Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

« Ah, tu allaites encore … ?! »

L’allaitement non-écourté (ou pas trop)

L’allaitement exclusif est à privilégier jusqu’à 6 mois. C’est un fait scientifiquement avéré. Les instances de santé estiment que le sevrage commence graduellement à partir de la diversification. Plus les aliments solides prendront de la place dans le bol alimentaire, moins le lait maternel trouvera sa place.
Les études mettent en évidence le profit pour l’enfant de la poursuite de l’allaitement jusqu’à 24 mois, en complément de l’alimentation solide. Comme je l’ai dit dans mon article « Bébé, que manges-tu ? », de 6 à 12 mois, le lait maternel représente au moins 50% des apports énergétiques et au moins 33% de 12 à 24 mois.

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Faut-il dès lors considérer que le sevrage doit être total à 24 mois ?
J’en appelle au bon sens humain : comment peut-on prédire ce qui est adapté à chaque couple mère-bébé étant donné que toutes les situations diffèrent.
Donner des échéances précises est absurde pour l’ensemble des étapes de développement.
La diversification est conseillée à partir de 6 mois car le système digestif est alors prêt à recevoir de l’alimentation solide. Mais l’intérêt de chaque enfant n’est pas le même.
Certains prendront plaisir à manger en « grande » quantité dès le départ et d’autres ne seront pas intéressés. Certains enfants ne mangent réellement volontiers que vers 12/14 mois.
Le tout, c’est de proposer sans se mettre de pression… et de continuer à allaiter à volonté !

D’autres critères sont suggérés pour le moment du sevrage:

  • âge de quadruplement du poids de naissance augmenté de quelques mois (entre 3 et 4 ans pour les humains) ;
  • âge où l’on atteint le tiers de son poids adulte (entre 6 et 7 ans pour les humains) ;
  • durée de la gestation (chez les primates les plus proches de l’Homme, à savoir les chimpanzés et les gorilles, la durée de l’allaitement est égale à plus de six fois la durée de la gestation) ;
  • âge d’apparition des premières molaires définitives (5,5 à 6 ans pour les humains, qui est aussi l’âge où le système immunitaire arrive à maturation).

De toutes ces données, on peut conclure que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situerait entre 2,5 et 6 ans. (source : https://www.lllfrance.org/1119-37-lallaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage)

Il faut aussi mettre en évidence que dans l’histoire, plus les sevrages étaient précoces, moindre était l’état de santé des enfants.

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Dans nos sociétés occidentales, l’allaitement de bambins est regardé de manière étrange, et certains psychiatres véhiculent des informations faussées concernant l’altération de la construction identitaire (trouble de la personnalité et attitude de dépendance) en cas d’allaitement « long ».
Il faut mettre un point final à ces informations fallacieuses ! La discussion est empreinte de patriarchie. Ces « éminents » spécialistes estiment alors que le corps de la femme appartient à l’homme et non à elle-même et qu’elle en dispose comme elle souhaite. Au demeurant, dans le cas qui nous intéresse, pour nourrir son enfant ou ses enfants grâce à ses seins qui, comble de l’étonnement, sont conçus pour ça.

Le sevrage peut-être naturel (dirigé par l’enfant) ou induit voire planifié par la mère.
Le sevrage induit est de loin le plus fréquent. Cela peut-être dû à l’introduction d’autres produits laitiers, par l’introduction et la confusion sein/tétine-biberon, par une nouvelle grossesse (car ça peut changer le goût du lait ce qui dérange éventuellement l’enfant allaité), par une grève de tétée qui serait compensé par une préparation commerciale pour nourrissons ou simplement par la volonté de cesser l’allaitement.
Dans ce dernier cas, il vaut mieux le faire progressivement. L’enfant sera dans l’incompréhension si la mère l’empêche de prendre le sein du jour au lendemain. Il ne faut pas oublier que le sein n’est pas que nutritif mais permet un contact proximal et une zone de sécurité. De plus, pour la mère, un arrêt brutal peut engendrer des douleurs inhérentes à un engorgement. J’invite donc les femmes qui souhaitent sevrer leur enfant à le faire progressivement, en supprimant une tétée après l’autre.

Le sevrage naturel est mis en place par l’enfant, graduellement. Il ne survient pas avant l’âge de 2 ans, puisque physiologiquement, l’enfant a encore besoin de lait.
L’enfant qui se sèvre de lui-même a acquis la capacité de déguster une grande variété de mets solides grâce au développement de sa mâchoire et de sa dentition, et particulièrement les prémolaires qui broient et mâchent adéquatement afin d’extraire les nutriments de leurs enveloppes (finis les grains de maïs ou de lin entier dans les selles !).
En outre, l’enfant peut exprimer ses besoins clairement afin de gérer les quantités. Il sait alors aussi gérer l’usage des couverts qui lui offrent la possibilité de manipuler la nourriture d’une manière socialement adaptée à son environnement (le riz qui ne « colle pas » est bien plus compliqué à manipulet que du riz gluant (yummy !)).
Ces développements permettent à l’enfant de se pencher avec plaisir sur une assiette qui lui fournira l’ensemble de ses apports énergétiques.

A l’heure actuelle, il est difficile d’estimer le taux d’enfant allaité jusqu’au sevrage naturel en occident. Par crainte du jugement, et des remarques tant issues de l’entourage que des milieux de santé, les femmes mentent. Beaucoup d’entre elles continuent à allaiter à l’abri des regards, dans leur sphère privée. Cela rend leur dénombrement ardu.

Les femmes qui souhaitent poursuivre leur allaitement jusqu’au sevrage naturel ne devraient pas minimiser l’existence des grèves de tétées. J’en parlerai à l’occasion d’un autre article plus précisément. Mais il est nécessaire de ne pas les confondre avec un sevrage naturel, qui ne survient pas avant l’âge de 2 ans.

Cet article a pour objectif de pouvoir remettre l’allaitement, dans tous ses états et dans toutes ses durées, comme le processus physiologiquement adapté du développement physique mais aussi pour l’évolution sociale et cognitive de l’enfant (source : Anderson, J. W. et al., « Breast-feeding and cognitive development: a meta-analysis », American Journal of Clinical Nutrition, 1999;70(4), pp 525-535). L’allaitement qui suit son cours « tardivement » favorise les compétences et l’augmentation des interactions sociales (source : Curley J. P. et al, « The Meaning of Weaning: Influence of the Weaning Period on Behavioral Development in Mice », Development Neuroscience 2009;31, pp 318–331).

Ces données ont un but informatif, dans un but de normalisation de l’allaitement dans la sphère publique au lieu d’être, comme c’est le cas en occident, une exception. En France, seuls 7.6% des bébés sont encore allaités entre 12 et 24 mois et seules 2.6% des femmes déclarent allaiter au-delà de 24 mois.

Il faut savoir que moi-même, si l’allaitement me semblait une évidence, j’envisageais de le faire un an. Puis, au fur et à mesure des renseignements glanés et des évidences scientifiques des bienfaits de l’allaitement tant pour l’enfant que pour la mère (diminution du risque de cancer ! 😀 ), j’ai décidé que cela serait jusqu’à « plus soif » de ma fille.
Oui, il y a peu, voir un grand bambin être allaité me paraissait bizarre. Parce que la société occidentale nous a vendu que c’était étrange et que les enfants devaient consommer du lait d’un autre animal… Mais dans les faits, c’est une aberration physiologiquement bien orchestrée (voir mon article sur le choix sein/biberon).
A très bientôt, lectrice.eur Curieuses.x !

Merci à ce blog pour son article concernant le sevrage et les sources : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/2012/03/sevrage-naturel-de-quoi-parle-t-on/

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Allaitement·Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Présentation

Bonjour, Bonsoir !

Ça y est: Je me lance.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de partager l’immense masse d’informations et de perspectives qui ont été amenées par ma maternité.

J’utilise le terme de « curiosité » étant donné qu’autour de la parentalité, s’en viennent des tonnes de questions. Tout prend une dimension majeure. Alors pour faire face à cette horde de questionnements et à ces inquiétudes, je vais proposer quelques éléments qui vont être les plus éclairant possibles (et être disponible personnellement).

La curiosité n’est jamais malsaine. Si elle est insatiable, comme la mienne, nous avons l’opportunité d’apprendre toujours plus.

En effet, avant même de devenir mère, je suis une passionnée d’éducation et de psychologie de l’enfant.

J’ai commencé à dévorer les ouvrages et le visionnage de documentaires sur ces sujets depuis que j’ai 18 ans. Cependant, ces dernières années, nous avons la chance de voir se développer des connaissances concernant les neurosciences de l’éducation, et donc les méthodes éducatives.

C’est donc vers la parentalité positive, sous-tendue par la discipline positive et l’éducation bienveillante, et le maternage que s’orienteront les articles.

En outre, je suis une maman allaitante, passionnée par le sujet. Alors je pourrais distiller certains conseils et proposer des ressources afin d’informer et de soutenir les lecteur/trice.s.

Hep toi, celle qui donne le biberon: reste! Il n’y a ici aucun jugement. Tu vas voir. 🙂

–> Puisque qui dit bienveillance en éducation, sous-entend le développement de la communication non violente.

Mon objectif, c’est de fournir des petites clefs bien utiles dans ton quotidien, cher.e.s visiteur.se.s.

Il y a d’autres sujets qui me passionnent: l’écologie, la décroissante et le minimalisme. Peut-être seront-ils abordés de temps à autre. Au demeurant, cela plante un peu plus le décor de ce qui structure mon existence. Avec beaucoup de sourires et de passions.

On fait un bout de chemin ensemble ?

Laisse des commentaires dès que l’envie se faire sentir: j’ai pour optique un blog très interactif.

A bientôt ! 😁