Communication Non-Violente

Trucs et astuces pour obtenir les relations que l’on rêverait d’avoir (#empathie)

Dans cet article, je vais faire le point sur ce qu’est l’empathie de manière précise. Le but est de faire la distinction entre des notions qui sont assimilées les unes aux autres.  Parce qu’il faut admettre que la vulgarisation des expressions peut complétement dénaturer leurs sens.
Je vais aborder l’empathie sous l’angle de la CNV puisque le paradigme qui sous-tend la CNV est le même que celui de l’éducation bienveillante : percevoir et entendre l’autre dans ses sentiments et ses besoins en regard sans jugement.

Tout d’abord, comment différents auteurs ont-ils défini l’empathie :

  • L’empathie est une qualité d’écoute et de présence à l’autre, à ses sentiments et à ses besoins, sans vouloir l’amener quelque part et sans souvenir du passé. – Marshall Rosenberg
  • L’empathie, c’est une posture et une éthique qui demande une qualité d’écoute, une capacité à se mettre en lien avec soi-même pour celui qui écoute et une ouverture à l’autre sans présupposés et sans préjugés. – Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho

Ce sont les mêmes fondements, explicités avec des mots qui résonneront plus ou moins chez toi.

L’empathie est un des besoins fondamentaux (voir mon article sur les besoins de l’humain : » et si nous revenions à nos besoins?  » ). Ce besoin est un des plus ignorés de la société occidentale. La mise de côté de cet aspect de la vie engendre énormément de souffrance chez les humains.
En somme, il est considéré comme normal de répondre un « oui » passif à « : « ça va ? ». Cette question n’en est pas une d’ailleurs, c’est rhétorique…
Rares sont les individus qui estiment avoir envie/besoin d’une réponse franche et complète.

Nous perdons alors beaucoup de temps à agir avec la dette d’empathie. Cela se transforme en frustration qui engendre tantôt l’amertume, de la colère intériorisée, une diminution/absence de confiance en soi, de la résignation affective, etc.

Conséquence de ce besoin occulté, nous ne sommes pas coutumiers  de l’écoute empathique et n’avons pas appris à être réellement présents à l’autre de façon détachée (sans entrer dans les émotions de l’autre comme dans la syn(= avec, ensemble en grec) pathie).
Pourtant, l’écoute active est connue pour être d’une utilité particulière. En psychothérapie, elle est considérée comme un indispensable. Mais il ne faudrait pas consulter un psy pour obtenir une réelle écoute…

C’est une des raisons d’être de cet article : rendre saillante la puissance de l’écoute empathique dans les relations quotidiennes. Elle nous relie à nos pairs, nous permet d’être soulagé.e, compris.e et pris.e en considération.

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Dans les moments d’écoute empathique, l’objectif est d’être entièrement présent à la relation. Il n’y a pas d’intention de conduire la personne vers un but déterminé, ni de la consoler ou de trouver une solution. L’écoute empathie est une posture d’accueil. Tu sens ce moment où quelqu’un dont tu es proche ne semble pas aller bien, mais que tu ne sais vraiment pas pourquoi elle n’est pas épanouie… ce moment où tu accueilles sans rien penser d’autre que :  « Que se passe-t-il pour elle/lui? ». Seule l’ouverture à l’autre est présente.
Ensuite, pour poursuivre dans l’empathie, Il s’agit d’être mu.e par la certitude que la personne écoutée a les ressources qui mènent vers un cheminement qui lui apporte ce dont elle a besoin. Celle-ci a « juste » besoin d’être accompagnée dans l’expression et la transformation des difficultés qui l’embarrassent.
Dans les faits, il s’agit de recevoir les mots tels qu’ils sont prononcés, l’intensité des émotions et les attitudes non-verbales (en rappelant que le non-verbal joue pour beaucoup dans la communication). Je ne tendrai pas vers l’affirmation que 93% de la communication est non-verbale. Les études d’Albert Mehrabian et ses collègues ont des limites qui, de l’aveu de ses auteurs, n’ont pas été prises en compte (Voici pourquoi : https://www.inxl.fr/le-mythe-du-7-38-55-le-non-verbal/).

Pour l’individu qui est entendu, l’empathie permet de reprendre la responsabilité de ce qui nous appartient dans ce qui nous dérange. Par exemple, se rendre compte que la colère ressentie n’est pas dirigée vers une personne, mais vers une situation qui entrave un des besoins. De cette manière, la personne écoutée retrouve la capacité d’agir d’une manière qui lui correspond réellement.

Seulement, ce n’est possible que si l’écoutant n’a pas l’intention d’éduquer l’autre (de lui faire comprendre qu’il fait fausse route/qu’il a tort), de le sauver de sa situation ou de l’orienter activement.
« La compétence empathique consiste à traduire l’expression de la personne dans le moment présent, de se relier aux sentiments et besoins derrière les histoires de vie, les théories et distinguer les interprétations des faits évoqués. » tiré du livre « La communication non violente, c’est malin » de Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho, éditions Leduc.s

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Afin de s’extirper du langage courant, il est nécessaire de faire une distinction entre l’empathie et d’autres attitudes telles que la compassion, l’altruisme, la sympathie ou encore la bienveillance. Dans la vie quotidienne, ces termes sont souvent utilisés de manière indifférenciée.
La compassion est le « sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui ». Ce sentiment part de la tristesse d’autrui et exprime le fait qu’on ressent avec l’autre ses problèmes.
L’altruisme est une « disposition bienveillante à l’égard des autres, fondée sur la sympathie » ou « dévouement », se consacrer à autrui de façon désintéressée, sans rien attendre en retour. Aider les autres. L’objectif dans le cas de l’altruisme est de l’aider de façon active.
La sympathie est la « participation à la joie, à la peine d’autrui ». Quand on y pense, c’est un peu étrange de pouvoir qualifier un objet de « sympa ». Mais cela explique bien en quoi il suffit simplement d’inoculer un peu de joie pour être sympa pour les autres.
La bienveillance est la « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». C’est un ingrédient de l’écoute empathique. Mais on ne va pas dire qu’un œuf est un quatre quart, il faut d’autres ingrédients !

La majeure distinction entre l’empathie et ces diverses notions est la capacité de prise de distance par rapport aux émotions d’autrui et de n’avoir aucune intention de l’amener à un cheminement qui serait jugé comme LE bon par l’écoutant.
Avec ces définitions, il est aisé de comprendre combien le terme « empathe » est galvaudé. L’empathe est assimilé à de l’hypersensibilité émotionnelle par rapport aux vécus d’autrui. Les personnes qui se qualifient d’« empathes » expriment des bouleversements émotionnels incontrôlables puisqu’elles plongent dans le vécu d’autrui.
Avec les clarifications précédentes, tu peux voir que ce n’est pas de l’empathie au sens propre du terme.
J’admets que j’ai du mal avec tous ces termes qualificatifs. Ils enferment les personnes dans une case (ou plusieurs pour les chanceux !). Elles pensent se comprendre mieux en se caractérisant mais les possibilités existantes pour reprendre le pouvoir ne font pas parties du tableau. C’est un peu comme lorsqu’on liste ses défauts… Et qu’on passe plus de temps à leur trouver des raisons valables plutôt de se pencher sur la recherche de stratégies qui permettraient de s’extirper des fonctionnements qui nous déplaisent.

Cette mise au point linguistique effectuée, concrètement : que fait-on dans la relation ?

D’abord, il est primordial de conscientiser qu’il n’est pas possible d’être entièrement empathique si nous-même n’avons pas reçu l’empathie utile à faire émerger nos propres besoins.
Comment se distancer de l’écho que peut faire autrui si nous ne sommes pas au clair avec notre fort intérieur ?

Un premier élément essentiel est la capacité d’auto-empathie : commencer par nous offrir à nous-mêmes ce que nous aimerions recevoir des autres.
Si nous n’écoutons pas nos propres besoins, personne n’estimera qu’il faille le faire ! Il est nécessaire d’être honnête et d’exprimer ses ressentis et ses requêtes sans reproche ni jugement.

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Rosenberg propose trois solutions afin d’accéder à plus d’auto-empathie :

  • Prendre un temps de pause, respirer calmement, et ensuite faire un retour sur le sentiment qui nous habite ;
  • Exprimer vivement ses besoins, ce qui peut être fait en criant, lorsqu’on est dépassé énergétiquement. Je reprends le passage exemplatif de l’auteur : « Écoutez, je vais mal ! Je n’ai pas envie de m’occuper de votre conflit, je voudrais simplement avoir la paix et du calme ! ».
    Il n’a incriminé qui que ce soit dans cette phrase, mais il a fait savoir qu’il n’était pas en mesure d’intervenir pour une autre personne que lui-même.
    Les jours où nous sommes fatigué.e.s/débordé.e.s/énervé.e.s/en retard, ce ne sont pas les autres qui sont responsables de nos émotions mais nos besoins qui sont insatisfaits (petit retour sur mes articles sur les émotions: « encore une crise! que faire avec les sentiments? » et sur les besoins).
  • Enfin, si une situation nous plonge dans un état d’inconfort émotionnel, il y a toujours la possibilité de se retirer physiquement pour proposer ultérieurement une écoute empathique. Oui, il est possible que tu dises : « Je vois que tu n’es pas bien, mais je n’ai pas le ressources pour y faire face maintenant. Peut-on en parler demain ? ». Cela peut sembler étrange, mais c’est comme ça aussi qu’on prend soin de soi : en exprimant nos besoins clairement. L’autre peut être déçu.e parce qu’il/elle avait un besoin d’écoute… Mais cela lui apprend à pouvoir s’autoriser une expression de ses besoins.

Dans l’exercice quotidien de la Communication Non-Violente, je pense qu’il est possible d’être tous confrontés à des échecs. Parce que dans la relation, il est aisé de tomber dans la compassion ou la sympathie au lieu de rester dans une posture d’accueil empathique.
En tant que parent, il est fréquent d’avoir envie de trouver une solution rapide pour calmer l’émotion/le besoin de l’enfant.
En tant qu’ami.e, l’aspiration va souvent vers une recherche active d’actions à entreprendre.
Or, en cas de tempête émotionnelle, dans un tout premier temps, le besoin doit juste être entendu.  Il est  utile de laisser s’exprimer complètement les sentiments, les besoins voire les demandes si celles si émergent.

Est-ce que l’écoute empathique est simple à déclencher ? Est-ce un processus qu’on acquiert et qu’on peut activer à volonté ?
J’aimerais répondre : OUI !
Mais … cela demande de l’exercice et surtout… de la disponibilité mentale et émotionnelle.
N’as-tu pas déjà fait l’expérience de journée où lorsque l’on s’adresse à toi en se plaignant, tu n’as pas préféré clore la conversation de la manière la plus brève qui soit ?
C’est même fréquent. L’écoute et la posture empathiques demandent énormément d’énergie et d’être pleinement présent à l’autre.

 

Voici quelques pistes pour la mettre en place :

  1. Écouter réellement : être présent.e à l’autre à 100% (exit le smartphone qui distrait la conversation où les enfants qui courent autour… du moins, ça n’aide pas !) et s’abstenir de tous jugements et préjugés ;
  2. Focaliser son attention sur celui qui parle et son discours, en ignorant ce qui fait écho, en lui laissant tout le temps nécessaire pour s’exprimer. L’expression de ses tracas fait partie d’un processus de mieux-être. La psychologie a mis en évidence cela en l’appelant ça « l’effet cathartique de la parole ». La catharsis est définie comme une « purgation » des émotions vives.
  3. Bannir les phrases types qui coupent la relation, et donc : ne pas plaindre (« c’est vraiment injuste ce qui t’arrive ! »), ne pas questionner afin d’avoir des précisions (« Et que t’a-t-il dit après ça ? »), ne pas suggérer des actions (« je pense que tu devrais… ») et ne pas consoler (« ça va aller ! »). Toutes ses phrases n’offrent pas la possibilité à l’émetteur d’aller au plus profond de l’expression de son vécu émotionnel.
  4. En posture OSBD, il est utile de cibler 4 éléments dans le discours de l’autre : ses observations, ses sentiments, ses besoins et ses demandes. Et non pas questionner le pourquoi du comment des racines du problème, n’est-ce pas ?!
  5. Afin d’accéder à ces éléments, il est nécessaire de reformuler les propos d’autrui pour s’assurer qu’on comprend bien ce qui est dit mais aussi pour permettre à l’autre d’éclaircir ses émotions et ses besoins.
  6. L’écoute empathique est énergivore car elle n’est pas habituelle… Elle demande qu’on réfléchisse à ce qu’on dit sans entrer dans les écueils des phrases banales.
  7. L’intention est la prémisse indispensable : Pourquoi entrer en empathie avec l’autre? Il est nécessaire de vouloir être uniquement bienveillant avec l’autre. La seule intention que nous devons avoir est d’accompagner la personne dans l’expression de ses sentiments et la création de liens entre ses sentiments et ses besoins.
    En outre, il faut s’assurer que la personne ait envie que l’on entre dans son vécu émotionnel sans faire effraction dans son monde intérieur. Il y a fort à parier qu’un parfait inconnu prendra assez mal un : « Vous semblez vraiment en colère ! ».
  1. A partir du moment où l’individu se sent entendu intégralement, il se produit une accalmie de la tempête émotionnelle et cela lui laisse l’opportunité d’ouvrir le dialogue sur les stratégies à adopter.

 

Toutes ces informations nous aident à agir avec plus de présence à l’autre,  aussi par rapport à nos enfants… et à nous-même !

Il est indispensable d’être en empathie avec nous-même, afin de pouvoir vivre avec les autres. Lorsque l’on est au clair avec ses besoins, il est possible d’accueillir l’autre et de l’accompagner.

La frustration/la colère d’un enfant ne se calmera jamais si on lui dit : « tu as le droit d’être en colère mais j’ai raison de t’enlever ceci ou cela ! ». L’intention est alors d’éduquer…
Tu peux juste évoquer ce que tu constates : « Je vois que tu es en colère… » et se mettre en posture d’accueil en proposant un câlin, par exemple.
Si l’on n’en a pas l’énergie, il est utile de prendre un temps de pause ou se retirer momentanément afin de recouvrer les ressources indispensables à la gestion empathique de la situation.

 

J’espère sincèrement que ces informations te permettront d’améliorer tes relations aux autres et à toi-même.

A très vite, Lectrice.eur curieuses.x!

 

Sources : http://nvc-europe.org/SPIP/Place-de-l-empathie-dans-la

Inspirations :

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Préparer la naissance

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si tu es future maman, tu guettes les changements corporels.
Peut-être parce que tu les crains et surtout les séquelles irréversibles.
Peut-être parce que tu attends que cette grossesse se voit.edward-cisneros-667919-unsplash.jpg

Le statut de femme enceinte s’acquiert une fois que la grossesse est visible. Il y a une espèce d’aura social devant ce corps arrondi. Souvent, les regards doux et bienveillants caressent ce ventre proéminent. (On a dit « les regards », pas les mains qui se posent sur le ventre alors qu’on a rien demandé !)
Mais à côté de cette image sociale, il y a le ressenti de la femme.

Personnellement, j’ai vu directement les changements sur mon corps et sur mon métabolisme. Mon histoire engendre que je suis très à l’écoute de mes signaux internes.
J’ai senti une « gêne » dans mon ventre … Mes muscles abdominaux ne réagissaient plus de la même manière.
J’ai su rapidement que quelque chose se tramait (et j’attendais les signaux, puisque ma fille a été conçue par la PMA).

Mais pour certaines, les sensations ne sont pas claires. Il y a d’ailleurs autant une impatience des signes de grossesse qu’une crainte des sensations désagréables.
Et ce qui est drôlement super, c’est que d’une femme à l’autre et même d’une grossesse à l’autre, les « symptômes » de grossesse ne sont pas identiques :

  • Les seins qui enflent et qui deviennent douloureux ;
  • Les nausées ;
  • L’odorat qui s’affine ;
  • Les dégoûts alimentaires ;
  • La tachycardie ;
  • La fatigue ;
  • Les vertiges ;
  • Un goût métallique dans la bouche ;
  • Une peau a tendance acnéique ;
  • L’hypersalivation ;

La liste n’est pas exhaustive. Le corps a de la ressource !

Mais il est possible aussi de ne rien avoir avant un certain terme.
Dans mon cas, aucun signe, à part ces tiraillements dans le ventre. Puis à 4SA (semaine d’aménorrhée), j’ai découvert que je pouvais avoir des seins (ils avaient toujours été inconnus au bataillon). Et surtout, j’ai découvert que la digestion demandait une force inouïe à l’organisme puisque mon cœur s’emballait à 90 pulsations/min dès que je mangeais. Sensation très étrange… et inquiétante !

Mais avec tout cela, viens le lot d’inquiétudes et de joies mélangées. La création d’un petit-être est en cours.
Le corps, qui est son temple, se transforme. En fonction du métabolisme de base, de sa morphologie, de son capital musculaire, la silhouette évolue bien différemment.
Dans mon cas, je croyais qu’en me musclant beaucoup, j’aurais plus de faciliter à retrouver la forme après. C’est relativement concluant. Entends bien le « relativement » !

Certaines, avec leurs nausées, vont perdre du poids au début. Pour d’autre, c’est l’appétit qui prend le dessus et les kilos sont déjà scrutés dès les premiers mois.

C’est paradoxal, la grossesse : on a envie que cela se voit, mais on se trouve un peu grosse quand même.
Je crois que la phase des 3-4 mois est la plus frustrante à vivre : on voit que le ventre est distendu, mais on en sait pas dire si c’est vraiment une grossesse ou si c’est un excès de raclette (oui, même en plein mois de juillet !).
Cette ambivalence par rapport à son corps est une étape importante. Le fait de porter la vie et les sensations qui vont avec nous aide à conscientiser ce qu’il se passera.
En soi, nous ne serons plus jamais seules et le corps d’avant ne sera plus.

Pas de crainte : je ne dis pas que tu seras déformée, juste que c’est un autre corps. Il pourra être aussi harmonieux, mais avec un bassin un peu plus large peut-être, un ventre moins tonique et une peau un peu distendue (voire des vergetures si la nature ne t’a pas fourni le kit « peau extensible »… eh oui : c’est plus une question de génétique que de la quantité d’huile que tu pourras mettre… !).

Le graal arrive vers 5 mois, pour la plupart : le baby bump, ce ventre rond caractéristique d’une grossesse.
Il s’accompagne avec la précision des mouvements du fœtus. Et il y en aurait à dire sur ces sensations étonnantes !
La moitié du chemin est fait et « le symbiote » se fait bien sentir.
Dans mon cas, ce fut une catastrophe dans ma concentration car chaque mouvement me provoquait de larges sourires béats. C’était hyper crédible lors de mes RDV pro… ! Je passe l’envie de faire baisser le ton à certains car ma fille ne supportait pas les fortes voix (et c’est toujours le cas maintenant !).

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C’est à partir de là que je peux suggérer aux mères qui ne le feraient pas, c’est de bouger ! Piscine, marche, vélo (recommandé par ma gynécologue) ou encore exercices de renforcement musculaire, tu as le choix (bien sûr en cas de santé adéquate et de grossesse sans risque !)
Cela permet de prévenir ta perte musculaire et de renforcer la ceinture abdo-lombaire qui est mise à rude épreuve avec le poids du ventre.
Malgré la beauté du ventre rond, il est utile de préserver son dos en tentant de ne pas cambrer son dos pour éviter/réduire les douleurs dorsales fréquentes pendant la grossesse.
L’utilisation des « swiss ball » est aussi une idée qui pourra t’aider jusqu’à la fin de ta grossesse. En t’asseyant là-dessus, à la place d’une chaise pour travailler, cela sollicite tes muscles et cela fait travailler son bassin qui s’assouplit pour le jour J !
Là encore, c’est au bon vouloir du corps qui exprime clairement ses propres limites.

Au fur et à mesure que les semaines passent, le corps s’étend et laisse la place pour les galipettes du fœtus.
Les préparatifs s’accélèrent (sauf si on s’y prend bien tôt, comme moi, qui craignait une arrivée précoce, sans aucun signe précurseur !) et la question de la préparation à la naissance se pose.
Je te propose deux articles : un sur la préparation à la naissance et l’accouchement et l’autre sur les projets de naissance.
A voir se corps changer et à apercevoir les mouvements du fœtus, sa réalité est de plus en plus tangible, aussi pour l’entourage.
Il n’est plus un individu que pour la femme mais aussi pour l’environnement social qui va l’accueillir.

C’est aussi le moment où l’ambivalence peut être la plus forte pour la femme.
En fonction des transformations de son corps, elle peut avoir plus ou moins d’inconforts.
Il y a cette joie d’avoir la concrétisation de ce petit être de plus en plus clair dans ses mouvements (disons parfois déménagement !). Mais il y aussi la transformation majeure du corps, qui n’a plus grand-chose à avoir avec ce qu’il était quelques mois auparavant. Ajoutons à cela la réalisation plus ou moins forte que l’enfant va VRAIMENT arriver.
Je me souviens que 4 semaines avant terme, je me suis rendue compte qu’elle ne serait plus prématurée et que d’ici moins de 30 jours, elle serait dans mes bras.
Oui, j’étais toute ronde (pas autant que je le pensais, en fait !). Oui, elle bougeait. Oui, je lui parlais.
Mais d’un coup, comme un élastique qui rebondit, la réalité d’un bébé et d’être bientôt séparée d’elle physiquement. Elle n’est plus qu’un projet… une chose dont je rêvais depuis des années.. Mais elle est là !

Ce n’est pas pour rien qu’il faut de longs mois pour préparer les affaires du bébé, pour ranger et organiser des choses (ah ah ah ! Si tu savais … par exemple, l’inutilité de prévoir une chambre au départ !). Mais surtout pour se préparer psychiquement à devenir mère et d’être dévouée à quelqu’un d’autre.

Le corps est un média avec l’extérieur.
Le corps est uni indéfectiblement avec l’esprit. De plus en plus d’étude démontrent à quels points il est absurde de séparer corps et esprit dans toutes les approches médicales et psychologiques (par exemple, la rétroaction posturale).
L’esprit se modifie également, pour passer de l’être unique que nous sommes, à un être qui (dans un premier temps) n’aura plus des masses d’autres vocations que la satisfaction des besoins du bébé.
La structure même du sommeil évolue : « on observe une proportion plus importante des phases de sommeil lent léger et d’éveils. Le nombre de phases de sommeil lent profond diminue. Ceci a pour effet de limiter l’effet réparateur de la fatigue physique que doit procurer le sommeil. On note également une augmentation des parasomnies et des dyssomnies en fin de grossesse. » (source : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00863861/document)
La modification du sommeil a comme objectif que la femme jeune accouchée soit très rapidement disponible pour son bébé, même endormie.
L’allaitement favorise également cette disponibilité grâce à la production hormonale qu’il engendre.
Bref, tout se met en place. Corps, tête et environnement.

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Cependant, la grossesse est une période de bouleversements émotionnels. Les rôles changent au sein des familles et des couples.
Cela peut engendrer des grosses remises en question (j’ai envie de dire : ce n’est que le début !) et le regard de la société peut s’avérer pesant.

D’abord, la femme enceinte doit avoir une silhouette précise et ne pas prendre plus de 10 kg (c’est à modérer en fonction de la stature initiale).
Elle doit se comporter d’une certaine manière : éviter certaines activités perçues comme inadaptées, par exemple.
Elle doit aussi être forcément heureuse et bien dans son corps car ce dernier est un cocon pour son bébé et que c’est FORCÉMENT une plénitude.
Oui, ça peut l’être. Mais l’inverse est aussi vrai !
Une femme enceinte peut aussi bien faire des bombes dans la piscine (ça sent le vécu, non ?!) que d’aller courir. Ses limites seront clairement définies par ses propres ressentis. Les femmes n’ont nul besoin de « conseils » décourageants. Elles ont juste besoin de se reconnecter à leurs propres sentiments, leurs émotions, leurs sensations physiques et leurs forces intérieures.

Certaines vivront très mal les changements physiques pendant la grossesse et les limitations qui en découlent (d’autant plus dans le cas des grossesses à risques).
Si c’est ton cas et que tu es mal dans ta peau : contacte moi (ou un.e autre professionnel.le), écris un commentaire pour faire part de son ressenti et accepte ce que tu ressens (voir l’article sur les émotions).

Tu as le droit de te sentir belle.
Tu as le droit de te sentir mal.
Tu as le droit d’être frustrée car la grossesse ne rencontre pas tes espoirs.
Tu as le droit d’Être au lieu de paraître aux yeux du Monde.

Dès le départ et pour toute ta vie, je t’invite à te renseigner sur le mouvement « Body Positive » qui fait du bien aux femmes.
L’objectif n’est pas de constater que d’autres se sentent bien sur les réseaux sociaux, mais d’en comprendre les intentions initiales : accepter que chacune est originale.
Aucun regard extérieur ne devrait valider notre Être.
La liberté, c’est d’avoir le choix et de ne pas courir après un idéal construit de toute pièce par la société normative.

A très bientôt, Lectrices/Lecteurs Curieuses.x !

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Éducation bienveillante

«Il faut bien qu’il apprenne la frustration ! »

La frustration semble, pour certains, un moteur de développement de l’enfant. Comme si c’était la frustration qui agissait comme engrais pour guider l’enfant vers une gestion de ses émotions.
En plus de cela, la frustration ne devrait provoquer que peu d’émotions chez l’enfant et surtout pas qu’il les exprime.
La frustration serait-elle LE moyen pour que les enfants acquièrent une intelligence émotionnelle ?

C’était quand, la dernière fois où tu as été très frustré.e ?
Moi, c’était samedi. On a explosé la vitre de la voiture, on m’a volé mon sac et je me suis retrouvée bien embarrassée. Je n’avais qu’une envie, c’était de rentrer au frais (il faisait aux alentours de 30 degrés, comme partout dans l’hexagone) et ça n’a pas été possible tout de suite… Visite à la gendarmerie, appel à la banque, contact avec « qui casse remplace » 😉 et autres sympathiques procédures pour pouvoir rentrer chez « soi » sans clef… !
Qu’est-ce que la frustration m’a apprise ?
Je cherche…

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Rien ne me vient.
Parce que la frustration est une réponse émotionnelle à l’opposition d’une envie, d’un désir ou d’une action entreprise. Dans mon cas : rentrer chez moi et boire… (Accessoirement changer ma fille, parce que ces gens manquant de bienséance ont piqué mon sac à langer. Ils n’ont pas dû être déçus, parce qu’il n’y avait rien ou presque sauf 3 couches dans le sac ! Ah ah ah !)

Ce n’est donc pas la frustration en tant que telle qui apprend quoi que ce soit. Ce qui est intéressant à élaborer, c’est l’apprentissage de la gestion émotionnelle. Et pour cela, nul besoin de répéter volontairement les expériences de frustration.
Nos vies sont pavées d’expériences frustrantes (genre exploser une bouteille d’huile d’olive sur le carrelage au moment de servir le repas. Tout exemple ressemblant à une situation vécue n’est pas fortuit…).
Penses-tu que le petit enfant qui souhaite attrape un objet mais qui n’y parvient pas ne vit pas, déjà, de la frustration ? L’interprétation qui est effectuée catégorise cette expression comme de la colère. En effet, les manifestions de colère peuvent découler de la frustration de ne pas parvenir à un objectif.
De même, quel que soit le « mode » éducatif, personne ne laissera son enfant debout sur un rebord de fenêtre. L’entrave à une action pourra également être vécue comme une frustration par l’enfant.
Les règles de sécurité vont parfois à l’encontre du bon vouloir de l’enfant, et même du nôtre. Seulement, nous avons appris à raisonner et à prendre en compte le rapport bénéfices/risques. Cette argumentation est trop élaborée pour le tout-petit.

Le fait est que l’enfant (surtout en deçà de 4 ans) n’a pas les capacités cognitives (dans l’aire préfrontale exactement) pour gérer ses émotions.
L’adulte va avoir comme mission de montrer la manière dont l’enfant peut agir en réponse à ses émotions.
Y apporter une réponse… Et non pas brimer l’émotion et l’empêcher de s’exprimer.

La distinction majeure du mode éducatif se démontrera dans la réaction face à la frustration de l’enfant et des stratégies qu’il est possible de leur suggérer.
Le principe de l’éducation bienveillante est d’accompagner l’enfant à assimiler des automatismes et des stratégies pour gérer les émotions.

Le test du marshmallow est utilisé afin d’imager la gestion de la frustration par les enfants : Walter Mischel (professeur et chercheur en psychologie à Stanford, Californie) a mené son étude sur 550 enfants entre 1968 et 1974. Elle consistait à positionner un enfant d’école maternelle seul dans une pièce, assis sur une chaise, face à une table où se trouve un marshmallow. Avant de le laisser seul, on lui dit qu’il peut manger le marshmallow immédiatement, mais que s’il patiente jusqu’au retour de l’expérimentateur, il aura droit à une seconde friandise. Un tiers des enfants attendent son retour.

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A l’issue d’une étude longitudinale (qui compare les participants entre eux sur plusieurs années), il fut démontrer que, globalement, les enfants ayant résisté à la tentation ont un meilleur niveau de vie que ceux y ayant cédé.
Une conclusion abusive en fut tirée : si l’enfant a du self-control, alors il réussira mieux dans la vie d’un point de vue socio-économique.
Mischel précise (en 2015, dans son livre « le test du marshmallow ») que le self-control pour une récompense différée est une compétence à acquérir et non une donnée prédictive d’une réussite ultérieure.

Une équipe universitaire, Tyler Watts, Greg Duncan et Hoanan Quen (2018), a répété l’étude en contrôlant d’autres variables, dont le niveau de diplôme de la mère. Il s’avère que les enfants se distinguent par leurs stratégies métacognitives face à la tentation (qui est assimilée à de la frustration puisque l’enfant doit se retenir de manger une sucrerie). Par exemple, ils peuvent imaginer que le marshmallow est intouchable ou qu’ils ont les mains liée.
Ces auteurs suggèrent donc que la capacité à différer une récompense n’est pas à percevoir comme composante du self-control, chez les petits enfants du moins. L’autorégulation serait davantage en lien avec la capacité à produire des stratégies métacognitives pour faire face aux émotions.

Il semble également que le niveau d’étude de la mère influence la réaction des enfants. Plus un enfant évolue dans un milieu social favorisé, plus il aura tendance à pouvoir patienter (à autoréguler ses envies). Tout simplement parce qu’il sait qu’il aura d’autres opportunités, alors qu’un enfant qui expérimente la rareté des « consommables-plaisir » va sauter sur l’occasion dès qu’elle se présente.
Enfin, l’attachement et la confiance dans les adultes auront un impact. L’enfant habitué à être trompé par ses figures d’attachement (promesses non tenues, récompenses oubliées alors qu’elles avaient été garanties, mensonges sur divers thèmes) ne sera pas enclin à croire le chercheur qui lui promet une autre confiserie.

Mais alors, que faire pour aider l’enfant à gérer la frustration quand elle survient ?

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  1. D’abord, ne pas considérer que les frustrations seront mieux gérées s’il y est exposé fréquemment. Il n’est pas utile de créer de la frustration. La vie quotidienne en regorge.
  2. La gestion émotionnelle est en construction tout au long de la vie et principalement pendant les 25 premières années. Avant 4 ans, il est quasiment impossible pour les enfants de résister à leurs pulsions d’action. C’est plus fort qu’eux. Ils ne parviennent pas que difficilement à inhiber une action.
    Une idée peut-être de proposer des jeux qui impliquent une résistance aux automatismes. Par exemple, jouer au « Jacques a dit » inversé. L’enfant doit alors réfléchir pour faire l’inverse de ce qui est demandé.teststroop.jpgPour les plus grands qui savent lire, le test de Stroop est un outil pratique puisqu’il exerce l’inhibition d’évoquer la couleur du mot à la place de la couleur écrite.

D’autres jeux existent où il faut réagir en l’absence de signaux : le ni oui/ni non ; dire aux enfants de pêcher tous les canards sauf les verts et roses, etc.

  1. Il est utile d’accompagner l’enfant dans l’expression de sa frustration et de lui verbaliser que nous comprenons celle-ci. Il se sentira alors reconnu. Il est toujours possible de lui proposer un câlin, pour se calmer.
  1. Ensuite, la distraction des enfants peut être utilisée pour les amener vers une autre action qui fait oublier ce qui engendre la frustration.
  1. La principale solution est d’enseigner à l’enfant des stratégies pour augmenter la tolérance à la frustration. Donc, il faut être l’exemple pour l’enfant. Il est utile de verbaliser ces moments où nous sommes frustrés. Le petit prend ainsi conscience de nos réactions face aux émotions. Il va falloir dire à voix haute ce que nous faisons automatiquement.
    Par exemple : souffler quand l’énervement se fait sentir, sautiller sur place, …
    Cette compétence de gestion émotionnelle s’apprend lentement et avec le temps, en suivant le développement cognitif.

L’expérience de la frustration devient moins évidente à gérer à partir du moment où l’enfant développe ses compétences motrices. Il se sent autonome et envisage toutes les possibilités qu’il a. C’est cette période du « terrible two » ou de crise d’opposition que j’ai abordé dernièrement.
Il est nécessaire de s’armer de patience et de créativité (voire l’article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ? » afin d’accompagner l’enfant dans son développement et dans ses réponses émotionnelles.

Et toi, tu gères comment tes frustrations ?

A bientôt, Lectrice/Lecteur Curieu.x.se.

« Je n’ai pas de talent spécial. Je suis seulement passionnément curieux » Albert Einstein.

Pour les intéressé.e.s, voici la source de l’article de Tyler Watts, Greg Duncan et Hoanan Quen (2018) : http://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0956797618761661

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

« Encore une crise ! » Ou que faire avec les sentiments ?

Etape 2 de la CNV

Pour rappel, voici la première étape du processus de communication non-violente : l’observation.
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Cette fois, j’aborde les émotions, leur reconnaissance et leur « gestion ». Cela fait donc partie du processus de la CNV, mais, comme tous éléments d’un processus, les informations s’avèrent pertinentes dans toutes les circonstances.
La gestion émotionnelle est une chose qui semble à la fois simple et complexe, en fonction des situations. En tant qu’adulte bien portant, les déclinaisons de la joie sont assez aisées (et agréables) à prendre en charge. L’acceptation du sentiment est évident… La plupart du temps, on ne se refuse pas de la joie (je dis bien « la plupart du temps », des évènements de vie traumatiques peuvent engendrer une réactivité à la joie et de la culpabilité d’être heureux alors que d’autres situations sont censées prendre le pas sur ce qui crée des sentiments positifs).

Qu’en est-il des émotions d’autrui ? Peut-être as-tu déjà été surpris.e par des expressions émotionnelles positives plus fortes que ce que tu attendais dans une circonstance. C’est susceptible de te mettre mal à l’aise… Mais  « l’excès » d’enthousiasme (nous sommes alors dans le jugement puisqu’on estime que c’est en excès) est souvent plus drôle à constater qu’autre chose.

Et comment réagir rapport aux émotions négatives, tant les nôtres que celles d’autrui ?

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Cela se gâte un peu, globalement. Ces émotions n’étant pas perçue comme plaisantes sont moins enclins à être acceptées.
Les émotions « négatives » (c’est un jugement de considérer qu’elles le sont) ont pourtant le même rôle que les émotions « positives ».
Mais quel est ce rôle, Watson ?

Les réactions émotives nous sont utiles pour adapter notre comportement en fonction des situations. Elles aident à améliorer le  bien-être et à éviter les dangers/obstacle. Elles sont utiles à nous guider afin de parvenir à la satisfaction de nos besoins (la détection des besoins : l’étape suivante de la CNV !). Donc, ce sont des indicateurs essentiels à la détection de nos besoins !
Les principales émotions sont les suivantes : La colère, la tristesse, la joie, la peur, la surprise, le dégoût, le mépris, la honte et la culpabilité.
Les émotions se déclinent en fonction de la manière dont on se sent précisément. Les listes ci-dessous sont non-exhaustives mais permettent de bien faire comprendre de quoi il s’agit.

Par exemple, la joie s’exprime par différents biais : le fait d’être heureu.x.se, émerveillé.e, intéressé.e, joyeu.x.se, amusé.e, excité.e, ou le fait d’être fier.e.
Il en va de même pour la colère qui se décline en expression telle que l’exaspération, la contrariété, l’irritation, être plein de ressentiments, envieu.x.se ou encore tendu.e.
De la même manière, la tristesse peut se conjuguer par le fait de se sentir seul.e, démoralisé.e, mélancolique, déçu.e ou peiné.e.
Quant à la peur, cela peut se manifester par le fait d’être crainti.f.ve, anxieu.x.se, nerveu.x.se, inquiet.e ou embarrassé.e.

Ce sont bien sûr des exemples, et il y a bien plus de manifestations émotionnelles. Le principe est que ces attitudes, ces émotions sous-tendent pléthore de sentiments.

En somme, il est nécessaire de percevoir des manifestations émotionnelles comme des signaux précis  d’un besoin insatisfait. A nouveau, il faut passer par l’observation et non pas le filtre du jugement : le fait de pleurer (en cas de tristesse) ne relève d’aucune forme de faiblesse. Une « crise » (disons plutôt une tempête émotionnelle) relève plutôt de la colère et prend régulièrement sa source dans un sentiment de frustration. Mais la colère est rarement perçue comme une énergie qui peut être mise à profit afin de dépasser l’obstacle qui la génère. Or, c’est le principe même d’une émotion de nous mettre en mouvement !

L’objectif de la CNV, c’est qu’après avoir effectué le constat de la situation qui meut l’émotivité  c’est de pouvoir exprimer les sentiments qui surgissent. A cette étape, le piège est de masquer le sentiment/émotion « brute » avec l’interprétation de la situation. Il est fort probable qu’une phrase qui place l’autre comme sujet ne soit pas un sentiment. Par exemple, « tu ne m’écoutes pas ! » ou « tu m’ignores ».
En outre, le fait d’être ignoré.e ne peut être compris comme un sentiment, puisqu’il implique quelqu’un d’autre (il faut être deux pour que l’un ignore et l’autre soit ignoré). Cela rend l’autre responsable de nos sentiments. En réalité… Nous sommes les seul.e.s responsables de nos émotions !
Certes, certains actes pourront être majoritairement perçus comme exaspérant, mais tant l’émotion que son intensité découlent du filtre qui œuvre au  sein du « récepteur ». Certain.e.s vont « ronger leur frein » pendant des jours alors que d’autres préfèreront mettre ce qui dérange sous le tapis. Quelle merveilleuse preuve que nos émotions nous appartiennent que de constater notre moindre patience (et l’énervement) lorsque notre état de fatigue se fait sentir ?!

Autant dans les relations entre adultes que dans les relations parent/enfant, il est utile de s’axer sur l’expression émotionnelle et, en priorité, sur la reconnaissance/l’acceptation de ses propres émotions. Autant pour soi que pour son interlocuteur, les émotions (et les besoins sous-jacents) ne demandent qu’à être entendues.
Dans le cas d’une dispute, par exemple, il est profitable d’exprimer son ressenti et de tolérer que l’on ressente cela. Parfois, cela peut paraître futile, l’émotion peut sembler surdimensionnée… Mais elle « s’évapore » à partir du moment où l’on prend le temps de l’accueillir. Pouvoir accepter que « je me sens blessé.e » ou que « je suis furieu.x.se » offre la possibilité d’observer le décours de l’émotion. Celle-ci s’estompera au fur et à mesure, d’autant plus s’il a été possible d’en faire part à la personne avec qui l’oignon devait être pelé.

Face à un enfant qui est  sujet à une tempête émotionnelle, l’objectif sera de reconnaître son émotion et de lui laisser de la place. Souvent, il est tentant d’amoindrir l’émotion : « Ce n’est pas grave quand même ! » ou bien « Tu voulais rester ? Mais tu vas revoir Untelle bientôt, et puis telle chose t’attend ! ». Cela paraît infime, et pourtant, cela ne reconnaît pas le sentiment qu’éprouve l’enfant. L’idéal est de tenter de mettre des mots sur ce qu’il traverse (je rappelle que les jeunes enfants –et certains adultes apparemment… !) n’ont pas la capacité à maîtriser leurs émotions. Elles débordent facilement et cela engendre certains passages à l’acte (cris, larmes, jet d’objet, …). A partir du moment où l’adulte peut s’adresser à l’enfant en lui disant : « Oh ! Tu sembles vraiment triste de quitter cet endroit ! » ou « Je vois que tu es vraiment en colère de ne pas pouvoir obtenir telle chose ! », la pression diminue. L’enfant se sent compris.  Si l’adulte s’est trompé d’émotions, l’enfant va ouvrir le dialogue et sortir de sa tempête émotionnelle.

Une idée complémentaire est de se concentrer sur les ressentis corporels et la respiration pour retrouver le calme. En effet, les émotions ont des manifestations corporelles spécifiques en fonction des individus. S’il est possible de se concentrer dessus et de reconnaître les prémisses ces signaux, cela permet de guider nos actions avant de se sentir débordé.e.

Comme je l’ai dit précédemment, l’émotion fait foi qu’un besoin insatisfait. Il est donc primordial de percevoir quels sont ces besoins (pour nous, et pour l’enfant face à nous aussi). Cela fera l’objet d’un autre article.

Tant pour l’enfant que pour l’adulte, et le plus tôt possible, je ne peux que suggérer de développer un vocabulaire affectif étendu pour exprimer ses sentiments.
Il est également utile de prendre conscience que c’est un besoin insatisfait qui guide l’émotion.
Enfin, nous sommes responsables de nos émotions et de la manière dont nous les maintenons (en les refoulant) ou les laissons « s’évaporer » lorsque nous les observons.

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Cette attitude d’ouverture aux émotions offre une posture de bienveillance par rapport à nous-même mais également par rapport à autrui. Il est primordial d’avoir reçu assez d’empathie et d’écoute de ses propres émotions pour, à son tour, donner toute l’attention nécessaire à l’autre. Quel que soit l’individu, il est toujours possible de dire : « Je me sens vraiment fatigué.e ce soir. J’ai besoin de calme et de câlins ».  C’est rarement mal compris. Cela permet d’éviter de bouillir intérieurement et de craquer en hurlant « Tu m’épuises avec ton comportement ! ».  Cela ne veut pas dire que l’autre voudra forcément prendre part à la demande des câlins, par exemple. Mais ça, j’y reviendrai après l’expression des besoins dans le cadre de la formulation des demandes (qui ne sont pas des exigences… Teaser !).

 

J’espère que cette lecture, faisait suite à ce premier article, t’aura plu.
Laisse donc un commentaire sur tes états émotionnels et la façon dont tu gères les tiens et ceux de tes proches.

« La curiosité naturelle à l’homme lui inspire l’envie d’apprendre. »J.-J. Rousseau ; Les confessions (1765-1770)

A très vite, Internaute Curieux !

 

Éducation bienveillante

Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ?

Le sujet de l’éducation est régulièrement abordé lorsqu’il s’agit de faire face à une difficulté.
Tant que tout va bien, on n’en parle pas voire on n’y pense pas.
Puis arrivent les premières prises d’autonomie des enfants, leurs premières compétences et les initiatives perçues (par les adultes) aussi maladroites qu’inopportunes.
On entend parler du «Terrible Two», de la crise d’opposition et des colères. Et là, ça y est ! On se dit qu’il faut trouver des solutions pour que l’enfant soit plus agréable à vivre.
C’est vrai qu’une colère à cause de la couleur d’un verre, le manque d’enthousiasme à se préparer ou à enfiler ses chaussures et la propension curieuse à jeter ses jouets les plus lourds à travers la pièce (je peux continuer sur les adolescent.e.s : l’insolence, le bazar laissé partout, …), sont des attitudes qui sont observées avec suspicion par l’adulte. Je dirai même plus qu’elles génèrent souvent agacement et énervement.

Alors, en réaction, on se doit d’intervenir (Accessoirement, si on peut se passer d’un bloc de bois en pleine tête, c’est plus sympa !). La réaction de base est « On ne fait PAS ça ! » (Tu déclines le « ça » en milles possibilités inventives 😉 ) associé d’un « NON ! ». Ou alors on minimise l’importance de ce qui déclenche la colère : « Mais enfin, ce n’est qu’un verre ! », « tu peux quand même te dépêcher ! ».
C’est assez logique pour les adultes, puisqu’on parvient à mettre en perspective les différents éléments qui engendrent de la contrariété. On sait que la couleur d’un verre ne change rien au goût du contenu ; que même si l’on n’a pas vraiment envie, il faut bien bouger et donc enfiler ses chaussures… Et que jeter des objets n’est pas adapté à une vie sociale harmonieuse (Je ne sais pas pour toi, mais je connais des personnes qui ont quand même tendance à le faire, sur le coup de l’agacement… !).

Seulement, le petit enfant n’a pas le même niveau réflexif et de lien de causalité que nous, adultes. Le cerveau n’acquiert son plein potentiel qu’aux alentours de 25 ans (pour autant qu’on ne l’ait pas maltraité avec trop de substances psychoactives… Eh oui ! L’alcool et les drogues sont lourdement délétères pour le développement cérébral et, donc, toutes les compétences émotionnelles et cognitives).

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L’éducation bienveillante, comme je l’ai décrite dans mon article sur la discipline positive, est une manière d’aborder l’enfant et ses réactions différemment. En somme, elle offre, à l’adulte, une autre perspective de sa situation auprès de l’enfant.
En ouvrant le champ des possibles grâce à la compréhension du développement cognitif et émotionnel, l’adulte s’offre de nouvelles possibilités d’actions.

Pour être plus concrète, quelques menus exemples :

  • « Stop ! » est plus efficace pour arrêter une action que le « Non », qui est utilisé dans tous les contextes ;
  • La tournure de phrase négative : « Tu ne dois pas faire…. » n’est pas assimilée par le petit qui n’entend que l’action et pas la négation ;
  • La distraction est un outil majeur ! Après un refus (S’opposer au fait que Petit Cœur prenne sa deuxième glace de la journée en juxtaposant, immédiatement après le refus, une autre source d’attention. Par exemple : « Non, tu as déjà eu une glace aujourd’hui ! Oh, dis donc, là-bas il y a des ballons/chats/autres enfants (le contexte fera la réponse !), allons voir ! ». Jusqu’à un certain âge, l’enfant se distrait et change de point d’attention très rapidement.

Bien sûr, ce n’est pas tout ! Mon objectif présent n’est pas de te fournir un annuaire des outils, mais de répondre à « Quel rapport avec le fait de s’amuser ? ».
J’y viens.

Quand j’ai découvert la discipline positive et plus largement, l’éducation bienveillante, j’ai pris conscience de la nécessité d’écouter ses besoins, ceux de l’enfant, de comprendre ses réactions en regard de son développement émotionnel et cognitif, d’adapter son environnement à l’enfant et qu’il fallait lâcher-prise. Mais j’avais l’impression que les réactions bienveillantes demandaient quelque chose de plus… Cela ne me semblait pas « simple et naturel », bien qu’à la lecture des propositions, c’était évident et tout-à-fait pertinent !
Lectures faisant, par une exploration plus profonde de divers sujets et d’une perspective de vie plus harmonieuse (en chassant la violence et la tension, grâce à un« mode de vie CNV »), j’ai mis le doigt sur le dénominateur commun aux réactions dans le cadre d’une éducation bienveillante : être dans la joie et avoir de la créativité !

Trouver une alternative à un comportement jugé inadéquat ne peut être initié que par l’adulte. L’enfant va agir en mettant en œuvre ses compétences à l’instant « T » et démontre « la solution » ou « l’expérience actuelle» qu’il acquiert (dans la tête de l’enfant : Ok, j’ai la force de lancer des blocs en bois et même assez loin. Puis ça fait du bruit. Hum ! Je vais un peu voir si cela fonctionne pareil si je l’envoie là-bas !). L’enfant n’a pas d’intention malveillante : il explore son environnement, découvre les propriétés physiques des éléments qui l’entoure et agit dans l’idée d’appréhender son univers (L’eau, ça se renverse, ça coule et je peux l’étaler… comme la peinture…Mais, étrangement, Untel, l’adulte face à moi semble plus catastrophé de me voir mouillé de peinture que d’eau… !)
L’enfant va aussi apprendre énormément en observant et en écoutant. Le ton de voix et la manière de bouger, par exemple, vont influencer le développement de l’enfant. Si un adulte a tendance à s’emporter régulièrement, il est fort probable que le mimétisme survienne. Tout comme un comportement physiquement démonstratif (Jeter quelque chose à terre par énervement ou attraper quelqu’un par le bras) sera tôt ou tard imiter par le petit.

L’adulte qui souhaite faire évoluer les attitudes de son enfant, doit lui-même se pencher sur ses propres attitudes. Et je sais à quel point cela peut être difficile de se regarder dans le miroir… Mais aussi combien cela fait grandir !
C’est là que la joie et la créativité font leur entrée dans l’éducation de l’enfant… Mais aussi dans la vie, en général.
L’espoir principal des parents est que l’enfant soit heureux et se développe harmonieusement. Quelle meilleure motivation que de voir ses référent.e.s exister avec joie et enthousiasme ?

La joie, ce n’est pas éviter toute la tristesse du monde et/ou la cacher. La joie, c’est un sentiment de satisfaction, un sentiment de bonheur, de gaieté et de bonne humeur. Pour se faire, il faut que nos besoins (à différencier des envies) soient comblés et que les évènements négatifs puissent être perçus sans exagération (c’est en ce sens que le lâcher-prise est important : relativiser). C’est dans ce cadre-là que tu mobilises ta créativité et ta flexibilité d’esprit.
Comme tout exercice de la pensée, cela demande de l’entraînement, ainsi que de l’indulgence tant envers soi qu’envers son enfant.

La créativité, dans tous les domaines, s’exerce. Il devient plus facile d’inventer des histoires à partir du moment où l’on en crée chaque jour. Il est plus naturel d’écrire quand c’est fait régulièrement. Il est plus facile d’apporter une alternative comportementale quand on l’a déjà fait auparavant.

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Les débuts peuvent être poussifs et cela peut être décourageant, comme on a l’impression de ne pas être naturel en situation. C’est sûrement le cas, mais l’enfant ne prête pas d’attention spécifique à ce flottement mais plutôt à la finalité, à ce que tu maintiens au final.
Cas fréquent d’un enfant qui va taper, où la réaction classique est « On ne tape pas ! », puis on se remémore l’utilité de recourir à des formulations positives et on se rattrape en disant : « les mains, c’est pour les caresses ! ». On peut y adjoindre l’acte à la parole en montrant l’exemple à l’enfant.
Le résultat ne sera peut-être pas immédiat, mais au fur et à mesure, les formulations négatives ne seront plus autant activées, les réponses seront plus naturelles (Oui ! il faudra répéter 1000 fois : « On fait des caresses au chat ! Ta main à plat, c’est plus doux ! ». Donc vous aurez le temps de l’exercer … 😉 ).
Cela vaut aussi pour les réactions émotionnelles face à une « bêtise » (je préfère appeler cela des «expériences curieuses ») : la tendance générale est de monter dans les tours. Un enfant qui dessine sur le mur du salon, fraîchement repeint (ou pas d’ailleurs), ce n’est pas vraiment le style de déco qu’on attendait. L’idée dans ce cas-là, c’est de se créer des réactions calmes. D’abord, en constatant les faits, il est utile de s’offrir 3 secondes pour inspirer et souffler (c’est le temps de pause). Oui, c’est moche. Non, ce n’est pas grave en fait…
Une proposition de réaction pourrait être : « je crois que le feutre fonctionne mieux sur une feuille ! (en montrant la feuille et en invitant l’enfant à se diriger vers l’endroit adéquat) ». La coupure du geste cessera sans doute l’action. Si l’enfant est assez grand, on peut aussi l’inviter à réparer son action : prendre un chiffon et frotter.
Il en va de même avec les enfants plus grands. Le désordre est pénible à supporter, mais s’énerver et ranger à leur place n’a pas d’impact à long terme. L’idéal est de constater les faits (l’observation des faits est clef : va donc jeter un œil sur cet article !) et de les accompagner dans la « réparation ».

Ce principe de réparation responsabilise l’enfant, lui apprend à agir et permet à l’adulte d’être dans une posture de transmission et non pas de punition/énervement sous l’emprise d’émotions non contrôlées. Là aussi, tu fais appel à ta créativité pour accompagner la réparation et les alternatives… Et à ta joie de vivre, parce que réparer une « bévue » peut aussi s’effectuer en chantant. C’est d’ailleurs vraiment plus agréable de s’entraîner à chanter une mélodie gaie en ramassant du verre cassé plutôt qu’en pestant envers notre maladresse (ou celle d’autrui).

La joie favorise une plus grande créativité puisqu’un état émotionnel calme permet de fonctionner de manière optimale. Il est alors intéressant de s’orienter vers une nouvelle approche du rapport au monde. Un automobiliste qui nous coupe la route de manière soudaine, engendre une réaction de colère (ponctuées de toutes les manifestations fleuries assorties) : et si tu instaurais une autre réaction lors d’une bouffée de colère. Cela s’appelle «créer de nouveaux automatismes». Il pourrait suffire de respirer profondément lorsqu’une bouffée de colère monte. « Ce comportement m’énerve ! Bon ! Je vais souffler! » Et ceci, en joignant l’acte à la parole.
Le fait de prendre ce temps de respiration et d’exprimer son émotion vont faire en sorte que le climat émotionnel se régule plus vite qu’en restant sur « c’est vraiment un BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIP, il conduit comme un BUUUUUUUUUUP ! Non, mais vraiment ! ». De plus, en agissant de la sorte, tu montres l’exemple à l’enfant : une manière de réagir en cas de colère. C’est un coup double gagnant !

La joie et la créativité, c’est aussi faire du jeu un outil de collaboration avec l’enfant : « Faisons la course pour mettre son pyjama ! » ; « On quitte le parc, qui fait des pas de géants jusqu’à la voiture ? » (Pour quitter le parc de jeux sans heurt) ; « Oh ! Le lit, ça rebondit! Et si on allait plutôt faire des cabrioles ensemble dehors ?! » (Pour éviter d’exploser le sommier… Foi d’enfant qui a détruit son lit, à l’époque !) ; « Viens que je te chatouille les dents avec la brosse et tu feras pareil avec moi ! » ; Je vois que tu as vraiment envie de ce jouet-là. D’ailleurs, j’aimerais te prendre bien plus de jouets que celui qu’on a choisi hier. Il nous faudrait des bacs à jouets gigantesques ! Grands comment, tu crois ? ».
Toutes ces petites actions distrairont l’enfant et lui offriront la reconnaissance de ses envies (dont il a besoin), sans pour autant accéder à la demande.

Il n’y a pas de mal à faire de sa vie un jeu. Autant adulte qu’enfant, si nous nous plaisons à agir avec une perspective autre que la contrainte, en ayant une motivation intrinsèque à le faire, les situations sont plus agréables. L’adoption de la communication non-violente est également un processus qui aura des répercutions majeures sur le mode d’éducation et dans la perception du monde, tout simplement. J’aime toujours me rappeler qu’il est essentiel de détacher l’individu de ses actes.
Untel n’est pas pénible : il a un comportement perçu comme pénible. Cela permet de se questionner sur la/les raisons qui engendrent ces actions-là, à cet instant-là.
Cela permet de rechercher des éléments de contexte et des explications plutôt que la caractérisation de l’individu qui cristallise autant les émotions négatives que l’absence d’empathie (attention, comprendre n’est pas cautionner ! 😉 ).

C’est un exercice qui demande quelques tâtonnements, mais qui vaut vraiment le détour afin de percevoir le monde et l’enfant sous un angle propice à la sérénité de tous.

La « zenitude » s’apprend, comme tout le reste !

Dis-moi ce que tu en penses, et éventuellement les difficultés que tu rencontres.
Est-ce que ces notions de joie et de créativité dans l’éducation résonnent chez toi ?

A très bientôt, invité.e curieu.x.se.

Maternage proximal·Préparer la naissance

Si j’avais su.. (l’accouchement)

L’accouchement est un cap, un mont, une montagne. (biffe la mention inutile !)

Chaque future mère l’imagine… avec plus ou moins d’anxiété, de questions, et d’envie de s’y préparer. Pour certaines, c’est assez évident, la préparation leur semble accessoire. Pour d’autres (comme moi !), cela sera des mois de recherches, de questionnements, de différents cours, de suivi avec une sage-femme, des lectures à n’en plus finir. Et on ne se sent jamais assez informée.
Je ne sais pas comment le vivent toutes les femmes, mais de mon côté, j’ai ce besoin d’informations et de préparation. Je crois que cela crée une impression de contrôle sur quelque chose qui sera, forcément, bien au-delà de moi.

Dès le départ, nous sommes au courant que cela ne dépend pas de nous uniquement mais d’une alchimie entre les deux corps en symbiose. Impossible de prévoir la date, le décours du travail et encore moins comment se passera la descente dans le bassin. Ni les sensations que cela engendrera.
Parce qu’un accouchement, c’est sensoriel. Les sensations internes se mêlent aux sensations externes.
Les femmes enceintes ont des suivis réguliers, et l’état de leurs corps y est décrit. Les questions médicales restent souvent de l’ordre du corporel, sans trop s’aventurer sur l’aspect mental des choses. Et il y a une réaction classique face aux angoisses que ressentent les femmes : « Il n’y a pas de raison que tu n’y arrives pas, le corps est fait ! ».

Ça fait une belle jambe et les questions (et les craintes) sont toujours là.

Et, tu as remarqué comme les récits d’accouchement sont pudiques, généralement ? Je rejoins les humoristes qui mentionnent une espèce de mafia empêchant les femmes de parler !

Dans la société occidentale, il n’est pas évident d’avoir des récits ou une expérience de naissance avant d’y passer soi-même. Est-ce donc si effrayant que cela ? Il y a parfois de quoi le croire.

Dès le suivi de la grossesse, la femme est mise sous une loupe : surveillance du poids, des habitudes de vie, des injonctions (fais pas ci, fais pas ça et pas plus d’un kilo par mois, hein !), et autres joyeusetés engendrant un sentiment de malaise (certaines femmes pudiques vivront assez mal les échographies endovaginales et autres touchés vaginaux… Moi, après la PMA, j’étais vaccinée !).

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Subtilement mais certainement, les femmes se retrouvent infantilisées. C’est un peu détourné, plus clair à d’autres moments, mais dans la plupart des cas, il nous est donné l’impression que le personnel soignant sait mieux que nous ce qu’il se passe, donc ; « Madame, faites-nous confiance, on gèrera bien ça ».

Bien, bien. Je croyais juste que c’était à mon corps de gérer, enfin nos corps imbriqués… Mais merci de rassurer !
Et si on s’en tient au suivi médical classique, ça ne va pas plus loin.
La péridurale est abordée, sans même poser la question, c’est presque une question accessoire. Le reste du décours d’un accouchement n’est pas mentionné.
« Vous viendrez quand vous aurez des contractions toutes les 5 minutes depuis 2h OU quand vous percez la poche des eaux ! ».
Ok, facile, j’attends un de ces signaux. (Pour une primipare)
Sauf que ce n’est pas forcément comme ça que cela se passe. Et il y peut y avoir pas mal de visite de contrôle dans les maternités parce que les femmes ne sont pas préparées à avoir des sensations avant le travail actif.

En arrivant à la maternité, contrôle, toucher vaginal (TV), et si cela s’avère lancé, la femme est invitée à rester en chambre de naissance. En fonction des volontés des femmes (péri ou non à « Vous êtes sûre Madame ?! »), c’est la valse des lionnes en cage. Tant qu’il n’y a pas de péridurale posée et dosée assez forte, rares sont celles qui restent allongées en jouant aux cartes (dis celle qui a passé une nuit entière à tourner en rond, s’appuyer contre les murs, faire du ballon et rester longtemps sur les toilettes parce que c’est confortable, des toilettes !).
En fonction de votre maternité, tu auras plus ou moins de TV, de contrôle, de visites de la part du personnel soignant (qu’on souhaite bienveillant, mais la fatigue et la surcharge de travail ne les aide pas).

Et c’est là que le cauchemar peut commencer pour certaines… Les violences obstétricales. Ces gestes anodins pour les médecins (parce qu’ils sont pratiqués constamment) mais qui sont vécus comme des agressions par la femme. Au point que même si elles sont dérangées, elles se disent que c’est normal.
Oui, mais non !

En réalité, il n’y a pas de raison d’avoir des TV très réguliers, s’il n’y a pas d’indice montrant qu’il y a une évolution franche du travail (comme la façon de gérer les contractions, les positions que la femme adopte, le temps depuis lequel le travail est lancé).
Il en va de même pour les décollements des membranes, qui doivent être effectuées après un consentement et avec discussion préalable avec la parturiente. Idem pour la rupture de la poche des eaux. Ou pour les injections d’ocytocine (syntocinon, par exemple).
Tous ces actes doivent être expliqués et acceptés (seuls les cas d’urgence se passeront de certaines mises en jambe).

Dans le décours du travail, le corps encaisse des vagues de sensations inédites. Il y a des moments où le calme règne et d’autres où l’on se jure que plus jamais on fera en sorte de se retrouver dans la même situation (« pourquoi je voulais un enfant déjà ? » ; « Plus jamais tu ne me toucheras ! », au choix en fonction des situations de vie).
Et c’est dans ces phases difficiles que le personnel soignant a, normalement, un rôle d’accompagnement. L’objectif devrait être d’expliquer aux parturientes ce qui est en train de se passer. Il devrait aussi y avoir systématiquement une écoute active des femmes pour donner du sens, et rassurer.

Ensuite, le travail augmente d’intensité et surtout, la fin se rapproche. Souvent, il y a un vent de panique qui s’installe… et c’est justement dans cette « installation » de la femme que se loge la dernière difficulté. Souvent, on demande aux femmes de prendre « la position gynécologique » pour que le personnel soignant ait plus de facilité à sortir le bébé et à intervenir si nécessaire.
Arrivent les « dernières » contractions (#tranchées c’est pour plus tard) pour que le bébé sortent… Ou les césariennes en urgence quand il y a un problème soudain. Les praticiens sortent le bébé, vous le pose sur le ventre (tant que tout va bien) et attendent la délivrance du placenta. Entre l’intérieur du bassin et le ventre de la mère, il peut y avoir des interventions plus ou moins lourdes qui doivent être mentionnées, voire même faire l’objet d’un consentement… Je parle des interventions instrumentales et des épisiotomies pratiquées sans réelles raisons (s’il n’y a pas de souffrance fœtale, ou la menace imminente d’une déchirure MAJEURE, il n’y a pas de raison).

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Les femmes s’attendent à cette image d’Épinal où la félicité va être à son apogée entre ce petit-être et elle. Parfois cela se passe, et parfois non. Là encore, ce n’est jamais précisé en amont de la rencontre. Et tout ce récit ne comprend pas le cas de césarienne où mère et enfant sont séparés…
Les évènements suivent leur cours et en fonction des endroits : les femmes seront aidées à allaiter (plus ou moins bien), les enfants laissés en peau à peau et puis, il y a la surveillance en salle de naissance dont on ne parle jamais. On imagine que c’est le moment le plus beau de notre vie avec ce petit tout neuf… Et en fait, il y a des palpations utérines, des fluides qui sortent, de la transpiration et des femmes à côté de la plaque après un tel effort (dans un bain de bonheur, souvent !).

Je ne sais pas si cela se remarque dans mon récit, mais il y a une constante de la grossesse à la délivrance. L’interventionnisme.
Attention, je suis bien favorable à la médecine moderne qui permet un monitoring des femmes et des bébés pour que les deux soient en bonne santé.. !

Mais l’interventionnisme effectué de telle manière qu’il ôte tous les pouvoirs des femmes n’est pas une bonne expérience pour la société.
La femme qui accouche a une puissance non négligeable. Tu trouves que le terme « puissance » est exagéré ? C’est parce que la société veut nous faire croire que c’est presque une bagatelle de mettre un enfant comme des milliards d’autres femmes l’on fait avant nous. Mais non, une femme qui accouche, c’est aussi puissant que transcendant.
La péridurale a modifié la perception de ces moments (je ne cache pas que je suis plus du côté « la péri, non merci ! » J’écrirai un article là-dessus, sur la manière dont la péridurale, dans les cas de figure où tout va bien, est plus un frein qu’une aide). Cela modifie dès lors l’attitude des soignants. Ils passent d’accompagnant à sachant, et la femme est moins actrice que patiente.

Bien sûr, je généralise et il y a des institutions où cela se passe très bien (j’ai eu cette chance). Mais il arrive que des accouchements soient traumatiques. Cela peut être à cause de l’attitude du personnel médical (la surcharge de travail ne les aide vraiment pas !) ou des évènements inattendus. Dans tous les cas, il est nécessaire que la femme soit accompagnée par la suite. Cela peut engendrer un trouble de l’attachement envers l’enfant et créer des angoisses à long terme.
Bien que la structure hospitalière puisse se montrer merveilleuse par la suite, il est souhaitable que les femmes ne minimisent pas leur vécu. Certes, leur enfant est en bonne santé, c’est le principal. Mais cela ne fait pas tout, pour elles et peut-être pas non plus dans le vécu émotionnel du bébé.

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Nous vivons dans une société où la naissance se passe en huit clos. S’il n’y a pas de démarche de préparation volontaire, les femmes ne sont pas préparées au décours du travail et de l’accouchement. Certaines comptent même sur la péridurale pour la gestion de la douleur, d’un bout à l’autre, sans envisager que cela pourrait se passer différemment.

En oubliant les connaissances sur la naissance et en n’offrant pas un accompagnement proximal, on dépossède la femme de ses compétences physiologiques et psychologiques. Une espèce de passivité est susceptible de s’installer et la femme devient alors spectatrice de son corps. Elle entend les demandes effectuées par les soignants, sans pouvoir nécessairement se reconnecter à ses sensations corporelles (ou alors de manière trop violente, et elle se sent dépassée et entre dans la panique).

Cet article est un plaidoyer pour que les femmes prennent conscience de leurs compétences et de leurs ressources internes.

L’objectif est de sortir du rôle de patiente pour devenir une participante active de son « devenir mère ». Il n’est nullement question de ne pas reconnaitre les avantages proposés par la médecine moderne pour réduire les complications graves. Cependant, les interventions mineures peuvent être évitées grâce à l’acquisition de connaissances sur la période charnière qu’est la fin de grossesse et l’accouchement.

Comme je le disais précédemment, les naissances ne sont plus entourées par un socle social. L’idée est donc d’acquérir volontairement ce à quoi nous aurions été exposées auparavant. Il est possible de construire des connaissances qui furent transgénérationnelles et qui permettent d’aborder l’accouchement sans une angoisse mortifère.

Dans un premier temps, j’invite chaque future mère (ou chaque couple parental) à se renseigner sur les diverses options d’accouchement (c’est une liste non exhaustive) :

  • accouchement par voie basse avec ou sans péridurale ;
  • Césarienne par rachianesthésie ou sous AG (et les conséquences pour le décours des premières heures qui suivent les césarienne) ;
  • Les cas d’instrumentations pour sortir le bébé ;
  • Les blessures du périnée, naturelles (déchirures) ou provoquées (épisiotomie) ;
  • Le déclenchement de l’accouchement (les interventions physiques et hormonales);
  • La prématurité (et ce qu’elle implique) ;
  • Les naissances en siège ;
  • Les complications éventuelles après l’expulsion, comme les hémorragies, la rétention placentaire, etc.

Ce n’est pas forcément joyeux de ne renseigner sur tout cela. Mais cela permet de savoir que cela existe. Qu’il y a parfois des cas où l’accompagnement doit se muter en intervention, pour la santé de la mère et du bébé… Mais aussi, pour prendre conscience que les interventions peuvent dans certains cas être évitées.

Comment ?
En se préparant à un accouchement physiologique (je ferai un article prochainement là-dessus).
Bien sûr, cela terrifiera quelques-unes de s’imaginer vivre un accouchement sans anesthésie… Mais l’idée n’est pas forcément d’aller jusqu’au bout de la démarche. La préparation « comme si » permet aux femmes d’avoir les informations nécessaires afin de faire face aux différentes étapes de leur accouchement… Ces informations qui sont souvent « oubliées » lorsqu’il n’y a pas de préparation ou que les femmes disent vouloir une péridurale.

La préparation à la naissance peut fournir aux femmes la capacité de gestion de la douleur, de reconnaître les signaux qui seraient habituels ou inquiétants, et d’apprendre les diverses étapes de l’accouchement.
La préparation à la naissance va aussi donner l’opportunité aux femmes de préparer un projet de naissance éclairé (je ferai un article sur la manière de rédiger un projet de naissance aussi bienveillant pour les parents que pour le personnel soignant). Quelques que soit la volonté, après avoir pris connaissance des diverses possibilités d’un accouchement, il est utile de coucher sur papier son « accouchement idéal ». Préciser ce que l’on souhaite et ce que l’on veut éviter (en mentionnant la confiance dans les interventions nécessaires si le bébé ou la parturiente montre des signaux problématiques) offre aux soignant.e.s un moyen de communication avec vous et une base d’accompagnement. Il est possible d’écrire en toutes lettres le type de soutien qui est attendu de leur part (dans mon cas, j’ai précisé que je ne voulais pas qu’on me propose la péridurale, même si j’avais l’air de souffrir (la souffrance n’est pas la douleur.. 😉 ).

Être avertie est un gage de pouvoir : anticiper, comprendre et oser demander. La femme qui accouche est dans une situation vulnérable… Mais ce n’est pas une patiente inerte. Au contraire ! Il est dès lors utile d’affirmer une position (pour autant qu’il y ait une compréhension des interventions obligatoires – protocole – et utiles – en cas de problème chez la mère ou l’enfant-).

Les renseignements à prodiguer aux futures mères (même quand elles ont déjà vécu un ou plusieurs accouchements) ne sont pas désuets ou superflus. Au contraire.
Il faut profiter des séances de préparation à l’accouchement (ou d’ateliers, voire des « conférences ») mises en place par les milieux de santé/sage-femme et maisons de naissance. Elles ont souvent un prix modique, voire sont gratuites, et permettent d’investir la grossesse autant que son propre devenir.

La période prénatale constitue une étape considérable pendant laquelle il est possible de construire une perspective plus précise de sa maternité.
Tant en termes d’éducation, de connaissances sur l’allaitement (voir « les clefs pour démarrer un allaitement ») que sur l’accouchement en tant que tel, il est toujours utile d’obtenir et de manipuler l’information (par l’élaboration d’un projet de naissance).

Enfin, et c’est le plus important : je ne peux que suggérer aux femmes de faire confiance à leur propre corps (bien sûr, les grossesses pathologiques ont moins de chance et la médecine est heureusement là pour aider !), de bouger autant que possible pendant le travail et d’être réellement actrice de leur accouchement !

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J’aimerais vraiment avoir tes retours, Lecteur.trice Curieu.x.se. Ecris-moi un commentaire pour m’expliquer ce que tu aurais aimé savoir pour ton/tes premier.s accouchement.s ou ce qu’il te manque pour celui qui arrive.

A très bientôt, afin que jamais la curiosité ne périsse !

Si tu éprouves des difficultés face à la naissance ou par rapport à ton accouchement traumatique, contacte moi ! 🙂

Allaitement·Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Présentation

Bonjour, Bonsoir !

Ça y est: Je me lance.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de partager l’immense masse d’informations et de perspectives qui ont été amenées par ma maternité.

J’utilise le terme de « curiosité » étant donné qu’autour de la parentalité, s’en viennent des tonnes de questions. Tout prend une dimension majeure. Alors pour faire face à cette horde de questionnements et à ces inquiétudes, je vais proposer quelques éléments qui vont être les plus éclairant possibles (et être disponible personnellement).

La curiosité n’est jamais malsaine. Si elle est insatiable, comme la mienne, nous avons l’opportunité d’apprendre toujours plus.

En effet, avant même de devenir mère, je suis une passionnée d’éducation et de psychologie de l’enfant.

J’ai commencé à dévorer les ouvrages et le visionnage de documentaires sur ces sujets depuis que j’ai 18 ans. Cependant, ces dernières années, nous avons la chance de voir se développer des connaissances concernant les neurosciences de l’éducation, et donc les méthodes éducatives.

C’est donc vers la parentalité positive, sous-tendue par la discipline positive et l’éducation bienveillante, et le maternage que s’orienteront les articles.

En outre, je suis une maman allaitante, passionnée par le sujet. Alors je pourrais distiller certains conseils et proposer des ressources afin d’informer et de soutenir les lecteur/trice.s.

Hep toi, celle qui donne le biberon: reste! Il n’y a ici aucun jugement. Tu vas voir. 🙂

–> Puisque qui dit bienveillance en éducation, sous-entend le développement de la communication non violente.

Mon objectif, c’est de fournir des petites clefs bien utiles dans ton quotidien, cher.e.s visiteur.se.s.

Il y a d’autres sujets qui me passionnent: l’écologie, la décroissante et le minimalisme. Peut-être seront-ils abordés de temps à autre. Au demeurant, cela plante un peu plus le décor de ce qui structure mon existence. Avec beaucoup de sourires et de passions.

On fait un bout de chemin ensemble ?

Laisse des commentaires dès que l’envie se faire sentir: j’ai pour optique un blog très interactif.

A bientôt ! 😁