Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal·Préparer la naissance

Le quatrième trimestre de grossesse ou « la découverte du Nouveau Monde » !

Dans cet article, je vais te proposer de traverser (moralement et pratiquement) les premières semaines de ce nourrisson qui découvre la vie extra-utérine de la manière la plus cool possible.
Prépare-toi, ça va remuer … et ton cœur va exploser d’amour !

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Ce matin-là, le soleil se lève mais rien n’est plus pareil.
Tu l’as dans les bras, ce bébé.
Et ça chamboule pas mal de choses !
Après l’effort, le réconfort de voir cette bouille ronde et rebondie (si bébé est né à terme, ce que je te souhaite. Si ça n’est pas le cas : courage, vous allez y arriver à cette vie ensemble et sereine !).
Il n’en est pas moins que tu as les stigmates de ce qu’il vient de se passer : une sensation entre le camion et l’éléphant qui vient de te passer dessus (et entre les jambes ou le bas du ventre, en cas de césarienne !).
Bref, tu n’es pas au top de ta forme. D’ailleurs, ce ventre n’est plus vraiment rond (mais pas vraiment absent non plus : un petit tour pour en savoir plus sur  « si j’avais su : le corps d’une femme après l’accouchement »).
Niveau moral, tout dépend de comment va le bébé et de la manière dont ton corps réagit.
Et puis la stupeur de découvrir ce petit-être complétement en attente de toi, de ton odeur, de ta voix… Tous ces éléments qui lui sont familiers et qui le/la rassure idéalement.

Tu te rends compte que tu peux difficilement boire un café chaud ou aller aux toilettes sereinement sans craindre d’avoir un bébé qui te demande (bientôt, tu iras aux toilettes avec le bébé en écharpe !).
Parce que c’est vrai : maintenant et pour de nombreuses années, quelqu’un aura un intense besoin de toi.
Je ne dis pas ça pour effrayer, mais pour avertir.
Un nourrisson ne se contente pas de téter et de dormir. Enfin, si… Si on prend bien en compte qu’il peut passer des heures au sein à mélanger les deux activités. C’est tout à fait normal voire souhaitable dans ses premiers jours. Il/elle active de ce fait ta montée de lait.
Tes nuits vont être chamboulées (sans blague !) et c’est pour cette raison que je te conseille vivement le cododo dès la maternité !
Cela sauvera ton dos, ton sommeil, et réduira allégrement ton épuisement.

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Question allaitement, tu vas avoir ton bébé collé au sein beaucoup, vraiment beaucoup pendant les premières semaines car c’est là que tout se met en place question lactation.
Alors n’écoute pas les conseils pavés d’ignorance tels que : « il faut laisser du temps pour digérer ! », « Il régurgite parce qu’il mange trop », « il demande le sein parce qu’il a trop faim : donne un biberon », « mets lui une tétine, ça le calmera ! », …
En gros, dès que ton bébé s’éveille, mets-le au sein. N’attends pas qu’il pleure, c’est inutile pour lui et pour toi. Voici quelques conseils pour débuter son allaitement.

Ça peut être déstabilisant, les premières semaines, d’avoir un enfant tout le temps dans les bras (et si souvent en train de téter).
Tu passes d’une entité simple à une entité composée de deux individus. Or, l’un d’eux ne tolère que ta présence.
Encore une fois, c’est normal.  Comme expliqué dans mon article sur le maternage proximal, l’être humain est un primate (eh oui, il faut l’admettre) ce qui implique que le petit naissant très immature a le besoin d’être sécurisé, nourri et recevoir des soins constamment.
A toi l’écharpe de portage, les vêtements extensibles (pour passer vite fait le sein au-dessus) et la patience.
Fais confiance à ton bébé sur son rythme, il sait de quoi il a besoin. Dès le départ, il va falloir apprendre à lâcher-prise sur ces vieilles croyances et laisser le bébé gérer ses demandes. Je peux te suggérer la lecture de mon article  « clefs pour démarrer un allaitement » afin de t’aiguiller ou de rassurer tes impressions !

Pratiquement, dès le départ, assure-toi d’avoir de l’aide à domicile (environ les 15 premiers jours, vraiment).
Tu peux demander à tes ami.e.s ou à la famille de se relayer pour venir te passer un coup d’aspirateur ou te faire tes courses (si tu n’es pas maman solo, tu auras ton/ta conjoint.e le fera).
Idéalement, si les gens veulent venir te voir, prépare-les. Oui, ils verront un bout de sein. Oui, peut-être plusieurs fois sur une même heure. Oui, c’est normal.
« Et si tu peux amener de quoi manger, ça serait top ! » pourra être ta phrase de fin.
Il est préférable de manger des choses nutritives qui vont te tenir en forme et fournir à ton corps l’énergie pour se reconstruire du marathon de l’accouchement et des premières semaines mouvementées.

 

Comment faire pour bien manger en étant jeune maman ?

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Deux cas de figure possibles : soit tu as de la famille soit tu es seule.
Si tu as de la famille, tu peux leur déléguer la préparation de quelques repas.
Si tu es seule, et même si ce n’est pas le cas, anticipe !
Durant les 4 dernières semaines de ta grossesse, prépare des plats en plus grande quantité et mets au congélateur des portions individuelles.
Cela te sauvera ! Tu pourras manger bien et rapidement. Il est impératif pour ta santé tant physique que mentale que tu maintiennes une alimentation qualitative et régulière dans la journée (c’est-à-dire plusieurs fois par jour, peu importe l’heure).
En outre, n’essaye pas de faire coïncider tes repas avec celui des autres, du moins, pas les toutes premières semaines.
Focalise-toi sur ton rythme avec le bébé… et Prépare des linges (tétras) !
Tu vas pouvoir manger pendant que ton bébé dort. Une manière de le faire ? Pendant qu’il dort dans l’écharpe (rappel : pas de mauvaise habitude en restant en écharpe 16h/24 si nécessaire – et c’est souvent nécessaire puisque le bébé humain a besoin de proximité pour être serein).
Tu places alors un linge au-dessus de sa tête et tu manges… salement (oui, quand on est à 30 cm de la table, c’est vraiment la galère ! J’ai mangé à la cuillère à soupe pendant des mois !). Mais tu manges.
Si par chance, cela colle à l’heure du repas familial, tant mieux.
Mais vraiment : ne te colle pas de stress avec des impératifs de norme sociétale. Ton bébé se fiche des horaires, la seule horloge qu’il écoute et comprend, c’est celle de ses besoins physiologiques.

Si tu es maman solo ou lorsque tu es seule avec ton bébé, c’est encore plus simple (question horaires « sociaux », soyons honnête !), car il n’y a pas un tiers qui s’attend à manger à une heure précise ou qui est tiraillé par la faim.
Par contre, cela demande une organisation pour préparer ses repas si tu n’as plus d’avance.
Une première idée est de cuisiner à chaque fois pour deux ou trois repas.
Question préparation, il est évident que c’est compliqué d’enchaîner la préparation et le repas dans la foulée sans que les bébés ne demandent à téter, dormir, être câliné.
Mais comme je l’ai déjà dit, il n’y a aucun problème à cuisiner et à manger lorsque le bébé dort sur toi (il faut juste faire attention aux projections ! Evidemment, on ne fait pas de friture avec un bébé en position ventrale).
Je te suggère de préparer tes repas en milieux de matinée pour midi et en après-midi pour le soir. Une fois que les plats sont prêts, tu peux les déguster quand tu le souhaites.

rawpixel-656748-unsplash.jpgIl est également nécessaire d’avoir des encas sains à grignoter en cas de fringale (qui vont surgir !). Cela te permettra de ne pas plonger sur des biscuits ou autres « crasses » qui ne te nourriront pas réellement.
Tu peux avoir des carottes ou autres légumes crus à croquer. Ensuite, tu peux miser sur les fruits secs et les oléagineux. Comme je l’ai conseillé dans d’autres articles, dès l’accouchement, cela n’a que des bénéfices.

 

Autre aspect pratique : ton hygiène corporelle !
C’est très cliché de voir dans les films ou d’entendre : « Tu verras, tu te retrouveras à 15h en pyjama ! ».
Alors, en effet, c’est possible… Mais il y a pleins de possibilités pour qu’il en soit autrement.
D’expérience personnelle, j’ai modifié mes heures de douche en fonction de l’âge de ma fille.
Au départ, je me douchais en 3 minutes chrono pendant qu’elle dormait (on ne sait jamais combien de temps ça dort, un nouveau-né !).
A partir du moment où les bébés regardent les arches disposées au-dessus ou à côté d’eux (je rappelle que les mobiles lumineux et musicaux sont à éviter pour diverses raisons expliquées dans cet article sur la motricité libre), on peut profiter d’un temps d’éveil pour foncer sur la douche.
Par exemple, le temps d’éveil juste après le réveil de la nuit.
On installe le tapis d’éveil dans la salle de bain et on fonce sous la douche. Cette organisation fonctionne à merveille pendant des mois !
Alors je vais être honnête, on ne prend pas son temps sous la douche quand personne ne peut surveiller ou prendre les bébés lorsqu’ils s’impatientent. Mais on est propre ! Et ce n’est déjà pas si mal !

 

Pour le bébé, ces premiers mois lui amènent une foule de nouvelles sensations. Il découvre le froid, le chaud, la faim, la peur, la lumière vive, le mouvement, et tout ce qui compose l’environnement qui était filtré jusque-là.
Le bébé était jusque-là bercé h24 et accompagné par les bruits internes de la mère. La plupart des bébés sont à l’aise pour dormir alors qu’on passe l’aspirateur (ça peut même les endormir. C’est un truc à tester ! Ayant deux chats à poils longs, je dois allumer la machine tous les jours et j’ai ainsi endormi ma fille aisément, tout en gardant un intérieur dénué de touffes de poils).
Mais cela veut aussi dire que le bébé a besoin de sa mère ou d’un.e référent.e constamment. Ce n’est pas peu dire… Car le bébé va se réveiller s’il est posé (et qu’il ne sent plus son bercement habituel et les odeurs familières). La plainte arrivera également s’il/elle est laissé.e posée longtemps. A partir de quelques semaines, l’attention et la vue du bébé lui donnent envie d’observer et pourra être posé un peu plus, jusqu’à ce qu’il s’ennuie.
Il n’est ni utile ni souhaitable de se dire que le bébé doit apprendre à patienter. Ça n’a aucun sens dans son existence. La tolérance à l’attente envers ses besoins viendra avec l’âge mais certainement pas dans la première année de vie.
Il en va de même avec le fait d’être porté : cela ne donne pas de mauvaise habitude. Cela octroie de la confiance en ses référent.e.s et la construction de sa base de sécurité. Je renvoie à mes articles sur le maternage proximal et le portage.
Cela peut paraître déconcertant car les siècles derniers ont laissé croire que la dyade mère-bébé était à séparer… Et donc, à promouvoir les couffins, les balancelles, l’alimentation au biberon, etc.
Les neurosciences affectives ont bel et bien démontré combien le maternage et l’éducation bienveillante (qui commence dès la naissance) sont bénéfiques pour le développement social, émotionnel et physique de l’enfant. Ce n’est donc pas une mode (comme je l’ai expliqué ), mais bien un retour aux sources validé par la science.
Ça donne de l’aplomb pour agir en tout état de conscience.

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On parle souvent du 4ième trimestre car c’est le moment où le bébé est encore dans un mode de vie qui demande une présence constante qui mime ce qu’il vivait dans le ventre de sa mère. C’est aussi la période du devenir parent, qui implique une découverte de soi.
Il faut cependant savoir que l’attente du bébé est explicitée par un adage : « 9 mois dans maman, 9 mois sur maman ».
En gros, le bébé va demander et avoir besoin d’être porté très fréquemment (avec tous les bénéfices que cela comporte) jusqu’à ce qu’il se déplace avec aisance (même après, le portage a tout son sens !).
Cela peut sembler énorme… Mais le temps passe extrêmement vite. Cette toute petite enfance s’envole avant même de s’en rendre compte.
Loin de moi l’idée de banaliser l’envahissement et la ferveur que cela engendre à chaque instant.

Cependant, il te faudra conscientiser la différence de rythme de ce petit-être avec le tien. Le lâcher-prise sera inestimable concernant ce que tu pensais pouvoir/devoir faire avant de détenir ces connaissances.
Le bébé humain ne fait pas la distinction jour/nuit (c’est-à-dire qu’il ne fonctionne pas sur le même cycle circadien que la plupart des autres humains). C’est aux alentours de 3 mois que son cycle sommeil/veille, et donc la distinction avec la nuit, se produit.
Avant cette date, il est fréquent que les bébés aient encore des périodes d’éveil long en pleine nuit. Dans notre cas, ma puce avait fréquemment des phases d’éveil de 22h à 23h30 jusqu’à presque 4 mois. Jusque-là, je l’ai gardé avec moi dans le salon en portage. Elle pouvait y dormir tranquillement, et moi, je mangeais, faisais ma vaisselle, recevais mes ami.e.s…
On allait se coucher en cododo à ses signes de fatigue et on enchaînait la nuit.
A partir de 4 mois, j’ai observé qu’elle s’endormait systématiquement après son bain, lors de la tétée. Quand j’ai observé qu’elle ne se réveillait plus que pour téter, j’ai tenté de la mettre au lit avant moi, en sortant de son bain. Tétée allongée et c’est parti pour la nuit (entrecoupée de tétées, il faut admettre !).
Je fais ce petit retour #storytelling car c’est assez exemplatif de ce que je te souhaite : ne pas perdre du temps et de l’énergie à tenter de poser un bébé afin qu’il dorme … alors qu’il/elle se réveillera à coup sûr. Il faut tenter de temps en temps et à partir d’un moment, ça finira par rouler.
Ici, les premières siestes en journée dans le lit ont eu lieu à 6 mois (quand je suis chez moi et encore, ça arrive qu’elle veuille rester avec moi pour dormir).
Bref : Keep cool and babywearing power !

Afin d’aider ton bébé à faire la différence jour/nuit, même si cela s’acquiert la plupart du temps (il y a toujours des exceptions, on ne peut les occulter), je te conseille de ne pas allumer la lumière et de faire le moins de mouvements et le moins de paroles à voix haute possible.
C’est un parti pris, mais personnellement, sauf selles, je n’ai pas changé ma fille la nuit. Je ne le fais que très rarement quand elle ne retrouve pas le sommeil ou qu’elle a débordé (ça arrive !).
Je ne sais pas si cela a un lien, mais avec ces habitudes nocturnes, elle n’a jamais eu de périodes d’éveil durant plus que le temps d’une tétée (où sont étions à moitié endormies) entre minuit et 6h du matin.

Bref, c’est un tourbillon journalier! Ça déménage et clairement, sauf si on a des amies ou une proche parente qui est passée par là récemment, on ne s’y attend pas.
Emotionnellement, entre le bonheur (et l’injonction de bonheur de la jeune mère exigée par la société) et la dévotion qu’un nouveau-né implique, c’est bouleversant.
Ce n’est pas forcément évident. Certaines peuvent se sentir envahies, d’autres très anxieuses d’être en charge de ce petit-être vulnérable, et d’autres encore complétement dépassées par la situation.
Je pense que ce sentiment de dépassement arrive à la plupart des primipares. Souvent au moment de quitter l’endroit où l’on a accouché et qu’on se dit : « Ok, je n’aurai plus de conseils à volonté, maintenant » (si tu as la chance d’avoir eu une structure soutenante et avertie).
En plus, le corps n’est pas vraiment au top de sa forme et cela joue sur le moral. Les douleurs ont un impact sur le moral. Il ne faut pas l’oublier et le prendre en compte.
Il faut aussi accepter de ne pas se sentir « si bien ».
Oui, ce bébé est là, mais ce n’est pas forcément l’explosion de joie voire d’amour attendu. Et même si notre cœur explose d’amour, ce n’est pas pour autant que tout semble évident.
L’état de « baby blues » peut durer quelques jours et s’estomper. Si ça n’est pas le cas après 15 jours, il ne faut pas tarder à prendre contact avec un.e professionnel.le de santé.

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Le couple, s’il y a, est aussi réaménagé. De nouvelles places sont à créer et des attitudes peuvent émerger alors que c’est complétement inattendu.
Tu pensais être une maman « super cool » qui serait ravie de voir certaines tâches déléguées… Et tu te retrouves totalement « louve ». Tu ne parviens à faire confiance à personne.
Tu acceptes de déléguer les tâches annexes mais tu refuses que quiconque approche de ton bébé.
A l’inverse, tu pensais tomber amoureuse de ce bébé et être totalement investie de cette nouvelle mission… Et finalement, tu as du mal à trouver tes marques à ce nouvel être qui s’est éloigné de votre symbiose  qui a un langage et des signes qui te semblent abscons.

Dans les deux cas, ce n’est pas grave ! Les sentiments et émotions évoluent jour après jour.
Il ne faut pas hésiter à parler de tes émotions par rapport à cet enfant à des personnes de confiance voire à des professionnel.le.s si cela te crée un vrai mal-être.
En outre, ne te laisse pas culpabiliser par l’entourage qui, sous couvert de bonnes intentions, peut remettre en question tout ce que tu fais !
Il est bon d’être soutenue et accompagnée : si quelqu’un te suggère une attitude, essaye de les briffer sur les manières de faire. Des conseils et de l’aide, oui, mais avec de la bienveillance.
Et le must : des conseils que lorsqu’on les sollicite ou lorsqu’une personne est témoin d’un sentiment de dépassement.
Si tu es questionnée sur tes choix, et que tu considères que les remarques ne sont pas pertinentes ou aidantes, tu peux consulter « Comment faire pour que les autres acceptent mes choix ? ». Cela peut te donner des pistes pour discuter et comprendre pourquoi l’éducation est tellement sujette à débat !

 

Cette période de ta vie est mémorable, mais pas forcément la plus épanouissante sur tous les plans.
Elle donne un aperçu de ce qu’est la vulnérabilité à l’état brut (la tienne et celle du bébé), mais ouvre aussi à l’écoute des besoins. Le fait d’être en empathie constante avec ce bébé fait ressortir ses propres besoins personnels primaires.
C’est l’occasion de s’ouvrir et à affirmer ses propres besoins. C’est le moment de demander de l’aide, et de laisser de côté son égo. Tu peux dormir lorsque le bébé se repose si tu en as besoin, manger quand tu as faim et être à l’écoute de ton corps qui a vécu un sacré traumatisme après 9 mois à se remplir mais qui s’est vidé si rapidement (oui, même 24h de travail, c’est rapide en regard de 9 mois de construction !).
Tu peux demander du soutien et de l’écoute de la part de ton entourage, à la condition d’être en totale bienveillance envers toi et ton bébé (cela permet d’ouvrir sa famille à la bienveillance, avant de l’amener à se questionner sur l’éducation positive et bienveillante).

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J’espère que cet article pourra te préparer à ce qu’il va se passer/se passe dans ta vie.
Fais-toi confiance et je te souhaite de trouver toutes les ressources nécessaires autour de toi. Dans le cas inverse, entoure-toi de professionnels qui sauront t’aiguiller.

A bientôt, Visiteuse.eur Curieuse.x !

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Préparer la naissance

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si tu es future maman, tu guettes les changements corporels.
Peut-être parce que tu les crains et surtout les séquelles irréversibles.
Peut-être parce que tu attends que cette grossesse se voit.edward-cisneros-667919-unsplash.jpg

Le statut de femme enceinte s’acquiert une fois que la grossesse est visible. Il y a une espèce d’aura social devant ce corps arrondi. Souvent, les regards doux et bienveillants caressent ce ventre proéminent. (On a dit « les regards », pas les mains qui se posent sur le ventre alors qu’on a rien demandé !)
Mais à côté de cette image sociale, il y a le ressenti de la femme.

Personnellement, j’ai vu directement les changements sur mon corps et sur mon métabolisme. Mon histoire engendre que je suis très à l’écoute de mes signaux internes.
J’ai senti une « gêne » dans mon ventre … Mes muscles abdominaux ne réagissaient plus de la même manière.
J’ai su rapidement que quelque chose se tramait (et j’attendais les signaux, puisque ma fille a été conçue par la PMA).

Mais pour certaines, les sensations ne sont pas claires. Il y a d’ailleurs autant une impatience des signes de grossesse qu’une crainte des sensations désagréables.
Et ce qui est drôlement super, c’est que d’une femme à l’autre et même d’une grossesse à l’autre, les « symptômes » de grossesse ne sont pas identiques :

  • Les seins qui enflent et qui deviennent douloureux ;
  • Les nausées ;
  • L’odorat qui s’affine ;
  • Les dégoûts alimentaires ;
  • La tachycardie ;
  • La fatigue ;
  • Les vertiges ;
  • Un goût métallique dans la bouche ;
  • Une peau a tendance acnéique ;
  • L’hypersalivation ;

La liste n’est pas exhaustive. Le corps a de la ressource !

Mais il est possible aussi de ne rien avoir avant un certain terme.
Dans mon cas, aucun signe, à part ces tiraillements dans le ventre. Puis à 4SA (semaine d’aménorrhée), j’ai découvert que je pouvais avoir des seins (ils avaient toujours été inconnus au bataillon). Et surtout, j’ai découvert que la digestion demandait une force inouïe à l’organisme puisque mon cœur s’emballait à 90 pulsations/min dès que je mangeais. Sensation très étrange… et inquiétante !

Mais avec tout cela, viens le lot d’inquiétudes et de joies mélangées. La création d’un petit-être est en cours.
Le corps, qui est son temple, se transforme. En fonction du métabolisme de base, de sa morphologie, de son capital musculaire, la silhouette évolue bien différemment.
Dans mon cas, je croyais qu’en me musclant beaucoup, j’aurais plus de faciliter à retrouver la forme après. C’est relativement concluant. Entends bien le « relativement » !

Certaines, avec leurs nausées, vont perdre du poids au début. Pour d’autre, c’est l’appétit qui prend le dessus et les kilos sont déjà scrutés dès les premiers mois.

C’est paradoxal, la grossesse : on a envie que cela se voit, mais on se trouve un peu grosse quand même.
Je crois que la phase des 3-4 mois est la plus frustrante à vivre : on voit que le ventre est distendu, mais on en sait pas dire si c’est vraiment une grossesse ou si c’est un excès de raclette (oui, même en plein mois de juillet !).
Cette ambivalence par rapport à son corps est une étape importante. Le fait de porter la vie et les sensations qui vont avec nous aide à conscientiser ce qu’il se passera.
En soi, nous ne serons plus jamais seules et le corps d’avant ne sera plus.

Pas de crainte : je ne dis pas que tu seras déformée, juste que c’est un autre corps. Il pourra être aussi harmonieux, mais avec un bassin un peu plus large peut-être, un ventre moins tonique et une peau un peu distendue (voire des vergetures si la nature ne t’a pas fourni le kit « peau extensible »… eh oui : c’est plus une question de génétique que de la quantité d’huile que tu pourras mettre… !).

Le graal arrive vers 5 mois, pour la plupart : le baby bump, ce ventre rond caractéristique d’une grossesse.
Il s’accompagne avec la précision des mouvements du fœtus. Et il y en aurait à dire sur ces sensations étonnantes !
La moitié du chemin est fait et « le symbiote » se fait bien sentir.
Dans mon cas, ce fut une catastrophe dans ma concentration car chaque mouvement me provoquait de larges sourires béats. C’était hyper crédible lors de mes RDV pro… ! Je passe l’envie de faire baisser le ton à certains car ma fille ne supportait pas les fortes voix (et c’est toujours le cas maintenant !).

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C’est à partir de là que je peux suggérer aux mères qui ne le feraient pas, c’est de bouger ! Piscine, marche, vélo (recommandé par ma gynécologue) ou encore exercices de renforcement musculaire, tu as le choix (bien sûr en cas de santé adéquate et de grossesse sans risque !)
Cela permet de prévenir ta perte musculaire et de renforcer la ceinture abdo-lombaire qui est mise à rude épreuve avec le poids du ventre.
Malgré la beauté du ventre rond, il est utile de préserver son dos en tentant de ne pas cambrer son dos pour éviter/réduire les douleurs dorsales fréquentes pendant la grossesse.
L’utilisation des « swiss ball » est aussi une idée qui pourra t’aider jusqu’à la fin de ta grossesse. En t’asseyant là-dessus, à la place d’une chaise pour travailler, cela sollicite tes muscles et cela fait travailler son bassin qui s’assouplit pour le jour J !
Là encore, c’est au bon vouloir du corps qui exprime clairement ses propres limites.

Au fur et à mesure que les semaines passent, le corps s’étend et laisse la place pour les galipettes du fœtus.
Les préparatifs s’accélèrent (sauf si on s’y prend bien tôt, comme moi, qui craignait une arrivée précoce, sans aucun signe précurseur !) et la question de la préparation à la naissance se pose.
Je te propose deux articles : un sur la préparation à la naissance et l’accouchement et l’autre sur les projets de naissance.
A voir se corps changer et à apercevoir les mouvements du fœtus, sa réalité est de plus en plus tangible, aussi pour l’entourage.
Il n’est plus un individu que pour la femme mais aussi pour l’environnement social qui va l’accueillir.

C’est aussi le moment où l’ambivalence peut être la plus forte pour la femme.
En fonction des transformations de son corps, elle peut avoir plus ou moins d’inconforts.
Il y a cette joie d’avoir la concrétisation de ce petit être de plus en plus clair dans ses mouvements (disons parfois déménagement !). Mais il y aussi la transformation majeure du corps, qui n’a plus grand-chose à avoir avec ce qu’il était quelques mois auparavant. Ajoutons à cela la réalisation plus ou moins forte que l’enfant va VRAIMENT arriver.
Je me souviens que 4 semaines avant terme, je me suis rendue compte qu’elle ne serait plus prématurée et que d’ici moins de 30 jours, elle serait dans mes bras.
Oui, j’étais toute ronde (pas autant que je le pensais, en fait !). Oui, elle bougeait. Oui, je lui parlais.
Mais d’un coup, comme un élastique qui rebondit, la réalité d’un bébé et d’être bientôt séparée d’elle physiquement. Elle n’est plus qu’un projet… une chose dont je rêvais depuis des années.. Mais elle est là !

Ce n’est pas pour rien qu’il faut de longs mois pour préparer les affaires du bébé, pour ranger et organiser des choses (ah ah ah ! Si tu savais … par exemple, l’inutilité de prévoir une chambre au départ !). Mais surtout pour se préparer psychiquement à devenir mère et d’être dévouée à quelqu’un d’autre.

Le corps est un média avec l’extérieur.
Le corps est uni indéfectiblement avec l’esprit. De plus en plus d’étude démontrent à quels points il est absurde de séparer corps et esprit dans toutes les approches médicales et psychologiques (par exemple, la rétroaction posturale).
L’esprit se modifie également, pour passer de l’être unique que nous sommes, à un être qui (dans un premier temps) n’aura plus des masses d’autres vocations que la satisfaction des besoins du bébé.
La structure même du sommeil évolue : « on observe une proportion plus importante des phases de sommeil lent léger et d’éveils. Le nombre de phases de sommeil lent profond diminue. Ceci a pour effet de limiter l’effet réparateur de la fatigue physique que doit procurer le sommeil. On note également une augmentation des parasomnies et des dyssomnies en fin de grossesse. » (source : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00863861/document)
La modification du sommeil a comme objectif que la femme jeune accouchée soit très rapidement disponible pour son bébé, même endormie.
L’allaitement favorise également cette disponibilité grâce à la production hormonale qu’il engendre.
Bref, tout se met en place. Corps, tête et environnement.

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Cependant, la grossesse est une période de bouleversements émotionnels. Les rôles changent au sein des familles et des couples.
Cela peut engendrer des grosses remises en question (j’ai envie de dire : ce n’est que le début !) et le regard de la société peut s’avérer pesant.

D’abord, la femme enceinte doit avoir une silhouette précise et ne pas prendre plus de 10 kg (c’est à modérer en fonction de la stature initiale).
Elle doit se comporter d’une certaine manière : éviter certaines activités perçues comme inadaptées, par exemple.
Elle doit aussi être forcément heureuse et bien dans son corps car ce dernier est un cocon pour son bébé et que c’est FORCÉMENT une plénitude.
Oui, ça peut l’être. Mais l’inverse est aussi vrai !
Une femme enceinte peut aussi bien faire des bombes dans la piscine (ça sent le vécu, non ?!) que d’aller courir. Ses limites seront clairement définies par ses propres ressentis. Les femmes n’ont nul besoin de « conseils » décourageants. Elles ont juste besoin de se reconnecter à leurs propres sentiments, leurs émotions, leurs sensations physiques et leurs forces intérieures.

Certaines vivront très mal les changements physiques pendant la grossesse et les limitations qui en découlent (d’autant plus dans le cas des grossesses à risques).
Si c’est ton cas et que tu es mal dans ta peau : contacte moi (ou un.e autre professionnel.le), écris un commentaire pour faire part de son ressenti et accepte ce que tu ressens (voir l’article sur les émotions).

Tu as le droit de te sentir belle.
Tu as le droit de te sentir mal.
Tu as le droit d’être frustrée car la grossesse ne rencontre pas tes espoirs.
Tu as le droit d’Être au lieu de paraître aux yeux du Monde.

Dès le départ et pour toute ta vie, je t’invite à te renseigner sur le mouvement « Body Positive » qui fait du bien aux femmes.
L’objectif n’est pas de constater que d’autres se sentent bien sur les réseaux sociaux, mais d’en comprendre les intentions initiales : accepter que chacune est originale.
Aucun regard extérieur ne devrait valider notre Être.
La liberté, c’est d’avoir le choix et de ne pas courir après un idéal construit de toute pièce par la société normative.

A très bientôt, Lectrices/Lecteurs Curieuses.x !

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Maternage proximal·Préparer la naissance

Si j’avais su.. (l’accouchement)

L’accouchement est un cap, un mont, une montagne. (biffe la mention inutile !)

Chaque future mère l’imagine… avec plus ou moins d’anxiété, de questions, et d’envie de s’y préparer. Pour certaines, c’est assez évident, la préparation leur semble accessoire. Pour d’autres (comme moi !), cela sera des mois de recherches, de questionnements, de différents cours, de suivi avec une sage-femme, des lectures à n’en plus finir. Et on ne se sent jamais assez informée.
Je ne sais pas comment le vivent toutes les femmes, mais de mon côté, j’ai ce besoin d’informations et de préparation. Je crois que cela crée une impression de contrôle sur quelque chose qui sera, forcément, bien au-delà de moi.

Dès le départ, nous sommes au courant que cela ne dépend pas de nous uniquement mais d’une alchimie entre les deux corps en symbiose. Impossible de prévoir la date, le décours du travail et encore moins comment se passera la descente dans le bassin. Ni les sensations que cela engendrera.
Parce qu’un accouchement, c’est sensoriel. Les sensations internes se mêlent aux sensations externes.
Les femmes enceintes ont des suivis réguliers, et l’état de leurs corps y est décrit. Les questions médicales restent souvent de l’ordre du corporel, sans trop s’aventurer sur l’aspect mental des choses. Et il y a une réaction classique face aux angoisses que ressentent les femmes : « Il n’y a pas de raison que tu n’y arrives pas, le corps est fait ! ».

Ça fait une belle jambe et les questions (et les craintes) sont toujours là.

Et, tu as remarqué comme les récits d’accouchement sont pudiques, généralement ? Je rejoins les humoristes qui mentionnent une espèce de mafia empêchant les femmes de parler !

Dans la société occidentale, il n’est pas évident d’avoir des récits ou une expérience de naissance avant d’y passer soi-même. Est-ce donc si effrayant que cela ? Il y a parfois de quoi le croire.

Dès le suivi de la grossesse, la femme est mise sous une loupe : surveillance du poids, des habitudes de vie, des injonctions (fais pas ci, fais pas ça et pas plus d’un kilo par mois, hein !), et autres joyeusetés engendrant un sentiment de malaise (certaines femmes pudiques vivront assez mal les échographies endovaginales et autres touchés vaginaux… Moi, après la PMA, j’étais vaccinée !).

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Subtilement mais certainement, les femmes se retrouvent infantilisées. C’est un peu détourné, plus clair à d’autres moments, mais dans la plupart des cas, il nous est donné l’impression que le personnel soignant sait mieux que nous ce qu’il se passe, donc ; « Madame, faites-nous confiance, on gèrera bien ça ».

Bien, bien. Je croyais juste que c’était à mon corps de gérer, enfin nos corps imbriqués… Mais merci de rassurer !
Et si on s’en tient au suivi médical classique, ça ne va pas plus loin.
La péridurale est abordée, sans même poser la question, c’est presque une question accessoire. Le reste du décours d’un accouchement n’est pas mentionné.
« Vous viendrez quand vous aurez des contractions toutes les 5 minutes depuis 2h OU quand vous percez la poche des eaux ! ».
Ok, facile, j’attends un de ces signaux. (Pour une primipare)
Sauf que ce n’est pas forcément comme ça que cela se passe. Et il y peut y avoir pas mal de visite de contrôle dans les maternités parce que les femmes ne sont pas préparées à avoir des sensations avant le travail actif.

En arrivant à la maternité, contrôle, toucher vaginal (TV), et si cela s’avère lancé, la femme est invitée à rester en chambre de naissance. En fonction des volontés des femmes (péri ou non à « Vous êtes sûre Madame ?! »), c’est la valse des lionnes en cage. Tant qu’il n’y a pas de péridurale posée et dosée assez forte, rares sont celles qui restent allongées en jouant aux cartes (dis celle qui a passé une nuit entière à tourner en rond, s’appuyer contre les murs, faire du ballon et rester longtemps sur les toilettes parce que c’est confortable, des toilettes !).
En fonction de votre maternité, tu auras plus ou moins de TV, de contrôle, de visites de la part du personnel soignant (qu’on souhaite bienveillant, mais la fatigue et la surcharge de travail ne les aide pas).

Et c’est là que le cauchemar peut commencer pour certaines… Les violences obstétricales. Ces gestes anodins pour les médecins (parce qu’ils sont pratiqués constamment) mais qui sont vécus comme des agressions par la femme. Au point que même si elles sont dérangées, elles se disent que c’est normal.
Oui, mais non !

En réalité, il n’y a pas de raison d’avoir des TV très réguliers, s’il n’y a pas d’indice montrant qu’il y a une évolution franche du travail (comme la façon de gérer les contractions, les positions que la femme adopte, le temps depuis lequel le travail est lancé).
Il en va de même pour les décollements des membranes, qui doivent être effectuées après un consentement et avec discussion préalable avec la parturiente. Idem pour la rupture de la poche des eaux. Ou pour les injections d’ocytocine (syntocinon, par exemple).
Tous ces actes doivent être expliqués et acceptés (seuls les cas d’urgence se passeront de certaines mises en jambe).

Dans le décours du travail, le corps encaisse des vagues de sensations inédites. Il y a des moments où le calme règne et d’autres où l’on se jure que plus jamais on fera en sorte de se retrouver dans la même situation (« pourquoi je voulais un enfant déjà ? » ; « Plus jamais tu ne me toucheras ! », au choix en fonction des situations de vie).
Et c’est dans ces phases difficiles que le personnel soignant a, normalement, un rôle d’accompagnement. L’objectif devrait être d’expliquer aux parturientes ce qui est en train de se passer. Il devrait aussi y avoir systématiquement une écoute active des femmes pour donner du sens, et rassurer.

Ensuite, le travail augmente d’intensité et surtout, la fin se rapproche. Souvent, il y a un vent de panique qui s’installe… et c’est justement dans cette « installation » de la femme que se loge la dernière difficulté. Souvent, on demande aux femmes de prendre « la position gynécologique » pour que le personnel soignant ait plus de facilité à sortir le bébé et à intervenir si nécessaire.
Arrivent les « dernières » contractions (#tranchées c’est pour plus tard) pour que le bébé sortent… Ou les césariennes en urgence quand il y a un problème soudain. Les praticiens sortent le bébé, vous le pose sur le ventre (tant que tout va bien) et attendent la délivrance du placenta. Entre l’intérieur du bassin et le ventre de la mère, il peut y avoir des interventions plus ou moins lourdes qui doivent être mentionnées, voire même faire l’objet d’un consentement… Je parle des interventions instrumentales et des épisiotomies pratiquées sans réelles raisons (s’il n’y a pas de souffrance fœtale, ou la menace imminente d’une déchirure MAJEURE, il n’y a pas de raison).

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Les femmes s’attendent à cette image d’Épinal où la félicité va être à son apogée entre ce petit-être et elle. Parfois cela se passe, et parfois non. Là encore, ce n’est jamais précisé en amont de la rencontre. Et tout ce récit ne comprend pas le cas de césarienne où mère et enfant sont séparés…
Les évènements suivent leur cours et en fonction des endroits : les femmes seront aidées à allaiter (plus ou moins bien), les enfants laissés en peau à peau et puis, il y a la surveillance en salle de naissance dont on ne parle jamais. On imagine que c’est le moment le plus beau de notre vie avec ce petit tout neuf… Et en fait, il y a des palpations utérines, des fluides qui sortent, de la transpiration et des femmes à côté de la plaque après un tel effort (dans un bain de bonheur, souvent !).

Je ne sais pas si cela se remarque dans mon récit, mais il y a une constante de la grossesse à la délivrance. L’interventionnisme.
Attention, je suis bien favorable à la médecine moderne qui permet un monitoring des femmes et des bébés pour que les deux soient en bonne santé.. !

Mais l’interventionnisme effectué de telle manière qu’il ôte tous les pouvoirs des femmes n’est pas une bonne expérience pour la société.
La femme qui accouche a une puissance non négligeable. Tu trouves que le terme « puissance » est exagéré ? C’est parce que la société veut nous faire croire que c’est presque une bagatelle de mettre un enfant comme des milliards d’autres femmes l’on fait avant nous. Mais non, une femme qui accouche, c’est aussi puissant que transcendant.
La péridurale a modifié la perception de ces moments (je ne cache pas que je suis plus du côté « la péri, non merci ! » J’écrirai un article là-dessus, sur la manière dont la péridurale, dans les cas de figure où tout va bien, est plus un frein qu’une aide). Cela modifie dès lors l’attitude des soignants. Ils passent d’accompagnant à sachant, et la femme est moins actrice que patiente.

Bien sûr, je généralise et il y a des institutions où cela se passe très bien (j’ai eu cette chance). Mais il arrive que des accouchements soient traumatiques. Cela peut être à cause de l’attitude du personnel médical (la surcharge de travail ne les aide vraiment pas !) ou des évènements inattendus. Dans tous les cas, il est nécessaire que la femme soit accompagnée par la suite. Cela peut engendrer un trouble de l’attachement envers l’enfant et créer des angoisses à long terme.
Bien que la structure hospitalière puisse se montrer merveilleuse par la suite, il est souhaitable que les femmes ne minimisent pas leur vécu. Certes, leur enfant est en bonne santé, c’est le principal. Mais cela ne fait pas tout, pour elles et peut-être pas non plus dans le vécu émotionnel du bébé.

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Nous vivons dans une société où la naissance se passe en huit clos. S’il n’y a pas de démarche de préparation volontaire, les femmes ne sont pas préparées au décours du travail et de l’accouchement. Certaines comptent même sur la péridurale pour la gestion de la douleur, d’un bout à l’autre, sans envisager que cela pourrait se passer différemment.

En oubliant les connaissances sur la naissance et en n’offrant pas un accompagnement proximal, on dépossède la femme de ses compétences physiologiques et psychologiques. Une espèce de passivité est susceptible de s’installer et la femme devient alors spectatrice de son corps. Elle entend les demandes effectuées par les soignants, sans pouvoir nécessairement se reconnecter à ses sensations corporelles (ou alors de manière trop violente, et elle se sent dépassée et entre dans la panique).

Cet article est un plaidoyer pour que les femmes prennent conscience de leurs compétences et de leurs ressources internes.

L’objectif est de sortir du rôle de patiente pour devenir une participante active de son « devenir mère ». Il n’est nullement question de ne pas reconnaitre les avantages proposés par la médecine moderne pour réduire les complications graves. Cependant, les interventions mineures peuvent être évitées grâce à l’acquisition de connaissances sur la période charnière qu’est la fin de grossesse et l’accouchement.

Comme je le disais précédemment, les naissances ne sont plus entourées par un socle social. L’idée est donc d’acquérir volontairement ce à quoi nous aurions été exposées auparavant. Il est possible de construire des connaissances qui furent transgénérationnelles et qui permettent d’aborder l’accouchement sans une angoisse mortifère.

Dans un premier temps, j’invite chaque future mère (ou chaque couple parental) à se renseigner sur les diverses options d’accouchement (c’est une liste non exhaustive) :

  • accouchement par voie basse avec ou sans péridurale ;
  • Césarienne par rachianesthésie ou sous AG (et les conséquences pour le décours des premières heures qui suivent les césarienne) ;
  • Les cas d’instrumentations pour sortir le bébé ;
  • Les blessures du périnée, naturelles (déchirures) ou provoquées (épisiotomie) ;
  • Le déclenchement de l’accouchement (les interventions physiques et hormonales);
  • La prématurité (et ce qu’elle implique) ;
  • Les naissances en siège ;
  • Les complications éventuelles après l’expulsion, comme les hémorragies, la rétention placentaire, etc.

Ce n’est pas forcément joyeux de ne renseigner sur tout cela. Mais cela permet de savoir que cela existe. Qu’il y a parfois des cas où l’accompagnement doit se muter en intervention, pour la santé de la mère et du bébé… Mais aussi, pour prendre conscience que les interventions peuvent dans certains cas être évitées.

Comment ?
En se préparant à un accouchement physiologique (je ferai un article prochainement là-dessus).
Bien sûr, cela terrifiera quelques-unes de s’imaginer vivre un accouchement sans anesthésie… Mais l’idée n’est pas forcément d’aller jusqu’au bout de la démarche. La préparation « comme si » permet aux femmes d’avoir les informations nécessaires afin de faire face aux différentes étapes de leur accouchement… Ces informations qui sont souvent « oubliées » lorsqu’il n’y a pas de préparation ou que les femmes disent vouloir une péridurale.

La préparation à la naissance peut fournir aux femmes la capacité de gestion de la douleur, de reconnaître les signaux qui seraient habituels ou inquiétants, et d’apprendre les diverses étapes de l’accouchement.
La préparation à la naissance va aussi donner l’opportunité aux femmes de préparer un projet de naissance éclairé (je ferai un article sur la manière de rédiger un projet de naissance aussi bienveillant pour les parents que pour le personnel soignant). Quelques que soit la volonté, après avoir pris connaissance des diverses possibilités d’un accouchement, il est utile de coucher sur papier son « accouchement idéal ». Préciser ce que l’on souhaite et ce que l’on veut éviter (en mentionnant la confiance dans les interventions nécessaires si le bébé ou la parturiente montre des signaux problématiques) offre aux soignant.e.s un moyen de communication avec vous et une base d’accompagnement. Il est possible d’écrire en toutes lettres le type de soutien qui est attendu de leur part (dans mon cas, j’ai précisé que je ne voulais pas qu’on me propose la péridurale, même si j’avais l’air de souffrir (la souffrance n’est pas la douleur.. 😉 ).

Être avertie est un gage de pouvoir : anticiper, comprendre et oser demander. La femme qui accouche est dans une situation vulnérable… Mais ce n’est pas une patiente inerte. Au contraire ! Il est dès lors utile d’affirmer une position (pour autant qu’il y ait une compréhension des interventions obligatoires – protocole – et utiles – en cas de problème chez la mère ou l’enfant-).

Les renseignements à prodiguer aux futures mères (même quand elles ont déjà vécu un ou plusieurs accouchements) ne sont pas désuets ou superflus. Au contraire.
Il faut profiter des séances de préparation à l’accouchement (ou d’ateliers, voire des « conférences ») mises en place par les milieux de santé/sage-femme et maisons de naissance. Elles ont souvent un prix modique, voire sont gratuites, et permettent d’investir la grossesse autant que son propre devenir.

La période prénatale constitue une étape considérable pendant laquelle il est possible de construire une perspective plus précise de sa maternité.
Tant en termes d’éducation, de connaissances sur l’allaitement (voir « les clefs pour démarrer un allaitement ») que sur l’accouchement en tant que tel, il est toujours utile d’obtenir et de manipuler l’information (par l’élaboration d’un projet de naissance).

Enfin, et c’est le plus important : je ne peux que suggérer aux femmes de faire confiance à leur propre corps (bien sûr, les grossesses pathologiques ont moins de chance et la médecine est heureusement là pour aider !), de bouger autant que possible pendant le travail et d’être réellement actrice de leur accouchement !

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J’aimerais vraiment avoir tes retours, Lecteur.trice Curieu.x.se. Ecris-moi un commentaire pour m’expliquer ce que tu aurais aimé savoir pour ton/tes premier.s accouchement.s ou ce qu’il te manque pour celui qui arrive.

A très bientôt, afin que jamais la curiosité ne périsse !

Si tu éprouves des difficultés face à la naissance ou par rapport à ton accouchement traumatique, contacte moi ! 🙂

Allaitement·Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Présentation

Bonjour, Bonsoir !

Ça y est: Je me lance.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de partager l’immense masse d’informations et de perspectives qui ont été amenées par ma maternité.

J’utilise le terme de « curiosité » étant donné qu’autour de la parentalité, s’en viennent des tonnes de questions. Tout prend une dimension majeure. Alors pour faire face à cette horde de questionnements et à ces inquiétudes, je vais proposer quelques éléments qui vont être les plus éclairant possibles (et être disponible personnellement).

La curiosité n’est jamais malsaine. Si elle est insatiable, comme la mienne, nous avons l’opportunité d’apprendre toujours plus.

En effet, avant même de devenir mère, je suis une passionnée d’éducation et de psychologie de l’enfant.

J’ai commencé à dévorer les ouvrages et le visionnage de documentaires sur ces sujets depuis que j’ai 18 ans. Cependant, ces dernières années, nous avons la chance de voir se développer des connaissances concernant les neurosciences de l’éducation, et donc les méthodes éducatives.

C’est donc vers la parentalité positive, sous-tendue par la discipline positive et l’éducation bienveillante, et le maternage que s’orienteront les articles.

En outre, je suis une maman allaitante, passionnée par le sujet. Alors je pourrais distiller certains conseils et proposer des ressources afin d’informer et de soutenir les lecteur/trice.s.

Hep toi, celle qui donne le biberon: reste! Il n’y a ici aucun jugement. Tu vas voir. 🙂

–> Puisque qui dit bienveillance en éducation, sous-entend le développement de la communication non violente.

Mon objectif, c’est de fournir des petites clefs bien utiles dans ton quotidien, cher.e.s visiteur.se.s.

Il y a d’autres sujets qui me passionnent: l’écologie, la décroissante et le minimalisme. Peut-être seront-ils abordés de temps à autre. Au demeurant, cela plante un peu plus le décor de ce qui structure mon existence. Avec beaucoup de sourires et de passions.

On fait un bout de chemin ensemble ?

Laisse des commentaires dès que l’envie se faire sentir: j’ai pour optique un blog très interactif.

A bientôt ! 😁