Maternage proximal·Préparer la naissance

Le temps de l’accouchement

 

Dans un précédent article, j’abordais la notion du temps pendant la grossesse.
Initialement, je pensais rédiger un article sur le rapport au temps avec un nouveau-né… Mais cela sera le suivant de cette série !
J’estime indispensable de se pencher sur l’expérience du temps pendant l’accouchement.

Je dois commencer par faire un disclaimer : bien que j’ai essayé d’être très complète, je ne peux être exhaustive dans l’ensemble des sujets abordés. Je serai ravie que les sages-femmes, gynécologues et toutes les autres personnes le souhaitant ajoutent leur pierre à l’édifice de la connaissance partagée par un commentaire.

Je vais parler ci-après de grossesses et d’accouchements dits « normaux », donc non-pathologiques.
Cela implique que dans ces situations, la mère et le bébé aillent bien et que rien n’indique un problème susceptible de survenir.

Il est évident que tous les signes indiquant une pré-éclampsie, une souffrance fœtale, un retard de croissance intra-utérin et d’autres pathologies tant fœtales que maternelles impactent les prises en charge. C’est tout le même le bonheur de la médecine que de se voir sécuriser dans les cas critiques.

 

Table des matières:

  • Introduction (et story telling)
  • L’accouchement, entre peur et bonheur !
  • Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !
  • Les différents cas de figures de « mise en travail »
  • Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?
  • l’évolution du travail
  1. – la peur de l’accouchement
  2. – les effets du « travail guidés »
  3. – l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )
  • La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement
  • Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?
  • Les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :
  • Faciliter l’accouchement par certaines mesures :
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • La nécessité de l’environnement serein
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • Elles voudraient… mais ne peuvent pas:quand le contexte dirige les actes
  • Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne 
  • Conclusion

 

Introduction

Cependant, plus de 80 % des accouchements se passent bien. Si la médecine permet maintenant de réduire la mortalité maternelle et infantile (voici les chiffres de l’OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality ).
La peur et les risques au cours de l’accouchement sont enseignés dès le départ des études des sages-femmes. L’accouchement est
perçu comme un moment particulièrement à risque, entre la vie et la mort. Les équipes soignantes sont drillées à éviter le moindre risque et à sauver mères et bébés.
Et c’est un bien noble mission d’accompagner les mères à mettre leur enfant au monde…

Les connaissances médicales ont amélioré la prise en charge des pathologies.

C’est ainsi que les mortalités et la morbidités maternelles et foetales ont drastiquement chuté, surtout avec la popularisation des protocoles hygiéniques.
Juste « comme ça », les nombreux cas de « fièvre puerpérale » violentes étaient propagées par les interventions médicales. En effet, passer d’une autopsie à une femme parturiente, sans se désinfecter les mains, n’est pas une idée merveilleuse !

Cependant, les protocoles rigoureux en sont venus à pathologiser la variabilité du « normal »… voire parfois d’induire des complications : l’hémorragie de la délivrance plus fréquente à cause d’un utérus sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse, par exemple.
D’ailleurs, « 
dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort » exprime Marie-Hélène Lahaye dans cet article https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

Alors, d’ores et déjà, il y a un conflit autour de la naissance : la préservation de la vie et la limitation des complications, d’un côté, et le respect des compétences et du ressenti des femmes, de l’autre.
Mais est-ce antinomique ? http://www.slate.fr/story/77870/longue-vie-honteuse-histoire-mortalite-maternelle
Divers rapports mettent en évidence que les accouchements à domicile ou en maison de naissance ne sont pas plus dangereux que les accouchements hospitaliers.
Afin d’entrer dans ce processus de naissance physiologique dans un lieu autre que l’hôpital, les sages-femmes informent rigoureusement les femmes enceintes.
Les naissances dans ces contextes « alternatifs » concernent des grossesses dites normales : aucun signe de pathologie de grossesse, bébé tête en bas, santé maternelle assurée, constantes fœtales normales, pas de grossesse multiple, …
En somme, les principales sources de complications sont soigneusement évitées.

L’accouchement a un statut particulier.
D’une part, il s’agit de l’aboutissement de la grossesse et beaucoup d’inquiétudes parentales se cristallisent dessus. La plupart des préparations à la naissance/à l’accouchement n’ont d’ailleurs comme objectif que de préparer à cet évènement inédit et faramineux. L’allaitement est parfois sommairement abordé, mais la « préparation » se cantonne principalement à l’instant T (qui peut durer 1h ou 72h!). D’autre part, l’accouchement est le début d’un nouveau chemin de vie aérien. Plus rien ne sera jamais comme avant, et il est maintenant nécessaire de prendre en charge ce tout-petit qui jusque là était comblé par son expérience amniotique.

Alors il pose question, focalise les attentions et les couples autant que les soignants tentent de se préparer au mieux.


Petite tranche storytelling :

J’ai fissuré la poche des eaux un samedi vers 15h30. Une fissure tellement fine que j’ai simplement eu des pertes rosées très légères. Mais qui dit pertes rosées, dit probablement présence de sang… Ce qui implique un passage à la maternité pour un contrôle.
A dire vrai, je ne croyais absolument pas que je débutais mon accouchement. J’avais perdu le bouchon muqueux la veille au matin, jour du dernier contrôle prévu avec ma gynécologue. Je n’avais qu’un petit centimètre externe de dilation. Ma gynécologue pariait sur une enfant post-terme car elle était estimée « petite » à ce terme-là : aux alentours de 3,2kg et 48cm alors que je suis une grande perche et Monsieur Donneur aussi.

Mais voilà, contrôle effectué à 22h (oui, j’ai pris mon temps, il ne faut pas rire : je n’allais pas me faire enfermée trop vite pour « rien »), c’est bien du liquide amniotique (en quantité infime). Je suis donc assignée au « quartier de naissance » jusqu’à la naissance de ma fille !

J’étais plutôt sereine, j’attendais dans l’enceinte hospitalière que mon travail veuille bien se mettre en route. J’étais persuadée que la nuit apporterait son lot de contractions. Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller après quelques heures de sommeil, sans le moindre signe de travail.

Mon corps ne semblait pas pressé à se séparer du fœtus qu’il abritait et moi, j’étais tranquille (bien que je rêvais de pouvoir me promener dehors… ce qui est interdit pour des raisons d’assurance!).

Mais il s’avère que le temps presse, une fois que la poche est percée… Les gynécologues mettent une deadline pour éviter les potentielles infections. Outre le début de l’antibiothérapie (d’autant plus que j’étais positive au dépistage des streptocoques du groupe B), la deadline est le déclenchement du travail. Ce qui n’est plus dans l’optique d’un accouchement physiologique…
J’ai vécu cette deadline comme une réelle pression. Chaque heure en l’absence de contraction m’angoissait. Je craignais de finir avec une césarienne d’urgence sous anesthésie générale, bref… Ce fut la ronde des scenarii catastrophes dans ma tête.
Heureusement, l’équipe de sages-femmes présente fut fantastique. Grâce à une séance d’hypnose, j’ai pu redescendre émotionnellement. Ensuite, elles ont tenté d’induire le travail grâce à de l’homéopathie ainsi que des massages avec une synergie d’Huiles Essentielles spécialement dédiée aux accouchements (sauge, et autres).
Ce fut louable de leur part, même si a posteriori, ces interventions étaient dans une optique d’accélérer le déroulement de mon accouchement… Alors que tout se passait très bien, analyse sanguine à l’appui !
Ce sont les processus et les protocoles standardisés des enceintes hospitalières qui poussent le personnel soignant à être totalement embrigadé dans la recherche des déroulements les plus rapides possible.
J’ai pu éviter un déclenchement qui était prévu 20h (soit 28h après la fissure), repoussé au lendemain matin. Et je me suis mise en travail à 22h !
14H de travail, de manière totalement physiologique…
Mais un placenta qui a mis 20 minutes à sortir.
Après 15min, la gynécologue (qui est vraiment adorable, hors ce cas précis) me dit : « Vous ne seriez pas la première à avoir une extraction du placenta sur AG après un accouchement superbe comme ça ! ».
Mon stress remonte en flèche (et tu sais quoi… Le stress et la peur induisent la production d’adrénaline, inhibitrice de l’ocytocine… Qui est indispensable pour le travail mais aussi pour que le placenta dise son dernier adieu!).

Une sage-femme me semble-t-il un peu paniquée à l’idée de masse le ventre d’une manière précise et non-douloureuse (je précise!) et voici mon très cher organe qui glisse délicatement.
Bref, on m’a fichu la trouille… Pour rien.

Cette pression au timing aurait-elle un lien avec le fait que les équipes soignantes aient des protocoles et des indications pré-définies de ce qu’est une durée « normale » de la grossesse, du travail, du temps de poussée et de la sortie du placenta ?
A côté de cela, les équipes sont souvent en sous-effectifs et, dans un accouchement physiologique, le travail actif demande parfois un peu de présence émotionnelle… Sans parler des moments de l’expulsion et de la délivrance qui sont sous haute surveillance et monopolisent le/la gynécologue, alors qu’il y a peut-être d’autres patientes et des consultations à assurer simultanément.

C’est limpide : l’empressement n’est pas principalement mu par la volonté de s’assurer de l’état de santé des la mère ou des enfants…

L’accouchement, entre peur et bonheur !

L’accouchement est donc un sas entre deux réalités distinctes pour la plupart.
Chez certaines, la grossesse et l’accouchement tendent à se chevaucher : dans les cas de menace d’accouchement précoce (MAP), par exemple. Dans ces cas-là, la grossesse est une parenthèse pendant laquelle l’objectif est de conserver cet état enceint en évitant toute activation du travail effectif.
Il y a aussi les cas de Retard de Croissance Intra-Utérin où il apparaît parfois que la grossesse ne permet pas une croissance optimale du fœtus et qu’un déclenchement peut être envisagé voire indispensable !

Sauf césarienne programmée (ce que je souhaite uniquement aux femmes ayant des antécédents ou des pathologies ne permettant pas de l’éviter … Pas comme au Brésil ou en Chine où les césariennes programmées représentent 50 à 80 % des accouchements : voici d’ailleurs un reportage sur la question), il est impossible de prévoir l’accouchement dans son calendrier.

La plupart des femmes se construisent une image de ce qui pourrait être « le début » de l’accouchement :

– Une contraction plus douloureuse que celle déjà ressenties (si elles ont déjà été perceptibles… Personnellement, je fais partie de ces femmes qui ont découvert les contractions au moment du travail uniquement) ;

– la poche des eaux qui perce/fissure ;

– … ?

Alors, souvent, les femmes et les couples cherchent à savoir ce qui les attendent et trouvent des articles comme celui-ci ou celui-là.

Ces articles propagent une vision de l’accouchement contenant des violences obstétricales que les femmes devraient accepter sans sourciller… ! J’y reviens plus tard dans l’article.

Mais, malgré les informations glanées ici ou là (comme sur mon site, d’ailleurs) la réalité rattrape l’imaginaire par une entrée en matière originale …

Certaines femmes ont des contractions (dites de Braxton Hicks) fréquemment en fin de grossesse. Leur corps se prépare et progressivement, se prépare au travail actif (qui travaille efficacement sur le col et qui accompagne le bébé qui descend dans le bassin), par une alchimie entre fœtus et mère.
Quand peut-on alors dire que le travail a commencé ?

Pour d’autres, la poche des eaux se fissure ou se rompt laissant une sensation étrange d’incontinence, de flaque tonitruante… ou de pertes discrètes qui s’accentueront graduellement. Cela n’a pas la soudaineté des films hollywoodiens qui présentent les femmes perdant les eaux, surprises par des contractions violentes faisant croire qu’elles vont expulser leur bébé sous 15 minutes !

D’ores et déjà, ces deux cas de figure engendrent un rapport au temps complètement différent.

Il est dit aux femmes primipares de se rendre à la maternité quand les contractions surviennent régulièrement toutes les 5 minutes, qu’elles durent 1 minute et ça, depuis une heure. Je suppose que ces conseils permettent de limiter le nombre d’accouchement sur les routes… mais aussi à réduire le stress inhérent au changement de lieu.
Cependant, l’inconvénient majeur est qu’il focalise l’attention des futurs parents sur un timing précis entre les contractions. Au lieu de se laisser vivre dans l’expérience du début du travail, il peut se produire un contrôle assidu des contractions. Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut être régi par un contrôle volontaire : c’est l’accouchement (et l’attitude du futur enfant, mais j’y reviendrai!).

Dans ces cas-là, les projets d’accouchements à domicile (AAD) sont enviables. Les couples ou la femme parturiente peuvent se laisser emporter par les vagues contractiles sans se questionner de sa dilatation ou des intervalles entre chaque contraction. Je t’invite à aller consulter le blog d’une psychologue et sophrologue « Une Petite Graine » https://unepetitegraine.blog/. Lorène y partage, entre autres, des témoignages d’AAD qui donneraient à tout le monde l’envie d’opter pour ce choix (en respectant les exclusions pour cause d’antécédents ou de risques accrus pour le bébé, évidemment).

Et malgré toutes les connaissances élaborées au fur et à mesure des années concernant l’obstétrique, les recherches continuent.
Cependant, il demeure une peur terrassante du moment de l’accouchement.

Malgré des taux extrêmement bas de mortalité maternelle, il est clair que ce qui est enseigné au sages-femmes et autres praticien.ne.s en maïeutique, est que le suivi doit permettre de garder tant la mère que le bébé sains et saufs. Or, seuls 10 à 20 % des naissances nécessitent une intervention pour qu’elles ne déroulent bien.

La plupart des femmes sont soumises aux mêmes traitements, quel que soit leur profil de risques…

Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !


Tu peux demander à l’équipe médicale de ne pas effectuer des touchers vaginaux de manière trop régulière voire même uniquement quand TU le souhaites (sauf dans les cas où le monitoring montrerait des constantes défavorables).
L’absence de contrôle régulier permet de se détacher de la performance de l’accouchement : dilater le plus et le plus vite, si c’est possible.

Je rêverai que les femmes hospitalisées n’aient pas à subir cette pression temporelle, accentuée par la présence inaltérable d’horloge dans chaque pièce, bien en vue !
De plus, il y a comme une comparaison étrange entre celles ayant eu un travail rapide et celles qui ont vécu les choses plus lentement.
Certaines femmes accouchent vite et cela s’accentue souvent
avec le nombre de grossesse.
Mais ce n’est pas une règle… Simplement parce qu’une grossesse n’est pas l’autre et que deux accouchements ne sont jamais similaires.
Et si l’on ne cesse répéter la singularité des grossesses, des accouchements et des enfants, il semble qu’en pratique tout soit régi par des moyennes, des calculs et des résultats métriques !

Un exemple simple est la durée de la gestation humaine qui s’étend de 37 SA à 43SA.
Mais, en France, la courbe de Gauss démontre que la plupart des accouchements se produisent aux alentours de 41 SA. C’est ainsi que le terme est arrêté…
Si cela ne paraît être qu’une formalité, il s’avère que cela prend toute son ampleur à la fin de la grossesse puisque les interventions ne multiplient dans le cas où « le terme » est dépassé.
Il est aberrant qu’une femme ait plus de sérénité à accoucher entre 39 et 41 SA qu’après. Cela induit chez les femmes qui dépassent leur terme des émotions négatives par rapport à leur propre corps, à leur futur accouchement mais aussi à leur bébé « qui prend vraiment du temps ».
C’est ignor
er la variabilité entre 37 et 43SA (source: https://syngof.fr/dossiers/revue-n93-juin-2013-grossesse-prolongee-et-terme-depasse/) … Chaque binôme maman-foetus prend SON temps pour atteindre le chemin de la naissance, il est bien dommage que les contrôles médicaux tendent à oublier cette singularité si précieuse.
Il existe pourtant des études qui permettent de mettre en évidence que si la surveillance de santé maternelle et fœtale gagne à se pratique dès 41SA, certaines problématiques n’apparaissent qu’au-delà de 42SA.
L’induction de travail peut être proposée entre 41SA et 42SA+6, et ce, en l’absence de pathologie… ce qui est une variabilité énorme !

Alors, autant le savoir… Non, la grossesse ne dure pas forcément 40 ou 41 SA, cela dépendra du développement du bébé, de la mère et du contexte de la naissance : le stress, l’angoisse, la peur et un environnement insécure bloque ou freine la mise en travail.
Voici un autre article qui aborde les différentes variables susceptibles d’impacter la durée de la grossesse.

L’accélération du travail prend aussi la forme de la mise sous ocytocine (de synthèse) afin de « corriger » le déroulement du travail s’il ne suit pas les courbes prescrites. La rupture des membranes peut également être suggérée pour améliorer l’effet de la tête du bébé sur le col et ainsi en accélérer la dilation.

Dans le deuxième stade de l’accouchement, c’est à dire de la dilatation complète à la naissance du bébé, il y a diverses procédures effectuées pour accélérer la durée de ce moment.
En structure hospitalière, c’est à ce moment-là que le gynécologues obstétriciens survient dans la salle de naissance. L’épisiotomie préventive a été pratiquée à large échelle à une époque (il y a 15-20 ans), au point que les instances de santé ont du prendre position sur le sujet. Pour les femmes nullipares, le taux d’épisiotomie était monté à plus de 50 %. Ce taux était dépendant des praticien.ne.s en salle de naissance.
Aujourd’hui, la maternité de Besançon fait école avec un taux d’épisiotomie avoisinant les 3 %.
La preuve est claire ! La plupart du temps, l’épisiotomie est ne pratique abusive qui rend les suites de couche difficiles, détériore la confiance en son propre corps et modifie temporairement ou définitivement les sensations lors des rapports sexuels.

Or, en massant le périnée durant le travail, en y appliquant des compresses chaudes, en adoptant des poussées retardées, la structure périnéale est atteinte de manière moins importante voire nulle dans de l’expulsion du bébé. Je reviens sur les pratiques favorisant le bon déroulement du travail plus loin. En attendant, voici les recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement

– Les différents cas de figures de « mise en travail »

les contractions de plus en plus fréquentes et avec une intensité sensorielle croissante.

Il semble important de dire que ce n’est pas un phénomène linéaire.
En fin de grossesse, le corps se préparent : les contractions de Braxton-Hicks plus intenses/fréquentes, assouplissement des articulations sacro-illiaques, augmentation des sécrétions vaginales, regain d’énergie et labilité émotionnelle plus importante. Bien entendu, tous ces signes ne présentent pas chez l’ensemble des femmes enceintes.
Certaines femmes vont avoir un travail caractéristique : des contractions qui augmentent graduellement en fréquence et en intensité… Mais d’autres vont vivre des contractions intenses à intervalles irréguliers pendant plusieurs jours, avant que celles-ci aient un impact franc sur le col utérin.

Ce dernier cas s’avère épuisant… Et il se produit une attente que la synchronisation entre leur corps et celui de leur bébé s’effectue de manière à cheminer ensemble vers la naissance.
Pour la plupart, c’est un jeu de patience : il y a toujours ce rapport au nombre d’heures que dure le travail. Et là, il n’y a pas de début clair et net.

Bien sûr, dans beaucoup d’autres cas, des contractions plus « intenses » offrent un ressenti différent aux parturientes. La douleur n’est pas commune à toutes les femmes. Certaines ne souffrent pas, alors que d’autres vivent très mal ces sensations.

– la fissure/rupture de poche des eaux,

Dans le cas où la poche des eaux s’est ouverte, et sans Accouchement à Domicile prévu, il convient de se rendre à la maternité… contractions ou non.
D’autant plus lorsque les analyses de fin de grossesse (aux alentours de 36 SA) ont révélé que la future mère est porteuse du streptocoques B. Le protocole demande que les femmes reçoivent des antibiotiques par intraveineuse, à intervalle régulier, de manière à éviter la transmission au futur bébé. (J’aborde cela en détails dans undes pointssuivants).

Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?

Souvent, les femmes sentent à ce moment-là que c’est parti pour la dernière étape avant la rencontre.

Mais la dernière étape est-elle linéaire ?

Les calculs et méthodes de surveillance existent depuis belle lurette !

Techniquement, les sages-femmes peuvent s’aider d’outils tels que le partogramme qui estime si le travail évolue « normalement ».
Selon l’OMS, il regroupe trois éléments : la progression du travail, l’état du fœtus et l’état de la parturiente.

Il s’agit d’un outils d’aide à la décision. Selon cet article, le partogramme et les protocoles de soins permettent une standardisation des pratiques et une amélioration du pronostic des femmes en améliorant la qualité des soins fournis.

Cependant, une méta-analyse sur le sujet laisse à penser que l’efficacité de cet outils est contestable et ne démontre par de réel bénéfice. Selon ces mêmes auteurs, « il est possible que les partogrammes s’avèrent utiles dans des contextes où l’accès aux ressources de santé est très réduit, comme des études menées au Mexique et en Afrique ont également montré une certaine réduction des taux de césarienne avec l’utilisation du partogramme et une intervention précoce pour une progression du travail ralentie ». 
Mais alors, comment savoir si le travail se passe bien ? Quand faut-il s’alerter ? Doit-on garder les yeux rivés sur la montre ? Et que faire des évaluations de dilatations données régulièrement ?

l’évolution du travail

Un accouchement se déroule en 3 phases : la période de dilatation, le temps entre la dilation complète et la naissance, la phase de délivrance du placenta.
La première phase se scinde en deux : La phase de latence et la phase active.

  • la phase de latence : du début du travail jusqu’au moment où la dilatation atteint 3 cmles prescriptions conseillent  : « Si cette phase dure plus de 8 heures et s’il y a au moins 2 contractions/ 10 minutes, la probabilité s’accroît de voir apparaître des complications Par conséquent si la patiente se trouve dans un centre de santé, elle doit être transportée à l’hôpital pour une évaluation précise de la situation »
  • la phase active : à partir de 3 cm, à ce moment-là, il est entendu globalement que le rythme de dilatation ne doit pas être inférieur à 1cm/heure.
  • Sur le partogramme, la ligne d’alerte représente ce rythme de dilatation. Si la courbe de dilatation de la patiente passe à droite de cette ligne, cela signifie que la dilatation
    est lente et que le travail est retardé. Si la femme se trouve dans un
    centre de santé, il faut envisager de la transporter à l’hôpital.
  • La ligne d’action est située à 4 heures à droite de la ligne d’alerte. Si la courbe de la dilatation franchit cette ligne, une extraction fœtale par césarienne ou extraction instrumentale (si le col est à dilatation complète et le fœtus engagé dans le bassin) est indiquée.
  • L’auscultation de l’état du fœtus grâce au rythme cardiaque doit se pratiquer toutes les 15 minutes.
  • L’état de la parturiente est également contrôlé par l’enregistrement de la température, du pouls, de la tension artérielle et de la diurèse.

 

Il est intéressant de constater que la plupart des indicateurs concernent qu’une prise de mesure et la surveillance d’un timing précis.

Or, si la précision des mesures est perçue comme importante, « Si sur le plan clinique l’appréciation digitale de la dilatation est largement suffisante, quand on compare une mesure, à l’autre des écarts extrêmement important d’un observateur à l’autre (variation inter-observateurs) ont été observés (TUFFNELL) : la variation intra-observateur peut aussi atteindre pratiquement un à deux centimètres. ». ( source: http://campus.cerimes.fr/media/disquemiroir/2015-06-09/UNF3Smiroir/campus-numeriques/gynecologie-et-obstetrique/mto/poly/15000fra.html )

Les courbes les plus répandues pour l’observation du travail est celle de Freidmann. 
Cependant, celle-ci est remise en question à plusieurs égard… Mais globalement, au-delà de 4cm de dilatation, la vitesse de dilatation est globalement identique que ça soit chez une nullipare (femme n’ayant jamais eu d’enfant) ou une multipare.

D’autres études, plus récentes, ont tenté d’évaluer la durée du travail à partir de laquelle le risque maternel ou fœtal augmentait. La conclusion de ce travail était que le travail prolongé augmente essentiellement le risque infectieux maternel ou néonatal mais pas la morbidité néonatale sévère.

 

– la peur de l’accouchement

Si les femmes enceintes (ou non) peuvent avoir peur de l’accouchement, les soignant.e.s ne sont pas forcément en reste.
Les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens perçoivent autant la beauté de participer à la mise au monde d’un bébé que les risques maternels et foetaux de ce moment inédits.

La peur de l’accouchement est sûrement dictée par les douleurs qu’engendre souvent l’accouchement.
Dans le règne animal, « la mise bas humaine » serait la plus douloureuse.
Surtout, elle est impressionnante. Les femmes fournissent de grands efforts et adoptent des attitudes plus « instinctives », qui sortent du cadre habituel.
Dans certains coutumes, il est conseillé de crier pour aider la douleur à faire son œuvre. Dans d’autres, il est préférable de se contenir.
Le fait est que l’humaine a, la plupart du temps, besoin d’un accompagnement dans ce parcours entre grossesse et naissance. Parfois, les forces la quittent, la douleur prend le pas, l’incertitude pointe et la crainte vitale peut surgir. Alors, avoir un entourage de confiance, rassurant et formés permet de ne pas sombrer dans la panique
et/ou simplement, de se sentir en totale sécurité. Comme tous les autres animaux, l’humaine recherche un cadre serein et exempt de danger pour mettre au monde sa progéniture.

 

Il est nécessaire d’ajouter que l’humain a conscience de sa finitude. Les femmes savent, de génération en génération, que la mort en couche existe… Et c’est une situation aussi terrifiante que dramatique.
Des plans d’interventions gouvernementaux ont débuté, il y a plusieurs siècles, afin de réduire le taux de mortalité maternelle… Une louable action ! Mais, à l’instar d’énormément d’initiatives, la fin de ces interventions a évolué : au lieu d’être des aides ponctuelles, elles sont devenues des procédures qui causent un interventionnisme abusif et, parfois, des violences obstétricales.

 

Les violences obstétricales et gynécologues : des aveux sur le bout des lèvres !

Le gros mot est lancé : les violences obstétricales (et gynécologiques)  sont « des actes, des paroles et des attitudes portant atteinte à l’intégrité mentale et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère » dans le cadre d’une grossesse, PMA, accouchement et du post-partum. Le site de l’irasf détaille largement cette définition et explique comment il est possible de qualifier un acte de « violence ». Voici également le mémoire de Marie-France Franeczek, sage-femme, sur le sujet : https://afar.info/biblio/public/3059.pdf
En voici quelques exemples : rupture des membres sans consentement ; touchers vaginaux répétitifs ; mise sous ocytocine sans consentement ; épisiotomie sans consentement ; sutures sans anesthésie efficace ; maintien par la force de la parturiente dans une position ; menaces, intimidations, mépris des ressentis, chantage (sous forme de « motivations ») ; interdiction de boire ou de manger dans des situations sans risque particulière ; expression abdominale afin que le bébé descende, suture sans anesthésie, … (pour la plupart des autres, tu peux aller page 23 du mémoire https://afar.info/biblio/public/3059.pdf )

Souvent, il s’agit d’actes que les praticien.ne.s pratiquent sans le consentement éclairé des patientes. Les raisons invoquées peuvent être multiples, et parmi celles-là, le besoin d’agir pour que l’accouchement se passe mieux ou plus rapidement !
Concrètement, en tant que femmes
accouchées, il est alors possible de se sentir meurtrie… Mais redevable car, manifestement, l’enfant né est en bonne santé. C’est que certains actes, même perçus comme violents, avaient probablement une utilité…
Mais il y a moult autres circonstances : je te propose quelques articles ici  ou , ainsi que le reportage « tu enfanteras dans la douleur » d’Ovidie, disponible sur Arte TV
jusqu’à fin août 2019.

 

Autant le savoir : non, ce n’est pas parce que tu es une patiente et que tu as le besoin d’être accompagnée et soutenue que tu dois subir ! Au contraire… Mais pour ça, il faut le savoir et avoir assez d’aplomb pour refuser (là, c’est aussi le rôle de la personne qui accompagne de soutenir fermement les décisions de la femme qui accouche).

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’être bien informé.e (et j’essaye d’y contribuer, par exemple avec la section « préparer la naissance » et l’index d’articles qui s’y réfère).

Heureusement, à l’époque actuelle, il est possible de faire des préparations à l’accouchement qui sont prises en charge pas les systèmes de soins (mutuelles). Malgré qu’elles ne soient pas toutes équivalentes ni suffisantes (à mon goût), elles ont le mérite d’être accessibles.
Pourtant, beaucoup de futures mamans ne prennent pas le temps pour cette préparation durant la grossesse.
Certaines trouvent cela inutiles pour plusieurs raisons (dont le fait d’avoir déjà eu d’autres enfants), alors que pour d’autres, il s’agit de fuir la peur de l’accouchement,
par exemple.
Ignorer ces séances permet de mettre à distance la finalité inéluctable de la grossesse… Jusqu’à y être confrontée.
Pourtant, il est bien contre-productif de ne pas travailler sa peur d’accoucher. Une étude a démontré que les femmes ayant peur d’accouché ont un temps de travail plus long que celles qui ne déclarent pas avoir de crainte spécifique. La différence serait d’environ 47 minutes en plus pour celles qui craignent d’accoucher.

 

les effets du « travail guidés »

Peut-être que, comme moi, tu vas découvrir la notion de  travail guidé : «La direction active du travail, proposée à la fin des années 60 aux patientes nullipares par les obstétriciens de l’école de Dublin, reposait sur trois mesures essentielles : un diagnostic de certitude du travail, une correction précoce d’une anomalie de la dilatation (définie comme une dilatation inférieure à 1 cm/h) par rupture artificielle des membranes et perfusion d’ocytocine si nécessaire, et un soutien de la parturiente par la sage-femme/infirmière ou proche pendant la durée du travail. »
En bref, le travail guidé, c’est de l’accélération du travail si ce dernier a tendance à ralentir sa progression.
S’il est profitable qu’une femme de reste pas avec un bébé en souffrance ou dans une situation inéluctable ou dangereuse, le travail dirigé est tout-à-fait discutable en l’état actuel des connaissances sur la physiologie de l’accouchement.
Il apparaît que le travail dirigé réduit la durée du travail et soit utile en cas de dystocie dynamique  pour réduire le taux de césarienne ou d’extraction instrumentale.

 

l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )

Il n’est pas possible de parler d’accouchement en excluant cette intervention TRÈS courante. Plus de 75 % des accouchements en structures hospitalières se passent sous anesthésie péridurale. Ils ne sont donc pas dans une optique physiologique.

Des études ont été effectuées sur l’effet de la péridurale. Il en ressort que l’anesthésie locorégionale n’a pas d’impact sur le nombre de césarienne pratiquée mais augmente le taux d’extraction instrumentale (cuillères, forceps, ventouse, …) ce qui prouve que la péridurale a un effet sur la motricité utérine. Elle a aussi un effet sur l’allongement de la deuxième phase du travail (entre la dilatation complète et la naissance). Il semble éminemment profitable que la péridurale soit faiblement dosée.

Selon Cheng et son équipe, les femmes ayant une péridurale vivent un accouchement près de 90min plus long que celles qui n’y ont pas recours.
Cependant, il est nécessaire de rester modéré.e vis-à-vis de ces conclusions : il est difficile de savoir si c’est la péridurale qui cause un allongement du travail et/ou si les femmes ayant un travail plus long ont davantage tendance à recourir à la péridurale.

La péridurale a des avantages, mais aussi des inconvénients qui sont peu mis en avant, pour diverses raisons.
Il faut bien se rendre compte que les femmes qui accouchent de manière physiologique dans les enceintes hospitalières sont actuellement une minorité. Ces parturientes-là demandent une implication particulière des équipes soignantes, et les poussent à sortir de ce qu’elles côtoient habituellement.
Si, pour certaines sages-femmes c’est une situation plaisante, cela peut être vecteur de tension au sein de l’équipe et pour des gynécologues… bien habitué.e.s aux parturientes anesthésiées, qui ne bougent pas et protestent peu, faute de sensibilité ! Mais encore faut-il que la péridurale fonctionne tel que prévu… Or, ce n’est pas toujours le cas. Cette situation a modifié les égards des soignant.e.s envers les femmes… et cela challenge leurs modes de fonctionnement.

D’ailleurs, il est maintenant conseillé de pratiquer les « poussées retardées » chez les femmes ayant une péridurale. Ces dernières ont moins de sensibilité et cela leur permettrait de faire descendre le bébé de manière spontanée, jusqu’à la vulve, jusqu’à l’envie irrépressible de pousser, malgré l’anesthésie.
Afin d’être transparente, il est nécessaire de préciser que bien que la péridurale (ou épidurale) est une intervention sécuritaire, elle peut être associée à des effets secondaires et des complications :

  • « Chute passagère de la tension artérielle maternelle;
  • Nausées, vomissements;
  • Démangeaisons;
  • Difficulté à uriner, entraînant la nécessité de vider la vessie par l’insertion, au besoin, d’un cathéter urinaire;
  • Étourdissements;
  • Douleurs au point de ponction dans le dos qui peuvent durer quelques jours;
  • Engourdissements des jambes et difficulté à les bouger;
  • Frissons;
  • Hyperthermie maternelle pouvant entraîner l’utilisation d’antibiotiques: le lien entre la péridurale et l’hyperthermie maternelle demeure inexpliqué, mais dans cette situation, il faut veiller à faire diminuer la température de la mère, à rechercher une source d’infection et,le cas échéant, la traiter. »

 

La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement

En effet, cela ne fait pas partie de la question du temps de travail en tant que tel… Mais il s’avère que le questionnement de l’antibiothérapie et du délais dans lequel il est mis en place est sujet à débat.

Tu fais peut-être partie de ces 50 % de femmes testées positives aux streptocoques du groupe B.
Il est probable que l’on t’ait expliqué le traitement d’antibiothérapie pendant le travail ainsi que les conséquences que pourraient engendrer l’absence de traitement.

Autant être claire, je ne sais pas toi, mais je n’ai en aucun cas eu l’impression que j’ai le choix de cette antibiothérapie. Je craignais des conséquences sur le fœtus, qu’on m’a assuré nulles et ça s’est arrêté là : c’était acquis, le jour J, je serai perfusée régulièrement d’antibiotiques pour éviter à la chair de ma chair de contracter cette bactérie qui peut avoir des effets néfastes sur ses voies respiratoires, notamment.

Grâce à l’écriture de mes articles et aux contacts avec différentes sages-femmes, j’ai appris que le dépistage aux alentours de 36 SA n’était pas forcément fiable pour le moment de l’accouchement.
Il apparaît que cette bactérie est mouvante et que les seuils de colonisation fluctue rapidement.
Une pratique de prévention pourrait être mise en place par la prise de probiotiques… Mais surtout, il s’agit de réfléchir au ratio bénéfices/risques de l’antibiothérapie. Le risque principal étant la genèse d’une antibiorésistance.

Par rapport à l’infection à streptocoques : «  Une étude canadienne récente, reprise dans ce document, détermine la prévalence de la colonisation par les bactéries du groupe B chez les femmes enceintes, à 36 SA: elle serait de 19,5%. Lorsqu’elle n’est pas traitée,50% des enfants nés semblent colonisés. Parmi ceux-ci, 1 ou 2% développeraient la maladie précoce générée par les streptocoques du groupe B.

Voici une information complète, en anglais, donnée lors des études de sage-femme: https://www.ontariomidwives.ca/sites/default/files/2017-09/CPG-GBS-Prevention-and-management-in-labour-PUB_0.pdf

 

Selon cet article, une hypothèse voudrait que les infections néonatales par les streptocoques B seraient inhérentes à l’usage abusif de la tétracycline (un antibiotique largement prescrit à type préventif jusque dans les années 80). Cela démontre bien que l’usage abusif d’antibiotiques a des effets des décennies plus tard… Puisque les souches de streptocoques B sont plus virulents qu’elles ne l’étaient dans les années 50. Et personne ne peut prédire que l’usage de la pénicilline afin d’éviter la contagion au bébé n’engendrera pas une antibiorésistance encore plus violente dans les générations à venir.

 

– Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?

Le déclenchement, c’est une des problématiques du rapport au temps au niveau de l’accouchement dit « normal » (c’est-à-dire non-pathologique) .
– terme dépassé (quid après 41+5 ?)

– poche des eaux fissurée depuis trop longtemps

Mais en réalité, c’est toute la grossesse (j’en parle dans cet article), l’accouchement et le post-partum qui sont régie par l’horloge, des moyennes, des méthodes de contrôle… de l’incontrôlable par excellence !

Dès le départ, les professionnel.le.s de santé calculent le terme (souvent approximatif). Ensuite, cette date focalise toutes les attentions et quand les grossesses se poursuivent sans pathologie jusque-là, les contrôles se font de plus en plus proches.
En Belgique, à partir de 40SA, les contrôles échographiques et monitoring ont lieu tous les 2 jours. Le déclenchement est programmé vers 41 SA+3 si le bébé n’est pas né. Il semble que la plupart des soignants et des patient.e.s ne remettent pas cela en question.
Pourquoi ?
La peur du risque que cela occasionnerait de poursuivre la grossesse au-delà de ce terme.

Il y a aussi des déclenchements sur l’absence de travail mais aussi des accélérations induites du travail par diverses méthodes : injections d’ocytocine, rompre la poche des eaux,

Énormément d’interventions durant l’accouchement ont pour objectif l’accélération du travail en première phase :

– la rupture des membranes ;

– les injections d’ocytocine ;

– pose de tampon pour faire mûrir le col ;

– …

Mais également pendant le deuxième stade du travail, lorsqu’une souffrance fœtale est détectée (normalement) : :

– Episiotomie ;

– Extraction instrumentale ;

– Césarienne en urgence ;

-…

Cela vaut également dans l’ultime stade : celui de la délivrance. Souvent, les parturientes pensent qu’il s’agit d’une bagatelle… Or, pour le personnel soignant, c’est un moment de grande vigilance : il faut veiller à ce que le placenta sorte (la délivrance) et que l’utérus se rétracte correctement, de manière à stopper les saignements inhérents au détachement du placenta. En l’absence de réaction suffisamment vive de l’utérus, il peut se produire une hémorragie de la délivrance. C’est une des complications les plus fréquentes de l’accouchement. Diverses méthodes existent pour faire cesser cette hémorragie impressionnante.
Il s’avère malheureusement qu’un protocole habituel est l’injection d’ocytocine de synthèse pour accélérer la sortie du placenta. Souvent, le personnel médical n’est pas assez formé que pour favoriser une mise au sein immédiate… Alors que la succion du bébé génère de l’ocytocine naturelle qui amène à un détachement du placenta.
Ensuite, il semblerait que l’utérus surstimulé par l’ocytocine de synthèse soit plus fréquemment sujet à une hémorragie de la délivrance sévère (avec un effet dose-dépendant entre le taux d’ocytocine reçu et la sévérité de l’hémorragie du post-partum ) .

En plus des risques accrus d’hémorragie, l’ocytocine de synthèse a d’autres effets secondaires méconnus dont le risque accru de dépression post-partum .
En somme, tant pendant le travail qu’au moment de la naissance ou de la délivrance, il faudrait utiliser l’ocytocine de synthèse qu’avec grande parcimonie et uniquement sur base justifiée. Il serait nécessaire d’éviter de corriger une « anomalie » mineure du rythme de dilatation (quand le travail ralentit pendant une heure ou deux, sans que le fœtus n’en souffre) ou, systématiquement afin de favoriser une délivrance rapide.
A toutes fins utiles, voici une étude du relate l’intérêt du massage de l’utérus afin de prévenir les hémorragies post-partum : https://www.cochrane.org/fr/CD006431/massage-uterin-dans-la-prevention-de-lhemorragie-du-post-partum

 

les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :

Peut-être fais-tu partie de ces femmes ou de la personne qui a accompagné une femme qui a vécu un accouchement par césarienne.
Peut-être avait-elle été programmée ? Ou alors, ce fut une urgence ?
Peut-être l’as-tu bien vécue ? Ou as-tu l’impression que l’on t’a pris ton accouchement… et que tu vis un sentiment d’échec cuisant dans ta capacité à donner la vie.
Peut-être as-tu peur de ne pas pouvoir accoucher par voie basse, un jour. Peut-être que tu sais, que cela te sera impossible, mais que tu vois des avantages à cette intervention.
Bref, les césariennes soulèvent nombre de questions et le taux d’interventions aussi est parfois étonnant. 

Si, selon l’OMS, les césariennes ne devraient pas représenter plus de 10 % des naissances, il s’avère que la plupart des pays ont un taux supérieur. Le cas brésilien est édifiant: près de 80 % des femmes accouchent par césarienne programmée.

Il en va de même en chine, où jusqu’il y a quelques années, 50 % des chinoises accouchaient par voie chirurgicale.

Il est possible de se demander pourquoi certains pays ont des taux records de césariennes… Il s’agit d’une logique de rentabilité et de tentative de contrôle du timing des naissances.

Il est particulièrement rentable pour les institutions hospitalières de pratiquer des césariennes.
En outre, la planification des naissances offrent un confort aux personnels soignants : les nuits et weekends sont moins perturbés par des naissances impromptues.
De plus, alors qu’un accouchement par voie basse peut durer de nombreuses heures, une césarienne se déroule en 30 min et n’implique que très peu la prise en charge émotionnelle des femmes ou des couples.

C’est tout bénéfice pour les institutions hospitalières… Beaucoup moins pour les patientes et les bébés…

Heureusement, certains gouvernements sont intervenus afin d’offrir des primes aux hôpitaux réduisant leur taux de césariennes. La logique mercantile se répond à elle-même.
Mais l’ établissement de primes, d’amendes ou de taux à respecter ne permet pas d’estimer si l’acte chirurgical est effectué quand il est réellement nécessaire… Soit dans moins de 10 % des cas, selon l’OMS.

Mais, quelles sont les effets des césariennes sur les bébés ?
Loin de moi l’idée de créer un malaise chez les femmes qui ont du recourir à cette forme d’accouchement pour que les enfants et elles-mêmes soient en bonne santé, mais j’estime intéressant de mettre en exergue quelques éléments pour décourager les « césariennes mercantiles » .
Le site Cesarine est une mise d’or d’informations autour des césariennes.

Voici, en résumé, les effets sur les bébés :

– Dans les césariennes programmées, les fœtus n’ont pas choisi leur date pour devenir des bébés. Ainsi, il peut leur manquer quelques centaines de gramme et être un peu plus faibles qu’ils ne l’auraient été. Ils peuvent alors moins demander à téter. Il ne faut pas hésiter de leur proposer même sans qui le demande.

– l’absence de mise en travail engendre que le bébé ne secrète pas certaines hormones avec des fonctions telles que :

  • de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau);
  • de faciliter la première inspiration;
  • de permettre au bébé de « piocher » dans ses réserves, maintenant qu’il n’est plus nourri par le cordon ombilical ;
  • d’éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu’il a dès la naissance
  • le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d’une autre mère

Risque de détresse respiratoire : une difficulté pour le bébé à évacuer après sa naissance le liquide qui se trouvait dans ses poumons lors de sa vie aquatique in-utero. Les césariennes programmées amènent de complications de ce type pour deux motifs : d’abord, les bébés ne bénéficient pas de la compression thoracique lorsqu’ils passent par le bassin puis les voies génitales ; ensuite les bébés ne baignent pas dans un bain hormonal propice à sa naissance puisqu’il n’a pas pu décider de « son moment »… les mécanismes hormonaux finissant la maturation pulmonaire ne se déroulent donc pas. Forcément, plus la césarienne est pratiquée tôt, plus le risque est grand. Les précautions sanitaires en la matière précisent d’ailleurs qu’il est préférable qu’elles ne soient pratiquées qu’après 39SA.

les produits anesthésiques : A cause de ceux-ci, les bébés peuvent être moins toniques et avec une légèrement moindre capacité de succion. Cela semble particulièrement se produire après un long travail sous péridurale.

Soins plus invasifs après la naissance : Comme je l’évoque plus tard dans ce dossier, le passage de la vie utérine à la vie aérienne est brutale… et d’autant plus en cas de césarienne. Alors qu’il est suggéré d’effectuer un clampage tardif du cordon (quand il ne bat plus), c’est un procédé difficile à tenir lors d’un accouchement par césarienne.

J’évoquais plus haut les potentielles difficultés respiratoires, il s’avère que l’aspiration est plus fréquemment pratiquée pour aider le bébé s’il respire mal.

De même, il est fréquent que les enfants nés par césarienne subissent moult soins qui pourraient être postposés au profit d’un peau-à-peau avec la mère sous une couverture de survie pendant que les chirurgiens referment la plaie, ou, à défaut, avec le potentiel second parent.

Il faut bien prendre conscience de la difficulté que représente les césariennes pour les femmes : d’un instant à l’autre, elle passe de femmes enceintes à mère, avec un ventre vide et incisé, à qui le bébé est enlevé sans plus de considérations que cela…

 

l’augmentation du risque d’asthme :

Le site Césarine poursuit son relevé de conséquences pour les enfants par le sur-risque d’asthme, même s’il est difficile à quantifier. Cela semble en lien avec l’augmentation des difficultés respiratoires à la naissance, en cas de césarienne.

 

Augmentation du risque de certaines allergies :

Je ne réinvente pas la roue, voici le texte provenant de Césarine :

« Le lien entre la césarienne et les allergies semble dépendre du type d’allergie :

  • Rhinite allergique :
    • [15] trouve un risque x 1,23 (méta-analyse sur 7 études).
  • Allergies alimentaires
    • [15] trouve un risque x 1,32 (méta-analyse sur 6 études), mais l’association semble incertaine.
    • [16] trouve un risque x 4 pour les allergies alimentaires à l’oeuf à 2 ans et demi.
    • [17] trouve un risque x 2 de sensibilisation aux allergies alimentaires.
    • [18] trouve un risque x 1,18 d’allergie au lait de vache. 

Une explication proposée est que lors d’une naissance par voie basse, les bactéries présentes dans votre flore vaginale (les lactobacilles notamment) colonisent les intestins de votre enfant, ce qui lui assure rapidement une meilleure protection. La flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est en effet pas identique à celle des enfants nés par voie basse. Ceci pourrait expliquer l’effet sur les allergies alimentaires et l’absence d’effet sur les allergies respiratoires. »

Comme j’ai pu l’évoquer dans mon article « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement », allaiter un enfant à un effet protecteur sur le développement des allergies chez les enfants de moins de 2 ans. Un effet protecteur ne veut pas dire que cela les immunise, cependant… !

 

Augmentation de l’obésité infantile

Diverses études disponible sur le site de Césarine relatent que les bébés nés par césarienne ont plus de risque de développer une obésité. Cela s’expliquerait par la faiblesse de la composition du microbiote des bébés qui n’ont pas bénéficier de la colonisation maternelle en passant par voie basse mais aussi lors du peau-à-peau les premières heures. Or, cette flore bactérienne est indispensable à l’élaboration d’un microbiote qui protège les enfants de moult maux… dont le développement d’une obésité.

Il existe une solution pour améliorer la flore intestinale des bébés nés par césarienne : la colonisation buccale post-partum par des tissus légers ayant été placés dans le vagin quelques heures avant l’accouchement. 

les difficultés maternelles

Enfin, il ne faut pas oublier que même si l’enfant est sauf (ce qu’on espère de tout coeur), les séquelles psychologiques peuvent affecter les femmes ayant été césarisées. Il n’est aucunement question qu’elles se contentent de se dire que c’était « pour le bien de tout le monde », elles doivent pouvoir s’exprimer et trouver le soutien nécessaire.
Césarine a dédié une page à l’état psychologique d’après césarienne, qui pourra être une ressource : https://www.cesarine.org/apres/psy/

 

faciliter l’accouchement par certaines mesures :

Voici un résumé et des citations du texte : Travail et Accouchement. Accompagnement et méthodes pour composer avec la douleur, qui vous permettra d’améliorer le déroulement d’un accouchement.
Ce texte date de 2013, et pourtant, 6 ans plus tard, la plupart de ces propositions n’ont pas été adoptées dans les enceintes hospitalières.

« Diverses mesures peuvent être employées pour faciliter le processus de la naissance, soit en augmentant le sentiment de contrôle des femmes, soit en ayant un effet sur la douleur elle-même. Ces mesures offrent lavantage de présenter peu ou pas d’effets secondaires et peuvent être combinées entre elles. Certains éléments de base sont à mettre en place pour chacun des accouchements. Ainsi, la femme doit se trouver dans un environnement qui lui permet de se sentir en sécurité, entourée des personnes de son choix. Il faut qu’elle ait la possibilité de boire et de manger afin d’avoir l’énergie nécessaire pour composer avec l’accouchement. Elle doit aussi se sentir libre de s’exprimer pendant le travail. »


Pour aller plus loin dans les informations fournies ci-
dessous, je t’invite à lire l’entièreté ce document passionnant. Je vais juste relater brièvement les mesures proposées, afin d’attiser ta curiosité ! Toutes les mesures proposées ci-dessous ont été étayées par des preuves scientifiques et cliniques.

 

La mobilité maternelle et les positions verticales

les changements de position figurent parmi les techniques les plus courantes pour calmer l’inconfort pendant le travail.
UNE études mentionne même que les femmes estiment que la positions la plus douloureuse pour accoucher est la position dorsale (aka la position gynécologique) ! (source :
Gupta, J. K., Hofmeyr, G. J. et Smyth, R. M. D. (2004). Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 5(CD002006). Wiley Online Library ) Autant être clair, les pratiques standardisées en gynécologie obstétrique ne sont pas féministes… Ni diriger par des femmes !

 

le contact avec l’eau

Ce n’est pas pour rien que l’accouchement dans l’eau fait des émules et que les « salles physiologiques » se meublent de grande baignoire.

Être plongée dans l’eau permet de se relaxer, de réduire l’intensité douloureuse et favorise le travail.
Cela réduirait le recours à l’anesthésie péridurale et aiderait les parturientes à lâcher-prise grâce aux sentiments de chaleur et de sécurité créés par l’eau.

 

l’application de compresse chaude ou froide

En quelques détails,

* La chaleur : la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires: elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

* Fraîcheur : « Appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus application de sacs chauds au niveau lombaire pendant la phase active du travail et de compresses chaudes au niveau du périnée pendant le deuxième stade est associée à une diminution de l’intensité de la douleur. L’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour1 et au Jour2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. » Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail

 

la relaxation

« Certaines techniques de respiration, de visualisation, la technique du point focal ou encore de sophrologie peuvent être utilisées. Elles peuvent permettre aux femmes de se détendre et augmenter leur sentiment de contrôle. »

S’il n’est pas forcément question de réduire la douleur ressentie, il s’agit plutôt de composer avec elle. Le recours à ces techniques offre aux femmes une plus grande satisfaction de leur accouchement.

Il est nécessaire de préciser que chaque femme est différente dans son ressenti douloureux et qu’une technique n’est pas applicable à toutes !

 

le massage

« Le toucher calme; l’effleurage, les points de pression, le pétrissage sont tous des composantes du massage. »
L’utilisation du massage ou du toucher peut revêtir plusieurs formes dont une très connue est la méthode Bonapace : https://www.bonapace.com/fr/
Les femmes et les couples y ayant recours sont souvent très satisfaits du décours du travail et du renforcement de leur lien pendant l’accouchement ! Chacun se sent actif pour vivre l’accouchement pleinement.
Cela permet au/à la partenaire de se sentir utile et efficace pour aider la femmes qui accouche.

Il en va de même pour l’haptonomie qui peut être pratiquée en prénatal, mais qui peut aussi être utile intrapartum et en postpartum.

Attention toutefois à respecter le désir d’une parturiente qui ne supporterait pas le contact… Même si la préparation qu’elle a suivi prévoyait le contraire !

 

la musique

« La musique a de multiples fonctions dans la gestion de la douleur. Elle permettrait de se centrer sur ce qui se passe en soi, de se distraire et de stimuler le centre du plaisir.»

La musique agit comme moyen de distraction par rapport au contexte parfois anxiogène et aux stimuli douloureux ou angoissant.
Pour que cela soit efficace, il est nécessaire que ce soit la femme qui ait choisi la playlist qui se déroule pendant l’accouchement.

Comme pour le massage, les envies de musique varie avec les émotions ressenties. Certaines femmes ne voudront pas ajouter un stimulus sonore supplémentaire, afin de pouvoir rester centrées sur leurs ressentis.

 

l’alimentation et l’hydratation :

Je me permets de développer ce point :

Il n’y a aucune raison d’imposer un jeûne à une femme en train d’accoucher et qui ne présente que peu de risques de complications. Il semble d’ailleurs totalement aberrant qu’un être humain en plein effort soit privé de carburant ! « L’accouchement est un évènement exigeant sur le plan physique, et manger peut être une manière de conserver son énergie » (source : Singata, M., Tranmer, J. et Gyte, G. M. (2010). Restricting oral fluid and food intake during labour. Cochrane Database Syst Rev, 1(CD003930). Wiley Online Library )

Il faut savoir que des techniques existent pour vider un estomac plein dans le cas où une anesthésie serait nécessaire… C’est d’ailleurs louable puisque les grands accidentés n’avaient souvent pas prévu de se faire opérer en urgence !
Il est cependant nécessaire de préciser que ces techniques de « vidange de l’estomac » sont invasives et imparfaites et qu’il est préférable de consommer des aliments rapidement digéré et apportant une énergie rapide (ma gynécologue conseillait de la pâte d’amande et déconseillait les fruits secs, par exemple). Personnellement, je me suis hydratée normalement, ensuite abreuvée avec du jus de pomme et j’ai grignoté quelques biscuits dans le décours de mon long travail.

Je me permets d’ajouter deux éléments qui me semblent primordiaux, d’après les connaissances que j’ai acquises, mais que ne se trouve pas dans le texte source de cette partie.

– « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées

Accoucher sans pousser… et si c’était vraiment possible ?!
Voici LE point sur lequel je regrette mon accouchement (j’ose me livrer à toi!) : j’ai découvert le principe des poussées retardées.
Qu’est-ce donc que cela ?
C’est simple, il s’agit d’attendre que les femmes aient une envie irrépressible de pousser, souvent quand le bébé affleure déjà à la vulve.
Adieu poussée guidée « interminable » et injonction sur la manière de pousser : seul le corps est maître du jeu.
Pour moi qui me suis sentie épuisée et inefficace pendant certaines poussées, cet accompagnement aurait changé tous les sentiments pendant cette phase de l’accouchement.

Voici quelques témoignages : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180326.OBS4186/et-si-comme-elles-on-accouchait-sans-pousser.html

Ces poussées retardées font d’ailleurs partie des dernières recommandations en obstétrique. Elles ont l’avantage de ne pas épuiser les mères (tant physiquement que moralement) et de prévenir les déchirures périnéales, ou au moins, d’en amoindrir la gravité.

 

– la gestion des périodes de repos entre les contractions

C’est grâce à la conférence de Jacqueline de Lavilonnière que j’ai pris conscience de l’importance des périodes de repos. Si je ne partage pas son point de vue selon lequel « peu importe comment on traverse la contraction », l’entre-contraction est décisif… surtout lors des accouchements longs (et je sais de quoi je parle !).

Se laisser emporter par la fatigue entre les contractions permet au corps de recharger une partie de ses batteries. Je n’ai pas réussi à trouver de support précis sur le sujet (je suis ravie d’avoir encore des tonnes de lectures à effectuer, dont des autrices de référence comme Ina May Gaskin). Plusieurs témoignages (dont le mien) vont dans le sens d’une capacité à s’endormir, à certaines périodes du travail, entre les contractions. Pour ma part, assise sur le ballon, j’avais créé un monticule de coussins sur le lit de la salle physiologique. j’y reposais ma tête et mes bras, m’endormant ainsi assise. J’étais réveillée par les contractions pendant lesquelles je me contentais d’onduler du bassin.
Je ne saurais dire combien de temps ce repos à durer. Guère plus d’une heure, me semble-t-il. Mais je n’en suis pas sûre.
J’ai aussi trouvé un soulagement et repos un peu étrange mais logique : en étant assise sur les toilettes !
Je me souviens avoir du communiquer avec les sages-femmes depuis les cabinets (situés dans la salle), elles devaient me croire atteinte d’une diarrhée phénoménale… Alors que je libérais juste mon périnée et adoptais une position qui soulageait mes sensations douloureuses !
Je regrette réellement de ne pas avoir pu bénéficier d’un tabouret d’accouchement. Je suis certaine que j’aurais pu accoucher dessus… Mais on se refait pas l’histoire !;)

 

– la nécessité de l’environnement serein

Avec toutes les informations fournies ci-dessous, il semble clair qu’un environnement serein est indispensable pour qu’un accouchement se déroule au mieux.
Plus les femmes et les couples connaissent la physiologie et le déroulement d’un accouchement, plus elles/ils seront en confiance par rapport à ce qu’il se passe.

Ensuite, il est évident qu’être accompagné.e.s et dans un cadre tolérant la singularité des accouchements garanti une sérénité accrue.
Les femmes, afin de sécréter toutes les hormones utiles à un accouchement efficace, ont besoin de calme et d’être en confiance.
Les monitorings constants (utiles mais parfois limitant quand les appareils ne sont pas portatifs), les mises en garde, l’interdiction de manger et de boire (!), les contrôles récurrents d’évolution du travail grâce à des touchers vaginaux, etc., créent du stress pour les femmes pendant leur accouchement. Cela qui engendre des sécrétions d’hormones (dont l’adrénaline) antagonistes à l’ocytocine, par exemple.
Or, si l’on peut favoriser le déroulement de l’accouchement, il n’est pas possible d’avoir prise sur les évènements en tant que tels.

Les problèmes, comme je l’ai largement détaillé, sont souvent inhérents au contexte des accouchements.

Des protocoles existent de manière à lisser le suivi des patientes et à réduire les risques. Le principe de travail guidé a été mis en place pour cela. Ces procédures sont l’inconvénient de réduire à néant la singularité de chaque accouchement et d’intervenir dans des situations qui ne le nécessiteraient pas forcément.

C’est bien là toutes les dérives de l’obstétrique « moderne » : un interventionnisme à tout crin, quelques que soit le profil de risques des patientes.
Il semble que bon nombre des soignant.e.s aient oublié que l’humain sait enfanter. Le respect de la physiologie de l’accouchement, sans intervention, permet d’articuler les séquences hormonales et physiques indispensables à la naissance.
Il est primordial que les femmes, et les couples, soient au courant des compétences de leur corps. Elles ont besoins d’être accompagné.e.s pendant la grossesse et aussi, pendant l’accouchement, afin de favoriser leur sentiment de compétence et la sérénité du lieu de naissance.

Le pouvoir et la force d’une femme qui accouche sont phénoménaux : il ne faut jamais l’oublier et permettre aux femmes de vivre cet empowerment !

Très récemment, une étude  a démontré que les accouchements à domicile sont aussi surs que les accouchements en cadre hospitalier. Or, dans les accouchements à domicile, le respect total de la physiologie est la règle… Les interventions sont plus rares !
Partir en
quête d’un accouchement physiologique, en étant éclairé.e.s et en pleine conscience, offre la possibilité de se découvrir, de vivre les évènements de manière spontanée et de récupérer plus favorablement après la naissance.

 

Elles voudraient… mais ne peuvent pas: quand le contexte dirige les actes

Il est très complexe, en France, de sortir des carcans des habitudes hospitalières.

Les accouchements à domicile ne représentent qu’à peine 1 % des accouchements et les maisons de naissance sont en projet-pilote en ce moment même (2019).
Ailleurs en Europe, les maisons de naissance existent et ne vivent pas autant de contraintes pour les sages-femmes y pratiquant.

En France, les assurances usuelles des sages-femmes ne couvrent pas l’acte d’accompagnement à la naissance. Elles couvrent le travail, les soins post-partum mais absolument pas la naissance.
De ce fait, les sages-femmes engagent leur responsabilité propre lorsqu’elles accompagnent un accouchement à domicile.D’ailleurs, voici un exemple de situation critique pour une SF : https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/accoucher-autrement/accouchement-a-domicile-une-sage-femme-risque-la-radiation-618634

Ces restrictions semblent abusives à la Grande-Bretagne, précurseure en terme d’accouchement à domicile.

Toutes les informations que je donne dans ce dossier nécessitent une remise en question des pratiques. Certaines tâches habituelles sont en retard sur les recommandations des instances de santé internationales comme l’OMS.
C’est pour cela qu’il est nécessaire que les femmes et les couples soient bien informés de manière à questionner certains actes AVANT l’accouchement.

Il est indispensable de demander à ses praticien.ne.s s’ils/elles sont ouvert.e.s sur des prises en charge davantage physiologiques comme celles énoncées auparavant : absence d’accélération du travail, refus de péridurale, monitoring portatif pour adopter toutes les positions, possibilité d’accoucher autrement qu’en position gynécologique, clampage tardif, massage du périnée pendant l’expulsion, poussées retardées, …
Voici par exemple un texte concernant les recommandations cliniques pour réduire les risques des lésions périnéales durant l’accouchement: « prévention et protection périnéale en obstétrique »

Il est limpide que le contexte hospitalier amène à une hyper-médicalisation des naissances… A nous, patientes, de demander au personnel soignant de changer ses habitudes pour revenir à des pratiques plus raisonnées, telles que prescrites par les instances de santé.
Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui doivent polariser l’attention et non pas la rapidité du processus ou le bon déroulement du planning des équipes soignantes.
Malheureusement, la plupart des professionnel.le.s aimerait bénéficier d’un contexte de pratique plus flexible. En outre, il y a de fortes pressions tant au niveau de la charge de travail, que du manque de personnel mais aussi de certains protocoles institutionnellement ancrés.

Le stress et le contexte de travail des équipes soignantes autour des parturientes devraient être des priorités absolues pour permettre aux femmes d’accoucher dans un cadre serein !
Il semble cependant, par la fermeture des petites maternités et la création de déserts obstétricaux, que cela ne soit pas l’inclinaison des autorités françaises. La Belgique, ayant un territoire plus restreint et une ouverture sur les pratiques alternatives plus importante, est moins sujette à ce type de questionnements, même si cela reste totalement dépendant des institutions hospitalières (je ne cesserai de congratuler le CHR de Namur). La surcharge de travail et les démarches administratives de suivi, notamment, entament lourdement la disponibilité des sages-femmes.

 

Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne :

Pour finir en beauté…

Le bébé est né. Parfois encore enduit de vernix, il prend ses premières inspirations.
Mère et enfant, encore sonnés du voyage qu’ils viennent de partager… Pourtant, c’est à ce moment-là que divers intérêts s’agitent, sur l’état de l’enfant (score d’Apgar) mais aussi de la mère (délivrance, hémorragie, rétraction utérine, …).
Dans les cas où tout se passe bien, il est largement nécessaire que le bébé soit mis peau-à-peau avec sa mère. Il retrouve ainsi certaines odeurs familières, un rythme cardiaque connu, et peu découvrir la succion du mamelon (après avoir sucé son cordon ombilical et peut-être son pouce in utero).
Sais-tu qu’il est possible de demander un clampage tardif du cordon (quand le cordon cesse de battre) ? Cela a de moult effets positifs sur le bébé : il vit moins violemment sa mise au monde, il perd moins de poids, et améliorer ses réserves de fer pour les mois à venir. Il est même possible de laisser le bébé relier à son placenta jusqu’à la délivrance, voire au-delà (même si cette pratique est relativement rare).
En outre, il n’est pas nécessaire que le nouveau-né soit manipuler pour être mis en couche ou mesuré et pesé dès sa naissance… Cela peut très bien attendre plusieurs heures après la naissance.

Pour la sérénité du nouveau-né, l’attachement de la mère au bébé et la mise en route de la lactation, il est primordial que le lien intense mère-bébé soit préservé au maximum. Ensuite, le contact peau-à-peau participe à la poursuite de la colonisation bactérienne du bébé, qui lui sera d’une grande aide pour le développement d’un microbiote intestinal optimal.

De manière évidente, les contacts proximaux avec le bébé agit dans la prévention de la dépression post-partum (j’en parle dans mon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébémon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé)… Il serait dommage d’accentuer les risques pour des questions de protocole.

Encore une fois, j’invite les femmes et les couples à se renseigner afin de rédiger une projet de naissance (j’en parle dans mon article : « comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ») et de prévoir non seulement ses souhaits pour le travail, la naissance mais aussi pour ce qui se déroule après la naissance.
Bref, dans tous les moments de l’accouchement, de la naissance et de la rencontre : il est nécessaire de rappeler à toutes et tous que le temps fait son œuvre, dans la plupart des situations !

 

Conclusion :

Encore une fois, ce document n’est pas un article. Il n’est pas exhaustif mais j’espère que l’objectif sera atteint d’informer les femmes et de faire réfléchir certains soignant.e.s sur leur pratiques.

Je tiens à préciser encore qu’il n’est nullement question de jeter l’opprobre sur des pratiques sécuritaires qui ont amené à diminuer drastiquement le taux de mortalité infantile et maternelle. Les connaissances en gynécologie obstrétrique évoluent perpétuellement. Il est logique que les pratiques cliniques se mettent à jour régulièrement.

Que difficultés lorsqu’on surfe sur une peur intense engageant le pronostic vital de deux êtres…

Merci aux césariennes d’avoir sauvés mères et enfants, avec des techniques de plus en plus douces, avec des femmes qui peuvent pousser pour qu’elles se sentent actrices de leur accouchement (les césariennes extrapéritonéales) ; mais aussi une déchirure des tissus manuelles de manière à améliorer la cicatrisation.

Merci aux péridurales d’avoir pu soulager les douleurs vécues comme des souffrances.
Merci aux rachianesthésies d’éviter (le plus souvent possible) les césariennes d’urgence sous anesthésie générale.
Merci aux monitorings fréquents d’indiquer comment le fœtus supporte le travail.
Merci à l’antibiothérapie de réduire le risque d’infection néonatale.

Je pourrais continuer longtemps !

Le fait est qu’il y a de justes mesures et un entre-deux qu’il est possible de mettre en place.
D’une part, il est utile de rationaliser les interventions auprès des parturientes. D’autre part, cela permet aux femmes de d’accéder à la puissance de leur corps, sans se confier corps et âme à la médecine… afin qu’elles puisent dans leurs propres ressentis.
Cela leur permettra d’optimaliser le rapport avec leur nouveau-né.

 

A bientôt, j’espère, pour d’autres curiosités en toute bienveillance.

 

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Sources :
– Collectif de défense de l’accouchement à domicile:
https://cdaad.org/

reportage d’Ovidie : « Tu enfanteras dans la douleur » https://www.arte.tv/fr/videos/081587-000-A/tu-enfanteras-dans-la-douleur/

https://www.inspq.qc.ca/Data/Sites/8/SharedFiles/PDF/travail-et-accouchement-preparation-accompagnement-et-methodes-pour-composer-avec-la-douleur.pdf

Vidéo de Jacqueline de Lavilonnière : Rythme et tempo dans l’accouchement https://www.youtube.com/watch?v=PFyxnqSSJtU&t=1120s

dépistage et prévention des infections à streptocoques B : https://www.bd.com/resource.aspx?IDX=18870 et https://www.reseau-naissance.fr/medias/2018/03/Referentiel_-streptoB_RSN_2018VF-1.pdf

https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

– Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018

– Les représentations à base de peurs de la grossesse et de l’accouchement génèrent une hypermédicalisation au détriment de l’accouchement physiologique https://apprendreaeduquer.fr/peur-accouchement-physiologique/

 

Ressources :
Collectif InterAssociatif autour de la naissance : CIANE : https://ciane.net/wiki/pmwiki.php?n=Ciane.CRU

Envie d’en savoir plus sur l’adaptation du nouveau-né à l’environnement aérien ? http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/vie_extrauterine/site/html/cours.pdf

– Le guide de la naissance naturelle. Ina May Gaskin

– Recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272434/WHO-RHR-18.12-fre.pdf

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Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le quatrième trimestre de grossesse ou « la découverte du Nouveau Monde » !

Dans cet article, je vais te proposer de traverser (moralement et pratiquement) les premières semaines de ce nourrisson qui découvre la vie extra-utérine de la manière la plus cool possible.
Prépare-toi, ça va remuer … et ton cœur va exploser d’amour !

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Ce matin-là, le soleil se lève mais rien n’est plus pareil.
Tu l’as dans les bras, ce bébé.
Et ça chamboule pas mal de choses !
Après l’effort, le réconfort de voir cette bouille ronde et rebondie (si bébé est né à terme, ce que je te souhaite. Si ça n’est pas le cas : courage, vous allez y arriver à cette vie ensemble et sereine !).
Il n’en est pas moins que tu as les stigmates de ce qu’il vient de se passer : une sensation entre le camion et l’éléphant qui vient de te passer dessus (et entre les jambes ou le bas du ventre, en cas de césarienne !).
Bref, tu n’es pas au top de ta forme. D’ailleurs, ce ventre n’est plus vraiment rond (mais pas vraiment absent non plus : un petit tour pour en savoir plus sur  « si j’avais su : le corps d’une femme après l’accouchement »).
Niveau moral, tout dépend de comment va le bébé et de la manière dont ton corps réagit.
Et puis la stupeur de découvrir ce petit-être complétement en attente de toi, de ton odeur, de ta voix… Tous ces éléments qui lui sont familiers et qui le/la rassure idéalement.

Tu te rends compte que tu peux difficilement boire un café chaud ou aller aux toilettes sereinement sans craindre d’avoir un bébé qui te demande (bientôt, tu iras aux toilettes avec le bébé en écharpe !).
Parce que c’est vrai : maintenant et pour de nombreuses années, quelqu’un aura un intense besoin de toi.
Je ne dis pas ça pour effrayer, mais pour avertir.
Un nourrisson ne se contente pas de téter et de dormir. Enfin, si… Si on prend bien en compte qu’il peut passer des heures au sein à mélanger les deux activités. C’est tout à fait normal voire souhaitable dans ses premiers jours. Il/elle active de ce fait ta montée de lait.
Tes nuits vont être chamboulées (sans blague !) et c’est pour cette raison que je te conseille vivement le cododo dès la maternité !
Cela sauvera ton dos, ton sommeil, et réduira allégrement ton épuisement.

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Question allaitement, tu vas avoir ton bébé collé au sein beaucoup, vraiment beaucoup pendant les premières semaines car c’est là que tout se met en place question lactation.
Alors n’écoute pas les conseils pavés d’ignorance tels que : « il faut laisser du temps pour digérer ! », « Il régurgite parce qu’il mange trop », « il demande le sein parce qu’il a trop faim : donne un biberon », « mets lui une tétine, ça le calmera ! », …
En gros, dès que ton bébé s’éveille, mets-le au sein. N’attends pas qu’il pleure, c’est inutile pour lui et pour toi. Voici quelques conseils pour débuter son allaitement.

Ça peut être déstabilisant, les premières semaines, d’avoir un enfant tout le temps dans les bras (et si souvent en train de téter).
Tu passes d’une entité simple à une entité composée de deux individus. Or, l’un d’eux ne tolère que ta présence.
Encore une fois, c’est normal.  Comme expliqué dans mon article sur le maternage proximal, l’être humain est un primate (eh oui, il faut l’admettre) ce qui implique que le petit naissant très immature a le besoin d’être sécurisé, nourri et recevoir des soins constamment.
A toi l’écharpe de portage, les vêtements extensibles (pour passer vite fait le sein au-dessus) et la patience.
Fais confiance à ton bébé sur son rythme, il sait de quoi il a besoin. Dès le départ, il va falloir apprendre à lâcher-prise sur ces vieilles croyances et laisser le bébé gérer ses demandes. Je peux te suggérer la lecture de mon article  « clefs pour démarrer un allaitement » afin de t’aiguiller ou de rassurer tes impressions !

Pratiquement, dès le départ, assure-toi d’avoir de l’aide à domicile (environ les 15 premiers jours, vraiment).
Tu peux demander à tes ami.e.s ou à la famille de se relayer pour venir te passer un coup d’aspirateur ou te faire tes courses (si tu n’es pas maman solo, tu auras ton/ta conjoint.e le fera).
Idéalement, si les gens veulent venir te voir, prépare-les. Oui, ils verront un bout de sein. Oui, peut-être plusieurs fois sur une même heure. Oui, c’est normal.
« Et si tu peux amener de quoi manger, ça serait top ! » pourra être ta phrase de fin.
Il est préférable de manger des choses nutritives qui vont te tenir en forme et fournir à ton corps l’énergie pour se reconstruire du marathon de l’accouchement et des premières semaines mouvementées.

 

Comment faire pour bien manger en étant jeune maman ?

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Deux cas de figure possibles : soit tu as de la famille soit tu es seule.
Si tu as de la famille, tu peux leur déléguer la préparation de quelques repas.
Si tu es seule, et même si ce n’est pas le cas, anticipe !
Durant les 4 dernières semaines de ta grossesse, prépare des plats en plus grande quantité et mets au congélateur des portions individuelles.
Cela te sauvera ! Tu pourras manger bien et rapidement. Il est impératif pour ta santé tant physique que mentale que tu maintiennes une alimentation qualitative et régulière dans la journée (c’est-à-dire plusieurs fois par jour, peu importe l’heure).
En outre, n’essaye pas de faire coïncider tes repas avec celui des autres, du moins, pas les toutes premières semaines.
Focalise-toi sur ton rythme avec le bébé… et Prépare des linges (tétras) !
Tu vas pouvoir manger pendant que ton bébé dort. Une manière de le faire ? Pendant qu’il dort dans l’écharpe (rappel : pas de mauvaise habitude en restant en écharpe 16h/24 si nécessaire – et c’est souvent nécessaire puisque le bébé humain a besoin de proximité pour être serein).
Tu places alors un linge au-dessus de sa tête et tu manges… salement (oui, quand on est à 30 cm de la table, c’est vraiment la galère ! J’ai mangé à la cuillère à soupe pendant des mois !). Mais tu manges.
Si par chance, cela colle à l’heure du repas familial, tant mieux.
Mais vraiment : ne te colle pas de stress avec des impératifs de norme sociétale. Ton bébé se fiche des horaires, la seule horloge qu’il écoute et comprend, c’est celle de ses besoins physiologiques.

Si tu es maman solo ou lorsque tu es seule avec ton bébé, c’est encore plus simple (question horaires « sociaux », soyons honnête !), car il n’y a pas un tiers qui s’attend à manger à une heure précise ou qui est tiraillé par la faim.
Par contre, cela demande une organisation pour préparer ses repas si tu n’as plus d’avance.
Une première idée est de cuisiner à chaque fois pour deux ou trois repas.
Question préparation, il est évident que c’est compliqué d’enchaîner la préparation et le repas dans la foulée sans que les bébés ne demandent à téter, dormir, être câliné.
Mais comme je l’ai déjà dit, il n’y a aucun problème à cuisiner et à manger lorsque le bébé dort sur toi (il faut juste faire attention aux projections ! Evidemment, on ne fait pas de friture avec un bébé en position ventrale).
Je te suggère de préparer tes repas en milieux de matinée pour midi et en après-midi pour le soir. Une fois que les plats sont prêts, tu peux les déguster quand tu le souhaites.

rawpixel-656748-unsplash.jpgIl est également nécessaire d’avoir des encas sains à grignoter en cas de fringale (qui vont surgir !). Cela te permettra de ne pas plonger sur des biscuits ou autres « crasses » qui ne te nourriront pas réellement.
Tu peux avoir des carottes ou autres légumes crus à croquer. Ensuite, tu peux miser sur les fruits secs et les oléagineux. Comme je l’ai conseillé dans d’autres articles, dès l’accouchement, cela n’a que des bénéfices.

 

Autre aspect pratique : ton hygiène corporelle !
C’est très cliché de voir dans les films ou d’entendre : « Tu verras, tu te retrouveras à 15h en pyjama ! ».
Alors, en effet, c’est possible… Mais il y a pleins de possibilités pour qu’il en soit autrement.
D’expérience personnelle, j’ai modifié mes heures de douche en fonction de l’âge de ma fille.
Au départ, je me douchais en 3 minutes chrono pendant qu’elle dormait (on ne sait jamais combien de temps ça dort, un nouveau-né !).
A partir du moment où les bébés regardent les arches disposées au-dessus ou à côté d’eux (je rappelle que les mobiles lumineux et musicaux sont à éviter pour diverses raisons expliquées dans cet article sur la motricité libre), on peut profiter d’un temps d’éveil pour foncer sur la douche.
Par exemple, le temps d’éveil juste après le réveil de la nuit.
On installe le tapis d’éveil dans la salle de bain et on fonce sous la douche. Cette organisation fonctionne à merveille pendant des mois !
Alors je vais être honnête, on ne prend pas son temps sous la douche quand personne ne peut surveiller ou prendre les bébés lorsqu’ils s’impatientent. Mais on est propre ! Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Pour le bébé, ces premiers mois lui amènent une foule de nouvelles sensations. Il découvre le froid, le chaud, la faim, la peur, la lumière vive, le mouvement, et tout ce qui compose l’environnement qui était filtré jusque-là.
Le bébé était jusque-là bercé h24 et accompagné par les bruits internes de la mère. La plupart des bébés sont à l’aise pour dormir alors qu’on passe l’aspirateur (ça peut même les endormir. C’est un truc à tester ! Ayant deux chats à poils longs, je dois allumer la machine tous les jours et j’ai ainsi endormi ma fille aisément, tout en gardant un intérieur dénué de touffes de poils).
Mais cela veut aussi dire que le bébé a besoin de sa mère ou d’un.e référent.e constamment. Ce n’est pas peu dire… Car le bébé va se réveiller s’il est posé (et qu’il ne sent plus son bercement habituel et les odeurs familières). La plainte arrivera également s’il/elle est laissé.e posée longtemps. A partir de quelques semaines, l’attention et la vue du bébé lui donnent envie d’observer et pourra être posé un peu plus, jusqu’à ce qu’il s’ennuie.
Il n’est ni utile ni souhaitable de se dire que le bébé doit apprendre à patienter. Ça n’a aucun sens dans son existence. La tolérance à l’attente envers ses besoins viendra avec l’âge mais certainement pas dans la première année de vie.
Il en va de même avec le fait d’être porté : cela ne donne pas de mauvaise habitude. Cela octroie de la confiance en ses référent.e.s et la construction de sa base de sécurité. Je renvoie à mes articles sur le maternage proximal et le portage.
Cela peut paraître déconcertant car les siècles derniers ont laissé croire que la dyade mère-bébé était à séparer… Et donc, à promouvoir les couffins, les balancelles, l’alimentation au biberon, etc.
Les neurosciences affectives ont bel et bien démontré combien le maternage et l’éducation bienveillante (qui commence dès la naissance) sont bénéfiques pour le développement social, émotionnel et physique de l’enfant. Ce n’est donc pas une mode (comme je l’ai expliqué ), mais bien un retour aux sources validé par la science.
Ça donne de l’aplomb pour agir en tout état de conscience.

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On parle souvent du 4ième trimestre car c’est le moment où le bébé est encore dans un mode de vie qui demande une présence constante qui mime ce qu’il vivait dans le ventre de sa mère. C’est aussi la période du devenir parent, qui implique une découverte de soi.
Il faut cependant savoir que l’attente du bébé est explicitée par un adage : « 9 mois dans maman, 9 mois sur maman ».
En gros, le bébé va demander et avoir besoin d’être porté très fréquemment (avec tous les bénéfices que cela comporte) jusqu’à ce qu’il se déplace avec aisance (même après, le portage a tout son sens !).
Cela peut sembler énorme… Mais le temps passe extrêmement vite. Cette toute petite enfance s’envole avant même de s’en rendre compte.
Loin de moi l’idée de banaliser l’envahissement et la ferveur que cela engendre à chaque instant.

Cependant, il te faudra conscientiser la différence de rythme de ce petit-être avec le tien. Le lâcher-prise sera inestimable concernant ce que tu pensais pouvoir/devoir faire avant de détenir ces connaissances.
Le bébé humain ne fait pas la distinction jour/nuit (c’est-à-dire qu’il ne fonctionne pas sur le même cycle circadien que la plupart des autres humains). C’est aux alentours de 3 mois que son cycle sommeil/veille, et donc la distinction avec la nuit, se produit.
Avant cette date, il est fréquent que les bébés aient encore des périodes d’éveil long en pleine nuit. Dans notre cas, ma puce avait fréquemment des phases d’éveil de 22h à 23h30 jusqu’à presque 4 mois. Jusque-là, je l’ai gardé avec moi dans le salon en portage. Elle pouvait y dormir tranquillement, et moi, je mangeais, faisais ma vaisselle, recevais mes ami.e.s…
On allait se coucher en cododo à ses signes de fatigue et on enchaînait la nuit.
A partir de 4 mois, j’ai observé qu’elle s’endormait systématiquement après son bain, lors de la tétée. Quand j’ai observé qu’elle ne se réveillait plus que pour téter, j’ai tenté de la mettre au lit avant moi, en sortant de son bain. Tétée allongée et c’est parti pour la nuit (entrecoupée de tétées, il faut admettre !).
Je fais ce petit retour #storytelling car c’est assez exemplatif de ce que je te souhaite : ne pas perdre du temps et de l’énergie à tenter de poser un bébé afin qu’il dorme … alors qu’il/elle se réveillera à coup sûr. Il faut tenter de temps en temps et à partir d’un moment, ça finira par rouler.
Ici, les premières siestes en journée dans le lit ont eu lieu à 6 mois (quand je suis chez moi et encore, ça arrive qu’elle veuille rester avec moi pour dormir).
Bref : Keep cool and babywearing power !

Afin d’aider ton bébé à faire la différence jour/nuit, même si cela s’acquiert la plupart du temps (il y a toujours des exceptions, on ne peut les occulter), je te conseille de ne pas allumer la lumière et de faire le moins de mouvements et le moins de paroles à voix haute possible.
C’est un parti pris, mais personnellement, sauf selles, je n’ai pas changé ma fille la nuit. Je ne le fais que très rarement quand elle ne retrouve pas le sommeil ou qu’elle a débordé (ça arrive !).
Je ne sais pas si cela a un lien, mais avec ces habitudes nocturnes, elle n’a jamais eu de périodes d’éveil durant plus que le temps d’une tétée (où sont étions à moitié endormies) entre minuit et 6h du matin.

Bref, c’est un tourbillon journalier! Ça déménage et clairement, sauf si on a des amies ou une proche parente qui est passée par là récemment, on ne s’y attend pas.
Emotionnellement, entre le bonheur (et l’injonction de bonheur de la jeune mère exigée par la société) et la dévotion qu’un nouveau-né implique, c’est bouleversant.
Ce n’est pas forcément évident. Certaines peuvent se sentir envahies, d’autres très anxieuses d’être en charge de ce petit-être vulnérable, et d’autres encore complétement dépassées par la situation.
Je pense que ce sentiment de dépassement arrive à la plupart des primipares. Souvent au moment de quitter l’endroit où l’on a accouché et qu’on se dit : « Ok, je n’aurai plus de conseils à volonté, maintenant » (si tu as la chance d’avoir eu une structure soutenante et avertie).
En plus, le corps n’est pas vraiment au top de sa forme et cela joue sur le moral. Les douleurs ont un impact sur le moral. Il ne faut pas l’oublier et le prendre en compte.
Il faut aussi accepter de ne pas se sentir « si bien ».
Oui, ce bébé est là, mais ce n’est pas forcément l’explosion de joie voire d’amour attendu. Et même si notre cœur explose d’amour, ce n’est pas pour autant que tout semble évident.
L’état de « baby blues » peut durer quelques jours et s’estomper. Si ça n’est pas le cas après 15 jours, il ne faut pas tarder à prendre contact avec un.e professionnel.le de santé.

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Le couple, s’il y a, est aussi réaménagé. De nouvelles places sont à créer et des attitudes peuvent émerger alors que c’est complétement inattendu.
Tu pensais être une maman « super cool » qui serait ravie de voir certaines tâches déléguées… Et tu te retrouves totalement « louve ». Tu ne parviens à faire confiance à personne.
Tu acceptes de déléguer les tâches annexes mais tu refuses que quiconque approche de ton bébé.
A l’inverse, tu pensais tomber amoureuse de ce bébé et être totalement investie de cette nouvelle mission… Et finalement, tu as du mal à trouver tes marques à ce nouvel être qui s’est éloigné de votre symbiose  qui a un langage et des signes qui te semblent abscons.

Dans les deux cas, ce n’est pas grave ! Les sentiments et émotions évoluent jour après jour.
Il ne faut pas hésiter à parler de tes émotions par rapport à cet enfant à des personnes de confiance voire à des professionnel.le.s si cela te crée un vrai mal-être.
En outre, ne te laisse pas culpabiliser par l’entourage qui, sous couvert de bonnes intentions, peut remettre en question tout ce que tu fais !
Il est bon d’être soutenue et accompagnée : si quelqu’un te suggère une attitude, essaye de les briffer sur les manières de faire. Des conseils et de l’aide, oui, mais avec de la bienveillance.
Et le must : des conseils que lorsqu’on les sollicite ou lorsqu’une personne est témoin d’un sentiment de dépassement.
Si tu es questionnée sur tes choix, et que tu considères que les remarques ne sont pas pertinentes ou aidantes, tu peux consulter « Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? ». Cela peut te donner des pistes pour discuter et comprendre pourquoi l’éducation est tellement sujette à débat !

 

Cette période de ta vie est mémorable, mais pas forcément la plus épanouissante sur tous les plans.
Elle donne un aperçu de ce qu’est la vulnérabilité à l’état brut (la tienne et celle du bébé), mais ouvre aussi à l’écoute des besoins. Le fait d’être en empathie constante avec ce bébé fait ressortir ses propres besoins personnels primaires.
C’est l’occasion de s’ouvrir et à affirmer ses propres besoins. C’est le moment de demander de l’aide, et de laisser de côté son égo. Tu peux dormir lorsque le bébé se repose si tu en as besoin, manger quand tu as faim et être à l’écoute de ton corps qui a vécu un sacré traumatisme après 9 mois à se remplir mais qui s’est vidé si rapidement (oui, même 24h de travail, c’est rapide en regard de 9 mois de construction !).
Tu peux demander du soutien et de l’écoute de la part de ton entourage, à la condition d’être en totale bienveillance envers toi et ton bébé (cela permet d’ouvrir sa famille à la bienveillance, avant de l’amener à se questionner sur l’éducation positive et bienveillante).

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J’espère que cet article pourra te préparer à ce qu’il va se passer/se passe dans ta vie.
Fais-toi confiance et je te souhaite de trouver toutes les ressources nécessaires autour de toi. Dans le cas inverse, entoure-toi de professionnels qui sauront t’aiguiller.

A bientôt, Visiteuse.eur Curieuse.x !

Préparer la naissance

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

C’est un des craintes de la femme enceinte : à quoi va ressembler mon corps après la grossesse ?

Encore une fois (voir l’article sur le corps pendant la grossesse), j’espère que ce n’est pas un sujet qui soit parmi les prioritaires. S’il l’est et que cela occasionne un mal-être, il ne faut pas minimiser cela et éventuellement se faire suivre par un professionnel.

Autant enceinte, j’étais heureuse de ne plus tenir mon ventre en public et avec mes vêtements moulants. Autant après l’accouchement, je savais que la pression sociale de la femme longiligne et retrouvant son corps rapidement reviendraient rapidement.

J’ai eu la chance d’avoir une grossesse et un accouchement qui furent idéaux. Mon corps a joué de rôle de manière magistrale.
Néanmoins, chacune a vécu les choses de manière unique.
Si tu n’as pas encore accouchée, je te laisse lire cet article qui permet de préparer son accouchement, qui permet d’anticiper et de mettre en place certaines choses pour améliorer cela.

L’expérience de la césarienne, en plus de laisser une cicatrice, provoque une baisse de confiance en son corps. Les conséquences post-opération sont désagréables et n’aident pas à se sentir bien dans sa peau.
Il est va de même pour les femmes ayant eu des accouchements traumatiques.
Ce déroulement des évènements amène à une image négative des capacités du corps puisqu’il n’a pas réussi à faire « son job ».

Alors, c’est vrai ! A l’instant où il aurait fallu que tout se passe harmonieusement, il y a eu des éléments qui ont bloqué le déroulement.
En outre, il est exact de dire que certaines femmes n’ont pas un corps qui leur permet un accouchement par voie basse, ont tendance à avoir des saignements hémorragiques, et autres joyeusetés…
Mais c’est pour ça que la médecine moderne est tout de même merveilleuse !
Elle offre un cadre sécuritaire à une large majorité tant pour la mère que pour l’enfant.
Il est dès lors nécessaire de changer le cadre de perception : la médecine t’a permis d’être et d’avoir un enfant en bonne santé. Que ton accouchement ait été compliqué, que ta grossesse ait été écourtée, que tu aies dû être alitée pendant ta grossesse, tu as fait de ton mieux.
La nature n’est pas juste. Elle nous donne des capacités physiques différentes et toi, en tant qu’individu, tu ne dois pas culpabilisée de ne pas faire partie des « femmes qui ont pu » car cela ne dépend pas de toi.
En regard des conséquences d’un accouchement traumatique et des séquelles tant physiques que psychologiques que cela peut engendre, je t’invite à te faire accompagner pour surpasser cela… avec ton bébé.

Au-delà du déroulement de l’accouchement, le corps (et la tête) post-partum, c’est quelque chose.
J’ai eu la chance d’avoir accès à une salle d’accouchement physio : plus grande, équipée de matériel pour gérer les contractions (merci au ballon et la baignoire) et… d’un miroir.
Oui, un miroir, situé juste en face du lit ! Alors relativement loin (puisque la chambre était vaste), mais là quand même.
Si bien que lorsque je suis descendue du lit où j’ai mis au monde ma fille, je me suis aperçue. Il s’avère que j’ai accouchée nue donc j’ai pu me voir en détails… Même si je ne me suis pas attardée.
Je me suis mise de profil et j’ai rigolé.
En quelques minutes, ce corps qui contenait environ 7kg de « matière » n’était plus rond mais avait une forme approximative et une viscosité certaine. J’ai souri, je suis allée aux toilettes (pour l’histoire, puisque c’est la raison pour laquelle je suis passée devant le miroir, ça pique un peu, on va être honnête) et je me suis « habillée » (d’une chemise de nuit, à 15h !).
Pour celles qui auraient vécu une déchirure/épisiotomie, je ne peux que conseiller de l’argile blanche surfine. C’est une poudre magique : elle a des vertus cicatrisantes et asséchantes (je l’utilise au quotidien à la plaque du talc – dont la composition n’est pas terrible- pour les fesses de ma puce).

Après 2/3h d’éveil (et de tétée d’accueil !), ce bébé tout neuf est habillé et s’endort pour de longues heures.
Une fois en chambre, j’en profite pour aller prendre une douche. Étonnée de tenir sur mes jambes comme s’il ne s’était rien passé. Juste qu’Elle était là dehors et plus dedans (le baby-blues dans un autre article ! :p ) et que moi, je retrouvais donc un corps que je ne partageais plus (et pourtant, qu’est-ce que j’ai aimé ça !).
Au bout de 5 minutes dans la douche, j’ai compris à quoi servait le siège repliable dans la douche !
OMG ! Mais c’est quoi cette sensation de pesanteur au niveau du périnée ?
« Bonjour, j’ai été distendu et je te le fais savoir… »

Je fus impressionnée de cette sensation des organes qui pourraient filer vers le bas. En l’occurrence, ce n’est pas à négliger… Ça existe et cela s’appelle un prolapsus (une descente d’organes).

Bref, durant les premiers jours, on est bien mieux assise/couchée que debout. Je me suis fait quelques chutes de tension à cause de cette sensation de pesanteur à la maternité. Et j’ai eu mal quand je restais debout plus de 2h pendant au moins 10/15 jours. Je rappelle que j’ai eu la chance de n’avoir aucune intervention sur mon périnée.

Le lendemain, j’ai eu envie de donner une belle apparence. Puisque j’avais pu me laver les cheveux la veille, j’ai même pris soin de me maquiller d’un trait de Khôl (mon seul maquillage de tous les temps) et j’étais habillée de vêtements amples. Je n’avais pas envie de recevoir en pyjama(mais chacune ses envies, sincèrement, on est quand même bien plus confortable dans son lit en pyjama!) .
Ce jour-là, on a un bidon d’environ 5/6 mois de grossesse, je dirai mais la résistance en moins. Ça me faisait rire, on aurait dit un bol de gelée retourné.

Petit conseil aux mamans en maternité : prévoyez des encas riches en fibres. Ce n’est pas l’alimentation de la maternité qui vous permettra de remettre en route le système qui a été bien chamboulé !
Alors fruits secs et oléagineux en tout genre vont seront d’une grande utilité ! N’hésitez pas à mandater certaines personnes pour vous apporter des fruits frais.
Le sujet n’est pas glamour, mais c’est ça aussi, le corps. Autant y penser, parce que si ça ne roule pas, on n’est pas bien. Et le personnel soignant vous posera la question !

Dès la maternité, il est possible d’améliorer le tonus de son (feu ?!) périnée grâce à des exercices de respiration hypopressive. Un kinésithérapeute est venu me voir pour m’expliquer ce que je pouvais faire pour m’aider à récupérer une aisance appréciable (coucou les fuites !). Voici un lien qui explique les exercices si tu n’as pas l’occasion d’avoir une kiné dans la maternité : https://www.youtube.com/watch?v=Pn34vS0Af0c ou encore https://www.youtube.com/watch?v=dpF5TIEp89U

Les toutes premières semaines avec le nouveau-né ne sont pas souvent propices à une introspection sur son apparence… Enfin du moins, dans mon cas, je n’y pensais pas et ma douche était (je peux dire « est ! ») tellement rapide que je n’avais pas le temps de détailler ce qu’il se passait sous les vêtements.
Je crois que j’ai passé un mois (au moins) à être habillée de pantalons/jeans larges, de débardeurs à décolleté extensible et de pull à capuche avec fermeture éclair.
Mais on est en cocooning, et il fallait que mes seins soient facilement à disposition.
Et c’est vrai qu’en tout début d’allaitement, on passe plusieurs heures par jour avec un sein ou l’autre à l’air. Ça passe vite et il n’y a pas de raison que cela te rebute pour l’allaitement.
Les exercices suggérés par la kiné peuvent être répétés tous les jours, cela ne fera que t’aider.
En vrai ? J’ai dû le faire les premiers jours, et puis j’ai oublié.
Je l’ai fait sporadiquement, quand j’y pensais…

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Après un mois, souvent, on se regarde et on se demande ce qu’il en est de notre corps.
Chacune sera plus ou moins satisfaite et détentrice de « stigmates ».
Ventre gonflé, vergetures, hanches élargies, seins en mode carte routière qui goutent, et cernes.
Bien sûr, chacune à des degrés divers, mais c’est vrai que la grossesse modifie le corps. Ce n’est pas le bon moment pour essayer tes derniers pantalons achetés avant la grossesse. Souvent, cela ne sera pas un succès et tu vas te rendre triste.

Et si on parlait aussi des saignements post-partum ? Cela sera les chutes du Niagara pendant 3 jours. Le corps vide complètement ce qui ne lui est plus utile maintenant que le bébé est sorti de ton corps. Tu vas découvrir la joie des culotte-filet, des alaises (la première nuit surtout), et des protections géantes ! Youhou !
En fonction des femmes, les saignements peuvent durer de 20 à 40 jours. Comme des règles qui durent, qui durent, qui durent…
Mais la quantité doit aller en diminuant.
Sincèrement, je ne peux que te conseiller l’usage de protection hygiénique lavable. Les quantités après 7/10 jours sont bien plus faibles et les produits/la texture des protections jetables peuvent créer des irritations.
Dans tous les cas, il est indispensable de réduire les efforts physiques au minimum pendant les trois premières semaines. Il est conseillé de ne pas porter plus que le poids du bébé et d’éviter les mouvements brusques. Plus tu prendras du repos (bien mérité avec les efforts phénoménaux demandés par l’accouchement et la grossesse), plus tu vas permettre à ton corps de s’en remettre.. Et donc diminuant le temps des saignements.
Ce n’est pas pour rien que dans certaines cultures, les femmes ne sont pas censées sortir du lit pendant 40 jours post-partum. = https://chine.in/guide/zuo-yuezi-repos-postnatal_3864.html
Bien sûr, il n’y a pas que du “bon” dans toutes ces croyances… Mais le respect du repos ne peut être que bénéfique.

A savoir : le corps met entre 9 et 12 mois à se remettre d’une grossesse. Alors il ne faut pas se précipiter. Le volume sanguin a augmenté d’environ 1.5l pendant la grossesse. L’utérus est passé de 6cm à environ 32/34cm à terme et Il faut environ 6 semaines pour qu’il ait retrouvé sa taille… mais aussi pour que le volume sanguin soit redevenu conforme à son corps hors grossesse.
Il en va de mettre pour l’écartement des hanches (oui, on le sent bien le bébé qui écarte les os du bassin en passant !) qui se réduira au fur et à mesure pendant 12 mois.

Personnellement, je n’en veux plus autant à mon corps qu’auparavant. Certes, il est moins longiligne, mais… il a porté ma fille et je ne peux plus le voir comme ma simple enveloppe. Il a été l’incubateur « magique » de mon enfant. Je lui pardonne depuis bien plus facilement de ne pas être dans les parfaits standards de beauté (qu’on rappelle complètement construits et totalement trompeurs ?!).

Viens ensuite le temps de la rééducation du périnée !

sonde rééduc périnée
Sonde de rééducation du périnée – à garder en souvenir après les séances! Chouette!

Ça ne vend pas du rêve… Et pourtant.
La rééducation ne travaille pas que le périnée mais sert aussi de rééducation abdominale. Les kinésithérapeutes guident les femmes afin de leur enseigner des exercices de musculation profonde afin de retrouver de la tonicité musculaire et une capacité à tenir sa sangle abdominale et dorsale !
Ces dernières ont été mises à rude épreuve. Pour celles qui ont une cambrure forte, la grossesse a surement engendré des maux de dos assez désagréables. Grâce à la rééducation, vous allez avoir des solutions et des exercices pour préserver vos abdominaux, vos dorsaux et votre périnée !

Ce dernier ensemble muscle a été plus ou moins traumatisé par l’accouchement et la grossesse. Dans le cas de déchirure ou d’épisiotomie, il est vraiment utile de faire cette rééducation afin de s’assurer qu’il retrouve sa souplesse et sa réactivité. Les manipulations (bah oui, il faut appeler un chat, un chat !) ne sont pas agréables mais pas douloureuses et permettent de supprimer les adhérences au niveau tissulaire. En prime, tu gagnes une sonde réutilisable en cas d’autre grossesse (Ok, c’est le genre d’objet-souvenir qu’on ne met pas sur le buffet).
En Belgique, les séances de rééducations sont généralement au nombre de 9 (cela dépend des besoins de la patiente) et sont très bien remboursée par les mutuelles.

Concernant les exercices abdominaux et dorsaux, la/le kinésithérapeute te montrera des exercices qui amoindriront tes maux de dos (#crunch). Ce sont des exercices de musculations profondes qui joueront un rôle fonctionnel excellent tout au long de la vie (s’ils sont effectués régulièrement, bien entendu).
Pour ne rien te cacher, les exercices correspondent clairement à la Méthode De Gasquet, au Pilate et jouent sur le mouvement effectué sur les respirations.
Voici quelques exercices, d’une chaîne qui explique bien l’intérêt des exercices et la manière de préserver ses muscles (et ses efforts !) :

Dans ma propre situation, en regardant mon corps, 15 jours après l’accouchement, je me disais que j’avais plutôt de la chance.
Moui, sauf que 4 mois plus tard, on en était au même point ! J’étais un peu moins satisfaite, même si clairement, j’ai un autre regard sur mon corps de maman.
J’ai enfin accepté que je n’aie plus 16 ans (oui, oh, j’ai juste 14 ans de retard).
Et mon acceptation dans mon corps va grandissante.

J’avais toujours entendu que l’allaitement favorisait la perte de poids.
Tu la vois venir, la supercherie ? L’histoire de la nature inégale, tout ça, tout ça… ? Bingo ! Là aussi, elle se manifeste !
Il s’avère que l’allaitement engendre une dépense énergétique d’environ 600kcal/jour. Théoriquement, cela devrait faire fondre les graisses qui ont d’ailleurs été stockées pendant la grossesse à cet effet. Le métabolisme est, globalement, assez bien fait.
MAIS… il s’avère aussi que l’activité physique d’une jeune mère n’est pas aussi importante que durant la grossesse (sauf si on a été alitée… !).
En plus de cela, la fatigue n’aide pas à gérer son appétit… Généralement, les premières semaines, on passe pas mal de temps chez soi et on peut grignoter un peu plus.
L’appétit est variable d’une femme à l’autre. Certaines auront des fringales (j’en fais partie… !) et d’autres auront l’appétit coupé par cette nouvelle organisation tourbillonnante.
Il s’avère également que la prolactine aurait un impact dans le sens de l’augmentation de l’appétit.
Bref… allaiter demande de l’énergie et le corps est bien fait puisqu’il en demande plus.
Donc non, l’allaitement ne fait pas forcément maigrir. Mais il peut en faire fondre certaines qui ne parviendrait pas à retrouver/tenir un rythme alimentaire.

Dans mon cas, j’ai commencé à perdre du poids « sans rien faire » quand ma fille a eu 5/6 mois. Rien de mirobolant, mais 1 ou 2kg qui ont disparus. Or, depuis l’accouchement, je me gave littéralement d’oléagineux, de fruits secs et de graines… Ce n’est pas une mauvaise habitude, cela dit, mais cela compense en partie la dépense énergétique de l’allaitement !
(Attention à la quantité d’amandes qui ont des effets galactogènes si tu n’en consommes pas habituellement depuis toujours. En cas d’hyperlactation – fréquente les premières semaines – et de réflexe d’éjection fort – le lait qui sort en jet et qui engendre un bébé qui toussent à cause de grande gorgée de lait –, les amandes peuvent aggraver le problème).
Je continue à faire les exercices de rééducation abdominale régulièrement depuis le début de ma rééducation. Les tapis de dalles en mousse sont d’excellents tapis de gym! Je fais mes exercices en jouant avec ma puce… quand j’ai assez d’énergie!

Que ce soit pendant la grossesse, l’allaitement ou la vie entière, il est nécessaire de se rappeler que la nourriture est le carburant du corps. C’est grâce aux aliments que le corps peut fonctionner. Il est indispensable pour avoir une forme et une santé optimale de se nourrir avec soin.
Je ne suis pas innovante en disant cela : dès l’antiquité, il fut reconnu que l’alimentation devait être préservée et qualitative afin de ne pas nuire au corps.
Ce n’est pas une surprise que j’affirme que les produits industriels/transformés sont à proscrire, pour quiconque.
J’écrirai un petit article sur des petites astuces à préparer avant terme pour prévoir une organisation « saine » et répondant vraiment aux besoins de la mère et du bébé pour les premières semaines.

Bref, après quelques mois, on aimerait un peu retrouver son corps. Celui d’avant.
Mais c’est rare qu’on puisse se (re)trouver bien avant 9/12 mois.
Le corps a été largement chamboulé par la grossesse et l’accouchement et il faut le temps que tout revienne à sa place.
Pour aider à retrouver la forme, je ne peux que suggérer de bouger le plus possible.
Avec un jeune bébé, cela semble compliqué mais une activité peut être reprise endéans 3 semaines après l’accouchement : la marche !
C’est un bon plan que de prévoir dans son planning quotidien de sortir marcher minimum 30 minutes par jour.
Avec le tout-petit, il est possible de gérer son timing en partant marcher après une tétée. Souvent, ils s’endormiront bercés par le mouvement.
Plus tard, quand tu seras plus à l’aise, tu pourras même partir sans réfléchir puisque le bébé pourra téter tranquillement dans l’écharpe ou le porte-bébé physiologiques – désolée pour Babyb***n qui devra être boycotté- (à partir de 5 mois environ, pour respecter l’écartement des hanches).

Le fait de marcher aidera à se sentir lieux dans sa peau, comme l’ensemble des activités physiques.

Je rêverai que se démocratisent et s’élargissent les ateliers de danse-écharpe ! Qui sait, y en a-t-il peut-être près de chez toi ?
Passer une heure à danser avec un bébé collé contre soi : bouger, voir du monde et offrir à ton bébé des sensations qui lui feront découvrir son environnement ne sont que bénéfiques !

Toutes ces informations ne détrôneront pas certains questionnements et mal-être du corps et de l’esprit d’après-grossesse.
Il y a certaines qui seront touchées par un baby blues ou une dépression post-partum. Dans ces cas-là, il est indispensable de s’entourer et de ne pas rester seule face à son quotidien de jeune mère. Tant des professionnel.le.s que des échanges avec d’autres mères peuvent être salvateurs pour ton moral. Il en va de même pour les femmes qui ne ressentent pas les liens d’attachement se produire. Il ne faut pas minimiser l’absence d’attachement au nouveau-né.

Je ne peux que conseiller de sortir de chez toi et d’aller à la rencontre d’endroit childfriendly afin de voir du monde.
Les moments avec ton bébé sont privilégiés, mais il est vrai que 3 jours sans parler à quelqu’un qui a du répondant peuvent être vraiment pénibles à vivre.

De même, ne reste pas avec une douleur physique persistante !
Il suffit parfois d’une séance chez un ostéopathe ou un chiropracteur pour débloquer ce qui gâche une part de ton quotidien.
Quand on est dans des moments de totale dévotion aux besoins de son bébé, il est absolument nécessaire de prendre soin de soi. Alors non, tu ne seras pas forcément tirer à quatre épingles, mais fais attention à toi : par ton hygiène, ton alimentation, les aspects psychologiques et physiques.
Tu as besoin d’être optimale pour offrir toute l’attention à ton bébé (c’est le principe de l’empathie… tu ne peux être attentive aux besoins d’autrui que si tu ne prends pas en compte tes besoins).

Enfin, n’oublie pas que tu as toute la vie pour avoir un corps qui te plait (qui n’est pas le corps « parfait » sorti des diktats créés de toute pièce)… et que chaque jour qui passe de ton bébé est unique.
Un jour, il sera plus autonome. Un jour, les tétées n’auront plus lieu toutes les deux heures. Un jour, il y aura plus de mots et moins de pleurs.
Rien n’est définitif et l’idée principale est de profiter des moments en pleine conscience… sans espérer que cela sera plus facile plus tard.
Plus jamais, ce front froncé ne cherchera le sein de manière approximative. Ancre bien ces souvenirs, malgré la fatigue. Garde en mémoire les repas hachés parce qu’il y a une tétée ou une couche à changer.
Un jour, tu en riras.
En attendant, « quelqu’un a besoin de toi ». Et tu as tout l’amour du monde dans le cœur pour y faire face ou toutes les ressources pour le faire émerger s’il te semble lointain.

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A très bientôt, Lectrice Curieuse !

Source :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1285-da-67-implication-alimentation-maternelle

Préparer la naissance

Comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ?

Préparer un projet de naissance
Il est commun d’entendre que cela ne se passe jamais comme prévu.
Et c’est vrai.
Voilà, Clap de fin !

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Sans blague…
Il est vrai que le déroulement des « opérations » ne se passera sûrement pas comme il avait été imaginé.
Mais ce n’est pas parce qu’il y a des imprévus que tout le projet désiré est bâclé.

La rédaction d’un projet de naissance sert à être au clair avec ce qu’on envisage et ce qu’on veut éviter.
Cela aide à conscientiser le cadre dans lequel on accouche et à préciser ce que l’on attend des gens autour de nous.
Un projet de naissance a du sens dans tous les cas : maternité hospitalière, maison de naissance ou encore accouchement à domicile.
Il permet de se renseigner sur le déroulé de différents accouchements et de connaître les pratiques habituelles. Il offre la possibilité de faire le point sur ce que l’on souhaite vraiment et les besoins que l’on estime avoir en tant que jeune maman.
Par exemple, en tant que maman solo, je n’envisageais pas un accouchement à domicile ou encore en maison de naissance parce que j’avais besoin d’être entourée les premiers jours. J’avais besoin d’avoir des professionnelles pour m’aider h24 si nécessaire et m’assurer un bon début d’allaitement (et je remercie encore le personnel de la maternité du CHR de Namur !).

Bref, le projet de naissance sera un outil de choix pour communiquer avec les personnes présentes lors de votre accouchement.
Si tu arrives déjà en phase active et que tu n’as plus envie de discuter, avoir couché sur papier tes désidératas pourra aider à ce qu’on t’accompagne dans ton objectif.

Mais voilà, ce ne sont pas seulement des listes de désidératas, enfin, pas uniquement !

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Voilà pourquoi je propose un petit guide du « comment rédiger un projet de naissance sympa à lire ».
Parce que dans l’absolu, s’il y a bien un moment où l’on a envie de recevoir de la bienveillance, c’est celui-là ! Et quoi de mieux que de communiquer avec précision, empathie et bienveillance pour en recevoir en retour ? :-p

Tout d’abord, prends la peine d’écrire à la main (de manière lisible, je sais à quel point cet aspect peut-être difficile!). Ensuite, je peux te conseiller de commencer ta lettre de projet par la confiance que tu éprouves dans la structure dans laquelle tu accouches.
Ensuite, il est nécessaire que tu évoques ce que tu aimerais vivre (et non pas ce que tu ne voudrais pas vivre !). Par exemple, un accouchement physiologique, dans une ambiance feutrée, la participation active de ton/ta accompagnant.e, le peau à peau, le clampage tardif, etc. Mais cela vaut aussi pour les accouchements sous péridurale (en précisant la dose escomptée), la volonté de bouger pendant le travail ou encore les accouchements sous césarienne programmée (durant lesquels il est possible de demander le peau à peau le plus rapide possible, ou qu’il soit effectué par l’accompagnant.e, par exemple).

Après cela, je te suggère de préciser que tu/vous as besoin que l’équipe (ou les personnes présentes) communique avec toi et te prévienne de chaque acte et de toute évolution dans le travail. Revendique ton besoin de soutien de leur part pour rester en confiance dans ce moment émotionnel qu’est la naissance.

Après cela, tu peux évoquer avec une formulation positive ce que tu ne veux pas.
Imaginons que tu ne veuilles pas d’épisiotomie préventive, pas d’injection de syntocinon (ocytocine), pas de rupture de la poche des eaux ou autres…
L’idéal serait de le présenter sous cette forme :

  • J’aimerais éviter l’intervention d’une épisiotomie préventive ;
  • Je souhaiterais éviter d’injection d’ocytocine si le décours du travail ne l’exige pas expressément et que je n’ai pas émis mon accord

La formulation positive aide à faire passer ton message de manière plus ouverte et disponible à la discussion.
En effet, il ne faudrait pas oublier qu’une naissance peut être pavée de faits inattendus.
La médecine moderne a pu se positionner de telle manière à défaire les femmes de leurs pouvoirs lors de l’accouchement. L’objectif actuel, et surtout dans les accouchements physiologiques, est clairement de promouvoir un enpowerment des parturientes.
Cela dit, il ne faut pas se couper des possibilités et des avantages des soins accessibles à l’heure actuelle.
Il est tout de même heureux que nous ayons accès à des soins qui permettent de faire face à ces imprévus qui peuvent altérer la santé des femmes et de leurs bébés.

Il est donc nécessaire de préciser que toutes les requêtes amenées dans le projet de naissance, ne sont à considérer que dans le cadre où la mère et l’enfant sont en bonne santé. S’il faut se prémunir face à de l’excès d’interventionnisme, il n’est pas prudent d’être hermétique à tous les actes qui peuvent être réellement utiles.

Exemple anecdotique me concernant : Je voulais absolument accoucher dans une position physiologique (qui aide à la descente naturelle du bébé). Au moment venu de pousser (on en reparlera, parce que … si j’avais su qu’il était possible de ne pas pousser avant.. !), je me suis donc mise à 4 patte.
Et j’ai été incapable de garder cette position. Je n’étais ni confortable ni dans la capacité à canaliser mes efforts. La sage-femme m’a suggéré de basculer sur le côté, « à l’anglaise », et là non plus, je n’u parvenais pas.
La gynécologue m’a alors demandé si j’acceptais de me mettre sur le dos. Je connaissais tous les blocages que cela engendre… et que cela n’aidait vraiment pas.
Mais je n’y arrivais pas autrement, j’étais à 14h de travail, 4h de sommeil en 48h …
Alors, je me suis dit qu’il fallait tenter (même si j’avais peur des interventions qui seraient facilitées par cette position). Et là, cela a bien débloquer le déroulement des évènements.
Ma puce était « bloquée » vers le pubis et passer sur le dos l’a fait descendre. Cela expliquait pourquoi je ne supportais pas de rester vers l’avant tout le travail.
Malgré cet expulsion en position gynécologique, il n’y a eu aucun acte ni souffrance. Comme quoi…

 

En somme, il faut être informé.e (comme je le suggère dans cet article sur la préparation) , savoir ce que l’on souhaite et être en mesure de le communiquer en usant des méthodes de demande de la communication non-violente afin que cela soit entendu et respecté.

A très bientôt, les Curieuses.x!

« Un esprit curieux est l’attribut le plus important qu’un homme ou un femme peut posséder. » M.J. Rose

 

Maternage proximal·Préparer la naissance

Si j’avais su.. (l’accouchement)

L’accouchement est un cap, un mont, une montagne. (biffe la mention inutile !)

Chaque future mère l’imagine… avec plus ou moins d’anxiété, de questions, et d’envie de s’y préparer. Pour certaines, c’est assez évident, la préparation leur semble accessoire. Pour d’autres (comme moi !), cela sera des mois de recherches, de questionnements, de différents cours, de suivi avec une sage-femme, des lectures à n’en plus finir. Et on ne se sent jamais assez informée.
Je ne sais pas comment le vivent toutes les femmes, mais de mon côté, j’ai ce besoin d’informations et de préparation. Je crois que cela crée une impression de contrôle sur quelque chose qui sera, forcément, bien au-delà de moi.

Dès le départ, nous sommes au courant que cela ne dépend pas de nous uniquement mais d’une alchimie entre les deux corps en symbiose. Impossible de prévoir la date, le décours du travail et encore moins comment se passera la descente dans le bassin. Ni les sensations que cela engendrera.
Parce qu’un accouchement, c’est sensoriel. Les sensations internes se mêlent aux sensations externes.
Les femmes enceintes ont des suivis réguliers, et l’état de leurs corps y est décrit. Les questions médicales restent souvent de l’ordre du corporel, sans trop s’aventurer sur l’aspect mental des choses. Et il y a une réaction classique face aux angoisses que ressentent les femmes : « Il n’y a pas de raison que tu n’y arrives pas, le corps est fait ! ».

Ça fait une belle jambe et les questions (et les craintes) sont toujours là.

Et, tu as remarqué comme les récits d’accouchement sont pudiques, généralement ? Je rejoins les humoristes qui mentionnent une espèce de mafia empêchant les femmes de parler !

Dans la société occidentale, il n’est pas évident d’avoir des récits ou une expérience de naissance avant d’y passer soi-même. Est-ce donc si effrayant que cela ? Il y a parfois de quoi le croire.

Dès le suivi de la grossesse, la femme est mise sous une loupe : surveillance du poids, des habitudes de vie, des injonctions (fais pas ci, fais pas ça et pas plus d’un kilo par mois, hein !), et autres joyeusetés engendrant un sentiment de malaise (certaines femmes pudiques vivront assez mal les échographies endovaginales et autres touchés vaginaux… Moi, après la PMA, j’étais vaccinée !).

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Subtilement mais certainement, les femmes se retrouvent infantilisées. C’est un peu détourné, plus clair à d’autres moments, mais dans la plupart des cas, il nous est donné l’impression que le personnel soignant sait mieux que nous ce qu’il se passe, donc ; « Madame, faites-nous confiance, on gèrera bien ça ».

Bien, bien. Je croyais juste que c’était à mon corps de gérer, enfin nos corps imbriqués… Mais merci de rassurer !
Et si on s’en tient au suivi médical classique, ça ne va pas plus loin.
La péridurale est abordée, sans même poser la question, c’est presque une question accessoire. Le reste du décours d’un accouchement n’est pas mentionné.
« Vous viendrez quand vous aurez des contractions toutes les 5 minutes depuis 2h OU quand vous percez la poche des eaux ! ».
Ok, facile, j’attends un de ces signaux. (Pour une primipare)
Sauf que ce n’est pas forcément comme ça que cela se passe. Et il y peut y avoir pas mal de visite de contrôle dans les maternités parce que les femmes ne sont pas préparées à avoir des sensations avant le travail actif.

En arrivant à la maternité, contrôle, toucher vaginal (TV), et si cela s’avère lancé, la femme est invitée à rester en chambre de naissance. En fonction des volontés des femmes (péri ou non à « Vous êtes sûre Madame ?! »), c’est la valse des lionnes en cage. Tant qu’il n’y a pas de péridurale posée et dosée assez forte, rares sont celles qui restent allongées en jouant aux cartes (dis celle qui a passé une nuit entière à tourner en rond, s’appuyer contre les murs, faire du ballon et rester longtemps sur les toilettes parce que c’est confortable, des toilettes !).
En fonction de votre maternité, tu auras plus ou moins de TV, de contrôle, de visites de la part du personnel soignant (qu’on souhaite bienveillant, mais la fatigue et la surcharge de travail ne les aide pas).

Et c’est là que le cauchemar peut commencer pour certaines… Les violences obstétricales. Ces gestes anodins pour les médecins (parce qu’ils sont pratiqués constamment) mais qui sont vécus comme des agressions par la femme. Au point que même si elles sont dérangées, elles se disent que c’est normal.
Oui, mais non !

En réalité, il n’y a pas de raison d’avoir des TV très réguliers, s’il n’y a pas d’indice montrant qu’il y a une évolution franche du travail (comme la façon de gérer les contractions, les positions que la femme adopte, le temps depuis lequel le travail est lancé).
Il en va de même pour les décollements des membranes, qui doivent être effectuées après un consentement et avec discussion préalable avec la parturiente. Idem pour la rupture de la poche des eaux. Ou pour les injections d’ocytocine (syntocinon, par exemple).
Tous ces actes doivent être expliqués et acceptés (seuls les cas d’urgence se passeront de certaines mises en jambe).

Dans le décours du travail, le corps encaisse des vagues de sensations inédites. Il y a des moments où le calme règne et d’autres où l’on se jure que plus jamais on fera en sorte de se retrouver dans la même situation (« pourquoi je voulais un enfant déjà ? » ; « Plus jamais tu ne me toucheras ! », au choix en fonction des situations de vie).
Et c’est dans ces phases difficiles que le personnel soignant a, normalement, un rôle d’accompagnement. L’objectif devrait être d’expliquer aux parturientes ce qui est en train de se passer. Il devrait aussi y avoir systématiquement une écoute active des femmes pour donner du sens, et rassurer.

Ensuite, le travail augmente d’intensité et surtout, la fin se rapproche. Souvent, il y a un vent de panique qui s’installe… et c’est justement dans cette « installation » de la femme que se loge la dernière difficulté. Souvent, on demande aux femmes de prendre « la position gynécologique » pour que le personnel soignant ait plus de facilité à sortir le bébé et à intervenir si nécessaire.
Arrivent les « dernières » contractions (#tranchées c’est pour plus tard) pour que le bébé sortent… Ou les césariennes en urgence quand il y a un problème soudain. Les praticiens sortent le bébé, vous le pose sur le ventre (tant que tout va bien) et attendent la délivrance du placenta. Entre l’intérieur du bassin et le ventre de la mère, il peut y avoir des interventions plus ou moins lourdes qui doivent être mentionnées, voire même faire l’objet d’un consentement… Je parle des interventions instrumentales et des épisiotomies pratiquées sans réelles raisons (s’il n’y a pas de souffrance fœtale, ou la menace imminente d’une déchirure MAJEURE, il n’y a pas de raison).

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Les femmes s’attendent à cette image d’Épinal où la félicité va être à son apogée entre ce petit-être et elle. Parfois cela se passe, et parfois non. Là encore, ce n’est jamais précisé en amont de la rencontre. Et tout ce récit ne comprend pas le cas de césarienne où mère et enfant sont séparés…
Les évènements suivent leur cours et en fonction des endroits : les femmes seront aidées à allaiter (plus ou moins bien), les enfants laissés en peau à peau et puis, il y a la surveillance en salle de naissance dont on ne parle jamais. On imagine que c’est le moment le plus beau de notre vie avec ce petit tout neuf… Et en fait, il y a des palpations utérines, des fluides qui sortent, de la transpiration et des femmes à côté de la plaque après un tel effort (dans un bain de bonheur, souvent !).

Je ne sais pas si cela se remarque dans mon récit, mais il y a une constante de la grossesse à la délivrance. L’interventionnisme.
Attention, je suis bien favorable à la médecine moderne qui permet un monitoring des femmes et des bébés pour que les deux soient en bonne santé.. !

Mais l’interventionnisme effectué de telle manière qu’il ôte tous les pouvoirs des femmes n’est pas une bonne expérience pour la société.
La femme qui accouche a une puissance non négligeable. Tu trouves que le terme « puissance » est exagéré ? C’est parce que la société veut nous faire croire que c’est presque une bagatelle de mettre un enfant comme des milliards d’autres femmes l’on fait avant nous. Mais non, une femme qui accouche, c’est aussi puissant que transcendant.
La péridurale a modifié la perception de ces moments (je ne cache pas que je suis plus du côté « la péri, non merci ! » J’écrirai un article là-dessus, sur la manière dont la péridurale, dans les cas de figure où tout va bien, est plus un frein qu’une aide). Cela modifie dès lors l’attitude des soignants. Ils passent d’accompagnant à sachant, et la femme est moins actrice que patiente.

Bien sûr, je généralise et il y a des institutions où cela se passe très bien (j’ai eu cette chance). Mais il arrive que des accouchements soient traumatiques. Cela peut être à cause de l’attitude du personnel médical (la surcharge de travail ne les aide vraiment pas !) ou des évènements inattendus. Dans tous les cas, il est nécessaire que la femme soit accompagnée par la suite. Cela peut engendrer un trouble de l’attachement envers l’enfant et créer des angoisses à long terme.
Bien que la structure hospitalière puisse se montrer merveilleuse par la suite, il est souhaitable que les femmes ne minimisent pas leur vécu. Certes, leur enfant est en bonne santé, c’est le principal. Mais cela ne fait pas tout, pour elles et peut-être pas non plus dans le vécu émotionnel du bébé.

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Nous vivons dans une société où la naissance se passe en huit clos. S’il n’y a pas de démarche de préparation volontaire, les femmes ne sont pas préparées au décours du travail et de l’accouchement. Certaines comptent même sur la péridurale pour la gestion de la douleur, d’un bout à l’autre, sans envisager que cela pourrait se passer différemment.

En oubliant les connaissances sur la naissance et en n’offrant pas un accompagnement proximal, on dépossède la femme de ses compétences physiologiques et psychologiques. Une espèce de passivité est susceptible de s’installer et la femme devient alors spectatrice de son corps. Elle entend les demandes effectuées par les soignants, sans pouvoir nécessairement se reconnecter à ses sensations corporelles (ou alors de manière trop violente, et elle se sent dépassée et entre dans la panique).

Cet article est un plaidoyer pour que les femmes prennent conscience de leurs compétences et de leurs ressources internes.

L’objectif est de sortir du rôle de patiente pour devenir une participante active de son « devenir mère ». Il n’est nullement question de ne pas reconnaitre les avantages proposés par la médecine moderne pour réduire les complications graves. Cependant, les interventions mineures peuvent être évitées grâce à l’acquisition de connaissances sur la période charnière qu’est la fin de grossesse et l’accouchement.

Comme je le disais précédemment, les naissances ne sont plus entourées par un socle social. L’idée est donc d’acquérir volontairement ce à quoi nous aurions été exposées auparavant. Il est possible de construire des connaissances qui furent transgénérationnelles et qui permettent d’aborder l’accouchement sans une angoisse mortifère.

Dans un premier temps, j’invite chaque future mère (ou chaque couple parental) à se renseigner sur les diverses options d’accouchement (c’est une liste non exhaustive) :

  • accouchement par voie basse avec ou sans péridurale ;
  • Césarienne par rachianesthésie ou sous AG (et les conséquences pour le décours des premières heures qui suivent les césarienne) ;
  • Les cas d’instrumentations pour sortir le bébé ;
  • Les blessures du périnée, naturelles (déchirures) ou provoquées (épisiotomie) ;
  • Le déclenchement de l’accouchement (les interventions physiques et hormonales);
  • La prématurité (et ce qu’elle implique) ;
  • Les naissances en siège ;
  • Les complications éventuelles après l’expulsion, comme les hémorragies, la rétention placentaire, etc.

Ce n’est pas forcément joyeux de ne renseigner sur tout cela. Mais cela permet de savoir que cela existe. Qu’il y a parfois des cas où l’accompagnement doit se muter en intervention, pour la santé de la mère et du bébé… Mais aussi, pour prendre conscience que les interventions peuvent dans certains cas être évitées.

Comment ?
En se préparant à un accouchement physiologique (je ferai un article prochainement là-dessus).
Bien sûr, cela terrifiera quelques-unes de s’imaginer vivre un accouchement sans anesthésie… Mais l’idée n’est pas forcément d’aller jusqu’au bout de la démarche. La préparation « comme si » permet aux femmes d’avoir les informations nécessaires afin de faire face aux différentes étapes de leur accouchement… Ces informations qui sont souvent « oubliées » lorsqu’il n’y a pas de préparation ou que les femmes disent vouloir une péridurale.

La préparation à la naissance peut fournir aux femmes la capacité de gestion de la douleur, de reconnaître les signaux qui seraient habituels ou inquiétants, et d’apprendre les diverses étapes de l’accouchement.
La préparation à la naissance va aussi donner l’opportunité aux femmes de préparer un projet de naissance éclairé (je ferai un article sur la manière de rédiger un projet de naissance aussi bienveillant pour les parents que pour le personnel soignant). Quelques que soit la volonté, après avoir pris connaissance des diverses possibilités d’un accouchement, il est utile de coucher sur papier son « accouchement idéal ». Préciser ce que l’on souhaite et ce que l’on veut éviter (en mentionnant la confiance dans les interventions nécessaires si le bébé ou la parturiente montre des signaux problématiques) offre aux soignant.e.s un moyen de communication avec vous et une base d’accompagnement. Il est possible d’écrire en toutes lettres le type de soutien qui est attendu de leur part (dans mon cas, j’ai précisé que je ne voulais pas qu’on me propose la péridurale, même si j’avais l’air de souffrir (la souffrance n’est pas la douleur.. 😉 ).

Être avertie est un gage de pouvoir : anticiper, comprendre et oser demander. La femme qui accouche est dans une situation vulnérable… Mais ce n’est pas une patiente inerte. Au contraire ! Il est dès lors utile d’affirmer une position (pour autant qu’il y ait une compréhension des interventions obligatoires – protocole – et utiles – en cas de problème chez la mère ou l’enfant-).

Les renseignements à prodiguer aux futures mères (même quand elles ont déjà vécu un ou plusieurs accouchements) ne sont pas désuets ou superflus. Au contraire.
Il faut profiter des séances de préparation à l’accouchement (ou d’ateliers, voire des « conférences ») mises en place par les milieux de santé/sage-femme et maisons de naissance. Elles ont souvent un prix modique, voire sont gratuites, et permettent d’investir la grossesse autant que son propre devenir.

La période prénatale constitue une étape considérable pendant laquelle il est possible de construire une perspective plus précise de sa maternité.
Tant en termes d’éducation, de connaissances sur l’allaitement (voir « les clefs pour démarrer un allaitement ») que sur l’accouchement en tant que tel, il est toujours utile d’obtenir et de manipuler l’information (par l’élaboration d’un projet de naissance).

Enfin, et c’est le plus important : je ne peux que suggérer aux femmes de faire confiance à leur propre corps (bien sûr, les grossesses pathologiques ont moins de chance et la médecine est heureusement là pour aider !), de bouger autant que possible pendant le travail et d’être réellement actrice de leur accouchement !

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J’aimerais vraiment avoir tes retours, Lecteur.trice Curieu.x.se. Ecris-moi un commentaire pour m’expliquer ce que tu aurais aimé savoir pour ton/tes premier.s accouchement.s ou ce qu’il te manque pour celui qui arrive.

A très bientôt, afin que jamais la curiosité ne périsse !

Si tu éprouves des difficultés face à la naissance ou par rapport à ton accouchement traumatique, contacte moi ! 🙂