Éducation bienveillante

Je joue et mon jeans est usé aux genoux. Et toi ?

 

Avant de devenir mère, j’ai vu un film qui m’a marqué : « Demain, tout commence »
Ce film, outre le message qu’il fait passer, est une ode aux jeux !
Le papa de cette enfant a fait de son quotidien un jeu, en tout temps et en toutes circonstances.

J’ai toujours rêvé de proposer ce type de quotidien à l’enfant que j’aurai.

Je suis devenue mère et je me suis demandée s’il était vraiment possible de jouer à longueur de journée et d’éviter les contraintes…
En réalité, le questionnement est mal posé.
Bien entendu, il n’est pas possible de « jouer » à des jeux pour enfants toute la journée (tâches domestiques, toussa toussa, toi-même tu sais!).
Mais il est possible de tout rendre joyeux (dans la vie quotidienne, je ne parle pas de certaines expériences difficiles de la vie). Je précise que ma fille a 16 mois.

lubomirkin-143245-unsplash.jpg

 

Afin de rendre concrets les aspects ludiques d’une journée « classique », quand je n’ai rien de prévu afin que tu perçoives mon rapport au quotidien :

– Je commence ma journée par nous préparer. Débarbouillage du matin… et le gant de toilette humide qui « attaque » le visage de ma fille qui rit aux éclats. Elle commence à le faire seule mais se limite à la bouche, alors je l’aide encore.
Je mets son pull en faisant une grimace à travers le col, depuis qu’elle est toute petite … Elle me tend sa tête pour enfiler son pull et me tend ses mains afin que je les embrasse dès qu’elle les a sorti des manches.

Petit-déj pour moi… Et proposition pour elle, mais ce n’est pas un moment où elle mange. Parfois elle reste à table, parfois elle est sur mes genoux et grignote, parfois elle est par terre et joue seule.

Moment- Aspirateur (indispensable avec 2 chats à poils longs) : elle joue seule/imite mes gestes/grimpe sur le canapé pour le « nettoyer » à son tour/grimpe sur l’aspirateur ou prend appui dessus pour marcher avec et moi, j’œuvre à rendre la maison propre en un minimum de temps (raison pour laquelle je nettoie tout au fur et à mesure, je déteste les « gros ménage »). Je m’amuse aussi à l’aspirer avec la petite brosse, car elle adore ça et … les poils tenaces de ses vêtements sont enlevés (#rusedesioux) !

– Moment de lecture où on se fait des câlins

Préparation du repas de midi (je prépare en milieu de matinée. J’ai commencé à fonctionner comme ça dès le départ, car j’ai BESOIN de manger sainement au quotidien. Je parle de l’organisation dans l’article sur le quatrième trimestre de grossesse) où elle joue avec ses bacs de jeux à disposition dans la cuisine. Je lui donne des morceaux de légumes crus et des ustensiles de cuisine pour qu’elle explore leurs possibilités.

Heure des courses / De la sieste : en fonction des nécessités, je pars faire quelques courses. Je suis piétonne… donc je dois y aller régulièrement. Le portage me sauve la vie : elle est en portage et sur le trajet aller, je la distraits (ou pas, ça dépend de ses envies à ce moment-là) et je verbalise tout ce qu’on croise. On s’arrête sentir les fleurs et saluer les gens que l’on croise.

Pendant les courses, c’est un temps de dégustation pour elle : elle se fait un en-cas à ce moment là ! C’est comme ça que je décide si j’achète ce fruit-là ou un autre si elle démontre un intérêt particulier. Bientôt, elle sera chargée de mission pour remplir notre panier.

Retour des courses et sieste ! Ici, la sieste s’effectue en portage. Je rentre des courses, chargée comme une mule avec un sac à dos plein, un sac pendu à une main et un bébé qui tète en s’endormant (c’est le moment le plus pénible de la journée, parce que c’est lourd et que j’habite en haut d’une côte. That’s life!).
Quand il n’y a pas eu de courses, c’est simplement MON moment de la journée. Elle s’endort pendant une balade et j’en profite pour marcher quelques kilomètres, parfois en scrollant facebook ou en envoyant des mails, souvent en profitant de la balade. Quand j’ai envie d’avancer dans une lecture, je fais une balade plus courte et je rentre sur la pointe des pieds chez moi pour me poser avec mon livre.
L’unique sieste de la journée dure 1h, en ce moment (et depuis 3 mois).

Temps de midi. Elle se réveille, et je mets à cuire mon plat préparé plus tôt. Pendant ce temps-là, c’est tétée/lecture et préparation de la table. Elle attrape les couverts, et nous allons mettre la table sans fioriture.
Le repas se passe sans prise de tête, pour la simple et bonne question que l’ambiance est au lâcher-prise. Je discute du rapport à la nourriture dans cet article.
Lors des repas, elle a à disposition des aliments sains et cuisinés par moi-même.
Elle mange ce qu’elle souhaite, de façon autonome, depuis toujours, puisque j’ai opté pour la DME (j’en parle ici).
Si elle n’a pas faim, elle ne mange pas. Je n’insiste pas.
Si elle refuse de rester assise sur une chaise haute, elle descend. Souvent, elle occupe alors mes genoux et parfois grignote un aliment ou l’autre, mais rarement.
Le repas n’est pas un moment où je « joue » comme on peut le voir parfois avec « l’avion qui rentre dans le hangar » ou encore de la distraire pour qu’elle mange. Au contraire, je lui fais confiance de manière à préserver ses sensations corporelles et sa gestion de la satiété (qui peut devenir très complexe en grandissant).
Le seul « jeu » va être qu’elle utilise ses couverts pour piquer les aliments et/ou expérimenter les possibilités avec ceux-ci.
Tant que cela n’engage pas sa sécurité, je n’interviens pas plus que ça.

Vaisselle/ « café »
N’étant pas munie d’un lave-vaisselle, je dois bien m’affairer à cette tâche.
J’ai sécurisé ma cuisine et ai mis à sa disposition des bacs avec des jeux à manipuler, des couverts, des boîtes, les casseroles et ustensiles.
Elle s’occupe ainsi seule pendant le quart d’heure nécessaire à cela. Ensuite, il est fréquent que je la rejoigne dans ses jeux, assise sur le sol de ma petite cuisine.
Je me sers mon succédanée de café (j’évite la caféine) et lui propose d’aller au salon, une fois qu’on a ramassé la plupart des jouets (oui, la plupart, il est clair qu’à un moment, quand on range ensemble les « jeux », les petites mains agiles finissent toujours pas en balancer un par terre).

sandy-millar-749381-unsplash.jpg

 

= Playground time: dans le salon, le jardin ou dans une aire de jeux

Dans ce moment-là, je la rejoins dans SES jeux, car jusque-là, c’est moi qui ai tourné les situations en moments de jeu pour elle.
Elle choisit alors de prendre l’une ou l’autre chose, s’arrête parfois sur une tâche ou pas du tout.
On peut parfois lire 4 ou 5 livres de suite.
Bref, je joue. Pour preuve, mon jeans de grossesse (oui, que je porte encore, parce que tellement bien coupé et confortable!) est usé aux genoux !
Je passe du temps par terre avec elle, on joue à cache-cache, on fait des parcours dans le salon, du dessin, de la peinture (quand j’ai encore plus de courage, car avec une enfant qui ne reste pas assise…), bref, on ne s’ennuie pas !

ricardo-viana-105232-unsplash.jpg
J’ai besoin de me nourrir intellectuellement et je n’ai pas énormément de temps pour le faire. Alors, chez moi, il y a de la musique quand on danse mais rarement en musique de fond… Parce que j’écoute des podcasts et des reportages/documentaires/replay d’émissions (NON pas TPMP, j’ai dit que j’avais besoin de me nourrir, pas d’avoir la nausée!).

Un moment pour mon corps… Avec un bébé sur le dos !
J’en parle dans cet article concernant le corps d’après-grossesse, j’ai pris à cœur de garder un tonus musculaire malgré mon absence d’activité physique au sens strict du terme (avant, je m’occupais de mon cheval tous les jours + exercices de renforcement musculaire pendant 30 à 45 minutes).
J’applique les exercices de rééducation abdominales et périnéales appris avec la kiné. J’ai repris le gainage et certains exercices de renforcement musculaire, tout en combinant cela avec quelques postures de yoga.
Même pas besoin de sortir le tapis, puisque j’utilise le tapis en mousse « lettres » installé dans le « coin jeu » dans notre chambre.
Pendant ce temps-là, elle s’occupe autour de moi. Puisque je suis au sol, les interactions ne sont pas coupées.
Je n’ai clairement pas un rythme comparable à celui que j’avais, mais je fais l’effort de me donner au moins 30 minutes/jour pendant lesquelles j’enchaîne quelques exercices entrecoupées de câlins, bisous, tétées (j’ai d’ailleurs allaité plus d’une fois en position « louve » car je faisais du gainage!).

Quand je fais des squats, elle a tendance à m’imiter… Quel fou rire !
Bref, pour elle, c’est aussi un moment de jeu. Et moi, j’ai du temps pour moi… et même un poids en plus quand elle me grimpe sur le dos pendant mes exercices !

Repas du soir, à l’arrache dans la cuisine, dans mes bras.
Elle ne mange pas énormément le soir, mais elle a un creux vers 17h.
Vers 18h30, elle grignote souvent plus quelques crudités, des noix et des fruits.
Elle le fait pendant que je me prépare mon repas du soir.

Comme elle ne dort que très peu, elle s’endort vers 20h et je mange ensuite.

 

Préparation de la chambre pour la nuit
J’ai un matelas au sol. J’ai ôté le cadre de lit car il était à pieds et vieillissant (grinçant et réveillant une bébé dès qu’on bouge dedans, et qu’on tente de sortir du lit en mode Ninja).
Je me dois donc de redresser mon matelas chaque jour afin qu’il ne pourrisse pas à cause de l’humidité.
Chaque soir, je refais notre lit (je pratique le cododo, et je parle de cette pratique dans cet article). C’est aussi le moment pendant lequel je change les draps quand c’est nécessaire.
C’est LE moment que je préfère dans la journée !
Elle fonce sur le lit et attend que je secoue le matelas dans tous les sens. Elle roule, fait des cabrioles avec les coussins, se jette en arrière, éclate de rire, se jette sur moi et me chatouille. Ces jeu « au corps à corps » dans les éclats de rire qui me donnent toujours le sourire !

 

Bain à deux

Quand elle a eu 11 mois, elle a débuté une grande période où elle ne supportait plus de ne pas me voir, ne serait-ce que quelques instants.
Après 2 jours à avoir une enfant accrochée à la baignoire en hurlant pendant les 5 minutes de ma douche, j’ai abdiqué !
Je refuse qu’elle pleure et je refuse d’avoir les oreilles qui vrillent pendant un moment agréable de la journée.

J’ai commencé à me laver avec elle, le soir.
Nous partageons donc le bain, pendant lequel on joue, on se fait des câlins, elle tète… Bref, c’est un moment très agréable, souvent bercé par des morceaux de musique en tous genres.

 

Coucher en « tétée de dodo »

Je n’utilise jamais ce type de termes « dodo », sauf à ce moment-là.
En revenant de la salle de bain, la chambre est déjà dans la pénombre. Nous allons dans le lit et je me réjouie de la bonne nuit à venir.
Je verbalise toujours combien c’est plaisant d’être allongée après une journée et je lui mentionne qu’on va faire notre « tétée de dodo ».
Il ne faut pas longtemps pour qu’elle somnole, puis s’endorme en tétant.
Je prends toujours cet instant de calme pour me recentrer et goûter la chance que j’ai d’être là, de l’avoir et pratique des respirations profondes : une pratique de Pleine Conscience au quotidien.

C’est ainsi que s’achève une journée en tête à tête.
Bien entendu, cela varie en fonction de nos activités et des visites que nous pouvons avoir (et heureusement, car pour avoir été coincée chez moi pendant 3 mois à cause d’une fracture, il semble long d’enchaîner des semaines durant d’avoir les mêmes journées).

Parfois, je me rends compte qu’elle est plus crispée et plus irritable. Il me suffit rapidement de retracer la journée pour me rendre compte que j’ai été moins « joueuse » que d’habitude… Et que moi-même, je suis plus tendue et irritable.

La fatigue et les préoccupations ont vite faits de nous emmener loin de nos attitudes souples et rigolotes.
On se perd dans les aléas du quotidien et on cherche à aller au plus vite.
Or, le jeu et les détournements des activités pour les rendre agréables sont primordiales… tant pour les enfants que pour soi-même !

J’ai une humeur bien plus maussade en fin de journée quand notre journée n’a pas été égayée par les jeux.

Certain.e.s se posent la question de savoir comment occuper les enfants, pour avoir le temps de cuisiner, par exemple.
Et si la solution était d’introduire les enfants dans la cuisine et que la préparation du repas devienne l’activité ?!

Ce retournement de situation peut être mis en place dans toutes les tâches usuelles.
Il est nécessaire de prendre le temps… pour que les enfants en bénéficient et apprennent !
Tout sera fait de manière lente et approximative, mais ce sont des moments riches à tout point de vue pour les enfants… Mais aussi dans les relations.

Cette manière d’inclure les enfants dans chaque tâches lui permet d’exercer sa motricité, la succession des étapes, et d’accéder progressivement à une certaine autonomie.
Je me rapproche beaucoup de la pédagogie de Charlotte Mason, dont je parlerai prochainement.

Oui ! Cela demande de l’énergie.

L’accompagnement bienveillant des enfants demandent de l’énergie, de la créativité et une adaptation constante des perspectives sur les enfants.
Mais c’est un investissement qui est rentable à court, moyen et long terme.
Faire face à des cris, des pleurs et des oppositions récurrentes de la part des enfants me semblent encore plus énergivores… et dans une dynamique négative !

S’occuper d’enfants demande de l’énergie… A nous de choisir comment orienter notre vie !

greg-rakozy-38802-unsplash.jpg
Certain.e.s peuvent avoir du mal à jouer avec les enfants. Elles/Ils ont tellement perdu l’habitude d’agir sans but, de conter des histoires, d’activer son imaginaire et de « perdre du temps » alors qu’il y a des « corvées » qui attendent… que le jeu devient une contrainte.
Alors, faut-il se forcer ?
La question n’est pas de s’engager dans une activité à contre cœur… Mais de changer de perspectives par rapport aux jeux avec les enfants.
Si certains amusements peuvent aussi nous faire rire, il est plutôt question de s’enthousiasmer devant la manière qu’ont les enfants de s’investir dans ceux-ci.
En jouant avec eux, cela permet de les observer, de le voir grandir et de constater toutes leurs habiletés se développant jour après jour.

Dans nos vies « de grands », nous n’avons que trop peu de possibilités de vivre des éclats de rire (surtout si vous êtes assez isolées, comme je le suis : maman solo, amies et familles éloignées).
j’ai en tête les fous-rires que j’avais lorsque j’étais étudiante, à tel point que nous devions quitter les auditoires (amphi, pour les français).
Je me rappelle des rires étouffés lors de réunion d’équipe ou du travail en open-space alors que j’échangeais des emails avec des collègues en simultané.
Maintenant, j’ancre les moments de rire lorsque ma fille se déguise et vient me voir après s’être accoutrée de panier en guise de chapeau, de culotte comme collier et de rouleur de PQ comme bracelets (qui lui font des armures!).
Maintenant, je souhaite que chaque jour, j’ai pu l’entendre rire aux éclats pendant quelques instants.
Maintenant, je m’autorise aussi à pratiquer des techniques comme seule du « yoga du rire »  car ses vertus sont reconnues tant sur la santé physique que mentale.
Et j’évite de lire ou d’écouter des choses qui me mine le moral : les informations, certains commentaires sur les réseaux sociaux, certains sujets de documentaires, etc.
Au départ, j’ai cru que je m’enfermais dans un « monde de bisounours », en réalité…
Je cherche juste à maximiser mon énergie personnelle sans me faire polluer par des informations sur lesquelles je n’aurai aucun impact. Cela fait partie du lâcher-prise : ne pas donner d’importance à quelque chose qu’on ne peut pas changer.

Mettre en place une vie égayée, cela va demander de l’inventivité, de la curiosité et de la remise en question, et ce de façon constante !
Parce que les enfants et leurs besoins évoluent chaque jour, leurs réactions se complexifient et les réponses à adopter doivent s’adapter continuellement.
Il y aura des jours où je n’aurais pas eu l’énergie/la disponibilité mentale d’agir en égayant le quotidien.
Mais il suffit parfois de le conscientiser et de se questionner sur ce qui aurait pu être fait différemment, pour le mettre en place le lendemain !

L’humour, le rire, les câlins et l’amour sont des moyens utiles et efficaces pour désamorcer des crises et des situations tendues. Ils ne doivent pas être des récompenses mais des carburants de la vie !
J’en parle d’ailleurs dans cet article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ? ».
Le principe n’est pas de masquer l’émotion en détournant l’attention.
C’est une façon de pouvoir se reconnecter après un passage difficile et de rendre les tâches accessibles, et d’amener les enfants à prendre du plaisir malgré les aspects ennuyeux qu’elles peuvent comporter.

Je tiens aussi à préciser qu’il est indispensable d’être vigilant avec ce qui nous fait rire, chez les tout-petits.
Parfois, ils font semblant de mordre voire mordent réellement, et la première réaction (si la morsure n’était pas douloureuse) est d’en rire.
Cela incitera les enfants à recommencer.
L’idéal est de tempérer ses réactions afin de ne pas renforcer, malgré nous, des attitudes qui peuvent devenir dérangeantes (j’aborde le sujet des enfants qui frappent et qui mordent dans cet article).

Les enfants retiennent les réactions fortes et cherchent à en comprendre les raisons.
Jusqu’à 3 ans, les séquences « causes/conséquences » sont en construction. Les gestes causant de la douleur n’émergent pas d’une volonté de blesser, mais juste de voir si cela déclenche toujours la même réaction.
A ce moment-là, tu peux visualiser ma charmante enfant, pincer mes tétons en disant « AIE ! » avec un grand sourire !
Elle ne cherche pas à me faire mal, elle n’a pas encore la cognition pour comprendre que cela engendre une vraie douleur détestable… Mais elle a bien compris que je disais « AIE ! ».
Donc, s’amuser, oui, mais pas forcément de toutes les attitudes, au risque qu’elles deviennent récurrentes. Cela vaut également pour les cris ou tout autre contrainte physique: les enfants chercheront à comprendre ce qui provoque la réaction, sans comprendre la causalité de ce qui motive la réaction (notre douleur).
L’unique réaction qui permettra de diminuer l’occurrence de ce genre de geste est de réduire au minimum ses réactions afin que le geste ne soit pas renforcé.

Si tu es coincée dans les réactions de ton enfant, dans un cas précis dans lequel tu ne trouves pas d’alternatives, n’hésite pas à me contacter pour réfléchir ensemble à la question.:)

 

Je t’invite à lire ce livre, qui est une référence sur le sujet :
« Qui veut jouer avec moi ? »Lawrence Cohen (présenté par Isabelle Filliozat)

Certain.e.s ont posé l’étiquette d’éducation ludique sur cette manière d’accompagner les enfants.
Je ne suis pas adepte des étiquettes, autre que celle de bienveillance, qui peut se décliner en de nombreuses attitudes… dont celle d’être ludique !

 

A très vite, pour aborder de nouvelles curiosités!

 

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !

 

Publicités
Éducation bienveillante

« L’éducation bienveillante, ça ne fonctionne pas / Je ne suis pas convaincu.e ! »

Bonjour!

 

Lis ces quelques mots, qui te permettront peut-être de mieux communiquer avec la personne qui te le recommande… ça vaut la peine de prendre quelques minutes, crois-moi !
Tu en as ras le bol d’entendre parler de bienveillance, d’éducation positive et des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) dont tu n’avais jamais entendu parler auparavant.
Quelques personnes de ton entourage sont « pénibles » avec ça et t’en parle.
Tu estimes que ça ne sert à rien parce que les enfants ne sont pas en sucre et que tu as bien grandi sans ces précautions-là.

Ce que je te propose, c’est de percevoir pourquoi ces principes de nonviolence et bienveillance tiennent à cœurs certaines personnes, dont au moins une t’es très proche… Mais aussi de savoir POURQUOI ça t’énerve autant.

Il est fort probable que tu aies connu dans ton enfance des cris, l’une ou l’autre gifle/fessée et que tu aies été puni par tes parents.
Dans certains cas, tu te souviens que tu t’étais senti.e folle/fou de rage mais que parfois, tu estimais cela justifié car tu avais fait une bêtise.
Tu penses même sûrement que cette rigueur éducative t’a permis de devenir, au moins un peu, l’individu que tu es !
Dans ta conception des choses, tu penses probablement qu’il est nécessaire de brider les enfants afin qu’ils débordent pas et ne fassent pas n’importe quoi.

D’un autre côté, si certaines actions te paraissent être des maux nécessaires, je me doute que tu aimerais t’en passer si c’était possible, n’est-ce pas ?

Je suppose que cela ne te réjouit pas de crier ou de menacer tes enfants de punition.

Parfois, je suis même certaine que c’est plus fort que toi : tu es épuisé.e, tu aurais besoin d’être au calme et les enfants t’empêchent de savourer cet instant ou de simplement, ne pas « faire la foire » le temps du repas.

Tu rêves de la famille idéale où le repas se prend dans le calme (tiens, dans ta conception des choses, les enfants mangent avec toi ? Parlent-ils volontiers ?) et où les enfants obéissent à leurs parents… Les jours se passeraient sans accro et tu n’aurais pas besoin de perdre de l’énergie à t’énerver.

Mais tu as tellement envie de pouvoir être serein.e et aussi, d’être sûr.e que tu élèves tes enfants correctement.
Tu as des valeurs et tu veux les transmettre.
Tu as été éduqué d’une certaine manière et, si tu t’aimes, tu estimes que ce n’était pas mal, après tout, puisque tu es quelqu’un de bien !

Quand tu entends parler de bienveillance et de NVEO, tu as l’impression qu’on te dit : « Oui, laissons les enfants tout faire ! » et surtout, que tu auras des enfants incontrôlables, tyranniques et sans limite.
Tu n’as pas envie de voir tes enfants prendre trop de libertés au quotidien et puis… Si tu peux éviter le regard des autres sur ton mode éducatif, tu préfères. C’est logique !

Et qu’est-ce que le discours de la parentalité positive peut être culpabilisant : des listes de choses à faire ou à ne pas faire !
On a l’impression qu’on ne fait rien de bien… alors qu’il ne faut pas rigoler : tu t’en es pas mort, d’avoir été élevé.e avec quelques claques et des punitions.

thought-catalog-622483-unsplash

 

Si tu veux bien continuer, j’aimerais t’inviter à une petite introspection.
Peux-tu prendre quelques instants pour te souvenir d’un moment où tu as été puni, plus jeune.
Souviens-toi des circonstances mais surtout, des émotions que tu as ressenti à ce moment-là.

Ce sont rarement des émotions positives : colère, peur, déception, tristesse, … parfois résignation.
Peux-tu maintenant penser à ce que cela a engendré comme attitude de ta part ? Cela t’a-t-il amélioré ?
Penses-tu que cette méthode était efficace pour t’apprendre quelque chose ?
Je t’invite à faire la lecture de cet article pour comprendre comment les punitions ont l’air efficace… alors qu’il n’en est rien.

On te parle de bienveillance éducative et tu as peut-être l’impression qu’on te demande de te transformer !
Tu crois peut-être qu’il faudrait que tu ignores ce que tu penses pour agir différemment.
Je vais te faire une confidence : ce n’est pas parce que tu as un comportement maintenant que cela te définit.
Mieux : tu peux agir de manière opposée à tes habitudes d’hier sans que TU sois remis en question.
Tu as le droit de changer d’avis.
Tu as peur du regarde des autres et tu as l’impression de trahir ce que tes parents t’ont transmis ?

Tes parents ont fait ce qu’ils ont pu à l’époque où tu es né.e.
Ils voulaient faire au mieux…. Et je suis sûre que c’est également ce que tu souhaites.

L’avantage, c’est que lors des dernières années, il y a eu moult champs explorés en neurosciences et que l’on a découvert de nombreuses informations ayant une implication directe avec l’éducation des enfants.

La bienveillance éducative prend ses racines là-dedans : l’objectif est de prendre en compte le niveau de développement des enfants de manière à comprendre leur comportement et de pouvoir y réagir le plus adéquatement.
Tes parents ne savaient pas. Toi non plus et moi non plus, jusqu’il y a quelques années.

Non seulement tu peux ouvrir la voie dans ta famille, mais tu peux aussi devenir une ressource pour eux.
Agir différemment de ses parents ne nous opposent pas à eux : nous les complétons simplement
(Je t’invite d’ailleurs à lire cet article te permettant de trouver des clés pour faire en sorte que les autres acceptent tes choix).

Tu as sûrement peur que tes enfants deviennent incontrôlables. Peut-être même que tu crains qu’il devienne délinquant si tu ne serres pas la vis.
Tu as envie de leur transmettre des valeurs !

Moi aussi !
J’ai envie que ma fille ait des valeurs qui soient proches des miennes et sincèrement, je me sentirai coupable si elle finit avec un casier judiciaire.
Pourtant, je suis assurée de quelque chose : regarde les profils des criminels. Il est TRÈS diversifiés. Les « petites frappes » sont souvent des gamins livrés à eux-même assez tôt… mais surtout : ils n’ont pas été accompagné par des attitudes bienveillantes.

La bienveillance éducative, ce n’est pas du laxisme au sens où tu l’entends= aucune limite. Je te laisse une petite définition ici.
Il est tout à fait exact que les enfants ont besoin de règles de vie commune. Nous vivons en société et chacun doit prendre en compte autrui.
Je t’invite vivement à lire cet article qui traite spécifiquement des limites éducatives dans la bienveillance. Tu verras que ce n’est pas une absence de présence parentale, au contraire.

illustrations besoins

Ce principe d’éducation repose sur la volonté de prendre en compte les besoins des protagonistes (c’est-à-dire, autant des enfants que des parents!).
L’objectif n’est pas d’asservir les parents à des enfants prétendument devenus tyrans ou dictateurs.
D’ailleurs, souvent quand on se braque et qu’on s’énerve (cela vaut autant pour toi que pour tes enfants), c’est qu’un besoin n’est pas rempli.
Le problème, ce que l’on ne nous a pas appris pas à nous décoder nos besoins… mais bien les stratégies que notre cerveau met en place pour répondre à l’inconfort.
Par exemple, crier pour obtenir du calme ou encore, grignoter lorsque l’on s’ennuie.

En gros, être dans un accompagnement bienveillant des enfants demande d’être à l’écoute des besoins de TOUT le monde.
Donc, de toi, aussi!
Le fait est que les besoins des enfants passent en priorité durant quelques années. Parce qu’ils sont en pleine construction et qu’ils n’ont pas la même physiologie que les adultes.
Ils vont avoir sommeil, faim, soif, peur, envie de câlins, etc, de manière unique.
C’est vrai que cela demande de l’énergie et de l’attention, mais… cela ne dure pas ! En regard de la durée d’une vie, la période où les enfants sont au centre de toutes les actions est brève.

Je ne tente pas de cacher sous le tapis les difficultés inhérentes à la parentalité. Quelque soit la manière d’agir, être avec des enfants n’est pas forcément évident.
D’ailleurs, depuis leur naissance, les parents sont noyés sous les injonctions de toutes parts : les médecins suggèrent ceci, les amis défendent cela et les grands-parents apportent un autre avis.
Les plus classiques sont de laisser pleurer les enfants, de ne pas les porter trop, d’être ferme, de ne pas les laisser décider et qu’ils doivent obéir.

Or, l’éducation bienveillante est régulièrement perçue comme des listes de comportements à mettre en place ou à éviter.
Il faut percevoir que ces listes ne peuvent pas, pour des raisons graphiques et esthétiques, de transmettre en détails les motivations de chaque suggestion (l’immaturité cérébrale, le stade de développement X qui demandent telle attention…).
Mais cela permet de proposer une alternative au comportement automatique dont on souhaite se défaire, comme le fait de crier ou de donner une fessée.

Je ne prétends pas que la bienveillance éducative est simple.
C’est vrai que cela te demande de te poser et de questionner tes réactions automatiques :
« Tiens, pourquoi je crie, quand elle/il fait ça ? »
« Je suis très agacé.e lorsqu’il/elle réagit de cette façon, pourquoi ? »

Et c’est vrai… que ça peut être douloureux de trouver les réponses à ces interrogations.
Souvent, nos énervements et réactions vives sont mues par nos propres vécus. Cela fait écho et… Le psychisme s’en défend en mettant à distance ces émotions négatives, qui se retrouvent masquées par de la colère.
En plus, si tu as été élevé.e en entendant que les émotions, c’est vraiment un truc de nana ou de bébé… Forcément, tu n’es pas vraiment à l’aise avec l’idée de les laisser émerger.
D’ailleurs, je crois que tu n’y vois pas vraiment d’intérêt, là, dans l’instant.

Alors, j’ai juste d’autres questions : comment vis-tu quand tu es en colère ? Quelles sont tes réactions ? Est-ce qu’elles te satisfont ?
Aimerais-tu que ton enfant démontre les mêmes actions quand il ressent de la colère, de la déception, de la frustration ou de la tristesse ?

En changeant de perspective, tu vas pouvoir aider ton enfant à avoir des attitudes qui sont plus en maîtrise de soi.
C’est vrai que ce n’est pas immédiat, cela demande du temps. Mais, dans tous les cas, l’accompagnement des enfants est une tâche longue (et jamais achevée?!).
Alors autant rendre cela le plus agréable possible, non ?

kristopher-roller-188180-unsplash

La personne de ton entourage qui souhaite te sensibiliser à la bienveillance aimerait partager cette possibilité avec toi.
En se questionnant sur la bienveillance éducative, il s’agit d’ouvrir le dialogue et de mieux se comprendre. N’est-ce pas le désir de chacun.e envers les êtres aimés ?

 

Je ne le cache pas, j’aime bien imaginer un futur monde de Bisounours.
Parce que je suis convaincue (et c’est aussi l’inclinaison des découvertes en neurosciences affectives) qu’il est possible, en quelques générations, de faire diminuer drastiquement le taux de violence dans la société en accompagnant les enfants différemment.
La Suède en a déjà fait l’expérience… !

Je te laisse sur une dernière réflexion :
Si les punitions et les brimades fonctionnaient vraiment, pourquoi y a-t-il encore autant de délinquances et de délits ?

 

J’espère sincèrement avoir ouvert une fenêtre pour que tu puisses échanger avec les personnes de ton entourage qui s’intéressent à la bienveillance éducative.
C’est une façon de renforcer les couples : S’enrichir mutuellement en discutant de votre projet commun, l’éducation de vos enfants.
C’est aussi une manière de proposer aux grands-parents et autres personnes de faire des découvertes sur le cerveau de l’enfant.
Je suis sûre que ces personnes sont ravies d’avoir accès à des traitements médicaux contemporains… Alors il semble logique que les nouvelles connaissances sur le développement infantile modifie notre rapport à l’éducation. Cela ne remet pas en cause ce qu’elles ont fait à leur époque, sans avoir autant d’informations qu’aujourd’hui.

Pour ceux et celles chez qui la brèche serait déjà ouverte, voici un index détaillé (résumé de l’article) de la section « Éducation bienveillante ».
Tu y trouveras de nombreux articles sur des sujets spécifiques comme la colère, la frustration, la gestion des « caprices » et d’autres ressources te permettant de voir que, vraiment, la bienveillance n’est pas de laisser faire, mais d’accompagner différemment !

 

A très bientôt, j’espère, pour d’autres relevés de curiosités en bienveillance.

 

P.S. : Abonne-toi pour recevoir les prochains articles (pas de spam de pub pour des programmes, ici!).
Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Quand les « mensonges » s’invitent dans la bouche des enfants

« Ma maman me donne des biberons froids ! Et Papa, il boit dans le canapé assis devant dans télé ! »

J’avais 3 ans et demi et c’était durant un entretien avec la Directrice de l’école qui allait m’accueillir, quelques mois plus tard.
Ma mère fut épouvantée que j’ai pu dire ça. Son honneur fut sauf puisque ma sœur aînée était déjà scolarisée là-bas et que la Directrice connaissait la famille. Elle savait que je fabulais.
Jamais ma mère ne m’a proposé de biberon froid (et pourtant j’en ai bu très tard !) et mon père ne touche à l’alcool qu’en de rares occasions, et surement pas devant la télé !

A partir de là, je fus celle qui ment, qui fabule, qui raconte des histoires.
Parfois, on m’a dit que j’étais très imaginative, mais ce que j’ai entendu fréquemment est : « Tu mens vraiment comme tu respires ! ».

Pourquoi ?
Parce que c’était le chat qui avait fait tomber le micro-onde, ou avait démonté le magnétoscope (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !)…
Parce que ce n’était pas moi qui avait planté mon doigt dans le gâteau au chocolat ou mangé le dernier biscuit.
Parce que oui, j’étais en retard ! Mais j’avais pleins de bonnes raisons un peu « foireuses ».
Parce que j’avais cassé un objet précieux et que j’étais épouvantée de lire la tristesse et la déception dirigée vers moi.
Parce que j’avais envie de pouvoir être intéressante, avec les copines, mais que je n’avais rien vécu de passionnant…

Bref, oui ! J’ai raconté des tas d’histoires.
On ne peut pas dire que cela ait forcément été perçu positivement, forcément.
Or, à partir du moment où l’on m’a collé l’étiquette de menteuse, comme je l’explique dans cet article sur l’impact des mots et des étiquettes, je n’ai fait que confirmer cela.
Le mal étant déjà fait, quoi que je dise : c’était remis en question.
Alors bon … Je pouvais bien inventer d’autres trucs tant que ça me servait et que ça ne faisait pas de mal.

Le fait est que je ne suis et n’étais pas particulière. Je rencontre beaucoup de parents qui s’inquiètent des affabulations de leurs enfants de tous âges.
C’est la raison pour laquelle je vais détailler dans cet article les raisons qui poussent les enfants à raconter, aux yeux des autres, des mensonges !

perception
C’est le cortex préfrontal qui court …

Comme à tous les sujets dans l’accompagnement bienveillant des enfants, il vaut mieux savoir pourquoi les enfants agissent… Mais aussi quelles sont leurs possibilités réelles, au lieu de les supputer, et de leur prêter des intentions qu’ils ne sont pas en mesure d’avoir.

Ce n’est pas original, comme référence, mais elle est très bien organisée : le contenu d’Isabelle Filiozat sur le sujet.
Elle décrit âge par âge le rapport que les enfants ont à leurs discours.

Avant l’âge de 3 ans, les enfants n’ont pas conscience du mensonge, ils font état de fabulations. S’ils racontent autre chose que la réalité perceptible (je n’apprécie pas le terme « Vérité », car c’est une question de perception), c’est parce qu’ils modifient leur propos en fonction des attentes de leurs interlocuteurs.
Par exemple, quand on leur pose une question précise sur l’endroit où se trouve un objet, ils vont avoir tendance à répondre l’endroit où ils pensent que tu aimerais que cet objet soit.
Son intention est de te contenter, pas de te tromper !
A partir de 3 ans, les enfants développement leurs images mentales et sont en mesure de les verbaliser.
Ils peuvent imaginer des faits et les énoncer comme ils décrivent la réalité.
Le langage s’étoffe et les parents peuvent être surpris des associations effectuées par les enfants.
Encore une fois, il n’y a pas une volonté de tromper les interlocuteurs, ils expriment ce qu’ils pensent indistinctement avec ce qu’ils font/ont fait. Encore une fois, il s’agit de fabulations.
C’est à ce moment-là qu’on peut constater clairement que les enfants n’ont pas accès au second degré ni à la distinction avec l’imaginaire : ils croiront que les monstres et les sorcières existent si tu leurs racontes ce type de contes imaginaires effrayants.
D’ailleurs, pour éviter des peurs irrationnelles, je déconseille la lecture des contes de ce type avant 6 ans !

Vers 3 ans et demi, les enfants commencent à prendre conscience que les personnes croient ce qu’ils disent… et qu’ils peuvent influencer autrui par leurs propos. Ils se découvrent maîtres de penser de façon autonome, sans que l’entourage ne sache ce qu’ils ont dans la tête.
De la même manière qu’ils ont pris conscience des phénomènes physiques tels que la gravité en jetant par terre bon nombre d’objets ou d’aliments… Maintenant, ils vont utiliser les mots pour estimer si les effets de ceux-ci sont concluants !
Souvent, c’est à ce moment-là que les premières étiquettes de mensonge arrivent.

Je ne reformule pas puisque c’est clairement exprimé dans cet article :
« Et là s’introduit entre adultes et enfants une formidable confusion que le psychanalyste Sandor Ferenczi appelait « confusion de langues ». Faute de saisir l’enjeu de cette confusion, d’en parler clairement à l’enfant (« Je sais que tu as raconté ce mensonge parce que tu voulais me faire plaisir ou parce que tu avais peur de me faire de la peine »), de lui expliquer le pourquoi d’une éventuelle sanction, nous risquons de passer à côté de la souffrance qui se cache derrière le « men-songe », le « rêve qui ment » comme l’appelle joliment Jean-Pierre Winter. »

Il est indispensable de prendre conscience que l’expérimentation des capacités langagière, des pensées autonomes voire secrètes et de leurs impacts, sont nécessaires pour la construction de leur cerveau et d’eux-mêmes.

A partir de 4 ans, les enfants sont susceptibles de raconter des choses de manière à obtenir ou éviter quelque chose.
Un enfant qui présume qu’il aura des remontrances s’il a mangé du chocolat, dira qu’il n’en a pas dégusté… Même si le tour de sa bouche démontre le contraire !
Il tente d’éviter la réaction estimée négative.
C’est à partir de cette étape que sont saillantes nos attitudes dans la perspective des enfants qui agissent alors de manière à fuir ce qui le rend inconfortable.

On comprend alors que pour diminuer l’occurrence des carabistouilles, c’est notre attitude qui est à surveiller (eh oui, encore ! Les enfants sont des éponges miroitantes !) !
D’abord, il est nécessaire de changer de perspective à la lumière des informations exposées ci-dessus : les enfants ne mentent pas de manière à influencer l’attitude d’autrui avant l’âge de 4 ans, environ.
Et à partir de cet âge-là, un enfant qui raconte des histoires ne le fait pas de manière anodine. C’est un acte mu par une raison tangible prenant racine dans l’attitude parentale (ou d’autres individus).

En rappel, l’être humain est un être social. Cela implique que chacun a besoin de se sentir inclus parmi ses pairs. C’est d’autant plus le cas durant l’enfance, puisque les petits d’humain ont bien conscience qu’ils ont un besoin vital de la présence d’autrui !
La crainte de l’exclusion est alors majeure. Ils font tout pour éviter de se sentir/être exclus de leur groupe d’appartenance.
Les fabulations sont alors susceptibles d’être utilisées de manière à éviter cette exclusion ou le sentiment d’exclusion.
Or, lire la déception dans les yeux d’un.e référent.e peut être interprété comme un signe de désamour et de détachement.
C’est la raison pour laquelle les enfants tentent alors de rire/faire rire, change de sujet, essaye de fuir la discussion, et autres stratégies, de manière à recréer/se rassurer du lien !
Ce n’est pas du tout un signe de provocation mais au contraire, une tentative de réconciliation.

Comment faire pour diminuer l’occurrence des mensonges chez les enfants ?

Un enfant qui a peur d’être puni (verbalement, émotionnellement ou physiquement) aura tendance à éviter cette sentence ! Alors, seront cherchées des stratégies permettant de les déjouer. Le mensonge est une des stratégies disponibles.
Je rappelle à l’occasion que les punitions sont totalement inefficaces et n’aident en rien à l’éducation des enfants : pour en savoir plus, tu peux aller lire cet article sur le sujet.

Les mensonges peuvent également être des stratégies les aidant à répondre à leurs besoins. Pour favoriser l’authenticité des enfants, il est nécessaire de les accompagner dans l’expression de leurs émotions et de leurs besoins.

Il est ensuite intéressant de se pencher sur ce que les enfants tentent d’atteindre par leurs mensonges… Et de leur proposer des alternatives !
Il est parfois facile d’élaborer de petits mensonges de manière à être inclus au groupe ou à éviter d’être gêné.e… D’autant plus dans un contexte où les enfants se savent sujet à l’humiliation (avec ses pairs ou face à des adultes malveillants).
Il faut leur montrer qu’ils peuvent être entendus et n’ont pas à mentir pour accéder à leurs envies/besoins.

Comme je l’ai précisé auparavant, l’usage des mots est déterminant : caractériser un enfant de « menteur » ou ses propos de « mensonges » engendrera un malaise et un effet contraire à celui escompté.
Je précise dans cet article « pourquoi les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) ! », en citant Marshall Rosenberg, initiateur de la CNV.

Bien sûr, comme pour l’empathie et l’attention, l’exemplarité est indispensable pour être cohérent aux yeux des enfants.
Si tu as tendance à maquiller la réalité, ton enfant s’en rendra compte tôt ou tard. Il se dira qu’il peut agir de la même manière.

alexandra-633017-unsplash

Les réponses face à des propos qui ne rencontrent pas la réalité perceptible sont déterminantes.
En fustigeant les enfants, ils se renferment.
En ignorant leurs propos, ils peuvent croire que leurs actions n’ont pas d’impact.
Il est ainsi indispensable de saisir la perspective bienveillante pour intervenir avec justesse et équilibre.

Bien entendu, les réponses doivent s’adapter à l’âge des enfants.
S’il s’agit des histoires racontées par les petit.e.s en dessous de 3 ans et demi, il est efficace de reconnaître leurs propos sans les rabrouer de manière vive.
Les enfants ont besoin d’entendre que leurs mots résonnent chez leur entourage, que ce qu’ils disent compte pour nous.
Il est possible de reformuler et ainsi d’acter ce qu’ils prononcent.
Si ce qu’ils disent n’est pas exact, par exemple, ma mère aurait pu dire : « Ah, Tu as déjà vu Papa boire dans le canapé ? Et moi, je te donne des biberons froids ? », tout en ajoutant ensuite un questionnement par les conséquences émotionnelles que cela engendre chez eux : « Et cela te fait quoi, quand je donne un biberon froid ? ».
Le principe est de permettre aux enfants d’être entendus, car c’est ce qu’ils demandent.

Au-delà de 3 ans et demi, il est nécessaire de faire comprendre aux enfants qu’on perçoit que leurs discours n’est pas gage de vérité tangible.
« Ce que tu dis là, c’est pas ce que je peux constater. Ce que je vois, c’est « ça » ! ».
L’objectif est de faire part de ses observations de manière neutre, sans jugement.

Il est ensuite nécessaire de focaliser son attention sur la réparation plutôt que sur la recherche de coupable, et cela vaut pour toutes les situations.
Cela peut se décliner de moult façons de façon à rappeler les valeurs de la maisonnée ou encore des suggestions de phrases pour aider les enfants à se livrer pour ainsi passer à l’étape de la recherche des solutions :

« Je rappelle qu’il n’y a ni brimade ni punition sous ce toit : l’objectif est simplement de nettoyer/trouver des solutions/être authentique sans avoir peur des autres. »
« La maladresse arrive à tout le monde ! », afin de rassurer quant à ces actions. Ensuite, en exprimant clairement « Oops, j’ai fait tomber une tasse ! », les enfants voient que les actions ayant des conséquences « néfastes » peuvent survenir avec tout le monde !

« Maman, j’ai mis du feutre sur le fauteuil. Tu peux m’aider à l’enlever ? » : le fait de verbaliser des phrases peut les aider à parler.

« Je te fais confiance, et c’est nécessaire pour que tu aies plus de responsabilités. Ça implique que tu prennes soin de cette confiance. », pour les inciter à conscientiser leur responsabilité dans le quotidien.

L’humour est une ressource inestimable pour autant qu’il ne méprise pas l’intégrité morale des enfants. L’objectif est de transmettre le message : « je sais que tu sais ».
« Oh ! Dis donc, c’était de l’air à la place de l’eau dans le robinet pour que tes mains soient encore pleines de tâches ? »
Je rappelle à l’occasion que les enfants ne perçoivent pas le second degré avant 4 ou 5 ans, c’est donc superflu avant cet âge !
Mais pourquoi mentent-ils ?

Il est indispensable de détecter ce qui motive les mensonges.
Est-ce que ton enfant veut préserver ses liens sociaux avec ses amis ?
Est-ce qu’ils veulent éviter une brimade ?
Est-ce qu’ils estiment ne pas avoir assez de liberté ?
Est-ce qu’ils souhaitent préserver ton amour en évitant ta déception ?
Est-ce qu’ils souhaitent te protéger de leurs propres erreurs, de manière à ce que tu ne t’inquiètes pas ?

Il peut être utile de mettre en exergue que le mensonge engendre de la culpabilité, en décrivant celle-ci dans ces composantes émotionnelles et physiques : sensation de malaise, de tension, de lourdeur, de tristesse, …
Ensuite, il est indispensable de les impliquer dans la recherche de solutions de manière à ce qu’ils investissent totalement l’impact de leurs actions. Il est aussi intéressant pour eux qu’ils intériorisent que les solutions sont plus aisées à trouver/mettre en place à plusieurs !
Cela vaut pour toute la vie ! On appelle cela « l’intelligence collective ».

Quid de l’après-mensonge ?

Faut-il revenir sur le fait du mensonge ? Avoir une discussion sous forme de morale ?

Il peut être intéressant de relever la fierté qu’ils peuvent avoir de s’être libérés d’une tension amenée par la culpabilité du mensonge.
Il est indispensable d’éviter de monter en épingle LE mensonge et encore moins accabler les enfants de qualificatif de menteur.
Par contre, il est possible de reconnaître les attitudes habituelles des enfants dont leur authenticité : « C’est parfois difficile de savoir comment réagir, hein ! Mais l’idéal, c’est de choisir de dire la vérité pour se sentir bien. C’est drôlement plus confortable de pouvoir tout se dire ! »

Il est important de renforcer l’estime de soi des enfants de manière à ce qu’ils ne se sentent pas dans le besoin de recourir aux mensonges.

Le mensonge, un vrai problème ?

Qui n’a jamais recourt aux mensonges sociaux… ? Vous savez ces propos que nous tenons pour éviter de blesser quelqu’un :

« Ta coupe ? Ouiiiii, ça te va bien ! »
« Il a quel âge ? Déjà ? Ouiiiii, il est adorable… ! »

Toute « Vérité » n’est pas bonne à dire… Il y a des contrats sociaux qui demandent certaines attitudes de manière à préserver ses relations sociales.
Ta relation à ta vieille tante ne sera pas plus agréable si tu lui dis qu’elle pique avec ses poils de moustache drus, sent la naphtaline, et que son ragoût te donne la nausée.
Bref, il vaut mieux taire certaines remarques afin de ne pas heurter la sensibilité de certaines personnes.

Mais il faut être claire : c’est très difficile de faire la part des choses…
Il y a des commentaires que tu ne « peux » pas faire avec certaines personnes mais aisément à d’autres… Et cela en fonction de l’étroitesse des relations émotionnelles.

Dans la sphère sociale, il y a ainsi les mensonges proscrits et ceux qui sont prescrits. La gestion de cette distinction est délicate et demande de l’apprentissage …
Donc il est fort probable que tes enfants de 4 ou 5 voire 6 ans puissent dire à ta tantine que son plat ne ressemble à rien et qu’il n’y touchera pas !

Il est assez simple de constater que l’usage du mensonge révèle une contrainte. La question principale est de savoir de quel type de contrainte il s’agit. Il faut alors interroger si l’authenticité peut être mobilisée dans ce contexte.
C’est justement cette authenticité qu’il est utile à mettre au cœur des valeurs. Celle-ci n’est en mesure de se développer que dans un cadre serein qui garantit tant la confiance en soi que l’attachement indéfectible des parents.

tim-marshall-114623-unsplash

Je souhaite que cette lecture puisse avoir été inspirante. Fais-moi un retour si tu as des questionnements ou des difficultés spécifiques : je me ferai un plaisir de t’aider.

A très bientôt, pour toujours plus de curiosités bienveillantes autour de l’enfance !

Voici deux ouvrages à lire avec les enfants sur ce thème:
un si gros mensonge ,
– le mensonge de Nino

P.S. : N’oublie pas de t’abonner pour recevoir les articles directement sur ta boîte mail (vas-y sans crainteje ne risque pas de te spammer!).
Tu peux aussi rejoindre la page facebook La Curiosité Bienveillante de manière à profiter des articles là-bas mais aussi de tous les partages que j’effectue au quotidien sur les thèmes de l’allaitement, de la bienveillance et du développement infantile. Viens vite !

Éducation bienveillante

L’accompagnement (éducation) bienveillante sous le feu des projecteurs!

Index des articles – Éducation bienveillante

 

Accompagner ses enfants de manière bienveillante, ce n’est pas forcément une mince affaire, surtout lorsqu’on a vécu nous-même des violences éducatives ordinaires (VEO).
Mais heureusement, la tendance s’inverse. Cela fait 40 ans que Feu Françoise Dolto défend l’idée que les enfants sont des sujets à part entière.
A l’époque, seule prédominait la répression éducative.
Et pourtant, les VEO sont belles et bien présentes dans le monde (et en Occident), malgré que les scientifiques s’accordent à mettre en évidence les méfaits de celles-ci.

pas-de-fessee

Grâce aux articles rédigés sur l’éducation (à laquelle je préfère le terme « accompagnement ») bienveillante, je souhaite aider les parents à adopter une vision optimiste de la vie. Par cela, ils pourront être en mesure d’être les parents qu’ils souhaitent, apprendre à se connaître … et mieux comprendre les enfants !

Alors, si tu as des personnes à qui il faut expliquer certaines démarches, si « on » te raconte que l’éducation positive/bienveillante : « ça ne marche pas ! », tu es au bon endroit pour piocher des informations fiables !

Dans les articles ci-dessous, tu trouveras moult ressources de manière à comprendre et à agir concrètement.

 

  • La bienveillance, c’est quoi, en fait ? On entend parler de la bienveillance à tour de bras, dans tous les sujets. La bienveillance est revendiquée dans l’éducation, à l’école ou encore entre pairs. C’est optimiste pour le futur !
    Mais au fond, qu’est-ce que la bienveillance ? On en parle sans la définir. Cet article permet d’être au clair avec ce concept. Parce que pour être bienveillant.e avec les enfants, il faut l’être avec soi-même. Tu trouveras des clefs pour devenir celle ou celui que tu souhaites !

 

  • L’adultisme expliqué aux adultes : Terme assez peu connu il y a quelques années, il tend à se populariser (et tant mieux !). Le principe de l’adultisme est de considérer que les adultes savent ce qui est bon pour les enfants et qu’ils peuvent ainsi agir librement sans consentement réel des enfants (et donc ignorer sa qualité d’individu). L’objectif de cet article et de comprendre de quelle manière il est possible d’accompagner les enfants sans (trop) d’adultisme.

 

  • Conflits et tiraillements autour des principes éducatifs, comment s’en sort-on ? Tu as décidé d’avoir un bébé et mille questions se posent sur sa future éducation. Tu as des principes, des idéaux, des exemples dans ta famille mais aussi des contre-exemples. Toi-même, tu te rends compte que ça te rappelle beaucoup ton enfance, l’arrivée de ce futur enfant…
    Grâce à cet article, tu pourras chercher en toi quelques ressources et peut-être trouver quelques pistes de réflexions/solutions bienvenues.
    Bonus incontestable, lire cela en couple (si c’est ta configuration familiale) : cela permettra d’éviter de nombreuses altercations.

 

 

  • La discipline positive : cet article est un résumé de lecture du livre « La discipline Positive » de Jane Nelsen. Il s’agit d’un ouvrage de référence dans l’éducation bienveillante. Certaines choses sont à adapter en fonction de la perspective de chacun. Mais il présente des conceptions intéressantes des enfants et des actions à mettre en œuvre.

 

  • Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ! La colère est une émotion qui est présente. L’objectif n’est pas de l’éviter mais de vivre avec elle, d’apprendre à la canaliser et à gérer les émotions, tout simplement ! Quel meilleur média que le jeu pour parvenir à de grandes choses avec les enfants ?!

 

 

  • La « crise d’opposition », la terrible ! Il est d’usage d’entendre que les enfants d’environ 2 ans ont la période du « NON », qu’ils s’opposent et qu’ils font un « terrible two » ! Il faut savoir que c’est la période pendant laquelle les enfants sont le plus soumis à des maltraitances… En effet, les jeunes enfants d’environ deux ans s’affirment… Alors cet article te permet de comprendre pourquoi et comment gérer ces moments, de manière la plus sereine possible !

 

  • « Il faut bien qu’il apprenne la frustration ! » C’est le genre de phrase que beaucoup peuvent dire quand ils ne sont pas convaincus par l’accompagnement bienveillant des enfants. Cet article explique pourquoi créer de la frustration volontairement n’a aucun intérêt pour les enfants. Il explique aussi l’expérience de frustration dans le corps et l’esprit de jeunes enfants.

 

  • Comment gérer les « caprices » ? Les enfants « capricieux », vous savez, ces enfants qui s’énervent, font des crises de larmes, se roulent par terre… parce que leurs parents leur ont opposé un refus. Et si on décodait ce que cela signifie vraiment ?

 

  • Les punitions : Pourquoi sont-elles toxiques, même si elles ont l’air efficace ? On entend parfois qu’il faut éviter les fessées, mais que la mise au coin est efficace, que c’est une forme de punition douce et efficace. Qu’en est-il vraiment ? Les punitions sont-elles indispensables ? Peut-on accompagner ses enfants sans les punir ? Cet article répond à toutes ces questions et te fournit des tas d’astuces qui vont t’aider au quotidien !

 

  • Les récompenses, une fausse bonne idée ? Bon, puisque les punitions sont à proscrire, il est logique qu’on active les bons comportements grâce au fameux renforcement positif, en usant de récompenses. Est-ce une démarche favorable pour les enfants ? Peut-on accompagner les enfants sans punir ni récompense, et en faire des enfants épanouis ? Spoiler : OUI ! Et je t’explique pourquoi et comment !

 

  • Avoir un enfant qui frappe ou qui mord : Guide Pratique pour les parents ! C’est déconcertant, un enfant qui frappe ou qui mord. Ca fait mauvais genre dans les lieux de garde et c’est désagréable au quotidien… Ce sont des comportements auxquels on ne s’attend pas, de la part du petit d’humain qu’on aime tant.
    Cet article permet de comprendre les racines de ces attitudes … et d’y apporter des solutions concrètes !

 

  • Mais qu’est-ce que c’est que ces mots/maux ? Les mots peuvent blesser… Parfois même ceux qui semblent anodins. Je suis sûre que tu as encore en tête certaines remarques qui t’ont été faites quand tu étais enfant. Comment éviter de reproduire ce problème avec les enfants ? Quels impacts cela peut avoir sur eux ?
    Et d’ailleurs, pourquoi notre vocabulaire influence notre manière de penser ? Tu ne me crois pas ? Rendez-vous dans l’article, tu verras, c’est passionnant !

 

  • La communication non-violente : Il présente la pratique de la CNV. Pourquoi se retrouve-t-i dans l’index de l’éducation bienveillante ? Parce que l’un ne va pas sans l’autre !
    Il est impossible d’être dans une démarche bienveillante en ne questionnant pas notre perspective du monde… et notre façon de nous exprimer.

 

  • Comment faire pour que les autres acceptent mes choix : Tu commences à parler de tes idéaux parentaux, de tes désirs de grossesse/accouchement et suivi de couche, tu aimerais te plonger dans le maternage proximal dès que ton petit d’humain sera dans tes bras … Et tu te retrouves déjà face à des rabat-joies (au mieux !). Je te propose différentes manières de se faire entendre mais aussi de comprendre pourquoi les gens ont autant de résistances !

 

J’espère que ces lectures te seront utiles !
Il est souvent nécessaire de relire les informations pour les mettre en application, alors tu peux t’abonner pour avoir les mises à jour et à pouvoir retrouver facilement les articles.

 

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Raisons et usages des « limites » éducatives : self-help aux parents !

Il est extrêmement fréquent d’entendre dans la plupart des « bons » conseils éducatifs qu’il est impératif de donner des limites claires  aux enfants.
Ces limites sont présentées comme étant sécurisantes et indispensables au bon développement psychologique des enfants.

Je « souris » souvent quand je lis les plaidoyers de certains sur l’utilité fondamentale des limites pour structurer l’enfant… Ils en vantent les mérites, cependant aucune notion concrète en explique leurs aspects sécurisants.

« Il faut un cadre ! ». Oui, mais pourquoi ?

En fait, ce qui plane au-dessus de l’absence de limites, c’est le laxisme.
Alors… Que faire avec ses enfants et comment ?

Il est primordial de comprendre que les enfants ne sont pas des êtres débordants et qui cherchent à gagner « du terrain » sur la liberté des parents.
Cela peut sembler étonnant,  mais c’est le principe qui sous-tend la crainte de la plupart des parents : se faire déborder par un enfant-roi !
Donc, cela sous-entend qu’il est nécessaire de cadrer les enfants afin d’éviter de verser dans ces difficultés. Certains iront jusqu’à affirmer avec foi que la frustration est indispensable car « On n’obtient pas tout ce qu’on veut dans la vie ! ». Si cette question te taraude, je t’invite à lire cet article spécialement dédié à la frustration de l’enfant.

 

En préalable, il est utile de définir la notion de laxisme, puisque c’est ce que l’on souhaite éviter ! Qui est donc cet « ennemi » ?
« C’est l’attitude de quelqu’un qui est excessivement indulgent, tolérant ».
Dans le cadre de l’éducation, le laxisme, c’est surtout ce que les parents ne veulent pas être … sans savoir exactement ce que cela induit.
De plus, cette qualification de « parents laxistes »  est souvent attribuée par l’extérieur comme les ami.e.s et la famille.
Ces personnes basent souvent leur sentence sur une perception adultiste de l’enfance.
Selon une large part de la société, les parents doivent avoir de l’autorité sur leurs enfants. Les enfants seraient censés obéir, se soumettre aux volontés parentales et surtout, respecter les règles édictées puisqu’elles le sont pour leur bien.

Outre la perception adultiste, il est nécessaire de détailler réellement ce que contient le laxisme éducatif.
Il s’agit de parents qui ont perdu de vue les besoins de leurs enfants, surtout en termes relationnels soit par dépit soit par ignorance. Les parents ne parviennent plus à accompagner les enfants.
Le laxisme, à l’extrême, c’est le parent « démissionnaire ».
Par exemple, certains parents ne différencient pas les besoins des envies. Que se passe-t-il pour un enfant qui réclame frénétiquement des bonbons ou qui souhaite constamment regarder la télévision ?
Certains, souvent en difficultés et privés d’alternatives qu’ils jugent accessibles, cèdent à toutes les demandes des enfants de manière à s’assurer qu’ils semblent comblés.
Ces parents peuvent soit être désinvestis de leur rôle parental ou alors agir dans la crainte de perdre l’amour de leur enfant.

C’est à ce niveau-là que la plupart des professionnels de la petite enfance vont s’alarmer en disant que la frustration est nécessaire et qu’il est indispensable de dire « NON ! » de manière suffisante.
J’aborde les aspects concernant l’utilité de la frustration dans cet article, déjà suggéré plus haut.
Mais en s’opposant univoquement aux demandes/comportements des enfants, les parents passent à côté des besoins exprimés par diverses stratégies… tout comme ils passent à côté en accordant toutes les envies passagères. Ils sont confrontés seuls à leurs émotions et à tous les tourments d’enfant au lieu d’être accompagnés et compris réellement.
Tant lorsque les enfants sont confrontés à des murs que lorsqu’ils sont confrontés à du vide, ils ne peuvent plus évoluer dans un environnement « sécure », c’est-à-dire qui comble leurs besoins dont ceux d’attachement et sa confiance afin d’explorer sereinement.

Lorsqu’un parent met une limite au comportement de son enfant (et non pas des « limites à un enfant »), il affirme que son comportement ne convient pas dans le cadre actuel mais qu’il l’aime totalement malgré cela.
Il faut néanmoins ne pas tomber dans le « je fais ça pour son bien ! », car si cela vaut pour certaines choses, cela ne vaut pas pour tout, loin s’en faut !

 

Mais alors, quelles sont les règles/limites qui sont nécessaires pour les enfants … mais aussi pour les parents ?

Faut-il poser des limites, simplement ?

willian-justen-de-vasconcellos-425778-unsplash

Les limites ou des règles poreuses ?

Les limites représentent les frontières que les parents ne veulent pas que les enfants franchissent.
Je rejoins Catherine Dumonteuil-Kremer qui estime qu’il vaut mieux parler de règles plutôt que de limites. Les limites, à l’instar des frontières territoriales, sont ancrées et immuables (ou souvent issue de conflits entre États). Les règles, quant à elles, peuvent être repoussées et négociées avec l’ensemble des membres de la famille.

Parce qu’il faut être honnête, les règles ou les limites sont tout à fait personnelles au contexte.
Certains enfants auront le droit de crapahuter sur le canapé, alors que ça hérisse les poils ailleurs.
Une famille peut accepter que son enfant se serve à boire et à manger seul, alors que d’autres refuseront catégoriquement.
Au départ, on peut penser « Non, mon enfant ne sera pas autorisé à grimper sur le canapé ni se servir. »
Bien.
Mais pourquoi ne pas nous questionner intérieure sur ce qui fait infléchir ces décisions ?
Pourquoi sommes-nous parfois aussi radicaux dans certaines «limites » ?

Une piste de réponse se situe dans la « mémoire traumatique ». Nous même, en tant qu’enfant, nous avons été exposés à des situations où l’on nous a opposé des règles.
Sans forcément en avoir conscience, nous avons tendance à répéter celles-ci, juste avec la justification « Cela ne se fait pas ! ».
Petit gag : à une autre époque, cela ne se faisait pas, pour une femme, de porter des pantalons et d’avoir un compte en banque. Heureusement que la société a su se remettre en question !

C’est pour cette raison qu’il est indispensable que les parents puissent rechercher par introspection ce qui les pousse à réagir de façon automatique. (Spoiler Alert : Mon prochain article sera d’ailleurs dédié à cela : comment se connaître pour mieux accompagner les enfants.)

Il y a plusieurs motifs des règles édictées par les parents : la perception de leurs enfants, de leur environnement (les règles peuvent parfois être durcies dans un lieu hors de la maison) mais aussi de leurs propres besoins.
Or, souvent, ce dernier point est négligé.  Faute d’habitude, les parents ne parviennent plus à écouter leurs besoins réels.
Les règles sont imposées lorsqu’une attitude dérange… Mais justement, que dérange-t-elle ?
La plupart du temps, nos réactions sont mues par nos besoins. Pour faire le point sur ce que représentent clairement les besoins, je t’invite à lire cet article.

Il faut être honnête, je suis certaine que ta tolérance est clairement liée à ton état émotionnel, de fatigue voire même de faim !
Il est bien plus difficile d’être empathique et bienveillant quand nos propres besoins ne sont pas comblés.

Tu crois peut-être que pour certaines règles, « Cela va sans dire ».
Non, RIEN ne va sans dire, pour personne… Et encore moins pour les enfants !
Alors n’hésite pas à les exprimer, ces besoins. Pour ce faire, je ne peux que t’inviter à te renseigner sur la communication non-violente qui est un trésor d’optimisme et de baume au cœur… Raison pour laquelle tu trouveras quelques articles sur le blog dans la catégorie correspondante.

Une chose est sûre, les règles ne sont pas un moyen d’exercer de l’autorité sur les enfants, et d’agir « pour leur bien » sans réfléchir au bien-fondé réel de l’intervention des adultes.
Il n’y a plus d’enfants qui désobéissent s’ils n’y a plus de parents qui attendent de la soumission.

point de vue

 

OK, des règles, mais comment ?

 « Un vendre vide n’a pas d’oreille ! »

« Qui dort, dîne ! »

« Un « tiens » vaut mieux que deux « « tu l’auras » ».

« Les câlins ont été inventés pour montrer aux personnes que tu les aimes sans avoir à dire quoi que ce soit. »

Pourquoi ces proverbes ?
Parce que chacun d’eux fait référence à un besoin de base des humains !
Avant de vouloir fixer des règles, il est indispensable de se questionner sur ce qui peut motiver les enfants à agir de manière à nous faire réagir.
Est-ce la fatigue ? La faim ? Le besoin de proximité ? Les besoins relationnels ?

Parce qu’il est absolument nécessaire de garder en mémoire que les besoins de contact/de proximité/relationnels sont des besoins de base !
Les enfants ont besoin de temps de qualité avec leurs référent.e.s.
Il s’agit d’un des besoins les plus malmenés par notre rythme de vie effréné ! Nous avons de multiples tâches à gérer simultanément. Les journées semblent toujours trop courtes…
En réalité, dans le cadre d’une vie active à temps plein, il est difficile de trouver le temps d’être parent auprès des enfants.
Il n’est pas rare qu’on passe du temps « avec les enfants », mais sans réellement « être présent.e aux enfants ».
En plus de cela, les smartphones kidnappent régulièrement l’attention, si on ne décide pas de les laisser choir temporairement.

Dès lors, les enfants en manque de leurs parents, surtout après des journées chargées tant physiquement qu’émotionnellement, peuvent recourir à diverses stratégies pour attirer/conserver leur attention.
Ces attitudes peuvent être agréables mais pas toujours. Les enfants sont susceptibles de demander de l’attention en cherchant tout ce qui fait réagir les parents.

jason-rosewell-60014-unsplash
J’en viens aux différents types de règles qui régissent l’ensemble de nos vies. Ce n’est pas exhaustif, mais cela donne une idée de nos fonctionnements habituels.

Bien sûr, il y a des règles de sécurité : ne pas monter sur la balustrade du balcon, ne pas ouvrir le gaz, ne pas jouer avec les couteaux, ne pas approcher la porte du four, s’attacher en voiture ou encore tenir la main quand nous sommes dehors.
Pour la plupart de ces éléments, la règle ne suffit pas. Il faut sécuriser afin que des moyens physiques gardent les enfants en sécurité.
Concernant la sécurité en voiture ou dehors, il est nécessaire de les sensibiliser aux raisons profondes qui engendrent les demandes et de les faire participer activement.
Il est possible de leur demander de s’attacher eux-mêmes, de placer des jouets sur la ceinture et d’avoir le rôle de « surveillant.e de la sécurité à bord ».
Lorsque l’on marche dehors, il faut observer les comportements des enfants. Est-ce nécessaire de donner la main (et confortable quand ils sont petits, avec le bras en extension ?). Est-il possible de tenir un intermédiaire (une peluche, une écharpe, …) ? Est-il possible d’aménager le trajet avec de jeux, de manière à captiver l’attention des enfants sur les amusements ainsi créés ?

Oui, cela demande plus d’attention et de créativité. Cela demande que les parents soient présents totalement à leurs enfants ! Mais la plupart du temps, ceux-ci ne sont en attente que de cela, et c’est moins énergivore que de répéter sans cesse des interdits et de finir par se fâcher (sans compter que cela dégage une énergie bien plus négative !).

Concernant les règles sociales, il est possible de questionner cela en famille, tout au long de l’évolution des enfants.
Il est nécessaire de mettre à plat ce que tu souhaites transmettre comme valeur à ton/tes enfants. Ensuite, il est utile de rechercher les méthodes par lesquelles tu peux y parvenir.
Exemples concrets : tu aimerais que ton enfant mange et aille se laver les mains ensuite avant de mettre ses jolies mains poisseuses sur les baies vitrées.
C’est légitime.
Certains parents laisseraient couler… ils ont un chien, alors essuyer une trace en plus celles de la truffe du chien… Aucune importance !
Mais pour toi, cela a du sens. Tu as besoin d’ordre, de propreté et que ton enfant acquière cette compétence d’hygiène.
Alors je te propose de l’accompagner dans la salle de bain/à l’évier de la cuisine, en proposant d’y aller avec une démarche la plus étrange possible. Cela la/le motivera à avancer vers cet endroit précis.
Ensuite, il faut s’assurer qu’il/elle a accès au point d’eau sans trop de difficulté, afin d’être autonome dans le geste (marchepied, savon à disposition, essuie-main à hauteur, etc).
Pour finir, tu peux te réjouir de voir ses mains si propres et faire des bisous sur les paumes !
Attention cependant à ne pas laisser un espace où les enfants pourraient croire qu’ils ne sont aimés que lorsqu’ils agissent dans le sens de l’adulte. Les démonstrations d’amour ne doivent pas se limiter aux moments où les enfants obtempèrent.

Il y a un autre élément clef de la réussite d’une vie heureuse : voir les aspects positifs des situations.
Globalement, dans nos vies, nous nous attardons rarement sur ses beaux aspects « simples ».
Par exemple : la chaleur dégagée par les rayons de soleil ; le plaisir gustatif de nos mets quotidiens ; le plaisir d’effectuer des tâches telles que prendre une douche ou aller aux toilettes (eh oui ! Quand l’enfant acquiert sa continence, autant qu’il ait déjà entendu que cela fait du BIEN de se soulager dans les toilettes !).

Tu peux être un exemple pour tes enfants dans cette perception optimiste de la vie, de manière à rendre le quotidien agréable et de mettre en évidence tous les profits intrinsèques qu’il y a à respecter les règles sociales.

D’ailleurs, les règles sociales font parties de celles qui sont les plus longues à apprendre.
Un enfant de 18 mois ne voient pas l’intérêt de dire « Bonjour », « Merci » ou encore de manger « proprement », ou d’aller systématiquement aux toilettes pour se soulager (sauf s’il est en Hygiène Naturelle Infantile !). Tous ces principes vont s’ancrer graduellement, par exposition à son environnement et par mimétisme !
Mais il n’y a aucun intérêt à forcer sur ces principes sociaux, cela viendra en temps et en heure. Par exemple, forcer un enfant à remercier pour un cadeau qu’il n’a manifestement pas apprécié.
Oui, en tant que parent, tu as envie que ton enfant exprime cette gratitude pour l’acte… Il le fera… Mais tout jeune, il n’a pas encore appris à mimer cela de manière à ne pas blesser celle ou celui qui offre. Cela viendra. En attendant, tu peux remercier à sa place.
Les adolescents sont encore en croissance en termes de développement cérébral et d’acquisition de la gestion émotionnelle.
Si la maturité de notre « matière grise » arrive entre 21 et 25 ans, la gestion émotionnelle peut évoluer tout au long de la vie.
Donc encore une fois, il faut être tolérant sur les individus en construction… Qui n’a pas le souvenir de ses propres attitudes inconvenantes à l’adolescence ?!

Tout vient à point à qui sait attendre… et qui compte sur l’exemplarité sans culpabiliser les enfants de leurs attitudes « anti-sociales ».

 

Dans la vie quotidienne, il y a aussi les règles d’hygiène : se laver le corps, les dents, les mains avant de manger et après les toilettes, etc.
Toutes ces habitudes de vie sont éminemment culturelles et dépendent de la vie familiale. Il ne faut pas l’oublier. Toute la manière dont nous rythmons notre hygiène n’a rien d’inné !
Et pourtant, en étant adulte, ce sont presque des automatismes, des moyens qui permettent de se sentir bien.
Dans ce cadre aussi, il est nécessaire de miser sur la créativité, le jeu et l’exemplarité afin de faire en sorte que les enfants prennent part à tout cela.
Mais pas uniquement !
Parfois, il peut être tentant d’user de subterfuges pour que les enfants obtempèrent… obéissent, finalement.
Or, la volonté de s’ancrer dans une parentalité bienveillante, c’est accompagner les enfants dans leur développement et leur donner une voix qui, parfois, remet en question les habitudes de vie… et donc les règles d’hygiène.
Faut-il vraiment se laver les dents tous les jours ?
Faut-il se laver les cheveux un jour sur deux ? (Dans mon cas, cela fait des années que mon eczéma m’a ordonné de cesser cela ! J’avais le choix : changer mes habitudes ou laisser mon cuir chevelu mourir … !)
Faut-il prendre une douche tous les jours ?
Il peut être intéressant que les parents s’interrogent lorsqu’un enfant émet une résistance. Pourquoi agir comme ceci et pas comme cela ?

Les enfants ont l’art de remettre en question nos fonctionnements les plus élémentaires et nos émotions. Il faut entendre ce que cela implique pour eux, mais aussi prendre conscience de tous les conditionnements qui habitent les adultes.

zulfa-nazer-541305-unsplash

Enfin, il y a les règles de vie commune. Manger à une heure précise, se réveiller dans une fourchette horaire « convenable » (Avoue, que tu détestes quand ton enfant se réveille à 5h mais que tu seras tout aussi énervé.e quand ado, elle/il se lèvera vers midi !), ne pas mettre ses pieds sur la table, ne pas dessiner sur les murs, ne pas jouer avec les interrupteurs et les portes, ne pas demander d’acheter des jouets à chaque sortie, etc.
Volontairement, j’utilise la formulation négative pour se rendre compte qu’elle est très présente… TROP présente dans nos vies.
Dans les règles de la maisonnée, il se mêle l’histoire familiale et les règles sociales. Aucunes ne sont innées, et certaines ne trouvent pas de justifications intrinsèques.
Là, encore, il est utile d’accepter la remise en question.

Ton enfant a faim 30 minutes avant le repas ? Il te réclame à manger et peut avoir un comportement irritant à cause de cette sensation dévorante … Tu peux très bien lui donner à manger pendant la préparation du repas.
Il a le temps d’acquérir cette capacité à patienter jusqu’à une heure où tous les membres du foyer sont rassemblés.
Et là encore, cela dépend des familles. Certains mangent séparément, à l’heure où ils ont faim. Cela semble moins convivial, mais d’autres rassemblements en famille peuvent être organisés à d’autres moments comme des soirées jeux/des temps d’échange en famille (outils de la discipline positive qui ressemble un peu au « conseil de famille » hebdomadaire) ou encore grande promenade où chacun échange avec les autres.

Un autre exemple : ton enfant refuse d’enlever ses chaussures avant de rentrer chez vous.
Tu peux prévoir une paire de chaussures d’intérieur ou prévoir des sur-chaussures (des espèces de sacs dans lequel on met ses pieds chaussés afin de ne pas salir. NON ! Ce n’est pas élégant, mais si ça lui convient … !).

Dans tous les cas de règles, il est nécessaire de garder en tête qu’elles seront mieux adoptées si elles sont comprises et qu’elles ont une justification intrinsèque.
Comme tout : ce qui est arbitraire peut sembler insensé ou injuste.

Au-delà de la règle en tant que telle, lorsque l’on surprend les enfants en train d’agir ou avec l’intention de passer à l’acte, il peut être très utile de verbaliser ce que tu vois.
Par exemple : « Oh ! Je vois que tu voulais prendre ceci/faire cela ! ».
Grâce à ce type de remarque observatrice, les enfants vont pouvoir apprécier le fait d’être reconnu dans leurs actions/intentions. Il arrive souvent que cela freine l’action des enfants et qu’il puisse réorienter son action grâce à ta suggestion.
Quelle que soit la situation ou le « conflit » d’opinion avec les enfants ou leurs attitudes, il est important de les écouter. Cela permet de se faire une idée de leurs besoins cachés derrière la stratégie comportementale adoptée.

 

En tant que parent, il est indispensable de prendre soin de toi… et de tes besoins !
Il n’est pas utile de rester accroché.e aux stratégies qui permettent de les combler, mais plutôt de les mettre à jour et de trouver des alternatives qui remplissent autant ton besoin que ceux de tes enfants.
Je pense que la réalité des règles est ici !
Pour les mettre en place et supporter les « transgressions » des enfants, il importe de comprendre leur fonctionnement tant développemental qu’émotionnel, et de savoir affirmer ses besoins profonds !
Personne ne te demande d’abdiquer sur ton bien-être. Au contraire, la meilleure manière d’être un parent bienveillant est d’être un parent épanouis. Pour ce faire, il n’y a pas 36 solutions… Il faut s’écouter et être d’égal à égal avec l’individu qu’est ton enfant.
Nul n’a le dessus ni le cherche à l’obtenir.
Cela demande du lâcher-prise mais aussi de l’accompagnement, donc autant de relaxation et de compréhension de soi que d’amour et de compréhension d’autrui.
Et SCOOP : cela ne vaut pas que pour les enfants, mais aussi pour toutes les personnes qui peuplent ta vie régulièrement. Ça permettra de devenir une famille bienveillante… et d’être une personne entièrement bienveillante puisqu’en accord avec elle-même.

Enfin, pour clore ce questionnement sur les « limites », je cite Isabelle Filiozat (une fois n’est pas coutume.. !), cet extrait provient de cet article sur le blog les-super-parents :
« Je ne dis pas qu’il ne faut pas de limites, mais simplement que ce ne sont pas les limites que nous imposons à l’enfant qui le sécurisent. La parentalité positive s’appuie sur la théorie du Lien d’attachement, qui explique que, ce qui sécurise le plus l’enfant, c’est l’amour et l’attention que lui portent ses parents, ainsi que la structure du temps et de l’espace qu’ils organisent autour de lui, les règles et les consignes claires et non les « interdits et limites ».

 

Encore cette fois, je te souhaite plein de questionnements à venir grâce à cette lecture.

 

A bientôt cher.e Lectrice et Lecteur Curieu.se.x !

 

Voici un article excellent qui donner des clefs pour agir concrètement dans l’élaboration des règles et des consignes au quotidien : http://apprendreaeduquer.fr/poser-des-limites-aux-enfants/

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

La bienveillance, c’est quoi, en fait ?

On en parle de plus en plus : la bienveillance dans l’éducation, dans la pédagogie et dans la vie, en général.
Et c’est heureux puisque la bienveillance est  une « disposition de l’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » dixit le Larousse.

Le concept de bienveillance  dans l’éducation et aussi pour revoir les modèles pédagogiques dans l’enseignement est très fréquemment abordé tant par écrit que dans les émissions médiatiques.
Mais, de facto, j’ai la sensation que peu de personnes peuvent mettre des mots concrets sur ce qu’est une conduite bienveillante.
Cet article a donc pour objectif de mettre en évidence ce qui sous-tend la terme de bienveillance. De cette manière, il sera plus simple de l’appliquer sans la confondre avec du laxisme.

andrew-neel-178721-unsplash

La bienveillance, ce n’est pas juste ne pas être malveillant. Ça tombe sous le sens, mais pourtant, quand la bienveillance fait défaut, il est souvent rétorqué : « ça va ! je ne suis pas malveillant non plus ! ».
Il y a toute une palette d’attitudes entre la malveillance et la bienveillance, autant qu’il y a de niveaux de gris entre le blanc et le noir.
C’est pour ça qu’il est compliqué d’appréhender le concept de bienveillance si le questionnement reste superficiel et non dans une globalité.

En effet, pour comprendre ce qu’implique la bienveillance, il faut prendre de la distance par rapport aux situations et se positionner en observateur.
Agir avec bienveillance demande de changer de perspective sur les relations humaines et donc… sur le devenir de l’humanité. Tu penses que c’est exagéré ? Je vais t’expliquer pourquoi ça ne l’est pas et que c’est très « rentable » de croire en une humanité qui s’améliorera grâce à la bienveillance.

Il est difficile d’agir avec bienveillance si l’on est persuadé que l’humain est mauvais par essence.
Il est impossible d’agir avec bienveillance si l’on estime que les enfants doivent être obéissants et sages.
Pourquoi ?
L’obéissance implique de la soumission et donc, de la crainte et le renoncement à l’esprit critique. Il est alors nécessaire que l’enfant ait peur de ses référent.e.s adultes pour être soumis à leurs volontés. Cela engendre une dénégation de ses propres besoins et donc, à terme, un enfermement émotionnel. Et la perpétuation des violences éducatives ordinaires peut alors se poursuivre …
En outre, la sagesse n’est pas une caractéristique à attribuer à un enfant. Pourquoi et dans quel but serait-il sage ? Qu’est-ce que ça lui apprendrait de rester immobile sans émettre de son ?
Ironiquement, si  quelqu’un souhaite vivre avec  un être sage à domicile, je conseille une plante verte. Même le poisson rouge pourrait être caractérisé de « sale », si l’aquarium se salit relativement vite.

Le manque de bienveillance peut se marquer d’une façon anodine : en caractérisant l’individu au lieu des comportements.
« Mon enfant est turbulent » ; « Mon enfant est agité ! » ; « mes élèves sont fainéants… ».
Combien sommes-nous à avoir entendu : « De notre temps, ça ne se passait pas comme ça ! Les enfants ne respectent plus l’autorité ! » ?
J’ai un scoop, pour tous les parents et les grands-parents qui pensent que les enfants sont trop dissipés et peu sensibles à l’autorité… Platon pensait comme vous !

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,

Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,

Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,

Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie »

Ce texte est issu de «  La République ». Je rappelle que l’auteur est né en 472 avant J.-C.

Autant dire que la crainte de la jeunesse incontrôlée qui engendre la tyrannie…  n’est pas neuve !
Platon est un penseur dont les écrits sont passionnants. Mais comme quelques philosophes après lui, leur perception de l’éducation est diamétralement opposée à la lame de fond actuelle souhaitant adopter des attitudes bienveillantes et dénuées de Violences Éducatives Ordinaires (VEO) envers les enfants. Cette lame de fond est, je le rappelle, complètement soutenue par les nouvelles connaissances en neurosciences et psychologie du développement.

greg-rakozy-38802-unsplash

Pour approcher les relations dans une optique bienveillante, il faut arrêter d’avoir peur de l’autre et des hypothétiques comportements réactionnels.
Pour être plus claire, envers l’enfant, une éducation positive laisse souvent craindre une tyrannie de la part de l’enfant, une toute-puissance dont les parents seraient totalement débordés. Un enfant qui, suite à cette éducation, deviendrait un délinquant, à la marge de la société.
Voilà ce qu’on appelle une belle projection pour aller au bout des craintes soulevées par un sujet.

Il est nécessaire de ne plus qualifier la personne mais les comportements.
La plupart des attitudes sont explicables par la situation.
Par exemple : Il est peu probable qu’un enfant de 8 ans s’amuse à vider son assiette en jetant, l’un après l’autre les aliments par terre.
Pourtant, ce même enfant entre 6 et 18 mois le faisait régulièrement.
Était-il « méchant », « mauvais », « turbulent » à cet âge-là et est-il devenu sage entre temps ?

Autre exemple : un jeune homme, 20 ans et étudiant, trouve un portefeuille par terre. Il découvre qu’il contient de l’argent. Il décide de le prendre et de ramener le portefeuille vide à un commissariat. L’homme, maintenant âgé de 35 ans en trouve à nouveau un. Il ne touche pas à l’argent qu’il contient et le ramène au commissariat.
Était-il mauvais à 20 ans et est-il devenu raisonné, « bon », plus tard ?

En réalité, les enfants de 6 à 18 mois découvrent ses capacités physiques et les propriétés physiques des aliments et des objets qu’ils manipulent. La nourriture est d’ailleurs la seule possibilité qu’ils ont pour s’exercer à la préhension et à la manipulation de petits objets.
A 8 ans, cette découverte est passée et il est en train d’apprendre les codes sociaux de la tenue à table.
Pour l’homme et l’argent du portefeuille, il s’avère qu’à 20 ans, il était étudiant et en fin de mois. Il n’avait plus que des pâtes pour les 5 jours à venir et cet argent tombait à point pour acheter le traitement médical  qu’il n’avait pu acquérir. Plus tard, il gagnait suffisamment sa vie pour ne pas utiliser cet apport d’argent.

Tout est à mettre en perspective avec le contexte… Et nous invite à faire preuve d’indulgence envers les personnes.


vishnu-nishad-500212-unsplash

La bienveillance appelle à de la compréhension pour autrui.
Non seulement, il faut prendre en compte le contexte, mais il est également nécessaire de comprendre le comportement pour réagir avec efficacité.
Il n’est pas utile de dire à l’enfant de 12 mois de se tenir correctement à table  et de manger aisément avec ses deux couverts. Ça tombe sous le sens.
Mais, cela n’est pas plus utile de crier d’exaspération ou d’appeler son enfant « le petit cochon » face à ses expériences balistiques avec les aliments.

Comprendre les comportements implique de la curiosité et une remise en question des croyances et adages populaires.
Si l’on continue à croire qu’un enfant a besoin de « faire ses poumons », il pleurera car ses parents ne le prendront pas. Si l’on sait que cela engendre du stress et des hormones délétères (cortisol, entre autres) pour le développement, cela sera sûrement évité.

Tant dans l’éducation que dans l’enseignement, cela demande des connaissances précises sur le développement infantile et la pédagogie.
C’est une des raisons d’être de ce blog et de mes futures activités (#placementdeproduitdiscretoupas).
Pour agir avec bienveillance, il est indispensable de se renseigner sur les raisons qui pourraient motiver une attitude.

La bienveillance demande que l’observateur de la situation soit en capacité de prendre de la distance et de ne pas céder à la réaction à chaud.
Le temps de pause (prendre quelques secondes pour respirer en conscience et de défaire de la bouffée de colère) est un outil excellent afin de pouvoir mettre de côté la pression avant de décider d’une action-réponse.
Afin de comprendre et d’agir avec bienveillance, il est nécessaire de  percevoir la situation sous un angle que j’ai présenté dans la communication non-violente. D’abord, se placer en observateur des faits, ensuite, tenter d’interpréter les émotions  et chercher les besoins exprimés (tant pour l’autre que pour soi).

En termes de pratique, ce qui sollicite une participation collaborative de l’individu part déjà avec une intention intéressante.
Car une autre clef de la bienveillance se situe au niveau de l’intention.
L’objectif n’est pas de considérer que l’autre fait « faux » ou « mal » mais différemment et que les attitudes réponses ont pour objectif de conserver la relation, en respectant les émotions et le besoins de chaque partie.

Face à un enfant qui a un comportement désagréable à votre sens, il y a plusieurs phases possibles.
D’abord, prendre le temps de respirer si l’on se sent énervé.e.
Ensuite, observer les faits et se questionner sur l’âge de l’enfant ainsi que ses compétences d’inhibition de ses actions (jusqu’à 18/24 mois, les interdits et les formulations négatives n’ont pas de sens pour l’enfant).
En terme d’action, il est utile d’aller dans un sens de réparation : aider à éponger l’eau renversée, amener la balayette pour ramasser, frotter un mur sur lequel le dessin a été fait, etc.

Dans la sphère pédagogique, il est nécessaire d’accompagner l’enfant à faire ses propres expériences et à apprendre pour l’envie d’acquérir des connaissances/compétences.
Il est alors possible de mettre en lien chaque apprentissage avec l’usage qui pourra en être fait (au-delà de dire « Tu en auras besoin pour tes études »).

Il en va de même pour les réactions face à une attitude qui ne sied pas à l’enseignant : admettons qu’un élève ne cesse de parler en classe.
Une des réactions classiques pourraient être d’exclure le bavard.
Isolement, mise en exergue du comportement par rapport aux autres jeunes, perte d’apprentissage pour la suite de la matière, les conséquences sont nombreuses pour des paroles de trop.
L’enseignant peut alors se questionner sur les raisons d’être dissipé de cet élève… mais aussi sur les manières de régler le problème structurellement au lieu de partir vers les réprimandes inutiles à long terme.
L’élève s’ennuie peut-être ou, au contraire, a des difficultés. Il pourrait alors être utile de l’investir d’une mission en classe pour l’occuper et/ou le valoriser.
En outre, concernant le bavardage… Les écoles à pédagogie alternatives ont bien compris que la classe taiseuse et en ligne devant un enseignant n’était pas une structuration facilitant l’apprentissage.
Les classes actives utilisent le travail autonome par projets, organisées en ilots, de manière à promouvoir le dialogue entre petits groupes.
De plus en plus d’écoles proposent des aménagements flexibles des classes (flexible seating).
Toutes ces méthodes permettent de respecter au mieux les besoins de l’enfant… ce qui, par essence, est bienveillant.

flexible seating.jpg
Exemple de Flexible Seating (merci Pinterest)

Pour résumé, il faudrait axer ses actions de manière à répondre (pour les enfants) aux besoins ou, à tout le moins, les prendre en compte dans sa réaction.
Ainsi, on comprend vite que les phrases culpabilisantes, les cris, les punitions, l’isolement et même les récompenses n’ont pas de sens si l’on souhaite agir avec bienveillance.
En conscientisant ses propres besoins et émotions qui surgissent face aux comportements des enfants, cela offre la possibilité de travailler sur soi.

 

Je te souhaite d’avoir trouvé un peu d’éclaircissement sur la notion de bienveillance.

A très vite, chèr.e Lectrice/eur  Curieuse.x !

Éducation bienveillante

Comment gérer les « caprices » ?

Ah ! Ces fameuses crises lorsque les enfants sont frustrés. Mais aussi lorsqu’ils refusent de mettre certaines chaussures. Ou encore lorsqu’on lui refuse l’accès à certains objets.
Les crises, les larmes, les coups, les mots durs…
Les adultes, face à cela, estiment devoir rester stoïques et campés sur leurs positions… voire même sévir en punissant.
Conséquence : un redoublement de la « crise », le plus souvent.

 

max-larochelle-421822-unsplash.jpg

Et si l’on détaillait le phénomène pour se rendre compte de ce qu’il se passe pour les enfants ET les adultes ?

Le « caprice » est une expression utilisée largement pour faire état d’un comportement débordant des enfants qui n’aurait, selon les adultes, une ampleur immodérée et une raison injustifiée.
Dans le Larousse, c’est défini globalement comme : « Volonté soudaine, irréfléchie, changeante de quelqu’un, parfois d’un animal : lubie ».
Quand on regarde le reste des définitions, la notion de caprice est souvent liée à l’imagination, à la fantaisie voire à la virtuosité (en musique).

Pourquoi est-ce intéressant de se pencher sur une définition ?
Parce qu’on peut se rendre compte que les termes passent dans le langage commun… souvent avec une connotation négative. Cela me semble être une perte pour la compréhension que de demeurer obtu.e sur une expression.

Autant annoncer la couleur immédiatement, sur base de sources inhérentes en neurosciences affectives et du développement, je peux te garantir que les caprices n’existent pas… Et que les « crises injustifiées » n’apparaissent pas avant l’âge de 5/6 ans. D’ailleurs, il est préférable de nommer cela des « tempêtes émotionnelles » (d’où l’image d’orage!), qui figurent bien de quoi il s’agit réellement !

Pourquoi ?
Parce qu’avant cet âge, le cortex préfrontal (la partie avant du cerveau qui caractérise l’humain par rapport aux autres espèces et qui se développe en dernier) n’est pas assez mature que pour créer des enchaînements de situations qui demandent de la préméditation, de la manipulation ou de la provocation.
Avant l’âge de 5 ou 6 ans, le cerveau archaïque domine, est mu par les signes vitaux et déclenche les réactions émotionnelles.
Le cortex préfrontal, lorsqu’il arrive à maturation, permet de mettre de la distance par rapport aux situations.
Il est dès lors normal qu’un jeune enfant de 3 ans entre dans une tempête émotionnelle à cause d’une couleur de verre, d’une saveur de glace ou d’un jeu qui semble tentant.
Cet enfant n’est pas en train de tenter de vous provoquer ou de vous manipuler de manière bruyante.  Il n’est pas en mesure de prendre du recul par rapport à la situation qui l’émeut !
Il se sent réellement mal par ce qui lui arrive et, comme pour nous en tant qu’adulte, lui demander de se calmer n’aura pas d’impact positif… Tout en y comprenant qu’il n’est pas en mesure de le faire à cause de son immaturité corticale.

cortex préfrontal
Source: https://www.quora.com/What-side-is-the-prefrontal-cortex-on

 

C’est la raison pour laquelle il est absolument indispensable d’accompagner l’enfant dans sa tempête émotionnelle, d’y mettre les mots, de le questionner sur ses sentiments et d’avoir autant de patience que d’empathie (petit article pour y parvenir). Grâce à cette attitude bienveillance, et à l’exemplarité dont tu peux faire preuve face aux situations qui t’énervent, les enfants peuvent apprendre à tempérer et à verbaliser leurs émotions et leurs besoins sous-jacents.
C’est vers 7 ans que sonne l’approximative maturation de cette capacité, expliquant l’expression bien connue de « l’âge de raison ». Néanmoins, il demeure  nécessaire de mettre les mots sur les situations, d’expliquer les motifs d’un refus et de proposer des alternatives acceptables aux deux parties.

Mais que se passe-t-il pour les enfants lorsque les adultes catégorisent leurs réactions comme injustifiées ?

Le caprice est, par usage, une demande ou une attitude que les adultes considèrent comme inopportune.
Ce moment où un enfant souhaite des bonbons et que son adulte de référence refuse, l’enfant va avoir une expression émotionnelle qui sera qualifiée de caprice.
Je pense qu’il n’est pas difficile de voir ce qui est appelé un caprice, dans la société occidentale actuelle.

Afin de t’aider à te mettre en sympathie avec cette situation : imagine que tu souhaites vraiment manger quelque chose car tu as faim. Ensuite, alors que tu prends la chose qui te fait envie, quelqu’un te l’arrache des mains et te dit : « NON ! Tu ne manges pas maintenant. Dans 30 minutes, le repas sera sur la table ! ».
Maintenant, imagine que tu n’es pas en mesure de réguler tes émotions et que tu ne parviens pas à calmer le feu de la frustration.

Déjà, personnellement, quelqu’un me dirait ça, je répondrais : « Je crois que je mange ce que je veux quand je veux et je n’ai pas d’ordre à recevoir ! », et j’aurais repris mon aliment pour le mordre à pleines dents ! Namého!

Un enfant n’est pas en mesure de mettre les mots, d’argumenter avec calme et surtout, de gérer la frustration en restant impassible.
N’oublions pas que c’est aussi le cas pour énormément d’adultes… Sinon, il n’y aurait pas de violences (physiques ou verbales) dans le monde !

Les enfants vont alors réagir d’autant plus fort que la réponse des adultes seront catégoriques ou rudes, de la même manière que cela ferait réagir d’autres adultes… Mais ayant la capacité de gérer ses émotions, on ne s’exprime plus en trépignant (mais en boudant, en sifflant dans ses dents ou en levant les yeux au ciel… N’est-ce pas ?! On se penche sur l’adultisme ? ).

J’anticipe quelques remarques : Ok, les caprices n’existent pas, mais j’en fais quoi de mon gamin vociférant dans le magasin, moi ? Et donc quoi, si ce n’est pas un caprice, c’est quoi ?
Et puis, si je ne réagis pas, ça va devenir un enfant-roi exigeant tout et n’importe quoi ! Ça va être la débâcle !

D’abord, c’est la manière que les enfants trouvent pour exprimer leur insatisfaction/frustration (au demeurant, voici un petit article qui précise si oui ou non, il est nécessaire que les enfants apprennent la frustration).
As-tu vraiment envie que ton enfant ne réagisse pas lorsque quelque chose l’indispose ?
Parce que s’il ne réagit pas, cela ne dénote pas d’une santé mentale optimale. Un enfant qui ne réagirait pas à la frustration ne réagirait peut-être pas face à la douleur ou à d’autres alertes pour les signes vitaux.
Les besoins physiologiques sont à prendre (faim, soif, système digestif encombré, maladie, fatigue,…) dans l’explication des réactions émotionnelles.
En outre, il est indispensable de prendre en compte les éléments de contexte. Un enfant sera plus réactif dans un supermarché que dans un bois.
L’hyperstimulation intrinsèque aux lieux engendre, forcément, des attitudes qui peuvent apparaître plus fréquemment et/ou plus intensément.

Ensuite, il est primordial de comprendre que les enfants en dessous de 4 ans, et pas du tout avant 2 ans, n’ont pas toujours la capacité à inhiber leurs actions.
Ils vont avoir une idée en tête, et malgré tes protestations, ils vont agir tout de même.
C’est la raison pour laquelle il vaut mieux adapter son environnement aux enfants plutôt que croire qu’ils apprendront à ne pas toucher au vase à leur hauteur.
Bien sûr, cela arrivera. Mais pendant les premières années, autant t’éviter du stress inutile.
Précisément, il ne s’agit pas de provocation quand les enfants (16/36 mois généralement) fixent pendant qu’il fait une « bêtise ». Ils guettent si c’est bien ça qui fait réagir. Ce n’est pas de la provocation, ils tentent d’ancrer dans leur esprit qu’une action engendre telle ou l’autre réaction.

luis-cortes-martinez-654599-unsplash.jpg
« Donc, quand je lâche le verre, ça tombe ? Toujours ? »

Que faire, alors ?
Concernant la colère : voici un petit article que j’ai rédigé précédemment sur les stratégies à mettre en place pour déjouer les moments difficiles.

Il est nécessaire d’accueillir l’émotion qui s’exprime (même si, en effet, c’est vraaaaaiment pénible et particulièrement quand c’est en plein milieu d’un magasin bondé !) et de percevoir ce qui meut les enfants.

L’idéal est d’éviter les sources de frustration supplémentaires à celles qui sont inévitables. Non pas en cédant, mais en anticipant ce qui pourrait survenir et en distrayant !

On le dit souvent, quand on devient parent, tout doit être organisé.
C’est un peu exagéré, mais à certains égards, c’est très utile !

  • Votre enfant a faim et réclame à cors et à cris une glace/une gaufre/des bonbons. Aie toujours avec toi un encas qu’il/elle apprécie vraiment !
  • Dans les supermarchés, le rayon biscuits est problématique ? Évite-le !
    Sans rire, ça pourrait offrir d’autres perspectives alimentaires à ta famille de vous passer de ces sucreries… qui peuvent engendrer bon nombre de troubles du comportement (Merci les additifs !).
    Si vraiment, c’est un passage obligé, donne une mission à l’enfant (en fonction de son âge), « Trouve tes biscuits Untel Machin Truc ! » ou distraie-le avec un petit jeu qui aura été caché au préalable dans ton sac.
  • Il/elle refuse de se laver les dents/brosser les cheveux/se laver.
    Cela demande une stratégie de longue haleine (en parlant de dents ! ^^ ). D’abord, il est nécessaire que ton enfant voie que tu prends toi aussi soin de ton corps. L’enfant apprend par mimétisme… ! Et cela vaut pour tout.
    Ensuite, faire de ses moments des jeux : « Tu ne veux pas te brosser les dents tout.e seul.e, alors je te les lave et tu me laves les miennes ! ».
  • Un refus de mettre des vêtements précis ?
    Proposez deux choix de tenues. L’enfant pourra ainsi choisir quelque chose qui sera adéquat, puisque cela aura été mis en évidence dans ce qui convient à la météo. Plus de 2 choix les déborderaient.

Les refus/opposition de la part des enfants émergent souvent parce que les adultes donnent un ordre et attendent que l’enfant s’y conforme (article sur la crise d’opposition ou terrible two).
Mais eux, autant que nous en tant qu’adultes, n’apprécient pas les ordres donnés froidement.
Ils seront bien plus enclins à agir avec entrain s’ils participent au processus de décision.
« Que faut-il mettre comme chaussures quand il pleut ? »
« Que faut-il pour sortir quand il neige ? »
« Que peut-on faire maintenant qu’on a les mains toutes sales ? »

Interroger l’enfant, au lieu de lui ordonner, est une clef pour obtenir une relation harmonieuse.

Est-ce que cela prend plus de temps ?
On peut le croire et globalement, un enfant prend du temps. Son temps de réflexion et d’actions est plus lent que le nôtre puisque son cerveau est en développement.
Les houspiller pour qu’ils accélèrent n’aide pas… Puisque cela les met dans un état de stress (qui désordonne les actions entreprises).
Mais ce temps d’action librement consentie est bien plus serein qu’un temps perdu à batailler en finissant tou.t.e.s deux énervé.e.s.
En outre, suivre le rythme de l’enfant et observer la contemplation qu’il peut faire sur des petites choses qui nous semblent anodines appellent à quel point il a des capacités de pleine conscience (mindfulness) que les adultes oublient. Il peut être utile pour toi de revenir à ce mode de fonctionnement où tu ne t’agaces pas du temps perdu mais où tu profites des instants insignifiants.
Au quotidien, tu es amené à contempler cet enfant qui grandit et évolue chaque seconde. Il acquiert et précise ses nouvelles compétences minute par minute, sans que tu aies besoin d’être investie d’une tâche éducative active.
Un conseil simple : observe ce qui se passe dans des moments anodins ou l’enfant « te fait perdre du temps ». Tu auras moins l’impression « de ne pas l’avoir vu grandir ! ».


Lorsqu’une crise a eu lieu, il n’est pas utile pour l’enfant de revenir dessus en lui disant qu’il a eu un mauvais comportement.
Par contre, lorsqu’il est en âge de discuter, il est possible de revenir sur ce qu’il a ressenti et des solutions que vous pourrez trouver ensemble.
Dans le cas d’un plus petit, c’est à toi de jouer de trésors d’inventivité pour anticiper et divertir les bambins dans les moments tendus.
Ne cherche pas à revenir à froid sur une situation problématique si ton intention est de blâmer. Cela va cristalliser les situations problématiques.
Tu as besoin de déverser ton humeur et ton mécontentement (et c’est tout naturel ! Impossible d’être empathique si personne ne l’est avec nous) ?
Il y aura surement quelques personnes proches de toi et assez bienveillantes pour entendre tes difficultés sans juger tes compétences éducatives.

 

Cela ne te semble pas naturel de réagir avec toutes ces astuces « accueil/diversion/collaboration »?
Logique ! Nous n’avons pas été élevé.e.s comme ça.
Mais plus tu le feras, plus cela te semblera aisé ! C’est comme toutes les pratiques de la vie, cela s’exerce (un grand écart mental et attitudinal par rapport à nos vieux modèles !).

 

Mais ça ne risque pas de devenir un enfant-roi ?

L’idée n’est pas de « céder » aux caprices en lui donnant systématiquement les bonbons qu’ils réclament ou en achetant tout ce qui lui passe dans les mains. Outre le fait que le concept d’enfant-roi est, lui aussi, galvaudé et peu représentatif, j’y reviendrai !

Les enfants apprennent à agir et à réagir grâce à nos propres attitudes.
S’ils sont confrontés à de la sévérité, de l’autoritarisme, des crises, des ordres, des refus sans discussion, les enfants apprendront tantôt à se rebeller plus fort… Tantôt à s’écraser face à celui qui semble détenir le pouvoir. Ils se diront alors qu’il faut obtenir ce pouvoir pour être entendu.
Rapport de force « agréable » à venir… !
De plus, il va être difficile de demander à un enfant de garder son calme lors d’une colère si, toi-même ou ton entourage, lui montre des démonstrations violentes en réaction de la colère (lancer des objets, taper dans les murs, …).

Il a été démontré, et Catherine Gueguen l’explique admirablement dans ses conférences ou ses livres (références en fin d’article), que le maternage/ l’écoute/ le soutien/les câlins apportent à l’enfant des capacités pour développer optimalement son cortex préfrontal. Plus un enfant va être materné (clique pour comprendre ce qu’est le maternage proximal), plus son système émotionnel (en lien avec le système hormonal) va pouvoir croître de manière à apprendre à gérer les émotions fortes et les réactions empathiques.
Un enfant qui est entendu dans ses besoins et avec empathie pourra, à son tour, devenir facilement un adulte ayant ces capacités.
Il est absolument évident que les adultes agressifs et violents ne sont pas ceux qui ont été maternés… !

dawn-armfield-66060-unsplash.jpg
Les malfaiteurs n’ont pas dû être beaucoup entendus et maternés, plus petits! :-p

« Tout-petit déjà, il comprend bien comment cela marche pour être dans les bras, c’est un malin ! »

Cette phrase me fait froid dans le dos. Elle est d’une banalité sans nom, et pourtant elle véhicule une violence inouïe !

D’une part, elle part du principe que l’enfant est déjà en mesure de faire des relations de cause à effet complexe, voire d’actes de manipulation. Être manipulé.e par un enfant qui ne sait pas jouer à cache-cache sans dire où il se trouve… Comment dire ?!

Ensuite, elle met en évidence que le bébé devrait être posé et qu’il n’est pas normal qu’il soit porté. Le mythe du « bébé-bras », auquel j’ai consacré un article, a la peau dure ! Et pourtant, cela tombe sous le sens que le bébé ait besoin d’être porté alors qu’il a été bercé toute sa vie intra-utérine et que sa survie dépend des adultes aux alentours.
Physiologiquement et instinctivement, les bébés ont un besoin impérieux d’être au contact constant, ou du moins prolongé, avec leurs référents. C’est leur unique moyen de survie de manière sécurisée.

tim-bish-171738-unsplash.jpg

Alors n’ai pas peur de garder ton bébé tout contre ton bras ou dans tes bras. Il ne deviendra pas capricieux, il va juste gagner en confiance en lui… puisqu’il a pu compter sur toi ! Il construira une base sécure qui lui permettra de découvrir le monde sans appréhension de perdre ses référents (donc sa sécurité physique et affective).

Si tu es sceptique parce que « les bébés qu’on a laissé pleurer réclament moins », c’est vrai.
Cela s’appelle la « Résignation Acquise ». C’est un concept très étudié en psychologie qui explique comment un être va finir par ne plus exprimer ses besoins (apathie) puisqu’il aura compris qu’il n’y a pas de réaction lorsqu’il le fait (pour aller plus loin dans la compréhension de la résignation acquise tant pour les enfants que pour les adultes: c’est ce lien!)
Cela amène à des enfants qui se coupent de leur ressenti émotionnel et mais aussi de la détection de leurs besoins. Or, j’ai déjà expliqué combien il était indispensable pour être équilibré de pouvoir exprimer ses besoins. Mais à quel point c’est dur car nous avons appris à les brimer.
Répondre aux besoins du bébé offre à celui-ci la possibilité de conserver cette capacité d’expression si précieuse.
Dans les faits, il est fatiguant d’être sur le qui-vive pour un petit enfant mais c’est un vrai cadeau que nous leur faisons à long terme : être à l’écoute de soi et ensuite développer des attitudes d’empathie avec les besoins d’autrui.

 

A chaque âge, il y a des réactions appropriées pour accompagner l’enfant dans ses tempêtes émotionnelles.
Les maître-mots sont la présence, l’accompagnement, l’écoute, la distraction et l’anticipation.

Chacun.e peut réussir à gagner en sérénité avec ses enfants, tout en leur donnant des outils de gestion émotionnelle… et ça, c’est un fameux cadeau pour la vie !

 

Le mode d’éducation influe sur la gestion et l’expression émotionnelle. Voici une petite vidéo fun et éloquente pour expliquer pourquoi les émotions sont en prendre en compte :

Et tout le monde s’en fout: les émotions

et tout le monde s'en fout

 

 

A très vite, Lectrice/lecteur curieuse.x. !

 

Références :

Catherine Guenguen : « Pour une enfance heureuse », « Vivre heureux avec son enfant »

Isabelle Filliozat : « au cœur des émotions de l’enfant », « j’ai tout essayé »

Faber et Mazlich : « Parler pour que l’enfant écoutent et écouter pour que les enfants parlent »

 

 

 

 

Éducation bienveillante·Maternage proximal

Le fun du mouvement des bébés: la motricité libre

Ou comment le minimalisme des achats fera du bien à ton enfant !

Le rôle et le développement de la motricité a été théorisée de manière inédite par Emmi Pikler, pédiatre hongroise et dirigeante de la pouponnière Lóczy pour les enfants touchés par les désastres de la guerre à partir de 1947. La pédagogie qu’elle a mis en place au sein de cet institut était innovante, d’où la dénomination de la « Pédagogie Lóczy ».

20180426_172909

L’intérêt de cette pédagogie est qu’elle invite à laisser l’enfant se développer par lui-même, sans intervention active de l’adulte. Elle part de l’observation que l’enfant est programmé pour acquérir une motricité harmonieuse. Il ne faut pas contraindre l’enfant dans ses mouvements, en le mettant dans un transat ou dans un youpala, par exemple. Il n’est pas nécessaire de prendre une part active dans ses acquisitions motrices. C’est l’enfant qui va découvrir, de manière autonome, les possibilités de son corps : en cherchant du regard les jouets à côté de lui, en tentant de les attraper et se rendant compte qu’il/elle bascule se faisant. Si l’adulte intervient et « résout » les problèmes de l’enfant, il lui ôtera sa possibilité de développement mental à « si je tends le bras, je parviens à saisir cet objet », « Si je pousse sur mes bras, je recule ! », etc.
L’enfant a ainsi l’opportunité joyeuse de constater qu’il a ces compétences-là et qu’il peut avoir confiance en lui en les utilisant. En effet, puisqu’il/elle ne sera pas bloqué.e dans une position à laquelle il/elle n’est pas venue seul.e.

motricite-libre-ne-pas-assoir-bebe-assis-bougribouillon

« Emmi Pikler était persuadée que l’enfant se déplaçant librement, sans restriction, est plus prudent et apprend mieux à tomber sans risque, tandis que l’enfant exagérément protégé et dont les mouvements sont limités, est plus facilement en danger, faute d’avoir expérimenté ses propres capacités et leurs limites » https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/331736/pedagogie-loczy

Il est primordial de préciser que le petit-enfant ne poursuit pas un but (comme lorsqu’il va apporter ton smartphone dans une gamelle d’eau, « pour voir »!) en tant que tel en agissant, il explore son environnement et ses sensations physiques.
Il répète inlassablement certains mouvements, s’en suivent des phases de repos, se distrait différemment, avant de reprendre son activité.

In concreto, qu’est –ce que ça implique, au quotidien ?
L’idée est de positionner le bébé uniquement dans une position qu’il a découverte par lui-même. Il faut éviter de l’asseoir tant qu’il ne tient pas son dos ou en le mettre debout trop souvent alors qu’il ne tient pas l’équilibre. (j’aborde ici les aspects pour les enfants ne subissant pas de RGO qui demande que l’enfant soit verticalisé plus fréquemment et qui ne supporte pas forcément bien le portage)
En adoptant ces postures inconfortables, l’enfant va utiliser toute son énergie à se stabiliser et à se battre contre cet inconfort. Il/elle ne peut plus focaliser son attention sur l’exploration naturelle de son environnement et de son corps.

Emmi Pikler a pu scinder quelques éléments dont l’enfant a besoin pour développer ses compétences :

  • D’un endroit où les soins corporels sont effectués, tout en expérimentant une relation authentique avec son/sa référent.e. Cela demande une présence entière à l’enfant (Bonjour, le smartphone qui nous suit partout !). Cela demande aussi de l’investir et d’agir avec l’enfant en prenant en considération son stade de développement : « Tu me donnes ton bras ? » ; « Vas-y, étends ton bras ! » ; « tu lèves les fesses ? » ; …
  • D’une zone de « jeux » où l’enfant peut expérimenter sans intervention excessive de l’adulte. Cette zone sera organisée de manière à ce qu’il/elle soit en sécurité et ait à disposition des objets/textures/… qui pourront aiguiser son intérêt. Cette zone sera toujours rangée identiquement de manière à que qu’il trouve ses repères. Et s’il y a trop de choses, l’enfant tombe vite dans l’ennui. Idées à retenir : faire tourner le stock de jeux pour qu’il y ait des redécouvertes.
  • D’un endroit où manger
  • D’une zone où dormir
  • De personnes de références avec qui il peut développer des relations stables.

La motricité libre se vit également par l’habillage. Il est nécessaire de proposer aux enfants des habits dans lequel il peut expérimenter (#àquoiçasertd’avoirdesvêtementssionpeutrienfairededans) et des « chaussures » qui ont seront en réalité préférablement des chaussons souples (sans semelle mais entièrement en cuir, par exemple) puis des chaussures à semelle souple (qui sont capables d’être entièrement repliées).
Alors oui, les robes pour les bébés sont ravissantes, les petits jeans font très apprêtés… Mais les enfants n’ont pas la possibilité de bouger sans être contraints par leur structure. Cela ralentit ainsi leur développement psychomoteur puisque qu’ils dépensent de l’énergie à éviter les obstacles et les inconforts créés par les habits.

Qui dit motricité libre, dis aussi absence de surstimulation.
Pour les bébés : les mobiles avec un moteur ou les portiques d’activités, puisqu’il s’en vend, tentent de nous faire croire que l’enfant a besoin d’être diverti activement. Or, il s’avère que ce sont des objets qui monopolisent l’attention de l’enfant et le fatigue artificiellement (au lieu de lui laisser l’énergie pour expérimenter son environnement et son corps).
Il serait préférable de favoriser des tapis de d’activités, qui comportent différents tissus et qui permettent des expériences sensorielles par les gestes de l’enfant.
Les arches sont aussi intéressantes. Elles offrent la possibilité de faire pendre quelques objets que l’enfant pourra saisir et faire bouger/tinter si cela comporte des grelots.
En somme, éviter tout ce qui tourne/fait de la musique automatiquement/contient des couleurs très vives.

tapis éveil

Voici un exemple de tapis d’éveil qui est pas mal : les couleurs sont sobres mais contrastées (ce qui est intéressant pour les capacités visuelles du tout-petit), il y a un jeu de texture sur le tapis et les jouets peuvent être enlevés. https://www.aubert.com/Tapis-eveil-Tinoo-tapis-eveil-Sauthon-Baby-Deco.html
C’est un exemple, il y en a des adaptés dans tous les magasins de puéricultures et… en occasion ! 😉

La difficulté de la motricité libre pour l’adulte est de ne pas intervenir de façon directe (et surtout constante). Pour citer Emmi Pikler, « le seul but des interventions de l’adulte est de maintenir les conditions optimales à l’activité auto-induite des enfants ».
Si l’enfant exprime de l’inconfort, l’adulte veillera à proposer à l’enfant un cadre dans lequel il sera bien. Par exemple, si l’enfant est coincé sur le ventre, on le remettra sur le ventre. Si l’enfant fatigue, on le prendra dans les bras. Si l’enfant se détourne de l’objet à sa disposition, on peut lui proposer autre chose/une autre type d’activité (sans laisser tout à disposition « en vrac »).

La motricité libre accompagne naturellement l’éducation bienveillante et positive puisque cela suit le développement spontané de l’enfant.
En outre, les commentaires de l’adulte face à l’enfant sont plus profitables si elles sont effectuées en termes de constatations et pas se faire en termes de validation de l’action. Pour être une claire : imagine que ton enfant grimpe des marches. Au lieu de dire : « Waw ! Tu es vraiment un champion ! », tu peux dire « Waw ! Comme tu grimpes ! ». L’idée est de lui faire remarquer ses compétences.
J’y reviendrai dans un article ultérieur mais l’effet des compliments, sous forme de validation, à long terme engendre que l’enfant cherche systématiquement la validation de ses actions… Et en étant adulte, une attente de reconnaissance perpétuelle.

Quand l’enfant expérimente de nouvelles actions qui semblent risquées par l’adulte, l’objectif ne sera pas d’intervenir en l’empêchant d’agir, mais simplement de sécuriser le cadre afin de l’accompagner (et de garder ton calme au lieu de craindre le pire ! Ok, c’est plus facile à dire qu’à faire !).

affiche-confiance-en-soi2_blog

Il peut aussi être agréable tant pour le parent que pour l’enfant que ce dernier soit amené à une dynamique de coopération, dans l’ensemble de la vie quotidienne.
Dès tout petit, en pratique, il s’agit de verbaliser nos actions et d’utiliser leurs mouvements spontanés. En grandissant, il va participer aux demandes de manière plus consciente.
Involontairement, comme le bébé a la naissance est relativement incapable d’agir pour participer activement à la vie quotidienne, l’adulte est susceptible de lui imposer des actions sans verbaliser ni effectuer une demande préalable. C’est une situation d’autant plus fréquente qu’il faut faire face à un retard. Par exemple, mettre les chaussures d’un enfant qui s’entraîne d’habitude à le faire tout seul.
Si, par habitude, l’enfant est habillé par le parent qui ne l’invite pas à être actif dans cette activité, cette activité sera effectuée rapidement.
MAIS : ce gain de temps va à l’encontre du développement du potentiel de l’enfant. En outre, en grandissant, après avoir été passif, l’enfant voudra reprendre le pouvoir sur la situation et être réellement acteur. Cette attitude engendrera des incompréhensions et des frustrations tant dans le chef du parent que chez l’enfant.
Je t’invite d’ailleurs à lire mon article sur le « terrible two », cette période où les tensions émergent fréquemment.

En bref, proposer à l’enfant une motricité libre, c’est lui octroyer une autonomie de mouvements dans le respect de son stade de développement (stades qui répondent à des fourchettes qui sont plutôt des râteaux. L’acquisition de la marche peut être de 9 à 18 mois sans que cela soit inquiétant). Cette dynamique d’actions avec l’enfant lui permet de d’évoluer avec une aisance corporelle, d’évaluer les risques, de trouver des alternatives lors de situations inconnues et d’acquérir un socle solide de confiance en lui (puisqu’il/elle ne dépend pas de l’adulte pour parvenir à ses fins).

Et, une chose pas des moindres : tu peux ainsi éviter l’achat de parc, transat, balancelle, trotteur, youpala, portique d’activités, mobile électriques et autres jouets en plastiques multicolores très bruyants (tu en auras bien assez vite…).
En outre, tu vas aussi découvrir que tu n’es pas obligé.e d’emmener grand-chose quand tu vas quelque part avec ton bébé : il suffit d’avoir quelques jeux et d’avoir à disposition une grosse couverture (et dès que l’enfant sait se déplacer, des amis qui aménage leur intérieur de manière à ce que ton enfant ne « vandalise » pas involontairement les jolis bibelots ! ^^).

seth-reese-652913-unsplash.jpg

J’espère que cette lecture t’aidera, que tu sois futur parent ou quelques soit l’âge de ton enfant.

A bientôt, insatiable curieuse.x ! 😉

Voici un article graphique sur le sujet de la motricité libre par une talentueuse dessinatrice à qui j’ai emprunté une affiche : https://bougribouillons.fr/motricite-libre/

Pour aller plus loin dans les lectures scientifiquement étayés qui soutiennent la motricité libre : https://www.cairn.info/publications-de-Pikler-Emmi–73549.htm

Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Bébé, que manges-tu ?

L’alimentation du bébé de la naissance au premier anniversaire : une première confiance à offrir.

tanaphong-toochinda-267381-unsplash

Dès la naissance, les nouveau-nés font face à une nouvelle sensation : la faim ! Jusque-là, ils étaient perfusés en continu.
A la naissance, le bébé cherche spontanément à ramper vers le sein. C’est ce qu’on appelle le crawl du nouveau-né. (voici quelques sources et études sur ce crawl et les bienfaits du contact peau-à-peau directement après la naissance : http://www.breastcrawl.org/science.shtml).

Voici une petite vidéo qui montre combien le bébé humain est compétent, dès sa naissance, à trouver sa ressource : https://www.youtube.com/watch?v=b3oPb4WdycE

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois. C’est-à-dire sans l’introduction de quelques autres aliments, même pas de l’eau.
Il est nécessaire de rappeler ces recommandations pour aller au-devant des suggestions de diversifications précoces (vers 4 mois), même si c’est suggéré par des pédiatres qui ne sont pas mis à jour…

Durant l’allaitement, il est nécessaire de laisser le guide de fréquence par les bébés. Ils savent exactement ce dont ils ont besoin.
Ils peuvent téter de 6 à 20 fois par 24h durant les premiers mois, et ensuite, cela se régule en allant vers un rythme de 6 à 12 tétées par 24h.
Il n’y a pas de rythme à respecter, dans aucune circonstance (il n’y a pas de bébé trop gros à cause de l’allaitement !). L’allaitement s’effectue à la demande. Les tétées peuvent durer 5 minutes ou 30, en fonction des enfants… des moments, des périodes de l’année (la chaleur engendre des tétées plus fréquentes et qui ne doivent pas être substituées par de l’eau !)

Tout ce lâcher-prise et cette confiance dans les capacités de l’enfant vont à l’encontre de l’habitude donnée depuis des générations (voire l’article biberon vs allaitement) d’avoir un contrôle sur le rythme des prises alimentaires (toutes les 3 ou 4h, au choix, et plus l’aspect culturel des repas pris à des heures fixe : 7h ; 12h ; 16h ; 19-20h). Il faut bien rappeler que ce sont des considérations culturelles dont le petit enfant se fiche et… n’a pas d’intérêt à les suivre.
Il en va de même pour la gestion des quantités. L’allaitement laisse à l’enfant la gestion de ses quantités alors qu’au biberon, la mesure de ce que l’enfant ingurgite est une question précise.

support-mums-breastfeed-poster-fr

Dès le départ, il ne faut pas se focaliser sur les rythme, les quantités ou les prises de poids scindées au jour près (sauf s’il y a une situation inquiétante, cela va de soi).
Cette recherche de contrôle est néfaste pour le moral des parents et complétement inutile dans le cadre de la sérénité quotidienne.
Fais confiance à ton bébé. Il sait ce qu’il se passe dans son corps et sait gérer ses besoins.

Le temps avance et ton bébé va changer de rythme biologique. Il va acquérir le rythme circadien (l’alternance jour/nuit) et ses phases de sommeil/éveil vont être plus régulières.
Personnellement, j’ai été vraiment à l’aise à partir du moment où ma fille tenait sa tête pour allaiter en écharpe aussi (ou en Mei Tai), ce qui permet d’être vraiment plus libre dans ses activités puisqu’on est même plus obligée de se déballer ! ^^

Vers le 4ième mois de vie, il te semblera que ton bébé veut manger en même temps que toi : il suit tes mouvements et essaie d’amener à la bouche tout ce que tu lui tends. Tu ne pourras probablement plus allaiter en mangeant (Oui, ça nous arrive à toutes, non ?!) car il sera diverti par tes gestes.
C’est aussi la période où j’ai pu arrêter de regarder mes séries/films/reportages car elle s’intéressait à l’écran !
Attention : ce n’est pas un signe qu’il/elle est prêt.e à manger mais juste que les acquisitions motrices permettant le mimétisme se perfectionnent !
Dans ces moments-là, tu peux lui donner des faux aliments en peluche/en bois ou encore une cuillère vide. Ton bébé sera ravi.

A partir du 6ième mois, il est possible de faire découvrir au bébé la nourriture.
Il y a la diversification classique : mouliné de légumes/fruits/féculents/protéines.
Il est également possible de préférer la Diversification Menée par l’Enfant (DME). Ce que j’ai fait, d’ailleurs.
La DME est une méthode de diversification où l’on présente des aliments entiers et de grandes tailles à l’enfant de manière à ce qu’il apprenne à croquer et à mâcher. Il peut patouiller dans les aliments et découvrir leur texture tout en développant la motricité fine nécessaire à leur manipulation.
Pour débuter la DME, il est nécessaire de respecter des règles de sécurité tant dans les signes physiques du bébé (qu’il sache se tenir assis droit dans sa chaise) que dans la présentation et le choix des aliments : évitons les rondelles de saucisse et les cerises entières… ! :-p
Voici un site qui recèle de nombreuses informations passionnantes au sujet de la DME : https://bebemangeseul.com/la-pratique/

A nouveau, il faudra lâcher prise lors de la diversification.
Bien qu’il soit fréquent (même à l’OMS) d’indiquer des quantités à respecter en fonction de l’âge des enfants, cela met une pression absurde tant sur l’enfant que sur les parents.
La diversification est une approche de la nourriture : le lait reste l’aliment privilégié et principal jusqu’à 12 mois ! L’OMS précise que le lait maternel confère 50% ou plus des apports énergétiques journaliers de 6 à 12 mois et un 33% environ de 12 à 24 mois.
L’allaitement n’est donc pas une bagatelle qui doit être délaissée dès la diversification.
Il faudra d’ailleurs veiller à proposer le sein avant tout aliment.
Cela vaut également pour les bébés en tire-allaitement ou au biberonde Préparation pour nourrissons (lait artificiel) .

Qui dit « approche » de la nourriture, ne veut pas seulement dire nourrissage. Surtout dans la DME où l’enfant a la possibilité de réellement découvrir les aliments sous tous leurs angles, l’aspect des quantités avalées ne doivent pas poser question avant 12 mois.
Il faut réussir à faire fi des comparaisons entre enfants.
Le seul point d’attention sera lorsqu’un enfant refuse d’avaler et a un réflexe vomitif très marqué, et ce  très tard. Les troubles de l’oralité peuvent alors être investigués. Mais il ne faut pas y penser en première intention et laisser à l’enfant le temps de découvrir les textures des aliments.

Quand l’enfant commence à s’alimenter, ses prises alimentaires ne sont pas de quantités identiques : cela dépend de son appétit.

Je rappelle, comme évoqué dans mon article sur les besoins, que l’enfant jusqu’à 12 mois est mu par ses besoins et qu’il sait les écouter.
Ce n’est qu’après confrontation à des contraintes sociales et à des refus que l’humain ne parvient plus à lire ses signaux internes aussi facilement.
Combien d’adultes n’ont pas du mal à gérer leur appétit et leur satiété ?

Il est fort probable que ces difficultés soient inhérentes à un manque d’écoute des besoins lors de l’enfance. Avec des phrases comme : « finis ton assiette ! » ou « ne mange pas tant ! », la capacité de l’organisme à reconnaître les signaux primordiaux est brimée.

Il est dès lors utile de laisser l’enfant manger à sa faim. Parfois peu, parfois beaucoup, sans prêter attention aux grammages des assiettes.

Il en va de même pour les heures des repas : il est socialement déterminé de proposer un encas lors de longue matinée, ou un goûter à 16h, sans forcément laisser l’enfant exprimer son besoin de manger.
Culturellement, les menus changent. En France, le petit déjeuner est sucré alors que le repas matinal en Asie est similaire à ceux des autres moments de la journée.
Il est possible de proposer à l’enfant de manger à différente heure de la journée : il est possible que ton enfant ait faim à 10h et à 15h de nourriture solide mais qu’il n’en ait pas envie à 12h. Et pourquoi pas ? J

Il a tout le temps de sa vie pour coller aux normes sociales. Les compétences nécessaires pour écouter ses signaux corporels sont chères. Si tu peux les préserver, fais-le ! Tu en feras une personne plus à même d’être à l’aise avec ses propres besoins.

Te concernant, je ne peux que te conseiller de résister à la pression de l’entourage ou  des endroits de garde qui peuvent te suggérer un mode d’alimentation qui ne te convient pas.
Si tu veux faire la DME : fais-le ! Si tu veux allaiter jusqu’au sevrage naturel : fais-le !
Et après, il mangera comme les autres mais en ayant découvert les aliments sous leur forme naturelle.
Si tu veux que ton enfant ne mange pas de produit transformé, ne cède pas aux suggestions des flocons et autres biscuits écrasés pour appâter les papilles des petits. Induire une appétence au sucre raffiné n’est pas un cadeau et viendra, probablement, bien assez tôt !

En somme, fais confiance à ton enfant et fais valoir ton point de vue ! Ton enfant sait ce dont il a besoin et tu n’as pas à céder face à une pression normative.
Le rapport à la nourriture a sa place dans le sujet de l’éducation bienveillante. L’enfant est responsabilisé dans ses apports. Cela demande un lâcher-prise, une confiance et une compréhension des réels besoins des petits d’humain.

A très bientôt, les Curieuses.x !

 

 

Éducation bienveillante

La discipline Positive

Je vais te présenter « la discipline positive ». Je range cet article dans la catégorie « Éducation bienveillante » car c’est qu’elle peut être catégorisée (au cas où l’on n’avait pas compris, hein).

Toi qui me lis, n’en déduis pas que l’éducation bienveillante n’est QUE la discipline positive.
Il y a déjà énormément de sites et de blogs qui définissent cette notion. Je ne peux pas en parler sans avoir rédigé un article « de référence », comme je l’ai fait pour le maternage proximal. C’est un début de blog… Alors je pose les fondations. :-p

Déjà, si tu penses que la discipline positive va te donner des solutions toutes faites, que c’est une Méthode, il est possible que tu sois déçu.e ou plutôt rassuré.e. Il n’y a, en effet, pas UNE manière de faire avec les enfants. Quiconque vend ce principe se fourvoie (et fait des déçu.e.s !). Une métaphore explique bien cela : lorsque le lait bout, l’idée de l’éducation bienveillante n’est pas de mettre un couvercle (je ne sais pas si vous avez essayé, mais la cuisinière finit vraiment sale) mais de trouver une solution pour réduire le feu.
Cela va sembler théorique, mais, en réalité, je vais juste présenter la structure d’un état d’esprit à acquérir pour entrer dans la parentalité positive.

La discipline positive puise ses sources dans les 8 principes adlériens (issus d’A. Adler) :

  1. L’enfant est un être social ;
  2. Le comportement des enfants est tendu vers un but (qui n’est pas « de nous énerver ! ») ;
  3. Les besoins essentiels de l’être humain est d’appartenir et d’avoir de l’importance ;
  4. Un enfant qui se comporte « mal » est un enfant découragé ;
  5. Le sens de la communauté (dans le sens de participer à la société) ;
  6. Le principe d’égalité, le fondement de la coopération ;
  7. Les erreurs sont une merveilleuse opportunité d’apprentissage ;
  8. S’assurer de faire passer le message d’Amour

(Oui, je sais ! Ça paraît très conceptuel. Cela dit, je t’invite à m’adresser tes questions ou à lire « La discipline Positive de Jane Nelsen, pour aller plus loin dans ce mode de vie. Je reviendrai à diverses occasions sur les principes évoqués.)

Il est également nécessaire d’être attentif aux 3R de la réconciliation lors des conflits, quand l’adulte se rend compte qu’il tient un rôle dans le maintien ou l’apparition d’une situation problématique (tu sais, ce moment où tu veux que l’enfant agisse et qu’un mot blessant à son égard part, un cri, un geste) :

  1. Reconnaitre son erreur/sa responsabilité
  2. Se réconcilier : aller vers l’autre en s’excusant
  3. Réparer : chercher une solution, une alternative qui convient à tout le monde

image enfant1

(Tu remarqueras que cela ne s’adresse pas qu’aux relations envers un enfant…! 😉 )

En réalité, pour obtenir des résultats dans une voie d’éducation bienveillante, il est nécessaire de faire entrer l’enfant dans une dynamique de collaboration : 4 étapes sont suggérées. Celles-ci doivent être accomplies avec sincérité et bienveillance (Si c’est fait à contrecœur, et sans intention louable, l’enfant le ressent… Tes attitudes non-verbales te trahissent !) :

  1. Montrer à l’enfant que l’on comprend ses émotions en lui posant des questions et en reformulant ses ressentis
  2. Faire preuve d’empathie, sans excuser ni approuver l’action. Juste montrer qu’on a compris la perception de l’enfant.
  3. Partager nos perceptions et ressentis en tant qu’adulte. Il faut que l’enfant soit revenu au calme pour qu’il soit en mesure d’écouter
  4. Inviter l’enfant à se centrer sur une solution, pour éviter le problème à l’avenir. S’il ne trouve pas d’idées, on peut lui proposer des suggestions. L’idée est donc de suggérer, de faire avec l’enfant et non à la place, pour l’ancrer dans un processus
  5. d’autonomie.

image enfant parent

 

La discipline positive, c’est aussi changer de regard sur les comportements que les adultes considèrent comme inappropriés.

En premier lieu, les enfants explorent leur environnement. En deçà d’un certain âge, je suggère plutôt d’adapter le lieu de vie à l’enfant, plutôt que d’avoir l’espoir que vous arriverez à faire comprendre à un tout-petit qu’il ne faut pas toucher les bibelots situés à sa hauteur. On dit bien de mettre les produits dangereux en hauteur, cela vaut aussi pour les choses fragiles ou précieuses.

En tant qu’adulte, certaines attitudes peuvent devenir exaspérantes. Pourtant, il n’est pas rare que dans l’occurrence de comportements dérangeantes, les adultes aient une part de responsabilités.

Les enfants ne sont pas en mesure d’envisager leurs actes sous le même angle que les adultes, pour différentes raisons :

  • Parce qu’il manque de compétence, de conscience ou de connaissance par rapport au comportement attendu ;
  • Le comportement correspond au stade normal du développement. Par exemple : jeter les jouets par terre systématiquement, ouvrir/fermer les portes, allumer/éteindre la lumière ;
  • Il a un sentiment de découragement ou d’incapacité, ex : l’enfant s’énerve, pleure, parce qu’il a mal (aux dents par exemple), s’ennuie, tente de se déplacer sans y parvenir, tente de se faire comprendre mais n’y parvient pas encore ;
  • Le comportement est guidé par le cerveau reptilien (les émotions) : si l’émotion est accueillie par l’adulte, reconnue, l’espace d’expression émotionnelle durera environ 90 secondes. Si l’enfant est très énervé : il faut réfléchir à son besoin de motricité.

Les comportements perçus comme inappropriés sont des opportunités d’apprentissage. Pour se faire, il faut accompagner l’enfant vers la responsabilisation et l’autonomie.

Il est utile de faire usage de temps de pause face aux comportements afin d’éviter les réponses instinctives. Cela invite l’adulte à se maîtriser pour montrer à l’enfant que c’est cette attitude de maîtrise qu’il est utile d’acquérir. En outre, il est nécessaire de vérifier que l’enfant soit connecté à l’adulte (Il n’est plus en train de bouillir émotionnellement) et que son besoin d’appartenance est bien rempli (qu’il ne se sent pas rejeter ou aimer conditionnellement).

Plus le comportement est compris par l’adulte, plus sa perception sera fine et la réaction apportée sera adéquate pour guider l’enfant dans les repères éducatifs.

Il est important de prendre en compte les besoins de l’enfant, avec justesse, afin de comprendre son comportement et d’apporter  la réponse la plus efficace.
(Je sors un peu du contenu strict du livre de Jane Nelsen, mais ça donne du sens à son contenu.)

  • Les besoins physiologiques
  • Les besoins d’appartenance / d’attachement
  • Le besoin d’autonomie, de contrôle et de liberté
  • Les besoins émotionnels
  • Les besoins intellectuels

Jane Nelsen, met en évidence 4 « objectifs-mirages », qui ont des intentions précises, et qui visent à remplir les besoins précités :

  • Accaparer l’attention
  • Prendre le « pouvoir » (être en situation de maîtrise, l’enfant n’est pas un dictateur ! 😉 )
  • Prendre une revanche (mise en chose égale, l’enfant a plus un notion d’égalité que d’équité…)
  • Renforcer sa « croyance d’incapacité » (comme les adultes, ils ont tôt faire de s’autoconvaincre qu’ils sont incapables.)

L’enjeu principal pour l’adulte est de détecter les besoins cachés derrière les comportements. Jane Nelsen propose un tableau d’identification des besoins cachés, qui s’avère être une mine d’or. Voilà, c’est cadeau :

grille besoins cachés Jane Nelsen

 

Pour réagir face à des comportements inappropriés, il est nécessaire que le climat émotionnel de l’adulte soit maîtrisé. Il est, dès lors, pertinent d’apprendre à gérer ses émotions et à les reconnaître (Bon, il faut aussi se dire qu’on est parfois débordé émotionnellement. La réaction ne sera donc pas optimale, mais il est tout à fait possible de corriger le tir après avoir pris un temps calme. C’est l’avantage des relations humaines : elles ne sont jamais figées, si on ne veut pas qu’elles le soient !). Pour revenir à son propre calme, il peut être nécessaire de mettre en perspective le comportement en regard des besoins éventuellement non-assouvis de l’enfant.

Pour la juste détection des besoins, il est tout à fait possible de questionner l’enfant sur son comportement. Il est alors utile d’effectuer un questionnement, en prenant bien le temps d’écouter les réponses successives, en reprenant les 4 objectifs-mirages expliqués ci-dessus. Il ne faut pas oublier que l’enfant n’a pas vocation ne nous « ennuyer » volontairement. Cela ne remplit aucun bénéfice pour lui. Les comportements sont des stratégies pour parvenir à remplir ses besoins ou une expression émotionnelle.

Jane Nelsen propose un outil pour favoriser la coopération : « les temps d’échange en famille ». Ces moments ont pour objectif d’enseigner la responsabilité sociale et l’implication des enfants dans le processus de décision. Durant ce temps hebdomadaire, il est demandé à tous les protagonistes d’une maisonnée de se réunir afin de mettre à jour les éléments inconfortables et de se concentrer ensemble sur la résolution du/des problèmes. Je consacrerai un article entier à ce sujet plus tard.

Qui dit Discipline Positive dit éducation sans punition ni récompense. Cependant, la discipline positive n’est pas laxiste, les principes sont de la fermeté et de la bienveillance : il s’agit de trouver des solutions aux problèmes et non pas de les faire disparaître en les invisibilisant.

Je ne peux pas faire un résumé concis du contenu de ce livre de manière harmonieuse. Je ferai un article clair et limpide sur la manière d’aborder une situation qui, de prime abord, pourrait requérir une punition selon l’éducation transmise.

La Discipline Positive nous propose des outils pour parvenir à une fin d’éducation sans violence et respectueuse de chacun.

Il est primordial de retenir que ce n’est pas une méthode d’intervention auprès de l’enfant, mais bien un changement de paradigme par rapport à celui-ci. L’objectif n’est pas de démunir le parent de ses possibilités d’action, mais, au contraire, d’étendre sa compréhension du problème et d’agir avec plus de justesse.

Cela nécessite de l’introspection (qui peut faire mal… Coucou, je suis là, si tu veux en parler !) et des intentions qui ne sont pas de soumettre l’enfant aux désirs parentaux (déjà qu’il est arrivé par nos désirs, alors bon… !). L’idée première est de faire de cet être qui rassemble tant d’espoirs chez l’adulte, un être susceptible de coopérer à un fonctionnement social. Cela implique qu’on soit prêt à entendre que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres et que les stratégies ne sont pas identiques pour tout un chacun.

La parentalité positive fait grandir les enfants dans la bienveillance et les préserves d’une violence normative, psychologique et physique. Cela nécessite de l’expérience, des « ratés », qui sont très justement, des opportunités d’apprentissage pour les parents.

Un peu comme on s’exerce à toutes activités, la Discipline Positive demande du temps. Tout n’est pas évident dans un premier temps, mais quel fonctionnement est si simple qu’il peut être intégré immédiatement ?

 

illustrations besoins

Le sujet est vaste !

C’est mon deuxième article fleuve. Il y en aura un troisième (histoire de fondement, etc.), sur la Communication Non-Violente.
Tout cela a un but précis, je t’invite donc à revenir rapidement pour aiguiser encore ta curiosité (parce que oui, plus nous en savons, plus on mesure l’étendue des connaissances à acquérir encore. Mais c’est génial : ça veut dire qu’il y a encore tant à apprendre !).