Allaitement

L’allaitement: l’information est la source

Index des articles concernant l’allaitement!

 

Encore une fois, l’information est le meilleur moyen d’y parvenir !
Sans renseignement concret et valide, nous sommes à la merci des conseils peu renseignés et des doutes tiraillant.
Alors, il y a des éléments à savoir  sur l’allaitement, avant de commencer, au début, pendant et à son terme (que ce soit en sevrage induit ou naturel).
Malheureusement, la lactation humaine n’est pas un sujet très abordé dans le domaine médical… et les recommandations des professionnel.le.s de santé sont parfois catastrophiques pour la conduite de l’allaitement. Ce n’est pas de leur faute… Les cursus sont pauvres à ce sujet. Et parfois, il y a même des « règles » dignes des manuels de puériculture des années 30.

tire lait ancien
Vintage Tire-Lait

 

Bref, il faut lire, retenir, s’entourer de personnes compétentes et croire en soi!

« – Je vais allaiter !
– Oui, si tu y arrives !
– NON ! J’y arriverai, il n’y a aucune raison que le mammifère que je suis n’y parvienne pas ! »

Voilà ce qui fut ma maxime. J’en suis à un an d’allaitement et je désire un sevrage naturel pour ma fille.
Quand on veut, on peut !

Pourquoi le vouloir ? En très bref (les articles sont là pour détailler), parce que l’allaitement est la norme de l’espèce humaine (nous sommes des mammifères) et que c’est le seul aliment RÉELLEMENT adapté à la physiologie du bébé. De plus, allaiter offre de sacrés avantages pour les parents et pour la jeune accouchée : les hormones libérées grâce à l’allaitement favorisent l’attachement avec le bébé, permettent de se rendormir plus rapidement la nuit (et avec un bébé/bambin, c’est commode !) et entretient ta quiétude, de manière à supporter sereinement les aléas de la petite enfance.
Voici donc l’index des articles concernant l’allaitement :

  • Biberon Vs. Allaitement : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des pointures au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement : faisons – les sauter!  Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien ! PS : La mise en place d’un allaitement dure 6 semaines, alors autant le savoir. Ces instants sont précieux pour vous, même si ça joue au chamboule-tout émotionnel !
  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemés de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement et mettre en place ton allaitement avec succès, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre,  le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription) : Il s’agit, tout simplement, du reportage d’Arte diffusé pour la première fois ce 28 septembre 2018. Souvent, les reportages finissent en « ça rentre par une oreille et cela ressort par l’autre ! ». Cette fois, il y avait trop d’informations importantes… Trop de sources scientifiques que l’espèce humaine doit prendre en compte pour la santé de ses petits !
  • « Ah, tu allaites encore … ?! » Tu allaites depuis 6 mois, peut-être 1 an, voire même 18 mois… Et tu l’as déjà entendu, cette phrase ! Tu en as marre et tu veux des arguments en béton, c’est l’article qu’il te faut.
  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire ! Et juste comme « amuse-bouche », drôle de mode qui a conditionné la survie de l’espèce humaine depuis sa création. A ce point-là, on appelle ça… la norme de l’espèce, non ? 😉
  • « Bébé, que manges-tu ? » L’allaitement, c’est la voie d’alimentation principale du bébé pendant 12 mois. La diversification commence à prendre sa place à partir des 6 mois… Pas avant, dixit l’OMS, quand même ! Alors, que mange un bébé durant sa première année de vie ? Comment allaiter et diversifier en étant le plus serein.e possible ? C’est dans cet article que cela se passe.
  • « Mon assiette, ma famille et moi ! » Dans la continuité de l’allaitement et de la diversification, je pense qu’il est primordial de prendre conscience de ce que l’on met dans le corps de nos bambins et de décrypter les entourloupes des industrielles (et aussi dans les laits artificiels et de croissance… !). Alors pour clore cet index sur l’alimentation du bébé et du bambin, cet article va t’aider à te débarrasser des pièges de la nourriture contemporaine.

 

Avec ces articles et toutes les informations qu’ils contiennent, tu devrais être plus outillé.e pour avoir confiance en toi/ta compagne et en tes/ses capacités d’allaitante / soutien à l’allaitement (rôle indispensable, quand on vit avec quelqu’un !).
Ensuite, fais confiance à ton bébé : il/elle connait ses besoins mieux que personne. Ne recherche  pas de rythme, pas de contrôle des quantités, n’ai pas de montre et tu n’auras pas de stress.
Entoure-toi des bonnes personnes, et continue à t’informer auprès d’elles ou sur des groupes de discussion spécialisée sur le sujet.

Tu peux y arriver, si tu le souhaites !

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Pour presque tous les sujets, tu trouveras les dernières informations fiables en la matière sur lllfrance.org
Bonjour à tes deux seins (ou à ceux de ta compagne), ce sont de sacrés merveilles de la nature ! 😉

 

A bientôt pour le 3ème index !

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Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
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Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

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Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

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Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription)

 

Retranscription du documentaire, réalisé par Marion Schmidt et diffusé  en 2018  sur ARTE

« Le lait maternel, le premier aliment naturel au Monde, est un merveilleux chef d’œuvre de l’évolution. Aucun produit synthétique n’est en mesure pour le remplacer. Un élixir  indétrônable dont les bienfaits vont même jusqu’à séduire de plus en plus d’adultes ! »
Partout dans le monde, des scientifiques cherchent à percer les secrets du lait humain.

Voilà comment débute ce superbe reportage.
Dans cet article, je vous propose une retranscription des faits relevés dans ce reportage, afin de les rendre accessibles, même si vous n’avez pas le temps de le regarder.

L’ex RDA (Allemagne) avait fait de l’allaitement une lutte spécifique. Il y avait des campagnes pour le favoriser et pour permettre aux femmes de faire des dons de leurs excédents. Le peau-à-peau était également conseillé afin de mettre en route l’allaitement. Des endroits étaient spécifiquement prévus pour aider les mères à trouver les positions optimales afin d’allaiter.

Le lait maternel est si complexe que certains de ses composants ne sont pas encore connus. Certes, un petit nombre mais qui sont suspectés d’avoir des effets majeurs.
Les bébés nourrit au sein sont moins sujets aux troubles gastro-intestinaux, le taux d’infection est moins élevé et il favorise le développement intellectuel. Ils sont aussi moins sujets à l’asthme et aux infections respiratoires. (Dans cet article, je vous propose une vue claire de ce qui se sait déjà sur les bienfaits de l’allaitement)

Le profil glucidique du lait joue un rôle clef dans la colonisation bactérienne intestinale. Le LM contribue au bon développement du microbiote intestinal, protège contre les maladies métaboliques et auto-immunes.
Les bactéries sont nécessaires aux bébés afin de développer son système immunitaire pour combattre les bactéries pathogènes. Une première voie de colonisation bactérienne se produit lors de l’accouchement par voie basse, par le passage des voies pelviennes. Ensuite, le LM amène les bactéries dans l’intestin. Il constitue le premier vaccin du nourrisson.

L’intestin du nouveau-né est un organe très fragile.   En néonatalogie, la crainte de l’entérocolite nécrosante planait chez les prématurés principalement. Il n’y en a plus actuellement… probablement parce qu’on donne du LM à ces enfants prématurés, en complément du lait de sa propre mère ou dans le cas où la mère ne peut pas allaiter, parfois justement temporairement (montée de lait tardive). (Voici un article pour informer concernant l’allaitement de bébés prématurés : http://www.co-naitre.net/wp-content/uploads/2016/04/AMprematureAA2011GGF.pdf)
Les lactariums d’Allemagne ont été fermés avec l’avènement du lait artificiel… Mais elle tente de combler le manque actuel de structure.
En France, ils sont assez nombreux et organisés pour rendre les dons faciles aisés. Les dons collectés sont pasteurisés et soumis à des contrôles avant d’être redistribués aux services de néonatologie.

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Cependant, la recherche actuelle a mis en évidence qu’une part importante des bactéries contenues dans le LM est bénéfique pour les nourrissons. La pasteurisation élimine aussi beaucoup de ces bonnes bactéries. Certains lactariums utilisent le lait non pasteurisé. Mais, par exemple, la Norvège a une politique d’utilisation de LM qui est entièrement non-traité pour préserver la totalité de son potentiel bioactif essentiel aux nourrissons prématurés.

La production du LM se fait en 3 étapes principales.
D’abord, de J1 à J5 environ, le corps produit un liquide jaunâtre et collant, produit en petite quantité (en lien direct avec la taille de l’estomac du nouveau-né) : le colostrum, qui pose les premières pierres du système immunitaire.
De J6 à J15 environ, la mère produit du lait de transition, plus riche en lipides et en glucides.
Plus le bébé tête les seins, mieux il stimule la lactation.
A partir de J16 environ, la production croît de manière significative (toujours de manière tout à fait adaptée à la physiologie du bébé).
Au cours de la 5ème semaine de vie du bébé, la mère produit du lait dit « mature » et le taux d’anticorps diminue de 90%.

Pour les nourrissons prématurés, le lait maternel de la mère ou des donneuses doit être supplémentés afin qu’il soit plus riche en glucides, lipides et protéines ainsi qu’en électrolytes. Cela augmente les apports par ml alors que les prématurés ont un estomac minuscule.

Les coûts inhérents aux lactariums en font des structures difficiles à implanter, car peu compétitives financièrement.

Avant l’ouverture des lactariums, c’étaient des nourrices qui étaient engagées pour alimenter les nourrissons des femmes qui ne pouvaient pas allaiter. En 1904, dans la pouponnière de Dresde, 208 nourrices y travaillaient avec une tenue de travail adéquat (c’est-à-dire une robe laissant l’accès aux deux seins).
Les familles les plus aisées s’allouent une nourrice privée, qui en fait un marqueur social de bourgeoisie.
La plupart de ces femmes sont des mères célibataires en situation précaire, contraintes d’allaiter pour échapper à la misère. Elles se chargent, entre autres, de nourrir les bébés dans les parcs ou les guinguettes.

nourrice
Image provenant du film : disponible sur https://www.amazon.fr/lait-autres-histoire-nourrices-morvan/dp/B000F9SN3W

A Vienne, en Autriche, le premier lactarium vit le jour en 1909. Le concept innovant s’étend par la suite aux 4 coins du Monde. Il a eu une activité croissante majeure entre 1920 et 1950. La période la plus fastueuse fut entre 1940 et 1950 où 19.000l de lait transitaient par ses murs.
Mais depuis les 15 dernières années, il s’agit uniquement de 2.000 à 3.000 l de lait, au maximum.
Les dons de lait ne parviennent pas à couvrir la demande, évidemment.

Ces dernières années, il y a eu des campagnes pour favoriser l’allaitement. Cela paraît fou alors que c’est la pratique la plus naturelle et surtout, la mieux adaptée aux nourrissons.
L’industrie alimentaire a poussé le vice au point de promouvoir un aliment synthétique au détriment du lait maternel.
Les femmes d’aujourd’hui doivent réapprendre à donner le sein.
La plupart sont incapables d’allaiter de manière instinctive, tout est devenu très compliqué. (Petit aparté : j’explique pourquoi dans l’article « allaitement vs biberon : un choix éclairé ?)

A Vienne, ce lactarium vend également du lait aux particuliers.
Une mère a essayé d’allaiter sa fille mais c’était difficile à cause de son diabète de type 1. Elle avait d’énormes hypoglycémies. (Pour avoir plus d’informations concernant la conduite de l’allaitement alors que la mère est atteinte de diabète insulino-dépendant : https://www.lllfrance.org/1956-meres-allaitantes-diabetiques-quelques-etudes)
Cependant, elle et son conjoint souhaitaient absolument que leurs enfants bénéficient du lait maternel.
Dans les cas de pénuries de LM au lactarium, celui-ci ne vend du lait aux particuliers qu’en cas d’urgences, sur ordonnance.
Cette mère a été chanceuse, jusque-là !

arte acheteuse

 

Les mères qui donnent le sein retirent également des bienfaits de cette pratique : l’allaitement réduire le risque de cancer du sein et de l’ovaire et l’immunise contre l’obésité et le diabète.

Le LM évolue au cours de la journée. Il contient des substances stimulantes le matin, mais apaisantes et somnifères le soir, afin d’aider les nourrissons à s’adapter au cycle jour/nuit.
Le lait maternel s’adapte également au sexe de l’enfant. Pour un petit garçon, il est plus nourrissant et plus riche en graisse et en protéines. Pour une petite fille, il est plus abondant.

La plupart des prématurés n’ont pas la force de téter. Les jeunes mères doivent donc tirer leur lait environ 8 fois par jour (cela s’appelle du tire-allaitement). C’est en présence du bébé et avec l’aide d’une consultante en lactation que cela se met le mieux en place.
D’ailleurs la production de lait est fluctuante en fonction des dispositions mentales de la mère. Les mères de bébés prématurés ont besoin absolument d’être soutenues afin de mener ces tirages au mieux et de pouvoir également effectuer des dons à d’autres bébés.

Au CHU de Vienne où est tourné cette partie de reportage, le lait maternel des femmes ayant eu des bébés avec de gros retard de croissance est analysé grâce à une machine spécifique dans le but de déceler des hypothétiques carences. Selon le profil du lait, celui-ci est amélioré en protéines, lipides ou glucides. Les professionnels améliorent ainsi spécifiquement le lait de chaque ration.

Malheureusement, dans ce lactarium interne à l’hôpital viennois, les dons suffisent à peine à couvrir les besoins des grands prématurés.
Or, d’autres bébés, comme ceux nés juste avant terme ou des nourrissons atteints de maladies gastro-intestinales bénéficieraient grandement de LM.
En outre, on sait maintenant que les adultes ayant des pathologies gastro-intestinales telles que la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn peuvent être soulagées grâce au LM.

La production de LM est variable d’une femme à l’autre. En moyenne, chaque jeune mère peut produire 450g de lait/sein.
Les mères de prématurés produisent souvent bien plus que les besoins de son propre bébé.
Une mère interviewée produit de quoi nourrir 2 nourrissons prématurés en plus du sien. Cette jeune mère est de confession musulmane. Dans l’Islam, il est proscrit le mariage en frères et sœurs de lait, donc le don n’est pas bien perçu.
Malgré tout, elle a décidé d’outrepasser cette barrière pour faire bénéficier les autres prématurés de son lait.

arte donneuse

Chaque tétée équivaut à un menu complet en 3 parties :

  • En début de tétée, le LM est très aqueux afin de désaltérer le bébé :
  • Ensuite, le LM s’enrichit progressivement en graisse
  • En fin de tétée, le lait est extrêmement riche en lipides et entraine la satiété du bébé (d’où l’importance de ne pas écourter les tétés par un horaire précis !).

La zone géographique d’habitation de la mère fait également fluctuer la composition du lait. Dans les pays très chauds, la mère produit plus de lait désaltérant.

Le CHU de Munich a organisé un colloque sur l’alimentation des nouveau-nés.
Un chercheur, Lars Bode venu de l’Université de Californie San Diego, a mis en évidence, lors de cette rencontre, un des composants du LM : des oligosaccharides, qui sont l’objet de nombreuses recherches depuis quelques années.
Les oligosaccharides semblent être le troisième plus important composant du lait après les lipides et le lactose. Leur concentration est plus importante que toutes les protéines du lait maternel. C’est pour cette raison que la recherche essaie de trouver leurs rôles précis pour l’enfant et peut-être aussi pour la mère.

Ces oligosaccharides sont des glucides complexes. Il y a plusieurs types de glucides qui co-existent dans une même molécule. Ils cherchent à savoir comment une mère peut produire ces oligosaccharides, et son bienfait.
Chaque mère produit un profil glucide différent. La recherche tente de mettre à jour les facteurs de ces variations interindividuelles.
Il s’avère que les oligosaccharides sont également présents dans le sang des femmes enceintes et dans le cordon ombilical.
Dans l’étude présente, l’objectif est de mettre en place des normes afin d’estimer dans quelle mesure le taux et les types d’oligosaccharide normaux. Cela permettrait de détecter certains risques pour la grossesse ou un problème de croissance chez le nourrisson.
A terme, la scientifique qui gère cette étude espère mettre à jour un biomarqueur.  Mais c’est une recherche en balbutiement. Ils tentent de mettre à jour quels sont les facteurs maternels (alimentation, activité physique, alimentation,…) qui influencent la formation de ces oligosaccharides chez la femme enceinte puis chez la femme allaitante.
Ils pourraient aussi permettre de mettre à jour des risques de maladie métabolique.

Cependant, les bébés n’entrent en contact qu’avec ces glucides que lors de la première gorgée de LM.
Le fœtus est familiarisé aux saveurs via le liquide amniotique qui s’empreint des arômes de la nourriture maternelle.
Il en va de même lors de l’allaitement où le lait aura une couleur et une saveur différentes en fonction de l’alimentation de la mère. Cela développe ses papilles et ses futures préférences gustatives. Ce que ne permet pas le lait artificiel, puisqu’il a toujours le même goût.

A l’Université Technique de Graz, le LM est aussi au cœur de la recherche. Ils tentent de synthétiser artificiellement les oligosaccharides humains. Cela pourrait servir en guise d’alicaments, de traitements thérapeutiques et bien sûr, d’additif pour le lait synthétique pour bébés.
Barbara Petschacher, qui travaille dans cette université, défend le fait que tous les enfants ne peuvent être allaités (autre aparté en mentionnant qu’en réalité un très faible pourcentage- 1 à 5% – de femmes ne sont pas capable physiquement de produire du lait en suffisance : une hypotrophie des glandes mammaires, suite à une chirurgie mammaire -il est possible d’allaiter que d’un sein en cas d’ablation de l’autre-, ou encore à cause d’un traitement incompatible qui ne peut être postposé… Tout le reste, ce sont des facteurs psychologiques et de la désinformation volontaire inhérente au fort lobbying de l’agroalimentaire. Le business du lait artificiel est juteux ! En cas de douleurs ou de faible prise du poids du bébé allaité, il convient de vérifier les freins labiaux et lingual, la position de mise au sein et les possibles troubles ostéopathiques/posturaux du bébé. Je conseille d’ailleurs fortement une visite « de routine » à tous les nouveau-nés afin de s’assurer qu’aucune tension ne leur engendre des douleurs, après une descente dans le bassin parfois chaotique et une grossesse où ils auraient pu développer torticolis ou autre syndrome type KISS) et que grâce à ces oligosaccharides, les laits synthétiques seraient plus qualitatifs.

composition LA
Lait Gallia Calisma Relais 2ème âge

(Il est possible de constater dans la composition des laits artificiels, la présence de Fructo-oligosaccharide et galacto-oligosaccharide. Il ne faut pas s’y tromper : ils n’égalent en rien les oligosaccharides humains : https://www.researchgate.net/figure/Human-milk-oligosaccharides-HMO-and-galacto-oligosaccharides-GOS-are-structurally_fig1_51850724
En outre, Nestlé a lancé la commercialisation d’un LA contenant deux oligosaccharides qu’ils vantent être proches de ceux humains. Toutes les études ont été financées par Nestlé, actuellement… Si des conclusions démontrent que le microbiote intestinal est moins pauvre que pour un lait artificiel standard, cela ne permet pas de combler les apports reconnus de l’allaitement. Voici un lien vers une des études Nestlé :
https://www.mdpi.com/2072-6643/10/9/1161)

 

Bernd Nidetzky, enzymologue à l’Université de Graz, mène cette étude sur la synthétisation des oligosaccharides, à base d’enzymes. Ces derniers sont de plus en plus demandés sur le marché.
Le processus de synthétisation est coûteux. Quant à l’extraction des oligosaccharides à base de LM est impossible.

L’engouement pour le lait maternel se manifeste sous diverses formes. Par exemple, des médaillons contenant quelques millilitres de LM, ou des perles de lait. Il y a aussi des tentatives de le transformer en fromage.
Dans le milieu du bodybuilding, le LM est connu pour être un booster musculaire. C’est la raison pour laquelle les lactariums qui vendent aux privés et les femmes qui proposent leurs excédents sur internet sont largement sollicités.

Ceux qui n’ont pas la possibilité d’avoir accès à du LM vérifié, peuvent toujours se rabattre sur une variante non contrôlée : les mères qui écoulent leurs stocks de lait. La plupart ne cherchent pas à faire du profit et souhaite simplement aider d’autres mères.
Daniel Klotz, médecin-chef et fondateur du lactarium du service pédiatrique du CHU de Freiburg en Allemagne, s’est penché sur ce commerce d’un nouveau genre.
Pour mener son étude, il a contacté 45 femmes qui vendaient leur lait en ligne.  Il a pu analyser plusieurs échantillons de 12 d’entre-elles.
Des contrôles de la température au moment de la livraison furent effectués, ainsi que la qualité de l’emballage et les prix demandés.
Son équipe a ensuite analysé la teneur en bactéries et en nutriment compris dans chaque échantillon de lait.
Ils ont pu déceler un grand nombre de bonnes bactéries, qui jouent un rôle essentiel dans la colonisation de l’intestin du nouveau-né.
Mais ils ont également détecté des bactéries intestinales qui, a priori, n’avaient rien à y faire, rendant le lait probablement impropre à la consommation.

Aux USA, le commerce du lait maternel sur internet a des proportions bien supérieures à l’Europe.
le Dr. Klotz s’est aussi intéressé à ce commerce. Un site internet « Only the breast » propose des catégories de lait, de provenances variées, dont l’Europe. C’est cette plateforme qui se fournissait en LM au Cambodge, ce qui est maintenant proscrit. En fait, le Cambodge a interdit l’exportation du LM vers les USA.
Il y a d’autres plateformes, comme des industriels : Ambrosia LABS, qui permet aux acheteurs de recevoir leur LM à domicile mais aussi, Medolac qui rachète le LM des femmes noires de Détroit, aux USA. Cette ville est en pleine faillite et le taux de mortalité infantile est très élevé. Ces mères sont issues d’une classe socioéconomique défavorisée. Cette société, potentiellement, les exploiterait.
Une association, Black Mother Breastfeeding, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux. Elle a pour but de rappeler que, par le passé, des esclaves noires ont été exploitées pour nourrir les bébés des propriétaires de plantation.
Cette condamnation publique a amené cette entreprise à cesser cette pratique.

nourrice noire
Illustration issue de http://www.raphaeladjobi.com/archives/2014/06/29/30161199.html

C’est dans les pays les plus pauvres que le lait artificiel (je corrige le narrateur qui utilise le terme « lait maternisé », qui ne peut être utilisé pour son aspect trompeur) a la meilleure réputation… A cause de campagne de publicité massive. Le lait artificiel passe pour être un produit dont la composition est optimale.
Certains pays prônent l’allaitement, comme le Ghana, où des dispensaires aident et conseillent les jeunes mères pour l’allaitement au sein. Il y a toute une ambiance (chants, danses, accompagnement) et une information des mères afin qu’elles sachent qu’elles garantissent une meilleure santé à leur bébé en les allaitant, surtout les 6 premiers mois de vie où ils sont en allaitement exclusif.
Dans de nombreux pays du Monde, on cherche à convaincre les femmes de l’importance du LM, en particulier au Pakistan où le taux de mortalité infantile est le plus élevé au Monde.
Au Bangladesh et en Indonésie, les infirmières expliquent aux jeunes mères que le LM permet de prévenir les maladies et les infections gastro-intestinales.
Des actions similaires ont autrefois été menées en Europe (comme précisé au début du reportage, en RDA).
En Inde, l’allaitement se raconte façon Bollywood. Cependant, les croyances ont la vie dure.
En Chine, le LM est devenu un nectar pour privilégiés. Des agences spécialisées vont même jusqu’à proposer des nourrices… pour les adultes. Ici, l’allaitement reste rare, malgré les scandales du lait frelaté qui ont eu lieu par le passé. L’UNICEF a choisi de traiter la thématique par un dessin animé très coloré mettant en scène l’allaitement chez les autres mammifères. Une astuce pour montrer que pour l’humain aussi, l’allaitement est le moyen le plus naturel pour nourrir son enfant.
Voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=f96dM5Uo6cY

unicef breastfeeding

La ville de Lund, dans le Sud de la Suède, compte un tiers d’étudiants dans sa population. Cette ancienne cité médiévale a la plus forte croissance du pays. C’est là-bas, il y a 20 ans, qu’une découverte sur le LM, dans le cadre de traitement des maladies cancéreuses, pourrait être majeure !
Une protéine du LM serait manifestement capable de détruire des cellules cancéreuses sans atteindre les tissus sains.
Des études cliniques vont être menées afin de savoir si la substance, nommée Hamlet, aura des effets aussi concluants que ceux conduits en laboratoire.
Catharina Svanborg, Directrice de l’étude et Immulogue à l’université de Lund, s’était déjà penchée sur les oligosaccharides avant de tomber sur la protéine Hamlet, par pure hasard. C’était totalement inattendu !
Elle et un étudiant de Master, alors qu’ils faisaint des tests dans le but d’éradiquer des cellules cancéreuses, ont découvert une réelle modification dans la structure de ces cellules malignes. Les cellules étaient en train de mourir.
A la suite des tests laboratoire, sur les animaux et sur les humains, il fut déjà constaté que la protéine Hamlet a un impact efficace sur une quarantaine de types de tumeur, comme le cancer du sein, du foie, la leucémie, les tumeurs au cerveau, mais aussi de la vessie et de la peau.
Lors de ces tests, les patients ayant reçu Hamlet ont excrété les cellules tumorales via leurs urines en quelques jours.

Afin de travailler sur cette substance et de l’utiliser en grande quantité, les chercheurs ont d’abord dû créer un complexe protéo-lipidiques.
Pour créer Hamlet en laboratoire, ils doivent purifier l’Alpha-lactalbumine. Il s’agit de la protéine la plus enrichie dans le lait humain. Ensuite, elle est mélangée à un acide gras, l’acide oléique, qui est l’acide le plus enrichi dans le LM.
C’est avec ce puissant complexe moléculaire qu’ils parviennent à traiter les cellules tumorales en 3 heures !

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L’équipe au sein de l’Université de Lund qui se charge des recherches sur Hamlet se réunit régulièrement pour faire part des découvertes.
Dernière en date, ils ont réussi à guérir mais aussi à prévenir l’apparition d’un cancer du côlon chez la souris grâce à Hamlet. Ils espèrent pouvoir transposer cela à l’humain.
Ils souhaitent trouver des solutions sûres pour les patients atteints, sans donner trop de fausse joie aux patients dits incurables.
Cependant, dans le cas d’un patient atteint d’un cancer de la vessie. Catharina Svanborg précise à quel point c’était impressionnant de constater que ce dernier excrétait des cellules tumorales par ses urines quelques heures après avoir reçu l’injection. Ce furent des résultats bien plus sensationnels que prévus. L’apparence de la tumeur se modifiait également.
Mais comme il ne s’agissait pas d’une étude contrôlée contre placebo, comme c’est légion en sciences, il n’est pas possible de parler d’efficacité thérapeutique.
Le traitement Hamlet promet cependant des effets extraordinaires. Il agit localement et n’endommage pas les tissus sains autour.
Après plus de 20 ans de travail, ils vont commencer à mener des essais cliniques sur des patients atteints de cancer de la vessie. Cela permettra de savoir si Hamlet a une efficacité thérapeutique avérée.

Les dernières recherches sur le lait maternel ont éveillé l’intérêt de nombreux chercheurs à travers le Monde. Ce nectar, qui est un passeport pour la santé et ses effets sur les adultes, est encore à explorer.
Lars Bode insiste sur le fait que les bienfaits de l’allaitement vont bien au-delà des 6 ou 12 mois du nourrisson. Le LM le protège à long terme, jusqu’à plusieurs décennies, principalement sur les risques de développer de l’asthme, des allergies, une obésité et un diabète se jouent dès les premiers mois de l’existence.
le LM contient de nombreux éléments protecteurs. S’il était possible de les synthétiser, ils ne seraient pas simplement utilisés comme aliment mais aussi comme médicament, précise Thierry Hennet, Professeur de Biologie Humaine à l’Université de Zurich.

Seul problème, le lait maternel est une ressource limitée et c’est aux nouveau-nés qu’il doit être réservé en priorité.
Il est donc nécessaire d’inciter les femmes allaitantes à effectuer des dons qui, selon l’avis des intervenantes, devraient croître durant les 20 prochaines années.

tire lait

Voici le site de l’ADLF qui reprend tous les lactariums français: http://association-des-lactariums-de-france.fr/liste-des-lactariums/

Étant belge, je suis consternée de constater qu’il y a un seul lactarium, au CHR de la Citadelle, à Liège.

Au Québec, c’est Héma-Québec qui gère le lait maternel sur le territoire: https://www.hema-quebec.qc.ca/lait-maternel/donneuses-lait/banque-publique-lait-maternel.fr.html
Je suis certaine que le visionnage (possible sur le replay d’ARTE jusqu’au 28 octobre 2018) ou à défaut, la lecture de cet article, t’a offert des connaissances incroyables.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x!

 

P.S.: pour un index de mes articles concernant l’allaitement:

 

 

 

 

Maternage proximal

Le maternage, oui ! Mais jusqu’à quand ?

Le maternage, oui ! Mais jusqu’à quand ?

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Le maternage proximal, j’en ai déjà parlé afin de le définir et de poser les bases des théories de l’attachement (entre autres).
Cet article est la suite. Je vais aborder d’autres aspects du maternage, surtout quand les bébés grandissent. D’ailleurs, jusqu’à quand peut-on parler de maternage ?
Des pistes de réflexion et des ébauches de réponses sont disponibles ci-après !

Un élément assez caractéristique dans le maternage, c’est qu’on retrouve des composantes chez la plupart des parents le pratiquant : le portage, l’allaitement et le cododo.
Certaines parviennent à materner de façon proximale sans allaiter. Mais souvent, c’est privilégié.
Mais est-ce que ces 3 pratiques résument ce qu’est le maternage ?
Pas uniquement. C’est comme réduire une pomme à un agrégat de nutriments, de vitamines, une saveur et une forme. On peut très bien créer de toute pièce un « aliment » rond, avec les nutriments et vitamines similaires à ceux présents dans la pomme et qui en aurait une vague saveur. Cela ne serait pas une pomme, mais un simulacre.

Le maternage, c’est pareil. Il s’agit d’une philosophie de vie et une manière de vivre sa parentalité. Souvent, ce sont les mères informées qui s’orientent dans cette pratique car elles en connaissent tous les bienfaits (toutes les études récentes dans le domaine convergent vers la pratiques ayant trait au maternage)  pour les bébés. Mais il se peut aussi que d’autres agissent juste comme ça, car leur cœur le dicte. Dans tous les cas, le regard et les réflexions émanant de la société seront présents.
Les premières auront plus d’armes pour contrecarrer les « conseils » que les secondes qui pourraient se retrouver démunies. Souvent, les recherches débutent. Elles se rendent compte qu’elles ne sont pas les seules ni « folles » d’agir comme tel avec leur petiot, malgré l’image que leur envoie un environnement coutumier du parentage distal (biberon, chambre séparée au plus vite, absence de portage, considération que les pleurs sont une nécessité ou qu’ils n’ont pas d’effet, etc).

 

Durant les premiers mois, le maternage proximal peut-être assez facilement accepté. Le bébé est tout petit, les arguments ont fait mouche (on l’espère !).
Mais pourtant, à partir de quelques mois, les questionnements reviennent souvent :

« Ok, je portais mon bébé de 1 mois pendant toutes ses siestes, mais est-ce une mauvaise habitude qu’il dorme sur moi à 9/10/12 mois ? »
« J’allaite à la demande depuis le début, mais est-ce la même chose après la diversification ? » (Voilà une de réponse dans « ah, tu allaites encore ?! »)
« Il dort avec moi/nous depuis 6 mois, dois-je le mettre dans son lit ? »
« Il s’endort au sein et jamais seul, il lui faut au moins les bras… C’est grave ? »

La plupart du temps, le questionnement ne provient pas de la mère mais de l’entourage qui remet en question  notre fonctionnement et qui  s’inquiète étrangement de ce qui se passe dans le lit conjugal/pour l’alimentation de bébé/pour ses habitudes de vie.
Étrangement, car je suis certaine que la plupart des mères et des couples qui entendent ce genre de remarques n’avaient jamais été questionné.e.s sur la bonne tenue de leur vie sexuelle ou de leurs habitudes alimentaires.
Il y a plusieurs types de personnes qui peuplent notre vie. En fonction de leur statut et de leur importance, les réactions à leur émettre varient fondamentalement. Dans cet article, je te donne quelques pistes pour faire en sorte que « les autres » puissent respecter et comprendre tes choix. Les autres, si tu es la mère, ça peut aussi être la.e conjoint.e.

 

Le maternage et la société occidentale

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La société n’a pas un regard très bienveillant sur le maternage (et pourtant, s’ils savaient !). Il est perçu comme une attitude « à contre-courant » (heureusement, nos rivières feront bientôt des fleuves dans les générations à venir !).
Il est attendu de la femme qu’elle mette au monde son petit, s’en occupe bien mais sans être non plus trop « accro ». Puisque 9 à 15 semaines plus tard (en fonction des pays), elle va devoir retourner dans sa vie métro-boulot-dodo, en y ajoutant la case « marmot ».
Parce que la société demande qu’on soit productive.f, toutes et tous à notre échelle. Celles ceux  qui ont l’opportunité de rester à domicile doivent avoir un.e conjoint.e qui assure pour deux financièrement, parce qu’après tout, puisque c’est ton choix de t’occuper de tes gamins : tu n’as droit à rien.

Il est possible de croire que c’est normal. L’individu au foyer ne cotise pas pour les retraites, il/elle n’investit pas son temps pour un patron et ne paie pas d’impôt.
Le jour où, malheureusement, une séparation arrive dans un couple : elle n’a le droit à quasiment rien. Le filet social a un trou… et c’est celui des personnes qui s’occupent de leurs enfants.
Parce qu’il y a des gens, dont c’est la profession de garder les enfants pendant que les parents travaillent… qui eux/elles paient des impôts et participent à la société se faisant.
En gros, il faut être rentable, sinon tu n’es/as rien.
Certain.e.s s’accommodent volontiers de cela. Mais c’est exactement là que commencent les questions sur « les mauvaises habitudes », la gestion de l’alimentation, de l’allaitement et du sommeil. Parce que les personnes qui gardent les enfants ne sont que rarement sensibilisées au maternage et à ses bienfaits.
Les parents maternants sont perçus comme étant trop fusionnels, trop investis…Et souvent, pas assez productifs !

Les parents maternants sont en fait trop difficiles à appréhender pour ceux qui ne fonctionnent pas comme cela. Parce que c’est frustrant de se dire que certain.e.s ont refusé de fonctionner comme la Mamy, le pédiatre et la plupart de la société l’ont dit… Et qu’ils ont l’air épanouis !
Les parents maternant sont dingues de leurs enfants et n’envisagent pas qu’on leur impose des expériences perçues comme néfastes (heure de sieste imposée, repas mixés (ici pour parler de diversification menée par l’enfant), ou alors le vivent très mal. C’est aussi pour ça qu’il y a plein de parents considérés comme pénibles parce qu’ils refusent les punitions/tableau d’honneur/gommette smiley/… Parce que cela va à l’encontre de leur valeur et que, de leurs connaissances, ils savent que ces actes n’apportent rien de positif à leurs enfants (j’aborde les punitions, ici).
Les parents maternant remettent sur l’établi ce qui a été une norme pendant près de deux siècles et qui est une construction sociale d’une force inouïe. Forcément, ça dérange !
Les mythes ont réussi à convaincre des milliers de parents occidentaux que:

  • les bébés pleurent mais que c’est nécessaire pour leur développement pulmonaire et pour qu’ils apprennent la frustration (j’en parle ici) et donc il ne faut pas intervenir, et surtout, pas trop vite.
    Cela impliquerait que le bébé humain (dont on connait la prématurité de développement par rapport aux autres mammifères) exprime un besoin mais qu’il se trompe et que c’est nécessaire pour lui de ne pas y répondre.
    Il n’y a que moi qui trouve cela alambiqué ?
  • le lait maternel n’est souvent pas assez riche et d’ailleurs, la plupart des femmes ne parviennent pas à allaiter.
    Donc, nous serions les seuls mammifères incapables de faire croître notre espèce sans le lait d’une autre ? (voir ici pour « l’allaitement vs le biberon : le choix est-il vraiment éclairé ? »).
  • Le bébé doit apprendre à dormir seul. Surtout parce que « chaque chose a sa place » et que le lit conjugal n’est pas un lit dans lequel les enfants dorment (dire que j’y ai cru, plus jeune ! Comme quoi, la connaissance apporte énormément !).
    J’en ai déjà parlé mais … dans la plupart des pays du monde, tout le monde fait chambre commune, faute de place mais aussi, parce qu’il est su que les enfants dorment bien mieux accompagnés.
    Il n’y a donc qu’en occident que le bébé DOIT dormir seul, il en va de son équilibre psychique (je ne remercie pas certains psy de véhiculer de telles inepties sur le cododo et l’allaitement non-écourté !).
  • L’enfant doit tout manger finement mixé à partir de 4 mois, voire avant quand c’est nécessaire !
    Dans les générations précédentes, la diversification était même effectuée encore plus tôt !
    De nombreuses études ont mises en évidence que plus la diversification était tardive et meilleure était la santé des enfants.
    L’OMS recommande ainsi de débuter aux alentours de 6 mois, en raison du capital de fer de l’enfant. Il semblerait que le taux de fer diminue progressivement et qu’il est nécessaire de le combler par l’alimentation. En outre, l’enfant a alors un système digestif relativement mature et acquiert des compétences motrices ainsi qu’une envie d’exploration/d’imitation.

 

Bref, avec ces mythes, il paraît logique de penser qu’un enfant qui a été allaité jusqu’au sevrage naturel et qui a dormi avec ses parents sera profondément déséquilibré…  J’attends les études et les preuves, parce que ça voudrait dire que la plupart de l’humanité est déséquilibrée depuis que l’humanité existe. Pour moi, cela ressemble plutôt à une croyance ethnocentrée et ignorant le développement de l’humain tant dans l’Histoire que dans le développement physique et psychique.

 

OK, mais la fusion avec le bébé, c’est jusqu’à quand ?

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Il y a plusieurs réponses répandues, en fonction de la définition de la « fusion »:

  • Après le 4ième trimestre (ici si tu ne sais pas ce que c’est)
  • A 9 mois (« 9 mois dans maman, 9 mois sur maman »)
  • Aux premiers pas
  • À l’entrée à l’école

On fait un tirage au sort ?

Il me semble étrange que la fusion mère-bébé (c’est la plus fréquente, soyons honnêtes !) fasse aussi peur. Comme si, en agissant de la sorte, la mère excluait son enfant de toute vie sociale et de tout développement.
Dans les faits, la relation évolue au rythme de l’enfant.
On n’a jamais vu un ado venir en portage à l’école et faire une tétée de retrouvailles devant le collège !
Pourquoi ? Parce qu’il n’en a plus besoin ! Ni de lait (eh oui, « les produits laitiers sont nos amis pour la vie ! » est un slogan de lobbyiste) ni du portage, parce qu’ils ont le tonus musculaire et l’endurance pour marcher seul.

Encore une fois, tout est une question de besoin (si tu veux un préambule là-dessus : c’est là que ça se passe).
Il n’y a pas de fin stricte, sauf si cela vient de l’adulte en ignorant volontairement les besoins de l’enfant.

Le portage va être de moins en moins fréquent dans la journée :

  • Un nouveau-né peut passer 24h/24 en portage (je te souhaite quand même quelques heures de sommeil, en cododo, ça devrait plutôt être 16h/24 ! 😀 ),
  • Entre 1 et 2 mois, les bébés peuvent s’intéresser à certains des éléments de leur environnement et les observer pendant de longues minutes (viiiiite : la douche pendant ce temps-là !) : la durée dépend d’un bébé à l’autre (ici, elle restait parfois 30 minutes à détailler ses arches et les livres ouverts posés à côté d’elle), Tu n’es plus qu’à 12-14h/24
  • Entre 3 et 4 mois, il va commencer à manipuler les objets voire se retourner.
  • Entre 4 et 7 mois, il se retourne, manipule, gigote… Et plus les enfants vont acquérir leurs compétences motrices, plus ils vont avoir envie de les exercer.

Je ne vais  pas détailler la suite des mois (qui est en plus TRÈS variable d’un enfant à l’autre), mais en gros, a part du moment où ils s’intéressent à leur environnement, se déplacent, apprécient dormir sur un matelas et plus uniquement sur nous, le temps de portage diminue drastiquement !
Lors des maladies, balades, sorties, journée agitée, les enfants pourront être plus demandeurs et  on remarque avec étonnement comme le rythme a changé en quelques mois !
Mais cela se fait tellement progressivement, qu’il n’est pas possible de dire c’est à ce moment-là que cela cesse.
Au départ, cela effraie, car on passe d’une personne unique à une entité à deux têtes. C’est un vrai changement tant pour nous que pour l’entourage.
Ils oublient que ces périodes sont courtes, en regard d’une vie… Et ce seront les premières personnes à te dire : « Profites-en ! Ca grandit trop vite … ».
Que d’injonctions contradictoires !
Alors oui, les enfants évoluent très vite alors profites-en ! Tu n’auras alors aucun regret.

 

Il en va de même pour l’allaitement. Les rythmes, la durée et la façon dont se passent les tétées n’ont rien à voir entre un nouveau-né, un bébé de 6 mois et un autre de 18 mois !
Ses compétences motrices évoluent, tout comme ses besoins.
L’allaitement doit être conduit à la demande afin de garantir une production suffisante.  Mais les mois passant, il est possible au bambin de comprendre qu’il faille attendre quelques minutes (si c’est pile au moment de la cuisson de quelque chose, ou encore lors du paiement à la caisse d’un magasin, par exemple). Cela se fait progressivement et on perçoit facilement que les enfants ont une patience qui va en croissant.
L’objectif, quand les enfants atteignent 2 ou 3 ans, c’est que l’allaitement se passe dans une relation où les besoins de chacun.e sont pris en compte.
Dans l’allaitement des débuts, les besoins du bébé sont impérieux.

Quand ils grandissent, et lorsque le moment ne s’y prête pas (c’est une appréciation de la mère !), les enfants vont être amenés à comprendre qu’il est nécessaire de prendre en compte l’avis de l’autre aussi.
Mois après mois, les enfants aiguisent leurs compétences sociales. Ils apprennent la notion de respect de leur corps et de celui de l’autre, des éléments qui sont tolérés ou pas par la mère, de l’empathie nécessaire aux relations (tiens, j’en parle ici de l’empathie) : « je vois que tu en as envie maintenant, mais je suis occupée et j’aimerais finir. Dès que j’ai fini, j’arrive ! ».
L’allaitement devient un formidable média de d’apprentissage social et d’empathie mutuelle.
Je précise à nouveau que cela se fait progressivement. Cela n’a pas de sens de refuser de donner le sein à un enfant qui en aurait l’habitude, sans autre explication ni raison claire pour lui.
Les sevrages induits brutaux sont traumatisants pour les enfants mais aussi pour le corps des femmes.
D’eux-mêmes, les enfants vont espacer les tétées et ne plus avoir besoin de certaines. Les allaitements non-écourtés vont à termes avec une diminution très progressive du nombre de prises du sein. Et c’est enfin l’enfant qui déclare : « Je n’ai plus envie ! ».

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Il n’y a pas de date, pas d’échéance ni de seuil développemental qui engendrent un arrêt de l’allaitement et du cododo, par exemple.
Croire que le maternage ne rassemble que ces deux aspects, avec le portage, est un oubli du paradigme qui sous-tend ces attitudes : la bienveillance (que j’ai largement détaillée ici) et l’empathie.
Sans ces deux piliers, il n’y a point de maternage puisque celui-ci est conditionné par la prise en compte des besoins infantiles.

 

L’autonomie, une limite au maternage ?

Une des craintes de la société, c’est que cette proximité maternante entame les possibilités d’autonomie des enfants. En agissant de manière prévenante et sans attendre, il est cru que l’on maintient les enfants dépendant de l’adulte.

Au contraire, disent toutes les dernières études sur le sujet !
Le fait de laisser aux enfants le moment où ils mangent/dorment/jouent/… sans essayer de leur faire adopter un rythme précis, les rend confiant en leurs propres sensations et besoins.
Ils n’apprennent pas à se réguler sur les attentes d’autrui, mais sur leurs propres ressentis.

Énormément de parents maternant s’orientent dans une éducation bienveillante et positive.
Comme j’ai pu le décrire en partie dans cet article définissant la « discipline positive », ce type d’accompagnement des enfants les amènent à l’autonomie, progressivement.

L’autonomie pour les bébés va être de pouvoir manger, dormir et se mouvoir comme ils le souhaitent. Donc allaitement à la demande, sieste aux signes de fatigue et motricité libre (ici pour une explication détaillée) sont au programme.
Ensuite, l’objectif est de les accompagner, en les laissant découvrir leur environnement sans être trop interventionniste.
Les enfants apprennent à marcher, tombent et se redressent.
Ils sont capables de manger seul, dès le plus jeune âge si on les laisse faire.
Ils apprennent à tenir un verre, s’en mettent partout et puis de moins en moins.
Tout est une question de temps et de possibilités. Si on empêche à l’enfant d’accéder aux verres de peur qu’il renverse, alors on l’empêche d’apprendre. Il en va de même pour l’alimentation. Si on lui donne constamment la becquée, il ne peut pas apprendre qu’il a la capacité de se nourrir seul et puis d’attraper ensuite ses couverts pour se servir.

Le maternage ne freine pas l’autonomie, à l’inverse, cela accompagne l’enfant dans ses possibilités.
En ajoutant le fait que ce principe de relation engendre des individus avec une meilleure confiance en eux, avec des compétences sociales fine grâce à l’empathie qu’ils ont reçue. En effet, les enfants apprennent par l’observation, donc l’exemplarité est de mise.

Le rythme des enfants est aussi singulier que naturel. Il n’est pas utile de tenter de le contraindre ou de chercher l’apprentissage alors que ce sont des acquisitions qui sont en jeu (pour le sommeil et la propreté, par exemple).

Il s’agit de craintes non-fondées. Des parents maternants qui permettent à leurs enfants d’expérimenter, de gérer ses apports alimentaires, son sommeil, ses mouvements augmentent significativement l’autonomie des enfants… et leur bien-être !

Mais ça s’arrête bien un jour, d’être un parent maternant ?

Le maternage est un continuum, de la naissance jusqu’à l’autonomie complète de l’enfant devenu adulte dans la société, il est possible d’agir en parent maternant.
Maternant n’est, je l’ai expliqué plus haut, pas synonyme d’infantilisation mais de confiance et d’accompagnement.
Pour autant que l’enfant, quel que soit son âge, a besoin d’être accompagné, le parent maternant sera présent.

L’enfant d’un an sera en capacité de venir chercher sa tétée en tirant sur le t-shirt, celui de 3 ans viendra la demander, et un jour, il refusera sa tétée du soir.

La relation et l’implication évoluent avec les mois et les années, bien évidemment, mais le principe est qu’il n’y a pas de fin à la parentalité. Il n’y a donc pas de fin à une philosophie maternante.

 

Je souhaite que cette lecture ait pu t’aider de quelque ma manière que ce soit.

A très bientôt, Lectrices et lecteurs Curieuses.x !

Pour aller plus loin: « Materner: Du premier cri aux premiers pas » de  Blandine Bril et Silvia Parrat-Dayan

Allaitement·Préparer la naissance

Tout ce que ce qui est méconnu dans l’allaitement!

 

Il est de notoriété publique que « allaiter, c’est ce qu’il a de mieux pour le bébé ».
Ok, mais pourquoi ?
Et qu’est-ce qu’il y a d’étonnant avec  l’allaitement et le lait maternel ?

 

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Source: http://www.claude-didierjean-jouveau.fr/2016/09/05/allaiter-en-public/

 

Voici un petit florilège de faits pratiques et étonnants  :

 

  • Le lait maternel évolue en fonction des besoins de l’enfant, au cours de la journée, au fil des jours et avec son besoin immunologique (c’est le seul vrai « alicament » !). Si tu es malade, ton corps fabrique des anticorps qui passent dans le lait. Le bébé allaité pourra éviter la maladie ou, au moins, être moins atteint et guérit plus vite qu’un bébé non allaité.
  • Le lait maternel est un produit miracle pour tout : sur les irritations cutanées, en cas de début de conjonctivite, en remplacement du sérum physiologique pour nettoyer le nez, sur les plaies pour activer la cicatrisation et éviter les infections de tout ordre, etc. Ça vaut pour le bébé, mais aussi pour les autres membres de la famille !
  • Le lait évolue au cours de la tétée: d’abord un lait plus riche en eau, pour hydrater les enfants (qui, s’ils n’ont que soif, ne téteront que rapidement) et ensuite, un lait plus riche en en protéines et en lipides. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas interrompre une tétée (pas de durée fixe d’une tétée : c’est le bébé qui lâche le sein quand il est repu ou qu’il veut l’autre sein).
  • L’allaitement peut aider à la perte de poids, car cela consomme de l’énergie (entre 600 et 700kcal/jour) de produire le lait… MAIS cela peut aussi donner des fringales! Alors… les pertes de poids ne sont pas systématiques.

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  • Il est possible d’allaiter que d’un sein: selon le principe de l’offre et de la demande. Le sein « débiteur » va juste produire tout le lait nécessaire. Bon à savoir pour celles qui ont eu une chirurgie ou un souci pour allaiter à un des deux seins.
  • Les bienfaits sont d’autant plus importants que l’allaitement est prolongé (histoire de couper la chique aux conseils « avisés » qui disent qu’après X mois, cela ne sert plus à rien !). D’ailleurs, voici un article pour t’informer sur l’allaitement non-écourté.
  • L’allaitement a de réels bienfaits pour le bébé:

Il réduit les risques de :

  • D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
  • De troubles digestifs ;
  • D’allergies (eczéma, asthme, …) ;
  • D’anémie ;
  • D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
  • De problèmes orthodontiques ;
  • De mort subite du nourrisson.

Tous ces faits ont été établis à la suite d’études longitudinales (sur de grands échantillons, à long terme). Cela ne veut en aucun cas dire qu’aucun bébé allaité n’aura les problèmes mentionnés ci-dessus, mais qu’il y a moins de bébé allaités que de bébés nourris au biberon qui déclarent ces problèmes. Un cas ne vaut pas pour discréditer des faits avérés scientifiquement.

  • L’allaitement est aussi avantage pour la femme allaitante:
    • la diminution du risque d’anémie ;
    • la remise en place des organes génitaux ;
    • le lien mère-enfant ;
    • la perte de poids (en association avec une alimentation équilibrée) ;
    • la diminution du risque de cancer du sein , de l’ovaire ;
    • la diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause.
    • L’absence de vaisselle excédentaire à effectuer (ok, celle-là, elle était pour rire MAIS ce n’est pas faux !

  • Allaiter améliore le sommeil et accélère l’endormissement (hyper pratique pour se réveiller et se rendormir plusieurs fois la nuit, sans que cela n’entame trop le capital sommeil !). Tu penses être fatiguée quand tu allaites ? Mais donner le biberon serait encore plus épuisant puisque tu n’aurais pas les hormones qui t’aident à te réveiller et à t’endormir plus facilement !
  • Allaiter éveille les sens organoleptiques du bébé: la diversification est ainsi facilitée puisque le bébé a été exposé à plein de goûts différents.
  • Il est possible de boire un verre de vin, de bière ou une coupe de champagne alors qu’on allaite. Il ne faut pas se mettre la tête à l’envers, mais l’alcool passe dans le lait en quantité infime qui permet d’assouvir une envie ponctuelle.
    Prudence tout de même avec un nourrisson nouveau-né : il pourra avoir d’avantages de séquelles qu’un bambin inhérent à l’immaturité de son propre foie.
    Mais l’alcool aura des effets sur l’ocytocine et la prolactine : le réflexe d’éjection sera plus lent à activer et la quantité de lait pourrait être moindre.
    Évidemment, il faut éviter de boire à jeun et boire pas mal d’eau par la suite, pour aider à diluer.
    Dans les faits, même s’il s’agit d’un parti pris : si tu n’as pas une envie impérieuse, passe t’en ! Après tout, l’alcool n’est pas indispensable.

    Voici de quoi informer sur l’alliance alcool et allaitement : https://www.lllfrance.org/1175-64-alcool-et-allaitement

 

  • L’humain a un sevrage naturel, comme tous les mammifères. Cela se situe entre les 2 et les 7 ans de l’enfant. Ça parait long, mais ça correspond aux besoins métaboliques (dont immunitaire) et psycho-affectifs de l’enfant. De plus, tant qu’on allaite, l’ocytocine (hormone de l’attachement, entre autres) permet d’être plus zen par rapport à son enfant. C’est bien utile avec des enfants avant l’âge de raison !
    l’OMS recommande d’ailleurs un allaitement jusqu’à deux ans et plus, en complément de l’alimentation équilibrée.

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  • Il existe des « grèves » de tétée: le bébé refuse le sein, malgré qu’il ait faim.
    il est possible que cela soit dû à une confusion sein/tétine (si le bébé reçoit aussi des biberons ou une tétine pour son sommeil, ce qui est fortement déconseillé pour une conduite sereine de l’allaitement).
    Les grèves peuvent durer plusieurs jours, il ne faut pas croire qu’un enfant de moins de 24 mois décident de se sevrer spontanément : ils ont physiologiquement besoin de lait, ils ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis.
  • Certains enfants préfèrent une position pour être allaité plutôt que d’autres. Outre une vérification ostéopathique, autant se faire au fait que le tout-petit a déjà des préférences personnelles !

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    Source: naitreetgrandir.com
  • Les bébés savent chercher le sein dès la naissance (pour les bébés nés à terme et en santé) : c’est le crawl du nouveau-né. Comme quoi, Eux choisissent le meilleur, instinctivement ! 😉
    Vidéos et explications juste là : http://breastcrawl.org/french/video.shtml

Avec tous ces éléments, tu as l’embarras du choix dans les arguments  favorisant l’allaitement (outre le fait que ton choix ne concerne que toi !).
Demande donc à ton interlocuteur curieux les raisons avérées de ne pas allaiter : je suis sûre qu’il n’y en a pas autant … 😉

 

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuses.x !

 

Quelques (res)sources :

 

 

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

« Ah, tu allaites encore … ?! »

L’allaitement non-écourté (ou pas trop)

L’allaitement exclusif est à privilégier jusqu’à 6 mois. C’est un fait scientifiquement avéré. Les instances de santé estiment que le sevrage commence graduellement à partir de la diversification. Plus les aliments solides prendront de la place dans le bol alimentaire, moins le lait maternel trouvera sa place.
Les études mettent en évidence le profit pour l’enfant de la poursuite de l’allaitement jusqu’à 24 mois, en complément de l’alimentation solide. Comme je l’ai dit dans mon article « Bébé, que manges-tu ? », de 6 à 12 mois, le lait maternel représente au moins 50% des apports énergétiques et au moins 33% de 12 à 24 mois.

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Faut-il dès lors considérer que le sevrage doit être total à 24 mois ?
J’en appelle au bon sens humain : comment peut-on prédire ce qui est adapté à chaque couple mère-bébé étant donné que toutes les situations diffèrent.
Donner des échéances précises est absurde pour l’ensemble des étapes de développement.
La diversification est conseillée à partir de 6 mois car le système digestif est alors prêt à recevoir de l’alimentation solide. Mais l’intérêt de chaque enfant n’est pas le même.
Certains prendront plaisir à manger en « grande » quantité dès le départ et d’autres ne seront pas intéressés. Certains enfants ne mangent réellement volontiers que vers 12/14 mois.
Le tout, c’est de proposer sans se mettre de pression… et de continuer à allaiter à volonté !

D’autres critères sont suggérés pour le moment du sevrage:

  • âge de quadruplement du poids de naissance augmenté de quelques mois (entre 3 et 4 ans pour les humains) ;
  • âge où l’on atteint le tiers de son poids adulte (entre 6 et 7 ans pour les humains) ;
  • durée de la gestation (chez les primates les plus proches de l’Homme, à savoir les chimpanzés et les gorilles, la durée de l’allaitement est égale à plus de six fois la durée de la gestation) ;
  • âge d’apparition des premières molaires définitives (5,5 à 6 ans pour les humains, qui est aussi l’âge où le système immunitaire arrive à maturation).

De toutes ces données, on peut conclure que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situerait entre 2,5 et 6 ans. (source : https://www.lllfrance.org/1119-37-lallaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage)

Il faut aussi mettre en évidence que dans l’histoire, plus les sevrages étaient précoces, moindre était l’état de santé des enfants.

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Dans nos sociétés occidentales, l’allaitement de bambins est regardé de manière étrange, et certains psychiatres véhiculent des informations faussées concernant l’altération de la construction identitaire (trouble de la personnalité et attitude de dépendance) en cas d’allaitement « long ».
Il faut mettre un point final à ces informations fallacieuses ! La discussion est empreinte de patriarchie. Ces « éminents » spécialistes estiment alors que le corps de la femme appartient à l’homme et non à elle-même et qu’elle en dispose comme elle souhaite. Au demeurant, dans le cas qui nous intéresse, pour nourrir son enfant ou ses enfants grâce à ses seins qui, comble de l’étonnement, sont conçus pour ça.

Le sevrage peut-être naturel (dirigé par l’enfant) ou induit voire planifié par la mère.
Le sevrage induit est de loin le plus fréquent. Cela peut-être dû à l’introduction d’autres produits laitiers, par l’introduction et la confusion sein/tétine-biberon, par une nouvelle grossesse (car ça peut changer le goût du lait ce qui dérange éventuellement l’enfant allaité), par une grève de tétée qui serait compensé par une préparation commerciale pour nourrissons ou simplement par la volonté de cesser l’allaitement.
Dans ce dernier cas, il vaut mieux le faire progressivement. L’enfant sera dans l’incompréhension si la mère l’empêche de prendre le sein du jour au lendemain. Il ne faut pas oublier que le sein n’est pas que nutritif mais permet un contact proximal et une zone de sécurité. De plus, pour la mère, un arrêt brutal peut engendrer des douleurs inhérentes à un engorgement. J’invite donc les femmes qui souhaitent sevrer leur enfant à le faire progressivement, en supprimant une tétée après l’autre.

Le sevrage naturel est mis en place par l’enfant, graduellement. Il ne survient pas avant l’âge de 2 ans, puisque physiologiquement, l’enfant a encore besoin de lait.
L’enfant qui se sèvre de lui-même a acquis la capacité de déguster une grande variété de mets solides grâce au développement de sa mâchoire et de sa dentition, et particulièrement les prémolaires qui broient et mâchent adéquatement afin d’extraire les nutriments de leurs enveloppes (finis les grains de maïs ou de lin entier dans les selles !).
En outre, l’enfant peut exprimer ses besoins clairement afin de gérer les quantités. Il sait alors aussi gérer l’usage des couverts qui lui offrent la possibilité de manipuler la nourriture d’une manière socialement adaptée à son environnement (le riz qui ne « colle pas » est bien plus compliqué à manipulet que du riz gluant (yummy !)).
Ces développements permettent à l’enfant de se pencher avec plaisir sur une assiette qui lui fournira l’ensemble de ses apports énergétiques.

A l’heure actuelle, il est difficile d’estimer le taux d’enfant allaité jusqu’au sevrage naturel en occident. Par crainte du jugement, et des remarques tant issues de l’entourage que des milieux de santé, les femmes mentent. Beaucoup d’entre elles continuent à allaiter à l’abri des regards, dans leur sphère privée. Cela rend leur dénombrement ardu.

Les femmes qui souhaitent poursuivre leur allaitement jusqu’au sevrage naturel ne devraient pas minimiser l’existence des grèves de tétées. J’en parlerai à l’occasion d’un autre article plus précisément. Mais il est nécessaire de ne pas les confondre avec un sevrage naturel, qui ne survient pas avant l’âge de 2 ans.

Cet article a pour objectif de pouvoir remettre l’allaitement, dans tous ses états et dans toutes ses durées, comme le processus physiologiquement adapté du développement physique mais aussi pour l’évolution sociale et cognitive de l’enfant (source : Anderson, J. W. et al., « Breast-feeding and cognitive development: a meta-analysis », American Journal of Clinical Nutrition, 1999;70(4), pp 525-535). L’allaitement qui suit son cours « tardivement » favorise les compétences et l’augmentation des interactions sociales (source : Curley J. P. et al, « The Meaning of Weaning: Influence of the Weaning Period on Behavioral Development in Mice », Development Neuroscience 2009;31, pp 318–331).

Ces données ont un but informatif, dans un but de normalisation de l’allaitement dans la sphère publique au lieu d’être, comme c’est le cas en occident, une exception. En France, seuls 7.6% des bébés sont encore allaités entre 12 et 24 mois et seules 2.6% des femmes déclarent allaiter au-delà de 24 mois.

Il faut savoir que moi-même, si l’allaitement me semblait une évidence, j’envisageais de le faire un an. Puis, au fur et à mesure des renseignements glanés et des évidences scientifiques des bienfaits de l’allaitement tant pour l’enfant que pour la mère (diminution du risque de cancer ! 😀 ), j’ai décidé que cela serait jusqu’à « plus soif » de ma fille.
Oui, il y a peu, voir un grand bambin être allaité me paraissait bizarre. Parce que la société occidentale nous a vendu que c’était étrange et que les enfants devaient consommer du lait d’un autre animal… Mais dans les faits, c’est une aberration physiologiquement bien orchestrée (voir mon article sur le choix sein/biberon).
A très bientôt, lectrice.eur Curieuses.x !

Merci à ce blog pour son article concernant le sevrage et les sources : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/2012/03/sevrage-naturel-de-quoi-parle-t-on/

Allaitement

Biberon vs Allaitement : le choix est-il éclairé ?

Quand je parle d’un choix éclairé, j’entends qu’il s’effectue en prenant en compte l’ensemble des aspects du sujet concerné.

Je ne compte vraiment pas faire fuir les femmes qui pensent utiliser des biberons à l’avenir ou celles qui le font déjà.
Cet article s’adresse spécifiquement aux femmes qui envisagent de (re)devenir mère.
L’information à propos de l’allaitement semble fournie et elle semble souvent culpabilisante par les femmes qui n’ont pas l’intention d’allaiter.
L’objectif n’est pas de vous donner une revue de littérature sur l’allaitement ou encore de vous parler des avantages vs. inconvénients de l’allaitement et du biberon. Personnellement, ces comparatifs me semblent toujours partiaux, et ils regorgent de subjectivité (et ça me dérange vraiment lorsqu’une « information » pousse les humains dans une position ou l’autre).

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Présentement, il s’agit de t’aider à comprendre pourquoi tu as fait un choix et non l’autre. Il est toujours intéressant de se pencher sur les positions adverses afin de compléter, arguer et approfondir sa réflexion. Il en va de même pour l’allaitement.

Le problème de l’allaitement, c’est qu’il n’a pas eu une très bonne presse depuis deux siècles. On a tenté d’éloigner les enfants des mères pour qu’ils soient allaités, mais pas dans leur famille aisée car la bienséance se le refusait. Puis le biberon est arrivé, afin de substituer le sein pour les enfants ayant un réel problème. Et puis, ce sont les producteurs de lait artificiel (LA) qui ont été très efficaces dans leur lobbying. L’industrie laitière s’est frottée les mains, les industriels ont compris qu’il y avait (et a toujours) un marché énorme récurent. Il y a eu des influences du corps médical pour favoriser l’usage de ces LA. L’argumentaire était assez aisé à trouver : au sortir de la guerre, l’alimentation n’avait pas été des plus nutritives, les corps étaient fatigués et il y avait une crainte de la pénurie. Le LA, enrichi en vitamines (les débuts de la pub et du marketing) , a eu le vent en poupe… A l’époque, on ne connaissait pas la composition du lait maternel et on le pensait pas assez nourrissant dans certains cas.
C’est d’ailleurs un mythe qui a la peau dure, puisqu’il court encore. Ce mythe tient au fait que lorsqu’on exprime manuellement du lait (avant une tétée), le lait est très clair, presque transparent. Mais ce ne sont que les premiers millilitres. L’expression manuelle, en fin de tétée, atteste d’un lait bien plus dense. Le « premier » lait est riche en lactose et désaltérant (ce qui est utile l’été, le bébé va venir abreuver sa soif en quelques petites minutes, sans qu’il ait besoin d’eau en complément) alors qu’en fin de tétée, il est plus chargé en gras. C’est pour cela qu’on conseille l’alternance des seins en schéma ABBA (voir mon article précédent sur les clefs pour démarrer un allaitement).

Donc, on a fait la peau à l’allaitement. Mais c’était pavé de bonnes intentions. Au départ, ces laits de substitution étaient très utiles pour les bébés qui ne pouvaient vraiment pas être nourris au sein. Et puis, Nestlé et Guigoz se sont emballés dans la propagation de leurs produits. L’industrie agro-alimentaire commençait ses heures de gloire… Et le lait de vache était abondant (encore une histoire de l’après-guerre), il y avait donc une manne d’écoulement toute trouvée. Je ne souhaite pas diaboliser ces laits artificiels, mais ils devraient retrouver leur statut d’aide d’ultime recours (oui, là, je me positionne).

Si on résume, entre la bienséance occidentale de l’époque qui fait passer l’allaitement pour un « truc de pauvre et de paysans », puis la promotion du lait artificiel par les médecins en après-guerre, les connaissances sur l’allaitement se sont perdues.
Il y a même eu des injections effectuées sans consentement afin de bloquer la montée de lait, des biberons donnés dès le départ car « le bébé ne va pas attendre deux jours le ventre vide avant que le lait ne vienne ». En scrutant les ouvrages périnataux à diverses époques, il est possible de trouver des conseils comme l’espacement des tétées, la pesé avant et avant les tétées et l’obligation de rythmes aux bébés, dès la naissance. Tout cela dénote d’une méconnaissance du métabolisme activant la lactation. Il n’y avait là aucune mauvaise volonté, juste une démonstration que la médecine a évolué… Au même titre qu’on ne conseille plus les saignées pour soigner quoique ce soit.

Aujourd’hui, l’allaitement est l’objet de recherches scientifiques abondantes. L’anatomie du sein, le mécanisme de la lactation ainsi que celui du bébé (qui se satisfait amplement des quelques millilitres de colostrum les premiers jours, étant donné la petitesse de son estomac) sont connus.
Mais ces connaissances sont relativement récentes, et sont popularisées depuis encore moins longtemps.

En tant que femme prête à enfante, nous sommes confrontées à du personnel soignant. Certain.e.s dont les connaissances sont à jour et des « ancien.ne.s » qui n’ont pas eu l’opportunité d’acquérir ces savoirs. Pour ces dernièr.es, il est parfois déroutant de remettre en question des apprentissages qui étaient univoques durant de nombreuses années.

De plus, nos proches, nos aïeux, ont elles et eux également acquis leurs connaissances en allaitement à cette époque où les recherches n’avaient pas encore mis en évidence le bénéfice du lait maternel et le fonctionnement de la lactation. Leurs conseils sont donc empreints de ces « erreurs » du passé. Là encore, il faut n’y voir aucune mauvaise intention. Elles/Ils transmettent ce qu’ils savent.

J’ai moi-même été allaitée durant 4 mois, en mixte à la fin, parce que ma mère n’avait plus assez de lait (pensait-elle). L’introduction des compléments a fait baisser sa lactation (principe de l’offre et de la demande), ce qui a fini par engendrer un réel manque de lait. J’ai été nourrie au lait artificiel, de vache jusqu’à ce qu’on découvre que tous mes maux étaient causés par une grosse intolérance. Me voilà donc toute grandie avec du LA végétal et l’éviction totale des produits laitiers (et je culmine à 1m80 avec une densité osseuse excellente, pas de souci de manque de calcium à cause du l’absence des produits laitiers dans mon alimentation 😉 ).

Cela dit, me concernant, l’allaitement a toujours été une évidence. Je n’avais pas de connaissances précises sur le sujet, mais je trouvais ça logique. De plus, j’ai une culture scientifique et j’ai toujours (à mon bon souvenir) été avertie des bénéfices du lait maternel. Je n’avais aucune résistance à entrer dans ce « don de soi », bien au contraire. Cela dit, je n’ai jamais eu d’opposition envers le biberon… Que j’ai allègrement pris tous les matins jusqu’à mes 6 ans (et jusqu’à ce que ma mère le fasse disparaître pour mon pire cauchemar, à l’époque). Mon choix est assez linéaire, logique… je n’ai pas du cheminer à l’encontre des croyances de mes proches (même si je leur fais découvrir qu’un allaitement peut durer bien plus tard que les 6 mois « réglementaires »).

Peut-être est-ce aussi le cas pour toi qui me lit. Allaitée ou biberonnée, tu penches d’un côté plus que de l’autre, parce que tu as bien grandi comme ça. La question ne se pose pas vraiment.

Mais peut-être, y en a t-il d’autres pour qui l’allaitement est vraiment dérangeant ?
Et c’est à toutes que je m’adresse en questionnant les motivations de votre choix. Juste, dans l’objectif que ce choix soit réellement construit.

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La maternité amène un nombre incalculable de remises en question, d’inquiétudes, de nouveautés. Et c’est aussi une période où va se jouer de nombreuses répétitions de notre vécu d’enfant et des identifications que l’on a vis à vis de nos mères. Ce vécu et ces identifications vont intervenir tout au long de notre vie, ils vont parfois conditionner nos réactions (j’aborderai cela longuement dans un article ultérieur) et, nécessairement, influencer nos choix.

De plus, la société nous renvoie un bon nombre de messages latents. La femme a toujours été soumise à de nombreuses injonctions. Dont l’une est très fréquentes c’est : « il faut enfanter » et juste après : « Il doit acquérir de l’autonomie, il faut couper le cordon ». L’attente est qu’on mette au monde un enfant, mais qu’on n’en soit pas trop proche, pas trop longtemps, pas trop fort. Comme s’il y avait un risque à aimer intensément. Le risque est mis en évidence avec ces parents surprotecteurs et oppressants, comme si c’était de la faute de l’attachement à l’enfant. Mais qui dit « couper le cordon », dit aussi qu’il faut amoindrir la proximité physique. Or, l’allaitement est physique et implique un investissement du corps. La société ne s’attend pas à ce qu’une femme active puisse allaiter. C’est une injonction largement véhiculée que si l’enfant a été allaité, il doit être sevré quand le travail reprend.
La question à poser c’est : « Pourquoi ? ». Il y a un marché énorme concernant le tire-allaitement. Et tu en as vu beaucoup, toi, des femmes s’isoler et conserver leur lait dans le frigo du bureau ? Est-ce même un sujet (au-delà de la clause légale mentionnée vaguement mais qui est tue) ?
Non, il y en a peu, tellement peu que cela semble étrange. L’image renvoyée à une femme qui fait ce choix est qu’elle s’ennuie pour rien, voire même que c’est sale (?!).
Autre message de la société contemporaine : le corps de la femme est un objet de désir. Les seins sont un attribut sexuel du désir sexuel. Les années passant, certaines femmes ont intériorisé que les seins ne devaient servir qu’à être regardé, mais ne devaient pas être nourriciers. Certains psychologues/psychiatres (oserais-je dire d’orientation analytique…) vont plus loin en confondant même l’usage du sein nourricier et l’excitation érotique que cela engendrerait (c’est une légende urbaine ! Je vous assure, ça ne doit pas faire mal –sinon, il y a une solution à trouver- mais ça n’excite rien du tout, sauf du soulagement quand c’est plein !). Alors en effet, avec cette intériorisation des codes et des amalgames sexuels, cette image de l’allaitement peut devenir dérangeante.

Ce que je souhaiterais pour celles qui sont prises dans ces réflexions au sujet de leur corps, c’est qu’elles puissent envisager leurs impressions sous un autre angle. Questionner ce qui dérange, approfondir les croyances développées et faire un choix qui soit dénué d’influence externe.
La maternité occasionne un moment unique où les injonctions sociales et les « évidences » venues du passé sont susceptibles d’être conscientisées mais aussi (et surtout!) modifiées.

Personnellement, je suis pour la remise sur le métier des habitudes, c’est d’ailleurs une des raisons d’exister de ce blog. Je ne supporte plus que l’on prenne pour acquis des croyances et des idéaux qui n’ont plus lieu d’être. Je souhaite populariser des connaissances et des pratiques utiles aux femmes. En se questionnant et en agissant à l’encontre de ce qui est attendu de nous, il est possible que la société oublie ces injonctions. Il faudra peut-être quelques générations, mais c’est le moment de commencer.

Dans le cas qui m’occupe ici, je veux juste te proposer une autre perspective sur ta situation de maman en devenir.

Alors, je te propose une petite liste de questions, juste pour l’exercice de se pencher sur soi-même :

  • Qu’est-ce que je ressens quand je pense à l’allaitement ?
  • Qu’est-ce que le biberon m’évoque ?
  • Comment me vois-je comme mère avec mon enfant ?
  • Qu’est-ce qui me vient à l’esprit concernant l’alimentation de mon enfant ?
  • Qu’ai-je déjà entendu, de la part de mes proches, au sujet de l’allaitement ?
  • Qu’ai-je déjà entendu, de la part de mes proches, au sujet du biberon ?
  • Qu’est-ce qui provoque des appréhensions quand je pense à l’allaitement ? (ex : le devenir des seins, la pudeur, la place du père/de la coparente, les connaissances à acquérir, etc.)

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J’espère sincèrement que cet article aura pu ouvrir une fenêtre pour regarder en toi-même, sans jugement et sans te dire qu’il y a de bonnes et de mauvaises mères. La bienveillance commence par soi-même, en excluant toute notion de jugement en bien/mal/meilleur/pire. J’ai écrit en pensant aux femmes qui portent, mais le/la coparent.e. peut très bien s’y retrouver aussi, dans son propre rapport à l’alimentation du bébé.

Oui, je suis allaitante et c’est un choix que je considère être le plus adapté à ma fille. Mais certaines ne parviendront pas à dépasser leurs appréhensions.
Je serai ravie de partager avec elles, de discuter de nos opinions et de cheminer. Non pas pour les convaincre, mais pour qu’elles m’apportent un autre point de vue et, si nécessaire, qu’elles acceptent leur choix sans ressentir de culpabilité ou de jugement des autres.

A très bientôt, pour que la curiosité grandisse encore !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ?

Aaah ! La jolie question !
On ne se sent pas trop seule, quand on est sur Facebook dans des groupes de parents (ok, honnêtement, de mamans) prônant la bienveillance, l’allaitement et tutti quanti.
Mais qu’en est-il quand la bulle virtuelle n’est plus ?

Que faire quand on entend : « Ah, elle est tout le temps dans tes bras. Tu vas en faire une capricieuse ! », ou encore : « Alors, il fait bien ses nuits ? Non ? En cododo ? Mais quelle mauvaise habitude ! », et d’autres : « tu comptes l’allaiter longtemps ? ».
Ça exaspère sérieusement, surtout si c’est fréquent et que cela vient de proches et de collègues qu’on côtoie au quotidien.
Mais c’est quelque chose que chaque parent doit gérer, parce qu’il s’avère que les personnes sont souvent tendance à croire qu’ils ont un droit de regard sur le comment du pourquoi de la dynamique familiale des autres. C’est presque culturel, tellement ces questions sont récurrentes.
Alors, que faire pour parer à ces remarques ?
D’abord, la réponse va changer en fonction de l’interlocuteur que tu as. En effet, si c’est face à un illustre inconnu, tu pourrais te satisfaire de te dire que ce n’est qu’un ignare, et basta. Même si cela véhicule une énergie négative, la personne que tu croises une fois dans ta vie… On s’en fiche qu’elle accepte tes choix. Par rapport à tes proches, l’impact est logiquement plus fort. Certainement parce que c’est frustrant de constater que ces personnes ne t’accorderaient pas de confiance par rapport à tes actes vis-à-vis de ton enfant.

Il pourrait être utile que tu te questionnes sur ce que la personne tente de te partager en faisant cette remarque-là. Tu peux lui demander : « Tiens, je vois que tu t’intéresses à tel sujet. Y a-t-il une raison précise ? ». Les personnes tentent généralement d’exprimer quelque chose derrière une question ou une critique. Approfondir le sujet avec cette personne peut permettre de discuter avec plus de profondeur et sans que personne ne se sente jugé.

Une autre technique est de retourner la question ou la remarque envers la personne, par exemple : – – « Tu l’allaites encore ? » ; – « Oui, pourquoi ne le ferais-je plus ? ». De cette manière, c’est à cet individu de justifier son questionnement, et pas à vous. L’idée est que ce soit la personne qui fasse une remarque qui ait à expliquer son cheminement de pensée… Parce que je me demande quelle argumentation quelqu’un peut trouver pour prouver qu’un enfant deviendra capricieux s’il est materné.

Ensuite, il est possible de simplement affirmer son choix et d’évoquer, de manière ferme, assurée et souriante qu’on est très au clair avec ce que la personne met en évidence. Dans la plupart des cas, on est ravi de fonctionner de telle sorte. Alors pourquoi se perdre en justification qui nous place en position basse ? à «Oui, on fait du cododo ! C’est génial. On dort sereinement et je n’ai même pas besoin de poser le pied par terre, c’est hyper pratique ! ». Simple, efficace, s’affirmer et ne pas laisser de place à la discussion quand on en veut pas. Tu as le droit de refuser le « débat ».

Si certaines personnes, à qui tu es susceptible de confier tes enfants, par exemple, ne veulent pas ou ne comprennent pas tous tes principes, tu peux leur expliquer simplement ton cheminement de pensée. Sans te sentir jugé.e mais sans non plus mettre en évidence que leur choix sont/étaient mauvais. Ils sont/étaient différents. C’est sûrement une des difficultés, c’est que les personnes se sentent jugées sur leur manière de faire quand tu exposes la tienne. Elles acquièrent souvent la sensation qu’elles ont mal agi et que tu veux faire mieux qu’elles. Incontestablement, cela doit être vraiment difficile à vivre de se sentir jugée. Veille à bien exprimer que tu as fait des choix en fonction de tes affinités et des dernières connaissances en neurosciences éducatives, et que tu te sens bien là-dedans. Tu peux aussi préciser que tu reconnais leurs compétences pour telles ou l’autre élément mais que tu n’as pas envie que cela s’applique à ton/tes enfant.s.

« Oui, Maman/Papa/Autrui, j’ai mangé souvent plein de Nute**a quand j’étais petit.e et je ne m’en suis pas mal porté.e. Mais je n’ai pas envie qu’eux en mangent. On a appris des informations sur les conséquences à long terme et je veux préserver leur capitale santé. Je compte vraiment sur toi comme partenaire là-dedans ! »

Après, il est aussi nécessaire, avec les plus proches de lâcher-prise sur certains aspects. Le mieux étant de choisir ses batailles. Refuser catégoriquement les écrans, la nourriture non biologique, les goûter hyper sucré, les jeux électroniques, c’est valable au quotidien par les parents qui donnent une ligne de conduite constante. Si, ponctuellement, il y a des écarts de conduite, cela ne met pas en péril l’enfant.

Cela va dépendre du degré de confiance donné à la personne en question. Il n’est pas question de lâcher-prise sur quelqu’un qui dirait : « Moi, quand je le garderai, je le laisserai pleurer, qu’il comprenne qu’il n’a pas à décider ! ». Forcément, ce genre d’individu, résistant à toutes explications tangibles, on ne leur confie pas la prunelle de nos yeux. S’il y a vraiment des indices qui vous rendent épidermiques et malades, il ne faut pas céder et, dans ces cas-là, réduise voire éloigne-toi totalement des personnes « malveillantes ».

Tu n’as pas à supporter que votre collègue de bureau te surnomme Marguerite parce que vous tirez votre lait, si tu le vis mal ! Si les explications, le questionnement et l’introspection n’ont pas fait effet, tu as tout le loisir du monde d’ignorer l’individu voire d’en faire mention à tes supérieurs.

Il est possible, en adoptant une posture d’observateur, de ne plus sentir aussi vivement les remarques comme des critiques. Si l’on considère que l’autre évoque quelque chose de son vécu et de ses besoins par sa remarque, il est possible de l’emmener dans son propre questionnement, au lieu de rester sur la surface réflexive. A partir du moment où l’on rentre dans sa voie de pensée, il est possible de sortir de la sensation d’être jugée et en plus, d’améliorer le lien avec la personne. Celle-ci sera probablement étonnée, puisqu’elle devra approfondir sa réflexion sur le sujet. Les 4 étapes de la CNV (Observation des faits ; sentiments ressentis ; besoins qui s’expriment ; formulation d’une demande, voir mon article sur la CNV) sont des outils inestimables face aux personnes qui vous agacent !
J’espère que cet article sera une aide pour parer aux phrases piquantes. Peux-tu me dire quelles ont été celles qui t’ont le plus ennuyées ? Et celles où n’a pas su trouver de réponse ? Met un commentaire !

A la prochaine, car la curiosité n’est jamais un vilain défaut !

Allaitement

Clefs pour démarrer un allaitement

Après avoir passé des heures à lire au sujet de l’allaitement, à lire des témoignages de femmes allaitantes, à éplucher le site de la Leche League et à démarrer mon propre allaitement (enfin, notre allaitement, j’aurais du mal à l’entretenir seule, au demeurant !), je me dis qu’il est nécessaire de pouvoir fournir quelques informations pertinentes.

Première clef pour un allaitement serein : s’informer avant la naissance. Un individu informé en vaut deux. Vraiment !
Parce qu’il ne devrait y avoir « rien de plus naturel », mais il s’avère que la société ne nous permet plus réellement d’être informé de manière limpide.

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Dans la plupart des cultures moins dominées par l’individualisme, les connaissances inhérentes à la maternité (la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le post-partum) sont transmises entre mères, filles, tantes et grand-mères. La femme enceinte en a vu d’autres avant elle, cela donne l’impression aux femmes d’être moins perdues.
Mais voilà, bonjour l’occident, bonjour les siècles de bienséééééaaaaances (!) et de morales religieuses qui ont caché tout ce qui a trait à la maternité et à la femme en général.  Aujourd’hui,  nous n’avons que les récits pudiques de nos proches, mais sans qu’on le vive auprès d’elles. Les grand-parents donnent des conseils, mais ceux-ci sont déjà emprunts des croyances du XX ième siècle, qui n’a pas été délicat envers  les femmes. On va vous parler de la joie de la péridurale, grande découverte de ce siècle, mais on ne vous parlera pas des injections pour bloquer les montées de lait, des maltraitances génitales et autres attitudes visant à infantiliser les femmes face à leur propre corps. Bref, les conseils de nos grands-parents, s’ils sont pavés de bonnes intentions, sont rarement opportuns et judicieux. Je généralise… Il y a bien sûr des exceptions !
Donc cette article a comme objectif de vous affirmer quelques vérités qui vous aideront à balayer les « bons » conseils.

 

Deuxième clef : la tétée de bienvenue.

A peine né.e, déjà au sein ! C’est vraiment ça. Les nouveau-nés sont même capables de ramper du ventre de leur mère jusqu’au sein, instinctivement. Plus vite le bébé est mis au sein, plus vite cela activera le processus de lactation et il/elle sera rassuré.e de retrouver une odeur familière sur le mamelon, lui rappelant le liquide amniotique. En outre, cela favorisera les contractions utérines afin de favoriser la délivrance placentaire.  En plus, il est bien éveillé pendant environ 2h avant de dormir quelques longues heures (5 à 7h en moyenne, juste au moment où la femme va redescendre de l’énergie de l’accouchement et aura envie de se reposer, ah ah !), autant en profiter !

Troisième clef pour démarrer son allaitement : les tétées ne doivent pas être douloureuses.
Si lorsque le bébé tête, la femme ressent des douleurs, il y a plusieurs choses à vérifier :

  • La position du bébé : il est optimal de s’assurer qu’il soit dans un axe alignant oreilles-épaules-hanche ;
  • la position de la bouche du bébé (la bouche doit être grande ouverte, les lèvres ourlées, le nez dégagé et le menton enfoui dans le sein) ;
  • La présence de freins de lèvres supérieures ou de langue trop importants, qui empêchent la prise optimale du mamelon ;
  • Une sensation inconfortable en début de tétée et une irritation des mamelons peuvent subsister les 7/10 premiers jours, mais il faut veiller à ce que cela ne dégénère pas en crevasses ;
  • Pour soigner des tétons un peu fragiles, je te suggère de la lanoline pure et un truc géniale dès que les tétons sont érodés, pour éviter la crevasses : le mepitel (http://www.molnlycke.fr/produits-sophistiques/interface/mepitel/#confirm ). Les deux ensembles, c’est fabuleux !
  • Pour aller plus loin : ttps://www.lllfrance.org/1103-les-douleurs-de-lallaitement-comment-y-remedier
  • S’entourer d’une consultante en lactation certifiée! 🙂

 

Quatrième clef : oublie ta montre.

Un nouveau-né a un estomac contenant environ 5ml, il va s’agrandir de jour en jour. Au départ, les quelques gouttes de colostrum (premier lait, jaune, très riche nutrionnellement  et bourré d’anticorps) suffisent amplement.

Ce bébé va avoir envie de téter très souvent, d’être porté aussi… Il découvre la vie aérienne et a besoin de soutien. D’où l’intérêt aussi d’être renseigné sur le maternage proximal, juste ici pour l’intro. Il n’a pas de timing et il n’y a aucune raison de ne pas respecter ses propres signaux métaboliques.  Le bébé s’endort facilement au sein, mais il peut téter en dormant. Ces phases de « tétouilles » sont vraiment utiles pour lancer la lactation. Il n’y a pas non plus de durée de tétée.. Cela va dépendre de ton « style » de bébé (qui s’affirmera avec la « montée de lait » et donc l’augmentation du volume produit).

Ce conseil vaut pour tout l’allaitement qui se conduit merveilleusement dès qu’il est à la demande (dès les signes de l’enfant).

 

Cinquième clef : allaiter aux signes d’éveil.

Pas besoin d’attendre les pleurs, lors de ses premières semaines de vie, dès qu’il commencera à remuer, propose le sein. Il est déconseillé d’attendre que l’enfant pleure, il aura alors besoin de se calmer avant de parvenir à prendre le sein… Quelle perte de temps et d’énergie négative !

Voici les signes auxquels répondre sans attendre :

signe d'éveil faim

 

Sixième clef : l’alternance des seins.

Il est nécessaire de stimuler les deux seins. Pour se faire, il faut proposer un sein (appelons le « A »)  à une tétée puis proposer le second (« B »).  Lors de la tétée suivante,  il faut d’abord présenter « B » et proposer « A ». Les deux seins sont ainsi stimulés et c’est le bébé qui gère la quantité dont il a besoin.

 

Ultime clef : faites-vous confiance.

Le corps de la femme est plein de ressources et a la capacité de produire TOUT ce qu’il faut au bébé. Quant à lui, il sait ce dont il a besoin. Il n’y a aucune raison de le pesé avant et après les tétées. La nature est, la plupart du temps, bien faite ! Lâche prise sur les quantités… C’est une première chance que tu lui donnes de lui faire confiance dans sa capacité à gérer ses apports tant en termes de quantité que de rythme.

 

Disclaimer :

J’ai abordé les cas où la mère et l’enfant sont en bonne santé. Ce n’est pas toujours le cas. Un accouchement long, la souffrance fœtale, un accouchement express avec complications, la prématurité, une détresse respiration, une césarienne, une hémorragie utérine et bien sur les chirurgies mammaires impactent le déroulement idéal de l’accueil du bébé et de la mise en route de l’allaitement .

Dans de rares cas, l’allaitement est impossible. Mais une césarienne ou le fait qu’un bébé n’ait pas pu faire la tétée d’accueil  n’empêche pas d’allaiter. Pour le bébé prématuré, cela dépend du stade de prématurité, il faudra peut-être envisager un tire-allaitement au début.

Dans tous les cas, il faut y croire et faire confiance à son corps, même s’il a eu une faille, ça n’implique pas des problèmes en cascade.

 

Si tu as des questions, des remarques, ou autre, mets vite un commentaire! J’y répondrai avec plaisir et ça aidera les autres visiteur.se.s.

A bientôt, les curieux!