Préparer la naissance

Si j’avais su … Le corps (et la tête) d’après-grossesse

C’est un des craintes de la femme enceinte : à quoi va ressembler mon corps après la grossesse ?

Encore une fois (voir l’article sur le corps pendant la grossesse), j’espère que ce n’est pas un sujet qui soit parmi les prioritaires. S’il l’est et que cela occasionne un mal-être, il ne faut pas minimiser cela et éventuellement se faire suivre par un professionnel.

Autant enceinte, j’étais heureuse de ne plus tenir mon ventre en public et avec mes vêtements moulants. Autant après l’accouchement, je savais que la pression sociale de la femme longiligne et retrouvant son corps rapidement reviendraient rapidement.

J’ai eu la chance d’avoir une grossesse et un accouchement qui furent idéaux. Mon corps a joué de rôle de manière magistrale.
Néanmoins, chacune a vécu les choses de manière unique.
Si tu n’as pas encore accouchée, je te laisse lire cet article qui permet de préparer son accouchement, qui permet d’anticiper et de mettre en place certaines choses pour améliorer cela.

L’expérience de la césarienne, en plus de laisser une cicatrice, provoque une baisse de confiance en son corps. Les conséquences post-opération sont désagréables et n’aident pas à se sentir bien dans sa peau.
Il est va de même pour les femmes ayant eu des accouchements traumatiques.
Ce déroulement des évènements amène à une image négative des capacités du corps puisqu’il n’a pas réussi à faire « son job ».

Alors, c’est vrai ! A l’instant où il aurait fallu que tout se passe harmonieusement, il y a eu des éléments qui ont bloqué le déroulement.
En outre, il est exact de dire que certaines femmes n’ont pas un corps qui leur permet un accouchement par voie basse, ont tendance à avoir des saignements hémorragiques, et autres joyeusetés…
Mais c’est pour ça que la médecine moderne est tout de même merveilleuse !
Elle offre un cadre sécuritaire à une large majorité tant pour la mère que pour l’enfant.
Il est dès lors nécessaire de changer le cadre de perception : la médecine t’a permis d’être et d’avoir un enfant en bonne santé. Que ton accouchement ait été compliqué, que ta grossesse ait été écourtée, que tu aies dû être alitée pendant ta grossesse, tu as fait de ton mieux.
La nature n’est pas juste. Elle nous donne des capacités physiques différentes et toi, en tant qu’individu, tu ne dois pas culpabilisée de ne pas faire partie des « femmes qui ont pu » car cela ne dépend pas de toi.
En regard des conséquences d’un accouchement traumatique et des séquelles tant physiques que psychologiques que cela peut engendre, je t’invite à te faire accompagner pour surpasser cela… avec ton bébé.

Au-delà du déroulement de l’accouchement, le corps (et la tête) post-partum, c’est quelque chose.
J’ai eu la chance d’avoir accès à une salle d’accouchement physio : plus grande, équipée de matériel pour gérer les contractions (merci au ballon et la baignoire) et… d’un miroir.
Oui, un miroir, situé juste en face du lit ! Alors relativement loin (puisque la chambre était vaste), mais là quand même.
Si bien que lorsque je suis descendue du lit où j’ai mis au monde ma fille, je me suis aperçue. Il s’avère que j’ai accouchée nue donc j’ai pu me voir en détails… Même si je ne me suis pas attardée.
Je me suis mise de profil et j’ai rigolé.
En quelques minutes, ce corps qui contenait environ 7kg de « matière » n’était plus rond mais avait une forme approximative et une viscosité certaine. J’ai souri, je suis allée aux toilettes (pour l’histoire, puisque c’est la raison pour laquelle je suis passée devant le miroir, ça pique un peu, on va être honnête) et je me suis « habillée » (d’une chemise de nuit, à 15h !).
Pour celles qui auraient vécu une déchirure/épisiotomie, je ne peux que conseiller de l’argile blanche surfine. C’est une poudre magique : elle a des vertus cicatrisantes et asséchantes (je l’utilise au quotidien à la plaque du talc – dont la composition n’est pas terrible- pour les fesses de ma puce).

Après 2/3h d’éveil (et de tétée d’accueil !), ce bébé tout neuf est habillé et s’endort pour de longues heures.
Une fois en chambre, j’en profite pour aller prendre une douche. Étonnée de tenir sur mes jambes comme s’il ne s’était rien passé. Juste qu’Elle était là dehors et plus dedans (le baby-blues dans un autre article ! :p ) et que moi, je retrouvais donc un corps que je ne partageais plus (et pourtant, qu’est-ce que j’ai aimé ça !).
Au bout de 5 minutes dans la douche, j’ai compris à quoi servait le siège repliable dans la douche !
OMG ! Mais c’est quoi cette sensation de pesanteur au niveau du périnée ?
« Bonjour, j’ai été distendu et je te le fais savoir… »

Je fus impressionnée de cette sensation des organes qui pourraient filer vers le bas. En l’occurrence, ce n’est pas à négliger… Ça existe et cela s’appelle un prolapsus (une descente d’organes).

Bref, durant les premiers jours, on est bien mieux assise/couchée que debout. Je me suis fait quelques chutes de tension à cause de cette sensation de pesanteur à la maternité. Et j’ai eu mal quand je restais debout plus de 2h pendant au moins 10/15 jours. Je rappelle que j’ai eu la chance de n’avoir aucune intervention sur mon périnée.

Le lendemain, j’ai eu envie de donner une belle apparence. Puisque j’avais pu me laver les cheveux la veille, j’ai même pris soin de me maquiller d’un trait de Khôl (mon seul maquillage de tous les temps) et j’étais habillée de vêtements amples. Je n’avais pas envie de recevoir en pyjama(mais chacune ses envies, sincèrement, on est quand même bien plus confortable dans son lit en pyjama!) .
Ce jour-là, on a un bidon d’environ 5/6 mois de grossesse, je dirai mais la résistance en moins. Ça me faisait rire, on aurait dit un bol de gelée retourné.

Petit conseil aux mamans en maternité : prévoyez des encas riches en fibres. Ce n’est pas l’alimentation de la maternité qui vous permettra de remettre en route le système qui a été bien chamboulé !
Alors fruits secs et oléagineux en tout genre vont seront d’une grande utilité ! N’hésitez pas à mandater certaines personnes pour vous apporter des fruits frais.
Le sujet n’est pas glamour, mais c’est ça aussi, le corps. Autant y penser, parce que si ça ne roule pas, on n’est pas bien. Et le personnel soignant vous posera la question !

Dès la maternité, il est possible d’améliorer le tonus de son (feu ?!) périnée grâce à des exercices de respiration hypopressive. Un kinésithérapeute est venu me voir pour m’expliquer ce que je pouvais faire pour m’aider à récupérer une aisance appréciable (coucou les fuites !). Voici un lien qui explique les exercices si tu n’as pas l’occasion d’avoir une kiné dans la maternité : https://www.youtube.com/watch?v=Pn34vS0Af0c ou encore https://www.youtube.com/watch?v=dpF5TIEp89U

Les toutes premières semaines avec le nouveau-né ne sont pas souvent propices à une introspection sur son apparence… Enfin du moins, dans mon cas, je n’y pensais pas et ma douche était (je peux dire « est ! ») tellement rapide que je n’avais pas le temps de détailler ce qu’il se passait sous les vêtements.
Je crois que j’ai passé un mois (au moins) à être habillée de pantalons/jeans larges, de débardeurs à décolleté extensible et de pull à capuche avec fermeture éclair.
Mais on est en cocooning, et il fallait que mes seins soient facilement à disposition.
Et c’est vrai qu’en tout début d’allaitement, on passe plusieurs heures par jour avec un sein ou l’autre à l’air. Ça passe vite et il n’y a pas de raison que cela te rebute pour l’allaitement.
Les exercices suggérés par la kiné peuvent être répétés tous les jours, cela ne fera que t’aider.
En vrai ? J’ai dû le faire les premiers jours, et puis j’ai oublié.
Je l’ai fait sporadiquement, quand j’y pensais…

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Après un mois, souvent, on se regarde et on se demande ce qu’il en est de notre corps.
Chacune sera plus ou moins satisfaite et détentrice de « stigmates ».
Ventre gonflé, vergetures, hanches élargies, seins en mode carte routière qui goutent, et cernes.
Bien sûr, chacune à des degrés divers, mais c’est vrai que la grossesse modifie le corps. Ce n’est pas le bon moment pour essayer tes derniers pantalons achetés avant la grossesse. Souvent, cela ne sera pas un succès et tu vas te rendre triste.

Et si on parlait aussi des saignements post-partum ? Cela sera les chutes du Niagara pendant 3 jours. Le corps vide complètement ce qui ne lui est plus utile maintenant que le bébé est sorti de ton corps. Tu vas découvrir la joie des culotte-filet, des alaises (la première nuit surtout), et des protections géantes ! Youhou !
En fonction des femmes, les saignements peuvent durer de 20 à 40 jours. Comme des règles qui durent, qui durent, qui durent…
Mais la quantité doit aller en diminuant.
Sincèrement, je ne peux que te conseiller l’usage de protection hygiénique lavable. Les quantités après 7/10 jours sont bien plus faibles et les produits/la texture des protections jetables peuvent créer des irritations.
Dans tous les cas, il est indispensable de réduire les efforts physiques au minimum pendant les trois premières semaines. Il est conseillé de ne pas porter plus que le poids du bébé et d’éviter les mouvements brusques. Plus tu prendras du repos (bien mérité avec les efforts phénoménaux demandés par l’accouchement et la grossesse), plus tu vas permettre à ton corps de s’en remettre.. Et donc diminuant le temps des saignements.
Ce n’est pas pour rien que dans certaines cultures, les femmes ne sont pas censées sortir du lit pendant 40 jours post-partum. = https://chine.in/guide/zuo-yuezi-repos-postnatal_3864.html
Bien sûr, il n’y a pas que du “bon” dans toutes ces croyances… Mais le respect du repos ne peut être que bénéfique.

A savoir : le corps met entre 9 et 12 mois à se remettre d’une grossesse. Alors il ne faut pas se précipiter. Le volume sanguin a augmenté d’environ 1.5l pendant la grossesse. L’utérus est passé de 6cm à environ 32/34cm à terme et Il faut environ 6 semaines pour qu’il ait retrouvé sa taille… mais aussi pour que le volume sanguin soit redevenu conforme à son corps hors grossesse.
Il en va de mettre pour l’écartement des hanches (oui, on le sent bien le bébé qui écarte les os du bassin en passant !) qui se réduira au fur et à mesure pendant 12 mois.

Personnellement, je n’en veux plus autant à mon corps qu’auparavant. Certes, il est moins longiligne, mais… il a porté ma fille et je ne peux plus le voir comme ma simple enveloppe. Il a été l’incubateur « magique » de mon enfant. Je lui pardonne depuis bien plus facilement de ne pas être dans les parfaits standards de beauté (qu’on rappelle complètement construits et totalement trompeurs ?!).

Viens ensuite le temps de la rééducation du périnée !

sonde rééduc périnée
Sonde de rééducation du périnée – à garder en souvenir après les séances! Chouette!

Ça ne vend pas du rêve… Et pourtant.
La rééducation ne travaille pas que le périnée mais sert aussi de rééducation abdominale. Les kinésithérapeutes guident les femmes afin de leur enseigner des exercices de musculation profonde afin de retrouver de la tonicité musculaire et une capacité à tenir sa sangle abdominale et dorsale !
Ces dernières ont été mises à rude épreuve. Pour celles qui ont une cambrure forte, la grossesse a surement engendré des maux de dos assez désagréables. Grâce à la rééducation, vous allez avoir des solutions et des exercices pour préserver vos abdominaux, vos dorsaux et votre périnée !

Ce dernier ensemble muscle a été plus ou moins traumatisé par l’accouchement et la grossesse. Dans le cas de déchirure ou d’épisiotomie, il est vraiment utile de faire cette rééducation afin de s’assurer qu’il retrouve sa souplesse et sa réactivité. Les manipulations (bah oui, il faut appeler un chat, un chat !) ne sont pas agréables mais pas douloureuses et permettent de supprimer les adhérences au niveau tissulaire. En prime, tu gagnes une sonde réutilisable en cas d’autre grossesse (Ok, c’est le genre d’objet-souvenir qu’on ne met pas sur le buffet).
En Belgique, les séances de rééducations sont généralement au nombre de 9 (cela dépend des besoins de la patiente) et sont très bien remboursée par les mutuelles.

Concernant les exercices abdominaux et dorsaux, la/le kinésithérapeute te montrera des exercices qui amoindriront tes maux de dos (#crunch). Ce sont des exercices de musculations profondes qui joueront un rôle fonctionnel excellent tout au long de la vie (s’ils sont effectués régulièrement, bien entendu).
Pour ne rien te cacher, les exercices correspondent clairement à la Méthode De Gasquet, au Pilate et jouent sur le mouvement effectué sur les respirations.
Voici quelques exercices, d’une chaîne qui explique bien l’intérêt des exercices et la manière de préserver ses muscles (et ses efforts !) :

Dans ma propre situation, en regardant mon corps, 15 jours après l’accouchement, je me disais que j’avais plutôt de la chance.
Moui, sauf que 4 mois plus tard, on en était au même point ! J’étais un peu moins satisfaite, même si clairement, j’ai un autre regard sur mon corps de maman.
J’ai enfin accepté que je n’aie plus 16 ans (oui, oh, j’ai juste 14 ans de retard).
Et mon acceptation dans mon corps va grandissante.

J’avais toujours entendu que l’allaitement favorisait la perte de poids.
Tu la vois venir, la supercherie ? L’histoire de la nature inégale, tout ça, tout ça… ? Bingo ! Là aussi, elle se manifeste !
Il s’avère que l’allaitement engendre une dépense énergétique d’environ 600kcal/jour. Théoriquement, cela devrait faire fondre les graisses qui ont d’ailleurs été stockées pendant la grossesse à cet effet. Le métabolisme est, globalement, assez bien fait.
MAIS… il s’avère aussi que l’activité physique d’une jeune mère n’est pas aussi importante que durant la grossesse (sauf si on a été alitée… !).
En plus de cela, la fatigue n’aide pas à gérer son appétit… Généralement, les premières semaines, on passe pas mal de temps chez soi et on peut grignoter un peu plus.
L’appétit est variable d’une femme à l’autre. Certaines auront des fringales (j’en fais partie… !) et d’autres auront l’appétit coupé par cette nouvelle organisation tourbillonnante.
Il s’avère également que la prolactine aurait un impact dans le sens de l’augmentation de l’appétit.
Bref… allaiter demande de l’énergie et le corps est bien fait puisqu’il en demande plus.
Donc non, l’allaitement ne fait pas forcément maigrir. Mais il peut en faire fondre certaines qui ne parviendrait pas à retrouver/tenir un rythme alimentaire.

Dans mon cas, j’ai commencé à perdre du poids « sans rien faire » quand ma fille a eu 5/6 mois. Rien de mirobolant, mais 1 ou 2kg qui ont disparus. Or, depuis l’accouchement, je me gave littéralement d’oléagineux, de fruits secs et de graines… Ce n’est pas une mauvaise habitude, cela dit, mais cela compense en partie la dépense énergétique de l’allaitement !
(Attention à la quantité d’amandes qui ont des effets galactogènes si tu n’en consommes pas habituellement depuis toujours. En cas d’hyperlactation – fréquente les premières semaines – et de réflexe d’éjection fort – le lait qui sort en jet et qui engendre un bébé qui toussent à cause de grande gorgée de lait –, les amandes peuvent aggraver le problème).
Je continue à faire les exercices de rééducation abdominale régulièrement depuis le début de ma rééducation. Les tapis de dalles en mousse sont d’excellents tapis de gym! Je fais mes exercices en jouant avec ma puce… quand j’ai assez d’énergie!

Que ce soit pendant la grossesse, l’allaitement ou la vie entière, il est nécessaire de se rappeler que la nourriture est le carburant du corps. C’est grâce aux aliments que le corps peut fonctionner. Il est indispensable pour avoir une forme et une santé optimale de se nourrir avec soin.
Je ne suis pas innovante en disant cela : dès l’antiquité, il fut reconnu que l’alimentation devait être préservée et qualitative afin de ne pas nuire au corps.
Ce n’est pas une surprise que j’affirme que les produits industriels/transformés sont à proscrire, pour quiconque.
J’écrirai un petit article sur des petites astuces à préparer avant terme pour prévoir une organisation « saine » et répondant vraiment aux besoins de la mère et du bébé pour les premières semaines.

Bref, après quelques mois, on aimerait un peu retrouver son corps. Celui d’avant.
Mais c’est rare qu’on puisse se (re)trouver bien avant 9/12 mois.
Le corps a été largement chamboulé par la grossesse et l’accouchement et il faut le temps que tout revienne à sa place.
Pour aider à retrouver la forme, je ne peux que suggérer de bouger le plus possible.
Avec un jeune bébé, cela semble compliqué mais une activité peut être reprise endéans 3 semaines après l’accouchement : la marche !
C’est un bon plan que de prévoir dans son planning quotidien de sortir marcher minimum 30 minutes par jour.
Avec le tout-petit, il est possible de gérer son timing en partant marcher après une tétée. Souvent, ils s’endormiront bercés par le mouvement.
Plus tard, quand tu seras plus à l’aise, tu pourras même partir sans réfléchir puisque le bébé pourra téter tranquillement dans l’écharpe ou le porte-bébé physiologiques – désolée pour Babyb***n qui devra être boycotté- (à partir de 5 mois environ, pour respecter l’écartement des hanches).

Le fait de marcher aidera à se sentir lieux dans sa peau, comme l’ensemble des activités physiques.

Je rêverai que se démocratisent et s’élargissent les ateliers de danse-écharpe ! Qui sait, y en a-t-il peut-être près de chez toi ?
Passer une heure à danser avec un bébé collé contre soi : bouger, voir du monde et offrir à ton bébé des sensations qui lui feront découvrir son environnement ne sont que bénéfiques !

Toutes ces informations ne détrôneront pas certains questionnements et mal-être du corps et de l’esprit d’après-grossesse.
Il y a certaines qui seront touchées par un baby blues ou une dépression post-partum. Dans ces cas-là, il est indispensable de s’entourer et de ne pas rester seule face à son quotidien de jeune mère. Tant des professionnel.le.s que des échanges avec d’autres mères peuvent être salvateurs pour ton moral. Il en va de même pour les femmes qui ne ressentent pas les liens d’attachement se produire. Il ne faut pas minimiser l’absence d’attachement au nouveau-né.

Je ne peux que conseiller de sortir de chez toi et d’aller à la rencontre d’endroit childfriendly afin de voir du monde.
Les moments avec ton bébé sont privilégiés, mais il est vrai que 3 jours sans parler à quelqu’un qui a du répondant peuvent être vraiment pénibles à vivre.

De même, ne reste pas avec une douleur physique persistante !
Il suffit parfois d’une séance chez un ostéopathe ou un chiropracteur pour débloquer ce qui gâche une part de ton quotidien.
Quand on est dans des moments de totale dévotion aux besoins de son bébé, il est absolument nécessaire de prendre soin de soi. Alors non, tu ne seras pas forcément tirer à quatre épingles, mais fais attention à toi : par ton hygiène, ton alimentation, les aspects psychologiques et physiques.
Tu as besoin d’être optimale pour offrir toute l’attention à ton bébé (c’est le principe de l’empathie… tu ne peux être attentive aux besoins d’autrui que si tu ne prends pas en compte tes besoins).

Enfin, n’oublie pas que tu as toute la vie pour avoir un corps qui te plait (qui n’est pas le corps « parfait » sorti des diktats créés de toute pièce)… et que chaque jour qui passe de ton bébé est unique.
Un jour, il sera plus autonome. Un jour, les tétées n’auront plus lieu toutes les deux heures. Un jour, il y aura plus de mots et moins de pleurs.
Rien n’est définitif et l’idée principale est de profiter des moments en pleine conscience… sans espérer que cela sera plus facile plus tard.
Plus jamais, ce front froncé ne cherchera le sein de manière approximative. Ancre bien ces souvenirs, malgré la fatigue. Garde en mémoire les repas hachés parce qu’il y a une tétée ou une couche à changer.
Un jour, tu en riras.
En attendant, « quelqu’un a besoin de toi ». Et tu as tout l’amour du monde dans le cœur pour y faire face ou toutes les ressources pour le faire émerger s’il te semble lointain.

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A très bientôt, Lectrice Curieuse !

Source :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1285-da-67-implication-alimentation-maternelle

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Éducation bienveillante·Communication Non-Violente

L’adultisme expliqué aux adultes

C’est quoi ce mot ?
L’adultisme est un néologisme qui fait référence à la discrimination basée sur le fait d’être un enfant. Comme l’âgisme fait état des discriminations concernant les personnes âgées.
Le terme d’adultisme n’est pas référencé puisque la position des adultes face aux enfants ne questionne pas la majeure partie de la population.

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Oui, je me doute que la définition brute du terme ne te laisse pas rêveuse.r. Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’une discrimination envers les enfants ?

Pour être plus claire, je vais citer Barry Checkoway de l’université d’Ann Arbor dans le Michigan qui définit l’adultisme : « Tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les jeunes, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis. »

Ça rajoute une pierre au mur de la compréhension. Deux éléments clefs ressortent : la considération que l’adulte est le sachant/le meilleur/le juste ; le fait que l’avis des enfants n’est pas pris en compte. Mais l’expression « de n’importe quelle manière » laisse place à bien des interprétations.
Afin de concevoir un peu mieux le terme d’adultisme, il s’agit aussi de l’ensemble des privilèges et des tolérances accordés aux adultes par le simple fait que ce sont des adultes et qu’ils sont déniés aux enfants parce qu’ils en sont.

J’exemplifie un peu :

  • Renverser/casser un verre. Un adulte n’aura pas de commentaire mais un enfant se fera souvent molesté
  • Le choix des vêtements est laissé à un adulte alors qu’il est imposé aux enfants ;
  • Le temps de la douche/du bain : les adultes peuvent se réguler, les enfants doivent répondre en « s’activant » afin de combler les attentes de leurs parents ;
  • Le choix du repas : il est fréquent que ce soit une discussion aux adultes mais qu’on estime que c’est aux adultes de choisir et non pas aux enfants ;
  • Le partage de photos peu flatteuses mettant en scène les enfants ;
  • Les règles instaurées qui ne sont pas respectées par les adultes ;
  • La planification catégorique des heures de repos et du temps nécessaire pour effectuer certaines tâches ;
  • L’utilisation de la force physique prohibé envers un autre adulte mais tolérée dans « certains cas » envers les enfants ;

Il y a des centaines d’exemples dans la vie quotidienne, mais aussi dans la société plus généralement.

En inoculant aux enfants la croyance (voire la certitude) que les adultes ont le pouvoir de choisir pour eux « car ce sont des adultes et qu’ils prennent les bonnes décisions parce que ce sont des adultes », nous enseignons aux enfants que celui qui a majoritairement le pouvoir peut contrôler celui qui en a moins.

En somme, subtilement, malgré la volonté d’accéder à des comportements égalitaires et respectueux de la Terre, en agissant avec les enfants de manière arbitraire, les adultes continuent à propager une logique d’injustice et de pouvoir.

Dans les modes d’éducation perpétuant les anciens modèles, la vie des enfants est celle qui s’avère être la plus contrôlées dans la société… mis à part celles des prisonniers (Ouf ! Quand même ! Bien que l’expression des prisons actuelles pose questions… Mais c’est un vaste sujet !).

Cela paraît fort à lire mais dans quel autre contexte les adultes peuvent punir, menacer, priver de plaisirs, voire les frapper ? Et surtout, que ce soit considéré comme une bonne chose puisqu’il s’agit d’éducation et que les adultes font ce qui est jugé comme bon pour les enfants par ces actes ? Si l’on sort « les enfants » de l’équation, il s’agit proprement d’oppression d’un groupe plus faible en voix (et en représentation sociale et accès au Droit).

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Cependant, c’est extrêmement difficile pour les adultes d’entendre qu’on assimile ces modes d’éducation à de l’oppression
Pourquoi ?
Parce que la plupart d’entre nous ont grandi dans ce système-là !
Qui n’a jamais eu envie « d’être plus grand pour enfin faire ce que je veux » ?
CQFD (ce qu’il fallait démontrer, pour celles/ceux qui se posent la question) !

Mais alors, on peut considérer que les enfants sont maîtres de leur destin et qu’ils peuvent tout mener à la baguette ?
Parce que la grosse crainte des adultes, c’est ça : que les enfants deviennent des tyrans ingérables, des enfants-roi, des êtres insensibles à autrui car tout tourne autour de leur bon vouloir (cf l’article « Il faut bien qu’il apprenne la frustration ! »).
D’ailleurs, les enfants n’acquerraient que tardivement la notion de responsabilité et de prise de risque, donc il ne serait pas possible de leur faire confiance !
Il faudrait les discipliner car leur nature profonde ne leur offrirait pas la possibilité d’agir raisonnablement. Il serait nécessaire de leur apprendre la citoyenneté, leur enseigner les lois et surtout les règles à respecter.

C’est le schéma institutionnalisé dans les écoles (instruction obligatoire et règlement intérieur strict qui demande même des cahiers à ligne ou à carreaux spécifiques.. !), dans la sphère médicale (« Tu te déshabilles maintenant pour que je t’ausculte ! », dans le domaine religieux où « l’Enfant » doit être éduqué afin de pourfendre sa nature sauvage, etc. Les mineurs n’ont définitivement pas les mêmes droits que les majeurs et sont traités différemment par l’unique raison qu’ils sont mineurs.

J’ajoute aussi qu’il est habituel de parler du développement de l’Enfant, des droits de l’Enfant ou encore du tempérament de l’Enfant.
Imaginons un instant que l’on nomme un autre groupe d’individus par un terme catégorique : la Femme, le Protestant, le Chinois, …
C’est gênant, n’est-ce pas, qui inclut un sous-entendu que ces groupes ont une nature unique ?!
Elle a été utilisée pendant longtemps dans les régimes totalitaires, afin d’anéantir l’image de la pluralité des personnes pouvant entrer dans ces groupes.

Grâce à cela, il est possible de comprendre pourquoi il est absurde de parler de développement de l’Enfant et de chercher à faire entrer le développement des enfants dans des normes (totalement ethnocentrées, par ailleurs, puisque les différences de culture engendrent une diversité des stimulations offertes aux petits). Il n’est pas rare de voir des jeunes enfants cuisiner dans certains pays puisqu’ils le font quotidiennement en famille et qu’ils ne sont pas exclus de cette tâche sociale. Verrait-on un petit occidental manier le couteau, le hachoir ou encore le mortier à 2 ans ? Rarement… et pourtant, on voit bien qu’ailleurs, ils en sont capables !
Cela fait partie des stéréotypes et préjugés occidentaux véhiculés auprès des enfants. Les adultes contreplaquent ce qu’ils pensent être de leur capacité ou non aux enfants… ce qui engendre que les ces derniers agissent avec un niveau de compétence en regard des attentes (sauf de temps où ils nous épatent). Et surtout, à la mesure de ce qu’ils ont à disposition.
Un enfant n’apprendra jamais à utiliser un couteau si on ne lui fasse pas l’occasion de le faire, et il en va de même pour tous les outils.

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Les adultes entrent ainsi dans un système habituel d’autorité face aux enfants. Il est possible de leur laisser certains choix, mais les décisions importantes demeurent aux adultes. Les besoins d’autonomie et le libre-arbitre des enfants sont sacrifiés (à grand prix, voire l’article sur le « terrible two ») pour répondre à de l’ordre et de la productivité. Par exemple : on ne va pas lui laisser mettre ses chaussures seul ; couper les légumes ; nettoyer la table … parce que ça prend trop de temps de laisser un petit agir avec ses gestes encore approximatifs.
Il est donc considéré comme logique que les enfants n’aient pas leur mot à dire sur tout et qu’ils « respectent » la décision des adultes… En réalité, le terme à utiliser est : « qu’ils se soumettent », même si cela fait moins plaisir à lire.

Pour résumé, par ce fonctionnement de domination/soumission aux adultes,

  • Ils apprennent que les « plus petits » ont moins de pouvoir ;
  • les enfants enregistrent qu’ils ne peuvent pas éveiller leur compréhension et leur soutien (d’où les cas de harcèlement/violence que les enfants taisent),
  • Et ils fonctionnement dans ce qu’Yves Bonnardel appelle « l’éducation à l’incompétence ».

Le besoin ignoré d’autonomie explique pourquoi il est si fréquent que les jeunes gens transgressent les règles sociales et ont des conduites à risque, puisque c’est souvent leur seule opportunité d’exprimer leur libre-arbitre.

Bien sûr, l’objectif de la déconstruction sociale de l’adultisme (qui va bien au-delà de l’éducation puisque c’est ancré politiquement et culturellement, Yves Bonnardel propose des topos très clairs sur l’évolution des mouvements de libération des jeunes dans l’Histoire et comment les intégrer à la société actuelle) n’est pas que les enfants grandissent en dehors de toute éducation et apprentissage guidé. L’idée qu’il y a une voie entre l’autoritarisme (la domination) et le laxisme (le laisser-faire).
Les enfants sont tout-à-fait en mesure de comprendre et d’adhérer à des règles qui ont un sens et qui correspondent à un besoin clairement explicité. La présentation de ces principes sera bien mieux acceptée si on les présente comme sécuritaires au lieu de leur évoquer que « nous savons ce qui est bon pour eux ».

En outre, comme j’ai déjà pu l’écrire dans d’autres articles comme « Tu es en colère ? Et si on s’amusait ?! », les enfants ont besoin d’explorer car c’est leur moteur même d’énergie. Ils découvrent leur environnement et tous les éléments qui le composent. L’exploration passe par l’expérimentation d’actes : se disputer, refuser, faire seul, se coucher tard, faire pipi par terre (par exemple), dire des « gros mots », estimer leur effet sur le monde (appelé influence), etc. Comment les enfants peuvent appréhender les raisons de nos manières de vivre (appelées « Règles ») s’ils ne peuvent pas tester ce qui sort du cadre ?
Nous-mêmes, en tant qu’adultes, nous avons bien tendance à mettre à l’épreuve certaines solutions alors que nous avons été mis en garde ?
Nous avons tous besoin de nous rendre compte de nos propres yeux que certaines expériences ne sont pas profitables. Les enfants aussi, en toute logique, ont ce besoin de découvrir par eux-mêmes l’intérêt de ces règles et du rythme de vie.
Les adultes pourraient se contenter de cadrer l’environnement d’un point de vue sécuritaire.

L’objectif de cet article est, en autres, de se rendre saillantes certaines attitudes que les adultes peuvent avoir envers les enfants, de manière automatique, sans penser à mal.
Les adultes ont énormément de pouvoir sur les enfants et tant la société que nos relations aux enfants profiteraient d’horizontalité dans les rapports enfants-adultes.

Yves Bonnardel, dans son livre « La domination adulte. L’oppression des mineurs » 2015, met en évidence que « l’organisation politique qui découle de ce « système social complexe » qu’est l’enfance : après « 18 années de formation en régime dictatorial et disciplinaire, la liberté politique peut être octroyée sans risques », car « le contenu fondamental de l’éducation […] n’est rien moins que la soumission » ».

Alors évidemment, s’extraire ou, du moins, réfléchir aux rapports de pouvoir entre enfants et adultes dépend de nos ambitions sociales et relationnelles. Ce n’est pas aisé de remettre en question ce qui est inculqué depuis aussi loin qu’on se souvienne… Surtout sans avoir d’alternatives prêtes à l’emploi.

Mais alors, justement, que faire à partir du moment où le constat est fait ?
Quelles en sont les limites ? A quelle mesure peut-on laisser à l’enfant l’expression de son libre-arbitre ?

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D’abord, il convient de détailler notre quotidien avec les enfants, sans se limiter aux situations qui posent problème en termes de coopération de l’enfant. L’ensemble des relations peut être réfléchi de manière à ne pas inculquer aux enfants un principe de soumission (plus ou moins subtile).

Quelques questionnements peuvent ouvrir des pistes des réflexions :

  • Les rituels mis en place rendent-ils vraiment notre vie plus agréable ?
  • Ai-je tendance à vouloir envoyer les enfants se coucher/se calmer parce que je suis moi-même fatigué.e ?
  • Fais-je usage de force dans certaines situations ?
  • Les interdits/limites que je mets sont-ils sécuritaires ou arbitraires… aux yeux de l’enfant ?
  • Est-ce étrange pour moi d’entreprendre une relation d’égal à égal avec les enfants ?
  • Estimerais-je que le libre-arbitre laissé à l’enfant est dangereux/problématique ?
  • Est-ce que l’usage de force/punitions/menaces me permet d’être en harmonie dans mon foyer ?
  • Quelles sont mes craintes concernant les conséquences de l’expression de la liberté individuelle des enfants ?
  • Ai-je peur d’être laxiste ?
  • Est-ce gênant si mon enfant refuse de faire la bise aux personnes qui le saluent ?

Ces petites interrogations permettent de mettre en évidence ce qui te meut et les craintes qui t’habitent.

Je ne peux pas finir l’article là-dessus, parce que moi-même, je me questionne sur l’ampleur de mes actions et des limites des relations totalement égalitaires.
J’adhère complètement aux principes, néanmois …
Comment faire pour effectuer les soins d’un enfant en bas-âge qui s’y oppose (car en dessous de 18 mois, ils ne parviennent pas à comprendre les bénéfices de nos actions) ?
Comment gérer le fait qu’un enfant veuille aller dans un lieu public sans changer ses vêtements sales ?
Comment laisser les enfants faire leurs expériences et évoluer dans l’environnement librement sans qu’ils ne se blessent ?

J’ai certaines pistes, mais d’autres voies et stratégies bienveillantes dépendent de chaque couple parent/enfant :

  • Le niveau de libre-arbitre va évoluer au cours de la vie, en fonction des capacités cognitives de l’enfant.
  • L’idée est de s’orienter vers une dynamique de coopération dès le départ (ou au moment où l’on prend conscience que le mode éducatif dans lequel tu évolues ne te convient plus).
    Distraire, laisser le choix, favoriser le mimétisme et surtout… prendre le temps.
    Un enfant jusqu’à 5/6 ans n’a pas de notion de temps. Les « dépêche-toi ! », « Plus vite ! », n’ont pas de sens.
  • Exprimer clairement ses besoins (voir l’article sur le sujet) à l’enfant, de manière à ce qu’il puisse également le faire.
  • Parler, expliquer, rassurer lorsqu’on pose un acte qui déplait à l’enfant. Ne pas le brusquer et suivre l’acte désagréable par une séance de câlins. Les enfants qui se débattent cherchent juste à préserver leur intégrité physique qu’ils interprètent comme atteintes.
  • S’excuser lorsqu’on a eu une action qu’on estime injuste et expliquer les raisons qui l’ont motivé.
    Je tiens juste à préciser qu’il est indispensable de s’excuser si une fessée ou un autre sévice corporel est malheureusement posé… Mais que c’est digne de la manipulation et de la violence psychologique de dire aux enfants (à n’importe qui, en réalité) que c’est LEUR comportement qui a engendré le coup.
    Dans aucun cas, un être vivant (enfant, femme, animal, souvent sujets des violences domestiques) n’est responsable du comportement d’autrui. C’est celui qui pose l’acte qui est responsable car IL a été débordé émotionnellement.
  • Adapter son environnement aux enfants. Au lieu de paniquer pour que l’enfant ne se blesse pas/ne tombe pas de haut/ne casse pas tel ou l’autre objet : fais de ton intérieur un endroit à explorer en toute sécurité.
    Cette période ne dure pas et cela enlèvera une tension considérable.

En outre, de manière plus globale et sociétale, il existe de plus en plus d’écoles à pédagogie alternative qui adopte un fonctionnement démocratique et favorise les apprentissages autonomes. Le rôle des adultes est alors de proposer et de guider les expériences des enfants sans y mettre d’évaluations ou d’attentes précises.

Il y a une recrudescence de familles qui optent pour l’instruction en famille de manière à éviter aux enfants les logiques de compétitions et de comparaisons aux pairs, alors que chacun est unique.
Bien évidemment, ce n’est pas accessible pour tous les cadres familiaux.
Le principe serait du moins de rendre saillant ce qui ne correspond pas à des relations égalitaires quand les enfants y sont confrontés. Les adultes peuvent aider les enfants à aiguiser leur esprit critique afin que ceux-ci puissent avoir plus de résilience face aux situations « injustes ».

Est-ce que l’abandon de l’adultisme et l’éducation bienveillante (qui fonctionne de concert harmonieusement) font en sorte que les enfants soient plus obéissants ?
Certainement pas !
Puisque la notion d’obéissance découle du paradigme de la soumission.
Pour sa vie en général, un enfant gagnera bien plus à questionner les règles plutôt qu’à s’y plier par la crainte.

Je citerai Teresa Graham-Brett qui peut finir cet article de manière claire et que je n’ai pas jugé utile de reformuler : « Nous pouvons insuffler le changement que nous désirons voir émerger dans le monde. Pour cela, nous devons commencer avec la relation la plus importante que nous avons en tant que parents : celle que nous construisons avec nos enfants.
Si nous parvenons à éliminer l’adultisme au cœur de ces relations parents-enfants, alors l’actuelle génération d’enfants pourra voir le monde avec des yeux différents.
Mieux encore, ils pourront agir à partir de cette nouvelle façon de voir les choses. S’ils n’ont pas expérimenté le sentiment d’être déshumanisés, négligés et marginalisés en tant qu’enfants, ils n’auront pas besoin de perpétuer l’injustice sur d’autres quand ils grandiront et auront davantage de pouvoir dans leur vie. S’ils ont expérimenté la confiance, le respect et la solidarité comme modèles de référence, alors ils pourront incarner le changement dont notre monde a besoin »

 

Je vous souhaite une belle réflexion.

A très bientôt, Lectrice.eur curieuse.x !

PS : A partir de maintenant, je cesse l’usage du terme absolu Enfant, afin de répondre logiquement à ce que j’ai pu expliciter plus haut.

Inspirations et sources :

https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2016-1-page-176.htm

Yves Bonnardel (2015). La domination adulte. L’oppression des mineurs. Éditions Myriadis, 360 pages.

Teresa Graham-Brett version abrégée dans le n° 1 (mars-avril 2012) de Kaizen. https://www.oveo.org/ladultisme-ce-poison-invisible-qui-intoxique-nos-relations-avec-les-enfants/

https://changerderegardblog.wordpress.com/2018/01/30/ladultisme-ou-la-domination-silencieuse/

Communication Non-Violente

Trucs et astuces pour obtenir les relations que l’on rêverait d’avoir (#empathie)

Dans cet article, je vais faire le point sur ce qu’est l’empathie de manière précise. Le but est de faire la distinction entre des notions qui sont assimilées les unes aux autres.  Parce qu’il faut admettre que la vulgarisation des expressions peut complétement dénaturer leurs sens.
Je vais aborder l’empathie sous l’angle de la CNV puisque le paradigme qui sous-tend la CNV est le même que celui de l’éducation bienveillante : percevoir et entendre l’autre dans ses sentiments et ses besoins en regard sans jugement.

Tout d’abord, comment différents auteurs ont-ils défini l’empathie :

  • L’empathie est une qualité d’écoute et de présence à l’autre, à ses sentiments et à ses besoins, sans vouloir l’amener quelque part et sans souvenir du passé. – Marshall Rosenberg
  • L’empathie, c’est une posture et une éthique qui demande une qualité d’écoute, une capacité à se mettre en lien avec soi-même pour celui qui écoute et une ouverture à l’autre sans présupposés et sans préjugés. – Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho

Ce sont les mêmes fondements, explicités avec des mots qui résonneront plus ou moins chez toi.

L’empathie est un des besoins fondamentaux (voir mon article sur les besoins de l’humain : » et si nous revenions à nos besoins?  » ). Ce besoin est un des plus ignorés de la société occidentale. La mise de côté de cet aspect de la vie engendre énormément de souffrance chez les humains.
En somme, il est considéré comme normal de répondre un « oui » passif à « : « ça va ? ». Cette question n’en est pas une d’ailleurs, c’est rhétorique…
Rares sont les individus qui estiment avoir envie/besoin d’une réponse franche et complète.

Nous perdons alors beaucoup de temps à agir avec la dette d’empathie. Cela se transforme en frustration qui engendre tantôt l’amertume, de la colère intériorisée, une diminution/absence de confiance en soi, de la résignation affective, etc.

Conséquence de ce besoin occulté, nous ne sommes pas coutumiers  de l’écoute empathique et n’avons pas appris à être réellement présents à l’autre de façon détachée (sans entrer dans les émotions de l’autre comme dans la syn(= avec, ensemble en grec) pathie).
Pourtant, l’écoute active est connue pour être d’une utilité particulière. En psychothérapie, elle est considérée comme un indispensable. Mais il ne faudrait pas consulter un psy pour obtenir une réelle écoute…

C’est une des raisons d’être de cet article : rendre saillante la puissance de l’écoute empathique dans les relations quotidiennes. Elle nous relie à nos pairs, nous permet d’être soulagé.e, compris.e et pris.e en considération.

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Dans les moments d’écoute empathique, l’objectif est d’être entièrement présent à la relation. Il n’y a pas d’intention de conduire la personne vers un but déterminé, ni de la consoler ou de trouver une solution. L’écoute empathie est une posture d’accueil. Tu sens ce moment où quelqu’un dont tu es proche ne semble pas aller bien, mais que tu ne sais vraiment pas pourquoi elle n’est pas épanouie… ce moment où tu accueilles sans rien penser d’autre que :  « Que se passe-t-il pour elle/lui? ». Seule l’ouverture à l’autre est présente.
Ensuite, pour poursuivre dans l’empathie, Il s’agit d’être mu.e par la certitude que la personne écoutée a les ressources qui mènent vers un cheminement qui lui apporte ce dont elle a besoin. Celle-ci a « juste » besoin d’être accompagnée dans l’expression et la transformation des difficultés qui l’embarrassent.
Dans les faits, il s’agit de recevoir les mots tels qu’ils sont prononcés, l’intensité des émotions et les attitudes non-verbales (en rappelant que le non-verbal joue pour beaucoup dans la communication). Je ne tendrai pas vers l’affirmation que 93% de la communication est non-verbale. Les études d’Albert Mehrabian et ses collègues ont des limites qui, de l’aveu de ses auteurs, n’ont pas été prises en compte (Voici pourquoi : https://www.inxl.fr/le-mythe-du-7-38-55-le-non-verbal/).

Pour l’individu qui est entendu, l’empathie permet de reprendre la responsabilité de ce qui nous appartient dans ce qui nous dérange. Par exemple, se rendre compte que la colère ressentie n’est pas dirigée vers une personne, mais vers une situation qui entrave un des besoins. De cette manière, la personne écoutée retrouve la capacité d’agir d’une manière qui lui correspond réellement.

Seulement, ce n’est possible que si l’écoutant n’a pas l’intention d’éduquer l’autre (de lui faire comprendre qu’il fait fausse route/qu’il a tort), de le sauver de sa situation ou de l’orienter activement.
« La compétence empathique consiste à traduire l’expression de la personne dans le moment présent, de se relier aux sentiments et besoins derrière les histoires de vie, les théories et distinguer les interprétations des faits évoqués. » tiré du livre « La communication non violente, c’est malin » de Geneviève Bouchez Wilson et Pascale Molho, éditions Leduc.s

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Afin de s’extirper du langage courant, il est nécessaire de faire une distinction entre l’empathie et d’autres attitudes telles que la compassion, l’altruisme, la sympathie ou encore la bienveillance. Dans la vie quotidienne, ces termes sont souvent utilisés de manière indifférenciée.
La compassion est le « sentiment qui incline à partager les maux et les souffrances d’autrui ». Ce sentiment part de la tristesse d’autrui et exprime le fait qu’on ressent avec l’autre ses problèmes.
L’altruisme est une « disposition bienveillante à l’égard des autres, fondée sur la sympathie » ou « dévouement », se consacrer à autrui de façon désintéressée, sans rien attendre en retour. Aider les autres. L’objectif dans le cas de l’altruisme est de l’aider de façon active.
La sympathie est la « participation à la joie, à la peine d’autrui ». Quand on y pense, c’est un peu étrange de pouvoir qualifier un objet de « sympa ». Mais cela explique bien en quoi il suffit simplement d’inoculer un peu de joie pour être sympa pour les autres.
La bienveillance est la « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». C’est un ingrédient de l’écoute empathique. Mais on ne va pas dire qu’un œuf est un quatre quart, il faut d’autres ingrédients !

La majeure distinction entre l’empathie et ces diverses notions est la capacité de prise de distance par rapport aux émotions d’autrui et de n’avoir aucune intention de l’amener à un cheminement qui serait jugé comme LE bon par l’écoutant.
Avec ces définitions, il est aisé de comprendre combien le terme « empathe » est galvaudé. L’empathe est assimilé à de l’hypersensibilité émotionnelle par rapport aux vécus d’autrui. Les personnes qui se qualifient d’« empathes » expriment des bouleversements émotionnels incontrôlables puisqu’elles plongent dans le vécu d’autrui.
Avec les clarifications précédentes, tu peux voir que ce n’est pas de l’empathie au sens propre du terme.
J’admets que j’ai du mal avec tous ces termes qualificatifs. Ils enferment les personnes dans une case (ou plusieurs pour les chanceux !). Elles pensent se comprendre mieux en se caractérisant mais les possibilités existantes pour reprendre le pouvoir ne font pas parties du tableau. C’est un peu comme lorsqu’on liste ses défauts… Et qu’on passe plus de temps à leur trouver des raisons valables plutôt de se pencher sur la recherche de stratégies qui permettraient de s’extirper des fonctionnements qui nous déplaisent.

Cette mise au point linguistique effectuée, concrètement : que fait-on dans la relation ?

D’abord, il est primordial de conscientiser qu’il n’est pas possible d’être entièrement empathique si nous-même n’avons pas reçu l’empathie utile à faire émerger nos propres besoins.
Comment se distancer de l’écho que peut faire autrui si nous ne sommes pas au clair avec notre fort intérieur ?

Un premier élément essentiel est la capacité d’auto-empathie : commencer par nous offrir à nous-mêmes ce que nous aimerions recevoir des autres.
Si nous n’écoutons pas nos propres besoins, personne n’estimera qu’il faille le faire ! Il est nécessaire d’être honnête et d’exprimer ses ressentis et ses requêtes sans reproche ni jugement.

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Rosenberg propose trois solutions afin d’accéder à plus d’auto-empathie :

  • Prendre un temps de pause, respirer calmement, et ensuite faire un retour sur le sentiment qui nous habite ;
  • Exprimer vivement ses besoins, ce qui peut être fait en criant, lorsqu’on est dépassé énergétiquement. Je reprends le passage exemplatif de l’auteur : « Écoutez, je vais mal ! Je n’ai pas envie de m’occuper de votre conflit, je voudrais simplement avoir la paix et du calme ! ».
    Il n’a incriminé qui que ce soit dans cette phrase, mais il a fait savoir qu’il n’était pas en mesure d’intervenir pour une autre personne que lui-même.
    Les jours où nous sommes fatigué.e.s/débordé.e.s/énervé.e.s/en retard, ce ne sont pas les autres qui sont responsables de nos émotions mais nos besoins qui sont insatisfaits (petit retour sur mes articles sur les émotions: « encore une crise! que faire avec les sentiments? » et sur les besoins).
  • Enfin, si une situation nous plonge dans un état d’inconfort émotionnel, il y a toujours la possibilité de se retirer physiquement pour proposer ultérieurement une écoute empathique. Oui, il est possible que tu dises : « Je vois que tu n’es pas bien, mais je n’ai pas le ressources pour y faire face maintenant. Peut-on en parler demain ? ». Cela peut sembler étrange, mais c’est comme ça aussi qu’on prend soin de soi : en exprimant nos besoins clairement. L’autre peut être déçu.e parce qu’il/elle avait un besoin d’écoute… Mais cela lui apprend à pouvoir s’autoriser une expression de ses besoins.

Dans l’exercice quotidien de la Communication Non-Violente, je pense qu’il est possible d’être tous confrontés à des échecs. Parce que dans la relation, il est aisé de tomber dans la compassion ou la sympathie au lieu de rester dans une posture d’accueil empathique.
En tant que parent, il est fréquent d’avoir envie de trouver une solution rapide pour calmer l’émotion/le besoin de l’enfant.
En tant qu’ami.e, l’aspiration va souvent vers une recherche active d’actions à entreprendre.
Or, en cas de tempête émotionnelle, dans un tout premier temps, le besoin doit juste être entendu.  Il est  utile de laisser s’exprimer complètement les sentiments, les besoins voire les demandes si celles si émergent.

Est-ce que l’écoute empathique est simple à déclencher ? Est-ce un processus qu’on acquiert et qu’on peut activer à volonté ?
J’aimerais répondre : OUI !
Mais … cela demande de l’exercice et surtout… de la disponibilité mentale et émotionnelle.
N’as-tu pas déjà fait l’expérience de journée où lorsque l’on s’adresse à toi en se plaignant, tu n’as pas préféré clore la conversation de la manière la plus brève qui soit ?
C’est même fréquent. L’écoute et la posture empathiques demandent énormément d’énergie et d’être pleinement présent à l’autre.

 

Voici quelques pistes pour la mettre en place :

  1. Écouter réellement : être présent.e à l’autre à 100% (exit le smartphone qui distrait la conversation où les enfants qui courent autour… du moins, ça n’aide pas !) et s’abstenir de tous jugements et préjugés ;
  2. Focaliser son attention sur celui qui parle et son discours, en ignorant ce qui fait écho, en lui laissant tout le temps nécessaire pour s’exprimer. L’expression de ses tracas fait partie d’un processus de mieux-être. La psychologie a mis en évidence cela en l’appelant ça « l’effet cathartique de la parole ». La catharsis est définie comme une « purgation » des émotions vives.
  3. Bannir les phrases types qui coupent la relation, et donc : ne pas plaindre (« c’est vraiment injuste ce qui t’arrive ! »), ne pas questionner afin d’avoir des précisions (« Et que t’a-t-il dit après ça ? »), ne pas suggérer des actions (« je pense que tu devrais… ») et ne pas consoler (« ça va aller ! »). Toutes ses phrases n’offrent pas la possibilité à l’émetteur d’aller au plus profond de l’expression de son vécu émotionnel.
  4. En posture OSBD, il est utile de cibler 4 éléments dans le discours de l’autre : ses observations, ses sentiments, ses besoins et ses demandes. Et non pas questionner le pourquoi du comment des racines du problème, n’est-ce pas ?!
  5. Afin d’accéder à ces éléments, il est nécessaire de reformuler les propos d’autrui pour s’assurer qu’on comprend bien ce qui est dit mais aussi pour permettre à l’autre d’éclaircir ses émotions et ses besoins.
  6. L’écoute empathique est énergivore car elle n’est pas habituelle… Elle demande qu’on réfléchisse à ce qu’on dit sans entrer dans les écueils des phrases banales.
  7. L’intention est la prémisse indispensable : Pourquoi entrer en empathie avec l’autre? Il est nécessaire de vouloir être uniquement bienveillant avec l’autre. La seule intention que nous devons avoir est d’accompagner la personne dans l’expression de ses sentiments et la création de liens entre ses sentiments et ses besoins.
    En outre, il faut s’assurer que la personne ait envie que l’on entre dans son vécu émotionnel sans faire effraction dans son monde intérieur. Il y a fort à parier qu’un parfait inconnu prendra assez mal un : « Vous semblez vraiment en colère ! ».
  1. A partir du moment où l’individu se sent entendu intégralement, il se produit une accalmie de la tempête émotionnelle et cela lui laisse l’opportunité d’ouvrir le dialogue sur les stratégies à adopter.

 

Toutes ces informations nous aident à agir avec plus de présence à l’autre,  aussi par rapport à nos enfants… et à nous-même !

Il est indispensable d’être en empathie avec nous-même, afin de pouvoir vivre avec les autres. Lorsque l’on est au clair avec ses besoins, il est possible d’accueillir l’autre et de l’accompagner.

La frustration/la colère d’un enfant ne se calmera jamais si on lui dit : « tu as le droit d’être en colère mais j’ai raison de t’enlever ceci ou cela ! ». L’intention est alors d’éduquer…
Tu peux juste évoquer ce que tu constates : « Je vois que tu es en colère… » et se mettre en posture d’accueil en proposant un câlin, par exemple.
Si l’on n’en a pas l’énergie, il est utile de prendre un temps de pause ou se retirer momentanément afin de recouvrer les ressources indispensables à la gestion empathique de la situation.

 

J’espère sincèrement que ces informations te permettront d’améliorer tes relations aux autres et à toi-même.

A très vite, Lectrice.eur curieuses.x!

 

Sources : http://nvc-europe.org/SPIP/Place-de-l-empathie-dans-la

Inspirations :

Allaitement·Maternage proximal·Préparer la naissance

« Ah, tu allaites encore … ?! »

L’allaitement non-écourté (ou pas trop)

L’allaitement exclusif est à privilégier jusqu’à 6 mois. C’est un fait scientifiquement avéré. Les instances de santé estiment que le sevrage commence graduellement à partir de la diversification. Plus les aliments solides prendront de la place dans le bol alimentaire, moins le lait maternel trouvera sa place.
Les études mettent en évidence le profit pour l’enfant de la poursuite de l’allaitement jusqu’à 24 mois, en complément de l’alimentation solide. Comme je l’ai dit dans mon article « Bébé, que manges-tu ? », de 6 à 12 mois, le lait maternel représente au moins 50% des apports énergétiques et au moins 33% de 12 à 24 mois.

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Faut-il dès lors considérer que le sevrage doit être total à 24 mois ?
J’en appelle au bon sens humain : comment peut-on prédire ce qui est adapté à chaque couple mère-bébé étant donné que toutes les situations diffèrent.
Donner des échéances précises est absurde pour l’ensemble des étapes de développement.
La diversification est conseillée à partir de 6 mois car le système digestif est alors prêt à recevoir de l’alimentation solide. Mais l’intérêt de chaque enfant n’est pas le même.
Certains prendront plaisir à manger en « grande » quantité dès le départ et d’autres ne seront pas intéressés. Certains enfants ne mangent réellement volontiers que vers 12/14 mois.
Le tout, c’est de proposer sans se mettre de pression… et de continuer à allaiter à volonté !

D’autres critères sont suggérés pour le moment du sevrage:

  • âge de quadruplement du poids de naissance augmenté de quelques mois (entre 3 et 4 ans pour les humains) ;
  • âge où l’on atteint le tiers de son poids adulte (entre 6 et 7 ans pour les humains) ;
  • durée de la gestation (chez les primates les plus proches de l’Homme, à savoir les chimpanzés et les gorilles, la durée de l’allaitement est égale à plus de six fois la durée de la gestation) ;
  • âge d’apparition des premières molaires définitives (5,5 à 6 ans pour les humains, qui est aussi l’âge où le système immunitaire arrive à maturation).

De toutes ces données, on peut conclure que l’âge « naturel » du sevrage chez les humains se situerait entre 2,5 et 6 ans. (source : https://www.lllfrance.org/1119-37-lallaitement-long-un-age-naturel-pour-le-sevrage)

Il faut aussi mettre en évidence que dans l’histoire, plus les sevrages étaient précoces, moindre était l’état de santé des enfants.

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Dans nos sociétés occidentales, l’allaitement de bambins est regardé de manière étrange, et certains psychiatres véhiculent des informations faussées concernant l’altération de la construction identitaire (trouble de la personnalité et attitude de dépendance) en cas d’allaitement « long ».
Il faut mettre un point final à ces informations fallacieuses ! La discussion est empreinte de patriarchie. Ces « éminents » spécialistes estiment alors que le corps de la femme appartient à l’homme et non à elle-même et qu’elle en dispose comme elle souhaite. Au demeurant, dans le cas qui nous intéresse, pour nourrir son enfant ou ses enfants grâce à ses seins qui, comble de l’étonnement, sont conçus pour ça.

Le sevrage peut-être naturel (dirigé par l’enfant) ou induit voire planifié par la mère.
Le sevrage induit est de loin le plus fréquent. Cela peut-être dû à l’introduction d’autres produits laitiers, par l’introduction et la confusion sein/tétine-biberon, par une nouvelle grossesse (car ça peut changer le goût du lait ce qui dérange éventuellement l’enfant allaité), par une grève de tétée qui serait compensé par une préparation commerciale pour nourrissons ou simplement par la volonté de cesser l’allaitement.
Dans ce dernier cas, il vaut mieux le faire progressivement. L’enfant sera dans l’incompréhension si la mère l’empêche de prendre le sein du jour au lendemain. Il ne faut pas oublier que le sein n’est pas que nutritif mais permet un contact proximal et une zone de sécurité. De plus, pour la mère, un arrêt brutal peut engendrer des douleurs inhérentes à un engorgement. J’invite donc les femmes qui souhaitent sevrer leur enfant à le faire progressivement, en supprimant une tétée après l’autre.

Le sevrage naturel est mis en place par l’enfant, graduellement. Il ne survient pas avant l’âge de 2 ans, puisque physiologiquement, l’enfant a encore besoin de lait.
L’enfant qui se sèvre de lui-même a acquis la capacité de déguster une grande variété de mets solides grâce au développement de sa mâchoire et de sa dentition, et particulièrement les prémolaires qui broient et mâchent adéquatement afin d’extraire les nutriments de leurs enveloppes (finis les grains de maïs ou de lin entier dans les selles !).
En outre, l’enfant peut exprimer ses besoins clairement afin de gérer les quantités. Il sait alors aussi gérer l’usage des couverts qui lui offrent la possibilité de manipuler la nourriture d’une manière socialement adaptée à son environnement (le riz qui ne « colle pas » est bien plus compliqué à manipulet que du riz gluant (yummy !)).
Ces développements permettent à l’enfant de se pencher avec plaisir sur une assiette qui lui fournira l’ensemble de ses apports énergétiques.

A l’heure actuelle, il est difficile d’estimer le taux d’enfant allaité jusqu’au sevrage naturel en occident. Par crainte du jugement, et des remarques tant issues de l’entourage que des milieux de santé, les femmes mentent. Beaucoup d’entre elles continuent à allaiter à l’abri des regards, dans leur sphère privée. Cela rend leur dénombrement ardu.

Les femmes qui souhaitent poursuivre leur allaitement jusqu’au sevrage naturel ne devraient pas minimiser l’existence des grèves de tétées. J’en parlerai à l’occasion d’un autre article plus précisément. Mais il est nécessaire de ne pas les confondre avec un sevrage naturel, qui ne survient pas avant l’âge de 2 ans.

Cet article a pour objectif de pouvoir remettre l’allaitement, dans tous ses états et dans toutes ses durées, comme le processus physiologiquement adapté du développement physique mais aussi pour l’évolution sociale et cognitive de l’enfant (source : Anderson, J. W. et al., « Breast-feeding and cognitive development: a meta-analysis », American Journal of Clinical Nutrition, 1999;70(4), pp 525-535). L’allaitement qui suit son cours « tardivement » favorise les compétences et l’augmentation des interactions sociales (source : Curley J. P. et al, « The Meaning of Weaning: Influence of the Weaning Period on Behavioral Development in Mice », Development Neuroscience 2009;31, pp 318–331).

Ces données ont un but informatif, dans un but de normalisation de l’allaitement dans la sphère publique au lieu d’être, comme c’est le cas en occident, une exception. En France, seuls 7.6% des bébés sont encore allaités entre 12 et 24 mois et seules 2.6% des femmes déclarent allaiter au-delà de 24 mois.

Il faut savoir que moi-même, si l’allaitement me semblait une évidence, j’envisageais de le faire un an. Puis, au fur et à mesure des renseignements glanés et des évidences scientifiques des bienfaits de l’allaitement tant pour l’enfant que pour la mère (diminution du risque de cancer ! 😀 ), j’ai décidé que cela serait jusqu’à « plus soif » de ma fille.
Oui, il y a peu, voir un grand bambin être allaité me paraissait bizarre. Parce que la société occidentale nous a vendu que c’était étrange et que les enfants devaient consommer du lait d’un autre animal… Mais dans les faits, c’est une aberration physiologiquement bien orchestrée (voir mon article sur le choix sein/biberon).
A très bientôt, lectrice.eur Curieuses.x !

Merci à ce blog pour son article concernant le sevrage et les sources : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/2012/03/sevrage-naturel-de-quoi-parle-t-on/

Éducation bienveillante·Maternage proximal

Le fun du mouvement des bébés: la motricité libre

Ou comment le minimalisme des achats fera du bien à ton enfant !

Le rôle et le développement de la motricité a été théorisée de manière inédite par Emmi Pikler, pédiatre hongroise et dirigeante de la pouponnière Lóczy pour les enfants touchés par les désastres de la guerre à partir de 1947. La pédagogie qu’elle a mis en place au sein de cet institut était innovante, d’où la dénomination de la « Pédagogie Lóczy ».

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L’intérêt de cette pédagogie est qu’elle invite à laisser l’enfant se développer par lui-même, sans intervention active de l’adulte. Elle part de l’observation que l’enfant est programmé pour acquérir une motricité harmonieuse. Il ne faut pas contraindre l’enfant dans ses mouvements, en le mettant dans un transat ou dans un youpala, par exemple. Il n’est pas nécessaire de prendre une part active dans ses acquisitions motrices. C’est l’enfant qui va découvrir, de manière autonome, les possibilités de son corps : en cherchant du regard les jouets à côté de lui, en tentant de les attraper et se rendant compte qu’il/elle bascule se faisant. Si l’adulte intervient et « résout » les problèmes de l’enfant, il lui ôtera sa possibilité de développement mental à « si je tends le bras, je parviens à saisir cet objet », « Si je pousse sur mes bras, je recule ! », etc.
L’enfant a ainsi l’opportunité joyeuse de constater qu’il a ces compétences-là et qu’il peut avoir confiance en lui en les utilisant. En effet, puisqu’il/elle ne sera pas bloqué.e dans une position à laquelle il/elle n’est pas venue seul.e.

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« Emmi Pikler était persuadée que l’enfant se déplaçant librement, sans restriction, est plus prudent et apprend mieux à tomber sans risque, tandis que l’enfant exagérément protégé et dont les mouvements sont limités, est plus facilement en danger, faute d’avoir expérimenté ses propres capacités et leurs limites » https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/331736/pedagogie-loczy

Il est primordial de préciser que le petit-enfant ne poursuit pas un but (comme lorsqu’il va apporter ton smartphone dans une gamelle d’eau, « pour voir »!) en tant que tel en agissant, il explore son environnement et ses sensations physiques.
Il répète inlassablement certains mouvements, s’en suivent des phases de repos, se distrait différemment, avant de reprendre son activité.

In concreto, qu’est –ce que ça implique, au quotidien ?
L’idée est de positionner le bébé uniquement dans une position qu’il a découverte par lui-même. Il faut éviter de l’asseoir tant qu’il ne tient pas son dos ou en le mettre debout trop souvent alors qu’il ne tient pas l’équilibre. (j’aborde ici les aspects pour les enfants ne subissant pas de RGO qui demande que l’enfant soit verticalisé plus fréquemment et qui ne supporte pas forcément bien le portage)
En adoptant ces postures inconfortables, l’enfant va utiliser toute son énergie à se stabiliser et à se battre contre cet inconfort. Il/elle ne peut plus focaliser son attention sur l’exploration naturelle de son environnement et de son corps.

Emmi Pikler a pu scinder quelques éléments dont l’enfant a besoin pour développer ses compétences :

  • D’un endroit où les soins corporels sont effectués, tout en expérimentant une relation authentique avec son/sa référent.e. Cela demande une présence entière à l’enfant (Bonjour, le smartphone qui nous suit partout !). Cela demande aussi de l’investir et d’agir avec l’enfant en prenant en considération son stade de développement : « Tu me donnes ton bras ? » ; « Vas-y, étends ton bras ! » ; « tu lèves les fesses ? » ; …
  • D’une zone de « jeux » où l’enfant peut expérimenter sans intervention excessive de l’adulte. Cette zone sera organisée de manière à ce qu’il/elle soit en sécurité et ait à disposition des objets/textures/… qui pourront aiguiser son intérêt. Cette zone sera toujours rangée identiquement de manière à que qu’il trouve ses repères. Et s’il y a trop de choses, l’enfant tombe vite dans l’ennui. Idées à retenir : faire tourner le stock de jeux pour qu’il y ait des redécouvertes.
  • D’un endroit où manger
  • D’une zone où dormir
  • De personnes de références avec qui il peut développer des relations stables.

La motricité libre se vit également par l’habillage. Il est nécessaire de proposer aux enfants des habits dans lequel il peut expérimenter (#àquoiçasertd’avoirdesvêtementssionpeutrienfairededans) et des « chaussures » qui ont seront en réalité préférablement des chaussons souples (sans semelle mais entièrement en cuir, par exemple) puis des chaussures à semelle souple (qui sont capables d’être entièrement repliées).
Alors oui, les robes pour les bébés sont ravissantes, les petits jeans font très apprêtés… Mais les enfants n’ont pas la possibilité de bouger sans être contraints par leur structure. Cela ralentit ainsi leur développement psychomoteur puisque qu’ils dépensent de l’énergie à éviter les obstacles et les inconforts créés par les habits.

Qui dit motricité libre, dis aussi absence de surstimulation.
Pour les bébés : les mobiles avec un moteur ou les portiques d’activités, puisqu’il s’en vend, tentent de nous faire croire que l’enfant a besoin d’être diverti activement. Or, il s’avère que ce sont des objets qui monopolisent l’attention de l’enfant et le fatigue artificiellement (au lieu de lui laisser l’énergie pour expérimenter son environnement et son corps).
Il serait préférable de favoriser des tapis de d’activités, qui comportent différents tissus et qui permettent des expériences sensorielles par les gestes de l’enfant.
Les arches sont aussi intéressantes. Elles offrent la possibilité de faire pendre quelques objets que l’enfant pourra saisir et faire bouger/tinter si cela comporte des grelots.
En somme, éviter tout ce qui tourne/fait de la musique automatiquement/contient des couleurs très vives.

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Voici un exemple de tapis d’éveil qui est pas mal : les couleurs sont sobres mais contrastées (ce qui est intéressant pour les capacités visuelles du tout-petit), il y a un jeu de texture sur le tapis et les jouets peuvent être enlevés. https://www.aubert.com/Tapis-eveil-Tinoo-tapis-eveil-Sauthon-Baby-Deco.html
C’est un exemple, il y en a des adaptés dans tous les magasins de puéricultures et… en occasion ! 😉

La difficulté de la motricité libre pour l’adulte est de ne pas intervenir de façon directe (et surtout constante). Pour citer Emmi Pikler, « le seul but des interventions de l’adulte est de maintenir les conditions optimales à l’activité auto-induite des enfants ».
Si l’enfant exprime de l’inconfort, l’adulte veillera à proposer à l’enfant un cadre dans lequel il sera bien. Par exemple, si l’enfant est coincé sur le ventre, on le remettra sur le ventre. Si l’enfant fatigue, on le prendra dans les bras. Si l’enfant se détourne de l’objet à sa disposition, on peut lui proposer autre chose/une autre type d’activité (sans laisser tout à disposition « en vrac »).

La motricité libre accompagne naturellement l’éducation bienveillante et positive puisque cela suit le développement spontané de l’enfant.
En outre, les commentaires de l’adulte face à l’enfant sont plus profitables si elles sont effectuées en termes de constatations et pas se faire en termes de validation de l’action. Pour être une claire : imagine que ton enfant grimpe des marches. Au lieu de dire : « Waw ! Tu es vraiment un champion ! », tu peux dire « Waw ! Comme tu grimpes ! ». L’idée est de lui faire remarquer ses compétences.
J’y reviendrai dans un article ultérieur mais l’effet des compliments, sous forme de validation, à long terme engendre que l’enfant cherche systématiquement la validation de ses actions… Et en étant adulte, une attente de reconnaissance perpétuelle.

Quand l’enfant expérimente de nouvelles actions qui semblent risquées par l’adulte, l’objectif ne sera pas d’intervenir en l’empêchant d’agir, mais simplement de sécuriser le cadre afin de l’accompagner (et de garder ton calme au lieu de craindre le pire ! Ok, c’est plus facile à dire qu’à faire !).

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Il peut aussi être agréable tant pour le parent que pour l’enfant que ce dernier soit amené à une dynamique de coopération, dans l’ensemble de la vie quotidienne.
Dès tout petit, en pratique, il s’agit de verbaliser nos actions et d’utiliser leurs mouvements spontanés. En grandissant, il va participer aux demandes de manière plus consciente.
Involontairement, comme le bébé a la naissance est relativement incapable d’agir pour participer activement à la vie quotidienne, l’adulte est susceptible de lui imposer des actions sans verbaliser ni effectuer une demande préalable. C’est une situation d’autant plus fréquente qu’il faut faire face à un retard. Par exemple, mettre les chaussures d’un enfant qui s’entraîne d’habitude à le faire tout seul.
Si, par habitude, l’enfant est habillé par le parent qui ne l’invite pas à être actif dans cette activité, cette activité sera effectuée rapidement.
MAIS : ce gain de temps va à l’encontre du développement du potentiel de l’enfant. En outre, en grandissant, après avoir été passif, l’enfant voudra reprendre le pouvoir sur la situation et être réellement acteur. Cette attitude engendrera des incompréhensions et des frustrations tant dans le chef du parent que chez l’enfant.
Je t’invite d’ailleurs à lire mon article sur le « terrible two », cette période où les tensions émergent fréquemment.

En bref, proposer à l’enfant une motricité libre, c’est lui octroyer une autonomie de mouvements dans le respect de son stade de développement (stades qui répondent à des fourchettes qui sont plutôt des râteaux. L’acquisition de la marche peut être de 9 à 18 mois sans que cela soit inquiétant). Cette dynamique d’actions avec l’enfant lui permet de d’évoluer avec une aisance corporelle, d’évaluer les risques, de trouver des alternatives lors de situations inconnues et d’acquérir un socle solide de confiance en lui (puisqu’il/elle ne dépend pas de l’adulte pour parvenir à ses fins).

Et, une chose pas des moindres : tu peux ainsi éviter l’achat de parc, transat, balancelle, trotteur, youpala, portique d’activités, mobile électriques et autres jouets en plastiques multicolores très bruyants (tu en auras bien assez vite…).
En outre, tu vas aussi découvrir que tu n’es pas obligé.e d’emmener grand-chose quand tu vas quelque part avec ton bébé : il suffit d’avoir quelques jeux et d’avoir à disposition une grosse couverture (et dès que l’enfant sait se déplacer, des amis qui aménage leur intérieur de manière à ce que ton enfant ne « vandalise » pas involontairement les jolis bibelots ! ^^).

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J’espère que cette lecture t’aidera, que tu sois futur parent ou quelques soit l’âge de ton enfant.

A bientôt, insatiable curieuse.x ! 😉

Voici un article graphique sur le sujet de la motricité libre par une talentueuse dessinatrice à qui j’ai emprunté une affiche : https://bougribouillons.fr/motricite-libre/

Pour aller plus loin dans les lectures scientifiquement étayés qui soutiennent la motricité libre : https://www.cairn.info/publications-de-Pikler-Emmi–73549.htm

Préparer la naissance

Si j’avais su… Le corps d’une femme enceinte (et sa tête !)

Si tu es future maman, tu guettes les changements corporels.
Peut-être parce que tu les crains et surtout les séquelles irréversibles.
Peut-être parce que tu attends que cette grossesse se voit.edward-cisneros-667919-unsplash.jpg

Le statut de femme enceinte s’acquiert une fois que la grossesse est visible. Il y a une espèce d’aura social devant ce corps arrondi. Souvent, les regards doux et bienveillants caressent ce ventre proéminent. (On a dit « les regards », pas les mains qui se posent sur le ventre alors qu’on a rien demandé !)
Mais à côté de cette image sociale, il y a le ressenti de la femme.

Personnellement, j’ai vu directement les changements sur mon corps et sur mon métabolisme. Mon histoire engendre que je suis très à l’écoute de mes signaux internes.
J’ai senti une « gêne » dans mon ventre … Mes muscles abdominaux ne réagissaient plus de la même manière.
J’ai su rapidement que quelque chose se tramait (et j’attendais les signaux, puisque ma fille a été conçue par la PMA).

Mais pour certaines, les sensations ne sont pas claires. Il y a d’ailleurs autant une impatience des signes de grossesse qu’une crainte des sensations désagréables.
Et ce qui est drôlement super, c’est que d’une femme à l’autre et même d’une grossesse à l’autre, les « symptômes » de grossesse ne sont pas identiques :

  • Les seins qui enflent et qui deviennent douloureux ;
  • Les nausées ;
  • L’odorat qui s’affine ;
  • Les dégoûts alimentaires ;
  • La tachycardie ;
  • La fatigue ;
  • Les vertiges ;
  • Un goût métallique dans la bouche ;
  • Une peau a tendance acnéique ;
  • L’hypersalivation ;

La liste n’est pas exhaustive. Le corps a de la ressource !

Mais il est possible aussi de ne rien avoir avant un certain terme.
Dans mon cas, aucun signe, à part ces tiraillements dans le ventre. Puis à 4SA (semaine d’aménorrhée), j’ai découvert que je pouvais avoir des seins (ils avaient toujours été inconnus au bataillon). Et surtout, j’ai découvert que la digestion demandait une force inouïe à l’organisme puisque mon cœur s’emballait à 90 pulsations/min dès que je mangeais. Sensation très étrange… et inquiétante !

Mais avec tout cela, viens le lot d’inquiétudes et de joies mélangées. La création d’un petit-être est en cours.
Le corps, qui est son temple, se transforme. En fonction du métabolisme de base, de sa morphologie, de son capital musculaire, la silhouette évolue bien différemment.
Dans mon cas, je croyais qu’en me musclant beaucoup, j’aurais plus de faciliter à retrouver la forme après. C’est relativement concluant. Entends bien le « relativement » !

Certaines, avec leurs nausées, vont perdre du poids au début. Pour d’autre, c’est l’appétit qui prend le dessus et les kilos sont déjà scrutés dès les premiers mois.

C’est paradoxal, la grossesse : on a envie que cela se voit, mais on se trouve un peu grosse quand même.
Je crois que la phase des 3-4 mois est la plus frustrante à vivre : on voit que le ventre est distendu, mais on en sait pas dire si c’est vraiment une grossesse ou si c’est un excès de raclette (oui, même en plein mois de juillet !).
Cette ambivalence par rapport à son corps est une étape importante. Le fait de porter la vie et les sensations qui vont avec nous aide à conscientiser ce qu’il se passera.
En soi, nous ne serons plus jamais seules et le corps d’avant ne sera plus.

Pas de crainte : je ne dis pas que tu seras déformée, juste que c’est un autre corps. Il pourra être aussi harmonieux, mais avec un bassin un peu plus large peut-être, un ventre moins tonique et une peau un peu distendue (voire des vergetures si la nature ne t’a pas fourni le kit « peau extensible »… eh oui : c’est plus une question de génétique que de la quantité d’huile que tu pourras mettre… !).

Le graal arrive vers 5 mois, pour la plupart : le baby bump, ce ventre rond caractéristique d’une grossesse.
Il s’accompagne avec la précision des mouvements du fœtus. Et il y en aurait à dire sur ces sensations étonnantes !
La moitié du chemin est fait et « le symbiote » se fait bien sentir.
Dans mon cas, ce fut une catastrophe dans ma concentration car chaque mouvement me provoquait de larges sourires béats. C’était hyper crédible lors de mes RDV pro… ! Je passe l’envie de faire baisser le ton à certains car ma fille ne supportait pas les fortes voix (et c’est toujours le cas maintenant !).

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C’est à partir de là que je peux suggérer aux mères qui ne le feraient pas, c’est de bouger ! Piscine, marche, vélo (recommandé par ma gynécologue) ou encore exercices de renforcement musculaire, tu as le choix (bien sûr en cas de santé adéquate et de grossesse sans risque !)
Cela permet de prévenir ta perte musculaire et de renforcer la ceinture abdo-lombaire qui est mise à rude épreuve avec le poids du ventre.
Malgré la beauté du ventre rond, il est utile de préserver son dos en tentant de ne pas cambrer son dos pour éviter/réduire les douleurs dorsales fréquentes pendant la grossesse.
L’utilisation des « swiss ball » est aussi une idée qui pourra t’aider jusqu’à la fin de ta grossesse. En t’asseyant là-dessus, à la place d’une chaise pour travailler, cela sollicite tes muscles et cela fait travailler son bassin qui s’assouplit pour le jour J !
Là encore, c’est au bon vouloir du corps qui exprime clairement ses propres limites.

Au fur et à mesure que les semaines passent, le corps s’étend et laisse la place pour les galipettes du fœtus.
Les préparatifs s’accélèrent (sauf si on s’y prend bien tôt, comme moi, qui craignait une arrivée précoce, sans aucun signe précurseur !) et la question de la préparation à la naissance se pose.
Je te propose deux articles : un sur la préparation à la naissance et l’accouchement et l’autre sur les projets de naissance.
A voir se corps changer et à apercevoir les mouvements du fœtus, sa réalité est de plus en plus tangible, aussi pour l’entourage.
Il n’est plus un individu que pour la femme mais aussi pour l’environnement social qui va l’accueillir.

C’est aussi le moment où l’ambivalence peut être la plus forte pour la femme.
En fonction des transformations de son corps, elle peut avoir plus ou moins d’inconforts.
Il y a cette joie d’avoir la concrétisation de ce petit être de plus en plus clair dans ses mouvements (disons parfois déménagement !). Mais il y aussi la transformation majeure du corps, qui n’a plus grand-chose à avoir avec ce qu’il était quelques mois auparavant. Ajoutons à cela la réalisation plus ou moins forte que l’enfant va VRAIMENT arriver.
Je me souviens que 4 semaines avant terme, je me suis rendue compte qu’elle ne serait plus prématurée et que d’ici moins de 30 jours, elle serait dans mes bras.
Oui, j’étais toute ronde (pas autant que je le pensais, en fait !). Oui, elle bougeait. Oui, je lui parlais.
Mais d’un coup, comme un élastique qui rebondit, la réalité d’un bébé et d’être bientôt séparée d’elle physiquement. Elle n’est plus qu’un projet… une chose dont je rêvais depuis des années.. Mais elle est là !

Ce n’est pas pour rien qu’il faut de longs mois pour préparer les affaires du bébé, pour ranger et organiser des choses (ah ah ah ! Si tu savais … par exemple, l’inutilité de prévoir une chambre au départ !). Mais surtout pour se préparer psychiquement à devenir mère et d’être dévouée à quelqu’un d’autre.

Le corps est un média avec l’extérieur.
Le corps est uni indéfectiblement avec l’esprit. De plus en plus d’étude démontrent à quels points il est absurde de séparer corps et esprit dans toutes les approches médicales et psychologiques (par exemple, la rétroaction posturale).
L’esprit se modifie également, pour passer de l’être unique que nous sommes, à un être qui (dans un premier temps) n’aura plus des masses d’autres vocations que la satisfaction des besoins du bébé.
La structure même du sommeil évolue : « on observe une proportion plus importante des phases de sommeil lent léger et d’éveils. Le nombre de phases de sommeil lent profond diminue. Ceci a pour effet de limiter l’effet réparateur de la fatigue physique que doit procurer le sommeil. On note également une augmentation des parasomnies et des dyssomnies en fin de grossesse. » (source : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00863861/document)
La modification du sommeil a comme objectif que la femme jeune accouchée soit très rapidement disponible pour son bébé, même endormie.
L’allaitement favorise également cette disponibilité grâce à la production hormonale qu’il engendre.
Bref, tout se met en place. Corps, tête et environnement.

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Cependant, la grossesse est une période de bouleversements émotionnels. Les rôles changent au sein des familles et des couples.
Cela peut engendrer des grosses remises en question (j’ai envie de dire : ce n’est que le début !) et le regard de la société peut s’avérer pesant.

D’abord, la femme enceinte doit avoir une silhouette précise et ne pas prendre plus de 10 kg (c’est à modérer en fonction de la stature initiale).
Elle doit se comporter d’une certaine manière : éviter certaines activités perçues comme inadaptées, par exemple.
Elle doit aussi être forcément heureuse et bien dans son corps car ce dernier est un cocon pour son bébé et que c’est FORCÉMENT une plénitude.
Oui, ça peut l’être. Mais l’inverse est aussi vrai !
Une femme enceinte peut aussi bien faire des bombes dans la piscine (ça sent le vécu, non ?!) que d’aller courir. Ses limites seront clairement définies par ses propres ressentis. Les femmes n’ont nul besoin de « conseils » décourageants. Elles ont juste besoin de se reconnecter à leurs propres sentiments, leurs émotions, leurs sensations physiques et leurs forces intérieures.

Certaines vivront très mal les changements physiques pendant la grossesse et les limitations qui en découlent (d’autant plus dans le cas des grossesses à risques).
Si c’est ton cas et que tu es mal dans ta peau : contacte moi (ou un.e autre professionnel.le), écris un commentaire pour faire part de son ressenti et accepte ce que tu ressens (voir l’article sur les émotions).

Tu as le droit de te sentir belle.
Tu as le droit de te sentir mal.
Tu as le droit d’être frustrée car la grossesse ne rencontre pas tes espoirs.
Tu as le droit d’Être au lieu de paraître aux yeux du Monde.

Dès le départ et pour toute ta vie, je t’invite à te renseigner sur le mouvement « Body Positive » qui fait du bien aux femmes.
L’objectif n’est pas de constater que d’autres se sentent bien sur les réseaux sociaux, mais d’en comprendre les intentions initiales : accepter que chacune est originale.
Aucun regard extérieur ne devrait valider notre Être.
La liberté, c’est d’avoir le choix et de ne pas courir après un idéal construit de toute pièce par la société normative.

A très bientôt, Lectrices/Lecteurs Curieuses.x !

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Allaitement·Éducation bienveillante·Maternage proximal

Bébé, que manges-tu ?

L’alimentation du bébé de la naissance au premier anniversaire : une première confiance à offrir.

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Dès la naissance, les nouveau-nés font face à une nouvelle sensation : la faim ! Jusque-là, ils étaient perfusés en continu.
A la naissance, le bébé cherche spontanément à ramper vers le sein. C’est ce qu’on appelle le crawl du nouveau-né. (voici quelques sources et études sur ce crawl et les bienfaits du contact peau-à-peau directement après la naissance : http://www.breastcrawl.org/science.shtml).

Voici une petite vidéo qui montre combien le bébé humain est compétent, dès sa naissance, à trouver sa ressource : https://www.youtube.com/watch?v=b3oPb4WdycE

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif jusqu’à l’âge de six mois. C’est-à-dire sans l’introduction de quelques autres aliments, même pas de l’eau.
Il est nécessaire de rappeler ces recommandations pour aller au-devant des suggestions de diversifications précoces (vers 4 mois), même si c’est suggéré par des pédiatres qui ne sont pas mis à jour…

Durant l’allaitement, il est nécessaire de laisser le guide de fréquence par les bébés. Ils savent exactement ce dont ils ont besoin.
Ils peuvent téter de 6 à 20 fois par 24h durant les premiers mois, et ensuite, cela se régule en allant vers un rythme de 6 à 12 tétées par 24h.
Il n’y a pas de rythme à respecter, dans aucune circonstance (il n’y a pas de bébé trop gros à cause de l’allaitement !). L’allaitement s’effectue à la demande. Les tétées peuvent durer 5 minutes ou 30, en fonction des enfants… des moments, des périodes de l’année (la chaleur engendre des tétées plus fréquentes et qui ne doivent pas être substituées par de l’eau !)

Tout ce lâcher-prise et cette confiance dans les capacités de l’enfant vont à l’encontre de l’habitude donnée depuis des générations (voire l’article biberon vs allaitement) d’avoir un contrôle sur le rythme des prises alimentaires (toutes les 3 ou 4h, au choix, et plus l’aspect culturel des repas pris à des heures fixe : 7h ; 12h ; 16h ; 19-20h). Il faut bien rappeler que ce sont des considérations culturelles dont le petit enfant se fiche et… n’a pas d’intérêt à les suivre.
Il en va de même pour la gestion des quantités. L’allaitement laisse à l’enfant la gestion de ses quantités alors qu’au biberon, la mesure de ce que l’enfant ingurgite est une question précise.

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Dès le départ, il ne faut pas se focaliser sur les rythme, les quantités ou les prises de poids scindées au jour près (sauf s’il y a une situation inquiétante, cela va de soi).
Cette recherche de contrôle est néfaste pour le moral des parents et complétement inutile dans le cadre de la sérénité quotidienne.
Fais confiance à ton bébé. Il sait ce qu’il se passe dans son corps et sait gérer ses besoins.

Le temps avance et ton bébé va changer de rythme biologique. Il va acquérir le rythme circadien (l’alternance jour/nuit) et ses phases de sommeil/éveil vont être plus régulières.
Personnellement, j’ai été vraiment à l’aise à partir du moment où ma fille tenait sa tête pour allaiter en écharpe aussi (ou en Mei Tai), ce qui permet d’être vraiment plus libre dans ses activités puisqu’on est même plus obligée de se déballer ! ^^

Vers le 4ième mois de vie, il te semblera que ton bébé veut manger en même temps que toi : il suit tes mouvements et essaie d’amener à la bouche tout ce que tu lui tends. Tu ne pourras probablement plus allaiter en mangeant (Oui, ça nous arrive à toutes, non ?!) car il sera diverti par tes gestes.
C’est aussi la période où j’ai pu arrêter de regarder mes séries/films/reportages car elle s’intéressait à l’écran !
Attention : ce n’est pas un signe qu’il/elle est prêt.e à manger mais juste que les acquisitions motrices permettant le mimétisme se perfectionnent !
Dans ces moments-là, tu peux lui donner des faux aliments en peluche/en bois ou encore une cuillère vide. Ton bébé sera ravi.

A partir du 6ième mois, il est possible de faire découvrir au bébé la nourriture.
Il y a la diversification classique : mouliné de légumes/fruits/féculents/protéines.
Il est également possible de préférer la Diversification Menée par l’Enfant (DME). Ce que j’ai fait, d’ailleurs.
La DME est une méthode de diversification où l’on présente des aliments entiers et de grandes tailles à l’enfant de manière à ce qu’il apprenne à croquer et à mâcher. Il peut patouiller dans les aliments et découvrir leur texture tout en développant la motricité fine nécessaire à leur manipulation.
Pour débuter la DME, il est nécessaire de respecter des règles de sécurité tant dans les signes physiques du bébé (qu’il sache se tenir assis droit dans sa chaise) que dans la présentation et le choix des aliments : évitons les rondelles de saucisse et les cerises entières… ! :-p
Voici un site qui recèle de nombreuses informations passionnantes au sujet de la DME : https://bebemangeseul.com/la-pratique/

A nouveau, il faudra lâcher prise lors de la diversification.
Bien qu’il soit fréquent (même à l’OMS) d’indiquer des quantités à respecter en fonction de l’âge des enfants, cela met une pression absurde tant sur l’enfant que sur les parents.
La diversification est une approche de la nourriture : le lait reste l’aliment privilégié et principal jusqu’à 12 mois ! L’OMS précise que le lait maternel confère 50% ou plus des apports énergétiques journaliers de 6 à 12 mois et un 33% environ de 12 à 24 mois.
L’allaitement n’est donc pas une bagatelle qui doit être délaissée dès la diversification.
Il faudra d’ailleurs veiller à proposer le sein avant tout aliment.
Cela vaut également pour les bébés en tire-allaitement ou au biberonde Préparation pour nourrissons (lait artificiel) .

Qui dit « approche » de la nourriture, ne veut pas seulement dire nourrissage. Surtout dans la DME où l’enfant a la possibilité de réellement découvrir les aliments sous tous leurs angles, l’aspect des quantités avalées ne doivent pas poser question avant 12 mois.
Il faut réussir à faire fi des comparaisons entre enfants.
Le seul point d’attention sera lorsqu’un enfant refuse d’avaler et a un réflexe vomitif très marqué, et ce  très tard. Les troubles de l’oralité peuvent alors être investigués. Mais il ne faut pas y penser en première intention et laisser à l’enfant le temps de découvrir les textures des aliments.

Quand l’enfant commence à s’alimenter, ses prises alimentaires ne sont pas de quantités identiques : cela dépend de son appétit.

Je rappelle, comme évoqué dans mon article sur les besoins, que l’enfant jusqu’à 12 mois est mu par ses besoins et qu’il sait les écouter.
Ce n’est qu’après confrontation à des contraintes sociales et à des refus que l’humain ne parvient plus à lire ses signaux internes aussi facilement.
Combien d’adultes n’ont pas du mal à gérer leur appétit et leur satiété ?

Il est fort probable que ces difficultés soient inhérentes à un manque d’écoute des besoins lors de l’enfance. Avec des phrases comme : « finis ton assiette ! » ou « ne mange pas tant ! », la capacité de l’organisme à reconnaître les signaux primordiaux est brimée.

Il est dès lors utile de laisser l’enfant manger à sa faim. Parfois peu, parfois beaucoup, sans prêter attention aux grammages des assiettes.

Il en va de même pour les heures des repas : il est socialement déterminé de proposer un encas lors de longue matinée, ou un goûter à 16h, sans forcément laisser l’enfant exprimer son besoin de manger.
Culturellement, les menus changent. En France, le petit déjeuner est sucré alors que le repas matinal en Asie est similaire à ceux des autres moments de la journée.
Il est possible de proposer à l’enfant de manger à différente heure de la journée : il est possible que ton enfant ait faim à 10h et à 15h de nourriture solide mais qu’il n’en ait pas envie à 12h. Et pourquoi pas ? J

Il a tout le temps de sa vie pour coller aux normes sociales. Les compétences nécessaires pour écouter ses signaux corporels sont chères. Si tu peux les préserver, fais-le ! Tu en feras une personne plus à même d’être à l’aise avec ses propres besoins.

Te concernant, je ne peux que te conseiller de résister à la pression de l’entourage ou  des endroits de garde qui peuvent te suggérer un mode d’alimentation qui ne te convient pas.
Si tu veux faire la DME : fais-le ! Si tu veux allaiter jusqu’au sevrage naturel : fais-le !
Et après, il mangera comme les autres mais en ayant découvert les aliments sous leur forme naturelle.
Si tu veux que ton enfant ne mange pas de produit transformé, ne cède pas aux suggestions des flocons et autres biscuits écrasés pour appâter les papilles des petits. Induire une appétence au sucre raffiné n’est pas un cadeau et viendra, probablement, bien assez tôt !

En somme, fais confiance à ton enfant et fais valoir ton point de vue ! Ton enfant sait ce dont il a besoin et tu n’as pas à céder face à une pression normative.
Le rapport à la nourriture a sa place dans le sujet de l’éducation bienveillante. L’enfant est responsabilisé dans ses apports. Cela demande un lâcher-prise, une confiance et une compréhension des réels besoins des petits d’humain.

A très bientôt, les Curieuses.x !

 

 

Préparer la naissance

Comment avoir l’accouchement que l’on souhaite ?

Préparer un projet de naissance
Il est commun d’entendre que cela ne se passe jamais comme prévu.
Et c’est vrai.
Voilà, Clap de fin !

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Sans blague…
Il est vrai que le déroulement des « opérations » ne se passera sûrement pas comme il avait été imaginé.
Mais ce n’est pas parce qu’il y a des imprévus que tout le projet désiré est bâclé.

La rédaction d’un projet de naissance sert à être au clair avec ce qu’on envisage et ce qu’on veut éviter.
Cela aide à conscientiser le cadre dans lequel on accouche et à préciser ce que l’on attend des gens autour de nous.
Un projet de naissance a du sens dans tous les cas : maternité hospitalière, maison de naissance ou encore accouchement à domicile.
Il permet de se renseigner sur le déroulé de différents accouchements et de connaître les pratiques habituelles. Il offre la possibilité de faire le point sur ce que l’on souhaite vraiment et les besoins que l’on estime avoir en tant que jeune maman.
Par exemple, en tant que maman solo, je n’envisageais pas un accouchement à domicile ou encore en maison de naissance parce que j’avais besoin d’être entourée les premiers jours. J’avais besoin d’avoir des professionnelles pour m’aider h24 si nécessaire et m’assurer un bon début d’allaitement (et je remercie encore le personnel de la maternité du CHR de Namur !).

Bref, le projet de naissance sera un outil de choix pour communiquer avec les personnes présentes lors de votre accouchement.
Si tu arrives déjà en phase active et que tu n’as plus envie de discuter, avoir couché sur papier tes désidératas pourra aider à ce qu’on t’accompagne dans ton objectif.

Mais voilà, ce ne sont pas seulement des listes de désidératas, enfin, pas uniquement !

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Voilà pourquoi je propose un petit guide du « comment rédiger un projet de naissance sympa à lire ».
Parce que dans l’absolu, s’il y a bien un moment où l’on a envie de recevoir de la bienveillance, c’est celui-là ! Et quoi de mieux que de communiquer avec précision, empathie et bienveillance pour en recevoir en retour ? :-p

Tout d’abord, prends la peine d’écrire à la main (de manière lisible, je sais à quel point cet aspect peut-être difficile!). Ensuite, je peux te conseiller de commencer ta lettre de projet par la confiance que tu éprouves dans la structure dans laquelle tu accouches.
Ensuite, il est nécessaire que tu évoques ce que tu aimerais vivre (et non pas ce que tu ne voudrais pas vivre !). Par exemple, un accouchement physiologique, dans une ambiance feutrée, la participation active de ton/ta accompagnant.e, le peau à peau, le clampage tardif, etc. Mais cela vaut aussi pour les accouchements sous péridurale (en précisant la dose escomptée), la volonté de bouger pendant le travail ou encore les accouchements sous césarienne programmée (durant lesquels il est possible de demander le peau à peau le plus rapide possible, ou qu’il soit effectué par l’accompagnant.e, par exemple).

Après cela, je te suggère de préciser que tu/vous as besoin que l’équipe (ou les personnes présentes) communique avec toi et te prévienne de chaque acte et de toute évolution dans le travail. Revendique ton besoin de soutien de leur part pour rester en confiance dans ce moment émotionnel qu’est la naissance.

Après cela, tu peux évoquer avec une formulation positive ce que tu ne veux pas.
Imaginons que tu ne veuilles pas d’épisiotomie préventive, pas d’injection de syntocinon (ocytocine), pas de rupture de la poche des eaux ou autres…
L’idéal serait de le présenter sous cette forme :

  • J’aimerais éviter l’intervention d’une épisiotomie préventive ;
  • Je souhaiterais éviter d’injection d’ocytocine si le décours du travail ne l’exige pas expressément et que je n’ai pas émis mon accord

La formulation positive aide à faire passer ton message de manière plus ouverte et disponible à la discussion.
En effet, il ne faudrait pas oublier qu’une naissance peut être pavée de faits inattendus.
La médecine moderne a pu se positionner de telle manière à défaire les femmes de leurs pouvoirs lors de l’accouchement. L’objectif actuel, et surtout dans les accouchements physiologiques, est clairement de promouvoir un enpowerment des parturientes.
Cela dit, il ne faut pas se couper des possibilités et des avantages des soins accessibles à l’heure actuelle.
Il est tout de même heureux que nous ayons accès à des soins qui permettent de faire face à ces imprévus qui peuvent altérer la santé des femmes et de leurs bébés.

Il est donc nécessaire de préciser que toutes les requêtes amenées dans le projet de naissance, ne sont à considérer que dans le cadre où la mère et l’enfant sont en bonne santé. S’il faut se prémunir face à de l’excès d’interventionnisme, il n’est pas prudent d’être hermétique à tous les actes qui peuvent être réellement utiles.

Exemple anecdotique me concernant : Je voulais absolument accoucher dans une position physiologique (qui aide à la descente naturelle du bébé). Au moment venu de pousser (on en reparlera, parce que … si j’avais su qu’il était possible de ne pas pousser avant.. !), je me suis donc mise à 4 patte.
Et j’ai été incapable de garder cette position. Je n’étais ni confortable ni dans la capacité à canaliser mes efforts. La sage-femme m’a suggéré de basculer sur le côté, « à l’anglaise », et là non plus, je n’u parvenais pas.
La gynécologue m’a alors demandé si j’acceptais de me mettre sur le dos. Je connaissais tous les blocages que cela engendre… et que cela n’aidait vraiment pas.
Mais je n’y arrivais pas autrement, j’étais à 14h de travail, 4h de sommeil en 48h …
Alors, je me suis dit qu’il fallait tenter (même si j’avais peur des interventions qui seraient facilitées par cette position). Et là, cela a bien débloquer le déroulement des évènements.
Ma puce était « bloquée » vers le pubis et passer sur le dos l’a fait descendre. Cela expliquait pourquoi je ne supportais pas de rester vers l’avant tout le travail.
Malgré cet expulsion en position gynécologique, il n’y a eu aucun acte ni souffrance. Comme quoi…

 

En somme, il faut être informé.e (comme je le suggère dans cet article sur la préparation) , savoir ce que l’on souhaite et être en mesure de le communiquer en usant des méthodes de demande de la communication non-violente afin que cela soit entendu et respecté.

A très bientôt, les Curieuses.x!

« Un esprit curieux est l’attribut le plus important qu’un homme ou un femme peut posséder. » M.J. Rose

 

Communication Non-Violente

« Je te l’ai déjà demandé 100 fois ! »

Ou comment la formulation des demandes impacte les relations.

Et voici venir la dernière étape de la CNV, la formulation des demandes !

Pour rappel :

Étape 1 : l’observation des faits sous forme de constat objectif

Etape 2 : l’expression des sentiments dénués d’implication des autres et en se responsabilisant de ses émotions

Etape 3 : l’expression et la détection de ses besoins (sans qu’ils soient liés à d’autres personnes- et communs à tous les êtres humains)

 

Il n’est pas limpide de savoir ce dont nous avons réellement besoins (bien qu’on puisse chercher, cf mon article sur les besoins) et encore moins la manière dont ils peuvent être réellement satisfaits. Les demandes ont pour objectif de satisfaire les besoins. Lors de la demande, l’émetteur propose une stratégie pour les combler. C’est une alternative.
Il s’avère que nous ne sommes pas forcément sûr.e.s de ce que nous voulons vraiment… Sauf quand nous l’avons obtenu.

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La demande, pour être efficace, doit contenir des verbes d’action. Par exemple : « J’aimerais que tu ranges la vaisselle, quand elle est sèche. »
Une requête qui n’est pas efficace dans la même situation serait : « J’aimerais que tu sois plus ordonné.e. » ou « J’aimerais que la vaisselle ne traîne pas sur l’égouttoir ».
Une demande mettant en évident ce que l’on veut que l’autre SOIT est, par essence, une perte de temps : « J’aimerais que tu sois plus confiant », « J’aimerais que tu sois honnête », « j’aimerais que tu sois plus aimable ».
Il faudrait définir en acte concret ce que signifie pour ces personnes ce qu’est être confiant, honnête et aimable.
Si la réponse est : « Oh ! Tu sais bien ! » ou « C’est difficile à décrire ! », il pourrait être utile de transmettre à l’autre qu’il est bien ardu de savoir ce qui est dans sa propre tête et qu’il est encore plus compliqué de faire quelque chose qu’il ne parvient pas à formuler concrètement.
De la même manière, effectuer une requête en émettant ce que l’on ne veut pas ne donne aucune indication sur ce qui remplit notre besoin : « J’aimerais que tu évites de lui parler », « j’aimerais que tu ne cries pas », « j’aimerais que tu ne touches pas à mes affaires ».
Outre le fait que l’enfant jusqu’à un certain âge n’entend pas les formulations négatives et garde en tête l’action, l’adulte ne peut cibler les actions à entreprendre pour aider l’autre à combler son besoin.

Rosenberg suggère que toute demande contienne une action concrète, accessible et positive (dans la tournure de phrase). En plus de cela, il propose de :

  1. Cibler la volonté d’une relation de qualité plutôt que les effets : il est alors indispensable de  prendre en compte les propres besoins de mon interlocuteur et accepter sa réaction (dont un éventuel refus) avec empathie.
  2. Demander un feed-back : demander à l’interlocuteur de restituer ce qu’il a reçu de mon message.

 

Evoquer un besoin sans émettre une demande SMART (Spécifique, Mesurable, atteignable, réaliste et temporellement défini) peut engendrer de la crainte pour l’interlocuteur. Un besoin peut sembler énorme à combler et sans proposer une demande, autrui peut croire qu’on attend de SA personne toute la satisfaction du besoin.
Or, un besoin est, rappelons-le, détaché de tout individu !

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La différence entre la demande et l’exigence

Quand on y pense : à partir du moment où l’on a détecté le besoin (caché) derrière l’émotion et qu’on formule une requête concrète, on s’attend à ce que l’autre s’exécute.

La formulation était claire et polie (c’est plus facile pour se faire entendre) et les motivations ont été invoquées … Alors pourquoi y aurait-il résistance et comment distinguer la demande de l’exigence ?

La réponse est dans l’interaction avec l’Autre et, surtout, dans l’acceptation de l’opposition à la demande.
La demande est une exigence à partir du moment où le refus d’exécution est mal vécue. Le « Non » n’était en fait pas une option alors qu’on émettait la requête.

Là, je pressens une réaction : il serait logique d’être affecté.e à partir du moment où l’on n’obtient pas ce que l’on souhaite… (En effet, globalement, on aimerait plutôt s’en tenir à un accord suivi d’effet immédiat).
Mais il s’avère que l’Autre, face à soi, a aussi des sentiments et des besoins. Malencontreusement, les besoins ne sont pas forcément identiques en même temps et surtout, les stratégies pour les satisfaire sont divergentes.

La communication va alors prendre tout son sens, puisqu’au moment où la requête est formulée, l’Autre va pouvoir démarrer son propre cheminement de pensées : OSBD (si l’utilisation de la « Langue Girafe Classique » est de mise entre ces deux protagonistes) ou simplement refuser. L’évocation des besoins personnelles et de la demande qui l’accompagne pourront permettre une discussion quant à la stratégie à privilégier pour que chacun sorte gagnant de cette situation.

Exemple : Le soir, A revient chez elle et constate que B, son enfant, a laissé son cartable dans l’entrée.
Cette observation l’énerve, car c’est récurrent… Et qu’A aime l’ordre. Elle a un besoin d’harmonie dans sa maison et estime que ce cartable gâche la perception d’ordre de son habitation, surtout dès qu’elle passe le seuil de la porte.
Elle demande à B de prendre le temps de ranger son cartable dans sa chambre et, qu’à l’avenir, il le range dès son retour de l’école.
B n’a aucune envie de lâcher son jeu et refuse de venir.
A est contrariée…

Comment donc se sortir de cette situation ?
L’empathie est le maître-mot pour prendre de la distance par rapport à nos demandes et aux exigences sous-jacentes.

L’empathie permet comprendre les sentiments et ses pensées d’autrui, en se mettant à sa place tout n’oubliant pas que nous n’y sommes pas.

Dans la situation décrite plus haut, A comprend que B est passionné par son jeu et qu’il n’est pas enthousiasmé par le fait de venir mettre de l’ordre à ce moment précis.
Une discussion peut alors être entamée. Il se peut que B ait besoin de décompresser et de partir jouer dès son retour de l’école. Il n’a pas envie de monter les 2 étages qui le séparent de sa chambre pour y déposer son sac. Alors, il pose son cartable en bas et file jouer.
A comprend le besoin d’amusement de B, et B entend le besoin d’ordre de sa mère. Il parvienne à une solution commune : B place son cartable dans l’entrée de l’escalier et le monte lorsqu’il va dans sa chambre.
Ainsi A n’est plus incommodée par la vue du cartable dans l’entrée et B peut aller jouer rapidement.
Personne n’a eu raison ou n’a perdu dans cette solution commune.

Bien sûr, j’expose ici une situation idyllique. Il y a fort à parier que d’autres situations nous mettent en difficulté par leur récurrence et le manque de collaboration d’autrui (par rapport à l’enfant, voire mon article sur la créativité dans l’éducation).

Cependant, la clef est là : l’empathie et la recherche de collaboration.
Il n’y a pas qu’une stratégie qui peut remplir chaque besoin (cela engendre d’ailleurs beaucoup de conflit de le croire). Il est utile de s’ouvrir à des possibilités et à une co-construction de stratégies qui répondent aux besoins de tous.

L’objectif d’une demande n’est pas de contraindre, mais de l’inciter à agir avec entrain. L’enthousiasme sera inhérent à l’empathie développée, à sa participation à une vie sociale sereine et enfin à la compréhension de son rôle dans la satisfaction du besoin d’autrui (si la stratégie demande la collaboration de l’autre).

Pour demeurer dans un processus positif et non-violent, celui qui formule la demande ne cherche pas que l’Autre s’exécute parce qu’il :

  • a peur d’une punition,
  • espère une récompense,
  • pense que je vais être aimé davantage,
  • a un sentiment de honte ou de culpabilité,
  • sent cette demande comme un devoir.

Le paradigme défendu dans la CNV, mais aussi dans l’éducation bienveillante et positive, est que toutes les actions doivent venir du cœur.
Thomas d’Asembourg a même intitulé un livre: « Cessez d’être gentil, soyez vrai ! ».
L’objectif n’est pas de remplir les besoins d’autrui en s’oubliant. Il s’agit de se comporter de manière à répondre à ses besoins (l’authenticité) et à prendre en compte ceux d’autrui (l’empathie).
Il ne faut pas anticiper et partir du principe que notre authenticité va blesser l’autre.

Je pense que nous avons tous un exemple en tête qu’une personne « à prendre avec des pincettes » et qui entend des reproches/critiques là où l’on constate.
Exemple classique : A : « La voiture a un nouveau coup sur la portière ! », B : « Oui, ça va ! Je sais ! Tu crois que j’ai fait exprès ?! ».
A n’a pourtant pas sous-entendu que c’était le cas mais B anticipe et réagit comme s’il était sujet à un reproche.

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Accepter le refus (des autres et par soi-même)

Refuser une invitation ou annuler sa participation à un évènement peuvent être mal reçues. Pourtant, la personne qui décline soigne ses propres besoins et n’offense par l’autre.
Mieux vaut une présence plus rare mais enthousiaste qu’une participation récurrente dénuée de toute joie, n’est-ce pas ?

Les interlocuteurs sont susceptibles de tomber dans le piège de la culpabilité et dans les envies de revanche par rapport à l’autre. Il est possible que soient confondus « Je me sens blessé » et « tu m’as blessée ».
Comme je l’ai détaillé dans mon article sur les sentiments, il est nécessaire de s’en responsabiliser et de ne pas impliquer autrui.

Dans les situations où l’on sait que l’autre consent à une organisation « pour faire plaisir » et n’y prend pas part de manière heureuse, il est possible de questionner : « Comment puis-je dire ce que j’ai envie de faire aujourd’hui sans que l’autre ne le prenne comme une exigence à laquelle il doit céder à tout prix? ».
Ouvrir le dialogue, très frontalement, en mettant en évidence qu’il n’est pas souhaitable d’agir sous la contrainte peut libérer la relation d’un poids.
Cela ouvre la personne face à nous à s’ouvrir à ses propres besoins et au fait de ne pas agir par défaut. Encore une fois, c’est un exercice d’empathie à l’autre.

Enfin, La volonté d’effectuer une demande sans blesser l’autre (à partir du moment où l’on agit avec cœur et empathie) est impossible à tenir.
Si une personne perçoit chaque constat/sentiment/besoins/demande comme autant de manière d’être blessée, c’est parce qu’elle n’est pas dans un processus d’observation et d’empathie réciproque. La seule manière d’être sûre de ne blesser personne en agissant est d’être « une gentille personne morte » (pour citer Rosenberg).

 

Pour résumer, la formulation des demandes  doit être abordée comme une ouverture vers la collaboration et une relation d’empathie mutuelle.

Est-ce aisé en tout temps ?
Certainement pas.
Parce que pour donner de l’empathie, supporter de l’opposition et  démarrer un processus de collaboration, cela demande de l’énergie (et d’avoir soi-même reçu de l’empathie !).

La fatigue et l’énervement peuvent amoindrir drastiquement nos facultés à faire face.
Ces situations demandent de la compréhension de soi et un respect de ses propres besoin fondamentaux. Un temps de pause offre une partie de ce qui est nécessaire pour accepter la résistance ou la contradiction.
Apprendre à mettre de la distance et de sortir de l’immédiateté permet de revoir avec plus de calme les stratégies pour répondre à ses besoins.

Pour conclure : développe ton empathie, sois indulgent avec toi-même, et vise processus de collaboration… et non l’obéissance.

« C’est dangereux d’enseigner à un enfant qu’il n’a d’autre choix que de faire ce qu’on lui dit. » – Marshall Rosenberg.

 

A très bientôt, les Curieu.x.ses.

P.S. : Tu excuseras le délai de « livraison » du présent article. Les impondérables de la vie engendrent un vrai manque de disponibilité (#dentsdebébé #roséole #fièvredecheval)

Communication Non-Violente

Et si nous revenions à nos besoins !

Bam! Bam! Bam!

Voici l’Acte 3 de la communication non-violente : l’expression et l’importance des besoins

Pour retrouver les actes précédents:

  1. En préambule, l’introduction
  2. L’acte 1 : l’observation
  3. L’acte 2 : l’expression des sentiments

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Après avoir détaillé l’observation et l’expression des sentiments, j’en arrive au sujet sensible. Ce qui est caché tout au fond de nous… Enfin pour la plupart des adultes.
Et pourquoi juste des adultes ?
L’enfant naît avec une capacité inestimable pour sa survie : réagir en fonction de ses besoins fondamentaux. Les tout premiers mois, ce n’est d’ailleurs pas très élaboré :

  • le besoin de sécurité + cohérence (cadre de vie harmonieux et stable)
  • le besoin de se nourrir (d’être nourri, forcément)
  • le besoin de dormir (les rythmes des enfants évoluent à toute vitesse et leurs expressions diffèrent d’un enfant à l’autre)
  • le besoin d’être propre

 

Les parents, dans la prime enfance, sont responsables de la satisfaction de l’ensemble des besoins. Au fur et à mesure, l’enfant va devenir capable de répondre à ses besoins. Ces apprentissages et acquisition requièrent un accompagnement de la part de l’adulte.
Cependant, très vite, le petit être humain est conditionné à minimiser l’expression et la satisfaction des besoins.
Par exemple, à l’école, il est demandé aux enfants d’attendre lorsqu’ils ont faim ou lorsqu’ils doivent soulager leur vessie. Il est également convenu que les enfants travaillent seul, sans bavarder et son évaluer de manière à être comparés les uns aux autres.
De manière plus ou moins flagrante, il est demandé à la plupart des enfants de brimer leurs besoins. De plus, les sentiments suscités par l’insatisfaction desdits besoins ne doivent pas être bruyants.
Il est étonnant, tout de même, de constater que les adultes aient conscience que certains besoins monopolisent  les enfants plus que d’autres activités (que ce soit des activités manuelles ou des cours). Cependant, les rythmes scolaires classiques ne répondent pas à cela… et la vie des enfants dans un monde d’adultes, non plus! La dernière heure de la matinée et les vendredis après-midi ne sont pas des créneaux horaires où les enfants sont disponibles pour l’apprentissage, car ils ont faim ou ont besoin de se dépenser. Et que dire d’un enfant émotionnellement chargé qui revient chez lui, entouré de parents fatigués. Comment sont reçues ses manifestations émotionnelles?

L’école n’est pas la structure « fautive » ni les parents en tant que tels. Les parents et toutes les structures éducatives considèrent que le développement de l’autonomie de l’enfant se coordonne avec la capacité à faire taire les besoins. Surtout à partir du moment où l’enfant s’exprime à « grand bruit », aux alentours de 2 ans (voir mon article sur le « terrible two »).

A force d’être confronté à cette contradiction, la détection naturelle des besoins s’efface graduellement et est remplacée/masquée par l’expression des désirs (d’autant plus dans la société consumériste dans laquelle nous évoluons).

Par exemple, il est fréquent d’entendre un enfant demander un gâteau peu de temps avant le repas. Il s’avère qu’il a faim. Il y a fort à parier que si on lui propose un morceau de pain, il s’en satisfera. La demande du gâteau est une stratégie pour satisfaire sa faim. Le morceau de pain est une stratégie alternative.
Faudrait-il faire patienter l’enfant ?
Cela dépend du délais jusqu’à ce que la préparation du repas soit achevée…
D’ailleurs, je voudrais juste savoir ce que tu fais lorsque tu prépares le repas et que tu as faim ?
Personnellement, je grignote quelques morceaux de légumes destinés à mon plat, je croque des cornichons ou autre.
L’enfant n’a pas ce choix… Il est soumis à la volonté de l’adulte sur le moment et les aliments à déguster.

Comme proposé dans mon article sur la présentation de la discipline positive, je te remets à disposition la grille des besoins cachés pour les enfants :

grille besoins cachés Jane Nelsen

Petit, l’enfant n’est pas à même de mettre des mots sur ses émotions et ses besoins. C’est la raison pour laquelle l’adulte a comme rôle de l’accompagner et de verbaliser ces sentiments. Adultes et enfants ont besoin d’empathie afin de se livrer à ces expressions et décodage émotionnel.

Dans un exemple concernant les adultes, je t’invite à te figurer une fin de journée chargée. Que souhaites-tu faire ?
Peut-être simplement te reposer dans le canapé avec un livre ? D’autres préfèrent regarder la télévision ou encore jouer à un jeu vidéo sur mobile, sur console ou sur ordinateur.
Toutes ces activités sont des stratégies pour remplir un besoin que ce soit le repos, le calme, l’amusement, la détente, …
Il faut bien différencier besoins et envies :

  • les besoins sont définis par Marshall Rosenberg comme :
    • Universels (communs à tous les êtres humains) ;
    • ils nous mobilisent pour agir dans le sens qui nous font croître ;
    • ils sont indépendants de tout contexte. Notamment, ils ne sont attachés :
      • ni à une personne en particulier,
      • ni à un objet,
      • ni à une action,
      • ni à une situation particulière ;
    • il y a un nombre infini de manières de les satisfaire. M. Rosenberg appelle « stratégies » les actions que l’on met en œuvre pour les satisfaire.

(source exacte : https://www.reseau-canope.fr/savoirscdi/fileadmin/fichiers_auteurs/cdi_outil_pedagogique/conduire_projets/Charlie_et_compagnie/CNV1.pdf)

 

  • Les envies/désirs sont multiples et très diversifiés. Elles sont des stratégies pour combler le besoin insatisfait.

 

Marshall Rosenberg (fondateur de la CNV), dans son livre : « les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) », offre une classification en 7 catégories de besoins (parfois 9, mais ce sont juste des catégories différentes, pas le contenu qui en est modifié). Il ne s’agit pas d’une classification pyramidale (comme présenté par Maslow), mais d’une coexistence de ces besoins :

Autonomie

  • Choisir nos rêves, nos buts, nos valeurs et déterminer une/des stratégies pour les accomplir

Exemple : Je rêve de devenir une actrice des réseaux alternatifs. Comment (quelle stratégie utiliser) ? Je peux être bénévole, participer à un potager collectif, intégrer une association de glanage et cuisine pour les plus démunis, je peux changer mes modes de consommation, etc. Les stratégies sont très nombreuses !

Célébration

  • Célébrer la vie et la réalisation de nos rêves

Cela veut dire reconnaître le chemin parcouru, mais aussi le chemin pendant que l’on y est. C’est reconnaître la joie d’agir comme on le fait au moment où l’on est engagé dans l’action.
L’humain a été conditionné à « ne pas se réjouir trop tôt ». De même, sous couvert d’humilité, il est de bon ton de tempérer ses réussites au lieu de les partager (un vrai partage qui cherche à amener de la joie et de l’espoir chez autrui, et non à créer un comparatif).
Il semble que l’humain ait l’impression d’être « pris en tort » lorsqu’autrui parvient à agir d’une autre manière. Il se produit une comparaison négative qui engendre un sentiment de malaise. Dans le cas où la célébration de quelqu’un engendre de telles réactions de malaise, je ne peux que suggérer une introspection. En effet, qu’est-ce que cette réussite suscite chez moi ? Et que cachent ses émotions ? Quels sont mes besoins non-satisfaits qui s’expriment par rapport à l’expression de cette réussite ?

  • Mais aussi, célébrer les pertes : la perte des êtres proches, la non-réalisation de nos rêves, etc. (le deuil).

Il s’agit de rites/rituels permettant le passage vers un autre état. Cela permet de participer activement à l’acceptation des situations  «tristes » et de s’engager dans une nouvelle vie sans ce qui a été perdu (et sans considérer que plus rien n’a de sens à cause de cette perte, par exemple).

Intégrité

  • Authenticité = être vrai.e avec soi-même et les autres, avoir la capacité de s’écouter et de se faire entendre
  • Créativité = Innovation, invention, possibilité de développer des réponses originales
  • Sens = ce qui nous anime et forme une cohérence dans la vie
  • Estime de soi = attitude intérieure  qui  consiste  à  se  dire  qu’on  a  de  la  valeur,  qu’on  est  unique  et    C’est  se  connaître  et  s’aimer  comme  on  est  avec  ses  qualités  et  ses  limites.  C’est  s’apprécier  et  s’accepter comme on est. (Source : http://www.acsm-ca.qc.ca/assets/99-estime-de-soi.pdf)

 

Interdépendance

  • Acceptation, par l’autre, de ce que nous sommes dans notre authenticité
  • Appréciation et attachement
  • Proximité tant mentale que physique (le rôle de l’ocytocine est majeure dans le sentiment de bien-être et cette hormone est notamment libérée lors du contact physique)
  • Communauté, plus précisément, faire partie de… Être au sein d’un réseau
  • Considération, par et pour l’autre
  • Contribution à l’enrichissement de la vie, afin de donner du sens à son existence
  • Sécurité émotionnelle
  • Empathie, envers soi et pour l’autre
  • Honnêteté, parler avec … dans la mesure où cela sert la relation
  • Amour, pour soi et pour l’autre
  • Réassurance afin d’avoir la possibilité d’être entendu, compris et pris en compte
  • Respect, où le fait de traiter soi-même et autrui avec égard et en conférant de l’estime
  • Soutien, par et pour autrui
  • Confiance dans l’autre
  • Compréhension mutuelle

 

Nourriture sur le plan physique

  • Air (ça fonctionne mieux avec que sans 😉 )
  • Nourriture
  • Mouvement, exercice (C’est un besoin du corps, réellement !)
  • Protection contre les formes de vie menaçantes : virus, bactéries, insectes, animaux prédateurs
  • Repos (essayer donc de vivre sans dormir…)
  • Expression sexuelle (dans le sens de la reproduction, nécessaire à la survie de l’espèce, mais c’est un besoin que j’estime biaisé… L’être humain n’étant pas sujet aux instincts)
  • Abri
  • Toucher
  • Eau (ou lait, en fonction de l’âge !)

Jeu

  • Amusement
  • Rire

Communion d’esprit

  • Beauté, ou plutôt esthétisme, régularité, symétrie
  • Harmonie
  • Inspiration
  • Ordre
  • Paix

 

La talentueuse dessinatrice Art-Mella a créé une fiche des besoins, possible à télécharger gratuitement, qui peut être utile à imprimer pour l’avoir à vue lorsqu’on cherche à s’exprimer avec justesse. Les besoins ne sont pas toujours exprimer sous les mêmes termes que ci-dessus, mais cela se rejoint grandement. Cette dessinatrice a un niveau pédagogique merveilleux : https://conscience-quantique.com/boutique/index.php?id_product=33&controller=product

Les listes de besoins ne sont ni exhaustives ni définitives. Elles sont des bases qui permettent de débuter dans la connaissance de soi. En outre, la prise de conscience de ses besoins (et donc qu’autrui en a aussi) engendre des compétences pour mettre en place des relations de qualité.
Dans l’objectif de la CNV, tout est fait pour être au service de la relation !

 

« Mieux nous parviendrons à associer nos sentiments à nos besoins, mieux l’autre pourra y répondre avec empathie. » Marshall Rosenberg

 

Mais comment distinguer les besoins cachés derrière nos sentiments ?
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Certains parviennent avec aisance à pointer ce dont ils ont besoin/ce qu’ils aiment vivre (qui est une perception plus agréable). Une fin de journée implique clairement un besoin de repos/de divertissement/de jeu/…
Pour d’autres, ce sont les expressions émotionnelles et les sentiments qui prennent le pas.

Afin de cibler le besoin derrière une réaction émotionnelle ou un sentiment, il s’avère utile de se « distancer » de son propre corps.
Comme si on s’observait d’en haut, regardant notre personne évoluer dans le contexte qui engendre les sentiments. Le but est de constater la situation sans émettre de commentaire.
Par exemple :

  1. Subjectivité : A « Quand je suis arrivée, il (B) était affalé sur le canapé et n’a même pas levé les yeux vers moi ! Comme j’étais transparente ! ».
  2. Objectivité : « Quand je suis rentrée, il était assis sur le canapé et ne m’a pas regardé. »

Effectuer un constat objectif n’a absolument pas pour ambition d’ignorer les manifestations émotionnelles. Il s’agit d’envisager la situation sous un angle neutre, où les deux protagonistes ne versent pas dans le jugement. Les sentiments sont des indicateurs d’un besoin insatisfait, dans le cas présenté : le sentiment d’être blessée et déçue. En somme, il s’agit de déclinaisons de la tristesse.

Une question simple peut faire émerger ce qui manque dans sa vie ou, en rapport avec l’exemple, dans sa relation à l’autre : « Qu’aimerais-tu vivre et que tu ne vis pas actuellement ? ». La liste des besoins peut aider à répondre à cette question, si la réponse ne survient pas spontanément.
En l’occurrence, A pourrait répondre : la considération et l’harmonie, ou encore le besoin de proximité mentale.
On peut estimer que la A souhaite satisfaire ses besoins grâce à B… Mais B ne démontre pas les attitudes attendues par A.

 

Où se situent les points de discorde ?

Une fois qu’on est capable de distinguer les besoins des envies, qu’on sait détecter le besoin caché derrière le sentiment, il est possible de se pencher sur ce qui anime les points de discordance.
Les conflits naissent bien souvent des attitudes et comportements (=les stratégies pour remplir le besoin) et non au niveau des besoins (communs à tous les êtres humains).
C’est un lieu-commun de suggérer que la communication est ce qui permet d’être compris de l’autre et de parvenir à une relation où les protagonistes peuvent s’épanouir.
Seulement, dans un quotidien classique, il n’est pas rare d’être bousculé par des automatismes qui masquent cet objectif d’épanouissement mutuel.
La CNV a cette vertu : faire ressortir ce qui est important pour soi, et pour l’autre, dans le but de mettre en œuvre des décisions offrant à chacun la satisfaction de ses besoins.
Si l’on ne dit pas ouvertement ce dont nous avons besoin pour être satisfait, nous entretenons/accumulons de la rancœur envers l’autre puisqu’il n’est pas en mesure de répondre adéquatement à nos attentes.

 

En outre, il faut bien distinguer le besoin des éventuelles stratégies qui peuvent être mises en place pour le combler. Il y a des abus de langage courant. Par exemple : « J’ai besoin de toi ».
En réalité, les besoins sont déconnectés des personnes. Ils sont en tant que tels : le besoin d’attachement (à qui que ce soit, l’humain en a besoin).
Dans cette exemple « J’ai besoin de toi », il s’agit d’une demande (prochain article sur la CNV) : A souhaite que B soit présent dans sa vie d’une manière que seul A peut expliquer.
En lieu et place de cette phrase, il conviendrait de ra son besoin de connexion. Ensuite, il est possible d’effectuer la demande : « Est-ce possible de passer du temps avec moi ? » ou « Peut-on se téléphoner d’avantage ? » ou encore « Est-ce que tu peux être disponible à tel moment ? ». Ces différentes demandes sont des propositions de stratégies pour satisfaire le besoin de connexion.
Bien que la formulation puisse sembler plus lourde voire périlleuse dans un premier temps, il s’avère que la différenciation entre besoin et demande est indispensable. Grâce à cette méthode, il est possible de cibler des stratégies variées et de cibler celles qui combleront les deux (ou plus) protagonistes.
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« A partir du moment où les gens parlent de leurs besoins plutôt que des torts des autres, il devient beaucoup plus facile de trouver des moyens de satisfaire tout le monde. » Marshall Rosenberg

A partir du moment où le besoin est identifié, il est temps d’effectuer la demande qui permet de remplir ce qui nous apporte de la joie.

La formulation de la demande sera le thème du prochain article CNV !

Je te souhaite de l’éclaircissement après la lecture de cette publication et espère te revoir pour la suite des aventures.

A très vite, Lect.rice/eur curieu.se.x.

« Quand on est curieux, on trouve de nombreuses choses intéressantes à faire ! » Walt Disney