Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Bébé, que manges-tu ?

L’alimentation du bébé de la naissance au premier anniversaire : une première confiance à offrir.

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Dès la naissance, les nouveau-nés font face à une nouvelle sensation : la faim ! Jusque-là, ils étaient perfusés en continu.
A la naissance, le bébé cherche spontanément à ramper vers le sein. C’est ce qu’on appelle le crawl du nouveau-né. (voici quelques sources et études sur ce crawl et les bienfaits du contact peau-à-peau directement après la naissance : http://www.breastcrawl.org/science.shtml).

Voici une petite vidéo qui montre combien le bébé humain est compétent, dès sa naissance, à trouver sa ressource : https://www.youtube.com/watch?v=b3oPb4WdycE

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois. C’est-à-dire sans l’introduction de quelques autres aliments, même pas de l’eau.
Il est nécessaire de rappeler ces recommandations pour aller au-devant des suggestions de diversifications précoces (vers 4 mois), même si c’est suggéré par des pédiatres qui ne sont pas mis à jour…

Durant l’allaitement, il est nécessaire de laisser le guide de fréquence par les bébés. Ils savent exactement ce dont ils ont besoin.
Ils peuvent téter de 6 à 20 fois par 24h durant les premiers mois, et ensuite, cela se régule en allant vers un rythme de 6 à 12 tétées par 24h.
Il n’y a pas de rythme à respecter, dans aucune circonstance (il n’y a pas de bébé trop gros à cause de l’allaitement !). L’allaitement s’effectue à la demande. Les tétées peuvent durer 5 minutes ou 30, en fonction des enfants… des moments, des périodes de l’année (la chaleur engendre des tétées plus fréquentes et qui ne doivent pas être substituées par de l’eau !)

Tout ce lâcher-prise et cette confiance dans les capacités de l’enfant vont à l’encontre de l’habitude donnée depuis des générations (voire l’article biberon vs allaitement) d’avoir un contrôle sur le rythme des prises alimentaires (toutes les 3 ou 4h, au choix, et plus l’aspect culturel des repas pris à des heures fixe : 7h ; 12h ; 16h ; 19-20h). Il faut bien rappeler que ce sont des considérations culturelles dont le petit enfant se fiche et… n’a pas d’intérêt à les suivre.
Il en va de même pour la gestion des quantités. L’allaitement laisse à l’enfant la gestion de ses quantités alors qu’au biberon, la mesure de ce que l’enfant ingurgite est une question précise.

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Dès le départ, il ne faut pas se focaliser sur les rythme, les quantités ou les prises de poids scindées au jour près (sauf s’il y a une situation inquiétante, cela va de soi).
Cette recherche de contrôle est néfaste pour le moral des parents et complétement inutile dans le cadre de la sérénité quotidienne.
Fais confiance à ton bébé. Il sait ce qu’il se passe dans son corps et sait gérer ses besoins.

Le temps avance et ton bébé va changer de rythme biologique. Il va acquérir le rythme circadien (l’alternance jour/nuit) et ses phases de sommeil/éveil vont être plus régulières.
Personnellement, j’ai été vraiment à l’aise à partir du moment où ma fille tenait sa tête pour allaiter en écharpe aussi (ou en Mei Tai), ce qui permet d’être vraiment plus libre dans ses activités puisqu’on est même plus obligée de se déballer ! ^^

Vers le 4ième mois de vie, il te semblera que ton bébé veut manger en même temps que toi : il suit tes mouvements et essaie d’amener à la bouche tout ce que tu lui tends. Tu ne pourras probablement plus allaiter en mangeant (Oui, ça nous arrive à toutes, non ?!) car il sera diverti par tes gestes.
C’est aussi la période où j’ai pu arrêter de regarder mes séries/films/reportages car elle s’intéressait à l’écran !
Attention : ce n’est pas un signe qu’il/elle est prêt.e à manger mais juste que les acquisitions motrices permettant le mimétisme se perfectionnent !
Dans ces moments-là, tu peux lui donner des faux aliments en peluche/en bois ou encore une cuillère vide. Ton bébé sera ravi.

A partir du 6ième mois, il est possible de faire découvrir au bébé la nourriture.
Il y a la diversification classique : mouliné de légumes/fruits/féculents/protéines.
Il est également possible de préférer la Diversification Menée par l’Enfant (DME). Ce que j’ai fait, d’ailleurs.
La DME est une méthode de diversification où l’on présente des aliments entiers et de grandes tailles à l’enfant de manière à ce qu’il apprenne à croquer et à mâcher. Il peut patouiller dans les aliments et découvrir leur texture tout en développant la motricité fine nécessaire à leur manipulation.
Pour débuter la DME, il est nécessaire de respecter des règles de sécurité tant dans les signes physiques du bébé (qu’il sache se tenir assis droit dans sa chaise) que dans la présentation et le choix des aliments : évitons les rondelles de saucisse et les cerises entières… ! :-p
Voici un site qui recèle de nombreuses informations passionnantes au sujet de la DME : https://bebemangeseul.com/la-pratique/

A nouveau, il faudra lâcher prise lors de la diversification.
Bien qu’il soit fréquent (même à l’OMS) d’indiquer des quantités à respecter en fonction de l’âge des enfants, cela met une pression absurde tant sur l’enfant que sur les parents.
La diversification est une approche de la nourriture : le lait reste l’aliment privilégié et principal jusqu’à 12 mois ! L’OMS précise que le lait maternel confère 50% ou plus des apports énergétiques journaliers de 6 à 12 mois et un 33% environ de 12 à 24 mois.
L’allaitement n’est donc pas une bagatelle qui doit être délaissée dès la diversification.
Il faudra d’ailleurs veiller à proposer le sein avant tout aliment.
Cela vaut également pour les bébés en tire-allaitement ou au biberonde Préparation pour nourrissons (lait artificiel) .

Qui dit « approche » de la nourriture, ne veut pas seulement dire nourrissage. Surtout dans la DME où l’enfant a la possibilité de réellement découvrir les aliments sous tous leurs angles, l’aspect des quantités avalées ne doivent pas poser question avant 12 mois.
Il faut réussir à faire fi des comparaisons entre enfants.
Le seul point d’attention sera lorsqu’un enfant refuse d’avaler et a un réflexe vomitif très marqué, et ce  très tard. Les troubles de l’oralité peuvent alors être investigués. Mais il ne faut pas y penser en première intention et laisser à l’enfant le temps de découvrir les textures des aliments.

Quand l’enfant commence à s’alimenter, ses prises alimentaires ne sont pas de quantités identiques : cela dépend de son appétit.

Je rappelle, comme évoqué dans mon article sur les besoins, que l’enfant jusqu’à 12 mois est mu par ses besoins et qu’il sait les écouter.
Ce n’est qu’après confrontation à des contraintes sociales et à des refus que l’humain ne parvient plus à lire ses signaux internes aussi facilement.
Combien d’adultes n’ont pas du mal à gérer leur appétit et leur satiété ?

Il est fort probable que ces difficultés soient inhérentes à un manque d’écoute des besoins lors de l’enfance. Avec des phrases comme : « finis ton assiette ! » ou « ne mange pas tant ! », la capacité de l’organisme à reconnaître les signaux primordiaux est brimée.

Il est dès lors utile de laisser l’enfant manger à sa faim. Parfois peu, parfois beaucoup, sans prêter attention aux grammages des assiettes.

Il en va de même pour les heures des repas : il est socialement déterminé de proposer un encas lors de longue matinée, ou un goûter à 16h, sans forcément laisser l’enfant exprimer son besoin de manger.
Culturellement, les menus changent. En France, le petit déjeuner est sucré alors que le repas matinal en Asie est similaire à ceux des autres moments de la journée.
Il est possible de proposer à l’enfant de manger à différente heure de la journée : il est possible que ton enfant ait faim à 10h et à 15h de nourriture solide mais qu’il n’en ait pas envie à 12h. Et pourquoi pas ? J

Il a tout le temps de sa vie pour coller aux normes sociales. Les compétences nécessaires pour écouter ses signaux corporels sont chères. Si tu peux les préserver, fais-le ! Tu en feras une personne plus à même d’être à l’aise avec ses propres besoins.

Te concernant, je ne peux que te conseiller de résister à la pression de l’entourage ou  des endroits de garde qui peuvent te suggérer un mode d’alimentation qui ne te convient pas.
Si tu veux faire la DME : fais-le ! Si tu veux allaiter jusqu’au sevrage naturel : fais-le !
Et après, il mangera comme les autres mais en ayant découvert les aliments sous leur forme naturelle.
Si tu veux que ton enfant ne mange pas de produit transformé, ne cède pas aux suggestions des flocons et autres biscuits écrasés pour appâter les papilles des petits. Induire une appétence au sucre raffiné n’est pas un cadeau et viendra, probablement, bien assez tôt !

En somme, fais confiance à ton enfant et fais valoir ton point de vue ! Ton enfant sait ce dont il a besoin et tu n’as pas à céder face à une pression normative.
Le rapport à la nourriture a sa place dans le sujet de l’éducation bienveillante. L’enfant est responsabilisé dans ses apports. Cela demande un lâcher-prise, une confiance et une compréhension des réels besoins des petits d’humain.

A très bientôt, les Curieuses.x !

 

 

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Allaitement

Clefs pour démarrer un allaitement

Après avoir passé des heures à lire au sujet de l’allaitement, à lire des témoignages de femmes allaitantes, à éplucher le site de la Leche League et à démarrer mon propre allaitement (enfin, notre allaitement, j’aurais du mal à l’entretenir seule, au demeurant !), je me dis qu’il est nécessaire de pouvoir fournir quelques informations pertinentes.

Première clef pour un allaitement serein : s’informer avant la naissance. Un individu informé en vaut deux. Vraiment !
Parce qu’il ne devrait y avoir « rien de plus naturel », mais il s’avère que la société ne nous permet plus réellement d’être informé de manière limpide.

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Dans la plupart des cultures moins dominées par l’individualisme, les connaissances inhérentes à la maternité (la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le post-partum) sont transmises entre mères, filles, tantes et grand-mères. La femme enceinte en a vu d’autres avant elle, cela donne l’impression aux femmes d’être moins perdues.
Mais voilà, bonjour l’occident, bonjour les siècles de bienséééééaaaaances (!) et de morales religieuses qui ont caché tout ce qui a trait à la maternité et à la femme en général.  Aujourd’hui,  nous n’avons que les récits pudiques de nos proches, mais sans qu’on le vive auprès d’elles. Les grand-parents donnent des conseils, mais ceux-ci sont déjà emprunts des croyances du XX ième siècle, qui n’a pas été délicat envers  les femmes. On va vous parler de la joie de la péridurale, grande découverte de ce siècle, mais on ne vous parlera pas des injections pour bloquer les montées de lait, des maltraitances génitales et autres attitudes visant à infantiliser les femmes face à leur propre corps. Bref, les conseils de nos grands-parents, s’ils sont pavés de bonnes intentions, sont rarement opportuns et judicieux. Je généralise… Il y a bien sûr des exceptions !
Donc cette article a comme objectif de vous affirmer quelques vérités qui vous aideront à balayer les « bons » conseils.

 

Deuxième clef : la tétée de bienvenue.

A peine né.e, déjà au sein ! C’est vraiment ça. Les nouveau-nés sont même capables de ramper du ventre de leur mère jusqu’au sein, instinctivement. Plus vite le bébé est mis au sein, plus vite cela activera le processus de lactation et il/elle sera rassuré.e de retrouver une odeur familière sur le mamelon, lui rappelant le liquide amniotique. En outre, cela favorisera les contractions utérines afin de favoriser la délivrance placentaire.  En plus, il est bien éveillé pendant environ 2h avant de dormir quelques longues heures (5 à 7h en moyenne, juste au moment où la femme va redescendre de l’énergie de l’accouchement et aura envie de se reposer, ah ah !), autant en profiter !

Troisième clef pour démarrer son allaitement : les tétées ne doivent pas être douloureuses.
Si lorsque le bébé tête, la femme ressent des douleurs, il y a plusieurs choses à vérifier :

  • La position du bébé : il est optimal de s’assurer qu’il soit dans un axe alignant oreilles-épaules-hanche ;
  • la position de la bouche du bébé (la bouche doit être grande ouverte, les lèvres ourlées, le nez dégagé et le menton enfoui dans le sein) ;
  • La présence de freins de lèvres supérieures ou de langue trop importants, qui empêchent la prise optimale du mamelon ;
  • Une sensation inconfortable en début de tétée et une irritation des mamelons peuvent subsister les 7/10 premiers jours, mais il faut veiller à ce que cela ne dégénère pas en crevasses ;
  • Pour soigner des tétons un peu fragiles, je te suggère de la lanoline pure et un truc géniale dès que les tétons sont érodés, pour éviter la crevasses : le mepitel (http://www.molnlycke.fr/produits-sophistiques/interface/mepitel/#confirm ). Les deux ensembles, c’est fabuleux !
  • Pour aller plus loin : ttps://www.lllfrance.org/1103-les-douleurs-de-lallaitement-comment-y-remedier
  • S’entourer d’une consultante en lactation certifiée! 🙂

 

Quatrième clef : oublie ta montre.

Un nouveau-né a un estomac contenant environ 5ml, il va s’agrandir de jour en jour. Au départ, les quelques gouttes de colostrum (premier lait, jaune, très riche nutrionnellement  et bourré d’anticorps) suffisent amplement.

Ce bébé va avoir envie de téter très souvent, d’être porté aussi… Il découvre la vie aérienne et a besoin de soutien. D’où l’intérêt aussi d’être renseigné sur le maternage proximal, juste ici pour l’intro. Il n’a pas de timing et il n’y a aucune raison de ne pas respecter ses propres signaux métaboliques.  Le bébé s’endort facilement au sein, mais il peut téter en dormant. Ces phases de « tétouilles » sont vraiment utiles pour lancer la lactation. Il n’y a pas non plus de durée de tétée.. Cela va dépendre de ton « style » de bébé (qui s’affirmera avec la « montée de lait » et donc l’augmentation du volume produit).

Ce conseil vaut pour tout l’allaitement qui se conduit merveilleusement dès qu’il est à la demande (dès les signes de l’enfant).

 

Cinquième clef : allaiter aux signes d’éveil.

Pas besoin d’attendre les pleurs, lors de ses premières semaines de vie, dès qu’il commencera à remuer, propose le sein. Il est déconseillé d’attendre que l’enfant pleure, il aura alors besoin de se calmer avant de parvenir à prendre le sein… Quelle perte de temps et d’énergie négative !

Voici les signes auxquels répondre sans attendre :

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Sixième clef : l’alternance des seins.

Il est nécessaire de stimuler les deux seins. Pour se faire, il faut proposer un sein (appelons le « A »)  à une tétée puis proposer le second (« B »).  Lors de la tétée suivante,  il faut d’abord présenter « B » et proposer « A ». Les deux seins sont ainsi stimulés et c’est le bébé qui gère la quantité dont il a besoin.

 

Ultime clef : faites-vous confiance.

Le corps de la femme est plein de ressources et a la capacité de produire TOUT ce qu’il faut au bébé. Quant à lui, il sait ce dont il a besoin. Il n’y a aucune raison de le pesé avant et après les tétées. La nature est, la plupart du temps, bien faite ! Lâche prise sur les quantités… C’est une première chance que tu lui donnes de lui faire confiance dans sa capacité à gérer ses apports tant en termes de quantité que de rythme.

 

Disclaimer :

J’ai abordé les cas où la mère et l’enfant sont en bonne santé. Ce n’est pas toujours le cas. Un accouchement long, la souffrance fœtale, un accouchement express avec complications, la prématurité, une détresse respiration, une césarienne, une hémorragie utérine et bien sur les chirurgies mammaires impactent le déroulement idéal de l’accueil du bébé et de la mise en route de l’allaitement .

Dans de rares cas, l’allaitement est impossible. Mais une césarienne ou le fait qu’un bébé n’ait pas pu faire la tétée d’accueil  n’empêche pas d’allaiter. Pour le bébé prématuré, cela dépend du stade de prématurité, il faudra peut-être envisager un tire-allaitement au début.

Dans tous les cas, il faut y croire et faire confiance à son corps, même s’il a eu une faille, ça n’implique pas des problèmes en cascade.

 

Si tu as des questions, des remarques, ou autre, mets vite un commentaire! J’y répondrai avec plaisir et ça aidera les autres visiteur.se.s.

A bientôt, les curieux!

Éducation bienveillante

La discipline Positive

Je vais te présenter « la discipline positive ». Je range cet article dans la catégorie « Éducation bienveillante » car c’est qu’elle peut être catégorisée (au cas où l’on n’avait pas compris, hein).

Toi qui me lis, n’en déduis pas que l’éducation bienveillante n’est QUE la discipline positive.
Il y a déjà énormément de sites et de blogs qui définissent cette notion. Je ne peux pas en parler sans avoir rédigé un article « de référence », comme je l’ai fait pour le maternage proximal. C’est un début de blog… Alors je pose les fondations. :-p

Déjà, si tu penses que la discipline positive va te donner des solutions toutes faites, que c’est une Méthode, il est possible que tu sois déçu.e ou plutôt rassuré.e. Il n’y a, en effet, pas UNE manière de faire avec les enfants. Quiconque vend ce principe se fourvoie (et fait des déçu.e.s !). Une métaphore explique bien cela : lorsque le lait bout, l’idée de l’éducation bienveillante n’est pas de mettre un couvercle (je ne sais pas si vous avez essayé, mais la cuisinière finit vraiment sale) mais de trouver une solution pour réduire le feu.
Cela va sembler théorique, mais, en réalité, je vais juste présenter la structure d’un état d’esprit à acquérir pour entrer dans la parentalité positive.

La discipline positive puise ses sources dans les 8 principes adlériens (issus d’A. Adler) :

  1. L’enfant est un être social ;
  2. Le comportement des enfants est tendu vers un but (qui n’est pas « de nous énerver ! ») ;
  3. Les besoins essentiels de l’être humain est d’appartenir et d’avoir de l’importance ;
  4. Un enfant qui se comporte « mal » est un enfant découragé ;
  5. Le sens de la communauté (dans le sens de participer à la société) ;
  6. Le principe d’égalité, le fondement de la coopération ;
  7. Les erreurs sont une merveilleuse opportunité d’apprentissage ;
  8. S’assurer de faire passer le message d’Amour

(Oui, je sais ! Ça paraît très conceptuel. Cela dit, je t’invite à m’adresser tes questions ou à lire « La discipline Positive de Jane Nelsen, pour aller plus loin dans ce mode de vie. Je reviendrai à diverses occasions sur les principes évoqués.)

Il est également nécessaire d’être attentif aux 3R de la réconciliation lors des conflits, quand l’adulte se rend compte qu’il tient un rôle dans le maintien ou l’apparition d’une situation problématique (tu sais, ce moment où tu veux que l’enfant agisse et qu’un mot blessant à son égard part, un cri, un geste) :

  1. Reconnaitre son erreur/sa responsabilité
  2. Se réconcilier : aller vers l’autre en s’excusant
  3. Réparer : chercher une solution, une alternative qui convient à tout le monde

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(Tu remarqueras que cela ne s’adresse pas qu’aux relations envers un enfant…! 😉 )

En réalité, pour obtenir des résultats dans une voie d’éducation bienveillante, il est nécessaire de faire entrer l’enfant dans une dynamique de collaboration : 4 étapes sont suggérées. Celles-ci doivent être accomplies avec sincérité et bienveillance (Si c’est fait à contrecœur, et sans intention louable, l’enfant le ressent… Tes attitudes non-verbales te trahissent !) :

  1. Montrer à l’enfant que l’on comprend ses émotions en lui posant des questions et en reformulant ses ressentis
  2. Faire preuve d’empathie, sans excuser ni approuver l’action. Juste montrer qu’on a compris la perception de l’enfant.
  3. Partager nos perceptions et ressentis en tant qu’adulte. Il faut que l’enfant soit revenu au calme pour qu’il soit en mesure d’écouter
  4. Inviter l’enfant à se centrer sur une solution, pour éviter le problème à l’avenir. S’il ne trouve pas d’idées, on peut lui proposer des suggestions. L’idée est donc de suggérer, de faire avec l’enfant et non à la place, pour l’ancrer dans un processus
  5. d’autonomie.

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La discipline positive, c’est aussi changer de regard sur les comportements que les adultes considèrent comme inappropriés.

En premier lieu, les enfants explorent leur environnement. En deçà d’un certain âge, je suggère plutôt d’adapter le lieu de vie à l’enfant, plutôt que d’avoir l’espoir que vous arriverez à faire comprendre à un tout-petit qu’il ne faut pas toucher les bibelots situés à sa hauteur. On dit bien de mettre les produits dangereux en hauteur, cela vaut aussi pour les choses fragiles ou précieuses.

En tant qu’adulte, certaines attitudes peuvent devenir exaspérantes. Pourtant, il n’est pas rare que dans l’occurrence de comportements dérangeantes, les adultes aient une part de responsabilités.

Les enfants ne sont pas en mesure d’envisager leurs actes sous le même angle que les adultes, pour différentes raisons :

  • Parce qu’il manque de compétence, de conscience ou de connaissance par rapport au comportement attendu ;
  • Le comportement correspond au stade normal du développement. Par exemple : jeter les jouets par terre systématiquement, ouvrir/fermer les portes, allumer/éteindre la lumière ;
  • Il a un sentiment de découragement ou d’incapacité, ex : l’enfant s’énerve, pleure, parce qu’il a mal (aux dents par exemple), s’ennuie, tente de se déplacer sans y parvenir, tente de se faire comprendre mais n’y parvient pas encore ;
  • Le comportement est guidé par le cerveau reptilien (les émotions) : si l’émotion est accueillie par l’adulte, reconnue, l’espace d’expression émotionnelle durera environ 90 secondes. Si l’enfant est très énervé : il faut réfléchir à son besoin de motricité.

Les comportements perçus comme inappropriés sont des opportunités d’apprentissage. Pour se faire, il faut accompagner l’enfant vers la responsabilisation et l’autonomie.

Il est utile de faire usage de temps de pause face aux comportements afin d’éviter les réponses instinctives. Cela invite l’adulte à se maîtriser pour montrer à l’enfant que c’est cette attitude de maîtrise qu’il est utile d’acquérir. En outre, il est nécessaire de vérifier que l’enfant soit connecté à l’adulte (Il n’est plus en train de bouillir émotionnellement) et que son besoin d’appartenance est bien rempli (qu’il ne se sent pas rejeter ou aimer conditionnellement).

Plus le comportement est compris par l’adulte, plus sa perception sera fine et la réaction apportée sera adéquate pour guider l’enfant dans les repères éducatifs.

Il est important de prendre en compte les besoins de l’enfant, avec justesse, afin de comprendre son comportement et d’apporter  la réponse la plus efficace.
(Je sors un peu du contenu strict du livre de Jane Nelsen, mais ça donne du sens à son contenu.)

  • Les besoins physiologiques
  • Les besoins d’appartenance / d’attachement
  • Le besoin d’autonomie, de contrôle et de liberté
  • Les besoins émotionnels
  • Les besoins intellectuels

Jane Nelsen, met en évidence 4 « objectifs-mirages », qui ont des intentions précises, et qui visent à remplir les besoins précités :

  • Accaparer l’attention
  • Prendre le « pouvoir » (être en situation de maîtrise, l’enfant n’est pas un dictateur ! 😉 )
  • Prendre une revanche (mise en chose égale, l’enfant a plus un notion d’égalité que d’équité…)
  • Renforcer sa « croyance d’incapacité » (comme les adultes, ils ont tôt faire de s’autoconvaincre qu’ils sont incapables.)

L’enjeu principal pour l’adulte est de détecter les besoins cachés derrière les comportements. Jane Nelsen propose un tableau d’identification des besoins cachés, qui s’avère être une mine d’or. Voilà, c’est cadeau :

grille besoins cachés Jane Nelsen

 

Pour réagir face à des comportements inappropriés, il est nécessaire que le climat émotionnel de l’adulte soit maîtrisé. Il est, dès lors, pertinent d’apprendre à gérer ses émotions et à les reconnaître (Bon, il faut aussi se dire qu’on est parfois débordé émotionnellement. La réaction ne sera donc pas optimale, mais il est tout à fait possible de corriger le tir après avoir pris un temps calme. C’est l’avantage des relations humaines : elles ne sont jamais figées, si on ne veut pas qu’elles le soient !). Pour revenir à son propre calme, il peut être nécessaire de mettre en perspective le comportement en regard des besoins éventuellement non-assouvis de l’enfant.

Pour la juste détection des besoins, il est tout à fait possible de questionner l’enfant sur son comportement. Il est alors utile d’effectuer un questionnement, en prenant bien le temps d’écouter les réponses successives, en reprenant les 4 objectifs-mirages expliqués ci-dessus. Il ne faut pas oublier que l’enfant n’a pas vocation ne nous « ennuyer » volontairement. Cela ne remplit aucun bénéfice pour lui. Les comportements sont des stratégies pour parvenir à remplir ses besoins ou une expression émotionnelle.

Jane Nelsen propose un outil pour favoriser la coopération : « les temps d’échange en famille ». Ces moments ont pour objectif d’enseigner la responsabilité sociale et l’implication des enfants dans le processus de décision. Durant ce temps hebdomadaire, il est demandé à tous les protagonistes d’une maisonnée de se réunir afin de mettre à jour les éléments inconfortables et de se concentrer ensemble sur la résolution du/des problèmes. Je consacrerai un article entier à ce sujet plus tard.

Qui dit Discipline Positive dit éducation sans punition ni récompense. Cependant, la discipline positive n’est pas laxiste, les principes sont de la fermeté et de la bienveillance : il s’agit de trouver des solutions aux problèmes et non pas de les faire disparaître en les invisibilisant.

Je ne peux pas faire un résumé concis du contenu de ce livre de manière harmonieuse. Je ferai un article clair et limpide sur la manière d’aborder une situation qui, de prime abord, pourrait requérir une punition selon l’éducation transmise.

La Discipline Positive nous propose des outils pour parvenir à une fin d’éducation sans violence et respectueuse de chacun.

Il est primordial de retenir que ce n’est pas une méthode d’intervention auprès de l’enfant, mais bien un changement de paradigme par rapport à celui-ci. L’objectif n’est pas de démunir le parent de ses possibilités d’action, mais, au contraire, d’étendre sa compréhension du problème et d’agir avec plus de justesse.

Cela nécessite de l’introspection (qui peut faire mal… Coucou, je suis là, si tu veux en parler !) et des intentions qui ne sont pas de soumettre l’enfant aux désirs parentaux (déjà qu’il est arrivé par nos désirs, alors bon… !). L’idée première est de faire de cet être qui rassemble tant d’espoirs chez l’adulte, un être susceptible de coopérer à un fonctionnement social. Cela implique qu’on soit prêt à entendre que les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres et que les stratégies ne sont pas identiques pour tout un chacun.

La parentalité positive fait grandir les enfants dans la bienveillance et les préserves d’une violence normative, psychologique et physique. Cela nécessite de l’expérience, des « ratés », qui sont très justement, des opportunités d’apprentissage pour les parents.

Un peu comme on s’exerce à toutes activités, la Discipline Positive demande du temps. Tout n’est pas évident dans un premier temps, mais quel fonctionnement est si simple qu’il peut être intégré immédiatement ?

 

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Le sujet est vaste !

C’est mon deuxième article fleuve. Il y en aura un troisième (histoire de fondement, etc.), sur la Communication Non-Violente.
Tout cela a un but précis, je t’invite donc à revenir rapidement pour aiguiser encore ta curiosité (parce que oui, plus nous en savons, plus on mesure l’étendue des connaissances à acquérir encore. Mais c’est génial : ça veut dire qu’il y a encore tant à apprendre !).