Préparer la naissance

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

C’est un des craintes de la femme enceinte : à quoi va ressembler mon corps après la grossesse ?

Encore une fois (voir l’article sur le corps pendant la grossesse), j’espère que ce n’est pas un sujet qui soit parmi les prioritaires. S’il l’est et que cela occasionne un mal-être, il ne faut pas minimiser cela et éventuellement se faire suivre par un professionnel.

Autant enceinte, j’étais heureuse de ne plus tenir mon ventre en public et avec mes vêtements moulants. Autant après l’accouchement, je savais que la pression sociale de la femme longiligne et retrouvant son corps rapidement reviendraient rapidement.

J’ai eu la chance d’avoir une grossesse et un accouchement qui furent idéaux. Mon corps a joué de rôle de manière magistrale.
Néanmoins, chacune a vécu les choses de manière unique.
Si tu n’as pas encore accouchée, je te laisse lire cet article qui permet de préparer son accouchement, qui permet d’anticiper et de mettre en place certaines choses pour améliorer cela.

L’expérience de la césarienne, en plus de laisser une cicatrice, provoque une baisse de confiance en son corps. Les conséquences post-opération sont désagréables et n’aident pas à se sentir bien dans sa peau.
Il est va de même pour les femmes ayant eu des accouchements traumatiques.
Ce déroulement des évènements amène à une image négative des capacités du corps puisqu’il n’a pas réussi à faire « son job ».

Alors, c’est vrai ! A l’instant où il aurait fallu que tout se passe harmonieusement, il y a eu des éléments qui ont bloqué le déroulement.
En outre, il est exact de dire que certaines femmes n’ont pas un corps qui leur permet un accouchement par voie basse, ont tendance à avoir des saignements hémorragiques, et autres joyeusetés…
Mais c’est pour ça que la médecine moderne est tout de même merveilleuse !
Elle offre un cadre sécuritaire à une large majorité tant pour la mère que pour l’enfant.
Il est dès lors nécessaire de changer le cadre de perception : la médecine t’a permis d’être et d’avoir un enfant en bonne santé. Que ton accouchement ait été compliqué, que ta grossesse ait été écourtée, que tu aies dû être alitée pendant ta grossesse, tu as fait de ton mieux.
La nature n’est pas juste. Elle nous donne des capacités physiques différentes et toi, en tant qu’individu, tu ne dois pas culpabilisée de ne pas faire partie des « femmes qui ont pu » car cela ne dépend pas de toi.
En regard des conséquences d’un accouchement traumatique et des séquelles tant physiques que psychologiques que cela peut engendre, je t’invite à te faire accompagner pour surpasser cela… avec ton bébé.

Au-delà du déroulement de l’accouchement, le corps (et la tête) post-partum, c’est quelque chose.
J’ai eu la chance d’avoir accès à une salle d’accouchement physio : plus grande, équipée de matériel pour gérer les contractions (merci au ballon et la baignoire) et… d’un miroir.
Oui, un miroir, situé juste en face du lit ! Alors relativement loin (puisque la chambre était vaste), mais là quand même.
Si bien que lorsque je suis descendue du lit où j’ai mis au monde ma fille, je me suis aperçue. Il s’avère que j’ai accouchée nue donc j’ai pu me voir en détails… Même si je ne me suis pas attardée.
Je me suis mise de profil et j’ai rigolé.
En quelques minutes, ce corps qui contenait environ 7kg de « matière » n’était plus rond mais avait une forme approximative et une viscosité certaine. J’ai souri, je suis allée aux toilettes (pour l’histoire, puisque c’est la raison pour laquelle je suis passée devant le miroir, ça pique un peu, on va être honnête) et je me suis « habillée » (d’une chemise de nuit, à 15h !).
Pour celles qui auraient vécu une déchirure/épisiotomie, je ne peux que conseiller de l’argile blanche surfine. C’est une poudre magique : elle a des vertus cicatrisantes et asséchantes (je l’utilise au quotidien à la plaque du talc – dont la composition n’est pas terrible- pour les fesses de ma puce).

Après 2/3h d’éveil (et de tétée d’accueil !), ce bébé tout neuf est habillé et s’endort pour de longues heures.
Une fois en chambre, j’en profite pour aller prendre une douche. Étonnée de tenir sur mes jambes comme s’il ne s’était rien passé. Juste qu’Elle était là dehors et plus dedans (le baby-blues dans un autre article ! :p ) et que moi, je retrouvais donc un corps que je ne partageais plus (et pourtant, qu’est-ce que j’ai aimé ça !).
Au bout de 5 minutes dans la douche, j’ai compris à quoi servait le siège repliable dans la douche !
OMG ! Mais c’est quoi cette sensation de pesanteur au niveau du périnée ?
« Bonjour, j’ai été distendu et je te le fais savoir… »

Je fus impressionnée de cette sensation des organes qui pourraient filer vers le bas. En l’occurrence, ce n’est pas à négliger… Ça existe et cela s’appelle un prolapsus (une descente d’organes).

Bref, durant les premiers jours, on est bien mieux assise/couchée que debout. Je me suis fait quelques chutes de tension à cause de cette sensation de pesanteur à la maternité. Et j’ai eu mal quand je restais debout plus de 2h pendant au moins 10/15 jours. Je rappelle que j’ai eu la chance de n’avoir aucune intervention sur mon périnée.

Le lendemain, j’ai eu envie de donner une belle apparence. Puisque j’avais pu me laver les cheveux la veille, j’ai même pris soin de me maquiller d’un trait de Khôl (mon seul maquillage de tous les temps) et j’étais habillée de vêtements amples. Je n’avais pas envie de recevoir en pyjama(mais chacune ses envies, sincèrement, on est quand même bien plus confortable dans son lit en pyjama!) .
Ce jour-là, on a un bidon d’environ 5/6 mois de grossesse, je dirai mais la résistance en moins. Ça me faisait rire, on aurait dit un bol de gelée retourné.

Petit conseil aux mamans en maternité : prévoyez des encas riches en fibres. Ce n’est pas l’alimentation de la maternité qui vous permettra de remettre en route le système qui a été bien chamboulé !
Alors fruits secs et oléagineux en tout genre vont seront d’une grande utilité ! N’hésitez pas à mandater certaines personnes pour vous apporter des fruits frais.
Le sujet n’est pas glamour, mais c’est ça aussi, le corps. Autant y penser, parce que si ça ne roule pas, on n’est pas bien. Et le personnel soignant vous posera la question !

Dès la maternité, il est possible d’améliorer le tonus de son (feu ?!) périnée grâce à des exercices de respiration hypopressive. Un kinésithérapeute est venu me voir pour m’expliquer ce que je pouvais faire pour m’aider à récupérer une aisance appréciable (coucou les fuites !). Voici un lien qui explique les exercices si tu n’as pas l’occasion d’avoir une kiné dans la maternité : https://www.youtube.com/watch?v=Pn34vS0Af0c ou encore https://www.youtube.com/watch?v=dpF5TIEp89U

Les toutes premières semaines avec le nouveau-né ne sont pas souvent propices à une introspection sur son apparence… Enfin du moins, dans mon cas, je n’y pensais pas et ma douche était (je peux dire « est ! ») tellement rapide que je n’avais pas le temps de détailler ce qu’il se passait sous les vêtements.
Je crois que j’ai passé un mois (au moins) à être habillée de pantalons/jeans larges, de débardeurs à décolleté extensible et de pull à capuche avec fermeture éclair.
Mais on est en cocooning, et il fallait que mes seins soient facilement à disposition.
Et c’est vrai qu’en tout début d’allaitement, on passe plusieurs heures par jour avec un sein ou l’autre à l’air. Ça passe vite et il n’y a pas de raison que cela te rebute pour l’allaitement.
Les exercices suggérés par la kiné peuvent être répétés tous les jours, cela ne fera que t’aider.
En vrai ? J’ai dû le faire les premiers jours, et puis j’ai oublié.
Je l’ai fait sporadiquement, quand j’y pensais…

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Après un mois, souvent, on se regarde et on se demande ce qu’il en est de notre corps.
Chacune sera plus ou moins satisfaite et détentrice de « stigmates ».
Ventre gonflé, vergetures, hanches élargies, seins en mode carte routière qui goutent, et cernes.
Bien sûr, chacune à des degrés divers, mais c’est vrai que la grossesse modifie le corps. Ce n’est pas le bon moment pour essayer tes derniers pantalons achetés avant la grossesse. Souvent, cela ne sera pas un succès et tu vas te rendre triste.

Et si on parlait aussi des saignements post-partum ? Cela sera les chutes du Niagara pendant 3 jours. Le corps vide complètement ce qui ne lui est plus utile maintenant que le bébé est sorti de ton corps. Tu vas découvrir la joie des culotte-filet, des alaises (la première nuit surtout), et des protections géantes ! Youhou !
En fonction des femmes, les saignements peuvent durer de 20 à 40 jours. Comme des règles qui durent, qui durent, qui durent…
Mais la quantité doit aller en diminuant.
Sincèrement, je ne peux que te conseiller l’usage de protection hygiénique lavable. Les quantités après 7/10 jours sont bien plus faibles et les produits/la texture des protections jetables peuvent créer des irritations.
Dans tous les cas, il est indispensable de réduire les efforts physiques au minimum pendant les trois premières semaines. Il est conseillé de ne pas porter plus que le poids du bébé et d’éviter les mouvements brusques. Plus tu prendras du repos (bien mérité avec les efforts phénoménaux demandés par l’accouchement et la grossesse), plus tu vas permettre à ton corps de s’en remettre.. Et donc diminuant le temps des saignements.
Ce n’est pas pour rien que dans certaines cultures, les femmes ne sont pas censées sortir du lit pendant 40 jours post-partum. = https://chine.in/guide/zuo-yuezi-repos-postnatal_3864.html
Bien sûr, il n’y a pas que du “bon” dans toutes ces croyances… Mais le respect du repos ne peut être que bénéfique.

A savoir : le corps met entre 9 et 12 mois à se remettre d’une grossesse. Alors il ne faut pas se précipiter. Le volume sanguin a augmenté d’environ 1.5l pendant la grossesse. L’utérus est passé de 6cm à environ 32/34cm à terme et Il faut environ 6 semaines pour qu’il ait retrouvé sa taille… mais aussi pour que le volume sanguin soit redevenu conforme à son corps hors grossesse.
Il en va de mettre pour l’écartement des hanches (oui, on le sent bien le bébé qui écarte les os du bassin en passant !) qui se réduira au fur et à mesure pendant 12 mois.

Personnellement, je n’en veux plus autant à mon corps qu’auparavant. Certes, il est moins longiligne, mais… il a porté ma fille et je ne peux plus le voir comme ma simple enveloppe. Il a été l’incubateur « magique » de mon enfant. Je lui pardonne depuis bien plus facilement de ne pas être dans les parfaits standards de beauté (qu’on rappelle complètement construits et totalement trompeurs ?!).

Viens ensuite le temps de la rééducation du périnée !

sonde rééduc périnée
Sonde de rééducation du périnée – à garder en souvenir après les séances! Chouette!

Ça ne vend pas du rêve… Et pourtant.
La rééducation ne travaille pas que le périnée mais sert aussi de rééducation abdominale. Les kinésithérapeutes guident les femmes afin de leur enseigner des exercices de musculation profonde afin de retrouver de la tonicité musculaire et une capacité à tenir sa sangle abdominale et dorsale !
Ces dernières ont été mises à rude épreuve. Pour celles qui ont une cambrure forte, la grossesse a surement engendré des maux de dos assez désagréables. Grâce à la rééducation, vous allez avoir des solutions et des exercices pour préserver vos abdominaux, vos dorsaux et votre périnée !

Ce dernier ensemble muscle a été plus ou moins traumatisé par l’accouchement et la grossesse. Dans le cas de déchirure ou d’épisiotomie, il est vraiment utile de faire cette rééducation afin de s’assurer qu’il retrouve sa souplesse et sa réactivité. Les manipulations (bah oui, il faut appeler un chat, un chat !) ne sont pas agréables mais pas douloureuses et permettent de supprimer les adhérences au niveau tissulaire. En prime, tu gagnes une sonde réutilisable en cas d’autre grossesse (Ok, c’est le genre d’objet-souvenir qu’on ne met pas sur le buffet).
En Belgique, les séances de rééducations sont généralement au nombre de 9 (cela dépend des besoins de la patiente) et sont très bien remboursée par les mutuelles.

Concernant les exercices abdominaux et dorsaux, la/le kinésithérapeute te montrera des exercices qui amoindriront tes maux de dos (#crunch). Ce sont des exercices de musculations profondes qui joueront un rôle fonctionnel excellent tout au long de la vie (s’ils sont effectués régulièrement, bien entendu).
Pour ne rien te cacher, les exercices correspondent clairement à la Méthode De Gasquet, au Pilate et jouent sur le mouvement effectué sur les respirations.
Voici quelques exercices, d’une chaîne qui explique bien l’intérêt des exercices et la manière de préserver ses muscles (et ses efforts !) :

Dans ma propre situation, en regardant mon corps, 15 jours après l’accouchement, je me disais que j’avais plutôt de la chance.
Moui, sauf que 4 mois plus tard, on en était au même point ! J’étais un peu moins satisfaite, même si clairement, j’ai un autre regard sur mon corps de maman.
J’ai enfin accepté que je n’aie plus 16 ans (oui, oh, j’ai juste 14 ans de retard).
Et mon acceptation dans mon corps va grandissante.

J’avais toujours entendu que l’allaitement favorisait la perte de poids.
Tu la vois venir, la supercherie ? L’histoire de la nature inégale, tout ça, tout ça… ? Bingo ! Là aussi, elle se manifeste !
Il s’avère que l’allaitement engendre une dépense énergétique d’environ 600kcal/jour. Théoriquement, cela devrait faire fondre les graisses qui ont d’ailleurs été stockées pendant la grossesse à cet effet. Le métabolisme est, globalement, assez bien fait.
MAIS… il s’avère aussi que l’activité physique d’une jeune mère n’est pas aussi importante que durant la grossesse (sauf si on a été alitée… !).
En plus de cela, la fatigue n’aide pas à gérer son appétit… Généralement, les premières semaines, on passe pas mal de temps chez soi et on peut grignoter un peu plus.
L’appétit est variable d’une femme à l’autre. Certaines auront des fringales (j’en fais partie… !) et d’autres auront l’appétit coupé par cette nouvelle organisation tourbillonnante.
Il s’avère également que la prolactine aurait un impact dans le sens de l’augmentation de l’appétit.
Bref… allaiter demande de l’énergie et le corps est bien fait puisqu’il en demande plus.
Donc non, l’allaitement ne fait pas forcément maigrir. Mais il peut en faire fondre certaines qui ne parviendrait pas à retrouver/tenir un rythme alimentaire.

Dans mon cas, j’ai commencé à perdre du poids « sans rien faire » quand ma fille a eu 5/6 mois. Rien de mirobolant, mais 1 ou 2kg qui ont disparus. Or, depuis l’accouchement, je me gave littéralement d’oléagineux, de fruits secs et de graines… Ce n’est pas une mauvaise habitude, cela dit, mais cela compense en partie la dépense énergétique de l’allaitement !
(Attention à la quantité d’amandes qui ont des effets galactogènes si tu n’en consommes pas habituellement depuis toujours. En cas d’hyperlactation – fréquente les premières semaines – et de réflexe d’éjection fort – le lait qui sort en jet et qui engendre un bébé qui toussent à cause de grande gorgée de lait –, les amandes peuvent aggraver le problème).
Je continue à faire les exercices de rééducation abdominale régulièrement depuis le début de ma rééducation. Les tapis de dalles en mousse sont d’excellents tapis de gym! Je fais mes exercices en jouant avec ma puce… quand j’ai assez d’énergie!

Que ce soit pendant la grossesse, l’allaitement ou la vie entière, il est nécessaire de se rappeler que la nourriture est le carburant du corps. C’est grâce aux aliments que le corps peut fonctionner. Il est indispensable pour avoir une forme et une santé optimale de se nourrir avec soin.
Je ne suis pas innovante en disant cela : dès l’antiquité, il fut reconnu que l’alimentation devait être préservée et qualitative afin de ne pas nuire au corps.
Ce n’est pas une surprise que j’affirme que les produits industriels/transformés sont à proscrire, pour quiconque.
J’écrirai un petit article sur des petites astuces à préparer avant terme pour prévoir une organisation « saine » et répondant vraiment aux besoins de la mère et du bébé pour les premières semaines.

Bref, après quelques mois, on aimerait un peu retrouver son corps. Celui d’avant.
Mais c’est rare qu’on puisse se (re)trouver bien avant 9/12 mois.
Le corps a été largement chamboulé par la grossesse et l’accouchement et il faut le temps que tout revienne à sa place.
Pour aider à retrouver la forme, je ne peux que suggérer de bouger le plus possible.
Avec un jeune bébé, cela semble compliqué mais une activité peut être reprise endéans 3 semaines après l’accouchement : la marche !
C’est un bon plan que de prévoir dans son planning quotidien de sortir marcher minimum 30 minutes par jour.
Avec le tout-petit, il est possible de gérer son timing en partant marcher après une tétée. Souvent, ils s’endormiront bercés par le mouvement.
Plus tard, quand tu seras plus à l’aise, tu pourras même partir sans réfléchir puisque le bébé pourra téter tranquillement dans l’écharpe ou le porte-bébé physiologiques – désolée pour Babyb***n qui devra être boycotté- (à partir de 5 mois environ, pour respecter l’écartement des hanches).

Le fait de marcher aidera à se sentir lieux dans sa peau, comme l’ensemble des activités physiques.

Je rêverai que se démocratisent et s’élargissent les ateliers de danse-écharpe ! Qui sait, y en a-t-il peut-être près de chez toi ?
Passer une heure à danser avec un bébé collé contre soi : bouger, voir du monde et offrir à ton bébé des sensations qui lui feront découvrir son environnement ne sont que bénéfiques !

Toutes ces informations ne détrôneront pas certains questionnements et mal-être du corps et de l’esprit d’après-grossesse.
Il y a certaines qui seront touchées par un baby blues ou une dépression post-partum. Dans ces cas-là, il est indispensable de s’entourer et de ne pas rester seule face à son quotidien de jeune mère. Tant des professionnel.le.s que des échanges avec d’autres mères peuvent être salvateurs pour ton moral. Il en va de même pour les femmes qui ne ressentent pas les liens d’attachement se produire. Il ne faut pas minimiser l’absence d’attachement au nouveau-né.

Je ne peux que conseiller de sortir de chez toi et d’aller à la rencontre d’endroit childfriendly afin de voir du monde.
Les moments avec ton bébé sont privilégiés, mais il est vrai que 3 jours sans parler à quelqu’un qui a du répondant peuvent être vraiment pénibles à vivre.

De même, ne reste pas avec une douleur physique persistante !
Il suffit parfois d’une séance chez un ostéopathe ou un chiropracteur pour débloquer ce qui gâche une part de ton quotidien.
Quand on est dans des moments de totale dévotion aux besoins de son bébé, il est absolument nécessaire de prendre soin de soi. Alors non, tu ne seras pas forcément tirer à quatre épingles, mais fais attention à toi : par ton hygiène, ton alimentation, les aspects psychologiques et physiques.
Tu as besoin d’être optimale pour offrir toute l’attention à ton bébé (c’est le principe de l’empathie… tu ne peux être attentive aux besoins d’autrui que si tu ne prends pas en compte tes besoins).

Enfin, n’oublie pas que tu as toute la vie pour avoir un corps qui te plait (qui n’est pas le corps « parfait » sorti des diktats créés de toute pièce)… et que chaque jour qui passe de ton bébé est unique.
Un jour, il sera plus autonome. Un jour, les tétées n’auront plus lieu toutes les deux heures. Un jour, il y aura plus de mots et moins de pleurs.
Rien n’est définitif et l’idée principale est de profiter des moments en pleine conscience… sans espérer que cela sera plus facile plus tard.
Plus jamais, ce front froncé ne cherchera le sein de manière approximative. Ancre bien ces souvenirs, malgré la fatigue. Garde en mémoire les repas hachés parce qu’il y a une tétée ou une couche à changer.
Un jour, tu en riras.
En attendant, « quelqu’un a besoin de toi ». Et tu as tout l’amour du monde dans le cœur pour y faire face ou toutes les ressources pour le faire émerger s’il te semble lointain.

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A très bientôt, Lectrice Curieuse !

Source :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1285-da-67-implication-alimentation-maternelle

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Préparer la naissance

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si tu es future maman, tu guettes les changements corporels.
Peut-être parce que tu les crains et surtout les séquelles irréversibles.
Peut-être parce que tu attends que cette grossesse se voit.edward-cisneros-667919-unsplash.jpg

Le statut de femme enceinte s’acquiert une fois que la grossesse est visible. Il y a une espèce d’aura social devant ce corps arrondi. Souvent, les regards doux et bienveillants caressent ce ventre proéminent. (On a dit « les regards », pas les mains qui se posent sur le ventre alors qu’on a rien demandé !)
Mais à côté de cette image sociale, il y a le ressenti de la femme.

Personnellement, j’ai vu directement les changements sur mon corps et sur mon métabolisme. Mon histoire engendre que je suis très à l’écoute de mes signaux internes.
J’ai senti une « gêne » dans mon ventre … Mes muscles abdominaux ne réagissaient plus de la même manière.
J’ai su rapidement que quelque chose se tramait (et j’attendais les signaux, puisque ma fille a été conçue par la PMA).

Mais pour certaines, les sensations ne sont pas claires. Il y a d’ailleurs autant une impatience des signes de grossesse qu’une crainte des sensations désagréables.
Et ce qui est drôlement super, c’est que d’une femme à l’autre et même d’une grossesse à l’autre, les « symptômes » de grossesse ne sont pas identiques :

  • Les seins qui enflent et qui deviennent douloureux ;
  • Les nausées ;
  • L’odorat qui s’affine ;
  • Les dégoûts alimentaires ;
  • La tachycardie ;
  • La fatigue ;
  • Les vertiges ;
  • Un goût métallique dans la bouche ;
  • Une peau a tendance acnéique ;
  • L’hypersalivation ;

La liste n’est pas exhaustive. Le corps a de la ressource !

Mais il est possible aussi de ne rien avoir avant un certain terme.
Dans mon cas, aucun signe, à part ces tiraillements dans le ventre. Puis à 4SA (semaine d’aménorrhée), j’ai découvert que je pouvais avoir des seins (ils avaient toujours été inconnus au bataillon). Et surtout, j’ai découvert que la digestion demandait une force inouïe à l’organisme puisque mon cœur s’emballait à 90 pulsations/min dès que je mangeais. Sensation très étrange… et inquiétante !

Mais avec tout cela, viens le lot d’inquiétudes et de joies mélangées. La création d’un petit-être est en cours.
Le corps, qui est son temple, se transforme. En fonction du métabolisme de base, de sa morphologie, de son capital musculaire, la silhouette évolue bien différemment.
Dans mon cas, je croyais qu’en me musclant beaucoup, j’aurais plus de faciliter à retrouver la forme après. C’est relativement concluant. Entends bien le « relativement » !

Certaines, avec leurs nausées, vont perdre du poids au début. Pour d’autre, c’est l’appétit qui prend le dessus et les kilos sont déjà scrutés dès les premiers mois.

C’est paradoxal, la grossesse : on a envie que cela se voit, mais on se trouve un peu grosse quand même.
Je crois que la phase des 3-4 mois est la plus frustrante à vivre : on voit que le ventre est distendu, mais on en sait pas dire si c’est vraiment une grossesse ou si c’est un excès de raclette (oui, même en plein mois de juillet !).
Cette ambivalence par rapport à son corps est une étape importante. Le fait de porter la vie et les sensations qui vont avec nous aide à conscientiser ce qu’il se passera.
En soi, nous ne serons plus jamais seules et le corps d’avant ne sera plus.

Pas de crainte : je ne dis pas que tu seras déformée, juste que c’est un autre corps. Il pourra être aussi harmonieux, mais avec un bassin un peu plus large peut-être, un ventre moins tonique et une peau un peu distendue (voire des vergetures si la nature ne t’a pas fourni le kit « peau extensible »… eh oui : c’est plus une question de génétique que de la quantité d’huile que tu pourras mettre… !).

Le graal arrive vers 5 mois, pour la plupart : le baby bump, ce ventre rond caractéristique d’une grossesse.
Il s’accompagne avec la précision des mouvements du fœtus. Et il y en aurait à dire sur ces sensations étonnantes !
La moitié du chemin est fait et « le symbiote » se fait bien sentir.
Dans mon cas, ce fut une catastrophe dans ma concentration car chaque mouvement me provoquait de larges sourires béats. C’était hyper crédible lors de mes RDV pro… ! Je passe l’envie de faire baisser le ton à certains car ma fille ne supportait pas les fortes voix (et c’est toujours le cas maintenant !).

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C’est à partir de là que je peux suggérer aux mères qui ne le feraient pas, c’est de bouger ! Piscine, marche, vélo (recommandé par ma gynécologue) ou encore exercices de renforcement musculaire, tu as le choix (bien sûr en cas de santé adéquate et de grossesse sans risque !)
Cela permet de prévenir ta perte musculaire et de renforcer la ceinture abdo-lombaire qui est mise à rude épreuve avec le poids du ventre.
Malgré la beauté du ventre rond, il est utile de préserver son dos en tentant de ne pas cambrer son dos pour éviter/réduire les douleurs dorsales fréquentes pendant la grossesse.
L’utilisation des « swiss ball » est aussi une idée qui pourra t’aider jusqu’à la fin de ta grossesse. En t’asseyant là-dessus, à la place d’une chaise pour travailler, cela sollicite tes muscles et cela fait travailler son bassin qui s’assouplit pour le jour J !
Là encore, c’est au bon vouloir du corps qui exprime clairement ses propres limites.

Au fur et à mesure que les semaines passent, le corps s’étend et laisse la place pour les galipettes du fœtus.
Les préparatifs s’accélèrent (sauf si on s’y prend bien tôt, comme moi, qui craignait une arrivée précoce, sans aucun signe précurseur !) et la question de la préparation à la naissance se pose.
Je te propose deux articles : un sur la préparation à la naissance et l’accouchement et l’autre sur les projets de naissance.
A voir se corps changer et à apercevoir les mouvements du fœtus, sa réalité est de plus en plus tangible, aussi pour l’entourage.
Il n’est plus un individu que pour la femme mais aussi pour l’environnement social qui va l’accueillir.

C’est aussi le moment où l’ambivalence peut être la plus forte pour la femme.
En fonction des transformations de son corps, elle peut avoir plus ou moins d’inconforts.
Il y a cette joie d’avoir la concrétisation de ce petit être de plus en plus clair dans ses mouvements (disons parfois déménagement !). Mais il y aussi la transformation majeure du corps, qui n’a plus grand-chose à avoir avec ce qu’il était quelques mois auparavant. Ajoutons à cela la réalisation plus ou moins forte que l’enfant va VRAIMENT arriver.
Je me souviens que 4 semaines avant terme, je me suis rendue compte qu’elle ne serait plus prématurée et que d’ici moins de 30 jours, elle serait dans mes bras.
Oui, j’étais toute ronde (pas autant que je le pensais, en fait !). Oui, elle bougeait. Oui, je lui parlais.
Mais d’un coup, comme un élastique qui rebondit, la réalité d’un bébé et d’être bientôt séparée d’elle physiquement. Elle n’est plus qu’un projet… une chose dont je rêvais depuis des années.. Mais elle est là !

Ce n’est pas pour rien qu’il faut de longs mois pour préparer les affaires du bébé, pour ranger et organiser des choses (ah ah ah ! Si tu savais … par exemple, l’inutilité de prévoir une chambre au départ !). Mais surtout pour se préparer psychiquement à devenir mère et d’être dévouée à quelqu’un d’autre.

Le corps est un média avec l’extérieur.
Le corps est uni indéfectiblement avec l’esprit. De plus en plus d’étude démontrent à quels points il est absurde de séparer corps et esprit dans toutes les approches médicales et psychologiques (par exemple, la rétroaction posturale).
L’esprit se modifie également, pour passer de l’être unique que nous sommes, à un être qui (dans un premier temps) n’aura plus des masses d’autres vocations que la satisfaction des besoins du bébé.
La structure même du sommeil évolue : « on observe une proportion plus importante des phases de sommeil lent léger et d’éveils. Le nombre de phases de sommeil lent profond diminue. Ceci a pour effet de limiter l’effet réparateur de la fatigue physique que doit procurer le sommeil. On note également une augmentation des parasomnies et des dyssomnies en fin de grossesse. » (source : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00863861/document)
La modification du sommeil a comme objectif que la femme jeune accouchée soit très rapidement disponible pour son bébé, même endormie.
L’allaitement favorise également cette disponibilité grâce à la production hormonale qu’il engendre.
Bref, tout se met en place. Corps, tête et environnement.

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Cependant, la grossesse est une période de bouleversements émotionnels. Les rôles changent au sein des familles et des couples.
Cela peut engendrer des grosses remises en question (j’ai envie de dire : ce n’est que le début !) et le regard de la société peut s’avérer pesant.

D’abord, la femme enceinte doit avoir une silhouette précise et ne pas prendre plus de 10 kg (c’est à modérer en fonction de la stature initiale).
Elle doit se comporter d’une certaine manière : éviter certaines activités perçues comme inadaptées, par exemple.
Elle doit aussi être forcément heureuse et bien dans son corps car ce dernier est un cocon pour son bébé et que c’est FORCÉMENT une plénitude.
Oui, ça peut l’être. Mais l’inverse est aussi vrai !
Une femme enceinte peut aussi bien faire des bombes dans la piscine (ça sent le vécu, non ?!) que d’aller courir. Ses limites seront clairement définies par ses propres ressentis. Les femmes n’ont nul besoin de « conseils » décourageants. Elles ont juste besoin de se reconnecter à leurs propres sentiments, leurs émotions, leurs sensations physiques et leurs forces intérieures.

Certaines vivront très mal les changements physiques pendant la grossesse et les limitations qui en découlent (d’autant plus dans le cas des grossesses à risques).
Si c’est ton cas et que tu es mal dans ta peau : contacte moi (ou un.e autre professionnel.le), écris un commentaire pour faire part de son ressenti et accepte ce que tu ressens (voir l’article sur les émotions).

Tu as le droit de te sentir belle.
Tu as le droit de te sentir mal.
Tu as le droit d’être frustrée car la grossesse ne rencontre pas tes espoirs.
Tu as le droit d’Être au lieu de paraître aux yeux du Monde.

Dès le départ et pour toute ta vie, je t’invite à te renseigner sur le mouvement « Body Positive » qui fait du bien aux femmes.
L’objectif n’est pas de constater que d’autres se sentent bien sur les réseaux sociaux, mais d’en comprendre les intentions initiales : accepter que chacune est originale.
Aucun regard extérieur ne devrait valider notre Être.
La liberté, c’est d’avoir le choix et de ne pas courir après un idéal construit de toute pièce par la société normative.

A très bientôt, Lectrices/Lecteurs Curieuses.x !

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