Éducation bienveillante

Nourrir un.e bambin.e, ce défi, tu relèveras !

 

Lors de l’article « Bébé, que manges-tu ? », j’avais abordé le rapport à l’alimentation des nourrissons jusqu’à un an. J’y abordais l’allaitement, les PCN (préparations commerciales pour nourrissons) et la diversification, plutôt sous la forme de la DME (diversification menée par l’enfant).
En préambule sur les questionnements de l’alimentation familiale, j’ai écrit l’article « Mon assiette, ma famille et moi » qui met en évidence une partie de nos rapports à la nourriture et les tours de passe-passe des industriels.

Dans le présent article, il s’agit donc de la suite, parce que nourrir un bébé entre 1 et 3 ans… Ça peut soulever pas mal de questions.

Une première partie aborde l’alimentation en général, ensuite je traite de deux cas de figures : l’un où les enfants mangent « peu » et l’autre ou les enfants mangent « beaucoup ».

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Introduction

Après la DME, tu auras appris à ne plus frôler la crise cardiaque avec un gag. Tu auras pu voir ton bébé écraser, peindre et jeter une quantité phénoménale d’aliments.
Je ne sais pas si tu es comme moi, mais étrangement, je n’ai pas fait si souvent que ça du riz, semoule ou quinoa… Tellement leur nettoyage m’est pénible. J’ai opté pour du riz gluant, pendant pas mal de temps (et des pâtes à base de farines diverses et variées, dont celle de légumineuses)
Je n’ai pas investi dans le tidy dot (qui sauverait les nerfs de pas mal de parents ayant des difficultés à lâcher-prise et ne supporteraient pas de voir le sol maculé de nourriture 3 ou 4 fois par jour).
Cela dit, sont apparues des craintes et certains agacements.
Les enfants sont de vraies révélateurs.

Avant de commencer, je fais un bref rappel si tu n’as pas lu les 2 articles précités (mais vraiment tu gagnerais à le faire :-p ) : jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal et la diversification doit être pour le plaisir. Cette dernière débute à 6 mois, et non avant, comme le préconise l’OMS.

Lors de la deuxième année de vie, le lait demeure entre 30 et 50 % de l’alimentation de l’enfant.

Il me semble important de le rappeler afin que l’allaitement ou les PCN ne soient pas arrêtés et substitués par des produits laitiers autres comme du fromage (souvent trop salé) ou du lait (qu’il soit UHT ou des boissons végétales).
Comme le précise le profession Jack Newman, relaté par la LLL dans cet article, l’allaitement reste nécessaire pour le bambin. L’OMS préconise un allaitement exclusif 6 mois et jusqu’à deux ans OU PLUS.

L’allaitement reste un élément bénéfique pour la croissance des enfants, dans le renforcement de leur système immunitaire et la construction de leurs bases d’attachement.

Nous voici rendu au premier anniversaire, et bien souvent, l’appétit s’en est venu. La routine quotidienne de l’alimentation s’installe, parfois avec aisance et parfois, pas du tout.

Certains enfants seront avides de goûter tout ce qui leur tombe sous la main. Pendant ce temps-là, d’autres auront plus de plaisir à porter à la bouche tout ce qui ne se mangent pas… et bouderont régulièrement leurs assiettes.

La nature est inéquitable, autant être honnête. L’appétence pour la nourriture et sa métabolisation sont deux facteurs qui varient énormément en fonction des individus.
Il est étonnant de voir des enfants du même âge qui ne consomment pas du tout les mêmes quantités et n’ont pas un rapport à la nourriture équivalent, sans qu’aucun n’ait de problème de croissance.

Un élément explicatif, loin d’être le seul, est la dynamique familiale autour de la nourriture.
Cela semble étonnant, et pourtant, l’acte de manger est parmi les faits les plus complexes dans nos sociétés industrialisées.
La surabondance, l’ampleur choix, l’industrialisation de la nourriture ainsi que le temps consacré à se nourrir engendrent des attitudes alimentaires très spécifiques en fonction des individus.

De plus, chacun de nous a vécu une expérience propre dans le rapport à l’alimentation :

– Avoir des habitudes culturels comme en France : entrée, plat, dessert ;

– Manger un repas à base de pain (tartines, comme on dit dans le nord, en Belgique et au Pays-Bas) ;

– Devoir finir son assiette ou se la faire resservir, si elle n’a pas été finie;

– Être privé.e de desserts ;

– Avoir des parents qui craignent la prise de poids ;

– Avoir des parents qui angoissent sur le faible gabarit de leur enfant ;

– Avoir des relations conflictuelles dans la famille et que cela ressorte au moment des repas ;

– Développer des troubles du comportements alimentaires (TCA : anorexie mentale, boulimie, hyperphagie, …) ;

– …

Inexorablement, notre vécu va influencer notre attitude face à l’enfant en train de se diversifier.
Le type-même de diversification va être influencée par le mode de parentalité et les impressions que cela nous laisse.
Certain.e.s seront terrifié.e.s à l’idée que leur bébé fasse une fausse route (parfois parce qu’un membre de la famille a vécu un étouffement) alors que d’autres détestent la perspective de nourrir le bébé à la becquée avec des purées.

Il est intéressant de constater que l’alimentation des enfants est un enjeu particulier : forcément, chaque partent souhaitent que son enfant soit « bien nourri ».
Tout va être mis en œuvre pour que ce soit le cas, même parfois en troquant une qualité nutritionnelle pour un constat de quantité.
Un exemple : donner des biscuits sucrés ou ajouter des céréales sucrées dans les panades d’enfants qui n’ont pas faim à certaines heures standards (petit-déjeuner, goûter). L’appétence du sucre va réveiller l’envie… et pourtant, s’ils ne mangeaient pas à la base, c’est qu’ils n’avaient pas faim.

Entrons dans le vif du sujet, comme bon nombre d’enfants n’ont pas d’attirance pour la nourriture vers 6 mois, il est possible de leur voir proposer toutes sortes de petits snacks souvent sucrés.
Vers 12 mois, ils auront déjà expérimentés des journées avec appétit et sans.

Les bébés et les enfants sont très sensibles à leur satiété. Or, ce n’est pas toujours le cas pour les adultes dont les signaux de faim ont été bafoués, voire qui ont développé des TCA.

Donc, les adultes s’attendent à ce que leur enfant mange tous les jours plus ou moins la même quantité et découvre des aliments sans retour en arrière.

Ah, que je me souviens mon humeur joyeuse devant ma fille engouffrant du céleri-rave parfumé au romarin ou encore dévorant de la courgette au curry et lait de coco.
Et tu sais quoi… les poussées dentaires et le ralentissement (normal) de sa croissance ont fait leurs œuvres : elle mange très peu depuis plusieurs mois, sauf rares journées.

L’alimentation des bambins est loin d’être linéaire : le fruit ou le légumes préféré peut être délaissé du jour au lendemain (surtout juste après avoir fait des courses), les heures de sentiment de faim peuvent varier, tout comme les heures de sieste.
A un moment, ils mangeront énormément et le lendemain, une bouchée à peine franchira les lèvres du bambin.

Ces changements d’attitude sont déconcertant pour les parents, et chacun use (ou est tenté d’user) de subterfuges plus ou moins originaux pour inciter les enfants à manger.
Parfois, cela amènera les parents à de grandes inquiétudes voire à des agacements complets, puisqu’ils ne comprennent pas ce revirement de situation.
Certains pourront croire qu’il s’agit de caprice (je parle de la gestion des « caprices » dans cet article) et seront tentés de forcer l’enfant à goûter.

Une autre stratégie serait de proposer tous les aliments possibles des plus ou moins sains afin que l’enfant mange quelque chose, quoi que cela soit.

Le fait est que l’énervement au moment des repas est vecteur de stress pour les enfants. S’ils perçoivent trop d’enjeux sur une situation (ici, l’alimentation), il y a fort à parier que différentes attitudes contreront cela. Plus les réactions d’énervement et d’angoisses seront perceptibles, moins les enfants seront intéressés par ce moment de la journée.
Inversement, certains enfants verront que leur appétit aiguise la joie et la satisfaction de certains parents. Ces bambins-là peuvent développer une attirance particulière par rapport à la nourriture qu’ils penseront capables de mettre leur entourage en joie.

Ces deux polarisations d’attitudes laissent place à tout un continuum et aux exceptions. Le trait est grossi afin de percevoir les mécanismes qui peuvent être à l’œuvre.
Le fait est que, pour la majorité des parents, l’alimentation est loin d’être facile tant pour eux que pour leurs enfants (P.S. : je n’échappe pas à la règle!).

Il s’agit d’une expérience de lâcher-prise exceptionnel : les parents proposent des aliments sains et les enfants disposent !
Cela devrait être d’une simplicité sans faille… Et pourtant, il est peu aisé de rester de marbre devant un bambin repoussant son assiette avec dégoût et vigueur.
D’autant plus que ledit repas aurait été préparé avec amour et avec des ingrédients connus pour être aimés du/des enfants concernés.

Je l’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi », l’égo se fraie une certaine place au sein de la tâche de nourrissage. Il n’est pas rare d’entendre des parents se lamenter que les enfants n’honorent pas leurs assiettes composées avec amour… Comme si, en n’ayant pas faim, ils trahissaient l’amour parental.

Dis comme cela, il paraît évident que cela n’a rien à voir.

Mais c’est d’autant plus difficile que les enfants grandissent. Au départ, ils vont refuser par aversion d’un nouvel aliment ou parce que la forme/la texture leur déplaît (dit une maman qui a une enfant qui n’aime que fruits entiers et non tranchés). Ensuite, ils peuvent refuser de manger car ils perçoivent l’attente énorme qui pèse sur leur attitude face à la nourriture. Enfin, comme le nécessaire « non » et son effet efficace sur l’entourage, le refus de manger peut aussi signifier un climat de tension qu’il perçoit.

Mais alors, que faire lorsqu’un enfant « ne mange rien » ? Et à l’inverse, quand un enfant peut manger continuellement ?

 

Concernant les enfants qui mangent peu, il est indispensable d’avoir quelques informations clés :

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la croissance des enfants

Elle est phénoménales la première année de vie, ralentit déjà énormément la seconde et encore plus la troisième. Ainsi, les besoins énergétiques sont un peu moindre. Il n’est donc pas étonnant que l’appétit se freine un peu.
Il est estimé que les besoins énergétiques des enfants sont de 100kcal/kg jusqu’à 10kg + 50kcal/kg ensuite : soit 1100kcal pour un bambin de 11 kg.

les poussées dentaires sont extrêmement douloureuses

Même si ton enfant ne changent pas d’attitude, il est possible que le seul signe tangible soit une perte d’appétit.
Aurais-tu envie de manger pendant une rage de dents ?
De plus, leurs gencives percées ou irritées sont douloureuses au contact de certains aliments. La mastication peut leur être insupportable. Te souviens-tu de la sortie de tes dents de sagesse ?

Tiens, est-ce qu’il/elle accepte encore de se laver les dents ? C’est aussi une des raison du refus catégorique. Je connais une jeune fille qui a fait grève de la brosse à dents pendant 4 mois parce qu’elle avait une dent qui sortait toutes les 2 semaines.
Si tu crains l’absence de lavage de dents, je te suggère cet article sur l’hygiène des enfants (« ton enfant fuit le bain ? ») qui contient pleins de trucs et astuces.

 

 

L’ambiance lors des repas / dans la famille

Le repas est un moment où les adultes se retrouvent pour échanger. Souvent, le moment à table sert d’opportunité afin de pouvoir combler ce besoin de connexion entre les membres de la famille.

Les parents espèrent souvent que l’ambiance sera calme pour discuter tous ensemble.

Le fait est que c’est une possibilité récurrente, une fois que l’enfant a atteint 4 ou 5 ans.
Avant cela, la gestion des repas peut parfois être chaotique si on la compare à un calme repas entre adultes (qu’on apprend à savourer d’autant mieux!).
Le problème de cette configuration, c’est qu’un bambin, ça veut explorer le monde, bouger, gigoter et parfois, ça n’a pas un grand appétit.
S’attabler implique de rester figé.e… Or, parfois, les adultes ont demandé aux enfants d’interrompre une tâche (un jeu, selon la perception adultiste), ce qu’ils ne souhaitaient pas forcément.

Les adultes aiment débriefer leur journée, faire part de leurs ressentis et parfois même, le repas se trouve être un moment de grandes discussions profondes.
Si tous les individus attablés s’entendent bien, tout se passe pour le mieux (la plupart du temps). S’il y a des conflits (latents ou ouverts), la situation devient vite insupportable. L’ambiance autour des repas devient alors pesante et les enfants sont de véritables éponges : ils peuvent alors tout faire pour éviter de se retrouver dans ce contexte tendu.

Dès lors que des résistances émergent au moment des repas, cela peut créer des tensions qui vont se maintenir dans le temps si l’on n’y prend pas garde. En effet, s’énerver parce qu’un enfant ne tient pas en place, pousse son assiette, n’a pas faim, ne veut pas goutter, et autres attitudes banales des 1-3 ans, va générer une ambiance détestable au repas.

Bien entendu, l’énervement des parents en fin de journée est compréhensible puisqu’ils ont une moindre tolérance avec la fatigue qui les habite.
Cela veut dire qu’il est nécessaire d’adapter son organisation familiale afin de ne plus être confronté à ce type de situation : faire manger les petits enfants avant les parents, être plus flexible sur le lieu du repas (sur la table basse, debout, …), anticiper et avoir une portion de repas déjà prête, si l’appétit de l’enfant est précoce par rapport aux horaires de repas collectif, etc.

Il est parfois étonnant de constater que son enfant a faim à 17h45 mais plus du tout une heure plus tard.

Le pire pour les parents : le rythme et les besoins des enfants évoluent constamment. Il se peut que certain.e.s soient « réglé.e.s » mais ce n’est pas du tout la majorité !
La plupart des enfants dorment à des heures différentes quand ils ont 11, 14 ou 20 mois. Ils n’ont pas faim aux mêmes heures, ils n’ont plus non plus la même appétence pour des aliments jusqu’alors adorés.
Bref, le rôle des parents est d’observer, de proposer et de faire confiance aux enfants. Seuls eux savent réellement ce dont leur corps a besoin.

 

La qualité des ingrédients proposés

J’imagine déjà les levées de bouclier : « On ne peut pas laisser les enfants choisir ce qu’ils mangent, sinon, ils ne mangeraient que les gâteaux, des pâtes et des saucisses ! ».

C’est un fait : ces aliments ont un potentiel appétant très élevé, comme tout ce qui est très sucré, salé et gras.
Je pense que tu peux saisir facilement la frénésie gustative qui s’enclenche face à certaines préparations comme les chips, les bonbons ou autres artifices industriels. Tout d’un coup, il n’est plus vraiment possible de s’arrêter d’en manger, sauf si on intellectualise la dégustation dès le départ.

C’est comme ça : le corps réagit avec des shoot de dopamine face à ces expositions sensorielles… et cela a un goût de reviens-y !

Le problème, c’est que les enfants n’ont pas la pondération qu’ont la plupart des adultes…
Une fois qu’ils affectionne une mixture alléchante, ils vont la demander régulièrement.
En plus de cela, leur mécanisme de régulation de la satiété peut être altéré par le sucre, notamment.
Ce n’est pas pour rien que tous les en-cas industriels pour enfants sont de natures sucrés. Ils plaisent… et la séduction des industriels commence dès la diversification (au grand damne de l’OMS, j’en parle plus loin).

La plupart des enfants goûtent rapidement des biscuits « pour bébé », qui contiennent d’ores et déjà du sucre raffiné :

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Voici la composition des HIPP « Mon premier biscuit » :Farine de froment* 76%, sucre*, huile de coco*, lait écrémé* en poudre, poudres à lever (hydrogénocarbonate d‘ammonium, hydrogénotartrate de potassium, hydrogénocarbonate de sodium), émulsifiant (lécithine de tournesol), arôme naturel de vanille, vitamine B1.

Ce produit est la parfaite piqûre de rappel : biologique ne veut pas dire composition nutritionnelle intéressante…
Un autre exemple, moins clair à décrypter : les galettes de riz pour bébé, aromatisées et « sans sucre ajouté ».

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En effet, sans sucre raffiné… Mais le sirop de pomme concentrée a exactement le même effet métabolique.
Bref, comme je l’explique en long et large dans cet article sur l’alimentation familiale, il est indispensable de lire les étiquettes et de ne pas se laisser berner par les inscriptions élogieuses à l’avant du paquet.

Il est évident que les enfants vont adorer ce genre de faux-aliment.
Il n’est pas rare d’entendre : « c’est mieux que rien ! ». Or, c’est vraiment une perception adultiste de croire qu’un biscuit vaut mieux qu’un ventre vide.

Les enfant qui ont faim mangent ce qu’ils ont autour d’eux comme aliment sain : fruits frais et secs, crudités, restes de repas apprécié, oléagineux, pains aux céréales et à la farine complète, …
Des enfants (et des adultes) qui n’ont pas faim pourront tout à fait ingurgiter des sucreries/en-cas salés et gras par plaisir gustatif. Il s’agit donc de barrer la route à la sensation réelle de faim.
Il peut alors arriver que les enfants réclament constamment des gâteaux ou des bonbons, quelque soit le moment de la journée… Et certains en viennent même à refuser de manger des aliments plus « fades » (comprends, nature et sans additif).

 

Mais alors, me dirais-tu, il faut interdire le plaisir gustatif aux bambins ?

Que nenni !

Cependant, il convient de définir ce qu’est le plaisir gustatif.

En tant qu’adultes, il est usuel que les « petits plaisirs » soient des produits catégorisés comme trop salés, sucrés et/ou gras (souvent 2 en même temps).

Or, en tant lorsque les enfants ne sont pas exposés à ces aliments-là, ils peuvent prendre énormément de plaisir à manger des fruits secs, des graines/oléagineux, des tartines de pain enduites de beurre/beurre de noix. C’est notre perception d’adulte qui nous laisse croire que c’est moins intéressant. En réalité, ces aliments ont l’avantage d’être réellement nourrissant et vecteur de plaisir gustatif.
Spoiler : ça peut aussi être le cas pour des adultes qui auraient décidé de ne plus abreuver leurs corps avec des préparations industrielles.

C’est pour cette raison qu’il est profitable pour ces enfants de ne pas avoir leur goût altéré par les multiples propositions industrielles. « La préférence pour le goût sucré observée à la naissance s’estompe relativement dans la petite enfance, mais reste forte dans l’enfance et l’adolescence, puis elle diminue à l’âge adulte. Dès la petite enfance, des expériences répétées avec des aliments sucrés renforcent leur attractivité. » source: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0007996008715566
Mais aussi :

« Dès la naissance, la stimulation sucrée provoque une réaction de plaisir. Elle peut aussi engendrer une diminution dela douleur chez le nouveau-né. Le sens du goût joue alors un rôle déterminant dans le pouvoir analgésique du sucre. Chez l’enfant, la sensibilité au sucre tend à augmenter avec l’âge alors que les préférences pour cette saveur diminuent globalement. À l’inverse, le plaisir pour l’amertume apparaît tardivement, et augmente progressivement puis se stabilise à l’âge adulte. Le sucre est communément jugé responsable de la prise de poids des enfants et des adolescents; afin d’en limiter l’accès, des règles strictes de restriction de consommation de sucre sont parfois imposées par l’entourage. Or, ces règles peuvent avoir un effet néfaste si elles sont perçues par l’enfant ou l’adolescent,comme étant restrictives. » source: http://psychologue-surpoids-paris.fr/images/prensentation/archped_2008.pdf

Si tu as envie de connaître les alternatives aux goûters sucrés industrielles, je te renvoie à nouveau vers cet article.

Enfin, je te conseille le visionnage de ce reportage Arte : «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– le mimétisme avec les adultes

Encore une fois, c’est inévitable : les enfants imitent ce qu’ils voient au quotidien. Les enfants mangeront rarement avec appétit s’ils ne voient pas ces mêmes aliments dans les assiettes de leurs parents. Il peut en être autrement s’ils sont gardés en collectivité.
Globalement, il est difficile de proposer aux enfants une alimentation saine sur le long terme si les adultes sous le même toit ne partagent pas ces habitudes alimentaires.
La connaissance de l’alimentation n’est pas promue par les industriels, loin s’en faut !

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous avec une diétécienne/nutritionniste afin d’en apprendre plus sur l’alimentation. Cela sera l’occasion de découvrir des recettes inédites et d’ouvrir des perspectives alimentaires.

 

– le mode de cuisson des aliments

Il est fréquent que les recommandations aillent dans le sens d’une cuisson à la vapeur des aliments. En effet, elle est connue pour préserver la saveur et la qualité nutritionnelle des aliments.

Cependant, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas proposé des aliments cuits différemment.

Un légume rôti au four n’aura pas du tout le même goût. Les saveurs seront concentrées.
Il est aussi possible de leur concocter des mijotés savoureux, parsemés d’épices et herbes diverses et variées.

Ose proposer diverses préparations, afin de casser la monotonie (et de profiter du confort de faire le même repas pour toute la famille!) !

 

– la forme des aliments

« Sacrilège, j’ai coupé sa nectarine ! »

Voilà ce que j’ai pu me dire quand j’ai vu ma fille grimacer devant ce fruit qu’elle apprécie pourtant.

Et cela vaut pour la plupart des autres aliments. Certains enfants ont besoin de voir l’entièreté de l’aliment pour être sûre de quoi il s’agit (#tomatecerise). Ensuite, la découpe peut altérer la perception gustative : l’effet en bouche n’est pas le même si l’on mange des lamelles de pommes ou si on croque dedans à pleine dent. La dispersion des saveurs dans la bouche est différente, tout comme les sensations à la mâche et l’appétence visuelle.
Alors, il vaut mieux diversifier également le type de présentation des aliments. Après tout, ce n’est pas compliqué de faire moins de découpe !

 

Écouter les signaux de faim : les effets de la surabondance alimentaire

Il est usuel que les prescriptions pédiatriques abordent les quantités à proposer à chaque repas : 200g de purée ceci, 250g de compote de cela, des biberons de X ml en fonction de l’âge, etc.

Toutes ces prescriptions sont à l’opposé de l’alimentation à la demande. Les enfants nourris au sein n’absorbent pas la même quantité de lait à chaque tétée. Le nombre de tétée n’est d’ailleurs pas défini mais dicté par les besoins des enfants.
En Diversification Menée par l’Enfant (que j’aborde dans l’article « Bébé, que manges-tu ? »), les jeunes enfants choisissent eux-même ce qu’ils mangent et en quelle quantité.
Serait-il ainsi étonnant de savoir que ce sont les industriels qui produisent majoritairement les recommandations alimentaires … ? Il est aisé de constater que la plupart des tableaux présentant la diversification soient édités par les industries agro-alimentaires de la « nutrition » infantile. Bledina, Gallia, Nestlé et autres sont d’excellents communicants. En outre, ils ont les moyens de dépêcher des délégués commerciaux apportant aux pédiatres/médecins lesdits tableaux à mettre dans leur salle d’attente.

Il s’avère qu’un rapport de l’OMS datant de 15 juillet 2019 met en évidence comment les aliments destinés aux bébés ont des teneurs en sucre trop élevé et qu’ils sont commercialisés de manière inappropriée.

« De manière inappropriée » concerne le fait que les tranches d’âge concernée ne sont pas correctement communiquées ni ciblées.

Ensuite, il apparaît que le nourrissage des enfants des enfants via ces purées industrielles engendrerait, à terme, une suralimentation.
D’une part, parce que la quantité d’aliments (donc, de kilocalories) est plus importante dans un purée que dans des aliments en morceaux. Il est d’ailleurs simple de faire la comparaison : combien de pommes sont consommées en compote vs en pomme crue, déjà pour les adultes ?
L’absence de mastication et composition en fruits/légumes uniquement cuits favorise une suralimentation par rapport aux besoins réels de l’organisme.
De plus, les recettes industrielles ont pour vertu d’être particulièrement plaisante au palais des petits. Les mélanges de saveur ne leur permettent pas de découvrir le goût d’un aliment séparés des autres. Des additifs et des arômes sont également ajoutés de manière à masquer certains aliments moins doux.

Dans certaines structures collectives, les puéricultrices usent de techniques interpellantes pour aiguiser l’appétit des enfants : au lieu de leur faire confiance concernant la transition du lait vers une alimentation solide, il est proposé aux enfants des purées dans lesquelles ont été ajoutées des céréales pour bébé.
Comme les biscuits, en Europe, ces céréales contiennent énormément de sucre et des arômes, principalement de vanille.
Pourquoi ?
Parce que la vanille est la saveur avec un pouvoir appétant chez l’ensemble des mammifères. Il n’est donc pas étonnant que ce soit le parfum de crème dessert, crème glacée et arôme le plus vendue.

 

– les carences alimentaires et pertes d’appétit

Certaines carences alimentaires ont pour symptôme une perte/un faible appétit, comme le fer. Parfois, il est nécessaire d’écarter les causes métaboliques par une prises de sang.
Cependant, il ne s’agit pas de l’unique élément du tableau clinique et « le manque d’appétit » est insuffisant pour estimer une carence.

– la néophobie alimentaire

Elle survient souvent aux alentours du deuxième anniversaire.
« La néophobie alimentaire est un sentiment de peur face à de nouveaux aliments. Les enfants présentent alors une grande réticence à goûter les mets inconnus et ont tendance à trouver mauvais tout nouvel aliment qu’ils acceptent de goûter » source : les petits mangeurs http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/

C’est une des raisons qui peut amener les enfants à réduire leur bol alimentaire et à s’avérer sélectifs.
Cependant, il semble de plus que plus les enfants aient consommé une large variété d’aliments pendant la phase d’ouverture, moins ils se montrent néophobes lors de la phase de fermeture.
Pendant la phase d’ouverture, de 6 mois à cette phase de refus qui survient chez 3/4 des enfants, il convient donc de proposer moult plats, aliments, épices et préparations différentes !

Il est indispensable de comprendre pourquoi la néophobie alimentaire survient : il s’agit d’une attitude qui n’apparaît pas uniquement chez les humains.
Il s’avère que la prise d’autonomie joue un rôle prépondérant dans cette attitude qui a pour objectif de protéger de l’empoisonnement. En effet, lorsque les enfants sont capables d’aller se servir eux-mêmes, d’ouvrir les placards et d’aller cueillir des baies diverses et variées… Mieux vaut qu’ils n’aient pas envie d’avaler ça sans y regarder à deux fois.

Ton enfant est en pleine néophobie alimentaire ?
Voici quelques conseils issus des « petits mangeurs » :

« La familiarisation : Il faut présenter plusieurs fois un aliment aux enfants, et ce, même s’il n’a pas été bien reçu la première fois. Soyez patient, le processus peut parfois s’avérer très long et demander de 15 à 20 expositions. Attention! Il ne faut toutefois pas saturer les enfants de ce plat! Il est préférable de présenter les mets rejetés environ une fois par mois. Les enfants apprécient les aliments qu’ils connaissent et ils connaissent ceux qu’ils voient souvent. À l’inverse, moins un aliment est familier, plus il suscite de la méfiance.

Même présentation : Présenter les aliments moins appréciés toujours sous la même forme permet aux enfants de se familiariser avec ces mets et d’avoir des points de repère (références stables). En effet, si un aliment se trouve sous diverses formes ou préparé selon différentes méthodes culinaires d’une fois à l’autre, il sera perçu comme nouveau. Une fois les enfants familiers avec cet aliment, les fantaisies deviennent possibles.

Cadre facilitant : Faites en sorte que le climat du repas soit agréable et ne forcez pas les enfants à manger. Les enfants ont tendance à associer le contexte de consommation à l’aliment. Ils doivent garder un souvenir positif du repas si on veut qu’ils soient tentés de répéter l’expérience. En cas de chicane, de pression ou d’autres événements désagréables, les chances sont minces qu’ils changent leur attitude à l’égard d’un aliment.

Modèles : Montrer l’exemple en mangeant le nouveau mets avec enthousiasme. Les enfants acceptent en général plus facilement de goûter de nouveaux aliments en présence d’adultes ou d’amis qui les apprécient. Cela contribue à piquer leur curiosité et à les rassurer (les autres en mangent et sont toujours vivants!).

Participation des enfants : Faites des activités sur le thème de l’alimentation avec les enfants : cuisiner, faites un potager et des dégustations, etc. En étant en contact avec les aliments de diverses façons, les enfants se familiarisent avec eux et les acceptent plus facilement, surtout ceux qu’ils manipulent. Il en va de même quand on implique les enfants  au moment de la planification des menus, ce que les parents peuvent faire à la maison. La participation des enfants ne garantit pas une diminution de la néophobie, mais elle ne peut pas nuire. Quoi qu’il en soit, les activités autour des aliments sont de multiples occasions pour éduquer les enfants et avoir du plaisir avec eux!

Le bon vocabulaire : Mettez des mots sur les aliments, sur leur description et sur leur provenance. Faites des dégustations et dites pourquoi un mets vous plait ou non. Les enfants se familiariseront avec les aliments et seront plus en mesure d’identifier ce qu’ils apprécient ou non, d’exprimer leurs goûts et d’adopter une attitude nuancée (moins néophobique) lorsque de nouveaux plats sont servis.

Gratification des efforts : Félicitez les enfants lorsqu’ils goûtent de nouveaux mets ou des aliments moins appréciés. En voyant leurs efforts reconnus, les enfants seront plus motivés et tentés de renouveler l’expérience. »

Tu trouveras également d’autres explications (différences entre néophobie et hyper-sélectivité, notamment) ainsi que d’autres conseils sur : https://www.mpedia.fr/art-mon-enfant-est-difficile/

 

Pour résumé, les prescriptions de quantité alimentaires n’ont aucun intérêt que ce soit pour les enfants ou les adultes.
Les petits savent gérer leur satiété de manière autonome s’ils ont en face d’aliments bruts préparés sans ajout de sucre.

Tant que les enfants sont en forme, plein de vie et suivent, globalement, leur courbe de croissance, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si ce sont des « petits » mangeurs. Je t’invite d’ailleurs à éviter de te répéter et de lui dire que c’est un « moineau » ou qu’il/elle ne mange rien.
Les mots ont un pouvoir qui dépasse largement ce que nous pouvons croire : je t’en parle d’ailleurs dans cet article « mais qu’est-ce que c’est que ces maux/mots? »

 

Les troubles de l’oralité :

Une autre raison peut pousser les enfants à manger peu, voire pas du tout : la présence d’un trouble de l’oralité.
Il s’agit de difficultés voire d’une impossibilité pour les enfants de se nourrir correctement. Il peut y avoir plusieurs sources dont la présence de freins de langue, des problèmes de mobilités des mandibules mais aussi une hypersensibilité sensorielle.
Si tu te questionnes sur la question, je te propose l’interview d’Allison Ricaud, Orthophoniste.

Et si tu veux en savoir bien plus concernant les prises en charge de ces troubles par les orthophonistes (logopèdes, en Belgique et en Suisse), voici un mémoire passionnant.

Il est indispensable de garder en tête que les apports nutritionnels fournis par le lait sont primordiaux jusqu’à deux ans.
L’allaitement des bambins et des enfants est un phénomène normal chez l’être humain, pour autant qu’un sevrage n’ait pas été induit (si tu veux aller jusqu’au sevrage naturel, voici un article qui t’y aidera pour contourner tous les freins à l’allaitement).
La Leche League te propose aussi un article sur la perception sociale et le vécu de l’allaitement au-delà de 3 ans.

Une étude a pu démontré que, pendant la préhistoire, les petits d’humain pouvaient rester en santé grâce à l’allaitement et malgré la variation de la disponibilité alimentaire. De quoi se rassurer, quand ils ne prennent que du lait au moment d’un des repas de la journée.

Il fut également constaté que l’allaitement non-écourté a permis à l’homo sapiens de perdurer comparativement à d’autres branches des homo dont l’allaitement était plus court.
Cela met bien en évidence le rôle des apports nutritionnels du lait maternel pour les bambins.

 

Ces informations permettent de lâcher-prise par rapport aux quantités d’aliments solides ingurgitées.

D’ailleurs, plus tu lâcheras prise et mettra peu de poids dans le rôle de l’alimentation au quotidien, plus ton enfant pourra manger sans percevoir qu’il s’agit d’une victoire pour toi.
N’oublie pas que les tout-petits n’ont que peu d’axe de réel contrôle : l’alimentation et leurs sphincters sont, par contre, totalement hors de notre portée.
A nous, parents, de pouvoir le comprendre, l’accepter… et leur laisser l’espace d’être.

 

Concernant les enfants qui ont un appétit gargantuesque : jamais rassasié et toujours à réclamer à manger, ton enfant ne se fait pas prier pour manger. Mais c’est presque trop à ton goût… Alors pourquoi ce rapport à la nourriture ?

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– Cibler les moments de fringales

Il est intéressant de constater à quelles heures ton enfant démontrent de la faim. Est-ce juste avant les repas ? Au goûter (qui sont alors volumineux) ? Au milieu de la matinée ?

En plus de cela, il faudrait observer ce qui précède les demandes de nourriture.
Est-ce que cela suit une émotion forte ? Est-ce le cas en rentrant d’un mode de garde collectif ? Est-ce pendant les repas qu’il/elle mange énormément mais pas en dehors des repas ? Est-ce après une activité physique assez intense ?

* la soif

Aussi étonnant cela puisse paraître, parfois, l’envie de manger/une petite faim peut être générée par un début de déshydratation.
Quand une fringale survient, il est possible de proposer un verre d’eau en première intention. Pour les enfants allaités, le sein continue d’être proposé à la demande… Mais j’ai souvent plus de retours comme quoi la demande ne se fait pas attendre. Il faut rappeler que les besoins nutritionnels sont encore comblés entre 50 et 33 % par le lait (maternel ou PCN) durant la deuxième année de vie.

* le besoin d’attention

Se peut-il que ton enfant te demander à manger car il sait que grâce à cela, il va monopoliser ton attention ?
Tout petits, rares sont les enfants à même de manger sans en mettre partout. Les parents restent alors, pour la plupart, proches d’eux et prêts à essuyer ce qui déborde. Ils sont donc bien présents à leurs enfants.
Se pourrait-il que tu sois dans une période où tu es très occupée (physiquement ou émotionnellement) ou souvent sur écrans ?

* la gestion émotionnelle

Il est connu que le goût sucré agit comme analgésie chez les enfants. D’ailleurs, l’allaitement maternel peut être utilisé comme analgésie (je te renvoie vers un article : « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement »).
Alors, il se peut que les enfants ressentent le besoin de se rassurer et de se calmer par l’ingestion d’aliments. La mastication et l’ingestion permettent une forme de réassurance et d’apaisement.

Si tu perçois que ton enfant demande à manger après des situations qui peuvent être sensibles émotionnellement, tu peux lui proposer une alternative basé sur des exercices de relaxation… et lui offrir ton attention pleine.

 

– Le choix des aliments proposés

Je l’ai mentionné dans le chapitre précédent, mais il est bon de rappeler les aliments à disposition conditionnent le rapport à leur ingestion.
Des aliments avec un potentiel appétant très élevé seront mangés avec voracité, pendant que d’autres aliments sont goûtés avec peu d’entrain.

Afin que ton enfant conserve un rapport sain avec son sentiment de satiété, il est nécessaire que les aliments proposés ne contiennent pas de sucre ajouté (sous toutes ces formes : sucre, sucre de canne, sirop de riz/maïs/blé/agave/noix de coco/…) ou alors juste exceptionnellement.

Il en va de même avec les aliments très gras et salé, comme les chips ou biscuits apéritifs, qui sont dévorés sans appétit.

Je te suggère le visionnage de ce reportage Arte :  «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– l’accès aux nutriments nécessaires

Dans le même axe de ce que je précise ci-dessus, il est nécessaire que les aliments soient le plus bruts possibles : c’est-à-dire, qu’ils soient « natures » et non transformés ou déjà assaisonnés à l’achat.
La plupart des produits transformés ont déjà perdu une grande quantité de leurs apports nutritionnels.
Les enfants (et les adultes) peuvent alors ingurgiter de grande quantité afin de combler leurs besoins métaboliques en vitamines et minéraux.
C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de choisir des aliments bruts et les cuisiner soi-même, tout en conservant certains aliments crus (fruits et légumes) afin de ne pas détériorer certaines vitamines sensibles à l’oxygène et au traitement thermique.

Par exemple, une pêche, des fruits rouges, un kiwi ou encore un bout de poivron seront plus riches en nutriments en restant cru.

 

– Le sentiment de satiété

La satiété est une impression d’être rassasié.e après une prise alimentaire. Elle est au cœur de la gestion des prises alimentaires.

Plusieurs éléments l’impactent, les plus connus sont la mastication et la présence de fibres dans les aliments ingérés.

La mastication engendre, après 15 à 20 minutes, la libération d’un neurotransmetteur : l’histamine. Cette dernière va envoyer le signal comme quoi le rassasiement est suffisant. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de prendre son temps pour manger. (source: http://agro-info.fr/2015/10/20/mastication-et-satiete-role-dans-le-risque-dobesite/ )
Si ton enfant mange très vite, il serait opportun que tu te penches sur la texture de son alimentation. Il convient alors de proposer des aliments qui demandent à être mâcher réellement.

Ensuite, la présence de fibre dans l’alimentation permet à ce que l’estomac se remplisse avec une densité calorique équilibrée. Souvent, cela va de pair avec le fait que les aliments soient bruts et non industriels. Même l’industrie agro-alimentaire souhaite nous faire croire l’inverse avec son allégation « Riche en fibre » que l’on retrouve sur certains packagings.
De plus, Les fibres alimentaires ont de moult avantages pour la santé en générale. Je te suggère fortement d’aller lire cet article pour en savoir davantage sur les fibres alimentaires solubles et insolubles.

 

– les dépenses énergétiques

Parfois, il est difficile de le percevoir en tant qu’adulte mais … Les enfants ont une dépense énergétique largement supérieur à la nôtre ! Non seulement ils sont en croissance mais en plus de ça, ils passent leur journée à apprendre/maîtrise de nouvelles compétences (et le cerveau est le plus grand consommateur énergétique du corps) mais aussi à sauter, courir, ou bouger dans tous les sens.

L’expression motrice dépend fortement des enfants et de leur tonicité. Certains ont des activités plus calmes et posées pendant que d’autres adorent escalader tous les meubles et courir dans tous les sens.
Les besoins énergétiques dépendent de la dépense !

Les enfants vivent des pics de croissance pendant lesquels ils vont augmenter leurs apports alimentaires. Tout comme ils peuvent se réduire naturellement lors des ralentissements de croissance. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter particulièrement des pertes ou augmentations d’appétit temporaires.

 

– le contexte des « récompenses » alimentaires

Le rapport à l’alimentation peut également être modifiée par le contexte dans lequel les enfants sont nourris.
Mange-t-il systématiquement en voiture, parce que ça le calme?
Mange-t-elle devant un écran, absorbant sa capacité attentionnelle ?

Mangent-ils avec appétit… Parce que tu es ravi.e de constater le bon coup de fourchette qu’ils ont ?

Il est aussi possible les produits appétants deviennent une récompense : « tu as été gentil aujourd’hui, alors tu auras une glace ! » ; « Si tu es sage, tu auras une sucette ! » ; « Tiens-toi tranquille dans ta poussette, prends un bout de pain ! ».

Cela paraît étonnant, mais voilà comment il est possible de conditionner le rapport à la nourriture : dans une situation donnée, les enfants attendent de la nourriture voire un aliment spécifique.
Et il n’y a rien de plus difficile que d’éteindre un conditionnement ancré depuis la prime enfance.

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source: https://www.planeteanimal.com/le-chien-de-pavlov-en-psychologie-experience-detaillee-2170.html

 

l’attitude des parents face à l’appétit

Ah, la statut de parents nourriciers, quel bonheur ?!
Le fait est que le petit humain n’est pas autonome avant quelques mois. Il dépend de nous afin d’être alimentés avec justesse.
L’histoire de chacun étant spécifique… et nous avons presque tou.te.s un rapport particulier à la nourriture. Pendant que certain.e.s la voient comme un carburant, d’autres la perçoivent comme une source récurrente de plaisir ultime.
La sensation de satiété est ressentie de manière très différente chez chacun…
Il est possible que ça ait un lieu commun avec l’attitude parentale et le cadre de nourrissage lors de l’enfance.
Avais-tu des parents gourmands qui se réjouissaient de te voir manger ?
Avais-tu des parents contrôlants qui t‘interdisaient les sucreries ?

Avais-tu des parents peu présents qui te laissaient autonomes dans ton alimentation ?

Il est possible que ce contexte ait des répercussions aujourd’hui, pour toi, et que cela conditionne ton rapport à l’alimentation de ton enfant.

Idéalement, il faudrait rester neutre face au refus des enfants et resservir les enfants qui ont faim sans faire de commentaire ni désobligeant ni encourageant.

 

l’influence hormonale sur la sensation de faim

Connais-tu le phénomène d’hyperthyroïdie ? Il s’agit d’un dérèglement de la glande thyroïde qui engendre, notamment, une accélération du métabolisme débouchant sur une augmentation de la sensation de faim… sans que l’individu ne prenne de poids.
Il s’agit d’une des causes qui peuvent expliquer le volume des prises alimentaires.

Elle n’est pas la seule et il pourrait être intéressant de faire un bilan hormonal à un enfant qui engouffre une grande quantité de nourriture, sans prendre de poids.

 

– Craindre l’obésité ?

Avoir un.e enfant qui mange en quantité, cela a le don de rassurer les parents… Jusqu’à ce que la silhouette commence à s’arrondir réellement (c’est-à-dire, au-delà des rebonds d’adiposité qui ont lieu à différents moments lors de la croissance).
Il est impossible d’ignorer l’épidémie d’obésité mondiale et la surcharge pondérale d’une grande partie de la population.
L’obésité infantile est une vraie question de santé publique… https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood/fr/
Dans cet article, l’OMS précise les raisons pour lesquelles l’obésité tend à se répandre chez les enfants et les adolescents : https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_why/fr/

L’OMS https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_what_can_be_done/fr/ suggère plusieurs recommandations générales :

  • consommer davantage de fruits et de légumes, ainsi que de légumineuses, de céréales complètes et de fruits secs;
  • limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses et réduire la consommation des graisses saturées au profit de graisses non-saturées;
  • limiter la consommation de sucres; et
  • avoir une activité physique modérée à intense, au moins 60 minutes par jour, qui soit appropriée au point de vue du développement et qui implique diverses activités. Davantage d’activité peut être nécessaire pour contrôler son poids

Le choix des aliments et le rythme de vie permettra de restreindre une prise de poids délétère à la santé des enfants.

 

Conclusion 

Tu proposes, ton enfant dispose.
Alors mieux vaut mettre à disposition des aliments qualitatifs et sains !
La plupart des enfants sont en mesure de gérer leur sentiment de satiété.

L’alimentation devrait être une évidence… Et pourtant, malgré la récurrence de cette action vitale, elle est conditionnée, orientée, perçue de manière très spécifique pour chacun.e d’être nous.
Alors, ce que je te propose pour assurer une harmonie familiale et espérer permettre à tes enfants de conserver un rapport naturel à leur satiété : lâche-prise.
Lâcher-prise, ce n’est pas laisser aller.
Lâcher-prise, c’est reconnaître les points où nous n’avons pas de prise. Ce sont ces situations où tenir bon et insister font pire que mieux. Ce sont ces moments très énergivores dont personne ne ressort avec une sensation de détente et une émotion positive.
Si le repas et l’alimentation sont devenus des sources de stress : il est indispensable d’agir là-dessus en profondeur.

Alors oui, il est possible que toi, en tant que parent, tu aies des failles à ce niveau-là.
Des peurs irrationnelles de l’étouffement, des craintes de prises de poids ou, à l’inverse, d’avoir un enfant poids-plus, ce sont des exemples de contexte qui génère du mal-être.
Alors, il peut t’être utile de consulter afin de mettre un peu de sérénité dans ce rapport à l’alimentation.

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N’oublie pas de faire confiance aux enfants pour savoir ce dont ils ont besoin, mais aussi mettre en évidence les sujets pour lesquels nous avons des difficultés.
Ils perçoivent rapidement les endroits où nous réagissons particulièrement et les mettent en lumière.
Avoir des enfants est une formidable opportunité pour affronter ses propres zones d’ombre.
Ils nous veulent sereins, confiants et authentiques.
A nous de travailler pour leur permettre d’avoir ces parents sincères qui leur montrent que le développement de soi ne s’arrête jamais.
Aujourd’hui, tu peux arrêter de croire que ton enfant « ne mange rien ».
Aujourd’hui, tu peux arrêter de compter et craindre les prises de poids.
Aujourd’hui, tu peux décider que ton rôle est de proposer des aliments sains sans te mettre une pression les quantités avalées.

A très bientôt pour une autre lecture, tout en curiosité !

 

Ressources :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/alimentation/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-enfant-defi-alimentaire

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/guide-alimentaire-canadien/ressources/nutrition-nourrisson/nutrition-nourrisson-terme-sante-recommandations-naissance-six-mois/6-24-mois.html

https://www.unlockfood.ca/fr/Articles/Allaitement-maternel/Alimentation-des-nourrissons/Exemples-de-plans-de-repas-pour-les-tout-petits-(d.aspx

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00589514/document

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/comment-se-forment-les-preferences-olfactives-8045.php

https://naitreetgrandir.com/blogue/2012/11/12/faim-de-loup-ou-appetit-doiseau-les-reponses-a-vos-questions/

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Allaitement

L’allaitement: l’information est la source

Index des articles concernant l’allaitement!

 

Encore une fois, l’information est le meilleur moyen d’y parvenir !
Sans renseignement concret et valide, nous sommes à la merci des conseils peu renseignés et des doutes tiraillant.
Alors, il y a des éléments à savoir  sur l’allaitement, avant de commencer, au début, pendant et à son terme (que ce soit en sevrage induit ou naturel).
Malheureusement, la lactation humaine n’est pas un sujet très abordé dans le domaine médical… et les recommandations des professionnel.le.s de santé sont parfois catastrophiques pour la conduite de l’allaitement. Ce n’est pas de leur faute… Les cursus sont pauvres à ce sujet. Et parfois, il y a même des « règles » dignes des manuels de puériculture des années 30.

tire lait ancien
Vintage Tire-Lait

 

Bref, il faut lire, retenir, s’entourer de personnes compétentes et croire en soi!

« – Je vais allaiter !
– Oui, si tu y arrives !
– NON ! J’y arriverai, il n’y a aucune raison que le mammifère que je suis n’y parvienne pas ! »

Voilà ce qui fut ma maxime. J’en suis à un an d’allaitement et je désire un sevrage naturel pour ma fille.
Quand on veut, on peut !

Pourquoi le vouloir ? En très bref (les articles sont là pour détailler), parce que l’allaitement est la norme de l’espèce humaine (nous sommes des mammifères) et que c’est le seul aliment RÉELLEMENT adapté à la physiologie du bébé. De plus, allaiter offre de sacrés avantages pour les parents et pour la jeune accouchée : les hormones libérées grâce à l’allaitement favorisent l’attachement avec le bébé, permettent de se rendormir plus rapidement la nuit (et avec un bébé/bambin, c’est commode !) et entretient ta quiétude, de manière à supporter sereinement les aléas de la petite enfance.
Voici donc l’index des articles concernant l’allaitement :

  • Biberon Vs. Allaitement : Le choix est-il éclairé ? Il est d’usage de dire qu’il faut respecter les choix de toutes. Mais souvent, la décision d’allaiter ou non est influencée par de la désinformation. Grâce à cet article, j’offre une possibilité d’observer ce qui motive ou non d’allaiter un bébé à naître.
  • Clefs pour démarrer un allaitement : ça y est, le compte à rebours à commencer. Tu tiens vraiment à allaiter et tu n’as pas envie de louper ça… Et si tu ne le sais pas, tou.te.s les professionnel.le.s ne sont pas des pointures au sujet de l’allaitement. Elles/Ils peuvent même dire de grosses bêtises (en croyant bien faire car malheureusement, il y a un manque de formation) qui mettent en péril un allaitement. Alors, on fait le point pour commencer sereinement !
  • Les freins à l’allaitement : faisons – les sauter!  Parce qu’il est vrai que cela peut-être semé d’embuches, surtout dans une atmosphère où l’on ne soutient pas l’allaitement malgré toutes les vertus qui lui sont connues. Tu peux le lire et le garder sous le coude pour plus tard : bonnes ressources garanties !
  • Le quatrième trimestre ou la découverte d’un « Nouveau Monde » : Le quatrième trimestre de grossesse, tu ne le connais pas ? Eh bien, tu vas forcément le vivre. Le tout petit sort de ton ventre (ou de celui de ta compagne) et n’est absolument pas prêt à affronter une vie telle qu’on l’envisage « avant ». Alors autant être parée et avoir quelques trucs bien utiles au quotidien ! PS : La mise en place d’un allaitement dure 6 semaines, alors autant le savoir. Ces instants sont précieux pour vous, même si ça joue au chamboule-tout émotionnel !
  • Le cododo, sommeil partagé : cachez cette proximité que je ne saurais voir! Comme pour le portage, la société renvoie dans l’imaginaire qu’un bébé dort souvent et paisiblement. Tous les parents savent que les premiers mois (voire les premières années) peuvent être parsemés de nuits agitées. Alors si tu veux réduire l’agitation, dormir un peu et éviter de tomber dans les tourments de l’épuisement et mettre en place ton allaitement avec succès, il y a un moyen que presque tous les peuples hors Occident mettent en pratique: le sommeil partagé! Grâce à cet article, tu auras enfin des sources fiables concernant cette pratique et ses dangers présumés.
  • Tout ce qui est méconnu dans l’allaitement : Tu dois convaincre des sceptiques ? Toi-même, tu te poses encore des questions sur l’allaitement ? Voici un article qui permet d’être très avertie sur ce qu’apporte l’allaitement tant à ton bébé qu’à toi (Spoiler Alert : l’allaitement réduit, entre autre,  le risque de Mort Inattendue du Nourrisson et des cancers hormono-dépendants).
  • Le lait maternel – un élixir de santé (retranscription) : Il s’agit, tout simplement, du reportage d’Arte diffusé pour la première fois ce 28 septembre 2018. Souvent, les reportages finissent en « ça rentre par une oreille et cela ressort par l’autre ! ». Cette fois, il y avait trop d’informations importantes… Trop de sources scientifiques que l’espèce humaine doit prendre en compte pour la santé de ses petits !
  • « Ah, tu allaites encore … ?! » Tu allaites depuis 6 mois, peut-être 1 an, voire même 18 mois… Et tu l’as déjà entendu, cette phrase ! Tu en as marre et tu veux des arguments en béton, c’est l’article qu’il te faut.
  • C’est vraiment une mode ! Une phrase typique qu’on peut entendre quand on veut accoucher sans péridurale, allaiter, porter son bébé, favoriser la motricité libre, manger bio et vivre sereinement… Alors si tu veux quelques arguments pour parer à cette remarque, avec cette lecture, tu auras de quoi faire ! Et juste comme « amuse-bouche », drôle de mode qui a conditionné la survie de l’espèce humaine depuis sa création. A ce point-là, on appelle ça… la norme de l’espèce, non ? 😉
  • « Bébé, que manges-tu ? » L’allaitement, c’est la voie d’alimentation principale du bébé pendant 12 mois. La diversification commence à prendre sa place à partir des 6 mois… Pas avant, dixit l’OMS, quand même ! Alors, que mange un bébé durant sa première année de vie ? Comment allaiter et diversifier en étant le plus serein.e possible ? C’est dans cet article que cela se passe.
  • « Mon assiette, ma famille et moi ! » Dans la continuité de l’allaitement et de la diversification, je pense qu’il est primordial de prendre conscience de ce que l’on met dans le corps de nos bambins et de décrypter les entourloupes des industrielles (et aussi dans les laits artificiels et de croissance… !). Alors pour clore cet index sur l’alimentation du bébé et du bambin, cet article va t’aider à te débarrasser des pièges de la nourriture contemporaine.

 

Avec ces articles et toutes les informations qu’ils contiennent, tu devrais être plus outillé.e pour avoir confiance en toi/ta compagne et en tes/ses capacités d’allaitante / soutien à l’allaitement (rôle indispensable, quand on vit avec quelqu’un !).
Ensuite, fais confiance à ton bébé : il/elle connait ses besoins mieux que personne. Ne recherche  pas de rythme, pas de contrôle des quantités, n’ai pas de montre et tu n’auras pas de stress.
Entoure-toi des bonnes personnes, et continue à t’informer auprès d’elles ou sur des groupes de discussion spécialisée sur le sujet.

Tu peux y arriver, si tu le souhaites !

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Pour presque tous les sujets, tu trouveras les dernières informations fiables en la matière sur lllfrance.org
Bonjour à tes deux seins (ou à ceux de ta compagne), ce sont de sacrés merveilles de la nature ! 😉

 

A bientôt pour le 3ème index !

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

Les freins à l’allaitement : faisons-les sauter!

Souvent, il est évoqué ce qui est nécessaire pour qu’un allaitement se déroule au mieux (moi, y compris, dans cet article des clefs pour démarrer un allaitement).
Mais, autant de fois, sont minimisés les freins à la conduite d’un allaitement serein.

Ce sont les parents, la proche famille mais aussi les professionnel.le.s de santé (médicaux ou paramédicaux)  qui s’avèrent peu ou pas formé.e.s concernant l’allaitement.
Je propose dès lors un focus sur les étraves principales à la sérénité lactée, et les solutions à y apporter !

 

La confusion sein/tétine

Je suis stupéfiée du nombre de fois où je suis confrontée à des situations où cette confusion est délibérément ignorée bien que ses effets soient perceptibles clairement.
« Mon bébé fait bien la différence, il n’est pas bête ! »
« Après 3 mois, il n’y a pas de risque ! »
« Je ne suis pas sa tétine, hein ! »

Rappelons-nous que les tétines quelles qu’elles soient, n’existent pas à l’origine. Elles sont utilisées pour substituer le sein maternel (ce n’est pas le sein maternelle qui sert de tétine !).

Le recours au biberon pour compléter les apports alimentaires du nourrisson génèrent une aggravation des problèmes inhérents à l’allaitement. J’avance « aggravation » puisque la supplémentation n’a pas lieu si l’allaitement se déroule bien.
La dernière revue de littérature effectuée par la Leche League a mis en évidence cet effet et signale cependant que l’usage de tétine (sucette/tutute/suce/machin-chose en plastique qui s’accroche aux vêtements) ne démontre pas, avec les études actuelles qui doivent être complétées, de conséquences majeures lors du nourrissage au sein.
Malgré tout, il est nécessaire de conscientiser que l’utilisation de cette tétine pour calmer le bébé (utilisée comme « bouchon à bébé ») ou le recours à des bouts de sein en silicone peuvent engendrer une réduction de la fréquence des tétées. Or, le manque de succion (ou une mauvaise succion)  cause une diminution de la lactation et, à terme, un manque de lait qui peut mener à un sevrage précoce avec besoin de compléter grâce à du Lait Artificiel (ou Préparation Commerciale pour Nourrisson – PCN).

Enfin, il faut se remémorer qu’une confusion sein/tétine est une modification de la prise du sein, à cause d’une mobilisation de groupes musculaires différents et une alterations des réflexes archaïques. Ils sont aussi susceptibles de se désintéresser du sein car ils ne parviennent plus à s’en satisfaire tant pour se réconforter que pour se nourrir.

Lors de l’allaitement, dès que l’on aperçoit qu’un enfant modifie sa prise du sein, il est indispensable de se débarrasser de tous les substituts au sein maternel (tétine de biberon ou de sucette, bouts de sein en silicone, etc).

Par précaution, et dans la volonté d’un allaitement le plus serein possible, il est préférable de se passer de tétine et de biberon. Une confusion peut survenir à tout moment, d’autant plus facilement dans la première année de vie, mais cela peut se produire après la prise d’un seul biberon après l’âge d’un an.
Voici d’autres modes d’administration du lait, en cas de nécessité :
alternative au biberon.jpg

Source de la revue de littérature effectuée par la LLL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1942-da-119-le-point-sur-la-confusion-sein-tetine

Voici un article de MamanLune entièrement consacré à cette confusion : http://mamanlune.com/index.php/2017/05/25/le-biberon-la-tetine-les-bouts-de-sein-et-lallaitement-au-sein/

En train de vivre une confusion ? Voici des pistes pour y remédier, par Oummi-Materne : https://www.oummi-materne.com/confusion-sein-tetine-conseils-pour-reeduquer-la-succion-de-bebe/

 

Imposer un rythme ou une durée aux tétées

A leur naissance, les bébés découvrent la sensation de faim. En cas de bonne santé, ils rampent directement pour atteindre le sein. C’est totalement instinctif. Et dès le départ, cette « tétée de bienvenue » peut durer 2h, avec un bébé qui somnole après l’épreuve de l’accouchement.
Par la suite, les bébés vont avoir faim à chaque période d’ « éveil ». Ils vont avoir 3 besoins principaux : être au contact, se nourrir et éliminer.
Il n’y a dès lors pas lieu de restreindre l’accès aux seins à un enfant, ni à sa naissance ni dans les mois qui suivent, d’ailleurs. Les bébés savent de quoi ils ont besoin.
Il en va de même avec la durée des tétées : certain.e.s tètent très vite, d’autres prennent leur temps. Une mère peut, ou pas, avoir une hyperlactation et un débit de lait puissant, ce qui impacte forcément la durée des tétées.

Alors oui, un bébé peut téter toutes les 45 minutes, parfois toutes les 2h, parfois sans aucune régularité claire… Et ce n’est pas grave !
L’important est d’écouter les besoins que communique son enfant. Cela vaut également pour les bébés atteints de RGO (reflux gastro-oesophagien) : c’est un mythe de croire qu’il est nécessaire de laisser 2 ou 3h entre les tétées pour que le lait soit digéré. (voici un lien sur l’allaitement de bébés atteints de RGO : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1401-da-41-allaiter-un-bebe-souffrant-d-un-reflux-gastro-oesophagien )
Oui, pendant les 4 premiers mois, les bébés peuvent recracher un peu le trop plein (surtout en cas d’hyperlactation et de réflexe d’éjection fort – lait qui sort en jet). Je paraphrase la LLL : Avoir un bébé allaité du recrache du lait, tant que cela ne lui est pas douloureux, ce n’est qu’un problème… de lessives ! (PS : les bavoirs sont ainsi bien utiles, ainsi que les langes/tétras !). Pour d’autres articles sur les régurgitations des bébés : https://www.lllfrance.org/vous-informer/votre-allaitement/surmonter-les-obstacles/931-regurgitations-et-allaitement
N’oublions pas que l’alimentation des nourrissons est exclusivement liquide et que le cardia (Le cardia de l’estomac est l’orifice qui constitue la jonction entre l’œsophage et l’estomac) est immature à la naissance : le contenu stomacal remonte facilement dans l’œsophage.

anatomie estomac

 

Les douleurs inhérentes à l’allaitement (crevasse, érosions, etc.)

Lors des premiers jours de l’allaitement, il se peut qu’il y ait des inconforts au début de la tétée. Si cela n’engendre pas de blessure au niveau du téton, il est probable que l’inconfort se dissipe endéans les 15 jours.
Si la douleur est intense du début à la fin de la tétée et que, dès les premiers jours, le téton présentent des érosions et un début de crevasses : c’est que la prise du sein n’est pas correcte !
Il peut y avoir plusieurs causes à cela : naissance traumatique engendrant des blocages de la mâchoire, présence de freins restrictifs de lèvre et/ou de langue, mauvaise position du bébé, etc.

 

Voici comment doit se positionner le bébé pour assurer sa bonne prise du sein:

prise du sein bébé

Ici, un lien sur les freins restrictifs (qui sont coupés très facilement par les professionnel.le.s spécialisé.e.s) : https://mamanlune.com/index.php/2017/09/11/les-freins-et-lallaitement-le-bebe-qui-ne-savait-pas-teter/
Toujours concernant les freins, en cas de doute et d’accompagnement insuffisant au départ, voici un groupe Facebook de référence sur le sujet : Frénotomie et Freins : Support International https://www.facebook.com/groups/688846051316769/
Dans tous les cas, il est INDISPENSABLE de se faire accompagner aussi tôt que possible pas une consultante en lactation certifiée IBCLC. (voici un annuaire pour les trouver en France : http://consultants-lactation.org/annuaire-des-ibclc/ ; au Canada : https://www.ibclc.qc.ca/fr/ ; en Belgique : http://www.consultation-allaitement-maternel.be ; association européenne : https://www.elacta.eu/ )
Nous avons perdu les connaissances ancestrales nécessaires à la bonne mise en place d’un allaitement et du bon positionnement du bébé lors des tétées. Dès lors, l’accompagnement par une tierce personne formée permet de s’assurer que le bébé prend correctement le sein, garantissant un allaitement efficace et le plus agréable possible.

Lors de la « montée de lait » (qui peut avoir lieu de J1 à J4 voire 5 post-accouchement sans que cela soit anormal !), la pression inhérente à l’augmentation du volume dans les seins peut également engendrer des douleurs.
Dans ce cas-là, il ne faut pas utiliser de tire-lait (idéalement, sauf tire-allaitement exclusif –TAE) durant la mise en place de l’allaitement, soit les 6 premières semaines. Cela peut surstimuler le sein et amener à une hyperlactation induite.
Il est alors possible de se soulager en exprimant manuellement le trop plein (une vidéo te montre comment : https://www.youtube.com/watch?v=P63E5zzz5CA) ou par la technique du verre d’eau chaude (moins « technique » mais moins rapide https://www.youtube.com/watch?v=OVDx85D5RsI cela permet de soulager sans stimuler la production qui se met en place).

 

Le manque de lait lors des tirages

Il peut arriver qu’il soit nécessaire de tirer, ou qu’il soit conseillé (à tort) de le faire pour estimer la quantité assimilée par le bébé.
Or, ce qui est tiré n’est PAS représentatif de ce que la mère est susceptible de produire.
Les bébés sont faits pour téter alors que le tire-lait imite tant bien que mal.
En outre, il arrive régulièrement que les tire-laits ne soient pas efficaces (désolée, Kittet) et/ou que les téterelles ne soient pas à la bonne taille (eh oui, surprise : nous avons toutes des seins différents et il faut des embouts adaptés !) et cela impacte massivement le volume le lait tiré.
Petite blague physiologique : il est souvent nécessaire de changer de téterelles pour des plus petites après quelques mois … ! Ne crois pas forcément à une baisse de lactation, mais vérifie la taille de tes téterelles.
Donc, non, si tu ne tires pas suffisamment, ce n’est pas parce que tu ne produis pas assez !  Chassons ce mythe !

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Guide Medela

Voici un groupe Facebook très agréable pour la gestion des tirages et du du tire-allaitement plus globalement : les tires-allaitantes bienveillantes https://www.facebook.com/groups/1501753536777788/

 

L’introduction des produits laitiers
Outre le fait que l’on sache maintenant que la consommation de produit laitier (principalement de vache) a des effets controversés sur l’organisme (pour un résumé, ici https://www.sciencesetavenir.fr/sante/les-produits-laitiers-nos-amis-pour-la-vie_27560).
Le fait est que les adultes et les enfants après l’âge du sevrage naturel (entre 2 et 7 ans) n’ont métaboliquement plus besoin de lait. La plupart des adultes ne parviennent d’ailleurs plus à digérer aisément le lactose.
Eh oui, encore une fois, les lobbies agroalimentaires font grand bruit avec leur campagne de consommation de produits laitiers à tout crin…
J’outrepasse ici les explications concernant les produits laitiers spécialement dédiés pour les enfants qui sont des horreurs en terme de composition et à bannir dans tous les cas. Pourquoi ? Voici des bouts de réponse dans l’article « mon assiette, ma famille et moi ! ».

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Danonino de Danone…  8.5g/100 de sucre! Et… une controverse majeure sur la composition: http://www.leparisien.fr/societe/alimentation-food-watch-estime-trompeuse-l-etiquette-du-danonino-de-danone-01-03-2017-6722082.php

Dans le cas d’un allaitement, il est superflu de donner des produits laitiers puisque les enfants reçoivent déjà tout ce qui leur faut !

En outre, l’adjonction de produits laitiers peut engendrer un désintérêt progressif des enfants envers le sein. Tout ce que l’on ne souhaite pas, donc.

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La désinformation provenant des professionnel.le.s de santé

Ça pique un peu de l’écrire franc battant, mais c’est réel.

La part réservée à la formation des soignants concernant l’allaitement est très faible, voire quasiment inexistante (une pédiatre précisait que cela concerne 3 pages dans tout son cursus).
Autant dire que bon nombre sont totalement incompétents en la matière et propage simplement des « règles d’usage » occidentales mais totalement obsolètes.

 « Votre lait n’est que de l’eau/pas assez nourrissant/… »
« Après X mois, la nuit, iel n’a plus besoin de téter ! »
« Il faut espacer les téter ! »
« Il faut diversifier à partir de 4 mois ! »

Bref, concernant l’allaitement : avoir des réserves quant aux dires des professionnel.le.s qui vont à l’encontre des demandes de ton bébé, faire la beniouioui  et se référer systématiquement à une consultante en lactation IBCLC si tu penses devoir modifier quelque chose dans la conduite de ton allaitement!
Une pneumo-pédiatre, un.e kinésithérapeute ou un.e dentiste ne peut pas avoir toutes les spécialités, et ça vaut pour tous les professionnel.le.s. Il faut ainsi être indulgent.e.

Cela dit, une initiative rassemble des professionnel.le.s sensibilisés au maternage, au cododo à l’allaitement et à la bienveillance : le réseau grandit tout doucement. Voici la carte des pro déjà recensés : https://framacarte.org/fr/map/reseau-de-professionnelles-amies-du-parentage-prox_35361#6/44.965/-0.319

Et si tu es pro, tu peux t’inscrire sur ce groupe : https://www.facebook.com/groups/184793715764053/

Le site rassemblant tous les éléments arrivent bientôt !
Les habitudes familiales (rôle du père, participation de la famille au nourrissage, utilisation des tétines, etc.)

Le fait est qu’il y a souvent des familles de parents allaitant et des familles où le biberon règne en maître.
En outre, cela fait au moins deux siècles que la bien-pensance ordonne des préceptes qui ont transformé le rapport aux enfants, en les distançant et en minimisant les besoin corporels des enfants et de la mère.

Dans certains cas, un argument opposé à l’allaitement est que le père/partenaire/compagne ne peut s’investir auprès des enfants à cause de cela.
Certes, dans les toutes premières semaines, un bébé a besoin de passer de nombreuses heures au sein. MAIS il s’avère aussi que ce même bébé a besoin de dormir et d’être rassuré/porté quasiment constamment : et je pense que les bras de l’accompagnant.e sont disponibles pour cela.

Ensuite, avant de s’occuper de cet enfant, il y a une personne qui a besoin de la présence et du soutien du partenaire de vie : la jeune accouchée ! Que l’accompagnant.e mette tout son énergie pour rendre agréable le quotidien de la jeune mère, et elle/il trouvera une place de choix dans ce trio!
Très vite, les enfants auront des moments d’éveil longs…

J’ai comme l’impression que les jeunes parents/l’entourage a tendance à oublier que la période du nouveau-né est très courte ! L’alimentation est une part de la vie des enfants, comme pour tous les adultes, mais ne définit pas son être.

Enfin, il est tout de même particulier d’amoindrir la santé à long terme de son enfant pour des considérations d’égo de l’entourage qui veut tenir un biberon. Je rappelle les bienfaits de l’allaitement dans cet article.

Voici une petite série de BD qui explique bien le rôle de l’accompagnant.e au quotidien : https://www.facebook.com/firstsmileapp/photos/a.656948294431944/828099833983455/?type=3&theater

Il est cependant nécessaire de pouvoir entendre et discuter des perceptions des proches, et de comprendre leurs motivations. Pour t’aider, je te suggère cette lecture : « Comment faire en sorte pour que les gens acceptent mes choix ? ».

 

La course au bébé qui passe ses nuits

« Alors, il dort bien ? Il fait ses nuits ? »


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C’est surement une des questions les plus posées aux jeunes parents !

Le bébé d’humain a besoin d’apports alimentaires TRÈS réguliers. Le lait maternel est naturellement pauvre en calorie… Et cela a une explication physiologique.
Le bébé humain est dépendant de son environnement et  de ses référents, il a BESOIN de contact. Son organisme est prématuré (par rapport au terme de naissance des autres mammifères, principalement des primates dont nous sommes les plus proches) et il a besoin d’être dans un contact proximal afin de maintenir sa température corporelle, réguler son rythme cardiaque, sa tension artérielle et de s’assurer d’être en sécurité.

Un bébé n’a pas le métabolisme pour dormir des nuits de 12h sans réveil ! Ils ont besoin de d’hydrater très régulièrement et d’être en contact avec leurs référents.
Certains pourront dormir 4/5/6h de suite, vers 3 mois… Mais ce n’est pas la majorité, loin s’en faut !

Donc, non, il ne faut pas s’attendre à ne pas être « tranquille » la nuit. C’est le lot lorsque l’on devient parent !
Pour passer des nuits sereinement, voici un article sur le cododo.
Je rappelle que l’OMS recommande fortement de partager le sommeil de son enfant durant ses 6 premiers mois de vie au moins, pour limiter les risques de mort inattendue du nourrisson.

Alors non, point de farines/céréales pour bébé donné dans un biberon de manière à la gaver avant la nuit… C’est dangereux pour sa santé et ça ne correspond pas à ses besoins.
Le sommeil est une acquisition lente et fluctuante jusqu’à l’âge de 3 ans.

Autant le savoir et s’épargner des recherches de solution alors que la seule chose qui vaille est de suivre le rythme de son enfant. Promis, ça passera !

Si tu estimes que ton bébé a un trouble du sommeil, il est nécessaire de consulter. Il est possible que des traitements alternatifs comme la chiropractie, l’ostéopathie et la kinésiologie te viennent en aide.

La pression sur la prise de poids et la prescription de complément de lait artificiel

« Madame, votre enfant n’a pris que 300g ce mois-ci ! »
Oui, et ?

pèse bébé

Il arrive que certains médecins adorent catégoriser les enfants grâce aux normes (et la courbe des carnets de santé n’est pas celle des bébés allaités, qui est différente des courbes des bébés nourris aux laits infantiles).
Il faut qu’il prenne un grammage particulier quotidiennement (20/25g/jour) et que la courbe soit suivie de manière stricte, que la croissance des enfants corresponde à ce qui est attendu… sinon c’est à cause de l’allaitement !

D’une part, certains enfants continuent à grandir et grossir mais plus doucement que le montre les normes. Ils sont pourtant en plein forme.

Ensuite, il y a des enfants qui ont des cassures dans la courbe et il est nécessaire de savoir pourquoi. Ça peut être un signe de la présence de freins de lèvres et/ou de langue restrictifs, mais aussi parce qu’ils ont été atteints de diverses maladies, qui impactent la croissance. Un enfant malade ne prend pas voire perd du poids.

Dans tous les cas, il y a des solutions. Rapproche-toi d’une consultante en lactation certifiée IBCLC ou change de pédiatre afin d’avoir un autre avis !

 

La reprise du travail

Dans l’inconscient populaire, la reprise du travail sonne la fin de l’allaitement. Certains articles web vont même promouvoir cette idée, occultant volontairement les possibilités et les droits des femmes de pouvoir allaiter en travaillant !
Dans la plupart des pays, les femmes ont la possibilité d’avoir 1h/journée de travail pour tirer leur lait. Elles doivent avoir accès à un local propre qui peut servir à cette action.

Oui, l’allaitement non écourté est possible malgré une activité professionnelle.
Encore une fois, je te conseille le groupe déjà cité ci-dessus : les tire-allaitantes bienveillantes mais aussi « reprise du travail en allaitement exclusif ». https://www.facebook.com/groups/allaitementtravail/

 

Les traitements médicamenteux

« Je dois me soigner/me faire opérer, je ne peux plus allaiter ! »

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Il est possible que certains traitements ou interventions soient réellement incompatibles avec l’allaitement (traitement de chimiothérapie, par exemple).

Pour les traitements temporaires, il est fort probable qu’un traitement compatible avec l’allaitement soit disponible.

Afin de vérifier si la prescription médicale peut être compatible avec la poursuite de l’allaitement voire d’obtenir une alternative : les sites du CRAT http://lecrat.fr/ et de e-lactantia http://e-lactancia.org/ sont disponibles). N’hésite pas à demander aux soignants de vérifier sur ces ressources avant de composer ta prescription.

 

La diversification précoce (et la préférence à donner des aliments plutôt que du lait avant 1 an)

Je rappelle qu’il est totalement contreproductif de diversifier avant que le bébé ait 6 mois. Ce n’est pas de moi, mais de l’OMS. Je pense qu’on peut leur faire confiance !
Voici un article qui relate la nutrition du bébé durant sa première année de vie.

Comme je le précise dans ce lien, il est nécessaire de privilégier les apports de lait par rapport à la nourriture. Le sein/lait doit être présenté avant les repas de manière à assurer aux enfants leurs apports.
Au fur et à mesure, les quantités caloriques vont pencher du côté des aliments solides.  Cependant, jusqu’à un an, le lait doit encore compter pour au moins 50% des apports. La composition du lait maternel est optimale pour la santé du bébé afin d’assurer son hydrater et de soutenir son système immunitaire.

Il y a une pression énorme sur la diversification des enfants, comme si un bébé qui ne mange pas des quantités normées à l’âge de 7/8/9 mois était forcément en mauvaise santé.
Il s’avère que certains enfants ont de l’appétence pour les aliments solides dès 6 mois (si tu as l’impression que ton enfant est intéressé par l’alimentation avant, sache que c’est normal : les enfants sont interpellés par cet acte récurrent dans la vie des référents. C’est une volonté de mimétisme. Cependant, son métabolisme n’est pas prêt à recevoir d’aliments). En revanche, d’autres commenceront plus volontiers que vers 12 mois et sont tout de même en parfaite santé.
La seule carence « classique » des bébés allaités (oui, dans les Laits Artificiels, ils mettent pleins de compléments, histoire de se targuer d’être corrects à minima) est celle de la carence en fer (parfois en zinc).
Tu peux alors proposer à son enfant, plusieurs fois par jour, des aliments riches en fer, en les associant avec des aliments riches en vitamine C qui aide à son assimilation.

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La grossesse

Comme dernier point, la grossesse qui peut induire un sevrage.

En effet, les bouleversements hormonaux inhérents à la grossesse peuvent provoquer différents phénomènes : une modification du goût du lait, des douleurs durant les tétées et une aversion pour la mère enceinte.

Cela ne vaut pas dans tous les cas. Certains enfants continuent à téter malgré la grossesse et cela se déroule sans trop d’encombres vers un co-allaitement (en sachant que le lait s’adapte aux enfants les plus jeunes et qu’avec deux enfants qui tètent, la production va s’adapter !).
Cependant, dans le cas de grossesses très rapprochées (qui ne sont guère conseillées pour le corps de la femme), il faut savoir que c’est un risque à prendre pour le bébé encore allaité qui a réellement besoin de lait jusqu’à 2.5/3 ans.

Ce risque de sevrage induit par la grossesse rappelle également que l’allaitement n’est absolument pas un contraceptif fiable : il est possible de tomber enceinte avant même le retour de couche (puisque celui-ci est précédé d’une ovulation).

Bref, un allaitement étant enceinte est peut-être l’explication à cet étrange constat  des vêtements d’allaitement qui sont presque toujours conçus pour les femmes enceintes ! 😉

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Grâce à cette lecture, et à celle des clefs pour démarrer un allaitement, te voilà parer à mener à bien ton projet d’allaitement !

Je te souhaite plein de bonheur dans cette fin d’année.

A très bientôt, Lectrices et Lecteurs Curieux !

Allaitement·Éducation bienveillante·Préparer la naissance

Mon assiette, ma famille et Moi !

 

Le fait de nourrir ses proches et encore plus ses enfants est une vraie inquiétude pour la plupart des adultes.

Dès la naissance de l’enfant, le sujet de son alimentation devient un point d’attention majeur. Cela semble logique, puisque sa survie en dépend.
Le poids du bébé est surveillé quotidiennement au début, au point d’estimer une moyenne de prise de poids, soit 20/25g par jour.
Pour les mères allaitantes, la mise en place de l’allaitement est sujette à divers conseils et attitudes et  … pas toujours judicieux ! Par exemple : la durée des tétées, le temps d’intervalle entre deux tétées, le manque d’écoute lorsque la femme nouvellement accouchée dit avoir mal (absence de prise en charge des potentiels freins de lèvres et de langue, ou de la position du bébé pendant les tétées). Voici un article qui reprend les clefs pour démarrer sereinement l’allaitement.

Concernant les mères biberonnantes, les bébés doivent prendre des biberons d’une quantité définie, à intervalle régulière… Et vient se poser le choix de la préparation commerciale pour nourrisson (PCN). La plupart sont à base de lait de vache, mais il est possible d’en trouve au lait de chèvre, à base de protéines végétales (riz, soja, amande, …) en bio ou en non-bio.
Pour être honnête, à défaut d’un allaitement, je peux te recommander de partir forcément sur une PCN biologique… et d’éviter autant que faire se peut celles à base de lait de vache. C’est la meilleure manière d’éviter d’exposer son enfant aux éventuelles intoxications mises en évidence dans les scandales alimentaires. Sans compter qu’énormément d’enfant ne supportent pas les protéines des laits de vache, engendrant des troubles digestifs divers dont les reflux, les coliques (qui peuvent être amoindries par le portage), la constipation ou la diarrhée.
Je rappelle que l’allaitement reste le seul moyen totalement adapté aux petits humains, qui lui évite bien des désagréments inhérents aux PCN.

Dès le départ, les parents débutent un contrôle de la quantité du lait ingurgité.
Avec les biberons, les quantités sont aisément quantifiables, mais pendant l’allaitement, il est nécessaire de se fier aux excrétions (le nombre et le remplissage des couches).
Cela peut paraître bien plus simple d’effectuer une surveillance avec les biberons. Mais en réalité, ce contrôle ouvre la première porte aux inquiétudes créées par la nourriture.
Dès le départ, il n’est plus question de faire simplement confiance à l’appétit du bébé… Or, comme je l’expliquerai plus tard, la confiance en son appétit et de sa gestion autonome de ses apports lui fournira la possibilité de développer un rapport avec l’alimentation dénué de crispations et une écoute de ses signaux physiologiques.

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  • La diversification de l’enfant

Après avoir trouvé une « routine » d’alimentation avec son petit bout, voilà venu le temps de la diversification (article qui explique les besoins du bébé de 0 à 12 mois : juste  !).
Je rappelle, dans un premier temps que l’OMS recommande bien que la diversification n’ait lieu qu’à 6 mois. L’immaturité du système digestif rend l’introduction des aliments solides néfaste pour le bébé.

A partir du moment où l’on souhaite diversifier, et que l’enfant y montre de l’intérêt, l’objectif sera de proposer des aliments et des plats adaptés à l’enfant.
Cela dit, cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de proposer des purées (encore moins de proposer des préparations industrielles).
L’enfant, dès qu’il a acquis la capacité à se tenir assis, peut très bien gérer les morceaux. C’est le principe de la « diversification menée par l’enfant » (pour un peu plus d’explication : https://www.diversificationalimentaire.com /).

Il faut aussi se souvenir que chaque enfant est différent, il est donc illusoire de s’attendre à ce que l’ensemble des bébés mangent la même quantité et soient intéressés par les solides au même moment.
La patience et l’écoute des besoins du bébé sont de mise !

Les canadiens (on sait qu’ils sont toujours en avance dans les pratiques… et avec  bases scientifiques avérées) recommandent des principes qui sont pratiques et clairs : https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/soins-nourrissons/nutrition-nourrissons.html?_ga=2.191902442.1194459809.1536576068-1290066032.1533314018

Il est nécessaire de retenir qu’avant l’âge d’un an, le lait demeure la source d’alimentation principale et doit être proposé avant les repas solide.

Carlos Gonzales, dans son livre « Mon enfant ne mange pas », met en évidence de nombreuses habitudes incohérentes et des précautions édictées par les pédiatres… sans fondement scientifique. Je le cite : « n’y a aucun fondement scientifique pour dire qu’un enfant de tel âge doit manger telle quantité de tel ou tel aliment. Il serait bon de commencer à reconnaître que l’enfant est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin, et qu’après 6 mois comme avant cet âge, il peut continuer à se nourrir à la demande. »

Il n’est dès lors pas nécessaire de commencer par les légumes, puis d’attendre 15 jours pour les fruits et attendre que les bébés aient plus de 7 mois pour les protéines animales… et plus d’un an pour les oléagineux (dont arachides).
Toutes ces précautions sont donc infondées !
Cependant, surtout en cas de terrain allergique dans la famille, il est nécessaire d’être précautionneux avec les allergènes.
Le Dr. Gonzales préconise également qu’il est préférable de ne pas introduire le lait de vache avant 9 ou 12 mois, puisqu’il est trop riche en protéines et trop pauvre en fer (et oui, autant le veau en a besoin puisqu’il grossit d’environ 800g/jour jusqu’à ses 14/15 mois… Alors que l’humain oscille aux alentours de 20 à 25g).
Il faut aussi éviter de sucrer, d’édulcorer ou de saler les plats des enfants en bas-âge. Le miel est aussi à éviter avant l’âge d’un an afin d’éloigner les risques de botulisme infantile qui peut se développer à cause d’un microbiote intestinal immature.

Si, en tant que parent, tu ne souhaites pas effectuer la DME, je t’invite à te questionner sur les raisons de tes appréhensions. Elles en disent surement beaucoup sur ton rapport au contrôle, à la confiance faite dans ton enfant et ton rapport à la nourriture.

Avec ces petites suggestions, tu peux respecter les besoins de son enfant, même sans DME :

  1. Ne jamais inciter fermement son enfant à accepter une cuillérée, même en l’incitant par la voix, en le distrayant (« On fait l’avion ! »), ou encore en frottant la cuillère sur sa bouche. Si l’enfant garde la bouche close, c’est qu’il n’a pas envie/besoin de manger.
  2. Proposer des aliments qui ne soient pas toujours mélangés ensemble : de simples moulinés de légumes ou de fruits, puis les protéines hachées finement et les féculents écrasés. Cela lui permet de découvrir les saveurs et de pouvoir varier afin d’attiser son intérêt (et son appétit !). Les parents peuvent aussi constater où vont les préférences de l’enfant.
  3. La texture totalement lisse n’a aucun intérêt pour l’enfant

Dès le début de la diversification, et même en l’absence de dent, l’enfant va acquérir la mastication (les gencives ont une grande force!) .  Cette dernière favorise le développement des mâchoires et a donc aussi des bienfaits sur les aspects orthodontiques. Nombre de médecins, stomatologues et orthodontistes bien informés constatent « la nocivité de l’administration passive d’aliments mixés, moulinés, réduits en bouillie et imposés à la cuillère ».

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  • Le mimétisme des enfants envers les adultes

Cela paraît logique… puisque cela vaut pour tous les aspects de la vie. Et pourtant, combien de parent n’essayent pas de faire manger leurs enfants avant eux ou en leurs proposant un menu différent ?
Forcément, beaucoup d’enfants n’auront pas d’appétit. Pour apprécier la nourriture, il faut que les enfants constatent le plaisir qu’ont leurs proches face à la nourriture.

Si le menu est différent de celui de son enfant, il convient de se questionner sur les raisons de cela ?
As-tu eu envie de bien faire en lui faisant une timbale de légumes… Mais que tu ne consommes pas, car tu n’aimes pas cela ?
Difficile de s’attendre à ce que l’enfant aime… Alors qu’il ne peut voir ses référents déguster ce qu’il doit lui-même ingurgiter.
Cela peut-être une bonne manière de rééquilibrer son alimentation, afin de profiter aussi du fait de manger de manière équilibrée la plupart du temps.

 

  • Les différents des besoins entre enfants et adulte

Les enfants n’ont pas un rythme alimentaire similaire à celui des adultes. Ces derniers ont intériorisés les codes sociaux des heures de repas… et qui font des repas des moments d’échanges sociaux.
Cela tombe sous le sens qu’un enfant n’a pas envie de rester à table une heure durant…
Il peut aussi avoir un petit appétit qui engendre qu’il se nourrisse plus fréquemment de petites quantités.

Il convient simplement de répondre aux besoins de son enfant sans y apposer de jugement ou de commentaire. Critiquer ses choix alimentaires ou son rythme alimentaire ferait perdre à l’enfant cette capacité inestimable qu’est l’écoute de sa satiété mais aussi sa confiance en soi.

Combien d’entre nous ont moult difficultés à percevoir clairement ses signaux de faim et de satiété ?
Combien sommes-nous à souffrir d’une forme de trouble alimentaire ?

Si la société et les vieux adages n’avaient pas autant d’impact sur notre alimentation, nous aurions pu préserver cette capacité à manger uniquement lorsque nous avons faim ou lorsque quelque chose nous fait vraiment envie.
Les enfants qui font un goûter tardif ou copieux ne mangent parfois que peu au repas du soir… Et c’est logique car ils ont pris leur « quota énergétique ».
Parfois, les enfants vont dévorer bien plus et cela n’a pas de sens de les réfréner : ils sont en pleine croissance et se dépense, comparativement, bien plus que la plupart des adultes.

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Préparation improbable, mais pourquoi pas les laisser tester ?

Il est primordial de conscientiser que les interdits alimentaires mènent à la frustration de l’enfant. Ce dernier va alors se rattraper autant qu’il peut lorsque ceux qui interdisent ne sont pas dans les parages. Ils mangeront alors plus que de raison en comblant la frustration de l’interdit ou alors, ils dissimuleront le fait qu’ils ont consommé certains aliments.
Ils se forceront ensuite à manger sans faim, pour ne pas laisser paraître qu’ils ont pris un gros goûter… bafouant leurs signaux de satiété et ancrant la nécessité de dissimuler cette source de plaisir.

En outre, il est nécessaire de revoir la notion de « grignotage » : un enfant peut étaler ses rations sur la journée. Au lieu d’avoir des biscuits comme seules collations, il est tout à fait possible de proposer des fruits (frais ou séchés), des légumes crus, des graines et oléagineux variés voire une portion de repas conservé qui lui plait. Il n’y a pas de raison de proposer systématiquement un petit-déjeuner ou un goûter sucré : c’est une norme occidentale qui peut très bien être modifié. Sortir du cadre permet souvent de diversifier l’alimentation.

Les adultes ont pour mission de proposer une alimentation diversifiée et saine aux enfants. Il faut savoir que la plupart des enfants entre 2 et 10 ans sont touchés par ce qu’on appelle « la néophobie alimentaire ».
L’étymologie du mot te donne un indice : c’est l’appréhension de consommer un aliment inconnu ou avec une saveur particulière. C’est totalement habituel. Cela passe après une période plus ou moins longue. Il faut entre 7 et 9 présentations d’un aliment pour que l’enfant accepte d’y toucher. Surtout, il est contreproductif de se crisper sur leurs refus : cela engendrerait un cercle vicieux qui entretiendrait l’aversion envers certains aliments.
Il arrive également que les enfants trient leurs aliments et en refusent certains. A certaines périodes, ils vont se focaliser sur les sources à haute dose protéique ou glucidique. Afin d’introduire des légumes plus aisément, il est possible de proposer deux types de légume quand on sait que l’un n’est pas apprécié.
Il est aussi bénéfique de changer les préparations des légumes. Tu as l’habitude de manger tes carottes avec du thym, tu peux changer d’épices et de forme des carottes, mais aussi du mode de cuisson.
Il est fréquent que la routine fasse revenir des plats de manière très régulière ce qui amène de la monotonie. Tu pourrais, par exemple, acquérir un nouvel aliment chaque mois à introduire dans ton bol alimentaire (changer de céréales et découvrir le millet, le quinoa, l’amarante, …) et t’inspirer des cuisines du monde. Il est aussi important de savoir qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter si un enfant refuse les légumes mais consomme des fruits. Il reçoit les bienfaits des fruits frais et cela suffit probablement à ses besoins nutritionnels (hors pathologie).

Enfin, il faut accepter que parfois, les enfants (et tous les individus) n’ont pas faim. Et qu’il ne sert à rien de les forcer à se nourrir. Le sens social de la nourriture est moins développé chez eux, et ils n’ont pas été « pollués » par des croyances qui entachent leur satiété.
Personne n’a jamais été en mauvaise santé en sautant un repas de temps en temps, en cas de maladie ou de repas précédent copieux.

 

  • L’autonomisation de l’enfant par rapport à sa nourriture et la qualité de celle-ci !  

Tu l’auras compris, les enfants ont la capacité d’être complétement autonome pour gérer les quantités de nourriture.
Si un enfant ne veut pas finir son assiette, il est inutile de le priver de dessert ou de le punir (ici pour comprendre en quoi les punitions n’ont pas d’utilité). S’il n’a plus faim pour son plat, peut-être gère-t-il aussi son appétit pour s’octroyer un dessert.
Il suffit de prêter attention au type de dessert proposé. Il convient de ne pas avoir à disposition quotidienne des crèmes desserts, glaces et autres préparations laitière pleines de sucres et autre additifs comme les colorants et des arômes (peu importe qu’ils soient caractérisés de « naturels »). Le fait de forcer à finir une assiette pour avoir un dessert incite l’enfant à outrepasser ses signaux de satiété.

Ensuite, il nuit au petit-humain de percevoir un aliment comme une récompense (je reviendrai prochainement sur la question des récompenses… !).
Donc, dire qu’un enfant pourra avoir un dessert s’il finit son assiette, c’est opposer certains aliments entre eux. Comme si certains étaient nécessaires et d’autres superflus.
Il faut rappeler que l’alimentation à trois fonctions : nutritive, de plaisir et sociale. Diaboliser le bonheur à manger, et le plaisir à manger sucré spécifiquement, est une erreur.
Il n’y a pas, intrinsèquement, de « bons » et de « mauvais » aliments : tout est une question de dose.
Je pondère, cependant, avec la qualité des aliments mis à disposition. Il est évident que si l’enfant n’a à sa disposition que des aliments industriels, il y aura des conséquences.
Il fut démontré que les additifs alimentaires ont des conséquences directes sur le comportement des enfants… et c’est même mentionné sur certains emballages !
C’est à nous, en tant que parent, de s’assurer que les aliments donnés aux enfants ne sont pas nocifs pour leur santé.
L’idée n’est pas les priver d’un groupe d’aliment, mais de proposer des produits exempts, le plus possible, d’additifs issus de l’industrie agro-alimentaire.
Il est possible de trouver des bonbons sans gélatine et sans colorant nocif. Il est aussi possible de proposer des gâteaux aux enfants : et ils prendront encore plus de plaisir en prenant part à leur préparation. L’effet de satiété d’un produit fait maison sera toujours bien supérieur à son équivalent industriel.
En outre, cela coûte souvent moins cher… et amène à moins de déchet (bonjour les emballages plastiques individuels).
Si l’industriel coûte moins cher, il y a une question à se poser : comment est-ce possible ?
Je t’invite à regarder les étiquettes et à constater combien les produits bas de gamme sont pleins d’additifs et non pas de produit noble.
Un exemple flagrant : la frangipane (je suis belge, chacun.e ses références !). Il est connu que c’est à base de poudre d’amande.

frangipane lotus
Voici la composition d’une célèbre marque : Farine de blé, sucre, huiles végétales (palme, colza), oeufs de poules élevées au sol, stabilisant (glycérol, sorbitol), pulpe d’abricot 3%, sirop de glucose-fructose, amidon transformé, poudre de lait écrémé, sel, poudre à lever (diphosphate disodique, carbonate acide de sodium), amidon de blé, gélifiant (pectine, carraghénane), épaississant (gomme xanthane, farine de graines de caroube), arôme, acidifiant (acide citrique), émulsifiant (lécithine de soja). Source : https://www.lotusbakeries.be/fr/produits/frangipane

Si tu trouves les amandes… Tu es la personne la plus lucide du monde !
Comparativement, une recette de fourrage de frangipane prend 10 minutes à faire, montre en main, et contient : 140g de poudre d’amande, 100g de sucre, 2 œufs et 75g de beurre.

Énergétiquement, c’est relativement équivalent à l’industriel. Mais l’effet sur la satiété et le corps est incomparable ! C’est pourquoi la notion de calorie pure et dure est vide de sens.
100Kcal apportées par du sucre raffiné (saccharose) ne seront pas métabolisées ni utilisées par le corps de la même manière que 100Kcal issues de fruits ou de légumes. La richesse de l’association des nutriments existant dans la complexité des aliments (fibres, minéraux et vitamines naturellement présents) surpasse de loin tous les aliments hypertransformés qui vantent leurs apports (par exemple, les céréales enrichies).

Un autre exemple classique : la mousse au chocolat. Elle est souvent achetée en guise de dessert.
Je prends trois articles (j’ai choisi la chaîne de supermarché au hasard, cela ne change en rien la logique alimentaire):

  • Mousse au chocolat Produit blanc de chez Carrefour 

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/Choco-Mousse-70-g/p/05262010

Ingrédients : Lait entier 46,2%, lactose et minéraux de lait, sucre, crème 7,2%, chocolat en poudre 6,7% (cacao en poudre 5,9%, sucre), matière grasse végétale non hydrogénée (huile végétale de coprah, sirop de glucose, protéines de lait), gélatine de boeuf, émulsifiant : esters lactiques des mono-et diglycérides d’acides gras de colza, épaississants : carraghénanes, protéines de lait

  • Mousse au chocolat La Laitière:

https://drive.carrefour.eu/fr/Cr%C3%A8merie/Desserts/Mousse/La-Laiti%C3%A8re-Mousse-au-Chocolat-Belge-4-x-61-g/p/01495721?store_ref=D0615

Ingrédients : Lait entier (57,5%), chocolat belge (20,0%) (pâte de cacao, sucre, émulsifiant : lécithine de tournesol, arôme naturel de vanille), sucre, crème (lait), beurre (lait) (4,0%), amidon modifié de maïs, poudre de cacao maigre, cacao en poudre, gélatine bovine, émulsifiant : E471, épaississant : carraghénane

Ingrédients : Crème, blanc d’oeuf de poule, 25% chocolat (65,9% pâte de cacao, sucre, émulsifiant: lécithine de soya, arôme naturel de vanille), sucre impalpable

Au cas où : une mousse au chocolat classique faite maison  (nous ne sommes pas tous Pierre Hermé et en plus, ce n’est pas forcément meilleur ! ^^) contient environ 200g de chocolat noir (au moins 60% de cacao), 4 œufs, 100g de beurre (c’est une recette de base, personnellement, j’en mets bien moins)… Et basta !
Seule celle d’Inex contient de l’œuf alors que c’est la base d’une mousse… ! Ok, il existe des versions vegan (délicieuses http://maliebabasaveurs.over-blog.com/2017/11/mousse-au-jus-de-pois-chiche.html), à base d’aquafaba…
Mais je doute que ce soit l’aspect vegan qui motive la plupart des industriels à se passer d’œuf… puisqu’ils ont recourt massivement aux produits laitiers.

sceptique

Il est aussi simple que dramatique d’effectuer le constat que ce qui est le moins cher est aussi le produit le plus nocif pour la santé.
Cet état de faits est généralisé : les industriels remplacent les produits nobles (et donc plus coûteux) par des additifs qui miment les qualités physiques des produits.
Mais ces additifs ne préservent aucunement les propriétés organoleptiques ni les nutriments nécessaires aux fonctionnements optimal de l’organisme.
C’est cette catastrophe industrielle qui explique, entre autres, que les personnes ayant le moins de ressources financières ont aussi une moins bonne santé. Environ 70% des cellules nécessaires (principalement des bactéries)  au fonctionnement immunitaire se trouvent dans l’intestin. Il faut donc réellement prendre soin de son alimentation pour demeurer en bonne santé à court comme à long terme.

Voici un petit lien riche en informations pour faire modifier un peu son alimentation: https://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/lien-entre-alimentation-trouble-comportement-chez-lenfant/

Alors oui, il faut avoir le nez collé aux étiquettes… et ne pas se fier aux promesses marketing vantées sur les emballages ! Dans un tout premier temps, cela te prendra du temps de décoder les inscriptions minuscules afin de savoir si le produit est consommable ou pas. Mais au fil du temps, tu vérifieras uniquement les produits inconnus.
Un premier indicateur favorable est la longueur de la liste des ingrédients. En outre, il faut savoir que les ingrédients sont classés par ordre de quantité présente dans le produit : c’est le premier ingrédient qui est en plus grande proportion.
Moins il y a d’ingrédients (et donc d’additifs) mieux c’est, comme j’ai pu le prouver ci-dessus.

C’est en investiguant que tu découvriras que les produits spécial bébé sont bourrés de sucre raffiné (les biscuits pour bébé n’ont aucun intérêt pour la diversification !), autant que les céréales « petit-déjeuner »… même celles prétendument saine mais « crunchy » comme celui-là : https://www.bioalaune.com/fr/produit/59139/muesli-crunchy-3kg  . Navrée d’en décevoir mais non, les mueslis « crunchy » ne sont pas du tout de bons partenaires de début de journée quotidien à cause de leur dose de sucré ajouté (qui leur confère cette texture croustillante !).
Voici donc la liste des ingrédients de ce muesli bio (les astérisques caractérisent cela) : Flocon avoine*, sucre de canne*, flocon de blé*, raisin*, huile végétale*, sirop de glucose*, noix de coco*, graine de tournesol*, farine d’amande*, miel*, arôme*, sel marin

Oui, c’est dingue mais le sucre est le second ingrédient… même s’il est de canne, ça ne change rien à ses méfaits à haute dose. Il contient aussi du glucose et ils parviennent encore à y mettre du miel et une huile végétale (sans préciser laquelle, espérons pas l’huile palmiste).
Oui, c’est bio. Non, ce n’est pas un produit qui devrait avoir sa place dans un quotidien (pourquoi pas ponctuellement si le goût te botte, mais pas forcément en petit-déjeuner pour éviter les pics d’hyperglycémie).

En occident, nous avons des habitudes bien ancrées.
Le petit-déjeuner et le goûter sont sucrés. Les céréales sont très fréquentes… et les céréales petit-déjeuner, dans la plupart des maisons.
Le pain accompagne énormément de repas… et le gluten est souvent présent dans tous les repas sous une forme ou l’autre.
Je t’invite à te renseigner sur les habitudes de vie des pays africains et asiatiques. C’est comme ça que j’ai commencé à manger, régulièrement, des céréales cuites le matin (et non soufflées ou écrasées), à prendre des goûters à base de houmous, etc.
Nos habitudes occidentales ont tendance à brider notre alimentation.

La plupart des personnes pensent varier les menus mais en réalité, ils vont manger du pain le matin (ou des céréales à base de blé), du pain ou des pâtes à midi, des biscuits à base de farine de blé au goûter et le soir, une déclinaison de blé : semoule, pâte, blé en grain, …
Dès lors, il est facile de comprendre pourquoi le blé fut l’objet de sélection engendrant qu’il contienne  4 fois plus de gluten que les variétés anciennes, comme l’épeautre ou le petit-épeautre (cela le rend plus aisément panifiable). C’est cette transformation du blé et sa surconsommation quotidienne qui engendre l’explosion des intolérances.

Il suffit des varier les sources de glucides comme les autres céréales et pseudo-céréales (sarrasin, quinoa, millet, etc.) mais aussi  les légumineuses.

La diversification (au sens premier du terme) de l’alimentation est totalement bénéfique pour le métabolisme. L’alimentation a une incidence directe sur le biote interne et aussi sur l’humeur des individus.
Il est maintenant connu que le système digestif abrite un nombre de neurones impressionnant. Ceux-ci ont un rôle majeur dans la production de la sérotonine et de la dopamine, des neurotransmetteurs indispensables à la régulation de l’humeur (entre autres).
Source : http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2013/02/15/cerveau-vos-entrailles et https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/limage-de-la-semaine-le-ventre-notre-deuxieme-cerveau

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En citant Prévention Santé :

« Notre microbiote gouverne notre existence de 3 façons :

  1. La voie du système nerveux. Le ventre avec son microbiote intestinal, peut agir sur le cerveau par voie nerveuse, en stimulant les terminaisons du système nerveux entérique composé d’au mois 200 millions de neurones qui communiquent avec le cerveau par l’intermédiaire du nerf vague.
  2. La voie du système sanguin. Le ventre peut aussi agir grâce aux vaisseaux sanguins qui irriguent la totalité des organes et des tissus.
  3. La voie du système immunitaire. Les bactéries peuvent influencer nos défenses naturelles en agissant sur les cellules immunitaires au niveau des intestins. »

 

Pour de plus amples explications sur les rôles et l’importance du microbiote: https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/le-microbiote-allie-de-notre-cerveau_105135

De plus en plus de recherches précisent les rôles et actions du système nerveux entérique.
Dès lors, cela permet de comprendre dans quelle mesure la qualité des aliments et leur digestion sont indispensables pour se sentir bien dans son ensemble. Ce n’est pas une mode de fuir l’industriel, mais bien un retour vers ce que le métabolisme peut assimiler sans mal ni méfaits.

 

  • Le rapport des parents à la nourriture :

La plupart des adultes ont développé un rapport particulier à la nourriture, qui est pris pour acquis.
Certains ont exclu l’un ou l’autre aliment, d’autres ne mangent pas régulièrement, ceux qui vivent seul.e.s se laissent souvent tenter par des plats préparés ou par des préparations « à la va vite ».
La gestion de la quantité peut également être vectrice de problème.
Combien de personnes se sentent obligées de peser leur aliment afin de savoir quelle portion manger… car le corps ne permet plus une régulation spontanée ?

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La question de l’alimentation de l’enfant et de son comportement par rapport à la nourriture va être des miroirs grossissant du lien des parents à leur alimentation.
Une mère qui n’aime pas manger… et un enfant qui trouve que c’est une perte de temps.
Des parents qui préparent à manger des repas équilibrés et bio, mais qui ne partagent pas ce repas.
Le recours systématique aux plats industriels pour bébé met en évidence la crainte de ne pas proposer quelque chose qui n’est pas suffisamment sain voire un sentiment d’incapacité de la part des parents.
Le refus de manger de l’enfant, ou son désintérêt de la nourriture, alors qu’un de ses parents a passé du temps à préparer le repas avec la volonté de faire plaisir va être mal perçu. Avoir le rôle de celui qui nourrit la tribu engendre un pouvoir envers ceux qui en bénéficient. Il y a une grande notion d’égo dans la nourriture. La personne va souvent se sentir offenser si le repas préparé avec amour n’est pas reçu avec appétit.
Or, comme je l’ai précisé auparavant, l’appétit ne dépend pas uniquement du repas. Quel que soit la réaction face au plat présenté, celle/celui qui cuisine aura fait de son mieux et pourra se faire plaisir en mangeant… Il est nécessaire de se détacher des réactions d’autrui pour s’assurer que ce qu’on a fait est « bien ».
L’idée est de proposer… les autres disposent, s’ils y consentent. Sinon, tant pis !
Il y aura au moins une personne susceptible d’apprécier la préparation : la personne qui a cuisiné. Dans les cas où le plat n’est pas consommé au moment du repas, il est nécessaire d’inviter les autres soit de s’abstenir de commentaires (s’ils sont négatifs) soit d’exprimer les raisons de son manque d’appétit.
Cela te permettra de comprendre et de ne pas développer de colère, de tristesse voire de culpabilité (d’être pas assez « bon » en cuisine, par exemple). De plus, l’appréciation d’un plat est tout à fait personnelle. Il n’y a pas lieu de percevoir l’attitude de quelqu’un, vis-à-vis de sa cuisine, comme une quelconque critique personnelle.

Dans tous les cas, il peut être intéressant de se pencher sur soi-même et de décrypter ses propres fonctionnements afin de ne pas contreplaquer ses propres difficultés sur les enfants.
C’est l’occasion de régler ses conflits internes et d’adapter les aspects alimentaire de manière à ce qu’ils soient profitables à chacun.

 

  • Lâcher-prise, claquer la porte aux normes et accepter la diversité

Pour se sentir bien avec l’alimentation de l’enfant, il faut lâcher-prise. Ce n’est pas du laisser-aller : il n’est pas question de proposer des coquillettes au beurre avec du jambon bien rose de nitrite 5 fois par semaine, mais de ne pas tenter d’influer ce sur quoi il n’est pas possible d’agir concrètement.

L’objectif est de préserver la capacité de l’enfant à gérer son appétit et ses apports alimentaires. En l’absence d’aliments surmédiatisés industriels, les enfants choisiront ce dont ils ont besoin. Le rôle des parents est de mettre à disposition les ingrédients de bonne qualité et diversifiés.

Le lâcher-prise, c’est aussi oublier les normes que les enfants devraient manger en fonction de leur âge. Cela permet un détachement par rapport à ces données numériques qui n’ont, de toute façon, aucun écho pour le corps de l’enfant.
Certains enfants mangeront avec appétit dès 6 mois alors que d’autres débuteront la diversification à presque 1 an, passant du bébé inintéressé à un bambin qui croque la vie à pleine dents.

Enfin, il est également nécessaire d’accepter que notre enfant a une morphologie qui lui est propre (en l’absence de maladie, bien entendu). Il pourra être « petit poids » et être dans la courbe base, ou bien, être le « costaud » qui explose les courbes. Peu importe, dans le fond, puisque l’important est qu’il suive sa propre courbe. Tant qu’il n’y a pas de cassure, il n’y a pas de crainte à avoir.
Cela veut aussi dire qu’on apprendra à nos enfants à s’aimer tels qu’ils sont, qu’un fils soit « maigrichon » ou une fille « boulotte ».
La société nous vend, d’une part, des hommes grands avec un beau capital musculaire et, d’autre part, la jeune femme filiforme puis ensuite avec des formes placées uniquement aux endroits attendus.
La réalité est bien plus diverse que cela. C’est inéquitable, mais chacun.e à un métabolisme spécifique. Certain.e.s peuvent manger sans grossir et d’autres s’arrondissent dès que leur alimentation se déséquilibre durant quelques jours.
Au lieu de courir derrière le mirage d’un corps « parfait », il est possible d’investir cette énergie en acceptation de soi.  Voici  un ouvrage pour aller plus loin si la diversité de l’humain attise ta curiosité : https://books.openedition.org/editionscnrs/2979?lang=fr

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  • En résumé, que faire pour favoriser un rapport serein à l’alimentation ?
    • Se renseigner en tant que parent sur l’alimentation (je souhaite t’avoir ouvert une porte) et éviter les produits ultratransformés ;
    • Respecter l’appétit de l’enfant : le laisser dire quelle quantité il souhaite, le laisser se servir seul (quand il atteint l’âge), le laisser gérer son appétit en acceptant qu’il fluctue d’un moment/jour à l’autre ;
    • Se refuser aux interdits : ne pas bannir un aliment, sinon il deviendra un objet de convoitise. Ne pas utiliser les aliments comme récompense (« finis tes légumes et tu auras un dessert ! »). Et si des produits industriels engendrent un problème, la seule solution est simplement de ne plus l’acheter !
    • Penser du bien des aliments : pas de jugement, juste écouter sa faim ;
    • Partager les responsabilités de la nourriture dans le foyer : le père et la mère doivent nourrir la famille et faire front par rapport aux aliments à éviter. Il sera aussi opportun d’inviter l’enfant à prendre part à la préparation du repas. Cela aura des avantages tant en termes de motricité que de l’apprentissage des connaissances sur l’alimentation ;
    • Privilégier les repas à table, en l’absence de télévision ou d’écrans, afin d’avoir toute son attention disponible et d’être à l’écoute de sa satiété.

 

Il y a quelques lectures qui pourront t’accompagner dans ton rapport à la nourriture :

  • « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat (oui, encore elle, que veux-tu, c’est une autrice qui me passionne par la qualité de son information et la clarté de ses explications) : il aborde autant les aspects individuels que les qualités nutrionnelles, le tout parsemé de recettes ! Un délice à lire !
  • « Toxic » de William Reymond, qui met en évidence les incohérences et les méfaits du système agro-alimentaire. On se prend une claque en lisant, mais c’est en ouvrant les yeux qu’on pourra vivre dans un mode plus cohérent et bienveillant envers nous mais aussi envers la planète dans son ensemble.

Un film intéressant : « Nos enfants nous accuseront » : http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/ dont j’ai trouvé un lien sur Youtube  https://www.youtube.com/watch?v=yrJN-itVZLQ
Je l’avais vu quand il est sorti dans quelques salles en 2008 (ou 2009) et là aussi, cela aide à ouvrir les yeux.
Un autre film documentaire qui a fait grand bruit en 2016, par sa richesse et ses perspectives optimistes après avoir fait ces constats socialement et écologiquement alarmants : « Demain » https://www.demain-lefilm.com/
Parce que oui, c’est inquiétant de s’informer. On peut avoir l’impression d’être pris.e au piège d’un système qui nous dépasse et dont il est impossible de sortir. Un peu comme il semble parfois insurmontable de mettre en exergue tous les mécanismes internes qui nous habitent et que nous n’avons pas envie de transmettre. Mais ce n’est pas impossible, pas à pas, élément par élément, nous pouvons évoluer et mobiliser de nouvelles connaissances  afin de mettre en œuvre de nouveaux fonctionnements. Il s’agit d’un cheminement qui permet de croître de manière à apprendre, encore et toujours, grâce à la curiosité !

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Je te souhaite un beau cheminement, en sachant tout cela.

A bientôt, Lectrice et Lecteur Curieuse.x.

 

Sources complémentaires consultées (oui, enfin, certaines):

http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/

http://www.doctissimo.fr/bebe/maladies-infantiles/problemes-digestifs-et-urinaires-de-bebe/troubles-du-comportement-alimentaire-du-bebe