Éducation bienveillante·Maternage proximal

le sommeil en dessous de 3 ans expliqué au.x (futurs) parent.s

Si tu n’as pas encore d’enfant, cet article va t’aider dans les mois (nombreux !) à venir.
Comme je l’évoque dans l’article concernant le quatrième trimestre de grossesse, autant le savoir, pour ne pas devenir dingue et prendre les évènements comme ils viennent, sans s’affoler !

Si tu as un enfant, tu sais.
Tu sais que « dormir comme un bébé », c’est une expression insensée !
Alors oui, c’est vrai qu’ils s’endorment parfois dans n’importe quelle circonstance, avec des bruits, de la lumière, et tout le tintouin. Mais la nuit, hein… Ce moment où les adultes dorment, les bébés, eux… Ne sont pas forcément dans cette disposition-là !

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Il est indispensable d’avoir quelques connaissances sur le rythme physiologique des bébés.
Parce que s’il est connu qu’un enfant à la naissance ne fait pas ses nuits, il est d’usage d’entendre que vers 3 ou 6 mois, ils sont capables de faire « leur » nuit.
Nombre de bébé ne dorment pas tout le long de NOS nuits à cet âge-là !
Le sommeil s’acquiert durant les 3 premières années de sa vie, au gré des maturations cérébrales.
Je suis d’ores et déjà navrée de décevoir celles et ceux qui pensaient que j’allais leur donner des trucs pour « les faire dormir ».
Je vais plutôt expliquer POURQUOI ils ne dorment pas et comment mieux vivre cela. Il faut être honnête, avoir des nuits interrompues est difficile. Quand elles sont hachées menues, c’est encore pire !

En préambule, quelques connaissances sont indispensables pour comprendre le fonctionnement des enfants.
La typologie du sommeil des enfants évoluent durant les 3 premières années.
Voici une infographie qui expose l’évolution du cycle du sommeil :

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Il y a d’autres informations indispensables à prendre en compte, que je cite directement de ce cours :

« – Sa durée se raccourcit de 20 heures à la naissance,  à 12 heures environ à 2 ans. Rythmé par l’éveil   alimentaire   ou   d’inconfort   dans   les   premières   semaines   de   la   vie,   il   s’organise progressivement de 3 à 6 mois en une longue période nocturne de 12 heures et une plus courte (la « sieste ») de 3 à 4 heures. Celle-ci ira progressivement en se réduisant et disparaîtra en moyenne à 3 ans.      

 –  L’endormissement  est  brutal  pendant  les  premiers  mois,et  se  fait  en  sommeil  « rapide » (équivalent  du  sommeil paradoxal  de  l’adulte).  Puis  progressivement  le  sommeil  « lent »  s’impose comme initiateur du sommeil mais son pourcentage (50  % – 50 % à la naissance) n’augmente que lentement (65 % – 30 % à un an ; 80 % – 20 % à 3 ans). L’endormissement devient plus laborieux entre 3 et 9 mois, et franchement long (20 à 60 minutes) entre 1 et 3 ans, dépendant grandement du niveau de vigilance diurne de l’enfant qui lutte souvent contre le sommeil. Au-delà de cet âge, cette période d’endormissement se stabilise autour de 15 à 30 minutes.       

– Le sommeil lui-même est de niveau variable (stades de sommeil) et les périodes de sommeil lent  léger  (stade  I-II)  deviennent  abondantes  (1/2 du  sommeil  lent)  à  partir  de  6  à  8  mois.  Ces phases proches du réveil sont fragiles et surtout chez les enfants hyperactifs ou inquiets.      

 – Le réveil spontané est seul physiologique chez le nourrisson. Réveiller un nourrisson perturbe grandement  l’organisation  ultérieure  du  sommeil  quand  l’habitude  en  est  installée  et  devient  vite source d’irritabilité et d’agitation elle-même perturbatrice du sommeil.       

–  La  maturation  du  sommeil  comporte  d’importantes  variations  interpersonnelles  qu’il  est hasardeux  de  négliger.  Il  faut  éviter  l’éclosion  de  réflexes  conditionnés  d’éveil  rythmés  par l’habitude  trop  prolongée  de  nourrir  l’enfant  au  milieu  de  la  nuit. Mais  il  est  aussi  anormal  de vouloir  « régler »  l’enfant  trop  tôt  et  trop  autoritairement  en  le  privant  de  prise  alimentaire  ou hydrique  quand  il  se  réveille  inopinément ;  le  rythme  propre  de  l’enfant  doit  être  respecté, éventuellement lentement et affectueusement modifié dans le respect du confort de chacun. Il n’est donc pas étonnant que certains enfants ne parviennent pas à enchaîner les cycles sans se réveiller, que ce soit la nuit ou en journée. »

 

Dans les premiers mois de la vie, les bébés dorment énormément.
Je me souviens que ça m’avait décontenancé quand, vers ses 3 semaines de vie, ma fille a enchaîné 3 jours à ne veiller que le temps des tétées, à peine plus. Certes, elle prenait le sein toutes les heures ou presque, mais cela m’avait inquiété. J’avais cru être responsable de cela car j’étais partie de balader pour la première fois pendant 1h, par 3 degrés !
Bien qu’elle soit en portage et bien couverte, je croyais avoir fatigué son organisme… Mais non ! Il s’avère que ce sont des périodes totalement normales dans le développement des nourrissons.

Ensuite, nouvelle inquiétude : ma fille de 3 mois ne dort plus que 3 fois 40 minutes par jour.
Elle était très bien, mais ne dormait pas plus que ça en journée. J’ai eu peur que ce soit problématique… mais constatant son sommeil réparateur la nuit et son humeur gaie, j’ai décidé de ne pas m’en faire !
Je suis une maman chanceuse : jusqu’à ses 9 mois, ma fille ne se réveillant que toutes les 3 voire 4h la nuit.
A partir de 4 mois, elle n’a plus eu de période d’éveil prolongé après 20h et je l’endormais en tétant avant d’avoir mes soirées « libre »  jusqu’à la tétée suivante.

Et puis elle a eu 10 mois. Elle était passée à 2 siestes par jour, l’une vers 12h, l’autre… vers 17h30/18h !
Cela impliquait qu’elle n’était plus fatiguée avant 22h30/23h !
Ce furent des journées intenses, de 8h30 à 23h, avec 2 périodes de 45 voire 1h de repos pour elle.
Mais en faisant le calcul, elle était toujours à environ 12h de sommeil/jour.
C’est d’ailleurs encore le cas maintenant, elle dort 11 à 12h/24.

C’est en constatant les changements de rythmes récurrents (que j’ai juste résumé ci-dessus) et en écoutant les propos d’autres parents que j’ai compris quelque chose de fondamental : LE rythme des enfants n’existent pas !
Et pourtant, c’est une idée tenace dans l’inconscient collectif : les tout-petits font deux siestes par jour, la première vers 10h et la seconde après le repas de midi.
Ensuite, ils n’en font plus qu’une, d’environ 2h après le repas de midi.
C’est d’ailleurs comme ça que s’organise certaines gardes d’enfants…
Mais … ? Et si cela ne correspond pas aux enfants ?
Et si, d’ailleurs, le fait de dormir dans un lit, ne leur convient pas ?

Je vais peut-être effrayée les futures primipares qui s’aventurent dans cette lecture mais … Ma fille de presque 15 mois fait sa sieste (oui, une seule maintenant, d’une heure) en portage.

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Elle a toujours dormi en portage. Elle s’endormait parfois posé entre 6 et 10 mois (parce qu’elle préférait téter allongée pendant cette période, j’en parlerai dans un prochain article) , mais plus jamais depuis.
Est-ce problématique ? Est-ce que cela traduit d’un trouble du sommeil ?
La réponse est non !
D’ailleurs, je trouve cela bien commode dans la plupart des situations car je peux vadrouiller avec ma fille en portage qui s’assoupit, à son aise, lorsqu’elle en a besoin !
On a tendance à l’oublier mais le portage n’est pas qu’un moyen de se déplacer, c’est un moyen de vivre avec les enfants (et pas que le nourrissons !).
Le portage nous donne de la liberté de mouvement et régule leur rythme biologique. La seule différence, maintenant qu’elle a grandi, c’est que les bruits environnants autres que « blancs » la réveillent.
Je respecte cela : je me promène ou reste chez moi, mais je ne fais plus de courses ou de cuisine une fois qu’elle est endormie, de manière à ce qu’elle dorme vraiment le temps qui lui est nécessaire.
Mais elle s’endort/dort très bien dans une pièce avec quelques personnes qui parlent ou encore dans un avion.
Je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour les enfants à qui les parents ont imposé des siestes au lit, sauf en cas d’épuisement.

Avant d’avoir des enfants, j’aurais aussi voulu savoir que ce ne sont pas forcément les premiers mois, les plus durs, à cause de l’absence de cycle circadien chez les enfants (là aussi, grandement accompagné dans son acquisition par le portage, par la distinction flagrante jour/nuit : la journée, ils dorment bercés par les mouvements et en lumière, alors que la nuit, c’est dans le calme et l’obscurité à côté des parents : oui, oui, cododo, ton meilleur ami !).
Il s’avère que les maladies diverses et variées ainsi que les poussées dentaires parviennent à mettre un fatras phénoménal dans les nuits !
Parce que si des enfants en pleine santé peuvent enchaîner quelques heures de sommeil (la plupart 3 ou 4h), c’est impossible pour eux dès qu’ils ont une otite, une poussée dentaire, un rhume ou n’importe quoi d’autre.
La station allongée engendre un afflux de sang dans la tête, donc toutes les sensations désagréables sont décuplées !
D’ailleurs, c’est un signe connu de tous les parents : réveils multiples = poussées dentaires et/ou maladie qui se déclenche.
#teamotiteàchaquedent
Juste en rappel, voici le calendrier dentaire approximatif :
poussée dentaire2

 

En gros, il peut y avoir des périodes calmes… Mais les 2 premières années, ce n’est pas gagné !

Alors, une bonne fois pour toute… A la question : « Fait-il/elle ses nuits ? », réponds : « Oui ! ».
Dans tous les cas, la plupart des conseils des gens qui posent cette question ne seront pas bienveillants alors autant s’épargner de monter dans les tours.

nuit bébé
Et évite de regarder l’heure à chaque réveil, certaines nuits, c’est déprimant et inutile !
Mais alors, doit-on considérer les nuits coupées comme étant normales ?
Oui, dans une certaines mesures, telles qu’expliquées ci-dessus.
Mais… Peut-être pas complétement, si vraiment, le sommeil est agité de manière chronique, ponctué de pleurs, de cris, de cycle de sommeil incomplet, et d’autres troubles associés.

Dans un article de 2010, les autrices attestent du fait que « les professionnel.le.s de la petite enfance constatent une recrudescence des troubles du sommeil chez des enfants de plus en plus jeunes ».
Et en effet, les problèmes de sommeil engendrent des difficultés pendant les temps de veille. Le manque de sommeil a plusieurs impacts métaboliques dont des difficultés d’apprentissage et une moindre disponibilité pour les acquisitions.
Bref, c’est un sujet de santé publique !

Il apparait que différents éléments interviennent dans l’articulation du rythme sommeil/veille : La physiologie du sommeil, les relations parent-bébé, les évènements au moment de la naissance et les « atteintes » posturales (comme le syndrome de KISS, torticoli, etc.), entre autres.
Il est également indispensable que l’entourage du bébé soit attentif au rythme des enfants afin de pouvoir proposer les moments de sommeil de façon sereine. Mais ce n’est pas du tout compliqué au quotidien : le portage fait l’affaire, comme je l’expliquais précédemment.
Avoir un enfant en portage lui permet de se réguler naturellement selon son propre rythme biologique. Il est d’ailleurs démontré que les enfants portés intensément ont moins de troubles du sommeil que les autres.

Mais, que sont les « troubles du sommeil » ?
A partir de quand y a-t-il vraiment TROUBLE ?

En cherchant sur internet les sites tout venant, on tombe sur des choses telles que : « La principale caractéristique du trouble circadien chez l’enfant est la non-concordance entre son sommeil et le rythme exigé par les parents, la crèche et/ou l’école » par le Dr. Franco. On se dit que c’est bien parti…
Et puis : « Les mauvaises habitudes lors de l’endormissement (biberon systématique, télévision, voiture, lit des parents, bercement…) et la présence parentale lors de l’endormissement, en sont les premières causes chez le jeune enfant ».
Bon…
C’est la raison pour laquelle je rédige un article sur le sujet. Si les conditions environnementales expliquent une grande part (70 à 80%) des troubles du sommeil, le bercement et la présence parentale ne représentent pas des attitudes néfastes pour les enfants en bas âge !
La présence parentale est justement un moyen privilégié d’apaiser les enfants.
Il est évident que si on s’attend à ce que les enfants s’endorment seuls, la prévalence des difficultés d’endormissent (caractérisées par une durée de plus de 30 min) explose ! Voici d’ailleurs d’autres sources qui défendent ce point de vue.

Grâce au site https://fondationsommeil.com, un aperçu exhaustif des différents troubles du sommeil existent, voici d’ailleurs leur classifications internationale : https://fondationsommeil.com/troubles-du-sommeil/troubles-du-sommeil-frequents/quel-trouble-du-sommeil/

Ici, je vais m’arrêter sur les troubles principaux touchant les enfants.
Il y a donc :

Cette dernière catégorie est assez limpide.
Il convient de mettre en exergue les symptômes des insomnies infantiles, afin d’être au clair avec les problèmes de sommeil et de distinguer, éventuellement, les problèmes d’endormissement avec les troubles de maintien du sommeil.

Je cite  : « Ce  sont  les  parents  qui  sont  très  demandeurs  d’aide (l’enfant,  lui,  supporte  habituellement parfaitement  ses  troubles) :  à  l’angoisse  due  à  l’  impuissance  à  les  réduire  et  au  sentiment  de pathologie, s’ajoutent la fatigue résultant des réveils imposés par l’enfant et finalement l’intolérance de la situation. Le médecin lui-même est rapidement dépassé : il a à répondre à la demande expresse de  régulariser  les  choses ;il  doit  exclure  l’organicité  présentée  comme  évidente  avec  son  cortège nécessaire  d’examens  complémentaires ;  et  il  supporte  directement  l’échec  de  ses  tentatives.  La manipulation de somnifères est « inévitable », et pourtant rapidement inefficace.  

 Pourtant, dans la grande majorité des cas, les troubles du sommeil sont tout à fait bénins, et, mêmes durables, finissent par rentrer dans l’ordre avec le développement, pour peu qu’ils ne soient pas entretenus par l’attitude inadéquate de l’entourage familial. »
Bien que ce soit difficile pour les parents, certains enfants ont un métabolisme qui nécessite moins d’heures de sommeil ou qui ne sont pas rythmées de manière attendue.
Un conseil utile est de respecter le rythme biologique des enfants, dès leur plus jeune âge : c’est-à-dire, ne pas les réveiller et les laisser s’endormir quand ils en ressentent le besoin, et aussi ne pas recourir à des produits sédatifs (ni pour eux ni pour leurs enfants).
Les habitudes de vie et la nécessité de partir tôt engendrent une perturbation du sommeil puisqu’il est interrompu artificiellement.
De même, il est contreproductif de maintenir un enfant éveillé alors qu’il montre des signes de fatigue … Même s’il est plus de 17h.
Je ne disconviens pas que cela soit difficile d’avoir un.e enfant qui fait une sieste à 18h et débute sa nuit qu’à 23h, mais ce sont des périodes qui passent avec le développement des enfants !

Il n’est pas possible de contraindre un enfant à dormir, que ce soit pour la sieste ou pour la nuit.
Prétendre vouloir coucher les enfants à 20h n’a pas de sens si cela ne correspond pas à leur rythme biologique. Maintenir une heure de sieste/coucher fixe, c’est s’engager dans une lutte où personne ne ressort gagnant. De plus, il est alors possible de créer des appréhensions récurrentes rendant encore plus compliqués encore ces moments.

En outre, énormément de facteurs sont susceptibles de modifier les besoins de sommeil et le calme de la nuit (Par exemple : L’exposition à de l’agitation ; les maladies ; les poussées dentaires ; un bouleversement familial, etc.).
Même pour un enfant qui dort globalement bien, il est fréquent qu’il s’éveille.

Le constat est amer pour les parents qui sont les premiers à souffrir des nuits hachées : la plupart du temps, les enfants vivent bien ces nuits agitées.
Cependant, il faut être alerte et ne pas hésiter à consulter dans le cas où les enfants ont des signes de fatigue en journée (au-delà des moments de sieste), si l’on constate des irrégularités du rythme respiratoire, ou encore des parasomnies très envahissantes.

Le plus compliqué pour les parents est d’être épuisé par la situation et sur les nerfs.
L’approche de la nuit peut alors se faire avec appréhension… Et cette dernière est perceptible par les enfants.
Un accompagnement parental est souvent nécessaire de manière à briser ce cercle infernal du maintien des troubles lorsqu’il y a une composante d’attitude parentale.

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Si les cours et les articles scientifiques sont détaillés concernant la caractérisation des troubles (sans être toujours sur les mêmes critères, cela dit !), lorsqu’il s’agit de la prise en charge des réveils nocturnes des enfants, elle est sont fortement teintée de la culture occidentale.
Bien qu’il soit mentionné que l’insomnie a une prévalence de près de 30% chez les enfants (en faisant une moyenne grossière), et que ces troubles s’estompent d’eux-mêmes dans la plupart des cas … Il est mis en évidence que les « mauvaises habitudes de présence parentales » maintiennent les perturbations.
Je suis étonnée de l’inconsistance des propos, en sachant qu’il est connu que le fait de laisser-pleurer les enfants n’a aucun bienfait. C’est démontré par les neurosciences affectives.

Malheureusement, les recherches sont ethnocentrées et influencées par les principes éducatifs hérités du passé. Si cet article est intéressant  à bien des égards, et qu’il se veut être une revue de littérature (= une synthèse de la recherche en la matière), il est considéré que ce sont des troubles d’endormissement ou du sommeil d’avant besoin des parents au moment de l’endormissement ou pendant la nuit… Il est dès lors logique, qu’avec de tel critère, jusqu’à 50% des enfants présentent des « troubles du sommeil ». Alors que la LLL, entre autres, a mis en évidence la normalité et les bénéfices de ces pratiques.

Cependant, il est nécessaire de rester attentif à certains signes.
Au-delà de 6 mois (l’OMS préconise de partager la chambre jusqu’au moins 6 mois !), si le problème que tu détectes est une multiplication des réveils en étant en cododo, en l’absence de maladie concomitante, il est nécessaire de vérifier que ce ne sont pas le.s parent.s qui sont responsable.s de la perturbation du sommeil.
Quelqu’un qui ronfle ou bouge énormément peut engendrer des réveils supplémentaires.
Il est alors possible de tester d’endormir ton enfant dans sa chambre/son lit et de voir s’il se réveille moins.
Je rappelle par le fait qu’endormir un enfant au sein n’est absolument pas problématique.
Cette position est la plus pratique, selon moi :

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Il est ainsi possible de se glisser hors du lit pour bénéficier d’un bout de soirée voire de la nuit, s’il n’y a pas de rappel.
Certains enfants dormiront mieux éloignés des perturbations parentales et d’autres continueront à se réveiller voire à ne pas se rendormir s’ils ne partagent pas le lit.
C’est donc au cas par cas.

 

Les mythes autour du sommeil

Je pense qu’il est indispensable de détricoter ce qui se dit sur le sommeil des enfants. Comme c’est un point sensible de la vie, pas mal de personnes s’estiment légitimes pour te donner des conseils à la pelle.
– « C’est normal qu’il/elle ne dorme pas, elle/il est allaité.e ! Donne un biberon le soir et elle/il dormira ! »
Plein de mamans donnant le biberon pourront te dire que leurs enfants ne font pas leurs nuits.
Mais lorsqu’on allaite, il semble évident que c’est LA cause et qu’un sevrage de nuit peut même être profitable.
Il y a deux choses à scinder dans ce préjugé.
D’abord, le sommeil : j’ai expliqué plus haut que les rythmes du sommeil des bébés impliquent des réveils et que la variation du nombre de réveil est influencée par les différences interindividuelles…

Ensuite, l’alimentation : les enfants allaités se réveilleraient parce qu’ils ne sont pas assez nourris pour tenir toute la nuit.
Le fait est que le lait maternel est moins dense que les Préparations Commerciales pour Nourrisson. Il se digère plus vite et cela a des sources métaboliques : les bébés humains ont besoin de soins constants puisqu’ils sont totalement dépendants de leur environnement. Le corps fonctionne de manière à assurer une attention intense de la part de l’entourage, de jour comme de nuit.

Il est néfaste pour le métabolisme infantile de les gaver avec des farines/céréales et autres préparations ayant pour objectif que les parents dorment mieux. Car c’est bien cela qui est recherché, et non pas de répondre aux besoins du bébé. Ces adjonctions rendent lentes et difficile la digestion, ce qui amènent les enfants à rester endormis comme cela leur demandent énormément d’énergie. De plus, ces produits sont de piètre qualité…

 

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Modilac Nuit Calme … Merci pour le gavage aux sucres!

 

 

Voici les ingrédients de celles-ci : Farine de céréales partiellement dextrinisées 72,5% (riz 55,1%, maïs 17,4%), dextrose, saccharose, maltodextrines, fructo-oligosaccharides, phosphate de calcium, extrait de tilleul 0,4%, extrait de mélisse 0,2%, extrait de camomille 0,2%, vitamine C, arôme vanille (vanilline), sulfate de fer, nicotinamide, vitamine A, vitamine E, pantothénate de calcium, vitamine B6, riboflavine, thiamine, acide folique, vitamine K, biotine, vitamine D, vitamine B12.

Sucrées à hauteur de 35g/100 !
C’est un produit ultratransformé nuisible au métabolisme, ni plus ni moins !
De plus, « dès 4 mois », alors que l’OMS recommande la diversification qu’après 6 mois… Bref, il s’agit la lie de l’alimentation industrielle!

Afin de te rassurer sur le sommeil de ton bébé allaité, le site de la Leche League (encore lui !) a une page dédiée au sommeil du bébé allaité.
C’est riche en ressources !

Je rappelle aussi que l’allaitement n’est pas qu’une alimentation… et qu’il y a des effets métaboliques à longs termes tant sur les enfants que sur les mères, voici l’article que j’ai écrit sur le sujet et une retranscription du reportage d’Arte « Le lait maternel – un élixir de santé! » !

Enfin, une nouvelle hypothèse  émerge quant à la raison des réveils nocturnes chez les enfants : un moyen d’espacement des naissances.
Les tétées nocturnes favoriserait l’aménorrhée lactationnelle (absence de règle grâce à un allaitement fréquent), et donc réduirait les chances que la mère démarre une nouvelle grossesse. Cela garantit l’investissement maternel auprès de l’enfant, augmentant ses chances de survie.
La nature est bien faite, et si vous avez de la chance, tu auras un retour de couche tardif !

 

  • « Il faut la/le laisser pleurer ! Elle/il apprendra à dormir seul.e ! »

Je suis toujours effarée qu’en 2019 ce genre de conseils puissent être prodigués alors que les neurosciences ont démontré clairement les méfaits des pleurs sur la maturation cérébrales et leur construction de la confiance en leur entourage.
Le livre de Margot Sunderland est édifiant à ce propos.

Si les bébés qu’on laisse pleurer finissent par faire leur nuit et à ne plus réclamer, c’est souvent après plusieurs périodes de pleurs où les bébés s’égosillent en espérant la venue de leurs parents. C’est d’épuisement et de désespoir que les bébés s’endorment en ancrant qu’ils ne peuvent compter sur leur entourage. C’est un phénomène appelé « résignation acquise ».
C’est à mille lieux de la bienveillance, tout simplement.

 

  • « Le cododo, c’est vraiment une mauvaise habitude !»

J’ai écrit un article dédié au cododo, il est préférable de le consulter.
Cependant, en résumé : NON ! Le cododo est une réalité pour l’espèce humaine qui remplit les besoins des bébés. En outre, l’OMS recommande le partage de la chambre, a minima 6 mois.

Sincèrement, tous les parents qui le pratiquent pourront témoigner du fait qu’ils seraient bien plus épuisés de devoir se lever au lieu de simplement « attraper » le bébé pour le mettre au sein ou le bercer.

 

 

In fine,

Il est nécessaire d’observer son enfant et d’être à l’écoute de ses besoins.
Il est utile de se rappeler que ces périodes passent la plupart du temps d’elles-mêmes.
Bien sûr, il est indispensable d’explorer diverses causes qui pourraient être responsables de douleurs engendrant les réveils nocturnes.
Il peut être profitable d’aller voir un.e ostéopathe, un.e chiro voire un.e kinésiologue. Comme expliquée ci-dessus, les apnées du sommeil existent également chez les enfants, et il convient d’écarter cette hypothèse-là.

Les séparations précoces (césarienne, séjour en néonat, …) engendrent des craintes durables chez la plupart des enfants qui les vivent, ce qui créent souvent des nuits plus compliquées.
Verbaliser la situation auprès des enfants et se faire accompagner en tant que parent dans son ressenti ne peut être que profitable !

Certains enfants ont réellement un métabolisme de « petits dormeurs ». Cela concerne environ 10% de la population. C’est dur pour les parents car les journées (et les nuits) sont intenses.

Il  est indispensable de prendre soin de son corps, surtout en étant en manque de sommeil.
D’abord, les apports alimentaires doivent être de qualité. Le manque de sommeil augmente le sentiment de faim et les prises alimentaires anarchiques débouchent sur une prise/perte de poids.
L’organisation de repas sains et agréables me semble un axe primordial afin d’avoir une possibilité de se chouchouter de l’intérieur malgré la fatigue. Là encore, le portage trouve tout son intérêt pour avoir les moyens de cuisiner.
La nourriture industrielle fait travailler le métabolisme de manière forcée, renforçant la fatigue. Je te mets un article concernant l’alimentation ici !

Ensuite, il va être nécessaire de bouger un minimum. L’absence totale d’activité physique n’est pas profitable à l’organisme.
Il est souhaitable de marcher au moins 30 minutes/jour de façon à s’aérer suffisamment. Cela réveille toujours de sortir ! Ok, j’admets, en cas de tempête de vent et de pluie, c’est à éviter. Ça met de mauvaise humeur et surtout quand on est fatigué (oui, c’est du vécu tout récent !).

Je peux aussi te conseiller d’effectuer avec assiduité les exercices de rééducation abdo/péri (j’en parle dans l’article  » si j’avais su… le corps d’après grossesse ! ») et un peu de renforcement musculaire.
Cependant, il est évident que cela dépendra totalement de ton état de fatigue. Il y a des jours avec et des jours sans !

Un autre conseil est commun mais véridique : dors quand tu le peux !
Si tu as l’occasion d’accompagner les siestes de ton enfant, fais-le ! Tant pis pour le ménage, tu as toute la vie pour ça. Le manque de sommeil peut amener des symptômes dépressifs, des fringales, de l’agacement et d’autres sensibilités métaboliques : cela ne peut pas attendre !
Alors sieste autant que tu peux !

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Enfin, il faut garder en tête que cela finira par passer et que tu auras à nouveau des nuits complètes… Jusqu’à ce que tu aies un enfant tout grandi qui te demandera de venir la/le chercher en sortie de soirée vers 3h du matin ! Et là, tu te rappelleras que le bercement dans le salon était quand même moins contraignant.
Mais avant ça, la réalité est dure : la privation de sommeil a énormément d’effet.
Ose t’en plaindre, trouver des « copines de galère » et si nécessaire… consulte un psy pour toi, afin d’avoir un espace où tu peux déverser ton agacement de la situation sans jugement !

 

A très bientôt, pour de nouvelles curiosités bienveillantes !

 

 

Je te conseille ce documentaire sur les troubles du sommeil:
https://www.youtube.com/watch?v=-kxoewrUaZ8)

Un article que j’ai lu et relu et que j’aime d’amour : https://happynaiss.com/2016/09/26/ces-choses-que-jaurais-aime-savoir-sur-le-sommeil-des-bebes/

 

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Maternage proximal

Le futur de la société passera par le maternage / parentage proximal

 

Index – Le maternage (parentage) proximal

 

Avoir un enfant est déstabilisant pour le quotidien, c’est le moins qu’on puisse dire.
Il est possible de se sentir totalement désarçonné.e par ce petit-être qui n’a besoin que d’une chose (qui lui fournit tout !) : ses référent.e.s particulièr.e.s, et principalement sa mère.
J’admets que cela peut –être totalement éreintant de se sentir l’univers de ce tout petit complètement dépendant de toi.
La pire situation : tenter de conserver le « quotidien d’avant » avec un nouveau-né et croire qu’on peut être épanoui.e et avoir un bébé serein.

Le principe du maternage (parentage) proximal est de répondre aux besoins de l’enfant sans attendre et en acceptant toutes les considérations physiologiques !

Donc, cela demande une attention de tous les instants et une prise en charge intense…
Alors, j’ai un conseil précieux : laisse-toi porter par la vague au lieu de lutter et de chercher à t’accrocher à ce que tu pensais !
Avoir confiance en son bébé concernant son rythme (sommeil, tétée, besoin d’élimination)… et adapter son quotidien en se disant que TOUT est faisable, mais plus d’une seule traite, plus aussi « rapidement », plus rien n’est fait à la « va vite ».
Mais justement, n’est-ce pas là le sens de l’enfance? Vivre réellement le moment présent ?
Les adultes doivent se faire accompagner/guider pour retrouver des pratiques de Mindfulness… S’adapter aux enfants, à leur rythme, à leurs évolutions, le maternage donc, est une voie dorée pour retrouver cette capacité d’être dans l’instant présent!

Dans ma conception, l’allaitement fait partie intégrante du maternage. Mais il s’avère qu’il est possible que l’allaitement ne se fasse pas… et que les parents soient tout de même maternant. Alors concernant l’allaitement, je te conseille de te référer à l’index des articles traitant ce sujet.

Je t’assure que répondre immédiatement aux besoins de ton enfant est gage de sérénité et de confiance, tant pour lui que pour toi, et ce à très long terme.
Il est démontré à des multiples reprises (par des études neuroscientifiques et anthropologiques) que les pratiques de maternage permettent aux enfants d‘être sécurisés et de pouvoir évoluer en ayant confiance en eux et en leurs référent.e.s.

Tout ça te semble difficile ? Effrayant ?
Je peux comprendre, mais je t’assure que ton enfant épanoui est la plus belle preuve de ton amour!

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Alors, pour mettre en place/poursuivre/te rassurer concernant le maternage proximal, je te suggère quelques articles qui pourront t’aider.
Tu y trouveras des explications à des comportements de ton enfant et des possibilités d’actions concrètes pour te soutenir au quotidien :

 

  • Le maternage proximal : Il faut bien définir clairement le terme d’avant d’en parler plus en détails. Cet article t’explique ce qu’est un parent maternant avec son enfant.

 

  • Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? Tu commences à parler de tes idéaux parentaux, de tes désirs de grossesse/accouchement et suivi de couche, tu aimerais te plonger dans le maternage proximal dès que ton petit d’humain sera dans tes bras … Et tu te retrouves déjà face à des rabat-joies (au mieux !). Je te propose différentes manières de se faire entendre mais aussi de comprendre pourquoi les gens ont autant de résistances !

 

  • La bienveillance, c’est quoi, en fait ? On entend parler de la bienveillance à tour de bras, dans tous les sujets. La bienveillance est revendiquée dans l’éducation, à l’école ou encore entre pairs. C’est optimiste pour le futur !
    Mais au fond, qu’est-ce que la bienveillance ? On en parle sans la définir. Cet article permet d’être au clair avec ce concept. Parce que pour être bienveillant.e avec les enfants, il faut l’être avec soi-même. Tu trouveras des clefs pour devenir celle ou celui que tu souhaites !

 

  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien ! PS : La mise en place d’un allaitement dure 6 semaines, alors autant le savoir. Ces instants sont précieux pour vous, même si ça joue au chamboule-tout émotionnel!

 

  • Le sommeil en dessous de 3 ans expliqué au.x futur.s parent.s : Les questions autour du sommeil font parties des plus récurrentes. Chaque parent a l’impression d’avoir un enfant qui dort trop peu, trop, trop tard, trop de réveils la nuit, etc. Bref, on doute, on ne sait pas et on ne sait plus à quels (seins) saints se vouer. Dans cet article, je mets en évidence les connaissances que chaque jeune parent devraient avoir sur le sujet pour être serein.

 

  • Le cododo, sommeil partagé: cachez-cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemés de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement et mettre en place ton allaitement avec succès, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.

 

  • Tu vas en faire un « bébé-bras »! Le portage, c’est la vie ! Je n’ai de cesse de le dire, mais pour avoir une vie quotidienne qui convient à tout le monde, c’est vraiment LA solution idéale. Mais avoir un bébé souvent porté attire des remarques. Est-ce vraiment une mauvaise habitude ? Au contraire, si le bébé est calme, n’est-ce pas un signe qu’on agit avec bienveillance ?
    Grâce à cet article, tu vas pouvoir t’informer, te rassurer et avoir envie d’avoir ton petit contre ton cœur !

 

  • L’HNI, une pratique qui dérange.Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ? Tu savais, toi, que les bébés ne doivent pas forcément porter de couche ?
    Et pourtant, c’est vrai! Grâce à l’Hygiène Naturelle Infantile, l’objectif est de prendre en compte le besoins d’éliminer des enfants et ceux, dès le plus jeune âge (avant 4 mois, c’est vraiment plus simple!), de manière à ce que les enfants CONTINUENT à communiquer à ce sujet. Car oui, en réalité, ils s’expriment… Mais la société occidentale nous a fermé à la réceptivité de ces signaux.
    Viens lire, tu vas apprendre des tas de trucs!

 

  • Le maternage, oui ! Mais jusqu’à quand ? Tu as adopté le maternage proximal avec tes enfants… et les remarques pleuvent lorsque tes enfants ne sont plus au stade du « bébé ». Alors, peut-on être trop maternant et empêcher les enfants de se développer à cause de ça ? Est-ce que le maternage peut nuire ?
    Cet article fait le point !

 

  • Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ? Tu as décidé d’avoir un bébé et mille questions se posent sur sa future éducation. Tu as des principes, des idéaux, des exemples dans ta famille mais aussi des contre-exemples. Toi-même, tu te rends compte que ça te rappelle beaucoup ton enfance, l’arrivée de ce futur enfant…
    Grâce à cet article, tu pourras chercher en toi quelques ressources et peut-être trouver quelques pistes de réflexions/solutions bienvenues.

 

 

  • « Il faut bien qu’il apprenne la frustration ! » C’est le genre de phrase que beaucoup peuvent dire quand ils ne sont pas convaincus par l’accompagnement bienveillant des enfants. Cet article explique pourquoi créer de la frustration volontairement n’a aucun intérêt pour les enfants. Il explique aussi l’expérience de frustration dans le corps et l’esprit de jeunes enfants.

 

  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire ! Et juste comme « amuse-bouche », drôle de mode qui a conditionné la survie de l’espèce humaine depuis sa création. A ce point-là, on appelle ça… la norme de l’espèce, non ? 😉

 

J’espère que ces lectures t’aideront au quotidien et permettront de répondre à tes questions.
Dans le cas où un point resterait flou, contacte-moi ! Je serai heureuse de partager avec toi.
cela peut étonner que j’aborde aussi certaines notions d’accompagnement bienveillant des enfants, mais le maternage ne peut s’effectuer que dans la bienveillance.

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D’ailleurs, je ne suis pas la seule pro à être convaincue.
Nous avons créé un réseau de professionnel.le.s bienveillant.e.s ami.e.s du parentage proximal. Si tu es pro, inscris-toi !
Si tu cherches des pro bienveillant.e.s, viens voir si tu trouves ton bonheur sur la carte interactive : https://ntchbutzbach.wixsite.com/reseauparentproxim (le nom de domaine est en cours de réflexion 😉 )

Préparer la naissance

Préparer la Naissance : Être curieu.x.se pour ne (trop) être dépassé.e !

En ce jour de Noël, je voulais proposer un index des articles afin de pouvoir s’y retrouver plus facilement.
Parce que parfois, il faut relire plusieurs fois pour mettre en place des actions concrètes.
Parce qu’on cherche un article pour sensibiliser quelqu’un.e au sujet.
Parce qu’un blog, sans index, c’est un sacré sac de bazar (intéressant, mais brouillon !).

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Durant toute la semaine qui vient, tu auras un index par catégorie de mon blog.

Je commence par un index « Préparation de la Naissance » destiné aux futurs parents, que leur(s) enfant(s) soient déjà conçus ou pas encore, et aux jeunes parents.

Si tu as des jeunes ou futurs parents dans ton entourage, cet article pourrait être un de tes cadeaux pour eux !

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Il vaut mieux le savoir : Être bien informé.e avant, aide vraiment après !

  • Le maternage proximal : Pour avoir les bases d’une pratique qui assure de la sérénité à toute la famille… Puisqu’un bébé dont on reconnaît et répond aux besoins est un bébé serein.
  • Biberon Vs. Allaitemant : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des « pointures » au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement: faisons-les sauter! Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre, le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien !
  • Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ? Tu as décidé d’avoir un bébé et mille questions se posent sur sa future éducation. Tu as des principes, des idéaux, des exemples dans ta famille mais aussi des contre-exemples. Toi-même, tu te rends compte que ça te rappelle beaucoup ton enfance, l’arrivée de ce futur enfant…
    Grâce à cet article, tu pourras chercher en toi quelques ressources et peut-être trouver quelques pistes de réflexions/solutions bienvenues.
    Bonus incontestable, lire cela en couple (si c’est ta configuration familiale) : cela permettra d’éviter de nombreuses altercations.
  • Si j’avais su… L’accouchement ! la fin de la grossesse est marquée par un moment incroyablement intense ! Cela puise dans nos ressources profondes de femme et nous transcende. Tu trouves que j’en fais trop ? Je t’assure que non ! Nous en sommes toutes capables !
    Seulement, pour ça aussi, mieux vaut être bien averti.e afin de le vivre le mieux possible. Une lecture qui aide à conscientiser, à se faire confiance et à choisir la structure qui te convient.
  • Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse. C’est un questionnement de la plupart des femmes : mon corps après l’accouchement, ça se passe comment ? Tu as remarqué qu’on en parle peu, même les sages-femmes qui préparent les naissances. Alors dans cet article, je parle de TOUT. Des tranchées à la rééducation abdo/périnée en passant par les kilos qui partent… ou pas. Tu devrais ainsi être un peu rassuré.e (au moins, informé.e !).
  • Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? Tu commences à parler de tes idéaux parentaux, de tes désirs de grossesse/accouchement et suivi de couche, tu aimerais te plonger dans le maternage proximal dès que ton petit d’humain sera dans tes bras … Et tu te retrouves déjà face à des rabat-joies (au mieux !). Je te propose différentes manières de se faire entendre mais aussi de comprendre pourquoi les gens ont autant de résistances !
  • Tu vas en faire un « bébé-bras »! Autant le savoir maintenant et pouvoir l’appliquer dès la naissance, afin d’être cool : le portage, c’est la vie ! Vraiment… Si tu veux être serein.e et pouvoir avoir un bébé qui l’est également, c’est L’Élément n°1 à pratiquer avec ton bébé à naître. Oublie d’acheter un transat/balancelle et autres trucs sensés réconforter ton bébé à ta place, je t’assure que tu vas gaspiller de l’argent … et de l’énergie à attendre que ces outils aient leurs effets. Je te suggère d’investir dans une écharpe de portage et un sling. Je t’assure qu’on prend très vite la main et que ça sauve littéralement tant la vie que le moral. En prime, tu préserves ton bébé d’une plagiocéphalie (tête plate) qui peut avoir de graves effets sur le développement du bébé et nécessiter de lourdes prises en charge médicale. Cette pathologie est typique des bébés qui sont constamment posés sur le dos, dans des transats ou autres couffins qui ne leurs permettent aucun mouvement. Les aménagements « anti-tête plate » sont aussi catastrophiques que le reste… Bref, avec un crâne souple, le bébé humain n’est pas fait pour être posé ! Par contre, il est tout à fait bien lové contre ses parents.

 

  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemées de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.

 

  • L’HNI, une pratique qui dérange.Pourquoi le besoin d’éliminer n’est pas un sujet ? Tu savais, toi, que les bébés ne doivent pas forcément porter de couche ?
    Et pourtant, c’est vrai! Grâce à l’Hygiène Naturelle Infantile, l’objectif est de prendre en compte le besoins d’éliminer des enfants et ceux, dès le plus jeune âge (avant 4 mois, c’est vraiment plus simple!), de manière à ce que les enfants CONTINUENT à communiquer à ce sujet. Car oui, en réalité, ils s’expriment… Mais la société occidentale nous a fermé à la réceptivité de ces signaux.
    Viens lire, tu vas apprendre des tas de trucs!

 

  • Le fun du mouvement des bébés: la motricité libre. Je place cet article dans « préparation à la naissance », car cela évite pleins d’achats inutiles en prévision de la naissance et des premiers mois. Grâce à la motricité libre, tu vas économiser bon nombre de gadgets onéreux et totalement néfastes au développement moteur de ton enfant. Enjoy !

 

  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio, dormir avec les enfants et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire !

J’espère que toutes (ou quelques-unes) ces lectures t’inspireront, te rassureront et te permettront d’être un.e parent le plus épanoui.e.s possible !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir !

Depuis le début de ce blog, je me disais qu’un article sur le cododo était superflu.
Dans mon esprit, maternage/parentage proximal= proximité physique continuelle, jusqu’au détachement des enfants, d’eux-mêmes. Cela implique que la nuit, forcément, c’est également le cas.
MAIS le problème que le cododo ou le “sommeil partagé” est tout de même assez mal perçu … en Occident !

Par exemple, voici le titre d’un article de 2011 : « Bad news for dads: Babies ‘should share mother’s bed until age three’ because it’s good for their hearts « 

Il faudrait déjà savoir pourquoi c’est une “mauvaise nouvelle pour les pères” de dormir avec leurs enfants. Le titre est évocateur et complétement influencé : dans le cododo, il y aurait un perdant : le/la conjoint.e !

Ensuite, il y a des croyances : dormir ensemble rend les enfants dépendants. Une idée préconçue veut que les enfants soient censés « apprendre à dormir seul ». Pour cela, diverses techniques dont le « 5-10-15 », où le principe est simplement de laisser le bébé pleurer de plus en plus longtemps. Jusqu’à ce qu’il se taise et cesse de réclamer.
C’est donc de la résignation acquise. Le bébé n’apprend nullement à dormir seul. Il intègre que son environnement ne lui assure pas la réponse à ses besoins et se met en mode « survie ».
Les « problèmes de sommeil » des enfants (c’est-à-dire des résistances à l’endormissent) sont typiques de l’Occident. Surtout, le rapport au sommeil des enfants est très particulier, puisque éminemment culturel. Si l’on effectue des comparaisons, le modèle d’enfant précocement indépendant, par rapport au sommeil, est rare (Crawford, 1994, p. 46).
Même dans d’autres société industrialisée, comme au Japon, en Chine ou en Corée du Sud, il est normal de considérer que les enfants ont besoin de leurs pairs pour être équilibrés et sereins. Cela implique qu’ils partagent sans encombre l’espace de repos, de manière à assurer une présence corporelle aux enfants.
En outre, les réveils durant la nuit sont considérés comme normaux. Grâce au cododo, le sommeil des parents n’est que peu dérangé puisque les enfants ont la possibilité d’être rapidement rassurés.
A l’inverse dans les sociétés occidentales, la question du « bon sommeil » des enfants est un des sujets privilégiés.
« Alors, il fait ses nuits ? » doit être dans le top 3 des questions posées aux jeunes parents. Il est attendu que, très vite, un bébé ne se réveille plus et ne boive plus de lait la nuit (certains pédiatres vont évoquer un poids ou un âge (différent en fonction de chaque professionnels) auquel il n’est plus nécessaire que les enfants boivent la nuit).
Le rapport au sommeil partagé et aux « troubles du sommeil » présumés sont ainsi totalement différent.

Mais pourquoi un tel rejet ?

Cela prend racine au Moyen-Âge, avec la progression de la religion qui a rendu tous les rapports au corps impurs. Il n’était alors pas bien perçu d’être dans une proximité physique. En outre, il est suggéré que l’Eglise a découragé le cododo. Les naissances ne bénéficiant pas de régulation comme c’est le cas actuellement, il était suspecté que certains parents commettent des infanticides prétextant un étouffement accidentel pendant le sommeil.

A notre époque, il n’est pas rare que considérer que le lit est un domaine conjugal, et non familial, et qu’il doit rester l’espace spécifique du couple.
Il est étonnant de savoir qu’il n’y a pas si longtemps, le fait de partager son lit avec le partenaire pour dormir était très mal considéré ! Durant l’époque victorienne, partager le lit était perçu comme malsain et dangereux : ses forces de vie seraient happées par celui/celle dont on partage le lit (écrit dans « Dreamland: Adventures in the Strange Science of Sleep », David K. Randall).

Des différences sont également notables en fonction du climat : il est commun dans les pays très chauds de dormir séparément.

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Hamacs en Guyane

A l’heure actuelle, en Occident, il est entendu que les couples partagent le même lit. La plupart des gens s’alarment en apprenant qu’un couple ne dort plus ensemble toutes les nuits.
C’est oublié rapidement les habitudes de certains de nos arrière-grands-parents qui dormaient souvent sur deux matelas séparés voire dans deux chambres différentes.
C’est parfois une solution encore adoptée par des couples dont l’un des deux ronfle, si l’un.e des partenaires se lèvent ou se couchent particulièrement tard, et aussi, dans certains cas de cododo avec les enfants.
Le rapport au sommeil partagé n’est pas problématique s’il est discuté (comme tout, en réalit é!). Certains couples ne parlent pas de ces situations quotidiennes et peuvent développer de l’amertume qui ressort par des petites phrases acerbes : « Oh ! Tu as encore bougé/ronflé/t’es levé.e beaucoup cette nuit! Ça me réveille ! Tu es pénible ! ».
Cela peut être un choix délibéré que de dormir séparément. Cela demande de la discussion et de jouer carte sur table concernant les besoins de chacun.
Il en va de même pour le cododo, et donc le partage du lit ou de la chambre avec le.s enfant.s. Cela peut être subi ou vécu de manière épanouie.

Le Cododo et ses mythes

La société en a une mauvaise image car cela laisse penser que les enfants ne sont pas indépendants de leurs parents (ce qui est attendu très tôt, en Occident). De plus, on sous-entend que les adultes « abdiquent » et laissent les enfants décider leur lieu de sommeil, sans respecter leur intimité. D’ailleurs, il est considéré que le cododo est un frein à la sexualité. Enfin, il serait en cause dans l’augmentation de la fréquence de la MIN (Mort Inattendue du nourrisson, ou SIDS en acronyme anglo-saxon).
Mythes ou pas ?

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Non, c’est un fait. Les enfants ne sont pas indépendants des adultes. D’ailleurs, aucun humain ne peut être considéré comme réellement « indépendant » puisque nous sommes une espèce totalement grégaire et ayant besoin de relations interpersonnelles.
A sa naissance, le bébé humain est dans une dépendance folle par rapport à ses référents. Sans eux, il meurt. Et il le sait.
C’est la raison pour laquelle, après avoir passé 9 mois contenu dans un environnement globalement constant, en l’absence de sensations digestives, avec un thermostat intégré et une présence intégrale, il/elle ne peut pas être serein.e posé.e dans un berceau.
Au contraire, le bébé a besoin du contact constamment les premiers mois. C’est pour ça que le portage est indispensable pour ne pas se ruiner les épaules. Il est profitable lâcher-prise et prolonger sans résistance dans le maternage proximal… C’est vraiment la voie la plus simple pour une sérénité quotidienne (sérénité spécifique de jeunes parents, faut-il le rappeler ?!). Le cododo répond au besoin de présence rassurante pour les enfants. Je rappelle que la plupart des organismes de santé tels que l’OMS ou l’UNICEF recommande le cododo, ou a minima le partage de la chambre, jusqu’à l’âge de 6 mois et tend à une prolongation jusqu’à 9 mois.

Le deuxième mythe est que les enfants décideraient de leur lieu de repos et que cela dénote d’une démission parentale et d’un certain laxisme face au cadre.
Cette perception de l’enfance et de l’accompagnement des petits est traditionnaliste… et inconstestablement adultiste (ici pour un point sur cette notion).
Je pense que les gens qui estiment que les parents abdiquent quand ils répondent aux besoins de leurs enfants sans attendre souffrent d’un manque de connaissances en la matière. Que ce soit pour l’allaitement, les pleurs, le cododo, il est maintenant très clair dans la littérature scientifique que la réponse sans délais aux besoins des bébés leur est profitable.
Il n’y a strictement aucun bénéfice à différer une réponse à un besoin.
Dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », tous ces éléments sont bien précisés et expliqués. Catherine Gueguen également a fait ce travail de rendre accessibles ces informations, de manière à ce que la réactivité aux besoins des enfants prime sur tout le reste. C’est une question de construction même du cerveau et, par la suite, des relations interpersonnelles.
Il fut démontré que la propension spontanée à câliner un enfant qui pleure est déterminée par ce que furent les réponses de nos référents à nos propres pleurs.
Si tes parents avaient tendance à s’énerver, à crier ou à te laisser pleurer, il est fort probable que les pleurs de ton enfant n’engendrent pas seulement de l’empathie. Cela réveillera également de l’énervement et un empressement de le faire taire.
L’absence de réaction empathique dans la petite enfance interfère avec la construction de la régulation émotionnelle.
Bref, point de laxisme ou de débordement du cadre lorsqu’un enfant dort avec ses parents : il s’agit juste d’un cadre plus opportun pour son développement et ses besoins actuels.

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Une illustratrice au top, cette Fanny !

Ensuite, le sujet de l’intimité du couple vient sur la table. LE sujet qui revient en boucle chez l’entourage qui, jusque-là, n’avait jamais questionné ta vie sexuelle. Étrange quand même que le fait de devenir parents et les habitudes de vie qui l’accompagne offrent une tribune publique à ce sujet.
Alors, en effet, il est possible que le fait d’avoir un enfant entame la libido d’un ou des deux partenaires. Certain.e.s n’éprouvent plus énormément de désir pendant une période, parce que l’arrivée et la vie avec un bébé en bas-âge est plutôt… sportive !
Alors, avec souvent des nuits coupées, il est fréquent que l’investissement soit plutôt mis dans le repos/sommeil que dans les galipettes.
Est-ce que le cododo freine d’autant plus la libido ? Je pense que cela dépend de chaque couple.
Si la sexualité du couple se passait exclusivement dans le lit et la nuit, il est possible que cela ait un impact. Mais, concrètement, rien n’empêche les deux partenaires motivés à quitter la chambre habituelle pour investir un autre espace aussi propice (je crois que tous les parents qui pratiquent le cododo voient régulièrement leur canapé sous un autre angle, pendant cette période).
Je me remémore le témoignage d’un papa qui évoquait sa joie : « C’était chouette quand ils étaient petits. On pouvait le faire partout ! Maintenant qu’ils sont ado… On est cloîtré dans la chambre ! ».
Le fait est qu’avoir un enfant modifie la vie et aussi la vie sexuelle. La disponibilité physique et parfois mentale peut être moindre.
Il est indispensable d’être honnête sur le sujet au sein du couple. Il se peut que Madame n’ait pas envie pendant de longues semaines voire mois après son accouchement. Il se peut aussi qu’ils/elles aient du mal à trouver leurs repères dans cette nouvelle vie et qu’ils/elles soient en décalage l’un avec l’autre.
L’arrivée d’un enfant, que ce soit le premier ou le troisième, rebat les cartes et investit massivement l’esprit et le corps. Forcément, la personne qui a porté l’enfant a un vécu corporel que l’autre ne peut expérimenter en tant que tel.
De toute manière, à tous les sujets, les perceptions peuvent être totalement discordantes au sein des couples. L’important est de discuter, sans rancune, sans heurt et avec authenticité.
Il est nécessaire de pouvoir dire : « Non, je n’ai pas envie de ça » et/ou « Tu me manques ! ». Il est ensuite possible de trouver des moyens de combler les besoins de chacun (/ !\ à différencier des envies, ici pour lire un retour sur les besoins de l’humain).
Enfin, je rassure quand même : certains couples ne vivent aucune période de disette ou du moins, n’en souffre pas, parce qu’ils partagent les mêmes ressentis.
Aller, histoire de clore le sujet : n’hésitez pas à vous munir de lubrifiant pour les premières fois (au moins). L’allaitement peut générer quelques épisodes de sécheresses vaginales. Pas d’inquiétude si le corps ne réagit pas tout à fait comme avant, il y a eu un sacré chambardement durant l’accouchement et avec le travail des hormones.

Comme dernier mythe aussi persistant que controversé : la Mort Inattendue du Nourrisson (MIN, terme qui a remplacé Mort Subite du Nourrison)
C’est la terreur des jeunes parents, indubitablement. Je crois que tous, autant que nous sommes, avons scruté/scrutons les mouvements respiratoires de nos tout-petits.
Je ne sais pas si tu le sais mais l’allaitement diminue le risque de MIN… Il y a plusieurs facteurs (peut-être cela fera-t-il l’objet d’un autre article ?!) et l’un d’eux est la proximité mère-bébé pendant le sommeil. Il a également été démontré de nombreuses fois, dont par l’équipe du Dr. Bergman, que le « Kangaroo Mother Care » dont les contacts peau-à-peau sont déterminants pour le nouveau-né. Lors de ces contacts, le rythme cardiaque des bébés ralentit notablement démontrant une décontraction maximale et la température corporelle se régule.
Bergman dit même: “The mother’s body is the only natural, healthy environment for a new baby” (Le corps de la mère est le seul environnement naturel et sain pour un nouveau-né).
Cela implique donc forcément des relations proximales durant les moments de sommeil.

Certaines études ont mis en évidence que le cododo, sur le même matelas, augmente les risques de MIN. Il s’avère que dans ces études, les règles de sécurité régissant un cododo sécuritaire n’ont pas été observées de manière rigoureuse.
La plupart du temps, dans le cas de décès en cododo, les parents avaient consommés des substances psychoactives (drogues ou alcool), fumaient (et cela engendre des dégagements gazeux risqués pour le fragile système respiratoire du nouveau-né), avaient laissé des édredons et autres coussins à proximité du bébé ou avaient un matelas trop souple.
Pendant des années, les méta-analyses, se servant des données des études précédentes, ont répété invariablement que le bedsharing (le partage de lit) était un facteur de risque. Les dernières recherches en la matière s’efforcent de contrôler les conditions non sécuritaires. Il apparaît alors que le partage de lit sécuritaire est relativement équivalent en termes de sureté au partage de chambre (qui lui est recommandé fermement jusqu’à 6 mois).

Il s’avère que les études ont été effectuées aux États-Unis, ce qui explique la perception anthropocentrée de celle-ci. Par la suite, le milieu scientifique s’est tout de même questionné sur les pratiques inhérentes au sommeil dans d’autres cultures… dont des pays industrialisés comme le Chine, la Corée du Sud ou le Japon.
Dans ces pays-là (comme dans la plupart du Monde hors Occident), le cododo (partage de lit !) est pratiqué de manière traditionnelle, parfois jusqu’à l’adolescence. Et pourtant, il est notable de constater que le taux de MIN à Hong-Kong est parmi les plus bas du Monde.
Il s’agit ainsi de questionnements et de peur totalement occidentales, puisque ces pratiques ne sont pas questionnées ailleurs sur le globe. La plupart des ethnies ne comprennent pas pourquoi il serait question de laisser un bébé dormir seul et assimilent, pour certaines, cela à de la maltraitance.
En outre, j’apprécie énormément la réponse du Dr. Alain Benoît (Pédiatre) et intervenant cette fois-là dans « La Maison des Maternelles » dans cette émission-là (je précise à dessein car ils ont déjà invités d’autres « spécialistes » qui vont à l’encontre de ce que ce pédiatre a dit…) : « C’est vraiment un problème de riches ! La plupart des populations du Globe, il n’y a pas de choix entre faire ou non du cododo. (…) Dire que le bébé peut s’en passer, c’est oublier qu’il sort du ventre de sa mère ! (…) En regardant de plus près dans les études, on a pu démontrer que le cododo prévenait la MIN et non l’inverse ! ».
Je mets en sources quelques articles que j’ai lus (pas tous, sinon, ça prendrait trop de place !) afin de fonder mon propos.

Tout ça pour dire, qu’encore une fois comme pour le portage, le maternage proximal et l’allaitement, il ne faut pas regarder dans l’histoire de l’Occident. Au nom de l’esprit, nos pays ont fait fi des besoins corporels primaires. Les communautés, où les besoins sont des moteurs d’actions concrètes, sont des sources intarissables d’inspiration pour s’épanouir dans le vécu de la parentalité (voir le Concept de Continuum).

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Pourquoi le pratiquer ?

Tu n’es pas sans savoir qu’un nourrisson a besoin d’une protection constante. En oubliant le conditionnement social, nous suivons nos intuitions qui nous poussent vers une tendance « enracinées » en nous depuis des millénaires.
La plupart des parents l’expérimentent d’ailleurs : « Il dort tellement bien en portage et dès qu’on veut le poser, il pleure ! ». Oui, c’est normal et mu par son besoin de proximité qui lui assure de la sécurité.
L’Humain, en tant que mammifère, fait partie des primates portés. Cela se différencie notablement, des espèces nidicoles comme le chien ou le loup. Il y a un rapport clair entre l’intensité des besoins des nouveau-nés et le nombre de petits ainsi que la rapidité de leur croissance. On remarque allègrement que les chiens/chats/lapins/… sont indépendants relativement rapidement (aux alentours de 3 mois). Combien faut-il de temps pour qu’un humain soit considéré comme possiblement indépendant ?
Bref, cela démontre que la dépendance du nourrisson est intégrale et que les moments de sommeil ne font, bien entendu pas exception.
Souviens-toi que l’humain fut nomade avant qu’il se sédentarise et construise ses habitats. Cela implique que le nourrisson ne pouvait pas être posé sereinement, il était forcément au contact constant d’un autre humain. Ces nécessités sont ancrées profondément en nous. Définitivement, l’anthropologie a beaucoup à nous apprendre concernant le soin aux enfants !

De plus, il est nécessaire de rappeler que les enfants se développent en fonction de l’environnement auquel ils sont confrontés. Il a été démontré à plusieurs reprises que le cerveau du bébé se développe différemment en fonction des soins qu’il reçoit. Toujours dans le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux : épanouir son enfant grâce aux connaissances sur le cerveau », des clichés d’imagerie médicale témoignent des effets des soins sur le cerveau. Il est maintenant tout à fait clair qu’un accompagnement empathique, la proximité physique et une réponse immédiate aux besoins des enfants leur permettent de développer leur cerveau de manière optimale. La régulation émotionnelle est la compétence qui souffre le plus d’un manque de soin attentif. Or, les émotions habitent l’ensemble des expériences vécues.
Énormément de personnes éprouvent des difficultés à accepter/gérer/détecter leurs émotions. Cela handicape complétement le quotidien … et est une cause classique de consultation psychologique.

Ensuite, d’un point de vue pratique : j’ai du mal à considérer qu’on se pose réellement la question. Qui a envie de se lever de 3 à 10 fois par nuit pour aller cajoler un bébé… et ensuite tenter de le reposer une fois endormi, ce qui le réveille 9 fois sur 10 ?
Si l’objectif est d’épuiser la mère jeune accouchée (ne nous mentons pas, c’est tout de même plus souvent les mères que les pères qui se lèvent dans une large majorité des cas), je suis sûre que cela fonctionne.
Personnellement, c’était inconcevable. Impossible pour moi de me lever autant. Déjà, je suis réveillée 4 fois par nuit pour une tétée (durant laquelle je me rendors !), je ne vois pas pourquoi je devrais me contraindre à déplacer mon enfant dans son lit une fois assoupi. Cela demande bien trop de vigilance à nos pauvres organismes déjà éreintés par la naissance et la vie quotidienne avec un tout petit.

Jusque-là, je n’ai abordé que les nouveau-nés et la recommandation du sommeil partagé jusqu’à 6 voire 9 mois. Après cette période, cela va dépendre complétement des enfants.
Certains seront sereins et continueront à profiter du cododo. Souvent, le.s parent.s est alors très à l’aise pour poursuivre cette pratique jusqu’à ce que les enfants fassent la demande de dormir seul.
Dans d’autres cas, le.s parents ne parviennent pas à dormir correctement avec leur enfant dans leur lit ou dans leur chambre. Les bruits émis par leur enfant le.s réveillent. Souvent, les mères qui ont des craintes particulières et ne parviennent pas à se rendormir pendant les tétées nocturnes. Il est alors possible de proposer aux enfants de rejoindre leur chambre et d’aller les allaiter la nuit.
Il n’est pas rare que les enfants qui se réveillent encore 2 ou 3 fois par nuit ne le fassent plus lorsqu’ils sont dans leur chambre. Au-delà de 6/9 mois, cela ne constitue plus un risque concernant la MIN ou l’allaitement.
Cependant, cela explique pourquoi il est indispensable de garder les enfants auprès de soi durant les premiers mois ! Les phases de sommeil trop profondes et trop longues ne sont pas adaptées à la physiologie du nouveau-né. Ce dernier peut se mettre en « mode survie » et ne plus se réveiller pour téter car il n’en a pas l’énergie.

Comment faire rimer sommeil partagé avec sécurité ?

La plupart des scientifiques NON ethnocentrés sur l’Occident mettent en évidence la nécessité d’instruire aux futurs parents les bases sécuritaires du sommeil partagé. Il est largement préférable de donner accès aux règles de sécurité plutôt que de les décourager à pratiquer le cododo… et qu’ils le fassent « en secret » sans connaître les mesures sécuritaires.

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Exemple de configuration avec un lit annexe

Voici donc les précautions à appliquer :

  • Ne pas pratiquer le cododo après la consommation de substances psychoactives (alcool, drogues, somnifère)
  • Le matelas doit être ferme et plat (il faut aussi que l’éventuelle alaise soit respirante !)
  • Le bébé ne doit pas pouvoir rouler du lit ou se retrouver coincé entre le matelas et le mur, ou entre son lit de cododo et le matelas du/des parents.
  • La pièce doit être à une température entre 18 et 20 degrés.
  • Le bébé ne doit pas être trop couvert (body + pyjama + gigoteuse/surpyjama)
    Le drap ou la couverture ne doivent pas recouvrir tout le buste du bébé
  • Ne jamais laisser d’oreiller/coussin d’allaitement à proximité de bébé (pas avant l’âge de la marche à peu près).
  • Si le bébé se retrouve seul dans le lit (sieste ou début de nuit), il est nécessaire que le bébé ne puisse pas tomber par l’arrangement de la chambre. Idéalement, un lit au sol est le plus sécuritaire.
  • Le bébé doit se trouvé du côté extérieur de la mère allaitante, et non au milieu du lit s’il y a un.e partenaire.
  • Si un enfant plus âgé partage aussi le lit, un parent doit se positionner entre eux.
  • Exclure les animaux de compagnie du lit familial, surtout avant l’âge où l’enfant est en mesure de parler ou de se mouvoir avec aisance.
  • Il ne faut pas dormir avec son bébé dans un canapé/sofa/fauteuil.

Pour finir, en reprenant les mots du pape scientifique du cododo, le Dr. James McKenna, éminent anthropologiste : « Dormir comme un bébé » est une expression commune, mais que veut-elle dire vraiment ? Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées régulières ».

Repose-toi bien, Lectrice ou Lecteur curieu.se.x !

Quelques articles et références que j’affectionne :

Maternage proximal

Le maternage proximal

[Pas le temps ou l’envie de lire: tu peux écouter cet article : https://audio.ausha.co/yErxWsYj6Glb.mp3 ]

Une des entrées en matière de ce blog. Puisque je vais y faire référence par la suite, j’aimerais présenter de manière la plus limpide possible le concept de « maternage proximal ».

Tout d’abord, le maternage proximal démarre en se basant sur les principes de l’attachement, théorisés par Bowlby. Ce dernier définit l’attachement comme « un équilibre entre les comportements d’attachement envers les figures parentales et les comportements d’exploration du milieu.» (Bowlby J., Attachement et perte, Paris, PUF, 1978). Ce lien précoce repose sur des fondements biologiques et des propriétés motivationnelles comparables à la satisfaction des besoins primaires, mais indépendant de ceux-ci.

C’est un peu barbare, lu comme ça…

En somme, le petit d’humain va s’attacher à son/ses figure.s parentale.s. grâce au fait que ces dernières vont répondre à ses besoins primaires (manger, être changé… et être RASSURÉ !). Cependant, Harlow (un autre psy/chercheur, dont Bowlby s’est inspiré) a pu démontrer, dans les années 50-60 que l’attachement et la sécurité ne se basaient pas sur le nourrissage, mais bien sur le besoin inné du nourrisson de toucher et de s’accrocher à quelque chose pour le confort émotionnel … le facteur principal de l’attachement n’est pas la nourriture mais le soin et la réceptivité. Une fois que ce lien d’attachement est fondé, l’enfant peut développer harmonieusement des comportements exploratoires de l’environnement (jouer avec ses jeux, tenter de les attraper, se retourner, aller vers des nouveaux objets, etc.). Les enfants, qui ne lisent pas de confiance et d’encouragement dans les attitudes de ses figures d’attachement, vont avoir plus de difficulté à se sentir en sécurité pour explorer le monde. Pourtant, le job de l’enfant, c’est bien ça… explorer. Difficile de remplir cette mission sans se sentir rassurer par un entourage qui l’encourage. C’est donc là que l’attachement prend une dimension motivationnelle.

 

Image de l’expérience d’Harlow pour fonder ses théories évolutionnistes de l’attachement

Il faut ainsi répondre aux besoins du bébé immédiatement lorsqu’il s’exprime. J’y reviendrai largement ultérieurement, mais il est primordial de savoir qu’un enfant ne peut pas comprendre le sens de l’attente (Non, ta vaisselle en cours ou ton repas ne vont pas disparaître, même si ça serait appréciable pour la première !). Cela n’engendre pas un enfant qui deviendra patient, mais un enfant qui va métaboliser du cortisol, l’hormone du stress. Un enfant dont les besoins sont comblés au plus vite ne risque pas de devenir capricieux (contrairement aux vieilles croyances !), mais devenir un enfant serein qui sait qu’il peut compter sur son entourage.

D’ailleurs, la plupart des parents, des mères principalement, n’ont jamais la volonté de faire patienter un enfant qui pleurent ou qui expriment un besoin (le pleur est souvent l’expression tardive du besoin, qui est auparavant signalé par d’autres attitudes). Ce sont les proches qui mettent en tête aux jeunes parents qu’ils ne doivent pas réagir au moindre couinement… Alors que la propension première est de se précipiter.

Le maître-mot du maternage, c’est de s’écouter ! Agis comme ton cœur le dicte, et non comme des phrases d’autrui résonnent.

Les bébés naissent dans un cadre de dépendance extrême. L’humain vient au monde avec un des développements les plus prématurés comparativement aux autres mammifères (la faute à la station debout et à la taille de notre cerveau par rapport aux hanches des femmes, toussa toussa !). Il faudra de nombreuses années pour que l’enfant d’humain acquière un semblant d’autonomie. La survie du bébé dépend uniquement de son entourage, il a ainsi besoin de s’assurer que celui-ci est particulièrement disponible… Comme instinct de survie. C’est la raison pour laquelle le bébé aime être porté, parce qu’il se sent rassurer après avoir passé 9 mois bercé au sein de sa mère. Il est habitué aux bruits internes de sa mère, aux mouvements… et ne connait pas la faim. Il découvre cette sensation dévorante qui lui engendre une douleur indescriptible.

L’allaitement répond à l’ensemble des besoins du bébé : il nourrit et permet à l’enfant de retrouver des odeurs et des bruits familiers. Il devra être pratiqué à la demande, c’est-à-dire, sans intervalle défini entre deux tétées. Un allaitement ne peut fonctionner que si l’enfant stimule assez la lactation, par la succion. C’est un principe très simple : celui de l’offre et de la demande. Plus l’enfant tète, plus il y aura du lait. Encore une fois, je rédigerai un article là-dessus, mais surtout : ferme les écoutilles aux conseils et aux commentaires qui pourraient te faire douter ! Allaite dès les signes d’éveil, allaite quand il est fatigué, allaite la nuit, allaite… sans regarder ta montre et sans compter. Le bébé sait ce dont il a besoin.
C’est déroutant les premiers jours, mais en réalité : le premier mois, tout est déroutant tant pour toi que pour cet enfant (dans cet article: les tuyaux pour gérer ton quotidien et vivre le 4ième trismestre sereinements).

(Je parle beaucoup du nourrisson, dans cet article, mais il en va de même pour le bébé et le bambin. Eh oui, si tu ne le savais pas, un allaitement peut se poursuivre et s’achever sur un sevrage naturel… entre 2 et 7 ans. Va voir, c’est intéressant!

En outre, je parle d’allaitement, car il s’agit de la norme biologique de notre espèce. Si tu biberonnes, cela va dans le même sens. Donne-lui son biberon sans t’inquiéter de ta montre, ton bébé sait de quoi il a besoin.)

Une autre clef du maternage, c’est le portage. Comme énoncé auparavant, le bébé a besoin d’être rassuré. Il est habitué aux mouvements et aux battements du cœur (entre autres). Il n’est donc pas rare qu’un bébé ne soit bien que dans les bras, parce qu’il s’y sent rassuré (et non pas parce qu’il est capricieux, merci Tatie et Tonton des commentaires !). Alors que faire lorsque ton bébé ne veut que tes bras ? Eh bien, le prendre. Super solution efficace à 100% pour avoir un bébé qui se sent bien et qui pleure peu… Cela a été démontré, les bébés portés pleurent bien moins que les bébés qui ne le sont pas.
Aaaah… tu voulais savoir comment gérer ton quotidien avec un bébé dans les bras ? Le portage !
Vraiment, le portage, c’est la VIE !

Tu mets ton bébé dans l’écharpe, dans un sling, ou autre moyen de portage adapté à sa morphologie (donc son âge et son écartement des hanches) et youplaboum : tu as les mains libres et un bébé heureux.
Alors oui, tu vas continuer à te mouvoir comme en fin de grossesse et ton ventre est encore plus haut. Mais ça te donne une excuse pour déléguer la gracieuse tâche de récurer ta baignoire… ou de la postposer (ça change vite de rythme, un tout petit, rien n’est acquis !)

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Sling Ling Ling d’amour; écharpe JPMBB basic; le BB Tai de Babylonia – à ça, tu peux ajouter une inconditionnelle écharpe en sergé tissé de chez Storchenwiege et tu as mes 4 outils, même si je n’utilise plus la JPMBB, elle a été magique pour les 4 premiers mois.

Le portage peut se pratiquer du matin au soir, sans limite de durée, sans se prendre la tête pour tenter de poser ton bébé afin qu’il dorme (il dort sur toi, et souvent bien plus longtemps que posé), soit rassuré et même nourri (si tu deviens un peu aguerrie pour l’allaitement en portage). On apprend à porter en faisant les courses, à manger, en faisant le ménage (et en découvrant que le bruit de l’aspirateur endort la prunelle de tes yeux, si tu as la même chance que moi), en mangeant (en mettant un lange/tetra au-dessus du marmot, non c’est pas classe, oui, c’est pratique !), en allant aux toilettes (il est passé par ton vagin-souvent-, il n’a pas encore de pudeur !)… La seule limite, c’est la douche.

Autre avantage, en portant beaucoup ton bébé, tu vas éviter qu’il développe un problème de type plagiocéphalie (tête plate) et autres « joyeusetés » posturales. Il tiendra aussi plus rapidement sa tête… cela prouve bien que l’humain est FAIT pour être porté. Un crâne malléable n’a pas vocation à être maintenu dans une position.

Ensuite, dans la trousse du maternage, il y a le cododo. La société occidentale en a peur, mais c’est une attitude d’une praticité incroyable : tu allaites allongée et tu te réveilles peu de temps (en fonction de ton anxiété, moi, je m’étais beaucoup renseignée avant d’accoucher, et dès la maternité, j’ai adopté la position de sécurité pour la nuit… et je ne suis jamais restée éveillée durant une tétée de nuit ! :-p Et je n’ai jamais été épuisée comme j’avais pu le lire chez beaucoup de jeunes parents.) et le bébé a aussi besoin d’être rassuré la nuit (les cycles jour/nuit ne sont pas acquis à la naissance). En outre, même si l’on ne partage pas son lit, l’OMS recommande de partager sa chambre avec le bébé pendant 6 mois minimum, afin de prévenir la mort subite du nourrisson.

Je t’invite vraiment à considérer le cododo différemment de ce que la société occidentale veut en faire : une simple pratique logique avec de jeunes enfants. La plupart des peuples moins nantis fonctionnent sur un système de lit commun/chambre partagée. C’est un problème de riches que d’avoir la place pour séparer les parents des enfants durant le sommeil.

Cependant, il y a des règles de sécurité à mettre en place pour le cododo, voici un article très clair sur le sujet : https://naitreetgrandir.com/fr/etape/0_12_mois/viefamille/fiche.aspx?doc=cododo-partage-lit

La crainte du maternage proximal est entretenue par les psy (souvent psychanalystes… !) et les sociologues qui généralisent les cas exceptionnels de relations toxiques et les parents ultra perfectionnistes voire de décès de nourrisson par étouffement. C’est fréquent, à tous les sujets, de décrédibiliser une pratique par des contre exemples violents. Mais n’oublions jamais qu’un cas problématique ne peut pas entacher toutes les recherches et les preuves scientifiques abondant dans le sens de cette pratique. Quelques articles de presse jugent avant même de faire une recherche étayée des choses.

Il ne faut pas oublier que : « Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. » – Arthur Schopenhauer

Simplement, le maternage proximal rencontre le besoin de retrouver ce qui est inscrit en nous, dans nos cœurs. Ce qui part du cœur ne saurait être néfaste pour les êtres que l’on chérie.

Enfin, je te propose une petite bibliothèque pour détailler le sujet avec des illustres auteurs/autrices :

  • William Sears, auteur de l’expression « attachment parenting » (théoricien du maternage proximal de son état)
    « Élever son enfant… autrement », de Catherine Dumonteil-Kremer
  • « Ne pleure plus bébé! » de Claude Suzanne Didierjean-Jouveau

C’était intense ! Ce fut le premier article… Il est très fourni en informations, et je vais détailler la plupart des notions par la suite, de manière plus courte.

J’espère sincèrement que cela t’aura plu. Laisse un commentaire si tu veux avoir des précisions sur un sujet ou l’autre : je peux aisément te répondre et rédiger un nouvel article pour éclairer tes interrogations, et ainsi entretenir ta curiosité.