Allaitement

L’allaitement: l’information est la source

Index des articles concernant l’allaitement!

 

Encore une fois, l’information est le meilleur moyen d’y parvenir !
Sans renseignement concret et valide, nous sommes à la merci des conseils peu renseignés et des doutes tiraillant.
Alors, il y a des éléments à savoir  sur l’allaitement, avant de commencer, au début, pendant et à son terme (que ce soit en sevrage induit ou naturel).
Malheureusement, la lactation humaine n’est pas un sujet très abordé dans le domaine médical… et les recommandations des professionnel.le.s de santé sont parfois catastrophiques pour la conduite de l’allaitement. Ce n’est pas de leur faute… Les cursus sont pauvres à ce sujet. Et parfois, il y a même des « règles » dignes des manuels de puériculture des années 30.

tire lait ancien
Vintage Tire-Lait

 

Bref, il faut lire, retenir, s’entourer de personnes compétentes et croire en soi!

« – Je vais allaiter !
– Oui, si tu y arrives !
– NON ! J’y arriverai, il n’y a aucune raison que le mammifère que je suis n’y parvienne pas ! »

Voilà ce qui fut ma maxime. J’en suis à un an d’allaitement et je désire un sevrage naturel pour ma fille.
Quand on veut, on peut !

Pourquoi le vouloir ? En très bref (les articles sont là pour détailler), parce que l’allaitement est la norme de l’espèce humaine (nous sommes des mammifères) et que c’est le seul aliment RÉELLEMENT adapté à la physiologie du bébé. De plus, allaiter offre de sacrés avantages pour les parents et pour la jeune accouchée : les hormones libérées grâce à l’allaitement favorisent l’attachement avec le bébé, permettent de se rendormir plus rapidement la nuit (et avec un bébé/bambin, c’est commode !) et entretient ta quiétude, de manière à supporter sereinement les aléas de la petite enfance.
Voici donc l’index des articles concernant l’allaitement :

  • Biberon Vs. Allaitement : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des pointures au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement : faisons – les sauter!  Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien ! PS : La mise en place d’un allaitement dure 6 semaines, alors autant le savoir. Ces instants sont précieux pour vous, même si ça joue au chamboule-tout émotionnel !
  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemés de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement et mettre en place ton allaitement avec succès, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre,  le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription) : Il s’agit, tout simplement, du reportage d’Arte diffusé pour la première fois ce 28 septembre 2018. Souvent, les reportages finissent en « ça rentre par une oreille et cela ressort par l’autre ! ». Cette fois, il y avait trop d’informations importantes… Trop de sources scientifiques que l’espèce humaine doit prendre en compte pour la santé de ses petits !
  • « Ah, tu allaites encore … ?! » Tu allaites depuis 6 mois, peut-être 1 an, voire même 18 mois… Et tu l’as déjà entendu, cette phrase ! Tu en as marre et tu veux des arguments en béton, c’est l’article qu’il te faut.
  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire ! Et juste comme « amuse-bouche », drôle de mode qui a conditionné la survie de l’espèce humaine depuis sa création. A ce point-là, on appelle ça… la norme de l’espèce, non ? 😉
  • « Bébé, que manges-tu ? » L’allaitement, c’est la voie d’alimentation principale du bébé pendant 12 mois. La diversification commence à prendre sa place à partir des 6 mois… Pas avant, dixit l’OMS, quand même ! Alors, que mange un bébé durant sa première année de vie ? Comment allaiter et diversifier en étant le plus serein.e possible ? C’est dans cet article que cela se passe.
  • « Mon assiette, ma famille et moi ! » Dans la continuité de l’allaitement et de la diversification, je pense qu’il est primordial de prendre conscience de ce que l’on met dans le corps de nos bambins et de décrypter les entourloupes des industrielles (et aussi dans les laits artificiels et de croissance… !). Alors pour clore cet index sur l’alimentation du bébé et du bambin, cet article va t’aider à te débarrasser des pièges de la nourriture contemporaine.

 

Avec ces articles et toutes les informations qu’ils contiennent, tu devrais être plus outillé.e pour avoir confiance en toi/ta compagne et en tes/ses capacités d’allaitante / soutien à l’allaitement (rôle indispensable, quand on vit avec quelqu’un !).
Ensuite, fais confiance à ton bébé : il/elle connait ses besoins mieux que personne. Ne recherche  pas de rythme, pas de contrôle des quantités, n’ai pas de montre et tu n’auras pas de stress.
Entoure-toi des bonnes personnes, et continue à t’informer auprès d’elles ou sur des groupes de discussion spécialisée sur le sujet.

Tu peux y arriver, si tu le souhaites !

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Pour presque tous les sujets, tu trouveras les dernières informations fiables en la matière sur lllfrance.org
Bonjour à tes deux seins (ou à ceux de ta compagne), ce sont de sacrés merveilles de la nature ! 😉

 

A bientôt pour le 3ème index !

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Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
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Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

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Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

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Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !

Allaitement·Éducation bienveillante·Préparer la naissance

Mon assiette, ma famille et Moi !

 

Le fait de nourrir ses proches et encore plus ses enfants est une vraie inquiétude pour la plupart des adultes.

Dès la naissance de l’enfant, le sujet de son alimentation devient un point d’attention majeur. Cela semble logique, puisque sa survie en dépend.
Le poids du bébé est surveillé quotidiennement au début, au point d’estimer une moyenne de prise de poids, soit 20/25g par jour.
Pour les mères allaitantes, la mise en place de l’allaitement est sujette à divers conseils et attitudes et  … pas toujours judicieux ! Par exemple : la durée des tétées, le temps d’intervalle entre deux tétées, le manque d’écoute lorsque la femme nouvellement accouchée dit avoir mal (absence de prise en charge des potentiels freins de lèvres et de langue, ou de la position du bébé pendant les tétées). Voici un article qui reprend les clefs pour démarrer sereinement l’allaitement.

Concernant les mères biberonnantes, les bébés doivent prendre des biberons d’une quantité définie, à intervalle régulière… Et vient se poser le choix de la préparation commerciale pour nourrisson (PCN). La plupart sont à base de lait de vache, mais il est possible d’en trouve au lait de chèvre, à base de protéines végétales (riz, soja, amande, …) en bio ou en non-bio.
Pour être honnête, à défaut d’un allaitement, je peux te recommander de partir forcément sur une PCN biologique… et d’éviter autant que faire se peut celles à base de lait de vache. C’est la meilleure manière d’éviter d’exposer son enfant aux éventuelles intoxications mises en évidence dans les scandales alimentaires. Sans compter qu’énormément d’enfant ne supportent pas les protéines des laits de vache, engendrant des troubles digestifs divers dont les reflux, les coliques (qui peuvent être amoindries par le portage), la constipation ou la diarrhée.
Je rappelle que l’allaitement reste le seul moyen totalement adapté aux petits humains, qui lui évite bien des désagréments inhérents aux PCN.

Dès le départ, les parents débutent un contrôle de la quantité du lait ingurgité.
Avec les biberons, les quantités sont aisément quantifiables, mais pendant l’allaitement, il est nécessaire de se fier aux excrétions (le nombre et le remplissage des couches).
Cela peut paraître bien plus simple d’effectuer une surveillance avec les biberons. Mais en réalité, ce contrôle ouvre la première porte aux inquiétudes créées par la nourriture.
Dès le départ, il n’est plus question de faire simplement confiance à l’appétit du bébé… Or, comme je l’expliquerai plus tard, la confiance en son appétit et de sa gestion autonome de ses apports lui fournira la possibilité de développer un rapport avec l’alimentation dénué de crispations et une écoute de ses signaux physiologiques.

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  • La diversification de l’enfant

Après avoir trouvé une « routine » d’alimentation avec son petit bout, voilà venu le temps de la diversification (article qui explique les besoins du bébé de 0 à 12 mois : juste  !).
Je rappelle, dans un premier temps que l’OMS recommande bien que la diversification n’ait lieu qu’à 6 mois. L’immaturité du système digestif rend l’introduction des aliments solides néfaste pour le bébé.

A partir du moment où l’on souhaite diversifier, et que l’enfant y montre de l’intérêt, l’objectif sera de proposer des aliments et des plats adaptés à l’enfant.
Cela dit, cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de proposer des purées (encore moins de proposer des préparations industrielles).
L’enfant, dès qu’il a acquis la capacité à se tenir assis, peut très bien gérer les morceaux. C’est le principe de la « diversification menée par l’enfant » (pour un peu plus d’explication : https://www.diversificationalimentaire.com /).

Il faut aussi se souvenir que chaque enfant est différent, il est donc illusoire de s’attendre à ce que l’ensemble des bébés mangent la même quantité et soient intéressés par les solides au même moment.
La patience et l’écoute des besoins du bébé sont de mise !

Les canadiens (on sait qu’ils sont toujours en avance dans les pratiques… et avec  bases scientifiques avérées) recommandent des principes qui sont pratiques et clairs : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/soins-nourrissons/nutrition-nourrissons.html?_ga=2.191902442.1194459809.1536576068-1290066032.1533314018

Il est nécessaire de retenir qu’avant l’âge d’un an, le lait demeure la source d’alimentation principale et doit être proposé avant les repas solide.

Carlos Gonzales, dans son livre « Mon enfant ne mange pas », met en évidence de nombreuses habitudes incohérentes et des précautions édictées par les pédiatres… sans fondement scientifique. Je le cite : « n’y a aucun fondement scientifique pour dire qu’un enfant de tel âge doit manger telle quantité de tel ou tel aliment. Il serait bon de commencer à reconnaître que l’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin, et qu’après 6 mois comme avant cet âge, il peut continuer à se nourrir à la demande. »

Il n’est dès lors pas nécessaire de commencer par les légumes, puis d’attendre 15 jours pour les fruits et attendre que les bébés aient plus de 7 mois pour les protéines animales… et plus d’un an pour les oléagineux (dont arachides).
Toutes ces précautions sont donc infondées !
Cependant, surtout en cas de terrain allergique dans la famille, il est nécessaire d’être précautionneux avec les allergènes.
Le Dr. Gonzales préconise également qu’il est préférable de ne pas introduire le lait de vache avant 9 ou 12 mois, puisqu’il est trop riche en protéines et trop pauvre en fer (et oui, autant le veau en a besoin puisqu’il grossit d’environ 800g/jour jusqu’à ses 14/15 mois… Alors que l’humain oscille aux alentours de 20 à 25g).
Il faut aussi éviter de sucrer, d’édulcorer ou de saler les plats des enfants en bas-âge. Le miel est aussi à éviter avant l’âge d’un an afin d’éloigner les risques de botulisme infantile qui peut se développer à cause d’un microbiote intestinal immature.

Si, en tant que parent, tu ne souhaites pas effectuer la DME, je t’invite à te questionner sur les raisons de tes appréhensions. Elles en disent surement beaucoup sur ton rapport au contrôle, à la confiance faite dans ton enfant et ton rapport à la nourriture.

Avec ces petites suggestions, tu peux respecter les besoins de son enfant, même sans DME :

  1. Ne jamais inciter fermement son enfant à accepter une cuillérée, même en l’incitant par la voix, en le distrayant (« On fait l’avion ! »), ou encore en frottant la cuillère sur sa bouche. Si l’enfant garde la bouche close, c’est qu’il n’a pas envie/besoin de manger.
  2. Proposer des aliments qui ne soient pas toujours mélangés ensemble : de simples moulinés de légumes ou de fruits, puis les protéines hachées finement et les féculents écrasés. Cela lui permet de découvrir les saveurs et de pouvoir varier afin d’attiser son intérêt (et son appétit !). Les parents peuvent aussi constater où vont les préférences de l’enfant.
  3. La texture totalement lisse n’a aucun intérêt pour l’enfant

Dès le début de la diversification, et même en l’absence de dent, l’enfant va acquérir la mastication (les gencives ont une grande force!) .  Cette dernière favorise le développement des mâchoires et a donc aussi des bienfaits sur les aspects orthodontiques. Nombre de médecins, stomatologues et orthodontistes bien informés constatent « la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère ».

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  • Le mimétisme des enfants envers les adultes

Cela paraît logique… puisque cela vaut pour tous les aspects de la vie. Et pourtant, combien de parent n’essayent pas de faire manger leurs enfants avant eux ou en leurs proposant un menu différent ?
Forcément, beaucoup d’enfants n’auront pas d’appétit. Pour apprécier la nourriture, il faut que les enfants constatent le plaisir qu’ont leurs proches face à la nourriture.

Si le menu est différent de celui de son enfant, il convient de se questionner sur les raisons de cela ?
As-tu eu envie de bien faire en lui faisant une timbale de légumes… Mais que tu ne consommes pas, car tu n’aimes pas cela ?
Difficile de s’attendre à ce que l’enfant aime… Alors qu’il ne peut voir ses référents déguster ce qu’il doit lui-même ingurgiter.
Cela peut-être une bonne manière de rééquilibrer son alimentation, afin de profiter aussi du fait de manger de manière équilibrée la plupart du temps.

 

  • Les différents des besoins entre enfants et adulte

Les enfants n’ont pas un rythme alimentaire similaire à celui des adultes. Ces derniers ont intériorisés les codes sociaux des heures de repas… et qui font des repas des moments d’échanges sociaux.
Cela tombe sous le sens qu’un enfant n’a pas envie de rester à table une heure durant…
Il peut aussi avoir un petit appétit qui engendre qu’il se nourrisse plus fréquemment de petites quantités.

Il convient simplement de répondre aux besoins de son enfant sans y apposer de jugement ou de commentaire. Critiquer ses choix alimentaires ou son rythme alimentaire ferait perdre à l’enfant cette capacité inestimable qu’est l’écoute de sa satiété mais aussi sa confiance en soi.

Combien d’entre nous ont moult difficultés à percevoir clairement ses signaux de faim et de satiété ?
Combien sommes-nous à souffrir d’une forme de trouble alimentaire ?

Si la société et les vieux adages n’avaient pas autant d’impact sur notre alimentation, nous aurions pu préserver cette capacité à manger uniquement lorsque nous avons faim ou lorsque quelque chose nous fait vraiment envie.
Les enfants qui font un goûter tardif ou copieux ne mangent parfois que peu au repas du soir… Et c’est logique car ils ont pris leur « quota énergétique ».
Parfois, les enfants vont dévorer bien plus et cela n’a pas de sens de les réfréner : ils sont en pleine croissance et se dépense, comparativement, bien plus que la plupart des adultes.

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Préparation improbable, mais pourquoi pas les laisser tester ?

Il est primordial de conscientiser que les interdits alimentaires mènent à la frustration de l’enfant. Ce dernier va alors se rattraper autant qu’il peut lorsque ceux qui interdisent ne sont pas dans les parages. Ils mangeront alors plus que de raison en comblant la frustration de l’interdit ou alors, ils dissimuleront le fait qu’ils ont consommé certains aliments.
Ils se forceront ensuite à manger sans faim, pour ne pas laisser paraître qu’ils ont pris un gros goûter… bafouant leurs signaux de satiété et ancrant la nécessité de dissimuler cette source de plaisir.

En outre, il est nécessaire de revoir la notion de « grignotage » : un enfant peut étaler ses rations sur la journée. Au lieu d’avoir des biscuits comme seules collations, il est tout à fait possible de proposer des fruits (frais ou séchés), des légumes crus, des graines et oléagineux variés voire une portion de repas conservé qui lui plait. Il n’y a pas de raison de proposer systématiquement un petit-déjeuner ou un goûter sucré : c’est une norme occidentale qui peut très bien être modifié. Sortir du cadre permet souvent de diversifier l’alimentation.

Les adultes ont pour mission de proposer une alimentation diversifiée et saine aux enfants. Il faut savoir que la plupart des enfants entre 2 et 10 ans sont touchés par ce qu’on appelle « la néophobie alimentaire ».
L’étymologie du mot te donne un indice : c’est l’appréhension de consommer un aliment inconnu ou avec une saveur particulière. C’est totalement habituel. Cela passe après une période plus ou moins longue. Il faut entre 7 et 9 présentations d’un aliment pour que l’enfant accepte d’y toucher. Surtout, il est contreproductif de se crisper sur leurs refus : cela engendrerait un cercle vicieux qui entretiendrait l’aversion envers certains aliments.
Il arrive également que les enfants trient leurs aliments et en refusent certains. A certaines périodes, ils vont se focaliser sur les sources à haute dose protéique ou glucidique. Afin d’introduire des légumes plus aisément, il est possible de proposer deux types de légume quand on sait que l’un n’est pas apprécié.
Il est aussi bénéfique de changer les préparations des légumes. Tu as l’habitude de manger tes carottes avec du thym, tu peux changer d’épices et de forme des carottes, mais aussi du mode de cuisson.
Il est fréquent que la routine fasse revenir des plats de manière très régulière ce qui amène de la monotonie. Tu pourrais, par exemple, acquérir un nouvel aliment chaque mois à introduire dans ton bol alimentaire (changer de céréales et découvrir le millet, le quinoa, l’amarante, …) et t’inspirer des cuisines du monde. Il est aussi important de savoir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter si un enfant refuse les légumes mais consomme des fruits. Il reçoit les bienfaits des fruits frais et cela suffit probablement à ses besoins nutritionnels (hors pathologie).

Enfin, il faut accepter que parfois, les enfants (et tous les individus) n’ont pas faim. Et qu’il ne sert à rien de les forcer à se nourrir. Le sens social de la nourriture est moins développé chez eux, et ils n’ont pas été « pollués » par des croyances qui entachent leur satiété.
Personne n’a jamais été en mauvaise santé en sautant un repas de temps en temps, en cas de maladie ou de repas précédent copieux.

 

  • L’autonomisation de l’enfant par rapport à sa nourriture et la qualité de celle-ci !  

Tu l’auras compris, les enfants ont la capacité d’être complétement autonome pour gérer les quantités de nourriture.
Si un enfant ne veut pas finir son assiette, il est inutile de le priver de dessert ou de le punir (ici pour comprendre en quoi les punitions n’ont pas d’utilité). S’il n’a plus faim pour son plat, peut-être gère-t-il aussi son appétit pour s’octroyer un dessert.
Il suffit de prêter attention au type de dessert proposé. Il convient de ne pas avoir à disposition quotidienne des crèmes desserts, glaces et autres préparations laitière pleines de sucres et autre additifs comme les colorants et des arômes (peu importe qu’ils soient caractérisés de « naturels »). Le fait de forcer à finir une assiette pour avoir un dessert incite l’enfant à outrepasser ses signaux de satiété.

Ensuite, il nuit au petit-humain de percevoir un aliment comme une récompense (je reviendrai prochainement sur la question des récompenses… !).
Donc, dire qu’un enfant pourra avoir un dessert s’il finit son assiette, c’est opposer certains aliments entre eux. Comme si certains étaient nécessaires et d’autres superflus.
Il faut rappeler que l’alimentation à trois fonctions : nutritive, de plaisir et sociale. Diaboliser le bonheur à manger, et le plaisir à manger sucré spécifiquement, est une erreur.
Il n’y a pas, intrinsèquement, de « bons » et de « mauvais » aliments : tout est une question de dose.
Je pondère, cependant, avec la qualité des aliments mis à disposition. Il est évident que si l’enfant n’a à sa disposition que des aliments industriels, il y aura des conséquences.
Il fut démontré que les additifs alimentaires ont des conséquences directes sur le comportement des enfants… et c’est même mentionné sur certains emballages !
C’est à nous, en tant que parent, de s’assurer que les aliments donnés aux enfants ne sont pas nocifs pour leur santé.
L’idée n’est pas les priver d’un groupe d’aliment, mais de proposer des produits exempts, le plus possible, d’additifs issus de l’industrie agro-alimentaire.
Il est possible de trouver des bonbons sans gélatine et sans colorant nocif. Il est aussi possible de proposer des gâteaux aux enfants : et ils prendront encore plus de plaisir en prenant part à leur préparation. L’effet de satiété d’un produit fait maison sera toujours bien supérieur à son équivalent industriel.
En outre, cela coûte souvent moins cher… et amène à moins de déchet (bonjour les emballages plastiques individuels).
Si l’industriel coûte moins cher, il y a une question à se poser : comment est-ce possible ?
Je t’invite à regarder les étiquettes et à constater combien les produits bas de gamme sont pleins d’additifs et non pas de produit noble.
Un exemple flagrant : la frangipane (je suis belge, chacun.e ses références !). Il est connu que c’est à base de poudre d’amande.

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Voici la composition d’une célèbre marque : Farine de blé, sucre, huiles végétales (palme, colza), oeufs de poules élevées au sol, stabilisant (glycérol, sorbitol), pulpe d’abricot 3%, sirop de glucose-fructose, amidon transformé, poudre de lait écrémé, sel, poudre à lever (diphosphate disodique, carbonate acide de sodium), amidon de blé, gélifiant (pectine, carraghénane), épaississant (gomme xanthane, farine de graines de caroube), arôme, acidifiant (acide citrique), émulsifiant (lécithine de soja). Source : https://www.lotusbakeries.be/fr/produits/frangipane

Si tu trouves les amandes… Tu es la personne la plus lucide du monde !
Comparativement, une recette de fourrage de frangipane prend 10 minutes à faire, montre en main, et contient : 140g de poudre d’amande, 100g de sucre, 2 œufs et 75g de beurre.

Énergétiquement, c’est relativement équivalent à l’industriel. Mais l’effet sur la satiété et le corps est incomparable ! C’est pourquoi la notion de calorie pure et dure est vide de sens.
100Kcal apportées par du sucre raffiné (saccharose) ne seront pas métabolisées ni utilisées par le corps de la même manière que 100Kcal issues de fruits ou de légumes. La richesse de l’association des nutriments existant dans la complexité des aliments (fibres, minéraux et vitamines naturellement présents) surpasse de loin tous les aliments hypertransformés qui vantent leurs apports (par exemple, les céréales enrichies).

Un autre exemple classique : la mousse au chocolat. Elle est souvent achetée en guise de dessert.
Je prends trois articles (j’ai choisi la chaîne de supermarché au hasard, cela ne change en rien la logique alimentaire):

  • Mousse au chocolat Produit blanc de chez Carrefour 

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/Choco-Mousse-70-g/p/05262010

Ingrédients : Lait entier 46,2%, lactose et minéraux de lait, sucre, crème 7,2%, chocolat en poudre 6,7% (cacao en poudre 5,9%, sucre), matière grasse végétale non hydrogénée (huile végétale de coprah, sirop de glucose, protéines de lait), gélatine de boeuf, émulsifiant : esters lactiques des mono-et diglycérides d’acides gras de colza, épaississants : carraghénanes, protéines de lait

  • Mousse au chocolat La Laitière:

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/La-Laiti%C3%A8re-Mousse-au-Chocolat-Belge-4-x-61-g/p/01495721?store_ref=D0615

Ingrédients : Lait entier (57,5%), chocolat belge (20,0%) (pâte de cacao, sucre, émulsifiant : lécithine de tournesol, arôme naturel de vanille), sucre, crème (lait), beurre (lait) (4,0%), amidon modifié de maïs, poudre de cacao maigre, cacao en poudre, gélatine bovine, émulsifiant : E471, épaississant : carraghénane

Ingrédients : Crème, blanc d’oeuf de poule, 25% chocolat (65,9% pâte de cacao, sucre, émulsifiant: lécithine de soya, arôme naturel de vanille), sucre impalpable

Au cas où : une mousse au chocolat classique faite maison  (nous ne sommes pas tous Pierre Hermé et en plus, ce n’est pas forcément meilleur ! ^^) contient environ 200g de chocolat noir (au moins 60% de cacao), 4 œufs, 100g de beurre (c’est une recette de base, personnellement, j’en mets bien moins)… Et basta !
Seule celle d’Inex contient de l’œuf alors que c’est la base d’une mousse… ! Ok, il existe des versions vegan (délicieuses http://maliebabasaveurs.over-blog.com/2017/11/mousse-au-jus-de-pois-chiche.html), à base d’aquafaba…
Mais je doute que ce soit l’aspect vegan qui motive la plupart des industriels à se passer d’œuf… puisqu’ils ont recourt massivement aux produits laitiers.

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Il est aussi simple que dramatique d’effectuer le constat que ce qui est le moins cher est aussi le produit le plus nocif pour la santé.
Cet état de faits est généralisé : les industriels remplacent les produits nobles (et donc plus coûteux) par des additifs qui miment les qualités physiques des produits.
Mais ces additifs ne préservent aucunement les propriétés organoleptiques ni les nutriments nécessaires aux fonctionnements optimal de l’organisme.
C’est cette catastrophe industrielle qui explique, entre autres, que les personnes ayant le moins de ressources financières ont aussi une moins bonne santé. Environ 70% des cellules nécessaires (principalement des bactéries)  au fonctionnement immunitaire se trouvent dans l’intestin. Il faut donc réellement prendre soin de son alimentation pour demeurer en bonne santé à court comme à long terme.

Voici un petit lien riche en informations pour faire modifier un peu son alimentation: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lien-entre-alimentation-trouble-comportement-chez-lenfant/

Alors oui, il faut avoir le nez collé aux étiquettes… et ne pas se fier aux promesses marketing vantées sur les emballages ! Dans un tout premier temps, cela te prendra du temps de décoder les inscriptions minuscules afin de savoir si le produit est consommable ou pas. Mais au fil du temps, tu vérifieras uniquement les produits inconnus.
Un premier indicateur favorable est la longueur de la liste des ingrédients. En outre, il faut savoir que les ingrédients sont classés par ordre de quantité présente dans le produit : c’est le premier ingrédient qui est en plus grande proportion.
Moins il y a d’ingrédients (et donc d’additifs) mieux c’est, comme j’ai pu le prouver ci-dessus.

C’est en investiguant que tu découvriras que les produits spécial bébé sont bourrés de sucre raffiné (les biscuits pour bébé n’ont aucun intérêt pour la diversification !), autant que les céréales « petit-déjeuner »… même celles prétendument saine mais « crunchy » comme celui-là : https://www.bioalaune.com/fr/produit/59139/muesli-crunchy-3kg  . Navrée d’en décevoir mais non, les mueslis « crunchy » ne sont pas du tout de bons partenaires de début de journée quotidien à cause de leur dose de sucré ajouté (qui leur confère cette texture croustillante !).
Voici donc la liste des ingrédients de ce muesli bio (les astérisques caractérisent cela) : Flocon avoine*, sucre de canne*, flocon de blé*, raisin*, huile végétale*, sirop de glucose*, noix de coco*, graine de tournesol*, farine d’amande*, miel*, arôme*, sel marin

Oui, c’est dingue mais le sucre est le second ingrédient… même s’il est de canne, ça ne change rien à ses méfaits à haute dose. Il contient aussi du glucose et ils parviennent encore à y mettre du miel et une huile végétale (sans préciser laquelle, espérons pas l’huile palmiste).
Oui, c’est bio. Non, ce n’est pas un produit qui devrait avoir sa place dans un quotidien (pourquoi pas ponctuellement si le goût te botte, mais pas forcément en petit-déjeuner pour éviter les pics d’hyperglycémie).

En occident, nous avons des habitudes bien ancrées.
Le petit-déjeuner et le goûter sont sucrés. Les céréales sont très fréquentes… et les céréales petit-déjeuner, dans la plupart des maisons.
Le pain accompagne énormément de repas… et le gluten est souvent présent dans tous les repas sous une forme ou l’autre.
Je t’invite à te renseigner sur les habitudes de vie des pays africains et asiatiques. C’est comme ça que j’ai commencé à manger, régulièrement, des céréales cuites le matin (et non soufflées ou écrasées), à prendre des goûters à base de houmous, etc.
Nos habitudes occidentales ont tendance à brider notre alimentation.

La plupart des personnes pensent varier les menus mais en réalité, ils vont manger du pain le matin (ou des céréales à base de blé), du pain ou des pâtes à midi, des biscuits à base de farine de blé au goûter et le soir, une déclinaison de blé : semoule, pâte, blé en grain, …
Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi le blé fut l’objet de sélection engendrant qu’il contienne  4 fois plus de gluten que les variétés anciennes, comme l’épeautre ou le petit-épeautre (cela le rend plus aisément panifiable). C’est cette transformation du blé et sa surconsommation quotidienne qui engendre l’explosion des intolérances.

Il suffit des varier les sources de glucides comme les autres céréales et pseudo-céréales (sarrasin, quinoa, millet, etc.) mais aussi  les légumineuses.

La diversification (au sens premier du terme) de l’alimentation est totalement bénéfique pour le métabolisme. L’alimentation a une incidence directe sur le biote interne et aussi sur l’humeur des individus.
Il est maintenant connu que le système digestif abrite un nombre de neurones impressionnant. Ceux-ci ont un rôle majeur dans la production de la sérotonine et de la dopamine, des neurotransmetteurs indispensables à la régulation de l’humeur (entre autres).
Source : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2013/02/15/cerveau-vos-entrailles et https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/limage-de-la-semaine-le-ventre-notre-deuxieme-cerveau

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En citant Prévention Santé :

« Notre microbiote gouverne notre existence de 3 façons :

  1. La voie du système nerveux. Le ventre avec son microbiote intestinal, peut agir sur le cerveau par voie nerveuse, en stimulant les terminaisons du système nerveux entérique composé d’au mois 200 millions de neurones qui communiquent avec le cerveau par l’intermédiaire du nerf vague.
  2. La voie du système sanguin. Le ventre peut aussi agir grâce aux vaisseaux sanguins qui irriguent la totalité des organes et des tissus.
  3. La voie du système immunitaire. Les bactéries peuvent influencer nos défenses naturelles en agissant sur les cellules immunitaires au niveau des intestins. »

 

Pour de plus amples explications sur les rôles et l’importance du microbiote: https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/le-microbiote-allie-de-notre-cerveau_105135

De plus en plus de recherches précisent les rôles et actions du système nerveux entérique.
Dès lors, cela permet de comprendre dans quelle mesure la qualité des aliments et leur digestion sont indispensables pour se sentir bien dans son ensemble. Ce n’est pas une mode de fuir l’industriel, mais bien un retour vers ce que le métabolisme peut assimiler sans mal ni méfaits.

 

  • Le rapport des parents à la nourriture :

La plupart des adultes ont développé un rapport particulier à la nourriture, qui est pris pour acquis.
Certains ont exclu l’un ou l’autre aliment, d’autres ne mangent pas régulièrement, ceux qui vivent seul.e.s se laissent souvent tenter par des plats préparés ou par des préparations « à la va vite ».
La gestion de la quantité peut également être vectrice de problème.
Combien de personnes se sentent obligées de peser leur aliment afin de savoir quelle portion manger… car le corps ne permet plus une régulation spontanée ?

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La question de l’alimentation de l’enfant et de son comportement par rapport à la nourriture va être des miroirs grossissant du lien des parents à leur alimentation.
Une mère qui n’aime pas manger… et un enfant qui trouve que c’est une perte de temps.
Des parents qui préparent à manger des repas équilibrés et bio, mais qui ne partagent pas ce repas.
Le recours systématique aux plats industriels pour bébé met en évidence la crainte de ne pas proposer quelque chose qui n’est pas suffisamment sain voire un sentiment d’incapacité de la part des parents.
Le refus de manger de l’enfant, ou son désintérêt de la nourriture, alors qu’un de ses parents a passé du temps à préparer le repas avec la volonté de faire plaisir va être mal perçu. Avoir le rôle de celui qui nourrit la tribu engendre un pouvoir envers ceux qui en bénéficient. Il y a une grande notion d’égo dans la nourriture. La personne va souvent se sentir offenser si le repas préparé avec amour n’est pas reçu avec appétit.
Or, comme je l’ai précisé auparavant, l’appétit ne dépend pas uniquement du repas. Quel que soit la réaction face au plat présenté, celle/celui qui cuisine aura fait de son mieux et pourra se faire plaisir en mangeant… Il est nécessaire de se détacher des réactions d’autrui pour s’assurer que ce qu’on a fait est « bien ».
L’idée est de proposer… les autres disposent, s’ils y consentent. Sinon, tant pis !
Il y aura au moins une personne susceptible d’apprécier la préparation : la personne qui a cuisiné. Dans les cas où le plat n’est pas consommé au moment du repas, il est nécessaire d’inviter les autres soit de s’abstenir de commentaires (s’ils sont négatifs) soit d’exprimer les raisons de son manque d’appétit.
Cela te permettra de comprendre et de ne pas développer de colère, de tristesse voire de culpabilité (d’être pas assez « bon » en cuisine, par exemple). De plus, l’appréciation d’un plat est tout à fait personnelle. Il n’y a pas lieu de percevoir l’attitude de quelqu’un, vis-à-vis de sa cuisine, comme une quelconque critique personnelle.

Dans tous les cas, il peut être intéressant de se pencher sur soi-même et de décrypter ses propres fonctionnements afin de ne pas contreplaquer ses propres difficultés sur les enfants.
C’est l’occasion de régler ses conflits internes et d’adapter les aspects alimentaire de manière à ce qu’ils soient profitables à chacun.

 

  • Lâcher-prise, claquer la porte aux normes et accepter la diversité

Pour se sentir bien avec l’alimentation de l’enfant, il faut lâcher-prise. Ce n’est pas du laisser-aller : il n’est pas question de proposer des coquillettes au beurre avec du jambon bien rose de nitrite 5 fois par semaine, mais de ne pas tenter d’influer ce sur quoi il n’est pas possible d’agir concrètement.

L’objectif est de préserver la capacité de l’enfant à gérer son appétit et ses apports alimentaires. En l’absence d’aliments surmédiatisés industriels, les enfants choisiront ce dont ils ont besoin. Le rôle des parents est de mettre à disposition les ingrédients de bonne qualité et diversifiés.

Le lâcher-prise, c’est aussi oublier les normes que les enfants devraient manger en fonction de leur âge. Cela permet un détachement par rapport à ces données numériques qui n’ont, de toute façon, aucun écho pour le corps de l’enfant.
Certains enfants mangeront avec appétit dès 6 mois alors que d’autres débuteront la diversification à presque 1 an, passant du bébé inintéressé à un bambin qui croque la vie à pleine dents.

Enfin, il est également nécessaire d’accepter que notre enfant a une morphologie qui lui est propre (en l’absence de maladie, bien entendu). Il pourra être « petit poids » et être dans la courbe base, ou bien, être le « costaud » qui explose les courbes. Peu importe, dans le fond, puisque l’important est qu’il suive sa propre courbe. Tant qu’il n’y a pas de cassure, il n’y a pas de crainte à avoir.
Cela veut aussi dire qu’on apprendra à nos enfants à s’aimer tels qu’ils sont, qu’un fils soit « maigrichon » ou une fille « boulotte ».
La société nous vend, d’une part, des hommes grands avec un beau capital musculaire et, d’autre part, la jeune femme filiforme puis ensuite avec des formes placées uniquement aux endroits attendus.
La réalité est bien plus diverse que cela. C’est inéquitable, mais chacun.e à un métabolisme spécifique. Certain.e.s peuvent manger sans grossir et d’autres s’arrondissent dès que leur alimentation se déséquilibre durant quelques jours.
Au lieu de courir derrière le mirage d’un corps « parfait », il est possible d’investir cette énergie en acceptation de soi.  Voici  un ouvrage pour aller plus loin si la diversité de l’humain attise ta curiosité : https://books.openedition.org/editionscnrs/2979?lang=fr

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  • En résumé, que faire pour favoriser un rapport serein à l’alimentation ?
    • Se renseigner en tant que parent sur l’alimentation (je souhaite t’avoir ouvert une porte) et éviter les produits ultratransformés ;
    • Respecter l’appétit de l’enfant : le laisser dire quelle quantité il souhaite, le laisser se servir seul (quand il atteint l’âge), le laisser gérer son appétit en acceptant qu’il fluctue d’un moment/jour à l’autre ;
    • Se refuser aux interdits : ne pas bannir un aliment, sinon il deviendra un objet de convoitise. Ne pas utiliser les aliments comme récompense (« finis tes légumes et tu auras un dessert ! »). Et si des produits industriels engendrent un problème, la seule solution est simplement de ne plus l’acheter !
    • Penser du bien des aliments : pas de jugement, juste écouter sa faim ;
    • Partager les responsabilités de la nourriture dans le foyer : le père et la mère doivent nourrir la famille et faire front par rapport aux aliments à éviter. Il sera aussi opportun d’inviter l’enfant à prendre part à la préparation du repas. Cela aura des avantages tant en termes de motricité que de l’apprentissage des connaissances sur l’alimentation ;
    • Privilégier les repas à table, en l’absence de télévision ou d’écrans, afin d’avoir toute son attention disponible et d’être à l’écoute de sa satiété.

 

Il y a quelques lectures qui pourront t’accompagner dans ton rapport à la nourriture :

  • « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat (oui, encore elle, que veux-tu, c’est une autrice qui me passionne par la qualité de son information et la clarté de ses explications) : il aborde autant les aspects individuels que les qualités nutrionnelles, le tout parsemé de recettes ! Un délice à lire !
  • « Toxic » de William Reymond, qui met en évidence les incohérences et les méfaits du système agro-alimentaire. On se prend une claque en lisant, mais c’est en ouvrant les yeux qu’on pourra vivre dans un mode plus cohérent et bienveillant envers nous mais aussi envers la planète dans son ensemble.

Un film intéressant : « Nos enfants nous accuseront » : http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/ dont j’ai trouvé un lien sur Youtube  https://www.youtube.com/watch?v=yrJN-itVZLQ
Je l’avais vu quand il est sorti dans quelques salles en 2008 (ou 2009) et là aussi, cela aide à ouvrir les yeux.
Un autre film documentaire qui a fait grand bruit en 2016, par sa richesse et ses perspectives optimistes après avoir fait ces constats socialement et écologiquement alarmants : « Demain » https://www.demain-lefilm.com/
Parce que oui, c’est inquiétant de s’informer. On peut avoir l’impression d’être pris.e au piège d’un système qui nous dépasse et dont il est impossible de sortir. Un peu comme il semble parfois insurmontable de mettre en exergue tous les mécanismes internes qui nous habitent et que nous n’avons pas envie de transmettre. Mais ce n’est pas impossible, pas à pas, élément par élément, nous pouvons évoluer et mobiliser de nouvelles connaissances  afin de mettre en œuvre de nouveaux fonctionnements. Il s’agit d’un cheminement qui permet de croître de manière à apprendre, encore et toujours, grâce à la curiosité !

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Je te souhaite un beau cheminement, en sachant tout cela.

A bientôt, Lectrice et Lecteur Curieuse.x.

 

Sources complémentaires consultées (oui, enfin, certaines):

http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/

http://www.doctissimo.fr/bebe/maladies-infantiles/problemes-digestifs-et-urinaires-de-bebe/troubles-du-comportement-alimentaire-du-bebe