Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

« C’est à moi! » : bousculades, cris et émois. La possessivité, comment l’aider ?

 

Vis-tu aussi avec cet.te enfant qui arrache des mains un jouet ? Ou ce bambin qui pleure à chaude larme car un autre est en train d’utiliser ce sur quoi il lorgnait ?
Tu entends les cris, la frustrations et … l’expression de la possessivité, du moins, le crois-tu.

Mais est-ce réellement de la possessivité au sens où les adultes l’entendent généralement ?

La possessivité matérielle dans l’enfance est-elle de l’égoïsme ou de l’égocentrisme ?
Assurément, non !
Tout simplement parce que les enfants en bas âge ne sont pas en mesure de faire la distinction entre la possession d’un objet et l’envie de jouer avec !
Non seulement ils n’ont pas encore les capacités langagières mais, en plus de cela, ils ressentent de manière similaire l’otage d’un jouet qui leur appartient et d’un jeu sur lequel ils étaient affairés. Les réactions sont d’autant plus fortes lorsqu’il s’agit d’un objet spécifique comme le doudou ou des affaires des parents.
Première étape : arrêter de croire que ton/tes enfants sont des égoïstes/possessifs maladifs.
Ce sont des enfants qui découvrent le monde et… aussi les règles de vie en collectivité.
Ne dit-on pas, « l’enfer, c’est les autres ? ». Ok, j’abuse un peu… Parce que sans interaction sociale, les enfants n’iraient pas loin….
Cependant, il suffit de voir deux enfants en bas âge dans un même espace de jeu.
Souvent, livrés à eux-mêmes et sans médiateur/trice, les cris et les pleurs de frustration retentissent rapidement. Machin a osé toucher la peluche d’Untel, pendant que ce dernier essayait de grimper sur le camion en bousculant Truc.
Bref, c’est la foire… Car ils ont du mal à gérer leurs émotions, ils ont envie d’explorer et de prendre du plaisir ! Ils ont la croyance que l’autre peut leur retirer ce qui leur procure du bonheur…
Et soyons honnêtes : qui aurait envie qu’un individu vienne s’emparer de son smartphone/ses crayons/son jeu de carte sans crier gare ni préambule ?
Et même avec une demande en bonne et due forme, aurais-tu envie de cesser immédiatement ton jeu pour le donner à autrui ?

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Alors, d’entrée de jeu (ah ah !), il faut baisser ses attentes.
Avant 4, voire 5 ou 6 ans, il est illusoire de s’attendre à ce que les enfants comprennent spontanément le mot « partage ».
Et forcer la chose en les grondant, minimisant leurs émotions de tristesse/frustration ou encore en leur arrachant un jouet des mains ne les aidera pas à partager. Au contraire, ils se sentiront culpabilisés et blessés dans une situation d’échange social. Ils pourraient commencer à fuir les autres enfants à cause des mauvaises expériences ou à devenir agressifs afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Il y a mieux comme rapport aux autres…

Avant deux ans, ils jouent en parallèle les uns aux autres. Ils ne jouent pas ensemble, ils s’imitent sans interagir réellement (la plupart du temps).
Dès cet âge-là, il est possible d’introduire les notions de partage avec la nourriture. L’exemplarité est alors un maître-mot : à toi de partager ton bout d’aliment avec ton enfant (ok, je sais que tu le fais déjà, puisque c’est le principe même de la DME dont je parle dans cet article) mais aussi avec d’autres personnes. Mais cette fois, il sera profitable de le faire en verbalisant la notion de partage.

Aux alentours de deux ans, la notion de « prêt » est encore difficile. L’échange d’un jouet contre un autre est plus simple car ils obtiennent quelque chose en échange.

Au fur et à mesure, il sera possible de mettre en place des stratégies pour aider les enfants à patienter et comprendre qu’un objet peut-être utilisé par diverses personnes.
Par exemple, il est possible de leur démontrer qu’un accessoire prêté leur sera rendu après une durée particulière via l’utilisation d’un chronomètre. En commençant par des durées très courtes, entre ton enfant et toi, il comprendra que la sonnerie « dicte » le temps d’usage de l’un et de l’autre. C’est un modèle ludique avec plusieurs enfants en bas âge.

Vers 3 ans, la verbalisation s’améliore notablement ce qui facilite les opportunités d’exprimer ses désirs, l’envie de jouer avec d’autres enfants et de répartir les objets aux uns et aux autres. C’est ainsi que s’affine les compétences sociales ainsi que les notions d’égalité et d’équité.

4 ans sonne l’arrivée des réelles compétences de partage, de don et de plaisir d’offrir. Si l’entourage a sensibilisé les enfants à l’expression et la reconnaissance des émotions, ils seront en mesure de s’exprimer avec leurs pairs. Cela leur permettra de développer des liens sociaux plus apaisés.

Après 5 ans, les enfants acquièrent la capacité de se mettre à la place d’autrui. Ils peuvent alors transposer leurs propres ressentis à ceux des autres. Ils pourront alors comprendre pourquoi un objet est particulièrement précieux, entendre des explications… Bien qu’il soit encore fréquent qu’un référent doive intervenir afin de les aider à mettre au clair certains conflits.

Il est nécessaire de retenir cette phrase : « Obliger les enfants à partager ne fait que les pousser à s’accrocher encore plus à leurs affaires. Le partage forcé sape toute tendance à donner de bon coeur. » Faber et Mazlish

Cela coule de source, enfants comme adultes, la contrainte n’engendre jamais de satisfaction.

Donc forcer à prêter ou mépriser le refus du prêt n’amènera à aucune conséquence positive.

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– le partage s’apprend par l’exemplarité et l’expérience

Comme expliqué plus haut, il est nécessaire que les enfants aient les capacités cognitives nécessaires pour appréhender la notion de partage et de ses avantages.

Parce qu’il faut bien admettre : prêter ses affaires n’est pas couronner de joie à chaque expérience. Mais c’est une attitude utile au niveau des compétences sociales. Nous la pratiquons afin de créer et conserver des relations agréables.
Cependant, qui n’a pas été déconfit devant l’état d’un objet ou d’un livre prêté ? Qui a décidé de ne jamais prêter certains biens ?

Le partage est une notion utile… Mais elle comporte des risques en termes d’usage et de possession. Il semble que les enfants en bas âge comprennent éminemment bien ces risques !
Qui n’a jamais craint de l’état dans lequel sera rendu un objet prêté ?
Et qui n’a jamais expérimenté un prêt devenu définitif ?

Ce sont ces risques-là qui peuvent empêcher tant les adultes que les enfants d’avoir envie de prêter ou partager leurs affaires.

 

– Possession ou utilisation ?

Un autre élément indispensable à mettre en œuvre au quotidien : l’usage des mots.
Il est fréquent que nous disions « Oui, c’est ta tasse ! » ou « peux-tu me donner mon verre? » etc. Il serait plus exact de dire « le verre/l’assiette/… que j’ai utilisé ».

La plupart des objets du quotidien sont communs. Il peut être intéressant, dans les périodes « sensibles » de préciser cette distinction.

Il est aussi envisageable de mettre en place des activités rendant indispensables la collaboration au niveau moteur : « Tiens, portons cela ensemble ! », par exemple.

Dans tous les cas, il est indispensable de verbaliser et de mettre en évidence les compétences des enfants ainsi que la joie prodiguée à autrui lorsqu’il utilise un nouvel accessoire.
Il est aussi utile de verbaliser les émotions ressenties et d’expliquer qu’il sera possible de manipuler prochainement l’objet de son désir, après que l’usage par un autre enfant s’achèvera.

 

– Apprendre le partage ?

Comme évoqué ci-dessus, il est surtout nécessaire d’attendre que les enfants soient prêts en terme de développement à comprendre réellement le sens du partage.

Il est néanmoins possible de parler de ce concept et de marquer les avantages de cela.

Alors oui, le partage, tout comme les autres compétences pro-sociales, s’apprennent… par l’exemplarité et les fabuleux neurones miroirs. Des jeux collaboratifs sont de belles options afin de changer une dynamique de compétition/possession vers une ambiance participative.

Il est pourtant indispensable de ne pas forcer le partage ou d’initier une gronderie face à un enfant qui adopte des comportements possessifs.
La meilleure solution est d’alors d’orienter l’enfant tiers vers un autre intérêt et de verbaliser auprès de l’enfant « possessif » ce qu’il ressent et les options/bénéfices en vue du prêt.
Mais il faut être capable d’accepter son refus, sans le critiquer. L’idéal est d’alors d’aller trouver l’enfant tiers afin de s’excuser et de solliciter sa compréhension face à l’attitude de l’enfant qui ne souhaite pas prêter.

Expliciter tout haut les notions de désir, de plaisir, de joie et d’emprunt finiront par ancrer les compétences pro-sociales aidant au partage.

 

– les enfants uniques : une problématique ?

Il est fréquent qu’un adage sur les enfants uniques émergent : ils seraient égoïstes ou narcissiques !

Ils n’ont pas dû prêter leurs jeux ni leurs parents, il est alors cru que cela conditionne leurs dispositions pro-sociales.

C’est oublié que les enfants qu’ils soient en fratrie ou uniques sont des êtres au cœur d’un système social. Ils n’en sont pas exclus… Et pour peu que ces enfants soient particulièrement friands d’interactions sociales, ils vont apprendre les codes associés.
La sociabilisation passe d’abord par la famille.

L’absence d’autres enfants ne conditionnent pas la personnalité des enfants. Une récente étude le démontre même :

Cependant, il est possible qu’en étant seul enfant et gardé par un des parents ou la famille, il y ait une moindre expérimentation des contraintes inhérentes à la vie avec d’autres enfants du même âge.
Indubitablement, dans cette configuration familiales, les parents ne passeront pas du temps à modérer les relations fraternelles. Or, les disputes s’orientent régulièrement sur les centres d’intérêt, l’usage d’un objet ou une place précise …

Les enfants uniques, comme les autres, découvriront pourtant que certains objets sont utilisés et appartiennent à des personnes déterminée.
Ils seront susceptibles d’exprimer leur mécontentement ainsi que leurs envies lorsqu’ils observent un autre individu manipuler certains objets.
Ils apprennent juste les règles du jeu social.
A nous, parents, de savoir accepter où se trouvent les limites de nos enfants et de leur reconnaître le droit de pas prêter les affaires trop chères à leur cœur. Chaque chose en son temps… et faisons fi des regards réprobateurs extérieurs !

 

– La fratrie à l’épreuve du quotidien

Au sein des fratries, le partage est une notion intrinsèque à la parentalité.
Les enfants partagent leur parent. Forcément, les enfants uniques auront toute l’attention. Lorsqu’un nouvel enfant paraît, l’attention se focalise (du moins, se scinde) vers ce petit être.
D’une part, les nouveaux-nés demandent des soins et une présence intense qui peuvent frustrer l’aîné. D’autre part, ce(s) dernier(s) doive(nt) parfois changer d’environnement : nouvelle voiture, nouvelle chambre, voir leurs affaires de bébé transmises à un autre, …
C’est un réel bouleversement pour les « grands », qui ne le sont pas toujours. Par exemple, lorsque les enfants ont un écart de 15, 18 ou 24 mois à peine.
A ces âges-là, il n’y a pas trop d’un voire deux parents pour s’occuper d’un seul enfant. Alors si un second survient, les difficultés quotidiennes sont exponentielles.

Il y a un équilibre à trouver dans la répartition du temps à accorder à chaque enfant et au rituel de transmission des objets d’un enfant à un autre.
Il peut être intéressant d’intégrer l’aîné au choix des affaires qu’il veut donner au plus petit. Il faudrait aussi que les parents acceptent les refus.
Oui, il peut vivre des régressions à plusieurs niveaux : continence, alimentaire, type de jeux, besoin de contact, etc.
Je t’invite à percevoir ça comme une stratégie pour s’assurer que toi, parent, sera toujours là pour elle/lui. Ne lui refuse pas de faire quelques pas en arrière et gratifie le/la de toute ta tendresse. Tu peux également verbaliser ses ressentis en reconnaissant combien cela peut être difficile à vivre.

Ensuite, dans la vie quotidienne, il peut être nécessaire de trouver des astuces et d’apprendre à aux aîné.e.s de protéger les affaires qu’ils/elles affectionnent particulièrement.
Lorsque les enfants sont en âge de jouer ensemble dans un objectif commun (ce qui n’est pas aussi tôt que la plupart des enfants le rêverait quand leur est vendue l’idée « d’un petit frère/petite soeur pour jouer »), il est commode de s’orienter vers des tâches collaboratives et des jeux excluant le principe de compétition.

 

– Le cas des jumeaux

Il est possible de s’en douter, avoir deux enfants du même âge, c’est sportif à plusieurs niveaux : gestion émotionnelle, intérêts (aussi similaires que différents), stade de développement, …
L’organisation quotidienne demande de vraies ressources… Et sur le sujet, voici un article qui en regorge : https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

En voici un extrait : « Vous avez sans doute des objets qui vous tiennent à cœur et que vous ne voudriez pas prêter à quelqu’un, alors ne vous attendez pas à ce que vos jumeaux partagent leurs objets préférés respectifs. Cela est tout à fait normal, s’il y a un jouet ou un livre, entre autres, que l’un ou l’autre de vos deux enfants aime particulièrement, ne l’obligez pas à le partager. Cependant, faites-lui comprendre qu’il doit ranger son jouet ou son livre, et ne pas le sortir en présence de l’autre s’il ne veut pas le partager.

En général, ces méthodes encouragent les jumeaux à partager. Mais n’oublions pas que les enfants restent des enfants, donc ils se disputent, et parfois ils ne veulent tout simplement pas partager. A vous de travailler constamment à créer un environnement familial toujours propice au partage. »

 

– Aider ton enfant à entrer dans une dynamique de partage ?

Voici des conseils fort bien fourni par cet article dont j’effectue un copié/collé :

« Voici plusieurs conseils qui vous permettront d’apprendre à votre enfant à partager :

  • Prévoyez assez d’espace pour qu’il puisse jouer à côté d’un autre enfant tout en ayant de la place pour ses propres jouets et pour ses activités.
  • Dès que votre enfant sait parler, donnez-lui des exemples de phrases pour l’aider à entrer en contact avec les autres : « Veux-tu jouer avec moi? », « Peux-tu me prêter ton ballon? », « C’est à moi », « C’est à toi », etc.
  • Encouragez votre enfant à se mettre à la place des autres en lui parlant de ses propres sentiments et de ceux que les autres ressentent. Par exemple, dites-lui « tu aimes jouer avec ta poupée, tu es heureux » ou « ton ami n’a pas de jouet, il pleure, il a de la peine ».
  • Félicitez votre enfant quand il est capable de partager et de jouer à tour de rôle avec un autre enfant. Décrivez-lui les sentiments de son ami : « Regarde ton ami, il sourit ! Il est vraiment content que tu le laisses jouer à son tour avec la balle. »
  • S’il veut le jouet d’un autre enfant, aidez-le à trouver un autre objet intéressant ou une autre activité qui lui plaira pour lui apprendre à patienter.
  • Apprenez-lui à faire des échanges : « J’ai une belle poupée. Je peux te la prêter si tu veux. Que me donnes-tu en échange? »
  • Nommez ce qui appartient à votre enfant (vêtements, jouets, lit, etc.), ce qui appartient à ses frères et soeurs et ce qui appartient à toute la famille (télévision, savon, etc.). Cela l’aidera à comprendre la notion de propriété.
  • En cas de dispute à propos d’un jouet, aidez votre enfant à trouver une solution au lieu de régler la situation à sa place. Cela lui donnera les habiletés nécessaires pour régler ses disputes par lui-même. Si vous sentez qu’il a besoin d’aide pour y arriver, proposez-lui un choix : « Est-ce que tu veux lui demander un autre jouet en échange ou bien tu préfères lui prêter le tien dans 5 minutes? » Il pourra ainsi choisir l’option qu’il préfère.
  • Proposez-lui une autre activité ou un jeu qu’il peut faire seul s’il y a beaucoup d’enfants et que partager est difficile pour votre tout-petit. »

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Et s’il/elle était réellement possessi.f.ve ?

Tu as aussi ce parent ou ces connaissances qui ne prêtent jamais rien ?
Cela peut aiguiser l’énervement mais force est de constater que la plupart du temps, ces personnes ont des attitudes méticuleuses et conservatrices.
Elles sont capables de tenir des collections, mais aussi de garder en parfait état des choses incroyables comme des figures en chocolat, des jouets anciens, des vêtements, …

Alors, si un enfant démontre des attitudes possessives, cela peut cacher de nombreuses compétences qui sous-tendent ce besoin de préservation.

Tous les conseils précédents sont valides : il est possible de sensibiliser au bonheur de partager et de rendre les autres heureux.
Cependant, il est indispensable de respecter autrui comme il est. Tu n’irais pas railler des ami.e.s… alors ne fustige pas ton enfant. Le fait de reconnaître ses qualités et ses efforts seront bien plus profitables pour sa confiance en lui/elle et ses compétences pro-sociales à long terme.

En outre, le monde a besoin d’une diversité de personnalités, aussi interpellantes soient-elles !

Si c’est difficile pour toi de supporter que ton enfant ait ses attitudes, je peux te proposer d’aller rencontrer un.e professionnel.le de manière à t’aider à vivre au mieux la singularité de ton enfant.

 

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Voici quelques précieuses ressources :

https://jumeauxandco.com/astuces-jumeaux/comment-apprendre-aux-jumeaux-a-partager/

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-savoir-partager

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/comportement/fiche.aspx?doc=enfant-jaloux

https://www.reseauparentageproximal.com/

Éducation bienveillante

Nourrir un.e bambin.e, ce défi, tu relèveras !

 

Lors de l’article « Bébé, que manges-tu ? », j’avais abordé le rapport à l’alimentation des nourrissons jusqu’à un an. J’y abordais l’allaitement, les PCN (préparations commerciales pour nourrissons) et la diversification, plutôt sous la forme de la DME (diversification menée par l’enfant).
En préambule sur les questionnements de l’alimentation familiale, j’ai écrit l’article « Mon assiette, ma famille et moi » qui met en évidence une partie de nos rapports à la nourriture et les tours de passe-passe des industriels.

Dans le présent article, il s’agit donc de la suite, parce que nourrir un bébé entre 1 et 3 ans… Ça peut soulever pas mal de questions.

Une première partie aborde l’alimentation en général, ensuite je traite de deux cas de figures : l’un où les enfants mangent « peu » et l’autre ou les enfants mangent « beaucoup ».

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Introduction

Après la DME, tu auras appris à ne plus frôler la crise cardiaque avec un gag. Tu auras pu voir ton bébé écraser, peindre et jeter une quantité phénoménale d’aliments.
Je ne sais pas si tu es comme moi, mais étrangement, je n’ai pas fait si souvent que ça du riz, semoule ou quinoa… Tellement leur nettoyage m’est pénible. J’ai opté pour du riz gluant, pendant pas mal de temps (et des pâtes à base de farines diverses et variées, dont celle de légumineuses)
Je n’ai pas investi dans le tidy dot (qui sauverait les nerfs de pas mal de parents ayant des difficultés à lâcher-prise et ne supporteraient pas de voir le sol maculé de nourriture 3 ou 4 fois par jour).
Cela dit, sont apparues des craintes et certains agacements.
Les enfants sont de vraies révélateurs.

Avant de commencer, je fais un bref rappel si tu n’as pas lu les 2 articles précités (mais vraiment tu gagnerais à le faire :-p ) : jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal et la diversification doit être pour le plaisir. Cette dernière débute à 6 mois, et non avant, comme le préconise l’OMS.

Lors de la deuxième année de vie, le lait demeure entre 30 et 50 % de l’alimentation de l’enfant.

Il me semble important de le rappeler afin que l’allaitement ou les PCN ne soient pas arrêtés et substitués par des produits laitiers autres comme du fromage (souvent trop salé) ou du lait (qu’il soit UHT ou des boissons végétales).
Comme le précise le profession Jack Newman, relaté par la LLL dans cet article, l’allaitement reste nécessaire pour le bambin. L’OMS préconise un allaitement exclusif 6 mois et jusqu’à deux ans OU PLUS.

L’allaitement reste un élément bénéfique pour la croissance des enfants, dans le renforcement de leur système immunitaire et la construction de leurs bases d’attachement.

Nous voici rendu au premier anniversaire, et bien souvent, l’appétit s’en est venu. La routine quotidienne de l’alimentation s’installe, parfois avec aisance et parfois, pas du tout.

Certains enfants seront avides de goûter tout ce qui leur tombe sous la main. Pendant ce temps-là, d’autres auront plus de plaisir à porter à la bouche tout ce qui ne se mangent pas… et bouderont régulièrement leurs assiettes.

La nature est inéquitable, autant être honnête. L’appétence pour la nourriture et sa métabolisation sont deux facteurs qui varient énormément en fonction des individus.
Il est étonnant de voir des enfants du même âge qui ne consomment pas du tout les mêmes quantités et n’ont pas un rapport à la nourriture équivalent, sans qu’aucun n’ait de problème de croissance.

Un élément explicatif, loin d’être le seul, est la dynamique familiale autour de la nourriture.
Cela semble étonnant, et pourtant, l’acte de manger est parmi les faits les plus complexes dans nos sociétés industrialisées.
La surabondance, l’ampleur choix, l’industrialisation de la nourriture ainsi que le temps consacré à se nourrir engendrent des attitudes alimentaires très spécifiques en fonction des individus.

De plus, chacun de nous a vécu une expérience propre dans le rapport à l’alimentation :

– Avoir des habitudes culturels comme en France : entrée, plat, dessert ;

– Manger un repas à base de pain (tartines, comme on dit dans le nord, en Belgique et au Pays-Bas) ;

– Devoir finir son assiette ou se la faire resservir, si elle n’a pas été finie;

– Être privé.e de desserts ;

– Avoir des parents qui craignent la prise de poids ;

– Avoir des parents qui angoissent sur le faible gabarit de leur enfant ;

– Avoir des relations conflictuelles dans la famille et que cela ressorte au moment des repas ;

– Développer des troubles du comportements alimentaires (TCA : anorexie mentale, boulimie, hyperphagie, …) ;

– …

Inexorablement, notre vécu va influencer notre attitude face à l’enfant en train de se diversifier.
Le type-même de diversification va être influencée par le mode de parentalité et les impressions que cela nous laisse.
Certain.e.s seront terrifié.e.s à l’idée que leur bébé fasse une fausse route (parfois parce qu’un membre de la famille a vécu un étouffement) alors que d’autres détestent la perspective de nourrir le bébé à la becquée avec des purées.

Il est intéressant de constater que l’alimentation des enfants est un enjeu particulier : forcément, chaque partent souhaitent que son enfant soit « bien nourri ».
Tout va être mis en œuvre pour que ce soit le cas, même parfois en troquant une qualité nutritionnelle pour un constat de quantité.
Un exemple : donner des biscuits sucrés ou ajouter des céréales sucrées dans les panades d’enfants qui n’ont pas faim à certaines heures standards (petit-déjeuner, goûter). L’appétence du sucre va réveiller l’envie… et pourtant, s’ils ne mangeaient pas à la base, c’est qu’ils n’avaient pas faim.

Entrons dans le vif du sujet, comme bon nombre d’enfants n’ont pas d’attirance pour la nourriture vers 6 mois, il est possible de leur voir proposer toutes sortes de petits snacks souvent sucrés.
Vers 12 mois, ils auront déjà expérimentés des journées avec appétit et sans.

Les bébés et les enfants sont très sensibles à leur satiété. Or, ce n’est pas toujours le cas pour les adultes dont les signaux de faim ont été bafoués, voire qui ont développé des TCA.

Donc, les adultes s’attendent à ce que leur enfant mange tous les jours plus ou moins la même quantité et découvre des aliments sans retour en arrière.

Ah, que je me souviens mon humeur joyeuse devant ma fille engouffrant du céleri-rave parfumé au romarin ou encore dévorant de la courgette au curry et lait de coco.
Et tu sais quoi… les poussées dentaires et le ralentissement (normal) de sa croissance ont fait leurs œuvres : elle mange très peu depuis plusieurs mois, sauf rares journées.

L’alimentation des bambins est loin d’être linéaire : le fruit ou le légumes préféré peut être délaissé du jour au lendemain (surtout juste après avoir fait des courses), les heures de sentiment de faim peuvent varier, tout comme les heures de sieste.
A un moment, ils mangeront énormément et le lendemain, une bouchée à peine franchira les lèvres du bambin.

Ces changements d’attitude sont déconcertant pour les parents, et chacun use (ou est tenté d’user) de subterfuges plus ou moins originaux pour inciter les enfants à manger.
Parfois, cela amènera les parents à de grandes inquiétudes voire à des agacements complets, puisqu’ils ne comprennent pas ce revirement de situation.
Certains pourront croire qu’il s’agit de caprice (je parle de la gestion des « caprices » dans cet article) et seront tentés de forcer l’enfant à goûter.

Une autre stratégie serait de proposer tous les aliments possibles des plus ou moins sains afin que l’enfant mange quelque chose, quoi que cela soit.

Le fait est que l’énervement au moment des repas est vecteur de stress pour les enfants. S’ils perçoivent trop d’enjeux sur une situation (ici, l’alimentation), il y a fort à parier que différentes attitudes contreront cela. Plus les réactions d’énervement et d’angoisses seront perceptibles, moins les enfants seront intéressés par ce moment de la journée.
Inversement, certains enfants verront que leur appétit aiguise la joie et la satisfaction de certains parents. Ces bambins-là peuvent développer une attirance particulière par rapport à la nourriture qu’ils penseront capables de mettre leur entourage en joie.

Ces deux polarisations d’attitudes laissent place à tout un continuum et aux exceptions. Le trait est grossi afin de percevoir les mécanismes qui peuvent être à l’œuvre.
Le fait est que, pour la majorité des parents, l’alimentation est loin d’être facile tant pour eux que pour leurs enfants (P.S. : je n’échappe pas à la règle!).

Il s’agit d’une expérience de lâcher-prise exceptionnel : les parents proposent des aliments sains et les enfants disposent !
Cela devrait être d’une simplicité sans faille… Et pourtant, il est peu aisé de rester de marbre devant un bambin repoussant son assiette avec dégoût et vigueur.
D’autant plus que ledit repas aurait été préparé avec amour et avec des ingrédients connus pour être aimés du/des enfants concernés.

Je l’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi », l’égo se fraie une certaine place au sein de la tâche de nourrissage. Il n’est pas rare d’entendre des parents se lamenter que les enfants n’honorent pas leurs assiettes composées avec amour… Comme si, en n’ayant pas faim, ils trahissaient l’amour parental.

Dis comme cela, il paraît évident que cela n’a rien à voir.

Mais c’est d’autant plus difficile que les enfants grandissent. Au départ, ils vont refuser par aversion d’un nouvel aliment ou parce que la forme/la texture leur déplaît (dit une maman qui a une enfant qui n’aime que fruits entiers et non tranchés). Ensuite, ils peuvent refuser de manger car ils perçoivent l’attente énorme qui pèse sur leur attitude face à la nourriture. Enfin, comme le nécessaire « non » et son effet efficace sur l’entourage, le refus de manger peut aussi signifier un climat de tension qu’il perçoit.

Mais alors, que faire lorsqu’un enfant « ne mange rien » ? Et à l’inverse, quand un enfant peut manger continuellement ?

 

Concernant les enfants qui mangent peu, il est indispensable d’avoir quelques informations clés :

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la croissance des enfants

Elle est phénoménales la première année de vie, ralentit déjà énormément la seconde et encore plus la troisième. Ainsi, les besoins énergétiques sont un peu moindre. Il n’est donc pas étonnant que l’appétit se freine un peu.
Il est estimé que les besoins énergétiques des enfants sont de 100kcal/kg jusqu’à 10kg + 50kcal/kg ensuite : soit 1100kcal pour un bambin de 11 kg.

les poussées dentaires sont extrêmement douloureuses

Même si ton enfant ne changent pas d’attitude, il est possible que le seul signe tangible soit une perte d’appétit.
Aurais-tu envie de manger pendant une rage de dents ?
De plus, leurs gencives percées ou irritées sont douloureuses au contact de certains aliments. La mastication peut leur être insupportable. Te souviens-tu de la sortie de tes dents de sagesse ?

Tiens, est-ce qu’il/elle accepte encore de se laver les dents ? C’est aussi une des raison du refus catégorique. Je connais une jeune fille qui a fait grève de la brosse à dents pendant 4 mois parce qu’elle avait une dent qui sortait toutes les 2 semaines.
Si tu crains l’absence de lavage de dents, je te suggère cet article sur l’hygiène des enfants (« ton enfant fuit le bain ? ») qui contient pleins de trucs et astuces.

 

 

L’ambiance lors des repas / dans la famille

Le repas est un moment où les adultes se retrouvent pour échanger. Souvent, le moment à table sert d’opportunité afin de pouvoir combler ce besoin de connexion entre les membres de la famille.

Les parents espèrent souvent que l’ambiance sera calme pour discuter tous ensemble.

Le fait est que c’est une possibilité récurrente, une fois que l’enfant a atteint 4 ou 5 ans.
Avant cela, la gestion des repas peut parfois être chaotique si on la compare à un calme repas entre adultes (qu’on apprend à savourer d’autant mieux!).
Le problème de cette configuration, c’est qu’un bambin, ça veut explorer le monde, bouger, gigoter et parfois, ça n’a pas un grand appétit.
S’attabler implique de rester figé.e… Or, parfois, les adultes ont demandé aux enfants d’interrompre une tâche (un jeu, selon la perception adultiste), ce qu’ils ne souhaitaient pas forcément.

Les adultes aiment débriefer leur journée, faire part de leurs ressentis et parfois même, le repas se trouve être un moment de grandes discussions profondes.
Si tous les individus attablés s’entendent bien, tout se passe pour le mieux (la plupart du temps). S’il y a des conflits (latents ou ouverts), la situation devient vite insupportable. L’ambiance autour des repas devient alors pesante et les enfants sont de véritables éponges : ils peuvent alors tout faire pour éviter de se retrouver dans ce contexte tendu.

Dès lors que des résistances émergent au moment des repas, cela peut créer des tensions qui vont se maintenir dans le temps si l’on n’y prend pas garde. En effet, s’énerver parce qu’un enfant ne tient pas en place, pousse son assiette, n’a pas faim, ne veut pas goutter, et autres attitudes banales des 1-3 ans, va générer une ambiance détestable au repas.

Bien entendu, l’énervement des parents en fin de journée est compréhensible puisqu’ils ont une moindre tolérance avec la fatigue qui les habite.
Cela veut dire qu’il est nécessaire d’adapter son organisation familiale afin de ne plus être confronté à ce type de situation : faire manger les petits enfants avant les parents, être plus flexible sur le lieu du repas (sur la table basse, debout, …), anticiper et avoir une portion de repas déjà prête, si l’appétit de l’enfant est précoce par rapport aux horaires de repas collectif, etc.

Il est parfois étonnant de constater que son enfant a faim à 17h45 mais plus du tout une heure plus tard.

Le pire pour les parents : le rythme et les besoins des enfants évoluent constamment. Il se peut que certain.e.s soient « réglé.e.s » mais ce n’est pas du tout la majorité !
La plupart des enfants dorment à des heures différentes quand ils ont 11, 14 ou 20 mois. Ils n’ont pas faim aux mêmes heures, ils n’ont plus non plus la même appétence pour des aliments jusqu’alors adorés.
Bref, le rôle des parents est d’observer, de proposer et de faire confiance aux enfants. Seuls eux savent réellement ce dont leur corps a besoin.

 

La qualité des ingrédients proposés

J’imagine déjà les levées de bouclier : « On ne peut pas laisser les enfants choisir ce qu’ils mangent, sinon, ils ne mangeraient que les gâteaux, des pâtes et des saucisses ! ».

C’est un fait : ces aliments ont un potentiel appétant très élevé, comme tout ce qui est très sucré, salé et gras.
Je pense que tu peux saisir facilement la frénésie gustative qui s’enclenche face à certaines préparations comme les chips, les bonbons ou autres artifices industriels. Tout d’un coup, il n’est plus vraiment possible de s’arrêter d’en manger, sauf si on intellectualise la dégustation dès le départ.

C’est comme ça : le corps réagit avec des shoot de dopamine face à ces expositions sensorielles… et cela a un goût de reviens-y !

Le problème, c’est que les enfants n’ont pas la pondération qu’ont la plupart des adultes…
Une fois qu’ils affectionne une mixture alléchante, ils vont la demander régulièrement.
En plus de cela, leur mécanisme de régulation de la satiété peut être altéré par le sucre, notamment.
Ce n’est pas pour rien que tous les en-cas industriels pour enfants sont de natures sucrés. Ils plaisent… et la séduction des industriels commence dès la diversification (au grand damne de l’OMS, j’en parle plus loin).

La plupart des enfants goûtent rapidement des biscuits « pour bébé », qui contiennent d’ores et déjà du sucre raffiné :

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Voici la composition des HIPP « Mon premier biscuit » :Farine de froment* 76%, sucre*, huile de coco*, lait écrémé* en poudre, poudres à lever (hydrogénocarbonate d‘ammonium, hydrogénotartrate de potassium, hydrogénocarbonate de sodium), émulsifiant (lécithine de tournesol), arôme naturel de vanille, vitamine B1.

Ce produit est la parfaite piqûre de rappel : biologique ne veut pas dire composition nutritionnelle intéressante…
Un autre exemple, moins clair à décrypter : les galettes de riz pour bébé, aromatisées et « sans sucre ajouté ».

galette riz bébé.png
En effet, sans sucre raffiné… Mais le sirop de pomme concentrée a exactement le même effet métabolique.
Bref, comme je l’explique en long et large dans cet article sur l’alimentation familiale, il est indispensable de lire les étiquettes et de ne pas se laisser berner par les inscriptions élogieuses à l’avant du paquet.

Il est évident que les enfants vont adorer ce genre de faux-aliment.
Il n’est pas rare d’entendre : « c’est mieux que rien ! ». Or, c’est vraiment une perception adultiste de croire qu’un biscuit vaut mieux qu’un ventre vide.

Les enfant qui ont faim mangent ce qu’ils ont autour d’eux comme aliment sain : fruits frais et secs, crudités, restes de repas apprécié, oléagineux, pains aux céréales et à la farine complète, …
Des enfants (et des adultes) qui n’ont pas faim pourront tout à fait ingurgiter des sucreries/en-cas salés et gras par plaisir gustatif. Il s’agit donc de barrer la route à la sensation réelle de faim.
Il peut alors arriver que les enfants réclament constamment des gâteaux ou des bonbons, quelque soit le moment de la journée… Et certains en viennent même à refuser de manger des aliments plus « fades » (comprends, nature et sans additif).

 

Mais alors, me dirais-tu, il faut interdire le plaisir gustatif aux bambins ?

Que nenni !

Cependant, il convient de définir ce qu’est le plaisir gustatif.

En tant qu’adultes, il est usuel que les « petits plaisirs » soient des produits catégorisés comme trop salés, sucrés et/ou gras (souvent 2 en même temps).

Or, en tant lorsque les enfants ne sont pas exposés à ces aliments-là, ils peuvent prendre énormément de plaisir à manger des fruits secs, des graines/oléagineux, des tartines de pain enduites de beurre/beurre de noix. C’est notre perception d’adulte qui nous laisse croire que c’est moins intéressant. En réalité, ces aliments ont l’avantage d’être réellement nourrissant et vecteur de plaisir gustatif.
Spoiler : ça peut aussi être le cas pour des adultes qui auraient décidé de ne plus abreuver leurs corps avec des préparations industrielles.

C’est pour cette raison qu’il est profitable pour ces enfants de ne pas avoir leur goût altéré par les multiples propositions industrielles. « La préférence pour le goût sucré observée à la naissance s’estompe relativement dans la petite enfance, mais reste forte dans l’enfance et l’adolescence, puis elle diminue à l’âge adulte. Dès la petite enfance, des expériences répétées avec des aliments sucrés renforcent leur attractivité. » source: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0007996008715566
Mais aussi :

« Dès la naissance, la stimulation sucrée provoque une réaction de plaisir. Elle peut aussi engendrer une diminution dela douleur chez le nouveau-né. Le sens du goût joue alors un rôle déterminant dans le pouvoir analgésique du sucre. Chez l’enfant, la sensibilité au sucre tend à augmenter avec l’âge alors que les préférences pour cette saveur diminuent globalement. À l’inverse, le plaisir pour l’amertume apparaît tardivement, et augmente progressivement puis se stabilise à l’âge adulte. Le sucre est communément jugé responsable de la prise de poids des enfants et des adolescents; afin d’en limiter l’accès, des règles strictes de restriction de consommation de sucre sont parfois imposées par l’entourage. Or, ces règles peuvent avoir un effet néfaste si elles sont perçues par l’enfant ou l’adolescent,comme étant restrictives. » source: http://psychologue-surpoids-paris.fr/images/prensentation/archped_2008.pdf

Si tu as envie de connaître les alternatives aux goûters sucrés industrielles, je te renvoie à nouveau vers cet article.

Enfin, je te conseille le visionnage de ce reportage Arte : «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– le mimétisme avec les adultes

Encore une fois, c’est inévitable : les enfants imitent ce qu’ils voient au quotidien. Les enfants mangeront rarement avec appétit s’ils ne voient pas ces mêmes aliments dans les assiettes de leurs parents. Il peut en être autrement s’ils sont gardés en collectivité.
Globalement, il est difficile de proposer aux enfants une alimentation saine sur le long terme si les adultes sous le même toit ne partagent pas ces habitudes alimentaires.
La connaissance de l’alimentation n’est pas promue par les industriels, loin s’en faut !

C’est la raison pour laquelle il ne faut pas hésiter à prendre rendez-vous avec une diétécienne/nutritionniste afin d’en apprendre plus sur l’alimentation. Cela sera l’occasion de découvrir des recettes inédites et d’ouvrir des perspectives alimentaires.

 

– le mode de cuisson des aliments

Il est fréquent que les recommandations aillent dans le sens d’une cuisson à la vapeur des aliments. En effet, elle est connue pour préserver la saveur et la qualité nutritionnelle des aliments.

Cependant, ce n’est pas pour cette raison qu’il ne faut pas proposé des aliments cuits différemment.

Un légume rôti au four n’aura pas du tout le même goût. Les saveurs seront concentrées.
Il est aussi possible de leur concocter des mijotés savoureux, parsemés d’épices et herbes diverses et variées.

Ose proposer diverses préparations, afin de casser la monotonie (et de profiter du confort de faire le même repas pour toute la famille!) !

 

– la forme des aliments

« Sacrilège, j’ai coupé sa nectarine ! »

Voilà ce que j’ai pu me dire quand j’ai vu ma fille grimacer devant ce fruit qu’elle apprécie pourtant.

Et cela vaut pour la plupart des autres aliments. Certains enfants ont besoin de voir l’entièreté de l’aliment pour être sûre de quoi il s’agit (#tomatecerise). Ensuite, la découpe peut altérer la perception gustative : l’effet en bouche n’est pas le même si l’on mange des lamelles de pommes ou si on croque dedans à pleine dent. La dispersion des saveurs dans la bouche est différente, tout comme les sensations à la mâche et l’appétence visuelle.
Alors, il vaut mieux diversifier également le type de présentation des aliments. Après tout, ce n’est pas compliqué de faire moins de découpe !

 

Écouter les signaux de faim : les effets de la surabondance alimentaire

Il est usuel que les prescriptions pédiatriques abordent les quantités à proposer à chaque repas : 200g de purée ceci, 250g de compote de cela, des biberons de X ml en fonction de l’âge, etc.

Toutes ces prescriptions sont à l’opposé de l’alimentation à la demande. Les enfants nourris au sein n’absorbent pas la même quantité de lait à chaque tétée. Le nombre de tétée n’est d’ailleurs pas défini mais dicté par les besoins des enfants.
En Diversification Menée par l’Enfant (que j’aborde dans l’article « Bébé, que manges-tu ? »), les jeunes enfants choisissent eux-même ce qu’ils mangent et en quelle quantité.
Serait-il ainsi étonnant de savoir que ce sont les industriels qui produisent majoritairement les recommandations alimentaires … ? Il est aisé de constater que la plupart des tableaux présentant la diversification soient édités par les industries agro-alimentaires de la « nutrition » infantile. Bledina, Gallia, Nestlé et autres sont d’excellents communicants. En outre, ils ont les moyens de dépêcher des délégués commerciaux apportant aux pédiatres/médecins lesdits tableaux à mettre dans leur salle d’attente.

Il s’avère qu’un rapport de l’OMS datant de 15 juillet 2019 met en évidence comment les aliments destinés aux bébés ont des teneurs en sucre trop élevé et qu’ils sont commercialisés de manière inappropriée.

« De manière inappropriée » concerne le fait que les tranches d’âge concernée ne sont pas correctement communiquées ni ciblées.

Ensuite, il apparaît que le nourrissage des enfants des enfants via ces purées industrielles engendrerait, à terme, une suralimentation.
D’une part, parce que la quantité d’aliments (donc, de kilocalories) est plus importante dans un purée que dans des aliments en morceaux. Il est d’ailleurs simple de faire la comparaison : combien de pommes sont consommées en compote vs en pomme crue, déjà pour les adultes ?
L’absence de mastication et composition en fruits/légumes uniquement cuits favorise une suralimentation par rapport aux besoins réels de l’organisme.
De plus, les recettes industrielles ont pour vertu d’être particulièrement plaisante au palais des petits. Les mélanges de saveur ne leur permettent pas de découvrir le goût d’un aliment séparés des autres. Des additifs et des arômes sont également ajoutés de manière à masquer certains aliments moins doux.

Dans certaines structures collectives, les puéricultrices usent de techniques interpellantes pour aiguiser l’appétit des enfants : au lieu de leur faire confiance concernant la transition du lait vers une alimentation solide, il est proposé aux enfants des purées dans lesquelles ont été ajoutées des céréales pour bébé.
Comme les biscuits, en Europe, ces céréales contiennent énormément de sucre et des arômes, principalement de vanille.
Pourquoi ?
Parce que la vanille est la saveur avec un pouvoir appétant chez l’ensemble des mammifères. Il n’est donc pas étonnant que ce soit le parfum de crème dessert, crème glacée et arôme le plus vendue.

 

– les carences alimentaires et pertes d’appétit

Certaines carences alimentaires ont pour symptôme une perte/un faible appétit, comme le fer. Parfois, il est nécessaire d’écarter les causes métaboliques par une prises de sang.
Cependant, il ne s’agit pas de l’unique élément du tableau clinique et « le manque d’appétit » est insuffisant pour estimer une carence.

– la néophobie alimentaire

Elle survient souvent aux alentours du deuxième anniversaire.
« La néophobie alimentaire est un sentiment de peur face à de nouveaux aliments. Les enfants présentent alors une grande réticence à goûter les mets inconnus et ont tendance à trouver mauvais tout nouvel aliment qu’ils acceptent de goûter » source : les petits mangeurs http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/

C’est une des raisons qui peut amener les enfants à réduire leur bol alimentaire et à s’avérer sélectifs.
Cependant, il semble de plus que plus les enfants aient consommé une large variété d’aliments pendant la phase d’ouverture, moins ils se montrent néophobes lors de la phase de fermeture.
Pendant la phase d’ouverture, de 6 mois à cette phase de refus qui survient chez 3/4 des enfants, il convient donc de proposer moult plats, aliments, épices et préparations différentes !

Il est indispensable de comprendre pourquoi la néophobie alimentaire survient : il s’agit d’une attitude qui n’apparaît pas uniquement chez les humains.
Il s’avère que la prise d’autonomie joue un rôle prépondérant dans cette attitude qui a pour objectif de protéger de l’empoisonnement. En effet, lorsque les enfants sont capables d’aller se servir eux-mêmes, d’ouvrir les placards et d’aller cueillir des baies diverses et variées… Mieux vaut qu’ils n’aient pas envie d’avaler ça sans y regarder à deux fois.

Ton enfant est en pleine néophobie alimentaire ?
Voici quelques conseils issus des « petits mangeurs » :

« La familiarisation : Il faut présenter plusieurs fois un aliment aux enfants, et ce, même s’il n’a pas été bien reçu la première fois. Soyez patient, le processus peut parfois s’avérer très long et demander de 15 à 20 expositions. Attention! Il ne faut toutefois pas saturer les enfants de ce plat! Il est préférable de présenter les mets rejetés environ une fois par mois. Les enfants apprécient les aliments qu’ils connaissent et ils connaissent ceux qu’ils voient souvent. À l’inverse, moins un aliment est familier, plus il suscite de la méfiance.

Même présentation : Présenter les aliments moins appréciés toujours sous la même forme permet aux enfants de se familiariser avec ces mets et d’avoir des points de repère (références stables). En effet, si un aliment se trouve sous diverses formes ou préparé selon différentes méthodes culinaires d’une fois à l’autre, il sera perçu comme nouveau. Une fois les enfants familiers avec cet aliment, les fantaisies deviennent possibles.

Cadre facilitant : Faites en sorte que le climat du repas soit agréable et ne forcez pas les enfants à manger. Les enfants ont tendance à associer le contexte de consommation à l’aliment. Ils doivent garder un souvenir positif du repas si on veut qu’ils soient tentés de répéter l’expérience. En cas de chicane, de pression ou d’autres événements désagréables, les chances sont minces qu’ils changent leur attitude à l’égard d’un aliment.

Modèles : Montrer l’exemple en mangeant le nouveau mets avec enthousiasme. Les enfants acceptent en général plus facilement de goûter de nouveaux aliments en présence d’adultes ou d’amis qui les apprécient. Cela contribue à piquer leur curiosité et à les rassurer (les autres en mangent et sont toujours vivants!).

Participation des enfants : Faites des activités sur le thème de l’alimentation avec les enfants : cuisiner, faites un potager et des dégustations, etc. En étant en contact avec les aliments de diverses façons, les enfants se familiarisent avec eux et les acceptent plus facilement, surtout ceux qu’ils manipulent. Il en va de même quand on implique les enfants  au moment de la planification des menus, ce que les parents peuvent faire à la maison. La participation des enfants ne garantit pas une diminution de la néophobie, mais elle ne peut pas nuire. Quoi qu’il en soit, les activités autour des aliments sont de multiples occasions pour éduquer les enfants et avoir du plaisir avec eux!

Le bon vocabulaire : Mettez des mots sur les aliments, sur leur description et sur leur provenance. Faites des dégustations et dites pourquoi un mets vous plait ou non. Les enfants se familiariseront avec les aliments et seront plus en mesure d’identifier ce qu’ils apprécient ou non, d’exprimer leurs goûts et d’adopter une attitude nuancée (moins néophobique) lorsque de nouveaux plats sont servis.

Gratification des efforts : Félicitez les enfants lorsqu’ils goûtent de nouveaux mets ou des aliments moins appréciés. En voyant leurs efforts reconnus, les enfants seront plus motivés et tentés de renouveler l’expérience. »

Tu trouveras également d’autres explications (différences entre néophobie et hyper-sélectivité, notamment) ainsi que d’autres conseils sur : https://www.mpedia.fr/art-mon-enfant-est-difficile/

 

Pour résumé, les prescriptions de quantité alimentaires n’ont aucun intérêt que ce soit pour les enfants ou les adultes.
Les petits savent gérer leur satiété de manière autonome s’ils ont en face d’aliments bruts préparés sans ajout de sucre.

Tant que les enfants sont en forme, plein de vie et suivent, globalement, leur courbe de croissance, il n’y a pas lieu de s’inquiéter si ce sont des « petits » mangeurs. Je t’invite d’ailleurs à éviter de te répéter et de lui dire que c’est un « moineau » ou qu’il/elle ne mange rien.
Les mots ont un pouvoir qui dépasse largement ce que nous pouvons croire : je t’en parle d’ailleurs dans cet article « mais qu’est-ce que c’est que ces maux/mots? »

 

Les troubles de l’oralité :

Une autre raison peut pousser les enfants à manger peu, voire pas du tout : la présence d’un trouble de l’oralité.
Il s’agit de difficultés voire d’une impossibilité pour les enfants de se nourrir correctement. Il peut y avoir plusieurs sources dont la présence de freins de langue, des problèmes de mobilités des mandibules mais aussi une hypersensibilité sensorielle.
Si tu te questionnes sur la question, je te propose l’interview d’Allison Ricaud, Orthophoniste.

Et si tu veux en savoir bien plus concernant les prises en charge de ces troubles par les orthophonistes (logopèdes, en Belgique et en Suisse), voici un mémoire passionnant.

Il est indispensable de garder en tête que les apports nutritionnels fournis par le lait sont primordiaux jusqu’à deux ans.
L’allaitement des bambins et des enfants est un phénomène normal chez l’être humain, pour autant qu’un sevrage n’ait pas été induit (si tu veux aller jusqu’au sevrage naturel, voici un article qui t’y aidera pour contourner tous les freins à l’allaitement).
La Leche League te propose aussi un article sur la perception sociale et le vécu de l’allaitement au-delà de 3 ans.

Une étude a pu démontré que, pendant la préhistoire, les petits d’humain pouvaient rester en santé grâce à l’allaitement et malgré la variation de la disponibilité alimentaire. De quoi se rassurer, quand ils ne prennent que du lait au moment d’un des repas de la journée.

Il fut également constaté que l’allaitement non-écourté a permis à l’homo sapiens de perdurer comparativement à d’autres branches des homo dont l’allaitement était plus court.
Cela met bien en évidence le rôle des apports nutritionnels du lait maternel pour les bambins.

 

Ces informations permettent de lâcher-prise par rapport aux quantités d’aliments solides ingurgitées.

D’ailleurs, plus tu lâcheras prise et mettra peu de poids dans le rôle de l’alimentation au quotidien, plus ton enfant pourra manger sans percevoir qu’il s’agit d’une victoire pour toi.
N’oublie pas que les tout-petits n’ont que peu d’axe de réel contrôle : l’alimentation et leurs sphincters sont, par contre, totalement hors de notre portée.
A nous, parents, de pouvoir le comprendre, l’accepter… et leur laisser l’espace d’être.

 

Concernant les enfants qui ont un appétit gargantuesque : jamais rassasié et toujours à réclamer à manger, ton enfant ne se fait pas prier pour manger. Mais c’est presque trop à ton goût… Alors pourquoi ce rapport à la nourriture ?

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– Cibler les moments de fringales

Il est intéressant de constater à quelles heures ton enfant démontrent de la faim. Est-ce juste avant les repas ? Au goûter (qui sont alors volumineux) ? Au milieu de la matinée ?

En plus de cela, il faudrait observer ce qui précède les demandes de nourriture.
Est-ce que cela suit une émotion forte ? Est-ce le cas en rentrant d’un mode de garde collectif ? Est-ce pendant les repas qu’il/elle mange énormément mais pas en dehors des repas ? Est-ce après une activité physique assez intense ?

* la soif

Aussi étonnant cela puisse paraître, parfois, l’envie de manger/une petite faim peut être générée par un début de déshydratation.
Quand une fringale survient, il est possible de proposer un verre d’eau en première intention. Pour les enfants allaités, le sein continue d’être proposé à la demande… Mais j’ai souvent plus de retours comme quoi la demande ne se fait pas attendre. Il faut rappeler que les besoins nutritionnels sont encore comblés entre 50 et 33 % par le lait (maternel ou PCN) durant la deuxième année de vie.

* le besoin d’attention

Se peut-il que ton enfant te demander à manger car il sait que grâce à cela, il va monopoliser ton attention ?
Tout petits, rares sont les enfants à même de manger sans en mettre partout. Les parents restent alors, pour la plupart, proches d’eux et prêts à essuyer ce qui déborde. Ils sont donc bien présents à leurs enfants.
Se pourrait-il que tu sois dans une période où tu es très occupée (physiquement ou émotionnellement) ou souvent sur écrans ?

* la gestion émotionnelle

Il est connu que le goût sucré agit comme analgésie chez les enfants. D’ailleurs, l’allaitement maternel peut être utilisé comme analgésie (je te renvoie vers un article : « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement »).
Alors, il se peut que les enfants ressentent le besoin de se rassurer et de se calmer par l’ingestion d’aliments. La mastication et l’ingestion permettent une forme de réassurance et d’apaisement.

Si tu perçois que ton enfant demande à manger après des situations qui peuvent être sensibles émotionnellement, tu peux lui proposer une alternative basé sur des exercices de relaxation… et lui offrir ton attention pleine.

 

– Le choix des aliments proposés

Je l’ai mentionné dans le chapitre précédent, mais il est bon de rappeler les aliments à disposition conditionnent le rapport à leur ingestion.
Des aliments avec un potentiel appétant très élevé seront mangés avec voracité, pendant que d’autres aliments sont goûtés avec peu d’entrain.

Afin que ton enfant conserve un rapport sain avec son sentiment de satiété, il est nécessaire que les aliments proposés ne contiennent pas de sucre ajouté (sous toutes ces formes : sucre, sucre de canne, sirop de riz/maïs/blé/agave/noix de coco/…) ou alors juste exceptionnellement.

Il en va de même avec les aliments très gras et salé, comme les chips ou biscuits apéritifs, qui sont dévorés sans appétit.

Je te suggère le visionnage de ce reportage Arte :  «  Comment notre alimentation influence notre santé mentale »

 

– l’accès aux nutriments nécessaires

Dans le même axe de ce que je précise ci-dessus, il est nécessaire que les aliments soient le plus bruts possibles : c’est-à-dire, qu’ils soient « natures » et non transformés ou déjà assaisonnés à l’achat.
La plupart des produits transformés ont déjà perdu une grande quantité de leurs apports nutritionnels.
Les enfants (et les adultes) peuvent alors ingurgiter de grande quantité afin de combler leurs besoins métaboliques en vitamines et minéraux.
C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de choisir des aliments bruts et les cuisiner soi-même, tout en conservant certains aliments crus (fruits et légumes) afin de ne pas détériorer certaines vitamines sensibles à l’oxygène et au traitement thermique.

Par exemple, une pêche, des fruits rouges, un kiwi ou encore un bout de poivron seront plus riches en nutriments en restant cru.

 

– Le sentiment de satiété

La satiété est une impression d’être rassasié.e après une prise alimentaire. Elle est au cœur de la gestion des prises alimentaires.

Plusieurs éléments l’impactent, les plus connus sont la mastication et la présence de fibres dans les aliments ingérés.

La mastication engendre, après 15 à 20 minutes, la libération d’un neurotransmetteur : l’histamine. Cette dernière va envoyer le signal comme quoi le rassasiement est suffisant. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de prendre son temps pour manger. (source: http://agro-info.fr/2015/10/20/mastication-et-satiete-role-dans-le-risque-dobesite/ )
Si ton enfant mange très vite, il serait opportun que tu te penches sur la texture de son alimentation. Il convient alors de proposer des aliments qui demandent à être mâcher réellement.

Ensuite, la présence de fibre dans l’alimentation permet à ce que l’estomac se remplisse avec une densité calorique équilibrée. Souvent, cela va de pair avec le fait que les aliments soient bruts et non industriels. Même l’industrie agro-alimentaire souhaite nous faire croire l’inverse avec son allégation « Riche en fibre » que l’on retrouve sur certains packagings.
De plus, Les fibres alimentaires ont de moult avantages pour la santé en générale. Je te suggère fortement d’aller lire cet article pour en savoir davantage sur les fibres alimentaires solubles et insolubles.

 

– les dépenses énergétiques

Parfois, il est difficile de le percevoir en tant qu’adulte mais … Les enfants ont une dépense énergétique largement supérieur à la nôtre ! Non seulement ils sont en croissance mais en plus de ça, ils passent leur journée à apprendre/maîtrise de nouvelles compétences (et le cerveau est le plus grand consommateur énergétique du corps) mais aussi à sauter, courir, ou bouger dans tous les sens.

L’expression motrice dépend fortement des enfants et de leur tonicité. Certains ont des activités plus calmes et posées pendant que d’autres adorent escalader tous les meubles et courir dans tous les sens.
Les besoins énergétiques dépendent de la dépense !

Les enfants vivent des pics de croissance pendant lesquels ils vont augmenter leurs apports alimentaires. Tout comme ils peuvent se réduire naturellement lors des ralentissements de croissance. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter particulièrement des pertes ou augmentations d’appétit temporaires.

 

– le contexte des « récompenses » alimentaires

Le rapport à l’alimentation peut également être modifiée par le contexte dans lequel les enfants sont nourris.
Mange-t-il systématiquement en voiture, parce que ça le calme?
Mange-t-elle devant un écran, absorbant sa capacité attentionnelle ?

Mangent-ils avec appétit… Parce que tu es ravi.e de constater le bon coup de fourchette qu’ils ont ?

Il est aussi possible les produits appétants deviennent une récompense : « tu as été gentil aujourd’hui, alors tu auras une glace ! » ; « Si tu es sage, tu auras une sucette ! » ; « Tiens-toi tranquille dans ta poussette, prends un bout de pain ! ».

Cela paraît étonnant, mais voilà comment il est possible de conditionner le rapport à la nourriture : dans une situation donnée, les enfants attendent de la nourriture voire un aliment spécifique.
Et il n’y a rien de plus difficile que d’éteindre un conditionnement ancré depuis la prime enfance.

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source: https://www.planeteanimal.com/le-chien-de-pavlov-en-psychologie-experience-detaillee-2170.html

 

l’attitude des parents face à l’appétit

Ah, la statut de parents nourriciers, quel bonheur ?!
Le fait est que le petit humain n’est pas autonome avant quelques mois. Il dépend de nous afin d’être alimentés avec justesse.
L’histoire de chacun étant spécifique… et nous avons presque tou.te.s un rapport particulier à la nourriture. Pendant que certain.e.s la voient comme un carburant, d’autres la perçoivent comme une source récurrente de plaisir ultime.
La sensation de satiété est ressentie de manière très différente chez chacun…
Il est possible que ça ait un lieu commun avec l’attitude parentale et le cadre de nourrissage lors de l’enfance.
Avais-tu des parents gourmands qui se réjouissaient de te voir manger ?
Avais-tu des parents contrôlants qui t‘interdisaient les sucreries ?

Avais-tu des parents peu présents qui te laissaient autonomes dans ton alimentation ?

Il est possible que ce contexte ait des répercussions aujourd’hui, pour toi, et que cela conditionne ton rapport à l’alimentation de ton enfant.

Idéalement, il faudrait rester neutre face au refus des enfants et resservir les enfants qui ont faim sans faire de commentaire ni désobligeant ni encourageant.

 

l’influence hormonale sur la sensation de faim

Connais-tu le phénomène d’hyperthyroïdie ? Il s’agit d’un dérèglement de la glande thyroïde qui engendre, notamment, une accélération du métabolisme débouchant sur une augmentation de la sensation de faim… sans que l’individu ne prenne de poids.
Il s’agit d’une des causes qui peuvent expliquer le volume des prises alimentaires.

Elle n’est pas la seule et il pourrait être intéressant de faire un bilan hormonal à un enfant qui engouffre une grande quantité de nourriture, sans prendre de poids.

 

– Craindre l’obésité ?

Avoir un.e enfant qui mange en quantité, cela a le don de rassurer les parents… Jusqu’à ce que la silhouette commence à s’arrondir réellement (c’est-à-dire, au-delà des rebonds d’adiposité qui ont lieu à différents moments lors de la croissance).
Il est impossible d’ignorer l’épidémie d’obésité mondiale et la surcharge pondérale d’une grande partie de la population.
L’obésité infantile est une vraie question de santé publique… https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood/fr/
Dans cet article, l’OMS précise les raisons pour lesquelles l’obésité tend à se répandre chez les enfants et les adolescents : https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_why/fr/

L’OMS https://www.who.int/dietphysicalactivity/childhood_what_can_be_done/fr/ suggère plusieurs recommandations générales :

  • consommer davantage de fruits et de légumes, ainsi que de légumineuses, de céréales complètes et de fruits secs;
  • limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses et réduire la consommation des graisses saturées au profit de graisses non-saturées;
  • limiter la consommation de sucres; et
  • avoir une activité physique modérée à intense, au moins 60 minutes par jour, qui soit appropriée au point de vue du développement et qui implique diverses activités. Davantage d’activité peut être nécessaire pour contrôler son poids

Le choix des aliments et le rythme de vie permettra de restreindre une prise de poids délétère à la santé des enfants.

 

Conclusion 

Tu proposes, ton enfant dispose.
Alors mieux vaut mettre à disposition des aliments qualitatifs et sains !
La plupart des enfants sont en mesure de gérer leur sentiment de satiété.

L’alimentation devrait être une évidence… Et pourtant, malgré la récurrence de cette action vitale, elle est conditionnée, orientée, perçue de manière très spécifique pour chacun.e d’être nous.
Alors, ce que je te propose pour assurer une harmonie familiale et espérer permettre à tes enfants de conserver un rapport naturel à leur satiété : lâche-prise.
Lâcher-prise, ce n’est pas laisser aller.
Lâcher-prise, c’est reconnaître les points où nous n’avons pas de prise. Ce sont ces situations où tenir bon et insister font pire que mieux. Ce sont ces moments très énergivores dont personne ne ressort avec une sensation de détente et une émotion positive.
Si le repas et l’alimentation sont devenus des sources de stress : il est indispensable d’agir là-dessus en profondeur.

Alors oui, il est possible que toi, en tant que parent, tu aies des failles à ce niveau-là.
Des peurs irrationnelles de l’étouffement, des craintes de prises de poids ou, à l’inverse, d’avoir un enfant poids-plus, ce sont des exemples de contexte qui génère du mal-être.
Alors, il peut t’être utile de consulter afin de mettre un peu de sérénité dans ce rapport à l’alimentation.

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N’oublie pas de faire confiance aux enfants pour savoir ce dont ils ont besoin, mais aussi mettre en évidence les sujets pour lesquels nous avons des difficultés.
Ils perçoivent rapidement les endroits où nous réagissons particulièrement et les mettent en lumière.
Avoir des enfants est une formidable opportunité pour affronter ses propres zones d’ombre.
Ils nous veulent sereins, confiants et authentiques.
A nous de travailler pour leur permettre d’avoir ces parents sincères qui leur montrent que le développement de soi ne s’arrête jamais.
Aujourd’hui, tu peux arrêter de croire que ton enfant « ne mange rien ».
Aujourd’hui, tu peux arrêter de compter et craindre les prises de poids.
Aujourd’hui, tu peux décider que ton rôle est de proposer des aliments sains sans te mettre une pression les quantités avalées.

A très bientôt pour une autre lecture, tout en curiosité !

 

Ressources :

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/alimentation/fiche.aspx?doc=naitre-grandir-enfant-defi-alimentaire

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/guide-alimentaire-canadien/ressources/nutrition-nourrisson/nutrition-nourrisson-terme-sante-recommandations-naissance-six-mois/6-24-mois.html

https://www.unlockfood.ca/fr/Articles/Allaitement-maternel/Alimentation-des-nourrissons/Exemples-de-plans-de-repas-pour-les-tout-petits-(d.aspx

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00589514/document

https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/cognition/comment-se-forment-les-preferences-olfactives-8045.php

https://naitreetgrandir.com/blogue/2012/11/12/faim-de-loup-ou-appetit-doiseau-les-reponses-a-vos-questions/

Maternage proximal·Préparer la naissance

Le temps de l’accouchement

 

Dans un précédent article, j’abordais la notion du temps pendant la grossesse.
Initialement, je pensais rédiger un article sur le rapport au temps avec un nouveau-né… Mais cela sera le suivant de cette série !
J’estime indispensable de se pencher sur l’expérience du temps pendant l’accouchement.

Je dois commencer par faire un disclaimer : bien que j’ai essayé d’être très complète, je ne peux être exhaustive dans l’ensemble des sujets abordés. Je serai ravie que les sages-femmes, gynécologues et toutes les autres personnes le souhaitant ajoutent leur pierre à l’édifice de la connaissance partagée par un commentaire.

Je vais parler ci-après de grossesses et d’accouchements dits « normaux », donc non-pathologiques.
Cela implique que dans ces situations, la mère et le bébé aillent bien et que rien n’indique un problème susceptible de survenir.

Il est évident que tous les signes indiquant une pré-éclampsie, une souffrance fœtale, un retard de croissance intra-utérin et d’autres pathologies tant fœtales que maternelles impactent les prises en charge. C’est tout le même le bonheur de la médecine que de se voir sécuriser dans les cas critiques.

 

Table des matières:

  • Introduction (et story telling)
  • L’accouchement, entre peur et bonheur !
  • Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !
  • Les différents cas de figures de « mise en travail »
  • Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?
  • l’évolution du travail
  1. – la peur de l’accouchement
  2. – les effets du « travail guidés »
  3. – l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )
  • La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement
  • Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?
  • Les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :
  • Faciliter l’accouchement par certaines mesures :
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • La nécessité de l’environnement serein
  1. La mobilité maternelle et les positions verticales
  2. le contact avec l’eau
  3. l’application de compresse chaude ou froide
  4. la relaxation
  5. le massage
  6. la musique
  7. l’alimentation et l’hydratation 
  8. « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées
  9. la gestion des périodes de repos entre les contractions
  • Elles voudraient… mais ne peuvent pas:quand le contexte dirige les actes
  • Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne 
  • Conclusion

 

Introduction

Cependant, plus de 80 % des accouchements se passent bien. Si la médecine permet maintenant de réduire la mortalité maternelle et infantile (voici les chiffres de l’OMS https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality ).
La peur et les risques au cours de l’accouchement sont enseignés dès le départ des études des sages-femmes. L’accouchement est
perçu comme un moment particulièrement à risque, entre la vie et la mort. Les équipes soignantes sont drillées à éviter le moindre risque et à sauver mères et bébés.
Et c’est un bien noble mission d’accompagner les mères à mettre leur enfant au monde…

Les connaissances médicales ont amélioré la prise en charge des pathologies.

C’est ainsi que les mortalités et la morbidités maternelles et foetales ont drastiquement chuté, surtout avec la popularisation des protocoles hygiéniques.
Juste « comme ça », les nombreux cas de « fièvre puerpérale » violentes étaient propagées par les interventions médicales. En effet, passer d’une autopsie à une femme parturiente, sans se désinfecter les mains, n’est pas une idée merveilleuse !

Cependant, les protocoles rigoureux en sont venus à pathologiser la variabilité du « normal »… voire parfois d’induire des complications : l’hémorragie de la délivrance plus fréquente à cause d’un utérus sur-sollicité par l’ocytocine de synthèse, par exemple.
D’ailleurs, « 
dès 1997, l’OMS a classé l’accélération de l’accouchement par l’ocytocine comme une pratique fréquemment utilisée à tort » exprime Marie-Hélène Lahaye dans cet article https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

Alors, d’ores et déjà, il y a un conflit autour de la naissance : la préservation de la vie et la limitation des complications, d’un côté, et le respect des compétences et du ressenti des femmes, de l’autre.
Mais est-ce antinomique ? http://www.slate.fr/story/77870/longue-vie-honteuse-histoire-mortalite-maternelle
Divers rapports mettent en évidence que les accouchements à domicile ou en maison de naissance ne sont pas plus dangereux que les accouchements hospitaliers.
Afin d’entrer dans ce processus de naissance physiologique dans un lieu autre que l’hôpital, les sages-femmes informent rigoureusement les femmes enceintes.
Les naissances dans ces contextes « alternatifs » concernent des grossesses dites normales : aucun signe de pathologie de grossesse, bébé tête en bas, santé maternelle assurée, constantes fœtales normales, pas de grossesse multiple, …
En somme, les principales sources de complications sont soigneusement évitées.

L’accouchement a un statut particulier.
D’une part, il s’agit de l’aboutissement de la grossesse et beaucoup d’inquiétudes parentales se cristallisent dessus. La plupart des préparations à la naissance/à l’accouchement n’ont d’ailleurs comme objectif que de préparer à cet évènement inédit et faramineux. L’allaitement est parfois sommairement abordé, mais la « préparation » se cantonne principalement à l’instant T (qui peut durer 1h ou 72h!). D’autre part, l’accouchement est le début d’un nouveau chemin de vie aérien. Plus rien ne sera jamais comme avant, et il est maintenant nécessaire de prendre en charge ce tout-petit qui jusque là était comblé par son expérience amniotique.

Alors il pose question, focalise les attentions et les couples autant que les soignants tentent de se préparer au mieux.


Petite tranche storytelling :

J’ai fissuré la poche des eaux un samedi vers 15h30. Une fissure tellement fine que j’ai simplement eu des pertes rosées très légères. Mais qui dit pertes rosées, dit probablement présence de sang… Ce qui implique un passage à la maternité pour un contrôle.
A dire vrai, je ne croyais absolument pas que je débutais mon accouchement. J’avais perdu le bouchon muqueux la veille au matin, jour du dernier contrôle prévu avec ma gynécologue. Je n’avais qu’un petit centimètre externe de dilation. Ma gynécologue pariait sur une enfant post-terme car elle était estimée « petite » à ce terme-là : aux alentours de 3,2kg et 48cm alors que je suis une grande perche et Monsieur Donneur aussi.

Mais voilà, contrôle effectué à 22h (oui, j’ai pris mon temps, il ne faut pas rire : je n’allais pas me faire enfermée trop vite pour « rien »), c’est bien du liquide amniotique (en quantité infime). Je suis donc assignée au « quartier de naissance » jusqu’à la naissance de ma fille !

J’étais plutôt sereine, j’attendais dans l’enceinte hospitalière que mon travail veuille bien se mettre en route. J’étais persuadée que la nuit apporterait son lot de contractions. Quelle ne fut pas ma surprise de me réveiller après quelques heures de sommeil, sans le moindre signe de travail.

Mon corps ne semblait pas pressé à se séparer du fœtus qu’il abritait et moi, j’étais tranquille (bien que je rêvais de pouvoir me promener dehors… ce qui est interdit pour des raisons d’assurance!).

Mais il s’avère que le temps presse, une fois que la poche est percée… Les gynécologues mettent une deadline pour éviter les potentielles infections. Outre le début de l’antibiothérapie (d’autant plus que j’étais positive au dépistage des streptocoques du groupe B), la deadline est le déclenchement du travail. Ce qui n’est plus dans l’optique d’un accouchement physiologique…
J’ai vécu cette deadline comme une réelle pression. Chaque heure en l’absence de contraction m’angoissait. Je craignais de finir avec une césarienne d’urgence sous anesthésie générale, bref… Ce fut la ronde des scenarii catastrophes dans ma tête.
Heureusement, l’équipe de sages-femmes présente fut fantastique. Grâce à une séance d’hypnose, j’ai pu redescendre émotionnellement. Ensuite, elles ont tenté d’induire le travail grâce à de l’homéopathie ainsi que des massages avec une synergie d’Huiles Essentielles spécialement dédiée aux accouchements (sauge, et autres).
Ce fut louable de leur part, même si a posteriori, ces interventions étaient dans une optique d’accélérer le déroulement de mon accouchement… Alors que tout se passait très bien, analyse sanguine à l’appui !
Ce sont les processus et les protocoles standardisés des enceintes hospitalières qui poussent le personnel soignant à être totalement embrigadé dans la recherche des déroulements les plus rapides possible.
J’ai pu éviter un déclenchement qui était prévu 20h (soit 28h après la fissure), repoussé au lendemain matin. Et je me suis mise en travail à 22h !
14H de travail, de manière totalement physiologique…
Mais un placenta qui a mis 20 minutes à sortir.
Après 15min, la gynécologue (qui est vraiment adorable, hors ce cas précis) me dit : « Vous ne seriez pas la première à avoir une extraction du placenta sur AG après un accouchement superbe comme ça ! ».
Mon stress remonte en flèche (et tu sais quoi… Le stress et la peur induisent la production d’adrénaline, inhibitrice de l’ocytocine… Qui est indispensable pour le travail mais aussi pour que le placenta dise son dernier adieu!).

Une sage-femme me semble-t-il un peu paniquée à l’idée de masse le ventre d’une manière précise et non-douloureuse (je précise!) et voici mon très cher organe qui glisse délicatement.
Bref, on m’a fichu la trouille… Pour rien.

Cette pression au timing aurait-elle un lien avec le fait que les équipes soignantes aient des protocoles et des indications pré-définies de ce qu’est une durée « normale » de la grossesse, du travail, du temps de poussée et de la sortie du placenta ?
A côté de cela, les équipes sont souvent en sous-effectifs et, dans un accouchement physiologique, le travail actif demande parfois un peu de présence émotionnelle… Sans parler des moments de l’expulsion et de la délivrance qui sont sous haute surveillance et monopolisent le/la gynécologue, alors qu’il y a peut-être d’autres patientes et des consultations à assurer simultanément.

C’est limpide : l’empressement n’est pas principalement mu par la volonté de s’assurer de l’état de santé des la mère ou des enfants…

L’accouchement, entre peur et bonheur !

L’accouchement est donc un sas entre deux réalités distinctes pour la plupart.
Chez certaines, la grossesse et l’accouchement tendent à se chevaucher : dans les cas de menace d’accouchement précoce (MAP), par exemple. Dans ces cas-là, la grossesse est une parenthèse pendant laquelle l’objectif est de conserver cet état enceint en évitant toute activation du travail effectif.
Il y a aussi les cas de Retard de Croissance Intra-Utérin où il apparaît parfois que la grossesse ne permet pas une croissance optimale du fœtus et qu’un déclenchement peut être envisagé voire indispensable !

Sauf césarienne programmée (ce que je souhaite uniquement aux femmes ayant des antécédents ou des pathologies ne permettant pas de l’éviter … Pas comme au Brésil ou en Chine où les césariennes programmées représentent 50 à 80 % des accouchements : voici d’ailleurs un reportage sur la question), il est impossible de prévoir l’accouchement dans son calendrier.

La plupart des femmes se construisent une image de ce qui pourrait être « le début » de l’accouchement :

– Une contraction plus douloureuse que celle déjà ressenties (si elles ont déjà été perceptibles… Personnellement, je fais partie de ces femmes qui ont découvert les contractions au moment du travail uniquement) ;

– la poche des eaux qui perce/fissure ;

– … ?

Alors, souvent, les femmes et les couples cherchent à savoir ce qui les attendent et trouvent des articles comme celui-ci ou celui-là.

Ces articles propagent une vision de l’accouchement contenant des violences obstétricales que les femmes devraient accepter sans sourciller… ! J’y reviens plus tard dans l’article.

Mais, malgré les informations glanées ici ou là (comme sur mon site, d’ailleurs) la réalité rattrape l’imaginaire par une entrée en matière originale …

Certaines femmes ont des contractions (dites de Braxton Hicks) fréquemment en fin de grossesse. Leur corps se prépare et progressivement, se prépare au travail actif (qui travaille efficacement sur le col et qui accompagne le bébé qui descend dans le bassin), par une alchimie entre fœtus et mère.
Quand peut-on alors dire que le travail a commencé ?

Pour d’autres, la poche des eaux se fissure ou se rompt laissant une sensation étrange d’incontinence, de flaque tonitruante… ou de pertes discrètes qui s’accentueront graduellement. Cela n’a pas la soudaineté des films hollywoodiens qui présentent les femmes perdant les eaux, surprises par des contractions violentes faisant croire qu’elles vont expulser leur bébé sous 15 minutes !

D’ores et déjà, ces deux cas de figure engendrent un rapport au temps complètement différent.

Il est dit aux femmes primipares de se rendre à la maternité quand les contractions surviennent régulièrement toutes les 5 minutes, qu’elles durent 1 minute et ça, depuis une heure. Je suppose que ces conseils permettent de limiter le nombre d’accouchement sur les routes… mais aussi à réduire le stress inhérent au changement de lieu.
Cependant, l’inconvénient majeur est qu’il focalise l’attention des futurs parents sur un timing précis entre les contractions. Au lieu de se laisser vivre dans l’expérience du début du travail, il peut se produire un contrôle assidu des contractions. Or, s’il y a bien quelque chose qui ne peut être régi par un contrôle volontaire : c’est l’accouchement (et l’attitude du futur enfant, mais j’y reviendrai!).

Dans ces cas-là, les projets d’accouchements à domicile (AAD) sont enviables. Les couples ou la femme parturiente peuvent se laisser emporter par les vagues contractiles sans se questionner de sa dilatation ou des intervalles entre chaque contraction. Je t’invite à aller consulter le blog d’une psychologue et sophrologue « Une Petite Graine » https://unepetitegraine.blog/. Lorène y partage, entre autres, des témoignages d’AAD qui donneraient à tout le monde l’envie d’opter pour ce choix (en respectant les exclusions pour cause d’antécédents ou de risques accrus pour le bébé, évidemment).

Et malgré toutes les connaissances élaborées au fur et à mesure des années concernant l’obstétrique, les recherches continuent.
Cependant, il demeure une peur terrassante du moment de l’accouchement.

Malgré des taux extrêmement bas de mortalité maternelle, il est clair que ce qui est enseigné au sages-femmes et autres praticien.ne.s en maïeutique, est que le suivi doit permettre de garder tant la mère que le bébé sains et saufs. Or, seuls 10 à 20 % des naissances nécessitent une intervention pour qu’elles ne déroulent bien.

La plupart des femmes sont soumises aux mêmes traitements, quel que soit leur profil de risques…

Accélérer l’accouchement, un enjeux majeur !


Tu peux demander à l’équipe médicale de ne pas effectuer des touchers vaginaux de manière trop régulière voire même uniquement quand TU le souhaites (sauf dans les cas où le monitoring montrerait des constantes défavorables).
L’absence de contrôle régulier permet de se détacher de la performance de l’accouchement : dilater le plus et le plus vite, si c’est possible.

Je rêverai que les femmes hospitalisées n’aient pas à subir cette pression temporelle, accentuée par la présence inaltérable d’horloge dans chaque pièce, bien en vue !
De plus, il y a comme une comparaison étrange entre celles ayant eu un travail rapide et celles qui ont vécu les choses plus lentement.
Certaines femmes accouchent vite et cela s’accentue souvent
avec le nombre de grossesse.
Mais ce n’est pas une règle… Simplement parce qu’une grossesse n’est pas l’autre et que deux accouchements ne sont jamais similaires.
Et si l’on ne cesse répéter la singularité des grossesses, des accouchements et des enfants, il semble qu’en pratique tout soit régi par des moyennes, des calculs et des résultats métriques !

Un exemple simple est la durée de la gestation humaine qui s’étend de 37 SA à 43SA.
Mais, en France, la courbe de Gauss démontre que la plupart des accouchements se produisent aux alentours de 41 SA. C’est ainsi que le terme est arrêté…
Si cela ne paraît être qu’une formalité, il s’avère que cela prend toute son ampleur à la fin de la grossesse puisque les interventions ne multiplient dans le cas où « le terme » est dépassé.
Il est aberrant qu’une femme ait plus de sérénité à accoucher entre 39 et 41 SA qu’après. Cela induit chez les femmes qui dépassent leur terme des émotions négatives par rapport à leur propre corps, à leur futur accouchement mais aussi à leur bébé « qui prend vraiment du temps ».
C’est ignor
er la variabilité entre 37 et 43SA (source: https://syngof.fr/dossiers/revue-n93-juin-2013-grossesse-prolongee-et-terme-depasse/) … Chaque binôme maman-foetus prend SON temps pour atteindre le chemin de la naissance, il est bien dommage que les contrôles médicaux tendent à oublier cette singularité si précieuse.
Il existe pourtant des études qui permettent de mettre en évidence que si la surveillance de santé maternelle et fœtale gagne à se pratique dès 41SA, certaines problématiques n’apparaissent qu’au-delà de 42SA.
L’induction de travail peut être proposée entre 41SA et 42SA+6, et ce, en l’absence de pathologie… ce qui est une variabilité énorme !

Alors, autant le savoir… Non, la grossesse ne dure pas forcément 40 ou 41 SA, cela dépendra du développement du bébé, de la mère et du contexte de la naissance : le stress, l’angoisse, la peur et un environnement insécure bloque ou freine la mise en travail.
Voici un autre article qui aborde les différentes variables susceptibles d’impacter la durée de la grossesse.

L’accélération du travail prend aussi la forme de la mise sous ocytocine (de synthèse) afin de « corriger » le déroulement du travail s’il ne suit pas les courbes prescrites. La rupture des membranes peut également être suggérée pour améliorer l’effet de la tête du bébé sur le col et ainsi en accélérer la dilation.

Dans le deuxième stade de l’accouchement, c’est à dire de la dilatation complète à la naissance du bébé, il y a diverses procédures effectuées pour accélérer la durée de ce moment.
En structure hospitalière, c’est à ce moment-là que le gynécologues obstétriciens survient dans la salle de naissance. L’épisiotomie préventive a été pratiquée à large échelle à une époque (il y a 15-20 ans), au point que les instances de santé ont du prendre position sur le sujet. Pour les femmes nullipares, le taux d’épisiotomie était monté à plus de 50 %. Ce taux était dépendant des praticien.ne.s en salle de naissance.
Aujourd’hui, la maternité de Besançon fait école avec un taux d’épisiotomie avoisinant les 3 %.
La preuve est claire ! La plupart du temps, l’épisiotomie est ne pratique abusive qui rend les suites de couche difficiles, détériore la confiance en son propre corps et modifie temporairement ou définitivement les sensations lors des rapports sexuels.

Or, en massant le périnée durant le travail, en y appliquant des compresses chaudes, en adoptant des poussées retardées, la structure périnéale est atteinte de manière moins importante voire nulle dans de l’expulsion du bébé. Je reviens sur les pratiques favorisant le bon déroulement du travail plus loin. En attendant, voici les recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement

– Les différents cas de figures de « mise en travail »

les contractions de plus en plus fréquentes et avec une intensité sensorielle croissante.

Il semble important de dire que ce n’est pas un phénomène linéaire.
En fin de grossesse, le corps se préparent : les contractions de Braxton-Hicks plus intenses/fréquentes, assouplissement des articulations sacro-illiaques, augmentation des sécrétions vaginales, regain d’énergie et labilité émotionnelle plus importante. Bien entendu, tous ces signes ne présentent pas chez l’ensemble des femmes enceintes.
Certaines femmes vont avoir un travail caractéristique : des contractions qui augmentent graduellement en fréquence et en intensité… Mais d’autres vont vivre des contractions intenses à intervalles irréguliers pendant plusieurs jours, avant que celles-ci aient un impact franc sur le col utérin.

Ce dernier cas s’avère épuisant… Et il se produit une attente que la synchronisation entre leur corps et celui de leur bébé s’effectue de manière à cheminer ensemble vers la naissance.
Pour la plupart, c’est un jeu de patience : il y a toujours ce rapport au nombre d’heures que dure le travail. Et là, il n’y a pas de début clair et net.

Bien sûr, dans beaucoup d’autres cas, des contractions plus « intenses » offrent un ressenti différent aux parturientes. La douleur n’est pas commune à toutes les femmes. Certaines ne souffrent pas, alors que d’autres vivent très mal ces sensations.

– la fissure/rupture de poche des eaux,

Dans le cas où la poche des eaux s’est ouverte, et sans Accouchement à Domicile prévu, il convient de se rendre à la maternité… contractions ou non.
D’autant plus lorsque les analyses de fin de grossesse (aux alentours de 36 SA) ont révélé que la future mère est porteuse du streptocoques B. Le protocole demande que les femmes reçoivent des antibiotiques par intraveineuse, à intervalle régulier, de manière à éviter la transmission au futur bébé. (J’aborde cela en détails dans undes pointssuivants).

Le travail s’enclenche : quand vais-je voir mon enfant ?

Souvent, les femmes sentent à ce moment-là que c’est parti pour la dernière étape avant la rencontre.

Mais la dernière étape est-elle linéaire ?

Les calculs et méthodes de surveillance existent depuis belle lurette !

Techniquement, les sages-femmes peuvent s’aider d’outils tels que le partogramme qui estime si le travail évolue « normalement ».
Selon l’OMS, il regroupe trois éléments : la progression du travail, l’état du fœtus et l’état de la parturiente.

Il s’agit d’un outils d’aide à la décision. Selon cet article, le partogramme et les protocoles de soins permettent une standardisation des pratiques et une amélioration du pronostic des femmes en améliorant la qualité des soins fournis.

Cependant, une méta-analyse sur le sujet laisse à penser que l’efficacité de cet outils est contestable et ne démontre par de réel bénéfice. Selon ces mêmes auteurs, « il est possible que les partogrammes s’avèrent utiles dans des contextes où l’accès aux ressources de santé est très réduit, comme des études menées au Mexique et en Afrique ont également montré une certaine réduction des taux de césarienne avec l’utilisation du partogramme et une intervention précoce pour une progression du travail ralentie ». 
Mais alors, comment savoir si le travail se passe bien ? Quand faut-il s’alerter ? Doit-on garder les yeux rivés sur la montre ? Et que faire des évaluations de dilatations données régulièrement ?

l’évolution du travail

Un accouchement se déroule en 3 phases : la période de dilatation, le temps entre la dilation complète et la naissance, la phase de délivrance du placenta.
La première phase se scinde en deux : La phase de latence et la phase active.

  • la phase de latence : du début du travail jusqu’au moment où la dilatation atteint 3 cmles prescriptions conseillent  : « Si cette phase dure plus de 8 heures et s’il y a au moins 2 contractions/ 10 minutes, la probabilité s’accroît de voir apparaître des complications Par conséquent si la patiente se trouve dans un centre de santé, elle doit être transportée à l’hôpital pour une évaluation précise de la situation »
  • la phase active : à partir de 3 cm, à ce moment-là, il est entendu globalement que le rythme de dilatation ne doit pas être inférieur à 1cm/heure.
  • Sur le partogramme, la ligne d’alerte représente ce rythme de dilatation. Si la courbe de dilatation de la patiente passe à droite de cette ligne, cela signifie que la dilatation
    est lente et que le travail est retardé. Si la femme se trouve dans un
    centre de santé, il faut envisager de la transporter à l’hôpital.
  • La ligne d’action est située à 4 heures à droite de la ligne d’alerte. Si la courbe de la dilatation franchit cette ligne, une extraction fœtale par césarienne ou extraction instrumentale (si le col est à dilatation complète et le fœtus engagé dans le bassin) est indiquée.
  • L’auscultation de l’état du fœtus grâce au rythme cardiaque doit se pratiquer toutes les 15 minutes.
  • L’état de la parturiente est également contrôlé par l’enregistrement de la température, du pouls, de la tension artérielle et de la diurèse.

 

Il est intéressant de constater que la plupart des indicateurs concernent qu’une prise de mesure et la surveillance d’un timing précis.

Or, si la précision des mesures est perçue comme importante, « Si sur le plan clinique l’appréciation digitale de la dilatation est largement suffisante, quand on compare une mesure, à l’autre des écarts extrêmement important d’un observateur à l’autre (variation inter-observateurs) ont été observés (TUFFNELL) : la variation intra-observateur peut aussi atteindre pratiquement un à deux centimètres. ». ( source: http://campus.cerimes.fr/media/disquemiroir/2015-06-09/UNF3Smiroir/campus-numeriques/gynecologie-et-obstetrique/mto/poly/15000fra.html )

Les courbes les plus répandues pour l’observation du travail est celle de Freidmann. 
Cependant, celle-ci est remise en question à plusieurs égard… Mais globalement, au-delà de 4cm de dilatation, la vitesse de dilatation est globalement identique que ça soit chez une nullipare (femme n’ayant jamais eu d’enfant) ou une multipare.

D’autres études, plus récentes, ont tenté d’évaluer la durée du travail à partir de laquelle le risque maternel ou fœtal augmentait. La conclusion de ce travail était que le travail prolongé augmente essentiellement le risque infectieux maternel ou néonatal mais pas la morbidité néonatale sévère.

 

– la peur de l’accouchement

Si les femmes enceintes (ou non) peuvent avoir peur de l’accouchement, les soignant.e.s ne sont pas forcément en reste.
Les sages-femmes et les gynécologues obstétriciens perçoivent autant la beauté de participer à la mise au monde d’un bébé que les risques maternels et foetaux de ce moment inédits.

La peur de l’accouchement est sûrement dictée par les douleurs qu’engendre souvent l’accouchement.
Dans le règne animal, « la mise bas humaine » serait la plus douloureuse.
Surtout, elle est impressionnante. Les femmes fournissent de grands efforts et adoptent des attitudes plus « instinctives », qui sortent du cadre habituel.
Dans certains coutumes, il est conseillé de crier pour aider la douleur à faire son œuvre. Dans d’autres, il est préférable de se contenir.
Le fait est que l’humaine a, la plupart du temps, besoin d’un accompagnement dans ce parcours entre grossesse et naissance. Parfois, les forces la quittent, la douleur prend le pas, l’incertitude pointe et la crainte vitale peut surgir. Alors, avoir un entourage de confiance, rassurant et formés permet de ne pas sombrer dans la panique
et/ou simplement, de se sentir en totale sécurité. Comme tous les autres animaux, l’humaine recherche un cadre serein et exempt de danger pour mettre au monde sa progéniture.

 

Il est nécessaire d’ajouter que l’humain a conscience de sa finitude. Les femmes savent, de génération en génération, que la mort en couche existe… Et c’est une situation aussi terrifiante que dramatique.
Des plans d’interventions gouvernementaux ont débuté, il y a plusieurs siècles, afin de réduire le taux de mortalité maternelle… Une louable action ! Mais, à l’instar d’énormément d’initiatives, la fin de ces interventions a évolué : au lieu d’être des aides ponctuelles, elles sont devenues des procédures qui causent un interventionnisme abusif et, parfois, des violences obstétricales.

 

Les violences obstétricales et gynécologues : des aveux sur le bout des lèvres !

Le gros mot est lancé : les violences obstétricales (et gynécologiques)  sont « des actes, des paroles et des attitudes portant atteinte à l’intégrité mentale et physique d’une femme de façon plus ou moins sévère » dans le cadre d’une grossesse, PMA, accouchement et du post-partum. Le site de l’irasf détaille largement cette définition et explique comment il est possible de qualifier un acte de « violence ». Voici également le mémoire de Marie-France Franeczek, sage-femme, sur le sujet : https://afar.info/biblio/public/3059.pdf
En voici quelques exemples : rupture des membres sans consentement ; touchers vaginaux répétitifs ; mise sous ocytocine sans consentement ; épisiotomie sans consentement ; sutures sans anesthésie efficace ; maintien par la force de la parturiente dans une position ; menaces, intimidations, mépris des ressentis, chantage (sous forme de « motivations ») ; interdiction de boire ou de manger dans des situations sans risque particulière ; expression abdominale afin que le bébé descende, suture sans anesthésie, … (pour la plupart des autres, tu peux aller page 23 du mémoire https://afar.info/biblio/public/3059.pdf )

Souvent, il s’agit d’actes que les praticien.ne.s pratiquent sans le consentement éclairé des patientes. Les raisons invoquées peuvent être multiples, et parmi celles-là, le besoin d’agir pour que l’accouchement se passe mieux ou plus rapidement !
Concrètement, en tant que femmes
accouchées, il est alors possible de se sentir meurtrie… Mais redevable car, manifestement, l’enfant né est en bonne santé. C’est que certains actes, même perçus comme violents, avaient probablement une utilité…
Mais il y a moult autres circonstances : je te propose quelques articles ici  ou , ainsi que le reportage « tu enfanteras dans la douleur » d’Ovidie, disponible sur Arte TV
jusqu’à fin août 2019.

 

Autant le savoir : non, ce n’est pas parce que tu es une patiente et que tu as le besoin d’être accompagnée et soutenue que tu dois subir ! Au contraire… Mais pour ça, il faut le savoir et avoir assez d’aplomb pour refuser (là, c’est aussi le rôle de la personne qui accompagne de soutenir fermement les décisions de la femme qui accouche).

C’est pour cette raison qu’il est indispensable d’être bien informé.e (et j’essaye d’y contribuer, par exemple avec la section « préparer la naissance » et l’index d’articles qui s’y réfère).

Heureusement, à l’époque actuelle, il est possible de faire des préparations à l’accouchement qui sont prises en charge pas les systèmes de soins (mutuelles). Malgré qu’elles ne soient pas toutes équivalentes ni suffisantes (à mon goût), elles ont le mérite d’être accessibles.
Pourtant, beaucoup de futures mamans ne prennent pas le temps pour cette préparation durant la grossesse.
Certaines trouvent cela inutiles pour plusieurs raisons (dont le fait d’avoir déjà eu d’autres enfants), alors que pour d’autres, il s’agit de fuir la peur de l’accouchement,
par exemple.
Ignorer ces séances permet de mettre à distance la finalité inéluctable de la grossesse… Jusqu’à y être confrontée.
Pourtant, il est bien contre-productif de ne pas travailler sa peur d’accoucher. Une étude a démontré que les femmes ayant peur d’accouché ont un temps de travail plus long que celles qui ne déclarent pas avoir de crainte spécifique. La différence serait d’environ 47 minutes en plus pour celles qui craignent d’accoucher.

 

les effets du « travail guidés »

Peut-être que, comme moi, tu vas découvrir la notion de  travail guidé : «La direction active du travail, proposée à la fin des années 60 aux patientes nullipares par les obstétriciens de l’école de Dublin, reposait sur trois mesures essentielles : un diagnostic de certitude du travail, une correction précoce d’une anomalie de la dilatation (définie comme une dilatation inférieure à 1 cm/h) par rupture artificielle des membranes et perfusion d’ocytocine si nécessaire, et un soutien de la parturiente par la sage-femme/infirmière ou proche pendant la durée du travail. »
En bref, le travail guidé, c’est de l’accélération du travail si ce dernier a tendance à ralentir sa progression.
S’il est profitable qu’une femme de reste pas avec un bébé en souffrance ou dans une situation inéluctable ou dangereuse, le travail dirigé est tout-à-fait discutable en l’état actuel des connaissances sur la physiologie de l’accouchement.
Il apparaît que le travail dirigé réduit la durée du travail et soit utile en cas de dystocie dynamique  pour réduire le taux de césarienne ou d’extraction instrumentale.

 

l’impact de la péridurale (analgésie locorégionale )

Il n’est pas possible de parler d’accouchement en excluant cette intervention TRÈS courante. Plus de 75 % des accouchements en structures hospitalières se passent sous anesthésie péridurale. Ils ne sont donc pas dans une optique physiologique.

Des études ont été effectuées sur l’effet de la péridurale. Il en ressort que l’anesthésie locorégionale n’a pas d’impact sur le nombre de césarienne pratiquée mais augmente le taux d’extraction instrumentale (cuillères, forceps, ventouse, …) ce qui prouve que la péridurale a un effet sur la motricité utérine. Elle a aussi un effet sur l’allongement de la deuxième phase du travail (entre la dilatation complète et la naissance). Il semble éminemment profitable que la péridurale soit faiblement dosée.

Selon Cheng et son équipe, les femmes ayant une péridurale vivent un accouchement près de 90min plus long que celles qui n’y ont pas recours.
Cependant, il est nécessaire de rester modéré.e vis-à-vis de ces conclusions : il est difficile de savoir si c’est la péridurale qui cause un allongement du travail et/ou si les femmes ayant un travail plus long ont davantage tendance à recourir à la péridurale.

La péridurale a des avantages, mais aussi des inconvénients qui sont peu mis en avant, pour diverses raisons.
Il faut bien se rendre compte que les femmes qui accouchent de manière physiologique dans les enceintes hospitalières sont actuellement une minorité. Ces parturientes-là demandent une implication particulière des équipes soignantes, et les poussent à sortir de ce qu’elles côtoient habituellement.
Si, pour certaines sages-femmes c’est une situation plaisante, cela peut être vecteur de tension au sein de l’équipe et pour des gynécologues… bien habitué.e.s aux parturientes anesthésiées, qui ne bougent pas et protestent peu, faute de sensibilité ! Mais encore faut-il que la péridurale fonctionne tel que prévu… Or, ce n’est pas toujours le cas. Cette situation a modifié les égards des soignant.e.s envers les femmes… et cela challenge leurs modes de fonctionnement.

D’ailleurs, il est maintenant conseillé de pratiquer les « poussées retardées » chez les femmes ayant une péridurale. Ces dernières ont moins de sensibilité et cela leur permettrait de faire descendre le bébé de manière spontanée, jusqu’à la vulve, jusqu’à l’envie irrépressible de pousser, malgré l’anesthésie.
Afin d’être transparente, il est nécessaire de préciser que bien que la péridurale (ou épidurale) est une intervention sécuritaire, elle peut être associée à des effets secondaires et des complications :

  • « Chute passagère de la tension artérielle maternelle;
  • Nausées, vomissements;
  • Démangeaisons;
  • Difficulté à uriner, entraînant la nécessité de vider la vessie par l’insertion, au besoin, d’un cathéter urinaire;
  • Étourdissements;
  • Douleurs au point de ponction dans le dos qui peuvent durer quelques jours;
  • Engourdissements des jambes et difficulté à les bouger;
  • Frissons;
  • Hyperthermie maternelle pouvant entraîner l’utilisation d’antibiotiques: le lien entre la péridurale et l’hyperthermie maternelle demeure inexpliqué, mais dans cette situation, il faut veiller à faire diminuer la température de la mère, à rechercher une source d’infection et,le cas échéant, la traiter. »

 

La gestion des infections à streptocoque durant l’accouchement

En effet, cela ne fait pas partie de la question du temps de travail en tant que tel… Mais il s’avère que le questionnement de l’antibiothérapie et du délais dans lequel il est mis en place est sujet à débat.

Tu fais peut-être partie de ces 50 % de femmes testées positives aux streptocoques du groupe B.
Il est probable que l’on t’ait expliqué le traitement d’antibiothérapie pendant le travail ainsi que les conséquences que pourraient engendrer l’absence de traitement.

Autant être claire, je ne sais pas toi, mais je n’ai en aucun cas eu l’impression que j’ai le choix de cette antibiothérapie. Je craignais des conséquences sur le fœtus, qu’on m’a assuré nulles et ça s’est arrêté là : c’était acquis, le jour J, je serai perfusée régulièrement d’antibiotiques pour éviter à la chair de ma chair de contracter cette bactérie qui peut avoir des effets néfastes sur ses voies respiratoires, notamment.

Grâce à l’écriture de mes articles et aux contacts avec différentes sages-femmes, j’ai appris que le dépistage aux alentours de 36 SA n’était pas forcément fiable pour le moment de l’accouchement.
Il apparaît que cette bactérie est mouvante et que les seuils de colonisation fluctue rapidement.
Une pratique de prévention pourrait être mise en place par la prise de probiotiques… Mais surtout, il s’agit de réfléchir au ratio bénéfices/risques de l’antibiothérapie. Le risque principal étant la genèse d’une antibiorésistance.

Par rapport à l’infection à streptocoques : «  Une étude canadienne récente, reprise dans ce document, détermine la prévalence de la colonisation par les bactéries du groupe B chez les femmes enceintes, à 36 SA: elle serait de 19,5%. Lorsqu’elle n’est pas traitée,50% des enfants nés semblent colonisés. Parmi ceux-ci, 1 ou 2% développeraient la maladie précoce générée par les streptocoques du groupe B.

Voici une information complète, en anglais, donnée lors des études de sage-femme: https://www.ontariomidwives.ca/sites/default/files/2017-09/CPG-GBS-Prevention-and-management-in-labour-PUB_0.pdf

 

Selon cet article, une hypothèse voudrait que les infections néonatales par les streptocoques B seraient inhérentes à l’usage abusif de la tétracycline (un antibiotique largement prescrit à type préventif jusque dans les années 80). Cela démontre bien que l’usage abusif d’antibiotiques a des effets des décennies plus tard… Puisque les souches de streptocoques B sont plus virulents qu’elles ne l’étaient dans les années 50. Et personne ne peut prédire que l’usage de la pénicilline afin d’éviter la contagion au bébé n’engendrera pas une antibiorésistance encore plus violente dans les générations à venir.

 

– Déclencher l’accouchement: raccourcir la grossesse, à partir de quand et pourquoi ?

Le déclenchement, c’est une des problématiques du rapport au temps au niveau de l’accouchement dit « normal » (c’est-à-dire non-pathologique) .
– terme dépassé (quid après 41+5 ?)

– poche des eaux fissurée depuis trop longtemps

Mais en réalité, c’est toute la grossesse (j’en parle dans cet article), l’accouchement et le post-partum qui sont régie par l’horloge, des moyennes, des méthodes de contrôle… de l’incontrôlable par excellence !

Dès le départ, les professionnel.le.s de santé calculent le terme (souvent approximatif). Ensuite, cette date focalise toutes les attentions et quand les grossesses se poursuivent sans pathologie jusque-là, les contrôles se font de plus en plus proches.
En Belgique, à partir de 40SA, les contrôles échographiques et monitoring ont lieu tous les 2 jours. Le déclenchement est programmé vers 41 SA+3 si le bébé n’est pas né. Il semble que la plupart des soignants et des patient.e.s ne remettent pas cela en question.
Pourquoi ?
La peur du risque que cela occasionnerait de poursuivre la grossesse au-delà de ce terme.

Il y a aussi des déclenchements sur l’absence de travail mais aussi des accélérations induites du travail par diverses méthodes : injections d’ocytocine, rompre la poche des eaux,

Énormément d’interventions durant l’accouchement ont pour objectif l’accélération du travail en première phase :

– la rupture des membranes ;

– les injections d’ocytocine ;

– pose de tampon pour faire mûrir le col ;

– …

Mais également pendant le deuxième stade du travail, lorsqu’une souffrance fœtale est détectée (normalement) : :

– Episiotomie ;

– Extraction instrumentale ;

– Césarienne en urgence ;

-…

Cela vaut également dans l’ultime stade : celui de la délivrance. Souvent, les parturientes pensent qu’il s’agit d’une bagatelle… Or, pour le personnel soignant, c’est un moment de grande vigilance : il faut veiller à ce que le placenta sorte (la délivrance) et que l’utérus se rétracte correctement, de manière à stopper les saignements inhérents au détachement du placenta. En l’absence de réaction suffisamment vive de l’utérus, il peut se produire une hémorragie de la délivrance. C’est une des complications les plus fréquentes de l’accouchement. Diverses méthodes existent pour faire cesser cette hémorragie impressionnante.
Il s’avère malheureusement qu’un protocole habituel est l’injection d’ocytocine de synthèse pour accélérer la sortie du placenta. Souvent, le personnel médical n’est pas assez formé que pour favoriser une mise au sein immédiate… Alors que la succion du bébé génère de l’ocytocine naturelle qui amène à un détachement du placenta.
Ensuite, il semblerait que l’utérus surstimulé par l’ocytocine de synthèse soit plus fréquemment sujet à une hémorragie de la délivrance sévère (avec un effet dose-dépendant entre le taux d’ocytocine reçu et la sévérité de l’hémorragie du post-partum ) .

En plus des risques accrus d’hémorragie, l’ocytocine de synthèse a d’autres effets secondaires méconnus dont le risque accru de dépression post-partum .
En somme, tant pendant le travail qu’au moment de la naissance ou de la délivrance, il faudrait utiliser l’ocytocine de synthèse qu’avec grande parcimonie et uniquement sur base justifiée. Il serait nécessaire d’éviter de corriger une « anomalie » mineure du rythme de dilatation (quand le travail ralentit pendant une heure ou deux, sans que le fœtus n’en souffre) ou, systématiquement afin de favoriser une délivrance rapide.
A toutes fins utiles, voici une étude du relate l’intérêt du massage de l’utérus afin de prévenir les hémorragies post-partum : https://www.cochrane.org/fr/CD006431/massage-uterin-dans-la-prevention-de-lhemorragie-du-post-partum

 

les césariennes: programmées ou en urgence, aussi utile que mercantile :

Peut-être fais-tu partie de ces femmes ou de la personne qui a accompagné une femme qui a vécu un accouchement par césarienne.
Peut-être avait-elle été programmée ? Ou alors, ce fut une urgence ?
Peut-être l’as-tu bien vécue ? Ou as-tu l’impression que l’on t’a pris ton accouchement… et que tu vis un sentiment d’échec cuisant dans ta capacité à donner la vie.
Peut-être as-tu peur de ne pas pouvoir accoucher par voie basse, un jour. Peut-être que tu sais, que cela te sera impossible, mais que tu vois des avantages à cette intervention.
Bref, les césariennes soulèvent nombre de questions et le taux d’interventions aussi est parfois étonnant. 

Si, selon l’OMS, les césariennes ne devraient pas représenter plus de 10 % des naissances, il s’avère que la plupart des pays ont un taux supérieur. Le cas brésilien est édifiant: près de 80 % des femmes accouchent par césarienne programmée.

Il en va de même en chine, où jusqu’il y a quelques années, 50 % des chinoises accouchaient par voie chirurgicale.

Il est possible de se demander pourquoi certains pays ont des taux records de césariennes… Il s’agit d’une logique de rentabilité et de tentative de contrôle du timing des naissances.

Il est particulièrement rentable pour les institutions hospitalières de pratiquer des césariennes.
En outre, la planification des naissances offrent un confort aux personnels soignants : les nuits et weekends sont moins perturbés par des naissances impromptues.
De plus, alors qu’un accouchement par voie basse peut durer de nombreuses heures, une césarienne se déroule en 30 min et n’implique que très peu la prise en charge émotionnelle des femmes ou des couples.

C’est tout bénéfice pour les institutions hospitalières… Beaucoup moins pour les patientes et les bébés…

Heureusement, certains gouvernements sont intervenus afin d’offrir des primes aux hôpitaux réduisant leur taux de césariennes. La logique mercantile se répond à elle-même.
Mais l’ établissement de primes, d’amendes ou de taux à respecter ne permet pas d’estimer si l’acte chirurgical est effectué quand il est réellement nécessaire… Soit dans moins de 10 % des cas, selon l’OMS.

Mais, quelles sont les effets des césariennes sur les bébés ?
Loin de moi l’idée de créer un malaise chez les femmes qui ont du recourir à cette forme d’accouchement pour que les enfants et elles-mêmes soient en bonne santé, mais j’estime intéressant de mettre en exergue quelques éléments pour décourager les « césariennes mercantiles » .
Le site Cesarine est une mise d’or d’informations autour des césariennes.

Voici, en résumé, les effets sur les bébés :

– Dans les césariennes programmées, les fœtus n’ont pas choisi leur date pour devenir des bébés. Ainsi, il peut leur manquer quelques centaines de gramme et être un peu plus faibles qu’ils ne l’auraient été. Ils peuvent alors moins demander à téter. Il ne faut pas hésiter de leur proposer même sans qui le demande.

– l’absence de mise en travail engendre que le bébé ne secrète pas certaines hormones avec des fonctions telles que :

  • de provoquer un afflux de sang dans les organes vitaux (coeur, cerveau);
  • de faciliter la première inspiration;
  • de permettre au bébé de « piocher » dans ses réserves, maintenant qu’il n’est plus nourri par le cordon ombilical ;
  • d’éveiller le bébé, ce qui explique le regard intense qu’il a dès la naissance
  • le dévelopement olfactif, celui-ci permettant au bébé de distinguer sa mère d’une autre mère

Risque de détresse respiratoire : une difficulté pour le bébé à évacuer après sa naissance le liquide qui se trouvait dans ses poumons lors de sa vie aquatique in-utero. Les césariennes programmées amènent de complications de ce type pour deux motifs : d’abord, les bébés ne bénéficient pas de la compression thoracique lorsqu’ils passent par le bassin puis les voies génitales ; ensuite les bébés ne baignent pas dans un bain hormonal propice à sa naissance puisqu’il n’a pas pu décider de « son moment »… les mécanismes hormonaux finissant la maturation pulmonaire ne se déroulent donc pas. Forcément, plus la césarienne est pratiquée tôt, plus le risque est grand. Les précautions sanitaires en la matière précisent d’ailleurs qu’il est préférable qu’elles ne soient pratiquées qu’après 39SA.

les produits anesthésiques : A cause de ceux-ci, les bébés peuvent être moins toniques et avec une légèrement moindre capacité de succion. Cela semble particulièrement se produire après un long travail sous péridurale.

Soins plus invasifs après la naissance : Comme je l’évoque plus tard dans ce dossier, le passage de la vie utérine à la vie aérienne est brutale… et d’autant plus en cas de césarienne. Alors qu’il est suggéré d’effectuer un clampage tardif du cordon (quand il ne bat plus), c’est un procédé difficile à tenir lors d’un accouchement par césarienne.

J’évoquais plus haut les potentielles difficultés respiratoires, il s’avère que l’aspiration est plus fréquemment pratiquée pour aider le bébé s’il respire mal.

De même, il est fréquent que les enfants nés par césarienne subissent moult soins qui pourraient être postposés au profit d’un peau-à-peau avec la mère sous une couverture de survie pendant que les chirurgiens referment la plaie, ou, à défaut, avec le potentiel second parent.

Il faut bien prendre conscience de la difficulté que représente les césariennes pour les femmes : d’un instant à l’autre, elle passe de femmes enceintes à mère, avec un ventre vide et incisé, à qui le bébé est enlevé sans plus de considérations que cela…

 

l’augmentation du risque d’asthme :

Le site Césarine poursuit son relevé de conséquences pour les enfants par le sur-risque d’asthme, même s’il est difficile à quantifier. Cela semble en lien avec l’augmentation des difficultés respiratoires à la naissance, en cas de césarienne.

 

Augmentation du risque de certaines allergies :

Je ne réinvente pas la roue, voici le texte provenant de Césarine :

« Le lien entre la césarienne et les allergies semble dépendre du type d’allergie :

  • Rhinite allergique :
    • [15] trouve un risque x 1,23 (méta-analyse sur 7 études).
  • Allergies alimentaires
    • [15] trouve un risque x 1,32 (méta-analyse sur 6 études), mais l’association semble incertaine.
    • [16] trouve un risque x 4 pour les allergies alimentaires à l’oeuf à 2 ans et demi.
    • [17] trouve un risque x 2 de sensibilisation aux allergies alimentaires.
    • [18] trouve un risque x 1,18 d’allergie au lait de vache. 

Une explication proposée est que lors d’une naissance par voie basse, les bactéries présentes dans votre flore vaginale (les lactobacilles notamment) colonisent les intestins de votre enfant, ce qui lui assure rapidement une meilleure protection. La flore intestinale des enfants nés par césarienne n’est en effet pas identique à celle des enfants nés par voie basse. Ceci pourrait expliquer l’effet sur les allergies alimentaires et l’absence d’effet sur les allergies respiratoires. »

Comme j’ai pu l’évoquer dans mon article « tout ce qui est méconnu sur l’allaitement », allaiter un enfant à un effet protecteur sur le développement des allergies chez les enfants de moins de 2 ans. Un effet protecteur ne veut pas dire que cela les immunise, cependant… !

 

Augmentation de l’obésité infantile

Diverses études disponible sur le site de Césarine relatent que les bébés nés par césarienne ont plus de risque de développer une obésité. Cela s’expliquerait par la faiblesse de la composition du microbiote des bébés qui n’ont pas bénéficier de la colonisation maternelle en passant par voie basse mais aussi lors du peau-à-peau les premières heures. Or, cette flore bactérienne est indispensable à l’élaboration d’un microbiote qui protège les enfants de moult maux… dont le développement d’une obésité.

Il existe une solution pour améliorer la flore intestinale des bébés nés par césarienne : la colonisation buccale post-partum par des tissus légers ayant été placés dans le vagin quelques heures avant l’accouchement. 

les difficultés maternelles

Enfin, il ne faut pas oublier que même si l’enfant est sauf (ce qu’on espère de tout coeur), les séquelles psychologiques peuvent affecter les femmes ayant été césarisées. Il n’est aucunement question qu’elles se contentent de se dire que c’était « pour le bien de tout le monde », elles doivent pouvoir s’exprimer et trouver le soutien nécessaire.
Césarine a dédié une page à l’état psychologique d’après césarienne, qui pourra être une ressource : https://www.cesarine.org/apres/psy/

 

faciliter l’accouchement par certaines mesures :

Voici un résumé et des citations du texte : Travail et Accouchement. Accompagnement et méthodes pour composer avec la douleur, qui vous permettra d’améliorer le déroulement d’un accouchement.
Ce texte date de 2013, et pourtant, 6 ans plus tard, la plupart de ces propositions n’ont pas été adoptées dans les enceintes hospitalières.

« Diverses mesures peuvent être employées pour faciliter le processus de la naissance, soit en augmentant le sentiment de contrôle des femmes, soit en ayant un effet sur la douleur elle-même. Ces mesures offrent lavantage de présenter peu ou pas d’effets secondaires et peuvent être combinées entre elles. Certains éléments de base sont à mettre en place pour chacun des accouchements. Ainsi, la femme doit se trouver dans un environnement qui lui permet de se sentir en sécurité, entourée des personnes de son choix. Il faut qu’elle ait la possibilité de boire et de manger afin d’avoir l’énergie nécessaire pour composer avec l’accouchement. Elle doit aussi se sentir libre de s’exprimer pendant le travail. »


Pour aller plus loin dans les informations fournies ci-
dessous, je t’invite à lire l’entièreté ce document passionnant. Je vais juste relater brièvement les mesures proposées, afin d’attiser ta curiosité ! Toutes les mesures proposées ci-dessous ont été étayées par des preuves scientifiques et cliniques.

 

La mobilité maternelle et les positions verticales

les changements de position figurent parmi les techniques les plus courantes pour calmer l’inconfort pendant le travail.
UNE études mentionne même que les femmes estiment que la positions la plus douloureuse pour accoucher est la position dorsale (aka la position gynécologique) ! (source :
Gupta, J. K., Hofmeyr, G. J. et Smyth, R. M. D. (2004). Position in the second stage of labour for women without epidural anaesthesia. Cochrane Database of Systematic Reviews, 5(CD002006). Wiley Online Library ) Autant être clair, les pratiques standardisées en gynécologie obstétrique ne sont pas féministes… Ni diriger par des femmes !

 

le contact avec l’eau

Ce n’est pas pour rien que l’accouchement dans l’eau fait des émules et que les « salles physiologiques » se meublent de grande baignoire.

Être plongée dans l’eau permet de se relaxer, de réduire l’intensité douloureuse et favorise le travail.
Cela réduirait le recours à l’anesthésie péridurale et aiderait les parturientes à lâcher-prise grâce aux sentiments de chaleur et de sécurité créés par l’eau.

 

l’application de compresse chaude ou froide

En quelques détails,

* La chaleur : la chaleur diminue les frissons et tremblements, les tensions articulaires et les spasmes musculaires: elle augmente la souplesse et l’extensibilité des tissus conjonctifs.

* Fraîcheur : « Appliquées au niveau du dos, du cou, de la poitrine et du visage. En plus de diminuer la perception de la douleur, le froid aide à soulager les spasmes musculaires et à réduire l’inflammation et l’œdème des tissus application de sacs chauds au niveau lombaire pendant la phase active du travail et de compresses chaudes au niveau du périnée pendant le deuxième stade est associée à une diminution de l’intensité de la douleur. L’application de compresses chaudes au niveau du périnée à la fin du deuxième stade de travail elle avait pour effet de diminuer le taux de déchirure de troisième et quatrième degrés, la douleur perçue par les femmes au moment de la naissance, la douleur perçue au Jour1 et au Jour2 suivant l’accouchement, de même que l’incidence d’incontinence urinaire à 3 mois post-partum. » Les auteurs estiment que cette pratique simple et peu coûteuse devrait être intégrée aux soins accordés lors du deuxième stade de travail

 

la relaxation

« Certaines techniques de respiration, de visualisation, la technique du point focal ou encore de sophrologie peuvent être utilisées. Elles peuvent permettre aux femmes de se détendre et augmenter leur sentiment de contrôle. »

S’il n’est pas forcément question de réduire la douleur ressentie, il s’agit plutôt de composer avec elle. Le recours à ces techniques offre aux femmes une plus grande satisfaction de leur accouchement.

Il est nécessaire de préciser que chaque femme est différente dans son ressenti douloureux et qu’une technique n’est pas applicable à toutes !

 

le massage

« Le toucher calme; l’effleurage, les points de pression, le pétrissage sont tous des composantes du massage. »
L’utilisation du massage ou du toucher peut revêtir plusieurs formes dont une très connue est la méthode Bonapace : https://www.bonapace.com/fr/
Les femmes et les couples y ayant recours sont souvent très satisfaits du décours du travail et du renforcement de leur lien pendant l’accouchement ! Chacun se sent actif pour vivre l’accouchement pleinement.
Cela permet au/à la partenaire de se sentir utile et efficace pour aider la femmes qui accouche.

Il en va de même pour l’haptonomie qui peut être pratiquée en prénatal, mais qui peut aussi être utile intrapartum et en postpartum.

Attention toutefois à respecter le désir d’une parturiente qui ne supporterait pas le contact… Même si la préparation qu’elle a suivi prévoyait le contraire !

 

la musique

« La musique a de multiples fonctions dans la gestion de la douleur. Elle permettrait de se centrer sur ce qui se passe en soi, de se distraire et de stimuler le centre du plaisir.»

La musique agit comme moyen de distraction par rapport au contexte parfois anxiogène et aux stimuli douloureux ou angoissant.
Pour que cela soit efficace, il est nécessaire que ce soit la femme qui ait choisi la playlist qui se déroule pendant l’accouchement.

Comme pour le massage, les envies de musique varie avec les émotions ressenties. Certaines femmes ne voudront pas ajouter un stimulus sonore supplémentaire, afin de pouvoir rester centrées sur leurs ressentis.

 

l’alimentation et l’hydratation :

Je me permets de développer ce point :

Il n’y a aucune raison d’imposer un jeûne à une femme en train d’accoucher et qui ne présente que peu de risques de complications. Il semble d’ailleurs totalement aberrant qu’un être humain en plein effort soit privé de carburant ! « L’accouchement est un évènement exigeant sur le plan physique, et manger peut être une manière de conserver son énergie » (source : Singata, M., Tranmer, J. et Gyte, G. M. (2010). Restricting oral fluid and food intake during labour. Cochrane Database Syst Rev, 1(CD003930). Wiley Online Library )

Il faut savoir que des techniques existent pour vider un estomac plein dans le cas où une anesthésie serait nécessaire… C’est d’ailleurs louable puisque les grands accidentés n’avaient souvent pas prévu de se faire opérer en urgence !
Il est cependant nécessaire de préciser que ces techniques de « vidange de l’estomac » sont invasives et imparfaites et qu’il est préférable de consommer des aliments rapidement digéré et apportant une énergie rapide (ma gynécologue conseillait de la pâte d’amande et déconseillait les fruits secs, par exemple). Personnellement, je me suis hydratée normalement, ensuite abreuvée avec du jus de pomme et j’ai grignoté quelques biscuits dans le décours de mon long travail.

Je me permets d’ajouter deux éléments qui me semblent primordiaux, d’après les connaissances que j’ai acquises, mais que ne se trouve pas dans le texte source de cette partie.

– « Stop ! Ne poussez pas » : Les poussées retardées

Accoucher sans pousser… et si c’était vraiment possible ?!
Voici LE point sur lequel je regrette mon accouchement (j’ose me livrer à toi!) : j’ai découvert le principe des poussées retardées.
Qu’est-ce donc que cela ?
C’est simple, il s’agit d’attendre que les femmes aient une envie irrépressible de pousser, souvent quand le bébé affleure déjà à la vulve.
Adieu poussée guidée « interminable » et injonction sur la manière de pousser : seul le corps est maître du jeu.
Pour moi qui me suis sentie épuisée et inefficace pendant certaines poussées, cet accompagnement aurait changé tous les sentiments pendant cette phase de l’accouchement.

Voici quelques témoignages : https://www.nouvelobs.com/rue89/nos-vies-intimes/20180326.OBS4186/et-si-comme-elles-on-accouchait-sans-pousser.html

Ces poussées retardées font d’ailleurs partie des dernières recommandations en obstétrique. Elles ont l’avantage de ne pas épuiser les mères (tant physiquement que moralement) et de prévenir les déchirures périnéales, ou au moins, d’en amoindrir la gravité.

 

– la gestion des périodes de repos entre les contractions

C’est grâce à la conférence de Jacqueline de Lavilonnière que j’ai pris conscience de l’importance des périodes de repos. Si je ne partage pas son point de vue selon lequel « peu importe comment on traverse la contraction », l’entre-contraction est décisif… surtout lors des accouchements longs (et je sais de quoi je parle !).

Se laisser emporter par la fatigue entre les contractions permet au corps de recharger une partie de ses batteries. Je n’ai pas réussi à trouver de support précis sur le sujet (je suis ravie d’avoir encore des tonnes de lectures à effectuer, dont des autrices de référence comme Ina May Gaskin). Plusieurs témoignages (dont le mien) vont dans le sens d’une capacité à s’endormir, à certaines périodes du travail, entre les contractions. Pour ma part, assise sur le ballon, j’avais créé un monticule de coussins sur le lit de la salle physiologique. j’y reposais ma tête et mes bras, m’endormant ainsi assise. J’étais réveillée par les contractions pendant lesquelles je me contentais d’onduler du bassin.
Je ne saurais dire combien de temps ce repos à durer. Guère plus d’une heure, me semble-t-il. Mais je n’en suis pas sûre.
J’ai aussi trouvé un soulagement et repos un peu étrange mais logique : en étant assise sur les toilettes !
Je me souviens avoir du communiquer avec les sages-femmes depuis les cabinets (situés dans la salle), elles devaient me croire atteinte d’une diarrhée phénoménale… Alors que je libérais juste mon périnée et adoptais une position qui soulageait mes sensations douloureuses !
Je regrette réellement de ne pas avoir pu bénéficier d’un tabouret d’accouchement. Je suis certaine que j’aurais pu accoucher dessus… Mais on se refait pas l’histoire !;)

 

– la nécessité de l’environnement serein

Avec toutes les informations fournies ci-dessous, il semble clair qu’un environnement serein est indispensable pour qu’un accouchement se déroule au mieux.
Plus les femmes et les couples connaissent la physiologie et le déroulement d’un accouchement, plus elles/ils seront en confiance par rapport à ce qu’il se passe.

Ensuite, il est évident qu’être accompagné.e.s et dans un cadre tolérant la singularité des accouchements garanti une sérénité accrue.
Les femmes, afin de sécréter toutes les hormones utiles à un accouchement efficace, ont besoin de calme et d’être en confiance.
Les monitorings constants (utiles mais parfois limitant quand les appareils ne sont pas portatifs), les mises en garde, l’interdiction de manger et de boire (!), les contrôles récurrents d’évolution du travail grâce à des touchers vaginaux, etc., créent du stress pour les femmes pendant leur accouchement. Cela qui engendre des sécrétions d’hormones (dont l’adrénaline) antagonistes à l’ocytocine, par exemple.
Or, si l’on peut favoriser le déroulement de l’accouchement, il n’est pas possible d’avoir prise sur les évènements en tant que tels.

Les problèmes, comme je l’ai largement détaillé, sont souvent inhérents au contexte des accouchements.

Des protocoles existent de manière à lisser le suivi des patientes et à réduire les risques. Le principe de travail guidé a été mis en place pour cela. Ces procédures sont l’inconvénient de réduire à néant la singularité de chaque accouchement et d’intervenir dans des situations qui ne le nécessiteraient pas forcément.

C’est bien là toutes les dérives de l’obstétrique « moderne » : un interventionnisme à tout crin, quelques que soit le profil de risques des patientes.
Il semble que bon nombre des soignant.e.s aient oublié que l’humain sait enfanter. Le respect de la physiologie de l’accouchement, sans intervention, permet d’articuler les séquences hormonales et physiques indispensables à la naissance.
Il est primordial que les femmes, et les couples, soient au courant des compétences de leur corps. Elles ont besoins d’être accompagné.e.s pendant la grossesse et aussi, pendant l’accouchement, afin de favoriser leur sentiment de compétence et la sérénité du lieu de naissance.

Le pouvoir et la force d’une femme qui accouche sont phénoménaux : il ne faut jamais l’oublier et permettre aux femmes de vivre cet empowerment !

Très récemment, une étude  a démontré que les accouchements à domicile sont aussi surs que les accouchements en cadre hospitalier. Or, dans les accouchements à domicile, le respect total de la physiologie est la règle… Les interventions sont plus rares !
Partir en
quête d’un accouchement physiologique, en étant éclairé.e.s et en pleine conscience, offre la possibilité de se découvrir, de vivre les évènements de manière spontanée et de récupérer plus favorablement après la naissance.

 

Elles voudraient… mais ne peuvent pas: quand le contexte dirige les actes

Il est très complexe, en France, de sortir des carcans des habitudes hospitalières.

Les accouchements à domicile ne représentent qu’à peine 1 % des accouchements et les maisons de naissance sont en projet-pilote en ce moment même (2019).
Ailleurs en Europe, les maisons de naissance existent et ne vivent pas autant de contraintes pour les sages-femmes y pratiquant.

En France, les assurances usuelles des sages-femmes ne couvrent pas l’acte d’accompagnement à la naissance. Elles couvrent le travail, les soins post-partum mais absolument pas la naissance.
De ce fait, les sages-femmes engagent leur responsabilité propre lorsqu’elles accompagnent un accouchement à domicile.D’ailleurs, voici un exemple de situation critique pour une SF : https://www.topsante.com/maman-et-enfant/accouchement/accoucher-autrement/accouchement-a-domicile-une-sage-femme-risque-la-radiation-618634

Ces restrictions semblent abusives à la Grande-Bretagne, précurseure en terme d’accouchement à domicile.

Toutes les informations que je donne dans ce dossier nécessitent une remise en question des pratiques. Certaines tâches habituelles sont en retard sur les recommandations des instances de santé internationales comme l’OMS.
C’est pour cela qu’il est nécessaire que les femmes et les couples soient bien informés de manière à questionner certains actes AVANT l’accouchement.

Il est indispensable de demander à ses praticien.ne.s s’ils/elles sont ouvert.e.s sur des prises en charge davantage physiologiques comme celles énoncées auparavant : absence d’accélération du travail, refus de péridurale, monitoring portatif pour adopter toutes les positions, possibilité d’accoucher autrement qu’en position gynécologique, clampage tardif, massage du périnée pendant l’expulsion, poussées retardées, …
Voici par exemple un texte concernant les recommandations cliniques pour réduire les risques des lésions périnéales durant l’accouchement: « prévention et protection périnéale en obstétrique »

Il est limpide que le contexte hospitalier amène à une hyper-médicalisation des naissances… A nous, patientes, de demander au personnel soignant de changer ses habitudes pour revenir à des pratiques plus raisonnées, telles que prescrites par les instances de santé.
Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui doivent polariser l’attention et non pas la rapidité du processus ou le bon déroulement du planning des équipes soignantes.
Malheureusement, la plupart des professionnel.le.s aimerait bénéficier d’un contexte de pratique plus flexible. En outre, il y a de fortes pressions tant au niveau de la charge de travail, que du manque de personnel mais aussi de certains protocoles institutionnellement ancrés.

Le stress et le contexte de travail des équipes soignantes autour des parturientes devraient être des priorités absolues pour permettre aux femmes d’accoucher dans un cadre serein !
Il semble cependant, par la fermeture des petites maternités et la création de déserts obstétricaux, que cela ne soit pas l’inclinaison des autorités françaises. La Belgique, ayant un territoire plus restreint et une ouverture sur les pratiques alternatives plus importante, est moins sujette à ce type de questionnements, même si cela reste totalement dépendant des institutions hospitalières (je ne cesserai de congratuler le CHR de Namur). La surcharge de travail et les démarches administratives de suivi, notamment, entament lourdement la disponibilité des sages-femmes.

 

Frontière entre la vie utérine et la vie aérienne :

Pour finir en beauté…

Le bébé est né. Parfois encore enduit de vernix, il prend ses premières inspirations.
Mère et enfant, encore sonnés du voyage qu’ils viennent de partager… Pourtant, c’est à ce moment-là que divers intérêts s’agitent, sur l’état de l’enfant (score d’Apgar) mais aussi de la mère (délivrance, hémorragie, rétraction utérine, …).
Dans les cas où tout se passe bien, il est largement nécessaire que le bébé soit mis peau-à-peau avec sa mère. Il retrouve ainsi certaines odeurs familières, un rythme cardiaque connu, et peu découvrir la succion du mamelon (après avoir sucé son cordon ombilical et peut-être son pouce in utero).
Sais-tu qu’il est possible de demander un clampage tardif du cordon (quand le cordon cesse de battre) ? Cela a de moult effets positifs sur le bébé : il vit moins violemment sa mise au monde, il perd moins de poids, et améliorer ses réserves de fer pour les mois à venir. Il est même possible de laisser le bébé relier à son placenta jusqu’à la délivrance, voire au-delà (même si cette pratique est relativement rare).
En outre, il n’est pas nécessaire que le nouveau-né soit manipuler pour être mis en couche ou mesuré et pesé dès sa naissance… Cela peut très bien attendre plusieurs heures après la naissance.

Pour la sérénité du nouveau-né, l’attachement de la mère au bébé et la mise en route de la lactation, il est primordial que le lien intense mère-bébé soit préservé au maximum. Ensuite, le contact peau-à-peau participe à la poursuite de la colonisation bactérienne du bébé, qui lui sera d’une grande aide pour le développement d’un microbiote intestinal optimal.

De manière évidente, les contacts proximaux avec le bébé agit dans la prévention de la dépression post-partum (j’en parle dans mon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébémon intervention au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé)… Il serait dommage d’accentuer les risques pour des questions de protocole.

Encore une fois, j’invite les femmes et les couples à se renseigner afin de rédiger une projet de naissance (j’en parle dans mon article : « comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ») et de prévoir non seulement ses souhaits pour le travail, la naissance mais aussi pour ce qui se déroule après la naissance.
Bref, dans tous les moments de l’accouchement, de la naissance et de la rencontre : il est nécessaire de rappeler à toutes et tous que le temps fait son œuvre, dans la plupart des situations !

 

Conclusion :

Encore une fois, ce document n’est pas un article. Il n’est pas exhaustif mais j’espère que l’objectif sera atteint d’informer les femmes et de faire réfléchir certains soignant.e.s sur leur pratiques.

Je tiens à préciser encore qu’il n’est nullement question de jeter l’opprobre sur des pratiques sécuritaires qui ont amené à diminuer drastiquement le taux de mortalité infantile et maternelle. Les connaissances en gynécologie obstrétrique évoluent perpétuellement. Il est logique que les pratiques cliniques se mettent à jour régulièrement.

Que difficultés lorsqu’on surfe sur une peur intense engageant le pronostic vital de deux êtres…

Merci aux césariennes d’avoir sauvés mères et enfants, avec des techniques de plus en plus douces, avec des femmes qui peuvent pousser pour qu’elles se sentent actrices de leur accouchement (les césariennes extrapéritonéales) ; mais aussi une déchirure des tissus manuelles de manière à améliorer la cicatrisation.

Merci aux péridurales d’avoir pu soulager les douleurs vécues comme des souffrances.
Merci aux rachianesthésies d’éviter (le plus souvent possible) les césariennes d’urgence sous anesthésie générale.
Merci aux monitorings fréquents d’indiquer comment le fœtus supporte le travail.
Merci à l’antibiothérapie de réduire le risque d’infection néonatale.

Je pourrais continuer longtemps !

Le fait est qu’il y a de justes mesures et un entre-deux qu’il est possible de mettre en place.
D’une part, il est utile de rationaliser les interventions auprès des parturientes. D’autre part, cela permet aux femmes de d’accéder à la puissance de leur corps, sans se confier corps et âme à la médecine… afin qu’elles puisent dans leurs propres ressentis.
Cela leur permettra d’optimaliser le rapport avec leur nouveau-né.

 

A bientôt, j’espère, pour d’autres curiosités en toute bienveillance.

 

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Sources :
– Collectif de défense de l’accouchement à domicile:
https://cdaad.org/

reportage d’Ovidie : « Tu enfanteras dans la douleur » https://www.arte.tv/fr/videos/081587-000-A/tu-enfanteras-dans-la-douleur/

https://www.inspq.qc.ca/Data/Sites/8/SharedFiles/PDF/travail-et-accouchement-preparation-accompagnement-et-methodes-pour-composer-avec-la-douleur.pdf

Vidéo de Jacqueline de Lavilonnière : Rythme et tempo dans l’accouchement https://www.youtube.com/watch?v=PFyxnqSSJtU&t=1120s

dépistage et prévention des infections à streptocoques B : https://www.bd.com/resource.aspx?IDX=18870 et https://www.reseau-naissance.fr/medias/2018/03/Referentiel_-streptoB_RSN_2018VF-1.pdf

https://www.bastamag.net/A-l-hopital-nous-sommes-dans-une-logique-fordiste-les-femmes-doivent-accoucher

– Marie-Hélène Lahaye, Accouchement, les femmes méritent mieux, Éditions Michalon, 2018

– Les représentations à base de peurs de la grossesse et de l’accouchement génèrent une hypermédicalisation au détriment de l’accouchement physiologique https://apprendreaeduquer.fr/peur-accouchement-physiologique/

 

Ressources :
Collectif InterAssociatif autour de la naissance : CIANE : https://ciane.net/wiki/pmwiki.php?n=Ciane.CRU

Envie d’en savoir plus sur l’adaptation du nouveau-né à l’environnement aérien ? http://campus.cerimes.fr/maieutique/UE-puericulture/vie_extrauterine/site/html/cours.pdf

– Le guide de la naissance naturelle. Ina May Gaskin

– Recommandations de l’OMS concernant les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/272434/WHO-RHR-18.12-fre.pdf

Communication Non-Violente

L’influence des pratiques de maternage proximal sur la relation parent-enfant

Vendredi 5 juillet 2019, j’ai participé au VIe congrès international transdisciplinaire sur le bébé.

Je te mets à disposition le texte de mon intervention qui avait pour objectif de sensibiliser des professionnels et principalement des psychologues.

« Je suis humaine. Vous aussi. A votre âge, votre cerveau a atteint sa taille adulte. Heureusement, il est malléable grâce à la plasticité neuronale. Cette dernière nous permet d’apprendre, de modifier nos fonctionnements personnels, nos préjugés et stéréotypes.
Aujourd’hui, c’est cette capacité que je souhaite mobiliser en vous.

J’aimerais vous poser une question :
Comment réagissez-vous face aux pleurs des bébés ?
Prenez un instant pour vous remémorer la dernière fois où vous y avez été confrontés !… Ou à des situations marquantes avec vos propres enfants (si vous en avez).

Quelles émotions jaillissent en vous ?
Je vous laisse les décoder… Il y a de fortes chances pour que celles qui émergent en vous spontanément soient les résultantes de votre vécu d’enfant.
Inexorablement, sans travail personnel, nos réactions face aux tout-petits sont conditionnées par les expériences que nous avons eues en tant qu’enfants.

Et si nous pouvions, dès à présent, mettre en place les moyens qui nous permettent de diminuer la violence envers les enfants ainsi que la détresse parentale ?
Cela vous semble utopique ?
Et pourtant, en l’espace de deux générations, c’est devenu possible ! La Suède, en encadrant légalement les pratiques de violences éducatives en 1979 a réduit drastiquement les violences intrafamiliales et la violence au sein même de la société.

Quelle est donc la voie de cette paix familiale à long terme ?
Tout simplement, le maternage proximal, que je préfère nommer « parentage proximal » afin d’être plus inclusive.

Le parentage proximal (ou attachment parenting) est un style de parentalité qui place les besoins émotionnels et physiques des enfants en priorité. Il se base sur les théories de l’attachement théorisées par Bowlby : le petit d’humain va s’attacher à son/ses figure.s parentale.s. grâce au fait que ces dernières répondent à ses besoins primaires (manger, être changé… et être rassuré !). Cependant, Harlow (un autre psychologue et chercheur, dont Bowlby s’est inspiré) a pu démontrer, dans les années 50-60 que l’attachement et la sécurité ne se basaient pas sur le nourrissage, mais bien sur le besoin inné du nourrisson de toucher et de s’accrocher à quelque chose pour le confort émotionnel… le facteur principal de l’attachement n’est pas la nourriture mais le soin et la réceptivité.
Une fois que ce lien d’attachement est fondé, l’enfant peut développer harmonieusement des comportements exploratoires de l’environnement (jouer avec ses jeux, tenter de les attraper, se retourner, aller vers des nouveaux objets, etc.).
Les enfants, qui ne lisent pas de confiance et d’encouragement dans les attitudes de leurs figures d’attachement, vont avoir plus de difficultés à se sentir en sécurité pour explorer le monde. Pourtant, l’activité de l’enfant, c’est bien ça : Explorer.
C’est donc là que l’attachement prend sa dimension motivationnelle.

Les parents pratiquant le parentage proximal, offrent à leurs enfants toutes les conditions d’un attachement sécure. Cela regroupe les pratiques de portage, d’allaitement, de cododo et un cadre bienveillant.

C’est maintenant que votre plasticité neuronale va être sollicitée !

Tout ce que j’évoque ne fait pas partie de la culture occidentale,c’est la raison pour laquelle le parentage proximal semble étrange à bon nombre d’entre-nous.
Il peut même engendrer des craintes, légitimes ou non, et beaucoup d’a priori.

Il est vrai qu’il est difficile d’accepter que d’autres possibilités existent dans la façon d’être parents… D’autant plus, lorsque nous-mêmes, nous n’avons pas agi de la sorte ou eu cet exemple.
Cela peut être douloureux de prendre conscience qu’il y avait une autre voie que celle empruntée, qui n’a pas été de tout repos tant physiquement et qu’émotionnellement.

Il faut garder en tête que les connaissances évoluent dans toutes les sphères de la recherche : les études psychologiques, médicales et les découvertes anthropologiques donnent un éclairage nouveau sur les styles de parentage.
La question n’est pas de se lamenter sur l’ignorance d’alors ou de rejeter ce qui nous est inconnu. Elle est surtout de savoir comment accompagner et expliquer les bénéfices des pratiques de parentage proximal.

Au début de mon intervention, je faisais référence à la taille de notre cerveau d’adulte.
Savez-vous que les nouveaux-nés naissent avec un cerveau qui n’est développé qu’à 23 % de son volume final ?
Comparativement, les autres mammifères viennent au monde avec un cerveau développé à 80 % ou 40 % pour les chimpanzés (plus proche de nous sur le plan biologique).
Cela implique que le nouveau-né est prématuré dans son développement… Il suffit de voir un bébé pour s’en rendre compte ! Et son évolution n’est pas la plus rapide du règne animal.
A un an, le cerveau a doublé de volume et il atteint 90 % de son volume total vers 3 ans.
Pendant toute sa croissance, c’est-à-dire 25 ans, le système nerveux va être influencé par les expériences de vie qui favoriseront l’ancrage de telle ou l’autre voie neuronale grâce à leur myélinisation progressive.

La première année est comme une grossesse extra-utérine qui permet aux enfants de développer des compétences comparables à celles des autres hominidés à la naissance. Face à un bébé, nous ne pouvons pas oublier que ce sont ses besoins émotionnels et physiologiques qui priment. Il exprime ses besoins, sans détour ni stratégie obscure, faisant fi de tous les codes socioculturels.
Par exemple, le nouveau-né n’a que faire du joli berceau préparé pour lui. Il souhaite être continuellement porté, ce qui peut démunir les parents non-avertis.
Pourtant, l’être humain a été classée comme « espèce portée », par Bernard Hassenstein (biologiste et comportementaliste allemand). Pourquoi ne l’enseigne-t-on pas aux futurs parents ?

Un des aspects du parentage proximal est le portage.
Le portage permet de répondre aux besoins de sécurité et de proximité du bébé qui a été bercé pendant 9 mois au creux de sa mère.
Le portage aide à la régulation du rythme cardiaque, de la température et permet également de prévenir les aplatissements du crâne dont les plagio et bradycéphalies.
Les bébés portés intensément ont plus de facilité à distinguer le jour et la nuit. Ils démontrent moins de troubles du sommeil.
Grâce au contact physique, les bébés portés pleurent beaucoup moins que ceux qui ne le sont pas. La réduction voire l’absence de ceux-ci, grâce au parentage proximal, permet aux parents de se sentir compétents auprès de leur nourrisson.
Le portage, et le contact proximal en peau-à-peau plus généralement, permet une libération d’ocytocine qui contribue directement à l’établissement des liens affectifs.

Les bienfaits ne sont donc pas exclusivement pour les enfants mais aussi pour le lien d’attachement et les parents !
Henrick Norholt a mis en évidence que le portage permet de réduire la gravité et l’occurrence des post-partum. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Et si nous parlions de la nutrition du nourrisson maintenant !

Un autre aspect, souvent lié au parentage, même s’il n’est pas une condition sine qua non à l’époque actuelle, est l’allaitement.
L’allaitement est incontestablement LE moyen adéquat pour nourrir les bébés. De nombreuses études le démontrent, l’allaitement réduit le risque :

• De troubles digestifs ;
• D’infections : digestive, de la sphère ORL, pulmonaire, urinaire et même méningée ;
• D’allergies (eczéma, asthme…) ;
• D’anémie ;
• D’obésité, de diabète, de certains cancers et maladies inflammatoires ;
• De problèmes orthodontiques ;
• De mort inattendue du nourrisson.
Malgré toutes les recherches effectuées par les industriels, les préparations commerciales pour nourrissons ne seront jamais équivalentes.
Rappelons quand même que les prématurés ayant un poids inférieur à 2kg reçoivent du lait maternel issu de don. Les préparations commerciales pour nourrissons provoquent trop de complications digestives.

Ne croyez pas qu’il s’agisse là d’allégations destinées à culpabiliser les mères non allaitantes. Ce sont des informations objectives. Il est nécessaire que l’humanité en ait conscience.

Savez-vous que l’allaitement offre de nombreux bénéfices pour les femmes allaitantes ?

• La diminution du risque d’anémie ;
• La remise en place des organes génitaux ;
• Le lien mère-enfant ;
• La diminution du risque de cancer du sein, de l’ovaire ;
• La diminution du risque d’ostéoporose après la ménopause ;
• Améliore le sommeil et accélère l’endormissement

Malgré ces bénéfices avérés, la perception de l’allaitement est très particulière, en Occident, et plu particulièrement en France.
Il est possible de trouver de multiples théories en psychologie expliquant combien l’allaitement, surtout non-écourté, causerait des troubles chez les enfants.
Il est utile de rappeler que ce sont des théories qui n’ont trouvé aucune démonstration effective ni aucune base scientifique. La culture occidentale a impacté profondément le rapport au corps, la sexualisation des seins ainsi que la nécessité de pouvoir se libérer de cette « contrainte » que représenterait l’allaitement.
Au lieu de le considérer comme une option, l’allaitement devrait être favorisé et accompagné par tous les professionnels de santé.

Grâce à un accompagnement adéquat, de bonnes informations et une prise en charge éclairée des difficultés qui peuvent apparaître, les allaitements peuvent être conduits sur le long terme.
L’allaitement permet de donner confiance aux femmes dans leur capacité à s’occuper de leurs enfants : elles ne doivent pas compter sur un industriel pour nourrir leurs enfants, elles sont capables de le faire.

A l’heure actuelle, nous savons que moins de 5 % des femmes ne produisent réellement pas assez de lait pour couvrir la totalité des besoins de leur bébé.
Tous les autres échecs sont inhérents à des (mauvais) conseils socioculturels autour de la puériculture.

Ensuite, il est pratique de savoir que le portage et l’allaitement réduisent les coliques, principalement connues chez les nouveau-nés issus de pays adoptant un mode de parentalité distal. Or, les pleurs inconsolables d’un nouveau-né sont parmi les éléments les plus difficiles à supporter moralement… Ils peuvent impacter gravement le bien-être psychologique des parents ainsi que l’attachement à l’enfant (et donc favoriser les troubles comme la dépression post-partum).

Une question récurrente qui revient après la naissance est la gestion des nuits et du sommeil, en général. Il est de notoriété publique que les jeunes parents sont littéralement épuisés pendant les 3 premiers mois.
Et si je vous disais que ce n’est pas une fatalité ?

C’est vrai que se lever la nuit, de 2 à 5 fois par nuit, prendre ce tout-petit, le nourrir, le bercer et chercher à le remettre dans son lit, doit être éreintant.

Alors, pourquoi les occidentaux continuent malgré tout à s’infliger cela ?
Pour pallier à la perturbation (et au manque) de sommeil, il y a les pratiques de sommeil partagé, plus communément appelé cododo ou co-sleeping. Elles sont également caractéristiques du parentage proximal.

L’Occident, par son organisation sociale et sa richesse, a construit un modèle de maison permettant à chacun d’avoir son espace. Le temps faisant, il s’est ancré comme un pseudo-besoin.
Soyons honnêtes ! Le fait d’avoir chacun sa chambre est une considération de « riches ».
La plupart des peuples du monde partage la même pièce pour dormir, voire la même couche.

La crainte de la mortalité infantile était telle que cette pratique a été déconseillée dès le Moyen-Âge ! A l’époque, l’Église soupçonnait les parents d’infanticide et d’accuser un accident survenu pendant le sommeil.
Cette croyance a traversé les siècles… et pourtant, l’OMS recommande de partager la chambre de son enfant pendant au moins les 6 premiers mois de sa vie.
Là encore, les professionnels de santé et les autres intervenants proches des jeunes parents bénéficieraient d’être informés sur le sujet.
Au lieu de jeter l’opprobre sur une pratique (qui sera de toute façon pratiquée dans de nombreuses situations), il convient d’aider les parents sur les manières d’agir avec sécurité. Par exemple, il faut un matelas dur, ne pas trop habiller les bébés…et éviter de faire du cododo dans un canapé.
En reprenant les mots du Dr. James McKenna, éminent anthropologiste :  » Dormir comme un bébé  » est une expression commune. Que signifie-t-elle vraiment ?
Cela implique un bébé qui dort auprès de sa mère avec des tétées « régulières ».

Le sacro-saint « lit conjugal » se partagera jusqu’à ce que les enfants n’en ressentent plus le besoin, sans que cela n’ait de quelconque impact sur leur santé psychologique à long terme.
La vie sexuelle du couple sera simplement déplacée en un autre lieu, sollicitant leur créativité.

Dans les trois pratiques pré-citées, le portage, l’allaitement et le cododo, il y a un dénominateur commun : l’intense proximité physique.
Cette dernière est un facteur fondamental de bien-être pour le bébé… mais aussi pour l’établissement du lien mère-enfant (ou parents-enfant).

Dans les années 70, des pédiatres colombiens ont commencé à proposer aux enfants prématurés et à leurs parents le Kangaroo-Mother Care. Il s’agit de contact peau-à-peau dès la naissance et le plus de temps possible par 24h, d’un allaitement à la demande, du soutien pour les parents ainsi que des sorties rapides des enceintes hospitalières après la naissance.
Ce mode de soins auprès des enfants prématurés, de faible poids ou à terme, a démontré moult avantages dont une réduction de la mortalité infantile. Ils guérissent plus rapidement, régulent mieux leur rythme cardiaque ainsi que leur température corporelle comparativement aux prématurés soignés en couveuse.

En 2016, des études démontrent combien le Kangaroo-Mother Care permet aux enfants prématurés d’avoir moins de signes de stress et plus d’interactions attentives avec les parents. Il permet aussi la tenue d’un allaitement exclusif sur une plus longue durée.
Et en février 2019, un article relate l’efficacité du « Kangaroo-Mother Care » dans le traitement des dépressions post-partum.
D’autres études ont mis en évidence que plus les mères étaient anxieuses voire déprimées pendant la grossesse, moins le lien d’attachement se produisait avec aisance. Tout le contexte de la gestation, de la conception à l’accouchement, est susceptible d’influencer le lien mère-enfant post-partum.
En somme, la recherche continue avidement sur les bienfaits psychologiques et médicales de ces pratiques proximales dans les soins aux enfants.

C’est une des raisons qui doit motiver l’amélioration de la prise charge du suivi de la grossesse et du post-partum pour s’éloigner de la seule préoccupation physique.
Un regard affûté devrait être posé sur les futurs et jeunes parents afin de percevoir les prémisses de difficultés dans la relation parents-bébé. La prévention demeure toujours l’action la plus efficace.

Afin de soutenir au mieux les parents, il est essentiel de les informer de la réalité des besoins d’un tout-petit.
Il faudrait aborder le besoin de contacts intenses, les rythmes du sommeil, les besoins alimentaires ainsi que l’immaturité neurologique des enfants et ses implications factuelles au quotidien.
En travaillant avec les parents sur leurs propres émotions, il est possible de les aider à adopter des attitudes proximales permettant aux enfants d’être compris et de s’épanouir. Ils pourront aussi développer leur sentiment d’efficacité parentale.

Grâce aux pratiques de parentage proximal, les enfants autant que les parents peuvent construire une base de confiance en eux. Il est nécessaire de préciser que le parentage proximal ne s’arrête pas aux premiers mois. La distance avec les enfants s’effectue progressivement avec l’évolution des compétences tant physiques, que psychiques et langagières.

Une philosophie empathique entoure les pratiques de parentage proximal. Elle conduit à un accompagnement bienveillant des enfants dans le respect de leurs émotions, leurs rythmes et leurs compétences évolutives.

Oui, le fait de devenir parent soulève de nombreuses questions et peut mettre à jour des difficultés enfouies voire méconnues. En tant que professionnels, vous êtes des interlocuteurs primordiaux pour permettre aux parents d’être informés avec justesse.
Vous pouvez décider de vous former, avec des organismes dont la spécialité est de transmettre ces connaissances autour de l’allaitement et des pratiques de maternage proximal (le terme est plus répandu). La plate-forme Co-naître est très réputé mais il y a aussi des initiatives locales de formations des professionnels. Personne ne peut perdre à accroître ses connaissances sur les besoins et les compétences infantiles.
En cas de doute, vous pouvez aussi rediriger les parents en détresse auprès de professionnels formés comme les consultantes en lactation IBCLC ou l’association de la Leche League, des monitrices de portage, une doula, …
Prenez à bras le corps ce qui vous est confié, sans proposer des alternatives basées sur des habitudes.
Vous savez maintenant que des pratiques peuvent soutenir les parents afin qu’ils trouvent leur propre équilibre psychologique et familial, avec ce nouvel être qu’est leur enfant. A vous de les y aider ! »

Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Maternage, fais-moi peur!

Quand j’ai eu l’idée d’écrire sur les raisons de la crainte du maternage/parentage proximal en Occident, je ne pensais pas que j’allais « devoir » faire des recherches historiques et anthropologiques… jusqu’à la préhistoire !
Autant dire, que c’est un vaste programme, tout au long de cet « article », qui devrait plutôt s’intituler « dossier de curiosités ».
J’ai pris énormément de temps pour l’écrire. J’ai été emportée dans des lectures qui m’ont passionnées et je me suis laissée porter par ces vagues de stimulations intellectuelles qui me font vibrer. Ensuite, j’ai eu la proposition de participer à un congrès, donc… j’ai dû (et me suis exécutée avec excitation) rendre l’épreuve dans un laps de temps très court. Comme j’y aborderai aussi le parentage proximal, je ne suis pas « sortie » de mon sujet, je l’ai abordé sous un autre angle… qui a encore complété le thème que je vais traiter ci-après.
C’est pour ça que maintenant, je me sens capable de synthétiser ce que j’ai consulté et de te transmettre la substantifique moelle (tout en te fournissant les références, si tu souhaites aller plus loin sur un sujet où l’autre).

Bref, trêve de tergiversations (de mondanités, pour celles et ceux qui ont la réf #lerirejaune), je t’emmène dans le vif du sujet !

Grâce à facebook et Instagram, en rejoignant des communautés de mères allaitantes, maternantes et bienveillantes (certains papas paternants aussi, comme le réputé papapositive, mais aussi @porterriendebarbant -porter, rien de barbant. Qui a créé « le sling du barbu », que j’ai partagé sur ma page FB il y a quelques mois), on peut croire vivre dans un monde de douceurs où nous nous entourons de personnes qui partagent nos valeurs.

Seulement, là dehors, dans ton magasin de quartier, au marché ou chez tes Grands-Parents (voire parents, malheureusement), ou encore pire… Chez les professionnel.le.s de santé, de la petite enfance, à l’école, bref… Partout, il y a parfois des « trucs » qui font tiquer.
L’objectif de ce « dossier de curiosités », c’est de comprendre pourquoi (et à la fin, je vais aborder quelques moyens pour améliorer la situation. Spoiler : A quand une présidente allaitante et maternante, et à quand des député.e.s européen.ne.s hermétiques aux lobbies ? Non, je ne vais pas me faire de potes dans les hautes sphères…).

Je veux faire un petit disclaimer : dans ce texte, j’ai associé parentage et allaitement.
Non pas que je ne pense pas qu’on puisse en maternante ou paternant avec un biberon, mais cette possibilité n’est que très récente.
Je vais te l’expliquer, dans l’histoire de l’humanité, c’est bien le mode de nourrissage qui a conditionné ou non la mise en place d’un parentage distal.
Ce n’est plus le cas maintenant, mais cela implique que je parle d’allaitement dans les pages qui viennent.
Grâce aux recherches effectuées, j’ai pu constater que la plupart des mythes concernant l’allaitement ont littéralement traversé les siècles !
Tu vas voir, c’est ÉDIFIANT !

 

Comme c’est texte long, voici une table des matières :

– Mais de quoi avoir peur ?

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

l’antiquité et les premières nourrices

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! 

  • Conséquences des collectivités
  • Les bonnes manières, dès la naissance
  • « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? 
  • Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

  • Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : survalorisation de l’autonomie du tout-petit
  • la science au service de la consommation
  • les représentations culturelles de la proximité mère-enfant
  • Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?
  • Créer des enfants a-culturels ?
  • Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)
  • le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?
  • l’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères
  • Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?
  • Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

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Mais de quoi avoir donc peur  ?

En tant que psychologue, je suis assez bien placée pour avoir lu/entendu (et même proféré pendant mes études) de nombreuses désinformations au sujet du parentage proximal.

Mais pourquoi ?
Pourquoi les humains occidentaux ont considéré que s’occuper des enfants devait être codifié ?
Pourquoi les femmes occidentales ont cessé d’allaiter ?
Qu’est-ce qui, dans nos contrées, a déconstruit ce rapport corporels aux enfants que l’on constate dans les autres cultures du monde ?

Évidemment, c’est culturel. Mais ça ne dit rien, même si ça explique tout.

Voyons ce qu’il se passe dans la loi (je fais référence aux cas français et belges). Ce sont ceux que je connais le mieux. Je sais que je suis lue dans énormément de pays et je serai RAVIE d’avoir un retour sur ce qui se fait ailleurs. Entre la législation et ce qui se passe en vrai, il y a parfois un monde!

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Faisons des constats :

  • Le congé de maternité dure maximum 15 semaines, quand la chance est du côté de la mère (temps de congé variable en fonction d’un arrêt de travail avant la date du terme prévu, en Belgique…)
  • En Belgique, sauf cadre de travail à risques (chimiques, infectieux, …), il n’y a plus de congé d’allaitement. Et si celui-ci est possible, il ne dure pas plus de 2 mois.
  • Dans la plupart des milieux de travail, il est possible d’avoir 1h/j pour 8h de travail afin de tirer le lait ou aller allaiter les enfants. Ces dispositions impliquent une perte de salaire qui est compensée, ou non. Il y a des professions ou des statuts qui n’ont pas accès à ces facilités.
    Il faut savoir que cette disposition, en Belgique, n’est envisageable que jusqu’au 9 mois des enfants.
  • Il n’y a pas de flexibilité particulière quant aux horaires de travail lorsqu’on a des enfants en bas âge.
  • Pour les travailleu.r.se.s, il y a des possibilités de s’absenter pour « raisons impérieuses » (enfants malades, hospitalisation d’un proche, …)pour 10 journées par année civile, a priori, non rémunérées.
  • Le congé paternité dure 10 jours !
  • Si le congé parental est envisagé, en temps plein, il dure 4 mois maximum. Il est indemnisée à hauteur de 750€ ou 1180€ s’il s’agit d’un parent isolé (donc sous le minimum vital, l’allocation de base pour une personne isolée avec un enfant étant de 1254€, en Belgique)
  • Concernant l’organisation du logement (texte de loi) :

* Le séjour ne peut pas servir de chambre lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants âgés de plus de 6 ans;
* Le logement doit avoir au moins 2 chambres lorsque le ménage comprend un ou plusieurs enfants de plus d’1 an;
* Le logement doit avoir suffisamment de chambres pour qu’un enfant de 10 ans ne doive pas partager sa chambre avec un enfant de sexe différent.

  • les jugements de droits de garde, en cas de séparation des parents, ne prennent pas en compte l’allaitement
  • Lors de conflits conjugaux, de divorces remplis de litiges, le fait que la mère soit reconnue comme maternante peut lui porter préjudice.

Je pourrais continuer à citer des exemples… Mais je pense qu’il est déjà clair que la plupart des sociétés occidentales ne favorisent pas le parentage proximal (il y a mieux en Allemagne et dans les pays du Nord).
Tous les constats effectués ci-dessus sont éminemment influencés par la culture, en faisait fi de la dimension corporelle de la parentalité et des besoins des jeunes enfants.

 

Mais comment as-tu pu en arriver là ?

Il y a encore 40 ans, énormément de femmes restaient au foyer pour s’occuper des enfants, même si elles avaient été diplômées (dans une filière où les femmes avaient le droit de s’inscrire, quand même, il ne faut pas abuser …!).

La volonté d’être indépendantes financièrement, la révolution sexuelle, et la croissance toujours effrénée d’une société de surconsommation associée à la perte du pouvoir d’achat, a éloigné les femmes des enfants.
C’est tout à fait louable, à certains égards (je reviens dessus dans un point ultérieur), afin que les femmes puissent exercer réellement un choix de vie !
Jusque-là, c’était dans l’ordre des choses. Et encore aujourd’hui, des luttes anti-sexistes sont menées afin que les parents aient de réelles possibilités. Culturellement, cela commence à s’immiscer que les hommes aussi peuvent être au foyer, par exemple.
Le problème est que la plupart du temps, les femmes ont des postes moins bien rémunérés. Le choix se faisant sur la perte moindre pour le quotidien, c’est souvent les femmes qui s’occupent des enfants (si elles le souhaitent).

Dans le cas où aucun des parents n’interrompt sa carrière, il paraît logique pour toute la société occidentale que les enfants soient déposés à la crèche vers 7h30/8h et récupérée vers 17h/18h (dans la majorité des cas, je sais que certains métiers imposent une flexibilité et des horaires différents). Dès 3 ou 4 mois, les enfants passent donc 10h/jour, 5j/semaine, confié à quelqu’un qui a souvent plusieurs autres enfants à charge (souvent une personne pour 5 enfants).

Énormément de femmes ou de parents, ont du mal à se séparer de leur tout-petit. La plupart reprennent le travail avec des pieds de plomb, pleurent tous les matins, en se disant qu’elles n’ont pas d’autre alternative.

D’ailleurs, c’est ce qui leur est renvoyé : « Tout le monde passe par là, tu vas t’y faire. » ; « Si ta tristesse est si grande, c’est que tu étais trop fusionnelle. » ; « Ça vous fera du bien à tous les 2 d’être séparés. Les retrouvailles en fin de journée sont super ! ».

Il y a tellement d’absurdités dans ces propos…
– Pathologiser une réaction normale, en invoquant une hypothétique fusion malsaine ;

– La croyance que les séparations précoces (avant un an, les séparations sont considérées comme précoces) sont bénéfiques ;

– Se focaliser sur l’après (les retrouvailles) pour supporter l’instant présent… cela fait référence à un mode de pensée religieux qui veut que la piétée et l’ascétisme soient de mise dans la vie afin d’accéder à une vie merveilleuse après la mort (le paradis et autres conceptions du même ordre).
A tous les parents qui souffrent de se séparer de leur enfants : c’est légitime ! Vous n’êtes en rien dans un rapport pathologique à vos enfants.

Seulement voilà, il est fréquent de tomber sur ce genre de torchon : https://www.femina.fr/article/mamans-attention-a-la-fusion

La société occidentale a de faramineux diktats, et cela touche aussi les jeunes parents et surtout les mères.
Laquelle ne s’est pas demandé comme gérer tous ces statuts simultanés : femme – compagne – maîtresse – mère – employée – fée du logis – … ?

Nous, jeunes parents d’aujourd’hui, avons souvent grandi au côté de mères qui géraient tout de front, sans mot dire, jusqu’à certaines explosions.
Cela dépend des schémas familiaux, bien sûr, mais nées dans les années 55 à 70, les femmes ont intériorisé rapidement qu’elles devraient tout gérer. Rien n’était négociable.
Il fallait ouvrir la voie du travail, confrontées à un sexisme grossier (« vous êtes le cadeau avec le contrat ? #mymumsrealstory), rester une mère de famille (presque) exemplaire et surtout, être une épouse dévouée et disponible (et boum, les divorces ont commencé ! Indépendantes financièrement, il était envisageable de ne pas ramer une vie entière avec le même individu dont les valeurs ne sont plus communes).

Bref, nous avons vu nos mères galérer. Elles nous ont dit qu’elles ne nous avaient pas vu grandir et, parfois, si elles sont ouvertes d’esprit, qu’elles avaient été mal conseillées (pour l’allaitement, par exemple).
La génération Y ne veut pas forcément se tuer à la tâche, car nous en avons perçu l’inefficacité à long terme.
Nous bénéficions d’avancées scientifiques notables mettant en évidence les effets des Violences Educatives Ordinaires sur les enfants.
Nous avons pléthore de supports diffusant de l’information… et il suffit de chercher un peu pour trouver toutes les connaissances concernant le développement optimal des enfants par le parentage proximal.

Alors, nous en sommes là.
Il faut encore chercher et trouver les bonnes informations pour être le parent que nous souhaitons être. Avec du soutien, s’engager dans ce type de parentalité apporte son lot de questionnements mais épanouis infiniment les qualités humaines et relationnelles.
Dans le cas où la culture familiale est prédominante par rapport aux informations factuelles et fondées, certaines femmes répètent les schémas parentaux. Seuls sont vus et connus le parentage distal, les biberons, les crèches et autres méthodes interventionnistes, sans remise en question particulière.
Ou, à l’inverse, il y a une mise à distance des schémas parentaux et une volonté de suivre la voie du parentage proximal. Les informations sont glanées au fur et à mesure, et sans soutien… Il est difficile pour une mère ou un couple de supporter les remarques de l’entourage.
Cela peut conduire à certains isolements. Même si je reste persuadée qu’éloigner les personnes toxiques est un choix qui peut être salvateur, il est alors nécessaire pour ces femmes de se créer un réseau social soutenant.

gateau allaitement
Les nouvelles mères sont très influencées par les pratiques autour d’elles. La fragilité émotionnelle des premiers jours peut mettre à mal des principes pourtant établis, comme le désir d’allaitement.
C’est utile quand les futurs parents ont des principes sont « has been », et qu’habitués à une éducation rigoriste, cela permet de revoir ses avis et de remettre les curseurs sur une réalité qui se dessine : « Tiens, ce bébé a faim bien plus régulièrement que toutes les 3h et il ne dort pas sans moi… ! ».
C’est pour cette raison, qu’à l’heure actuelle, afin de vivre une parentalité éclairée, les informations sont importantes ainsi que l’anticipation du réseau social qui pourra être présents et soutenir les souhaits.

Il y a un guide assez fiable, pour savoir si on s’engage dans quelques choses qui ne nous convient pas : quand il s’agit de (se) forcer, de contraindre (moralement ou physiquement) et d’aller à l’encontre de ses intuitions…

Mais comment a-t-on pu en arriver à ce que laisser pleurer un enfant soit popularisé voire recommandé ?
Quels facteurs nous a éloigné de la corporalité de la naissance et de l’enfance ?

Comment l’allaitement est-il devenu un choix, alors que c’est ce qui nous caractérise comme mammifère ?

S’il est connu et su, à l’heure actuelle, que le sevrage de l’espèce humaine se situe entre 2 et 7 ans, il est incroyable de constater que les pratiques d’allaitement ont été influencées de touts temps par les normes socioculturelles ainsi que la disponibilité des ressources alimentaires. Voici un article qui reprend des informations relatant les périodes de sevrage à différentes époques, jusqu’à 18 siècles avant J.-C. !
Bien que chez les Mayas, le sevrage se situait entre 1 et 4 ans, l’auteur appelle les sevrages à 2,5 ans « tardifs ».
Une qualification qui représente bien la manière dont est perçu l’allaitement non-écourté à l’heure actuelle.
Dans la suite du texte, il y aura une revue historique des modèles de maternage (parentage) selon les époques. Pour « finir », il y aura quelques points abordant des réflexions vastes concernant l’implication du parentage proximal dans la société contemporaine.

 

Au tout début, il y avait Nous, les bébés et du chemin

Je ne t’apprend rien en te disant que durant la préhistoire, au Paléolithique moyen, l’homo sapiens était encore nomade et chasseur-ceuilleur.
Je n’ai remonté le temps que jusqu’au racine de notre espèce. C’est déjà suffisant, crois-je, pour ne pas remonter plus loin dans les recherches d’anthropologie préhistorique !
Pour un rappel de la chronologie de la préhistoire et d’autres informations passionnantes sur l’origine de l’humain : https://www.hominides.com/html/chronologie/paleolithique.php

A ce moment-là, les humains suivaient leurs besoins en ressources alimentaires. Ils pouvaient rester sur place de quelques heures à quelques jours, en fonction de ce qu’ils avaient à disposition.

A partir du Néolithique, il y a 10.000 ans, l’humain a commencé à organiser son environnement pour qu’il réponde à ses besoins. C’est l’émergence de l’agriculture, dans le « croissant fertile » (La zone formée principalement par les actuels Israël, Cisjordanie et Liban) grâce aux conditions climatiques clémentes.

Cela dit, dans cette zone accueillante, la sédentarisation a précédé la mise en place de l’agriculture, puisqu’on y retourne des villages d’une vingtaine de maisons datant de 12.000 avant notre époque.
En Europe, il semble que sédentarisation et agriculture aient évolué de paire.

A cette époque, les enfants étaient allaités jusqu’au sevrage naturel et dans les rares cas où la mère ne pouvaient pas allaiter, d’autres femmes de sa communauté prenait le relais pour assurer la survie du bébé.

La sédentarisation a eu une conséquence directe : l’augmentation massive de la population !

Durant les périodes de vie nomade, les enfants étaient forcément portés. Cette proximité physique influençait l’allaitement qui était mené jusqu’au sevrage naturel.
En se sédentarisant, les mères et enfants ont vécu des séparations précoces (dues à l’augmentation du nombre de tâches pour entretenir l’élevage, les cultures ainsi que les villages). Cela a engendré des sevrages plus précoce et un retour de fécondité plus rapide.
Le taux de fécondités passa de 4-5 à 7 enfants (Jean-Pierre Bocquet-Appel, The Neolithic Demographic Transition and its Consequences, Springer, 2008, 544 p ). Il est probable que la hausse de la natalité ait causé une surmortalité infantile, faute de ressources alimentaires.
Selon les chercheurs  : « C’est la crise démographique due au trop grand nombre d’enfants qui a certainement conduit à l’adoption de ce nouveau moyen de production. Ce dernier a ensuite intensifié la sédentarisation, laquelle a augmenté encore la fécondité. Une sorte de processus qui s’est auto-alimenté.»

Ainsi, dès que les humains ont organisé leur vie de manière plus cadrée, les enfants étaient distancés des mères et pris en charge par les pairs ponctuellement. En outre, l’usage des laits animaux débutèrent 7500 ans avant notre époque grâce à l’élevage. Il est probable que rapidement, les laits animaux ait complété les rations alimentaires des bébés humains.

 

L’antiquité et les premières nourrices !

La société est bien ancrée et plusieurs millénaires ont forgé une organisation sociale codifiée.

On a retrouvé moult écrits de cette époque, dont le Code d’Hammourabi (Hammourabi fut roi de Babylone au XVIIIe siècle av. J.C.). Ce dernier régie les attitudes des nourrices et punit celles qui, pendant le temps de l’allaitement prévu au contrat et sans prévenir les parents, prennent un autre enfant pour remplacer l’enfant mort. Le châtiment est proche de la loi du Talion : un sein leur est enlevé.

L’antiquité a amené des conduites infanticides perçues comme normales. Le nouveaux -nés devaient « mériter » d’avoir des soins.
L’infanticide était une pratique répandue pour les enfants « illégitimes », non souhaités, ayant des infirmités ou étant faibles.
A la naissance, certains enfants sont « exposés » et doivent être autorisés à vivre (pour en savoir plus ) .
Les pères (le fameux Pater Familias) avaient droit de vie et de mort sur ses enfants, et ce, tout au long de la vie.

« La plupart des sociétés patriarcales antiques accordent presque toutes au père le droit de vie et de mort sur ses enfants ou celui de les vendre comme esclaves. Parmi les pratiques admises, les parents répugnant à tuer le nouveau-né l’exposent, coutume habituelle aussi bien en Grèce qu’à Rome. S’il survit, cet enfant peut être recueilli par un étranger, mais se retrouve alors voué à l’esclavage, à la prostitution ou à l’école des gladiateurs. » Source

C’est aussi grâce à cette liberté de choix de vie ou de mort que l’on retrouve des textes médicaux de Soranos, entre autres, proposant des recettes pour permettre aux femmes d’avorter si elles le souhaitaient. Source

Soranos, bien que prônant l’allaitement maternel, fut le premier à édicter des principes disant que les mères ne devaient pas allaiter les 20 premiers jours (pendant les lochies) car cela rendait le lait indigeste. Les bébés devaient également jeûner durant les 3 premiers jours, le temps que le lait devienne, à leur sens, plus consistant et que le méconium ait été éliminé. Les familles aisées se munissaient alors d’esclavages allaitant les enfants. Les nouveaux-nés furent ainsi nourris de miel, parfois un mélange de lait de chèvre et de miel, jusqu’à la purge du méconium et la montée laiteuse (qui devait être bien difficile en l’absence de stimulation).
Pendant des millénaires, le lait maternel fut considéré comme un produit de la matrice qui migrait vers les seins, devenant du sang blanchi. Cette aliment était considérée comme indispensable afin de « peaufiner » le développement du bébé. Une certaine logique de continuum entre la vie intra et extra-utérine resta présente à cette époque.

Concernant la durée de l’allaitement, Soranos préconise un sevrage à 6 mois et une diversification grâce à des bouillies et des panades.
La plupart de la population prémachait les aliments avant de les mettre en bouche des enfants. Soranas s’élevait comme cette pratique qu’il estime dangereuse pour les enfants.
Cependant, les écrits de Soranos sont en contradiction avec d’autres récits de la même époques. Par exemple, Rufus préconise un sevrage à 2 ans et Quintilien, 3 ans.

Un de plus grand enjeux de puériculture de l’époque est l’allaitement, qui est soit maternel soit mercenaire (c’est-à-dire, effectué par une nourrice rémunérée).
Philosophes et moralistes sont opposés à l’allaitement mercenaire. Plutarque et Aulu-Gelle laissèrent des témoignages clairs sur leur position. Ils mettent en évidence plusieurs bienfaits de l’allaitement maternel, parce que le lait transmettrait des traits de caractère, qu’il ne faudrait pas les emprunter à une nourrice.

Soranos, quant à lui, estima que l’allaitement mercenaire était nécessaire afin que les femmes « ne vieillissent pas avant l’âge » et que leurs seins demeurent beaux.

Il était nécessaire de bien choisir la nourrice et de lui imposer des règles strictes :

– Absence de rapport sexuel, qui gâterait le lait et pourrait engendrer une grossesse qui tarirait le lait ;

– Elle doit avoir entre 20 et 40 ans;

– Elle ne doit pas boire en excès ;

– Elle doit éviter la nourriture trop épicée ou salée ;

– Elle devrait être de la nationalité de l’enfant allaité.

Ces recommandations demeurèrent d’ailleurs identiques jusqu’à l’abolition des recours aux nourrices au début du siècle dernier. Cela démontre comme certaines coutumes sont persistantes.

Toutefois, ces critères avaient pour objectif de s’assurer la bonne santé des enfants.
Les philosophes de l’époque déplorent l’abandon des nouveaux-nés à des nourrices, surtout si elles sont négligemment désignées.

Il n’y a peu de trace d’allaitement artificiel à cette époque. Il est probable que ce soit du à la croyance de la transmission des valeurs physiques et morales via cet aliment. Il ne faudrait pas transmettre les attributs des animaux aux petits-humains…
Et c’est également pour cette raison que Soranos conseille le recours à plusieurs nourrices, de manière à équilibrer leurs apports respectifs.

Ensuite, il est interpellant de lire que parmi les écrits de Soranos, nous trouvons d’ores et déjà des conseils de puériculture précis, notamment concernant le soin, le couchage et le portage.
Il semble que dans l’antiquité en occident, il n’y avait pas de moyen de portage en tant que tel. L’usage du berceau était recommandé, par certains. Il fut seulement conseillé et constaté que les enfants se taisaient lorsqu’ils étaient bercés… et que cela faisait un bon exercice à la nourrice que de porter un petit de 3 ou 4 mois. Soranos rédigea également que les nourrices ne devaient pas partager leur couche avec les bébés. En plus de cela, il partagea que les pleurs des bébés leur permettait de renforcer leur souffle et les organes respiratoires.

Il est donc notable de remarquer que l’absence de maternage proximal était d’ores et déjà de mise dans certaines franges de la population de cette époque. Nous pouvons donc dire qu’il s’agit de mythes antiques !
Cela dit, il est indispensable de nuancer une chose : il s’agit là de mesures destinés aux citoyens les plus aisés. Cela concerne sûrement que 4 ou 5 % de la population.
La plupart des femmes allaitaient elles-mêmes leur enfant, tout en respectant probablement, certains préceptes qui leur étaient contemporains, comme le jeûne de 3 jours à la naissance et les restrictions alimentaires durant l’allaitement.
Au-delà de ça, il semble que les bébés passaient du temps dans les bras de leurs mères, étaient diversifiés bien après 6 mois grâce à des aliments prémâchés et étaient sevrés lors de l’apparition des dents.

Il est utile de rappeler qu’il y a une grande mortalité infantile, soit environ 1/4 des enfants durant leur première année. Les poussées dentaires constituaientt un facteur dans la mortalité.
En effet, même à l’époque actuelle, les enfants ont souvent des maux durant celles-ci (# teamOtite, chez moi) : problèmes ORL, diarrhées, érosions cutanées, fièvres et caractère maussade. Le problème est qu’à l’époque, c’est à ce moment-là que les enfants étaient sevrés… et qu’ils étaient alors plus susceptibles de contracter une toxicose (source).
C’est ainsi qu’Aulu-Gelle, un autre médecin du Iième siècle, évoque dans « Les Nuits attiques » conseille à chaque mère de nourrir elle-même son enfant. Il aborde le plaisir immédiat et des bienfaits à très long terme qu’elle en retirera, ainsi que des avantages indiscutables pour la santé de bébé (source)

L’antiquité occidentale se caractérise déjà par une volonté de mise à distance des enfants, et une modification du rapport à la corporalité.
A cette époque, il y eut de nombreux penseurs et philosophes qui ont marqué l’histoire. Le corps se devait être sain : « Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain.
Il y avait un grand sens de l’esthétique. Je ne l’ai pas abordé mais les soins prodigués aux nourrissons étaient mus par une volonté d’accroître et de potentialiser leur beauté.
De plus, le rapport à une corporalité plus « animale » fut rejetée. C’est sûrement ce qui explique pourquoi l’humain occidental s’est éloigné de pratiques ancestrales, pour entrer dans une fonctionnement qu’il estime civilisé et plus sécuritaire (en se fiant aux dires des médecins, mais aussi sous l’impulsion des philosophes et moralisateurs).

Le Moyen-Âge, l’essor du christianisme et de l’ordre moral

Les manuels d’Histoire relate que 476 A. J-C sonne la fin de l’Antiquité avec la chute de l’Empire Romain d’Occident. Il semble, en toute logique, que les changements sociétaux ne peuvent pas être ancrés dans une même année… Il est dès lors préférable d’observer l’histoire ancienne comme un continuum de coutumes et de mœurs qui évoluent lentement.

Plusieurs facteurs seraient à l’origine de son déclin dont les invasions, les changements climatiques et autres troubles politiques majeurs.

Je ne vais pas retracer l’histoire du christianisme (voici un lien d’intérêt), mais simplement évoquer le fait qu’au IVème siècle, le christianisme devient une religion officielle et autorisée. Entre le Ier et le IVème siècle, la plupart des jalons sont posés pour les développements ultérieurs.
C’est également au IVème que les pères de famille n’ont plus droit de vie ou de mort sur leur progéniture. La vie devient sacrée, quelle qu’elle soit.

Les enfants sont accueillis et rapidement baptisés. La croyance voulait que les enfants n’avaient pas d’âme avant d’être baptisés. Or, comme la mortalité infantile était forte, il était indispensable que les enfants puissent mourir dotés d’une âme les menant au paradis.

Les religions sont connues pour réglementer la vie quotidienne. L’allaitement n’y échappe pas, et pour une fois : ce n’est pas mal pour les enfants !
En effet, il était préconisé de poursuivre l’allaitement maternel jusqu’au troisième Carême après la naissance. Le sevrage se situait aux alentours de 2,5 ans.
A la naissance, il est d’usage de pratiquer divers soins (plutôt invasifs ! Tu peux aller les consulter ici ) dont… celui de couper le frein de langue à l’aide d’un ongle (ne nous offusquons pas du manque d’hygiène…!).
Il est étonnant de constater qu’une loi fut édictée au sujet de l’allaitement: la loi de Borgathing. Elle codifia les attitudes par rapport à l’allaitement et les relations sexuelles entre époux. Des amendes sont mises en place, entre autres: si le mari souhaite que sa femme arrête l’allaitement et qu’elle refuse, elle doit payer 3 marks ; si les 2 époux ne prennent pas garde à ce délais, chacun devra payer 3 marks.
Plusieurs hypothèses ont été posées quant à ces règles dont celles retenues (mais encore discutées) sont : 1. que les femmes allaitantes sont exemptées de jeûn pendant le premier Carême de l’enfant ; 2. que l’Église souhaite imposer l’abstinence sexuelle aux femmes allaitantes.
Depuis dans l’antiquité, les croyances autour de l’allaitement persistent : le colostrum serait une substance stagnante de la génitrice et les nourrissons étaient purgés grâce à du vin sucré, de l’eau, du miel, du sirop de chicorée ou de l’huile d’amande douce, puis allaités par une autre femme en attendant que le lait de la mère soit prêt. Source
Une autre croyance tenace est que les relations sexuelles sont mauvaises pour le lait. N’oublions pas que jusqu’à la fin de XIXème siècle, comme évoquer précédemment, selon les connaissances de l’époque, le lait était le produit d’une « déalbation » : c’est le sang menstruel qui remonte dans les seins et qui est blanchi. Ensuite, les coïts peuvent « couper le lait », dans le cas où une nouvelle grossesse se mettrait en route (et ce n’est pas un mythe, c’est une des causes des sevrages induits. L’explication biologique d’Antan était drôlement mignonne, un médecin, le Dr. Dionis expliquait : « l’embryon installé au fond de la matrice pouvait sucer le sang et n’en laisser arriver plus une goutte aux mamelles».
En méconnaissance du fonctionnement des cycles féminins, il était cru que les rapports sexuels déclenchaient le retour des règles, ouvrant les possibilités d’une nouvelle grossesse.

Bonne nouvelle, nous ne sommes pas des chattes (l’ovulation est induite par l’accouplement : coup gagnant assuré! PS : Faites stériliser vos chat.te.s, vraiment…) !
Le Moyen-Âge est une période s’étalant sur un millénaire, si l’allaitement maternel est prescrit jusqu’au troisième Carême, certaines familles aisées ont recours à des nourrices qui doivent être choisies précautionneusement. D’autres certitudes antiques perdurent comme le fait que le lait transmettre le caractère, les vices et la beauté.

Au XIIème siècle, les recommandations de l’Église sont détournées dans certaines familles seigneuriales. L’allaitement est connu pour espacer les naissances. Or, dans ces familles, si de nombreux enfants étaient à naître, cela offrait la possibilité d’avoir de nombreux garçons… qui pourraient devenir Chevaliers !
Le placement en nourrice des nouveaux-nés était alors commun, afin de pouvoir concevoir rapidement un nouvel enfant.
C’est ainsi qu’à cette période se met en place l’industrie autour de l’allaitement mercenaire à Paris.

Un autre élément important est qu’au Moyen-Âge, les lits furent d’une largeur notable. Toute la famille, ainsi que des amis, des domestiques et autres personnes de passage étaient invités à partager la même couche. Un autre usage d’époque était qu’il fallait dormir la tête couverte… mais nu ! C’est le partage massif des lits qui rendit les étouffements des nourrissons plus fréquents… ou du moins, plus invoqués comme excuse aux morts des nouveaux-nés.
Il faut savoir que le lit était le meuble le plus important de l’habitation, à cette époque. Chez les plus pauvres, c’est l’endroit le plus confortable. Chez les plus nantis, il permet d’afficher son prestige : baldaquins, tentures variées, le matelas était composé un sac fait de lin rempli de plume et de duvet  ou de coton/laine pour l’été.

Il est aussi possible de constater que les lits furent courts. Les convictions moyenâgeuses veulent que le sommeil soit tenu dans une position semi-assise. La position allongée était réservée au mort. La position étendue aurait amené trop de sang à la tête, engendrant une mort dans le sommeil.

Toutes les contraintes présentées ci-avant laissent à penser que les mères partageaient volontiers le lit avec leurs nourrissons. Les conditions de couchage n’étant pas des plus sécuritaire, il est fort probable que de nombreux accidents survirent. Cela dit, cette proximité rendit l’allaitement plus aisé et expliquant pourquoi il était fréquent qu’il perdure sans mal jusqu’à 2,5 ans.

Après la naissance, les femmes jeunes accouchées étaientt considérées comme impures et vivent au lit pendant 40 jours. C’est le temps des « relevailles ». Cette période de repos intense permit la bonne mise en place de l’allaitement et des soins aux bébés. Être impure après la naissance, au Moyen-Âge, n’a pas eu que des inconvénients !
La mortalité infantile fut moins importante au Moyen-Âge que pendant d’autres périodes de l’histoire, notamment grâce à l’allaitement et à des pratiques de portage. Il y a d’ailleurs moult représentations de femmes allaitantes.

Cependant, l’Église se positionna en défaveur du partage du lit à d’autres personnes qu’aux époux. D’abord, pour prévenir les morts par étouffement des nourrissons, mais aussi parce qu’il fut estimé que la proximité physique, en étant nu, était immorale.
C’est ainsi que le berceau pris sa place à côté du nouveau sacro-saint lit conjugal. Et ce n’est même pas pour rire, car l’usage voulait qu’il fut béni au moment du mariage, protégeant des adultères (…) et promettant à ce couple une bonne fertilité.

C’est aussi sous l’impulsion de l’Église, qui considérait les enfants comme des être purs et naïfs, que naquirent les structures accueillant les enfants abandonnés ou orphelins.

Vers la fin du Moyen-Âge, les tours d’abandon sont crées, la plupart du temps au sein d’hôpitaux (hospices). Ces boîtes à bébés eurent pour ambition de permettre aux familles précaires de se défaire de leur nouveau-né, en lui souhaitant une vie meilleure.

Des structures s’établirent de manière à subvenir aux besoins des enfants. La plupart du temps, les orphelins accompagnaient les religieux, afin de récolter de quoi vivre. A l’époque, aucune institution ni aucune loi n’existe pour protéger les enfants.

Alors que l’allaitement maternel était une pratique recommandée par l’Église, il est possible de trouver des textes datant du XIVème siècle mettant en évidence qu’à Florence, le recours aux nourrices devint de plus en plus répandu dans la société.

Principalement dans les milieux bourgeois, cette mise en nourrice est accompagnée de l’écriture d’ouvrage de puériculture.

Ensuite, la pratique se propage également au milieu modeste.
Selon ce texte, pour une nourrice au domicile des parents, quatre emportent le nourrisson chez elle. La moitié des enfants sont envoyés chez des nourrices rurales, vivant à plus de 15 km des parents. Les nourrices recherchées étaient prioritairement celles dont le bébé était mort, et ayant accouchée depuis moins de 2 mois.
A cette époque, des traces sont claires dans le fait que les nourrices, à Florence, n’allaitent pas deux enfants à la fois. Soit la nourrice a sevré tôt son enfant soit il est mort… une dernière solution veut que la femme souhaitant devenir nourrice mette son propre enfant chez une autre nourrice, de moindre coût.
Il est aussi interpellant de constater que les nouveaux-nés filles sont plus souvent gardées par des nourrices extérieures, alors que les garçons sont plutôt confiés à des nourrices à domicile. La préférence des soins aux futurs héritiers est manifeste !

Il est incontestable que l’allaitement fut une affaire d’hommes, durant cette période encore.
Ces sont les époux qui gèrent et concluent les ajustements de salaires des nourrices. Il y a peu de textes faisans état de l’avis des femmes jeunes accouchées dans cette organisation sociale.

Un élément important eut lieu : l’Edit du roi Jean, en 1350. Il encadre la rétributions des nourrices et les conditions de travail.

Lorsqu’un nourrice emportait un nouveau-en chez elle, en campagne, il n’était pas d’usage que les parents viennent régulièrement visiter l’enfant.
C’est la nourrice qui faisait parfois le déplacement pour montrer l’enfant.
Un maternage encore plus distal que celui-ci est impossible !
Le taux de mortalité en nourrice augmente dramatiquement et cela pousse l’Église à mettre en place des campagnes de sensibilisation prônant l’allaitement.

« le placement en nourrice résulte d’une volonté de conserver son rôle social sans être « empêtrée » dans la disponibilité imposée par un allaitement non-écourté. »source


Les informations de l’Église n’eurent pas grand effet, comme le démontre le décours des siècles suivants.

 

Renaissance, que les seins bourgeois restent secs !

A partir du XVème, le placement est plus organisé, grâce à la corporation des nourrices. Il semble que la désaffection des femmes pour l’allaitement soit si important que seules les pauvres nourrissent elles-mêmes leurs enfants (coup de chance, dans la précarité!).
Les philosophes du XVIIème s’insurgent contre cette pratique de mise en nourrices… pourtant soutenue par les médecins qui protestent : «le lait doit corriger l’influence exercée par la mère sur son enfant pendant la grossesse. Il est donc préférable de renoncer au lait maternel dès la naissance et de prendre une nourrice».

nourrice noire

Les critères esthétiques furent majeurs à nouveau, durant la Renaissance. L’allaitement était (et est toujours, à tort) réputé pour enlaidir la poitrine. En outre, le tabou sexuel et la nécessaire abstinence imposée durant l’allaitement eurent tôt faits de convaincre les maris d’organiser la mise en nourrice de leur progéniture. (Kinbiehler et Fouquet, 1980).

Une habitude mortifère eut cours du Moyen-âge au XVIIIème siècle : des compléments, sous forme de bouillies,furent recommandés afin de fortifier l’enfant, le lait maternel ou nourricier étant considéré comme insuffisant (Lett, Morel et Lefebvre, 2006). Or, les intestins du bébé ne sont pas prêts à recevoir de la nourriture avant 6 mois… La salubrité de l’eau étant parfois douteuse, de nombreux bébés moururent après des diarrhées causant de graves déshydratations.

Il y a bien moins de considération pour le devenir de l’enfant, tant que celui-ci n’est pas désiré et qu’il n’a pas dépassé le cap de son premier anniversaire (le risque de mortalité après un an est largement diminué).

Malgré tout, les textes de cette période divergent. Par exemple, le médecin du Roi, Laurent Joubert, exprima avec conviction que les mères devaient profiter du plaisir de nourrir leurs enfants et que lui-même transgressait l’interdit sexuel pendant l’allaitement.

Erasme, Cornelius et Ambroise Paré se positionnèrent également comme étant favorables à l’allaitement maternel.

S’il est sûrement encore répandu dans la plupart des couches de la population, sauf les aristocrates… Au fur et à mesure, les femmes de toute la société se séparent de leurs enfants si tôt nés, imitant les classes sociales supérieures.

 

Le XVIIIème et XIXème siècle chronique d’une mort annoncée

Au sein des milieux nobles, le statut de la femme était clairement régi : Elle ne s’occupe pas de l’éducation de ses enfants et les confie quelques jours après leur naissance.
Les moralistes et les médecins de cette époque ne tarirent pas de reproches pour ces femmes : elles privilégieraient les amusements, l’apparence, la parure au détriment du bien être de l’enfant. Il s’avère que les femmes de ce rang n’avaient pas un réel choix d’agir autrement …

Cela représentait les contraintes de la vie aristocratiques où la manière de marquer son rang est de se montrer en société. Ce détachement vis-à-vis des enfants, et donc de sa fonction maternelle, l’éloigne d’autant plus des aspects animaux de la physiologie : elle n’a pas à subir les nécessaires attouchements pour nourrir les enfants et être en contact avec leurs déchets. Une mère aristocrate donne la vie, c’est l’unique tâche noble ! L’élevage des enfants revient à une femme de classe inférieure, payée à cet effet. Notons d’ailleurs que le terme « élever » les enfants est substituer à celui d’ « éduquer » pour cette raison.

Bien que mis à distance des regards parentaux, il semble que les enfants ainsi placés ne souffrent pas de désamour… ou en tout cas, d’attentions louables. Des lettres tendres furent retrouvées, témoignant de l’affection parentale mais aussi de la confiance que l’enfant perpétue la lignée.
C’est une autre perspective de la parentalité, à n’en point douter.

Pour aller plus loin: Https://journals.openedition.org/ccrh/2909

Et si les femmes souhaitaient allaiter… ?

Très simplement, la transmission générationnelle que c’est impossible prend le pas sur le désir individuel maternel. Il est d’ailleurs possible de retrouver des propos similaires à l’heure actuelle : « Dans la famille, nous n’avons pas de lait / notre lait n’est pas bon ! »

Les femmes se séparèrent de leur enfant, car le lait de la nourrice fut perçu comme plus riche et plus abondant, contrairement au leur.
Cette coutume se perpétuant depuis quelques générations, les jeunes accouchées étaient fortement influencées dans leurs actes.

l’impact du non-allaitement dans la mise en place d’un maternage distal.
Le rôle social des femmes aisées qui sont, depuis toujours, imitées par les classes inférieures, sauf par les « paysannes » n’ayant vraiment pas d’autre possibilité que d’allaiter elles-mêmes.

Les croyances de siècles, voire millénaires, précédents se perpétuent… et entravent la tenue de l’allaitement. D’autres règles s’ajoutent pour celles qui allaitent : des restrictions alimentaires spécifiques, activité physique moindre, la prétendue fatigue excessive et les risques pour la santé de la femme allaitantes (décalcification, perte des dents, …).

L’organisation du travail des femmes est un facteur prépondérant également : alors que les africaines et les esquimaudes gardent sur elles lafin de s’affairer sans s’éloigner des enfants, les européennes les laissent ou ne les porte que dans leur bras.
La tradition du portage est tenue loin des coutumes européennes, puisque assimilée aux peuples primitifs dont l’occident veut s’éloigner à tout prix à cause de leur prétendue animalité.
L’éloignement des bébés, l’absence de soin continu, les horaires imposés engendrent un taux de mortalité important.

Un autre problème est majeur, jusqu’à nos jours : la notion de propreté.
Nous l’oublions rapidement, mais pendant plusieurs mois, lorsqu’on allaite d’un sein, l’autre coule également.
C’est une réalité qui n’est que rarement mentionnée et jamais représentée.
Or, jusqu’à l’arrivée du lave-linge : la corvée de linge était un fait. Les nourrices était appelées « Nourrice mouillée » en opposition aux « nourrices sèches » qui prennent en charge les enfants sans les allaiter.
Ne pas allaiter, c’est donc rester propre et nette.
Nourrir, c’est se salir, alors qu’un enfant est déjà perçu comme une souillure constante (forcément, puisque la tradition prévoyait des emmaillotages serrés… où les enfants n’étaient pas changés fréquemment. L’urine était même considérée comme un antiseptique, potentiel remède pour les plaies. Les langes étaient parfois juste séchés avant d’être remis aux bébés. Heureusement, cette perception a changé à partir du XVIIIème).
L’allaitement peut être perçu comme une pratique impossible pour des femmes qui peuvent se changer beaucoup (ce qui est le cas, à notre époque, pour la plupart).
De plus, pendant longtemps, les corsets ont été à la mode.
Allaiter est impossible avec un corset.
Allaiter, c’est donc aussi transiger aussi sur l’élégance ! Or, la mode française (et surtout parisienne) est reconnue et la plupart des femmes y tiennent énormément !
N’oublions pas que le statuts des femmes n’est pas identique à celui d’aujourd’hui… Elles avaient bien peu de droits et de libertés individuelles.

Ensuite, il y avait aussi la crainte des complications (crevasses, abcès, mastite, engorgement, …) qui sont fort douloureuses et, auparavant, mal connues et donc mal prises en charge.
Des nombreuses histoires sordides forgent l’opinion populaire : le lait pourrait engendrer des ravages dans divers endroits du corps, en cas de rétention, en causant des tumeurs malignes.

L’allaitement est ainsi compliqué et les désagréments ne sont pas contre-balancés par le plaisir amené par le lien affectif mère-enfant. D’ailleurs en vertu de l’éthique religieuse, tout plaisir est proscrit voire condamnable.

Comme depuis plusieurs siècles, l’interdit des rapports sexuels pendant l’allaitement se poursuivit à cette époque. Nul besoin de préciser que le consentement et le désir féminin n’étaient gère questionnés. L’époux pouvait à nouveau « approcher » sa femme après 40 jours.
Les nourrices sont surveillées afin de s’assurer de leur abstinence. La mère pourrait nourrir et ne pas reprendre ses activités sexuelles, mais elle est alors responsable du risque d’adultère… !
Elle préfère alors mettre son enfant en nourrice et se prêter aux désirs de son époux. Et si elle souhaite nourrir elle-même son enfant, elle devait, bien sûr,demander l’autorisation à son mari.

Le style de maternage continue d’être distal au XIXème siècle. Les émotions des mères bourgeoises et la pollution de la ville furent estimées néfastes pour la santé des nourrissons. Il était alors préférable d’envoyer le bébé chez une nourrice dans un milieu campagnard. source

Malheureusement, la mortalité infantile atteignit des sommets !
Alors qu’il est de 17,9 % pour l’ensemble de la France (ce qui n’est quand même pas rien… près d’1/5 des enfants n’arrivent pas à un an !), il culmine à 71 % pour Paris où les enfants sont envoyés en nourrices.

 

La France est considérée comme un pays malthusien et où il y a un vrai « rejet de l’enfant » https://journals.openedition.org/transtexts/613
Certains médecins virent l’industrie des nourrices mercenaires comme une organisation d’infanticides et évoquent suggérèrent même le fait que certaines nourrices soient choisies pour leurs réputations mortifères.
C’est ainsi qu’un texte de loi vint régenter cela : la Loi Roussel.
« Cette loi illustre l’intérêt porté par le pouvoir à la petite enfance et à travers elle à l’allaitement maternel. Cependant, il faut évoquer, un précédant, la loi du 5 mai 1869 qui a pour but d’indemniser l’allaitement maternel afin d’éviter que des filles­mères ou des femmes mariées pauvres abandonnent leurs enfants. Il s’agit d’une allocation mensuelle versée jusqu’aux trois ans de l’enfant. »

Il est tout de même important de relativiser les chiffres : la plupart de ceux que nous possédons sont issus des familles aristocrates ou bourgeoises.
Au XVIII et XIXème siècle, le placement en nourrice concernait 10 % de la population.
Le problème est que le soin aux enfants est souvent influencé par les élites. Les familles moins aisées tentent d’adopter des codes similaires, ou décident simplement de s’occuper de leurs affaires tout en laissant les nourrissons livrés à eux-mêmes durant de plusieurs heures. C’est ainsi que des millier de bébés, placés à proximité du feu, périrent brûlés, étouffés par la fumée ou encore dévorés par des animaux (un cochon ou un chien affamé ne fera pas grand cas d’un nouveau-né vagissant…).

Le XXème siècle, « Je sais ce que je fais, Madame ! »

Conséquences des collectivités

Si les écrits sur l’enfance et des précis de puériculture ont toujours été commis, la capacité de les obtenir et leur nombre explosa au XXème siècle. Ces livres et ces croyances, promues aux rangs de connaissances, se disséminèrent avec une redoutable efficacité en Occident.
Et d’où provenait les nombreuses règles de vie ?
D’observations et de la gestion de collectivité, principalement !

Bien sûr, il fut heureux que le système de prise en charge des enfants abandonnés ou orphelins s’améliora avec le temps.
Mais la condition du collectivité et le manque d’investissement émotionnel auprès des enfants rendent la gestion de ceux-ci complexe.
Les structures de garde journalière émergèrent au XIXème siècle pour que les parents pauvres puissent travailler, répondant docilement à l’élaboration d’un capitalisme industriel. C’est principalement l’hygiénisme et la médicalisation des soins qui prend le pas sur l’organisation des journées dans ces lieux de d’accueil. Ce n’est que bien des décennies plus tard que les aspects psychologiques et pédagogiques modifièrent progressivement le rapport aux enfants au sein des structures collectives (d’ailleurs, il y a encore du travail pour améliorer cela dans toutes les structures!).
C’est ainsi que le XXème fut le théâtre d’expériences plus ou moins invasives sur les méthodes pour, au mieux conditionner, au pire dresser les petits d’humains.

 

Toujours est-il que de ces connaissances d’une vie « bien organisée », furent tirés des ouvrages dictant les principes à appliquer au quotidien, chez soi, avec ses propres enfants.
Un exemple tiré de cet article : « En même temps, le biberon, si longtemps mortifère, est réhabilité par les rites de l’

 

antisepsie. Les hommes de l’art trouvent là de nouveaux moyens d’investigation : ils peuvent étudier la quantité et la qualité de lait dont un enfant a besoin aux différents âges, ainsi que la meilleure répartition de ses repas ; ils mettent au point les règles de l’allaitement artificiel et s’évertuent à les inculquer à toutes les éleveuses. La nourrice change de rôle. Auparavant sa qualification dépendait surtout de sa fécondité : il fallait qu’elle enfante pour avoir du lait. Le biberon supprime l’investissement corporel. La nourrice, même si on lui conserve ce nom, se transforme en gardienne. »

Spoiler : ça n’a aidé personne, ni enfants ni parents d’être mis à distance et de quantifier frénétiquement le volume ingurgité par les bébés ou les enfants, une fois diversifiés.

Souvent couvert (pseudo) scientifique, des mesures spécifiques ont été énoncées et considérées comme un usage des bonnes pratiques : diète pour le nouveau-né de 24/48h, tétée à heures fixes, espacement volontaire, diversification précoce, mise en garde excessive vis-à-vis du cododo, …
Toutes ces règles furent (et restent) des ennemies de l’allaitement (je le précise dans cet article : « Les freins à l’allaitement, faisons les sauter ! »).

Ensuite, il y a eu le recours aux pouponnières : les bébés étaient volontairement tenus à l’écart des mères jeunes accouchées. Ces dernières devaient se reposer et les enfants étaient alors nourris à l’eau sucré, au biberon ou grâce à des tétées à heure fixe …
Ces attitudes eurent des conséquences désastreuses sur l’allaitement mais également sur le lien d’attachement mère-bébé.
Il est facile d’estimer combien les bébés ainsi traités devaient être en détresse, tiraillés par la faim et laisser à la surveillance d’inconnues, brisant toute mise en pratique d’un continuum entre sa vie fœtale et aérienne.

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– Les bonnes manières, dès la naissance

La distance imposée dès la maternité devait, toujours selon les manuels de puériculture, se maintenir par la suite.
Il ne fallait en aucun cas que les bébés soient bercés trop longtemps ni trop fréquemment, au risque d’en gâcher le caractère, de les habituer au contact et de les rendre dépendants (…).
C’est ainsi que l’on retrouve des ouvrages, d’il y a à peine 50 ans, énonçant des règles de tétées toutes les 4h, minutées et le conseil de laisser pleurer les enfants (sans que cela ne cause de douleur, aux dires des médecins ! Fallait-il le préciser, afin de rendre la chose supportable aux jeunes parents!). Ces enfants, comme d’ailleurs la plupart des tout-petits, pleuraient simplement de faim (c’est d’ailleurs encore le cas, selon Claude Didier-Jeanjouveau dans son livre « Bébé ne pleure plus »).
Cela vaut aussi pour la nuit : il fallait habituer les enfants à ne plus être nourri la nuit. Sinon, ce ne sont que des caprices, toujours aux dires des spécialistes.
Tu sais quoi ?
Moi-même, j’ai eu ces remarques en 2018 : à partir d’un certain poids, ils peuvent « passer la nuit » !
J’attends encore les fondements de cette allégation. A 31 ans, je bois toutes les nuits et je me réveille pour uriner. Je fais donc, sur critères « « médicaux » » des caprices  et je ne fais pas mes nuits.

 

– « La poudre de lait, il y en a un peu plus, je vous la mets ? »

L’avènement des préparations commerciales pour nourrissons (PCN ou Lait Artificiel pour être consensuelle)acheva de piétiner l’allaitement (et donc de la proximité physique intense avec les bébés) : dès 1872, Henri Nestlé a proposé une préparation à base de lait de vache, de sucre et de farine de blé.
Dès 1900, on dénombre des campagnes de publicité et d’informations, relayées par les médecins, concernant les conduites de l’accouchement, de la maternité et de l’allaitement…
Le biberon serait ainsi le meilleur et le plus hygiénique (puisque le lait utilisé était pasteurisé) !
Les publicités montraient des bébés ronds, l’air heureux et les mères soulagées de « ce fardeau » perçu que serait l’allaitement.

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Ingrédients d’une PCN

Les guerres mondiales se passent et viennent ensuite les surproductions de lait, qui doivent bien être écoulées : c’est ainsi que naquirent les conseils nutritionnels prônant la consommation d’au moins 3 produits laitiers/jour ainsi que le marketing autour des PCN.
Il faut admettre que c’est un juteux commerce : convaincre les femmes que les PCN sont meilleurs pour les bébés et ainsi contraindre les parents d’acheter un produit pendant 3 ans. La fidélité d’achat est ainsi au rendez-vous !

 

– Femmes, soyez-vous même et sortez de vos carcans !

Par après, les mouvements féminismes ont pris en grippe l’allaitement. Le biberon fut considéré comme libérateur !
Et c’est encore un argument dont se prévalent certaines personnes : les mères ne sont plus obligées d’être dédiées aux soins du bébé, qui peuvent être délégués à un tiers. Surtout, cela permettait de mettre en exergue que les femmes peuvent être l’égale des hommes et arguer que les contraintes issues de la physiologie femelle ne sont pas déterminantes.
La mère n’est plus indispensable et elle peut penser à elle, œuvrer à son autonomie… et à sa carrière !

Elisabeth Badinter et Simone de Beauvoir ont théorisé cela, éloignant la mère de ses enfant, sous prétexte que la société restera sexiste si elle n’adopte pas cette attitude.
Par exemple, un ouvrage des ouvrages qui y est entièrement : « Le conflit : la femme et la mère » d’E. Badinter.

Pour ces féministes de la seconde partie du XXème siècle, la maternité et l’allaitement sont des formes d’esclavage. Le biberon serait la suite logique après les luttes pour la contraception et l’avortement.
Dans les années 70, il y avait une sorte d’injonctions sociales d’interdiction au maternage. Les enfants étaient volontairement distancés de leurs mères prématurément, le développement de l’autonomie des touts-petits semblait une priorité et les attitudes empathiques étaient jugées négativement. L’allaitement était impossible pour une femme moderne !
Puis, il y eut d’autres courants, dont l’un usa du terme « fémellité » prônant l’allaitement, les conceptions physiologiques de la naissance et du rapport aux enfants, incluant toute la puissance du féminin, que l’on doit à Colette Chiland.

Bien que ces mots peuvent sembler acerbes envers les courants féministes de cette époque, il faut comprendre que le contexte est indissociable des faits (comme dans chaque situation!).
Avant ces revendications, les femmes n’avaient pas de réel choix. Elles étaient femmes au foyer, sans liberté d’action, obligées d’assumer ce rôle de mère dévouée à sa famille.
Les luttes féministes et la distanciation par rapport au statut familial furent indispensables pour parvenir à un ajustement équitable… Que nous cherchons toujours, mais qui s’est déjà largement modifié.

 

– De nos jours : Les recherches scientifiques, l’empowerment féminin, et le choix d’une vie

La proximité engendrée par l’allaitement rencontre les besoins du bébé. Cela lui permet de se nourrir mais aussi d’être réconforté.

En l’absence des seins maternels, les enfants doivent trouver un objet de substitution… parfois difficilement ! C’est ainsi que dans la panoplie classique du bébé occidental, il y a une tétine, un biberon, un goupillon et un objet transitionnel, plus fréquemment appelé « doudou ».
Il est alors conseillé aux femmes de ne pas allaiter, ou de sevrer leur enfants, afin de faciliter leur garde. Cela vaut aussi pour le portage, comme je l’évoque dans mon article « tu vas en faire un bébé-bras ».

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Malgré toutes les recherches en neurosciences affectives, mais aussi en psychologie clinique et développementale, ces croyances sont enracinées fermement et peuplent toujours l’imaginaire collectif occidental.

L’influence du système social est déterminant dans le rapport aux enfants.
En France et en Belgique, le congé de maternité dure de 9 (!) à 15 semaines. Les enfants sont ainsi censés être séparés de leur mère très jeunes.
La poursuite de l’allaitement, bien qu’encadrée par des textes de loi, est empêchée dans certains cas (éducation nationale, HoReCa, milieu hospitalier, …).
Ces séparations précoces ont des impacts non négligeables sur les liens mères-enfants et dans la santé mentale tant des enfants que des parents. Margot Sunderland considère d’ailleurs que toute séparation avant 12 mois est prématurée, et donc nocives pour les bébés. Cela génère un stress majeur chez les enfants qui doivent composés avec une personnes qui n’est plus en mesure de leur accorder toute l’attention qui leur est nécessaire : une personne pour 5 enfants n’est, malheureusement, pas en mesure de pratiquer un maternage proximal avec tous (puisqu’ils sont tous très jeunes et avec des besoins intenses).
Ce mode de vie implique du stress pour les tout-petits, qu’ils déchargeront ensuite auprès de leurs parents : pleurs intenses, nuits sans sommeil, …
Cela complique largement le quotidien parental et les affects développés envers les enfants.

Il est édifiant de voir à quel point les systèmes sociaux des pays nordiques, permettant de rester 9 ou 12 mois avec son bébé, offrent ainsi la possibilité d’un équilibre famille-travail. La conduite d’un allaitement non-écourté est d’ailleurs plus fréquente, tout comme les pratiques de parentage proximal.

« Selon le professeur Ted Greiner, éminent spécialiste de politiques publiques relatives à l’allaitement, les sociétés qui sont parvenues à renouer le plus efficacement avec l’allaitement, comme la Suède par exemple, sont celles qui ont mis l’accent sur les stratégies de protection et de soutien plutôt que sur les stratégies de promotion. On protège et on soutient l’allaitement au moyen de longs congés de maternité, de retours progressifs au travail, de mesures de conciliation travail et famille et en formant les professionnels de la santé et les bénévoles qui offrent leur aide aux mères qui allaitent. » source

 

– La Phobie de la fusion mère-enfant chez les professionnel.le.s : la survalorisation de l’autonomie du tout-petit.

On l’entend souvent : le maternage proximal ralentirait l’autonomie des enfants, qu’il s’agit de surprotection, qu’on ne veut pas « couper le cordon ».
A croire que le maternage proximal déboucherait ensuite sur des parents envahissant (le mal nommé « parent hélicoptère »), ne laissant aucune décision à leur enfant, les étouffant littéralement… et ce, tout au long de leur existence !
C’est vrai que des parentalités toxiques existent. Mais elle n’a aucun lien direct avec le parentage proximal qui écoute des besoins des enfants et suit leur développement de manière attentive.

Un amalgame grossier est commis entre la pratique d’un parentage proximal et un exercice de toute-puissance parentale.
Certains (* Wink * * Wink * Rufo, par exemple, et d’autres professionnel.le.s malheureusement souvent influencé.e.s par les théories psychanalytiques mal interprétées. Point Godwin : Comme l’interprétation de Nietzsche par Hitler ) vont alors estimer que la simple pratique du parentage proximal est symptomatique d’une parentalité toxique.
Haro est jeté sur l’allaitement non-écourté (dit long…), la proximité physique, l’empathie, le cododo, le choix de rester au foyer sans confier ses enfants ou encore de choisir de les instruire soi-même, en IEF.

J’attends encore les fondements de ces reproches… Mais je pense qu’on va pouvoir arrêter de prêter attention à leu dogmatisme, et se fier aux récentes études qui démontrent que le parentage proximal, l’allaitement non-écourté et à la demande, le cododo et l’accompagnement bienveillant sont les pratiques les plus favorables au développement optimal du petit d’humain.
Et scoop : la nature avait bien fait les choses, en matière de physiologie de la reproduction et de la persistance de l’espèce, au cas où l’on en doutait (mais oui, l’humain en doute depuis toujours, cherchant toujours à se distancer de sa condition animale!).

Mais voilà, il y a des articles qui font frémir les mères (eh oui ! C’est souvent « la faute de la mère, hein ! »…) sur les ravages que peut créer cette proximité !
En France/Belgique, la proximité intense est tolérée pendant la durée du congé maternité (soit environ 3 ou 4 mois), mais ensuite, il ne faudrait pas exagérer…
Il semble indispensable de « retrouver son rôle de femme et non seulement être mère ! ».
Tiens… ça ne vous rappelle pas les injonctions qui datent de l’antiquité, que j’ai évoquées plus haut ?
Bref, il FAUDRAIT se détacher : « Ça sera bien pour lui/elle comme pour toi ! », « Il n’y a pas le choix, de toute façon ! », « Votre enfant voit régulièrement des enfants ? » (question favorite du pédiatre à une maman solo isolée, aka Moi).
Dans l’inconscient collectif, la séparation n’est pas précoce, elle est normale et bénéfique.

Eh bien… non ! Remercions Margot Sunderland d’avoir rédigé un chapitre entier dédié aux séparations qu’elle décrit comme précoce avant 12 mois dans son livre « La science de l’enfant heureux ».

 

– La science au service de la consommation ?

Le fait est que le XXème et le XXIème siècle sont régis par les sciences, de tous ordres. Les méthodes sont empruntes de plus de déontologie (souvent, et de plus en plus fréquemment… Même si les industriels s’affairent à cacher ce qui ternit leur image de marque) et les outils d’analyse de données s’affinent encore et toujours.
N’oublions tout de même pas qu’à chaque époque, certaines vérités ont été contredites car le prisme de la connaissance est orienté, tout comme ce qu’il est possible de voir et d’interpréter.

Une métaphore est fort utile pour percevoir ce qu’est la recherche : il suffit d’imaginer une recherche dans le noir grâce à une lampe torche. L’éclairage n’est fait que zone par zone.

Le problème est que la recherche scientifique demande de gros moyens. Aussi passionnants soit les processus de recherche, tout travail mérite salaire.
Or, depuis quelques générations, il est bien d’usage que les industriels de tous les secteurs finances la recherche sur leurs produits.
Si cela semble logique dans l’industrie pharmaceutique, il est nécessaire de rappeler les initiatives scientifiques des producteurs de tabacs ou des alcooliers. Il y a eu (et se produit toujours) des dissimulations d’informations … comme les risques de cancer liés au tabagisme.

A une époque antérieure, les publicités vantaient les mérites du tabac, comme tu peux aller le voir sur cette page.

Quel rapport avec le maternage ?
Il s’avère que les pratiques de parentage proximal ne rapportent rien à personnes, ou presque.
L’allaitement maternel fait vendre un peu de matériel (tire-lait, coussinets d’allaitement, tisanes, …). Presque tout le reste gagne à être éviter afin de ne pas écourter l’allaitement (avec les recommandations que j’évoque dans cet articles), il n’y a RIEN à acheter. Au mieux, de la lanoline et du Mepitel pour les débuts et un tire-lait manuel, qui dépanne en cas d’engorgement (ou pour faire des crêpes. #truestory).

Malgré tout, tu pourras voir milles et un gadgets « pro-allaitement » : les biberons imitant le sein, les tétines spéciales, les préparations commerciales pour nourrissons (PCN) « relais allaitement », les PCN « au plus près du lait maternel », …

C’est vrai qu’on peut trouver moult possibilités de portage physiologique et d’écharpe de portage (et là, clairement le marché tourne bien). Mais il n’y a aucune conséquence néfaste pour les bébés. Mais cela demeurera toujours moins onéreux que les poussettes trio, de grandes marques automobiles ou de sport.
De même, il est possible de trouver des lits de cododo, qui se fixe au lit parental. Mais d’autres systèmes D sont possibles et tout aussi efficaces.

Dans les faits, les familles pratiquant le parentage proximal (et ce qui va avec telles que la motricité libre, la Diversification Menée par l’Enfant, l’hygiène naturelle infantile, la bienveillance, etc.) ne sont pas les plus grandes consommatrices. Dans ces conditions-là, nul besoin d’acheter une chaise maintenant l’enfant assis, des mobiles colorés musicaux, un cales-bébés, un cales-tête (à fuir !), couffin, des biberons aux multiples tétines, des boîtes de PCN, des couches jetables ou encore des petits pots préparés.
Cela ne fait pas les affaires des industriels…

Alors, ils doivent bien trouver des arguments pour vendre leurs produits : faire des recherches scientifiques mettant en évidence dans leurs résultats que leurs produits permettraient un meilleur développement des enfants !

Quelle aubaine de jouer sur les doutes, la culpabilité et le confort des parents, au mépris même des besoins des enfants.

 

C’est comme ça que surgissent des informations telles que :
– les recommandations de diversification dès 4 mois, par des petits pots ;

– l’utilisation des PCN ;

– Les couches jetables, et la diffusion de leur usage dans des cultures qui ne les utilisaient pas ;

– La croyance que les PCN peuvent égaler voire surpasser le lait maternel;

– Les coussins anti-tête plate (vraiment, à fuir!) ;
– …

 

Ce que je souhaite communiquer par ces exemples est qu’il est indispensable de prêter attention aux personnes qui diligentes les études scientifiques.
Dès qu’il s’agit de mettre en avant l’usage de tel ou l’autre produit, au détriment des simples actes de maternage proximal… ça sent l’industriel qui veut capitaliser sur tes doutes parentaux !
Fort heureusement, aujourd’hui, de plus en plus de ponts sont faits entre les différentes disciplines scientifiques.

Il est fascinant, et enthousiasmant (en tout cas, moi, je saute sur ma chaise de contentement dès que je lis des news qui se rassemblent) de constater que toutes les études convergent dans un sens similaires : la prise en compte holistique de l’individu permet une meilleure prise en charge.
Cela implique que les dynamiques pluridisciplinaires représentent les nouvelles normes, ou qu’elles sont en passe de le devenir.

Dès la naissance, les enfants ont besoin de contact physique intense. Ils en ont besoin pour se sentir bien physiquement et émotionnellement, comme c’est largement prouvé dans le cadre du Kangaroo-Mother Care. En outre, cela permet aux bébés de poursuivre leur colonisation bactérienne, indispensable à la mise en place de leur microbiote.
Ce dernier est reconnu pour ses implications au niveau de la santé… et les découvertes à son sujet sont toujours plus surprenantes : impact sur les maladies digestives chroniques, les allergies, les troubles de l’humeur et même les troubles du spectre de l’autisme.
La naissance par voie basse, le peau-à-peau et l’allaitement sont des facteurs indispensables à la croissance d’une microbiote sain et capable de favoriser la bonne santé.

Il en va de même dans les recherches par rapport aux attitudes sociales et comportementales : la préservation des liens mère-enfant, l’accompagnement bienveillant, les pédagogies alternatives, les pratiques méditatives (dans lesquelles j’inclue le yoga et la Pleine Conscience) , etc., sont tant de facteurs qui offrent la possibilité aux enfants de se développer de manière harmonieuse avec de moindre manifestation violente.

 

– Les représentations culturelles de la proximité mère-enfant

La médiatisation des cas de parentalité pathologique mettent en évidence les situations problématique… en pointant toujours ce qui est relatif au parentage proximal : un bébé meurt dans le lit de ses parents, c’est la faute du cododo ; un enfant meurt de déshydratation, c’est parce qu’ils étaient allaités et que les parents ne donnaient pas de complément, …

Ensuite, les films n’aident pas à la diffusion d’une image neutre vis-à-vis du parentage proximal.
J’ai cliqué sur un téléfilm : « La fille d’une autre ».
Synopsis grossier et spoiler alert : un femme met au monde un enfant mort-né. Elle a déjà fait de nombreuses fausses couches et est désespérée face à la perte de cet enfant. Elle voit s’envoler la possibilité d’être mère.
Dans le même espace temps, une jeune femme, en situation précaire, accouche et souhaite faire adopter son enfant. Après un refus d’avoir l’enfant contre elle à la naissance, elle décide de la voir un peu avant de la confier à l’adoption. Elle regarde sa fille et s’endort sur son lit, porte ouverte.
A cet instant, la mamange endeuillée voit cette scène et décide d’emporter l’enfant promise à l’adoption.
Durant les jours suivants, elle s’en occupe, la cajole, l’allaite, bref, à fond dans le maternage proximal. Mais elle reste recluse, présentant l’enfant comme la sienne à sa mère. Elle se démontre possessive « maladive ».
La police se rend finalement compte que c’est elle qui détient l’enfant.
Cette petite est rendue à sa mère (qui a finalement changé d’avis sur l’adoption), et qui, clairement n’a pas un style de maternage similaire. Totalement instable et précaire, mais elle est présentée comme la maman sympa et plutôt normale vs « l’hyper-mère » possessive et trop maternante, qui cherche année après année à voir grandir cette enfant.

Cela implante de l’inconscient collectif que le maternage proximal n’est pratiqué que par deux styles de mère :
– Les mères en situation pathologiques qui cherchent à réparer quelque chose quitte à envahir leurs enfants ;

– Les mères « parfaites » influencées et se conformant à la nouvelle mode du parentage proximal, (j’explique là, en quoi ce n’est pas une mode) véhiculé à grand bruit sur les réseaux sociaux.
Alors oui, incontestablement, la culture ambiante influence le style de parentage.
Je me suis d’ailleurs questionnée sur les raisons de l’Occident à vouloir se distancer des enfants dès l’antiquité, comme je l’ai évoqué précédemment.
Quelles sont les facteurs qui ont modifié le rapport aux enfants ?
En premier lieu, et comme expliqué au début de ce dossier, la sédentarisation de l’être humain a engendré une hausse de natalité. En n’étant plus nomade, les bébés n’étaient plus forcément portés et « au corps à corps » de nombreuses heures par jour.
Les ressources alimentaires étaient plus vastes et le sevrage survenait plus tôt. C’est aussi au néolithique que l’on retrouve la première trace de consommation de produit laitier, par l’humain, en dehors de la petite enfance.
L’arrêt de l’allaitement exclusif prématuré engendre que les cycles féminins reprennent plus rapidement… pouvant déboucher sur des grossesses (davantage) rapprochées.

Mais qu’est-ce qui explique que les peuples « primitifs » ou Premiers, ainsi que bon nombre de coutumes culturelles, ailleurs qu’en Occident, favorisent le maternage ?
Je ne suis pas historienne, je n’ai pas de connaissances anthropologiques si vastes… Mais il semble qu’un point commun des cultures abondant dans un optique de maternage proximal soit une société communautariste (vs. Individualiste, en Occident).
Les mères sont rarement isolées avec leurs enfants, la famille est élargie.
En outre, la plupart de ces sociétés conservent de forts liens avec leur patrimoine traditionnel tant au niveau de la culture qu’au niveau spirituel.

En Occident, très tôt, la médecine et les religions se sont imposées afin de codifier la vie quotidienne.
Les connaissances ancestrales se sont perdues, notamment par le biais des évènements comme les chasses aux sorcières. Il faut se rappeler que la sorcellerie fut invoquée lorsque les femmes étaient capables de soigner/guérir par des remèdes traditionnellement appris de mère en fille, des croyances peu répandues et surtout, différentes de la majorité. De plus, le contexte social explique bon nombre d’attitudes : dans chaque crise sociale, les décideurs politiques parviennent à focaliser le problème sur une frange de la population (ici, les sorcières, mais pensons – deuxième point Godwin – aux juifs à partir de 1933, et maintenant, aux « immigrés »). L’Histoire a toujours démontré combien c’est inutile et nocif pour la société… Mais il semble que cela fasse encore mouche comme « arguments » de troubles socials.

Ensuite, historiquement, l’Occident, sur base de recherches « scientifiques » (pensons à la phrénologie, aux saignées et à la théorie des humeurs, et bien d’autres encore) a délaissé les connaissances des plantes et des savoirs transmis oralement.
De plus, l’organisation sociale a éclaté les familles, ne permettant plus aux femmes d’avoir accès à un soutien important. C’est ainsi que naquis le schéma de la famille nucléaire : une cellule étroite composée uniquement des parents et des enfants.
Il n’est pas nécessaire de blâmer l’individualisme comme grand fautif de nos actuelles difficultés, dont celles parentales. Il existe d’ailleurs de nombreux courants de recherche sur le sujet. Je serai bien mal aisée de croire que j’en saisis toutes les nuances (en vrai, cet article pourrait être l’objet d’une thèse doctorale, tellement le sujet comprend de moult facettes à investiguer). Voici un article qui aborde l’individualisme, en ne cherchant pas à l’opposer totalement à l’holisme. Voici un autre article qui aborde l’histoire de la notion d’individualisme.

Ces constats sur notre fonctionnement sociétal, qui perdure depuis des millénaires, impactent forcément notre rapport aux enfants. Les connaissances acquises de notre vivant nous aide à agir différemment, mais les traces culturelles persistent.
La position de la médecine, les pressions socioculturelles véhiculées par les générations précédentes, le manque de soutien émanant de l’architecture de la société, et j’en passe, ont encore des implications claires sur la manière de manœuvrer dans la parentalité.

MAIS, la société de communication est telle que nous avons les informations. Il ne manque « plus que » les ressources pour mettre en place ce qui est connu.
Et c’est à ce niveau que cela pêche encore largement !

Les campagnes de prévention et d’informations sont incontestablement utiles… Mais elles n’ont que peu de poids face aux obligations imposées par la société : retour au travail précoce, niveau de vie difficile à maintenir avec un seul revenu, législation médiocrement appliquée face à l’allaitement et à la flexibilité des jeunes parents, manque d’accès aux formations avec des enfants, …
Nous sommes dans une société où les enfants sont calfeutrés afin que les adultes puissent vivre sans eux. La question n’est presque jamais de trouver des solutions pour les inclure à la vie, mais plutôt de se questionner sur une manière de vivre sans qu’ils soient une contrainte à l’ « Expérience ».
Les initiatives childfriendly sont applaudies, mais ne rencontrent pas forcément énormément de succès. Cela reste donc exceptionnel et difficilement accessible.
Alors, la solution est de miser sur le numérique et de vivre, s’informer, communiquer, se distraire, par écrans interposés. Si c’est éminemment utile (Coucou ! D’ailleurs ce blog est là pour ça!), il y a une perte d’expérience vivante et unique. Nous, humains, tentons de combler le manque de rapports sociaux grâce à une vie numérique. C’est louable pour nos santés mentales… Mais cela ne devrait pas être considéré comme suffisant !
Il faudrait IMPOSER les enfants dans les activités que l’on veut faire.
Emmener son enfant en formation/au cinéma/au musée/dans des réunions professionnelles pourraient prochainement devenir un acte militant pour une société intégrative !

En voyant plus d’enfants dans des contextes variés, qui devraient alors être aménagés de manière à rendre cela agréable (et souvent, il ne s’agit pas de tant de modifications que cela), l’on pourrait constater combien les difficultés rencontrées sont les mêmes partout.
Au lieu de demeurer dans des attitudes de jugement, on pourrait basculer vers une perception empathique des situations… Et appréhender les autres comme des ressources, et non pas comme des juges.
Les réactions face aux attitudes des enfants pourraient nous venir avec bienveillance plus facilement. En effet, être observatrice.eur d’un échange parent/enfant laisse une trace, une autre voie possible que celles expérimentées en tant qu’enfant face à nos parents.
Plus les échanges parent-enfant bienveillants se verront dans la sphère publique, plus ces réactions seront imitées. J’explique dans cette article les intérêts de l’éducation bienveillante.

Oh, oui ! Je perçois bien que ces propos te semble utopistes. Et ils le sont.
Mais crois-moi, mon objectif de vie est dédié à la réalisation de cette utopie.
C’est pour cette raison que dès que je serai installée à mon compte (soon!), toutes les activités, consultations, formations, séminaires, seront childfriendly (exceptées certains ateliers sur des sujets sensibles comme le deuil périnatal, le burn-out maternel, etc, où les paroles ont besoin d’être libérées sans craindre que les enfants entendent et se sentent potentiellement coupables par la suite).

– Le maternage est-il synonyme d’allaitement ?

Al’heure actuelle, non.
Même si la plupart des femmes qui adoptent des attitudes maternantes tendent vers l’allaitement.

Il est aussi possible de trouver des mamans maternantes qui n’allaitent pas, et des allaitantes qui ne maternent pas plus que ça.
Bref, comme toujours dans le monde, il y a une diversité qu’il faut entendre, comprendre et accepter (dans la mesure où les pratiques ne sont délétères pour personne).

Cela dit, il est possible de se questionner sur la facilité de maternage créé par l’allaitement. Indubitablement, un allaitement (soutenu par les propres qui ne font pas douter la jeune mère) facilite grandement un quotidien. L’intendance autour de la nourriture est nulle, simplement assurée par la mise au sein à la demande (voire à l’offre!).
Mais parfois, faute d’informations correctes, d’impératifs de santé ou d’autres raisons physiologiques (hypoplasie mammaire, réduction mammaire, etc.), l’allaitement est compromis.

J’invite toutes ces mamans , encore plus que les allaitantes qui ont un contact régulier de peau-à-peau avec leur bébé, à pratiquer le maternage proximal.
Portage intensif, bain en duo (ou trio), massage, co-sleeping avec un lit de cododo (en cas de non-allaitement, le cododo en partageant le même lit peut-être plus risqué car la vigilance nocturne n’est pas synchronisée hormonalement avec le bébé), et autres activités privilégiées peuvent aider ces couples non-allaitants à tisser des liens indéfectibles avec leur progéniture.
Je me permets une petite note, si l’allaitement est impossible, il est préférable de s’orienter vers des PCN biologiques et, idéalement, éviter les protéines de lait de vache qui sont particulièrement difficiles à digérer. Outre l’aspect éthique, les scandales sanitaires sont toujours issus d’industriel utilisant du lait de vache, et non biologique…
Il existe des tas de références de PCN végétale ou de chèvre, pour éviter ou réduire des crises de coliques affreuses aux bébés, en plus d’une pratique intensive du portage.

Je glisse quelques liens pour permettre de

Questionner ce choix d’allaiter ou non ;

Débuter l’allaitement sereinement ;

Éviter les pièges qui peuvent compromettre l’allaitement ;

S’informer sur l’alimentation au sens large.

P.S. : Non, l’allaitement ne déforme pas les seins. C’est l’augmentation du volume pendant la grossesse et à la montée de lait, l’imprégnation hormonale de la grossesse et les changements volumiques qui distendent la peau.

P.S. 2 : Le corps change dans le temps. Tous les seins sont légitimes, beaux, sensibles, méritent d’être aimés.

P.S. 3 : Ton enfant ne sera pas plus ou moins dépendant de toi si tu allaites ou non.
Les enfants naissent totalement immature, donc intégralement dépendants des adultes autour d’eux. La manifestation des besoins, plus ou moins intenses, est inhérente à des différences inter-individuelles et non pas à une pratique plus ou moins maternantes.

P.S.4 : les mythes autour de l’allaitement font du mal : « Dans l’étude de Walburg, et al., (2007b), les représentations maternelles apparaissent comme prédictives de la décision d’allaiter ou non, notamment celles concernant les interdits pendant l’AM et la dépendance mère-enfant. »

 

– Créer des enfants a-culturels ?

C’est une problématique que je me suis posée à moi-même.
Est-ce qu’en fustigeant les coutumes occidentales et en m’inspirant de celles d’autres ethnies à travers le monde, je pourrais engendrer un mal-être chez mon enfant pourtant né en Occident ?
La question fut balayée plus rapidement que je ne le pensais, pour la simple raison que je m’INSPIRE d’us et coutumes d’ailleurs, afin de les adapter à la sauce de « ma vie d’occidentale ».
Je précise « ma », car chaque famille est différente, chaque personne a une tolérance physique et morale spécifique. Tous les individus n’ont pas du tout la même vie, même si le cadre social est sensiblement similaire.
Les vies d’une maman solo, maternante h24, aucune séparation depuis la naissance,
ne subissant pas de conflit intrafamilial ; et celle d’un couple, où la/la conjoint.e n’est pas totalement convaincu.e par le parentage, qui retourne travailler rapidement après la naissance et qui doit gérer le métro-boulot-dodo ; ces vies n’ont rien de comparables… et ce qu’ils mettent en place dépendra des besoins et des manques créés par ces formes d’existence.

Je reste baignée dans une culture occidentale dont je connais les codes et les ai intériorisé.
J’apprends à ma fille les formes de politesse usuelle, nous mangeons 3 à 4 fois par jour (ok, elle grignote plutôt quand elle a faim.. Petite moinelle!), je porte en ventral principalement (ce qui est rare ailleurs dans le monde, car le portage sert aussi aux femmes qui travaillent et le portage ventrale est réservé au moment où des lourdes charges sont portées au dos), j’utilise d’ailleurs beaucoup plus un préformé ou un Mei Tai.
Il faut rappeler que l’écharpe de portage telle que nous la connaissons est une invention européenne – source (voilà un lien génial sur l’histoire du portage et de la poussette : http://www.josette-la-chouette.fr/blog/l-histoire-du-portage-et-poussette/ ) En fonction des régions, c’est le pagnes, le Mei Tai, … qui sont utilisés traditionnellement.

MAIS.
Nous vivons dans un société mondialisée. Les technologies de l’information nous ouvrent des fenêtres sur le Monde !
Les anthropologues offrent des analyses fines d’autres sociétés du monde, des ethnoreporters partent vivre avec des peuples premiers pour découvrir leur rapport au monde et des recherches de tous ordres sont menées afin de comparer les cultures.
Bref, nous sommes en mesure d’avoir un aperçu des modes de vie ailleurs.
Les occidentaux se sont servis (et se servent encore) dans les richesses de nombreux peuples, les a colonisé et maintenant, sur un nouveau modèle… lui envoie ses déchets (en Chine, dans différents pays africains et maintenant, dans d’autres pays d’Asie. Oui, moi aussi, je croyais que le recyclage se faisait en interne. Mais non, parfois, il ne se fait juste pas du tout…).
Cela veut dire qu’en sachant combien certaines attitudes sont bénéfiques, nous pouvons les adapter à nos propres vies occidentales !

Les us et coutumes sociales comportent parfois des contraintes arbitraires qui ne semblent pas légitimes aux yeux de petits enfants.
Par exemple, pourquoi attendre tel moment pour manger ? Pourquoi ne pas manger avec les doigts ? Pourquoi ne pas roter bruyamment ? Pourquoi dire systématique « Bonjour, s’il te plaît, merci » ?
D’ailleurs, pour plus de sérénité au quotidien, mieux vaut ne pas s’embarrasser de telles contraintes trop tôt dans la vie des enfants.
Peu à peu, entre 4 et 7 ans, pour certain.e.s même avant, ils apprendront à vivre dans l’ancrage culturel qui les entoure. L’exemplarité est suffisante, sans avoir besoin de cours de bonne conduite
(OK, exception faite pour des usages spécifiques !)

Un instant, je me suis demandée si je n’allais pas apprendre à ma fille à compter avec les septante, octante et nonante. Je vis en Belgique depuis 22 ans, elle est née ici. Septante et Nonante sont des usages courants.
Octante… Parce que c’est plus logique, quand même !
Mais, en riant, je me suis ravisée. Après tout, en France, nous utilisons d’autres manières de compter. C’est ainsi.
Je lui apprendrai qu’ailleurs, le dénombrement se fait autrement. Elle saura ainsi, d’ores et déjà, que les mots sont emprunts de culture (j’aborde d’ailleurs l’impact des mots dans cet article).

Alors non, même s’ils dorment avec nous, s’ils tètent jusqu’à 4 ou 7 ans, s’ils ont été porté des milliers d’heure, nos enfants resteront toujours des occidentaux.
Par contre, dès la naissance, ils auront appris plusieurs valeurs inestimables grâce au parentage proximal : les pratiques majoritaires ne sont pas forcément « bonnes » ; les autres cultures sont riches d’enseignement ; le monde est une source d’inspiration inépuisable ; mes parents m’aiment inconditionnellement !

 

– Relation mère-bébé : pas de discrimination envers les pères (compagnon/parents sociaux)

Voici un extrait d’article, nommé : « Pourquoi les hommes partent. Le mal-être paternel » et traduction :

« La plupart des hommes ont été nourris au biberon et ont été soumis à d’autres schémas culturels abusifs en tant que bébés, comme dormir seuls ou être laissés à pleurer alors qu’ils ont besoin d’être réconfortés. Biologiquement, le mâle est le genre le plus fragile de notre espèce et il est en retard de plusieurs années en termes de développement par rapport aux femmes, et ce jusqu’à l’âge adulte. Et au lieu d’obtenir le complément de soin dont il a besoin pour compenser sa faiblesse, vers l’âge de 5 ans, les mâles dans presque toutes les cultures en reçoivent bien moins que les femmes. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la plupart des garçons n’ayant pas connus l’attachement deviennent des hommes qui passent le plus clair de leur temps à chercher une figure maternelle qui leur fournira le soin dont ils ont été privés en tant que bébés et enfants (recherche alimentée par la publicité qui met en avant les seins qui leur ont été refusés). Une partie du mécanisme de survie consiste à apprendre à refouler leurs sentiments et à projeter les besoins non satisfaits sur des substituts, les femmes, d’autres éléments externes comme le consumérisme, la boulimie de travail et d’autres addictions. »

C’est un pavé dans la mare. En effet, une autre croyance est tenace dans le maternage proximal, la croyance que l’entité du familiale et la triangulation avec un tiers séparateur est nécessaire au bon développement des enfants !
Cela part du postulat qu’il est indispensable que le père (ou un parent social) fasse en sorte que la fusion mère-enfant ne soit pas trop intense. Cela prive, de fait, les mères d’une compétence de rationalisation.
Cela sous-entend qu’en l’absence de tiers séparateur, une mère ne laisserait pas grandir son enfant en tant qu’individu, que celui-ci ne s’ouvrirait pas au monde, qu’elle maintiendrait ce rôle tout-puissant dans une relation exclusive.

Encore une fois, on sent bien l’imprégnation patriarcale dans ces allégations !
Toutes les mères solo n’ont, pour la plupart, pas de comportement pathologique avec leurs enfants.
Alors, non, un « tiers séparateur » n’est pas indispensable, parce qu’on vit un tant soit peu au sein d’une communauté et que la dyade mère-enfant ne reste pas dans un huit-clos.

Attention, je ne veux pas dire que les pères et autres parents sociaux ne sont pas utiles. Je précise juste que les modèles familiaux sont variés et qu’il est possible d’être équilibrés quels qu’ils soient, pour autant qu’il y ait de la bienveillance envers les enfants.
Dans le cas d’une famille classique, avec Parents + enfant(s), il convient que chacun trouve sa place.
Au départ, le rôle du « tiers » n’est pas de se substituer auprès du nourrisson… Mais bien d’aider à l’établissement du lien mère-bébé qui conditionne le bien-être de tous.
Ensuite, la troisième personne peut porter les enfants, sans s’offusquer que la mère réussisse à le calmer plus rapidement (ils ont été en symbiose pendant 9 mois!).
Le relationnel étroit avec les enfants arrivent à partir de 4 ou 5 mois. Il faudrait rappeler à la troisième personne de la famille que tout est une question de temps.
Dans un premier temps, l’important est de renforcer la dyade mère-bébé et de soutenir la jeune accouchée.
Il est possible pour le tiers de prendre en charge certains soins et de profiter des moments d’éveil. Plus le temps passera, plus ils seront longs.
Vers 6 mois, le tiers sera une personne privilégiée.
Vers 12 mois, cela sera une fête dès qu’elle/il surgira.
Dans les années suivantes, il y aura des va et vient entre les parents. Je ne compte plus le nombre de témoignages attestant que les enfants ont des périodes très « papa » et des périodes très « maman », en schématisant.
Alors, dès le départ, il faudrait que les couples soient informés… et que le tiers prennent conscience que même si « l’être tout neuf » est attrayant, chaque chose en son temps. Et il n’y a pas d’inquiétude à avoir : le temps passe vite, avec un enfant !
Cela vaut aussi pour les effets de l’enfant sur le couple : les premiers mois changent totalement la vie de couple et sa sexualité. Mais il est indispensable de garder en tête que le temps amènent de la perspective.
L’enfant a pris 9 mois pour grandir, il lui faut plusieurs mois pour laisser un peu de temps aux parents. C’est normal.
Il est nécessaire que chacun prenne du recul, s’appuie sur leur confiance réciproque, communique énormément et entretienne l’affection et la tendresse, en excluant les attentes sexuelles du style « penis in vagina ».

– le retour d’un modèle à l’ancienne qui bloque les femmes ?

Le parentage proximal et l’allaitement ont été fustigé par certains courants féministes. Cela peut sembler étrange, avec notre regard en 2019, mais il faut se rendre compte de là on l’on vient en tant que femmes.
Durant des millénaires, les femmes n’ont eu quasiment aucune liberté en tant que telle.
Elles étaient filles, élevées comme telles, pour un jour devenir des femmes au chevet d’hommes.
Une fois liée à un homme, l’enfantement était attendu et naturel (petite anecdote royale, entre Marie-Antoinette et Louis XVI qui mirent plus de 8 ans à concevoir leur première fille, au grand désespoir de la Reine et sous les jugements amers de la Cour). Les femmes devenaient alors mères, maîtresse de maison et avaient un rôle tout tracé avec un accès à la vie professionnelle tout à fait restreint.
Il a fallu brutaliser les mœurs afin de pouvoir s’extirper de tels carcans… et ce fut au détriment de la relation avec les enfants.
Grâce à ces féministes qui ont démontré qu’une femme pouvait être autre chose qu’une fille-épouse-mère, la société a énormément évolué dans le sens de l’égalité. Je rappelle que le droit de vote en France ne date même pas encore d’un siècle !

Maintenant que certaines choses sont acquises, il est possible de sortir des attitudes dichotomiques pour choisir les attitudes qui répondent à nos attentes.
Il est possible d’être carriériste et de décider de mener le parentage proximal avec l’aide de son/sa conjointe.
Il est possible d’aimer son travail et, pourtant, d’interrompre sa carrière pendant quelques temps.
Il est possible de ne pas désirer travailler et se consacrer au développement serein et harmonieux de ses enfants.
Ce sont maintenant des choix et non plus des injonctions sourdes ! Cela fait toute la différence.

Le choix restera éclairé tant que ceux-ci ne sont pas utilisés comme des arguments d’ordre social. J’aime d’ailleurs beaucoup l’exemple de l’influenceuse Léa aka « Jenesuispasjoli ». Elle est autonome financièrement depuis ses 17 ans, et depuis peu, c’est son conjoint qui s’occupe de leur fils en tant que « papa au foyer ». Ce sont de jeunes gens, de 22 ans, très bienveillants et qui cassent les codes.

Tout doit rester un choix.
Si quelqu’un.e se sent forcée, piégée : le sujet doit être réouvert !
En outre, il faut refuser les obligations par rapport aux attitudes des parents : elles sont toujours issues de systèmes réprimant les libertés.

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– L’absence de prise de perspective temporelle et les inférences sur l’avenir des enfants et des mères

Comme j’en parlais dans le point précédent, avec le rôle du tiers dans la dyade mère-bébé (je n’exclus, bien sûr, pas les autres schémas familiaux, je généralise simplement à la majorité), la notion de rapport au temps est indispensable pour bien comprendre le parentage proximal. J’en parle déjà dans cet article concernant le rapport au temps pendant la grossesse.
Bien sûr, un nouveau-né chamboule toute la vie, toutes les habitudes, toute l’organisation.
Il faudra souvent quelques semaines pour mettre en place un nouveau fonctionnement serein.

Au départ, c’est très intense. Toute l’attention est focalisée sur le bébé (et à juste titre, il en a besoin!). J’en parle d’ailleurs dans mon article consacré aux quatrième trimestre de grossesse.
Ce que je vais te dire, tu l’as déjà entendu… Et pour le coup, c’est vrai !
Tout passe très vite.
Ça défile !
Alors c’est vrai que certaines journées peuvent sembler longues, mais a contrario, les jours et les semaines se succèdent et l’on voit son bébé évoluer à une vitesse incroyable.
Dans le podcast « Histoires de Darons » (que j’aime d’amour, ça vaut vraiment le coup d’aller écouter les pères parler de leur paternité), lundi 3 juin est sorti un épisode où Guy Delisle intervient. (C’est un illustrateur qui a fait les tomes du « Guide du mauvais père », plein d’humour cynique).
Il a beaucoup voyagé avec son épouse et, durant les missions qu’elle accomplissait, il s’est retrouvé « père au foyer » pendant un an. Au départ, ça le chiffonnait un peu… Et il affirme aujourd’hui qu’il n’a jamais regretté ce temps passé avec ses enfants.

Je ne connais personne qui regrette d’avoir passé du temps avec ses enfants. Par contre, j’ai entendu des centaines de personne se lamenter d’avoir raté des étapes importantes ou de dire qu’elles n’avaient pas le choix que d’être absentes.
Retiens cela. Tout le temps avec tes enfants, les journées moins chouettes voire carrément pénibles… Tu ne les regretteras pas !
En regard d’une vie entière, la petite enfance passe à toute vitesse.

Le parentage proximal, c’est la conscience de cela. C’est une sorte de Mindfulness en philosophie de vie appliquée au quotidien.
C’est un temps d’être à soi et à eux. C’est un cadeau inestimable !

Néanmoins, une croyance veut que les enfants maternés seront capricieux/colèriques/pas autonomes/etc.
Il serait nécessaire de « les habituer à dormir seul.e sinon ça sera problématique quand il/elle sera gardé.e », « les sevrer car c’est vraiment compliqué, les bébés allaités », …
Ils sont à peine nés, ou a quelques mois… Et déjà, leur caractère semblerait prédit à cause de l’attitude que nous avons avec eux.
En effet, nous savons comment augmenter les risques de dépression, d’agressivité, de violence, diminuerait même le QI ainsi que les habiletés motrices. lorsqu’on décide délibérément de ne pas prendre soin de ses enfants à les négligeant et en les laissant pleurer par exemple.

A contrario, l’empathie, la bienveillance et l’écoute ne démontrent que des effets positifs sur leur développement personnel.
Certaines personnes ont peur de cette empathie inconditionnelle, car elles ne connaissent pas cette option… Sûrement faute de ne pas en avoir reçue en suffisance !

Alors peut-être que les enfants seront peureux, timides, auront un sommeil léger… Mais peut-être aussi qu’ils seront débrouillards, aventuriers, bons dormeurs et simplement : épanouis.
Les enfant ne SONT rien en tant que tel. Ils agissent, se comportent et vivent. Laisse les étiquettes au placard, et les inférences négatives loin de toi !
Tes enfants te remercieront.

 

– Vivre le parentage proximal sereinement, comment faire ?

Dans la revue historique que j’ai faite précédemment, il est possible de constater les craintes et les mythes autour du maternage proximal et de l’allaitement sont fermement ancrées culturellement.
C’est la raison pour laquelle j’invite à beaucoup de tolérance face aux personnes qui craindraient cela (même si parfois, le coup de pelle démange quand quelqu’un nous promet les pires horreurs!). J’ai consacré un article entier aux manières de manœuvrer avec les personnes qui ne comprennent voire ne respectent pas nos choix éducatifs.
Il faut aussi se rappeler que nous sommes à une époque où l’accès à l’information est grandement facilité. Malencontreusement, la profusion d’informations à disposition laisse aussi libre court à celles qui sont fausses.
Et s’il y a bien un compétence qui n’est pas assez aiguisée, à l’heure actuelle, c’est l’esprit critique et le désir de croiser les sources (= vérifier les informations!).

La tolérance est de mise face aux personnes des génération antérieures qui furent mal aiguillées. En l’absence de ressources fiables, le personnel soignant était la source d’informations prioritaire.
Tant que ces personnes restent dans une certaine bienveillance, il est possible de les amener à percevoir une autre perspective sur la parentalité et l’enfance.

Les personnes les plus réactives sont les personnes qui, souvent, ne supportent aucune variabilité dans le fait d’être parent et se sentent jugée dès qu’autrui agit différemment d’elles.
La parentalité et le rapport aux enfants est souvent viscéral. Ce n’est pas le raisonnement logique qui prime, mais bien les réactions émotionnelles.
Il est alors nécessaire de placer des « disclaimers » dans le discours tenu. Pour aborder les sujets de la parentalité et de l’éducation, mieux vaut prendre des gants (bien molletonnés, les gants!).

Si aucune voie de discussion n’est possible, autant éviter les personnes dont nous ne partageons pas les valeurs et qui nous mettent les nerfs en pelote.

La sérénité, en Occident, c’est aussi pouvoir choisir ses cercles de fréquentations.

Je reste persuadée qu’il est possible d’ouvrir les consciences au sein de la société occidentale.
De plus en plus d’initiatives, de formations, de rencontres entre parents ont pour thème le parentage proximal.
A toutes les personnes qui sont dubitatives face à ce style de parentalité, tu peux aussi leur envoyer ce dossier, qui leur permettra de comprendre la genèse de leurs résistances.

 

– Le rôle de l’organisation sociale dans le parentage proximal

Cependant, il n’est pas possible d’ignorer que les pratiques de parentage proximal ne pourront pas se disperser avec efficacité en Belgique et en France si les politiques ne changent pas.
Il est manifeste de constater les différences entre les styles de parentalité en fonction des pays, au sein même de l’Union Européenne.
Les pays nordiques (encore eux!) sont exemplaires à ce sujet : au Danemark, par exemple : « Comme ses pays voisins, le Danemark offre également un congé parental aussi flexible que généreux. Les mères bénéficient au départ de 18 semaines de congé, et les pères de 2 semaines. Après quoi, chaque parent est éligible pour un congé parental de 32 semaines. Les parents perçoivent 100 % de leur salaire durant 52 semaines. »
Il est évident que dans un tel contexte, il est bien plus évident de poursuivre des pratiques de parentage proximal et d’allaitement sans se tracasser du mode de garde, du stock de lait maternel à créer et des tirages quotidiens pour maintenir la lactation.

Jusqu’à un an, le lait est l’aliment principal (pas l’unique, mais principal, j’aborde la diversification dans cet article). Il semble que les pays nordiques en aient conscience… puisque les taux d’allaitement sont records dans ces contrées-là.

Enfin, il est nécessaire de considérer la société en général.
En dehors des week-ends et des vacances scolaires, vois-tu souvent des enfants déambuler au côté de leurs parents ?
Chez le médecin, à la banque, dans les marchés, … ?

Bien sûr, nous pouvons considérer que ces lieux ne sont pas « la place des enfants » et que pour s’y rendre, nous n’avons qu’à les confier.
C’est la logique occidentale : la séparation des enfants de leurs parents et l’isolement dans des structures « faites pour eux ».
Et si, à la place de les entasser dans des structures collectives bondées, tous les lieux devenaient childfriendly ?
En réalité, il y a de petites initiatives ici ou là : un coin jeux posé dans les salles d’attente des administrations, ou dans certaines banques, des mini chariots dans les supermarchés, etc. Mais dans les faits, cela reste rare et le regard posé sur les enfants dans ces endroits n’est pas bienveillant.
Ils sont considérés comme potentiellement perturbateurs et bruyants.
Bref, ils ne favorisent pas la productivité et accaparent une partie de l’attention.

Et c’est vrai. Mais est-ce réellement problématique que les enfants de notre société en fassent réellement parti et aient des interactions avec de nombreuses personnes depuis leur plus jeune âge ?
Ne serait-il pas opportun d’adapter la structure de la plupart des lieux afin que les parents puissent venir en toute quiétude ?
Cela permettrait à celles et ceux qui osent ne pas être les seuls avec des enfants.
Cela offrirait un regard bienveillant sur les enfants, car chacun.e percevrait que les vécus parentaux ont des points communs.
Cela permettrait peut-être même aux parents de voir d’autres familles fonctionner, et d’ouvrir la discussion. La parentalité ne serait plus un sujet de discussion à couteau tiré, mais une réalité qui peut être enrichie par l’intervention de tiers.
En somme, le partage de l’espace social avec les enfants pourrait certainement ouvrir une nouvelle dimension collective de notre société.

Références (en plus de celles citées dans le texte) :

Résumé de l’histoire de l’allaitement en France, par Claude Didierjean-Jouveau.

Histoire de l’allaitement en France. Christine Rollet.

– L’allaitement maternel, encore et toujours sous influences ?

– Historique de la profession de « nounou » : https://ufnafaam.org/notre-federation/historique-profession/

Cahier généalogique de l’Yonne:.

– Histoire des mères et de la maternité en Occident: « Que sais-je ? Yvonne Knibiehler

Allaitement maternel : liberté individuelle sous influences. Irène Capponi et Françoise Roland. Dans Devenir 2013/2 (Vol. 25), pages 117 à 136. https://www.cairn.info/revue-devenir-2013-2-page-117.htm

–  N. ELIAS, La société de cour (traduit de l’allemand), Paris. 1974

– Dormir ici et ailleurs. Approche transculturelle du sommeil du nourrisson et de ses troubles. Laëtitia Bouche-Florin, Judith Ayosso, Raphaël Riand et Marie Rose Moro. Dans Spirale 2005/2 (no 34), pages 151 à 164. https://www.cairn.info/revue-spirale-2005-2-page-151.htm

En Occident, quelles ont été les causes du déclin de l’allaitement maternel? https://absense.wordpress.com/2011/10/11/en-occident-quelles-ont-ete-les-causes-du-declin-de-lallaitement-maternel-au-20e-siecle/

Éducation bienveillante

Ton enfant fuit le bain? Voici de l’aide!

Cela arrive souvent entre 18 mois et 2 ans et demi. Tout d’un coup, impossible qu’il se lave tranquillement
Il refuse de mettre un pied dans l’eau, pleure ou encore ne veut pas se laver les dents.
Que se passe-t-il ?

D’abord, il est nécessaire de cibler.
A cette période, pour les enfants, le développement est en plein boum! Tant d’un point de vue moteur que d’un point de vue cérébral, cela cavale à toute vitesse. Les connexions neuronales croissent et amènent de nouvelles compétences.
Parmi elles, les capacités de représentations abstraites: les enfants commencent à témoigner des images mentales qu’ils forment. C’est aussi à ce moment-là que les rêves (et les premiers cauchemars) surviennent sous une forme plus proches des nôtres. Les jeux deviennent plus représentatifs, la reconnaissance dans le miroir est largement acquise et l’usage de pronoms personnels débute (https://psycnet.apa.org/record/2008-12114-013). Cette évolution dans la représentation de soi comme individu est liée à la maturation de la jonction tempo temporo-pariétale, des pôles temporaux et du cortex préfrontal médian (voir https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/corps-humain-carrefour-temporo-parietal-14829/ et https://www.cairn.info/revue-de-neuropsychologie-2016-1-page-6.htm?try_download=1 )

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Jonction temporo-pariétale – Futura Sciences

Cela explique pourquoi, vers 2 ans, les enfants ne supportent plus d’être manipulés comme ils l’étaient quelques mois auparavant: ils ont conscience qu’ils sont dotés de capacités propres et qu’ils peuvent agir différemment de la volonté parentale (souvent imposée par l’habitude avec un tout-petit).

Un jour, survient une/des craintes perçues comme irrationnelles par les adultes.
Des aboiements les font pleurer, le bain est refusé, les insectes lui font peur, ils refusent de venir à la cave,
Aux alentours de 2 ans, la maturation cérébrale est « dysharmonique »:
Je cite un article de Cerveau & Psycho :
 » En moins d’un an, les connexions de l’amygdale aux régions sous-corticales (comme le thalamus) et limbiques (c’est-à-dire impliquées dans les émotions, comme l’hippocampe) se mettent en place de façon quasi définitive, alors que celles atteignant les aires corticales frontales et pariétales (mises en jeu dans les fonctions exécutives) commencent tout juste à émerger et prendront plus de temps pour arriver à maturité.
En outre, le cerveau des nourrissons présente des connexions entre l’amygdale et les aires primaires sensorimotrices et auditives (impliquées dans le traitement des stimuli sensoriels et moteurs), qui disparaissent avant l’âge de 2 ans.

Les mécanismes de peur se diversifient donc… et peuvent se déclencher aisément de manière massive pour des éléments que les adultes trouvent anodins.
Mais les enfants n’ont pas les capacités pour se calmer seuls… et encore moins pour mobiliser des stratégies afin d’appréhender ces craintes et les résoudre. La seule option à leur disposition: fuir ce qui fait peur!
En gros, voici comment fonctionne le système cérébral de la peur, expliqué par « pour la science »:

« L’amygdale est au centre du circuit cérébral de la peur. Les informations sensorielles atteignent le thalamus, une région cérébrale centrale, puis sont analysées – ou non, selon l’imminence et la gravité de la menace – par des structures corticales supérieures et par l’hippocampe, siège de la mémoire, avant d’être transmises à l’amygdale. Celle-ci engendre alors la réponse comportementale de l’organisme, via la sécrétion d’adrénaline. »

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Avant l’âge de 5/7 ans, les enfants ne sont pas en mesure de se raisonner par rapport à leurs craintes … et leur dire qu’elles sont disproportionnées ne les aidera nullement, au contraire.
La très efficace amygdale cérébelleuse mémorise les situations perçues traumatiques. Les enfants ne sont pas toujours en mesure de se rappeler concrètement de la situation, mais ils intériorisent les sensations physiques et les stimuli semblables à ceux rencontrés dans ladite situation.

 

Dans un premier temps, il convient alors de comprendre ce qui a pu déclencher les craintes, et le panel de choix est vaste.
En demeurant sur le sujet du bain, je te propose de réfléchir à ce qui a pu causer cette réaction d’évitement de la part de ton chérubin.
une expérience désagréable au moment du bain: un glissade inopinée, un inconfort à cause de l’eau trop chaude ou d’avoir froid dans la salle de bain, des chamailleries avec une sœur ou un frère, des remarques désagréables récurrentes: « Oh non! Tu as encore mis plein d’eau par terre! », …

une transmission de TA crainte à ce moment: « Attention, assied-toi! Tu peux glisser! », « NON! Ne bois pas l’eau savonneuse! », « NON, ne touche pas au robinet, tu peux te brûler! ».
Je précise que c’est totalement légitime, mais ton enfant ne peut pas savoir où est la bonne mesure… Il répond juste en fuyant ce qui est perçu comme inquiétant!

Les interprétations fallacieuses, si fréquentes durant l’enfance. Jane Nelsen (autrice de « La discipline Positive ») a écrit:  » Les enfants comprennent tout mais interprètent mal! ».
Les enfants se rendent compte qu’ils ne peuvent pas respirer sous l’eau et craignent alors d’être engloutis dans cet élément.
D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle il est conseillé de mouiller le visage des enfants dès la naissance avec la douche, de manière à maintenir leur réflexe natatoire (aussi appelé d’apnée). Cela sera très utile en cas de glissade ou de chute accidentelle dans un bassin (les cours de bébés-nageurs sont d’une utilité publique à ce sujet, d’ailleurs!).
Ils peuvent aussi craindre d’être aspirer par le siphon de la douche/du bain, surtout s’ils ont déjà perdu un petit jouet comme cela.

un moment stressant ?
Souvent, pour les parents, les fins de journée sont des marathons: retour du travail, repas, bain, coucher des enfants. Le temps imparti est souvent court …
Alors, est-il possible que ton enfant perçoive ton empressement?
Quand se déroule le moment de la toilette dans votre quotidien?

le bain ferait-il parti d’un rituel qui ne lui convient plus ?

Le rythme des enfants évolue et la manière dont ils s’expriment se diversifie avec l’expérience qu’ils ont de la vie.
Il est possible que ton enfant n’apprécie plus prendre son bain au moment de la journée où tu lui imposais précédemment.
La routine est peut-être à envisager sous un autre angle.

Dans toutes les situations où les enfants « s’opposent » à la volonté des adultes, refusent de participer aux tâches, « s’affirment » parce qu’ils sont en mesure de le faire… Il est indispensable de ne pas offrir de prise à cet affrontement !

Pourquoi ?
Forcer les enfants à être dans un baignoire ou un douche alors qu’ils refusent d’y entrer va renforcer l’expérience négative de la situation !
Ils garderont en tête encore plus d’émotions négatives s’ils sont contraints : c’est une escalade sans fin !
(Je place un rappel sur les effets néfastes des punitions de tous ordres)

 

Quelques comportements à éviter, parce qu’ils sont totalement contre-productifs :

– Minimiser les peurs des enfants (du bain ou toutes les autres, d’ailleurs);

Ridiculiser les enfants par rapport à leurs peurs perçues comme irrationnelles par les adultes ;

– Contraindre les enfants à obéir;

Faire la « Morale »;

– Punir;

– Laisser-aller et ne plus inciter les enfants à se laver en se disant « que ça finira par revenir »

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Alors, quoi faire, puisqu’on ne peut pas forcer les enfants à se laver ?
Contourner le « problème » et le prendre par un autre bout, et surtout : redescendre en pression autour de la question du bain.
Il est tout à fait possible de se laver grâce à une « toilette de chat » tant pour les adultes que pour les enfants. Bien entendu, cela dépend des activités de la journée! Ce n’est pas applicable à toutes les situations.
A l’heure actuelle, moult dermatologues arguent des méfaits des douches/bains quotidiens et surtout avec les détergents que l’on trouve actuellement : les gels douches, savons et shampooings vendus en Grandes Surfaces ont des compositions catastrophiques tant pour la peau que d’un point de vue écologique.
Voici par exemple, la composition d’un produit marketé comme étant « tout doux » :
Le Dove Nourishing Care & Oil Gel Douche
Ingrédients : Aqua, Sodium Hydroxypropyl Starch Phosphate, Cocamidopropyl Betaine, Lauric Acid, Sodium Lauroyl Glycinate, Sodium Lauroyl Isethionate, Hydrogenated Soybean Oil, Helianthus Annuus Hybrid Oil,Sodium Chloride, Glycerin, Acacia Senegal Gum, Argania Spinosa Kernel Oil, Benzoic Acid, BHT, Butylene Glycol, Citric Acid, Dehydroacetic Acid, DMDM Hydantoin, Gelatin,Guar Hydroxypropyltrimonium Chloride, Helianthus Annuus Seed Oil, Iodopropynyl Butylcarbamate, Mica,Parfum, Phenoxyethanol, Silica, Sodium Benzoate, Sodium Hydroxide, Sodium Isethionate, Stearic Acid, Tetrasodium EDTA, Xanthan Gum, Zinc Oxide, Hexyl Cinnamal,Limonene,Linalool,CI 77491,CI 77492, CI 77891.

Une liste longue comme le bras… et encore, sa composition n’est pas la pire présente sur le marché ! Mais il contient quand même quelques perturbateurs endocriniens, des silicones et des colorants.
Une bonne solution pour savoir ce qu’on met sur sa peau et celle des enfants est de scanner le produit, à l’aide de Clean Beauty, par exemple.
L’app met en évidence les ingrédients problématiques ou si le produit est adéquat.

Il est possible de se tourner vers les pains de savon standard, comme le savon de Marseille ou d’Alep et les savons saponifiés à froid (là encore, il faut veiller aux ingrédients ! Les « savons de Marseille » de Grandes Surfaces n’en sont pas réellement …).
Certaines gammes de gels douches sont également correctes, comme les Weleda.
Malheureusement, il ne faut pas se fier à ce qu’on trouve en pharmacie, même pour les peaux atopiques… les compositions sont souvent désastreuses !

Alors, si on peut se satisfaire des produits des plus simples possibles, parfois même se satisfaire d’eau pour se rincer, la question de l’hygiène est nécessaire à notre santé.
Il ne viendrait pas à l’idée à grand monde de manger avec des mains non-lavés après être aller à selles.
Il ne devrait pas sembler plus logique de laisser des enfants qui courent, jouent par terre et souvent, portent des couches, ne pas être nettoyés correctement.
J’ai lu certains témoignages invitant au laisser-aller complet, ce qui finit par engendrer des conséquences assez fâcheuse pour la santé des enfants, comme des infections vaginales, par exemple.

Je tiens à digresser sur un autre point : sir les parties intimes doivent être rincées, il est superflu d’utiliser des nettoyants tant le savon que les « produits d’hygiène intime ». C’est un grand mythe que de croire qu’un vagin sent mauvais et qu’il faut en masquer l’odeur.
Voici une campagne comme je les aime pour sensibiliser à l’arnaque de ces nettoyants intimes qui font pires que mieux : « Lâchez nous la Chatte ! »

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Dans le même ordre d’idée, parfois, il est conseillé aux parents de décalotter leurs garçons. Ce conseil est totalement inutile voire douloureux pour les petits garçons

 

Après ces détails (d’importance), revenons à nos moutons : Comment articuler le besoin d’hygiène et le refus des enfants ?

Après avoir conscientisé ce qui a pu déclencher la crainte chez les enfants, il est nécessaire d’intervenir en douceur, sous différents axes.
Laisser les enfants dans leurs craintes en espérant qu’elles passent avec le temps promeut les comportements d’évitement de la situation perçue comme problématique.

Il est su depuis les prémisses de l’analyse psychologique des humains que nous avons tendance à fuir ce qui engendre de la peur. C’est imparable en termes d’efficacité pour garantir la survie. Mais quand la situation crainte fait partie de la vie quotidienne et est nécessaire au bon déroulement de celle-ci tant en terme de santé que de fonctionnement général, il convient d’intervenir : « l’évitement des situations qui engendrent de la peur ou de l’angoisse maintient et aggrave le mal-être vis-à-vis de cette crainte spécifique » (Maren, S. (2001). Neurobiology of Pavlovian Fear Conditioning. Annual Review of Neuroscience, 24, 897-931.Watson, J. B. & Rayner, R. (1920). Conditioned emotional reactions. Journal of Experimental Psychology, 3(1), 1–14).

L’accompagnement pour vaincre cette crainte va dépendre de l’âge de l’enfant, de ses compétences en verbalisation et des attitudes parentales.

Il faut savoir que les enfants apprennent par l’observation, prioritairement !
Alors, A POILS et au bain !
Sans rire, ton enfant te voit-il te laver ? Prend-tu parfois le bain/douche avec elle/lu
i ?
Souvent, cela aide : l’idée n’est pas de forcer les enfants à entrer dans le bain avec nous, mais de se laver et de jouer de manière à donner envie aux enfants de se joindre à nous.
Cela marche d’autant mieux s’il n’y a pas un autre parent qui s’active dans la maison.
Plus drôle, prendre un bain collectif : il est fort possible que si les 2 ou 3 personnes qui composent le foyer se trouvent dans la baignoire, les enfants veuillent prendre part à cette foire aquatique !
Le bain peut devenir un vrai moment de jeu en famille ! I
l suffit probablement de quelques séances aquatiques en collectivité pour que les enfants apprécient à nouveau barboter.

 

Cela ne fonctionne pas ?
Ne tarissez pas de
décrire les sensations agréables lorsque tu es dans le bain et/ou après t’être lavé.e. Il ne s’agit pas de surjouer, mais de verbaliser clairement combien ça t’est agréable.

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D’ailleurs, en parlant de sensations… Fait-il assez chaud dans ta salle de bain ?
Il faut le reconnaître, se laver dans une atmosphère frisquette n’est pas des plus agréable. Si la conscience écolo et la régulation attentionnelle des adultes minimise
nt les aspects incommodants du coup d’air froid sur des fesses mouillées, les enfants n’aspirent qu’au confort !
Alors, monter de quelques degrés (j’admets, moi, je crée une étuve!) offre souvent des sensations plus douces !
Il est également nécessaire de bien vérifier la température de l’eau ! Certains enfants apprécient l’eau à 37° et d’autres, plutôt à 39° !

 

Les jeux et le bain, une idée plutôt classique… Mais il est possible d’innover !
Parfois, les enfants ont du mal à s’arrêter de jouer pour aller se laver. Pourquoi ne pas rendre le moment du bain vraiment intéressant ?
Pourquoi ne pas prévoir un jeu, avant le bain, qui peut aussi être mis dans l’eau ?
Les accessoires de cuisine, des pots d’épices (vides, of course, sauf si tu veux un enfant infusé au curry), louches, fouets, boîte de conservation, … Tout cela peut finir dans le bain et en fait un moment vraiment gai 
(il ne reste plus qu’à installer les baignoires japonaises qui maintiennent la température de l’eau constante, et c’est le paradis) !

 

Il est aussi très utile de se munir de livre abordant le sujet du bain.
Voici quelques références bienveillantes
(n’hésitez pas à les chercher en seconde main ou sur les sites leslibraires.fr ou labribrairie.com ou encore chez votre libraire, afin de ne pas nourrir les « monstres » de la culture bien connus et à l’éthique douteuse :

– « Au bain, Petit lapin » de Jorg Muhle

– « le bain de Berk » de Julien Béziat

– «  Comment bien laver son mammouth Laineux ? » Michelle Robinson

Grâce au lecture, cela normalise et fait rentrer la « coutume » de l’hygiène par le bain/douche.
Mais surtout, il est possible d’utiliser les différentes scènes des histoires pour questionner les enfants sur leur ressenti face à elles : « Tiens, tu vois Petit Lapin avec le savon ! Est-ce que tu aimerais être à sa place ? Tu aimes ça, toi ? …. »
Cela offre la possibilité de décrypter certaines craintes et de parler autour d’elles.


Baigner tout mon corps : NON !
Et si… tu commençais par
proposer des bains de pieds, de bras, etc ? A l’aide d’une baignoire pour bébé ou d’une grande bassine, il est souvent efficace de laisser jouer les enfants autour d’un bac d’eau !
Petit à petit, le contenant
pourra être rapproché de la salle de bain et même finir dans la baignoire vide. Ici, c’est d’ailleurs un de nos jeux, de temps en temps : une énorme gamelle/casserole d’eau, des louches, des flacons et le tour est joué : une des seules activités où ma fille peut s’occuper pendant 45 minutes sans s’ennuyer !
C’est aussi une bonne manière de contrer la peur de l’eau.
En jouant avec, dans de petits récipients, tout en étant dans la baignoire vide, ils peuvent appréhender
d’une nouvelle manière, en douceur, tant l’élément que l’environnement de la salle de bain.
Ensuite, proposer aux enfants d’ouvrir le robinet et de laisser la baignoire ou le bac de douche se remplir un tout petit peu.
Cet accessoire est vraiment pratique pour permettre aux enfants de jouets dans
le bac de douche ou lorsqu’on a perdu le bouchon de la bonde…) :

 


Bonjour, « moi tout.e seul.e » !
Être lavé.e n’est pas forcément attrayant, mais prendre part à l’activité renforce la confiance en soi.
Inspiré de la pédagogie Montessori, il est profitable de rendre accessible aux enfants les accessoires et un meuble lui permettant de se laver de manière autonome.

meuble sdb montessori
Dans cet exemple trouvé sur Pinterest, on voit l’utilité du miroir et que tout soit à la taille des enfants.
Ils peuvent ainsi se laver les dents, le laver les mains et ne pas être dépendants de l’intervention d’un adulte !
J’y ajouterai une grande bassine à bords bas… posée sur un tapis de bain « anti glisse » : cela évitera qu’il y ait de l’eau partout et surtout, cette bassine peut servir à se laver les pieds et les jambes.
On a beau en rire… Mais le bidet de nos (arrière) grands-parents étaient vraiment pratiques !
Avant les rénovations effectuées dans les maisons partagées par la famille, je me souviens très bien le nombre de fois où le bidet m’a servi à me laver différentes parties du corps.

Verbaliser, encore et toujours !
Cela semble être une lapalissade, et pourtant, le quotidien nous pousse à agir de manière un peu automatique … d’autant plus quand l’agacement point le bout de son nez.

Il est primordial de verbaliser les émotions que l’on croit percevoir chez son enfant. Plus le temps passe et plus ils seront en mesure de les exprimer par eux-mêmes.
« Une série d’études ont montré que le traitement linguistique active une région du cortex, le cortex préfrontal ventrolatéral droit, qui réduit l’activité de l’amygdale, et par là, atténue les réponses anxieuses (Lieberman et al., 2007). Il apparaît que mobiliser les aires cérébrales du fonctionnement exécutif concourt à une diminution de l’activité du système limbique. »
Concrètement, favoriser la verbaliser fait diminuer la force des réponses émotionnelles et permet de les appréhender plus aisément.

La vie est un jeu !
Je l’ai déjà évoqué précédemment, mais le jeu est un outil indispensable pour amener les enfants à collaborer avec plaisir.
J’en ai même fait un article.
Je suis minimaliste dans mon quotidien, mais force est de reconnaître que certains accessoires peuvent être utiles pour rendre le moment du bain agréable : des feutres de bain, des pompes qui imitent l’eau qui coule en continu (afin d’épargner sa consommation d’eau, tout en donnant l’opportunité aux enfants d’avoir un robinet qui délivre de l’eau), …

pompe robinet
Pompe Robinet DreamBaby

Je précise que tous les articles mentionnés sont juste indicatifs, je n’ai aucun « partenariat » ni aucune préférence. Ce sont des exemples.


Calme et attentif, comme une grenouille !
J’emprunte le titre de ce livre merveilleux d’Eline Snel concernant l’initiation à la méditation, à partir de 5 ans (disent-ils).
Pour soi, en tant que parent, il est nécessaire d’être particulièrement calme et disponible pendant le temps du bain.
Il est nécessaire de chasser l’appréhension du refus… Parce que partir « perdant » ne permet aucune réussite.
D’ailleurs, cela vaut pour toutes les situations de la vie quotidienne.
A chaque instant, il faut se laisser la possibilité de vivre ce que l’on souhaite. Dans le cas présent, une séance de toilette qui se passe dans la joie et la bonne humeur.

Ensuite, il est possible d’initier très tôt les enfants à la relaxation et la méditation. Divers supports existent spécialement pour les enfants… Comme ce livre d’Eline Snel, mais aussi des livres de la collection Gründ : « Mes premiers moments de méditation » ou « Mes premiers moments de relaxation », qui sont des livres sonores.

La méditation permet aux enfants (et aux adultes) de prendre conscience de ce qui les traverse au moment où ils y prêtent attention. Cela permet de réguler la respiration et cela influe sur le fonctionnement cérébral.
Apprendre à lire ses propres émotions, à les exprimer et à respirer profondément (respiration ventrale) aide ensuite dans la vie quotidienne.
Pourquoi ne pas transmettre aux enfants la capacité d’utiliser la relaxation dans des moments qui engendrent du stress?
Si cela paraît difficile entre 18 et 24 mois, la pratique régulière ancre de nouvelles habitudes.
Encore une fois, les enfants apprennent et sont sensibilisés d’une manière simple : par l’imitation.
A vous de vous y mettre !:)
Petit Babou  est un app très efficace pour débuter la méditation (parmi d’autres).
La médiation, pour les petits comme pour les grands, cela s’acquiert. La «digression intellectuelle » fait partie du voyage et de l’apprentissage !:)

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Et si je te disais que tu es un thérapeute du quotidien ?

En tant que parent, tu accompagnes tes enfants dans leurs difficultés quotidiennes (mais pas que… Heureusement!).
Avec la posture bienveillante explicitée précédemment et les quelques outils concrets, tu agis en connaissance du fonctionnement des craintes infantiles.
Par la lecture, les bains de pieds, la médiation et la verbalisation des émotions, tu agis comme le feraient des psychologues.
Ce que je t’ai proposé est une application quotidienne bienveillante des types de psychothérapies démontrées comme efficaces pour prendre en charge les phobies.
D’une part, l’
exposition à la situation problématique. Mais : « L’exposition peut prendre des formes diverses, comprenant des versions progressives ou intenses (ou thérapie par immersion), brèves versus prolongées, avec ou sans stratégies cognitives ou corporelles de coping (voir la recension de Meuret, Wolitzky-Taylor, Twohig, & Craske, 2012), ou encore en imagination, intéroceptives (liées aux sensations corporelles concomitantes aux moments où les peurs surviennent), ou in vivo (dans la vie réelle). Il a été prouvé que la thérapie par exposition est une stratégie de traitement efficace pour la peur et les troubles anxieux (Hofman & Smits, 2008 ; Norton & Price, 2007). » https://uclep.be/wp-content/uploads/ArtCraske_Traduc_Final.pdf

D’autre part, l’ACT qui est la Thérapie centrée sur l’acceptation et l’engagement : « la flexibilité psychologique, au centre des interventionsde l‘ACT, se définit comme la capacité à être complètement conscient du moment présent (phénomènes internes et environnementaux) et à ajuster ses comportements en fonction de ce que la situation permet pour agir en direction de ses valeurs (Hayes, Strosahl, Bunting, Twohig & Wilson, 2004) »
C’est en ce sens que la médiation et la relaxation peuvent être efficaces, tout comme la réflexion partagée autour de l’adaptation de routines qui conviendraient aux enfants.

Pour finir, je vais aborder rapidement un autre point spécifique qui pose régulièrement question.

Le lavage des dents

Le refus de se laver les dents est très fréquent chez les enfants.
Comme pour le lavage du corps, l’exemplarité est reine : se laver les dents devant les enfants et les faire participer est une des clefs de la collaboration.
Mais… Ils ne comprennent pas vraiment l’intérêt de s’astreindre à cette routine… et lors des poussées dentaires si explosives entre 12 et 24 mois, le passage d’une brosse sur des gencives enflammées doit être extrêmement désagréable.
Moi-même confrontée au refus catégorique de ma fille depuis 2 mois (alors qu’elle se brossait elle-même ses quelques quenottes depuis le départ, me laissant finir ensuite), je me suis questionnée sur la manière de gérer son hygiène bucco-dentaire.
La réponse est dans l’anticipation… Par les apports alimentaires !

En l’absence d’aliments raffinés et industriels, il n’y a pas de raison que les enfants développent des problèmes dentaires.
Je parle ici d’enfants allaités et n’ayant pas de pathologie spécifique. Les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN ou Lait Artificiel) sont riches en diverses formes de sucres et sont cariogènes.
Dans le cadre d’une alimentation équilibrée (que j’aborde dans l’article « mon assiette, ma famille et moi » et brillamment expliqué dans « Un zeste de conscience en cuisine » d’Isabelle Filiozat, avec une complémentation en vitamine D, il n’y a pas vraiment de raison de développer des caries.
Cela dit, il est possible de mettre en œuvre quelques astuces au quotidien … dont finir les repas par le grignotage de quelques noix ou des graines, en version nature (donc sans sucre!) bien évidemment. Leur taux de lipide et de protéines en font des aliments qui ne sont pas cariogènes. De plus, elles agissent en neutralisant l’acidité buccale créée par la mastication d’aliments sucrés.

noix
Il est donc de coutume, sous mon toit, de finir les repas par quelques noix ou des graines de courge.
Néanmoins, tous les jours, je me brosse les dents devant elle et lui propose de faire les siennes. Elle a sa brosse à disposition en même temps et pendant son bain. Je suppose que l’habitude du brossage finira par revenir dans les mois qui viennent.
J’avoue avoir commandé un bâton de siwak… qui est un échec cuisant à cause de son goût (que j’ai moi-même du mal à supporter. Oops!).


Les enfants nous challengent au quotidien pour remettre en question nos croyances et nos connaissances au sujet de nos habitudes.
S’ils sont des être éminemment sociaux, ils n’intériorisent pas les coutumes sociales et les habitudes culturelles avant 4/5 ans. Et encore après cet âge-là, il est utile d’écouter réellement ce qu’ils mettent en exergue.
En tant qu’adultes, nous avons de nombreux conditionnements ! Les enfants sont de merveilleux révélateurs de nos automatismes et aussi de nos croyances bien ancrées… qui peuvent pourtant être remises en question.
Ils nous font évoluer et nous amènent à prendre plus soin de nous-même… Pour prendre encore mieux soin d’eux !

Si tu te sens dépassé.e avec ton enfant, n’hésite pas à consulter des professionnel.le.s bienveillant.e.s !
Je suis moi-même disponible pour répondre aux questions et échanger, avec plaisir.

A très vite, pour de nouvelles curiosités !


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Si celui-ci t’a plu, n’hésite pas à « aimer » (seule manière que j’ai de voir que mon contenu plaît/est utile) et à le partager. Tu peux aussi rejoindre ma page FB La Curiosité Bienveillante où je publie tous mes articles mais aussi, quotidiennement, moult informations passionnantes !

 

Éducation bienveillante

Je joue et mon jeans est usé aux genoux. Et toi ?

 

Avant de devenir mère, j’ai vu un film qui m’a marqué : « Demain, tout commence »
Ce film, outre le message qu’il fait passer, est une ode aux jeux !
Le papa de cette enfant a fait de son quotidien un jeu, en tout temps et en toutes circonstances.

J’ai toujours rêvé de proposer ce type de quotidien à l’enfant que j’aurai.

Je suis devenue mère et je me suis demandée s’il était vraiment possible de jouer à longueur de journée et d’éviter les contraintes…
En réalité, le questionnement est mal posé.
Bien entendu, il n’est pas possible de « jouer » à des jeux pour enfants toute la journée (tâches domestiques, toussa toussa, toi-même tu sais!).
Mais il est possible de tout rendre joyeux (dans la vie quotidienne, je ne parle pas de certaines expériences difficiles de la vie). Je précise que ma fille a 16 mois.

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Afin de rendre concrets les aspects ludiques d’une journée « classique », quand je n’ai rien de prévu afin que tu perçoives mon rapport au quotidien :

– Je commence ma journée par nous préparer. Débarbouillage du matin… et le gant de toilette humide qui « attaque » le visage de ma fille qui rit aux éclats. Elle commence à le faire seule mais se limite à la bouche, alors je l’aide encore.
Je mets son pull en faisant une grimace à travers le col, depuis qu’elle est toute petite … Elle me tend sa tête pour enfiler son pull et me tend ses mains afin que je les embrasse dès qu’elle les a sorti des manches.

Petit-déj pour moi… Et proposition pour elle, mais ce n’est pas un moment où elle mange. Parfois elle reste à table, parfois elle est sur mes genoux et grignote, parfois elle est par terre et joue seule.

Moment- Aspirateur (indispensable avec 2 chats à poils longs) : elle joue seule/imite mes gestes/grimpe sur le canapé pour le « nettoyer » à son tour/grimpe sur l’aspirateur ou prend appui dessus pour marcher avec et moi, j’œuvre à rendre la maison propre en un minimum de temps (raison pour laquelle je nettoie tout au fur et à mesure, je déteste les « gros ménage »). Je m’amuse aussi à l’aspirer avec la petite brosse, car elle adore ça et … les poils tenaces de ses vêtements sont enlevés (#rusedesioux) !

– Moment de lecture où on se fait des câlins

Préparation du repas de midi (je prépare en milieu de matinée. J’ai commencé à fonctionner comme ça dès le départ, car j’ai BESOIN de manger sainement au quotidien. Je parle de l’organisation dans l’article sur le quatrième trimestre de grossesse) où elle joue avec ses bacs de jeux à disposition dans la cuisine. Je lui donne des morceaux de légumes crus et des ustensiles de cuisine pour qu’elle explore leurs possibilités.

Heure des courses / De la sieste : en fonction des nécessités, je pars faire quelques courses. Je suis piétonne… donc je dois y aller régulièrement. Le portage me sauve la vie : elle est en portage et sur le trajet aller, je la distraits (ou pas, ça dépend de ses envies à ce moment-là) et je verbalise tout ce qu’on croise. On s’arrête sentir les fleurs et saluer les gens que l’on croise.

Pendant les courses, c’est un temps de dégustation pour elle : elle se fait un en-cas à ce moment là ! C’est comme ça que je décide si j’achète ce fruit-là ou un autre si elle démontre un intérêt particulier. Bientôt, elle sera chargée de mission pour remplir notre panier.

Retour des courses et sieste ! Ici, la sieste s’effectue en portage. Je rentre des courses, chargée comme une mule avec un sac à dos plein, un sac pendu à une main et un bébé qui tète en s’endormant (c’est le moment le plus pénible de la journée, parce que c’est lourd et que j’habite en haut d’une côte. That’s life!).
Quand il n’y a pas eu de courses, c’est simplement MON moment de la journée. Elle s’endort pendant une balade et j’en profite pour marcher quelques kilomètres, parfois en scrollant facebook ou en envoyant des mails, souvent en profitant de la balade. Quand j’ai envie d’avancer dans une lecture, je fais une balade plus courte et je rentre sur la pointe des pieds chez moi pour me poser avec mon livre.
L’unique sieste de la journée dure 1h, en ce moment (et depuis 3 mois).

Temps de midi. Elle se réveille, et je mets à cuire mon plat préparé plus tôt. Pendant ce temps-là, c’est tétée/lecture et préparation de la table. Elle attrape les couverts, et nous allons mettre la table sans fioriture.
Le repas se passe sans prise de tête, pour la simple et bonne question que l’ambiance est au lâcher-prise. Je discute du rapport à la nourriture dans cet article.
Lors des repas, elle a à disposition des aliments sains et cuisinés par moi-même.
Elle mange ce qu’elle souhaite, de façon autonome, depuis toujours, puisque j’ai opté pour la DME (j’en parle ici).
Si elle n’a pas faim, elle ne mange pas. Je n’insiste pas.
Si elle refuse de rester assise sur une chaise haute, elle descend. Souvent, elle occupe alors mes genoux et parfois grignote un aliment ou l’autre, mais rarement.
Le repas n’est pas un moment où je « joue » comme on peut le voir parfois avec « l’avion qui rentre dans le hangar » ou encore de la distraire pour qu’elle mange. Au contraire, je lui fais confiance de manière à préserver ses sensations corporelles et sa gestion de la satiété (qui peut devenir très complexe en grandissant).
Le seul « jeu » va être qu’elle utilise ses couverts pour piquer les aliments et/ou expérimenter les possibilités avec ceux-ci.
Tant que cela n’engage pas sa sécurité, je n’interviens pas plus que ça.

Vaisselle/ « café »
N’étant pas munie d’un lave-vaisselle, je dois bien m’affairer à cette tâche.
J’ai sécurisé ma cuisine et ai mis à sa disposition des bacs avec des jeux à manipuler, des couverts, des boîtes, les casseroles et ustensiles.
Elle s’occupe ainsi seule pendant le quart d’heure nécessaire à cela. Ensuite, il est fréquent que je la rejoigne dans ses jeux, assise sur le sol de ma petite cuisine.
Je me sers mon succédanée de café (j’évite la caféine) et lui propose d’aller au salon, une fois qu’on a ramassé la plupart des jouets (oui, la plupart, il est clair qu’à un moment, quand on range ensemble les « jeux », les petites mains agiles finissent toujours pas en balancer un par terre).

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= Playground time: dans le salon, le jardin ou dans une aire de jeux

Dans ce moment-là, je la rejoins dans SES jeux, car jusque-là, c’est moi qui ai tourné les situations en moments de jeu pour elle.
Elle choisit alors de prendre l’une ou l’autre chose, s’arrête parfois sur une tâche ou pas du tout.
On peut parfois lire 4 ou 5 livres de suite.
Bref, je joue. Pour preuve, mon jeans de grossesse (oui, que je porte encore, parce que tellement bien coupé et confortable!) est usé aux genoux !
Je passe du temps par terre avec elle, on joue à cache-cache, on fait des parcours dans le salon, du dessin, de la peinture (quand j’ai encore plus de courage, car avec une enfant qui ne reste pas assise…), bref, on ne s’ennuie pas !

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J’ai besoin de me nourrir intellectuellement et je n’ai pas énormément de temps pour le faire. Alors, chez moi, il y a de la musique quand on danse mais rarement en musique de fond… Parce que j’écoute des podcasts et des reportages/documentaires/replay d’émissions (NON pas TPMP, j’ai dit que j’avais besoin de me nourrir, pas d’avoir la nausée!).

Un moment pour mon corps… Avec un bébé sur le dos !
J’en parle dans cet article concernant le corps d’après-grossesse, j’ai pris à cœur de garder un tonus musculaire malgré mon absence d’activité physique au sens strict du terme (avant, je m’occupais de mon cheval tous les jours + exercices de renforcement musculaire pendant 30 à 45 minutes).
J’applique les exercices de rééducation abdominales et périnéales appris avec la kiné. J’ai repris le gainage et certains exercices de renforcement musculaire, tout en combinant cela avec quelques postures de yoga.
Même pas besoin de sortir le tapis, puisque j’utilise le tapis en mousse « lettres » installé dans le « coin jeu » dans notre chambre.
Pendant ce temps-là, elle s’occupe autour de moi. Puisque je suis au sol, les interactions ne sont pas coupées.
Je n’ai clairement pas un rythme comparable à celui que j’avais, mais je fais l’effort de me donner au moins 30 minutes/jour pendant lesquelles j’enchaîne quelques exercices entrecoupées de câlins, bisous, tétées (j’ai d’ailleurs allaité plus d’une fois en position « louve » car je faisais du gainage!).

Quand je fais des squats, elle a tendance à m’imiter… Quel fou rire !
Bref, pour elle, c’est aussi un moment de jeu. Et moi, j’ai du temps pour moi… et même un poids en plus quand elle me grimpe sur le dos pendant mes exercices !

Repas du soir, à l’arrache dans la cuisine, dans mes bras.
Elle ne mange pas énormément le soir, mais elle a un creux vers 17h.
Vers 18h30, elle grignote souvent plus quelques crudités, des noix et des fruits.
Elle le fait pendant que je me prépare mon repas du soir.

Comme elle ne dort que très peu, elle s’endort vers 20h et je mange ensuite.

 

Préparation de la chambre pour la nuit
J’ai un matelas au sol. J’ai ôté le cadre de lit car il était à pieds et vieillissant (grinçant et réveillant une bébé dès qu’on bouge dedans, et qu’on tente de sortir du lit en mode Ninja).
Je me dois donc de redresser mon matelas chaque jour afin qu’il ne pourrisse pas à cause de l’humidité.
Chaque soir, je refais notre lit (je pratique le cododo, et je parle de cette pratique dans cet article). C’est aussi le moment pendant lequel je change les draps quand c’est nécessaire.
C’est LE moment que je préfère dans la journée !
Elle fonce sur le lit et attend que je secoue le matelas dans tous les sens. Elle roule, fait des cabrioles avec les coussins, se jette en arrière, éclate de rire, se jette sur moi et me chatouille. Ces jeu « au corps à corps » dans les éclats de rire qui me donnent toujours le sourire !

 

Bain à deux

Quand elle a eu 11 mois, elle a débuté une grande période où elle ne supportait plus de ne pas me voir, ne serait-ce que quelques instants.
Après 2 jours à avoir une enfant accrochée à la baignoire en hurlant pendant les 5 minutes de ma douche, j’ai abdiqué !
Je refuse qu’elle pleure et je refuse d’avoir les oreilles qui vrillent pendant un moment agréable de la journée.

J’ai commencé à me laver avec elle, le soir.
Nous partageons donc le bain, pendant lequel on joue, on se fait des câlins, elle tète… Bref, c’est un moment très agréable, souvent bercé par des morceaux de musique en tous genres.

 

Coucher en « tétée de dodo »

Je n’utilise jamais ce type de termes « dodo », sauf à ce moment-là.
En revenant de la salle de bain, la chambre est déjà dans la pénombre. Nous allons dans le lit et je me réjouie de la bonne nuit à venir.
Je verbalise toujours combien c’est plaisant d’être allongée après une journée et je lui mentionne qu’on va faire notre « tétée de dodo ».
Il ne faut pas longtemps pour qu’elle somnole, puis s’endorme en tétant.
Je prends toujours cet instant de calme pour me recentrer et goûter la chance que j’ai d’être là, de l’avoir et pratique des respirations profondes : une pratique de Pleine Conscience au quotidien.

C’est ainsi que s’achève une journée en tête à tête.
Bien entendu, cela varie en fonction de nos activités et des visites que nous pouvons avoir (et heureusement, car pour avoir été coincée chez moi pendant 3 mois à cause d’une fracture, il semble long d’enchaîner des semaines durant d’avoir les mêmes journées).

Parfois, je me rends compte qu’elle est plus crispée et plus irritable. Il me suffit rapidement de retracer la journée pour me rendre compte que j’ai été moins « joueuse » que d’habitude… Et que moi-même, je suis plus tendue et irritable.

La fatigue et les préoccupations ont vite faits de nous emmener loin de nos attitudes souples et rigolotes.
On se perd dans les aléas du quotidien et on cherche à aller au plus vite.
Or, le jeu et les détournements des activités pour les rendre agréables sont primordiales… tant pour les enfants que pour soi-même !

J’ai une humeur bien plus maussade en fin de journée quand notre journée n’a pas été égayée par les jeux.

Certain.e.s se posent la question de savoir comment occuper les enfants, pour avoir le temps de cuisiner, par exemple.
Et si la solution était d’introduire les enfants dans la cuisine et que la préparation du repas devienne l’activité ?!

Ce retournement de situation peut être mis en place dans toutes les tâches usuelles.
Il est nécessaire de prendre le temps… pour que les enfants en bénéficient et apprennent !
Tout sera fait de manière lente et approximative, mais ce sont des moments riches à tout point de vue pour les enfants… Mais aussi dans les relations.

Cette manière d’inclure les enfants dans chaque tâches lui permet d’exercer sa motricité, la succession des étapes, et d’accéder progressivement à une certaine autonomie.
Je me rapproche beaucoup de la pédagogie de Charlotte Mason, dont je parlerai prochainement.

Oui ! Cela demande de l’énergie.

L’accompagnement bienveillant des enfants demandent de l’énergie, de la créativité et une adaptation constante des perspectives sur les enfants.
Mais c’est un investissement qui est rentable à court, moyen et long terme.
Faire face à des cris, des pleurs et des oppositions récurrentes de la part des enfants me semblent encore plus énergivores… et dans une dynamique négative !

S’occuper d’enfants demande de l’énergie… A nous de choisir comment orienter notre vie !

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Certain.e.s peuvent avoir du mal à jouer avec les enfants. Elles/Ils ont tellement perdu l’habitude d’agir sans but, de conter des histoires, d’activer son imaginaire et de « perdre du temps » alors qu’il y a des « corvées » qui attendent… que le jeu devient une contrainte.
Alors, faut-il se forcer ?
La question n’est pas de s’engager dans une activité à contre cœur… Mais de changer de perspectives par rapport aux jeux avec les enfants.
Si certains amusements peuvent aussi nous faire rire, il est plutôt question de s’enthousiasmer devant la manière qu’ont les enfants de s’investir dans ceux-ci.
En jouant avec eux, cela permet de les observer, de le voir grandir et de constater toutes leurs habiletés se développant jour après jour.

Dans nos vies « de grands », nous n’avons que trop peu de possibilités de vivre des éclats de rire (surtout si vous êtes assez isolées, comme je le suis : maman solo, amies et familles éloignées).
j’ai en tête les fous-rires que j’avais lorsque j’étais étudiante, à tel point que nous devions quitter les auditoires (amphi, pour les français).
Je me rappelle des rires étouffés lors de réunion d’équipe ou du travail en open-space alors que j’échangeais des emails avec des collègues en simultané.
Maintenant, j’ancre les moments de rire lorsque ma fille se déguise et vient me voir après s’être accoutrée de panier en guise de chapeau, de culotte comme collier et de rouleur de PQ comme bracelets (qui lui font des armures!).
Maintenant, je souhaite que chaque jour, j’ai pu l’entendre rire aux éclats pendant quelques instants.
Maintenant, je m’autorise aussi à pratiquer des techniques comme seule du « yoga du rire »  car ses vertus sont reconnues tant sur la santé physique que mentale.
Et j’évite de lire ou d’écouter des choses qui me mine le moral : les informations, certains commentaires sur les réseaux sociaux, certains sujets de documentaires, etc.
Au départ, j’ai cru que je m’enfermais dans un « monde de bisounours », en réalité…
Je cherche juste à maximiser mon énergie personnelle sans me faire polluer par des informations sur lesquelles je n’aurai aucun impact. Cela fait partie du lâcher-prise : ne pas donner d’importance à quelque chose qu’on ne peut pas changer.

Mettre en place une vie égayée, cela va demander de l’inventivité, de la curiosité et de la remise en question, et ce de façon constante !
Parce que les enfants et leurs besoins évoluent chaque jour, leurs réactions se complexifient et les réponses à adopter doivent s’adapter continuellement.
Il y aura des jours où je n’aurais pas eu l’énergie/la disponibilité mentale d’agir en égayant le quotidien.
Mais il suffit parfois de le conscientiser et de se questionner sur ce qui aurait pu être fait différemment, pour le mettre en place le lendemain !

L’humour, le rire, les câlins et l’amour sont des moyens utiles et efficaces pour désamorcer des crises et des situations tendues. Ils ne doivent pas être des récompenses mais des carburants de la vie !
J’en parle d’ailleurs dans cet article « Tu es en colère ? Et si on s’amusait un peu ? ».
Le principe n’est pas de masquer l’émotion en détournant l’attention.
C’est une façon de pouvoir se reconnecter après un passage difficile et de rendre les tâches accessibles, et d’amener les enfants à prendre du plaisir malgré les aspects ennuyeux qu’elles peuvent comporter.

Je tiens aussi à préciser qu’il est indispensable d’être vigilant avec ce qui nous fait rire, chez les tout-petits.
Parfois, ils font semblant de mordre voire mordent réellement, et la première réaction (si la morsure n’était pas douloureuse) est d’en rire.
Cela incitera les enfants à recommencer.
L’idéal est de tempérer ses réactions afin de ne pas renforcer, malgré nous, des attitudes qui peuvent devenir dérangeantes (j’aborde le sujet des enfants qui frappent et qui mordent dans cet article).

Les enfants retiennent les réactions fortes et cherchent à en comprendre les raisons.
Jusqu’à 3 ans, les séquences « causes/conséquences » sont en construction. Les gestes causant de la douleur n’émergent pas d’une volonté de blesser, mais juste de voir si cela déclenche toujours la même réaction.
A ce moment-là, tu peux visualiser ma charmante enfant, pincer mes tétons en disant « AIE ! » avec un grand sourire !
Elle ne cherche pas à me faire mal, elle n’a pas encore la cognition pour comprendre que cela engendre une vraie douleur détestable… Mais elle a bien compris que je disais « AIE ! ».
Donc, s’amuser, oui, mais pas forcément de toutes les attitudes, au risque qu’elles deviennent récurrentes. Cela vaut également pour les cris ou tout autre contrainte physique: les enfants chercheront à comprendre ce qui provoque la réaction, sans comprendre la causalité de ce qui motive la réaction (notre douleur).
L’unique réaction qui permettra de diminuer l’occurrence de ce genre de geste est de réduire au minimum ses réactions afin que le geste ne soit pas renforcé.

Si tu es coincée dans les réactions de ton enfant, dans un cas précis dans lequel tu ne trouves pas d’alternatives, n’hésite pas à me contacter pour réfléchir ensemble à la question.:)

 

Je t’invite à lire ce livre, qui est une référence sur le sujet :
« Qui veut jouer avec moi ? »Lawrence Cohen (présenté par Isabelle Filliozat)

Certain.e.s ont posé l’étiquette d’éducation ludique sur cette manière d’accompagner les enfants.
Je ne suis pas adepte des étiquettes, autre que celle de bienveillance, qui peut se décliner en de nombreuses attitudes… dont celle d’être ludique !

 

A très vite, pour aborder de nouvelles curiosités!

 

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Éducation bienveillante·Maternage proximal

L’humain, une espèce portée!

Hier, nous étions le 25 avril 2019… Et je suis intervenue dans une conférence TEDx.
C’était le premier TEDx de La Baule… Et j’ai abordé le portage (sous-tendu de bienveillance, of course!).

Je te propose un article, qui reprend ce que j’ai dit au TEDx, en plus complet. 😉
Parce qu’une conférence n’est pas un article…!
Voici ce TEDx: https://www.youtube.com/watch?v=8Ft_-xWmK9w&t=248s

 

Tu as remarqué ?
L’humain a tendance à lutter contre sa pilosité… pourtant, la fourrure est bien pratique à de nombreux mammifères.
En plus, nous sommes bipèdes… Et donc nous avons une stature étroite… Or, l’ampleur de la tête du petit d’humain est majeure. Est-ce que ce « dilemme obstétrical » est juste ?
Le fait est que l’accouchement de l’humain parmi les plus douloureux.
Et les bébés naissent… assez peu débrouillards (même s’ils ont déjà moult compétences incroyables!).

Bref, c’est ça, l’humain! Et les bébés sont, comme tous les représentants de son espèce, un « porté passif ». ça veut dire qu’ils n’ont pas le tonus musculaire pour s’agripper. Notre absence de fourrure est donc justifiée (mais cela n’impose en rien d’être imberbe! 😉 )!
Mais ça veut dire que je dois être outillée et avoir assez de connaissances pour agir avec de petit humain. Ça fait tout de même 1.8 millions années que l’Homo Sapiens doit trouver un moyen de se déplacer avec son petit.
Autant dire que les moyens de portage sont diversifiés ! Mais ce n’est pas comme si les hominidés que nous étions, avaient eu le choix : à l’époque, nous étions nomades !
Il n’était pas possible de poser les bébés à terre : ils auraient été à la merci des divers prédateurs, des insectes. Ils pouvaient potentiellement être soumis à des températures qui auraient influencé leur propre homéostasie.

Tu vas me dire que c’est bien joli, que nous sommes sédentaires, dans des logements salubres (pour la plupart), à l’abri des prédateurs… et qu’il est d’usage de déposer les bébés dans des couffins et dans leur lit pour qu’ils dorment.

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Il est d’usage, oui…
Mais les usages occidentaux n’ont-ils pas perdu de vue certaines attitudes totalement nécessaires aux bébés humains, comme le portage et l’allaitement (d’ailleurs, je parle ici du choix entre biberons et allaitement )?
L’Occident a perdu cette tradition ces deux derniers siècles.
Cela peut paraître étonnant mais… C’est l’attrait des signes extérieurs de richesse qui a fait tomber le portage en désuétude.
Entre les dogmes des religions chrétiennes et les évolutions culturelles, les enfants sont intentionnellement distancés de leurs mères (j’en parle dans mon article sur le cododo).
Dès le 18ème siècle, l’allaitement a commencé à être remis en question : cela faisait trop miséreux d’allaiter soi-même ses propres enfants.
Alors, forcément, avec les placements en nourrice (chez elle mais d’abord au domicile parental), tant l’allaitement que le portage n’ont plus eu la côte socialement.
Mais voilà… La culture, la société, les bébés, eux, s’en fichent totalement !

La physiologie du bébé humain n’évolue pas en suivant les coutumes sociales. Il reste toujours dans ce même état de dépendance extrême, craignant l’environnement qu’il découvre à peine et cherchant à se rassurer par ce qu’il connaît : les mouvements de sa mère, son odeur, les battements de son cœur, une position fœtale, un peau-à-peau et un contact contenant.
D’ailleurs, tout le monde s’accorde là-dessus : « Ils se calment dès qu’ils/elles sont dans les bras ! »
Étonnamment, au lieu d’être perçu comme un constat logique, c’est perçu comme une contrainte voire un problème !
C’est à ce moment-là que l’on prend conscience du précipice entre les normes sociales occidentales et la connaissance des besoins physiologiques des bébés… Et surtout, des manière simples et efficaces pour y répondre.

Aujourd’hui, je vais aborder l’impact du portage sur la vie de vos enfants et la vôtre tant en termes de bienfaits que de sérénité.

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Fanny Vella… Un bonheur d’illustratrice!

Certains préalables s’imposent…
Depuis l’origine de notre espèce Homo Sapiens, la constitution du nouveau-né est identique : ils sont mis au monde après environ 9 mois de gestation (quand tout se passe bien).
Notre cerveau humain nous distingue des autres mammifères, puisqu’à la naissance, il est neurologiquement immature. La taille du cerveau d’un nouveau-né correspond à 23% de celui d’un adulte. Quand le bébé a un an, son cerveau a déjà doublé de taille, et à 3ans, il a 90% de la taille d’un cerveau adulte. Comparativement, les autres mammifères naissent avec un cerveau développé à 80% en moyenne.
(je laisse le lein passionnant d’une page fb Société d’Histoire de la Naissance, qui nous laisse découvrir le 22 mars 2019, un article de July Bouhallier : « Paléoanthropologie : le dilemme obstétrical n’a pas eu lieu » )

Pour être précise : Les mammifères ont été classés selon leurs modes d’adaptation à leur environnement au moment de la naissance. Il y a trois catégories :

o Les nidifuges : les petits arrivent à se déplacer comme les adultes dans les heures qui suivent la naissance (poulains, veau, antilopes…). Ils restent toujours près de leur mère.
o Les nidicoles : Les petits naissent sans poils, avec les yeux et les conduits auditifs fermés. Le lait doit apporter un sentiment de satiété suffisant pour qu’ils puissent se passer ponctuellement de leur mère. Ils sont toujours plusieurs ce qui permet d’avoir de la chaleur (chat, souris…).
o Les Portés : ce qui est le cas des primates, des marsupiaux et de l’Humain. C’est un corps de qui devient « le nid », capable de pourvoir à tous les besoins. Bernhard Hassenstein a introduit le terme du « primate porté » dans la biologie comportementale.

Autant dire que le bébé humain est totalement prématuré. Sa première année est comme une grossesse extra-utérine. Cela lui permettra d’accéder à des compétences motrices comparables à nos congénères hominidés que sont les gorilles, les chimpanzés et l’orang-outang à la naissance.
Il est primordial de prendre en compte que la maturation cérébrale concerne en grande partie le cortex préfrontal : c’est cette partie du cerveau qui nous distingue des autres espèces par son ampleur. Il est le siège de nombreuses facultés dont celle de la régulation émotionnelle, des comportements sociaux et du raisonnement, entre autres.

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A la naissance, les bébés n’ont aucune compétence pour gérer les aléas du quotidien et se dire : « Ok ! Là, mes parents sont occupés, je vais rester zen jusqu’à leur retour ! »
Au contraire, dans le cerveau du bébé humain actuel s’active la même alarme que lors des prémices de notre espèce nomade : « AU SECOURS ! Je suis seul et potentiellement entouré de dangers contre lesquels je ne peux rien ! ».
Cette connaissance de l’immaturité cérébrale des enfants a un impact sur les attentes que les parents peuvent avoir : Il n’y a ni comédie ni caprices ou de manipulation (j’aborde l’occurence des mensonges dans cet article).
Les bébés ont besoin d’être contre nous pour être apaisés… et pour apprendre à s’apaiser !
Leurs besoins nécessitent d’être entendus et pris en compte le plus rapidement possible pour qu’ils puissent renforcer leurs réseaux neuronaux favorables à la gestion émotionnelle et au sentiment de sécurité.
Grâce à un accompagnement prévenant et sécurisant, les petit.e.s d’humains vont évoluer et grandir de manière optimale : ils parviendront à maîtriser leurs émotions vers 5 ou 6 ans, au mieux, sauront le verbaliser (si on leur a enseigné), commenceront à s’adapter à leur environnement culturel en intériorisant les codes sociaux… Tout cela n’est possible que si les enfants sont accompagnés dans la bienveillance !

Quel rapport avec le portage, me direz-vous ?
Eh bien… TOUT !
Le portage et le peau-à-peau sont les attitudes les plus adaptées aux petits d’humains.
Cela fait intrinsèquement partie du nouveau-né, puisqu’il a été porté au sein de sa mère depuis sa conception.
Il ne connaît que le mouvement, les changements d’ambiances filtrées par la paroi abdominale et le contact contenant des parois utérines et du cordon ombilical (qu’il tète souvent).

Le portage est le moyen privilégié pour recréer les conditions les plus proches de la vie in utero, de manière à ce que les bébés puissent être rassurés alors qu’ils découvrent la vie aérienne.
Grâce à cette pratique, les bébés bénéficient de moult avantages pour leur développement.
Par exemple :
– Les bébés portés en position physiologique (comme cela devrait toujours être le cas, je laisse d’ailleurs un lien vers un article reprenant les bienfaits du portage physiologiques) ont moins de coliques que ceux qui ne le sont pas. Le repli des jambes sur le bas ventre et le massage créé par les mouvements de la porteuse ou du porteur soulage le bébé. Ce portage agit également en prévention de problèmes de hanches.
– Concernant la tonicité musculaire : avec les mouvements de la mère, les réflexes nerveux et musculaires du bébé réagissent à chaque changement de l’équilibre. Il va développer son oreille interne, et ainsi son sens de l’équilibre personnel.
Donc non, le portage ne minimisera pas ses compétences à se déplacer de façon autonome, au contraire ! Il y a aussi juste des composantes interpersonnelles propres à la personnalité et à la génétique de chaque individu.

Avant ses 2 mois, le bébé ne parvient pas à réguler sa température corporelle. Autant dans le désert avec les Touaregs que chez les inuits sous la neige, le portage est tout indiqué pour les aider à réguler leur température !
Les rythmes de sommeil d’un nouveau-né n’ont rien à voir avec celui des adultes : ils n’ont pas encore acquis le rythme circadien (alternance jour/nuit).
Un bébé porté durant la journée, qui dort également en portage (chose que préfère la plupart des bébés!), va acquérir plus aisément cette alternance. Il vit, dans son corps, une réelle distinction : la journée, il dort bercé par le mouvement et en lumière ; la nuit, il est aux côtés de ses parents dans le calme et l’obscurité.
La différence est flagrante pour le bébé !

Est-ce que le mouvement les gêne pour dormir ? … Ou les bruits du quotidien ?
Après 16 mois d’expérience personnelle, je vous assure que les enfants dorment le temps dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Ma fille a eu des périodes de sieste de 30/40min, puis d’une heure trente… Cela change encore : « le » rythme du bébé n’existe pas… Il évolue constamment !
Je propose d’ailleurs la lecture de cet article concernant le sommeil en dessous de 3 ans.

Le portage permet le sommeil au moment où les bébés le décident, en suivant uniquement leur rythme biologique. Ils réduisent ainsi l’occurrence des troubles du sommeil.

– En plus de cela, les bébés portés pleurent singulièrement moins que ceux qui ne le sont pas.
Les bébés se sentent protégés, ils n’ont pas besoin de pleurer pour se faire comprendre de leurs parents.
J’en profite pour affirmer que le fait de laisser pleurer un bébé n’a aucune vertu ni aucun avantage. Les recherches concernant les neurosciences affectives sont claires : ne pas réagir aux pleurs d’un bébé engendre une augmentation drastique des taux d’hormone de stress comme le cortisol et impacte défavorablement leur développement émotionnel et neuronal. Un enfant n’apprend rien en pleurant !

– Le portage est aussi une aide à la prévention des aplatissements du crâne (souple à la naissance, et heureusement si vous voyez ce que je veux dire !), les bradycéphalies et plagiocéphalies sont devenues courantes avec les prescriptions de coucher les bébés sur le dos.
Si cette mesure est une vraie plus-value concernant la Mort Inattendue du Nourrisson, les habitudes occidentales laissent penser que les bébés doivent être posés pendant toutes leurs phases de sommeil. OR, c’est la récurrence de cette position couchée qui amène à certaines déformations crâniennes. Celles-ci peuvent avoir des conséquences sur le développement cognitif et moteur des enfants et nécessiter des prises en charge parfois lourdes !
Alors, en prévention : le portage est salvateur!

Maintenant que vous savez que le fait d’être porté n’est que bienfait pour les bébés.

 

 

Il y a quand même une autre personne d’intérêt. Celle qui porte !
Parce que le portage offre de nombreux bénéfices pour les jeunes parents.

Tout d’abord, le contact peau-à-peau est primordial dans la création des liens avec les bébés. Il favorise la sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes, des hormones et neurostransmetteurs qui jouent un rôle prépondérant dans l’établissement des liens affectifs.

Le portage peut paraître difficile, au premier abord. (En réalité, c’est comme faire ses lacets : au début, ça semble complexe mais… C’est un coup de main à prendre !).
Très vite, tu pourras être rassuré.e sur votre ta compétence à pouvoir réconforter ton enfant…
Cette proximité avec le bébé permet d’être en lien avec ses besoins : les pleurs sont évités, puisqu’il est possible de les comprendre plus vite… Avant qu’ils ne s’énervent et pleurent!
Saviez-vous que le portage réduit l’occurrence ou la gravité des dépressions post-partum. Henrik Norholt a mené une étude qui démontre que les symptômes de dépression post-partum sont réduits chez les mamans pratiquant le portage. Un bel avantage, ne trouvez-vous pas ?

Le portage est LA manière utilisée de tout temps pour permettre aux bébés d’être réconfortés pendant que leurs mères (traditionnellement, mais toutes les configuration familiale sont possibles) reprennent leurs activités et puisse articuler les besoins d’un nouveau-né avec la vie d’un aîné, par exemple!
Merci quand même à l’entourage de suppléer la jeune accouchée, c’est indispensable qu’elle puisse bénéficier de soutien… pour câliner son tout-petit!
Pas d’inquiétude, le lien avec les autres personnes se construira aussi, au début, le lien mère-enfant est primordial pour que chacun d’eux atterrissent dans leurs nouvelles attributions, c’est-à-dire, respectivement, responsable d’un humain et être aérien à part entière.

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Premier portage en écharpe d’une touuuuute petite de quelques jours! 16 mois plus tard, je ne compte plus le nombre d’heures et la sérénité grâce à cela! ❤

 

La vie avec un bébé est un appel à l’instant présent. Cela peut-être considérer une pratique de Pleine Conscience au quotidien.
Le portage et le parentage proximal correspondent à une courte partie de la vie d’un enfant. Et c’est une phase précieuse !
C’est l’occasion de prendre le temps, d’Être au lieu de toujours « faire avec efficacité ».

A bientôt, pour de nouvelles découvertes curieuses!

Références :
– Le concept du Continuum de Jean Liedloff, Ambre Editions (21 mars 2006)
– Serre-moi Fort: Comment élever vos enfants avec Amour. Broché (2017)
– Materner: du premier cri aux premiers pas. Blandine Bril et Silvia Parrat-Dayan. Edition O. Jacob mars 2008
– Peau à peau: Techniques et pratiques du portage. Ingrid Van Den Peereboom. Editions Jouvence
– Porter bébé: Avantages et bienfaits. Claude Didierjean-Jouveau. Editions Jouvence poche

Je t’invite aussi à lire deux articles: « Tu vas en faire un bébé-bras » et « le quatrième trimestre de grossesse ou la découverte d’un nouveau monde« , qui aborde le portage et la vie quotidienne avec un.e bébé.

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente·Maternage proximal

Réponse à Rufo – Courrier Lectrices Femina

Aujourd’hui, je suis tombée là-dessus :

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C’est le pouvoir des réseaux sociaux d’être confronté.e.s à des informations que l’on n’ aurait jamais sans eux.
Et le Magazine Femina ne fait pas partie de mes lectures habituelles.

Je découvre que ce très médiatique Rufo répond (encore), en son titre de pédopsychiatre, à des questions de parents.
Cette fois, il répond à Delphine, Maman, confrontée aux remarques de son fils de 7 ans : « Je t’aime moins », « je te trouve un peu vieille », …

Comme lu ci-dessus, la réponse du Dr. Rufo est sur fond de chantage affectif et… d’ignorance.

Dans sa réponse, il met en évidence que les enfants devraient garder pour eux ce qu’ils vivent au quotidien. Cela implique que les enfants ne devraient donc pas témoigner la confiance nécessaire en leurs parents pour s’exprimer… Même sur des sujets potentiellement graves.
Comment un enfant peut-il faire la distinction entre ses histoires de mésententes, bagarres et conflits entre enfants et des attitudes de harcèlement ou encore des actes malveillants de la part d’adultes ?

Alors NON, il n’est absolument pas discutable qu’un enfant se confie énormément à ses parents. Au contraire !
Un enfant accompagné dans la bienveillance pourra se confier, prendre du recul et apprendre à analyser les situations avec plus de complexité grâce au soutien parental.
En outre, cela lui offrira la possibilité de parler de tous les problèmes éventuels qu’ils rencontrerait, sans crainte ni gêne.
Alors que s’il se ressent être le casse-pied de ses parents, il se tiendra à distance d’eux… Même quand il en ressentira le besoin.

Ensuite, la réponse effectuée par le Dr Rufo suggère que l’on doit exprimer clairement aux enfants que s’ils agissent de telle ou telle autre manière, on va moins les aimer … et que c’est plus grave que leur ressenti d’enfants.
Les enfants, depuis leur naissance, ont l’instinct et ensuite la conscience que seul l’attachement à leurs proches leur permet de vivre sereinement.
L’attachement est une donnée de base pour les enfants… Et c’est connu depuis plus de 60 ans! (voici un article qui aborde les théories de l’attachement)
Il est fréquent que les enfants craignent de perdre l’affection parentale à cause de leur attitude. Un enjeu majeur, dans l’accompagnement parental et des enfants, est de sécuriser le lien.

En disant clairement que l’amour est conditionnel envers les enfants, cela insécurise les enfants.
Ils vont alors se construire la croyance qu’ils doivent se comporter d’une certaine manière pour être aimables.
Nous sommes alors à l’opposé de la bienveillance et de l’accompagnement de l’enfant pour ce qu’il est, et non, pour ce que les parents veulent qu’ils soient.

Bref, tout dans cette réponse est nocive.
Parce qu’elle ne répond pas en termes d’aide demandée par la mère.
Parce qu’elle place l’enfant comme un être destructeur de la relation.
Parce qu’elle instile la croyance que l’amour des parents est conditionnel, pour de futiles raisons.
Ce que je propose, c’est d’apporter une réponse à Delphine, qui pourra l’aider réellement !

« Bonjour Delphine !
Vous avez un petit garçon qui a confiance en vous. Grâce à ce qu’il vous confie, il peut construire son rapport aux autres et prendre de la distance face aux évènements de la journée. Grâce à cela, il apprend à gérer ses émotions et ses comportements sociaux.
C’est un magnifique cadeau que vous lui faites en l’écoutant chaque jour !

Qu’il est dur de s’entendre dire des perceptions froidement sorties de la bouche de l’être qu’on aime plus que tout.
Votre enfant exprime son ressenti par rapport à vous et à votre apparence.
Il est probable que ce soit exact. Par rapport à ses ami.e.s, vous êtes plus âgée, vous semblez ainsi plus « vieille », vous avez la peau moins lisse, et vous n’êtes pas comparable en terme de beauté à une fillette de 7 ans.
Votre fils questionne probablement les rapports aux âges et à l’évolution du corps avec le temps qui passe. Cela peut être angoissant pour un enfant de voir que sa maman vieillit…
Y aurait-il des questionnements existentiels autour de la mort là-dessous ?

Il exprime également qu’il vous aime moins. Je trouve votre réponse totalement adaptée… Mais lui avez-vous demandé pourquoi il pense à cela et ce qu’il ressent derrière cette phrase ?
Par ces mots, il exprime la possibilité d’un attachement conditionnel ou réduit. Il est probable qu’il craigne que vous puissiez un jour, vous-même, ressentir cela à son sujet.

Je vous suggère d’ouvrir la discussion avec votre fils qui fait état de constat, sans sembler volontairement blessant (difficile de savoir sans avoir le ton ni connaître les détails de votre relation). Par ses « phrases-façades », il témoigne d’un besoin qui mérite de trouver réponse, une fois que vous aurez mis le doigt dessus !

Bon cheminement avec votre enfant et rassurez-vous, toutes ces attitudes démontrent combien il tient à vous ! »

Je croise les doigts pour que Femina puisse envoyer cette réponse à Delphine, afin qu’elle ne reste pas avec celle qui lui a été apportée par le Dr. Rufo.

Cordialement,

La Curiosité Bienveillante

Éducation bienveillante

« L’éducation bienveillante, ça ne fonctionne pas / Je ne suis pas convaincu.e ! »

Bonjour!

 

Lis ces quelques mots, qui te permettront peut-être de mieux communiquer avec la personne qui te le recommande… ça vaut la peine de prendre quelques minutes, crois-moi !
Tu en as ras le bol d’entendre parler de bienveillance, d’éducation positive et des VEO (Violences Éducatives Ordinaires) dont tu n’avais jamais entendu parler auparavant.
Quelques personnes de ton entourage sont « pénibles » avec ça et t’en parle.
Tu estimes que ça ne sert à rien parce que les enfants ne sont pas en sucre et que tu as bien grandi sans ces précautions-là.

Ce que je te propose, c’est de percevoir pourquoi ces principes de nonviolence et bienveillance tiennent à cœurs certaines personnes, dont au moins une t’es très proche… Mais aussi de savoir POURQUOI ça t’énerve autant.

Il est fort probable que tu aies connu dans ton enfance des cris, l’une ou l’autre gifle/fessée et que tu aies été puni par tes parents.
Dans certains cas, tu te souviens que tu t’étais senti.e folle/fou de rage mais que parfois, tu estimais cela justifié car tu avais fait une bêtise.
Tu penses même sûrement que cette rigueur éducative t’a permis de devenir, au moins un peu, l’individu que tu es !
Dans ta conception des choses, tu penses probablement qu’il est nécessaire de brider les enfants afin qu’ils débordent pas et ne fassent pas n’importe quoi.

D’un autre côté, si certaines actions te paraissent être des maux nécessaires, je me doute que tu aimerais t’en passer si c’était possible, n’est-ce pas ?

Je suppose que cela ne te réjouit pas de crier ou de menacer tes enfants de punition.

Parfois, je suis même certaine que c’est plus fort que toi : tu es épuisé.e, tu aurais besoin d’être au calme et les enfants t’empêchent de savourer cet instant ou de simplement, ne pas « faire la foire » le temps du repas.

Tu rêves de la famille idéale où le repas se prend dans le calme (tiens, dans ta conception des choses, les enfants mangent avec toi ? Parlent-ils volontiers ?) et où les enfants obéissent à leurs parents… Les jours se passeraient sans accro et tu n’aurais pas besoin de perdre de l’énergie à t’énerver.

Mais tu as tellement envie de pouvoir être serein.e et aussi, d’être sûr.e que tu élèves tes enfants correctement.
Tu as des valeurs et tu veux les transmettre.
Tu as été éduqué d’une certaine manière et, si tu t’aimes, tu estimes que ce n’était pas mal, après tout, puisque tu es quelqu’un de bien !

Quand tu entends parler de bienveillance et de NVEO, tu as l’impression qu’on te dit : « Oui, laissons les enfants tout faire ! » et surtout, que tu auras des enfants incontrôlables, tyranniques et sans limite.
Tu n’as pas envie de voir tes enfants prendre trop de libertés au quotidien et puis… Si tu peux éviter le regard des autres sur ton mode éducatif, tu préfères. C’est logique !

Et qu’est-ce que le discours de la parentalité positive peut être culpabilisant : des listes de choses à faire ou à ne pas faire !
On a l’impression qu’on ne fait rien de bien… alors qu’il ne faut pas rigoler : tu t’en es pas mort, d’avoir été élevé.e avec quelques claques et des punitions.

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Si tu veux bien continuer, j’aimerais t’inviter à une petite introspection.
Peux-tu prendre quelques instants pour te souvenir d’un moment où tu as été puni, plus jeune.
Souviens-toi des circonstances mais surtout, des émotions que tu as ressenti à ce moment-là.

Ce sont rarement des émotions positives : colère, peur, déception, tristesse, … parfois résignation.
Peux-tu maintenant penser à ce que cela a engendré comme attitude de ta part ? Cela t’a-t-il amélioré ?
Penses-tu que cette méthode était efficace pour t’apprendre quelque chose ?
Je t’invite à faire la lecture de cet article pour comprendre comment les punitions ont l’air efficace… alors qu’il n’en est rien.

On te parle de bienveillance éducative et tu as peut-être l’impression qu’on te demande de te transformer !
Tu crois peut-être qu’il faudrait que tu ignores ce que tu penses pour agir différemment.
Je vais te faire une confidence : ce n’est pas parce que tu as un comportement maintenant que cela te définit.
Mieux : tu peux agir de manière opposée à tes habitudes d’hier sans que TU sois remis en question.
Tu as le droit de changer d’avis.
Tu as peur du regarde des autres et tu as l’impression de trahir ce que tes parents t’ont transmis ?

Tes parents ont fait ce qu’ils ont pu à l’époque où tu es né.e.
Ils voulaient faire au mieux…. Et je suis sûre que c’est également ce que tu souhaites.

L’avantage, c’est que lors des dernières années, il y a eu moult champs explorés en neurosciences et que l’on a découvert de nombreuses informations ayant une implication directe avec l’éducation des enfants.

La bienveillance éducative prend ses racines là-dedans : l’objectif est de prendre en compte le niveau de développement des enfants de manière à comprendre leur comportement et de pouvoir y réagir le plus adéquatement.
Tes parents ne savaient pas. Toi non plus et moi non plus, jusqu’il y a quelques années.

Non seulement tu peux ouvrir la voie dans ta famille, mais tu peux aussi devenir une ressource pour eux.
Agir différemment de ses parents ne nous opposent pas à eux : nous les complétons simplement
(Je t’invite d’ailleurs à lire cet article te permettant de trouver des clés pour faire en sorte que les autres acceptent tes choix).

Tu as sûrement peur que tes enfants deviennent incontrôlables. Peut-être même que tu crains qu’il devienne délinquant si tu ne serres pas la vis.
Tu as envie de leur transmettre des valeurs !

Moi aussi !
J’ai envie que ma fille ait des valeurs qui soient proches des miennes et sincèrement, je me sentirai coupable si elle finit avec un casier judiciaire.
Pourtant, je suis assurée de quelque chose : regarde les profils des criminels. Il est TRÈS diversifiés. Les « petites frappes » sont souvent des gamins livrés à eux-même assez tôt… mais surtout : ils n’ont pas été accompagné par des attitudes bienveillantes.

La bienveillance éducative, ce n’est pas du laxisme au sens où tu l’entends= aucune limite. Je te laisse une petite définition ici.
Il est tout à fait exact que les enfants ont besoin de règles de vie commune. Nous vivons en société et chacun doit prendre en compte autrui.
Je t’invite vivement à lire cet article qui traite spécifiquement des limites éducatives dans la bienveillance. Tu verras que ce n’est pas une absence de présence parentale, au contraire.

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Ce principe d’éducation repose sur la volonté de prendre en compte les besoins des protagonistes (c’est-à-dire, autant des enfants que des parents!).
L’objectif n’est pas d’asservir les parents à des enfants prétendument devenus tyrans ou dictateurs.
D’ailleurs, souvent quand on se braque et qu’on s’énerve (cela vaut autant pour toi que pour tes enfants), c’est qu’un besoin n’est pas rempli.
Le problème, ce que l’on ne nous a pas appris pas à nous décoder nos besoins… mais bien les stratégies que notre cerveau met en place pour répondre à l’inconfort.
Par exemple, crier pour obtenir du calme ou encore, grignoter lorsque l’on s’ennuie.

En gros, être dans un accompagnement bienveillant des enfants demande d’être à l’écoute des besoins de TOUT le monde.
Donc, de toi, aussi!
Le fait est que les besoins des enfants passent en priorité durant quelques années. Parce qu’ils sont en pleine construction et qu’ils n’ont pas la même physiologie que les adultes.
Ils vont avoir sommeil, faim, soif, peur, envie de câlins, etc, de manière unique.
C’est vrai que cela demande de l’énergie et de l’attention, mais… cela ne dure pas ! En regard de la durée d’une vie, la période où les enfants sont au centre de toutes les actions est brève.

Je ne tente pas de cacher sous le tapis les difficultés inhérentes à la parentalité. Quelque soit la manière d’agir, être avec des enfants n’est pas forcément évident.
D’ailleurs, depuis leur naissance, les parents sont noyés sous les injonctions de toutes parts : les médecins suggèrent ceci, les amis défendent cela et les grands-parents apportent un autre avis.
Les plus classiques sont de laisser pleurer les enfants, de ne pas les porter trop, d’être ferme, de ne pas les laisser décider et qu’ils doivent obéir.

Or, l’éducation bienveillante est régulièrement perçue comme des listes de comportements à mettre en place ou à éviter.
Il faut percevoir que ces listes ne peuvent pas, pour des raisons graphiques et esthétiques, de transmettre en détails les motivations de chaque suggestion (l’immaturité cérébrale, le stade de développement X qui demandent telle attention…).
Mais cela permet de proposer une alternative au comportement automatique dont on souhaite se défaire, comme le fait de crier ou de donner une fessée.

Je ne prétends pas que la bienveillance éducative est simple.
C’est vrai que cela te demande de te poser et de questionner tes réactions automatiques :
« Tiens, pourquoi je crie, quand elle/il fait ça ? »
« Je suis très agacé.e lorsqu’il/elle réagit de cette façon, pourquoi ? »

Et c’est vrai… que ça peut être douloureux de trouver les réponses à ces interrogations.
Souvent, nos énervements et réactions vives sont mues par nos propres vécus. Cela fait écho et… Le psychisme s’en défend en mettant à distance ces émotions négatives, qui se retrouvent masquées par de la colère.
En plus, si tu as été élevé.e en entendant que les émotions, c’est vraiment un truc de nana ou de bébé… Forcément, tu n’es pas vraiment à l’aise avec l’idée de les laisser émerger.
D’ailleurs, je crois que tu n’y vois pas vraiment d’intérêt, là, dans l’instant.

Alors, j’ai juste d’autres questions : comment vis-tu quand tu es en colère ? Quelles sont tes réactions ? Est-ce qu’elles te satisfont ?
Aimerais-tu que ton enfant démontre les mêmes actions quand il ressent de la colère, de la déception, de la frustration ou de la tristesse ?

En changeant de perspective, tu vas pouvoir aider ton enfant à avoir des attitudes qui sont plus en maîtrise de soi.
C’est vrai que ce n’est pas immédiat, cela demande du temps. Mais, dans tous les cas, l’accompagnement des enfants est une tâche longue (et jamais achevée?!).
Alors autant rendre cela le plus agréable possible, non ?

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La personne de ton entourage qui souhaite te sensibiliser à la bienveillance aimerait partager cette possibilité avec toi.
En se questionnant sur la bienveillance éducative, il s’agit d’ouvrir le dialogue et de mieux se comprendre. N’est-ce pas le désir de chacun.e envers les êtres aimés ?

 

Je ne le cache pas, j’aime bien imaginer un futur monde de Bisounours.
Parce que je suis convaincue (et c’est aussi l’inclinaison des découvertes en neurosciences affectives) qu’il est possible, en quelques générations, de faire diminuer drastiquement le taux de violence dans la société en accompagnant les enfants différemment.
La Suède en a déjà fait l’expérience… !

Je te laisse sur une dernière réflexion :
Si les punitions et les brimades fonctionnaient vraiment, pourquoi y a-t-il encore autant de délinquances et de délits ?

 

J’espère sincèrement avoir ouvert une fenêtre pour que tu puisses échanger avec les personnes de ton entourage qui s’intéressent à la bienveillance éducative.
C’est une façon de renforcer les couples : S’enrichir mutuellement en discutant de votre projet commun, l’éducation de vos enfants.
C’est aussi une manière de proposer aux grands-parents et autres personnes de faire des découvertes sur le cerveau de l’enfant.
Je suis sûre que ces personnes sont ravies d’avoir accès à des traitements médicaux contemporains… Alors il semble logique que les nouvelles connaissances sur le développement infantile modifie notre rapport à l’éducation. Cela ne remet pas en cause ce qu’elles ont fait à leur époque, sans avoir autant d’informations qu’aujourd’hui.

Pour ceux et celles chez qui la brèche serait déjà ouverte, voici un index détaillé (résumé de l’article) de la section « Éducation bienveillante ».
Tu y trouveras de nombreux articles sur des sujets spécifiques comme la colère, la frustration, la gestion des « caprices » et d’autres ressources te permettant de voir que, vraiment, la bienveillance n’est pas de laisser faire, mais d’accompagner différemment !

 

A très bientôt, j’espère, pour d’autres relevés de curiosités en bienveillance.

 

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