Maternage proximal·Préparer la naissance

Si j’avais su.. (l’accouchement)

L’accouchement est un cap, un mont, une montagne. (biffe la mention inutile !)

Chaque future mère l’imagine… avec plus ou moins d’anxiété, de questions, et d’envie de s’y préparer. Pour certaines, c’est assez évident, la préparation leur semble accessoire. Pour d’autres (comme moi !), cela sera des mois de recherches, de questionnements, de différents cours, de suivi avec une sage-femme, des lectures à n’en plus finir. Et on ne se sent jamais assez informée.
Je ne sais pas comment le vivent toutes les femmes, mais de mon côté, j’ai ce besoin d’informations et de préparation. Je crois que cela crée une impression de contrôle sur quelque chose qui sera, forcément, bien au-delà de moi.

Dès le départ, nous sommes au courant que cela ne dépend pas de nous uniquement mais d’une alchimie entre les deux corps en symbiose. Impossible de prévoir la date, le décours du travail et encore moins comment se passera la descente dans le bassin. Ni les sensations que cela engendrera.
Parce qu’un accouchement, c’est sensoriel. Les sensations internes se mêlent aux sensations externes.
Les femmes enceintes ont des suivis réguliers, et l’état de leurs corps y est décrit. Les questions médicales restent souvent de l’ordre du corporel, sans trop s’aventurer sur l’aspect mental des choses. Et il y a une réaction classique face aux angoisses que ressentent les femmes : « Il n’y a pas de raison que tu n’y arrives pas, le corps est fait ! ».

Ça fait une belle jambe et les questions (et les craintes) sont toujours là.

Et, tu as remarqué comme les récits d’accouchement sont pudiques, généralement ? Je rejoins les humoristes qui mentionnent une espèce de mafia empêchant les femmes de parler !

Dans la société occidentale, il n’est pas évident d’avoir des récits ou une expérience de naissance avant d’y passer soi-même. Est-ce donc si effrayant que cela ? Il y a parfois de quoi le croire.

Dès le suivi de la grossesse, la femme est mise sous une loupe : surveillance du poids, des habitudes de vie, des injonctions (fais pas ci, fais pas ça et pas plus d’un kilo par mois, hein !), et autres joyeusetés engendrant un sentiment de malaise (certaines femmes pudiques vivront assez mal les échographies endovaginales et autres touchés vaginaux… Moi, après la PMA, j’étais vaccinée !).

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Subtilement mais certainement, les femmes se retrouvent infantilisées. C’est un peu détourné, plus clair à d’autres moments, mais dans la plupart des cas, il nous est donné l’impression que le personnel soignant sait mieux que nous ce qu’il se passe, donc ; « Madame, faites-nous confiance, on gèrera bien ça ».

Bien, bien. Je croyais juste que c’était à mon corps de gérer, enfin nos corps imbriqués… Mais merci de rassurer !
Et si on s’en tient au suivi médical classique, ça ne va pas plus loin.
La péridurale est abordée, sans même poser la question, c’est presque une question accessoire. Le reste du décours d’un accouchement n’est pas mentionné.
« Vous viendrez quand vous aurez des contractions toutes les 5 minutes depuis 2h OU quand vous percez la poche des eaux ! ».
Ok, facile, j’attends un de ces signaux. (Pour une primipare)
Sauf que ce n’est pas forcément comme ça que cela se passe. Et il y peut y avoir pas mal de visite de contrôle dans les maternités parce que les femmes ne sont pas préparées à avoir des sensations avant le travail actif.

En arrivant à la maternité, contrôle, toucher vaginal (TV), et si cela s’avère lancé, la femme est invitée à rester en chambre de naissance. En fonction des volontés des femmes (péri ou non à « Vous êtes sûre Madame ?! »), c’est la valse des lionnes en cage. Tant qu’il n’y a pas de péridurale posée et dosée assez forte, rares sont celles qui restent allongées en jouant aux cartes (dis celle qui a passé une nuit entière à tourner en rond, s’appuyer contre les murs, faire du ballon et rester longtemps sur les toilettes parce que c’est confortable, des toilettes !).
En fonction de votre maternité, tu auras plus ou moins de TV, de contrôle, de visites de la part du personnel soignant (qu’on souhaite bienveillant, mais la fatigue et la surcharge de travail ne les aide pas).

Et c’est là que le cauchemar peut commencer pour certaines… Les violences obstétricales. Ces gestes anodins pour les médecins (parce qu’ils sont pratiqués constamment) mais qui sont vécus comme des agressions par la femme. Au point que même si elles sont dérangées, elles se disent que c’est normal.
Oui, mais non !

En réalité, il n’y a pas de raison d’avoir des TV très réguliers, s’il n’y a pas d’indice montrant qu’il y a une évolution franche du travail (comme la façon de gérer les contractions, les positions que la femme adopte, le temps depuis lequel le travail est lancé).
Il en va de même pour les décollements des membranes, qui doivent être effectuées après un consentement et avec discussion préalable avec la parturiente. Idem pour la rupture de la poche des eaux. Ou pour les injections d’ocytocine (syntocinon, par exemple).
Tous ces actes doivent être expliqués et acceptés (seuls les cas d’urgence se passeront de certaines mises en jambe).

Dans le décours du travail, le corps encaisse des vagues de sensations inédites. Il y a des moments où le calme règne et d’autres où l’on se jure que plus jamais on fera en sorte de se retrouver dans la même situation (« pourquoi je voulais un enfant déjà ? » ; « Plus jamais tu ne me toucheras ! », au choix en fonction des situations de vie).
Et c’est dans ces phases difficiles que le personnel soignant a, normalement, un rôle d’accompagnement. L’objectif devrait être d’expliquer aux parturientes ce qui est en train de se passer. Il devrait aussi y avoir systématiquement une écoute active des femmes pour donner du sens, et rassurer.

Ensuite, le travail augmente d’intensité et surtout, la fin se rapproche. Souvent, il y a un vent de panique qui s’installe… et c’est justement dans cette « installation » de la femme que se loge la dernière difficulté. Souvent, on demande aux femmes de prendre « la position gynécologique » pour que le personnel soignant ait plus de facilité à sortir le bébé et à intervenir si nécessaire.
Arrivent les « dernières » contractions (#tranchées c’est pour plus tard) pour que le bébé sortent… Ou les césariennes en urgence quand il y a un problème soudain. Les praticiens sortent le bébé, vous le pose sur le ventre (tant que tout va bien) et attendent la délivrance du placenta. Entre l’intérieur du bassin et le ventre de la mère, il peut y avoir des interventions plus ou moins lourdes qui doivent être mentionnées, voire même faire l’objet d’un consentement… Je parle des interventions instrumentales et des épisiotomies pratiquées sans réelles raisons (s’il n’y a pas de souffrance fœtale, ou la menace imminente d’une déchirure MAJEURE, il n’y a pas de raison).

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Les femmes s’attendent à cette image d’Épinal où la félicité va être à son apogée entre ce petit-être et elle. Parfois cela se passe, et parfois non. Là encore, ce n’est jamais précisé en amont de la rencontre. Et tout ce récit ne comprend pas le cas de césarienne où mère et enfant sont séparés…
Les évènements suivent leur cours et en fonction des endroits : les femmes seront aidées à allaiter (plus ou moins bien), les enfants laissés en peau à peau et puis, il y a la surveillance en salle de naissance dont on ne parle jamais. On imagine que c’est le moment le plus beau de notre vie avec ce petit tout neuf… Et en fait, il y a des palpations utérines, des fluides qui sortent, de la transpiration et des femmes à côté de la plaque après un tel effort (dans un bain de bonheur, souvent !).

Je ne sais pas si cela se remarque dans mon récit, mais il y a une constante de la grossesse à la délivrance. L’interventionnisme.
Attention, je suis bien favorable à la médecine moderne qui permet un monitoring des femmes et des bébés pour que les deux soient en bonne santé.. !

Mais l’interventionnisme effectué de telle manière qu’il ôte tous les pouvoirs des femmes n’est pas une bonne expérience pour la société.
La femme qui accouche a une puissance non négligeable. Tu trouves que le terme « puissance » est exagéré ? C’est parce que la société veut nous faire croire que c’est presque une bagatelle de mettre un enfant comme des milliards d’autres femmes l’on fait avant nous. Mais non, une femme qui accouche, c’est aussi puissant que transcendant.
La péridurale a modifié la perception de ces moments (je ne cache pas que je suis plus du côté « la péri, non merci ! » J’écrirai un article là-dessus, sur la manière dont la péridurale, dans les cas de figure où tout va bien, est plus un frein qu’une aide). Cela modifie dès lors l’attitude des soignants. Ils passent d’accompagnant à sachant, et la femme est moins actrice que patiente.

Bien sûr, je généralise et il y a des institutions où cela se passe très bien (j’ai eu cette chance). Mais il arrive que des accouchements soient traumatiques. Cela peut être à cause de l’attitude du personnel médical (la surcharge de travail ne les aide vraiment pas !) ou des évènements inattendus. Dans tous les cas, il est nécessaire que la femme soit accompagnée par la suite. Cela peut engendrer un trouble de l’attachement envers l’enfant et créer des angoisses à long terme.
Bien que la structure hospitalière puisse se montrer merveilleuse par la suite, il est souhaitable que les femmes ne minimisent pas leur vécu. Certes, leur enfant est en bonne santé, c’est le principal. Mais cela ne fait pas tout, pour elles et peut-être pas non plus dans le vécu émotionnel du bébé.

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Nous vivons dans une société où la naissance se passe en huit clos. S’il n’y a pas de démarche de préparation volontaire, les femmes ne sont pas préparées au décours du travail et de l’accouchement. Certaines comptent même sur la péridurale pour la gestion de la douleur, d’un bout à l’autre, sans envisager que cela pourrait se passer différemment.

En oubliant les connaissances sur la naissance et en n’offrant pas un accompagnement proximal, on dépossède la femme de ses compétences physiologiques et psychologiques. Une espèce de passivité est susceptible de s’installer et la femme devient alors spectatrice de son corps. Elle entend les demandes effectuées par les soignants, sans pouvoir nécessairement se reconnecter à ses sensations corporelles (ou alors de manière trop violente, et elle se sent dépassée et entre dans la panique).

Cet article est un plaidoyer pour que les femmes prennent conscience de leurs compétences et de leurs ressources internes.

L’objectif est de sortir du rôle de patiente pour devenir une participante active de son « devenir mère ». Il n’est nullement question de ne pas reconnaitre les avantages proposés par la médecine moderne pour réduire les complications graves. Cependant, les interventions mineures peuvent être évitées grâce à l’acquisition de connaissances sur la période charnière qu’est la fin de grossesse et l’accouchement.

Comme je le disais précédemment, les naissances ne sont plus entourées par un socle social. L’idée est donc d’acquérir volontairement ce à quoi nous aurions été exposées auparavant. Il est possible de construire des connaissances qui furent transgénérationnelles et qui permettent d’aborder l’accouchement sans une angoisse mortifère.

Dans un premier temps, j’invite chaque future mère (ou chaque couple parental) à se renseigner sur les diverses options d’accouchement (c’est une liste non exhaustive) :

  • accouchement par voie basse avec ou sans péridurale ;
  • Césarienne par rachianesthésie ou sous AG (et les conséquences pour le décours des premières heures qui suivent les césarienne) ;
  • Les cas d’instrumentations pour sortir le bébé ;
  • Les blessures du périnée, naturelles (déchirures) ou provoquées (épisiotomie) ;
  • Le déclenchement de l’accouchement (les interventions physiques et hormonales);
  • La prématurité (et ce qu’elle implique) ;
  • Les naissances en siège ;
  • Les complications éventuelles après l’expulsion, comme les hémorragies, la rétention placentaire, etc.

Ce n’est pas forcément joyeux de ne renseigner sur tout cela. Mais cela permet de savoir que cela existe. Qu’il y a parfois des cas où l’accompagnement doit se muter en intervention, pour la santé de la mère et du bébé… Mais aussi, pour prendre conscience que les interventions peuvent dans certains cas être évitées.

Comment ?
En se préparant à un accouchement physiologique (je ferai un article prochainement là-dessus).
Bien sûr, cela terrifiera quelques-unes de s’imaginer vivre un accouchement sans anesthésie… Mais l’idée n’est pas forcément d’aller jusqu’au bout de la démarche. La préparation « comme si » permet aux femmes d’avoir les informations nécessaires afin de faire face aux différentes étapes de leur accouchement… Ces informations qui sont souvent « oubliées » lorsqu’il n’y a pas de préparation ou que les femmes disent vouloir une péridurale.

La préparation à la naissance peut fournir aux femmes la capacité de gestion de la douleur, de reconnaître les signaux qui seraient habituels ou inquiétants, et d’apprendre les diverses étapes de l’accouchement.
La préparation à la naissance va aussi donner l’opportunité aux femmes de préparer un projet de naissance éclairé (je ferai un article sur la manière de rédiger un projet de naissance aussi bienveillant pour les parents que pour le personnel soignant). Quelques que soit la volonté, après avoir pris connaissance des diverses possibilités d’un accouchement, il est utile de coucher sur papier son « accouchement idéal ». Préciser ce que l’on souhaite et ce que l’on veut éviter (en mentionnant la confiance dans les interventions nécessaires si le bébé ou la parturiente montre des signaux problématiques) offre aux soignant.e.s un moyen de communication avec vous et une base d’accompagnement. Il est possible d’écrire en toutes lettres le type de soutien qui est attendu de leur part (dans mon cas, j’ai précisé que je ne voulais pas qu’on me propose la péridurale, même si j’avais l’air de souffrir (la souffrance n’est pas la douleur.. 😉 ).

Être avertie est un gage de pouvoir : anticiper, comprendre et oser demander. La femme qui accouche est dans une situation vulnérable… Mais ce n’est pas une patiente inerte. Au contraire ! Il est dès lors utile d’affirmer une position (pour autant qu’il y ait une compréhension des interventions obligatoires – protocole – et utiles – en cas de problème chez la mère ou l’enfant-).

Les renseignements à prodiguer aux futures mères (même quand elles ont déjà vécu un ou plusieurs accouchements) ne sont pas désuets ou superflus. Au contraire.
Il faut profiter des séances de préparation à l’accouchement (ou d’ateliers, voire des « conférences ») mises en place par les milieux de santé/sage-femme et maisons de naissance. Elles ont souvent un prix modique, voire sont gratuites, et permettent d’investir la grossesse autant que son propre devenir.

La période prénatale constitue une étape considérable pendant laquelle il est possible de construire une perspective plus précise de sa maternité.
Tant en termes d’éducation, de connaissances sur l’allaitement (voir « les clefs pour démarrer un allaitement ») que sur l’accouchement en tant que tel, il est toujours utile d’obtenir et de manipuler l’information (par l’élaboration d’un projet de naissance).

Enfin, et c’est le plus important : je ne peux que suggérer aux femmes de faire confiance à leur propre corps (bien sûr, les grossesses pathologiques ont moins de chance et la médecine est heureusement là pour aider !), de bouger autant que possible pendant le travail et d’être réellement actrice de leur accouchement !

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J’aimerais vraiment avoir tes retours, Lecteur.trice Curieu.x.se. Ecris-moi un commentaire pour m’expliquer ce que tu aurais aimé savoir pour ton/tes premier.s accouchement.s ou ce qu’il te manque pour celui qui arrive.

A très bientôt, afin que jamais la curiosité ne périsse !

Si tu éprouves des difficultés face à la naissance ou par rapport à ton accouchement traumatique, contacte moi ! 🙂

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Allaitement

Clefs pour démarrer un allaitement

Après avoir passé des heures à lire au sujet de l’allaitement, à lire des témoignages de femmes allaitantes, à éplucher le site de la Leche League et à démarrer mon propre allaitement (enfin, notre allaitement, j’aurais du mal à l’entretenir seule, au demeurant !), je me dis qu’il est nécessaire de pouvoir fournir quelques informations pertinentes.

Première clef pour un allaitement serein : s’informer avant la naissance. Un individu informé en vaut deux. Vraiment !
Parce qu’il ne devrait y avoir « rien de plus naturel », mais il s’avère que la société ne nous permet plus réellement d’être informé de manière limpide.

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Dans la plupart des cultures moins dominées par l’individualisme, les connaissances inhérentes à la maternité (la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le post-partum) sont transmises entre mères, filles, tantes et grand-mères. La femme enceinte en a vu d’autres avant elle, cela donne l’impression aux femmes d’être moins perdues.
Mais voilà, bonjour l’occident, bonjour les siècles de bienséééééaaaaances (!) et de morales religieuses qui ont caché tout ce qui a trait à la maternité et à la femme en général.  Aujourd’hui,  nous n’avons que les récits pudiques de nos proches, mais sans qu’on le vive auprès d’elles. Les grand-parents donnent des conseils, mais ceux-ci sont déjà emprunts des croyances du XX ième siècle, qui n’a pas été délicat envers  les femmes. On va vous parler de la joie de la péridurale, grande découverte de ce siècle, mais on ne vous parlera pas des injections pour bloquer les montées de lait, des maltraitances génitales et autres attitudes visant à infantiliser les femmes face à leur propre corps. Bref, les conseils de nos grands-parents, s’ils sont pavés de bonnes intentions, sont rarement opportuns et judicieux. Je généralise… Il y a bien sûr des exceptions !
Donc cette article a comme objectif de vous affirmer quelques vérités qui vous aideront à balayer les « bons » conseils.

 

Deuxième clef : la tétée de bienvenue.

A peine né.e, déjà au sein ! C’est vraiment ça. Les nouveau-nés sont même capables de ramper du ventre de leur mère jusqu’au sein, instinctivement. Plus vite le bébé est mis au sein, plus vite cela activera le processus de lactation et il/elle sera rassuré.e de retrouver une odeur familière sur le mamelon, lui rappelant le liquide amniotique. En outre, cela favorisera les contractions utérines afin de favoriser la délivrance placentaire.  En plus, il est bien éveillé pendant environ 2h avant de dormir quelques longues heures (5 à 7h en moyenne, juste au moment où la femme va redescendre de l’énergie de l’accouchement et aura envie de se reposer, ah ah !), autant en profiter !

Troisième clef pour démarrer son allaitement : les tétées ne doivent pas être douloureuses.
Si lorsque le bébé tête, la femme ressent des douleurs, il y a plusieurs choses à vérifier :

  • La position du bébé : il est optimal de s’assurer qu’il soit dans un axe alignant oreilles-épaules-hanche ;
  • la position de la bouche du bébé (la bouche doit être grande ouverte, les lèvres ourlées, le nez dégagé et le menton enfoui dans le sein) ;
  • La présence de freins de lèvres supérieures ou de langue trop importants, qui empêchent la prise optimale du mamelon ;
  • Une sensation inconfortable en début de tétée et une irritation des mamelons peuvent subsister les 7/10 premiers jours, mais il faut veiller à ce que cela ne dégénère pas en crevasses ;
  • Pour soigner des tétons un peu fragiles, je te suggère de la lanoline pure et un truc géniale dès que les tétons sont érodés, pour éviter la crevasses : le mepitel (http://www.molnlycke.fr/produits-sophistiques/interface/mepitel/#confirm ). Les deux ensembles, c’est fabuleux !
  • Pour aller plus loin : ttps://www.lllfrance.org/1103-les-douleurs-de-lallaitement-comment-y-remedier
  • S’entourer d’une consultante en lactation certifiée! 🙂

 

Quatrième clef : oublie ta montre.

Un nouveau-né a un estomac contenant environ 5ml, il va s’agrandir de jour en jour. Au départ, les quelques gouttes de colostrum (premier lait, jaune, très riche nutrionnellement  et bourré d’anticorps) suffisent amplement.

Ce bébé va avoir envie de téter très souvent, d’être porté aussi… Il découvre la vie aérienne et a besoin de soutien. D’où l’intérêt aussi d’être renseigné sur le maternage proximal, juste ici pour l’intro. Il n’a pas de timing et il n’y a aucune raison de ne pas respecter ses propres signaux métaboliques.  Le bébé s’endort facilement au sein, mais il peut téter en dormant. Ces phases de « tétouilles » sont vraiment utiles pour lancer la lactation. Il n’y a pas non plus de durée de tétée.. Cela va dépendre de ton « style » de bébé (qui s’affirmera avec la « montée de lait » et donc l’augmentation du volume produit).

Ce conseil vaut pour tout l’allaitement qui se conduit merveilleusement dès qu’il est à la demande (dès les signes de l’enfant).

 

Cinquième clef : allaiter aux signes d’éveil.

Pas besoin d’attendre les pleurs, lors de ses premières semaines de vie, dès qu’il commencera à remuer, propose le sein. Il est déconseillé d’attendre que l’enfant pleure, il aura alors besoin de se calmer avant de parvenir à prendre le sein… Quelle perte de temps et d’énergie négative !

Voici les signes auxquels répondre sans attendre :

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Sixième clef : l’alternance des seins.

Il est nécessaire de stimuler les deux seins. Pour se faire, il faut proposer un sein (appelons le « A »)  à une tétée puis proposer le second (« B »).  Lors de la tétée suivante,  il faut d’abord présenter « B » et proposer « A ». Les deux seins sont ainsi stimulés et c’est le bébé qui gère la quantité dont il a besoin.

 

Ultime clef : faites-vous confiance.

Le corps de la femme est plein de ressources et a la capacité de produire TOUT ce qu’il faut au bébé. Quant à lui, il sait ce dont il a besoin. Il n’y a aucune raison de le pesé avant et après les tétées. La nature est, la plupart du temps, bien faite ! Lâche prise sur les quantités… C’est une première chance que tu lui donnes de lui faire confiance dans sa capacité à gérer ses apports tant en termes de quantité que de rythme.

 

Disclaimer :

J’ai abordé les cas où la mère et l’enfant sont en bonne santé. Ce n’est pas toujours le cas. Un accouchement long, la souffrance fœtale, un accouchement express avec complications, la prématurité, une détresse respiration, une césarienne, une hémorragie utérine et bien sur les chirurgies mammaires impactent le déroulement idéal de l’accueil du bébé et de la mise en route de l’allaitement .

Dans de rares cas, l’allaitement est impossible. Mais une césarienne ou le fait qu’un bébé n’ait pas pu faire la tétée d’accueil  n’empêche pas d’allaiter. Pour le bébé prématuré, cela dépend du stade de prématurité, il faudra peut-être envisager un tire-allaitement au début.

Dans tous les cas, il faut y croire et faire confiance à son corps, même s’il a eu une faille, ça n’implique pas des problèmes en cascade.

 

Si tu as des questions, des remarques, ou autre, mets vite un commentaire! J’y répondrai avec plaisir et ça aidera les autres visiteur.se.s.

A bientôt, les curieux!