Communication Non-Violente

L’influence des pratiques de maternage proximal sur la relation parent-enfant

Vendredi 5 juillet 2019, j’ai participé au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé.

Je te mets à disposition le texte de mon intervention qui avait pour objectif de sensibiliser des professionnels et principalement des psychologues.

« Je suis humaine. Vous aussi. A votre âge, votre cerveau a atteint sa taille adulte. Heureusement, il est malléable grâce à la plasticité neuronale. Cette dernière nous permet d’apprendre, de modifier nos fonctionnements personnels, nos préjugés et stéréotypes.
Aujourd’hui, c’est cette capacité que je souhaite mobiliser en vous.

J’aimerais vous poser une question :
Comment réagissez-vous face aux pleurs des bébés ?
Prenez un instant pour vous remémorer la dernière fois où vous y avez été confrontés !… Ou à des situations marquantes avec vos propres enfants (si vous en avez).

Quelles émotions jaillissent en vous ?
Je vous laisse les décoder… Il y a de fortes chances pour que celles qui émergent en vous spontanément soient les résultantes de votre vécu d’enfant.
Inexorablement, sans travail personnel, nos réactions face aux tout-petits sont conditionnées par les expériences que nous avons eues en tant qu’enfants.

Et si nous pouvions, dès à présent, mettre en place les moyens qui nous permettent de diminuer la violence envers les enfants ainsi que la détresse parentale ?
Cela vous semble utopique ?
Et pourtant, en l’espace de deux générations, c’est devenu possible ! La Suède, en encadrant légalement les pratiques de violences éducatives en 1979 a réduit drastiquement les violences intrafamiliales et la violence au sein même de la société.

Quelle est donc la voie de cette paix familiale à long terme ?
Tout simplement, le maternage proximal, que je préfère nommer « parentage proximal » afin d’être plus inclusive.

Le parentage proximal (ou attachment parenting) est un style de parentalité qui place les besoins émotionnels et physiques des enfants en priorité. Il se base sur les théories de l’attachement théorisées par Bowlby : le petit d’humain va s’attacher à son/ses figure.s parentale.s. grâce au fait que ces dernières répondent à ses besoins primaires (manger, être changé… et être rassuré !). Cependant, Harlow (un autre psychologue et chercheur, dont Bowlby s’est inspiré) a pu démontrer, dans les années 50-60 que l’attachement et la sécurité ne se basaient pas sur le nourrissage, mais bien sur le besoin inné du nourrisson de toucher et de s’accrocher à quelque chose pour le confort émotionnel… le facteur principal de l’attachement n’est pas la nourriture mais le soin et la réceptivité.
Une fois que ce lien d’attachement est fondé, l’enfant peut développer harmonieusement des comportements exploratoires de l’environnement (jouer avec ses jeux, tenter de les attraper, se retourner, aller vers des nouveaux objets, etc.).
Les enfants, qui ne lisent pas de confiance et d’encouragement dans les attitudes de leurs figures d’attachement, vont avoir plus de difficultés à se sentir en sécurité pour explorer le monde. Pourtant, l’activité de l’enfant, c’est bien ça : Explorer.
C’est donc là que l’attachement prend sa dimension motivationnelle.

Les parents pratiquant le parentage proximal, offrent à leurs enfants toutes les conditions d’un attachement sécure. Cela regroupe les pratiques de portage, d’allaitement, de cododo et un cadre bienveillant.

C’est maintenant que votre plasticité neuronale va être sollicitée !

Tout ce que j’évoque ne fait pas partie de la culture occidentale,c’est la raison pour laquelle le parentage proximal semble étrange à bon nombre d’entre-nous.
Il peut même engendrer des craintes, légitimes ou non, et beaucoup d’a priori.

Il est vrai qu’il est difficile d’accepter que d’autres possibilités existent dans la façon d’être parents… D’autant plus, lorsque nous-mêmes, nous n’avons pas agi de la sorte ou eu cet exemple.
Cela peut être douloureux de prendre conscience qu’il y avait une autre voie que celle empruntée, qui n’a pas été de tout repos tant physiquement et qu’émotionnellement.

Il faut garder en tête que les connaissances évoluent dans toutes les sphères de la recherche : les études psychologiques, médicales et les découvertes anthropologiques donnent un éclairage nouveau sur les styles de parentage.
La question n’est pas de se lamenter sur l’ignorance d’alors ou de rejeter ce qui nous est inconnu. Elle est surtout de savoir comment accompagner et expliquer les bénéfices des pratiques de parentage proximal.

Au début de mon intervention, je faisais référence à la taille de notre cerveau d’adulte.
Savez-vous que les nouveaux-nés naissent avec un cerveau qui n’est développé qu’à 23 % de son volume final ?
Comparativement, les autres mammifères viennent au monde avec un cerveau développé à 80 % ou 40 % pour les chimpanzés (plus proche de nous sur le plan biologique).
Cela implique que le nouveau-né est prématuré dans son développement… Il suffit de voir un bébé pour s’en rendre compte ! Et son évolution n’est pas la plus rapide du règne animal.
A un an, le cerveau a doublé de volume et il atteint 90 % de son volume total vers 3 ans.
Pendant toute sa croissance, c’est-à-dire 25 ans, le système nerveux va être influencé par les expériences de vie qui favoriseront l’ancrage de telle ou l’autre voie neuronale grâce à leur myélinisation progressive.

La première année est comme une grossesse extra-utérine qui permet aux enfants de développer des compétences comparables à celles des autres hominidés à la naissance. Face à un bébé, nous ne pouvons pas oublier que ce sont ses besoins émotionnels et physiologiques qui priment. Il exprime ses besoins, sans détour ni stratégie obscure, faisant fi de tous les codes socioculturels.
Par exemple, le nouveau-né n’a que faire du joli berceau préparé pour lui. Il souhaite être continuellement porté, ce qui peut démunir les parents non-avertis.
Pourtant, l’être humain a été classée comme « espèce portée », par Bernard Hassenstein (biologiste et comportementaliste allemand). Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas aux futurs parents ?

Un des aspects du parentage proximal est le portage.
Le portage permet de répondre aux besoins de sécurité et de proximité du bébé qui a été bercé pendant 9 mois au creux de sa mère.
Le portage aide à la régulation du rythme cardiaque, de la température et permet également de prévenir les aplatissements du crâne dont les plagio et bradycéphalies.
Les bébés portés intensément ont plus de facilité à distinguer le jour et la nuit. Ils démontrent moins de troubles du sommeil.
Grâce au contact physique, les bébés portés pleurent beaucoup moins que ceux qui ne le sont pas. La réduction voire l’absence de ceux-ci, grâce au parentage proximal, permet aux parents de se sentir compétents auprès de leur nourrisson.
Le portage, et le contact proximal en peau-à-peau plus généralement, permet une libération d’ocytocine qui contribue directement à l’établissement des liens affectifs.

Les bienfaits ne sont donc pas exclusivement pour les enfants mais aussi pour le lien d’attachement et les parents !
Henrick Norholt a mis en évidence que le portage permet de réduire la gravité et l’occurrence des post-partum. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Et si nous parlions de la nutrition du nourrisson maintenant !

Un autre aspect, souvent lié au parentage, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’époque actuelle, est l’allaitement.
L’allaitement est incontestablement LE moyen adéquat pour nourrir les bébés. De nombreuses études le démontrent, l’allaitement réduit le risque :

• De troubles digestifs ;
• D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
• D’allergies (eczéma, asthme…) ;
• D’anémie ;
• D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
• De problèmes orthodontiques ;
• De mort inattendue du nourrisson.
Malgré toutes les recherches effectuées par les industriels, les préparations commerciales pour nourrissons ne seront jamais équivalentes.
Rappelons quand même que les prématurés ayant un poids inférieur à 2kg reçoivent du lait maternel issu de don. Les préparations commerciales pour nourrissons provoquent trop de complications digestives.

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’allégations destinées à culpabiliser les mères non allaitantes. Ce sont des informations objectives. Il est nécessaire que l’humanité en ait conscience.

Savez-vous que l’allaitement offre de nombreux bénéfices pour les femmes allaitantes ?

• La diminution du risque d’anémie ;
• La remise en place des organes génitaux ;
• Le lien mère-enfant ;
• La diminution du risque de cancer du sein, de l’ovaire ;
• La diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause ;
• Améliore le sommeil et accélère l’endormissement

Malgré ces bénéfices avérés, la perception de l’allaitement est très particulière, en Occident, et plu particulièrement en France.
Il est possible de trouver de multiples théories en psychologie expliquant combien l’allaitement, surtout non-écourté, causerait des troubles chez les enfants.
Il est utile de rappeler que ce sont des théories qui n’ont trouvé aucune démonstration effective ni aucune base scientifique. La culture occidentale a impacté profondément le rapport au corps, la sexualisation des seins ainsi que la nécessité de pouvoir se libérer de cette « contrainte » que représenterait l’allaitement.
Au lieu de le considérer comme une option, l’allaitement devrait être favorisé et accompagné par tous les professionnels de santé.

Grâce à un accompagnement adéquat, de bonnes informations et une prise en charge éclairée des difficultés qui peuvent apparaître, les allaitements peuvent être conduits sur le long terme.
L’allaitement permet de donner confiance aux femmes dans leur capacité à s’occuper de leurs enfants : elles ne doivent pas compter sur un industriel pour nourrir leurs enfants, elles sont capables de le faire.

A l’heure actuelle, nous savons que moins de 5 % des femmes ne produisent réellement pas assez de lait pour couvrir la totalité des besoins de leur bébé.
Tous les autres échecs sont inhérents à des (mauvais) conseils socioculturels autour de la puériculture.

Ensuite, il est pratique de savoir que le portage et l’allaitement réduisent les coliques, principalement connues chez les nouveau-nés issus de pays adoptant un mode de parentalité distal. Or, les pleurs inconsolables d’un nouveau-né sont parmi les éléments les plus difficiles à supporter moralement… Ils peuvent impacter gravement le bien-être psychologique des parents ainsi que l’attachement à l’enfant (et donc favoriser les troubles comme la dépression post-partum).

Une question récurrente qui revient après la naissance est la gestion des nuits et du sommeil, en général. Il est de notoriété publique que les jeunes parents sont littéralement épuisés pendant les 3 premiers mois.
Et si je vous disais que ce n’est pas une fatalité ?

C’est vrai que se lever la nuit, de 2 à 5 fois par nuit, prendre ce tout-petit, le nourrir, le bercer et chercher à le remettre dans son lit, doit être éreintant.

Alors, pourquoi les occidentaux continuent malgré tout à s’infliger cela ?
Pour pallier à la perturbation (et au manque) de sommeil, il y a les pratiques de sommeil partagé, plus communément appelé cododo ou co-sleeping. Elles sont également caractéristiques du parentage proximal.

L’Occident, par son organisation sociale et sa richesse, a construit un modèle de maison permettant à chacun d’avoir son espace. Le temps faisant, il s’est ancré comme un pseudo-besoin.
Soyons honnêtes ! Le fait d’avoir chacun sa chambre est une considération de « riches ».
La plupart des peuples du monde partage la même pièce pour dormir, voire la même couche.

La crainte de la mortalité infantile était telle que cette pratique a été déconseillée dès le Moyen-Âge ! A l’époque, l’Église soupçonnait les parents d’infanticide et d’accuser un accident survenu pendant le sommeil.
Cette croyance a traversé les siècles… et pourtant, l’OMS recommande de partager la chambre de son enfant pendant au moins les 6 premiers mois de sa vie.
Là encore, les professionnels de santé et les autres intervenants proches des jeunes parents bénéficieraient d’être informés sur le sujet.
Au lieu de jeter l’opprobre sur une pratique (qui sera de toute façon pratiquée dans de nombreuses situations), il convient d’aider les parents sur les manières d’agir avec sécurité. Par exemple, il faut un matelas dur, ne pas trop habiller les bébés…et éviter de faire du cododo dans un canapé.
En reprenant les mots du Dr. James McKenna, éminent anthropologiste :  » Dormir comme un bébé  » est une expression commune. Que signifie-t-elle vraiment ?
Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées « régulières ».

Le sacro-saint « lit conjugal » se partagera jusqu’à ce que les enfants n’en ressentent plus le besoin, sans que cela n’ait de quelconque impact sur leur santé psychologique à long terme.
La vie sexuelle du couple sera simplement déplacée en un autre lieu, sollicitant leur créativité.

Dans les trois pratiques pré-citées, le portage, l’allaitement et le cododo, il y a un dénominateur commun : l’intense proximité physique.
Cette dernière est un facteur fondamental de bien-être pour le bébé… mais aussi pour l’établissement du lien mère-enfant (ou parents-enfant).

Dans les années 70, des pédiatres colombiens ont commencé à proposer aux enfants prématurés et à leurs parents le Kangaroo-Mother Care. Il s’agit de contact peau-à-peau dès la naissance et le plus de temps possible par 24h, d’un allaitement à la demande, du soutien pour les parents ainsi que des sorties rapides des enceintes hospitalières après la naissance.
Ce mode de soins auprès des enfants prématurés, de faible poids ou à terme, a démontré moult avantages dont une réduction de la mortalité infantile. Ils guérissent plus rapidement, régulent mieux leur rythme cardiaque ainsi que leur température corporelle comparativement aux prématurés soignés en couveuse.

En 2016, des études démontrent combien le Kangaroo-Mother Care permet aux enfants prématurés d’avoir moins de signes de stress et plus d’interactions attentives avec les parents. Il permet aussi la tenue d’un allaitement exclusif sur une plus longue durée.
Et en février 2019, un article relate l’efficacité du « Kangaroo-Mother Care » dans le traitement des dépressions post-partum.
D’autres études ont mis en évidence que plus les mères étaient anxieuses voire déprimées pendant la grossesse, moins le lien d’attachement se produisait avec aisance. Tout le contexte de la gestation, de la conception à l’accouchement, est susceptible d’influencer le lien mère-enfant post-partum.
En somme, la recherche continue avidement sur les bienfaits psychologiques et médicales de ces pratiques proximales dans les soins aux enfants.

C’est une des raisons qui doit motiver l’amélioration de la prise charge du suivi de la grossesse et du post-partum pour s’éloigner de la seule préoccupation physique.
Un regard affûté devrait être posé sur les futurs et jeunes parents afin de percevoir les prémisses de difficultés dans la relation parents-bébé. La prévention demeure toujours l’action la plus efficace.

Afin de soutenir au mieux les parents, il est essentiel de les informer de la réalité des besoins d’un tout-petit.
Il faudrait aborder le besoin de contacts intenses, les rythmes du sommeil, les besoins alimentaires ainsi que l’immaturité neurologique des enfants et ses implications factuelles au quotidien.
En travaillant avec les parents sur leurs propres émotions, il est possible de les aider à adopter des attitudes proximales permettant aux enfants d’être compris et de s’épanouir. Ils pourront aussi développer leur sentiment d’efficacité parentale.

Grâce aux pratiques de parentage proximal, les enfants autant que les parents peuvent construire une base de confiance en eux. Il est nécessaire de préciser que le parentage proximal ne s’arrête pas aux premiers mois. La distance avec les enfants s’effectue progressivement avec l’évolution des compétences tant physiques, que psychiques et langagières.

Une philosophie empathique entoure les pratiques de parentage proximal. Elle conduit à un accompagnement bienveillant des enfants dans le respect de leurs émotions, leurs rythmes et leurs compétences évolutives.

Oui, le fait de devenir parent soulève de nombreuses questions et peut mettre à jour des difficultés enfouies voire méconnues. En tant que professionnels, vous êtes des interlocuteurs primordiaux pour permettre aux parents d’être informés avec justesse.
Vous pouvez décider de vous former, avec des organismes dont la spécialité est de transmettre ces connaissances autour de l’allaitement et des pratiques de maternage proximal (le terme est plus répandu). La plate-forme Co-naître est très réputé mais il y a aussi des initiatives locales de formations des professionnels. Personne ne peut perdre à accroître ses connaissances sur les besoins et les compétences infantiles.
En cas de doute, vous pouvez aussi rediriger les parents en détresse auprès de professionnels formés comme les consultantes en lactation IBCLC ou l’association de la Leche League, des monitrices de portage, une doula, …
Prenez à bras le corps ce qui vous est confié, sans proposer des alternatives basées sur des habitudes.
Vous savez maintenant que des pratiques peuvent soutenir les parents afin qu’ils trouvent leur propre équilibre psychologique et familial, avec ce nouvel être qu’est leur enfant. A vous de les y aider ! »

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Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Maternage, fais-moi peur!

Quand j’ai eu l’idée d’écrire sur les raisons de la crainte du maternage/parentage proximal en Occident, je ne pensais pas que j’allais « devoir » faire des recherches historiques et anthropologiques… jusqu’à la préhistoire !
Autant dire, que c’est un vaste programme, tout au long de cet « article », qui devrait plutôt s’intituler « dossier de curiosités ».
J’ai pris énormément de temps pour l’écrire. J’ai été emportée dans des lectures qui m’ont passionnées et je me suis laissée porter par ces vagues de stimulations intellectuelles qui me font vibrer. Ensuite, j’ai eu la proposition de participer à un congrès, donc… j’ai dû (et me suis exécutée avec excitation) rendre l’épreuve dans un laps de temps très court. Comme j’y aborderai aussi le parentage proximal, je ne suis pas « sortie » de mon sujet, je l’ai abordé sous un autre angle… qui a encore complété le thème que je vais traiter ci-après.
C’est pour ça que maintenant, je me sens capable de synthétiser ce que j’ai consulté et de te transmettre la substantifique moelle (tout en te fournissant les références, si tu souhaites aller plus loin sur un sujet où l’autre).

Bref, trêve de tergiversations (de mondanités, pour celles et ceux qui ont la réf #lerirejaune), je t’emmène dans le vif du sujet !

Grâce à facebook et Instagram, en rejoignant des communautés de mères allaitantes, maternantes et bienveillantes (certains papas paternants aussi, comme le réputé papapositive, mais aussi @porterriendebarbant -porter, rien de barbant. Qui a créé « le sling du barbu », que j’ai partagé sur ma page FB il y a quelques mois), on peut croire vivre dans un monde de douceurs où nous nous entourons de personnes qui partagent nos valeurs.

Seulement, là dehors, dans ton magasin de quartier, au marché ou chez tes Grands-Parents (voire parents, malheureusement), ou encore pire… Chez les professionnel.le.s de santé, de la petite enfance, à l’école, bref… Partout, il y a parfois des « trucs » qui font tiquer.
L’objectif de ce « dossier de curiosités », c’est de comprendre pourquoi (et à la fin, je vais aborder quelques moyens pour améliorer la situation. Spoiler : A quand une présidente allaitante et maternante, et à quand des député.e.s européen.ne.s hermétiques aux lobbies ? Non, je ne vais pas me faire de potes dans les hautes sphères…).

Je veux faire un petit disclaimer : dans ce texte, j’ai associé parentage et allaitement.
Non pas que je ne pense pas qu’on puisse en maternante ou paternant avec un biberon, mais cette possibilité n’est que très récente.
Je vais te l’expliquer, dans l’histoire de l’humanité, c’est bien le mode de nourrissage qui a conditionné ou non la mise en place d’un parentage distal.
Ce n’est plus le cas maintenant, mais cela implique que je parle d’allaitement dans les pages qui viennent.
Grâce aux recherches effectuées, j’ai pu constater que la plupart des mythes concernant l’allaitement ont littéralement traversé les siècles !
Tu vas voir, c’est ÉDIFIANT !

 

Comme c’est texte long, voici une table des matières :

– Mais de quoi avoir peur ?

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

l’antiquité et les premières nourrices

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! 

  • Conséquences des collectivités
  • Les bonnes manières, dès la naissance
  • « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? 
  • Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

  • Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : survalorisation de l’autonomie du tout-petit
  • la science au service de la consommation
  • les représentations culturelles de la proximité mère-enfant
  • Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?
  • Créer des enfants a-culturels ?
  • Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)
  • le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?
  • l’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères
  • Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?
  • Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

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Mais de quoi avoir donc peur  ?

En tant que psychologue, je suis assez bien placée pour avoir lu/entendu (et même proféré pendant mes études) de nombreuses désinformations au sujet du parentage proximal.

Mais pourquoi ?
Pourquoi les humains occidentaux ont considéré que s’occuper des enfants devait être codifié ?
Pourquoi les femmes occidentales ont cessé d’allaiter ?
Qu’est-ce qui, dans nos contrées, a déconstruit ce rapport corporels aux enfants que l’on constate dans les autres cultures du monde ?

Évidemment, c’est culturel. Mais ça ne dit rien, même si ça explique tout.

Voyons ce qu’il se passe dans la loi (je fais référence aux cas français et belges). Ce sont ceux que je connais le mieux. Je sais que je suis lue dans énormément de pays et je serai RAVIE d’avoir un retour sur ce qui se fait ailleurs. Entre la législation et ce qui se passe en vrai, il y a parfois un monde!

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Faisons des constats :

  • Le congé de maternité dure maximum 15 semaines, quand la chance est du côté de la mère (temps de congé variable en fonction d’un arrêt de travail avant la date du terme prévu, en Belgique…)
  • En Belgique, sauf cadre de travail à risques (chimiques, infectieux, …), il n’y a plus de congé d’allaitement. Et si celui-ci est possible, il ne dure pas plus de 2 mois.
  • Dans la plupart des milieux de travail, il est possible d’avoir 1h/j pour 8h de travail afin de tirer le lait ou aller allaiter les enfants. Ces dispositions impliquent une perte de salaire qui est compensée, ou non. Il y a des professions ou des statuts qui n’ont pas accès à ces facilités.
    Il faut savoir que cette disposition, en Belgique, n’est envisageable que jusqu’au 9 mois des enfants.
  • Il n’y a pas de flexibilité particulière quant aux horaires de travail lorsqu’on a des enfants en bas âge.
  • Pour les travailleu.r.se.s, il y a des possibilités de s’absenter pour « raisons impérieuses » (enfants malades, hospitalisation d’un proche, …)pour 10 journées par année civile, a priori, non rémunérées.
  • Le congé paternité dure 10 jours !
  • Si le congé parental est envisagé, en temps plein, il dure 4 mois maximum. Il est indemnisée à hauteur de 750€ ou 1180€ s’il s’agit d’un parent isolé (donc sous le minimum vital, l’allocation de base pour une personne isolée avec un enfant étant de 1254€, en Belgique)
  • Concernant l’organisation du logement (texte de loi) :

* Le séjour ne peut pas servir de chambre lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants âgés de plus de 6 ans;
* Le logement doit avoir au moins 2 chambres lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants de plus d’1 an;
* Le logement doit avoir suffisamment de chambres pour qu’un enfant de 10 ans ne doive pas partager sa chambre avec un enfant de sexe différent.

  • les jugements de droits de garde, en cas de séparation des parents, ne prennent pas en compte l’allaitement
  • Lors de conflits conjugaux, de divorces remplis de litiges, le fait que la mère soit reconnue comme maternante peut lui porter préjudice.

Je pourrais continuer à citer des exemples… Mais je pense qu’il est déjà clair que la plupart des sociétés occidentales ne favorisent pas le parentage proximal (il y a mieux en Allemagne et dans les pays du Nord).
Tous les constats effectués ci-dessus sont éminemment influencés par la culture, en faisait fi de la dimension corporelle de la parentalité et des besoins des jeunes enfants.

 

Mais comment as-tu pu en arriver là ?

Il y a encore 40 ans, énormément de femmes restaient au foyer pour s’occuper des enfants, même si elles avaient été diplômées (dans une filière où les femmes avaient le droit de s’inscrire, quand même, il ne faut pas abuser …!).

La volonté d’être indépendantes financièrement, la révolution sexuelle, et la croissance toujours effrénée d’une société de surconsommation associée à la perte du pouvoir d’achat, a éloigné les femmes des enfants.
C’est tout à fait louable, à certains égards (je reviens dessus dans un point ultérieur), afin que les femmes puissent exercer réellement un choix de vie !
Jusque-là, c’était dans l’ordre des choses. Et encore aujourd’hui, des luttes anti-sexistes sont menées afin que les parents aient de réelles possibilités. Culturellement, cela commence à s’immiscer que les hommes aussi peuvent être au foyer, par exemple.
Le problème est que la plupart du temps, les femmes ont des postes moins bien rémunérés. Le choix se faisant sur la perte moindre pour le quotidien, c’est souvent les femmes qui s’occupent des enfants (si elles le souhaitent).

Dans le cas où aucun des parents n’interrompt sa carrière, il paraît logique pour toute la société occidentale que les enfants soient déposés à la crèche vers 7h30/8h et récupérée vers 17h/18h (dans la majorité des cas, je sais que certains métiers imposent une flexibilité et des horaires différents). Dès 3 ou 4 mois, les enfants passent donc 10h/jour, 5j/semaine, confié à quelqu’un qui a souvent plusieurs autres enfants à charge (souvent une personne pour 5 enfants).

Énormément de femmes ou de parents, ont du mal à se séparer de leur tout-petit. La plupart reprennent le travail avec des pieds de plomb, pleurent tous les matins, en se disant qu’elles n’ont pas d’autre alternative.

D’ailleurs, c’est ce qui leur est renvoyé : « Tout le monde passe par là, tu vas t’y faire. » ; « Si ta tristesse est si grande, c’est que tu étais trop fusionnelle. » ; « Ça vous fera du bien à tous les 2 d’être séparés. Les retrouvailles en fin de journée sont super ! ».

Il y a tellement d’absurdités dans ces propos…
– Pathologiser une réaction normale, en invoquant une hypothétique fusion malsaine ;

– La croyance que les séparations précoces (avant un an, les séparations sont considérées comme précoces) sont bénéfiques ;

– Se focaliser sur l’après (les retrouvailles) pour supporter l’instant présent… cela fait référence à un mode de pensée religieux qui veut que la piétée et l’ascétisme soient de mise dans la vie afin d’accéder à une vie merveilleuse après la mort (le paradis et autres conceptions du même ordre).
A tous les parents qui souffrent de se séparer de leur enfants : c’est légitime ! Vous n’êtes en rien dans un rapport pathologique à vos enfants.

Seulement voilà, il est fréquent de tomber sur ce genre de torchon : https://www.femina.fr/article/mamans-attention-a-la-fusion

La société occidentale a de faramineux diktats, et cela touche aussi les jeunes parents et surtout les mères.
Laquelle ne s’est pas demandé comme gérer tous ces statuts simultanés : femme – compagne – maîtresse – mère – employée – fée du logis – … ?

Nous, jeunes parents d’aujourd’hui, avons souvent grandi au côté de mères qui géraient tout de front, sans mot dire, jusqu’à certaines explosions.
Cela dépend des schémas familiaux, bien sûr, mais nées dans les années 55 à 70, les femmes ont intériorisé rapidement qu’elles devraient tout gérer. Rien n’était négociable.
Il fallait ouvrir la voie du travail, confrontées à un sexisme grossier (« vous êtes le cadeau avec le contrat ? #mymumsrealstory), rester une mère de famille (presque) exemplaire et surtout, être une épouse dévouée et disponible (et boum, les divorces ont commencé ! Indépendantes financièrement, il était envisageable de ne pas ramer une vie entière avec le même individu dont les valeurs ne sont plus communes).

Bref, nous avons vu nos mères galérer. Elles nous ont dit qu’elles ne nous avaient pas vu grandir et, parfois, si elles sont ouvertes d’esprit, qu’elles avaient été mal conseillées (pour l’allaitement, par exemple).
La génération Y ne veut pas forcément se tuer à la tâche, car nous en avons perçu l’inefficacité à long terme.
Nous bénéficions d’avancées scientifiques notables mettant en évidence les effets des Violences Educatives Ordinaires sur les enfants.
Nous avons pléthore de supports diffusant de l’information… et il suffit de chercher un peu pour trouver toutes les connaissances concernant le développement optimal des enfants par le parentage proximal.

Alors, nous en sommes là.
Il faut encore chercher et trouver les bonnes informations pour être le parent que nous souhaitons être. Avec du soutien, s’engager dans ce type de parentalité apporte son lot de questionnements mais épanouis infiniment les qualités humaines et relationnelles.
Dans le cas où la culture familiale est prédominante par rapport aux informations factuelles et fondées, certaines femmes répètent les schémas parentaux. Seuls sont vus et connus le parentage distal, les biberons, les crèches et autres méthodes interventionnistes, sans remise en question particulière.
Ou, à l’inverse, il y a une mise à distance des schémas parentaux et une volonté de suivre la voie du parentage proximal. Les informations sont glanées au fur et à mesure, et sans soutien… Il est difficile pour une mère ou un couple de supporter les remarques de l’entourage.
Cela peut conduire à certains isolements. Même si je reste persuadée qu’éloigner les personnes toxiques est un choix qui peut être salvateur, il est alors nécessaire pour ces femmes de se créer un réseau social soutenant.

gateau allaitement
Les nouvelles mères sont très influencées par les pratiques autour d’elles. La fragilité émotionnelle des premiers jours peut mettre à mal des principes pourtant établis, comme le désir d’allaitement.
C’est utile quand les futurs parents ont des principes sont « has been », et qu’habitués à une éducation rigoriste, cela permet de revoir ses avis et de remettre les curseurs sur une réalité qui se dessine : « Tiens, ce bébé a faim bien plus régulièrement que toutes les 3h et il ne dort pas sans moi… ! ».
C’est pour cette raison, qu’à l’heure actuelle, afin de vivre une parentalité éclairée, les informations sont importantes ainsi que l’anticipation du réseau social qui pourra être présents et soutenir les souhaits.

Il y a un guide assez fiable, pour savoir si on s’engage dans quelques choses qui ne nous convient pas : quand il s’agit de (se) forcer, de contraindre (moralement ou physiquement) et d’aller à l’encontre de ses intuitions…

Mais comment a-t-on pu en arriver à ce que laisser pleurer un enfant soit popularisé voire recommandé ?
Quels facteurs nous a éloigné de la corporalité de la naissance et de l’enfance ?

Comment l’allaitement est-il devenu un choix, alors que c’est ce qui nous caractérise comme mammifère ?

S’il est connu et su, à l’heure actuelle, que le sevrage de l’espèce humaine se situe entre 2 et 7 ans, il est incroyable de constater que les pratiques d’allaitement ont été influencées de touts temps par les normes socioculturelles ainsi que la disponibilité des ressources alimentaires. Voici un article qui reprend des informations relatant les périodes de sevrage à différentes époques, jusqu’à 18 siècles avant J.-C. !
Bien que chez les Mayas, le sevrage se situait entre 1 et 4 ans, l’auteur appelle les sevrages à 2,5 ans « tardifs ».
Une qualification qui représente bien la manière dont est perçu l’allaitement non-écourté à l’heure actuelle.
Dans la suite du texte, il y aura une revue historique des modèles de maternage (parentage) selon les époques. Pour « finir », il y aura quelques points abordant des réflexions vastes concernant l’implication du parentage proximal dans la société contemporaine.

 

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

Je ne t’apprend rien en te disant que durant la préhistoire, au Paléolithique moyen, l’homo sapiens était encore nomade et chasseur-ceuilleur.
Je n’ai remonté le temps que jusqu’au racine de notre espèce. C’est déjà suffisant, crois-je, pour ne pas remonter plus loin dans les recherches d’anthropologie préhistorique !
Pour un rappel de la chronologie de la préhistoire et d’autres informations passionnantes sur l’origine de l’humain : https://www.hominides.com/html/chronologie/paleolithique.php

A ce moment-là, les humains suivaient leurs besoins en ressources alimentaires. Ils pouvaient rester sur place de quelques heures à quelques jours, en fonction de ce qu’ils avaient à disposition.

A partir du Néolithique, il y a 10.000 ans, l’humain a commencé à organiser son environnement pour qu’il réponde à ses besoins. C’est l’émergence de l’agriculture, dans le « croissant fertile » (La zone formée principalement par les actuels Israël, Cisjordanie et Liban) grâce aux conditions climatiques clémentes.

Cela dit, dans cette zone accueillante, la sédentarisation a précédé la mise en place de l’agriculture, puisqu’on y retourne des villages d’une vingtaine de maisons datant de 12.000 avant notre époque.
En Europe, il semble que sédentarisation et agriculture aient évolué de paire.

A cette époque, les enfants étaient allaités jusqu’au sevrage naturel et dans les rares cas où la mère ne pouvaient pas allaiter, d’autres femmes de sa communauté prenait le relais pour assurer la survie du bébé.

La sédentarisation a eu une conséquence directe : l’augmentation massive de la population !

Durant les périodes de vie nomade, les enfants étaient forcément portés. Cette proximité physique influençait l’allaitement qui était mené jusqu’au sevrage naturel.
En se sédentarisant, les mères et enfants ont vécu des séparations précoces (dues à l’augmentation du nombre de tâches pour entretenir l’élevage, les cultures ainsi que les villages). Cela a engendré des sevrages plus précoce et un retour de fécondité plus rapide.
Le taux de fécondités passa de 4-5 à 7 enfants (Jean-Pierre Bocquet-Appel, The Neolithic Demographic Transition and its Consequences, Springer, 2008, 544 p ). Il est probable que la hausse de la natalité ait causé une surmortalité infantile, faute de ressources alimentaires.
Selon les chercheurs  : « C’est la crise démographique due au trop grand nombre d’enfants qui a certainement conduit à l’adoption de ce nouveau moyen de production. Ce dernier a ensuite intensifié la sédentarisation, laquelle a augmenté encore la fécondité. Une sorte de processus qui s’est auto-alimenté.»

Ainsi, dès que les humains ont organisé leur vie de manière plus cadrée, les enfants étaient distancés des mères et pris en charge par les pairs ponctuellement. En outre, l’usage des laits animaux débutèrent 7500 ans avant notre époque grâce à l’élevage. Il est probable que rapidement, les laits animaux ait complété les rations alimentaires des bébés humains.

 

L’antiquité et les premières nourrices !

La société est bien ancrée et plusieurs millénaires ont forgé une organisation sociale codifiée.

On a retrouvé moult écrits de cette époque, dont le Code d’Hammourabi (Hammourabi fut roi de Babylone au XVIIIe siècle av. J.C.). Ce dernier régie les attitudes des nourrices et punit celles qui, pendant le temps de l’allaitement prévu au contrat et sans prévenir les parents, prennent un autre enfant pour remplacer l’enfant mort. Le châtiment est proche de la loi du Talion : un sein leur est enlevé.

L’antiquité a amené des conduites infanticides perçues comme normales. Le nouveaux -nés devaient « mériter » d’avoir des soins.
L’infanticide était une pratique répandue pour les enfants « illégitimes », non souhaités, ayant des infirmités ou étant faibles.
A la naissance, certains enfants sont « exposés » et doivent être autorisés à vivre (pour en savoir plus ) .
Les pères (le fameux Pater Familias) avaient droit de vie et de mort sur ses enfants, et ce, tout au long de la vie.

« La plupart des sociétés patriarcales antiques accordent presque toutes au père le droit de vie et de mort sur ses enfants ou celui de les vendre comme esclaves. Parmi les pratiques admises, les parents répugnant à tuer le nouveau-né l’exposent, coutume habituelle aussi bien en Grèce qu’à Rome. S’il survit, cet enfant peut être recueilli par un étranger, mais se retrouve alors voué à l’esclavage, à la prostitution ou à l’école des gladiateurs. » Source

C’est aussi grâce à cette liberté de choix de vie ou de mort que l’on retrouve des textes médicaux de Soranos, entre autres, proposant des recettes pour permettre aux femmes d’avorter si elles le souhaitaient. Source

Soranos, bien que prônant l’allaitement maternel, fut le premier à édicter des principes disant que les mères ne devaient pas allaiter les 20 premiers jours (pendant les lochies) car cela rendait le lait indigeste. Les bébés devaient également jeûner durant les 3 premiers jours, le temps que le lait devienne, à leur sens, plus consistant et que le méconium ait été éliminé. Les familles aisées se munissaient alors d’esclavages allaitant les enfants. Les nouveaux-nés furent ainsi nourris de miel, parfois un mélange de lait de chèvre et de miel, jusqu’à la purge du méconium et la montée laiteuse (qui devait être bien difficile en l’absence de stimulation).
Pendant des millénaires, le lait maternel fut considéré comme un produit de la matrice qui migrait vers les seins, devenant du sang blanchi. Cette aliment était considérée comme indispensable afin de « peaufiner » le développement du bébé. Une certaine logique de continuum entre la vie intra et extra-utérine resta présente à cette époque.

Concernant la durée de l’allaitement, Soranos préconise un sevrage à 6 mois et une diversification grâce à des bouillies et des panades.
La plupart de la population prémachait les aliments avant de les mettre en bouche des enfants. Soranas s’élevait comme cette pratique qu’il estime dangereuse pour les enfants.
Cependant, les écrits de Soranos sont en contradiction avec d’autres récits de la même époques. Par exemple, Rufus préconise un sevrage à 2 ans et Quintilien, 3 ans.

Un de plus grand enjeux de puériculture de l’époque est l’allaitement, qui est soit maternel soit mercenaire (c’est-à-dire, effectué par une nourrice rémunérée).
Philosophes et moralistes sont opposés à l’allaitement mercenaire. Plutarque et Aulu-Gelle laissèrent des témoignages clairs sur leur position. Ils mettent en évidence plusieurs bienfaits de l’allaitement maternel, parce que le lait transmettrait des traits de caractère, qu’il ne faudrait pas les emprunter à une nourrice.

Soranos, quant à lui, estima que l’allaitement mercenaire était nécessaire afin que les femmes « ne vieillissent pas avant l’âge » et que leurs seins demeurent beaux.

Il était nécessaire de bien choisir la nourrice et de lui imposer des règles strictes :

– Absence de rapport sexuel, qui gâterait le lait et pourrait engendrer une grossesse qui tarirait le lait ;

– Elle doit avoir entre 20 et 40 ans;

– Elle ne doit pas boire en excès ;

– Elle doit éviter la nourriture trop épicée ou salée ;

– Elle devrait être de la nationalité de l’enfant allaité.

Ces recommandations demeurèrent d’ailleurs identiques jusqu’à l’abolition des recours aux nourrices au début du siècle dernier. Cela démontre comme certaines coutumes sont persistantes.

Toutefois, ces critères avaient pour objectif de s’assurer la bonne santé des enfants.
Les philosophes de l’époque déplorent l’abandon des nouveaux-nés à des nourrices, surtout si elles sont négligemment désignées.

Il n’y a peu de trace d’allaitement artificiel à cette époque. Il est probable que ce soit du à la croyance de la transmission des valeurs physiques et morales via cet aliment. Il ne faudrait pas transmettre les attributs des animaux aux petits-humains…
Et c’est également pour cette raison que Soranos conseille le recours à plusieurs nourrices, de manière à équilibrer leurs apports respectifs.

Ensuite, il est interpellant de lire que parmi les écrits de Soranos, nous trouvons d’ores et déjà des conseils de puériculture précis, notamment concernant le soin, le couchage et le portage.
Il semble que dans l’antiquité en occident, il n’y avait pas de moyen de portage en tant que tel. L’usage du berceau était recommandé, par certains. Il fut seulement conseillé et constaté que les enfants se taisaient lorsqu’ils étaient bercés… et que cela faisait un bon exercice à la nourrice que de porter un petit de 3 ou 4 mois. Soranos rédigea également que les nourrices ne devaient pas partager leur couche avec les bébés. En plus de cela, il partagea que les pleurs des bébés leur permettait de renforcer leur souffle et les organes respiratoires.

Il est donc notable de remarquer que l’absence de maternage proximal était d’ores et déjà de mise dans certaines franges de la population de cette époque. Nous pouvons donc dire qu’il s’agit de mythes antiques !
Cela dit, il est indispensable de nuancer une chose : il s’agit là de mesures destinés aux citoyens les plus aisés. Cela concerne sûrement que 4 ou 5 % de la population.
La plupart des femmes allaitaient elles-mêmes leur enfant, tout en respectant probablement, certains préceptes qui leur étaient contemporains, comme le jeûne de 3 jours à la naissance et les restrictions alimentaires durant l’allaitement.
Au-delà de ça, il semble que les bébés passaient du temps dans les bras de leurs mères, étaient diversifiés bien après 6 mois grâce à des aliments prémâchés et étaient sevrés lors de l’apparition des dents.

Il est utile de rappeler qu’il y a une grande mortalité infantile, soit environ 1/4 des enfants durant leur première année. Les poussées dentaires constituaientt un facteur dans la mortalité.
En effet, même à l’époque actuelle, les enfants ont souvent des maux durant celles-ci (# teamOtite, chez moi) : problèmes ORL, diarrhées, érosions cutanées, fièvres et caractère maussade. Le problème est qu’à l’époque, c’est à ce moment-là que les enfants étaient sevrés… et qu’ils étaient alors plus susceptibles de contracter une toxicose (source).
C’est ainsi qu’Aulu-Gelle, un autre médecin du Iième siècle, évoque dans « Les Nuits attiques » conseille à chaque mère de nourrir elle-même son enfant. Il aborde le plaisir immédiat et des bienfaits à très long terme qu’elle en retirera, ainsi que des avantages indiscutables pour la santé de bébé (source)

L’antiquité occidentale se caractérise déjà par une volonté de mise à distance des enfants, et une modification du rapport à la corporalité.
A cette époque, il y eut de nombreux penseurs et philosophes qui ont marqué l’histoire. Le corps se devait être sain : « Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain.
Il y avait un grand sens de l’esthétique. Je ne l’ai pas abordé mais les soins prodigués aux nourrissons étaient mus par une volonté d’accroître et de potentialiser leur beauté.
De plus, le rapport à une corporalité plus « animale » fut rejetée. C’est sûrement ce qui explique pourquoi l’humain occidental s’est éloigné de pratiques ancestrales, pour entrer dans une fonctionnement qu’il estime civilisé et plus sécuritaire (en se fiant aux dires des médecins, mais aussi sous l’impulsion des philosophes et moralisateurs).

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Les manuels d’Histoire relate que 476 A. J-C sonne la fin de l’Antiquité avec la chute de l’Empire Romain d’Occident. Il semble, en toute logique, que les changements sociétaux ne peuvent pas être ancrés dans une même année… Il est dès lors préférable d’observer l’histoire ancienne comme un continuum de coutumes et de mœurs qui évoluent lentement.

Plusieurs facteurs seraient à l’origine de son déclin dont les invasions, les changements climatiques et autres troubles politiques majeurs.

Je ne vais pas retracer l’histoire du christianisme (voici un lien d’intérêt), mais simplement évoquer le fait qu’au IVème siècle, le christianisme devient une religion officielle et autorisée. Entre le Ier et le IVème siècle, la plupart des jalons sont posés pour les développements ultérieurs.
C’est également au IVème que les pères de famille n’ont plus droit de vie ou de mort sur leur progéniture. La vie devient sacrée, quelle qu’elle soit.

Les enfants sont accueillis et rapidement baptisés. La croyance voulait que les enfants n’avaient pas d’âme avant d’être baptisés. Or, comme la mortalité infantile était forte, il était indispensable que les enfants puissent mourir dotés d’une âme les menant au paradis.

Les religions sont connues pour réglementer la vie quotidienne. L’allaitement n’y échappe pas, et pour une fois : ce n’est pas mal pour les enfants !
En effet, il était préconisé de poursuivre l’allaitement maternel jusqu’au troisième Carême après la naissance. Le sevrage se situait aux alentours de 2,5 ans.
A la naissance, il est d’usage de pratiquer divers soins (plutôt invasifs ! Tu peux aller les consulter ici ) dont… celui de couper le frein de langue à l’aide d’un ongle (ne nous offusquons pas du manque d’hygiène…!).
Il est étonnant de constater qu’une loi fut édictée au sujet de l’allaitement: la loi de Borgathing. Elle codifia les attitudes par rapport à l’allaitement et les relations sexuelles entre époux. Des amendes sont mises en place, entre autres: si le mari souhaite que sa femme arrête l’allaitement et qu’elle refuse, elle doit payer 3 marks ; si les 2 époux ne prennent pas garde à ce délais, chacun devra payer 3 marks.
Plusieurs hypothèses ont été posées quant à ces règles dont celles retenues (mais encore discutées) sont : 1. que les femmes allaitantes sont exemptées de jeûn pendant le premier Carême de l’enfant ; 2. que l’Église souhaite imposer l’abstinence sexuelle aux femmes allaitantes.
Depuis dans l’antiquité, les croyances autour de l’allaitement persistent : le colostrum serait une substance stagnante de la génitrice et les nourrissons étaient purgés grâce à du vin sucré, de l’eau, du miel, du sirop de chicorée ou de l’huile d’amande douce, puis allaités par une autre femme en attendant que le lait de la mère soit prêt. Source
Une autre croyance tenace est que les relations sexuelles sont mauvaises pour le lait. N’oublions pas que jusqu’à la fin de XIXème siècle, comme évoquer précédemment, selon les connaissances de l’époque, le lait était le produit d’une « déalbation » : c’est le sang menstruel qui remonte dans les seins et qui est blanchi. Ensuite, les coïts peuvent « couper le lait », dans le cas où une nouvelle grossesse se mettrait en route (et ce n’est pas un mythe, c’est une des causes des sevrages induits. L’explication biologique d’Antan était drôlement mignonne, un médecin, le Dr. Dionis expliquait : « l’embryon installé au fond de la matrice pouvait sucer le sang et n’en laisser arriver plus une goutte aux mamelles».
En méconnaissance du fonctionnement des cycles féminins, il était cru que les rapports sexuels déclenchaient le retour des règles, ouvrant les possibilités d’une nouvelle grossesse.

Bonne nouvelle, nous ne sommes pas des chattes (l’ovulation est induite par l’accouplement : coup gagnant assuré! PS : Faites stériliser vos chat.te.s, vraiment…) !
Le Moyen-Âge est une période s’étalant sur un millénaire, si l’allaitement maternel est prescrit jusqu’au troisième Carême, certaines familles aisées ont recours à des nourrices qui doivent être choisies précautionneusement. D’autres certitudes antiques perdurent comme le fait que le lait transmettre le caractère, les vices et la beauté.

Au XIIème siècle, les recommandations de l’Église sont détournées dans certaines familles seigneuriales. L’allaitement est connu pour espacer les naissances. Or, dans ces familles, si de nombreux enfants étaient à naître, cela offrait la possibilité d’avoir de nombreux garçons… qui pourraient devenir Chevaliers !
Le placement en nourrice des nouveaux-nés était alors commun, afin de pouvoir concevoir rapidement un nouvel enfant.
C’est ainsi qu’à cette période se met en place l’industrie autour de l’allaitement mercenaire à Paris.

Un autre élément important est qu’au Moyen-Âge, les lits furent d’une largeur notable. Toute la famille, ainsi que des amis, des domestiques et autres personnes de passage étaient invités à partager la même couche. Un autre usage d’époque était qu’il fallait dormir la tête couverte… mais nu ! C’est le partage massif des lits qui rendit les étouffements des nourrissons plus fréquents… ou du moins, plus invoqués comme excuse aux morts des nouveaux-nés.
Il faut savoir que le lit était le meuble le plus important de l’habitation, à cette époque. Chez les plus pauvres, c’est l’endroit le plus confortable. Chez les plus nantis, il permet d’afficher son prestige : baldaquins, tentures variées, le matelas était composé un sac fait de lin rempli de plume et de duvet  ou de coton/laine pour l’été.

Il est aussi possible de constater que les lits furent courts. Les convictions moyenâgeuses veulent que le sommeil soit tenu dans une position semi-assise. La position allongée était réservée au mort. La position étendue aurait amené trop de sang à la tête, engendrant une mort dans le sommeil.

Toutes les contraintes présentées ci-avant laissent à penser que les mères partageaient volontiers le lit avec leurs nourrissons. Les conditions de couchage n’étant pas des plus sécuritaire, il est fort probable que de nombreux accidents survirent. Cela dit, cette proximité rendit l’allaitement plus aisé et expliquant pourquoi il était fréquent qu’il perdure sans mal jusqu’à 2,5 ans.

Après la naissance, les femmes jeunes accouchées étaientt considérées comme impures et vivent au lit pendant 40 jours. C’est le temps des « relevailles ». Cette période de repos intense permit la bonne mise en place de l’allaitement et des soins aux bébés. Être impure après la naissance, au Moyen-Âge, n’a pas eu que des inconvénients !
La mortalité infantile fut moins importante au Moyen-Âge que pendant d’autres périodes de l’histoire, notamment grâce à l’allaitement et à des pratiques de portage. Il y a d’ailleurs moult représentations de femmes allaitantes.

Cependant, l’Église se positionna en défaveur du partage du lit à d’autres personnes qu’aux époux. D’abord, pour prévenir les morts par étouffement des nourrissons, mais aussi parce qu’il fut estimé que la proximité physique, en étant nu, était immorale.
C’est ainsi que le berceau pris sa place à côté du nouveau sacro-saint lit conjugal. Et ce n’est même pas pour rire, car l’usage voulait qu’il fut béni au moment du mariage, protégeant des adultères (…) et promettant à ce couple une bonne fertilité.

C’est aussi sous l’impulsion de l’Église, qui considérait les enfants comme des être purs et naïfs, que naquirent les structures accueillant les enfants abandonnés ou orphelins.

Vers la fin du Moyen-Âge, les tours d’abandon sont crées, la plupart du temps au sein d’hôpitaux (hospices). Ces boîtes à bébés eurent pour ambition de permettre aux familles précaires de se défaire de leur nouveau-né, en lui souhaitant une vie meilleure.

Des structures s’établirent de manière à subvenir aux besoins des enfants. La plupart du temps, les orphelins accompagnaient les religieux, afin de récolter de quoi vivre. A l’époque, aucune institution ni aucune loi n’existe pour protéger les enfants.

Alors que l’allaitement maternel était une pratique recommandée par l’Église, il est possible de trouver des textes datant du XIVème siècle mettant en évidence qu’à Florence, le recours aux nourrices devint de plus en plus répandu dans la société.

Principalement dans les milieux bourgeois, cette mise en nourrice est accompagnée de l’écriture d’ouvrage de puériculture.

Ensuite, la pratique se propage également au milieu modeste.
Selon ce texte, pour une nourrice au domicile des parents, quatre emportent le nourrisson chez elle. La moitié des enfants sont envoyés chez des nourrices rurales, vivant à plus de 15 km des parents. Les nourrices recherchées étaient prioritairement celles dont le bébé était mort, et ayant accouchée depuis moins de 2 mois.
A cette époque, des traces sont claires dans le fait que les nourrices, à Florence, n’allaitent pas deux enfants à la fois. Soit la nourrice a sevré tôt son enfant soit il est mort… une dernière solution veut que la femme souhaitant devenir nourrice mette son propre enfant chez une autre nourrice, de moindre coût.
Il est aussi interpellant de constater que les nouveaux-nés filles sont plus souvent gardées par des nourrices extérieures, alors que les garçons sont plutôt confiés à des nourrices à domicile. La préférence des soins aux futurs héritiers est manifeste !

Il est incontestable que l’allaitement fut une affaire d’hommes, durant cette période encore.
Ces sont les époux qui gèrent et concluent les ajustements de salaires des nourrices. Il y a peu de textes faisans état de l’avis des femmes jeunes accouchées dans cette organisation sociale.

Un élément important eut lieu : l’Edit du roi Jean, en 1350. Il encadre la rétributions des nourrices et les conditions de travail.

Lorsqu’un nourrice emportait un nouveau-en chez elle, en campagne, il n’était pas d’usage que les parents viennent régulièrement visiter l’enfant.
C’est la nourrice qui faisait parfois le déplacement pour montrer l’enfant.
Un maternage encore plus distal que celui-ci est impossible !
Le taux de mortalité en nourrice augmente dramatiquement et cela pousse l’Église à mettre en place des campagnes de sensibilisation prônant l’allaitement.

« le placement en nourrice résulte d’une volonté de conserver son rôle social sans être « empêtrée » dans la disponibilité imposée par un allaitement non-écourté. »source


Les informations de l’Église n’eurent pas grand effet, comme le démontre le décours des siècles suivants.

 

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

A partir du XVème, le placement est plus organisé, grâce à la corporation des nourrices. Il semble que la désaffection des femmes pour l’allaitement soit si important que seules les pauvres nourrissent elles-mêmes leurs enfants (coup de chance, dans la précarité!).
Les philosophes du XVIIème s’insurgent contre cette pratique de mise en nourrices… pourtant soutenue par les médecins qui protestent : «le lait doit corriger l’influence exercée par la mère sur son enfant pendant la grossesse. Il est donc préférable de renoncer au lait maternel dès la naissance et de prendre une nourrice».

nourrice noire

Les critères esthétiques furent majeurs à nouveau, durant la Renaissance. L’allaitement était (et est toujours, à tort) réputé pour enlaidir la poitrine. En outre, le tabou sexuel et la nécessaire abstinence imposée durant l’allaitement eurent tôt faits de convaincre les maris d’organiser la mise en nourrice de leur progéniture. (Kinbiehler et Fouquet, 1980).

Une habitude mortifère eut cours du Moyen-âge au XVIIIème siècle : des compléments, sous forme de bouillies,furent recommandés afin de fortifier l’enfant, le lait maternel ou nourricier étant considéré comme insuffisant (Lett, Morel et Lefebvre, 2006). Or, les intestins du bébé ne sont pas prêts à recevoir de la nourriture avant 6 mois… La salubrité de l’eau étant parfois douteuse, de nombreux bébés moururent après des diarrhées causant de graves déshydratations.

Il y a bien moins de considération pour le devenir de l’enfant, tant que celui-ci n’est pas désiré et qu’il n’a pas dépassé le cap de son premier anniversaire (le risque de mortalité après un an est largement diminué).

Malgré tout, les textes de cette période divergent. Par exemple, le médecin du Roi, Laurent Joubert, exprima avec conviction que les mères devaient profiter du plaisir de nourrir leurs enfants et que lui-même transgressait l’interdit sexuel pendant l’allaitement.

Erasme, Cornelius et Ambroise Paré se positionnèrent également comme étant favorables à l’allaitement maternel.

S’il est sûrement encore répandu dans la plupart des couches de la population, sauf les aristocrates… Au fur et à mesure, les femmes de toute la société se séparent de leurs enfants si tôt nés, imitant les classes sociales supérieures.

 

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Au sein des milieux nobles, le statut de la femme était clairement régi : Elle ne s’occupe pas de l’éducation de ses enfants et les confie quelques jours après leur naissance.
Les moralistes et les médecins de cette époque ne tarirent pas de reproches pour ces femmes : elles privilégieraient les amusements, l’apparence, la parure au détriment du bien être de l’enfant. Il s’avère que les femmes de ce rang n’avaient pas un réel choix d’agir autrement …

Cela représentait les contraintes de la vie aristocratiques où la manière de marquer son rang est de se montrer en société. Ce détachement vis-à-vis des enfants, et donc de sa fonction maternelle, l’éloigne d’autant plus des aspects animaux de la physiologie : elle n’a pas à subir les nécessaires attouchements pour nourrir les enfants et être en contact avec leurs déchets. Une mère aristocrate donne la vie, c’est l’unique tâche noble ! L’élevage des enfants revient à une femme de classe inférieure, payée à cet effet. Notons d’ailleurs que le terme « élever » les enfants est substituer à celui d’ « éduquer » pour cette raison.

Bien que mis à distance des regards parentaux, il semble que les enfants ainsi placés ne souffrent pas de désamour… ou en tout cas, d’attentions louables. Des lettres tendres furent retrouvées, témoignant de l’affection parentale mais aussi de la confiance que l’enfant perpétue la lignée.
C’est une autre perspective de la parentalité, à n’en point douter.

Pour aller plus loin: Https://journals.openedition.org/ccrh/2909

Et si les femmes souhaitaient allaiter… ?

Très simplement, la transmission générationnelle que c’est impossible prend le pas sur le désir individuel maternel. Il est d’ailleurs possible de retrouver des propos similaires à l’heure actuelle : « Dans la famille, nous n’avons pas de lait / notre lait n’est pas bon ! »

Les femmes se séparèrent de leur enfant, car le lait de la nourrice fut perçu comme plus riche et plus abondant, contrairement au leur.
Cette coutume se perpétuant depuis quelques générations, les jeunes accouchées étaient fortement influencées dans leurs actes.

l’impact du non-allaitement dans la mise en place d’un maternage distal.
Le rôle social des femmes aisées qui sont, depuis toujours, imitées par les classes inférieures, sauf par les « paysannes » n’ayant vraiment pas d’autre possibilité que d’allaiter elles-mêmes.

Les croyances de siècles, voire millénaires, précédents se perpétuent… et entravent la tenue de l’allaitement. D’autres règles s’ajoutent pour celles qui allaitent : des restrictions alimentaires spécifiques, activité physique moindre, la prétendue fatigue excessive et les risques pour la santé de la femme allaitantes (décalcification, perte des dents, …).

L’organisation du travail des femmes est un facteur prépondérant également : alors que les africaines et les esquimaudes gardent sur elles lafin de s’affairer sans s’éloigner des enfants, les européennes les laissent ou ne les porte que dans leur bras.
La tradition du portage est tenue loin des coutumes européennes, puisque assimilée aux peuples primitifs dont l’occident veut s’éloigner à tout prix à cause de leur prétendue animalité.
L’éloignement des bébés, l’absence de soin continu, les horaires imposés engendrent un taux de mortalité important.

Un autre problème est majeur, jusqu’à nos jours : la notion de propreté.
Nous l’oublions rapidement, mais pendant plusieurs mois, lorsqu’on allaite d’un sein, l’autre coule également.
C’est une réalité qui n’est que rarement mentionnée et jamais représentée.
Or, jusqu’à l’arrivée du lave-linge : la corvée de linge était un fait. Les nourrices était appelées « Nourrice mouillée » en opposition aux « nourrices sèches » qui prennent en charge les enfants sans les allaiter.
Ne pas allaiter, c’est donc rester propre et nette.
Nourrir, c’est se salir, alors qu’un enfant est déjà perçu comme une souillure constante (forcément, puisque la tradition prévoyait des emmaillotages serrés… où les enfants n’étaient pas changés fréquemment. L’urine était même considérée comme un antiseptique, potentiel remède pour les plaies. Les langes étaient parfois juste séchés avant d’être remis aux bébés. Heureusement, cette perception a changé à partir du XVIIIème).
L’allaitement peut être perçu comme une pratique impossible pour des femmes qui peuvent se changer beaucoup (ce qui est le cas, à notre époque, pour la plupart).
De plus, pendant longtemps, les corsets ont été à la mode.
Allaiter est impossible avec un corset.
Allaiter, c’est donc aussi transiger aussi sur l’élégance ! Or, la mode française (et surtout parisienne) est reconnue et la plupart des femmes y tiennent énormément !
N’oublions pas que le statuts des femmes n’est pas identique à celui d’aujourd’hui… Elles avaient bien peu de droits et de libertés individuelles.

Ensuite, il y avait aussi la crainte des complications (crevasses, abcès, mastite, engorgement, …) qui sont fort douloureuses et, auparavant, mal connues et donc mal prises en charge.
Des nombreuses histoires sordides forgent l’opinion populaire : le lait pourrait engendrer des ravages dans divers endroits du corps, en cas de rétention, en causant des tumeurs malignes.

L’allaitement est ainsi compliqué et les désagréments ne sont pas contre-balancés par le plaisir amené par le lien affectif mère-enfant. D’ailleurs en vertu de l’éthique religieuse, tout plaisir est proscrit voire condamnable.

Comme depuis plusieurs siècles, l’interdit des rapports sexuels pendant l’allaitement se poursuivit à cette époque. Nul besoin de préciser que le consentement et le désir féminin n’étaient gère questionnés. L’époux pouvait à nouveau « approcher » sa femme après 40 jours.
Les nourrices sont surveillées afin de s’assurer de leur abstinence. La mère pourrait nourrir et ne pas reprendre ses activités sexuelles, mais elle est alors responsable du risque d’adultère… !
Elle préfère alors mettre son enfant en nourrice et se prêter aux désirs de son époux. Et si elle souhaite nourrir elle-même son enfant, elle devait, bien sûr,demander l’autorisation à son mari.

Le style de maternage continue d’être distal au XIXème siècle. Les émotions des mères bourgeoises et la pollution de la ville furent estimées néfastes pour la santé des nourrissons. Il était alors préférable d’envoyer le bébé chez une nourrice dans un milieu campagnard. source

Malheureusement, la mortalité infantile atteignit des sommets !
Alors qu’il est de 17,9 % pour l’ensemble de la France (ce qui n’est quand même pas rien… près d’1/5 des enfants n’arrivent pas à un an !), il culmine à 71 % pour Paris où les enfants sont envoyés en nourrices.

 

La France est considérée comme un pays malthusien et où il y a un vrai « rejet de l’enfant » https://journals.openedition.org/transtexts/613
Certains médecins virent l’industrie des nourrices mercenaires comme une organisation d’infanticides et évoquent suggérèrent même le fait que certaines nourrices soient choisies pour leurs réputations mortifères.
C’est ainsi qu’un texte de loi vint régenter cela : la Loi Roussel.
« Cette loi illustre l’intérêt porté par le pouvoir à la petite enfance et à travers elle à l’allaitement maternel. Cependant, il faut évoquer, un précédant, la loi du 5 mai 1869 qui a pour but d’indemniser l’allaitement maternel afin d’éviter que des filles­mères ou des femmes mariées pauvres abandonnent leurs enfants. Il s’agit d’une allocation mensuelle versée jusqu’aux trois ans de l’enfant. »

Il est tout de même important de relativiser les chiffres : la plupart de ceux que nous possédons sont issus des familles aristocrates ou bourgeoises.
Au XVIII et XIXème siècle, le placement en nourrice concernait 10 % de la population.
Le problème est que le soin aux enfants est souvent influencé par les élites. Les familles moins aisées tentent d’adopter des codes similaires, ou décident simplement de s’occuper de leurs affaires tout en laissant les nourrissons livrés à eux-mêmes durant de plusieurs heures. C’est ainsi que des millier de bébés, placés à proximité du feu, périrent brûlés, étouffés par la fumée ou encore dévorés par des animaux (un cochon ou un chien affamé ne fera pas grand cas d’un nouveau-né vagissant…).

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! »

Conséquences des collectivités

Si les écrits sur l’enfance et des précis de puériculture ont toujours été commis, la capacité de les obtenir et leur nombre explosa au XXème siècle. Ces livres et ces croyances, promues aux rangs de connaissances, se disséminèrent avec une redoutable efficacité en Occident.
Et d’où provenait les nombreuses règles de vie ?
D’observations et de la gestion de collectivité, principalement !

Bien sûr, il fut heureux que le système de prise en charge des enfants abandonnés ou orphelins s’améliora avec le temps.
Mais la condition du collectivité et le manque d’investissement émotionnel auprès des enfants rendent la gestion de ceux-ci complexe.
Les structures de garde journalière émergèrent au XIXème siècle pour que les parents pauvres puissent travailler, répondant docilement à l’élaboration d’un capitalisme industriel. C’est principalement l’hygiénisme et la médicalisation des soins qui prend le pas sur l’organisation des journées dans ces lieux de d’accueil. Ce n’est que bien des décennies plus tard que les aspects psychologiques et pédagogiques modifièrent progressivement le rapport aux enfants au sein des structures collectives (d’ailleurs, il y a encore du travail pour améliorer cela dans toutes les structures!).
C’est ainsi que le XXème fut le théâtre d’expériences plus ou moins invasives sur les méthodes pour, au mieux conditionner, au pire dresser les petits d’humains.

 

Toujours est-il que de ces connaissances d’une vie « bien organisée », furent tirés des ouvrages dictant les principes à appliquer au quotidien, chez soi, avec ses propres enfants.
Un exemple tiré de cet article : « En même temps, le biberon, si longtemps mortifère, est réhabilité par les rites de l’

 

antisepsie. Les hommes de l’art trouvent là de nouveaux moyens d’investigation : ils peuvent étudier la quantité et la qualité de lait dont un enfant a besoin aux différents âges, ainsi que la meilleure répartition de ses repas ; ils mettent au point les règles de l’allaitement artificiel et s’évertuent à les inculquer à toutes les éleveuses. La nourrice change de rôle. Auparavant sa qualification dépendait surtout de sa fécondité : il fallait qu’elle enfante pour avoir du lait. Le biberon supprime l’investissement corporel. La nourrice, même si on lui conserve ce nom, se transforme en gardienne. »

Spoiler : ça n’a aidé personne, ni enfants ni parents d’être mis à distance et de quantifier frénétiquement le volume ingurgité par les bébés ou les enfants, une fois diversifiés.

Souvent couvert (pseudo) scientifique, des mesures spécifiques ont été énoncées et considérées comme un usage des bonnes pratiques : diète pour le nouveau-né de 24/48h, tétée à heures fixes, espacement volontaire, diversification précoce, mise en garde excessive vis-à-vis du cododo, …
Toutes ces règles furent (et restent) des ennemies de l’allaitement (je le précise dans cet article : « Les freins à l’allaitement, faisons les sauter ! »).

Ensuite, il y a eu le recours aux pouponnières : les bébés étaient volontairement tenus à l’écart des mères jeunes accouchées. Ces dernières devaient se reposer et les enfants étaient alors nourris à l’eau sucré, au biberon ou grâce à des tétées à heure fixe …
Ces attitudes eurent des conséquences désastreuses sur l’allaitement mais également sur le lien d’attachement mère-bébé.
Il est facile d’estimer combien les bébés ainsi traités devaient être en détresse, tiraillés par la faim et laisser à la surveillance d’inconnues, brisant toute mise en pratique d’un continuum entre sa vie fœtale et aérienne.

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– Les bonnes manières, dès la naissance

La distance imposée dès la maternité devait, toujours selon les manuels de puériculture, se maintenir par la suite.
Il ne fallait en aucun cas que les bébés soient bercés trop longtemps ni trop fréquemment, au risque d’en gâcher le caractère, de les habituer au contact et de les rendre dépendants (…).
C’est ainsi que l’on retrouve des ouvrages, d’il y a à peine 50 ans, énonçant des règles de tétées toutes les 4h, minutées et le conseil de laisser pleurer les enfants (sans que cela ne cause de douleur, aux dires des médecins ! Fallait-il le préciser, afin de rendre la chose supportable aux jeunes parents!). Ces enfants, comme d’ailleurs la plupart des tout-petits, pleuraient simplement de faim (c’est d’ailleurs encore le cas, selon Claude Didier-Jeanjouveau dans son livre « Bébé ne pleure plus »).
Cela vaut aussi pour la nuit : il fallait habituer les enfants à ne plus être nourri la nuit. Sinon, ce ne sont que des caprices, toujours aux dires des spécialistes.
Tu sais quoi ?
Moi-même, j’ai eu ces remarques en 2018 : à partir d’un certain poids, ils peuvent « passer la nuit » !
J’attends encore les fondements de cette allégation. A 31 ans, je bois toutes les nuits et je me réveille pour uriner. Je fais donc, sur critères « « médicaux » » des caprices  et je ne fais pas mes nuits.

 

– « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? »

L’avènement des préparations commerciales pour nourrissons (PCN ou Lait Artificiel pour être consensuelle)acheva de piétiner l’allaitement (et donc de la proximité physique intense avec les bébés) : dès 1872, Henri Nestlé a proposé une préparation à base de lait de vache, de sucre et de farine de blé.
Dès 1900, on dénombre des campagnes de publicité et d’informations, relayées par les médecins, concernant les conduites de l’accouchement, de la maternité et de l’allaitement…
Le biberon serait ainsi le meilleur et le plus hygiénique (puisque le lait utilisé était pasteurisé) !
Les publicités montraient des bébés ronds, l’air heureux et les mères soulagées de « ce fardeau » perçu que serait l’allaitement.

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Ingrédients d’une PCN

Les guerres mondiales se passent et viennent ensuite les surproductions de lait, qui doivent bien être écoulées : c’est ainsi que naquirent les conseils nutritionnels prônant la consommation d’au moins 3 produits laitiers/jour ainsi que le marketing autour des PCN.
Il faut admettre que c’est un juteux commerce : convaincre les femmes que les PCN sont meilleurs pour les bébés et ainsi contraindre les parents d’acheter un produit pendant 3 ans. La fidélité d’achat est ainsi au rendez-vous !

 

– Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

Par après, les mouvements féminismes ont pris en grippe l’allaitement. Le biberon fut considéré comme libérateur !
Et c’est encore un argument dont se prévalent certaines personnes : les mères ne sont plus obligées d’être dédiées aux soins du bébé, qui peuvent être délégués à un tiers. Surtout, cela permettait de mettre en exergue que les femmes peuvent être l’égale des hommes et arguer que les contraintes issues de la physiologie femelle ne sont pas déterminantes.
La mère n’est plus indispensable et elle peut penser à elle, œuvrer à son autonomie… et à sa carrière !

Elisabeth Badinter et Simone de Beauvoir ont théorisé cela, éloignant la mère de ses enfant, sous prétexte que la société restera sexiste si elle n’adopte pas cette attitude.
Par exemple, un ouvrage des ouvrages qui y est entièrement : « Le conflit : la femme et la mère » d’E. Badinter.

Pour ces féministes de la seconde partie du XXème siècle, la maternité et l’allaitement sont des formes d’esclavage. Le biberon serait la suite logique après les luttes pour la contraception et l’avortement.
Dans les années 70, il y avait une sorte d’injonctions sociales d’interdiction au maternage. Les enfants étaient volontairement distancés de leurs mères prématurément, le développement de l’autonomie des touts-petits semblait une priorité et les attitudes empathiques étaient jugées négativement. L’allaitement était impossible pour une femme moderne !
Puis, il y eut d’autres courants, dont l’un usa du terme « fémellité » prônant l’allaitement, les conceptions physiologiques de la naissance et du rapport aux enfants, incluant toute la puissance du féminin, que l’on doit à Colette Chiland.

Bien que ces mots peuvent sembler acerbes envers les courants féministes de cette époque, il faut comprendre que le contexte est indissociable des faits (comme dans chaque situation!).
Avant ces revendications, les femmes n’avaient pas de réel choix. Elles étaient femmes au foyer, sans liberté d’action, obligées d’assumer ce rôle de mère dévouée à sa famille.
Les luttes féministes et la distanciation par rapport au statut familial furent indispensables pour parvenir à un ajustement équitable… Que nous cherchons toujours, mais qui s’est déjà largement modifié.

 

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

La proximité engendrée par l’allaitement rencontre les besoins du bébé. Cela lui permet de se nourrir mais aussi d’être réconforté.

En l’absence des seins maternels, les enfants doivent trouver un objet de substitution… parfois difficilement ! C’est ainsi que dans la panoplie classique du bébé occidental, il y a une tétine, un biberon, un goupillon et un objet transitionnel, plus fréquemment appelé « doudou ».
Il est alors conseillé aux femmes de ne pas allaiter, ou de sevrer leur enfants, afin de faciliter leur garde. Cela vaut aussi pour le portage, comme je l’évoque dans mon article « tu vas en faire un bébé-bras ».

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Malgré toutes les recherches en neurosciences affectives, mais aussi en psychologie clinique et développementale, ces croyances sont enracinées fermement et peuplent toujours l’imaginaire collectif occidental.

L’influence du système social est déterminant dans le rapport aux enfants.
En France et en Belgique, le congé de maternité dure de 9 (!) à 15 semaines. Les enfants sont ainsi censés être séparés de leur mère très jeunes.
La poursuite de l’allaitement, bien qu’encadrée par des textes de loi, est empêchée dans certains cas (éducation nationale, HoReCa, milieu hospitalier, …).
Ces séparations précoces ont des impacts non négligeables sur les liens mères-enfants et dans la santé mentale tant des enfants que des parents. Margot Sunderland considère d’ailleurs que toute séparation avant 12 mois est prématurée, et donc nocives pour les bébés. Cela génère un stress majeur chez les enfants qui doivent composés avec une personnes qui n’est plus en mesure de leur accorder toute l’attention qui leur est nécessaire : une personne pour 5 enfants n’est, malheureusement, pas en mesure de pratiquer un maternage proximal avec tous (puisqu’ils sont tous très jeunes et avec des besoins intenses).
Ce mode de vie implique du stress pour les tout-petits, qu’ils déchargeront ensuite auprès de leurs parents : pleurs intenses, nuits sans sommeil, …
Cela complique largement le quotidien parental et les affects développés envers les enfants.

Il est édifiant de voir à quel point les systèmes sociaux des pays nordiques, permettant de rester 9 ou 12 mois avec son bébé, offrent ainsi la possibilité d’un équilibre famille-travail. La conduite d’un allaitement non-écourté est d’ailleurs plus fréquente, tout comme les pratiques de parentage proximal.

« Selon le professeur Ted Greiner, éminent spécialiste de politiques publiques relatives à l’allaitement, les sociétés qui sont parvenues à renouer le plus efficacement avec l’allaitement, comme la Suède par exemple, sont celles qui ont mis l’accent sur les stratégies de protection et de soutien plutôt que sur les stratégies de promotion. On protège et on soutient l’allaitement au moyen de longs congés de maternité, de retours progressifs au travail, de mesures de conciliation travail et famille et en formant les professionnels de la santé et les bénévoles qui offrent leur aide aux mères qui allaitent. » source

 

– La Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : la survalorisation de l’autonomie du tout-petit.

On l’entend souvent : le maternage proximal ralentirait l’autonomie des enfants, qu’il s’agit de surprotection, qu’on ne veut pas « couper le cordon ».
A croire que le maternage proximal déboucherait ensuite sur des parents envahissant (le mal nommé « parent hélicoptère »), ne laissant aucune décision à leur enfant, les étouffant littéralement… et ce, tout au long de leur existence !
C’est vrai que des parentalités toxiques existent. Mais elle n’a aucun lien direct avec le parentage proximal qui écoute des besoins des enfants et suit leur développement de manière attentive.

Un amalgame grossier est commis entre la pratique d’un parentage proximal et un exercice de toute-puissance parentale.
Certains (* Wink * * Wink * Rufo, par exemple, et d’autres professionnel.le.s malheureusement souvent influencé.e.s par les théories psychanalytiques mal interprétées. Point Godwin : Comme l’interprétation de Nietzsche par Hitler ) vont alors estimer que la simple pratique du parentage proximal est symptomatique d’une parentalité toxique.
Haro est jeté sur l’allaitement non-écourté (dit long…), la proximité physique, l’empathie, le cododo, le choix de rester au foyer sans confier ses enfants ou encore de choisir de les instruire soi-même, en IEF.

J’attends encore les fondements de ces reproches… Mais je pense qu’on va pouvoir arrêter de prêter attention à leu dogmatisme, et se fier aux récentes études qui démontrent que le parentage proximal, l’allaitement non-écourté et à la demande, le cododo et l’accompagnement bienveillant sont les pratiques les plus favorables au développement optimal du petit d’humain.
Et scoop : la nature avait bien fait les choses, en matière de physiologie de la reproduction et de la persistance de l’espèce, au cas où l’on en doutait (mais oui, l’humain en doute depuis toujours, cherchant toujours à se distancer de sa condition animale!).

Mais voilà, il y a des articles qui font frémir les mères (eh oui ! C’est souvent « la faute de la mère, hein ! »…) sur les ravages que peut créer cette proximité !
En France/Belgique, la proximité intense est tolérée pendant la durée du congé maternité (soit environ 3 ou 4 mois), mais ensuite, il ne faudrait pas exagérer…
Il semble indispensable de « retrouver son rôle de femme et non seulement être mère ! ».
Tiens… ça ne vous rappelle pas les injonctions qui datent de l’antiquité, que j’ai évoquées plus haut ?
Bref, il FAUDRAIT se détacher : « Ça sera bien pour lui/elle comme pour toi ! », « Il n’y a pas le choix, de toute façon ! », « Votre enfant voit régulièrement des enfants ? » (question favorite du pédiatre à une maman solo isolée, aka Moi).
Dans l’inconscient collectif, la séparation n’est pas précoce, elle est normale et bénéfique.

Eh bien… non ! Remercions Margot Sunderland d’avoir rédigé un chapitre entier dédié aux séparations qu’elle décrit comme précoce avant 12 mois dans son livre « La science de l’enfant heureux ».

 

– La science au service de la consommation ?

Le fait est que le XXème et le XXIème siècle sont régis par les sciences, de tous ordres. Les méthodes sont empruntes de plus de déontologie (souvent, et de plus en plus fréquemment… Même si les industriels s’affairent à cacher ce qui ternit leur image de marque) et les outils d’analyse de données s’affinent encore et toujours.
N’oublions tout de même pas qu’à chaque époque, certaines vérités ont été contredites car le prisme de la connaissance est orienté, tout comme ce qu’il est possible de voir et d’interpréter.

Une métaphore est fort utile pour percevoir ce qu’est la recherche : il suffit d’imaginer une recherche dans le noir grâce à une lampe torche. L’éclairage n’est fait que zone par zone.

Le problème est que la recherche scientifique demande de gros moyens. Aussi passionnants soit les processus de recherche, tout travail mérite salaire.
Or, depuis quelques générations, il est bien d’usage que les industriels de tous les secteurs finances la recherche sur leurs produits.
Si cela semble logique dans l’industrie pharmaceutique, il est nécessaire de rappeler les initiatives scientifiques des producteurs de tabacs ou des alcooliers. Il y a eu (et se produit toujours) des dissimulations d’informations … comme les risques de cancer liés au tabagisme.

A une époque antérieure, les publicités vantaient les mérites du tabac, comme tu peux aller le voir sur cette page.

Quel rapport avec le maternage ?
Il s’avère que les pratiques de parentage proximal ne rapportent rien à personnes, ou presque.
L’allaitement maternel fait vendre un peu de matériel (tire-lait, coussinets d’allaitement, tisanes, …). Presque tout le reste gagne à être éviter afin de ne pas écourter l’allaitement (avec les recommandations que j’évoque dans cet articles), il n’y a RIEN à acheter. Au mieux, de la lanoline et du Mepitel pour les débuts et un tire-lait manuel, qui dépanne en cas d’engorgement (ou pour faire des crêpes. #truestory).

Malgré tout, tu pourras voir milles et un gadgets « pro-allaitement » : les biberons imitant le sein, les tétines spéciales, les préparations commerciales pour nourrissons (PCN) « relais allaitement », les PCN « au plus près du lait maternel », …

C’est vrai qu’on peut trouver moult possibilités de portage physiologique et d’écharpe de portage (et là, clairement le marché tourne bien). Mais il n’y a aucune conséquence néfaste pour les bébés. Mais cela demeurera toujours moins onéreux que les poussettes trio, de grandes marques automobiles ou de sport.
De même, il est possible de trouver des lits de cododo, qui se fixe au lit parental. Mais d’autres systèmes D sont possibles et tout aussi efficaces.

Dans les faits, les familles pratiquant le parentage proximal (et ce qui va avec telles que la motricité libre, la Diversification Menée par l’Enfant, l’hygiène naturelle infantile, la bienveillance, etc.) ne sont pas les plus grandes consommatrices. Dans ces conditions-là, nul besoin d’acheter une chaise maintenant l’enfant assis, des mobiles colorés musicaux, un cales-bébés, un cales-tête (à fuir !), couffin, des biberons aux multiples tétines, des boîtes de PCN, des couches jetables ou encore des petits pots préparés.
Cela ne fait pas les affaires des industriels…

Alors, ils doivent bien trouver des arguments pour vendre leurs produits : faire des recherches scientifiques mettant en évidence dans leurs résultats que leurs produits permettraient un meilleur développement des enfants !

Quelle aubaine de jouer sur les doutes, la culpabilité et le confort des parents, au mépris même des besoins des enfants.

 

C’est comme ça que surgissent des informations telles que :
– les recommandations de diversification dès 4 mois, par des petits pots ;

– l’utilisation des PCN ;

– Les couches jetables, et la diffusion de leur usage dans des cultures qui ne les utilisaient pas ;

– La croyance que les PCN peuvent égaler voire surpasser le lait maternel;

– Les coussins anti-tête plate (vraiment, à fuir!) ;
– …

 

Ce que je souhaite communiquer par ces exemples est qu’il est indispensable de prêter attention aux personnes qui diligentes les études scientifiques.
Dès qu’il s’agit de mettre en avant l’usage de tel ou l’autre produit, au détriment des simples actes de maternage proximal… ça sent l’industriel qui veut capitaliser sur tes doutes parentaux !
Fort heureusement, aujourd’hui, de plus en plus de ponts sont faits entre les différentes disciplines scientifiques.

Il est fascinant, et enthousiasmant (en tout cas, moi, je saute sur ma chaise de contentement dès que je lis des news qui se rassemblent) de constater que toutes les études convergent dans un sens similaires : la prise en compte holistique de l’individu permet une meilleure prise en charge.
Cela implique que les dynamiques pluridisciplinaires représentent les nouvelles normes, ou qu’elles sont en passe de le devenir.

Dès la naissance, les enfants ont besoin de contact physique intense. Ils en ont besoin pour se sentir bien physiquement et émotionnellement, comme c’est largement prouvé dans le cadre du Kangaroo-Mother Care. En outre, cela permet aux bébés de poursuivre leur colonisation bactérienne, indispensable à la mise en place de leur microbiote.
Ce dernier est reconnu pour ses implications au niveau de la santé… et les découvertes à son sujet sont toujours plus surprenantes : impact sur les maladies digestives chroniques, les allergies, les troubles de l’humeur et même les troubles du spectre de l’autisme.
La naissance par voie basse, le peau-à-peau et l’allaitement sont des facteurs indispensables à la croissance d’une microbiote sain et capable de favoriser la bonne santé.

Il en va de même dans les recherches par rapport aux attitudes sociales et comportementales : la préservation des liens mère-enfant, l’accompagnement bienveillant, les pédagogies alternatives, les pratiques méditatives (dans lesquelles j’inclue le yoga et la Pleine Conscience) , etc., sont tant de facteurs qui offrent la possibilité aux enfants de se développer de manière harmonieuse avec de moindre manifestation violente.

 

– Les représentations culturelles de la proximité mère-enfant

La médiatisation des cas de parentalité pathologique mettent en évidence les situations problématique… en pointant toujours ce qui est relatif au parentage proximal : un bébé meurt dans le lit de ses parents, c’est la faute du cododo ; un enfant meurt de déshydratation, c’est parce qu’ils étaient allaités et que les parents ne donnaient pas de complément, …

Ensuite, les films n’aident pas à la diffusion d’une image neutre vis-à-vis du parentage proximal.
J’ai cliqué sur un téléfilm : « La fille d’une autre ».
Synopsis grossier et spoiler alert : un femme met au monde un enfant mort-né. Elle a déjà fait de nombreuses fausses couches et est désespérée face à la perte de cet enfant. Elle voit s’envoler la possibilité d’être mère.
Dans le même espace temps, une jeune femme, en situation précaire, accouche et souhaite faire adopter son enfant. Après un refus d’avoir l’enfant contre elle à la naissance, elle décide de la voir un peu avant de la confier à l’adoption. Elle regarde sa fille et s’endort sur son lit, porte ouverte.
A cet instant, la mamange endeuillée voit cette scène et décide d’emporter l’enfant promise à l’adoption.
Durant les jours suivants, elle s’en occupe, la cajole, l’allaite, bref, à fond dans le maternage proximal. Mais elle reste recluse, présentant l’enfant comme la sienne à sa mère. Elle se démontre possessive « maladive ».
La police se rend finalement compte que c’est elle qui détient l’enfant.
Cette petite est rendue à sa mère (qui a finalement changé d’avis sur l’adoption), et qui, clairement n’a pas un style de maternage similaire. Totalement instable et précaire, mais elle est présentée comme la maman sympa et plutôt normale vs « l’hyper-mère » possessive et trop maternante, qui cherche année après année à voir grandir cette enfant.

Cela implante de l’inconscient collectif que le maternage proximal n’est pratiqué que par deux styles de mère :
– Les mères en situation pathologiques qui cherchent à réparer quelque chose quitte à envahir leurs enfants ;

– Les mères « parfaites » influencées et se conformant à la nouvelle mode du parentage proximal, (j’explique là, en quoi ce n’est pas une mode) véhiculé à grand bruit sur les réseaux sociaux.
Alors oui, incontestablement, la culture ambiante influence le style de parentage.
Je me suis d’ailleurs questionnée sur les raisons de l’Occident à vouloir se distancer des enfants dès l’antiquité, comme je l’ai évoqué précédemment.
Quelles sont les facteurs qui ont modifié le rapport aux enfants ?
En premier lieu, et comme expliqué au début de ce dossier, la sédentarisation de l’être humain a engendré une hausse de natalité. En n’étant plus nomade, les bébés n’étaient plus forcément portés et « au corps à corps » de nombreuses heures par jour.
Les ressources alimentaires étaient plus vastes et le sevrage survenait plus tôt. C’est aussi au néolithique que l’on retrouve la première trace de consommation de produit laitier, par l’humain, en dehors de la petite enfance.
L’arrêt de l’allaitement exclusif prématuré engendre que les cycles féminins reprennent plus rapidement… pouvant déboucher sur des grossesses (davantage) rapprochées.

Mais qu’est-ce qui explique que les peuples « primitifs » ou Premiers, ainsi que bon nombre de coutumes culturelles, ailleurs qu’en Occident, favorisent le maternage ?
Je ne suis pas historienne, je n’ai pas de connaissances anthropologiques si vastes… Mais il semble qu’un point commun des cultures abondant dans un optique de maternage proximal soit une société communautariste (vs. Individualiste, en Occident).
Les mères sont rarement isolées avec leurs enfants, la famille est élargie.
En outre, la plupart de ces sociétés conservent de forts liens avec leur patrimoine traditionnel tant au niveau de la culture qu’au niveau spirituel.

En Occident, très tôt, la médecine et les religions se sont imposées afin de codifier la vie quotidienne.
Les connaissances ancestrales se sont perdues, notamment par le biais des évènements comme les chasses aux sorcières. Il faut se rappeler que la sorcellerie fut invoquée lorsque les femmes étaient capables de soigner/guérir par des remèdes traditionnellement appris de mère en fille, des croyances peu répandues et surtout, différentes de la majorité. De plus, le contexte social explique bon nombre d’attitudes : dans chaque crise sociale, les décideurs politiques parviennent à focaliser le problème sur une frange de la population (ici, les sorcières, mais pensons – deuxième point Godwin – aux juifs à partir de 1933, et maintenant, aux « immigrés »). L’Histoire a toujours démontré combien c’est inutile et nocif pour la société… Mais il semble que cela fasse encore mouche comme « arguments » de troubles socials.

Ensuite, historiquement, l’Occident, sur base de recherches « scientifiques » (pensons à la phrénologie, aux saignées et à la théorie des humeurs, et bien d’autres encore) a délaissé les connaissances des plantes et des savoirs transmis oralement.
De plus, l’organisation sociale a éclaté les familles, ne permettant plus aux femmes d’avoir accès à un soutien important. C’est ainsi que naquis le schéma de la famille nucléaire : une cellule étroite composée uniquement des parents et des enfants.
Il n’est pas nécessaire de blâmer l’individualisme comme grand fautif de nos actuelles difficultés, dont celles parentales. Il existe d’ailleurs de nombreux courants de recherche sur le sujet. Je serai bien mal aisée de croire que j’en saisis toutes les nuances (en vrai, cet article pourrait être l’objet d’une thèse doctorale, tellement le sujet comprend de moult facettes à investiguer). Voici un article qui aborde l’individualisme, en ne cherchant pas à l’opposer totalement à l’holisme. Voici un autre article qui aborde l’histoire de la notion d’individualisme.

Ces constats sur notre fonctionnement sociétal, qui perdure depuis des millénaires, impactent forcément notre rapport aux enfants. Les connaissances acquises de notre vivant nous aide à agir différemment, mais les traces culturelles persistent.
La position de la médecine, les pressions socioculturelles véhiculées par les générations précédentes, le manque de soutien émanant de l’architecture de la société, et j’en passe, ont encore des implications claires sur la manière de manœuvrer dans la parentalité.

MAIS, la société de communication est telle que nous avons les informations. Il ne manque « plus que » les ressources pour mettre en place ce qui est connu.
Et c’est à ce niveau que cela pêche encore largement !

Les campagnes de prévention et d’informations sont incontestablement utiles… Mais elles n’ont que peu de poids face aux obligations imposées par la société : retour au travail précoce, niveau de vie difficile à maintenir avec un seul revenu, législation médiocrement appliquée face à l’allaitement et à la flexibilité des jeunes parents, manque d’accès aux formations avec des enfants, …
Nous sommes dans une société où les enfants sont calfeutrés afin que les adultes puissent vivre sans eux. La question n’est presque jamais de trouver des solutions pour les inclure à la vie, mais plutôt de se questionner sur une manière de vivre sans qu’ils soient une contrainte à l’ « Expérience ».
Les initiatives childfriendly sont applaudies, mais ne rencontrent pas forcément énormément de succès. Cela reste donc exceptionnel et difficilement accessible.
Alors, la solution est de miser sur le numérique et de vivre, s’informer, communiquer, se distraire, par écrans interposés. Si c’est éminemment utile (Coucou ! D’ailleurs ce blog est là pour ça!), il y a une perte d’expérience vivante et unique. Nous, humains, tentons de combler le manque de rapports sociaux grâce à une vie numérique. C’est louable pour nos santés mentales… Mais cela ne devrait pas être considéré comme suffisant !
Il faudrait IMPOSER les enfants dans les activités que l’on veut faire.
Emmener son enfant en formation/au cinéma/au musée/dans des réunions professionnelles pourraient prochainement devenir un acte militant pour une société intégrative !

En voyant plus d’enfants dans des contextes variés, qui devraient alors être aménagés de manière à rendre cela agréable (et souvent, il ne s’agit pas de tant de modifications que cela), l’on pourrait constater combien les difficultés rencontrées sont les mêmes partout.
Au lieu de demeurer dans des attitudes de jugement, on pourrait basculer vers une perception empathique des situations… Et appréhender les autres comme des ressources, et non pas comme des juges.
Les réactions face aux attitudes des enfants pourraient nous venir avec bienveillance plus facilement. En effet, être observatrice.eur d’un échange parent/enfant laisse une trace, une autre voie possible que celles expérimentées en tant qu’enfant face à nos parents.
Plus les échanges parent-enfant bienveillants se verront dans la sphère publique, plus ces réactions seront imitées. J’explique dans cette article les intérêts de l’éducation bienveillante.

Oh, oui ! Je perçois bien que ces propos te semble utopistes. Et ils le sont.
Mais crois-moi, mon objectif de vie est dédié à la réalisation de cette utopie.
C’est pour cette raison que dès que je serai installée à mon compte (soon!), toutes les activités, consultations, formations, séminaires, seront childfriendly (exceptées certains ateliers sur des sujets sensibles comme le deuil périnatal, le burn-out maternel, etc, où les paroles ont besoin d’être libérées sans craindre que les enfants entendent et se sentent potentiellement coupables par la suite).

– Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?

Al’heure actuelle, non.
Même si la plupart des femmes qui adoptent des attitudes maternantes tendent vers l’allaitement.

Il est aussi possible de trouver des mamans maternantes qui n’allaitent pas, et des allaitantes qui ne maternent pas plus que ça.
Bref, comme toujours dans le monde, il y a une diversité qu’il faut entendre, comprendre et accepter (dans la mesure où les pratiques ne sont délétères pour personne).

Cela dit, il est possible de se questionner sur la facilité de maternage créé par l’allaitement. Indubitablement, un allaitement (soutenu par les propres qui ne font pas douter la jeune mère) facilite grandement un quotidien. L’intendance autour de la nourriture est nulle, simplement assurée par la mise au sein à la demande (voire à l’offre!).
Mais parfois, faute d’informations correctes, d’impératifs de santé ou d’autres raisons physiologiques (hypoplasie mammaire, réduction mammaire, etc.), l’allaitement est compromis.

J’invite toutes ces mamans , encore plus que les allaitantes qui ont un contact régulier de peau-à-peau avec leur bébé, à pratiquer le maternage proximal.
Portage intensif, bain en duo (ou trio), massage, co-sleeping avec un lit de cododo (en cas de non-allaitement, le cododo en partageant le même lit peut-être plus risqué car la vigilance nocturne n’est pas synchronisée hormonalement avec le bébé), et autres activités privilégiées peuvent aider ces couples non-allaitants à tisser des liens indéfectibles avec leur progéniture.
Je me permets une petite note, si l’allaitement est impossible, il est préférable de s’orienter vers des PCN biologiques et, idéalement, éviter les protéines de lait de vache qui sont particulièrement difficiles à digérer. Outre l’aspect éthique, les scandales sanitaires sont toujours issus d’industriel utilisant du lait de vache, et non biologique…
Il existe des tas de références de PCN végétale ou de chèvre, pour éviter ou réduire des crises de coliques affreuses aux bébés, en plus d’une pratique intensive du portage.

Je glisse quelques liens pour permettre de

Questionner ce choix d’allaiter ou non ;

Débuter l’allaitement sereinement ;

Éviter les pièges qui peuvent compromettre l’allaitement ;

S’informer sur l’alimentation au sens large.

P.S. : Non, l’allaitement ne déforme pas les seins. C’est l’augmentation du volume pendant la grossesse et à la montée de lait, l’imprégnation hormonale de la grossesse et les changements volumiques qui distendent la peau.

P.S. 2 : Le corps change dans le temps. Tous les seins sont légitimes, beaux, sensibles, méritent d’être aimés.

P.S. 3 : Ton enfant ne sera pas plus ou moins dépendant de toi si tu allaites ou non.
Les enfants naissent totalement immature, donc intégralement dépendants des adultes autour d’eux. La manifestation des besoins, plus ou moins intenses, est inhérente à des différences inter-individuelles et non pas à une pratique plus ou moins maternantes.

P.S.4 : les mythes autour de l’allaitement font du mal : « Dans l’étude de Walburg, et al., (2007b), les représentations maternelles apparaissent comme prédictives de la décision d’allaiter ou non, notamment celles concernant les interdits pendant l’AM et la dépendance mère-enfant. »

 

– Créer des enfants a-culturels ?

C’est une problématique que je me suis posée à moi-même.
Est-ce qu’en fustigeant les coutumes occidentales et en m’inspirant de celles d’autres ethnies à travers le monde, je pourrais engendrer un mal-être chez mon enfant pourtant né en Occident ?
La question fut balayée plus rapidement que je ne le pensais, pour la simple raison que je m’INSPIRE d’us et coutumes d’ailleurs, afin de les adapter à la sauce de « ma vie d’occidentale ».
Je précise « ma », car chaque famille est différente, chaque personne a une tolérance physique et morale spécifique. Tous les individus n’ont pas du tout la même vie, même si le cadre social est sensiblement similaire.
Les vies d’une maman solo, maternante h24, aucune séparation depuis la naissance,
ne subissant pas de conflit intrafamilial ; et celle d’un couple, où la/la conjoint.e n’est pas totalement convaincu.e par le parentage, qui retourne travailler rapidement après la naissance et qui doit gérer le métro-boulot-dodo ; ces vies n’ont rien de comparables… et ce qu’ils mettent en place dépendra des besoins et des manques créés par ces formes d’existence.

Je reste baignée dans une culture occidentale dont je connais les codes et les ai intériorisé.
J’apprends à ma fille les formes de politesse usuelle, nous mangeons 3 à 4 fois par jour (ok, elle grignote plutôt quand elle a faim.. Petite moinelle!), je porte en ventral principalement (ce qui est rare ailleurs dans le monde, car le portage sert aussi aux femmes qui travaillent et le portage ventrale est réservé au moment où des lourdes charges sont portées au dos), j’utilise d’ailleurs beaucoup plus un préformé ou un Mei Tai.
Il faut rappeler que l’écharpe de portage telle que nous la connaissons est une invention européenne – source (voilà un lien génial sur l’histoire du portage et de la poussette : http://www.josette-la-chouette.fr/blog/l-histoire-du-portage-et-poussette/ ) En fonction des régions, c’est le pagnes, le Mei Tai, … qui sont utilisés traditionnellement.

MAIS.
Nous vivons dans un société mondialisée. Les technologies de l’information nous ouvrent des fenêtres sur le Monde !
Les anthropologues offrent des analyses fines d’autres sociétés du monde, des ethnoreporters partent vivre avec des peuples premiers pour découvrir leur rapport au monde et des recherches de tous ordres sont menées afin de comparer les cultures.
Bref, nous sommes en mesure d’avoir un aperçu des modes de vie ailleurs.
Les occidentaux se sont servis (et se servent encore) dans les richesses de nombreux peuples, les a colonisé et maintenant, sur un nouveau modèle… lui envoie ses déchets (en Chine, dans différents pays africains et maintenant, dans d’autres pays d’Asie. Oui, moi aussi, je croyais que le recyclage se faisait en interne. Mais non, parfois, il ne se fait juste pas du tout…).
Cela veut dire qu’en sachant combien certaines attitudes sont bénéfiques, nous pouvons les adapter à nos propres vies occidentales !

Les us et coutumes sociales comportent parfois des contraintes arbitraires qui ne semblent pas légitimes aux yeux de petits enfants.
Par exemple, pourquoi attendre tel moment pour manger ? Pourquoi ne pas manger avec les doigts ? Pourquoi ne pas roter bruyamment ? Pourquoi dire systématique « Bonjour, s’il te plaît, merci » ?
D’ailleurs, pour plus de sérénité au quotidien, mieux vaut ne pas s’embarrasser de telles contraintes trop tôt dans la vie des enfants.
Peu à peu, entre 4 et 7 ans, pour certain.e.s même avant, ils apprendront à vivre dans l’ancrage culturel qui les entoure. L’exemplarité est suffisante, sans avoir besoin de cours de bonne conduite
(OK, exception faite pour des usages spécifiques !)

Un instant, je me suis demandée si je n’allais pas apprendre à ma fille à compter avec les septante, octante et nonante. Je vis en Belgique depuis 22 ans, elle est née ici. Septante et Nonante sont des usages courants.
Octante… Parce que c’est plus logique, quand même !
Mais, en riant, je me suis ravisée. Après tout, en France, nous utilisons d’autres manières de compter. C’est ainsi.
Je lui apprendrai qu’ailleurs, le dénombrement se fait autrement. Elle saura ainsi, d’ores et déjà, que les mots sont emprunts de culture (j’aborde d’ailleurs l’impact des mots dans cet article).

Alors non, même s’ils dorment avec nous, s’ils tètent jusqu’à 4 ou 7 ans, s’ils ont été porté des milliers d’heure, nos enfants resteront toujours des occidentaux.
Par contre, dès la naissance, ils auront appris plusieurs valeurs inestimables grâce au parentage proximal : les pratiques majoritaires ne sont pas forcément « bonnes » ; les autres cultures sont riches d’enseignement ; le monde est une source d’inspiration inépuisable ; mes parents m’aiment inconditionnellement !

 

– Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)

Voici un extrait d’article, nommé : « Pourquoi les hommes partent. Le mal-être paternel » et traduction :

« La plupart des hommes ont été nourris au biberon et ont été soumis à d’autres schémas culturels abusifs en tant que bébés, comme dormir seuls ou être laissés à pleurer alors qu’ils ont besoin d’être réconfortés. Biologiquement, le mâle est le genre le plus fragile de notre espèce et il est en retard de plusieurs années en termes de développement par rapport aux femmes, et ce jusqu’à l’âge adulte. Et au lieu d’obtenir le complément de soin dont il a besoin pour compenser sa faiblesse, vers l’âge de 5 ans, les mâles dans presque toutes les cultures en reçoivent bien moins que les femmes. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la plupart des garçons n’ayant pas connus l’attachement deviennent des hommes qui passent le plus clair de leur temps à chercher une figure maternelle qui leur fournira le soin dont ils ont été privés en tant que bébés et enfants (recherche alimentée par la publicité qui met en avant les seins qui leur ont été refusés). Une partie du mécanisme de survie consiste à apprendre à refouler leurs sentiments et à projeter les besoins non satisfaits sur des substituts, les femmes, d’autres éléments externes comme le consumérisme, la boulimie de travail et d’autres addictions. »

C’est un pavé dans la mare. En effet, une autre croyance est tenace dans le maternage proximal, la croyance que l’entité du familiale et la triangulation avec un tiers séparateur est nécessaire au bon développement des enfants !
Cela part du postulat qu’il est indispensable que le père (ou un parent social) fasse en sorte que la fusion mère-enfant ne soit pas trop intense. Cela prive, de fait, les mères d’une compétence de rationalisation.
Cela sous-entend qu’en l’absence de tiers séparateur, une mère ne laisserait pas grandir son enfant en tant qu’individu, que celui-ci ne s’ouvrirait pas au monde, qu’elle maintiendrait ce rôle tout-puissant dans une relation exclusive.

Encore une fois, on sent bien l’imprégnation patriarcale dans ces allégations !
Toutes les mères solo n’ont, pour la plupart, pas de comportement pathologique avec leurs enfants.
Alors, non, un « tiers séparateur » n’est pas indispensable, parce qu’on vit un tant soit peu au sein d’une communauté et que la dyade mère-enfant ne reste pas dans un huit-clos.

Attention, je ne veux pas dire que les pères et autres parents sociaux ne sont pas utiles. Je précise juste que les modèles familiaux sont variés et qu’il est possible d’être équilibrés quels qu’ils soient, pour autant qu’il y ait de la bienveillance envers les enfants.
Dans le cas d’une famille classique, avec Parents + enfant(s), il convient que chacun trouve sa place.
Au départ, le rôle du « tiers » n’est pas de se substituer auprès du nourrisson… Mais bien d’aider à l’établissement du lien mère-bébé qui conditionne le bien-être de tous.
Ensuite, la troisième personne peut porter les enfants, sans s’offusquer que la mère réussisse à le calmer plus rapidement (ils ont été en symbiose pendant 9 mois!).
Le relationnel étroit avec les enfants arrivent à partir de 4 ou 5 mois. Il faudrait rappeler à la troisième personne de la famille que tout est une question de temps.
Dans un premier temps, l’important est de renforcer la dyade mère-bébé et de soutenir la jeune accouchée.
Il est possible pour le tiers de prendre en charge certains soins et de profiter des moments d’éveil. Plus le temps passera, plus ils seront longs.
Vers 6 mois, le tiers sera une personne privilégiée.
Vers 12 mois, cela sera une fête dès qu’elle/il surgira.
Dans les années suivantes, il y aura des va et vient entre les parents. Je ne compte plus le nombre de témoignages attestant que les enfants ont des périodes très « papa » et des périodes très « maman », en schématisant.
Alors, dès le départ, il faudrait que les couples soient informés… et que le tiers prennent conscience que même si « l’être tout neuf » est attrayant, chaque chose en son temps. Et il n’y a pas d’inquiétude à avoir : le temps passe vite, avec un enfant !
Cela vaut aussi pour les effets de l’enfant sur le couple : les premiers mois changent totalement la vie de couple et sa sexualité. Mais il est indispensable de garder en tête que le temps amènent de la perspective.
L’enfant a pris 9 mois pour grandir, il lui faut plusieurs mois pour laisser un peu de temps aux parents. C’est normal.
Il est nécessaire que chacun prenne du recul, s’appuie sur leur confiance réciproque, communique énormément et entretienne l’affection et la tendresse, en excluant les attentes sexuelles du style « penis in vagina ».

– le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?

Le parentage proximal et l’allaitement ont été fustigé par certains courants féministes. Cela peut sembler étrange, avec notre regard en 2019, mais il faut se rendre compte de là on l’on vient en tant que femmes.
Durant des millénaires, les femmes n’ont eu quasiment aucune liberté en tant que telle.
Elles étaient filles, élevées comme telles, pour un jour devenir des femmes au chevet d’hommes.
Une fois liée à un homme, l’enfantement était attendu et naturel (petite anecdote royale, entre Marie-Antoinette et Louis XVI qui mirent plus de 8 ans à concevoir leur première fille, au grand désespoir de la Reine et sous les jugements amers de la Cour). Les femmes devenaient alors mères, maîtresse de maison et avaient un rôle tout tracé avec un accès à la vie professionnelle tout à fait restreint.
Il a fallu brutaliser les mœurs afin de pouvoir s’extirper de tels carcans… et ce fut au détriment de la relation avec les enfants.
Grâce à ces féministes qui ont démontré qu’une femme pouvait être autre chose qu’une fille-épouse-mère, la société a énormément évolué dans le sens de l’égalité. Je rappelle que le droit de vote en France ne date même pas encore d’un siècle !

Maintenant que certaines choses sont acquises, il est possible de sortir des attitudes dichotomiques pour choisir les attitudes qui répondent à nos attentes.
Il est possible d’être carriériste et de décider de mener le parentage proximal avec l’aide de son/sa conjointe.
Il est possible d’aimer son travail et, pourtant, d’interrompre sa carrière pendant quelques temps.
Il est possible de ne pas désirer travailler et se consacrer au développement serein et harmonieux de ses enfants.
Ce sont maintenant des choix et non plus des injonctions sourdes ! Cela fait toute la différence.

Le choix restera éclairé tant que ceux-ci ne sont pas utilisés comme des arguments d’ordre social. J’aime d’ailleurs beaucoup l’exemple de l’influenceuse Léa aka « Jenesuispasjoli ». Elle est autonome financièrement depuis ses 17 ans, et depuis peu, c’est son conjoint qui s’occupe de leur fils en tant que « papa au foyer ». Ce sont de jeunes gens, de 22 ans, très bienveillants et qui cassent les codes.

Tout doit rester un choix.
Si quelqu’un.e se sent forcée, piégée : le sujet doit être réouvert !
En outre, il faut refuser les obligations par rapport aux attitudes des parents : elles sont toujours issues de systèmes réprimant les libertés.

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– L’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères

Comme j’en parlais dans le point précédent, avec le rôle du tiers dans la dyade mère-bébé (je n’exclus, bien sûr, pas les autres schémas familiaux, je généralise simplement à la majorité), la notion de rapport au temps est indispensable pour bien comprendre le parentage proximal. J’en parle déjà dans cet article concernant le rapport au temps pendant la grossesse.
Bien sûr, un nouveau-né chamboule toute la vie, toutes les habitudes, toute l’organisation.
Il faudra souvent quelques semaines pour mettre en place un nouveau fonctionnement serein.

Au départ, c’est très intense. Toute l’attention est focalisée sur le bébé (et à juste titre, il en a besoin!). J’en parle d’ailleurs dans mon article consacré aux quatrième trimestre de grossesse.
Ce que je vais te dire, tu l’as déjà entendu… Et pour le coup, c’est vrai !
Tout passe très vite.
Ça défile !
Alors c’est vrai que certaines journées peuvent sembler longues, mais a contrario, les jours et les semaines se succèdent et l’on voit son bébé évoluer à une vitesse incroyable.
Dans le podcast « Histoires de Darons » (que j’aime d’amour, ça vaut vraiment le coup d’aller écouter les pères parler de leur paternité), lundi 3 juin est sorti un épisode où Guy Delisle intervient. (C’est un illustrateur qui a fait les tomes du « Guide du mauvais père », plein d’humour cynique).
Il a beaucoup voyagé avec son épouse et, durant les missions qu’elle accomplissait, il s’est retrouvé « père au foyer » pendant un an. Au départ, ça le chiffonnait un peu… Et il affirme aujourd’hui qu’il n’a jamais regretté ce temps passé avec ses enfants.

Je ne connais personne qui regrette d’avoir passé du temps avec ses enfants. Par contre, j’ai entendu des centaines de personne se lamenter d’avoir raté des étapes importantes ou de dire qu’elles n’avaient pas le choix que d’être absentes.
Retiens cela. Tout le temps avec tes enfants, les journées moins chouettes voire carrément pénibles… Tu ne les regretteras pas !
En regard d’une vie entière, la petite enfance passe à toute vitesse.

Le parentage proximal, c’est la conscience de cela. C’est une sorte de Mindfulness en philosophie de vie appliquée au quotidien.
C’est un temps d’être à soi et à eux. C’est un cadeau inestimable !

Néanmoins, une croyance veut que les enfants maternés seront capricieux/colèriques/pas autonomes/etc.
Il serait nécessaire de « les habituer à dormir seul.e sinon ça sera problématique quand il/elle sera gardé.e », « les sevrer car c’est vraiment compliqué, les bébés allaités », …
Ils sont à peine nés, ou a quelques mois… Et déjà, leur caractère semblerait prédit à cause de l’attitude que nous avons avec eux.
En effet, nous savons comment augmenter les risques de dépression, d’agressivité, de violence, diminuerait même le QI ainsi que les habiletés motrices. lorsqu’on décide délibérément de ne pas prendre soin de ses enfants à les négligeant et en les laissant pleurer par exemple.

A contrario, l’empathie, la bienveillance et l’écoute ne démontrent que des effets positifs sur leur développement personnel.
Certaines personnes ont peur de cette empathie inconditionnelle, car elles ne connaissent pas cette option… Sûrement faute de ne pas en avoir reçue en suffisance !

Alors peut-être que les enfants seront peureux, timides, auront un sommeil léger… Mais peut-être aussi qu’ils seront débrouillards, aventuriers, bons dormeurs et simplement : épanouis.
Les enfant ne SONT rien en tant que tel. Ils agissent, se comportent et vivent. Laisse les étiquettes au placard, et les inférences négatives loin de toi !
Tes enfants te remercieront.

 

– Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?

Dans la revue historique que j’ai faite précédemment, il est possible de constater les craintes et les mythes autour du maternage proximal et de l’allaitement sont fermement ancrées culturellement.
C’est la raison pour laquelle j’invite à beaucoup de tolérance face aux personnes qui craindraient cela (même si parfois, le coup de pelle démange quand quelqu’un nous promet les pires horreurs!). J’ai consacré un article entier aux manières de manœuvrer avec les personnes qui ne comprennent voire ne respectent pas nos choix éducatifs.
Il faut aussi se rappeler que nous sommes à une époque où l’accès à l’information est grandement facilité. Malencontreusement, la profusion d’informations à disposition laisse aussi libre court à celles qui sont fausses.
Et s’il y a bien un compétence qui n’est pas assez aiguisée, à l’heure actuelle, c’est l’esprit critique et le désir de croiser les sources (= vérifier les informations!).

La tolérance est de mise face aux personnes des génération antérieures qui furent mal aiguillées. En l’absence de ressources fiables, le personnel soignant était la source d’informations prioritaire.
Tant que ces personnes restent dans une certaine bienveillance, il est possible de les amener à percevoir une autre perspective sur la parentalité et l’enfance.

Les personnes les plus réactives sont les personnes qui, souvent, ne supportent aucune variabilité dans le fait d’être parent et se sentent jugée dès qu’autrui agit différemment d’elles.
La parentalité et le rapport aux enfants est souvent viscéral. Ce n’est pas le raisonnement logique qui prime, mais bien les réactions émotionnelles.
Il est alors nécessaire de placer des « disclaimers » dans le discours tenu. Pour aborder les sujets de la parentalité et de l’éducation, mieux vaut prendre des gants (bien molletonnés, les gants!).

Si aucune voie de discussion n’est possible, autant éviter les personnes dont nous ne partageons pas les valeurs et qui nous mettent les nerfs en pelote.

La sérénité, en Occident, c’est aussi pouvoir choisir ses cercles de fréquentations.

Je reste persuadée qu’il est possible d’ouvrir les consciences au sein de la société occidentale.
De plus en plus d’initiatives, de formations, de rencontres entre parents ont pour thème le parentage proximal.
A toutes les personnes qui sont dubitatives face à ce style de parentalité, tu peux aussi leur envoyer ce dossier, qui leur permettra de comprendre la genèse de leurs résistances.

 

– Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

Cependant, il n’est pas possible d’ignorer que les pratiques de parentage proximal ne pourront pas se disperser avec efficacité en Belgique et en France si les politiques ne changent pas.
Il est manifeste de constater les différences entre les styles de parentalité en fonction des pays, au sein même de l’Union Européenne.
Les pays nordiques (encore eux!) sont exemplaires à ce sujet : au Danemark, par exemple : « Comme ses pays voisins, le Danemark offre également un congé parental aussi flexible que généreux. Les mères bénéficient au départ de 18 semaines de congé, et les pères de 2 semaines. Après quoi, chaque parent est éligible pour un congé parental de 32 semaines. Les parents perçoivent 100 % de leur salaire durant 52 semaines. »
Il est évident que dans un tel contexte, il est bien plus évident de poursuivre des pratiques de parentage proximal et d’allaitement sans se tracasser du mode de garde, du stock de lait maternel à créer et des tirages quotidiens pour maintenir la lactation.

Jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal (pas l’unique, mais principal, j’aborde la diversification dans cet article). Il semble que les pays nordiques en aient conscience… puisque les taux d’allaitement sont records dans ces contrées-là.

Enfin, il est nécessaire de considérer la société en général.
En dehors des week-ends et des vacances scolaires, vois-tu souvent des enfants déambuler au côté de leurs parents ?
Chez le médecin, à la banque, dans les marchés, … ?

Bien sûr, nous pouvons considérer que ces lieux ne sont pas « la place des enfants » et que pour s’y rendre, nous n’avons qu’à les confier.
C’est la logique occidentale : la séparation des enfants de leurs parents et l’isolement dans des structures « faites pour eux ».
Et si, à la place de les entasser dans des structures collectives bondées, tous les lieux devenaient childfriendly ?
En réalité, il y a de petites initiatives ici ou là : un coin jeux posé dans les salles d’attente des administrations, ou dans certaines banques, des mini chariots dans les supermarchés, etc. Mais dans les faits, cela reste rare et le regard posé sur les enfants dans ces endroits n’est pas bienveillant.
Ils sont considérés comme potentiellement perturbateurs et bruyants.
Bref, ils ne favorisent pas la productivité et accaparent une partie de l’attention.

Et c’est vrai. Mais est-ce réellement problématique que les enfants de notre société en fassent réellement parti et aient des interactions avec de nombreuses personnes depuis leur plus jeune âge ?
Ne serait-il pas opportun d’adapter la structure de la plupart des lieux afin que les parents puissent venir en toute quiétude ?
Cela permettrait à celles et ceux qui osent ne pas être les seuls avec des enfants.
Cela offrirait un regard bienveillant sur les enfants, car chacun.e percevrait que les vécus parentaux ont des points communs.
Cela permettrait peut-être même aux parents de voir d’autres familles fonctionner, et d’ouvrir la discussion. La parentalité ne serait plus un sujet de discussion à couteau tiré, mais une réalité qui peut être enrichie par l’intervention de tiers.
En somme, le partage de l’espace social avec les enfants pourrait certainement ouvrir une nouvelle dimension collective de notre société.

Références (en plus de celles citées dans le texte) :

Résumé de l’histoire de l’allaitement en France, par Claude Didierjean-Jouveau.

Histoire de l’allaitement en France. Christine Rollet.

– L’allaitement maternel, encore et toujours sous influences ?

– Historique de la profession de « nounou » : https://ufnafaam.org/notre-federation/historique-profession/

Cahier généalogique de l’Yonne:.

– Histoire des mères et de la maternité en Occident: « Que sais-je ? Yvonne Knibiehler

Allaitement maternel : liberté individuelle sous influences. Irène Capponi et Françoise Roland. Dans Devenir 2013/2 (Vol. 25), pages 117 à 136. https://www.cairn.info/revue-devenir-2013-2-page-117.htm

–  N. ELIAS, La société de cour (traduit de l’allemand), Paris. 1974

– Dormir ici et ailleurs. Approche transculturelle du sommeil du nourrisson et de ses troubles. Laëtitia Bouche-Florin, Judith Ayosso, Raphaël Riand et Marie Rose Moro. Dans Spirale 2005/2 (no 34), pages 151 à 164. https://www.cairn.info/revue-spirale-2005-2-page-151.htm

En Occident, quelles ont été les causes du déclin de l’allaitement maternel? https://absense.wordpress.com/2011/10/11/en-occident-quelles-ont-ete-les-causes-du-declin-de-lallaitement-maternel-au-20e-siecle/

Éducation bienveillante

Ton enfant fuit le bain? Voici de l’aide!

Cela arrive souvent entre 18 mois et 2 ans et demi. Tout d’un coup, impossible qu’il se lave tranquillement
Il refuse de mettre un pied dans l’eau, pleure ou encore ne veut pas se laver les dents.
Que se passe-t-il ?

D’abord, il est nécessaire de cibler.
A cette période, pour les enfants, le développement est en plein boum! Tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue cérébral, cela cavale à toute vitesse. Les connexions neuronales croissent et amènent de nouvelles compétences.
Parmi elles, les capacités de représentations abstraites: les enfants commencent à témoigner des images mentales qu’ils forment. C’est aussi à ce moment-là que les rêves (et les premiers cauchemars) surviennent sous une forme plus proches des nôtres. Les jeux deviennent plus représentatifs, la reconnaissance dans le miroir est largement acquise et l’usage de pronoms personnels débute (https://psycnet.apa.org/record/2008-12114-013). Cette évolution dans la représentation de soi comme individu est liée à la maturation de la jonction tempo temporo-pariétale, des pôles temporaux et du cortex préfrontal médian (voir https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-carrefour-temporo-parietal-14829/ et https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-1-page-6.htm?try_download=1 )

jonction temporo pariétale gauche
Jonction temporo-pariétale – Futura Sciences

Cela explique pourquoi, vers 2 ans, les enfants ne supportent plus d’être manipulés comme ils l’étaient quelques mois auparavant: ils ont conscience qu’ils sont dotés de capacités propres et qu’ils peuvent agir différemment de la volonté parentale (souvent imposée par l’habitude avec un tout-petit).

Un jour, survient une/des craintes perçues comme irrationnelles par les adultes.
Des aboiements les font pleurer, le bain est refusé, les insectes lui font peur, ils refusent de venir à la cave,
Aux alentours de 2 ans, la maturation cérébrale est « dysharmonique »:
Je cite un article de Cerveau & Psycho :
 » En moins d’un an, les connexions de l’amygdale aux régions sous-corticales (comme le thalamus) et limbiques (c’est-à-dire impliquées dans les émotions, comme l’hippocampe) se mettent en place de façon quasi définitive, alors que celles atteignant les aires corticales frontales et pariétales (mises en jeu dans les fonctions exécutives) commencent tout juste à émerger et prendront plus de temps pour arriver à maturité.
En outre, le cerveau des nourrissons présente des connexions entre l’amygdale et les aires primaires sensorimotrices et auditives (impliquées dans le traitement des stimuli sensoriels et moteurs), qui disparaissent avant l’âge de 2 ans.

Les mécanismes de peur se diversifient donc… et peuvent se déclencher aisément de manière massive pour des éléments que les adultes trouvent anodins.
Mais les enfants n’ont pas les capacités pour se calmer seuls… et encore moins pour mobiliser des stratégies afin d’appréhender ces craintes et les résoudre. La seule option à leur disposition: fuir ce qui fait peur!
En gros, voici comment fonctionne le système cérébral de la peur, expliqué par « pour la science »:

« L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées – ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace – par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. »

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Avant l’âge de 5/7 ans, les enfants ne sont pas en mesure de se raisonner par rapport à leurs craintes … et leur dire qu’elles sont disproportionnées ne les aidera nullement, au contraire.
La très efficace amygdale cérébelleuse mémorise les situations perçues traumatiques. Les enfants ne sont pas toujours en mesure de se rappeler concrètement de la situation, mais ils intériorisent les sensations physiques et les stimuli semblables à ceux rencontrés dans ladite situation.

 

Dans un premier temps, il convient alors de comprendre ce qui a pu déclencher les craintes, et le panel de choix est vaste.
En demeurant sur le sujet du bain, je te propose de réfléchir à ce qui a pu causer cette réaction d’évitement de la part de ton chérubin.
une expérience désagréable au moment du bain: un glissade inopinée, un inconfort à cause de l’eau trop chaude ou d’avoir froid dans la salle de bain, des chamailleries avec une sœur ou un frère, des remarques désagréables récurrentes: « Oh non! Tu as encore mis plein d’eau par terre! », …

une transmission de TA crainte à ce moment: « Attention, assied-toi! Tu peux glisser! », « NON! Ne bois pas l’eau savonneuse! », « NON, ne touche pas au robinet, tu peux te brûler! ».
Je précise que c’est totalement légitime, mais ton enfant ne peut pas savoir où est la bonne mesure… Il répond juste en fuyant ce qui est perçu comme inquiétant!

Les interprétations fallacieuses, si fréquentes durant l’enfance. Jane Nelsen (autrice de « La discipline Positive ») a écrit:  » Les enfants comprennent tout mais interprètent mal! ».
Les enfants se rendent compte qu’ils ne peuvent pas respirer sous l’eau et craignent alors d’être engloutis dans cet élément.
D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il est conseillé de mouiller le visage des enfants dès la naissance avec la douche, de manière à maintenir leur réflexe natatoire (aussi appelé d’apnée). Cela sera très utile en cas de glissade ou de chute accidentelle dans un bassin (les cours de bébés-nageurs sont d’une utilité publique à ce sujet, d’ailleurs!).
Ils peuvent aussi craindre d’être aspirer par le siphon de la douche/du bain, surtout s’ils ont déjà perdu un petit jouet comme cela.

un moment stressant ?
Souvent, pour les parents, les fins de journée sont des marathons: retour du travail, repas, bain, coucher des enfants. Le temps imparti est souvent court …
Alors, est-il possible que ton enfant perçoive ton empressement?
Quand se déroule le moment de la toilette dans votre quotidien?

le bain ferait-il parti d’un rituel qui ne lui convient plus ?

Le rythme des enfants évolue et la manière dont ils s’expriment se diversifie avec l’expérience qu’ils ont de la vie.
Il est possible que ton enfant n’apprécie plus prendre son bain au moment de la journée où tu lui imposais précédemment.
La routine est peut-être à envisager sous un autre angle.

Dans toutes les situations où les enfants « s’opposent » à la volonté des adultes, refusent de participer aux tâches, « s’affirment » parce qu’ils sont en mesure de le faire… Il est indispensable de ne pas offrir de prise à cet affrontement !

Pourquoi ?
Forcer les enfants à être dans un baignoire ou un douche alors qu’ils refusent d’y entrer va renforcer l’expérience négative de la situation !
Ils garderont en tête encore plus d’émotions négatives s’ils sont contraints : c’est une escalade sans fin !
(Je place un rappel sur les effets néfastes des punitions de tous ordres)

 

Quelques comportements à éviter, parce qu’ils sont totalement contre-productifs :

– Minimiser les peurs des enfants (du bain ou toutes les autres, d’ailleurs);

Ridiculiser les enfants par rapport à leurs peurs perçues comme irrationnelles par les adultes ;

– Contraindre les enfants à obéir;

Faire la « Morale »;

– Punir;

– Laisser-aller et ne plus inciter les enfants à se laver en se disant « que ça finira par revenir »

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Alors, quoi faire, puisqu’on ne peut pas forcer les enfants à se laver ?
Contourner le « problème » et le prendre par un autre bout, et surtout : redescendre en pression autour de la question du bain.
Il est tout à fait possible de se laver grâce à une « toilette de chat » tant pour les adultes que pour les enfants. Bien entendu, cela dépend des activités de la journée! Ce n’est pas applicable à toutes les situations.
A l’heure actuelle, moult dermatologues arguent des méfaits des douches/bains quotidiens et surtout avec les détergents que l’on trouve actuellement : les gels douches, savons et shampooings vendus en Grandes Surfaces ont des compositions catastrophiques tant pour la peau que d’un point de vue écologique.
Voici par exemple, la composition d’un produit marketé comme étant « tout doux » :
Le Dove Nourishing Care & Oil Gel Douche
Ingrédients : Aqua, Sodium Hydroxypropyl Starch Phosphate, Cocamidopropyl Betaine, Lauric Acid, Sodium Lauroyl Glycinate, Sodium Lauroyl Isethionate, Hydrogenated Soybean Oil, Helianthus Annuus Hybrid Oil,Sodium Chloride, Glycerin, Acacia Senegal Gum, Argania Spinosa Kernel Oil, Benzoic Acid, BHT, Butylene Glycol, Citric Acid, Dehydroacetic Acid, DMDM Hydantoin, Gelatin,Guar Hydroxypropyltrimonium Chloride, Helianthus Annuus Seed Oil, Iodopropynyl Butylcarbamate, Mica,Parfum, Phenoxyethanol, Silica, Sodium Benzoate, Sodium Hydroxide, Sodium Isethionate, Stearic Acid, Tetrasodium EDTA, Xanthan Gum, Zinc Oxide, Hexyl Cinnamal,Limonene,Linalool,CI 77491,CI 77492, CI 77891.

Une liste longue comme le bras… et encore, sa composition n’est pas la pire présente sur le marché ! Mais il contient quand même quelques perturbateurs endocriniens, des silicones et des colorants.
Une bonne solution pour savoir ce qu’on met sur sa peau et celle des enfants est de scanner le produit, à l’aide de Clean Beauty, par exemple.
L’app met en évidence les ingrédients problématiques ou si le produit est adéquat.

Il est possible de se tourner vers les pains de savon standard, comme le savon de Marseille ou d’Alep et les savons saponifiés à froid (là encore, il faut veiller aux ingrédients ! Les « savons de Marseille » de Grandes Surfaces n’en sont pas réellement …).
Certaines gammes de gels douches sont également correctes, comme les Weleda.
Malheureusement, il ne faut pas se fier à ce qu’on trouve en pharmacie, même pour les peaux atopiques… les compositions sont souvent désastreuses !

Alors, si on peut se satisfaire des produits des plus simples possibles, parfois même se satisfaire d’eau pour se rincer, la question de l’hygiène est nécessaire à notre santé.
Il ne viendrait pas à l’idée à grand monde de manger avec des mains non-lavés après être aller à selles.
Il ne devrait pas sembler plus logique de laisser des enfants qui courent, jouent par terre et souvent, portent des couches, ne pas être nettoyés correctement.
J’ai lu certains témoignages invitant au laisser-aller complet, ce qui finit par engendrer des conséquences assez fâcheuse pour la santé des enfants, comme des infections vaginales, par exemple.

Je tiens à digresser sur un autre point : sir les parties intimes doivent être rincées, il est superflu d’utiliser des nettoyants tant le savon que les « produits d’hygiène intime ». C’est un grand mythe que de croire qu’un vagin sent mauvais et qu’il faut en masquer l’odeur.
Voici une campagne comme je les aime pour sensibiliser à l’arnaque de ces nettoyants intimes qui font pires que mieux : « Lâchez nous la Chatte ! »

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Dans le même ordre d’idée, parfois, il est conseillé aux parents de décalotter leurs garçons. Ce conseil est totalement inutile voire douloureux pour les petits garçons

 

Après ces détails (d’importance), revenons à nos moutons : Comment articuler le besoin d’hygiène et le refus des enfants ?

Après avoir conscientisé ce qui a pu déclencher la crainte chez les enfants, il est nécessaire d’intervenir en douceur, sous différents axes.
Laisser les enfants dans leurs craintes en espérant qu’elles passent avec le temps promeut les comportements d’évitement de la situation perçue comme problématique.

Il est su depuis les prémisses de l’analyse psychologique des humains que nous avons tendance à fuir ce qui engendre de la peur. C’est imparable en termes d’efficacité pour garantir la survie. Mais quand la situation crainte fait partie de la vie quotidienne et est nécessaire au bon déroulement de celle-ci tant en terme de santé que de fonctionnement général, il convient d’intervenir : « l’évitement des situations qui engendrent de la peur ou de l’angoisse maintient et aggrave le mal-être vis-à-vis de cette crainte spécifique » (Maren, S. (2001). Neurobiology of Pavlovian Fear Conditioning. Annual Review of Neuroscience, 24, 897-931.Watson, J. B. & Rayner, R. (1920). Conditioned emotional reactions. Journal of Experimental Psychology, 3(1), 1–14).

L’accompagnement pour vaincre cette crainte va dépendre de l’âge de l’enfant, de ses compétences en verbalisation et des attitudes parentales.

Il faut savoir que les enfants apprennent par l’observation, prioritairement !
Alors, A POILS et au bain !
Sans rire, ton enfant te voit-il te laver ? Prend-tu parfois le bain/douche avec elle/lu
i ?
Souvent, cela aide : l’idée n’est pas de forcer les enfants à entrer dans le bain avec nous, mais de se laver et de jouer de manière à donner envie aux enfants de se joindre à nous.
Cela marche d’autant mieux s’il n’y a pas un autre parent qui s’active dans la maison.
Plus drôle, prendre un bain collectif : il est fort possible que si les 2 ou 3 personnes qui composent le foyer se trouvent dans la baignoire, les enfants veuillent prendre part à cette foire aquatique !
Le bain peut devenir un vrai moment de jeu en famille ! I
l suffit probablement de quelques séances aquatiques en collectivité pour que les enfants apprécient à nouveau barboter.

 

Cela ne fonctionne pas ?
Ne tarissez pas de
décrire les sensations agréables lorsque tu es dans le bain et/ou après t’être lavé.e. Il ne s’agit pas de surjouer, mais de verbaliser clairement combien ça t’est agréable.

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D’ailleurs, en parlant de sensations… Fait-il assez chaud dans ta salle de bain ?
Il faut le reconnaître, se laver dans une atmosphère frisquette n’est pas des plus agréable. Si la conscience écolo et la régulation attentionnelle des adultes minimise
nt les aspects incommodants du coup d’air froid sur des fesses mouillées, les enfants n’aspirent qu’au confort !
Alors, monter de quelques degrés (j’admets, moi, je crée une étuve!) offre souvent des sensations plus douces !
Il est également nécessaire de bien vérifier la température de l’eau ! Certains enfants apprécient l’eau à 37° et d’autres, plutôt à 39° !

 

Les jeux et le bain, une idée plutôt classique… Mais il est possible d’innover !
Parfois, les enfants ont du mal à s’arrêter de jouer pour aller se laver. Pourquoi ne pas rendre le moment du bain vraiment intéressant ?
Pourquoi ne pas prévoir un jeu, avant le bain, qui peut aussi être mis dans l’eau ?
Les accessoires de cuisine, des pots d’épices (vides, of course, sauf si tu veux un enfant infusé au curry), louches, fouets, boîte de conservation, … Tout cela peut finir dans le bain et en fait un moment vraiment gai 
(il ne reste plus qu’à installer les baignoires japonaises qui maintiennent la température de l’eau constante, et c’est le paradis) !

 

Il est aussi très utile de se munir de livre abordant le sujet du bain.
Voici quelques références bienveillantes
(n’hésitez pas à les chercher en seconde main ou sur les sites leslibraires.fr ou labribrairie.com ou encore chez votre libraire, afin de ne pas nourrir les « monstres » de la culture bien connus et à l’éthique douteuse :

– « Au bain, Petit lapin » de Jorg Muhle

– « le bain de Berk » de Julien Béziat

– «  Comment bien laver son mammouth Laineux ? » Michelle Robinson

Grâce au lecture, cela normalise et fait rentrer la « coutume » de l’hygiène par le bain/douche.
Mais surtout, il est possible d’utiliser les différentes scènes des histoires pour questionner les enfants sur leur ressenti face à elles : « Tiens, tu vois Petit Lapin avec le savon ! Est-ce que tu aimerais être à sa place ? Tu aimes ça, toi ? …. »
Cela offre la possibilité de décrypter certaines craintes et de parler autour d’elles.


Baigner tout mon corps : NON !
Et si… tu commençais par
proposer des bains de pieds, de bras, etc ? A l’aide d’une baignoire pour bébé ou d’une grande bassine, il est souvent efficace de laisser jouer les enfants autour d’un bac d’eau !
Petit à petit, le contenant
pourra être rapproché de la salle de bain et même finir dans la baignoire vide. Ici, c’est d’ailleurs un de nos jeux, de temps en temps : une énorme gamelle/casserole d’eau, des louches, des flacons et le tour est joué : une des seules activités où ma fille peut s’occuper pendant 45 minutes sans s’ennuyer !
C’est aussi une bonne manière de contrer la peur de l’eau.
En jouant avec, dans de petits récipients, tout en étant dans la baignoire vide, ils peuvent appréhender
d’une nouvelle manière, en douceur, tant l’élément que l’environnement de la salle de bain.
Ensuite, proposer aux enfants d’ouvrir le robinet et de laisser la baignoire ou le bac de douche se remplir un tout petit peu.
Cet accessoire est vraiment pratique pour permettre aux enfants de jouets dans
le bac de douche ou lorsqu’on a perdu le bouchon de la bonde…) :

 


Bonjour, « moi tout.e seul.e » !
Être lavé.e n’est pas forcément attrayant, mais prendre part à l’activité renforce la confiance en soi.
Inspiré de la pédagogie Montessori, il est profitable de rendre accessible aux enfants les accessoires et un meuble lui permettant de se laver de manière autonome.

meuble sdb montessori
Dans cet exemple trouvé sur Pinterest, on voit l’utilité du miroir et que tout soit à la taille des enfants.
Ils peuvent ainsi se laver les dents, le laver les mains et ne pas être dépendants de l’intervention d’un adulte !
J’y ajouterai une grande bassine à bords bas… posée sur un tapis de bain « anti glisse » : cela évitera qu’il y ait de l’eau partout et surtout, cette bassine peut servir à se laver les pieds et les jambes.
On a beau en rire… Mais le bidet de nos (arrière) grands-parents étaient vraiment pratiques !
Avant les rénovations effectuées dans les maisons partagées par la famille, je me souviens très bien le nombre de fois où le bidet m’a servi à me laver différentes parties du corps.

Verbaliser, encore et toujours !
Cela semble être une lapalissade, et pourtant, le quotidien nous pousse à agir de manière un peu automatique … d’autant plus quand l’agacement point le bout de son nez.

Il est primordial de verbaliser les émotions que l’on croit percevoir chez son enfant. Plus le temps passe et plus ils seront en mesure de les exprimer par eux-mêmes.
« Une série d’études ont montré que le traitement linguistique active une région du cortex, le cortex préfrontal ventrolatéral droit, qui réduit l’activité de l’amygdale, et par là, atténue les réponses anxieuses (Lieberman et al., 2007). Il apparaît que mobiliser les aires cérébrales du fonctionnement exécutif concourt à une diminution de l’activité du système limbique. »
Concrètement, favoriser la verbaliser fait diminuer la force des réponses émotionnelles et permet de les appréhender plus aisément.

La vie est un jeu !
Je l’ai déjà évoqué précédemment, mais le jeu est un outil indispensable pour amener les enfants à collaborer avec plaisir.
J’en ai même fait un article.
Je suis minimaliste dans mon quotidien, mais force est de reconnaître que certains accessoires peuvent être utiles pour rendre le moment du bain agréable : des feutres de bain, des pompes qui imitent l’eau qui coule en continu (afin d’épargner sa consommation d’eau, tout en donnant l’opportunité aux enfants d’avoir un robinet qui délivre de l’eau), …

pompe robinet
Pompe Robinet DreamBaby

Je précise que tous les articles mentionnés sont juste indicatifs, je n’ai aucun « partenariat » ni aucune préférence. Ce sont des exemples.


Calme et attentif, comme une grenouille !
J’emprunte le titre de ce livre merveilleux d’Eline Snel concernant l’initiation à la méditation, à partir de 5 ans (disent-ils).
Pour soi, en tant que parent, il est nécessaire d’être particulièrement calme et disponible pendant le temps du bain.
Il est nécessaire de chasser l’appréhension du refus… Parce que partir « perdant » ne permet aucune réussite.
D’ailleurs, cela vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne.
A chaque instant, il faut se laisser la possibilité de vivre ce que l’on souhaite. Dans le cas présent, une séance de toilette qui se passe dans la joie et la bonne humeur.

Ensuite, il est possible d’initier très tôt les enfants à la relaxation et la méditation. Divers supports existent spécialement pour les enfants… Comme ce livre d’Eline Snel, mais aussi des livres de la collection Gründ : « Mes premiers moments de méditation » ou « Mes premiers moments de relaxation », qui sont des livres sonores.

La méditation permet aux enfants (et aux adultes) de prendre conscience de ce qui les traverse au moment où ils y prêtent attention. Cela permet de réguler la respiration et cela influe sur le fonctionnement cérébral.
Apprendre à lire ses propres émotions, à les exprimer et à respirer profondément (respiration ventrale) aide ensuite dans la vie quotidienne.
Pourquoi ne pas transmettre aux enfants la capacité d’utiliser la relaxation dans des moments qui engendrent du stress?
Si cela paraît difficile entre 18 et 24 mois, la pratique régulière ancre de nouvelles habitudes.
Encore une fois, les enfants apprennent et sont sensibilisés d’une manière simple : par l’imitation.
A vous de vous y mettre !:)
Petit Babou  est un app très efficace pour débuter la méditation (parmi d’autres).
La médiation, pour les petits comme pour les grands, cela s’acquiert. La «digression intellectuelle » fait partie du voyage et de l’apprentissage !:)

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Et si je te disais que tu es un thérapeute du quotidien ?

En tant que parent, tu accompagnes tes enfants dans leurs difficultés quotidiennes (mais pas que… Heureusement!).
Avec la posture bienveillante explicitée précédemment et les quelques outils concrets, tu agis en connaissance du fonctionnement des craintes infantiles.
Par la lecture, les bains de pieds, la médiation et la verbalisation des émotions, tu agis comme le feraient des psychologues.
Ce que je t’ai proposé est une application quotidienne bienveillante des types de psychothérapies démontrées comme efficaces pour prendre en charge les phobies.
D’une part, l’
exposition à la situation problématique. Mais : « L’exposition peut prendre des formes diverses, comprenant des versions progressives ou intenses (ou thérapie par immersion), brèves versus prolongées, avec ou sans stratégies cognitives ou corporelles de coping (voir la recension de Meuret, Wolitzky-Taylor, Twohig, & Craske, 2012), ou encore en imagination, intéroceptives (liées aux sensations corporelles concomitantes aux moments où les peurs surviennent), ou in vivo (dans la vie réelle). Il a été prouvé que la thérapie par exposition est une stratégie de traitement efficace pour la peur et les troubles anxieux (Hofman & Smits, 2008 ; Norton & Price, 2007). » https://uclep.be/wp-content/uploads/ArtCraske_Traduc_Final.pdf

D’autre part, l’ACT qui est la Thérapie centrée sur l’acceptation et l’engagement : « la flexibilité psychologique, au centre des interventionsde l‘ACT, se définit comme la capacité à être complètement conscient du moment présent (phénomènes internes et environnementaux) et à ajuster ses comportements en fonction de ce que la situation permet pour agir en direction de ses valeurs (Hayes, Strosahl, Bunting, Twohig & Wilson, 2004) »
C’est en ce sens que la médiation et la relaxation peuvent être efficaces, tout comme la réflexion partagée autour de l’adaptation de routines qui conviendraient aux enfants.

Pour finir, je vais aborder rapidement un autre point spécifique qui pose régulièrement question.

Le lavage des dents

Le refus de se laver les dents est très fréquent chez les enfants.
Comme pour le lavage du corps, l’exemplarité est reine : se laver les dents devant les enfants et les faire participer est une des clefs de la collaboration.
Mais… Ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt de s’astreindre à cette routine… et lors des poussées dentaires si explosives entre 12 et 24 mois, le passage d’une brosse sur des gencives enflammées doit être extrêmement désagréable.
Moi-même confrontée au refus catégorique de ma fille depuis 2 mois (alors qu’elle se brossait elle-même ses quelques quenottes depuis le départ, me laissant finir ensuite), je me suis questionnée sur la manière de gérer son hygiène bucco-dentaire.
La réponse est dans l’anticipation… Par les apports alimentaires !

En l’absence d’aliments raffinés et industriels, il n’y a pas de raison que les enfants développent des problèmes dentaires.
Je parle ici d’enfants allaités et n’ayant pas de pathologie spécifique. Les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN ou Lait Artificiel) sont riches en diverses formes de sucres et sont cariogènes.
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée (que j’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi » et brillamment expliqué dans « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat, avec une complémentation en vitamine D, il n’y a pas vraiment de raison de développer des caries.
Cela dit, il est possible de mettre en œuvre quelques astuces au quotidien … dont finir les repas par le grignotage de quelques noix ou des graines, en version nature (donc sans sucre!) bien évidemment. Leur taux de lipide et de protéines en font des aliments qui ne sont pas cariogènes. De plus, elles agissent en neutralisant l’acidité buccale créée par la mastication d’aliments sucrés.

noix
Il est donc de coutume, sous mon toit, de finir les repas par quelques noix ou des graines de courge.
Néanmoins, tous les jours, je me brosse les dents devant elle et lui propose de faire les siennes. Elle a sa brosse à disposition en même temps et pendant son bain. Je suppose que l’habitude du brossage finira par revenir dans les mois qui viennent.
J’avoue avoir commandé un bâton de siwak… qui est un échec cuisant à cause de son goût (que j’ai moi-même du mal à supporter. Oops!).


Les enfants nous challengent au quotidien pour remettre en question nos croyances et nos connaissances au sujet de nos habitudes.
S’ils sont des être éminemment sociaux, ils n’intériorisent pas les coutumes sociales et les habitudes culturelles avant 4/5 ans. Et encore après cet âge-là, il est utile d’écouter réellement ce qu’ils mettent en exergue.
En tant qu’adultes, nous avons de nombreux conditionnements ! Les enfants sont de merveilleux révélateurs de nos automatismes et aussi de nos croyances bien ancrées… qui peuvent pourtant être remises en question.
Ils nous font évoluer et nous amènent à prendre plus soin de nous-même… Pour prendre encore mieux soin d’eux !

Si tu te sens dépassé.e avec ton enfant, n’hésite pas à consulter des professionnel.le.s bienveillant.e.s !
Je suis moi-même disponible pour répondre aux questions et échanger, avec plaisir.

A très vite, pour de nouvelles curiosités !


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Éducation bienveillante

Je joue et mon jeans est usé aux genoux. Et toi ?

 

Avant de devenir mère, j’ai vu un film qui m’a marqué : « Demain, tout commence »
Ce film, outre le message qu’il fait passer, est une ode aux jeux !
Le papa de cette enfant a fait de son quotidien un jeu, en tout temps et en toutes circonstances.

J’ai toujours rêvé de proposer ce type de quotidien à l’enfant que j’aurai.

Je suis devenue mère et je me suis demandée s’il était vraiment possible de jouer à longueur de journée et d’éviter les contraintes…
En réalité, le questionnement est mal posé.
Bien entendu, il n’est pas possible de « jouer » à des jeux pour enfants toute la journée (tâches domestiques, toussa toussa, toi-même tu sais!).
Mais il est possible de tout rendre joyeux (dans la vie quotidienne, je ne parle pas de certaines expériences difficiles de la vie). Je précise que ma fille a 16 mois.

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Afin de rendre concrets les aspects ludiques d’une journée « classique », quand je n’ai rien de prévu afin que tu perçoives mon rapport au quotidien :

– Je commence ma journée par nous préparer. Débarbouillage du matin… et le gant de toilette humide qui « attaque » le visage de ma fille qui rit aux éclats. Elle commence à le faire seule mais se limite à la bouche, alors je l’aide encore.
Je mets son pull en faisant une grimace à travers le col, depuis qu’elle est toute petite … Elle me tend sa tête pour enfiler son pull et me tend ses mains afin que je les embrasse dès qu’elle les a sorti des manches.

Petit-déj pour moi… Et proposition pour elle, mais ce n’est pas un moment où elle mange. Parfois elle reste à table, parfois elle est sur mes genoux et grignote, parfois elle est par terre et joue seule.

Moment- Aspirateur (indispensable avec 2 chats à poils longs) : elle joue seule/imite mes gestes/grimpe sur le canapé pour le « nettoyer » à son tour/grimpe sur l’aspirateur ou prend appui dessus pour marcher avec et moi, j’œuvre à rendre la maison propre en un minimum de temps (raison pour laquelle je nettoie tout au fur et à mesure, je déteste les « gros ménage »). Je m’amuse aussi à l’aspirer avec la petite brosse, car elle adore ça et … les poils tenaces de ses vêtements sont enlevés (#rusedesioux) !

– Moment de lecture où on se fait des câlins

Préparation du repas de midi (je prépare en milieu de matinée. J’ai commencé à fonctionner comme ça dès le départ, car j’ai BESOIN de manger sainement au quotidien. Je parle de l’organisation dans l’article sur le quatrième trimestre de grossesse) où elle joue avec ses bacs de jeux à disposition dans la cuisine. Je lui donne des morceaux de légumes crus et des ustensiles de cuisine pour qu’elle explore leurs possibilités.

Heure des courses / De la sieste : en fonction des nécessités, je pars faire quelques courses. Je suis piétonne… donc je dois y aller régulièrement. Le portage me sauve la vie : elle est en portage et sur le trajet aller, je la distraits (ou pas, ça dépend de ses envies à ce moment-là) et je verbalise tout ce qu’on croise. On s’arrête sentir les fleurs et saluer les gens que l’on croise.

Pendant les courses, c’est un temps de dégustation pour elle : elle se fait un en-cas à ce moment là ! C’est comme ça que je décide si j’achète ce fruit-là ou un autre si elle démontre un intérêt particulier. Bientôt, elle sera chargée de mission pour remplir notre panier.

Retour des courses et sieste ! Ici, la sieste s’effectue en portage. Je rentre des courses, chargée comme une mule avec un sac à dos plein, un sac pendu à une main et un bébé qui tète en s’endormant (c’est le moment le plus pénible de la journée, parce que c’est lourd et que j’habite en haut d’une côte. That’s life!).
Quand il n’y a pas eu de courses, c’est simplement MON moment de la journée. Elle s’endort pendant une balade et j’en profite pour marcher quelques kilomètres, parfois en scrollant facebook ou en envoyant des mails, souvent en profitant de la balade. Quand j’ai envie d’avancer dans une lecture, je fais une balade plus courte et je rentre sur la pointe des pieds chez moi pour me poser avec mon livre.
L’unique sieste de la journée dure 1h, en ce moment (et depuis 3 mois).

Temps de midi. Elle se réveille, et je mets à cuire mon plat préparé plus tôt. Pendant ce temps-là, c’est tétée/lecture et préparation de la table. Elle attrape les couverts, et nous allons mettre la table sans fioriture.
Le repas se passe sans prise de tête, pour la simple et bonne question que l’ambiance est au lâcher-prise. Je discute du rapport à la nourriture dans cet article.
Lors des repas, elle a à disposition des aliments sains et cuisinés par moi-même.
Elle mange ce qu’elle souhaite, de façon autonome, depuis toujours, puisque j’ai opté pour la DME (j’en parle ici).
Si elle n’a pas faim, elle ne mange pas. Je n’insiste pas.
Si elle refuse de rester assise sur une chaise haute, elle descend. Souvent, elle occupe alors mes genoux et parfois grignote un aliment ou l’autre, mais rarement.
Le repas n’est pas un moment où je « joue » comme on peut le voir parfois avec « l’avion qui rentre dans le hangar » ou encore de la distraire pour qu’elle mange. Au contraire, je lui fais confiance de manière à préserver ses sensations corporelles et sa gestion de la satiété (qui peut devenir très complexe en grandissant).
Le seul « jeu » va être qu’elle utilise ses couverts pour piquer les aliments et/ou expérimenter les possibilités avec ceux-ci.
Tant que cela n’engage pas sa sécurité, je n’interviens pas plus que ça.

Vaisselle/ « café »
N’étant pas munie d’un lave-vaisselle, je dois bien m’affairer à cette tâche.
J’ai sécurisé ma cuisine et ai mis à sa disposition des bacs avec des jeux à manipuler, des couverts, des boîtes, les casseroles et ustensiles.
Elle s’occupe ainsi seule pendant le quart d’heure nécessaire à cela. Ensuite, il est fréquent que je la rejoigne dans ses jeux, assise sur le sol de ma petite cuisine.
Je me sers mon succédanée de café (j’évite la caféine) et lui propose d’aller au salon, une fois qu’on a ramassé la plupart des jouets (oui, la plupart, il est clair qu’à un moment, quand on range ensemble les « jeux », les petites mains agiles finissent toujours pas en balancer un par terre).

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= Playground time: dans le salon, le jardin ou dans une aire de jeux

Dans ce moment-là, je la rejoins dans SES jeux, car jusque-là, c’est moi qui ai tourné les situations en moments de jeu pour elle.
Elle choisit alors de prendre l’une ou l’autre chose, s’arrête parfois sur une tâche ou pas du tout.
On peut parfois lire 4 ou 5 livres de suite.
Bref, je joue. Pour preuve, mon jeans de grossesse (oui, que je porte encore, parce que tellement bien coupé et confortable!) est usé aux genoux !
Je passe du temps par terre avec elle, on joue à cache-cache, on fait des parcours dans le salon, du dessin, de la peinture (quand j’ai encore plus de courage, car avec une enfant qui ne reste pas assise…), bref, on ne s’ennuie pas !

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J’ai besoin de me nourrir intellectuellement et je n’ai pas énormément de temps pour le faire. Alors, chez moi, il y a de la musique quand on danse mais rarement en musique de fond… Parce que j’écoute des podcasts et des reportages/documentaires/replay d’émissions (NON pas TPMP, j’ai dit que j’avais besoin de me nourrir, pas d’avoir la nausée!).

Un moment pour mon corps… Avec un bébé sur le dos !
J’en parle dans cet article concernant le corps d’après-grossesse, j’ai pris à cœur de garder un tonus musculaire malgré mon absence d’activité physique au sens strict du terme (avant, je m’occupais de mon cheval tous les jours + exercices de renforcement musculaire pendant 30 à 45 minutes).
J’applique les exercices de rééducation abdominales et périnéales appris avec la kiné. J’ai repris le gainage et certains exercices de renforcement musculaire, tout en combinant cela avec quelques postures de yoga.
Même pas besoin de sortir le tapis, puisque j’utilise le tapis en mousse « lettres » installé dans le « coin jeu » dans notre chambre.
Pendant ce temps-là, elle s’occupe autour de moi. Puisque je suis au sol, les interactions ne sont pas coupées.
Je n’ai clairement pas un rythme comparable à celui que j’avais, mais je fais l’effort de me donner au moins 30 minutes/jour pendant lesquelles j’enchaîne quelques exercices entrecoupées de câlins, bisous, tétées (j’ai d’ailleurs allaité plus d’une fois en position « louve » car je faisais du gainage!).

Quand je fais des squats, elle a tendance à m’imiter… Quel fou rire !
Bref, pour elle, c’est aussi un moment de jeu. Et moi, j’ai du temps pour moi… et même un poids en plus quand elle me grimpe sur le dos pendant mes exercices !

Repas du soir, à l’arrache dans la cuisine, dans mes bras.
Elle ne mange pas énormément le soir, mais elle a un creux vers 17h.
Vers 18h30, elle grignote souvent plus quelques crudités, des noix et des fruits.
Elle le fait pendant que je me prépare mon repas du soir.

Comme elle ne dort que très peu, elle s’endort vers 20h et je mange ensuite.

 

Préparation de la chambre pour la nuit
J’ai un matelas au sol. J’ai ôté le cadre de lit car il était à pieds et vieillissant (grinçant et réveillant une bébé dès qu’on bouge dedans, et qu’on tente de sortir du lit en mode Ninja).
Je me dois donc de redresser mon matelas chaque jour afin qu’il ne pourrisse pas à cause de l’humidité.
Chaque soir, je refais notre lit (je pratique le cododo, et je parle de cette pratique dans cet article). C’est aussi le moment pendant lequel je change les draps quand c’est nécessaire.
C’est LE moment que je préfère dans la journée !
Elle fonce sur le lit et attend que je secoue le matelas dans tous les sens. Elle roule, fait des cabrioles avec les coussins, se jette en arrière, éclate de rire, se jette sur moi et me chatouille. Ces jeu « au corps à corps » dans les éclats de rire qui me donnent toujours le sourire !

 

Bain à deux

Quand elle a eu 11 mois, elle a débuté une grande période où elle ne supportait plus de ne pas me voir, ne serait-ce que quelques instants.
Après 2 jours à avoir une enfant accrochée à la baignoire en hurlant pendant les 5 minutes de ma douche, j’ai abdiqué !
Je refuse qu’elle pleure et je refuse d’avoir les oreilles qui vrillent pendant un moment agréable de la journée.

J’ai commencé à me laver avec elle, le soir.
Nous partageons donc le bain, pendant lequel on joue, on se fait des câlins, elle tète… Bref, c’est un moment très agréable, souvent bercé par des morceaux de musique en tous genres.

 

Coucher en « tétée de dodo »

Je n’utilise jamais ce type de termes « dodo », sauf à ce moment-là.
En revenant de la salle de bain, la chambre est déjà dans la pénombre. Nous allons dans le lit et je me réjouie de la bonne nuit à venir.
Je verbalise toujours combien c’est plaisant d’être allongée après une journée et je lui mentionne qu’on va faire notre « tétée de dodo ».
Il ne faut pas longtemps pour qu’elle somnole, puis s’endorme en tétant.
Je prends toujours cet instant de calme pour me recentrer et goûter la chance que j’ai d’être là, de l’avoir et pratique des respirations profondes : une pratique de Pleine Conscience au quotidien.

C’est ainsi que s’achève une journée en tête à tête.
Bien entendu, cela varie en fonction de nos activités et des visites que nous pouvons avoir (et heureusement, car pour avoir été coincée chez moi pendant 3 mois à cause d’une fracture, il semble long d’enchaîner des semaines durant d’avoir les mêmes journées).

Parfois, je me rends compte qu’elle est plus crispée et plus irritable. Il me suffit rapidement de retracer la journée pour me rendre compte que j’ai été moins « joueuse » que d’habitude… Et que moi-même, je suis plus tendue et irritable.

La fatigue et les préoccupations ont vite faits de nous emmener loin de nos attitudes souples et rigolotes.
On se perd dans les aléas du quotidien et on cherche à aller au plus vite.
Or, le jeu et les détournements des activités pour les rendre agréables sont primordiales… tant pour les enfants que pour soi-même !

J’ai une humeur bien plus maussade en fin de journée quand notre journée n’a pas été égayée par les jeux.

Certain.e.s se posent la question de savoir comment occuper les enfants, pour avoir le temps de cuisiner, par exemple.
Et si la solution était d’introduire les enfants dans la cuisine et que la préparation du repas devienne l’activité ?!

Ce retournement de situation peut être mis en place dans toutes les tâches usuelles.
Il est nécessaire de prendre le temps… pour que les enfants en bénéficient et apprennent !
Tout sera fait de manière lente et approximative, mais ce sont des moments riches à tout point de vue pour les enfants… Mais aussi dans les relations.

Cette manière d’inclure les enfants dans chaque tâches lui permet d’exercer sa motricité, la succession des étapes, et d’accéder progressivement à une certaine autonomie.
Je me rapproche beaucoup de la pédagogie de Charlotte Mason, dont je parlerai prochainement.

Oui ! Cela demande de l’énergie.

L’accompagnement bienveillant des enfants demandent de l’énergie, de la créativité et une adaptation constante des perspectives sur les enfants.
Mais c’est un investissement qui est rentable à court, moyen et long terme.
Faire face à des cris, des pleurs et des oppositions récurrentes de la part des enfants me semblent encore plus énergivores… et dans une dynamique négative !

S’occuper d’enfants demande de l’énergie… A nous de choisir comment orienter notre vie !

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Certain.e.s peuvent avoir du mal à jouer avec les enfants. Elles/Ils ont tellement perdu l’habitude d’agir sans but, de conter des histoires, d’activer son imaginaire et de « perdre du temps » alors qu’il y a des « corvées » qui attendent… que le jeu devient une contrainte.
Alors, faut-il se forcer ?
La question n’est pas de s’engager dans une activité à contre cœur… Mais de changer de perspectives par rapport aux jeux avec les enfants.
Si certains amusements peuvent aussi nous faire rire, il est plutôt question de s’enthousiasmer devant la manière qu’ont les enfants de s’investir dans ceux-ci.
En jouant avec eux, cela permet de les observer, de le voir grandir et de constater toutes leurs habiletés se développant jour après jour.

Dans nos vies « de grands », nous n’avons que trop peu de possibilités de vivre des éclats de rire (surtout si vous êtes assez isolées, comme je le suis : maman solo, amies et familles éloignées).
j’ai en tête les fous-rires que j’avais lorsque j’étais étudiante, à tel point que nous devions quitter les auditoires (amphi, pour les français).
Je me rappelle des rires étouffés lors de réunion d’équipe ou du travail en open-space alors que j’échangeais des emails avec des collègues en simultané.
Maintenant, j’ancre les moments de rire lorsque ma fille se déguise et vient me voir après s’être accoutrée de panier en guise de chapeau, de culotte comme collier et de rouleur de PQ comme bracelets (qui lui font des armures!).
Maintenant, je souhaite que chaque jour, j’ai pu l’entendre rire aux éclats pendant quelques instants.
Maintenant, je m’autorise aussi à pratiquer des techniques comme seule du « yoga du rire »  car ses vertus sont reconnues tant sur la santé physique que mentale.
Et j’évite de lire ou d’écouter des choses qui me mine le moral : les informations, certains commentaires sur les réseaux sociaux, certains sujets de documentaires, etc.
Au départ, j’ai cru que je m’enfermais dans un « monde de bisounours », en réalité…
Je cherche juste à maximiser mon énergie personnelle sans me faire polluer par des informations sur lesquelles je n’aurai aucun impact. Cela fait partie du lâcher-prise : ne pas donner d’importance à quelque chose qu’on ne peut pas changer.

Mettre en place une vie égayée, cela va demander de l’inventivité, de la curiosité et de la remise en question, et ce de façon constante !
Parce que les enfants et leurs besoins évoluent chaque jour, leurs réactions se complexifient et les réponses à adopter doivent s’adapter continuellement.
Il y aura des jours où je n’aurais pas eu l’énergie/la disponibilité mentale d’agir en égayant le quotidien.
Mais il suffit parfois de le conscientiser et de se questionner sur ce qui aurait pu être fait différemment, pour le mettre en place le lendemain !

L’humour, le rire, les câlins et l’amour sont des moyens utiles et efficaces pour désamorcer des crises et des situations tendues. Ils ne doivent pas être des récompenses mais des carburants de la vie !
J’en parle d’ailleurs dans cet article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ? ».
Le principe n’est pas de masquer l’émotion en détournant l’attention.
C’est une façon de pouvoir se reconnecter après un passage difficile et de rendre les tâches accessibles, et d’amener les enfants à prendre du plaisir malgré les aspects ennuyeux qu’elles peuvent comporter.

Je tiens aussi à préciser qu’il est indispensable d’être vigilant avec ce qui nous fait rire, chez les tout-petits.
Parfois, ils font semblant de mordre voire mordent réellement, et la première réaction (si la morsure n’était pas douloureuse) est d’en rire.
Cela incitera les enfants à recommencer.
L’idéal est de tempérer ses réactions afin de ne pas renforcer, malgré nous, des attitudes qui peuvent devenir dérangeantes (j’aborde le sujet des enfants qui frappent et qui mordent dans cet article).

Les enfants retiennent les réactions fortes et cherchent à en comprendre les raisons.
Jusqu’à 3 ans, les séquences « causes/conséquences » sont en construction. Les gestes causant de la douleur n’émergent pas d’une volonté de blesser, mais juste de voir si cela déclenche toujours la même réaction.
A ce moment-là, tu peux visualiser ma charmante enfant, pincer mes tétons en disant « AIE ! » avec un grand sourire !
Elle ne cherche pas à me faire mal, elle n’a pas encore la cognition pour comprendre que cela engendre une vraie douleur détestable… Mais elle a bien compris que je disais « AIE ! ».
Donc, s’amuser, oui, mais pas forcément de toutes les attitudes, au risque qu’elles deviennent récurrentes. Cela vaut également pour les cris ou tout autre contrainte physique: les enfants chercheront à comprendre ce qui provoque la réaction, sans comprendre la causalité de ce qui motive la réaction (notre douleur).
L’unique réaction qui permettra de diminuer l’occurrence de ce genre de geste est de réduire au minimum ses réactions afin que le geste ne soit pas renforcé.

Si tu es coincée dans les réactions de ton enfant, dans un cas précis dans lequel tu ne trouves pas d’alternatives, n’hésite pas à me contacter pour réfléchir ensemble à la question.:)

 

Je t’invite à lire ce livre, qui est une référence sur le sujet :
« Qui veut jouer avec moi ? »Lawrence Cohen (présenté par Isabelle Filliozat)

Certain.e.s ont posé l’étiquette d’éducation ludique sur cette manière d’accompagner les enfants.
Je ne suis pas adepte des étiquettes, autre que celle de bienveillance, qui peut se décliner en de nombreuses attitudes… dont celle d’être ludique !

 

A très vite, pour aborder de nouvelles curiosités!

 

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Éducation bienveillante·Maternage proximal

L’humain, une espèce portée!

Hier, nous étions le 25 avril 2019… Et je suis intervenue dans une conférence TEDx.
C’était le premier TEDx de La Baule… Et j’ai abordé le portage (sous-tendu de bienveillance, of course!).

Je te propose un article, qui reprend ce que j’ai dit au TEDx, en plus complet. 😉
Parce qu’une conférence n’est pas un article…!
La vidéo sera disponible dès qu’elle sera montée, je l’ajouterai sur ma page fb . 

 

Tu as remarqué ?
L’humain a tendance à lutter contre sa pilosité… pourtant, la fourrure est bien pratique à de nombreux mammifères.
En plus, nous sommes bipèdes… Et donc nous avons une stature étroite… Or, l’ampleur de la tête du petit d’humain est majeure. Est-ce que ce « dilemme obstétrical » est juste ?
Le fait est que l’accouchement de l’humain parmi les plus douloureux.
Et les bébés naissent… assez peu débrouillards (même s’ils ont déjà moult compétences incroyables!).

Bref, c’est ça, l’humain! Et les bébés sont, comme tous les représentants de son espèce, un « porté passif ». ça veut dire qu’ils n’ont pas le tonus musculaire pour s’agripper. Notre absence de fourrure est donc justifiée (mais cela n’impose en rien d’être imberbe! 😉 )!
Mais ça veut dire que je dois être outillée et avoir assez de connaissances pour agir avec de petit humain. Ça fait tout de même 1.8 millions années que l’Homo Sapiens doit trouver un moyen de se déplacer avec son petit.
Autant dire que les moyens de portage sont diversifiés ! Mais ce n’est pas comme si les hominidés que nous étions, avaient eu le choix : à l’époque, nous étions nomades !
Il n’était pas possible de poser les bébés à terre : ils auraient été à la merci des divers prédateurs, des insectes. Ils pouvaient potentiellement être soumis à des températures qui auraient influencé leur propre homéostasie.

Tu vas me dire que c’est bien joli, que nous sommes sédentaires, dans des logements salubres (pour la plupart), à l’abri des prédateurs… et qu’il est d’usage de déposer les bébés dans des couffins et dans leur lit pour qu’ils dorment.

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Il est d’usage, oui…
Mais les usages occidentaux n’ont-ils pas perdu de vue certaines attitudes totalement nécessaires aux bébés humains, comme le portage et l’allaitement (d’ailleurs, je parle ici du choix entre biberons et allaitement )?
L’Occident a perdu cette tradition ces deux derniers siècles.
Cela peut paraître étonnant mais… C’est l’attrait des signes extérieurs de richesse qui a fait tomber le portage en désuétude.
Entre les dogmes des religions chrétiennes et les évolutions culturelles, les enfants sont intentionnellement distancés de leurs mères (j’en parle dans mon article sur le cododo).
Dès le 18ème siècle, l’allaitement a commencé à être remis en question : cela faisait trop miséreux d’allaiter soi-même ses propres enfants.
Alors, forcément, avec les placements en nourrice (chez elle mais d’abord au domicile parental), tant l’allaitement que le portage n’ont plus eu la côte socialement.
Mais voilà… La culture, la société, les bébés, eux, s’en fichent totalement !

La physiologie du bébé humain n’évolue pas en suivant les coutumes sociales. Il reste toujours dans ce même état de dépendance extrême, craignant l’environnement qu’il découvre à peine et cherchant à se rassurer par ce qu’il connaît : les mouvements de sa mère, son odeur, les battements de son cœur, une position fœtale, un peau-à-peau et un contact contenant.
D’ailleurs, tout le monde s’accorde là-dessus : « Ils se calment dès qu’ils/elles sont dans les bras ! »
Étonnamment, au lieu d’être perçu comme un constat logique, c’est perçu comme une contrainte voire un problème !
C’est à ce moment-là que l’on prend conscience du précipice entre les normes sociales occidentales et la connaissance des besoins physiologiques des bébés… Et surtout, des manière simples et efficaces pour y répondre.

Aujourd’hui, je vais aborder l’impact du portage sur la vie de vos enfants et la vôtre tant en termes de bienfaits que de sérénité.

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Fanny Vella… Un bonheur d’illustratrice!

Certains préalables s’imposent…
Depuis l’origine de notre espèce Homo Sapiens, la constitution du nouveau-né est identique : ils sont mis au monde après environ 9 mois de gestation (quand tout se passe bien).
Notre cerveau humain nous distingue des autres mammifères, puisqu’à la naissance, il est neurologiquement immature. La taille du cerveau d’un nouveau-né correspond à 23% de celui d’un adulte. Quand le bébé a un an, son cerveau a déjà doublé de taille, et à 3ans, il a 90% de la taille d’un cerveau adulte. Comparativement, les autres mammifères naissent avec un cerveau développé à 80% en moyenne.
(je laisse le lein passionnant d’une page fb Société d’Histoire de la Naissance, qui nous laisse découvrir le 22 mars 2019, un article de July Bouhallier : « Paléoanthropologie : le dilemme obstétrical n’a pas eu lieu » )

Pour être précise : Les mammifères ont été classés selon leurs modes d’adaptation à leur environnement au moment de la naissance. Il y a trois catégories :

o Les nidifuges : les petits arrivent à se déplacer comme les adultes dans les heures qui suivent la naissance (poulains, veau, antilopes…). Ils restent toujours près de leur mère.
o Les nidicoles : Les petits naissent sans poils, avec les yeux et les conduits auditifs fermés. Le lait doit apporter un sentiment de satiété suffisant pour qu’ils puissent se passer ponctuellement de leur mère. Ils sont toujours plusieurs ce qui permet d’avoir de la chaleur (chat, souris…).
o Les Portés : ce qui est le cas des primates, des marsupiaux et de l’Humain. C’est un corps de qui devient « le nid », capable de pourvoir à tous les besoins. Bernhard Hassenstein a introduit le terme du « primate porté » dans la biologie comportementale.

Autant dire que le bébé humain est totalement prématuré. Sa première année est comme une grossesse extra-utérine. Cela lui permettra d’accéder à des compétences motrices comparables à nos congénères hominidés que sont les gorilles, les chimpanzés et l’orang-outang à la naissance.
Il est primordial de prendre en compte que la maturation cérébrale concerne en grande partie le cortex préfrontal : c’est cette partie du cerveau qui nous distingue des autres espèces par son ampleur. Il est le siège de nombreuses facultés dont celle de la régulation émotionnelle, des comportements sociaux et du raisonnement, entre autres.

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A la naissance, les bébés n’ont aucune compétence pour gérer les aléas du quotidien et se dire : « Ok ! Là, mes parents sont occupés, je vais rester zen jusqu’à leur retour ! »
Au contraire, dans le cerveau du bébé humain actuel s’active la même alarme que lors des prémices de notre espèce nomade : « AU SECOURS ! Je suis seul et potentiellement entouré de dangers contre lesquels je ne peux rien ! ».
Cette connaissance de l’immaturité cérébrale des enfants a un impact sur les attentes que les parents peuvent avoir : Il n’y a ni comédie ni caprices ou de manipulation (j’aborde l’occurence des mensonges dans cet article).
Les bébés ont besoin d’être contre nous pour être apaisés… et pour apprendre à s’apaiser !
Leurs besoins nécessitent d’être entendus et pris en compte le plus rapidement possible pour qu’ils puissent renforcer leurs réseaux neuronaux favorables à la gestion émotionnelle et au sentiment de sécurité.
Grâce à un accompagnement prévenant et sécurisant, les petit.e.s d’humains vont évoluer et grandir de manière optimale : ils parviendront à maîtriser leurs émotions vers 5 ou 6 ans, au mieux, sauront le verbaliser (si on leur a enseigné), commenceront à s’adapter à leur environnement culturel en intériorisant les codes sociaux… Tout cela n’est possible que si les enfants sont accompagnés dans la bienveillance !

Quel rapport avec le portage, me direz-vous ?
Eh bien… TOUT !
Le portage et le peau-à-peau sont les attitudes les plus adaptées aux petits d’humains.
Cela fait intrinsèquement partie du nouveau-né, puisqu’il a été porté au sein de sa mère depuis sa conception.
Il ne connaît que le mouvement, les changements d’ambiances filtrées par la paroi abdominale et le contact contenant des parois utérines et du cordon ombilical (qu’il tète souvent).

Le portage est le moyen privilégié pour recréer les conditions les plus proches de la vie in utero, de manière à ce que les bébés puissent être rassurés alors qu’ils découvrent la vie aérienne.
Grâce à cette pratique, les bébés bénéficient de moult avantages pour leur développement.
Par exemple :
– Les bébés portés en position physiologique (comme cela devrait toujours être le cas, je laisse d’ailleurs un lien vers un article reprenant les bienfaits du portage physiologiques) ont moins de coliques que ceux qui ne le sont pas. Le repli des jambes sur le bas ventre et le massage créé par les mouvements de la porteuse ou du porteur soulage le bébé. Ce portage agit également en prévention de problèmes de hanches.
– Concernant la tonicité musculaire : avec les mouvements de la mère, les réflexes nerveux et musculaires du bébé réagissent à chaque changement de l’équilibre. Il va développer son oreille interne, et ainsi son sens de l’équilibre personnel.
Donc non, le portage ne minimisera pas ses compétences à se déplacer de façon autonome, au contraire ! Il y a aussi juste des composantes interpersonnelles propres à la personnalité et à la génétique de chaque individu.

Avant ses 2 mois, le bébé ne parvient pas à réguler sa température corporelle. Autant dans le désert avec les Touaregs que chez les inuits sous la neige, le portage est tout indiqué pour les aider à réguler leur température !
Les rythmes de sommeil d’un nouveau-né n’ont rien à voir avec celui des adultes : ils n’ont pas encore acquis le rythme circadien (alternance jour/nuit).
Un bébé porté durant la journée, qui dort également en portage (chose que préfère la plupart des bébés!), va acquérir plus aisément cette alternance. Il vit, dans son corps, une réelle distinction : la journée, il dort bercé par le mouvement et en lumière ; la nuit, il est aux côtés de ses parents dans le calme et l’obscurité.
La différence est flagrante pour le bébé !

Est-ce que le mouvement les gêne pour dormir ? … Ou les bruits du quotidien ?
Après 16 mois d’expérience personnelle, je vous assure que les enfants dorment le temps dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Ma fille a eu des périodes de sieste de 30/40min, puis d’une heure trente… Cela change encore : « le » rythme du bébé n’existe pas… Il évolue constamment !
Je propose d’ailleurs la lecture de cet article concernant le sommeil en dessous de 3 ans.

Le portage permet le sommeil au moment où les bébés le décident, en suivant uniquement leur rythme biologique. Ils réduisent ainsi l’occurrence des troubles du sommeil.

– En plus de cela, les bébés portés pleurent singulièrement moins que ceux qui ne le sont pas.
Les bébés se sentent protégés, ils n’ont pas besoin de pleurer pour se faire comprendre de leurs parents.
J’en profite pour affirmer que le fait de laisser pleurer un bébé n’a aucune vertu ni aucun avantage. Les recherches concernant les neurosciences affectives sont claires : ne pas réagir aux pleurs d’un bébé engendre une augmentation drastique des taux d’hormone de stress comme le cortisol et impacte défavorablement leur développement émotionnel et neuronal. Un enfant n’apprend rien en pleurant !

– Le portage est aussi une aide à la prévention des aplatissements du crâne (souple à la naissance, et heureusement si vous voyez ce que je veux dire !), les bradycéphalies et plagiocéphalies sont devenues courantes avec les prescriptions de coucher les bébés sur le dos.
Si cette mesure est une vraie plus-value concernant la Mort Inattendue du Nourrisson, les habitudes occidentales laissent penser que les bébés doivent être posés pendant toutes leurs phases de sommeil. OR, c’est la récurrence de cette position couchée qui amène à certaines déformations crâniennes. Celles-ci peuvent avoir des conséquences sur le développement cognitif et moteur des enfants et nécessiter des prises en charge parfois lourdes !
Alors, en prévention : le portage est salvateur!

Maintenant que vous savez que le fait d’être porté n’est que bienfait pour les bébés.

 

 

Il y a quand même une autre personne d’intérêt. Celle qui porte !
Parce que le portage offre de nombreux bénéfices pour les jeunes parents.

Tout d’abord, le contact peau-à-peau est primordial dans la création des liens avec les bébés. Il favorise la sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes, des hormones et neurostransmetteurs qui jouent un rôle prépondérant dans l’établissement des liens affectifs.

Le portage peut paraître difficile, au premier abord. (En réalité, c’est comme faire ses lacets : au début, ça semble complexe mais… C’est un coup de main à prendre !).
Très vite, tu pourras être rassuré.e sur votre ta compétence à pouvoir réconforter ton enfant…
Cette proximité avec le bébé permet d’être en lien avec ses besoins : les pleurs sont évités, puisqu’il est possible de les comprendre plus vite… Avant qu’ils ne s’énervent et pleurent!
Saviez-vous que le portage réduit l’occurrence ou la gravité des dépressions post-partum. Henrik Norholt a mené une étude qui démontre que les symptômes de dépression post-partum sont réduits chez les mamans pratiquant le portage. Un bel avantage, ne trouvez-vous pas ?

Le portage est LA manière utilisée de tout temps pour permettre aux bébés d’être réconfortés pendant que leurs mères (traditionnellement, mais toutes les configuration familiale sont possibles) reprennent leurs activités et puisse articuler les besoins d’un nouveau-né avec la vie d’un aîné, par exemple!
Merci quand même à l’entourage de suppléer la jeune accouchée, c’est indispensable qu’elle puisse bénéficier de soutien… pour câliner son tout-petit!
Pas d’inquiétude, le lien avec les autres personnes se construira aussi, au début, le lien mère-enfant est primordial pour que chacun d’eux atterrissent dans leurs nouvelles attributions, c’est-à-dire, respectivement, responsable d’un humain et être aérien à part entière.

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Premier portage en écharpe d’une touuuuute petite de quelques jours! 16 mois plus tard, je ne compte plus le nombre d’heures et la sérénité grâce à cela! ❤

 

La vie avec un bébé est un appel à l’instant présent. Cela peut-être considérer une pratique de Pleine Conscience au quotidien.
Le portage et le parentage proximal correspondent à une courte partie de la vie d’un enfant. Et c’est une phase précieuse !
C’est l’occasion de prendre le temps, d’Être au lieu de toujours « faire avec efficacité ».

A bientôt, pour de nouvelles découvertes curieuses!

Références :
– Le concept du Continuum de Jean Liedloff, Ambre Editions (21 mars 2006)
– Serre-moi Fort: Comment élever vos enfants avec Amour. Broché (2017)
– Materner: du premier cri aux premiers pas. Blandine Bril et Silvia Parrat-Dayan. Edition O. Jacob mars 2008
– Peau à peau: Techniques et pratiques du portage. Ingrid Van Den Peereboom. Editions Jouvence
– Porter bébé: Avantages et bienfaits. Claude Didierjean-Jouveau. Editions Jouvence poche

Je t’invite aussi à lire deux articles: « Tu vas en faire un bébé-bras » et « le quatrième trimestre de grossesse ou la découverte d’un nouveau monde« , qui aborde le portage et la vie quotidienne avec un.e bébé.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Réponse à Rufo – Courrier Lectrices Femina

Aujourd’hui, je suis tombée là-dessus :

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C’est le pouvoir des réseaux sociaux d’être confronté.e.s à des informations que l’on n’ aurait jamais sans eux.
Et le Magazine Femina ne fait pas partie de mes lectures habituelles.

Je découvre que ce très médiatique Rufo répond (encore), en son titre de pédopsychiatre, à des questions de parents.
Cette fois, il répond à Delphine, Maman, confrontée aux remarques de son fils de 7 ans : « Je t’aime moins », « je te trouve un peu vieille », …

Comme lu ci-dessus, la réponse du Dr. Rufo est sur fond de chantage affectif et… d’ignorance.

Dans sa réponse, il met en évidence que les enfants devraient garder pour eux ce qu’ils vivent au quotidien. Cela implique que les enfants ne devraient donc pas témoigner la confiance nécessaire en leurs parents pour s’exprimer… Même sur des sujets potentiellement graves.
Comment un enfant peut-il faire la distinction entre ses histoires de mésententes, bagarres et conflits entre enfants et des attitudes de harcèlement ou encore des actes malveillants de la part d’adultes ?

Alors NON, il n’est absolument pas discutable qu’un enfant se confie énormément à ses parents. Au contraire !
Un enfant accompagné dans la bienveillance pourra se confier, prendre du recul et apprendre à analyser les situations avec plus de complexité grâce au soutien parental.
En outre, cela lui offrira la possibilité de parler de tous les problèmes éventuels qu’ils rencontrerait, sans crainte ni gêne.
Alors que s’il se ressent être le casse-pied de ses parents, il se tiendra à distance d’eux… Même quand il en ressentira le besoin.

Ensuite, la réponse effectuée par le Dr Rufo suggère que l’on doit exprimer clairement aux enfants que s’ils agissent de telle ou telle autre manière, on va moins les aimer … et que c’est plus grave que leur ressenti d’enfants.
Les enfants, depuis leur naissance, ont l’instinct et ensuite la conscience que seul l’attachement à leurs proches leur permet de vivre sereinement.
L’attachement est une donnée de base pour les enfants… Et c’est connu depuis plus de 60 ans! (voici un article qui aborde les théories de l’attachement)
Il est fréquent que les enfants craignent de perdre l’affection parentale à cause de leur attitude. Un enjeu majeur, dans l’accompagnement parental et des enfants, est de sécuriser le lien.

En disant clairement que l’amour est conditionnel envers les enfants, cela insécurise les enfants.
Ils vont alors se construire la croyance qu’ils doivent se comporter d’une certaine manière pour être aimables.
Nous sommes alors à l’opposé de la bienveillance et de l’accompagnement de l’enfant pour ce qu’il est, et non, pour ce que les parents veulent qu’ils soient.

Bref, tout dans cette réponse est nocive.
Parce qu’elle ne répond pas en termes d’aide demandée par la mère.
Parce qu’elle place l’enfant comme un être destructeur de la relation.
Parce qu’elle instile la croyance que l’amour des parents est conditionnel, pour de futiles raisons.
Ce que je propose, c’est d’apporter une réponse à Delphine, qui pourra l’aider réellement !

« Bonjour Delphine !
Vous avez un petit garçon qui a confiance en vous. Grâce à ce qu’il vous confie, il peut construire son rapport aux autres et prendre de la distance face aux évènements de la journée. Grâce à cela, il apprend à gérer ses émotions et ses comportements sociaux.
C’est un magnifique cadeau que vous lui faites en l’écoutant chaque jour !

Qu’il est dur de s’entendre dire des perceptions froidement sorties de la bouche de l’être qu’on aime plus que tout.
Votre enfant exprime son ressenti par rapport à vous et à votre apparence.
Il est probable que ce soit exact. Par rapport à ses ami.e.s, vous êtes plus âgée, vous semblez ainsi plus « vieille », vous avez la peau moins lisse, et vous n’êtes pas comparable en terme de beauté à une fillette de 7 ans.
Votre fils questionne probablement les rapports aux âges et à l’évolution du corps avec le temps qui passe. Cela peut être angoissant pour un enfant de voir que sa maman vieillit…
Y aurait-il des questionnements existentiels autour de la mort là-dessous ?

Il exprime également qu’il vous aime moins. Je trouve votre réponse totalement adaptée… Mais lui avez-vous demandé pourquoi il pense à cela et ce qu’il ressent derrière cette phrase ?
Par ces mots, il exprime la possibilité d’un attachement conditionnel ou réduit. Il est probable qu’il craigne que vous puissiez un jour, vous-même, ressentir cela à son sujet.

Je vous suggère d’ouvrir la discussion avec votre fils qui fait état de constat, sans sembler volontairement blessant (difficile de savoir sans avoir le ton ni connaître les détails de votre relation). Par ses « phrases-façades », il témoigne d’un besoin qui mérite de trouver réponse, une fois que vous aurez mis le doigt dessus !

Bon cheminement avec votre enfant et rassurez-vous, toutes ces attitudes démontrent combien il tient à vous ! »

Je croise les doigts pour que Femina puisse envoyer cette réponse à Delphine, afin qu’elle ne reste pas avec celle qui lui a été apportée par le Dr. Rufo.

Cordialement,

La Curiosité Bienveillante

Éducation bienveillante

« L’éducation bienveillante, ça ne fonctionne pas / Je ne suis pas convaincu.e ! »

Bonjour!

 

Lis ces quelques mots, qui te permettront peut-être de mieux communiquer avec la personne qui te le recommande… ça vaut la peine de prendre quelques minutes, crois-moi !
Tu en as ras le bol d’entendre parler de bienveillance, d’éducation positive et des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) dont tu n’avais jamais entendu parler auparavant.
Quelques personnes de ton entourage sont « pénibles » avec ça et t’en parle.
Tu estimes que ça ne sert à rien parce que les enfants ne sont pas en sucre et que tu as bien grandi sans ces précautions-là.

Ce que je te propose, c’est de percevoir pourquoi ces principes de nonviolence et bienveillance tiennent à cœurs certaines personnes, dont au moins une t’es très proche… Mais aussi de savoir POURQUOI ça t’énerve autant.

Il est fort probable que tu aies connu dans ton enfance des cris, l’une ou l’autre gifle/fessée et que tu aies été puni par tes parents.
Dans certains cas, tu te souviens que tu t’étais senti.e folle/fou de rage mais que parfois, tu estimais cela justifié car tu avais fait une bêtise.
Tu penses même sûrement que cette rigueur éducative t’a permis de devenir, au moins un peu, l’individu que tu es !
Dans ta conception des choses, tu penses probablement qu’il est nécessaire de brider les enfants afin qu’ils débordent pas et ne fassent pas n’importe quoi.

D’un autre côté, si certaines actions te paraissent être des maux nécessaires, je me doute que tu aimerais t’en passer si c’était possible, n’est-ce pas ?

Je suppose que cela ne te réjouit pas de crier ou de menacer tes enfants de punition.

Parfois, je suis même certaine que c’est plus fort que toi : tu es épuisé.e, tu aurais besoin d’être au calme et les enfants t’empêchent de savourer cet instant ou de simplement, ne pas « faire la foire » le temps du repas.

Tu rêves de la famille idéale où le repas se prend dans le calme (tiens, dans ta conception des choses, les enfants mangent avec toi ? Parlent-ils volontiers ?) et où les enfants obéissent à leurs parents… Les jours se passeraient sans accro et tu n’aurais pas besoin de perdre de l’énergie à t’énerver.

Mais tu as tellement envie de pouvoir être serein.e et aussi, d’être sûr.e que tu élèves tes enfants correctement.
Tu as des valeurs et tu veux les transmettre.
Tu as été éduqué d’une certaine manière et, si tu t’aimes, tu estimes que ce n’était pas mal, après tout, puisque tu es quelqu’un de bien !

Quand tu entends parler de bienveillance et de NVEO, tu as l’impression qu’on te dit : « Oui, laissons les enfants tout faire ! » et surtout, que tu auras des enfants incontrôlables, tyranniques et sans limite.
Tu n’as pas envie de voir tes enfants prendre trop de libertés au quotidien et puis… Si tu peux éviter le regard des autres sur ton mode éducatif, tu préfères. C’est logique !

Et qu’est-ce que le discours de la parentalité positive peut être culpabilisant : des listes de choses à faire ou à ne pas faire !
On a l’impression qu’on ne fait rien de bien… alors qu’il ne faut pas rigoler : tu t’en es pas mort, d’avoir été élevé.e avec quelques claques et des punitions.

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Si tu veux bien continuer, j’aimerais t’inviter à une petite introspection.
Peux-tu prendre quelques instants pour te souvenir d’un moment où tu as été puni, plus jeune.
Souviens-toi des circonstances mais surtout, des émotions que tu as ressenti à ce moment-là.

Ce sont rarement des émotions positives : colère, peur, déception, tristesse, … parfois résignation.
Peux-tu maintenant penser à ce que cela a engendré comme attitude de ta part ? Cela t’a-t-il amélioré ?
Penses-tu que cette méthode était efficace pour t’apprendre quelque chose ?
Je t’invite à faire la lecture de cet article pour comprendre comment les punitions ont l’air efficace… alors qu’il n’en est rien.

On te parle de bienveillance éducative et tu as peut-être l’impression qu’on te demande de te transformer !
Tu crois peut-être qu’il faudrait que tu ignores ce que tu penses pour agir différemment.
Je vais te faire une confidence : ce n’est pas parce que tu as un comportement maintenant que cela te définit.
Mieux : tu peux agir de manière opposée à tes habitudes d’hier sans que TU sois remis en question.
Tu as le droit de changer d’avis.
Tu as peur du regarde des autres et tu as l’impression de trahir ce que tes parents t’ont transmis ?

Tes parents ont fait ce qu’ils ont pu à l’époque où tu es né.e.
Ils voulaient faire au mieux…. Et je suis sûre que c’est également ce que tu souhaites.

L’avantage, c’est que lors des dernières années, il y a eu moult champs explorés en neurosciences et que l’on a découvert de nombreuses informations ayant une implication directe avec l’éducation des enfants.

La bienveillance éducative prend ses racines là-dedans : l’objectif est de prendre en compte le niveau de développement des enfants de manière à comprendre leur comportement et de pouvoir y réagir le plus adéquatement.
Tes parents ne savaient pas. Toi non plus et moi non plus, jusqu’il y a quelques années.

Non seulement tu peux ouvrir la voie dans ta famille, mais tu peux aussi devenir une ressource pour eux.
Agir différemment de ses parents ne nous opposent pas à eux : nous les complétons simplement
(Je t’invite d’ailleurs à lire cet article te permettant de trouver des clés pour faire en sorte que les autres acceptent tes choix).

Tu as sûrement peur que tes enfants deviennent incontrôlables. Peut-être même que tu crains qu’il devienne délinquant si tu ne serres pas la vis.
Tu as envie de leur transmettre des valeurs !

Moi aussi !
J’ai envie que ma fille ait des valeurs qui soient proches des miennes et sincèrement, je me sentirai coupable si elle finit avec un casier judiciaire.
Pourtant, je suis assurée de quelque chose : regarde les profils des criminels. Il est TRÈS diversifiés. Les « petites frappes » sont souvent des gamins livrés à eux-même assez tôt… mais surtout : ils n’ont pas été accompagné par des attitudes bienveillantes.

La bienveillance éducative, ce n’est pas du laxisme au sens où tu l’entends= aucune limite. Je te laisse une petite définition ici.
Il est tout à fait exact que les enfants ont besoin de règles de vie commune. Nous vivons en société et chacun doit prendre en compte autrui.
Je t’invite vivement à lire cet article qui traite spécifiquement des limites éducatives dans la bienveillance. Tu verras que ce n’est pas une absence de présence parentale, au contraire.

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Ce principe d’éducation repose sur la volonté de prendre en compte les besoins des protagonistes (c’est-à-dire, autant des enfants que des parents!).
L’objectif n’est pas d’asservir les parents à des enfants prétendument devenus tyrans ou dictateurs.
D’ailleurs, souvent quand on se braque et qu’on s’énerve (cela vaut autant pour toi que pour tes enfants), c’est qu’un besoin n’est pas rempli.
Le problème, ce que l’on ne nous a pas appris pas à nous décoder nos besoins… mais bien les stratégies que notre cerveau met en place pour répondre à l’inconfort.
Par exemple, crier pour obtenir du calme ou encore, grignoter lorsque l’on s’ennuie.

En gros, être dans un accompagnement bienveillant des enfants demande d’être à l’écoute des besoins de TOUT le monde.
Donc, de toi, aussi!
Le fait est que les besoins des enfants passent en priorité durant quelques années. Parce qu’ils sont en pleine construction et qu’ils n’ont pas la même physiologie que les adultes.
Ils vont avoir sommeil, faim, soif, peur, envie de câlins, etc, de manière unique.
C’est vrai que cela demande de l’énergie et de l’attention, mais… cela ne dure pas ! En regard de la durée d’une vie, la période où les enfants sont au centre de toutes les actions est brève.

Je ne tente pas de cacher sous le tapis les difficultés inhérentes à la parentalité. Quelque soit la manière d’agir, être avec des enfants n’est pas forcément évident.
D’ailleurs, depuis leur naissance, les parents sont noyés sous les injonctions de toutes parts : les médecins suggèrent ceci, les amis défendent cela et les grands-parents apportent un autre avis.
Les plus classiques sont de laisser pleurer les enfants, de ne pas les porter trop, d’être ferme, de ne pas les laisser décider et qu’ils doivent obéir.

Or, l’éducation bienveillante est régulièrement perçue comme des listes de comportements à mettre en place ou à éviter.
Il faut percevoir que ces listes ne peuvent pas, pour des raisons graphiques et esthétiques, de transmettre en détails les motivations de chaque suggestion (l’immaturité cérébrale, le stade de développement X qui demandent telle attention…).
Mais cela permet de proposer une alternative au comportement automatique dont on souhaite se défaire, comme le fait de crier ou de donner une fessée.

Je ne prétends pas que la bienveillance éducative est simple.
C’est vrai que cela te demande de te poser et de questionner tes réactions automatiques :
« Tiens, pourquoi je crie, quand elle/il fait ça ? »
« Je suis très agacé.e lorsqu’il/elle réagit de cette façon, pourquoi ? »

Et c’est vrai… que ça peut être douloureux de trouver les réponses à ces interrogations.
Souvent, nos énervements et réactions vives sont mues par nos propres vécus. Cela fait écho et… Le psychisme s’en défend en mettant à distance ces émotions négatives, qui se retrouvent masquées par de la colère.
En plus, si tu as été élevé.e en entendant que les émotions, c’est vraiment un truc de nana ou de bébé… Forcément, tu n’es pas vraiment à l’aise avec l’idée de les laisser émerger.
D’ailleurs, je crois que tu n’y vois pas vraiment d’intérêt, là, dans l’instant.

Alors, j’ai juste d’autres questions : comment vis-tu quand tu es en colère ? Quelles sont tes réactions ? Est-ce qu’elles te satisfont ?
Aimerais-tu que ton enfant démontre les mêmes actions quand il ressent de la colère, de la déception, de la frustration ou de la tristesse ?

En changeant de perspective, tu vas pouvoir aider ton enfant à avoir des attitudes qui sont plus en maîtrise de soi.
C’est vrai que ce n’est pas immédiat, cela demande du temps. Mais, dans tous les cas, l’accompagnement des enfants est une tâche longue (et jamais achevée?!).
Alors autant rendre cela le plus agréable possible, non ?

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La personne de ton entourage qui souhaite te sensibiliser à la bienveillance aimerait partager cette possibilité avec toi.
En se questionnant sur la bienveillance éducative, il s’agit d’ouvrir le dialogue et de mieux se comprendre. N’est-ce pas le désir de chacun.e envers les êtres aimés ?

 

Je ne le cache pas, j’aime bien imaginer un futur monde de Bisounours.
Parce que je suis convaincue (et c’est aussi l’inclinaison des découvertes en neurosciences affectives) qu’il est possible, en quelques générations, de faire diminuer drastiquement le taux de violence dans la société en accompagnant les enfants différemment.
La Suède en a déjà fait l’expérience… !

Je te laisse sur une dernière réflexion :
Si les punitions et les brimades fonctionnaient vraiment, pourquoi y a-t-il encore autant de délinquances et de délits ?

 

J’espère sincèrement avoir ouvert une fenêtre pour que tu puisses échanger avec les personnes de ton entourage qui s’intéressent à la bienveillance éducative.
C’est une façon de renforcer les couples : S’enrichir mutuellement en discutant de votre projet commun, l’éducation de vos enfants.
C’est aussi une manière de proposer aux grands-parents et autres personnes de faire des découvertes sur le cerveau de l’enfant.
Je suis sûre que ces personnes sont ravies d’avoir accès à des traitements médicaux contemporains… Alors il semble logique que les nouvelles connaissances sur le développement infantile modifie notre rapport à l’éducation. Cela ne remet pas en cause ce qu’elles ont fait à leur époque, sans avoir autant d’informations qu’aujourd’hui.

Pour ceux et celles chez qui la brèche serait déjà ouverte, voici un index détaillé (résumé de l’article) de la section « Éducation bienveillante ».
Tu y trouveras de nombreux articles sur des sujets spécifiques comme la colère, la frustration, la gestion des « caprices » et d’autres ressources te permettant de voir que, vraiment, la bienveillance n’est pas de laisser faire, mais d’accompagner différemment !

 

A très bientôt, j’espère, pour d’autres relevés de curiosités en bienveillance.

 

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Préparer la naissance

C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

C’est ce jour-là que tout a commencé… !
29 mars 2017…

En vrai, ce n’est pas tout à fait ça, le début a eu lieu le jour de la première insémination artificielle.

Oui, c’est de ça que je vais parler. Cela va être un post plus égocentrique… Parce que la date s’y prête.

Pour beaucoup de couples, la date de la conception n’est pas forcément assurée.
A partir du moment où une procédure de PMA a lieu, tout est millimétré. Donc, en effet, je sais exactement le jour et l’heure à laquelle la conception de ma fille a eu lieu.
C’était le 29 mars 2017, un mercredi.
Ce matin-là, à 10h15, j’avais un rendez-vous prévu exactement 36h après l’injection pour déclencher l’ovulation.
Ce matin-là, à 10h10, j’étais dans une salle d’attente presque vide, dans ce merveilleux hôpital où Elle est née (CHR de Namur ❤ ). Je prenais des selfies humoristiques et j’ai fait des photos de LA salle où se passerait la manœuvre… En me disant, en rigolant, que cela ferait une trace dans les souvenirs.
Ce matin-là, j’avais le cœur léger. Alors que les deux mois précédents avant été des montagnes russes émotionnelles.  Cela n’avait pas de sens d’être si enjouée, alors que j’étais seule face à cet acte que je savais d’une importance potentiellement capitale pour mon avenir. Pour notre avenir.
En pourtant, ce matin-là, à 10h10, j’étais juste une femme en train d’ovuler et à 10h20, j’étais une femme « enceinte ».
Je sais que ce n’était pas le cas, mais psychiquement, c’était ça. En moi se trouvaient toutes les possibilités pour qu’être être se forme.
Ce matin-là, Pendant 15 minutes, j’ai attendu allongée que les 5.2 millions de nageurs fassent un peu de chemin avant de retrouver mes vêtements et commencer une journée « classique ».
Quelle illusion !
A partir de ce matin-là, plus aucune journée ne serait classique.
Le compte à rebours avait débuté. « Si vous n’avez pas vos règles, vous viendrez à j+16 faire une prise de sang ! »
J+16, alors que les règles arrivent d’habitude à J+14 (sauf dérèglement hormonal, dont je suis coutumière et qui avait fait tomber la sentence de l’échec  le mois précédent, le soir de ma fête d’anniversaire. Je vous laisse imaginer ma tête déconfite en revenant de la salle de bain, à 22h, en ayant constaté cela… Et devant faire bonne figure devant les invités … !).
je savais que des tests existaient et permettaient de détecter la fécondation deux jours avant la date présumée des règles.
Ce matin-là, je ne l’avais dit à personne mais je savais déjà, qu’à J+12, soit le 10 avril, un test de grossesse serait arrosé à 6h du matin.

Non, je ne sais pas ce que c’est que l’inattendue et de la découverte par hasard avec les symptômes.
La PMA, c’est la manie du contrôle et la peur de l’échec. C’est avoir la crainte que son corps ne joue jamais le jeu. C’est vivre les suivis de cycle comme des évaluations et se sentir défaite quand le corps déraille malgré soi… Projetant nos désirs dans un vide sidéral et l’espoir dans un champ de mine.

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Mais, ce matin-là, ce 29 mars 2017, je présentais que la vie serait douce.
J’avais toujours dit que c’était « marrant ces femmes qui passent un nouvel an sans bébé et qui passe le suivant avec un nourrisson dans leur bras ». Je savais que c’était ma « dernière chance » pour être parmi celles-là.
Je savais aussi que si ça marchait, j’aurais un bébé de Noël. Quel présent… !

Les jours ont passé et l’humeur enjouée n’a jamais cessé.
J’étais à l’affût des moindres symptômes. Je croyais qu’un matin, je serai réveillée par un élan nauséeux m’apportant la réponse.
Mais en réalité, chaque passage aux toilettes débutait par une angoisse d’avoir des pertes de sang. Je finissais par haïr le papier toilette rose qui s’obscurcissait et donnait l’impression qu’il y avait du sang clair.
Chaque sensation passait par le filtre d’une interprétation.
J’ai épluché tous les groupes, tous les forums, tous les sites qui évoquaient l’ensemble des symptômes susceptibles d’apparaître en cas de succès.

Un soir, à J+5, alors que j’étais au restaurant, j’ai ressenti une contraction utérine comme je n’en n’avais jamais ressenti. Cela me coupa la parole (et il faut y aller pour faire cesser mes logorrhée, celles et ceux qui me connaissent le savent).
Me reviennent en mémoire les informations lues les derniers jours … La nidation est susceptible d’engendrer une(des) contraction(s) utérine(s).
Le timing correspond, par rapport à une possible fécondation.
Parce que oui, en PMA, on devient experte de la reproduction humaine…. !

A partir de ce jour-là, les sensations changent.
Premier mercredi post-insémination. Encore 5 jours à attendre et je saurai.
Mais déjà, ce jour-là, je sentais qu’une histoire se tramait sous mon nombril. Mon cheval était blessé et j’habitais si proche de l’écurie que je m’y rendais à pied, en faisant de la marche rapide (oui, j’avais trouvé ça intéressant de m’initier à cette pratique qui met à rude épreuve les hanches et les abdominaux).
Je fus incapable de tenir le rythme. Il y avait comme une boule qui accrochait dans mon ventre.
Il en allait de même pour mes exercices de renforcement musculaires, je ne parvenais plus à contracter mes abdominaux avec les mêmes sensations que d’habitude.
Ces signes m’enthousiasmaient autant qu’ils m’effrayaient. Etais-je en train de sombrer dans les affres des fabulations corporelles et d’une grossesse nerveuse ?

L’impatience est un défaut qui me caractérisait. Ce temps avant le test de grossesse me semblait interminable…
Toutes les heures du jour et de la nuit, je pensais à cela : Suis-je enceinte ? Que faire ? Qu’éviter de faire pour que ça « tienne »  si « c’est » bien là ?
Des centaines de questions se bousculent, croisant tantôt la joie et tantôt le désespoir de ne pas faire confiance à ce corps. Culpabilisant des supplices que j’ai pu lui faire subir en étant plus jeune, j’espérais qu’il m’offre le cadeau d’abriter la vie malgré tout. Je me promettais une réconciliation inaltérable avec lui, s’il devenait le temple de cet enfant tant désiré.

Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. J’étais fébrile.
Epuisée, à 5h50, j’ai descendu les marches qui me séparaient de la salle de bain.
J’ai ouvert la boîte, lu la notice. Relu, en réalité, je l’avais déjà détaillé au moins 3 fois auparavant.
En œuvrant à viser correctement, je me suis mise à rire de la situation. Moi, seule dans une salle de bain, en train d’éviter de m’uriner sur les doigts, je m’apprête à savoir si mon destin va changer à tout jamais. Quel moment d’anthologie !
Ce moment-là me rapprochait de toutes les femmes, je n’étais plus « en PMA », j’étais une femme qui espérait être enceinte.

Une fois le bâtonnet révélateur déposé à plat, j’ai passé mon visage à l’eau.
J’ai ouvert Messenger et j’ai vu qu’une amie proche était connectée. Elle-même enceinte suite à une PMA… Elle savait tout. Elle avait juste 5 mois d’avance sur moi.
J’ai regardé ce test.
Fatiguée, je croyais voir flou. Il n’y avait rien de flagrant. C’était tenu… pâle.
Je vérifie sur la notice… Même pâle, c’est positif.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je prends une photo et l’envoie à cette amie, qui bondit de joie en recevant ce cliché.

20170410_205909OUI, c’est une archive personnelles! 🙂
Je ne rêve pas. Je suis enceinte !
Nous sommes le 10 avril, il est 6h du matin et je suis enceinte. Le test confirme ce que mon corps sait depuis des jours.

Le sourire ne me quittera plus.
Parce que finalement, non, je n’ai jamais eu de symptômes de grossesse. Sauf si l’on considère que l’expansion fulgurante de mes seins en est un… C’est d’ailleurs ce qui a « grillé » mon précieux secret auprès de mes collègues.
J’ai aussi découvert à quel point le corps s’organise bien pour calmer les ardeurs en augmentant brusquement le rythme cardiaque.
La fatigue du premier trimestre n’est pas un mythe pour moi, j’étais échouée dès 20h30 et j’aurais bien dormi le reste de la journée aussi.
Mon corps m’a demandé de prendre le temps… Ce qui renvoie à l’article que j’ai écrit juste avant celui-ci, d’ailleurs.

Bref, le 29 mars 2017 est le premier jour du reste de ma vie.
Depuis ce jour, je ne compte plus pour moi seule mais pour nous.
La PMA m’a permis de devenir cette femme enceinte que je rêvais d’être.
Ma fille m’a offert de devenir la maman que je souhaitais être.

Ce périple de l’esprit et du corps est celui qui m’a révélé à moi-même, rendant évident ce que je m’efforçais de cacher au fond de moi.
Alors forcément, ces dates précises sont symboliques et très personnelles. Malgré tout, j’avais envie de les partager, parce que je sais que ces sensations et ces émotions toucheront certaines femmes.
J’espère que cela donnera de l’espoir à certaines.
Parce que ce matin-là, les gynécologues de la PMA n’avaient pas encore compris ce qui ne fonctionnaient pas dans mon système hormonal. J’ai des ovaires poly kystiques, mais aucune cohérence par rapport au syndrome associé.
Ce fut un coup de chance.
Ce matin-là, j’ai eu de la chance.

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Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Et si on prenait le temps ? La grossesse

 
« J’ai pas l’temps ! », disais-je en courant d’une tâche à une autre.
A vrai dire, je prenais du temps pour certaines tâches d’importance à mes yeux… Mais je me sentais oppressée par les autres que je devais caler dans mon agenda.

« J’ai pas l’temps ! » de faire toutes les tâches qui me permettraient d’avoir plus de visibilité et des articles plus aboutis en design (et je ne parle pas du visuel médiocre de mes sites … Ah ah ah !).

Nous sommes dans une société où l’oisiveté est mal perçue. Il est nécessaire de communiquer qu’on est « busy ». Et le pire, c’est qu’on a tendance à charger nos agendas voire ceux des enfants de moult activités : des séances de sport, des cours de ceci ou cela, des évènements de réseautage et évidemment, le travail qui doit occuper une place principale.

Je vous propose une série de quelques articles sur la question du temps autour de la périnatalité et de la parentalité.

Cet article traite de la période de la grossesse. L’article suivant traitera du post-partum et le troisième de la vie avec un enfant de moins de 3 ans. Ultérieurement, je rédigerai aussi un article sur le rapport au temps en fonction des âges des enfants. Bref, un programme qui prendra… du temps !

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Le temps de la grossesse

Dans la vie, la période de la grossesse est une forme de parenthèse, surtout pour une primipare qui n’a pas d’autre enfant à prendre en compte dans son quotidien.

Ces instants nécessitent un suivi particulier : les rendez-vous gynécologiques ont lieu régulièrement.
Et déjà à ce moment-là, la question du temps qu’on accorde à cette grossesse se représente par les accompagnements à la naissance que les futurs parents décident ou non d’effectuer.
Certain.e.s ne vont pas avoir besoin d’investir la grossesse et ce futur bébé, et donc ne pas y consacrer un temps défini par des rendez-vous supplémentaires. D’autres vont multiplier les séances de préparation en mixant une préparation classique, de l’haptonomie, du chant prénatal et des ateliers isolés sur divers thèmes.
Bien sûr, je grossis le trait des deux extrêmes.
Cela dit, le « profil » des futurs parents aura probablement un impact sur le post-partum.

Durant la grossesse, le temps mental accordé à la grossesse ou au futur bébé peut être un révélateur du vécu parental. Certain.e.s vont être dans la fuite en avant, sans y consacrer une énergie mentale volontaire durant les premières semaines, par crainte d’une fausse couche.
L’absence totale de place psychique laissée au bébé se ressent sur le corps… C’est ce qui se produit également dans les cas de déni partiel ou total de grossesse. Je développerai ce sujet dans un article ultérieur.

L’investissement émotionnel et psychique de la grossesse va être différent en fonction du parcours pour parvenir à ce point : Est-ce un bébé surprise ? Une grossesse venue après un parcours de Procréation Médicalement Assisté ? Un bébé qui s’est installé alors qu’on l’avait cordialement invité ?
Chaque femme va vivre la grossesse de manière singulière. Le vécu durant le premier mois n’est pas celui du dernier mois, d’ailleurs.
Il est plus facile de « l’oublier » (ou même carrément, de ne pas s’en rendre compte) au début alors que le principal intéressé se rappelle à nous par son ampleur et ses mouvements, par la suite.

 

Au commencement…

Parfois, les débuts d’une grossesse amènent des sentiments ambivalents envers celle-ci : la joie, la peur, la surprise,…
Ce bébé tant désiré va devenir le siège d’attentes et la crainte de le perdre ou qu’il ne soit pas en pleine santé peut devenir paralysante.
A contrario, dans le cas de grossesse « surprise », la panique peut être le premier sentiment. D’ailleurs, à la suite de cela, un sentiment de culpabilité pourrait naître « Parce que je ne l’ai pas accueilli dès le départ ».

Il est nécessaire de replacer les choses dans leur contexte. Je vais être claire sur le sujet : ce n’est pas parce qu’on a déjà des enfants que les femmes sont contraintes de garder un embryon qu’elle ne désire pas. Ça vaut aussi pour les femmes installées. La maternité n’est pas obligatoire si on ne la désire pas. Je ne suis pas partisane de la croyance que le destin amène sur notre route ce qui est « bon » pour nous. Je suis adepte du choix. C’est dit !

C’est propre à la perception de chacune et au contexte de sa vie. Il est nécessaire d’y consacrer un temps de réflexion. Tant un enfant qu’un avortement ne se vit pas sans conséquence.
Parfois, la réaction est expéditive : c’est une surprise mais quelle joie ! Mais l’inverse aussi, « Oh ! Non ! La venue d’un (nouvel) enfant serait une catastrophe ! ».
Les deux sont audibles. Les deux sont vrais. Les femmes doivent décider, et pour se faire, elle peut consulter des professionnel.le.s capables de les écouter SANS LES INFLUENCER ou leur faire une leçon de morale.

 

Le vécu d’une grossesse qu’on poursuit…

Une fois que la grossesse a pris sa place consciente dans l’esprit de la future mère, le rapport à cet embryon/fœtus va dépendre des symptômes associés. Certaines ne vont pas ressentir grand-chose : ce qui les inquiètera… Et d’autres vont se voir affliger de nausées, de tachycardie, de maux divers et variés. L’ampleur de ceux-ci impacte le quotidien, et déjà là, la question du temps se pose. D’ailleurs, l’inquiétude sur la pérennité de la grossesse pourra ressurgir aussi quand les symptômes classiques du 1er trimestre s’en iront.

« Oserais-je prendre du temps pour MOI maintenant ? ».
Dans le rythme effréné de la vie active, il est parfois difficile de s’octroyer du repos alors que ce n’est que le début de la grossesse. Or, le premier trimestre est bouleversant pour le corps féminin !
Sans gêne aucune, je vous suggère de vous écouter paisiblement en n’oubliant jamais qu’un travail ne vous garantit pas du bien-être. Par contre, c’est le cas lorsque l’on prend soin de soi et que l’on s’autorise à être attentive à nos sensations.
Beaucoup de femmes vont déjà investir la grossesse et chercheront des solutions pour apaiser leurs maux, ou investiront du temps pour comprendre en détails ce qui se passe en elles.
Il faut avoir en tête cela : dès le départ, les femmes octroient du temps à cet enfant qui n’est pas encore là, parce que c’est en elles que tout se joue.

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Dans le couple, il va fréquemment se produire une distinction claire de la réalité vécue. Une personne est enceinte, pas l’autre.
Souvent, c’est la femme enceinte qui va investir massivement du temps dans l’élaboration mentale de la suite de la grossesse, de l’accouchement et de la vie avec un enfant.
En témoignent les nombreux groupes facebook sur la grossesse et les sujets afférents à l’enfance, majoritairement animés par des femmes enceintes ou devenues mères.
Il y a quelques groupes de futurs pères/coparent.es, comme Papallaitant.
Mais un schéma classique est que le père ou la coparente soit incité.e à agir par la femme enceinte pour s’informer à tel ou l’autre sujet, puisque c’est elle qui les débusque !

Bien sûr, dans certains cas, l’autre parent peut également s’impliquer activement et faire de la grossesse un sujet central de sa vie. Je le souhaite d’ailleurs à toutes les femmes enceintes, en couple.
Mais ce n’est pas encore la majorité, parce que le préjugé social veut que ce soit la femme qui perde des neurones (vous n’avez jamais entendu parler du SNU ? Le syndrome du neurone unique) car elle ne pense qu’à son bébé (je parle au singulier, mais pour les grossesses multiples, ça multiplie les questionnements !).
Comme la femme enceinte vit concrètement l’évolution de la grossesse dans son corps, il y a une certaine tolérance à ce que son attention soit dirigée vers ce petit-être.
D’ailleurs, à partir du moment où la grossesse est annoncée, la question posée à une femme enceinte est : « Et alors, comment ça va le bébé ? ».
Question aussi frustrante qu’incompréhensible.

La plupart du temps, la femme enceinte vit avec ce même questionnement qui n’est rassuré que lors des moments de consultation.
Moi-même, j’ai toujours répondu : « A priori, oui ! J’ai eu une écho il y a X jours et ça allait ! ».
Mais l’absence de certitudes peut amener des angoisses massives. Là, aussi, le vécu de chacune est indispensable à prendre en compte.
Il ne convient pas de balayer les craintes d’un revers de la main : au contraire, il s’agit d’une occasion de les travailler, avec un accompagnement, de manière à faire émerger ce qui se cache derrière.
C’est un des manques des préparations à la naissance, selon moi… Que j’espère pouvoir combler grâce à mes écrits et mes futures consultations.
Les craintes qui surviennent pendant la grossesse sont la plupart du temps normales, mais on en parle peu… Parce que cela soulève des sujets difficiles comme la mort, les malformations, la prématurité, etc.
Les ami.e.s et conjoint.e.s préfèrent rassurer la future mère… Mais les appréhensions ne sont pas entendues en tant que telles et peuvent croitre.
Alors il est possible de trouver des groupe, sur facebook par exemple, où ces sujets sont abordés. Ceux-là, et d’autres… Parfois pires, ce qui amènent des peurs encore plus diversifiées !

A titre d’exemple, j’étais moi-même sur un groupe traitant de la PMA. J’y ai appris certaines choses… Mais cela a généré des doutes que je n’aurais jamais eu autrement. Par exemple, j’ai eu peur de la douleur inhérente à un examen spécifique (l’hystérosalpingographie, finalement, presque indolore, grâce au MEOPA  sûrement mais aussi grâce aux soignants tellement attentifs et drôles… Cet examen à lui seul mériterait un article en mode story telling, tellement j’en ai ri !).
Ensuite, j’ai entendu parler d’œuf clair. Je ne savais pas du tout ce que c’était … Et ça m’a fait anticiper ma première échographie par crainte que ma grossesse ne soit pas évolutive.

Après cela, j’ai compris.
Je ne voulais plus être exposée involontairement à des informations anxiogènes. Mais il me manquait un certain soutien, une écoute, un échange, des informations objectives…
Parce que la préparation à la naissance avec une sage-femme ne commence que vers le 5eme mois, en général.
C’est parfois long, 5 mois, seule dont 3 mois à avoir peur d’une fausse-couche et 4 mois avant de savoir si le bébé est bien viable sans malformation. Du moins, c’est comme ça que MOI, je l’ai vécu.
C’est un vécu parmi tant d’autres.
Mais il n’est pas à négliger ou à taire.
Dès le début, il est possible d’être entendue. Seule ou en couple,  d’ailleurs.
Je suggère d’ailleurs aux femmes de consulter parfois avec leur conjoint.e pour que soit entendu ce qui se joue pour elles.
C’est un premier temps à prendre, ensemble. Il n’est pas question d’une thérapie de couple, mais d’aider le couple à entrer dans la parentalité et donc, le fait que tout est et sera perçu différemment… puisque ce sont 2 êtres distincts.

 

Un coup de tonnerre ?

Il y a des grossesses moins agréables que d’autres… plus stressantes.
C’est le cas des grossesses avec Menace d’Accouchement Précoce (MAP), où les femmes vivent des contractions très tôt, ou que le col se modifie.
Certaines femmes ont droit à un cerclage du col, pour le maintenir  fermé mécaniquement.

Ces grossesses impliquent que les femmes se reposent voire soient totalement alitées.
Ce sont des périodes effroyables pour les femmes enceintes sujettes à ces problèmes.
Il y a les peurs vis-à-vis du bébé mais aussi le vide que cela crée dans la vie : la plupart du temps, les femmes alitées seront souvent seules. Elles consacrent leur temps à préserver leurs bébés.
Ce sont des moments qui vont être consacrés à la recherche d’informations et, à l’heure actuelle, à un grand temps passé sur les réseaux sociaux. Je parle des effets passés derrière les écrans dans cet article.

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Il est profitable pour les futures mères « à risque » de chercher le moyen de s’entourer et prendre soin d’elle.
Si le canapé et le lit deviennent les « meilleurs amis », il est possible de faire venir le monde à soi !
Fais venir tes ami.e.s avec des denrées alimentaires, pareil pour les coiffeu.r.ses, et autres services à la personne dont tu aurais envie.
Ensuite, il peut être profitable d’être accompagnée par une personne qui viendrait consulter à domicile. Diverses pratiques peuvent être profitables : la méditation en Pleine Conscience, mais aussi la sophrologie, par exemple.
Les périodes d’alitement sont des tensions permanentes tant physiques que psychiques. Il n’est pas bénéfique d’enfouir ses craintes et de mettre un masque de façade. Oui ! C’est difficile à vivre car toute la vie est bousculée, du jour au lendemain, sans préambule.

Dans ces situations-là aussi, il est nécessaire de prendre en compte les différences de perception au sein du couple.
Les futures mères et leurs bébés passent leur temps en tête à tête, et toute l’attention est fixée là-dessus. Il est fort probable que les futures mères soient tendues par cette situation et comme je l’ai évoqué précédemment, elles dédient beaucoup de temps à chercher des informations sur leur situation, mais aussi sur l’après-naissance.
Il est ainsi indispensable que les conjoint.e.s prennent conscience de cela et mettent de l’énergie à rejoindre les femmes dans leur vécu.
D’une part, il est nécessaire que les accompagnant.e acceptent d’entendre l’état émotionnel mais aussi de le prendre réellement en compte au quotidien. Par exemple, il serait opportun de se hâter à retrouver sa compagne après le travail… Voire même de demander à pouvoir effectuer du télé-travail pour rester avec elle régulièrement.
Ensuite, il est indispensable qu’ils/elles cherchent à acquérir les connaissances que les femmes ont glanées au fur et à mesure de la journée. C’est aussi un temps quotidien qui peut être utile pour se reconnecter ensemble à l’état de grossesse.
C’est plus simple pour une femme de parler des connaissances qu’elle a récolté si on lui demande ce qu’elle a découvert… plutôt qu’elle ne soit dans une relation unilatérale de pourvoyeuse d’informations « non sollicitées ».

Dans cette situation particulièrement (même si cela peut valoir pour tous les couples hors MAP ou alitement), je peux suggérer que des séances d’haptonomie soient pratiquées.
Ces séances permettent de se communiquer avec les enfants au-delà du stress de l’alitement mais aussi pour aider les conjoint.e.s à s’investir pleinement.
Ces propositions par rapport à la communication  se valent aussi à la période (en France) où les femmes sont arrêtées en fin de grossesse.

Enfin, durant ces périodes d’arrêt de travail, j’inciterai vraiment les femmes à s’investir dans une activité « créative ».
Cela peut sembler fou, mais il n’est pas nécessaire de combler le temps par de l’utile. Au contraire, ce temps peut être mis à profit pour se (re)découvrir des passions manuelles.
En tout cas, il ne peut être que profitable de faire quelque chose qui te rendra fière de toi : écriture, vidéo, puzzle, tricot, couture, calligraphie, coloriage de mandala, gravure sur bois, …
Nombreuses sont les options afin de prendre le temps et de déconnecter l’empressement du quotidien.

 

« Tu bouges beaucoup trop… Quand est-ce que tu sors ? »

La date de ton terme s’approche.
Electrochoc à J-31 : dans moins d’un mois, il y aura quelqu’un de plus. Et l’accouchement. (Je te glisse un article sur la façon d’avoir l’accouchement que l’on souhaite).
Cela fait quelques mois que les mouvements sont perceptibles et qu’ils deviennent de plus en plus visibles.
Pour certaines femmes, ces sensations engendrent de l’inconfort. Pour d’autres, c’est étonnant ou plaisant.
Dans tous les cas, avec les smartphones à proximité, je te peux que proposer d’en faire des vidéos.
A tout le moins, je te propose de prendre le temps de ressentir tout cela, d’essayer de distinguer les mains, les pieds, les mouvements et la position du fœtus.
Tout au long de la grossesse, en palpant doucement l’utérus, il est possible de détecter l’évolution de la grossesse et de la position du fœtus. Je me suis étonnée de sentir très vite une boule en bas à droite, et que celle-ci migre ensuite vers la gauche, avant de s’étendre totalement.

Il est souvent conseillé de parler au fœtus. Je pense sincèrement que cela dépend de la sensibilité de chacun. Certaines personnes trouveront ça étrange de parler à un ventre mouvant (ou pas) et d’autres le feront naturellement.
Dans tous les cas, il peut être utile de s’arrêter sur les moments joyeux ou difficiles et de verbaliser ce qu’il se passe. Il est connu maintenant que les fœtus perçoivent les états émotionnels de la mère. Autant miser, dès le départ, sur la transparence : c’est un bon exercice pour la suite, lorsque le bébé sera dans tes bras.

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Dès que les mouvements deviennent perceptibles, je te suggère de prendre le temps matin et soir (au moins) de te connecter à ce petit-être.
Il s’agit simplement de prendre le temps de lui dire Bonjour et Bonne nuit, en attendant sa réponse.
Parfois, la crainte de ne pas le sentir survient. Dans ces cas-là, il est possible d’avaler un aliment sucré et de se coucher sur le côté gauche (cela favorise les échanges sanguins).
Sans alarmisme, il est nécessaire d’être attentive aux mouvements fœtaux et consulter en cas (d’impression) d’immobilité depuis quelques heures. Les précautions dépendent du stade de la grossesse.

Enfin, il arrive que les maux de grossesse s’accroissent en fin de grossesse. La pression utérine engendre quelques joyeusetés originales (j’en parle dans cet article : « Si j’avais su… sur le corps et la tête d’une femme enceinte ») et parfois, il tarde aux parents que l’enfant  sorte de sa cachette.
9 mois, entre 37 et 42 semaines de grossesse, dans la plupart des cas, c’est court. Et c’est à la fois très long.
Là encore, les dernières semaines de la grossesse sont des moments idéaux pour se prêter aux exercices de respiration et de Pleine Conscience.
Ces moments sont inédits. Ils sont uniques et indicibles.
Ces deux corps qui ne sont encore qu’un ne seront plus jamais aussi proches. Autant ancrer ses sensations durablement…

Et qui sait, pourquoi pas les écrire ?
D’ailleurs, tout au long de la grossesse, l’écriture peut être un média vers ses émotions mais aussi pour partager ses sensations avec le/la partenaire et l’enfant, quand il sera plus grand.
Personnellement, j’ai fait un carnet de bord de ma grossesse… Et je continue à rédiger les péripéties quotidiennes.
Le temps nécessaire pour inscrire les faits, les choix, le décours des évènements permet de se recentrer et d’expliquer clairement ce qui est parfois difficile à dire. En outre, l’écriture permet de garder une trace qui ne sera pas modifiée dans le temps comme le sont les souvenirs.

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En bref, à toi future maman ou future femme enceinte, ne t’oublie pas. Prends le temps d’être, de ressentir, d’inscrire et de vivre intensément.
Rares sont les actions qui pressent réellement.
Penses-toi comme un temple qui construit la beauté de la vie :
Prends soin de toi en te nourrissant sainement.
Prends le temps de te reposer.
Prends le temps de ressentir.
Prends le temps de partager… et, si cela te concerne, incite ton/ta conjoint.e à te rejoindre dans ces temps de connexion.

A très bientôt pour de nouvelles curiosités !

Si tu t’intéresse à cette notion de « prendre le temps », je t’invite à découvrir le « slow parenting » via le nouvel ouvrage de Chloé Blin-Maginot  : Vivez une parentalité Slow.

parentalité slow

 

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Réponse au reportage d’Envoyé Spécial « Burn Out Parental »

Aujourd’hui, j’ai regardé le reportage d’Envoyé Spécial sur le Burn Out Parental.
De prime abord, j’étais ravie que l’on parle de ce sujet et de la parentalité à une heure de grande écoute dans un magazine d’enquête !
Je suis une consommatrice avide des enquêtes d’Elise Lucet. Je les trouve souvent bien menées et aussi franches que caustiques pour ceux mis en cause.

Malheureusement, dès l’introduction, j’ai été étonnée du ton donné de ce reportage : « (…) Dans certaines familles, gérer les enfants est devenu un cauchemar. » Le tout, sur des images d’enfants qui hurlent et de parents qui soulèvent leurs enfants.
Je m’étonne, car je pensais qu’on parlerait du Burn Out Parental, et non… des problèmes que rencontrent les parents dans l’éducation (je préfère d’ailleurs « accompagnement », comme terme) des enfants.
Heureusement, le sous-titre reste « Quand les parents craquent ! ». Tout de même, on écarte les enfants de la responsabilité de l’état de leurs parents.
Mais cela ne dure pas ! Après cela, la question posée est : « Comment se débarrasser de la culpabilité d’être un mauvais parent ? ».
La formulation est pour le moins maladroite : la question n’est pas que de se débarrasser de la culpabilité de nos attitudes, mais de changer lesdites attitudes lorsque c’est nécessaire.
La culpabilité a une fonction : elle œuvre pour que l’on modifie ce qui nous pose problème. Bien évidemment, la culpabilité excessive est néfaste. Mais ressentir de la culpabilité lorsqu’on a eu une attitude qui atteint nos critères moraux n’est pas vain : cela permet de réfléchir sur des alternatives. Les personnes en Burn Out Parental ont souvent une culpabilité excessive qui les conduit à des conduites dont elles ne s’imaginaient pas capables. Alors oui, traitons la culpabilité mais aussi les causes!

Toutes ces maladresses de langage et les perspectives prises dans le reportage sont les raisons pour lesquelles je souhaite opposer une réponse à ce reportage.
Il démontre un triste amalgame : ne pas différencier clairement le ressenti des parents et l’attitude des enfants.
Tout au long de ce reportage, les spectateurs sont amenés à penser que les enfants exposés sont vraiment insupportables avec leurs parents et que c’est pour ça que le.s parent.s sont dans un état d’épuisement.
Or, l’état de Burn Out du parent n’est pas en lien direct avec l’attitude des enfants, mais plutôt avec son propre état d’esprit par rapport aux enfants !
Les enfants ne sont pas insupportables, ce sont les parents qui ne les supportent plus.
La nuance est indispensable.

Je rappelle la définition du Burn Out Parental, prise à l’UCL (Belgique) qui a mené la seule grande étude sur le sujet :
« C’est un syndrome qui touche les parents exposés à un stress parental chronique. Le burnout se manifeste par le sentiment d’épuisement (être épuisé, vidé, que ce soit au niveau émotionnel, cognitif et/ou physique), la distanciation affective avec les enfants (le parent n’a plus l’énergie de s’investir dans sa relation avec ses enfants), la perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle de parent (il a l’impression d’être un mauvais père ou une mauvaise mère). Le burnout peut avoir des conséquences graves sur le parent (problèmes de santé, addictions), sur le couple (irritabilité, conflits, divorce) et sur la relation parent-enfant (négligence, violence). »

Considérer que le Burn Out Parental est causé par les attitudes des enfants, c’est comme estimer qu’une personne dépressive l’est à cause de ce qu’elle a vécu. Or, rien n’est plus faux.
Il y a des conditions favorisant l’apparition de ces problèmes mais elles ne sont pas les causes. Les conditions préexistantes au déclenchement du BO parental auraient été indispensables à mettre en exergue de façon plus claire.

Tout du long, les familles font état de leur difficultés éducatives avec leurs enfants, et ne se penchent que relativement peu sur leur propre état émotionnel.
Il met aussi en évidence que le Burn Out Parental survient lorsque les parents veulent trop en faire : trop d’activités, d’investissement, de travail. C’est d’ailleurs ce que je constate dans presque tous les discours de parents épuisés : « Je me suis retrouvé.e sur la corde parce que j’en fais trop. Je suis trop perfectionniste dans ce que je veux pour les enfants et c’est pour ça que je suis épuisé.e. ».
S’il y a une part de vrai là-dedans, je pense que l’on méprise une part importante du problème source : le précipice entre les besoins des enfants et le cadre social occidental dans lequel on évolue.

Or, Envoyé Spécial est connu pour remettre sur l’établi les dérives de la société occidentale en termes de gestion financière, de consommation, de rapport à l’écologie… Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas concernant le rapport à la parentalité ?
La parentalité est un sujet qui touche une très large part de la population. Cela concerne tout le monde et pourtant ce n’est pas un sujet : justement parce que tout le monde y fait face.
Pourquoi n’avez-vous soulevé l’absurdité des rôles parentaux dans la société occidentale actuelle ?
Il est logique que les relations puissent être (dis)tendues dans des circonstances où des parents travaillent 5 jours/semaine et où tous les moments sont teintés d’empressement ou de fatigue.
Eh oui, le matin, il faut se dépêcher de se préparer. Quand on se retrouve en fin d’après-midi ou en soirée, tous sont fatigués et les weekends sont occupés entre tâches nécessaires et activités avec les enfants.
Il n’y a que peu de temps pour être présent.e à une relation authentique, ce que cherchent pourtant les enfants !

Au lieu de déplorer ce renfermement de la cellule familiale qui laisse à penser que les parents en détresse sont les seuls à vivre cela, le focus est mis sur les difficultés éducatives. Et cet axe a comme conséquence directe de lancer le spectateur dans des jugements du genre : « Un peu de respect et d’autorité et ça irait ! » ou « Vous avez pensé à élever la voix ou à punir ? »… Et je n’invente, il y a des perles dans les commentaires du reportage sur YouTube.
Le reportage n’engendre pas une identification des spectateurs aux difficultés communes à tous les parents et surtout au 10% touchés par le BO Parental sévère… Mais amène des jugements sur les méthodes éducatives.
Cependant, aucun point n’est fait sur celles-ci.
Il est diffusé sans commentaire que les parents laissent leurs enfants s’endormir après avoir pleuré 2h, font passer les parents pour des « victimes » de la tyrannie de leurs enfants et commente « Aux Pâtes au Beurre, on lui a conseillé de mettre plus de limites à ces enfants ! ». [Petit Aparté pour remercier l’Association Les Pâtes au Beurre d’exister et de proposer le type d’accompagnement.]

J’ai eu envie de m’évanouir (oui, le sujet me touche particulièrement, puisque c’est mon domaine de prédilection le parentage (maternage) et « l’éducation bienveillante ») : Comment laisser penser aux spectateurs, qu’en effet, un cadre et des limites feraient le job pour que les enfants se tiennent mieux et soient assez dociles pour que les parents soient moins sur les nerfs ?
Cela n’a aucun sens !

Le Burn Out parental ne se soigne pas en ayant des enfants plus calmes, ils se traitent en prenant soin de soi !
Comme évoqué dans le reportage, les groupes de parole sont incontestablement utiles. De plus, il est également indispensables que les parents atteints de difficultés avec leurs enfants puissent se retourner vers leur propre histoire, la gestion de leurs émotions, leur propre vécu d’enfant…
Parce que cela a été démontré à de nombreuse reprise et Isabelle Fliozat a écrit un livre aussi édifiant qu’utile à ce sujet « Il n’y a pas de parent parfait » : les réactions que les parents ont à chaud envers leurs enfants sont des répétitions automatiques de vécu infantile.
Dans les situations émotionnellement envahissantes, il n’y a que peu de place pour la réflexion et les réactions sont automatiques.

Dans le cas où ces réactions automatiques sont des cris, des punitions, des coups et autres joyeusetés de ce type, les enfants vont, eux aussi, réagir !
Et au fur et à mesure, les attitudes de ces derniers vont être de plus en plus virulentes, en regard de ce à quoi ils sont exposés.

Mais pour agir et comprendre le fonctionnement de cela, il est nécessaire de prendre le temps de se pencher sur le développement des enfants et sur leurs besoins.
Dans ce reportage, nulle mention n’est faite sur la manière d’entrer en empathie avec les enfants pour écouter ce qu’ils ont à dire.
La perspective est qu’ils doivent obéir sans mot dire, et que cela n’est pas le cas, faute de cadre de la part des parents (voici un article qui aborde justement cette notion des limites éducatives).
J’invite sincèrement ceux qui estiment cela juste de s’informer sur l’éducation bienveillante/positive/créative (ou encore, ce que j’appelle « l’accompagnement bienveillant »).

Oui, cela demande de changer d’angle.
Il faut sortir des croyances que l’enfant est un tyran, qu’il doit être dominé et obéir, qu’il doit se tenir « bien » et pouvoir être sage.
Cette vision de l’éducation est héritée d’une époque obsolète où les connaissances sur le développement de l’enfant étaient moindres.
La société avait besoin de bras, de main d’œuvre et de soldats. Les femmes étaient au foyer, le patriarcat était tel que les femmes devaient obéir à leurs époux, tout comme les enfants. En l’absence d’informations contraires, on usait de méthodes coercitives qui corrigeaient les enfants (comme si les enfants étaient à mettre sur le droit chemin).

Mais voilà, maintenant, on le sait et d’ailleurs une loi a enfin été adoptée en France, les Violences Educatives Ordinaires, en plus d’être inefficace d’un point de vue éducatif sont délétères à long terme pour la construction des individus. Voici d’ailleurs un article « Les punitions : pourquoi sont-elles toxiques même si elles ont l’air efficace ? ».

A notre époque, nous évoluons dans une société où les connaissances ont mis en exergue que les enfants se développement grâce aux liens avec leurs parents. C’est la raison pour laquelle ils sont constamment en recherche de ce lien, qu’ils paniquent lorsqu’ils sentent une distance se créer qu’elle soit physique ou émotionnelle.
C’est aussi la raison pour laquelle des enfants séparés de leurs parents tout la journée vont faire un ramdam pas possible jusqu’à pas d’heure… Pour être avec ceux qui leur ont tant manqué !
C’est pour ça qu’ils mettent en place des attitudes qui peuvent sembler incompréhensibles, alors qu’elles n’ont qu’un seul but caché : s’assurer que le lien est là, peu importe sa forme !

Alors forcément, quand ils sentent que les parents se distancient, s’éloignent, les évitent… Ils se raccrochent à tout ce qu’ils peuvent pour avoir leur amour.
L’amour, c’est un carburant !
Ce n’est pas le cadeau à donner quand tout va bien, c’est ce qu’il est nécessaire d’offrir pour que cela se passe harmonieusement.

Or, aimer des enfants, c’est aussi vouloir les comprendre.
Les enfants agissent en réaction à leurs besoins. C’est ainsi.
Leur gestion émotionnelle ne commencera à être efficace que vers 5 ou 6 ans, dans le cas où ils auraient été accompagnés de façon bienveillante là-dedans.
On s’attend que des enfants gèrent leurs émotions, on leur demande de se taire, de ne pas pleurer alors qu’il y a tant d’adultes eux-mêmes ne sont pas en mesure de gérer leurs propres émotions autrement qu’en les masquant ou en explosant !
Il y a plein de manière d’accompagner des enfants en colère, qui vivent de la frustration, qui n’acceptent pas le refus et s’opposent.
La connaissance du développement infantile permet de conscientiser que certaines attitudes ne sont pas à « corriger », mais juste à accompagner car il s’agit de la maturation d’un enfant.
Les neurosciences affectives sont claires là-dessus : l’empathie, le parentage/maternage proximal et la bienveillance sont les éléments-clés pour accompagner un enfant de manière optimale. Chaque lien donne accès à des articles détaillant ces notions.

Alors pourquoi, Chère Rédac’ d’Envoyé Spécial, avez-vous traité ce thème comme un épisode de « Super Nanny », en laissant aux spectateurs que de la méprise et du jugement envers ses parents, laissant juste apercevoir que le BO parental arrive fréquemment et qu’on peut se faire aider ensuite?
Pourquoi ne pas avoir clos le sujet en abordant les attitudes parentales qui peuvent prévenir l’apparition ou la rechute de cette problématique ?
La teinte du reportage aurait été tout autre si vous aviez pu donner aux spectateurs une ébauche de manière alternative de fonctionner avec les enfants. Des « méthodes » qui permettent d’épanouir tant les enfants… que les parents !

Oui, la parentalité bienveillante est une autre perspective de la parentalité occidentale telle que nous la connaissons… Parce que cette dernière ne colle plus, ne correspond plus aux individus que nous sommes et à la société dans laquelle nous évoluons. Nous souhaitons nous épanouir et que nos enfants soient heureux. Nous souhaitons être libres et que nos enfants puissent être des citoyens qui le soient également.
Dans la recherche de cet épanouissement respectif, il y a des voies trop peu connues et pourtant validées scientifiquement.
La parentalité bienveillante amène les parents à comprendre les enfants mais aussi à se comprendre eux-mêmes, afin de pouvoir être les parents qu’ils voulaient être.
La perspective bienveillante de l’enfance permet aussi de sortir de l’adultisme (« l’adultisme expliquée aux adultes » et de pouvoir entrer dans un autre mode de relation, dénué d’enjeux de pouvoir. Il ne faut pas oublier que pour qu’il y a une lutte de pouvoir, il faut qu’il y ait deux joueurs. Or, il est possible de sortir de ce schéma en agissant autrement.

Je vous en conjure, Rédac’ d’Envoyé Spécial, offrez-vous la possibilité d’aborder à nouveau la parentalité sous un autre angle !
Dans ce reportage, vous avez laissé penser que des pratiques incluant des Violences Educatives Ordinaires (VEO) n’appellent à aucun commentaire et que cela pouvait s’améliorer en renforçant le « cadre » (sans que vous ne le définissiez).
Il y a deux papesses de la bienveillance en France : Catherine Guenguen et Isabelle Filiozat, dont les ouvrages ont permis et permettent encore d’ouvrir la voie vers une harmonie familiale dans de nombreux foyers.
Si je peux vous souffler une idée, faites un reportage sur l’après-passage de loi contre les VEO et sur les pratiques alternatives de la parentalité comme la parentage/maternage proximal (je serai volontiers votre interlocutrice) et l’accompagnement bienveillant des enfants.
Avec votre visibilité et votre audience, vous offririez à une large partie de la population d’avoir des connaissances et des ressources concrètes pour sortir des impasses engendrées par des croyances obsolètes sur la parentalité et l’enfance.

A bon entendeur…

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P.S.: A celles et ceux qui s’intéresse au sujet du Burn Out Parental, voici un ouvrage à acquérir:

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