Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Blâmer la bienveillance, ovation de l’isolement : Le coup de gueule !

Cet article sonne comme un ras le bol, et un coup de gueule.
Je ne peux m’empêcher de taper un grand coup dans la fourmilière et oser contester des « consoeurs/confrères » psy.

J’en ai assez d’entendre des professionnel.le.s qui campent un ton péremptoire face aux patient.e.s en leur affirmant des éléments en l’absence TOTALE de sources étayées en la matière.
Combien n’ai-je pas en consultations de mères (oui, en majorité) qui ont déjà consulté un, deux, jusqu’à 4 psy parce qu’elles avaient reçu le MÊME discours systématiquement : « Ouhlala ! Vous allaitez un enfant de plus de 18 mois et vous dormez avec lui ! Mais ça ne va pas du touuuuuuut ! »

Ce n’est pas neuf que cela arrive. C’est LA raison pour laquelle j’ai créé le Réseau Parentage Proximal et que les parents puissent trouver des pro partageant leurs valeurs. Mais aussi, et simplement, des professionnel.le.s formés et à jour.
Parce qu’on va se le dire clairement : celleux qui blâment le cododo, le portage, l’allaitement et souvent, dans le même panier, « l’éducation bienveillante » ne sont ni formé.e.s ni informé.e.s de loin.
Au mieux, iels parviennent à rencontrer les patientes sans les juger et en s’abstenant de commentaires (eh oui, en fait ! Quand on est psychologue, nous n’avons pas à donner NOTRE avis sur certaines pratiques parentales qui ne sont PAS pointées comme difficiles à vivre pour les parents. Mais ça… C’est manifestement beaucoup oublié comme pan de la déontologie!).

Au pire, les commentaires absurdes, désinformant et dramatisant sont commis : les mères (les plus fréquentes à consulter) sont remises en question, sont questionnées sur la pertinence de leurs actions (alors que dans certains cas, cela ne pose pas problème et a été abordé juste comme élément de contexte).
Il est indispensable de faire la différence entre les points qui posent problème dans l’harmonie familiale et personnelle (et ça peut être le cas du cododo, de l’allaitement, de l’ajustement dans un accompagnement bienveillant des enfants, …) et ce qui n’est PAS questionné et bien vécu (les mêmes points, si tu suis bien₎.

La place des psychologues dans la relation

NOUS, les psy, ne sommes PERSONNES pour déterminer si une chose est bonne ou non pour un individu ou une famille.
Nous avons nos avis personnels mais ceux-ci n’ont rien à faire dans la prise en charge individuel de nos patients.
Notre objectif est d’accompagner les individus (dans les cas de suivi psy ou guidance parentale) afin de trouver un nouvel équilibre dans leur vie à l’instant T. LEUR vie. LEURS choix.
Ça ne me semble pas si compliqué à comprendre…

Le problème, c’est quand les psy balancent leurs grandes théories (basées sur leurs penseurs phare et sans mise en perspective de la société en 2020) afin de contrecarrer les attitudes parentales qui ne rentre pas dans les cases de leurs perceptions (oserais-je dire étriquées?).
Le gros problème aussi, c’est quand ces psy usent de leur biais de confirmation (=biais cognitif qui consiste à privilégier les informations confirmant ses idées préconçues ou ses hypothèses et/ou à accorder moins de poids aux hypothèses et informations jouant en défaveur de ses conceptions).
Iels ne vont alors que percevoir les méfaits des attitudes qu’iels dénoncent par ailleurs. Comme par hasard…
C’est ainsi qu’iels ne voient QUE des parents ayant besoin de guidance parentale parce qu’iels n’arriveraient pas suffisamment à asseoir des limites à leurs enfants.
Les enfants deviendraient alors débordant et tyranniques (je leurs emprunte le terme…), des enfants-roi (un peu mythe!), irrespectueux et dangereux pour la société et elleux-mêmes à long terme car incapable de s’intégrer.
Tout ça, perçu chez un enfant de 2 ou 3 ans.
Je dis chapeau : percevoir tout cela, si jeune, cela recèle presque du don de voyance (ou d’une prophétie dramatique sans fondement. Laisse-moi voir ce qui est le plus pertinent …!).

C’est tout de même étonnant qu’en tant que psy qui travaille en périnatalité et accompagnement parental, je ne reçois presque que des parents d’enfants en bas-âge (de la naissance à 4 ans, le plus souvent) dont les problématiques sont principalement l’accordage avec ses propres valeurs, le besoin d’être rassurés par rapport au développement de leurs enfants, le besoin de se faire confiance le besoin d’outils pour communiquer avec leurs enfants de manière efficace, l’envie de sortir des schémas de répétition des violences dites éducatives et TRES rarement, le fait d’être perdu avec ses enfants car leurs attitudes sont incompréhensibles/difficiles à appréhender.
Bien sûr, certains parents nécessitent d’être confronté.e.s dans le fait qu’ils ont elleux-mêmes des besoins et que la parentalité ne rime pas avec abnégation.
Chez ces parents, il y a souvent besoin de travail une confiance en soi qui a été détruite par des attitudes parentales destructrices (Ah!) parce qu’iels sont perdu.e.s dans la manière de faire pour ne pas reproduire la toxicité qu’iels ont vécu (ah ! X 2).
Se débarrasser de la violence intériorisée et qui engendre des réactions automatiques indésirables est bien plus complexe que d’aider des parents à instaurer des règles de vie communes qui aident à l’harmonie familiale. Les durées de prise en charge sont sans aucune mesure …


C’est ainsi qu’il est nécessaire de travailler aussi l’assertivité, de déraciner la peur de mal faire qui paralyse (ça arrive à tou.te.s) et de remettre tout ça en perspective avec les situations concrètes du quotidien avec CETTE famille-là et CET.TE enfant-là.
Parce qu’une technique ne peut pas fonctionner dans tous les cas.
Cela paraît totalement logique dit comme cela… Mais, dans les préceptes inhérents à la parentalité, il est fréquent que le bon sens partent en vacances, remplacé par les adages d’une puériculture et d’une éducation obsolète.

Nouvelles perspectives sur l’enfance

Si je dis qu’elle est désuète, c’est parce que la manière d’élever les enfants a pu évoluer en fonction des connaissances acquises sur le développement infantile.
Dans le développement infantile, il y a tout le pan psycho-affectif et donc le champ de la théorie de l’attachement.

Cette dernière est déterminante dans la compréhension de la manière dont les bébés ancrent leur rapport au monde est aux autres.
La théorie de l’attachement s’enracinent dans de l’observation de beaucoup d’ espèces animales, mais aussi au niveau spécifique du bébé humain, de son développement neurologique, cognitif et affectif.
Nous sommes des êtres qui évoluons très différemment en fonction du contexte dans lequel nous grandissons. Nos gênes nous constituent mais l’environnement et donc l’épigénétique va impacter de façon majeure l’expression de ces gênes.
Ce n’est en rien innovant de dire que le mode d’éducation reçu affecte la manière dont les enfants vont se construire et interagir avec les autres.
Or, comme le biais de confirmation, d’autres biais et attitudes impactent la façon dont les parents interagissent avec leurs enfants.
A croire que les enfants poussent de travers sans discipline, les parents se sentent irrémédiablement obligés d’être autoritaire.
Lorsque l’on est persuadé qu’il suffit de suivre le mouvement et de proposer un cadre contenant, il faut trouver une autre voie d’action.
C’est à ce carrefour complexe-là que nous sommes en 2020, puisque cela fait déjà une bonne décennie que l’éducation bienveillante prend de l’ampleur. Alice Miller, Faber, Mazlisch, Olivier Maurel, Catherine Dumonteuil-Kremer, Isabelle Filiozat, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, plus récemment Catherine Gueguen, et beaucoup d’autres autrices s’évertuent à partager un nouveau paradigme autour des enfants et de changer les attentes que nous avons à leur égards.
Alors, oui, cela déconstruit toutes les croyances que nous avons eu pendant des décennies.
Cela remet en question nos habitudes, nos réactions automatiques et nos habiletés parentales.
Nous devons créer ce paradigme nouveau sans exemple, et avec les failles que nous avons nous-mêmes subi en tant qu’enfant. C’est parfois ardu…
Et c’est pour cela que l’accompagnement parental est en plein essor depuis quelques années.
De ma perspective, je ne vois que l’avantage d’être psychologue lorsque je pratique de l’accompagnement parental. Mais force est de constater que cette mouvance d’accompagnement parental ne provient pas des psychologues.
Parce qu’à une certaines époques, les grands principes suffisaient aux maîtres et que donner des lignes directrices autoritaires étaient perçues comme le seul besoin : un mère qui doit se détacher, un père qui joue son rôle de tiers séparateur autoritaire, et voilà une affaire rondement menée pour éviter que le prétendu complexe d’Oedipe ne se résolve mal.
J’ai déjà écrit un article argumenté pour démontrer que ce complexe bien connu n’existe pas.

Avec ce genre de discours, les psychologues ont perdu la partie : les parents s’en sont détournés puisqu’au lieu de rejoindre les parents dans LEURS perceptions des évènements, ils campaient sur leurs opinions.
C’est ainsi que les parents se sont tournés vers d’autres accompagnant.e.s susceptibles de les comprendre et de les aider concrètement, sans jugement.
C’est ainsi que les gens ont toujours peur d’aller chez le psychologue car « c’est pour les fous ! » et qu’il n’est toujours pas considéré comme habituel, en Europe, d’aller voir un.e psy pour alléger sa vie quotidienne/familiale.

Les punitions déguisées…
Malgré tout cela, en 2020, nous avons des « éminentes » psychologues qui ont pignon sur rue et beaucoup d’adhésion philosophique sur des pratiques disciplinaires.
La base de la pratique est simple : l’isolement, aussi appelé Time’s Out (= un temps où l’enfant est seul, sans distraction, sans contact avec personne).
L’objectif de l’isolement serait de faire comprendre à l’enfance que son attitude est inadéquate et qu’il est inacceptable en l’état dans la société. S’il ne ne conforme pas à une attitude attendue : l’exclusion sociale fait pression pour que le comportement cesse et que l’enfant puisse agir de manière adaptée.

Il s’agit tout simplement de discipline comportementaliste basée sur les conditionnements à l’aide de « punitions négatives » (= faire cesser un comportement en enlever quelque chose) vs. « Punitions positives » (= en agissant pour faire cesser, une intervention physique par exemple). C’est un vocable issu de la psychologie comportementale. Les autres éléments permettant le conditionnement sont les renforcements eux aussi soit positifs (= donner quelque chose qui fait plaisir) ou négatifs (= arrêter quelque chose qui était désagréable).

Oui, ce sont les mêmes principes de conditionnement chez tous les êtres vivants. Là, c’est dans une optique de dressage canin. Il s’avère que nous sommes tou.te.s conditionné.e.s par ces mêmes systèmes-là.

L’isolement fonctionne sur base de la punition négative, en prétendant que les enfants apprendraient à se comporter de manière adéquate grâce au fait d’avoir été exclu.

En effet, cette méthode est encore suggérée notamment pour les enfants ayant des troubles du développement.
Comme TOUTES les méthodes, elle n’est pas mauvaise en tant que telle. Ce sont les conditions et la manière dont elle va être appliquée qui va influencer l’efficacité.
Par exemple, pour un enfant avec un Trouble du Spectre de l’Autisme ou un TDAH, il est parfois utile de pouvoir se retirer AVEC l’enfant pour mettre à distance une situation engendrant trop de stimulations et de désorganisation.
Certains enfants vont avoir tendance à vouloir rester seuls pour se calmer (de leur propre chef, une fois écartés avec douceur d’une circonstance trop excitante) alors que d’autres seraient en grande détresse et ont un besoin impératif de rester au contact de leur figure d’attachement (souvent, un des parents).
Je ne peux pas savoir ce quel bois est fait votre enfant. Je ne peux donc pas savoir de quoi il a besoin pour réussir à retrouver son calme lors d’une tempête émotionnelle.

Les problèmes des méthodes de sanction par l’isolement systématique

Un premier problème majeur de cette méthode d’isolement est qu’elle est recommandée sans distinction de situations, d’histoires de l’enfant ou des parents.
Il a été clairement démontré que cette méthode est délétère pour les enfants souffrant de trouble de l’attachement, ayant été adopté ou ressentant de l’anxiété. Ça tombe d’ailleurs sous le sens car cette pratique disciplinaire joue justement sur l’exclusion sociale… Autant dire que lorsqu’on a déjà été blessée à ce sujet, ça peut être dramatique comme scène à revivre.

Dois-je préciser l’absurdité d’une méthode qui s’adresse à tous les enfants, à partir de 1 an si ce tout-petit est déjà trop dérangeant pour ses parents ?
Comment une méthode peut-elle être adaptée à des stades de développement aussi différents, si ce n’est pas l’attente que les enfants développent une résignation acquise (= Expérience de situation douloureuse dont il est impossible de se sortir, qui se répète et provoque l’intériorisation de ce sentiment d’impuissance au point de se résigner, de ne plus tenter de s’en sortir ou de ne plus s’exprimer) ?
Je rappelle que certains psychologues suggèrent d’enfermer les enfants à clef jusqu’à ce qu’il se calme et si ce n’est pas le cas, d’augmenter le temps de la punition (appelée sanction pour faire joli, mais c’est un synonyme de punition!). Voilà comme la résignation acquise se développe, comme lorsqu’on laisse pleurer un bébé en attendant qu’il apprenne à dormir seul. Il n’en est rien, il se résigne juste. Au niveau émotionnel, les taux de cortisol (=hormone du stress) sont toujours aussi élevés que durant les pleurs.


L’autre problématique relative à l’isolement systématique (je n’invente pas le terme), c’est que cela ferme les parents à la compréhension empathique de leurs enfants.
Or, comme chaque humain, UN comportement pris isolément ne veut rien dire des raisons qui l’ont généré.
Ces isolements sont recommandés en cas de colère : pour que les enfants apprennent à se calmer seuls et à gérer leur frustration sans incommoder le reste de la famille.
Peut-on s’arrêter sur les raisons qui engendrent l’expression de la colère chez les enfants ?
Il n’y a pas un motif mais des dizaines possibles.
Parfois perçus comme exagérés (on va bien s’avouer que c’est pénible d’entendre des hurlements parce qu’iel n’arrive pas à reboucher son feutre) mais aussi souvent à percevoir qu’iels sont traversés par des émotions intenses légitimes que nous vivons tous.
Faut-il pour autant ne rien faire ?
Absolument pas, il y a pas mal de manière d’accompagner la colère (j’en parle notamment dans cet article) mais bien sûr, de placer des règles de vie communes qui font face à des attitudes inacceptables comme faire mal à autrui, se faire mal et tout détruire dans la maison.
Mais il est totalement possible de placer cela sans violence ni élever la voix : ici encore, il est nécessaire de travailler son assertivité et sa capacité à être un contenant psychique pour les enfants.

Certain.e.s vont appeler cela « l’appel à la limite » des enfants… Tout en prétendant savoir ce dont les enfants ont besoin à cet instant-là.

Encore une fois,je trouve cela osé de parler de ce dont les enfants ont prétendument besoin sans avoir d’éléments de contexte détaillés ni même expliquer la différence entre l’expression des besoins par diverses stratégies, le décryptage des besoins et la recherche de stratégie qui vont être acceptables pour tou.te.s.

C’est pourtant la base de la communication d’aller s’assurer de ce qui se témoigne plutôt que d’agir à l’aveugle.

Cela peut demander par mal de travail sur soi, parce que les capacités d’inhibition des adultes d’aujourd’hui n’est pas exceptionnel. En ayant été élevé dans un climat globalement violent émotionnellement, beaucoup d’adultes ne sont pas en mesure de garder leur calme face à un enfant en colère: les effets des neurones miroirs ne parviennent pas à être transformer en une énergie utile et cela peut générer des explosions.
Ironie de l’histoire: nous demandons aux enfants de se calmer seuls et de ne pas s’énerver alors que la plupart des adultes hurlent, crient, tapent lors de leurs propres frustrations, émanant souvent d’un sentiment d’impuissance lorsque nous sommes face à un.e enfant qui ne s’apaise pas …

Et les incohérences dans ce paradigme
Il est aberrant de croire que les enfants peuvent réguler leurs émotions seuls lorsqu’iels sont petits. Les enfants apprennent à réguler leurs émotions grâce à l’aide des parents/adultes qui les aident à mettre du sens et réguler leurs émotions. C’est indispensable. Il suffit de lire cet article https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003448718302166 qui démontre bien l’impact de la maltraitance sur la capacité de régulation émotionnelle. Pourtant, les enfants maltraités ne manquent pas de cadre…! Ils se mangent même les limites, physiquement et émotionnellement.
Pour nous-mêmes, adultes, le partage émotionnel joue un rôle décisif dans la perception des évènements engendrant des réactions émotionnelles.
Il est souvent oublié que le besoin d’interaction pour réguler les émotions n’est pas du tout opposé à l’auto-régulation des émotions, c’est une dialectique réciproque :https://www.cairn.info/revue-enfance-2015-2-page-165.htm

Chaque situation est singulière et il est impossible de donner UNE solution toute faite à tous les parents pour tous les enfants.
Les théories et les pratiques qui permettent de prendre en charge tout et son contraire devraient attirer la vigilance, ça doit être le cas envers cette pratique d’isolement systématique.

Il n’y a aucun consensus scientifique qui valide le recours à cette pratique. Certaines études pointent les méfaits, d’autres estiment qu’il y a une efficacité lorsque que c’est BIEN utilisé.
Encore une fois, comme cela pourrait-il être bien utilisé s’il est servi à toutes les sauces ?

Si tu veux savoir ce qui me met en rage, c’est que ce genre conseil engendre de la maltraitance. Ni plus ni moins.
Parce que les petits d’environ deux ans se mettent beaucoup en colère, parce qu’iels ont besoin d’affirmer qu’iels peuvent agir seuls/différemment des attentes/qu’ils n’ont pas envie de quelque chose.
C’est ainsi que des enfants sont enfermés lorsqu’ils refusent de mettre leurs chaussures, lorsqu’il refuse de manger un aliment, lorsqu’ils s’opposent à un acte qu’ils ne tolèrent pas.
Au lieu d’apprendre à respecter le rythme, l’appétit, l’attrait des enfants pour une chose ou une autre, le conseil d’isolement vient soutenir le passage en force des choses.
Cela n’offre aucune possibilité de compréhension, annihile l’empathie et détruit la possibilité d’une parentalité en dehors de l’opposition mutuelle.

A long terme, comme je l’explique dans cet article sur la punition, cela ne permet pas le développement d’une croyance en un amour inconditionnel de la part des parents ni d’une confiance mutuelle.

Black-list l’isolement ?

Alors, suis-je contre l’isolement dans l’absolu ?
Non, je suis contre l’isolement chronique !
L’isolement peut être utile s’il est accompagné et que les enfants demeurent respectés. Certains enfants sont très réactifs par rapport à l’ambiance (pensons au fin de journée où tout le monde est un peu énervé et qu’un rien allume l’incendie), s’éloigner avec l’enfant qui déborde permet de changer de cadre et de s’apaiser.
Certains enfants prendront ensuite cette réaction comme adéquate pour eux et agiront de la sorte de manière spontanée. Nous avons tou.te.s en tête un moment où l’ambiance était telle que nous avons fini par nous retirer. C’est un isolement VOLONTAIRE dans lequel, un fois les émotions apaisées, nous sommes volontiers accompagné.e.s avec empathie.
De même, lorsque les circonstances sont très intenses, je ne peux qu’inviter les parents à poser leur bébé, s’éloigner de leur enfant pour eux-même s’isoler et faire redescendre la pression. De l’aide est souvent nécessaire afin de ne pas entrer dans l’escalade de la tension susceptible de finir en violence. C’est ainsi qu’on évite les syndromes du bébé sécoué ou des actes de violence sur les petits.
Car, oui, c’est autour de 2 ans que les enfants subissent le plus de violence. Leur développement un peu « dysharmonique » engendre des capacités cognitives qui ne semblent pas en phase avec leurs réactions émotionnelles. Ainsi, les adultes ont vite fait de leurs prêter des intentions nuisibles alors qu’il s’agit d’un quiproquo lié à une perspective différente du monde.

Il est temps d’arrêter de croire que les enfants sont de potentiels futurs tyrans. Les attitudes des futurs adultes qu’ils seront ne peuvent être inférer durant les premières années de vie. En outre, ce ne sont pas les personnes qui ont été accompagné avec bienveillance qui finissent par devenir les psychopathes asociaux de notre société…
Est-ce que, pour autant, il est aisé de sortir des schémas d’une parentalité autoritaire, sans s’enfoncer dans l’opposé dans lequel on peut s’embourber ?
Absolument pas ! La plupart des parents tâtonnent dans leur parentalité, quel que soit le chemin emprunté. La volonté de mettre en place une parentalité proximale et bienveillante nécessite de rebattre les cartes de nos automatismes. Cela demande des ajustements qui peuvent être difficiles à certains moments, sortir des croyances limitantes et pouvoir trouver un équilibre qui correspond aux besoins de tou.te.s.
Mais il est clair que ces difficultés sont communes à tous les parents. Les parents qui en viennent à une pratique violente le font souvent dans une croyance que c’est LA seule solution qui reste.

J’invite évidemment les personnes qui en ont besoin à se faire accompagner par un.e professionnel.le capable de prendre en compte SA singularité.
J’attire une dernière fois l’attention sur les personnes qui vantent le fait que l’éducation bienveillante peut être dogmatique, tout en prétendant détenir LA vérité qui permettrait de libérer les parents de leur emprise.
Un dogme refuse de se remettre en question … A toi de voir où est le dogme dans cette histoire ? Mais surtout, s’il y a du dogme et des injonctions que tu penses subir. Ta perception et ton sentiment de bien-être sont les seuls juges pour ta santé mentale.

Pour finir, je tiens à mettre en évidence qu’en tant que psy, nous ne voyons qu’une tranche de la population : celle qui ne se sent pas bien et qui ose consulter (avec tous les autres déterminants dont financiers).

Cela veut dire que les personnes que nous voyons ne sont pas un échantillon représentatif de la population générale. Nous avons un biais où nous recevons des gens qui estiment avoir besoin d’aide.
Vis-à-vis des détracteurs de l’éducation bienveillante, j’ai du mal à comprendre, en dehors du biais de confirmation, comment il est possible que ceux-ci n’aillent pas à la rencontre de celleux pour qui cela se passe très bien ?
Bien sûr qu’il est utile d’observer là où se trouvent les failles d’un système, mais pour comprendre l’ensemble et obtenir des pistes de solution en adéquation avec les parents, il est nécessaire de s’intéresser à celleux qui vivent alignés avec leurs valeurs.
Comme je le disais précédemment, en tant que psy spécialisée en périnatalité, je ne vois que des mamans qui ne vont pas bien. Pour autant, je ne vais pas crier haut et fort que c’est le fait d’avoir un enfant LE problème et qu’il suffit de ne plus en avoir.
C’est pourtant la démarche radicale et sans nuance de ces détracteurs banalisant la violence.
Et ça, en 2020, ce n’est plus possible.

Bref, j’étais en colère. Maintenant, tu sais pourquoi.
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Allaitement·Maternage proximal

Les grèves de tétée

« Mon bébé ne veut plus téter ! Elle s’est réveillée un matin, et elle a refusé le sein . Ça fait 12h que cela dure. Elle rejette le sein. »

Voici à quoi ressemble une grève de tétée : un bébé qui râle, rejette soudainement le sein et s’agite.
D’aucun dirait que ce bébé a choisi de se sevrer, qu’il ait 5 mois ou 18 mois, un allaitement ne s’arrête que rarement du jour au lendemain d’une décision des enfants.

Surtout si le rythme de tétée était relativement élevé et que cela survient soudainement.

Une grève peut durer de 24h à quelques semaines. Sans information, elle peut se confondre avec un sevrage spontané.


Les grèves de tétée peuvent être multifactorielles : des douleurs (éléments qui rendent la position d’allaitement habituelle inconfortable pour le bébé, qui rendent la succion ou la déglutition désagréable), des changements brusques dans la vie quotidienne, un trouble de la succion qui peut faire suite à l’introduction de biberon (le bébé a compris que téter au bib était clairement plus facile qu’au sein), réactions vives à la suite d’une morsure inopinée, …

Il est souvent plus facile de solutionner la grève lorsqu’on a mis le doigt sur le problématique. Mais ce n’est pas toujours évident de s’en assurer.
La plupart des mères allaitantes ont vécu des grèves ou un rythme de tétées à diminuer brutalement sans raison apparente.

A la suite d’une grève, certaines mères vont s’accrocher à leur allaitement alors que d’autres s’orienteront vers un sevrage, avec sérénité ou résignation.

Lors d’une recherche de maintien de l’allaitement, il convient de ne pas forcer la reprise du sein.
Les propositions douces, surtout la nuit dans un semi-sommeil peuvent aider à faire redémarrer cela.

Il me semble indispensable de préciser que la plupart des bébés ont une période où iels seront très sensibles à ce qu’il se passe autour d’elleux.
Dès lors, allaiter deviendra impossible dans un environnement stimulant, même sans aucun inconfort physique !
Bonjour tétée dans la pénombre et allongées, sans aucun perturbateur.

Cependant, il est nécessaire de s’assurer que les enfants qui refusent le sein ne souffrent pas de maux physiques qui rendraient l’allaitement douloureux.
Même si c’est le Sein-Graal, ça ne vaut pas la confrontation à de la douleur pour les enfants… !Il convient d’aller chez un médecin / pédiatre de sorte à rechercher les pistes somatiques (otites, muguet, gingivostomatite,…) qui peuvent impacter la succion ou la déglutition.

Comme dans toutes les situations, que les enfants aient 1h ou 18 ans (non, plus au sein à cet âge-là!), il est indispensable de verbaliser.
Verbaliser ce que tu perçois de la situation.
Verbaliser tes ressentiments.
Verbaliser ce que tu interprètes de sa communication.
« Je vois que tu ne veux pas téter pour l’instant. Tu as l’air inconfortable. Etc »

Pour faire (re)démarrer l’allaitement, miser sur le corps à corps est le meilleur outils : portage physio, massage, peau à peau, bain à deux, …
A partir de 10 ou 12 mois, lui montrer des photos d’elle/lui en train de téter peut être efficace (oui, nous en avons toutes!).


(Si je peux te donner mon conseil personnel : la berceuse de Laurel Bang @laurelbang, accompagnée par les gestes de Marie Cao (@littlebunbao ) « j’ai têté » a accompagné nos tétées quelques temps. Et… TRÈS clairement, dans les cas de tétées compliquées, mettre la chanson agissait comme un rituel de reconnexion avec l’allaitement. Ma fille a demandé cette chanson pendant les tétées pendant plusieurs mois!)

Une des choses les plus difficiles dans la grève de tétée est le fort sentiment de rejet que peuvent ressentir les mères. A cela se couple la crainte que les enfants ne mangent pas assez et souffrent de carences/manques. Ce rejet peut réactiver des expériences antérieures ou des schémas de fonctionnement personnel qui vont rendre cela d’autant plus insupportable.

Bien entendu, si la grève dure : il est indispensable de tirer son lait pour maintenir sa lactation et éviter un engorgement ou une mastite) et de le donner par un autre biais (verre, baby cup, DAL, SoftCup, seringue, …). Attention à la déshydratation surtout si c’est un.e tout.e petit.e non diversifié.é.

Puisqu’il n’y a plus les tétées pour booster les décharges d’ocytocine, il est nécessaire de se pencher sur des stratégies alternatives.
Par exemple, miser sur les partages agréables avec l’enfant. Même s’il n’y a plus l’allaitement (temporairement ou non), les moment peuvent être tout aussi joyeux.

Ainsi, il est nécessaire de garder son calme et une certaine sérénité. Lorsque les inquiétudes au sujet de la grève sont trop massives, il est utile de se recentrer. Pourquoi pas tenter une séance de cohérence cardiaque pour s’apaiser ?


Encore une fois, il sera utile d’observer la place que prend la culpabilité.

Si les émotions ne sont pas en cause du départ de la grève, cela peut la maintenir. La culpabilité impacte la manière d’interagir avec les bébés. Il est possible de tomber dans une prophétie auto-réalisatrice dans laquelle les bébés continuent à refuser le sein car ils perçoivent trop de pression.

Il va de soi que s’énerve lors des refus ou insister pour qu’iels prennent le sein ne sera pas efficace.

Pour les mères, il est important de pouvoir trouver une oreille attentive et empathique pour écouter leurs ressentis.
Une grève n’est pas un simple refus d’une tétée (qui peut déjà inquiéter). Minimiser les risques de l’arrêt de l’allaitement ou encore suggérer 1000 conseils avant d’avoir entendu en détails ce que génère la peur de l’arrêt de l’allaitement est vraiment inopportun.

Porter une intention et un intérêt majeur à son allaitement ne fait pas des femmes des personnes déséquilibrées. Au contraire, elles s’accrochent à leur équilibre trouvé par ce biais.

Chaque femme est différente dans son rapport à l’allaitement.
Certaines considéreront qu’il est acceptable pour elle que l’allaitement cesse de cette manière, venant du bébé.

D’autres seront effondrées à l’idée que leurs bébés refusent le sein alors qu’elles rêvaient d’un allaitement non-écourté.
Les réactions dépendent du projet d’allaitement, de sa propre représentation de la maternité et de ses convictions autour de l’accompagnement des enfants.

Les réactions des proches vont avoir un impact décisif à ce moment-là. Les compétences parentales et les croyances entourant l’allaitement se rejouent de manière massive.
Il convient alors que les femmes puissent réellement faire le point sur ce qu’elles souhaitent elles-mêmes : dans le cas où le souhait de l’allaitement est maintenu, tout doit être fait pour relancer cela.
Le deuil de l’allaitement est à prendre en compte sérieusement comme étape dans la maternité.

Mais avant de parler de deuil, l’accompagnement par un consultante en lactation peut aider à trouver des pistes spécifiques à la situation rencontrée.
Plein de bébés ont fait des grèves de tétées de quelques heures ou jours pour se poursuivre vers un allaitement non-écourté.

Il n’y a pas de règle, il n’y a que de la singularité dans ce qu’il se met en place entre les bébés et les mères, ainsi que dans leurs entourages.

Il peut également être utile de consulter un.e psychologue spécialisé.e en périnatalité (comme moi ou d’autres collègues qui se trouvent sur le Réseau Parentage Proximal) qui pourra accompagner ces étapes, potentiellement difficiles, dans la parentalité : Enfantements, mise en place de l’allaitement et enjeux psychiques autour de celui-ci, appréhension ou deuil vis-à-vis du sevrage, passage d’un parentage proximal intense à sa suite via un parentage inconditionnel.
Chaque étape peut être émaillée de questionnements et de doutes qui peuvent être accompagnées de sorte à vivre au mieux sa vie de mère/parent.

Voici une autre ressource sur le sujet :

– le dossier de la Leche League France, évidemment : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/1157-68-refus-du-sein-greves-de-la-tetee

Je te dis à bientôt pour de nouvelles curiosités parentales !

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Croire au Père Noël ?


Faut-il faire croire au Père Noël ?
C’est une question récurrente, de nos jours… Mais elle est perçue comme totalement dérangeante puisqu’un enfant qui ne croirait pas pourrait déranger l’ordre sociale vis-à-vis de cette croyance.

On peut se demander pourquoi ne pas faire croire à ce mythe.
J’aime toujours retourner la question : pourquoi faire croire ?

Souvent, les réponses varient entre les pensées que la magie de Noël pour les enfants est dépendante du Père Noël, que c’est une tradition, qu’après tout, ça ne fait pas de mal, etc.
D’ailleurs, dans la plupart des cas, c’est surement le cas. Il n’y a d’ailleurs pas une binarité entre le « faire croire » et « ne pas faire croire ».
Il y a les gens qui font un peu semblant de faire croire alors que les enfants savent bien que les cadeaux ont emballé par les parents, il y a les parents qui s’infirment pas les contes amenés dans les collectivité, il y a les parents qui expliquent que ça n’existe pas mais qu’il ne faut pas le dire aux autres enfants, il y a les parents qui font TOUT pour que leur enfant croit à ce vieux bonhomme bien généreux.

Le problème, c’est que le Père Noël, il n’existe pas.
Le gros problème, c’est que les enfants des milieux favorisés vont être gâtés alors que les enfants pauvres (disons le mot tabou) n’auront parfois même pas de cadeau ou grâce à des associations.
Comment expliquer à des enfants que le Père Noël les a oublié, et que c’est dépendant de leur milieu social ?
Il est difficile de ne pas voir l’aspect mercantile des fêtes, et Noël y compris… avec l’obligation des cadeaux à tou.te.s !
N’y voit pas là un jugement, JE marche à fond là-dedans car j’adore faire des cadeaux.
Mais en réalité, j’aimerais un peu plus de moments de belle qualité dans l’année plutôt qu’une soirée courronnée de cadeaux.
Je fantasme des fêtes des saisons… Et donc la célébration du solstice d’hiver !
Dans les mythes de Noël et du Père Noël, l’ambiance bien plus majoritaire que le personnage. L’odeur de Sapin (ok, si on n’est pas à Haïti!), les guirlandes et lumières, la neige (sauf si tu es à la Mer…), les bougies et les contes qui mettent en évidence la douceur du partage, la chaleur des marrons et les marchés de Noël qui vendent les babioles d’Asie du Sud (oh, ça va, je plaisante! Heureusement, il existe des marchés de créations artisanales) en sirotant un Jus de pomme ou de raisin épicé.
Noël rime souvent avec rassemblement, partage, bonne nourriture.
Même si, encore là, il n’est pas possible d’ignorer à quelle point la précarité ou l’histoire familiale impacte l’expérience de Noël.
Il n’y a pas deux familles identiques.
Il n’y a pas de tradition similaire… A celleux qui font des gâteaux, des truffes, des bouquets de sapins et autres cartes de vœux faites à la main.

Bref, l’important est-il la croyance du personnage imaginaire ou l’animation de l’ambiance qui va avec ?

L’autre problème, encore plus embêtant à mon sens auprès des enfants, c’est le chantage qui peut se produire autour du Père Noël.
Selon cet aspect-là, et uniquement celui-là, j’ai envie de crier pour l’hypocrisie de la logique.
Dans les autres mythes de Décembre, se trouve Saint-Nicolas (les gens du Nord le connaissent bien!) qui est accompagné de Père Fouettard…
Personne n’en parle plus trop, et pourtant, ce dernier personnage avait un rôle coercitif : les enfants qui n’étaient pas sages craignaient de se faire enlever.

Voilà un des éléments fondateurs de la fameuse phrase du Père Noël : « Alors, tu as été bien sage cette année, tu mérites tes cadeaux ? »
Faut-il épiloguer avec la prétendue sagesse des enfants ? J’invite tou.te.s celleux qui pensent cela juste à lire attentivement la définition de la sagesse et d’effectuer sa propre estimation de l’adéquation avec des petits enfants.

Qui plus est, la logique méritocratique met encore bien en évidence le fait que cela dépend uniquement du niveau social des enfants …
Mais surtout… Comment oppresser les enfants pendant des semaines avec la fameuse sentence « si tu n’es pas sage, le Père Noël ne t’apportera pas de cadeau ! ».
Donc, cela veut dire que les enfants doivent se comporter d’une certaine manière pour obtenir quelque chose et, par extension, ne pas décevoir.
Aucunement, une action ou une inhibition de l’action (capacité au combien nécessaire, pense aux fois où tu aurais envie d’insulter quelqu’un et que tu as souri à la place en ignorant…) n’est entendu comme permettant quelque chose pour l’enfant concerné.
Lorsqu’un enfant se lave, mange, rit : ce n’est pas POUR faire plaisir. C’est pour lui. C’est pour ressentir un bien-être. Lorsqu’on offre un cadeau, c’est pour être aligné.e avec ses valeurs, faire plaisir et être en joie d’avoir fait plaisir.
Lorsqu’il est nécessaire de faire quelque chose pour obtenir une récompense, les personnes perdent la valeur intrinsèque de l’action.
C’est ainsi que l’aide bénévole perd toute sa sincérité lorsqu’elle commence à être récompensée par des cadeaux ou de l’argent.
Voulons-nous nous que les enfants croient au Père Noël afin d’avoir un moyen de pression sur leurs comportements ?
J’espère que celleux qui utilisent ces arguments se rendent compte qu’il s’agit d’une gestion par la peur des enfants. Autant le savoir.

Pour finir, je ne pourrais jamais dire à qui que ce soit quoi faire de ses croyances.
Nous partageons tou.te.s les nôtres avec nos enfants : que ce soient des croyances spirituelles, sur la vie (cf. La méritocratie, la compétition, etc.) mais aussi sur le cadre des fêtes de Noël pendant l’enfance.
Rien n’est tout noir ou tout blanc.
Les enfants sont bien moins naïfs que les parents peuvent bien le croire : beaucoup ne croient plus mais font semblant pour jouer dans la pièce de théâtre de la tradition familiale.
Aucune croyance ne fait du mal en tant que telle. Cela dépend toujours de comment on l’a transmet et ce qu’elle implique concrètement au quotidien.
Il ne faut pas oublier que le Père Noël s’enracine, comme tout le reste, dans une culture.
Lorsqu’il y a des conflits entre les parents sur le sujet, j’invite toujours à creuser ce que cela dit au plus profond de soi.
Il y a toujours moyen de trouver des voies qui intègrent tout le monde.


Et toi, qu’as-tu décidé pour tes enfants ? Quelles sont tes traditions des fêtes de fin d’année ?

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Communication Non-Violente

La composition des familles: l’impact sur le développement ?

Il n’est pas rare que l’ironie fasse partie des discours que nous entendons.
L’ironie involontaire, bien sûr.
Il y a peu de temps, j’ai lu un post instagram qui laissait entendre que LA famille devait s’articuler sous un seul modèle : papa + maman + enfant(s).

Évidemment, ce sont des relans de « la manif pour tous ». Ça date… Et pourtant, cela continue.
Certaines personnes, au mépris total tant des observations empiriques que des connaissances sur la construction psychique, poursuivent la propagation de positions de jugements par rapport aux choix « alternatifs ».

Ces arguments sont TOUJOURS basés sur deux éléments : le développement optimal des enfants et l’inquiétude par rapport au devenir de notre société.

Il est pénible (au moins, pénible!) de lire des « arguments » sans fondement.
Il a été démontrée par plusieurs études que les enfants grandissant dans une famille homoparentale se développent exactement comme un autre enfant. Il n’y a aucune différence.
La SEULE problématique que vive ces enfants est … le jugement et les commentaires négatifs qu’ils peuvent recevoir à cause de jugement sur leur modèle familial.

DOOOOOONC (oui, je suis énervée!), l’argument du bien-être des enfants nécessite plutôt de regarder la poutre dans son propre œil : tout le monde ira beaucoup mieux à partir du moment où les jugements et les propos publiques ne remplaceront plus la parole des principaux intéressés.
Si les enfants issus de compositions de famille dites « alternatives » n’ont besoin que de compréhension et de perception de leur situation comme étant tout aussi normale que les autres !

C’est bien le jugement extérieur et les attitudes discriminantes qui engendrent les problèmes aux personnes issues de minorité.
Car, c’est dramatique, mais aujourd’hui en France, un enfant issu d’une famille homoparental est sujet à des attitudes, des maladresses ou des invectives qui impactent leur bien-être.

Cela paraît fou de devoir encore préciser cela aujourd’hui.
Pourtant, c’est pour cette raison que le @collectiffamilles a été créé : pour sensibiliser aux attitudes et aux protocoles excluant les familles « alternatives ».

Quand les mères « sociales » (càd qui n’ont pas porté l’enfant) n’ont pas le statut de parent reconnu d’office malgré un mariage.
Quand les formulaires ne comprennent que l’option Papa/Maman et demande la signature des deux parents, méprisant les autres structures familiales dont les familles endeuillées ou monoparentales.
Quand les enfants sont soumis aux remarques déplacés concernant leurs familles.
Quand le société considère encore qu’un parent qui n’a pas porté, dans un couple homosexuel, n’est pas réellement parent …

Cela questionne sur ce qu’est réellement l’Être Parent.
Si seule la personne qui porte est réellement parent, quid des pères ?
Ah, non, dans ce cas, c’est rattrapé par les liens génétiques !
Mais … les liens génétiques font-ils la parentalité ?
Quid des adoptions, des parents maltraitants, des abandons, de la démission parentale ?


C’est en observant un peu plus loin des arguments qu’il est possible de se rendre compte qu’ils comprennent tout un paradigme rétrograde selon lequel seule les familles nucléaires hétérosexuelles seraient optimales pour le développement des enfants.
Or, cette croyance, même si elle est répandue, n’en reste pas moins qu’une croyance.
La famille nucléaire telle qu’on l’entend n’est pas la voie d’épanouissement absolu.
Elle peut convenir comme elle peut isoler.
Considérer que la famille n’est que les membres d’une maisonnée (soit les parents +enfant(s)) peut engendrer un sentiment de solitude intense.
 Notamment lorsqu’un des parents, et souvent les jeunes mères, se retrouvent seul.e.s à longueur de journée, sans recevoir de soutien ni physique ni moral.

Cela peut occasionner le sentiment de devoir assumer toutes la charges domestiques, de réussir à manière ses tâches avec un.e bébé et accumuler les ressentiments envers la/la partenaire.
Un déséquilibre peut se créer dans son sentiment de compétence parentale : le temps est un allié. Ainsi, plus nous passons de temps avec un bébé plus nous nous sentons compétent.e.s pour s’en occuper.

Dans le cas d’une famille nucléaire, il est fréquent que l’un.e des parents consacre davantage d’énergie aux enfants et que l’autre a pour tâche de « faire rentrer l’argent ».
Cela crée une perspective diamétralement opposée de la vie présente.
Si dans certains couples, cela fonctionne très bien, dans d’autres, cela génère énormément de conflits.

Dans une société qui prône le partage des tâches, alors que la réalisation est à 75% par les femmes.
Dès qu’une femme a un.e conjoint.e avec qui le partage est égalitaire voire en faveur de l’autre, il peut y avoir une culpabilité, émanant de discours extérieurs : « Oh, mais quelle chance tu as ! ».
Anéantissant toutes les possibilités de confier ses ressentiments par ailleurs, nous-mêmes en tant que femmes, avons tendance à vouloir tout gérer ou à culpabiliser si ce n’est pas le cas.

Tous les problèmes et la gestion quotidienne ne sont que du ressort des deux personnes adultes du foyer.
Dès qu’il y a besoin d’aide supplémentaire, celle-ci est monnayée : ménage, travaux, garde d’enfants… Plus rien ne relève d’une entraide gratuit et d’un échange de service spontané.


Un pas plus loin, la place de nos aînés est organisée pour être cloisonnée dans des structures qui sont capables de prendre en charge la perte d’autonomie de manière industrielle.
Fait absurde, l’absence de possibilité (physique et psychique) de prendre en charge ses proches en perte d’autonomie est à relier avec la manière dont nous avons été élevé.e.s.
A force de séparer, de considérer que les enfants n’avaient pas à fonctionner de manière à déranger les adultes, d’estimer que le temps leur étant alloué était une perte de temps au profit d’argent pour renforcer les possibilités de consommation… Cela a détricoté les liens et engendrent un détachement (globalement, donc cela ne parle pas de toutes les singularités).
Alors il n’y a plus d’espace pour les aîné.e.s, parce que nous refusons de devenir le/la responsable au quotidien des personnes qui ne nous ont pas consacré assez d’énergie.

D’un autre côté, cela permet de profiter dans l’investissement de son propre épanouissement.

Il n’y a pas de situation idéale.
La structure nucléaire n’en est pas une plus qu’une autre.

Il serait ENFIN temps que la composition familiale (et tous les autres motifs de discrimination) ne soit plus vectrice de préjugés.
Il serait temps que les gens qui doutent aillent parler aux enfants et aux parents concernés.
Il serait temps que chacun.e essayent de déconstruire son biais de confirmation afin d’aller chercher les faits dernière ses croyances.
Il est nécessaire de se rappeler que se tromper dans ses croyances ne remet pas en question toute sa personnalité.
Il est bon de se souvenir que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne.

Voici par ailleurs quelques ressources scientifiques sur le sujet :

A bientôt, pour de nouvelles perspectives sous l’angle de la parentalité.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Masturbation et sexualité infantile, s’extirper des croyances et des tabous!

«- la masturbation rend sourd !

-Quoi ? Distribution de topinambours ?!» Reiser

reiser

Tu excuseras mon humour, mais il a été constitutif de mes lectures adolescentes… Grâce aux ouvrages « planqués » par mon père, que j’ai tous lus entre 11 et 12 ans !
Malgré ces lectures particulières, je suis une femme à la sexualité tout ce qu’il y a de plus banale.
Dans cet article, j’ai décidé de parler d’un sujet qui est rarement abordé dans les sphères de la parentalité….
La question se pose à mi-mot, de peur d’être jugé.e…
« Mon enfant se frotte les parties génitales. Que dois-je faire ? »

Force est de constater que cela inquiète.
Quand un.e enfant commence à mettre sa main au niveau de ses parties génitales et qu’iel semble y trouver un peu de plaisir, cela jette un froid dans l’esprit de beaucoup de parents.

Souvent mal à l’aise, les propos sont souvent confus et les réactions estimées inadéquates a posteriori.

Ce n’est pas simple d’être confronté, vers 2, 3 ou 4 ans, à des comportements que, nous adultes, assimilons à une sexualité « aboutie ».

Pourtant, la sexualité infantile n’est pas neuve. Des textes relates ces gestes depuis plus d’un siècle et demi… Mais la manière de l’aborder à quel que peu évoluée, et heureusement !

kiana-bosman-wSSTkMDMvZo-unsplash

Tout d’abord, deux cas de figure où je vais te demander de visualiser la chose :

  • Ton petit garçon est dans son bain, en train de tripatouiller son pénis.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

SUITE : Il tire dessus, le frotte et une petite érection semble se déclencher.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

Il y a fort qu’à parier que la première étape te semble anodine. Après tout, tripoter quelque chose qui dépasse, ce n’est pas inhabituel.
Il est de notoriété publique que beaucoup de petits garçons touchent leurs pénis et joue avec. Les gestes sont souvent tels qu’ils n’appellent à aucune ambiguïté : ce n’est pas une sexualité génitale.
Seulement, quand il s’agit de plaisir corporel (et visible), cela commence à coincer.

  • Ta petite fille est assise dans la baignoire. Assise avec les jambes écartées, elle ausculte son corps et touche à tout ce qui attire son attention.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

SUITE : Elle passe parfois du temps avec sa main dans ses vêtements, touche manifestement des parties de sa vulve qui lui font plaisir, c’est-à-dire son clitoris, le plus souvent. Elle se frotte sur des coussins, une peluche ou le coin du canapé, même en ta présence.

STOP.
Jusque-là, comment vis-tu cette image ?
Es-tu mal à l’aise ?

Trouves-tu cela normal ou étrange ?

Très souvent, dès qu’une petite fille explore sa vulve, la réaction de l’entourage est décontenancée.
Puisque ça ne dépasse pas, c’est comme si ça ne devait pas être l’objet d’attention.
En plus, le geste répétitif ne laisse pas d’ambiguïté : la recherche de plaisir est manifeste.

Seulement voilà, aussi étonnant cela soit-il, il est logique que le fait de toucher des zones très innervées et CONSTRUITES pour donner sur plaisir… donne du plaisir.

Cependant, la manière de recevoir ces actes, en fonction du genre assignée, est très différente.
Les gestes des petites filles mettent davantage mal à l’aise que ceux des garçons.
Pourtant, les mêmes mécanismes sont en jeu.

 

La découverte du corps

Commençons par le début.
Les enfants naissent nus.
Au fur et à mesure de sa croissance, iels explorent leur corps, leurs mouvements, leur motricité et les sensations qui vont avec.
Toutes les acquisitions commencent par un geste non-contrôlé.
Ensuite, la précision s’acquiert progressivement grâce aux feedbacks donnés par les sensations que cela donne : le fait de toucher une certaine texture, de tenir debout, la gestion du déséquilibre, etc.

La masturbation (appelons un chat, un chat!) part du même principe.
Les mains explorent et tombent sur une zone qui procure des effets agréables. Dans une volonté de retrouver ce que cela provoque, les enfants répètent les mouvements.

La sexualité infantile est entièrement autocentré. Elle n’appelle à l’intervention de personne et ne s’oriente vers aucun individu.
Cela n’exclut par que des enfants d’âge similaire peuvent être curieux les uns des autres : soit pour découvrir un autre sexe (pas forcément défini, rappelons que les intersexes existent) soit pour constater que « Oh, c’est pareil chez toi ! ».

Les explorations du corps s’effectue en général vers 3 ans … Âge auquel les enfants se retrouvent sans couche en Occident.
Les parents d’enfants pratiquant l’Hygiène Naturelle Infantile peuvent témoigner du fait que l’exploration des parties génitales et le contact avec les effets de cette zone s’effectue beaucoup plus tôt.
Très souvent, d’ailleurs, le rapport au corps des parents d’enfants en HNI est plus libéré.
Le fait d’avoir été beaucoup confrontés à l’élimination et aux enfants laissés le siège à l’air accélère une déconstruction (cruciale à mon sens) : la nudité n’a aucun rapport avec la sexualité, telle que les adultes se la représentent.

Sans prôner la pratique du naturisme, je pense que nous avons tou.te.s à gagner à déconstruire les ressentiments d’une nudité gênante.

La plupart des enfants adorent se balade peu vêtus/nus.

La pudeur est une construction sociale…

C’est avec l’âge et l’exemple des parents que les pratiques quotidiennes vont évoluer.
Les parents pudiques auront des enfants qui chercheront à s’habiller ou à se cacher, alors que dans d’autres familles, porter des vêtements ne sera un enjeu que pour la sociabilisation (en sortie ou quand il y a des invité.e.s).

Il n’y a aucun jugement de valeur dans mes mots, juste des constats.
Aucune situation n’est meilleure qu’une autre, il faut juste conscientiser que les jeunes enfants n’ont pas le même rapport au corps que nous, adultes ayant déjà incorporés notre culture ambiante (familiale et sociale).

La sexualité est un continuum.
Si nous parlions aux enfants, sans tabou, il n’y aurait pas cette chape de plomb qui entame la confiance des jeunes à parler de sexualité avec leurs parents.
Certes, ce n’est pas un problème dans toutes les familles, mais c’est fréquent…
Et cela commence simplement par le fait de nommer les parties du corps avec leurs noms réels.
Vulve, Pénis, clitoris, Scrotum, petites lèvres, testicule, urètre, méa urinaire, anus, prépuce, …
Souvent, c’est plus mignon d’entendre des enfants dire « mon zizi » et « ma nénétte ».
Mais souhaitons-nous que les enfants soient mignons envers leur corps ou puissent avoir le pouvoir de leurs corps ?
Parler avec les bons termes permet aux enfants de diminuer leur niveau de mignonnerie pour les éventuels prédateurs sexuels.

Il est aussi important de mettre en exergue que leur corps leur appartient et qu’iels ne doivent rien tolérer de la part de tiers, jusqu’à ce qu’iels soient assez grands pour le vouloir.
Leur apprendre à refuser les contacts et le consentement passe par la prise en compte de l’ensemble de leur corps : ne pas forcer à recevoir des bisous ou en faire, ne pas chatouiller quand iels n’en ont plus envie, ne pas se faire pincer/caresser « affectueusement » alors que leurs comportements non-verbaux démontrent un inconfort.

gaelle-marcel-8992-unsplash

Pour revenir au vif du sujet, La sexualité infantile a cet effet « effraction » qui rappellent que ces petits enfants, encore lovés contre nous, parfois allaités et partageant nos lits, sont bien mus par des élans vitaux qui ne dépendent pas de notre volonté.

Pourtant, la masturbation n’est aucunement problématique. Il est simplement nécessaire de guider les enfants vers des règles sociales : le plaisir corporel, comme d’autres activités pendant lesquels le dérangement n’est pas souhaitable, s’effectue prioritairement en solo.
L’idée n’est pas de rendre cela honteux mais bien de circonscrire les espaces communs à des tâches susceptibles d’être effectuées ensemble.

 

Suggestions d’interventions quotidiennes :

Si un.e enfant commence à toucher ses parties génitales, il est possible de lui rappeler que cet agréable geste est à effectuer dans sa chambre/un espace seul.e.
Si cela se produit dans un moment inopportun, rappeler ou enlever doucement la main de cet endroit et attirer l’attention sur autre chose.

L’objectif est multiple :

  • Faire passer le message que c’est un comportement normal et personnel
  • Au fur et à mesure, les conventions sociales vont s’apprendre et iels vont garder ces moments pour elleux
  • La parole est disponible sur ce sujet (et là, chacun.e a peut-être à travailler sur soi 😉 )

Bien sûr, il est nécessaire d’éviter les moqueries, les gronderies, les jugements négatifs, les phrases chocs comme « Arrête, c’est sale ! ».
Cependant, le versant opposé peut aussi être problématique.
Ne pas en parler forme un tabou et, parfois, l’impression pour les enfants de mal agir… Mais TROP en parler peut induire des éléments psychiques inadéquats.
Répondre aux questions simplement, sans fioriture, est une guideline assez simple.
Quand iels voudront plus d’information, iels reviendront. Chaque chose en son temps.

 

 

Les situations à surveiller

Dans certains cas, les actes masturbatoires recèlent de quelque chose de plus intense.
Certains enfants se blessent aux parties génitales, cessent des activités pour se dédier à la masturbation, refuse de cesser de se toucher même après plusieurs demandes respectueuses et pondérées (rappel : l’agressivité amène de l’opposition ou de la peur, pas de la compréhension. Cf mon article sur les effets des punitions).

Ces attitudes doivent attirer l’attention, car elles peuvent être signe d’actes auxquels iels n’auraient pas dû être exposés : attouchements sexuels (de la part d’enfants ou d’adultes!) , scènes de film pornographique, assister à des relations sexuelles entre adultes, …

Je copie/colle un passage de naitreetgrandir :

« Comportements plus à risque d’être le signe d’une agression sexuelle

  • Il oblige les autres enfants à se déshabiller.
  • Il caresse les parties génitales d’autres enfants.
  • Il en sait trop sur le sexe pour son âge. Par exemple, il est au courant des relations sexuelles orales et des positions sexuelles.
  • Il simule des rapports sexuels ou d’autres comportements sexuels adultes.
  • Il utilise la menace, le chantage ou la contrainte dans ses « jeux sexuels » avec d’autres enfants.
  • Il a des comportements sexualisés envers des adolescents ou des adultes.
  • Il introduit des objets dans son vagin ou son rectum ou dans ceux d’autres enfants.
  • Il demande à regarder des images sexuellement explicites. »

Bien sûr, ces informations servent en cas d’attitudes préoccupantes.
La masturbation, même quotidienne, n’est pas préoccupante en tant que telle.

 

 

Construction sociale de la masturbation et de la sexualité

pour finir, et afin d’ajouter une pierre en plus à l’édifice d’une éducation non-genrée, il convient bien de parler du rapport à la sexualité en fonction du genre…

Si tous les garçons parlent avec générosité de masturbation dès la pré-adolescence, c’est beaucoup moins le cas des jeunes filles.
Même chez les femmes adultes, le sujet de la masturbation des femmes reste globalement tabou.

Certains mythes se poursuivent et restent ancrés dans les pratiques sexuelles.
Par exemple, beaucoup de femmes sont culpabilisées par leurs partenaires si elles admettent se masturber.
Cela concerne aussi le plaisir des femmes qui est toujours majoritairement mis de côté au profit du plaisir des hommes.
La relation sexuelle est considérée comme « complète » à partir du moment où il y a un acte de pénétration avec un pénis. Cette perspective d’une sexualité dépendante d’une pénétration caractérise bien l’influence du patriarcat, jusqu’au fond des lits.
D’ailleurs, si des pratiques comme l’excision et l’infibulation existent, c’est en rapport direct avec le contrôle du plaisir des femmes : Une femme qui peut jouir est une femme puissante, qui pourrait tromper et devenir insatiable… ! Ces mutilations génitales servent à empêcher les femmes de vivre quelconque plaisir sexuel.

Sans être soumises à des mutilations génitales, il suffit de tabous, de jugements et de valeurs fortement ancrés pour que les femmes intériorisent des croyances sur leur propre sexualité.
De nombreuses cultures partagent les mythes d’une féminité pure et virginale, sans compromis.
Une femme avec une forte libido serait anormale, alors qu’un homme se devrait d’être infaillible.
Toutes ces croyances font le lit d’une masculinité toxique et d’une féminité corsetée.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    Par extension, la masculinité toxique laisse à penser que les femmes ont moins de besoin sexuel que les hommes.
Les hommes sont souvent perçus comme des êtres quasiment incapables de se contrôler s’ils sont abstinents depuis longtemps. C’est ainsi que cela justifie des tromperies (dans le cadre d’un couple en union exclusive) et entretient une culture du viol.
Je rappelle que le viol conjugal n’a été reconnu que depuis 1990… Avant cela, il était légal d’un époux puisse avoir des relations sexuelles de force avec son épouse !

oedipe-se-creuvant-les-yeux
Oui, même Oedipe s’en crève les yeux, de la culture du viol !

Afin d’avoir une perspective différente sur le rapport à la masturbation chez les femmes et dans la singularité de chacune, je t’invite à regarder cette vidéo de Queen Camille qui aborde le sujet du premier souvenir de masturbation chez les femmes qu’elle interviewe : https://www.youtube.com/watch?v=3idAUcBYHWQ&t=979s

Cela met en évidence de nombreux profils de femmes dont certaines se rappellent leurs pratiques infantiles qui ne s’est jamais arrêtées et celles qui ont débuté cela (croient-elles, du moins) après leurs premières relations sexuelles à 2.
Cela permet, comme d’autres articles ou ressources, de travailler sur ses propres conceptions… et de réfléchir à celles que nous voulons transmettre à nos enfants.

 

 

Ancrage culturel et familial dans la construction de la sexualité

Bien entendu, toutes les histoires familiales, tous les ancrages culturels et toutes les croyances impactent nos réactions.
L’objectif n’est, bien sûr, absolument pas d’en faire fi, mais simplement d’en prendre conscience.
Notre rapport à la sexualité conditionne la façon dont nous voyons celle de nos enfants.

Dans certaines familles, le sujet est tabou. La sexualité n’est alors pas un sujet. Les femmes « aux jambes légères » peuvent être jugées et perçues comme anormales.
A l’inverse, dans d’autres familles, les idées transmises évoquent que la sexualité est un élément INDISPENSABLE pour la survie du couple. Ainsi, une personne qui n’aurait pas de désir fréquent ou ardent peut rester sur ces propos et se forcer à avoir des rapports ou culpabiliser de ses « manques » de désir.
Ironie : persons-hand-doing-thumbs-up-4629633

La sexualité comprend, bien souvent, les questions sur l’orientation sexuelle. Il est fréquent que des parents s’inquiètent, dès le plus jeune âge, de l’orientation sexuelle de leurs enfants.
Certain.e.s iront jusqu’à empêcher les enfants de jouer et de porter des vêtements qui sont habituellement dédiés à celleux du sexe opposé (niant ainsi l’existence des transgenres, des intersexes ou encore des personnes non-binaires).

Il est absolument nécessaire de rappeler que l’orientation sexuelle n’est pas conditionnée par les habitudes de vie, des jeux ou des vêtements.
En outre, une orientation sexuelle n’est qu’une inclinaison à aimer. Rien de plus. Cela ne conditionne aucunement la personnalité, la loyauté aux valeurs de la famille ou encore le bonheur futur des enfants !
Si ces questions émergent en toi, ou parmi tes proches, n’oublie pas de rappeler que ce sont leurs yeux de l’adulte qui interprètent les actions des enfants et que ce sont LEURS craintes et croyances qui ressortent.

Les enfants nous permettent de questionner énormément de sujets. C’est une vraie possibilité de s’ouvrir à l’altérité, puisque les enfants ne sont pas des copies conformes des parents et ont la spontanéité de questionner les valeurs, les attitudes et les choix parentaux.

La masturbation infantile mobilise ainsi les questions relatives à la sexualité actuelle, future et passées tant des parents que de l’adulte en devenir.
Cela cristallise beaucoup de croyances et de peurs. Heureusement, sauf dans les cas de figure relatés plus haut, il s’agit de comportements normaux et tout à fait sains dans la découverte des potentiels du corps.
Peu d’entre-nous se souviennent de ces explorations car nous sommes issus d’une époque où cacher et ignorer étaient plus acceptable que de parler de la sexualité à ses enfants.

Vers 3 ans, il revient aux parents de poser les bases des concepts d’intimité, d’auto-plaisir et de circonscription en des lieux personnels.
Vers 6-8 ans, il s’agira de parler de la conception des enfants.
Vers13 ans, les questions autour de la puberté et la sexualité émergeront crues et franches mais indispensables afin que les jeunes gens ne découvre plus ce que serait la sexualité.. via des images pornographiques.

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Les sujets autour des relations affectives et de la sexualité ponctuent la vie… Puisqu’elle la transcende, de la mise au monde des ses enfants (acte sexuel, cela va sans dire) jusqu’à la conception de la génération suivante (pour autant qu’iels le veulent).
J’espère que les informations rapportées dans ce texte t’aideront pour la communication et les réactions envers tes enfants.

Sans partir dans le partage d’expériences personnelles, la possibilité de parler de sexualité en famille permet aux enfants de ne pas être livrés sans prémisses à la violence des images pornographiques abondamment partagées (l’impact sur porno dans la construction de la sexualité pourrait faire l’objet d’un article entier!).
Parler du consentement, de la pression sociale autour de la sexualité, des croyances répandues, etc, sont des sujets incontournables au abord de l’adolescence.
Or, parfois, il ne faut pas moins de 10 ans pour cheminer dans sa capacité à parler de ces domaines-là.

A bientôt, pour de nouvelles perspectives sous l’angle de la parentalité.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

Quelles valeurs transmettre ?

3è article qui aborde les valeurs que nous sommes susceptibles de transmettre par notre attitude auprès des enfants.
Après avoir parlé de grossophobie (sur mon feed instagram @lacuriositebienveillante) et des poils des femmes, voici un article sur le racisme.
Avoir une peau blanche est un privilège dans notre société actuelle.
Par cette caractéristique, les personnes blanches ne subissent pas de discrimination systématique et de stéréotypes grassement partagés.
Le fait d’être privilégié concerne également les personnes cis-genre vs transgenre, valide vs invalide, homme vs femme, …
Avoir conscience de ce privilège n’est pas une attaque directe à l’égo de chacun.e mais simplement la mise en évidence que d’autres personnes ont un vécu du monde qui diffère du nôtre par les réactions systémiques de la société.

Par cet article, je ne prétends pas pouvoir maîtriser tous les aspects et encore moins pouvoir les résumer de manière exhaustive.
Mon objectif est de mettre en lumière certains aspects pour attirer l’attention sur l’impact de nos choix, nos mots et notre manière d’agir au quotidien.

Dans certaines régions d’Occident, il est encore assez rare de croiser des personnes dont le degré de mélanine dépasse celle d’un cachet d’aspirine.
Ayant grandie dans des sphères (plutôt favorisées) multiethniques, ça me choque toujours.
D’ailleurs, c’est le cas de mon lieu actuel de résidence et je suis effondrée de cela. Pourquoi ?
Parce que ma fille n’a pas la possibilité de voir toute la diversité du monde à côté de chez elle.
Elle ne peut pas réellement goûter toutes la richesse culturelle des 4 coins du Globe (je ne parle pas de cuisine, qu’on soit clair!).
Elle ne peut pas découvrir, à l’instant T, d’autres manières de penser, de croire, de choisir.
Que faire, alors, pour ne pas la maintenir dans l’ignorance ?
Car le problème est bien à ce niveau-là : le combat contre l’ignorance qui se fait le lit de la peur et de l’incompréhension.

Sans être dans l’interaction profonde avec de l’altérité, il est impossible de la comprendre précisément. Or, c’est ce qu’il se produit constamment.
Les réactions des individus émanant d’autres cultures sont observées et analysées avec le filtre occidental.
Il s’agit d’un biais bien connu : l’ethnocentrisme. Il s’agit de la propension à se sentir supérieur, puisque notre attitude serait plus « évoluée » que dans d’autres cultures : vis-à-vis des droits des femmes, des enfants, des homosexuel.le.s, …
La question n’est pas de savoir si c’est le cas ou non. Il s’agit de se rendre compte que cette analyse basée sur NOTRE filtre occidental EST un biais et qu’à cause de cela, nous ne pouvons pas percevoir le contexte.
Le jugement et le sentiment de supériorité des caucasiens sur les autres ethnies infiltrent l’ensemble des sphères de la société actuelle.
Par exemple, les études scientifiques proviennent principalement de 7 pays. Raison pour laquelle il est difficile de trouver de la littérature qui rend compte de l’impact culturel sur tel ou l’autre processus psy (poke @SigmundFreud pour son pseudo complexe d’Oedipe universel). Le problème n’est pas l’existence même de ses biais, mais le fait qu’ils soient ignorés même s’ils sont connus (et que certains continuent à croire à l’universalité du Complexe d’Oedipe, par exemple).
L’homme blanc (j’utilise homme à bon escient car c’est souvent des individus masculins dans l’Histoire) juge toujours les pratiques d’autrui comme étant inférieures aux siennes.
L’homme blanc a colonisé pour « apporter le savoir » (LOL ironique)

l’homme blanc est parti en croisade pour donner de l’humanité par les croyances chrétiennes (LOL ironique bis).
L’homme blanc a longtemps évolué (et cela continue en majorité) en se croyant le degré le plus élevé de la conscience humaine et de ses évolutions sociétales.
L’homme blanc pense s’être extirpé des carcans étroits de la pression sociale et d’avoir plus de place à l’individualité.

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Peut-être ne te reconnais-tu pas dans cette définition.

Pourtant, dans la plupart des familles blanches, il y a toujours un grand-père ou un tonton qui a des propos racistes.

Pourtant, il est fréquent d’entendre qu’il ne faut pas argumenter avec « les cons », ceux qui font des commentaires (sur internet) aux relents nauséabonds, que cela serait inutile et une perte d’énergie. Mais n’est-ce pas se réfugier derrière un argumentaire qui nous permet de rester dans notre zone de confort? Il y a « les cons » avec qui l’on ne parle pas pour ne pas gaspiller son énergie. Gaspiller son énergie n’est-ce pas là une saillante évidence selon laquelle la cause ne nous concerne pas assez pour agir ? Le silence n’amène aucune réflexion, ne plante aucune graine, ne rend hommage à personne. Le silence cloisonne, enferme, préserve les relations.
Dans mon cas, j’ai choisi: je préfère intervenir que préserver le confort de ceux qui sont « cons ».
Peut-être que j’ai aussi été la « conne » de quelqu’un, un jour. Peut-être que toi aussi. D’ailleurs, combien d’entre nous n’avait pas des « principes » sur les enfants revus à la une fois devenu.e.s parents ? Comment les alternatives peuvent émerger à la conscience si elles ne sont pas dites, expliquées et répétées jusqu’à trouver une voie d’accès à toi, lui, à eux ?
Chacun.e peut avoir une façon d’exprimer les choses qui ouvre la conscience d’une certaine audience et ce, sur tous les sujets.

Pourtant, nous avons appris et été éduqué dans un contexte d’épistémicide. Kézako ? « Un épistémicide est la mort silencieuse des autres formes de science, de cultures, de savoirs, d’apports, qui ont pu exister pour une seule domination, un seul type de science, de savoir qui sont considérés comme légitimes. » Fatima Khemilat (voir sa passionnante intervention : https://www.youtube.com/watch?v=zK6hegi_wHE ).
Nous ne pouvons pas ignorer combien d’autres cultures ont des savoirs qui n’arrivent à la connaissance de l’occident que maintenant… Tout en méprisant les autres aspects de ces cultures.

Pourtant, dans les livres des enfants, il y a peu de personnages avec la peau noire/métisse.

Pourtant, le cinéma et la télévision occidentales donnent encore des rôles stéréotypées aux acteurs de couleur.

Pourtant, l’Histoire apprise à l’école n’est que celle de l’Occident. La colonisation est à peine abordée (si elle l’est encore?!) et quasiment rien concernant les aspects culturels du reste du Monde.
La traite des noirs est abordée dans une notion purement pratique sans entrer dans toute la dynamique culturelle que cela témoigne et les traces que cela laisse aujourd’hui.
Faut-il rappeler que l’abolition de l’esclavage en France ne date que 1848 ?

 

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Nourrice qui devait laisser son enfant pour s’occuper de ceux des blancs

Pour en revenir sur la pratique et sur l’actualité de ce qu’est être une personne avec un teint qui n’est pas blanc :

  • C’est avoir moins de chance de trouver un emploi, surtout si le nom n’a pas une consonance européenne.
  • C’est avoir peu de représentations sociales ou d’icones. Les seules icones noires, par exemple Naomi Campbell, Beyoncé, … sont des femmes avec des traits occidentaux forts (nez fins, yeux grands ouverts, cheveux lissés et peau relativement claire!).
  • C’est être une militante écologiste(Vanessa Nakate) reconnue et avoir été rognée d’une photo pour que seules les militantes blanches apparaissent
  • C’est être rejeté.e de certains milieux sportifs comme la danse classique qui compte extrêmement peu de mixité dans ses rangs (et jusqu’il y a peu, il n’y avait pas de vêtements adapté à la couleur de peau des noir.e.s/métisses).
  • C’est vivre dans un monde où « la couleur chaire », c’est du beige… Alors que c’est sûrement la teinte la moins réaliste dans l’humanité !
  • C’est expérimenter les stéréotypes divers et variés sur son mode de vie, ses choix et sur ce qui aurait plus tendance à « plaire » . Par exemple, que les danseu.r.se.s noir.e.s/métisses s’investissent dans les hip hop plutôt que la danse classique.
  • C’est vivre avec la question du « mais alors, tu viens d’où ? Non, mais tes origines ! » en stéréo même si la famille évolue en sol européen depuis 3 ou 4 générations !
  • Plus grave, c’est être davantage à risque d’être jugé.e coupable lors d’un procès (à cause de différents biais dont un biais de reconnaissance faciale : chacun nous reconnaissons mieux les individus issus de l’ethnie dans laquelle nous avons grandi. Nous percevons plus aisément les différences physiques des personnes de notre propre type).
  • C’est être soumis.e au « délit de faciès » et de se faire contrôler par les forces de l’ordre.
  • C’est avoir plus de chance de mourir à cause de bavure de la police (forcément, il fallait un lien avec les événements actuels).
  • C’est…. encore MILLE autres choses aussi abjectes les unes que les autres et qui polluent le quotidien !

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J’aimerais vraiment dire et croire que seule la manière dont les parents accompagnent les enfants. Mais non, cela ne suffit pas.
Des études en psychologie sociale ont également montré qu’il ne suffit pas d’être au contact de quelques personnes de couleur pour ne pas être raciste… Simplement, les êtres humains sont capables de « sous-typer » : « je n’aime pas trop les arabes, mais cette famille-là est sympa ! ». Cela paraît sûrement absurde lu de la sorte, et pourtant, c’est une réalité pour bon nombre d’individus.

Nous évoluons dans une société qui promeut encore une certaine ségrégation mais qui s’en défend. Les Zones d’Education Prioritaires (France) sont souvent proches des anciens ghettos.
En ayant créer artificiellement ces regroupements par « peuples », l’Occident a raté l’occasion de s’ouvrir à la diversité.
Aujourd’hui, de nombreux jeunes gens (et moins jeunes) se retrouvent perdus entre deux cultures car ils sont et se sentent européens mais sont jugés/traités comme des étrangers.
Le sentiment d’injustice est énorme… A juste titre, puisque les stéréotypes et les discriminations sont encore intenses !

Il est atroce de lire par certain.e.s que la colère et la manière de mener ce combat dessert à la cause. Ne pas comprendre les sentiments de colère des personnes qui luttent contre les oppressions systémiques, c’est ignorer la violence de l’Histoire.
Pire, c’est ignorer et mépriser la façon dont l’Histoire relate avec distorsion les événements.

Les individus « cachet d’aspirine » doivent-ils se sentir coupables de tout cela ?
Je ne vois pas un intérêt flagrant à cela… Mais reconnaître sa méconnaissance ou son ignorance, reconnaître l’horreur de l’Histoire et de l’actualité sont des éléments indispensables.
A mon sens, prendre conscience de toutes ces luttes et être un.e allié.e.s revendiqué.e.s permettra d’accroître la beauté et l’ouverture de l’humanité.
Prendre conscience de ses propres mécanismes de penser, de ses propres stéréotypes et agir pour ne pas laisser autrui s’enfoncer dans la haine me semblent être des voies pertinentes d’amélioration du monde.

Il est indispensable de prendre conscience combien les médias (surtout les chaînes d’info en continues) continuent à véhiculer des propos et des stéréotypes délétères à l’inclusion.
Rompre avec ce type de média et s’orienter vers des sourcent qui prennent le temps de peser et penser leurs mots a un intérêt à tous les sujets !

Si l’accompagnement que nous proposons aux enfants ne suffit pas, elle nous permet de les rendre sensibles aux injustices et à tous ces biais qui gâchent la vie d’autrui.

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Il est possible de refuser ce qui fut admis.
Il est possible de ne pas transmettre le racisme systémique en le rendant voyant !

Il est possible de commencer à lutter même si ce n’était pas le cas auparavant.
Il est possible de rendre le monde de demain plus conscient de toutes ses ressources d’humanité !
Il est possible de ne pas choisir ses batailles et de toutes les mener de front, sans les hiérarchiser par ordre d’importance.

Ici, par mon cœur, les luttes sont fortes contre le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie, et tout ce qui contraint les personnes à ne pas pouvoir être authentiques tout en étant libre et en sécurité !

Je ne demanderai pas ce que tu en penses.
Comme pour toutes les sujets de discrimination, il n’y a pas d’avis à donner.
J’espère juste avoir pu aider à lever un pan de voile sur une lutte encore d’actualité.
J’espère aussi avoir été une alliée avec des mots pas trop maladroit, au même titre que Dan Gagnon dans son podcast sur le thème des inégalités raciales.

 

A bientôt, pour un autre sujet passionnant !

 

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😉

Maternage proximal·Préparer la naissance

 Si j’avais su… le corps et l’esprit des mères de bambin.e et + !

Cet article fait suite aux articles:

Si j’avais su.. (l’accouchement)

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

 

Je croyais qu’une fois que l’enfantement avait eu lieu, le corps passait par une phase de dégestation de 9 à 12m, avant de retrouver un corps qui serait proche de celui « d’avant ».

Quel mirage ! Une croyance gracieusement orchestrée par les médias majoritaires et notre biais de confirmation: il s’agit du fait de prêter attention à ce qui confirme nos croyances plutôt que ce qui les infirment.

Ainsi, le corps d’avant serait possible: regarde les mannequins, les fitwomen, les actrices.
Mieux, certaines femmes disent même que l’allaitement fait maigrir et d’autres ont même perdu trop de poids.
Et oui, il est vrai que le métabolisme change.

Le métabolisme a changé pendant la grossesse et il évolue encore en post-partum.
Jamais je n’aurais cru que mon corps serait spécifique parce que j’allaite.
Et pourtant, c’est le cas: la plupart des femmes n’ont pas les mêmes sensations physiques.
Le périnée a été rééduqué, souvent.
Mais les muscles ne sont pas ce qu’ils furent. La grossesse et les premiers mois collés/serrés engendrent souvent une réduction de l’activité physique et donc de la masse musculaire.

Le métabolisme est influencé par le climat hormonal de la lactation: la mobilisation de la masse graisseuse semble impactée (ce qui est logique, puisqu’enceinte, les réserves ont été constituées à cet effet). En outre, certaines études montrent que la prolactine augmenterait l’appétit.
La dynamique serait alors de manger plus pour éviter de perdre de « l’état » = trop maigrir.

Or, au contraire, certaines femmes grossissent avec la lactation: toutes les femmes ont un métabolisme singulier. La prise ou la perte de poids n’est pas qu’une question d’apports caloriques !
Il s’agit aussi d’un équilibre hormonal, comme le prouvent les personnes atteintes de diabète de type 1 et celles souffrant d’hyper ou d’hypo-thyroïdie.

 

Pourtant, la norme des régimes (ou des rééquilibrages alimentaires, qui engendrent autant de risques de compulsions alimentaires réactionnelles à la logique de restriction) est tellement intense que la croyance principale est que c’est la volonté individuelle qui est responsable de son poids.

Chaque femme serait alors responsable de son corps. Et il y aurait des objectifs: être mince, un peu sculptée, avoir la peau lisse, une absence de cernes, des cheveux bien coiffés, ….

Je ne sais pas toi, mais moi, à J + 29 mois: je n’ai pas la tête des stéréotypes des jeunes mères ! J’ai la cerne ancrée, gagné quelques cheveux/poils blancs, j’ai un appétit digne de gargantua et mon poids varie entre + 1et +5 par rapport à mon corps d’avant.

 

Dans la suite de ce post-partum, certaines (dont je faisais partie) avaient promis de chérir leur corps du cadeau effectué en donnant la vie de manière la plus adaptée qui soit.
Ce corps, le tien, le mien, avait si bien fait le job qu’on ne pouvait QUE lui être reconnaissant !

Mais…
Mais ces fichues injonctions?! Et si ce physique de « maman » devenait le mien.
Est-ce donc inévitable?
Comment font celles qui perdent tout ?

Parce que pour certaines, il reste les vergetures. D’autres arborent des seins essoufflés ou asymétriques (pendant l’allaitement, il y a des préférences qui se voient…! Je rappelle que l’état des seins n’est pas en lien avec l’allaitement ou non mais bien à la prise de volume pendant la grossesse !).
Alors que le corps rond et rempli de bébé était congratulé, que le corps post-partum était, souvent, perçu avec un mélange d’étonnement et de tendresse gracieuse, que reste-t-il après 2 ans ?

La maternité apporte encore plus de changements dans un corps que la puberté… Et à une vitesse décuplée.
Dans une société où le jeunisme est prôné, où toutes les traces de la vie sont effacées à coup de laser, bistouri et autres traitements, il y a de nombreuses embûches à l’acceptation de son nouveau corps.
Ces pantalons d’avant, quand mes hanches étaient celles d’une nullipare, faut-il s’en débarrasser ou les conserver dans l’espoir de pouvoir les arborer, plus tard… Un jour, quand le rythme alimentaire des enfants ne donnera pas envie d’un goûter? Quand le corps redeviendra un point d’intérêt majeur?

Et puis il y en a plein, qui retournent dans leurs pantalons…!
La douloureuse comparaison…

 

Chaque femme est tellement différente d’une autre: l’espace mentale laissé à son rapport à la silhouette dépend de la vie de chacune.
Il n’y a pas une bonne situation.
J’ai en tête @Madame_capitaine qui se réjouit de ses formes de mère alors que précédemment elle souffrait de sa maigreur !
Il est, me semble-t-il, indispensable de chercher des « modèles » qui vous inspirent et font du bien… Pas celles auprès desquelles tu pourrais te sentir en défaut !
A l’heure de la comparaison par les réseaux sociaux où il y a des milliers de femmes au même point que toi, se préserver des injonctions (et donc les connaître) est une prévention de la santé mentale.

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– Toutes les inquiétudes d’être mère

En devenant mère, tu as pu découvrir certaines angoisses dont on parle peu.

Enormément de femmes expérimentent la peur de mourir et des traits hypochondriaques dans les premières années de vie des enfants.
Cela survient souvent dans les premiers mois, mais cela peut perdurer (surtout en famille monoparentale ou homoparentale si les enfants ne sont pas encore adoptés par le parent social) et engendrer un mal-être plus général.

Il est nécessaire de savoir que ce n’est pas de la folie.
Il s’agit d’une réaction fréquente au fait que ce petit d’humain dépend entièrement de nous. Une mère peut même être tentée d’habituer son bébé au biberon, voire ne pas allaiter, par crainte d’un accident qui perturberait trop son bébé si l’allaitement est interrompu subitement!

Comme toujours, il n’y a pas de limite franche entre ce qui est normal et pathologique.
Si ces pensées prennent trop de place, il est peut-être nécessaire de consulter afin que tu puisses retrouver ta sérénité quotidienne!

 

Il y a d’autres phénomènes psychologiques qui peuvent survenir dont les phobies d’impulsion.

Il s’agit d’une peur irrépressible de commettre des actes répréhensibles. Par exemple: secouer son bébé, se défénestrer, jeter le bébé/l’enfant par terre, frapper l’enfant, effectuer des attouchements, …

Ces pensées parasites le quotidien de manière majeure !
Il est indispensable de savoir que ce n’est pas parce que tu penses à quelque chose que cela va se produire.
Ces alertes sont à prendre au sérieux et il est bien plus confortable pour les femmes qui les vivent de consulter afin de passer au-delà de ces pensées envahissantes !

 

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– la charge mentale et la volonté d’être soi…

Pouvoir se redéfinir, en tant que mère, femme, travailleuse, amante, maman à 100%, salariée, entrepreneure, amante, épouse, conjointe, …
Toutes ces étiquettes qui dépendent autant de ta situation actuelle, qui changera peut-être dans un an et qui a évolué par rapport à ce que tu avais anticipé.

 

Alors que d’autres ont repris le chemin du travail au bout du congé maternité, d’autres ont décidé de rester un peu plus. Congé parental… Démission… Entrepreunariat?

Chacune a fait des choix, qui se sont imposés à elle, tant bien que mal.
Chaque choix semble être assumé et chacun comporte son lot de jugements sociétaux:

– la mère au foyer n’aurait pas de plus-value économique et social (à d’autres, merci !);

– la mère qui travaille serait une mère indigne;

– la mère en garde partagée doit souffrir en silence

– L’envie d’une activité plus authentique et audacieuse engendrent des prises de risques perçus comme inconsidérés ou inconscients par des proches « bien intentionnés »;

– …

 

Chaque décision est mesurée, jugée, autant par les autres que par soi-même.
Avant même de recevoir de l’empathie pour SOI, on reçoit la projection des tiers sur nos vies.
Quel étrange constat dans la parentalité de percevoir via les remarques et les critiques tout ce que les autres ont mal vécu/pas assumé/aurait aimé faire différemment/ont vécu comme nous, …
Quel étrange constat de se rendre comme que l’éducation et la parentalité sont des sujets épidermiques qui mobilisent toute l’organisation sociale et la façon dont les individus ne sont organisés autour.
L’absence de jugement ou de projection est quasiment impossible. Mais l’empathie, la tolérance et l’écoute active suffise à soutenir de manière authentique…
Il serait peut-être bon de le rappeler à tou.te.s!

 

– Il reste la fatigue…

Pourquoi ce secret ?
Pourquoi dit-on uniquement que ce sont les nourrissons qui ne dorment pas?
Pourquoi personne ne communique librement sur le fait que le sommeil des bambin.e.s peut être encore plus chamboulé que celui des nourrissons ?
Pourquoi ne sait-on pas que le sommeil des enfants n’est pas acquis avant 3 ans (voici d’ailleurs un article concernant le sommeil) et que la plupart des enfants (allaités ou non!) se réveillent encore de 1 à 3 fois à 2 ans ?

Pourquoi ne dit-on pas que chaque poussée dentaire peut engendrer des réveils multiples à cause des tensions que cela engendre ?
Dois-je vraiment parler des autres maladies infantiles qui perturbent le sommeil, encore et toujours ?

 

Vraiment, ça me dépasse qu’il y ait un mutisme sur le sujet alors que l’ignorance crée des attentes irréalistes pour les parents!
Qui plus est, les pédiatres mal informé.e.s peuvent aussi avancer qu’à partir d’un certain poids, les bébés n’ont pas besoin de manger la nuit !
Bien… Mais, globalement à 32 ans, j’ai besoin de boire toutes les nuits!
Je dois l’empêcher à mon enfant ?
Ah oui, évidemment, si la méthode est de « laisser-pleurer » et compter sur la résignation acquise, nous n’avons pas les mêmes objectifs ! *wink*

 

Alors oui, forcément, le temps faisant, il est possible d’être plus fatiguée avec un.e enfant d’un an ou deux qu’avec un nourrisson.
Les journées, elles aussi, demandent plus d’énergie avec un.e bambin.e puisque le niveau d’interaction augmente, les demandes ainsi les stratégies pour réussir à concilier les besoins de tou.te.s mobilisent activement !

 

– Il reste: les interruptions et une vie à 100km/h !

Il est probable que tu aies trouvé un certain rythme avec ton tout-petit mais à partir de 15/18 mois, l’ensemble de ses progrès moteurs ne te permettent plus de d ‘effectuer avec décontraction certaines tâches.

En outre, cela fait 2, 3 ou 4 ans que tu es interrompue dans la plupart des tâches pour lesquelles tu t’engages: un appel à l’aide, un câlin, amener un enfant au toilette, le faire descendre de la table, …
Cela fait autant d’années que l’estimation du temps alloué à chaque tâche n’a plus vraiment de raison d’être.
D’ailleurs, cela peut rendre tendue, à force de répétition.

Si c’est globalement compris de la part d’un bébé, à partir d’un an, les interruptions répétées sont moins bien vécues.
Certaines femmes ont l’impression d’être persécutées par ces « freins » perpétuels.

Si la plupart des mères savent que les enfants ne sont pas exprès d’être oppressant, le vécu est parfois compliqué.et dépend des ressources de chacune.
L’isolement, le manque de soutien, les remises en question, le niveau de fatigue sont autant de circonstances qui favorisent l’exaspération et la baisse d’empathie envers les enfants.

 

– La dépression post-partum, si tard ?

Il se peut que tu saches très voire trop bien ce que c’est.
Pour d’autres, c’est un état qu’on est contente d’avoir évité.
Mais comme toujours au niveau des pathologies, il y a celles qui ont frisées les bords sans rentrer dedans selon toutes les caractéristiques diagnostiques… Et ça n’enlève rien à leur mal-être vécu.

Lorsqu’elle survient, la Dépression Post-Partum (DPP) se déclenche dans la première année de vie du bébé. Cependant, une DPP sévère peut démontrer des symptômes pendant de nombreuses années. La dépression post-partum survient chez 10 à 15% des femmes, elle dure plus de 2 semaines et est invalidante (contrairement au baby blues).

Si aucun trait de dépression n’était présent durant les premiers mois de l’enfant, il est probable que ce soit une dépression (qui n’a pas besoin d’être justifiée par le post-partum pour accepter son vécu) ou un Burn-Out Parental (que j’aborde dans le point suivant).
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Symptômes à surveiller

Sois vigilante s’il se présente les symptômes suivants :

  • une profonde tristesse sans raison apparente;
  • un épuisement permanent ou des problèmes de sommeil (dormir trop ou pas assez);
  • un sentiment de dévalorisation ou une culpabilité excessive (impression d’être une mauvaise mère, difficulté à établir un lien avec votre bébé);
  • un sentiment d’irritabilité et de refus de votre bébé;
  • une extrême anxiété (surtout en ce qui a trait au bien-être de votre enfant);
  • une incapacité à vous occuper correctement de votre enfant;
  • un désintérêt pour les activités ou un manque de plaisir durant celles-ci;
  • un changement d’appétit;
  • le sentiment que les choses ne s’amélioreront jamais.

Il est possible de passer un questionnaire pour estimer si une dépression post-partum est présente:

Questionnaire pour dépister la dépression post-partum: https://www.hug-ge.ch/depression-perinatale/comment-depister-depression-perinatale-quizz-epds

 

Que ce soit une dépression post-partum qui a encore des retentissements, une dépression (rechute ou inédite) ou un Burn-Out Parental, il est nécessaire d’investir sur soi-même et se lancer dans un suivi avec un.e psychologue.

La dépression est invalidante au quotidien, il n’y a pas de honte à ça.
Et si tu n’es pas touchée mais que tu as une connaissance qui a des signes qui t’interpelle, ose lui parler et lui proposer du soutien !

 

Source concernant la DPP:

https://www.soinsdenosenfants.cps.ca/handouts/depression_in_pregnant_women_and_mothers

https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2011-2-page-611.htm#

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/gyn%C3%A9cologie-et-obst%C3%A9trique/soins-du-post-partum-et-troubles-associ%C3%A9s/d%C3%A9pression-du-post-partum

 

– les risques de Burn Out Parental

Après plus de 2 ans d’investissement constant, et en fonction des circonstances… L’ombre du Burn Out parental peut poindre.
Voici les signes qui laissent penser que tu pourrais être concernée:

– La saturation et la perte de plaisir dans le rôle de parent

Le parent n’en peut plus d’être parent, il a un sentiment de trop, « trop plein », il ne parvient plus à trouver du plaisir dans son rôle de parent.

– La distanciation affective d’avec les enfants

Trop fatigué, le parent n’a plus l’énergie de s’investir dans la relation, ou en tout cas plus autant que d’ordinaire. Il prête moins attention à ce que ses enfants lui racontent ou les écoute d’une oreille distraite, il n’accorde plus (autant) d’importance à ce qu’ils vivent et ressentent, il ne s’implique plus (autant) dans leur éducation, il n’arrive plus (autant) à montrer à ses enfants combien il les aime. Il fait ce qu’il doit faire (les conduire à l’école, leur préparer à manger, la toilette, le coucher), mais pas plus.

Le contraste

Le parent prend conscience qu’il n’est plus le parent qu’il était et encore moins celui qu’il voulait être. Il ne se reconnaît plus, il a honte du parent qu’il est devenu. Il y a un contraste entre le parent qu’il était et celui qu’il est aujourd’hui

Source: https://www.burnoutparental.com

Page facebook de référence sur le sujet: https://www.facebook.com/burnoutparental/

Il est important d’être consciente de son propre état. La plupart d’entre nous ne laisseraient pas un.e de ses proches sombrer dans un état d’épuisement patent.
Pourtant, nous avons tendance à ignorer voire minimiser les signaux envoyés par notre corps.
Connaître les signes permet d’être en vigilance et à pouvoir chercher de l’aide avant de sombrer.

S’il n’est pas anormal d’agir de manière un peu « automatique », ce n’est pas normal que ces soit une attitude récurrente au quotidien.
Il n’est pas normal de ne réussir à ressentir aucune empathie pour ses enfants…
Contacte-moi ou un.e autre pro afin de recevoir de l’aide.

Autre ressource pour mieux comprendre le Burn Out Parental: http://www.femmesprevoyantes.be/wp-content/uploads/2018/10/Analyse2018-Burn-Out-Parental.pdf

 

– Le « Terrible two »: Mythe ou réalité?

Aux alentours de 18/24 mois, les enfants peuvent commencer à revendiquer leurs choix de manière plus ou moins de conviction.
Il survient aussi la « période du non » qui peut durer de 3 semaines à plusieurs mois, en fonction de la réponse parentale aux attitudes des enfants.

Certains parents vivent mal les nouvelles exigences que soulèvent leurs enfants. Il se mélange alors différents ressentiments dont l’exaspération de ne plus avoir un enfant aussi coopératif ou de devoir faire attention à de plus en plus de détails du quotidien.
Comme à toutes les évolutions des enfants, les parents doivent calibrer leurs attitudes afin de correspondre aux nouvelles compétences des enfants.
Il est fréquent que cela réveille nos croyances et les difficultés à passer au-delà en fonction de l’éducation que nous avons reçue.
Je t’invite à consulter l’article sur « la période d’opposition » si tu as justement besoin d’aide à ce sujet.

 

 

Il reste l’injonction à la sexualité

Entre la fatigue, un corps à-soi-mais-pas-vraiment-même-si-oui-quand-même, la charge mentale qui explose et la volonté de bien faire: il y a le couple (quand il y en a un).

Dans ce domaine-là aussi, rien n’est identique d’une femme à l’autre !
Beaucoup de femmes ont un désir réduit pour diverses raisons. Les raisons évoquées 3 lignes plus haut, mais aussi l’allaitement et surtout, les conflits dans le couple, qui peuvent impacter la lidibo.

 

Après 2 ans, le couple peut avoir trouvé un nouvel équilibre ou, à l’inverse, avoir cristallisé un fonctionnement qui ne convient à personne… Mais dont il semble difficile de sortir.

Que faire quand on n’a pas du tout envie ? Certains hommes sont également touchés par ce phénomène !
Que faire quand le couple bat de l’aile car les attentes/besoins sont différents ?
Que faire quand, en l’absence d’une sexualité complète, même les gestes tendres et sensuels ont disparu ?

Je déplore souvent une situation: l’absence de relation sexuelle s’est transformée en absence de tendresse et de contact.
Or, souvent, cela ne convient à aucun des partenaires…
Comment même espérer une relation sexuelle si les contacts physiques amoureux et sans attente sexuelle n’existent plus ?

La réponse souvent donnée: au moindre contact, cela déclenche une envie. Alors je/il préfère s’abstenir.
N’est-il pas alors temps de sortir de la traditionnelle perception de la sexualité hétéronormée sur le modèle penis-in-vagina ?
Il y a tellement d’autres choses à pratiquer afin d’attiser le désir …
Notamment…. PARTICIPER et FAIRE SA PART (sans compter rien d’égalitaire mais bien en fonction des capacités physiques/morales de chacun.e) dans la gestion quotidienne !
(source: https://contemporaryfamilies.org/sex-equalmarriages-advisory/)

 

Il me semble important de préciser que le contact est nécessaire dans un couple. Encore une fois, j’enfonce les portes ouvertes, mais cela renforce l’attachement entre les partenaires.

Ce qui vaut aux 6 mois du bébé, vaut également à 2 ou 3 ans!
Tout dépend du contexte et du métabolisme de chacun.

Comme je le disais précédemment, il se peut que la fatigue soit très importante. Les nuits entrecoupées, les moments de sérénité pour soi-même encore rares, mais aussi de l’allaitement en cours, ou non.

Dans aucun cas, je ne prétends que les femmes doivent se forcer. Au contraire.
J’invite les partenaires à conscientiser que le couple n’est pas réduit à la présence ou non des coïts !
La plupart des couples qui ont une certaines « anciennetés » peuvent témoigner de périodes de basse et de haute activité sexuelle… mais pas seulement !
Dans ces longs couples qui durent 20/30 ou 40 ans ont l’expérience de moments où l’harmonie était bien moindre.

Tout comme le lien avec les enfants se construit progressivement, et d’autant plus avec le parent qui n’est pas la mère, le temps, l’empathie et la bienveillance renoue des liens nouveaux dans cette nouvelle entité qu’est le couple avec enfant(s).

Je suis intraitable sur un sujet: Quelqu’un qui te dit qu’il/elle te trompera faute de relation sexuelle fait simplement usage de manipulation.
Il n’est pas normal de se soustraire à ses propres sentiments pour contenter l’autre !

 

Et puis, tout le bonheur …!

Bien sûr, dans ce texte, j’ai mis en évidence ce qui pose question voire ce qui crée des difficultés.
Il va de soi que tout n’est pas simultanément présent. L’objectif était de mettre en évidence que la psypérinatalité concerne tous les parents !
Au quotidien, nous sommes toutes mues par des questionnements: certaines sont focalisées sur leur mal-être corporel /psy, d’autres vont se questionner sur leur mode de parentalité, ou encore être touchées par des circonstances qui amoindrissent la santé mentale.
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Heureusement, à côté de tout cela, il est incroyable de constater tout ce que le corps a pu créer (et faire grandir, quand on opte pour l’allaitement).
Grâce à vos interactions, ton enfant forge sa personnalité, développe des traits d’humour, produit des perles verbales et les fous-rires peuvent raisonner.

Nous avons tendance à oublier que la vie peut-être une fête malgré l’empressement.
Les tâches à remplir avec un horaire précis peuvent nous embuer et nous faire perdre le goût de vivre avec légèreté.
Il y a parfois (souvent ?!) une ambivalence entre des sentiments négatifs et la joie d’être mère.
Il est possible de s’épanouir dans un rôle de mère au foyer.

Ou pas.
Il est possible de travailler à temps plein et d’adorer cela.

Ou pas.

Il est possible d’être pleine de gratitude envers la vie pour cet enfant,

Et détester le corps/l’hypervigilance que la parentalité implique, …
Il est évident que chaque situation nécessite un éclaircissement singulier.
Toutes tes pensées peuvent être acceptées.
Tu n’es pas obligée de te juger.
Une injonction n’a pas à en remplacer d’autres (poils vs imberbe; allaitement vs biberon), …

Tout l’intérêt de cela est de te reconnecter réellement à tes enfants, en prenant soin de toi, envers et contre tout!

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Communication Non-Violente

Quelles valeurs transmettre ? Zoom sur l’épilation et la pilosité des femmes

D’abord, je remercie @schelliehogan de rendre visible des jambes de femme poilues !
C’est impossible à trouver sur des banques d’images et encore moins les gratuites.

Mais pourquoi parler de poils ?
Parce que je suis une femme qui lutte contre le sexisme et qui est, forcément, hirsute ?
Pas totalement !

Je voulais te faire part de réflexions qui ont pris beaucoup de place dans mon être depuis que je suis jeune. Des croyances, du dégoût, des injonctions sociales… qui se heurtent à mes valeurs !

Je te plante le décor : comme énormément de jeune femme, j’ai grandi avec l’uniforme image de corps épilés/rasés.
Dès que j’ai eu 12 ans, il fallait que mes jambes n’arborent aucun signe de poils pubères (notion importante, cette puberté!).
S’en est suivie les premières épilations et les premiers rasages… qui sont vite devenus obligatoires. En fait, non, mais je les vivais comme tels.
J’étais impressionnée par ma propre mère, toujours impeccable, à « s’entretenir » tous les jours de chaque année. J’ai entendu des « ça fait négligé de ne pas être épilée » et autre phrase qui ancre profondément que poils = mort sociale et crasse !

Je le percevais comme un fardeau  indispensable. Il fallait s’entretenir pour être socialement adapté.
Pas de bol: j’ai un peau livide mais des poils bruns, épais et clairement motivés à   être aussi peu réguliers que mes cheveux (mais ça, je ne le savais pas… puisqu’ils ne dépassaient jamais l’état brosse de hérisson = 3mm!).
En plus, j’ai aussi des bras fournis. J’avoue que j’envie les blondes au poils fins, courts et discrets.
À 16/17 ans, je me revois me raser TOUT le corps, passer 30min sous l’eau pour ça et finir énervée et en sueur. Pour peu que ce soit aussi le jour du shampooing (1m20 de cheveux à l’époque !), je frisais la crise de nerf.

Bref, je me contraignais à le faire. Mais je détestais « prendre soin de moi ».
Pendant longtemps, je me suis crue folle: moi, jeune femme plutôt « coquette » (faut le dire vite hein !), je détestais prendre du temps pour ça.
Mais c’était inéluctable. Il fallait bien…
Je changeais de lame hyper souvent pour que la peau soit réellement douce… je me passais même les jambes à l’eau froide pour que la chaire de poule ne soit pas désagréable au toucher pendant 24h ! 🙄

Le temps passe et ma vie aussi.
Je me suis fait une raison. Je me suis habituée à cette injonction. De toute façon, il n’y a que ça. Aucun autre modèle.
Ah si, certains émergent maintenant comme Carolina de @lacarologie (qui en parlait avant). Tiens, c’est curieux.

Curieux car j’ai déconstruit énormément d’injonctions sociales faites aux femmes mais pas celle-là.
Je me revois me raser le pubis juste avant d’accoucher pour que tout soit clean (spoiler, non clean n’est pas adapté… je relate ce que j’utilisais comme expression pour te démontrer combien les mots ont leur importance !).


Mais voilà, jeune maman… il y a du « laisser-aller ». Je ne  devrais même pas y penser puisque je suis célibataire et en pleine hiver..  et pourtant, au lieu de profiter de 3min de douche sereine, je me rase!
Jusqu’aux 10 mois de ma fille où on a commencé à se laver ensemble (j’ai préféré faire bain commun que de subir ses protestations de bon matin !).
C’est alors que je me suis rendue comme que de voir mon corps allait ancrer ses propres stéréotypes.
Non seulement, se raser était rendu difficile, mais en plus, comment ne pas l’influencer dans ses choix de femme libre si elle n’a aucun modèle proche qui a une pilosité ?

Comment induire une liberté d’action en étant entouré.e de personnes qui répondent toujours aux injonctions sociales ?

Ce qui pose problème dans tout cela, c’est l’incohérence : vouloir enseigner la liberté alors que soi-même, on se sent piégé.e dans un système. Or, ces injonctions sociales ont une histoire… et celles des poils remontent à l’Antiquité. D’ailleurs, si tu veux en savoir plus là-dessus, cette petite vidéo est super : https://youtu.be/5bHBIpvJln0

Ça me fait une belle (et poilue) jambe de savoir que c’est culturellement ancré si profond… Mais comment puis-je arracher le bulbe (tu remarques le jeu de mots ?!) de cette puissante pensée que poils sur mes jambes = beurk ? Pourtant, je me suis volontairement exposée à des nouvelles modèles. Certaines pubs l’ont fait aussi… et ce qui est navrant, c’est que les mannequins qui ont posé tous poils dehors ont reçu des commentaires viscéraux et des menaces de mort ! Pour des poils…

Est-ce vraiment si important qu’une femme ne paraisse pas pubère ?

L’enjeu est aussi à ce niveau-là… Se raser revient à gommer les signes de notre puberté. Pour avoir l’air désirable, il faut être douce et imberbe (ou avec des zones maîtrisées!)… donc une petite fille. Est-ce vraiment ce dont j’ai envie pour la suite ?

Est-ce vraiment la société que j’ai envie de laisser à ma fille ? Grandir dans la perpétuelle continuité des injonctions faites aux femmes sur leur corps ?

Loin de moi l’idée d’une autre injonction qui serait de pousser les femmes à rester avec leurs poils.

L’idée, enfin la mienne, est que toutes les femmes aient le choix et que si le lundi ça les gonfle de se raser, elles peuvent sortir en jupe avec leurs jambes poilues mais que si elles ont envie de les raser une fois par an… Elles se sentent aussi libres de le faire.

Mon idéal social serait que les personnes face ce qu’elles souhaitent sans percevoir de contrainte ni d’attente.

Est-ce normal qu’à passer 30 ans, après des semaines de total lâcher-prise, je me sente incapable de marcher en jupe avec des jambes non épilées ou raser? Est-ce que ce sentiment d’inconfort est bon à transmettre ?

C’est limpide : si j’étais seule au monde, je ne ferai rien à mes jambes… Et c’est d’ailleurs ce que beaucoup font de manière saisonnière.

Alors, la question va être : mais tu trouves ça beau, toi ?

Heu… J’ai été élevée dans le dégoût de mes propres poils, mais j’ai aussi décidé de m’exposer à des modèles alternatifs (NDLR: alternatifs pour des poils qui poussent sur TOUTES les femmes). Je trouve presque seyant à certaines leurs poils aux aisselles… le reste, je m’en fiche. Littéralement. C’est poilu, sans jugement de valeur.

Pour moi, j’ai du mal. Je vis avec, car je souhaite que ma fille puisse choisir et vivre sans cette pression (et ça me l’enlève) mais le regard que je porte sur moi-même n’est pas positif.

Je me sens négligée, en laisser-aller, qui ne prend pas « soin de soi », … Alors que je me lave tous les jours et que je suis bien telle que je suis. Là encore, il y a de grosses incohérences entre mon conditionnement et mes valeurs/volonté de déconstruction féministe.

Tu pourras te dire : « Allô, tu es une fille et t’as des poils ?! » (Toute ressemblance avec une phrase connue… n’est pas fortuite!) et je te répondrais : « Oui, comme toutes les femmes. Même si très peu s’y confrontent de façon prolongée ! ».

Cet article semble léger… et oui, ce n’est pas issu d’une recherche intense mais il me trotte dans la tête depuis des mois. Les stéréotypes et les valeurs transmises par l’exemplarité ont un impact direct sur les indivus.

Il me semble que cela a autant d’importance face à une petite fille ou un petit garçon (d’autant plus qu’on ne peut prévoir son identité de genre future) puisque les futures femmes doivent pouvoir percevoir la liberté de leurs actions et les futurs hommes… être habitués à voir différentes modèles féminins ! Comme pour le sexisme (dont je ferai un prochain article), les femmes doivent reprendre le pouvoir sur elles-mêmes mais il est indispensable que les hommes soient élevés dans une logique de respect, de tolérance et et d’empathie envers le

J’aspire à une société plus tolérante et diversifiée où tous les modèles d’humain seront représentés !

Je rêve d’un monde sans minorité et stigmatisation.

Je rêve d’individus libérés de choisir réellement sans être poussés majoritairement par leur « habitus » (explication de ce terme de sociologie).

Bref, je rêve d’autre chose pour nos enfants… et le changement, c’est maintenant et ça commence par mes choix. Or, les choix passent par de nombreux processus étudiés en psychologie (dont la psychologie sociale?) et prendre un thème précis permet de démontrer l’utilité de la mise en perspective possible (ou difficile !).

Moi, qui me regarde avec mes incohérences !

Et toi, avais-tu déjà pensé à cela ?

J’ai déjà écrit un post « Quelles valeurs transmettre » sur les réseaux concernant la grossophobie que je publierai peut-être aussi sur ce site.

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Allaitement·Maternage proximal

Allaiter pour se faire plaisir… Détruire un mythe !

Un point énorme concernant la philosophie de l’allaitement.
Tantôt il doit être agréable, tantôt il est reproché qu’il le soit.
Le sein ne doit surtout pas être donné à contre-coeur, mais il ne doit pas non plus provoquer de plaisir !

Gros héritage de la culture judéo-chrétienne où plaisir et maternité ne pouvaient pas aller de pair (cachez ses accouchements organismes que je ne saurais voir!).
L’allaitement est reconnu comme l’alimentation la plus adaptée des bébés humains, et pourtant…

Pourtant, personne ne questionne le malaise des femmes vis-à-vis de leur poitrine. Personne ne questionne la peur de la dépendance que cela soulève. Personne n’évoque réellement l’impact (ou non) d’un allaitement sur le couple, le rôle du père et le métabolisme de la femme allaitante.

Toutes ces questions sont laissées à couvert. Sous prétexte de « choix » (j’en parle dans cet article concernant le choix éclairé d’allaiter ou non), aucune information n’est donnée. Un peu comme le rappelle la banalisation du recours à l’anesthésie péridurale…
Mais, à l’heure actuelle : toutes les questions peuvent être posées !
Osons mettre à mal les croyances autour de l’allaitement et ses propres croyances limitantes.

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Avant tout, je précise : oui, bien sûr que tu as le droit d’aimer allaiter.
Parce qu’allaiter te donne cette proximité intense, ce shoot d’ocytocine qui relaxe et crée l’attachement (et te rend plus cool avec les attitudes infantiles, autant le savoir!).
Parce que c’est pratique, idéal pour le bébé et plein de bienfaits.

MAIS …

Parfois, ça ne se passe pas comme prévu.
Parfois, la mise au sein n’est pas accompagnée et cela créée des douleurs (une gêne en début de tétée en fréquente les premiers jours). Cette mauvaise position peut créer des crevasses…
La douleur de celles-ci peuvent être insoutenables d’où l’intérêt de se renseigner et de s’entourer par des pro formés : blocages ostéo ? Mauvaise mise au sein ? Freins restrictifs ? Etc.

Alors ces femmes, qui ont poursuivi leur allaitement malgré une période de douleurs, l’ont-elles fait « pour elles » ?
Oui. Elles l’ont fait pour être alignées avec leur valeur et donner ce dont a besoin leurs bébés. Pour autant, ce n’était pas un plaisir voire même une vraie torture jusqu’à ce que la solution soit trouvée.

Mais ce n’est pas tout.
En dehors des causes physiques, il y a d’autres mécanismes qui engendrent que l’allaitement n’est pas une partie de plaisir chez certaines femmes !

C’est peu connu et cela plonge celles qui le vivent dans un grand désarroi.
Le fait d’allaiter peut créer des malaises, des sensations d’oppression, des nausées, une profonde tristesse et/ou une réelle aversion !

Plusieurs phénomènes sont responsables de cela.

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Le Réflexe d’Ejection Dysphorique :

Pour commencer, je vais aborder le Réflexe d’Ejection Dysphorique.

Il s’agit d’un phénomène qui se produit juste avant le réflexe d’éjection du lait (donc lors des premières succions du bébé lors d’une tétée).
Il ne s’agit donc pas d’une aversion à l’allaitement mais bien d’une réaction physiologique à l’éjection du lait.

Cette différence est notable afin de ne pas faire croire aux femmes que cette réaction veut dire que l’allaitement n’est pas pour elles.

Comment se caractérise le RED ?

Les sensations souvent rapportées sont un sentiment d’angoisse et de dépression, de partir et des nausées. Il peut également y avoir des pensées suicidaires, de la panique, une agitation, un sentiment d’être attaquée, ressentir de l’agressivité et des sensations d’emprise.
Selon les informations données par La Leche League https://www.lllfrance.org/1702-le-reflexe-dejection-dysphorique : « Certaines femmes ressentent la même dysphorie dans un contexte sexuel : lors d’une enquête auprès de femmes ayant fait état d’un RED, 11 % disaient avoir le même type de vécu émotionnel en cas de stimulation des mamelons dans un cadre sexuel. »

Habituellement, les sensations s’estompent après 30s à 2 minutes… Mais elles peuvent revenir si plusieurs réflexes d’éjection surviennent lors d’une même tétée.

Mais POURQUOI ?

Il semble que ce soit une réaction aux phénomènes hormonaux qui se produisent pendant une tétée.

Pour citer à nouveau la LLL : « Les données actuelles permettent de penser qu’il s’agit d’une réaction hormonale.
Pour certains, ce serait en rapport avec la sécrétion de dopamine. Au moment du réflexe d’éjection, il y a une augmentation rapide du taux d’ocytocine, et le taux de dopamine chute. La dopamine inhibe la prolactine, et la baisse de son taux favorise l’augmentation du taux de prolactine. La plupart du temps, cela ne pose aucun problème, mais chez certaines mères, il semble que la chute du taux de dopamine soit anormale, et que cela induise de façon réflexe les réactions émotionnelles négatives.
Pour d’autres, chez les femmes qui présentent un RED, les voies de l’ocytocine seraient mal « câblées », et la sécrétion d’ocytocine concomitante au réflexe d’éjection déclencherait, comme dans le syndrome de stress post-traumatique, une réponse combat-fuite, au lieu de la réponse positive qui se produit normalement. Il faudrait donc aider le système hormonal de la mère à réassocier le réflexe d’éjection à des sensations positives et le dissocier de la réponse au stress. Voir Kerstin Uvnas-Moberg et Kathleen Kendall-Tackett, The Mystery of D-MER. What Can Hormonal Research Tell Us About Dysphoric Milk-Ejection Reflex ? »

Il semble important que les femmes qui vivent ce type de phénomène puissent savoir de quoi il s’agit et qu’elles ne sont pas « folles » de ressentir cela.
Il apparaît indispensable de les déculpabiliser sur les effets qu’aurait alors un « allaitement à contre-coeur » sur leur bébé.
Certaines femmes qui tiennent réellement à leur allaitement sont prêtes à aller au-delà des inconforts sévères et cela se cause aucun tort aux bébés !

Les femmes qui vivent un RED ne peuvent pas contrôler leurs pensées pendant les épisodes ni modérer les sensations.
Il est intéressant pour elles de se pencher sur leur hygiène de vie en tentant d’intervenir sur la suffisance du sommeil (difficile lors des premiers mois), sur l’équilibre alimentaire et le soutien reçu de l’entourage.

Des prises en charge médicales peuvent être envisagées (disponibles dans l’article de la LLL) mais il est nécessaire de se rappeler que les médicaments utilisées en santé mentale (anti-dépresseurs, notamment) ne sont pas efficaces ni souhaitables à prendre sans suivi psychothérapeutique !

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L’allaitement Aversion Agitation

Ce second phénomène est encore moins connu que le RED.

Ce que ça n’est pas :

– une aversion pour l’allaitement dans l’absolu :

– une aversion à cause d’abus antérieurs ;

– un rejet social de la pratique d’allaitement ;

– une volonté délibérée de donner des PCN.

Ce que c’est …

Les symptômes (source : https://www.breastfeedingaversion.com/what-is-it-french )
– Se sentir envahie (trop de contact physique) ;
· Ressentir de l’inconfort, de la douleur, des démangeaisons envahissantes pendant la
tétée ;
· Ressentir de la colère, de la rage quand bébé est au sein ;
· Se sentir désespérée et vouloir partir ;
· Vouloir sevrer, mais ne pas vouloir sevrer ;
· Ressentir de la honte, de la culpabilité à propos des sentiments décrits plus haut.

L’aversion peut avoir lieu une fois, ou à chaque tétée.
Elle peut apparaître dès les premiers jours ou survenir du jour au lendemain, quel que soit l’âge du bébé, bambin ou enfant.
Cette réaction étonne souvent celles qui vivaient jusqu’alors un allaitement globalement épanoui.
Il peut y avoir des situations où elles apparaît particulièrement : en cas de fatigue intense, la grossesse, le co-allaitement, la déshydratation, en comorbidité de la dépression post-partum, le manque de vitamines et minéraux, si la fréquence des tétées augmentent soudainement (douleurs dentaires/maladie), pendant l’ovulation, au retour des règles, …
Bref, des situations qui bousculent le corps et l’esprit.

Les femmes qui vivent de l’aversion et de l’agitation pendant l’allaitement se sentent souvent coupables de ressentir de telles émotions négatives vis-à-vis de leur enfant en train de téter mais aussi de vouloir interrompre la tétée absolument.

Comme les professionnel.le.s de santé ne sont pas formés, ce phénomène n’est pas mis en mots et la seule option proposée aux femmes est d’introduire des PCN (les laits infantiles).
Pourtant, comme pour le RED, les femmes qui vivent un AAA souhaitent souvent pouvoir être soutenues afin de poursuivre leur allaitement.

Peut-on réduire les émotions négatives lors de l’AAA ?

D’abord, il est indispensable de laisser aux femmes l’espace pour exprimer ce qu’elles ressentent et de valider le fait qu’elles ne sont pas seules à vivre ce phénomène.

Ensuite, il est intéressant de se pencher sur les différentes situations soulevées plus haut.
Par exemple, savoir que l’aversion a lieu à certains moments du cycle menstruel, ou en cas de grande fatigue, peut permettre de mieux supporter ces épisodes-là.

Il est donc aussi nécessaire de se reposer autant que possible afin de ne pas créer de dette de sommeil qui peut renforcer les aversions.

Un autre élément est la qualité de l’alimentation et l’apport suffisant en vitamine D et B12. Il semble que cela aide à réduire l’intensité de l’aversion.

La prise du sein (et donc les gênes occasionnées) peuvent être la source d’une aversion progressive. Il est nécessaire de préciser que la prise du sein concerne tous les âges et que même si elle est correcte par le nourrisson, elle peut se détériorer quand en devenant bambin.

Il faut bien vérifier l’ouverture de la bouche, le retroussement des lèvres et la position de l’enfant lors des tétées (celles plus acrobatiques sont moins plaisantes!).

Selon https://www.breastfeedingaversion.com une autre astuce pour diminuer le sentiment d’aversion est une distraction cognitive. Allaiter en étant entourée et en discussion, tenir un glaçon dans sa main, mettre de la musique, … Tout ce qui permet à votre cerveau de ne pas être totalement disponible pour l’aspect émotionnel durant la tétée.

En citant cet article https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/2076-reflexe-d-ejection-dysphorique-3-cas de la LLL« Il existe peu de données sur les sentiments d’aversion à l’allaitement dans la littérature médicale. Ce phénomène diffère du réflexe d’éjection dysphorique (RED – qui est ressenti exclusivement pendant le réflexe d’éjection) par l’absence de mécanisme physiologique clair, mais comme le RED il se signale par des sentiments négatifs intenses pendant les tétées. Ce phénomène semble plutôt en rapport avec des mécanismes psychologiques et/ou émotionnels ».
Conclusion :

Le principale problème des dyphories liées à l’allaitement est qu’elles ont cours tout au long de la journée, au rythme des tétées.
Il peut alors survenir une appréhension vis-à-vis des tétées et une sentiment de mal-être diffus puisque des pensées noires, notamment sur le sentiment d’auto-efficacité en tant que mère.
Pour autant, il ne faut les confondre avec des dépressions post-partum !
Dans certains cas, les femmes ne parviennent pas à poursuivre l’allaitement tellement les émotions négatives et les sensations prennent le pas sur la volonté de donner du lait maternel. Or, dans le RED, le tire-allaitement ne permet pas de réduire les sensations négatives…
Il est alors nécessaire d’accompagner sans jugement les femmes qui vivent ces phénomènes !

Les femmes qui vivent des dysphories inhérentes aux faits de l’allaitement se sentent souvent en décalage avec les autres femmes allaitantes car elles ne partagent pas leurs ressentis d’épanouissement.
Il est réellement indispensable de soutenir l’envie d’allaiter et de les déculpabiliser sur les hypothétiques effets d’un allaitement « à contre-coeur »Il est nécessaire d’encourager les femmes à faire leur propre choix sur la poursuite ou non de l’allaitement tant en cas de RED que pour l’AAA.
Les sentiments de mal-être peuvent être si intenses qu’ils questionnent le désir d’allaiter…

Alors, pour être claire : NON, on n’allaite pas pour son bon plaisir dans toutes les circonstances.
La principale raison d’allaiter est de fournir le meilleur aliment pour son enfant.
Oui, heureusement que les femmes allaitantes apprécient allaiter, c’est d’ailleurs nécessaire à la survie d’une espèce. Il n’y a d’ailleurs rien à voir entre le plaisir d’allaiter et un quelconque autre plaisir charnel.
Seul.e.s les ignorant.e.s prétendent l’inverse : aucun lien incestuel, aucun rapprochement avec un désir malsain, il y a juste la volonté de vivre en fonction de ses valeurs (et de ses moyens) !

Pour l’allaitement, comme les autres sujets de la parentalité, tout n’est pas que plaisir et volupté. Tu as le droit de parler de ce qui est difficile, même si tu aimes être maman/papa !

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

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Sources :

– site de référence concernant le RED (appelé D-MER en anglais) : https://d-mer.org/

– site de référence concernant le AAA (BAA en anglais) : https://www.breastfeedingaversion.com/

Maternage proximal·Préparer la naissance

Le non-séparatisme : pilier du maternage ou extrémisme ?

Si je te disais que ma fille de 27 mois n’a pas été séparée de moi plus de 2h consécutives ?
Si je te dis que tous les jours depuis sa naissance, la seule manière qu’elle fasse une sieste en respectant son rythme est qu’elle dorme en portage?
Si je te dis que je n’ai jamais eu besoin ou envie de me séparer d’elle ?

Quel ressenti as-tu?
Trouves-tu que j’ai de la chance de rester avec ma toute petite ou estimes-tu cela contraignant?

A n’en point douter, je n’aurais jamais imaginer vivre cela quand j’étais enceinte et même durant ses premiers mois.

Dès le départ, portage, allaitement à la demande et cododo furent une évidence et remplirent ses besoins (et les miens).

👉De son côté, elle avait besoin d’une proximité intense, se réveillait si je la déposais,…
👇Du mien, j’avais besoin de cette proximité pour assurer ce continuum de l’être qui avait grandi en moi.
Mais pas seulement, maman solo, j’avais mon quotidien à assurer, mes douches à prendre, des lessives (beaucoup !)… et sortir pour prendre l’air.
Le portage m’a permis de tout faire, ma fille s’éveillant et s’endormant à sa guise.
C’est à ce moment là que j’ai commencé à écrire sur mon site et que j’ai crée cette page.
J’avais besoin de me sentir utile socialement.

Si j’avais prévu 5 mois de présence auprès de ma fille (congé mat + congés légaux cumulés + sans solde de quelques semaines), je n’avais pas prévu les angoisses qui me saisirent lorsque que j’envisageais de laisser à quelqu’un ma toute petite.
J’avais fait une sélection énorme, payer des acomptes de réservations, ….
Pour finalement demander d’allonger mon congé sans solde.
Comment? En ayant économiser le maximum depuis ma grossesse et décidant de vider mes comptes pour profiter d’elle 3 mois de plus… et me faire à l’idée de retourner travailler.

Problème n°1: ce boulot m’avait mise sur les rotules et je ne partageais aucune valeur avec mon entreprise.
Problème n°2: je trouvais insensé de retourner gagner de l’argent pour payer une tierce personne afin de garder ma fille.
Problème n°3: comment accompagner ma fille dans son développement authentique et sans barrière d’obligation de façade si moi, je lui imposais un rythme qui n’était pas le sien et une mère fatiguée et triste.

Le dessin s’est effectué dans ma tête. Il me fallait encore du temps.
Nombreux pro auraient pu me dire que ma volonté de non-séparation était pathologique.
Des amies m’ont soufflé que le temps ne changerait rien et que je devrais m’y faire. Les premières semaines seraient dures et cela deviendrait de plus en plus simple.
D’autres connaissances m’ont confronté dans l’inverse… Elles aussi étaient restées sans travailler pendant 1, 2, 3 ans.
Je me suis demandée comment mon féminisme pouvait comprendre ce retour à l’inactivité professionnelle.
La réponse fut simple : c’est un choix. Un vrai choix de ma part et non guidé par une morale culturelle.
Et avant que je ne doive reprendre le travail… le destin s’est chargé de la décision pour moi: une fracture au pied.

Me voilà donc, en arrêt de travail, à m’occuper d’un bébé de 8 mois sur un pied (et une orthèse).
D’une solitude consentie, j’expérimente un isolement subi.
Impossibilité de conduire, de voir du monde, de sortir de chez moi, ou presque. Lorsque l’on habite loin de ses proches, la moindre tuile devient un cataclysme.
J’ai eu la chance d’avoir une fille merveilleuse, qui se contentait de jeux en intérieur des heures durant.
Les journées se ressemblent toutes et la question de la séparation avec ma fille ne se pose plus: la guérison peut prendre plus de 6 mois (spoiler: cela fait plus de 18 mois et ma motricité est encore impactée…).
Mon isolement m’a néanmoins aidé à choisir une autre voie: partir et changer de vie.
Me rapprocher de ma famille me semble évident afin de ne plus subir (et faire subir à ma fille) une telle situation.
En outre, je voulais que ma fille puisse développer des liens étroits avec sa famille dans son ensemble. Je souhaitais aussi pouvoir solliciter de l’aide et du soutien dans mes ambitions entrepreneuriales qui se sont développées…

18 mois sont passées et j’ai appris à lâcher-prise.
J’ai décidé de ne plus m’intéresser dans le fait de savoir si ma fille s’endormirait un jour sans être portée en journée.
J’ai décidé que mes choix d’accompagnement n’avaient pas à être questionnés pour des us sociaux.
Bien sûr, j’ai de la chance de partager mon quotidien avec des personnes qui sont dans une acceptation sans faille de mes choix. C’est incroyablement rare que ce soit le cas en intergénérationnel. D’ailleurs, si tu as des difficultés avec tes proches, je t’invite à lire l’article : « comment faire pour que mes proches acceptent mes choix? »

Aujourd’hui, j’ai décidé que tant que ce n’était pas indispensable ou voulu par ma fille: elle n’avait pas à être séparée de moi (c’est comme ça qu’elle m’a accompagnée lors de mon TEDx concernant le portage).
Cela veut dire que j’ai la chance (encore) qu’elle soit gardée par sa grand-mère quand c’est nécessaire et j’ai une absolue confiance dans ces moments-là.
Au quotidien, ma fille est très en demande de partager des moments avec sa grand-mère, elle est très sociable avec les adultes (plus réticente des comportements plus imprévisibles des enfants), se développe sans aucune contrainte.

Est-ce pathologique que j’ai refusé les séparations avec elle jusque-là ?
Non. C’était ce que mes tripes me dictaient. Il y a une transmission transgénérationnelle du fait de ne pas avoir confiance dans les structures collectives, j’en suis conscience.
Je me suis énormément interrogée sur l’impact de mes choix… et j’ai agi de manière éclairée.

Est-ce infantiliser ou de bloquer l’autonomie de ma fille que d’agir de la sorte ?
Au quotidien, il est aisé de constater que ce n’est pas le cas.
Ma fille a son tempérament et je ne peux pas savoir ce qu’il aurait été en ayant été séparée de moi très tôt, comme c’était prévu.
Ce que je sais, c’est que je n’aurais pas vécu ce que je voulais vivre en tant que mère.
Les séparations en-deça d’un an sont considérées comme précoces (voir le livre de Margot Sunderland « La science de l’enfant heureux »).

Pour la suite, je n’ai peur de rien.
L’allaitement à la demande évolue et ne peut être comparé entre un bambin et un nouveau-né.
Le cododo est toujours salvateur, surtout quand on a un.e bambine qui ne fait pas nos nuits (je te propose d’ailleurs de lire l’article sur le cododo pour avoir toutes les informations nécessaires).
Il y a plusieurs mois, je rédigeais d’ailleurs cet article « Maternage, oui ! Mais jusqu’à quand?« .
J’ai de moult projets, dont professionnels, qui pourront se réaliser lorsque je pourrais m’absenter une nuit et partir des journées entières.
En cela, oui, l’allaitement exclusivement à la source a un impact sur la manière d’accompagner mon type de maternage.

Par cette longue storytelling, je t’explique comment j’en suis arrivée à pratiquer le non-séparatisme dans mon type de maternage proximal.
Aujourd’hui, je revendique un non-séparatisme socialement accepté afin qu’on ait le droit (et non l’obligation) de pouvoir garder ses enfants autant qu’on le souhaite et que l’environnement soit childfriendly. Tu veux en savoir plus ? Inscris-toi au magazine Grandir Autrement ou attend le n°82 qui sortira en mai. ;-p
L’idée n’est pas de promouvoir MON fonctionnement, mais de te transmettre que c’est possible et TU es la seule personne à savoir ce dont VOUS avez besoin ton bébé et toi.
Il y a autant de manière de materner que de famille.
Nous avons tou.te.s une résilience qui nous est propre.
Nous avons tou.te.s une histoire et des bagages émotionnels.
Cela impacte notre fonctionnement, notre tempérament, notre seuil de tolérance.
S’il y a des choses qui te font souffrir, une prise en charge psychologique est possible !

J’espère que cet article aura été attrayant !

 

A bientôt pour de nouvelles curiosités !

 

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