Éducation bienveillante

Ton enfant fuit le bain? Voici de l’aide!

Cela arrive souvent entre 18 mois et 2 ans et demi. Tout d’un coup, impossible qu’il se lave tranquillement
Il refuse de mettre un pied dans l’eau, pleure ou encore ne veut pas se laver les dents.
Que se passe-t-il ?

D’abord, il est nécessaire de cibler.
A cette période, pour les enfants, le développement est en plein boum! Tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue cérébral, cela cavale à toute vitesse. Les connexions neuronales croissent et amènent de nouvelles compétences.
Parmi elles, les capacités de représentations abstraites: les enfants commencent à témoigner des images mentales qu’ils forment. C’est aussi à ce moment-là que les rêves (et les premiers cauchemars) surviennent sous une forme plus proches des nôtres. Les jeux deviennent plus représentatifs, la reconnaissance dans le miroir est largement acquise et l’usage de pronoms personnels débute (https://psycnet.apa.org/record/2008-12114-013). Cette évolution dans la représentation de soi comme individu est liée à la maturation de la jonction tempo temporo-pariétale, des pôles temporaux et du cortex préfrontal médian (voir https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-carrefour-temporo-parietal-14829/ et https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-1-page-6.htm?try_download=1 )

jonction temporo pariétale gauche
Jonction temporo-pariétale – Futura Sciences

Cela explique pourquoi, vers 2 ans, les enfants ne supportent plus d’être manipulés comme ils l’étaient quelques mois auparavant: ils ont conscience qu’ils sont dotés de capacités propres et qu’ils peuvent agir différemment de la volonté parentale (souvent imposée par l’habitude avec un tout-petit).

Un jour, survient une/des craintes perçues comme irrationnelles par les adultes.
Des aboiements les font pleurer, le bain est refusé, les insectes lui font peur, ils refusent de venir à la cave,
Aux alentours de 2 ans, la maturation cérébrale est « dysharmonique »:
Je cite un article de Cerveau & Psycho :
 » En moins d’un an, les connexions de l’amygdale aux régions sous-corticales (comme le thalamus) et limbiques (c’est-à-dire impliquées dans les émotions, comme l’hippocampe) se mettent en place de façon quasi définitive, alors que celles atteignant les aires corticales frontales et pariétales (mises en jeu dans les fonctions exécutives) commencent tout juste à émerger et prendront plus de temps pour arriver à maturité.
En outre, le cerveau des nourrissons présente des connexions entre l’amygdale et les aires primaires sensorimotrices et auditives (impliquées dans le traitement des stimuli sensoriels et moteurs), qui disparaissent avant l’âge de 2 ans.

Les mécanismes de peur se diversifient donc… et peuvent se déclencher aisément de manière massive pour des éléments que les adultes trouvent anodins.
Mais les enfants n’ont pas les capacités pour se calmer seuls… et encore moins pour mobiliser des stratégies afin d’appréhender ces craintes et les résoudre. La seule option à leur disposition: fuir ce qui fait peur!
En gros, voici comment fonctionne le système cérébral de la peur, expliqué par « pour la science »:

« L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées – ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace – par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. »

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Avant l’âge de 5/7 ans, les enfants ne sont pas en mesure de se raisonner par rapport à leurs craintes … et leur dire qu’elles sont disproportionnées ne les aidera nullement, au contraire.
La très efficace amygdale cérébelleuse mémorise les situations perçues traumatiques. Les enfants ne sont pas toujours en mesure de se rappeler concrètement de la situation, mais ils intériorisent les sensations physiques et les stimuli semblables à ceux rencontrés dans ladite situation.

 

Dans un premier temps, il convient alors de comprendre ce qui a pu déclencher les craintes, et le panel de choix est vaste.
En demeurant sur le sujet du bain, je te propose de réfléchir à ce qui a pu causer cette réaction d’évitement de la part de ton chérubin.
une expérience désagréable au moment du bain: un glissade inopinée, un inconfort à cause de l’eau trop chaude ou d’avoir froid dans la salle de bain, des chamailleries avec une sœur ou un frère, des remarques désagréables récurrentes: « Oh non! Tu as encore mis plein d’eau par terre! », …

une transmission de TA crainte à ce moment: « Attention, assied-toi! Tu peux glisser! », « NON! Ne bois pas l’eau savonneuse! », « NON, ne touche pas au robinet, tu peux te brûler! ».
Je précise que c’est totalement légitime, mais ton enfant ne peut pas savoir où est la bonne mesure… Il répond juste en fuyant ce qui est perçu comme inquiétant!

Les interprétations fallacieuses, si fréquentes durant l’enfance. Jane Nelsen (autrice de « La discipline Positive ») a écrit:  » Les enfants comprennent tout mais interprètent mal! ».
Les enfants se rendent compte qu’ils ne peuvent pas respirer sous l’eau et craignent alors d’être engloutis dans cet élément.
D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il est conseillé de mouiller le visage des enfants dès la naissance avec la douche, de manière à maintenir leur réflexe natatoire (aussi appelé d’apnée). Cela sera très utile en cas de glissade ou de chute accidentelle dans un bassin (les cours de bébés-nageurs sont d’une utilité publique à ce sujet, d’ailleurs!).
Ils peuvent aussi craindre d’être aspirer par le siphon de la douche/du bain, surtout s’ils ont déjà perdu un petit jouet comme cela.

un moment stressant ?
Souvent, pour les parents, les fins de journée sont des marathons: retour du travail, repas, bain, coucher des enfants. Le temps imparti est souvent court …
Alors, est-il possible que ton enfant perçoive ton empressement?
Quand se déroule le moment de la toilette dans votre quotidien?

le bain ferait-il parti d’un rituel qui ne lui convient plus ?

Le rythme des enfants évolue et la manière dont ils s’expriment se diversifie avec l’expérience qu’ils ont de la vie.
Il est possible que ton enfant n’apprécie plus prendre son bain au moment de la journée où tu lui imposais précédemment.
La routine est peut-être à envisager sous un autre angle.

Dans toutes les situations où les enfants « s’opposent » à la volonté des adultes, refusent de participer aux tâches, « s’affirment » parce qu’ils sont en mesure de le faire… Il est indispensable de ne pas offrir de prise à cet affrontement !

Pourquoi ?
Forcer les enfants à être dans un baignoire ou un douche alors qu’ils refusent d’y entrer va renforcer l’expérience négative de la situation !
Ils garderont en tête encore plus d’émotions négatives s’ils sont contraints : c’est une escalade sans fin !
(Je place un rappel sur les effets néfastes des punitions de tous ordres)

 

Quelques comportements à éviter, parce qu’ils sont totalement contre-productifs :

– Minimiser les peurs des enfants (du bain ou toutes les autres, d’ailleurs);

Ridiculiser les enfants par rapport à leurs peurs perçues comme irrationnelles par les adultes ;

– Contraindre les enfants à obéir;

Faire la « Morale »;

– Punir;

– Laisser-aller et ne plus inciter les enfants à se laver en se disant « que ça finira par revenir »

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Alors, quoi faire, puisqu’on ne peut pas forcer les enfants à se laver ?
Contourner le « problème » et le prendre par un autre bout, et surtout : redescendre en pression autour de la question du bain.
Il est tout à fait possible de se laver grâce à une « toilette de chat » tant pour les adultes que pour les enfants. Bien entendu, cela dépend des activités de la journée! Ce n’est pas applicable à toutes les situations.
A l’heure actuelle, moult dermatologues arguent des méfaits des douches/bains quotidiens et surtout avec les détergents que l’on trouve actuellement : les gels douches, savons et shampooings vendus en Grandes Surfaces ont des compositions catastrophiques tant pour la peau que d’un point de vue écologique.
Voici par exemple, la composition d’un produit marketé comme étant « tout doux » :
Le Dove Nourishing Care & Oil Gel Douche
Ingrédients : Aqua, Sodium Hydroxypropyl Starch Phosphate, Cocamidopropyl Betaine, Lauric Acid, Sodium Lauroyl Glycinate, Sodium Lauroyl Isethionate, Hydrogenated Soybean Oil, Helianthus Annuus Hybrid Oil,Sodium Chloride, Glycerin, Acacia Senegal Gum, Argania Spinosa Kernel Oil, Benzoic Acid, BHT, Butylene Glycol, Citric Acid, Dehydroacetic Acid, DMDM Hydantoin, Gelatin,Guar Hydroxypropyltrimonium Chloride, Helianthus Annuus Seed Oil, Iodopropynyl Butylcarbamate, Mica,Parfum, Phenoxyethanol, Silica, Sodium Benzoate, Sodium Hydroxide, Sodium Isethionate, Stearic Acid, Tetrasodium EDTA, Xanthan Gum, Zinc Oxide, Hexyl Cinnamal,Limonene,Linalool,CI 77491,CI 77492, CI 77891.

Une liste longue comme le bras… et encore, sa composition n’est pas la pire présente sur le marché ! Mais il contient quand même quelques perturbateurs endocriniens, des silicones et des colorants.
Une bonne solution pour savoir ce qu’on met sur sa peau et celle des enfants est de scanner le produit, à l’aide de Clean Beauty, par exemple.
L’app met en évidence les ingrédients problématiques ou si le produit est adéquat.

Il est possible de se tourner vers les pains de savon standard, comme le savon de Marseille ou d’Alep et les savons saponifiés à froid (là encore, il faut veiller aux ingrédients ! Les « savons de Marseille » de Grandes Surfaces n’en sont pas réellement …).
Certaines gammes de gels douches sont également correctes, comme les Weleda.
Malheureusement, il ne faut pas se fier à ce qu’on trouve en pharmacie, même pour les peaux atopiques… les compositions sont souvent désastreuses !

Alors, si on peut se satisfaire des produits des plus simples possibles, parfois même se satisfaire d’eau pour se rincer, la question de l’hygiène est nécessaire à notre santé.
Il ne viendrait pas à l’idée à grand monde de manger avec des mains non-lavés après être aller à selles.
Il ne devrait pas sembler plus logique de laisser des enfants qui courent, jouent par terre et souvent, portent des couches, ne pas être nettoyés correctement.
J’ai lu certains témoignages invitant au laisser-aller complet, ce qui finit par engendrer des conséquences assez fâcheuse pour la santé des enfants, comme des infections vaginales, par exemple.

Je tiens à digresser sur un autre point : sir les parties intimes doivent être rincées, il est superflu d’utiliser des nettoyants tant le savon que les « produits d’hygiène intime ». C’est un grand mythe que de croire qu’un vagin sent mauvais et qu’il faut en masquer l’odeur.
Voici une campagne comme je les aime pour sensibiliser à l’arnaque de ces nettoyants intimes qui font pires que mieux : « Lâchez nous la Chatte ! »

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Dans le même ordre d’idée, parfois, il est conseillé aux parents de décalotter leurs garçons. Ce conseil est totalement inutile voire douloureux pour les petits garçons

 

Après ces détails (d’importance), revenons à nos moutons : Comment articuler le besoin d’hygiène et le refus des enfants ?

Après avoir conscientisé ce qui a pu déclencher la crainte chez les enfants, il est nécessaire d’intervenir en douceur, sous différents axes.
Laisser les enfants dans leurs craintes en espérant qu’elles passent avec le temps promeut les comportements d’évitement de la situation perçue comme problématique.

Il est su depuis les prémisses de l’analyse psychologique des humains que nous avons tendance à fuir ce qui engendre de la peur. C’est imparable en termes d’efficacité pour garantir la survie. Mais quand la situation crainte fait partie de la vie quotidienne et est nécessaire au bon déroulement de celle-ci tant en terme de santé que de fonctionnement général, il convient d’intervenir : « l’évitement des situations qui engendrent de la peur ou de l’angoisse maintient et aggrave le mal-être vis-à-vis de cette crainte spécifique » (Maren, S. (2001). Neurobiology of Pavlovian Fear Conditioning. Annual Review of Neuroscience, 24, 897-931.Watson, J. B. & Rayner, R. (1920). Conditioned emotional reactions. Journal of Experimental Psychology, 3(1), 1–14).

L’accompagnement pour vaincre cette crainte va dépendre de l’âge de l’enfant, de ses compétences en verbalisation et des attitudes parentales.

Il faut savoir que les enfants apprennent par l’observation, prioritairement !
Alors, A POILS et au bain !
Sans rire, ton enfant te voit-il te laver ? Prend-tu parfois le bain/douche avec elle/lu
i ?
Souvent, cela aide : l’idée n’est pas de forcer les enfants à entrer dans le bain avec nous, mais de se laver et de jouer de manière à donner envie aux enfants de se joindre à nous.
Cela marche d’autant mieux s’il n’y a pas un autre parent qui s’active dans la maison.
Plus drôle, prendre un bain collectif : il est fort possible que si les 2 ou 3 personnes qui composent le foyer se trouvent dans la baignoire, les enfants veuillent prendre part à cette foire aquatique !
Le bain peut devenir un vrai moment de jeu en famille ! I
l suffit probablement de quelques séances aquatiques en collectivité pour que les enfants apprécient à nouveau barboter.

 

Cela ne fonctionne pas ?
Ne tarissez pas de
décrire les sensations agréables lorsque tu es dans le bain et/ou après t’être lavé.e. Il ne s’agit pas de surjouer, mais de verbaliser clairement combien ça t’est agréable.

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D’ailleurs, en parlant de sensations… Fait-il assez chaud dans ta salle de bain ?
Il faut le reconnaître, se laver dans une atmosphère frisquette n’est pas des plus agréable. Si la conscience écolo et la régulation attentionnelle des adultes minimise
nt les aspects incommodants du coup d’air froid sur des fesses mouillées, les enfants n’aspirent qu’au confort !
Alors, monter de quelques degrés (j’admets, moi, je crée une étuve!) offre souvent des sensations plus douces !
Il est également nécessaire de bien vérifier la température de l’eau ! Certains enfants apprécient l’eau à 37° et d’autres, plutôt à 39° !

 

Les jeux et le bain, une idée plutôt classique… Mais il est possible d’innover !
Parfois, les enfants ont du mal à s’arrêter de jouer pour aller se laver. Pourquoi ne pas rendre le moment du bain vraiment intéressant ?
Pourquoi ne pas prévoir un jeu, avant le bain, qui peut aussi être mis dans l’eau ?
Les accessoires de cuisine, des pots d’épices (vides, of course, sauf si tu veux un enfant infusé au curry), louches, fouets, boîte de conservation, … Tout cela peut finir dans le bain et en fait un moment vraiment gai 
(il ne reste plus qu’à installer les baignoires japonaises qui maintiennent la température de l’eau constante, et c’est le paradis) !

 

Il est aussi très utile de se munir de livre abordant le sujet du bain.
Voici quelques références bienveillantes
(n’hésitez pas à les chercher en seconde main ou sur les sites leslibraires.fr ou labribrairie.com ou encore chez votre libraire, afin de ne pas nourrir les « monstres » de la culture bien connus et à l’éthique douteuse :

– « Au bain, Petit lapin » de Jorg Muhle

– « le bain de Berk » de Julien Béziat

– «  Comment bien laver son mammouth Laineux ? » Michelle Robinson

Grâce au lecture, cela normalise et fait rentrer la « coutume » de l’hygiène par le bain/douche.
Mais surtout, il est possible d’utiliser les différentes scènes des histoires pour questionner les enfants sur leur ressenti face à elles : « Tiens, tu vois Petit Lapin avec le savon ! Est-ce que tu aimerais être à sa place ? Tu aimes ça, toi ? …. »
Cela offre la possibilité de décrypter certaines craintes et de parler autour d’elles.


Baigner tout mon corps : NON !
Et si… tu commençais par
proposer des bains de pieds, de bras, etc ? A l’aide d’une baignoire pour bébé ou d’une grande bassine, il est souvent efficace de laisser jouer les enfants autour d’un bac d’eau !
Petit à petit, le contenant
pourra être rapproché de la salle de bain et même finir dans la baignoire vide. Ici, c’est d’ailleurs un de nos jeux, de temps en temps : une énorme gamelle/casserole d’eau, des louches, des flacons et le tour est joué : une des seules activités où ma fille peut s’occuper pendant 45 minutes sans s’ennuyer !
C’est aussi une bonne manière de contrer la peur de l’eau.
En jouant avec, dans de petits récipients, tout en étant dans la baignoire vide, ils peuvent appréhender
d’une nouvelle manière, en douceur, tant l’élément que l’environnement de la salle de bain.
Ensuite, proposer aux enfants d’ouvrir le robinet et de laisser la baignoire ou le bac de douche se remplir un tout petit peu.
Cet accessoire est vraiment pratique pour permettre aux enfants de jouets dans
le bac de douche ou lorsqu’on a perdu le bouchon de la bonde…) :

 


Bonjour, « moi tout.e seul.e » !
Être lavé.e n’est pas forcément attrayant, mais prendre part à l’activité renforce la confiance en soi.
Inspiré de la pédagogie Montessori, il est profitable de rendre accessible aux enfants les accessoires et un meuble lui permettant de se laver de manière autonome.

meuble sdb montessori
Dans cet exemple trouvé sur Pinterest, on voit l’utilité du miroir et que tout soit à la taille des enfants.
Ils peuvent ainsi se laver les dents, le laver les mains et ne pas être dépendants de l’intervention d’un adulte !
J’y ajouterai une grande bassine à bords bas… posée sur un tapis de bain « anti glisse » : cela évitera qu’il y ait de l’eau partout et surtout, cette bassine peut servir à se laver les pieds et les jambes.
On a beau en rire… Mais le bidet de nos (arrière) grands-parents étaient vraiment pratiques !
Avant les rénovations effectuées dans les maisons partagées par la famille, je me souviens très bien le nombre de fois où le bidet m’a servi à me laver différentes parties du corps.

Verbaliser, encore et toujours !
Cela semble être une lapalissade, et pourtant, le quotidien nous pousse à agir de manière un peu automatique … d’autant plus quand l’agacement point le bout de son nez.

Il est primordial de verbaliser les émotions que l’on croit percevoir chez son enfant. Plus le temps passe et plus ils seront en mesure de les exprimer par eux-mêmes.
« Une série d’études ont montré que le traitement linguistique active une région du cortex, le cortex préfrontal ventrolatéral droit, qui réduit l’activité de l’amygdale, et par là, atténue les réponses anxieuses (Lieberman et al., 2007). Il apparaît que mobiliser les aires cérébrales du fonctionnement exécutif concourt à une diminution de l’activité du système limbique. »
Concrètement, favoriser la verbaliser fait diminuer la force des réponses émotionnelles et permet de les appréhender plus aisément.

La vie est un jeu !
Je l’ai déjà évoqué précédemment, mais le jeu est un outil indispensable pour amener les enfants à collaborer avec plaisir.
J’en ai même fait un article.
Je suis minimaliste dans mon quotidien, mais force est de reconnaître que certains accessoires peuvent être utiles pour rendre le moment du bain agréable : des feutres de bain, des pompes qui imitent l’eau qui coule en continu (afin d’épargner sa consommation d’eau, tout en donnant l’opportunité aux enfants d’avoir un robinet qui délivre de l’eau), …

pompe robinet
Pompe Robinet DreamBaby

Je précise que tous les articles mentionnés sont juste indicatifs, je n’ai aucun « partenariat » ni aucune préférence. Ce sont des exemples.


Calme et attentif, comme une grenouille !
J’emprunte le titre de ce livre merveilleux d’Eline Snel concernant l’initiation à la méditation, à partir de 5 ans (disent-ils).
Pour soi, en tant que parent, il est nécessaire d’être particulièrement calme et disponible pendant le temps du bain.
Il est nécessaire de chasser l’appréhension du refus… Parce que partir « perdant » ne permet aucune réussite.
D’ailleurs, cela vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne.
A chaque instant, il faut se laisser la possibilité de vivre ce que l’on souhaite. Dans le cas présent, une séance de toilette qui se passe dans la joie et la bonne humeur.

Ensuite, il est possible d’initier très tôt les enfants à la relaxation et la méditation. Divers supports existent spécialement pour les enfants… Comme ce livre d’Eline Snel, mais aussi des livres de la collection Gründ : « Mes premiers moments de méditation » ou « Mes premiers moments de relaxation », qui sont des livres sonores.

La méditation permet aux enfants (et aux adultes) de prendre conscience de ce qui les traverse au moment où ils y prêtent attention. Cela permet de réguler la respiration et cela influe sur le fonctionnement cérébral.
Apprendre à lire ses propres émotions, à les exprimer et à respirer profondément (respiration ventrale) aide ensuite dans la vie quotidienne.
Pourquoi ne pas transmettre aux enfants la capacité d’utiliser la relaxation dans des moments qui engendrent du stress?
Si cela paraît difficile entre 18 et 24 mois, la pratique régulière ancre de nouvelles habitudes.
Encore une fois, les enfants apprennent et sont sensibilisés d’une manière simple : par l’imitation.
A vous de vous y mettre !:)
Petit Babou  est un app très efficace pour débuter la méditation (parmi d’autres).
La médiation, pour les petits comme pour les grands, cela s’acquiert. La «digression intellectuelle » fait partie du voyage et de l’apprentissage !:)

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Et si je te disais que tu es un thérapeute du quotidien ?

En tant que parent, tu accompagnes tes enfants dans leurs difficultés quotidiennes (mais pas que… Heureusement!).
Avec la posture bienveillante explicitée précédemment et les quelques outils concrets, tu agis en connaissance du fonctionnement des craintes infantiles.
Par la lecture, les bains de pieds, la médiation et la verbalisation des émotions, tu agis comme le feraient des psychologues.
Ce que je t’ai proposé est une application quotidienne bienveillante des types de psychothérapies démontrées comme efficaces pour prendre en charge les phobies.
D’une part, l’
exposition à la situation problématique. Mais : « L’exposition peut prendre des formes diverses, comprenant des versions progressives ou intenses (ou thérapie par immersion), brèves versus prolongées, avec ou sans stratégies cognitives ou corporelles de coping (voir la recension de Meuret, Wolitzky-Taylor, Twohig, & Craske, 2012), ou encore en imagination, intéroceptives (liées aux sensations corporelles concomitantes aux moments où les peurs surviennent), ou in vivo (dans la vie réelle). Il a été prouvé que la thérapie par exposition est une stratégie de traitement efficace pour la peur et les troubles anxieux (Hofman & Smits, 2008 ; Norton & Price, 2007). » https://uclep.be/wp-content/uploads/ArtCraske_Traduc_Final.pdf

D’autre part, l’ACT qui est la Thérapie centrée sur l’acceptation et l’engagement : « la flexibilité psychologique, au centre des interventionsde l‘ACT, se définit comme la capacité à être complètement conscient du moment présent (phénomènes internes et environnementaux) et à ajuster ses comportements en fonction de ce que la situation permet pour agir en direction de ses valeurs (Hayes, Strosahl, Bunting, Twohig & Wilson, 2004) »
C’est en ce sens que la médiation et la relaxation peuvent être efficaces, tout comme la réflexion partagée autour de l’adaptation de routines qui conviendraient aux enfants.

Pour finir, je vais aborder rapidement un autre point spécifique qui pose régulièrement question.

Le lavage des dents

Le refus de se laver les dents est très fréquent chez les enfants.
Comme pour le lavage du corps, l’exemplarité est reine : se laver les dents devant les enfants et les faire participer est une des clefs de la collaboration.
Mais… Ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt de s’astreindre à cette routine… et lors des poussées dentaires si explosives entre 12 et 24 mois, le passage d’une brosse sur des gencives enflammées doit être extrêmement désagréable.
Moi-même confrontée au refus catégorique de ma fille depuis 2 mois (alors qu’elle se brossait elle-même ses quelques quenottes depuis le départ, me laissant finir ensuite), je me suis questionnée sur la manière de gérer son hygiène bucco-dentaire.
La réponse est dans l’anticipation… Par les apports alimentaires !

En l’absence d’aliments raffinés et industriels, il n’y a pas de raison que les enfants développent des problèmes dentaires.
Je parle ici d’enfants allaités et n’ayant pas de pathologie spécifique. Les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN ou Lait Artificiel) sont riches en diverses formes de sucres et sont cariogènes.
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée (que j’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi » et brillamment expliqué dans « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat, avec une complémentation en vitamine D, il n’y a pas vraiment de raison de développer des caries.
Cela dit, il est possible de mettre en œuvre quelques astuces au quotidien … dont finir les repas par le grignotage de quelques noix ou des graines, en version nature (donc sans sucre!) bien évidemment. Leur taux de lipide et de protéines en font des aliments qui ne sont pas cariogènes. De plus, elles agissent en neutralisant l’acidité buccale créée par la mastication d’aliments sucrés.

noix
Il est donc de coutume, sous mon toit, de finir les repas par quelques noix ou des graines de courge.
Néanmoins, tous les jours, je me brosse les dents devant elle et lui propose de faire les siennes. Elle a sa brosse à disposition en même temps et pendant son bain. Je suppose que l’habitude du brossage finira par revenir dans les mois qui viennent.
J’avoue avoir commandé un bâton de siwak… qui est un échec cuisant à cause de son goût (que j’ai moi-même du mal à supporter. Oops!).


Les enfants nous challengent au quotidien pour remettre en question nos croyances et nos connaissances au sujet de nos habitudes.
S’ils sont des être éminemment sociaux, ils n’intériorisent pas les coutumes sociales et les habitudes culturelles avant 4/5 ans. Et encore après cet âge-là, il est utile d’écouter réellement ce qu’ils mettent en exergue.
En tant qu’adultes, nous avons de nombreux conditionnements ! Les enfants sont de merveilleux révélateurs de nos automatismes et aussi de nos croyances bien ancrées… qui peuvent pourtant être remises en question.
Ils nous font évoluer et nous amènent à prendre plus soin de nous-même… Pour prendre encore mieux soin d’eux !

Si tu te sens dépassé.e avec ton enfant, n’hésite pas à consulter des professionnel.le.s bienveillant.e.s !
Je suis moi-même disponible pour répondre aux questions et échanger, avec plaisir.

A très vite, pour de nouvelles curiosités !


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Éducation bienveillante

Je joue et mon jeans est usé aux genoux. Et toi ?

 

Avant de devenir mère, j’ai vu un film qui m’a marqué : « Demain, tout commence »
Ce film, outre le message qu’il fait passer, est une ode aux jeux !
Le papa de cette enfant a fait de son quotidien un jeu, en tout temps et en toutes circonstances.

J’ai toujours rêvé de proposer ce type de quotidien à l’enfant que j’aurai.

Je suis devenue mère et je me suis demandée s’il était vraiment possible de jouer à longueur de journée et d’éviter les contraintes…
En réalité, le questionnement est mal posé.
Bien entendu, il n’est pas possible de « jouer » à des jeux pour enfants toute la journée (tâches domestiques, toussa toussa, toi-même tu sais!).
Mais il est possible de tout rendre joyeux (dans la vie quotidienne, je ne parle pas de certaines expériences difficiles de la vie). Je précise que ma fille a 16 mois.

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Afin de rendre concrets les aspects ludiques d’une journée « classique », quand je n’ai rien de prévu afin que tu perçoives mon rapport au quotidien :

– Je commence ma journée par nous préparer. Débarbouillage du matin… et le gant de toilette humide qui « attaque » le visage de ma fille qui rit aux éclats. Elle commence à le faire seule mais se limite à la bouche, alors je l’aide encore.
Je mets son pull en faisant une grimace à travers le col, depuis qu’elle est toute petite … Elle me tend sa tête pour enfiler son pull et me tend ses mains afin que je les embrasse dès qu’elle les a sorti des manches.

Petit-déj pour moi… Et proposition pour elle, mais ce n’est pas un moment où elle mange. Parfois elle reste à table, parfois elle est sur mes genoux et grignote, parfois elle est par terre et joue seule.

Moment- Aspirateur (indispensable avec 2 chats à poils longs) : elle joue seule/imite mes gestes/grimpe sur le canapé pour le « nettoyer » à son tour/grimpe sur l’aspirateur ou prend appui dessus pour marcher avec et moi, j’œuvre à rendre la maison propre en un minimum de temps (raison pour laquelle je nettoie tout au fur et à mesure, je déteste les « gros ménage »). Je m’amuse aussi à l’aspirer avec la petite brosse, car elle adore ça et … les poils tenaces de ses vêtements sont enlevés (#rusedesioux) !

– Moment de lecture où on se fait des câlins

Préparation du repas de midi (je prépare en milieu de matinée. J’ai commencé à fonctionner comme ça dès le départ, car j’ai BESOIN de manger sainement au quotidien. Je parle de l’organisation dans l’article sur le quatrième trimestre de grossesse) où elle joue avec ses bacs de jeux à disposition dans la cuisine. Je lui donne des morceaux de légumes crus et des ustensiles de cuisine pour qu’elle explore leurs possibilités.

Heure des courses / De la sieste : en fonction des nécessités, je pars faire quelques courses. Je suis piétonne… donc je dois y aller régulièrement. Le portage me sauve la vie : elle est en portage et sur le trajet aller, je la distraits (ou pas, ça dépend de ses envies à ce moment-là) et je verbalise tout ce qu’on croise. On s’arrête sentir les fleurs et saluer les gens que l’on croise.

Pendant les courses, c’est un temps de dégustation pour elle : elle se fait un en-cas à ce moment là ! C’est comme ça que je décide si j’achète ce fruit-là ou un autre si elle démontre un intérêt particulier. Bientôt, elle sera chargée de mission pour remplir notre panier.

Retour des courses et sieste ! Ici, la sieste s’effectue en portage. Je rentre des courses, chargée comme une mule avec un sac à dos plein, un sac pendu à une main et un bébé qui tète en s’endormant (c’est le moment le plus pénible de la journée, parce que c’est lourd et que j’habite en haut d’une côte. That’s life!).
Quand il n’y a pas eu de courses, c’est simplement MON moment de la journée. Elle s’endort pendant une balade et j’en profite pour marcher quelques kilomètres, parfois en scrollant facebook ou en envoyant des mails, souvent en profitant de la balade. Quand j’ai envie d’avancer dans une lecture, je fais une balade plus courte et je rentre sur la pointe des pieds chez moi pour me poser avec mon livre.
L’unique sieste de la journée dure 1h, en ce moment (et depuis 3 mois).

Temps de midi. Elle se réveille, et je mets à cuire mon plat préparé plus tôt. Pendant ce temps-là, c’est tétée/lecture et préparation de la table. Elle attrape les couverts, et nous allons mettre la table sans fioriture.
Le repas se passe sans prise de tête, pour la simple et bonne question que l’ambiance est au lâcher-prise. Je discute du rapport à la nourriture dans cet article.
Lors des repas, elle a à disposition des aliments sains et cuisinés par moi-même.
Elle mange ce qu’elle souhaite, de façon autonome, depuis toujours, puisque j’ai opté pour la DME (j’en parle ici).
Si elle n’a pas faim, elle ne mange pas. Je n’insiste pas.
Si elle refuse de rester assise sur une chaise haute, elle descend. Souvent, elle occupe alors mes genoux et parfois grignote un aliment ou l’autre, mais rarement.
Le repas n’est pas un moment où je « joue » comme on peut le voir parfois avec « l’avion qui rentre dans le hangar » ou encore de la distraire pour qu’elle mange. Au contraire, je lui fais confiance de manière à préserver ses sensations corporelles et sa gestion de la satiété (qui peut devenir très complexe en grandissant).
Le seul « jeu » va être qu’elle utilise ses couverts pour piquer les aliments et/ou expérimenter les possibilités avec ceux-ci.
Tant que cela n’engage pas sa sécurité, je n’interviens pas plus que ça.

Vaisselle/ « café »
N’étant pas munie d’un lave-vaisselle, je dois bien m’affairer à cette tâche.
J’ai sécurisé ma cuisine et ai mis à sa disposition des bacs avec des jeux à manipuler, des couverts, des boîtes, les casseroles et ustensiles.
Elle s’occupe ainsi seule pendant le quart d’heure nécessaire à cela. Ensuite, il est fréquent que je la rejoigne dans ses jeux, assise sur le sol de ma petite cuisine.
Je me sers mon succédanée de café (j’évite la caféine) et lui propose d’aller au salon, une fois qu’on a ramassé la plupart des jouets (oui, la plupart, il est clair qu’à un moment, quand on range ensemble les « jeux », les petites mains agiles finissent toujours pas en balancer un par terre).

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= Playground time: dans le salon, le jardin ou dans une aire de jeux

Dans ce moment-là, je la rejoins dans SES jeux, car jusque-là, c’est moi qui ai tourné les situations en moments de jeu pour elle.
Elle choisit alors de prendre l’une ou l’autre chose, s’arrête parfois sur une tâche ou pas du tout.
On peut parfois lire 4 ou 5 livres de suite.
Bref, je joue. Pour preuve, mon jeans de grossesse (oui, que je porte encore, parce que tellement bien coupé et confortable!) est usé aux genoux !
Je passe du temps par terre avec elle, on joue à cache-cache, on fait des parcours dans le salon, du dessin, de la peinture (quand j’ai encore plus de courage, car avec une enfant qui ne reste pas assise…), bref, on ne s’ennuie pas !

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J’ai besoin de me nourrir intellectuellement et je n’ai pas énormément de temps pour le faire. Alors, chez moi, il y a de la musique quand on danse mais rarement en musique de fond… Parce que j’écoute des podcasts et des reportages/documentaires/replay d’émissions (NON pas TPMP, j’ai dit que j’avais besoin de me nourrir, pas d’avoir la nausée!).

Un moment pour mon corps… Avec un bébé sur le dos !
J’en parle dans cet article concernant le corps d’après-grossesse, j’ai pris à cœur de garder un tonus musculaire malgré mon absence d’activité physique au sens strict du terme (avant, je m’occupais de mon cheval tous les jours + exercices de renforcement musculaire pendant 30 à 45 minutes).
J’applique les exercices de rééducation abdominales et périnéales appris avec la kiné. J’ai repris le gainage et certains exercices de renforcement musculaire, tout en combinant cela avec quelques postures de yoga.
Même pas besoin de sortir le tapis, puisque j’utilise le tapis en mousse « lettres » installé dans le « coin jeu » dans notre chambre.
Pendant ce temps-là, elle s’occupe autour de moi. Puisque je suis au sol, les interactions ne sont pas coupées.
Je n’ai clairement pas un rythme comparable à celui que j’avais, mais je fais l’effort de me donner au moins 30 minutes/jour pendant lesquelles j’enchaîne quelques exercices entrecoupées de câlins, bisous, tétées (j’ai d’ailleurs allaité plus d’une fois en position « louve » car je faisais du gainage!).

Quand je fais des squats, elle a tendance à m’imiter… Quel fou rire !
Bref, pour elle, c’est aussi un moment de jeu. Et moi, j’ai du temps pour moi… et même un poids en plus quand elle me grimpe sur le dos pendant mes exercices !

Repas du soir, à l’arrache dans la cuisine, dans mes bras.
Elle ne mange pas énormément le soir, mais elle a un creux vers 17h.
Vers 18h30, elle grignote souvent plus quelques crudités, des noix et des fruits.
Elle le fait pendant que je me prépare mon repas du soir.

Comme elle ne dort que très peu, elle s’endort vers 20h et je mange ensuite.

 

Préparation de la chambre pour la nuit
J’ai un matelas au sol. J’ai ôté le cadre de lit car il était à pieds et vieillissant (grinçant et réveillant une bébé dès qu’on bouge dedans, et qu’on tente de sortir du lit en mode Ninja).
Je me dois donc de redresser mon matelas chaque jour afin qu’il ne pourrisse pas à cause de l’humidité.
Chaque soir, je refais notre lit (je pratique le cododo, et je parle de cette pratique dans cet article). C’est aussi le moment pendant lequel je change les draps quand c’est nécessaire.
C’est LE moment que je préfère dans la journée !
Elle fonce sur le lit et attend que je secoue le matelas dans tous les sens. Elle roule, fait des cabrioles avec les coussins, se jette en arrière, éclate de rire, se jette sur moi et me chatouille. Ces jeu « au corps à corps » dans les éclats de rire qui me donnent toujours le sourire !

 

Bain à deux

Quand elle a eu 11 mois, elle a débuté une grande période où elle ne supportait plus de ne pas me voir, ne serait-ce que quelques instants.
Après 2 jours à avoir une enfant accrochée à la baignoire en hurlant pendant les 5 minutes de ma douche, j’ai abdiqué !
Je refuse qu’elle pleure et je refuse d’avoir les oreilles qui vrillent pendant un moment agréable de la journée.

J’ai commencé à me laver avec elle, le soir.
Nous partageons donc le bain, pendant lequel on joue, on se fait des câlins, elle tète… Bref, c’est un moment très agréable, souvent bercé par des morceaux de musique en tous genres.

 

Coucher en « tétée de dodo »

Je n’utilise jamais ce type de termes « dodo », sauf à ce moment-là.
En revenant de la salle de bain, la chambre est déjà dans la pénombre. Nous allons dans le lit et je me réjouie de la bonne nuit à venir.
Je verbalise toujours combien c’est plaisant d’être allongée après une journée et je lui mentionne qu’on va faire notre « tétée de dodo ».
Il ne faut pas longtemps pour qu’elle somnole, puis s’endorme en tétant.
Je prends toujours cet instant de calme pour me recentrer et goûter la chance que j’ai d’être là, de l’avoir et pratique des respirations profondes : une pratique de Pleine Conscience au quotidien.

C’est ainsi que s’achève une journée en tête à tête.
Bien entendu, cela varie en fonction de nos activités et des visites que nous pouvons avoir (et heureusement, car pour avoir été coincée chez moi pendant 3 mois à cause d’une fracture, il semble long d’enchaîner des semaines durant d’avoir les mêmes journées).

Parfois, je me rends compte qu’elle est plus crispée et plus irritable. Il me suffit rapidement de retracer la journée pour me rendre compte que j’ai été moins « joueuse » que d’habitude… Et que moi-même, je suis plus tendue et irritable.

La fatigue et les préoccupations ont vite faits de nous emmener loin de nos attitudes souples et rigolotes.
On se perd dans les aléas du quotidien et on cherche à aller au plus vite.
Or, le jeu et les détournements des activités pour les rendre agréables sont primordiales… tant pour les enfants que pour soi-même !

J’ai une humeur bien plus maussade en fin de journée quand notre journée n’a pas été égayée par les jeux.

Certain.e.s se posent la question de savoir comment occuper les enfants, pour avoir le temps de cuisiner, par exemple.
Et si la solution était d’introduire les enfants dans la cuisine et que la préparation du repas devienne l’activité ?!

Ce retournement de situation peut être mis en place dans toutes les tâches usuelles.
Il est nécessaire de prendre le temps… pour que les enfants en bénéficient et apprennent !
Tout sera fait de manière lente et approximative, mais ce sont des moments riches à tout point de vue pour les enfants… Mais aussi dans les relations.

Cette manière d’inclure les enfants dans chaque tâches lui permet d’exercer sa motricité, la succession des étapes, et d’accéder progressivement à une certaine autonomie.
Je me rapproche beaucoup de la pédagogie de Charlotte Mason, dont je parlerai prochainement.

Oui ! Cela demande de l’énergie.

L’accompagnement bienveillant des enfants demandent de l’énergie, de la créativité et une adaptation constante des perspectives sur les enfants.
Mais c’est un investissement qui est rentable à court, moyen et long terme.
Faire face à des cris, des pleurs et des oppositions récurrentes de la part des enfants me semblent encore plus énergivores… et dans une dynamique négative !

S’occuper d’enfants demande de l’énergie… A nous de choisir comment orienter notre vie !

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Certain.e.s peuvent avoir du mal à jouer avec les enfants. Elles/Ils ont tellement perdu l’habitude d’agir sans but, de conter des histoires, d’activer son imaginaire et de « perdre du temps » alors qu’il y a des « corvées » qui attendent… que le jeu devient une contrainte.
Alors, faut-il se forcer ?
La question n’est pas de s’engager dans une activité à contre cœur… Mais de changer de perspectives par rapport aux jeux avec les enfants.
Si certains amusements peuvent aussi nous faire rire, il est plutôt question de s’enthousiasmer devant la manière qu’ont les enfants de s’investir dans ceux-ci.
En jouant avec eux, cela permet de les observer, de le voir grandir et de constater toutes leurs habiletés se développant jour après jour.

Dans nos vies « de grands », nous n’avons que trop peu de possibilités de vivre des éclats de rire (surtout si vous êtes assez isolées, comme je le suis : maman solo, amies et familles éloignées).
j’ai en tête les fous-rires que j’avais lorsque j’étais étudiante, à tel point que nous devions quitter les auditoires (amphi, pour les français).
Je me rappelle des rires étouffés lors de réunion d’équipe ou du travail en open-space alors que j’échangeais des emails avec des collègues en simultané.
Maintenant, j’ancre les moments de rire lorsque ma fille se déguise et vient me voir après s’être accoutrée de panier en guise de chapeau, de culotte comme collier et de rouleur de PQ comme bracelets (qui lui font des armures!).
Maintenant, je souhaite que chaque jour, j’ai pu l’entendre rire aux éclats pendant quelques instants.
Maintenant, je m’autorise aussi à pratiquer des techniques comme seule du « yoga du rire »  car ses vertus sont reconnues tant sur la santé physique que mentale.
Et j’évite de lire ou d’écouter des choses qui me mine le moral : les informations, certains commentaires sur les réseaux sociaux, certains sujets de documentaires, etc.
Au départ, j’ai cru que je m’enfermais dans un « monde de bisounours », en réalité…
Je cherche juste à maximiser mon énergie personnelle sans me faire polluer par des informations sur lesquelles je n’aurai aucun impact. Cela fait partie du lâcher-prise : ne pas donner d’importance à quelque chose qu’on ne peut pas changer.

Mettre en place une vie égayée, cela va demander de l’inventivité, de la curiosité et de la remise en question, et ce de façon constante !
Parce que les enfants et leurs besoins évoluent chaque jour, leurs réactions se complexifient et les réponses à adopter doivent s’adapter continuellement.
Il y aura des jours où je n’aurais pas eu l’énergie/la disponibilité mentale d’agir en égayant le quotidien.
Mais il suffit parfois de le conscientiser et de se questionner sur ce qui aurait pu être fait différemment, pour le mettre en place le lendemain !

L’humour, le rire, les câlins et l’amour sont des moyens utiles et efficaces pour désamorcer des crises et des situations tendues. Ils ne doivent pas être des récompenses mais des carburants de la vie !
J’en parle d’ailleurs dans cet article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ? ».
Le principe n’est pas de masquer l’émotion en détournant l’attention.
C’est une façon de pouvoir se reconnecter après un passage difficile et de rendre les tâches accessibles, et d’amener les enfants à prendre du plaisir malgré les aspects ennuyeux qu’elles peuvent comporter.

Je tiens aussi à préciser qu’il est indispensable d’être vigilant avec ce qui nous fait rire, chez les tout-petits.
Parfois, ils font semblant de mordre voire mordent réellement, et la première réaction (si la morsure n’était pas douloureuse) est d’en rire.
Cela incitera les enfants à recommencer.
L’idéal est de tempérer ses réactions afin de ne pas renforcer, malgré nous, des attitudes qui peuvent devenir dérangeantes (j’aborde le sujet des enfants qui frappent et qui mordent dans cet article).

Les enfants retiennent les réactions fortes et cherchent à en comprendre les raisons.
Jusqu’à 3 ans, les séquences « causes/conséquences » sont en construction. Les gestes causant de la douleur n’émergent pas d’une volonté de blesser, mais juste de voir si cela déclenche toujours la même réaction.
A ce moment-là, tu peux visualiser ma charmante enfant, pincer mes tétons en disant « AIE ! » avec un grand sourire !
Elle ne cherche pas à me faire mal, elle n’a pas encore la cognition pour comprendre que cela engendre une vraie douleur détestable… Mais elle a bien compris que je disais « AIE ! ».
Donc, s’amuser, oui, mais pas forcément de toutes les attitudes, au risque qu’elles deviennent récurrentes. Cela vaut également pour les cris ou tout autre contrainte physique: les enfants chercheront à comprendre ce qui provoque la réaction, sans comprendre la causalité de ce qui motive la réaction (notre douleur).
L’unique réaction qui permettra de diminuer l’occurrence de ce genre de geste est de réduire au minimum ses réactions afin que le geste ne soit pas renforcé.

Si tu es coincée dans les réactions de ton enfant, dans un cas précis dans lequel tu ne trouves pas d’alternatives, n’hésite pas à me contacter pour réfléchir ensemble à la question.:)

 

Je t’invite à lire ce livre, qui est une référence sur le sujet :
« Qui veut jouer avec moi ? »Lawrence Cohen (présenté par Isabelle Filliozat)

Certain.e.s ont posé l’étiquette d’éducation ludique sur cette manière d’accompagner les enfants.
Je ne suis pas adepte des étiquettes, autre que celle de bienveillance, qui peut se décliner en de nombreuses attitudes… dont celle d’être ludique !

 

A très vite, pour aborder de nouvelles curiosités!

 

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Éducation bienveillante·Maternage proximal

L’humain, une espèce portée!

Hier, nous étions le 25 avril 2019… Et je suis intervenue dans une conférence TEDx.
C’était le premier TEDx de La Baule… Et j’ai abordé le portage (sous-tendu de bienveillance, of course!).

Je te propose un article, qui reprend ce que j’ai dit au TEDx, en plus complet. 😉
Parce qu’une conférence n’est pas un article…!
La vidéo sera disponible dès qu’elle sera montée, je l’ajouterai sur ma page fb . 

 

Tu as remarqué ?
L’humain a tendance à lutter contre sa pilosité… pourtant, la fourrure est bien pratique à de nombreux mammifères.
En plus, nous sommes bipèdes… Et donc nous avons une stature étroite… Or, l’ampleur de la tête du petit d’humain est majeure. Est-ce que ce « dilemme obstétrical » est juste ?
Le fait est que l’accouchement de l’humain parmi les plus douloureux.
Et les bébés naissent… assez peu débrouillards (même s’ils ont déjà moult compétences incroyables!).

Bref, c’est ça, l’humain! Et les bébés sont, comme tous les représentants de son espèce, un « porté passif ». ça veut dire qu’ils n’ont pas le tonus musculaire pour s’agripper. Notre absence de fourrure est donc justifiée (mais cela n’impose en rien d’être imberbe! 😉 )!
Mais ça veut dire que je dois être outillée et avoir assez de connaissances pour agir avec de petit humain. Ça fait tout de même 1.8 millions années que l’Homo Sapiens doit trouver un moyen de se déplacer avec son petit.
Autant dire que les moyens de portage sont diversifiés ! Mais ce n’est pas comme si les hominidés que nous étions, avaient eu le choix : à l’époque, nous étions nomades !
Il n’était pas possible de poser les bébés à terre : ils auraient été à la merci des divers prédateurs, des insectes. Ils pouvaient potentiellement être soumis à des températures qui auraient influencé leur propre homéostasie.

Tu vas me dire que c’est bien joli, que nous sommes sédentaires, dans des logements salubres (pour la plupart), à l’abri des prédateurs… et qu’il est d’usage de déposer les bébés dans des couffins et dans leur lit pour qu’ils dorment.

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Il est d’usage, oui…
Mais les usages occidentaux n’ont-ils pas perdu de vue certaines attitudes totalement nécessaires aux bébés humains, comme le portage et l’allaitement (d’ailleurs, je parle ici du choix entre biberons et allaitement )?
L’Occident a perdu cette tradition ces deux derniers siècles.
Cela peut paraître étonnant mais… C’est l’attrait des signes extérieurs de richesse qui a fait tomber le portage en désuétude.
Entre les dogmes des religions chrétiennes et les évolutions culturelles, les enfants sont intentionnellement distancés de leurs mères (j’en parle dans mon article sur le cododo).
Dès le 18ème siècle, l’allaitement a commencé à être remis en question : cela faisait trop miséreux d’allaiter soi-même ses propres enfants.
Alors, forcément, avec les placements en nourrice (chez elle mais d’abord au domicile parental), tant l’allaitement que le portage n’ont plus eu la côte socialement.
Mais voilà… La culture, la société, les bébés, eux, s’en fichent totalement !

La physiologie du bébé humain n’évolue pas en suivant les coutumes sociales. Il reste toujours dans ce même état de dépendance extrême, craignant l’environnement qu’il découvre à peine et cherchant à se rassurer par ce qu’il connaît : les mouvements de sa mère, son odeur, les battements de son cœur, une position fœtale, un peau-à-peau et un contact contenant.
D’ailleurs, tout le monde s’accorde là-dessus : « Ils se calment dès qu’ils/elles sont dans les bras ! »
Étonnamment, au lieu d’être perçu comme un constat logique, c’est perçu comme une contrainte voire un problème !
C’est à ce moment-là que l’on prend conscience du précipice entre les normes sociales occidentales et la connaissance des besoins physiologiques des bébés… Et surtout, des manière simples et efficaces pour y répondre.

Aujourd’hui, je vais aborder l’impact du portage sur la vie de vos enfants et la vôtre tant en termes de bienfaits que de sérénité.

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Fanny Vella… Un bonheur d’illustratrice!

Certains préalables s’imposent…
Depuis l’origine de notre espèce Homo Sapiens, la constitution du nouveau-né est identique : ils sont mis au monde après environ 9 mois de gestation (quand tout se passe bien).
Notre cerveau humain nous distingue des autres mammifères, puisqu’à la naissance, il est neurologiquement immature. La taille du cerveau d’un nouveau-né correspond à 23% de celui d’un adulte. Quand le bébé a un an, son cerveau a déjà doublé de taille, et à 3ans, il a 90% de la taille d’un cerveau adulte. Comparativement, les autres mammifères naissent avec un cerveau développé à 80% en moyenne.
(je laisse le lein passionnant d’une page fb Société d’Histoire de la Naissance, qui nous laisse découvrir le 22 mars 2019, un article de July Bouhallier : « Paléoanthropologie : le dilemme obstétrical n’a pas eu lieu » )

Pour être précise : Les mammifères ont été classés selon leurs modes d’adaptation à leur environnement au moment de la naissance. Il y a trois catégories :

o Les nidifuges : les petits arrivent à se déplacer comme les adultes dans les heures qui suivent la naissance (poulains, veau, antilopes…). Ils restent toujours près de leur mère.
o Les nidicoles : Les petits naissent sans poils, avec les yeux et les conduits auditifs fermés. Le lait doit apporter un sentiment de satiété suffisant pour qu’ils puissent se passer ponctuellement de leur mère. Ils sont toujours plusieurs ce qui permet d’avoir de la chaleur (chat, souris…).
o Les Portés : ce qui est le cas des primates, des marsupiaux et de l’Humain. C’est un corps de qui devient « le nid », capable de pourvoir à tous les besoins. Bernhard Hassenstein a introduit le terme du « primate porté » dans la biologie comportementale.

Autant dire que le bébé humain est totalement prématuré. Sa première année est comme une grossesse extra-utérine. Cela lui permettra d’accéder à des compétences motrices comparables à nos congénères hominidés que sont les gorilles, les chimpanzés et l’orang-outang à la naissance.
Il est primordial de prendre en compte que la maturation cérébrale concerne en grande partie le cortex préfrontal : c’est cette partie du cerveau qui nous distingue des autres espèces par son ampleur. Il est le siège de nombreuses facultés dont celle de la régulation émotionnelle, des comportements sociaux et du raisonnement, entre autres.

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A la naissance, les bébés n’ont aucune compétence pour gérer les aléas du quotidien et se dire : « Ok ! Là, mes parents sont occupés, je vais rester zen jusqu’à leur retour ! »
Au contraire, dans le cerveau du bébé humain actuel s’active la même alarme que lors des prémices de notre espèce nomade : « AU SECOURS ! Je suis seul et potentiellement entouré de dangers contre lesquels je ne peux rien ! ».
Cette connaissance de l’immaturité cérébrale des enfants a un impact sur les attentes que les parents peuvent avoir : Il n’y a ni comédie ni caprices ou de manipulation (j’aborde l’occurence des mensonges dans cet article).
Les bébés ont besoin d’être contre nous pour être apaisés… et pour apprendre à s’apaiser !
Leurs besoins nécessitent d’être entendus et pris en compte le plus rapidement possible pour qu’ils puissent renforcer leurs réseaux neuronaux favorables à la gestion émotionnelle et au sentiment de sécurité.
Grâce à un accompagnement prévenant et sécurisant, les petit.e.s d’humains vont évoluer et grandir de manière optimale : ils parviendront à maîtriser leurs émotions vers 5 ou 6 ans, au mieux, sauront le verbaliser (si on leur a enseigné), commenceront à s’adapter à leur environnement culturel en intériorisant les codes sociaux… Tout cela n’est possible que si les enfants sont accompagnés dans la bienveillance !

Quel rapport avec le portage, me direz-vous ?
Eh bien… TOUT !
Le portage et le peau-à-peau sont les attitudes les plus adaptées aux petits d’humains.
Cela fait intrinsèquement partie du nouveau-né, puisqu’il a été porté au sein de sa mère depuis sa conception.
Il ne connaît que le mouvement, les changements d’ambiances filtrées par la paroi abdominale et le contact contenant des parois utérines et du cordon ombilical (qu’il tète souvent).

Le portage est le moyen privilégié pour recréer les conditions les plus proches de la vie in utero, de manière à ce que les bébés puissent être rassurés alors qu’ils découvrent la vie aérienne.
Grâce à cette pratique, les bébés bénéficient de moult avantages pour leur développement.
Par exemple :
– Les bébés portés en position physiologique (comme cela devrait toujours être le cas, je laisse d’ailleurs un lien vers un article reprenant les bienfaits du portage physiologiques) ont moins de coliques que ceux qui ne le sont pas. Le repli des jambes sur le bas ventre et le massage créé par les mouvements de la porteuse ou du porteur soulage le bébé. Ce portage agit également en prévention de problèmes de hanches.
– Concernant la tonicité musculaire : avec les mouvements de la mère, les réflexes nerveux et musculaires du bébé réagissent à chaque changement de l’équilibre. Il va développer son oreille interne, et ainsi son sens de l’équilibre personnel.
Donc non, le portage ne minimisera pas ses compétences à se déplacer de façon autonome, au contraire ! Il y a aussi juste des composantes interpersonnelles propres à la personnalité et à la génétique de chaque individu.

Avant ses 2 mois, le bébé ne parvient pas à réguler sa température corporelle. Autant dans le désert avec les Touaregs que chez les inuits sous la neige, le portage est tout indiqué pour les aider à réguler leur température !
Les rythmes de sommeil d’un nouveau-né n’ont rien à voir avec celui des adultes : ils n’ont pas encore acquis le rythme circadien (alternance jour/nuit).
Un bébé porté durant la journée, qui dort également en portage (chose que préfère la plupart des bébés!), va acquérir plus aisément cette alternance. Il vit, dans son corps, une réelle distinction : la journée, il dort bercé par le mouvement et en lumière ; la nuit, il est aux côtés de ses parents dans le calme et l’obscurité.
La différence est flagrante pour le bébé !

Est-ce que le mouvement les gêne pour dormir ? … Ou les bruits du quotidien ?
Après 16 mois d’expérience personnelle, je vous assure que les enfants dorment le temps dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Ma fille a eu des périodes de sieste de 30/40min, puis d’une heure trente… Cela change encore : « le » rythme du bébé n’existe pas… Il évolue constamment !
Je propose d’ailleurs la lecture de cet article concernant le sommeil en dessous de 3 ans.

Le portage permet le sommeil au moment où les bébés le décident, en suivant uniquement leur rythme biologique. Ils réduisent ainsi l’occurrence des troubles du sommeil.

– En plus de cela, les bébés portés pleurent singulièrement moins que ceux qui ne le sont pas.
Les bébés se sentent protégés, ils n’ont pas besoin de pleurer pour se faire comprendre de leurs parents.
J’en profite pour affirmer que le fait de laisser pleurer un bébé n’a aucune vertu ni aucun avantage. Les recherches concernant les neurosciences affectives sont claires : ne pas réagir aux pleurs d’un bébé engendre une augmentation drastique des taux d’hormone de stress comme le cortisol et impacte défavorablement leur développement émotionnel et neuronal. Un enfant n’apprend rien en pleurant !

– Le portage est aussi une aide à la prévention des aplatissements du crâne (souple à la naissance, et heureusement si vous voyez ce que je veux dire !), les bradycéphalies et plagiocéphalies sont devenues courantes avec les prescriptions de coucher les bébés sur le dos.
Si cette mesure est une vraie plus-value concernant la Mort Inattendue du Nourrisson, les habitudes occidentales laissent penser que les bébés doivent être posés pendant toutes leurs phases de sommeil. OR, c’est la récurrence de cette position couchée qui amène à certaines déformations crâniennes. Celles-ci peuvent avoir des conséquences sur le développement cognitif et moteur des enfants et nécessiter des prises en charge parfois lourdes !
Alors, en prévention : le portage est salvateur!

Maintenant que vous savez que le fait d’être porté n’est que bienfait pour les bébés.

 

 

Il y a quand même une autre personne d’intérêt. Celle qui porte !
Parce que le portage offre de nombreux bénéfices pour les jeunes parents.

Tout d’abord, le contact peau-à-peau est primordial dans la création des liens avec les bébés. Il favorise la sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes, des hormones et neurostransmetteurs qui jouent un rôle prépondérant dans l’établissement des liens affectifs.

Le portage peut paraître difficile, au premier abord. (En réalité, c’est comme faire ses lacets : au début, ça semble complexe mais… C’est un coup de main à prendre !).
Très vite, tu pourras être rassuré.e sur votre ta compétence à pouvoir réconforter ton enfant…
Cette proximité avec le bébé permet d’être en lien avec ses besoins : les pleurs sont évités, puisqu’il est possible de les comprendre plus vite… Avant qu’ils ne s’énervent et pleurent!
Saviez-vous que le portage réduit l’occurrence ou la gravité des dépressions post-partum. Henrik Norholt a mené une étude qui démontre que les symptômes de dépression post-partum sont réduits chez les mamans pratiquant le portage. Un bel avantage, ne trouvez-vous pas ?

Le portage est LA manière utilisée de tout temps pour permettre aux bébés d’être réconfortés pendant que leurs mères (traditionnellement, mais toutes les configuration familiale sont possibles) reprennent leurs activités et puisse articuler les besoins d’un nouveau-né avec la vie d’un aîné, par exemple!
Merci quand même à l’entourage de suppléer la jeune accouchée, c’est indispensable qu’elle puisse bénéficier de soutien… pour câliner son tout-petit!
Pas d’inquiétude, le lien avec les autres personnes se construira aussi, au début, le lien mère-enfant est primordial pour que chacun d’eux atterrissent dans leurs nouvelles attributions, c’est-à-dire, respectivement, responsable d’un humain et être aérien à part entière.

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Premier portage en écharpe d’une touuuuute petite de quelques jours! 16 mois plus tard, je ne compte plus le nombre d’heures et la sérénité grâce à cela! ❤

 

La vie avec un bébé est un appel à l’instant présent. Cela peut-être considérer une pratique de Pleine Conscience au quotidien.
Le portage et le parentage proximal correspondent à une courte partie de la vie d’un enfant. Et c’est une phase précieuse !
C’est l’occasion de prendre le temps, d’Être au lieu de toujours « faire avec efficacité ».

A bientôt, pour de nouvelles découvertes curieuses!

Références :
– Le concept du Continuum de Jean Liedloff, Ambre Editions (21 mars 2006)
– Serre-moi Fort: Comment élever vos enfants avec Amour. Broché (2017)
– Materner: du premier cri aux premiers pas. Blandine Bril et Silvia Parrat-Dayan. Edition O. Jacob mars 2008
– Peau à peau: Techniques et pratiques du portage. Ingrid Van Den Peereboom. Editions Jouvence
– Porter bébé: Avantages et bienfaits. Claude Didierjean-Jouveau. Editions Jouvence poche

Je t’invite aussi à lire deux articles: « Tu vas en faire un bébé-bras » et « le quatrième trimestre de grossesse ou la découverte d’un nouveau monde« , qui aborde le portage et la vie quotidienne avec un.e bébé.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Réponse à Rufo – Courrier Lectrices Femina

Aujourd’hui, je suis tombée là-dessus :

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C’est le pouvoir des réseaux sociaux d’être confronté.e.s à des informations que l’on n’ aurait jamais sans eux.
Et le Magazine Femina ne fait pas partie de mes lectures habituelles.

Je découvre que ce très médiatique Rufo répond (encore), en son titre de pédopsychiatre, à des questions de parents.
Cette fois, il répond à Delphine, Maman, confrontée aux remarques de son fils de 7 ans : « Je t’aime moins », « je te trouve un peu vieille », …

Comme lu ci-dessus, la réponse du Dr. Rufo est sur fond de chantage affectif et… d’ignorance.

Dans sa réponse, il met en évidence que les enfants devraient garder pour eux ce qu’ils vivent au quotidien. Cela implique que les enfants ne devraient donc pas témoigner la confiance nécessaire en leurs parents pour s’exprimer… Même sur des sujets potentiellement graves.
Comment un enfant peut-il faire la distinction entre ses histoires de mésententes, bagarres et conflits entre enfants et des attitudes de harcèlement ou encore des actes malveillants de la part d’adultes ?

Alors NON, il n’est absolument pas discutable qu’un enfant se confie énormément à ses parents. Au contraire !
Un enfant accompagné dans la bienveillance pourra se confier, prendre du recul et apprendre à analyser les situations avec plus de complexité grâce au soutien parental.
En outre, cela lui offrira la possibilité de parler de tous les problèmes éventuels qu’ils rencontrerait, sans crainte ni gêne.
Alors que s’il se ressent être le casse-pied de ses parents, il se tiendra à distance d’eux… Même quand il en ressentira le besoin.

Ensuite, la réponse effectuée par le Dr Rufo suggère que l’on doit exprimer clairement aux enfants que s’ils agissent de telle ou telle autre manière, on va moins les aimer … et que c’est plus grave que leur ressenti d’enfants.
Les enfants, depuis leur naissance, ont l’instinct et ensuite la conscience que seul l’attachement à leurs proches leur permet de vivre sereinement.
L’attachement est une donnée de base pour les enfants… Et c’est connu depuis plus de 60 ans! (voici un article qui aborde les théories de l’attachement)
Il est fréquent que les enfants craignent de perdre l’affection parentale à cause de leur attitude. Un enjeu majeur, dans l’accompagnement parental et des enfants, est de sécuriser le lien.

En disant clairement que l’amour est conditionnel envers les enfants, cela insécurise les enfants.
Ils vont alors se construire la croyance qu’ils doivent se comporter d’une certaine manière pour être aimables.
Nous sommes alors à l’opposé de la bienveillance et de l’accompagnement de l’enfant pour ce qu’il est, et non, pour ce que les parents veulent qu’ils soient.

Bref, tout dans cette réponse est nocive.
Parce qu’elle ne répond pas en termes d’aide demandée par la mère.
Parce qu’elle place l’enfant comme un être destructeur de la relation.
Parce qu’elle instile la croyance que l’amour des parents est conditionnel, pour de futiles raisons.
Ce que je propose, c’est d’apporter une réponse à Delphine, qui pourra l’aider réellement !

« Bonjour Delphine !
Vous avez un petit garçon qui a confiance en vous. Grâce à ce qu’il vous confie, il peut construire son rapport aux autres et prendre de la distance face aux évènements de la journée. Grâce à cela, il apprend à gérer ses émotions et ses comportements sociaux.
C’est un magnifique cadeau que vous lui faites en l’écoutant chaque jour !

Qu’il est dur de s’entendre dire des perceptions froidement sorties de la bouche de l’être qu’on aime plus que tout.
Votre enfant exprime son ressenti par rapport à vous et à votre apparence.
Il est probable que ce soit exact. Par rapport à ses ami.e.s, vous êtes plus âgée, vous semblez ainsi plus « vieille », vous avez la peau moins lisse, et vous n’êtes pas comparable en terme de beauté à une fillette de 7 ans.
Votre fils questionne probablement les rapports aux âges et à l’évolution du corps avec le temps qui passe. Cela peut être angoissant pour un enfant de voir que sa maman vieillit…
Y aurait-il des questionnements existentiels autour de la mort là-dessous ?

Il exprime également qu’il vous aime moins. Je trouve votre réponse totalement adaptée… Mais lui avez-vous demandé pourquoi il pense à cela et ce qu’il ressent derrière cette phrase ?
Par ces mots, il exprime la possibilité d’un attachement conditionnel ou réduit. Il est probable qu’il craigne que vous puissiez un jour, vous-même, ressentir cela à son sujet.

Je vous suggère d’ouvrir la discussion avec votre fils qui fait état de constat, sans sembler volontairement blessant (difficile de savoir sans avoir le ton ni connaître les détails de votre relation). Par ses « phrases-façades », il témoigne d’un besoin qui mérite de trouver réponse, une fois que vous aurez mis le doigt dessus !

Bon cheminement avec votre enfant et rassurez-vous, toutes ces attitudes démontrent combien il tient à vous ! »

Je croise les doigts pour que Femina puisse envoyer cette réponse à Delphine, afin qu’elle ne reste pas avec celle qui lui a été apportée par le Dr. Rufo.

Cordialement,

La Curiosité Bienveillante

Éducation bienveillante

« L’éducation bienveillante, ça ne fonctionne pas / Je ne suis pas convaincu.e ! »

Bonjour!

 

Lis ces quelques mots, qui te permettront peut-être de mieux communiquer avec la personne qui te le recommande… ça vaut la peine de prendre quelques minutes, crois-moi !
Tu en as ras le bol d’entendre parler de bienveillance, d’éducation positive et des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) dont tu n’avais jamais entendu parler auparavant.
Quelques personnes de ton entourage sont « pénibles » avec ça et t’en parle.
Tu estimes que ça ne sert à rien parce que les enfants ne sont pas en sucre et que tu as bien grandi sans ces précautions-là.

Ce que je te propose, c’est de percevoir pourquoi ces principes de nonviolence et bienveillance tiennent à cœurs certaines personnes, dont au moins une t’es très proche… Mais aussi de savoir POURQUOI ça t’énerve autant.

Il est fort probable que tu aies connu dans ton enfance des cris, l’une ou l’autre gifle/fessée et que tu aies été puni par tes parents.
Dans certains cas, tu te souviens que tu t’étais senti.e folle/fou de rage mais que parfois, tu estimais cela justifié car tu avais fait une bêtise.
Tu penses même sûrement que cette rigueur éducative t’a permis de devenir, au moins un peu, l’individu que tu es !
Dans ta conception des choses, tu penses probablement qu’il est nécessaire de brider les enfants afin qu’ils débordent pas et ne fassent pas n’importe quoi.

D’un autre côté, si certaines actions te paraissent être des maux nécessaires, je me doute que tu aimerais t’en passer si c’était possible, n’est-ce pas ?

Je suppose que cela ne te réjouit pas de crier ou de menacer tes enfants de punition.

Parfois, je suis même certaine que c’est plus fort que toi : tu es épuisé.e, tu aurais besoin d’être au calme et les enfants t’empêchent de savourer cet instant ou de simplement, ne pas « faire la foire » le temps du repas.

Tu rêves de la famille idéale où le repas se prend dans le calme (tiens, dans ta conception des choses, les enfants mangent avec toi ? Parlent-ils volontiers ?) et où les enfants obéissent à leurs parents… Les jours se passeraient sans accro et tu n’aurais pas besoin de perdre de l’énergie à t’énerver.

Mais tu as tellement envie de pouvoir être serein.e et aussi, d’être sûr.e que tu élèves tes enfants correctement.
Tu as des valeurs et tu veux les transmettre.
Tu as été éduqué d’une certaine manière et, si tu t’aimes, tu estimes que ce n’était pas mal, après tout, puisque tu es quelqu’un de bien !

Quand tu entends parler de bienveillance et de NVEO, tu as l’impression qu’on te dit : « Oui, laissons les enfants tout faire ! » et surtout, que tu auras des enfants incontrôlables, tyranniques et sans limite.
Tu n’as pas envie de voir tes enfants prendre trop de libertés au quotidien et puis… Si tu peux éviter le regard des autres sur ton mode éducatif, tu préfères. C’est logique !

Et qu’est-ce que le discours de la parentalité positive peut être culpabilisant : des listes de choses à faire ou à ne pas faire !
On a l’impression qu’on ne fait rien de bien… alors qu’il ne faut pas rigoler : tu t’en es pas mort, d’avoir été élevé.e avec quelques claques et des punitions.

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Si tu veux bien continuer, j’aimerais t’inviter à une petite introspection.
Peux-tu prendre quelques instants pour te souvenir d’un moment où tu as été puni, plus jeune.
Souviens-toi des circonstances mais surtout, des émotions que tu as ressenti à ce moment-là.

Ce sont rarement des émotions positives : colère, peur, déception, tristesse, … parfois résignation.
Peux-tu maintenant penser à ce que cela a engendré comme attitude de ta part ? Cela t’a-t-il amélioré ?
Penses-tu que cette méthode était efficace pour t’apprendre quelque chose ?
Je t’invite à faire la lecture de cet article pour comprendre comment les punitions ont l’air efficace… alors qu’il n’en est rien.

On te parle de bienveillance éducative et tu as peut-être l’impression qu’on te demande de te transformer !
Tu crois peut-être qu’il faudrait que tu ignores ce que tu penses pour agir différemment.
Je vais te faire une confidence : ce n’est pas parce que tu as un comportement maintenant que cela te définit.
Mieux : tu peux agir de manière opposée à tes habitudes d’hier sans que TU sois remis en question.
Tu as le droit de changer d’avis.
Tu as peur du regarde des autres et tu as l’impression de trahir ce que tes parents t’ont transmis ?

Tes parents ont fait ce qu’ils ont pu à l’époque où tu es né.e.
Ils voulaient faire au mieux…. Et je suis sûre que c’est également ce que tu souhaites.

L’avantage, c’est que lors des dernières années, il y a eu moult champs explorés en neurosciences et que l’on a découvert de nombreuses informations ayant une implication directe avec l’éducation des enfants.

La bienveillance éducative prend ses racines là-dedans : l’objectif est de prendre en compte le niveau de développement des enfants de manière à comprendre leur comportement et de pouvoir y réagir le plus adéquatement.
Tes parents ne savaient pas. Toi non plus et moi non plus, jusqu’il y a quelques années.

Non seulement tu peux ouvrir la voie dans ta famille, mais tu peux aussi devenir une ressource pour eux.
Agir différemment de ses parents ne nous opposent pas à eux : nous les complétons simplement
(Je t’invite d’ailleurs à lire cet article te permettant de trouver des clés pour faire en sorte que les autres acceptent tes choix).

Tu as sûrement peur que tes enfants deviennent incontrôlables. Peut-être même que tu crains qu’il devienne délinquant si tu ne serres pas la vis.
Tu as envie de leur transmettre des valeurs !

Moi aussi !
J’ai envie que ma fille ait des valeurs qui soient proches des miennes et sincèrement, je me sentirai coupable si elle finit avec un casier judiciaire.
Pourtant, je suis assurée de quelque chose : regarde les profils des criminels. Il est TRÈS diversifiés. Les « petites frappes » sont souvent des gamins livrés à eux-même assez tôt… mais surtout : ils n’ont pas été accompagné par des attitudes bienveillantes.

La bienveillance éducative, ce n’est pas du laxisme au sens où tu l’entends= aucune limite. Je te laisse une petite définition ici.
Il est tout à fait exact que les enfants ont besoin de règles de vie commune. Nous vivons en société et chacun doit prendre en compte autrui.
Je t’invite vivement à lire cet article qui traite spécifiquement des limites éducatives dans la bienveillance. Tu verras que ce n’est pas une absence de présence parentale, au contraire.

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Ce principe d’éducation repose sur la volonté de prendre en compte les besoins des protagonistes (c’est-à-dire, autant des enfants que des parents!).
L’objectif n’est pas d’asservir les parents à des enfants prétendument devenus tyrans ou dictateurs.
D’ailleurs, souvent quand on se braque et qu’on s’énerve (cela vaut autant pour toi que pour tes enfants), c’est qu’un besoin n’est pas rempli.
Le problème, ce que l’on ne nous a pas appris pas à nous décoder nos besoins… mais bien les stratégies que notre cerveau met en place pour répondre à l’inconfort.
Par exemple, crier pour obtenir du calme ou encore, grignoter lorsque l’on s’ennuie.

En gros, être dans un accompagnement bienveillant des enfants demande d’être à l’écoute des besoins de TOUT le monde.
Donc, de toi, aussi!
Le fait est que les besoins des enfants passent en priorité durant quelques années. Parce qu’ils sont en pleine construction et qu’ils n’ont pas la même physiologie que les adultes.
Ils vont avoir sommeil, faim, soif, peur, envie de câlins, etc, de manière unique.
C’est vrai que cela demande de l’énergie et de l’attention, mais… cela ne dure pas ! En regard de la durée d’une vie, la période où les enfants sont au centre de toutes les actions est brève.

Je ne tente pas de cacher sous le tapis les difficultés inhérentes à la parentalité. Quelque soit la manière d’agir, être avec des enfants n’est pas forcément évident.
D’ailleurs, depuis leur naissance, les parents sont noyés sous les injonctions de toutes parts : les médecins suggèrent ceci, les amis défendent cela et les grands-parents apportent un autre avis.
Les plus classiques sont de laisser pleurer les enfants, de ne pas les porter trop, d’être ferme, de ne pas les laisser décider et qu’ils doivent obéir.

Or, l’éducation bienveillante est régulièrement perçue comme des listes de comportements à mettre en place ou à éviter.
Il faut percevoir que ces listes ne peuvent pas, pour des raisons graphiques et esthétiques, de transmettre en détails les motivations de chaque suggestion (l’immaturité cérébrale, le stade de développement X qui demandent telle attention…).
Mais cela permet de proposer une alternative au comportement automatique dont on souhaite se défaire, comme le fait de crier ou de donner une fessée.

Je ne prétends pas que la bienveillance éducative est simple.
C’est vrai que cela te demande de te poser et de questionner tes réactions automatiques :
« Tiens, pourquoi je crie, quand elle/il fait ça ? »
« Je suis très agacé.e lorsqu’il/elle réagit de cette façon, pourquoi ? »

Et c’est vrai… que ça peut être douloureux de trouver les réponses à ces interrogations.
Souvent, nos énervements et réactions vives sont mues par nos propres vécus. Cela fait écho et… Le psychisme s’en défend en mettant à distance ces émotions négatives, qui se retrouvent masquées par de la colère.
En plus, si tu as été élevé.e en entendant que les émotions, c’est vraiment un truc de nana ou de bébé… Forcément, tu n’es pas vraiment à l’aise avec l’idée de les laisser émerger.
D’ailleurs, je crois que tu n’y vois pas vraiment d’intérêt, là, dans l’instant.

Alors, j’ai juste d’autres questions : comment vis-tu quand tu es en colère ? Quelles sont tes réactions ? Est-ce qu’elles te satisfont ?
Aimerais-tu que ton enfant démontre les mêmes actions quand il ressent de la colère, de la déception, de la frustration ou de la tristesse ?

En changeant de perspective, tu vas pouvoir aider ton enfant à avoir des attitudes qui sont plus en maîtrise de soi.
C’est vrai que ce n’est pas immédiat, cela demande du temps. Mais, dans tous les cas, l’accompagnement des enfants est une tâche longue (et jamais achevée?!).
Alors autant rendre cela le plus agréable possible, non ?

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La personne de ton entourage qui souhaite te sensibiliser à la bienveillance aimerait partager cette possibilité avec toi.
En se questionnant sur la bienveillance éducative, il s’agit d’ouvrir le dialogue et de mieux se comprendre. N’est-ce pas le désir de chacun.e envers les êtres aimés ?

 

Je ne le cache pas, j’aime bien imaginer un futur monde de Bisounours.
Parce que je suis convaincue (et c’est aussi l’inclinaison des découvertes en neurosciences affectives) qu’il est possible, en quelques générations, de faire diminuer drastiquement le taux de violence dans la société en accompagnant les enfants différemment.
La Suède en a déjà fait l’expérience… !

Je te laisse sur une dernière réflexion :
Si les punitions et les brimades fonctionnaient vraiment, pourquoi y a-t-il encore autant de délinquances et de délits ?

 

J’espère sincèrement avoir ouvert une fenêtre pour que tu puisses échanger avec les personnes de ton entourage qui s’intéressent à la bienveillance éducative.
C’est une façon de renforcer les couples : S’enrichir mutuellement en discutant de votre projet commun, l’éducation de vos enfants.
C’est aussi une manière de proposer aux grands-parents et autres personnes de faire des découvertes sur le cerveau de l’enfant.
Je suis sûre que ces personnes sont ravies d’avoir accès à des traitements médicaux contemporains… Alors il semble logique que les nouvelles connaissances sur le développement infantile modifie notre rapport à l’éducation. Cela ne remet pas en cause ce qu’elles ont fait à leur époque, sans avoir autant d’informations qu’aujourd’hui.

Pour ceux et celles chez qui la brèche serait déjà ouverte, voici un index détaillé (résumé de l’article) de la section « Éducation bienveillante ».
Tu y trouveras de nombreux articles sur des sujets spécifiques comme la colère, la frustration, la gestion des « caprices » et d’autres ressources te permettant de voir que, vraiment, la bienveillance n’est pas de laisser faire, mais d’accompagner différemment !

 

A très bientôt, j’espère, pour d’autres relevés de curiosités en bienveillance.

 

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Préparer la naissance

C’est ce jour-là que tout a commencé ! La PMA…

C’est ce jour-là que tout a commencé… !
29 mars 2017…

En vrai, ce n’est pas tout à fait ça, le début a eu lieu le jour de la première insémination artificielle.

Oui, c’est de ça que je vais parler. Cela va être un post plus égocentrique… Parce que la date s’y prête.

Pour beaucoup de couples, la date de la conception n’est pas forcément assurée.
A partir du moment où une procédure de PMA a lieu, tout est millimétré. Donc, en effet, je sais exactement le jour et l’heure à laquelle la conception de ma fille a eu lieu.
C’était le 29 mars 2017, un mercredi.
Ce matin-là, à 10h15, j’avais un rendez-vous prévu exactement 36h après l’injection pour déclencher l’ovulation.
Ce matin-là, à 10h10, j’étais dans une salle d’attente presque vide, dans ce merveilleux hôpital où Elle est née (CHR de Namur ❤ ). Je prenais des selfies humoristiques et j’ai fait des photos de LA salle où se passerait la manœuvre… En me disant, en rigolant, que cela ferait une trace dans les souvenirs.
Ce matin-là, j’avais le cœur léger. Alors que les deux mois précédents avant été des montagnes russes émotionnelles.  Cela n’avait pas de sens d’être si enjouée, alors que j’étais seule face à cet acte que je savais d’une importance potentiellement capitale pour mon avenir. Pour notre avenir.
En pourtant, ce matin-là, à 10h10, j’étais juste une femme en train d’ovuler et à 10h20, j’étais une femme « enceinte ».
Je sais que ce n’était pas le cas, mais psychiquement, c’était ça. En moi se trouvaient toutes les possibilités pour qu’être être se forme.
Ce matin-là, Pendant 15 minutes, j’ai attendu allongée que les 5.2 millions de nageurs fassent un peu de chemin avant de retrouver mes vêtements et commencer une journée « classique ».
Quelle illusion !
A partir de ce matin-là, plus aucune journée ne serait classique.
Le compte à rebours avait débuté. « Si vous n’avez pas vos règles, vous viendrez à j+16 faire une prise de sang ! »
J+16, alors que les règles arrivent d’habitude à J+14 (sauf dérèglement hormonal, dont je suis coutumière et qui avait fait tomber la sentence de l’échec  le mois précédent, le soir de ma fête d’anniversaire. Je vous laisse imaginer ma tête déconfite en revenant de la salle de bain, à 22h, en ayant constaté cela… Et devant faire bonne figure devant les invités … !).
je savais que des tests existaient et permettaient de détecter la fécondation deux jours avant la date présumée des règles.
Ce matin-là, je ne l’avais dit à personne mais je savais déjà, qu’à J+12, soit le 10 avril, un test de grossesse serait arrosé à 6h du matin.

Non, je ne sais pas ce que c’est que l’inattendue et de la découverte par hasard avec les symptômes.
La PMA, c’est la manie du contrôle et la peur de l’échec. C’est avoir la crainte que son corps ne joue jamais le jeu. C’est vivre les suivis de cycle comme des évaluations et se sentir défaite quand le corps déraille malgré soi… Projetant nos désirs dans un vide sidéral et l’espoir dans un champ de mine.

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Mais, ce matin-là, ce 29 mars 2017, je présentais que la vie serait douce.
J’avais toujours dit que c’était « marrant ces femmes qui passent un nouvel an sans bébé et qui passe le suivant avec un nourrisson dans leur bras ». Je savais que c’était ma « dernière chance » pour être parmi celles-là.
Je savais aussi que si ça marchait, j’aurais un bébé de Noël. Quel présent… !

Les jours ont passé et l’humeur enjouée n’a jamais cessé.
J’étais à l’affût des moindres symptômes. Je croyais qu’un matin, je serai réveillée par un élan nauséeux m’apportant la réponse.
Mais en réalité, chaque passage aux toilettes débutait par une angoisse d’avoir des pertes de sang. Je finissais par haïr le papier toilette rose qui s’obscurcissait et donnait l’impression qu’il y avait du sang clair.
Chaque sensation passait par le filtre d’une interprétation.
J’ai épluché tous les groupes, tous les forums, tous les sites qui évoquaient l’ensemble des symptômes susceptibles d’apparaître en cas de succès.

Un soir, à J+5, alors que j’étais au restaurant, j’ai ressenti une contraction utérine comme je n’en n’avais jamais ressenti. Cela me coupa la parole (et il faut y aller pour faire cesser mes logorrhée, celles et ceux qui me connaissent le savent).
Me reviennent en mémoire les informations lues les derniers jours … La nidation est susceptible d’engendrer une(des) contraction(s) utérine(s).
Le timing correspond, par rapport à une possible fécondation.
Parce que oui, en PMA, on devient experte de la reproduction humaine…. !

A partir de ce jour-là, les sensations changent.
Premier mercredi post-insémination. Encore 5 jours à attendre et je saurai.
Mais déjà, ce jour-là, je sentais qu’une histoire se tramait sous mon nombril. Mon cheval était blessé et j’habitais si proche de l’écurie que je m’y rendais à pied, en faisant de la marche rapide (oui, j’avais trouvé ça intéressant de m’initier à cette pratique qui met à rude épreuve les hanches et les abdominaux).
Je fus incapable de tenir le rythme. Il y avait comme une boule qui accrochait dans mon ventre.
Il en allait de même pour mes exercices de renforcement musculaires, je ne parvenais plus à contracter mes abdominaux avec les mêmes sensations que d’habitude.
Ces signes m’enthousiasmaient autant qu’ils m’effrayaient. Etais-je en train de sombrer dans les affres des fabulations corporelles et d’une grossesse nerveuse ?

L’impatience est un défaut qui me caractérisait. Ce temps avant le test de grossesse me semblait interminable…
Toutes les heures du jour et de la nuit, je pensais à cela : Suis-je enceinte ? Que faire ? Qu’éviter de faire pour que ça « tienne »  si « c’est » bien là ?
Des centaines de questions se bousculent, croisant tantôt la joie et tantôt le désespoir de ne pas faire confiance à ce corps. Culpabilisant des supplices que j’ai pu lui faire subir en étant plus jeune, j’espérais qu’il m’offre le cadeau d’abriter la vie malgré tout. Je me promettais une réconciliation inaltérable avec lui, s’il devenait le temple de cet enfant tant désiré.

Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là. J’étais fébrile.
Epuisée, à 5h50, j’ai descendu les marches qui me séparaient de la salle de bain.
J’ai ouvert la boîte, lu la notice. Relu, en réalité, je l’avais déjà détaillé au moins 3 fois auparavant.
En œuvrant à viser correctement, je me suis mise à rire de la situation. Moi, seule dans une salle de bain, en train d’éviter de m’uriner sur les doigts, je m’apprête à savoir si mon destin va changer à tout jamais. Quel moment d’anthologie !
Ce moment-là me rapprochait de toutes les femmes, je n’étais plus « en PMA », j’étais une femme qui espérait être enceinte.

Une fois le bâtonnet révélateur déposé à plat, j’ai passé mon visage à l’eau.
J’ai ouvert Messenger et j’ai vu qu’une amie proche était connectée. Elle-même enceinte suite à une PMA… Elle savait tout. Elle avait juste 5 mois d’avance sur moi.
J’ai regardé ce test.
Fatiguée, je croyais voir flou. Il n’y avait rien de flagrant. C’était tenu… pâle.
Je vérifie sur la notice… Même pâle, c’est positif.
Mon sang ne fait qu’un tour. Je prends une photo et l’envoie à cette amie, qui bondit de joie en recevant ce cliché.

20170410_205909OUI, c’est une archive personnelles! 🙂
Je ne rêve pas. Je suis enceinte !
Nous sommes le 10 avril, il est 6h du matin et je suis enceinte. Le test confirme ce que mon corps sait depuis des jours.

Le sourire ne me quittera plus.
Parce que finalement, non, je n’ai jamais eu de symptômes de grossesse. Sauf si l’on considère que l’expansion fulgurante de mes seins en est un… C’est d’ailleurs ce qui a « grillé » mon précieux secret auprès de mes collègues.
J’ai aussi découvert à quel point le corps s’organise bien pour calmer les ardeurs en augmentant brusquement le rythme cardiaque.
La fatigue du premier trimestre n’est pas un mythe pour moi, j’étais échouée dès 20h30 et j’aurais bien dormi le reste de la journée aussi.
Mon corps m’a demandé de prendre le temps… Ce qui renvoie à l’article que j’ai écrit juste avant celui-ci, d’ailleurs.

Bref, le 29 mars 2017 est le premier jour du reste de ma vie.
Depuis ce jour, je ne compte plus pour moi seule mais pour nous.
La PMA m’a permis de devenir cette femme enceinte que je rêvais d’être.
Ma fille m’a offert de devenir la maman que je souhaitais être.

Ce périple de l’esprit et du corps est celui qui m’a révélé à moi-même, rendant évident ce que je m’efforçais de cacher au fond de moi.
Alors forcément, ces dates précises sont symboliques et très personnelles. Malgré tout, j’avais envie de les partager, parce que je sais que ces sensations et ces émotions toucheront certaines femmes.
J’espère que cela donnera de l’espoir à certaines.
Parce que ce matin-là, les gynécologues de la PMA n’avaient pas encore compris ce qui ne fonctionnaient pas dans mon système hormonal. J’ai des ovaires poly kystiques, mais aucune cohérence par rapport au syndrome associé.
Ce fut un coup de chance.
Ce matin-là, j’ai eu de la chance.

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Communication Non-Violente·Préparer la naissance

Et si on prenait le temps ? La grossesse

 
« J’ai pas l’temps ! », disais-je en courant d’une tâche à une autre.
A vrai dire, je prenais du temps pour certaines tâches d’importance à mes yeux… Mais je me sentais oppressée par les autres que je devais caler dans mon agenda.

« J’ai pas l’temps ! » de faire toutes les tâches qui me permettraient d’avoir plus de visibilité et des articles plus aboutis en design (et je ne parle pas du visuel médiocre de mes sites … Ah ah ah !).

Nous sommes dans une société où l’oisiveté est mal perçue. Il est nécessaire de communiquer qu’on est « busy ». Et le pire, c’est qu’on a tendance à charger nos agendas voire ceux des enfants de moult activités : des séances de sport, des cours de ceci ou cela, des évènements de réseautage et évidemment, le travail qui doit occuper une place principale.

Je vous propose une série de quelques articles sur la question du temps autour de la périnatalité et de la parentalité.

Cet article traite de la période de la grossesse. L’article suivant traitera du post-partum et le troisième de la vie avec un enfant de moins de 3 ans. Ultérieurement, je rédigerai aussi un article sur le rapport au temps en fonction des âges des enfants. Bref, un programme qui prendra… du temps !

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Le temps de la grossesse

Dans la vie, la période de la grossesse est une forme de parenthèse, surtout pour une primipare qui n’a pas d’autre enfant à prendre en compte dans son quotidien.

Ces instants nécessitent un suivi particulier : les rendez-vous gynécologiques ont lieu régulièrement.
Et déjà à ce moment-là, la question du temps qu’on accorde à cette grossesse se représente par les accompagnements à la naissance que les futurs parents décident ou non d’effectuer.
Certain.e.s ne vont pas avoir besoin d’investir la grossesse et ce futur bébé, et donc ne pas y consacrer un temps défini par des rendez-vous supplémentaires. D’autres vont multiplier les séances de préparation en mixant une préparation classique, de l’haptonomie, du chant prénatal et des ateliers isolés sur divers thèmes.
Bien sûr, je grossis le trait des deux extrêmes.
Cela dit, le « profil » des futurs parents aura probablement un impact sur le post-partum.

Durant la grossesse, le temps mental accordé à la grossesse ou au futur bébé peut être un révélateur du vécu parental. Certain.e.s vont être dans la fuite en avant, sans y consacrer une énergie mentale volontaire durant les premières semaines, par crainte d’une fausse couche.
L’absence totale de place psychique laissée au bébé se ressent sur le corps… C’est ce qui se produit également dans les cas de déni partiel ou total de grossesse. Je développerai ce sujet dans un article ultérieur.

L’investissement émotionnel et psychique de la grossesse va être différent en fonction du parcours pour parvenir à ce point : Est-ce un bébé surprise ? Une grossesse venue après un parcours de Procréation Médicalement Assisté ? Un bébé qui s’est installé alors qu’on l’avait cordialement invité ?
Chaque femme va vivre la grossesse de manière singulière. Le vécu durant le premier mois n’est pas celui du dernier mois, d’ailleurs.
Il est plus facile de « l’oublier » (ou même carrément, de ne pas s’en rendre compte) au début alors que le principal intéressé se rappelle à nous par son ampleur et ses mouvements, par la suite.

 

Au commencement…

Parfois, les débuts d’une grossesse amènent des sentiments ambivalents envers celle-ci : la joie, la peur, la surprise,…
Ce bébé tant désiré va devenir le siège d’attentes et la crainte de le perdre ou qu’il ne soit pas en pleine santé peut devenir paralysante.
A contrario, dans le cas de grossesse « surprise », la panique peut être le premier sentiment. D’ailleurs, à la suite de cela, un sentiment de culpabilité pourrait naître « Parce que je ne l’ai pas accueilli dès le départ ».

Il est nécessaire de replacer les choses dans leur contexte. Je vais être claire sur le sujet : ce n’est pas parce qu’on a déjà des enfants que les femmes sont contraintes de garder un embryon qu’elle ne désire pas. Ça vaut aussi pour les femmes installées. La maternité n’est pas obligatoire si on ne la désire pas. Je ne suis pas partisane de la croyance que le destin amène sur notre route ce qui est « bon » pour nous. Je suis adepte du choix. C’est dit !

C’est propre à la perception de chacune et au contexte de sa vie. Il est nécessaire d’y consacrer un temps de réflexion. Tant un enfant qu’un avortement ne se vit pas sans conséquence.
Parfois, la réaction est expéditive : c’est une surprise mais quelle joie ! Mais l’inverse aussi, « Oh ! Non ! La venue d’un (nouvel) enfant serait une catastrophe ! ».
Les deux sont audibles. Les deux sont vrais. Les femmes doivent décider, et pour se faire, elle peut consulter des professionnel.le.s capables de les écouter SANS LES INFLUENCER ou leur faire une leçon de morale.

 

Le vécu d’une grossesse qu’on poursuit…

Une fois que la grossesse a pris sa place consciente dans l’esprit de la future mère, le rapport à cet embryon/fœtus va dépendre des symptômes associés. Certaines ne vont pas ressentir grand-chose : ce qui les inquiètera… Et d’autres vont se voir affliger de nausées, de tachycardie, de maux divers et variés. L’ampleur de ceux-ci impacte le quotidien, et déjà là, la question du temps se pose. D’ailleurs, l’inquiétude sur la pérennité de la grossesse pourra ressurgir aussi quand les symptômes classiques du 1er trimestre s’en iront.

« Oserais-je prendre du temps pour MOI maintenant ? ».
Dans le rythme effréné de la vie active, il est parfois difficile de s’octroyer du repos alors que ce n’est que le début de la grossesse. Or, le premier trimestre est bouleversant pour le corps féminin !
Sans gêne aucune, je vous suggère de vous écouter paisiblement en n’oubliant jamais qu’un travail ne vous garantit pas du bien-être. Par contre, c’est le cas lorsque l’on prend soin de soi et que l’on s’autorise à être attentive à nos sensations.
Beaucoup de femmes vont déjà investir la grossesse et chercheront des solutions pour apaiser leurs maux, ou investiront du temps pour comprendre en détails ce qui se passe en elles.
Il faut avoir en tête cela : dès le départ, les femmes octroient du temps à cet enfant qui n’est pas encore là, parce que c’est en elles que tout se joue.

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Dans le couple, il va fréquemment se produire une distinction claire de la réalité vécue. Une personne est enceinte, pas l’autre.
Souvent, c’est la femme enceinte qui va investir massivement du temps dans l’élaboration mentale de la suite de la grossesse, de l’accouchement et de la vie avec un enfant.
En témoignent les nombreux groupes facebook sur la grossesse et les sujets afférents à l’enfance, majoritairement animés par des femmes enceintes ou devenues mères.
Il y a quelques groupes de futurs pères/coparent.es, comme Papallaitant.
Mais un schéma classique est que le père ou la coparente soit incité.e à agir par la femme enceinte pour s’informer à tel ou l’autre sujet, puisque c’est elle qui les débusque !

Bien sûr, dans certains cas, l’autre parent peut également s’impliquer activement et faire de la grossesse un sujet central de sa vie. Je le souhaite d’ailleurs à toutes les femmes enceintes, en couple.
Mais ce n’est pas encore la majorité, parce que le préjugé social veut que ce soit la femme qui perde des neurones (vous n’avez jamais entendu parler du SNU ? Le syndrome du neurone unique) car elle ne pense qu’à son bébé (je parle au singulier, mais pour les grossesses multiples, ça multiplie les questionnements !).
Comme la femme enceinte vit concrètement l’évolution de la grossesse dans son corps, il y a une certaine tolérance à ce que son attention soit dirigée vers ce petit-être.
D’ailleurs, à partir du moment où la grossesse est annoncée, la question posée à une femme enceinte est : « Et alors, comment ça va le bébé ? ».
Question aussi frustrante qu’incompréhensible.

La plupart du temps, la femme enceinte vit avec ce même questionnement qui n’est rassuré que lors des moments de consultation.
Moi-même, j’ai toujours répondu : « A priori, oui ! J’ai eu une écho il y a X jours et ça allait ! ».
Mais l’absence de certitudes peut amener des angoisses massives. Là, aussi, le vécu de chacune est indispensable à prendre en compte.
Il ne convient pas de balayer les craintes d’un revers de la main : au contraire, il s’agit d’une occasion de les travailler, avec un accompagnement, de manière à faire émerger ce qui se cache derrière.
C’est un des manques des préparations à la naissance, selon moi… Que j’espère pouvoir combler grâce à mes écrits et mes futures consultations.
Les craintes qui surviennent pendant la grossesse sont la plupart du temps normales, mais on en parle peu… Parce que cela soulève des sujets difficiles comme la mort, les malformations, la prématurité, etc.
Les ami.e.s et conjoint.e.s préfèrent rassurer la future mère… Mais les appréhensions ne sont pas entendues en tant que telles et peuvent croitre.
Alors il est possible de trouver des groupe, sur facebook par exemple, où ces sujets sont abordés. Ceux-là, et d’autres… Parfois pires, ce qui amènent des peurs encore plus diversifiées !

A titre d’exemple, j’étais moi-même sur un groupe traitant de la PMA. J’y ai appris certaines choses… Mais cela a généré des doutes que je n’aurais jamais eu autrement. Par exemple, j’ai eu peur de la douleur inhérente à un examen spécifique (l’hystérosalpingographie, finalement, presque indolore, grâce au MEOPA  sûrement mais aussi grâce aux soignants tellement attentifs et drôles… Cet examen à lui seul mériterait un article en mode story telling, tellement j’en ai ri !).
Ensuite, j’ai entendu parler d’œuf clair. Je ne savais pas du tout ce que c’était … Et ça m’a fait anticiper ma première échographie par crainte que ma grossesse ne soit pas évolutive.

Après cela, j’ai compris.
Je ne voulais plus être exposée involontairement à des informations anxiogènes. Mais il me manquait un certain soutien, une écoute, un échange, des informations objectives…
Parce que la préparation à la naissance avec une sage-femme ne commence que vers le 5eme mois, en général.
C’est parfois long, 5 mois, seule dont 3 mois à avoir peur d’une fausse-couche et 4 mois avant de savoir si le bébé est bien viable sans malformation. Du moins, c’est comme ça que MOI, je l’ai vécu.
C’est un vécu parmi tant d’autres.
Mais il n’est pas à négliger ou à taire.
Dès le début, il est possible d’être entendue. Seule ou en couple,  d’ailleurs.
Je suggère d’ailleurs aux femmes de consulter parfois avec leur conjoint.e pour que soit entendu ce qui se joue pour elles.
C’est un premier temps à prendre, ensemble. Il n’est pas question d’une thérapie de couple, mais d’aider le couple à entrer dans la parentalité et donc, le fait que tout est et sera perçu différemment… puisque ce sont 2 êtres distincts.

 

Un coup de tonnerre ?

Il y a des grossesses moins agréables que d’autres… plus stressantes.
C’est le cas des grossesses avec Menace d’Accouchement Précoce (MAP), où les femmes vivent des contractions très tôt, ou que le col se modifie.
Certaines femmes ont droit à un cerclage du col, pour le maintenir  fermé mécaniquement.

Ces grossesses impliquent que les femmes se reposent voire soient totalement alitées.
Ce sont des périodes effroyables pour les femmes enceintes sujettes à ces problèmes.
Il y a les peurs vis-à-vis du bébé mais aussi le vide que cela crée dans la vie : la plupart du temps, les femmes alitées seront souvent seules. Elles consacrent leur temps à préserver leurs bébés.
Ce sont des moments qui vont être consacrés à la recherche d’informations et, à l’heure actuelle, à un grand temps passé sur les réseaux sociaux. Je parle des effets passés derrière les écrans dans cet article.

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Il est profitable pour les futures mères « à risque » de chercher le moyen de s’entourer et prendre soin d’elle.
Si le canapé et le lit deviennent les « meilleurs amis », il est possible de faire venir le monde à soi !
Fais venir tes ami.e.s avec des denrées alimentaires, pareil pour les coiffeu.r.ses, et autres services à la personne dont tu aurais envie.
Ensuite, il peut être profitable d’être accompagnée par une personne qui viendrait consulter à domicile. Diverses pratiques peuvent être profitables : la méditation en Pleine Conscience, mais aussi la sophrologie, par exemple.
Les périodes d’alitement sont des tensions permanentes tant physiques que psychiques. Il n’est pas bénéfique d’enfouir ses craintes et de mettre un masque de façade. Oui ! C’est difficile à vivre car toute la vie est bousculée, du jour au lendemain, sans préambule.

Dans ces situations-là aussi, il est nécessaire de prendre en compte les différences de perception au sein du couple.
Les futures mères et leurs bébés passent leur temps en tête à tête, et toute l’attention est fixée là-dessus. Il est fort probable que les futures mères soient tendues par cette situation et comme je l’ai évoqué précédemment, elles dédient beaucoup de temps à chercher des informations sur leur situation, mais aussi sur l’après-naissance.
Il est ainsi indispensable que les conjoint.e.s prennent conscience de cela et mettent de l’énergie à rejoindre les femmes dans leur vécu.
D’une part, il est nécessaire que les accompagnant.e acceptent d’entendre l’état émotionnel mais aussi de le prendre réellement en compte au quotidien. Par exemple, il serait opportun de se hâter à retrouver sa compagne après le travail… Voire même de demander à pouvoir effectuer du télé-travail pour rester avec elle régulièrement.
Ensuite, il est indispensable qu’ils/elles cherchent à acquérir les connaissances que les femmes ont glanées au fur et à mesure de la journée. C’est aussi un temps quotidien qui peut être utile pour se reconnecter ensemble à l’état de grossesse.
C’est plus simple pour une femme de parler des connaissances qu’elle a récolté si on lui demande ce qu’elle a découvert… plutôt qu’elle ne soit dans une relation unilatérale de pourvoyeuse d’informations « non sollicitées ».

Dans cette situation particulièrement (même si cela peut valoir pour tous les couples hors MAP ou alitement), je peux suggérer que des séances d’haptonomie soient pratiquées.
Ces séances permettent de se communiquer avec les enfants au-delà du stress de l’alitement mais aussi pour aider les conjoint.e.s à s’investir pleinement.
Ces propositions par rapport à la communication  se valent aussi à la période (en France) où les femmes sont arrêtées en fin de grossesse.

Enfin, durant ces périodes d’arrêt de travail, j’inciterai vraiment les femmes à s’investir dans une activité « créative ».
Cela peut sembler fou, mais il n’est pas nécessaire de combler le temps par de l’utile. Au contraire, ce temps peut être mis à profit pour se (re)découvrir des passions manuelles.
En tout cas, il ne peut être que profitable de faire quelque chose qui te rendra fière de toi : écriture, vidéo, puzzle, tricot, couture, calligraphie, coloriage de mandala, gravure sur bois, …
Nombreuses sont les options afin de prendre le temps et de déconnecter l’empressement du quotidien.

 

« Tu bouges beaucoup trop… Quand est-ce que tu sors ? »

La date de ton terme s’approche.
Electrochoc à J-31 : dans moins d’un mois, il y aura quelqu’un de plus. Et l’accouchement. (Je te glisse un article sur la façon d’avoir l’accouchement que l’on souhaite).
Cela fait quelques mois que les mouvements sont perceptibles et qu’ils deviennent de plus en plus visibles.
Pour certaines femmes, ces sensations engendrent de l’inconfort. Pour d’autres, c’est étonnant ou plaisant.
Dans tous les cas, avec les smartphones à proximité, je te peux que proposer d’en faire des vidéos.
A tout le moins, je te propose de prendre le temps de ressentir tout cela, d’essayer de distinguer les mains, les pieds, les mouvements et la position du fœtus.
Tout au long de la grossesse, en palpant doucement l’utérus, il est possible de détecter l’évolution de la grossesse et de la position du fœtus. Je me suis étonnée de sentir très vite une boule en bas à droite, et que celle-ci migre ensuite vers la gauche, avant de s’étendre totalement.

Il est souvent conseillé de parler au fœtus. Je pense sincèrement que cela dépend de la sensibilité de chacun. Certaines personnes trouveront ça étrange de parler à un ventre mouvant (ou pas) et d’autres le feront naturellement.
Dans tous les cas, il peut être utile de s’arrêter sur les moments joyeux ou difficiles et de verbaliser ce qu’il se passe. Il est connu maintenant que les fœtus perçoivent les états émotionnels de la mère. Autant miser, dès le départ, sur la transparence : c’est un bon exercice pour la suite, lorsque le bébé sera dans tes bras.

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Dès que les mouvements deviennent perceptibles, je te suggère de prendre le temps matin et soir (au moins) de te connecter à ce petit-être.
Il s’agit simplement de prendre le temps de lui dire Bonjour et Bonne nuit, en attendant sa réponse.
Parfois, la crainte de ne pas le sentir survient. Dans ces cas-là, il est possible d’avaler un aliment sucré et de se coucher sur le côté gauche (cela favorise les échanges sanguins).
Sans alarmisme, il est nécessaire d’être attentive aux mouvements fœtaux et consulter en cas (d’impression) d’immobilité depuis quelques heures. Les précautions dépendent du stade de la grossesse.

Enfin, il arrive que les maux de grossesse s’accroissent en fin de grossesse. La pression utérine engendre quelques joyeusetés originales (j’en parle dans cet article : « Si j’avais su… sur le corps et la tête d’une femme enceinte ») et parfois, il tarde aux parents que l’enfant  sorte de sa cachette.
9 mois, entre 37 et 42 semaines de grossesse, dans la plupart des cas, c’est court. Et c’est à la fois très long.
Là encore, les dernières semaines de la grossesse sont des moments idéaux pour se prêter aux exercices de respiration et de Pleine Conscience.
Ces moments sont inédits. Ils sont uniques et indicibles.
Ces deux corps qui ne sont encore qu’un ne seront plus jamais aussi proches. Autant ancrer ses sensations durablement…

Et qui sait, pourquoi pas les écrire ?
D’ailleurs, tout au long de la grossesse, l’écriture peut être un média vers ses émotions mais aussi pour partager ses sensations avec le/la partenaire et l’enfant, quand il sera plus grand.
Personnellement, j’ai fait un carnet de bord de ma grossesse… Et je continue à rédiger les péripéties quotidiennes.
Le temps nécessaire pour inscrire les faits, les choix, le décours des évènements permet de se recentrer et d’expliquer clairement ce qui est parfois difficile à dire. En outre, l’écriture permet de garder une trace qui ne sera pas modifiée dans le temps comme le sont les souvenirs.

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En bref, à toi future maman ou future femme enceinte, ne t’oublie pas. Prends le temps d’être, de ressentir, d’inscrire et de vivre intensément.
Rares sont les actions qui pressent réellement.
Penses-toi comme un temple qui construit la beauté de la vie :
Prends soin de toi en te nourrissant sainement.
Prends le temps de te reposer.
Prends le temps de ressentir.
Prends le temps de partager… et, si cela te concerne, incite ton/ta conjoint.e à te rejoindre dans ces temps de connexion.

A très bientôt pour de nouvelles curiosités !

Si tu t’intéresse à cette notion de « prendre le temps », je t’invite à découvrir le « slow parenting » via le nouvel ouvrage de Chloé Blin-Maginot  : Vivez une parentalité Slow.

parentalité slow

 

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Réponse au reportage d’Envoyé Spécial « Burn Out Parental »

Aujourd’hui, j’ai regardé le reportage d’Envoyé Spécial sur le Burn Out Parental.
De prime abord, j’étais ravie que l’on parle de ce sujet et de la parentalité à une heure de grande écoute dans un magazine d’enquête !
Je suis une consommatrice avide des enquêtes d’Elise Lucet. Je les trouve souvent bien menées et aussi franches que caustiques pour ceux mis en cause.

Malheureusement, dès l’introduction, j’ai été étonnée du ton donné de ce reportage : « (…) Dans certaines familles, gérer les enfants est devenu un cauchemar. » Le tout, sur des images d’enfants qui hurlent et de parents qui soulèvent leurs enfants.
Je m’étonne, car je pensais qu’on parlerait du Burn Out Parental, et non… des problèmes que rencontrent les parents dans l’éducation (je préfère d’ailleurs « accompagnement », comme terme) des enfants.
Heureusement, le sous-titre reste « Quand les parents craquent ! ». Tout de même, on écarte les enfants de la responsabilité de l’état de leurs parents.
Mais cela ne dure pas ! Après cela, la question posée est : « Comment se débarrasser de la culpabilité d’être un mauvais parent ? ».
La formulation est pour le moins maladroite : la question n’est pas que de se débarrasser de la culpabilité de nos attitudes, mais de changer lesdites attitudes lorsque c’est nécessaire.
La culpabilité a une fonction : elle œuvre pour que l’on modifie ce qui nous pose problème. Bien évidemment, la culpabilité excessive est néfaste. Mais ressentir de la culpabilité lorsqu’on a eu une attitude qui atteint nos critères moraux n’est pas vain : cela permet de réfléchir sur des alternatives. Les personnes en Burn Out Parental ont souvent une culpabilité excessive qui les conduit à des conduites dont elles ne s’imaginaient pas capables. Alors oui, traitons la culpabilité mais aussi les causes!

Toutes ces maladresses de langage et les perspectives prises dans le reportage sont les raisons pour lesquelles je souhaite opposer une réponse à ce reportage.
Il démontre un triste amalgame : ne pas différencier clairement le ressenti des parents et l’attitude des enfants.
Tout au long de ce reportage, les spectateurs sont amenés à penser que les enfants exposés sont vraiment insupportables avec leurs parents et que c’est pour ça que le.s parent.s sont dans un état d’épuisement.
Or, l’état de Burn Out du parent n’est pas en lien direct avec l’attitude des enfants, mais plutôt avec son propre état d’esprit par rapport aux enfants !
Les enfants ne sont pas insupportables, ce sont les parents qui ne les supportent plus.
La nuance est indispensable.

Je rappelle la définition du Burn Out Parental, prise à l’UCL (Belgique) qui a mené la seule grande étude sur le sujet :
« C’est un syndrome qui touche les parents exposés à un stress parental chronique. Le burnout se manifeste par le sentiment d’épuisement (être épuisé, vidé, que ce soit au niveau émotionnel, cognitif et/ou physique), la distanciation affective avec les enfants (le parent n’a plus l’énergie de s’investir dans sa relation avec ses enfants), la perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle de parent (il a l’impression d’être un mauvais père ou une mauvaise mère). Le burnout peut avoir des conséquences graves sur le parent (problèmes de santé, addictions), sur le couple (irritabilité, conflits, divorce) et sur la relation parent-enfant (négligence, violence). »

Considérer que le Burn Out Parental est causé par les attitudes des enfants, c’est comme estimer qu’une personne dépressive l’est à cause de ce qu’elle a vécu. Or, rien n’est plus faux.
Il y a des conditions favorisant l’apparition de ces problèmes mais elles ne sont pas les causes. Les conditions préexistantes au déclenchement du BO parental auraient été indispensables à mettre en exergue de façon plus claire.

Tout du long, les familles font état de leur difficultés éducatives avec leurs enfants, et ne se penchent que relativement peu sur leur propre état émotionnel.
Il met aussi en évidence que le Burn Out Parental survient lorsque les parents veulent trop en faire : trop d’activités, d’investissement, de travail. C’est d’ailleurs ce que je constate dans presque tous les discours de parents épuisés : « Je me suis retrouvé.e sur la corde parce que j’en fais trop. Je suis trop perfectionniste dans ce que je veux pour les enfants et c’est pour ça que je suis épuisé.e. ».
S’il y a une part de vrai là-dedans, je pense que l’on méprise une part importante du problème source : le précipice entre les besoins des enfants et le cadre social occidental dans lequel on évolue.

Or, Envoyé Spécial est connu pour remettre sur l’établi les dérives de la société occidentale en termes de gestion financière, de consommation, de rapport à l’écologie… Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas concernant le rapport à la parentalité ?
La parentalité est un sujet qui touche une très large part de la population. Cela concerne tout le monde et pourtant ce n’est pas un sujet : justement parce que tout le monde y fait face.
Pourquoi n’avez-vous soulevé l’absurdité des rôles parentaux dans la société occidentale actuelle ?
Il est logique que les relations puissent être (dis)tendues dans des circonstances où des parents travaillent 5 jours/semaine et où tous les moments sont teintés d’empressement ou de fatigue.
Eh oui, le matin, il faut se dépêcher de se préparer. Quand on se retrouve en fin d’après-midi ou en soirée, tous sont fatigués et les weekends sont occupés entre tâches nécessaires et activités avec les enfants.
Il n’y a que peu de temps pour être présent.e à une relation authentique, ce que cherchent pourtant les enfants !

Au lieu de déplorer ce renfermement de la cellule familiale qui laisse à penser que les parents en détresse sont les seuls à vivre cela, le focus est mis sur les difficultés éducatives. Et cet axe a comme conséquence directe de lancer le spectateur dans des jugements du genre : « Un peu de respect et d’autorité et ça irait ! » ou « Vous avez pensé à élever la voix ou à punir ? »… Et je n’invente, il y a des perles dans les commentaires du reportage sur YouTube.
Le reportage n’engendre pas une identification des spectateurs aux difficultés communes à tous les parents et surtout au 10% touchés par le BO Parental sévère… Mais amène des jugements sur les méthodes éducatives.
Cependant, aucun point n’est fait sur celles-ci.
Il est diffusé sans commentaire que les parents laissent leurs enfants s’endormir après avoir pleuré 2h, font passer les parents pour des « victimes » de la tyrannie de leurs enfants et commente « Aux Pâtes au Beurre, on lui a conseillé de mettre plus de limites à ces enfants ! ». [Petit Aparté pour remercier l’Association Les Pâtes au Beurre d’exister et de proposer le type d’accompagnement.]

J’ai eu envie de m’évanouir (oui, le sujet me touche particulièrement, puisque c’est mon domaine de prédilection le parentage (maternage) et « l’éducation bienveillante ») : Comment laisser penser aux spectateurs, qu’en effet, un cadre et des limites feraient le job pour que les enfants se tiennent mieux et soient assez dociles pour que les parents soient moins sur les nerfs ?
Cela n’a aucun sens !

Le Burn Out parental ne se soigne pas en ayant des enfants plus calmes, ils se traitent en prenant soin de soi !
Comme évoqué dans le reportage, les groupes de parole sont incontestablement utiles. De plus, il est également indispensables que les parents atteints de difficultés avec leurs enfants puissent se retourner vers leur propre histoire, la gestion de leurs émotions, leur propre vécu d’enfant…
Parce que cela a été démontré à de nombreuse reprise et Isabelle Fliozat a écrit un livre aussi édifiant qu’utile à ce sujet « Il n’y a pas de parent parfait » : les réactions que les parents ont à chaud envers leurs enfants sont des répétitions automatiques de vécu infantile.
Dans les situations émotionnellement envahissantes, il n’y a que peu de place pour la réflexion et les réactions sont automatiques.

Dans le cas où ces réactions automatiques sont des cris, des punitions, des coups et autres joyeusetés de ce type, les enfants vont, eux aussi, réagir !
Et au fur et à mesure, les attitudes de ces derniers vont être de plus en plus virulentes, en regard de ce à quoi ils sont exposés.

Mais pour agir et comprendre le fonctionnement de cela, il est nécessaire de prendre le temps de se pencher sur le développement des enfants et sur leurs besoins.
Dans ce reportage, nulle mention n’est faite sur la manière d’entrer en empathie avec les enfants pour écouter ce qu’ils ont à dire.
La perspective est qu’ils doivent obéir sans mot dire, et que cela n’est pas le cas, faute de cadre de la part des parents (voici un article qui aborde justement cette notion des limites éducatives).
J’invite sincèrement ceux qui estiment cela juste de s’informer sur l’éducation bienveillante/positive/créative (ou encore, ce que j’appelle « l’accompagnement bienveillant »).

Oui, cela demande de changer d’angle.
Il faut sortir des croyances que l’enfant est un tyran, qu’il doit être dominé et obéir, qu’il doit se tenir « bien » et pouvoir être sage.
Cette vision de l’éducation est héritée d’une époque obsolète où les connaissances sur le développement de l’enfant étaient moindres.
La société avait besoin de bras, de main d’œuvre et de soldats. Les femmes étaient au foyer, le patriarcat était tel que les femmes devaient obéir à leurs époux, tout comme les enfants. En l’absence d’informations contraires, on usait de méthodes coercitives qui corrigeaient les enfants (comme si les enfants étaient à mettre sur le droit chemin).

Mais voilà, maintenant, on le sait et d’ailleurs une loi a enfin été adoptée en France, les Violences Educatives Ordinaires, en plus d’être inefficace d’un point de vue éducatif sont délétères à long terme pour la construction des individus. Voici d’ailleurs un article « Les punitions : pourquoi sont-elles toxiques même si elles ont l’air efficace ? ».

A notre époque, nous évoluons dans une société où les connaissances ont mis en exergue que les enfants se développement grâce aux liens avec leurs parents. C’est la raison pour laquelle ils sont constamment en recherche de ce lien, qu’ils paniquent lorsqu’ils sentent une distance se créer qu’elle soit physique ou émotionnelle.
C’est aussi la raison pour laquelle des enfants séparés de leurs parents tout la journée vont faire un ramdam pas possible jusqu’à pas d’heure… Pour être avec ceux qui leur ont tant manqué !
C’est pour ça qu’ils mettent en place des attitudes qui peuvent sembler incompréhensibles, alors qu’elles n’ont qu’un seul but caché : s’assurer que le lien est là, peu importe sa forme !

Alors forcément, quand ils sentent que les parents se distancient, s’éloignent, les évitent… Ils se raccrochent à tout ce qu’ils peuvent pour avoir leur amour.
L’amour, c’est un carburant !
Ce n’est pas le cadeau à donner quand tout va bien, c’est ce qu’il est nécessaire d’offrir pour que cela se passe harmonieusement.

Or, aimer des enfants, c’est aussi vouloir les comprendre.
Les enfants agissent en réaction à leurs besoins. C’est ainsi.
Leur gestion émotionnelle ne commencera à être efficace que vers 5 ou 6 ans, dans le cas où ils auraient été accompagnés de façon bienveillante là-dedans.
On s’attend que des enfants gèrent leurs émotions, on leur demande de se taire, de ne pas pleurer alors qu’il y a tant d’adultes eux-mêmes ne sont pas en mesure de gérer leurs propres émotions autrement qu’en les masquant ou en explosant !
Il y a plein de manière d’accompagner des enfants en colère, qui vivent de la frustration, qui n’acceptent pas le refus et s’opposent.
La connaissance du développement infantile permet de conscientiser que certaines attitudes ne sont pas à « corriger », mais juste à accompagner car il s’agit de la maturation d’un enfant.
Les neurosciences affectives sont claires là-dessus : l’empathie, le parentage/maternage proximal et la bienveillance sont les éléments-clés pour accompagner un enfant de manière optimale. Chaque lien donne accès à des articles détaillant ces notions.

Alors pourquoi, Chère Rédac’ d’Envoyé Spécial, avez-vous traité ce thème comme un épisode de « Super Nanny », en laissant aux spectateurs que de la méprise et du jugement envers ses parents, laissant juste apercevoir que le BO parental arrive fréquemment et qu’on peut se faire aider ensuite?
Pourquoi ne pas avoir clos le sujet en abordant les attitudes parentales qui peuvent prévenir l’apparition ou la rechute de cette problématique ?
La teinte du reportage aurait été tout autre si vous aviez pu donner aux spectateurs une ébauche de manière alternative de fonctionner avec les enfants. Des « méthodes » qui permettent d’épanouir tant les enfants… que les parents !

Oui, la parentalité bienveillante est une autre perspective de la parentalité occidentale telle que nous la connaissons… Parce que cette dernière ne colle plus, ne correspond plus aux individus que nous sommes et à la société dans laquelle nous évoluons. Nous souhaitons nous épanouir et que nos enfants soient heureux. Nous souhaitons être libres et que nos enfants puissent être des citoyens qui le soient également.
Dans la recherche de cet épanouissement respectif, il y a des voies trop peu connues et pourtant validées scientifiquement.
La parentalité bienveillante amène les parents à comprendre les enfants mais aussi à se comprendre eux-mêmes, afin de pouvoir être les parents qu’ils voulaient être.
La perspective bienveillante de l’enfance permet aussi de sortir de l’adultisme (« l’adultisme expliquée aux adultes » et de pouvoir entrer dans un autre mode de relation, dénué d’enjeux de pouvoir. Il ne faut pas oublier que pour qu’il y a une lutte de pouvoir, il faut qu’il y ait deux joueurs. Or, il est possible de sortir de ce schéma en agissant autrement.

Je vous en conjure, Rédac’ d’Envoyé Spécial, offrez-vous la possibilité d’aborder à nouveau la parentalité sous un autre angle !
Dans ce reportage, vous avez laissé penser que des pratiques incluant des Violences Educatives Ordinaires (VEO) n’appellent à aucun commentaire et que cela pouvait s’améliorer en renforçant le « cadre » (sans que vous ne le définissiez).
Il y a deux papesses de la bienveillance en France : Catherine Guenguen et Isabelle Filiozat, dont les ouvrages ont permis et permettent encore d’ouvrir la voie vers une harmonie familiale dans de nombreux foyers.
Si je peux vous souffler une idée, faites un reportage sur l’après-passage de loi contre les VEO et sur les pratiques alternatives de la parentalité comme la parentage/maternage proximal (je serai volontiers votre interlocutrice) et l’accompagnement bienveillant des enfants.
Avec votre visibilité et votre audience, vous offririez à une large partie de la population d’avoir des connaissances et des ressources concrètes pour sortir des impasses engendrées par des croyances obsolètes sur la parentalité et l’enfance.

A bon entendeur…

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P.S.: A celles et ceux qui s’intéresse au sujet du Burn Out Parental, voici un ouvrage à acquérir:

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Éducation bienveillante·Maternage proximal

le sommeil en dessous de 3 ans expliqué au.x (futurs) parent.s

Si tu n’as pas encore d’enfant, cet article va t’aider dans les mois (nombreux !) à venir.
Comme je l’évoque dans l’article concernant le quatrième trimestre de grossesse, autant le savoir, pour ne pas devenir dingue et prendre les évènements comme ils viennent, sans s’affoler !

Si tu as un enfant, tu sais.
Tu sais que « dormir comme un bébé », c’est une expression insensée !
Alors oui, c’est vrai qu’ils s’endorment parfois dans n’importe quelle circonstance, avec des bruits, de la lumière, et tout le tintouin. Mais la nuit, hein… Ce moment où les adultes dorment, les bébés, eux… Ne sont pas forcément dans cette disposition-là !

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Il est indispensable d’avoir quelques connaissances sur le rythme physiologique des bébés.
Parce que s’il est connu qu’un enfant à la naissance ne fait pas ses nuits, il est d’usage d’entendre que vers 3 ou 6 mois, ils sont capables de faire « leur » nuit.
Nombre de bébé ne dorment pas tout le long de NOS nuits à cet âge-là !
Le sommeil s’acquiert durant les 3 premières années de sa vie, au gré des maturations cérébrales.
Je suis d’ores et déjà navrée de décevoir celles et ceux qui pensaient que j’allais leur donner des trucs pour « les faire dormir ».
Je vais plutôt expliquer POURQUOI ils ne dorment pas et comment mieux vivre cela. Il faut être honnête, avoir des nuits interrompues est difficile. Quand elles sont hachées menues, c’est encore pire !

En préambule, quelques connaissances sont indispensables pour comprendre le fonctionnement des enfants.
La typologie du sommeil des enfants évoluent durant les 3 premières années.
Voici une infographie qui expose l’évolution du cycle du sommeil :

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Il y a d’autres informations indispensables à prendre en compte, que je cite directement de ce cours :

« – Sa durée se raccourcit de 20 heures à la naissance,  à 12 heures environ à 2 ans. Rythmé par l’éveil   alimentaire   ou   d’inconfort   dans   les   premières   semaines   de   la   vie,   il   s’organise progressivement de 3 à 6 mois en une longue période nocturne de 12 heures et une plus courte (la « sieste ») de 3 à 4 heures. Celle-ci ira progressivement en se réduisant et disparaîtra en moyenne à 3 ans.      

 –  L’endormissement  est  brutal  pendant  les  premiers  mois,et  se  fait  en  sommeil  « rapide » (équivalent  du  sommeil paradoxal  de  l’adulte).  Puis  progressivement  le  sommeil  « lent »  s’impose comme initiateur du sommeil mais son pourcentage (50  % – 50 % à la naissance) n’augmente que lentement (65 % – 30 % à un an ; 80 % – 20 % à 3 ans). L’endormissement devient plus laborieux entre 3 et 9 mois, et franchement long (20 à 60 minutes) entre 1 et 3 ans, dépendant grandement du niveau de vigilance diurne de l’enfant qui lutte souvent contre le sommeil. Au-delà de cet âge, cette période d’endormissement se stabilise autour de 15 à 30 minutes.       

– Le sommeil lui-même est de niveau variable (stades de sommeil) et les périodes de sommeil lent  léger  (stade  I-II)  deviennent  abondantes  (1/2 du  sommeil  lent)  à  partir  de  6  à  8  mois.  Ces phases proches du réveil sont fragiles et surtout chez les enfants hyperactifs ou inquiets.      

 – Le réveil spontané est seul physiologique chez le nourrisson. Réveiller un nourrisson perturbe grandement  l’organisation  ultérieure  du  sommeil  quand  l’habitude  en  est  installée  et  devient  vite source d’irritabilité et d’agitation elle-même perturbatrice du sommeil.       

–  La  maturation  du  sommeil  comporte  d’importantes  variations  interpersonnelles  qu’il  est hasardeux  de  négliger.  Il  faut  éviter  l’éclosion  de  réflexes  conditionnés  d’éveil  rythmés  par l’habitude  trop  prolongée  de  nourrir  l’enfant  au  milieu  de  la  nuit. Mais  il  est  aussi  anormal  de vouloir  « régler »  l’enfant  trop  tôt  et  trop  autoritairement  en  le  privant  de  prise  alimentaire  ou hydrique  quand  il  se  réveille  inopinément ;  le  rythme  propre  de  l’enfant  doit  être  respecté, éventuellement lentement et affectueusement modifié dans le respect du confort de chacun. Il n’est donc pas étonnant que certains enfants ne parviennent pas à enchaîner les cycles sans se réveiller, que ce soit la nuit ou en journée. »

 

Dans les premiers mois de la vie, les bébés dorment énormément.
Je me souviens que ça m’avait décontenancé quand, vers ses 3 semaines de vie, ma fille a enchaîné 3 jours à ne veiller que le temps des tétées, à peine plus. Certes, elle prenait le sein toutes les heures ou presque, mais cela m’avait inquiété. J’avais cru être responsable de cela car j’étais partie de balader pour la première fois pendant 1h, par 3 degrés !
Bien qu’elle soit en portage et bien couverte, je croyais avoir fatigué son organisme… Mais non ! Il s’avère que ce sont des périodes totalement normales dans le développement des nourrissons.

Ensuite, nouvelle inquiétude : ma fille de 3 mois ne dort plus que 3 fois 40 minutes par jour.
Elle était très bien, mais ne dormait pas plus que ça en journée. J’ai eu peur que ce soit problématique… mais constatant son sommeil réparateur la nuit et son humeur gaie, j’ai décidé de ne pas m’en faire !
Je suis une maman chanceuse : jusqu’à ses 9 mois, ma fille ne se réveillant que toutes les 3 voire 4h la nuit.
A partir de 4 mois, elle n’a plus eu de période d’éveil prolongé après 20h et je l’endormais en tétant avant d’avoir mes soirées « libre »  jusqu’à la tétée suivante.

Et puis elle a eu 10 mois. Elle était passée à 2 siestes par jour, l’une vers 12h, l’autre… vers 17h30/18h !
Cela impliquait qu’elle n’était plus fatiguée avant 22h30/23h !
Ce furent des journées intenses, de 8h30 à 23h, avec 2 périodes de 45 voire 1h de repos pour elle.
Mais en faisant le calcul, elle était toujours à environ 12h de sommeil/jour.
C’est d’ailleurs encore le cas maintenant, elle dort 11 à 12h/24.

C’est en constatant les changements de rythmes récurrents (que j’ai juste résumé ci-dessus) et en écoutant les propos d’autres parents que j’ai compris quelque chose de fondamental : LE rythme des enfants n’existent pas !
Et pourtant, c’est une idée tenace dans l’inconscient collectif : les tout-petits font deux siestes par jour, la première vers 10h et la seconde après le repas de midi.
Ensuite, ils n’en font plus qu’une, d’environ 2h après le repas de midi.
C’est d’ailleurs comme ça que s’organise certaines gardes d’enfants…
Mais … ? Et si cela ne correspond pas aux enfants ?
Et si, d’ailleurs, le fait de dormir dans un lit, ne leur convient pas ?

Je vais peut-être effrayée les futures primipares qui s’aventurent dans cette lecture mais … Ma fille de presque 15 mois fait sa sieste (oui, une seule maintenant, d’une heure) en portage.

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Elle a toujours dormi en portage. Elle s’endormait parfois posé entre 6 et 10 mois (parce qu’elle préférait téter allongée pendant cette période, j’en parlerai dans un prochain article) , mais plus jamais depuis.
Est-ce problématique ? Est-ce que cela traduit d’un trouble du sommeil ?
La réponse est non !
D’ailleurs, je trouve cela bien commode dans la plupart des situations car je peux vadrouiller avec ma fille en portage qui s’assoupit, à son aise, lorsqu’elle en a besoin !
On a tendance à l’oublier mais le portage n’est pas qu’un moyen de se déplacer, c’est un moyen de vivre avec les enfants (et pas que le nourrissons !).
Le portage nous donne de la liberté de mouvement et régule leur rythme biologique. La seule différence, maintenant qu’elle a grandi, c’est que les bruits environnants autres que « blancs » la réveillent.
Je respecte cela : je me promène ou reste chez moi, mais je ne fais plus de courses ou de cuisine une fois qu’elle est endormie, de manière à ce qu’elle dorme vraiment le temps qui lui est nécessaire.
Mais elle s’endort/dort très bien dans une pièce avec quelques personnes qui parlent ou encore dans un avion.
Je ne suis pas sûre que ce soit le cas pour les enfants à qui les parents ont imposé des siestes au lit, sauf en cas d’épuisement.

Avant d’avoir des enfants, j’aurais aussi voulu savoir que ce ne sont pas forcément les premiers mois, les plus durs, à cause de l’absence de cycle circadien chez les enfants (là aussi, grandement accompagné dans son acquisition par le portage, par la distinction flagrante jour/nuit : la journée, ils dorment bercés par les mouvements et en lumière, alors que la nuit, c’est dans le calme et l’obscurité à côté des parents : oui, oui, cododo, ton meilleur ami !).
Il s’avère que les maladies diverses et variées ainsi que les poussées dentaires parviennent à mettre un fatras phénoménal dans les nuits !
Parce que si des enfants en pleine santé peuvent enchaîner quelques heures de sommeil (la plupart 3 ou 4h), c’est impossible pour eux dès qu’ils ont une otite, une poussée dentaire, un rhume ou n’importe quoi d’autre.
La station allongée engendre un afflux de sang dans la tête, donc toutes les sensations désagréables sont décuplées !
D’ailleurs, c’est un signe connu de tous les parents : réveils multiples = poussées dentaires et/ou maladie qui se déclenche.
#teamotiteàchaquedent
Juste en rappel, voici le calendrier dentaire approximatif :
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En gros, il peut y avoir des périodes calmes… Mais les 2 premières années, ce n’est pas gagné !

Alors, une bonne fois pour toute… A la question : « Fait-il/elle ses nuits ? », réponds : « Oui ! ».
Dans tous les cas, la plupart des conseils des gens qui posent cette question ne seront pas bienveillants alors autant s’épargner de monter dans les tours.

nuit bébé
Et évite de regarder l’heure à chaque réveil, certaines nuits, c’est déprimant et inutile !
Mais alors, doit-on considérer les nuits coupées comme étant normales ?
Oui, dans une certaines mesures, telles qu’expliquées ci-dessus.
Mais… Peut-être pas complétement, si vraiment, le sommeil est agité de manière chronique, ponctué de pleurs, de cris, de cycle de sommeil incomplet, et d’autres troubles associés.

Dans un article de 2010, les autrices attestent du fait que « les professionnel.le.s de la petite enfance constatent une recrudescence des troubles du sommeil chez des enfants de plus en plus jeunes ».
Et en effet, les problèmes de sommeil engendrent des difficultés pendant les temps de veille. Le manque de sommeil a plusieurs impacts métaboliques dont des difficultés d’apprentissage et une moindre disponibilité pour les acquisitions.
Bref, c’est un sujet de santé publique !

Il apparait que différents éléments interviennent dans l’articulation du rythme sommeil/veille : La physiologie du sommeil, les relations parent-bébé, les évènements au moment de la naissance et les « atteintes » posturales (comme le syndrome de KISS, torticoli, etc.), entre autres.
Il est également indispensable que l’entourage du bébé soit attentif au rythme des enfants afin de pouvoir proposer les moments de sommeil de façon sereine. Mais ce n’est pas du tout compliqué au quotidien : le portage fait l’affaire, comme je l’expliquais précédemment.
Avoir un enfant en portage lui permet de se réguler naturellement selon son propre rythme biologique. Il est d’ailleurs démontré que les enfants portés intensément ont moins de troubles du sommeil que les autres.

Mais, que sont les « troubles du sommeil » ?
A partir de quand y a-t-il vraiment TROUBLE ?

En cherchant sur internet les sites tout venant, on tombe sur des choses telles que : « La principale caractéristique du trouble circadien chez l’enfant est la non-concordance entre son sommeil et le rythme exigé par les parents, la crèche et/ou l’école » par le Dr. Franco. On se dit que c’est bien parti…
Et puis : « Les mauvaises habitudes lors de l’endormissement (biberon systématique, télévision, voiture, lit des parents, bercement…) et la présence parentale lors de l’endormissement, en sont les premières causes chez le jeune enfant ».
Bon…
C’est la raison pour laquelle je rédige un article sur le sujet. Si les conditions environnementales expliquent une grande part (70 à 80%) des troubles du sommeil, le bercement et la présence parentale ne représentent pas des attitudes néfastes pour les enfants en bas âge !
La présence parentale est justement un moyen privilégié d’apaiser les enfants.
Il est évident que si on s’attend à ce que les enfants s’endorment seuls, la prévalence des difficultés d’endormissent (caractérisées par une durée de plus de 30 min) explose ! Voici d’ailleurs d’autres sources qui défendent ce point de vue.

Grâce au site https://fondationsommeil.com, un aperçu exhaustif des différents troubles du sommeil existent, voici d’ailleurs leur classifications internationale : https://fondationsommeil.com/troubles-du-sommeil/troubles-du-sommeil-frequents/quel-trouble-du-sommeil/

Ici, je vais m’arrêter sur les troubles principaux touchant les enfants.
Il y a donc :

Cette dernière catégorie est assez limpide.
Il convient de mettre en exergue les symptômes des insomnies infantiles, afin d’être au clair avec les problèmes de sommeil et de distinguer, éventuellement, les problèmes d’endormissement avec les troubles de maintien du sommeil.

Je cite  : « Ce  sont  les  parents  qui  sont  très  demandeurs  d’aide (l’enfant,  lui,  supporte  habituellement parfaitement  ses  troubles) :  à  l’angoisse  due  à  l’  impuissance  à  les  réduire  et  au  sentiment  de pathologie, s’ajoutent la fatigue résultant des réveils imposés par l’enfant et finalement l’intolérance de la situation. Le médecin lui-même est rapidement dépassé : il a à répondre à la demande expresse de  régulariser  les  choses ;il  doit  exclure  l’organicité  présentée  comme  évidente  avec  son  cortège nécessaire  d’examens  complémentaires ;  et  il  supporte  directement  l’échec  de  ses  tentatives.  La manipulation de somnifères est « inévitable », et pourtant rapidement inefficace.  

 Pourtant, dans la grande majorité des cas, les troubles du sommeil sont tout à fait bénins, et, mêmes durables, finissent par rentrer dans l’ordre avec le développement, pour peu qu’ils ne soient pas entretenus par l’attitude inadéquate de l’entourage familial. »
Bien que ce soit difficile pour les parents, certains enfants ont un métabolisme qui nécessite moins d’heures de sommeil ou qui ne sont pas rythmées de manière attendue.
Un conseil utile est de respecter le rythme biologique des enfants, dès leur plus jeune âge : c’est-à-dire, ne pas les réveiller et les laisser s’endormir quand ils en ressentent le besoin, et aussi ne pas recourir à des produits sédatifs (ni pour eux ni pour leurs enfants).
Les habitudes de vie et la nécessité de partir tôt engendrent une perturbation du sommeil puisqu’il est interrompu artificiellement.
De même, il est contreproductif de maintenir un enfant éveillé alors qu’il montre des signes de fatigue … Même s’il est plus de 17h.
Je ne disconviens pas que cela soit difficile d’avoir un.e enfant qui fait une sieste à 18h et débute sa nuit qu’à 23h, mais ce sont des périodes qui passent avec le développement des enfants !

Il n’est pas possible de contraindre un enfant à dormir, que ce soit pour la sieste ou pour la nuit.
Prétendre vouloir coucher les enfants à 20h n’a pas de sens si cela ne correspond pas à leur rythme biologique. Maintenir une heure de sieste/coucher fixe, c’est s’engager dans une lutte où personne ne ressort gagnant. De plus, il est alors possible de créer des appréhensions récurrentes rendant encore plus compliqués encore ces moments.

En outre, énormément de facteurs sont susceptibles de modifier les besoins de sommeil et le calme de la nuit (Par exemple : L’exposition à de l’agitation ; les maladies ; les poussées dentaires ; un bouleversement familial, etc.).
Même pour un enfant qui dort globalement bien, il est fréquent qu’il s’éveille.

Le constat est amer pour les parents qui sont les premiers à souffrir des nuits hachées : la plupart du temps, les enfants vivent bien ces nuits agitées.
Cependant, il faut être alerte et ne pas hésiter à consulter dans le cas où les enfants ont des signes de fatigue en journée (au-delà des moments de sieste), si l’on constate des irrégularités du rythme respiratoire, ou encore des parasomnies très envahissantes.

Le plus compliqué pour les parents est d’être épuisé par la situation et sur les nerfs.
L’approche de la nuit peut alors se faire avec appréhension… Et cette dernière est perceptible par les enfants.
Un accompagnement parental est souvent nécessaire de manière à briser ce cercle infernal du maintien des troubles lorsqu’il y a une composante d’attitude parentale.

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Si les cours et les articles scientifiques sont détaillés concernant la caractérisation des troubles (sans être toujours sur les mêmes critères, cela dit !), lorsqu’il s’agit de la prise en charge des réveils nocturnes des enfants, elle est sont fortement teintée de la culture occidentale.
Bien qu’il soit mentionné que l’insomnie a une prévalence de près de 30% chez les enfants (en faisant une moyenne grossière), et que ces troubles s’estompent d’eux-mêmes dans la plupart des cas … Il est mis en évidence que les « mauvaises habitudes de présence parentales » maintiennent les perturbations.
Je suis étonnée de l’inconsistance des propos, en sachant qu’il est connu que le fait de laisser-pleurer les enfants n’a aucun bienfait. C’est démontré par les neurosciences affectives.

Malheureusement, les recherches sont ethnocentrées et influencées par les principes éducatifs hérités du passé. Si cet article est intéressant  à bien des égards, et qu’il se veut être une revue de littérature (= une synthèse de la recherche en la matière), il est considéré que ce sont des troubles d’endormissement ou du sommeil d’avant besoin des parents au moment de l’endormissement ou pendant la nuit… Il est dès lors logique, qu’avec de tel critère, jusqu’à 50% des enfants présentent des « troubles du sommeil ». Alors que la LLL, entre autres, a mis en évidence la normalité et les bénéfices de ces pratiques.

Cependant, il est nécessaire de rester attentif à certains signes.
Au-delà de 6 mois (l’OMS préconise de partager la chambre jusqu’au moins 6 mois !), si le problème que tu détectes est une multiplication des réveils en étant en cododo, en l’absence de maladie concomitante, il est nécessaire de vérifier que ce ne sont pas le.s parent.s qui sont responsable.s de la perturbation du sommeil.
Quelqu’un qui ronfle ou bouge énormément peut engendrer des réveils supplémentaires.
Il est alors possible de tester d’endormir ton enfant dans sa chambre/son lit et de voir s’il se réveille moins.
Je rappelle par le fait qu’endormir un enfant au sein n’est absolument pas problématique.
Cette position est la plus pratique, selon moi :

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Il est ainsi possible de se glisser hors du lit pour bénéficier d’un bout de soirée voire de la nuit, s’il n’y a pas de rappel.
Certains enfants dormiront mieux éloignés des perturbations parentales et d’autres continueront à se réveiller voire à ne pas se rendormir s’ils ne partagent pas le lit.
C’est donc au cas par cas.

 

Les mythes autour du sommeil

Je pense qu’il est indispensable de détricoter ce qui se dit sur le sommeil des enfants. Comme c’est un point sensible de la vie, pas mal de personnes s’estiment légitimes pour te donner des conseils à la pelle.
– « C’est normal qu’il/elle ne dorme pas, elle/il est allaité.e ! Donne un biberon le soir et elle/il dormira ! »
Plein de mamans donnant le biberon pourront te dire que leurs enfants ne font pas leurs nuits.
Mais lorsqu’on allaite, il semble évident que c’est LA cause et qu’un sevrage de nuit peut même être profitable.
Il y a deux choses à scinder dans ce préjugé.
D’abord, le sommeil : j’ai expliqué plus haut que les rythmes du sommeil des bébés impliquent des réveils et que la variation du nombre de réveil est influencée par les différences interindividuelles…

Ensuite, l’alimentation : les enfants allaités se réveilleraient parce qu’ils ne sont pas assez nourris pour tenir toute la nuit.
Le fait est que le lait maternel est moins dense que les Préparations Commerciales pour Nourrisson. Il se digère plus vite et cela a des sources métaboliques : les bébés humains ont besoin de soins constants puisqu’ils sont totalement dépendants de leur environnement. Le corps fonctionne de manière à assurer une attention intense de la part de l’entourage, de jour comme de nuit.

Il est néfaste pour le métabolisme infantile de les gaver avec des farines/céréales et autres préparations ayant pour objectif que les parents dorment mieux. Car c’est bien cela qui est recherché, et non pas de répondre aux besoins du bébé. Ces adjonctions rendent lentes et difficile la digestion, ce qui amènent les enfants à rester endormis comme cela leur demandent énormément d’énergie. De plus, ces produits sont de piètre qualité…

 

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Modilac Nuit Calme … Merci pour le gavage aux sucres!

 

 

Voici les ingrédients de celles-ci : Farine de céréales partiellement dextrinisées 72,5% (riz 55,1%, maïs 17,4%), dextrose, saccharose, maltodextrines, fructo-oligosaccharides, phosphate de calcium, extrait de tilleul 0,4%, extrait de mélisse 0,2%, extrait de camomille 0,2%, vitamine C, arôme vanille (vanilline), sulfate de fer, nicotinamide, vitamine A, vitamine E, pantothénate de calcium, vitamine B6, riboflavine, thiamine, acide folique, vitamine K, biotine, vitamine D, vitamine B12.

Sucrées à hauteur de 35g/100 !
C’est un produit ultratransformé nuisible au métabolisme, ni plus ni moins !
De plus, « dès 4 mois », alors que l’OMS recommande la diversification qu’après 6 mois… Bref, il s’agit la lie de l’alimentation industrielle!

Afin de te rassurer sur le sommeil de ton bébé allaité, le site de la Leche League (encore lui !) a une page dédiée au sommeil du bébé allaité.
C’est riche en ressources !

Je rappelle aussi que l’allaitement n’est pas qu’une alimentation… et qu’il y a des effets métaboliques à longs termes tant sur les enfants que sur les mères, voici l’article que j’ai écrit sur le sujet et une retranscription du reportage d’Arte « Le lait maternel – un élixir de santé! » !

Enfin, une nouvelle hypothèse  émerge quant à la raison des réveils nocturnes chez les enfants : un moyen d’espacement des naissances.
Les tétées nocturnes favoriserait l’aménorrhée lactationnelle (absence de règle grâce à un allaitement fréquent), et donc réduirait les chances que la mère démarre une nouvelle grossesse. Cela garantit l’investissement maternel auprès de l’enfant, augmentant ses chances de survie.
La nature est bien faite, et si vous avez de la chance, tu auras un retour de couche tardif !

 

  • « Il faut la/le laisser pleurer ! Elle/il apprendra à dormir seul.e ! »

Je suis toujours effarée qu’en 2019 ce genre de conseils puissent être prodigués alors que les neurosciences ont démontré clairement les méfaits des pleurs sur la maturation cérébrales et leur construction de la confiance en leur entourage.
Le livre de Margot Sunderland est édifiant à ce propos.

Si les bébés qu’on laisse pleurer finissent par faire leur nuit et à ne plus réclamer, c’est souvent après plusieurs périodes de pleurs où les bébés s’égosillent en espérant la venue de leurs parents. C’est d’épuisement et de désespoir que les bébés s’endorment en ancrant qu’ils ne peuvent compter sur leur entourage. C’est un phénomène appelé « résignation acquise ».
C’est à mille lieux de la bienveillance, tout simplement.

 

  • « Le cododo, c’est vraiment une mauvaise habitude !»

J’ai écrit un article dédié au cododo, il est préférable de le consulter.
Cependant, en résumé : NON ! Le cododo est une réalité pour l’espèce humaine qui remplit les besoins des bébés. En outre, l’OMS recommande le partage de la chambre, a minima 6 mois.

Sincèrement, tous les parents qui le pratiquent pourront témoigner du fait qu’ils seraient bien plus épuisés de devoir se lever au lieu de simplement « attraper » le bébé pour le mettre au sein ou le bercer.

 

 

In fine,

Il est nécessaire d’observer son enfant et d’être à l’écoute de ses besoins.
Il est utile de se rappeler que ces périodes passent la plupart du temps d’elles-mêmes.
Bien sûr, il est indispensable d’explorer diverses causes qui pourraient être responsables de douleurs engendrant les réveils nocturnes.
Il peut être profitable d’aller voir un.e ostéopathe, un.e chiro voire un.e kinésiologue. Comme expliquée ci-dessus, les apnées du sommeil existent également chez les enfants, et il convient d’écarter cette hypothèse-là.

Les séparations précoces (césarienne, séjour en néonat, …) engendrent des craintes durables chez la plupart des enfants qui les vivent, ce qui créent souvent des nuits plus compliquées.
Verbaliser la situation auprès des enfants et se faire accompagner en tant que parent dans son ressenti ne peut être que profitable !

Certains enfants ont réellement un métabolisme de « petits dormeurs ». Cela concerne environ 10% de la population. C’est dur pour les parents car les journées (et les nuits) sont intenses.

Il  est indispensable de prendre soin de son corps, surtout en étant en manque de sommeil.
D’abord, les apports alimentaires doivent être de qualité. Le manque de sommeil augmente le sentiment de faim et les prises alimentaires anarchiques débouchent sur une prise/perte de poids.
L’organisation de repas sains et agréables me semble un axe primordial afin d’avoir une possibilité de se chouchouter de l’intérieur malgré la fatigue. Là encore, le portage trouve tout son intérêt pour avoir les moyens de cuisiner.
La nourriture industrielle fait travailler le métabolisme de manière forcée, renforçant la fatigue. Je te mets un article concernant l’alimentation ici !

Ensuite, il va être nécessaire de bouger un minimum. L’absence totale d’activité physique n’est pas profitable à l’organisme.
Il est souhaitable de marcher au moins 30 minutes/jour de façon à s’aérer suffisamment. Cela réveille toujours de sortir ! Ok, j’admets, en cas de tempête de vent et de pluie, c’est à éviter. Ça met de mauvaise humeur et surtout quand on est fatigué (oui, c’est du vécu tout récent !).

Je peux aussi te conseiller d’effectuer avec assiduité les exercices de rééducation abdo/péri (j’en parle dans l’article  » si j’avais su… le corps d’après grossesse ! ») et un peu de renforcement musculaire.
Cependant, il est évident que cela dépendra totalement de ton état de fatigue. Il y a des jours avec et des jours sans !

Un autre conseil est commun mais véridique : dors quand tu le peux !
Si tu as l’occasion d’accompagner les siestes de ton enfant, fais-le ! Tant pis pour le ménage, tu as toute la vie pour ça. Le manque de sommeil peut amener des symptômes dépressifs, des fringales, de l’agacement et d’autres sensibilités métaboliques : cela ne peut pas attendre !
Alors sieste autant que tu peux !

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Enfin, il faut garder en tête que cela finira par passer et que tu auras à nouveau des nuits complètes… Jusqu’à ce que tu aies un enfant tout grandi qui te demandera de venir la/le chercher en sortie de soirée vers 3h du matin ! Et là, tu te rappelleras que le bercement dans le salon était quand même moins contraignant.
Mais avant ça, la réalité est dure : la privation de sommeil a énormément d’effet.
Ose t’en plaindre, trouver des « copines de galère » et si nécessaire… consulte un psy pour toi, afin d’avoir un espace où tu peux déverser ton agacement de la situation sans jugement !

 

A très bientôt, pour de nouvelles curiosités bienveillantes !

 

 

Je te conseille ce documentaire sur les troubles du sommeil:
https://www.youtube.com/watch?v=-kxoewrUaZ8)

Un article que j’ai lu et relu et que j’aime d’amour : https://happynaiss.com/2016/09/26/ces-choses-que-jaurais-aime-savoir-sur-le-sommeil-des-bebes/

 

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Quand les « mensonges » s’invitent dans la bouche des enfants

« Ma maman me donne des biberons froids ! Et Papa, il boit dans le canapé assis devant dans télé ! »

J’avais 3 ans et demi et c’était durant un entretien avec la Directrice de l’école qui allait m’accueillir, quelques mois plus tard.
Ma mère fut épouvantée que j’ai pu dire ça. Son honneur fut sauf puisque ma sœur aînée était déjà scolarisée là-bas et que la Directrice connaissait la famille. Elle savait que je fabulais.
Jamais ma mère ne m’a proposé de biberon froid (et pourtant j’en ai bu très tard !) et mon père ne touche à l’alcool qu’en de rares occasions, et surement pas devant la télé !

A partir de là, je fus celle qui ment, qui fabule, qui raconte des histoires.
Parfois, on m’a dit que j’étais très imaginative, mais ce que j’ai entendu fréquemment est : « Tu mens vraiment comme tu respires ! ».

Pourquoi ?
Parce que c’était le chat qui avait fait tomber le micro-onde, ou avait démonté le magnétoscope (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître !)…
Parce que ce n’était pas moi qui avait planté mon doigt dans le gâteau au chocolat ou mangé le dernier biscuit.
Parce que oui, j’étais en retard ! Mais j’avais pleins de bonnes raisons un peu « foireuses ».
Parce que j’avais cassé un objet précieux et que j’étais épouvantée de lire la tristesse et la déception dirigée vers moi.
Parce que j’avais envie de pouvoir être intéressante, avec les copines, mais que je n’avais rien vécu de passionnant…

Bref, oui ! J’ai raconté des tas d’histoires.
On ne peut pas dire que cela ait forcément été perçu positivement, forcément.
Or, à partir du moment où l’on m’a collé l’étiquette de menteuse, comme je l’explique dans cet article sur l’impact des mots et des étiquettes, je n’ai fait que confirmer cela.
Le mal étant déjà fait, quoi que je dise : c’était remis en question.
Alors bon … Je pouvais bien inventer d’autres trucs tant que ça me servait et que ça ne faisait pas de mal.

Le fait est que je ne suis et n’étais pas particulière. Je rencontre beaucoup de parents qui s’inquiètent des affabulations de leurs enfants de tous âges.
C’est la raison pour laquelle je vais détailler dans cet article les raisons qui poussent les enfants à raconter, aux yeux des autres, des mensonges !

perception
C’est le cortex préfrontal qui court …

Comme à tous les sujets dans l’accompagnement bienveillant des enfants, il vaut mieux savoir pourquoi les enfants agissent… Mais aussi quelles sont leurs possibilités réelles, au lieu de les supputer, et de leur prêter des intentions qu’ils ne sont pas en mesure d’avoir.

Ce n’est pas original, comme référence, mais elle est très bien organisée : le contenu d’Isabelle Filiozat sur le sujet.
Elle décrit âge par âge le rapport que les enfants ont à leurs discours.

Avant l’âge de 3 ans, les enfants n’ont pas conscience du mensonge, ils font état de fabulations. S’ils racontent autre chose que la réalité perceptible (je n’apprécie pas le terme « Vérité », car c’est une question de perception), c’est parce qu’ils modifient leur propos en fonction des attentes de leurs interlocuteurs.
Par exemple, quand on leur pose une question précise sur l’endroit où se trouve un objet, ils vont avoir tendance à répondre l’endroit où ils pensent que tu aimerais que cet objet soit.
Son intention est de te contenter, pas de te tromper !
A partir de 3 ans, les enfants développement leurs images mentales et sont en mesure de les verbaliser.
Ils peuvent imaginer des faits et les énoncer comme ils décrivent la réalité.
Le langage s’étoffe et les parents peuvent être surpris des associations effectuées par les enfants.
Encore une fois, il n’y a pas une volonté de tromper les interlocuteurs, ils expriment ce qu’ils pensent indistinctement avec ce qu’ils font/ont fait. Encore une fois, il s’agit de fabulations.
C’est à ce moment-là qu’on peut constater clairement que les enfants n’ont pas accès au second degré ni à la distinction avec l’imaginaire : ils croiront que les monstres et les sorcières existent si tu leurs racontes ce type de contes imaginaires effrayants.
D’ailleurs, pour éviter des peurs irrationnelles, je déconseille la lecture des contes de ce type avant 6 ans !

Vers 3 ans et demi, les enfants commencent à prendre conscience que les personnes croient ce qu’ils disent… et qu’ils peuvent influencer autrui par leurs propos. Ils se découvrent maîtres de penser de façon autonome, sans que l’entourage ne sache ce qu’ils ont dans la tête.
De la même manière qu’ils ont pris conscience des phénomènes physiques tels que la gravité en jetant par terre bon nombre d’objets ou d’aliments… Maintenant, ils vont utiliser les mots pour estimer si les effets de ceux-ci sont concluants !
Souvent, c’est à ce moment-là que les premières étiquettes de mensonge arrivent.

Je ne reformule pas puisque c’est clairement exprimé dans cet article :
« Et là s’introduit entre adultes et enfants une formidable confusion que le psychanalyste Sandor Ferenczi appelait « confusion de langues ». Faute de saisir l’enjeu de cette confusion, d’en parler clairement à l’enfant (« Je sais que tu as raconté ce mensonge parce que tu voulais me faire plaisir ou parce que tu avais peur de me faire de la peine »), de lui expliquer le pourquoi d’une éventuelle sanction, nous risquons de passer à côté de la souffrance qui se cache derrière le « men-songe », le « rêve qui ment » comme l’appelle joliment Jean-Pierre Winter. »

Il est indispensable de prendre conscience que l’expérimentation des capacités langagière, des pensées autonomes voire secrètes et de leurs impacts, sont nécessaires pour la construction de leur cerveau et d’eux-mêmes.

A partir de 4 ans, les enfants sont susceptibles de raconter des choses de manière à obtenir ou éviter quelque chose.
Un enfant qui présume qu’il aura des remontrances s’il a mangé du chocolat, dira qu’il n’en a pas dégusté… Même si le tour de sa bouche démontre le contraire !
Il tente d’éviter la réaction estimée négative.
C’est à partir de cette étape que sont saillantes nos attitudes dans la perspective des enfants qui agissent alors de manière à fuir ce qui le rend inconfortable.

On comprend alors que pour diminuer l’occurrence des carabistouilles, c’est notre attitude qui est à surveiller (eh oui, encore ! Les enfants sont des éponges miroitantes !) !
D’abord, il est nécessaire de changer de perspective à la lumière des informations exposées ci-dessus : les enfants ne mentent pas de manière à influencer l’attitude d’autrui avant l’âge de 4 ans, environ.
Et à partir de cet âge-là, un enfant qui raconte des histoires ne le fait pas de manière anodine. C’est un acte mu par une raison tangible prenant racine dans l’attitude parentale (ou d’autres individus).

En rappel, l’être humain est un être social. Cela implique que chacun a besoin de se sentir inclus parmi ses pairs. C’est d’autant plus le cas durant l’enfance, puisque les petits d’humain ont bien conscience qu’ils ont un besoin vital de la présence d’autrui !
La crainte de l’exclusion est alors majeure. Ils font tout pour éviter de se sentir/être exclus de leur groupe d’appartenance.
Les fabulations sont alors susceptibles d’être utilisées de manière à éviter cette exclusion ou le sentiment d’exclusion.
Or, lire la déception dans les yeux d’un.e référent.e peut être interprété comme un signe de désamour et de détachement.
C’est la raison pour laquelle les enfants tentent alors de rire/faire rire, change de sujet, essaye de fuir la discussion, et autres stratégies, de manière à recréer/se rassurer du lien !
Ce n’est pas du tout un signe de provocation mais au contraire, une tentative de réconciliation.

Comment faire pour diminuer l’occurrence des mensonges chez les enfants ?

Un enfant qui a peur d’être puni (verbalement, émotionnellement ou physiquement) aura tendance à éviter cette sentence ! Alors, seront cherchées des stratégies permettant de les déjouer. Le mensonge est une des stratégies disponibles.
Je rappelle à l’occasion que les punitions sont totalement inefficaces et n’aident en rien à l’éducation des enfants : pour en savoir plus, tu peux aller lire cet article sur le sujet.

Les mensonges peuvent également être des stratégies les aidant à répondre à leurs besoins. Pour favoriser l’authenticité des enfants, il est nécessaire de les accompagner dans l’expression de leurs émotions et de leurs besoins.

Il est ensuite intéressant de se pencher sur ce que les enfants tentent d’atteindre par leurs mensonges… Et de leur proposer des alternatives !
Il est parfois facile d’élaborer de petits mensonges de manière à être inclus au groupe ou à éviter d’être gêné.e… D’autant plus dans un contexte où les enfants se savent sujet à l’humiliation (avec ses pairs ou face à des adultes malveillants).
Il faut leur montrer qu’ils peuvent être entendus et n’ont pas à mentir pour accéder à leurs envies/besoins.

Comme je l’ai précisé auparavant, l’usage des mots est déterminant : caractériser un enfant de « menteur » ou ses propos de « mensonges » engendrera un malaise et un effet contraire à celui escompté.
Je précise dans cet article « pourquoi les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) ! », en citant Marshall Rosenberg, initiateur de la CNV.

Bien sûr, comme pour l’empathie et l’attention, l’exemplarité est indispensable pour être cohérent aux yeux des enfants.
Si tu as tendance à maquiller la réalité, ton enfant s’en rendra compte tôt ou tard. Il se dira qu’il peut agir de la même manière.

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Les réponses face à des propos qui ne rencontrent pas la réalité perceptible sont déterminantes.
En fustigeant les enfants, ils se renferment.
En ignorant leurs propos, ils peuvent croire que leurs actions n’ont pas d’impact.
Il est ainsi indispensable de saisir la perspective bienveillante pour intervenir avec justesse et équilibre.

Bien entendu, les réponses doivent s’adapter à l’âge des enfants.
S’il s’agit des histoires racontées par les petit.e.s en dessous de 3 ans et demi, il est efficace de reconnaître leurs propos sans les rabrouer de manière vive.
Les enfants ont besoin d’entendre que leurs mots résonnent chez leur entourage, que ce qu’ils disent compte pour nous.
Il est possible de reformuler et ainsi d’acter ce qu’ils prononcent.
Si ce qu’ils disent n’est pas exact, par exemple, ma mère aurait pu dire : « Ah, Tu as déjà vu Papa boire dans le canapé ? Et moi, je te donne des biberons froids ? », tout en ajoutant ensuite un questionnement par les conséquences émotionnelles que cela engendre chez eux : « Et cela te fait quoi, quand je donne un biberon froid ? ».
Le principe est de permettre aux enfants d’être entendus, car c’est ce qu’ils demandent.

Au-delà de 3 ans et demi, il est nécessaire de faire comprendre aux enfants qu’on perçoit que leurs discours n’est pas gage de vérité tangible.
« Ce que tu dis là, c’est pas ce que je peux constater. Ce que je vois, c’est « ça » ! ».
L’objectif est de faire part de ses observations de manière neutre, sans jugement.

Il est ensuite nécessaire de focaliser son attention sur la réparation plutôt que sur la recherche de coupable, et cela vaut pour toutes les situations.
Cela peut se décliner de moult façons de façon à rappeler les valeurs de la maisonnée ou encore des suggestions de phrases pour aider les enfants à se livrer pour ainsi passer à l’étape de la recherche des solutions :

« Je rappelle qu’il n’y a ni brimade ni punition sous ce toit : l’objectif est simplement de nettoyer/trouver des solutions/être authentique sans avoir peur des autres. »
« La maladresse arrive à tout le monde ! », afin de rassurer quant à ces actions. Ensuite, en exprimant clairement « Oops, j’ai fait tomber une tasse ! », les enfants voient que les actions ayant des conséquences « néfastes » peuvent survenir avec tout le monde !

« Maman, j’ai mis du feutre sur le fauteuil. Tu peux m’aider à l’enlever ? » : le fait de verbaliser des phrases peut les aider à parler.

« Je te fais confiance, et c’est nécessaire pour que tu aies plus de responsabilités. Ça implique que tu prennes soin de cette confiance. », pour les inciter à conscientiser leur responsabilité dans le quotidien.

L’humour est une ressource inestimable pour autant qu’il ne méprise pas l’intégrité morale des enfants. L’objectif est de transmettre le message : « je sais que tu sais ».
« Oh ! Dis donc, c’était de l’air à la place de l’eau dans le robinet pour que tes mains soient encore pleines de tâches ? »
Je rappelle à l’occasion que les enfants ne perçoivent pas le second degré avant 4 ou 5 ans, c’est donc superflu avant cet âge !
Mais pourquoi mentent-ils ?

Il est indispensable de détecter ce qui motive les mensonges.
Est-ce que ton enfant veut préserver ses liens sociaux avec ses amis ?
Est-ce qu’ils veulent éviter une brimade ?
Est-ce qu’ils estiment ne pas avoir assez de liberté ?
Est-ce qu’ils souhaitent préserver ton amour en évitant ta déception ?
Est-ce qu’ils souhaitent te protéger de leurs propres erreurs, de manière à ce que tu ne t’inquiètes pas ?

Il peut être utile de mettre en exergue que le mensonge engendre de la culpabilité, en décrivant celle-ci dans ces composantes émotionnelles et physiques : sensation de malaise, de tension, de lourdeur, de tristesse, …
Ensuite, il est indispensable de les impliquer dans la recherche de solutions de manière à ce qu’ils investissent totalement l’impact de leurs actions. Il est aussi intéressant pour eux qu’ils intériorisent que les solutions sont plus aisées à trouver/mettre en place à plusieurs !
Cela vaut pour toute la vie ! On appelle cela « l’intelligence collective ».

Quid de l’après-mensonge ?

Faut-il revenir sur le fait du mensonge ? Avoir une discussion sous forme de morale ?

Il peut être intéressant de relever la fierté qu’ils peuvent avoir de s’être libérés d’une tension amenée par la culpabilité du mensonge.
Il est indispensable d’éviter de monter en épingle LE mensonge et encore moins accabler les enfants de qualificatif de menteur.
Par contre, il est possible de reconnaître les attitudes habituelles des enfants dont leur authenticité : « C’est parfois difficile de savoir comment réagir, hein ! Mais l’idéal, c’est de choisir de dire la vérité pour se sentir bien. C’est drôlement plus confortable de pouvoir tout se dire ! »

Il est important de renforcer l’estime de soi des enfants de manière à ce qu’ils ne se sentent pas dans le besoin de recourir aux mensonges.

Le mensonge, un vrai problème ?

Qui n’a jamais recourt aux mensonges sociaux… ? Vous savez ces propos que nous tenons pour éviter de blesser quelqu’un :

« Ta coupe ? Ouiiiii, ça te va bien ! »
« Il a quel âge ? Déjà ? Ouiiiii, il est adorable… ! »

Toute « Vérité » n’est pas bonne à dire… Il y a des contrats sociaux qui demandent certaines attitudes de manière à préserver ses relations sociales.
Ta relation à ta vieille tante ne sera pas plus agréable si tu lui dis qu’elle pique avec ses poils de moustache drus, sent la naphtaline, et que son ragoût te donne la nausée.
Bref, il vaut mieux taire certaines remarques afin de ne pas heurter la sensibilité de certaines personnes.

Mais il faut être claire : c’est très difficile de faire la part des choses…
Il y a des commentaires que tu ne « peux » pas faire avec certaines personnes mais aisément à d’autres… Et cela en fonction de l’étroitesse des relations émotionnelles.

Dans la sphère sociale, il y a ainsi les mensonges proscrits et ceux qui sont prescrits. La gestion de cette distinction est délicate et demande de l’apprentissage …
Donc il est fort probable que tes enfants de 4 ou 5 voire 6 ans puissent dire à ta tantine que son plat ne ressemble à rien et qu’il n’y touchera pas !

Il est assez simple de constater que l’usage du mensonge révèle une contrainte. La question principale est de savoir de quel type de contrainte il s’agit. Il faut alors interroger si l’authenticité peut être mobilisée dans ce contexte.
C’est justement cette authenticité qu’il est utile à mettre au cœur des valeurs. Celle-ci n’est en mesure de se développer que dans un cadre serein qui garantit tant la confiance en soi que l’attachement indéfectible des parents.

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Je souhaite que cette lecture puisse avoir été inspirante. Fais-moi un retour si tu as des questionnements ou des difficultés spécifiques : je me ferai un plaisir de t’aider.

A très bientôt, pour toujours plus de curiosités bienveillantes autour de l’enfance !

Voici deux ouvrages à lire avec les enfants sur ce thème:
un si gros mensonge ,
– le mensonge de Nino

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