Éducation bienveillante

Ton enfant fuit le bain? Voici de l’aide!

Cela arrive souvent entre 18 mois et 2 ans et demi. Tout d’un coup, impossible qu’il se lave tranquillement
Il refuse de mettre un pied dans l’eau, pleure ou encore ne veut pas se laver les dents.
Que se passe-t-il ?

D’abord, il est nécessaire de cibler.
A cette période, pour les enfants, le développement est en plein boum! Tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue cérébral, cela cavale à toute vitesse. Les connexions neuronales croissent et amènent de nouvelles compétences.
Parmi elles, les capacités de représentations abstraites: les enfants commencent à témoigner des images mentales qu’ils forment. C’est aussi à ce moment-là que les rêves (et les premiers cauchemars) surviennent sous une forme plus proches des nôtres. Les jeux deviennent plus représentatifs, la reconnaissance dans le miroir est largement acquise et l’usage de pronoms personnels débute (https://psycnet.apa.org/record/2008-12114-013). Cette évolution dans la représentation de soi comme individu est liée à la maturation de la jonction tempo temporo-pariétale, des pôles temporaux et du cortex préfrontal médian (voir https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-carrefour-temporo-parietal-14829/ et https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-1-page-6.htm?try_download=1 )

jonction temporo pariétale gauche
Jonction temporo-pariétale – Futura Sciences

Cela explique pourquoi, vers 2 ans, les enfants ne supportent plus d’être manipulés comme ils l’étaient quelques mois auparavant: ils ont conscience qu’ils sont dotés de capacités propres et qu’ils peuvent agir différemment de la volonté parentale (souvent imposée par l’habitude avec un tout-petit).

Un jour, survient une/des craintes perçues comme irrationnelles par les adultes.
Des aboiements les font pleurer, le bain est refusé, les insectes lui font peur, ils refusent de venir à la cave,
Aux alentours de 2 ans, la maturation cérébrale est « dysharmonique »:
Je cite un article de Cerveau & Psycho :
 » En moins d’un an, les connexions de l’amygdale aux régions sous-corticales (comme le thalamus) et limbiques (c’est-à-dire impliquées dans les émotions, comme l’hippocampe) se mettent en place de façon quasi définitive, alors que celles atteignant les aires corticales frontales et pariétales (mises en jeu dans les fonctions exécutives) commencent tout juste à émerger et prendront plus de temps pour arriver à maturité.
En outre, le cerveau des nourrissons présente des connexions entre l’amygdale et les aires primaires sensorimotrices et auditives (impliquées dans le traitement des stimuli sensoriels et moteurs), qui disparaissent avant l’âge de 2 ans.

Les mécanismes de peur se diversifient donc… et peuvent se déclencher aisément de manière massive pour des éléments que les adultes trouvent anodins.
Mais les enfants n’ont pas les capacités pour se calmer seuls… et encore moins pour mobiliser des stratégies afin d’appréhender ces craintes et les résoudre. La seule option à leur disposition: fuir ce qui fait peur!
En gros, voici comment fonctionne le système cérébral de la peur, expliqué par « pour la science »:

« L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées – ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace – par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. »

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Avant l’âge de 5/7 ans, les enfants ne sont pas en mesure de se raisonner par rapport à leurs craintes … et leur dire qu’elles sont disproportionnées ne les aidera nullement, au contraire.
La très efficace amygdale cérébelleuse mémorise les situations perçues traumatiques. Les enfants ne sont pas toujours en mesure de se rappeler concrètement de la situation, mais ils intériorisent les sensations physiques et les stimuli semblables à ceux rencontrés dans ladite situation.

 

Dans un premier temps, il convient alors de comprendre ce qui a pu déclencher les craintes, et le panel de choix est vaste.
En demeurant sur le sujet du bain, je te propose de réfléchir à ce qui a pu causer cette réaction d’évitement de la part de ton chérubin.
une expérience désagréable au moment du bain: un glissade inopinée, un inconfort à cause de l’eau trop chaude ou d’avoir froid dans la salle de bain, des chamailleries avec une sœur ou un frère, des remarques désagréables récurrentes: « Oh non! Tu as encore mis plein d’eau par terre! », …

une transmission de TA crainte à ce moment: « Attention, assied-toi! Tu peux glisser! », « NON! Ne bois pas l’eau savonneuse! », « NON, ne touche pas au robinet, tu peux te brûler! ».
Je précise que c’est totalement légitime, mais ton enfant ne peut pas savoir où est la bonne mesure… Il répond juste en fuyant ce qui est perçu comme inquiétant!

Les interprétations fallacieuses, si fréquentes durant l’enfance. Jane Nelsen (autrice de « La discipline Positive ») a écrit:  » Les enfants comprennent tout mais interprètent mal! ».
Les enfants se rendent compte qu’ils ne peuvent pas respirer sous l’eau et craignent alors d’être engloutis dans cet élément.
D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il est conseillé de mouiller le visage des enfants dès la naissance avec la douche, de manière à maintenir leur réflexe natatoire (aussi appelé d’apnée). Cela sera très utile en cas de glissade ou de chute accidentelle dans un bassin (les cours de bébés-nageurs sont d’une utilité publique à ce sujet, d’ailleurs!).
Ils peuvent aussi craindre d’être aspirer par le siphon de la douche/du bain, surtout s’ils ont déjà perdu un petit jouet comme cela.

un moment stressant ?
Souvent, pour les parents, les fins de journée sont des marathons: retour du travail, repas, bain, coucher des enfants. Le temps imparti est souvent court …
Alors, est-il possible que ton enfant perçoive ton empressement?
Quand se déroule le moment de la toilette dans votre quotidien?

le bain ferait-il parti d’un rituel qui ne lui convient plus ?

Le rythme des enfants évolue et la manière dont ils s’expriment se diversifie avec l’expérience qu’ils ont de la vie.
Il est possible que ton enfant n’apprécie plus prendre son bain au moment de la journée où tu lui imposais précédemment.
La routine est peut-être à envisager sous un autre angle.

Dans toutes les situations où les enfants « s’opposent » à la volonté des adultes, refusent de participer aux tâches, « s’affirment » parce qu’ils sont en mesure de le faire… Il est indispensable de ne pas offrir de prise à cet affrontement !

Pourquoi ?
Forcer les enfants à être dans un baignoire ou un douche alors qu’ils refusent d’y entrer va renforcer l’expérience négative de la situation !
Ils garderont en tête encore plus d’émotions négatives s’ils sont contraints : c’est une escalade sans fin !
(Je place un rappel sur les effets néfastes des punitions de tous ordres)

 

Quelques comportements à éviter, parce qu’ils sont totalement contre-productifs :

– Minimiser les peurs des enfants (du bain ou toutes les autres, d’ailleurs);

Ridiculiser les enfants par rapport à leurs peurs perçues comme irrationnelles par les adultes ;

– Contraindre les enfants à obéir;

Faire la « Morale »;

– Punir;

– Laisser-aller et ne plus inciter les enfants à se laver en se disant « que ça finira par revenir »

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Alors, quoi faire, puisqu’on ne peut pas forcer les enfants à se laver ?
Contourner le « problème » et le prendre par un autre bout, et surtout : redescendre en pression autour de la question du bain.
Il est tout à fait possible de se laver grâce à une « toilette de chat » tant pour les adultes que pour les enfants. Bien entendu, cela dépend des activités de la journée! Ce n’est pas applicable à toutes les situations.
A l’heure actuelle, moult dermatologues arguent des méfaits des douches/bains quotidiens et surtout avec les détergents que l’on trouve actuellement : les gels douches, savons et shampooings vendus en Grandes Surfaces ont des compositions catastrophiques tant pour la peau que d’un point de vue écologique.
Voici par exemple, la composition d’un produit marketé comme étant « tout doux » :
Le Dove Nourishing Care & Oil Gel Douche
Ingrédients : Aqua, Sodium Hydroxypropyl Starch Phosphate, Cocamidopropyl Betaine, Lauric Acid, Sodium Lauroyl Glycinate, Sodium Lauroyl Isethionate, Hydrogenated Soybean Oil, Helianthus Annuus Hybrid Oil,Sodium Chloride, Glycerin, Acacia Senegal Gum, Argania Spinosa Kernel Oil, Benzoic Acid, BHT, Butylene Glycol, Citric Acid, Dehydroacetic Acid, DMDM Hydantoin, Gelatin,Guar Hydroxypropyltrimonium Chloride, Helianthus Annuus Seed Oil, Iodopropynyl Butylcarbamate, Mica,Parfum, Phenoxyethanol, Silica, Sodium Benzoate, Sodium Hydroxide, Sodium Isethionate, Stearic Acid, Tetrasodium EDTA, Xanthan Gum, Zinc Oxide, Hexyl Cinnamal,Limonene,Linalool,CI 77491,CI 77492, CI 77891.

Une liste longue comme le bras… et encore, sa composition n’est pas la pire présente sur le marché ! Mais il contient quand même quelques perturbateurs endocriniens, des silicones et des colorants.
Une bonne solution pour savoir ce qu’on met sur sa peau et celle des enfants est de scanner le produit, à l’aide de Clean Beauty, par exemple.
L’app met en évidence les ingrédients problématiques ou si le produit est adéquat.

Il est possible de se tourner vers les pains de savon standard, comme le savon de Marseille ou d’Alep et les savons saponifiés à froid (là encore, il faut veiller aux ingrédients ! Les « savons de Marseille » de Grandes Surfaces n’en sont pas réellement …).
Certaines gammes de gels douches sont également correctes, comme les Weleda.
Malheureusement, il ne faut pas se fier à ce qu’on trouve en pharmacie, même pour les peaux atopiques… les compositions sont souvent désastreuses !

Alors, si on peut se satisfaire des produits des plus simples possibles, parfois même se satisfaire d’eau pour se rincer, la question de l’hygiène est nécessaire à notre santé.
Il ne viendrait pas à l’idée à grand monde de manger avec des mains non-lavés après être aller à selles.
Il ne devrait pas sembler plus logique de laisser des enfants qui courent, jouent par terre et souvent, portent des couches, ne pas être nettoyés correctement.
J’ai lu certains témoignages invitant au laisser-aller complet, ce qui finit par engendrer des conséquences assez fâcheuse pour la santé des enfants, comme des infections vaginales, par exemple.

Je tiens à digresser sur un autre point : sir les parties intimes doivent être rincées, il est superflu d’utiliser des nettoyants tant le savon que les « produits d’hygiène intime ». C’est un grand mythe que de croire qu’un vagin sent mauvais et qu’il faut en masquer l’odeur.
Voici une campagne comme je les aime pour sensibiliser à l’arnaque de ces nettoyants intimes qui font pires que mieux : « Lâchez nous la Chatte ! »

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Dans le même ordre d’idée, parfois, il est conseillé aux parents de décalotter leurs garçons. Ce conseil est totalement inutile voire douloureux pour les petits garçons

 

Après ces détails (d’importance), revenons à nos moutons : Comment articuler le besoin d’hygiène et le refus des enfants ?

Après avoir conscientisé ce qui a pu déclencher la crainte chez les enfants, il est nécessaire d’intervenir en douceur, sous différents axes.
Laisser les enfants dans leurs craintes en espérant qu’elles passent avec le temps promeut les comportements d’évitement de la situation perçue comme problématique.

Il est su depuis les prémisses de l’analyse psychologique des humains que nous avons tendance à fuir ce qui engendre de la peur. C’est imparable en termes d’efficacité pour garantir la survie. Mais quand la situation crainte fait partie de la vie quotidienne et est nécessaire au bon déroulement de celle-ci tant en terme de santé que de fonctionnement général, il convient d’intervenir : « l’évitement des situations qui engendrent de la peur ou de l’angoisse maintient et aggrave le mal-être vis-à-vis de cette crainte spécifique » (Maren, S. (2001). Neurobiology of Pavlovian Fear Conditioning. Annual Review of Neuroscience, 24, 897-931.Watson, J. B. & Rayner, R. (1920). Conditioned emotional reactions. Journal of Experimental Psychology, 3(1), 1–14).

L’accompagnement pour vaincre cette crainte va dépendre de l’âge de l’enfant, de ses compétences en verbalisation et des attitudes parentales.

Il faut savoir que les enfants apprennent par l’observation, prioritairement !
Alors, A POILS et au bain !
Sans rire, ton enfant te voit-il te laver ? Prend-tu parfois le bain/douche avec elle/lu
i ?
Souvent, cela aide : l’idée n’est pas de forcer les enfants à entrer dans le bain avec nous, mais de se laver et de jouer de manière à donner envie aux enfants de se joindre à nous.
Cela marche d’autant mieux s’il n’y a pas un autre parent qui s’active dans la maison.
Plus drôle, prendre un bain collectif : il est fort possible que si les 2 ou 3 personnes qui composent le foyer se trouvent dans la baignoire, les enfants veuillent prendre part à cette foire aquatique !
Le bain peut devenir un vrai moment de jeu en famille ! I
l suffit probablement de quelques séances aquatiques en collectivité pour que les enfants apprécient à nouveau barboter.

 

Cela ne fonctionne pas ?
Ne tarissez pas de
décrire les sensations agréables lorsque tu es dans le bain et/ou après t’être lavé.e. Il ne s’agit pas de surjouer, mais de verbaliser clairement combien ça t’est agréable.

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D’ailleurs, en parlant de sensations… Fait-il assez chaud dans ta salle de bain ?
Il faut le reconnaître, se laver dans une atmosphère frisquette n’est pas des plus agréable. Si la conscience écolo et la régulation attentionnelle des adultes minimise
nt les aspects incommodants du coup d’air froid sur des fesses mouillées, les enfants n’aspirent qu’au confort !
Alors, monter de quelques degrés (j’admets, moi, je crée une étuve!) offre souvent des sensations plus douces !
Il est également nécessaire de bien vérifier la température de l’eau ! Certains enfants apprécient l’eau à 37° et d’autres, plutôt à 39° !

 

Les jeux et le bain, une idée plutôt classique… Mais il est possible d’innover !
Parfois, les enfants ont du mal à s’arrêter de jouer pour aller se laver. Pourquoi ne pas rendre le moment du bain vraiment intéressant ?
Pourquoi ne pas prévoir un jeu, avant le bain, qui peut aussi être mis dans l’eau ?
Les accessoires de cuisine, des pots d’épices (vides, of course, sauf si tu veux un enfant infusé au curry), louches, fouets, boîte de conservation, … Tout cela peut finir dans le bain et en fait un moment vraiment gai 
(il ne reste plus qu’à installer les baignoires japonaises qui maintiennent la température de l’eau constante, et c’est le paradis) !

 

Il est aussi très utile de se munir de livre abordant le sujet du bain.
Voici quelques références bienveillantes
(n’hésitez pas à les chercher en seconde main ou sur les sites leslibraires.fr ou labribrairie.com ou encore chez votre libraire, afin de ne pas nourrir les « monstres » de la culture bien connus et à l’éthique douteuse :

– « Au bain, Petit lapin » de Jorg Muhle

– « le bain de Berk » de Julien Béziat

– «  Comment bien laver son mammouth Laineux ? » Michelle Robinson

Grâce au lecture, cela normalise et fait rentrer la « coutume » de l’hygiène par le bain/douche.
Mais surtout, il est possible d’utiliser les différentes scènes des histoires pour questionner les enfants sur leur ressenti face à elles : « Tiens, tu vois Petit Lapin avec le savon ! Est-ce que tu aimerais être à sa place ? Tu aimes ça, toi ? …. »
Cela offre la possibilité de décrypter certaines craintes et de parler autour d’elles.


Baigner tout mon corps : NON !
Et si… tu commençais par
proposer des bains de pieds, de bras, etc ? A l’aide d’une baignoire pour bébé ou d’une grande bassine, il est souvent efficace de laisser jouer les enfants autour d’un bac d’eau !
Petit à petit, le contenant
pourra être rapproché de la salle de bain et même finir dans la baignoire vide. Ici, c’est d’ailleurs un de nos jeux, de temps en temps : une énorme gamelle/casserole d’eau, des louches, des flacons et le tour est joué : une des seules activités où ma fille peut s’occuper pendant 45 minutes sans s’ennuyer !
C’est aussi une bonne manière de contrer la peur de l’eau.
En jouant avec, dans de petits récipients, tout en étant dans la baignoire vide, ils peuvent appréhender
d’une nouvelle manière, en douceur, tant l’élément que l’environnement de la salle de bain.
Ensuite, proposer aux enfants d’ouvrir le robinet et de laisser la baignoire ou le bac de douche se remplir un tout petit peu.
Cet accessoire est vraiment pratique pour permettre aux enfants de jouets dans
le bac de douche ou lorsqu’on a perdu le bouchon de la bonde…) :

 


Bonjour, « moi tout.e seul.e » !
Être lavé.e n’est pas forcément attrayant, mais prendre part à l’activité renforce la confiance en soi.
Inspiré de la pédagogie Montessori, il est profitable de rendre accessible aux enfants les accessoires et un meuble lui permettant de se laver de manière autonome.

meuble sdb montessori
Dans cet exemple trouvé sur Pinterest, on voit l’utilité du miroir et que tout soit à la taille des enfants.
Ils peuvent ainsi se laver les dents, le laver les mains et ne pas être dépendants de l’intervention d’un adulte !
J’y ajouterai une grande bassine à bords bas… posée sur un tapis de bain « anti glisse » : cela évitera qu’il y ait de l’eau partout et surtout, cette bassine peut servir à se laver les pieds et les jambes.
On a beau en rire… Mais le bidet de nos (arrière) grands-parents étaient vraiment pratiques !
Avant les rénovations effectuées dans les maisons partagées par la famille, je me souviens très bien le nombre de fois où le bidet m’a servi à me laver différentes parties du corps.

Verbaliser, encore et toujours !
Cela semble être une lapalissade, et pourtant, le quotidien nous pousse à agir de manière un peu automatique … d’autant plus quand l’agacement point le bout de son nez.

Il est primordial de verbaliser les émotions que l’on croit percevoir chez son enfant. Plus le temps passe et plus ils seront en mesure de les exprimer par eux-mêmes.
« Une série d’études ont montré que le traitement linguistique active une région du cortex, le cortex préfrontal ventrolatéral droit, qui réduit l’activité de l’amygdale, et par là, atténue les réponses anxieuses (Lieberman et al., 2007). Il apparaît que mobiliser les aires cérébrales du fonctionnement exécutif concourt à une diminution de l’activité du système limbique. »
Concrètement, favoriser la verbaliser fait diminuer la force des réponses émotionnelles et permet de les appréhender plus aisément.

La vie est un jeu !
Je l’ai déjà évoqué précédemment, mais le jeu est un outil indispensable pour amener les enfants à collaborer avec plaisir.
J’en ai même fait un article.
Je suis minimaliste dans mon quotidien, mais force est de reconnaître que certains accessoires peuvent être utiles pour rendre le moment du bain agréable : des feutres de bain, des pompes qui imitent l’eau qui coule en continu (afin d’épargner sa consommation d’eau, tout en donnant l’opportunité aux enfants d’avoir un robinet qui délivre de l’eau), …

pompe robinet
Pompe Robinet DreamBaby

Je précise que tous les articles mentionnés sont juste indicatifs, je n’ai aucun « partenariat » ni aucune préférence. Ce sont des exemples.


Calme et attentif, comme une grenouille !
J’emprunte le titre de ce livre merveilleux d’Eline Snel concernant l’initiation à la méditation, à partir de 5 ans (disent-ils).
Pour soi, en tant que parent, il est nécessaire d’être particulièrement calme et disponible pendant le temps du bain.
Il est nécessaire de chasser l’appréhension du refus… Parce que partir « perdant » ne permet aucune réussite.
D’ailleurs, cela vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne.
A chaque instant, il faut se laisser la possibilité de vivre ce que l’on souhaite. Dans le cas présent, une séance de toilette qui se passe dans la joie et la bonne humeur.

Ensuite, il est possible d’initier très tôt les enfants à la relaxation et la méditation. Divers supports existent spécialement pour les enfants… Comme ce livre d’Eline Snel, mais aussi des livres de la collection Gründ : « Mes premiers moments de méditation » ou « Mes premiers moments de relaxation », qui sont des livres sonores.

La méditation permet aux enfants (et aux adultes) de prendre conscience de ce qui les traverse au moment où ils y prêtent attention. Cela permet de réguler la respiration et cela influe sur le fonctionnement cérébral.
Apprendre à lire ses propres émotions, à les exprimer et à respirer profondément (respiration ventrale) aide ensuite dans la vie quotidienne.
Pourquoi ne pas transmettre aux enfants la capacité d’utiliser la relaxation dans des moments qui engendrent du stress?
Si cela paraît difficile entre 18 et 24 mois, la pratique régulière ancre de nouvelles habitudes.
Encore une fois, les enfants apprennent et sont sensibilisés d’une manière simple : par l’imitation.
A vous de vous y mettre !:)
Petit Babou  est un app très efficace pour débuter la méditation (parmi d’autres).
La médiation, pour les petits comme pour les grands, cela s’acquiert. La «digression intellectuelle » fait partie du voyage et de l’apprentissage !:)

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Et si je te disais que tu es un thérapeute du quotidien ?

En tant que parent, tu accompagnes tes enfants dans leurs difficultés quotidiennes (mais pas que… Heureusement!).
Avec la posture bienveillante explicitée précédemment et les quelques outils concrets, tu agis en connaissance du fonctionnement des craintes infantiles.
Par la lecture, les bains de pieds, la médiation et la verbalisation des émotions, tu agis comme le feraient des psychologues.
Ce que je t’ai proposé est une application quotidienne bienveillante des types de psychothérapies démontrées comme efficaces pour prendre en charge les phobies.
D’une part, l’
exposition à la situation problématique. Mais : « L’exposition peut prendre des formes diverses, comprenant des versions progressives ou intenses (ou thérapie par immersion), brèves versus prolongées, avec ou sans stratégies cognitives ou corporelles de coping (voir la recension de Meuret, Wolitzky-Taylor, Twohig, & Craske, 2012), ou encore en imagination, intéroceptives (liées aux sensations corporelles concomitantes aux moments où les peurs surviennent), ou in vivo (dans la vie réelle). Il a été prouvé que la thérapie par exposition est une stratégie de traitement efficace pour la peur et les troubles anxieux (Hofman & Smits, 2008 ; Norton & Price, 2007). » https://uclep.be/wp-content/uploads/ArtCraske_Traduc_Final.pdf

D’autre part, l’ACT qui est la Thérapie centrée sur l’acceptation et l’engagement : « la flexibilité psychologique, au centre des interventionsde l‘ACT, se définit comme la capacité à être complètement conscient du moment présent (phénomènes internes et environnementaux) et à ajuster ses comportements en fonction de ce que la situation permet pour agir en direction de ses valeurs (Hayes, Strosahl, Bunting, Twohig & Wilson, 2004) »
C’est en ce sens que la médiation et la relaxation peuvent être efficaces, tout comme la réflexion partagée autour de l’adaptation de routines qui conviendraient aux enfants.

Pour finir, je vais aborder rapidement un autre point spécifique qui pose régulièrement question.

Le lavage des dents

Le refus de se laver les dents est très fréquent chez les enfants.
Comme pour le lavage du corps, l’exemplarité est reine : se laver les dents devant les enfants et les faire participer est une des clefs de la collaboration.
Mais… Ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt de s’astreindre à cette routine… et lors des poussées dentaires si explosives entre 12 et 24 mois, le passage d’une brosse sur des gencives enflammées doit être extrêmement désagréable.
Moi-même confrontée au refus catégorique de ma fille depuis 2 mois (alors qu’elle se brossait elle-même ses quelques quenottes depuis le départ, me laissant finir ensuite), je me suis questionnée sur la manière de gérer son hygiène bucco-dentaire.
La réponse est dans l’anticipation… Par les apports alimentaires !

En l’absence d’aliments raffinés et industriels, il n’y a pas de raison que les enfants développent des problèmes dentaires.
Je parle ici d’enfants allaités et n’ayant pas de pathologie spécifique. Les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN ou Lait Artificiel) sont riches en diverses formes de sucres et sont cariogènes.
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée (que j’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi » et brillamment expliqué dans « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat, avec une complémentation en vitamine D, il n’y a pas vraiment de raison de développer des caries.
Cela dit, il est possible de mettre en œuvre quelques astuces au quotidien … dont finir les repas par le grignotage de quelques noix ou des graines, en version nature (donc sans sucre!) bien évidemment. Leur taux de lipide et de protéines en font des aliments qui ne sont pas cariogènes. De plus, elles agissent en neutralisant l’acidité buccale créée par la mastication d’aliments sucrés.

noix
Il est donc de coutume, sous mon toit, de finir les repas par quelques noix ou des graines de courge.
Néanmoins, tous les jours, je me brosse les dents devant elle et lui propose de faire les siennes. Elle a sa brosse à disposition en même temps et pendant son bain. Je suppose que l’habitude du brossage finira par revenir dans les mois qui viennent.
J’avoue avoir commandé un bâton de siwak… qui est un échec cuisant à cause de son goût (que j’ai moi-même du mal à supporter. Oops!).


Les enfants nous challengent au quotidien pour remettre en question nos croyances et nos connaissances au sujet de nos habitudes.
S’ils sont des être éminemment sociaux, ils n’intériorisent pas les coutumes sociales et les habitudes culturelles avant 4/5 ans. Et encore après cet âge-là, il est utile d’écouter réellement ce qu’ils mettent en exergue.
En tant qu’adultes, nous avons de nombreux conditionnements ! Les enfants sont de merveilleux révélateurs de nos automatismes et aussi de nos croyances bien ancrées… qui peuvent pourtant être remises en question.
Ils nous font évoluer et nous amènent à prendre plus soin de nous-même… Pour prendre encore mieux soin d’eux !

Si tu te sens dépassé.e avec ton enfant, n’hésite pas à consulter des professionnel.le.s bienveillant.e.s !
Je suis moi-même disponible pour répondre aux questions et échanger, avec plaisir.

A très vite, pour de nouvelles curiosités !


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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Avoir un enfant qui frappe ou qui mord : Guide Pratique pour les parents !

Au cours de leur développement, la plupart des enfants vont avoir des comportements qui peuvent être assimilés à de la violence.

Les enfants peuvent taper, se frapper eux-mêmes, mordre, pincer, et autres. Cela peut être tout à fait déstabilisant pour les parents qui ne savent pas comment réagir face à un enfant qui « déborde » de manière explosive.

Dans cet article, je propose de lancer des pistes de réflexions de manière à décrypter les actes de ton/tes enfant.s.
Concernant les colères, je te suggère mon article sur le sujet. Dans celui-ci, je propose de se pencher sur les manifestations socialement inadaptées.
Toutes les situations sont différentes, alors sans connaître le contexte de ta vie, il sera nécessaire de prendre ce qui te convient et fait résonance en toi. Cela ne sera pas le cas pour tout, évidemment !
Ensuite, je proposerai des pistes de solutions et surtout un changement de paradigme de manière à diminuer l’occurrence des situations.

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L’intention derrière le geste 

Tout d’abord, il est indispensable de savoir que les tout-petits enfants ne font pas les liens entre la souffrance d’autrui et son propre comportement. Ils n’ont pas l’intention de faire mal.
Par contre, OUI, ils expérimentent leur capacité à déclencher des réactions. D’ailleurs, plus elles sont majeures, plus ils chercheront à comprendre comment cela se déclenche et s’ils en sont vraiment responsables … Et répéteront l’acte qui fait réagir !
Ce n’est pas de la provocation, mais jusque un apprentissage de l’enchaînement cause-conséquence.
La plupart des comportements brusques des tout-petits n’ont pas pour origine de la colère ou de l’animosité. Ils expérimentent leur geste.
Il n’est pas rare qu’un bébé, dès qu’il le peut, se suspende aux cheveux de ses référent.e.s (ce qui explique le fait que je vive avec un chignon depuis sa naissance… !), c’est éminemment désagréable mais ils n’ont pas conscience que leur geste engendre de l’inconfort. Même si on lui répète. Il faudra du temps, de la répétition mais surtout … du self-control !
Si tu cries, tu t’énerves ou réagis avec virulence, les enfants vont être saisis, étonnés voire effrayés. Mais ils ne comprennent pas pourquoi leur personne référente devient si différente et menaçante.
En ignorant les comportements perçus comme pénibles (ceux qui n’amènent pas de conséquences sauf l’agacement), les adultes ne maintiendront pas l’intérêt des enfants dessus.

Dans le cas des coups dans le visage, de pieds dans le ventre pendant les changes, tant qu’ils ne sont pas la conséquence de manifestations de colère, il suffit d’arrêter le geste et de distraire les enfants.
Par exemple, il est possible de stopper la main d’un enfant qui va toucher le visage et faire un bisou dans la paume. Souvent, ça stoppe la manifestation « violente », qui est la plupart du temps due à un manque d’adresse pour guider leurs gestes mais aussi à une excitation émotionnelle.
Élever la voix ou râler n’aura aucun effet dissuasif.

De même, vers  12 mois, les enfants développent des manifestations de colère et sont susceptibles d’avoir des attitudes violentes, souvent de manière à exprimer leur opposition ou leur colère. Là encore, ce n’est pas de la malveillance mais un moyen d’expression…
Ces petits enfants n’ont pas une habileté langagière développée en suffisance pour sortir du cadre de la priorité à l’expression corporelle. C’est en prévention des frustrations de l’enfant inhérentes à son impossibilité de se faire comprendre qu’il est possible d’utiliser la langue des signes pour les bébés.

Pour les morsures spécifiquement, c’est multifactoriel… et fréquent ! Il faut le dire et ne pas culpabiliser d’avoir « l’enfant mordeur » du groupe duquel il fait partie… même si c’est impressionnant et qu’on n’imagine pas cela du tout-petit au départ.
L’acte de mordre peut servir à soulager une douleur (les poussées dentaires). Dans ces cas-là, il n’y a pas d’excitation émotionnelle particulièrement concomitante.  Il est alors possible de rediriger le geste vers un objet que les enfants pourront machouiller.
Ça peut aussi simplement être de l’exploration. Les enfants mettent tout en bouche et sont susceptibles de mordre pour découvrir l’effet que cela produit.

En dehors de ces cas-là, et lorsqu’il y a de l’excitation émotionnelle, celle-ci peut être de deux ordres. D’une part, lorsque les enfants souhaitent démontrer de l’affection, la morsure peut survenir en lieu et place d’un « gros bisou ».
D’autre part, les enfants peuvent réagir à la suite d’une frustration. La morsure exprime alors une opposition à ce qu’il se produit autour de lui (quelqu’un lui prend le jouet qu’il avait en main, on lui prodigue un soin sans qu’il ne soit d’accord, quand on lui met un interdit qu’il trouve injuste). La fatigue, comme pour toutes les manifestations émotionnelles, augmente l’occurrence des passages à l’acte.

Il faut tout de même bien se rappeler que ce n’est qu’un phénomène transitoire qui disparaîtra avec une amélioration de la maîtrise du langage. Je reviendrai sur les pistes d’intervention dans la seconde partie de l’article.
Sur un autre aspect, certains enfants sont particulièrement « mouvementés ». J’attire l’attention sur l’alimentation, de manière à écarter les additifs… responsables de troubles de l’attention et du comportement chez les enfants. Dans cet article (mon assiette, ma famille et Moi), je mets en évidence quelques questionnements sur l’alimentation… qui interagit directement avec le métabolisme et les comportements qui en découlent.

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Il faut rappeler que les expressions physiques de colère et d’agressivité sont naturelles.
L’agressivité est une attitude utile à l’humain dans certaines situations. D’un point de vue de l’évolution, les conduites agressives permettaient de mettre à distance ceux qui pouvaient porter atteinte à leur intégrité. Elle sert aussi à atteindre nos objectifs en dépassant les obstacles qui se présentent, de manière à combler les besoins.
Les enfants ont cette capacité, inhérente à leur immaturité neurologique, de chercher la satisfaction immédiate de leur besoin. Il faut attendre 5/6 voire 7 ans (le fameux « âge  de raison ») pour que les enfants puissent réellement différer leurs envies.
En ayant recours à une éducation trop rigoriste, ces besoins peuvent être ignorés… et l’individu soumis à cette négligence volontaire perd cette capacité à prendre en compte ce dont il a vraiment besoin.

Voici un article sur les besoins qui pourra t’aiguiller dans leur compréhension.

Dans le cadre de « crise » de débordement émotionnel avec des coups/morsures, il faut préalablement faire un retour sur son propre fonctionnement en réaction à ces moments. Il n’est pas rare que nos propres attitudes participent au maintien des comportements « désagréables ».

D’abord, il est nécessaire d’investiguer ce qui peut être déclencheur de ces crises d’un point de vue physiologique (sommeil, alimentation, en priorité) et puis, dans l’ambiance globale de son vécu.
Se prépare-t-il quelque chose de nouveau ? Une entrée à l’école ? Une grossesse ? Un changement de rythme de travail d’un des parents ?

Ensuite, il sera utile de réfléchir aux raisons de la récurrence des débordements émotionnels avec des manifestations violentes/agressives.

Lorsque les gestes agressifs se produisent quand les enfants semblent manifester une opposition, il est possible de mettre en place le langage des signes et verbaliser… Petit.e.s, ils ne détiennent pas de vastes moyens pour s’exprimer.

De plus, la gestion des émotions, de manière socialement acceptable,  ne survient que vers 5/6 ans, si l’enfant a été entouré de manière à pouvoir s’auto-réguler et à maîtriser un peu leur impulsivité.
Avant cet âge, il est prématuré de s’étonner réellement que les enfants aient des attitudes agressives ou violentes.
Il ne faut pas chercher très loin dans notre entourage pour trouver des gens ayant des accès de violence spectaculaire en cas de colère ou de frustration en étant adulte… Alors, il ne faut pas en trop demander à un enfant !
Voici un article concernant les émotions pour aller plus loin : «encore une crise ! Ou que faire avec les sentiments ? »

Je cite Isabelle Filliozat :

« Chez les petits, il ne s’agit pas de violence car à cet âge les études ont bien montré qu’il n’y a pas intention de faire mal, mais plutôt de gestes impulsifs. Et c’est cela qu’il faut apprendre à gérer à l’enfant. Si cette impulsivité n’est pas maîtrisée, alors oui elle risque de devenir violence après 3 ans. Cette violence est souvent due à une carence relationnelle. Il faut passer du temps avec l’enfant, jouer avec lui, s’accorder chaque jour 10 à 15 minutes avec lui, exclusivement. Un quart d’heure de jeu où c’est lui qui décide, un câlin, des jeux de construction ou la bagarre sur le lit par exemple, ou bien des jeux de simulation. Par exemple avec des marionnettes où l’on mime des scènes que l’enfant peut vivre. Pour répondre au stress de l’enfant, l’aider à gérer à son impulsion, il faut le nourrir affectivement, lui donner de l’attachement. »

Je détaille un peu cette notion de besoin relationnel dans le prochain chapitre.

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Les besoins relationnels

Lorsque les enfants sont en crise, cela permet de faire redescendre leurs tensions (ce qu’on appelle la « décharge ») mais aussi parfois d’exprimer leurs  besoins relationnels.
Il n’est pas rare que les enfants en manque de leurs parents aient des accès de violence. Les enfants expriment leurs difficultés, leur tristesse, leur colère et peuvent manifester leurs besoins de contact et d’attention  en ayant des gestes explosifs.

Bien sûr, à d’autres moments, les gestes de violence sont dans une intention de mettre à distance les adultes. Cela arrive d’autant plus que les enfants sont soumis à des attitudes autoritaires ou lorsqu’on exige d’eux de plus en plus.
Il est facile de minimiser les besoins et de croire que les enfants ont des capacités émotionnelles supérieures parce qu’ils se montrent curieux, débrouillard.e.s, avec un esprit logique qui s’aiguise de jour en jour. Mais les capacités de gestion émotionnelle commencent à jouer leur rôle de régulation vers 5 ou 6 ans, si les enfants ont été accompagnés de manière bienveillante jusque-là. Il n’y a pas « d’avance » à ce niveau-là !

Afin que les « crises » ne se manifestent plus par des coups ayant pour cause leurs besoins relationnels, il faut anticiper et prendre en compte ces besoins ! Si tu penses que ce sont des caprices, je t’invite à faire cette lecture: « comment gérer les caprices? »
Il est utile de prévoir des moments de contacts proximaux avec les enfants. A tous âges, l’humain a besoin de ce contact physique.
C’est l’occasion de te rappeler que le maternage n’a pas de date de péremption (mais jusqu’à quand, alors ?). Il  est possible de porter l’enfant jusqu’à 3 ou 4 ans grâce à un moyen de portage, ce qui lui offre une proximité inestimable, tout comme le cododo.

Il est aussi possible de nourrir les besoins de contact et de décharge physique via le jeu !
Comme je l’ai déjà abordé dans l’article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ?! », le jeu est un vecteur merveilleux.
Le rire est bénéfique pour le corps, pour l’esprit et dans la décharge émotionnelle.
Avoir des jeux où l’on chahute physiquement avec l’enfant permet de se toucher, de rire, de se dépenser physiquement ensemble et de finir très souvent en câlins partagés.
Je peux suggérer à tous les parents de trouver au moins 30 minutes par jour pour jouer, rire avec son enfant et de faire un « retour au calme » à l’aide d’un câlin.
C’est indispensable autant pour le parent, qui sort de la torpeur des tâches quotidiennes, que pour les enfants qui sont demandeurs de vraie attention de la part de leurs référent.e.s.

 

 

Pistes de réflexions pour intervenir :

Quasiment tous les enfants expriment la morsure, les griffures, les coups. Certains s’expriment davantage à travers ces démonstrations perçues comme agressives ou violentes. Comme je l’ai abordé ci-dessus, il y a diverses causes… et nos attitudes peuvent maintenir ces comportements socialement inadaptés.
Voici donc quelques réactions qui devraient permettre de passer au-delà de ces difficultés.
Avant d’y venir, il faut porter son attention sur les contextes dans lesquels les morsures et les coups surviennent. Les enfants peuvent agir suite à des circonstances inconvenantes pour eux. Leurs manifestations agressives manifestent parfois  un inconfort qu’il convient d’investiguer de manière à « traiter » sa cause.

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  • Pendant les accès de violence, comment réagir ?

Cela dépend forcément de l’âge de l’enfant, puis le degré de compréhension et de maîtrise des gestes évolue perpétuellement.

Mais il y a des choses à éviter pour s’assurer un retour au calme et une prise en compte du développement des enfants.

  • Lui demander de se calmer, de le raisonner sur son comportement ou le questionner (imagine un peu ta réaction si, lorsque tu es énervé.e, quelqu’un te dit : » Oh ! Calme toi ! »… !)
  • L’isoler ou effectuer une mise à l’écart. L’écarter et rester avec lui pour accompagner ses émotions est une possibilité, mais l’isoler ou l’enfermer dans une pièce en ayant l’intention que ça le calme est une attitude violente (retour sur les punitions)… Puisque les enfants sont en proie à des émotions, qu’ils ne parviennent plus à gérer, que vous les ignorez en coupant tout contact temporairement, au moment où ils en ont le plus besoin.
  • La contention des enfants : proposer un câlin n’est pas contenir de force !
  • Ne pas plaisanter sur les premières morsures « douces » et ne pas montrer que cela peut générer du rire.
  • Ne pas mordre ou taper en retour pour, prétendument, démontrer la douleur du geste. Cela n’a aucun sens d’appliquer sur les enfants ce qu’on souhaite qu’ils ne fassent pas. Un peu de cohérence, que diable !
  • Il est totalement inefficace de le gronder, de le punir et de le culpabiliser en disant « Tu es méchant ! » ; « Quel vilain garçon ! » ; … Ce sont les comportements qui s’avèrent potentiellement inadaptés mais pas l’ensemble de l’enfant, comme le laissent croire ces remarques.
  • Avoir des attitudes violentes agressives au quotidien : l’exemplarité prévaut dans l’éducation des enfants. Il n’est pas rare que les enfants répètent ce qu’il voit… Alors ça peut être l’occasion de s’aider soi-même pour accompagner son enfant à grandir sereinement.

 

Ok, mais quoi faire, alors ?

 

  • Quelques interventions efficaces, selon les cas :

Il est indispensable de se rappeler que les enfants ont peur de perdre l’amour de ses référent.e.s. Même si les comportements sont épuisants voire insupportables, il faut garder à l’esprit que ce ne sont pas les enfants dans leur ensemble mais juste leurs attitudes !

Concrètement, comment aider les enfants ?

  • D’abord, reste/revient au calme afin d’intervenir sans excès d’émotions

 

  • Il est utile de porter son attention sur celle ou celui qui a été la victime du coup ou de la morsure (si c’est toi-même, ça marche aussi !). Console-le. Outre l’aspect nécessaire pour la victime, cela montrera à celui qui passe à l’acte que cela n’attire pas l’attention vers lui. Il sera moins susceptible de recommencer si ce sont les besoins relationnels qui le conduisaient à agir. Si la peau de la victime est percée par la morsure, laver à l’eau claire et au savon avant d’appliquer de la glace pour empêcher ou réduire les gonflements.

 

  • Les longues explications ne sont pas utiles. Si tu vois l’acte qui se produit/va se produire : Dis-lui juste « stop ! » pour arrêter les coups des enfants, pour éviter qu’ils ne t’atteignent, qu’ils se blessent ou qu’ils atteignent l’individu visé.
    TON apaisement intérieur est indispensable, tout comme le fait de ne pas verser dans la contention. Tout est une question de mesure afin de ne pas rentrer dans un rapport de force. Au moment où tu arrêtes le coup, tu peux préciser : « Manifestement, tu es très en colère/énervé.e/triste. Tu peux l’exprimer mais je ne peux pas te laisser (te) frapper. »

Et simplement, au lieu de dire « NON ! » à un enfant qui initie un geste, il est plus utile de dire « Stop ! ». Cette injonction est peu vectrice d’émotions désagréables tant pour l’émetteur que pour le récepteur.
Il est possible d’amener l’usage et l’écoute du stop par un jeu le « stop & go », décrit ici : http://papapositive.fr/le-jeu-du-stop-go-1/
Il en va de même lorsque l’enfant a agrippé quelque chose comme des cheveux ou les poils d’un animal. Il est bien plus efficace d’intervenir en lui ouvrant les doigts doucement et en restant calme plutôt qu’en criant. Les cris engendrent souvent une réaction de « freezing » plutôt que l’acte exigé.

 

  • Après l’avoir accompagné à sortir de sa tempête émotionnelle, en le consolant, il convient de verbaliser les émotions qui semblent l’avoir traversé. Il est possible de revenir sur son émotion, ce qu’elle a engendré et aussi, de lui montrer quel résultat cela a eu sur « la victime ». Cela l’aidera à adopter une conduite plus empathique. « Tu étais en colère et tu as mordu Untel, parce qu’il t’avait pris ton jeu. Mais cette réaction est interdite ! »
    « Tu as vu, Untel pleure/pleurait ?!  Sais-tu pourquoi ? » « Oui, il a eu mal quand tu l’as mordu… » !Quand on voit un enfant agir, on peut effectuer le constat (purement en termes d’observations et non de jugement ! j’explique cela dans cet article), on peut proposer les alternatives à la conduite : « Untel, si tu es dérangé par Untelle, Tu peux crier si tu veux que j’intervienne ! » !
  • Rappeler les alternatives discutées pendant les moments « froids », avec empathie, tout en exprimant sa confiance en elle/lui.

Les « alternatives » sont les moyens d’expression de la colère, du désaccord, d’avertissement qui permettent de diversifier les réactions automatiques inadaptées socialement.
L’idéal est de les proposer lorsqu’on détecte que les enfants vont passer à l’acte ou que la tension émotionnelle monte.
Par exemple, quand on voit un petit s’approcher d’un autre avec une attitude qui laisse présager qu’il va mordre ou taper, il est possible de détourner son attention et de proposer une solution différente en fonction de ce qui semblait guider son intention : si c’était juste pour jouer ou attirer l’attention de l’autre, lui rappeler : « Tu peux lui donner tel jouet ! », « Tu peux lui faire une chatouille ! », …

Lorsque la colère ou  l’énervement surgit, il est possible de créer un moment de décharge avant d’être embarqué.e.s dans la tornade émotionnelle :

  • Lui proposer d’aller crier,
  • De souffler très fort (cela sera d’autant plus efficace si tu le fais aussi, quand tu es en colère… Eh oui, le mimétisme, toussa toussa.. !),
  • Effectuer un mouvement d’ouverture des bras vers la tête (comme en battant des ailes) : ce mouvement amène de la décontraction
  • Lui proposer de tracer de grands traits sur un grand tableau (une idée d’aménagement de pièce, très utile !)
  • Rediriger le geste des enfants pour qu’ils tapent sur un coussin ;

En fonction des situations et des enfants, il est possible de proposer moult moyens ayant pour objectif la décharge émotionnelle.

Avec les plus grands, la recherche d’alternatives peut s’effectuer lors des jeux avec des personnages où l’on peut recréer les situations que les enfants vécurent. On peut ainsi accompagner les enfants dans l’élaboration de nouvelles réactions.

De même, pour les plus grands à partir de 5/6 ans, une « Roue des Choix » est utile à construire avec chaque enfant individuellement.
Ce moment permet de parler de l’émotion de colère, des réactions agressives et des autres attitudes qui permettent de faire redescendre la pression.
Cette approche offre la possibilité aux enfants de découvrir quels sont les signes physiques des émotions d’apprendre à les percevoir et les prendre en compte au plus tôt … Tout en validant le fait que « OUI ! Chacun peut et a le droit d’être en colère/triste/déçu/etc. ! ».
Il ne faut pas oublier que la colère est une émotion qui a son rôle, comme les autres.

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  • Accompagne l’enfant à « réparer son acte ». Par exemple, aller chercher un linge pour soigner la blessure ou une peluche/doudou afin de consoler la victime. Attention ! Il est inutile de demander à l’enfant qui a mordu/taper de câliner la victime. Il est fort probable que cette dernière refuse de toute façon. Il en va de même pour le faire de demander « pardon ». Cette vieille habitude n’a rien à apporter puisque pour s’excuser, il faut avoir bien conscience que son acte est blessant ET culpabiliser d’avoir agi. Il s’agit plutôt de l’accompagner à développer son empathie.

 

  • Tu peux mettre à distance l’enfant qui a mordu de la victime potentielle s’il semble vouloir recommencer (les tout-petits ne comprennent pas pourquoi ils ne peuvent pas toucher un bébé, par exemple)  et exprime-lui qu’il devra à jouer sans l’autre enfant s’il mord/tape.
  • Enfin, en toute logique, l’anticipation prévaut afin d’éviter les déclencheurs.
    Lorsqu’il n’est pas possible d’éviter les situations susceptibles de provoquer des débordements émotionnels (coucou l’hypermarché bondé !), il est utile de rappeler aux enfants l’attitude qu’on attend d’eux avec une formulation positive : « Nous allons faire les courses ! J’aimerais que tu restes près de moi ! Tu vas m’aider à aller chercher les aliments sur la liste… et on ne prendra que ce qu’il y a sur la liste. Je suis sûr.e que tu vas y arriver ! ».

 

Comment les aider à faire croître leur bienveillance et leur empathie ?

Dans le cadre général de leur vie, les référent.e.s peuvent amener l’enfant à adopter des attitudes attentionnées et empathiques. Certains enfants auront des démonstrations d’affection et de compassion très tôt. Mais dans tous les cas, il peut être bénéfique d’accompagner les enfants par diverses actions :

  • Mettre en évidence les moments où les enfants agissent avec des gestes ou des attitudes bienveillants/altruistes/empathiques afin qu’ils retiennent ceux-ci.
  • En s’intéressant, avec lui, à la réaction de celui qui fut la « victime » d’un geste blessant.
  • En s’occupant d’une plante (mieux vaut réserver le soin et la qualité de vie d’un animal pour un enfant plus grand, tout en ayant conscience que ce sont toujours les parents les ultimes responsables !), les enfants pourront apprendre à prendre soin d’un être vivant et observer les effets de ses bons soins.
  • En utilisant le jeu avec des figurines/poupées/peluche pour rejouer certaines scènes vécues et qui furent problématiques, alors que les enfants sont émotionnellement disponibles, afin de les inciter à réfléchir sur les réactions plus agréables à privilégier

 

  • L’impact sur le contexte et la prise de perspective

Comment anticiper et intervenir sur les contextes et éléments déclencheurs ?

Il va arriver fréquemment que les refus qu’on leur oppose: « Ne touche pas à ça ! », « Non, pas comme ça ! », « Non, ne mets pas ton pain dans l’eau ! » soient des déclencheurs car ils sont rarement perçus comme légitimes selon les enfants.

Je rappelle que le « job » des enfants est d’explorer leur environnement.
L’idéal est de mettre hors de portée ce qui ne peut vraiment pas être manipulé par les enfants et pour le reste, de lui laisser l’espace d’agir.
Plus les enfants vont explorer leur environnement, plus vite ils pourront se focaliser vers une autre activité. Est-ce vraiment grave de ramasser des couches (propres !)  étalées par terre après une expérience ? Ou de ramasser le linge vidé du panier à linge ?

Avant d’opposer un refus, il est préférable de se questionner sur la notion de gravité que pourrait engendrer l’acte des enfants. S’il ne risque rien et autant les laisser manipuler.
Il est ensuite possible de transformer le moment de ranger en jeu.
J’aborde dans cet article les questions inhérentes à l’utilité présumée de la frustration… et ce qu’il en est réellement. C’est un angle inestimable pour apprendre à lâcher-prise et à apprendre non pas à être laxistes, mais plus permissives.fs et détendu.e.s.

En outre, il est inutile de revenir régulièrement sur l’attitude «inadaptée » des enfants. Comme je l’ai déjà dit dans d’autres articles, les formulations négatives ne sont pas prises en compte par le cerveau des enfants, à cause de l’immaturité de leur capacité d’inhibition.
Même pour l’adulte, c’est éminemment difficile de respecter une simple demande : « Ne pense pas à un ours blanc ! ».
Je suis sûre que tu ne pensais pas à un ours polaire, il y a 15s et maintenant, tu le vois mentalement. Si on en parle un peu, je suis sûre que tu auras même des choses à me dire à son sujet.
Pour un enfant, lui rappeler : « Il ne faut pas taper Lucien, ok ?! » a juste activé « Taper » et « Lucien » dans son intellect. Si Lulu est à proximité, il pourrait même aller lui mettre un coup en souriant en voulant dire : « Eh ! Tu as vu, j’ai bien compris de quoi tu me parles ! ».
Ce n’est nullement de la provocation, mais juste une expression de son immaturité neurologique… qu’il ne faut pas minimiser !

 

  • Comment formuler une demande aux enfants ?

Concernant les demandes faites aux enfants, elles tireront des bénéfices à être effectuées de manière à les rendre réellement accessibles aux enfants. C’est-à-dire qu’elles soient compréhensibles et ne s’avèrent pas être des exigences intangibles.
Là encore, se manifeste un lien direct  entre l’éducation bienveillante et la communication non-violente. Voici un article qui explique clairement comment formuler des demandes et comment recevoir et réagir à d’hypothétiques refus (oui, tu vas en recevoir!).
Thomas d’Asembourg exprime clairement que pour notre bien-être, il est nécessaire d’être authentique, dans son livre « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! ». Ce qui implique qu’il est indispensable pour soi-même de refuser ce qui va à l’encontre de notre bien-être. Ce même auteur a également écrit « La paix, ça s’apprend ! ». C’est une lecture passionnante, tout à fait dans le thème du présent article.
Je te mets le lien d’une conférence de l’auteur concernant ce dernier livre : https://www.youtube.com/watch?v=7WI1joJ3SlY

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Les adultes ont souvent beaucoup d’exigences intervenant dans la vie des enfants. D’autant plus que les adultes manquent de temps ou de sommeil. La nature des requêtes, autant que la manière dont elles sont formulées, s’avèrent ainsi en relation étroite avec les émotions qui meuvent les adultes.
Une phrase que j’aime avoir en mémoire dans les jours de fatigue plus intense, en imaginant qu’elle est prononcée par un enfant : « Pourquoi c’est moi qui doit aller me coucher quand c’est toi qui est fatigué.e ? ».
Notre exaspération transforme souvent nos requêtes en exigences. Or, comme tous les individus, les exigences sont rarement entendues et suivies avec enchantement !

En outre, il s’avère les demandes effectuées ne sont parfois pas réalisables en l’état par les enfants.
Elles peuvent parfois manquer de clarté ou simplement, être un ordre contraire. Si on lui interdit quelque chose, ou qu’on lui demande de cesser une activité, il est nécessaire de prévoir le « plan/activité de rechange ».  Il est plus simple, pour agir, d’obtenir des indications sur ce qu’il est possible de faire et non pas sur ce qui n’est interdit !

Il est aussi indispensable que les requêtes prennent en compte les capacités de l’enfant.
Cela dépend donc du développement de l’enfant mais aussi de son état émotionnel et de fatigue. Tout comme pour les adultes, ce qui peut être évident et accessible à un moment, peut tout à fait être insupportable à cause de la fatigue, de la tristesse ou de la colère.

Un exemple simple : en tant qu’adultes, nous ne sommes pas tous égaux face aux impératifs hygiénistes.
Personnellement, même épuisée, je ne parviens pas à me coucher sans me laver les dents et le visage (je me souviens de m’être endormie pendant la tétée du coucher de ma fille alors qu’elle avait 1 mois. A une heure du mat’, je me suis réveillée horrifiée d’être au lit sans être en pyjama et surtout, sans m’être lavée les dents ! Je me suis levée pour aller « corriger » cela). Mais certains adultes postposent cette action sans mal au lendemain s’ils sont épuisés.
Il n’est pas rare que les enfants mettent une opposition à se laver lorsqu’ils sont fatigués. Je crois que nous avons tous fait semblant de nous être douché.es en étant enfant. D’une part, cela rassure les enfants sur leur capacité à agir sur leur quotidien (souvent millimétré par l’agenda parental). D’autre part, si nous n’avions pas été « contraints » de nous laver, nous n’aurions jamais « fait semblant ». C’est bien le problème de ne pas vouloir entendre les besoins des enfants… Cela leur apprend à y accéder, mais en dissimulant les moyens aux adultes dont ils appréhendent la réaction.

Il n’y a pas de raison que les enfants ne ressentent pas ces envies fluctuantes également. Surtout si on les accompagne à grandir avec bienveillance, en acceptant d’entendre leur point de vue et leurs sentiments de fatigue à un moment.
Sincèrement, il n’y a aucune raison de forcer un enfant à se brosser les dents pendant les 3 minutes prescrites alors qu’il tombe de fatigue. Il en va de même pour les soins en tout genre… Il est plus agréable pour tout le monde de les prodiguer à un moment où les dispositions sont favorables. Il y a toujours une manière d’intervenir tout en respectant l’inclinaison des enfants. Certes, cela demande de la patience, mais c’est aussi ce que nous apprennent les enfants… A se poser !

En plus de changer de perspectives sur les moments adéquats et en relativisant l’importance des actes à mener, il est nécessaire (encore et toujours !) de se renseigner sur des moyens alternatifs de fonctionner.
Est-il possible de changer l’enfant qui porte encore des couches d’une autre manière ? Est-ce possible de rendre le brossage des dents indispensables surtout quand l’alimentation a été trop riche en sucres ? Peut-on rendre autonome l’enfant afin qu’il participe activement à ses soins, afin de ne plus les craindre ?!

 

Lorsqu’un débordement émotionnel survient, et si les causes physiologiques ont été écartées, il est sûr et certain que l’occurrence des crises de colère, des accès de violences diminueront en changeant de posture par rapport aux enfants.
Il est absolument nécessaire de comprendre que les enfants en « crise » ne sont pas dans les dispositions pour être raisonnés.
Autant que les adultes, lors d’émotions fortes, il n’est pas possible d’apprendre et de raisonner logiquement. Les systèmes neuronaux sont monopolisés par l’émotion.
Il est donc nécessaire de revenir sur ses réactions à froid, comme expliqué plus haut.

Il faut aussi lui rappeler que quel les évènement et son comportement, nous serons toujours là pour l’aimer et l’aider. Il est utile de leur verbaliser qu’on reconnaît la difficulté à gérer des attitudes et ses émotions… et qu’on a confiance en eux, et dans leur possibilité d’apprendre à gérer de mieux en mieux les situations qui leur sont désagréables.

Il est très fréquent que les enfants aient peur de perdre l’amour de ses parents proches à cause de leurs attitudes. Dès lors, avant toutes discussions ou interventions, il est indispensable d’être suffisamment calme pour ne pas véhiculer de peur chez les enfants.

Il s’agit de ne pas retomber dans les notions d’obligations, d’autoritarisme et d’obéissance qui sont directement menés par l’adultisme (j’en parle ici) ambiant… Mais qui peut être évité si nous décidons de conscientiser son acte. Cela permet de ne pas rentrer dans un bras de fer avec les enfants. Se positionner dans une posture bienveillante et empathique lorsque les enfants vivent un débordement émotionnel leur offre la possibilité d’apprendre à se réguler et de se sentir compris.
Il est très fréquent que les enfants demandent à être pardonnés de leur comportement lorsqu’ils voient que les adultes sont mécontents. Ils peuvent aussi comprendre que la morsure, par exemple, n’est pas une méthode efficace pour commencer un jeu. Mais les petits enfants ont énormément de mal à refréner leur impulsivité. Comme dis plus haut, avant 30 mois, c’est quasiment impossible pour eux d’inhiber un acte.
Là encore, c’est simplement inhérent à leur immaturité cérébrale.
Donc l’idéal, c’est de stopper l’action avant que cela ne survienne, juste par un mot : « Untel.le, STOP ! ». Ensuite, il est possible de lui suggérer une autre attitude avec une formulation positive : « Prends la balle, si tu veux jouer avec elle ! ».

 

 

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J’espère sincèrement que ce guide te sera utile pour accéder à plus de sérénité quotidienne.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieuse.x.s !

 

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Les punitions : Pourquoi sont-elles toxiques, même si elles ont l’air efficace ?

Les punitions sont une espèce de tradition éducative considérées comme acceptables, normalisées et parfois nécessaires, lorsque l’enfant va trop loin.
Elles sont de plusieurs ordres : les brimades, les privations  et les châtiments corporels.
Par exemple : « Mettre au coin », « envoyer dans sa chambre », «priver de TV/tablette/sortie…. », Menacer de conséquences si opposition à l’ordre proféré.
Il peut être violent de lire « châtiments corporels », car cela véhicule une connotation de maltraitance. Et pourtant, la gifle, la fessée, une tape sur la main, se faire pincer l’oreille ou attraper par le col, sont bien des châtiments corporels puisqu’ils portent atteintes à l’intégrité physique de l’enfant.

« La punition corporelle est généralement définie comme un acte physique qui est socialement et légalement accepté et commis par un adulte en situation de pouvoir, peu importe son intention, dans le but d’entraîner une douleur ou un malaise physique chez un enfant, et ce, afin de corriger ou de contrôler un comportement jugé indésirable (ex. : taper les fesses de l’enfant, le pincer, le secouer). » – Définition de la chercheuse Marie-Ève Clément, Revue de psychoéducation, 2011, volume 40 (1)

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Pourquoi les punitions sont ordinaires ?
Les punitions donnent une impression de contrôle aux parents et surtout, un moyen d’action face à un comportement « inacceptable » de la part de l’enfant.
Tu la sens, la première coquille ? Il n’est pas difficile de constater que ce qui est « acceptable », « correct » ou « admis » dépend complétement du contexte.  Et étrangement, les punitions tombent d’autant plus facilement lorsque les parents ne sont pas disponibles physiquement ou moralement   (empressement, fatigue, occupations).

Il est d’ailleurs facile de tomber sur moults témoignages déculpabilisant les parents qui ont levé la main suite à un débordement de l’enfant : « Ça arrive ! », « Il ne faut pas se culpabiliser pour ça … ! », …

Les punitions, des plus « douces » aux plus « dures », sont utilisées par certains parents qui ont l’impression d’avoir tout essayé.
Isabelle Filiozat a écrit un merveilleux livre qui leur est adressé (mais intéressant pour tout un chacun) intitulé justement : « J’ai tout essayé ! ».

Les enfants apprennent assez vite la douleur (psychologique et physique) que les punitions occasionnent.  Ils cherchent souvent à éviter les punitions par diverses stratégies, dont la soumission aux volontés des adultes.
Donc, dans ces cas-là, les punitions semblent fonctionner puisque les enfants cessent leurs actions ou obéissent docilement.
Mais, en y regardant de plus près, il y a autant de cas où les punitions fonctionnent que de situations où elles n’ont aucune issue positive (ni pour les adultes ni pour les enfants).
Combien d’enfants ne se calment pas lors de l’isolement ?
Combien d’entre nous ont développé des trésors d’ingéniosité pour mettre en œuvre un stratagème avec plusieurs stylos ou dissimuler des photocopies afin de faire passer les « lignes à copier » plus vite ?

Il s’avère que le premier problème des punitions se situe là : la dissimulation.
La punition n’amène pas à réfléchir sur son action de manière autonome. Elle ouvre une brèche dans laquelle les enfants dissimulent les actions que les adultes estiment mauvaises.

Questionnements pour toi-même :

  • Quelle réaction aura un enfant face à une mauvaise note/s’il brise un verre/renverse de l’eau/… si :
  • Il sait qu’il sera puni
  • Il sait qu’il ne sera pas puni

Dans la plupart des cas où les enfants vivent des punitions, l’idée principale sera de dissimuler le problème pour éviter la punition. C’est ainsi que commence le recours volontaire aux mensonges (à différencier des histoires racontées par les petit.e.s d’environ 3 ans) et le déclenchement des réseaux neuronaux du stress et la crainte des adultes.

Les enfants qui ne sont pas habitués aux brimades seront plus à même de venir chercher des ressources auprès des adultes : de l’aide pour assimiler une matière incomprise, de l’aide pour ramasser le verre ou essuyer l’eau, etc.
Il n’y aura pas de climat de crainte face à la réaction des adultes.

Il est alors assez simple de percevoir que c’est le mécanisme de la peur qui intervient lorsque les enfants se soumettent au désir des adultes à la suite de l’exposition aux punitions.
La plupart du temps, ils n’ont pas intégré les motifs de leurs actions « correctes », ils répondent juste comportementalement de manière à éviter une punition.

Les punitions s’érigent en solution dans une société où l’on s’attend à ce que les Enfants obéissent aux Adultes. Les punitions sont des conséquences directes de l’adultisme (ici pour faire un point sur cette notion).
La société nous renvoie souvent une attente claire : l’enfant (comme entité) doit être maitrisé, dompté, corrigé si besoin, par l’adulte afin qu’il agisse de manière correcte.
Il est très mal perçu qu’un enfant donne son avis sur le choix du menu voire qu’il participe même au processus décisionnel au sein du foyer (l’heure de sa douche, de son coucher, de s’alimenter, …).
Cela paraît normal aux adultes d’imposer un rythme aux enfants.
Mieux, les parents légitiment la mise en place de ces rythmes à l’aide de rituels qui sont vantés pour rassurer l’enfant.
En gros, l’adulte contrôle le quotidien de l’enfant. Cela se passe presque bien jusqu’à l’âge de 18/24 mois environ, âge où les enfants cherchent à faire les choses seuls (retour sur la crise d’opposition ou le « terrible two »).
A la suite de ça, c’est souvent le déclenchement de la mécanique éducative. Les premières punitions arrivent (petite fessée, tape sur les mains, isolement, …) et c’est là aussi que débutent les affrontements qui feront toujours deux perdants (l’enfant et le parent).

A ma connaissance, aucun parent ne prend plaisir à punir son enfant. Comme aucun enfant parvient à retenir de manière consciente la leçon cachée d’une punition (sauf : « il faut que je planque mieux les choses la prochaine fois ! »).
Par exemple : Imagine un enfant âgé de 10 ans, un enfant privé de TV pendant une semaine à cause d’une chambre mal rangée. En vivant cette privation, il va avoir deux réactions disponibles :

  • « C’est injuste ! » : ruminations sur l’injustice et le sentiment d’être incompris
  • « Je suis vraiment bête de ne pas avoir rangé ma chambre, je ne peux qu’en vouloir à moi-même. J’avais trop envie de jouer plutôt que de ranger ! » : dépréciation de soi et intégration du modèle de soumission

Dans les deux cas, l’enfant se sent mal. La plupart des parents vont considérer que la seconde réaction est plutôt profitable : peut-être l’enfant sera-t-il plus sensible au rangement plus tard ?
En réalité, l’enfant sera surtout sensible au fait d’éviter la punition, et se conformera par crainte. Il n’a pas retenu l’intérêt d’avoir une chambre rangée, si ce n’est pour se plier aux impératifs parentaux (qui n’ont pas de sens en tant que tel).

Alors, est-ce que les punitions sont liées aux comportements des enfants, ou plutôt, à une recherche d’actions jugées efficaces par les parents ?

Mais pourquoi les Adultes ont cette attitude réflexe de punir lorsque quelque chose dérange le déroulement qu’ils attendent ?

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La répétition des schémas « éducatifs »

Il y a bien une raison pour laquelle les punitions et les punitions corporelles sont des réponses facilement accessibles à notre esprit.
Elles ne demandent d’ailleurs aucun effort de recherche de solution la plupart du temps : ce sont des réponses automatiques dans une situation donnée.
« Je ne sais pas pourquoi, j’ai eu tellement peur en la voyant sur la route que je l’ai rattrapée en criant et une gifle est partie ! ».

Ces réponses automatiques sont créées par notre propre exposition à ces expériences.
Il est fort probable que tu aies été confronté.e à ces actions coercitives. En ayant vu des adultes agir de la sorte, ce sont des réactions qui sont activées rapidement, au-delà de notre conscience et de notre volonté.
C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de conscientiser nos réactions et de travailler sur soi-même.  Bien sûr, les relations auprès des parents est telle que, la plupart du temps, les devenus-adultes n’ont pas envie de questionner ces prises de conscience. Elles sont parfois douloureuses et peuvent faire émerger un nouveau sentiment d’injustice et d’incompréhension envers les anciens référents.

Parfois, ce n’est pas dans la sphère familiale mais dans la sphère collective que les adultes que nous sommes ont subi les punitions en réponse à certaines attitudes.
A une époque, je rappelle que les enseignants avaient le droit de frapper les enfants, jusqu’en 1852. Mais il s‘avère que la plupart de tes grands-parents voire de tes parents peuvent témoigner du fait que ces pratiques avaient encore lieu régulièrement jusqu’à 1968 !

Autant dire que les punitions sont des habitudes « éducatives » telles qu’il est logique qu’elles émergent spontanément dans les réactions.
MAIS (bah oui, il y a un mais !) comprendre le fonctionnement ne le cautionne pas pour autant et surtout permet de trouver des solutions alternatives.
Parce qu’il faut prendre conscience que les punitions ne sont pas exemptes de séquelles négatives… en plus de celle de propager ce modèle éducatif ! En 2 générations, il est possible de faire disparaître cette pratique des mœurs (comme le modèle suédois le prouve).

la fessée


Les conséquences des punitions

Il est probable que la plupart des gens fassent une distinction entre les punitions morales et physiques.
Certes, une gifle ou une fessée est plus impressionnante qu’un isolement au coin ou le fait de copier des lignes (ah ah ah ! La vieille punition !). Mais les punitions ont des séquelles d’ordre psychologique (à partir du moment où les gestes violents n’engendrent pas de marque…).
Il est encore largement cru que l’isolement est une punition douce. Par exemple, mettre au coin un enfant agité, exclure un élève de la classe, enfermer un enfant dans sa chambre sans dîner, …
C’est méconnaître le fonctionnement neurologique de l’être vivant.

La douleur psychologique utilise les mêmes réseaux neuronaux que la douleur physique !

Il s’avère que la douleur inhérente à l’isolement social découle du système de l’attachement chez les humains. Instinctivement, l’humain sait qu’il a besoin d’être inclus dans un  groupe pour survivre. L’humain va chercher à agir afin de ne plus être exclu à cause de la souffrance et la crainte que cela occasionne.
« La douleur sociale est une forme de douleur dérivant de la détresse suite à la distance sociale des autres. Cheng et al. (2008) ont observé que les participants peuvent revivre la douleur sociale plus facilement et plus intensément que la douleur physique. Leurs études démontrent que les personnes  déclarent  que  la  douleur  sociale  est  plus  dure  à  revivre  par  rapport  à  la  douleur  physique  et  que  les  personnes  ont  des  résultats  plus  bas  à  des  tâches  cognitives,  après  avoir subi une douleur sociale plutôt que physique. »  Source : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00845406/document

Pour être claire, la douleur sociale (infligée par l’isolement) est source de souffrance plus importante que les douleurs physiques lors des reviviscences. De plus, la douleur sociale cause un amoindrissement des capacités cognitives.
En isolant ou en punissant tout simplement, les adultes amènent les enfants à avoir de moindre capacité cognitive (entre autres).
Tant à la maison qu’à l’école, c’est contreproductif pour le développement des enfants, n’est-ce pas ?

C’est la raison pour laquelle de plus en plus de pays légifèrent pour que les châtiments corporels (52 actuellement) soient interdits.
Cela fit grand débat en France, parce que certains estiment que la loi s’immisce dans leur vie familiale. Il s’avère qu’il s’agit d’une ingérence du même ordre que l’autonomie des femmes par rapport à leur père ou à leur mari.
Accessoirement, c’est seulement en 1965 que les femmes peuvent ouvrir un compte bancaire de manière autonome. Et ce n’est en 1970 que la notion d’ « autorité parentale » prend le pas sur l’ « autorité paternelle ».
C’est là aussi une « ingérence » de l’Etat dans la vie familiale… Pour un bien !

Pour revenir à l’exemple suédois, ils ont interdit la fessée en 1979. La génération de parents actuels n’a plus cette tendance à recourir à des châtiments corporels. D’ailleurs, la plupart d’entre eux ne comprennent pas pourquoi cela fait débat que les enfants puissent bénéficier des mêmes droits individuels que les adultes. Aucun droit n’est retiré aux parents… Sauf celui de maltraiter leurs enfants (or, il est peu probable que ce soit une volonté franche d’avoir recours aux châtiments corporels…).
Car il s’agit de ça… Simplement.
Je ne sais pas toi, mais il me serait intolérable qu’on me tape la main ou qu’on me fesse si quelqu’un s’énerve face à mon attitude.

Grâce à cette loi contre les châtiments corporels, la Suède a fait diminuer l’occurrence de la maltraitance envers les enfants. Et les taux de délinquance juvénile et de suicides reculent !
Il a suffi de deux générations pour faire sortir la violence du champ social.
Le principe de la loi n’est pas d’être « Big Brother » avec une caméra dans chaque famille, mais de faire connaître les Violences Educatives Ordinaires (VEO) afin que les parents conscientisent leurs attitudes.
Savoir, c’est pouvoir !

Il est nécessaire d’intégrer que les enfants exposés à un adulte qui débordent en punissant (le débordement est paroxystique en cas de recours aux châtiments corporels) vont intérioriser ce type de réaction.
Plus les enfants sont exposés à des adultes qui s’emportent, plus ils auront tendance à recourir à la violence.

En outre, les punitions n’éveillent aucun apprentissage sur l’acte qui est le déclencheur de la réaction de l’adulte. Comme je l’ai déjà évoqué, il n’y a pas d’acquis qui ressort d’une punition, mais une perte de confiance en soi, un sentiment d’injustice et d’incompréhension et la recherche de stratégies de dissimulation face aux difficultés rencontrées.

Quant aux châtiments corporels spécifiquement, ces gestes n’auront peut-être pas de conséquence physique à long terme. Mais je tiens à rappeler que des centaines d’enfants meurent chaque année à cause de violence intrafamiliale. Les chiffres sont approximatifs étant donné que tous les décès ne sont pas suivis de procédures judiciaires. Cependant, au plus bas en France, il s’agirait d’un enfant tous les deux jours.
Alors la fameuse réponse : « On en est pas mort ! ». Non, la plupart des enfants n’en sont pas morts mais certains sont les victimes de cette banalisation des châtiments corporels dans l’éducation.
Voilà, voilà. Un premier coup peut partir… avant un déferlement d’autres !
Et si les enfants n’y perdent pas la vie, ils y perdent leur confiance en l’adulte, en soi et leur empathie spontanée.
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OK, ça craint. Mais avoir un enfant-roi, merci bien !

Le majeur problème lorsqu’on évoque le fait qu’il est nécessaire de sortir du système des punitions, c’est que la plupart des adultes n’ont pas idée des alternatives possibles… Parce que ces alternatives ne sont dispensées dans la population que depuis peu et à faible échelle (Coucou ! Je suis là pour ça !).

Les parents ont souvent peur que leurs enfants soient ingérables. Puisque le modèle de la soumission à l’adulte est celui qui est répandu, il y a une réelle appréhension à ne plus fonctionner de cette manière.
Surtout lorsqu’on agite devant les parents le mythe de l’enfant-roi (qui méritera un article, mais on peut déjà trouver des pistes dans mes articles sur la gestion de la frustration et sur celui de la colère).
La crainte d’élever un petit-être qui sera tyrannique qui serait une graine de dictateur.

Penses-tu que les grands dictateurs de l’Histoire ont été élevés dans la bienveillance, en l’absence de punitions en tout genre ?
Certainement pas ! Tous ces bonhommes ont intériorisé et extrapolé que la violence pouvait résoudre un conflit.
La violence implique une soumission au gagnant, au plus fort, à celui qui sait, …
Tout ce qu’on a baratiné aux enfants depuis des siècles : « Parce que je suis grand, et que tu es petit ! ».
Bref, la crainte c’est d’être celui qui a un enfant qui dérange les adultes, qui met en évidence et répond face aux incohérences, une enfant qui ne reste pas à la place que la société lui attribue.
Mais, tu en as vu beaucoup toi, des enfants qui sont pleins de vie tout en étant « sage, mutiques et polis » en toute circonstance ?
Personnellement, je trouverais ça presque effrayant. Genre « Village des Damnés ».

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Une image du film « Le village des Damnés », avec ses gamins hyper flippant!

Les enfants sont faits pour explorer, découvrir leur environnement et interroger les adultes. Bien sûr qu’ils « dérangent » le quotidien et la vie sociale des adultes. Si on fait des enfants, c’est intrinsèque que sa vie, sa maison, ses habitudes seront dérangées… Mettre un nouvel individu dans un foyer engendre de fameux bouleversements. C’est d’autant plus particulier que cet être évolue de jour en jour en acquérant de plus en plus d’autonomie et d’esprit critique.
Cela engendre un perpétuel questionnement sur la manière d’être avec les enfants, puisque leurs besoins se diversifient avec le temps.

Plus vite un enfant aura compris que les adultes qui l’entourent sont des ressources pour lui, plus il pourra devenir confiant et croquer la vie à pleines dents.
Non, les enfants ne sont pas plus dociles dans une éducation exempte de punitions… Mais ce sont des êtres à part entière, qui n’ont pas plus à être dociles qu’une femme devrait l’être docile face à son époux (#wife’slifebefore68!).

 

Et qu’est-ce qu’on peut faire ?

Aaaah ! Ma question préférée !

Réponse en quelques mots-clefs : réparation, alternative, collaboration, anticipation, responsabilisation, l’information (des parents) et, the last but not least : le travail sur soi des parents.

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Je détaille, pas de panique.

D’abord, imaginons une situation précise : un enfant de 3 ans est fort excité à table, il refuse de manger, s’énerve et finit pas jeter son assiette par terre (on va espérer que l’assiette soit d’une matière peu fragile).
Comment réagir ?
D’abord, si la situation met le parent dans un état d’énervement majeur : prendre du recul sur la situation. Boire quelques gorgées d’eau, souffler un grand coup (c’est le temps de pause). Rien de bon ne sort lorsque c’est mu par l’énervement (et ça vaut pour toutes les situations, donc la réaction face aux enfants ne fait pas exception).

Après, il faut mettre des mots sur ce qu’il se passe en utilisant un principe d’observation (comme expliqué ) : « Je vois que tu es très énervé. Ton assiette est maintenant par terre. »
Pas de mot du genre : «  Que tu es pénible ! Je vais encore devoir tout nettoyer ! Tu es infernal ! C’est toujours pareil ! Tu ne manges rien ! ».
Ces phrases n’apporteront rien à l’enfant ni à toi en fait… Puisque c’est un emportement émotionnel.

Il est ensuite nécessaire de voir comment va l’enfant : est-il calmé par le fait d’avoir jeté l’assiette ou se trouve-t-il encore dans un état d’excitation intense ?
Si tel est le cas, il est nécessaire de comprendre ce qui cause cette excitation et ne pas perdre de vue qu’un enfant n’agit jamais dans le but de nous exaspérer. Il cherche à manifester quelque chose par son attitude. Dans le cas proposé, il se pourrait que l’enfant soit trop fatigué, n’ai pas faim, ai eu une journée éprouvante (et lui n’a pas encore acquis la capacité à gérer ses émotions, il va apprendre d’autant plus vite que les adultes lui montrent comme agir quand ils sont énervés !), …
Étonnamment mais de manière pratique, le fait de proposer de le prendre dans les bras ou alors de sortir de table pour le laisser aller dans un endroit où il est bien est la réponse rapide la plus adaptée.
Si les adultes ont besoin d’un temps de pause pour retrouver leurs esprits avant d’agir, les enfants ont d’autant plus besoin de soutien et de temps pour sortir de la vague émotionnelle (qui ne dure pas plus de 90 secondes si elle n’est pas entretenue par des mots/attitudes de quelqu’un).
Petite aide du Dr. Daniel Siegel pour soutenir les enfants dans leur gestion émotionnelle, à expliquer à froid à l’enfant : https://www.youtube.com/watch?v=9aONSCU9v_w

L’idée est ensuite de faire en sorte que le « problème » soit résolu, ici l’assiette renversée.
Il est alors possible de proposer à l’enfant de nous aider à « réparer » les conséquences de son geste. Cependant, il faut attendre que l’enfant et l’adulte soient disponibles pour le faire.
Si tu as envie de manger ton assiette avant de nettoyer, fais-le !
Personne ne va débouler chez toi en te disant : « Eh dis donc ! Vous êtes en train de rater votre statut de maison bien tenue ! ». Cela peut attendre 15 ou 30 minutes sans aucun problème. De manière à ce que tu puisses manger sereinement après un épisode d’énervement.

Quand l’enfant est calme, il est possible de lui demander à ramener une éponge, un torchon ou tout ce qui pourra servir à ramasser les résidus alimentaires sur le sol. Faire le nettoyage ensemble lui permettra d’apprendre comment agir lorsqu’une assiette tombe (peu importe que ce soit lui qui l’ai jeté, pourvu que cela soit réparé). La collaboration au quotidien amènera à ce qu’il ne se sente plus coupable mais responsable face aux gestes « maladroits ».
Ça aide les enfants qui trouveront ça « logique » de venir aider quelqu’un qui a fait tomber quelque chose, au lieu d’être un spectateur inerte.
Il est inutile non plus de revenir sur l’incident en insistant sur le « mauvais » comportement.
Il est préférable de dire à l’enfant, en début de repas, « Si tu n’as pas faim, tu peux nous l’exprimer et juste pousser ton assiette au milieu de la table ».
Il vaut mieux une assiette repoussée, indiquant clairement sa volonté, qu’une assiette qui vole après un énervement majeur.

 

L’idéal est de ne plus être exposé.e à cette situation assez peu agréable. Il est dès lors nécessaire de se questionner sur les raisons qui ont engendrées que l’enfant ait agi  de telle sorte.
Si c’est parce que l’enfant est fatigué, il faudrait peut-être proposer le repas plus tôt. S’il n’a pas faim, il est juste nécessaire de l’écouter et de ne pas être exaspéré.e parce qu’il ne se sustente pas. Il y a beaucoup d’égo derrière les repas. Pourtant, cela ne devrait être que des propositions où l’on se gratifie soi-même de faire de son mieux… pour soi.
Je l’admets, ça demande un certain lâcher-prise. Mais c’est le premier pas d’un travail sur soi qui sera bénéfique à toute la famille !

Cela implique que les parents soient informés sur la manière de réagir de leurs enfants et aussi, sur le « sujet de discorde ».
Dans l’exemple, est-ce important qu’il demeure à table alors qu’il ne semble pas en état de manger ?
Est-ce qu’un enfant a réellement besoin de manger s’il affirme ne pas avoir faim ?
Ces questionnements et la recherche d’informations qui pourra y répondre permet de mettre en perspective ce qui est perçu comme important (qui est un jugement de valeur !).

L’objectif est de partir à la recherche d’informations pour comprendre son enfant, ses besoins réels mais aussi, fouiller ce qui nous rend mal en tant que parents (dans l’exemple, le rapport à la nourriture et à la place que cela prend pour celle/celui qui prépare)… et donc se retourner sur soi-même.
Cela réveille l’enfant en nous qui a vécu les petites phrases comme : « finis ton assiette ! », « tu manges lentement/salement ! », « c’est pénible de te nourrir ! », etc.
Cela implique qu’on prenne conscience de ses failles… afin d’éviter de les reproduire involontairement chez les enfants.
Un très bon ouvrage sur le sujet, de l’illustre Isabelle Filiozat : « Il n’y a pas de parent parfait », aide tous ses lectrices/lecteurs à mettre à jour leurs propres cicatrices émotionnelles pour améliorer la dynamique familiale.
Juste une question, pour finir cet article.
Si, au lieu de parcourir les diverses possibilités d’actions alternatives, le parent avait puni l’enfant ayant jeté l’assiette, que ce serait-il passé ?
L’adulte aurait été très énervé, longtemps. L’enfant aurait crié de colère face au sentiment d’injustice de la punition, ou au contraire serait prostré de tristesse.
Les émotions chez les deux protagonistes auraient duré bien plus de 90 secondes.
L’enfant n’aurait pas appris à participer à la réparation d’une « erreur ».
Le parent ne se serait pas questionner sur les causes de ce comportement et sur la recherche des possibilités pour éviter la récurrence de la situation.
Enfin, l’adulte n’aurait pas pu faire un retour sur son propre vécu… trop prisonnier d’une perception misérabiliste tant pour lui-même dans son rôle d’éducateur qu’envers son enfant perçu comme « ingérable » ou « impertinent ».

Sortir du système des punitions, c’est s’offrir pléthore de perspectives qui permettront à la famille de fonctionner plus sereinement.  Et enfin d’avoir, à terme, une société où la violence, la brimade et d’isolement ne sont jamais les premières options émergeantes à l’esprit.

 

A très bientôt Lectrice/Lecteur Curieuse.x !

Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

La bienveillance, c’est quoi, en fait ?

On en parle de plus en plus : la bienveillance dans l’éducation, dans la pédagogie et dans la vie, en général.
Et c’est heureux puisque la bienveillance est  une « disposition de l’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui » dixit le Larousse.

Le concept de bienveillance  dans l’éducation et aussi pour revoir les modèles pédagogiques dans l’enseignement est très fréquemment abordé tant par écrit que dans les émissions médiatiques.
Mais, de facto, j’ai la sensation que peu de personnes peuvent mettre des mots concrets sur ce qu’est une conduite bienveillante.
Cet article a donc pour objectif de mettre en évidence ce qui sous-tend la terme de bienveillance. De cette manière, il sera plus simple de l’appliquer sans la confondre avec du laxisme.

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La bienveillance, ce n’est pas juste ne pas être malveillant. Ça tombe sous le sens, mais pourtant, quand la bienveillance fait défaut, il est souvent rétorqué : « ça va ! je ne suis pas malveillant non plus ! ».
Il y a toute une palette d’attitudes entre la malveillance et la bienveillance, autant qu’il y a de niveaux de gris entre le blanc et le noir.
C’est pour ça qu’il est compliqué d’appréhender le concept de bienveillance si le questionnement reste superficiel et non dans une globalité.

En effet, pour comprendre ce qu’implique la bienveillance, il faut prendre de la distance par rapport aux situations et se positionner en observateur.
Agir avec bienveillance demande de changer de perspective sur les relations humaines et donc… sur le devenir de l’humanité. Tu penses que c’est exagéré ? Je vais t’expliquer pourquoi ça ne l’est pas et que c’est très « rentable » de croire en une humanité qui s’améliorera grâce à la bienveillance.

Il est difficile d’agir avec bienveillance si l’on est persuadé que l’humain est mauvais par essence.
Il est impossible d’agir avec bienveillance si l’on estime que les enfants doivent être obéissants et sages.
Pourquoi ?
L’obéissance implique de la soumission et donc, de la crainte et le renoncement à l’esprit critique. Il est alors nécessaire que l’enfant ait peur de ses référent.e.s adultes pour être soumis à leurs volontés. Cela engendre une dénégation de ses propres besoins et donc, à terme, un enfermement émotionnel. Et la perpétuation des violences éducatives ordinaires peut alors se poursuivre …
En outre, la sagesse n’est pas une caractéristique à attribuer à un enfant. Pourquoi et dans quel but serait-il sage ? Qu’est-ce que ça lui apprendrait de rester immobile sans émettre de son ?
Ironiquement, si  quelqu’un souhaite vivre avec  un être sage à domicile, je conseille une plante verte. Même le poisson rouge pourrait être caractérisé de « sale », si l’aquarium se salit relativement vite.

Le manque de bienveillance peut se marquer d’une façon anodine : en caractérisant l’individu au lieu des comportements.
« Mon enfant est turbulent » ; « Mon enfant est agité ! » ; « mes élèves sont fainéants… ».
Combien sommes-nous à avoir entendu : « De notre temps, ça ne se passait pas comme ça ! Les enfants ne respectent plus l’autorité ! » ?
J’ai un scoop, pour tous les parents et les grands-parents qui pensent que les enfants sont trop dissipés et peu sensibles à l’autorité… Platon pensait comme vous !

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,

Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,

Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,

Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie »

Ce texte est issu de «  La République ». Je rappelle que l’auteur est né en 472 avant J.-C.

Autant dire que la crainte de la jeunesse incontrôlée qui engendre la tyrannie…  n’est pas neuve !
Platon est un penseur dont les écrits sont passionnants. Mais comme quelques philosophes après lui, leur perception de l’éducation est diamétralement opposée à la lame de fond actuelle souhaitant adopter des attitudes bienveillantes et dénuées de Violences Éducatives Ordinaires (VEO) envers les enfants. Cette lame de fond est, je le rappelle, complètement soutenue par les nouvelles connaissances en neurosciences et psychologie du développement.

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Pour approcher les relations dans une optique bienveillante, il faut arrêter d’avoir peur de l’autre et des hypothétiques comportements réactionnels.
Pour être plus claire, envers l’enfant, une éducation positive laisse souvent craindre une tyrannie de la part de l’enfant, une toute-puissance dont les parents seraient totalement débordés. Un enfant qui, suite à cette éducation, deviendrait un délinquant, à la marge de la société.
Voilà ce qu’on appelle une belle projection pour aller au bout des craintes soulevées par un sujet.

Il est nécessaire de ne plus qualifier la personne mais les comportements.
La plupart des attitudes sont explicables par la situation.
Par exemple : Il est peu probable qu’un enfant de 8 ans s’amuse à vider son assiette en jetant, l’un après l’autre les aliments par terre.
Pourtant, ce même enfant entre 6 et 18 mois le faisait régulièrement.
Était-il « méchant », « mauvais », « turbulent » à cet âge-là et est-il devenu sage entre temps ?

Autre exemple : un jeune homme, 20 ans et étudiant, trouve un portefeuille par terre. Il découvre qu’il contient de l’argent. Il décide de le prendre et de ramener le portefeuille vide à un commissariat. L’homme, maintenant âgé de 35 ans en trouve à nouveau un. Il ne touche pas à l’argent qu’il contient et le ramène au commissariat.
Était-il mauvais à 20 ans et est-il devenu raisonné, « bon », plus tard ?

En réalité, les enfants de 6 à 18 mois découvrent ses capacités physiques et les propriétés physiques des aliments et des objets qu’ils manipulent. La nourriture est d’ailleurs la seule possibilité qu’ils ont pour s’exercer à la préhension et à la manipulation de petits objets.
A 8 ans, cette découverte est passée et il est en train d’apprendre les codes sociaux de la tenue à table.
Pour l’homme et l’argent du portefeuille, il s’avère qu’à 20 ans, il était étudiant et en fin de mois. Il n’avait plus que des pâtes pour les 5 jours à venir et cet argent tombait à point pour acheter le traitement médical  qu’il n’avait pu acquérir. Plus tard, il gagnait suffisamment sa vie pour ne pas utiliser cet apport d’argent.

Tout est à mettre en perspective avec le contexte… Et nous invite à faire preuve d’indulgence envers les personnes.


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La bienveillance appelle à de la compréhension pour autrui.
Non seulement, il faut prendre en compte le contexte, mais il est également nécessaire de comprendre le comportement pour réagir avec efficacité.
Il n’est pas utile de dire à l’enfant de 12 mois de se tenir correctement à table  et de manger aisément avec ses deux couverts. Ça tombe sous le sens.
Mais, cela n’est pas plus utile de crier d’exaspération ou d’appeler son enfant « le petit cochon » face à ses expériences balistiques avec les aliments.

Comprendre les comportements implique de la curiosité et une remise en question des croyances et adages populaires.
Si l’on continue à croire qu’un enfant a besoin de « faire ses poumons », il pleurera car ses parents ne le prendront pas. Si l’on sait que cela engendre du stress et des hormones délétères (cortisol, entre autres) pour le développement, cela sera sûrement évité.

Tant dans l’éducation que dans l’enseignement, cela demande des connaissances précises sur le développement infantile et la pédagogie.
C’est une des raisons d’être de ce blog et de mes futures activités (#placementdeproduitdiscretoupas).
Pour agir avec bienveillance, il est indispensable de se renseigner sur les raisons qui pourraient motiver une attitude.

La bienveillance demande que l’observateur de la situation soit en capacité de prendre de la distance et de ne pas céder à la réaction à chaud.
Le temps de pause (prendre quelques secondes pour respirer en conscience et de défaire de la bouffée de colère) est un outil excellent afin de pouvoir mettre de côté la pression avant de décider d’une action-réponse.
Afin de comprendre et d’agir avec bienveillance, il est nécessaire de  percevoir la situation sous un angle que j’ai présenté dans la communication non-violente. D’abord, se placer en observateur des faits, ensuite, tenter d’interpréter les émotions  et chercher les besoins exprimés (tant pour l’autre que pour soi).

En termes de pratique, ce qui sollicite une participation collaborative de l’individu part déjà avec une intention intéressante.
Car une autre clef de la bienveillance se situe au niveau de l’intention.
L’objectif n’est pas de considérer que l’autre fait « faux » ou « mal » mais différemment et que les attitudes réponses ont pour objectif de conserver la relation, en respectant les émotions et le besoins de chaque partie.

Face à un enfant qui a un comportement désagréable à votre sens, il y a plusieurs phases possibles.
D’abord, prendre le temps de respirer si l’on se sent énervé.e.
Ensuite, observer les faits et se questionner sur l’âge de l’enfant ainsi que ses compétences d’inhibition de ses actions (jusqu’à 18/24 mois, les interdits et les formulations négatives n’ont pas de sens pour l’enfant).
En terme d’action, il est utile d’aller dans un sens de réparation : aider à éponger l’eau renversée, amener la balayette pour ramasser, frotter un mur sur lequel le dessin a été fait, etc.

Dans la sphère pédagogique, il est nécessaire d’accompagner l’enfant à faire ses propres expériences et à apprendre pour l’envie d’acquérir des connaissances/compétences.
Il est alors possible de mettre en lien chaque apprentissage avec l’usage qui pourra en être fait (au-delà de dire « Tu en auras besoin pour tes études »).

Il en va de même pour les réactions face à une attitude qui ne sied pas à l’enseignant : admettons qu’un élève ne cesse de parler en classe.
Une des réactions classiques pourraient être d’exclure le bavard.
Isolement, mise en exergue du comportement par rapport aux autres jeunes, perte d’apprentissage pour la suite de la matière, les conséquences sont nombreuses pour des paroles de trop.
L’enseignant peut alors se questionner sur les raisons d’être dissipé de cet élève… mais aussi sur les manières de régler le problème structurellement au lieu de partir vers les réprimandes inutiles à long terme.
L’élève s’ennuie peut-être ou, au contraire, a des difficultés. Il pourrait alors être utile de l’investir d’une mission en classe pour l’occuper et/ou le valoriser.
En outre, concernant le bavardage… Les écoles à pédagogie alternatives ont bien compris que la classe taiseuse et en ligne devant un enseignant n’était pas une structuration facilitant l’apprentissage.
Les classes actives utilisent le travail autonome par projets, organisées en ilots, de manière à promouvoir le dialogue entre petits groupes.
De plus en plus d’écoles proposent des aménagements flexibles des classes (flexible seating).
Toutes ces méthodes permettent de respecter au mieux les besoins de l’enfant… ce qui, par essence, est bienveillant.

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Exemple de Flexible Seating (merci Pinterest)

Pour résumé, il faudrait axer ses actions de manière à répondre (pour les enfants) aux besoins ou, à tout le moins, les prendre en compte dans sa réaction.
Ainsi, on comprend vite que les phrases culpabilisantes, les cris, les punitions, l’isolement et même les récompenses n’ont pas de sens si l’on souhaite agir avec bienveillance.
En conscientisant ses propres besoins et émotions qui surgissent face aux comportements des enfants, cela offre la possibilité de travailler sur soi.

 

Je te souhaite d’avoir trouvé un peu d’éclaircissement sur la notion de bienveillance.

A très vite, chèr.e Lectrice/eur  Curieuse.x !

Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le quatrième trimestre de grossesse ou « la découverte du Nouveau Monde » !

Dans cet article, je vais te proposer de traverser (moralement et pratiquement) les premières semaines de ce nourrisson qui découvre la vie extra-utérine de la manière la plus cool possible.
Prépare-toi, ça va remuer … et ton cœur va exploser d’amour !

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Ce matin-là, le soleil se lève mais rien n’est plus pareil.
Tu l’as dans les bras, ce bébé.
Et ça chamboule pas mal de choses !
Après l’effort, le réconfort de voir cette bouille ronde et rebondie (si bébé est né à terme, ce que je te souhaite. Si ça n’est pas le cas : courage, vous allez y arriver à cette vie ensemble et sereine !).
Il n’en est pas moins que tu as les stigmates de ce qu’il vient de se passer : une sensation entre le camion et l’éléphant qui vient de te passer dessus (et entre les jambes ou le bas du ventre, en cas de césarienne !).
Bref, tu n’es pas au top de ta forme. D’ailleurs, ce ventre n’est plus vraiment rond (mais pas vraiment absent non plus : un petit tour pour en savoir plus sur  « si j’avais su : le corps d’une femme après l’accouchement »).
Niveau moral, tout dépend de comment va le bébé et de la manière dont ton corps réagit.
Et puis la stupeur de découvrir ce petit-être complétement en attente de toi, de ton odeur, de ta voix… Tous ces éléments qui lui sont familiers et qui le/la rassure idéalement.

Tu te rends compte que tu peux difficilement boire un café chaud ou aller aux toilettes sereinement sans craindre d’avoir un bébé qui te demande (bientôt, tu iras aux toilettes avec le bébé en écharpe !).
Parce que c’est vrai : maintenant et pour de nombreuses années, quelqu’un aura un intense besoin de toi.
Je ne dis pas ça pour effrayer, mais pour avertir.
Un nourrisson ne se contente pas de téter et de dormir. Enfin, si… Si on prend bien en compte qu’il peut passer des heures au sein à mélanger les deux activités. C’est tout à fait normal voire souhaitable dans ses premiers jours. Il/elle active de ce fait ta montée de lait.
Tes nuits vont être chamboulées (sans blague !) et c’est pour cette raison que je te conseille vivement le cododo dès la maternité !
Cela sauvera ton dos, ton sommeil, et réduira allégrement ton épuisement.

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Question allaitement, tu vas avoir ton bébé collé au sein beaucoup, vraiment beaucoup pendant les premières semaines car c’est là que tout se met en place question lactation.
Alors n’écoute pas les conseils pavés d’ignorance tels que : « il faut laisser du temps pour digérer ! », « Il régurgite parce qu’il mange trop », « il demande le sein parce qu’il a trop faim : donne un biberon », « mets lui une tétine, ça le calmera ! », …
En gros, dès que ton bébé s’éveille, mets-le au sein. N’attends pas qu’il pleure, c’est inutile pour lui et pour toi. Voici quelques conseils pour débuter son allaitement.

Ça peut être déstabilisant, les premières semaines, d’avoir un enfant tout le temps dans les bras (et si souvent en train de téter).
Tu passes d’une entité simple à une entité composée de deux individus. Or, l’un d’eux ne tolère que ta présence.
Encore une fois, c’est normal.  Comme expliqué dans mon article sur le maternage proximal, l’être humain est un primate (eh oui, il faut l’admettre) ce qui implique que le petit naissant très immature a le besoin d’être sécurisé, nourri et recevoir des soins constamment.
A toi l’écharpe de portage, les vêtements extensibles (pour passer vite fait le sein au-dessus) et la patience.
Fais confiance à ton bébé sur son rythme, il sait de quoi il a besoin. Dès le départ, il va falloir apprendre à lâcher-prise sur ces vieilles croyances et laisser le bébé gérer ses demandes. Je peux te suggérer la lecture de mon article  « clefs pour démarrer un allaitement » afin de t’aiguiller ou de rassurer tes impressions !

Pratiquement, dès le départ, assure-toi d’avoir de l’aide à domicile (environ les 15 premiers jours, vraiment).
Tu peux demander à tes ami.e.s ou à la famille de se relayer pour venir te passer un coup d’aspirateur ou te faire tes courses (si tu n’es pas maman solo, tu auras ton/ta conjoint.e le fera).
Idéalement, si les gens veulent venir te voir, prépare-les. Oui, ils verront un bout de sein. Oui, peut-être plusieurs fois sur une même heure. Oui, c’est normal.
« Et si tu peux amener de quoi manger, ça serait top ! » pourra être ta phrase de fin.
Il est préférable de manger des choses nutritives qui vont te tenir en forme et fournir à ton corps l’énergie pour se reconstruire du marathon de l’accouchement et des premières semaines mouvementées.

 

Comment faire pour bien manger en étant jeune maman ?

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Deux cas de figure possibles : soit tu as de la famille soit tu es seule.
Si tu as de la famille, tu peux leur déléguer la préparation de quelques repas.
Si tu es seule, et même si ce n’est pas le cas, anticipe !
Durant les 4 dernières semaines de ta grossesse, prépare des plats en plus grande quantité et mets au congélateur des portions individuelles.
Cela te sauvera ! Tu pourras manger bien et rapidement. Il est impératif pour ta santé tant physique que mentale que tu maintiennes une alimentation qualitative et régulière dans la journée (c’est-à-dire plusieurs fois par jour, peu importe l’heure).
En outre, n’essaye pas de faire coïncider tes repas avec celui des autres, du moins, pas les toutes premières semaines.
Focalise-toi sur ton rythme avec le bébé… et Prépare des linges (tétras) !
Tu vas pouvoir manger pendant que ton bébé dort. Une manière de le faire ? Pendant qu’il dort dans l’écharpe (rappel : pas de mauvaise habitude en restant en écharpe 16h/24 si nécessaire – et c’est souvent nécessaire puisque le bébé humain a besoin de proximité pour être serein).
Tu places alors un linge au-dessus de sa tête et tu manges… salement (oui, quand on est à 30 cm de la table, c’est vraiment la galère ! J’ai mangé à la cuillère à soupe pendant des mois !). Mais tu manges.
Si par chance, cela colle à l’heure du repas familial, tant mieux.
Mais vraiment : ne te colle pas de stress avec des impératifs de norme sociétale. Ton bébé se fiche des horaires, la seule horloge qu’il écoute et comprend, c’est celle de ses besoins physiologiques.

Si tu es maman solo ou lorsque tu es seule avec ton bébé, c’est encore plus simple (question horaires « sociaux », soyons honnête !), car il n’y a pas un tiers qui s’attend à manger à une heure précise ou qui est tiraillé par la faim.
Par contre, cela demande une organisation pour préparer ses repas si tu n’as plus d’avance.
Une première idée est de cuisiner à chaque fois pour deux ou trois repas.
Question préparation, il est évident que c’est compliqué d’enchaîner la préparation et le repas dans la foulée sans que les bébés ne demandent à téter, dormir, être câliné.
Mais comme je l’ai déjà dit, il n’y a aucun problème à cuisiner et à manger lorsque le bébé dort sur toi (il faut juste faire attention aux projections ! Evidemment, on ne fait pas de friture avec un bébé en position ventrale).
Je te suggère de préparer tes repas en milieux de matinée pour midi et en après-midi pour le soir. Une fois que les plats sont prêts, tu peux les déguster quand tu le souhaites.

rawpixel-656748-unsplash.jpgIl est également nécessaire d’avoir des encas sains à grignoter en cas de fringale (qui vont surgir !). Cela te permettra de ne pas plonger sur des biscuits ou autres « crasses » qui ne te nourriront pas réellement.
Tu peux avoir des carottes ou autres légumes crus à croquer. Ensuite, tu peux miser sur les fruits secs et les oléagineux. Comme je l’ai conseillé dans d’autres articles, dès l’accouchement, cela n’a que des bénéfices.

 

Autre aspect pratique : ton hygiène corporelle !
C’est très cliché de voir dans les films ou d’entendre : « Tu verras, tu te retrouveras à 15h en pyjama ! ».
Alors, en effet, c’est possible… Mais il y a pleins de possibilités pour qu’il en soit autrement.
D’expérience personnelle, j’ai modifié mes heures de douche en fonction de l’âge de ma fille.
Au départ, je me douchais en 3 minutes chrono pendant qu’elle dormait (on ne sait jamais combien de temps ça dort, un nouveau-né !).
A partir du moment où les bébés regardent les arches disposées au-dessus ou à côté d’eux (je rappelle que les mobiles lumineux et musicaux sont à éviter pour diverses raisons expliquées dans cet article sur la motricité libre), on peut profiter d’un temps d’éveil pour foncer sur la douche.
Par exemple, le temps d’éveil juste après le réveil de la nuit.
On installe le tapis d’éveil dans la salle de bain et on fonce sous la douche. Cette organisation fonctionne à merveille pendant des mois !
Alors je vais être honnête, on ne prend pas son temps sous la douche quand personne ne peut surveiller ou prendre les bébés lorsqu’ils s’impatientent. Mais on est propre ! Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Pour le bébé, ces premiers mois lui amènent une foule de nouvelles sensations. Il découvre le froid, le chaud, la faim, la peur, la lumière vive, le mouvement, et tout ce qui compose l’environnement qui était filtré jusque-là.
Le bébé était jusque-là bercé h24 et accompagné par les bruits internes de la mère. La plupart des bébés sont à l’aise pour dormir alors qu’on passe l’aspirateur (ça peut même les endormir. C’est un truc à tester ! Ayant deux chats à poils longs, je dois allumer la machine tous les jours et j’ai ainsi endormi ma fille aisément, tout en gardant un intérieur dénué de touffes de poils).
Mais cela veut aussi dire que le bébé a besoin de sa mère ou d’un.e référent.e constamment. Ce n’est pas peu dire… Car le bébé va se réveiller s’il est posé (et qu’il ne sent plus son bercement habituel et les odeurs familières). La plainte arrivera également s’il/elle est laissé.e posée longtemps. A partir de quelques semaines, l’attention et la vue du bébé lui donnent envie d’observer et pourra être posé un peu plus, jusqu’à ce qu’il s’ennuie.
Il n’est ni utile ni souhaitable de se dire que le bébé doit apprendre à patienter. Ça n’a aucun sens dans son existence. La tolérance à l’attente envers ses besoins viendra avec l’âge mais certainement pas dans la première année de vie.
Il en va de même avec le fait d’être porté : cela ne donne pas de mauvaise habitude. Cela octroie de la confiance en ses référent.e.s et la construction de sa base de sécurité. Je renvoie à mes articles sur le maternage proximal et le portage.
Cela peut paraître déconcertant car les siècles derniers ont laissé croire que la dyade mère-bébé était à séparer… Et donc, à promouvoir les couffins, les balancelles, l’alimentation au biberon, etc.
Les neurosciences affectives ont bel et bien démontré combien le maternage et l’éducation bienveillante (qui commence dès la naissance) sont bénéfiques pour le développement social, émotionnel et physique de l’enfant. Ce n’est donc pas une mode (comme je l’ai expliqué ), mais bien un retour aux sources validé par la science.
Ça donne de l’aplomb pour agir en tout état de conscience.

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On parle souvent du 4ième trimestre car c’est le moment où le bébé est encore dans un mode de vie qui demande une présence constante qui mime ce qu’il vivait dans le ventre de sa mère. C’est aussi la période du devenir parent, qui implique une découverte de soi.
Il faut cependant savoir que l’attente du bébé est explicitée par un adage : « 9 mois dans maman, 9 mois sur maman ».
En gros, le bébé va demander et avoir besoin d’être porté très fréquemment (avec tous les bénéfices que cela comporte) jusqu’à ce qu’il se déplace avec aisance (même après, le portage a tout son sens !).
Cela peut sembler énorme… Mais le temps passe extrêmement vite. Cette toute petite enfance s’envole avant même de s’en rendre compte.
Loin de moi l’idée de banaliser l’envahissement et la ferveur que cela engendre à chaque instant.

Cependant, il te faudra conscientiser la différence de rythme de ce petit-être avec le tien. Le lâcher-prise sera inestimable concernant ce que tu pensais pouvoir/devoir faire avant de détenir ces connaissances.
Le bébé humain ne fait pas la distinction jour/nuit (c’est-à-dire qu’il ne fonctionne pas sur le même cycle circadien que la plupart des autres humains). C’est aux alentours de 3 mois que son cycle sommeil/veille, et donc la distinction avec la nuit, se produit.
Avant cette date, il est fréquent que les bébés aient encore des périodes d’éveil long en pleine nuit. Dans notre cas, ma puce avait fréquemment des phases d’éveil de 22h à 23h30 jusqu’à presque 4 mois. Jusque-là, je l’ai gardé avec moi dans le salon en portage. Elle pouvait y dormir tranquillement, et moi, je mangeais, faisais ma vaisselle, recevais mes ami.e.s…
On allait se coucher en cododo à ses signes de fatigue et on enchaînait la nuit.
A partir de 4 mois, j’ai observé qu’elle s’endormait systématiquement après son bain, lors de la tétée. Quand j’ai observé qu’elle ne se réveillait plus que pour téter, j’ai tenté de la mettre au lit avant moi, en sortant de son bain. Tétée allongée et c’est parti pour la nuit (entrecoupée de tétées, il faut admettre !).
Je fais ce petit retour #storytelling car c’est assez exemplatif de ce que je te souhaite : ne pas perdre du temps et de l’énergie à tenter de poser un bébé afin qu’il dorme … alors qu’il/elle se réveillera à coup sûr. Il faut tenter de temps en temps et à partir d’un moment, ça finira par rouler.
Ici, les premières siestes en journée dans le lit ont eu lieu à 6 mois (quand je suis chez moi et encore, ça arrive qu’elle veuille rester avec moi pour dormir).
Bref : Keep cool and babywearing power !

Afin d’aider ton bébé à faire la différence jour/nuit, même si cela s’acquiert la plupart du temps (il y a toujours des exceptions, on ne peut les occulter), je te conseille de ne pas allumer la lumière et de faire le moins de mouvements et le moins de paroles à voix haute possible.
C’est un parti pris, mais personnellement, sauf selles, je n’ai pas changé ma fille la nuit. Je ne le fais que très rarement quand elle ne retrouve pas le sommeil ou qu’elle a débordé (ça arrive !).
Je ne sais pas si cela a un lien, mais avec ces habitudes nocturnes, elle n’a jamais eu de périodes d’éveil durant plus que le temps d’une tétée (où sont étions à moitié endormies) entre minuit et 6h du matin.

Bref, c’est un tourbillon journalier! Ça déménage et clairement, sauf si on a des amies ou une proche parente qui est passée par là récemment, on ne s’y attend pas.
Emotionnellement, entre le bonheur (et l’injonction de bonheur de la jeune mère exigée par la société) et la dévotion qu’un nouveau-né implique, c’est bouleversant.
Ce n’est pas forcément évident. Certaines peuvent se sentir envahies, d’autres très anxieuses d’être en charge de ce petit-être vulnérable, et d’autres encore complétement dépassées par la situation.
Je pense que ce sentiment de dépassement arrive à la plupart des primipares. Souvent au moment de quitter l’endroit où l’on a accouché et qu’on se dit : « Ok, je n’aurai plus de conseils à volonté, maintenant » (si tu as la chance d’avoir eu une structure soutenante et avertie).
En plus, le corps n’est pas vraiment au top de sa forme et cela joue sur le moral. Les douleurs ont un impact sur le moral. Il ne faut pas l’oublier et le prendre en compte.
Il faut aussi accepter de ne pas se sentir « si bien ».
Oui, ce bébé est là, mais ce n’est pas forcément l’explosion de joie voire d’amour attendu. Et même si notre cœur explose d’amour, ce n’est pas pour autant que tout semble évident.
L’état de « baby blues » peut durer quelques jours et s’estomper. Si ça n’est pas le cas après 15 jours, il ne faut pas tarder à prendre contact avec un.e professionnel.le de santé.

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Le couple, s’il y a, est aussi réaménagé. De nouvelles places sont à créer et des attitudes peuvent émerger alors que c’est complétement inattendu.
Tu pensais être une maman « super cool » qui serait ravie de voir certaines tâches déléguées… Et tu te retrouves totalement « louve ». Tu ne parviens à faire confiance à personne.
Tu acceptes de déléguer les tâches annexes mais tu refuses que quiconque approche de ton bébé.
A l’inverse, tu pensais tomber amoureuse de ce bébé et être totalement investie de cette nouvelle mission… Et finalement, tu as du mal à trouver tes marques à ce nouvel être qui s’est éloigné de votre symbiose  qui a un langage et des signes qui te semblent abscons.

Dans les deux cas, ce n’est pas grave ! Les sentiments et émotions évoluent jour après jour.
Il ne faut pas hésiter à parler de tes émotions par rapport à cet enfant à des personnes de confiance voire à des professionnel.le.s si cela te crée un vrai mal-être.
En outre, ne te laisse pas culpabiliser par l’entourage qui, sous couvert de bonnes intentions, peut remettre en question tout ce que tu fais !
Il est bon d’être soutenue et accompagnée : si quelqu’un te suggère une attitude, essaye de les briffer sur les manières de faire. Des conseils et de l’aide, oui, mais avec de la bienveillance.
Et le must : des conseils que lorsqu’on les sollicite ou lorsqu’une personne est témoin d’un sentiment de dépassement.
Si tu es questionnée sur tes choix, et que tu considères que les remarques ne sont pas pertinentes ou aidantes, tu peux consulter « Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? ». Cela peut te donner des pistes pour discuter et comprendre pourquoi l’éducation est tellement sujette à débat !

 

Cette période de ta vie est mémorable, mais pas forcément la plus épanouissante sur tous les plans.
Elle donne un aperçu de ce qu’est la vulnérabilité à l’état brut (la tienne et celle du bébé), mais ouvre aussi à l’écoute des besoins. Le fait d’être en empathie constante avec ce bébé fait ressortir ses propres besoins personnels primaires.
C’est l’occasion de s’ouvrir et à affirmer ses propres besoins. C’est le moment de demander de l’aide, et de laisser de côté son égo. Tu peux dormir lorsque le bébé se repose si tu en as besoin, manger quand tu as faim et être à l’écoute de ton corps qui a vécu un sacré traumatisme après 9 mois à se remplir mais qui s’est vidé si rapidement (oui, même 24h de travail, c’est rapide en regard de 9 mois de construction !).
Tu peux demander du soutien et de l’écoute de la part de ton entourage, à la condition d’être en totale bienveillance envers toi et ton bébé (cela permet d’ouvrir sa famille à la bienveillance, avant de l’amener à se questionner sur l’éducation positive et bienveillante).

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J’espère que cet article pourra te préparer à ce qu’il va se passer/se passe dans ta vie.
Fais-toi confiance et je te souhaite de trouver toutes les ressources nécessaires autour de toi. Dans le cas inverse, entoure-toi de professionnels qui sauront t’aiguiller.

A bientôt, Visiteuse.eur Curieuse.x !

Éducation bienveillante

Comment gérer les « caprices » ?

Ah ! Ces fameuses crises lorsque les enfants sont frustrés. Mais aussi lorsqu’ils refusent de mettre certaines chaussures. Ou encore lorsqu’on lui refuse l’accès à certains objets.
Les crises, les larmes, les coups, les mots durs…
Les adultes, face à cela, estiment devoir rester stoïques et campés sur leurs positions… voire même sévir en punissant.
Conséquence : un redoublement de la « crise », le plus souvent.

 

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Et si l’on détaillait le phénomène pour se rendre compte de ce qu’il se passe pour les enfants ET les adultes ?

Le « caprice » est une expression utilisée largement pour faire état d’un comportement débordant des enfants qui n’aurait, selon les adultes, une ampleur immodérée et une raison injustifiée.
Dans le Larousse, c’est défini globalement comme : « Volonté soudaine, irréfléchie, changeante de quelqu’un, parfois d’un animal : lubie ».
Quand on regarde le reste des définitions, la notion de caprice est souvent liée à l’imagination, à la fantaisie voire à la virtuosité (en musique).

Pourquoi est-ce intéressant de se pencher sur une définition ?
Parce qu’on peut se rendre compte que les termes passent dans le langage commun… souvent avec une connotation négative. Cela me semble être une perte pour la compréhension que de demeurer obtu.e sur une expression.

Autant annoncer la couleur immédiatement, sur base de sources inhérentes en neurosciences affectives et du développement, je peux te garantir que les caprices n’existent pas… Et que les « crises injustifiées » n’apparaissent pas avant l’âge de 5/6 ans. D’ailleurs, il est préférable de nommer cela des « tempêtes émotionnelles » (d’où l’image d’orage!), qui figurent bien de quoi il s’agit réellement !

Pourquoi ?
Parce qu’avant cet âge, le cortex préfrontal (la partie avant du cerveau qui caractérise l’humain par rapport aux autres espèces et qui se développe en dernier) n’est pas assez mature que pour créer des enchaînements de situations qui demandent de la préméditation, de la manipulation ou de la provocation.
Avant l’âge de 5 ou 6 ans, le cerveau archaïque domine, est mu par les signes vitaux et déclenche les réactions émotionnelles.
Le cortex préfrontal, lorsqu’il arrive à maturation, permet de mettre de la distance par rapport aux situations.
Il est dès lors normal qu’un jeune enfant de 3 ans entre dans une tempête émotionnelle à cause d’une couleur de verre, d’une saveur de glace ou d’un jeu qui semble tentant.
Cet enfant n’est pas en train de tenter de vous provoquer ou de vous manipuler de manière bruyante.  Il n’est pas en mesure de prendre du recul par rapport à la situation qui l’émeut !
Il se sent réellement mal par ce qui lui arrive et, comme pour nous en tant qu’adulte, lui demander de se calmer n’aura pas d’impact positif… Tout en y comprenant qu’il n’est pas en mesure de le faire à cause de son immaturité corticale.

cortex préfrontal
Source: https://www.quora.com/What-side-is-the-prefrontal-cortex-on

 

C’est la raison pour laquelle il est absolument indispensable d’accompagner l’enfant dans sa tempête émotionnelle, d’y mettre les mots, de le questionner sur ses sentiments et d’avoir autant de patience que d’empathie (petit article pour y parvenir). Grâce à cette attitude bienveillance, et à l’exemplarité dont tu peux faire preuve face aux situations qui t’énervent, les enfants peuvent apprendre à tempérer et à verbaliser leurs émotions et leurs besoins sous-jacents.
C’est vers 7 ans que sonne l’approximative maturation de cette capacité, expliquant l’expression bien connue de « l’âge de raison ». Néanmoins, il demeure  nécessaire de mettre les mots sur les situations, d’expliquer les motifs d’un refus et de proposer des alternatives acceptables aux deux parties.

Mais que se passe-t-il pour les enfants lorsque les adultes catégorisent leurs réactions comme injustifiées ?

Le caprice est, par usage, une demande ou une attitude que les adultes considèrent comme inopportune.
Ce moment où un enfant souhaite des bonbons et que son adulte de référence refuse, l’enfant va avoir une expression émotionnelle qui sera qualifiée de caprice.
Je pense qu’il n’est pas difficile de voir ce qui est appelé un caprice, dans la société occidentale actuelle.

Afin de t’aider à te mettre en sympathie avec cette situation : imagine que tu souhaites vraiment manger quelque chose car tu as faim. Ensuite, alors que tu prends la chose qui te fait envie, quelqu’un te l’arrache des mains et te dit : « NON ! Tu ne manges pas maintenant. Dans 30 minutes, le repas sera sur la table ! ».
Maintenant, imagine que tu n’es pas en mesure de réguler tes émotions et que tu ne parviens pas à calmer le feu de la frustration.

Déjà, personnellement, quelqu’un me dirait ça, je répondrais : « Je crois que je mange ce que je veux quand je veux et je n’ai pas d’ordre à recevoir ! », et j’aurais repris mon aliment pour le mordre à pleines dents ! Namého!

Un enfant n’est pas en mesure de mettre les mots, d’argumenter avec calme et surtout, de gérer la frustration en restant impassible.
N’oublions pas que c’est aussi le cas pour énormément d’adultes… Sinon, il n’y aurait pas de violences (physiques ou verbales) dans le monde !

Les enfants vont alors réagir d’autant plus fort que la réponse des adultes seront catégoriques ou rudes, de la même manière que cela ferait réagir d’autres adultes… Mais ayant la capacité de gérer ses émotions, on ne s’exprime plus en trépignant (mais en boudant, en sifflant dans ses dents ou en levant les yeux au ciel… N’est-ce pas ?! On se penche sur l’adultisme ? ).

J’anticipe quelques remarques : Ok, les caprices n’existent pas, mais j’en fais quoi de mon gamin vociférant dans le magasin, moi ? Et donc quoi, si ce n’est pas un caprice, c’est quoi ?
Et puis, si je ne réagis pas, ça va devenir un enfant-roi exigeant tout et n’importe quoi ! Ça va être la débâcle !

D’abord, c’est la manière que les enfants trouvent pour exprimer leur insatisfaction/frustration (au demeurant, voici un petit article qui précise si oui ou non, il est nécessaire que les enfants apprennent la frustration).
As-tu vraiment envie que ton enfant ne réagisse pas lorsque quelque chose l’indispose ?
Parce que s’il ne réagit pas, cela ne dénote pas d’une santé mentale optimale. Un enfant qui ne réagirait pas à la frustration ne réagirait peut-être pas face à la douleur ou à d’autres alertes pour les signes vitaux.
Les besoins physiologiques sont à prendre (faim, soif, système digestif encombré, maladie, fatigue,…) dans l’explication des réactions émotionnelles.
En outre, il est indispensable de prendre en compte les éléments de contexte. Un enfant sera plus réactif dans un supermarché que dans un bois.
L’hyperstimulation intrinsèque aux lieux engendre, forcément, des attitudes qui peuvent apparaître plus fréquemment et/ou plus intensément.

Ensuite, il est primordial de comprendre que les enfants en dessous de 4 ans, et pas du tout avant 2 ans, n’ont pas toujours la capacité à inhiber leurs actions.
Ils vont avoir une idée en tête, et malgré tes protestations, ils vont agir tout de même.
C’est la raison pour laquelle il vaut mieux adapter son environnement aux enfants plutôt que croire qu’ils apprendront à ne pas toucher au vase à leur hauteur.
Bien sûr, cela arrivera. Mais pendant les premières années, autant t’éviter du stress inutile.
Précisément, il ne s’agit pas de provocation quand les enfants (16/36 mois généralement) fixent pendant qu’il fait une « bêtise ». Ils guettent si c’est bien ça qui fait réagir. Ce n’est pas de la provocation, ils tentent d’ancrer dans leur esprit qu’une action engendre telle ou l’autre réaction.

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« Donc, quand je lâche le verre, ça tombe ? Toujours ? »

Que faire, alors ?
Concernant la colère : voici un petit article que j’ai rédigé précédemment sur les stratégies à mettre en place pour déjouer les moments difficiles.

Il est nécessaire d’accueillir l’émotion qui s’exprime (même si, en effet, c’est vraaaaaiment pénible et particulièrement quand c’est en plein milieu d’un magasin bondé !) et de percevoir ce qui meut les enfants.

L’idéal est d’éviter les sources de frustration supplémentaires à celles qui sont inévitables. Non pas en cédant, mais en anticipant ce qui pourrait survenir et en distrayant !

On le dit souvent, quand on devient parent, tout doit être organisé.
C’est un peu exagéré, mais à certains égards, c’est très utile !

  • Votre enfant a faim et réclame à cors et à cris une glace/une gaufre/des bonbons. Aie toujours avec toi un encas qu’il/elle apprécie vraiment !
  • Dans les supermarchés, le rayon biscuits est problématique ? Évite-le !
    Sans rire, ça pourrait offrir d’autres perspectives alimentaires à ta famille de vous passer de ces sucreries… qui peuvent engendrer bon nombre de troubles du comportement (Merci les additifs !).
    Si vraiment, c’est un passage obligé, donne une mission à l’enfant (en fonction de son âge), « Trouve tes biscuits Untel Machin Truc ! » ou distraie-le avec un petit jeu qui aura été caché au préalable dans ton sac.
  • Il/elle refuse de se laver les dents/brosser les cheveux/se laver.
    Cela demande une stratégie de longue haleine (en parlant de dents ! ^^ ). D’abord, il est nécessaire que ton enfant voie que tu prends toi aussi soin de ton corps. L’enfant apprend par mimétisme… ! Et cela vaut pour tout.
    Ensuite, faire de ses moments des jeux : « Tu ne veux pas te brosser les dents tout.e seul.e, alors je te les lave et tu me laves les miennes ! ».
  • Un refus de mettre des vêtements précis ?
    Proposez deux choix de tenues. L’enfant pourra ainsi choisir quelque chose qui sera adéquat, puisque cela aura été mis en évidence dans ce qui convient à la météo. Plus de 2 choix les déborderaient.

Les refus/opposition de la part des enfants émergent souvent parce que les adultes donnent un ordre et attendent que l’enfant s’y conforme (article sur la crise d’opposition ou terrible two).
Mais eux, autant que nous en tant qu’adultes, n’apprécient pas les ordres donnés froidement.
Ils seront bien plus enclins à agir avec entrain s’ils participent au processus de décision.
« Que faut-il mettre comme chaussures quand il pleut ? »
« Que faut-il pour sortir quand il neige ? »
« Que peut-on faire maintenant qu’on a les mains toutes sales ? »

Interroger l’enfant, au lieu de lui ordonner, est une clef pour obtenir une relation harmonieuse.

Est-ce que cela prend plus de temps ?
On peut le croire et globalement, un enfant prend du temps. Son temps de réflexion et d’actions est plus lent que le nôtre puisque son cerveau est en développement.
Les houspiller pour qu’ils accélèrent n’aide pas… Puisque cela les met dans un état de stress (qui désordonne les actions entreprises).
Mais ce temps d’action librement consentie est bien plus serein qu’un temps perdu à batailler en finissant tou.t.e.s deux énervé.e.s.
En outre, suivre le rythme de l’enfant et observer la contemplation qu’il peut faire sur des petites choses qui nous semblent anodines appellent à quel point il a des capacités de pleine conscience (mindfulness) que les adultes oublient. Il peut être utile pour toi de revenir à ce mode de fonctionnement où tu ne t’agaces pas du temps perdu mais où tu profites des instants insignifiants.
Au quotidien, tu es amené à contempler cet enfant qui grandit et évolue chaque seconde. Il acquiert et précise ses nouvelles compétences minute par minute, sans que tu aies besoin d’être investie d’une tâche éducative active.
Un conseil simple : observe ce qui se passe dans des moments anodins ou l’enfant « te fait perdre du temps ». Tu auras moins l’impression « de ne pas l’avoir vu grandir ! ».


Lorsqu’une crise a eu lieu, il n’est pas utile pour l’enfant de revenir dessus en lui disant qu’il a eu un mauvais comportement.
Par contre, lorsqu’il est en âge de discuter, il est possible de revenir sur ce qu’il a ressenti et des solutions que vous pourrez trouver ensemble.
Dans le cas d’un plus petit, c’est à toi de jouer de trésors d’inventivité pour anticiper et divertir les bambins dans les moments tendus.
Ne cherche pas à revenir à froid sur une situation problématique si ton intention est de blâmer. Cela va cristalliser les situations problématiques.
Tu as besoin de déverser ton humeur et ton mécontentement (et c’est tout naturel ! Impossible d’être empathique si personne ne l’est avec nous) ?
Il y aura surement quelques personnes proches de toi et assez bienveillantes pour entendre tes difficultés sans juger tes compétences éducatives.

 

Cela ne te semble pas naturel de réagir avec toutes ces astuces « accueil/diversion/collaboration »?
Logique ! Nous n’avons pas été élevé.e.s comme ça.
Mais plus tu le feras, plus cela te semblera aisé ! C’est comme toutes les pratiques de la vie, cela s’exerce (un grand écart mental et attitudinal par rapport à nos vieux modèles !).

 

Mais ça ne risque pas de devenir un enfant-roi ?

L’idée n’est pas de « céder » aux caprices en lui donnant systématiquement les bonbons qu’ils réclament ou en achetant tout ce qui lui passe dans les mains. Outre le fait que le concept d’enfant-roi est, lui aussi, galvaudé et peu représentatif, j’y reviendrai !

Les enfants apprennent à agir et à réagir grâce à nos propres attitudes.
S’ils sont confrontés à de la sévérité, de l’autoritarisme, des crises, des ordres, des refus sans discussion, les enfants apprendront tantôt à se rebeller plus fort… Tantôt à s’écraser face à celui qui semble détenir le pouvoir. Ils se diront alors qu’il faut obtenir ce pouvoir pour être entendu.
Rapport de force « agréable » à venir… !
De plus, il va être difficile de demander à un enfant de garder son calme lors d’une colère si, toi-même ou ton entourage, lui montre des démonstrations violentes en réaction de la colère (lancer des objets, taper dans les murs, …).

Il a été démontré, et Catherine Gueguen l’explique admirablement dans ses conférences ou ses livres (références en fin d’article), que le maternage/ l’écoute/ le soutien/les câlins apportent à l’enfant des capacités pour développer optimalement son cortex préfrontal. Plus un enfant va être materné (clique pour comprendre ce qu’est le maternage proximal), plus son système émotionnel (en lien avec le système hormonal) va pouvoir croître de manière à apprendre à gérer les émotions fortes et les réactions empathiques.
Un enfant qui est entendu dans ses besoins et avec empathie pourra, à son tour, devenir facilement un adulte ayant ces capacités.
Il est absolument évident que les adultes agressifs et violents ne sont pas ceux qui ont été maternés… !

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Les malfaiteurs n’ont pas dû être beaucoup entendus et maternés, plus petits! :-p

« Tout-petit déjà, il comprend bien comment cela marche pour être dans les bras, c’est un malin ! »

Cette phrase me fait froid dans le dos. Elle est d’une banalité sans nom, et pourtant elle véhicule une violence inouïe !

D’une part, elle part du principe que l’enfant est déjà en mesure de faire des relations de cause à effet complexe, voire d’actes de manipulation. Être manipulé.e par un enfant qui ne sait pas jouer à cache-cache sans dire où il se trouve… Comment dire ?!

Ensuite, elle met en évidence que le bébé devrait être posé et qu’il n’est pas normal qu’il soit porté. Le mythe du « bébé-bras », auquel j’ai consacré un article, a la peau dure ! Et pourtant, cela tombe sous le sens que le bébé ait besoin d’être porté alors qu’il a été bercé toute sa vie intra-utérine et que sa survie dépend des adultes aux alentours.
Physiologiquement et instinctivement, les bébés ont un besoin impérieux d’être au contact constant, ou du moins prolongé, avec leurs référents. C’est leur unique moyen de survie de manière sécurisée.

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Alors n’ai pas peur de garder ton bébé tout contre ton bras ou dans tes bras. Il ne deviendra pas capricieux, il va juste gagner en confiance en lui… puisqu’il a pu compter sur toi ! Il construira une base sécure qui lui permettra de découvrir le monde sans appréhension de perdre ses référents (donc sa sécurité physique et affective).

Si tu es sceptique parce que « les bébés qu’on a laissé pleurer réclament moins », c’est vrai.
Cela s’appelle la « Résignation Acquise ». C’est un concept très étudié en psychologie qui explique comment un être va finir par ne plus exprimer ses besoins (apathie) puisqu’il aura compris qu’il n’y a pas de réaction lorsqu’il le fait (pour aller plus loin dans la compréhension de la résignation acquise tant pour les enfants que pour les adultes: c’est ce lien!)
Cela amène à des enfants qui se coupent de leur ressenti émotionnel et mais aussi de la détection de leurs besoins. Or, j’ai déjà expliqué combien il était indispensable pour être équilibré de pouvoir exprimer ses besoins. Mais à quel point c’est dur car nous avons appris à les brimer.
Répondre aux besoins du bébé offre à celui-ci la possibilité de conserver cette capacité d’expression si précieuse.
Dans les faits, il est fatiguant d’être sur le qui-vive pour un petit enfant mais c’est un vrai cadeau que nous leur faisons à long terme : être à l’écoute de soi et ensuite développer des attitudes d’empathie avec les besoins d’autrui.

 

A chaque âge, il y a des réactions appropriées pour accompagner l’enfant dans ses tempêtes émotionnelles.
Les maître-mots sont la présence, l’accompagnement, l’écoute, la distraction et l’anticipation.

Chacun.e peut réussir à gagner en sérénité avec ses enfants, tout en leur donnant des outils de gestion émotionnelle… et ça, c’est un fameux cadeau pour la vie !

 

Le mode d’éducation influe sur la gestion et l’expression émotionnelle. Voici une petite vidéo fun et éloquente pour expliquer pourquoi les émotions sont en prendre en compte :

Et tout le monde s’en fout: les émotions

et tout le monde s'en fout

 

 

A très vite, Lectrice/lecteur curieuse.x. !

 

Références :

Catherine Guenguen : « Pour une enfance heureuse », « Vivre heureux avec son enfant »

Isabelle Filliozat : « au cœur des émotions de l’enfant », « j’ai tout essayé »

Faber et Mazlich : « Parler pour que l’enfant écoutent et écouter pour que les enfants parlent »

 

 

 

 

Communication Non-Violente

Trucs et astuces pour obtenir les relations que l’on rêverait d’avoir (#empathie)

Dans cet article, je vais faire le point sur ce qu’est l’empathie de manière précise. Le but est de faire la distinction entre des notions qui sont assimilées les unes aux autres.  Parce qu’il faut admettre que la vulgarisation des expressions peut complétement dénaturer leurs sens.
Je vais aborder l’empathie sous l’angle de la CNV puisque le paradigme qui sous-tend la CNV est le même que celui de l’éducation bienveillante : percevoir et entendre l’autre dans ses sentiments et ses besoins en regard sans jugement.

Tout d’abord, comment différents auteurs ont-ils défini l’empathie :

  • L’empathie est une qualité d’écoute et de présence à l’autre, à ses sentiments et à ses besoins, sans vouloir l’amener quelque part et sans souvenir du passé. – Marshall Rosenberg
  • L’empathie, c’est une posture et une éthique qui demande une qualité d’écoute, une capacité à se mettre en lien avec soi-même pour celui qui écoute et une ouverture à l’autre sans présupposés et sans préjugés. – Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho

Ce sont les mêmes fondements, explicités avec des mots qui résonneront plus ou moins chez toi.

L’empathie est un des besoins fondamentaux (voir mon article sur les besoins de l’humain : » et si nous revenions à nos besoins?  » ). Ce besoin est un des plus ignorés de la société occidentale. La mise de côté de cet aspect de la vie engendre énormément de souffrance chez les humains.
En somme, il est considéré comme normal de répondre un « oui » passif à « : « ça va ? ». Cette question n’en est pas une d’ailleurs, c’est rhétorique…
Rares sont les individus qui estiment avoir envie/besoin d’une réponse franche et complète.

Nous perdons alors beaucoup de temps à agir avec la dette d’empathie. Cela se transforme en frustration qui engendre tantôt l’amertume, de la colère intériorisée, une diminution/absence de confiance en soi, de la résignation affective, etc.

Conséquence de ce besoin occulté, nous ne sommes pas coutumiers  de l’écoute empathique et n’avons pas appris à être réellement présents à l’autre de façon détachée (sans entrer dans les émotions de l’autre comme dans la syn(= avec, ensemble en grec) pathie).
Pourtant, l’écoute active est connue pour être d’une utilité particulière. En psychothérapie, elle est considérée comme un indispensable. Mais il ne faudrait pas consulter un psy pour obtenir une réelle écoute…

C’est une des raisons d’être de cet article : rendre saillante la puissance de l’écoute empathique dans les relations quotidiennes. Elle nous relie à nos pairs, nous permet d’être soulagé.e, compris.e et pris.e en considération.

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Dans les moments d’écoute empathique, l’objectif est d’être entièrement présent à la relation. Il n’y a pas d’intention de conduire la personne vers un but déterminé, ni de la consoler ou de trouver une solution. L’écoute empathie est une posture d’accueil. Tu sens ce moment où quelqu’un dont tu es proche ne semble pas aller bien, mais que tu ne sais vraiment pas pourquoi elle n’est pas épanouie… ce moment où tu accueilles sans rien penser d’autre que :  « Que se passe-t-il pour elle/lui? ». Seule l’ouverture à l’autre est présente.
Ensuite, pour poursuivre dans l’empathie, Il s’agit d’être mu.e par la certitude que la personne écoutée a les ressources qui mènent vers un cheminement qui lui apporte ce dont elle a besoin. Celle-ci a « juste » besoin d’être accompagnée dans l’expression et la transformation des difficultés qui l’embarrassent.
Dans les faits, il s’agit de recevoir les mots tels qu’ils sont prononcés, l’intensité des émotions et les attitudes non-verbales (en rappelant que le non-verbal joue pour beaucoup dans la communication). Je ne tendrai pas vers l’affirmation que 93% de la communication est non-verbale. Les études d’Albert Mehrabian et ses collègues ont des limites qui, de l’aveu de ses auteurs, n’ont pas été prises en compte (Voici pourquoi : https://www.inxl.fr/le-mythe-du-7-38-55-le-non-verbal/).

Pour l’individu qui est entendu, l’empathie permet de reprendre la responsabilité de ce qui nous appartient dans ce qui nous dérange. Par exemple, se rendre compte que la colère ressentie n’est pas dirigée vers une personne, mais vers une situation qui entrave un des besoins. De cette manière, la personne écoutée retrouve la capacité d’agir d’une manière qui lui correspond réellement.

Seulement, ce n’est possible que si l’écoutant n’a pas l’intention d’éduquer l’autre (de lui faire comprendre qu’il fait fausse route/qu’il a tort), de le sauver de sa situation ou de l’orienter activement.
« La compétence empathique consiste à traduire l’expression de la personne dans le moment présent, de se relier aux sentiments et besoins derrière les histoires de vie, les théories et distinguer les interprétations des faits évoqués. » tiré du livre « La communication non violente, c’est malin » de Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho, éditions Leduc.s

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Afin de s’extirper du langage courant, il est nécessaire de faire une distinction entre l’empathie et d’autres attitudes telles que la compassion, l’altruisme, la sympathie ou encore la bienveillance. Dans la vie quotidienne, ces termes sont souvent utilisés de manière indifférenciée.
La compassion est le « sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui ». Ce sentiment part de la tristesse d’autrui et exprime le fait qu’on ressent avec l’autre ses problèmes.
L’altruisme est une « disposition bienveillante à l’égard des autres, fondée sur la sympathie » ou « dévouement », se consacrer à autrui de façon désintéressée, sans rien attendre en retour. Aider les autres. L’objectif dans le cas de l’altruisme est de l’aider de façon active.
La sympathie est la « participation à la joie, à la peine d’autrui ». Quand on y pense, c’est un peu étrange de pouvoir qualifier un objet de « sympa ». Mais cela explique bien en quoi il suffit simplement d’inoculer un peu de joie pour être sympa pour les autres.
La bienveillance est la « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». C’est un ingrédient de l’écoute empathique. Mais on ne va pas dire qu’un œuf est un quatre quart, il faut d’autres ingrédients !

La majeure distinction entre l’empathie et ces diverses notions est la capacité de prise de distance par rapport aux émotions d’autrui et de n’avoir aucune intention de l’amener à un cheminement qui serait jugé comme LE bon par l’écoutant.
Avec ces définitions, il est aisé de comprendre combien le terme « empathe » est galvaudé. L’empathe est assimilé à de l’hypersensibilité émotionnelle par rapport aux vécus d’autrui. Les personnes qui se qualifient d’« empathes » expriment des bouleversements émotionnels incontrôlables puisqu’elles plongent dans le vécu d’autrui.
Avec les clarifications précédentes, tu peux voir que ce n’est pas de l’empathie au sens propre du terme.
J’admets que j’ai du mal avec tous ces termes qualificatifs. Ils enferment les personnes dans une case (ou plusieurs pour les chanceux !). Elles pensent se comprendre mieux en se caractérisant mais les possibilités existantes pour reprendre le pouvoir ne font pas parties du tableau. C’est un peu comme lorsqu’on liste ses défauts… Et qu’on passe plus de temps à leur trouver des raisons valables plutôt de se pencher sur la recherche de stratégies qui permettraient de s’extirper des fonctionnements qui nous déplaisent.

Cette mise au point linguistique effectuée, concrètement : que fait-on dans la relation ?

D’abord, il est primordial de conscientiser qu’il n’est pas possible d’être entièrement empathique si nous-même n’avons pas reçu l’empathie utile à faire émerger nos propres besoins.
Comment se distancer de l’écho que peut faire autrui si nous ne sommes pas au clair avec notre fort intérieur ?

Un premier élément essentiel est la capacité d’auto-empathie : commencer par nous offrir à nous-mêmes ce que nous aimerions recevoir des autres.
Si nous n’écoutons pas nos propres besoins, personne n’estimera qu’il faille le faire ! Il est nécessaire d’être honnête et d’exprimer ses ressentis et ses requêtes sans reproche ni jugement.

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Rosenberg propose trois solutions afin d’accéder à plus d’auto-empathie :

  • Prendre un temps de pause, respirer calmement, et ensuite faire un retour sur le sentiment qui nous habite ;
  • Exprimer vivement ses besoins, ce qui peut être fait en criant, lorsqu’on est dépassé énergétiquement. Je reprends le passage exemplatif de l’auteur : « Écoutez, je vais mal ! Je n’ai pas envie de m’occuper de votre conflit, je voudrais simplement avoir la paix et du calme ! ».
    Il n’a incriminé qui que ce soit dans cette phrase, mais il a fait savoir qu’il n’était pas en mesure d’intervenir pour une autre personne que lui-même.
    Les jours où nous sommes fatigué.e.s/débordé.e.s/énervé.e.s/en retard, ce ne sont pas les autres qui sont responsables de nos émotions mais nos besoins qui sont insatisfaits (petit retour sur mes articles sur les émotions: « encore une crise! que faire avec les sentiments? » et sur les besoins).
  • Enfin, si une situation nous plonge dans un état d’inconfort émotionnel, il y a toujours la possibilité de se retirer physiquement pour proposer ultérieurement une écoute empathique. Oui, il est possible que tu dises : « Je vois que tu n’es pas bien, mais je n’ai pas le ressources pour y faire face maintenant. Peut-on en parler demain ? ». Cela peut sembler étrange, mais c’est comme ça aussi qu’on prend soin de soi : en exprimant nos besoins clairement. L’autre peut être déçu.e parce qu’il/elle avait un besoin d’écoute… Mais cela lui apprend à pouvoir s’autoriser une expression de ses besoins.

Dans l’exercice quotidien de la Communication Non-Violente, je pense qu’il est possible d’être tous confrontés à des échecs. Parce que dans la relation, il est aisé de tomber dans la compassion ou la sympathie au lieu de rester dans une posture d’accueil empathique.
En tant que parent, il est fréquent d’avoir envie de trouver une solution rapide pour calmer l’émotion/le besoin de l’enfant.
En tant qu’ami.e, l’aspiration va souvent vers une recherche active d’actions à entreprendre.
Or, en cas de tempête émotionnelle, dans un tout premier temps, le besoin doit juste être entendu.  Il est  utile de laisser s’exprimer complètement les sentiments, les besoins voire les demandes si celles si émergent.

Est-ce que l’écoute empathique est simple à déclencher ? Est-ce un processus qu’on acquiert et qu’on peut activer à volonté ?
J’aimerais répondre : OUI !
Mais … cela demande de l’exercice et surtout… de la disponibilité mentale et émotionnelle.
N’as-tu pas déjà fait l’expérience de journée où lorsque l’on s’adresse à toi en se plaignant, tu n’as pas préféré clore la conversation de la manière la plus brève qui soit ?
C’est même fréquent. L’écoute et la posture empathiques demandent énormément d’énergie et d’être pleinement présent à l’autre.

 

Voici quelques pistes pour la mettre en place :

  1. Écouter réellement : être présent.e à l’autre à 100% (exit le smartphone qui distrait la conversation où les enfants qui courent autour… du moins, ça n’aide pas !) et s’abstenir de tous jugements et préjugés ;
  2. Focaliser son attention sur celui qui parle et son discours, en ignorant ce qui fait écho, en lui laissant tout le temps nécessaire pour s’exprimer. L’expression de ses tracas fait partie d’un processus de mieux-être. La psychologie a mis en évidence cela en l’appelant ça « l’effet cathartique de la parole ». La catharsis est définie comme une « purgation » des émotions vives.
  3. Bannir les phrases types qui coupent la relation, et donc : ne pas plaindre (« c’est vraiment injuste ce qui t’arrive ! »), ne pas questionner afin d’avoir des précisions (« Et que t’a-t-il dit après ça ? »), ne pas suggérer des actions (« je pense que tu devrais… ») et ne pas consoler (« ça va aller ! »). Toutes ses phrases n’offrent pas la possibilité à l’émetteur d’aller au plus profond de l’expression de son vécu émotionnel.
  4. En posture OSBD, il est utile de cibler 4 éléments dans le discours de l’autre : ses observations, ses sentiments, ses besoins et ses demandes. Et non pas questionner le pourquoi du comment des racines du problème, n’est-ce pas ?!
  5. Afin d’accéder à ces éléments, il est nécessaire de reformuler les propos d’autrui pour s’assurer qu’on comprend bien ce qui est dit mais aussi pour permettre à l’autre d’éclaircir ses émotions et ses besoins.
  6. L’écoute empathique est énergivore car elle n’est pas habituelle… Elle demande qu’on réfléchisse à ce qu’on dit sans entrer dans les écueils des phrases banales.
  7. L’intention est la prémisse indispensable : Pourquoi entrer en empathie avec l’autre? Il est nécessaire de vouloir être uniquement bienveillant avec l’autre. La seule intention que nous devons avoir est d’accompagner la personne dans l’expression de ses sentiments et la création de liens entre ses sentiments et ses besoins.
    En outre, il faut s’assurer que la personne ait envie que l’on entre dans son vécu émotionnel sans faire effraction dans son monde intérieur. Il y a fort à parier qu’un parfait inconnu prendra assez mal un : « Vous semblez vraiment en colère ! ».
  1. A partir du moment où l’individu se sent entendu intégralement, il se produit une accalmie de la tempête émotionnelle et cela lui laisse l’opportunité d’ouvrir le dialogue sur les stratégies à adopter.

 

Toutes ces informations nous aident à agir avec plus de présence à l’autre,  aussi par rapport à nos enfants… et à nous-même !

Il est indispensable d’être en empathie avec nous-même, afin de pouvoir vivre avec les autres. Lorsque l’on est au clair avec ses besoins, il est possible d’accueillir l’autre et de l’accompagner.

La frustration/la colère d’un enfant ne se calmera jamais si on lui dit : « tu as le droit d’être en colère mais j’ai raison de t’enlever ceci ou cela ! ». L’intention est alors d’éduquer…
Tu peux juste évoquer ce que tu constates : « Je vois que tu es en colère… » et se mettre en posture d’accueil en proposant un câlin, par exemple.
Si l’on n’en a pas l’énergie, il est utile de prendre un temps de pause ou se retirer momentanément afin de recouvrer les ressources indispensables à la gestion empathique de la situation.

 

J’espère sincèrement que ces informations te permettront d’améliorer tes relations aux autres et à toi-même.

A très vite, Lectrice.eur curieuses.x!

 

Sources : http://nvc-europe.org/SPIP/Place-de-l-empathie-dans-la

Inspirations :

Communication Non-Violente

La Communication Nonviolente

Cette matière qu’est la communication nonviolente (CNV) engendre en moi un foisonnement d’idées et d’envies. Je pense que c’est en cheminant vers ce mode de fonctionnement que j’ai commencé à avoir vraiment envie de partager.

Je ne comprends pas comment il est possible que la communication non-violente puisse, parfois, être seulement considérée comme un outil à utiliser lors des conflits.

En réalité, la communication non-violente se prête à l’ensemble de l’existence… et pas seulement en termes de communication. C’est un état d’esprit, un mode de vie, un cheminement.

En toute logique, lorsqu’on parle de communication (en fait, à partir du moment où nous sommes en relation… c’est-à-dire assez souvent étant donné le caractère social de l’être humain), il faut prêter attention à l’autre, mais aussi à soi. La CNV demande que chacun ait conscience de soi et de l’autre afin d’obtenir des relations authentiques et saines.

La CNV est souvent décrite par la structure en 4 étapes qui doit être intégrée (et non pas utilisée telle quelle ! Lolilol, sinon je vous promets des échanges assez peu sereins !).

Alors, pour résumer (avant de détailler ! :-p), lorsque nous nous trouvons dans une situation susceptible de créer de la tension en soi ou chez l’autre, il convient :

  1. D’observer les FAITS de manière neutre et objective: pas les impressions, pas le jugement/diagnostic de la situation (ex : « mon voisin est stupide » est un diagnostic du problème !), juste ce qu’il se passe. Par exemple : Mon voisin passe la tondeuse à l’heure du barbecue dominical.
  2. Identifier et expression le(s) émotion(s) que nous ressentons, par exemple : je me sens en colère et embarrassée.
  3. Identifier et exprimer le(s) besoin(s) à l’origine des sentiments, par exemple : j’ai besoin de quiétude et d’être dans une ambiance agréable quand je reçois du monde.
  4. Formuler une demande à l’autre. Celle-ci doit répondre à différents critères : SMART = Spécifique/concrète, mesurable, acceptable, réaliste et temporellement défini. Elle doit aussi être négociable. Par exemple, « Pourrais-tu passer la tondeuse à un autre moment de la journée qu’entre 12h et 14h le dimanche ? »

Afin de pouvoir entrer en relation avec l’autre, la détection de SES besoins est nécessaire. Il est fort utile de conscientiser que chaque comportement est mu par un besoin (ça ne vous rappelle pas quelque chose dans mon précédent article sur la discipline positive ?). Si nous parvenons à considérer que l’autre use d’un moyen/d’une stratégie pour combler son besoin, nous pouvons sortir de la spirale culpabilisante et accusatrice : « Il fait ça pour m’énerver ! ».

La CNV est un mode d’expression en conscience. Il est optimal de pouvoir

être calme pour s’exprimer, et encore une fois, cela nécessite de l’exercice.

En outre, la CNV demande de sortir du jugement et des présomptions des comportements d’autrui. On présume que ses attitudes répondent à un besoin, mais il est indispensable de questionner l’autre pour

savoir ce qui le meut, et non pas en rester à ses

point de vue

propres suppositions.
La communication reprend tout son sens, puisqu’elle sert à améliorer la compréhension mutuelle, mais aussi son propre fonctionnement.

Je ne sais pas si tu en déjà pris conscience mais, sortir du jugement, implique un changement de vocabulaire.
Pourquoi ?

Simplement parce que notre langue est pavée de notions telles que : bien/mal, normal/original, facile/compliqué, etc. Outre la construction binaire imposée par ce vocable, cela démontre un jugement d’ordre moral. Comme si un ordre avant établi ce qu’il faut penser ou non d’une situation. Et c’est le cas… Presque toutes les sociétés du monde ont été construites avec des bases d’ordres religieux dictant à ses disciples la « bonne » manière de se conduire.

L’intention derrière la mise en évidence de ceci n’est pas de cautionner tous les comportements sans y voir ceux qui sont délétères, mais bien de comprendre comment ils sont apparus chez l’individu… Pour ensuite y apporter une demande/une solution qui résultera de l’échange entre les protagonistes (là aussi, ça devrait vous rappeler quelque chose.. ! 😉 ).

Se débarrasser des attitudes et des propos jugeants implique une restructuration de son espace de pensée. L’objectif n’est pas de vivre au pays des bisounours, mais de prendre en compte la situation/l’attitude plus que de caractériser l’individu en soi.

stratégie

D’ailleurs, cette notion d’intention est primordiale. Lorsque nous rentrons dans un processus de communication, il faut avoir conscience de pourquoi nous décidons de le faire.
Est-ce pour préserver le lien avec l’autre ?

Est-ce pour lui communiquer un inconfort ?

Ou est-ce pour lui dire que ce qu’il pense ne convient pas ?
Tu auras compris que la dernière option peut être vaine. Il est possible (voire même probable) que certaines personnes heurtent ton cadre de vie en exprimant une opinion. Mais si ton intention pour entrer en communication, même en respectant les 4 étapes de la CNV, est celle de lui faire comprendre qu’il pense « faux », alors il y a fort à parier que l’échange ne sera pas fructueux.

Je reviendrai très prochainement sur d’autres aspects de la CNV, pour préciser son fonctionnement et rendre limpide son intérêt majeure dans l’éducation bienveillante. Et ce n’est pas moi qui l’invente, puisque Marshall Rosenberg, le théoricien de cette communication, a milité une bonne partie de sa vie pour faire évoluer le système éducatif.

Si tu as envie de partager une situation que tu estimes difficile à gérer, ou quelconque autre élément à apporter : mets vite un commentaire.

A très bientôt, Lecteur Curieux !

Éducation bienveillante

La discipline Positive

Je vais te présenter « la discipline positive ». Je range cet article dans la catégorie « Éducation bienveillante » car c’est qu’elle peut être catégorisée (au cas où l’on n’avait pas compris, hein).

Toi qui me lis, n’en déduis pas que l’éducation bienveillante n’est QUE la discipline positive.
Il y a déjà énormément de sites et de blogs qui définissent cette notion. Je ne peux pas en parler sans avoir rédigé un article « de référence », comme je l’ai fait pour le maternage proximal. C’est un début de blog… Alors je pose les fondations. :-p

Déjà, si tu penses que la discipline positive va te donner des solutions toutes faites, que c’est une Méthode, il est possible que tu sois déçu.e ou plutôt rassuré.e. Il n’y a, en effet, pas UNE manière de faire avec les enfants. Quiconque vend ce principe se fourvoie (et fait des déçu.e.s !). Une métaphore explique bien cela : lorsque le lait bout, l’idée de l’éducation bienveillante n’est pas de mettre un couvercle (je ne sais pas si vous avez essayé, mais la cuisinière finit vraiment sale) mais de trouver une solution pour réduire le feu.
Cela va sembler théorique, mais, en réalité, je vais juste présenter la structure d’un état d’esprit à acquérir pour entrer dans la parentalité positive.

La discipline positive puise ses sources dans les 8 principes adlériens (issus d’A. Adler) :

  1. L’enfant est un être social ;
  2. Le comportement des enfants est tendu vers un but (qui n’est pas « de nous énerver ! ») ;
  3. Les besoins essentiels de l’être humain est d’appartenir et d’avoir de l’importance ;
  4. Un enfant qui se comporte « mal » est un enfant découragé ;
  5. Le sens de la communauté (dans le sens de participer à la société) ;
  6. Le principe d’égalité, le fondement de la coopération ;
  7. Les erreurs sont une merveilleuse opportunité d’apprentissage ;
  8. S’assurer de faire passer le message d’Amour

(Oui, je sais ! Ça paraît très conceptuel. Cela dit, je t’invite à m’adresser tes questions ou à lire « La discipline Positive de Jane Nelsen, pour aller plus loin dans ce mode de vie. Je reviendrai à diverses occasions sur les principes évoqués.)

Il est également nécessaire d’être attentif aux 3R de la réconciliation lors des conflits, quand l’adulte se rend compte qu’il tient un rôle dans le maintien ou l’apparition d’une situation problématique (tu sais, ce moment où tu veux que l’enfant agisse et qu’un mot blessant à son égard part, un cri, un geste) :

  1. Reconnaitre son erreur/sa responsabilité
  2. Se réconcilier : aller vers l’autre en s’excusant
  3. Réparer : chercher une solution, une alternative qui convient à tout le monde

image enfant1

(Tu remarqueras que cela ne s’adresse pas qu’aux relations envers un enfant…! 😉 )

En réalité, pour obtenir des résultats dans une voie d’éducation bienveillante, il est nécessaire de faire entrer l’enfant dans une dynamique de collaboration : 4 étapes sont suggérées. Celles-ci doivent être accomplies avec sincérité et bienveillance (Si c’est fait à contrecœur, et sans intention louable, l’enfant le ressent… Tes attitudes non-verbales te trahissent !) :

  1. Montrer à l’enfant que l’on comprend ses émotions en lui posant des questions et en reformulant ses ressentis
  2. Faire preuve d’empathie, sans excuser ni approuver l’action. Juste montrer qu’on a compris la perception de l’enfant.
  3. Partager nos perceptions et ressentis en tant qu’adulte. Il faut que l’enfant soit revenu au calme pour qu’il soit en mesure d’écouter
  4. Inviter l’enfant à se centrer sur une solution, pour éviter le problème à l’avenir. S’il ne trouve pas d’idées, on peut lui proposer des suggestions. L’idée est donc de suggérer, de faire avec l’enfant et non à la place, pour l’ancrer dans un processus
  5. d’autonomie.

image enfant parent

 

La discipline positive, c’est aussi changer de regard sur les comportements que les adultes considèrent comme inappropriés.

En premier lieu, les enfants explorent leur environnement. En deçà d’un certain âge, je suggère plutôt d’adapter le lieu de vie à l’enfant, plutôt que d’avoir l’espoir que vous arriverez à faire comprendre à un tout-petit qu’il ne faut pas toucher les bibelots situés à sa hauteur. On dit bien de mettre les produits dangereux en hauteur, cela vaut aussi pour les choses fragiles ou précieuses.

En tant qu’adulte, certaines attitudes peuvent devenir exaspérantes. Pourtant, il n’est pas rare que dans l’occurrence de comportements dérangeantes, les adultes aient une part de responsabilités.

Les enfants ne sont pas en mesure d’envisager leurs actes sous le même angle que les adultes, pour différentes raisons :

  • Parce qu’il manque de compétence, de conscience ou de connaissance par rapport au comportement attendu ;
  • Le comportement correspond au stade normal du développement. Par exemple : jeter les jouets par terre systématiquement, ouvrir/fermer les portes, allumer/éteindre la lumière ;
  • Il a un sentiment de découragement ou d’incapacité, ex : l’enfant s’énerve, pleure, parce qu’il a mal (aux dents par exemple), s’ennuie, tente de se déplacer sans y parvenir, tente de se faire comprendre mais n’y parvient pas encore ;
  • Le comportement est guidé par le cerveau reptilien (les émotions) : si l’émotion est accueillie par l’adulte, reconnue, l’espace d’expression émotionnelle durera environ 90 secondes. Si l’enfant est très énervé : il faut réfléchir à son besoin de motricité.

Les comportements perçus comme inappropriés sont des opportunités d’apprentissage. Pour se faire, il faut accompagner l’enfant vers la responsabilisation et l’autonomie.

Il est utile de faire usage de temps de pause face aux comportements afin d’éviter les réponses instinctives. Cela invite l’adulte à se maîtriser pour montrer à l’enfant que c’est cette attitude de maîtrise qu’il est utile d’acquérir. En outre, il est nécessaire de vérifier que l’enfant soit connecté à l’adulte (Il n’est plus en train de bouillir émotionnellement) et que son besoin d’appartenance est bien rempli (qu’il ne se sent pas rejeter ou aimer conditionnellement).

Plus le comportement est compris par l’adulte, plus sa perception sera fine et la réaction apportée sera adéquate pour guider l’enfant dans les repères éducatifs.

Il est important de prendre en compte les besoins de l’enfant, avec justesse, afin de comprendre son comportement et d’apporter  la réponse la plus efficace.
(Je sors un peu du contenu strict du livre de Jane Nelsen, mais ça donne du sens à son contenu.)

  • Les besoins physiologiques
  • Les besoins d’appartenance / d’attachement
  • Le besoin d’autonomie, de contrôle et de liberté
  • Les besoins émotionnels
  • Les besoins intellectuels

Jane Nelsen, met en évidence 4 « objectifs-mirages », qui ont des intentions précises, et qui visent à remplir les besoins précités :

  • Accaparer l’attention
  • Prendre le « pouvoir » (être en situation de maîtrise, l’enfant n’est pas un dictateur ! 😉 )
  • Prendre une revanche (mise en chose égale, l’enfant a plus un notion d’égalité que d’équité…)
  • Renforcer sa « croyance d’incapacité » (comme les adultes, ils ont tôt faire de s’autoconvaincre qu’ils sont incapables.)

L’enjeu principal pour l’adulte est de détecter les besoins cachés derrière les comportements. Jane Nelsen propose un tableau d’identification des besoins cachés, qui s’avère être une mine d’or. Voilà, c’est cadeau :

grille besoins cachés Jane Nelsen

 

Pour réagir face à des comportements inappropriés, il est nécessaire que le climat émotionnel de l’adulte soit maîtrisé. Il est, dès lors, pertinent d’apprendre à gérer ses émotions et à les reconnaître (Bon, il faut aussi se dire qu’on est parfois débordé émotionnellement. La réaction ne sera donc pas optimale, mais il est tout à fait possible de corriger le tir après avoir pris un temps calme. C’est l’avantage des relations humaines : elles ne sont jamais figées, si on ne veut pas qu’elles le soient !). Pour revenir à son propre calme, il peut être nécessaire de mettre en perspective le comportement en regard des besoins éventuellement non-assouvis de l’enfant.

Pour la juste détection des besoins, il est tout à fait possible de questionner l’enfant sur son comportement. Il est alors utile d’effectuer un questionnement, en prenant bien le temps d’écouter les réponses successives, en reprenant les 4 objectifs-mirages expliqués ci-dessus. Il ne faut pas oublier que l’enfant n’a pas vocation ne nous « ennuyer » volontairement. Cela ne remplit aucun bénéfice pour lui. Les comportements sont des stratégies pour parvenir à remplir ses besoins ou une expression émotionnelle.

Jane Nelsen propose un outil pour favoriser la coopération : « les temps d’échange en famille ». Ces moments ont pour objectif d’enseigner la responsabilité sociale et l’implication des enfants dans le processus de décision. Durant ce temps hebdomadaire, il est demandé à tous les protagonistes d’une maisonnée de se réunir afin de mettre à jour les éléments inconfortables et de se concentrer ensemble sur la résolution du/des problèmes. Je consacrerai un article entier à ce sujet plus tard.

Qui dit Discipline Positive dit éducation sans punition ni récompense. Cependant, la discipline positive n’est pas laxiste, les principes sont de la fermeté et de la bienveillance : il s’agit de trouver des solutions aux problèmes et non pas de les faire disparaître en les invisibilisant.

Je ne peux pas faire un résumé concis du contenu de ce livre de manière harmonieuse. Je ferai un article clair et limpide sur la manière d’aborder une situation qui, de prime abord, pourrait requérir une punition selon l’éducation transmise.

La Discipline Positive nous propose des outils pour parvenir à une fin d’éducation sans violence et respectueuse de chacun.

Il est primordial de retenir que ce n’est pas une méthode d’intervention auprès de l’enfant, mais bien un changement de paradigme par rapport à celui-ci. L’objectif n’est pas de démunir le parent de ses possibilités d’action, mais, au contraire, d’étendre sa compréhension du problème et d’agir avec plus de justesse.

Cela nécessite de l’introspection (qui peut faire mal… Coucou, je suis là, si tu veux en parler !) et des intentions qui ne sont pas de soumettre l’enfant aux désirs parentaux (déjà qu’il est arrivé par nos désirs, alors bon… !). L’idée première est de faire de cet être qui rassemble tant d’espoirs chez l’adulte, un être susceptible de coopérer à un fonctionnement social. Cela implique qu’on soit prêt à entendre que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres et que les stratégies ne sont pas identiques pour tout un chacun.

La parentalité positive fait grandir les enfants dans la bienveillance et les préserves d’une violence normative, psychologique et physique. Cela nécessite de l’expérience, des « ratés », qui sont très justement, des opportunités d’apprentissage pour les parents.

Un peu comme on s’exerce à toutes activités, la Discipline Positive demande du temps. Tout n’est pas évident dans un premier temps, mais quel fonctionnement est si simple qu’il peut être intégré immédiatement ?

 

illustrations besoins

Le sujet est vaste !

C’est mon deuxième article fleuve. Il y en aura un troisième (histoire de fondement, etc.), sur la Communication Non-Violente.
Tout cela a un but précis, je t’invite donc à revenir rapidement pour aiguiser encore ta curiosité (parce que oui, plus nous en savons, plus on mesure l’étendue des connaissances à acquérir encore. Mais c’est génial : ça veut dire qu’il y a encore tant à apprendre !).

Allaitement·Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Présentation

Bonjour, Bonsoir !

Ça y est: Je me lance.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de partager l’immense masse d’informations et de perspectives qui ont été amenées par ma maternité.

J’utilise le terme de « curiosité » étant donné qu’autour de la parentalité, s’en viennent des tonnes de questions. Tout prend une dimension majeure. Alors pour faire face à cette horde de questionnements et à ces inquiétudes, je vais proposer quelques éléments qui vont être les plus éclairant possibles (et être disponible personnellement).

La curiosité n’est jamais malsaine. Si elle est insatiable, comme la mienne, nous avons l’opportunité d’apprendre toujours plus.

En effet, avant même de devenir mère, je suis une passionnée d’éducation et de psychologie de l’enfant.

J’ai commencé à dévorer les ouvrages et le visionnage de documentaires sur ces sujets depuis que j’ai 18 ans. Cependant, ces dernières années, nous avons la chance de voir se développer des connaissances concernant les neurosciences de l’éducation, et donc les méthodes éducatives.

C’est donc vers la parentalité positive, sous-tendue par la discipline positive et l’éducation bienveillante, et le maternage que s’orienteront les articles.

En outre, je suis une maman allaitante, passionnée par le sujet. Alors je pourrais distiller certains conseils et proposer des ressources afin d’informer et de soutenir les lecteur/trice.s.

Hep toi, celle qui donne le biberon: reste! Il n’y a ici aucun jugement. Tu vas voir. 🙂

–> Puisque qui dit bienveillance en éducation, sous-entend le développement de la communication non violente.

Mon objectif, c’est de fournir des petites clefs bien utiles dans ton quotidien, cher.e.s visiteur.se.s.

Il y a d’autres sujets qui me passionnent: l’écologie, la décroissante et le minimalisme. Peut-être seront-ils abordés de temps à autre. Au demeurant, cela plante un peu plus le décor de ce qui structure mon existence. Avec beaucoup de sourires et de passions.

On fait un bout de chemin ensemble ?

Laisse des commentaires dès que l’envie se faire sentir: j’ai pour optique un blog très interactif.

A bientôt ! 😁