Pour autant, on ne peut pas « tout laisser faire » sans intervenir : un vrai casse-tête !

      L’Éducation Efficace est une méthode éducative d’excellence qui permet aux adultes de concilier leur désir de « bien éduquer » et la bienveillance nécessaire au bien-être et à la singularité de l’enfant, sans renoncer ni à l’un ni à l’autre, tout en tenant compte du contexte personnel et familial qui est le leur.

      Dix concepts clés d’une méthode facile d’accès et illustrée par l’exemple, à mettre en pratique immédiatement pour une éducation sans violence. Parent, enseignant, éducateur, soignant, chacun d’entre nous peut accompagner l’enfant dans l’amélioration de son adaptation tout en respectant ses besoins.

    • « Petites histoires magiques pour guérir les soucis du quotidien » ; Les 16 contes métaphoriques (ou contes thérapeutiques) de cet ouvrage, sont des histoires bienveillantes, douces et poétiques à lire à votre enfant pour l’aider à dépasser ses petits soucis du quotidien. Il s’agit d’une véritable trousse à pharmacie, reposant sur les principes de la thérapie ericksonienne pour procurer un apaisement, un bien-être et renforcer le lien parent-enfant.

      Chaque conte est écrit et se lit selon un protocole efficace et pratique  :
      – Un éclairage pour le parent (les sens cachés de l’histoire)
      – Une mise en condition pour l’enfant
      – L’histoire à lire
      – Un texte de retour à un état de conscience ordinaire
      – Des pistes d’échanges pour prolonger ce moment de douceur

      Goûtez aux délices de la magie des mots qui soignent et cultivez l’imaginaire de votre enfant  !

  • Les Livres de Carlos Gonzalez (pédiatre espagnol, fondateur et président de SAPTA (association catalane pour l’allaitement maternel) :
    • « Serre-moi fort ! » : Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Selon les époques, les arguments, religieux, moraux, sociaux, psychologiques ou même politiques, varient, mais une constante demeure : l’éducation doit viser à contraindre l’enfant à renoncer à ses inclinations naturelles, nécessairement mauvaises, et à se soumettre à la volonté de l’adulte. Car nos enfants sont, semble-t-il, nos ennemis. Ils s’opposent à nous sans raison, multiplient les caprices, cherchent à n’en faire qu’à leur tête, à nous dominer, à nous écraser. Il convient donc d’extirper le mal à la racine, en usant au besoin de méthodes d’une violence que l’on n’admettrait jamais vis-à-vis d’adultes, faute de quoi ces tyrans en herbe deviendront incontrôlables. « Pour leur bien », on doit leur imposer des limites et des règles strictes, leur apprendre à dormir seuls, à manger à heures fi xes ce qu’on leur présente, à être propres, à accepter la frustration et la séparation d’avec leur mère, à partager, à ne pas couper la parole aux adultes, à obéir sans rechigner… Et tout cela sans pleurer, s’il vous plaît. Carlos Gonzalez part d’un présupposé radicalement différent. SERRE-MOI FORT est un livre écrit résolument en défense des enfants, mais aussi des parents, car l’affrontement permanent est source de souffrances inutiles pour tous. Cet ouvrage très documenté nous explique pourquoi les enfants sont comme ils sont et font ce qu’ils font, et comment dormir avec eux, leur donner le sein, leur offrir sans réserve câlins, contact et attention font plus que toutes les règles et toutes les punitions réunies. SERRE-MOI FORT nous propose de renoncer enfi n à la violence et au mépris pour élever nos enfants dans la bienveillance, la confi ance, le respect et la tendresse, et leur prodiguer un amour aussi inconditionnel que celui qu’ils nous vouent d’instinct.
    • « Mon enfant ne mange pas ! » : Les parents de partout à travers le monde se demandent si leur bébé ou leur bambin mange assez. Carlos González, un pédiatre et un père, explore les raisons qui poussent un enfant à ne pas manger, les pièges des courbes de croissance et les impacts de la croissance sur les besoins caloriques. Il explique comment les troubles alimentaires commencent et comment les éviter. Mon enfant ne mange pas comprend aussi des témoignages de mères qui ont eu des moment d’angoisse et de tourmentes à essayer de faire manger leur enfant.

 

  • Les livre de Jesper Juul, dont je donne certains titres mais que tu peux trouver ici : http://www.familylab.fr/mediatheque/livres/
    • « La vie en famille – Renouveler les valeurs fondamentales du vivre-ensemble » : Confrontés en tant que parent au vide laissé par le rejet de l’autoritarisme comme des violences physiques et psychologiques envers les enfants, nous nous sentons aujourd’hui souvent perdus. Nous jouons pourtant toujours un rôle essentiel pour les enfants puisque qu’eux, venus au monde sans expérience, ont besoin de notre leadership adulte. Comment développer alors cette autorité personnelle, nécessaire et constructive pour les enfants ? Comment transformer l’amour que nous éprouvons en gestes affectueux que nos proches ressentent aussi comme des marques d’affection, et cela sans perdre notre propre intégrité ?

Pour répondre à ces défis, Jesper Juul nous invite à nous appuyer sur quatre valeurs – équidignité, intégrité, authenticité et responsabilité. Transculturelles, ces valeurs forment ensemble un socle fondamental auquel nous référer pour établir des relations familiales durablement saines et constructives, une base permettant l’épanouissement social et mental aussi bien durant l’enfance qu’à l’âge adulte. Au travers de ce livre, aujourd’hui référence en Scandinavie et en Europe centrale, il pose ainsi les fondements d’un renouveau du vivre-ensemble et de l’éducation.

    • « Me voilà ! Qui es-tu ? – Sur la proximité, le respect et les limites entre adultes et enfants » :

Dans ce petit livre, Jesper Juul présente avec beaucoup de chaleur et d’humilité sa réflexion sur les relations entre adultes et enfants, et en particulier sur un aspect traditionnellement incontournable de l’éducation : poser des limites aux enfants.

Clairement, il invite les adultes à assumer la responsabilité de la qualité des relations qu’ils entretiennent avec les enfants, en étant à la fois attentifs aux limites personnelles de l’enfant comme à leurs propres limites et à exprimer celles-ci de la manière la plus claire et personnelle qui soit. C’est la condition nécessaire à l’établissement de relations fondées sur le respect et la réciprocité, où chacun participe et personne n’est blessé.

Il insiste sur l’importance d’écouter et de prendre au sérieux les enfants : un enfant blessé dans son intégrité ne cesse pas d’aimer ses parents, il cesse de s’aimer lui-même…

  • Les livres d’Olivier Maurel, fondateur de l’Observatoire des Violences Éducatives Ordinaires, notamment :
    • « Oui, la nature humaine est bonne ! Comment la violence éducative la pervertit depuis des millénaires » : Fessées, gifles, calottes, tapes ou bastonnades… Dans beaucoup de pays, les enquêtes les plus sérieuses montrent que plus de 80 % des enfants subissent encore des méthodes éducatives violentes.
      Or, si étonnant que cela puisse paraître, aucun grand philosophe n’a tenu compte dans sa réflexion sur la nature humaine des conséquences de ce dressage violent infligé depuis des millénaires à la majorité des êtres humains au moment où leur cerveau est en formation.
      Pire : dans les religions, dans les conceptions philosophiques, et aujourd’hui encore dans la psychanalyse, tout se passe comme si l’origine de la violence et de la cruauté humaines était dans la nature même des enfants. Pourtant, les recherches les plus récentes ont révélé chez lui des compétences – attachement, empathie, imitation – qui en font un être remarquablement doué pour la vie sociale.
      La source de la violence et de la cruauté humaines réside-t-elle dans la nature des enfants, c’est-à-dire dans notre nature, ou dans la méthode qu’on a utilisée de tous temps pour les élever ?
      C’est à cette question que répond Olivier Maurel, en s’appuyant sur les recherches d’Alice Miller et les plus récentes découvertes de la neurologie. Après la lecture de ce plaidoyer inédit, il sera difficile de continuer à appeler « éducation » le fait de frapper un enfant.
  • Les livres de Thomas D’Ansembourg, dont ceux-ci :
    • « La paix, ça s’apprend ! » : À la suite des attentats de Paris et Bruxelles, David Van Reybrouck, écrivain, anthropologue et archéologue, rencontre son ami Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute, auteur d’ouvrages sur le développement personnel et formateur en communication non violente. Pour eux, le constat est clair : face au déferlement d’actes guerriers et barbares, appeler la paix de ses vœux ne suffit pas, il faut la préparer, la construire à l’intérieur de nous-mêmes et dans nos structures sociales
    • « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! » : Nous avons pris l’habitude de dissimuler ce qui se passe en nous afin d’acheter la reconnaissance, l’intégration ou un confort apparent plutôt que de nous exprimer tels que nous sommes. Nous avons appris à nous couper de nous-même pour être avec les autres. La violence au quotidien s’enclenche par cette coupure : la non-écoute de soi mène tôt ou tard au non-respect de l’autre. Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est un seau d’eau lancé pour nous réveiller de notre inconscience. Il y a urgence à être d’avantage conscients de notre manière de penser et d’agir.

      Le message de Cessez d’être gentil, soyez vrai ! est plus actuel que jamais. Pour rendre son propos encore plus accessible, l’auteur a choisi de revoir son texte et de l’agrémenter d’illustrations humoristiques. Condensée, simplifiée et plus légère, cette nouvelle édition constitue le premier pas capital pour quiconque cherche à se libérer de ses habitudes néfastes et à s’ouvrir aux concepts de la communication non-violente.

Thomas d’Ansembourg est psychothérapeute et formateur en relations humaines. Depuis 1994, il enseigne la CNV (Communication Non Violente) selon le processus de Marshall Rosenberg.

  • Les livres d’Alfie Kohn, dont particulièrement :
    • « Aimer nos enfants inconditionnellement » : Beaucoup de guides pratiques à l’usage des parents posent comme objectif implicite : « Comment obtenir l’obéissance des enfants ? » Et proposent différentes techniques pour contrôler les enfants.
      Ce livre n’est pas une énième méthode ! Alfie Kohn préfère poser la question suivante : « Quels sont les besoins des enfants et comment résoudre les conflits ? »
      Il s’agit de faire avec les enfants plutôt que de faire faire aux enfants.
      Un besoin fondamental des enfants est l’amour inconditionnel. C’est ainsi qu’ils sont assurés d’être aimés et acceptés quoi qu’ils fassent. Hélas, les approches conventionnelles des punitions, récompenses et toute forme de contrôle, transmettent aux enfants qu’ils sont aimés uniquement lorsqu’ils nous obéissent ou lorsqu’ils nous impressionnent. Sois aimable ! Autrement dit, fais en sorte de mériter notre amour !
      L’auteur cite de nombreuses recherches qui montrent la nocivité de toutes ces méthodes. Ce livre nous emmène dans une profonde réflexion sur nos pensées, nos sentiments et nos actes envers nos enfants. Enfin, il invite tous les parents à réfléchir, à se reconnecter avec leur instinct premier, naturellement bon, pour devenir de meilleurs parents.
    • « Le mythe de l’enfant gâté » : Nombres d’idées reçues sont véhiculée sur les enfants, sur ce qu’ils sont et comment on devrait les élever. D’une façon ou d’une autre, ces croyances sont devenues une opinion communément admise de notre société. On accuse les parents d’être tout à la fois laxistes et trop protecteurs, incapables de poser des limites et effrayés par l’idée que leurs enfants puissent échouer. On dit des jeunes qu’ils sont narcissiques, qu’ils se croient tout permis entre autres descriptions peu flatteuses. Dans Le mythe de l’enfant gâté, Alfie Kohn démonte méthodiquement ces croyances ; il ne se contente pas de remettre en cause les affirmations factuellement erronées, il dévoile aussi l’idéologie dérangeante sous-jacente. De récentes recherches révèlent que la parentalité hélicoptère est plutôt rare, et que lorsqu elle existe, elle fait étonnamment plus de bien que de mal. Kohn fait valoir que la plus grande menace qui pèse sur le développement d’un enfant, c est un style parental trop contrôlant, et non trop indulgent. Sur le même ton vivant et anticonformiste que dans son précédent livre traduit en français Aimer nos enfants inconditionnellement, Kohn s’appuie sur un grand nombre de données scientifiques et sociologiques – tout autant que sur l’humour et la logique – pour questionner les affirmations qui surgissent dans la presse grand public américaine avec une régularité de métronome : les jeunes ont la grosse tête ; ils reçoivent des récompenses, des compliments et des bonnes notes beaucoup trop facilement ; davantage d’autodiscipline ne leur ferait pas de mal, et il faudrait qu ils en bavent un peu plus. Ces croyances conservatrices sont souvent acceptées sans broncher, y compris par des gens dont les opinions politiques sont plutôt progressistes. Dans la culture française, quoiqu’un peu différente de la culture américaine, on entend de similaires antiennes : « on n’a rien sans rien », « on n’a que ce qu’on mérite », « si tu crois que ça va te tomber tout cuit dans le bec », « dans la vie, il faut toujours un perdant », bref, cette idée qu’il ne faudrait pas que la vie des enfants soit trop facile est tout aussi prégnante et délétère. Repli sur soi et peur de l’autre, accroissement vertigineux des inégalités, changement climatique et autres bouleversements sociétaux : ce livre tombe à pic, car il est grand temps de changer notre regard sur les jeunes si on veut qu’ils deviennent des adultes capables de relever les énormes défis qui les attendent.
  • Ce livre phare d’Alice Miller:
    • « C’est pour ton bien : Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant » : La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ? Alice Miller dénonce les méfaits de l’éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l’origine de la pire violence, celle que l’on s’inflige à soi-même ou celle que l’on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l’âme enfantine. Cette «pédagogie noire», selon l’expression de l’auteur, est illustrée par des textes des XVIIIe et XIXe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d’enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d’un jeune infanticide allemand et enfin celle d’Adolf Hitler, que l’on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.
  • Les livres de Marshall Rosenberg
    • « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » :

      Sous une nouvelle couverture, enrichie d’un important chapitre sur la médiation et la résolution des conflits, voici la troisième édition de l’ouvrage phare de la Communication NonViolente, traduit dans plus de 30 langues et vendu à 170 000 exemplaires en France.
      Grâce à des histoires, des exemples et des dialogues simples, ce livre permet d’améliorer radicalement et de rendre vraiment authentique notre relation aux autres.

      La plupart d’entre nous ont été élevés dans un esprit de compétition, imprégnés de préjugés et d’intolérance. Cette éducation nous conduit le plus souvent à une mauvaise compréhension des autres. Elle engendre au quotidien de la colère, des frustrations et des comportements agressifs.
      Une communication de qualité avec les autres est une des compétences les plus précieuses qui soit, dans sa vie personnelle comme au travail.
      Marshall Rosenberg met ici à notre disposition un outil très simple dans son principe, mais extrêmement puissant dans ses effets : la Communication NonViolente. Découvrez cette méthode accessible pour améliorer votre relation aux autres.

 

    • « Elever nos enfants avec bienveillance » : La Communication NonViolente (CNV) est un processus efficace qui permet de se relier aux autres et d’agir avec compassion. Également appelée communication empathique ou langage girafe, la CNV peut prévenir ou résoudre les conflits et invite à communiquer dans le but de satisfaire les besoins de chacun. Elle offre des outils concrets que l’on peut utiliser aisément dans les écoles ou, au sein de la famille, dans les relations personnelles.

      La CNV montre comment nous exprimer avec honnêteté et empathie, dans un langage du coeur qui encourage la bienveillance, afin d’éviter toute rancoeur et pour préserver l’estime de soi. Il s’agit d’assumer nos choix et d’utiliser des mots qui traduisent de la compassion plutôt que de la crainte, de la culpabilité ou de la honte.

  • « Dormir sans larme » de Rosa Jové : La pédopsychiatre décrit les étapes physiologiques de la maturation du sommeil chez l’enfant. Elle propose des conseils pour accompagner l’enfant dans son apprentissage et des solutions naturelles pour l’y aider.
  • « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ?  » Jessica Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl : Pourquoi les Danois sont-ils les plus heureux au monde, et comment font-ils, année après année, pour que leurs enfants soient également heureux, confiants, dynamiques ? Ce guide pratique et optimiste révèle les habitudes des familles les plus heureuses sur terre. À l’aide d’exemples limpides, il présente les six principes fondateurs de la parentalité danoise :
    – Le jeu est essentiel au développement et au bien-être des enfants.
    – L’authenticité favorise la confiance et permet aux enfants de se créer une boussole intérieure.
    – Le recadrage aide les enfants à surmonter les obstacles et à voir le côté positif de la vie.
    – L’empathie nous permet d’agir avec bienveillance envers les autres.
    – L’absence d’ultimatumévite les rapports de force ou le ressentiment.
    – Le cocooning est une façon de célébrer la famille, les occasions spéciales et le quotidien.
    Les Danois appellent ce dernier principe hygge. C’est une façon simple et efficace de tisser un lien étroit.
    Par son point de vue éclairant et nouveau sur l’éducation interculturelle, Les Recettes du bonheur danois aident les parents de tous horizons à élever des enfants plus heureux et plus adaptés au monde.

 

  • « Qui veut jouer avec moi ? Jouer pour mieux communiquer avec nos enfants » de Lawrence J. Cohen :Vous ne savez pas comment faire pour obtenir de votre enfant ce que vous lui demandez ? Le Dr Lawrence Cohen vous propose une approche originale : le jeu !
    Il/elle est timide, réservé(e), a peu d’amis ? Là encore, jouer avec votre enfant peut l’aider à reconstruire sa confiance et assez d’aisance relationnelle pour aller ensuite vers les autres.
    Il/elle est agressif/ve, violent(e), s’enferme dans sa chambre ? L’auteur nous explique qu’il/elle exprime ainsi (paradoxalement) son besoin d’attachement. Et il nous raconte à l’aide d’une multitude d’exemples plus tendres et drôles les uns que les autres comment renouer avec votre progéniture.
    Lawrence Cohen fait preuve d’une merveilleuse compréhension de l’enfant et de ses besoins. Un livre qu’on déguste le sourire aux lèvres, tant les propositions sont justes et touchent le cœur. Après l’avoir lu, vous ne verrez plus vos enfants de la même façon.

Comment est-il possible d’avoir autant de livre sur ce sujet qu’est l’accompagnement des enfants ? Et pourquoi continuer à écrire dessus ?
Parce que TOI derrière ton écran, tu n’es pas la/le même que ton voisin. Tes propres filtres, ton fonctionnement, tes affinités sont spécifiques, et certains supports conviennent mieux à certains que d’autres !
La multiplicité des sources n’est jamais un problème : tous offrent des perspectives différentes et apportent un petit plus pour élaborer sa manière d’Être un humain qui est parent.
Le fait est que tous ces auteurs et autrices partagent le même paradigme bienveillant et nonviolent.
Un autre élément important est qu’aucun de ces livres ne t’apportera de recette magique. Ils ouvrent une fenêtre sur l’enfance et la parentalité.
Il est utile de se tenir éloigner de ces recettes miracles qui ne fonctionnent pour personne.:)

Et toi ? Quel(s) est ton livre de chevet en ce moment ? Et ton indispensable ? Lequel te fait envi ?
Dis-moi tout en commentaire.

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Le VRAI problème des parents d’enfants en bas âge

Il est fréquent qu’on entende parler du quatrième trimestre de grossesse, du « terrible two », du « fucking four », des cris et des coups que peuvent donner les petits, de leur sommeil perturbé, de leurs refus et leurs peurs qui semblent irrationnelles… D’ailleurs, tous ces permaliens sont des articles que j’ai écrit à ces divers sujets.

Mais si on oubliait de parler de ce qui met à mal le vécu des parents, au lieu de parler ce « ce qui ne va pas » chez les enfants ?!
Parlons alors des besoins ressentis par les parents et des stratégies pour les combler !

Il n’est pas difficile de constater les enfants nous mettent au défi de trouver des stratégies pour répondre à leurs besoins mais aussi aux nôtres. L’objectif sont de nous garder en vie (d’abord), tout en étant en bonne santé mentale (là, ça se corse ! Salut Dépression Post-Partum, Burn-out parental, anxiété, …).
– La concurrence des besoins

Les enfants ont des besoins impérieux. Plus ils sont petits et moins ils sont en mesure de comprendre et de supporter l’attente.
Ce n’est pas dirigé contre toi. C’est un fait.
Malheureusement, c’est comme ça que nous nous retrouvons avec un enfant qui veut téter quand le repas est à peine sur la table, lorsque nous allons aux toilettes ou encore lorsque nous posons le pied sous la douche.
Ce n’est pas du tout agréable…
Au quotidien, être parent veut dire que nous nous faisons interrompre plusieurs fois au cours d’une même activité… Cela demande énormément de ressources de composer avec cette réalité, surtout lorsque nous ne nous étions jamais figuré que cela pouvait se réaliser comme cela.

Lorsque la moutarde monte au nez (comprends : lorsque quelque chose t’exaspère vraiment beaucoup!), il convient de prendre du recul et d’essayer de décrypter ce qui te fait réagir de la sorte.
Pourquoi l’énervement/la tristesse/l’énervement pointe à ce moment-là ?
Est-ce la faim/la fatigue/un sentiment d’oppression (quand ton bébé a besoin d’être porté constamment)/le manque de sociabilisation/… ?

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Il est rare qu’on ne puisse pas répondre à ses propres besoins en adaptant son quotidien, tout en gérant les besoins impérieux des enfants-chéris !
Par exemple : oui, tu peux allaiter en mangeant/étant aux toilettes/faisant une sortie. Non, ce n’est peut-être pas l’idéal et pas ce que tu imaginais… Mais ça te permet de vivre et de prendre en compte tes besoins personnels, tout en remplissant ceux de ton enfant.
Dans le même ordre d’idées, le cododo (j’en parle dans cet article) répond au besoin de proximité de ton enfant et te permet de te reposer !
La fatigue et la mauvaise alimentation sont les pires ennemies d’un vécu positif !
Tu veux d’autres suggestions pour répondre à tes besoins tout en prenant en compte ceux de ton tout-petit : voici un article qui aborde le quatrième trimestre de grossesse.

Il s’avère, cependant, facile de justifier la réponse immédiate aux besoins d’un nourrisson… Mais c’est beaucoup plus compliqué à partir d’un an ou deux.
Les enfants acquièrent de superbes compétences… et les adultes autour d’eux présagent alors qu’ils sont en mesure de postposer un besoin voire de les sublimer.
Il n’est pas rare que demande soit faite d’attendre pour : manger (alors qu’il est fréquent que les adultes grignotent en attendant le repas), téter, être pris.e dans les bras, …

Or, il est nécessaire de comprendre que si leurs compétences motrices et cognitives évoluent à toute vitesse, en regard de leur évolution cérébrale… Mais leurs capacités de gestion émotionnelle ne sont pas maturées !
Alors, les crises de larme s’accentuent à partir de 18 / 24 mois pour des raison qui semblent obscures : les chaussettes glissent, ils/elles ne parviennent à effectuer certains gestes de motricité fine, ils/elles veulent fermer une porte mais ne souhaitent pas être enfermé.e.s, … Bref, c’est une période très particulière au niveau émotionnel pour les enfants et les parents !
Cela aide réellement de comprendre ce qu’il y a derrière l’expression de ses besoins, tout en ne présageant pas trop de leur capacité les postposer.

Mais voilà, au bout d’un ou deux ans à mettre en avant les besoins de ce petit autre, ça peut être difficile de devoir soi-même postposer ou agencer les stratégies afin de répondre à ses besoins.
C’est précisément pour cette raison que la parentalité est difficile : il s’agit d’un équilibre entre les besoins de chacun… avec un être en construction ayant des expressions émotionnelles possiblement explosives !

– Trouver du soutien

Cela semble évident et pourtant, ça ne l’est pas !
C’est salvateur d’être épaulé.e au quotidien et d’avoir quelques tâches quotidiennes conduites d’un seul tenant sans être interrompu.e.

Parfois, il suffit juste d’avoir un repas pris sans un enfant sur les genoux, un bain/une douche prise sans limite temporelle, un moment dans la journée pour bouger ou dans la soirée, pour créer.

Nous avons toutes et tous des besoins qui s’expriment différemment et dont l’importance varie.
Tout l’intérêt est de les prendre en considération et non pas de les enfouir sans ménagement.
C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de déployer des ressources pour ne pas être seul.e constamment…

Du soutien, ça peut être une amie qui vient divertir ton enfant ou faire un peu de tâches pénibles, ça peut être un parent qui ramène un repas, ça peut être une sortie dans un lieu childfriendly (ou pas, si tu veux laisser ton enfant à garder), …
Afin de recevoir le soutien qui t’est nécessaire, il faut que tu puisses reconnaître tes besoins (je t’en parle dans cet article précisément).

La fatigue, l’énervement et l’exaspération ne témoignent rien en tant que tel : ces émotions sont à décomposer.
Il est également utile de verbaliser clairement ce que tu ressens… Mais aussi de déconnecter autrui de tes inconforts.
Marshall Rosenberg disait qu’il est possible de « crier en communication nonviolente ».
Par exemple : « Je ne supporte plus le désordre et le bruit incessant de cette maison ! Cela me désespère ! ».
Ces phrases font état d’une situation. Personne n’est ciblé, puisqu’il n’y a pas d’accusation portée. C’est utile autant entre adultes qu’envers des enfants qui ne seront pas affublés de critiques péjoratives. Seules les actes et les conséquences de ceux-ci sont relevés, afin de témoigner tant du positif que du négatif. Cela offre aux différents membres de la famille de pouvoir se placer dans un logique de résolution de problème et non pas de se débattre avec les offenses narcissiques.

Avoir du soutien, c’est aussi être entouré.e de manière à se sentir compétent.e. C’est être accompagné.e de proches qui vont agir pour ton empowerment et ton sentiment d’efficacité personnel.
Parfois, il est nécessaire de s’éloigner (temporairement ou non) des individus avec qui la relation s’avère toxique. Ce sont ces ami.e.s, connaissance ou proches qui vont avoir toujours ce petit mot pour te faire douter de toi, de ta manière de faire, de tes choix, etc.
Ce sont ces individus qui te pompe ton énergie au lieu de t’en apporter.
Alors, sans hésitation, dans les périodes difficiles, il n’est pas nécessaire de s’embarrasser avec ce type de relation.

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– Les habitudes de vie et le lâcher-prise

Lorsque les situations sont difficiles à vivre, il n’est pas rare de trouver au quotidien des éléments récurrents, par exemple une organisation chaotique pour les repas, un désordre ambiant, la répétition d’acte énergivore, …
Là-dedans, il n’est alors plus possible de trouver des bulles d’oxygène et de se trouver simplement « bien chez soi ».
Parfois, il est nécessaire de repenser l’organisation des pièces de manière à rendre inaccessible les objets dangereux pour les tout-petits (tout en leur permettant ainsi d’explorer). Cela vaut aussi pour les plus grands où les jeux sont rangés de telle manière qu’ils pourront être à disposition facilement sans transformer toutes les pièces communes en salle de jeu (si tu ne le souhaites pas). L’inverse est possible : installer dans chaque pièce un pôle « jeu » qui te permet d’occuper un/des enfants durant une autre tâche.
Là encore, chacun.e a ses filtres qui conditionnent la manière de vouloir organiser/vivre chez soi.

Il est néanmoins important d’aiguiser son sens du lâcher-prise. Les enfants vivent et peuplent largement nos vies. Il est fréquent que cela dépasse nos attentes, dans tous les sens du terme.
Jamais nous n’aurions imaginé aller aux toilettes accompagné.e pendant plusieurs années.
Jamais nous n’aurions pensé à préparer le repas en plusieurs étapes.
Jamais nous n’aurions envisagé qu’un enfant pouvait nous réveiller pendant des mois voire des années parce que l’adage dit : « dormir comme un bébé » (Mensonges ! Calomnies ! J’en parle d’ailleurs dans cet article).

Donc, nous nous retrouvons dans une situation physique/morale/attentionnelle inédite.
Cela demande des adaptations afin de ne pas se camper sur des attentes qui seraient destructrices pour la santé mentale (cf. l’article où Marie Kondo avoue que ces méthodes sont incompatibles avec la vie de famille).

Je te donne une manière de filtrer si ce que ton enfant fait est ok ou non : « est-ce dangereux pour sa sécurité ? ».
La plupart du temps, c’est non !
Alors, j’admets : redécorer la cuisine à la farine, peindre sur les murs, démonter de l’électro-ménager, cela n’est pas dangereux mais les conséquences peuvent être ennuyeuses.
Autant observer ce vers quoi les enfants sont attirés et leurs proposer des activités dans une zone circonscrite de manière à ce qu’ils puissent répondre à leurs besoins et prendre en compte ton besoin d’ordre.

Ce filtre de dangerosité permet de lâcher-prise sur énormément d’éléments quotidiens :
Non, ce n’est pas grave si la maison n’est pas reluisante.
Non, ce n’est pas grave si les vêtements ne sont pas tous repassés.
Non, ce n’est pas grave si ton activité pro patine un peu ou inversement, si tu décides de passer un peu plus de temps que prévu à travailler.
Non, avoir de la farine/de l’eau renversée n’est pas grave. C’est ennuyeux… Mais quitte à faire, une fois l’expérience entamée : tu peux profiter pour laisser ton enfant jouer. La réparation des « dégâts » fera partie du jeu.

– Comprendre pour ne pas subir

Il me semble primordial de comprendre ce qu’il se passe au niveau du développement des enfants au lieu d’interpréter leurs attitudes.
Nous évoluons dans un monde qui estiment à tort que les enfants sont à dresser, à mettre dans un cadre afin qu’ils ne « poussent pas de travers ».
Or, dans un cadre sain et nourrissant leur curiosité ainsi que leur empathie, les enfants vont accroître ces compétences et leur personnalité.

Il ne s’agit pas de fuir les interdits (il me semble logique qu’un enfant soit redirigé s’il a des gens brusques) ou d’éviter les frustrations inévitables, mais de ne pas interpréter leurs intentions.

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Un enfant de 6 mois ne se réveillent pas pour nous empêcher de dormir.
Un enfant de 2 ans ne s’oppose pas pour « prendre le pouvoir ».
Un enfant de 4 ans ne répond pas « juste pour être insolent ».

Toutes ces attitudes sont mues par des étapes développementales qu’il est utile de connaître afin de percevoir les enfants dans toutes leurs potentialités… et leurs limites !
Cette prise de recul est parmi la plus difficile à prendre surtout par rapport à des actes perçus comme agressifs : quand un enfant tire les cheveux/mord ou encore tape des animaux.
Dans aucun cas, il ne s’agit pas de sadisme. Il s’agit d’attitudes qui engendrent une expérimentation de la chaîne « cause-conséquence ».
Dans d’autres situations, ils souhaitent interagir/jouer avec les animaux mais ne savent pas encore solliciter un contact de manière « douce ».

C’est ainsi que vient l’importance du point suivant…

Les lectures/les vidéos-conférences qui soutiennent
Rien ne vaut le contenu étayé afin de nourrir les possibles !
Grâce aux lectures d’Isabelle Filiozat, de Catherine Gueguen, de Claude Didier-Jeanjouveau, de Michel Odent, d’Olivier Maurel, de Laurence Dudek ou encore Carlos Gonzalez, il est possible de percevoir que les enfants ne sont pas les êtres égoïstes et sadiques qu’il faudrait dresser.

Je t’invite réellement à te pencher sur la bibliographie des précédents auteurs cités de manière à avoir une jolie PAL (Pile à Lire) bienveillante. Beaucoup d’autres auteurs sont merveilleux à lire, je citais simplement les francophones qui te fournissent une base solide!

Lire/s’informer pour comprendre ses enfants et pouvoir percevoir quelles seraient les stratégies qui leur sont adaptées est la clé de la capacité de lâcher-prise et d’une attitude bienveillante.

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Bientôt, je te ferai un article avec tous les livres / liens indispensables à mon sens.
PS : Moi non plus, je n’arrête pas de lire et de m’informer. C’est ma sempiternelle passion de l’information !

– Reconnaître quand la situation devient oppressante

Malgré tout cela, parfois, c’est trop.
Quand le matin est déjà trop dur car l’anticipation de la journée est pénible.
Quand tu passes ta journée à scruter l’horloge.
Quand tu rêves du moment où ton enfant sera couché.
Quand tu as l’impression de ne plus exister en tant que personne…

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Dans ces moments-là, et toutes les autres situations difficiles à vivre, il est nécessaire de le reconnaître sans faire l’autruche ni minimiser.
Par exemple, ce n’est pas parce que tu avais décidé de pratiquer l’hygiène naturelle infantile dès la naissance que tu ne peux pas prendre quelques jours « off » en terme de charge mentale à ce sujet-là.
Il en va de même avec les superbes repas-maison et très sains, avec le ménage ou avec ton boulot.
N’oublie jamais que tu as le choix et qu’il est possible, d’une manière ou d’une autre, d’avoir un relais ou juste de lâcher du lest.

Je t’invite à te reconnecter avec tes ressentiments et tes émotions négatives. Si cela devient éprouvant, il est nécessaire de se faire accompagner de manière individuelle pour sortir la tête de l’eau et s’épanouir à nouveau !

L’accompagnement ou la guidance parentale est alors un recours inestimable. Parfois, il suffit de quelques rencontres et du temps dégagé pour soi. Dans d’autres circonstances, le suivi peut se révéler plus long et aider la personne qui demande sur différents aspects qui impactent son quotidien.
Dans tous les cas, ce n’est pas une perte ni un aveu de faiblesse que de faire appel à un soutien extérieur. Dans notre société occidentale et individualisée, il n’existe plus ce village nécessaire pour élever les enfants. Les parents sont isolés, manquent de présence et de soutien inconditionnel.
C’est pour pallier à cela que, notamment, l’accompagnement parental existe (mais aussi les doulas, et tous les autres métiers humains !).

Si tu en ressens le besoin, contacte moi ! Je serai ravie d’échanger avec toi.

Je te dis à bientôt, pour d’autres curiosités !
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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

« C’est à moi! » : bousculades, cris et émois. La possessivité, comment l’aider ?

 

Vis-tu aussi avec cet.te enfant qui arrache des mains un jouet ? Ou ce bambin qui pleure à chaude larme car un autre est en train d’utiliser ce sur quoi il lorgnait ?
Tu entends les cris, la frustrations et … l’expression de la possessivité, du moins, le crois-tu.

Mais est-ce réellement de la possessivité au sens où les adultes l’entendent généralement ?

La possessivité matérielle dans l’enfance est-elle de l’égoïsme ou de l’égocentrisme ?
Assurément, non !
Tout simplement parce que les enfants en bas âge ne sont pas en mesure de faire la distinction entre la possession d’un objet et l’envie de jouer avec !
Non seulement ils n’ont pas encore les capacités langagières mais, en plus de cela, ils ressentent de manière similaire l’otage d’un jouet qui leur appartient et d’un jeu sur lequel ils étaient affairés. Les réactions sont d’autant plus fortes lorsqu’il s’agit d’un objet spécifique comme le doudou ou des affaires des parents.
Première étape : arrêter de croire que ton/tes enfants sont des égoïstes/possessifs maladifs.
Ce sont des enfants qui découvrent le monde et… aussi les règles de vie en collectivité.
Ne dit-on pas, « l’enfer, c’est les autres ? ». Ok, j’abuse un peu… Parce que sans interaction sociale, les enfants n’iraient pas loin….
Cependant, il suffit de voir deux enfants en bas âge dans un même espace de jeu.
Souvent, livrés à eux-mêmes et sans médiateur/trice, les cris et les pleurs de frustration retentissent rapidement. Machin a osé toucher la peluche d’Untel, pendant que ce dernier essayait de grimper sur le camion en bousculant Truc.
Bref, c’est la foire… Car ils ont du mal à gérer leurs émotions, ils ont envie d’explorer et de prendre du plaisir ! Ils ont la croyance que l’autre peut leur retirer ce qui leur procure du bonheur…
Et soyons honnêtes : qui aurait envie qu’un individu vienne s’emparer de son smartphone/ses crayons/son jeu de carte sans crier gare ni préambule ?
Et même avec une demande en bonne et due forme, aurais-tu envie de cesser immédiatement ton jeu pour le donner à autrui ?

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Alors, d’entrée de jeu (ah ah !), il faut baisser ses attentes.
Avant 4, voire 5 ou 6 ans, il est illusoire de s’attendre à ce que les enfants comprennent spontanément le mot « partage ».
Et forcer la chose en les grondant, minimisant leurs émotions de tristesse/frustration ou encore en leur arrachant un jouet des mains ne les aidera pas à partager. Au contraire, ils se sentiront culpabilisés et blessés dans une situation d’échange social. Ils pourraient commencer à fuir les autres enfants à cause des mauvaises expériences ou à devenir agressifs afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Il y a mieux comme rapport aux autres…

Avant deux ans, ils jouent en parallèle les uns aux autres. Ils ne jouent pas ensemble, ils s’imitent sans interagir réellement (la plupart du temps).
Dès cet âge-là, il est possible d’introduire les notions de partage avec la nourriture. L’exemplarité est alors un maître-mot : à toi de partager ton bout d’aliment avec ton enfant (ok, je sais que tu le fais déjà, puisque c’est le principe même de la DME dont je parle dans cet article) mais aussi avec d’autres personnes. Mais cette fois, il sera profitable de le faire en verbalisant la notion de partage.

Aux alentours de deux ans, la notion de « prêt » est encore difficile. L’échange d’un jouet contre un autre est plus simple car ils obtiennent quelque chose en échange.

Au fur et à mesure, il sera possible de mettre en place des stratégies pour aider les enfants à patienter et comprendre qu’un objet peut-être utilisé par diverses personnes.
Par exemple, il est possible de leur démontrer qu’un accessoire prêté leur sera rendu après une durée particulière via l’utilisation d’un chronomètre. En commençant par des durées très courtes, entre ton enfant et toi, il comprendra que la sonnerie « dicte » le temps d’usage de l’un et de l’autre. C’est un modèle ludique avec plusieurs enfants en bas âge.

Vers 3 ans, la verbalisation s’améliore notablement ce qui facilite les opportunités d’exprimer ses désirs, l’envie de jouer avec d’autres enfants et de répartir les objets aux uns et aux autres. C’est ainsi que s’affine les compétences sociales ainsi que les notions d’égalité et d’équité.

4 ans sonne l’arrivée des réelles compétences de partage, de don et de plaisir d’offrir. Si l’entourage a sensibilisé les enfants à l’expression et la reconnaissance des émotions, ils seront en mesure de s’exprimer avec leurs pairs. Cela leur permettra de développer des liens sociaux plus apaisés.

Après 5 ans, les enfants acquièrent la capacité de se mettre à la place d’autrui. Ils peuvent alors transposer leurs propres ressentis à ceux des autres. Ils pourront alors comprendre pourquoi un objet est particulièrement précieux, entendre des explications… Bien qu’il soit encore fréquent qu’un référent doive intervenir afin de les aider à mettre au clair certains conflits.

Il est nécessaire de retenir cette phrase : « Obliger les enfants à partager ne fait que les pousser à s’accrocher encore plus à leurs affaires. Le partage forcé sape toute tendance à donner de bon coeur. » Faber et Mazlish

Cela coule de source, enfants comme adultes, la contrainte n’engendre jamais de satisfaction.

Donc forcer à prêter ou mépriser le refus du prêt n’amènera à aucune conséquence positive.

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– le partage s’apprend par l’exemplarité et l’expérience

Comme expliqué plus haut, il est nécessaire que les enfants aient les capacités cognitives nécessaires pour appréhender la notion de partage et de ses avantages.

Parce qu’il faut bien admettre : prêter ses affaires n’est pas couronner de joie à chaque expérience. Mais c’est une attitude utile au niveau des compétences sociales. Nous la pratiquons afin de créer et conserver des relations agréables.
Cependant, qui n’a pas été déconfit devant l’état d’un objet ou d’un livre prêté ? Qui a décidé de ne jamais prêter certains biens ?

Le partage est une notion utile… Mais elle comporte des risques en termes d’usage et de possession. Il semble que les enfants en bas âge comprennent éminemment bien ces risques !
Qui n’a jamais craint de l’état dans lequel sera rendu un objet prêté ?
Et qui n’a jamais expérimenté un prêt devenu définitif ?

Ce sont ces risques-là qui peuvent empêcher tant les adultes que les enfants d’avoir envie de prêter ou partager leurs affaires.

 

– Possession ou utilisation ?

Un autre élément indispensable à mettre en œuvre au quotidien : l’usage des mots.
Il est fréquent que nous disions « Oui, c’est ta tasse ! » ou « peux-tu me donner mon verre? » etc. Il serait plus exact de dire « le verre/l’assiette/… que j’ai utilisé ».

La plupart des objets du quotidien sont communs. Il peut être intéressant, dans les périodes « sensibles » de préciser cette distinction.

Il est aussi envisageable de mettre en place des activités rendant indispensables la collaboration au niveau moteur : « Tiens, portons cela ensemble ! », par exemple.

Dans tous les cas, il est indispensable de verbaliser et de mettre en évidence les compétences des enfants ainsi que la joie prodiguée à autrui lorsqu’il utilise un nouvel accessoire.
Il est aussi utile de verbaliser les émotions ressenties et d’expliquer qu’il sera possible de manipuler prochainement l’objet de son désir, après que l’usage par un autre enfant s’achèvera.

 

– Apprendre le partage ?

Comme évoqué ci-dessus, il est surtout nécessaire d’attendre que les enfants soient prêts en terme de développement à comprendre réellement le sens du partage.

Il est néanmoins possible de parler de ce concept et de marquer les avantages de cela.

Alors oui, le partage, tout comme les autres compétences pro-sociales, s’apprennent… par l’exemplarité et les fabuleux neurones miroirs. Des jeux collaboratifs sont de belles options afin de changer une dynamique de compétition/possession vers une ambiance participative.

Il est pourtant indispensable de ne pas forcer le partage ou d’initier une gronderie face à un enfant qui adopte des comportements possessifs.
La meilleure solution est d’alors d’orienter l’enfant tiers vers un autre intérêt et de verbaliser auprès de l’enfant « possessif » ce qu’il ressent et les options/bénéfices en vue du prêt.
Mais il faut être capable d’accepter son refus, sans le critiquer. L’idéal est d’alors d’aller trouver l’enfant tiers afin de s’excuser et de solliciter sa compréhension face à l’attitude de l’enfant qui ne souhaite pas prêter.

Expliciter tout haut les notions de désir, de plaisir, de joie et d’emprunt finiront par ancrer les compétences pro-sociales aidant au partage.

 

– les enfants uniques : une problématique ?

Il est fréquent qu’un adage sur les enfants uniques émergent : ils seraient égoïstes ou narcissiques !

Ils n’ont pas dû prêter leurs jeux ni leurs parents, il est alors cru que cela conditionne leurs dispositions pro-sociales.

C’est oublié que les enfants qu’ils soient en fratrie ou uniques sont des êtres au cœur d’un système social. Ils n’en sont pas exclus… Et pour peu que ces enfants soient particulièrement friands d’interactions sociales, ils vont apprendre les codes associés.
La sociabilisation passe d’abord par la famille.

L’absence d’autres enfants ne conditionnent pas la personnalité des enfants. Une récente étude le démontre même :

Cependant, il est possible qu’en étant seul enfant et gardé par un des parents ou la famille, il y ait une moindre expérimentation des contraintes inhérentes à la vie avec d’autres enfants du même âge.
Indubitablement, dans cette configuration familiales, les parents ne passeront pas du temps à modérer les relations fraternelles. Or, les disputes s’orientent régulièrement sur les centres d’intérêt, l’usage d’un objet ou une place précise …

Les enfants uniques, comme les autres, découvriront pourtant que certains objets sont utilisés et appartiennent à des personnes déterminée.
Ils seront susceptibles d’exprimer leur mécontentement ainsi que leurs envies lorsqu’ils observent un autre individu manipuler certains objets.
Ils apprennent juste les règles du jeu social.
A nous, parents, de savoir accepter où se trouvent les limites de nos enfants et de leur reconnaître le droit de pas prêter les affaires trop chères à leur cœur. Chaque chose en son temps… et faisons fi des regards réprobateurs extérieurs !

 

– La fratrie à l’épreuve du quotidien

Au sein des fratries, le partage est une notion intrinsèque à la parentalité.
Les enfants partagent leur parent. Forcément, les enfants uniques auront toute l’attention. Lorsqu’un nouvel enfant paraît, l’attention se focalise (du moins, se scinde) vers ce petit être.
D’une part, les nouveaux-nés demandent des soins et une présence intense qui peuvent frustrer l’aîné. D’autre part, ce(s) dernier(s) doive(nt) parfois changer d’environnement : nouvelle voiture, nouvelle chambre, voir leurs affaires de bébé transmises à un autre, …
C’est un réel bouleversement pour les « grands », qui ne le sont pas toujours. Par exemple, lorsque les enfants ont un écart de 15, 18 ou 24 mois à peine.
A ces âges-là, il n’y a pas trop d’un voire deux parents pour s’occuper d’un seul enfant. Alors si un second survient, les difficultés quotidiennes sont exponentielles.

Il y a un équilibre à trouver dans la répartition du temps à accorder à chaque enfant et au rituel de transmission des objets d’un enfant à un autre.
Il peut être intéressant d’intégrer l’aîné au choix des affaires qu’il veut donner au plus petit. Il faudrait aussi que les parents acceptent les refus.
Oui, il peut vivre des régressions à plusieurs niveaux : continence, alimentaire, type de jeux, besoin de contact, etc.
Je t’invite à percevoir ça comme une stratégie pour s’assurer que toi, parent, sera toujours là pour elle/lui. Ne lui refuse pas de faire quelques pas en arrière et gratifie le/la de toute ta tendresse. Tu peux également verbaliser ses ressentis en reconnaissant combien cela peut être difficile à vivre.

Ensuite, dans la vie quotidienne, il peut être nécessaire de trouver des astuces et d’apprendre à aux aîné.e.s de protéger les affaires qu’ils/elles affectionnent particulièrement.
Lorsque les enfants sont en âge de jouer ensemble dans un objectif commun (ce qui n’est pas aussi tôt que la plupart des enfants le rêverait quand leur est vendue l’idée « d’un petit frère/petite soeur pour jouer »), il est commode de s’orienter vers des tâches collaboratives et des jeux excluant le principe de compétition.

 

– Le cas des jumeaux

Il est possible de s’en douter, avoir deux enfants du même âge, c’est sportif à plusieurs niveaux : gestion émotionnelle, intérêts (aussi similaires que différents), stade de développement, …
L’organisation quotidienne demande de vraies ressources… Et sur le sujet, voici un article qui en regorge : https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

En voici un extrait : « Vous avez sans doute des objets qui vous tiennent à cœur et que vous ne voudriez pas prêter à quelqu’un, alors ne vous attendez pas à ce que vos jumeaux partagent leurs objets préférés respectifs. Cela est tout à fait normal, s’il y a un jouet ou un livre, entre autres, que l’un ou l’autre de vos deux enfants aime particulièrement, ne l’obligez pas à le partager. Cependant, faites-lui comprendre qu’il doit ranger son jouet ou son livre, et ne pas le sortir en présence de l’autre s’il ne veut pas le partager.

En général, ces méthodes encouragent les jumeaux à partager. Mais n’oublions pas que les enfants restent des enfants, donc ils se disputent, et parfois ils ne veulent tout simplement pas partager. A vous de travailler constamment à créer un environnement familial toujours propice au partage. »

 

– Aider ton enfant à entrer dans une dynamique de partage ?

Voici des conseils fort bien fourni par cet article dont j’effectue un copié/collé :

« Voici plusieurs conseils qui vous permettront d’apprendre à votre enfant à partager :

  • Prévoyez assez d’espace pour qu’il puisse jouer à côté d’un autre enfant tout en ayant de la place pour ses propres jouets et pour ses activités.
  • Dès que votre enfant sait parler, donnez-lui des exemples de phrases pour l’aider à entrer en contact avec les autres : « Veux-tu jouer avec moi? », « Peux-tu me prêter ton ballon? », « C’est à moi », « C’est à toi », etc.
  • Encouragez votre enfant à se mettre à la place des autres en lui parlant de ses propres sentiments et de ceux que les autres ressentent. Par exemple, dites-lui « tu aimes jouer avec ta poupée, tu es heureux » ou « ton ami n’a pas de jouet, il pleure, il a de la peine ».
  • Félicitez votre enfant quand il est capable de partager et de jouer à tour de rôle avec un autre enfant. Décrivez-lui les sentiments de son ami : « Regarde ton ami, il sourit ! Il est vraiment content que tu le laisses jouer à son tour avec la balle. »
  • S’il veut le jouet d’un autre enfant, aidez-le à trouver un autre objet intéressant ou une autre activité qui lui plaira pour lui apprendre à patienter.
  • Apprenez-lui à faire des échanges : « J’ai une belle poupée. Je peux te la prêter si tu veux. Que me donnes-tu en échange? »
  • Nommez ce qui appartient à votre enfant (vêtements, jouets, lit, etc.), ce qui appartient à ses frères et soeurs et ce qui appartient à toute la famille (télévision, savon, etc.). Cela l’aidera à comprendre la notion de propriété.
  • En cas de dispute à propos d’un jouet, aidez votre enfant à trouver une solution au lieu de régler la situation à sa place. Cela lui donnera les habiletés nécessaires pour régler ses disputes par lui-même. Si vous sentez qu’il a besoin d’aide pour y arriver, proposez-lui un choix : « Est-ce que tu veux lui demander un autre jouet en échange ou bien tu préfères lui prêter le tien dans 5 minutes? » Il pourra ainsi choisir l’option qu’il préfère.
  • Proposez-lui une autre activité ou un jeu qu’il peut faire seul s’il y a beaucoup d’enfants et que partager est difficile pour votre tout-petit. »

image enfant parent

 

Et s’il/elle était réellement possessi.f.ve ?

Tu as aussi ce parent ou ces connaissances qui ne prêtent jamais rien ?
Cela peut aiguiser l’énervement mais force est de constater que la plupart du temps, ces personnes ont des attitudes méticuleuses et conservatrices.
Elles sont capables de tenir des collections, mais aussi de garder en parfait état des choses incroyables comme des figures en chocolat, des jouets anciens, des vêtements, …

Alors, si un enfant démontre des attitudes possessives, cela peut cacher de nombreuses compétences qui sous-tendent ce besoin de préservation.

Tous les conseils précédents sont valides : il est possible de sensibiliser au bonheur de partager et de rendre les autres heureux.
Cependant, il est indispensable de respecter autrui comme il est. Tu n’irais pas railler des ami.e.s… alors ne fustige pas ton enfant. Le fait de reconnaître ses qualités et ses efforts seront bien plus profitables pour sa confiance en lui/elle et ses compétences pro-sociales à long terme.

En outre, le monde a besoin d’une diversité de personnalités, aussi interpellantes soient-elles !

Si c’est difficile pour toi de supporter que ton enfant ait ses attitudes, je peux te proposer d’aller rencontrer un.e professionnel.le de manière à t’aider à vivre au mieux la singularité de ton enfant.

 

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Voici quelques précieuses ressources :

https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-savoir-partager

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=enfant-jaloux

https://www.reseauparentageproximal.com/

Éducation bienveillante

Nourrir un.e bambin.e, ce défi, tu relèveras !

 

Lors de l’article « Bébé, que manges-tu ? », j’avais abordé le rapport à l’alimentation des nourrissons jusqu’à un an. J’y abordais l’allaitement, les PCN (préparations commerciales pour nourrissons) et la diversification, plutôt sous la forme de la DME (diversification menée par l’enfant).
En préambule sur les questionnements de l’alimentation familiale, j’ai écrit l’article « Mon assiette, ma famille et moi » qui met en évidence une partie de nos rapports à la nourriture et les tours de passe-passe des industriels.

Dans le présent article, il s’agit donc de la suite, parce que nourrir un bébé entre 1 et 3 ans… Ça peut soulever pas mal de questions.

Une première partie aborde l’alimentation en général, ensuite je traite de deux cas de figures : l’un où les enfants mangent « peu » et l’autre ou les enfants mangent « beaucoup ».

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Introduction

Après la DME, tu auras appris à ne plus frôler la crise cardiaque avec un gag. Tu auras pu voir ton bébé écraser, peindre et jeter une quantité phénoménale d’aliments.
Je ne sais pas si tu es comme moi, mais étrangement, je n’ai pas fait si souvent que ça du riz, semoule ou quinoa… Tellement leur nettoyage m’est pénible. J’ai opté pour du riz gluant, pendant pas mal de temps (et des pâtes à base de farines diverses et variées, dont celle de légumineuses)
Je n’ai pas investi dans le tidy dot (qui sauverait les nerfs de pas mal de parents ayant des difficultés à lâcher-prise et ne supporteraient pas de voir le sol maculé de nourriture 3 ou 4 fois par jour).
Cela dit, sont apparues des craintes et certains agacements.
Les enfants sont de vraies révélateurs.

Avant de commencer, je fais un bref rappel si tu n’as pas lu les 2 articles précités (mais vraiment tu gagnerais à le faire :-p ) : jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal et la diversification doit être pour le plaisir. Cette dernière débute à 6 mois, et non avant, comme le préconise l’OMS.

Lors de la deuxième année de vie, le lait demeure entre 30 et 50 % de l’alimentation de l’enfant.

Il me semble important de le rappeler afin que l’allaitement ou les PCN ne soient pas arrêtés et substitués par des produits laitiers autres comme du fromage (souvent trop salé) ou du lait (qu’il soit UHT ou des boissons végétales).
Comme le précise le profession Jack Newman, relaté par la LLL dans cet article, l’allaitement reste nécessaire pour le bambin. L’OMS préconise un allaitement exclusif 6 mois et jusqu’à deux ans OU PLUS.

L’allaitement reste un élément bénéfique pour la croissance des enfants, dans le renforcement de leur système immunitaire et la construction de leurs bases d’attachement.

Nous voici rendu au premier anniversaire, et bien souvent, l’appétit s’en est venu. La routine quotidienne de l’alimentation s’installe, parfois avec aisance et parfois, pas du tout.

Certains enfants seront avides de goûter tout ce qui leur tombe sous la main. Pendant ce temps-là, d’autres auront plus de plaisir à porter à la bouche tout ce qui ne se mangent pas… et bouderont régulièrement leurs assiettes.

La nature est inéquitable, autant être honnête. L’appétence pour la nourriture et sa métabolisation sont deux facteurs qui varient énormément en fonction des individus.
Il est étonnant de voir des enfants du même âge qui ne consomment pas du tout les mêmes quantités et n’ont pas un rapport à la nourriture équivalent, sans qu’aucun n’ait de problème de croissance.

Un élément explicatif, loin d’être le seul, est la dynamique familiale autour de la nourriture.
Cela semble étonnant, et pourtant, l’acte de manger est parmi les faits les plus complexes dans nos sociétés industrialisées.
La surabondance, l’ampleur choix, l’industrialisation de la nourriture ainsi que le temps consacré à se nourrir engendrent des attitudes alimentaires très spécifiques en fonction des individus.

De plus, chacun de nous a vécu une expérience propre dans le rapport à l’alimentation :

– Avoir des habitudes culturels comme en France : entrée, plat, dessert ;

– Manger un repas à base de pain (tartines, comme on dit dans le nord, en Belgique et au Pays-Bas) ;

– Devoir finir son assiette ou se la faire resservir, si elle n’a pas été finie;

– Être privé.e de desserts ;

– Avoir des parents qui craignent la prise de poids ;

– Avoir des parents qui angoissent sur le faible gabarit de leur enfant ;

– Avoir des relations conflictuelles dans la famille et que cela ressorte au moment des repas ;

– Développer des troubles du comportements alimentaires (TCA : anorexie mentale, boulimie, hyperphagie, …) ;

– …

Inexorablement, notre vécu va influencer notre attitude face à l’enfant en train de se diversifier.
Le type-même de diversification va être influencée par le mode de parentalité et les impressions que cela nous laisse.
Certain.e.s seront terrifié.e.s à l’idée que leur bébé fasse une fausse route (parfois parce qu’un membre de la famille a vécu un étouffement) alors que d’autres détestent la perspective de nourrir le bébé à la becquée avec des purées.

Il est intéressant de constater que l’alimentation des enfants est un enjeu particulier : forcément, chaque partent souhaitent que son enfant soit « bien nourri ».
Tout va être mis en œuvre pour que ce soit le cas, même parfois en troquant une qualité nutritionnelle pour un constat de quantité.
Un exemple : donner des biscuits sucrés ou ajouter des céréales sucrées dans les panades d’enfants qui n’ont pas faim à certaines heures standards (petit-déjeuner, goûter). L’appétence du sucre va réveiller l’envie… et pourtant, s’ils ne mangeaient pas à la base, c’est qu’ils n’avaient pas faim.

Entrons dans le vif du sujet, comme bon nombre d’enfants n’ont pas d’attirance pour la nourriture vers 6 mois, il est possible de leur voir proposer toutes sortes de petits snacks souvent sucrés.
Vers 12 mois, ils auront déjà expérimentés des journées avec appétit et sans.

Les bébés et les enfants sont très sensibles à leur satiété. Or, ce n’est pas toujours le cas pour les adultes dont les signaux de faim ont été bafoués, voire qui ont développé des TCA.

Donc, les adultes s’attendent à ce que leur enfant mange tous les jours plus ou moins la même quantité et découvre des aliments sans retour en arrière.

Ah, que je me souviens mon humeur joyeuse devant ma fille engouffrant du céleri-rave parfumé au romarin ou encore dévorant de la courgette au curry et lait de coco.
Et tu sais quoi… les poussées dentaires et le ralentissement (normal) de sa croissance ont fait leurs œuvres : elle mange très peu depuis plusieurs mois, sauf rares journées.

L’alimentation des bambins est loin d’être linéaire : le fruit ou le légumes préféré peut être délaissé du jour au lendemain (surtout juste après avoir fait des courses), les heures de sentiment de faim peuvent varier, tout comme les heures de sieste.
A un moment, ils mangeront énormément et le lendemain, une bouchée à peine franchira les lèvres du bambin.

Ces changements d’attitude sont déconcertant pour les parents, et chacun use (ou est tenté d’user) de subterfuges plus ou moins originaux pour inciter les enfants à manger.
Parfois, cela amènera les parents à de grandes inquiétudes voire à des agacements complets, puisqu’ils ne comprennent pas ce revirement de situation.
Certains pourront croire qu’il s’agit de caprice (je parle de la gestion des « caprices » dans cet article) et seront tentés de forcer l’enfant à goûter.

Une autre stratégie serait de proposer tous les aliments possibles des plus ou moins sains afin que l’enfant mange quelque chose, quoi que cela soit.

Le fait est que l’énervement au moment des repas est vecteur de stress pour les enfants. S’ils perçoivent trop d’enjeux sur une situation (ici, l’alimentation), il y a fort à parier que différentes attitudes contreront cela. Plus les réactions d’énervement et d’angoisses seront perceptibles, moins les enfants seront intéressés par ce moment de la journée.
Inversement, certains enfants verront que leur appétit aiguise la joie et la satisfaction de certains parents. Ces bambins-là peuvent développer une attirance particulière par rapport à la nourriture qu’ils penseront capables de mettre leur entourage en joie.

Ces deux polarisations d’attitudes laissent place à tout un continuum et aux exceptions. Le trait est grossi afin de percevoir les mécanismes qui peuvent être à l’œuvre.
Le fait est que, pour la majorité des parents, l’alimentation est loin d’être facile tant pour eux que pour leurs enfants (P.S. : je n’échappe pas à la règle!).

Il s’agit d’une expérience de lâcher-prise exceptionnel : les parents proposent des aliments sains et les enfants disposent !
Cela devrait être d’une simplicité sans faille… Et pourtant, il est peu aisé de rester de marbre devant un bambin repoussant son assiette avec dégoût et vigueur.
D’autant plus que ledit repas aurait été préparé avec amour et avec des ingrédients connus pour être aimés du/des enfants concernés.

Je l’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi », l’égo se fraie une certaine place au sein de la tâche de nourrissage. Il n’est pas rare d’entendre des parents se lamenter que les enfants n’honorent pas leurs assiettes composées avec amour… Comme si, en n’ayant pas faim, ils trahissaient l’amour parental.

Dis comme cela, il paraît évident que cela n’a rien à voir.

Mais c’est d’autant plus difficile que les enfants grandissent. Au départ, ils vont refuser par aversion d’un nouvel aliment ou parce que la forme/la texture leur déplaît (dit une maman qui a une enfant qui n’aime que fruits entiers et non tranchés). Ensuite, ils peuvent refuser de manger car ils perçoivent l’attente énorme qui pèse sur leur attitude face à la nourriture. Enfin, comme le nécessaire « non » et son effet efficace sur l’entourage, le refus de manger peut aussi signifier un climat de tension qu’il perçoit.

Mais alors, que faire lorsqu’un enfant « ne mange rien » ? Et à l’inverse, quand un enfant peut manger continuellement ?

 

Concernant les enfants qui mangent peu, il est indispensable d’avoir quelques informations clés :

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la croissance des enfants

Elle est phénoménales la première année de vie, ralentit déjà énormément la seconde et encore plus la troisième. Ainsi, les besoins énergétiques sont un peu moindre. Il n’est donc pas étonnant que l’appétit se freine un peu.
Il est estimé que les besoins énergétiques des enfants sont de 100kcal/kg jusqu’à 10kg + 50kcal/kg ensuite : soit 1100kcal pour un bambin de 11 kg.

les poussées dentaires sont extrêmement douloureuses

Même si ton enfant ne changent pas d’attitude, il est possible que le seul signe tangible soit une perte d’appétit.
Aurais-tu envie de manger pendant une rage de dents ?
De plus, leurs gencives percées ou irritées sont douloureuses au contact de certains aliments. La mastication peut leur être insupportable. Te souviens-tu de la sortie de tes dents de sagesse ?

Tiens, est-ce qu’il/elle accepte encore de se laver les dents ? C’est aussi une des raison du refus catégorique. Je connais une jeune fille qui a fait grève de la brosse à dents pendant 4 mois parce qu’elle avait une dent qui sortait toutes les 2 semaines.
Si tu crains l’absence de lavage de dents, je te suggère cet article sur l’hygiène des enfants (« ton enfant fuit le bain ? ») qui contient pleins de trucs et astuces.

 

 

L’ambiance lors des repas / dans la famille

Le repas est un moment où les adultes se retrouvent pour échanger. Souvent, le moment à table sert d’opportunité afin de pouvoir combler ce besoin de connexion entre les membres de la famille.

Les parents espèrent souvent que l’ambiance sera calme pour discuter tous ensemble.

Le fait est que c’est une possibilité récurrente, une fois que l’enfant a atteint 4 ou 5 ans.
Avant cela, la gestion des repas peut parfois être chaotique si on la compare à un calme repas entre adultes (qu’on apprend à savourer d’autant mieux!).
Le problème de cette configuration, c’est qu’un bambin, ça veut explorer le monde, bouger, gigoter et parfois, ça n’a pas un grand appétit.
S’attabler implique de rester figé.e… Or, parfois, les adultes ont demandé aux enfants d’interrompre une tâche (un jeu, selon la perception adultiste), ce qu’ils ne souhaitaient pas forcément.

Les adultes aiment débriefer leur journée, faire part de leurs ressentis et parfois même, le repas se trouve être un moment de grandes discussions profondes.
Si tous les individus attablés s’entendent bien, tout se passe pour le mieux (la plupart du temps). S’il y a des conflits (latents ou ouverts), la situation devient vite insupportable. L’ambiance autour des repas devient alors pesante et les enfants sont de véritables éponges : ils peuvent alors tout faire pour éviter de se retrouver dans ce contexte tendu.

Dès lors que des résistances émergent au moment des repas, cela peut créer des tensions qui vont se maintenir dans le temps si l’on n’y prend pas garde. En effet, s’énerver parce qu’un enfant ne tient pas en place, pousse son assiette, n’a pas faim, ne veut pas goutter, et autres attitudes banales des 1-3 ans, va générer une ambiance détestable au repas.

Bien entendu, l’énervement des parents en fin de journée est compréhensible puisqu’ils ont une moindre tolérance avec la fatigue qui les habite.
Cela veut dire qu’il est nécessaire d’adapter son organisation familiale afin de ne plus être confronté à ce type de situation : faire manger les petits enfants avant les parents, être plus flexible sur le lieu du repas (sur la table basse, debout, …), anticiper et avoir une portion de repas déjà prête, si l’appétit de l’enfant est précoce par rapport aux horaires de repas collectif, etc.

Il est parfois étonnant de constater que son enfant a faim à 17h45 mais plus du tout une heure plus tard.

Le pire pour les parents : le rythme et les besoins des enfants évoluent constamment. Il se peut que certain.e.s soient « réglé.e.s » mais ce n’est pas du tout la majorité !
La plupart des enfants dorment à des heures différentes quand ils ont 11, 14 ou 20 mois. Ils n’ont pas faim aux mêmes heures, ils n’ont plus non plus la même appétence pour des aliments jusqu’alors adorés.
Bref, le rôle des parents est d’observer, de proposer et de faire confiance aux enfants. Seuls eux savent réellement ce dont leur corps a besoin.

 

La qualité des ingrédients proposés

J’imagine déjà les levées de bouclier : « On ne peut pas laisser les enfants choisir ce qu’ils mangent, sinon, ils ne mangeraient que les gâteaux, des pâtes et des saucisses ! ».

C’est un fait : ces aliments ont un potentiel appétant très élevé, comme tout ce qui est très sucré, salé et gras.
Je pense que tu peux saisir facilement la frénésie gustative qui s’enclenche face à certaines préparations comme les chips, les bonbons ou autres artifices industriels. Tout d’un coup, il n’est plus vraiment possible de s’arrêter d’en manger, sauf si on intellectualise la dégustation dès le départ.

C’est comme ça : le corps réagit avec des shoot de dopamine face à ces expositions sensorielles… et cela a un goût de reviens-y !

Le problème, c’est que les enfants n’ont pas la pondération qu’ont la plupart des adultes…
Une fois qu’ils affectionne une mixture alléchante, ils vont la demander régulièrement.
En plus de cela, leur mécanisme de régulation de la satiété peut être altéré par le sucre, notamment.
Ce n’est pas pour rien que tous les en-cas industriels pour enfants sont de natures sucrés. Ils plaisent… et la séduction des industriels commence dès la diversification (au grand damne de l’OMS, j’en parle plus loin).

La plupart des enfants goûtent rapidement des biscuits « pour bébé », qui contiennent d’ores et déjà du sucre raffiné :

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Voici la composition des HIPP « Mon premier biscuit » :Farine de froment* 76%, sucre*, huile de coco*, lait écrémé* en poudre, poudres à lever (hydrogénocarbonate d‘ammonium, hydrogénotartrate de potassium, hydrogénocarbonate de sodium), émulsifiant (lécithine de tournesol), arôme naturel de vanille, vitamine B1.

Ce produit est la parfaite piqûre de rappel : biologique ne veut pas dire composition nutritionnelle intéressante…
Un autre exemple, moins clair à décrypter : les galettes de riz pour bébé, aromatisées et « sans sucre ajouté ».

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En effet, sans sucre raffiné… Mais le sirop de pomme concentrée a exactement le même effet métabolique.
Bref, comme je l’explique en long et large dans cet article sur l’alimentation familiale, il est indispensable de lire les étiquettes et de ne pas se laisser berner par les inscriptions élogieuses à l’avant du paquet.

Il est évident que les enfants vont adorer ce genre de faux-aliment.
Il n’est pas rare d’entendre : « c’est mieux que rien ! ». Or, c’est vraiment une perception adultiste de croire qu’un biscuit vaut mieux qu’un ventre vide.

Les enfant qui ont faim mangent ce qu’ils ont autour d’eux comme aliment sain : fruits frais et secs, crudités, restes de repas apprécié, oléagineux, pains aux céréales et à la farine complète, …
Des enfants (et des adultes) qui n’ont pas faim pourront tout à fait ingurgiter des sucreries/en-cas salés et gras par plaisir gustatif. Il s’agit donc de barrer la route à la sensation réelle de faim.
Il peut alors arriver que les enfants réclament constamment des gâteaux ou des bonbons, quelque soit le moment de la journée… Et certains en viennent même à refuser de manger des aliments plus « fades » (comprends, nature et sans additif).

 

Mais alors, me dirais-tu, il faut interdire le plaisir gustatif aux bambins ?

Que nenni !

Cependant, il convient de définir ce qu’est le plaisir gustatif.

En tant qu’adultes, il est usuel que les « petits plaisirs » soient des produits catégorisés comme trop salés, sucrés et/ou gras (souvent 2 en même temps).

Or, en tant lorsque les enfants ne sont pas exposés à ces aliments-là, ils peuvent prendre énormément de plaisir à manger des fruits secs, des graines/oléagineux, des tartines de pain enduites de beurre/beurre de noix. C’est notre perception d’adulte qui nous laisse croire que c’est moins intéressant. En réalité, ces aliments ont l’avantage d’être réellement nourrissant et vecteur de plaisir gustatif.
Spoiler : ça peut aussi être le cas pour des adultes qui auraient décidé de ne plus abreuver leurs corps avec des préparations industrielles.

C’est pour cette raison qu’il est profitable pour ces enfants de ne pas avoir leur goût altéré par les multiples propositions industrielles. « La préférence pour le goût sucré observée à la naissance s’estompe relativement dans la petite enfance, mais reste forte dans l’enfance et l’adolescence, puis elle diminue à l’âge adulte. Dès la petite enfance, des expériences répétées avec des aliments sucrés renforcent leur attractivité. » source: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0007996008715566
Mais aussi :

« Dès la naissance, la stimulation sucrée provoque une réaction de plaisir. Elle peut aussi engendrer une diminution dela douleur chez le nouveau-né. Le sens du goût joue alors un rôle déterminant dans le pouvoir analgésique du sucre. Chez l’enfant, la sensibilité au sucre tend à augmenter avec l’âge alors que les préférences pour cette saveur diminuent globalement. À l’inverse, le plaisir pour l’amertume apparaît tardivement, et augmente progressivement puis se stabilise à l’âge adulte. Le sucre est communément jugé responsable de la prise de poids des enfants et des adolescents; afin d’en limiter l’accès, des règles strictes de restriction de consommation de sucre sont parfois imposées par l’entourage. Or, ces règles peuvent avoir un effet néfaste si elles sont perçues par l’enfant ou l’adolescent,comme étant restrictives. » source: http://psychologue-surpoids-paris.fr/images/prensentation/archped_2008.pdf

Si tu as envie de connaître les alternatives aux goûters sucrés industrielles, je te renvoie à nouveau vers cet article.

Enfin, je te conseille le visionnage de ce reportage Arte : «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– le mimétisme avec les adultes

Encore une fois, c’est inévitable : les enfants imitent ce qu’ils voient au quotidien. Les enfants mangeront rarement avec appétit s’ils ne voient pas ces mêmes aliments dans les assiettes de leurs parents. Il peut en être autrement s’ils sont gardés en collectivité.
Globalement, il est difficile de proposer aux enfants une alimentation saine sur le long terme si les adultes sous le même toit ne partagent pas ces habitudes alimentaires.
La connaissance de l’alimentation n’est pas promue par les industriels, loin s’en faut !

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous avec une diétécienne/nutritionniste afin d’en apprendre plus sur l’alimentation. Cela sera l’occasion de découvrir des recettes inédites et d’ouvrir des perspectives alimentaires.

 

– le mode de cuisson des aliments

Il est fréquent que les recommandations aillent dans le sens d’une cuisson à la vapeur des aliments. En effet, elle est connue pour préserver la saveur et la qualité nutritionnelle des aliments.

Cependant, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas proposé des aliments cuits différemment.

Un légume rôti au four n’aura pas du tout le même goût. Les saveurs seront concentrées.
Il est aussi possible de leur concocter des mijotés savoureux, parsemés d’épices et herbes diverses et variées.

Ose proposer diverses préparations, afin de casser la monotonie (et de profiter du confort de faire le même repas pour toute la famille!) !

 

– la forme des aliments

« Sacrilège, j’ai coupé sa nectarine ! »

Voilà ce que j’ai pu me dire quand j’ai vu ma fille grimacer devant ce fruit qu’elle apprécie pourtant.

Et cela vaut pour la plupart des autres aliments. Certains enfants ont besoin de voir l’entièreté de l’aliment pour être sûre de quoi il s’agit (#tomatecerise). Ensuite, la découpe peut altérer la perception gustative : l’effet en bouche n’est pas le même si l’on mange des lamelles de pommes ou si on croque dedans à pleine dent. La dispersion des saveurs dans la bouche est différente, tout comme les sensations à la mâche et l’appétence visuelle.
Alors, il vaut mieux diversifier également le type de présentation des aliments. Après tout, ce n’est pas compliqué de faire moins de découpe !

 

Écouter les signaux de faim : les effets de la surabondance alimentaire

Il est usuel que les prescriptions pédiatriques abordent les quantités à proposer à chaque repas : 200g de purée ceci, 250g de compote de cela, des biberons de X ml en fonction de l’âge, etc.

Toutes ces prescriptions sont à l’opposé de l’alimentation à la demande. Les enfants nourris au sein n’absorbent pas la même quantité de lait à chaque tétée. Le nombre de tétée n’est d’ailleurs pas défini mais dicté par les besoins des enfants.
En Diversification Menée par l’Enfant (que j’aborde dans l’article « Bébé, que manges-tu ? »), les jeunes enfants choisissent eux-même ce qu’ils mangent et en quelle quantité.
Serait-il ainsi étonnant de savoir que ce sont les industriels qui produisent majoritairement les recommandations alimentaires … ? Il est aisé de constater que la plupart des tableaux présentant la diversification soient édités par les industries agro-alimentaires de la « nutrition » infantile. Bledina, Gallia, Nestlé et autres sont d’excellents communicants. En outre, ils ont les moyens de dépêcher des délégués commerciaux apportant aux pédiatres/médecins lesdits tableaux à mettre dans leur salle d’attente.

Il s’avère qu’un rapport de l’OMS datant de 15 juillet 2019 met en évidence comment les aliments destinés aux bébés ont des teneurs en sucre trop élevé et qu’ils sont commercialisés de manière inappropriée.

« De manière inappropriée » concerne le fait que les tranches d’âge concernée ne sont pas correctement communiquées ni ciblées.

Ensuite, il apparaît que le nourrissage des enfants des enfants via ces purées industrielles engendrerait, à terme, une suralimentation.
D’une part, parce que la quantité d’aliments (donc, de kilocalories) est plus importante dans un purée que dans des aliments en morceaux. Il est d’ailleurs simple de faire la comparaison : combien de pommes sont consommées en compote vs en pomme crue, déjà pour les adultes ?
L’absence de mastication et composition en fruits/légumes uniquement cuits favorise une suralimentation par rapport aux besoins réels de l’organisme.
De plus, les recettes industrielles ont pour vertu d’être particulièrement plaisante au palais des petits. Les mélanges de saveur ne leur permettent pas de découvrir le goût d’un aliment séparés des autres. Des additifs et des arômes sont également ajoutés de manière à masquer certains aliments moins doux.

Dans certaines structures collectives, les puéricultrices usent de techniques interpellantes pour aiguiser l’appétit des enfants : au lieu de leur faire confiance concernant la transition du lait vers une alimentation solide, il est proposé aux enfants des purées dans lesquelles ont été ajoutées des céréales pour bébé.
Comme les biscuits, en Europe, ces céréales contiennent énormément de sucre et des arômes, principalement de vanille.
Pourquoi ?
Parce que la vanille est la saveur avec un pouvoir appétant chez l’ensemble des mammifères. Il n’est donc pas étonnant que ce soit le parfum de crème dessert, crème glacée et arôme le plus vendue.

 

– les carences alimentaires et pertes d’appétit

Certaines carences alimentaires ont pour symptôme une perte/un faible appétit, comme le fer. Parfois, il est nécessaire d’écarter les causes métaboliques par une prises de sang.
Cependant, il ne s’agit pas de l’unique élément du tableau clinique et « le manque d’appétit » est insuffisant pour estimer une carence.

– la néophobie alimentaire

Elle survient souvent aux alentours du deuxième anniversaire.
« La néophobie alimentaire est un sentiment de peur face à de nouveaux aliments. Les enfants présentent alors une grande réticence à goûter les mets inconnus et ont tendance à trouver mauvais tout nouvel aliment qu’ils acceptent de goûter » source : les petits mangeurs http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/

C’est une des raisons qui peut amener les enfants à réduire leur bol alimentaire et à s’avérer sélectifs.
Cependant, il semble de plus que plus les enfants aient consommé une large variété d’aliments pendant la phase d’ouverture, moins ils se montrent néophobes lors de la phase de fermeture.
Pendant la phase d’ouverture, de 6 mois à cette phase de refus qui survient chez 3/4 des enfants, il convient donc de proposer moult plats, aliments, épices et préparations différentes !

Il est indispensable de comprendre pourquoi la néophobie alimentaire survient : il s’agit d’une attitude qui n’apparaît pas uniquement chez les humains.
Il s’avère que la prise d’autonomie joue un rôle prépondérant dans cette attitude qui a pour objectif de protéger de l’empoisonnement. En effet, lorsque les enfants sont capables d’aller se servir eux-mêmes, d’ouvrir les placards et d’aller cueillir des baies diverses et variées… Mieux vaut qu’ils n’aient pas envie d’avaler ça sans y regarder à deux fois.

Ton enfant est en pleine néophobie alimentaire ?
Voici quelques conseils issus des « petits mangeurs » :

« La familiarisation : Il faut présenter plusieurs fois un aliment aux enfants, et ce, même s’il n’a pas été bien reçu la première fois. Soyez patient, le processus peut parfois s’avérer très long et demander de 15 à 20 expositions. Attention! Il ne faut toutefois pas saturer les enfants de ce plat! Il est préférable de présenter les mets rejetés environ une fois par mois. Les enfants apprécient les aliments qu’ils connaissent et ils connaissent ceux qu’ils voient souvent. À l’inverse, moins un aliment est familier, plus il suscite de la méfiance.

Même présentation : Présenter les aliments moins appréciés toujours sous la même forme permet aux enfants de se familiariser avec ces mets et d’avoir des points de repère (références stables). En effet, si un aliment se trouve sous diverses formes ou préparé selon différentes méthodes culinaires d’une fois à l’autre, il sera perçu comme nouveau. Une fois les enfants familiers avec cet aliment, les fantaisies deviennent possibles.

Cadre facilitant : Faites en sorte que le climat du repas soit agréable et ne forcez pas les enfants à manger. Les enfants ont tendance à associer le contexte de consommation à l’aliment. Ils doivent garder un souvenir positif du repas si on veut qu’ils soient tentés de répéter l’expérience. En cas de chicane, de pression ou d’autres événements désagréables, les chances sont minces qu’ils changent leur attitude à l’égard d’un aliment.

Modèles : Montrer l’exemple en mangeant le nouveau mets avec enthousiasme. Les enfants acceptent en général plus facilement de goûter de nouveaux aliments en présence d’adultes ou d’amis qui les apprécient. Cela contribue à piquer leur curiosité et à les rassurer (les autres en mangent et sont toujours vivants!).

Participation des enfants : Faites des activités sur le thème de l’alimentation avec les enfants : cuisiner, faites un potager et des dégustations, etc. En étant en contact avec les aliments de diverses façons, les enfants se familiarisent avec eux et les acceptent plus facilement, surtout ceux qu’ils manipulent. Il en va de même quand on implique les enfants  au moment de la planification des menus, ce que les parents peuvent faire à la maison. La participation des enfants ne garantit pas une diminution de la néophobie, mais elle ne peut pas nuire. Quoi qu’il en soit, les activités autour des aliments sont de multiples occasions pour éduquer les enfants et avoir du plaisir avec eux!

Le bon vocabulaire : Mettez des mots sur les aliments, sur leur description et sur leur provenance. Faites des dégustations et dites pourquoi un mets vous plait ou non. Les enfants se familiariseront avec les aliments et seront plus en mesure d’identifier ce qu’ils apprécient ou non, d’exprimer leurs goûts et d’adopter une attitude nuancée (moins néophobique) lorsque de nouveaux plats sont servis.

Gratification des efforts : Félicitez les enfants lorsqu’ils goûtent de nouveaux mets ou des aliments moins appréciés. En voyant leurs efforts reconnus, les enfants seront plus motivés et tentés de renouveler l’expérience. »

Tu trouveras également d’autres explications (différences entre néophobie et hyper-sélectivité, notamment) ainsi que d’autres conseils sur : https://www.mpedia.fr/art-mon-enfant-est-difficile/

 

Pour résumé, les prescriptions de quantité alimentaires n’ont aucun intérêt que ce soit pour les enfants ou les adultes.
Les petits savent gérer leur satiété de manière autonome s’ils ont en face d’aliments bruts préparés sans ajout de sucre.

Tant que les enfants sont en forme, plein de vie et suivent, globalement, leur courbe de croissance, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si ce sont des « petits » mangeurs. Je t’invite d’ailleurs à éviter de te répéter et de lui dire que c’est un « moineau » ou qu’il/elle ne mange rien.
Les mots ont un pouvoir qui dépasse largement ce que nous pouvons croire : je t’en parle d’ailleurs dans cet article « mais qu’est-ce que c’est que ces maux/mots? »

 

Les troubles de l’oralité :

Une autre raison peut pousser les enfants à manger peu, voire pas du tout : la présence d’un trouble de l’oralité.
Il s’agit de difficultés voire d’une impossibilité pour les enfants de se nourrir correctement. Il peut y avoir plusieurs sources dont la présence de freins de langue, des problèmes de mobilités des mandibules mais aussi une hypersensibilité sensorielle.
Si tu te questionnes sur la question, je te propose l’interview d’Allison Ricaud, Orthophoniste.

Et si tu veux en savoir bien plus concernant les prises en charge de ces troubles par les orthophonistes (logopèdes, en Belgique et en Suisse), voici un mémoire passionnant.

Il est indispensable de garder en tête que les apports nutritionnels fournis par le lait sont primordiaux jusqu’à deux ans.
L’allaitement des bambins et des enfants est un phénomène normal chez l’être humain, pour autant qu’un sevrage n’ait pas été induit (si tu veux aller jusqu’au sevrage naturel, voici un article qui t’y aidera pour contourner tous les freins à l’allaitement).
La Leche League te propose aussi un article sur la perception sociale et le vécu de l’allaitement au-delà de 3 ans.

Une étude a pu démontré que, pendant la préhistoire, les petits d’humain pouvaient rester en santé grâce à l’allaitement et malgré la variation de la disponibilité alimentaire. De quoi se rassurer, quand ils ne prennent que du lait au moment d’un des repas de la journée.

Il fut également constaté que l’allaitement non-écourté a permis à l’homo sapiens de perdurer comparativement à d’autres branches des homo dont l’allaitement était plus court.
Cela met bien en évidence le rôle des apports nutritionnels du lait maternel pour les bambins.

 

Ces informations permettent de lâcher-prise par rapport aux quantités d’aliments solides ingurgitées.

D’ailleurs, plus tu lâcheras prise et mettra peu de poids dans le rôle de l’alimentation au quotidien, plus ton enfant pourra manger sans percevoir qu’il s’agit d’une victoire pour toi.
N’oublie pas que les tout-petits n’ont que peu d’axe de réel contrôle : l’alimentation et leurs sphincters sont, par contre, totalement hors de notre portée.
A nous, parents, de pouvoir le comprendre, l’accepter… et leur laisser l’espace d’être.

 

Concernant les enfants qui ont un appétit gargantuesque : jamais rassasié et toujours à réclamer à manger, ton enfant ne se fait pas prier pour manger. Mais c’est presque trop à ton goût… Alors pourquoi ce rapport à la nourriture ?

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– Cibler les moments de fringales

Il est intéressant de constater à quelles heures ton enfant démontrent de la faim. Est-ce juste avant les repas ? Au goûter (qui sont alors volumineux) ? Au milieu de la matinée ?

En plus de cela, il faudrait observer ce qui précède les demandes de nourriture.
Est-ce que cela suit une émotion forte ? Est-ce le cas en rentrant d’un mode de garde collectif ? Est-ce pendant les repas qu’il/elle mange énormément mais pas en dehors des repas ? Est-ce après une activité physique assez intense ?

* la soif

Aussi étonnant cela puisse paraître, parfois, l’envie de manger/une petite faim peut être générée par un début de déshydratation.
Quand une fringale survient, il est possible de proposer un verre d’eau en première intention. Pour les enfants allaités, le sein continue d’être proposé à la demande… Mais j’ai souvent plus de retours comme quoi la demande ne se fait pas attendre. Il faut rappeler que les besoins nutritionnels sont encore comblés entre 50 et 33 % par le lait (maternel ou PCN) durant la deuxième année de vie.

* le besoin d’attention

Se peut-il que ton enfant te demander à manger car il sait que grâce à cela, il va monopoliser ton attention ?
Tout petits, rares sont les enfants à même de manger sans en mettre partout. Les parents restent alors, pour la plupart, proches d’eux et prêts à essuyer ce qui déborde. Ils sont donc bien présents à leurs enfants.
Se pourrait-il que tu sois dans une période où tu es très occupée (physiquement ou émotionnellement) ou souvent sur écrans ?

* la gestion émotionnelle

Il est connu que le goût sucré agit comme analgésie chez les enfants. D’ailleurs, l’allaitement maternel peut être utilisé comme analgésie (je te renvoie vers un article : « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement »).
Alors, il se peut que les enfants ressentent le besoin de se rassurer et de se calmer par l’ingestion d’aliments. La mastication et l’ingestion permettent une forme de réassurance et d’apaisement.

Si tu perçois que ton enfant demande à manger après des situations qui peuvent être sensibles émotionnellement, tu peux lui proposer une alternative basé sur des exercices de relaxation… et lui offrir ton attention pleine.

 

– Le choix des aliments proposés

Je l’ai mentionné dans le chapitre précédent, mais il est bon de rappeler les aliments à disposition conditionnent le rapport à leur ingestion.
Des aliments avec un potentiel appétant très élevé seront mangés avec voracité, pendant que d’autres aliments sont goûtés avec peu d’entrain.

Afin que ton enfant conserve un rapport sain avec son sentiment de satiété, il est nécessaire que les aliments proposés ne contiennent pas de sucre ajouté (sous toutes ces formes : sucre, sucre de canne, sirop de riz/maïs/blé/agave/noix de coco/…) ou alors juste exceptionnellement.

Il en va de même avec les aliments très gras et salé, comme les chips ou biscuits apéritifs, qui sont dévorés sans appétit.

Je te suggère le visionnage de ce reportage Arte :  «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– l’accès aux nutriments nécessaires

Dans le même axe de ce que je précise ci-dessus, il est nécessaire que les aliments soient le plus bruts possibles : c’est-à-dire, qu’ils soient « natures » et non transformés ou déjà assaisonnés à l’achat.
La plupart des produits transformés ont déjà perdu une grande quantité de leurs apports nutritionnels.
Les enfants (et les adultes) peuvent alors ingurgiter de grande quantité afin de combler leurs besoins métaboliques en vitamines et minéraux.
C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de choisir des aliments bruts et les cuisiner soi-même, tout en conservant certains aliments crus (fruits et légumes) afin de ne pas détériorer certaines vitamines sensibles à l’oxygène et au traitement thermique.

Par exemple, une pêche, des fruits rouges, un kiwi ou encore un bout de poivron seront plus riches en nutriments en restant cru.

 

– Le sentiment de satiété

La satiété est une impression d’être rassasié.e après une prise alimentaire. Elle est au cœur de la gestion des prises alimentaires.

Plusieurs éléments l’impactent, les plus connus sont la mastication et la présence de fibres dans les aliments ingérés.

La mastication engendre, après 15 à 20 minutes, la libération d’un neurotransmetteur : l’histamine. Cette dernière va envoyer le signal comme quoi le rassasiement est suffisant. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de prendre son temps pour manger. (source: http://agro-info.fr/2015/10/20/mastication-et-satiete-role-dans-le-risque-dobesite/ )
Si ton enfant mange très vite, il serait opportun que tu te penches sur la texture de son alimentation. Il convient alors de proposer des aliments qui demandent à être mâcher réellement.

Ensuite, la présence de fibre dans l’alimentation permet à ce que l’estomac se remplisse avec une densité calorique équilibrée. Souvent, cela va de pair avec le fait que les aliments soient bruts et non industriels. Même l’industrie agro-alimentaire souhaite nous faire croire l’inverse avec son allégation « Riche en fibre » que l’on retrouve sur certains packagings.
De plus, Les fibres alimentaires ont de moult avantages pour la santé en générale. Je te suggère fortement d’aller lire cet article pour en savoir davantage sur les fibres alimentaires solubles et insolubles.

 

– les dépenses énergétiques

Parfois, il est difficile de le percevoir en tant qu’adulte mais … Les enfants ont une dépense énergétique largement supérieur à la nôtre ! Non seulement ils sont en croissance mais en plus de ça, ils passent leur journée à apprendre/maîtrise de nouvelles compétences (et le cerveau est le plus grand consommateur énergétique du corps) mais aussi à sauter, courir, ou bouger dans tous les sens.

L’expression motrice dépend fortement des enfants et de leur tonicité. Certains ont des activités plus calmes et posées pendant que d’autres adorent escalader tous les meubles et courir dans tous les sens.
Les besoins énergétiques dépendent de la dépense !

Les enfants vivent des pics de croissance pendant lesquels ils vont augmenter leurs apports alimentaires. Tout comme ils peuvent se réduire naturellement lors des ralentissements de croissance. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter particulièrement des pertes ou augmentations d’appétit temporaires.

 

– le contexte des « récompenses » alimentaires

Le rapport à l’alimentation peut également être modifiée par le contexte dans lequel les enfants sont nourris.
Mange-t-il systématiquement en voiture, parce que ça le calme?
Mange-t-elle devant un écran, absorbant sa capacité attentionnelle ?

Mangent-ils avec appétit… Parce que tu es ravi.e de constater le bon coup de fourchette qu’ils ont ?

Il est aussi possible les produits appétants deviennent une récompense : « tu as été gentil aujourd’hui, alors tu auras une glace ! » ; « Si tu es sage, tu auras une sucette ! » ; « Tiens-toi tranquille dans ta poussette, prends un bout de pain ! ».

Cela paraît étonnant, mais voilà comment il est possible de conditionner le rapport à la nourriture : dans une situation donnée, les enfants attendent de la nourriture voire un aliment spécifique.
Et il n’y a rien de plus difficile que d’éteindre un conditionnement ancré depuis la prime enfance.

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source: https://www.planeteanimal.com/le-chien-de-pavlov-en-psychologie-experience-detaillee-2170.html

 

l’attitude des parents face à l’appétit

Ah, la statut de parents nourriciers, quel bonheur ?!
Le fait est que le petit humain n’est pas autonome avant quelques mois. Il dépend de nous afin d’être alimentés avec justesse.
L’histoire de chacun étant spécifique… et nous avons presque tou.te.s un rapport particulier à la nourriture. Pendant que certain.e.s la voient comme un carburant, d’autres la perçoivent comme une source récurrente de plaisir ultime.
La sensation de satiété est ressentie de manière très différente chez chacun…
Il est possible que ça ait un lieu commun avec l’attitude parentale et le cadre de nourrissage lors de l’enfance.
Avais-tu des parents gourmands qui se réjouissaient de te voir manger ?
Avais-tu des parents contrôlants qui t‘interdisaient les sucreries ?

Avais-tu des parents peu présents qui te laissaient autonomes dans ton alimentation ?

Il est possible que ce contexte ait des répercussions aujourd’hui, pour toi, et que cela conditionne ton rapport à l’alimentation de ton enfant.

Idéalement, il faudrait rester neutre face au refus des enfants et resservir les enfants qui ont faim sans faire de commentaire ni désobligeant ni encourageant.

 

l’influence hormonale sur la sensation de faim

Connais-tu le phénomène d’hyperthyroïdie ? Il s’agit d’un dérèglement de la glande thyroïde qui engendre, notamment, une accélération du métabolisme débouchant sur une augmentation de la sensation de faim… sans que l’individu ne prenne de poids.
Il s’agit d’une des causes qui peuvent expliquer le volume des prises alimentaires.

Elle n’est pas la seule et il pourrait être intéressant de faire un bilan hormonal à un enfant qui engouffre une grande quantité de nourriture, sans prendre de poids.

 

– Craindre l’obésité ?

Avoir un.e enfant qui mange en quantité, cela a le don de rassurer les parents… Jusqu’à ce que la silhouette commence à s’arrondir réellement (c’est-à-dire, au-delà des rebonds d’adiposité qui ont lieu à différents moments lors de la croissance).
Il est impossible d’ignorer l’épidémie d’obésité mondiale et la surcharge pondérale d’une grande partie de la population.
L’obésité infantile est une vraie question de santé publique… https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood/fr/
Dans cet article, l’OMS précise les raisons pour lesquelles l’obésité tend à se répandre chez les enfants et les adolescents : https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_why/fr/

L’OMS https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_what_can_be_done/fr/ suggère plusieurs recommandations générales :

  • consommer davantage de fruits et de légumes, ainsi que de légumineuses, de céréales complètes et de fruits secs;
  • limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses et réduire la consommation des graisses saturées au profit de graisses non-saturées;
  • limiter la consommation de sucres; et
  • avoir une activité physique modérée à intense, au moins 60 minutes par jour, qui soit appropriée au point de vue du développement et qui implique diverses activités. Davantage d’activité peut être nécessaire pour contrôler son poids

Le choix des aliments et le rythme de vie permettra de restreindre une prise de poids délétère à la santé des enfants.

 

Conclusion 

Tu proposes, ton enfant dispose.
Alors mieux vaut mettre à disposition des aliments qualitatifs et sains !
La plupart des enfants sont en mesure de gérer leur sentiment de satiété.

L’alimentation devrait être une évidence… Et pourtant, malgré la récurrence de cette action vitale, elle est conditionnée, orientée, perçue de manière très spécifique pour chacun.e d’être nous.
Alors, ce que je te propose pour assurer une harmonie familiale et espérer permettre à tes enfants de conserver un rapport naturel à leur satiété : lâche-prise.
Lâcher-prise, ce n’est pas laisser aller.
Lâcher-prise, c’est reconnaître les points où nous n’avons pas de prise. Ce sont ces situations où tenir bon et insister font pire que mieux. Ce sont ces moments très énergivores dont personne ne ressort avec une sensation de détente et une émotion positive.
Si le repas et l’alimentation sont devenus des sources de stress : il est indispensable d’agir là-dessus en profondeur.

Alors oui, il est possible que toi, en tant que parent, tu aies des failles à ce niveau-là.
Des peurs irrationnelles de l’étouffement, des craintes de prises de poids ou, à l’inverse, d’avoir un enfant poids-plus, ce sont des exemples de contexte qui génère du mal-être.
Alors, il peut t’être utile de consulter afin de mettre un peu de sérénité dans ce rapport à l’alimentation.

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N’oublie pas de faire confiance aux enfants pour savoir ce dont ils ont besoin, mais aussi mettre en évidence les sujets pour lesquels nous avons des difficultés.
Ils perçoivent rapidement les endroits où nous réagissons particulièrement et les mettent en lumière.
Avoir des enfants est une formidable opportunité pour affronter ses propres zones d’ombre.
Ils nous veulent sereins, confiants et authentiques.
A nous de travailler pour leur permettre d’avoir ces parents sincères qui leur montrent que le développement de soi ne s’arrête jamais.
Aujourd’hui, tu peux arrêter de croire que ton enfant « ne mange rien ».
Aujourd’hui, tu peux arrêter de compter et craindre les prises de poids.
Aujourd’hui, tu peux décider que ton rôle est de proposer des aliments sains sans te mettre une pression les quantités avalées.

A très bientôt pour une autre lecture, tout en curiosité !

 

Ressources :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/alimentation/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-enfant-defi-alimentaire

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/guide-alimentaire-canadien/ressources/nutrition-nourrisson/nutrition-nourrisson-terme-sante-recommandations-naissance-six-mois/6-24-mois.html

https://www.unlockfood.ca/fr/Articles/Allaitement-maternel/Alimentation-des-nourrissons/Exemples-de-plans-de-repas-pour-les-tout-petits-(d.aspx

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00589514/document

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/comment-se-forment-les-preferences-olfactives-8045.php

https://naitreetgrandir.com/blogue/2012/11/12/faim-de-loup-ou-appetit-doiseau-les-reponses-a-vos-questions/

Maternage proximal·Préparer la naissance

Le temps de l’accouchement

 

Dans un précédent article, j’abordais la notion du temps pendant la grossesse.
Initialement, je pensais rédiger un article sur le rapport au temps avec un nouveau-né… Mais cela sera le suivant de cette série !
J’estime indispensable de se pencher sur l’expérience du temps pendant l’accouchement.

Je dois commencer par faire un disclaimer : bien que j’ai essayé d’être très complète, je ne peux être exhaustive dans l’ensemble des sujets abordés. Je serai ravie que les sages-femmes, gynécologues et toutes les autres personnes le souhaitant ajoutent leur pierre à l’édifice de la connaissance partagée par un commentaire.

Je vais parler ci-après de grossesses et d’accouchements dits « normaux », donc non-pathologiques.
Cela implique que dans ces situations, la mère et le bébé aillent bien et que rien n’indique un problème susceptible de survenir.

Il est évident que tous les signes indiquant une pré-éclampsie, une souffrance fœtale, un retard de croissance intra-utérin et d’autres pathologies tant fœtales que maternelles impactent les prises en charge. C’est tout le même le bonheur de la médecine que de se voir sécuriser dans les cas critiques.

 

Table des matières:

  • Introduction (et story telling)
  • L’accouchement, entre peur et bonheur !
  • Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !
  • Les différents cas de figures de « mise en travail »
  • Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?
  • l’évolution du travail
  1. – la peur de l’accouchement
  2. – les effets du « travail guidés »
  3. – l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )
  • La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement
  • Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?
  • Les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :
  • Faciliter l’accouchement par certaines mesures :
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • La nécessité de l’environnement serein
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • Elles voudraient… mais ne peuvent pas:quand le contexte dirige les actes
  • Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne 
  • Conclusion

 

Introduction

Cependant, plus de 80 % des accouchements se passent bien. Si la médecine permet maintenant de réduire la mortalité maternelle et infantile (voici les chiffres de l’OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality ).
La peur et les risques au cours de l’accouchement sont enseignés dès le départ des études des sages-femmes. L’accouchement est
perçu comme un moment particulièrement à risque, entre la vie et la mort. Les équipes soignantes sont drillées à éviter le moindre risque et à sauver mères et bébés.
Et c’est un bien noble mission d’accompagner les mères à mettre leur enfant au monde…

Les connaissances médicales ont amélioré la prise en charge des pathologies.

C’est ainsi que les mortalités et la morbidités maternelles et foetales ont drastiquement chuté, surtout avec la popularisation des protocoles hygiéniques.
Juste « comme ça », les nombreux cas de « fièvre puerpérale » violentes étaient propagées par les interventions médicales. En effet, passer d’une autopsie à une femme parturiente, sans se désinfecter les mains, n’est pas une idée merveilleuse !

Cependant, les protocoles rigoureux en sont venus à pathologiser la variabilité du « normal »… voire parfois d’induire des complications : l’hémorragie de la délivrance plus fréquente à cause d’un utérus sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse, par exemple.
D’ailleurs, « 
dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort » exprime Marie-Hélène Lahaye dans cet article https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

Alors, d’ores et déjà, il y a un conflit autour de la naissance : la préservation de la vie et la limitation des complications, d’un côté, et le respect des compétences et du ressenti des femmes, de l’autre.
Mais est-ce antinomique ? http://www.slate.fr/story/77870/longue-vie-honteuse-histoire-mortalite-maternelle
Divers rapports mettent en évidence que les accouchements à domicile ou en maison de naissance ne sont pas plus dangereux que les accouchements hospitaliers.
Afin d’entrer dans ce processus de naissance physiologique dans un lieu autre que l’hôpital, les sages-femmes informent rigoureusement les femmes enceintes.
Les naissances dans ces contextes « alternatifs » concernent des grossesses dites normales : aucun signe de pathologie de grossesse, bébé tête en bas, santé maternelle assurée, constantes fœtales normales, pas de grossesse multiple, …
En somme, les principales sources de complications sont soigneusement évitées.

L’accouchement a un statut particulier.
D’une part, il s’agit de l’aboutissement de la grossesse et beaucoup d’inquiétudes parentales se cristallisent dessus. La plupart des préparations à la naissance/à l’accouchement n’ont d’ailleurs comme objectif que de préparer à cet évènement inédit et faramineux. L’allaitement est parfois sommairement abordé, mais la « préparation » se cantonne principalement à l’instant T (qui peut durer 1h ou 72h!). D’autre part, l’accouchement est le début d’un nouveau chemin de vie aérien. Plus rien ne sera jamais comme avant, et il est maintenant nécessaire de prendre en charge ce tout-petit qui jusque là était comblé par son expérience amniotique.

Alors il pose question, focalise les attentions et les couples autant que les soignants tentent de se préparer au mieux.


Petite tranche storytelling :

J’ai fissuré la poche des eaux un samedi vers 15h30. Une fissure tellement fine que j’ai simplement eu des pertes rosées très légères. Mais qui dit pertes rosées, dit probablement présence de sang… Ce qui implique un passage à la maternité pour un contrôle.
A dire vrai, je ne croyais absolument pas que je débutais mon accouchement. J’avais perdu le bouchon muqueux la veille au matin, jour du dernier contrôle prévu avec ma gynécologue. Je n’avais qu’un petit centimètre externe de dilation. Ma gynécologue pariait sur une enfant post-terme car elle était estimée « petite » à ce terme-là : aux alentours de 3,2kg et 48cm alors que je suis une grande perche et Monsieur Donneur aussi.

Mais voilà, contrôle effectué à 22h (oui, j’ai pris mon temps, il ne faut pas rire : je n’allais pas me faire enfermée trop vite pour « rien »), c’est bien du liquide amniotique (en quantité infime). Je suis donc assignée au « quartier de naissance » jusqu’à la naissance de ma fille !

J’étais plutôt sereine, j’attendais dans l’enceinte hospitalière que mon travail veuille bien se mettre en route. J’étais persuadée que la nuit apporterait son lot de contractions. Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller après quelques heures de sommeil, sans le moindre signe de travail.

Mon corps ne semblait pas pressé à se séparer du fœtus qu’il abritait et moi, j’étais tranquille (bien que je rêvais de pouvoir me promener dehors… ce qui est interdit pour des raisons d’assurance!).

Mais il s’avère que le temps presse, une fois que la poche est percée… Les gynécologues mettent une deadline pour éviter les potentielles infections. Outre le début de l’antibiothérapie (d’autant plus que j’étais positive au dépistage des streptocoques du groupe B), la deadline est le déclenchement du travail. Ce qui n’est plus dans l’optique d’un accouchement physiologique…
J’ai vécu cette deadline comme une réelle pression. Chaque heure en l’absence de contraction m’angoissait. Je craignais de finir avec une césarienne d’urgence sous anesthésie générale, bref… Ce fut la ronde des scenarii catastrophes dans ma tête.
Heureusement, l’équipe de sages-femmes présente fut fantastique. Grâce à une séance d’hypnose, j’ai pu redescendre émotionnellement. Ensuite, elles ont tenté d’induire le travail grâce à de l’homéopathie ainsi que des massages avec une synergie d’Huiles Essentielles spécialement dédiée aux accouchements (sauge, et autres).
Ce fut louable de leur part, même si a posteriori, ces interventions étaient dans une optique d’accélérer le déroulement de mon accouchement… Alors que tout se passait très bien, analyse sanguine à l’appui !
Ce sont les processus et les protocoles standardisés des enceintes hospitalières qui poussent le personnel soignant à être totalement embrigadé dans la recherche des déroulements les plus rapides possible.
J’ai pu éviter un déclenchement qui était prévu 20h (soit 28h après la fissure), repoussé au lendemain matin. Et je me suis mise en travail à 22h !
14H de travail, de manière totalement physiologique…
Mais un placenta qui a mis 20 minutes à sortir.
Après 15min, la gynécologue (qui est vraiment adorable, hors ce cas précis) me dit : « Vous ne seriez pas la première à avoir une extraction du placenta sur AG après un accouchement superbe comme ça ! ».
Mon stress remonte en flèche (et tu sais quoi… Le stress et la peur induisent la production d’adrénaline, inhibitrice de l’ocytocine… Qui est indispensable pour le travail mais aussi pour que le placenta dise son dernier adieu!).

Une sage-femme me semble-t-il un peu paniquée à l’idée de masse le ventre d’une manière précise et non-douloureuse (je précise!) et voici mon très cher organe qui glisse délicatement.
Bref, on m’a fichu la trouille… Pour rien.

Cette pression au timing aurait-elle un lien avec le fait que les équipes soignantes aient des protocoles et des indications pré-définies de ce qu’est une durée « normale » de la grossesse, du travail, du temps de poussée et de la sortie du placenta ?
A côté de cela, les équipes sont souvent en sous-effectifs et, dans un accouchement physiologique, le travail actif demande parfois un peu de présence émotionnelle… Sans parler des moments de l’expulsion et de la délivrance qui sont sous haute surveillance et monopolisent le/la gynécologue, alors qu’il y a peut-être d’autres patientes et des consultations à assurer simultanément.

C’est limpide : l’empressement n’est pas principalement mu par la volonté de s’assurer de l’état de santé des la mère ou des enfants…

L’accouchement, entre peur et bonheur !

L’accouchement est donc un sas entre deux réalités distinctes pour la plupart.
Chez certaines, la grossesse et l’accouchement tendent à se chevaucher : dans les cas de menace d’accouchement précoce (MAP), par exemple. Dans ces cas-là, la grossesse est une parenthèse pendant laquelle l’objectif est de conserver cet état enceint en évitant toute activation du travail effectif.
Il y a aussi les cas de Retard de Croissance Intra-Utérin où il apparaît parfois que la grossesse ne permet pas une croissance optimale du fœtus et qu’un déclenchement peut être envisagé voire indispensable !

Sauf césarienne programmée (ce que je souhaite uniquement aux femmes ayant des antécédents ou des pathologies ne permettant pas de l’éviter … Pas comme au Brésil ou en Chine où les césariennes programmées représentent 50 à 80 % des accouchements : voici d’ailleurs un reportage sur la question), il est impossible de prévoir l’accouchement dans son calendrier.

La plupart des femmes se construisent une image de ce qui pourrait être « le début » de l’accouchement :

– Une contraction plus douloureuse que celle déjà ressenties (si elles ont déjà été perceptibles… Personnellement, je fais partie de ces femmes qui ont découvert les contractions au moment du travail uniquement) ;

– la poche des eaux qui perce/fissure ;

– … ?

Alors, souvent, les femmes et les couples cherchent à savoir ce qui les attendent et trouvent des articles comme celui-ci ou celui-là.

Ces articles propagent une vision de l’accouchement contenant des violences obstétricales que les femmes devraient accepter sans sourciller… ! J’y reviens plus tard dans l’article.

Mais, malgré les informations glanées ici ou là (comme sur mon site, d’ailleurs) la réalité rattrape l’imaginaire par une entrée en matière originale …

Certaines femmes ont des contractions (dites de Braxton Hicks) fréquemment en fin de grossesse. Leur corps se prépare et progressivement, se prépare au travail actif (qui travaille efficacement sur le col et qui accompagne le bébé qui descend dans le bassin), par une alchimie entre fœtus et mère.
Quand peut-on alors dire que le travail a commencé ?

Pour d’autres, la poche des eaux se fissure ou se rompt laissant une sensation étrange d’incontinence, de flaque tonitruante… ou de pertes discrètes qui s’accentueront graduellement. Cela n’a pas la soudaineté des films hollywoodiens qui présentent les femmes perdant les eaux, surprises par des contractions violentes faisant croire qu’elles vont expulser leur bébé sous 15 minutes !

D’ores et déjà, ces deux cas de figure engendrent un rapport au temps complètement différent.

Il est dit aux femmes primipares de se rendre à la maternité quand les contractions surviennent régulièrement toutes les 5 minutes, qu’elles durent 1 minute et ça, depuis une heure. Je suppose que ces conseils permettent de limiter le nombre d’accouchement sur les routes… mais aussi à réduire le stress inhérent au changement de lieu.
Cependant, l’inconvénient majeur est qu’il focalise l’attention des futurs parents sur un timing précis entre les contractions. Au lieu de se laisser vivre dans l’expérience du début du travail, il peut se produire un contrôle assidu des contractions. Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut être régi par un contrôle volontaire : c’est l’accouchement (et l’attitude du futur enfant, mais j’y reviendrai!).

Dans ces cas-là, les projets d’accouchements à domicile (AAD) sont enviables. Les couples ou la femme parturiente peuvent se laisser emporter par les vagues contractiles sans se questionner de sa dilatation ou des intervalles entre chaque contraction. Je t’invite à aller consulter le blog d’une psychologue et sophrologue « Une Petite Graine » https://unepetitegraine.blog/. Lorène y partage, entre autres, des témoignages d’AAD qui donneraient à tout le monde l’envie d’opter pour ce choix (en respectant les exclusions pour cause d’antécédents ou de risques accrus pour le bébé, évidemment).

Et malgré toutes les connaissances élaborées au fur et à mesure des années concernant l’obstétrique, les recherches continuent.
Cependant, il demeure une peur terrassante du moment de l’accouchement.

Malgré des taux extrêmement bas de mortalité maternelle, il est clair que ce qui est enseigné au sages-femmes et autres praticien.ne.s en maïeutique, est que le suivi doit permettre de garder tant la mère que le bébé sains et saufs. Or, seuls 10 à 20 % des naissances nécessitent une intervention pour qu’elles ne déroulent bien.

La plupart des femmes sont soumises aux mêmes traitements, quel que soit leur profil de risques…

Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !


Tu peux demander à l’équipe médicale de ne pas effectuer des touchers vaginaux de manière trop régulière voire même uniquement quand TU le souhaites (sauf dans les cas où le monitoring montrerait des constantes défavorables).
L’absence de contrôle régulier permet de se détacher de la performance de l’accouchement : dilater le plus et le plus vite, si c’est possible.

Je rêverai que les femmes hospitalisées n’aient pas à subir cette pression temporelle, accentuée par la présence inaltérable d’horloge dans chaque pièce, bien en vue !
De plus, il y a comme une comparaison étrange entre celles ayant eu un travail rapide et celles qui ont vécu les choses plus lentement.
Certaines femmes accouchent vite et cela s’accentue souvent
avec le nombre de grossesse.
Mais ce n’est pas une règle… Simplement parce qu’une grossesse n’est pas l’autre et que deux accouchements ne sont jamais similaires.
Et si l’on ne cesse répéter la singularité des grossesses, des accouchements et des enfants, il semble qu’en pratique tout soit régi par des moyennes, des calculs et des résultats métriques !

Un exemple simple est la durée de la gestation humaine qui s’étend de 37 SA à 43SA.
Mais, en France, la courbe de Gauss démontre que la plupart des accouchements se produisent aux alentours de 41 SA. C’est ainsi que le terme est arrêté…
Si cela ne paraît être qu’une formalité, il s’avère que cela prend toute son ampleur à la fin de la grossesse puisque les interventions ne multiplient dans le cas où « le terme » est dépassé.
Il est aberrant qu’une femme ait plus de sérénité à accoucher entre 39 et 41 SA qu’après. Cela induit chez les femmes qui dépassent leur terme des émotions négatives par rapport à leur propre corps, à leur futur accouchement mais aussi à leur bébé « qui prend vraiment du temps ».
C’est ignor
er la variabilité entre 37 et 43SA (source: https://syngof.fr/dossiers/revue-n93-juin-2013-grossesse-prolongee-et-terme-depasse/) … Chaque binôme maman-foetus prend SON temps pour atteindre le chemin de la naissance, il est bien dommage que les contrôles médicaux tendent à oublier cette singularité si précieuse.
Il existe pourtant des études qui permettent de mettre en évidence que si la surveillance de santé maternelle et fœtale gagne à se pratique dès 41SA, certaines problématiques n’apparaissent qu’au-delà de 42SA.
L’induction de travail peut être proposée entre 41SA et 42SA+6, et ce, en l’absence de pathologie… ce qui est une variabilité énorme !

Alors, autant le savoir… Non, la grossesse ne dure pas forcément 40 ou 41 SA, cela dépendra du développement du bébé, de la mère et du contexte de la naissance : le stress, l’angoisse, la peur et un environnement insécure bloque ou freine la mise en travail.
Voici un autre article qui aborde les différentes variables susceptibles d’impacter la durée de la grossesse.

L’accélération du travail prend aussi la forme de la mise sous ocytocine (de synthèse) afin de « corriger » le déroulement du travail s’il ne suit pas les courbes prescrites. La rupture des membranes peut également être suggérée pour améliorer l’effet de la tête du bébé sur le col et ainsi en accélérer la dilation.

Dans le deuxième stade de l’accouchement, c’est à dire de la dilatation complète à la naissance du bébé, il y a diverses procédures effectuées pour accélérer la durée de ce moment.
En structure hospitalière, c’est à ce moment-là que le gynécologues obstétriciens survient dans la salle de naissance. L’épisiotomie préventive a été pratiquée à large échelle à une époque (il y a 15-20 ans), au point que les instances de santé ont du prendre position sur le sujet. Pour les femmes nullipares, le taux d’épisiotomie était monté à plus de 50 %. Ce taux était dépendant des praticien.ne.s en salle de naissance.
Aujourd’hui, la maternité de Besançon fait école avec un taux d’épisiotomie avoisinant les 3 %.
La preuve est claire ! La plupart du temps, l’épisiotomie est ne pratique abusive qui rend les suites de couche difficiles, détériore la confiance en son propre corps et modifie temporairement ou définitivement les sensations lors des rapports sexuels.

Or, en massant le périnée durant le travail, en y appliquant des compresses chaudes, en adoptant des poussées retardées, la structure périnéale est atteinte de manière moins importante voire nulle dans de l’expulsion du bébé. Je reviens sur les pratiques favorisant le bon déroulement du travail plus loin. En attendant, voici les recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement

– Les différents cas de figures de « mise en travail »

les contractions de plus en plus fréquentes et avec une intensité sensorielle croissante.

Il semble important de dire que ce n’est pas un phénomène linéaire.
En fin de grossesse, le corps se préparent : les contractions de Braxton-Hicks plus intenses/fréquentes, assouplissement des articulations sacro-illiaques, augmentation des sécrétions vaginales, regain d’énergie et labilité émotionnelle plus importante. Bien entendu, tous ces signes ne présentent pas chez l’ensemble des femmes enceintes.
Certaines femmes vont avoir un travail caractéristique : des contractions qui augmentent graduellement en fréquence et en intensité… Mais d’autres vont vivre des contractions intenses à intervalles irréguliers pendant plusieurs jours, avant que celles-ci aient un impact franc sur le col utérin.

Ce dernier cas s’avère épuisant… Et il se produit une attente que la synchronisation entre leur corps et celui de leur bébé s’effectue de manière à cheminer ensemble vers la naissance.
Pour la plupart, c’est un jeu de patience : il y a toujours ce rapport au nombre d’heures que dure le travail. Et là, il n’y a pas de début clair et net.

Bien sûr, dans beaucoup d’autres cas, des contractions plus « intenses » offrent un ressenti différent aux parturientes. La douleur n’est pas commune à toutes les femmes. Certaines ne souffrent pas, alors que d’autres vivent très mal ces sensations.

– la fissure/rupture de poche des eaux,

Dans le cas où la poche des eaux s’est ouverte, et sans Accouchement à Domicile prévu, il convient de se rendre à la maternité… contractions ou non.
D’autant plus lorsque les analyses de fin de grossesse (aux alentours de 36 SA) ont révélé que la future mère est porteuse du streptocoques B. Le protocole demande que les femmes reçoivent des antibiotiques par intraveineuse, à intervalle régulier, de manière à éviter la transmission au futur bébé. (J’aborde cela en détails dans undes pointssuivants).

Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?

Souvent, les femmes sentent à ce moment-là que c’est parti pour la dernière étape avant la rencontre.

Mais la dernière étape est-elle linéaire ?

Les calculs et méthodes de surveillance existent depuis belle lurette !

Techniquement, les sages-femmes peuvent s’aider d’outils tels que le partogramme qui estime si le travail évolue « normalement ».
Selon l’OMS, il regroupe trois éléments : la progression du travail, l’état du fœtus et l’état de la parturiente.

Il s’agit d’un outils d’aide à la décision. Selon cet article, le partogramme et les protocoles de soins permettent une standardisation des pratiques et une amélioration du pronostic des femmes en améliorant la qualité des soins fournis.

Cependant, une méta-analyse sur le sujet laisse à penser que l’efficacité de cet outils est contestable et ne démontre par de réel bénéfice. Selon ces mêmes auteurs, « il est possible que les partogrammes s’avèrent utiles dans des contextes où l’accès aux ressources de santé est très réduit, comme des études menées au Mexique et en Afrique ont également montré une certaine réduction des taux de césarienne avec l’utilisation du partogramme et une intervention précoce pour une progression du travail ralentie ». 
Mais alors, comment savoir si le travail se passe bien ? Quand faut-il s’alerter ? Doit-on garder les yeux rivés sur la montre ? Et que faire des évaluations de dilatations données régulièrement ?

l’évolution du travail

Un accouchement se déroule en 3 phases : la période de dilatation, le temps entre la dilation complète et la naissance, la phase de délivrance du placenta.
La première phase se scinde en deux : La phase de latence et la phase active.

  • la phase de latence : du début du travail jusqu’au moment où la dilatation atteint 3 cmles prescriptions conseillent  : « Si cette phase dure plus de 8 heures et s’il y a au moins 2 contractions/ 10 minutes, la probabilité s’accroît de voir apparaître des complications Par conséquent si la patiente se trouve dans un centre de santé, elle doit être transportée à l’hôpital pour une évaluation précise de la situation »
  • la phase active : à partir de 3 cm, à ce moment-là, il est entendu globalement que le rythme de dilatation ne doit pas être inférieur à 1cm/heure.
  • Sur le partogramme, la ligne d’alerte représente ce rythme de dilatation. Si la courbe de dilatation de la patiente passe à droite de cette ligne, cela signifie que la dilatation
    est lente et que le travail est retardé. Si la femme se trouve dans un
    centre de santé, il faut envisager de la transporter à l’hôpital.
  • La ligne d’action est située à 4 heures à droite de la ligne d’alerte. Si la courbe de la dilatation franchit cette ligne, une extraction fœtale par césarienne ou extraction instrumentale (si le col est à dilatation complète et le fœtus engagé dans le bassin) est indiquée.
  • L’auscultation de l’état du fœtus grâce au rythme cardiaque doit se pratiquer toutes les 15 minutes.
  • L’état de la parturiente est également contrôlé par l’enregistrement de la température, du pouls, de la tension artérielle et de la diurèse.

 

Il est intéressant de constater que la plupart des indicateurs concernent qu’une prise de mesure et la surveillance d’un timing précis.

Or, si la précision des mesures est perçue comme importante, « Si sur le plan clinique l’appréciation digitale de la dilatation est largement suffisante, quand on compare une mesure, à l’autre des écarts extrêmement important d’un observateur à l’autre (variation inter-observateurs) ont été observés (TUFFNELL) : la variation intra-observateur peut aussi atteindre pratiquement un à deux centimètres. ». ( source: http://campus.cerimes.fr/media/disquemiroir/2015-06-09/UNF3Smiroir/campus-numeriques/gynecologie-et-obstetrique/mto/poly/15000fra.html )

Les courbes les plus répandues pour l’observation du travail est celle de Freidmann. 
Cependant, celle-ci est remise en question à plusieurs égard… Mais globalement, au-delà de 4cm de dilatation, la vitesse de dilatation est globalement identique que ça soit chez une nullipare (femme n’ayant jamais eu d’enfant) ou une multipare.

D’autres études, plus récentes, ont tenté d’évaluer la durée du travail à partir de laquelle le risque maternel ou fœtal augmentait. La conclusion de ce travail était que le travail prolongé augmente essentiellement le risque infectieux maternel ou néonatal mais pas la morbidité néonatale sévère.

 

– la peur de l’accouchement

Si les femmes enceintes (ou non) peuvent avoir peur de l’accouchement, les soignant.e.s ne sont pas forcément en reste.
Les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens perçoivent autant la beauté de participer à la mise au monde d’un bébé que les risques maternels et foetaux de ce moment inédits.

La peur de l’accouchement est sûrement dictée par les douleurs qu’engendre souvent l’accouchement.
Dans le règne animal, « la mise bas humaine » serait la plus douloureuse.
Surtout, elle est impressionnante. Les femmes fournissent de grands efforts et adoptent des attitudes plus « instinctives », qui sortent du cadre habituel.
Dans certains coutumes, il est conseillé de crier pour aider la douleur à faire son œuvre. Dans d’autres, il est préférable de se contenir.
Le fait est que l’humaine a, la plupart du temps, besoin d’un accompagnement dans ce parcours entre grossesse et naissance. Parfois, les forces la quittent, la douleur prend le pas, l’incertitude pointe et la crainte vitale peut surgir. Alors, avoir un entourage de confiance, rassurant et formés permet de ne pas sombrer dans la panique
et/ou simplement, de se sentir en totale sécurité. Comme tous les autres animaux, l’humaine recherche un cadre serein et exempt de danger pour mettre au monde sa progéniture.

 

Il est nécessaire d’ajouter que l’humain a conscience de sa finitude. Les femmes savent, de génération en génération, que la mort en couche existe… Et c’est une situation aussi terrifiante que dramatique.
Des plans d’interventions gouvernementaux ont débuté, il y a plusieurs siècles, afin de réduire le taux de mortalité maternelle… Une louable action ! Mais, à l’instar d’énormément d’initiatives, la fin de ces interventions a évolué : au lieu d’être des aides ponctuelles, elles sont devenues des procédures qui causent un interventionnisme abusif et, parfois, des violences obstétricales.

 

Les violences obstétricales et gynécologues : des aveux sur le bout des lèvres !

Le gros mot est lancé : les violences obstétricales (et gynécologiques)  sont « des actes, des paroles et des attitudes portant atteinte à l’intégrité mentale et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère » dans le cadre d’une grossesse, PMA, accouchement et du post-partum. Le site de l’irasf détaille largement cette définition et explique comment il est possible de qualifier un acte de « violence ». Voici également le mémoire de Marie-France Franeczek, sage-femme, sur le sujet : https://afar.info/biblio/public/3059.pdf
En voici quelques exemples : rupture des membres sans consentement ; touchers vaginaux répétitifs ; mise sous ocytocine sans consentement ; épisiotomie sans consentement ; sutures sans anesthésie efficace ; maintien par la force de la parturiente dans une position ; menaces, intimidations, mépris des ressentis, chantage (sous forme de « motivations ») ; interdiction de boire ou de manger dans des situations sans risque particulière ; expression abdominale afin que le bébé descende, suture sans anesthésie, … (pour la plupart des autres, tu peux aller page 23 du mémoire https://afar.info/biblio/public/3059.pdf )

Souvent, il s’agit d’actes que les praticien.ne.s pratiquent sans le consentement éclairé des patientes. Les raisons invoquées peuvent être multiples, et parmi celles-là, le besoin d’agir pour que l’accouchement se passe mieux ou plus rapidement !
Concrètement, en tant que femmes
accouchées, il est alors possible de se sentir meurtrie… Mais redevable car, manifestement, l’enfant né est en bonne santé. C’est que certains actes, même perçus comme violents, avaient probablement une utilité…
Mais il y a moult autres circonstances : je te propose quelques articles ici  ou , ainsi que le reportage « tu enfanteras dans la douleur » d’Ovidie, disponible sur Arte TV
jusqu’à fin août 2019.

 

Autant le savoir : non, ce n’est pas parce que tu es une patiente et que tu as le besoin d’être accompagnée et soutenue que tu dois subir ! Au contraire… Mais pour ça, il faut le savoir et avoir assez d’aplomb pour refuser (là, c’est aussi le rôle de la personne qui accompagne de soutenir fermement les décisions de la femme qui accouche).

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’être bien informé.e (et j’essaye d’y contribuer, par exemple avec la section « préparer la naissance » et l’index d’articles qui s’y réfère).

Heureusement, à l’époque actuelle, il est possible de faire des préparations à l’accouchement qui sont prises en charge pas les systèmes de soins (mutuelles). Malgré qu’elles ne soient pas toutes équivalentes ni suffisantes (à mon goût), elles ont le mérite d’être accessibles.
Pourtant, beaucoup de futures mamans ne prennent pas le temps pour cette préparation durant la grossesse.
Certaines trouvent cela inutiles pour plusieurs raisons (dont le fait d’avoir déjà eu d’autres enfants), alors que pour d’autres, il s’agit de fuir la peur de l’accouchement,
par exemple.
Ignorer ces séances permet de mettre à distance la finalité inéluctable de la grossesse… Jusqu’à y être confrontée.
Pourtant, il est bien contre-productif de ne pas travailler sa peur d’accoucher. Une étude a démontré que les femmes ayant peur d’accouché ont un temps de travail plus long que celles qui ne déclarent pas avoir de crainte spécifique. La différence serait d’environ 47 minutes en plus pour celles qui craignent d’accoucher.

 

les effets du « travail guidés »

Peut-être que, comme moi, tu vas découvrir la notion de  travail guidé : «La direction active du travail, proposée à la fin des années 60 aux patientes nullipares par les obstétriciens de l’école de Dublin, reposait sur trois mesures essentielles : un diagnostic de certitude du travail, une correction précoce d’une anomalie de la dilatation (définie comme une dilatation inférieure à 1 cm/h) par rupture artificielle des membranes et perfusion d’ocytocine si nécessaire, et un soutien de la parturiente par la sage-femme/infirmière ou proche pendant la durée du travail. »
En bref, le travail guidé, c’est de l’accélération du travail si ce dernier a tendance à ralentir sa progression.
S’il est profitable qu’une femme de reste pas avec un bébé en souffrance ou dans une situation inéluctable ou dangereuse, le travail dirigé est tout-à-fait discutable en l’état actuel des connaissances sur la physiologie de l’accouchement.
Il apparaît que le travail dirigé réduit la durée du travail et soit utile en cas de dystocie dynamique  pour réduire le taux de césarienne ou d’extraction instrumentale.

 

l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )

Il n’est pas possible de parler d’accouchement en excluant cette intervention TRÈS courante. Plus de 75 % des accouchements en structures hospitalières se passent sous anesthésie péridurale. Ils ne sont donc pas dans une optique physiologique.

Des études ont été effectuées sur l’effet de la péridurale. Il en ressort que l’anesthésie locorégionale n’a pas d’impact sur le nombre de césarienne pratiquée mais augmente le taux d’extraction instrumentale (cuillères, forceps, ventouse, …) ce qui prouve que la péridurale a un effet sur la motricité utérine. Elle a aussi un effet sur l’allongement de la deuxième phase du travail (entre la dilatation complète et la naissance). Il semble éminemment profitable que la péridurale soit faiblement dosée.

Selon Cheng et son équipe, les femmes ayant une péridurale vivent un accouchement près de 90min plus long que celles qui n’y ont pas recours.
Cependant, il est nécessaire de rester modéré.e vis-à-vis de ces conclusions : il est difficile de savoir si c’est la péridurale qui cause un allongement du travail et/ou si les femmes ayant un travail plus long ont davantage tendance à recourir à la péridurale.

La péridurale a des avantages, mais aussi des inconvénients qui sont peu mis en avant, pour diverses raisons.
Il faut bien se rendre compte que les femmes qui accouchent de manière physiologique dans les enceintes hospitalières sont actuellement une minorité. Ces parturientes-là demandent une implication particulière des équipes soignantes, et les poussent à sortir de ce qu’elles côtoient habituellement.
Si, pour certaines sages-femmes c’est une situation plaisante, cela peut être vecteur de tension au sein de l’équipe et pour des gynécologues… bien habitué.e.s aux parturientes anesthésiées, qui ne bougent pas et protestent peu, faute de sensibilité ! Mais encore faut-il que la péridurale fonctionne tel que prévu… Or, ce n’est pas toujours le cas. Cette situation a modifié les égards des soignant.e.s envers les femmes… et cela challenge leurs modes de fonctionnement.

D’ailleurs, il est maintenant conseillé de pratiquer les « poussées retardées » chez les femmes ayant une péridurale. Ces dernières ont moins de sensibilité et cela leur permettrait de faire descendre le bébé de manière spontanée, jusqu’à la vulve, jusqu’à l’envie irrépressible de pousser, malgré l’anesthésie.
Afin d’être transparente, il est nécessaire de préciser que bien que la péridurale (ou épidurale) est une intervention sécuritaire, elle peut être associée à des effets secondaires et des complications :

  • « Chute passagère de la tension artérielle maternelle;
  • Nausées, vomissements;
  • Démangeaisons;
  • Difficulté à uriner, entraînant la nécessité de vider la vessie par l’insertion, au besoin, d’un cathéter urinaire;
  • Étourdissements;
  • Douleurs au point de ponction dans le dos qui peuvent durer quelques jours;
  • Engourdissements des jambes et difficulté à les bouger;
  • Frissons;
  • Hyperthermie maternelle pouvant entraîner l’utilisation d’antibiotiques: le lien entre la péridurale et l’hyperthermie maternelle demeure inexpliqué, mais dans cette situation, il faut veiller à faire diminuer la température de la mère, à rechercher une source d’infection et,le cas échéant, la traiter. »

 

La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement

En effet, cela ne fait pas partie de la question du temps de travail en tant que tel… Mais il s’avère que le questionnement de l’antibiothérapie et du délais dans lequel il est mis en place est sujet à débat.

Tu fais peut-être partie de ces 50 % de femmes testées positives aux streptocoques du groupe B.
Il est probable que l’on t’ait expliqué le traitement d’antibiothérapie pendant le travail ainsi que les conséquences que pourraient engendrer l’absence de traitement.

Autant être claire, je ne sais pas toi, mais je n’ai en aucun cas eu l’impression que j’ai le choix de cette antibiothérapie. Je craignais des conséquences sur le fœtus, qu’on m’a assuré nulles et ça s’est arrêté là : c’était acquis, le jour J, je serai perfusée régulièrement d’antibiotiques pour éviter à la chair de ma chair de contracter cette bactérie qui peut avoir des effets néfastes sur ses voies respiratoires, notamment.

Grâce à l’écriture de mes articles et aux contacts avec différentes sages-femmes, j’ai appris que le dépistage aux alentours de 36 SA n’était pas forcément fiable pour le moment de l’accouchement.
Il apparaît que cette bactérie est mouvante et que les seuils de colonisation fluctue rapidement.
Une pratique de prévention pourrait être mise en place par la prise de probiotiques… Mais surtout, il s’agit de réfléchir au ratio bénéfices/risques de l’antibiothérapie. Le risque principal étant la genèse d’une antibiorésistance.

Par rapport à l’infection à streptocoques : «  Une étude canadienne récente, reprise dans ce document, détermine la prévalence de la colonisation par les bactéries du groupe B chez les femmes enceintes, à 36 SA: elle serait de 19,5%. Lorsqu’elle n’est pas traitée,50% des enfants nés semblent colonisés. Parmi ceux-ci, 1 ou 2% développeraient la maladie précoce générée par les streptocoques du groupe B.

Voici une information complète, en anglais, donnée lors des études de sage-femme: https://www.ontariomidwives.ca/sites/default/files/2017-09/CPG-GBS-Prevention-and-management-in-labour-PUB_0.pdf

 

Selon cet article, une hypothèse voudrait que les infections néonatales par les streptocoques B seraient inhérentes à l’usage abusif de la tétracycline (un antibiotique largement prescrit à type préventif jusque dans les années 80). Cela démontre bien que l’usage abusif d’antibiotiques a des effets des décennies plus tard… Puisque les souches de streptocoques B sont plus virulents qu’elles ne l’étaient dans les années 50. Et personne ne peut prédire que l’usage de la pénicilline afin d’éviter la contagion au bébé n’engendrera pas une antibiorésistance encore plus violente dans les générations à venir.

 

– Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?

Le déclenchement, c’est une des problématiques du rapport au temps au niveau de l’accouchement dit « normal » (c’est-à-dire non-pathologique) .
– terme dépassé (quid après 41+5 ?)

– poche des eaux fissurée depuis trop longtemps

Mais en réalité, c’est toute la grossesse (j’en parle dans cet article), l’accouchement et le post-partum qui sont régie par l’horloge, des moyennes, des méthodes de contrôle… de l’incontrôlable par excellence !

Dès le départ, les professionnel.le.s de santé calculent le terme (souvent approximatif). Ensuite, cette date focalise toutes les attentions et quand les grossesses se poursuivent sans pathologie jusque-là, les contrôles se font de plus en plus proches.
En Belgique, à partir de 40SA, les contrôles échographiques et monitoring ont lieu tous les 2 jours. Le déclenchement est programmé vers 41 SA+3 si le bébé n’est pas né. Il semble que la plupart des soignants et des patient.e.s ne remettent pas cela en question.
Pourquoi ?
La peur du risque que cela occasionnerait de poursuivre la grossesse au-delà de ce terme.

Il y a aussi des déclenchements sur l’absence de travail mais aussi des accélérations induites du travail par diverses méthodes : injections d’ocytocine, rompre la poche des eaux,

Énormément d’interventions durant l’accouchement ont pour objectif l’accélération du travail en première phase :

– la rupture des membranes ;

– les injections d’ocytocine ;

– pose de tampon pour faire mûrir le col ;

– …

Mais également pendant le deuxième stade du travail, lorsqu’une souffrance fœtale est détectée (normalement) : :

– Episiotomie ;

– Extraction instrumentale ;

– Césarienne en urgence ;

-…

Cela vaut également dans l’ultime stade : celui de la délivrance. Souvent, les parturientes pensent qu’il s’agit d’une bagatelle… Or, pour le personnel soignant, c’est un moment de grande vigilance : il faut veiller à ce que le placenta sorte (la délivrance) et que l’utérus se rétracte correctement, de manière à stopper les saignements inhérents au détachement du placenta. En l’absence de réaction suffisamment vive de l’utérus, il peut se produire une hémorragie de la délivrance. C’est une des complications les plus fréquentes de l’accouchement. Diverses méthodes existent pour faire cesser cette hémorragie impressionnante.
Il s’avère malheureusement qu’un protocole habituel est l’injection d’ocytocine de synthèse pour accélérer la sortie du placenta. Souvent, le personnel médical n’est pas assez formé que pour favoriser une mise au sein immédiate… Alors que la succion du bébé génère de l’ocytocine naturelle qui amène à un détachement du placenta.
Ensuite, il semblerait que l’utérus surstimulé par l’ocytocine de synthèse soit plus fréquemment sujet à une hémorragie de la délivrance sévère (avec un effet dose-dépendant entre le taux d’ocytocine reçu et la sévérité de l’hémorragie du post-partum ) .

En plus des risques accrus d’hémorragie, l’ocytocine de synthèse a d’autres effets secondaires méconnus dont le risque accru de dépression post-partum .
En somme, tant pendant le travail qu’au moment de la naissance ou de la délivrance, il faudrait utiliser l’ocytocine de synthèse qu’avec grande parcimonie et uniquement sur base justifiée. Il serait nécessaire d’éviter de corriger une « anomalie » mineure du rythme de dilatation (quand le travail ralentit pendant une heure ou deux, sans que le fœtus n’en souffre) ou, systématiquement afin de favoriser une délivrance rapide.
A toutes fins utiles, voici une étude du relate l’intérêt du massage de l’utérus afin de prévenir les hémorragies post-partum : https://www.cochrane.org/fr/CD006431/massage-uterin-dans-la-prevention-de-lhemorragie-du-post-partum

 

les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :

Peut-être fais-tu partie de ces femmes ou de la personne qui a accompagné une femme qui a vécu un accouchement par césarienne.
Peut-être avait-elle été programmée ? Ou alors, ce fut une urgence ?
Peut-être l’as-tu bien vécue ? Ou as-tu l’impression que l’on t’a pris ton accouchement… et que tu vis un sentiment d’échec cuisant dans ta capacité à donner la vie.
Peut-être as-tu peur de ne pas pouvoir accoucher par voie basse, un jour. Peut-être que tu sais, que cela te sera impossible, mais que tu vois des avantages à cette intervention.
Bref, les césariennes soulèvent nombre de questions et le taux d’interventions aussi est parfois étonnant. 

Si, selon l’OMS, les césariennes ne devraient pas représenter plus de 10 % des naissances, il s’avère que la plupart des pays ont un taux supérieur. Le cas brésilien est édifiant: près de 80 % des femmes accouchent par césarienne programmée.

Il en va de même en chine, où jusqu’il y a quelques années, 50 % des chinoises accouchaient par voie chirurgicale.

Il est possible de se demander pourquoi certains pays ont des taux records de césariennes… Il s’agit d’une logique de rentabilité et de tentative de contrôle du timing des naissances.

Il est particulièrement rentable pour les institutions hospitalières de pratiquer des césariennes.
En outre, la planification des naissances offrent un confort aux personnels soignants : les nuits et weekends sont moins perturbés par des naissances impromptues.
De plus, alors qu’un accouchement par voie basse peut durer de nombreuses heures, une césarienne se déroule en 30 min et n’implique que très peu la prise en charge émotionnelle des femmes ou des couples.

C’est tout bénéfice pour les institutions hospitalières… Beaucoup moins pour les patientes et les bébés…

Heureusement, certains gouvernements sont intervenus afin d’offrir des primes aux hôpitaux réduisant leur taux de césariennes. La logique mercantile se répond à elle-même.
Mais l’ établissement de primes, d’amendes ou de taux à respecter ne permet pas d’estimer si l’acte chirurgical est effectué quand il est réellement nécessaire… Soit dans moins de 10 % des cas, selon l’OMS.

Mais, quelles sont les effets des césariennes sur les bébés ?
Loin de moi l’idée de créer un malaise chez les femmes qui ont du recourir à cette forme d’accouchement pour que les enfants et elles-mêmes soient en bonne santé, mais j’estime intéressant de mettre en exergue quelques éléments pour décourager les « césariennes mercantiles » .
Le site Cesarine est une mise d’or d’informations autour des césariennes.

Voici, en résumé, les effets sur les bébés :

– Dans les césariennes programmées, les fœtus n’ont pas choisi leur date pour devenir des bébés. Ainsi, il peut leur manquer quelques centaines de gramme et être un peu plus faibles qu’ils ne l’auraient été. Ils peuvent alors moins demander à téter. Il ne faut pas hésiter de leur proposer même sans qui le demande.

– l’absence de mise en travail engendre que le bébé ne secrète pas certaines hormones avec des fonctions telles que :

  • de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau);
  • de faciliter la première inspiration;
  • de permettre au bébé de « piocher » dans ses réserves, maintenant qu’il n’est plus nourri par le cordon ombilical ;
  • d’éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu’il a dès la naissance
  • le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d’une autre mère

Risque de détresse respiratoire : une difficulté pour le bébé à évacuer après sa naissance le liquide qui se trouvait dans ses poumons lors de sa vie aquatique in-utero. Les césariennes programmées amènent de complications de ce type pour deux motifs : d’abord, les bébés ne bénéficient pas de la compression thoracique lorsqu’ils passent par le bassin puis les voies génitales ; ensuite les bébés ne baignent pas dans un bain hormonal propice à sa naissance puisqu’il n’a pas pu décider de « son moment »… les mécanismes hormonaux finissant la maturation pulmonaire ne se déroulent donc pas. Forcément, plus la césarienne est pratiquée tôt, plus le risque est grand. Les précautions sanitaires en la matière précisent d’ailleurs qu’il est préférable qu’elles ne soient pratiquées qu’après 39SA.

les produits anesthésiques : A cause de ceux-ci, les bébés peuvent être moins toniques et avec une légèrement moindre capacité de succion. Cela semble particulièrement se produire après un long travail sous péridurale.

Soins plus invasifs après la naissance : Comme je l’évoque plus tard dans ce dossier, le passage de la vie utérine à la vie aérienne est brutale… et d’autant plus en cas de césarienne. Alors qu’il est suggéré d’effectuer un clampage tardif du cordon (quand il ne bat plus), c’est un procédé difficile à tenir lors d’un accouchement par césarienne.

J’évoquais plus haut les potentielles difficultés respiratoires, il s’avère que l’aspiration est plus fréquemment pratiquée pour aider le bébé s’il respire mal.

De même, il est fréquent que les enfants nés par césarienne subissent moult soins qui pourraient être postposés au profit d’un peau-à-peau avec la mère sous une couverture de survie pendant que les chirurgiens referment la plaie, ou, à défaut, avec le potentiel second parent.

Il faut bien prendre conscience de la difficulté que représente les césariennes pour les femmes : d’un instant à l’autre, elle passe de femmes enceintes à mère, avec un ventre vide et incisé, à qui le bébé est enlevé sans plus de considérations que cela…

 

l’augmentation du risque d’asthme :

Le site Césarine poursuit son relevé de conséquences pour les enfants par le sur-risque d’asthme, même s’il est difficile à quantifier. Cela semble en lien avec l’augmentation des difficultés respiratoires à la naissance, en cas de césarienne.

 

Augmentation du risque de certaines allergies :

Je ne réinvente pas la roue, voici le texte provenant de Césarine :

« Le lien entre la césarienne et les allergies semble dépendre du type d’allergie :

  • Rhinite allergique :
    • [15] trouve un risque x 1,23 (méta-analyse sur 7 études).
  • Allergies alimentaires
    • [15] trouve un risque x 1,32 (méta-analyse sur 6 études), mais l’association semble incertaine.
    • [16] trouve un risque x 4 pour les allergies alimentaires à l’oeuf à 2 ans et demi.
    • [17] trouve un risque x 2 de sensibilisation aux allergies alimentaires.
    • [18] trouve un risque x 1,18 d’allergie au lait de vache. 

Une explication proposée est que lors d’une naissance par voie basse, les bactéries présentes dans votre flore vaginale (les lactobacilles notamment) colonisent les intestins de votre enfant, ce qui lui assure rapidement une meilleure protection. La flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est en effet pas identique à celle des enfants nés par voie basse. Ceci pourrait expliquer l’effet sur les allergies alimentaires et l’absence d’effet sur les allergies respiratoires. »

Comme j’ai pu l’évoquer dans mon article « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement », allaiter un enfant à un effet protecteur sur le développement des allergies chez les enfants de moins de 2 ans. Un effet protecteur ne veut pas dire que cela les immunise, cependant… !

 

Augmentation de l’obésité infantile

Diverses études disponible sur le site de Césarine relatent que les bébés nés par césarienne ont plus de risque de développer une obésité. Cela s’expliquerait par la faiblesse de la composition du microbiote des bébés qui n’ont pas bénéficier de la colonisation maternelle en passant par voie basse mais aussi lors du peau-à-peau les premières heures. Or, cette flore bactérienne est indispensable à l’élaboration d’un microbiote qui protège les enfants de moult maux… dont le développement d’une obésité.

Il existe une solution pour améliorer la flore intestinale des bébés nés par césarienne : la colonisation buccale post-partum par des tissus légers ayant été placés dans le vagin quelques heures avant l’accouchement. 

les difficultés maternelles

Enfin, il ne faut pas oublier que même si l’enfant est sauf (ce qu’on espère de tout coeur), les séquelles psychologiques peuvent affecter les femmes ayant été césarisées. Il n’est aucunement question qu’elles se contentent de se dire que c’était « pour le bien de tout le monde », elles doivent pouvoir s’exprimer et trouver le soutien nécessaire.
Césarine a dédié une page à l’état psychologique d’après césarienne, qui pourra être une ressource : https://www.cesarine.org/apres/psy/

 

faciliter l’accouchement par certaines mesures :

Voici un résumé et des citations du texte : Travail et Accouchement. Accompagnement et méthodes pour composer avec la douleur, qui vous permettra d’améliorer le déroulement d’un accouchement.
Ce texte date de 2013, et pourtant, 6 ans plus tard, la plupart de ces propositions n’ont pas été adoptées dans les enceintes hospitalières.

« Diverses mesures peuvent être employées pour faciliter le processus de la naissance, soit en augmentant le sentiment de contrôle des femmes, soit en ayant un effet sur la douleur elle-même. Ces mesures offrent lavantage de présenter peu ou pas d’effets secondaires et peuvent être combinées entre elles. Certains éléments de base sont à mettre en place pour chacun des accouchements. Ainsi, la femme doit se trouver dans un environnement qui lui permet de se sentir en sécurité, entourée des personnes de son choix. Il faut qu’elle ait la possibilité de boire et de manger afin d’avoir l’énergie nécessaire pour composer avec l’accouchement. Elle doit aussi se sentir libre de s’exprimer pendant le travail. »


Pour aller plus loin dans les informations fournies ci-
dessous, je t’invite à lire l’entièreté ce document passionnant. Je vais juste relater brièvement les mesures proposées, afin d’attiser ta curiosité ! Toutes les mesures proposées ci-dessous ont été étayées par des preuves scientifiques et cliniques.

 

La mobilité maternelle et les positions verticales

les changements de position figurent parmi les techniques les plus courantes pour calmer l’inconfort pendant le travail.
UNE études mentionne même que les femmes estiment que la positions la plus douloureuse pour accoucher est la position dorsale (aka la position gynécologique) ! (source :
Gupta, J. K., Hofmeyr, G. J. et Smyth, R. M. D. (2004). Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 5(CD002006). Wiley Online Library ) Autant être clair, les pratiques standardisées en gynécologie obstétrique ne sont pas féministes… Ni diriger par des femmes !

 

le contact avec l’eau

Ce n’est pas pour rien que l’accouchement dans l’eau fait des émules et que les « salles physiologiques » se meublent de grande baignoire.

Être plongée dans l’eau permet de se relaxer, de réduire l’intensité douloureuse et favorise le travail.
Cela réduirait le recours à l’anesthésie péridurale et aiderait les parturientes à lâcher-prise grâce aux sentiments de chaleur et de sécurité créés par l’eau.

 

l’application de compresse chaude ou froide

En quelques détails,

* La chaleur : la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires: elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

* Fraîcheur : « Appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus application de sacs chauds au niveau lombaire pendant la phase active du travail et de compresses chaudes au niveau du périnée pendant le deuxième stade est associée à une diminution de l’intensité de la douleur. L’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour1 et au Jour2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. » Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail

 

la relaxation

« Certaines techniques de respiration, de visualisation, la technique du point focal ou encore de sophrologie peuvent être utilisées. Elles peuvent permettre aux femmes de se détendre et augmenter leur sentiment de contrôle. »

S’il n’est pas forcément question de réduire la douleur ressentie, il s’agit plutôt de composer avec elle. Le recours à ces techniques offre aux femmes une plus grande satisfaction de leur accouchement.

Il est nécessaire de préciser que chaque femme est différente dans son ressenti douloureux et qu’une technique n’est pas applicable à toutes !

 

le massage

« Le toucher calme; l’effleurage, les points de pression, le pétrissage sont tous des composantes du massage. »
L’utilisation du massage ou du toucher peut revêtir plusieurs formes dont une très connue est la méthode Bonapace : https://www.bonapace.com/fr/
Les femmes et les couples y ayant recours sont souvent très satisfaits du décours du travail et du renforcement de leur lien pendant l’accouchement ! Chacun se sent actif pour vivre l’accouchement pleinement.
Cela permet au/à la partenaire de se sentir utile et efficace pour aider la femmes qui accouche.

Il en va de même pour l’haptonomie qui peut être pratiquée en prénatal, mais qui peut aussi être utile intrapartum et en postpartum.

Attention toutefois à respecter le désir d’une parturiente qui ne supporterait pas le contact… Même si la préparation qu’elle a suivi prévoyait le contraire !

 

la musique

« La musique a de multiples fonctions dans la gestion de la douleur. Elle permettrait de se centrer sur ce qui se passe en soi, de se distraire et de stimuler le centre du plaisir.»

La musique agit comme moyen de distraction par rapport au contexte parfois anxiogène et aux stimuli douloureux ou angoissant.
Pour que cela soit efficace, il est nécessaire que ce soit la femme qui ait choisi la playlist qui se déroule pendant l’accouchement.

Comme pour le massage, les envies de musique varie avec les émotions ressenties. Certaines femmes ne voudront pas ajouter un stimulus sonore supplémentaire, afin de pouvoir rester centrées sur leurs ressentis.

 

l’alimentation et l’hydratation :

Je me permets de développer ce point :

Il n’y a aucune raison d’imposer un jeûne à une femme en train d’accoucher et qui ne présente que peu de risques de complications. Il semble d’ailleurs totalement aberrant qu’un être humain en plein effort soit privé de carburant ! « L’accouchement est un évènement exigeant sur le plan physique, et manger peut être une manière de conserver son énergie » (source : Singata, M., Tranmer, J. et Gyte, G. M. (2010). Restricting oral fluid and food intake during labour. Cochrane Database Syst Rev, 1(CD003930). Wiley Online Library )

Il faut savoir que des techniques existent pour vider un estomac plein dans le cas où une anesthésie serait nécessaire… C’est d’ailleurs louable puisque les grands accidentés n’avaient souvent pas prévu de se faire opérer en urgence !
Il est cependant nécessaire de préciser que ces techniques de « vidange de l’estomac » sont invasives et imparfaites et qu’il est préférable de consommer des aliments rapidement digéré et apportant une énergie rapide (ma gynécologue conseillait de la pâte d’amande et déconseillait les fruits secs, par exemple). Personnellement, je me suis hydratée normalement, ensuite abreuvée avec du jus de pomme et j’ai grignoté quelques biscuits dans le décours de mon long travail.

Je me permets d’ajouter deux éléments qui me semblent primordiaux, d’après les connaissances que j’ai acquises, mais que ne se trouve pas dans le texte source de cette partie.

– « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées

Accoucher sans pousser… et si c’était vraiment possible ?!
Voici LE point sur lequel je regrette mon accouchement (j’ose me livrer à toi!) : j’ai découvert le principe des poussées retardées.
Qu’est-ce donc que cela ?
C’est simple, il s’agit d’attendre que les femmes aient une envie irrépressible de pousser, souvent quand le bébé affleure déjà à la vulve.
Adieu poussée guidée « interminable » et injonction sur la manière de pousser : seul le corps est maître du jeu.
Pour moi qui me suis sentie épuisée et inefficace pendant certaines poussées, cet accompagnement aurait changé tous les sentiments pendant cette phase de l’accouchement.

Voici quelques témoignages : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180326.OBS4186/et-si-comme-elles-on-accouchait-sans-pousser.html

Ces poussées retardées font d’ailleurs partie des dernières recommandations en obstétrique. Elles ont l’avantage de ne pas épuiser les mères (tant physiquement que moralement) et de prévenir les déchirures périnéales, ou au moins, d’en amoindrir la gravité.

 

– la gestion des périodes de repos entre les contractions

C’est grâce à la conférence de Jacqueline de Lavilonnière que j’ai pris conscience de l’importance des périodes de repos. Si je ne partage pas son point de vue selon lequel « peu importe comment on traverse la contraction », l’entre-contraction est décisif… surtout lors des accouchements longs (et je sais de quoi je parle !).

Se laisser emporter par la fatigue entre les contractions permet au corps de recharger une partie de ses batteries. Je n’ai pas réussi à trouver de support précis sur le sujet (je suis ravie d’avoir encore des tonnes de lectures à effectuer, dont des autrices de référence comme Ina May Gaskin). Plusieurs témoignages (dont le mien) vont dans le sens d’une capacité à s’endormir, à certaines périodes du travail, entre les contractions. Pour ma part, assise sur le ballon, j’avais créé un monticule de coussins sur le lit de la salle physiologique. j’y reposais ma tête et mes bras, m’endormant ainsi assise. J’étais réveillée par les contractions pendant lesquelles je me contentais d’onduler du bassin.
Je ne saurais dire combien de temps ce repos à durer. Guère plus d’une heure, me semble-t-il. Mais je n’en suis pas sûre.
J’ai aussi trouvé un soulagement et repos un peu étrange mais logique : en étant assise sur les toilettes !
Je me souviens avoir du communiquer avec les sages-femmes depuis les cabinets (situés dans la salle), elles devaient me croire atteinte d’une diarrhée phénoménale… Alors que je libérais juste mon périnée et adoptais une position qui soulageait mes sensations douloureuses !
Je regrette réellement de ne pas avoir pu bénéficier d’un tabouret d’accouchement. Je suis certaine que j’aurais pu accoucher dessus… Mais on se refait pas l’histoire !;)

 

– la nécessité de l’environnement serein

Avec toutes les informations fournies ci-dessous, il semble clair qu’un environnement serein est indispensable pour qu’un accouchement se déroule au mieux.
Plus les femmes et les couples connaissent la physiologie et le déroulement d’un accouchement, plus elles/ils seront en confiance par rapport à ce qu’il se passe.

Ensuite, il est évident qu’être accompagné.e.s et dans un cadre tolérant la singularité des accouchements garanti une sérénité accrue.
Les femmes, afin de sécréter toutes les hormones utiles à un accouchement efficace, ont besoin de calme et d’être en confiance.
Les monitorings constants (utiles mais parfois limitant quand les appareils ne sont pas portatifs), les mises en garde, l’interdiction de manger et de boire (!), les contrôles récurrents d’évolution du travail grâce à des touchers vaginaux, etc., créent du stress pour les femmes pendant leur accouchement. Cela qui engendre des sécrétions d’hormones (dont l’adrénaline) antagonistes à l’ocytocine, par exemple.
Or, si l’on peut favoriser le déroulement de l’accouchement, il n’est pas possible d’avoir prise sur les évènements en tant que tels.

Les problèmes, comme je l’ai largement détaillé, sont souvent inhérents au contexte des accouchements.

Des protocoles existent de manière à lisser le suivi des patientes et à réduire les risques. Le principe de travail guidé a été mis en place pour cela. Ces procédures sont l’inconvénient de réduire à néant la singularité de chaque accouchement et d’intervenir dans des situations qui ne le nécessiteraient pas forcément.

C’est bien là toutes les dérives de l’obstétrique « moderne » : un interventionnisme à tout crin, quelques que soit le profil de risques des patientes.
Il semble que bon nombre des soignant.e.s aient oublié que l’humain sait enfanter. Le respect de la physiologie de l’accouchement, sans intervention, permet d’articuler les séquences hormonales et physiques indispensables à la naissance.
Il est primordial que les femmes, et les couples, soient au courant des compétences de leur corps. Elles ont besoins d’être accompagné.e.s pendant la grossesse et aussi, pendant l’accouchement, afin de favoriser leur sentiment de compétence et la sérénité du lieu de naissance.

Le pouvoir et la force d’une femme qui accouche sont phénoménaux : il ne faut jamais l’oublier et permettre aux femmes de vivre cet empowerment !

Très récemment, une étude  a démontré que les accouchements à domicile sont aussi surs que les accouchements en cadre hospitalier. Or, dans les accouchements à domicile, le respect total de la physiologie est la règle… Les interventions sont plus rares !
Partir en
quête d’un accouchement physiologique, en étant éclairé.e.s et en pleine conscience, offre la possibilité de se découvrir, de vivre les évènements de manière spontanée et de récupérer plus favorablement après la naissance.

 

Elles voudraient… mais ne peuvent pas: quand le contexte dirige les actes

Il est très complexe, en France, de sortir des carcans des habitudes hospitalières.

Les accouchements à domicile ne représentent qu’à peine 1 % des accouchements et les maisons de naissance sont en projet-pilote en ce moment même (2019).
Ailleurs en Europe, les maisons de naissance existent et ne vivent pas autant de contraintes pour les sages-femmes y pratiquant.

En France, les assurances usuelles des sages-femmes ne couvrent pas l’acte d’accompagnement à la naissance. Elles couvrent le travail, les soins post-partum mais absolument pas la naissance.
De ce fait, les sages-femmes engagent leur responsabilité propre lorsqu’elles accompagnent un accouchement à domicile.D’ailleurs, voici un exemple de situation critique pour une SF : https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/accoucher-autrement/accouchement-a-domicile-une-sage-femme-risque-la-radiation-618634

Ces restrictions semblent abusives à la Grande-Bretagne, précurseure en terme d’accouchement à domicile.

Toutes les informations que je donne dans ce dossier nécessitent une remise en question des pratiques. Certaines tâches habituelles sont en retard sur les recommandations des instances de santé internationales comme l’OMS.
C’est pour cela qu’il est nécessaire que les femmes et les couples soient bien informés de manière à questionner certains actes AVANT l’accouchement.

Il est indispensable de demander à ses praticien.ne.s s’ils/elles sont ouvert.e.s sur des prises en charge davantage physiologiques comme celles énoncées auparavant : absence d’accélération du travail, refus de péridurale, monitoring portatif pour adopter toutes les positions, possibilité d’accoucher autrement qu’en position gynécologique, clampage tardif, massage du périnée pendant l’expulsion, poussées retardées, …
Voici par exemple un texte concernant les recommandations cliniques pour réduire les risques des lésions périnéales durant l’accouchement: « prévention et protection périnéale en obstétrique »

Il est limpide que le contexte hospitalier amène à une hyper-médicalisation des naissances… A nous, patientes, de demander au personnel soignant de changer ses habitudes pour revenir à des pratiques plus raisonnées, telles que prescrites par les instances de santé.
Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui doivent polariser l’attention et non pas la rapidité du processus ou le bon déroulement du planning des équipes soignantes.
Malheureusement, la plupart des professionnel.le.s aimerait bénéficier d’un contexte de pratique plus flexible. En outre, il y a de fortes pressions tant au niveau de la charge de travail, que du manque de personnel mais aussi de certains protocoles institutionnellement ancrés.

Le stress et le contexte de travail des équipes soignantes autour des parturientes devraient être des priorités absolues pour permettre aux femmes d’accoucher dans un cadre serein !
Il semble cependant, par la fermeture des petites maternités et la création de déserts obstétricaux, que cela ne soit pas l’inclinaison des autorités françaises. La Belgique, ayant un territoire plus restreint et une ouverture sur les pratiques alternatives plus importante, est moins sujette à ce type de questionnements, même si cela reste totalement dépendant des institutions hospitalières (je ne cesserai de congratuler le CHR de Namur). La surcharge de travail et les démarches administratives de suivi, notamment, entament lourdement la disponibilité des sages-femmes.

 

Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne :

Pour finir en beauté…

Le bébé est né. Parfois encore enduit de vernix, il prend ses premières inspirations.
Mère et enfant, encore sonnés du voyage qu’ils viennent de partager… Pourtant, c’est à ce moment-là que divers intérêts s’agitent, sur l’état de l’enfant (score d’Apgar) mais aussi de la mère (délivrance, hémorragie, rétraction utérine, …).
Dans les cas où tout se passe bien, il est largement nécessaire que le bébé soit mis peau-à-peau avec sa mère. Il retrouve ainsi certaines odeurs familières, un rythme cardiaque connu, et peu découvrir la succion du mamelon (après avoir sucé son cordon ombilical et peut-être son pouce in utero).
Sais-tu qu’il est possible de demander un clampage tardif du cordon (quand le cordon cesse de battre) ? Cela a de moult effets positifs sur le bébé : il vit moins violemment sa mise au monde, il perd moins de poids, et améliorer ses réserves de fer pour les mois à venir. Il est même possible de laisser le bébé relier à son placenta jusqu’à la délivrance, voire au-delà (même si cette pratique est relativement rare).
En outre, il n’est pas nécessaire que le nouveau-né soit manipuler pour être mis en couche ou mesuré et pesé dès sa naissance… Cela peut très bien attendre plusieurs heures après la naissance.

Pour la sérénité du nouveau-né, l’attachement de la mère au bébé et la mise en route de la lactation, il est primordial que le lien intense mère-bébé soit préservé au maximum. Ensuite, le contact peau-à-peau participe à la poursuite de la colonisation bactérienne du bébé, qui lui sera d’une grande aide pour le développement d’un microbiote intestinal optimal.

De manière évidente, les contacts proximaux avec le bébé agit dans la prévention de la dépression post-partum (j’en parle dans mon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébémon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé)… Il serait dommage d’accentuer les risques pour des questions de protocole.

Encore une fois, j’invite les femmes et les couples à se renseigner afin de rédiger une projet de naissance (j’en parle dans mon article : « comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ») et de prévoir non seulement ses souhaits pour le travail, la naissance mais aussi pour ce qui se déroule après la naissance.
Bref, dans tous les moments de l’accouchement, de la naissance et de la rencontre : il est nécessaire de rappeler à toutes et tous que le temps fait son œuvre, dans la plupart des situations !

 

Conclusion :

Encore une fois, ce document n’est pas un article. Il n’est pas exhaustif mais j’espère que l’objectif sera atteint d’informer les femmes et de faire réfléchir certains soignant.e.s sur leur pratiques.

Je tiens à préciser encore qu’il n’est nullement question de jeter l’opprobre sur des pratiques sécuritaires qui ont amené à diminuer drastiquement le taux de mortalité infantile et maternelle. Les connaissances en gynécologie obstrétrique évoluent perpétuellement. Il est logique que les pratiques cliniques se mettent à jour régulièrement.

Que difficultés lorsqu’on surfe sur une peur intense engageant le pronostic vital de deux êtres…

Merci aux césariennes d’avoir sauvés mères et enfants, avec des techniques de plus en plus douces, avec des femmes qui peuvent pousser pour qu’elles se sentent actrices de leur accouchement (les césariennes extrapéritonéales) ; mais aussi une déchirure des tissus manuelles de manière à améliorer la cicatrisation.

Merci aux péridurales d’avoir pu soulager les douleurs vécues comme des souffrances.
Merci aux rachianesthésies d’éviter (le plus souvent possible) les césariennes d’urgence sous anesthésie générale.
Merci aux monitorings fréquents d’indiquer comment le fœtus supporte le travail.
Merci à l’antibiothérapie de réduire le risque d’infection néonatale.

Je pourrais continuer longtemps !

Le fait est qu’il y a de justes mesures et un entre-deux qu’il est possible de mettre en place.
D’une part, il est utile de rationaliser les interventions auprès des parturientes. D’autre part, cela permet aux femmes de d’accéder à la puissance de leur corps, sans se confier corps et âme à la médecine… afin qu’elles puisent dans leurs propres ressentis.
Cela leur permettra d’optimaliser le rapport avec leur nouveau-né.

 

A bientôt, j’espère, pour d’autres curiosités en toute bienveillance.

 

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Sources :
– Collectif de défense de l’accouchement à domicile:
https://cdaad.org/

reportage d’Ovidie : « Tu enfanteras dans la douleur » https://www.arte.tv/fr/videos/081587-000-A/tu-enfanteras-dans-la-douleur/

https://www.inspq.qc.ca/Data/Sites/8/SharedFiles/PDF/travail-et-accouchement-preparation-accompagnement-et-methodes-pour-composer-avec-la-douleur.pdf

Vidéo de Jacqueline de Lavilonnière : Rythme et tempo dans l’accouchement https://www.youtube.com/watch?v=PFyxnqSSJtU&t=1120s

dépistage et prévention des infections à streptocoques B : https://www.bd.com/resource.aspx?IDX=18870 et https://www.reseau-naissance.fr/medias/2018/03/Referentiel_-streptoB_RSN_2018VF-1.pdf

https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

– Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018

– Les représentations à base de peurs de la grossesse et de l’accouchement génèrent une hypermédicalisation au détriment de l’accouchement physiologique https://apprendreaeduquer.fr/peur-accouchement-physiologique/

 

Ressources :
Collectif InterAssociatif autour de la naissance : CIANE : https://ciane.net/wiki/pmwiki.php?n=Ciane.CRU

Envie d’en savoir plus sur l’adaptation du nouveau-né à l’environnement aérien ? http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/vie_extrauterine/site/html/cours.pdf

– Le guide de la naissance naturelle. Ina May Gaskin

– Recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272434/WHO-RHR-18.12-fre.pdf

Communication Non-Violente

L’influence des pratiques de maternage proximal sur la relation parent-enfant

Vendredi 5 juillet 2019, j’ai participé au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé.

Je te mets à disposition le texte de mon intervention qui avait pour objectif de sensibiliser des professionnels et principalement des psychologues.

« Je suis humaine. Vous aussi. A votre âge, votre cerveau a atteint sa taille adulte. Heureusement, il est malléable grâce à la plasticité neuronale. Cette dernière nous permet d’apprendre, de modifier nos fonctionnements personnels, nos préjugés et stéréotypes.
Aujourd’hui, c’est cette capacité que je souhaite mobiliser en vous.

J’aimerais vous poser une question :
Comment réagissez-vous face aux pleurs des bébés ?
Prenez un instant pour vous remémorer la dernière fois où vous y avez été confrontés !… Ou à des situations marquantes avec vos propres enfants (si vous en avez).

Quelles émotions jaillissent en vous ?
Je vous laisse les décoder… Il y a de fortes chances pour que celles qui émergent en vous spontanément soient les résultantes de votre vécu d’enfant.
Inexorablement, sans travail personnel, nos réactions face aux tout-petits sont conditionnées par les expériences que nous avons eues en tant qu’enfants.

Et si nous pouvions, dès à présent, mettre en place les moyens qui nous permettent de diminuer la violence envers les enfants ainsi que la détresse parentale ?
Cela vous semble utopique ?
Et pourtant, en l’espace de deux générations, c’est devenu possible ! La Suède, en encadrant légalement les pratiques de violences éducatives en 1979 a réduit drastiquement les violences intrafamiliales et la violence au sein même de la société.

Quelle est donc la voie de cette paix familiale à long terme ?
Tout simplement, le maternage proximal, que je préfère nommer « parentage proximal » afin d’être plus inclusive.

Le parentage proximal (ou attachment parenting) est un style de parentalité qui place les besoins émotionnels et physiques des enfants en priorité. Il se base sur les théories de l’attachement théorisées par Bowlby : le petit d’humain va s’attacher à son/ses figure.s parentale.s. grâce au fait que ces dernières répondent à ses besoins primaires (manger, être changé… et être rassuré !). Cependant, Harlow (un autre psychologue et chercheur, dont Bowlby s’est inspiré) a pu démontrer, dans les années 50-60 que l’attachement et la sécurité ne se basaient pas sur le nourrissage, mais bien sur le besoin inné du nourrisson de toucher et de s’accrocher à quelque chose pour le confort émotionnel… le facteur principal de l’attachement n’est pas la nourriture mais le soin et la réceptivité.
Une fois que ce lien d’attachement est fondé, l’enfant peut développer harmonieusement des comportements exploratoires de l’environnement (jouer avec ses jeux, tenter de les attraper, se retourner, aller vers des nouveaux objets, etc.).
Les enfants, qui ne lisent pas de confiance et d’encouragement dans les attitudes de leurs figures d’attachement, vont avoir plus de difficultés à se sentir en sécurité pour explorer le monde. Pourtant, l’activité de l’enfant, c’est bien ça : Explorer.
C’est donc là que l’attachement prend sa dimension motivationnelle.

Les parents pratiquant le parentage proximal, offrent à leurs enfants toutes les conditions d’un attachement sécure. Cela regroupe les pratiques de portage, d’allaitement, de cododo et un cadre bienveillant.

C’est maintenant que votre plasticité neuronale va être sollicitée !

Tout ce que j’évoque ne fait pas partie de la culture occidentale,c’est la raison pour laquelle le parentage proximal semble étrange à bon nombre d’entre-nous.
Il peut même engendrer des craintes, légitimes ou non, et beaucoup d’a priori.

Il est vrai qu’il est difficile d’accepter que d’autres possibilités existent dans la façon d’être parents… D’autant plus, lorsque nous-mêmes, nous n’avons pas agi de la sorte ou eu cet exemple.
Cela peut être douloureux de prendre conscience qu’il y avait une autre voie que celle empruntée, qui n’a pas été de tout repos tant physiquement et qu’émotionnellement.

Il faut garder en tête que les connaissances évoluent dans toutes les sphères de la recherche : les études psychologiques, médicales et les découvertes anthropologiques donnent un éclairage nouveau sur les styles de parentage.
La question n’est pas de se lamenter sur l’ignorance d’alors ou de rejeter ce qui nous est inconnu. Elle est surtout de savoir comment accompagner et expliquer les bénéfices des pratiques de parentage proximal.

Au début de mon intervention, je faisais référence à la taille de notre cerveau d’adulte.
Savez-vous que les nouveaux-nés naissent avec un cerveau qui n’est développé qu’à 23 % de son volume final ?
Comparativement, les autres mammifères viennent au monde avec un cerveau développé à 80 % ou 40 % pour les chimpanzés (plus proche de nous sur le plan biologique).
Cela implique que le nouveau-né est prématuré dans son développement… Il suffit de voir un bébé pour s’en rendre compte ! Et son évolution n’est pas la plus rapide du règne animal.
A un an, le cerveau a doublé de volume et il atteint 90 % de son volume total vers 3 ans.
Pendant toute sa croissance, c’est-à-dire 25 ans, le système nerveux va être influencé par les expériences de vie qui favoriseront l’ancrage de telle ou l’autre voie neuronale grâce à leur myélinisation progressive.

La première année est comme une grossesse extra-utérine qui permet aux enfants de développer des compétences comparables à celles des autres hominidés à la naissance. Face à un bébé, nous ne pouvons pas oublier que ce sont ses besoins émotionnels et physiologiques qui priment. Il exprime ses besoins, sans détour ni stratégie obscure, faisant fi de tous les codes socioculturels.
Par exemple, le nouveau-né n’a que faire du joli berceau préparé pour lui. Il souhaite être continuellement porté, ce qui peut démunir les parents non-avertis.
Pourtant, l’être humain a été classée comme « espèce portée », par Bernard Hassenstein (biologiste et comportementaliste allemand). Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas aux futurs parents ?

Un des aspects du parentage proximal est le portage.
Le portage permet de répondre aux besoins de sécurité et de proximité du bébé qui a été bercé pendant 9 mois au creux de sa mère.
Le portage aide à la régulation du rythme cardiaque, de la température et permet également de prévenir les aplatissements du crâne dont les plagio et bradycéphalies.
Les bébés portés intensément ont plus de facilité à distinguer le jour et la nuit. Ils démontrent moins de troubles du sommeil.
Grâce au contact physique, les bébés portés pleurent beaucoup moins que ceux qui ne le sont pas. La réduction voire l’absence de ceux-ci, grâce au parentage proximal, permet aux parents de se sentir compétents auprès de leur nourrisson.
Le portage, et le contact proximal en peau-à-peau plus généralement, permet une libération d’ocytocine qui contribue directement à l’établissement des liens affectifs.

Les bienfaits ne sont donc pas exclusivement pour les enfants mais aussi pour le lien d’attachement et les parents !
Henrick Norholt a mis en évidence que le portage permet de réduire la gravité et l’occurrence des post-partum. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Et si nous parlions de la nutrition du nourrisson maintenant !

Un autre aspect, souvent lié au parentage, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’époque actuelle, est l’allaitement.
L’allaitement est incontestablement LE moyen adéquat pour nourrir les bébés. De nombreuses études le démontrent, l’allaitement réduit le risque :

• De troubles digestifs ;
• D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
• D’allergies (eczéma, asthme…) ;
• D’anémie ;
• D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
• De problèmes orthodontiques ;
• De mort inattendue du nourrisson.
Malgré toutes les recherches effectuées par les industriels, les préparations commerciales pour nourrissons ne seront jamais équivalentes.
Rappelons quand même que les prématurés ayant un poids inférieur à 2kg reçoivent du lait maternel issu de don. Les préparations commerciales pour nourrissons provoquent trop de complications digestives.

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’allégations destinées à culpabiliser les mères non allaitantes. Ce sont des informations objectives. Il est nécessaire que l’humanité en ait conscience.

Savez-vous que l’allaitement offre de nombreux bénéfices pour les femmes allaitantes ?

• La diminution du risque d’anémie ;
• La remise en place des organes génitaux ;
• Le lien mère-enfant ;
• La diminution du risque de cancer du sein, de l’ovaire ;
• La diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause ;
• Améliore le sommeil et accélère l’endormissement

Malgré ces bénéfices avérés, la perception de l’allaitement est très particulière, en Occident, et plu particulièrement en France.
Il est possible de trouver de multiples théories en psychologie expliquant combien l’allaitement, surtout non-écourté, causerait des troubles chez les enfants.
Il est utile de rappeler que ce sont des théories qui n’ont trouvé aucune démonstration effective ni aucune base scientifique. La culture occidentale a impacté profondément le rapport au corps, la sexualisation des seins ainsi que la nécessité de pouvoir se libérer de cette « contrainte » que représenterait l’allaitement.
Au lieu de le considérer comme une option, l’allaitement devrait être favorisé et accompagné par tous les professionnels de santé.

Grâce à un accompagnement adéquat, de bonnes informations et une prise en charge éclairée des difficultés qui peuvent apparaître, les allaitements peuvent être conduits sur le long terme.
L’allaitement permet de donner confiance aux femmes dans leur capacité à s’occuper de leurs enfants : elles ne doivent pas compter sur un industriel pour nourrir leurs enfants, elles sont capables de le faire.

A l’heure actuelle, nous savons que moins de 5 % des femmes ne produisent réellement pas assez de lait pour couvrir la totalité des besoins de leur bébé.
Tous les autres échecs sont inhérents à des (mauvais) conseils socioculturels autour de la puériculture.

Ensuite, il est pratique de savoir que le portage et l’allaitement réduisent les coliques, principalement connues chez les nouveau-nés issus de pays adoptant un mode de parentalité distal. Or, les pleurs inconsolables d’un nouveau-né sont parmi les éléments les plus difficiles à supporter moralement… Ils peuvent impacter gravement le bien-être psychologique des parents ainsi que l’attachement à l’enfant (et donc favoriser les troubles comme la dépression post-partum).

Une question récurrente qui revient après la naissance est la gestion des nuits et du sommeil, en général. Il est de notoriété publique que les jeunes parents sont littéralement épuisés pendant les 3 premiers mois.
Et si je vous disais que ce n’est pas une fatalité ?

C’est vrai que se lever la nuit, de 2 à 5 fois par nuit, prendre ce tout-petit, le nourrir, le bercer et chercher à le remettre dans son lit, doit être éreintant.

Alors, pourquoi les occidentaux continuent malgré tout à s’infliger cela ?
Pour pallier à la perturbation (et au manque) de sommeil, il y a les pratiques de sommeil partagé, plus communément appelé cododo ou co-sleeping. Elles sont également caractéristiques du parentage proximal.

L’Occident, par son organisation sociale et sa richesse, a construit un modèle de maison permettant à chacun d’avoir son espace. Le temps faisant, il s’est ancré comme un pseudo-besoin.
Soyons honnêtes ! Le fait d’avoir chacun sa chambre est une considération de « riches ».
La plupart des peuples du monde partage la même pièce pour dormir, voire la même couche.

La crainte de la mortalité infantile était telle que cette pratique a été déconseillée dès le Moyen-Âge ! A l’époque, l’Église soupçonnait les parents d’infanticide et d’accuser un accident survenu pendant le sommeil.
Cette croyance a traversé les siècles… et pourtant, l’OMS recommande de partager la chambre de son enfant pendant au moins les 6 premiers mois de sa vie.
Là encore, les professionnels de santé et les autres intervenants proches des jeunes parents bénéficieraient d’être informés sur le sujet.
Au lieu de jeter l’opprobre sur une pratique (qui sera de toute façon pratiquée dans de nombreuses situations), il convient d’aider les parents sur les manières d’agir avec sécurité. Par exemple, il faut un matelas dur, ne pas trop habiller les bébés…et éviter de faire du cododo dans un canapé.
En reprenant les mots du Dr. James McKenna, éminent anthropologiste :  » Dormir comme un bébé  » est une expression commune. Que signifie-t-elle vraiment ?
Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées « régulières ».

Le sacro-saint « lit conjugal » se partagera jusqu’à ce que les enfants n’en ressentent plus le besoin, sans que cela n’ait de quelconque impact sur leur santé psychologique à long terme.
La vie sexuelle du couple sera simplement déplacée en un autre lieu, sollicitant leur créativité.

Dans les trois pratiques pré-citées, le portage, l’allaitement et le cododo, il y a un dénominateur commun : l’intense proximité physique.
Cette dernière est un facteur fondamental de bien-être pour le bébé… mais aussi pour l’établissement du lien mère-enfant (ou parents-enfant).

Dans les années 70, des pédiatres colombiens ont commencé à proposer aux enfants prématurés et à leurs parents le Kangaroo-Mother Care. Il s’agit de contact peau-à-peau dès la naissance et le plus de temps possible par 24h, d’un allaitement à la demande, du soutien pour les parents ainsi que des sorties rapides des enceintes hospitalières après la naissance.
Ce mode de soins auprès des enfants prématurés, de faible poids ou à terme, a démontré moult avantages dont une réduction de la mortalité infantile. Ils guérissent plus rapidement, régulent mieux leur rythme cardiaque ainsi que leur température corporelle comparativement aux prématurés soignés en couveuse.

En 2016, des études démontrent combien le Kangaroo-Mother Care permet aux enfants prématurés d’avoir moins de signes de stress et plus d’interactions attentives avec les parents. Il permet aussi la tenue d’un allaitement exclusif sur une plus longue durée.
Et en février 2019, un article relate l’efficacité du « Kangaroo-Mother Care » dans le traitement des dépressions post-partum.
D’autres études ont mis en évidence que plus les mères étaient anxieuses voire déprimées pendant la grossesse, moins le lien d’attachement se produisait avec aisance. Tout le contexte de la gestation, de la conception à l’accouchement, est susceptible d’influencer le lien mère-enfant post-partum.
En somme, la recherche continue avidement sur les bienfaits psychologiques et médicales de ces pratiques proximales dans les soins aux enfants.

C’est une des raisons qui doit motiver l’amélioration de la prise charge du suivi de la grossesse et du post-partum pour s’éloigner de la seule préoccupation physique.
Un regard affûté devrait être posé sur les futurs et jeunes parents afin de percevoir les prémisses de difficultés dans la relation parents-bébé. La prévention demeure toujours l’action la plus efficace.

Afin de soutenir au mieux les parents, il est essentiel de les informer de la réalité des besoins d’un tout-petit.
Il faudrait aborder le besoin de contacts intenses, les rythmes du sommeil, les besoins alimentaires ainsi que l’immaturité neurologique des enfants et ses implications factuelles au quotidien.
En travaillant avec les parents sur leurs propres émotions, il est possible de les aider à adopter des attitudes proximales permettant aux enfants d’être compris et de s’épanouir. Ils pourront aussi développer leur sentiment d’efficacité parentale.

Grâce aux pratiques de parentage proximal, les enfants autant que les parents peuvent construire une base de confiance en eux. Il est nécessaire de préciser que le parentage proximal ne s’arrête pas aux premiers mois. La distance avec les enfants s’effectue progressivement avec l’évolution des compétences tant physiques, que psychiques et langagières.

Une philosophie empathique entoure les pratiques de parentage proximal. Elle conduit à un accompagnement bienveillant des enfants dans le respect de leurs émotions, leurs rythmes et leurs compétences évolutives.

Oui, le fait de devenir parent soulève de nombreuses questions et peut mettre à jour des difficultés enfouies voire méconnues. En tant que professionnels, vous êtes des interlocuteurs primordiaux pour permettre aux parents d’être informés avec justesse.
Vous pouvez décider de vous former, avec des organismes dont la spécialité est de transmettre ces connaissances autour de l’allaitement et des pratiques de maternage proximal (le terme est plus répandu). La plate-forme Co-naître est très réputé mais il y a aussi des initiatives locales de formations des professionnels. Personne ne peut perdre à accroître ses connaissances sur les besoins et les compétences infantiles.
En cas de doute, vous pouvez aussi rediriger les parents en détresse auprès de professionnels formés comme les consultantes en lactation IBCLC ou l’association de la Leche League, des monitrices de portage, une doula, …
Prenez à bras le corps ce qui vous est confié, sans proposer des alternatives basées sur des habitudes.
Vous savez maintenant que des pratiques peuvent soutenir les parents afin qu’ils trouvent leur propre équilibre psychologique et familial, avec ce nouvel être qu’est leur enfant. A vous de les y aider ! »

Éducation bienveillante

Ton enfant fuit le bain? Voici de l’aide!

Cela arrive souvent entre 18 mois et 2 ans et demi. Tout d’un coup, impossible qu’il se lave tranquillement
Il refuse de mettre un pied dans l’eau, pleure ou encore ne veut pas se laver les dents.
Que se passe-t-il ?

D’abord, il est nécessaire de cibler.
A cette période, pour les enfants, le développement est en plein boum! Tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue cérébral, cela cavale à toute vitesse. Les connexions neuronales croissent et amènent de nouvelles compétences.
Parmi elles, les capacités de représentations abstraites: les enfants commencent à témoigner des images mentales qu’ils forment. C’est aussi à ce moment-là que les rêves (et les premiers cauchemars) surviennent sous une forme plus proches des nôtres. Les jeux deviennent plus représentatifs, la reconnaissance dans le miroir est largement acquise et l’usage de pronoms personnels débute (https://psycnet.apa.org/record/2008-12114-013). Cette évolution dans la représentation de soi comme individu est liée à la maturation de la jonction tempo temporo-pariétale, des pôles temporaux et du cortex préfrontal médian (voir https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-carrefour-temporo-parietal-14829/ et https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-1-page-6.htm?try_download=1 )

jonction temporo pariétale gauche
Jonction temporo-pariétale – Futura Sciences

Cela explique pourquoi, vers 2 ans, les enfants ne supportent plus d’être manipulés comme ils l’étaient quelques mois auparavant: ils ont conscience qu’ils sont dotés de capacités propres et qu’ils peuvent agir différemment de la volonté parentale (souvent imposée par l’habitude avec un tout-petit).

Un jour, survient une/des craintes perçues comme irrationnelles par les adultes.
Des aboiements les font pleurer, le bain est refusé, les insectes lui font peur, ils refusent de venir à la cave,
Aux alentours de 2 ans, la maturation cérébrale est « dysharmonique »:
Je cite un article de Cerveau & Psycho :
 » En moins d’un an, les connexions de l’amygdale aux régions sous-corticales (comme le thalamus) et limbiques (c’est-à-dire impliquées dans les émotions, comme l’hippocampe) se mettent en place de façon quasi définitive, alors que celles atteignant les aires corticales frontales et pariétales (mises en jeu dans les fonctions exécutives) commencent tout juste à émerger et prendront plus de temps pour arriver à maturité.
En outre, le cerveau des nourrissons présente des connexions entre l’amygdale et les aires primaires sensorimotrices et auditives (impliquées dans le traitement des stimuli sensoriels et moteurs), qui disparaissent avant l’âge de 2 ans.

Les mécanismes de peur se diversifient donc… et peuvent se déclencher aisément de manière massive pour des éléments que les adultes trouvent anodins.
Mais les enfants n’ont pas les capacités pour se calmer seuls… et encore moins pour mobiliser des stratégies afin d’appréhender ces craintes et les résoudre. La seule option à leur disposition: fuir ce qui fait peur!
En gros, voici comment fonctionne le système cérébral de la peur, expliqué par « pour la science »:

« L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées – ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace – par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. »

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Avant l’âge de 5/7 ans, les enfants ne sont pas en mesure de se raisonner par rapport à leurs craintes … et leur dire qu’elles sont disproportionnées ne les aidera nullement, au contraire.
La très efficace amygdale cérébelleuse mémorise les situations perçues traumatiques. Les enfants ne sont pas toujours en mesure de se rappeler concrètement de la situation, mais ils intériorisent les sensations physiques et les stimuli semblables à ceux rencontrés dans ladite situation.

 

Dans un premier temps, il convient alors de comprendre ce qui a pu déclencher les craintes, et le panel de choix est vaste.
En demeurant sur le sujet du bain, je te propose de réfléchir à ce qui a pu causer cette réaction d’évitement de la part de ton chérubin.
une expérience désagréable au moment du bain: un glissade inopinée, un inconfort à cause de l’eau trop chaude ou d’avoir froid dans la salle de bain, des chamailleries avec une sœur ou un frère, des remarques désagréables récurrentes: « Oh non! Tu as encore mis plein d’eau par terre! », …

une transmission de TA crainte à ce moment: « Attention, assied-toi! Tu peux glisser! », « NON! Ne bois pas l’eau savonneuse! », « NON, ne touche pas au robinet, tu peux te brûler! ».
Je précise que c’est totalement légitime, mais ton enfant ne peut pas savoir où est la bonne mesure… Il répond juste en fuyant ce qui est perçu comme inquiétant!

Les interprétations fallacieuses, si fréquentes durant l’enfance. Jane Nelsen (autrice de « La discipline Positive ») a écrit:  » Les enfants comprennent tout mais interprètent mal! ».
Les enfants se rendent compte qu’ils ne peuvent pas respirer sous l’eau et craignent alors d’être engloutis dans cet élément.
D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il est conseillé de mouiller le visage des enfants dès la naissance avec la douche, de manière à maintenir leur réflexe natatoire (aussi appelé d’apnée). Cela sera très utile en cas de glissade ou de chute accidentelle dans un bassin (les cours de bébés-nageurs sont d’une utilité publique à ce sujet, d’ailleurs!).
Ils peuvent aussi craindre d’être aspirer par le siphon de la douche/du bain, surtout s’ils ont déjà perdu un petit jouet comme cela.

un moment stressant ?
Souvent, pour les parents, les fins de journée sont des marathons: retour du travail, repas, bain, coucher des enfants. Le temps imparti est souvent court …
Alors, est-il possible que ton enfant perçoive ton empressement?
Quand se déroule le moment de la toilette dans votre quotidien?

le bain ferait-il parti d’un rituel qui ne lui convient plus ?

Le rythme des enfants évolue et la manière dont ils s’expriment se diversifie avec l’expérience qu’ils ont de la vie.
Il est possible que ton enfant n’apprécie plus prendre son bain au moment de la journée où tu lui imposais précédemment.
La routine est peut-être à envisager sous un autre angle.

Dans toutes les situations où les enfants « s’opposent » à la volonté des adultes, refusent de participer aux tâches, « s’affirment » parce qu’ils sont en mesure de le faire… Il est indispensable de ne pas offrir de prise à cet affrontement !

Pourquoi ?
Forcer les enfants à être dans un baignoire ou un douche alors qu’ils refusent d’y entrer va renforcer l’expérience négative de la situation !
Ils garderont en tête encore plus d’émotions négatives s’ils sont contraints : c’est une escalade sans fin !
(Je place un rappel sur les effets néfastes des punitions de tous ordres)

 

Quelques comportements à éviter, parce qu’ils sont totalement contre-productifs :

– Minimiser les peurs des enfants (du bain ou toutes les autres, d’ailleurs);

Ridiculiser les enfants par rapport à leurs peurs perçues comme irrationnelles par les adultes ;

– Contraindre les enfants à obéir;

Faire la « Morale »;

– Punir;

– Laisser-aller et ne plus inciter les enfants à se laver en se disant « que ça finira par revenir »

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Alors, quoi faire, puisqu’on ne peut pas forcer les enfants à se laver ?
Contourner le « problème » et le prendre par un autre bout, et surtout : redescendre en pression autour de la question du bain.
Il est tout à fait possible de se laver grâce à une « toilette de chat » tant pour les adultes que pour les enfants. Bien entendu, cela dépend des activités de la journée! Ce n’est pas applicable à toutes les situations.
A l’heure actuelle, moult dermatologues arguent des méfaits des douches/bains quotidiens et surtout avec les détergents que l’on trouve actuellement : les gels douches, savons et shampooings vendus en Grandes Surfaces ont des compositions catastrophiques tant pour la peau que d’un point de vue écologique.
Voici par exemple, la composition d’un produit marketé comme étant « tout doux » :
Le Dove Nourishing Care & Oil Gel Douche
Ingrédients : Aqua, Sodium Hydroxypropyl Starch Phosphate, Cocamidopropyl Betaine, Lauric Acid, Sodium Lauroyl Glycinate, Sodium Lauroyl Isethionate, Hydrogenated Soybean Oil, Helianthus Annuus Hybrid Oil,Sodium Chloride, Glycerin, Acacia Senegal Gum, Argania Spinosa Kernel Oil, Benzoic Acid, BHT, Butylene Glycol, Citric Acid, Dehydroacetic Acid, DMDM Hydantoin, Gelatin,Guar Hydroxypropyltrimonium Chloride, Helianthus Annuus Seed Oil, Iodopropynyl Butylcarbamate, Mica,Parfum, Phenoxyethanol, Silica, Sodium Benzoate, Sodium Hydroxide, Sodium Isethionate, Stearic Acid, Tetrasodium EDTA, Xanthan Gum, Zinc Oxide, Hexyl Cinnamal,Limonene,Linalool,CI 77491,CI 77492, CI 77891.

Une liste longue comme le bras… et encore, sa composition n’est pas la pire présente sur le marché ! Mais il contient quand même quelques perturbateurs endocriniens, des silicones et des colorants.
Une bonne solution pour savoir ce qu’on met sur sa peau et celle des enfants est de scanner le produit, à l’aide de Clean Beauty, par exemple.
L’app met en évidence les ingrédients problématiques ou si le produit est adéquat.

Il est possible de se tourner vers les pains de savon standard, comme le savon de Marseille ou d’Alep et les savons saponifiés à froid (là encore, il faut veiller aux ingrédients ! Les « savons de Marseille » de Grandes Surfaces n’en sont pas réellement …).
Certaines gammes de gels douches sont également correctes, comme les Weleda.
Malheureusement, il ne faut pas se fier à ce qu’on trouve en pharmacie, même pour les peaux atopiques… les compositions sont souvent désastreuses !

Alors, si on peut se satisfaire des produits des plus simples possibles, parfois même se satisfaire d’eau pour se rincer, la question de l’hygiène est nécessaire à notre santé.
Il ne viendrait pas à l’idée à grand monde de manger avec des mains non-lavés après être aller à selles.
Il ne devrait pas sembler plus logique de laisser des enfants qui courent, jouent par terre et souvent, portent des couches, ne pas être nettoyés correctement.
J’ai lu certains témoignages invitant au laisser-aller complet, ce qui finit par engendrer des conséquences assez fâcheuse pour la santé des enfants, comme des infections vaginales, par exemple.

Je tiens à digresser sur un autre point : sir les parties intimes doivent être rincées, il est superflu d’utiliser des nettoyants tant le savon que les « produits d’hygiène intime ». C’est un grand mythe que de croire qu’un vagin sent mauvais et qu’il faut en masquer l’odeur.
Voici une campagne comme je les aime pour sensibiliser à l’arnaque de ces nettoyants intimes qui font pires que mieux : « Lâchez nous la Chatte ! »

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Dans le même ordre d’idée, parfois, il est conseillé aux parents de décalotter leurs garçons. Ce conseil est totalement inutile voire douloureux pour les petits garçons

 

Après ces détails (d’importance), revenons à nos moutons : Comment articuler le besoin d’hygiène et le refus des enfants ?

Après avoir conscientisé ce qui a pu déclencher la crainte chez les enfants, il est nécessaire d’intervenir en douceur, sous différents axes.
Laisser les enfants dans leurs craintes en espérant qu’elles passent avec le temps promeut les comportements d’évitement de la situation perçue comme problématique.

Il est su depuis les prémisses de l’analyse psychologique des humains que nous avons tendance à fuir ce qui engendre de la peur. C’est imparable en termes d’efficacité pour garantir la survie. Mais quand la situation crainte fait partie de la vie quotidienne et est nécessaire au bon déroulement de celle-ci tant en terme de santé que de fonctionnement général, il convient d’intervenir : « l’évitement des situations qui engendrent de la peur ou de l’angoisse maintient et aggrave le mal-être vis-à-vis de cette crainte spécifique » (Maren, S. (2001). Neurobiology of Pavlovian Fear Conditioning. Annual Review of Neuroscience, 24, 897-931.Watson, J. B. & Rayner, R. (1920). Conditioned emotional reactions. Journal of Experimental Psychology, 3(1), 1–14).

L’accompagnement pour vaincre cette crainte va dépendre de l’âge de l’enfant, de ses compétences en verbalisation et des attitudes parentales.

Il faut savoir que les enfants apprennent par l’observation, prioritairement !
Alors, A POILS et au bain !
Sans rire, ton enfant te voit-il te laver ? Prend-tu parfois le bain/douche avec elle/lu
i ?
Souvent, cela aide : l’idée n’est pas de forcer les enfants à entrer dans le bain avec nous, mais de se laver et de jouer de manière à donner envie aux enfants de se joindre à nous.
Cela marche d’autant mieux s’il n’y a pas un autre parent qui s’active dans la maison.
Plus drôle, prendre un bain collectif : il est fort possible que si les 2 ou 3 personnes qui composent le foyer se trouvent dans la baignoire, les enfants veuillent prendre part à cette foire aquatique !
Le bain peut devenir un vrai moment de jeu en famille ! I
l suffit probablement de quelques séances aquatiques en collectivité pour que les enfants apprécient à nouveau barboter.

 

Cela ne fonctionne pas ?
Ne tarissez pas de
décrire les sensations agréables lorsque tu es dans le bain et/ou après t’être lavé.e. Il ne s’agit pas de surjouer, mais de verbaliser clairement combien ça t’est agréable.

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D’ailleurs, en parlant de sensations… Fait-il assez chaud dans ta salle de bain ?
Il faut le reconnaître, se laver dans une atmosphère frisquette n’est pas des plus agréable. Si la conscience écolo et la régulation attentionnelle des adultes minimise
nt les aspects incommodants du coup d’air froid sur des fesses mouillées, les enfants n’aspirent qu’au confort !
Alors, monter de quelques degrés (j’admets, moi, je crée une étuve!) offre souvent des sensations plus douces !
Il est également nécessaire de bien vérifier la température de l’eau ! Certains enfants apprécient l’eau à 37° et d’autres, plutôt à 39° !

 

Les jeux et le bain, une idée plutôt classique… Mais il est possible d’innover !
Parfois, les enfants ont du mal à s’arrêter de jouer pour aller se laver. Pourquoi ne pas rendre le moment du bain vraiment intéressant ?
Pourquoi ne pas prévoir un jeu, avant le bain, qui peut aussi être mis dans l’eau ?
Les accessoires de cuisine, des pots d’épices (vides, of course, sauf si tu veux un enfant infusé au curry), louches, fouets, boîte de conservation, … Tout cela peut finir dans le bain et en fait un moment vraiment gai 
(il ne reste plus qu’à installer les baignoires japonaises qui maintiennent la température de l’eau constante, et c’est le paradis) !

 

Il est aussi très utile de se munir de livre abordant le sujet du bain.
Voici quelques références bienveillantes
(n’hésitez pas à les chercher en seconde main ou sur les sites leslibraires.fr ou labribrairie.com ou encore chez votre libraire, afin de ne pas nourrir les « monstres » de la culture bien connus et à l’éthique douteuse :

– « Au bain, Petit lapin » de Jorg Muhle

– « le bain de Berk » de Julien Béziat

– «  Comment bien laver son mammouth Laineux ? » Michelle Robinson

Grâce au lecture, cela normalise et fait rentrer la « coutume » de l’hygiène par le bain/douche.
Mais surtout, il est possible d’utiliser les différentes scènes des histoires pour questionner les enfants sur leur ressenti face à elles : « Tiens, tu vois Petit Lapin avec le savon ! Est-ce que tu aimerais être à sa place ? Tu aimes ça, toi ? …. »
Cela offre la possibilité de décrypter certaines craintes et de parler autour d’elles.


Baigner tout mon corps : NON !
Et si… tu commençais par
proposer des bains de pieds, de bras, etc ? A l’aide d’une baignoire pour bébé ou d’une grande bassine, il est souvent efficace de laisser jouer les enfants autour d’un bac d’eau !
Petit à petit, le contenant
pourra être rapproché de la salle de bain et même finir dans la baignoire vide. Ici, c’est d’ailleurs un de nos jeux, de temps en temps : une énorme gamelle/casserole d’eau, des louches, des flacons et le tour est joué : une des seules activités où ma fille peut s’occuper pendant 45 minutes sans s’ennuyer !
C’est aussi une bonne manière de contrer la peur de l’eau.
En jouant avec, dans de petits récipients, tout en étant dans la baignoire vide, ils peuvent appréhender
d’une nouvelle manière, en douceur, tant l’élément que l’environnement de la salle de bain.
Ensuite, proposer aux enfants d’ouvrir le robinet et de laisser la baignoire ou le bac de douche se remplir un tout petit peu.
Cet accessoire est vraiment pratique pour permettre aux enfants de jouets dans
le bac de douche ou lorsqu’on a perdu le bouchon de la bonde…) :

 


Bonjour, « moi tout.e seul.e » !
Être lavé.e n’est pas forcément attrayant, mais prendre part à l’activité renforce la confiance en soi.
Inspiré de la pédagogie Montessori, il est profitable de rendre accessible aux enfants les accessoires et un meuble lui permettant de se laver de manière autonome.

meuble sdb montessori
Dans cet exemple trouvé sur Pinterest, on voit l’utilité du miroir et que tout soit à la taille des enfants.
Ils peuvent ainsi se laver les dents, le laver les mains et ne pas être dépendants de l’intervention d’un adulte !
J’y ajouterai une grande bassine à bords bas… posée sur un tapis de bain « anti glisse » : cela évitera qu’il y ait de l’eau partout et surtout, cette bassine peut servir à se laver les pieds et les jambes.
On a beau en rire… Mais le bidet de nos (arrière) grands-parents étaient vraiment pratiques !
Avant les rénovations effectuées dans les maisons partagées par la famille, je me souviens très bien le nombre de fois où le bidet m’a servi à me laver différentes parties du corps.

Verbaliser, encore et toujours !
Cela semble être une lapalissade, et pourtant, le quotidien nous pousse à agir de manière un peu automatique … d’autant plus quand l’agacement point le bout de son nez.

Il est primordial de verbaliser les émotions que l’on croit percevoir chez son enfant. Plus le temps passe et plus ils seront en mesure de les exprimer par eux-mêmes.
« Une série d’études ont montré que le traitement linguistique active une région du cortex, le cortex préfrontal ventrolatéral droit, qui réduit l’activité de l’amygdale, et par là, atténue les réponses anxieuses (Lieberman et al., 2007). Il apparaît que mobiliser les aires cérébrales du fonctionnement exécutif concourt à une diminution de l’activité du système limbique. »
Concrètement, favoriser la verbaliser fait diminuer la force des réponses émotionnelles et permet de les appréhender plus aisément.

La vie est un jeu !
Je l’ai déjà évoqué précédemment, mais le jeu est un outil indispensable pour amener les enfants à collaborer avec plaisir.
J’en ai même fait un article.
Je suis minimaliste dans mon quotidien, mais force est de reconnaître que certains accessoires peuvent être utiles pour rendre le moment du bain agréable : des feutres de bain, des pompes qui imitent l’eau qui coule en continu (afin d’épargner sa consommation d’eau, tout en donnant l’opportunité aux enfants d’avoir un robinet qui délivre de l’eau), …

pompe robinet
Pompe Robinet DreamBaby

Je précise que tous les articles mentionnés sont juste indicatifs, je n’ai aucun « partenariat » ni aucune préférence. Ce sont des exemples.


Calme et attentif, comme une grenouille !
J’emprunte le titre de ce livre merveilleux d’Eline Snel concernant l’initiation à la méditation, à partir de 5 ans (disent-ils).
Pour soi, en tant que parent, il est nécessaire d’être particulièrement calme et disponible pendant le temps du bain.
Il est nécessaire de chasser l’appréhension du refus… Parce que partir « perdant » ne permet aucune réussite.
D’ailleurs, cela vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne.
A chaque instant, il faut se laisser la possibilité de vivre ce que l’on souhaite. Dans le cas présent, une séance de toilette qui se passe dans la joie et la bonne humeur.

Ensuite, il est possible d’initier très tôt les enfants à la relaxation et la méditation. Divers supports existent spécialement pour les enfants… Comme ce livre d’Eline Snel, mais aussi des livres de la collection Gründ : « Mes premiers moments de méditation » ou « Mes premiers moments de relaxation », qui sont des livres sonores.

La méditation permet aux enfants (et aux adultes) de prendre conscience de ce qui les traverse au moment où ils y prêtent attention. Cela permet de réguler la respiration et cela influe sur le fonctionnement cérébral.
Apprendre à lire ses propres émotions, à les exprimer et à respirer profondément (respiration ventrale) aide ensuite dans la vie quotidienne.
Pourquoi ne pas transmettre aux enfants la capacité d’utiliser la relaxation dans des moments qui engendrent du stress?
Si cela paraît difficile entre 18 et 24 mois, la pratique régulière ancre de nouvelles habitudes.
Encore une fois, les enfants apprennent et sont sensibilisés d’une manière simple : par l’imitation.
A vous de vous y mettre !:)
Petit Babou  est un app très efficace pour débuter la méditation (parmi d’autres).
La médiation, pour les petits comme pour les grands, cela s’acquiert. La «digression intellectuelle » fait partie du voyage et de l’apprentissage !:)

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Et si je te disais que tu es un thérapeute du quotidien ?

En tant que parent, tu accompagnes tes enfants dans leurs difficultés quotidiennes (mais pas que… Heureusement!).
Avec la posture bienveillante explicitée précédemment et les quelques outils concrets, tu agis en connaissance du fonctionnement des craintes infantiles.
Par la lecture, les bains de pieds, la médiation et la verbalisation des émotions, tu agis comme le feraient des psychologues.
Ce que je t’ai proposé est une application quotidienne bienveillante des types de psychothérapies démontrées comme efficaces pour prendre en charge les phobies.
D’une part, l’
exposition à la situation problématique. Mais : « L’exposition peut prendre des formes diverses, comprenant des versions progressives ou intenses (ou thérapie par immersion), brèves versus prolongées, avec ou sans stratégies cognitives ou corporelles de coping (voir la recension de Meuret, Wolitzky-Taylor, Twohig, & Craske, 2012), ou encore en imagination, intéroceptives (liées aux sensations corporelles concomitantes aux moments où les peurs surviennent), ou in vivo (dans la vie réelle). Il a été prouvé que la thérapie par exposition est une stratégie de traitement efficace pour la peur et les troubles anxieux (Hofman & Smits, 2008 ; Norton & Price, 2007). » https://uclep.be/wp-content/uploads/ArtCraske_Traduc_Final.pdf

D’autre part, l’ACT qui est la Thérapie centrée sur l’acceptation et l’engagement : « la flexibilité psychologique, au centre des interventionsde l‘ACT, se définit comme la capacité à être complètement conscient du moment présent (phénomènes internes et environnementaux) et à ajuster ses comportements en fonction de ce que la situation permet pour agir en direction de ses valeurs (Hayes, Strosahl, Bunting, Twohig & Wilson, 2004) »
C’est en ce sens que la médiation et la relaxation peuvent être efficaces, tout comme la réflexion partagée autour de l’adaptation de routines qui conviendraient aux enfants.

Pour finir, je vais aborder rapidement un autre point spécifique qui pose régulièrement question.

Le lavage des dents

Le refus de se laver les dents est très fréquent chez les enfants.
Comme pour le lavage du corps, l’exemplarité est reine : se laver les dents devant les enfants et les faire participer est une des clefs de la collaboration.
Mais… Ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt de s’astreindre à cette routine… et lors des poussées dentaires si explosives entre 12 et 24 mois, le passage d’une brosse sur des gencives enflammées doit être extrêmement désagréable.
Moi-même confrontée au refus catégorique de ma fille depuis 2 mois (alors qu’elle se brossait elle-même ses quelques quenottes depuis le départ, me laissant finir ensuite), je me suis questionnée sur la manière de gérer son hygiène bucco-dentaire.
La réponse est dans l’anticipation… Par les apports alimentaires !

En l’absence d’aliments raffinés et industriels, il n’y a pas de raison que les enfants développent des problèmes dentaires.
Je parle ici d’enfants allaités et n’ayant pas de pathologie spécifique. Les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN ou Lait Artificiel) sont riches en diverses formes de sucres et sont cariogènes.
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée (que j’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi » et brillamment expliqué dans « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat, avec une complémentation en vitamine D, il n’y a pas vraiment de raison de développer des caries.
Cela dit, il est possible de mettre en œuvre quelques astuces au quotidien … dont finir les repas par le grignotage de quelques noix ou des graines, en version nature (donc sans sucre!) bien évidemment. Leur taux de lipide et de protéines en font des aliments qui ne sont pas cariogènes. De plus, elles agissent en neutralisant l’acidité buccale créée par la mastication d’aliments sucrés.

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Il est donc de coutume, sous mon toit, de finir les repas par quelques noix ou des graines de courge.
Néanmoins, tous les jours, je me brosse les dents devant elle et lui propose de faire les siennes. Elle a sa brosse à disposition en même temps et pendant son bain. Je suppose que l’habitude du brossage finira par revenir dans les mois qui viennent.
J’avoue avoir commandé un bâton de siwak… qui est un échec cuisant à cause de son goût (que j’ai moi-même du mal à supporter. Oops!).


Les enfants nous challengent au quotidien pour remettre en question nos croyances et nos connaissances au sujet de nos habitudes.
S’ils sont des être éminemment sociaux, ils n’intériorisent pas les coutumes sociales et les habitudes culturelles avant 4/5 ans. Et encore après cet âge-là, il est utile d’écouter réellement ce qu’ils mettent en exergue.
En tant qu’adultes, nous avons de nombreux conditionnements ! Les enfants sont de merveilleux révélateurs de nos automatismes et aussi de nos croyances bien ancrées… qui peuvent pourtant être remises en question.
Ils nous font évoluer et nous amènent à prendre plus soin de nous-même… Pour prendre encore mieux soin d’eux !

Si tu te sens dépassé.e avec ton enfant, n’hésite pas à consulter des professionnel.le.s bienveillant.e.s !
Je suis moi-même disponible pour répondre aux questions et échanger, avec plaisir.

A très vite, pour de nouvelles curiosités !


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