Préparer la naissance

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si tu es future maman, tu guettes les changements corporels.
Peut-être parce que tu les crains et surtout les séquelles irréversibles.
Peut-être parce que tu attends que cette grossesse se voit.edward-cisneros-667919-unsplash.jpg

Le statut de femme enceinte s’acquiert une fois que la grossesse est visible. Il y a une espèce d’aura social devant ce corps arrondi. Souvent, les regards doux et bienveillants caressent ce ventre proéminent. (On a dit « les regards », pas les mains qui se posent sur le ventre alors qu’on a rien demandé !)
Mais à côté de cette image sociale, il y a le ressenti de la femme.

Personnellement, j’ai vu directement les changements sur mon corps et sur mon métabolisme. Mon histoire engendre que je suis très à l’écoute de mes signaux internes.
J’ai senti une « gêne » dans mon ventre … Mes muscles abdominaux ne réagissaient plus de la même manière.
J’ai su rapidement que quelque chose se tramait (et j’attendais les signaux, puisque ma fille a été conçue par la PMA).

Mais pour certaines, les sensations ne sont pas claires. Il y a d’ailleurs autant une impatience des signes de grossesse qu’une crainte des sensations désagréables.
Et ce qui est drôlement super, c’est que d’une femme à l’autre et même d’une grossesse à l’autre, les « symptômes » de grossesse ne sont pas identiques :

  • Les seins qui enflent et qui deviennent douloureux ;
  • Les nausées ;
  • L’odorat qui s’affine ;
  • Les dégoûts alimentaires ;
  • La tachycardie ;
  • La fatigue ;
  • Les vertiges ;
  • Un goût métallique dans la bouche ;
  • Une peau a tendance acnéique ;
  • L’hypersalivation ;

La liste n’est pas exhaustive. Le corps a de la ressource !

Mais il est possible aussi de ne rien avoir avant un certain terme.
Dans mon cas, aucun signe, à part ces tiraillements dans le ventre. Puis à 4SA (semaine d’aménorrhée), j’ai découvert que je pouvais avoir des seins (ils avaient toujours été inconnus au bataillon). Et surtout, j’ai découvert que la digestion demandait une force inouïe à l’organisme puisque mon cœur s’emballait à 90 pulsations/min dès que je mangeais. Sensation très étrange… et inquiétante !

Mais avec tout cela, viens le lot d’inquiétudes et de joies mélangées. La création d’un petit-être est en cours.
Le corps, qui est son temple, se transforme. En fonction du métabolisme de base, de sa morphologie, de son capital musculaire, la silhouette évolue bien différemment.
Dans mon cas, je croyais qu’en me musclant beaucoup, j’aurais plus de faciliter à retrouver la forme après. C’est relativement concluant. Entends bien le « relativement » !

Certaines, avec leurs nausées, vont perdre du poids au début. Pour d’autre, c’est l’appétit qui prend le dessus et les kilos sont déjà scrutés dès les premiers mois.

C’est paradoxal, la grossesse : on a envie que cela se voit, mais on se trouve un peu grosse quand même.
Je crois que la phase des 3-4 mois est la plus frustrante à vivre : on voit que le ventre est distendu, mais on en sait pas dire si c’est vraiment une grossesse ou si c’est un excès de raclette (oui, même en plein mois de juillet !).
Cette ambivalence par rapport à son corps est une étape importante. Le fait de porter la vie et les sensations qui vont avec nous aide à conscientiser ce qu’il se passera.
En soi, nous ne serons plus jamais seules et le corps d’avant ne sera plus.

Pas de crainte : je ne dis pas que tu seras déformée, juste que c’est un autre corps. Il pourra être aussi harmonieux, mais avec un bassin un peu plus large peut-être, un ventre moins tonique et une peau un peu distendue (voire des vergetures si la nature ne t’a pas fourni le kit « peau extensible »… eh oui : c’est plus une question de génétique que de la quantité d’huile que tu pourras mettre… !).

Le graal arrive vers 5 mois, pour la plupart : le baby bump, ce ventre rond caractéristique d’une grossesse.
Il s’accompagne avec la précision des mouvements du fœtus. Et il y en aurait à dire sur ces sensations étonnantes !
La moitié du chemin est fait et « le symbiote » se fait bien sentir.
Dans mon cas, ce fut une catastrophe dans ma concentration car chaque mouvement me provoquait de larges sourires béats. C’était hyper crédible lors de mes RDV pro… ! Je passe l’envie de faire baisser le ton à certains car ma fille ne supportait pas les fortes voix (et c’est toujours le cas maintenant !).

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C’est à partir de là que je peux suggérer aux mères qui ne le feraient pas, c’est de bouger ! Piscine, marche, vélo (recommandé par ma gynécologue) ou encore exercices de renforcement musculaire, tu as le choix (bien sûr en cas de santé adéquate et de grossesse sans risque !)
Cela permet de prévenir ta perte musculaire et de renforcer la ceinture abdo-lombaire qui est mise à rude épreuve avec le poids du ventre.
Malgré la beauté du ventre rond, il est utile de préserver son dos en tentant de ne pas cambrer son dos pour éviter/réduire les douleurs dorsales fréquentes pendant la grossesse.
L’utilisation des « swiss ball » est aussi une idée qui pourra t’aider jusqu’à la fin de ta grossesse. En t’asseyant là-dessus, à la place d’une chaise pour travailler, cela sollicite tes muscles et cela fait travailler son bassin qui s’assouplit pour le jour J !
Là encore, c’est au bon vouloir du corps qui exprime clairement ses propres limites.

Au fur et à mesure que les semaines passent, le corps s’étend et laisse la place pour les galipettes du fœtus.
Les préparatifs s’accélèrent (sauf si on s’y prend bien tôt, comme moi, qui craignait une arrivée précoce, sans aucun signe précurseur !) et la question de la préparation à la naissance se pose.
Je te propose deux articles : un sur la préparation à la naissance et l’accouchement et l’autre sur les projets de naissance.
A voir se corps changer et à apercevoir les mouvements du fœtus, sa réalité est de plus en plus tangible, aussi pour l’entourage.
Il n’est plus un individu que pour la femme mais aussi pour l’environnement social qui va l’accueillir.

C’est aussi le moment où l’ambivalence peut être la plus forte pour la femme.
En fonction des transformations de son corps, elle peut avoir plus ou moins d’inconforts.
Il y a cette joie d’avoir la concrétisation de ce petit être de plus en plus clair dans ses mouvements (disons parfois déménagement !). Mais il y aussi la transformation majeure du corps, qui n’a plus grand-chose à avoir avec ce qu’il était quelques mois auparavant. Ajoutons à cela la réalisation plus ou moins forte que l’enfant va VRAIMENT arriver.
Je me souviens que 4 semaines avant terme, je me suis rendue compte qu’elle ne serait plus prématurée et que d’ici moins de 30 jours, elle serait dans mes bras.
Oui, j’étais toute ronde (pas autant que je le pensais, en fait !). Oui, elle bougeait. Oui, je lui parlais.
Mais d’un coup, comme un élastique qui rebondit, la réalité d’un bébé et d’être bientôt séparée d’elle physiquement. Elle n’est plus qu’un projet… une chose dont je rêvais depuis des années.. Mais elle est là !

Ce n’est pas pour rien qu’il faut de longs mois pour préparer les affaires du bébé, pour ranger et organiser des choses (ah ah ah ! Si tu savais … par exemple, l’inutilité de prévoir une chambre au départ !). Mais surtout pour se préparer psychiquement à devenir mère et d’être dévouée à quelqu’un d’autre.

Le corps est un média avec l’extérieur.
Le corps est uni indéfectiblement avec l’esprit. De plus en plus d’étude démontrent à quels points il est absurde de séparer corps et esprit dans toutes les approches médicales et psychologiques (par exemple, la rétroaction posturale).
L’esprit se modifie également, pour passer de l’être unique que nous sommes, à un être qui (dans un premier temps) n’aura plus des masses d’autres vocations que la satisfaction des besoins du bébé.
La structure même du sommeil évolue : « on observe une proportion plus importante des phases de sommeil lent léger et d’éveils. Le nombre de phases de sommeil lent profond diminue. Ceci a pour effet de limiter l’effet réparateur de la fatigue physique que doit procurer le sommeil. On note également une augmentation des parasomnies et des dyssomnies en fin de grossesse. » (source : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00863861/document)
La modification du sommeil a comme objectif que la femme jeune accouchée soit très rapidement disponible pour son bébé, même endormie.
L’allaitement favorise également cette disponibilité grâce à la production hormonale qu’il engendre.
Bref, tout se met en place. Corps, tête et environnement.

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Cependant, la grossesse est une période de bouleversements émotionnels. Les rôles changent au sein des familles et des couples.
Cela peut engendrer des grosses remises en question (j’ai envie de dire : ce n’est que le début !) et le regard de la société peut s’avérer pesant.

D’abord, la femme enceinte doit avoir une silhouette précise et ne pas prendre plus de 10 kg (c’est à modérer en fonction de la stature initiale).
Elle doit se comporter d’une certaine manière : éviter certaines activités perçues comme inadaptées, par exemple.
Elle doit aussi être forcément heureuse et bien dans son corps car ce dernier est un cocon pour son bébé et que c’est FORCÉMENT une plénitude.
Oui, ça peut l’être. Mais l’inverse est aussi vrai !
Une femme enceinte peut aussi bien faire des bombes dans la piscine (ça sent le vécu, non ?!) que d’aller courir. Ses limites seront clairement définies par ses propres ressentis. Les femmes n’ont nul besoin de « conseils » décourageants. Elles ont juste besoin de se reconnecter à leurs propres sentiments, leurs émotions, leurs sensations physiques et leurs forces intérieures.

Certaines vivront très mal les changements physiques pendant la grossesse et les limitations qui en découlent (d’autant plus dans le cas des grossesses à risques).
Si c’est ton cas et que tu es mal dans ta peau : contacte moi (ou un.e autre professionnel.le), écris un commentaire pour faire part de son ressenti et accepte ce que tu ressens (voir l’article sur les émotions).

Tu as le droit de te sentir belle.
Tu as le droit de te sentir mal.
Tu as le droit d’être frustrée car la grossesse ne rencontre pas tes espoirs.
Tu as le droit d’Être au lieu de paraître aux yeux du Monde.

Dès le départ et pour toute ta vie, je t’invite à te renseigner sur le mouvement « Body Positive » qui fait du bien aux femmes.
L’objectif n’est pas de constater que d’autres se sentent bien sur les réseaux sociaux, mais d’en comprendre les intentions initiales : accepter que chacune est originale.
Aucun regard extérieur ne devrait valider notre Être.
La liberté, c’est d’avoir le choix et de ne pas courir après un idéal construit de toute pièce par la société normative.

A très bientôt, Lectrices/Lecteurs Curieuses.x !

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

« Encore une crise ! » Ou que faire avec les sentiments ?

Etape 2 de la CNV

Pour rappel, voici la première étape du processus de communication non-violente : l’observation.
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Cette fois, j’aborde les émotions, leur reconnaissance et leur « gestion ». Cela fait donc partie du processus de la CNV, mais, comme tous éléments d’un processus, les informations s’avèrent pertinentes dans toutes les circonstances.
La gestion émotionnelle est une chose qui semble à la fois simple et complexe, en fonction des situations. En tant qu’adulte bien portant, les déclinaisons de la joie sont assez aisées (et agréables) à prendre en charge. L’acceptation du sentiment est évident… La plupart du temps, on ne se refuse pas de la joie (je dis bien « la plupart du temps », des évènements de vie traumatiques peuvent engendrer une réactivité à la joie et de la culpabilité d’être heureux alors que d’autres situations sont censées prendre le pas sur ce qui crée des sentiments positifs).

Qu’en est-il des émotions d’autrui ? Peut-être as-tu déjà été surpris.e par des expressions émotionnelles positives plus fortes que ce que tu attendais dans une circonstance. C’est susceptible de te mettre mal à l’aise… Mais  « l’excès » d’enthousiasme (nous sommes alors dans le jugement puisqu’on estime que c’est en excès) est souvent plus drôle à constater qu’autre chose.

Et comment réagir rapport aux émotions négatives, tant les nôtres que celles d’autrui ?

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Cela se gâte un peu, globalement. Ces émotions n’étant pas perçue comme plaisantes sont moins enclins à être acceptées.
Les émotions « négatives » (c’est un jugement de considérer qu’elles le sont) ont pourtant le même rôle que les émotions « positives ».
Mais quel est ce rôle, Watson ?

Les réactions émotives nous sont utiles pour adapter notre comportement en fonction des situations. Elles aident à améliorer le  bien-être et à éviter les dangers/obstacle. Elles sont utiles à nous guider afin de parvenir à la satisfaction de nos besoins (la détection des besoins : l’étape suivante de la CNV !). Donc, ce sont des indicateurs essentiels à la détection de nos besoins !
Les principales émotions sont les suivantes : La colère, la tristesse, la joie, la peur, la surprise, le dégoût, le mépris, la honte et la culpabilité.
Les émotions se déclinent en fonction de la manière dont on se sent précisément. Les listes ci-dessous sont non-exhaustives mais permettent de bien faire comprendre de quoi il s’agit.

Par exemple, la joie s’exprime par différents biais : le fait d’être heureu.x.se, émerveillé.e, intéressé.e, joyeu.x.se, amusé.e, excité.e, ou le fait d’être fier.e.
Il en va de même pour la colère qui se décline en expression telle que l’exaspération, la contrariété, l’irritation, être plein de ressentiments, envieu.x.se ou encore tendu.e.
De la même manière, la tristesse peut se conjuguer par le fait de se sentir seul.e, démoralisé.e, mélancolique, déçu.e ou peiné.e.
Quant à la peur, cela peut se manifester par le fait d’être crainti.f.ve, anxieu.x.se, nerveu.x.se, inquiet.e ou embarrassé.e.

Ce sont bien sûr des exemples, et il y a bien plus de manifestations émotionnelles. Le principe est que ces attitudes, ces émotions sous-tendent pléthore de sentiments.

En somme, il est nécessaire de percevoir des manifestations émotionnelles comme des signaux précis  d’un besoin insatisfait. A nouveau, il faut passer par l’observation et non pas le filtre du jugement : le fait de pleurer (en cas de tristesse) ne relève d’aucune forme de faiblesse. Une « crise » (disons plutôt une tempête émotionnelle) relève plutôt de la colère et prend régulièrement sa source dans un sentiment de frustration. Mais la colère est rarement perçue comme une énergie qui peut être mise à profit afin de dépasser l’obstacle qui la génère. Or, c’est le principe même d’une émotion de nous mettre en mouvement !

L’objectif de la CNV, c’est qu’après avoir effectué le constat de la situation qui meut l’émotivité  c’est de pouvoir exprimer les sentiments qui surgissent. A cette étape, le piège est de masquer le sentiment/émotion « brute » avec l’interprétation de la situation. Il est fort probable qu’une phrase qui place l’autre comme sujet ne soit pas un sentiment. Par exemple, « tu ne m’écoutes pas ! » ou « tu m’ignores ».
En outre, le fait d’être ignoré.e ne peut être compris comme un sentiment, puisqu’il implique quelqu’un d’autre (il faut être deux pour que l’un ignore et l’autre soit ignoré). Cela rend l’autre responsable de nos sentiments. En réalité… Nous sommes les seul.e.s responsables de nos émotions !
Certes, certains actes pourront être majoritairement perçus comme exaspérant, mais tant l’émotion que son intensité découlent du filtre qui œuvre au  sein du « récepteur ». Certain.e.s vont « ronger leur frein » pendant des jours alors que d’autres préfèreront mettre ce qui dérange sous le tapis. Quelle merveilleuse preuve que nos émotions nous appartiennent que de constater notre moindre patience (et l’énervement) lorsque notre état de fatigue se fait sentir ?!

Autant dans les relations entre adultes que dans les relations parent/enfant, il est utile de s’axer sur l’expression émotionnelle et, en priorité, sur la reconnaissance/l’acceptation de ses propres émotions. Autant pour soi que pour son interlocuteur, les émotions (et les besoins sous-jacents) ne demandent qu’à être entendues.
Dans le cas d’une dispute, par exemple, il est profitable d’exprimer son ressenti et de tolérer que l’on ressente cela. Parfois, cela peut paraître futile, l’émotion peut sembler surdimensionnée… Mais elle « s’évapore » à partir du moment où l’on prend le temps de l’accueillir. Pouvoir accepter que « je me sens blessé.e » ou que « je suis furieu.x.se » offre la possibilité d’observer le décours de l’émotion. Celle-ci s’estompera au fur et à mesure, d’autant plus s’il a été possible d’en faire part à la personne avec qui l’oignon devait être pelé.

Face à un enfant qui est  sujet à une tempête émotionnelle, l’objectif sera de reconnaître son émotion et de lui laisser de la place. Souvent, il est tentant d’amoindrir l’émotion : « Ce n’est pas grave quand même ! » ou bien « Tu voulais rester ? Mais tu vas revoir Untelle bientôt, et puis telle chose t’attend ! ». Cela paraît infime, et pourtant, cela ne reconnaît pas le sentiment qu’éprouve l’enfant. L’idéal est de tenter de mettre des mots sur ce qu’il traverse (je rappelle que les jeunes enfants –et certains adultes apparemment… !) n’ont pas la capacité à maîtriser leurs émotions. Elles débordent facilement et cela engendre certains passages à l’acte (cris, larmes, jet d’objet, …). A partir du moment où l’adulte peut s’adresser à l’enfant en lui disant : « Oh ! Tu sembles vraiment triste de quitter cet endroit ! » ou « Je vois que tu es vraiment en colère de ne pas pouvoir obtenir telle chose ! », la pression diminue. L’enfant se sent compris.  Si l’adulte s’est trompé d’émotions, l’enfant va ouvrir le dialogue et sortir de sa tempête émotionnelle.

Une idée complémentaire est de se concentrer sur les ressentis corporels et la respiration pour retrouver le calme. En effet, les émotions ont des manifestations corporelles spécifiques en fonction des individus. S’il est possible de se concentrer dessus et de reconnaître les prémisses ces signaux, cela permet de guider nos actions avant de se sentir débordé.e.

Comme je l’ai dit précédemment, l’émotion fait foi qu’un besoin insatisfait. Il est donc primordial de percevoir quels sont ces besoins (pour nous, et pour l’enfant face à nous aussi). Cela fera l’objet d’un autre article.

Tant pour l’enfant que pour l’adulte, et le plus tôt possible, je ne peux que suggérer de développer un vocabulaire affectif étendu pour exprimer ses sentiments.
Il est également utile de prendre conscience que c’est un besoin insatisfait qui guide l’émotion.
Enfin, nous sommes responsables de nos émotions et de la manière dont nous les maintenons (en les refoulant) ou les laissons « s’évaporer » lorsque nous les observons.

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Cette attitude d’ouverture aux émotions offre une posture de bienveillance par rapport à nous-même mais également par rapport à autrui. Il est primordial d’avoir reçu assez d’empathie et d’écoute de ses propres émotions pour, à son tour, donner toute l’attention nécessaire à l’autre. Quel que soit l’individu, il est toujours possible de dire : « Je me sens vraiment fatigué.e ce soir. J’ai besoin de calme et de câlins ».  C’est rarement mal compris. Cela permet d’éviter de bouillir intérieurement et de craquer en hurlant « Tu m’épuises avec ton comportement ! ».  Cela ne veut pas dire que l’autre voudra forcément prendre part à la demande des câlins, par exemple. Mais ça, j’y reviendrai après l’expression des besoins dans le cadre de la formulation des demandes (qui ne sont pas des exigences… Teaser !).

 

J’espère que cette lecture, faisait suite à ce premier article, t’aura plu.
Laisse donc un commentaire sur tes états émotionnels et la façon dont tu gères les tiens et ceux de tes proches.

« La curiosité naturelle à l’homme lui inspire l’envie d’apprendre. »J.-J. Rousseau ; Les confessions (1765-1770)

A très vite, Internaute Curieux !

 

Communication Non-Violente

La Communication Nonviolente

Cette matière qu’est la communication nonviolente (CNV) engendre en moi un foisonnement d’idées et d’envies. Je pense que c’est en cheminant vers ce mode de fonctionnement que j’ai commencé à avoir vraiment envie de partager.

Je ne comprends pas comment il est possible que la communication non-violente puisse, parfois, être seulement considérée comme un outil à utiliser lors des conflits.

En réalité, la communication non-violente se prête à l’ensemble de l’existence… et pas seulement en termes de communication. C’est un état d’esprit, un mode de vie, un cheminement.

En toute logique, lorsqu’on parle de communication (en fait, à partir du moment où nous sommes en relation… c’est-à-dire assez souvent étant donné le caractère social de l’être humain), il faut prêter attention à l’autre, mais aussi à soi. La CNV demande que chacun ait conscience de soi et de l’autre afin d’obtenir des relations authentiques et saines.

La CNV est souvent décrite par la structure en 4 étapes qui doit être intégrée (et non pas utilisée telle quelle ! Lolilol, sinon je vous promets des échanges assez peu sereins !).

Alors, pour résumer (avant de détailler ! :-p), lorsque nous nous trouvons dans une situation susceptible de créer de la tension en soi ou chez l’autre, il convient :

  1. D’observer les FAITS de manière neutre et objective: pas les impressions, pas le jugement/diagnostic de la situation (ex : « mon voisin est stupide » est un diagnostic du problème !), juste ce qu’il se passe. Par exemple : Mon voisin passe la tondeuse à l’heure du barbecue dominical.
  2. Identifier et expression le(s) émotion(s) que nous ressentons, par exemple : je me sens en colère et embarrassée.
  3. Identifier et exprimer le(s) besoin(s) à l’origine des sentiments, par exemple : j’ai besoin de quiétude et d’être dans une ambiance agréable quand je reçois du monde.
  4. Formuler une demande à l’autre. Celle-ci doit répondre à différents critères : SMART = Spécifique/concrète, mesurable, acceptable, réaliste et temporellement défini. Elle doit aussi être négociable. Par exemple, « Pourrais-tu passer la tondeuse à un autre moment de la journée qu’entre 12h et 14h le dimanche ? »

Afin de pouvoir entrer en relation avec l’autre, la détection de SES besoins est nécessaire. Il est fort utile de conscientiser que chaque comportement est mu par un besoin (ça ne vous rappelle pas quelque chose dans mon précédent article sur la discipline positive ?). Si nous parvenons à considérer que l’autre use d’un moyen/d’une stratégie pour combler son besoin, nous pouvons sortir de la spirale culpabilisante et accusatrice : « Il fait ça pour m’énerver ! ».

La CNV est un mode d’expression en conscience. Il est optimal de pouvoir

être calme pour s’exprimer, et encore une fois, cela nécessite de l’exercice.

En outre, la CNV demande de sortir du jugement et des présomptions des comportements d’autrui. On présume que ses attitudes répondent à un besoin, mais il est indispensable de questionner l’autre pour

savoir ce qui le meut, et non pas en rester à ses

point de vue

propres suppositions.
La communication reprend tout son sens, puisqu’elle sert à améliorer la compréhension mutuelle, mais aussi son propre fonctionnement.

Je ne sais pas si tu en déjà pris conscience mais, sortir du jugement, implique un changement de vocabulaire.
Pourquoi ?

Simplement parce que notre langue est pavée de notions telles que : bien/mal, normal/original, facile/compliqué, etc. Outre la construction binaire imposée par ce vocable, cela démontre un jugement d’ordre moral. Comme si un ordre avant établi ce qu’il faut penser ou non d’une situation. Et c’est le cas… Presque toutes les sociétés du monde ont été construites avec des bases d’ordres religieux dictant à ses disciples la « bonne » manière de se conduire.

L’intention derrière la mise en évidence de ceci n’est pas de cautionner tous les comportements sans y voir ceux qui sont délétères, mais bien de comprendre comment ils sont apparus chez l’individu… Pour ensuite y apporter une demande/une solution qui résultera de l’échange entre les protagonistes (là aussi, ça devrait vous rappeler quelque chose.. ! 😉 ).

Se débarrasser des attitudes et des propos jugeants implique une restructuration de son espace de pensée. L’objectif n’est pas de vivre au pays des bisounours, mais de prendre en compte la situation/l’attitude plus que de caractériser l’individu en soi.

stratégie

D’ailleurs, cette notion d’intention est primordiale. Lorsque nous rentrons dans un processus de communication, il faut avoir conscience de pourquoi nous décidons de le faire.
Est-ce pour préserver le lien avec l’autre ?

Est-ce pour lui communiquer un inconfort ?

Ou est-ce pour lui dire que ce qu’il pense ne convient pas ?
Tu auras compris que la dernière option peut être vaine. Il est possible (voire même probable) que certaines personnes heurtent ton cadre de vie en exprimant une opinion. Mais si ton intention pour entrer en communication, même en respectant les 4 étapes de la CNV, est celle de lui faire comprendre qu’il pense « faux », alors il y a fort à parier que l’échange ne sera pas fructueux.

Je reviendrai très prochainement sur d’autres aspects de la CNV, pour préciser son fonctionnement et rendre limpide son intérêt majeure dans l’éducation bienveillante. Et ce n’est pas moi qui l’invente, puisque Marshall Rosenberg, le théoricien de cette communication, a milité une bonne partie de sa vie pour faire évoluer le système éducatif.

Si tu as envie de partager une situation que tu estimes difficile à gérer, ou quelconque autre élément à apporter : mets vite un commentaire.

A très bientôt, Lecteur Curieux !

Allaitement·Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Présentation

Bonjour, Bonsoir !

Ça y est: Je me lance.

Je n’ai qu’une hâte, c’est de partager l’immense masse d’informations et de perspectives qui ont été amenées par ma maternité.

J’utilise le terme de « curiosité » étant donné qu’autour de la parentalité, s’en viennent des tonnes de questions. Tout prend une dimension majeure. Alors pour faire face à cette horde de questionnements et à ces inquiétudes, je vais proposer quelques éléments qui vont être les plus éclairant possibles (et être disponible personnellement).

La curiosité n’est jamais malsaine. Si elle est insatiable, comme la mienne, nous avons l’opportunité d’apprendre toujours plus.

En effet, avant même de devenir mère, je suis une passionnée d’éducation et de psychologie de l’enfant.

J’ai commencé à dévorer les ouvrages et le visionnage de documentaires sur ces sujets depuis que j’ai 18 ans. Cependant, ces dernières années, nous avons la chance de voir se développer des connaissances concernant les neurosciences de l’éducation, et donc les méthodes éducatives.

C’est donc vers la parentalité positive, sous-tendue par la discipline positive et l’éducation bienveillante, et le maternage que s’orienteront les articles.

En outre, je suis une maman allaitante, passionnée par le sujet. Alors je pourrais distiller certains conseils et proposer des ressources afin d’informer et de soutenir les lecteur/trice.s.

Hep toi, celle qui donne le biberon: reste! Il n’y a ici aucun jugement. Tu vas voir. 🙂

–> Puisque qui dit bienveillance en éducation, sous-entend le développement de la communication non violente.

Mon objectif, c’est de fournir des petites clefs bien utiles dans ton quotidien, cher.e.s visiteur.se.s.

Il y a d’autres sujets qui me passionnent: l’écologie, la décroissante et le minimalisme. Peut-être seront-ils abordés de temps à autre. Au demeurant, cela plante un peu plus le décor de ce qui structure mon existence. Avec beaucoup de sourires et de passions.

On fait un bout de chemin ensemble ?

Laisse des commentaires dès que l’envie se faire sentir: j’ai pour optique un blog très interactif.

A bientôt ! 😁